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UNIVERSITE DE YAOUNDE I ECOLE NATIONALE SUPERIEURE

. POLYTECHNIQUE
DEPARTEMENT DE GENIE CIVIL ET URBANISME
MAT311 : Analyse mathématiques
Fiche de TD n◦ 1, année 2016-2017
Rappel Dénombrabilité
Dénition 1 On dit que deux E et F ensembles sont équipotents s'il existe une bijection entre E et F .
On note E ∼ F .
Lemme 2 La relation d'équivalence est une relation d'ordre entre ensembles
Dénition 3 A tout ensemble E on associe un nombre cardinal ou puissance que l'on désigne par cardE ,
de telle manière que la même puissance corresponde à deux ensembles distincts si et seulement si ces
ensembles sont équipotents.
Ensembles nis, ensembles dénombrables
Dénition 4 Un ensemble E est dit ni s'il est equipotent à un intervalle de la forme [1, n] ∩ N, n est
alors le nombre d'ééments de E . Un ensemble est dit inni s'il n'est pas ni.
Le cardinal d'un ensemble est identié au nombre d'éléments de cet ensemble.
Théoreme 5 N est inni
Dénition 6 On dit qu'un ensemble est dénombrable s'il est équipotent à N
Théoreme 7 N × N est dénombrable
Preuve. On veut montrer que N × N ∼ N, nous allons pour cela numeroter les éléments de N × N,
intuitivement on procède comme suit :
Diagonale de rang 0 (0, 0) (0, 1) (0, 2) (0, 3) (0, 4)
Diagonale de rang 1 (1, 0) (1, 1) (1, 2) (1, 3) (1, 4)
Diagonale de rang 2 (2, 0) (2, 1) (2, 2) (2, 3) (2, 4)
Diagonale de rang 3 (3, 0) (3, 1) (3, 2) (3, 3) (3, 4)
Diagonale de rang 4 (4, 0) (4, 1) (4, 2) (4, 3) (4, 4)
(x, y) est sur la diagonale de rang p si x + y = p, avant (x, y) se trouvent tous les éleéments situés
P (P + 1)
sur les diagonales de rang p′ < p ; il y en a 1 + 2 + · · · + [(p − 1) + 1] = , d'autres parts, sur la
2
p(p + 1)
diagonale de rang p, (x, y) est précédé par yéléments, au total, (x, y) est préédé par +y éléments,
2
p(p + 1)
son rangs est alors +y+1
2
On considère alors l'application :
f : N × N −→ N
(x + y)(x + y + 1)
(x, y) 7−→ +y
2
cette application est bijective, pour la surjection, on se donne un entier n, on détermine le plus grand
p(p + 1)
entier p tel que < n et on résoud le système d'équation
{ 2
p(p + 1)
+y+1=n
2
x+y =p
(x, y) est alors l'unique solution.

1
Lemme 8 S'il existe une application f : N −→ E surjective, alor E est dénombrable ou ni
Preuve. ∀y ∈ E , ∃ny ∈ N tel que f (ny ) = y . Pour tout y ∈ E xons un élément ny ∈ N tel que f (ny ) = y .
On a ainsi une apllication g : E → N tel que g(y) = ny , f ◦ g = IdE . Posons D = {ny , y ∈ E}
L'application h : D ⊂ N → E est donc une bijection d'où cardE = cardD ≤ cardN
Théoreme 9 Toute réunion dénombrable d'ensemble dénombrable est dénombrable

Preuve. Soit (Xn )n∈N une famille d'ensemble dénombrable, posons X = Xn . Par hypothèse, ∀n ∈
n∈N
N, ∃fn : N → Xn bijective. Posons ∪
f : N × N → X dénie par f (n, p) = fn (p). f est surjective. En eet, soit x ∈ X = Xn , ∃n ∈ N tel
n∈N
que x ∈ Xn , fn étant surjective, ∃p ∈ N tel que x = fn (p) = f (n, p)
Lemme 10 Si f : E → F est injective, alors cardE ≤ cardF
Preuve. En eet f est une bijection de E sur f (E) ⊂ F , d'où cardE = cardf (E) ≤ cardF

Corollaire 11 Q est dénombrable


Preuve. Q = Q ∪ Q avec Q = {r ∈ Q|r ≥ 0} et Q = {r ∈ Q|r < 0}. Les applications
+ − + −

f: Q +
→ N×N g : Q → N×N
a a
r= 7−→ (a, b) r = (a < 0) 7−→ (|a|, b)
b b
a
( étant une fraction irreductible), f et g sont injectives d'où card Q+ ≤ card N2 = card N d'autres parts
b
N ⊂ Q+ d'où card N ≤ card Q+ ce qui entraine card Q+ = card N idem pour Q− . Enn Q est une
réunion de deux ensembles dénombrables ils est donc dénombrable
PUISSANCE DU CONTINU
Théoreme 12 Cantor
Pour tout ensemble E , card E < card P (E)
i : E → P (E)
Preuve. L'application
x 7−→ {x}
est injective d'oú card E ≤ card P (E). Supposons qu'il existe une bijection f : E → P (E). On pose
A = {x ∈ E|x ̸∈ f (x)}, alors A ⊂ E , f étant surjective ∃a ∈ E tel que f (a) = A
Si a ∈ A, alors a ∈/ f (a) = A, absurde.
Si a ∈/ A, alors a ∈ f (A) = A, absurde. D'oú il n'existe pas x ∈ E tel que f ′ x) = A d'oú f n'est pas
surjective. d'oú card E < card f (E)
Corollaire 13 Il n'existe pas d'ensemble de tous les ensembles
Preuve. Supposons le contraire ; soit U cet ensemble, alors X ⊂ U ⇒ X ∈ U Soit f : P (U ) → U dénie
par f (X) = X alors f est injective d'où card¶(U ) < card U ce qui contredit le théorème de cantor.
Une autre conséquence est qu'il existe des ensembles innis non dénombrable. Card N < card P (N)
d'où P (N) est non dénombrable.
Théoreme 14 R est non dénombrable
Preuve. Nous allons montrer que [0, 1] est non dénombrable. Supposons qu'il existe une bijection
f : N → [0, 1]. f (n) = xn . x1 ∈ [0, 1] soit [p1 , q1 ] l'un des intervalles [0, 13 ], [ 13 , 23 ], [ 23 , 1] qui ne contient pas
1
x1 , soit [p2 , q2 ] l'un des trois sous intervalles de [p1 , q1 ] de longueur 2 ne contenant pas x2 . On continue
3
1
ainsi, à la n étape, soit [pn , qn ] l'un des trois sous intervalles de [pn−1 , qn−1 ] de longueur n ne contenant
ième
3
pas xn . pn et qn sont deux suites adjacentes qui convergent vers b ∈ [0, 1], par construction b ̸= xn , ∀n ∈ N
car xn ∈/ [pn , qn ]
2
Théoreme 15 Tout intervalle (ouvert, fermé, semi ouvert) non reduit à un point et non vide est équipotent
àR
Preuve.
f : ] − 1, 1[ → R g : ]a, b[ → ]a′ , b′ [
7 →
t et b ′ − a′
t t 7 → a′ + (t − a)
1 − |t| b−a
sont des bijections

3
Exercice 1 Soit f : [a, b] → R croissante.
1. Montrer que f admet en tout point x une limite à droite f (x+ ) et une limite à gauche f (x− )
1
2. On pose pour tout n ∈ N⋆ , An = {x ∈ [a, b]|f (x+ ) − f (x− ) ≥ }. Montrer que An est au plus
n
dénombrable.
3. Montrer que pour toute fonction croissante de R vers R, l'ensemble des points de discontinuité est
au plus dénombrable
Exercice 2 Soit E un ensemble et S un semi-anneau de parties de E . Montrer que l'anneau engendré par
Sest égal à l'ensemble des réunions nies d'éléments de S .
Exercice 3 Soit A un anneau sur un ensemble E . Montrer que toute réunion dénombrable d'éléments de
A peut s'écrire comme une réunion dénombrable d'éléments de A deux à deux disjoints.

Exercice 4 Soit O un ouvert de R. Pour x; y ∈ O, on pose x ∼ y ⇔ {tx + (1 − t)y, t ∈ [0, 1]} ⊂ O.


1. Montrer que ∼ est une relation d'équivalence. On pose A(x) = {y ∈ O|x ∼ y}.
2. Montrer que si A(x) ∩ A(y) ̸= ∅ ⇒ A(x) = A(y)
3. Montrer que ∀x ∈ O, A(x) est un intervalle ouvert.

4. Montrer qu'il existe I ⊂ O au plus dénombrable tel que O = A(x)
x∈I
5. En déduire que tout ouvert de R est une réunion au plus dénombrable d'intervalles ouverts deux à
deux disjoints.
Exercice 5 Soit (E, A, µ) un espace mesuré.
1. Soient A, B ∈ A tel que A ⊂ B . Montrer que µ(A) ≤ µ(B)
∪ ∑
2. Soit (An )n∈N une suite d'éléments de A. montrer que µ( An ) ≤ µ(An )
n∈N n∈N

3. On suppose que la suite (An )n∈N est croissante : An ⊂ An+1 . Montrer que n→+∞
lim µ(An ) = µ( An )
n∈N
4. On suppose que la suite
∩ (An )n∈N est décroissante et qu'il existe no tel que µ(Ano ) < ∞. Montrer
que n→+∞
lim µ(An ) = µ( An )
n∈N

Exercice 6 Soit (E, A, µ) un espace mesuré et Nµ l'ensemble des parties négligeables. On pose A =
{A ∪ N, A ∈ A, N ∈ Nµ }
1. Montrer que A est une σ-algèbre et que A ⊂ A.
2. Montrer qu'il existe une et une seule mesure µ sur A telle que µ|A = µ
3. Montrer que (E, A, µ) est complet.

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