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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE DE CARTHAGE
ECOLE NATIONALE D’ARCHITECTURE ET D’URBANISME DE TUNIS

Matière théorique, 3.41

HISTOIRE DE
L’ARCHITECTURE
ISLAMIQUE

ENSEIGNANTE :
JENDOUBI KHENISSI
SIHEM

Année universitaire : 2015 / 2016


COURS HISTOIRE DE L’ARCHITECTURE ISLAMIQUE
ENSEIGNANTE JENDOUBI KHENISSI SIHEM

TABLE DES MATIÈRES

Introduction :

- Présentation du cours ; programme, aperçu général de la genèse et du développement de


l’architecture islamique.
- Concepts et mots clés ; Histoire – Architecture - Islam

1- Naissance d’une architecture islamique ;


- La maison du prophète
2- L’architecture islamique durant la période des quatre premiers califes.
3- L’architecture islamique durant la période Omeyyade
3-1 L’architecture religieuse
- Le dôme du rocher
- La grande mosquée de Damas
3-2 l’architecture civile
3-3 l’architecture militaire

- L’architecture Omeyyade de Cordoue


La mosquée de Cordoue
4- L’architecture islamique durant la période Abbasside

4-1 L’architecture religieuse


- La grande mosquée de Samarra
- La mosquée d’Ibn Touloun
4-2 l’architecture domestique
4-3 l’architecture militaire
5- L’architecture islamique durant la période Fatimide

5-1 L’architecture religieuse


- La mosquée d’El Azhar
- La mosquée d’El Hakim

6- L’architecture islamique durant la période Seldjoukide

6-1 L’architecture religieuse


- La mosquée d’Ispahan

7- L’architecture islamique durant la période Almohade et El Moravide

7-1 L’architecture religieuse


- La mosquée El Karaouiin
- La mosquée El Kotbia

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8- L’architecture islamique durant la période Mamelouk

8-1 L’architecture religieuse


8-2 l’architecture domestique
8-3 l’architecture militaire

9 L’architecture islamique durant la période Nasride

- L’Alhambra

10- L’architecture islamique durant la période Hafside

11- L’architecture islamique durant la période Ottomane

- L’architecture religieuse
- La sainte Sophie de Constantinople
- La mosquée Bleue

Conclusion
L’architecture islamique actuelle.

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PRESENTATION DU COURS
CONCEPTS ET MOTS CLÉS

PRESENTATION DU COURS :
« Enseigner les arts de l’architecture islamique n’a pas pour objet d’exhumer les faits architecturaux du passé ou d’évoquer ses
réalisations. » Afif El behnessi

Le présent cours sur l’histoire de l’architecture islamique comporte un aperçu général de la


genèse et du développement de l'architecture islamique.
Il est basé sur l’étude et l’analyse de différents objets architecturaux islamiques.
L’histoire de l’architecture s’intéresse à l’évolution et au développement de l’architecture
proprement dite au cours des temps passés.
Dans le cas de ce cours ;
Nous nous intéressons à la période débutant depuis l’avènement de l’islam.
CONCEPTS DU COURS :
a- HISTOIRE :
L’histoire est à la fois l’étude des faits, des événements du passé.
C’est une suite d’évènements qui ont marqués une période, une science qui étudie le passé de
l’humanité.
Étude d’un passé, d’une évolution.
L’histoire proprement dite s’intéresse au récit des événements relatifs aux époques, aux règnes
et aux relations politiques et économiques existantes
b- ARCHITECTURE :
L’architecture est le langage des symboles qui nous permet de lire à travers l’histoire, la
civilisation et l’identité nationale, et de déterminer le niveau de créativité authentique.
C’est une activité qui repose sur la créativité
L'art de concevoir et de réaliser des structures bâties (ou édifices).
L’art de bâtir.
R. Bofill la définit comme l’art d’aménager le vide.
J.P Boutinet parle d’un art de la construction qui est en même temps un art de l’appropriation
de l’espace.
- Au 18ème siècle, Blondel en parlant de l’architecture disait : « L’architecture est un art
créateur »
- Geofrey Scott cité par Bruno Zevi :
« Outre les espaces à deux dimensions – c'est-à-dire les surfaces, que seules nous regardons –
l’architecture nous offre des espaces à trois dimensions, capables de contenir nos personnes, et
c’est cela le véritable centre de cet art.
D'après le traité le plus ancien de Vitruve De Architectura
Beauté (Venustas)
Solidité (Firmitas)
Utilité (Utilitas).

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Vitruve (Ier siècle


utilitas firmitas venustas
av. J.-C.)

Leon Battista Alberti


necessitas commoditas voluptas
(XVe siècle)

François Blondel
distribution construction décoration
(XVIIe siècle)

Jacques François
Blondel commodité solidité agrément
(XVIIIe siècle)

Hector Guimard
l'harmonie la logique le sentiment
(XIXe et XXe siècles)

Pier Luigi Nervi


fonction structure forme
(XXe siècle)

perception représentation (discours


Christian de production
esthétiques et
Portzamparc (XXe et (technique,
(corps vécu, idéologiques, modèles,
XXIe siècles) construction)
phénoménologie) styles)

L’architecture est liée à trois paramètres:

- l’environnement physique
- la dimension physiologique de l’être.
- la dimension spirituelle de l‘être

c- ISLAM:
L'islam est une religion monothéiste, professée par le prophète Mohamed en Arabie au VII
siècle dont les fidèles sont appelés aujourd'hui musulmans.

L'ISLAM est basé sur cinq principes :

• De témoigner que nul autre que Dieu ne peut être adoré et que Mohammad est le prophète de
Dieu,
• D'effectuer la prière
• De jeûner pendant le mois de Ramadan
• De payer la Zakat obligatoire (aumône),
• D'effectuer le Hajj (Pèlerinage à la Mecque).

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La principale marque civilisationnelle de l’islam est la croyance monothéiste. Par


monothéisme, on entend la consécration de l’unicité du Créateur qu’il s’agit de découvrir à
travers les manifestations de la beauté de l’acte de création des univers et des créatures.
La civilisation musulmane a été fondée sur les bases de l’art, de la science et de l’architecture
qui découlent de la foi monothéiste.
L’architecture Islamique
On définit l’architecture islamique comme l’ensemble de ce qu’ont bâti les musulmans depuis
le VIIEME partout où s’est implantée la religion islamique, dans les régions s'étendant de
l'Espagne à l'Inde.
L’architecture islamique se distingue nettement de toutes les autres formes de l’architecture
mondiale.
La cause principale, réside dans le fait qu’elle est l’incarnation d’une vision esthétique née
d’une pensée islamique
Nous pensons comme El Bahnassi que les principes immuables de l’architecture islamique
sont à puiser dans la religion mais j’ajoute que ces principes sont indéniablement en relation
avec l’environnement de chaque objet architectural islamique .
L’architecture islamique est ainsi influencée par les préceptes de l’islam et la pensée
islamique. Les marques de cette influence sont nettement perceptibles dans les bâtiments
publics comme la mosquée, l’école, le bain et l’hôpital. Elle est aussi influencée par
l’environnement naturel mais aussi socioculturel de chaque région islamisée.

Le monde islamique vers 820 ap. jc

Le cours se base donc sur la relation entre ces trois concepts ;


C’est-à-dire ce qui caractérise l’architecture créé par les musulmans durant
leur histoire de vie depuis le VIIEME siècle et dans un espace s’étendant de
l'Espagne à l'Inde.
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La civilisation islamique s'illustre par une architecture très riche et diversifiée du Maghreb à
l'Asie, de l'Espagne à l'Afrique.
Cette architecture multiple se caractérise par une abondance extrême de formes et de détails
architecturaux.

Dôme du Rocher, Jérusalem

Mosquée –Bois en Ethiopie

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Mosquée Ezzitouna , Tunisie

Mosquée Al Azhar, Egypte Tej Mahal, Inde

Richesse et diversité

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LES DEBUTS DE L’ARCHITECTURE ISLAMIQUE;


LA MAISON DU PROPHETE
LES ARABES AVANT L’ISLAM:
Avant l’islam la vie communautaire des arabes s’organisait sous forme de tribus unie.
Ces tribus étaient dominait par les grands empire voisins: Byzance, Perse

LA MAISON DU PROPHETE :
Dans les premiers temps de l’islam, et avant l’immigration à Yathrib, la prière se faisait au sein
de la maison d’un mekkois connu sous le nom d’Ibn El Arkam
Lorsque le prophète Muhammad émigre à Médine, en l'an 622, il n'y possède aucune demeure.
Après quelques jours passés avec ses compagnons, il entreprend la construction d'une maison
sur un terrain qu'il achète.
Le plan de cette demeure est très simple :
Une cour rectangulaire, avec des rangées de palmiers disposées parallèlement au mur qibli. De
petites chambres se greffant sur un côté pour les épouses du prophète.

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Restitution de la maison du prophète

La demeure du prophète était bien plus qu'une simple maison, réunissant les fonctions
d'habitation, de lieu de culte, et de salle communautaire.
Elle fût ainsi un modèle idéal de la mosquée, réunissant les aspects communautaires et cultuels
de la société musulmane.
Sa structure servira par la suite de modèle pour les mosquées, avec sa cour et ses galeries à
colonnes, l'orientation "barlongue" (dont le côté le plus long se présente de face) la de la salle
de prière (c'est à dire perpendiculaire à la direction de la prière).
Construite en matériaux périssables (torchis et troncs de palmiers), la maison du Prophète s'est
rapidement dégradée.
La grande mosquée de Médine serait actuellement édifiée à son emplacement.

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- La maison- mosquée du prophète est le résultat d’une série d’évolutions.

Ce n’est pas un modèle préconçu.

- Trois étapes marquent l’évolution de l’espace de la maison du prophète:

1- Construction d’une enceinte de forme carré avec trois portes d’entrée: porte de la paix au nord,
porte de Gabriel à l’Ouest et porte des femmes à l’est.
- Ajout de deux pièces pour les deux premières épouses du prophète
- Orientation de la Kibla vers Jérusalem, au Nord

Etape n°1

2- Ajout d’une galerie au nord


Orientation vers Jérusalem au nord

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Etape n°2

3- Ajout de sept autre pièces pour les épouses


- Changement de l’orientation vers la Mecque au sud
- Ajout de galeries au Sud
- Ajout de trois marches en guise de Minbar

Etape n°3

Matériaux de construction :
La construction de la demeure du prophète avait eu recours aux méthodes et savoir faire utilisé
dans la région de Médine et avec les matériaux disponibles:
- Fondation en pierre
- Mur en Pisée: terre crue; torchi: brique en argile séchées au soleil.
- Colonnes en troncs de palmier
- Toiture en tronc de palmier couvert de palme et de couche d’argile

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L’INSTAURATION DU CALIFAT

• 632 : mort du Prophète Muhammad


– aucun fils, aucune instruction explicite sur sa succession
• tension entre les Ansar et les Mecquois
– les Ansar (médinois) préféreraient ‘Ali
• les Mecquois (muhajirun) : bay’aa (serment d’allégeance) à Abu Bakr
• khalifa (calife ; « successeur » au Prophète)
• amir al-mu’minin (« prince » des croyants)

LA SUCCESSION :
• 632 : bay’a (serment) à Abu Bakr
– Vieux musulman de la première heure ; respecté
• 634 : désignation de ‘Umar par Abu Bakr
– chef de guerre ; politique ; aristocratie mecquoise
• 644 : sélection de ‘Uthman par un conseil (shura) de 6 Muhajirun (dont ‘Ali)
– ‘Uthman : continuité et consolidation

LES CONQUÊTES :
• Les guerres ridda
• mort du Prophète les tribus ne veulent plus contribuer
• révolte de taxes = ridda (apostasie)
• Abu Bakr (632-634) : conquête de l’Arabie
– anéantissement des Banu Hanifa et leur prophète Musaylima

1. Les guerres « d’apostasie » Ridda


2. La Syrie 637-639
3. La Jazira et les 2 Irak
4. L’Égypte, 640-644
5. L’Iran 642- 651

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LA FITNA (GUERRE CIVILE)

1. Le début des troubles


2. Le califat de ‘Ali
3. La bataille de Siffin

Le début des troubles :


• désaccords dans les provinces (Kufa,
Égypte)
– centralisation des impôts
distinctions tribales / foncières

La bataille de Siffin, 657

• ‘Uthman : préférence (favoriser l'ascension de leur famille ou de leur entourage dans la


hiérarchie)
– assassiné à Médine en 656

Le califat de ‘Ali :
• Approuvé sans opposition
– vue comme proche des Ansar
• révolte de Zubayr, Talha…
– écrasés dans la bataille du Chameau, 656
• déménage sa capitale à Kufa
– révoltes en Syrie, Égypte

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SYNTHÈSE DE LA SEANCE

Le plan de la demeure du prophète était le résultat une succession d’opérations


spatiales suite à l’évolution des besoins de la communauté islamisée.
Evolution des besoins
=
Evolution et transformation de l’espace architecturale

- La naissance de l’architecture islamique a commencé avec l’Hégire en 622


de notre ère.
- A partir du premier lieu de prière créé par le prophète à Médine, la
production architecturale de l’Islam se développe pendant plus d’un
millénaire.
- Unité de religion, diversité d’espace et de culture, sont à l’origine de la
spécificité de l’architecture islamique.

SEANCE n° 4
L’ARCHITECTURE ISLAMIQUE DURANT
LA PERIODE UMAYADE

APERCU HISTORIQUE :
Les fondements de la dynastie Omeyyade furent posés dès le règne du calife Omar (634 - 644),
lorsqu’en 639 l’un des membres de la famille, Muawiya Ibn Sufyan, fut nommé gouverneur de
Syrie.
L’influence de Muawiya s’accrut sous le règne d’Uthman. L’assassinat de ce dernier déclencha
une guerre civile que Muawiya mena contre Ali, cousin et gendre du prophète, et dont il sortit
vainqueur après la bataille de Siffin en 659.
Après trois ans de double règne, au cours duquel Ali portait aussi le titre de califat.
Ali fut assassiné en 661.
- Son fils aîné Hasan renonça à toute prétention (titre du calife) .
- A partir de 661, la domination Omeyyade demeura incontestée.
Ainsi fut fondé le califat des Umayyades, qui emprunta son nom au clan de Muawyia à la
Mecque.
L'architecture Umayyade, regroupe la production architecturale de la dynastie de califes, qui
régna sur le monde islamique entre 661 et 750.
L’art et l’architecture sont affirmés avec le règne de Abd el Malik (685- 705), encore plus avec
Al Walid 1er (705-715), pour atteindre son apogée sous le règne de Hichem (724-743).

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Parmi les nombreux édifices de l’architecture islamique à l’époque Umayyade, nous


distinguons des éléments :

- religieux ; mosquées et annexes


- civils; habitation, palais
- militaires; forteresse ou ribat, structure défensives

- publics; souk, fontaine, fondouks, hammam

Le domaine de l’architecture religieuse, bénéficie d’un certain privilège dans cette présentation,
vu l’intérêt qu’il lui fut porté à travers les différentes époques.

La mosquée constitue le principal et le plus vieil édifice de l’architecture islamique.

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Elle est devenu le cœur de la cité islamique, remplissant à la fois le rôle de lieu de prière
de centre de pouvoir , de réunion et de rencontre des fidèles.
Jusqu’à Muawiya, les califes s’étaient surtout limités à leurs rôles de second du prophète. Ils
étaient des Imams ou chefs d’une communauté religieuse.
Ils semblent avoir suivi scrupuleusement la voie qu’il avait tracé*.
Ils n’avaient pas produit une architecture pérenne. Ils avaient réparé et rénové la maison du
prophète en changeant les matériaux utilisés.
Quelques mosquées ont été édifié avant la période Umayyade;
- La mosquée de Baçra bâtie en 14 = 635 Qui n’était qu’un enclos délimité par des roseaux.
- Le masdjid à el Kûfa établi en 17= 636, était circonscrit par un fossé, mais une sorte
d’oratoire à claire – voie aurait été construit à l’aide de colonnes de récupération.

* « L’activité la moins profitable, pour un croyant, est celle qui dévore sa fortune, c’est construire. »

Les premières véritable mosquées au sens morphologique du terme, seront bien celles de la
Baçra et de kûfa dans leur deuxième version qui date respectivement de 45=665 et 50=670

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LE DOME DU ROCHER :
APERCU HISTORIQUE :
C'est sous les Omeyyade, que s’affirma réellement l'architecture religieuse islamique, à partir
du dôme du rocher.
Ce monument est très particulier, il est construit, si l'on en croit la légende, sur l'emplacement
du temple de Salomon (détruit en 70 av. J.-C.).
Le Dôme du Rocher est le point central du Haram al Sharif. C'est une des merveilles de
l'architecture mondiale.
Sa construction fut commencée par le calife Abd al- malik ibn marouane en 687(conçu et
construit comme rivale de la Kaaba) .

Une mosaïque porte la date d'achèvement de l'édifice : l'an 72 de l'Hégire, 691-692 de l'ère
chrétienne.
Pour les musulmans, le site est sacré puisque c'est à partir de cet endroit que le prophète monta
au Ciel pour y recevoir les commandements de Dieu.
Jérusalem est aussi la première "qibla" (direction de la prière) de l'Islam jusqu'en 624, en effet,
les musulmans prient en direction de Jérusalem avant d'opter finalement pour La Mecque.

L’agencement du dôme :
- L'influence byzantine est très remarquable dans son architecture. Son plan apparaît comme
une variante dérivée de la structure des églises byzantine.

- Le dôme n’est pas en réalité une mosquée dans le sens morphologique du terme. C’est un
sanctuaire qui abrite le rocher qui a une forte symbolique.

PLAN ET TRACE GEOMETRIQUE DU DOME DU ROCHER

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Vue sur la galerie

SYNTHÈSE DE LA SEANCE

- La diversité constatée au niveau de la création architecturale dans une unique


œuvre construite.

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SEANCE n° 5

LA GRANDE MOSQUEE DE DAMAS


RAPPEL
L’ARCHITECTURE BYZANTINE

L'architecture byzantine a pour berceau l’empire byzantin et il est d'usage de réserver ce


terme aux monuments élevés à partir du règne de Justinien. Ce style s'est diffusé en Europe
méditerranéenne
L’empire Byzantin, dit aussi Empire romain d’Orient, a rayonné depuis sa capitale
Constantinople (aujourd’hui Istanbul, en Turquie), entre le milieu du Ve et VIe siècle jusqu’au
XVe siècle(1453).

Les premiers monuments de l'Islam (à Jérusalem, Damas) ont fortement subi l'influence de cet
art.
L'architecture byzantine est caractérisée par les basiliques immenses conçues sur le principe de
nefs séparées et par les coupoles sur pendentifs en brique…
Les extérieurs sont enduits sobrement, alors que les intérieurs sont décorés de mosaïques aux
couleurs vives et de panneaux de marbre.

LA GRANDE MOSQUEE DE DAMAS


APERCU HISTORIQUE :

La Grande mosquée de Damas a été édifiée sous le règne du calife Omeyyade Al-Walid Ier
(705 - 715) à Damas, alors capitale du vaste empire musulman.
Elle a été implanté à l’emplacement d’un vaste temple romain, dédier au dieu Jupiter et datant
du premier siècle.

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La mosquée de Damas est le second monument en date des sanctuaires religieux musulmans
après la coupole du Rocher de Jérusalem qui vit le jour en 691.
En la construisant les Omeyyades, plus précisément le calife Al-Walid, marquèrent leur
règne.
Ces travaux ont mobilisé durant sept ans 10 000 ouvriers et architectes.

Elle est située au cœur de la vieille ville de Damas au fond du souk Hamidiyah.

Ville de Damas du XII ème siècle


Architecture du monument :
A l'image de la demeure du Prophète, le bâtiment respecte un plan très simple :
Une grande cour rectangulaire entourée de colonnades, avec sur son côté Sud orienté vers La
Mecque, une unique et majestueuse salle de prière.
La salle de prière mesure 136m de long sur 37m de large. Elle comporte trois travées parallèles
au mur de la kibla.
Ces travées sont divisées par des arcades à deux étages de colonnades, dont chaque grand arc
inférieur est surmonté d’une double baie à l’étage supérieur.

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Mais c'est le premier qui corresponde vraiment aux nécessités du rituel musulman.

Salle de prière

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Cour de la mosquée,
Entrée de la salle de prière

Cette magnifique mosquée est considérée comme l'un des chefs-d'œuvre islamiques.
Ce monument est un mélange de styles architecturaux byzantin et musulman puisque ce lieu de prière a
servi aux chrétiens puis aux musulmans.

Après la conquête de Damas en 635, l’édifice fut partagé conjointement entre musulmans et chrétiens.
partagée entre les 2 religions
le « Pacte de ‘Umar » :
- respect des religions
- interdiction de construction ou rénovation d’églises
(Conquête de Damas en 635)

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SEANCE n° 6

LA MOSQUEE DE CORDOUE

LA PERIODE OMEYYADE DE CORDOUE


Une des premières dynasties provinciales ; les omeyyades d’Espagne

APERCU HISTORIQUE :
L'Art omeyyade de Cordoue s'est développé en Al-andalus du VIIIe au Xe siècle.
Installée en Al-andalus (l'Espagne mauresque), cette dynastie descend de celle des grands
Omeyyades de Syrie, qui fut renversée au VIIIe siècle.
En orient La révolte des iraniens remplaça en 750 le califat omeyyade par le règne des
abbassides, qui à partir de 762 établirent leur pouvoir à Bagdad.
Un prince de la dynastie déchue, fuyant jusqu’en occident le massacre de sa famille passa en
Andalousie après avoir séjournée quelques temps au Maghreb.

Lorsque Abd el Rahman I débarqua avec quelques troupes en Espagne et conquit Cordoue, il
fonda un émirat, il se fait proclamer émir de Cordoue en 756.

Abd El Rahman III (912-961) acheva l'unité du territoire et se déclara calife en 929 affirmant
ainsi la complète indépendance de Cordoue.

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LA MOSQUEE DE CORDOUE
C’est le plus prestigieux témoin qui nous soit parvenu de la présence musulmane en Espagne
du VIIIe siècle au XVe siècle.

Pendant les premières années, chrétiennes et musulmanes ont partagé la basilique Saint
Vincent. S’avérant trop petite ils rachetèrent leur part.

Comme un symbole du nouveau pouvoir, Abd el Rahman premier (756- 788) fit édifier dans
les années 780 la première mosquée de Cordoue.

C’est un monument profondément original où semblent se mêler influences locales et rappels


syriens, fondateurs de l’esthétique Andalouse.

Cette grande mosquée fut agrandie à trois reprises par les successeurs d'Abd-El-Rahmane Ier,
notamment Abd-El-Rahmane II de 821 à 852, puis Al Hakam II de 961 à 976 et Al Mansoûr en
987.

AGRANDISSEMENTS SUCCESSIFS
La première partie qui comprend onze travées fut réalisée sous le règne d’Abd el Rahman1 er .
Abd el Rahman II l’agrandit de huit travées dans la même direction.
La partie la plus riche, celle de douze travées, a été sous le règne de d’El Hakam II.

Al Mansour, vers 938-1002 voulut augmenter encore la surface de la salle, mais la proximité du
fleuve empêcha de poursuivre l’allongement des onze travées initiales dans la même direction :

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On ajouta donc vers l’est, sur toute la longueur de l’édifice, huit travées supplémentaires qui en
doublèrent presque la surface et mirent le mihrab dans une position excentrée.

Architecture du monument :

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La conception géniale des arcades à deux niveaux a permis de créer un volume important d’une grande
hauteur de plafond.

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Devant le mihrab qui a une magnifique coupole en marbre, une triple maksourah ( c’étaient l’enceinte
du calife) est couronnée de trois coupoles couvertes de mosaïque à fond d’or.

Elles repose sur un ensemble de d’arcs polylobés qui s’entremêlent. La richesse du décor est
incomparable: dalles de marbre, stucs ciselés et colonnes de jaspe et de marbre.

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SEANCE n° 7

ARCHITECTURE CIVILE DES OMEYYADES


L’architecture civile est moins bien représentée que l'architecture religieuse.
Les palais qui ont été le mieux conservés présentent rarement de grands corps architecturaux.
La période omeyyades a généré de splendides palais décorés.

Des Caravansérails, des résidences de campagne, des hammams et de grands ouvrages d'art
témoignent également de la maîtrise omeyyade dans le recours ingénieux aux styles existants.

LES PALAIS
L'architecture civile se développe, au travers des châteaux du désert.
Ils sont nombreux à s'élever dans des plaines Syriennes aride, mais auparavant extrêmement
verdoyantes et fertiles : citons Qsar al-hayer, le Khirbat al-Mafjar, Qsair Amra, Mchatta

Ils présentent des plans variés, mais des caractéristiques communes.
Ainsi, ils sont presque tous construits en brique, et entourés d'enceintes quadrangulaires
rythmées par des demi-tours pleines et crénelées.
Si les palais urbains n'ont que peu de vestiges, on connaît une vingtaine de "châteaux du
désert" qui ponctuent les franges des steppes syriennes:
ce pouvait être des résidences de chasse, des exploitations agricoles, des bases du pouvoir du
clan Omeyyade, des haltes princières sur des routes.
Ce sont des édifices de plan carré, dont l'aspect défensif est plus apparent que réel.
Des tours contreforts semi-circulaires flanquent les murs extérieurs; l'accès se fait par une
entrée monumentale. A l'intérieur, deux étages appuyés contre l'enceinte entourent une cour
carrée à péristyle.
Ces châteaux présentent une organisation des pièces en appartements indépendants: une salle
centrale débouche sur plusieurs pièces secondaires (ce qui révèle un mode de vie clanique).
Assez comparables aux villas romaines, ils vont évoluer vers une complexité et un raffinement
croissants: salle d'audience basilicale, peintures murales, mosaïques, sculptures en stuc, bains…

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QASR AL-MCHATTA
Qasr al-Mchatta est le plus vaste palais Omeyyade. Il se trouve dans le désert jordanien.
Édifié en 743 - 744
Avec son plan d’une régularité toute militaire et ses 25 tours rondes flanquant la muraille du
quadrilatère de 144 m de côté, il présente une distribution en trois secteurs.

Au côté sud, l’entrée accède à un petit patio. Sur les côtés de l’entrée, sont symétriquement
disposés à l’intérieur, deux rangées de chambres dont une (côté droit) semble être réservée
comme salle de prière.
Le patio franchi, donne accès à une cour centrale.

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LE PALAIS DE KHIRBET EL- MAFJAR


Un autre palais, créé dans des régions aujourd'hui désertiques pour la chasse et la
chevauchée,Le palais de Khirbet el- Majfar.
(Il se trouvait jadis au centre de vastes exploitations agricoles fondés sur une irrigation
élaborée)
Ce palais se trouve près de Jérico en Palestine )‫(اريحة‬.

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Il est construit par le calife Hichem entre739 et 743. Il comporte plusieurs parties fruit
d’agrandissements successifs.

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QSAR AMRA
Qsar Amra est le plus célèbre des châteaux du désert de l'Est jordanien. Il a été construit au
début du VIIIe siècle (probablement entre 711 et 715) par le calife Omeyyade Walid I dont la
domination progressait à l'époque dans cette région).
C'est l'un des exemples les plus remarquables du premier art omeyyade et de l’architecture
islamique.
Le château, qui aurait été utilisé comme lieu de villégiature et de vacance par le calife ou par
ses princes pour le sport et le plaisir, est couvert de fresque décrivant des scènes de chasse, des
fruits et des femmes.
Il contient également un système thermal divisé en trois pièces, témoignant d'une influence
romaine.

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Plan de Ksar El Amra

Il a été désigné patrimoine de l'humanité de l'UNESCO en


1985, sur la base des critères:
i), (« chef d'œuvre du génie créatif humain »,
iii) « témoignage unique ou pour le moins exceptionnel d'une tradition culturelle »,
et iv) « exemple remarquable d'un type de bâtiment, d'ensemble architectural ou technologique
ou paysage illustrant une étape significative de l'histoire humaine »)

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ARCHITECTURE CIVILE DES OMEYYADES,


Partie 2
LES PALAIS,:
L’architecture des palais de l’époque omeyyade apparaît sous un aspect militaire, il s’agit d’un
langage militaire sans une véritable destination guerrière:
Les tours sont souvent pleines ou parfois aménagé en latrines, les chemins de rondes sont
parfois inaccessibles.
Il s’agit d’une influence romaine.

QSAR AL -TUBA
Le Qsar Al- Tuba se trouve en Jordanie, il date du VIIIème siècle.
Ce palais château était destiné aux deux fils du calife Al Walid II, il est fait de constructions jumelles.
Il est construit en brique sur un sous bassement en pierre.

L’utilisation de cette technique de la brique, inhabituelle en Syrie, s’explique par le fait que le
calife fit venir des briquetiers et des maçons d’Iraq pour la construction de l’édifice.

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Les cavités ménagées dans


les murs supportaient à
l’origine les linteaux des
portes.

QSAR KHARAN
Il se trouve en Jordanie, il est construit au début du VIIIème siècle. Il est conçu comme une
fausse citadelle à l’image des palais omeyyades.

L’édifice a deux étages, il n’a qu’un quart des dimensions des plus petits des châteaux.
La technique des murs de pierre crépis indique une économie des moyens de construction.
Même l’aménagement intérieur de cet édifice a été exécuté avec un soucie d’économie les murs
sont revêtus d’un crépi lisse, les éléments architecturaux sans ornementation.
Il fut construit probablement dans les premières années du VIIIème siècle, car une inscription
de 710 indique le nom d’un visiteur.

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Il semble aussi que ce Qsar ait était une auberge de pèlerins, avec des écuries au rez de
chaussée et des appartements au premier étage.

Demi- colonnes surmontées d’arc en plein cintre

PALAIS DE QSAR AL-HAIR :


C’est un palais impressionnant, il date de 728- 729 (sous le calife Hichem), il se trouve en
Syrie, il est en avance sur son temps. Sa structure annonce l’architecture militaire, qui sera
perfectionnée au XIème siècle en occident. Il présente en particulier un mâchicoulis (galerie
bâtie en encorbellement au dessus de l’entrée, dont le sol percé de trous permettait de tirer et de
jeter des projectiles sur l’assaillant).

Remarquable façade, reconstituée au musée de Damas

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Fausse citadelle avec un puissant mur d’enceinte flanqué de tours de fortification, la porte
se trouve entre deux tours semi circulaires.
Utilisation de la brique et du crépie

L’ARCHITECTURE CIVILE
LA PERIODE UMAYYADE DE CORDOUE

LE PALAIS DE CORDOUE
Abd el Rahman 1er , fondateur de la dynastie, habita tout d’abord dans la banlieue de Cordoue
puis en 784 il se transporta au palais de Cordoue.
Presque Tous les Califes omeyyades y travaillèrent, il fut agrandit , embellit par des jardin et
un jet d’eau.
MADINAT AL-ZAHRA
Madinat al-Zahra : (‫ )مدينة الزهراء‬était une cité construite à partir de 936 sous le règne de Abd
Al Rahman III.
La ville nouvelle d'une surface d'environ de 110 Ha, avec sa mosquée, ses bains, et ses souks,
avait pour fonction la protection des représentants du pouvoir, compte tenu de l'agitation
perpétuelle de la cité de Cordoue, toute proche (8 km).

Elle présente une grande enceinte rectangulaire (1 500 x 750 m) enserrant un ensemble
d’éléments juxtaposés conçus comme des structures indépendantes.

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Il ne reste aujourd’hui qu’un vaste espace de ruines. Entièrement détruite et pillée lors d'une
invasion de Berbères en 1010.

Cette ancienne ville palais est aujourd'hui un site archéologique en cours de restauration.

La ville comporte; le palais du calife, des bâtiments administratifs et des salles de


réception, des habitations des hauts fonctionnaires et des membres de la famille du calife,
des habitations du peuple, des jardins.

Ruine de Médina- Ezahra découvertes à la fin du XIXème siècle, actuellement environ


10% des ruines sont visibles

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Panneau mural en marbre de la salle de réception d’Abd al Rahman III


Incroyable diversité de formes et souci confirmé de décor

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L’ARCHITECTURE ISLAMIQUE DURANT


LA PERIODE ABASSIDE

APERCU HISTORIQUE
Les Abbassides sont une dynastie de califes arabes qui gouvernèrent le monde musulman de
750 à 1258.
Cette dynastie arriva au pouvoir à l'issue d'une véritable révolution menée contre les
Omeyyades et a été fondée par Abû al-Abbâs dit As-Saffah (750-754).
Il renverse le califat omeyyade de Damas et prend pour capitale Koufa en Irak.
Ils eurent à lutter contre de nombreuses oppositions au sein du vaste empire qu'ils héritèrent des
Omeyyades.
Ils perdirent très vite l'Occident : dès 756 l'Espagne se donna un prince omeyyade.
Au Maghreb, des États kharidjites (et autres) se constituèrent.
En 800, le califat dut passer un accord avec les Aghlabides, qui régnaient en Tunisie et à
Tripoli : ces derniers reconnurent l'autorité de Bagdad en échange de leur autonomie.
- Abû al-Abbâs, dit as-Saffah (750-754). capitale Koufa en Irak.
- Abû Jafar al-Mansur (754-775), il fonde Bagdad en 762.
- Al-Mahdî (775 785)
- Hârûn ar-Rachîd (786 - 809), contemporain de Charlemagne et dont le nom symbolise
l'apogée des Abbassides.
Les derniers califes abbassides furent faibles, plus des suzerains que des souverains.
En s'emparant de Bagdad le 10 février 1258, les Mongols commandés par Hûleqû mirent fin à
la dynastie et exécutèrent le dernier calife, Al-Musta'sim.
Les survivants du massacre furent accueillis en Égypte par les sultans mamelouks, où ils
perpétuèrent symboliquement la dynastie abbasside.

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Sous le règne des Abassides , on vit se développer les villes.


On peut parler à leur propos d'un empire urbain,
alors que, dans l'État omeyyade, dominaient la
caste militaire et la propriété rurale.
L’activité architecturale des abbasides se concentra surtout sur la fondation de villes nouvelles.
Comme les résidences proches de Kufa se révélaient incommode, Al Mansour décida le
premier Août 762 de transporter sa capitale à Médina al salam; Bagdad.
Ville circulaire, elle est aujourd’hui complètement recouverte par la ville moderne

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Al Mutasim( 833-842), frère et successeur d’ al


Mamun (deux fils de Haroun el Rachid), décida de
procéder comme son père (La résidence de Haroun el Rachid
était transporté à Raqqa )et d’établir un nouveau centre de
gouvernement.
Il s’établit en 836 à Samarra sur la rive est du tigre, à
125 kilomètres au nord de Bagdad. La ville fut
rapidement abandonnée; huit califes vont se succéder à
Samarra avant que la capitale ne soit redéplacée en 892
pour Bagdad, soit 56 ans après l'installation du calife
al-Mutasim.

L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE
L’intérêt des Abassides fut porté surtout sur l’édification des villes (tel que Bagdad en 762 de
plan circulaire), Samarra(en 836)
L’architecture urbaine fut ainsi développée. Aussi le souci de défendre les villes permit l’essor
d’une architecture militaire.
L’architecture religieuse demeurait très importante; c’est pratiquement par les mosquées (et les
palais) que les émirs tenaient à exprimer la grandeur de leurs pouvoir.

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L’observation des plans de mosquées abbassides de la première génération, montre une


inspiration, dans leur structure d’ensemble, de la mosquée de Koufa, l’une des premières
mosquées de l’islam qui date de l’époque omeyyade, 670.
Ces premières mosquées abbassides, paraissent assez rattachées au styles médinois;
toutefois l’apparition des tours d’angles circulaires et des contreforts au niveaux de l’enceinte
de la mosquée de Raqqa et de celle de Bagdad, marque un premier caractère propre à
l’architecture abbasside.

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LA GRANDE MOSQUEE DE SAMARRA

APERCU HISTORIQUE
Le fils d’al Mutasim; Al mutawakkil (847-861) fut construire une immense mosquée dès le
début de son règne, en 848,de dimension 239m sur 156m.

Elle était entourée d’un mur d’enceinte de 444m sur 376m, soit une surface de 17 hectares ;
cette mosquée demeura pendant des siècles la plus grande du monde (selon les historiens elle a
une capacité d’accueil de cent mille personnes.

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Plan et tracé géométrique de


la grande mosquée de Samarra

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Plan rectangulaire, plus profond que large, les nefs sont disposées perpendiculairement au mur
de la qibla avec une nef axiale et une nef transversale longeant le mur de la qibla , plus large
que les autres.
La surface de la mosquée est d’une remarquable étendue.
L’enceinte a une épaisseur de 2,65m, elle est renforcée de quatre tours d’angles circulaires de
3,60m de diamètre et quarante contreforts semi cylindrique.

Les piliers sont les principaux supports verticaux, ils sont maçonnés en briques et flanqués sur
les côtés de colonnes coiffés de chapiteaux bulbeux.
Les arcs sont presque absents à l’exception de ceux des ouvertures lobées, ceux du mihrab et
ceux des niches de la base du minaret.
Le plafond à charpente en bois repose directement sur les piliers et supporte un toit plat.

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LE MINARET
Le minaret spiral, définit un type nouveau et donne un cachet particulier aux mosquées de
Samarra.
Il s'élève à cinquante mètres de hauteur,
à partir d'un soubassement quadrangulaire très simple, décoré de niches.

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La forme de la spirale est très populaire dans la tradition locale,


depuis la ziggourat de Babylone (la " tour de Babel " de la Bible)

Montée régulière vers l'infini

Une ziggourat, ou ziggurat (de l'akkadien ziqquratu « hauteur, sommet, tour d'un
temple » du verbe zaqâru, « être élevé »), est un édifice religieux mésopotamien en forme
de pyramide à étages.

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SYNTHÈSE DE LA SEANCE

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L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE
LA MOSQUEE D’ABOU DOULAF

APERCU HISTORIQUE
La mosquée d’Abou Doulaf fut édifié à la ville nouvelle en 859-860 sous le règne d’El
Mutawakil à 15 km au Nord de Samarra, sur les bords du Tigre.
El Moutawakilia ou El Djàfaria fut une ville que El Moutawakil édifia pour marquer son
pouvoir.
Les historiens rapportent que lorsqu’il termina la ville, il déclara ‘’Désormais je me sens roi car
j’ai bâti moi-même la ville que j’habite’’.
Une large avenue bordée de palais et d’habitations plus petites conduisait au palais central,le
Jafari, dont les salles de réceptions convergent vers le Tigre.
Le reste de ce gigantesque ensemble s’étendait sur 1,7 km.
Après l’assassinat d’El Moutawakil (9 mois après la fondation), son fils et successeur El
Mountacir ramena le centre du pouvoir à Samarra.
La nouvelle ville fut abandonnée.

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Elle est presque analogue à la grande mosquée de Samarra.

Elle introduit la formule des arcades supportant la toiture.

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LA MOSQUEE D’ISPAHAN
APERCU HISTORIQUE
Les fondations ont été mises au jour dans les années 1970 au cours de fouilles effectuées sur
l’actuelle mosquée du vendredi.

D’après les sources écrites, la première mosquée d’Ispahan date de 840- 841 ( environ ), sous le
gouvernement du calife abbasside Al Mutasim, elle fut transformée peu de temps après.

ISPAHAN

L’enceinte extérieure était construite en briques d’argile, ornée d’arcades aveugles. Elle
entourait une cour bordée d’arcades de briques de terre cuite. Elle mesurait le quart de la
mosquée d’Al Mutawakkil à Samarra.

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La grande mosquée d’Ispahan est l'une des


architectures les plus complexes des arts de
l'Islam.
Des fouilles archéologiques ont démontré
que dès la période Buyide (Nom donné à une
dynastie musulmane qui régna en Perse et dans
l'Irak- aux Xe et XIe siècles, de (945–1055) (
‫ بنو بويه‬,‫) ) البويهيون‬, il existait une mosquée de
plan hypostyle à l'emplacement actuel de
l'édifice.

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LA MOSQUEE DE DAMGHAN
La mosquée dite Tarik – khaana de Damghan en perse centrale fut construite entre 750 – 786.
Ses grandes colonnes rondes sont surmontées d’arcs.
Son plan est carré. Il présente une galerie à colonnes sur trois côtés, sur le quatrième côté on
trouve la salle de prière qui a trois nefs.
Son architecture est influencée par celle des sassanides (Les Sassanides régnèrent sur l'Iran de
224 jusqu'à l'invasion musulmane en 651.)

L’une des rares


mosquées,
d’Iran à
l’époque
Abasside, qui a
plus ou moins
conservé sa
première
apparence.

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LA MOSQUEE DE NAYIN
Un peu plus tardive, 960, la mosquée de Nayin , petite ville du centre de l’Iran sur la route des
caravanes,se différencie des mosquées Abassides habituelles.
Elle présente une cour carré de dimensions réduites; cinq travées par quatre.
L’élément le plus remarquable est la fine décoration de stuc des six arcades juste devant et des
deux côtés du mihrab.

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L’ARCHITECTURE ABASSIDE AU CAIRE,


EN EGYPTE
APERCU HISTORIQUE :
Fils d’un esclave turc au service du califat abbasside de Bagdad, Ahmad ibn Tulun se voit
confier la direction de la province égyptienne, en 868.
Au IXe siècle, le pouvoir central des califes abbassides est l'objet de querelles internes.
Dès 876, profitant des difficultés du calife de Bagdad, Ibn Tulun proclame son indépendance
vis-à-vis de Bagdad et fonda la dynastie des Tulunides.
Les Toulounides ( ‫ )بنو طولون مه قبل العباسييه‬constituent la première dynastie d'émirs
indépendants dans l'Égypte devenue musulmane :
Les troupes abbassides reprirent le contrôle de l'Égypte dès 905

LA MOSQUEE D’IBN TOULOUN


Elle est fondé par le général Ahmed Ibn Touloun, au Caire.
La construction de l'édifice commença en 876 ; une inscription date son achèvement de l'an 265
de l'Hégire, c’est-à-dire l'année 879 de notre ère.
La mosquée Ibn Touloun est la plus ancienne mosquée de la ville du Caire qui soit dans son
état originel et d'ailleurs le plus ancien monument islamique du pays. C'est aussi la plus vaste
en termes de surface au sol.

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Le plan est de forme carré, mesure 122m par 140. En considérant l’espace vide( les Ziyadates)
que délimite une autre enceinte sur trois côtés seulement Est, Ouest et Nord, les dimensions
deviennent; 162m par 162,40 m.

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Les murs de l’enceinte extérieure ont une épaisseur importante de 1,30m et une hauteur de 8m,
les murs de la mosquée ont une hauteur de 12m.

L’édifice est construit en brique cuite couvertes d’une épaisse couche de plâtre. Il est
manifestement le produit du travail d’artisans locaux qui ont suivi les instructions d’un
architecte étranger.

La salle de prière est composé de cinq nefs transversales parallèles au mur de la qibla, définie
par cinq rangées de 17 arcs reposant sur des piliers de 2,45m par 1,27m espacés de 4,40m et
flanqués de colonnes sur les côtés et couverte de toit plat en bois.

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Vue aérienne de la Mosquée d'Ibn Touloun en 1946.

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LE MINARET
Le minaret, s’élève sur la partie Nord entre la 3 ème et la 4ème porte, sa hauteur est de 40,44m, Il
est construit en pierre taillées.

Il est composé de quatre étages, de plans différents:

une base carré , une portion circulaire , un fût octogonal et un escalier extérieur permettant la
montée;

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L’ARCHITECTURE CIVILE ABBASSIDE

PALAIS D’UKHAYDIR

Le palais Ukhaydir est le plus conservé des débuts de l’époque abbasside, il se situe à près de
200 km au sud de Bagdad et à 25km de Karbala dans la steppe du nord- ouest de Koufa.

Il date de la seconde moitié du VIII siècle, environ 778, 780 au début de la période abasside

Il devait être la demeure d’un puissant personnage de la cour, Ibn Mùsa qui avait été exilé et
nommé gouverneur de Kùfa en 778.

La construction du palais est de 175m par 169m, elle est entourée d’un puissant mur extérieur
de fortification en pierre calcaire grossièrement taillé revêtu de mortier et atteignant une
hauteur d’environ 19m, il représente la première enceinte.

Au quatre coins se dressaient des tours rondes séparées à intervalles réguliers par des tours
semi circulaires.

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Des tours de quart de cercle flanquaient les portes au milieu de chaque côté, sauf sur le côté
nord où une tour rectangulaire marquait l’entrée principale.
Cette porte donne sur le véritable palais entouré de la deuxième enceinte qui mesure 112m sur
82m .
Sur l’axe centrale du palais, se trouve l’entrée principale qui s’ouvre sur un long
corridor voûté, puis on trouve une salle voûté formant un vestibule.
Après le vestibule on découvre une cour d’honneur mesurant 35m par 28m au fond de laquelle
s’ouvre un profond iwan flanqué de plusieurs salles.
C’est la partie officielle du palais, elle est séparée des appartements privés et des dépendances
par un large couloir qui entoure la partie centrale.

Au niveau de la galerie sud se trouve le Mihrab.

De part et d’autre de la partie centrale s’élève quatre appartements donnant chacun sur une
courette intérieure.

A droite de l’entrée, on trouve une mosquée qui comprend une cour fermée au nord par un mur
et entourée d’arcade, galeries sur les trois autres côtés.

Un annexe est édifié à l’est, rompt la symétrie, il semble avoir été destiné à l’un des fils du
prince.

Le plan du palais d’Ukhaydir est conforme au plan des palais omeyyades situés de l’autre côté
du désert.

Ce palais nous rappelle le palais de Mshatta de l’époque omeyyade.

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Les ruines du palais

Le palais d’Ukhaydir a conservé de nombreuses salles de ses étages, alors que la plupart des
palais abbassides ne révèlent plus, lors des fouilles que leurs fondations.

La galerie ouverte aux arcades soutenue par des piliers massifs constitue un espace d’habitation
construit au-dessus du vestibule d’entrée.

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QASR AL BANUT A RAQQA

Surnommé « le château des jeunes filles », il se trouve à l’intérieur des murs de la ville de
Raqqa de la fin du VIIIème siècle.

La construction de briques de terre cuite a une cour pavée entourée sur quatre côtés de salles
ouvertes et se rapprochant par conséquent de la disposition de l’iwan quadripartite.

La salle nord est mise en valeur par une chambre à trois nefs qui occupe toute la largeur de la
cour centrale .

L’Iwan et la salle à trois nefs peuvent être attribués à l’influence perse, mêlée ici aux traditions
de la construction locale.

Même si, dans sa forme actuelle, le palais remonte au VII ème siècle, il présente des éléments
fondamentaux précis caractéristiques des palais abbassides.

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ENSEIGNANTE JENDOUBI KHENISSI SIHEM

L’ARCHITECTURE DURANT LA PERIODE


AGHLABIDES
SOUS LES ABASSIDES

LA PERIODE AGHLABIDE
APERCU HISTORIQUE:
Les conquêtes islamiques contre l’Ifriqiya commencèrent à partir de 647, mais l’installation
durable fut avec l’expédition de Okba Ibn Nafi en 670 durant la période Omeyyade.

Les Aghlabides (‫ )األغالبة‬ou Banû El Aghlab ( ‫ )بنو األغلب‬sont une dynastie d'émirs issue de la
tribu arabe des Banu Tamim originaire du Khorassan.

Le Khurassan (‫ )خراسان‬est une région située dans le nord-est de l'Iran.

En 800, le calife abbasside Haroun Al-Rachid nomme Ibrahim ibn al-Aghlab, fils d'un
officier khurassanien, comme émir héréditaire de l'Ifriqiya en réponse à l'anarchie et les
révoltes qui règnent dans la province.

Les Aghlabides est la première dynastie arabe ayant régné sur l'Ifriqiya au nom du calife
abbasside, de 800 à 909.

Pour le récompenser et selon un arrangement, Haroun Al Rachid lui accorda l’Ifriqiya à titre
héréditaire.

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COURS HISTOIRE DE L’ARCHITECTURE ISLAMIQUE
ENSEIGNANTE JENDOUBI KHENISSI SIHEM

En échange de quoi Ibrahim ibn Al Aghlab s’engagea à verser au trésor de Bagdad un


important tribut annuel et continua de reconnaître l’empire Abbasside.

LA GRANDE MOSQUEE DE KAIROUAN


APERCU HISTORIQUE
Élevée par Oqba Ibn Nafaa à partir de 671 (correspondant à l'an 50 de l'hégire), alors que la
ville de Kairouan est fondée en 670 pour servir de poste avancé lors de la conquête musulmane
de l'Afrique du Nord .

Elle est considérée, dans le Maghreb, comme l'ancêtre de toutes les mosquées de la région.

La première mosquée a été démolie sauf le mihrab de Okba , puis elle a été reconstruite par
Hassen Ibn Noomen vers 695.

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Avec l'accroissement de la population de Kairouan, le khalife Hicham Ibn Abdel Malek,


724/743, a ordonné l’agrandissement de la mosquée dans le sens du Nord.
Le minaret actuel a été construit par ce khalife entre 724 et 727, c’est le premier minaret du
monde islamique.
En 774, une nouvelle reconstruction a lieu sous la direction de Yazid bin Hâtim.
836, Ziadet Allah Ier fait reconstruire à nouveau la mosquée, le mihrab de Okba a été sauvé.
En 862, Abou Ibrahim Ahmed agrandit l'oratoire, avec trois travées vers le nord, et ajoute la
coupole au-dessus de l'entrée.
En 875, Ibrahim II construit encore trois travées aux dépens de la cour qui est également
flanquée sur les trois autres côtés par des galeries doubles.
Il construisit à l’extrémité de la nef médiane la coupole de la porte du pavillon; cette coupole
sera plusieurs fois restaurée.
La mosquée de Kairouan présente les caractéristiques des mosquées omeyyades; la salle
hypostyle, la cour qui précède la salle de prière et les galeries sur trois côtés.
L’édifice couvre un rectangle légèrement déformé de 135m par 80m.
La salle de prière compte 17 nefs perpendiculaires au mur de la Kibla.
La nef centrale qui aboutie au mihrab est plus large et plus haute que les autres, elle est bordée
de colonnes disposées par paires, elle est surmonté d’une coupole à chaque extrémité.
On trouve près de l’entrée, vers le milieu et au fond de la salle, des arcades transversales,
parallèles au mur de la kibla qui donnent une rigidité aux nefs.
La dernière arcade est plus large que les autres, forme avec la nef centrale un espace en forme
de T analogue à celle de Abou Doulaf.

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LE MINARET

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L’ARCHITECTURE MILITAIRE DURANT LA


PERIODE AGHLABIDE
L’ARCHITECTURE MILITAIRE :
La survivance à l’époque musulmane de la tradition byzantine se marque par l’importance
accordée aux ouvrages défensifs et par la nature de ces ouvrages.

Les principes des byzantins; couvrir les frontières et tous les points vulnérables de la province
d’une multitude de centres de résistance: villes fortes, citadelles, redoutes, poste et tours de
guets.

C’est le long de leur frontière maritime que les émirs du VIIIème et du IXème siècle
concentrèrent surtout leur activité stratégique.

LES FORTERESSES SOUS LES AGHLABIDES


La fortification aghlabide nous est connue par de vastes ensembles: les enceintes de Sousse et
de Sfax qui pour l’essentiel de leurs dispositions, remontent au IXème siècle.

Ce sont des remparts de moellons bruts ou dégrossis, avec des chaînages d’angles et des harpes
de pierre de taille.

Mêlés aux traditions locales, des influences orientales se manifestent, en particulier au ribat de
Monastir et au ribat de Sousse.

De ce côté les nouveaux maîtres de l’Afrique devaient se garantir et poursuivre la lutte contre
les anciens de la région.

La terreur des agressions chrétiennes, la préparation de la guerre sainte, motivaient la


construction de nombreux postes fortifiés.

Les villes furent munies de remparts ou les remparts existants furent renforcés; la côte fut
jalonnée de ribats et de corps de garde.

LE RIBAT
Le terme ‘’Ribat’’ est un nom de lieu dérivé du verbe arabe rabata signifiant: tenir garnison.
Ceux qui occupaient le ribat étaient désignés sous le nom de mourabitoun( terme qui donna en
français les marabouts)
Le ribat est originellement une petite forteresse construite comme une ligne de défense
frontalière dans les premiers temps de la conquête musulmane du Maghreb.
Ces fortins servent alors à protéger les routes commerciales mais aussi à diffuser l'islam.

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RIBAT DE MONASTIR
APERCU HITORIQUE
Le premier ribat fut construit sur l'ordre du Calife de Bagdad Haroun Al-Rachid par le
gouverneur abbasside Harthama Ibn Ayen en 796,180 de l’hégire, pour protéger le pays de
toute attaque chrétienne.

Il subit nombre de de transformations, en particulier lors des agrandissements du Xème siècle.


Il reste difficile de distinguer le plan original.

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À l'étage supérieur de l'aile


sud-est se trouvait une petite
mosquée abritant un mihrab.

Elle est aujourd'hui utilisée


comme musée où sont exposés
des objets provenant de la
région ainsi que de Kairouan.

Le musée abrite des manuscrits, des tissus coptes du IVe au VIIe siècle, des tissus Toulounides
du IXe siècle, des verreries fatimides des Xème et XIème siècles, des poteries abbassides, des
monnaies d'or et d'argent des Xe et XIe siècles

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RIBAT DE SOUSSE
APERCU HISTORIQUE

Ce ribat a été commencé par Ibrahim 1er et terminé par Ziyadet Allah en 821 qui a bâtit la tour
qui le domine, ces deux Émirs Aghlabides furent de grands bâtisseurs.

La disposition générale de cette forteresse s’identifie à celle d’un fortin byzantin.

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Le choix de l’emplacement du
ribat a été déterminé par deux
raisons au moins .

D’une part l’existence d’un port


antique, réaménagé par les
arabes, d’autre part par la
proximité de la capitale
Kairouan qui est à 60 km.

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Le ribat de Sousse offre des analogie avec son ainé, le ribat de Monastir. Le plan adopté est un
stéréotype que l’on rencontre un peu partout en Tunisie.
C’est un quadrilatère de 38m de côté. La courtine assez haute présente des tours rondes.
L’angle Est comporte une tour de vigie semblable à celle de Monastir.
Le monument comporte deux étages au rez de chaussée , les cellules sont disposées autour
d’une cour centrale précédée de galerie.
L’étage est consacré à l’habitation à l’exception de l’aile Sud qui est réservée à un oratoire

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Le ribat de Sousse perdit de sa valeur militaire avec la construction de la Casbah, mais surtout
après l’édification des remparts.

C’est pour préparer la guerre sainte et se prémunir contre le danger chrétien que ces forteresses
furent édifiées.

Pourtant le péril ne vint pas de la chrétienté, mais au contraire de l’orient où la


propagande chiite ne cessait de se développer.

En 909, les aghlabides furent renversés et une nouvelle dynastie, les fatimides, fut
instaurée.

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L’ARCHITECTURE DURANT LA PERIODE


FATIMIDE

APERCU HISTORIQUE
L’origine des fatimides reste obscure, ils se prétendaient les descendants de Fatima, la fille du
prophète, et d’Ali son mari et cousin du prophète.
Au milieu du IXème siècle, ils étaient établis au Khûzistân.
Ils appartenaient à la branche chiite des ismaéliens, qui contestaient la légitimité des
omeyyades et des abbassides.
Ils inquiétaient les abbassides qui traquèrent ses représentants.

Chiisme: Le chiisme, constitue l'une des trois


principales branches de l’islam avec le
sunnisme et le kharidjisme; il regroupe
environ 15 % des musulmans.
C’est un terme arabe;"shi'a" désigne à
l’origine un groupe de partisans. Dans le
Coran, ce terme est utilisé plusieurs fois dans
ce sens.
Cependant, le terme a acquis graduellement le
sens secondaire ou technique de partisans
d’Ali, ceux qui croient en son imamat. Il
définit les chiites comme étant ceux qui
suivent Ali et croient en sa succession immédiate après le Prophète.
Sunnisme:L'islam sunnite ou sunnisme (‫ سني‬sunnīy) est le courant religieux majoritaire de
l'islam. (85 à 90% des musulmans) sunnites.

Il est admis parmi les sunnites que le nom est dérivé du mot sunna qui représente la ligne de
conduite du Prophète Mahomet.

Les sunnites s'accordent sur quatre sources de référence principales : Le Coran, puis la sounnah
qui représente les paroles et les actes du prophète et de ses compagnons, puis le consensus des
jurisconsultes musulmans, puis finalement la déduction juridique (Qiyas)

Ubaydullah , le guide des chiites , menacé par le gouverneur abbasside s’enfuit de Salamiya
en Syrie et s’arrêta en Palestine, séjourna en Egypte, d’où il repartit pour l’Afrique du nord.

Il y fut retenu en raison de son active propagande puis libéré par Abu Abd Allah al Chii.

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En 910, il entra triomphalement dans Raqqada, pris le titre de mahdi et instaura le premier
califat Fatimide d’Occident.

Cette établissement en Afrique du nord constitua la première étape vers la reconquête de


l’orient étant donné que le rêve de Ubaydullah était de conquérir l’Egypte.

Son fils Al Qaym fit deux tentatives qui se soldèrent par un échec avec la tentative de 925.

En 969, le rêve se réalisa sous al Muiiz, el Fustat fut conquis devient le Caire et l’Egypte fut
sous la domination chiite pendant deux siècles.

En 970, la Mecque et Médine se placèrent sous la protection des Fatimides

En 973, al Muiizz quitta l’Ifriqiya pour l’Egypte et désigna, pour diriger les affaires, un émir
berbère, le Ziride Buluggin.

En 1169, Salah al Din s’empara du Caire, abolit le califat fatimide et rétablit la souveraineté
abbasside.

LA PERIODE FATIMIDE AU MAGHREB

APERCU HISTORIQUE
Lorsqu’il s’empara du pouvoir, en 910, Ubaydallah s’installa dans la ville royale des
Aghlabides, mais le climat troublé l’incita à chercher un lieu nouveau.

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Son choix se porta sur Al Mahdia. Ce choix est apparemment stratégique, il s’accompagna d’un
renouvellement complet du cadre du pouvoir.

Ubaydallah a l’ambition de faire de son jeune état une puissance maritime.

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La presqu'île de 14km fut


entourée d’une puissante
fortification munie de tours et
de solides portes. Ubaydallah
fit creuser un port, édifier un
arsenal, un palais et une
grande mosquée.

LA GRANDE MOSQUEE DE MEHDIA :


La Grande Mosquée de Mahdia est localisée sur un éperon rocheux. Elle a été édifiée dès 916
sous le règne du calife fatimide al-Mahdî (909-934).
De cette période ne subsistent en l’état que le porche d’entrée et la galerie nord de la cour.
Le reste de l’édifice a été reconstruit dans les années 1960.
Bien proportionnée, elle est très simple. Sans minaret, elle est précédée d'un porche
monumental.
7 portails massifs cloutés donnent sur la salle de prière proportionnée comme la mosquée de
Kairouan.

Le plan actuel de la Grande Mosquée est de forme rectangulaire, il est composé d’une salle de
prière plus large que profonde précédée d’une cour entourée de quatre portiques.

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Seul le portique nord est d’origine. Constitué de piliers en pierre de taille portant des arcs
outrepassés et brisés, il est couvert de voûtes d'arêtes.

Les trois autres ont été reconstruits lors des campagnes de rénovation entre 1961 et 1965.

D'après les fouilles entreprises au cours des années 1960, le milieu de la cour était occupé par
une allée dont la disposition est unique dans l’architecture religieuse en Ifriqiya.

Couverte de voûtes d’arêtes posées sur des piliers surmontés d’arcs, elle reliait le porche
d’entrée à la salle de prière.

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ENSEIGNANTE JENDOUBI KHENISSI SIHEM

Le portail monumental en saillie, dont le style, emprunté à l’architecture des palais, est
appliqué ici pour la première fois à la construction d’une mosquée.

Il est flanquée de part et d’autre de deux registres de niches, à fond plat pour le premier, à fond
semi circulaire pour le second.

Ce porche s’apparente aux entrées monumentales des villes antiques mais aussi avec les
ouvrages abbasside et omeyyades.

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LA SKIFA EL KAHLA
La Skifa est l’une des deux énormes portes fortifiées de la ville.
C’est ce qui reste des vestiges du mur de 10,8m d'épaisseur qui entourait la ville.
On accède à des terrasses offrant une belle vue sur la ville.

Ce monument a été érigé entre l’an 916/921

(303-308 de l'hégire). Cette une forteresse avec une hauteur de 18,50m. Sa largeur mesure 21m.

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C’est un vestibule qui donne directement sur les souks et qui mesure 33m de long sur 5,10m de
large.

La Skifa el Kahla est encadrée de deux puissants bastions. Un arc autrefois fermé par une
lourde porte de fer, ouvre sur le vestibule.

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LA PERIODE FATIMIDE EN EGYPTE

APERCU HISTORIQUE
Le calife fatimide al-Mu'izz, après avoir imposé son autorité sur la Tunisie, l’Algérie, une
partie du Maroc et la Sicile, lance le général Jawhar al-Siqilli à la conquête de l’Égypte à la
faveur d’une crise économique.

Jawhar, à la tête de plus de 100 000 cavaliers entre en Égypte sans brutalité et est vainqueur au
pied des pyramides.

En 971, la capitale des Fatimides est transférée donc au Caire (al-Qâhira, la Victorieuse), ville
construite par Jawhar al-Siqilli au nord de Fostat.

Leur but reste l’établissement du chiisme dans le monde musulman par l’élimination du Califat
abbasside de Bagdad.

MOSQUEE EL AZHAR AU CAIRE


Lorsque Jawhar al-Siqilli, posa la première pierre de la nouvelle capitale, il avait prévu la
construction d’une grande mosquée où serait célébrée la prière sous le règne de son maître al-
Muizz.

Cette mosquée est située au sud du Khan el Khalili, dans le Caire islamique.

Elle fut d’abord appelée Jâmiaa Al-Qâhirah (La Mosquée du Caire).

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La mosquée d'origine comprenait une cour entourée de trois bas-côtés. Elle avait un seul
minaret et occupait la moitié de l’espace qu’elle occupe aujourd’hui.

Elle a par la suite été nommée « al-Azhar » pour rendre hommage à Fatima Zahra, la fille du
prophète.

Sa construction a commencé en 970. Elle dura deux ans. La première prière y a eu lieu le 22
juin 972.

Après sa construction, al-Azhar fut directement financée par les califes fatimides, et devint la
mosquée officielle pour la prière du vendredi.

L’apparence actuelle de la mosquée est le résultat d'un mélange de constructions de diverses


époques (Fatimides, Mameloukes, Ottomans.).

La cour centrale est l'élément le plus ancien de la mosquée.

DESCRIPTION

Al-Azhar n'est pas uniquement une mosquée, c'est aussi la plus ancienne université au
monde.

En 1005, de nouvelles matières y sont enseignées comme la philosophie, la chimie et


l'astrologie. Le centre coranique enseigne à quelque 20 000 étudiants dont 5 000 étrangers.

La bibliothèque compte 60 000 volumes dont 15 000 manuscrits. Depuis le XIVe siècle, c'est le
centre intellectuel musulman le plus important qui soit.

Elle s'étend sur un hectare et possède cinq minarets, six portes et 300 colonnes en marbre dont
beaucoup proviennent d'édifices antiques.

Un des minarets, construit par le sultan Qait-Bey en 1458, est recouvert de mosaïque, ce qui lui
donne un aspect inhabituel.

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Elle se composait à l’origine d’une salle de prière hypostyle rectangulaire à cinq nefs parallèles
à la qibla, une travée centrale perpendiculaire plus large, magnifiant le mihrâb.

Ce schéma reprenait celui d’Ibn Tulûn et, plus lointainement, celui de la Grande Mosquée de
Damas (Syrie, 705 – 715), qui ne présente toutefois que trois nefs parallèles à la qibla.

L’allée centrale était bordée de couples de colonnes, comme à Kairouan.

La cour était alors entourée d’un portique à colonnes sur deux côtés seulement, à l’instar des
mosquées de l’Occident musulman, comme celles de Cordoue, Kairouan et Tunis, ce qui
pourrait rappeler l’épisode maghrébine de la dynastie fatimide (909 – 969), précédant leur
arrivée en Égypte.

Un nouveau portique à colonnes autour de la cour et un dôme à l’entrée du transept furent


ajouté sur ordre du calife Al-Hâfiz (1131 – 1149) ;

le revers de l’entrée et l’entrée de la nef centrale furent alors signalés par des groupes de trois
colonnes.

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En 1309 Madrasa al Taibarsiyya, fut ajouté à droite de l’entrée de la porte de


Muzaynin

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De nouveaux travaux eurent lieu à la période ottomane : ‘Abd al-Rahmân Katakhûda entreprit
en 1753 des travaux de restauration et d’importants ajouts, agrandissant la mosquée en lui
ajoutant des nouvelles travées, après avoir détruit en partie le mur qiblî à gauche du mihrâb,
laissé intact.

Il restaura également les madrasa Taybarsiyya et Aqbaghdiyya, et ajouta à la mosquée trois


minarets.

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D’autres ont construit des minarets : un par Qâ’it Bay en 1468, deux autres par al- Ghurî ; à
deux lanternons, ils se distinguent par leur deux escaliers permettant la montée simultanée de
deux personnes sans se voir.

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MOSQUEE EL HAAKIM
APERCU HISTORIQUE
La mosquée fut commencée en 990 par le calife fatimide Al-Aziz, son fils Al-Hakim bi-Amr
Allah en vint à bout en 1013.

Elle est située à l’extérieur des anciens murs de la ville.

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La Mosquée Al-Hakim s'inspira largement de la Mosquée Ibn Touloun.

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Plan de la mosquée IbnTouloun

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Ses tours massives, ses hauts murs et ses piliers robustes lui donnent un aspect de puissance.

Deux dômes indiquent la direction de La Mecque. Les éléments presque tous d'origine
permettent de se rendre compte de la majesté de ce lieu.

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L’ARCHITECTURE SELDJOUKIDE

LA PERIODE SELDJOUKIDE
APERCU HISTORIQUE

Les Seldjoukides, ou Saljûqides sont les membres d'une tribu d'origine turque qui a émigré du
Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur les actuels Iran et Irak ainsi que sur l'Asie
mineure entre le milieu du XIe siècle et la fin du XIIIe siècle.

Nomades d'origine turque, les Seljukides déferlèrent sur le monde Islamique vers la fin du
Xe siècle par l'est de l'Iran (Transoxiane et Khwarezm).

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COURS HISTOIRE DE L’ARCHITECTURE ISLAMIQUE
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Ils s'emparèrent peu à peu du pouvoir et s'emparèrent de Bagdad en 1048, mettant fin au règne
abbasside dans les faits, bien qu'ils aient conservé un calife-marionnette sur le trône de Bagdad.

Les Seljukides, comme leurs prédécesseurs, virent leur pouvoir décroître au fil du temps et de
nombreuses petites dynasties voient le jour dans les zones les plus reculées.

On estime la fin de la période Seljukide en Iran à 1194, bien que la production d’objets
homonymes date de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle, et ait donc été réalisé pour des
souverains indépendants, plus petits.

L’ARCHITECTURE SELDJOUKIDE
On appelle architecture des Seljukides d'Iran l'art produit dans tout l'est du monde islamique
entre la prise de Bagdad (1055) et les invasions mongoles en 1258.

ARCHITECTURE RELIGIEUSE
C'est sous les Seljukides qu'apparut pour la première fois le plan iranien, peut-être dans le
remaniement de la Grande Mosquée d'Ispahan.

Le plan iranien comporte quatre iwans disposés de manière cruciforme autour d'une cour, ainsi
qu'une salle sous coupole servant de salle de prière.

Le plan iranien

Il se caractérise par l'emploi d'iwans, d'un pishtak et une salle de prière sous coupole.

Un iwan est une salle voûtée ouverte sur un côté par un grand arc inclut dans un encadrement
rectangulaire. Généralement, les cours des mosquées en comportent quatre disposés en croix.

Un pishtak est un portail formant une avancée, souvent surmonté de deux minarets et ouvert
par un grand arc.

LA GRANDE MOSQUEE D’ISPHAHAN


La grande mosquée d'Isfahan, dite aussi vieille mosquée, est une mosquée édifiée à partir du
Xe siècle dans la ville d'Isphahan.

Beaucoup remaniée au cours du temps, elle est reliée à la nouvelle ville via le Grand Bazar.

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La grande mosquée d’ispahan est l'une des architectures les plus complexes de l’architecture de
l'Islam. Des fouilles archéologiques ont démontré qu’il existait une mosquée de plan hypostyle à
l'emplacement actuel de l'édifice.

Actuellement, la mosquée suit le plan iranien à quatre iwan, avec une salle de prière sous coupole,
qui devait, à l'origine, être détachée de l'ensemble architectural. Bordée d'arcades sur deux
niveaux, elle est entourée d'un multitude de petites salles sous coupoles.

Les fondations ont été mises au jour dans les années 1970 au cours de fouilles effectuées sur
l’actuelle mosquée du vendredi.

D’après les sources écrites, la première mosquée d’Ispahan date de 840- 841 (environ), sous le
gouvernement du calife abbasside Al Mutasim, elle fut transformée peu de temps après.

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ARCHITECTURE FUNERAIRE
La construction de tombeaux n’était pas autorisée dans les premiers temps de l’islam, le
premier mausolée du monde islamique fut construit au VIIIè siècle sur la tombe d’un
souverain Omeyade.

La période florissante que la construction de monuments commémoratifs connut en Asie


centrale aux Xiè et XIIè siècle avec le soufisme et la vénération des saints.

On érigeait généralement une mosquée commémorative près du tombeau vénéré par les
croyants.

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L’ARCHITECTURE DE LA DYNASTIE
ALMORAVIDE ET ALMOHADES

LA DYNASTIE ALMORAVIDE

APERCU HISTORIQUE
Les Almoravides (en arabe Al-Murābitūn, )‫ )المرابطون‬sont une dynastie berbère originaire du
Sahara qui nomadisaient entre l'actuel Sénégal , l'actuelle Mauritanie et le Sud de l'actuel
Maroc.

Leur nom signifie « Les gens du ribat »

Les almoravides prirent le pouvoir sur l’ouest du Maghreb et établirent la capitale de leur
nouveau royaume à Marrakech en 1062.

Leur règne dura entre 1060 (date de la prise de pouvoir par Youssef Ibn Tachfin) et 1147.

D’après les textes contemporains, la ville de Marrakech aurait été très imposante et d’une
importance qu’elle détermina le nom de l’ensemble du pays.

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Les premiers édifices almoravides consistèrent généralement en fortifications

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LA GRANDE MOSQUEE DE TLEMCEN


Le règne de Youssef Ibn Tachfin marqua le début d’une intense activité de construction concentrée
essentiellement dans la capitale.

Peu d’édifices datant de son règne ont été conservés.

La grande mosquée de Tlemcen fut fondée en 1082, mais elle fut considérablement remaniée
sous le règne de son fils Ali Ibn Tachfin.

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QUBBA AL BARUDIYIN

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LA MOSQUEE KARAWIYN DE FES :


Érigée dans la médina Fès, la mosquée-médersa al-Qarawiyin — ou mosquée Karaouiyne —
est un ancien établissement universitaire.

Son haut minaret rectangulaire, datant du xe siècle, est représentatif de l'art hispano-
mauresque.

Al-Qarawiyin fait partie de la médina de Fès, inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco en


1981.

Elle a été fondé par des immigrés de Kairouan, en 857 elle a été agrandie un siècle plus tard ce
qui lui donna son aspect actuel.

Le plan a une forme rectangulaire de 80m sur 75m, la salle de prière comprend dix travées .

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Salle de prière

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Salle de prière

L’ARCHITECTURE ALMOHADE :
APERCU HISTORIQUE
La dynastie des Almohades (en arabe : al-muwaḥḥidun ( )‫ الم َوحدون‬les « Unitariens » ceux qui
proclament l'unité divine, tawhīd) est une dynastie berbère et musulmane dite la cinquième
Maure, issue d'un mouvement de réforme religieuse, qui règne sur le Maghreb et la Péninsule
Ibérique musulmane de 1147 à 1269.

Les Almohades se développent en réaction aux Almoravides qui dominent depuis Marrakech
l'actuel Maroc et la Péninsule Ibérique musulmane puis leur succèdent.

Ils sont bordés par l’océan Atlantique à l’ouest, par le Portugal, Couronne de Castille et
Couronne d'Aragon au nord, par Ayyoubides et Fezzan à l’est, et de facto au sud par Sahara
(Ibadites et Banu Hassan).

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LA MOSQUEE DE TINMAL :
Fondée en 1153- 1154, la mosquée de Tinmal est située à environ 100km au sud est de
Marrakech.

Elle mémorise Muhammed Ibn Tumart fondateur du mouvement Almohade issu de Tinmal.

C’est l’une des plus anciennes mosquées de l’époque almohade

Elle est considérée comme l’archétype de la mosquée almohade.

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De forme rectangulaire d’environ 61m par 42m, elle se compose d’une salle de prière de type
hypostyle avec nef centrale plus large que les autres nefs , et d’une petite cour.

A aspect simple et tendance à privilégier un décor géométrique abstrait devint une


caractéristique de l’art Elmohade.

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LA MOSQUEE KUTUBIYA DE MARRAKECH :


La mosquée Koutoubia, ou mosquée des libraires, fut débutée sous la dynastie berbère des
Almoravides en 1120, mais fut profondément remaniée à partir de 1162 sous l'émir Almohade
Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, elle devint l'un des édifices les plus caractéristique de ce style.

Son nom vient du fait qu'elle se situait dans le souk des marchands de manuscrits.

La mosquée des libraires s'organise sur un plan en T. Cette tradition existe depuis la
construction de la mosquée de Kairouan au IXe siècle, Il s'agit d'un plan hypostyle, c’est-à-dire
comportant une grande cour entourée d'un portique et une salle de prière à colonnes.

Les nefs sont perpendiculaires au mur de qibla, celle du centre étant plus large ; et la travée qui
longe le mur qibli est également magnifiée, ce qui forme un T.

Le mihrab est traité comme une niche très profonde, et le minaret, haut de 69 m, est de section
carrée, selon la tradition de l'occident musulman.

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Arcades de la mosquée

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L’ARCHITECTURE DE LA DYNASTIE
NASRIDES

APERCU HISTORIQUE :
C’est le dernier royaume islamique d’Europe occidentale.
La dynastie Nasride est instituée en 1238 par un émir Al-Ahmar (Le rouge) et surnommé Al-
Ghâlib
(le vainqueur) qui descendrait du médinois Sa`d ibn `Ubâda chef de la tribu des Banu Khazraj
au moment de la mort du prophète en 632.
Avant les Nasrides
- La conquête d'al-Andalus par les musulmans commence en 711.
- Les arabes Omeyyades survivants du massacre de 750 s'installent à Cordoue en 756 jusqu'en
1039. Le califat s'effondre, il s'ensuit un première période de taïfas.
-Pendant cette période, les berbères Zirides établissent une taïfa, premier Royaume de Grenade
sur la zone urbaine et sa province, (1039 -1085).
-Les berbères Almoravides conquièrent al-Andalus en entier (1085-1145). A leur chute, il
s'ensuit la deuxième période de taïfas.
-Les berbères Almohades conquièrent à leur tour al-Andalus en entier (1147-1226). A leur
chute, il s'ensuit la troisième période de taïfas.
-Les arabes Nasrides profitent de la situation pour recréer le royaume de Grenade en 1238.
APERCU HISTORIQUE
Après la chute des Almohades, ils s'emparent de plusieurs villes et finalement de Grenade.
Al-Ahmar y construit une résidence fortifiée qui deviendra le palais d'Alhambra.
Cet État doit sa subsistance à sa dépendance aux rois de Castille et d'Aragon, pour lesquels les
Maures payent un tribut annuel. Cet émirat représente la dernière forme que prend le royaume
de Grenade.
LA CHUTE :
L'armée mérinide n'a pas suffi à défendre les terres Nasrides, l'émirat Nasrides est défaite le 2
janvier 1492 par Isabelle la Catholique et Ferdinand II d'Aragon.

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Grenade- Alhambra
L’Alhambra fût conçut comme une ville autonome fortifiée, avec un mur d’enceinte d’environ
1730 mètres de long, doté de 30 tours de tailles et de fonctions différentes.

Grenade et l’Alhambra étaient deux cités qui se complétaient tout en restant indépendante, avec
pour seul point de contact direct ; la porte des Armes.

EMIRS NASRIDES
-le Fondateur de la dynastie nasrides de l'Alhambra; Mohammed ben Nazar;

- les bâtisseurs : Yûsuf Ier et Muhammad V al-Ghanî, essentiellement au XIVe siècle, ce sont
les constructeurs des palais
- Les derniers émirs Nasrides :
- Abû al-Hasan `Alî, El viejo, père du suivant;
- Boabdil, Muhammad XII, El chico, si célèbre dans l'historiographie espagnole
qu'il est également dénommé le Maure; il négocia la cession de Grenade avec
les Rois Catholiques, effective le 2 janvier 1492.

L’ARCHITECTURE NASRIDE
L'Architecture nasride est représentée par les constructions des palais des princes Nasrides
sur l'Alhambra de Grenade, en Andalousie jusqu’à 1492.
Les Palais nasrides constituent un ensemble palatin destiné à la vie de cour des Nazaris, à
l'intérieur de l'Alhambra de Grenade, en Andalousie.
L'Alhambra de Grenade est un des monuments majeurs de l'architecture islamique et
l'acropole médiévale la plus majestueuse du monde méditerranéen.
Il représente, avec la Grande mosquée de Cordoue, le plus prestigieux témoin de la présence
musulmane en Espagne du VIIIe au XVe siècle .
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L’ARCHITECTURE DE LA DYNASTIE
HAFSIDE
APERCU HISTORIQUE :
Les Hafsides )‫ )الحفصيّون‬sont une dynastie berbère qui commence par être l'alliée des
Almohades.
Devenant la dynastie régnante de l'Ifriqiya de 1230 à 1574, elle étend son pouvoir sur le nord-
est de l'Algérie (Bougie, l'actuelle Béjaïa), la Tunisie (Tunis) et une petite partie du nord-ouest
de la Libye.
Après la mort de Abd al-Wâhid ibn Hafs à qui les Almohades confièrent la direction de la
Tunisie pour mieux contrer les nomades Hilaliens dans la région (gouverneur de l’ifriqia à la
période Almohade), son fils Abû Zakariyâ Yahyâ lui succède en 1228.
Après que le calife almohade al-Ma’mûn ait renoncé au culte du Mahdî ibn Tûmart et massacré
à l’occasion nombre de hauts notables almohades, Abû Zakariyâ Yahyâ, le fondateur de la
nouvelle dynastie, rompt avec le souverain de Marrakech.
Sans se proclamer calife, Abû Zakariyâ Yahyâ instaure une autonomie de fait avec le pouvoir
almohade.
Un an après sa nomination, il se proclame indépendant du calife de Marrakech sous prétexte
que celui-ci avait embrassé le sunnisme et établit la capitale à Tunis.
Al-Mustansir, qui lui succéda en 1249, prit le titre d'émir des croyants et fit de Tunis un port
méditerranéen prospère et couvert de monuments
De tous les successeurs des Almohades, les Hafsides sont incontestablement ceux qui revendiquent le
plus leur héritage.

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Les Hafsides entretinrent des relations suivies avec les chrétiens même s'ils eurent à subir leurs
attaques (Saint Louis, 1270 ; Français et Génois, 1390).

À la fin du XVème siècle, l'arrivée des juifs et des musulmans expulsés d'Espagne favorisa
l'essor économique, mais la dynastie eut de plus en plus de mal à résister aux incursions des
Espagnols qui rêvaient de réinstaller la chrétienté en Afrique du Nord.

LA CHUTE :
L'attaque de Tunis par le corsaire Turc Khayr el-Din (Barberousse), en 1534, entailla
sérieusement le pouvoir de la dynastie qui disparaît avec l'annexion de la Tunisie à l'Empire
Ottoman en 1574.

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L’ARCHITECTURE
Tunis est la ville principale où construisent les Hafsides:
- La mosquée de la kasbah est édifiée plusieurs années avant l’indépendance de la dynastie vis-
à-vis des Almohades et présente des points caractéristiques de la tradition architecturale de la
région.
Des nouveautés provenant du Maroc ou d’al-Andalus sont décelables dans les muqarnas et le
décor de stuc taillé.
La mosquée de la kasbah :
La mosquée de la kasbah, fondée en 1230, se distingue surtout par la coupole en stalactites
précédant le mihrab ainsi que par son minaret qui rappelle celui de la Koutoubia de Marrakech
et qui est le plus haut de la ville.

LA MOSQUEE El HALIQ
Une inscription au dessus de la porte du minaret nous apprend qu’elle était bâtie en 1375 (777
de l’Hégire), c’est le seul élément de datation relatif à cette moquée.
Il se trouve à la rue Saïda El Mannoubia
Deux portes d’entrée s’ouvrant sur la rue ouvrent sur la cour. Celle-ci assez étroite, longe la
façade de la salle de prière mais se prolonge des deux côtés de cette salle.
La salle de prière, où l’on pénètre par neuf portes de la cour antérieure et des cours latéraux,
présente 6 rangées de 4 colonnes, ces colonnes, sont couronnés par des chapiteaux pour la plus
part hafside.
La nef médiane, plus large que les autres rencontrant la travée longeant le mur de la qibla,
inscrit un dispositif en T dans le plan de cette salle hypostyle.

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LA MOSQUEE DU QUARTIER DE BAB EL AQWAS


Il semble que sa fondation remonte au 15ème siècle par le calife Abou Faris.
La salle de prière, qui s’étend le long d’une impasse, est sensiblement carrée.
Des rangées de colonnes, de type hafside portent des arcs dans les deux sens soutenant des
voûtes d’arêtes, limitent cinq allées transversales et cinq longitudinales.
Cette mosquée comporte une large galerie, une large cour avec mihrab, une midha et un
minaret.
Le plus caractéristique est l’espace clos qui s’étend au nord de la de la salle de prière. C’est un
lieu d’inhumation.
Une salle d’école coranique s’ouvre sur cet enclos funéraire.

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LA MOSQUEE DE MELLASSINE
Une inscription figurant sur le minaret nous apprend qu’elle fut bâti en 838 de l’hégire ,
1435par le calife El Muntacir.
Elle comporte une salle de prière très simple et de dimensions réduites. A une époque très
difficile à déterminer, cet salle fut doublé du côté Nord opposé à la qibla d’une seconde salle de
mêmes dimensions sans communication directe avec la première.
Cette salle antérieure sert de lieu de réunion.

LES MEDERSSAS
L’apport majeur des Hafsides tient dans l’implantation de médersas en Occident.
C’est la mosquée qui a été, dès le début, le centre d’enseignement, elle le demeurera même
après l’introduction des sciences nouvelles.
Au niveau de la typologie, il n’y a pas de différence essentielle entre la madrassa et la mosquée.
ORIGINE ET DIFFUSION:
Il est communément admis que ce thème architectural est né et est développés au début du
XIème siècle en centre de propagande sunnite pour contrer l’expansion du chiisme.
Ce sont les Seldjoukides qui ont introduit la mederssa en perse, elles seront ensuite introduites en Syrie,
en Egypte avec Saleheddine El Ayoubi et enfin le Magreb avec les Elmohades.
TYPOLOGIE DES MEDERSSAS :
Le plan des premières madrassas se compose d’une cour entourée de quatre iwans; l’iwan de la
kibla et l’iwan lui faisant face, deux iwans latéraux sur lesquels s’ouvrent les cellules des
étudiants et les salles des enseignements.

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L’entrée principale de la madrassa sera marquée par un minaret. La décoration sera à base de
de décor floral ou géométrique.
LA MADERSSA SHAMAIYYA :
APERCU HISTORIQUE:
C’est la première madrassa connue en occident musulman, elle doit son nom au sûq des
fabriquant de chandelles où elle fût élevé. Cette madrassa devait subir au cours des âges
diverses restaurations qui ont pu altérer son plan d’origine.
SITUATION :
Elle est construite dans le voisinage de la grande mosquée Zaytûna à proximité du sùq des
savetiers (blaggia).
La madrassa Shamaiyya est édifiée par Abû Zakariyâ' Yahyâ en 1249, elle est une structure
simple, plus ou moins à quatre iwans.
Construite en pierre, elle présente une élévation sur colonnes, qui supportent des chapiteaux à
fleurons caractéristiques des Hafsides, et des rappels de l’architecture andalouse.

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L’AQUEDUC
Jusqu’au XIIIe siècle, l’eau de Tunis provenait de puits et des citernes situés en différents
points par un système de conduites, cette eau se distribuait vers les bassins et les fontaines de
la ville.
L’accroissement démographique, consécutif à l’accès de Tunis au rôle de capitale, exigeait de
nouvelles ressources en eau, que les Hafsides, suivant l’exemple des Romain, allèrent
chercher au mont Zaghouan.
L’aqueduc construit par Hadrien entre 120 et 130 après J.-C. fut restauré par le Calife el-
Mostansir.
L’année 665/1267 marqua la fin des travaux.
le calife Hafside Al-Mostansir, pour résoudre le problème de la pénurie d'eau, n'avait trouvé
d'autre remède que de remettre en service les antiques aqueducs en les adaptant, toutefois, aux
nouveaux besoins de la cité musulmane.
Deux nouvelles adductions furent aménagées : l'une acheminant l'eau vers Tunis et l'autre vers
le domaine d'Abou Fihr.
L’aqueduc hafside diffère de l’aqueduc romain par son mode constructif.
Il n’est pas construit en bloc de pierre mais en blocage avec des parements de pierre de taille.
Les arcs supérieurs sont en brique.

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LE DEBUT DE L’ARCHITECTURE
DE LA DYNASTIE OTTOMANE

APERCU HISTORIQUE :
L’Empire ottoman, est un empire multiethnique, qui a existé de 1299 à 1922 (soit 623 ans).
Il a laissé la place, entre autres, à la République de Turquie.
Fondé par un clan turcique oghouze en Anatolie occidentale, l'Empire ottoman s'étendait sur
trois continents : toute l'Anatolie, les Balkans, le pourtour de la mer Noire, la Syrie, la
Palestine, la Mésopotamie, la péninsule arabique et l'Afrique du Nord (à l'exception du Maroc).

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FONDATION
L'Empire ottoman a été fondé par une famille issue des Kayi, l'une des 26 tribus turciques
oghouzes (l'une des branches principales des Turcs du VIII e au XIe siècle) qui avaient conquis
l'Anatolie au XIe siècle, au détriment de l'Empire romain d'orient dit Empire byzantin.
Pendant que le premier sultanat turc seldjoukide se décompose, cette tribu va commencer son
extension sous le règne d'Osman I er (Othmane, ʿuṯmān, ‫ ُع ْثمان‬en arabe, qui donnera en turc
Osmanlı, nom donné à sa dynastie, et Ottoman en français).
En 1299, Osman Ier conquit la ville byzantine de Mocadène, aujourd'hui Bilecik, et cette date
marque généralement le début de l'Empire ottoman et le début de la constitution de la première
véritable armée ottomane.
En 1453, commandé par le sultan Mehmet II, il s'empare de Constantinople et met fin à
l'Empire byzantin, établissant ainsi sa domination sur la partie à majorité chrétienne de la
Méditerranée orientale.

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ARCHIECTURE
Les anciennes colonies byzantines de Brousse et d’Edirne étaient les premières villes dont les
ottomans firent leurs capitales, ces lieux ouvraient aux nouveaux souverains d’intéressantes
perspectives en matière de construction.

Au commencement de l’évolution de l’architecture ottomane, on trouve la mosquée


traditionnelle à piliers, inspirée par le modèle seldjoukide.

La formation de l'architecture ottomane, le début


La formation de l'architecture ottomane passe par plusieurs étapes.

Les premières mosquées sont hypostyles, à piliers avec de petites coupoles, inspirées du
modèle seldjoukide, comme dans le cas de la Grande Mosquée de Brousse.

Elle date de 1396, avec ses nombreuses coupoles et les minarets qui flanquent la façade
d’entrée, elle constitue un édifice monumental sobre.

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Plan de la Grande Mosquée de Brousse.

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Plan de la mosquée Yesil Cami à Brousse


Le Yasil Cami ou mosquée verte qui doit son nom à la couleur des tuiles dont elle était
autrefois recouverte, fut construite pour Mohamed premier ( 1403- 1421) en 1412- 1413

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À partir de la mosquée Uç Serefeli d'Edirne construite en 1438- 1447, on connaît des types de
mosquée avec une grande coupole au centre, soutenue par de grands piliers, et dont la zone de
transition est organisée en pendentifs à muqarnas.
Ce type de bâtiments possède des nefs latérales avec une série de coupolettes, et des minarets
effilés.

Plan de la mosquée
Uç Serefeli d'Edirne

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L’APOGEE DE L’ARCHITECTURE
OTTOMANE.

INTRODUCTION :
Avec la conquête de Constantinople en 1453, les architectes ottomans découvrent Hagia
Sophia, en grec, sainte Sophie, qui devient un modèle absolu de leur architecture religieuse.

L'école d'Istanbul ou sinanienne marque l'apogée de l'architecture ottomane.


L'extérieur devient un savant étagement de volumes destinés à créer un effet de silhouette.
À l'intérieur les décors de céramique, géométriques ou floraux deviennent de plus en plus
élaborés.
Sinan, héritier à la fois des grands bâtisseurs que furent les Turcs seldjoukides aux XIe -
XIIe siècles, de l'école de Bursa (XIVe - XVe siècles) - période de formation des mosquées
ottomanes - et des Byzantins, sous l'influence de la découverte de Sainte-Sophie, cherchera à
dépasser ces modèles.
Il a apportées des nombreuses innovations aux méthodes de construction, et il a, par son génie,
porté l'architecture ottomane « classique » à son apogée.
Il a aussi considérablement et durablement influencé les architectes qui lui ont succédé, comme
Sedefkar Mehmet Ağa, qui fut son élève.
On assiste avec lui à l'instauration de nouvelles règles architecturales, qui se traduiront par la
transformation progressive du volume cubique en volume hémisphérique taillé en facettes.
Au fur et à mesure, dans les nombreuses mosquées qu'il a construites, grâce à un jeu de contre-
coupoles de plus en plus sophistiquées, Sinan réussit l’exploit d’obtenir un espace intérieur très
lumineux en faisant de plus en plus reculer les colonnes vers la périphérie.
SAINTE SOPHIE
La première basilique consacrée à la « Sagesse Divine » (Ἁγία Σοφία / Hagía Sophía) a été
voulue par l'empereur Constantin en 330, après sa conversion au christianisme. Elle fut
probablement érigée sur les ruines d'un ancien temple d'Apollon.
Elle fut incendiée plusieurs fois, mais après les émeutes de Nika en 532, l'empereur Justinien
entreprend de refonder l'édifice dont il pose lui-même la première pierre.
Lorsque les Ottomans s'emparèrent de Constantinople le 29 mai 1453, le sultan Mehmed II,
émerveillé par la magnificence de l'église, fit immédiatement cesser la destruction des
mosaïques, à laquelle avaient commencé à se livrer ses soldats, et décida de transformer Sainte-
Sophie en mosquée.
Au cours du temps, les Ottomans ont érigé quatre minarets (le premier par Mehmed II, le
deuxième par Bayezid II et les deux derniers par Selim II) et ajouté les noms d'Allah, du
prophète Mahomet et des premiers califes sur des panneaux circulaires en peau de chameau.

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Demeurant pendant 500 ans la principale mosquée d'Istanbul, Sainte-Sophie servit de modèle à
de nombreuses autres mosquées ottomanes, et en premier lieu, à la Süleymaniye construite par
Sinan.

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MOSQUEE DES PRINCES


OU MOSQUEE CHEHZADE CAMI
C’est la première mosquée importante de Sinan,
(il affirmait plus tard que s’était son œuvre d’apprentissage). Elle fut achevée entre 1544
et1548.
Cette installation est connue aussi sous le nom de Chehzade Cami, elle regroupe outre la
mosquée, des monuments funéraires, une Medersa, une école, un hôpital et une cantine
populaire.

Plan de la mosquée des princes


Le diamètre de la coupole est de 16m

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La mosquée des princes, vue intérieure

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La mosquée des princes, vue sur la cour

LA SOULEYMENIA
Pour Soliman, Sinan construisit notamment, entre 1550 et 1557, la mosquée Süleymaniye
(Süleymaniye Camii) d’Istanbul.
Elle est incontestablement l'une de ses plus grandes réussites et est considérée comme la plus
belle des mosquées impériales d’Istanbul.
Les dimensions intérieures de la mosquée sont de 70 m de long sur 61 m de large, la lumière
pénètre par les 138 fenêtres, le dôme en cascade de 27,5 m de diamètre et de 47,75 m de
hauteur depuis le sol jusqu'à la clé de voûte -, percé de 32 fenêtres, il est supporté sur les côtés
par des demi-coupoles.
Sinan a réinterprété, dans cette construction, le style de la cathédrale Sainte-Sophie. Sa
réalisation a duré sept ans, ce qui démontre le génie de l’architecte dans le domaine de
l'organisation autant que dans celui de l'architecture.
Le cahier de comptes de cette construction, qui éclaire l'époque, est parvenu jusqu'à nous et
donne de précieuses indications sur les méthodes de travail de l'architecte.

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LA MOSQUEE BLEUE :
La Mosquée bleue fut bâtie par Sedefhar Mehmet Ağa de 1609 à 1616 face à Sainte Sophie
(actuel musée « Hagia Sophia ») avec laquelle elle cherche à rivaliser.
Le Sultan Ahmet Ier qui commanditait cet édifice impérial sur l'emplacement de l'ancien palais
byzantin voulait en effet démontrer que les architectes ottomans n'avaient rien à envier à leurs
prédécesseurs chrétiens.
Sa coupole, en particulier, tente de s'approcher des dimensions de celle de Sainte Sophie (23,5
m de diamètre, contre 31 m à Sainte Sophie, et 26 m pour la mosquée de Soliman). Cette
coupole est soutenue par quatre piliers massifs dits en « pattes d'éléphants » et contrebutée par
quatre demi-coupoles.
260 fenêtres inondent l'édifice de lumière. L'intérieur est décoré de 21 043 carreaux de faïence
à dominante bleue, dont la mosquée tire son surnom.

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Palais de Topkapi :
Le palais de Topkapı est un palais d'Istanbul, en Turquie. De 1465 à 1853, il est la résidence
urbaine, principale et officielle, du sultan ottoman. Le palais est construit sur l’emplacement de
l’acropole de l’antique Byzance.
Il domine la Corne d'Or, le Bosphore et la mer de Marmara. Le nom de « Topkapı Sarayı »
signifie littéralement « palais de la porte des Canons », d'après le nom d'une porte voisine
aujourd'hui disparue. Il s'étend sur 700 000 m² (70 ha), et est entouré de cinq kilomètres de
remparts.

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Vue sur le Harem

Salon du sultan Mourad III

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ENSEIGNANTE JENDOUBI KHENISSI SIHEM

BIBLIOGRAPHIE
- Afif El behnessi , L’Architecture islamique et ses spécificités dans les programmes
d’enseignement, 2008

- Hattstein Markus et Peter Delius, L’islam, arts et civilisation, éd,H,F Illman, 2008, ( édition
spéciale)

- Bergé Marc, Les Arabes,éd, Lidis Paris, Janvier 1983

- Grabar Oleg, la formation de l’art islamique, éd Flammarion, 1987

- Jelloul Néji, Kairouan, la grande mosquée, édition contraste, 2000

- Miquel André, L’islam et sa civilisation, livre I, Cérès édition, 1996, Tunis

- Miquel André, L’islam et sa civilisation, livre III, Cérès édition, 1996, Tunis

- Miquel André, L’islam et sa civilisation, livre IV, Cérès édition, 1996, Tunis

- Marçais Georges, L’architecture musulmane d’occident, éd, Arts et métiers graphiques, 1954,
France

- Marçais Georges, Chapiteau de la grande mosquée de Kairouan

- Marçais Georges, Ribat de Sousse

- Golvin Lucien, La madrasa médiévale, éd, Edisud, 1995

- Peyronnet Georges, L’islam et la civilisation islamique VIIe- XIIIe siècle, éd ; Armand Colin,

-Ach-Charîf Al Idrisi, Description de la mosquée de Cordoue, éd ; Carbonel, 1949

- Garaudy Roger, L’islam en occident, éd ; l’Harmattan, Paris

Cours :

- Cours d’histoire de l’architecture musulmane, enseignant, Bouaita Hedi, Année


universitaire 2005/2006

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