Vous êtes sur la page 1sur 28

École Supérieure des Communications

Ingénieurs en Télécommunications, 1ère année


INDP1

Hyperfréquences

Rim Barrak
Maître de Conférences, SUP’COM
Rim.barrak@supcom.tn

1 © SUP’COM, Septembre-Décembre 2020


R. Barrak, Hyperfréquences et Antennes, INDP1  SUP’COM
Partie 4
Abaque de SMITH

Abaque de Smith: intérêt et principe


Propriétés de l’abaque
Applications : adaptation par des éléments localisés, adaptation
simple stub et double stub

75
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Intérêt
Les mesures de réflexion sont souvent effectuées dans le cadre d’un processus
d’adaptation qui vise à réduire au maximum l’amplitude de l’onde réfléchie.

L'abaque de Smith est un diagramme qui permet de :


- Dimensionner un circuit d'adaptation d'impédance
- passer de l’impédance au coefficient de réflexion et vice-versa
- Représenter la variation d‘une impédance en fonction de la fréquence.
- Calculer l'impédance d'un réseau formé d'éléments réactifs.

L’abaque est une bijection du plan des impédances normalisées z par rapport à une
impédance de référence Zo sur le plan du facteur de réflexion .

Toute impédance complexe normalisée de la forme z=r+jx peut être représentée par
un point sur l’abaque. La résistance r varie entre 0 et + et la réactance x varie entre
+ et -. Cette impédance correspond à un coefficient de réflexion =oej. Le
module o varie de 0 à 1 et la phase  varie de - à .
1  z 1
z 
1  z 1

76
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Principe
La relation entre l’impédance et le coefficient de réflexion est donnée par :

1   1  p  jq
z  r  jx  
1   1  p  jq
q M
o

p

Avec p et q sont les projections de  sur l’axe des abscisses et l’axe des ordonnées.

1  p2  q2 2q
r x
(1 p )  q 2 2 ( 1  p )2  q 2

77
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Principe
Etude de l’expression de r

r 2 2 1 2
(p  ) q ( )
1 r 1 r
Cette relation définit donc des cercles de rayon R=1/(1+r), centrés aux points du plan
complexe (r/(1+r),0). Les centres des cercles se trouvent sur l’axe des abscisses et
passent par un point fixe : p=1, q=0. Ce sont les cercles de résistances constantes.
r= 0 : cercle de centre (0,0), de rayon R=1 : c’est le grand cercle de l’abaque.
r=1 : cercle de centre (0.5,0), de rayon R=0.5 et passant par l’origine.
r=  : cercle de centre (1,0), de rayon R=0 : cercle point.

78
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Principe
Etude de l’expression de x

1 2 1
( p  1 )2  ( q  ) 
x x2
Cette relation définit donc des cercles de rayon R=1/x, centrés aux points du plan
complexe (1,1/x). Les centres des cercles se trouvent sur l’axe  parallèle à l’axe des
ordonnées et passant par le point (1,0). Ce sont les cercles de réactances constantes.
x= 0 est un cercle de rayon infini. C’est l’axe des réels. Donc tout point de l’axe des réels
correspond à une impédance réelle.
x=1 est un cercle de centre (1,1) et de rayon 1.
X=-1 est un cercle de centre (1,-1) et de rayon 1.
x=± est un cercle de centre (1,0) et de rayon 0.

79
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Principe
Diagramme des admittances
Si on connaît l’impédance z=r+jx et on veut déterminer l’admittance y=1/z=g+jb, il suffit
d’ajouter  à la phase de .
1  1 
z ,y 
1  1 

Donc le diagramme d’admittance se déduira du diagramme d’impédance par une


symétrie par rapport au centre de l’abaque. Les cercles à r = cst deviennent des cercles
à g = cst (cercles des conductances). Les arcs à x=cst deviennent à b=cst (cercles des
susceptances).

80
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Principe
Coefficient de réflexion
Le coefficient de réflexion au niveau de la charge est oej. Le coefficient de réflexion le
long d’une ligne est :
ρ(x  -l)   oe2l  j   oe2l e j(   2 l )

Pour une ligne sans pertes le lieu de (l) est un cercle de rayon o centré au centre de
l’abaque. Pour une ligne avec pertes, ce lieu est une spirale logarithmique.
1  o
Cercles des ROS constants ROS 
1  o
Ces cercles ne sont pas représentés sur les abaques papier pour ne pas les surcharger.
Le centre des cercles de ROS est celui de l'abaque.
o = 0, ROS= 1. Ce cercle correspond au centre de l’abaque
o = 1, ROS= . Ce cercle constitue la limite de l'abaque.

81
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Propriétés
Présentation Déplacement Déplacement vers le
vers la charge générateur

Court Circuit
Circuit Ouvert

Cercle à r
constant
Segment OA
TOS=1/s
Segment OB
0<1/s<1
Cercle à x ROS=s
constant 1<s<

82
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Propriétés
Déplacement sur l’abaque

Un tour d’abaque correspond à une variation de =-2l égale à 2, ou encore à un


déplacement sur une ligne de longueur l = /2. Un tour d’abaque correspond donc à un
déplacement de /2 sur la ligne. On appelle longueur électrique =l/. Un tour d’abaque
correspond à =0.5.

Orientation de l’abaque
 est orienté positivement dans le sens trigonométrique. Considérons une variation .
Lorsque  augmente, l diminue, ce qui revient à un déplacement sur la ligne vers la charge.
L’inverse correspond à un déplacement vers le générateur.

83
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Propriétés
Echelles de l’abaque :
Echelle radiale
•L’échelle marquée SWR permet de lire la valeur du ROS
•L’échelle Reflection coefficient donne la valeur du module du coefficient de réflexion d’une
charge donnée.
•L’échelle return loss in dB donne directement le rapport en dB entre la puissance incidente
et la puissance réfléchie en un point donné de la ligne : -10log(o²).
•L’échelle reflectedloss in dB donne le rapport en dB entre la puissance incidente et la
puissance transmise en un point donné de la ligne : - 10log(1-o²).

Graduations sur le cercle extérieur de l’abaque


•Deux échelles qui donnent les longueurs électriques de ligne  pour les déplacements vers
le générateur et vers la charge
•Une échelle donne directement les angles de déphasage du coefficient de réflexion par
rapport à l’origine de -180° à 180°.

84
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Exemple 1
Positionnement d’une impédance
Le positionnement d'une impédance z se fait au travers de ses deux composantes r
et x. Les valeurs des réactances x et des résistances r sont repérables à l'aide de
deux familles de cercles : cercles des résistances et cercles des réactances.

Positionner l’impédance normalisée z=0.3+j0.4 sur l’abaque.

Déterminer graphiquement :
•L’admittance
•Le coefficient de réflexion
•Le rapport d’onde stationnaire
•Le taux d’onde stationnaire
•La distance entre la charge et le premier minimum de tension
•La distance entre la charge et le premier maximum de tension

85
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Exemple 1
Positionnement d’une impédance

Impédance z=0.3+j0.4

Lecture de l’admittance
y=1.2-j1.6

Lecture du coefficient de réflexion


=0.6

Lecture du ROS
ROS=4

Lecture du TOS
TOS=0.25

86
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Exemple 2
Impédance d’entrée
Nous considérons une ligne de propagation d’impédance caractéristique Zc = 200Ω,
de longueur électrique βl = 130° terminée par une impédance Zl = 400 − j300Ω.
Quelle est l’impédance d’entrée Zin?

Impédance normalisée : z=2-j1.5

Longueur physique l=0.36

ROS=3.33

On se déplace d’un angle de 260° ( 2βl ) dans le sens des aiguilles d’une montre (de
la charge vers le générateur) sur le cercle de ROS =3.33

Zin= (0,77+ j1,09).200 =(154 + j218)Ω.

87
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
88
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Adaptation d’impédance
L’objectif de l’adaptation est de transmettre le maximum de puissance du
générateur vers le récepteur via la ligne de transmission. Pour atteindre
cet objectif, il faut d’une part que le générateur puisse transmettre le
maximum de puissance à la ligne et d’autre part que le récepteur reçoive
le maximum de puissance acheminée à travers la ligne. Il s’agit d’un
problème d’adaptation d’impédance.

Adaptation de la charge : ZL=Zc

R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM


Adaptation d’impédance
Adaptation du générateur
I1
Zg=Rg+jXg Zg

+
Vg V1 ZL=RL+jXL
-

• Puissance fournie à une charge ZL par un générateur d’impédance Zg :

2 Z L  Z L* 2 2 RL
Pf  (1 / 2) Re(V1I1* )  (1 / 4) Vg  (1 / 4) Vg
ZL  Zg
2
RL  Rg 2  X L  X g 2
• Si RL > 0 et Rg > 0 la puissance maximale fournie à la charge est obtenue pour :

RL  Rg et X L   X g soit Z L  Z g

R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM


Adaptation par des éléments localisés
Résistances
Résistances en série (Rs): déplacement se fait sur les cercles
de réactances dans le sens inverse d’une montre.
Résistances en parallèle (Rp): déplacement se fait sur les
cercles de susceptances dans le sens des aiguilles d’une
montre.
Condensateurs
Condensateur en série (Cs) : déplacement sur les cercles de
résistances dans le sens anti-horaire proportionnellement à la
réactance de capacité du condensateur.
Condensateur en parallèle (Cp) : déplacement sur les cercles
de conductances, dans le sens des aiguilles d'une montre,
proportionnellement à la susceptance du condensateur.
Inductances
Inductances en série (Ls) :déplacement sur les cercles de
résistances dans le sens des aiguilles d'une montre
proportionnellement à la réactance inductive de self.
Inductances en parallèle (Lp) : déplacement sur les cercles de
conductances constantes, dans le sens inverse d'une montre,
proportionnellement à la susceptance de la bobine.

91
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Adaptation par des éléments localisés
Solutions analytiques

92
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Adaptation par des éléments localisés
Solutions avec l’abaque de Smith

93
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Applications

Exercice
Soit une charge d'impédance Z=150+j50 à adapter à une ligne d'impédance
caractéristique Zc=50 sur la fréquence de 10 MHz. On vous propose le réseau
d’adaptation suivant et on vous demande de déterminer Cs et Lp.

94
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Applications
Correction
1-Soit une charge d'impédance Z=150+j50 à adapter à une ligne d'impédance
caractéristique Zc=50 sur la fréquence de 10 MHz. On vous propose le réseau
d’adaptation suivant et on vous demande de déterminer Cs et Lp.
-en rouge : mise en parallèle avec la charge d’une inductance pour rejoindre le
cercle de résistance 50 ohms. Ce déplacement correspond à la réactance
inductive X=138 ohms qui correspond à une inductance Lp de 2,2µH
-en bleu : mise en série d'un condensateur permet de rejoindre le centre de
l'abaque. Ce déplacement correspond à une réactance capacitive de 75 ohms
qui correspond à une capacité Cs de 212.2 pF

95
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Adaptation par lignes
Adaptation par ligne quart d’onde
Une ligne quart-d’onde d’impédance Zc transforme une charge ZL réelle en Zc²/ZL.
Donc si on voudrait l’utiliser pour adapter la charge à une ligne d’impédance
caractéristique Z0, on doit fixer Zc à

Dans le cas où la charge est complexe, on peut insérer la ligne quart-d’onde en un


endroit de la ligne d’impédance Z0 où l’impédance ramenée est réelle:
soit en un maximum de tension (Zin = ROS*Z0) et

soit en un minimum de tension (Zin=Z0/ROS) et

96
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Adaptation par lignes

Adaptation par stub parallèle

Considérons une ligne d’impédance


Zc fermée sur une impédance Zu. On
se propose, en plaçant en parallèle
sur cette ligne un tronçon mobile
court- circuité ou ouvert ayant la
même impédance caractéristique, de
ramener l’impédance de la ligne en
avant de ce dispositif, à la valeur Zc.

Les inconnues de ce problème sont


donc la distance Ld de l’extrémité de
la ligne à laquelle il faut placer le
tronçon mobile et la longueur Ls de
ce tronçon.

97
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Principe
Principe
Soit y1 l’admittance ramenée en D par le stub : y1 = 0+ jb1 Soit yD l’admittance réduite de
la charge yu ramenée en D par le tronçon AD : yD=gD+jbD. La ligne sera adaptée lorsque
l’admittance résultante : y = y1+yD = 1. Il faudra donc réaliser: y=jb1+gD+jbD=1.

Solution 1 : d=A’B1, l=OD1’ (stub ouvert)


l=FD1’ (stub fermé)

98
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Principe

Solution 2: d=A’B2, l=OD2’ (stub ouvert)


l=FD2’ (stub fermé)

99
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Exercice
Exemple
Réaliser l’adaptation simple stub d’une charge ZL = 20 + j6Ω à l’aide d’un tronçon de
ligne court-circuité de longueur l, placé à une distance d de la charge. La fréquence
de travail est égale à 2 GHz. La permittivité relative effective du milieu est r= 2.

-=10.6cm
- Solution 1 : points M1
d=0.423 , l=0.083 
- Solution 2 : Points M2
d=0.057 , l=0.42 

100
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM
Adaptation double stubs
Principe
La mise en place d’un simple stub sur une ligne coaxiale est compliquée car les points de
branchement d’une telle ligne ne sont pas déplaçables (Ld fixe). Une solution à ce
problème est apportée par l’adaptation à deux tronçons mobiles.
Considérons une ligne chargée par une admittance yu que l’on veut adapter au moyen
de deux tronçons T1 et T2 placés aux points D1 et D2. La distance Ld entre A et D1 est
fixe et la distance entre D1 et D2 est généralement égale à 3/8 (parfois /8). Les
inconnues du problème sont LS1 et LS2.

Exemple
Réaliser l’adaptation à deux tronçons d’une ligne d’impédance caractéristique égale à
350  chargée par une impédance : Zu=808+542,5j.
La fréquence délivrée par le générateur est de 300 MHz. La distance entre les tronçons
est de 37,5 cm et le tronçon T1 est situé à 23,1 cm de la charge.
101
R. Barrak, Hyperfréquences, INDP1  SUP’COM