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ELECTRICITE 3

Chap 1. Les milieux diélectriques


Chap 2. Les milieux aimantés
Chap 3. Les circuits magnétiques
Chap 4. Les équations de Maxwell dans la matière

Cours d’électricité 3 –– SMP – S4 - 2015


Les milieux diélectriques

I. Introduction aux milieux diélectriques


II. Aspects macroscopiques – Charges de polarisation
III. Propriétés fondamentales du champ dans la matière
IV. Milieux diélectriques parfaits
V. Forces subies par un diélectrique dans un champ extérieur
non uniforme
VI. Energie Electrostatique

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I. Introduction

Les matériaux diélectriques sont des isolants ou à quelques


exceptions près, des matériaux non métalliques

Ils possèdent trois propriétés fondamentales :


la polarisation et, à un degré moindre, l’aimantation et la
conduction.

Contrairement à un matériau conducteur où les charges sont


nombreuses et libres de se déplacer sous l'action d'un champ
électromagnétique ; un diélectrique possède peu de charges
libres, elles y sont piégées.

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Bandes d'énergie

Pour être isolant, un matériau doit posséder une résistance


électrique très élevée (infinie) et des bandes d'énergie dites de
conduction et de valence très éloignées l’une de l’autre,
séparées par une bande interdite appelée gap.

Etats
Etats
vides
pleins
gap

Bande
Etats
de
pleins
valence

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Milieux diélectriques solides usuels

Un matériau est diélectrique s'il ne contient pas de charges


électriques susceptibles de se déplacer de façon macroscopique.

Autrement dit, c'est un milieu qui ne peut pas conduire le courant


électrique.

On l'appelle parfois isolant électrique. On compte parmi ces milieux


le verre et de nombreux plastiques :

• Le verre → isolateurs de lignes haute tension


• La céramique → matériels HTB des postes électriques
• La plupart des plastiques
• Le Polypropylène → en particulier dans les condensateurs.

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Dipôles électrostatiques
Malgré l'impossibilité des milieux diélectriques de conduire le courant, ils
présentent de nombreuses caractéristiques électriques.

En effet, les atomes qui constituent le matériau peuvent présenter des


dipôles électrostatiques qui sont susceptibles d'interagir avec un champ
électrique.

Cette interaction se traduit par la création d'une polarisation reliée à ce


champ électrique, au niveau microscopique, par une polarisabilité, et au
niveau macroscopique, par la susceptibilité électrique.

Création des dipôles électriques qui s'orientent dans le sens du champ


extérieur d'où la polarisation du diélectrique.
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Le dipôle électrostatique

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Potentiel créé par un dipôle
électrostatique
𝒂
𝑨𝑴 = 𝑨𝑶 + 𝑶𝑴 = −𝒂𝒆𝒙 + 𝒓𝒖 = 𝒓 𝒖 − 𝒆𝒙
𝒂𝒓
𝑩𝑴 = 𝑩𝑶 + 𝑶𝑴 = 𝒂𝒆𝒙 + 𝒓𝒖 = 𝒓 𝒖 + 𝒆𝒙
𝒓
𝒓≫𝒂∶
𝟐 𝟐
𝒂 𝟐
𝒂
(𝑨𝑴) ≈ 𝒓 𝟏 − 𝟐 𝒖. 𝒆𝒙 = 𝒓 𝟏 − 𝟐 cos 𝜽
𝒓 𝒓
𝟐 𝟐
𝒂 𝟐
𝒂
(𝑩𝑴) ≈ 𝒓 𝟏 + 𝟐 𝒖. 𝒆𝒙 = 𝒓 𝟏 + 𝟐 cos 𝜽
𝒓 𝒓 X
𝒂 𝟏 𝟐
⟹ 𝑨𝑴 ≈ 𝒓 𝟏 − 𝟐 cos 𝜽 ≈ 𝒓 − 𝒂 cos 𝜽
𝒓
𝒂 𝟏 𝟐
et 𝑩𝑴 ≈ 𝒓 𝟏 + 𝟐 cos 𝜽 ≈ 𝒓 + 𝒂 cos 𝜽
𝒓
D’où : 𝑩𝑴 − 𝑨𝑴 ≈ 𝟐𝒂 cos 𝜽 et 𝑩𝑴. 𝑨𝑴 ≈ 𝒓𝟐

𝒒 𝑩𝑴 − 𝑨𝑴 𝟐𝒒𝒂 𝐜𝐨𝐬 𝜽 𝒑 𝐜𝐨𝐬 𝜽 𝟏 𝒑. 𝒖


𝑽(𝑴) = = 𝟐
= 𝟐
=
𝟒𝝅𝜺𝟎 𝑩𝑴. 𝑨𝑴 𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓 𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓 𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓𝟐
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Champ créé par un dipôle électrostatique

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Action d'un champ électrique sur un dipôle électrostatique
On place le dipôle électrostatique dans
un champ 𝑬 uniforme ( 𝑬 possède la
même amplitude, la même direction et le
même sens dans tout l’espace).

𝑭− = −𝒒𝑬 𝑭+ = +𝒒𝑬
𝑭 = 𝑭− + 𝑭+ = 𝟎

𝑭− et 𝑭+ forment un couple
de forces

Moment/O : 𝚪 = 𝑶𝑨 ∧ 𝑭+ + 𝑶𝑩 ∧ 𝑭−
= 𝒒 𝑶𝑨 − 𝑶𝑩 ∧ 𝑬 = 𝒒𝑩𝑨 ∧ 𝑬 = 𝒑 ∧ 𝑬
A l’équilibre : 𝚪 = 𝟎 ⟹ 𝒑 ∕∕ 𝑬
𝚪 tend à orienter le dipôle dans le sens du champ.
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Energie potentielle
Soit un dipôle électrostatique placé dans un champ électrostatique
𝑬 . On s'intéresse à l'énergie potentielle d'interaction électrostatique entre
ce dipôle et le champ 𝑬 et non pas à celle qui existe entre la charge +𝒒
et −𝒒 du dipôle lui-même. On considère donc le dipôle comme un
système de deux charges, −𝒒 placée en un point A et +𝒒 en B,
n'interagissant pas entre elles. L'énergie électrostatique de ce système de
charges est 𝑩

𝑾𝒆 = −𝒒𝑽 𝑨 + 𝒒𝑽 𝑩 = −𝒒 𝑬. 𝒅𝒓 = −𝒒𝑬. 𝑨𝑩
Ce qui donne 𝑨 𝑬
A B
𝑾𝒆 = −𝒑. 𝑬
−𝒒 𝒑 +𝒒

où 𝒑 = 𝒒𝑨𝑩 est le moment dipolaire électrique.

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Intensité de polarisation 𝑷
Soit un diélectrique soumis à un champ électrique extérieur 𝑬
déplacement relatif des centres de charge (+) et (−) constituant les
molécules du diélectrique et donc apparition de moments dipolaires
élémentaires 𝒅𝒑 contenus dans les volumes dt.
𝑷 On définit le vecteur
dt Intensité de polarisation 𝑷 au point
M0 :
M0 𝒅𝒑
𝑷=
𝒅𝝉
P s’exprime en C.m-2
𝑷 = Densité volumique locale des moments dipolaires
𝑷 est une grandeur locale macroscopique caractérisant l’état de polarisation
de la matière.

Attention : Les moments dipolaires sont représentés par 𝒑 et l’intensité de


polarisation macroscopique par 𝑷
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II. Aspects macroscopiques - Charges de polarisation
virtuelles, fictives, équivalentes
Matériau polarisé

+ (+dq)

Equivalent à
− (−dq)
dt
Elément dt ayant Dipôle ayant un moment
une polarisation dipolaire élémentaire

Idée : Pour un volume polarisé fini, remplacer 𝑷(𝒙, 𝒚, 𝒛) par un


volume non polarisé (identique au vide) + des charges de
polarisation 𝝆𝒑 (𝒙, 𝒚, 𝒛) et/ou 𝝈𝒑 (surface).

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Détermination du champ électrique créé par un
milieu polarisé
Point de départ : potentiel électrique dV créé en M par un dipôle électrique de
moment dipolaire élémentaire 𝒅𝒑 (à une grande distance r )
M

r
+ 𝒖

𝒅𝒑. 𝒖 𝒅𝒑. 𝒓
-
𝒅𝑽 𝑴 = 𝟐
=
𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓 𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓𝟑

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Potentiel électrique créé par un milieu polarisé
• Volume polarisé (t) de surface (S)
z

(S) r
(t)

O y dt entourant le point M0 du milieu


polarisé dipôle avec

x
𝟏 𝟏 𝟏 𝟏
D’où en M : 𝒅𝑽𝒑 𝑴 = 𝒅𝒑. 𝒈𝒓𝒂𝒅𝑴𝟎 = 𝑷. 𝒈𝒓𝒂𝒅𝑴𝟎 𝒅𝝉
𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓 𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓

Il vient donc à
𝟏 𝟏
intégrer :
𝑽𝒑 𝑴 = 𝑷. 𝒈𝒓𝒂𝒅𝑴𝟎 𝒅𝝉
𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓
𝝉

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… dont le résultat est :

𝟏 −𝒅𝒊𝒗𝑷 𝟏 𝑷. 𝒏 𝒏 ∶ normale à 𝒅𝑺
𝑽𝒑 𝑴 = 𝒅𝝉 + 𝒅𝑺
𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓 𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓 sortant de (t) :
(𝝉) (𝑺) dirigée du milieu
vers l’extérieur
On compare avec l’effet de distributions des charges :
𝟏 𝝆𝒑 𝟏 𝝈𝒑
𝑽𝒑 𝑴 = 𝒅𝝉 + 𝒅𝑺
𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓 𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓
(𝝉) (𝑺)

charges volumiques : 𝝆𝒑 = −div𝑷


équivalentes à
la polarisation : surfaciques : 𝝈𝒑 = 𝑷.𝒏
Pour avoir le champ électrique créé par les charges de polarisation :
𝑬𝒑 (𝑴) = −𝒈𝒓𝒂𝒅𝑽𝒑 (𝑴)
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Conclusion
Le champ électrique créé par un diélectrique polarisé est identique à celui
qui serait dû dans le vide à :
- une distribution surfacique de charges de polarisation
𝝈𝒑 = 𝑷.𝒏
- une distribution volumique de charges de polarisation
𝝆𝒑 = −div𝑷
𝑷 étant la polarisation locale du matériau.

𝒏 𝒏
𝝈𝒑 = 𝑷. 𝒏
dS dS
dt dt
diélectrique vide 𝝆𝒑 = −𝒅𝒊𝒗𝑷

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Charge totale de polarisation

On peut calculer la charge fictive totale de polarisation qui


s’écrit :
𝑸𝒑 = 𝝆𝒑 𝒅𝝉 + 𝝈𝒑 𝒅𝑺 = −𝒅𝒊𝒗 𝑷𝒅𝝉 + 𝑷. 𝒏𝒅𝑺
(𝝉) (𝑺) (𝝉) (𝑺)
D’après le théorème d’Ostrogradsky :
𝒅𝒊𝒗 𝑷𝒅𝝉 = 𝑷. 𝒏𝒅𝑺
(𝝉) (𝑺)
et donc : QP = 0 ; la somme algébrique des charges de
polarisation est nulle.

Exemple : soit un matériau diélectrique ayant


la forme d’un cône, polarisé uniformément suivant
son axe Ox par une polarisation 𝑷.

Calculer les densités de charges de polarisation et


la charge totale de polarisation.
III. Propriétés fondamentales du champ
dans la matière
Le champ total est donné par : 𝑬 = 𝑬𝒑 + 𝑬𝟎

créé par le milieu polarisé créé par toutes les charges


(champ dépolarisant) réelles (champ extérieur)

𝟏 𝝆 − 𝒅𝒊𝒗𝑷 𝟏 𝝈 + 𝑷. 𝒏
𝑽 𝑴 = 𝒅𝝉 + 𝒅𝑺
𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓 𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓
(𝝉) (𝑺)
r et s étant les densités locales de charges libres (réelles)

La relation entre 𝑬 et V est évidemment conservée

𝑬 = −𝒈𝒓𝒂𝒅𝑽 = −𝒈𝒓𝒂𝒅𝑽𝒑 − 𝒈𝒓𝒂𝒅𝑽𝟎 = 𝑬𝒑 + 𝑬𝟎

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Propriété de flux
Théorème de Gauss : prise en compte non seulement des charges
réelles mais aussi des charges équivalentes de polarisation

𝟏 𝝆 + 𝝆𝒑
𝑬 . 𝒅𝑺 = 𝝆 + 𝝆𝒑 𝒅𝝉 𝒅𝒊𝒗𝑬 =
𝜺𝟎 𝜺𝟎
(𝑺) (𝝉)

ou

Conduit à définir

𝑫 : déplacement électrique tel que 𝒅𝒊𝒗𝑫 = 𝝆


𝑫 s’exprime comme 𝑷 en C/m2
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Nouvelle formulation du théorème
de Gauss dans les milieux

Forme locale :

⇒ 𝐝𝐢𝐯𝑫 𝒅𝝉 = 𝑫 . 𝒅𝑺 = 𝝆𝒅𝝉 = 𝑸𝒊𝒏𝒕


(𝝉) (𝑺) (𝝉)

Forme intégrale :

Charges libres (réelles)

Cette dernière équation représente le théorème généralisé de Gauss.

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Conséquences

SOIT ON UTILISE LE VECTEUR 𝑫 :


IL INCLUT LES EFFETS DE POLARISATION 𝑷 ET LES PROPRIETES DIELECTRIQUES
DU MILIEU.

ON TRAVAILLE ALORS UNIQUEMENT AVEC LES CHARGES REELLES.

SOIT ON UTILISE LE CONCEPT DE CHARGES FICTIVES DE POLARISATION :

ON TRAVAILLE ALORS AVEC LES CHARGES REELLES + LES CHARGES FICTIVES


POUR DETERMINER LE VECTEUR 𝑬 COMME SI ON ETAIT DANS LE VIDE.

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Continuité de la composante normale du
déplacement électrique
Considérons deux milieux diélectriques, séparés par une surface chargée (S) de
densité de charge constante s.
On applique le théorème de Gauss
à la surface d’un cylindre (S) fermé :
s
𝑫 . 𝒅𝑺 = 𝑸𝒊𝒏𝒕(𝚺)
𝚺

• Le flux sortant par la surface latérale négligeable (M1 et M2 sont très proches de (S))
• L’aire commune aux deux sections droites étant S.

𝑫𝟐 . 𝒏𝑺 + 𝑫𝟏 . −𝒏 𝑺 = 𝝈𝑺

D’où 𝒏. 𝑫𝟐 − 𝑫𝟏 (𝑺)
=𝝈 ou 𝑫𝒏𝟐 − 𝑫𝒏𝟏 (𝑺) =𝝈
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Discontinuité de la composante normale
du champ électrique
n=n1 𝑬𝟐
𝒏. 𝑫𝟐 − 𝑫𝟏 = 𝝈
𝑬𝟏
(2) s
𝑫𝟏 = 𝜺𝟎 𝑬𝟏 + 𝑷𝟏
(S)
(1)
𝑫𝟐 = 𝜺𝟎 𝑬𝟐 + 𝑷𝟐 n2
𝒏. 𝑫𝟏 = 𝜺𝟎 𝒏. 𝑬𝟏 + 𝒏. 𝑷𝟏 = 𝜺𝟎 𝒏. 𝑬𝟏 + 𝝈𝒑𝟏
𝒏𝟏 .𝑷𝟏 Charges réelles

𝒏. 𝑫𝟐 = 𝜺𝟎 𝒏. 𝑬𝟐 + 𝒏. 𝑷𝟐 = 𝜺𝟎 𝒏. 𝑬𝟐 − 𝝈𝒑𝟐 Charges de polarisation


−𝒏𝟐 .𝑷𝟐

𝝈 + 𝝈𝒑𝟏 + 𝝈𝒑𝟐
⇒ 𝒏. 𝑬𝟐 − 𝑬𝟏 =
𝜺𝟎
Discontinuité de la composante normale du champ électrique
à la traversée d’une surface chargée
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Propriété de circulation
𝒓𝒐𝒕𝑬 = 𝟎 ⟹ La circulation de 𝑬 est nulle : (𝑪)
𝑬. 𝒅ℓ = 𝟎

Considérons une surface quelconque (S) séparant deux milieux diélectriques


(1) et (2) :
n E2
E1
(2) t
(S)
(1)
A la traversée d’une surface (S) de séparation entre deux milieux, on a :

ou

Continuité de la composante tangentielle du champ électrique

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Récapitulatif

Forme intégrale Forme locale Relations de passage

Propriété
𝑫 . 𝒅𝑺 = 𝑸𝒊𝒏𝒕(𝚺) 𝒅𝒊𝒗𝑫 = 𝝆 𝒏. 𝑫𝟐 − 𝑫𝟏 =𝝈
de flux (𝑺)
𝚺

Propriété 𝒏 ∧ 𝑬𝟐 − 𝑬𝟏 =𝟎
de 𝑬. 𝒅ℓ = 𝟎 𝒓𝒐𝒕𝑬 = 𝟎 (𝑺)
circulation (𝜞) ou 𝒕. 𝑬𝟐 − 𝑬𝟏 =𝟎
(𝑺)

Relation du milieu : 𝑫 = 𝜺𝟎 𝑬 + 𝑷

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IV. Milieux diélectriques
parfaits (l.h.i)
homogènes, isotropes et linéaires :
la polarisation 𝑷 est proportionnelle au champ électrique 𝑬 :

Susceptibilité électrique (sans dimension), ce > 0

Permittivité relative/vide
(sans dimension) Permittivité absolue
(même unité que e0)

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Equations de l’électrostatique
dans un milieu diélectrique parfait l.h.i

𝑫 = 𝜺𝟎 𝑬 + 𝑷 = 𝜺𝑬
∀ 𝐥𝐞 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐞𝐮 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐞𝐮 𝐥.𝐡.𝐢

𝝆 Equation locale
𝒅𝒊𝒗𝑫 = 𝝆 ⟹ 𝒅𝒊𝒗𝑬 = du théorème de Gauss
𝜺 dans un milieu l.h.i
𝟏
⟹ 𝑬. 𝒅𝑺 = 𝑸𝒊𝒏𝒕 pour un milieu l.h.i
𝜺
(𝑺) 𝒓é𝒆𝒍𝒍𝒆𝒔

inclut les effets de polarisation

𝒓𝒐𝒕𝑫 = 𝒓𝒐𝒕 𝜺𝑬 = 𝜺𝒓𝒐𝒕𝑬 = 𝟎

⟹ 𝑫. 𝒅ℓ = 𝟎 pour un milieu l.h.i


(𝑪)
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Relations de passage entre deux milieux
diélectriques parfaits l.h.i

Soient deux milieux diélectriques


l.h.i de permittivités relatives 𝜺𝒓𝟏 et
𝜺𝒓𝟐 (𝜀𝑟1 > 𝜀𝑟2 ), séparés par la
surface (S).

𝒏 étant la normale à (S) au point considéré, orientée du milieu (1) vers


le milieu (2).
𝑬𝒕𝟐 (𝑺) = 𝑬𝒕𝟏 (𝑺)
Si la surface de séparation (S) est non chargée (𝝈 = 𝟎), on a :

𝑫𝒏𝟐 (𝑺) = 𝑫𝒏𝟏 (𝑺)

D’où : Il y a donc déviation des


𝐭𝐚𝐧 𝜶𝟐 𝒕𝒂𝒏 𝜶𝟏 lignes de champ lorsque
=
𝜺𝒓𝟐 𝜺𝒓𝟏 la permittivité change.

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V. Forces subies par un diélectrique dans un
champ extérieur non uniforme :
Un diélectrique placé dans un champ électrique subit des forces et des
couples de forces qui proviennent de l'interaction du champ électrique
avec les dipôles du diélectrique.

En effet, lorsqu'un diélectrique de volume (t) est


placé dans un champ électrique 𝑬 non uniforme,
chaque élément de volume se comporte comme
un dipôle : 𝒅𝒑 = 𝑷𝒅𝝉 = 𝒅𝒒𝑴𝑴′
en M une charge (-dq) et en M' une charge (+dq)

La force 𝒅𝑭 agissant sur ce dipôle élémentaire


s'écrit :
𝒅𝑭 = 𝒅𝒒𝒅𝑬
Si le champ électrique est uniforme (𝒅𝑬 = 𝟎), 𝒅𝑭 s'annule.

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La force par unité de volume
pour un diélectrique l.h.i
La composante de 𝒅𝑭 = 𝒅𝒒𝒅𝑬 suivant l’axe Ox du repère (O,x,y,z) s’écrit :
𝝏𝑬𝒙 𝝏𝑬𝒙 𝝏𝑬𝒙
𝒅𝑭𝒙 𝒙, 𝒚, 𝒛 = 𝒅𝒒𝑬𝒙 𝒙, 𝒚, 𝒛 = 𝐝𝐪 𝒅𝒙 + 𝒅𝒚 + 𝒅𝒛
𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛
Soit, avec 𝒅𝒑 = 𝒅𝒒𝑴𝑴′ :
𝝏𝑬𝒙 𝝏𝑬𝒙 𝝏𝑬𝒙 𝝏𝑬𝒙 𝝏𝑬𝒙 𝝏𝑬𝒙
𝒅𝑭𝒙 = 𝒅𝒑𝒙 + 𝒅𝒑𝒚 + 𝒅𝒑𝒛 = 𝑷𝒙 + 𝑷𝒚 + 𝑷𝒛 𝒅𝝉
𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛 𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛
𝒅𝑭𝒙 𝝏𝑬 𝝏𝑬 𝝏𝑬
D’où pour un diélectrique l.h.i : = 𝜺𝟎 𝜺𝒓 − 𝟏 𝑬𝒙 𝒙 + 𝑬𝒚 𝒙 + 𝑬𝒛 𝒙
𝒅𝝉 𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛
𝝏𝑬𝒙 𝝏𝑬𝒚 𝝏𝑬𝒙 𝝏𝑬𝒛
D’autre part 𝒓𝒐𝒕𝑬 = 𝟎 ⇒ = et =
𝝏𝒚 𝝏𝒙 𝝏𝒛 𝝏𝒙
𝒅𝑭𝒙 𝝏𝑬𝒙 𝝏𝑬𝒚 𝝏𝑬𝒛 𝟏 𝝏𝑬𝟐
D’où : = 𝜺𝟎 𝜺𝒓 − 𝟏 𝑬𝒙 + 𝑬𝒚 + 𝑬𝒛 = 𝜺𝟎 𝜺𝒓 − 𝟏
𝒅𝝉 𝝏𝒙 𝝏𝒙 𝝏𝒙 𝟐 𝝏𝒙

La force par unité de volume 𝒅𝑭 𝟏


pour un diélectrique l.h.i est donc = 𝜺𝟎 𝜺𝒓 − 𝟏 𝜵𝑬𝟐
𝒅𝝉 𝟐
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Exemple
Un câble coaxial est constitué d’un fil de rayon R1 porté à un
potentiel V, entouré par un diélectrique de rayon R2 et de
permittivité e, lui-même entouré par une couche conductrice
reliée à la terre.

Calculer la force par unité de volume qui s’exerce en un point M


du diélectrique. Quelle est sa nature ?
VI. Energie électrostatique
On considère un milieu (t) dans lequel on établit une distribution de
charges de densité volumique r.
Soit (t’) un milieu diélectrique situé au voisinage du milieu (t). Les deux
milieux se trouvent à l’intérieur du milieu (t0) limité par la surface (S0).

milieu diélectrique
(t’)
distribution de charges
(t0)
(t) r
(S0)
espace

La distribution continue de charges possède en chaque point de (t)


une densité volumique r qui produit en ce point le potentiel V.
L’énergie potentielle s’écrit : 𝟏 𝟏
𝑾= 𝒒𝒊 𝑽𝒊 = 𝝆𝑽𝒅𝝉
𝟐 𝟐
𝒊 (𝝉)
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Densité volumique locale WE
d’énergie électrostatique
L’extension de l’intégrale sur (t) à tout l’espace (r = 0 en dehors de (t))
permet d’écrire : 𝟏
𝑾= 𝝆𝑽𝒅𝝉
𝟐
(𝒆𝒔𝒑𝒂𝒄𝒆)
avec :
𝒅𝒊𝒗𝑫 = 𝝆

et 𝒅𝒊𝒗 𝑽𝑫 = 𝑽𝒅𝒊𝒗𝑫 + 𝑫. 𝒈𝒓𝒂𝒅𝑽

Soit :
𝟏 𝟏
𝑾= 𝒅𝒊𝒗 𝑽𝑫 𝒅𝝉 − 𝑫. 𝒈𝒓𝒂𝒅𝑽 𝒅𝝉
𝟐 𝟐
(𝒆𝒔𝒑𝒂𝒄𝒆) (𝒆𝒔𝒑𝒂𝒄𝒆)

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Densité volumique locale WE
d’énergie électrostatique (suite)
𝟏 𝟏
𝑾= 𝒅𝒊𝒗 𝑽𝑫 𝒅𝝉 − 𝑫. 𝒈𝒓𝒂𝒅𝑽 𝒅𝝉
𝟐 𝟐
(𝒆𝒔𝒑𝒂𝒄𝒆) (𝒆𝒔𝒑𝒂𝒄𝒆)
D’après le théorème de stokes, la 1ère intégrale s’écrit :
𝟏 (S) Surface englobant l’espace entier, pouvant être considéré
𝟐 (𝑺) 𝑽𝑫.𝒅𝑺
0 comme une sphère de rayon R tendant vers l’infini.
D varie en 1/R2 , V en 1/R et S en R2 .
𝑹 ⟶ +∞
𝟏 𝟏
Il reste la 2 ème intégrale : 𝑾 = − 𝑫. 𝒈𝒓𝒂𝒅𝑽 𝒅𝝉 = 𝑫. 𝑬 𝒅𝝉
𝟐 𝟐
𝒆𝒔𝒑𝒂𝒄𝒆 (𝒆𝒔𝒑𝒂𝒄𝒆)
Soit, pour un milieu parfait :
𝟏 𝟐
𝑾= 𝜺𝑬 𝒅𝝉
𝟐
(𝒆𝒔𝒑𝒂𝒄𝒆) 𝑾𝑬
D’où la densité volumique de 𝟏 𝟐
l’énergie électrostatique localisée 𝑾𝑬 = 𝜺𝑬
dans l’espace : 𝟐
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Exemple : Energie potentielle électrostatique d’un
condensateur plan contenant un diélectrique l.h.i

𝟏 𝟐
La densité volumique d’énergie vaut : 𝑾𝑬 = 𝜺𝑬
𝟐

Si S est la surface des armatures et e la distance qui les sépare, l’énergie


emmagasinée s’écrit :
𝟐
𝟏 𝟐 𝟏 𝑽 𝟏 𝜺𝑺 𝟐 𝟏 𝟐
𝑾 = 𝜺𝑬 𝑺𝒆 = 𝜺 𝑺𝒆 = 𝑽 = 𝑪𝑽
𝟐 𝝉
𝟐 𝒆 𝟐 𝒆 𝟐
𝑪

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