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[examen: cas pratique (probablement);très probablement pas de dissertation; commentaire d'arrêt

(possible)]

[ce qui intéresse dans le cadre de ce cours c'est la technique qui permet de déterminer le juge
compétent, la loi applicable].

Le droit international privé s'intéresse à la technique plutôt qu'aux solutions des litiges.

-notion du DIP (définition, objet)

-domaines du DIP

-aperçu historique

-sources du DIP

I) Définition

Le droit est intimement rattaché à la souveraineté nationale, il est décidé par l'Etat. L'Etat l'envisage
pour régler les rapports juridiques entre les nationaux. Il existe bien une société interne, mais
également une société internationale. Les choses se compliquent lorsque la frontière de la nation est
dépassée pour aller dans la société internationale. Il y a alors des relations entre sujets de droit qui
relèvent de différents Etats, une concurrence entre les souverainetés. Il doit s'agir d'une relation qui
va donner naissance à une situation juridique. Il va falloir s'interroger sur le droit applicable. Le droit
international privé marocain va alors intervenir.

Exemple : différence de nationalité lors d'un mariage. Chaque personne va vouloir que soit appliqué
son propre droit. Chacun va aller dans le territoire qui lui appartient pour se voir appliquer sa propre
loi.

Il existe des règles qui permettent de décider de faire appliquer soit la loi marocaine soit la loi
étrangère. Un concours d'éléments permettra de déterminer quelle loi sera appliquée. Ainsi le droit
international privé cherche à trouver la loi applicable. Il cherche également à connaître la juridiction
compétente. Le problème vient du fait que les différents Etats possèdent des règles de droit
différents. Concernant les règles régissant la compétence judiciaire, celles-ci sont différentes selon la
souveraineté où l'on se trouve. Chaque Etat a ses organes judiciaires. Les organes judiciaires sont
ceux qui sont appelés à résoudre un litige. Les magistrats de chacun des Etats touchés se sentiront
concernés par le litige. Il y a donc une concurrence entre les différents magistrats venant de
différents Etats. Il faut déterminer le tribunal compétent. C'est ce qui fait naître l'intérêt du droit
international privé. Le droit international privé s'intéresse non seulement aux lois et textes à
appliquer, mais également à l'organisation judiciaire. Il existe donc un conflit de lois et un conflit de
juridictions. Par ailleurs au niveau national il y a également le problème de l'étranger. La nationalité
est l'un des éléments principaux qui forme l’extranéité dans le cadre du droit international privé.
Quand on est sur le territoire marocain, une marocaine se marie avec un français, ces rapports seront
régis par quelle loi ? Il faudra appliquer les règles du droit international privé pour déterminer la loi
applicable et le juge compétent en cas de litige. Le droit national s'applique aux nationaux, quand un
étranger intervient les choses sont bousculées.

Plusieurs raisons peuvent justifier l'intérêt pratique du droit international privé. Le problème vient du
déplacement des gens qui fait que des personnes d'une certaine nationalité se retrouvent au sein
d'un Etat d'une autre nationalité. Ces déplacements entraînent des relations, qu'il s'agisse de
relations dans le cadre du commerce, d'un mariage, etc. Par ailleurs le droit international privé est
nécessaire car les législations ne sont pas uniformes sur tous les problèmes juridiques. La source des
difficultés vient avec la différence des législations propres à chaque Etat. La souveraineté crée donc
un problème au niveau international. Il existe un nombre important de droits, une importante
différence. Il y a bien des tentatives d'harmonisation et d'unification. L'harmonisation cherche à
trouver des solutions qui ne s'opposent pas les unes aux autres, qui se rapprochent. Il s'agit de
solutions harmonieuses. Ainsi le droit du commerce international a été harmonisé. Il existe un texte
type relatif à l'arbitrage élaboré pour l'ensemble des Etats. Ceci est fait dans le cadre de
l'harmonisation. L'arbitrage permet de se détourner de l'utilisation du droit international privé.
L'unification signifie qu'il faudra nier la souveraineté de l'Etat. A part le droit du commerce
international, les autres disciplines n'ont pas fait l'objet d'harmonisation, ni d'unification. Il faut alors
utiliser le droit international privé.

Séance 2

II) Objet du droit international privé

C’est une branche de droit qui s’intéresse à régir les relations privées internationales. Il peut s’agir
soit de personnes physiques soit de personnes morales. Il doit s’agir d’une personne qui relève de
l’application du droit privé. Tout type de rapport peut faire appel aux règles du droit international
privé.

Le droit international privé est constitué de deux spécificités. D’abord le droit international privé est
applicable aux personnes privées, les personnes publiques sont exclues. Il se peut que l’Etat agisse en
tant que sujet de droit privé, dans quel cas le droit international privé va être appliqué. Ensuite il faut
que la personne privée soit impliquée dans un rapport juridique ayant un caractère international, il
s’agit de l’élément d’extranéité. L’élément d’extranéité peut être de différentes sortes. Il peut s’agir
de la nationalité dans le cas d’un mariage entre marocain/étranger. Il peut également s’agir du
domicile dans le cas d’étrangers qui ont un domicile au Maroc, le juge marocain va alors être
rattaché. Il peut s’agir aussi d’un contrat conclu entre deux marocains mais relativement à un bien
qui est situé en France. C’est encore le cas d’un contrat conclu entre marocains mais à l’étranger.
Sans élément d’extranéité le droit international privé n’a pas lieu d’intervenir. Il s’agit de deux
éléments cumulatifs. Dans le cas où la compétence du juge marocain ne serait pas avérée, il renverra
alors l’affaire au juge compétent. Dans le cas où il serait compétent, il va alors devoir déterminer la
loi à appliquer, il s’agit des domaines du droit international privé.

III) Domaines du droit international privé

Le droit international privé est une matière composite, il n’y a pas de règles claires. Il existe deux
conceptions. Il y a une doctrine qui est étroite selon laquelle le droit international privé ne peut pas
être autre chose que le droit des conflits, déterminer le juge compétent, la loi applicable. Quand on
parle de conflits de lois il est question de déterminer la loi applicable à une situation juridique qui
intéresse plusieurs Etats. Quand on parle de conflits de juridictions il est question de déterminer le
tribunal compétent pour connaître d’un litige présentant une attache avec plusieurs Etats. Il y a
également une doctrine plus large qui élargit les domaines du droit international privé, c’est la
doctrine qui a triomphée, elle rajoute deux domaines. D’un côté c’est la nationalité, c'est-à-dire les
règles qui composent la nationalité marocaine. La nationalité fait donc partie du droit international
privé. L’Etat affirme son droit de la nationalité. Le droit de la nationalité est intégré dans le droit
international privé car à partir de l’étude de celui qui est national, il est alors possible de déterminer
celui qui est étranger. D’un autre côté c’est la condition des étrangers, c'est-à-dire le statut juridique
qui est applicable aux étrangers. Par exemple pour qu’un étranger soit établi sur le territoire
marocain il doit bénéficier d’un titre de séjour. La condition des étrangers permet par exemple de
déterminer les droits dont peuvent se prévaloir les étrangers.

IV) Aperçu historique du droit international privé

Le droit international privé est une branche de droit qui est récente. Les problèmes juridiques dont
s’intéresse le droit international privé ont pourtant toujours existé. Il y a toujours eu des
déplacements, des échanges de biens. Dans l’antiquité les relations internationales d’ordre privé
n’existaient pas vraiment. On donnait de l’importance aux nationaux, l’étranger n’était pas considéré
comme un sujet de droit, il n’avait ni de droits ni d’obligations. Ainsi aucun texte n’était appliqué à
l’étranger. Il n’y avait pas alors d’intérêts au droit international privé car les relations juridiques qui
pouvaient naître ne concernaient que les nationaux. Au moyen âge les techniques du droit
international privé n’existaient pas, il y avait des réponses simples. Le système de la personnalité des
lois est apparu. Dans un même territoire il y a des nationaux et des étrangers. Lorsqu’un problème
juridique naît chaque personne se voit appliqué sa loi nationale, c’est la personnalité des lois. Ensuite
c’est la territorialité des lois qui a été appliquée, on va alors appliquer aux personnes et aux biens
situés sur un territoire, la loi du territoire, abstraction faite de la nationalité.

Au niveau de l’ordre juridique marocain le droit international privé n’est pas né du jour au
lendemain. La législation marocaine, de manière générale, a suivi un processus d’évolution divisé en
trois étapes. La première étape date d’avant le protectorat. Le droit international privé n’existait pas
alors. Les relations internationales existaient mais il n’y avait pas de réponses juridiques. Il n’y avait
pas de nationalité, on ne pouvait donc pas parler de règles de droit international privé. A l’époque du
protectorat il y a un processus d’évolution législatif, mais il ne s’agira pas d’un ordre juridique
marocain. C’était le législateur français qui créait les textes. C’est à cette période que va avoir lieu le
début du droit international privé avec le ‘dahir relatif à la condition civile des français et des
étrangers’ promulgué le 12 août 1913. Il est considéré comme le premier code de droit international
privé possédé par le Maroc. La dernière étape coïncide avec l’indépendance du Maroc. Avec
l’avènement de l’indépendance le Maroc s’est affranchi. Le droit a alors été réformé, crée. Il y a eu
une marocanisation de la législation héritée du protectorat. C’est un effort qui a touché toutes les
matières. Au niveau du droit international privé, celui-ci n’a pas véritablement fait l’objet d’une
marocanisation.

Séance 3

V) Les sources du droit international privé

Les sources du droit international privé sont principalement nationales, les sources internationales
ont une influence moindre. Il existe deux doctrines, les particularistes et les universalistes. D’abord
pour la doctrine particulariste les sources nationales sont privilégiées aux sources internationales. Le
droit international privé est un droit qui a des attaches très intimes avec la souveraineté nationale.
Malgré sa vocation internationale, le droit international privé est un droit national. Les particularistes
considèrent que ce sont les législations internes de chaque pays qui doivent apporter les règles du
droit international privé. Chaque Etat produit son propre droit international privé. Ensuite la doctrine
universaliste considère que le droit international n’est pas là pour régir les rapports internes, il a une
vocation internationale. Le droit international privé s’intéresse aux rapports juridiques ayant un
fondement international, le droit international privé devrait donc avoir des sources internationales.
Aujourd’hui on est arrivé à une coexistence des différentes sources nationales et internationales.
Pourtant pour le droit international privé marocain les sources internationales ne jouent pas un rôle
important. Cette vision des sources nationales qui dominent les sources internationales trouve un
réel fondement dans le droit international privé marocain.
a) les sources nationales

Les sources formelles :

La loi est la source principale du droit international privé. Elle joue un rôle fondamental dans la
matière en général, mais son importance varie selon les domaines. Concernant le domaine de la
nationalité, il est régi par une loi. Il y a un code de la nationalité, qui a été réformé en 2007.
Concernant le domaine de la condition des étrangers, il est également régi par la loi. Il s’agit d’une
matière qui trouve essentiellement sa source dans le dahir sur la condition civile des étrangers, qui
est toujours en vigueur. Il régit pour l’essentiel la condition des étrangers au Maroc. Concernant le
conflit des lois au Maroc, il existe des règles qui sont prévues au niveau interne, cette matière n’est
absolument pas régie par les sources internationales. Pour l’essentiel du conflit des lois on va trouver
quelques articles dans le dahir sur la condition civile des étrangers, il donne quelques solutions aux
problèmes de conflits des lois. Concernant le conflit des juridictions, il trouve essentiellement sa
source dans la loi, dans le dahir sur la condition civile des étrangers, mais de manière très
embryonnaire.

Les sources informelles :

Les sources informelles ont une influence secondaire. Concernant la coutume en droit international
privé, elle a une influence qui est très limitée. Le droit international privé échappe à l’importance que
la coutume représente dans le droit. Le droit international privé a un rapport très fort avec la
souveraineté de l’Etat. Son intérêt réside dans l’existence de conflits juridiques qui touchent l’Etat
marocain ainsi qu’un autre Etat étranger, l’Etat ne veut pas laisser la coutume avoir une influence
importante dans cette matière, il veut la contrôler. Concernant la jurisprudence, dans le droit interne
son rôle est important. La loi est lacunaire, difficile à concrétiser. Elle donne une solution qui reste à
l’interprétation du juge. Dans le droit international privé la jurisprudence devrait jouer un rôle
important, le droit international privé est très lacunaire, il est incomplet, c’est là où la jurisprudence
doit prendre la relève. Malheureusement en droit marocain les choses n’ont pas joué de cette
manière, la jurisprudence n’a pas un rôle important. Concernant la doctrine, il n’existe pas
d’ouvrages à propos du droit international privé. Il existe quelques études mais il n’est pas possible
de parler d’une école marocaine du droit international privé.

b) Les sources internationales

1.Concernant les traités ou bien les conventions internationales, il s’agit d’un accord de type
international conclu entre les Etats par écrit et régi par le droit international. Les traités
internationaux concernant le droit international privé existent, mais le Maroc n’est pas lié par ces
traités. Au niveau international il y a des traités qui donnent des solutions aux conflits internationaux,
ils écartent l’intérêt du droit international privé. La condition pour appliquer ce droit matériel est la
ratification, il suffirait que l’Etat marocain soit signataire d’une telle convention. Mais
malheureusement les règles matérielles n’ont pas été prévues dans plusieurs domaines. Pour les
conflits de lois et de juridictions ces conventions, si elles ne donnent pas de règles matérielles, elles
permettent d’apporter une convergence. Pour la condition des étrangers il y a quelques textes
internationaux mais qui ne sont pas importants. L’objectif est d’assurer un traitement minimum aux
étrangers. Il existe des traités bilatéraux et des traités multilatéraux. Pour ce qui est des traités
bilatéraux, ils sont les plus intéressants car ils sont les plus faciles à négocier, telle que la Convention
franco-marocaine du 10 août 1981 relative au statut des personnes et de la famille, et le traité
franco-marocain de 1957 relatif à la coopération judiciaire [conflit de juridiction] et à l’exécution des
jugements. Pour ce qui est des traités multilatéraux, ce sont des traités négociés entre plusieurs
Etats. Il y a une absence du Maroc concernant les traités multilatéraux relatifs au droit international
privé. 1893, institution a vocation international , la conférence de la Haye de droit international privé
joue un rôle important dans l’harmonisation du droit international privé, elle regroupe la plus part
des pays européens, mais le Maroc n’en fait pas partie. Concernant les traités qui sont signés par le
Maroc il n’y a pas de promulgation. La convention est signée et ratifiée, la ratification vaut
promulgation. La convention doit être publiée dans le bulletin officiel, à partir de ce moment là l’Etat
est engagé. Par ailleurs il faut rappeler la primauté du droit international sur le droit interne.

2.La coutume [droit non écrit édicté par le peuple pour satisfaire des besoins que le texte juridique
n’a pas pu donner] internationale n’influence pas véritablement le droit international privé. L’État ne
va pas accepter une coutume internationale, elle n’est pas le produit de son pays. Par ailleurs il existe
bien certaines coutumes internationales qui intéressent le droit international privé mais elles ne
peuvent pas avoir un caractère impératif. Le droit international privé échappe donc à la coutume.

3.La jurisprudence au niveau international est très faible dans le droit international privé. Cependant
il existe des institutions qui rendent des décisions intéressantes, c’est le cas de la cour internationale
de justice de la Haye qui s’est prononcé sur certains problèmes juridiques posés dans le cadre du
droit international privé, il y a également la cour de justice des communautés européennes, il y a
enfin la cour européenne des droits de l’homme. Ces institutions ont rendu des décisions qui peuvent
intéresser la matière, mais le Maroc ne peut pas être concerné.

4.Enfin la doctrine internationale comme source du droit international privé n’existe pas. Quand on
parle de doctrine on fait allusion aux auteurs, penseurs, spécialistes d’une matière. Il existe bien des
spécialistes du droit international privé, mais le problème est que cette doctrine ne peut pas être
qualifiée d’internationale par ce que chaque spécialiste en la matière appartient à son État et va
influencer son État seulement. Les penseurs marocains ont intéressé le droit international privé
marocain. Par ailleurs il n’y a pas un organisme international chargé de la recherche dans la matière,
et qui proposerait des règles de manière universelle.

[Textes importants :

-dahir relatif à la condition civile des français et des étrangers’ promulgué le 12 aout 1913

-code de la nationalité marocaine

-convention franco-marocaine du 10 aout 1981 relative au statut des personnes et de la famille

-traité franco-marocain de 1957 relatif à la coopération judiciaire et à l’exécution des jugements]

[Le juge du for est le juge saisi en droit international privé]


Séance 4

Chapitre 1 : Le conflit de lois


Titre 1 : Théorie générale du droit des conflits de lois

Sous-titre 1 : Notions générales sur le conflit de lois

1) Définition du conflit de lois

Il incombe à tous législateurs, marocain ou étranger, d’élaborer les règles du conflit de lois qui sont
propres à leur système juridique. C’est un outil de travail qui va être offert au juge pour lui permettre
de désigner la loi applicable, marocaine ou étrangère.

Le droit marocain est très ancien, les règles du droit marocain au niveau du conflit des lois se
trouvent dans le dahir relatif à la condition civile des français et des étrangers. Il y a bien des règles
qui sont intéressantes, mais elles ne sont plus adaptées, une fois mises en œuvre les situations crées
apparaissent aberrantes. Il est donc nécessaire d’élaborer un code dédié aux juges ainsi qu’aux
justiciables.

On parle de conflit de lois lorsqu’on a deux législations, voire plus, qui ont vocation à s’appliquer au
même litige. Le problème du conflit de lois est la variété des lois, la loi marocaine est impliquée avec
en face d’autres lois étrangères, et les solutions proposées sont variées. Etant donné cette diversité
de lois on parle alors de conflits de lois. Il existe deux situations de conflits de lois. Dans la première
situation il y a un faux conflit de lois, où les solutions proposées sont les mêmes. Dans la deuxième
situation il y a un vrai conflit de lois, où les solutions proposées ne sont pas les mêmes. Le juge va se
poser la question de savoir quelle loi est applicable, il doit passer par la méthode conflictuelle.

Le conflit de lois est basé sur un certain nombre d’éléments qui sont cumulatifs. D’abord, pour qu’il y
ait conflit de lois il faut que plusieurs ordres juridiques soient impliqués, c'est-à-dire que le litige doit
être international. Ensuite, la méthode conflictuelle concerne strictement les rapports de droit privé,
la relation litigieuse doit concerner des personnes privées. Il faudra vérifier les parties qui sont en
litige, il doit s’agir de personnes physiques ou morales qui relèvent du domaine privé. L’État peut agir
en tant que personne privée ou public. Lorsqu’une personne publique est impliquée c’est le droit
international public qui intervient.

Chaque système juridique doit élaborer son propre droit international privé. Il doit élaborer les règles
de conflits qui vont permettre de déterminer comment appliquer la méthode conflictuelle. Chaque
système juridique doit élaborer à la fois la méthode conflictuelle ainsi que les solutions aux litiges. Le
législateur doit donc pouvoir aussi apporter des solutions aux litiges internationaux. La règle de droit
n’est pas parfaite, elle ne peut pas prendre en compte toutes les situations juridiques dans lesquelles
peut se retrouver un individu. Une fois que la loi applicable aura été déterminée, que la loi d’un
certain pays aura été désignée comme applicable, il se peut qu’aucune solution ne soit trouvée, on
arrive alors sur un vide. Par ailleurs il n’est pas possible pour un juge de maitriser toutes les solutions
externes. Normalement chaque système juridique doit être en mesure d’apporter des solutions au
plus grand nombre de litiges internationaux pour éviter la situation d’insécurité juridique.
2) Caractères de la règle de conflits

La règle de conflits se distingue du conflit de lois. Le conflit de lois est une situation juridique, la règle
de conflits sert quand on est dans une situation de conflits de lois, elle permet de désigner quelle
sera la loi applicable. La règle de conflits à un seul objectif, c’est de déterminer la loi applicable, et
non pas la solution. Au niveau du droit international privé la règle de conflits s’oppose à la règle
matérielle. La règle de conflits désigne uniquement la loi applicable, il faudra ensuite rechercher la
solution au litige, la règle matérielle entend trancher un litige. Quand il y a une règle matérielle celle-
ci prime sur la règle de conflits, la règle matérielle permet de gagner du temps.

La règle de conflits à un certain nombre de caractères. Le premier caractère est le caractère indirect
de la règle de conflits. Cela veut dire que la règle de conflits n’a pas pour objectif de trancher le litige,
de donner une solution au litige, mais de trouver uniquement quel sera l’ordre juridique applicable,
c'est-à-dire la loi applicable. Par la suite il sera possible de trouver la solution au litige. Le deuxième
caractère est le caractère abstrait de la règle de conflits. Cela veut dire qu’elle ne permet pas
d’aboutir à une solution concrète, elle ne cherche pas le contenu de la règle qui sera appliquée. La
désignation de la loi applicable s’effectue sans que le juge ait le besoin de prendre connaissance du
contenu matériel concret des lois en présence, qui sont en conflits. Le troisième caractère est le
caractère neutre de la règle de conflits. Cela veut dire qu’elle ne privilégie aucune loi sur une autre.
Même le juge qui doit appliquer la règle de conflits doit l’appliquer d’une manière neutre, il ne doit
pas favoriser un système juridique au détriment d’un autre. Ce sera donc soit la loi du FOR soit la loi
étrangère qui sera applicable. La règle de conflits a donc un caractère mécanique, elle aboutit à un
résultat sans s’intéresser au fond du résultat. Le quatrième caractère est le caractère dénué de
nationalisme de la règle de conflits. Cela veut dire qu’elle est objective, toutes les lois sont placées
sur un pied de stricte égalité. Dans le cas d’un litige international, lorsqu’une loi étrangère est
désignée il faudra alors accepter cette situation. Le cinquième caractère est le caractère bilatéral de
la règle de conflits. Cela veut dire que la loi du FOR, la loi du juge saisi, est mise sur le même plan que
la loi étrangère, la règle de conflits ne désigne pas systématiquement la loi du for. La règle de conflit
est unilatérale lorsqu’elle n’envisage que l’application de la loi du FOR. L’unilatéralisme ne marche
pas car très souvent on a deux ordres juridiques qui sont impliqués, il faut alors bilatéraliser pour
permettre soit à la loi nationale soit à la loi étrangère d’être applicable. La règle bilatérale permet aux
étrangers que leur propre loi nationale soit applicable. Pourtant on retrouve des règles unilatérales
dans certaines matières, le dahir de 1913 contient des règles unilatérales. Celles-ci sont modifiées
non pas par le législateur mais par la doctrine, la jurisprudence. Le juge reformule les articles, au lieu
de parler de la loi du protectorat il va parler de la loi nationale, au lieu de parler de la loi marocaine il
va parler de la loi nationale. Par exemple, dans le code civil français l’article 3°3 nous dit que ‘les lois
concernant l’état et la capacité des personnes régissent les français même résidant aux pays
étrangers’. C’est un article qui est régi de manière unilatérale, la loi française va suivre les français
concernant l’état et la capacité. Cet article n’est plus applicable, il fallait trouver une règle bilatérale.
Selon un arrêt de la cour de cassation française : ‘l’état et la capacité des personnes sont soumis à la
loi nationale’.

Sous-titre 2 : les méthodes de résolution des conflits de lois

Comment fait-on pour résoudre un conflit de lois qui se présente, techniquement parlant comment
le juge doit faire pour trouver la loi applicable ? Dans le cas d’un litige international le juge doit
appliquer la méthode conflictuelle, la règle de conflit, pour désigner la loi applicable. En l’absence de
règles matérielles il n’est pas possible d’écarter la méthode conflictuelle.
La méthode conflictuelle consiste en trois étapes successives. La première étape est l’opération de
qualification. Les litiges internationaux sont variés, ils peuvent appartenir à différentes catégories : il
y a le domaine du statut personnel, le domaine du statut réel, les obligations contractuelles et
extracontractuelles. L’objectif de qualification est primordial, il précise le problème juridique dans
lequel on se trouve. La qualification consiste pour le juge à qualifier le litige, c'est-à-dire le classer
dans une catégorie juridique donnée. La deuxième étape est la découverte du facteur de
rattachement, il s’agit de rattacher un litige à un critère qui va nous permettre de désigner la loi
applicable. Il y a plusieurs facteurs de rattachement. La dernière étape est la désignation de la loi
applicable.

1) la qualification

On va d’abord s’interroger sur l’objet de la qualification, qu’est ce qu’on va qualifier. On va ensuite


passer au classement de la question de droit.

[le juge du for n’est pas le juge compétent, il est le juge saisi. Il faudra alors déterminer la
compétence judiciaire, il va se prononcer sur sa propre compétence]

Séance 5

A) présentation générale de la qualification

La qualification juridique a pour objet de définir la situation juridique et de l’intégrer dans une
catégorie juridique. Le juge va se retrouver face à une situation juridique, il va devoir déterminer sa
nature juridique.

L’opération de qualification n’est pas une spécificité du droit international privé. Par exemple, en
droit interne, deux personnes se marient sans conclure un acte écrit. La question qui peut se poser
serait de savoir si le mariage est valable ou non. Dans le cas d’espèce le mariage est conclu sans écrit,
la nature juridique concerne spécifiquement les conditions de formation du mariage. Dans les
conditions de formation il y a les conditions de fond et les conditions de forme. L’inobservation d’une
condition de fond peut aboutir à une nullité, l’inobservation d’une condition de forme peut aboutir à
l’inopposabilité.

En droit international privé la qualification juridique a une importance accrue. L’objectif du juge du
for est de recherche la loi applicable, il doit passer par la qualification. La qualification influe sur la loi
applicable, il suffit qu’un élément de la qualification change pour que la loi applicable varie.

a) l’objet de la qualification

Il s’agit de rechercher la question de droit qui est posée. La question de droit peut être retrouvée
dans les prétentions des parties, elles contiennent les éléments qui vont aider le juge à définir l’objet
de la qualification. La qualification est simple lorsque les prétentions invoquées par les parties sont
claires. La qualification peut être complexe, le juge ne saura pas face à quel problème juridique il se
trouve. Il existe deux hypothèses récurrentes au niveau du droit international privé où la qualification
est complexe.

L’affaire Bartholo est une affaire qui rend compte de la complexité de la qualification. Deux conjoints
anglo-maltais immigrent en Algérie. Le mari acquiert des immeubles dans sa propriété privée. Il finit
par décéder. La veuve réclame devant le juge algérien la ‘quarte du conjoint pauvre’. Ici on pourrait
penser qu’il s’agit de l’héritage ou encore du régime matrimonial, deux catégories juridiques
distinctes. Il s’agit en réalité d’une institution du droit maltais en vertu de laquelle le conjoint pauvre
survivant obtient une part du patrimoine du défunt, c’est une institution qui est inconnue au droit
algérien. Comment trouver l’objet de qualification sans déterminer en quoi consiste la demande de la
partie ? La première des complexités que peut rencontrer un juge saisi au niveau du droit
international privé est de se retrouver face à une demande difficilement définissable, lorsque la
demande des parties est formulée en des termes qui sont calqués sur ceux d’une règle étrangère. Il
va alors falloir interroger le droit étranger.

Dans la deuxième hypothèse il y a une partie qui ne sait pas ce qu’elle veut, elle demande alors tous
ses droits. Une demande peut être subdivisée en plusieurs domaines de droit, le juge doit alors
mener l’opération de qualification en décortiquant les prétentions des parties. Par exemple, dans le
cas d’une veuve marocaine, elle peut demander les successions, elle peut aussi demander une
communauté de biens si elle avait conclu un contrat avec son mari avant le décès. Il s’agit là de deux
catégories juridiques qui sont totalement différentes, la succession va être intégrée dans l’héritage,
la communauté des biens va être intégrée dans le partage des biens.

En faisant cette qualification on arrive alors à classer la question de droit dans une catégorie
juridique bien précise.

b) le classement de la question de droit

Le classement de la question de droit est le fait de rattacher une question juridique à une catégorie
juridique spécifique. En matière de droit international privé il y a trois grandes catégories : le statut
personnel, statut réel, contrats et quasi-contrats, delits et quasi-delits

B) les techniques de la qualification

Selon quelle loi le juge doit qualifier l’objet du litige ? Lorsque la qualification est la même dans les
différents systèmes juridiques il n’y a alors pas de problèmes. Cette question trouve son intérêt
lorsqu’on a un conflit de qualification entre les différents systèmes juridiques. Par exemple le
système juridique marocain qualifie une situation juridique de condition de fond alors qu’un système
juridique étranger qualifie la même situation juridique de conditions de forme. Selon la condition il
peut y avoir des différences au niveau des solutions, nullité pour les conditions de fond,
inopposabilité pour les conditions de forme. Le conflit de qualification peut mener à un conflit de
solution. Il importe de déterminer selon quelle loi la qualification va être faite, la loi nationale ou la
loi étrangère. Selon la doctrine il existe trois techniques de qualification.

a) qualification selon la loi étrangère

Le juge saisi va essayer de qualifier non selon son propre droit mais selon le droit étranger. C’est une
technique qui consiste à qualifier la question litigieuse en application du droit étranger, droit
éventuellement applicable. La partie de la doctrine qui a optée pour la qualification étrangère n’est
pas raisonnable. Le processus de qualification sert à désigner la loi applicable, au moment de la
qualification on ne sait toujours pas quelle loi sera appliquée. Qualifier une situation juridique selon
un droit étranger demande un effort extraordinaire au juge qui doit rechercher dans les institutions
du droit étranger, il se peut au final que le droit étranger ne soit pas applicable.
b) la qualification par des références à des concepts universelles

Le droit international privé est un droit dans lequel il y a des éléments d’extranéité qui échappent à
la souveraineté étatique, c’est un droit international. Cette partie de la doctrine avance que le droit
des conflits doit disposer d’un certain nombre de concepts autonomes et universels, autonomes par
rapport au système juridique des différents Etats, universels car reconnus par touts les systèmes
juridiques. Il s’agit de concepts qui font partie du droit international privé, et non d’un droit
international privé propre à un pays. Cette conception permet de ne pas tomber dans le conflit des
qualifications, qualifier selon un concept universel signifie que tous les juges vont qualifier une
situation juridique donnée de la même manière, peu importe où se pose le problème.

Cette méthode ne peut pas être appliquée. Qui va se charger de faire un tel travail, d’où extraire les
concepts, les institutions ? Il y a des concepts qui ne sont pas partagés entre les différents Etats, c’est
le cas de la dote ou du mariage homosexuel, il s’agit de concepts qui ne sont pas considérés comme
universels. Par ailleurs les concepts de chacun des Etats sont calqués à un héritage juridique, le droit
est le produit d’une société. Il est difficile d’opter pour une unification, il y aura des incompatibilités,
des institutions seront rejetées car la culture juridique est différente selon le pays.

c) la qualification selon la loi du for

La qualification est problématique. Il faut définir, exploiter des éléments de fait pour pouvoir les
intégrer dans une catégorie. Par la qualification selon la loi du for le juge saisi va qualifier le problème
juridique selon les conceptions de sa propre loi, il va exploiter un bagage juridique qui lui est propre,
il va intégrer la situation dans une catégorie juridique qu’il connaît.

La qualification selon la loi du for est la qualification qui est retenue par la plupart des systèmes.

2) le rattachement

Le rattachement est la deuxième étape après la qualification, il consiste à rattacher la question de


droit, le problème de droit, à une catégorie juridique donnée. Une fois que le problème juridique est
intégré dans une catégorie juridique, il va falloir chercher le facteur de rattachement dans la
catégorie en question pour déterminer quelle y sera l’ordre juridique applicable.

A) les types de rattachement

Il existe trois types de rattachement. Le premier type de rattachement est le rattachement fondé sur
le sujet du rapport de droit. Ici ce sont les attributs de la personnalité juridique du sujet de droit qui
nous intéressent. Il y a deux attributs qui peuvent servir en droit international privé : la nationalité ;
le domicile. Il s’agit là des critères de rattachement qui sont généralement appliqués dans la
catégorie du statut personnel. Le deuxième type de rattachement est le rattachement fondé sur
l’objet du rapport de droit. Lorsqu’il y a un litige qui concerne un bien le facteur de rattachement est
le lieu de situation du bien. Il s’agit d’un critère de rattachement qui est appliqué dans la catégorie du
statut réel. Le troisième type de rattachement est le rattachement fondé sur la source du rapport de
droit. Le rapport de droit peut être contractuel ou extracontractuel, on est soit dans les actes
juridiques soit dans les faits juridiques. Concernant les actes juridiques le critère de rattachement
varie, il n’y a pas un critère qui soit universellement reconnu, il s’agira le plus souvent de la loi
d’autonomie. Concernant les faits juridiques il y a la lex loci, c’est la loi du lieu où s’est produit le fait
dommageable.
Séance 6

B) Les conflits de rattachement

Le conflit de rattachement vient essentiellement du fait que les Etats n’optent pas pour les mêmes
critères de rattachement. Si par exemple touts les Etats rattachaient le statut personnel à la loi
nationale il n’y aurait alors pas de conflits de rattachement. Ainsi concernant la catégorie juridique
du statut personnel, certains Etats vont la rattacher à la loi nationale alors que d’autres Etats vont la
rattacher à la loi du domicile, les résultats seront différentes selon que l’on appliquera la loi nationale
ou la loi du domicile.

La situation du conflit de rattachement est double, elle peut être positive ou négative. On parle de
conflit positif lorsque deux Etats considèrent, selon leur règle de conflit respectif, que leur loi est
compétente pour régir une même situation juridique. La méthode conflictuelle ne peut pas mener à
l’application de deux lois au même temps, il faut aboutir à l’application d’une seule loi. La solution la
plus logique est que le juge saisi applique sa propre règle de conflit, et dans le cas où sa propre loi est
désignée, que celle-ci soit appliquée.

[Google : Le conflit positif : par l’effet du rattachement qu’ils ont respectivement adopté, les deux
systèmes en présence donnent compétence à leur propre Loi. Principe : dans ce cas, l’autorité saisie
doit appliquer sa propre règle de conflit sans tenir compte de la contrariété des solutions.]

On parle de conflit négatif lorsque la règle de conflit du for désigne la loi d’un Etat étranger, et que la
règle de conflit de cet Etat étranger désigne également la loi d’un Etat étranger. Par exemple, en
droit suisse le critère de rattachement en matière de statut personnel est la loi du domicile, alors
qu’en droit marocain le critère de rattachement est la loi nationale. Par exemple, un suisse domicilié
au Maroc, il se retrouve confronté à un problème relatif à son statut personnel. Dans le cas où le juge
marocain est saisi, en faisant jouer la méthode de conflit il aboutit à la loi nationale, il faudrait alors
appliquer le droit suisse. Cependant en droit suisse, leur règle de conflit aboutit à la loi du domicile,
c'est-à-dire que le litige sera renvoyé au droit marocain. Aucune loi ne se considère comme
compétente. Le juge va devoir agir au cas par cas pour choisir d’appliquer soit la loi du for soit la loi
qui a été désignée par ses propres règles de conflit.

C) l’identification de la loi applicable

a) les éléments de désignation de la loi applicable

Les éléments de désignation de la loi applicable se ramènent à des catégories, il existe trois
catégories. La première catégorie concerne la personne, les critères de rattachement sont la
nationalité et le domicile. Lorsque c’est la nationalité on dit que c’est la loi nationale qui est
applicable, lorsque c’est le domicile on dit que c’est la loi du domicile qui est applicable. La deuxième
catégorie concerne la chose, le critère de rattachement est le lieu de situation de la chose. Quand on
parle de la situation d’un bien, il peut s’agir soit de la situation matérielle du bien (c’est le cas pour un
bien immobilier) soit de sa situation juridique (c’est le cas un bien mobilier). Concernant la situation
juridique d’un bien mobilier, par un exemple un navire, celui-ci a vocation à bouger dans l’espace, il
est difficile de le situer à un instant donné. Il va alors falloir chercher sa situation juridique, c'est-à-
dire déterminer le lieu de son immatriculation (dans le cas du navire il s’agit du port d’attache). La
troisième catégorie concerne les obligations contractuelles et extracontractuelles, soit un événement
voulu ou non voulu. Il faut ici distinguer les actes juridiques des faits juridiques, dans les deux cas
naissent des effets juridiques, volontairement ou involontairement. Concernant les actes juridiques
le droit international privé a consacré la loi d’autonomie, c'est-à-dire que ce sont les contractants qui
auront désigné, généralement, quelle sera la loi applicable en cas de litige. Concernant les faits
juridiques ce sera très souvent la loi locale (lex loci), c'est-à-dire la loi du lieu où est survenu le fait
dommageable.

La méthode conflictuelle peut désigner la loi étrangère comme étant celle applicable, il est possible
pour le juge du for de ne pas l’appliquer. Il existe un cas légitime qui permet à un juge d’évincer une
loi étrangère au profit de sa propre loi, ce n’est pas la conséquence d’un choix, on parle alors
d’éviction de la loi étrangère.

b) L’éviction de la loi étrangère applicable

Il existe deux cas dans lesquels il est possible d’évincer légitimement la loi étrangère. Le juge du for
va évincer la loi étrangère pour appliquer sa propre loi lorsqu’il va lui paraître impossible d’appliquer
la loi étrangère. Dans le premier cas il est question de l’exception d’ordre public international, le juge
va faire valoir une contrariété, une non-conformité de la loi étrangère avec son propre ordre public
international, il ne pourra alors pas appliquer la règle étrangère car elle touche son ordre public.
Dans le deuxième cas il est question de l’existence d’une fraude.

I) l’exception d’ordre public international

L’ordre public international est une notion qui a une perspective nationale, il ne s’agit pas d’une
notion qui est commune à touts les pays. Il est composé d’éléments qui relèvent de l’interne, de la
souveraineté étatique. L’ordre public international ‘marocain’ peut intégrer des principes, des
valeurs fondamentales de la société marocaine. Il peut également intégrer certains principes qui sont
universellement reconnus, tel que l’interdiction de l’esclavage.

Le droit international privé comporte un principe, la neutralité, qui veut que le contenu d’une loi ne
soit pas apprécié, il ne faudrait donc pas la confronter à l’ordre public. L’exception d’ordre public ne
doit pas être soulevée d’une manière systématique, elle doit être très exceptionnelle. Il peut y avoir
utilisation abusive de l’ordre public pour évincer une loi étrangère d’une manière malhonnête. La
divergence va de soi, elle ne provoque pas nécessairement un choc. Toutes les différences des lois en
concurrence ne touchent pas l’ordre public. Cependant il n’est pas possible d’appliquer une solution
qui serait choquante, un principe fondamental doit avoir été touché, il doit y avoir une justification.
Par exemple, l’union polygamique est contraire à l’ordre public international français, le mariage
homosexuel est contraire à l’ordre public international marocain. Dans ces cas il est possible
d’évincer une loi étrangère.

II) l’exception de fraude à la loi

La fraude en droit international privé apparaît lorsqu’une partie modifie le critère de rattachement,
dans l’unique but d’être soumise à une loi donnée dont le contenu convient mieux à ses objectifs.

Dans l’arrêt Princesse de Bauffremont, du 18 mars 1878, princesse de Bauffremont est de nationalité
française, elle souhaite divorcer pour se remarier. A cette époque en France le mariage est considéré
comme un lien indissoluble, il existe la séparation de corps qui est une situation de fait qui permet
non pas la dissolution du lien conjugal mais son relâchement. Princesse de Bauffremont part
s’installer en Allemagne pour changer de nationalité, elle devient allemande par naturalisation ce qui
lui permet de divorcer. Lorsque le prince de Bauffremont veut annuler le nouveau mariage la cour de
cassation française ne lui accorde pas l’annulation mais décide que le nouveau mariage est
inopposable au mari. La justification est que la princesse a fraudé à la loi dans l’unique but de se
soustraire à la loi française qui lui était applicable. La cour de cassation française a évince la loi
étrangère pour faire appliquer la loi française.

La fraude peut toucher toutes les catégories du droit international privé. En ce qui concerne le statut
personnel il peut s’agir d’un changement de nationalité, mais aussi d’un changement de domicile, par
exemple s’installer ailleurs dans l’unique but de se soustraire à l’application de la loi du domicile. En
ce qui concerne la chose il peut s’agir d’un déplacement d’un bien ou du changement d’un immeuble
en meuble. Par exemple, en matière de bien ça peut être un changement du lieu, mais également un
changement de l’indication du lieu de la conclusion de l’acte.

On parle d’exception de fraude à la loi lorsque deux éléments cumulatifs sont réunis, un élément
matériel et un élément intentionnel. S’agissant de l’élément matériel, pour parler de fraude il doit
nécessairement y avoir une modification volontaire et effective du point de rattachement, soit un
changement de nationalité, de domicile, soit un changement de la situation d’un bien, de l’indication
du lieu de la conclusion d’un contrat. S’agissant de l’élément intentionnel, il réside dans la
modification du critère de rattachement qui est réalisé avec une intention frauduleuse, c'est-à-dire
l’intention de se soumettre à une loi qui n’est pas celle qui devrait être appliquée selon la règle de
conflit.

Il n’est pas évident de dire qu’on est dans la situation de fraude.

Séance 7

Titre 2 : les solutions spéciales du droit des conflits de lois

Le droit des conflits de lois a pour texte de base le dahir sur la condition civile des français et des
étrangers, il est présenté par la doctrine comme étant le code du droit international privé marocain.
Mais il n’existe pas un code qui regroupe toutes les dispositions qui intéressent la matière, il y a un
certain nombre de textes qui sont éparpillés, tel que le code de la nationalité, le code de procédure
civile ou encore l’article 128 du code de la famille.

Le dahir présente beaucoup de lacunes. Il s’agit d’un texte qui était dédié aux français d’abord et aux
étrangers ensuite. La désuétude de ce texte ne fait pas de doute. Au départ il a été prévu pour être
une mesure provisoire qui réglerait la situation des français, le texte s’est malheureusement
perpétué. Le législateur marocain n’a pas pris soin de moderniser ses dispositions, ils présentent un
véritable problème dans leur application, le juge peut se retrouver dans des situations de vide où il
ne sait pas quel critère de rattachement appliquer.

Le dahir sur la condition civile des étrangers est toujours en vigueur, cependant certaines dispositions
ont été tacitement abrogées. Par exemple, l’article 1 dispose que « Les Français jouissent, dans le
protectorat français du Maroc, de tous les droits privés qui leur sont, en France, reconnus par la loi
française », cet article n’est plus applicable, il n’y a plus de protectorat. Il est de même pour les
articles 2 et 19 qui ne sont plus applicables puisqu’il n’y a plus de besoins. D’autres dispositions sont
tombées en désuétude. Par exemple, l’article 5 dispose que « A défaut de nationalité connue,
l'étranger est soumis en tout ce qui concerne son état et sa capacité, à la loi française », aujourd’hui
les apatrides se verront appliquer non pas la loi française mais la loi marocaine.

I) Le statut personnel

La notion de statut personnel dépend du système juridique, au Maroc l’ancien code qui précédait le
code de la famille était appelé le code de statut personnel. En droit marocain il y a une conception
très large du statut personnel, il englobe deux éléments. D’un côté il y a la situation individuelle de la
personne, c'est-à-dire l’état et la capacité. D’un autre côté il y a la situation familiale, c'est-à-dire la
situation de l’individu dans sa famille. Les rapports familiaux peuvent être de deux types, soit des
rapports personnels soit des rapports patrimoniaux, il y a donc à la fois le droit personnel (mariage,
divorce, filiation) et le droit patrimonial (succession et principe de la séparation des biens). En France
le statut personnel est opposé au statut patrimonial. Dans le statut personnel on retrouve tout ce qui
concerne la capacité, le mariage, le divorce et la filiation, alors que le statut patrimonial est une
matière à part qui intègre deux choses, les régimes matrimoniaux et les successions.

De manière général le critère de rattachement pour le statut personnel est la loi nationale, si ce n’est
pas la loi nationale ce sera la loi du domicile (c’est la personne qui est au centre du litige, la personne
a deux critères de rattachement : sa nationalité, son domicile).

Le rattachement à la loi nationale est parfois très complexe, dans certaines situations il aurait été
favorable d’utiliser la loi du domicile. Dans certains pays où il y a une grande immigration c’est la loi
du domicile qui est choisi comme critère de rattachement.

1) avantages et inconvénients de la loi nationale

A) le rattachement à la loi nationale (=loi personnelle)

a) avantages de la loi nationale

Mancini a crée la théorie personnaliste, il a proposé à ce que le statut personnel soit toujours
rattaché à sa loi nationale. L’argument principal est qu’il considère que l’individu, où qu’il se trouve,
doit se voir appliquer sa loi nationale parce que c’est celle-ci qui est la plus adaptée à son
tempérament. Il y a cette notion de prévisibilité juridique qui fait que peu importe le pays où il se
trouve il sait que c’est son code de la famille qui lui sera appliqué. D’un point de vue politique le
rattachement à la loi nationale répond le plus aux étrangers et aux citoyens.

Le statut personnel a une spécificité propre à tous les pays, c’est une matière qui subit très
difficilement des modifications parce qu’il s’agit de quelque chose qui touche la personne dans sa vie,
dans sa famille. C’est pour ces raisons que c’est la loi nationale qui a été proposée comme critère de
rattachement dans plusieurs pays.

La loi nationale comme critère de rattachement présente un élément de stabilité, la nationalité est
quelque chose de sûre, soit on l’a soit on ne l’a pas, il n’y a pas de difficultés à repérer la loi
applicable. La loi nationale a également un élément de permanence, la nationalité à ce caractère de
permanence, quand on a la nationalité marocaine on l’a de manière permanente, les cas de
déchéance sont très rares. Il n’est pas évident de parler de ces deux éléments avec la loi du domicile.
Il faut déterminer ce qu’est le domicile, savoir où il se trouve, une personne peut avoir son domicile
dans différents Etats. Le domicile n’a pas forcément cet élément de permanence, il peut être changé.
Enfin l’avantage avec la loi nationale est la facilité. Il est facile de repérer la nationalité d’un individu,
alors que pour prouver qu’on a un domicile quelque part il y a un certain nombre d’élément qui doit
être apporté.

b) inconvénients de la loi nationale

Il existe des cas concrets qui montrent qu’il n’est pas toujours facile de trouver la loi nationale, il
n’est pas toujours évident de trancher dans la nationalité. Un individu peut être difficilement soumis
à sa loi nationale, c’est le cas des réfugiés. Ce sont des personnes qui ont fuit leur nationalité et qui
se réfugient en dehors de leur pays. Ils n’ont pas envie d’avoir de l’attache avec leur nationalité. Le
rattachement se fait à la loi du domicile, c'est-à-dire leur pays d’accueil. Un individu peut ne pas être
soumis à une loi nationale, c’est le cas des apatrides, ils n’ont pas de nationalité. Le rattachement se
fait à la loi du domicile, c'est-à-dire le pays où ils sont établis. Mais on ne parle pas vraiment de la loi
du domicile, on parle plutôt de résidence. Une personne peut avoir plusieurs nationalités en même
temps. En cas de litige où il y a un rattachement à la loi nationale, quelle nationalité appliquer ?
Aucun texte ne tranche mais la tendance est celle des attaches les plus pertinentes avec un Etat
donné, avec une nationalité donnée. Le juge va chercher avec quelle nationalité l’individu présente
des attaches les plus étroites.

Du point de vue de l’individu ce n’est pas toujours intéressant de le soumettre à sa loi nationale. Par
exemple, un français qui réside au Maroc et qui est marié avec une marocaine. Il réside au Maroc
depuis plus de 30 ans, il n’a gardé aucune attache avec son pays si ce n’est sa nationalité. Il est bien
intégré dans le pays, cela lui paraîtra absurde qu’on lui applique le droit français.

Du point de vue du juge le rattachement à la loi nationale n’est pas intéressant. Lorsqu’il est saisi
d’un litige international relatif au statut personnel il doit appliquer systématiquement une loi
étrangère. Il préférerait que ce soit la loi du domicile, il aurait alors à appliquer la loi marocaine.

A) le rattachement à la loi du domicile

a) avantages

Le domicile est entendu dans le sens du lieu dans lequel vit l’individu et non celui où il réside. Il s’agit
du lieu dans lequel il est installé, avec lequel il a des attaches profondes. Dans la plus part des cas il
n’est pas difficile de repérer le lieu où vit un individu, des éléments matériels permettent de
l’indiquer (certains papiers). Le domicile a pour avantage la simplicité, la loi applicable est la loi du
pays dans lequel le juge est saisi.

Du point de vue du juge, celui-ci va devoir appliquer sa propre loi, la loi du domicile est la loi du juge
saisi.

Pour qu’un individu soit intégré l’élément du droit est important. Quand on se trouve dans un Etat
étranger et que c’est la loi du domicile qui est appliqué on se sent alors intégré. La loi du domicile
permet une intégration des étrangers dans l’Etat d’accueil.

b) inconvénients

La loi du domicile présente beaucoup plus d’intérêts que la loi nationale. Le seul inconvénient qu’on
peut soulever est celui qui concerne les travailleurs immigrés qui résident dans des pays différents, à
la fois dans le pays d’accueil et dans leur pays d’origine. Par exemple, ils vivent 6 mois au Maroc et 6
mois en France. Ils présentent des attaches pour l’un comme l’autre des pays. Il est difficile de
déterminer la loi du domicile, le domicile doit être unique.

Il n’est pas toujours évident pour le juge de déterminer de manière véridique le domicile, il peut y
avoir fraude.

2) les éléments du statut personnel

A) L’état et la capacité

Le texte de référence principal est le dahir sur la condition civile des étrangers. Cette notion
comprend un certain nombre d’éléments. Quand on parle de l’état il est question du nom, de la
nationalité et du domicile (les règles relatives à ces derniers). Il y a aussi la capacité.
La loi applicable pour l’état et la capacité est toujours la loi nationale, l’article 3 est la référence de
base, « L'état et la capacité des Français et des étrangers sont régis par leur loi nationale ». L’article 4
répond au cas où un individu a simultanément plusieurs nationalités, « Au cas où une personne
aurait simultanément au regard de plusieurs Etats étrangers, la nationalité de chacun d'eux, le juge
saisi d'un litige détermine le statut personnel applicable » (le statut personnel fait référence à l’état
et la capacité), mais il n’est pas clair. Il dispose que c’est au juge de déterminer le statut personnel
applicable, mais comment est-ce qu’il va faire ? Il y a deux cas. D’abord, lorsque l’une des nationalités
de la personne est la nationalité du for, cette dernière l’emporte, le juge va appliquer sa propre loi.
Par exemple, une franco-marocaine se présente devant un juge marocain, elle a un problème d’état
et de capacité. Dans sa double nationalité il y a la nationalité marocaine, le juge va appliquer la loi
marocaine. Ensuite, lorsqu’aucune des nationalités de la personne n’est la nationalité du for, il n’y a
pas de nationalité favorite, le juge doit intervenir par une certaine interprétation. Il essayer de
rechercher avec quelle nationalité la personne présente des attaches les plus intimes. Par exemple,
une franco-italienne qui a un litige au Maroc relatif à son état ou sa capacité.

B) le mariage

Le droit international privé s’intéresse particulièrement au mariage mixte, et spécialement au


mariage mixte dans lequel est impliqué un marocain, mais pas exclusivement. Le droit international
privé peut également concerner le mariage des marocains à l’étranger, le mariage des étrangers au
Maroc ou encore le mariage entre marocain et étranger au Maroc.

a) la formation du mariage

Quand on veut former un mariage l’union en question doit remplir un certain nombre de conditions,
des conditions de fond et de forme. Le dahir sur la condition civile des étrangers n’a pas
véritablement différencié la situation pour les conditions de fond et de forme, c’est la loi nationale
qui est applicable dans les deux cas.

Paragraphe 1 : conditions de fond

Les conditions de fond sont : le consentement ; la capacité matrimoniale ; la non entente sur la
suppression de la dote ; la tutelle matrimoniale le cas échant, lorsqu’il s’agit d’une femme qui
souhaite recourir à la tutelle. Lorsque la femme l’a choisi le tuteur doit être présent. Dans le cas d’un
mineur le tuteur devient une condition de fond en l’absence duquel il y aura annulation du mariage ;
la présence des adouls ; absence d’empêchements (articles 10-13 moudawana). Pour ce qui est de la
capacité matrimoniale, du consentement et de l’absence d’empêchements il s’agit de conditions qui
sont communes à touts les systèmes juridiques. L’article 8 du dahir sur la condition civile des
étrangers dispose « Le droit de contracter mariage est réglé par la loi nationale de chacun des futurs
époux », cet article est appliqué pour les conditions de fond, il prévoit le rattachement à la loi
nationale.

Dans le mariage, contrairement à l’état et la capacité, deux personnes sont impliquées. A chaque
personne sa propre loi. Lorsque les deux personnes ont la même nationalité étrangère ça ne pose pas
de problèmes, il faudra appliquer une seule loi. Par exemple, deux personnes françaises rencontrent
ont un problème dans la formation de leur mariage, le juge va devoir vérifier les conditions de fond
qui sont posés par le code civil français, il va appliquer la loi française. Le problème se pose lorsque
deux personnes ont des nationalités différentes. Par exemple, une personne française et une
personne suisse ont un problème dans la formation de leur mariage, si on applique l’article 8 il faudra
appliquer la loi française à la personne française et la loi suisse à la personne suisse. Il s’agit d’une
application distributive des lois nationales en présences. Ici il y a une grande difficulté. Admettons
qu’on a une personne ressortissante de l’Etat français et une autre personne ressortissante d’un Etat
étranger. Admettons qu’en faisant application de ces lois de manière distributive on retrouve que la
loi française valide ce mariage mais que l’autre loi étrangère ne le valide pas. Admettons que la
personne a 18 ans. En France l’âge matrimonial est à 18 ans, mais soit dans la loi étrangère l’âge
matrimoniale à 19 ans. Dans ce cas la jurisprudence commande que le mariage ne soit pas valable,
bien que la loi française le valide. On a opté pour la loi la plus restrictive, il suffit que l’une des lois ne
valide pas le mariage pour celui-ci ne soit pas valable.

Dans le dernier cas il s’agit d’un mariage mixte entre une personne de nationalité marocaine et une
autre de nationalité étrangère. La réponse la plus logique serait l’application de l’article 8, soit
l’application distributive des lois. L’article 2 du code de la famille dispose, « Les dispositions du
présent code s’applique : […] à toute relation entre deux personnes lorsque l’une d’elles est
marocaine », l’article veut que quelque soit la situation, du moment où une personne marocaine est
impliquée il faudra se contenter de la loi marocaine, c’est le privilège de la nationalité. Cet article
viole les règles du droit international privé, c’est pourtant ce qui est appliqué concernant le mariage.

La loi nationale n’est pas toujours praticable, il faut s’arrêter au niveau de toutes les hypothèses. Il
n’y a pas une application aveugle de la règle étrangère, elle se fait de manière très prudente. Par
exemple, un couple homosexuel français résidant au Maroc saisit le juge marocain pour se marier. Ici
le juge va faire son travail, il va qualifier, rattacher, désigner la loi applicable. Le rattachement est la
loi nationale, la loi nationale est la loi française. En France le mariage homosexuel est permis. Est-ce
qu’un mariage homosexuel peut être célébré au Maroc ? Normalement le mariage homosexuel
devrait passer selon la règle de conflit, mais on ne peut pas célébrer une telle union parce qu’elle
touche à l’ordre public.

Séance 8

[dans le cas pratique il faudra chercher l’ordre public dans l’étude des faits]

Paragraphe 2 : conditions de forme

La convention franco marocaine relative au statut des personnes et de la famille et à la coopération


judiciaire du 10 août 1981 réglemente les rapports entre marocains et français. Le texte international
prime sur le texte national, les règles qui seront expliqués ne seront appliquées.

Selon l’article 11 du dahir sur la condition civile des étrangers, « les français et les étrangers ne
peuvent se marier que suivant les formes admises par leur loi nationale […] », on applique la loi
nationale des deux époux. Par exemple un mariage marocain/espagnol, concernant la forme du
mariage on va appliquer la loi espagnole à la personne espagnole et la loi marocaine à la personne
marocaine. Il faut distinguer trois hypothèses :

Un mariage entre étrangers au Maroc. L’article 12 du dahir sur la condition civile des étrangers
dispose, « Le contrat de mariage est valable, quant à la forme, s'il a été conclu suivant la loi nationale
de chacun des futurs époux […] », il faut voir ce que la loi nationale de chacun des époux prévoit. Ce
type de mariage doit être conclu auprès des autorités consulaires des pays dont relève les époux, ils
sont les plus à même de connaître les formalités à respecter selon leur loi nationale.

Un mariage entre marocains à l’étranger. Les conditions de forme du mariage sont régies par la loi
nationale, ce sont celles requises par le code de la famille. Le code de la famille prévoit que le
mariage entre marocains à l’étranger peut être célébré selon la forme requise par le pays dans lequel
résident les époux, pourvu qu’ils soient enregistrés dans le consulat marocain, que les conditions de
fond prévues par le code de la famille soient respectées et qu’il y ait la présence de deux témoins
(article 14, 15 moudawana).

Mariage marocain/étranger. Peu importe que le mariage soit conclu au Maroc ou à l’étranger, pour
qu’il soit valable il faut nécessairement qu’il soit conforme à la formalité requise par le code de la
famille, il faut donc la forme adoulaire. Mais le dahir sur la condition civile des étrangers ne l’a pas dit
expressément.

Selon l’article 6 de la convention franco marocaine de 1981, « Les conditions de forme du mariage
sont régies par la loi de celui des deux Etats dont l'autorité le célèbre le mariage », il n’a pas prévu la
loi nationale, le mariage doit être célébré selon la forme des autorités locales auprès desquelles a été
conclu le mariage. Les fonctionnaires consulaires vont enregistrer le mariage de manière réciproque
(si le mariage a été conclu en France les fonctionnaires consulaires vont l’enregistrer au Maroc, vice-
versa).

C) Le divorce

D’après l’article 9 du dahir sur la condition civile des étrangers, « Les Français et les étrangers ont le
droit de demander le divorce […] aux conditions fixées par leur loi nationale », on fait donc
application de la loi nationale des époux pour régir tout ce qui a relation avec le divorce. Quand on a
une loi nationale commune il y a une application homogène de la loi. Quand on a des lois différentes
mais avec un rapprochement, ça ne pose pas de problèmes, le juge va chercher un compromis, une
voie de divorce. La difficulté survient lorsqu’on a des lois qui sont tout à fait contradictoires,
lorsqu’une loi admet le divorce et qu’une autre ne l’admet pas. Ici la jurisprudence penche vers la
solution suivante : on va appliquer au divorce non pas la loi nationale, lorsque la nationalité n’est pas
commune, mais la loi de la partie qui est demanderesse, c’est-à-dire de la partie qui a pris l’initiative
du divorce.

Selon l’article 9 de la convention franco marocaine, lorsque la nationalité est commune entre les
époux à la date de la présentation de la demande (deux marocains en France ou deux français au
Maroc, pour que la convention puisse s’appliquer), on va appliquer la loi de l’Etat dont les époux
portent la nationalité. Lorsque la nationalité est différente, on va appliquer la loi de l’Etat sur le
territoire duquel les époux ont leur domicile commun, ou la loi de l’Etat sur le territoire duquel les
époux aveint leur dernier domicile commun, s’il y a eu séparation de corps.

D) la filiation

La filiation fait partie du statut personnel. La règle générale en matière de statut personnel est
l’application de la loi nationale. La différence de nationalité entre le parent et l’enfant est possible,
selon la jurisprudence on fait dans ce cas application de la loi nationale de l’enfant concerné par la
filiation.

F) les successions

Selon l’article 18 du dahir sur la condition civile des étrangers la loi applicable pour régir touts
problèmes concernant la succession et le testament est la loi nationale du défunt.

II) Statut réel

Selon l’article 17 du dahir sur la condition civile des étrangers, « Les biens, soit meubles, soit
immeubles, situés dans le protectorat français du Maroc, sont régis par la législation du
protectorat ». Il s’agit d’une règle unilatérale. Pour la bilatéraliser il faut dire que les biens, meubles
et immeubles, sont soumis à la loi du lieu de leur situation.
Un bien immobilier ne bouge pas par nature, on ne va pas peiner à trouver sa situation. Un bien
mobilier est déplaçable par nature, ici la question peut se poser de déterminer la situation du bien.
La jurisprudence a opté pour la loi de la situation actuelle du bien, au moment où l’action est
introduite devant le juge, même si le bien a été déplacé à la dernière minute. On ne va pas chercher
où il a été situé, peu importe la durée. D’un autre côté, il y a des biens mobiliers sont destinés à
bouger, c’est le cas des moyens de transport (aéronefs, bateaux, avions, etc.). Comment déterminer
la situation de ce type de bien lorsqu’ils font l’objet d’un litige ? Leur situation est le lieu de leur
immatriculation.

III) les obligations

Lorsque l’objet d’un litige relève d’un contrat c’est l’article 13 du dahir sur la condition civile des
étrangers qui est applicable. Les parties ont la possibilité de choisir la loi applicable en cas de litiges,
c’est la loi d’autonomie. Lorsqu’il y a une clause d’autonomie le juge doit appliquer la loi choisie par
les parties. Lorsqu’aucune clause d’autonomie n’a été prévue, l’article 13 nous donne un certain
nombre de lois qui vont être compétentes : la première loi que doit chercher le juge est la loi du
domicile commun ; lorsqu’il n’y a pas de domicile commun le juge va appliquer la loi de la nationalité
commune ; lorsqu’il n’y a pas de nationalité commune le juge va appliquer la loi du lieu de la
conclusion du contrat (selon cet ordre).

Les délits et quasi-délits sont intégrés dans les obligations, il y a une obligation de réparer un
dommage causé à autrui (volontairement dans le délit et involontairement dans le quasi-délit). Selon
l’article 16 du dahir sur la condition civile des étrangers, « Les obligations nées d'un délit ou quasi-
délit sur le territoire du protectorat français du Maroc, sont régies par la législation du protectorat »,
en généralisant cet article la loi applicable est la loi du lieu où le délit ou le quasi-délit a été commis.

Chapitre 2 : conflit de juridictions

La notion de conflit de juridictions prête à un problème, on fait le rapport avec le conflit de lois. La
notion de conflit de juridictions accrédite l’idée qu’il existerait des règles de conflit identiques à celles
des règles de conflits de lois, qui répartiraient la compétence juridictionnelle internationale.

Dans le cadre du conflit de juridictions chaque Etat va se prononcer sur sa propre compétence, dire
dans ses lois quand est-ce qu’il est compétent, une juridiction donnée n’a pas le droit de se
prononcer sur la compétence d’une autre juridiction étrangère. Par exemple, le juge marocain qui se
déclare incompétent ne peut pas affirmer la compétence du juge français. Il doit se prononcer
uniquement sur sa propre compétence, il ne doit pas renvoyer le litige devant une juridiction
étrangère. Lorsque le juge se déclare incompétent pour connaître d’un litige, il renvoie les parties à
mieux se pourvoir, c’est-à-dire à aller devant le tribunal compétent.

Il y a la compétence directe des tribunaux marocains, dans le cas où le juge marocain est compétent
pour trancher un litige international. Il y a aussi la compétence indirecte du tribunal marocain,
lorsqu’une décision de justice a été rendue à l’étranger mais que l’on veut faire exécuter au Maroc.
Par exemple, un couple marocain résidant en France a divorcé. Il y a eu des effets du divorce,
notamment le paiement de la pension alimentaire. L’époux qui devait payer la pension est rentré au
Maroc. L’épouse a une décision française qui lui donne le droit d’obtenir la pension alimentaire, pour
la rendre exécutoire au Maroc elle va devoir se rendre dans le pays et obtenir une décision rendue
par une autorité compétente, c’est l’exéquatur d’une décision étrangère. Le juge marocain va devoir
accorder l’exéquatur, c’est-à-dire rendre la décision exécutoire.
Séance 9

Titre 1 : la compétence internationale des tribunaux marocains

La compétence internationale des tribunaux marocains suppose que soient présentées des règles de
compétence en la matière. On se pose la question de savoir si le juge marocain est compétent ou
non. S’il est compétent il va trancher l’affaire, s’il n’est pas compétent le raisonnement va s’arrêter à
ce niveau-là.

I) Les règles de compétence judiciaire internationale

Le législateur n’a pas répondu par une énumération des règles qui vont permettre de trouver la
compétence judiciaire du juge marocain, ici ce sont des règles de droit interne du code de procédure
civile qui seront transposées à la matière internationale. Dans toutes ces règles qui vont être citées il
y aura un élément de rattachement avec le Maroc. Il suffit qu’il y ait un élément marocain dans le
litige pour que le juge marocain soit compétent.

A) Les règles générales de compétence judiciaire internationale

Le tribunal territorialement compétent est le tribunal du domicile réel du défendeur. Il suffit que le
domicile du défendeur soit au Maroc pour que le tribunal marocain se déclare compétent même si
touts les autres éléments sont situés ailleurs (nationalité, lieu de conclusion du contrat, lieu de
survenance du dommage).

Si le défendeur n’a pas son domicile au Maroc, le tribunal marocain sera compétent s’il a sa
résidence au Maroc. Le domicile est une habitation, c’est le lieu où la personne a son centre
d’intérêt, il y a un rapport de droit entre la personne et le domicile. La résidence est l’endroit où vit la
personne au moment du litige, même de manière temporaire.

En cas de pluralité de défendeurs, si l’un de ses défendeurs a son domicile ou sa résidence au Maroc
il a le droit d’intenter l’action en justice devant le tribunal marocain même si touts les autres
défendeurs ont leur domicile ou résidence ailleurs.

Dans le cas où le défendeur n’a ni domicile ni résidence au Maroc, le juge marocain reste compétent
du moment où le demandeur a son domicile ou sa résidence au Maroc, il s’agit d’un élargissement de
la compétence du tribunal marocain en matière de litige international.

B) Les règles spéciales dérogatoires

Il existe certains cas dans lesquels la compétence du tribunal marocain est avérée, en absence de ce
qui a été vu précédemment.

En matière immobilière le tribunal compétent est celui de la situation du bien litigieux, le tribunal
marocain est compétent à chaque fois que l’immeuble litigieux est situé au Maroc.

En matière de réparation d’un dommage le tribunal compétent est celui du lieu où le fait
dommageable s’est produit. Le demandeur peut aller soit devant le tribunal du lieu de la situation du
fait dommageable, soit devant le tribunal du domicile de défendeur, au choix.

En matière de fourniture, de travaux, de locations ou louages d’ouvrages, le tribunal compétent est


celui du lieu où la convention a été soit contractée soit exécutée, lorsque l’une des parties est
domiciliée en ce lieu (domicile ou résidence), il faut conjuguer les deux conditions.

En matière de succession, le tribunal compétent est celui du lieu où la succession a été ouverte. La
succession est ouverte dans le lieu du domicile du défunt, c’est le lieu du dernier domicile qui a été
élu avant le décès, peu importe sur quel territoire il décède. Par exemple, un défunt a résidé en
France, il a élu son domicile au Maroc, il décède sur le territoire marocain ou étranger, la succession
est ouverte au Maroc, le tribunal compétent est le tribunal marocain.

En matière de pension alimentaire, on accorde le choix au demandeur de la pension d’intenter


l’action soit devant le tribunal du lieu du domicile du défendeur, soit devant le tribunal du lieu de son
propre domicile.

En matière de sociétés, l’action est portée devant le tribunal du lieu du siège social.

En matière de faillite, l’action est portée devant le tribunal du lieu du domicile du failli, ou bien sa
dernière résidence.

Titre 2 : l’effet des jugements étrangers au Maroc

Une affaire a déjà été tranchée par un tribunal étranger. Le tribunal marocain sera saisi pour
reconnaître cette décision et lui donner la force exécutoire, pour accorder l’exéquatur à la décision
étrangère. Quand on veut exécuter une décision au Maroc il faut recourir à la force publique. Pour
recourir à la force publique il faut l’autorisation de la part de l’Etat.

Dans une conception libérale on accorderait l’exéquatur sans faire aucun contrôle, du moment que la
décision émane d’un tribunal étranger soit-il. L’exéquatur n’est pas accordé de manière aveugle. Un
contrôle strict consisterait en la révision de la décision étrangère en profondeur, il s’agirait de
remettre en cause la compétence du tribunal étranger. Il faut opérer un contrôle léger. Le juge a
l’obligation de faire un contrôle en respectant les règles de la matière. Les jugements ou bien les
décisions étrangères ne peuvent être rendues exécutoires sur le territoire marocain qu’une fois qu’ils
auront obtenu la force exécutoire par le tribunal marocain à la suite d’une instance en exéquatur.
L’exéquatur est une décision par laquelle un tribunal marocain donne la force exécutoire au
jugement étranger sue le territoire marocain.

I) L’exequatur

L’exéquatur ne concerne pas uniquement les jugements ou bien les décisions étrangers. On la
rencontre aussi lorsqu’on parle de sentences arbitrales, ça concerne l’arbitrage interne ou
international. Pour qu’une sentence arbitrale soit exécutoire il faut nécessairement obtenir
l’exequatur du président du tribunal compétent. On la rencontre aussi lorsqu’on parle d’actes, non
de jugements, passés à l’étranger devant des officiers ou des fonctionnaires publiques.

On ne peut pas rendre exécutoire sur un territoire n’importe quoi, ça touche la souveraineté d’un
Etat.

A) Les conditions de l’exequatur

En matière de divorce en fait application de l’article 128-2 du code de la famille. En dehors de la


matière du divorce on fait application de l’article 430 du CPC. L’exéquatur peut être accordée ou
refusée. Le tribunal qui est saisi d’une demande d’exéquatur doit contrôler la régularité des
jugements étrangers, il faut vérifier si les droits de la défense ont été respectés, est-ce que la
décision a l’autorité de la chose jugée. Le juge marocain contrôle également la compétence du
tribunal étranger et la conformité des jugements étrangers à l’ordre public marocain, il va devoir voir
essentiellement ces deux points.

Le juge marocain va être saisi d’une demande d’exéquatur, il va vérifier si la décision a été rendue
par un tribunal compétent. Selon une conception large le juge marocain va poser la question de la
compétence internationale du juge étranger qui a rendu la décision. Mais le juge marocain est mal
placé pour apprécier cette compétence, chaque juge va conjuguer ses règles internes pour se
prononcer sur sa propre compétence. Selon une autre conception le juge marocain va faire jouer ses
propres règles de conflits de juridictions pour se prononcer sur la compétence du tribunal étranger,
mais qui nous certifie que les mêmes règles peuvent être jouées sur le territoire étranger ? D’après la
pratique deux éléments seront contrôlés.

Le premier point, le juge marocain va vérifier s’il ne bénéficie pas en l’espèce d’une compétence
exclusive, il va se demander si en l’espèce il n’était pas le tribunal compétent. Par exemple, une
décision dans laquelle il y avait un défendeur domicilié au Maroc, cette affaire a été tranchée par le
tribunal français, on demande l’exéquatur de cette décision sut le territoire marocain, on sait que le
tribunal marocain est compétent à chaque fois que le défendeur est domicilié au Maroc, le tribunal
marocain peut rejeter l’exéquatur, on considère que lorsque le domicile du défendeur est situé au
Maroc c’est le tribunal marocain qui peut être exclusivement compétent. Par exemple, un immeuble
est situé au Maroc fait l’objet d’un litige, l’affaire a été tranchée en France, on demande l’exéquatur
de la décision sur le territoire marocain, le juge marocain considère qu’il a une exclusivité de
compétence étant donné que l’immeuble est situé au Maroc, l’exéquatur ne sera pas accordée.

Le deuxième point, le juge marocain va vérifier la compétence d’attribution et la compétence


territoriale du juge étranger. Pour se prononcer sur ce type de compétence il faut maîtriser
l’organisation judiciaire du pays en question. Ce type de vérification n’est pas accessible à touts les
juges marocains, mais ils ont le droit.

Décision de la cour de Cassation, 2001, relative à une décision de divorce qui a été rendue en France :
la personne intéressée voulait avoir l’exéquatur de ce jugement rendu à l’étranger, le tribunal de
première instance n’a pas accordé l’exéquatur, la cour d’appel a accordé l’exéquatur, la cour de
cassation a décidé un refus de l’exéquatur car elle a considéré qu’il y avait un problème au niveau de
la compétence du tribunal, elle a jugé que du le fait que le divorce a été rendu par un juge non
musulman celui-ci n’était pas compétent, tout ce qui relève de la famille relève de la charia.

Le juge marocain va également vérifier la conformité de la décision à l’ordre public marocain. Aucune
définition de l’ordre public ne peut être donnée, il varie dans le temps et dans l’espace. Est-ce que la
décision ne touche pas une valeur fondamentale de la société marocaine ? L’ordre public va
équivaloir plus ou moins aux valeurs intangibles du juge du for, l’appréciation de la conformité à
l’ordre public va être très variable d’un juge à un autre. Le juge marocain va chercher s’il n’y a pas
quelque chose qui choque, cette vérification va se faire au cas par cas. Ce qui est ordre public dans
un cas ne l’est pas dans un autre, selon les circonstances de la décision. L’ordre public peut ressurgir
de manière méchante, ça dépend des liens que le litige a avec le Maroc, ça dépend du droit auquel le
litige est lié. Quand on parle du droit de la famille ce n’est pas la même chose que quand on parle du
droit commercial. Le droit de la famille est un domaine que l’on veut garder intact, le juge cherche la
petite bête pour ne pas accorder l’exéquatur. Parfois le juge exagère dans la notion d’ordre public,
mais tant qu’il n’y a pas une énumération par la loi de ce qui fait partie de l’ordre public ce n’est pas
possible d’empêcher cette exagération.

Exemple : Cour de cassation, 2014, un testateur résidait en Angleterre, il a laissé un testament en


faveur de sa sœur comme quoi il allait lui laisser l’ensemble de ses biens, le bénéficiaire du testament
a saisi au Maroc le TPI pour accorder l’exequatur à ce testament, l’exéquatur a été accordée par le
PTI, les héritiers du testateur on fait appel contre la décision du TPI, la cour d’appel ne s’est pas
différenciée de la décision du TPI, les héritiers ont formé un pourvoir en cassation, ils ont obtenu gain
de cause, la cour de cassation a considéré que l’exéquatur était accordé en violation du respect de
l’ordre public marocain, on ne peut tester que dans la limite du tiers, cette règle qui est relative au
code de la famille touche l’ordre familiale et la charia, tous ces éléments considérés comme faisant
partie de l’ordre public marocain.

Exemple : un contrat de mariage a été conclu à l’étranger, le couple a souhaité que le mariage soit
reconnu au Maroc, ils ont demandé l’exéquatur au TPI, le TPI a accepté l’exéquatur, le ministère
public a fait appel, le jugement d’exéquatur devrait être rejeté car le contrat de mariage a été
accordé sans la présence de témoins musulmans, la cour d’appel a rejeté l’exéquatur, c’est quelque
chose qui touche à l’ordre familial donc à l’ordre public marocain.

Exemple : jurisprudence française, un mari répudie sa femme au Maroc, il a la décision de


répudiation, il veut faire jouer cette décision en France, cette décision de répudiation n’est pas
conforme à l’ordre public français, la cour de cassation française n’accepte pas l’exéquatur des
répudiations qui sont rendues à l’étranger, la non-conformité à l’ordre public inclue deux principes :
le principe de l’égalité et le principe de l’égalité entre l’homme et la femme.

B) La procédure de l’exéquatur

Quel est le tribunal compétent pour accorder l’exéquatur ? En ce qui concerne la compétence
matérielle, le tribunal matériellement compétent est exclusivement le TPI. En ce qui concerne la
compétence territoriale, on va se diriger vers le TPI du domicile du défendeur ou bien de sa
résidence. Dans le cas où il n’y a pas de défendeur, on va se diriger vers le tribunal du lieu où
l’exécution de la décision doit être effectuée. Le jugement d’exéquatur est rendu en audience
publique.

Les jugements rendus par le TPI en matière d’exéquatur sont susceptibles d’appel. L’appel est
interjeté par la partie qui le souhaite. L’appel est interjeté soit pour demander l’accord de
l’exéquatur car elle a été refusée soit pour le cas contraire. Il y a une exception, les jugements qui
accordent l’exéquatur en matière de dissolution du mariage ne sont susceptibles d’aucun recours,
sauf par le ministère public.

La demande d’exéquatur doit être formée par voie de requête écrite. La requête est accompagnée
d’un certain nombre de documents à joindre : une expédition authentique de la décision ; l’original
de la notification de la décision ou bien n’importe quel acte en tenant lieux ; un certificat du greffe
compétent constatant qu’il n’existe contre la décision ni opposition, ni appel, ni pourvoi en
cassation ; le cas échéant, une traduction complète en langue arabe des pièces énumérées. La
traduction doit être certifiée conforme par un traducteur assermenté. Ces éléments sont
obligatoires, si l’un de ces éléments manque il n’y a pas exéquatur.

Cour de cassation, 16 juin 2015 : le ministère public a fait un pourvoi e cassation contre un arrêt
rendu par la cour d’appel qui confirme l’exéquatur accordée par le TPI à une décision de divorce
rendue aux Etats-Unis, la cour de cassation a cassa la décision rendue par la cour d’appel puisque le
mari n’avait pas produit l’expédition authentique de la décision mais uniquement une copie, le
ministère public a considéré que ça violait l’ordre public marocain.

Exemple : une décision de pension alimentaire a été obtenue à l’étranger, on veut l’exécuter au
Maroc, l’épouse a demandé l’exéquatur, malheureusement elle n’a pas fait accompagner sa requête
d’exéquatur de l’original de la notification de la décision, elle a ramené un papier qui n’avait pas de
valeur juridique, le juge marocain a refusé l’exéquatur en l’intégrant dans l’ordre public marocain.
C) L’effet des jugements étrangers non subordonnés à l’exequatur

Une décision a été rendue par un tribunal étranger, on ne veut pas obtenir son exécution forcée. Il
n’est pas toujours nécessaire de passer par la procédure d’exéquatur pour faire donner à une
décision un autre type d’effet que la force exécutoire. Un jugement étranger peut avoir une force
juridique sans avoir l’exéquatur accordée, elle peut produire un effet juridique sur le territoire
marocain en dehors de la décision d’exéquatur.

Un jugement national a la force de la chose jugée. Quand on parle de la force de la chose jugée on
parle de la force probante du jugement, on peut le faire valoir en tant que preuve. Le jugement est
un élément de preuve authentique jusqu’à inscription de faux, c’est-à-dire tant qu’il n’a pas été
prouvé que la décision a été falsifiée. Les jugements étrangers one une force probante sue le
territoire marocain même s’ils ne sont pas exécutoires, même lorsqu’on a refusé leur exéquatur. La
valeur probante est accordée de plein droit à un jugement étranger sans besoin de passer par une
quelconque procédure. L’effet principal que produit un jugement étranger sur le territoire marocain
indépendamment de toute procédure d’exéquatur est la force probante. Le juge peut valablement
donner une valeur aux prétentions des parties lorsque ce jugement a été rendu à l’étranger.

Chapitre 3 : le droit de la nationalité

La notion de nationalité est l’appartenance juridique d’une personne à la population constitutive


d’un Etat. Il faut distinguer la conception juridique de la nationalité de la conception sociologique. Si
on prend la dimension juridique de la nationalité, la nationalité n’est pas un lien de fait, c’est un lien
de droit entre la personne et l’Etat. Si on prend la dimension sociologique de la nationalité, la
nationalité est le sentiment d’appartenance à une nation, à une communauté d’individus, un
sentiment qui attache une personne à un Etat. C’est la dimension juridique qui triomphe. Adorer le
Maroc n’est pas un motif pour obtenir la nationalité, au contraire on peut avoir la nationalité d’un
pays mais détester ce pays.

Il y a deux fondements qui sont utilisés pour accorder la nationalité : le fondement de la filiation, jus
sanguinis, le lien de filiation ; le jus soli, le droit du sol, le lieu de naissance. Le lien de filiation est un
critère pertinent, la nationalité va être accordée à un enfant lorsque le parent a cette nationalité, la
mère comme le père. Le jus soli, on n’est pas forcément né d’un parent marocain mais on est né sur
le territoire marocain, le sol va donner un droit à la nationalité.

A) Les sources internationales

La convention de la haie du 12 avril 1930 est le texte principal en matière du droit de la nationalité.
Le droit de la nationalité obéit à un principe fondamental, c’est la souveraineté de l’Etat. Chaque Etat
est libre de déterminer quelles sont les règles qui permettent d’accorder la nationalité ou sa
déchéance, chaque Etat détermine librement quels sont ses nationaux et quelles sont les règles qui
s’appliquent à eux.

Les lois changent selon qu’on est dans un pays d’immigration ou dans un pays d’émigration. Le droit
de la nationalité marocaine n’est pas le droit de la nationalité française, la France est un Etat
d’accueil comparé au Maroc. Les lois changent également selon la période, période de guerre ou de
paix par exemple, si on est dans une période d’expansion ou de récession économique les cas
d’acquisition de la nationalité peuvent être limités ou pas. Les règles en la matière varient selon les
époques. Le code de la nationalité est un code qui peut subir beaucoup de réformes dans un lapse de
temps réduit, mais ce n’est pas vraiment le cas au Maroc.
Il y a quatre critères qui peuvent accorder à quelqu’un la nationalité d’un Etat : la filiation, la
naissance, le mariage et la volonté. L’établissement de ces critères comme règles juridiques dans le
code de la nationalité de chaque Etat permet à chaque Etat d’affirmer sa souveraineté.

Certains principes qui relèvent du droit international limitent la souveraineté de l’Etat. Le premier
principe est le droit de chaque individu d’avoir une nationalité. Il faut éviter l’état d’apatridie, sur un
territoire donné on ne peut pas laisser une personne sans nationalité. Il faut faire en sorte qu’il n’y ait
pas cumul de nationalité, chaque individu doit avoir une seule nationalité.

Le deuxième principe est le principe d’effectivité. La nationalité n’est pas juste un sentiment, quand
on accorde la nationalité d’un Etat on doit retrouver des éléments de rattachement, c’est ce qu’on
appelle la nationalité effective. Le rattachement factuel doit être assez important pour éviter
d’attribuer la nationalité d’une manière arbitraire.

B) Les sources nationales

Le code de la nationalité du 6 septembre 1958 est la source exclusive. Ce code a été profondément
modifié par la loi 62-06 du 23 mars 2007. Le code s’applique sue le territoire marocain, sur touts les
réseaux territoriaux marocains (aéronefs, navires).

Titre 1 : l’établissement de la nationalité marocaine

La nationalité marocaine peut être soit d’origine soit acquise. Lorsqu’une personne est née
marocaine on parle de nationalité d’origine. On parle d’attribution de la nationalité lorsqu’il s’agit de
la nationalité d’origine. Lorsqu’une personne n’est pas née marocaine mais qu’elle a pu acquérir la
nationalité marocaine par la suite on parle d’acquisition de la nationalité, il n’y a pas d’effets
rétroactifs, l’acquisition va de l’acquisition.

I) L’attribution de la nationalité marocaine

Ici il y a deux critères qui sont pertinents, le droit d’affiliation et la naissance sue le territoire
marocain.

A) L’attribution de la nationalité marocaine par le droit du sang

Selon l’article 6 du code de la nationalité, « est marocain, l’enfant né d’un père marocain ou d’une
mère marocaine ». Cette règle permet d’attribuer la nationalité marocaine à un enfant dont l’un des
parents est marocain, on peut distinguer trois hypothèses.

Première hypothèse, l’enfant est né de deux parents marocains. Ici l’enfant ne peut être que
marocain.

Deuxième hypothèse, l’enfant est né d’un père marocain. Ici on passe sous silence deux éléments : la
nationalité de la mère, elle peut être étrangère, ça n’empêche pas à l’enfant d’avoir la nationalité
marocaine ; le lieu de naissance de l’enfant, quel qu’il soit l’enfant aura la nationalité.

Troisième hypothèse, l’enfant est né d’une mère marocaine. C’est comme la deuxième hypothèse.
On passe encore sous silence la nationalité du père et le lieu de naissance de l’enfant, ça ne change
rien à l’attribution de la nationalité.

Avant la promulgation du code de 2007 l’enfant né d’une mère marocaine n’était pas marocain, sauf
lorsqu’il n’y avait pas de filiation légitime, c’est-à-dire une filiation naturelle. Qu’en est-il des enfants
qui sont nés avant 2007 de mère marocaine et de père étranger ? Le code de la nationalité dans un
souci de non-discrimination entre les enfants qui sont nés avant et après la réforme a appliqué cette
nouvelle disposition de manière rétroactive.

D’après l’article on peut tirer deux principes qui gouvernent l’attribution de la nationalité à raison de
la filiation : le sexe féminin ou masculin du parent est totalement indifférent ; que la filiation soit
légitime ou naturelle importe peu, l’enfant devient marocain du moment où il a une mère
marocaine.

B) L’attribution de la nationalité marocaine par la naissance sur le territoire marocain

Dans l’article 7 du code de la nationalité on va distinguer deux hypothèses possibles pour attribuer la
nationalité marocaine d’origine à un enfant né au Maroc.

Première hypothèse, lorsque l’enfant est né sur le territoire marocain mais ne dispose d’aucune
nationalité, qu’il soit né de parents inconnus, qu’il n’ait pas de filiation avec quelqu’un. Ça peut être
le cas aussi de l’enfant trouvé au Maroc, on n’est pas sûr qu’il soit né sur le territoire marocain, il n’a
pas de parents connus, on peut lui attribuer la nationalité marocaine.

Deuxième hypothèse, lorsque l’enfant est né sur le territoire marocain mais dispose d’une autre
nationalité. La naissance sur le sol ne suffit pas pour attribuer la nationalité, du moment où un enfant
a une autre nationalité il ne peut pas bénéficier de la nationalité marocaine.

II) L’acquisition de la nationalité marocaine

C’est le passage du statut d’étranger au statut de marocain. D’abord on n’est pas marocain d’origine,
ensuite quand on parle d’une nationalité acquise il n’y a pas l’effet rétroactif, on n’est marocain qu’à
partir du moment où l’acquisition a eu lieu.

La nationalité marocaine peut être acquise soit par le bien fait de la loi soit par décision de l’autorité
publique.

A) L’acquisition par le bien fait de la loi

Les articles 9 et 10 du code de la nationalité énumèrent de manière très limitative les cas où la loi
reconnaît aux personnes qui n’ont pas la nationalité marocaine dès la naissance la possibilité de
l’obtenir, il faut remplir un certain nombre de conditions.

Premier cas, c’est l’acquisition de la nationalité par la naissance et la résidence au Maroc. La loi
distingue deux hypothèses. La première hypothèse concerne la situation dans laquelle il y a naissance
au Maroc de parents étrangers qui y sont eux même nés, il y a quatre conditions. Première condition,
la personne qui veut acquérir la nationalité doit être née au Maroc. Deuxième condition, ses parents
soient étrangers eux même nés au Maroc postérieurement à l’entrée en vigueur du premier code de
la nationalité. Troisième condition, la personne intéressée doit avoir une résidence habituelle et
régulière au Maroc. Quatrième condition, la personne intéressée doit déclarer sa volonté d’acquérir
la nationalité entre l’âge de 16 ans et 18 ans. La deuxième hypothèse concerne la situation dans
laquelle il y a naissance au Maroc d’un père étranger de langue arabe ou de religion musulmane, il y
a trois conditions. Première condition, il faut que l’enfant soit né au Maroc. Deuxième condition, elle
doit être née d’un père qui lui-même est né Maroc. Troisième condition, le père doit se rattacher à
un pays dont la lange est l’arabe ou dont la religion est l’islam, dans la fraction majoritaire.

Deuxième cas, c’est l’acquisition de la nationalité marocaine par la prise en charge, kafala. Ce cas de
figure permet à un enfant qui est pris en charge par des parents marocains d’avoir la nationalité
marocaine. La kafala est une institution qui permet de prendre en charge complètement un enfant
qui est abandonné, qui est de filiation inconnue, c’est l’engagement de prendre en charge l’entretien,
la nourriture, les soins, la scolarité, tout ce qu’aurait fait un père pour son enfant lorsqu’il y a une
filiation légitime. La kafala ne donne pas droit à la filiation, l’enfant n’a donc pas le droit à la
succession. La kafala est attributive de la nationalité, il y a quatre conditions. Première condition, il
faut que les parents qui prennent en charge l’enfant soient de nationalité marocaine. Deuxième
condition, il faut que la durée de la prise en charge soit au minimum de cinq ans. Troisième
condition, il faut que l’enfant soit né en dehors du Maroc et de parents inconnus. Quatrième
condition, la déclaration d’acquisition de la nationalité marocaine doit être présentée par les parents
intéressés, ou bien alors par l’enfant lui-même entre l’âge de 16 ans et 18 ans.

Troisième cas, c’est l’acquisition de la nationalité marocaine par le mariage, le mariage crée un
élément de rattachement à l’Etat d’accueil. Il y a quatre conditions. Première condition, la femme
étrangère doit avoir épousé régulièrement un marocain. Deuxième condition, il doit y avoir une
résidence habituelle et régulière au Maroc. C’est le ménage qui est concerné. Il faut attendre que 5
ans s’écoulent au moins. Troisième condition, il faut formuler une déclaration en vue d’acquérir la
nationalité marocaine, elle doit être adressée au ministre de la justice. Cette déclaration doit être
faite pendant la relation conjugale. La fin de la relation conjugale n’a aucun effet sur la déclaration
qui a été déposée avant la fin de cette relation. Quatrième condition, le ministre de la justice qui
reçoit la déclaration a l’obligation de statuer dans un délai d’un an à compter de la date de dépôt de
la demande. Dans le cas où le ministre de la justice n’aurait pas statué dans le délai ça vaut
opposition à la demande d’acquisition de la nationalité marocaine.

L’acquisition de la nationalité marocaine dans ces cas n’a pas d’effet rétroactif.

B) L’acquisition par la décision de l’autorité publique

L’autorité publique peut accorder la nationalité marocaine. La volonté de la personne intéressée ne


suffit pas, la nationalité va être accordée suite à une décision de l’autorité publique. Il y a deux
modes d’acquisition qui sont prévues par le code de la nationalité, à savoir la naturalisation et
l’acquisition par la réintégration.

a) l’acquisition de la nationalité marocaine par la naturalisation

La naturalisation est réglementée par les articles 11 à 14 du code de la nationalité. On parle de


naturalisation lorsqu’une décision de l’autorité publique confère à un étranger la nationalité
marocaine. La naturalisation n’est pas de plein droit, il doit nécessairement être demandé et être
conféré par décision de l’autorité publique qui est compétente en la matière.

1) les conditions de fond

Elles sont prévues par l’article 11. La condition d’âge, le candidat à la naturalisation doit être majeur
au moment du dépôt de la demande. Condition de résidence, le candidat doit avoir une résidence
habituelle et régulière sur le territoire marocain pendant, les cinq années qui précèdent le dépôt de
la demande et au moment du dépôt de la demande. Il ne suffit pas d’avoir la résidence en question 5
ans avant le dépôt, il faut prouver qu’on est toujours résident sur le territoire marocain au moment
du dépôt de la demande, il faut demeurer sur le territoire marocain jusqu’à ce qu’il soit statué sur la
demande. Condition de santé, le candidat doit être saint de corps et d’esprit. Condition qui tient aux
moyens d’existence, le candidat à la naturalisation doit justifier de moyens suffisants pour vivre sur le
territoire marocain. Condition de moralité, le candidat doit être de bonne vie, il ne doit pas faire
l’objet d’un certain nombre de condamnations. Ces condamnations sont énumérées par l’article 11 à
titre limitatif, il ne doit pas être condamné pour : crime ; délit infamant ; actes de terrorisme ; actes
qui sont contraires aux lois de la résidence légale au Maroc ; actes qui entraînent la déchéance
commerciale. Condition tenant à la connaissance de la langue arabe, la connaissance de la langue
n’est pas un critère très rigoureux, ce n’est pas une condition d’assimilation ou d’intégration.

2) les conditions de forme

L’autorité compétente en la matière pour pouvoir accorder la nationalisation est la commission


chargée de statuer sur les demandes de naturalisation. Cette commission est composée de cinq
membres : un représentant du cabinet royal ; un représentant du ministère de l’intérieur ; un
représentant du secrétariat général du gouvernement ; un représentant du ministère des affaires
étrangères ; il est présidé par le directeur des affaires civiles au sein du ministère de la justice.

Cette commission se réunit à chaque fois qu’il y a des demandes de naturalisation. Ces réunions
doivent nécessairement être décidées à l’unanimité, touts le membre doivent être présents, touts les
membres doivent décider à l’unanimité d’accorder la nationalité.

L’acte de naturalisation est un décret de naturalisation qui sera pris par le conseil du cabinet. Il peut
être pris dans quelques cas qui son dérogatoires par dahir royal. Qu’il soit pris par dahir ou par décret
il est toujours publié au bulletin officiel. L’acte de naturalisation peut être étendu aux enfants,
mineurs, non mariés du naturalisé (le mariage emporte émancipation). Cet extension est faite de
plein droit. Les mineurs naturalisés peuvent renoncer à la nationalité marocaine s’ils le souhaitent
entre l’âge de 18 et 20 ans.

Quelqu’un qui a pu acquérir légalement la nationalité marocaine est frappé par quelques incapacités
spéciales qui tiennent à l’exercice des fonctions publiques et toutes les fonctions d’éligibilité et
d’élection (il ne peut pas être électeur). Ce sont des limitations dans le temps, 5 ans à partir de l’acte
de naturalisation.

3) les dérogations

Dans quelques cas il est possible d’accorder la nationalité marocaine par naturalisation sans remplir
les conditions qui viennent d’être citées, ils sont prévus par l’article 12. Dans les cas dérogatoires les
décisions seront rendues par voie de dahir royal. Il y a deux cas de dérogation. Le premier, ce sont les
personnes étrangères ayant rendu des services au Maroc, ou ayant accompli une mission dans
l’intérêt du Maroc, et à ces occasions ont contracté une maladie ou une infirmité. Pour ces personnes
la condition de la santé ne joue pas, mais les autres conditions doivent être remplies. Le deuxième,
c’est l’étranger qui a rendu des services exceptionnels au Maroc, ou bien dont la naturalisation
présente un intérêt exceptionnel pour le Maroc. Pour cet étranger on va faire abstraction d’un
certain nombre d’exceptions : la résidence ; la santé de corps et d’esprit ; la connaissance suffisante
de la langue arabe ; les moyens d’existence suffisantes. Les conditions de majorité et de moralité
sont gardées.

b) L’acquisition de la nationalité marocaine par la réintégration

Quelqu’un a perdu sa nationalité marocaine, elle demande de la réintégrer de nouveau. C’est une
acquisition non rétroactive, elle devient marocaine qu’à partir du moment où la réintégration a lieu.

Article 15 du code de la nationalité. Première condition, le candidat à la réintégration doit avoir


possédé antérieurement la nationalité marocaine, il ne doit pas s’agir d’une nationalité acquise mais
d’une nationalité d’origine qui a été perdue. Deuxième condition, le candidat à la réintégration doit
déclarer sa volonté de vouloir réintégrer la nationalité marocaine, cette volonté doit être rédigée
sous forme de demande qui est adressée au ministère de la justice. Il doit obtenir un décret de
réintégration dans la nationalité marocaine. La réintégration s’étend aux enfants, mineurs et non
mariés, du réintégré et qui demeurent effectivement avec lui.

Le décret doit être obtenu dans un délai d’un mois, au-delà la demande est rejetée tacitement.

Titre 2 : La privation de la nationalité marocaine :

La privation de la nationalité marocaine peut être due à deux cas. Ca peut être la perte de la
nationalité marocaine, l’élément de volonté est très fréquent, on a le droit de renoncer à la
nationalité marocaine. Ca peut être la déchéance de la nationalité marocaine, l’élément de volonté
ne joue pas, on enlève la nationalité contre la volonté.

I) la perte de la nationalité marocaine

Il y a l’élément de la volonté qui est exprimé par la personne qui souhaite perdre la nationalité
marocaine. La nationalité est un lien de droit mais aussi un lien affectif. La perte de la nationalité
marocaine est généralement associée à une perte de lien affectif avec le territoire marocain ce qui
donne le droit à la personne de perdre ou de renoncer à la nationalité, selon le cas.

L’article 19 cite les cas qui permettent de perdre la nationalité marocaine. Premier cas, acquisition
volontaire d’une nationalité étrangère. Elle n’aboutit pas automatiquement à la perte de la
nationalité marocaine, l’élément de volonté doit être présent. On est marocain d’origine, on a pu
acquérir la nationalité étrangère, cela peut suffire à certaines personnes qui refusent alors la
nationalité marocaine. On ne peut pas renoncer à la nationalité marocaine alors qu’on est seulement
marocain.

Deuxième cas, la double nationalité. Ici la personne est étrangère et en même temps elle a la
nationalité marocaine.

Troisième cas, enfants du naturalisé. Ils ont le droit de renoncer à la nationalité marocaine, il y a une
limite de temps, entre 18 et 20 ans.

Quatrième cas, la femme marocaine qui épouse un étranger et qui a la possibilité d’obtenir la
nationalité de son conjoint. Elle peut demander de renoncer à la nationalité marocaine mais elle doit
demander cette renonciation préalablement au mariage, il ne faut pas que le contrat de mariage soit
déjà conclu. Il faut attendre une autorisation gouvernementale par voie de décret.

Cinquième cas, l’emploi dans un service public étranger. C’est le cas d’un marocain qui va conserver
ses fonctions publiques étrangères qui sont contraires à l’intérêt national marocain. C’est le fait pour
une personne de travailler dans une fonction publique à l’étranger mais qui est jugée incompatible
avec l’intérêt national marocain. On pourrait l’intégrer dans la déchéance et non dans la perte de la
nationalité, c’est un cas limite entre la déchéance et la perte. On ne va pas faire perdre la nationalité
automatiquement, une injonction est adressée comme quoi la personne doit laisser tomber la
fonction publique en question, si elle conserve la fonction publique pendant 6 mois c’est là où on va
lui faire perdre sa nationalité, on considère qu’il y a une volonté tacite.

Sixième cas, la renonciation de l’enfant né d’une mère marocaine et qui a la nationalité d’origine de
son père. Il doit déclarer sa volonté de renoncer entre l’âge de 18 et 20 ans. La renonciation est
accordée par voie de décret. Ce décret doit toujours être publié dans le bulletin officiel. La perte
n’est pas rétroactive, elle court à partir du décret.
II) la déchéance de la nationalité marocaine

Une personne n’a plus le droit d’avoir la nationalité marocaine, on prive la personne contre sa
volonté. L’article 22 énumère les cas de déchéance de la nationalité. Premier cas, la condamnation
pour un certain nombre d’infractions : attentat ou bien offense contre le souverain ou la famille
royale ; condamnation pour un crime ou un délit contre la sûreté intérieure ou extérieure du Maroc ;
actes de terrorisme ; condamnation pour un crime mais dont la peine est de plus de 5 ans de
réclusion. Deuxième cas, la soustraction aux obligations militaires. Troisième cas, l’accomplissement
au profit d’un Etat étranger d’actes qui sont incompatibles avec la qualité de marocain.

La condition pour que la procédure de déchéance soi mise en vigueur est que la nationalité
marocaine ne soit pas d’origine, elle doit être acquise. Il faut que les faits reprochés à l’intéressé se
soient produits dans le délai de 10 ans à compter de la date d’acquisition de la nationalité marocaine,
au-delà de 10 ans on ne peut plus déchoir de la nationalité. Pour ce qui est des condamnations, la
déchéance doit être prononcée dans un délai de 5 ans à compter du jugement de condamnation, si
les 5 ans sont passés il y a prescription.

Pour ce qui est de la procédure de déchéance, la déchéance n’est jamais judiciaire, ce n’est pas le
tribunal qui est compétent en la matière, la déchéance est toujours administrative, elle est
demandée au ministère de la justice. Elle est prononcée par dahir lorsque l’acquisition est faite par
dahir, elle est prononcée par décret lorsque l’acquisition est faite par décret.

La déchéance n’est pas arbitraire. L’intéressé doit être informé avant le prononcé de la déchéance,
on doit lui envoyer un courrier comme quoi il sera déchu de sa nationalité pour le motif tel. La
décision de déchéance doit être motivée pour que l’intéressé puisse contester.
Cas pratique :

[C’est le raisonnement qui intéresse et non la solution. Il faut donner les règles sur lesquels on s’est
basé. Lire bien le sujet. Suivre la méthodologie du cas pratique. A chaque question il faut appliquer la
méthodologie du cas pratique. Quand on parle de la compétente des juridictions marocaines,
intituler la partie « la compétence des juridictions marocaines ». Citer touts les articles, touts les
éléments du cours. Ne pas détailler toutes les règles qui ne sont pas utiles, mais il faut les citer. Ce
n’est pas la peine de répéter la solution. Dans la mineure, commencer par « en l’espèce » et dire la
solution]

Le 15 mai 2017 lors d’un voyage d’affaire au Québec les dirigeants d’une société marocaine dont le
siège est à Casablanca achètent à la société québécoise dont le siège se situe au Québec une
centaine de moteurs d’automobiles. La livraison a eu lieu le 15 juin 2017 dans les entrepôts de la
société marocaine à Casablanca. Il s’avère rapidement que les moteurs sont affectés d’un vice de
fabrication. Face au refus de la société québécoise de prendre en charge les frais de retour de la
marchandise pour réparation, la société marocaine saisit les juridictions marocaines pour obtenir la
résolution de la vente la liant à la société québécoise.

1- Les juridictions marocaines seront-elles compétentes pour connaître ce litige ?

Il faut absolument savoir quelle est la demande des parties, classer le demande des parties, la
demande des parties est la résolution de la vente parce qu’il y a un manquement aux obligations
contractuelles ;

Se poser la question : quand est ce que le tribunal marocain est compétent. Le juge marocain sera
compétent à chaque fois qu’il y a un élément de rattachement avec le Maroc.

Dans la méthodologie de travail commencer d’abord par les spécificités pour arriver au général. C’est
un contrat de vente et non de fourniture, le contrat de vente ne figure pas dans les exceptions. Dans
les cas généraux aller de manière hiérarchique, d’abord le domicile du défendeur, ensuite lorsqu’il y
a plusieurs défendeurs, etc. Le demandeur réside au Maroc, la compétence du tribunal marocain est
étendue même si lorsque le défendeur n’est pas domicilié au Maroc mais que le demandeur l’est, la
juridiction marocaine est compétente.

2- Quel sera le droit applicable à cette affaire ?

Qualification juridique des faits de manière brève ; question de droit posée ; faire court, ce n’est pas
la peine de qualifier juridiquement les faits en reprenant tout le cas pratique ; passer à la majeure.

Commencer par dire qu’il n’y a pas de conventions [dans l’examen il n’y aura pas de conventions
internationales].

Le problème est qu’on est en matière de dip, pour parler du recours à la méthode conflictuelle il faut
nécessairement voir est ce qu’il y a un conflit de lois ; se dire que la personne qui corrige ne connaît
rien en la matière ; rappeler les conditions du conflit de lois : plusieurs ordre juridiques doivent être
impliquées, c’est le cas ici. Il y a plusieurs ordres juridiques qui ont possibilité d’apporter une solution
au litige, la loi québécoise et la loi marocaine. Rappeler qu’il y a l’existence de deux personnes
privées. Il faut vérifier si en l’espèce les conditions du conflit de lois sont remplies ; première étape :
qualification. Il faut expliquer sur la copie le cours, rappeler les règles, le but de la qualification qui
consiste à classer le problème de droit dans une catégorie juridique. La qualification se fait selon la
loi du for ; ce n’est pas facile de laisser la majeure dans la théorie, faut revenir à l’espèce rapidement
sans attendre la mineure. Exemple, dire que la première étape est la qualification, l’expliquer, donner
toutes les règles, dire ensuite rapidement « en l’espèce », sinon on va se perdre. Dans la majeure dire
la règle mais rapidement, après chaque étape, qualifier, « en l’espèce » ; une fois que la qualification
est faite, la deuxième étape est le rattachement, expliquer chaque type de rattachement, mais « en
l’espèce » le rattachement sera fondé sur la source du rapport de droit ; identification de la loi
applicable. Article 13 dahir condition civile des étrangers. Soit les parties ont déjà choisi une loi, dans
le cas contraire on fait application de la règle de l’article 13 : soit la loi du domicile commun, soit la
nationalité commune, soit la loi du lieu de la conclusion du contrat. « En l’espèce » le contrat a été
conclu au Québec.

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