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Pr.

Hicham Fakhry ENSAH / 2018 -- 2019

Chapitre 4. Régimes sinusoïdaux stationnaires


I- Caractéristiques d’un signal périodique
1- Définition
Une grandeur physique (courant, tension, etc.) est dite périodique si elle reprend
identiquement la même valeur à intervalles de temps égaux.

2- caractéristiques des signaux périodiques


a- Période et fréquence
Période c’est le temps minimal nécessaire pour retrouver la même valeur de la fonction.
Fréquence représente le nombre de périodes par unité de temps et mathématiquement égale
l’inverse de la période :
f =
b- La valeur efficace et la valeur maximale
La valeur maximale d’un signal périodique représente l’amplitude de ce signal. Dans le cas
du courant périodique La valeur moyenne d'un courant périodique est égale à l'intensité du
courant continu qui fournirait la même charge (q = I0T) pendant une période. Elle est définit
mathématiquement :
< I(t) > = I0 =
La valeur efficace est définit par la relation :

Ieff =
Si nous comparons à l'énergie dissipée par effet Joule dans une résistance pendant une
période :
EJoule = R = RIeff2.T
Nous observons que la valeur efficace d'un courant périodique est l'intensité d'un courant
continu qui fournirait dans une résistance le même effet Joule pendant une période.
c- Régime permanent sinusoïdal
On parle de régime permanent sinusoïdal lorsque l'évolution temporelle des signaux
correspond à des sinusoïdes. Un signal sinusoïdal fonction du temps s’écrit :
i(t) = Im sin (ωt + ϕ)
 Im : amplitude du signal (>0).
 T est sa période tel que i(t+T) = i(t).
 ω = : pulsation (en rad/s).
 ωt + φ : phase à l’instant t.
 φ : phase à l’origine.

Remarque : on appelle en général φ tout simplement « la phase » du signal.


Question : Calculer les valeurs moyenne et efficace du signal électrique. ?
II- Représentation d’un signal sinusoïdal
1- Représentation graphique
Pour faciliter les calculs il est possible de faire appel à deux représentations des grandeurs
sinusoïdales. Ces deux représentations consistent à associer à une grandeur sinusoïdale un
vecteur tournant dans un plan. La projection de ce vecteur sur un des deux axes peut alors
donner accès à la grandeur considérée. La représentation peut être graphique, il s'agit de la
représentation de Fresnel. Elle peut être analytique. En effet à tout vecteur on peut associer un
nombre complexe dont la partie réelle est égale à une composante de ce vecteur et la partie
imaginaire à l'autre composante dans un repère orthonormé.
Le vecteur de Fresnel associé à un signal sinusoïdal est un vecteur tournant dont la vitesse
angulaire est égale à la pulsation du signal. La norme de ce vecteur est égale à l'amplitude du
signal et l'angle polaire est à tout instant égal à la phase instantanée du signal. La valeur
algébrique du signal est donnée par la projection du vecteur tournant sur l'axe vertical.

Lorsqu'on ne compose que des signaux de même période, on ne s'intéresse en fait qu'aux
déphasages relatifs. Il n'est donc pas nécessaire de faire tourner la figure. On se contente d'un
vecteur fixe ayant pour norme l'amplitude du signal et pour angle polaire son déphasage.

La somme de deux fonctions sinusoïdales de même fréquence


2- Notation complexe
A toute fonction sinusoïdale d'amplitude a et de phase instantanée ωt + φ nous pouvons faire
correspondre un nombre complexe défini par :
y(t) = a [cos (ωt + ϕ) + j sin (ωt + ϕ)] = a ej(ωt+ϕ) = a e jϕ e jωt
Où j représente l'imaginaire pur : j2 = -1 (notation de physicien). Dérivons cette fonction
complexe par rapport à t :

La dérivation correspond à une multiplication par j ω. Calculons la primitive de cette


fonction complexe :

L'intégration se transforme en une division par j ω. Nous verrons dans les prochains
paragraphes que l'utilisation de la notation complexe permet de simplifier la résolution des
équations différentielles en régime permanent sinusoïdal.

III- Impédances complexes


1- Définition
Considérons un dipôle linéaire représenté en convention récepteur. Soit u(t) = umcos(ωt + φ)
la tension instantanée. La tension en notation complexe se note :
u-(t) = U-m exp(jωt) ; avec U-m = Um exp(jφu) est son amplitude complexe.
Soit i(t) = Im cos (ωt + φi), l’intensité instantanée. L’intensité en notation complexe sera
notée :
i(t) = Im exp(jωt) ; I-m = Im exp(jφi) est son amplitude complexe. D’après ces définitions la loi
d’Ohm en représentation complexe s’écrit :
u-(t) = Z i (t) ; soit U-m = Z- .I-m. Cette relation définit Z- , l’amplitude complexe du dipôle.
Z = Z exp(jφ) ; on a donc :
φ est donc l’avance de phase de la tension u(t) sur le courant i(t).
L’impédance complexe d’un résistor est Z = R.
L’impédance d’un résistor est Z = = R.
La tension aux bornes d’un résistor est en phase avec l’intensité qui le traverse (φ = 0).

a- Bobine idéale
Pour une bobine idéale en représentation récepteur la tension entre ses bornes est donnée par :
ul = L. ; Cette relation linéaire est donc valable aussi pour les grandeurs complexes
associées : u- = L. di-/dt alors : Um = jLω I-m
L’impédance complexe d’une bobine idéale est : Z- = jLω

La tension aux bornes d’une bobine idéale est en avance de phase de (quadrature avance)
avec l’intensité qui la traverse.
D’après ces définitions on peut faire les conclusions suivantes : équivalence à basses
fréquences et à hautes fréquences d’une bobine idéale :

b- Condensateur idéale
La tension aux bornes d’un condensateur idéale est donnée par la relation :
i = C. ; de la même façon on définit les grandeurs complexes associées :
i -= C = I-m = jCωU-m ; donc :

Z=

Z= ; La tension aux bornes d’un condensateur est en retard de phase de (quadrature


retard) avec l’intensité qui le traverse.
Équivalence à basses fréquences et à hautes fréquences d’un condensateur :

IV- Loi d’association pour les impédances


1- Association en série
Les dipôles d’impédances associés en série sont équivalents à un seul dipôle d’impédance
égale à la somme des impédances de chacun d’eux :
Zeq = Z1 + Z2 + ….+ Zn

2- Association en parallèle
N dipôles d’admittance Yi associés en parallèles sont équivalents à un seul dipôle
d’admittance Yeq égale à la somme des admittances de chacun d’eux :
Yeq = Y1 + Y2 + … + Yn
Yeq = = +…+
3- Association des impédances
On appelle impédance d'un dipôle linéaire passif (résistance, capacité ou self) la grandeur
complexe Z(jω) qui relie dans la représentation complexe la différence de potentiel au
courant :
u(t) = Z . i(t)
On peut utiliser la notation complexe :
Z=R+jX = . ejφ
La partie réelle R de l'impédance est appelée résistance.
La partie imaginaire X de l'impédance est appelée réactance.
La grandeur |Z| est appelée module de l'impédance.
La grandeur ϕ représente le déphasage de l'intensité i(t) par rapport à la tension u(t).
La grandeur Q = |X|/R est appelée facteur de qualité du dipôle.
La grandeur Y = 1/Z est appelée admittance du dipôle.

Étude d’un circuit RLC


On considère un circuit électrique RLC soumis à une tension sinusoïdale u(t) = sin(ωt )
et le courant circulant i(t) = sin(ωt + φ), étudions le cas ou’ le régime stationnaire permanent
sinusoïdale atteint.

D’après la loi des mailles : u(t) = uR + uL + uC.


Le régime est permanent sinusoïdale, l’établissement de l’équation différentielle nécessite la
recherche d’une solution de type par exemple : i(t) = Im sin(ωt + φ).
Avant d’étudier le circuit RLC et de trouver son impédance, on va s’intéresser à la recherche
des impédances de chaque dipôle qu’on déjà établi dans le paragraphe précédent.
Le condensateur C est alimenté en régime sinusoïdal, alors, uC(t) et iC(t) s’expriment de la
façon suivante :

uC(t) = UC. 2 sin(t+u 

iC(t) = IC. 2 sin(t+i

Les relations suivantes s’appliquent sur les valeurs instantanées :

q(t)
uC(t) = 
C

dq(t) dq(t)
iC(t) = où représente la dérivée de q(t) par rapport au temps.
dt dt
duc (t) 1 dq(t)
En dérivant l’équation, on obtient :  
dt C dt

D’où la relation entre les valeurs instantanées des tensions et courant pour un condensateur :
du c (t ) 1
  iC(t)
dt C

Il suffit alors de dériver l’équation pour obtenir :

UC. 2 sin(t+u+= 1 .IC. 2 sin(t+i


C

Cette relation implique les deux égalités suivantes :

IC = C.UC

i = u+

Ainsi :

Pour un condensateur C alimenté en régime sinusoïdal, l’impédance ZC s’exprime par


ZC = UC/IC = 1/C et le déphasage de la tension par rapport à l’intensité du courant
Cu - i = - .

L’impédance complexe ZC vérifie : ZC = [ 1 ;  ] = 1 . Il s’agit d’un nombre complexe


C 2 jC 
imaginaire pure.

Le diagramme de Fresnel donne : +


I
   
2
x

U
U est en quadrature retard sur I .
L’impédance ou bobine parfaite
L

iL(t)
uL(t)

L’inductance L est alimentée en régime sinusoïdal, alors, uL(t) et iL(t) s’expriment de la


façon suivante :

uL(t) = ULC. 2 sin(t+u 

iL(t) = IL. 2 sin(t+i

La relation suivante s’applique sur les valeurs instantanées :

diL(t) di (t)
uL(t) = L. où L représente la dérivée de iL(t) par rapport au temps. L s’appelle
dt dt
l’inductance de la bobine et s’exprime en Henry (H). En dérivant l’équation on obtient :
diL(t)
= IL. 2 sin(t+i+
dt

En remplaçant dans l’équation, on obtient :

UL. 2 sin(t+u=LIC. 2 sin(t+i+

Cette relation implique les deux égalités suivantes :

UL = L.IL

u = i+

Ainsi :

Pour une inductance L alimenté en régime sinusoïdal, l’impédance ZL s’exprime par


ZL = UL/IL = L et le déphasage de la tension par rapport à l’intensité du courant Lu - i
=  .

L’impédance complexe ZL vérifie : ZL = [L ;  ] =jL. Il s’agit d’un nombre complexe


2
imaginaire pur. Le diagramme de Fresnel donne :

U
   I +
2

U est en quadrature avance sur I .


Tableau récapitulatif

Dipôle Résistance R Inductance L Condensateur C

Impédance complexe 1
jL jC 
R
Z
Impédance () 1
L
R C

+ -
Déphasage tension /
0
courant 2 2

I
Diagramme de U    
2
Fresnel U   
2 I
I
U

Remarques :

Les impédances ZL et ZC des inductances et condensateurs varient avec la fréquence.

Pour une inductance, quand la fréquence f augmente, l’impédance augmente :

 Quand f 0 (la fréquence tend vers 0), cela correspond au fonctionnement en régime
continu, alors l’impédance est nulle, la bobine parfaite est équivalente à un
interrupteur fermé. Elle est « transparente » pour le circuit.
 Quand f ∞ (la fréquence tend vers l’infini), alors l’impédance est infinie, la bobine
parfaite est alors équivalente à un interrupteur ouvert, le courant ne passe plus.
Pour un condensateur, quand la fréquence f augmente, l’impédance diminue :

 Quand f 0 (la fréquence tend vers 0), cela correspond au fonctionnement en régime
continu, alors l’impédance est infinie, le condensateur est équivalente à un interrupteur
ouvert.
 Quand f ∞ (la fréquence tend vers l’infini), alors l’impédance est nulle, le
condensateur est alors équivalent à un interrupteur fermé.
Le filtrage (opération qui consiste à privilégier certaines fréquences et à en supprimer
d’autres) est une application de ces propriétés.
Association en série d’une résistance et d’une inductance – Dipôle R-L série.

On applique la loi des mailles : u(t) = uR(t) + uL(t)


i(t) R L
De même sur les vecteurs de Fresnel associés :
  
uR(t) uL(t) U U R U L

u
Pour le tracé de Fresnel, on choisit de prendre l’intensité comme référence des phases car il
s’agit de la grandeur commune à tous les éléments du circuit.
D’où le diagramme de Fresnel suivant :

+

U 
UL
 /2
0   x
I UR

On cherche Z, l’impédance du dipôle et , le déphasage tension-courant.

La loi d’Ohm impose :


U = Z.I

UR = R.I

UL = L.I
Chaque côté du triangle a sa longueur proportionnelle à I, Z
L
on peut donc simplifier par I, on obtient alors le triangle des 
impédances :
R
Par Pythagore, on en déduit : Z = R + (L)
2 2 2

Par la trigonométrie : tan  = LR

D’où Z  R2 (L)2

On peut retrouver ces résultats grâce aux impédances complexes :


Z = ZR + ZL = R + j L 

  Z  R2 (L)2 et Arg Z = tan  = L


R

 Remarque -1- : L’impédance et le déphasage dépendent de la pulsation donc de la


fréquence. Ce circuit peut servir pour réaliser du filtrage.
 Remarque-2- : Le déphasage tension courant est toujours positif, la tension est
toujours en avance sur le courant. Un tel dipôle est dit inductif.

Association en série d’une résistance et d’un condensateur – Dipôle R-C série.


On applique la loi des mailles : u(t) = uR(t) + uC(t)

i R   
De même sur les vecteurs de Fresnel associés : U  U R  UC
uR uC

u
Pour le tracé de Fresnel, on choisit de prendre l’intensité comme référence des phases car il
s’agit de la grandeur commune à tous les éléments du circuit.
D’où le diagramme de Fresnel suivant :

 
0 I UR
x
 UC
/2

U

On cherche Z, l’impédance du dipôle et , le déphasage tension-courant.

La loi d’Ohm impose :


U = Z.I

UR = R.I

UC = 1 I
C  R

Chaque côté du triangle a sa longueur proportionnelle à I, on  1/C 


peut donc simplifier par I, on obtient alors le triangle des
Z
impédances : Par Pythagore, on en déduit : Z2 = R2 + (1/C)2
Par la trigonométrie : tan  = RC1 

D’où Z  R2 ( 1 )2
C

On peut retrouver ces résultats grâce aux impédances complexes :


Z = ZR + ZC = R + j C1

1 2
  Z  R 2  ( ) et Arg Z = tan  = RC1 
C
Dans le cas de 3 dipôles en série (RLC) de la même façon on arrive à écrire :
Z = R + j (Lω - )
Il peut être noté :
Z = R + j X , avec X = L ω - ; où X est la réactance du circuit.
Le module de l’impédance :

Z= =
D'autre part, pour déterminer le déphasage de l'intensité par rapport à la source de tension,
nous avons :
U e jφ = V (cosφ + j sin φ) = I (R + j X)
Donc :

Tanφ = = et cosφ =

4- Puissance en régime sinusoïdal


a. Puissance moyenne

En convention récepteur la puissance reçue par un dipôle s'écrit :


p(t) = u(t) i(t)

En régime sinusoïdal, la tension et l'intensité sont des fonctions sinusoïdales de même


pulsation. Notons ϕ le déphasage de la tension par rapport à l'intensité. Un choix de l'origine
des temps nous permet donc d'écrire :

P(t) = UI sin(ωt)sin(ωt +φ) = U I

La puissance instantanée apparaît donc comme la somme d'un terme constant et d'une
fonction sinusoïdale de fréquence double. Le terme constant est la puissance moyenne reçue
par le dipôle sur une période :
P = <P> = = U I cos(φ)
b. Puissance complexe

La puissance instantanée n'étant pas une fonction sinusoïdale sa représentation complexe n'est
pas autorisée. Nous introduisons toutefois une puissance complexe définie par :

P = .u.i* = U I ejφ = . U I (cos ( ) + j sin( ))


5- Adaptation d'impédance

Considérons une source de tension sinusoïdale réelle modélisée par sa f.e.m. e(t) et son
impédance interne Z0. Ce générateur est connecté à une charge d'impédance Zc.

Problématique :
Quelle doit être cette impédance pour que la puissance reçue par cette charge soit maximale ?

Détermination de la puissance complexe reçue par la charge :


P = .u.i* = ZC I2

En utilisant la loi des mailles on peut écrire :

Dérivons cette expression par rapport à Xc :

Donc : la puissance est maximale si :

De la même manière si on dérive par rapport à RC, la puissance est maximale si :

Finalement, la puissance moyenne reçue par la charge est donc maximale si son impédance
est égale au conjugué de l'impédance de la source :
ZC = Z0*
Il y a alors adaptation d'impédance. La puissance maximale vaut alors :

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