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Chapitre1

Eléments de Sismologie
Plan du chapitre1:

1.Causes des séismes.


2.Caractérisation du séisme.
3.Mesure du mouvement sismique.
4.Analyse de l’aléa sismique.
CLASSEMENT DES SEISMES

Séismes artificiels
- Essais nucléaires
- Explosions dans les carrières
- Etc.

Séismes naturels
- Volcaniques (activité volcanique)
- Effondrements (cavités souterraines)
- Tectoniques (mouvements des plaques)
Causes des séismes
Structure de la Terre
Structure de la Terre
Dérive des continents

Cette théorie fut ensuite confirmée par les études sur le paléomagnétisme
des fonds océaniques.
Dérive des
continents
•La croûte continentale est plus
épaisse sous les chaînes de
montagnes que sous les plaines

•il y ait un équilibre entre les divers


compartiments de l'écorce
terrestre, en liaison avec les
différences de densité.

•Les croûtes océaniques, plus


denses sont moins épaisses et
sont « recyclées » à terme dans
l'asthénosphère.

• les continents, moins denses que


l'asthénosphère, « flottent » à sa
surface et peuvent dériver les uns
par rapport aux autres dans un
système de plaques tectoniques.
Plaques tectoniques

Carte de répartition des plaques tectonique ou lithosphériques


Localisation des séismes et
tectonique des plaques

• Les séismes n'ont pas une


répartition aléatoire à la surface
de la planète.

• La majorité des séismes sont


localisés sur les frontières des
plaques lithosphériques.

Carte planisphère de corrélation entre la


sismicité terrestre et les limites tectoniques
Source : Lambert et al.,
Les tremblements de terre en France, 1997
Séisme = mouvements
de plaques rigides qui
constituent la couche
externe du globe
appelé lithosphère
lithosphère..
Ces plaques flottent
sur un milieu
magmatique. Les
mouvements des
plaques, de 1 à 15 cm
par an, sont dus à des
courants de
convection à
l ’intérieur du globe
Le mouvement sismique
La tectonique provoque des déplacements relatifs des plaques de la lithosphère en
générant un champ de contrainte au sein des roches constituantes (traction,
compression, cisaillement…).

• Rupture fragile (déformation cassante) :au delà d’un niveau de contrainte seuil,
il y a rupture brutale du sous-sol rocheux : c’est là l’origine des séismes. Ces ruptures
se produisent essentiellement dans les zones situées à proximité des limites entre les
plaques, là où les tensions sont les plus élevées dans les roches.

• Déformation plastique :dans certains cas, les roches peuvent se déformer sans
amorcer de rupture fragile :
o Déplacement tectonique lent ;
o Température et pression interne élevée (en profondeur donc).

• Plan de faille et foyer de séisme lorsque les conditions de contrainte, de vitesse de


déformation, de relation température-pression sont réunies, la rupture fragile de la
roche survient selon un « plan de faille ». Le point d'amorce de la rupture est le foyer
du séisme. La propagation de la rupture depuis le foyer sur le plan de faille provoque
des déformations tectoniques irréversibles et cassantes.
Séismes = ruptures = déformations du sol temporaires ou
définitives = formation de failles

Faille = plan de faiblesse


dans la lithosphère
TYPE DE FAILLES

La composante horizontale du glissement correspond à un


écartement qui s'accompagne de l'affaissement d'un des blocs
par rapport à l'autre.
Ces failles se rencontrent dans les régions étirées et amincies
comme les dorsales médio-océaniques et les rifts continentaux.
La composante horizontale du glissement correspond cette
fois à un rapprochement qui s'accompagne du
chevauchement d'un des blocs sur l'autre.
• Ces failles se rencontrent dans les régions raccourcies et
épaissies comme au front des chaînes de montagnes.
Foyer ou hypocentre
L'endroit où démarre la rupture est appelé foyer du séisme ou hypocentre
(0 à 700 km profondeur)

Epicentre
L'épicentre micro-sismique est le point de la surface du sol à la verticale du
foyer (latitude, longitude).

Magnitude : Caractéristique de la quantité d'énergie libérée par le séisme.


Propagation des ondes sismiques
Les ondes élastiques libérées par la rupture de la faille se propagent
dans toutes les directions. Plusieurs types d'ondes aux effets
différents sur les sols et les structures sont générés par le séisme.

La connaissance des caractéristiques des différents types d'ondes


et de leur mode de propagation permet de comprendre leur action
sur une structure donnée en fonction du site géologique et de sa
distance au foyer.
Type d’ondes sismiques

Il existe deux grands types d'ondes émises par un séisme :

les ondes de volume, qui se propagent à l'intérieur de la terre :


les ondes P et les ondes S

les ondes de surface, qui ne se propagent qu'en surface


les ondes de Love et de Rayleigh
Les ondes sismiques (élastiques):
1. Ondes de volume
Les ondes sismiques (élastiques):
2. Ondes de surface
Vitesse des Ondes P et S

Vp = [(K + 4/3G)/ρ]1/2
K = module de compression (résistance à la
compression)

G= Module de cisaillement (résistance au


cisaillement)
ρ = densité
Vs = (G/ρ) 1/2
Mesure du mouvement sismique
Sismogramme
Sismogramme

Le sismographe distant enregistre les ondes


P, S et de surface. La coupe montre les
trajectoires des ondes.
Les ondes P se propagent plus rapidement que les ondes S
Les ondes sismiques sont enregistrées en plusieurs endroits
du globe par des appareils qu'on nomme sismographes
Exemple

Les ondes sismiques sont enregistrées par


les stations A, B et C à des « heures
différentes »
Localisation de l ’épicentre
Pour connaître le lieu du séisme à
la surface de la terre, il faut au moins
trois enregistrements.
Évaluation de la distance
« foyer - stations sismographiques »

Cette figure montre les intervalles de temps entre l ’arrivée des


ondes P et S dans les 3 stations A, B et C de l ’image
précédente
Localisation de l ’épicentre à partir des données recueillies
sur les 3 stations A, B et C
1.Méthodes des trois cercles

Les cercles
représentent le
lieu géométrique
de l ’épicentre
pour chaque
station. Sachant
qu ’il s ’agit d ’un
seul séisme,
l ’épicentre se
trouve donc à
l ’intersection des
trois cercles.
Méthode des S-P

Connaissant l’arrivée respective des


ondes P et S dont on connaît par ailleurs
les vitesses de déplacement, il est
possible de déterminer l’heure de départ
et la distance parcourue
Calcul de la distance épicentrale
Temps d ’arrivée de P
tp = t0 + d/Vp
Temps d ’arrivée de S
ts = t0 + d/Vs
ts-tp = (d/Vs - d/Vp) = d.(1/Vs-1/Vp)
(voir abaque),
1/Vs-1/Vp = d/( ts-tp)
Exemple

Vp = 6 Km/s
Vs = 3.7 Km/s
La magnitude
Elle permet de quantifier l’énergie libérée par un séisme.

La magnitude est mesurée par le logarithme de l’amplitude maximale


des ondes, mesurée en microns, à partir d’un sismomètre placé à
une distance d’environ 100 km par rapport à l’épicentre

M = log A/T + F(∆)

A amplitude en microns
T période en secondes
F(∆) terme empirique = amortissement du signal sismique en fonction
de la distance ∆ et de la profondeur

La magnitude de Richter n'a pas de limite supérieure,


physiquement la valeur maximale possible pour est de 9.
Magnitude locale ou de Richter ML.
Magnitude des ondes de volume Mb.
Magnitude des ondes de surfaces Ms.
Magnitude du moment Mw.
Magnitude locale ou de Richter.

Le concept de magnitude a été introduit par Stan Richter afin de


décrire de façon rationnelle la dimension relative d'un séisme par
rapport à un autre.
Richter adopta le sismographe de Wood-Anderson pour lequel la
période naturel est de 0.8s, l'amortissement critique de 80% et
l'amplification statique des ondes de 28000 (rapport entre
l'amplitude mesurée sur le sismographe et l'amplitude réelle du
mouvement de sol).
L'amplitude maximale mesurée A et la distance de l'épicentre R
sont définies pour chaque séisme. En traçant les courbes log10A vs
R, Richter remarqua que les courbes étaient essentiellement
parallèles pour deux séismes différents
Magnitude locale ou de Richter.

log10 A

Séisme 1
Constante

Séisme 2

R
Afin de caractériser un séisme, il choisit une courbe particulière dite
séisme de référence.

A : amplitude lue sur le sismographe de Wood-Anderson


A0: amplitude du séisme de référence pour la même distance de
l'épicentre.
Distance épicentrale
Quand la magnitude
augmente d’une unité,
l’énergie sismique est
multipliée par 30

log E= 4,8+1,5M

E2/E1= 101,5 = 30.


Echelle de Richter 1935

C’est une échelle quantitative définie


par Richter en 1935,
elle ne possède pas d’unités.
Echelle de Richter 1935
Calcul de la magnitude locale
Calcul de la magnitude locale
Magnitude des ondes de volume

distance épicentrale .
T Période du signal.
A Amplitude.
h Profondeur.
Magnitude des ondes de surface

A amplitude spectrale des ondes de


surfaces à une période de 20s.
La magnitude du moment est liée directement aux paramètres physique du
signal.
Elle est considérée comme le meilleur paramètre pour caractériser un
séisme.
L’intensité
L'intensité représente une caractérisation non instrumentale du mouvement
sismique à la surface du sol.
Elle donne un récit subjectif de l'intensité locale des dégâts subis par
les constructions et des effets ressentis par les personnes.

Les échelles d'intensité sont nombreuses tels que:

1) Echelle de Mercalli développée en 1902 et modifiée en 1956


2) Echelle EMS 98
3) Echelle JMA

Les deux premières échelles comportent douze degrés


notés généralement en chiffres romains de I à XII.

Echelle variable géographiquement


Perception à l’intérieur
Enregistrement par les sismomètres

Perception à l’extérieur
Quelques dommages

Dommages légers aux


« bonnes constructions »
destruction des « mauvaises »

Dommages considérables
Modification des paysages
Afin d'estimer cette intensité pour un séisme bien précis,
on a recours à des interviews et questionnaires qui
seront ensuite confrontés avec l'échelle définie par
Mercalli.
Le résultat de cette investigation nous permet de tracer
des lignes de contours dites iso-sismiques.
Cette échelle a permis d'identifier et de caractériser des
séismes d'avant l'apparition des instruments
d'enregistrement.
Elle reste encore le moyen de mesure de séismes pour
des régions ne disposant pas d'appareils
d'enregistrements.
L'échelle d'intensité de Mercalli modifiée est la plus
utilisée
Description des paramètres
sismiques
La description des paramètres sismiques passe
par l'identification des caractéristiques de
l'accélérogramme.
Amplitude maximale du mouvement
La fréquence prédominante de
l'accélérogramme.
La durée d'un séisme
Amplitude maximale du mouvement
Période prédominante
• Spectre de réponse

•Spectre de Fourier

Exemple d’abaque développé dans le


cas des séismes de californie
Exemple
Spectre de réponse
Durée d'un séisme

La durée d'un séisme est définie comme étant la durée des vibrations à
fortes amplitudes. Plusieurs méthodes ont été proposées pour estimer
cette durée.
La méthode d'Husid consiste à calculer la fonction suivante:

T représente la durée effective et totale du séisme.


La durée significative peut être déterminée
comme le temps nécessaire pour passer de 5%
à 95%.
Cette durée est égale à (t2-t1)
Exemple
Par ailleurs, il peut être admis que cette durée
correspond à la durée de la rupture de la faille. D'autre
part, Housner a estimé la vitesse de rupture de la faille à
3.2 km/s et établi ce tableau
Relations d'atténuations

La relation d'atténuation est une expression décrivant la


variation du mouvement du sol en fonction de la
profondeur du point focal et de la magnitude d'un
séisme.
La complexité des caractéristiques du sol ainsi que la
diversité des types de failles ont fait que l'ingénieur se
trouve pratiquement devant plusieurs relations
d'atténuations.
Toutefois, la plus part de ces relations prennent
la forme suivante :
Relation de Milne (1977)
Relation de Hasegawa, Basham et
Berry (1981)
Analyse de l’aléa sismique
Définition du séisme de calcul
L'analyse dynamique d'une structure repose forcément sur le type
d'input dynamique auquel la structure est soumise. le séisme de
calcul pour cette structure.

Un séisme de calcul, pour un site donné, est la définition du


mouvement du sol qui sera utilisé pour le calcul parasismique de la
structure.

La détermination du séisme de calcul requiert de l'information sur


trois paramètres de base.
Le degré d'activité sismique de la région: il s'agit de la sismicité
historique
Les conditions particulières (géotechnique) du site ou de la région
étudié.
La définition d'un niveau de risque acceptable
Détermination du séisme de calcul
Modèle de sismicité

La mise en place du modèle de sismicité repose essentiellement sur


le recensement des événements sismiques ayant ébranlé une
région donnée.

Plus les données historiques remontent loin dans le temps, plus


l'idée de la sismicité le long d'une faille est bonne.

Il est clair que cette tâche ne saurait être accomplie uniquement par
un ingénieur en génie parasismique ou par un sismologue. En effet,
la collecte d'informations et le traitement d'archives doivent être
faites avec la collaboration d'historiens, d'archivistes et autres.
Modèle de sismicité

Centres de collecte et de traitement de


l'information
1. Informations sur des événements sismiques
récents.
Le centre américain USGS (United State Geological Survey, Website :
http://www.usgs.gov/) offre un service d'informations online sur le web. Ce service est en
relation avec le consortium IRIS (Website : http://www.iris.edu/)

2.Informations sur les catalogues de séismes


anciens.
Le nombre de catalogues sur les séismes anciens traduit la volonté des spécialistes pour
déterminer la sismicité historique d'une région. Le NATIONAL EARTHQUAKE INFORMATION
CENTER est le plus important centre d'informations.
Exemple de compilation des données sismiques
http://www.iris.edu
Exemple de compilation des données sismiques
http://www.iris.edu
Description d’un modèle de sismicité
Description d’un modèle de sismicité

Données historiques
Log N

Linéaire
Quadratique

Magnitude Mmax

Représentation linéaire et quadratique de


l'équation de récurrence des magnitudes
Description d’un modèle de sismicité
Remarques sur les courbes de récurrence
la corrélation linéaire s'adapte bien pour les faibles magnitudes.

à partir d'un certain point cette relation n'est plus valable.

pour les fortes amplitudes il serait intéressant d'utiliser une fonction


quadratique pour l'équation de récurrence.

la magnitude de coupure est plus importante pour la relation linéaire que


pour la relation quadratique. Ceci nous amène à limiter et "couper" la
relation linéaire à partir d'un certain point . Par contre avec la relation
quadratique cet inconvénient n'existe pas car la droite de corrélation ainsi
considérée converge vers la magnitude maximale.

la représentation linéaire est la plus utilisée du fait de sa simplicité et de la


gamme de magnitude qu'elle assure.
Exemple
Des observations sur 10 ans nous ont permis d'obtenir des données
d'événements sismiques.

Répartition de séisme d'un site donné sur 10 ans


Exemple
Répartition des valeurs de la magnitude
Exemple
Modèle d’atténuation
Paramètres influant sur l’atténuation
Paramètres influant sur l’atténuation
Relation d’atténuation de Cornell et al

r : Distance épicentrale.
m: magnitude.
Exemple

Les magnitudes maximales des séismes qui ont eu lieu


au niveau de ce site sont les suivantes:
Source1:7.5, Source 2:6.8 , Source 3:5
Solution:
EFFETS ENGENDRES PAR LES SEISMES

1- Effets directs

1. Déformation du terrain
2. Oscillation des constructions
- Déformation du terrain
Séisme d’El Asnam, Algérie, 1980

Séisme de Boumerdes, Algérie, 2003

Séisme D'Izmit, Turquie, 1999


- Oscillation des constructions
-Oscillation des
constructions
2- Effets induits
Le séisme joue le rôle de déclic:

Liquéfaction
La liquéfaction d’un sol saturé constitue la
situation ultime de son comportement
mécanique où, en présence de contraintes
de cisaillement et suite à l’accumulation de
pressions interstitielles, le sol s’effondre et
perd toute sa résistance.
Glissements de terrains

Salvador, janvier 2001, Ms = 7.9


TSUNAMI
Un Tsunami est un raz-
Au large, les hauteurs des vagues sont
de-marée provoqué par négligeables devant la profondeur :
un séisme en mer V = (gh)½
longueur d'onde = 100 km
hauteur des vagues = qques dizaines
de centimètres
période = 1 heure
Près des côtes,
diminution de la longueur d'ondes (due à
la diminution de la profondeur)
période des vagues constante
conservation de l'énergie
=> augmentation de la hauteur des
vagues proportionnelle à (h)-1/4
Amplification du mouvement:
effet de sit
----------------------------------
En principe plus on s'éloigne de l'épicentre et plus les
dommages s'atténuent
Piégeage des ondes
Effets de site
170 cm/s²

T ~ 2s

35 cm/s²
MEXICO :1985
T ~ 2s

150 cm/s²
Sa (g)
T ~ N/10
0.75g

MEXICO :1985

x 7.7
SCT
Rocher

0.15g
x5
0.035g
T (s)

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