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[Tome 1] "Ton sang et le mien...

" by Divinity

Summary:

Un an s'est écoulé depuis la Guerre opposant le Seigneur des


Ténèbres à Harry Potter et, aujourd'hui plus que jamais, la chasse
aux Mangemorts est ouverte. C'est dans cette optique qu'Hermione
Granger est choisie pour devenir l'apprentie Auror de Kingsley
Shacklebolt, le Ministre lui-même. Mais ce dernier la met au défi de
coopérer avec un partenaire des plus improbables et ce pour des
raisons qu'elle ignore encore. Cependant, comment faire équipe avec
une personne aussi énigmatique que pragmatique ? Et surtout,
comment garder la tête froide lorsqu'une enquête des plus
importantes se mêle à des règlements de comptes et autres
affaires privées ?

XoX XoX XoX

Entre enquêtes, meurtres, rebondissements en tout genre et un métier


d'Auror aussi excitant que déroutant, Hermione devra se fier à un
certain Serpentard plein de surprises. Duo d'enfer ? A méditer...

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Ne prend pas en compte l'épilogue du Tome 7

La suite dans : [Tome 2] "Ton sang et le mien..."

L'image est un fan-art réalisé par nami86 et obtenu : Ici !

Categories: Après Poudlard, Romance (Het), Dramione


(Drago/Hermione) Characters: Drago Malefoy, Hermione Granger,
Lucius Malefoy, Narcissa Malefoy
Genres: Polar/enquête, Romance/Amour, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Lemon soft
Challenges: Aucun
Series: "Ton sang et le mien..."
Chapters: 21 Completed: Oui Word count: 85474 Read: 128445
Published: 25/08/2011 Updated: 12/12/2012

Story Notes:
Petit Dramione qui j'espère sera à la hauteur de vos espérances et de
"Torture passionnelle" (écrite il y a quelques temps déjà et qui avait
plutôt bien marché, je remercie d'ailleurs tous mes lecteurs, c'est
grâce à eux) ! Je n'ai pas de scénario précis et écris selon mes humeurs et
les idées qui me viennent au fur et à mesure mais, malgré ça, j'essayerai
de partager avec vous ma vision de cet improbable couple que forment
Hermione et Drago.

Prêts à me suivre ? Très bien ! Cela dit, n'oubliez pas : une Review ça fait
toujours plaisir alors... A votre bon c

1. Prologue by Divinity

2. Chapitre 1 : Un héritier a trahi sa lignée by Divinity

3. Chapitre 2 : Formation d'un duo d'Aurors by Divinity

4. Chapitre 3 : Une affaire personnelle by Divinity

5. Chapitre 4 : "On est partenaires..." by Divinity

6. Chapitre 5 : Confidences autour d'une tasse de thé by Divinity

7. Chapitre 6 : Une charmeuse de serpents by Divinity

8. Chapitre 7 : Un substitut à l'héritier by Divinity

9. Chapitre 8 : "Appelle-moi..." by Divinity

10. Chapitre 9 : Le feu au poudre by Divinity

11. Chapitre 10 : Meeting au Trois Balais by Divinity

12. Chapitre 11 : Un bout de parchemin by Divinity

13. Chapitre 12 : Dangereuse amitié by Divinity

14. Chapitre 13 : Fiançailles au manoir Black by Divinity

15. Chapitre 14 : "Bonne année..." by Divinity

16. Chapitre 15 : Les jeux sont faits by Divinity

17. Chapitre 16 : Le sacrifice d'Hermione by Divinity

18. Chapitre 17 : "Qui êtes-vous, Narcissa Malefoy ?" by Divinity

19. Chapitre 18 : Reconaissance éternelle by Divinity

20. Chapitre 19 : Scorpius Malefoy by Divinity


21. Epilogue by Divinity
Prologue by Divinity

Author's Notes:
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Histoire de bien faire les choses, commençons par un Prologue !

L'illustration du Prologue est un Fan-art de GondolineOliphant, que


vous pouvez retrouver : Ici !

OoO Prologue OoO

L'index pointé vers son reflet, une jeune femme aux cheveux miels ne cessait d'inspirer et
d'expirer le plus calmement possible. Malheureusement, les termes "calme" et "Hermione" ne
faisaient pas bon ménage, surtout pas un jour comme celui-ci. Du bout du doigt, elle effleura
l'image que lui renvoyait son psyché : un regard caramel déterminé aux lueurs ambrées. Des
joues rosies parsemées ci et là de quelques tâches de rousseurs qui, inévitablement, lui
donnaient un petit air mutin. Puis un nez légèrement retroussé qu'elle levait fièrement
lorsqu'elle avait raison -pour ainsi dire quasi tout le temps-.

- "Allez... Souris un peu ! T'as l'air constipée là !" Se gronda-t-elle en tapant du talon sur le
parquet.

Il était inutile de préciser que malgré ses efforts, elle conservait cette expression de petite fille
modèle stressée par la rentrée des classes, c'était plus fort qu'elle. Dix-neuf ans et incapable de
mettre au placard cette insoutenable angoisse qui lui dévorait l'estomac depuis maintenant
deux jours car, oui, lorsque l'on s'appelle Hermione Granger, on a des crampes au ventre deux
jours, voir même une semaine, avant chaque rendez-vous important.

Résignée, elle fit volte-face, rajusta son chemisier blanc et son pantalon beige tant bien que
mal puis, après un dernier coup d’œil au miroir pour vérifier que ses boucles indomptables
étaient à peu prêt coiffées, se dirigea vers la cheminée, une poignée de poudre de Cheminette
fermement pressée dans sa main tremblante.

- "Manoir Potter !" Dit-elle d'une voix claire et autoritaire.

Instantanément, son corps fut consumé par des flammes vertes et elle disparut dans un
crépitement sonore.
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- "Hermione !" Cria une tornade rousse en se jetant sur elle pour la saluer.

Titubant, la nouvelle arrivante serra tendrement son amie dans ses bras. Ginny Weasley
Potter alias Boulet de canon comme l'appelaient ses camarades des Harpies de Holyhead. En
effet, lorsqu'Hermione était revenue d'Australie, elle dut faire face à une petite rouquine aussi
excitée qu'intenable car -et c'était compréhensible-, Harry l'avait non seulement demandée en
fiançailles mais en plus de ça, elle avait décroché un poste de Poursuiveuse chez la célèbre
équipe qu'adulait Dumbledore.

- "Je vais bien, je vais bien..." Marmonna la brune, quelque peu étouffée par cette étreinte.

- "Alors ? C'est le grand jour, comment tu te sens ? Prête à faire face ?" S'enquit Ginny qui, une
fois sa joie amplement exprimée, la libéra.

Pour toute réponse, Hermione grimaça, boudeuse. Elle se craqua les phalanges et baissa la
tête, voilant son visage d'ange derrière ses mèches de cheveux.

- "Je sais pas s'ils voudront de moi..."

- "Ah non, ça suffit ! Harry a réussi, il n'y a pas de raison pour que tu n'y arrives pas !" Coupa
la jolie rousse, les poings sur les hanches dans une imitation parfaite de Molly Weasley.

- "Mais, Harry il a... Il a fait tellement de choses. Il a fait ses preuves bien avant de se présenter
au concours d'Aurors ! Il a même été choisi sans passer tous les tests !" Objecta-t-elle en levant
les yeux au ciel.

- "Et toi, alors ? Tu faisais du tricot pendant qu'il courait après les Horcruxes ? Tu faisais
bronzette pendant la Bataille ? Réveille-toi, Hermione ! T'as ta place dans cette brigade autant
qu'Harry, compris ?" Répliqua Ginny, décidée à lui faire entendre raison.

La lionne se contenta d'un imperceptible sourire en coin, signe qu'elle était gênée par les
propos de sa confidente. Elle n'avait pas l'habitude qu'on la flatte et encore moins qu'on chante
ses louanges mais, c'était vrai, elle avait accompli bien des choses durant son adolescence,
alors pourquoi Diable ne pourrait-elle pas réaliser son rêve ?

- "Arrête de te rabaisser, c'est pas ton genre, je le sais. Tu vas ouvrir deux-trois boutons de ton
chemisier et hop, c'est dans la poche !" Plaisanta la rouquine.

Hermione expira, faussement exaspérée, et contourna son interlocutrice, balayant de ses yeux
noisettes le grand salon du Square Grimmaurd.

Les fauteuils en cuir rembourrés, la table basse sur laquelle ils avaient pris le petit-déjeuner
un nombre incalculable de fois, le tapis préféré de Sirius, la grande armoire où ils rangeaient
la vaisselle... Tout était parfaitement à sa place, comme si rien ne s'était passé. Comme si la
Guerre les avait épargnés. Comme si Patmol était encore parmi eux.

Harry et Ginny vivaient ici depuis maintenant un an et avaient gardé avec eux Kreattur. Ce
dernier avait insisté pour les servir car, d'après lui, c'est ce que aurait souhaité son maître
Regulus Black.

- "Où est Harry ?" Demanda-t-elle, un sourcil haussé.

- "Ah, il est parti, il a pas pu t'attendre, excuse-le. Une affaire urgente à régler avec Kingsley.
D'ailleurs, je t'aurais bien accompagnée, mais je dois me rendre à mon entraînement. On dîne
ensemble ce soir ? Ron se pointe vers dix-neuf heures. Georges, lui, a mieux à faire
apparemment, donc on sera que quatre." Annonça Ginny qui d'un coup de baguette fit voleter
ses affaires jusqu'à elle.

La brunette acquiesça du chef et salua brièvement son amie avant qu'elle ne transplane.
Lentement, elle s'approcha du sofa carmin, se laissa tomber dessus et ferma les yeux, ses traits
totalement détendus.

C'était reposant de se trouver ici, entre ces murs de pierre, dans ce manoir qu'elle chérissait
tant et qui, à chaque fois, lui rappelait d'agréables souvenirs. Elle aimait rendre visite au jeune
couple, c'était là un moyen de se ressourcer, de renouer avec le passé, avec tout ce qu'ils
avaient traversé. Doucement, elle ramena ses jambes contre sa poitrine, les enlaçant de ses
bras, puis inspira profondément : être dans la demeure de l'Ordre la mettait en confiance,
l'enveloppait d'un nuage de coton doux et rassurant et c'était ce dont elle avait besoin
aujourd'hui : de réconfort.

Hermione aimait dresser des bilans, des listes qu'elle s'amusait à remplir, retraçant le
parcours d'Harry, Ron, Neville, Luna, Ginny et tant d'autres. Cela lui remontait le moral de
savoir que son meilleur ami était devenu Auror, que la rêveuse qu'était la Serdaigle était
devenue rédactrice du Chicaneur, que le pourfendeur de Nagini était professeur de Botanique,
que la cadette des Weasley était une championne de Quidditch...

Et, parmi tous, se trouvait Ron, Ronald Bilius Weasley, celui qui, l'espace d'un instant durant la
Bataille finale, l'avait fait rêver. "Ce moment d'égarement" comme le surnommait Hermione,
était loin derrière eux et, à présent, le rouquin s'occupait de l'entreprise fructueuse des
jumeaux, épaulant Georges qui, malgré la bonne volonté qu'y mettaient les siens, avait
toujours du mal à admettre la mort de Fred.

Bien sûr, sa relation avec Ron était un peu ambigüe ce qui, au passage, amusait beaucoup
Ginny. Cette dernière n'arrêtait pas de les charrier, allant même jusqu'à comploter avec sa
mère -et c'était peu dire puisque la lionne avait peur qu'elles n'en viennent à dresser un autel
en leur honneur pour prier Merlin-. Heureusement, Harry était là pour temporiser les choses
et pour contenir sa fiancée un peu trop explosive.

Apaisée, la Gryffondor jeta un œil à l'horloge ancestrale : dix-heures tapantes, il était temps
pour elle de se rendre au Département des Aurors. Après s'être étirée comme un chat, elle se
leva, prête à affronter cette journée et qui plus est avec le sourire. Le Square Grimmaurd lui
avait redonnait la hargne qu'on lui connaissait et c'est aussi radieuse qu'un rayon de soleil
qu'elle décrocherait ce poste tant convoité.

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Le hall principal était bondé, chose tout à fait normal un lundi matin et, étrangement, cela
n'affola pas Hermione plus que cela. D'un pas rapide, elle bouscula quelques sorciers et, qui
sait, futurs-collègues, ses talons martelant les dalles dans un "Clac-clac" régulier.

- "Bonjour, je suis Hermione Granger. Je viens rencontrer le Ministre Kinglsley, j'ai rendez-
vous au Département des Aurors." Se présenta-t-elle à l'hôtesse qui tenait le comptoir.

La dame la gratifia d'un sourire éclatant et lui tendit discrètement un bout de parchemin et
une plume.

- "Je peux avoir votre autographe Miss, s'il vous plait ?" Couina-t-elle, les mains jointes sous
son menton.

Hermione ouvrit grand la bouche. C'était bien la première fois qu'on lui demandait ça. La
célébrité n'était pas sa tasse de thé cependant, il fallait le reconnaître, c'était plaisant de se
sentir respectée de la sorte. "Hermione Granger, héroïne de Guerre" ça sonnait plutôt bien.

Elle s'exécuta, ravie d'accéder à cette requête puis rendit le tout à la secrétaire qui, comblée,
éventa l'encre en soufflant dessus.

- "Merci, merci beaucoup, Miss ! Tenez, c'est votre passe pour la journée, bonne chance !"
Reprit-elle, aussi excitée qu'une puce.

Hermione ne put s'empêcher de rire et rejoignit rapidement l’ascenseur menant au dix-


huitième étage. De temps en temps, elle croisait quelques employés qui la saluaient
chaleureusement, fiers de rencontrer la sorcière la plus intelligente de Poudlard. Si au début
elle trouvait ça amusant, plus ça allait et plus elle fatiguait de voir défiler ces inconnus. Merlin
merci, elle arriva très vite à bon port.

Le long couloir était désert, au plus grand dam de la rouge et or qui espérait voir Harry avant
son entretien. Dire qu'elle comptait sur lui pour avoir quelques conseils ! Néanmoins, elle ne
devait pas céder à la panique, surtout pas... Ce serait une catastrophe si jamais ses nerfs
lâchaient.

Reprenant contenance, elle rejeta sa longue chevelure par dessus son épaule et s'engagea dans
l'allée du Département des Aurors. Le nez en l'air, elle cherchait le bureau numéro quinze qui,
selon elle, ne devait pas être bien loin mais c'était sans compter sur le côté farfelu du Ministère
de la Magie car, évidemment, les salles étaient numérotées au hasard. De ce fait, la porte
indiquant le nombre treize avoisinait celle portant le nombre vingt-cinq.

- "Bon sang... Ils se croient malins avec leurs méthodes de..."

C'est alors que la porte à sa droite s'ouvrit à la volée. La jeune femme, ronchon comme jamais,
se tourna vers la silhouette qui se dressait devant elle. Le mouvement avait beau être rapide,
la scène au ralentie donnait tout autre chose. Elle avait bel et bien pivoté sur le côté, ses
muscles crispés et les lèvres pincées mais, au fur et à mesure que ses yeux distinguaient la
personne, ses gestes se faisaient de plus en plus lents jusqu'à ce qu'elle se fige complètement.

- "Oh non... C'est pas vrai !" Grogna une voix familière, un peu trop familière au goût de la
Gryffondor.

Le temps semblait suspendu, du moins c'était ce qu'elle croyait car son cœur avait cessé de
battre tandis que le papillonnement de ses paupières s'affolait. Les poings serrés, elle ne savait
que faire si ce n'était rester plantée là, face à cet homme qui la toisait de ses prunelles polaires,
à la lisière du grisâtres. Son visage aux traits fins et parfaitement dessinés était insondable,
voilé d'une expression indéchiffrable qu'elle avait autrefois connue. Des lèvres arquées, étirées
en un sourire narquois qu'il réservait -elle le savait- aux abrutis du coin, sans parler de son
teint, un teint diaphane sublimant une peau laiteuse et pécheresse.

La brunette avala péniblement sa salive et eut un rictus lorsqu'elle se heurta aux quelques
mèches désordonnées qu'il dégagea d'un hochement de tête désabusé. Blonds, presque blancs,
des cheveux aux reflets peu naturels et caractéristiques de cette foutue lignée de sang-purs
qu'étaient les Malefoy.

- "Tu viens te faire juger pour tes crimes ? Kingsley a enfin réalisé sa connerie en te laissant
courir dans la nature ?" Cracha Hermione, impitoyable.

- "Mieux que ça... Je viens te doubler au concours d'Aurors." Rétorqua sèchement Drago en la
poussant de son chemin.

L'étonnement laissa vite place au mépris, ce qui était compréhensible lorsque l'on connaissait
le passé houleux de ces deux ennemis. L'une Gryffondor jusqu'au bout des ongles et l'autre à
l'échelle de sa réputation, détestable à souhait. La rouge et or, bouillonnante de rage, fit volte-
face et le saisit par le poignet.

- "Un fils de Mangemort Auror, t'as pas trouvé plus crédible comme reconversion ? Tu bouffes
à tous les râteliers ?" Rugit-elle en resserrant son emprise sur le jeune homme.

- "Parce qu'une sang-de-bourbe Auror, c'est mieux ? Laisse-moi rire, la décadence est en
marche !" Renvoya ce dernier sans pour autant se débattre.

Il noya son regard dans le sien, créant un filin de haine et de dégoût entre eux, à l'image de
leur relation durant ces huit dernières années. Têtue, Hermione ne cilla pas, son autre main
prête à brandir sa baguette et à envoyer valser son rival contre le mur d'en face. Ils restèrent
immobiles quelques secondes, le gris tempête défiant les ombres noisettes, chacun se
remémorant pourquoi il abhorrait l'autre.

- "J'ai aucun compte à te rendre, Granger." Siffla-t-il entre ses dents serrées.

- "On efface pas le passé, Malefoy." Affirma-t-elle en tirant plus fort sur son bras.

Violemment, elle lui retroussa la manche et lui tourna la main, révélant un tatouage sombre
qui contrastait parfaitement avec sa peau immaculée. Sans lâcher prise, elle tendit son propre
poignet et le colla au sien, la gorge nouée par les assauts cauchemardesques que lui rappelait
sa propre marque.

- "On efface pas..." Répéta amèrement Hermione.

Parallèle au poignet et à la Marque des Ténèbres de Drago, la cicatrise de la jeune femme, petit
souvenir de Bellatrix, était toujours à vif, rouge comme au premier jour. Les lettres composant
le mot "sang-de-bourbe" semblaient profondément taillées dans la chair et même si elle
pouvait s'en débarrasser, elle voulait à tout prix conserver cette trace de ce jour maudit où elle
fut torturée pour son sang, pour ce qu'elle était. Cette balafre était devenue sa force car, à
chaque fois qu'elle posait les yeux dessus, elle réalisait le chemin parcouru, les difficultés
surmontées et la victoire qui en avait découlé. Oui, Hermione Granger aimait dresser des
bilans et tout particulièrement le sien qui, comparé aux autres, n'avait rien à leur envier.

Le Serpentard se dégagea vivement, rompant tout contact visuel. Il l'avait dit lui-même, il
n'avait aucun compte à rendre à cette satanée Miss-je-sais-tout, alors il allait faire comme si
de rien n'était, ignorer cette étrange boule qui s'était formée dans son ventre à la vue de leur
marque respective et, fidèle à son caractère, faire ce pourquoi il était ici, à savoir : décrocher
son brevet d'Auror.

La respiration partiellement hachée, Hermione, le bras toujours tendu, l'examina un instant,


se demandant si cette plaisanterie de mauvais goût n'était pas un cauchemar, mais la curiosité
l'emporta sur le reste. Il était anormalement calme et aurait déjà dû lui sauter dessus pour
l'étrangler. Machinalement, elle se mordit la lèvre inférieure, pensive : Pourquoi par Merlin
était-il ici ? Harry était-il au courant ? Malefoy était-il sérieux lorsqu'il parlait de la doubler au
concours d'Aurors ? Trop de questions et peu de réponses.

Elle ne savait rien de lui, du moins plus rien depuis qu'elle était partie en Australie et même
avant ça, elle ne le connaissait pas vraiment -hormis le fait qu'il ait servi Voldemort-. Cette
piqûre de rappel l'agaça encore plus, faisant remuer en elle une vague de colère. Décidément le
Destin était joueur et, cela va sans dire, elle ne savait pas combien de temps elle allait tenir
avant d'exploser.

End Notes:
Petite entrée en matière ma foi un peu timide, j'en suis désolée. Je
me rattraperai avec la suite ! Merci de votre -éventuelle- attention !
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Chapitre 1 : Un héritier a trahi sa lignée by Divinity

Author's Notes:
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Coucou à tous ! Je tenais à remercier tous mes lecteurs et tout


particulièrement ceux qui ont pris le temps de me laisser des
Reviews, vraiment merci à tous !

C'est avec une légère appréhension que je vous présente le premier


chapitre, bonne lecture !

Illustration du Chapitre 1 issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 1 : Un héritier a trahi sa lignée OoO

- "Ça y est, j'ai compris ! Cette fouine vous a lancé un sort de Confusion !" S'écria Hermione en
plaquant ses mains sur le bureau de Kingsley, la respiration haletante.

Cela faisait une bonne demi-heure que le Ministre essayait de la calmer, de lui faire accepter la
situation sans pour autant entrer dans les détails or, erreur fatale puisque quand on avait à
faire à Miss Granger, il fallait l'informer de tout pour qu'elle puisse décortiquer les choses à sa
façon.

Consterné, il regarda sa disciple faire les cents pas, ses chaussures piétinant le sol tel un Troll
des cavernes. La Gryffondor était hors d'elle, excédée de ne pas comprendre ce qui se passait,
frustrée de ne pas pouvoir donner son avis. Shacklebolt ne semblait pas disposé à répondre à
ses questions et cela rendait leur conversation encore plus agaçante.

Furibonde, elle se massa doucement les tempes, fixant le tapis oriental qu'elle saccageait de
ses talons aiguilles. Sa rencontre fortuite de tout à l'heure n'arrangeait rien à l'affaire. Croiser
Drago Malefoy dans les couloirs du Ministère, c'était comme voir Voldemort à une fête foraine
: improbable, ridicule et inadmissible. C'était un principe des plus basiques : les traitres,
enfoirés et partisans du Mal n'avaient pas leur place dans la société.

Alors pourquoi Diable son supérieur refusait-il de lui dire ce qui se tramait ? Etait-ce un projet
secret ? Une mission d'espionnage ? Le Serpentard avait-il un lien quelconque avec une future
enquête qui les mettrait sur les traces d'un Mangemort en cavale ? Et puis d'abord, qu'importe
tout cela ! Drago était un criminel -du moins selon la lionne- alors il devait moisir dans son
manoir de gosse de riche, point à la ligne.

- "Hermione, je ne peux pas t'en dire plus pour le moment. Ce n'est pas à moi de t'expliquer
mais à Malefoy, tu comprends ? Il s'est présenté à moi, l'autre jour, et..."

- "Et vous avez gobé le ramassis de foutaises qu'il vous a bavé ! J'y crois pas !" Trancha la
rouge et or, scandalisée.

Kingsley soupira, lassé de cet échange stérile et tendit un dossier à son interlocutrice. Cette
dernière fronça les sourcils puis, sans un mot, prit les documents et lut l'entête, mais ne saisit
pas pour autant le message.

- "Hé bien ? C'est un rapport sur Lucius Malefoy, et alors ?" Lâcha-t-elle, blasée de faire du
surplace.

- "Tu le liras ce soir, à tête reposée, d'accord ? On en discutera demain. Je reporte notre
entretien, c'est sans appel." Conclut le Ministre en se levant, sa chaise raclant les dalles dans
un grincement désagréable.

Hermione ouvrit la bouche pour protester mais le mage lui intima le silence, mettant ainsi fin
à ce rendez-vous -trop court au goût de la jeune femme-.

Une fois seule, elle jeta le dossier sur la table et serra fermement les poings. Ce n'était pas du
tout comme ça que ça devait se passer, loin de là. Un étau compressa sa poitrine, aimantant
tout le stress ressenti aujourd'hui, sa haine envers le vert et argent, l'incompréhension et la
frustration éprouvée durant cette discussion avec l'Auror... Une matinée lamentable et, comme
dirait Ginny, merdique à souhait.

Elle avait l'impression d'avoir loupé le coche, de ne pas être à la page, et donc totalement
déconnectée de la réalité. Une atroce migraine pointait le bout de son nez, signe qu'elle avait
trop trituré ses méninges. Déçue et touchée dans son amour propre, elle s'affala sur le fauteuil
le plus proche, puis se prit la tête entre les mains. Ces derniers mois défilaient en boucle, son
esprit analysant chaque détail au cas où quelque chose lui aurait échappé. Rien... Aucune
information, aucune allusion à cette mascarade ne lui revenait. Drago Malefoy au concours
d'Aurors, la fin du Monde approchait à grands pas.

- "Enflure..." Grommela-t-elle en fermant les yeux, encore plus énervée que tout à l'heure.

Le plus répugnant là dedans c'était qu'elle avait, l'espace d'un instant, ressenti une étrange
impression d'être entière dans ce fichu couloir, face à ce foutu Serpentard. Comme si le fait de
le revoir l'avait remise à sa place, lui rappelant ses souvenirs d'école et le fait qu'il faisait
partie intégrante de sa vie, même si l'idée lui donnait plus envie de vomir qu'autre chose. Bien
sûr, fidèle à son caractère de Gryffondor avertie, elle n'était pas contente de le rencontrer ici,
cela dit, ce n'était pas si gênant qu'elle aurait aimé le faire croire. Après tout, n'était-il pas celui
vers qui toute sa haine s'était tournée à Poudlard ? Il était, sans doute, dans le top cinq des
personnes qu'elle détestait le plus après Voldemort et Bellatrix.

- "Pfff... Il va jamais me foutre la paix, c'est ça ?" Chuchota-t-elle en levant les paupières,
affrontant le plafond du bureau en attente d'une réponse divine.

Maintenant qu'Hermione y pensait, Drago avait marqué son existence, avait été aussi
exécrable que possible, avait fait de sa scolarité un cauchemar... Satané blondinet au joli
minois ! A cette pensée, elle s'asséna mentalement une gifle. De toute façon, c'était connu, les
mauvais garçons étaient souvent gâtés par dame Nature pour mieux tromper et manipuler
leurs victimes.

Désabusée d'en arriver à méditer sur ce genre de choses dignes des pintades du coin -petit clin
d’œil à Lavande-, la lionne passa une main dans ses cheveux bouclés et se leva en expirant.
Son supérieur voulait qu'elle lise ce torchon, alors soit. Vivement, elle ouvrit la chemise, sortit
les parchemins, puis les dispersa sur la table, aussi méticuleuse que lors de ses révisions.

- "Alors... Voyons voir..." Marmonna-t-elle en se penchant sur les documents.

Au même moment, la porte claqua et un toussotement retentit dans toute la pièce. Surprise, la
jeune femme sursauta, foudroyant du regard le nouvel arrivant.

- "Salut..." Risqua Harry, un sourire crispé aux lèvres.

Pour toute réponse, sa meilleure amie lui tourna le dos en reniflant, lui faisant clairement
comprendre qu'elle avait quelque chose à lui reprocher. D'abord hésitant, il finit par s'avancer
non sans lever les yeux au ciel tant le comportement de la brunette l'amusait.

- "Comment s'est passé ton..."

- "Tu le savais ?" Coupa-t-elle en se retournant, un doigt accusateur pointé vers lui.

Le Survivant déglutit, il savait ce qui allait se passer. Elle allait lui rappeler les "principes et
fondements de leur amitié", tout en lui faisant la morale comme s'il était un petit enfant de
trois ans. D'ailleurs, elle ferait une mère formidable, enfin, en admettant qu'un homme arrive à
la supporter -c'était pas gagné-.

- "Ahem... De quoi tu parles ?" S'étonna-t-il faussement, ses prunelles émeraudes emplies
d'excuses informulées.

Hermione soupira, croisa les bras sur sa poitrine et, impatiente, tapota le sol de son talon,
signalant à son interlocuteur qu'il était inutile de tourner autour du pot -elle avait atteint son
quota de patience pour la journée-.

- "Malefoy ! Il fout quoi ici ? Il se promène au Ministère, il fait du tourisme ? Pire, il prétend
passer le concours d'Aurors !" Rugit-elle, les joues en feu.

- "Ok, calme-toi. J'ai eu la même réaction que toi la première fois que je l'ai vu trainer ici..."

- "Ah, parce que non seulement tu savais, mais en plus c'est pas la première fois qu'il se radine
ici ?!" S'estomaqua la rouge et or, outrée.

- "Bon sang ! Tu me laisses même pas en placer une !" Répliqua sèchement le jeune homme en
tirant une chaise avant de se laisser tomber dessus, fatigué.

C'était toujours la même rengaine avec Hermione. Si elle était dans l'ignorance, c'était une
catastrophe. Elle n'aimait pas ne pas savoir, ne pas être au courant, ne pas pouvoir
participer... C'était ainsi depuis leurs aventures car, au fur et à mesure, elle avait pris cette
mauvaise habitude de vouloir tout contrôler -défaut qui se matérialisa vraiment qu'après la
Guerre-, exposer sa façon de voir les choses, mettre son grain de sel ci et là... Il fallait dire qu'à
l'époque, ses conseils étaient précieux et elle savait tout mieux que tout le monde. Néanmoins,
aujourd'hui les temps avaient changé, elle devait se plier à certaines règles. Etrangement,
respecter le règlement était devenu pour elle une notion assez vague -surtout après avoir
enfreint toutes les règles de la célèbre école de sorcellerie- et, par conséquent, elle avait bien du
mal à accepter qu'on lui impose quoique ce soit.

- "J'ai réagi comme toi, mais Kingsley m'a dit que c'était à Malefoy de m'en parler et à
personne d'autre. J'ai donc attendu que Malefoy se décide même si, je t'avoue, j'ai eu du mal à
digérer cette histoire." Reprit l'Elu, ses longues jambes étirées sur le tapis.
La surdouée le toisa quelques secondes, sondant son visage, puis s’assit face à lui et croisa les
jambes.

- "Il m'a dit la même chose y a même pas dix minutes. J'en ai rien à cirer des explications de
Malefoy, il a pas sa place ici, point. Je vois pas pourquoi on perd du temps à lui accorder le
bénéfice du doute." Trancha-t-elle, déterminée à camper ses positions.

Harry la gratifia d'un sourire en coin. Il reconnaissait bien là son Hermione, intrépide, rude et
prête à tout pour prouver par "a+b" qu'elle avait raison. C'était parfois usant de l'écouter
blablater sur un sujet tel que "la remise en cause de la présence des Hommes dans les milieux
habités par des créatures magiques qu'elle jugeait trop fragiles", allant même jusqu'à assurer
que les pauvres animaux ne supporteraient pas la pollution des humains -trop égoïstes à son
goût-. Malgré ça, il la trouvait touchante et, même si Ron préférait fuir ces débats à rallonge, il
faisait son devoir d'ami, lui accordant l'attention qu'elle méritait.

- "Disons que c'est un peu délicat, c'est pour ça qu'il veut pas t'en parler lui-même. C'est
compliqué..." Modéra-t-il en rajustant ses lunettes.

- "Ah oui ? Arrête... Je vais finir par croire que c'est une pauvre victime, un malheureux lapin
abandonné de tous. Le vilain petit Canard !" Ricana la Gryffondor.

- "N'exagérons rien, Hermione. Disons que ça pourrait te surprendre." Rétorqua l'Auror,


impassible.

A peine eut-il fini sa phrase qu'elle bondit de son siège, les poings sur les hanches. S'en était
trop, sa jauge d'indulgence venait d'exploser et, par Merlin, Harry Potter allait passer un sale
quart d'heure s'il ne crachait pas le morceau.

- "Stop ! Arrête ! Viens-en au fait !" Ordonna-t-elle d'une voix autoritaire qu'il connaissait par
cœur tellement il l'avait entendue durant leurs études.

- "Désolé, tu devras attendre que Malefoy se décide." Refusa-t-il en se levant.

Elle ouvrit grand la bouche, scotchée. Son meilleur ami venait de la rabrouer, c'était bien la
première fois -ou du moins cela arrivait une fois tous les Merlin sait combien-. Tremblante de
rage, elle reprit sa lecture, le nez rivé vers les dossiers que lui avait remis Kingsley.

- "Qu'est-ce que c'est ?" Demanda Harry en s'approchant d'elle.

Evidemment, cette dernière ne répondit pas et, peu intimidé, il s'inclina à son tour sur la table,
un sourcil haussé.

- "C'est le rapport qu'ont rendu les Aurors au sujet de Lucius Malefoy ? Kingsley a donc cédé ?"
Lâcha-t-il, surpris.

- "Comment ça "cédé" ?" S'enquit la belle qui avait bien du mal à contenir sa curiosité.

- "Oh, bah... Tu devrais y trouver ce que tu cherches. Pour ma part, j'ai dû attendre que
Malefoy m'en parle mais bon, ça m'étonne pas de toi ! T'as dû faire tourner en bourrique
Kingsley, le pauvre..." Plaignit le Survivant en riant.

Renfrognée, Hermione ramassa les parchemins éparpillés et les rangea dans son sac. Le
Ministre lui avait dit d'étudier ces données au calme, or elle n'était pas vraiment "calme", pas
avec Harry dans ses pattes.
- "Tu diras à Ginny que je serai pas des vôtres ce soir, désolée. Comme tu peux le constater, j'ai
de la lecture et ça a l'air passionnant." Dit-elle, sincèrement navrée de faire faux bond à sa
confidente.

- "Pas de soucis, on se voit demain toute manière. Rentre bien." La salua le garçon avant de
déposer un baiser sur sa joue.

Sur ces mots, elle quitta le bureau et une fois dans le couloir, inspira un grand coup, reprenant
peu à peu le contrôle de ses nerfs déjà saturés. Sacrée matinée...

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Un mug de café fumant posé sur la table, Hermione s'installa sur son canapé fétiche,
emmitouflée dans son peignoir bleu-ciel que lui avait offert sa mère. Elle louait cet
appartement depuis quelques mois et cela lui faisait du bien d'avoir pris son indépendance -
même si elle appréciait la compagnie de ses parents-. C'était un petit soixante mètres carrés,
douillet, et équipé de diverses technologies moldus, gadgets dont elle raffolait puisque la
majorité était des cadeaux offerts par sa famille -une façon comme une autre de s'investir dans
son déménagement-. Nostalgique, elle jeta un œil aux cadres photos sur la cheminée, ses
petites mains entourant sa tasse.

Les derniers clichés pris en Australie, les retrouvailles avec ses proches, le fait de renouer avec
les siens... Des fous rires, des remontrances, des interrogatoires sans fin sur le monde
magique... En bref, du bonheur. L'espoir de revoir ses parents, de leur rendre la mémoire et de
vivre heureuse à leurs côtés était, durant le règne du Lord, utopique, un rêve envolé en fumée.
Mais elle ne pouvait se résigner et les oublier car, mine de rien, elle avait continué d'y croire. A
présent, le résultat était là : elle s'était battue autant pour eux que pour les principes qu'elle
défendait, et avait même meublé son nouveau logis avec l'aide de sa mère, que demander de
plus ?

Revigorée et détendue, Hermione esquissa un sourire, se promettant d'appeler sa "maman


chérie" demain, puis posa les yeux sur la liasse de parchemins qu'elle se devait d'étudier. Bien
que désenchantée par la tâche qui lui était attribuée, elle abdiqua et s'empara du rapport.

Le "tic-tac" de l'horloge avait beau se faire de plus en plus lourd, la jeune femme poursuivait sa
lecture, tantôt le front plissé, revérifiant le paragraphe du dessus ou la page précédente
comme pour s'assurer de l'authenticité des faits énumérés, tantôt les traits déformés dans une
expression mi-incrédule, mi-horrifiée, un panel d'émotions allant et venant sur son visage
blême.

Deux heures du matin déjà et pourtant elle n'en démordait pas. Ce ne fut qu'une fois la
dernière lettre relue une bonne vingtaine de fois tant elle louchait sur le contenu du dossier,
qu'elle finit par rabattre la chemise sur le tout.

Bizarrement, le balancement régulier de la pendule se fit plus assommant et, lentement, elle


saisit son mug vide pour distraitement le porter à sa bouche. Elle ne réalisa même pas qu'il n'y
avait plus de café, se contentant de happer inconsciemment l'air, ses lèvres étroitement collées
à la porcelaine.

Petit à petit, l'épais brouillard qui embuait son esprit s'estompa et elle put reconsidérer tout ce
qu'elle venait d'apprendre. Le fait que Lucius Malefoy était bel et bien un Mangemort et
partisan de Voldemort, qu'il avait agi en connaissance de cause et avait même admis le Mage
noir et sa troupe sous son toit... Mais c'était la suite qu'elle n'arrivait pas à croire. Selon les
informations du Département des Aurors -et elle le savait déjà-, Lucius avait été enfermé à
Azkaban après avoir été retrouvé par une brigade d'Aurors sauf que, d'après le même rapport,
c'était là la version officielle car, en effet, l'arrestation du Mangemort aurait été orchestrée par
son propre fils, Drago Malefoy. Ce dernier aurait trahi son père et l'aurait dénoncé aux
autorités.

Hermione ignorait les réelles intentions du Serpentard et certains, comme Kingsley et Harry -
qui étaient mieux informés-, avaient indubitablement reconnu cet acte comme un... Un quoi ?
Une remise en question du blondinet qui espérait peut-être se racheter une conduite en
tournant le dos à son géniteur ? Ridicule...

Oui, la Gryffondor n'était pas dupe et au lieu de s'interroger sur les raisons que pouvait cacher
un tel agissement -ce n'était pas dans ses priorités pour le moment-, elle misa sur la première
impression qui lui vint : Drago Malefoy était un traître, une ordure comme on en faisait plus.
Comment par Merlin pouvait-il dénoncer son père ? Certes, Lucius Malefoy était un criminel et
se devait de rendre des comptes à la justice, mais la logique voudrait que ce soit les Aurors qui
le traquent, le trouvent et l'envoient croupir derrière les barreaux, pas son héritier.

A la liste -déjà longue- de ce qui la répugnait chez le vert et argent, l'intello' ajouta qu'il était
sans scrupule et déloyal -même envers ses proches- car, normalement, il aurait dû moisir en
prison aussi et non se pavaner au Ministère pour la "doubler au concours d'Aurors". Ainsi
donc, il était réellement perfide, peu importe les justifications qu'il pourrait lui apporter, elle
n'en avait que faire. Comme quoi, il n'avait aucune limite, prêt à vendre sa mère pour sauver
sa peau... Pitoyable.

Dégoutée comme jamais, Hermione expira bruyamment et traîna des pieds jusqu'à sa
chambre, aspirant à une bonne nuit de sommeil même si le compte-rendu fourni par Kingsley
ne présageait pas de beaux rêves.

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Le lendemain, Hermione se leva du pied gauche, maudissant ce foutu rapport qui l'avait
maintenue éveillée jusqu'à pas d'heure puis, après s'être rapidement préparée, sortit de chez
elle, priant pour que cette journée soit meilleure que la précédente.

Ce matin encore, la même secrétaire que la veille l'accueillit, ravie de revoir son idole et lui
tendit son badge non sans glousser comme une gamine -ce qui fit grimacer la lionne-. Fébrile,
cette dernière emprunta le même trajet qu'hier -Merlin soit loué, elle avait retenu la leçon et ne
risquait pas de croiser Malefoy aujourd'hui-. Elle tourna à droite, bifurqua ensuite à gauche et
monta trois marches pour enfin arriver à destination.
Après avoir épousseté ses vêtements et remis en place quelques boucles rebelles, elle vérifia
son décolleté qu'elle trouvait un peu trop plongeant -merci Ginny et ses cadeaux originaux-,
puis toqua à la porte, retenant sa respiration.

- "C'est ouvert." Lança une voix neutre qu'elle ne reconnut pas comme étant celle de Kingsley.

Sourcils froncés, elle tourna la poignée, entra et...

- "Oh, mais c'est pas vrai !" S'indigna la rouge et or, son sac glissant le long de son bras.

Drago, confortablement assis dans un fauteuil, ne daigna même pas lever la tête, trop
accaparé par son ouvrage qu'il s'obstinait à fixer. Il s'attendait à la revoir, le Ministre l'avait
prévenu, mais rien à faire, il avait beau être préparé à ça, elle lui tapait déjà sur le système.

- "Qu'est-ce que tu fais ici ?! Je pensais avoir été claire hier !" S'offusqua la brunette, raide
comme un piquet.

Le jeune homme soupira d'exaspération, referma son livre dans un bruit sec et le posa sur la
table de chevet. Inutile de répondre, l'éternelle Miss-je-sais-tout allait, comme d'habitude,
déblatérer un flot de conneries sans nom, exposant à qui voulait l'entendre -en gros, personne-
ses avis dans un discours aussi travaillé que ses devoirs de Métamorphose. Il fléchit les
jambes, s'accouda sur ses genoux et appuya son menton sur ses mains jointes. Son regard
tempête se posa sur elle, examinant chaque millimètre carré de son visage, allant même
jusqu'à remarquer la petite fossette accentuée au coin de ses lèvres.

C'était comme s'il la redécouvrait, elle et sa chevelure indomptable, elle et ses grands yeux
chocolats pleins de malice, elle et son petit nez retroussé qui donnait l'illusion de s'allonger
quand elle se concentrait sur quelque chose, elle et ses... Rah, satanée Granger !

- "Tu m'écoutes au moins ? Je te cause !" Réitéra-t-elle, agacée.

- "Aurais-tu l’obligeance de me foutre la paix ?" Réclama-t-il d'une voix doucereuse dont lui
seul avait le secret.

- "Aurais-tu l'obligeance de retourner dans ton trou à rats, môsieur le traître ?" Cracha la
jeune femme sans détour.

Le Serpentard hocha machinalement la tête : et voilà, c'était parti pour une demi-heure de
provocations en tout genre. Merveilleuse matinée, vraiment !

- "Je sais ce que t'as fait à ton père..." Grinça-t-elle, écœurée.

Instantanément, il serra les poings, peu enclin à se laisser insulter, surtout pas par une sang-
de-bourbe et encore moins celle-là. Touché malgré lui, il se précipita sur elle et l'attrapa par le
col de sa chemise, noyant ses prunelles grises dans les siennes.

- "Personne n'avait le droit d'en parler, mais je vois que t'as réussi à chaparder des infos à
Kingsley ou Potter, ça m'étonne pas. Je vais te dire une bonne chose, tâche de partager ça entre
tes deux oreilles : tu ne sais rien, compris ? Absolument rien sur moi, alors tu la ferme et me
lâche les basques." Siffla-t-il, son souffle mêlé à celui de la Gryffondor.

- "Je te l'ai dit, on efface pas le passé, on vit avec. Mais le mieux c'est de l'assumer, sauf que toi,
t'es trop lâche pour ça." Murmura cette dernière, loin d'être impressionnée.
Un sourire narquois étira les lèvres du vert et argent qui, doucement, la relâcha. C'était du
Granger tout craché : une donneuse de leçons née, dire que Potter et Weasmoche avaient
supporté ça durant huit ans, quel calvaire !

- "T'es la dernière personne à qui je voudrais faire part de mon passé et tu sais quoi ? Ça te
frustre." Se moqua-t-il, un brin enjôleur.

- "Pardon ? Et qu'est-ce qui est censé me "frustrer" ?" fit-elle mine de s'intéresser, mimant le
ton désinvolte du garçon.

Il ne put s'empêcher de sourire, c'était plus fort que lui. Elle était sacrément chiante et
distrayante à la fois.

- "Ça t'emmerde de pas savoir, pas la peine de nier. Et ça te gave encore plus parce que tu sais
parfaitement que ton pote Potter va rien te dire." Répondit-il en s'adossant au bureau de leur
supérieur.

Hermione se sentit soudain chétive, minuscule et insignifiante car c'était vrai, Harry était bien
trop sérieux dans son travail et si Shacklebolt lui avait donné des ordres, il ne risquait pas de
désobéir. Elle aurait aimé décocher une réplique acide et à la hauteur du mépris qu'elle
éprouvait pour Drago, seulement elle devait reconnaître que ce coup-ci, il avait gagné.

Piquée au vif, elle se dirigea vers la petite bibliothèque, arborant une moue boudeuse. Malefoy,
quant à lui, la suivit du regard, satisfait de son petit effet, savourant pleinement sa victoire.
Oh, il en était conscient, il avait tout pour la dompter, elle et ses grands airs, cela dit, le plus
délectable, c'était qu'elle, contrairement à lui, ne connaissait pas son adversaire.

Bougonnant, elle tendit la main vers un livre perché sur la plus haute étagère et il haussa un
sourcil consterné en la voyant se mettre sur la pointe des pieds. Non, sérieusement, elle était
vraiment étrange. A pas de loup, il se posta derrière elle, leva le bras tout en effleurant ses
cheveux miels et s'empara du bouquin.

Hermione, paralysée et surtout mal à l'aise, cessa de respirer, les yeux résolument clos,
ignorant si c'était pour mieux savourer cet enivrant parfum de verveine citronnée ou de
crainte que son rival ne l'attaque -vu qu'il était du genre à poignarder dans le dos-.
Rassemblant tout son courage, elle se tourna, faisant face à un Drago imperturbable. Troublée
par cette proximité plus que déplacée, elle releva la tête pour au final regretter son geste
lorsqu'elle se heurta à son regard assassin mais oh combien envoutant. C'était irréfutable, il
dégageait une prestance à en faire pâlir tous les anges.

- "T'as une baguette, tu sais ?" Lui rappela le démon à gueule d'ange en lui donnant le livre.

- "Hein ? Qu... Quoi ?" Balbutia la surdouée, luttant pour échapper à cette attraction
qu'exerçait son ennemi sur elle.

- "Ok, je te la refais : au lieu de gratter les centimètres pour attraper un bouquin comme ferait
n'importe quel moldu, t'as la chance de pouvoir utiliser la magie. Mais bon, libre à toi
d'employer des méthodes..."

- "De sang-de-bourbe ?" L'interrompit-elle, reprenant du poil de la bête.

- "Des méthodes aussi futiles que le fait d'oublier qu'on a une baguette magique." Termina le
serpent en passant une main dans ses cheveux ébouriffés.

Par tous les Saints, qu'est-ce qu'elle pouvait être crevante ! Il la pressa, l'obligeant à prendre ce
livre de... De quoi d'ailleurs ? M'enfin, il s'en foutait ! Et alla s'assoir, suppliant le Ciel pour
qu'elle se taise une bonne fois pour toute.

- "Toi aussi, t'as une baguette." Précisa-t-elle, ruinant tous les espoirs de jeune homme qui
envoya bouler tous les Dieux -tous des incapables-.

- "Tu n'avais qu'à t'en servir plutôt que de te fatiguer à employer des méthodes aussi futiles que
le fait d'oublier qu'on a une baguette magique." Imita-t-elle en battant des cils.

Non, là, c'était la goutte qui faisait déborder le chaudron. Que pouvait-il bien répondre à ça ? Il
était dans l'impasse puisque lui-même ne savait pas ce qu'il lui avait pris. Bon joueur
-étonnement-, il lui accorda ce point non sans ronchonner, et puis qui plus est, il n'avait pas
envie de polémiquer.

La rouge et or, contente de lui avoir cloué le bec, se plongea dans la lecture d'un manuel de
sortilèges de défense. De temps en temps, elle levait les yeux vers lui -Merlin seul en était
témoin-, puis reprenait là où elle en était, ruminant dans son coin tandis que le beau blond
feuilletait son propre ouvrage.

Kingsley n'allait pas tarder... Il avait intérêt car, si jamais il traînait, son bureau allait
imploser tant la tension était devenue palpable...

End Notes:
Voilà, voilà ! Hésitez pas à me donner votre avis !
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[O.O]
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Chapitre 2 : Formation d'un duo d'Aurors by Divinity

Author's Notes:
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[O.O]
/)__)
-"--"-

Me revoilà, avec une petite suite ! Je vous souhaite une agréable


lecture et encore merci à tous !

Illustration du Chapitre 2 issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 2 : Formation d'un duo d'Aurors OoO

A peine le Ministre arrivé que le duo ennemi bondit sur pieds, faisant tomber leur livre
respectif dans un bruit sourd.

- "Monsieur, je tiens à dire que cette situation n'a rien de drôle, alors je vous prie de bien
vouloir renvoyer cet énergumène dans son manoir de..." Rugit Hermione qui, très vite, fut
coupée par Malefoy.

Ce dernier la poussa, prit place face à son supérieur et pointa un doigt diffamateur vers lui, le
teint livide.

- "J'en ai soupé de cette malade mentale, ça suffit les plans foireux ! Vous pensez que vous
pouvez vous servir de moi comme ça ? Et qui plus est me coller cette dégénérée dans les pattes
? Vous oubliez à qui vous avez à..."

- ""Dégénérée" ? Mais tu t'es pas vu toi et ton palmarès du parfait petit traitre ?" Protesta
vivement la lionne en lui tirant le bras. "Monsieur, je vous préviens, je suis à deux doigts de
l’exploser contre le mur !" Ajouta-t-elle à l'adresse de l'Auror qui les regardait, consterné.

Il s'était préparé à ça, à les voir tous les deux se bouffer le nez -en même temps, que pouvait-il
espérer de plus venant d'eux ? Rien-. C'est pour cela d'ailleurs qu'il se contentait de les
observer, l'un rembarrant l'autre à coup de répliques acérées.

- "Et tu comptes "m'exploser contre le mur" comment ? Tu oublies tout le temps que t'as une
baguette, j'ai pas de quoi m'inquiéter !" Ricana la blond en se dégageant de la furie.

Cette dernière le fusilla du regard, ouvrit la bouche pour se décharger de toute sa colère
quand, soudain, Shacklebolt tapa dans les mains, faisant sursauter ses deux disciples.

- "Je crois qu'on a amplement saisi l'affection que vous vous portez, pouvons-nous passer à la
suite je vous prie ? Au préalable, sache que je suis très déçu, Hermione. N'es-tu pas la première
à promulguer la tolérance au sein de l'Ordre et de ce Ministère ?" Dit-il en contournant son
bureau avant de prendre place sur le grand siège en cuir qui lui était réservé.

La Gryffondor baissa la tête, honteuse de se faire réprimander de la sorte. C'était le pompom !


Voilà que son patron la grondait, et qui plus est pour modérer ses propos envers un traitre !
Renfrognée, elle céda à la pression du moment, ses grands yeux noisettes embués de larmes
prêtes à couler. Depuis hier, tout partait en vrille : son concours, sa future carrière, ses
ambitions et même ses émotions tant elle était incapable de les contenir -surtout face à
Malefoy qui, elle en était sûre, prenait un malin plaisir à la mettre dans tous ses états-.

- "Je... Je suis désolée, monsieur. C'est que... Vous comprenez, je ne porte pas Malefoy dans mon
cœur, loin de là, et ce pour les raisons que vous connaissez." Balbutia-t-elle sans pour autant
lever le menton comme elle faisait d'ordinaire.

- "Je partage son sentiment, monsieur le Ministre, et j'ai un peu de mal à comprendre
pourquoi, depuis hier, je me coltine ça." Assaisonna Drago en croisant les bras sur son torse,
blasé.

- "Vous voulez tous les deux devenir Aurors, non ?" S'enquit distraitement Kingsley en
farfouillant dans sa paperasse.

- "Bien sûr !" Répondirent en chœur les deux autres, les poings serrés.

Imperceptiblement, le Serpentard risqua un coup d’œil en direction de la brunette et grimaça


face à sa détermination plus qu'exagérée -à son goût-. Quelqu'un se devait d'expliquer, à cette
Miss-je-sais-tout internationale, qu'elle n'avait pas la carrure pour ce métier.

- "Bien, alors voilà le deal." Reprit le mage à la robe violette, marquant une pause pour
s'assurer de l'attention de son auditoire.

- "Le deal ?" Répéta la sorcière en haussant un sourcil, sceptique.

- "Parfaitement, Hermione, le deal. Vous avez tous les deux les capacités requises pour accéder
au poste d'Auror, mais... Mais vous n'êtes pas assez mûrs, la preuve est là : vous avez du mal à
vous supporter." Poursuivit le métis, ses mains jointes sur la table.

- "Et c'est important, ça ? C'est qu'un détail, non ?" Objecta Malefoy qui ne voyait pas du tout
où voulait en venir son interlocuteur.

Hermione, elle, avait très bien saisi le message et la panique piétinait déjà son cœur : non, elle
n'allait pas travailler avec son pire ennemi, si ?

- "L'une des principales qualités nécessaires pour être Auror, c'est d'accepter ses collègues,
tous ses collègues. On est nombreux, on est parfois obligés de faire équipe avec différentes
personnes et c'est pour ça que..."

- "Non ! Hors de question !" S'exclama le vert et argent en agitant les bras, horrifié.

- "C'est pour ça que je vous impose ceci : soit vous faites équipe le temps qu'il faudra pour me
prouver que vous êtes capables de mettre de côté votre rancœur commune, soit je vous vire de
la brigade des Aurors. Le souaffle est dans votre camp, faites-en bon usage." Conclut Kingsley,
ignorant l'intervention du jeune homme qui s'était figé, le teint limite translucide.

- "M... Monsieur... Je pense pas que ce soit une bonne idée." Couina la rouge et or en s'avançant
de quelques pas, tremblante de la tête aux pieds.
- "Oh que si, Hermione, Dumbledore lui-même n'aurait pas trouvé mieux." Rétorqua le grand
sorcier, intransigeant.

Affolée, elle se tourna vers son collègue, pleine d'espoirs : c'était un lâche, il allait refuser et
elle pourrait librement commencer sa formation sans lui. Cette idée la rassura un court
instant puisque Shacklebolt -comme s'il avait lu dans ses pensées- se mit à rire, attendri par sa
crédulité.

- "Bien entendu, c'est soit ensemble, soit rien. Rien pour l'un et pour l'autre. Prenez ça pour un
examen. Suis-je assez clair ?" Précisa-t-il, légèrement penché sur ses parchemins.

- "Limpide, monsieur..." Murmura Drago qui, apparemment, avait retrouvé l'usage de ses
membres.

Hermione se raidit de plus belle, la mâchoire crispée. Qu'avait-elle fait pour mériter ça ? Elle
avait consacré sa jeunesse à combattre le Mal, et aujourd’hui, elle se retrouvait à fraterniser
avec un de ses plus fidèles partisans !

- "J'en déduis que vous acceptez ma proposition, jeunes gens ?" Lâcha le Ministre, masquant
tant bien que mal sa satisfaction.

"Comme si on avait le choix !" Pensa amèrement le garçon en desserrant sa cravate. Il misait
gros dans cette affaire, voulait réussir et gagner sa place parmi les autres. Il n'était pas
irréprochable, soit, mais était têtu, fier et puissant, alors il n'y avait pas de raison pour qu'il se
plante. Granger allait le rendre dingue, le faire chier avec ses théories et ses élans de
défenseure des opprimés... Cependant, il était prêt à endurer ça, tant pis.

Perdue, la surdouée fixait ses chaussures, ses boucles désordonnées voilant son visage triste.
La rage avait laissé place au chagrin, et c'est le plus naturellement du monde qu'une larme
perla le long de sa joue. A bout de nerfs, au bout du rouleau, ratatinée sur place... Elle n'en
pouvait plus. Kingsley paraissait mal à l'aise tandis que Melefoy, lui, hochait la tête, exaspéré.

Il s'approcha d'elle, la secoua et elle tressauta en croisant ses prunelles métalliques.


Insondables et pourtant si attrayantes... Une lueur jusque là inconnue traversa ces deux
magnifiques orbes et, instantanément, elle se redressa, puis essuya de sa manche son malheur.

- "Je te croyais plus combattive, Granger... J'ai envie de devenir Auror, alors t'as pas intérêt à
flancher et encore moins de refuser. Reprends-toi et... Par pitié, arrête de chialer." Grogna-t-il,
faussement désinvolte.

- "Ferme-là, idiot..." Marmonna-t-elle, un sourire étirant ses lèvres.

C'était inattendu mais sincère, étonnement sincère. Le serpent eut un rictus, se retenant de lui
rendre la pareille. Un silence de plomb les enveloppa, chacun dévisageant l'autre, jusqu'à ce
qu'il réalise qu'il n'avait pas retiré sa main de sur son épaule. Dans un soupir lourd de sens, il
s'éloigna en reculant, puis alla ramasser les livres qui jonchaient les dalles.

- "Ahem... Bien. Je vous dit à bientôt ! Oh, tenez..." Toussota le Ministre en posant deux insignes
sur le bureau.

Brillantes, décorées de jolies arabesques et du symbole du Département des Aurors, les deux
broches reflétaient bien plus que l'autorité. Fébrile, Hermione prit délicatement la sienne,
conquise par le bijou tant convoité et finit par prendre aussi celle de son nouveau collègue.
Prudemment, elle lui tendit ce pourquoi ils s'étaient engagés, sa main moite s'électrisant au
contact de sa peau glaciale. Il pressa son insigne fermement, expirant toute la frustration
ressentie tantôt, puis tourna les talons en direction de la porte.

- "T'as encore pas mal de choses à me dire, partenaire." L'apostropha la belle brune en faisant
allusion au rapport lu la veille.

Pour toute réponse, Drago maugréa un "Cours toujours !" quasi inaudible, puis sortit.

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- "Attends, t'es sérieux ? Ah non, j'y crois pas !" S'esclaffa Blaise, se donnant des claques sur les
cuisses, hilare.

Drago le gratifia d'un regard mauvais et bu une gorgée de bière avant de reposer sa chope sur
la table, désabusé. Il en était sûr : raconter sa mésaventure à ses amis allait l'accabler d'une
séance de moqueries en tout genre, à commencer par cet imbécile de Zabini qui n'arrêtait pas
de le taquiner ces derniers temps. Depuis qu'il leur avait fait part de son ambition de devenir
Auror, son groupe de Serpentards -après avoir cru à une plaisanterie du blond- finit par
accepter son choix et, aujourd'hui, tous évitaient soigneusement d'aborder le sujet, ce qui en
soit était compréhensible. Blaise, du haut de ses vingt ans fraichement acquis, était directeur
adjoint d'une célèbre usine à balais et fournissait les plus grandes équipes -notamment celle de
Ginny-. Disons-le : le Quidditch, ça passait mieux que "Je veux être Auror alors que je suis le fils
unique d'un Mangemort !".

A la gauche de Malefoy, riant aux éclats avec le métis, Théodore Nott, alias Théo' pour les
intimes, s'était investi dans la même entreprise que son ami, s'occupant de l'exportation des
fameux balais. D'un naturel réservé, Nott était, dans la bande, le plus calme et posé, un vrai
gentleman, tout à l'opposé de son père. A la mort de son géniteur, le jeune homme put enfin
respirer, libre comme l'air et dispensé de ces interminables discours de sang-pur car, contre
toute attente, il était totalement désintéressé par le projet du Lord noir. Non, Théo' ne
mangeait pas de ce pain-là. Son éducation -de merde comme aimait le rappeler Drago, faisant
aussi allusion à la sienne- l'avait poussé à se faire ses propres opinions des autres et du
monde. C'est pour cela que, bafouant les traditions de sa lignée, il se contentait de vivre, tout
simplement, sans chaînes ni lois.

Près de lui, Pansy Parkinson ondulait une mèche de ses longs cheveux de jais, ses yeux en
amandes reluquant le trio qui l'accompagnait. Elle aussi, finalement, n'avait pas beaucoup
changé. Plutôt mignonne, elle avait brisé le cœur d'un nombre incalculable de garçons -
normal, la Miss n'avait d'yeux que pour Drago, or, malheureusement, ce n'était pas
réciproque-. Toujours aussi mesquine, cassante et diaboliquement mielleuse par moment, elle
apportait au groupe une touche de féminité assortie aux couleurs de leur Maison. Sa famille
n'avait pas vraiment pris part à la Grande bataille et c'était peut-être mieux ainsi. Cela faisait
bientôt huit mois qu'elle avait ouvert une boutique de vêtements sur le Chemin de Traverse,
créant elle-même ses modèles, lançant les dernières modes et était très vite devenue l'idole des
jeunes sorciers.
A les voir réunis autour de lui, Drago prit conscience du chemin parcouru, du fait que la
Guerre était loin derrière eux. Certes, elle les avait marqués mais... Maintenant, tout était
rentré dans l'ordre. Ils étaient là, à boire un coup ou à siroter un cocktail, discutant de tout et
de rien, car après tout, n'était-ce pas ça, l'amitié ? La simplicité ?

- "Je persiste à dire que tu vas galérer avec Granger dans ton équipe. Kingsley est vraiment con
!" Commenta Pansy, dédaigneuse.

- "Elle est brillante, je le dirais jamais devant elle, mais c'est vrai. Je pense juste qu'elle va me
les briser sévère." Soupira le beau blond en se tassant sur sa chaise.

La jeune femme attrapa sa paille entre ses lèvres et leva les yeux au ciel. Elle était prête à
parier que son ami n'allait pas supporter la Gryffondor. Elle le connaissait, il était bien trop
impulsif et risquerait de la tuer de ses propres mains.

- "Franchement Dray', tu aurais très bien pu trouver mieux comme job..." Dit-elle lorsque la
paume de son interlocuteur claqua sur la table, faisant trembler leurs boissons.

- "Tu sais très bien pourquoi je veux devenir Auror. Sujet clos." Commanda-t-il d'une voix
calme mais ferme.

La sorcière croisa étroitement les jambes, sa jupe remontant dangereusement sur ses hanches.
Elle détestait lorsqu'il lui parlait comme ça, comme à un sous-fifre. Rageuse, elle remit en
place ses cheveux, tapotant son verre de ses ongles.

- "Pas la peine de t'enflammer, Drago. Tu sais bien que Pansy est un peu lente à la détente."
Plaisanta à moitié Blaise en croisant les bras derrière sa tête.

- "Et on comprend parfaitement tes raisons, même si au début j'ai été étonné. Tu as toujours
été..." Enchaîna Nott quand l'héritier déchu l'interrompit d'un hochement de tête.

- "Eté con, gamin et inconscient. En grandissant, j'ai réalisé dans quelle merde je me trouvais,
un peu comme toi, Théo', sauf que toi t'as eu la chance d'y échapper." Relata âprement ce
dernier.

- "Notre situation n'était pas facile à comprendre et, aujourd'hui encore, certains ne voient en
nous que les conneries de nos parents. Fais ta route Dray', trace-la, t'en veux un max, t'as tout
ce qui faut pour réussir." L'encouragea son compagnon d'infortune.

- "Théo' a raison, t'en as rien à foutre des autres, Drago. Tu sais ce que tu vaux, alors vas y et
pour ce qui est de Granger... Dis-toi qu'elle est plutôt sexy quand elle s'énerve." Railla Zabini,
toujours au taquet en ce qui concerne les filles.

Cette dernière remarque fit grommeler Pansy qui se redressa tant bien que mal sur sa chaise.

- "Tu trouves ? Elle m'a fait deux-trois crises de nerfs en deux jours, je peux te dire que je l'ai
trouvée tout sauf "sexy"." Réfuta le futur-Auror en passant lascivement une main dans ses
cheveux.

Parkinson fondit comme neige au soleil, obnubilée par lui et ses moindres gestes.
Inconsciemment, elle se mordit la lèvre, envieuse, puis tendit le bras et entrelaça ses doigts
avec les siens.

- "De toute façon, c'est qu'une sang-de-bourbe sans aucune importance." Miaula-t-elle en
battant des cils.
Comme ébouillanté, Malefoy rejeta sa caresse, renversant sa bière au passage. Sa réaction
surprit ses amis qui, dubitatifs, le toisaient avec de grands yeux. Bon sang, pourquoi avait-il
réagi de la sorte ? Refuser les cajoleries de Pansy, c'était courant, mais d'habitude il l'envoyait
gentiment valser, or là... Là, il venait de prendre la mouche, mais pour quelle raison
réellement ?

- "Ne... Ne la traite pas de sang-de-bourbe." Souffla-t-il, gêné malgré lui.

- "Pardon ?" S'effaroucha la jolie Serpentard, tentant de lui reprendre la main lorsque celle de
Blaise s'abattit sur la sienne, la coupant dans son élan. Elle lui lança un regard noir qu'il
ignora en lui pressant le poignet, l'obligeant à lâcher l'affaire.

- "Elle fait partie de mon équipe, c'est ma collègue et elle veut faire le même métier que moi. Si
tu la traites comme ça, c'est comme si tu rabaissais mon choix de carrière. Alors à l’avenir,
évite ce genre de termes." Se justifia maladroitement le jeune homme en se levant, non sans
jeter quelques pièces de monnaie sur la table.

- "Je vous laisse." Les salua-t-il brièvement.

Ils le suivirent du regard, éberlués. Si Zabini et Nott semblaient plus amusés qu'autres chose,
Pansy, elle, fulminait, sa paille écrabouillée entre ses mains.

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- "Je te dis que j'ai rien fait pour me le coltiner ! T'es sourd ou tu le fais exprès ?" Hurla à pleins
poumons Hermione, les jointures blanchies tant ses poings étaient serrés.

Face à elle, Ron conservait cette expression de dégoût flagrante, les oreilles cramoisies et la
respiration sifflante. Apprendre que sa meilleure amie allait former un duo d'Aurors avec la
fouine le rendait fou. Pire, il se retenait de ne pas dégobiller son déjeuner sur le tapis favori de
Sirius.

- "Bon, stop ! Arrêtez le tir deux minutes." Tempéra Harry en se dressant entre les deux
enragés.

L'échange explosif entre les deux Gryffondors durait depuis pratiquement une demi-heure et ils
en étaient toujours au même point : Ronald persistait à condamner la formation d'Hermione,
tandis que celle-ci lui répétait inlassablement qu'elle n'y pouvait rien et qu'elle n'était pas
encline à baisser les bras.

- "Pour ta gouverne, Harry était au courant pour Malefoy !" Attaqua de nouveau la belle,
éjectant le brun qui tituba, ses lunettes rendues sur le bout de son nez.

- "Quoi ? Mais c'est un complot ?!" S'écria Ron, profondément outré.

L'Elu pria pour que le sol s'ouvre sous ses pieds et l'avale entièrement, le happant dans les
abysses. Mieux vaut mourir que d'assister à cette lamentable joute verbale. Ses deux compères
ne s'étaient pas disputés depuis... Une semaine, bon d'accord. Mais la dernière fois, c'était pour
une histoire de cookies trop sucrés, rien à voir avec ce qui les préoccupait aujourd'hui.

- "Je vous rappelle que j'ai un travail et, mon travail, m'impose certaines règles que je me dois
de suivre, alors épargnez-moi par pitié !" Se défendit-t-il en attrapant un petit coussin en
velours.

- "Oui, mais quand même ! On parle de M-a-l-e-f-o-y !" Articula le rouquin, scandalisé.

- "De toute manière, y a pas de quoi en faire un flan..."

- "Un flan, non, une montagne, oui !" Coupa-t-il, faisant ravaler ses paroles à la lionne qui tapa
du talon sur le parquet.

- "Ronald ! Excuse-nous si on a pas tourné le dos au passé et si on a décidé de servir la justice !


On a pas tous envie de tenir une boutique de farces et attrapes !" Eclata-t-elle sans mesurer ses
propos.

Un clame plat prit place entre eux. Là, debout, le Trio d'or resta muet, Weasley ulcéré par ce
que venait de lui cracher Granger. Statufié, Potter pesait les mots de la brunette qui, blafarde,
leva une main tremblante vers le roux.

- "Je tourne le dos au passé parce qu'il m'a pris un frère ! Parce que ça me fait mal de vivre
avec ça ! Je préfère cent fois aider Georges plutôt que de venir jouer aux apprentis Aurors avec
vous et Malefoy ! T'as fait tes choix, j'ai fait les miens, Hermione !" Vociféra Ron en attrapant
rageusement sa veste en cuir.

Sans prêter attention aux excuses bafouillées par la rouge et or, il fit un signe de tête à Harry,
puis quitta le salon avant de transplaner dans l'entrée.

- "Quelle conne..." Se lamenta l'intello' en resserrant ses bras autour de son ventre, la gorge
nouée.

Docilement, le Survivant l'étreignit, la serrant tendrement contre lui. Ce n'était pas la première
fois, il avait l'habitude de la consoler, de recoller les morceaux entre elle et son meilleur ami,
même si cette fois, ça allait être tendu.

- "Laisse-lui le temps de s'y faire." Chuchota-t-il en la berçant gentiment.

- "C'est pas Malefoy le problème... Enfin, si, mais c'est pas le plus important. Je lui ai dit des
choses atroces, j'ai pas réfléchi... Je m'en veux..." Sanglota la Gryffondor, enfouissant son
visage dans le cou accueillant d'Harry.

- "T'as eu ta dose d'emmerdes depuis hier, ça va s'arranger. C'est tombé sur Ron comme ça
aurait pu tomber sur moi ou Ginny." La consola ce dernier, déposant des baisers aériens sur
son crâne. "Je savais pas que tu ferais équipe avec Malefoy. Je pensais juste qu'il allait faire
parti de la brigade, mais de là à ce qu'il soit en duo avec toi..."

- "De toute façon, je serai bien obligée de travailler avec lui un jour ou l'autre, Kingsley a
raison." Renifla-t-elle en s'écartant.

Son confident lui sourit faiblement et lui caressa la joue du bout du pouce. Il aurait aimé lui
dire tellement de choses, lui révéler tout ce qu'elle ignorait encore, mais il avait juré de tenir sa
langue, de laisser le Ministre faire comme bon lui semble. Evidemment, il n'appréciait pas le
Serpentard et ce même après avoir eu la version officieuse. Néanmoins, il devait reconnaitre
que le vert et argent avait maigrement remonté dans son estime -un exploit en ce qui le
concerne-.

- "Si jamais y a un truc qui va pas, hésite pas à m'en parler, je lui défonce sa tronche." Promit-t-
il d'un air grave.

- "Harry... T'en fais pas. Il veut vraiment ce poste. Il prendra pas le risque de tout gâcher. Ce
sera dur, mais il se tiendra à carreau." Le rassura Hermione, touchée par le soutien de son
ami.

Il était parfois trop protecteur envers elle et Ginny, et même si elle râlait de temps en temps,
elle aimait être la petite sœur qu'il n'avait jamais eu.

- "Je parlerai à Ron, occupe-toi de ta formation et reprends le dessus, ok ? Tout ira bien." La
réconforta l'Auror dans une ultime embrassade.

Elle acquiesça du chef, essuya ses larmes et expira un bon coup, remerciant le Ciel d'avoir
quelqu'un sur qui compter.

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Une semaine passa. Sept longs jours durant lesquelles Ron n'avait pas donné signe de vie à
Hermione. Mais heureusement, Harry était là pour lui donner de ses nouvelles, assurant que
leur ami était irrévocablement buté. Excédée par le comportement gamin du rouquin, la jeune
Auror était bien décidée à ne pas faire le premier pas, même si quelque part, elle était coupable
mais bon, c'était lui qui avait commencé, pas elle !

Entre les humeurs de Ronald, les reproches de Ginny -qui jugeait que sa belle-sœur passait
trop de temps au travail- et les remontrances de l'Elu qui n'arrêtait pas de mettre sa meilleure
amie sur ses gardes, cette dernière était lessivée. En plus de tout ça, elle devait supporter
Malefoy toute la journée. Etudier avec lui, apprendre de nouveaux sortilèges, s'entrainer,
encaisser les sermons de Kingsley et tout un tas d'horreurs sans nom.

Doucement mais sûrement, les deux apprentis s'amadouaient, ou du moins, c'était ce qu'ils
laissaient paraître. La jeune femme s'appliquait, réussissant tous ses sorts presque du premier
coup, alors que Drago, bien qu'il soit impatient, la surpassait en cours de potions, satisfait
d'honorer la mémoire de son parrain.

Entre eux, la tension était toujours à son comble : ils se parlaient à peine, gardaient leurs
distances, s'épiaient rarement... Bien entendu, Hermione était douée en théorie, constamment
ensevelie sous un amas de parchemins griffonnés. Malefoy, lui, ne jurait que par la pratique,
épatant le Ministre et sa collègue qui, trop fière, cachait son admiration.

Une routine s'était installée, les cours s'enchaînaient paisiblement, comme si le fait de
partager un but commun les avait assagis. Hermione dut admettre -intérieurement, cela va
sans dire- que son homologue l’impressionnait tant par son calme, sa précision et son savoir-
faire que par ses connaissances et sa détermination, sans oublier son côté analytique qui lui
faisait froid dans le dos.

Elle n'avait toujours pas réussi à lui soutirer les informations concernant cette histoire avec
son père. Cependant, elle ne désespérait pas, persuadée que tôt ou tard, il finirait par se
confier.

- "Où tu as mis les Figues Abyssiniennes ?" Demanda-t-elle en hachant son Ellébore.

- "Devant toi." Répondit vaguement son partenaire, trop occupé à préparer sa propre potion.

- "Malefoy... Elles sont pas sur le plan de travail." Signala-t-elle, son couteau à deux millimètres
de ses plantes.

Dans un interminable soupir, Drago leva la tête et constata à son tour que les fruits n'étaient
plus à leur place. Il fronça les sourcils, certain de les avoir posées là. Furibond de perdre un
temps précieux, il pesta contre la lionne et la contourna, ouvrant l'armoire juste derrière elle.

- "Tiens, t'as dû les remettre dans le placard, ça m'étonne qu'à moitié." Rognonna-t-il en jetant
les ingrédients sur la table. La Gryffondor préféra ne pas répliquer, mais ne put s'empêcher de
l'observer, un peu trop longtemps au goût du jeune homme qui, horripilé, posa son regard
tempête sur elle.

- "Quoi ?" S'enquit-il sèchement, au bord de la crise de nerfs.

- "Rien... T'es allé me chercher mes figues, ça... C'est... C'est ahurissant." Bredouilla-t-elle,
bouche bée.

D'un geste brusque, le Serpentard planta son couteau dans la table, la mâchoire crispée, un
torrent de flammes consumant ses sens.

- "J'en ai marre. L'autre fois, quand je t'ai aidée à attraper ce foutu livre, tu faisais la même tête
que maintenant ! Tu... Tu m'énerves ! C'est quoi ton problème ? Tu veux quoi ? Tu t'attends à
quoi ? Qu'est-ce que tu espères de moi ? Que je sois méprisable ? Violent ? Je vais te dire : je
suis indifférent, point. J'essaye de faire avec, j'accepte la situation, alors, par Salazar, arrête !"

Ses veines, abreuvées d'une colère longuement refoulée, firent battre le sang à ses tempes.
C'était douloureux et salvateur à la fois de se laisser aller, d'exprimer son ras-le-bol auquel cas
il risquait de devenir dingue. A croire qu'elle s'attendait à le voir aussi fanatique que son père,
guettant une occasion de la suriner sournoisement comme tout bon Mangemort le ferait.

- "Non mais ça va, oui ?! Je t'interdis de m'agresser !" Contesta l'érudite, sous le choc.

Le comportement de son confrère la mettait mal à l'aise, c'était au-delà de l'entendement. Elle
n'arrivait pas à faire comme si de rien n'était, comme si tout était normal. Elle ne le
reconnaissait plus. Où était donc passé le garçon peureux, pénible et abonné aux coups bas ?
On grandit tous, on mûrit tous, mais ce changement... Cette transformation incommodait la
sorcière qui, lentement, reposa sa dague et repoussa ses flacons.

- "Drago Malefoy essaye de me faire croire qu'il a changé ? Qu'il a subitement été frappé par un
éclair de lucidité ? Qu'il prône le Bien ?" Enuméra-t-elle en s'appuyant de ses paumes sur le
rebord du bureau.

- "Hermione Granger serait-elle agréablement surprise ? Ça te fait fantasmer, avoue !" Ironisa
l'héritier, narquois.
Le teint virant au rose presque rouge écrevisse, la surdouée haussa les épaules, aigrie. Il n'y
avait pas matière à discuter avec lui, il n'était pas intéressant. Mollement, elle touilla sa
mixture mais fut très vite interpellée par un raclement de gorge peu discret.

- "J'ai pas l'attention de te faire du mal, Granger. Je tiens trop à ce boulot pour ça, alors arrête
de flipper. Je sais bien que c'est difficile à digérer pour toi, écervelée comme tu es, mais on a
tous nos expériences. T'as eu la chance de..."

- "La "chance" ? Tu sais pas ce que j'ai enduré !" Intervint Hermione, indignée d'être cataloguée
dans le rayon des "veinards".

- "La chance de choisir ! On a pas tous eu l'occasion, et si tu le crois, tu te fourres le doigt dans
l’œil. Cette conversation est terminée." Acheva le blond en s'emparant de la Sisymbe.

- "Tu... Ta tante... Cette cinglée m'a torturée devant toi, où étaient tes grands discours
lorsqu'elle me marquait à vie ?!" Se révolta la lionne, la voix chevrotante.

En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, Drago avait tendu son bras sur la table avec
fracas, brisant quelques fioles. Il remonta fougueusement sa manche et planta ses prunelles
grises dans celles brillantes de son interlocutrice.

- "Chacun son fardeau, Granger."

Sur ces mots, tous deux retournèrent à leurs chaudrons. Malefoy, anormalement calme, ne
cessait de repenser aux accusations de la brune. Elle osait se plaindre, alors que lui,
contrairement à elle, n'avait pas été sauvé par ses amis comme elle l'avait été cette nuit-là au
Manoir. Le jour où la Marque des Ténèbres fut inscrite dans sa chair et son sang, il n'y avait
personne pour le secourir, personne. Alors non, elle n'avait pas le droit de pleurer sur son sort.

End Notes:
Et hop, ça, c'est fait ! A très bientôt ! Et oubliez pas la case
"Review" si vous avez quelque chose à dire :p
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Retour à l'index
Chapitre 3 : Une affaire personnelle by Divinity

Author's Notes:
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/)__)
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Hey oui, j'enchaine vite :p J'espère que c'est pour votre plus grand
plaisir ! (Enfin, n'exagérons rien xD).

Bonne lecture !

Illustration du Chapitre 3 issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 3 : Une affaire personnelle OoO

Les clapotis des mixtures résonnaient dans la pièce, rythmés par l’entrechoque cristallin des
flacons vides et des claquements de couteaux sur la table. C'était un lundi après-midi et le
soleil déclinait légèrement derrière les grands immeubles du quartier avoisinant. Hermione et
Drago s'attelaient à la préparation de leurs potions dans un silence religieux. Un calme qui
inquiéterait n'importe qui lorsque l'on connaissait leur fougue habituelle. Depuis l'incident des
Figues Abyssiniennes, le duo ennemi évitait soigneusement de se croiser et encore moins de se
regarder.

Malefoy y repensait souvent, bien malgré lui, se demandant si cela allait compromettre sa
collaboration avec la née-moldue. A l'époque, il avait beau lui trouver tous les défauts du
monde -et encore, c'était surtout parce qu'elle était la meilleure amie de l'Elu-, il ne pouvait se
résoudre à dénigrer son intelligence, sa rigueur et son courage. Car, au final, ne s'était-elle pas
dressée contre le Seigneur des Ténèbres ? Ne s'était-elle pas battue, elle qui n'était pas de sang-
pur, elle qui avait défendu le Monde Sorcier que lui-même partageait avec elle et tous les
autres ?

Quelque part, il était jaloux d'elle et de son parcours. Le hasard avait voulu qu'elle soit du bon
côté de la barrière, qu'elle naisse dans le berceau le plus chaleureux, entourée d'une famille
aimante. Oh, non, il ne reniait pas son propre sang et son rang, juste enviait le fait qu'elle ait
eu droit à ce qu'il n'avait pas eu -et n'aurait sans doute jamais-. La Guerre, ses aventures avec
Potter et la belette, sa séance de torture en compagnie de Bellatrix... Tout portait à croire
qu'elle était forte et cela se lisait sur son visage : aujourd'hui, après tout ce qu'elle avait
enduré, elle souriait encore, solide comme un roc et fière.

Il en arriverait presque à l'admirer si seulement il n'était pas trop orgueilleux pour ça. Mais il
savait au fond de lui, que cette incommensurable jalousie qui lui dévorait les reins à chaque
fois qu'il posait les yeux sur elle, résultait d'une admiration profondément enfouie. C'était
frustrant de balancer entre la haine et l'émerveillement, cela lui triturait les méninges. Alors il
essayait de se cantonner à ses principes, à savoir : ne pas se laisser impressionner par cette
Gryffondor au tempérament de feu.

Les rares fois où il s'était heurté à ses prunelles caramels, il n'y avait pas vu son reflet. Comme
s'il n'existait pas. Comme si sa nature, sa façon d'être, était trop impure pour pénétrer ses
deux opales scintillantes. Et dans un sens, c'était vrai. Elle était bien trop pure et cela
contrastait avec ses airs de jeune femme farouche et guerrière. Hermione Granger était une
grande sorcière, c'était irréfutable, mais était surtout délicate, émotive et généreuse. Elle
réussissait tout ce qu'elle entreprenait, avait fièrement brandi sa baguette pour sauver
Poudlard et le Monde Magique, cédait à ses humeurs massacrantes et, par dessus tout, était
prête à rompre tout contact avec ses parents pour les protéger, mais aussi pour pouvoir
répondre à l'appel des sorciers qui, eux, pour la majorité, ne se souciaient pas des moldus.

- "Tu peux me passer la Mandragore, s'il te plaît ?" Demanda platement la surdouée, tirant le
jeune homme de ses pensées.

Il grimaça, se sermonnant intérieurement de laisser son esprit vagabonder de la sorte, surtout


en pleine séance de travail puis, mollement, posa ses ustensiles, prit les pousses de
Mandragore et, au moment de les donner à sa collègue, se figea, sa main suspendue au dessus
de la table.

- "T'as une baguette, sers-t-en." Rappela-t-il pour la deuxième fois depuis qu'ils s'étaient revus
tout en remettant les plantes à leur place.

- "Quoi ?! Mais elles sont juste sous ton nez ! Tu peux quand même me les filer, non ?!" S'irrita-
t-elle.

Peu attentive à ce qu'elle faisait -et sa préparation devenue machinale-, elle sursauta lorsque
sa noix de pécan lui échappa, éjectée par son couteau à l'autre bout de la salle. Drago se baissa
pour éviter le projectile, les yeux écarquillés l'air de dire "Mais t'es vraiment givrée !", avant de
soupirer d'exaspération.

- "Je suis pas ton larbin. D'abord le livre, ensuite les figues, maintenant la Mandragore...
Démerde-toi !" Trancha-t-il en jetant un œil à son chaudron.

Gracieusement, il effrita un peu de citronnelle dedans, puis râpa quelques branches de houx.
La rouge et or, la bouche entrouverte, ne le quitta pas des yeux, attendant qu'il lui dise que
tout ceci n'était qu'une plaisanterie, mais bon, elle se rappela très vite que Drago Malefoy
n'était pas du genre à blaguer avec elle.

- "Très bien, puisque c'est comme ça !" Dit-elle en faisant le tour de la table.

Elle prit fermement les pousses et retourna à sa place, les joues en feu. Cet idiot allait le lui
payer, lui et sa fierté mal placée. Dire qu'elle essayait de faire la part des choses, qu'il l'avait
presque convaincue l'autre jour de sa résignation, lui faisant croire qu'il tenait à sa carrière et
donc serait prêt à se montrer concilient. Foutaises ! Il trouvait toujours le moyen d'être
désagréable et changeait de comportement comme de chemise ! Evidemment, elle n'espérait
pas le voir charmant, gentil et disposé à la supporter sans broncher, mais tout de même ! Le
voir passer du froid au tiède -oui, soyons sérieux, il ne serait jamais chaleureux-, la confortait
dans l'idée que c'était un manipulateur-né, paré à toutes les éventualités pour réussir son pari
d'être un jour un Auror accompli. Et voilà, cette simple altercation venait de lui couper l'envie
de travailler. Foutue fouine ! Rageusement, elle rassembla ses fioles, bouchonna les remplies et
rangea les vides dans l'armoire.

Alerté -ou plutôt dérangé- par tout ce tintamarre, le Serpentard leva la tête, prêt à décocher
une réplique aussi amère que possible lorsqu'il la vit enfiler son manteau, rejetant ses longs
cheveux miels par dessus ses épaules.

- "Hey, hey, doucement ! Tu fais quoi là ?" L'arrêta-t-il, partiellement énervé.

- "Je m'en vais ! J'en ai ras le bol de toi, de tes humeurs, de tes sarcasmes, de ton... De... De toi !"
S'écria la belle en enroulant son foulard carmin autour de son cou.

- "Tu vas nul part. On a pas fini nos potions, alors tu pose ton cul sur cette chaise, t'entends ?"
Ordonna-t-il d'une voix doucereuse.

- "Non mais, t'es qui pour me parler comme ça ?! Je te rappelle que c'est grâce à des gens
comme moi si t'es encore en vie aujourd'hui ! Et si ton Monde est pas en ruines ! Alors un peu
de respect !" Renvoya-t-elle à raison -selon elle-.

Le blond eut un rictus. Il s'était préparé à entendre ça, à se prendre cette gerbe d'acide au
visage. Sacrée Granger... A cet instant précis, il réalisa que jamais elle ne comprendrait. Elle
était réticente, consciente de ce que lui devaient les autres même si elle ne leur demandait rien.
Pourquoi était-elle aussi rude ? Parce qu'elle était la fille du Trio d'or ? La seule sang-de-
bourbe du dit-trio ? Celle qui avait subi les insultes puissance dix ou encore les moqueries
parce que certains la traitaient de Miss-je-sais-tout ? Peut-être... Cela expliquerait sans doute
son rejet, son entêtement et sa haine -qu'il ne pensait pas aussi profonde-.

Consciencieusement, le vert et argent reprit la découpe de ses plantes, maudissant sa consœur


et son caractère de Scroutt à pétard. Cette dernière l'observa, étonnée de ne pas le voir
rétorquer, puis rajusta ses vêtements, agacée, comme si le fait de le voir accorder plus
d'attention à ses mixtures qu'à elle l’incommodait. Elle se dirigea vers la porte et ce n'est
qu'une fois sa main à deux centimètres de la poignée, qu'il l'apostropha :

- "Je sais très bien ce que vous avez fait pour sauver le monde, toi et tes potes. On ne parle que
de ça, vous êtes sous les projecteurs à longueur de journée."

Amères, limite tremblants, ses mots lacéraient la jeune femme qui, soudain intéressée par le
discours de son partenaire, rebroussa chemin vers lui.

- "On éprouve pas la même rancœur vis à vis des évènements passés. J'ai aucune une raison de
t'être pleinement redevable. Je vais pas dresser un autel en ton honneur. Je suis pas de ceux qui
vont crier sur tous les toits qu'Hermione Granger est une héroïne, tu peux te brosser." Reprit-il
d'un ton désinvolte.

- "Je n'ai jamais voulu ça !" Coupa la dite-héroïne, les poings sur les hanches.

- "On veut peu de choses, Granger. Mais dans ton cas, que tu le veuilles ou non, tout le monde
t'accorde l'attention que tu mérites." Objecta le serpent, sa spatule recouverte d'un liquide
verdâtre.

Hermione ne trouva rien à redire si n'est un léger "Oh..." en se craquant les phalanges. Son
rival venait-il de subtilement la complimenter ? Impossible... Avait-il insinué que sa récente
célébrité et le respect que lui vouait le Monde Sorcier, étaient amplement justifiés ? Elle
déglutit péniblement, comme si cet aveu était aussi dur à avaler qu'un souaffle.

- "Pour ce qui est de mon père, je..."

Tout à coup, la porte s'ouvrit à la volée, interrompant le jeune homme dans ses confidences -ce
qui frustra grandement la Gryffondor-.
- "Une urgence ! Un sorcier trouvé mort dans une ruelle. Il a été découvert par un moldu."
Annonça Kingsley, une mine déconfite déformant ses traits.

La sorcière en face de lui hoqueta tandis que Malefoy, d'un coup de baguette magique,
éteignait le feu crépitant sous son chaudron.

- "On a pris les précautions nécessaires avec le moldu, mais l'identité de la victime ne m'a pas
encore été transmise. Son visage a été amoché, j'attends les résultats des sortilèges de
révélation." Poursuivit le Ministre, essoufflé par ses explications.

- "Et ? Si vous avez déjà des hommes sur place, pourquoi vous venez nous en parler ?"
Souligna le vert et argent sous le regard sidéré de sa collègue.

- "Je n'ai aucun Auror sur place, quelqu'un doit mener l'enquête. Potter est en déplacement
pour la journée. Je vous veux sur le coup." Répondit le métis.

- "Mais, d'après vous, on est pas encore "mûrs" pour le terrain..."

- "Vous voulez être Aurors, non ? Alors saisissez l'occasion, épatez-moi." Coupa le grand
sorcier, sa cape balayant le sol. "Vous ne le voyez pas parce que vous êtes aveuglés par votre
rancœur, mais vous êtes complémentaires. Je compte sur vous, ne me décevez pas.".

Alors qu'Hermione s'apprêtait à donner son avis, une lumière éclatante inonda le bureau et
une tigresse apparut comme par enchantement, porteuse d'un message pour Shacklebolt. Le
Patronus s'étira gracieusement, puis attendit que le Ministre se penche vers lui pour lui
murmurer une nouvelle des plus... Macabres.

- "La victime... Il... Il s'agit de... De Neville Londubat." Communiqua-t-il, son regard
compatissant inévitablement tourné vers Hermione.

Elle voulut parler, dire quelque chose, n'importe quoi, mais aucun son ne sortit d'entre ses
lèvres restées résolument closes. Subitement, tout lui parut insignifiant : sa formation, le fait
de subir Drago Malefoy, sa dispute avec Ron... Car il y avait pire que tout cela : le malheur. Ce
chagrin qui lui tailladait invisiblement la chair sans pour autant lui arracher les larmes
bordant ses longs cils. Son cœur avait cessé de battre, tétanisé par la peur, solidement
compressé dans un étau de flammes.

- "Je comprendrais si tu voulais rester ici et ne pas mener cette enquête." Chuchota Kingsley en
posant une main consolatrice sur l'épaule de sa disciple.

De son côté, Drago restait impassible, mettant tout en œuvre pour ne pas se tourner vers la
brunette qui, anéantie, s'était mise à pleurer. Que devait-il faire ? Accepter la mission et y aller
seul ? C'était une affaire délicate et les médias n'allaient pas tarder à ébruiter cette histoire.
Impuissant, il hocha nerveusement la tête et, comme aimanté par les sanglots de sa
partenaire, il la sonda de ses prunelles métalliques. Fragile, émotive... Granger dans toute sa
pauvre splendeur.

- "Je vais avoir besoin d'elle pour résoudre cette affaire. Elle viendra avec moi. Vous l'avez dit
vous-même, monsieur le Ministre, "on est complémentaires"."

Sa requête semblait être sans appel et son supérieur le considéra un instant, se demandant
qu'est-ce qui pouvait bien clocher chez le Serpentard pour ne pas comprendre le désarroi de sa
camarade. Etait-il insensible à ce point ? Au point de ne pas ressentir ne serait qu'une infime
parcelle de compassion ?
- "Elle n'est pas en mesure de participer à cette enquête..."

- "Si !" Clama soudainement la rouge et or, secouée par ses pleurs.

- "Hermione, tu n'es pas obligée d'accepter !" Insista le magicien dans une tentative vaine de
convaincre son élève.

- "Si, j'irai... Après tout, c'est le deal, n'est ce pas ? C'est mon coéquipier, je l'accompagnerai.
Neville... Neville était... Etait mon ami, j'en fais une affaire personnelle." Persista-t-elle, à
présent tournée vers Malefoy.

- "Essaye de garder la tête froide." Conseilla durement ce dernier.

D'un Accio informulé, il fit léviter sa veste qu'il revêtit, salua brièvement Shacklebolt et quitta
la pièce.

- "Très bien, Hermione. J'envoie un hibou à Harry dans quelques minutes. Sois prudente et... Je
suis désolé pour Neville." Abdiqua le Ministre. "J'avertirai McGonagall, je suis sûr qu'elle sera
effondrée d'apprendre le tragique décès d'un de ses professeurs, surtout Londubat.".

La lionne hocha la tête en signe d'approbation, accablée rien qu'à l'idée de savoir que son
ancien professeur de Métamorphose allait partager sa peine. Mais l'heure n'était pas à
l'apitoiement, elle aurait tout le temps de pleurer son défunt ami plus tard. Revigorée par cette
vague vengeresse qui abreuva douloureusement ses veines, elle mit la main dans sa poche et
serra courageusement sa baguette, déterminée à faire de son mieux.

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Un couloir aux innombrables portes numérotées. Des néons régulièrement espacés au plafond.
Et des murs d'un blanc assorti aux blouses des infirmiers et médecins qui allaient et venaient
sous le regard livide d'Hermione, assise sur un banc. Elle fixait un point invisible, sans ciller,
ses mains jointes sur ses genoux. Son élan de tout à l'heure était bien loin car, une fois sur
place, à Ste-Mangouste, le courage lui manquait, fuyant face à l'inquiétude et les martèlements
de son cœur contre sa poitrine serrée. Lentement, elle tourna la tête et vit Drago discuter avec
un Médicomage. Ses traits contractés, sa chemise légèrement froissée, il n'arrêtait pas de
s'ébouriffer les cheveux. Elle le connaissait assez maintenant pour affirmer qu'il était en train
de se déchainer sur le pauvre homme, ses prunelles foudroyant ce dernier.

Elle ne savait pas de quoi ils pouvaient bien parler, et elle s'en moquait puisque tout ce qui
comptait c'était Neville. Son ami était allongé dans cette chambre devant laquelle Malefoy
s'excitait face à un docteur totalement dépassé. Elle n'avait pas osé entrer, les forces lui
manquaient. Se l'imaginer, là, étendu sur son lit de mort était déjà difficile, mais elle se devait
d'y aller, de constater les faits de ses propres yeux. Elle avait vécu tellement d'épreuves, avait
compté les morts durant la Guerre, avait enterré Fred, Tonks, Remus, Rogue, Dumbledore et
tant d'autres... Seulement, elle ne pensait pas revivre ça une fois la Bataille terminée. Peut-être
était-elle naïve au point de se dire que le mal était loin derrière eux ? Sombre idiote...
Egarée dans sa mélancolie, la Gryffondor dévisagea son partenaire Auror et une vérité
s'imposa à elle : il l'avait poussée à accepter l'offre du Ministre -certes à sa manière, mais il
l'avait fait-. Il l'avait secouée comme un pommier pour qu'elle réagisse. Alors, oui, c'était dans
son intérêt à lui avant tout, mais il avait tout de même pris la peine de la provoquer pour
qu'elle se lance avec lui dans ce duo infernal. De fil en aiguille, elle réalisa que c'était lui qui
l'avait amenée ici, qui les avait tous les deux engagés à mener cette enquête. Dire qu'elle
pleurait à chaudes larmes et que, d'une phrase, il avait réussi à la réanimer, à l'inciter à faire
son devoir d'apprentie et d'amie envers Neville. Etait-il l'architecte de ses humeurs et de ses
émotions ? Oui. Etait-il le meneur dans leur équipe ? Oui.

La rouge et or n'avait, de toute façon, pas l'énergie de s'imposer, de prendre les décisions, trop
accaparée par la tragédie qui l'avait tantôt frappée. Le fait que le Serpentard agisse de la sorte
et dirige leur duo, lui rappelait celle qu'elle avait été durant son escapade avec Harry et Ron à
la recherche des Horcruxes. Indirectement, elle avait guidé ses amis, car ses avis valaient de
l'or et déterminaient pas mal de choses. Sentant qu'elle l'épiait, son camarade capta son
regard et noya ses iris dans les siennes.

Un frisson remonta le long de son échine. L'expression de son visage, habituellement froide et
indéchiffrable, s'était métamorphosée en un air grave et confus. Immédiatement, comme
portée par cette nouvelle facette de lui, elle bondit du banc et courut vers la chambre qu'elle
redoutait tant. A un mètre de la porte timidement ouverte, Drago la stoppa, lui saisissant
fermement le poignet.

- "Non, reste ici !" Aboya-t-il, plus rudement qu'il ne l'aurait voulu.

- "Pousse-toi ! Laisse-moi entrer !" Cria-t-elle, ameutant tout le personnel environnant.

L'assemblée retint son souffle, spectatrice de la fureur de la lionne contre l'imperturbabilité du


serpent, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre. On se doutait bien de ce qui
pouvait animer l'affolement de la jeune femme, mais on s'interrogeait surtout sur le self-
control des Aurors de nos jours.

- "Non ! Calme-toi, Granger !" Réitéra le jeune homme, autoritaire.

Comme pour appuyer sa dernière phrase, il resserra son emprise et lui prit son autre poignet.

- "Dégage de là ! Je veux le voir ! Lâche-moi !" Se débattit-t-elle, ses ongles enfoncés dans la
peau du vert et argent qui demeurait glacial.

- "Tu reste ici, ça suffit !" Tonna-t-il, ses pupilles brillantes de mille feux.

Hermione l'insulta, ses joues baignées de larmes, luttant encore et encore pour se dégager,
mais il était plus fort qu'elle.

- "Tu ne sais pas ce que ça fait ! Tu n'as pas de cœur !" Affirma-t-elle lorsque soudain un "Clac
!" sonore retentit.

Elle mit une poignée de secondes à comprendre ce qui s'était passé : Malefoy, la main levée,
venait de lui asséner une gifle mémorable. Sa joue la brûlait et ses sanglots se bloquèrent dans
sa gorge.

- "Reprends-toi..." Dit-il à voix basse tout en s'écartant d'elle.

"Qu'elle se reprenne" ? C'était mal connaître Hermione qui, survoltée mais silencieuse, le
bouscula violemment, poussa la porte et...

- "Granger !" Appela son collègue, frustré de constater que sa claque n'était pas suffisante pour
dissuader la sorcière.

Il la suivit, mit ses mains de part et d'autre de l'encadrement de la porte et, sans crier gare,
son cœur se serra cruellement : elle s'était effondrée par terre, ses paumes plaquées sur le
marbre de la chambre. Un hurlement, puis un autre, encore un autre... Un médecin s'apprêtait
à entrer, scandalisé par ce tumulte indigne de l'hôpital magique, mais Drago lui lança un
regard noir.

D'un pas traînant, il s'approcha de sa coéquipière, se posta derrière elle et attendit, constatant
pour la énième fois combien elle pouvait être fragile. Il avait fait son possible pour l'empêcher
de voir le corps saccagé de Londubat. Etait-ce pour lui épargner ce malheur qui lui avait
dérobé ses jambes, l'abandonnant sur ces dalles ? Il n'en était plus très sûr... Tout ce qu'il
voulait, c'était ne pas attirer l'attention, éviter à tout prix d'être humilié par elle et ses états
d'âme. Du moins, c'était ce qu'il prétendait. Car, maintenant qu'elle se tenait là, ses bras
resserrés autour de son ventre, son dos vouté et ses boucles éparpillées tout autour de son
visage aussi pâle que les draps immaculés, il ne répondait plus de rien.

Hermione avait l'estomac noué et bientôt les larmes allait lui manquer tant elle en avait versé.
L'air se faisait de plus en plus étouffant, elle suffoquait et toussotait, se balançant d'avant en
arrière. Elle hoqueta lorsqu'une paire de bras l’encercla maladroitement, l'obligeant à se
relever.

Docilement, Drago la retourna et alors qu'il était sur le point de s'éloigner, elle se jeta à son
cou, lui arrachant un grognement inaudible. Statufié, il ne savait plus où donner de la tête
tandis qu'elle agrippait sa chemise, l'attirant encore plus contre elle. Mal à l'aise, il préféra ne
pas bouger, sachant pertinemment qu'elle avait besoin de cette proximité puisque ni la belette
ni le balafré n'était là pour l'épauler ou la consoler. Elle se serait sûrement jetée dans les bras
de n'importe qui pourvu qu'elle noie son chagrin. Se maudissant d'avoir mis les pieds dans
cette foutue chambre, il ferma les yeux pour reprendre ses esprits quand, furtivement, un
parfum de jasmin vint lui titiller les narines. Sans même s'en rendre compte, il inspira
pleinement cette délicieuse effluve et referma ses bras autour de la Gryffondor qui, à ce geste,
se blottit dans son col, tout comme elle aimait faire avec Harry.

Le vert et argent perdit tout repère et, plus tard, il s'auto-réprimanderait certainement à ce
souvenir, mais pour le moment, il n'avait rien trouver de mieux à faire. Néanmoins, un flash
éclatant le ramena sur Terre tandis qu'une plume multicolore voletait près de lui.

- "Tiens, tiens... La célèbre Hermione Granger dans les bras de Drago Malefoy ! Le duo
d'Aurors se rapprocheraient-ils à son insu ? Quoiqu'il en soit, je serai ravie de proposer cette
photo à la Gazette !" S'exclama une femme blonde coiffée d'un béret rouge.

Aussitôt, le blond repoussa vivement la lionne. Il ne manquait plus que ça : Rita Skeeter et sa
plume à papote !

- "Oh, la rumeur est donc vraie ? Le Pourfendeur de Nagini aurait été assassiné ? Vous êtes sur
le coup ? Qu'avez-vous ressenti, Hermione, en apprenant sa mort ?" Interrogea la journaliste,
scrutant la jolie brune par dessus ses lunettes.

- "Sortez d'ici !" Claqua l'interviewée, démente.

- "Allons, je vois que c'est encore frais. Vous avez l'air dans tous vos états, c'est pour cela que
vous vous êtes jetée dans les bras de votre collègue ? Ou bien parce que vos amis du Trio d'or
ne sont pas là ?" Continua la mégère en s'avançant vers les jeunes Aurors.

- "Ma collègue, comme vous dites, vous a demandé de déguerpir, alors qu'est-ce que vous
attendez ? Que je m'y colle ? Du balais !" Grinça Malefoy qui, mettant de côté les bonnes
manières, l'éjecta brutalement vers la sortie. "Ma patience avoisine le néant, c'est un conseil
que je vous donne : allez pourrir en Enfer."

- "Oh mais ! Comment osez-vous ?! C'est inadmissible !" S'emporta-t-elle, indignée.

- "Ce qui est inadmissible, c'est que la Gazette ne vous ait pas encore virée, mais vous en faites
pas, je m'en chargerai." Ricana le jeune homme qui se promit de faire appel à ses relations
pour renvoyer cette incapable.

- "Oh, et... Skeeter ?" Lâcha-il avant qu'elle ne disparaisse au détour du couloir, ses talons
martelant le sol.

- "Quoi ?!" Fulmina-t-elle en enlevant rageusement son béret.

- "Allez vous faire foutre !"

Elle cligna plusieurs fois des yeux, les lèvres pincées, sous les regards amusés et choqués des
passants.

De retour aux côtés d'Hermione, Drago la trouva assise au chevet du défunt, ses petites mains
serrant fébrilement celles hivernales de Londubat. Sans un bruit, il s'adossa à la porte et
croisa les bras sur son torse. Il n'était pas idiot ou, comme elle l'avait si bien dit, "sans cœur".
Il savait qu'elle avait besoin de se recueillir et, apparemment, sa présence ne la dérangeait pas.

Doucement, elle leva la tête et rencontra les yeux tempêtes de son rival. Ce dernier se raidit...
Car... Les rares fois où il s'était heurté à ses prunelles caramels, il n'y avait pas vu son reflet.
Comme si il n'existait pas. Comme si sa nature, sa façon d'être, était trop impure pour pénétrer
ses deux opales scintillantes, néanmoins... Pour une raison qu'il ignorait, cette fois-ci, il
distingua parfaitement son reflet à travers la brillance de ses iris, et pouvait y lire une
reconnaissance, certes timide, mais sincère...

End Notes:
J'attends quelques retours de votre part :o ! Comme vous pouvez le
constater, l'histoire va prendre une nouvelle tournure (je pense
avoir quelques idées pour la suite, mais je verrai si je les
concrétise).

Il y a un passage en italique à la fin, c'est parce qu'il est répété


deux fois dans le chapitre, une fois au début et une fois à la fin !
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Retour à l'index
Chapitre 4 : "On est partenaires..." by Divinity

Author's Notes:
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Salut ! Désolée du retard (enfin, si y a encore des gens qui me


suivent xD) mais j'ai eu pas mal à faire ces derniers jours !

Voici donc la suite ! Je croise les doigts !

Illustration du chapitre 4 réalisée par Aneso et issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 4 : "On est partenaires..." OoO

Un ciel gris, maussade, tout à l'image d'Hermione ce matin de novembre. D'un pas las, elle
entra dans sa petite cuisine et mit en route son café, emmitouflée dans un pyjama blanc allant
de paire avec son teint blafard. Elle n'avait pas fermé l’œil de la nuit, ressassant les
évènements de sa semaine passée pour au final arriver à la tragique conclusion : Malefoy lui
portait la poisse, c'était certain. Passablement énervée, elle prit sa tasse fumante et alla ouvrir
au hibou qui tapotait le carreau de sa fenêtre. D'une main tremblante, elle récupéra le journal,
glissa une noise dans le bec de l'animal et retourna s'assoir face à son mug.

Posée à quelques centimètres d'elle, l'édition de la Gazette semblait la narguer au point qu'elle
eut envie de la brûler et de résilier son abonnement. Qu'allait-elle y trouver ? Un ramassis de
mensonges à propos de la relation qu'elle entretenait avec son collègue -si on pouvait parler
de relation- ? Pire, un article des plus dramatiques et vulgaires au sujet de Neville ?

Malheureusement, la lionne ne put résister à l'appel de sa curiosité légendaire puis, fébrile,


déplia le journal, les yeux clos, une vilaine grimace peinte sur ses lèvres. Heureusement que
personne ne prenait le petit-déjeuner avec elle, elle perdrait toute crédibilité si quelqu'un la
voyait se comporter de la sorte, telle une gamine écervelée, effrayée par une maudite revue.
Rassemblant son courage, elle leva une paupière et très vite l'autre lorsqu'elle se heurta à la
première page, estomaquée.

Son cerveau s'était mis en veille, sa bouche grande ouverte et ses doigts sur le point de trouer
le quotidien sorcier tant elle le serrait. Devant elle, une photo dévorait presque tout l'espace
avec au dessus, écrit en caractères de la taille de sa tasse, un titre aussi gênant qu'humiliant :
"Hermione Granger noie sa peine dans les bras de l’irrésistible Drago Malefoy". Rien que ça...

Dans les moments comme celui-ci, la Gryffondor avait la fâcheuse manie de penser à quelque
chose de stupide, balayant la gravité de la situation -et ce qui risquait d'en découler-. C'est
pour cela qu'elle relut la une dix fois avant de hausser un sourcil et...
- "Irrésistible ? Ils ont de la bouse dans les yeux ces abrutis ou quoi ?" Lâcha-t-elle, dépitée.

Oui, Hermione Granger était dénuée de logique et de clairvoyance dans ce genre de positions
inconfortables. Cela dit, elle préférait de loin lire une flopée de débilités sans nom sur elle et le
Serpentard, plutôt que de voir Rita -saleté qui avait rédigé les balivernes sur les deux jeunes
Aurors- écrire ne serait-ce qu'un mot concernant la mort de Neville. La blonde cherchait-elle à
se venger du vert et argent ? Sûrement...

Neville... Neville était mort. Cette pensée lui poignarda sournoisement le cœur, lui rappelant
pourquoi elle s'était arrêtée sur les foutaises de Skeeter. Voulait-elle fuir la réalité et
dédramatiser cette journée ? Oui. Mais elle se devait de tourner cette page, de lire la suite, de
se confronter à la rubrique intitulée "Nous disons Adieu à...". Elle avait toujours trouvé cette
formule minable et ce depuis qu'elle s'était appliquée à Fred, Tonks, Remus, Dumbledore,
Rogue... Sans doute parce qu'elle n'était toujours pas en mesure de leur dire Adieu...

Finalement, elle n'avait plus très envie de lire cet hommage rendu au Pourfendeur de Nagini.
Elle connaissait Neville, il était son ami, alors elle savait qui il était et avait déjà mesuré sa
valeur et son courage de son vivant. Il avait emporté son corps dans la tombe, mais son âme
généreuse et amicale resterait à jamais de ce monde.

Dans un soupir lourd de sens, Hermione porta son mug à ses lèvres quand tout à coup,
quelqu'un tambourina furieusement sa porte d'entrée. Furibonde, elle saisit sa baguette et se
précipita dans le hall, prête à apprendre les bonnes manières à son visiteur. Avant même
qu'elle n'eut le temps de dire quoique ce soit, la porte s'ouvrit à la volée et une silhouette
imposante pénétra son appartement.

- "J'en étais sûr, tu protèges même pas ta maison... Et ça veut devenir Auror ! La Guerre est
finie, mais c'est pas une raison pour baisser ta garde." Railla Malefoy, goguenard.

Bouche bée, la sorcière se contenta de serrer son arme, sa robe de chambre affaissant ses
épaules tel un manteau trempé.

- "Tu m'excuseras, je suis pas patient. Je vais réparer ça, bouge." Ajouta-t-il en la poussant de
son chemin.

D'un informulé, il remit en état la serrure et claqua la porte avant de refaire face à sa collègue.

- "Franchement... Je t'imaginais exactement comme ça au réveil. Le style chiffon, c'est vraiment


fait pour toi !" Se moqua-t-il sans pour autant se soucier de la colère naissante de la brunette.

- "Non mais... T'es suicidaire ? Je fais quoi, moi ? Je te tue et je vais en prison ?!" S'écria cette
dernière, sa baguette rivée vers l'inopportun.

- "T'as lu la Gazette ? Tu pensais tout de même pas que j'allais laisser passer ça ! J'ai déjà lancé
les procédures nécessaires pour virer cette garce de Skeeter, mais cet article n'arrange pas
vraiment mes affaires." Répliqua-t-il avec amertume.

- "Et moi alors ? De toute façon, tout le monde sait qu'elle raconte n'importe quoi, donc il serait
préférable de laisser les choses se tasser, non ?" S'enquit-elle, menaçante malgré le ton posé de
sa voix.

- "Bon sang ! Baisse cette baguette !" Ordonna le Serpentard, exaspéré.

Il la contourna et fit comme chez lui. Il trouva très vite le séjour, se laissa tomber sur le
canapé et, provocateur, tendit ses longues jambes tout en posant ses pieds sur la table basse.

- "Apparemment, j'ai pas été suffisamment claire..." Lâcha la maîtresse des lieux qui, d'un
mouvement du poignet, fit reculer l'appui du garçon, faisant tomber ses pieds dans un bruit
sourd.

- "T'es obligée d'être aussi désagréable ?" S'offusqua faussement le blond, blasé.

- "Ici, t'es chez moi, compris ? Et puis d'abord, qu'est-ce qui t'amène ? Tu viens juste pleurer à
cause de cet article à la noix ?" Rétorqua Hermione avant de prendre place sur le fauteuil d'à
côté.

- "Je te l'ai dit, il va falloir faire un démenti, quelque chose, je sais pas ! Si des rumeurs courent,
ça va, de un, m'emmerder modèle géant, et de deux, me mettre dans une situation délicate."
Expliqua à moitié son interlocuteur, crispé.

- "Tu... Non... C'est pas vrai ! T'as une petite-amie ? Et tu t'inquiètes des conséquences que
pourraient avoir ces foutaises sur ton couple ? Tu... Tu serais donc attentionné ?!" S'exclama-t-
elle, hilare.

Le vert et argent croisa les bras, boudeur. Il avait envie de l'attraper par la crinière qui lui
servait de cheveux, nettoyer le plancher avec, puis la jeter par la fenêtre. Comment osait-elle se
moquer de lui ?

- "Ça va, stop ! Je te l'ai dit, je n'ai rien à dire. Pas à toi." Trancha-t-il, au bord de la crise de
nerfs.

- "Qui est la malheureuse élue ? Allez... On est partenaires, tu peux au moins me dire ça !"
Supplia son hôte en battant des cils dans une imitation parfaite de Pansy.

Il expira bruyamment, feignant l'ennui dans toute sa splendeur, puis hocha la tête en guise de
réponse.

- "Tu débarques à l'improviste chez moi !" Rappela-t-elle pour appuyer sa requête.

- "Ma vie amoureuse t'intéresse tant que ça ? Ou c'est juste que ton existence est tout
bonnement minable, et donc tu jubiles rien qu'à l'idée que je puisse t'apporter ta dose de social
pour la journée ?" Renvoya l'héritier, sarcastique.

Hermione serra les dents et, rageuse, lui lança un petit coussin en velours qu'il attrapa
facilement d'une main, preuve que ses réflexes d'Attrapeur étaient intactes.

- "J'ai juste du mal à t'imaginer avec quelqu'un... On dit que tu sautes tout ce qui bouge, alors je
suis étonnée d'apprendre que tu te préoccupes d'une autre personne que toi, môsieur !" Cracha
la jolie brune, un sourire carnassier dansant sur ses lèvres.

- "Vas mourir, Granger..." Bailla-t-il en se levant. "Allez, vas te... Enfin, vas essayer de
ressembler à quelque chose de potable, on a rendez-vous à Poudlard."

Hermione se figea : Neville... L'enquête, son travail, ses engagements... L'espace d'un instant,
elle avait tout oublié, comme si rien ne s'était passé, comme si cette discussion anodine avec
son ennemi l'avait isolée du reste. Ses joues devinrent pâles, ce qui n'échappa pas à son
camarade qui se pencha sur elle puis, joueur, claqua des doigts pour la faire réagir.

- "C'est pas le moment de rêvasser. Grouille-toi."


Elle acquiesça du chef, se leva et traina des pieds jusqu'à sa chambre, ses membres soudain
douloureux tant ce retour à la réalité ravivait sa peine. En fin d'après-midi, elle allait rejoindre
ses amis à l'enterrement de Neville, et rien que d'y penser, cela lui nouait la gorge.

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Deux individus encapuchonnés apparurent devant le grand portail de la célèbre école de


sorcellerie. Un vent glacial balaya l'herbe, faisant grincer les gigantesques barreaux de fer.
Revenir ici, après tout ce temps, c'était comme si tout ressurgissait : la mort, la bataille,
Voldemort... Mais aussi la victoire, les cours, les banquets, les farces de Fred et Georges, les
phrases énigmatiques de Dumbledore...

- "C'est... C'est quoi ton plus beau souvenir de Poudlard ?" Murmura Hermione d'une voix
chevrotante.

Drago écarquilla les yeux, profitant de l'ombre de sa capuche pour voiler son étonnement. Son
plus beau souvenir ? Ici ? Il n'en avait aucun... Il avait réellement connu ses amis qu'une fois
débarrassé du Lord noir. Il avait pu profiter pleinement de la vie qu'une fois son père sous les
verrous. Dépité, il haussa les épaules et sourit.

- "Le jour où tu m'as collé une droite, en Troisième année." Finit-il par répondre.

La Gryffondor se tourna vers lui, incrédule, et, le voyant rire aux éclats, se laissa emporter à
son tour.

- "Si c'est que ça, je peux recommencer !" Dit-elle entre deux hoquets.

- "N'y pense même pas !" Réfuta son collègue. "Et toi ? J'imagine que c'est le jour où on s'est
rencontrés !"

- "Ne prends pas tes rêves pour des réalités, mais j'avoue que tu fais partie de quelques bons
souvenirs, enfin... Dans ces souvenirs, tu te fais ridiculiser !"

- "Heureusement que la roue tourne. Regarde ce matin, je suis venu chez toi et je t'ai trouvée
dans un accoutrement dont même une grand-mère ne voudrait pas." Riposta le blond, piqué au
vif.

- "D'ailleurs, je vais devoir protéger mon appartement et engueuler Kingsley pour t'avoir laissé
accéder à mon dossier !"

- "On est partenaires, je te rappelle..." Minauda-t-il en s'approchant dangereusement d'elle.

Incommodée, la rouge et or pâlit, clignant des paupières sous l'insupportable pression de ce


regard métallique qui la sondait. Elle n'avait jamais remarqué à quel point elles étaient belles,
ces deux orbes tempêtes qui, pour la première fois, avaient viré à l'azuréen, hypnotisant
complètement les prunelles noisettes de la surdouée.
- "Alors ? Ce souvenir ?" Réitéra-t-il sans pour autant s'écarter, son capuchon assombrissant
son teint diaphane.

Son interlocutrice déglutit péniblement et, inconsciemment, posa ses mains glacées contre son
torse pour mieux garder ses distances.

- "Le... Le jour où..."

Elle piqua un fard, gênée par cette atmosphère étouffante qui s'était crée entre eux.

- "Oui ?" Susurra-t-il, accentuant l'embarras de la jeune femme.

Il sentait bien qu'elle était déstabilisée, totalement sous son emprise. Il faisait cet effet à toutes
celles qui le côtoyaient, normal que Granger ne déroge pas à la règle. Amusé, il lui prit une
mèche de cheveux et la fit glisser entre son pouce et son index, son nez à quelques centimètres
du sien. Elle pouvait sentir ce parfum de verveine citronnée qu'elle avait déjà savouré l'autre
jour dans le bureau de Shacklebolt, mais cette proximité devenait limite malsaine, car elle se
surprenait presque à s'imprégner de son haleine, de chacun de ses mots et de cette satanée
effluve qu'elle se forçait d'ignorer.

- "Arrête, pousse-toi..." Souffla-t-elle, mal à l'aise, sans pour autant bouger.

- "Tu m'as toujours pas dit ton plus beau souvenir." Insista son rival, charmeur.

- "Le jour où Ron m'a embrassée !" S'écria-t-elle en se dégageant.

Malefoy se figea, le front plissé et la mâchoire contractée tant sa grimace lui déformait les
lèvres.

- "Alors comme ça tu sors avec Weasmoche ? Franchement, même avec ta dégaine de... De
vieille, tu mérites mieux !" Scanda-t-il, horrifié.

- "La ferme ! Je ne sors pas avec lui !" Tonna l'intello' qui, en tapant brutalement du pied par
terre, vacilla avant d’enfoncer sa botte dans la neige.

Le Serpentard haussa un sourcil, constatant pour la énième fois qu'elle n'était décidément pas
faite pour être Auror. Elle était émotive, fragile, ne protégeait pas son appartement et, en plus
de tout ça, était maladroite ! Merlin...

- "Besoin d'aide ?"

- "Lâcha-moi !" Rugit-elle de plus belle en se débattant avec son pied embourbé.

- "Tu viens de te rétamer la tronche mais bon, ça va, y a personne pour voir ça. A part moi."

- "Justement ! La pire personne au Monde !"

- "Allez... Laisse-moi t'aider."

Déterminé, le serpent s'agenouilla face à elle et lui prit doucement la cheville. Lentement, il
l'aida à se libérer, puis rajusta sa bottine lorsque, malgré lui, il se heurta à tout autre chose.

- "Tu... T'as pris en compte ma remarque de ce matin sur ton look chiffon ou... ?" S'enquit-il
distraitement, son regard bifurquant sur les cuisses de la sorcière.
- "Com... Comment ça ?"

- "Bah... Pour une négligée à la robe de chambre de mamie, t'as plutôt des bas sexy." Pointa-t-il,
non sans continuer de reluquer les jambes de son ennemie.

Elle baissa la tête et réalisa avec effroi que sa chute avait relevé non seulement sa cape mais
aussi sa jupe, dévoilant ses bas en dentelle que lui avait offert Ginny lors de son dernier
anniversaire. Maudissant sa meilleure amie, elle repoussa violemment son partenaire et se
releva tant bien que mal, les joues en feu.

- "Tu es pleine de surprises, Granger." Renchérit le jeune homme, lui faisant comprendre qu'il
n'était pas prêt d'oublier cet épisode. "Ça m'étonne que Weasmoche t'ai jetée..."

- "Il ne m'a pas jetée !" Se défendit-t-elle, les poings serrés. "Il ne s'est plus rien passé depuis,
c'est tout !"

- "Ah ben voilà... Facile de te soutirer des informations, suffit que tu sois gênée !" S'esclaffa le
vert et argent, victorieux.

Elle lui jeta un regard noir et tourna les talons, pressée d'en finir avec cette escapade infernale.
Elle ne broncha même pas quand elle vit le Patronus de Drago la dépasser. C'était un
magnifique aigle argenté aux ailes majestueuses et à l'allure aussi intimidante que son maître.
La créature magique vola au loin, partie annoncer à la Directrice l'arrivée des deux Aurors à
Poudlard. Bien qu'elle fut hors d'elle, Hermione ne put nier qu'une fois encore, la présence de
Malefoy avait réussi à l'éloigner de son deuil. Cependant, elle savait pertinemment que ce
silence de plomb qui s'était installé entre eux, allait faire revenir au galop son malheur, et cet
aveu -certes intérieur- l'irritait davantage que les piques vaseux du garçon.

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Après un accueil des plus chaleureux, des échanges amicaux et des embrassades en tout genre,
Hermione et McGonagall se séparèrent enfin sous le regard écœuré de Drago. Pendant ce qui
lui semblait être une éternité, le professeur de Métamorphose et son ancienne élève
bavardèrent devant un thé que l'héritier avait refusé avec dédain -tailler le bout de gras avec
les vieilles, c'était pas dans ses habitudes-.

La Gryffondor avait retiré sa cape et sa robe de sorcière, ses jambes croisées, sa soucoupe
gracieusement posée sur ses genoux et ses mains tenant fermement le tout. Il eut un rictus à la
vue de ses bas noirs, puis préféra détourner son attention et se dirigea vers la bibliothèque du
bureau. Il entendait vaguement la conversation des deux femmes, tantôt une éloge de
Londubat, tantôt un rire à la mémoire des fourberies de Fred, sans oublier un remerciement
pour Rogue...

Il s'arrêta au milieu du rayon et, répondant à une étrange pulsion, observa sa collègue entre
deux livres, caché derrière l'immense étagère.

- "Hé merde..." Se sermonna-t-il, légèrement révolté par son comportement.


Granger était loin d'être un canon, surtout avec ses habits de retraitée, mais elle dégageait
quelque chose, une aura lumineuse et... Agréable ? Il n'en était pas sûr. Souvent, elle arrivait à
le calmer, à le détendre, et ce même lorsqu'elle le faisait sortir de ses gonds. Elle atténuait très
vite les choses par sa présence, car il était enfantin pour lui de renverser la vapeur et de la
malmener. La voir ainsi, assise sur ce canapé pourpre, touillant son thé, souriante, ça lui
écorcherait la bouche de l'admettre ouvertement, mais elle était plutôt mignonne. Blaise avait
raison, Hermione Granger avait de belles jambes.

Son égo prit un sale coup puisque jamais il n'aurait pensé qualifier la née-moldue de jolie,
c'était un peu déroutant d'ailleurs. Son instinct de coureur de jupons lui jouait-il un mauvais
tour ? Peut-être... De toute façon, elle l'avait dit elle-même, il "sautait tout ce qui bougeait", et il
ne pouvait que lui donner raison parce que c'était, quelque part, vrai. Il avait besoin de cette
relation qu'il entretenait avec le sexe opposé, d'abuser de son charme auprès de la gente
féminine et de se conforter dans l'idée que, comme il le savait déjà, était irrésistible -même Rita
l'avait écrit-. Cela dit, cette façade n'était rien d'autre qu'un moyen de mettre hors d'elle une
certaine jeune femme brune au regard assassin et à la peau de porcelaine. Oui, Drago Malefoy
était provocateur et il comptait bien en faire baver à cette poupée de glace en se vautrant dans
le lit d'innombrable conquêtes d'un soir.

- "Malefoy ! C'est l'heure, active-toi !" L'appela la Miss-je-sais-tout, le tirant de ses pensées.

D'un pas las, il salua brièvement la Directrice qui, bienveillante, leur souhaita bonne chance
pour leur mission tout en leur assurant que Poudlard serait à jamais leur maison. Il se retint
de lui dire que cette école n'était pour lui que le théâtre d'une jeunesse lamentablement gâchée
par un père fanatique et lâche, puis quitta la pièce, Hermione sur ses talons.

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"Aurors en mission, retournez à vos occupations.", le beau blond aurait aimé dire ça, son
insigne fièrement brandi, si la fichue décoiffée ne l'avait pas bousculé pour passer devant, ses
longs cheveux caramels et indisciplinés ondulant dans son dos.

- "Bonjour à tous et merci d'être venus." Annonça-t-elle à l'attroupement d'élèves attablés dans
la Grande Salle.

- "Je m'appelle Hermione Granger..."

Elle fut coupée par un "Oh..." d'admiration, résultat de sa récente célébrité. Rougissante, elle se
craqua les phalanges et se racla la gorge avant de reprendre.

- "Certains l'auront compris, mon collègue et moi sommes Aurors, enfin, apprentis Aurors
pour être plus exact, et sommes envoyés par le Ministre pour enquêter sur... Sur le drame qui a
eu lieu récemment. Comme vous le savez tous... Votre professeur, Neville... Neville Londubat..."
Sa voix se brisa en sanglots irréguliers sous les chuchotements bouleversés de l'auditoire.

Malefoy la toisa quelques secondes, ne sachant pas quoi faire si ce n'était remplacer la lionne,
mais il jugea qu'il n'y avait aucun intérêt à rabattre à ces gamins que leur enseignant s'était
fait tué dans une ruelle, alors il mit sa main sur l'épaule de la jeune femme en pleurs.

- "Viens, on sort." Commanda-t-il en la tirant par la manche.

Incapable de lutter, elle se laissa faire et le suivit contre son gré dans le couloir avoisinant, à
l’abri des oreilles et regards indiscrets.

- "Il est hors de question que tu foutes en l'air ma carrière, qui je te rappelle dépend de notre
duo à la con, en te donnant en spectacle à chaque occasion. Contrôle tes pulsions !" Reprocha-
t-il, furieux.

C'était la deuxième fois qu'elle donnait libre cours à ses états d'âme, il n'allait tout de même
pas supporter ça jusqu'à Merlin sait quand, si ?

Hermione ne dit rien, resserra ses bras autour de son ventre et encaissa les répliques acérées
de son ennemi. C'était dur, beaucoup trop dur... Elle ne méritait pas les couleurs de Godric
Gryffondor, elle était la risée des siens !

- "Granger ! Granger, regarde-moi !" S'impatienta le sang-pur.

Il lui saisit les poignets et la redressa avant de la plaquer sans vergogne contre le mur. Elle
leva les yeux, rouges et inondés de larmes, vers lui, démunie et chétive. Il fronça les sourcils,
frustré de voir qu'elle ne réagissait pas malgré ses propos insultants.

- "T'as raison... Je fais que chialer et me lamenter, comme si j'avais rien connu de la Guerre. Je
croyais que tout était fini... Que le Mal était parti avec Voldemort..."

- "Pitié... Ferme-là." Chuchota Drago en levant les yeux au ciel.

Elle grimaça, entrouvrit la bouche pour terminer sa tirade lorsqu'il la bâillonna de sa paume
droite, frémissant au contact de ses lèvres tremblantes contre sa peau hivernale.

- "Ecoute, si le prix que je dois payer pour avoir fait toutes ces conneries étant plus jeune, ou
encore mon fardeau, appelle ça comme tu veux, c'est de te supporter et de te secouer à chaque
fois que tu dérailles, alors je le ferai parce que j'ai pas le choix et que j'ai vraiment besoin de ce
job." Déblatéra-t-il, aspiré par ses opales scintillantes qui le questionnaient.

- "Prends ton temps pour faire ton deuil, je serai là pour recadrer le tir, mais je te préviens, t'as
pas intérêt à flancher, compris ? On est deux, on est partenaires." Ajouta-t-il, un brin solennel.

Muette, Hermione hocha la tête de haut en bas et il écarta peu à peu sa main de ses lèvres
restées closes. Bizarrement, il s'attendait à ce qu'elle se jette dans ses bras, comme la veille à
Ste-Mangouste, mais elle n'en fit rien. Elle restait là, prisonnière entre lui et les pierres froides
du château, à le considérer du regard. D'abord hésitante, elle finit par agripper le col de sa
robe d'Auror et l'attira encore plus vers elle.

Ce dernier se paralysa, peu enclin à la laisser l'enlacer quand...

Il pouvait sentir son souffle chaud et régulier contre sa bouche, son parfum de jasmin qu'il
avait découvert seulement hier, ses cheveux miels qui effleuraient son badge doré, et, bientôt,
le goût sucré de ses lèvres qui, timides, caressaient capricieusement les siennes.

Tentatrice... Granger était tentatrice, là, faible et abattue par le chagrin et lui, impassible,
avait les idées aussi claires que de l'eau de roche. Pourtant, il aurait aimé se laisser aller au
jeu de la consolation charnelle, mais, bizarrement, quelque chose l'en empêchait. En temps
normal, il ne se serait pas gêner, de toute manière, ce ne serait qu'un baiser -il avait déjà fait
bien pire-, sauf que, non, il ne voulait pas faire ça.

- "Je... Je suis engagé, tu le sais."

Comme électrocutée, la belle se raidit et s'éloigna rapidement, honteuse. Qu'est-ce qu'il lui
avait pris ? Etait-ce le fait de se retrouver au sein de Poudlard qui la rendait à moitié givrée ?
Ou la mort de Neville qu'elle gommait à chaque fois où la situation devenait étrange avec son
rival ? Et par dessus tout, n'avait-il pas profité de sa vulnérabilité parce qu'il était sincèrement
amoureux de sa petite-amie ou bien parce que, elle, la sang-de-bourbe, le répugnait toujours
autant ?

Malefoy soupira, exaspéré de la voir cogiter de la sorte. Il savait ce qui se tramait dans sa
petite tête de déjantée, mais il ne pouvait rien y faire. Oh, évidemment, il aurait pu tromper,
mentir, tricher... Il était imbattable à ce jeu. Mais pas avec Granger... D'ordinaire, il aurait
juste cédé, voir même mené la danse, et cette pensée le consternait. Il l'avait repoussée parce
que c'était Granger, il n'était pas désespéré non plus ! Ils étaient partenaires.

- "Elle s'appelle comment ?" Demanda Hermione, comme si de rien n'était.

Le jeune homme lui tourna le dos, fit quelques pas et, nonchalant, mit les mains dans ses
poches.

- "Astoria."

End Notes:
Ne vous en faites pas (sérieusement, y a encore des gens qui me
lisent ? xD), mais je vais éclairer tout ça... Ça prendra forme très
vite (en admettant qu'il y ait quelqu'un pour suivre mon délire,
hein !) ;) ! Il va y avoir pas mal de rebondissements et je parie que
vous vous attendiez pas à entendre parler d'Astoria !

Aussi, ne voyez, s'il vous plait, rien de "précipité" dans ce chapitre,


ce sera plus approfondi par la suite, mais il faut se mettre à la
place d'Hermione. Elle est déstabilisée par le décès de Neville et la
présence de Drago arrive à lui faire "oublier" momentanément
cette tragédie. Elle est vulnérable (sans oublier sa dispute avec
Ron).

Est ce que ça vaut une Review ? Je le verrai bien :)

Je vous dis à très bientôt, j'espère avoir le temps d'écrire la suite


vite !
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Chapitre 5 : Confidences autour d'une tasse de thé by Divinity

Author's Notes:
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Oui, oui, j'ai changé l'image de mon interface ! J'adore celle-là :o


Elle représente bien ma Fic' (dans un certain sens...) avec Drago
qui enlève son masque de Mangemort :D

A part ça, voici la suite ! J'espère que vous serez nombreux à me


suivre quand même ;) ! Bonne lecture !

L'illustration du Chapitre 5 est une photo de Vicky Ceelen, que vous


pouvez retrouver : Ici !

OoO Chapitre 5 : Confidences autour d'une tasse de thé OoO

Assis sur un fauteuil en cuir noir, les coudes appuyés sur ses genoux, la tête entre les mains et
un verre de whisky sur la table basse, Drago réfléchissait encore et encore. Il repensait à ses
ambitions quant au fait de devenir Auror, à ses amis Serpentards, à sa mission et, histoire de
le mettre en rogne, à Granger. Cela faisait quatre jours qu'il évitait tout le monde, reclus dans
le manoir qu'il s'était offert l'été dernier, seul et abandonné à la boisson. Il avait besoin de
cette solitude. De toute manière, sa mère lui en voulait toujours pour avoir coffré son père.
Kingsley avait accordé quelques jours de repos à son équipe -enfin, surtout parce que sa
partenaire noyait son chagrin avec les siens-. Et ses amis étaient débordés de travail.

A cette pensée, il dut reconnaître que ce n'était pas très fairplay d'ignorer leurs lettres et que,
tôt ou tard, ils allaient débarquer en commando chez lui pour le gronder, mais bon... Tant pis.
Il se redressa mollement, puis d'un coup de baguette magique, refit apparaitre des glaçons
dans son verre à moitié plein. Il avala cul sec le breuvage ambré et jeta un œil à l'horloge du
salon : il n'allait pas tarder à recevoir de la visite, il le savait. Elle lui avait envoyé du courrier
chaque jour depuis la publication de l'article de Skeeter, il était donc normal qu'à force de ne
pas lui répondre, de la voir débouler ici pour lui passer un savon.

Blasé, le jeune Auror se leva, rajusta le col de sa chemise immaculée et se dirigea vers la porte
d'entrée. Devoir ouvrir lui-même aux visiteurs, se servir son whisky ou encore se faire à
manger, l'incommodait grandement, malheureusement il n'avait pas le choix. Aujourd'hui, son
elfe de maison était en congé -une loi sans queue ni tête proposée par Granger qui, bien
évidemment, avait réussi à la faire passer avec un discours de défenseure des opprimés-.
Maudissant sa collègue, il annula les enchantements de protection, puis attendit quelques
secondes avant d'ouvrir l'immense porte.
- "Pile à l'heure, je te félicite." Salua-t-il d'une voix doucereuse avant de s'écarter pour laisser
entrer une jolie jeune femme brune au teint laiteux.

Elle leva le menton, fière et intrépide, puis rejeta sa longue chevelure ébène par dessus son
épaule.

- "Je t'écoute, qu'est-ce que c'est que cette histoire ?" Dit-elle en jetant le fameux exemplaire de
la Gazette par terre, pile sur la première page.

Malefoy eut un rictus, satisfait de la voir à bout de nerfs. Il ramassa l'article, mais perdit son
sourire moqueur lorsqu'il se heurta à la photo de la Gryffondor pleurant dans ses bras. Quatre
jours... Quatre jours sans la voir et encore moins lui parler. Il réalisa tout à coup qu'il se
devait de discuter avec elle de ce qui s'était passé à Poudlard. De lui expliquer que cette petite
scène entre eux dans les couloirs ne risquerait pas de gâcher leur duo et encore moins leur
carrière. Bon sang, il la connaissait assez pour affirmer qu'elle allait cogiter sur ça jour et
nuit, quitte à ruiner leur presque entente.

- "Alors ? Tu n'as rien à me dire ?" Pressa Astoria, les poings sur les hanches.

- "Ça t'étonne tant que ça de me voir dans les bras d'une autre ? Allons, je pensais t'y avoir
habituée." Répondit-t-il, un brin provocateur.

Il lui rendit le journal mais elle brandit sa baguette et enflamma le tout, ses yeux envoyant des
éclairs de rage.

- "D'habitude, tes sauteries ne font pas la une des quotidiens sorciers ! Je sais bien que t'es un
débauché hors paire, mais ne t'avise pas de m'humilier en public, t'entends ?" Rugit-t-elle, son
arme à présent pointée vers lui. Peu intimidé, il la saisit, l'arracha des mains de sa
propriétaire et poussa cette dernière contre le mur.

- "Si toute l'Angleterre apprend que t'es cocue avant même ton mariage, peut-être que ça te
pousserait à me foutre la paix, non ?" Articula le beau blond en plaquant ses paumes de part et
d'autre de sa tête.

- "On a un accord, n'oublies pas. Toi et moi, on a signé. On va se marier, point." Rappela la
sorcière d'une voix tremblante.

- "On m'a obligé à signer, ça n'a rien à voir. C'est mon père qui s'est engagé envers ta famille
pour racheter un semblant d'honneur aux Malefoy, mais je te signale qu'il est en train de
pourrir derrière les barreaux, et j'ai aucune attention de respecter ses engagements. En
d'autres termes, Greengrass, vas te faire foutre." Répliqua-t-il, sa joue collée contre celle de sa
victime, ses lèvres à deux millimètres de son oreille.

Cette dernière frémit, renforçant la domination évidente de son bourreau, mais reprit malgré
tout contenance et expira bruyamment.

- "Le serment inviolable, Drago... Tu le sais..." Murmura-t-elle tant bien que mal, sa gorge
nouée.

- "C'est mon père qui l'a fait avec le tien. Si je me défile, c'est lui qui risque de mourir et crois-
moi, je m'en fiche."

- "Tu te trompes... Pour être sûr que tu tiendras parole, quoiqu’il arrive, ton père a poussé ta
mère à le faire à sa place . T'avais beau être soumis aux volontés de ta lignée, ton père t'as
dupé, il savait déjà toute la haine que tu nourrissais à son égard." Affirma la jeune femme,
soulagée de sentir le garçon relâcher son emprise.

- "Tu mens !" S'écria-t-il, dément.

- "Tu n'auras qu'à lui demander, mon chéri." Renvoya-t-elle, ravie de renverser la vapeur.

L'héritier passa rageusement une main dans ses cheveux et se mit à faire les cents pas. Par
Merlin, son père lui avait gâché son enfance, allait-il aussi lui prendre sa jeunesse ? Bien sûr, il
n'avait jamais pensé au mariage, à l'amour et à toutes ces foutaises sans nom puisque, de
toute façon, il n'avait qu'une idée en tête : devenir Auror et vivre en paix avec lui-même. Mais
se retrouver encombré d'Astoria et sa famille de sang-pur aristocrate, ça ne faisait pas du tout
partie de son plan. Furieux, il donna un coup de pied dans la porte d'entrée. Sa mère avait fait
ça et ne lui en avait pas parlé. Elle redoutait sans doute sa réaction et celle de son mari. Il ne
voulait pas la perdre, il avait besoin d'elle, elle était son unique famille. Il lui en voulait
tellement de l'avoir mis à l'écart, de ne pas l'avoir tenu au courant...

- "J'ai respecté ma part du marché. Je n'ai rien dit à personne, ni à tes amis à qui tu ne m'as
toujours pas présentée. Notre relation restera secrète jusqu'au mariage, jusqu'à ce que tu
acceptes les choses telles qu'elles sont." Reprit Astoria en resserrant son écharpe autour de
son cou.

Elle s'avança vers lui, s'arrêta à son niveau et planta ses prunelles dans les siennes.

- "Je sais que tu tiens à ta mère, tu ne lui ferais aucun mal, alors je ne m'inquiète pas pour la
suite des évènements. Que tu le veuilles ou non, toi et moi sommes liés, et je ne compte pas te
lâcher. On se revoit bientôt..."

Sur ces mots, elle se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser, mais il la repoussa
violemment et ouvrit la porte à la volée.

- "Dégage, hors de ma vue !" Aboya-t-il, enragé.

Astoria le gratifia d'un sourire en coin, puis d'une démarche royale, sortit de la demeure,
laissant son fiancé ruminer.

La respiration haletante, Drago s'empara de sa baguette dans la poche arrière de son


pantalon et fit léviter son manteau jusqu'à lui. Il avait besoin de prendre l'air, de penser à
autre chose, de se vider la tête et de se changer les idées. Dire que Théo', Blaise et -encore
moins- Pansy n'étaient pas au courant de ses fiançailles. Il ne voulait pas leur présenter cette
garce qui lui servait de fiancée. Elle ne méritait pas de faire partie de sa vie, alors pourquoi l'y
intégrerait-il ? Irrité, il transplana dans la ruelle adjacente au Chaudron Baveur, aujourd'hui
tenu par Hannah Abbot.

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Un vacarme assourdissant emplissait la salle bondée. Il était quinze heures et Malefoy


ingurgitait déjà son huitième shot de tequila, lessivé par cette affaire de mariage, fatigué de
reculer de dix pas à chaque fois qu'il parvenait à en faire un vers l'avant. C'était limite
frustrant de venir ici noyer sa détresse, et il ne cessait de se ressasser la tragédie qu'était son
existence, ce qui lui donnait qu'une envie : boire encore. Etant un habitué des lieux, Hannah se
permit de lui refuser un nouveau verre, chose qui insupportait le garçon. Il répétait sans
relâche qu'il n'avait pas besoin qu'on le materne et que sa traîtresse de mère s'en chargeait
très bien elle-même.

- "Tu ferais mieux de rentrer, Malefoy." Conseilla la propriétaire, inquiète.

Il n'était pas ivre, elle le savait. Il buvait souvent et tenait parfaitement la boisson, mais le voir
là, avachi sur ce tabouret à enchaîner les shots, lui faisait quelque chose, c'était sans doute dû
à son côté Poufsouffle.

- "Et pourquoi faire ? Je suis en arrêt de formation à cause de mon idiote de partenaire qui
passe ses journées à chialer !" Ragea-t-il en tapant du poing sur le comptoir.

- "T'as une mine affreuse... Tu devrais te calmer. Ailleurs." Insista Abbot qui, exprimant son
mécontentement, balaya la main de son client à coup de torchon.

Ce dernier soupira d'exaspération, paya l'addition et, à contre cœur, quitta l'établissement,
non sans jurer de ne plus jamais y remettre les pieds. Il détestait faire ça, courir les tavernes
pour canaliser sa colère et sa haine.

Il s'adossa à un mur, les mains dans les poches, et inspira une goulée d'air frais. Contre toute
attente, la première chose qui lui vint ne fut pas la justification qu'il devait à ses amis, ni la
révélation d'Astoria, mais Granger. L'écervelée à la tignasse infâme et... Et ses jambes
pécheresses. Il hocha nerveusement la tête, reconnaissant intérieurement qu'il venait de
toucher le fond. Sans réfléchir, il tournoya sur lui-même et disparut dans un "Plop !" sonore.

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Une fois devant la porte, il se remit en question, se demandant pourquoi il était venu ici. Il eut
pour seule réponse un ricanement imaginaire de son subconscient. Elle était la seule au
courant pour Astoria, et il se reprochait chaque jour le fait de lui en avoir parlé. Il fallait dire
que les circonstances s'y étaient prêtées. Son aveu s'était fait tout seul, sans qu'il puisse se
contrôler. Imbécile...

Il allait rebrousser chemin, lorsqu'un bruit sourd retentit de l'autre côté. Ses instincts d'Auror
prirent le dessus et, instantanément, il sortit sa baguette, les sens aux aguets. Un silence de
plomb reprit place jusqu'à...

- "J'ai jamais dit qu'il était mort par ta faute ! Arrête !" S'écria une voix masculine.

- "Ah, oui ?! Alors pourquoi tu m'évites depuis l'enterrement ?! Hein ?!" Scanda une autre qu'il
reconnut comme étant celle de sa collègue.

Il serra inconsciemment son arme, incapable de bouger. Ses muscles étaient raides. Son cœur
battait la chamade, lui rappelant à chaque palpitation qu'il n'avait pas le droit d'épier
Granger, mais c'était plus fort que lui. Ce n'était pas pour rien qu'on le surnommait la fouine.

- "Je te signale qu'on était en froid depuis que t'as sous-entendu que mon travail avec Georges
n'était pas digne du tien !" Répliqua le premier.

- "T'es encore sur ça ? Je t'ai présenté mes excuses cinquante fois au moins ! Grandis un peu,
Ronald Weasley ! Je suis à cran avec mon boulot. Je ne sais pas si tu te rends compte, mais je
dois trouver celui qui a fait ça à Neville !" Rugit la lionne, secrètement encouragée par son
partenaire dont elle ignorait la présence.

- "Tu vois ? Là, encore ! T'insinues que t'as plus de responsabilités que les autres ! Que ta vie
est trop mouvementée, trop remplie ! La mort de Neville m'affecte tout autant que toi !" Tonna
la belette.

- "Ecoute, je te le répète, je suis sincèrement désolée, Ron, pardon. J'ai été très mal ces derniers
temps et stressée, mais ça va aller, sauf que... Pour que ça aille mieux, j'ai besoin que ça colle
entre nous, tu comprends ?" Avoua la Gryffondor, suppliante.

Un blanc suivit sa requête, une interruption durant laquelle Drago grimaça, pestant contre la
naïveté de la brunette.

- "Pourquoi faire ? Je pensais que le plus important c'était que ça colle entre toi et ton connard
de partenaire. Après tout, c'est pas lui qui te consolait l'autre jour ?!" Rejeta le rouquin.

Le dit-connard derrière la porte fulminait, le sang battant furieusement à ses tempes. Il tentait
de se maîtriser pour ne pas entrer et défoncer la tronche à ce crétin de Weasmoche. Sa
frénésie meurtrière fut stoppée par un "Clac !" caractéristique.

- "Sors d'ici ! Reviens me voir quand tu auras mûri !" Ordonna sans équivoque Hermione.

Des bruits de pas alertèrent le Serpentard qui, gardant son froid légendaire, alla se cacher
dans l'escalier menant à l'étage supérieur. Il observa le roux avec satisfaction, une main
plaquée contre sa joue en feu. Comme quoi, par moment, Granger avait un sursaut de bon sens
! Le goujat disparut dans l’ascenseur et, alors que la rouge et or s'apprêtait à refermer la
porte, il quitta sa cachette, se jetant littéralement dans le couloir.

- "Jolie baffe !" Acclama-t-il en bloquant la porte avec son avant-bras.

Elle cligna des yeux, incrédule. C'était la Sainte-Bellatrix ou quoi ? Ron, et maintenant ce
déchet ambulant de Malefoy ?

- "C'est une habitude de débarquer à l'improviste ou bien ? En plus tu m'espionnes ?" Gronda-t-
elle, remontée.

- "Doucement, on respire. J'ai une bonne raison !" Se défendit le jeune homme, mal à l'aise.

Elle haussa un sourcil. Il était rare de le voir dans cet état, d'ordinaire il prenait soin de voiler
la moindre émotion. Elle le considéra une poignée de secondes : son teint blafard à la lisière du
translucide, ses yeux gris dénués de leur habituelle flamme, ses cheveux décoiffés. Une mine
affreuse qu'elle trouvait tout sauf repoussante. Décontenancée, elle l'invita à entrer, ce qui
surprit le blond. Il hésita, puis finit par la rejoindre à l'intérieur avant de claquer la porte
derrière lui.

- "De toute façon, j'ai pas la force de lutter contre toi aujourd'hui. A croire que tu te montres
toujours quand je suis affaiblie, vermine." Dit-elle en se dirigeant vers la cuisine.

- "Ouais... Je sais, ça colle sans doute pas à l'image que t'avais de moi, mais... Je crois qu'on est
bien obligés de jouer cartes sur table, non ?" Risqua-t-il, peu convaincu par ses propos.

- "T'es malade, c'est ça ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ?" S'enquit la jeune femme qui avait passé la
tête dans le salon, un sourire narquois aux lèvres.

- "Du sarcasme... Ça va mieux à ce que je vois." Remarqua son invité en prenant place sur le
canapé.

Il allait poser ses pieds sur la table basse quand il se remémora qu'elle n'appréciait pas ça. Il
enleva son manteau et le posa sur le fauteuil vide en face de lui, s'assurant de ce fait que son
hôte s’assiérait à ses côtés.

- "Je suis reboostée, oui. Je dois ça à Harry et aux autres..."

- "Pas à Weasmoche en tout cas !" Coupa-t-il, suffisant.

- "Oublie ça, tu veux ? Dis-moi plutôt ce qui t'amène ici. J'ai pas eu vent d'un article sur notre
merveilleuse histoire d'amour naissante." Railla la surdouée en revenant dans le séjour,
chargée d'un plateau.

- "Granger... Quand est-ce que tu te sers de la magie ?" Questionna sérieusement l'héritier.

- "Seulement quand c'est nécessaire. Toi, t'en abuses, ça fait de nous un duo complémentaire.
C'est pas ce que Kingsley voulait qu'on comprenne ?" Souligna-t-elle, hautaine.

Rebuté, il accepta la tasse de thé fumante qu'elle lui tendait et s'enfonça dans le sofa.
Hermione prit son propre mug, puis fronça les sourcils en voyant le manteau du serpent sur
son siège.

- "Ok, t'as envie que je m’asseye à côté de toi. T'es sûr que ça va ?" Démasqua-t-elle,
soupçonneuse.

- "Tout à fait ! Viens, pose tes miches ici !" Approuva-t-il en tapotant la place libre à sa droite.

Méfiante, elle s'installa et bu une gorgée de thé avant de loucher en sa direction. Il fixait son
breuvage, perdu dans ses pensées et un silence gênant envahit l'appartement.

Elle redoutait la raison de sa présence ici, ne voulait pas entendre parler de ce qui avait failli
se passer l'autre jour à Poudlard. Elle refusait d'admettre sa faiblesse. Distraite, elle ne le vit
pas relever la tête vers elle. La photo de l'article lui revint, attisant sa rancœur envers Skeeter
et Astoria, ainsi que le dégoût que lui inspirait cette foutue étreinte. C'était un cliché volé dans
un moment de relâchement, un moment où il avait baissé sa garde et son masque pour laisser
paraître celui que peu connaissaient.

Il n'avait plus le choix à présent, Granger était avec lui. Elle faisait partie de sa vie qu'il le
veuille ou non, et pour le bon fonctionnement de leur duo et l'aboutissement de leur carrière, il
était obligé de s'ouvrir un minimum à elle. Cela dit, par Salazar, il était hors de question qu'il
change son caractère pour autant !

- "Ahem... A... A propos de l'autre jour..."

- "Non ! Ça va ! Il s'est rien passé. On s'était pas vraiment... Enfin... Enfin, tu vois !"
L'interrompit l'intello' qui, agitée, faillit renverser sa tasse sur ses genoux.

- "Parfait. Donc, on est d'accord, pas de gêne vis à vis de ça ? Toute manière, t'étais dans le
cirage et puis y avait moi, sexy et irrésistible... Aïe !"

Il lui lança un regard assassin. Avait-elle osé le pincer ? Avait-elle seulement osé ?!

- "T'aurais pu être un âne, j'aurais agi de la même manière !" Grogna-t-elle, aussi rouge qu'une
écrevisse.

- "T'embrasserais un âne ? Je comprends pourquoi t'es accrochée à l'autre andouille de


Weasmoche !" Se moqua le vert et argent avant de se prendre une tape contre l'épaule.

- "Ferme-là !" Se renfrogna la sorcière, encore plus embarrassée à l'entente du terme


"embrasserais".

Sa gêne n'échappa pas à son interlocuteur qui, retrouvant son illustre assurance, se pencha
dangereusement vers elle.

- "Admets-le, je te fais de l'effet..." Chuchota-t-il, insolent.

- "Tu veux que je te gifle, toi aussi ?" Contre-attaqua sa proie, sa baguette enfoncée dans le cou
du prédateur.

- "Rapide... Enfin une qualité d'Auror, c'est pas trop tôt !" S’enthousiasma Malefoy en reculant.

- "Que ce soit clair, je ne suis pas une de ces pimbêches que tu ramasses dans les bars
infréquentables, tu saisis ?"

- "Et pourtant, tu aimerais !" Il regretta très vite ses insinuations lorsqu'elle lui lança un
sortilège de mutisme.

- "C'était un moment d'égarement. C'est passé. C'est fini et ça n'arrivera plus jamais. Si ça flatte
ton égo surdimensionné, j'en conclurais alors que je suis assez bien pour te plaire. Mais sinon,
j'en ai rien à cirer de ta réputation de Don Juan, tu restes un insecte à mes yeux. Mets-toi ça
dans le crâne, mon beau." Poursuivit-elle, dominatrice.

Aussi agacé qu'amusé par le comportement de sa collègue, Drago prit sa propre baguette et,
d'une incantation mentale, annula l'enchantement de la brunette.

- "J'aime ce côté tigresse, ça me ferait presque frisonner. Te méprends pas, ma jolie, t'es pas du
tout dans mes critères. T'es..."

- "Pas à ta portée, je sais."

- "J'allais dire trop prises de tête et négligée. La preuve, même la belette veut pas de toi, c'est un
signe tout de même !" Scanda-t-il, sournois.

Sa dernière phrase foudroya la lionne qui, touchée, baissa son arme. Cet arrogant avait
raison. Ron faisait comme si de rien n'était depuis la fin de la Guerre, comme si la mort de
Fred avait emporté leur baiser dans la tombe. Elle avait été patiente, compréhensive, se
réconfortant avec des "Il n'a pas la tête à ça. Il doit soutenir Georges." ou des "Il attend peut-
être que je fasse le premier pas ?". Mais, le temps s'écoulait, les mois passaient, et toujours
rien à l'horizon.
Lentement, elle reporta son attention sur le Prince des Serpentards et tout le paradoxe
ressenti ces derniers jours refit surface, détruisant ses barrières une à une. Inutile de se
raconter des salades, elle était sur le point de l'embrasser l'autre jour, au château, mais
pourquoi ? Certes, elle était démunie, égarée dans sa peine et dans la douleur, cependant, à ses
yeux, ce n'était pas une raison pour se laisser aller à de telles sottises. C'était dégradant,
indigne d'elle et de ses principes !

Furtivement, son cerveau sur-développé lui apporta la réponse tant espérée : depuis cette
visite à l'hôpital, depuis qu'elle s'était lâchement jetée dans ses bras pour étouffer son chagrin,
elle avait commencé à flancher. Elle n'avait même pas émis le fait qu'il puisse la rejeter, la
repousser? Non, elle avait juste mis de côté sa rancune et s'était montrée fragile devant lui,
allant jusqu'à indirectement réclamer sa compassion.

L'élément déclencheur avait été ce dont elle le croyait incapable, il l'avait prise dans ses bras
malgré leur aigreur commune. Il avait dévoilé une facette inespérée de sa personnalité, chose
qu'Hermione pensait inimaginable. Drago Malefoy était orgueilleux, méprisant, arrogant,
prétentieux... Et apte à consoler une sang-de-bourbe, qui l'aurait cru ?!

Alors, cela tombait-il sous le sens qu'elle se sente plus à l'aise avec lui ? Il était humain, il
l'avait prouvé dans cette chambre où gisait le corps inerte de Neville, et cette découverte
étoffait son côté mystérieux. Malheureusement ou non, Hermione Granger était curieuse, et il
était facile de prévoir qu'elle allait être intriguée par cette complexe énigme qu'il formait à lui
seul.

Hormis tout cela, elle ne l'avouerait jamais, mais il avait du charme et, Merlin en était témoin,
cet impertinent savait en faire usage.

- "Qu'est-ce qui te fait sourire ?" Demanda soudainement Drago, ombrageux.

- "Rien." Mentit la née-moldue en portant distraitement son mug à ses lèvres.

Il haussa les épaules, faisant croire qu'il avait posé la question juste pour tuer le temps, puis
reposa sa tasse et se tourna vers elle.

- "Si je suis venu te voir, c'est aussi pour te demander de ne pas ébruiter cette histoire avec
Astoria." Déclara-t-il fermement.

- "J'en ai pas l'attention, mais... C'est donnant-donnant."

- "Je crois que j'ai assez donné de ma personne depuis qu'on bosse ensemble, non ?" Objecta-t-
il, les poings serrés.

- "Détends-toi. Je veux juste comprendre, justement pour éviter de gaffer." Temporisa la belle
en levant les yeux au ciel.

Le Serpentard s'affala sur le canapé, pensif. La première option était de refuser, sauf qu'il ne
pouvait pas se permettre de négocier avec cette tarée. Par conséquent, il devait réfléchir à un
moyen de lui expliquer la situation sans pour autant tomber dans la confidence à deux noises.

- "Cette charmante créature, nommée Astoria, est une jeune femme envers qui mon dégénéré
de père a jugé bon de m'engager afin de lier par les liens sacrés à la con du mariage sorcier
cette famille d'aristo' aux Malefoy. Je te passe les détails sur ô combien ma promise est
ravissante." Soupira le jeune homme, choisissant soigneusement chacun de ses mots.

La Gryffondor le toisa de ses grands yeux caramels, éberluée par ce qu'elle venait d'apprendre,
puis, sa curiosité reprenant le dessus, croisa étroitement les jambes et :

- "Ah... Les joies d'être un sang-pur de grande famille !".

- "Je te le fais pas dire..." Grommela le sorcier, boudeur.

- "Ton père est à Azkaban. D'ailleurs, il te doit ce petit séjour à l'ombre, alors pourquoi tu ne
romps tout simplement pas avec cette fille ?" Emit-t-elle, interloquée.

- "C'est pas si simple que tu le crois, laisse tomber. De toute façon, je lui rends bien à Astoria. Je
l'évite un maximum et tant que notre union n'a pas été prononcée, je me permets de la tromper
à tour de bras, quitte à parfois lui faire croire que je la trompe." Répondit-t-il, content de ses
infidélités.

Hermione déglutit péniblement, écœurée par le comportement révoltant de son ennemi. Il


n'était pas amoureux de cette jeune femme, soit, mais était-ce noble de l'humilier de la sorte ?
Malefoy était tout bonnement détestable ! Le jour où il tomberait sur une personne susceptible
de le dompter, il neigerait en Enfer !

"Je la trompe à tour de bras !", ces paroles résonnaient en échos dans l'esprit de la rouge et or
qui, sans trop savoir pourquoi, conclut que si il n'avait pas profité d'elle dans ce couloir l'autre
jour, ce n'était pas par amour pour sa petite-amie, mais bien parce qu'elle ne l'attirait pas, elle,
la sang-de-bourbe. Etrangement, cette constatation la vexa, réduisant à néant sa bonne
humeur déjà bien affectée.

- "En fait, Granger, personne n'est au courant de cette affaire, pas même mon entourage,
alors... Si jamais y a des fuites, je saurais que ça vient de toi, fais gaffe." L'avertit Drago en
croisant les bras derrière la tête, ses longues jambes repoussant le tapis oriental du salon.

- "Personne ? Oh, je suis flattée." Se réjouit faussement la Miss-je-sais-tout, une main contre
son cœur.

Il la gratifia d'un sourire ravageur et la sonda intensément, ses orbes devenues azuréennes
plongées dans celles ambrées de sa partenaire.

- "J'oubliais, Weasmoche est un con, écoute pas ce qu'il dit. Tu fais ce que t'as à faire. Certaines
personnes ne comprennent pas les choix qu'on peut faire, surtout ceux qu'on fait par dépit."
Confessa-t-il d'une voix doucereuse.

- "Je pense que chacun a ses raisons d'agir de telle ou telle façon. Je connais Ron et je sais qu'il
a besoin de temps." Contesta-t-elle, fidèle à son meilleur ami. "Mais... En parlant de choix faits
par dépit, parle-moi des tiens, on a pas pu finir notre petite conversation l'autre fois." Ajouta-t-
elle, intéressée.

Les lèvres du Serpentard s'arquèrent en une grimace désapprobatrice, mais l'entêtement de la


jolie brune était redoutable, alors il se redressa et se prit la tête entre les mains.

- "Tu sais, Granger, t'as eu ton lot d'emmerdes avant et pendant la Guerre. T'as choisi ton
camp, fait ce que t'avais à faire. T'as accompli de grandes choses... Bref, t'as été quasi-
irréprochable, un vrai petit soldat."

La jeune femme eut un rictus, se retenant de nier le fait qu'elle puisse être un pion, mais
préféra ne rien dire au risque de contrarier son confident.

- "Moi, j'en avais rien à foutre de ces conneries. Je voulais rien faire. Je voulais pas prendre
parti, j'avais qu'une envie : qu'on me lâche. Quand j'étais gamin, on m'a bourré le crâne avec
les doctrines racistes et tout l'attirail du parfait sang-pur, sauf qu'en grandissant, j'ai réalisé
que j'en avais rien à secouer de tout le monde. Rien à battre des hostilités dans le Monde
Sorcier, rien à cirer des petites querelles ou de la course à l'honneur que pouvait inspirer un
nom de famille."

Il marqua une pause comme pour s'assurer de l'attention de son auditoire, et fut consterné de
voir la surdouée pendue à ses lèvres, avide d'en savoir plus. Décidément, sa soif d'apprendre
était intarissable. Sacrée Granger !

- "Et puis voilà, ça donne le cliché du gars pommé, je-m’en-foutiste et blasé de tout, qui sait
plus trop où est sa place si ce n'est loin de tout ce merdier. Mon père me mettait la pression,
j'étais lâche, j'avais les foies, et, surtout, je pouvais pas abandonner ma mère, alors j'ai essayé
de répondre à leurs attentes. Lorsque mon père avait été envoyé à Azkaban, ça a anéanti ma
mère, du coup je me suis senti obligé de faire quelque chose pour elle. J'ai donc prêté serment à
Voldemort, et Bellatrix s'est fait une joie de me former..."

Sa voix se brisa en un silence apaisant, comme si chacune de ses confessions lui lacérait la
chair, ravivant cette douleur qu'il éprouvait encore aujourd'hui.

- "J'ai moi aussi été un bon petit soldat, Granger. J'ai obéi, j'ai joué le jeu, fait ce qu'on attendait
de moi... Heureusement que mon parrain était là, il avait su m'apporter le soutien nécessaire
pour surmonter cette putain de période. Je connaissais ses intentions, il m'en avait jamais
vraiment parlé, mais je sentais bien que lui aussi portait son fardeau, que son dévouement
était à double-tranchant. Puis y a eu ce jour, le jour où j'ai reçu la marque... A ce moment-là,
j'ai compris que si je ne réagissais pas, j'allais devenir un mouton bon pour l’abattoir, sacrifié
pour une cause dont j'avais rien à carrer. C'était le déclic, sans compter la nuit où vous vous
êtes faits choper toi et tes potes."

- "Tu n'avais rien dit... Tu n'avais pas dit que c'était Harry..." Murmura Hermione, tremblante
de la tête aux pieds.

- "Je te l'ai dit, ce que j'ai fait, je l'ai fait par dépit. J'étais dans le camp de personne. Tout ce qui
m'intéresse c'est de vivre en paix, point barre. J'aurais dit que c'était Potter, ça m'aurait encore
plus enfoncé dans cette merde, comme si je prouvais mon allégeance à Voldemort, et crois-
moi, c'était pas mon intention. La liberté, Granger, c'est d'appartenir à personne. A rien."
Acheva-t-il en se levant.

Il s'étira de tout son long, releva le col de sa chemise et prit son manteau.

- "Tu... Tu pars ?" Balbutia la maîtresse des lieux, légèrement déçue.

D'un sourire charmeur, le vert et argent revêtit son vêtement et épousseta son pantalon avant
de lui refaire face.

- "T'es chiante... J'avais juré de pas te parler de tout ça, et t'as quand même réussi à me faire
plier... Je vais devoir redoubler de prudence." Rit-il, sincère.

Elle hoqueta, abasourdie. Drago Malefoy se tenait là, dans son salon, après avoir bu le thé
avec elle, et, comble du reste, riait aux éclats.

- "Que veux-tu... On me résiste difficilement !" Se vanta-t-elle en se mettant debout.

- "Oh, attention Granger, je déteins sur toi !" Chaperonna-t-il, dédaigneux.


- "Tsss... Qui sait, y a peut-être quelque chose de bien à tirer de toi. De là, tout au fond de cette
chose qui te sert de cœur." Rétorqua-t-elle en posant sa main contre le torse du garçon.

Le temps semblait suspendu. Elle oublia presque de respirer tant elle était troublée par ce
qu'elle était entrain de faire. Tout contre sa paume, les battements réguliers de ce cœur qu'elle
pensait de pierre s'enchainaient, la faisant tressaillir à chacun d'eux. Ses doigts se plissèrent
doucement contre la chemise et, cette fois-ci, c'est Drago qui frémit, un frisson remontant le
long de son échine.

Paralysé, il se contentait de l'observer, analysant ses faits et gestes, attendant qu'elle s'éloigne
ou... Ou quoi ? Il ne saurait dire...

- "Tu... Tu m'as pas dit pour ton père. Pour... Pourquoi tu lui as fait ça ?" Bredouilla Hermione,
son regard rivé sur le cou du jeune homme.

- "Humpf... Parce qu'il est tout sauf un père ? Parce qu'il a foutu en l'air mon enfance ? Parce
que malgré toutes les chances qu'il a eu d'épargner ma famille, il n'a fait que se louper, tout
foirer ?" Enuméra ce dernier, amère.

"Parce qu'il a mêlé ma mère à cette histoire de serment inviolable ?", se retint-il d'étendre, sa
mâchoire crispée.

Soudain, une légère pression le ramena sur Terre et il baissa les yeux, se heurtant aux
prunelles noisettes de sa rivale. Elle avait agrippé sa chemise, ses phalanges blanchies tant elle
serrait le tissu.

- "T'avais tous les moyens d'en parler, de te libérer de lui. Dumbledore aurait pu t'aider !
Pourquoi tu ne l'as pas fait ?!" Protesta-t-elle, émue.

- "Parce qu'il restait malgré tout mon père et que, pour une fois dans ma chienne de vie, j'avais
cru en quelque chose. Cru que ça pouvait s'arranger, que je pouvais avoir une vie posée.
Aujourd'hui, tout ce qu'il a réussi à faire de moi, c'est un assoiffé de vengeance, dégoûté de la
vie et de lui. Si je tiens tant à ce job, c'est parce que ça va à l'encontre de tout ce qu'il m'a
appris, de tous ses principes, et que c'est un bon moyen de l'enfoncer." Trancha-t-il.

La lionne scruta son visage resté indéchiffrable, insondable, comme si rien ne pouvait
l'atteindre. Elle ne voyait pas les choses de la même façon et ne savait pas ce qu'elle aurait fait
à sa place, mais... Qui sait ? Peut-être que le Drago Malefoy devant elle était honnête, du moins
dans ses aveux, et que, bien qu'il contraste parfaitement avec celui qu'il avait laissé paraître
durant des années, elle avait envie d'y croire, de croire en lui en tant que partenaire.

- "Granger, cette chemise coûte plus chère que ton appartement et tout le bazar moldu que t'y
entasses." S'impatienta l'héritier, plus pour détendre l'atmosphère qu'autre chose.

Secouée, Hermione lâcha prise et bafouilla d'inaudibles excuses qu'il mit sur le compte de son
petit neurone défaillant perdu parmi ceux plus performants, puis se dirigea vers la sortie en
traînant des pieds.

- "On reprend le boulot demain, t'as intérêt à être d'attaque." Maugréa-t-il une fois dans le hall.

La sorcière le rejoignit en soupirant, exaspérée. Elle hocha machinalement la tête, puis glissa
une mèche de cheveux derrière son oreille.

- "Compte sur moi." Certifia-t-elle, un brin moqueuse.


- "Hey, d'ailleurs, sympa tes chaussons de gamine, ça contraste bien avec ton pyjama de grand-
mère !" S'esclaffa-t-il en pointant de l'index les pantoufles en forme de vache de sa collègue.

- "Tu... Tu... Oh ! Je suis chez moi ! J'ai le droit de porter ce que je veux !" Se révolta cette
dernière, furibonde.

- "Il est bientôt dix-sept heures, porter ces trucs-là à cette heure-ci, c'est criminel..." Garantit le
beau blond sur un ton docte.

- "C'est ça ! Et toi, la prochaine fois, attends que je t'invite avant de débarquer chez moi à
l'improviste !" Claqua la Gryffondor, piquante.

- "Mmmh... Ça veut dire que tu comptes m'inviter ?" Nota-t-il, un sourcil haussé.

- "La ferme ! Allez, dégage !" Le chassa-t-elle en ouvrant grand la porte.

Heureux de son petit effet, le sang-pur s'avança de quelques pas et s'arrêta à sa hauteur. Il
s'inclina vers elle, abreuvant ses sens de son parfum de jasmin qu'il ne put s'empêcher
d'inspirer.

- "Merci pour le thé, partenaire." Susurra-t-il, enjôleur.

Pour une fois, Hermione ne perdit pas le cap et, déterminée à ne pas le laisser jouer avec elle,
leva fièrement le menton et croisa les bras.

- "Tu me le rendras, t'en fais pas !"

Sans lui laisser le temps de répliquer, elle le mit dehors et, non sans lui faire un clin d’œil
complice, lui claqua la porte au nez.

Drago lui accorda cette victoire puis, ses batteries pleinement rechargées, mit les mains dans
ses poches et quitta l'immeuble pour transplaner dans une ruelle du quartier. Discuter
simplement avec Granger l'avait quelque peu soulagé, limité ses soucis. Il ne se serait jamais
cru capable d'avoir une conversation civilisé avec elle, vu son tempérament et le sien, mais
bon, il fallait croire que tout était possible.

End Notes:
Petit chapitre de mise au point que je me devais d'écrire. La suite
arrivera très vite, elle risque d'être mouvementée :o !

Merci d'avance à ceux qui prendront, peut-être, le temps de me


laisser une Review !
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[O.O]
/)__)
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Chapitre 6 : Une charmeuse de serpents by Divinity

Author's Notes:
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[O.O]
/)__)
-"--"-

Tout d'abord, merci, merci, merci à toutes les personnes qui ont
pris le temps de me laisser toutes ces Reviews ! C'est plus que ce
que j'espérais et ça me motive énormément !

A part ça, voici le sixième chapitre ! J'ai pris beaucoup de plaisir à


l'écrire, alors hésitez pas à me donner votre avis ! Bonne lecture !

Illustration du Chapitre 6 issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 6 : Une charmeuse de serpents OoO

Impossible, elle n'allait pas se montrer habillée de la sorte, si ?! Elle était ridicule dans cette
robe émeraude assortie aux couleurs de Serpentard, une vraie trahison envers les siens. Ce
n'était pourtant pas difficile à comprendre, elle avait demandé une tenue ample, discrète et
non moulante. Résultat ? Elle se retrouvait avec une robe de cocktail limite aigue-marine, si
près du corps qu'elle se demandait comment elle allait bien pouvoir respirer tout au long de
cette fichue soirée !

- "Ça me ressemble pas, bon sang ! Qu'est-ce qu'il leur prend au Ministère ?" Pesta-t-elle,
effarée par son reflet.

Kingsley et ses idées, ah non franchement, il en avait de bonnes parfois ! Saucissonner son
apprentie dans un bout de tissu... Hermione en arrivait à se demander si ce n'était pas puni
par la loi. D'un geste peu élégant, elle jeta un coup d’œil à son dos, son regard consterné rivé
sur le psyché. Merlin merci, ce truc était en satin plissé, cela limitait quelque peu les dégâts au
niveau de ses fesses.

Dans un soupir lourd de sens, elle alla enfiler ses chaussures à talons noires, puis, au moment
de boucler l'attache, un "Toc-toc..." retentit dans son minuscule appartement. Peu encline à
ouvrir dans cet attirail, elle attrapa une serviette et l'enroula autour de la pièce à conviction,
non sans jurer contre son supérieur -c'était au moins la dixième fois depuis ce matin-.

D'un mouvement de baguette précis, elle annula les enchantements de protection et ouvra la
porte, pincée. A la vue de son visiteur, son teint vira au blanc cadavérique : affublé d'une
chemise immaculée impeccablement repassée, d'un pantalon noir cintré orné d'une ceinture à
la boucle argentée, de souliers parfaitement cirés et d'un long manteau de... De Marquis ? Elle
ne saurait qualifier cette majestueuse cape aux épaulettes brodées et aux boutons assortis à
une broche d'or blanc en forme de serpent, épinglée contre un torse qu'elle devinait comme
étant finement musclé. Drago Malefoy avait beau être un crétin à ses heures perdues, il fallait
avouer qu'il avait toujours une classe folle.

- "Pfff... Pourquoi sur toi ça fait bien, ce genre de fringues ?!" S'offusqua la Gryffondor en
s'écartant pour le laisser entrer.

- "J'ai ça dans le sang, Granger ! Si y a bien une chose dont je suis fier, c'est bien mon allure !"
Se vanta le nouvel arrivant, le torse bombé.

Elle leva les yeux au ciel, exaspérée et, alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre sa chambre pour
trouver autre chose à mettre que cette robe moulante dans laquelle elle ressemblait à tout sauf
à une Milady, son collègue lui saisit le poignet, la faisant pivoter sur elle-même.

- "Tu pensais vraiment me faire croire que t'étais pas prête ? Toi, Hermione Granger, en retard
? Impossible..." Lâcha-t-il, blasé.

- "Faut croire qu'il y a un début à tout..."

- "Enlève cette serviette !" Coupa-t-il, persuadé du manège de la lionne.

- "Désolée, on arrivera jamais à ce stade. Tu peux remballer tes fantasmes !" Claqua cette
dernière avant de dégager son bras.

Faussement outré -surtout joueur-, Drago sortit sa baguette magique et d'une imperceptible
inclinaison de son arme, fit tomber la serviette de sa consœur, arrachant un cri strident à
celle-ci.

- "Mais t'es malade ?!" Hurla-t-elle, ses bras encerclés autour de sa taille, honteuse. "J'aurais
pu être nue, espèce de pervers ! Tu te rends compte de ce que tu fais au moins ?!"

- "Bah, au pire, j'aurais été choqué à vie !" Balaya le jeune homme. "Et puis, t'as pas de
bretelles, j'avoue que j'ai hésité, mais bon, c'était quitte ou double, et apparemment, j'ai misé
juste !"

- "T'es qu'un mufle ! Un dégénéré du ciboulot ! Un crétin ! Un avorton de la pire espèce !"
Fulmina de plus belle la rouge et or, sa gêne frôlant le paroxysme.

- "Allez, laisse-moi voir ! Ça doit pas être aussi catastrophique que ça en a l'air, si ?" Materna-
t-il en s'avançant vers elle d'un pas peu sûr.

Luttant contre le picotement de ses joues en feu, elle se contenta de grimacer, la gorge serrée
et l'estomac noué. Un frisson remonta de ses orteils, invitant la chair de poule à prendre
possession de sa peau dénudée. Malefoy venait de doucement lui desserrer les bras, brisant au
passage le peu de volonté qui lui restait.

Résignée et troublée par l'atmosphère devenue étouffante, elle baissa la tête et fixa le plancher,
accordant le loisir à son ennemi de la juger sous tous ses angles. Après tout, elle ne pouvait se
cacher éternellement.

Un silence de plomb prit place entre eux, renforçant l'air devenu irrespirable. Puis la surdouée
rassembla tout son courage et daigna lever les yeux vers son interlocuteur tant elle était
incommodée par ce qu'il faisait, planté là à la décortiquer de ses orbes métalliques.

En effet, le vert et argent analysait chaque détail, impassible, prêt à tout pour faire ruminer sa
rivale. A vrai dire, son flegme était un atout de taille, surtout dans les moments pareils. Il
arrivait à contrôler l'expression de ses traits sans jamais laisser paraître ne serait-ce qu'un
semblant d'émotion -contrairement à une certaine brunette-.

Prisonnière de sa robe émeraude chatoyante, Granger dégageait un charme dont il la pensait


dépourvue. Son habituelle tignasse avait été domptée -en combien d'heures, telle était la
question-. A présent plus souples et légers, ses cheveux miels étaient négligemment relevés et
reflétaient la lumière du hall d'entrée, laissant quartier libre à quelques boucles ci et là. Aussi
étonnant que cala puisse paraître, elle avait pris la peine de se maquiller légèrement. Ses
paupières étaient plus sombres, accentuées par un trait d'eye-liner rigoureusement tracé,
signe que le perfectionnisme de la Miss-je-sais-tout n'épargnait aucun domaine. Intrigué mais
poursuivant malgré tout son périple, il se heurta à ses lèvres habillées d'un rouge carmin,
contrastant avec la couleur de Salazar et mettant en valeur son teint nacré. Il sonda son
visage angélique une poignée de secondes, comme pour graver à jamais cette image d'elle,
assurant intérieurement que c'était uniquement pour se convaincre qu'il était possible de la
voir coquette et soignée.

Cela dit, avide d'en voir plus -histoire de concrétiser sa théorie, rien de plus !-, il fit courir ses
prunelles tempêtes le long de son cou appétissant, envoyant des décharges électriques à
l'intello' qui, victime de ce cirque, s'était paralysée sur place, incapable de lui échapper.
Impuissante, elle se mordit la lèvre inférieure, mal à l'aise et peu disposée à endosser le rôle de
la bête de foire dans son propre couloir.

L'héritier ignora superbement l'embarras de sa victime et eut un sourire en coin en apercevant


l'inespéré : un ravissant décolleté souligné par un chanceux bustier, gardien d'une poitrine
raisonnable. Un rictus lui échappa lorsqu'il vit le pendentif en argent niché entre ses seins, un
vif d'or en or blanc. Sans doute un cadeau de Potter ? Certainement... Puis vint une taille fine
insoupçonnée tant il l'avait vue dissimulée sous un amas de vêtements larges et miteux. Plus
ça allait et plus il dut admettre qu'il lui était difficile de rester de marbre face à ce qui s'offrait
à lui, attisant ses sens et surtout son instinct de chasse.

Déterminé à aller jusqu'au bout tout en conservant sa froideur légendaire, il ne put qu'adhérer
à la forme prononcée de ses hanches, puis, inévitablement, il finit par rencontrer ses jambes
longues et fuselées. A cet instant précis, il maudit Blaise de lui avoir fait remarquer à quel
point elles étaient belles. Galbées dans des bas quasi-invisibles, allongées par une paire de
talons aiguilles qui donnait une certaine prestance à leur propriétaire. Tout bonnement
exquises.

Elancée, fatale à tous ceux qui ne connaissaient pas son caractère de Scrout, la Gryffondor
s'était révélée sous un nouveau jour, faisant ravaler ses préjugés au Serpentard.
Malheureusement, il savait pertinemment combien elle était agaçante, chieuse et barbante -
oui, soyons francs, l'étalage de ses théories sur la sauvegarde du milieu des créatures
magiques était rasoir à souhait !-. Mais elle ne perdit tout de même pas de son éclat, car, ce
soir, il lui devait bien cet aveu :

- "Le rat de bibliothèque s'est métamorphosé en... Non, en fait, rien." Se ravisa-t-il, faisant
soupirer sa camarade.

- "Vas-y, crache ta méchanceté !" Anticipa-t-elle, les poings sur les hanches.

- "Inutile de me provoquer, Granger. Je te ferai pas de compliments, tu peux te gratter !"


Trancha le garçon, suffisant.

Non, il ne fallait pas céder, c'était indigne de lui ! Et puis, flatter l'égo de la belle n'était pas
dans ses habitudes. Il devait garder le cap, bien que ce fut presque pénible pour lui de contenir
son côté séducteur confirmé. Ce n'était pas n'importe qui en face de lui, mais Granger,
Hermione Granger, l'héroïne de Guerre, meilleure amie de l'Elu, pseudo-copine de la belette -le
pauvre ?-, défenseure des opprimés au blabla interminable et... Et aux grands yeux noisettes...
Aux jambes pécheresses... Foutue elle ! Qu'elle aille renfiler ses vêtements de grand-mère, ça lui
rendrait service !

- "Oh, je vois, môsieur se retient de critiquer ? C'est nouveau, ça !" Railla la jeune femme,
sarcastique.

- "Je déteins vraiment sur toi... C'est affligeant !" Renvoya-t-il, amusé.

- "N'exagérons rien, j'ai toujours été..."

- "Piquante avec moi ? Sache que c'est pour mon plus grand plaisir, ma chère." Compléta le
serpent en passant lascivement une main dans ses cheveux savamment décoiffés.

- "C'est ça, conforte-toi dans tes fantasmes, idiot..." Souffla-t-elle avant de faire volte-face. "Je
vais chercher mon manteau et je suis prête."

- "Oublie pas qu'on doit se lancer le sortilège de dissimulation physique. T'as bien retenu la
formule de Shacklebolt ? J'ai pas envie que tu te foires, tu risquerais d'abîmer mon joli minois."
Clama-t-il le plus sérieusement du monde.

- "Ce serait tellement dommage de gâcher la seule chose qui arrive à masquer la noirceur de
ton âme !" Répliqua l'interpelée en riant aux éclats.

- "Tout à fait, je te le fais pas dire ! Sinon comment je ferais pour t'amadouer, hein ?" Approuva
le blond, adossé contre le mur.

- "J'essayerai de pas me louper, mon beau." Le rassura-t-elle avant de réapparaître dans


l'entrée.

- "A toi l'honneur !" L'incita-t-il, crispé.

Appliquée, Hermione agita sa baguette et prononça l'incantation apprise la veille en cours de


sortilèges. Ce sort avait pour but d'occulter l'apparence d'une personne et de renvoyer une tout
autre identité aux autres. C'était une idée du Ministre qui, prudent, avait proposé cette
alternative au Polynectar, étant donné que la potion avait une durée plus courte que
l'envoûtement et qu'il serait peu discret de devoir en reprendre une gorgée toutes les heures.

- "Tu peux ouvrir les yeux, crétin, t'es pas mort !" Se moqua la sorcière, narquoise.

Renfrogné, le jeune Auror se tourna vers le miroir accroché à côté de lui et fit une moue
dégoûtée.

- "Sérieux... Troquer ma gueule d'ange contre cette tronche de cake, faut vraiment être un
débile ! Putain de job..." Grommela-t-il en touchant sa peau devenue hâlée et son nez élargie,
sans compter ses yeux d'un vert vomitif.

- "Les autres te verront sous cette forme et les miroirs te renverront le reflet du sortilège, c'est
pas mal comme combine ! Si j'avais pris conscience de ce sort avant, ça m'aurait évité des
marmites de Polynectar et des heures de travail acharné !" Rouspéta la rouge et or en croisant
les bras sur sa poitrine.

- "Hermione Granger qui se plaint de travailler ? C'est la fin du Monde, c'est ça ?"


- "C'est ça, fais de l'humour ! En attendant, faudra t'y faire parce que je suis la seule à te voir
tel que tu es, c'est pas super ?" Contre-attaqua la réputée bûcheuse.

- "Chanceuse !" Frima le Prince des Serpentards en lui faisant un clin d’œil dévastateur auquel
elle ne répondit que par un haussement d'épaules indifférent.

- "Allez, à mon tour ! Active-toi un peu !" Ordonna-t-elle, raide comme un piquet.

Non sans marmonner qu'il avait raison et qu'elle se retenait de reconnaître sa chance inouïe, il
l'imita, appliquant le même enchantement sur elle. Dubitatif, il la toisa brièvement et...

- "Bah... T'as pas changé. Je me suis foiré ?"

- "Abruti ! Je t'ai dit que le lanceur du sort pouvait toujours voir la véritable identité de celui
sur qui il lance le sortilège ! T'es sourd ou tu le fais exprès ?!" Rugit Hermione, les sourcils
froncés.

- "Euh... Je le fais exprès !" Mentit-t-il, préférant cette option que de se farcir les remontrances
de l'écervelée qui lui servait de partenaire.

- "Mmmh... Bon, ça va, ça ira pour la soirée." Commenta-t-elle en contemplant sa nouvelle


enveloppe charnelle dans la glace.

Son visage s'était arrondi, sa bouche était plus pulpeuse, ses yeux étirés en amande, son teint
plus pâle qu'à l'ordinaire et, bien sûr, ses cheveux n'avaient plus rien de sauvage, lissés et
coiffés en un chignon strict identique à celui de McGonagall.

- "On y va ?" S'enquit distraitement le sang-pur derrière elle.

- "Ou... Oui... J'espère que ça se passera bien." Chuchota-t-elle, soudain inquiète.

- "C'est qu'une soirée mondaine à la con. Y aura du gratin, mais tu arriveras bien à t'intégrer
dans une foule de sang-purs snobs, non ?" La défia indirectement son collègue, confiant.

- "Arrête, rien que d'y penser, j'ai la nausée !" Réfuta la née-moldue, écœurée.

En une fraction de seconde, un parfum familier de verveine emplit tout son être, alertant les
incontrôlables vagues de chaleur qui remontaient déjà de ses entrailles, la rabaissant plus bas
que Terre tant l'insupportable domination du vert et argent la ratatinait.

Il s'était penché sur elle, à trois centimètres de son cou lâchement exposé, tout en prenant soin
de ne pas regarder le reflet ensorcelé de sa proie. Inconsciemment, elle ferma les yeux,
étrangement détendue et effrayée à la fois, redoutant ce qu'il allait dire ou faire.

- "T'en fais pas, j'ai déjà fréquenté ce genre de soirées. T'as qu'à rester près de moi et, surtout,
nous fait pas remarquer." Murmura-t-il sur le ton de la confidence.

L'érudite opina sagement du chef, portée par cette effluve si particulière, la respiration
soudain hachée. Elle mit son état sur le compte de la mission qui les attendait -quelle mauvaise
foi !-, et se rappela les conseils de Kingsley, histoire d'occuper son esprit embué.

Ce dernier avait réussi à leur avoir des passes -et identités- pour un gala organisé chez un
certain Begins, un riche homme d'affaire sang-pur qui s'était lancé dans la fabrication de
chaudrons "nouvelle génération". D'après les informations rapportées par Harry lors d'une de
ses missions à l'étranger, il y aurait à cette soirée un supposé suspect ou du moins une
personne qu'ils se devaient d'interroger. Seulement, Hermione ne savait pas de qui il s'agissait,
seul Drago était au courant puisqu'il avait reçu le tuyau alors qu'elle était prise par un rapport
sur l'instauration d'une hiérarchie chez les centaures. Evidemment, le blond ne voulait pas lui
communiquer le renseignement, entraînant de ce fait des joutes verbales aussi distrayantes
que lassantes.

- "T'es sûr que tu sauras le reconnaître, hein ? Je n'ai pas envie de me rétamer, c'est ma
première mission !" Insista la lionne, excédée.

Malefoy s'écarta d'elle, braqué : naturellement qu'il allait reconnaître ce fils de... Cette pensée
fit furieusement battre le sang à ses tempes. Les muscles contractés, il serra les dents, puis
attrapa rageusement le bras de son ennemie et l'attira vers la sortie. C'était l'heure, assez
bavardé !

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Une grande salle, immense, aux lustres de cristal gigantesques. Une musique douce jouée par
un orchestre de musiciens sorciers célèbres. Des serveurs -plus classes que des elfes de
maison-, sans doute sang-mêlés selon Hermione, faisaient le tour des invités, un plateau
d'argent à la main, servant des coupes de champagne ou de vin des Hauts Elfes. C'était
démesuré, exagéré, sans saveur, tout à l'image des personnes présentes : inintéressantes,
xénophiles et salement sang-purs.

- "Ça te fait quoi d'être dans ton élément, Malefoy ?" dit-elle à voix basse, mauvaise.

- "Comme un poisson dans l'eau... Allez viens, et garde la tête haute !" Commanda le jeune
homme en lui tendant galamment le bras.

Elle hésita, sceptique, puis, pressée par le regard lourd de reproches de son compagnon, finit
par accepter et se dirigèrent tous deux vers une table isolée.

Heureusement, il y avait trop de monde pour que l'hôte ne vienne les embêter -Merlin merci !-.
Après vérification de leur identité, ils purent librement entrer dans la demeure de Begins. Le
Serpentard ne manqua pas d'enfoncer le couteau en démontrant à sa consœur que les
précautions magiques étaient nécessaires -s'appuyant sur le fait que celles prises par les
organisateurs de cette soirée étaient "Nulles à chier !"-, et qu'elle devait en prendre note pour
dresser une barrière d'identification magique autour de son appartement.

Piquée au vif mais néanmoins amusée, la jeune femme prit place sur une chaise et s'accouda à
la table, déjà lassée d'être ici. D'un geste brusque, son partenaire lui tapa l'épaule, la faisant
sursauter.

- "Tiens-toi droite, bon sang ! T'es censée être une aristo' !" Gronda-t-il, fatigué.

- "Ça te va comme ça ?!" S'emporta à moitié la sorcière en se redressant, rigide.


Elle prit une mine sévère et croisa étroitement les jambes, sa robe émeraude remontant
dangereusement sur ses cuisses.

- "Je fais assez pétasse sang-pur ?" Ajouta-t-elle, austère.

- "Tu fais chier, Granger. Merde, voilà ! Merde !" Explosa son improvisé professeur de bonnes
manières.

- "Surveille ton langage, très cher." Raisonna-t-elle, doucereuse.

Elle aurait juré avoir vu ses lèvres frémirent, prêtes à lui accorder un sourire sincère, mais
c'était peu connaître le garçon qui, décidé à ne pas rentrer dans son jeu -minable d'après lui-,
balaya la salle circulaire de ses yeux tempêtes. Aucun signe de l'autre raclure, quand allait-il
se montrer ? Et s'il ne venait pas ? Comment allait-il réagir face à lui ? Oh, il avait une idée
bien précise de comment saluer cette vermine...

- "Il est là ?" Questionna Hermione, rendossant son rôle d'Auror.

- "Non... Pas encore." Expira-t-il, perdu dans ses pensées.

Ils restèrent silencieux, attablés comme deux idiots à côté d'une fenêtre aux carreaux aussi
propres qu'un sou neuf. Obnubilée par le reflet que lui renvoyait la vitre, la Gryffondor divagua
à son tour dans ses songes. Elle n'était pas très à l'aise, ici, entourée de tous ces hypocrites et
qui plus est avec Malefoy. Ce n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient seuls, sauf que
là, ils étaient non seulement seuls, mais aussi confrontés à une mission officielle du
Département des Aurors, encerclés par un troupeau de sang-purs aussi méprisables que leurs
grands airs.

Cependant, elle admit secrètement que la présence de l'héritier l'aidait grandement à


conserver son calme. Encore une fois, c'était paradoxal avec tout ce qu'elle avait ressenti ces
derniers temps. Foutu Kingsley qui les avait obligés à travailler ensemble ! Depuis qu'ils
formaient leur duo infernal, elle avait redécouvert son confrère, réalisant que la haine et la
rancœur étaient autant à sa portée qu'à celle du serpent. Mais... N'était-elle pas loyale, juste et
débordante de bonté malgré son comportement venimeux envers lui ? Et donc, serait-il
possible que la colère et l'aigreur du Serpentard cache, comme pour elle, une toute autre
nature ? Après tout, tout le monde était capable du mal, ce qu'il fallait, c'était creuser et
dénicher ce qui se cachait tout au fond, enseveli sous une myriade de faux-semblants.

De son côté, les nerfs à vif, Drago déboutonna quelque peu sa chemise avant de relever son col.
Attentif à ce qui se passait autour de lui, il essayait tout de même de ne pas cogiter sur sa
mission et ne trouva rien de mieux que de se lever, puis d'enlever son long manteau vénitien.
Consciencieusement, il retroussa ses manches jusqu'aux coudes et, voyant les regards
suggestifs que lui lançait une demoiselle non loin de là, haussa le menton. Sous sa vrai forme,
il aurait déjà ameuté la totalité de la gente féminine, il n'avait que faire d'une bourgeoise au
physique potable. Cette dernière, vexée, retourna à ses occupations, accordant au Prince des
Serpentards une victoire écrasante.

Trop accaparée par ses raisonnements sans queue ni tête, Hermione ne prit pas garde lorsque
son ennemi vint se poster à ses côtés, debout, frustré de la voir plus intéressée par la fenêtre
que lui. Il s'approcha encore plus, mitigé entre le fait de la secouer violemment ou de l'accabler
d'une de ses répliques acérées.

Il n'eut pas le temps de choisir qu'elle bondit sur sa chaise, effarée de voir le reflet du sorcier
derrière le sien. Son pouls s'accéléra, rendant son souffle irrégulier.
- "Qu... Quoi ? Il... Il est arrivé ?" Balbutia-t-elle, horrifiée.

- "Viens danser." Répondit-t-il simplement en lui tendant la main.

Sonnée, elle le considéra du regard durant ce qui semblait être une éternité : danser ? Elle ?
Avec lui ?

- "C'est une blague ?" Rejeta-t-elle, ulcérée.

- "Je m'emmerde à poiroter, ça me fait tergiverser pour rien. J'ai besoin de me distraire. Viens
danser." Réitéra-t-il, cette fois-ci en s'inclinant légèrement.

La rouge et or cligna des yeux, estomaquée de le voir s'obstiner. Il était têtu, certes, mais par
pour qu'elle accepte une danse... Lui avait-on jeté un sort ?

- "Pourquoi tu vas pas demander à une autre ? C'est pas ce qui manque, les filles ! Tiens,
regarde, je crois que t'as une touche avec la blonde là-bas." Persista-t-elle en désignant du
menton la sang-pur qu'il avait tantôt rabrouée.

- "Parce que t'es la seule ici à voir mon vrai visage." Lâcha-t-il sans ciller.

- "C'est perfide comme argument !"

- "Mais il te convient parfaitement. Viens danser..."

Sa voix était devenue plus douce, agréable, et sa main échappa à son contrôle, allant se mêler
à la sienne. Satisfait d'avoir obtenu ce qu'il voulait, il la tira docilement, l'entrainant sur la
piste de danse.

- "Attends mais... Cette musique... C'est... C'est du..."

- "Tango, tout à fait !" L'interrompit son cavalier, fier de l'avoir piégée car, à présent, elle ne
pouvait plus reculer.

Il lui enserra fermement la taille, sa main droite ancrée sur sa hanche tandis que de l'autre il
s'emparait de la sienne. Elle allait s'en sortir à merveille, il n'en doutait pas. Sa peau hivernale
s’électrisa au contact de la sienne, chaude et réconfortante, ameutant ses vilaines voix dans sa
tête qui ne cessaient de le pervertir un peu plus chaque jour depuis... Depuis ce jour à
Poudlard.

- "Laisse-moi te guider." Susurra-t-il à l'oreille de sa compagne, ses doigts exerçant une légère
pression sur son bassin.

Abandonnée, peut-être encore sous le choc, elle le suivit dans un premier pas de danse latéral,
poursuivant ensuite avec un autre plus prononcé au niveau du jeu de jambes. Son cœur battait
la chamade, elle se sentait littéralement grotesque, cloitrée dans les bras de son rival qui
n'arrêtait pas de la fixer.

- "Miss Granger va-t-elle recevoir sa première mauvaise note pour ne pas exceller dans une
matière ?" La provoqua ce dernier en la faisant pivoter avant de replacer sa main sur
l’omoplate de sa cavalière.

Cette petite pique la fit tressaillir : cet imbécile osait l'humilier en public ? Et qui plus est en
pleine mission ? Par Merlin, il allait voir de quel bois elle se chauffait !
- "Ferme-là !" Intima-t-elle, autoritaire.

Lui arrachant l'occasion de rétorquer, elle se détendit, relâchant son corps limite douloureux
tant elle s'était crispée, puis, armée de son courage sans faille -et sa hargne, il fallait le dire-,
colla complètement sa poitrine contre le torse de l’inopportun.

- "Je pensais qu'on devait pas se faire remarquer, mais bon, tu l'auras voulu !" Evoqua-t-elle,
taquine.

En guise de réponse, Drago lâcha sa main et sortit sa baguette.

- "On veut peu de choses, Granger..." Cita-t-il, lui remémorant ce qu'il lui avait dit l'autre jour
pendant la préparation de leurs mixtures.

Sur ces mots, il fit apparaître une rose rouge sang à la tige dénuée d'épines, rangea son arme à
sa place et glissa la fleur entre ses dents, lançant ainsi les hostilités.

- "Crétin..." Ronchonna la jeune femme qui, désespérée mais charmée, lui reprit la main et
entama un nouveau pas de danse qu'elle mena à merveille.

Surpris par ses talents cachés, Malefoy lui accorda l'honneur de le guider, emballé par la
rigueur dont elle faisait preuve. Il la reconnaissait bien là : quelle danse était plus adaptée à
elle, hein ? Aucune... Précis, discipliné, sensuel... Le tango lui était prédestiné. Surtout avec ces
satanées jambes que Blaise n'arrêtait pas de complimenter !

Il sentit soudain une agréable décharge remonter de son bas-ventre, abreuvant ses veines d'un
plaisir à la lisière du malsain. Hermione fit glisser sa jambe entre les siennes avant de la
fléchir, effleurant timidement l'héritier qui, revigoré par cette provocation, lui saisit la cuisse,
possessif, et la plaqua contre lui.

Dire que ses reins s'étaient enflammés serait un euphémisme, car la belle mit tout en œuvre
pour ne pas rougir, priant pour que le brasier attisé par ce démon épargne ses nerfs déjà
saturés. Mais Merlin était joueur puisque, à peine eut-elle passé un bras autour du cou de son
partenaire, qu'il l'inclina doucement en arrière, l'obligeant à soulever encore plus sa jambe
prisonnière autour de lui.

Prenant l'avantage de leur petit duel, il lui maintint le dos d'une main, puis, enjôleur, cajola
son nez du sien, savourant ce souffle discontinu contre sa bouche. Pour la énième fois, la
brunette nota le changement de couleur de ses prunelles, passées du gris à l'azuréen, puis,
refusant de perdre ce duel, plia sa jambe valide, appuya son pied contre l'intimité du sang-pur,
et le fit reculer de quelques pas.

Ravie de se remettre en course, elle lui caressa tendrement le bras droit, l'incitant à libérer sa
jambe. Boudeur, il s'exécuta et, sans trop savoir comment, sentit sa proie lui échapper. Il
haussa un sourcil, désabusé, mais fut très vite rassuré de la sentir à nouveau contre lui.

Provocatrice, cette dernière s'était habilement retournée, offrant une vue imprenable sur sa
nuque à son collègue. Elle se réprimanderait sûrement plus tard pour cette folie, mais tant pis,
elle devait gagner ! Divine, elle ondula du bassin, excitant pour de bon l'instinct animal du Don
Juan.

Des milliers de papillons s'envolèrent du creux de ses reins, telle une victime des montagnes
russes. Tantôt un sursaut indescriptible, tantôt une rafale de plaisir, le tout consumant sans
vergogne ses défenses qui, petit à petit, cédaient sous l'emprise du beau blond, surtout lorsqu'il
ancra ses mains de part et d'autre de ses hanches avant de les engager dans un ultime
affrontement.

Leurs corps ne faisaient qu'un, leurs ombres dansaient au rythme de leur escarmouche
sensuelle et dangereuse. Hermione réussit à suivre le tempo, luttant avec acharnement pour
ne pas succomber aux innombrables frôlements auxquels s'adonnait leur couple improbable.

Sans crier gare, Drago lui bloqua le pied avec le sien, contraignant la lionne à se laisser aller
dans ses bras. Se contentant de la tenir d'une main, il s'empara de la rose, puis, insolent, la fit
remonter de son mollet jusqu'à sa cuisse, lentement, une affreuse lenteur qui fit gémir sa
friandise de façon imperceptible.

Les pétales frais lui firent le même effet que la peau glaciale de son adversaire. Elle perdit tout
repère, oublia la raison pour laquelle elle se trouvait ici, et, se promettant de se sermonner
plus tard, planta ses opales scintillantes dans celles bleutées de son bourreau.

- "Tu triches..." Accusa-t-elle, faussement offensée.

- "Désolé, c'est dans ma nature." S'excusa le coupable, plus déloyal que jamais.

Précautionneusement, il se pencha sur le visage mutin de sa cavalière, fit descendre la fleur


pourpre entre ses seins, puis, atteignant son bas-ventre, la remit entre ses dents et accomplit le
même parcours une nouvelle fois. Fébrile, elle tremblotait contre lui, redoutant sans doute la
suite des évènements.

Porté par une étrange sensation inquiétante et salvatrice, Malefoy s'arrêta à quelques
millimètres d'elle, puis, n'y tenant plus, colla son front contre le sien, ses lèvres à la frontière
des siennes. Kingsley les tuerait s'il les voyait, mais ils s'en fichaient éperdument, car tout ce
qui comptait, c'était le dénouement de leur bêtise.

Egarée dans un brouillard où tout n'était que Drago Malefoy, Hermione entrouvrit les lèvres,
hypnotisée par ces deux perles célestes qui l'observaient avec émerveillement. Réactif, le jeune
homme retira adroitement la rose d'entre ses dents, oubliant carrément ce qu'il voulait en
faire et, au lieu de ça, se fia aux étincelles qu'il lisait dans les yeux de la Gryffondor. Aimanté
par leur pétillement, il la releva fougueusement et, furieux de se faire prendre à son propre jeu,
s'empara avidement de ses lèvres tentatrices.

Hermione fondit comme neige au soleil, soulagée de sentir toute la tension s'envoler,
emportant avec elle le peu de raison qui lui restait. Ne répondant plus de rien, elle agrippa la
chemise de son malfaiteur et se lova dans ses bras solides. Un barrage venait de céder, noyant
toute sa crédibilité, tous ses principes, mais que pouvait-elle bien y faire, maintenant ?

Gourmand, le Serpentard suçota, goûta, respira, embrassa ses lèvres, allant même jusqu'à la
mordiller, exprimant ainsi sa rage de ne pas avoir su contenir ses pulsions. Une torture... Une
torture qu'elle partageait avec lui, il en était certain, le ressentait dans chacun de ses assauts,
dans ce baiser interdit qu'elle lui autorisait.

Pas le temps pour les questions, ils allaient repousser leur affrontement, lâches et feignant
l'indifférence, car, pour l'instant, ils n'avaient qu'une envie : se déchainer autrement qu'à coup
d'insultes ou moqueries, s'en était subitement vital. Ils avaient besoin d'user d'autres armes...

Alors qu'il prenait le visage de la jolie brune en coupe pour mieux l'embrasser, un tonnerre
d'applaudissements résonna dans la grande salle, les foudroyant sur place. La mission... Le
suspect... Les gens... PAR MERLIN !

Perspicace, Drago fut le premier à s'éloigner et, mécontent, gratifia l'assemblée -témoin et
dorénavant fan de leur petite démonstration- d'un regard assassin. La rouge et or, quant à
elle, hoqueta, gênée au plus haut point, allant même jusqu'à se demander si elle réussirait à
sortir après ça.

Des sifflements d'admiration et des "Bravo !" les acclamèrent, au plus grand dam du vert et
argent qui, gagné par sa redoutable mauvaise humeur, attrapa sa camarade par le bras et
l'entraîna de force vers leur table.

- "Tu vois ce que ça fait de... De... De faire n'importe quoi pendant une mission ?! On a l'air de
quoi maintenant ?!" Se rebiqua la sorcière une fois assise, essoufflée.

- "Oh, pitié ! J'étais pas tout seul à jouer, alors garde tes discours de vierge effarouchée !"
Claqua-t-il en levant les yeux au ciel.

- "Qu... Quoi ?! Oh ! Mais t'es pas croyable ! Jouer ? Jouer ?!" Répéta-t-elle, omettant qu'elle-
même pensait jouer, mais c'était plus une excuse qu'autre chose, inutile de se leurrer.

- "Oui, Granger, j-o-u-e-r." Articula-t-il, impassible.

Si l'érudite était honnête envers elle-même, ce n'était pas du tout le cas du garçon. Il affirmait
ouvertement avoir joué parce que ce serait dégradant d'avouer qu'il s'était perdu en chemin,
happé par son piège. Il ne jouait plus depuis la seconde où elle était entrée dans la danse avec
lui, lui accordant de ce fait une certaine forme de confiance.

- "Bon, tu sais quoi ? J'ai... J'ai pas envie d'en parler, on va faire notre boulot et se tirer d'ici."
Reprit-t-elle, à bout de nerfs.

- "Parfait ! T'es enfin lucide !" S'esclaffa son interlocuteur, satisfait.

Un silence pesant suivit leur dispute, insoutenable et inconfortable. Elle s'était replongée dans
ses pensées, peu disposée à croire ce qui venait de se passer il y a de ça dix minutes. Il fallait
trouver une solution, un moyen de... De résister ? N'importe quoi ! La seule chose à faire était
de se préserver de cet énergumène. Lui-même avait dit qu'il déteignait sur elle, c'était un signe.

- "Toute façon, ça change rien... J'ai gagné." Soupira Drago en repoussant sa chaise dans un
raclement désagréable.

- "Je te l'ai dit... Je te fais de l'effet." Assura-t-il, impertinent.

Doucement, il glissa la rose dans le décolleté de la perdante. Cette dernière, bouche bée, jura
intérieurement, outrée de se faire prendre pour une moins que rien.

- "Dès demain, je demande à changer de partenaire." Annonça-t-elle en retirant la fleur d'entre


ses seins.

- "Quoi ? Tu sais bien que si c'était possible, je l'aurais déjà fait !" Rétorqua sèchement l'héritier
déchu.

- "C'est ce qu'on verra, parce que je suis pas du genre à accep..."

D'un geste rapide, il plaqua sa paume contre sa bouche, la réduisant au silence.

- "Tais-toi, c'est pas le moment ! Notre invité vient d'entrer en scène." Dit-il, tout à coup
désintéressé par les menaces de sa collègue.
Muette, elle suivit son regard et fit un "Humpf, humpf, humpf !" inaudible. Le suspect lui
rappelait quelqu'un... Mais qui ?

End Notes:
Bon, je prie pour que ça vous ait plu :o ! A bientôt pour la suite (qui
se fera un peu attendre vu que je reprends les cours bientôt !).

Merci si jamais certains me laissent des Reviews !


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Chapitre 7 : Un substitut à l'héritier by Divinity

Author's Notes:
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[O.O]
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Désolée pour cette attente... J'espère que certains sont encore là


pour me suivre :s et que vous allez apprécier cette suite ! Bonne
lecture et encore merci pour toutes vos Reviews !

Illustration du Chapitre 7 issue du blog de Gabryella : Par ici !

OoO Chapitre 7 : Un substitut à l'héritier OoO

Grand, des cheveux chocolats parsemant un visage aux traits fins et réguliers. Un sourire
hypocrite -sans l'ombre d'un doute-, une peau légèrement bronzée. Et un regard qui faisait
froid dans le dos auquel Hermione ne répondit que par une grimace gênée. Le sang-pur en
question discutait avec l'hôte de la soirée, entouré d'une horde de sorcières pendues à ses
lèvres.

- "Reste ici." Dit Malefoy, catégorique.

- "Quoi ? Non !" S'exclama-t-elle en lui attrapant le bras.

- "Tu nous as assez fait remarquer, tu crois pas ? J'y vais seul." Réitéra-t-il sans pour autant se
dégager.

- "On forme une équipe !" Insista la jeune femme, les sourcils froncés d'incompréhension.

- "Je croyais que tu voulais plus être ma coéquipière, faudrait savoir !"

Elle lâcha prise, ravala sa réplique, frustrée, puis hocha nerveusement la tête et jeta un œil au
suspect.

- "Ce soir, on est encore partenaires, alors je viens avec toi. Ça pourrait être dangereux !" Le
résonna-t-elle en vain.

- "Pfff... T'es en train de me dire que tu t'inquiètes pour moi ?" Fit-il mine de s'étonner.

- "Espèce d'abruti ! Tu vas tout gâcher si t'y vas seul ! Bon sang, tu te prends pour qui à..."

- "Reste à couvert, je reviens vite." Trancha le Serpentard qui, lassé de ses jérémiades,
l'abandonna à leur table.
Elle le suivit du regard, choquée de s'être faite rabrouée de la sorte. Cette comédie avait assez
duré, demain, par Merlin, elle allait mettre Kingsley au pied du mur, tant pis ! C'était une
chose d'être forcée de travailler avec une personne insupportable, mais s'en était une autre de
se farcir un être aussi invivable que Malefoy. Elle ne comptait plus les fois où il l'avait
malmenée, déçue ou révulsée. N'était-elle pas une Gryffondor ? Farouche, courageuse et... Et
bête comme ses pieds vu qu'elle obéissait à un fichu vert et argent. Un sentiment de frustration
remonta dans sa gorge, ravivant dans la foulée le dégoût et la honte éprouvés quelques
secondes après le fameux baiser. Un cauchemar, un pur cauchemar dans lequel Drago Malefoy
tenait le premier rôle et où Hermione Granger avait le profil idéal de la victime lâchement
abandonnée à son bourreau.

Les joues en feu, la surdouée se redressa sur sa chaise, puis, déterminée à se focaliser sur leur
mission, reporta son attention sur son collègue. Ce dernier, à deux pas du buffet, s'était fait
accoster par une demoiselle aux cheveux flamboyants et la lionne ne put retenir un
grognement consterné. Toutes aveuglées par ces satanés gênes de... De foutue Mère Nature !
Pourquoi Diable était-il en train de papoter avec cette inconnue ? Décidément, il avait un sens
des priorités peu développé. Cette remarque lui rappela qu'elle-même avait mis de côté son
devoir d'Auror le temps d'une danse, chose tout à fait répréhensible. Cependant, même si elle
avait touché le fond en accordant un baiser à cet idiot sans scrupule, elle se voyait mal
approfondir la chose, ce serait misérable à souhait.

Etrangement, son cœur rata un battement lorsqu'elle vit la rouquine chuchoter à l'oreille de
son partenaire, et serra inconsciemment les poings, mécontente d'assister à ce spectacle plus
qu’inapproprié. En effet, ce n'était ni l'endroit ni le moment. Enervée, elle s'apprêtait à
rejoindre son rival pour lui enseigner le comportement à adopter sur le terrain, quand, contre
toute attente, elle le vit repousser sa prétendante d'un geste de la main avant de s’éclipser en
direction des toilettes.

- "Qu'est-ce qu'il fout..." Marmonna Hermione qui, impatiente, recula son siège, prête à bondir
au moindre signal.

Malheureusement, rien ne vint. La salle avait beau être pleine à craquer, envahie d'un
brouhaha monstrueux, pour elle, tout semblait éteint, dénué de vie. Les sens aux aguets, elle se
surprit à prier pour que tout se passe bien, estimant à la milliseconde près la durée d'absence
de son ennemi juré. C'était plus fort qu'elle, l'attente ne faisait que décupler son angoisse et
saturer ses nerfs tant elle redoutait le pire. Pourquoi avait-elle cédé ? Ce n'était pas son genre
de suivre les directives de son confrère...

Deux minutes quinze, deux minutes seize, deux minutes dix-sept...

Un nœud se forma au creux de son estomac, la coupant encore plus du reste du Monde. Pour
s'occuper l'esprit, elle prit son châle émeraude et se mit à le froisser entre ses doigts
tremblants.

Trois minutes, trois minutes une, trois minutes deux...

Le regard perdu dans le vague, la rouge et or tentait de faire obstacle à ses craintes, la
respiration tout à coup irrégulière tant elle peinait à contenir sa peur. Elle en avait vu des
vertes et des pas mûres, mais là, livrée à elle-même, seule, sans Harry et Ron, elle se sentait
démunie. Passée du Trio d'or au duo infernal, c'était comme se brûler les ailes en plein vol et se
crasher sur un sol de réalités qu'elle aurait aimé ne pas heurter. Néanmoins, en sept ans, elle
n'avait jamais failli car ses meilleurs amis avaient été là, et tous les trois s'étaient serrés les
coudes, peu importe les difficultés rencontrées. Aujourd'hui, la donne avait changé. Le Destin
la mettait une nouvelle fois à l'épreuve. Elle se devait d'agir normalement, de redevenir celle
qui avait su soutenir ses amis, la brillante sorcière, et non une gamine qui restait "à couvert".

Sa pseudo-relation avec Malefoy n'était pas comparable à celle qu'elle entretenait avec les
siens, mais, parce qu'elle n'était pas du genre à abandonner ceux qui prenaient le même
chemin qu'elle, Hermione passa son foulard autour de son cou et, d'un pas décidé, se dirigea
vers les toilettes des hommes.

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Le Ciel soit loué, tous les invités étaient à moitié souls, ce qui permit à Hermione de se faufiler
jusqu'au couloir adjacent pour ensuite tourner à droite. Elle eut un sourire crispé lorsqu'elle
croisa en chemin un homme totalement ivre qui, fredonnant, s'était approché d'elle. Son
haleine alcoolisée écœura la sorcière et, le nez pincé, elle se décala sur la droite, puis le poussa
gentiment vers la grande salle. Après s'être assurée que l'endroit était désert, elle souleva
doucement sa robe et dégagea sa baguette de sa jarretière. La main crispée autour de son
arme, elle approcha à pas de louve de la porte, la respiration soudain saccadée. Petit à petit,
quelques voix étouffées se firent entendre et, persuadée que l'une d'entre elles appartenait à
Drago, la Gryffondor avala bruyamment sa salive quand, au moment de coller son oreille
contre la paroi en acajou, elle se cogna à un mur invisible.

- "Malefoy..." Murmura-t-elle, mi-exaspérée, mi-rassurée de constater que son collègue avait


pris soin de barricader l'entrée.

Elle avait beau se concentrer, Hermione n'arrivait pas à discerner ne serait-ce qu'une syllabe
des mots qui lui parvenaient, à présent affaiblis par le sortilège. Démunie, elle serra de plus
belle sa baguette et expira faiblement avant de lever les yeux au ciel. Ne pas savoir ce qui se
tramait là dedans la rendait folle. Et si c'était un piège ? Elle n'aurait pas dû obéir ! Furieuse,
elle se mordit la lèvre, puis se redressa avant de brandir le bras en avant. Ingénieuse comme
elle l'était, elle allait bien finir par franchir ce barrage magique, non ?

- "S'il foire la mission, ce crétin, je le noie dans un puits d'acide après lui avoir arraché les
ongles de pieds..." Jura-t-elle, plus paniquée qu'autre chose.

La jeune femme inspira profondément et se mit à déblatérer un nombre incalculable de sorts :


désenchantements, infiltration, explosions, inversés... Elle ne laissa rien au hasard.

A chacun de ses échecs, elle ne cessait de maudire son confrère, irritée d'échouer de la sorte.
Cet idiot avait mis le paquet. Par Morgane, que se passait-il derrière cette fichue porte ?

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Alors que sa partenaire peinait à passer la barrière enchantée, Malefoy, dos à la porte d'entrée
des toilettes, faisait face à une vieille connaissance.

- "Si tu crois que je t'ai pas reconnu, sous ton apparence de pauvre type, tu te trompes,
frangin." Lâcha le jeune homme qui se lavait les mains, à moitié penché sur le lavabo.

Pour toute réponse, le vert et argent eut un rictus puis, peu enclin à en rester là, saisit sa
baguette sous le regard dépité de son interlocuteur.

- "Allons, baisse cette baguette, Drago. Te connaissant, t'as dû dresser une barrière de l'autre
côté de la porte, je suis donc tout à toi. Alors, quel bon vent t'amène ?" Reprit ce dernier,
feignant l'ennui à merveille.

- "T'as tort de me prendre de haut. Les années passent..."

- "Mais certaines choses restent. Tu devrais le savoir depuis le temps." Coupa le suspect,
désinvolte.

Drago planta ses prunelles tempêtes dans celles ébènes du garçon, créant un filin de haine et
de dégoût entre eux. Il sentit son cœur battre un peu plus fort, assiégé par des souvenirs,
attisant de douloureuses blessures.

- "Comment va Astoria ?" Demanda le brun en passant une main dans ses cheveux.

- "Arrête ça ! Me prends pas pour un con ! Tu sais très bien pourquoi je suis ici, Anthony !"
Tonna l'héritier déchu, à bout de nerfs.

- "Ah ? Et pourquoi ? Pour revendiquer ta part du gâteau ? Tout serait plus simple sans toi... Si
seulement tu avais trouvé la mort, cette nuit-là, lorsque le Maître t'avait torturé pour ne pas
avoir reconnu Potter. Il a fallu que ta mère s'interpose, comme toujours ! Un gamin, voilà ce
que t'es ! Un déchet, un traître à son rang et à son sang !" Hurla le dénommé Anthony, tout à
coup tendu comme un arc.

- "C'est toi qui dis ça ? L'orphelin recueilli par un Mangemort qui, je te le rappelle, pourrit dans
un cachot d'Azkaban." Provoqua à son tour Malefoy.

- "C'est pas ma faute si ton père n'a trouvé en toi que la honte incarnée, un minable... Il m'a
choisi à ta place, il a fait de moi celui que tu as refusé d'être. Libre à toi d'assumer tes actes,
Drago."

- "Lorsque ton père est mort, cette nuit-là, au Département des Mystères, j'ai tout de suite senti
le vent tourner. Je savais que mon père allait te prendre sous son aile et qu'une fois tes études
terminées à Durmstrang, il avait pour projet de parfaire ta formation." Relata le blond, la
mâchoire contractée.

- "Que veux-tu ? Je suis une bénédiction pour ta famille, un atout qu'on glisse dans sa
manche..."

- "Un pion ! Un vulgaire soldat !" Rectifia le Serpentard en brandissant fermement sa baguette.

- "C'est pour ça que tes parents me préfèrent à toi ? Que ta mère t'a trahi en acceptant le
Serment inviolable ? Tu te fait manipuler, t'es qu'une marionnette, toi et ton attirail du parfait
Auror ! Laisse-moi rire, frangin !" Railla le sorcier, certain d'avoir fissuré la carapace de son
rival.

Un silence pesant prit place entre eux, rythmé par les quelques gouttes d'eau qui s'échappaient
des robinets. Le futur Auror s'était figé, le regard perdu dans le vague comme s'il canalisait
toute son énergie dans un seul et unique but : celui de paraître insensible à la douleur
qu'envahissait tout son être. Son frère adoptif avait partagé ses vacances, les secrets et
problèmes de sa famille, lui avait fait subir l’absence de son père... Il était donc facile pour lui
de frapper là où ça faisait mal.

- "Il est toujours temps pour toi de changer d'avis et de suivre le chemin qu'est le tien, Drago."
Lâcha Anthony d'une voix étonnement douce et avenante.

Doucement, l'interpelé leva la tête, les prunelles illuminées d'une démence refoulée, masquée
derrière un self-contrôle légendaire.

- "Vas te faire voir !" Rugit-il en se ruant sur son adversaire.

Une première intonation résonna dans la pièce, éjectant le serpent contre le mur. Secoué, il
cracha une gerbe de sang sur les dalles immaculées et tenta d'attraper son arme qui s'était
retrouvée à quelques mètres de lui, mais son ennemi fut le plus rapide.

- "Regarde-toi... Faible, lâche, effrayé... Finalement, t'as bien fait de changer de camp, sombre
idiot." Le nargua ce dernier en pointant sa baguette sur sa victime.

- "Je te retrouverai, tu le sais. Je te pourrirai la vie, te tuerai de mes propres mains..."

- "Oh, t'en fais pas, on aura l'occasion de se revoir. Je t'aurais bien achevé ici et maintenant,
mais Astoria m'en voudrait, tu comprends ? Elle compte sur ta présence pour votre mariage.
Et puis, j'ai bien peur que Daphné n'apprécie pas trop le fait que je pulvérise son beau-frère."
Renvoya le criminel en riant aux éclats.

- "A ce que je vois, tu fais tout pour me coller, hein ? Tu te tapes même la frangine de ma
promise. T'en as pas marre de vivre ma vie ? Tu sais, je te laisse volontiers ma place."
S'esclaffa Drago, narquois à souhait.

Déconcerté par l'attitude sarcastique de sa proie, Anthony haussa un sourcil et baissa sa


garde, laissant ainsi l'opportunité à Malefoy de bondir jusqu'à son arme qu'il saisit
rapidement avant d'à nouveau défier l'apprenti Mangemort.

- "Pourquoi t'as orchestré la mort de Londubat ?" Demanda-t-il, amère.

- "Tu crois vraiment que j'ai que ça à faire ?" Rétorqua mollement le jeune homme.

- "Tu savais que Granger était ma partenaire, et que, en toute logique, j'allais devoir travailler
sur cette enquête si jamais un de ses amis se faisait tuer. Me prends pas pour un con !" Réitéra
le vert et argent en s'approchant dangereusement de l'inculpé.

- "Malefoy ?! MALEFOY ! OUVRE CETTE PUTAIN DE PORTE !" Cria une voix de l'autre côté de
la porte verrouillée.

- "Tiens... C'était donc elle, l'inconnue avec qui tu dansais ? Ta partenaire sang-de-bourbe ? Tu
tombes vraiment bas... Alors ? Ça a quel goût ? D'embrasser une erreur de la Nature ?" Se
moqua le suspect qui, ayant assisté malgré lui à la petite scène entre les deux collègues, ne put
réprimer un sourire en coin, faisant grimacer l'héritier déchu.
Ce dernier noya un juron dans sa gorge, se reprochant ce moment d'égarement durant lequel il
n'avait même pas remarqué la présence de sa cible. Comment Diable avait-il pu se laisser
distraire, lui, l'éternel pragmatique ?! Furieux, il inclina légèrement son poignet et, d'un
informulé, tenta d'atteindre Anthony qui, habile, pivota sur la droite, puis revint à la charge en
envoyant bouler le Serpentard contre les miroirs dans un fracas sans nom.

Un grognement s'échappa du corps inerte à ses pieds, gratifiant le duelliste maléfique. Il


s'accroupit près de Drago, satisfait de s'être imposé, et, alors qu'il s'apprêtait à concrétiser son
écrasante victoire, la porte des toilettes vola en éclats, explosée par un sortilège d'une
incroyable puissance.

Dans la poussière et les débris, une fine silhouette se dessinait petit à petit sous le regard
médusé du brun qui, réactif, s'était éloigné de son opposant. Le sort de dissimulation physique
commençait à s'estomper : les cheveux de Malefoy redevenaient aussi blonds qu'à
l'accoutumée tandis que sa peau diaphane reprenait le dessus sur son faux métissage. Debout
dans l'encadrement de l'entrée, Hermione aussi retrouvait ses traits et sa chevelure miel aux
reflets dorés, libérée ainsi de son apparence d'aristocrate coincée.

- "Eloigne-toi de lui !" Ordonna-t-elle en s’avançant vers le sang-pur, ses yeux ambrés lançant
des éclairs de rage.

Elle avait atteint son quota de patience pour une éternité, dans ce foutu couloir où elle s'était
creusée la cervelle comme jamais auparavant, tout ça pour secourir l'imbécile qui lui servait
de compagnon d'infortune ! Menaçante, la Gryffondor se posta face à son ennemi, son visage
mutin étiré par la colère. Fière, droite et décidée à intimider le jeune Mangemort, elle dressa
un bouclier protecteur autour de son confrère sans pour autant quitter des yeux son
adversaire, puis, prête à en découdre, concentra son aura magique, sa baguette rivée sur lui.

- "T'es qui, hein ?" S'enquit-elle d'un air faussement détaché.

- "La meilleure amie de Potter, bah voyons... T'étais présente, ce soir-là, au Département des
Mystères. Cette nuit où mon père a été tué par l'un des vôtres !"

- "J'adore les charades..." Badina-t-elle dans une imitation parfaite de Drago Malefoy.

- "Dolohov, Anthony Dolohov..." Se présenta le sorcier, partiellement énervé.

Hermione sentit son cœur faire un bon dans sa poitrine, abasourdie par cet aveu. Les
Mangemorts ne devraient pas avoir le droit de procréer ! Dégoûtée, elle jeta un œil à son
collègue et reporta son attention sur l'orphelin.

- "Qu'est-ce que tu manigançais avec Malefoy ?" Interrogea-t-elle, suspicieuse.

- "Tu te méfies de ton partenaire ? Intéressent..."

- "Réponds !" Coupa-t-elle en tapant du talon sur le sol.

- "T'as qu'à lui demander." Répondit-il, ravi de trouver une faille dans cette soit-disant entente.

Le jeune femme n'eut pas le temps de s'exprimer qu'une violente bourrasque s’immisça entre
elle et lui, formant une énorme sphère bleutée derrière laquelle Anthony la tenait encore en
joue. Elle fit un pas en arrière, allant se dresser entre l'assaillant et Drago. Il ne pouvait pas
transplaner ici, la sécurité l'en empêchait, mais alors que pouvait bien être cette chose
lumineuse au milieu de la salle ? Comme pour répondre à sa question muette, elle vit Dolohov
plonger dans la boule éclatante et disparaître, définitivement hors de portée.
Au même instant, un gémissement la fit sursauter et, perdant son assurance de tantôt, elle se
jeta aux côtés de son collègue qui semblait reprendre ses esprits. C'était comme si toutes ses
forces l'avaient abandonnée. Elle serra résolument sa baguette, canalisant toutes ses craintes
dans cette pression qu’exerçaient ses doigts tremblants sur le bout de bois. Le souffle court,
elle se retenait de toucher aux égratignures du Serpentard, ses membres tout à coup paralysés
et les larmes au bord des cils.

- "Crétin... Je t'avais dit ! J'ai raison, j'ai toujours raison ! Regarde-toi... Bon sang... Malefoy..."
Murmura-t-elle, soulagée d'être débarrassée de leur ennemi tant elle s'était forcée de paraître
intrépide face à lui.

C'était vrai, elle avait beau s'être comportée en parfaite poupée de glace, sa fierté mise en
avant, maintenant, il ne lui restait que la hantise d'avoir échoué sa mission, la peur de ne pas
sauver son homologue, tout... Tout s'effondrait et sa mine affligée ne faisait que confirmer
l'état dans lequel elle se trouvait, là, égarée telle une âme en peine.

- "Humpf..."

Hermione releva brusquement la tête et, sans même y penser, relâcha son arme dans un bruit
sec, puis se pencha sur le corps gisant près d'elle. La chemise blanche était parsemée de fines
tâches de sang, déchirée par endroits et, à travers les quelques écorchures, elle put percevoir
des cicatrises blanchâtres qui la firent trembler.

- "Ne... Ne bouge pas, je... Je vais retirer les bouts de verre, reste... Reste calme." Le résonna-t-
elle, docile.

Précautionneusement, la surdouée déroula son châle pour éponger le front du blessé, et, se
remémorant tant bien que mal ses cours de premiers soins moldus, elle tendit fébrilement une
main vers l’omoplate gauche du jeune homme.

- "Gran... Granger... T'as... T'as une baguette, bordel... Sers-t-en..." L'apostropha Drago, blasé.

- "Ferme-là ! Je... Tu... C'est ta faute !"

La tension devenue palpable, la sorcière renifla pour contenir ses larmes, sans succès puisque
deux perles roulaient capricieusement sur ses joues roses, la rendant plus ridicule qu'elle ne
l'était. Prostrée près de son rival, elle s'attendait à ce que ce dernier lui rappelle qu'elle n'était
sans doute pas faite pour être Auror.

Mais, comme pour faire taire ses fausses accusations -ou idées reçues-, le vert et argent ne dit
rien, ses prunelles orageuses tournées vers le genou dénudé de la rouge et or. Sa tête contre le
carrelage hivernal, même mourant, il serait capable de la rabrouer, de la chahuter, seulement,
ici, et involontairement troublé par les sanglots de la jeune femme, il se contenta de fixer sa
peau, divaguant dans ses songes.

- "Je suis désolé..." Chuchota-t-il dans un imperceptible soupir.

Hermione hoqueta, stupéfaite par ce qu'elle venait d'entendre.

- "Granger... Je vais me... Me... Me vider de mon sang si tu restes là à me regarder crever alors,
s'il te plaît, fais quelque chose." Ajouta-t-il en tentant de se relever.

A peine s'était-il redressé qu'il retomba à plat ventre, affaibli.


- "Je... Je ne pourrais pas te soigner ici, il faut aller ailleurs !"

- "Alors bouge ! Décide-toi !" La secoua le Prince des Serpentards en serrant les dents.

C'est alors qu'elle comprit : son comportement désabusé, le ton âpre qu'il employait... Ce n'était
pas la première fois qu'il la motivait, la recadrait, la faisait réagir... Courroucée de constater
pour la énième fois l'impact qu'avait son rival sur elle, la Gryffondor se mit debout, prit sa
baguette et se précipita sur la sortie.

- "Je vais chercher ton manteau, ça cachera tes blessures jusqu'à l'aire de transplanage,
dehors. Je verrouille la porte, ne bouge surtout pas !"

- "Comme si je pouvais bouger, idiote..." Ronchonna le mutilé.

Habituée à ses humeurs malefoyennes, l'érudite haussa les épaules en expirant bruyamment,
puis claqua la porte derrière elle.

Luttant pour ne pas perdre conscience, Drago s'empara nonchalamment du foulard émeraude
de sa partenaire. Il y enfouit son visage, le mordant à pleines dents pour étouffer le
tiraillement de ses plaies, mais aussi pour apaiser ses sens meurtris. Car, il ne le reconnaîtrait
jamais ouvertement, le parfum de jasmin qu'imprégnait le tissu était, à l'heure actuelle, le seul
remède contre ses blessures. La seule frontière entre la lumière des néons du plafond et les
ténèbres...

End Notes:
Voilà ! Quelques explications à venir pour la suite ! Je sais bien que
j'ai, sans doute, régressé vu que ça fait un long moment que j'ai
pas écrit, j'en suis désolée ! Je ferai mieux pour le prochain
chapitre ! Merci de m'avoir lue !
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Chapitre 8 : "Appelle-moi..." by Divinity

Author's Notes:
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Me revoilà avec la suite ! Merci à tous pour vos Reviews ! Bonne


lecture ;) !

Illustration du Chapitre 8 issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 8 : "Appelle-moi..." OoO

A la longue liste des choses qu'Hermione Granger abhorrait chez Drago Malefoy, vint s'ajouter
le terme "têtu" puisque, malgré qu'elle ait longuement insisté -pour ainsi dire durant tout le
trajet jusqu'à l'aire de transplanage-, son collègue avait refusé d'être transporté au Ministère,
prétextant qu'il était inutile "d'ameuter tout le monde" pour "quelques égratignures de rien du
tout". Dépitée, la Gryffondor se contenta d’obéir, encore une fois, et comprenant qu'elle devait
prendre en main la suite des opérations, les fit téléporter jusqu'à son appartement.

Le corps du jeune homme se faisait de plus en plus lourd, mais elle n'utilisa pas sa baguette
pour autant, et l'épaula jusqu'au canapé du salon sur lequel elle l'allongea doucement sur le
ventre avant de se précipiter dans la salle de bain. Il commençait à perdre connaissance, elle
pouvait le voir à sa mine abattue, son teint livide et ses paupières mi-closes. Rapidement, elle
fouilla sa boîte à pharmacie, faisant tomber dans le lavabo quelques flacons, cachets et autres
soins. Pour la deuxième fois ce soir, la peur vint lui tirailler le ventre et ses mains devinrent
moites tandis qu'elle cherchait, parmi les petits emballages en carton, un antidouleur que lui
avait confié sa mère.

- "Reste réveillé ! T'endors pas, Malefoy, surtout t'endors pas !" Cria-t-elle à l'attention du
garçon qui, l'entendant braire, mit une main sur son front, accablé.

- "Arrête de gueuler, par pitié..." Supplia-t-il en fermant lentement les yeux, son autre bras à
moitié dans le vide.

Une minute plus tard, l'érudite réapparut dans le séjour, les bras chargés d'une bassine et de
serviettes propres. Drago la considéra du regard, se demandant s'il était toujours temps
d'aller à l'hôpital voir même au service d'urgence du Département des Aurors, mais sa
partenaire prenait déjà place à côté de lui, prête à jouer aux infirmières dévouées.

- "Si tu hurles, je te jure, je dirais à tout le monde que t'es qu'une pauvre chochotte !" Prévint-
elle le plus sérieusement du monde.
- "Bah, ça dépend... Tu vas me faire quoi ?" S'enquit l'intéressé, méfiant.

Pour toute réponse, la jeune femme s'inclina légèrement sur lui, le roula précautionneusement
sur le côté, puis, d'abord hésitante, finit par le débarrasser de son long manteau vénitien et
déboutonna la chemise du blessé. Ce dernier se laissa faire, attentif autant que possible au
moindre geste de la brunette. Il frissonna lorsqu'elle l'attira vers elle pour le relever et retirer
le vêtement devenu encombrant, révélant de ce fait les innombrables cicatrices de son dos.

- "Ton dos..." Lâcha Hermione, à la fois gênée et choquée.

Le Serpentard grimaça, exaspéré de se retrouver torse nu face à Granger la timbrée. Il savait


que sa curiosité allait prendre le dessus dans peu de temps. Elle risquait de lui poser tout un
tas de questions qu'il aimerait à tout prix éviter.

Etonnement, la lionne se contenta de s'installer derrière lui, replia une jambe et passa l'autre
autour du bassin du blond, sa hanche frôlant imperceptiblement la sienne. Trop accaparée par
les diverses balafres de son patient, elle ne prêta pas attention à sa robe qui avait
dangereusement remonté jusqu'à son bas ventre, détail qui n'échappa pas au vert et argent. Il
avala péniblement sa salive, complètement réveillé, attendant impatiemment que cette séance
grotesque prenne fin. Le ridicule ne tue pas, il rend plus idiot, or, assis là, à quelques
centimètres de sa rivale, il se sentait à l'opposé de sa vie, de son existence. Comme si cette
proximité lui était interdite, inédite et, bien évidemment, indigne de lui ou bien... Indigne de
son ancien "lui" ? Il fut tiré de ses pensées par un désagréable picotement à son omoplate
droit.

- "Ça risque de brûler un peu, désolée..." S'excusa à voix basse la sorcière derrière lui.

- "Fais ce que t'as à faire." Rétorqua-t-il en fermant les yeux, une grimace peinte sur ses lèvres.

Hermione imbiba un nouveau coton de désinfectant puis, doucement, tapota une plaie au
niveau de la colonne vertébrale. Elle vit les muscles du garçon se contracter et, comprenant
qu'il souffrait en silence, se mit à souffler légèrement sur la blessure. Peu habitué à ce genre
d'attention, Drago se figea jusqu'à ce qu'elle cesse d'éventer sa taillade.

- "Je... Je vais enlever les éclats du miroir avec ma baguette. Serre les dents un bon coup, ok ?"

Sur ces mots, elle attrapa son arme toujours coincée dans sa jarretière et, d'un Accio, éjecta les
petits morceaux de verre, faisant grogner le sang-pur qui, l'espace d'un instant, avait senti
toute la peau de son dos s'arracher.

- "Désolée..."

- "Ça va, arrête. C'est rien." La coupa-t-il, mal à l'aise.

Non, il ne voulait pas l'entendre, ni affronter son regard chocolat. C'était assez inhabituelle
comme situation, inutile d'en rajouter.

- "Tu le connais bien cet Anthony ?" Demanda-t-elle sur le ton de la conversation.

Cette question jeta un froid : ne voulant pas raconter sa vie -histoire de ne pas tomber dans le
même panneau que l'autre jour-, Malefoy se contenta de baisser la tête et de fixer le cuir du
sofa.

- "Tu dois m'en parler. On forme une équipe..."


- "T'es sûre de ça ? T'avais pas changé d'avis ?" Répliqua-t-il sèchement par dessus son épaule.

Hermione cessa tout mouvement, sa main à deux millimètres de la peau de son ennemi. La
soirée repassait en boucle devant ses pupilles livides, allant de l'attente au milieu de la foule, le
tango, le baiser, le temps passé dans le couloir à se faire un sang d'encre pour son collègue, la
vision de son corps gisant sur le carrelage...

Troublée, elle tendit le bras vers une serviette, la fit tremper dans la bassine d'eau chaude et
épongea le dos du crétin de service qui, surpris, ancra ses doigts à sa hanche dénudée.

- "Qu'est-ce que tu fais ?!" S'exclamèrent-ils en chœur.

Instantanément, le vert et argent retira sa main, laissant cinq marques distinctes sur la cuisse
de sa collègue, tandis qu'elle, aussi rouge qu'une écrevisse, se redressait tant bien que mal.

- "Ecoute... C'est... T'en as assez fait. Je vais rentrer chez moi..."

- "Ne dis pas n'importe quoi ! T'as perdu beaucoup de sang, je t'interdis de sortir d'ici ! La
mission a été un véritable fiasco, je ne veux pas, en plus, avoir ta mort sur la conscience !"
Objecta la brunette en reportant son regard sur les cicatrices du jeune homme.

- "Tu dis "on"... Merci..." Lâcha-t-il dans un soupir.

- "Quoi ?"

- "C'est plus ma faute que la tienne... Je pensais y arriver tout seul." Expliqua-t-il, amer.

- "Je vais devoir le répéter combien de fois ? On forme une équipe, tu te rappelles ? Tu l'avais
toi-même reconnu, l'autre jour à Poudlard. On est deux, on est partenaires." Rectifia l'éternelle
Miss-je-sais-tout en nettoyant le sang qui s'échappait encore des plaies à vif.

Contre toute attente, Drago se tourna vers elle. Il leva les yeux au ciel en signe d'exaspération
lorsqu'elle hoqueta, étonnée, puis planta ses prunelles métalliques dans les ombres noisettes.
Ce n'était pas tant les reflets ambrés qu'il y lisait qui le tracassaient, ni la profondeur de
l'interrogation muette qui y résidait, mais plutôt le pétillement des larmes qu'elle se retenait
de verser tant elle aimait se montrer forte, surtout face à lui. Machinalement, il porta ses
doigts à sa joue rosie, réalisant à peine que l'ambiance se faisait de plus en plus étrange,
électrique, comme si, pour la seconde fois ce soir, ils s'étaient enfermés dans une bulle
imperméable à leur passé houleux.

- "Qu... Quoi ? Je... Je t'ai fait mal ?" Balbutia la lionne, peinant à fuir ces deux perles grisées.

De sa main valide, son coéquipier lui prit la serviette des mains et la jeta négligemment sur la
table basse, tandis que son pouce exerçait une légère pression sur sa mâchoire.

- "C'est la fièvre, c'est ça ?" Plaisanta-t-elle à moitié, vaine tentative pour détendre le nœud qui
s'était formé au creux de son estomac.

- "Je vais t'acheter une muselière, tu parles trop." Rouspéta gentiment son interlocuteur,
doucereux.

- "Une fois ça suffit, tu crois pas ?" Dit-elle de la façon la plus abrupte qui soit.

Le beau blond se statufia, ses jointures crispées contre la pommette chaude de la Gryffondor. Il
avait bien saisi le sous-entendu de sa remarque. Elle faisait allusion au fameux dérapage
survenu au cours de leur mission. Lui-même ne savait pas ce qu'il lui prenait. Sans doute était-
il trop fatigué, amoché, pour réaliser ne serait-ce que l'ampleur de sa caresse. Néanmoins, un
sentiment de rejet remonta le long de sa gorge, éveillant en lui une petite voix mesquine qui
n'arrêtait pas de le mettre en garde, de lui dire de se ressaisir.

- "Qu'est-ce que tu espères, hein ?" Renvoya-t-il, condescendant, optant pour l'indifférence la
plus totale.

- "Je ne veux pas jouer contre toi..."

- "Alors joue avec moi." Reprit le serpent en faisant remonter sa main jusqu'à l'oreille de la
rouge et or pour ensuite délicatement glisser son index derrière son lobe.

Instinctivement, Hermione se raidit : ses lèvres tremblaient d'appréhension alors que ses
paupières papillonnaient au rythme de son cœur. Assiégée par quelques souvenirs de son
adolescence, remuant au passage tout le mal que lui avait causé le vert et argent, elle sentit
son cerveau défaillir sous la respiration devenue saccadée de ce dernier qui, lentement, s'était
mis à lui frôler la joue de son pouce.

C'était d'une infinie tendresse, une délicatesse dont elle n'avait jamais été l'heureuse réceptrice.
Cela n'avait rien à voir avec le réconfort que lui apportait Harry, ou celui que pouvait lui offrir
Ron, quoiqu'un peu maladroit dans son genre. Non, le contact de la chair du Serpentard contre
la sienne n'avait rien de gauche, d'hésitant, puisqu'elle le laissait faire, se surprenant elle-
même à apprécier chaque rencontre entre leurs sens.

Elle ne trouvait pas de mot capable de qualifier cette curieuse relation qu'elle entretenait avec
lui. Tantôt le mépris était le maître absolu entre eux, tantôt c'étaient les confidences qui
prenaient le dessus. Ou pire, un baiser endiablé et, comble de l'horreur, spontané.
Immédiatement, la surdouée sentit ses reins s'enflammer lorsque la vision de ses lèvres
plaquées contre celles du garçon lui revint à l'esprit, aussi limpide que de l'eau de roche. Elle
n'avait envie que d'une seule chose, là, maintenant, c'était de recommencer, de réitérer
l'expérience -se convaincant intérieurement que ce n'était que pour prendre sa revanche-.

Fébrile, elle noya son regard malicieux dans celui énigmatique et indéchiffrable de Drago,
abandonnée à tout ce que ce filin imaginaire crée entre eux lui promettait, que cela puisse être
bon ou mauvais. Elle n'en avait cure, car tout ce qui comptait à présent, c'était ce besoin vital
qui la consumait de la tête aux pieds. Oui, il était détestable à souhait par moment, avait été
un lâche, s'était comporté de façon exécrable avec la gente féminine, l'avait traitée de sang-de-
bourbe durant toute sa scolarité, mais il n'y avait pas que ça, bien sûr que non, évidemment
que non. Retranchées derrière ce masque aux multiples facettes, Hermione percevait ses
qualités, à commencer par son courage pour avoir tourné le dos à une éducation stricte et à
laquelle il devait tout, absolument tout. Aimantée par ces lueurs marmoréennes, elle sonda
l'expression du jeune homme, admettant définitivement qu'il n'était pas aussi mauvais qu'il
aimait le faire croire, qu'ils avaient eu tous deux un parcours différent, certes. Cependant,
celui de Malefoy semblait bien plus pénible que le sien, plus compliqué à arpenter.

Cette constatation ébranla de plus belle la sorcière qui, inconsciemment ou presque, s'était
rapprochée de son rival pour s'imprégner pleinement de ce parfum de verveine citronnée. Un
frisson remonta le long de son échine lorsque, capricieusement, l'héritier déchu colla son front
contre le sien, son nez heurtant doucement celui gelé de la brunette.

- "Tes... Tes yeux ont encore changé de couleur." Fit-elle remarquer en fronçant les sourcils.

Effectivement, et c'était loin d'être la première fois, ses iris étaient passées de leurs tons
orageux à azuréens, rendant de ce fait ses prunelles plus pénétrantes.
- "C'est indépendant de ma volonté." Marmonna-t-il, désinvolte.

- "Ils sont... Magnifiques..." Complimenta-t-elle faiblement.

Happée par son regard ensorceleur, la lionne libéra sa main de celle du Prince des Serpentards
et agrippa fermement le canapé, comme pour s'accrocher à une parcelle de raison.

- "Je te fais de l'effet, tu peux plus le nier." Assura fièrement le sang-pur avant de faire courir
ses doigts vers la nuque de sa proie.

- "T'es vraiment irrécupérable, toi... Tu sais ce que tu peux en faire de ta fierté mal placée ?"

- "Te pousser à bout ?" Supposa-t-il, frimeur.

- "Merlin, combien de temps je vais devoir te supporter, hein ?" Se lamenta faussement l'intello'
en soupirant d'exaspération.

- "Le temps qu'il faudra."

Elle frissonna de plaisir, un sourire niais dansant sur ses lèvres. Kingsley était décidément un
grand sorcier, un génie. Il avait réussi à accomplir l'impossible : créer une entente entre deux
ennemis jurés, confronter le yin au yang, quitte à faire exploser leur environnement, peu
importe, puisque apparemment, cela portait ses fruits. En effet, une complicité singulière
naissait entre le duo d'Aurors, débutant par un petit jeu de séduction idiot, mais qui allait
certainement renforcer leur alliance.

- "Une liste de règles semble s'imposer entre nous." Annonça brusquement la jeune femme en
s'éloignant rapidement du blond.

- "Hein ? Qu'est-ce qu'il te prend ?" S'offusqua-t-il, déçu de voir sa friandise lui échapper. Dire
qu'il était à deux doigts de gagner le deuxième round !

- "Plus de... De ça, entre nous, compris ? On joue cartes sur table, on s'informe de tout ce qu'on
sait concernant la mission, on se tient au courant de ce qu'on juge important et, surtout...
Surtout..." Enuméra-t-elle, pensive.

- "Surtout ?" Répéta son collègue, incrédule.

- "Surtout, t'arrête de te comporter avec moi comme si j'étais la fille du coin. Ça m'horripile,
d'accord ?" Acheva-t-elle dans une imitation parfaite de Minerva McGonagall.

Malefoy renifla, dédaigneux, puis, d'un geste las, attrapa sa chemise et l'enfila d'une lenteur
agaçante sous le regard consterné de son interlocutrice. "La fille du coin" ? Quelle drôle d'idée
! Granger ne pourrait jamais être classée dans cette catégorie de nana qu'on rencontre au
détour d'une ruelle ou dans un bar miteux, elle n'était pas assez dégourdie pour ça. Elle était
trop prude, émotive et tout un ramassis de qualificatifs qui n’inspiraient en rien Drago.

Mais alors, s'était-il laissé prendre à son propre jeu simplement pour se prouver qu'il était
apte à faire chavirer, ne serait-ce qu'un instant, la farouche Gryffondor ? La légendaire Miss-
je-sais-tout aux boucles indomptables, aux mains constamment recouvertes d'encre et aux
parchemins racornis ?

Son égo en prit un sacré coup, mais il devait le reconnaître : elle avait raison, il devait cesser
son petit manège, pour le bien de leur partenariat. Bien qu'il n'attachait plus vraiment
d'importance à ce genre de détail saugrenu, elle demeurait une sorcière impure. Cela dit, elle
n'en restait pas moins jolie, enfin, pour un rat de bibliothèque, et quoi de plus naturel que de
jouer avec ses nerfs ? Il était peut-être doté d'une débordante confiance en soi, mais Drago
était persuadé d'une chose : il ne la laissait pas indifférente, et c'était délectable de se dire que
même cette teigneuse ne lui résistait pas.

- "Ahem... Alors, partenaire, est-ce que ça te dit de continuer de travailler avec moi ?" S'enquit
l'érudite en tortillant une mèche de ses cheveux.

- "C'est bien parce que tu insistes." Accepta le jeune homme qui, touten finissant de
reboutonner son vêtement, tendit une main à sa consœur.

- "J'impose, moi aussi, une condition à notre entente." Ajouta-t-il, amusé.

- "Je sens que ça va être épique..." Souffla l'intéressée.

- "Ta baguette. Tu dois t'en servir plus souvent." Exigea-t-il d'un ton docte.

Elle ne s'attendait pas à ça mais plutôt à une condition malfoyenne, perverse, perfide ou
stupide. Surprise, elle serra la main du Serpentard, la bouche légèrement entrouverte.

- "Avoue que t'espérais autre chose, hein ?" Se moqua-t-il, impertinent.

- "N... Non ! Sombre imbécile !" Bafouilla-t-elle en se débattant pour se libérer de la poigne du
dit-imbécile.

- "Je le vois dans tes yeux, t'es déçue ! Reconnais-le, ça te fera du bien !" La taquina d'avantage
ce dernier, qui, anormalement serein aux côtés de la belle, resserra son emprise sur sa petite
main et l'attira fougueusement vers lui.

Malheureusement, Hermione capitula sous la force de son mouvement et se retrouva très vite
sur lui, une jambe prisonnière entre celles de son coéquipier, ses deux mains plaquées de part
et d'autre de sa tête.

- "Argh... Putain..." Se plaignit le blessé sous les assauts persistants de ses plaies ravivées par
l'impact.

- "Dé... Désolée !" S'écria l'improvisée infirmière en gesticulant pour se redresser, mais son
patient rétrécit le peu d'espace entre ses cuisses, entravant sa prise pour de bon.

- "Arrête, idiot ! Tu devrais faire plus attention !" Gronda-t-elle d'une voix aiguë, trahissant
ainsi ses émotions.

- "T'es vraiment cinglée..." Témoigna le serpent sous elle, ses yeux cherchant inlassablement à
accrocher le regard troublé de la rouge et or.

Le temps sembla suspendu lorsque, enfin, Malefoy réussit à se plonger dans les opales
brillantes qui s'offraient délibérément à lui tant sa critique piqua la jeune femme. Aussitôt, elle
se mordit la lèvre, boudeuse, puis se mit à tambouriner le torse de l'insolent en grommelant
des insultes sans queue ni tête. Concentré sur le comportement déjanté de la brune, il se
focalisa sur ses gamineries, préférant ignorer la douleur qui irradiait des taillades causées par
Anthony.

- "Lâche-moi ! Espèce de dégénéré ! Avorton !" Rugit-elle, les joues en feu.


A bout de souffle, elle baissa les bras, puis prit appui sur ses paumes, reprenant ainsi sa
position de départ.

- "Je pensais que tu voulais pas... A... Avoir... Ma mort sur la conscience." Toussota l'héritier,
son corps meurtri par les coups reçus.

- "Tu l'as cherché, alors tu la ferme !" Enragea la responsable en levant le menton.

- "Hey, Granger..." Appela-t-il prudemment.

- "Quoi ?!"

- "Où est donc passée la vierge effarouchée, hein ?" Badina-t-il en désignant de l'index la robe
moulante de l'interpelée.

Cette dernière déglutit et baissa la tête, puis, comme ébouillantée, bondit du sofa pour mieux
remettre en place le fourreau émeraude que lui avait imposé son supérieur. C'était la goutte
qui fit déborder le chaudron ! Comment Diable s'était-elle retrouvée sur lui ? Les jambes à l'air,
soit, mais de là à accorder à ce coureur de jupons une vue imprenable sur son sous-vêtement
bleu tant sa robe ajustée était remontée, hors de question !

Impatiente d'aller se changer -quitte à ressortir son pyjama de mamie et de subir les railleries
de son confrère-, elle ramassa tout le bazar étalé sur la table et courut littéralement vers la
salle de bain avant de claquer la porte derrière elle.

Toujours allongé sur le canapé, Drago passa une main dans ses cheveux, un sourcil haussé. Il
balançait entre un fou rire indigne de son rang et se donner une claque mémorable. Peu
importe, il aimait l'embêter, et puis, les réactions inattendues de Granger le stimulaient
grandement. Dans un grognement de mécontentement, il se leva, saisit sa baguette magique et
traina des pieds jusqu'à la cuisine : il était temps de remercier convenablement son hôtesse.

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Vingt minutes plus tard, Hermione retourna dans le séjour, ses cheveux négligemment coiffés
en une queue de cheval d'où s'échappaient quelques mèches rebelles. A l'aise et parfaitement
détendue dans son pantalon en coton blanc, les pieds nus et un gilet bien chaud sur les
épaules, elle inspira une bouffée d'air avant de s'avancer vers son fauteuil favori quand,
soudain, un tintement de porcelaine se fit entendre.

Elle s'apprêtait à vérifier si sa cuisine n'avait pas explosé en son absence quand, soudain, un
plateau fit son entrée dans la pièce, voletant paisiblement jusqu'à se poser sur la table basse.
Dessus se tenaient deux tasses fumantes dans lesquelles trempait un sachet de thé, un bol de
sucre roux et une assiette de cookies au chocolat.

- "Pince-moi, je rêve..." Dit-elle à Malefoy qui venait de la rejoindre dans le salon.

- "Aïe !" Sursauta-t-elle, ronchon.


- "Bah quoi ? Je ne fais qu'accéder à ta requête." Se justifia le garçon, feignant l'innocence à
merveille.

- "Tsss... T'es privé de cookies !" Le sermonna la lionne en se laissant tomber sur le fauteuil
près de la cheminée.

- "Ok, bah du coup je les remballes..."

- "Non !" Intervint-elle en tapant la main de son invité. "Laisse ça tranquille, tu veux ? Assieds-
toi, t'en as assez fait."

Obéissant, Drago prit place sur le large canapé et, gentleman, tendit un mug à sa partenaire
qui l'accepta d'un sourire en coin.

- "Alors ? Tu m'expliques ? Cette histoire avec cet Anthony ?" Réclama-t-elle, curieuse.

L'interrogé haussa les épaules, lassé d'avance par cette discussion qu'il se devait d'avoir avec
elle. Mais, bien que le sujet soit épineux, il but une gorgée de thé et reposa mollement sa tasse
avant de se lancer.

- "Il te l'a dit, c'est le fils d'Antonin Dolohov, le Mangemort qu'était enfermé à Azkaban après la
chute de Voldemort, pendant la Première Guerre. Antonin était à Poudlard avec ma tante,
Bellatrix, et avait connu mon père grâce à la famille Black. La suite, tu l'imagines bien, non ?
Ils se sont tous rangés du côté du Lord et, de ce que je sais, Dolohov s'est marié à une sorcière
de sang-pur, une russe, mais je l'ai jamais connue. Paraît qu'elle est morte en donnant vie à
Anthony." Eluda-t-il, le regard perdu dans le vague.

- "Son père l'a collé en pension, puis l'a envoyé étudier à Durmstrang, vu qu'il avait pas le
temps de s'occuper de son mioche. Et, cette nuit-là, quand Dolohov s'est fait tué au
Département des Mystères, les choses commençaient déjà à dégénérer entre mon père et moi.
Je prenais un peu mes distances, il s'en était rendu compte et, évidemment, il avait essayé de
me recadrer, sauf que j'étais pas très réceptif. Il a été enfermé à Azkaban, comme tu le sais, et
j'en ai profité pour fouiller ses affaires. C'est comme ça que je suis tombé sur les lettres qu'ils
s'échangeaient avec Anthony. J'ai réalisé qu'en fait, mon père avait toujours douté de moi, qu'il
gardait Anthony de côté, au cas où... Ils s'étaient souvent vus, que ce soit avec ou sans le père
d'Anthony et, quand Dolohov est mort, Anthony avait assuré que, de toute façon, il ne s'était
jamais comporté comme un père. Qu'il était toujours absent et il a implicitement demandé à
mon père de devenir son tuteur." Poursuivit l'héritier déchu avec amertume tout en posant ses
coudes sur ses genoux repliés.

- "Et c'est là que Lucius t'a... T'a remplacé ?" Risqua timidement Hermione.

- "Tu parles d'une histoire débile... Un père qui se comporte pas comme tel et un fils qui rejette
l'éducation pourrie que veut lui transmettre son daron ! Résultat, le père fanatique trouve en
le fils abandonné une occasion de rattraper le coup !" Cracha le Serpentard, le visage entre ses
mains.

- "L'essentiel, c'est que toi t'aies eu ce que tu voulais. T'es libre, Malefoy, t'as de compte à
rendre à personne." Le raisonna sagement la Gryffondor.

- "J'en ai rien à foutre d'Anthony et de sa relation avec mon père ou du fait que, certains
comme Astoria, s'amusent à me dire qu'il a piqué ma place? Je m'en tape... Je veux juste que ça
s'arrête, qu'ils sortent tous de ma vie !" S'emporta le blond, ses doigts enfoncés dans sa
chevelure ébouriffée.
Touchée malgré elle, la rouge et or posa sa tasse dans un bruit sec et alla s'assoir près de lui.
Tendrement, elle lui prit les poignets, puis tira doucement dessus, forçant son collègue à la
regarder droit dans les yeux.

- "Je suis déterminée à venger Neville, quoiqu'il arrive, je le ferai, je m'y engage. Et... Puisque,
même si c'est indépendant de ta volonté mais imposé par ton travail, tu m'aides à atteindre ce
but, alors sache que, carrière d'Auror ou non, je suis prête à te débarrasser de tes démons."
Promit-elle, émue jusqu'aux larmes.

- "C'est bien ce que je pensais, Granger... T'es vraiment givrée." Railla-t-il comme si répondre
"Merci, ça me touche ce que tu dis." risquait de lui coûter un bras.

- "Et... Ton dos, ces marques, c'est... C'est quoi ?" Bredouilla-t-elle, anxieuse.

- "C'est rien." Riposta froidement le vert et argent qui, au moment de dégager ses poignets,
sentit tous ses membres se tendre.

Hermione venait de le tirer violemment vers elle, furieuse et bouleversée à la fois. Une vraie
boule d'émotions, voilà ce qu'elle était, et Drago ne put s'empêcher de sourire.

- "Pourquoi ça t'intéresse ?"

- "T'as oublié notre marché ? Tu dois me dire..." Rappela-t-elle d'une voix chevrotante.

- "C'est le passé."

- "C'est pas une réponse ! Je te l'ai déjà dit ! On..."

- "On efface pas le passé, on vit avec, mais le mieux, c'est de l'assumer., oui, je sais. Tu vois, je
t'écoute parfois." Termina son ennemi en levant les yeux au ciel.

- "Alors, assume... Assume..." Expira-t-elle, à bout de nerfs.

- "Tu sais que tes états d'âme vont très vite me les briser ?" L'avertit le jeune homme, narquois.

Foudroyée, la brunette s'écarta de lui, honteuse de s'être laissée aller de la sorte. Il était vrai
qu'elle était à fleur de peau par moment, mais, ça, son homologue ne pouvait pas le
comprendre. A croire qu'il n'avait pas de cœur ! Et pourtant... Elle était sûre d'avoir senti
quelque chose battre, l'autre jour, lorsqu’ils étaient ici, tous les deux, debout face à face. Un
éclair de lucidité la frappa alors, lui faisant réaliser que Malefoy s'était déjà confié à elle et
que, chose tout à fait compréhensible, cela pouvait très bien expliquer le fait qu'il ait, cette fois-
ci, du mal à se détendre. Après tout, on obtenait pas des aveux de Drago Malefoy comme on
obtenait un gâteau de chez Molly Weasley.

Prostré devant la mine déconfite de son improbable confidente, le Prince des Serpentards
lâcha un soupir lourd de sens, puis passa un bras autour de ses frêles épaules et, baissant
définitivement sa garde pour ce soir, la ramena contre lui.

- "Je me comporte vraiment comme un con... T'as été plutôt cool avec moi ces derniers temps.
Enfin, surtout ce soir. Mais, tu peux comprendre que j'ai... J'ai un peu de mal avec ce genre de...
De trucs." Se dédouana-t-il pesamment.

Sans lui accorder ne serait-ce qu'une seconde pour protester, il posa son menton sur le crâne
de sa partenaire et inspira calmement le délicieux parfum qui s'en échappait. C'était la
première fois qu'il faisait réellement la connaissance d'une fille, autre que Pansy -bien que sa
relation avec son amie d'enfance soit puisée dans un registre plus complexe-. Et il dut
reconnaître que ce n'était pas si désagréable d'apprendre à cerner la Miss-je-sais-tout de
Poudlard. Cette dernière avait éveillé sa curiosité, à lui, le pragmatique confirmé, c'était une
prouesse qui se devait de paraître dans les annales !

Même si, quelque part, cette attirance le gênait, le perturbait. Il n'aspirait qu'à une chose en sa
présence : se libérer, être celui qu'il était, et cela se traduisait par des chamailleries, des
répliques acérées, mais aussi par cette proximité salvatrice, ce réconfort jusque là étranger
dont elle seule avait le secret.

Finalement, maintenant qu'il y repensait, Granger était le seul fragment de son passé qui
n'avait pas changé. Elle était toujours la même, et cette prise de conscience rassura
étrangement le sang-pur. Apaisé, il quitta ses songes lorsqu'il sentit le corps d'Hermione
trembloter contre le sien.

- "Ça va ?"

- "Non, ça va pas !" Hurla-t-elle sans pour autant quitter ses bras.

- "C'est ma faute, mais faut dire aussi que c'est le seul moyen pour que tu la boucles !"
Répliqua-t-il, espiègle.

- "Arrête !" Tonna-t-elle en enfouissant son visage dans le cou de son coéquipier.

Il lui insupportait tellement qu'elle se demandait bien ce qui l'empêchait de le foutre dehors.
Seulement, la chaleur qu'il dégageait, la solidité de son étreinte pourtant anodine et, surtout,
les innombrables décharges de plaisir qu'il lui procurait, la dissuadèrent de quoique ce soit.
Tout lui paraissait amplifié, chaque sentiment, chaque émotion, chaque sensation... C'était
comme si un océan la submergeait de bonheur. Or, ce bien-être n'avait rien de normal, aussi
c'est pour cette raison qu'elle tenta progressivement de se détacher de lui, sans succès puisque,
sentant qu'elle allait encore une fois se défiler, il reprit la parole.

- "Cette nuit-là, au Manoir de mes parents, lorsque... Lorsque Bellatrix t'a..."

- "Oui ?" Coupa la lionne d'une voix étouffée, peu encline à entendre le terme "torturée".

- "Tu sais que j'avais fait semblant de pas reconnaître Potter et... Disons que... Que je l'ai un
peu payé." Révéla-t-il en plissant les paupières.

- "Comment ça ?" Gémit la sorcière contre son torse.

- "On a un point en commun, toi et moi."

Sur ces mots, Drago la repoussa délicatement et lui prit le bras, retroussa la manche du gilet
beige de sa camarade et fit de même avec sa chemise. Parallèles l'une à l'autre, leurs marques
se toisaient en respect, porteuses d'un passé sinistre et aussi lugubre que la Mort.

- "Hormis ça, j'ai moi aussi subi le sortilège Doloris." Confia subitement le serviteur de Salazar.

- "Non..." Chuchota sa collègue, abasourdie.

- "Mais, contrairement au jour où j'ai reçu la Marque des Ténèbres, quelqu'un est intervenu et
m'a sauvé. Ma mère avait supplié le Seigneur des Ténèbres, et c'est à ce moment-là que j'ai juré
de tout faire pour la protéger, tout comme elle l'avait fait pour moi. Ça explique aussi
pourquoi j'ai agi comme ça en Sixième année. C'était pour elle, parce que, quand mon père
était à Azkaban, elle n'avait aucun moyen de se sortir de cette galère, et j'ai dû prendre le
relais pour l'épargner."

- "T'es plutôt courageux, pour un vil Serpentard." Le gratifia la surdouée.

- "Espèce de déglinguée, va !"

- "Arrête !"

- "Halala, Granger, tu veux que je te pince ?" Clama-t-il en approchant sournoisement sa


victime.

- "Tiens, d'ailleurs ! J'ajoute une autre règle !" Proclama cette dernière, son index levé.

- "Pitié..."

- "Appelle-moi Hermione." Réclama-t-elle, quelque peu autoritaire.

Malefoy l'examina de son regard polaire, attendant qu'elle dise "Mais je rigole ! C'est une
blague !", sauf que rien ne vint, alors, scotché sur ce satané sofa, il se contenta de hocher la
tête de haut en bas, sidéré.

- "Dans ce cas, j'imagine que ça fait un peu con si moi je t'appelle par ton prénom et pas toi,
donc, puisque j'ai pas le choix et que tu fantasmes dessus, bah... Appelle-moi Drago." Autorisa
galamment l'arrogant.

- "Tu parles d'un honneur..."

- "Je te le fais pas dire !"

L'ambiance était tout à coup beaucoup plus légère qu'en début de soirée et cela ne fit que
s'améliorer -ou empirer, question de point de vue- lorsque les deux compères se mirent à rire
en chœur tant la situation leur paraissait inimaginable.

- "Cette mission va nous tuer. On est en train de... Putain, j'y crois pas !"

- "Oh, ça va ! Je pourrais très bien me plaindre, moi aussi !"

- "Te plaindre de quoi, Hermione ? De bosser avec un gars comme moi ?" Rétorqua le serpent,
erronément vexé.

- "De travailler avec un prétentieux de Serpentard qui se dandine avec des minettes au lieu de
se concentrer sur sa mission !" Rectifia l'érudite en petite fille modèle.

- "T'es jalouse, hein ?" La provoqua-t-il, un sourire carnassier aux lèvres.

- "C'est ça, Drago, prends tes rêves pour des réalités !" Répondit vigoureusement sa rivale. "De
toute façon, t'es fiancé, non ?".

Cette dernière pique renfrogna le garçon qui, brutalement ramené sur Terre, se leva avant de
s'emparer de sa baguette dans la poche-arrière de son pantalon.

- "E... Excuse-moi..." Lâcha sa consœur, embarrassée par sa bêtise.


- "Te méprends pas, je dois juste rentrer chez moi. Faut que je rentre chez moi." L'interrompit-il
sans pour autant se tourner vers elle. "J'ai besoin d'une bonne douche et demain risque d'être
une longue journée. Encore merci pour ce soir. On se voit au Ministère. Bonne nuit,
Hermione.".

Et ni plus, ni moins, il se dirigea vers la sortie, laissant une Hermione bouché bée sur le
canapé. Elle entendit la porte claquer et, sans trop savoir pourquoi, elle détourna son
attention du couloir pour s'arrêter sur le plateau. Habilement dissimulée derrière la théière,
une tige dépassait, nichée entre l'assiette et le bol de sucre. Médusée, la rouge et or tendit une
main tremblante vers le service en porcelaine, jusqu'à atteindre la rose rouge sang qu'elle
reconnut immédiatement comme étant celle que lui avait offerte Drago lors du mémorable
tango. Les pétales étaient agréablement frais, ce qui lui rappela la peau de son cavalier et, un
sourire enfantin plaqué sur les lèvres, elle inspira longuement l'exquise effluve. Nostalgique,
elle ne put s'empêcher de glisser la fleur dans son décolleté. Cette nuit, sa dernière pensée fut
pour lui.

End Notes:
Je vous remercie encore et toujours pour toutes vos Reviews et
j'espère en avoir d'autres, voir de nouvelles de personnes qui,
jusque là, ne se manifestaient pas. J'avoue que j'aimerais avoir le
plus d'avis possible.

A part ça, le prochain chapitre risque de chambouler l'histoire


puisque, hormis l'intrigue principale, j'ai aussi envie de pimenter
le quotidien de nos héros et cela commence par faire rentrer en
scène les "autres" protagonistes :D ! Je vous dis donc à très bientôt
pour le Chapitre 9 !
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Chapitre 9 : Le feu au poudre by Divinity

Author's Notes:
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Désolée pour l'attente, mais j'avais pas mal à faire ces derniers
temps et j'étais un peu "blasée". J'aime pas beaucoup ce chapitre,
cela dit, je me devais de l'écrire (obligée de passer par là :p) !
Bonne lecture quand même ! :$ Et encore merci à tous !

Illustration du Chapitre 9 issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 9 : Le feu au poudre OoO

Du haut de ses dix-neuf ans, Drago Malefoy avait connu tout un tas de réveils, allant de ceux
tendres que sa mère lui accordait en l'absence de son père, en passant par ceux qui
annonçaient une journée d'examens, mais aussi ceux où il devait congédier une conquête d'un
soir, à ceux froids et solitaires de ses semaines d'entraînements en compagnie de Bellatrix.

Malheureusement, ce matin, le jeune homme, fatigué et encore mal en point, dut se résoudre
au fait que les choses allaient empirer. Sous ses yeux, déplié sur la table, juste à côté de sa
tasse fumante, un article le narguait depuis une bonne dizaine de minutes tant il ne savait pas
comment réagir.

Au début, il fut stupéfait de voir le nom de Rita Skeeter puisque cette mégère devait, à l'heure
actuelle, croupir chez elle et sans emploi. Or, après lecture du journal, le Serpentard comprit
que son adorable belle-famille avait, apparemment, fait jouer ses relations afin de la
réengager. En effet, la Gazette avait pour première page une photo d'Astoria qui, tout sourire,
présentait aux journalistes une bague hors de prix à son annulaire gauche.

Le mariage du siècle !

Alors qu'on attendait impatiemment une officialisation entre Harry Potter et Ginny Weasley, le
Survivant se retrouve doublé par son rival, Drago Malefoy, qui lui pique la vedette en
annonçant son union avec la délicieuse Astoria Greengrass. Cette dernière a elle-même
contacté la presse ce matin, pour nous faire part de cette merveilleuse nouvelle ! La date n'est
pas encore fixée, mais ça ne serait tarder !

Il est évident que nous ne manquerons pour rien au monde cette cérémonie qui, nous en
sommes sûrs, sera grandiose. En attendant, l'héritier Malefoy, pris par son travail, n'a pas pu
nous accorder d'interview.
Hé oui, mesdemoiselles et mesdames, il va falloir vous faire une raison, le jeune Drago Malefoy
sera bientôt marié et il ne vous restera que vos yeux pour pleurer !

Le vert et argent froissa le quotidien sorcier et l'envoya bouler contre le mur d'en face. Tout le
monde était à présent au courant. Ses amis n'allaient pas tarder à lui bondir dessus, sans
parler des paparazzis, les magazines, etc...

- "Sale garce..." Grommela-t-il entre ses dents serrées.

Il n'avait pas besoin de tergiverser pendant des heures pour savoir le comment du pourquoi, la
réponse était évidente, limpide : Anthony Dolohov. Cet énergumène avait sans aucun doute
rapporté les détails de la veille à Astoria, tout en prenant un malin plaisir à lui faire part du
dérapage entre lui et Granger lors de ce foutu tango. C'était bien la première fois que la
situation lui échappait de la sorte, à croire que depuis qu'il se farcissait cette folle furieuse de
Gryffondor, les choses lui glissaient entre les mains telles des anguilles effrayées. Rien ne se
passait comme prévu, il y avait toujours un paramètre hasardeux qu'il oubliait de prendre en
compte : elle, Hermione.

De fil en aiguille, ses pensées se tournèrent vers la nuit passée en compagnie de la rouge et or,
une grimace dansant sur ses lèvres crispées. Ça n'avait pas été aussi désagréable que de s'en
rappeler, loin de là... Il avait -étonnement- passé un bon moment, même si au début ils avaient
eu du mal à se détendre -ce qui en soit était tout à fait compréhensible-. Par sa simplicité, son
insupportable aura de réconfort à la lisière du "maternel", Hermione était, parfois,
parfaitement supportable, surtout lorsqu'elle était submergée par ses émotions -état dont le
processus n'avait, pour Drago, plus aucun secret-.

Tout à coup, ses soucis lui semblèrent moins graves qu'ils en avaient l'air, minimisant de ce
fait les conséquences des déclarations de sa promise et les dégâts qu'engendrerait le serment
inviolable. Enfin... Jusqu'à ce que son elfe de maison ne vienne lui annoncer la visite de
Mademoiselle Parkinson. Sachant pertinemment qu'il se devait de la recevoir, Malefoy bu une
gorgée de café, fit signe à son serviteur de faire entrer son amie, et se laissa mollement tomber
sur le fauteuil de la salle à manger.

- "Plus d'une semaine ! Une semaine ! Sans aucune nouvelle de toi ! Tu répondais même pas à
nos hiboux ! On s'est dit "Bah, il travaille, c'est normal !", et qu'est-ce qu'on apprend ?! Non
seulement y avait ta photo dans tous les journaux avec Granger, mais en plus t'es fiancé ?!"
Hurla l'enragée qu'était Pansy en déboulant tel un cognard fou dans le séjour.

- "Bonjour, ça va ?" Répliqua amèrement son hôte, blasé.

L'espace d'une seconde, elle hésita entre lui asséner une gifle amplement méritée ou lui
renverser son mug chaud sur les noix. Cela dit, les colères de son ami étaient dignes des plus
grands cataclysmes, aussi elle choisit l'option du "regard noir qui fait froid dans le dos", sauf
que c'était loin d'impressionner son interlocuteur qui, narquois, se contenta de lever les yeux
au ciel.

- "Ecoute... Je pensais trouver une solution pour éviter ce mariage à la con, c'est pour ça que
j'ai rien dit. Les personnes au courant devaient pas en parler, je voulais éviter ce genre de... De
scènes inutiles, tu saisis ?" Eluda-t-il en incitant la Serpentard à prendre place sur le canapé.

- "Et, à ce que je vois, t'as trouvé aucune solution, pas vrai ?!" Ragea de plus belle cette
dernière, un exemplaire de la Gazette chiffonné entre ses mains tremblantes.
La tension atteignant son paroxysme, elle s'affala sur le sofa, jeta son sac sur la table basse et
se mit à sangloter face à un Drago exaspéré.

- "Bon sang... Tu vas pas me faire ton numéro de la pleurnicheuse, Pansy. Tu sais bien que ça
marche pas, ça a jamais marché avec moi." Lui rappela froidement le beau blond qui, frôlant
son quota de patience, avait sorti sa baguette, faisant léviter une bouteille de scotch jusqu'à
eux.

Le bouchon sauta de lui-même et, capricieusement, la bouteille se pencha au-dessus de deux


verres pour les remplir à moitié. Voici la première étape vers une éventuelle réponse au
problème : boire.

- "Calme-toi..." Dit-il en lui tendant le breuvage qu'elle avala d'une traite avant de reposer le
tout dans un bruit sec.

- "Me calmer ? Tu... Tu vas te marier ! Tu nous l'a cachés ! Tu me l'a cachée, à moi ! MOI !"
Explosa-t-elle, ses ongles résolument enfoncés dans le revêtement du canapé.

Il la considéra de son regard hivernal, se demandant si son comportement possessif n'était pas
quelque peu démesuré, mais réalisa bien vite qu'elle n'avait pas tort. Il aurait dû mettre ses
amis dans la confidence, leur parler de ses ennuis, pour ça, il était impardonnable.
Malheureusement, que ce soit en amitié ou en amour, Drago Malefoy faisait souvent les
mauvais choix. Les pleurs de Pansy le firent culpabiliser malgré lui, une faiblesse à laquelle on
le prenait rarement.

- "T'as raison..." Lâcha-t-il entre deux soupirs d'agacement.

Surprise, la sorcière leva ses prunelles larmoyantes vers lui, bouché bée. Il était cher payé de
voir l'héritier déchu s'excuser, c'est pour cela qu'elle inspira une goulée d'air avant de se caler
plus confortablement parmi les coussins en velours, priant pour qu'il se lance dans des
confidences à rallonge.

- "C'est... Compliqué, je veux pas vous affoler avec mes histoires."

- "Bon, stop ! On est là pour toi. On est tes amis, Dray' ! Tes amis ! Si tu nous exclus de ta vie,
qui d'autre pourrait t'épauler, hein ?!" Coupa-t-elle, vexée.

- "Je pensais pas que ça prendrait ces proportions, c'est tout." Se défendit le sang-pur en
hochant la tête, résigné.

- "Tu sais, lorsque je suis tombée sur cette photo, celle prise à l’hôpital, avec Granger qui
chialait dans tes bras, j'ai eu qu'une envie à ce moment-là : la retrouver et l'étriper d'avoir osé
poser les doigts sur toi. Mais tu sais quoi ? Je me suis rendue compte qu'elle avait suscité chez
toi ce que j'avais réussi à faire en six longues années. Elle a révélé ton côté tendre, celui que tu
réserves seulement à tes proches, tes amis. Moi, j'ai galéré à t'approcher, à gagner ton amitié,
et elle... Elle avait juste à pleurer comme une gamine, alors dis-moi, Dray', pourquoi quand j'ai
perdu un proche, tout comme Granger, j'ai pas eu droit à autant de compassion ? Pourquoi,
moi, j'ai dû attendre des années pour qu'enfin tu daignes me regarder, me soutenir tout
comme je le faisais ?" Déblatéra la jolie brune sans un accro dans la voix.

"Nous y voilà...", Pensa le jeune homme, irrité d'aborder le sujet "Granger" avec sa camarade
de maison. Il s'attendait à cette confrontation, sauf que, bizarrement, ces questions le
mettaient mal à l'aise, comme s'il devait se reprocher son attitude envers Hermione. Oui,
pourquoi ? Pourquoi consoler l'éternelle Miss-je-sais-tout ? Pourquoi lui avoir épargné le
même traitement que les autres ? C'était vrai, il avait repoussé Pansy à plusieurs reprises, elle
et toutes celles qui cherchaient à s'accaparer sa personne. Orgueilleux et d'un naturel
mauvais, il ne s'était jamais intéressé aux états d'âme de ses conquêtes, encore moins à leurs
interminables jérémiades. Machinalement, Drago se resservit un verre, puis planta ses orbes
grisées dans celles implorantes de son invitée.

- "Parce que Granger, elle est différente." S'entendit-il souffler, égaré dans ses songes.

- "Et en quoi ?!" S'indigna Parkinson en croisant les jambes.

- "Elle cherche pas à m'avoir. Je pourrais ne pas exister, pour elle, ce serait pareil, si ce n'est
mieux." Rétorqua-t-il, un sourire illuminant son visage d'ange.

- "Alors c'est ça, le truc ? Faut te snober pour t'attirer ?" Conclut-elle sèchement.

- "Non."

- "Alors quoi ?!"

- "Pansy, je te l'ai déjà dit cinquante fois : personne ne peut m'avoir. Tes sentiments pour moi,
je les ai jamais respectés. J'en ai jamais voulu et tu sais très bien pourquoi. J'ai pas de place
pour quoique ce soit dans ma vie. Je ne veux rien. Alors t'es mignonne, t'arrête de me prendre
la tête avec ces conneries." Claqua-t-il, diablement hautain.

La concernée encaissa le choc, habituée à ces gerbes d'acide depuis belle lurette. Cependant, la
douleur qui lui compressait le cœur se dessinait clairement sur ses traits tendus, lui faisant
perdre de sa superbe. Evidemment qu'elle savait à quoi s'en tenir, Drago était constamment
sec avec tout le monde, même si, de temps en temps, il se laissait aller à quelques gentillesses.
C'était donc ça, l'avènement de leur relation ? Elle était rentrée dans sa vie à la mauvaise
période, celle de son enfance gâchée par un père fanatique ? Mais, était-ce sa faute, à elle, s'ils
s'étaient connus à Poudlard, durant ces heures sombres de son existence ? Non. Elle lui avait
maintes fois prouvé son allégeance, son dévouement, même lorsqu'il lui avait expliqué sans
détour qu'il n'y aurait rien entre eux. Jamais.

- "Je te connais, Dray'... Maintenant, tout ça c'est du passé. C'est révolu, alors pourquoi on..."

- "Pourquoi tu veux tout gâcher, hein ?!" Gronda le garçon en passant une main dans ses
cheveux.

- "Mais t'en sais rien ! Toi et moi, on s'est apprivoisés avec le temps. Tu t'es même confié à moi
et je t'ai écouté. Tu sais combien je suis jalouse de ces filles qui te tournent autour ou que tu
t'envoies sur un coup de tête ! Je veux pas te partager et me dire qu'une de ces salopes sans
cervelle prend son pied avec toi alors que, moi, moi je suis là pour toi ! Que je suis plus proche
de toi qu'elles le seront jamais !" Riposta-t-elle fougueusement, ses longs cils bordés de larmes.

- "Je veux pas de ça avec toi, Pansy, arrête ! C'est ça que tu veux ? Ruiner notre amitié pour une
partie de jambes en l'air ? Réduire notre complicité à du sexe ? Je sais que je t'en ai fait baver,
notamment à cause de mon passé et du fait que t'étais au mauvais endroit au mauvais
moment. Mais t'as tenu le coup, t'as pas lâché, t'es restée ! J'ai besoin de toi dans ma vie, mais
pas de cette manière. Je te veux comme pilier, pas comme échappatoire et..."

Il s'interrompit quand, tout à coup, un poids s'écrasa sur lui, une paire de bras fermement
enroulée autour de son cou : à bout de nerfs, la jeune femme s'était précipitée sur lui, noyant le
chagrin qui la dévorait de part en part.

- "S'il te plaît... Fous pas tout en l'air..." Supplia-t-il en lui caressant le dos du bout des doigts.
Ils n'avaient jamais vraiment posé les choses à plat entre eux, l'un et l'autre satisfaits de ce
lien indestructible qui les unissait. Néanmoins, Drago ressentit un besoin urgent d'en découdre
une bonne fois pour toutes, comme si les événements de ces deux derniers mois lui avaient
subitement ouvert les yeux. Il était conscient des sentiments de son amie, elle n'arrêtait pas de
lui témoigner son amour, que ce soit par d'infimes baisers sur le front, la joue... Ou encore ses
regards enflammés dont elle le gratifiait à tous leurs rendez-vous... Il réalisa
mélancoliquement qu'il l'avait fait souffrir, or Pansy ne méritait pas ça, absolument pas.

- "Je te demande pardon... Pour tout ce que je t'ai fait subir..." Chuchota-t-il en la serrant
tendrement.

L'éplorée hoqueta, puis, touchée par les aveux de son amour de jeunesse, releva la tête et colla
son front contre le sien.

- "T'es qu'un mufle, tu le sais, hein ? Mais bon... J'imagine que c'est pour ça que je te supporte.
J'aime les enfoirés." Railla-t-elle, quelques mèches de cheveux noirs voilant son regard.

- "Je t'adore et merci de me supporter. Je sais que c'est pas facile tous les jours." Concéda son
hôte en lui dégageant distraitement la vue.

A cet instant précis, Pansy Parkinson comprit que, quoiqu'il arrive, pour rien au Monde elle
n'échangerait sa place avec une autre. Car être l'amie et confidente de Drago Malefoy n'avait
pas de prix. Peut-être avait-elle secrètement espéré cette conversation avec lui, cet échange
qui, finalement, avait réussi à la rassurer. En effet, c'était comme le final d'une pénible pièce de
théâtre, un achèvement à quelque chose de pesant et d'éprouvant. Le deuil d'une relation
amoureuse à laquelle elle seule rêvait, voilà ce qu'était cette poignée de secondes passée contre
le torse de Drago : une libération.

- "Alors ? C'est quoi le plan ?" Reprit-elle sans pour autant se détacher de lui.

- "Le plan ?" Répéta-t-il, incrédule.

- "Bah oui ! Le plan pour foutre en l'air ton mariage ! Va falloir mettre au parfum Théo' et
Blaise ! A nous quatre, on va bien ruiner les espoirs d'Astoria !" Expliqua-t-elle en parfaite
stratège des complots les plus infâmes.

- "Pansy... C'est délicat..."

- "Ah non, Dray' ! T'as besoin de nous, alors tu vas tout nous raconter et on va te sortir de ce
merdier, t'entends ?!" Trancha l'hystérique en bondissant du siège. "On se retrouve tous ce
soir, au Trois Balais. T'as intérêt à te pointer !"

Malefoy approuva du chef et déposa un baiser sur la joue tendue de sa camarade qui, d'un pas
léger, se dirigea vers la sortie, souriante.

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A quelques kilomètres de là, enlisée sous ses couvertures, Hermione peinait à quitter son lit
douillet jusqu'à ce qu'un "Toc-toc" lui écarquille ses yeux meurtris. Précipitamment, elle
rabattît sa couette, jeta un œil à son réveil -se maudissant au passage d'avoir autant trainé
dans les bras de Morphée- puis, non sans se casser royalement la figure, finit par enfiler ses
chaussons et une robe de chambre avant de courir dans l'entrée.

D'un informulé, la marmotte annula les protections magiques et ouvrit la porte en baillant
pour finalement se retrouver face à un Ron cramoisi.

- "Sa... Salut..." Lança-t-il, fébrile.

Les sourcils froncés, elle le toisa assez longtemps pour que ses iris fatiguées la picotent. La
dernière fois qu'elle l'avait vu, ils s'étaient disputés, et depuis, plus aucune nouvelle, silence
radio.

- "Qu'est-ce... Qu'est-ce que tu fais ici ?" Risqua-t-elle en rangeant son arme.

- "Petit-déjeuner ?" Proposa-t-il en brandissant un sac d'où s'échappait une délicieuse odeur de
croissants et de café.

Sans un mot, Hermione l'autorisa à entrer, son cœur battant soudainement la chamade.

- "Je me suis dit que... Qu'il était peut-être temps que je mette ma fierté de côté, tu crois pas ?"
Poursuivit le roux en se dirigeant vers la cuisine.

- "Ron..."

- "S'il te plaît, te moque pas ! J'ai déjà assez de mal à assumer le fait que..."

- "Assumer ? C'est si dur que ça de venir me voir pour renouer un semblant de dialogue entre
nous, vraiment ?!" Souligna la rouge et or, blessée.

- "Non, attends... C'est pas ça ! Hermione... Je suis impulsif et toi, toi t'es têtue comme une mule
! Tu savais très bien que ça allait me foutre en rogne de te voir traîner avec la fouine, même si
tu l'as pas choisi ! C'est moi qu'ai commencé, je le reconnais, mais c'était pas une raison pour
mêler mes frères à ça, surtout pas Fred et Georges." Renvoya-t-il en posant ses achats sur le
comptoir.

- "Je me suis excusée, Ron ! Et sur ça, tu débarques chez moi et ça part en vrille, encore une fois
! Pire, tu me craches à la figure que je... Que "je sais pas quoi" avec Malefoy !" Réfuta l'érudite
qui avait décidément du mal ce matin.

- "J'étais en colère ! Je m'en voulais et j'en voulais à Harry ! Je nous en voulais de pas avoir été
là alors que t'en avais besoin ! C'était à nous de te consoler, pas à lui !" S'écria ce dernier en lui
saisissant les mains.

- "Mais... J'ai été idiot de m'en prendre à toi comme ça, je le sais et, crois-moi, Harry m'a passé
un sacré savon. Genre pire que maman, t'imagines ? Je suis désolé..." Ajouta-t-il, l'attirant
définitivement contre lui dans une étreinte salvatrice.

La lionne se figea, stupéfaite. Puis, attendrie, elle passa ses bras autour de Ron et agrippa
gentiment son t-shirt tout en faufilant son visage au creux de son cou, dissimulant ainsi
l'expression niaise qu'elle affichait.
- "Tu m'as manquée, Hermione." Murmura-t-il en posant son menton sur le sommet de son
crâne, ses doigts allant et venant le long de sa nuque.

- "T'es vraiment maladroit, crétin, doté d'une capacité émotionnelle avoisinant celle d'une..."

- "D'une petite cuillère, je sais..."

- "Mais je t'aime pour ça..." Confia à demi-mot la brunette, ses membres tout à coup tétanisés.

Le rouquin rougit violemment, ignorant comment interpréter les paroles de sa meilleure amie.
Les avait-il rêvées ? D'habitude, elle disait ça à Harry, son frère de cœur -comme elle aimait le
rappeler-, mais... Lui, Ron, elle ne l'avait jamais considéré de la sorte, n'est-ce pas ? Il ne
voulait pas risquer de se méprendre et pourtant, une vision nette de leur baiser échangé lors
de l'ultime Bataille lui revint distinctement à l'esprit. Porté par le souvenir de cet élan dénué de
toute fraternité, il recula légèrement, noya ses prunelles azures dans celles caramels de sa
belle et, lascivement, rapprocha ses lèvres des siennes.

Si proches, elles étaient si proches qu'Hermione pouvait sentir le souffle régulier de Ron la
faire frémir de bas en haut et, alors qu'il s'apprêtait à concrétiser son geste, elle le repoussa
délicatement, assiégée par une image qu'elle aurait aimé chasser à tout jamais : celle d'un
tango qui s'était terminé par un baiser fiévreux et passionnel.

- "Ahem... On... On devrait plutôt... Enfin... Ce serait plus sage d'éviter de faire ça." Balbutia-t-
elle, gênée.

- "Excuse-moi..." Se lamenta maladroitement le garçon en titubant sur place.

- "Non ! Tout va bien, je t'assure ! Juste que... Ce serait idiot de dire "inutile de se précipiter", vu
toutes ces années qu'on a passé ensemble, mais... J'ai..."

- "C'est bon. C'est ma faute, j'aurais pas dû." La tranquillisa-t-il, les mains levées en signe
d'apaisement.

Elle le gratifia d'un sourire en coin, puis, joueuse, le bouscula avant d'attraper un pain au
chocolat qu'elle lui fourra dans la bouche. Faussement scandalisé, il fit de même avec un
beignet, et, c'est ainsi que l'ambiance passa d'électrique à bon enfant.

Ronald Weasley n'aimait pas Hermione Granger pour son intelligence sans limite ou son
courage Gryffondorien, non... Il l'aimait pour son imprévisibilité -même si elle avait tendance à
tout prévoir à l'avance-, pour sa tendresse, son grand cœur, sa générosité... Il l'aimait parce
qu'il la connaissait réellement. Qu'il avait eu la chance inouïe de la côtoyer durant des années,
qu'il pouvait fièrement assurer qu'il était, et serait, à ses côtés jusqu'au bout. Elle était de celles
qu'on attendait toute une vie s'il le fallait. Une jeune femme farouche et émotive, aussi délicate
qu'une fleur malgré ses dangereuses épines, alors... Alors il l'attendrait, car Hermione Granger
méritait amplement sa patience. Toute sa patience.

- "Tu sais ce qui nous ferait du bien ?" Clama-t-elle, l'extirpant de ses pensées. "On devrait tous
se retrouver, ce soir, au Trois balais, t'en penses quoi ?"

Le jeune homme ne put réprimer un sourire et, reconnaissant qu'une sortie en groupe serait la
bienvenue, acquiesça d'un hochement de tête. Tout à coup, un imperceptible hululement
résonna, faisant sursauter le duo qui, apercevant une chouette à la fenêtre, se mit à rire
bêtement.

- "C'est le journal !" Annonça Hermione en dépliant le quotidien sorcier.


En découvrant la première page, la bonne humeur de la Gryffondor s'évapora instantanément
tandis qu'une inexplicable boule de frustration remontait dans sa gorge nouée. Merlin... Drago
allait se marier... L'information mit une minute à imprimer son cerveau, ses neurones refusant
d'admettre les faits. Elle papillonna des paupières, la respiration saccadée : Anthony... Il les
avait sûrement vus, hier... Quelle idiote ! Elle était en partie responsable ! Que devait-elle faire
à présent ? Mettre fin à son partenariat avec Malefoy, sachant qu'elle avait besoin de ses
talents ? Faire comme si de rien n'était ? Lui en parler ? Non... Rien de tout cela. Une lueur de
détermination embrasa son regard : il était officiellement dans le pétrin, elle avait accéléré
l'engrenage, alors soit, Hermione Granger allait aider Drago Malefoy. Après tout... Ils étaient
partenaires.

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En début d'après-midi, Hermione rejoignit Drago au Département des Aurors, tous deux
convoqués par leur supérieur.

- "Je suis désolée !" Tonna la sorcière en prenant son collègue par les épaules, le secouant
comme un pommier.

- "Euh... Je t'ai déjà dit que mes fringues valaient plus chères que ton taudis, alors, t'es gentille,
vire tes sales pattes de là." L'intima ce dernier en guise de salutation.

- "J'ai lu la Gazette !" Se justifia-t-elle sans amorcer le moindre mouvement.

- "Tu me félicites pas ? Je suis déçu..." Ricana-t-il, impertinent.

- "Arrête ! C'est sérieux ! Je suis sûre que c'est Dolohov qu'a..."

- "Pourquoi tu t'excites comme ça, hein ? Tu pensais me mettre le grappin dessus ou quoi ?"
L'ignora le Prince des Serpentards, optant pour l'indifférence.

- "Drago..." Soupira-t-elle en baissant la tête.

- "Ça te regarde pas, compris ? T'étais peut-être au courant de ma vie privée, mais maintenant,
le peu d'exclusivité que t'avais s'est barré ce matin à la première heure." Objecta-t-il
violemment en la poussant contre le mur.

Troublée, sa consœur avala péniblement sa salive, se reprochant intérieurement d'être aussi


compatissante qu'abrutie. Dire qu'elle pensait le secourir, l'épauler... Avait-elle perdu de son
importance aux yeux du garçon, maintenant qu'elle n'était plus dans la confidence ? Leur
entente de la veille avait-elle volé en éclats ? L'avait-il supportée uniquement dans l'espoir
qu'elle tienne sa langue ?

- "T'as pas le droit ! Je te l'interdis !" Ordonna-t-elle, l'index rivé sur lui.

- "T'es bourrée ?"


- "La ferme ! T'as pas le droit de jouer ton numéro du vilain petit canard qui me confit ses
maux pour, après, m'envoyer chier à la première occasion, t'entends ?! Où est passé le Drago
que je soignais hier, hein ?! Celui qui s'était laissé aller malgré ses grands airs à la con !"

- "T'es vraiment entrain de me faire une scène de ménage, là ? T'es complètement givrée..."
Grommela le jeune homme en s'adossant contre la porte du bureau au cas où Kingsley
déciderait de se pointer.

- "Tais-toi ! Je... Je t'ai cru, moi, quand tu m'as racontée ta vie, tes problèmes ! Je pensais que
c'était clair entre nous, qu'on était un duo. Tu foires, je foire. T'es dans la merde, je le suis aussi
! Tu peux pas tout effacer et faire comme ça t'arrange ! Moi aussi, j'ai mes humeurs, mes
envies ! T'es un manche en relation sociale, mais je vais t'initier, moi, t'en fais pas ! A partir de
maintenant, ta personnalité "boule à facettes", tu la gardes pour les autres !" Déversa la
lionne, les joues en feu.

- ""Boule à facettes" ?"

- "C'est moldu..." Expira-t-elle, démunie devant cette accablante nonchalance.

Le vert et argent la scruta attentivement, décelant chez elle la moindre émotion, curieux de la
voir se mettre dans tous ses états. Granger était trop empathique, c'était aussi chiant que les
recommandations de sa mère. Mais ce nez retroussé, ces fossettes plissées, ces lèvres pincées,
ce teint cramoisi et ces cheveux bordéliques lui firent jeter l'éponge.

- "Ça va... Je passe ma journée à m'excuser. Quelle galère !" Dit-il en levant les bras au ciel.

- "Je m'en veux, c'est en partie à cause de moi si Astoria a tout déballé à la presse." Désespéra
la petite brune qui, soulagée de le voir baisser les armes, s'installa sur le canapé.

- "Toute façon, ça me pendait au nez, j'étais préparé à ça..."

- "Je veux t'aider !" Imposa-t-elle, catégorique.

- "Non, ça suffit ! J'ai déjà trois vicieux pour me prêter main forte, je vais pas m'encombrer
d'un troupeau ! Inutile d'aggraver les choses. Toi, tu te contente de travailler sur l'enquête. Le
reste, c'est mon problème !" Refusa le serpent dans un soupir lourd de sens.

- "T'auras jamais les idées claires avec cette histoire !"

- "Hermione... Insiste pas, ok ? T'en as assez fait. J'ai déjà un moyen pour me sortir d'affaire...
Enfin, un moyen, disons plutôt qu'il s'agit d'une éventuelle porte de sortie, mais j'ai pas encore
peaufiner les détails." Avoua-t-il à moitié.

Alors qu'Hermione ouvrait la bouche pour assommer son partenaire d'hypothèses et


suppositions en tout genre, la porte s'ouvrit à la volée, laissant place à un Shacklebolt
ruminant précédé d'une liasse de parchemins.

- "Je n'ai pas beaucoup de temps à vous consacrer, alors allons droit au but : vous êtes
suspendus." Déclara-t-il de façon identique à celle d'un présentateur télé chargé de la météo.

- "De... Quoi ?!" Rugit Drago, les poings serrés.

- "Oh, et... Félicitations, Malefoy." Compléta le métis sans accorder le moindre regard à ses
disciples.
- "Monsieur, on peut savoir pourquoi ?!" Réagit à son tour l'apprentie Auror, debout aux côtés
de son confrère.

- "Harry et d'autres Aurors se chargeront de l'enquête pour une durée... Indéterminée. Tous les
deux, vous êtes trop instables ! Vous avez enfreint les règles en vous exposant délibérément au
danger ! Vous êtes inconscients !" Les réprimanda le Ministre, impassible. "J'ai reçu une lettre
anonyme me certifiant qu'un de mes "protégés en avait pris pour son grade, hier, au cocktail",
vous comptez m'en parler quand ? Vous attendiez quoi ? Que l'un d'entre vous meurt ?!"

- "C'était pas la peine d'en faire une montagne !"

- "Je lui ai dit qu'on devait vous en parler. C'est lui qui a refusé !"

Consternés, Drago et Hermione se fusillèrent du regard.

- "Vous êtes dispensés jusqu'à nouvel ordre. Maintenant, sortez." Commanda rudement le
mage.

Voyant qu'il serait futile de protester, les rivaux posèrent leurs insignes sur le bureau et
saluèrent brièvement Kingsley avant de sortir, abattus par cette punition.

- "On fait quoi maintenant ?" Souffla l'érudite en se prenant la tête entre les mains.

- "On désobéît." Rétorqua simplement le blond, peu disposé à accepter la sentence.

- "Mais t'es fou ?! On a plus nos badges !"

- "C'est pas ça qui va m'empêcher de travailler, crois-moi !" Balaya-t-il en la défiant de ses
prunelles métalliques. "Alors ? Tu participes ou t'admires ?"

- "Crétin ! Bien sûr que j'en suis, j'ai pas le choix, faut bien une personne censée pour t'assister
!" S'esclaffa la Miss-je-sais-tout, piquée au vif. "Je te rappelle que cette affaire concerne le
meurtre d'un de mes amis, je vais pas rester sans rien faire !"

Fier de sa prestation, le Serpentard lui adressa un sourire ravageur, puis tourna les talons :
interdiction formelle d'être en retard à Pré-au-lard au risque de subir le courroux de Pansy.

End Notes:
Le prochain chapitre s'intitulera "Meeting au Trois Balais". D'ici-
là, je vous souhaite une bonne journée !
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Chapitre 10 : Meeting au Trois Balais by Divinity

Author's Notes:
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Mille pardons pour cette attente ! Mais j'ai eu pas mal de


"chamboulements" dans ma vie ces derniers mois et j'ai dû mettre
de côté l'écriture :/ D'ailleurs, je suis actuellement malade et c'est
comme ça que j'ai trouvé le temps -entre deux "mouchages" de nez-
de vous offrir la suite. J'espère que vous êtes toujours là et encore
merci pour vos Reviews !

Illustration du Chapitre 10 issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 10 : Meeting au Trois Balais OoO

- "Mais on s'en fiche ! On la chope et on lui refait le portrait à cette garce !" Rugit Pansy en
tapant du poing sur la table, ce qui, pour la énième fois, attira l'attention sur son groupe
d'amis.

Il était aux alentours de vingt et une heures et les Trois balais se remplissait encore,
accueillant ses clients ravis de se poser devant une bonne bièraubeurre servie par Rosemerta
en personne. Au fond de la salle, Pansy, Théodore et Blaise tentaient désespérément de
raisonner Drago -une activité extrêmement laborieuse-. Alors que la Serpentard ne proposait
que des idées meurtrières et sanglantes qui risquaient de valoir au groupe un séjour à
Azkaban, Zabini, lui, supposait qu'Astoria était capable de mentir et que, par conséquent, le
serment inviolable pouvait ne pas inclure Narcissa -option que Malefoy prit en compte,
déterminé à en toucher deux mots à sa mère, même si cette dernière persistait à l'ignorer
depuis l’incarcération de Lucius-. Nott, quant à lui, faisait office d'arbitre, d'autant que, par sa
grande sagesse, il préférait ne pas se précipiter ni émettre de jugement hâtif sans avoir
analysé l'ensemble des faits. Et, au milieu de ces éclats de voix tantôt consternés, tantôt
dépités, le futur jeune marié fixait son verre de scotch d'un air absent, expirant de temps en
temps d'exaspération à l'entente des plans foireux de sa meilleure amie -c'était à se demander
si elle n'avait pas été une criminelle dans une vie antérieure-.

- "J'ai toujours dit qu'il fallait se méfier d'Anthony !" S'emporta le métis en posant furieusement
son verre, faisant sursauter Pansy qui, tout aussi remontée, approuva du chef ses propos.

- "Je t'avais prévenu, Drago, je t'ai dit que ça annonçait rien de bon cette entente entre Dolohov
et ton père !" Continua-t-il, amer.

- "Pas la peine d'en rajouter, Blaise." Intervient Théo' qui, voyant le Prince des Serpentards se
crisper, préférait ne pas remuer le couteau dans la plaie. "Drago sait qu'on est là pour lui, il
aura qu'à nous demander notre aide si jamais il en a besoin."

- "Et Daphné ?" Lança soudainement la brune, son regard inévitablement tourné vers Zabini.

Ce dernier grimaça et, comme pour dévier ses pensées, avala cul sec son fond de whisky avant
de se tasser sur sa chaise. Il s'attendait à ce que sa camarade de Maison aborde ce point, cette
éventualité, puisqu'il savait pertinemment ce que ce prénom sous-entendait. En effet, il avait
fréquenté Daphné Greengrass à Poudlard, une brillante élève qui, par sa grâce, sa vivacité
d'esprit et sa beauté, faisait honneur aux couleurs de Salazar. Mais, un des points faibles de
Blaise n'était autre que la convoitise et, ce qui devait arriver arriva car, inéluctablement, il
s'était mis à vouloir Daphné, à la désirer au point de tout mettre en œuvre pour la séduire,
elle, la jeune femme inaccessible et fière. Au début, c'était une obsession qu'il croyait
passagère, jusqu'au jour où il avait réalisé que cela dépassait le simple entichement et,
incapable de refouler ses sentiments déjà profondément enracinés, il choisit la solution la
moins douloureuse : celle de devenir un ami fidèle, un garçon qui se contenterait de l'aimer en
silence.

Bien que ses confidents trouvaient cette décision tout bonnement ridicule, il avait tenu bon,
prenant soin de retenir ses élans affectueux à chaque fois qu'il croisait sa belle. Perspicace,
cette dernière avait remarqué son changement de comportement, surprise de le voir jeter aux
orties son attitude de Don Juan accompli pour révéler son côté gentil, humble et parfois
timide. Elle le trouvait d'ailleurs très attachant, ce qui les avait amenés à se voir régulièrement
autour d'un thé ou entre deux rendez-vous sur le Chemin de Traverse. Malheureusement, plus
ils passaient du temps ensemble, et plus Blaise luttait à se contenir tant le moindre trait chez
elle le rendait ivre d'un amour qu'il redoutait depuis maintenant deux ans. Comble de l'ironie,
l'élue de son cœur était promise à un salaud de la pire espèce, à savoir Anthony Dolohov,
l'enfant prodige. Ressasser ces souvenirs le mit mal à l'aise, aussi il haussa les épaules,
feignant l'indifférence à merveille et reporta son attention sur sa bande.

- "Je préfère pas la mêler à ça, si jamais sa famille l'apprend, elle est fichue." Objecta-t-il en
tapotant distraitement les contours de son verre.

- "Mais c'est important, là ! C'est l'avenir de Dray' qu'est en jeu ! D'ailleurs, Daphné sait très
bien que ce mariage c'est de la pure foutaise !" S'écria la sorcière à côté de lui, furieuse.

- "Arrêtez de vous prendre la tête ! De toute façon, Daphné m'a déjà proposé son aide."
Trancha Malefoy en reculant sa chaise dans un raclement désagréable.

Les deux autres le regardèrent, incrédules, attendant une explication qui, apparemment, se
faisait désirer.

- "Dis-moi que t'as refusé..." Supplia presque Blaise, tendu comme un arc.

- "Je lui ai dit que j'acceptais, mais qu'il était hors de question qu'elle prenne des risques à
cause de moi." Répondit simplement le blond.

- "T'es complètement dingue ! Tu veux qu'elle fasse quoi, hein ?! Qu'elle raisonne Astoria ?
Qu'elle poignarde Anthony dans son sommeil ? On peut pas tous se permettre de tourner le
dos à nos proches, Drago !" Protesta fougueusement le métis qui, à bout de nerfs, s'était levé,
surplombant de ce fait l'attablée.

Pansy serra les pans de sa jupe, les yeux rivés sur ses genoux alors que, près d'elle, Théodore
retenait son souffle, priant Morgane pour que Drago contienne sa colère imminente.

- "Je sais que c'est ton amie et j'ai beaucoup de respect pour elle, mais, comme l'a si bien dit
Pansy, il s'agit de mon avenir. Je suis prêt à saisir toutes les occasions possibles et imaginables
pour me sortir de ce merdier." Rétorqua sèchement l'héritier déchu, impassible.

Cela faisait deux mois que Daphné lui avait envoyé ce fameux courrier dans lequel elle lui
faisait part de son refus catégorique quant à son mariage avec Dolohov, mais que pouvait-elle
y faire ? Rien. La famille Greengrass était réputée pour la pureté de son sang, la puissance
qu'inspirait chacun de ses membres, elle était l'emblème de l'aristocratie sorcière. Et tout était
là, griffonné sur un vulgaire bout de parchemin racorni parsemé de quelques larmes, dans
lequel la jeune femme s'en remettait à la seule personne capable de la comprendre : Drago. Ce
dernier s'attendait à cette prise de contact désespérée, comme s'il était son unique bouée de
secours. Les mots de sa camarade d'infortune étaient si bien choisis, qu'il se résigna à accepter
son offre, se persuadant qu'ils étaient de toute manière dans la même impasse.

- "Elle... Elle t'as dit quoi ?" Souffla Blaise, tétanisé.

- "J'aimerais que tu réalises la galère dans laquelle je suis, Blaise. Mon père s'est servi de ma
mère pour sceller un serment inviolable avec la famille Greengrass, m'engageant de ce fait à
épouser Astoria dans le but de racheter un semblant d'honneur aux Malefoy. En admettant que
c'est vrai, et que ma mère est réellement concernée, si je refuse, elle mourra. D'autre part,
Dolohov refait surface et, de ce que j'ai vu l'autre soir, il en a après moi. Il essaye de se donner
un genre, comme si se débarrasser de moi pouvait assouvir sa ridicule vengeance. Il supporte
pas l'idée que le vrai héritier Malefoy, traitre à son rang, puisse encore respirer. Par pitié, fais
pas cette tête, je connais tes sentiments pour Daphné, et t'as pas envie de la voir mariée à ce
petit con, et crois-moi qu'elle non plus." Relata le serpent en joignant ses mains sous son
menton avant de s'appuyer sur le rebord.

- "Et donc ?" Demanda Théodore qui commençait à voir où voulait en venir son ami.

- "Et donc : on brise le serment inviolable, je me débarrasse de Dolohov et tout rentre dans
l'ordre. Blaise continue de faire l'andouille avec Daphné et moi je peux à nouveau vivre comme
un débauché. Sans compter que ma mère reste entière." Acheva-t-il d'un air nonchalant à
souhait.

- "Oui, comme ça, ça a l'air simple ! Qu'est-ce que t'entends par "se débarrasser de Dolohov" ?
On va pas le..." Chuchota Pansy, figée sur sa chaise.

- "Non. Je vais juste me débrouiller pour l'accuser du meurtre de Londubat et l'envoyer pourrir
en prison avec son père adoptif qu'il idolâtre tant. Reste à savoir : jusqu'où on est prêt à aller
pour en finir avec cette histoire." Répondit le blond en se massant les tempes.

- "J'aime pas la tournure que ça prend..." Emit le métis en reprenant place près de Théo'.

- "Faudra t'y faire, vieux. Tu sais aussi bien que moi que c'est le seul moyen." Répondit
sérieusement le stratège.

- "Vous savez que pour briser un serment inviolable, il faut qu'un des deux concernés par le
lien meure, n'est-ce pas ? Je pense pas que Daphné apprécie de participer au meurtre de son
père." Intervint la Serpentard en se pinçant la lèvre inférieure, révélant à voix haute ce que
tous préféraient ne pas dire.

- "Mais c'est que t'en sais des choses, dis-moi ?" Se moqua le pseudo-chef du groupe.

- "Tu comptes faire accepter à Daphné le fait que son daron doit mourir ? Et tu vas t'y prendre
comment, hein ?! A moins que tu prévoies de te servir d'elle sans lui en parler..." Supposa-t-
elle, effarée.
- "Vu l'enjeu qu'implique ce serment, oui, je suis prêt à faire quelques sacrifices." Rétorqua
Drago en levant la main pour la faire taire.

- "Doucement là ! Je crois qu'on s'excite un peu trop vite. Je peux pas tolérer ça, c'est bien au-
delà de nos principes. On fait tout pour pas ressembler à nos parents, et on se retrouve à
comploter un meurtre !" Souligna Zabini, tout à coup mal à l'aise.

Il ne s'imaginait pas mentir ouvertement à Daphné et encore moins être responsable de la


disparition tragique de Monsieur Greengrass. Toute cette mascarade allait trop loin, c'était à
se demander si le jeu en valait la chandelle. Il risquait de souffrir le reste de ses jours à voir sa
bien-aimée au bras d'un autre, certes, mais était-il prêt, d'autre part, à vivre avec la mort du
père de sa dite-adorée sur la conscience ? Non. Sournoisement, la panique s'empara de lui,
faisant virevolter un tas de questions sans réponses. Petit à petit, il se mit à inventer des
excuses en tout genre, allant du simple fait de reconnaître que Monsieur Greengrass n'était
pas très net pour être ainsi de mèche avec un Mangemort, à celui de s'interroger sur le prix à
payer pour que Daphné soit heureuse. Cependant, plus ça allait et plus ses raisonnements sans
queue ni tête s'entrechoquaient, s'entremêlaient, et il était obligé d'admettre qu'il n'y avait
aucune solution miracle : soit il suivait Drago dans son plan immoral et devenait complice du
meurtre d'un innocent -s'attirant dans la foulée les foudres de l'élue de son cœur-. Soit il
dissuadait son meilleur ami et condamnait ce dernier à un destin des plus injustes tandis que
lui, victime collatérale, s'infligerait l'horreur de perdre Daphné à jamais. Ou alors...

- "Fais ce que tu veux, si tu juges que c'est le seul moyen pour être une bonne fois pour toutes
débarrasser de ton passé, alors vas-y. Mais une chose, il est hors de question que je sois mêlé à
ça, t'entends ?" Articula-t-il, un doigt pointé en direction de Malefoy.

- "Tu mérites Daphné plus que ce déchet d'Anthony. J'espérais un peu plus de soutien venant de
toi, mais je comprends ta position." Admit le concerné, sincère.

- "Mettre Dolohov sous les verrous suffirait à me contenter puisque, comme ça, Daphné
n'aurait pas à l'épouser..." Soupira Blaise en passant une main sur son visage fatigué.

- "Sauf que moi ça me suffit pas ! Je veux bien que t'y trouves ton compte, mais tu pourrais
aussi penser à ma part du gâteau !"

- "M'enfin, Dray' ! Je comprends parfaitement que t'aies pas envie de te farcir Astoria pour le
restant de tes jours, mais serait peut-être temps de reconnaître qu'aucune femme ne trouve
grâce à tes yeux ! Ça te ferait quoi d'épouser Astoria, hein ?! C'est pas les soi-disant liens
sacrés du mariage qui vont t'empêcher de la tromper, si ?! Tu devrais voir la réalité en face : tu
t'acharnes à aller à l'encontre de tout ce que ton père entreprend, mais toi, mon pote, à part
entreprendre des choses aussi insensées que celles de devenir Auror ou de tuer le père d'une
amie, tu fais quoi de ta vie ?" Déblatéra-t-il d'une traite, la mâchoire crispée.

Un calme plat recouvrit cette tirade, comme si les Trois balais avait été victime d'un Silencio.
Pansy avait plissé si fort ses yeux qu'ils étaient dorénavant clos. Elle voyait déjà le poing de
Drago exploser le joli minois de son interlocuteur et cette image ne fit que renforcer l'étreinte
qu'avait sa main sur celle de Théo'. Sous la table, celui-ci tentait discrètement de la calmer en
lui caressant les jointures du pouce, son regard insondable allant du métis à son opposant.

Drago s'apprêtait à décocher une réplique choisie avec soin quand soudain un vent glacial se
faufila dans la grande salle, suivi par des éclats de rires et de voix. Maudits soient Merlin et
tous ses copains, sa soirée venait de prendre un mauvais tournant, mais ce n'était rien à côté
de l'entrée remarquée de ce groupe d'individus aussi bruyants qu'un troupeau d’hippogriffes.
Trop accaparé par ce tumulte, il mit de côté son accrochage avec Blaise et haussa un sourcil
en reconnaissant, perdue entre trois têtes rousses, une chevelure miels décoiffée par la brise
hivernale. Emmitouflée dans un affreux manteau rouge, Hermione retira ses gants et se mit à
souffler sur ses petites mains pour les réchauffer tout en emboitant le pas à la troupe qui
l'accompagnait.

La brochette des ringards au complet : Granger, la belette, le balafré et sa fiancée, l'unique


jumeau Weasley, Angelina Johnson et, pour assaisonner le tout, Loufoca Lovegood qui, à force
de marcher le nez en l'air, faillit trébucher.

Bien évidemment, les deux groupes se toisèrent un instant, les couleurs de Salazar défiant
celles de Godric, puis Harry inclina légèrement la tête pour saluer son collègue. Ce dernier eut
un rictus, s'abaissa à jouer au garçon poli et darda un regard vers sa partenaire. Sa grimace
s'étira lorsqu'il la vit sourire après que Weasmoche ne lui ait chuchoté Dieu ne sait quoi à
l'oreille. Apparemment, ils s'étaient réconciliés et cela ne fit qu'accentuer le dégoût du blond à
les voir si proches même si, au fond, cela semblait dans la suite logique des choses. Après tout,
voir Granger et Weasley se disputer pour ensuite se retrouver comme si de rien n'était, faisait
parti d'un classique digne des "Contes de Beedle le Barde".

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Vingt-deux heures, le bistrot était encore en parfait état malgré les œillades bourrées de sous-
entendus que s'envoyaient les deux bandes adverses. Si Pansy prenait un malin plaisir à élever
le ton pour être sûre que ses remarques sur le mauvais goût vestimentaire de certains attirent
l'attention, Ron, lui, s'appliquait à la gratifier d'une série de blagues dont elle était la star. "La
routine...", pensa Drago en commandant un autre scotch. Seulement, il aurait dû prévoir le
coup puisque quiconque se frottait à Parkinson se brûlait, et c'est d'ailleurs ce qui lança
officiellement les hostilités : rageuse, sa meilleure amie se leva, prit son verre de rhum rempli
de glace pilée et se précipita sur le rouquin pour lui renverser tout le contenu sur la caboche.

- "Ça, c'est pour m'avoir comparée à une truie en chaleur !" Expliqua-t-elle, le teint plus rose
qu'à l'accoutumée.

Elle s'était attendue à tout sauf à entendre Ginny Weasley éclater de rire en se tenant le ventre.

- "On dirait que j'ai gagné mon pari, Harry ! Elle a craqué en premier, par ici la monnaie !"
Annonça Georges sous les grognements indignés de son frère.

Potter eut une moue boudeuse et, bon perdant, tendit un gallion au jumeau qui, gentleman,
prit la peine de soustraire quelques mornilles qu'il tendit à la Serpentard.

- "Tiens, je te paie un verre pour remplacer celui avec lequel tu viens de rembarrer mon
frangin." Dit-il, amusé par sa propre proposition.

Pansy cligna plusieurs fois des yeux, jeta un œil à ses camarades verts et argents puis, sans
trop savoir pourquoi, accepta l'offre du jeune homme et tira une chaise pour s'assoir entre
Ron et Luna.
De fil en aiguille, l'ambiance devint plus légère et, l'alcool devenu l'orchestre de la soirée, les
ennemis s'étaient rassemblés autour d'innombrables verres de ponch, tequila, whisky... Le tout
agrémenté de petites piques bien placées et de prises de bec anodines.

Seul ombre au tableau : Hermione et Drago qui, abasourdis, s'étaient murés dans un silence de
plomb. Elle en était toujours à son premier verre et lui ne s'en était plus servi depuis que
Théodore et Blaise avaient décidé de se joindre à Pansy. Ça y est, la fin du Monde était proche.
Un énorme cataclysme se préparait, c'était certain, et cette scène aussi grotesque
qu’improbable allait s'effriter d'une minute à l'autre car il en allait de leur santé mentale.

Malheureusement, les choses n'allaient pas en s'améliorant étant donné que, comble du
ridicule, Théo' s'était lancé dans un interminable débat abracadabrant avec Luna tandis que
Pansy et Ron s'étaient embarqués dans un duel de plaisanteries salaces avec pour arbitre
Georges.

Malefoy lâcha un énième soupir d'exaspération, lassé par tant d'agitation. Sur sa droite,
Hermione maintenait sa joue dans sa paume, divaguant dans ses songes. Il lui donna un petit
coup de coude et elle sursauta presque, surprise.

- "Quoi ?" Ronchonna-t-elle, blasée.

- "Alors comme ça tu fais plus la gueule à la belette ?" S'enquit l'inopportun en désignant Ron
du menton.

- "Qu'est-ce que ça peut te faire ?" Cracha amèrement sa consœur avant de reporter son
attention sur son verre à moitié plein.

- "Mais dis-moi, c'est que tu sembles moins coopérative que cette après-midi, toi ! Il s'est passé
quelque chose entre temps ? Je me souviens pas de t'avoir croisée depuis notre rendez-vous
avec Shacklebolt." Répliqua-t-il, suspicieux.

- "Tout à l'heure, en rentrant chez moi, j'ai..."

La brunette fut coupée dans son élan par une arrivée des plus inattendues. Au début, elle crut
à une hallucination mais la nouvelle arrivante se dirigeait déjà vers eux, semant quelques
gouttelettes de neige fondues sur son passage.

- "Qu'est-ce que tu fais ici ?" Se crispa Drago, scotché sur sa chaise.

- "Bah voyons, t'as plus aucune limite à ce que je vois ! Tu t'enfiles des verres avec ces gens-là
maintenant ? Tu trouves pas que t'en fais un peu trop ? A force de te faire passer pour ce que
tu n'es pas, tu finis par toucher le fond et perds toute crédibilité." Attaqua Astoria en rejetant
ses longs cheveux de jais par dessus son épaule.

- "Ce n'est ni l'endroit, ni le moment. Va-t'en !" Ordonna calmement le blond.

La présence de sa promise était synonyme de scandale et tous autour de la table retenaient


leur respiration, réalisant par la même occasion qu'ils s'étaient étrangement rapprochés les
uns des autres, ce qui en soit relevait de l'extraordinaire. Hormis Hermione, les Gryffondors
connaissaient vaguement Miss Greengrass à travers les journaux et ne se doutaient donc pas
une seconde que le couple phare de la Gazette était en toc.

- "Et bien sûr, elle est ici, celle-là !" Reprit la future Madame Malefoy à l'adresse de son
insoupçonnée rivale.
Pour toute réponse, cette dernière déglutit, gênée malgré elle. Il ne fallait pas rentrer dans son
jeu, elle devait rester de marbre et supplier le Ciel pour qu'Astoria canalise sa rancœur. Les
conséquences seraient catastrophiques si jamais elle...

- "Ils le savent, vos amis, que vous vous roulez des galoches en plein service ?!"

Cette révélation fendit l'air tel un Impardonnable et, immédiatement, Drago et Hermione
furent la cible de tous les regards...

End Notes:
Je sais bien que j'ai dû régresser vu que je n'ai pas écrit depuis un
très long moment. J'ai d'ailleurs lutté pour rédiger ce chapitre...
Cela dit, j'espère reprendre mes marques très vite ! Merci de votre
attention !
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Chapitre 11 : Un bout de parchemin by Divinity

Author's Notes:
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Comme convenu, voici la suite ! Oh, et n'oubliez pas qu'Hermione,


dans le chapitre du "Meeting au Trois Balais", s'apprêtait à
annoncer quelque chose à Drago avant l'arrivée d'Astoria ! Cela
sera abordé dans le Chapitre 12, pas maintenant :p

Illustration du Chapitre 11 issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 11 : Un bout de parchemin OoO

Le brouhaha des conversations aux alentours servait à présent de fond sonore à une scène où
chaque protagoniste dévisageait l'autre à la recherche de la moindre explication ou
information quant à l'annonce d'Astoria. Cette dernière, fière comme un pan, rajusta sa cape
sur ses épaules et lança un ultime regard à son fiancé comme pour le défier de nier ses propos.
Mais il n'en fit rien, préférant remettre à plus tard les règlements de comptes avec sa promise.
Non, pour l'instant, tout ce qu'il attendait, c'était un signe, quelque chose, peu importe, pourvu
que ce malaise s'évapore. Malheureusement, rien ne vint et il en arrivait à se demander si tout
ceci n'était pas le fruit de son imagination.

*BAM !*

Un bruit sec, un claquement de chaise en bois qu'on venait de renverser sur les dalles du
bistrot : Pansy, les poings serrés et les larmes au bord des cils, venait de brutalement se lever
sans piper mot. Elle aurait pu hurler, accuser Granger de tous ses maux, la maudire elle et sa
tignasse, seulement les forces lui manquaient. Son après-midi chez Drago semblait bien loin
maintenant et leurs confidences n'avaient plus aucun sens depuis la révélation d'Astoria. Bien
sûr, elle s'était doutée de quelque chose, surtout après avoir vu la photo du duo d'Aurors dans
le journal, cependant cela semblait tellement improbable, inimaginable... Alors elle ravala sa
haine, enfila son manteau et sortit, Théodore sur ses talons.

A côté de la place vide de la Serpentard, Ron, le visage déformé par la colère, fixait Hermione
avec une expression semblable à celle qu'il avait eu la nuit où il s'était disputé avec Harry, sous
la tente, lors de la chasse aux Horcruxes. S'il y avait bien une réaction que la lionne redoutait,
c'était bien la sienne, à lui, le jeune homme impulsif et rancunier. A cet instant précis, il ne
ressentait rien, hormis le dégoût, la honte de s'être fait avoir malgré sa méfiance, et était
dorénavant persuadé que son amie l'avait repoussé à cause de cette exécrable fouine. Ce
dernier n'aurait jamais pu profiter d'elle, l'embrasser contre son gré, elle était farouche,
indomptable... Elle s'était donc laissée faire par cet énergumène... Cette pensée l’écœura au
plus profond de son être et, alors que Georges et Angelina regardaient partir Astoria, Ron
bondit sur Malefoy, prêt à lui asséner un coup de poing amplement mérité.

Tout se déroula très vite : Harry s'était précipité sur son camarade, aidé de Ginny qui, non
sans lancer un regard noir à sa confidente, saisit le bras de son frère. Il avait beau se débattre,
jurer dans tous les sens, Drago se contentait de le tenir en respect, ses prunelles orageuses
plantées dans celles haineuses de son opposant hystérique.

- "Arrête ! Laisse-leur une chance de s'expliquer !" Le raisonna le Survivant, priant pour que sa
meilleure amie calme le jeu.

- "J'en ai rien à foutre ! Je vais lui casser la gueule à cet abruti !" Rugit Ronald à l'attention du
blond.

- "Qu'est-ce que tu veux que je te dise, Weasmoche, ça fait sept ans que tu joues, faut croire que
t'as perdu." Lâcha le dit-abruti d'une voix traînante.

S'en était trop, tandis que l'amoureux transi tentait de se dégager, Hermione prit le relais et,
sortie de sa torpeur, gifla son partenaire de toutes ses forces.

Le temps était suspendu, plus personne n'osait parler, pas même Georges qui d'ordinaire
aurait envoyé une blague dont lui seul avait le secret, mais les circonstances ne s'y prêtaient
pas. Une main tremblante plaquée contre sa joue en feu, le serpent cligna des yeux à plusieurs
reprises avant de lentement se tourner vers sa consœur. A sa gauche, Blaise esquissa un
sourire en coin, plutôt content de la tournure que prenaient les évènements. En effet, il n'aurait
jamais cru un jour assister à une telle mascarade, sans évoquer le fait que son compagnon lui
cachait apparemment deux ou trois petites choses au sujet de son soi-disant partenariat avec
Granger.

- "On était sous couverture, un sortilège de dissimulation physique que Kingsley nous a appris.
On devait jouer le rôle d'un couple de sang-pur à une soirée pour interroger un suspect, rien de
plus. On s'est embrassés, une fois, c'est vrai, mais c'était juste pour que ça ait l'air crédible. Il
ne s'est rien passé d'autre." Se justifia Hermione avant de reporter ses prunelles ambrées sur
le vert et argent.

Il la dévisagea une poignée de secondes, furieux de s'être fait humilié devant tout le monde,
jusqu'à se heurter aux ombres noisettes de ces iris. Pétillantes, emplies de malice... Ainsi, il
comprit que c'était la seule solution pour clore cette discussion. "Alors joue avec moi...", lui
avait-il chuchoté l'autre soir. Soit, les règles étaient simples : faire croire que tout ce qui s'était
passé entre eux à ce foutu cocktail n'était que du flan, un petit jeu pour mener à bien leur
mission... De toute façon, il n'avait pas envie de s'embourber dans des explications inutiles, ni
de se battre avec la belette, dans ce cas, autant suivre le plan de l'éternelle Miss-je-sais-tout.

- "Honnêtement... Elle et moi ? Je vous savais cons, mais quand même..." Ajouta-t-il afin
d'appuyer le discours de sa collègue.

Zabini se retint d'exploser de rire, pas dupe pour une noise puis, limite impressionné de voir
les deux ennemis se protéger l'un l'autre, jeta un œil en direction de Weasley qui commençait à
se détendre légèrement. Merlin soit loué, personne ici ne savait déceler le mensonge aussi bien
que lui et c'est avec une certaine nonchalance qu'il se leva pour enfiler son manteau.

- "Persso', j'y ai pas cru, mais alors pas une seconde !" Finit par marmonner Blaise en tapotant
l'épaule de son camarade de Maison. "Je te retrouve chez toi, vieux."

- "C'est ça, tire-toi..." Ronchonna Drago, blasé.


- "Bon... On va s'en aller, nous aussi. Passez... Euh... Une bonne fin de soirée." Toussota Georges
qui, gentleman à ses heures perdues, tendit un bras à Luna et l'autre à Angelina.

La Serdaigle fit un petit signe de la main à ses amis Gryffondors puis, d'un pas léger, se laissa
guider vers la sortie.

Debout au milieu de la salle, Harry, Ginny, Ron, Hermione et Drago s'étaient enclavés dans un
silence religieux. Les Trois Balais était le théâtre d'une flopée de sensations, émotions, muettes
et jalousement gardées.

Si l'Elu trouvait la version de sa sœur de cœur tout à fait plausible, Ginny, elle, ne pouvait
s'empêcher d'avoir des soupçons, redoutant probablement l'effet qu'aurait un dérapage aussi
énorme que celui de voir son amie dans les bras de Malefoy. Maintenant qu'elle y songeait, elle
se demandait si jamais cela se produisait, est-ce qu'Hermione lui en ferait part ? Oui ? Non ?
Peut-être... ?

Mais, pour le moment, l'érudite du groupe n'avait d'yeux que pour Ron qui, pas totalement
apaisé, continuait de la sonder de son regard bleu profond. Oh, non, son Hermione ne leur
mentirait pas, pas à eux, pas à sa deuxième famille, alors il se devait de la croire. Il était certes
jaloux, possessif, parfois même colérique, seulement -et ça lui écorcherait la bouche de le
reconnaître ouvertement-, Malefoy avait raison : c'était impossible qu'il puisse y avoir quoique
ce soit entre eux. Cette infime lueur qu'il lisait dans les reflets miels face à lui ne cherchait qu'à
le réconforter, le rassurer autant que faire se peut et c'est avec soulagement que la rouge et or
lui apporta une preuve parmi toutes celles espérées :

- "Malefoy et moi sommes suspendus, on ne travaillera plus ensemble jusqu'à nouvel ordre."

Ces quelques mots résonnaient dans l'air telle une mélodie enchantée, une chanson dont le
refrain -aussi anodin et stupide puisse-t-il être- réussit à amadouer le rouquin. Doucement, il
tendit une main tremblante vers sa bien-aimée inavouée, hésita un peu puis entrelaça ses
doigts avec les siens.

- "Bon, maintenant que tout est clair, j'ai plus qu'à aller m'occuper de Pansy, n'est-ce pas ?" Les
interrompit Drago, doucereux à souhait.

- "C'est ça, fais donc..." Grommela Ginny, mauvaise.

- "Ouh... Remballe tes airs de tigresse, petite. Gardes-en pour ta Lune de Miel." La taquina-t-il
tout en boutonnant son long manteau noir.

- "Espèce de..."

- "Bonne soirée, Malefoy. On se croisera sûrement au Ministère." Coupa Harry avant que sa
chère et tendre n'envenime les choses.

- "Ouais... Oh et, petit rappel : les samedis, c'est réservé aux Serpentards, compris ? Venez
traîner ici un autre soir."

- "On a pourtant bien rigolé, je pense qu'il serait temps de mettre de côté les vieilles querelles
de collège, tu crois pas ?" Proposa le surnommé balafré en haussant les épaules.

Le sang-pur eut un rictus puis, sans un mot, fit volte-face, bouscula imperceptiblement


Hermione sur son passage et se dirigea vers le comptoir.

- "C'est ma tournée... La prochaine sera pour toi, Potter. Bien sûr, je compte pas sur les
pauvres ploucs de Weasley pour payer quoique ce soit."

Sur cette pique acérée, il disparut dans l'entrée adjacente, laissant Ron fulminer de rage.

- "Bon, on va se bouger aussi."

La proposition d'Harry fut la bienvenue puisque sa fiancée n'aspirait qu'à une bonne nuit de
sommeil.

Hermione approuva du chef, ravie de constater que tout était rentré dans l'ordre. D'un geste
lasse, elle mit la main dans sa poche dans l'espoir de laisser un peu de monnaie sur la table
pour le "désagrément" qu'avaient pu causer les éclats de voix de Ron. Tâtonnant le fond, elle
sentit quelque chose de souple et quelque peu rêche : un bout de parchemin ? Surprise, la
brunette faillit le sortir quand le coup d'épaule de Malefoy lui traversa l'esprit. Ce mot ? Etait-il
de lui ? Et si c'était le cas, elle ne pouvait prendre le risque de le dévoiler au grand jour, pas
après que Ron se soit fait une raison.

Discrètement, elle serra le petit morceau de papier dans sa main moite, balbutia quelques
excuses en vrac, prétextant qu'elle avait besoin d'aller aux toilettes, puis s’éclipsa dans
l'arrière-salle.

Le teint cramoisi malgré ses efforts pour paraître sereine, l'intello' continuait de presser le
parchemin dans sa paume et faillit même trébucher un nombre incalculable de fois. Tout ce
stress, cette "effrayante" entente entre Gryffondor et Serpentard, le scandale d'Astoria, le
mensonge qu'elle avait servi à ses amis et pour lequel Malefoy lui avait accordé son aide...
Pourquoi Diable fallait-il toujours qu'elle ait du mal à contrôler ses émotions de la sorte ? Et si
il n'avait pas été là ce soir, qu'aurait-elle fait ? Aurait-elle été aussi calme ? Non... Elle se serait
effondrée en larmes à bafouiller Morgane sait quoi.

Finalement, il y avait peut-être du bon à travailler avec le Serpentard : son flegme légendaire
était en soit une qualité, ne devrait-elle pas s'en inspirer ne serait-ce qu'un tout petit peu ? Elle
se sentait ridicule, là, haletante, la peur au ventre car elle craignait de se faire prendre et que
toute sa mise en scène de tout à l'heure ne tombe lamentablement à l'eau.

D'un pas rapide, elle dévala les quelques marches qui conduisaient aux sanitaires quand
soudain...

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Une paire de bras lui encercla fermement la taille, lui arrachant un cri aigüe au passage, puis
l'attira dans un recoin sombre du couloir. Ses instincts de survie refaisant surface, la sorcière
donna un violent coup de pied arrière à son agresseur, sauf que, perspicace, celui-ci esquiva
aisément le choc et la relâcha brusquement.

- "Hey, hey ! Tout doux... C'est moi, espèce de malade !" Murmura Drago, les mains levées en
signe de reddition.
- "Toi... Tu... Je te croyais parti ! Et puis qu'est-ce qui te prends de surgir dans mon dos comme
un évadé de cachot ?!" Sermonna la belle en le pointant du doigt, menaçante.

Le jeune homme la considéra de son éternel regard condescendant, renifla avec dédain et,
lessivé d'avance par la conversation à venir, s'approcha dangereusement de son interlocutrice
qui, méfiante, recula, attentive au moindre de ses gestes.

- "Bon sang mais détends-toi ! T'es vraiment givrée !" Scanda-t-il en levant les yeux au ciel.

- "Qu'est-ce que tu me veux ?" Réitéra-t-elle, une once d'amertume dans la voix.

- "Ça..." Répondit le garçon en plongeant sa main dans la poche de son ennemie qui, troublée
par son culot, s'était statufiée sur place.

- "C'est... C'était toi alors ? Je l'ai pas encore lu." Dit-elle en désignant du menton le parchemin
racorni.

- "Tant mieux, c'était pas important." Balaya d'une traite son rival.

- "Si t'as jugé utile de le glisser dans ma poche, c'est que ça l'est, non ?" Objecta-t-elle,
suspicieuse.

Pour toute réponse, Drago expira d'exaspération. Décidément, dans quels draps s'était-il
encore fourré ? Ce serait tellement plus simple si Granger était aussi écervelée que les filles
qu'il avait pour habitude de fréquenter... Mais, évidemment, il avait fallu qu'il tombe sur elle,
la Miss-je-sais-tout curieuse comme pas permis. Incapable de le contrôler, un sourire vint
peindre ses lèvres restées résolument closes et, amusé par la moue boudeuse qu'affichait sa
partenaire, il sortit sa baguette puis, d'un mouvement circulaire du poignet, fit flamber le bout
de parchemin sous son nez.

- "Tu triches..." Accusa Hermione, pincée.

- "C'est dans ma nature..." Susurra-t-il sur le ton de la confidence.

Cette même phrase, il lui avait déjà dite lors de leur petite danse improvisée, elle s'en
souvenait et c'est d'ailleurs pour ça qu'elle ne put réprimer un sourire en coin.

- "Merci, pour ce soir." Reprit-elle en évitant soigneusement de croiser son regard métallique.

- "On est quitte, sujet clos. Je vais donner la même version des faits à Pansy et tout redeviendra
comme avant." Assura le serpent, satisfait d'en finir.

- "Tu... Vous... Enfin, elle et toi, vous... ?"

- "Non." Trancha simplement le blond qui, à bout de nerfs, lui prit le visage en coupe afin de
capter toute son attention. "Non... Absolument rien." Affirma-t-il à nouveau.

La Gryffondor bloqua son souffle, gênée par cette proximité qui ne lui était plus si étrangère à
présent puis, tendrement, se libéra de son emprise.

- "Sa réaction était très..." Souffla-t-elle.

- "C'est Pansy... C'est un peu comme Weasmoche, sauf que moi, contrairement à certaines, j'ai
mis les choses au clair avec elle. J'imagine qu'elle aurait aimé que je lui en parle si jamais...
Enfin si jamais y avait eu un truc avec toi, même si ça me vaudrait un séjour au cimetière, six
pieds sous terre." Eluda le vert et argent en passant lascivement une main dans ses cheveux.

- "Bah, tout va bien, y a rien ! Et pour ce qui est de Ron, je... Je gère, ça te regarde pas !" Conclut
la jeune femme, les poings sur les hanches.

- "On se reverra peut-être au Ministère, même si... Si d'après ce que j'ai compris, on va
vraiment se retrouver au chômage puisque tu veux plus mener l'enquête dans le dos de
Kingsley." Rappela-t-il, quelque peu déçu.

- "Je sais pas... Je préfère laisser les choses se tasser. Je vais apporter toute mon aide à Harry
sur cette affaire et... Tu... Tu devrais en faire de même, mais avec Harry, pas moi."

- "Très bien, dans ce cas... Bonne nuit." Se résigna-t-il en relevant son col.

Intimement, et il ne saurait dire pourquoi, il aurait aimé qu'elle l'arrête, qu'elle prolonge cet
échange, mais ainsi allaient les choses, pas vrai ? Qu'il le veuille ou non, Hermione faisait
partie des personnes qui avaient le privilège d'entrevoir chez lui l'infime parcelle de sympathie
qu'il gardait à l'abri d'autrui. Leur carrière, cette mission, leurs confidences -surtout les
siennes-, tout s'était déroulé à une vitesse vertigineuse et aujourd'hui, voilà où ils en étaient :
planqués dans la minuscule allée de l'arrière-salle des Trois Balais pour... Pour quelle raison
déjà ? Ah oui, celle de conforter tout le monde dans l'idée que Malefoy et Granger ne
s'entendraient jamais.

- "Merci d'avoir été... Coopératif durant toute cette période où on a travaillé ensemble, je
pensais que ce serait..."

- "Toi aussi, hein ? Tu pensais pas qu'on y arriverait... Bah, j'ai bien failli t'étrangler une bonne
dizaine de fois. Bon, ok, me regarde pas comme ça ! Une bonne trentaine de fois, mais tu
l'aurais mérité !" Se braqua le sorcier, narquois.

- "Si jamais t'as besoin d'aide pour... Pour tu sais quoi, hésites pas." Rétorqua la petite brune en
se tordant les doigts, mal à l'aise.

- "Et en quel honneur ?" Répliqua-t-il, impertinent.

- "Disons que... Après tout ce qui s'est passé, je... Je t'accorde un tout petit peu, mais vraiment
un peu, mon amitié."

Amis ? Drago plissa les yeux, sceptique, dubitatif, puis voyant qu'elle était sincère, hocha la
tête en signe d'approbation et mit les mains dans ses poches avant de monter les escaliers,
abandonnant de ce fait sa nouvelle amie.

Cette dernière le suivit du regard, le cœur étrangement lourd et léger à la fois. C'était comme si
toute la pression de tantôt venait de s'envoler, rythmée par les pas de Malefoy sur chaque
marche. Machinalement, elle s'adossa au mur, inspira une longue bouffée d'air et, inapte à
réfréner ses pensées, s'imagina son quotidien sans lui dans ses pattes. Sans Drago pour
l'énerver, la secouer, se moquer d'elle ou encore lui parler, juste lui parler comme il savait si
bien le faire ces derniers temps.

Petit à petit, un premier pincement vint lui tirailler la poitrine, suivi d'un autre, encore un
autre... Ce sombre crétin imbu de lui-même allait lui manquer, et ce n'était pas la première fois
qu'elle ressentait ça, cet insignifiant picotement qui remontait jusqu'à sa gorge pour
s'évanouir dans des soupirs lourds de sens. Perturbée par ce comportement de gamine à la
lisière du pitoyable, Hermione se mordit la lèvre et, alors qu'elle s'apprêtait à partir, aperçut
les quelques cendres éparpillées sur le carrelage.
D'abord perplexe, elle se décida enfin à prendre sa baguette puis, d'un informulé, recomposa le
morceau de parchemin.

"Je joue seulement pour gagner, garde bien ça en tête.


PS : Je considère la gifle que tu m'as donné comme un juste retour de celle que je t'ai collée à
l'hôpital, face d'épouvantail !

D.M"

- "Abruti... Je suis sûre qu'il a fait exprès de laisser traîner ça par terre. Il se doutait bien que
j'allais pas résister..." Prononça-t-elle entre deux rires discrets.

End Notes:
Han, la petite Hermione, comment elle a rattrapé le coup comme
une vilaine Malfoyenne ! M'enfin, je vous rassure, ça ne va pas
durer longtemps... :p

Encore un grand merci à tous ceux qui me laissent des Reviews,


c'est vraiment très encourageant et gentil :) Bisous à vous !
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Chapitre 12 : Dangereuse amitié by Divinity

Author's Notes:
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Avouez, ça vous étonne de me voir publier aussi vite qu'avant ! x)


J'espère que ça vous fait plaisir en tout cas. Sur ces belles paroles,
voici le Chapitre 12 !

Illustration du Chapitre 12 issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 12 : Dangereuse amitié OoO

La culpabilité était bien le dernier sentiment au monde que pensait éprouver Drago Malefoy à
cet instant précis, là, bêtement debout en plein milieu du salon de Pansy, à attendre qu'elle
daigne enfin le recevoir comme il se doit. "Ne pas commettre d'impair. Rester de glace,
contrôler chaque geste, aussi infime soit-il.", s'était-il répété tout au long du trajet jusqu'ici,
persuadé de la clairvoyance de sa meilleure amie.

Dans un énième soupir -et jugeant que son hôtesse méritait amplement sa patience-, le jeune
homme prit place sur le grand canapé près de la cheminée puis, non sans loucher sur le mini-
bar d'où le narguait une aguicheuse bouteille de whisky, tendit ses longues jambes avant de
pencher la tête en arrière. L'appartement de Pansy n'avait rien à envier à son manoir : grand,
confortable et beaucoup plus douillet, il en arrivait même à se demander comment pouvait-elle
vivre seule ici vu son besoin constant d'être entourée et choyée.

Lentement bordé par le "Tic-Tac..." régulier de l'horloge ancestrale, Drago se mit à rêvasser
malgré lui, repensant aux événements de la veille, allant de l'étrange entente entre son groupe
et celui de Potter, à l'arrivée inopinée d'Astoria, sans compter les réactions en chaîne de Pansy
et Weasley. Par quel schéma, aussi tordu puisse-t-il être, en était-il arrivé là ? Ces derniers
mois, il passait la plupart de son temps à se justifier, se confier et s'excuser auprès de
personnes qu'il pensait à l'abri de ses ennuis. Certaines mauvaises langues diraient qu'il avait
changé et à cette pensée, il ne put réprimer un sourire narquois. "Changé...", en voilà une drôle
de supposition, aussi absurde que naïve.

Evidemment qu'il était toujours Drago, seulement -et cela l'agaçait par moment-, il dut
reconnaître que cette période en tant qu'Apprenti Auror avait fait ressortir son côté tiède plus
d'une fois.

- "Tout ça... C'est ta faute..." Accusa-t-il, à moitié assoupi.

Sa propre phrase accentua son sourire, lui rappelant combien il était mauvais joueur, surtout
face à elle, la soi-disant responsable de tous ses maux. Il s'imaginait souvent la situation s'il
n'avait pas eu à coopérer avec Granger, si Kingsley s'était contenté de lui foutre la paix... Une
chose est sûre : il n'aurait que ses problèmes à résoudre, tandis qu'à présent, après avoir été
enchaîné à elle, il se retrouvait à gérer des bouderies inutiles, mentait à des proches -déjà
qu'ils étaient peu nombreux-, s'encombrait d'une amitié jugée comme étant futile...

Et c'est ainsi qu'une minuscule parcelle de conscience vint le rappeler à l'ordre : soit, son
imposé partenariat avec Hermione l'avait mis dans une position délicate et, de fil en aiguille,
l'avait poussé aux confidences, assurant que c'était là un moyen d'adoucir leurs échanges. Cela
dit, ce comportement à l'opposé de "son lui" glacial et distant, sonnait secrètement tel un appel
d'urgence, envoyé de ces abysses dans lesquelles ses affaires familiales et Astoria l'avaient
bombardé.

Voulant absolument préserver ses amis, certifiant toutes les deux minutes qu'il les écartait
pour leur bien-être, Malefoy s'était lamentablement muré dans le silence. Il se croyait capable
de tout, malheureusement le poids de cette affaire se faisait de plus en plus lourd à porter, et
toujours personne à l'horizon à qui se livrer. Jusqu'à cette proposition du Ministre, ses
retrouvailles hivernales avec son ennemie, son antipode. Inconsciemment, le désarroi l'incita à
libérer toute sa pression sur elle, au début à coup de répliques piquantes. Puis, crescendo, le
feu confronté à la glace, l'apaisement que lui procurait la vision de sa rivale dans tous ses
états l'amena à se confier, à déverser -avec le plus de retenue possible- tout ce qu'il gardait
jalousement enfoui en lui.

Un raisonnement aux abords simples, logiques et calculateurs : parler à quelqu'un dont


l'existence nous importe peu. Se débarrasser un peu de ses démons à travers elle, puisqu'il ne
se souciait pas de l'impact que cela pourrait avoir sur son improvisée confidente. Néanmoins,
Merlin, le Destin, peu importe l'orchestre, s'était royalement fichu de lui, étant donné qu'à
force de vidimer le yin et le yang, le Serpentard qu'il était finit par tomber dans le piège de la
sensibilité déplacée. Indubitablement, il avait pris soin d'épargner aux autres son profond mal-
être, sauf que, dans sa défaillante entreprise, ne s'était pas lui-même sauvegardé de ça. Se
considérait-il imperméable à tout ? Oui, et là était son erreur. Saleté de confiance en soi... Il
n'avait pas mesuré les risques, s'était lancé, guidé par son désespoir. Aujourd'hui, le voilà
inquiet du sort de son insoupçonnée nouvelle amie : Hermione.

Cette gênante constatation le sortit de sa torpeur, ponctuant chacune de ses respirations d'une
once de regret car, étonnement, pour la première fois de sa vie, Drago ne se sentait pas faible
d'éprouver de la peur. Mollement, il se redressa tant bien que mal, fléchit les genoux et
s'accouda sur ses cuisses, la tête entre les mains. C'était injuste... Tout autour de lui, les gens
semblaient à portée du bonheur, loin de la Guerre et ses remous, alors que lui errait encore
dans des allées dénuées de fins heureuses. Il savait que tous avaient leur lot de fardeaux, de
peine, qu'ils soient hantés ou non par les fantômes du passé, mais lui était toujours prisonnier
de ses chaînes.

Rageusement, le Prince des Serpentards enfonça ses doigts dans sa chevelure ébouriffée, les
paupières douloureusement pressées. Les choses s'aggravaient, s’entassaient, et le temps lui
était compté.

- "Qu'est-ce que tu viens faire ici ?" Demanda sèchement une voix impérieuse qu'il reconnut
sitôt comme étant celle de Pansy.

Lentement, il porta son regard orageux sur elle : fière, droite, les bras croisés, son visage
assombri par des cernes disgracieuses, son teint pâle et ses vêtements impeccablement
repassés. Dire qu'elle était en colère serait un euphémisme puisqu'il aurait juré voir une aura
malveillante émaner de ce petit corps de femme à l'allure inoffensive.

- "Tu sais très bien pourquoi je suis venu, Pansy." Répondit-il d'un ton bourré de suffisance.
- "Je t'aurais, peut-être, accordé mon attention si t'étais venu directement me voir hier, après le
petit numéro de ta chérie au Trois Balais, au lieu d'attendre aujourd'hui." Répliqua la
maîtresse des lieux en allant se servir un verre.

Le blond haussa les épaules, peu enclin à céder à ses caprices de gamine, puis se tassa
confortablement contre les coussins du sofa. La connaissant, cette chipie allait essayer de le
faire culpabiliser, or, après toutes ces années, Malefoy était devenu complètement indifférent
et remportait chaque partie.

- "Après le bar, je suis rentré retrouver Blaise chez moi. On a surtout bu, histoire de rattraper
le fiasco qu'a été cette putain de soirée. Et, ce matin, j'étais pris par des affaires plus urgentes
que tes états d'âme." Claqua-t-il, indécent.

La jeune femme avala une gorgée de scotch, priant pour que l'alcool l'aide à canaliser cette
irréversible envie d'étrangler son visiteur.

- "Je suis navrée, mais j'ai rien à te dire. Tu peux t'en aller." Asséna-t-elle en contournant la
table basse pour prendre place sur le fauteuil.

- "Garde tes grands airs pour les autres. Je sais que t'as pas fermé l’œil de la nuit, y a qu'à voir
ta tronche. Maintenant, je suis là, et je sais que t'espérais que ça depuis hier, alors vas-y, pique
ta crise qu'on en finisse." Renvoya-t-il, peu impressionné par le self-control dont faisait preuve
son interlocutrice.

Cette dernière se raidit, le souffle soudain coupé par ces quelques mots qui, malgré ses efforts,
fissuraient sa carapace faussement endurcie. Satané Malefoy... Il avait beau se montrer
concilient parfois, il ne fallait tout de même pas abuser de sa bienveillance -du moins lorsqu'il
la manifestait-.

- "Tu m'as menti ! Je t'ai laissé une occasion de me dire ce qui se tramait avec cette foutue
Miss-je-sais-tout et t'as fait que nier en me racontant que "Oh, Môsieur Malefoy n'appartiendra
jamais à personne, voyons ! Môsieur Malefoy veut rester libre comme l'air, personne peut
l'avoir !" ! Tu te fous de moi ?!" S'écria-t-elle en posant furieusement son verre.

- "Alors déjà, les filles ont toujours été une échappatoire pour moi, tu le sais. J'ai sans doute un
rythme de vie contestable, mais j'emmerde ceux qui pensent ça. Ensuite, au cas où ça t'aurait
échappé : je me suis jamais épris de qui que ce soit, alors s'il-te-plaît, arrête de geindre."
Riposta le serpent qui, blasé de se répéter encore et encore à chacune de leurs disputes, se leva,
attrapa son manteau et l'enfila rapidement sous le regard consterné de sa meilleure amie.

- "T'as tort de t'en faire comme ça, ça sert à rien. Je sais pas ce que ça fait de... D'être entiché de
quelqu'un, que ce soit réciproque ou à sens unique, j'en sais rien. Je me suis déjà excusé pour
tout le mal que j'ai pu te faire, mais je t'interdis de remettre ça sur le plateau tous les deux
jours." Poursuivit-il en relevant le col de son imper. "Et, en admettant qu'un jour je sois assez
négligeant ou con pour tomber amoureux, je repenserais alors au mal que ça t'a fait."

Pansy se contenta de fixer le plancher, luttant de toutes ses forces pour retenir ses larmes.
Pourtant, elle avait beau se pincer la lèvre, deux perles roulèrent capricieusement sur ses
joues avant de mourir le long de sa mâchoire crispée. "Prends ce qu'on te donne, pas ce que tu
veux.", récita-t-elle intérieurement. Certes, Drago lui avait refusé son cœur, mais en retour, il
lui avait accordé son amitié. Une relation rude et belle à la fois, tant par la violence de leurs
prises de tête que par la richesse de leur complicité. Après tout, être ami avec Drago, c'était
comme marcher en équilibre sur un fil aussi instable que ses humeurs. Cependant, si ses amis
vacillaient, il les empêchait constamment de tomber par tous les moyens.
- "La seule chose que tu ignores encore, c'est que Granger et moi sommes amis. T'es la seule au
courant, mais je crois que Blaise et Théo' s'en doutent un peu." Ajouta l'héritier déchu,
toujours dos à sa camarade. "Te rends pas malade à savoir comment et pourquoi, c'est arrivé
sans que je puisse vraiment le contrôler. De toute façon, c'était soit je m'entends un minimum
avec elle, soit je la tue. J'ai préféré éviter un séjour à l'ombre et puis... C'est plus facile pour le
boulot. J'espère que tu respecteras ça, même si ça te plaît pas."

Pour toute réponse, la Serpentard bondit de son siège et passa ses bras autour de lui, son front
plaqué contre sa nuque. A sa respiration saccadée, il devina qu'elle pleurait encore.
Doucement, il lui prit ses mains tremblantes, se dégagea de son étreinte et fit volte-face.

- "Je te promets... De... De... De ne plus t'oppresser comme ça. Je... Je sais que... Que je me
comporte vraiment comme... Comme une débile par moment. Pardon..." Balbutia-t-elle en
cachant son visage au creux de son cou.

- "Ravi de te l'entendre dire." Expira-t-il, satisfait.

A cette remarque, Pansy le pinça, boudeuse, puis s'écarta pour sécher ses larmes. Le vert et
argent déposa un tendre baiser sur sa joue, ravi que les choses s'arrangent.

- "Sinon, tu... T'as fait quoi ce matin ?" L'apostropha la brune entre deux reniflements.

- "J'ai été voir Potter au Ministère, je travaille aussi avec lui sur l'enquête." Eluda-t-il
simplement.

C'était un mensonge, une excuse bidon qu'il s'était senti de servir à sa confidente pour éviter de
relancer sa jalousie incurable maintenant qu'elle s'était calmée. En effet, cette matinée, il
l'avait passée avec Hermione, chez elle, après qu'elle lui ait envoyé un hibou aux aurores.
Pansy ne supporterait pas de savoir qu'elle était passée après Granger, mais qu'il le veuille ou
non, Drago n'avait pas eu le choix.

Il salua une deuxième fois son amie et tourna les talons, son esprit déjà loin, assiégé par les
souvenirs de son tête-à-tête avec la Gryffondor. Ses pensées de tantôt, ses inquiétudes à l'égard
de sa partenaire, étaient amplement justifiées : elle était probablement en danger, à cause de
lui.

(':') FlashBack (':')

"Besoin urgent de te voir.

H.G"

Cinq petits mots jetés sur un bout de papier visiblement arraché d'un bloc-notes. Drago avait
beau les relire, l'information avait du mal à imprimer son cerveau embrumé. Paresseusement,
il essaya de reconstituer l'enchaînement des dix dernières minutes depuis son réveil par les
hululements de la chouette porteuse du fameux message : un mal de crâne atroce et une
bouche pâteuse, résultats de sa beuverie improvisée en compagnie de Blaise. Suivi des jurons
d'impatience lorsqu'il tâtonnait le fond du tiroir de sa commode à la recherche d'une potion
anti-gueule de bois, sans compter ceux marmonnés après s'être cogné la tête pour ramasser le
dit-remède qui, à cause de sa maladresse matinale, était tombé par terre. Et, bien sûr, les
toussotements incessants une fois le breuvage avalé de travers. Non, vraiment, c'était un sale
début de journée.

D'ailleurs, il ne faisait pas encore jour puisque les reflets du soleil n'avaient toujours pas
pointé le bout de leur nez. Ronchon, le jeune homme rabattit ses couvertures puis, sceptique,
loucha une dernière fois sur la note envoyée par Hermione dans l'espoir de la voir disparaître.
Or, la missive était bel et bien là à le narguer sur le matelas. Grommelant, il se décida enfin à
bouger, attrapa sa baguette et se dirigea vers la salle de bain : certes, sa partenaire avait
mentionné un "besoin urgent" de le voir, mais ce n'était pas une raison pour y aller barbouillé.

Quelques minutes plus tard, ayant parfaitement émergé de sa léthargie, le Serpentard s'habilla
rapidement et transplana directement dans l'entrée du petit appartement de la Gryffondor -
chose qu'il ne se serait d'ordinaire pas permis-.

Aucune lumière n'était allumée et cette pénombre fit croire au garçon à une plaisanterie de
mauvais goût, cependant il se rappela que Miss-je-sais-tout était incapable d'humour, alors,
d'un pas peu sûr, s'aventura dans le long couloir. En tapinois, il pénétra dans le séjour, scruta
les rideaux baissés, puis s'avança vers la cuisine, pensant que sa rivale serait peut-être en
train de prendre son petit-déjeuner. A peine eut-il atteint le seuil de la porte, qu'un
gémissement retentit en provenance de la pièce adjacente. Les sens en alerte, il s'approcha de
la poignée, son autre main tenant fermement sa baguette.

Non sans prendre une grande inspiration, le vert et argent entra dans la salle de bain et, à sa
grande surprise, trouva Hermione recroquevillée près de la baignoire, le visage voilé par ses
boucles indomptables. L'espace d'un instant, il ne sut comment interpréter ce lamentable
tableau, quand soudain, elle leva brusquement la tête et brandit son arme.

- "Tu m'as demandé de venir pour me... Me tuer ? T'es pas un peu gonflée ?" Commenta-t-il
d'une voix doucereuse.

Sa plaisanterie tomba misérablement à l'eau et pour cause : la rouge et or le fixait de ses


grands yeux marrons embués de larmes, le teint limite cadavérique. Une mine effroyable qui
ne s'arrangea pas lorsqu'elle lâcha sa baguette dans un bruit sec avant de se mettre debout.

- "Qu'est-ce qui ne va pas ?" Demanda plus sérieusement Malefoy.

Ses lèvres tremblotaient et il faillit répéter sa question tant ce silence lui insupportait. Elle
s'approcha de lui en traînant des pieds, toujours muette -ce qui était un exploit, connaissant
ses interminables discours-. Le blond aurait pu apprécier ce calme si seulement elle ne
ressemblait pas à un zombie, car, plus ça allait, et plus son cœur s'affolait, gagné par
l'inquiétude.

- "Hermione..." Chuchota-t-il en la prenant gentiment par les épaules.

Toujours rien...

- "Pourquoi tu m'as envoyé ton insupportable piaf aux aurores ? Qu'est-ce qui se passe, parle !"
Réitéra-t-il, la secouant légèrement.

Sa dernière phrase sonna comme une supplication, faisant finalement réagir sa coéquipière
qui noya son regard chocolat dans le sien.

- "Je... J'ai peur, c'est... Ridicule, n'est-ce pas ? Comment je pourrais avoir peur, moi ? Moi, celle
qui passe pour une héroïne de guerre..." Dit-elle entre deux sanglots incontrôlés.

L'héritier haussa un sourcil, dubitatif, puis leva les yeux au ciel et reporta son attention sur
elle.

- "T'as peur de quoi ?"

- "Je voulais t'en parler, hier, au Trois Balais, mais... Mais Astoria est arrivée et... J'ai... J'ai
réalisé à quel point elle pouvait être... En colère. Au début, j'ai pris ça à la légère... Je mesurais
pas l'ampleur de toute cette histoire. Et, après ce qui s'est passé au bar, j'ai pris conscience des
conséquences. Puis, lorsqu'on s'est parlés dans l'arrière-salle, j'ai pas vraiment eu le temps de
t'en toucher deux mots vu que les autres m'attendaient." Bredouilla-t-elle, chevrotante.

Le sang-pur ne comprenait pas tout, aussi il choisit de se taire, attendant qu'elle reprenne la
parole.

- "J'ai... C'est..." Hésita cette dernière qui, nerveusement, mit la main dans la poche de son gilet
pour en sortir un parchemin froissé.

Incapable de réfréner sa curiosité, Drago s'empara de la lettre qu'il déplia vivement.


Instantanément, son front se plissa tandis que ses traits affichaient son imminente crise de
nerfs.

"Ne t'avise plus jamais de poser tes sales pattes de sang-de-bourbe sur ce qui m'appartient."

Hors de lui, le corps en ébullition, Malefoy serra le poing et fourra le morceau de parchemin
dans sa poche. Le sang battait follement à ses tempes, ce qui l'empêchait de réfléchir
correctement. Fou de rage, il se mit à faire les cents pas avant de se tourner vers Hermione.

- "Quand est-ce que t'as reçu ça ?!" L'interrogea-t-il de la façon la plus abrupte qui soit.

- "Hier après-midi, après qu'on se soit vus chez Kingsley." Souffla-t-elle, confuse de mettre son
collègue dans un tel état.

Ce dernier savait pertinemment qui était l'expéditeur : Astoria Greengrass, sans l'ombre d'un
doute. Décidément, sa promise était assez stupide pour proférer de telles menaces, soit, il
n'allait pas lui accorder ce privilège, loin de là.

- "Je... J'en ai parlé à personne. Ni à Harry, ni à Ron." Informa l'érudite en rajustant son tricot.

- "Ne le fais pas, je me charge de ça." Ordonna le jeune homme, catégorique.

Elle acquiesça du chef, approuvant tout à fait la requête de son ami. Lorsqu'elle avait
découvert la lettre de Miss Greengrass la veille, elle n'avait pas pris cet avertissement au
sérieux puisque à ses yeux, il n'y avait absolument rien entre elle et Malefoy. Certes, il y avait
eu cet insignifiant baiser, et Hermione admit à cette pensée que la haine que lui portait Astoria
était amplement méritée. Néanmoins, sa rencontre avec la sulfureuse aristo' lui avait fait
l'effet d'un choc et elle ne put que saisir toute la rancœur de celle-ci.

Cela dit, la lionne espérait sincèrement que sa non-rivale allait contenir ses ardeurs, mais
remit très vite les pieds sur terre lorsqu'elle se souvint d'un paramètre non négligeable :
Anthony Dolohov. Ce fils de Mangemort avait assisté au cocktail et s'était empressé de faire
son rapport à sa future belle-sœur. Ainsi, Drago ne pourrait pas abattre les mêmes cartes que
celles distribuées à Harry, Ron et Ginny. Conclusion : ils étaient tous les deux dans le pétrin.

- "Hermione ?" Appela prudemment le Serpentard.

- "Mmh ?"

- "Je laisserai personne te faire du mal, t'entends ? Même si à une époque, cette idée m'aurait
enchanté, je refuse qu'on s'en prenne à toi à cause de mes problèmes." Assura-t-il en lui
saisissant maladroitement la main.

- "Arrête de... De parler comme si... Comme si tu te sentais responsable de ma sécurité."


Rétorqua la concernée, gênée.

- "Oh, je sais très bien que tu sais te défendre, mais je m'en veux de t'avoir mêlée à tout ça. La
façon dont c'est arrivé, quand j'y repense, c'est ridicule." Objecta-t-il en lui caressant
machinalement le pouce. "Et puis, de ce que je sais, les amis sont censés se préoccuper les uns
des autres, non ? C'est pas comme ça que ça marche ?"

- "Crétin..."

- "Rat de bibliothèque !" Renvoya le blond, amusé.

- "Avorton de bas étages !" Contre-attaqua-t-elle, cramoisie.

- "Epouvantail ambulant..." Susurra-t-il en se penchant dangereusement sur son interlocutrice.

Intimidée, elle cessa tout mouvement, égarée dans ses prunelles devenues azuréennes. Elle
aimait beaucoup cette couleur où se mêlaient des teintes de vert et de bleu clair. Ses joues
s’empourprèrent, son nez à quelques millimètres de son opposant qui, la voyant rougir de plus
belle, esquissa un sourire en coin.

- "Je te conseille de reculer si tu veux pas te prendre un coup de genou bien placé." Prévint-elle
en reprenant contenance.

- "T'as déjà essayé de m'en coller un hier et, si je me souviens bien, c'était loupé." Se moqua
l'impertinent, joueur.

- "Tu veux vraiment prendre ce risque ?"

- "Je fléchis pas face à la menace." La défia le Prince des Serpentards en posant son autre main
contre la joue de la brunette.

Excédée, cette dernière lui donna une tape à l'épaule puis, voyant qu'il persistait encore, plissa
les yeux, suspicieuse et, dans un élan de folie, captura violemment ses lèvres.

Abasourdi, Drago se figea, stupéfait. Tout à coup, une vague de chaleur remonta jusqu'à son
estomac noué et, porté par cette fougue, il répondit pleinement à ce baiser. Aussitôt, sa
partenaire lui mordit méchamment la langue avant de brusquement le repousser.

- "Tsss... Mesquine." Pesta-t-il.

- "Tu connais la sortie." Dit-t-elle en lui tournant le dos.

Il sentait bien qu'elle était troublée -même que ça flattait son égo-, et aurait pu rester là à la
taquiner, mais bizarrement, il se ravisa et ferma la porte derrière lui, la laissant se triturer les
méninges toute seule.

(':') Fin du flashback (':')

End Notes:
J'espère que ça vous a plu et que, si c'est le cas, vous me laisserez
une Review :$
,___,
[O.O]
/)__)
-"--"-

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Chapitre 13 : Fiançailles au manoir Black by Divinity

Author's Notes:
,___,
[O.O]
/)__)
-"--"-

Voici le Chapitre 13 -un plus long cette fois-ci- ! Encore merci pour
vos Reviews ! J'espère en avoir d'autres ;) ! Je relirai encore une
fois plus tard au cas où ils resteraient des fautes :x

Illustration du Chapitre 13 issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 13 : Fiançailles au manoir Black OoO

Une semaine maintenant, sept longues journées durant lesquelles Hermione était sagement
restée chez elle à déambuler dans son appartement tel un pauvre hère. Chaque seconde était
rythmée par une once de regret et de honte car, bien malgré elle, son esprit ne cessait de lui
renvoyer cette image d'elle en train d'embrasser Drago. C'était ridicule, une stupide pulsion qui
l'avait encore plus égarée dans le labyrinthe qu'était devenue sa vie depuis deux mois.
Pourquoi avait-il fallu qu'elle s'emporte de la sorte ? Sans doute une question de fierté mal-
placée... Oui, c'était ça, même si l'admettre équivalait à l'enfoncer plus bas que terre. Ses lèvres
plaquées contre celles pécheresses de son collègue lui avaient procuré un étrange réconfort,
une sensation de liberté jusque là inconnue, comme si son élan l'avait soulagée de toute cette
frustration ressentie depuis le cocktail au manoir Begins.

Un baiser -un de plus- aussi spontané que le premier, mais qui avait un arrière goût de
vengeance assouvie. Oui, la Gryffondor ne s'était pas pardonnée son faux-pas lors du tango
endiablé et, inconsciemment, ne supportant pas l'échec -sans compter l'attitude supérieure du
Serpentard-, ses gestes avaient pris le pas sur le reste. Cependant, il n'y avait pas que ça, que
cette petite fierté personnelle d'avoir renvoyé la balle dans le camp adverse... Il y avait autre
chose, une sensation apaisante et dérangeante à la fois. Elle ne savait plus comment
interpréter son propre comportement, ni si toute cette mascarade avec le blond ne tournait
pas à l'absurde. Un jeu malsain qui l'avait happée toute entière, elle, sa raison, son
tempérament...

A cette pensée, la jeune femme, appuyée sur le rebord du lavabo, leva la tête et affronta son
regard chocolat. Etonnante expression que voilà : des joues rougies d'un mélange de
déshonneur et de plaisir, contrastées par une peau pâle qui regrettait le soleil d'Australie.
Néanmoins, elle se focalisa sur ses grands yeux marrons à la recherche de la moindre étincelle
ou lueur capable de répondre à ses interrogations muettes. Seulement, elle se résigna très vite,
reconnaissant que cela était impossible puisque ses prunelles ne faisaient que lui renvoyer son
reflet d'intello' abattue.

"Toc-toc..."
La sorcière sursauta, surprise de recevoir de la visite à cette heure-ci, puis enfila un gilet par
dessus son pyjama avant de se diriger vers l'entrée. Sans prendre la peine de la saluer, Ginny
entra en trombe dans son appartement et, voyant que son hôte ne réagissait toujours pas,
claqua la porte dans un bruit sec.

- "Gi... Ginny ?" S'étonna la lionne qui venait apparemment de retrouver l'usage de ses
membres.

- "Oui, Ginny ! Tu sais, ta pseudo meilleure-amie, du moins quand ça t'arrange !" L'attaqua
sans détours la rouquine en se précipitant dans le salon.

Hermione fronça les sourcils, perplexe, puis, non sans se triturer les méninges au sujet de ce
qui pouvait bien lui valoir cette amertume matinale, rejoignit sa sœur de cœur et prit place à
ses côtés sur le canapé.

- "Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu t'es disputée avec Harry ?" Risqua-t-elle sans réelle conviction.

- "Tout va bien avec Harry, merci ! D'ailleurs, tout le monde va bien, au cas où ça t'intéresse !
Bon sang, Hermione, on te voit plus et tu réponds pas au courrier !" Gronda la plus jeune des
Weasley en désignant du menton l'amas de lettres encore cachetées, négligemment posées sur
la cheminée.

- "Je... Je devais me concentrer sur mon travail." Balbutia la coupable, mal à l'aise.

- "T'es pas allée au Ministère de la semaine... Je veux bien croire que tu bûches chez toi comme
un folle furieuse, mais tu vas te rendre malade à force ! Maman s'inquiète et je te parle même
pas de Ron !" Reprocha son amie qui, comme pour joindre le geste à la parole, lui prit
gentiment la main. "Je sais que cette enquête te tient énormément à cœur, mais t'es sûre qu'il
n'y a pas autre chose ?"

L'érudite esquiva lâchement le regard bourré de sollicitude de sa confidente, préférant loucher


sur ses chaussons en forme de vaches que Drago n'arrêtait pas de critiquer. Furtif, un sourire
illumina son visage fatigué, puis, lentement, elle reporta son attention sur la rousse. C'était
vrai, elle avait travaillé jour et nuit sur l'affaire concernant le meurtre de Neville, seul
échappatoire capable de la tenir loin de son partenaire et de ses problèmes. Malheureusement,
ses recherches et suppositions n'avaient mené à rien, hormis une seule et unique piste :
Anthony Dolohov. Ce dernier semblait être le parfait suspect, pourtant, elle ne put s'empêcher
de douter. En effet, et si tout ceci n'était qu'une... Une mise en scène orchestrée par le jeune
Mangemort pour atteindre Malefoy ? Cette hypothèse paraissait tout à fait valable et
l'éternelle Miss-je-sais-tout se promit de creuser cette option. Tout serait plus simple si le frère
adoptif était vraisemblablement un partisan du Mal puisque, comme elle l'avait remarqué lors
de leur duel, il n'était par marqué. Ses manches retroussées laissaient entrevoir des poignets
dénués de toute allégeance à Voldemort. Certes, il aurait aimé fièrement afficher la Marque des
Ténèbres, mais ce privilège n'était pas à sa portée étant donné qu'il n'avait pas servi le Lord à
proprement parlé et, évidemment, ce détail ne fit qu'accentuer sa jalousie déjà prépondérante
à l'égard de Drago. C'était aussi pour cette raison que le duo d'Aurors ne pouvait l'envoyer
croupir en prison, car, à elle seule, la Marque des Ténèbres était une preuve suffisante -que le
suspect soit impliqué ou non dans le meurtre du Pourfendeur de Nagini-.

- "Hermione ?" Appela Ginny en secouant son interlocutrice.

- "Je... Pardon. Je t'assure, c'est juste le boulot qui me prend beaucoup de temps." Mentit cette
dernière, triste d'en arriver là.
- "T'as été suspendue, tu t'acharnes trop... Tu devrais te reposer et t'occuper de toi. T'as
vraiment une sale mine et puis, j'ai pas envie d'avoir un zombie à mes fiançailles !" Conseilla
sagement la jeune femme aux cheveux flamboyants.

- "Tes... Fi... Fiançailles ?" Bafouilla maladroitement Hermione, nauséeuse à l'entente de ce mot
qui lui rappelait sans cesse Astoria et Drago.

- "Me dis pas que t'as oublié ! Est-ce que tu sais quel jour on est au moins ?!"

Pour toute réponse, elle se tourna vers le calendrier accroché près de la pendule et regretta de
le voir bloqué sur la semaine passée. Or, si ses calculs étaient exacts, ils étaient le vingt-trois
décembre... Merlin ! Déjà ?!

- "Je... Mais t'es déjà fiancée, non ?" Demanda-t-elle dans l'espoir de rattraper sa faute.

- "On a toujours pas officialiser les choses, mais enfin, tu te moques de moi ?! T'avais choisi la
date avec moi, on avait dit qu'on attendrait ton retour d'Australie et puis t'avais proposé qu'on
organise ça le trente et un décembre !" S'insurgea la future Madame Potter.

Gênée par son impardonnable oubli, la brunette gratifia sa meilleure amie d'un sourire empli
d’excuses informulées. Décidément, elle était une piètre confidente...

- "Pansy a raison : côtoyer Malefoy, ça réussit pas à tout le monde !"

- "Pansy ?" Répéta-t-elle bêtement.

- "Oui, c'est elle qui s'occupe de ma robe, tu sais bien que c'est une styliste hors pair." Lâcha la
rouquine, ravie.

- "Tu... Tu traînes avec elle ?!" Hoqueta l’Apprentie Auror qui, stupéfaite, se demandait
combien de choses avaient pu déraper en une semaine.

- "Disons qu'on boit un café de temps en temps. Je l'ai vue une première fois à sa boutique, le
lendemain de la soirée au bar, en fin d'après-midi. Elle a tout de suite accepté vu la pub que ça
risquait de lui faire. Hé oui, confectionner la robe de la fiancée du Survivant, tu parles d'une
publicité. Enfin bref, voilà, je l'ai revue ensuite pour les essayages, etc... Et on a pas mal
discuté, de tout et de rien, mais surtout de Drago et Harry. Oh et puis, j'ai aussi pas mal croisé
Théodore Nott."

- "Nott ?!"

- "Bah oui, il était souvent au magasin. Il restait un peu après que je sois arrivée, puis
repartait. C'est un garçon très intelligent, vraiment, en plus de ça, il est très mignon, tu trouves
pas ? En tout cas, d'après ce que j'ai compris, il passe voir Pansy régulièrement. Elle allait pas
très bien depuis la soirée au Trois balais, j'imagine qu'il essaye de lui changer les idées."
Expliqua Ginny en s'affalant sur le sofa.

Curieuse, la rouge et or écouta son amie lui raconter sa semaine avec entrain. Elle apprit que
Ron était pris par la promotion d'un nouveau produit farfelu et que, lui et Georges, passaient
le plus clair de leur temps au magasin. Harry, quant à lui, s'absentait beaucoup au goût de sa
fiancée qui, ronchonne, trouvait Kingsley trop exigent. La lionne s'en voulait d'avoir disparu
de la circulation et se promit de mettre de côté ses soucis pour mieux soutenir ses amis,
persuadée que ce serait une bonne façon de s'occuper l'esprit.
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- "Chaud devant ! Laissez passer !" S'écria Georges en faisant léviter une grande table qu'il
dirigeait dans le salon.

C'était l'effervescence au Square Grimmaurd et pour cause : tout le monde était sur le pied de
guerre, chacun assigné à une tâche bien précise sous les ordres de Molly Weasley qui s'activait
sur tous les fronts. Aujourd'hui, nul répit pour la petite troupe et ce depuis sept heures du
matin. Ron avait beau râlé, un seul regard sévère de sa mère avait réussi à le mettre au
travail, sans parler de Charlie qui s'était déplacé pour l'occasion. En effet, pour rien au monde
il n'aurait manqué les fiançailles de sa petite sœur chérie.

- "Arthur ! Lâche donc cette camé-truc et viens nous aider, tu veux ?!" Gronda la chef des
opérations en rajustant la jolie nappe blanche apportée par Fleur.

- "Mais, chérie... Si je ne filme pas les préparatifs, on ne verra pas tout le mal que tu t'es donnée
!" Insista son mari, ravi de son nouveau jouet moldu.

- "Par Merlin ! Est-ce que tu vas arrêter ? Tu n'es plus un enfant !" Commanda-t-elle en faisant
voleter la caméra des mains de Monsieur Weasley.

Ce dernier la calma d'un sourire tendre avant de s’éclipser dans la cuisine pour aider sa belle-
fille à organiser le repas -et au passage picorer deux ou trois petits fours-. Le soir du réveillon,
ils avaient tous reçu un cadeau d'Hermione, partie fêter Noël en famille, et le sien fut une
amusante caméra qu'il ne cessait de trimbaler partout où il allait -au grand dam de sa femme-.

- "Ginny ? Je viens de jeter un œil à la liste des invités, je crois qu'y a une erreur..." Lâcha
Ronald, grincheux.

- "Mais non, voyons ! Je l'ai lue et relue ! Qu'est-ce que tu racontes ?!" Rugit l'interpelée en
prenant l'énorme bouquet de roses blanches que lui tendait Gabrielle.

Le roux sursauta avant de lever les bras en signe d'apaisement. Sa frangine était d'une humeur
massacrante et il avait peur de réveiller l'hystérique qui sommeillait en elle, aussi il
s'approcha timidement pour lui montrer le parchemin.

- "Regarde, t'as mis Pansy Parkinson, Nott... Tu t'es gourée, t'as dû les copier de ta liste de
personnes à pétrifier..."

- "Ronald Weasley ! Je te signale que Pansy a cousu ma robe, c'est normal que je l'invite ! De
plus, je me vois mal lui proposer de venir sans ses amis, ça se fait pas !" S'exaspéra la jeune
femme dans un soupir lourd de sens.

- "Euh... Donc, parce qu'elle a fait son travail, elle peut ramener toute sa clique de péteux ?
C'est bien les filles, ça ! Elle te fait ta robe, donc ça y est, c'est ton amie ! Je te rappelle que tu
l'as payée, hein ! Sans parler de la pub que ça fait pour sa boutique ! Et puis quoi encore ? Tu
vas me dire que la fouine est aussi de la partie ?" Se moqua Ron, irrité.
- "Sache que je ne l'ai pas payée, justement parce que la pub lui suffisait amplement. Ensuite, je
dirais pas qu'on est amies, mais je m'entends plutôt bien avec elle. Et pour ta gouverne :
Malefoy sera là. Ça m'enchante pas, seulement Pansy sans Malefoy, bah c'est impensable et
puis c'est aussi le collègue d'Harry."

Le garçon hoqueta, limite choqué, puis, voyant que sa cadette ne plaisantait pas, posa
rageusement la liste sur la commode et marmonna quelques jurons tout en rejoignant Bill qui
se débattait avec une douzaine de guirlandes.

Loin de ce tumulte, enfermée dans la salle de bain du premier étage, Hermione tentait tant
bien que mal d'échapper aux préparatifs. Ce n'était pas qu'elle refusait de rendre service, mais
toute cette agitation la déboussolait vraiment. Mettant ça sur la fatigue et le manque de
sommeil, elle expira bruyamment puis ferma les yeux. Ce soir, elle allait revoir Drago,
retrouvailles qu'elle pensait éviter. Bien sûr, il lui avait manqué -et ce même si elle rougissait à
l'idée qu'il puisse la taquiner à propos de ce qui s'était passé chez elle-, alors, en mauvaise
joueuse, la Gryffondor avait imaginé un plan des plus contestables : lâchement fuir son
partenaire.

Un sourire kidnappa ses lèvres tandis qu'elle agitait distraitement le bracelet que lui avaient
offert Ron et Harry pour Noël. Une jolie chaine en or blanc d'où pendaient trois adorables
pendentifs : un vif d'or, un cavalier de jeu d'échec et un grimoire. Décidément, l'Elu vouait un
culte aux vifs d'or... Dire qu'elle en portait déjà un autour du cou -charmante attention de son
meilleur ami pour ses vingt ans-. Apaisée, la lionne attacha rapidement ses cheveux et, de
nouveau motivée, descendit prêter main forte aux autres.

- "Ah bah, te revoilà ! Luna te cherche partout, elle est dans le salon." L'apostropha Percy en
désignant le couloir.

La sorcière approuva du chef et grimaça lorsqu'elle entendit les éclats de voix de Madame
Weasley.

- "Hermione ! Je me suis inquiétée, je pensais que les fantômes t'avaient enlevée !" S'exclama
Luna, visiblement rassurée.

- "Y a pas de fantômes !" Intervint Harry qui essayait de faire tenir en place un assortiment de
bougies.

Serviable, la rouge et or lui vint en aide à coup de baguette magique.

- "Merci !"

- "Tu ne les vois pas, c'est tout ! Ouvres ton esprit, crois en eux, et tu les verras !" Assura la
Serdaigle en sortant le service en porcelaine du buffet.

- "Luna... Je sais bien que les fantômes existent, y en a à Poudlard ! Je dis juste qu'y en a aucun
qui hante le manoir !" Rectifia le jeune homme, amusé.

- "Ron, dis-lui que j'ai raison !" Réclama la blonde en se tournant vers son ami.

Ce dernier haussa les épaules, indifférent, puis fit face à Hermione.

- "Tu sais qui Ginny à inviter ?" Cracha-t-il, amère.

- "Euh... Oui."
- "Et ça choque personne ?!" S'emporta le rouquin en lançant un regard noir au fiancé.

- "Bah... On peut difficilement la contredire, tu crois pas ?" Se dédouana ce dernier, crispé.

- "C'est toi l'homme dans votre couple ou bien ?!"

- "Ron ! Garde ton côté macho pour toi, je t'en prie ! Harry a tous les droits de protester, mais
s'il approuve le choix de Ginny, ça nous regarde pas !" Objecta fermement l'érudite.

L'intéressé baissa la tête, honteux de s'être fait réprimander de la sorte. Incommodée par ce
silence pesant, Luna se mit à fredonner une chanson bizarre dont le refrain racontait l'histoire
d'un gnome amoureux d'une fée.

- "Ahem... On... On se concentre sur l'essentiel, ok ? J'aimerais que la soirée se passe bien."
Reprit Harry, raisonnable.

Comme portés par la mélodie chantonnée par leur camarade, Ron et Hermione mirent de côté
leur insignifiante prise de bec, convaincus que ça n'en valait pas le peine.

- "Désolé..." S'excusa maladroitement le garçon en passant une main dans ses cheveux.

- "C'est rien... On est tous un peu à cran et je comprends que ça te fasse pas plaisir de voir
Malefoy et les autres, mais faut bien qu'on respecte les envies de Ginny, non ? C'est oublié, t'en
fais pas !" Le réconforta la brunette avant de déposer un chaste baiser sur sa joue.

Le teint virant au rose, il resta un instant planté au milieu de la pièce, et ce n'est qu'une fois
bousculé par Georges, qu'il se décida à épousseter les coussins du canapé.

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Combien étaient-ils ? Une cinquantaine peut-être... Une foule de sorciers et sorcières parmi
laquelle Hermione ne reconnut que ses anciens professeurs, le reste de la famille Weasley
croisée au mariage de Bill, les Delacour, ses propre parents qui discutaient avec Arthur
Weasley, Angelina, Audrey -la petite amie de Percy récemment rencontrée- et quelques amis de
l'école, notamment Seamus, Dean, les sœurs Patil, Lee, Hannah, ainsi que d'autres.

Les conversations allaient bon train et l'alcool coulait à flot, ce qui facilitait grandement le
plan de la Gryffondor puisqu'elle s'était mise en tête d'aider Kreattur à resservir les invités, la
mêlant de ce fait à la masse. Malheureusement pour elle, une paire d'yeux la sondaient de loin,
habitées d'une lueur espiègle.

Appuyé contre la chambranle de la porte, Drago suivait le moindre de ses gestes, ses prunelles
marmoréennes analysant sa démarche hésitante, ses sourires polis, ses rires timides ou
encore le tremblement de ses mains quand elle faisait de son mieux pour ne pas renverser le
plateau d'argent qu'elle promenait ci et là. C'était drôle, certes malsain, mais horriblement
tordant de la voir se démener alors qu'elle était censée profiter de la soirée.
- "Arrête de la fixer comme ça, tu vas finir par la foudroyer." Plaisanta Blaise en lui tapotant
l'épaule.

- "Tsss... Tu devais pas danser avec Pansy, toi ?" Expira le blond.

- "J'ai laissé ma place à Théo', tu sais bien que..."

- "Ouais... C'est pitoyable, sérieux, faut vraiment qu'il se jette à l'eau." Coupa-t-il, narquois.

- "Bof... Il fait comme il l'entend, hein ! Et sinon... ?"

- "Quoi "sinon" ?" S'enquit rêveusement le serpent en reportant son attention sur sa rivale.

- "Belles jambes, pas vrai ?" Commenta le métis, taquin.

- "Si tu le dis..." Grommela Drago qui, débordant de mauvaise foi, fit glisser son regard
jusqu'aux jambes dénudées de sa partenaire.

Elle portait une robe rouge sang mi-longue aux bretelles larges, le tout harmonisé par un
décolleté discret. Ses boucles insoumises ondulaient dans son dos avec grâce tandis que
quelques mèches avaient été tressées et décorées de jasmin frais. Perdu dans sa
contemplation, le vert et argent tressauta presque lorsque son interlocuteur lui donna un coup
de coude.

- "Mmmh...?"

- "Fais gaffe, tu fonces droit dans le mur, mon pote." L'avertit-il de son air grave.

- "De quoi tu parles ?!"

- "Tu la dévores des yeux depuis un quart d'heure, je te dis juste de pas faire de la merde, pas
avec elle." Précisa Zabini en montrant furtivement Hermione du pouce.

- "Ah ouais ? Parce que j'ai l'attention de faire quoi d'après toi ?" S'énerva Malefoy, les poings
serrés.

- "Elle te plaît, c'est évident. Contrôle tes ardeurs, je sais bien que tu chopes toutes celles qui
t'attirent, mais Granger est loin d'être une fille facile."

- "Sans déconner ? J'avais bien vu que c'était une Sainte-ni-touche, et puis elle me plaît pas,
arrête !" S'agaça le Prince des Serpentards, excédé.

- "Je te préviens juste que si jamais tu dérapes sur un coup de tête, ce serait une énorme
connerie. Oh et... Inutile de nier, je te connais. De toute façon, je suis d'accord, elle est plutôt
mignonne." Poursuivit Blaise, non sans gratifier son confident d'un sourire malicieux.

- "Honnêtement, tu crois que j'ai le temps pour ces foutaises ? Je te rappelle que j'ai une
pseudo-fiancée sur le dos, alors j'ai pas la tête à ça. Les nanas, c'est pas ce qui manque, si j'ai
autant envie de m'en taper une, j'ai qu'à faire le tour du buffet là-bas." Claqua le sang-pur en
tournant les talons.

- "Sauf que t'es insatiable, et je sais que tant que tu cèderas pas, tu continueras de tourner en
rond." Affirma le métis qui, réalisant l'absence de Drago, hocha nerveusement la tête avant de
retrouver Pansy et Théodore.
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Les mains dans les poches, Malefoy s'aventura dans le long couloir du rez-de-chaussée, lassé
par le boucan perpétuel de la musique et des jacassements. D'un pas traînant, il dépassa la
cuisine et, nostalgique, s'arrêta devant l'escalier principal de la demeure des Black. Hésitant, il
finit par monter les marches menant aux chambres. Discrètement, il arpenta l'allée
silencieuse, scrutant les portes une à une, puis, incertain, stoppa net sa progression devant
celle du fond. C'était ici, il en était sûr, tout lui revenait maintenant.

Ses souvenirs, toujours troubles malgré ses efforts, lui renvoyaient parfois cet épisode de son
enfance durant lequel sa mère l'avait emmené ici pour récupérer des affaires qui lui tenaient
très à cœur. Drago savait pertinemment qu'il n'avait rien à faire là, enraciné devant cette
fichue chambre, hélas, la tentation était trop forte. Lentement, il tourna la poignée et entra,
avide d'en voir plus.

Les rideaux étaient baissés, laissant à peine filtrer les rayons lunaires qui éclairaient un lit
parfaitement présenté. C'était plutôt vide si on faisait abstraction de l'immense bibliothèque où
reposait un nombre incalculable de livres en tout genre. Fouineur, il jeta un œil aux ouvrages,
ses doigts se baladant le long des étagères courbées par le poids des grimoires. Il y avait
essentiellement des contes pour enfants, "Sans doute de la lecture pour le filleul de Potter...",
pensa l'héritier déchu, quand tout à coup un toussotement retentit derrière lui.

- "Je te dérange pas, ça va ?" Demanda Hermione, sarcastique à souhait.

Le jeune homme, pris au dépourvu, se contenta de la dévisager de son éternel regard polaire,
cherchant un moyen de s'extirper de cette galère.

- "C'est ma chambre, t'as rien à faire ici !"

- "Ta chambre ?" Réitéra-t-il, incrédule.

- "Oui, enfin... Je dormais ici avant d'emménager et c'est officieusement ma chambre quand je
viens ici. N'essaye pas de changer de sujet !" S'excita la belle en pointant de l'index l'intrus.

- "Où t'étais passée ? Ça fait une semaine que j'ai pas de nouvelles... J'ai failli débarquer chez
toi, mais je me suis dit qu'il valait mieux éviter." S'impatienta ce dernier, un tantinet
embarrassé.

- "Je... J'étais occupée ! Réponds à ma question !" Persista l'intello' de service qui, blasée de ne
pas avoir respecté son plan, se laissa tomber sur le lit.

- "Je visite." Répondit-t-il simplement, la faisant soupirer d'ennui.

- "Pourquoi précisément cette chambre ?" Ajouta-t-elle.

- "C'est... C'était la chambre de ma mère lorsqu'elle vivait ici, quand elle était petite." Souffla
finalement Drago en s'adossant contre le mur.

- "Ah oui, c'est vrai... C'est une Black. Euh... Tu... T'étais déjà venu ici ?"

- "Une fois, j'avais quatre ans. Mes grands-parents étaient déjà morts, je les ai pas connus, et le
manoir appartenait pas à Sirius Black, puisqu'il était... Enfin, tu sais." Eluda-t-il en pliant la
jambe pour appuyer son pied contre la paroi.

- "Oui..." Murmura la lionne, le visage soudain assombri à l'entente du prénom du Maraudeur.

Un silence prit place entre eux, quarante interminables secondes qu'elle faillit briser comme si
de rien n'était, mais le Serpentard la devança de peu.

- "Au fait, joyeux Noël..." Dit-il platement.

Surprise, la brunette le questionna du regard, ses lèvres arquées en une grimace enfantine,
puis se redressa lourdement lorsqu'il s'approcha doucement d'elle. La bouche entrouverte, elle
semblait chercher ses mots, pourtant rien ne vint et cela ne s'arrangea pas quand, gentiment,
Drago lui releva le menton, un sourcil froncé.

- "Merci, Drago ! Joyeux Noël à toi aussi !" Mima-t-il, mi-amusé, mi-dédaigneux.

Pour toute réponse, Hermione s'affala sur le matelas en riant. C'était salvateur et intense de le
retrouver, cet idiot fini. Le son de sa voix, sa prestance, ses yeux métalliques aux reflets tantôt
azuréens tantôt assassins... Elle sentit son cœur se réchauffer de façon imperceptible, si infime,
et portant bien réelle. Ses battements résonnaient librement, transportés par cette étrange
allégresse qui ne se manifestait qu'en présence du vert et argent. Elle ne voulait plus évincer
cette sensation de bien-être et, tout en se cachant sous un oreiller, la jeune femme s'abandonna
complètement à son fou rire.

- "Je l'ai déjà dit, mais... T'es givrée." Asséna Malefoy en la tirant par le bras.

Mollement, elle se releva, les joues en feu et les iris étincelantes, puis, joueuse, donna une tape
au garçon qui, impassible, s'autorisa à s'assoir près d'elle, prétextant que ça ne durerait pas
longtemps.

- "Joyeux Noël..." Abdiqua la Gryffondor en glissant une mèche de cheveux derrière son oreille.

C'était le geste de trop : instantanément, Drago se raidit, peu enclin à donner raison à Blaise.
Pourquoi fallait-il qu'elle soit aussi touchante et... Attendrissante ? On aurait dit une fillette
inoffensive, alors qu'au fond, c'était une folle furieuse... L'estomac noué, il soutint le filin crée
entre les prunelles caramels et les siennes, la respiration hachée sous le déferlement de ce
désir brûlant qu’inondait ses veines. Ça n'avait rien d'agréable pour lui, au contraire, la voir
ainsi débordante de vie ne fit qu'accroître son envie de la serrer dans ses bras, une affection
tout bonnement déplacée. Néanmoins, il n'arrivait pas à s'ôter de l'esprit cette image d'elle
recroquevillée par terre, le visage ruisselant de larmes... Des sanglots dont lui seul était -
indirectement- responsable.

Délicatement, il plaqua son front contre le sien, bloqua son souffle et pressa douloureusement
ses paupières, partagé entre la colère et la quiétude de cette proximité. Tétanisé, il ne daigna
plus amorcer ne serait-ce qu'un demi-mouvement, priant pour qu'elle s'éloigne.

- "Je... Je veux que tu saches que l'autre fois, chez moi, c'était..."

- "Je sais, c'est rien." L'interrompit Drago, un doigt sur les lèvres de son interlocutrice.
Cette dernière recula malgré les protestations de son subconscient, puis, troublée, se racla la
gorge, le regard fuyant. Constatant pour la énième fois qu'elle était dans tous ses états, le
blond inspira profondément et, n'y tenant plus, fouilla ses poches.

- "Qu'est-ce que..." S'étonna Hermione, confuse.

Capricieusement, le jeune homme ouvrit la main, révélant dans sa paume une rose en or blanc
sobre mais élégante en souvenir de leur mémorable tango. Sans laisser à son amie le temps de
désapprouver, il agita sa baguette et, transporté par une légère poudre argentée, le pendentif
s'ajouta au bracelet offert par Ron et Harry. Il n'avait pas prévu de lui faire de cadeau,
toutefois, le balafré n'avait que trop parlé du fameux bracelet, lui donnant de ce fait cette
stupide idée.

- "Me... Merci..."

"Merci..." était clairement insuffisant, mais c'est tout ce qu'elle réussit à dire tant elle était
chamboulée...

End Notes:
J'espère que ça vous a plu et que vous avez passé un bon moment !
Laissez-moi une Review si le cœur vous en dit ;) Oh et... Le prochain
chapitre fera prendre un nouveau tournant à l'intrigue... Alors,
soyez au rendez-vous !
,___,
[O.O]
/)__)
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Chapitre 14 : "Bonne année..." by Divinity

Author's Notes:
,___,
[O.O]
/)__)
-"--"-

Tout d'abord, merci pour toutes ces gentilles Reviews, c'est en


partie grâce à vous si je continue à écrire. J'espère que les lecteurs
de l'ombre se manifesteront bientôt car j'ai vu que ma Fic' avait
dépassé les 20 000 lectures ! Merci encore !

Par ailleurs, je tenais à vous signaler que "Torture passionnelle"


est bientôt terminée (réécriture / histoire) et sera publiée sous ce
pseudo en parallèle à "Ton sang et le mien..." (je publierai donc
deux fois par semaine, un chapitre par Fic'). J'espère que cette
nouvelle "version" de "Torture passionnelle" vous plaira, puisque
j'ai pris beaucoup de plaisir à la réécrire et prie pour que beaucoup
viennent la redécouvrir. J'avoue qu'elle me tient tout aussi à cœur
que cette Fic' (étant donné que c'était ma première Dramione).
"Torture passionnelle" a été supprimée de mon ancien compte, elle
est en cours de publication alors soyez au rendez-vous ! :p

A part ça, ce Chapitre 14, j'ai dû l'écrire deux fois... En effet, j'ai
perdu le premier texte que j'avais rédigé (c'est pour ça que j'ai
tardé à publier la suite)... Cela explique le fait qu'il soit un peu
moins bon, du moins je trouve, parce que j'ai été blasée. Aussi, je
l'ai écrit en une heure à peine tellement je voulais en découdre et
me pressais à respecter les délais. Bref, désolée en tout cas !
J'essayerai de me rattraper, promis !

Illustration du Chapitre 14 réalisée par : Ra'anan Levy

OoO Chapitre 14 : "Bonne année..." OoO

Bientôt vingt-trois heures, la soirée battait son plein alors qu'au premier étage, juste au
dessus des invités, un calme plat régnait. Assis côte à côte, le Duo d'enfer s'était muré dans
un silence religieux, uniquement brisé par le tintement cristallin que fit le nouveau
pendentif d'Hermione à son bracelet lorsqu'elle détendit son bras. La situation semblerait
aussi inhabituelle qu'inattendue pour quiconque les surprendrait sur ce lit, dans cette
chambre gorgée de souvenirs houleux, tant par le fantôme à jamais évanoui de Sirius que
celui d'une jeune Narcissa Black faisant ses premiers pas sur ce parquet mal-ciré.

Le temps était suspendu, seul l'écho de la musique provenant d'en bas rythmait chaque
seconde, rendant l'ambiance encore plus oppressante, or, Drago avait beau apprécié ces
moments de tranquillité absolue, loin de tout, il n'arrivait pas à se détendre, et pour cause :
près de lui, la Gryffondor gardait les yeux rivés sur la rose en or blanc, sans doute gênée de
ne pas avoir, elle aussi, offert quelque chose à son partenaire. Il réprima un sourire en coin,
hocha nerveusement la tête puis, se rappelant le pourquoi de sa présence ici, se décala de
quelques centimètres et reporta son attention sur elle.

- "Il y a... Quelque chose dont je dois te parler. Je te préviens, tu vas pas aimer." Dit-il en
grimaçant.

La jeune femme fronça les sourcils, curieuse -évidemment- et, préférant ne pas assommer
son interlocuteur de suppositions en tout genre, se contenta d'attendre, mais rien ne vint.

- "Quoi ? Je dois deviner ? En ce qui te concerne, je m'attends toujours au pire." Lâcha-t-elle


d'un ton détaché.

Malefoy se raidit, convaincu qu'il était trop tard pour reculer car, il n'avait plus le choix à
présent : elle devait savoir, sa collègue était concernée par ses problèmes, qu'il le veuille ou
non. L'espace d'un instant, il crut revivre ce misérable repas de Noël au manoir de ses
parents, durant lequel sa mère s'était montrée distante, ailleurs... Les couverts
s'entrechoquaient dans une mélodie régulière et oh combien pesante, soudain coupée par
un bruit sourd : frôlant son quota de patience, l'héritier avait tapé du poing sur la table,
faisant vibrer les verres de vin. La mâchoire contractée, il s'était retenu de déverser d'une
traite tout ce qu'il reprochait à cette femme en face de lui qui, peu impressionnée, s'était
tapotée la bouche avant d'élégamment replier sa serviette. Il était difficile de déchiffrer
quoique ce soit à travers cet impassible masque de froideur, cependant il n'en était pas
resté là et, hanté par cette scène où Astoria était venue lui révéler l'implication de sa mère
dans l'affaire du serment inviolable, s'était mis à accuser Narcissa de tous ses maux. Il avait
espéré, secrètement prié, pour qu'elle nie, se révolte ou peu importe, malheureusement, elle
lui avait juste murmuré un "Pardon..." quasi-inaudible, le confortant ainsi dans l'idée que sa
famille l'avait bel et bien rejeté, vendu... Furieux, il l'avait harcelée de "Pourquoi ?" et autres
remarques sanglantes, néanmoins, elle n'avait fait qu'encaisser ses propos blessants, voir
insultants, et, persuadé que tout ceci n'était qu'un moyen de lui faire payer sa traîtrise
envers son père, il avait quitté les lieux non sans lui accorder un regard mauvais, empli de
dégoût.

- "Je t'écoute, vas-y !" Le secoua Hermione, impatiente.

Le concerné passa une main dans ses cheveux en bataille, blasé. Il savait pertinemment
comment cette conversation allait se finir, mais il était dorénavant coincé, pris à son propre
piège. Las, il se leva, traversa la pièce jusqu'à la grande étagère et fit courir ses doigts le long
des grimoires alignés. Sans même y penser, et plutôt à l'aise avec sa collègue depuis leurs
confidences chez elle, il se laissa aller, lui expliquant tout depuis le début, reprenant même
les points qu'elle connaissait déjà.

Nauséeuse, Hermione choisit de se taire tandis que les rouages de son cerveau sur-
développé assemblaient la totalité des informations. Mariage forcé, Astoria, serment
inviolable, honneur familial, Anthony et l'aînée Greengrass, Narcissa impliquée dans cette
mascarade, traîtrise et, comme si ça ne suffisait pas, un Drago assoiffé de vengeance.

Si tout ceci était vrai, alors la situation était plus grave qu'elle ne l'imaginait. Dolohov était
prêt à rappeler à l'ordre son "futur beau-frère" si jamais il ne respectait pas la volonté de
Lucius qu'était de rallier les Malefoy aux Greengrass. Ceci dit, Anthony était suspecté du
meurtre de Neville Londubat, ainsi, si ils réunissaient suffisamment de preuves, le bâtard
finirait ses jours à l'ombre. D'autre part, que ce dernier soit en prison au non ne changeait
rien à cette affaire de serment inviolable, aussi, la Gryffondor se mit à réfléchir de plus belle
et, malgré ses efforts pour écarter la seule option que tous redoutaient, se retrouva au pied
du mur : non, il n'y avait qu'un seul moyen, inutile de tergiverser...

Choquée, elle leva la tête et croisa les prunelles métalliques, insondables, de son
interlocuteur qui, fidèle à lui-même, se gardait d'afficher la moindre expression.

- "Tu... Tu veux briser le serment, pas vrai ?" Conclut-elle de but en blanc.

"Nous y voilà...", pensa amèrement le blond en s'adossant contre la bibliothèque, les bras
résolument croisés.

- "Si jamais Anthony est impliqué, que ce soit de près ou de loin, dans le meurtre de
Londubat, il ira moisir en cellule et j'en serais alors débarrassé et pourrais ne pas respecter
les engagements de mon père envers les Greengrass. Mais..."

- "Mais Anthony t'aurait forcé la main ou tué si jamais t'étais apte à rompre le serment
inviolable, or, il est persuadé que tu n’oserais pas, n'est-ce pas ?" L'interrompit la surdouée
qui, toute ouïe, s'était allongée sur le matelas, pensive.

- "Bien sûr ! A ses yeux, je suis un lâche, un misérable fils de Mangemort qui se reconvertit
en apprenti Auror à la con. Il aurait été jusqu'à me tuer si j'étais capable de sacrifier un des
deux concernés par le serment. Mais, il sait... Il sait que jamais je ne ferais du mal à ma
mère et, d'un autre côté, il est persuadé que je ne ferais aucun mal à Monsieur Greengrass
puisque je suis censé être un gentil petit Auror !" Claqua Malefoy avec humeur.

- "Et... T'es tout, sauf un gentil petit Auror, je me trompe ?" Renvoya la jeune femme en
relevant sa jambe, faisant glisser sa robe sur sa cuisse.

- "Hermione, je vais pas te faire un dessin, t'as très bien compris. Si je t'ai raconté tout ça,
c'est parce que..."

- "Parce que tu espères ma bénédiction, hein ?! Tu parles de commettre un meurtre, espèce


d'imbécile ! Alors c'est ça, pour toi, devenir Auror ? C'est pour ça que tu t'acharnes comme
un attardé ?! C'est pour minimiser tes crimes ? Je te rassure, crétin, Auror ou non, tous les
criminels sont logés à la même enseigne !" Rugit-elle en bondissant du lit, les joues en feu.

Elle n'en revenait pas, cet effronté avait-il tout prévu depuis le début ? Etait-il possible qu'il
ait mis au point cette stratégie dans le but de se défaire de ses problèmes familiaux ?
Furieuse, la rouge et or le pointa de l'index, écœurée.

- "Tu cours après ta liberté, mais à quel prix ? Tu fuis ton mariage avec Astoria, tues son
père pour échapper au serment inviolable et épargner ta mère, et après ? Si Anthony essaye
de te le faire payer, il ira pourrir derrière les barreaux, mais, crois-moi, il sera pas le seul,
peut-être même que tu le devanceras là bas." Articula-t-elle, le corps en ébullition.

- "Qu'est-ce que t'entends par là ?"

- "Le serment a été scellé alors que t'étais encore mineur, c'était bien avant que tu ne le
découvres et envoies ton père à Azkaban. Je ne sais pas ce que ça fait d'être rejeté et trahi
par les siens, mais honnêtement, à quoi tu t'attendais de la part d'un Mangemort ?" Reprit la
lionne en rapprochant son visage du sien.

- "Arrête ça..." Grinça le garçon, les traits déformés par la colère.


- "Je ne te laisserai pas faire, crois-moi. Si jamais tu concrétises tes idées morbides, sache
que je me ferais une joie de t'envoyer en taule." Asséna-t-elle sèchement.

- "Alors vas-y, passe-moi les menottes maintenant parce que je compte pas faire marche
arrière." La provoqua le Serpentard, un brin enjôleur.

- "Je te laisse le temps de te remettre en question, idiot. Ne commets pas l'irréparable."

- "L'irréparable a déjà été commis par mes parents au moment même où ils ont passé ce
marché avec les Greengrass." Répliqua-t-il, les poings serrés.

Hermione noya son regard ambré dans ses iris ombrageuses où brillait une lueur de
détermination qui lui rappela un peu celle d'Harry lors de la Bataille finale. Elle aurait beau
le raisonner, ça ne servirait à rien... De toute façon, soit Drago subissait le choix de Lucius,
soit il se rabaissait à agir comme lui.

- "Je vais finir par croire que ta chère et tendre a raison : tu fais tout pour pas ressembler à
ton père, mais au final, vous êtes exactement pareils !"

C'étaient les mots de trop : hors de lui, Malefoy poussa violemment sa rivale qui, surprise,
perdit son équilibre sous le choc. Titubant, elle se rattrapa au dossier du fauteuil avant de se
tourner vers lui, outrée. Il profita de son étonnement pour lui saisir fermement le bras puis,
habilement, lui tordit le poignet en la retournant. Le torse collé contre son dos, le nez enfoui
dans ses boucles indomptables, il resserra son emprise et inspira ce familier parfum de
jasmin. Enivré par cette délicieuse effluve, il ne sentit pas les ongles de sa proie s'enfoncer
dans sa chair tandis qu'elle se débattait dans tous les sens.

- "Tu me fais mal ! Arrête !" Ordonna la sorcière en gesticulant.

Insensible, le serpent la repoussa brusquement contre le mur. Sa victime n'eut même pas le
temps de s'en remettre, qu'il la plaquait déjà contre la paroi, ses bras de part et d'autre de sa
tête. Courageuse, elle soutint ses prunelles assassines et, reprenant du poil de la bête, lui
agrippa furieusement les épaules.

Tout se passa alors très vite : Drago bloqua le coup de genou que s'apprêtait à lui donner
son ennemie puis, égaré dans sa folie, lui attrapa la jambe et pressa sa cuisse, possessif.
L'estomac noué, il sentit une désagréable vague de chaleur remonter de ses reins avant
d’inonder ses veines. Obnubilé par ce désir naissant, il captura les lèvres d'Hermione dans
un baiser rageur, bourré de mépris et pourtant salvateur.

Déboussolée, cette dernière finit par répondre à son élan puis, comme pour lui signifier son
mécontentement, lui mordit méchamment la lèvre inférieure et glissa une main derrière
son cou, compressant encore plus sa bouche contre celle pécheresse du jeune homme. Tout
son univers s'était réduit à cet instant, à ce fichu baiser qui risquait de lui embrumer
l'esprit, car, il fallait l'avouer, cet acte était indigne d'elle, d'eux...

Complètement abandonnée à son bourreau, elle frissonna lorsqu'il la souleva du sol,


l'obligeant à croiser les jambes autour de lui et, prenant les devants, il l'emmena jusqu'au lit
où il la jeta sans ménagement. Impatient, Malefoy se précipita sur elle, lui arrachant au
passage un grognement plaintif qu'il ignora avant de méticuleusement lui embrasser le
menton, marquant ainsi le début d'un itinéraire des plus appétissants.

Doucement, il lui titilla le lobe de ses dents, sa main gauche à nouveau ancrée à la cuisse
dénudée de sa partenaire. Point de réflexion, seulement l'action... Il se sermonnerait
sûrement plus tard d'avoir laissé libre court à ses envies, d'avoir donné raison à Blaise, mais
peu importe. Que Zabini et ses conseils aillent se faire foutre ! Rien, absolument rien,
maintenant ne le dérangeait, si ce n'est cette maudite robe qui le narguait. Guidé par son
aigreur, il ne prit pas le temps de mettre ne serait qu'un mot sur ce qu'il éprouvait
réellement, là, au dessus de Granger.

Hermione peinait à contenir ses protestations devenus, au fil des secondes, des


gémissements incontrôlés qui eurent pour seul effet d'encourager le vert et argent. Grisant,
délectable... Chaque caresse, effleurement, était un supplice auquel aucune autre ne pouvait
résister, or, elle n'était pas les autres.

Lentement, -et luttant pour faire abstraction des électrisantes décharges que lui procurait
son assaillant- elle tourna la tête puis tendit une main tremblante vers la commode.
Décidée, elle attrapa sa baguette et, non sans expirer sous les assauts câlins du Prince des
Serpentards, enfonça son arme dans les cotes de ce dernier.

Figé, Drago retint sa respiration, les sens en alerte. Etait-elle sérieusement en train de le
menacer ? La réponse ne se fit pas attendre puisque, d'un informulé et sans scrupule,
l'intello' sous lui le fit léviter avant de le laisser tomber par terre.

- "On peut faire ça sur le parquet, si tu préfères." Railla-t-il, sarcastique à souhait.

- "Pense à ce que je t'ai dit, fais pas de bêtises, d'accord ?" Prévint-elle, une once de défi
éraillant sa voix.

- "C'est ce qu'on verra..." Persista l'héritier déchu en se relevant.

Il épousseta son pantalon et, dégoulinant de suffisance, regarda sa friandise se redresser,


analysant le moindre mouvement, chaque détail, aussi infime puisse-t-il être : gêne, colère,
chamboulement... Et, pour couronner le tout, un plaisir savamment dissimulé.

Flatté, un sourire arqua ses lèvres et, voyant qu'elle le tenait toujours en joue, il tourna les
talons et se dirigea vers la porte d'un pas traînant.

- "Bonne année..." Lâcha-t-il avant de passer le seuil, sa démarche soutenue par les douze
coups de minuit.

Sortie de sa torpeur, la Gryffondor rajusta rapidement sa robe et ses cheveux. Ses amis
devaient certainement la chercher ! Elle rangea sa baguette dans le tiroir et jeta un œil vers
la sortie : Drago était déjà descendu.

End Notes:
Je sais, oui, ce chapitre est un peu court (faut dire aussi que j'ai dû
l'écrire deux fois parce que je l'avais malencontreusement
perdu...), mais je ne voulais pas mélanger ce dérapage avec la suite
qui, elle, est chargée et un peu "compliquée". Je relirai dans
quelques heures, histoire d'être sûre de ne pas avoir laissé des
fautes ci et là. J'espère quand même que ça vous a un peu plu et que
vous me laisserez une Review !
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Chapitre 15 : Les jeux sont faits by Divinity

Author's Notes:
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Salut ! J'annonce officiellement mon retour sur le forum après cette


longue absence (exam', concours, IRL, etc...) et espère que certains
"fidèles" sont encore là ! (Je rêve pas pour avoir de nouveaux
lectures à ce stade de l'histoire xD ). Cette Fic' se termine dans un
chapitre ou deux, ainsi qu'un épilogue, voilà, vous êtes au courant
^^

Bonne lecture !

OoO Chapitre 15 : Les jeux sont faits OoO

Hermione descendit les marches quatre à quatre mais fut rapidement coupée dans son élan
par un vacarme assourdissant en provenance du salon. Parmi les quelques notes de
musique effrénées, elle reconnut la voix de Pansy qui ne cessait de crier à tue-tête.

- "Je veuhx danser avec Drago touteuh la nuiiit ! Je veux profiter de sa présenceuh avant
que cette salopeuh me le prenneuh !" Chantonna cette dernière en titubant près du buffet.

Exaspéré, Blaise lui arracha le verre de champagne qu'elle agitait dans tous les sens.
Boudeuse, elle l'esquiva du mieux qu'elle put avant de se jeter dans les bras de Théodore
pour le traîner sur la piste de danse.

- "Pansy, arrête. Tu nous donnes en spectacle !" La gronda le métis tandis qu'elle agrippait le
cou de Nott de toutes ses forces.

- "Tsss... Et qu'est-ce que t'y connais, toi, en amûûûr ? T'es pas foutu de conclure avec
Daphné après touteuhs ces années !" Répliqua la Serpentard, perfide.

- "Pansy, s'il te plaît, calme-toi. T'as trop bu, ça arrive. Je vais te ramener chez toi." La
raisonna son cavalier avec douceur.

- "Non ! Je veux rester ici, avec nos nouveaux amiiis ! Ho, Ginny, cette robe, elle te va si
biiien ! Où tu l'as eu ? Ah mais si ! C'est moi qui l'ai faite pour touah !" S'exclama-t-elle en
tapant des mains telle une hystérique.

Ginny la gratifia d'un sourire déséquilibré puis, d'un signe de tête, fit comprendre à Harry
qu'il était temps de congédier certaines commères. Un à un, les invités félicitèrent le couple
-à présent officiellement fiancé-, non sans jeter un ultime regard à Parkinson qui, pleine de
ressources, était montée sur la table.

Serviable, Hermione raccompagna quelques amis vers la sortie en s'excusant. Elle se doutait
bien que le mariage de Drago et Astoria ne risquait pas de plaire à Pansy, seulement, jamais
elle n'aurait cru voir la jeune femme se mettre dans un tel état. C'était désolant à voir et
pourtant, la Gryffondor se sentit tout à coup mal à l'aise : si Parkinson apprenait ce qui
s'était passé entre elle et Malefoy il y a à peine cinq minutes, dans la chambre de Sirius, elle
l'égorgerait devant tout le monde.

Troublée par ses pensées, elle hocha nerveusement la tête et rebroussa chemin vers le
séjour. Elle se raidit instantanément lorsqu'elle aperçut Drago, appuyé contre la
chambranle de la porte.

- "Qu'est-ce que tu fais ici ? T'as rien de mieux à faire ?" L'apostropha-t-elle, furieuse.

Il l'ignora en haussant les épaules, faisant mine de ne pas saisir le sous-entendu de sa


question.

- "Tu devrais aller t'occuper d'elle, tu crois pas ? Je pensais que t'avais mis les choses au clair
!"

- "C'est ce que j'ai fait ! J'y peux rien si ça rentre par une oreille et que ça ressort de l'autre."
Rétorqua-t-il, blasé.

- "C'est à cause de toi si elle est comme ça. Regarde-la ! Elle est effondrée ! Comment tu peux
être aussi... Pragmatique !" Accusa-t-elle en lui tapant le dos.

- "Elle est surtout bourrée, ça lui passera. Elle a toujours eu l'alcool triste." Dit le blond d'un
air absent.

Excédée par son comportement d'effronté sans vergogne, la rouge et or le tira par la
manche vers le couloir, préférant ne pas attirer l'attention des autres.

- "Je commence à te connaître, tu sais ? T'es comme ça avec tout le monde ! T'es toujours
flou avec les gens, tu l'es avec moi, tu l'es avec Pansy ! Pour toi, rien n'est dramatique, rien
n'est important hormis ta petite personne ! Tu la fais souffrir et tu t'en fiches, parce que tu
sais que quoiqu'il arrive, elle sera toujours là pour toi ! Et tu fais la même chose avec moi...
Tu joues avec mes nerfs, avec mes... Pfff... Laisse tomber..." Déblatéra-t-elle d'une traite.

- "T'insinues par là que tu seras toujours là, toi aussi ?" Nota-t-il, un brin charmeur.

- "Je... Tu vois ? Là encore ! Tu te focalises que sur du détail exprès pour détourner la
conversation ! Je te parle de Pansy !"

- "Et moi, je te parle de toi !" Contre-attaqua Drago en l'entraînant dans un coin sombre sous
l'escalier.

Tremblante de la tête aux pieds, Hermione détourna les yeux, les joues en feu. Elle
connaissait très bien le processus de désamorçage de son partenaire. Il la mettait hors d'elle
puis, après l'avoir contredite, se retrouvait en position de force en lui parlant comme si elle
était sa seule préoccupation. Or, même si elle sentait ses entrailles remuer, la surdouée
reprit contenance et le défia de ses prunelles ambrées où brillait une lueur d'appréhension
savamment dissimulée.

- "Je suis fatiguée... Je ne veux plus jouer, ni contre toi, ni avec toi. Si tu veux me l'entendre
dire, alors ouvre bien tes oreilles : t'as gagné, j'abandonne." Souffla-t-elle, démunie.

- "De... De quoi tu parles ?" S'étonna le jeune homme, un sourcil haussé.

Elle expira de façon exagérée en croisant les bras. Apparemment, ça ne lui suffisait pas de la
voir renoncer devant lui, fallait-il en plus qu'elle craque ouvertement ?

- "T'as très bien compris."

- "Non, Hermione, je comprends pas. Et pour en revenir à Pansy, j'ai vraiment parlé avec
elle, j'ai tout mis à plat, tu dois me croire." Assura-t-il en lui desserrant ses bras résolument
croisés.

Encore une fois, il avait réussi à l'amadouer car, sur ces mots, Hermione se détendit peu à
peu puis, cédant à la pression du moment, noya son regard dans celui de son rival.

- "Tu lui as parlé ou t'as été flou ?" Asséna-t-elle sèchement.

Contrarié, Drago grimaça. Il la trouvait culottée puisque s'il y avait une personne floue ici,
c'était bien elle. En effet, à ce qu'il sache, les choses entre elle et Weasmoche étaient toujours
au point mort.

- "Tu m'excuseras, mais je suis pas comme certaines."

- "Si tu fais allusion à Ron, ça a failli évoluer, mais j'ai... J'ai un peu freiné les choses." Confia-
t-elle, gênée.

- "Je pensais que ça me regardait pas, c'est pas ce que tu me répétais à chaque fois qu'on
abordait le sujet ?" Rappela le Serpentard en s'adossant au mur à côté d'elle.

- "Tu me parles de Pansy, je te parle de Ron ! Et puis, c'est vrai, je vois pas pourquoi je me
mêlerais de tes histoires et toi des miennes !" Soupira-t-elle.

- "Parce qu'on est amis ?" Supposa-t-il, amusé.

- "Peut-être... Drago, on doit reparler de cette affaire de serment." Poursuivit sa collègue en


fixant le sol, priant pour qu'il reconsidère sa décision.

- "Et pourquoi faire ? Ressasser l'inévitable ? C'est mon problème..."

- "Non ! C'est aussi le mien maintenant que je suis au courant de tes intentions ! Je peux pas
te laisser couler comme ça !" Coupa-t-elle en serrant les poings.

Malefoy jeta un œil en sa direction puis, campant ses positions, mit les mains dans ses
poches, se laissa doucement glisser contre la paroi et finit par s'assoir par terre.

- "T'as raison, j'aurais pas dû tout te raconter, pardon..." Marmonna-t-il en fléchissant ses
longues jambes.

Surprise par le ton de sa voix, Hermione expira bruyamment et, n'y tenant plus, prit place
près de lui.

- "Je t'aurais harcelé pour savoir. Ma curiosité est sans limite." Objecta-t-elle, arrachant un
sourire en coin à son interlocuteur.
- "Je parle pas seulement de ça... J'ai merdé. J'ai sacrément merdé avec toi et je m'en veux.
Avoue que ça t'étonne de m'entendre dire ça."

- "Pas vraiment, non. Depuis qu'on est amis, tu t'excuses souvent."

- "Parce que c'est tout ce que je peux faire. Je t'ai attirée des ennuis, bêtement..." Chuchota-t-
il en posant ses avant-bras sur ses genoux.

Hermione l'observa un instant, se répétant inlassablement que c'était fini, que, peu importe
ce dont demain serait fait, il n'y aurait rien d'hier ni d'aujourd'hui. Il n'y avait qu'un seul
moyen de libérer Drago, et cette solution lui promettait de nouvelles chaines, celles
d'Azkaban.

- "Tu fonces droit dans le mur... Me regarde pas comme ça ! Je sais ce que tu vas dire, que,
quelque soit le chemin que tu prends, tu n'y trouveras rien de bon, mais... S'il-te-plait... Fais
pas ça, t'es pas un meurtrier..." Le supplia-t-elle, le cœur prêt à exploser en mille morceaux.

Pour toute réponse, l'héritier déchu lui prit gentiment la main, taquinant machinalement
ses jointures de son pouce.

- "Tu comprends pas... Comment tu pourrais comprendre ? Ta vie est pitoyablement bien
rangée et parfaite ! T'as toujours fait les bons choix parce que tu pouvais te le permettre."

- "Tu te trompes !" L'interrompit Hermione, blessée. "Je comprends ! Je comprends depuis la
seconde où tu t'es confié à moi ! Je vois combien ça te ronge, je sens à quel point tu ne veux
pas ressembler à ton père ! Je sais aussi que tu tiens énormément à tes amis, à ta mère -et ce
malgré ce qu'elle a fait-... T'essayes constamment d'accuser le coup, mais tu baisses pas les
bras, t'es solide alors que n'importe qui d'autre à ta place serait devenu dingue."

- "Si tu penses que ton beau discours va me faire changer d'avis..."

- "Non ! Je dis juste que ma vie est loin d'être parfaite, surtout depuis que je travaille avec toi
! Tout va de travers, je m'efforce de pas t'étrangler quand tu me remets à ma place. Je ravale
mes répliques quand tu réussis une potion du premier coup alors que je galérais depuis
deux jours. Je déteste quand je réalise combien t'es talentueux et ça m'agace de reconnaître
que, oui, dans certains domaines, t'es largement meilleur que moi. Mais, j'aime ça... J'aime
m'opposer à toi, ça me pousse à mieux faire, à viser plus haut. Je suis désolée, sincèrement...
Je pensais qu'à nous deux, on serait capables de tout résoudre... Et, au moment où t'as le
plus besoin de moi, je suis pas fichue de t'aider..." Sanglota-t-elle en entrelaçant ses doigts
avec les siens.

C'était pire que tous les Doloris du monde. La voir pleurer, par sa faute, c'était tout ce qu'il
avait appris à détester ces derniers mois. Il aurait aimé lui dire que tout allait s'arranger,
mais Hermione Granger n'était pas idiote, évidemment que non... Les choses ne pouvaient
qu'empirer et l'idée de ne plus la croiser au détour d'un couloir du Ministère lui arrachait le
peu de forces qui lui restaient.

Mollement, elle posa sa tête contre son épaule en reniflant. Bien sûr, certaines choses
étaient difficiles à admettre, à commencer par le fait de ne plus être avec Drago de cette
manière, simplement côte à côté à discuter ou à se chamailler. Merlin, il allait horriblement
lui manquer, mais elle ne pouvait s'y résoudre, ce serait injuste... Son existence s'était
tellement embellie avec lui pour y mettre son grain de sel. Quoi de mieux que son égal pour
rehausser le niveau ? Qui d'autre allait savoir de quel bouquin elle parlait ou la rabrouer de
façon courtoise et sanglante à la fois ? C'était le retour à la case départ... Le début d'un
chapitre sans lui...
Sans y penser, la lionne se leva lentement, alla se poster devant le serpent puis, le visage
ruisselant de larmes, lui rabattit les jambes et s'assit confortablement sur ses cuisses.
D'abord hésitante, elle prit les devants et se lova contre son torse tout en passant ses bras
autour de lui.

C'était d'une tendresse infinie, une requête muette à laquelle il ne put que céder.
Docilement, il lui caressa ses boucles indomptables, inspirant profondément son délicieux
parfum.

- "Ne l'épouses pas..." Murmura-t-elle, les paupières douloureusement pressées.

- "J'en ai pas l'attention." Répondit-il en la berçant.

- "Mais on sait tous les deux le prix à payer... J'ai peur, affreusement peur."

Drago se contenta de resserrer son emprise et de fermer les yeux, tentant vainement de
faire taire les battements de son cœur. Lui aussi était effrayé, mais pas par les Détraqueurs,
ni la prison... Non. Il craignait plus que tout de ne plus jamais la revoir, qu'elle finisse par
l'oublier et se ranger du côté de Potter et les autres qui, à coup sûr, risqueraient de
l'enfoncer plus bas que terre.

- "Brise le serment et pars, quitte l'Angleterre. Ça n'a rien à voir avec la vie que t'espérais,
mais c'est toujours mieux qu'Azkaban." Ajouta-t-elle en froissant sa chemise de ses ongles.

- "Viens avec moi."

- "T'y penses pas !" Lâcha la Gryffondor, surprise.

- "Et pourquoi pas ?" Demanda le vert et argent en plantant son regard azuréen dans le sien.

- "Tu... T'as pas besoin de moi !"

- "Et qui n'a pas besoin de toi ? T'es une boussole vivante pour Potter et Weasley !" Plaisanta-
t-il à moitié.

- "Justement, je peux pas les laisser. Drago, c'est... Compliqué. Et tu dis ça sur le coup, tu te
rends pas compte de ce que ça pourrait impli..."

- "Bien sûr que si, je sais !" Trancha-t-il, partiellement déçu. "J'ai des amis qu'on débusque à
coups de chance, mais toi, c'est pas pareil. La première fois qu'on s'est revus, au
Département des Aurors, j'ai tout de suite pensé que j'allais enfin pouvoir me passer les
nerfs sur quelqu'un et que ça allait me soulager et me faire oublier mes problèmes. Ça a pas
loupé, je t'ai malmenée, comme d'habitude, et ce retour aux sources m'a fait le plus grand
bien..."

Embarrassé, Malefoy se redressa en prenant soin de fuir les ombres noisettes débordantes
de larmes.

- "Plus ça allait, et plus je me retrouvais de l'autre côté de la barrière, de ton côté. Et puis y a
eu ce cocktail, ce baiser... J'ai passé des nuits entières à essayer de justifier mon
comportement vis à vis de toi. Mais j'ai vite compris que je pouvais pas embrasser
Hermione Granger sur un coup de tête, qu'il y avait sûrement une explication à tout ça. Je
voulais goûter à ta vie, une vie où tu rassembles tout ce que j'espère posséder, à commencer
par une vraie famille. A travers ça, je m'étais senti tellement en phase avec mon existence,
que j'ai tout fait pour dédramatiser mes problèmes. Seulement... Comme tu peux le
constater, la réalité m'a vite rattrapé." Il passa une main dans ses cheveux en soupirant,
pensif.

- "Tu sais, Hermione, il y a certaines choses qu'on pense ne pas avoir besoin de dire tant
elles paraissent évidentes, mais... Il faut quand même les dires tant qu'on peut encore le
faire."

- "Pourquoi tu parles comme si j'allais plus jamais te revoir ?!" S'insurgea la jeune femme
contre lui.

- "Parce que c'est ce qui va arriver !" S'emporta ce dernier, à bout de nerfs. "Hermione..."

Elle frémit au son de son prénom, un appel doux et qui résonnait pourtant tel un adieu.

- "Y a jamais eu de jeu, ni de mise en scène. Ton sang et le mien... C'était la chose la plus
inconcevable à mes yeux. Sauf que je sais depuis la première fois que je t'ai embrassée, que
ce serait la dernière chose que je ferais pour une raison bien précise : continuer de
t'embrasser, toi... Juste toi. Je pensais ne pas avoir besoin de te le dire, et même si, au fond,
je sens que je devrais le faire tant que j'en ai l'occasion, j'ai pas envie de tout changer entre
nous."

La rouge et or retint son souffle. Elle s'était attendue à tout, sauf à ça. C'était une confession
qu'elle rêvait d'entendre depuis deux mois maintenant, et Drago semblait prêt à la lui
arracher, lâchement.

- "T'en sais rien, ça peut aussi être atrocement bien..."

- "Je suis prisonnier d'un serment que je me dois de briser. Tu sais ce que j'ai l'attention de
faire et je vais payer pour ça. Si je finis pas à Azkaban, je serais sûrement en cavale." La
raisonna le Serpentard avec amertume. "Le meilleur qu'on puisse tirer de nous, c'est ces
quelques mois passés ensemble, c'est tout. Si tu espérais plus que ça, alors je suis désolé...
J'ai pas envie de tout gâcher."

Sans lui laisser le temps de riposter, il la repoussa et se leva tant bien que mal. A en juger
par les rires et les conversations, Pansy s'était finalement calmée. Tant mieux, ce serait un
bon prétexte pour abandonner Hermione et partir.

Cette dernière continuait de fixer son dos, totalement perdue dans ses pensées. Tiraillée
entre son cœur et sa raison, elle se résigna pour se ranger du côté de Drago. Après tout, il
n'avait sans doute pas tort... A quoi bon se torturer inutilement ? Elle allait le perdre, c'était
juste une question de temps et heureusement, il avait réussi à prendre une décision à sa
place, à savoir : en rester là... Désespérément là.

End Notes:
Je vous dis à demain pour un chapitre de "Torture passionnelle" !
,___,
[O.O]
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Chapitre 16 : Le sacrifice d'Hermione by Divinity

Author's Notes:
,___,
[O.O]
/)__)
-"--"-

Je pensais garder ce chapitre "sous le coude", histoire de gagner un


peu de temps pour pouvoir rédiger la suite. Sauf que, comme vous
le savez, j'écris toujours sur le tas, alors évidemment, j'ai dû céder
;) Je vous laisserai un mot à la fin, je vous conseille de le lire :o

Illustration du Chapitre 16 issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 16 : Le sacrifice d'Hermione OoO

- "Hermione ? Est-ce que ça va ?"

Ron... Mais elle ne se retourna pas pour autant, les mains toujours crispées sur les pans de
sa robe. Cela faisait une heure -depuis le départ de Drago, plus précisément-, qu'elle était
assise sur la balançoire du jardin, le regard perdu dans le vague. Les secondes s'écoulaient
au rythme de sa déception, cuisante et douloureuse. Dire qu'elle avait mal serait un doux
euphémisme, c'était bien au-delà de tout ce qu'elle avait pu ressentir auparavant. Elle
connaissait le picotement que lui provoquait un chagrin d'amour passager ou encore la
souffrance inculquée par la distance qu'elle s'était imposée vis à vis de ses parents. La
fureur mêlée d'injustice qui nouait sa gorge durant la bataille, à l'énumération des morts,
n'était rien à côté de cette sensation d'abandon lancinante. Non, ça, c'était nouveau,
inconnu. Le rejet, la colère qui en découlait...

Ça prenait le pas sur toutes ses émotions. Ça faisait de l'ombre au bonheur que lui
prodiguaient les fiançailles de Ginny et Harry. Ça faisait pulser le sang chaud et
bouillonnant qu'abreuvait ses veines. C'était une peine inqualifiable, à travers laquelle
toute sa bonne humeur s'était fanée. Il n'y avait plus que le froid, la solitude malveillante...
Il était parti accomplir ce pourquoi il s'était tant battu. Lutter pour se libérer de ce père
lâche et fanatique, de ce monstre égoïste, inhumain... Il l'avait laissée derrière lui pour
courir après une liberté risquée qui allait lui ouvrir les portes d'une nouvelle prison. Et elle
ne pouvait que le soutenir, sans juger, sans s’apitoyer. Malgré ça, Hermione était persuadée
de s'être trompée. Elle aurait dû le retenir, mais comment ? En le poussant dans les bras
d'une autre ? En scellant son destin tout comme l'avait planifié Lucius ?

Démunie, elle daigna enfin lever la tête vers Ron. Il semblait inquiet, ce qui n'arrangea en
rien le désarroi de la lionne.

- "On t'a pas vue de la soirée, t'es sûre que ça va ?" Dit-il en s'accroupissant face à elle.
Son regard, d'un bleu exquis, la transperça de part en part. Un frisson désagréable remonta
le long de son échine puis, courageuse, elle se confronta à ses prunelles implorantes.

- "C'est quelque chose que je ne peux pas te dire."

Ron fronça les sourcils, incrédule. Hermione n'était pas une bonne cachotière, surtout
lorsqu'elle s'adonnait à son fâcheux tic : se craquer machinalement les phalanges, comme si
ça pouvait alléger son malaise.

- "Tu préfères en parler avec Harry ?" Supposa-t-il, désappointé.

- "Non." Répondit-elle en hochant la tête.

- "A Ginny ?"

- "Je... Je veux rester seule, s'il-te-plaît."

Le rouquin la dévisagea une poignée de secondes, le front plissé d'angoisse. Il aimerait tant
pouvoir la consoler, la supplier de se confier à lui, seulement les mots lui manquaient
cruellement. Aussi, il se redressa et lui prit gentiment les mains.

- "Ça a un rapport avec Malefoy, hein ?"

Sa question la fit tressauter, allant même jusqu'à lui arracher une larme qui coula
capricieusement le long de sa joue.

- "C'est compliqué." Murmura-t-elle entre deux sanglots étouffés.

Touché par ses pleurs, Ron s'assit près d'elle et, avenant, la serra tendrement dans ses bras.

- "Qu'est-ce qu'il t'a fait ?"

Evidemment, il s'attendait à un coup foireux du Serpentard, sans doute une méchanceté


gratuite à l'égard de sa collègue. C'était le plus envisageable. Après tout, c'était dans ses
gênes, à cette fouine, de porter atteinte aux gens à coups de répliques acérées.

- "Je m'inquiète pour lui... Je veux pas, je veux pas qu'il aille en prison ! Il... Il va le faire, Ron
! Il va briser le serment et... Et une fois qu'il en sera libéré, il ira à Azkaban ! Et s'il ne le
brise pas, il sera prisonnier de ce mariage arrangé et ce serait comme si son père avait eu le
dernier mot ! C'est... C'est tellement injuste ! Je... J'ai peur... Je veux pas !" S'exclama sa belle,
le visage niché au creux de son cou.

Instantanément, Ron se raidit, les paupières résolument closes, les lèvres arquées en une
moue dégoûtée. Il revoyait la scène qu'avait fait Astoria au Trois balais, l'agacement de
Malefoy, la gêne d'Hermione... Et il comprit. L'union qui faisait la Une ce jour-là, n'était en
rien un heureux évènement et, à entendre son amie, c'était plutôt la mise à mort du vert et
argent qui était à l'honneur.

- "Tu lui as proposé ton aide ? Hermione, réponds-moi ! Tu lui as proposé ton aide ?!"

Il lui agrippa les épaules et se mit à la secouer.

- "Est-ce que tu l'as fait ?!" Insista-t-il, horrifié.


Hermione désapprouva tristement du chef, rassurant de ce fait le jeune homme qui, d'abord
hésitant, finit par lâcher prise.

- "Malefoy est grand. C'est à lui, et lui seul, d'assumer les conséquences de ses actes, tu
comprends ?" Reprit-il le plus sérieusement du monde. "T'as beau être la fille la plus
empathique que je connaisse, Hermione, tu ne peux pas l'aider, d'accord ? Pense à ta
carrière, à tes amis, à tes parents... Laisse-le se débrouiller, c'est pas ton problème."

Pas son problème ? Bien sûr que si ça l'était ! Il l'avait mise au courant de tout, et elle n'était
pas du genre à laisser tomber ses amis, ni à se démonter au moindre soucis. Oui, elle était
empathique, parfois même un peu trop, mais là, c'était différent. Drago... Avec lui, tout était
disproportionné. Elle n'avait pas eu l'occasion de lui reparler depuis leur discussion sous
l'escalier. Il avait quitté le manoir avant les autres Serpentards, sans un mot, sans un
regard... Rien.

Merlin sait qu'elle aurait tout donné pour un dernier coup d’œil, un ultime Adieu. Dès ce
moment, elle avait cessé d'exister, le cœur en miettes. Tout ce dont elle se souvenait, c'était
la tape amicale de Blaise après son départ, une légère pression d'encouragement, comme s'il
avait su lire en elle.

- "Hermione ? N'y penses plus... Tu dois prendre soin de toi maintenant." Lui conseilla son
ami de la façon la plus maladroite qui soit.

Pour toute réponse, Hermione déposa un tendre baiser sur sa joue, non sans le gratifier
d'un petit sourire en coin.

Elle ne s'attendait pas à ce qu'il la comprenne. Or, bien qu'elle soit persuadée du contraire,
Ron avait parfaitement saisi l'ampleur des dégâts. D'ailleurs, il faisait tout pour ne pas
exploser de jalousie car, quoiqu'il arrive, sa défaite était à présent totale. La rouge et or
s'était éloignée dès le début de son partenariat avec Malefoy, prétextant toujours qu'elle
avait tel truc à régler, telle chose à revoir. Mais il n'était pas dupe... Les jours passaient, et il
la perdait, inévitablement, irrévocablement. Ce serpent l'avait changée : elle était plus
confiante, plus têtue, moins émotive... Et il aimait cette Hermione, la Hermione fière et
intrépide. La Hermione qui avait su assimiler ce qu'il y avait de bon chez le vert et argent.
La Hermione qui avait réussi à assembler les qualités de Godric et Salazar. La Hermione qui
était dorénavant hors d'atteinte, de sa portée...

- "Je suis désolé pour toi, sincèrement. Je... Je souhaite que ton bonheur." Confia-t-il en
jouant avec une mèche de ses cheveux miels.

- "Je sais, Ron. Mais, j'aurais aimé que les choses se déroulent autrement..."

C'était vrai, elle aurait aimé, quelque part, ne pas revoir Drago. Tout aurait été plus simple si
elle s'était tournée vers l'amour tout tracé que lui assurait Ron.

- "Je souffre... Tellement..." Bredouilla-t-elle en se blottissant dans ses bras.

- "Tu devrais rentrer te reposer, Hermione. Et n'oublies pas, peu importe ce qui se passe
dans ta vie, tu pourras toujours compter sur moi, Harry et Ginny." La réconforta son ami
d'enfance. "Je t'aime tant... T'es ma meilleure amie, ma sœur, ma confidente... Mon premier
amour. Je tiens à toi et j'aime pas te voir comme ça."

- "Merci... Je me suis trompée, t'as pas la capacité émotionnelle d'une petite cuillère."

- "Oh, si ! Je l'avais, jusqu'à ce que je décide de changer !" Plaisanta-t-il en lui caressant
distraitement la joue.

Elle se mit à rire, apaisant de ce fait Ronald qui ne tarda pas à se laisser porter par cette
douce mélodie.

- "Je vais rentrer. T'as raison, j'ai besoin de me reposer." Admit-elle, sereine. "Encore merci,
merci d'être là pour moi."

Il lui adressa un sourire timide, content de son petit effet. Doucement, il lui prit la main et
l'aida à se lever. Un câlin d'au revoir et un "plop !" plus tard, Ron se laissa tomber sur la
balancelle, les yeux embués de larmes.

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Il était aux alentours de deux heures du matin et Drago en était à son cinquième verre de
scotch, lamentablement affalé sur le grand sofa du salon. L'horloge ancestrale du manoir lui
rappelait sans cesse que le temps lui était compté, si bien que, irrité, il sortit sa baguette et
la réduisit en un joli tas de cendres. Voilà qui devrait le calmer un peu...

- "Ah, t'es encore debout ?"

Engourdi par la quantité d'alcool ingurgitée, Malefoy répondit par un faible signe de tête,
l'air de dire "Ça se voit pas, crétin ?". Habitué à ce désolant spectacle, Blaise enleva son
manteau avant de prendre place sur le fauteuil d'à côté tandis que son ami faisait léviter un
verre de whisky vers lui.

- "On boit à quoi ?"

- "A ma future vie de taulard ? A ma misérable existence ? Oh... Attends, je sais ! A ce


mariage qui n'aura pas lieu ! Santé !" Rétorqua le blond en avalant cul-sec.

- "Dray'... T'as parlé à Granger ?" S'enquit Zabini, anxieux.

L'héritier grimaça à l'entente de son nom puis, d'un geste las, attrapa le vin blanc sur sa
gauche.

- "Drago, je suis venu pour t'écouter. Enfin... En admettant que t'aies besoin de parler."
Persévéra le métis en lui enlevant la bouteille des mains.

- "Qu'est-ce que ça change, hein ?"

- "T'as raison, ça change rien à la situation. Mais, tu te rends compte dans quel état tu l'as
laissée ? Elle s'inquiète pour toi, je le sais, y avait qu'à la regarder. Elle était désemparée et
c'est peu de le dire." Reprit-t-il d'un ton empli de reproches. "Je me doute bien qu'elle est au
courant de toute l'histoire, mais qu'est-ce que tu lui a concrètement dit pour qu'elle soit
comme ça."
- "Je... Je lui ai dit... Qu'elle pouvait rien faire pour m'aider et que, quoiqu'il arrive, elle aura
bientôt plus à se soucier de moi." Répliqua l'intéressé qui, troublé par cet échange,
s'accouda sur ses genoux, les doigts glissés dans ses cheveux désordonnés.

Blaise le considéra une petite minute, sceptique. Faire parler Drago relevait de l'impossible,
or ça tombait bien, c'était sa spécialité en tant que meilleur ami.

- "Tu craques complètement pour elle, vieux. Tu aurais dû..."

- "Pourquoi faire ?! Lui infliger encore plus de peine ? J'ai rien à lui offrir, moi, t'entends ?!
Elle mérite mieux que ça." Vociféra Malefoy en bondissant du canapé.

- "Je sais... T'as fait ce qui te semblait être juste, mais t'as aussi le droit d'être égoïste, non ?
T'as besoin de lui dire ce que tu ressens. Ça risque pas d'arranger les choses, je sais. Je dis
juste que ça pourrait t'aider à tenir le coup, tu saisis ?" Le raisonna sagement son confident.

Précautionneusement, ce dernier posa son verre sur la table basse, prit la bouteille de vin et
la tendit à son propriétaire.

- "Ne fais pas la même bêtise que moi. Daphné est mon amie, je ferais n'importe quoi pour
elle. Mais je l'aime, je l'aime tellement... Je m’interdisais ça, je me disais qu'elle méritait
quelqu'un d'autre ou qu'elle voudrait sûrement un autre que moi. Qu'à ses yeux, je suis et
resterai un ami, un simple ami sur qui elle peut compter. Seulement, ça sert à rien de se
leurrer. Ça me ronge tous les jours, et aujourd'hui, elle est promise à Anthony."

- "Je te garantis qu'elle finira pas avec lui !" Coupa sèchement Drago.

- "Si c'est pas lui, qui me dit que ce sera pas un autre ?"

- "Parce qu'une fois ce salopard sous les verrous, tu iras saisir ta chance, imbécile ! Sinon, je
te tue et, crois-moi, je suis plus à ça près niveau criminalité." Imposa-t-il de son éternelle
voix trainante.

- "Alors, toi aussi, tu dois saisir la tienne tant que tu le peux. T'as droit à une part de
bonheur, vieux. Et, de ce que j'ai vu, Granger a tout ce qu'il faut pour toi. Depuis que tu la
fréquentes, t'es devenu plus abordable, sociable. Tu vis, tout simplement... Alors fais-lui
savoir combien elle compte pour toi. Dis-lui ces quelques mots que tu t'acharnes à refouler
au fond de toi. Dis-lui avant qu'il ne soit trop tard..."

Le tout sonnait si rationnel, une belle harmonie pleine de justesse et de bon sens. Drago
repoussa mollement la bouteille de vin, pensif. Il ne s'imaginait pas vivre derrière les
barreaux, côtoyant Hermione deux ou trois fois par semaine. Des visites qui allaient se faire
de plus en plus rares au fil du temps, puisque ainsi va la vie. Non, elle ne supporterait pas
une relation pareille, lui-même ne pourrait s'y résoudre. C'était voué à l'échec...

- "T'as pas confiance en elle ? Ou t'as seulement peur qu'elle te rejette si jamais tu lui fais
part de tes sentiments ?" Demanda Blaise à qui rien n'échappait.

- "Je... Je sais pas..."

Et ce fut son ami qui décida pour lui : dans un soupir lourd de sens, le métis lui lança son
imper noir.

- "Vas-y maintenant. T'as assez perdu de temps, crétin." L'encouragea-t-il, amusé.


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Arrivée à bon port, Hermione tâtonna la lampe de chevet, impatiente de mettre la main sur
l'interrupteur, quand soudain une petite lueur accrocha son regard. Les sens en alerte, elle
sortit sa baguette de son sac, alluma la lumière de sa chambre et faillit tomber à la renverse
lorsqu'elle se retrouva nez à nez avec Anthony.

Guidée par son instinct, la lionne opta pour un Expelliarmus que le jeune homme renvoya
d'un informulé, attrapant au vol l'arme de son opposante.

- "Hermione Granger... Je m'attendais à mieux compte tenu de ta réputation. A moins que


l'Héroïne de Guerre ne se repose sur ses lauriers ?" La nargua-t-il, feignant la déception à
merveille.

- "Que me vaut ce plaisir ?" Cracha amèrement la Gryffondor.

Anthony laissa sa question en suspend, savourant l'emprise qu'il exerçait sur sa victime.
Cette sensation de puissance, de grandeur... Morgane, qu'est-ce qu'il aurait aimé avoir été là
pour déjouer ses plans à elle et Potter. Mais, peu importe, il palliait à cette regrettable
absence par le malheur de Drago. Le voir s'embourber dans ses ennuis le contentait
tellement... Il noyait sa frustration rien qu'en y repensant.

- "Tu sais très bien pourquoi je suis ici, Hermione."

La concernée haussa un sourcil, provocatrice.

- "Drago est comme mon frère, tu sais?" Poursuivit-il, la tenant toujours en joue. "Mais il a
déçu sa famille, ma famille, et en tant que frère, j'ai essayé de le remettre sur le droit
chemin. Sauf que, tu l'as constaté toi-même, c'est une tête-brûlée. J'ai dû sévir, pour son
bien, pour le bien de notre famille."

- "Oh, par pitié, épargne-moi le discours dégoulinant d'amour fraternel ! T'es loin d'être
crédible !" Se moqua la rouge et or, sarcastique.

Anthony l'ignora et continua sa tirade sans ciller :"Quand un frère fait une bêtise, une
grosse bêtise, il faut parfois le punir".

- "Une bonne fessée aurait fait l'affaire, tu crois pas ?"

- "J'apprécie ta façon de dédramatiser les choses. Tu tiens ça de Drago, pas vrai ?" Nota-t-il.

A ces mots, la jeune femme serra les poings, les joues en feu.

- "Je le punie à ma façon : je lui arrache tout ce qu'il possède ou... En l'occurrence par
rapport à maintenant, tout ce qu'il ne veut pas."

- "Qu'est-ce que tu veux dire ?" Rugit la surdouée.


- "Tu pensais vraiment l'intéresser ? Allons... Je te savais naïve, mais quand même ! A ton
avis, pourquoi il a accepté de bosser avec toi ?" S'esclaffa le beau brun, le regard embrasé
de démence.

- "Je... Qu'est-ce que t'insinues ?" Balbutia-t-elle en reculant.

- "Hermione Jane Granger, meilleure amie de l'Elu, Héroïne de Guerre... La parfaite


partenaire ! La façon la plus rapide de redorer son blason aux yeux de la communauté
magique. Réveille-toi, ma jolie, il s'est ouvertement servi de toi." Déclara-t-il, exaspéré.

- "Tu... Tu mens !"

- "Tu sais bien que si, réfléchis..." Ajouta le garçon qui, sentant sa victoire proche, s'était
adossé à l'armoire, sa baguette toujours rivée sur elle.

Hermione avala péniblement sa salive, l'estomac tout à coup noué. C'était impensable, elle
ne devait pas croire ce fils de Mangemort, mais... Et si... ? Etait-ce pour cette raison que
Malefoy s'était rapprochée d'elle ? Il aurait baissé son masque seulement pour lui en
présenter un autre ? Leur dernière conversation lui revint à l'esprit, et la façon dont il avait
mis fin à leur histoire fit bondir son cœur dans sa poitrine. Ainsi, elle aurait tout perdu,
absolument tout. Cela dit, la réalité avait du mal à prendre le dessus sur ses sentiments pour
le vert et argent et, lorsqu'Anthony la prit par les épaules, elle noya son regard dans le sien.

- "Oh... Comme c'est touchant. Tu l'aimes, pas vrai ? Evidemment que tu l'aimes, il a toujours
eu ce don pour attirer les femmes."

Hermione hoqueta, la mâchoire affreusement contractée tant elle désespérait à réfréner ses
larmes naissantes.

- "Tu peux l'aider, Granger."

- "Com... Comment ?" Réussit-elle à articuler entre deux reniflements.

- "Oublie-le et sois mienne ne serait-ce que cette nuit."

Tremblante de la tête aux pieds, elle se mordit la lèvre, encaissant chaque syllabe aussi
tranchantes les unes que les autres.

- "Pourquoi tu voudrais de moi ? Je suis une sang-de-bourbe..."

- "Parce que, je te l'ai dit, je prends tout ce qu'il a et, tu viens juste de me confirmer qu'il te
possédait. Tu lui as lâchement donné ton cœur, ma belle. Je suis prêt à sceller un serment
inviolable avec toi. Tu t'offres à moi ce soir, tu rayes Drago de ta vie et, en contrepartie, je
dissuades Astoria de l'épouser." Exposa le sang-pur en passant une main derrière la nuque
de sa proie.

- "Et Drago ?"

- "Oh, il récoltera ce qu'il a semé, ni plus, ni moins. Il sera débarrassé d'Astoria, et le serment
conclu entre Lucius et Monsieur Greengrass restera en suspend pour toujours." Expliqua
Anthony, un sourire démoniaque dansant sur ses lèvres.

Ecœurée par ses propos, Hermione détourna les yeux, honteuse par ce qu'elle s'apprêtait à
faire. Ce marché avait beau ne pas répondre à ses attentes, elle allait y consentir, pour lui,
pour Drago. Il s'en fichait peut-être d'elle, or ce n'était pas le cas de la rouge et or qui, bien
décidée à aller au bout de ses convictions, se jura de museler sa raison. Elle était prête à lui
offrir la vie dont il avait tant rêvé, et était désormais fataliste au point de vivre la sienne
sans lui.

Elle reprit contenance puis, le regard fuyant, tendit le bras, celui marqué par Bellatrix en
personne. Anthony jubilait littéralement sur place, c'était plus que ce qu'il avait espéré en
venant ici. Solennellement, il leva sa baguette et, alors qu'il était sur le point de prendre la
main d'Hermione dans la sienne, celle-ci l'esquiva.

Bouche bée, elle aurait aimé pouvoir se pincer si seulement ses membres ne s'étaient pas
engourdis. Des prunelles azuréennes, un mélange de vert et de bleu parfaitement dosé. Ce
regard, celui des confessions autour d'une tasse de thé, celui qui suivait un baiser interdit,
celui qui accompagnait une discussion emplie de non-dits...

Ses lèvres remuèrent sans pour autant produire le moindre son et, à peine s'était-elle
perdue dans les méandres de ces magnifiques iris, que les yeux de Drago se tintèrent d'un
gris orageux. La colère prit le dessus et, d'une élégance singulière, Malefoy, debout derrière
Anthony, brandit sa baguette.

End Notes:
Doucement ! Je vois venir les Reviews me demandant si ce chapitre
révèle la solution ULTIME au problème de Drago et je préfère vous
le dire maintenant : VOUS LE SAUREZ AU PROCHAIN CHAPITRE !
xD Mouhahahahahahahahahahahahaha !

J'ai décidé de pousser un peu plus l'histoire et même que, dans un


élan de folie, je me suis imaginée un Tome 2 O.o (après la clôture de
cette histoire de serment concernant Drago, bien évidemment).
M'enfin, avant ça, il me faut vos avis, donc je vous en prie : Case
Reviews ! ;)
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Chapitre 17 : "Qui êtes-vous, Narcissa Malefoy ?" by Divinity

Author's Notes:
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[O.O]
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Salut, salut ! Je devais publier la suite de "Torture passionnelle"


aujourd'hui, mais j'ai finalement opté pour un chapitre de "Ton
sang et le mien..." que j'ai rédigé cette nuit. Je vous laisse donc le
découvrir et m'en vais vous préparer celui de "Torture
passionnelle". Bonne lecture !

Illustration du Chapitre 17 réalisée par Laure-A, obtenue : Par ici !

OoO Chapitre 17 : "Qui êtes-vous, Narcissa Malefoy ?" OoO

- "D... Drago ?"

Anthony s'était complètement figé, les yeux exorbités de terreur. La prestance de Malefoy y
était pour beaucoup, et Hermione ne put qu'admirer -et craindre- cette inquiétante aura
ténébreuse qui entourait l'avant-bras de son partenaire.

Ce dernier, les lèvres pincées en un maléfique rictus, fit nonchalamment promener la


baguette de Dolohov entre ses doigts longs et fins. Son masque aux abords impassibles et
froids ne laissait rien filtrer si ce n'est cette étrange étincelle au beau milieu de la démence
qui l'embrasait. Dire qu'il venait ouvrir son cœur à Hermione... Il n'aurait jamais cru
tomber sur cet énergumène d'Anthony.

A peine avait-il transplané dans l'appartement de sa collègue, qu'il avait tout de suite perçu
les échos de leur conversation. Evidemment, les aveux -certes silencieux- d'Hermione ne lui
avaient pas échappé et, à cet instant précis, il avait senti tout son être pulser au rythme de
son bonheur.

- "Dray'... Tu vas pas oser, si ? Tu m'as pris par surprise. Je suis désarmé, ce serait lâche de..."

- "Ferme-là !" Intima le Serpentard en se baissant pour ramasser la baguette d'Hermione.


"Tiens. La prochaine fois, évite de te faire avoir comme une débutante." Ajouta-t-il à
l'adresse de la rouge et or qui, faussement vexée, la lui arracha des mains.

- "Qu'est-ce que t'es venu faire chez moi ?" S'enquit-elle, un sourcil haussé.

- "Oh, je m'excuse, tu voulais peut-être que je te laisse papoter avec ce connard ?" Railla
méchamment le blond d'une voix traînante.
Bougonnant, Hermione agita gracieusement sa baguette. Des menottes enchantées
apparurent et, d'un informulé, voletèrent jusqu'aux poignets d'Anthony.

- "Vous pensez vraiment que deux Aurors en herbe, qui plus est suspendus, peuvent
s'amuser à coffrer tout et n'importe quoi ?" S'irrita le fils de Mangemort, amère.

- "Prends ça pour un excès de zèle." Répliqua sèchement la Gryffondor en s'approchant


dangereusement de lui.

D'une lenteur atroce, elle enfonça l'extrémité de son arme dans la gorge du criminel, ce qui
fit imperceptiblement sourire Malefoy. Il savait pertinemment ce que ce geste signifiait :
Hermione tentait de faire redescendre la pression ressentie quelques secondes avant son
intervention. Quoi de mieux que de s'acharner sur ce salaud ? A cette pensée, le vert et
argent hocha nerveusement la tête. Il l'observa rembarrer froidement Anthony, habillant
ses propos d'une dose de répartie bien dosée. Où était donc passée la Miss-je-sais-tout
facilement débordée par ses émotions ? S'était-elle volatilisée à son contact ? Non, puisqu'il
en avait été témoin pas plus tard qu'aux fiançailles de Potter. Non... Non, elle n'avait pas
changé, elle avait juste... évolué.

Aujourd'hui, Hermione continuait de prôner le Bien à tout va, s'acharnait à jouer au


défenseur des opprimés, récitait le code des Aurors à tue-tête, pondait des kilomètres de
parchemin durant la rédaction de ses rapports; mais surtout, elle restait pétillante de vie,
que ce soit à travers ses crises d'hystérie ou ses rires enchanteurs. Ces derniers mois, elle
avait émotionnellement progressé et l'espace d'un instant, Drago crut être à l'origine de
cette transformation. Et l'évidence le frappa : bien sûr qu'il en était l'amorce ! Il avait assisté
à chacun des efforts de sa consœur qui, au fur et à mesure de leur partenariat, avait appris
à contenir son caractère de névrosée au profit d'un parfait équilibre entre son trop plein
émotif et un insoupçonné sang-froid.

C'était lui... Lui qui l'avait recadrée, malmenée, engueulée. Et c'était elle... C'était elle qui lui
avait arraché des sourires spontanés, des rires sincères et non moqueurs, des battements de
cœur... C'était elle qui lui avait appris à conjuguer le verbe aimer.

Il s'était métamorphosé à son insu, s'abreuvant inlassablement de tout ce qu'elle lui prenait
et donnait. Car oui, elle lui avait tant apporté, et même s'il préservait ce fait tout au fond de
son âme, ça n'en restait pas moins fondé. Et lui, que lui avait-il offert en retour ? La réponse
étincelait sous ses yeux. Il la lisait dans sa démarche mesurée, dans ses mots tantôt
tranchants, tantôt nuancés. Dans les ombres noisettes que reflétaient ses iris captivantes à
la fois assassines et rassurantes. Dans tout ce qui faisait qu'à présent, elle était une nouvelle
elle, une belle et intrépide Hermione dans toute sa magnificence qui, sans magie, avait fait
de lui un Drago plus en accord avec sa vie.

- "Et si tu passais plutôt aux aveux, au lieu de geindre ?" Dit-elle, sa baguette à deux
millimètres de l'entre-jambe de Dolohov.

- "Mais... J'ai rien à voir avec ce Londubat !" S'exclama le malheureux en remuant
rageusement ses épaules.

- "Tu préfères t'enfiler des litres de Véritaserum au Département des Aurors ?" Glissa
obliquement Malefoy.

- "Je connais mes droits ! La Loi vous interdit de faire ça !"

Exaspéré, l'apprenti Auror s'avança vers le prisonnier, le faisant pâlir à vu d’œil.


- "J'ai aussi pas le droit de faire ça ?" Grinça-t-il en brandissant la baguette de son soit-disant
frère.

Un craquement retentit et Hermione expira bruyamment.

- "T'étais pas obligé de la casser..." L'apostropha-t-elle, partiellement exacerbée.

- "T'en fais pas, il en aura pas besoin là où il va."

Anthony éclata de rire, faisant sursauter la surdouée qui se retint de le gifler. Mais c'était
sans compter sur Drago : guidé par son instinct, le Serpentard lui asséna un fulgurant coup
de poing dans l'estomac.

Pris de court, Dolohov cracha une gerbe de sang sur la moquette avant de lamentablement
s'écrouler.

- "Ok... Je... Je l'ai mérité celle-là." Suffoqua-t-il, ses bras encerclant son ventre douloureux.

- "Ça, c'est pour ce que tu m'as fait au cocktail. Et ça..." L'héritier déchu lui administra une
deuxième droite en prenant soin de viser le nez. "C'est pour avoir proposé ton putain de
serment inviolable à Granger."

Un silence religieux suivit le râle de mécontentement proféré par Anthony qui, amoché,
s'était affalé par terre.

- "Arrête ! Ça suffit !" S'interposa Hermione en tirant sur la manche de Drago.

- "Non, c'est loin d'être suffisant !" Rugit-il, rongé par sa rancœur.

- "Non, Drago ! T'es pas un meurtrier ! Regarde-moi !"

- "Si... C'est... C'est ce qu'il est." Ricana Anthony, perfide.

- "Ne l'écoute pas ! Je sais qui tu es, Drago ! Regarde-moi !" Persista Hermione avec ferveur.

- "Oh que si... Il a tué sa mère." Claqua le captif.

La rouge et or relâcha peu à peu son partenaire, statufiée. Ce dernier refoula sa fureur et,
voyant que son adversaire n'ajoutait rien, il le saisit par le col avant de le balancer contre le
mur.

- "Ma mère m'a peut-être poignardé dans le dos en se liant au serment inviolable manigancé
par mon père, mais c'est pas pour autant que je la déteste. Elle m'a trahi... Et malgré ça,
jamais je lui ferais du mal, t'entends ? Sale ordure !" Vociféra-t-il, de nouveau hors de lui.

- "Si j'avais su ce qu'elle avait derrière la tête à ce moment-là, j'aurais tout fait pour
l'empêcher de prendre part à ce serment." Rétorqua le jeune homme.

- "De quoi tu parles ?" Lâcha Hermione d'une voix chevrotante.

- "Tu l'apprendras bien tôt ou tard, alors autant que je te le dise maintenant. Narcissa est
mourante, Drago. Elle souffre d'une maladie incurable à l'origine d'un maléfice que lui avait
lancé le Maître pour avoir protesté le soir où il t'a fait l'honneur de porter la Marque des
Ténèbres."
Ainsi donc, quelqu'un s'était réellement soucié de lui, cette nuit-là. Sa mère s'était pourtant
rangée du côté de Voldemort et paraissait fière -bien qu'inquiète- de voir son fils unique
élevé au rang de Mangemort.

- "Comme tu le sais, le Seigneur des Ténèbres avait laissé croupir ton père à Azkaban pour
avoir échoué lors de sa mission au Département des Mystères, histoire de lui coller une
bonne leçon. Et, à la mort de Dumbledore, le Maître avait ordonné aux Détraqueurs de
libérer Lucius qui, après son séjour à l'ombre, s'était totalement soumis à la volonté du
Mage noir pour racheter sa dette. Sauf que... Lorsque Potter s'était enfui du manoir, Lucius
a eu peur que le vent tourne, alors il a décidé de sceller un serment inviolable avec Joshua
Greengrass pour être sûr que quoiqu'il arrive, les Malefoy resteraient un minimum
influents." Relata Anthony, quasi-admiratif.

- "La suite, tu la connais... Lucius avait remarqué ton changement de comportement et


voyait bien que t'étais de plus en plus instable. Tu lui parlais à peine, tu t'éloignais de lui...
C'est pour cette raison qu'il a mêlé ta mère à cette affaire. Il était certain que, contrairement
à ce que tu éprouves pour lui, tu aimes Narcissa et, par conséquent, tu serais obligé de
respecter le contrat pour ne pas prendre le risque de lui faire du mal. Il s'attendait à ce
qu'elle refuse, il pensait devoir la forcer pour conclure le marché avec les Greengrass. Mais
étonnement, elle s'était pliée à sa volonté sans broncher. J'aurais tellement aimé être là
pour participer à la Guerre... Si seulement les mesures de sécurité de Durmstrang ne
s'étaient pas renforcées, j'aurais pu changer les choses..."

Si Hermione avait cédé aux larmes, Drago lui se contentait de fixer Dolohov, sa baguette
toujours pointée en sa direction. Il était perdu, se demandant s'il avait mérité tous les
sacrifices de sa mère. Cette dernière l'avait toujours protégé -certes à sa manière- et il s'en
voulait... Parce que c'était à lui, et lui seul, qu'il devait en vouloir. Contre lui, et lui seul, qu'il
devait être en colère. Pas elle... Surtout pas elle. Elle s'était tapie dans l'ombre de son mari
sans pour autant extérioriser ses idées. Ce n'était pas de la lâcheté, c'était de l'amour... Elle
aimait discrètement son fils, de peur de ne plus correspondre à cette image frigide que lui
avait imposé Lucius; mais Drago se souvenait de ses petites attentions, de son regard
aimant... Oui, elle avait tout fait pour le sauvegarder, allant même jusqu'à prendre le risque
de mentir au Seigneur des Ténèbres en déclarant Potter mort, tout ça pour s'assurer que son
fils était sain et sauf. Ce n'était pas de la peur, ni du courage, c'était de l'amour, simplement
et purement de l'amour.

- "Narcissa gardait ses distances, soit-disant parce qu'elle t'en voulait d'avoir envoyé ton
père en taule, mais c'était un prétexte pour te cacher sa maladie. Son état empire de jour en
jour et c'est pour ça que je faisais tout pour accélérer les choses entre toi et Astoria. Lucius
m'a chargé de faire respecter le serment inviolable, c'était ma mission et..."

- "Et c'est terminé !" S'exclama la Gryffondor avec humeur.

- "Oui, et c'est à cause de toi, la sang-de-bourbe ! Astoria devait mettre Drago au pied du mur
en lui disant que sa mère était impliquée dans le serment inviolable, après quoi j'étais sûr
qu'il allait se résigner. Et c'est ce qu'il aurait fait si... Si t'avais pas été là !" S'écria Anthony,
écœuré.

Instantanément, Drago se raidit. Il appréhendait la suite et, à peine eut-il ouvert la bouche,
qu'Hermione le coupa dans son élan :

- "M... Moi ?" Bredouilla-t-elle.

- "Tu peux garder ton Véritaserum, Drago, tu vas les avoir tes aveux." Reprit le prisonnier en
se redressant. "Lorsque j'ai su que tu te rendais au Département des Aurors, je m'attendais
pas à ce que tu te retrouves en duo avec Granger. Mais j'ai finalement réussi à tirer profit de
la situation. Comme quoi le hasard fait parfois bien les choses, n'est-ce pas ? J'ai tué
Londubat, c'était le seul moyen de te mettre sur cette enquête parce que j'étais persuadé
que Granger allait tout faire pour le venger. J'avais besoin que tu t'affiches avec elle. Je
savais combien tu la détestais et je me disais qu'à force de la subir, tu allais te rendre
compte combien tu ternissais le nom des Malefoy, celui de ta mère. J'étais sûr que la
déchéance sociale de Narcissa, ainsi que le tort que ça lui causerait, te préoccuperait et
qu'au bout d'un moment, tu redorerais son image en épousant Astoria. Sauf que..."

- "Tais-toi !" S'emporta le Serpentard, peu disposé à en entendre d'avantage.

- "Sauf qu'il a fallu que tu tombes amoureux de cette sang-de-bourbe ! Dès lors, t'as été
jusqu'à élaborer le meurtre de Monsieur Greengrass pour briser le serment inviolable ! T'as
tout fait pour retarder les choses et j'ai pas eu le temps d'arriver à mes fins parce
qu'aujourd'hui, la santé de Narcissa est au plus mal et à sa mort, le serment prendra fin de
lui-même !" Poursuivit le jeune homme.

Hermione sentit son cœur bondir dans poitrine. Non, Merlin, non ! Ce n'était pas comme ça
que ça devait se passer ! Cette confidence vraisemblablement flagrante devait sortir de la
bouche de Drago, pas de ce meurtrier ! La frustration éprouvée lors de sa dernière
discussion avec le vert et argent refit surface, enflammant ses reins, inondant ses veines de
rage. Malefoy lui avait lâchement refusé cette déclaration tant espérée, et voilà que ce
déchet de fils de Mangemort la lui volait !

Les sens saturés, n'écoutant que le cri d’injustice de son subconscient, la lionne se mordit la
lèvre avant de se tourner vers son partenaire qui, blafard, s'appliquait à tenir Dolohov en
joue.

Il n'avait pas le courage d'affronter son regard. Hermione... Il aurait tout fait pour lui
épargner cet amour incongru. Elle avait suffisamment souffert par le passé, assez pour qu'il
ne vienne pas saccager sa petite vie bien rangée. Ses sentiments s'étaient émancipés avant
même qu'il ne puisse les contrôler, c'en était agaçant et foutrement dérangeant. Désormais,
tout s'éclaircit dans son esprit : le serment inviolable qu'Anthony s'apprêtait à conclure avec
Hermione reflétait le désespoir de ce premier. Dolohov savait que la mère de Drago n'allait
pas tarder à rendre l'âme, et de ce fait, il aspirait à porter atteinte à l'Héritier déchu
autrement qu'à travers son mariage -dorénavant compromis- avec Astoria. Sans son
intervention, il aurait certainement réussi à lui arracher Granger... Et ça... Ça l'aurait
anéanti.

- "Je vais te tuer..."

Il avait prononcé ces mots d'un ton hivernal. L'accusé grimaça, mitigé entre sa crainte et la
satisfaction d'avoir eu raison : Drago avait l'âme d'un meurtrier, c'était dans ses gênes.
Toute son adolescence avait été bercée de crimes en tout genre... Il avait ça dans le sang.

- "Drago, t'y penses pas..." Souffla Hermione, angoissée.

- "Parce que tu penses qu'il mérite de rester en vie ?! Ma mère m'a libéré de ce putain de
serment sans que je le sache et il ne peut plus rien contre ça ! Hermione... Il a tué Londubat,
ton ami, rappelle-toi ce que t'as ressenti en l'apprenant !" S'insurgea le blond.

- "Bien sûr que je m'en souviens ! Mais ne corromps pas ton âme pour ce minable ! Il
souffrira bien plus en allant à Azkaban. Il y rappelera à ton père que malgré ses
manigances, il a échoué... Ils ont tous les deux échoué."
Elle formula un sortilège de paralysie à l'attention d'Anthony et, doucement, saisit le bras
tendu du Serpentard.

- "Drago... Severus, ton parrain, il a tout fait pour que tu n'aies pas les mains recouvertes de
sang, alors je t'en conjure, baisse ta baguette." L'implora-t-elle en sanglotant. "Ne laisse pas
la Marque définir qui tu es..."

Un frisson remonta le long de son échine et, transporté par la douceur de ses mots, Drago
lui obéit. Il s'abandonna dans la contemplation de son visage avant de se noyer dans les
abysses de son regard chocolaté quand soudain, un Patronus apparut dans la chambre.

- "Théo'..." Lâcha-t-il en allant à l'encontre de la panthère argentée.

L'animal lui murmura quelque chose à l'oreille et son teint vira de son blanc habituel à
translucide.

- "Envoie un Patronus à Potter ! Je vous laisse vous occuper de cet enfoiré !" Dit-il en
désignant Dolohov du chef.

- "Qu'est... Qu'est-ce qu'il se passe ?" Balbutia sa partenaire, confuse.

- "Ma mère est à l'hôpital..."

End Notes:
A vos claviers ! Et aux Reviews ! Trop de lecteurs pour peu de
retours :p
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Chapitre 18 : Reconaissance éternelle by Divinity

Author's Notes:
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JE SUIS DE RETOUR ! Mais je publierai qu'une fois par semaine,


attention ! xD Désolée pour cette longue absence mais vous pouvez
engueuler mon copain, ma reprise imminente des cours
(paperasses, inscriptions, etc...). Je vous souhaite une bonne lecture
et rendez-vous à la fin du chapitre !

Illustration du Chapitre 18 par AyameFataru et issue du site : Par ici !

OoO Chapitre 18 : Reconnaissance éternelle OoO

- "Harry ? Tu viens ?"

Il ne bougea pas, le regard rivé sur les dalles immaculées du long couloir. Hermione haussa
un sourcil et, docilement, lui caressa l'avant-bras, un sourire réconfortant en guise
d'apaisement.

- "Tout s'est plus ou moins bien fini, Harry." Dit-elle.

Pour toute réponse, son ami serra les poings, la mâchoire crispée.

- "Pourquoi tu ne m'as rien dit sur cette histoire de serment inviolable ? Si j'avais su...
J'aurais tout fait pour t'empêcher de bosser avec Malefoy. Ton partenariat avec lui a coûté la
vie à Neville." Répliqua-t-il de la façon la plus abrupte qui soit.

Et il n'avait pas tort, du moins dans les grandes lignes. C'était vrai, sa meilleure amie l'avait
tenu à l'écart, cependant il n'était pas dupe. Il avait tout de suite compris que le duo infernal
aurait des répercussions. Seulement, il espérait modérer les dégâts... Peut-être même
s'impliquer d'avantage pour éviter que les choses ne s'enveniment comme ce fut le cas ces
derniers mois.

- "Je suis désolée... C'était à Drago de t'en parler, pas moi." Souffla son interlocutrice, les
joues en feu. "Je... Harry ? Tu trembles..."

Fébrilement, elle lui saisit les épaules, tentant vainement de capter ses prunelles
émeraudes.

- "Elle m'a, dans un sens, sauvé la vie... Et j'y ai jamais vraiment pensé... Je me le rappelle
seulement maintenant, alors qu'elle se meurt." Murmura-t-il d'une voix chevrotante.

Il sentit les mains d'Hermione glisser vers les siennes.

- "Narcissa ?"

- "Elle a menti à Voldemort, cette nuit-là. Elle... Elle m'a couvert. Je lui ai confirmé que Drago
était bel et bien en vie et en sécurité et... Elle aurait pu me dénoncer, me remettre aux
Mangemorts, mais... Elle l'a pas fait... Elle l'a pas fait." Reprit le jeune homme, le cœur
battant furieusement contre sa poitrine. "Elle ne voulait pas que Voldemort gagne. Elle
voulait juste que cette guerre se termine, que son fils soit sain et sauf. Après tout, c'est ce
que souhaitent toutes les mamans, pas vrai ? Mais moi, elle m'a protégé malgré tout..."

- "Harry..."

- "C'est à travers la reconnaissance que j'éprouve envers Narcissa Malefoy que j'ai
finalement accordé le bénéfice du doute à son fils." Poursuivit l'Elu en reportant son
attention sur sa camarade.

- "Et qu'est-ce qui en a découlé ?" S'enquit cette dernière.

- "Qu'un Malefoy n'est pas nécessairement mauvais. Sa façon d'agir est certes moralement
discutable, mais on peut être très étonnés des raisons qui régissent ses actes. L'amour... La
liberté... Je ne peux que respecter cette envie qu'avait Drago de se soustraire à son père. Ça
a dû lui coûter tout son courage, même si ça me fout les boules d'admettre qu'il peut être
courageux." Confia-t-il en rajustant ses lunettes sur son nez.

Touchée par ses propos, Hermione le gratifia d'un sourire en coin avant d'entrelaçer ses
doigts avec les siens.

- "Viens, Harry. Allons soutenir ce Malefoy dont tu parles si bien."

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Debout dans l'encadrement de la porte, les membres tétanisés, Drago peinait à reprendre
ses esprits. Assis sur le banc du couloir, se trouvaient Pansy, Blaise et Théo' qui, bouleversés,
s'étaient murés dans un silence religieux, attendant une quelconque réaction du blond. Ce
dernier appuya ses mains de part et d'autre de la chambranle, les paupières
douloureusement closes. C'était maintenant ou jamais, il devait s'y résoudre et entrer dans
cette fichue pièce aux murs aussi pâles que son teint blafard. De l'autre côté, allongée sur un
vulgaire lit d'hôpital, Narcissa fixait la fenêtre, détaillant tendrement le reflet de son fils. Il
était au courant de tout à présent, cela se lisait sur ses traits, et elle n'appréhendait en rien
sa réaction. Elle se contentait de prier pour qu'il la comprenne, lui pardonne d'avoir agi
dans l'ombre.

Ce fut un sanglot qui ramena Drago sur Terre. Derrière lui, Pansy avait laissé libre court à
ses émotions, noyant ses joues dans un torrent de larmes que Blaise temporisa en passant
un bras autour de ses frêles épaules. Contre toute attente, Théodore prit les devants et,
lentement, l'attira contre son torse. Doucement, il lui chuchota de se calmer, ses doigts
allant et venant dans ses cheveux noirs. La Serpentard agrippa sa chemise puis, honteuse
de sa faiblesse, enfouit son visage au creux de son cou tandis qu'il renforçait leur étreinte.

- "Dray'... Ça... Ça va aller ?" Balbutia faiblement le métis.

- "Non."

C'était sec et sans appel. Sur ce mot, Malefoy franchit le seuil d'une démarche traînante
avant de claquer la porte.

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Il ne savait pas comment entamer la conversation et, depuis ce lamentable dîner où il l'avait
accusée de tous ses maux, Drago pensait ne plus jamais lui adresser la parole. Sauf qu'elle
était là, devant lui, le regard quelque peu implorant et les cils bordés de larmes. Qu'était-il
censé faire ? On ne lui avait jamais appris à être un fils, un garçon tendre et chaleureux.
Mais Hermione lui avait montré, oui... Elle avait réussi à extérioriser son tempérament
doux et avenant. Il était temps de mettre son nouveau-lui en pratique.

Sans un mot, il s'avança vers le lit, retroussa nonchalamment ses manches puis, bien malgré
lui, arqua ses lèvres en un sourire timide mais néanmoins perceptible.

- "Drago... Chéri... Je... Je suis si contente de te voir." Prononça Narcissa, prise d'une légère
quinte de toux.

Il se contenta de lui presser l'épaule, l'obligeant de ce fait à rester couchée.

- "Moi aussi, Mère."

Merlin que c'était difficile ! C'était pourtant sa spécialité, de toujours tout dédramatiser ! Et
là, au moment où il en avait le plus besoin, son atout majeur foutait le camp par la fenêtre !

Un frisson remonta le long de son échine et il baissa la tête pour se crisper lorsqu'il aperçut
la main tremblante de sa mère serrer la sienne.

- "Pardonne-moi..." L'implora-t-elle d'une petite voix étouffée.

La pardonner ? De l'avoir protégé ? Pour avoir supporté plus que ce qu'il ne fallait, toute
seule ?

Chamboulé, Drago reporta son attention sur son visage blême. Au Diable la dédramatisation
d'expert ! Porté par ses grands yeux gris qui lui rappelaient tant les siens, il se laissa aller
contre elle, submergé par des sanglots depuis trop longtemps refoulés.

- "Il n'y a rien à pardonner, Mère ! C'est moi qui vous demande pardon ! Pardon de ne pas
avoir vu que vous alliez mal !" S'exclama-t-il entre deux reniflements.

Les longs discours étaient inutiles, et une myriade de "Non, c'est moi..." aurait été de trop,
car tout ce que Narcissa avait désiré jusqu'à présent, était là, blotti contre sa poitrine.

- "Promets-moi, promets-moi de rester celui que tu es devenu. Ne laisse pas ton passé, ni le
modèle qu'a été ton père, détruire qui tu es aujourd'hui. Jamais." Chuchota-t-elle tandis qu'il
réprimait ses pleurs au creux de son cou.

Cela n'arriverait pas, évidemment que non ! Il avait fait le plus dur. Il était dorénavant prêt
à aller de l'avant, à dissimuler dans un coin sombre de son esprit son sinistre passé.

- "Soyez-en sûre, Mère. Tout ce que vous avez fait pour moi, jamais je ne l'oublierai."

Le sacrifice de Narcissa allait, dès ce jour, guider ses pas, régir sa vie. Il s'était toujours
affiché comme étant quelqu'un d'inaccessible, d'invincible... Maintenant, il l'était vraiment.

- "Je t'aime, mon chéri... Je suis tellement fière de toi, tellement... Tellement..."

Les paupières soudain lourdes, elle continuait de distraitement caresser la tête de son fils, la
respiration de plus en plus faible, répétant sans relâche à quel point elle était fière de lui, de
l'homme qu'il était.

- "Tellement... Tellement..."

Ses mots s'étaient transformés en d'inaudibles soupirs et, sentant qu'elle allait bientôt le
quitter, Drago se redressa puis, légèrement apeuré, déposa un baiser sur son front.

- "Je vous aime aussi, j'espère que vous en avez jamais douté."

Elle lui sourit pour toute réponse, l'air tout à coup serein, détendu. Elle aurait tant aimé
rester avec lui, lui parler encore, peut-être même de tout et de rien, mais surtout
d'Hermione. Lui dire qu'elle avait tout de suite senti leur rapprochement, parce qu'une
mère sentait ces choses-là. Lui apporter tout le réconfort dont il aurait eu besoin, ainsi que
le courage nécessaire pour qu'il ouvre enfin son cœur à sa collègue. Oh oui, elle aurait
adoré faire réellement la connaissance d'Hermione, la voir rabrouer, taquiner et remettre
Drago à sa place. Malheureusement, elle ne pourrait que les guetter de là où elle serait. Elle
pouvait cependant partir l'âme en paix. Son fils avait trouvé en la personne d'Hermione,
une jeune femme capable de le comprendre, de déchiffrer ses grands airs parfois
présomptueux. Il était entre de bonnes mains, aucun doute là-dessus. Et, bien qu'elle n'ait
pas eu l'occasion de remercier la Gryffondor, elle se consola en misant sur Drago qui, elle en
était sûre, saurait lui exprimer toute sa reconnaissance.

Lentement, ses yeux se fermèrent, voilant la beauté froide de son enfant, à jamais. Une
ultime larme roula sur la joue de Malefoy qui, mollement, appuya sa tête contre l'avant-bras
de la défunte, sa main tenant toujours la sienne.

Il entendit la porte s'ouvrir, mais ne releva pas pour autant, perdu dans ses pensées. Une
légère pression sur son épaule, un effleurement discret de sa nuque... Hermione.

- "Je suis sincèrement désolée, Drago." Chuchota-t-elle, démunie.

Blaise, Théo' et Pansy entrèrent à leur tour et cette dernière ne put que saisir l'évidente
complicité entre Drago et Granger. Curieusement, cette constatation la laissa un peu
indifférente. Elle se focalisa sur les doigts d'Hermione, allant et venant dans les cheveux du
vert et argent, et finit par se tourner vers Théodore. Ces mêmes gestes, tendres et spontanés,
il était le seul à les lui accorder. Non pas que Drago et Blaise ne soient pas des amis
attentionnés, loin de là... Seulement, Théo', lui, avait su la faire frisonner plus d'une fois tant
sa gentillesse était touchante, mesurée.

Sans même y penser, Pansy glissa sa main dans celle du jeune homme et, préférant éviter
son regard ébène, reporta son attention sur Madame Malefoy.

Debout dans l'encadrement de la porte, Harry s'était muré dans un silence émotionnel total.
La seule chose qui lui revenait en boucle, n'était autre que des "mercis" qu'il était dans
l'incapacité d'articuler à cause de sa gorge nouée. Il avait secrètement remercié Narcissa
Malefoy un nombre incalculable de fois, mais aujourd'hui, c'était différent. Parce qu'elle se
tenait là, et qu'il aurait juré pouvoir encore sentir sa présence. Alors, silencieusement, il
s'appliqua à lui dire combien il lui en était reconnaissant.

End Notes:
J'ai encore pleins de petites idées pour cette Fic' et je sens que (si
certains lecteurs sont toujours là, depuis le début) je vais les
concrétiser. Mais je verrais selon vos réactions, à la fin de cette
histoire. Le Chapitre 19 sera le dernier (et plutôt long d'ailleurs ! Il
est à moitié écrit, je suis en train de le rédiger), suivi d'un Epilogue,
évidemment (on va pas se quitter comme ça ! xD).

Merci à tous pour votre attention et n'oubliez pas ma petite Review


:$ !
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Chapitre 19 : Scorpius Malefoy by Divinity

Author's Notes:
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[O.O]
/)__)
-"--"-

Halala j'ai cours demain, mais tant pis ! Je viens de finir ce chapitre
(il est 1h du matin) et je me suis dit que j'allais vous le poster. Bon,
je l'ai pas relu, j'espère donc qu'il contient pas trop de fautes ni de
maladresses x) Je relirai demain en fin de journée pour corriger, si
jamais y en a !

D'ici-là, je vous souhaite une agréable lecture et vous donne


rendez-vous dans la Note d'Auteur, où j'aurais pas mal de choses à
vous dire !

Illustration du Chapitre 19 provenant d'un article de Meluzynn et issue


du site : Par ici !

OoO Chapitre 19 : Scorpius Malefoy OoO

Trois jours après l'enterrement de Narcissa Malefoy, la vie de Drago reprit plus au moins
son cours. Il avait croulé sous les condoléances, et était même étonné d'avoir reçu autant de
visites. Apparemment, sa défunte mère avait su suscité tout l’intérêt qui lui était dû -même
si, selon lui, c'était là une démarche intéressée-. Bien sûr, il n'avait pas eu l'occasion de
discuter avec Hermione qui, comme il s'y était attendu, s'était montrée présente sans trop
l'oppresser, ni s'imposer. C'était ce qu'il aimait -en partie- chez elle, ce parfait dosage dont
elle seule avait le secret.

Il lui aurait été impossible de dire combien étaient venus à la cérémonie, néanmoins, le
Serpentard se souvenait avoir croisé le regard compatissant de Molly Weasley, ainsi que de
sa famille -vraiment nombreuse !-. Il revoyait souvent la main de la belette tenant
fermement celle d'Hermione, et cette image le révulsait à chaque fois. Cependant, il dut
admettre que ce petit geste anodin avait su apaiser la lionne puisque, malgré sa mine
dépitée ce jour-là, cette dernière s'était autorisée un léger sourire en coin tandis qu'ils
rebroussaient chemin, toujours main dans la main. Weasley lui avait sans doute fait part
d'une parole réconfortante. Après tout, leur amitié plus que floue restait un mystère pour
lui.

Et, au deuxième rang, cet après-midi-là, l'héritier déchu eut la mauvaise surprise
d'apercevoir la famille Greengrass au complet. Ils avaient eu la décence de se montrer les
plus discrets possible, comportement que Daphnée leur avait certainement imposé.
D'ailleurs, il n'avait pu se priver d'un petit sourire satisfait en voyant Blaise tenir la main de
l'aînée Greengrass. Les choses semblaient, enfin, normales.

Si seulement il pouvait virer cette vision de Potter, debout sur l'estrade, en train d'épater
l'assemblée d'un discours élogieux à l'attention de la défunte et de son courage, son amour
inconditionnel... La honte ! Mais, Drago se serait coupé un bras plutôt que de reconnaître à
quel point ces quelques mots étaient emplis de justesse et de sincérité.

Aujourd'hui, il était libre... Libre ! Cette pensée l'effrayait autant qu'elle le soulageait. Il
n'était plus prisonnier du serment, et maintenant ? Evidemment, il comptait poursuivre sa
formation d'Auror. D'ailleurs, son père, à l'annonce de la mort de Narcissa, avait tout tenté
pour entrer en contact avec lui, le voir ne serait-ce qu'une minute, mais Drago s'était entêté
et avait catégoriquement refusé. C'était fini, cet homme, ce misérable, il ne le connaissait
plus. Ce n'était pas son père.

Oui, il ne risquait plus rien à présent et, dès l'instant où cette vérité avait imprimé son
cerveau, il avait senti un poids énorme s'élever de ses épaules. Or... -Car, il y avait toujours
un "mais" pour tout gâcher-, il était persuadé qu'il lui manquait quelque chose. Une
pression constante lui nouait les entrailles, l'empêchant de profiter pleinement de chaque
instant. Oh, il savait ce que c'était... Le remord, la frustration, la peur d'être seul...
Affreusement seul parce qu'il devait renoncer. Encore une fois. Renoncer à elle.

Ces deux derniers jours, l'esprit de nouveau vif, Malefoy s'était concentré sur le dernier
point noir qui entachait sa nouvelle vie : ses sentiments pour Hermione. Les récents
événements avaient balayé les conseils de Blaise et, maintenant qu'il se tenait là, prostré
dans son fauteuil, un verre de scotch à la main, il remettait tout en question. Son meilleur
ami aurait maudit ce côté calculateur et analytique, sauf qu'il n'était pas là et, par
conséquent, Drago pouvait ruminer en paix.

Chose positive, il n'était ni un meurtrier en cavale, ni un vulgaire prisonnier d'Azkaban. Ceci


dit... Etait-il apte à pleinement assumer cet amour -qu'il jugeait insoupçonné et foutrement
compliqué- ? Ce serait la première fois... Première relation tangible. Etait-il fait pour ça ? Le
relationnel ? Etait-il prêt à renoncer à son célibat dénué de prises de tête et autres niaiseries
de couple ?

De plus, il avait beau être joueur, miser sur Granger, c'était aussi prendre le risque de se
faire tabasser par Potter si jamais les choses s'envenimaient un jour entre elle et lui. Sans
oublier le regard des autres... Il s'imaginait déjà les gros titres ridicules, les coups d’œil
bourrés d'incompréhension que leur lancerait Molly Weasley. Et, inutile de parler de la
belette qui, Drago en était sûr, ferait tout pour raisonner Hermione et la mettre au pied du
mur : soit c'était lui, soit c'était Weasmoche. Si cet ultimatum se présentait, quel choix ferait
son éventuelle petite-amie ? De son point de vue, Malefoy aurait opté pour l'option "amitié
longue et durable avec possibilité d'un amour simplet", plutôt que "l'histoire d'amour
sulfureuse et complexe" qu'il lui promettait.

Merlin lui aurait apporté la réponse sur un plateau d'argent s'il pouvait lui montrer la
conversation qu'avaient eu Ron et Hermione, le soir des fiançailles d'Harry et Ginny, une
heure après son départ. Mais, Merlin n'était pas là et de toute façon, ce vieux fou préférait
les drames sans fin.

D'un autre côté, Drago n'avait fait que croiser sa partenaire ces derniers temps -chose tout à
fait compréhensible-. Leurs échanges avaient été, pour la majorité, brefs, si ce n'était deux
ou trois œillades emplies de non-dits. Justement, il devait prendre l’hippogriffe par les
serres ! Weasley avait peut-être la panoplie du chic type, mais Granger avait besoin d'un
garçon imparfait capable de lui rabattre son clapet.
C'était probablement un coup de tête, ou de cœur, ou d'on ne saurait dire quoi, mais sa
décision venait d'être prise. Peu importe sa réaction, peu importe les longs discours qu'elle
allait lui servir, peu importe ses jérémiades si jamais elle cherchait à le dissuader... C'était
résolu ! Il allait lui parler, lui révéler tout ce qu'il s’efforçait de contenir.

D'un gracieux coup de baguette, il fit apparaître son Patronus et, d'une voix chevrotante, lui
ordonna de transmettre un message à Hermione. Un rendez-vous, ce soir, dans un quartier
moldu. A peine l'aigle argenté s'était-il éclipsé, que l'Elfe de maison toussota dans
l'encadrement de la grande porte.

- "Monsieur Malefoy, vous avez de la visite."

- "Encore ?! Qui est-ce ?" S'exaspéra l'interpelé en soupirant.

- "Ma... Made... Mademoiselle Astoria Greengrass, Maître." Le petit être remua ses longues
oreilles, attendant un quelconque juron de son supérieur, mais celui-ci s'était simplement
levé, le regard haineux. "D... Dois-je la faire entrer, Monsieur ?" Couina-t-il.

Le garçon approuva du chef et son serviteur s'inclina vivement avant de déguerpir dans
l'entrée.

Astoria, ici... Il pensait qu'elle n'oserait plus l'approcher après ce qui s'était passé avec
Anthony, et surtout après la lettre qu'elle avait envoyé à Hermione. Décidément, elle n'avait
pas froid aux yeux, celle-là !

- "Bonjour, Drago." Salua froidement la nouvelle arrivante.

Il ne lui proposa ni de s'assoir, ni de boire un verre. Et il l'emmerdait royalement, les


bonnes manières pouvaient aller se faire foutre !

- "Qu'est-ce que tu veux ? Que je te fasse bouffer ta baguette ?" Répliqua-t-il en s'affalant sur
le sofa, ses longues jambes croisées sur l'appuie.

- "Charmant... Je viens t'annoncer une merveilleuse nouvelle."

- "Tu pars définitivement à l'étranger ? Oh non, attends ! Tu vas crever ?!" S'esclaffa
l'insolant.

- "Tu as tort de te comporter comme ça avec moi. Après tout... Je suis la mère de ton enfant."

Ses mots fendirent l'air tel un Impardonnable et le blond, incrédule, avait d'abord grimacé
pour ensuite partir dans un grossier fou rire.

Voyant qu'il se moquait d'elle, Astoria défit lentement son manteau avant de le laisser
tomber par terre, dévoilant de ce fait son ventre arrondi.

- "Ok, je récapitule : tu t'es fait engrosser par un débile mental, et tu veux me faire porter le
chapeau ?" Railla le Serpentard en la jugeant de ses orbes polaires.

- "Voyons... Drago, tu sais bien que tu as toujours été le seul. C'est toi, toi que je veux. Avec
toi, seulement toi, avec qui je veux être. C'est ton enfant." Rétorqua-t-elle le plus
sérieusement du Monde.

L'espace d'un instant, Drago sentit ses veines sur le point d'exploser. Heureusement, son
self-contrôle légendaire reprit le dessus et, suspicieux, il fixa son interlocutrice dans les
yeux.

- "Je suis sûre qu'il est de toi. J'ai couché avec personne d'autre. J'ai beau avoir vingt ans, tu
étais le premier, cette nuit-là, après la soirée chez Millicent Bulstrode. Tu te souviens ?"

Des anciens camarades de Maison, une quantité astronomique d'alcool et des tonnes de
substances illicites... Il était effectivement allé à cette fichue fête. C'était deux semaines
avant le début de sa formation d'Auror, aux côtés d'Hermione. Il avait bu comme un trou, et
même si d'ordinaire il avait une bonne descente, cette nuit-là, il n'aurait pas fait la
différence entre Astoria et une chèvre. La preuve était qu'il s'en était rendu compte que le
lendemain et avait vomi toutes ses tripes en y repensant.

Ce qu'il fallait savoir sur Astoria Greengrass, c'était qu'elle n'avait rien d'une petite fille
modèle. Loin de là... Elle était belle, c'était un fait. Mais aussi, très taquine et aguicheuse, or
alpaguer Drago ce soir-là, ça avait été un jeu d'enfant.

- "Je te jure qu'il n'y a eu que toi. Je..."

- "Tais-toi !" L'interrompit le serpent, tout à coup furieux.

Il lui saisit brutalement le poignet et la traina jusqu'au bar. Il agita sa baguette, faisant
pivoter le meuble jusqu'à l'apparition d'un petit placard où s'entassaient plusieurs fioles. Il
déboucha prestement l'une d'elles et pressa rageusement sur la mâchoire de son invitée.

Cette dernière, les yeux exorbités, s'étouffa presque puis, une fois la potion ingurgitée,
s'écrasa par terre en se tenant le ventre.

- "Combien de partenaires t'as eu après moi ?!" L'interrogea son bourreau, hors de lui.

Il avait été sa première fois, mais ça ne voulait pas dire qu'elle n'était pas allée explorer de
nouveaux horizons ailleurs.

- "Il n'y a eu que toi." Répondit-elle dans une désagréable quinte de toux.

- "Tu m'avais jeté un sort, cette nuit-là ?!" Poursuivit Malefoy qui, excédé, avait envoyé le
flacon vide s'éclater contre le mur d'en face.

- "N... Non. Tu étais ivre, tu... Tu ne savais même plus comment je m'appelle." Toussota la
jeune femme à ses pieds.

- "Pourquoi ?! Pourquoi tu t'acharnes comme ça ?! Pourquoi tu persistes à me pourrir la vie


?!" S'écria-t-il en la secouant.

- "Je... Parce que je t'aime."

Brûlé par ses propos, il la relâcha sans ménagement. Garce... Foutue garce ! Il avait, certes,
sa part de responsabilité là-dedans, mais qu'avait-elle en tête, par Merlin ?! Etait-ce une
vocation, chez elle, de le harceler de la sorte ?!

- "Je t'ai toujours aimé, mais tu ne m'as jamais regardée. Je pensais que le Serment inviolable
allait pouvoir nous lier, et qu'avec le temps, tu aurais appris à me connaitre, à
m'apprécier..."

- "T'es folle ! C'est pas en me forçant la main ou en me passant la corde au cou que je vais
t'apprécier ! Je te hais ! JE TE HAIS ! Tu as gâché une bonne partie de ma vie ! T'es personne
pour moi, PERSONNE !" Sa colère avait rasé son sang-froid et, non sans jurer, Drago saisit le
bras d'Astoria avant de brutalement l'assoir sur le fauteuil.

- "Laisse-moi une chance..." L'implora-t-elle, sa voix éraillée de sanglots.

- "Tu te fous de moi ? Je me suis jamais entendu avec toi ! J'ai même jamais envisagé d'être
ton ami, alors ton copain, tu rêves éveillée là ! Et je vais te dire une chose : tu pourrais être
la dernière fille sur cette terre, jamais je voudrais de toi !" Claqua-t-il en faisant les cents
pas.

- "Parce que tu crois que toi, tu n'es pas infecte ?!" S'emporta la cadette Greengrass.

- "Oh si... Et c'est peut-être ça le truc. Quand je te regarde, je vois tout ce que je déteste. Je
vois l'éducation merdique de mon père. Je vois ses idéaux, ses préjugés, sa façon de faire ou
de dire les choses ! Daphnée, elle au moins, elle a réussi à déceler le vrai du faux, à se sortir
de ce bourbier. Mais toi, t'es trop bête pour t'en apercevoir ! Pire, ta sœur avait beau essayer
de t'ouvrir les yeux, tu préférais te conforter dans le fait que ta vision des choses valait
mieux que la notre. Et jamais tu changeras !"

Astoria déglutit péniblement. C'était vrai, oui... Elle était et resterait une aristo' sang-pur aux
idées reçues. Néanmoins, elle avait d'autres atouts en poche.

- "Aide-moi à changer... Peut-être que si tu m'avais accordé ton attention, j'en serais pas là
aujourd'hui ?"

C'était une tentative désespérée et dépourvue de sincérité. Malefoy eut un sourire narquois,
puis traina des pieds jusqu'à elle.

- "Tu me prends pour un con, là, pas vrai ? Tu veux pas changer. T'es qu'une gamine
capricieuse qui y connait rien à la vie. Et moi, je suis ton jouet favori."

Sa jauge d'auto-satisfaction grimpa en flèche lorsqu'il la vit détourner les yeux, honteuse.

- "C'est ton fils... Un bébé qui n'a rien fait de mal. Ne le punie pas à cause de moi."

Ah... La carte de la gentille mère dévouée. Il s'y était préparé, bien qu'Astoria ne soit pas
crédible dans le rôle de la Super-Maman.

- "Un garçon, hein ?" Il avait murmuré ces mots en plissant les paupières.

Le visage d'Hermione l'éblouit et il serra les poings. Il n'avait, évidemment pas, envisagé
d'être père à son âge, mais... Soudain, la promesse qu'il avait faite à sa mère résonna dans
son esprit meurtri.

Non, il ne serait pas comme son soit-disant père. Jamais plus on ne comparerait Drago
Malefoy à Lucius. Et, s'il y avait bien un domaine dans lequel avait excellé son géniteur,
c'était de ne pas avoir été présent. La communauté magique avait des règles très strictes et,
s'il concrétisait cette folle idée d'honorer la mémoire de sa défunte mère, alors Drago serait
définitivement pris au piège.

Mais cet enfant, ce fils... Il ne pouvait pas l'abandonner à Astoria, ni lui infliger la peine qu'il
avait lui-même enduré. Les lois magiques devaient sérieusement se mettre au goût du jour !

- "Scorpius..." Lâcha distraitement le vert et argent. "Il s'appellera Scorpius. Scorpius


Malefoy."
La jeune femme en face de lui ne put réprimer un petit sourire en coin et, reprenant de sa
superbe, se redressa pour lui prendre les mains quand, écœuré, il l'esquiva.

- "Ne me touche pas. Tant qu'il n'aura pas vu le jour, tu garderas tes distances." Lui ordonna
rudement ce dernier.

Pour toute réponse, elle hocha la tête en signe d'approbation puis se leva, les muscles
partiellement engourdis par le Véritaserum. Sans un mot de plus, Astoria quitta la pièce, le
cœur à la fois débordant de joie et la peur au fond de la gorge.

Drago avala cul-sec son verre tandis qu'une loutre argentée faisait irruption dans le séjour.

Hermione... Dire qu'il pensait la retrouver pour de bon... Le destin s'était liguait contre eux.

- "On peut se voir aux alentours de vingt et une heures, si tu le souhaites. J'ai rendez-vous à
Poudlard vers vingt-trois heures, j'ai l'attention de me rendre à la réunion d'anciens élèves.
J'imagine que tu ne comptais pas y aller, mais ça me ferait plaisir si tu acceptais de m'y
accompagner." Annonça la douce voix de la Gryffondor.

L'animal s'évapora, laissant l'héritier rouspéter au sujet de ces retrouvailles annuelles. Une
invention de Potter, encore ! Sa partenaire avait deux heures à lui accorder, ce serait
amplement suffisant. Qui plus est, Weasmoche devait sûrement espérer voir sa meilleures
amie là-bas. En voilà un qui allait finir par avoir ce qu'il voulait... Putain de Weasley !

Malefoy n'avait jamais considéré les choses comme étant acquises et Hermione faisait
partie de ces choses. Il y a une heure, il était décidé à se lancer avec elle, tandis que là...

Impossible. Il ne choisirait pas entre elle et son fils. Si cette décision devait être la première
en tant que "nouveau-lui", alors la route était toute indiquée.

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Elle portait une jolie robe violette, plus foncée que celle du bal de Noël, en Quatrième
année. Ses joues, légèrement teintées de rose, mariaient à merveille ses paupières habillées
de mauve et son rouge à lèvres nacré. Ses cheveux miels étaient rassemblés en un chignon
lâche, comme elle avait l'habitude de faire, et quelques mèches rebelles ondulaient sur ses
épaules, encadrant son visage mutin. Il avait prédit qu'elle serait là avant lui, c'était pour
cette raison qu'il était parti un quart d'heure en avance. Pourtant, elle était déjà là, assise
sur les marches de la grande bibliothèque municipale. A peine son regard chocolat avait-il
accroché le sien, qu'Hermione s'était précipitée vers lui, ses talons martelant le sol encore
trempé par l'averse de cet après-midi.

- "T'es en retard !" Le gronda-t-elle, faussement courroucée.

- "Non, Hermione. C'est toi qu'as un problème, crois-moi. T'es givrée, je te l'ai toujours dit !
Bon sang, qui se pointe une heure avant chaque rendez-vous ?!" Riposta le blond en
haussant les épaules.

- "Qui te dis que c'est pas une exception ? J'avais peut-être hâte de te voir, qu'est-ce que t'en
sais ?" Dit-elle avant de lui tourner le dos.

- "Je te connais... C'est incurable chez toi, faut toujours que tu te pointes des siècles avant
l'heure prévue. M'enfin, admettons, t'étais vraiment pressée de me voir."

Il avait beau ne pas la voir de face, il jurait que ses joues s'étaient empourprées, et cette
pensée lui arracha un rire moqueur.

- "Tsss... Comment tu vas depuis... Enfin, tu sais." Risqua timidement la jeune femme.

- "Tu me connais un peu, maintenant. Je rebondis vite. D'ailleurs, merci d'avoir... Enfin, tu
sais. D'avoir été là sans trop en faire... Bref, je sais pas comment le dire !" S'emmêla son
collègue en se massant la nuque.

- "C'était le moins que je puisse faire et... Je te l'ai déjà dit, mais ce que ta mère a fait pour
toi... Y a pas de mots pour décrire ça." Rougit-elle, les yeux rivés sur ses chaussures.

Drago la considéra un instant, pensif. Il n'y avait aucun adjectif pour qualifier le geste de
Narcissa, mais il n'y en avait non plus aucun pour évoquer toute la douleur qu'il éprouvait
là, tout de suite. C'était plus fort que lui, il avait besoin de la contempler, de prendre
pleinement conscience de ce qu'il allait perdre, de ce à quoi il renonçait.

Incommodée par le silence qui les avait drapés, Hermione daigna relever la tête, ses opales
caramels embuées de larmes. La revoilà, la Granger émotive qui avait su l'intriguer.

Doucement, il lui prit le menton entre le pouce et l'index, l'obligeant à se perdre dans ses
iris insondables.

- "Je te demande, encore une fois, pardon pour tout ce qu'il s'est passé ces derniers mois."
Susurra-t-il avant de poser un doigt sur ses lèvres pour la faire taire.

- "Non, te lance pas dans des discours à rallonge. Merci, merci pour ton aide, pour ton
soutien... Merci d'avoir été là, de m'avoir supporté, même si j'avoue que tu m'en as fait
baver toi aussi." Ajouta-t-il, un tantinet enjôleur.

La Gryffondor haussa un sourcil, l'air erronément exaspéré. Un agréable frisson la


parcourut de la tête aux pieds : délicatement, il avait frôlé sa peau en lui rajustant son
manteau beige. Gentille attention, elle n'avait pas envie d'attraper froid, mais était-ce
seulement possible avec lui à côté d'elle ? Morgane ! Venait-elle réellement de penser ça ?

- "Drago..."

Un appel rythmé par les battements effrénés de son cœur. Une douce mélodie qui n'allait
pas tarder à prendre totalement possession de ses sens, de son âme déjà consumée par cette
attente ô combien lancinante. Il l'aimait, elle l'avait toujours secrètement espéré, l'avait
entrevu dans ses gestes, ses termes parfois trop durs... Et l'autre nuit, chez elle, il n'avait pas
démenti les propos d'Anthony. Elle ne l'avait pas regardé dans les yeux, n'avait pas réussi à
capter cette étincelle si familière, néanmoins, elle l'avait deviné, et ce malgré ses efforts
pour paraître indéchiffrable.

Hermione tendit fébrilement la main et, d'abord hésitante, finit par lui effleurer la joue.
L'éclat de ses prunelles virait à l'azuréen, cette couleur si tendre, si belle, qu'elle avait appris
à provoquer. Elle se sentait si importante, dans ces moments-là. Si forte, emplie d'un
courage sans fin, comme si le simple fait d'avoir un quelconque effet sur lui la rendait
invincible. Les mois passés à ses côtés tourbillonnaient sans relâche au quatre coins de son
esprit, chaque dispute, chaque échange et chaque petite attention débordante de non-dits.
Combien de fois avait-elle cru le perdre ? Pourtant, ils étaient là, bêtement debout sous le
ciel étoilé de Londres.

C'était d'une douceur infinie. La caresse de ses doigts contre sa joue le fit trembler de part
en part et, inconsciemment, Drago lui saisit le poignet pour encore plus presser sa paume
contre sa peau. Tous ses efforts s'envolaient en fumée, le ramenant à la case départ et
ruinant tous ses espoirs. Hermione était la récompense ultime, l'avènement de tout ce
pourquoi il s'était battu parce qu'il s'était perdu en chemin. Il luttait pour sa liberté, or
c'était elle qui le rendait vivant. Elle qui l'avait affranchi avant même que cette histoire ne
s'achève. Son âme s'épanouissait chaque jour depuis leurs retrouvailles. Tout cela... Pour
rien.

Un voile persistait à s’immiscer entre eux. Peut-être que les choses devaient se dérouler
ainsi, qu'il ne la méritait pas... Qu'ils étaient définitivement incompatibles ? Foutaises...
C'était sa faute, à lui... Alors, en souvenir de tous ses sacrifices passés, de ceux de sa mère, il
allait la laisser partir. Car, de toute manière, Hermione valait plus que ça, plus que tout. Sa
vie avait été suffisamment rude et, aujourd'hui, il devait lâcher prise pour qu'elle puisse
vivre un conte de fées. Une histoire heureuse, simple et merveilleuse... Une histoire qu'il
n'était pas en mesure de lui offrir.

Un picotement au creux de son ventre le fit sursauter et l'espace d'un instant, il crut se faire
happer par les abysses de ses grands yeux marrons.

- "Tu m'avais manqué." Confia-t-elle, le teint plus rose qu'à l'accoutumé.

Malefoy se statufia presque sur place. Elle avait dit ça de la façon la plus spontanée qui soit,
lui arrachant au passage un grognement gêné.

- "Hermione... Si je t'ai demandée de venir ce soir, c'est parce que j'ai quelque chose de très
important à te dire."

La concernée entrelaça ses doigts avec les siens, le corps en ébullition.

- "Après ce que je vais t'annoncer, t'auras le droit de me détester, de me frapper, tout ce que
tu veux. Mais, si je le fais pas maintenant, je me le reprocherais tous les jours."

- "Attends, tu... Tu vas me resservir le même discours que l'autre soir, au manoir ?!" Coupa
la jeune femme en reculant.

- "Je t'en prie, écoute-moi !" S'écria Drago qui, excédé, lui avait fermement pris la main pour
la trainer dans une des nombreuses allées.

Tétanisée, la Gryffondor s'adossa au mur, la respiration haletante.

- "J'ai déconné, deux semaines avant de me rendre au Département des Aurors pour
commencer ma formation." Reprit le jeune homme. "Astoria est enceinte... De moi."

Un bruit sourd le fit se retourner et il vit Hermione avachie par terre, les mains plaquées
contre sa bouche.

- "Co... Comment tu peux te pointer, comme ça, l'air de rien et... Et me cracher ça à la figure
?!" Balbutia-t-elle, outrée.

Drago s'accroupit près d'elle et lui prit tendrement le visage en coupe.

- "Je l'ai appris tout à l'heure. Mais, Hermione... Regarde-moi ! Tu sais ? Tu sais ce que j'avais
l'intention de faire avant qu'elle débarque chez moi ? Tu sais ce que je voulais réellement te
dire lorsque je t'ai envoyé mon Patronus ?!"

- "Ça n'a plus aucune importance, ça !" Rugit-t-elle en hochant frénétiquement la tête.

- "Si, c'en a ! Parce que, l'autre jour, à la soirée de Potter, c'est ce que j'aurais dû te dire ! Et
ça ne changera pas malgré tout ce qui peut se passer !" Objecta le Serpentard, abattu. "Je
t'en supplie, regarde-moi..."

D'une lenteur atroce, elle accéda à sa requête. Mais, il ne décelait plus rien dans son regard,
uniquement de la rage savamment dissimulée.

- "T'as le droit de m'en vouloir... Moi-même, je me dégoute. Je suis sans doute qu'un minable,
sauf qu'il y a une chose qui arrive à me persuader du contraire : je t'aime. Et je n'aurais pas
le droit de t'aimer si j'étais un salaud, alors... Je dois te laisser vivre ta vie. Je t'apporte rien
de bon... Et, abandonner son enfant, c'est ce que ferait n'importe quel salaud. Je veux pas
être comme lui, je peux pas éprouver toutes ces choses pour toi et, en même temps, me
comporter comme mon père." Déblatéra le vert et argent, la mâchoire crispée.

Sans voix, sa partenaire s'arma de tout son courage pour ne pas donner libre court à ses
larmes naissantes. Elle haïssait le Monde entier... Elle haïssait chaque goulée d'air inspirée
parce que ce n'était pas la première fois qu'elle ressentait ce vide se former au creux de son
estomac. Il lui arrachait son bonheur, encore une fois...

- "Faut croire que j'ai, moi aussi, déteint sur toi..."

Il haussa un sourcil, perturbé par sa réaction.

- "T'es devenu quelqu'un de droit... De juste." Souffla-t-elle en se redressant légèrement.


"Mais... Tu as fait de moi quelqu'un d'égoïste. Moi, c'est toi que je veux ! Je t'aime, espèce de
crétin !"

- "Tu penses à lui ? Son père qui abandonne sa mère avant même sa naissance ?" Réfuta-t-il
en l'aidant à se relever.

La lionne déglutit : ses traits ne mentaient pas, il était résigné à assumer les conséquences
de ses actes et, étrangement, elle n'éprouvait plus de la colère, mais de l'admiration.

- "Et puis... Weasley..."

- "Je t'arrête tout de suite ! Avec Ron, ça ne peut être que doux, léger, simple... Alors qu'entre
nous, c'est cuisant, passionnel, compliqué..." S'exclama la rouge et or qui, troublée, faillit
glisser sur les dalles humides.

Il la retint de justesse puis, partiellement amusé, lui saisit les épaules.

- "Je veux que tu sois heureuse et, avec lui, tu le seras, crois-moi. Il t'attend depuis des
années, tu dois lui laisser une chance de te combler."

- "Mais le plus important, c'est pas d'être heureux ! Personne n'a écrit de livres sur la
compatibilité des profils ! Ni sur le partage des valeurs ! L'amour, c'est quelque chose
d'irraisonné !" Contre-attaqua-t-elle, les poings serrés.

- "Hermione... Y a une différence entre aimer comme un fou et aimer comme il faut. T'as le
bonheur à portée de main... T'as juste peur de t'éloigner de moi, parce que tu t'es habituée à
ma présence, à mes remontrances. Je sais que je t'ai souvent secouée, mais t'en as plus
besoin maintenant. Tu mérites de vivre ton conte de fées."

- "Tout le monde peut s'inventer le sien... Et moi, j'imagine pas le mien sans toi !"

- "Tout le monde doit s'inventer le sien, mais pas toi !" Rétorqua amèrement son opposant.
"Je me sens affreusement coupable pour tout ce qui s'est passé, et je m'en mordrai les doigts
tous les jours, je le sais. Mais tu mérites tant de belles choses..."

C'était sans appel et cette constatation ébranla Hermione qui, fauchée dans sa hargne,
agrippa rageusement la veste de Drago.

- "J'étais pas encore prête à te perdre..."

Pour toute réponse, il déposa un baiser sur son front.

- "T'es givrée, Granger... Mais je connais personne de plus déterminé et fort que toi."

- "Renoncer à toi requiert toute ma force..." Chuchota-t-elle en sanglotant.

- "Vis ta vie, partenaire... T'auras toujours la place qu'est le tienne, ici."

Il lui prit la main et la plaqua contre son torse. Hermione frémit sous les pulsations de son
cœur.

- "Je t'aime... Pense à moi, surtout..."

C'était évasif, des mots qu'elle se sentait obligée de dire car, après ça, sa carrière d'Auror
n'avait plus aucune importance et, travailler avec Drago ou le croiser au détour d'un couloir
risquait de lui arracher le peu de raison qui lui restait. Dès demain, elle démissionnerait...

Par ailleurs, elle aurait pu lui ressasser sa conversation avec Ron. Lui faire part de tout ce
qu'ils s'étaient déclarés, et surtout lui faire comprendre que son meilleur ami avait cerné
ses sentiments pour Drago. Mais à quoi bon, maintenant ? Elle l'avait irrévocablement
perdu et Ron n'y changerait rien. Jamais, car ce n'était pas son meilleur ami qui faisait
pulser le sang dans ses veines. Ni lui, qui avait su la transformer en ce qu'elle était devenue
aujourd'hui...

End Notes:
Halala... Blair and Chuck. Chuck and Blair... xD

Respirez un bon coup et rangez ses haches ! Alors déjà, non, je suis
pas folle ni sadique x) Cependant, j'ai déjà prévu une autre
tournure à cette histoire. Voilà, REVELATION (qui n'en est pas une
pour certains) : un Tome 2 trotte dans ma tête depuis deux
semaines (de façon précise du moins). J'ai donc décidé d'exploiter
ma Fic' un maximum, enfin... Essayer quoi xD

Beaucoup espéraient un happy end, et bien que je ne vous


garantisse rien pour la suite (dans le Tome 2 donc), je m'excuse si
jamais je vous ai déçu. Cela dit, il y aura un Epilogue que je dois
encore rédiger parce que je sais même pas comment je vais boucler
ce premier Tome. Je vais d'ailleurs éditer le titre de ma Fic' une fois
ce chapitre posté, afin de préciser qu'il y a une suite.

Je remercie du fond du cœur tous mes lecteurs, et SURTOUT ceux


qui ont pris la peine de me laisser une Review. J'en profite aussi
pour en réclamer de nouvelles, tiens ! Parce qu'une Review, ça fait
toujours du bien et ça donne pas mal de courage ;) Alors, ne soyez
pas timides, exprimez-vous !

Je vous dis à bientôt pour l'Epilogue (peut-être mercredi / jeudi et


donc publié vendredi). En attendant, je vous embrasse et vous
souhaite un bon début de semaine !
,___,
[O.O]
/)__)
-"--"-

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Epilogue by Divinity

Author's Notes:
,___,
[O.O]
/)__)
-"--"-

JE SUIS IMPARDONNABLE ! Mais j'étais vraiment trop occupée par


mes études et tout le blabla de la vie quotidienne :x BREF ! Voici
l'Epilogue (archi' pourriii :'( ), bonne lecture quand même !

Illustration de l'Epilogue issue du site : Par ici !

OoO Epilogue OoO

Un vacarme assourdissant avait envahi le jardin et, n'y tenant plus, Drago alla se réfugier
dans la grande tente dressée derrière le manoir. C'était une idée de Pansy qui, pointilleuse,
avait insisté pour que le marié ait un endroit rien que pour lui. Et oui, le marié, c'était
malheureusement lui. Dans un soupir las, le jeune homme se servit un verre de scotch
rempli à ras-bord et, blasé, s'affala sur le fauteuil dissimulé au fond de l'antre. A peine eut-il
trempé ses lèvres dans le breuvage ambré, que Blaise, Théodore et Pansy se faufilèrent eux
aussi à l'intérieur.

- "Je vous avais dit qu'il serait ici !" S'exclama cette dernière, les poings sur les hanches.

- "Et si je suis ici, c'est justement parce que j'ai besoin d'être seul." Répliqua amèrement le
blond en appuyant sa cheville droite sur sa jambe gauche.

La Serpentard ignora superbement son ami et, lessivée par cette longue journée, prit appui
contre la commode en s'éventant.

- "Ahem... Tout va comme tu veux, Dray' ?" S'enquit maladroitement Blaise, les yeux rivés
sur ses chaussures parfaitement cirées.

Drago eut un rictus.

- "Par pitié, Blaise, ferme-là."

- "Bien sûr que tout ne va pas comme il veut !" Intervint Nott, exaspéré. "C'est à se demander
si ton histoire avec Daphné ne te rend pas complètement idiot, Blaise."

- "J'essaye de détendre l'atmosphère !" Se défendit le métis.

- "Arrêtez, vous deux ! On est ici pour soutenir Drago, pas pour se bouffer le nez." Coupa
énergiquement Pansy.
S'en suivit une dispute sans fin, chacun accusant l'autre de ne pas assez compatir, bien que
tous regrettaient de ne pas avoir pu empêcher ce drame. Un drame, voilà ce que c'était, et
plus Drago se le répétait, plus l'idée s'insinuait sournoisement dans son esprit. Il était
définitivement pris au piège. La joie d'être un bon père l'avait passablement quitté lorsqu'il
s'était retrouvé devant Astoria et toute sa famille pour lui passer la bague au doigt.

Sept jours... Une longue et interminable semaine s'était écoulée depuis sa dernière
rencontre avec Hermione. Merlin sait qu'il se forçait de ne pas y penser, seulement c'était
plus fort que lui. La seule nouvelle qui lui était parvenue venait de Potter : Granger avait
démissionné et s'était entêtée à refuser le badge d'Auror remis par Kingsley. Evidemment,
l'Elu se doutait que tout ceci avait un rapport avec Malefoy et son imminent mariage, même
s'il trouvait la réaction de sa meilleure amie quelque peu excessive.

Pensif, Drago fixa distraitement l'entrée sans prêter attention aux éclats de voix tout autour
de lui. "Serpentard...", pensa-t-il, mi-amusé, mi-excédé. Hermione s'était comportée en
parfaite héritière de Salazar. Elle avait lâchement décidé de fuir, incapable d'affronter son
chagrin. Elle préférait mettre un terme à sa carrière d'Auror, de peur d'être de nouveau
confrontée à son ex-collègue.

C'était le monde à l'envers : elle agissait sur un coup de tête, s'éclipsait sans attendre, tandis
que lui, s'était engagé à assumer les conséquences de ses actes en épousant Astoria. Leur
partenariat les avait changé, l'un déteignant sur l'autre jusqu'à complètement chambouler
leur façon d'être.

Non sans expirer bruyamment, il secoua nonchalamment son verre, faisant tinter les
glaçons à moitié fondus, quand tout à coup, une légère brise fit virevolter l'étoffe en soie qui
servait de porte à la tente. Un sourcil haussé, il reposa son verre sur la petite table de chevet
et, voyant que ses amis continuaient de se chamailler, se prit la tête entre les mains.

- "Sortez." Dit-il calmement.

- "Mais, Dra..."

- "Dehors !" Réitéra le blond à qui Pansy renvoya une affreuse grimace.

Théodore prit sa petite-amie par la main pour l'inciter à sortir, mais celle-ci faillit se
dérober quand finalement Blaise la poussa vers la sortie.

Partiellement apaisé, Drago se leva, se débarrassa de sa veste de smoking qu'il jeta sans
ménagement sur le canapé en face de lui, puis défit quelques boutons de sa chemise.
Etrangement, son corps se crispa, rythmé par le sang qui battait furieusement à ses tempes.
Se traitant de paranoïaque, il attrapa sa baguette dans la poche arrière de son pantalon
puis, d'un geste précis, s'appliqua à incanter une multitude de sortilèges de protection, dont
un Assurdiato.

Ceci fait, il remit son arme à sa place et, anxieux, avala cul-sec le reste de scotch.

- "C'est toi ?" Demanda-t-il, ses jointures blanchies tant il serrait le verre.

Il n'espérait pas vraiment de réponse, néanmoins un frôlement interpela ses oreilles à


l'affut, et Drago fit instantanément volte-face.

Il s'avança précautionneusement puis, pris d'une curieuse mélancolie, huma l'air jusqu'à
inspirer un savoureux parfum de jasmin. Ses membres tétanisés se détendirent
complètement. Le cœur en vrac, il tendit une main tremblante dans le vide avant d'agripper
quelque chose de lisse et soyeux. Le temps semblait suspendu à cet élan. Enfin, le jeune
homme se reprit et tira sèchement sur le tissu, dévoilant de ce fait une Hermione
totalement bouleversée.

- "Co... Comment tu as su ?" Balbutia-t-elle, gênée.

- "Potter... En Sixième année." Marmonna l'intéressé en envoyant valser la cape d'invisibilité


à l'autre bout de la tente.

Il reporta son attention sur la Gryffondor, la respiration soudainement hachée. Dire qu'il
avait tant de remontrances à lui faire... Mais maintenant qu'elle se tenait là, devant lui, les
mots lui manquaient et il sentait bien que cette visite risquait d'être de courte durée.

- "Qu'est-ce que tu fais ici ?"

Ça lui avait bêtement échappé, aussi il croisa étroitement les bras, luttant pour ne pas
donner libre cours à ses émotions naissantes.

- "Je... Je devais te voir." Murmura Hermione, les joues en feu.

- "Pourquoi ?"

- "Je pars, Drago." Répliqua-t-elle en élevant la voix, signe que, contrairement à son
interlocuteur, la rouge et or était irrévocablement submergée par ses états d'âme.

Un silence de plomb suivit sa phrase et, l'espace d'un instant, Malefoy faillit la gifler dans
l'espoir de la ramener sur terre.

- "Je sais, oui. Potter m'a dit pour ta démission. Si tu veux mon avis : c'est stupide. Stupide et
puéril." Railla ce dernier en retroussant machinalement les manches de sa chemise.

- "Non, tu ne comprends pas. Je pars, je quitte l'Angleterre."

L'annonce fendit l'air tel un Impardonnable : le vert et argent s'était statufié, le front plissé,
confus.

- "Qu'est-ce que tu racontes ?"

- "Je pars ce soir, en France et peut-être ailleurs." Reprit la jeune femme, déterminée à ne
pas baisser les yeux.

- "Ok, tu débloques carrément là. Tu fous ta carrière en l'air, décides de partir sur un coup
de tête... Mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?!" S'emporta Drago en lui prenant
rageusement les épaules.

Il la secoua, ses prunelles marmoréennes noyées dans les ombres noisettes.

- "Tu oses me le demander ? TU VAS TE MARIER ! Tu vas avoir un enfant ! Je... Je ne veux pas
voir ça ! J'en souffre, tu comprends ? J'ai mal ! Comment tu peux être aussi égoïste !"

Un "clac !" sonore retentit et Hermione sentit sa joue gauche la brûler.

- "J'ai tout fait pour ne pas être égoïste ! Je pensais courir après ma liberté, mais je me suis
vite rendu compte que tout ce que je voulais, c'était la liberté d'être avec toi ! Tu dois te
ressaisir !" Hurla à son tour le Serpentard, hors de lui.

- "C'est ce que je fais... Je prends du recul, je pars. J'ai besoin de me retrouver. La seule chose
qui me hante jour et nuit, c'est l'impression d'avoir échoué, d'avoir tout foiré. Tout ici me
dégoûte... Tout ici me rappelle à quel point je suis en colère de t'avoir perdu... Je ne peux
plus, je dois partir." Conclut son ancienne partenaire qui, larmoyante, s'empressa d'aller
ramasser la cape d'invisibilité.

- "Je... Je comprends. Tu préfères partir, couper les ponts... Mais je te croyais assez forte pour
endurer ça avec moi, ici." Lâcha tristement le blond.

- "J'en ai pas la force. C'est toi, ma faiblesse. Tu auras un fils en lot de consolation, et moi ?
Qu'est-ce que je peux avoir, moi ? Rien... Je dois m'en aller." Insista la belle en s'approchant
doucement de lui.

Lentement, elle entrelaça ses doigts avec les siens puis, comme toutes ces fois où elle s'était
disputée avec Drago, finit par puiser dans cet incroyable contrôle de soi dont il faisait
preuve.

- "Quand est-ce que tu comptes revenir ?"

- "Lorsque j'aurais suffisamment cicatrisé... Lorsque tu m'auras oubliée." Chuchota-t-elle.

- "Tu veux dire jamais ?" Expira pesamment le garçon en lui prenant le visage en coupe.

- "Ton assurance est imperturbable, hein ? Tu me crois incapable de guérir de la maladie


Malefoy ?" Plaisanta à moitié la surdouée.

- "Non. Je voulais dire que jamais je ne pourrais t'oublier."

Ces mots abreuvèrent Hermione d'un bien-être indescriptible et, sans même y penser, elle
glissa ses mains derrière la nuque de Drago, saisissant au passage les quelques épis de
cheveux blonds entre ses doigts.

- "On se reverra."

Timidement, elle effleura ses lèvres des siennes, dangereuses, aguicheuses. Il n'en fallait pas
plus à Malefoy qui, charmé, céda à son envie pour follement l'embrasser.

End Notes:
Ok, rien d'extraordinaire, MAIS ! J'ai vraiment eu des idées plutôt
intéressantes (enfin, ça, ce sera à vous de juger) pour la suite. Car,
OUI, il y a une suite !

EDIT : [Tome 2] "Ton sang et le mien..."

D'ici-là, je vous embrasse et vous remercie encore et encore pour


votre soutien tout au long de cette Fic'. Je tenais aussi à
particulièrement remercier les lecteurs qui me laissaient/laissent
des Reviews : sans vous, je n'aurais pas eu le courage d'avancer et
encore moins de finir (pour l'instant) cette histoire ! Gros bisous et
à bientôt !
,___,
[O.O]
/)__)
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