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Samedi, le 03 Novembre 2018

Droit Civil (Droit des personnes et des biens) : Cours 1

Première partie : INTRODUCTION AU DROIT


Introduction
Droit comme PHENOMENE SOCIAL TRES ANCIEN qui traverse presque toutes les
époques (toutes les sociétés modernes ont une législation), donc UNIVERSEL.
Il faut un groupe pour envisager le droit, c’est donc un phénomène destiné aux
humains.
Issu des nécessités de la vie commune à établir des règles pouvant instaurer une
cohésion sociale ; le droit est un instrument de régulation sociale. Le droit régule par un
ensemble de prescription d’interdictions et d’autorisations.
L’on retrouve cette fonction de régulation à une foultitude de niveaux : individuel,
familial, National, inter-Etat (international), planétaire…
Le code d’almoravide est le texte juridique le plus ancien.
Subdivision du droit : Droit comme matière autonome : droit public et droit privé (droit
civil, droit pénal, droit commercial…), droit international privé (appliqué aux individus et
non aux Etats)
En définitive, le droit est un phénomène social qui est prescriptif

Titre premier : LE PHENOMENE JURIDIQUE


Il peut être observé à travers des sources du droit (Chapitre 2) et plus directement par
l’étude de la notion (Chapitre 1).

Chapitre 1 : LA NOTION DE DROIT


Le droit est un concept complexe qui peut toutefois se révéler par le biais de ses
fondements ou les multiples tentatives de définition.

Section 1 : Les fondements du droit


Ils ont fait l’objet de plusieurs propositions doctrinales regroupées en deux courants
essentiels : le courant positiviste et le courant idéaliste.
Paragraphe 1 : Les courants positivistes
Le positivisme est une doctrine et une idéologie qui postule une connaissance du droit à
partir d’une démarche scientifique rigoureuse. Il se décline en trois branches
principales : le positivisme juridique, le positivisme sociologique et le positivisme
historique.
A- Le positivisme juridique
C’est une théorie du droit centré sur la norme juridique à l’exclusion de toute
considération philosophique, morale ou religieuse. Elle a été rendue populaire par
l’école de Viet (Hans Kelsen). Le positivisme juridique ramène le droit à sa plus simple
expression : la norme juridique formelle c’est-à-dire une prescription juridique d’origine
étatique destiné à régir la vie sociale.
Les exégètes de Kelsen voient dans le droit un ordre établi structuré en pyramide. En
effet, il existe une diversité de règles d’une inégale valeur dans chaque Etat. Ce faisant,
elles sont ordonnées selon des critères liés à l’origine ou à l’autorité de la norme.
Au-delà de ce rapport hiérarchique entre les normes, le positivisme pose un principe
d’inférence qui signifie que chaque norme inférieure tire sa validité de l’habilitation
accordé par une norme supérieure.
B- Le positivisme sociologique
Le courant sociologique tient aux idées développées par des auteurs comme
DURKHEIM et Auguste COMTE. Ils accordent une primauté au groupe social sur
l’individu. Ainsi la norme sociale est le résultat de l’équilibre des intérêts individuels
nécessaire au maintien de la vie en groupe. Dans la pensée juridique, Gaston JEZE et
Léon DUGUIT illustrent ce courant. Selon ces auteurs, l’Etat n’est que le révélateur des
règles édictées par le groupe social.
C- Le positivisme historique
Selon cette théorie, la règle de droit est le produit d’une évolution des normes sous
l’emprise des changements sociaux. A cet égard, le droit actuel n’est qu’un
prolongement des concepts et institutions fondamentaux du droit romain.
Samedi, le 17 Novembre 2018
Paragraphe 2 : Les courants idéalistes
… Est opposé au positivisme en raison de sa finalité par la règle de droit. Elle s’en
écarte également de par l’autorité attachée à la source de la norme.
Dans le courant jus naturaliste, il est possible de distinguer deux formes : idéalisme
naturel et idéalisme rationnel.
A- L’idéalisme naturel
Il tire sa cohérence d’une distinction essentielle entre les lois naturelles et les lois
positives. Ce courant de pensée est incarné par des auteurs tels que Platon ou Aristote
qui voient dans le droit l’instrument de réalisation d’une cité d’idéale. Dans la pensée
idéaliste, on peut noter le courant religieux symbolisé par la doctrine de Saint Augustin.
Cet auteur estime que la loi naturelle est comprise entre la loi éternelle et celle positive.
(Cette pensée est abolie à l’avènement de la révolution française, lorsque l’église fut
désormais séparée de l’Etat et que des règles humaines prennent le dessus sur les
règles divines – laïcisation de la société française).
B- L’idéalisme rationnel
La raison humaine est la source fondamentale de la règle de droit dans la pensée
idéaliste rationnelle. Selon cette idéologie, il existerait des principes universels qui
permettent de régir la conduite humaine. Ainsi, la règle de droit tire sa légitimité de la
raison humaine qui l’a exclusivement conçue. Dans sa vision contemporaine, la pensée
idéaliste est symbolisée par la théorie des droits de l’Homme.

Section 2 : La définition du droit


La définition en tant que phénomène social est probablement l’une des questions les
plus complexes de la pensée juridique.
En réalité, il existe plusieurs définitions pouvant renvoyer à des phénomènes juridiques
tels que la loi, la justice, les droits subjectifs etc.
Ces différentes approches reflètent deux dimensions fondamentales de la réalité
juridique. Le droit au singulier recoupant avec le droit positif et le droit au pluriel
désignant des droits subjectifs
Paragraphe 1 : le Droit (objectif)
Le Droit est un système d’organisation sociale à l’instar d’autres systèmes normatifs tels
que la religion, la morale, ou des canons de comportements retrouvés sous l’appellation
d’éthique. Toutefois, il s’en distingue par son particularisme lié à l’existence d’une
sanction juridique d’origine étatique.
A- Le Droit parmi les systèmes normatifs
Traditionnellement, le Droit est opposé à la religion et à la morale.
_Droit et Religion : La religion est un lien entre une divinité et un individu comme le
Droit serait un rapport entre l’Etat et individu. La religion se manifeste sous la forme de
commandements ou de préceptes tirant son autorité dans la soumission totale du
croyant à la divinité. Les règles religieuses tentent d’organiser la vie de l’individu et la
vie en société. En cela, elles s’approchent des règles juridiques (Exemple : l’interdiction
du meurtre). Toutefois, la religion est distincte du Droit sur au moins deux critères :
Relativement à la sanction, l’inobservation d’une règle religieuse met en jeu une
sanction immanente et / ou une sanction immédiate lorsque l’organisation politique le
permet ; Relativement au champ d’application, le droit se borne à organiser les rapports
au sein de l’Etat tandis que la religion s’applique à l’homme d’abord et à la société
ensuite.
_Droit et Morale : La morale relève de l’axiologie. Elle poursuit un but de
perfectionnement de l’être humain tant dans la manière d’être que dans la conduite à
tenir. La morale se définit sous la forme d’un ensemble de règles qui symbolisent des
valeurs essentielles pour l’Homme. Pourquoi la morale est distincte de la religion ?
D’abord du point de vue de sa finalité et ensuite par rapport à la sanction. Le Droit est
une règle d’organisation sociale tandis que la morale est une règle de conduite
intérieure. La règle de droit est sanctionnée par des peines prévues dans un texte
spécifique tandis que la sanction dans la morale relève de la conscience individuelle.
_Droit et Ethique : les règles éthiques sont des normes de bienséance, de conduite
professionnelle, ou des préceptes de jugement qui répondent à des questions d’ordre
personnels ou sociétales (biotechnologie et réseaux sociaux).

Samedi, le 24 Novembre 2018


B- La spécificité de la règle de droit
Elle jouit d’un état particulier dans les Etats modernes. Non seulement, elle constitue le
meilleur moyen de régulation sociale mais se démarque d’autres normes de par ses
caractères. En effet, la règle de droit est une prescription générale, abstraite et
contraignante.
Le caractère abstrait de la règle de droit veut dire qu’elle s’adresse de manière
générale à tous les individus compris dans son champ d’application (matériel,
personnel, territorial, temporel). Ce caractère renvoie également à la vocation
permanente des règles de droit.
Le caractère obligatoire de la règle de droit indique qu’elle s’impose à tous les
individus selon les prescriptions qu’elle contient. Ce caractère obligatoire se décline
sous deux formes : dans un premier temps, la règle peut être impérative c’est-à-dire
qu’elle s’impose d’office à tous ses destinataires. Lorsqu’elles sont dites d’ordre public,
ces règles impératives n’admettent pas d’action contraire (contre elles) ; La seconde
modalité s’articule autour des règles supplétives ou interprétatives de volonté
(différente du libre-arbitre). La règle supplétive permet à la personne d’opter pour une
solution autre que celle prévue par défaut.
Le caractère contraignant de la règle de droit désigne l’existence d’une sanction
prévue en cas d’inobservation des prescriptions de la norme. Les sanctions peuvent
être pénales, civiles ou administratives.
Paragraphe 2 : les droits (Subjectifs)
L’expression droit au pluriel évoque les droits subjectifs c’est-à-dire les prérogatives reconnues aux
individus toutefois, les droits subjectifs ne font pas l’objet d’une définition univoque. Il s’agirait selon les
auteurs d’un pouvoir individuel ou d’un intérêt juridiquement protégé. Cette dernière définition est la
plus partagée. [Critique positiviste : les droits subjectifs existent seulement si le Droit
objectif le veut ; l’on ne peut pas opposer les droits subjectifs au droit objectif / critique
marxiste :]. Les droits subjectifs tirent leur source d’actes ou de faits juridiques. [D’un
point de vue textuel, le bloc de constitutionnalité est la principale source de tous les
droits subjectifs]
_Les faits juridiques sont des événements qui produisent des effets juridiques non
prévus. L’événement peut être volontaire ou non mais l’effet doit rester (indésirable)
non souhaité. A contrario, _l’acte juridique est une manifestation de volonté
destinée à produire des effets prévus.
Les droits subjectifs peuvent être classés en fonction de leur objet ou en fonction de
leur valeur (argent). Suivant le premier critère, l’on distingue le droit des créances
des droits réels. Concernant le second critère, l’on oppose les droits patrimoniaux
aux droits extrapatrimoniaux.
A- Les droits patrimoniaux
Les droits patrimoniaux représentent des éléments du patrimoine évaluables en
argent. L’un des principaux droits patrimoniaux est le droit de propriété qui
matérialise l’emprise juridique sur une chose par une personne. Il se caractérise par ses
trois composantes : l’usus, le fructus et l’abusus.
B- Les droits extrapatrimoniaux
Ce sont les prérogatives hors du commerce juridique. Ils sont liés à la personnalité
de l’individu et en constituent des attributs essentiels. Les droits extrapatrimoniaux
sont non transmissibles Parmi les droits extrapatrimoniaux, il est possible d’avoir le
droit l’honneur et le droit à la vie privée. Bien que n’étant pas défini de manière
précise, l’atteinte à l’honneur est expressément consacrée dans la loi pénale. Ces
infractions concernent les injures publiques ou privées de même que la
diffamation. A cet égard, l’honneur est protégé à travers les sanctions pénales et
civiles prévues. Le droit à la vie privée est une prérogative qui permet d’opposer à
d’autres individus des aspects relevant de son intimité, de sa santé, de sa
correspondance etc.

Chapitre 2 : LES SOURCES DU DROIT


Samedi, le 01 Décembre 2018
Les sources du droit représentent l’ensemble des pouvoirs ou autorités, habilités à
créer le droit. Elles sont fixées pour chaque étape par la loi fondamentale qui énumère
l’origine des règles de droit ainsi que leurs autorités. Les sources peuvent être classées
selon plusieurs critères.

Section 1 : La source directe du droit


La source directe désigne la règle expressément prévue par la constitution comme
régulant la société. Il s’agit de la constitution, de la loi et du règlement.
A- La constitution
La constitution représente la loi fondamentale d’un Etat, elle détermine les principes
d’organisation et de fonctionnement de l’Etat. La constitution est composée du bloc de
constitutionnalité et des principes d’organisation et de fonctionnement.
B- La Loi
La loi est un acte du parlement qui porte sur l’une des matières relevant de sa
compétence. Les lois sont adoptées selon une procédure prévue par la constitution et
complétée par le règlement intérieur de l’assemblée Nationale. Il s’agit, de l’initiative
(projet ou proposition), du dépôt, du vote, de la promulgation et de la publication. Il
existe plusieurs types de lois, notamment :
_La loi constitutionnelle : c’est une loi qui permet d’établir ou de modifier la
constitution. Ce mandat est confié au conseil constitutionnel.
_La loi référendaire : la faculté qui est offerte au Président de la République de
demander directement au peuple son avis sur une question concernant l’organisation
ou le fonctionnement de l’Etat.
_La loi organique : c’est une loi qui porte sur l’organisation et le fonctionnement des
pouvoirs publics et adoptée suivant une procédure spéciale (cette procédure est le fait
de saisir le conseil constitutionnel, préalablement à la promulgation de la loi).
_La loi ordinaire : C’est l’essentiel des lois qui sont adoptées en général par
l’Assemblée Nationale.
Les lois font l’objet d’un contrôle à travers deux modalités principales : le contrôle de
constitutionnalité et le contrôle de légalité. Toutefois, ce dernier est réservé à la mise en
conformité des règlements à la loi.
Le contrôle de constitutionnalité, qu’il s’exerce par voie d’action ou par voie d’exception
vise à vérifier la conformité d’une loi à la constitution. Il peut être obligatoire (règlement
intérieur de l’Assemblée Nationale : lorsque le contrôle est obligatoire, il s’exerce avant
la promulgation de la loi). A l’issu du contrôle, le texte déclaré institutionnel, peut être
privé totalement ou partiellement d’effet. Si le contrôle est par voie d’exception, le texte
est déclaré inopposable à la partie qui soulève la non-conformité.
C- Le règlement
La constitution permet de distinguer les domaines qui relèvent de la loi et du règlement.
Ce sont des décisions prisent par le pouvoir exécutif en application des lois en vigueur
(la constitution en séparant le domaine du règlement et le domaine de la loi, n’a pas
attribué un catalogue précis au domaine de règlement ; Donc, tous les textes qui ne se
trouvent pas dans la liste des lois, sont des règlements).
Les ordonnances sont à mi-chemin entre la loi et le règlement.
Parmi la catégorie des règlements, il faut distinguer :
_Les règlements autonomes : Il s’agit des textes qui relèvent strictement du domaine
réglementaire (les décrets, dans les régimes présidentiels sont à l’usage spécifique du
Président, dans les Monarchies et Républiques Parlementaires par contre, c’est le
Premier Ministre qui en est l’instigateur).
_Les règlements d’exécution des lois : Ils sont adoptés dans le cadre de la mise en
application d’une loi particulière, il peut s’agir de décret ou d’arrêté.
_Les ordonnances : Il s’agit de textes réglementaires, intervenants dans des domaines
réservés exclusivement à la loi. Ils doivent être prévus par une loi d’habilitation (principe
de légalité, devoir d’avance).
D- Les traités et conventions
Il s’agit d’accords bis ou multilatéraux permettant d’organiser les rapports juridiques
entre Etats ou entre institutions internationales. Le droit des traités (Jus Cogens)
contient les conditions de validité et de règlement des différends de ces instruments.
Exemple : La convention de Vienne de 1979.
L’intégration des traités dans le droit interne se fait par voie de ratification, c’est-à-dire
par le billet d’une loi votée par le parlement (le fait qu’un président signe un traité, ne
veut pas dire que ce dernier sera ratifié par l’Assemblée Nationale et qu’il va intégrer
l’ordonnancement juridique).

Section 2 : Les sources indirectes du droit


Elles concernent la coutume, la jurisprudence et la doctrine.
A- La coutume
La coutume est appréhendée à travers ses éléments matériels et psychologiques.
L’élément matériel désigne un usage répété de manière constante ; Néanmoins, cette
répétition doit s’inscrire dans un contexte généralisé. L’élément psychologique est la
conscience chez l’individu du caractère obligatoire de l’usage. La coutume en tant que
source du droit entretient des rapports complémentaires ou conflictuels avec la loi.
-La coutume peut donner naissance à une loi (coutume praeter legem, exemple de
cadeau de mariage)
-La coutume peut suppléer à une loi (dans ce cas la loi fait référence à la coutume :
forme de mariage en matière de célébration)
-La coutume peut entrer en contradiction avec la loi, en pareille circonstance, une loi
impérative l’emporte toujours sur une coutume, tandis qu’une loi supplétive peut être
écartée par une coutume (La répudiation qui est une coutume est interdite par la loi).
B- La jurisprudence (source interprétative du droit)
Elle désigne, de manière restrictive, l’ensemble des décisions rendues par une
juridiction dans une matière donnée. Dans un sens plus large, la jurisprudence renvoie
à toutes les décisions rendues par les juridictions. La jurisprudence est considérée
comme une source interprétative du droit. L’autorité de la décision judiciaire dépend de
la place du juge l’ayant rendu dans l’ordonnancement judiciaire
C- La Doctrine
Elle recense, l’ensemble des opinions propres aux interprètes formels et informels du
droit.

Samedi, le 15 Décembre 2018

Titre 2 : LA REALISATION DU DROIT


Chapitre 1 : LES MOYENS DE REALISATION DU DROIT
Section 1 : l’application de la loi dans le temps
Le rapport entre la loi et le temps peut être résumé en deux formules. La loi nouvelle est
d’application immédiate (paragraphe 1) et elle n’est pas rétroactive (paragraphe 2).
Paragraphe 1 : l’effet immédiat de la loi nouvelle
Une loi, dès son entrée en vigueur, a vocation à s’appliquer à tous les actes et faits
juridiques dans son champ d’application. Il en résulte des conséquences au niveau de
la création de situations juridiques et au niveau du déroulement des effets des
situations déjà constituées. Relativement au premier point, les lois nouvelles
s’appliquent aux actes et faits non encore constitués au moment de leur entrée en
vigueur. Toutefois, les situations juridiques nées antérieurement à la loi nouvelle,
restent soumises à la loi ancienne. Quelques exceptions subsistent cependant ; il en est
ainsi des lois relatives à la procédure qui peuvent s’appliquer aux instances en cours.
De la même manière, il est prévu qu’une loi ancienne puisse survivre et s’appliquer aux
situations définitivement constituées sous son empire.
Paragraphe 2 : le principe de non rétroactivité des lois
Ce principe signifie qu’une loi nouvelle ne peut en principe altérer ou supprimer les
effets des situations juridiques nées sous l’empire de la loi ancienne. Néanmoins,
certaines situations exceptionnelles peuvent justifier la rétroactivité d’une loi. Il en est
ainsi des lois expressément rétroactives et des lois pénales les plus douces.

Section 2 : l’application de la loi dans l’espace


Elle peut être appréhendée à travers deux principes : le principe de territorialité des lois
et le principe de nationalité des lois.
Paragraphe 1 : le principe de territorialité des lois.
Ce principe sert à délimiter la compétence spatiale des Etats et des juridictions. Il peut
être aussi un critère de rattachement ou de localisation dans l’exercice d’une
compétence normative. Le principe de territorialité peut être contourné en présence de
loi avec un effet extraterritorial.
Paragraphe 2 : le principe de nationalité des lois
C’est un corolaire du principe de territorialité. Il permet de rattacher une loi étatique à
une personne ou à une situation juridique donnée.

Chapitre 2 : LA PREUVE DU DROIT


L’étude de la preuve consistera à aborder son objet, la charge de la preuve et ses
modes. La preuve consiste à établir l’exactitude d’une situation juridique qu’elle soit un
fait ou un acte.
1- L’objet de la preuve
En droit, on peut apporter la preuve d’un fait juridique ou d’une règle juridique.
Concernant les faits juridiques, seuls les faits contestés doivent être prouvés.
Concernant le droit, le juge connait les règles relevant de son office mais les parties
peuvent être amenées à prouver l’existence des lois étrangères ou l’existence d’un
usage.
2- La charge de la preuve
La preuve incombe au demandeur. Tel est le principe en matière de charge de la
preuve. Cette règle signifie qu’il appartient à celui qui veut se prévaloir du bénéfice
d’une situation juridique ou qui veut se soustraire à l’application ou aux effets d’une
situation juridique d’en apporter la preuve. Il est possible que la charge de la preuve soit
inversée lorsque la loi le prévoit expressément ou lorsqu’en présence d’une
présomption, celle-ci échoit au défendeur.
3- Les modes de preuve
Il existe une distinction dans la preuve des faits et des actes juridiques posés par la loi ;
Aux faits, la liberté, aux actes, la preuve prévue par la loi. D’un point de vue procédural,
la preuve doit être obtenue de manière loyale et être celle prévue par la loi pour la
situation en cause.
Samedi, le 22 Décembre 2018
Relativement aux modes de preuve, une distinction doit être établie entre les actes et
les faits juridiques. Pour les faits juridiques, le principe de la liberté de preuve prévaut.
Par contre, pour les actes juridiques, il faudra tenir compte du système légal de la
preuve ; c’est-à-dire que seules les preuves prévues par la loi peuvent être utilisées. A
ce titre, les moyens de preuve sont l’écrit, le témoignage, la présomption du fait de
l’Homme, l’aveu judiciaire, le serment. L’écrit comme preuve, peut se décliner en deux
variant es, l’acte authentique d’une part et l’acte sous seing privé d’autre part. L’acte
authentique est celui qui a été reçu par un officier public compétent instrumentant dans
les formes requises par la loi. La force probante de l’acte authentique s’étend jusqu’à ce
qu’un faux en écriture publique puisse être établi. L’acte sous seing privé est celui qui
est établi par les parties et signé par leurs soins. Il doit respecter la formalité du double
en tant qu’instrument de preuve. La force probante de l’acte sous seing privé peut être
combattue par la seule preuve contraire.

Deuxième partie : DROIT DES PERSONNES


La personne au sens du droit désigne l’être biologique titulaire des prérogatives
reconnues par le droit et assujetti aux obligations prévues par ce même droit. Il est le
support de toutes les constructions juridiques axées sur la régulation sociale. Afin de
mieux comprendre sa place et ses possibilités, il sera abordé la question de la
personne humaine appréhendée par le droit (Partie I) et le régime des possibilités
offertes à la personne par le droit à travers les incapacités (Partie II).
Partie 1 : LA PERSONNE HUMAINE APPREHENDEE PAR LE DROIT
Le droit envisage la personne humaine à travers une fiction juridique : la personnalité
juridique. La personnalité juridique, c’est l’aptitude à être un sujet de droit c’est-à-dire la
capacité à jouir des droits, attributs et obligations attachés à la personne humaine par
un système où une culture juridique donnée. La personnalité juridique est une
construction théorique issue d’une vision humaniste de l’homme à l’épreuve de son
histoire. Aujourd’hui, elle est consacrée par la plupart des textes nationaux et
internationaux relatifs aux droits de l’Homme. Dans le droit positif sénégalais, la
personnalité juridique est construite autour de son existence et de l’identification de son
titulaire.

Chapitre premier : LA DUREE DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE


Le législateur sénégalais a fixé la durée de la personnalité autour d’une règle simple.
Elle commence à la naissance et cesse au décès. Ces deux événements sont
tributaires du corps humain. Toutefois, il prévoit la possibilité d’en mesurer la durée en
l’absence du corps.

Section 1 : la durée de la personnalité en présence du corps humain.


Celle-ci est fonction de la naissance et du décès.
Paragraphe 1 : La naissance
C’est un événement d’ordre biologique qui permet de constater l’apparition du corps
humain. La preuve de la naissance est matérialisée par la création d’un acte d’état civil
comportant les mentions relatives à la filiation de l’enfant et donnant une date certaine à
l’événement. Toutefois, l’acquisition de la personnalité juridique remonte au moment de
la naissance.
Paragraphe 2 : le décès
Le décès correspond à l’arrêt total et irréversible de toutes les fonctions vitales de
l’individu. Le décès de la personne humaine doit être constaté de manière officielle
(certificat de genre de mort) et faire l’objet d’un acte établissant une nouvelle étape pour
le decujus. Ces étapes sont nécessaires pour la détermination du moment de la perte
de la personnalité juridique.
Le décès de la personne produit des effets juridiques relatifs à la protection de son
patrimoine ou à la préservation de certains de ses droits subjectifs. Sur le premier point,
l’ouverture de sa succession permet de transférer les éléments de son patrimoine à ses
héritiers ou à d’autres bénéficiaires sur une base philanthropique (fondation).
Concernant le second point, le cadavre est protégé contre la profanation tandis que la
dignité du défunt peut être prise en compte en cas d’atteinte.

Section 2 : l’existence de la personnalité juridique en l’absence du


corps humain
La personnalité juridique peut être accordée ou retirée en l’absence d’un corps soit par
la théorie de la conception (paragraphe 1), soit par une décision judiciaire en cas
d’incertitude (paragraphe 2).
Paragraphe 1 : La théorie de la conception
Selon cette théorie, l’enfant peut par anticipation acquérir la personnalité juridique. Pour
ce faire, un intérêt légitime (succession) doit exister entre le 180ème et le 300ème jour de
grossesse. Toutefois, le bénéfice de l’acquisition anticipée de la personnalité juridique
n’est acquis qu’un si l’enfant naît vivant. La date de conception est une présomption
irréfragable.
Paragraphe 2 : l’incertitude autour du décès
Le code de la famille envisage deux hypothèses dans lesquelles il existe un doute sur
l’existence de la personnalité juridique.
 La première hypothèse renvoie à l’absence, c’est la situation de la personne dont le
manque de nouvelles rend l’existence incertaine. ETAPES A SUIVRE (en vue de mettre
fin à la personnalité juridique d’une personne présumée absente : [Condition de fond : absence
de nouvelles pour une durée de 2 ans ; condition de forme : dépôt d’une requête (déclaration de
présomption d’absence)] – [4 ans après, jugement déclaratif d’absence] – [10 ans après,
jugement déclaratif de décès]. Le législateur a mis en place une procédure spécifique
pour mettre fin à la personnalité juridique de l’absent. Elle se compose de trois
décisions au bout deux, quatre, dix ans sans nouvelle.
_Le jugement déclaratif de présomption d’absence : la loi prévoit une condition de
fond (2 ans sans nouvelle de la personne présumée absente) et une condition de forme
(Le dépôt d’une simple requête auprès de la juridiction compétente) [Président du tribunal
d’instance du dernier domicile connu de la personne présumée absente].
_Le jugement déclaratif d’absence : deux ans après le jugement de présomption
d’absence, tout intéressé peut introduire une requête aux fins de déclaration d’absence.
Celle-ci constitue une cause de divorce selon les dispositions de l’article 166 du code
de la famille.
_Le jugement déclaratif de l’absence : six ans après la déclaration d’absence, une
requête peut être introduite en vue de déclarer l’absent décédé. Le jugement déclaratif
de décès autorise la transcription de l’événement dans les registres de l’état civil et met
fin à la personnalité juridique de l’absent. Le décès de l’absent dissout le lien
matrimonial et ouvre sa succession au dernier domicile connu.
 Dans l’hypothèse de la disparition c’est-à-dire la situation de la personne dont
l’absence s’est produite dans des circonstances mettant sa vie en danger sans que
son corps ait pu être retrouvé. Dans ce cas, la procédure est moins longue. Le
jugement déclaratif de décès du disparu est obtenu sur dépôt d’une requête à
l’initiative de tout intéressé. Le jugement déclaratif de décès est délivré après enquête
attestant la mort probable du disparu
Le législateur a prévu un cas de retour de l’absent ou du disparu.
_Si le retour se fait avant la déclaration de décès, l’absent ou le disparu reprend ses
biens et il lui est rendu compte de la gestion. Toutefois, les actes régulièrement conclus
ainsi que le divorce éventuel de son conjoint lui sont opposables.
_Si le retour s’effectue après le jugement de décès, l’absent ou le disparu reprend ses
biens en l’état.

Chapitre 2 : L’INDIVIDUALISATION DE LA PERSONNE JURIDIQUE


L’individualisation de la personne s’effectue sur la base de critères définis par le code
de la famille même si aujourd’hui la volonté occupe une place importante dans sa
détermination.
Vendredi, le 11 Janvier 2019

Section 1 : Les éléments d’identifications prévus par le code de la


famille
Il s’agit du nom, du domicile et de l’état civil.
Paragraphe 1 : Le nom
Le régime juridique du nom établit les règles relatives à la composition, à l’acquisition et
à la protection du nom.
A- La composition du nom
Selon le code de la famille, le nom est composé de deux éléments : un élément fixe et
transmissible, c’est le nom patronymique (nom de famille). Il est ensuite composé d’un
ou de plusieurs prénoms, choisi(s) librement par les parents de l’enfant en principe. Le
code de la famille envisage le recours à des accessoires tels que les surnoms et les
pseudonymes afin de compléter l’identification de la personne.
B- L’acquisition du nom
L’acquisition du nom peut se faire dans le cadre familiale, par voie administrative ou à
l’occasion d’une procédure de changement.
1- L’acquisition dans le cadre familiale
Le législateur sénégalais envisage trois situations permettant de déterminer
l’acquisition du nom par l’enfant.
_Pour l’enfant légitime, il acquiert à sa naissance le nom de son père.
_Pour l’enfant naturel (enfant de deux personnes non mariés), il est attribué le nom de
sa mère s’il n’est pas reconnu à sa naissance. Il peut, en cas de reconnaissance
postérieure, acquérir le nom du père.
_Pour l’enfant adoptif, la détermination du nom dépend de la forme d’adoption. En
cas d’adoption plénière, l’enfant porte le nom de l’adoptant. Dans le cas de
l’adoption simple ou limité, l’adoptant peut ajouter son nom à celui de l’enfant.
2- L’acquisition du nom par voie administrative
L’enfant né sans filiations clairement établies, doit recevoir son nom de l’officier de
l’état civil. Le choix du nom doit nécessairement tenir compte de la dignité de
l’enfant. Le nom peut être changé par voie administrative. S’il s’agit du nom
patronymique, le requérant doit saisir l’autorité compétente d’une demande de
changement qui devra être publiée durant une année dans le journal officiel ; en
cas d’avis favorable, un décret autorisera le changement de nom. Le prénom peut
aussi être changé en cas d’intérêt légitime sur demande adressée à la juridiction
compétente. Le changement de nom est soumis au respect du principe
d’immutabilité de l’état des personnes. Ce principe postule l’impossibilité d’un
changement du nom car il est imprescriptible et incessible. Toutefois, c’est
l’existence d’un intérêt légitime qui justifie cette atteinte.
3- Le nom de la femme mariée
La femme mariée peut porter le nom de son conjoint à titre d’usage. En cas de
séparation de corps ou de dissolution du mariage, la femme peut continuer à user
du nom de son mari, sauf décision contraire du juge.
4- La protection du nom
Le code de la famille envisage deux situations susceptibles de provoquer la
protection du nom. Il s’agit de l’usurpation du nom et de son usage abusif.
_L’usurpation du nom : c’est le fait de porter le nom d’autrui de manière illégitime.
Le propriétaire légitime du nom ou les intéressés peuvent agir en réclamation du
nom. Cette action est dispensée de la preuve d’un préjudice ou d’une faute.
_L’usage abusif du nom : Il s’agit de l’utilisation du nom d’autrui en vue d’en tirer
un avantage de nature pécuniaire. La réussite de l’action en interdiction d’un
usage abusif du nom suppose la démonstration d’un préjudice.
Samedi, le 12 Janvier 2019
Paragraphe 2 : Le domicile
Le domicile est le lieu où se trouve la personne. Le code de la famille en fait le principal
établissement de l’individu où le lieu habituel d’exercice d’une profession. Le domicile
est obligatoire pour toute personne physique au même titre que les autres attributs de la
personnalité. La loi consacre le principe de l’unicité du domicile. Toutefois, pour les
personnes morales, il est possible d’élire plusieurs domiciles en raison de l’importance
de l’activité professionnelle.
1- La détermination du domicile
La loi prévoit deux modes, la détermination légale et la détermination volontaire.
a- La détermination volontaire
C’est le résultat de la combinaison entre un élément intentionnel, c’est-à-dire la volonté
de fixer un lieu d’habitation et un élément matériel, c’est-à-dire la précision d’un lieu
précis du territoire. Le domicile peut faire l’objet d’un changement. Toutefois, ce
changement doit être porté à la connaissance des autorités compétentes en cas de
nécessité.
b- Le domicile légal
Le législateur a fixé le domicile de certaines personnes de manière autoritaire. Il s’agit
du mineur non émancipé qui doit habiter chez ses parents et du majeur en tutelle chez
son tuteur. Concernant la femme mariée, la loi 89-01 du 17-01-1989 lui permet de fixer
son principal établissement à l’instar de l’époux. Toutefois, ces derniers devront
respecter la communauté de vie.
c- L’élection de domicile
Dans l’exercice de leurs activités professionnelles, les personnes morales ou physiques
doivent élire domicile en un lieu qui servira aux différents actes rattachés à leurs
activités.
2- La protection du domicile
En tant qu’attribut de la personnalité, le domicile est protégé au plan pénal et au plan
civil.
Au plan pénal, l’article 164 du code pénal réprime la violation du domicile d’une peine
d’amende (25.000 FCFA à 100.000 FCFA) et d’une peine d’emprisonnement (2 mois à
un an).
Au plan civil, le préjudice nait de l’accès illégal au domicile pour fonder une action en
indemnisation sur le fondement de la responsabilité civil.
Au-delà des aspects relatifs au droit pénal et au droit civil, l’inviolabilité du domicile est
consacrée par la constitution.
Paragraphe 3 : L’état civil
L’état civil désigne un service public chargé d’identifier par le biais d’acte solennel les
individus dans une société donnée. Il peut être appréhendé à travers ses règles
d’organisation et à travers la fixation de l’état des personnes dans des registres dédiés.
1- L’organisation de l’état civil
Au Sénégal, l’administration de l’état civil est organisée autour de centres principaux et
de centres secondaires. Les centres principaux correspondent aux mairies et aux sous-
préfectures. Ils sont placés sous la responsabilité du Maire, du Sous-Préfet ou de toute
personne habilitée à cet effet. Les centres secondaires sont créés en cas de besoin et
fonctionnent sous la supervision de l’officier de l’état civil principal. Les centres d’état
civil gèrent des registres dont la forme et le contenu sont fixés par décret. [Volet 1
(couleur blanche) – remis au déclarant ; volet 2 & 3 (claques) – pour la Mairie et le tribunal
d’instance]. A côté des registres, l’état civil peut tenir d’autres documents tels que les
livrets de famille ou des répertoires alphabétiques. Le service de l’état civil est placé
sous la surveillance du juge du tribunal d’instance et du procureur de la république. Le
Président du tribunal d’instance a l’obligation de contrôler une fois par année la tenue
des registres. Les irrégularités et les manquements éventuellement constatés sont
portés à la connaissance du Procureur de la République aux fins de poursuites.
2- La transcription de l’état des personnes
L’état des personnes est obligatoirement établi par les actes de l’état civil. Cette
formalité est posée comme une obligation par le législateur qui insiste sur l’universalité
de l’état civil. L’établissement de l’état civil obéit à des formalités solennelles pour les
naissances, les mariages et les décès.
_La naissance fait l’objet d’une transcription dans les registres en respectant les
mentions relatives à l’identité civile du déclarant aux données nominatives de l’enfant et
aux dates et heures de naissance. Cette déclaration doit être faite dans le délai d’un
mois à partir de la naissance. Jusqu’à 45 jours, il est possible de procéder à une
déclaration tardive. Passé ce délai, seul un jugement supplétif peut permettre la
transcription de la naissance.
_L’acte de mariage est établit à l’occasion de sa célébration ou par constatation par
l’officier de l’état civil. L’acte de mariage doit contenir des informations nominatives des
époux et de leurs parents, celles relative à la monogamie ou à la polygamie, le choix de
régime matrimonial, les informations relatives aux témoins et d’autres mentions prévues
à l’article 65 du code de la famille. Pour être valable, l’acte de mariage doit être signé
par l’officier d’état civil, les conjoints et les témoins. Des événements affectant la vie du
couple tels que la séparation du corps ou le divorce sont inscrits en marge de l’acte de
mariage.
_Le décès : il fait l’objet d’une retranscription dans les registres de l’état civil, au plus
tard un mois après sa survenance (cf. délai pour les naissances). L’acte de décès
contient des informations relatives à l’identité du défunt, à celle de son conjoint, la date
et l’heure de décès.
Mercredi, le 30 Janvier 2019
3- La force probante des actes d'état civil
Le législateur distingue selon qu'il s'agit des énonciations des déclarants ou des fortes
constatations de l'officier de l'état civil. Relativement au contrôle du contenu, les
premières mentions font foi jusqu'à preuve du contraire tandis que les secondes ne
peuvent être écartées que par une instruction de faux. Relativement à l'acte, l'article 49
du code de la famille donne aux copies une force probante équivalente à celle des
actes originaux. Par ailleurs, la loi prévoit la possibilité de procéder à des rectifications
lorsque certaines irrégularités affectent les actes d'état civil. À cet effet, des erreurs
matérielles et des omissions peuvent être rectifier d'office par l'officier d'état civil lors de
l'établissement de l'acte ou sur décision judiciaire plus tard. Si l'irrégularité porte sur un
des éléments de validité de l'acte, ce dernier sera annulé.
4- Les actions relatives à l'état des personnes
Les actions d'état sont des demandes en justice visant à réclamer ou à contester un
état relatif à une personne. Au sens de l'article 95 du code de la famille, ces actions
sont civiques et relèvent de la compétence du tribunal de grande instance (unification
de toutes ces compétences au tribunal d'instance) les actions d'état sont d'ordre public
sauf lorsque l'action poursuit un intérêt purement financier. L’action en réclamation ou
action constitutive permet de changer un état préexistant en un état plus actuel. L'action
en contestation ou action déclarative permet de mettre fin à un état irrégulièrement
entretenu. L'article 98 du code de la famille précise que la loi fixe pour chacune des
actions d'état l'objet et les moyens de preuves autorisés.

Partie 2 : LES INCAPACITES


Le droit des incapacités appréhende la vulnérabilité des personnes physiques sous
l'angle des régimes de protection disponible à cet effet. Il prévoit un ensemble de règles
communes à tous les incapables et des règles spécifiques à chaque régime de
protection.

Chapitre premier : LES REGLES COMMUNES A TOUS LES


INCAPACITES
L'incapacité est définie par l'article 273 du code de la famille comme étant une mesure
de protection contre l'inexpérience ou la défaillance des facultés intellectuelles de
certaines personnes. Les personnes visées renvoient essentiellement aux mineurs
(moins de 18 ans révolus) et certains majeurs incapables.

Section 1 : Le régime des actes des incapables


Le législateur sénégalais organise le régime des actes accomplis par les incapables
suivant un critère de gravité affectant leur patrimoine. Ainsi, les actes conservatoires
peuvent être accomplis par tous les incapables. Les actes d'administration (actes de
gestion du patrimoine) peuvent être accomplis par certains majeurs incapables. Les
actes de disposition (aliénation d'un élément du patrimoine) sont, en principe, interdits
aux incapables. Néanmoins, les incapables peuvent accomplir seuls les actes de la vie
courante.

Section 2 : La sanction de la violation des règles de protection


L'article 275 du code de la famille prévoit la nullité relative comme sanction des actes
accomplis par les incapables en violation des règles de protection. La nullité est
l'anéantissement rétroactif de l'acte irrégulier.

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