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N° d’ordre : 2922

THÈSE DE DOCTORAT

Présentée par :

Nadia KASSOU

Discipline : Doctorat en Sciences de la Terre


Spécialité : Hydrogéologie - Environnement

Hydrogéologie, Hydrogéochimie et Qualité des eaux


des nappes aquifères du bassin de l’oued Reg Région d’Alnif
Anti- Atlas oriental

Soutenue le 28 octobre 2016


Devant le jury

Président :
El Bachir JAAIDI PES, Faculté des Sciences de Rabat

Examinateurs :
M’fedal AHMAMOU PES, Faculté des Sciences de Rabat
Mohamed HILALI PH, Faculté Sciences et Techniques d’Errachidia
Abdessamad ELADRAOUI PES, Faculté des Sciences de Rabat
Ahmed FEKRI PES, Faculté des Sciences Ben M'Sik Casablanca
Moad MORARECH PH, Faculté des Sciences de Rabat

Faculté des Sciences, 4 Avenue Ibn Battouta B.P. 1014RP Rabat –Maroc
Tél. +212 05 37 77 18 34/35/38, Fax +212 05 37 77 4261
http://fsr.ac.ma
HYDROGEOLOGIE, HYDROGEOCHIMIE ET
QUALITE DES EAUX DES NAPES AQUIFERES DU
BASSIN DE L’OUED REG
(REGION D’ALNIF, ANTI-ATLAS ORIENTAL)

PAR
NADIA KASSOU

I
RESUME
Le présent travail a pour objectif l'étude de l'état des ressources en eaux des aquifères
du bassin de Reg.
Le bassin de l’oued Reg, sujet de cette étude, est un bassin oasien, appartenant au
grand bassin du Maïder, qui s’inscrit géographiquement dans le bassin versant de l’oued Rhéris
au sens large et fait partie du domaine oriental de l’Anti-Atlas.

L’extraction du bassin, à partir d’un modèle numérique de terrain, a permis de déduire


ses caractéristiques géomorphologiques et hydrométriques. Il a une superficie de 3084 km2. Il
est constitué par le versant sud du Jbel Saghro drainé principalement par l’oued Reg et ses
affluents. La Daya de Maïder est son exutoire naturel. Les altitudes du bassin varient de 615 m
à l'exutoire, jusqu’à 2705 m au point culminant du bassin. La pente moyenne du bassin versant
est de l'ordre de 12,44°. Le bassin est donc allongé et la réponse hydologique serait rapide et
forte.

Des études climatiques, hydrodynamiques et hydrochimiques ont contribué à


l’identification et à l’analyse des processus de détérioration de la qualité chimique des eaux
souterraines de ces nappes.

Le bassin d’oued Reg se caractérise par une forte variation de climat et des sécheresses
récurrentes. Le climat est aride au Nord et devient franchement saharien au Sud. Les
précipitations annuelles moyennes sont de l’ordre de 75 mm. Les traits stratigraphiques et
tectoniques généraux sont relativement difficiles et servent à comprendre les structures
hydrogéologiques du bassin.

L’essentiel des ressources en eau est constitué par des eaux souterraines, Elles sont
exploitées par des khettaras et des puits. Les aquifères captés sont localisés le long des grands
oueds et correspondent à des formations du Primaire et des formations du Plio-quaternaire.

Actuellement, plusieurs palmeraies ont atteint le point de non-retour par le manque


important des ressources en eau et par la forte minéralisation des eaux.
En matière d'eau potable, la population du bassin de Reg souffre énormément du
manque d'eau et de sa mauvaise qualité.

Les analyses chimiques des eaux des nappes alluviales du secteur d’étude montrent
que les eaux sont issues d’une même nappe, qu’elles sont très minéralisées et de surcroît
subissent une recharge ascendante à partir des nappes profondes primaires suivant les systèmes
de fracturation affectant la région. Ce mélange des eaux a permis l’observation d’une évolution
notable de la famille sulfato-calcique vers une autre famille chloruro-sodique.

Les eaux du bassin de Reg sont qualifiées, dans l’ensemble, comme étant de bonne
qualité. Cependant, des effets naturels liés à la minéralisation des formations géologiques de
l’Anti-Atlas et à des effets exogènes aux conditions naturelles du milieu ont été mis en évidence
par de fortes teneurs aléatoires en nitrates et par l’existence d’une très grande minéralisation
dans les eaux des nappes alluviales.

Mots clés : Aquifère du bassin de Reg, Anti-Atlas, Hydrogéologie, Hydrogéochimie, Qualité


chimique des eaux, Spéciation.

I
ABSTRACT ABSTRACT

Hydrogeology, groundwater quality and hydrogeochemistry of the Reg basin


(Alnif zone, Anti Atlas of Morocco)
This work aims to study the state of groundwater resources in the Reg Basin. This
basin, is a part of the great basin of Maïder situated in South of Morocco. The extraction of the
basin characteristics, from a digital elevation model, allowed to setup geomorphology and
hydrometric features. It has an area of 3084 km2, and it consists of the southern slopes of Saghro
mountain drained mainly by the river and its tributaries. The Dayet Maïder is the natural outlet
of the basin. The altitude of the Reg basin varies from 615 m at the outlet, to 2705 m at the
highest point of the basin. The average slope of the watershed is approximately 12.44 °. The
basin is elongated and its hydrological response would be fast and strong.
Climate, hydrodynamic and hydrochemical studies have contributed to the
identification and analysis of chemical quality of groundwaters. The Reg is characterized by a
strong variation of climate and recurrent droughts. The climate is arid in the north and becomes
Saharan in the south. The annual average of rainfalls is 75 mm. The general stratigraphic and
tectonic features are used to understand the hydrogeological beahaviour in the Reg basin.

Most of the Reg basin waters consist of groundwater resources, they are exploited by
khettaras and wells. The aquifers are located along major wadis and contained in the primary
and pio-quaternary formations. Currently, several palm groves are characterized by the scarcity
of the groundwater and a high salinity. For water supply, the population suffers greatly from
lack of water and its poor quality.

Chemical analyzes of groundwater from alluvial aquifer show that the water is issued
from the same aquifer, they are highly mineralized and recharged from the confined aquifers,
following fractures that affecting the all aquifer system the Reg. This groundwater mixture
allowed the observation of a significant change in the calcium sulfate-family to another family
(chloride-sodium). The groundwaters are qualified, overall, to be of good quality. However,
natural effects related to the mineralization of the geological formations and exogenous effects
to natural environmental conditions were highlighted by strong random nitrate and by the
existence of a very large mineralization in alluvial aquifer.

Keywords : Reg aquifer basin, Anti-Atlas, hydrogeology, hydrogeochemistry,


chemical quality of water, speciation.

II
AVANT-PROPOS

La tradition veut que cette page soit réservée aux remerciements de toute personne,
organisme et laboratoire qui ont contribué de près ou de loin à l’aboutissement de ce travail.

Les travaux présentés dans ce mémoire ont été effectués au Laboratoire


d’Océanologie, Géodynamique et Génie Géologique du Département des Sciences de la Terre
de la Faculté des Sciences de Rabat où j’exerce en tant qu’enseignante chercheur depuis 1996.
Ce travail est le fruit d’une solide collaboration entre les chercheurs de l’équipe Géologie de
l’Eau et de l’Environnement : Etudes, Analyses et Recherches. J’espère que cette collaboration
se consolidera et s’étendra à plusieurs axes de recherches.

L’acquisition des données climatologiques et hydrogéologiques présentées dans ce


travail a été permise grâce l’Agence du Bassin Hydraulique Guir Ziz Ghris. Je remercie
vivement les responsables de cet établissement pour leur collaboration effective.

Je tiens à exprimer ma gratitude à tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à la
réalisation de ce travail.

Monsieur El Bachir Jaaidi, Professeur à la Faculté des Sciences de Rabat, qui a bien
voulu présider mon jury de thèse. Tout en le remerciant vivement, je lui exprime ma
reconnaissance et mes respects.

Je voudrais adresser ma profonde reconnaissance à Monsieur M’fedal Ahmamou,


Professeur à la Faculté des Sciences de Rabat, qui a volontairement accepté la direction de ce
travail. Il m’a toujours prodigué ses encouragements et son soutien. Lors de la rédaction de ce
mémoire, ses remarques constructives et sa disponibilité m’ont beaucoup aidé. Je le remercie
très sincèrement pour ses conseils, orientations et encouragements.

C’est un honneur pour moi d’avoir parmi les membres de jury Monsieur Mohamed
Hilali, Professeur à la Faculté Sciences et Technique d’Errachidia. En plus d’une abondante
bibliographie qu’il a mise à ma disposition, il m’a toujours exprimé son intérêt à ce travail. Ses
directives et ses critiques constructives m’ont été précieuses. C’est un agréable devoir pour moi
de le remercier et de lui exprimer mon amicale gratitude.

Je désire remercier très sincèrement Monsieur Ahmed Fikri, Professeur à la Faculté


des Sciences Ain Chok Casablanca qui m’a encouragé durant ce travail et qui a bien voulu le
juger.

Je désire remercier très sincèrement Monsieur El Adraoui Abdessamad, Professeur au


Laboratoire d’Océanologie, Géodynamique et Génie Géologique du Département des Sciences
de la Terre de la Faculté des Sciences de Rabat qui m’a encouragé et soutenu durant ce travail
et qui a bien voulu le juger.

Je remercie le professeur Moad Morarech Professeur au Laboratoire d’Océanologie,


Géodynamique et Génie Géologique du Département des Sciences de la Terre de la Faculté des
Sciences de Rabat d’avoir voulu juger ce manuscrit et de m’avoir honoré par sa présence parmi
les membres de jury de ma thèse.

III
Mes remerciements s’adressent à Monsieur le Professeur Tarik Bahaj du Laboratoire
d’Océanologie, Géodynamique et Génie Géologique du Département des Sciences de la Terre
de la Faculté des Sciences de Rabat qui m’a apporté son aide dans les domaines de
l’hydrochimie et de la spéciation hydrochimique.

Je remercie tous mes collègues du Département des Sciences de la Terre de la Faculté


des Sciences de Rabat pour leur soutien et leur encouragement.

Je voudrais ensuite rendre hommage et remercier vivement tous ceux qui ont permis
le bon déroulement de ce travail.

IV
JE DEDIE CE TRAVAIL

A ma mère
Dont le dévouement et l’amour n’a d’égal que la douceur et la gentillesse. Que
Dieu, le tout puissant te préserve, t’accorde santé, bonheur et quiétude de
l’esprit.

A mon père
Qui fût et restera pour moi le modèle éternel de courage, de rigueur et
d’honnêteté. Puisse Dieu, le tout puissant, le préserver et lui accorder santé,
longue vie et bonheur.

A mon époux
Ton aide de tous les jours et tes sacrifices m’ont été d’un grand secours dans
mon travail.
Avec tout mon amour.

A mes enfants
Aucune dédicace ne saurait exprimer l’amour et la tendresse que j’ai pour vous.
Vous êtes ma fierté, la lumière de ma vie.
Tous mes vœux de bonheur, de santé et de réussite.

A mon frère, mes sœurs et leurs petites familles


En témoignage de l’attachement, de l’amour et de l’affection que je porte pour
vous.
Avec toute ma tendresse.

A ma belle-mère, mon beau-frère et sa petite famille


Respect et sincère attachement.

A toute ma famille et ma belle famille


En témoignage des liens qui nous unissent.
Je vous souhaite succès et bonheur.

A mes cher(e)s ami(e)s


Je ne peux trouver les mots justes et sincères pour vous exprimer mon affection
et mes pensées.Veuillez retrouver dans ma dédicace l’expression de ma
profonde amitié.

Et à tous ceux que ma réussite leur tient à cœur.

V
SOMMAIRE

Résumé …………………………………………………………………………………………….……………..……... I
II
Abstract ………………………………………………………………………………………………..…………….…..
III
Dédicace ……………………………………………………………………………………………………………...…
V
Sommaire …………………………………………………………………………………..…………………….…….. VI
Liste des figures …………………………………………………………..………………………………………….. IX
Liste des tableaux …………………………………………………………………...……………………………….. XII

Introduction générale…………………………………………………………………………………………..... 1

Chapitre I : Etude morphométrique et hudrologique du bassin de oued Reg ……….. 9


I- Présentation de la zone d’étude…………………………………….……………………………………………… 9
I-1- Situation administrative…………………………………….………………………………………... 12
I-2- Activités économiques …………………………………….………..………………………………... 13
I-2-1- Agriculture …………………………………….……………………………………………... 13
I-2-2- Elevage …………………………………….………………………………………………….. 14
I-3- Activités minières …………………………………….………………………………………….……. 14
I-4- Autres activités …………………………………….…………………………………………………… 14
14
II- Etude morphométrique du bassin de Reg ………………………………….………………………………… 15
II-1- Matériels et méthodes …………………….……………………….……………………………….. 15
II-1-1- Les logiciels………………….……………….…………………………………………….. 15
II-1-1- Les données………………….….…………….…………………………………………….. 15
II-2- Résultats de l’analyse morphométrique ………….……………….………………………….. 21
II-2-1- Caractéristiques de la forme du bassin de Reg………………………………..... 21
II-2-2- Rectangle équivalent………………………………......……………………………….... 22
II-2-3- Carte hypsométrique………………………………......……………………………….... 22
II-2-4- Courbe hypsométrique…………………......…………………………………………… 23
II-2-5- Carte de pente du bassin versant …......……………………………………………… 25
II-2-6- Récapitulatif des caractéristiques de la morphométrie du bassin de Reg 26
II-3- Résultats de l’analyse hydrologique .……………......……………………………………….... 26
II-3- 1- Localisation du point d'évacuation des eaux pour chaque bassin……...... 26
II-3- 2- Hiérarchisation et drainage du bassin versant de la région de Reg……... 28
II-3- 3- Profil en long………………………………......……………………………….................. 31
III- Potentiel en eau de surface………………………………......……………………………….…………………. 31
III-1- Introduction………………………………......……………………………….……………………… 31
III-2- Mobilisation et utilisation des eaux de surface………………….………………………... 32
IV-Conclusion ………………………………......……………………………….………………………………………... 33
35
Chapitre II : Climatologie du bassin de Reg ………......……………………………….…………….. 36
I-Introduction………………………………......……………………………….…………………………………………. 37
II-Paramètres climatologiques…………......……………………………….……………………………………….. 37
II- 1- Les températures ……......……………………………….………………………………………....... 37
II- 1- 1- La température moyenne………………….………………………………………...... 38
II- 1-2- La tendance interannuelle………………….………………………………………..... 39
II-2- Les précipitations ……......……………………………….………………………………………....... 39
II- 2- 1- Variabilité mensuelle ……………….………………………………………................. 40
II- 2- 2- Variabilité saisonnière…………….………………………………………................... 41

VI
II- 2- 3- Variabilité interannuelle ……….………………………………………....................... 43
II-3- L’humidité relative ……….………………………………………..................................................... 44
II-4- L’évaporation……….………………………………………................................................................ 44
II- 5- Vitesse du Vent….………………………………………................................................................... 44
III- Classification climatique……………………......……………………………….…………………………….. 44
III- 1- Coefficient d’aridité………......……………………………….………………………………... 46
III-2- Classification climatique par le climagramme de Sauvage ……………………….... 47
IV- Conclusion ………......……………………………….……………………………………………………………...
48
Chapitre III- Géologie du bassin de Reg ………………………………………………………. 49
I-Introduction ……......……………………………….…………………………………………………………….......... 51
II-Cadre géographique de l’Anti-Atlas…….……………………………………………………………............ 54
III-Histoire géologique de l’Anti-Atlas…….……………………………………………………………............ 57
IV-Géologie de la zone d’étude…….………………………………………………………………....................... 59
V-Traits lithostratigraphiques de la zone d’étude……………………………………………........................ 61
V-1- Précambrien….……………………………………………………………......................................... 61
V-2 - Le Cambrien….……………………………………………………………...................................... 63
V-3- Le Cambrien inférieur (Géorgien) ………………………………………………………........ 63
V- 4- Le Cambrien moyen (Acadien)………………………………………………………............. 64
V-3 - L’Ordovicien……………………………………………………….................................................... 65
V-4 - Le Silurien ………………………………………………………....................................................... 66
V-5 - Le Dévonien ……………………………………………………….................................................... 67
V-6- Le Carbonifère ………………………………………………………................................................ 67
V-7- Le Crétacé ………………………………………………………......................................................... 67
V-8- Le Mio-Plio-Quaternaire………………………………………………………........................... 68
VI-Traits structuraux de la zone d’étude………………………..………………………………........................ 71
VII-Magmatisme de la zone d’étude…………………………………………………………...............................
72
Chapitre IV- Hydrogéologie du bassin de l’oued Reg région d’Alnif ......................... 72
I- Aperçu sur les travaux hydrogéologiques antérieurs réalisés dans le bassin de Reg................. 74
II- Résultats sur les travaux de forages………………………………………………………............................. 75
III- Inventaire des Khettaras dans le bassin de Reg……………………………………................................. 77
IV-Caractérisation hydrogéologique des palmerais du bassin de Reg……………................................ 79
IV-1- Aquifères paléozoïques des palmeraies de l’oued Reg……………............................... 79
IV-1- 1- Lithologie et extension géographique……………............................................................ 79
IV-1-2- Paramètres hydrodynamiques et productivité…………….............................................. 80
IV-2- Aquifère plio-quaternaire des palmeraies de l’oued Reg............................................... 80
IV-2-1- Lithologie, géométrie et extension de l’aquifère............................................... 80
IV-2-2- Epaisseur de l’aquifère……………………………………...........................……….... 80
IV-2-3- Caractéristiques hydrodynamiques et éléments de recharge....................... 80
IV-2-4- Piézométrie de la nappe plio-quaternaire de Reg…………….......................... 82
V-2-5- Profondeur de la nappe plio-quaternaire……………............................................. 83
IV-3- Hydrogéologie du couloir d’Alnif-Nkob……………............................................................ 83
V-Interprétation des essais de pompage……………..............................……………........................................... 83
V-1- Introduction……………..................…………..................……………..................…………...…........ 83
V-2- Résultats des essais de pompage ……………..................…………..................…………..….... 88
VI-Récapitulatif sur le fonctionnement hydrogéologique général du bassin de Reg ..…………….
VII-Exploitation des eaux souterraines du bassin de Reg : Système des Khettaras et stations 89
de pompage……………..................……………..................…………..................…………..…........................................ 89
VII-1- Les khettaras : un usage pour l’AEP et l’irrigation……………..................................... 90

VII
VII-2- Pompage moderne à partir des puits et/ou forages……………...................................... 90

Chapitre V : Hydrochimie, spéciation géochimique et qualité des eaux des


aquifères du bassin de Reg –région d’Alnif- …………………………….................................... 91
I-Introduction...……………..................……………................……………....................................................................... 92
II– Matériels et Méthodes...……………..................……………..................……………............................................ 93
III- Hydrogéochimie, qualité et composition chimique en éléments majeurs des eaux du
bassin de Reg...……………..................……………..................……………...................................................................... 99
III- 1- Paramètres physiques……..................…………….....……..................……………....……......... 99
III-1- 1- Température……..................……………........……..................…………........................ 99
III- 1- 2- La conductivité électrique……..................…………….....……................………... 100
III- 1- 3- Le pH……..................…………….....……..................………...…..................................... 100
III- 1- 4- Le potentiel d’oxydo-réduction……..................…………….....……................… 101
III- 2- Paramètres chimiques et classification des eaux du bassin de l’oued Reg…….. 103
III- 2- 1- Familles d’eau du bassin de l’oued Reg……..................……………................ 103
III- 2- 2- Les cations majeurs...........…………….....……................…… ...........…………….... 110
III- 2- 3- Les anions majeurs...........…………….....……................……………………………. 119
IV- Hydrogéochimie des éléments mineurs et traces dans les eaux souterraines de la région
d’Alnif du bassin de Reg...........…………….....……................…… ...........…………….....……................………... 125
IV- 1- Introduction...........…………….....……................…… ...........…………….....……................……. 125
IV- 2- Les éléments alcalins et alcalino-terreux rares...........…………….....……....................... 126
IV- 2 - 1- Le lithium...........…………….....……................…… ...........…………….....……......... 126
IV– 2 – 2- Le strontium...........…………….....……................…… ...........…………….....…….. 127
IV– 2 – 3- Le baryum...........…………….....……................……………………………………... 128
IV- 2- 4- L’aluminium, le fer et le manganèse...........…………….....……................……. 129
IV-2- 5- Le plomb, le zinc et le cadmium...........…………….....……................………….. 133
IV-2- 6- Le Mercure...........…………….....……................……………………………………….. 135
IV-2- 7- L’Argent...........…………….....……................…………………………………………... 136
V- Les nitrates...........…………….....……................…… ...........…………….....……................………………………. 137
V- 1- Introduction...........…………….....……................…… ...........…………….....……................…….. 137
V- 2- Cycle de l’azote...........…………….....……................…… ...........…………….....…….................. 138
V- 3- Résultats et discussions...........…………….....……................…………………………………… 140
VI- Origine de la minéralisation des eaux souterraines du bassin de Reg...........…………….....……. 141
VI- 1- Equilibre de l’eau avec les minéraux...........…………….....……................……………….. 141
VI - 1- 1- Notion d’activité ionique...........…………….....……................…………………... 142
IV- 1- 2- Notion de l’indice de saturation...........…………….....……................………….. 143
VI-2- Corrélations ioniques...........…………….....……................…… ...........…………….....……...... 146
VII- Qualité des eaux des eaux souterraines de la région d’Alnif bassin du Reg...........………….. 151
VII- 1- Typologie des eaux des eaux souterraines de la région d’Alnif bassin du Reg 151
VII- 1- 1- Système national d’évaluation de la qualité des eaux.........……………... 151
VII- 1- 2- Evaluation de la qualité des eaux du bassin de Reg.........………………... 152
VII- 2- La dureté.........………… .........………… .........………… .........………… .........………… ............ 155
VIII- Conclusions.........………… .........………… .........………… .........………… .........………… .........…………… 156

Conclusion générale.........………… .........………… .........………… .........………… .........……………

Références bibliographiques.........………… .........………… .........………… .........…………………

VIII
LISTE DES FIGURES

Figure 1: Image Landsat 7 du secteur d’étude ......................................................................... 11


Figure 2: Situation géographique di bassin du Reg .................................................................. 11
Figure 3: MNT du Maroc (30m) .............................................................................................. 16
Figure 4: Résultat de l’utilisation de l’outil Fill Sinks d’Arc Hydro ....................................... 17
Figure 5: Codage des directions des flux de l’outil Flow Direction d’Arc Hydro ................... 18
Figure 6: Résultat de l’utilisation de l’outil Flow Direction d’Arc Hydro............................... 18
Figure 7: Codage des accumulations des écoulements de l’outil Flow Direction d’Arc Hydro
.................................................................................................................................................. 19
Figure 8: Résultat de l’utilisation de l’outil Flow Accumulation d’Arc Hydro ....................... 20
Figure 9: Extraction du MNT du bassin versant de Reg .......................................................... 21
Figure 10:Répartition spatiale des altitudes du bassin de Reg (en m) générées à partir du
modèle numérique de terrain (MNT) ....................................................................................... 23
Figure 11: Hypsométrie du bassin de Reg ............................................................................... 25
Figure 12: Carte des pentes du bassin de l’oued Reg ............................................................... 26
Figure 13: Identification des lignes du drainage du bassin de Reg .......................................... 28
Figure 14: Hiérarchisation du réseau hydrographique du bassin de Reg ................................. 29
Figure 15: Carte de densité du drainage du bassin de Reg ....................................................... 30
Figure 16: Profil en long de la rivière principale du bassin de Reg ......................................... 31
Figure 17: Evolution annuelle des volumes des apports de l’oued Reg (1995-2008).............. 32
Figure 18: Carte de situation des deux stations climatologiques dans la région d’étude ......... 37
Figure 19: Ecart interannuel des températures moyennes (T-Tm) en °C de la station d’Alnif.
.................................................................................................................................................. 39
Figure 20: Répartition des pluies mensuelles interannuelles au niveau des stations ............... 40
Figure 21: Ecart entre la pluie annuelle (P en mm) et la moyenne interannuelle (Pm en mm) 41
Figure 22: Ecart entre la pluie annuelle (P en mm) et la moyenne interannuelle (Pm en mm)
pour la station Tazarine. ........................................................................................................... 42
Figure 23: Diagramme ombrothermique de la station d’Alnif. ................................................ 42
Figure 24: Diagramme ombrothermique de la station de Tazarine .......................................... 43
Figure 25: Variation de l’indice d’aridité à la station d’Alnif (1982-1983/2007-2008). ......... 46
Figure 26: Situation de la zone d’étude dans le climagramme pluviométrique de Sauvage
(1963b). .................................................................................................................................... 47
Figure 27: Carte des domaines structuraux du Maroc avec les affleurements des formations
paléozoïques (Piqué et Michard, 1989) complétée pour le domaine saharien (Piqué, 1994) .. 50
Figure 28:La chaine anti-atlasique dans un schéma géologique du Sud Marocain montrant la
répartition des pointements précambriens et les affleurements paléozoïques de l'Anti-Atlas
(Faik, 2005). ............................................................................................................................. 53
Figure 29: Situation du domaine anti-atlasique dans le cadre de l’Afrique de l’Ouest............ 55
Figure 30: Esquisse structurale du Nord du craton africain (Beuf et al., 1971) ....................... 56
Figure 31: Image Landsat 7 du secteur d’étude ....................................................................... 58
Figure 32: Schéma structural du secteur d’étude (Baidder, 2007). .......................................... 59
Figure 33: Carte géologique simplifiée du bassin de Reg tirée de la carte géologique du
Maroc au 1/200 000, Feuille Todgha - Maïder (Du Dresnay et al, 1988) ............................... 60
Figure 34: Coupe géologique schématique de la région d’Alnif (depuis Saghro jusqu’à
Fezou). ...................................................................................................................................... 60
Figure 35: Coupe synthétique de la couverture paléozoïque de l’Anti-Atlas oriental ............. 62

IX
Figure 36: Carte des linéaments dans le bassin de Reg ............................................................ 70
Figure 37: Rose des directions des linéaments détectés par la transformée de Hough sur
l'image radar du bassin de Reg ................................................................................................. 71
Figure 38: Schéma de fonctionnement d’une khettara (Ben Brahim, 2003) ............................ 75
Figure 39: Répartition des classes des débits des khettaras ..................................................... 76
Figure 40: Situation des principales khettaras avec leurs débits dans le bassin de Reg........... 77
Figure 41: Carte piézométrique de la nappe plio-quaternaire de la palmeraie d’Alnif (état de
2015)......................................................................................................................................... 81
Figure 42: Répartition spatiale de la profondeur de l’eau par rapport au sol de la nappe plio-
quaternaire ................................................................................................................................ 82
Figure 43: Essai de longue durée réalisé au niveau du forage 2452/56 ................................... 84
Figure 44: Essai de longue durée réalisé au niveau du forage 2785/56 ................................... 84
Figure 45: Essai de longue durée réalisé au niveau du forage 2452/56 ................................... 85
Figure 46: Essai de longue durée réalisé au niveau du forage 2785/56 ................................... 86
Figure 47: Coupe hydrogéologique synthétique du bassin du Maïder (Managem, 2011) ....... 89
Figure 48: Localisation des puits échantillonnés dans la zone d’étude .................................... 94
Figure 49: Situation des eaux de la région d’étude dans le diagramme de Pourbaix ou
potentiel- PH .......................................................................................................................... 102
Figure 50: Diagramme de Piper des eaux souterraines au nord-ouest du bassin de Reg ....... 104
Figure 51: Diagramme de Piper des eaux souterraines au centre du bassin de Reg. ............. 105
Figure 52: Diagramme de Piper pour les eaux des régions nord et au nord-est du bassin de
Reg. ........................................................................................................................................ 106
Figure 53: Enrechissement en sel dans la région nord-est du bassin de Reg. ........................ 106
Figure 54: Diagramme de Piper pour les eaux des régions sud-ouest du bassin de Reg. ...... 107

Figure 55a :Diagramme de Schoeller des eaux du bassin de Reg. ......................................... 109
Figure 55b: Diagramme de Schoeller des eaux du bassin de Reg. ........................................ 110
Figure 56: variation de la TDS dans le bassin de Reg ........................................................... 112
Figure 57: Carte de la salinité des eaux de la nappe plio-quaternaire du bassin de Reg région
d’Alnif .................................................................................................................................... 113
Figure 58: variation des teneurs en sodium et en potassium (en mg/l) dans le bassin de Reg
................................................................................................................................................ 115
Figure 59: Rapport Na/K des différents puits des nappes du bassin de Reg .......................... 116
Figure 60: Carte de répartition des ions calcium (en mg/l) dans la zone d’étude. ................. 117
Figure 61: Carte de répartition des ions magnésium (en mg/l) dans la zone d’étude. ........... 118
Figure 62: Variation des teneurs de calcium et de magnésium en fonction de la TDS.......... 119
Figure 63: Rapport Mg/Ca des différents puits des nappes du bassin de Reg ....................... 119
Figure 64: Distribution des espèces carbonatées dans le diagramme de Siellen (Appelo et
Postma, 1993). ........................................................................................................................ 121
Figure 65: Carte de répartition des ions bicarbonates (en mg/l) dans la zone d’étude........... 122
Figure 66: variation des teneurs en chlorures dans le bassin de Reg. .................................... 123
Figure 67: Carte de répartition des ions chlorures (en mg/l) dans la zone d’étude. ............... 124
Figure 68: Carte de répartition des sulfates (en mg/l) dans la zone d’étude. ......................... 125
Figure 69: Variation de la teneur du lithium et du strontium en fonction de la TDS dans les
eaux de la région d’étude. ...................................................................................................... 128
Figure 70: Saturation des eaux étudiées vis-à-vis de la strontiane ......................................... 129
Figure 71: Variation de la teneur du baryum en fonction des sulfates dans les eaux de la
région d’étude ......................................................................................................................... 130
Figure 72: Variation de la teneur de l’aluminium en fonction de la TDS dans les eaux de la
région d’étude. ........................................................................................................................ 131

X
Figure 73: Le système Fe-O-H2O dans le diagramme pe-pH à 25°C (Drever, 1982)…….... 133
Figure 74: Variation des teneurs du plomb, zinc et cadmium en fonction de la TDS dans les
eaux de la région d’étude ....................................................................................................... 135
Figure 75: Variation des teneurs du d’Argent en fonction de la TDS dans les eaux de la région
d’étude. ................................................................................................................................... 137
Figure 76: Cycle de l’azote (Garrels et al, 1975). .................................................................. 139
Figure 77: Teneur des eaux étudiées en nitrates..................................................................... 141
Figure 78: Variation des nitrates en fonction de la TDS ........................................................ 142
Figure 79: Saturation des eaux étudiées vis-à-vis de la calcite, de l’aragonite et de la dolomite.
................................................................................................................................................ 146
Figure 80: Saturation des eaux étudiées vis-à-vis du gypse ................................................... 147
Figure 81: Variation de la teneur des chlorures en fonction de la TDS dans les eaux de la
région d’étude. ........................................................................................................................ 148
Figure 82: Variation de la teneur du sodium en fonction de la TDS dans les eaux de la région
d’étude. ................................................................................................................................... 148
Figure 83: Variation de la teneur des sulfates en fonction de la TDS dans les eaux de la région
d’étude. ................................................................................................................................... 149
Figure 84: Variation de la teneur du sodium en fonction des chlorures dans les eaux de la
région d’étude. ........................................................................................................................ 149
Figure 85: Variation de la teneur du calcium en fonction des sulfates dans les eaux de la
région d’étude .................................................................................................... ……………150
Figure 86: Rapport Sr/Ca des eaux souterraines du bassin de Reg ........................................ 151
Figure 87: Répresentation graphique de la qualité des eaux souterraines de la région selon le
(SEQ 2008). ............................................................................................................................ 155
Figure 88: Répartition globale des captages en fonction de l’altitude de qualité selon (SEQ -
2008)....................................................................................................................................... 156
Figure 89: Dureté des eaux des nappes du bassin de l’oued Reg…………….…………………. 157

XI
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1: Ressources en eau mobilisables au Maroc...…………….……………………………...….…….5
Tableau 2:Affectation des ressources en eau mobilisées au Maroc…….....…………...…………….......6
Tableau 3: Répartition des surfaces selon les classes d’altitudes…………………..……….....………..24
Tableau 4: Caractéristiques morphométriques du bassin de Reg……………..........……………….…..27
Tableau 5: Longueur du réseau hydrographique par ordre……………………..……………..………..…29
Tableau 6: Températures mensuelles moyennes en °C enregistrées au niveau des stations de
Tazarine (1975-76/2001-2002) et d’Alnif (1985-86/2002-2003) ….……………….………...……....38
Tableau 7: Variabilité moyenne saisonnière des précipitations pour les stations d’Alnif et de
Tazarine…………………………...…………………………………………..……………………………..……………..40
Tableau 8: Humidité relative moyenne mensuelle du bassin de Reg (en %)………......……….…..43
Tableau 9: Evaporation moyenne mensuelle au niveau du bassin de Reg (en mm) …………......44
Tableau 10: Vitesse moyenne mensuelle du vent dans le bassin de Reg (en m/s) ……..………...44
Tableau 11: Variation de l’indice de Martonne caractérisant les différents climats (Martonne,
1950)……………………...…………………………………………..…………………………………………………......45
Tableau 12: Indice d’aridité enregistré à la station d’Alnif durant la période 1982-
2008…………………………………...……………………………………..…………………………..…………………..45
Tableau 13: Techniques analytiques utilisées sur le terrain…………………………………..…...……...95
Tableau 14: Résultats des analyses chimiques des éléments majeurs effectuées dans les
nappes aquifères du bassin de Reg………...……………………………………………….……………………..96
Tableau 15: Résultats des analyses chimiques des éléments traces effectuées dans les nappes
aquifères du bassin de Reg……………………………...…………………………………….…………………..….97
Tableau 16: Indice de saturation de quelques minéraux carbonatés dans les eaux du bassin de
Reg………………………………….……………….………………………………………………………………….......145
Tableau 17: La nouvelle Grille simplifiée pour l'évaluation de la qualité globale des eaux
souterraines 2008…………………………….……………………………………………..…………………...…….152
Tableau 18: Classification des eaux souterraines de la zone d’étude selon le système
d'évaluation de la qualité des eaux 2008…………………………….…………………………………..…….153
Tableau 19: Pourcentage des captages des eaux souterraines de la zone d’étude en fonction
des altitudes de qualité selon le système d'évaluation de la qualité des eaux (SEQ 2008) …..154

XII
INTRODUCTION GENERALE

1
INTRODUCTION GENERALE

L’eau semble une ressource inépuisable car elle est renouvelable. Le cycle de l’eau
permet, par évaporation, de créer de l’eau douce à partir de l’eau de mer et de l’acheminer et de
la stocker sur les continents. On peut donc prélever cette ressource à condition de ne pas
surexploiter les réserves (c.à.d en ne dépassant pas leur capacité à se renouveler) sinon elles
s’épuisent.

La crise de l'eau qui se profile à l'horizon est l'une des plus graves problèmes qui
menace le monde aujourd'hui. Si la population mondiale a triplé au cours du dernier siècle, la
demande de cette précieuse ressource a sextuplé dans le même temps. Sans une meilleure
gestion des ressources hydriques et des écosystèmes, deux tiers de l'humanité manqueront
cruellement d'eau d'ici 2025 (UNESCO, 2015).

L’accès à l’eau n’est pas tout. Il faut encore que cette eau soit potable et de qualité
appréciable pour pouvoir être utilisée, notamment pour les besoins domestiques.

Au cours de ces trois dernières décennies, sur les plans hydrologique et hydrogéologique,
le Maroc a été caractérisé par une diminution des apports des cours d'eau, en particulier les apports
d'étiage et une baisse des niveaux piézométriques des aquifères marocains. Selon le Ministère de
l'Aménagement du Territoire de l'Eau et de l'Environnement (2006), les ressources en eau vont subir
une diminution estimée entre 10% et 15%. Le Plan National de l'Eau et d'autres études ont estimé,
à l'horizon de 2020, une accentuation de diminution des volumes régularisés au niveau de tous les
bassins versants du Maroc (Ministère de l'Aménagement du Territoire de l'Eau et de
l'Environnement, 2006).

Au Maroc, les ressources en eau sont insuffisantes, soit parce que les précipitations
sont faibles (régions arides et semi-arides) soit parce que les besoins sont particulièrement forts
(zones de forte population) d’où une consommation qui dépasse les ressources. Ces régions
sont en situation de stress hydrique ou de pénurie d’eau.

Ainsi le Maroc, zone de climat méditerranéen, connaît une opposition climatique entre
le Nord et le Sud. Même si les ressources en eau sont globalement plus ou moins suffisantes
(18 Mm3), les régions du Nord bénéficient des précipitations importantes et ont donc des
ressources globalement suffisantes bien que la région est la plus peuplée et où la consommation
est maximale tandis que celles du Sud marquées par une faible pluviosité, des températures
élevées se trouvent en manque crucial en ressources en eau.

2
A la lumière de cette diminution des ressources en eau, le Maroc est comme tous les pays
du monde confronté au problème de gestion des ressources en eau qui s’inscrit dans la politique
du développement durable tant au niveau du pays qu’au niveau régional. La gestion de cette
ressource dans les zones arides est confrontée par sa rareté et sa mal répartition dans l’espace
et dans le temps, d’où l’intérêt de la gestion planifiée des ressources en eau par bassin versant.

La gestion planifiée des ressources en eau par bassin versant est essentiellement axée
sur la conservation du sol et sur la mise en valeur des ressources renouvelables. Pour
l'agriculture, cela comprend la mise en valeur et la maîtrise des eaux de surface provenant des
cours d'eau éphémères pour effectuer de petits captages ou des opérations d'épandage.

En bref, la gestion des ressources en eau nécessite une connaissance préalable des
apports d’eau en différents points du réseau hydrographique du bassin versant et les ressources
en eau souterraines des aquifères de la région étudiée.

De point de vue qualité, et d’après l’organisation mondiale de la santé (OMS), des


dizaines de milliers de personnes par an meurent à cause d'une eau polluée ou souillée.

On constate depuis le siècle dernier, une dégradation constante de la qualité de l'eau.


La pollution des eaux de surface comme des nappes phréatiques est une réalité indéniable. Sur
une grande échelle, l'agriculture intensive n'y est pas étrangère (abus d'engrais chimiques et
autres produits phytosanitaires) mais aussi, il ne faut pas oublier l’activité industrielle et
l’activité ménagère.

La dégradation de la qualité de l’eau contribue à la pénurie. C’est un aspect


préoccupant qui commence à être pris en considération dans la gestion des ressources en eau.
La mauvaise qualité de l’eau a, sur la santé et l’environnement, de multiples conséquences qui
rendent l’eau impropre à la consommation et réduisent, de ce fait, les ressources en eau
disponibles. En effet, la pollution est en passe de devenir l’une des principales menaces pour la
disponibilité et la réutilisation de l’eau. L’urbanisation rapide, le développement des activités
agricoles, l’utilisation d’engrais et de pesticides, la dégradation du sol, les fortes densités de
population et les mauvaises conditions d’élimination des déchets portent atteinte aux sources
d’eau douce disponibles. Le traitement de l’eau étant très coûteux, il faut donc prendre des
mesures nécessaires, afin de prouvoir résoudre en particulier les problèmes de rareté et de
qualité de l’eau.

Les forts pompages et l’activité minière ont montré que les ressources en eau
souterraine sont particulièrement abondantes. Néanmoins, ces eaux présentent, naturellement, des

3
minéralisations élevées dans la majorité des puits, ainsi qu’un comportement corrosif qui se
manifeste au niveau des conduites hydrauliques. D’où la nécessité d’une étude consacrée à l’origine
des eaux souterraines dans la région et aux mécanismes de leur minéralisation.

L'eau revêt ainsi un intérêt particulier partout dans le monde notamment dans les zones
à climat aride et semi-aride : c’est le cas du Maroc. Toutefois, les ressources en eau aussi bien
superficielles que souterraines, qui étaient jadis de bonne qualité, se trouvent actuellement très
affectées par diverses sources de pollution. Dans ces zones, les eaux souterraines représentent,
en général, la principale source d’alimentation en eau potable et parfois l’unique ressource dont
certains disposent.

L’équilibre fragile entre le renouvellement naturel des eaux souterraines et les besoins
de prélèvement d’une part, et entre la qualité naturelle de cette eau et les risques de
contamination d’autre part, nécessite une compréhension poussée du fonctionnement des
aquifères et, de façon plus large, des hydrosystèmes dans leur globalité. C’est donc au carrefour
des sciences hydrologiques, hydrogéologiques, agronomiques, biologiques et chimiques que se
situent les défis auxquels font face les gestionnaires des ressources en eaux souterraines et ceux
du territoire.

Hormis la quantité, c’est également en termes de qualité que les impacts doivent être
quantifiés. Au cours des dernières années, plusieurs incidents concernant la détérioration de la
qualité des eaux souterraines ont contribué à sensibiliser davantage le public et les autorités à
l'importance et à la vulnérabilité de ces ressources.

Cet aléa est devenu donc une source d'inquiétude grandissante pour les responsables
de la gestion des ressources hydriques et de la protection de l'environnement. De plus, la
circulation des eaux souterraines est si lente que les effets d'une éventuelle contamination
mettent du temps pour se manifester. En raison de ce phénomène, et du coût exorbitant que
représente le nettoyage d'un aquifère contaminé, si toutefois il est possible, il est préférable de
prévenir en premier lieu tout risque de contamination et essayer de protéger au maximum les
ressources en eau.

4
I- Problématique de la gestion des ressources en eau dans les aquifères arides
(Exemple Bassin de Reg)

Comme dans de nombreux pays du monde, le Maroc fait face à la problématique du


développement et de gestion durable des ressources en eau. Caractérisées par une grande
disparité géographique et une forte sensibilité aux aléas climatiques, les ressources en eau
limitées dont il dispose font face à une forte pression d'une demande qui résulte de la croissance
de la population, de l'amélioration des conditions de vie et des implications du développement
économique.

Le Maroc est classé parmi les pays à risque de pénurie conjoncturelle, plutôt localisée
(Commission Méditerranéenne du Développement Durable (CMDD), 1998). Motivée par le
fait qu'en région aride, l'eau est le facteur limitant essentiel du développement, une ferme
volonté politique a fait de la mise en valeur des ressources en eau une constante priorité des
différents plans de développement économique et social qui se sont succédés depuis plus de
trois décennies au Maroc. L'accent a d'abord été mis sur la mobilisation de l'eau pour favoriser
le développement du pays. Le développement lié à l'eau, ainsi mis en œuvre, a eu le mérite
d'induire une intégration des préoccupations liées à l'urbanisation et l'eau potable, à l'agriculture
et à la production d'hydroélectricité.

Au Maroc, les ressources en eau mobilisables sont de l’ordre de 20.000 Mm3 (Conseil
Economique, Social et Environnemental (CESE), 2014) (Tableaux 1 et 2).

Tableau 1 : Ressources en eau mobilisables au Maroc

Ressource en eau Volume Mm3


Eaux de surface mobilisées 10800
Eaux de surface à mobiliser 5200
Eaux souterraines mobilisées 2700
Eaux souterraines à mobiliser 1300
Total ressources mobilisables 20000

L’affectation des ressources en eau mobilisées est résumée dans le Tableau 2 :

5
Tableau 2 : Affectation des ressources en eau mobilisées au Maroc

Eaux de surface (%) Eaux souterraines (%)


Irrigation 85 74
Eau potable et industrielle 15 26

Avec la croissance rapide de la demande en eau, l'émergence de problèmes de pollution


dus à la pression humaine et la limitation des ressources financières, s'est imposée la nécessité
d'une vision globale, plus cohérente, où la ressource en eau est considérée à la fois dans ses
aspects quantitatifs et qualitatifs et où les usages sont appréhendés ensemble selon une priorité
conforme à l’intérêt général de la collectivité nationale. En effet, la contamination des eaux
souterraines constitue un problème majeur au Maroc. Les activités industrielles et agricoles en
sont les principales sources de contaminants, néanmoins l’expansion anarchique de
l’urbanisation constitue également une importante source de contamination : eaux usées
domestiques, rejets industriels et infiltrations des excédents d’eau d’arrosage agricole très
chargés en sels.

Dès 1982, ce constat a amené les pouvoirs publics à introduire dans la pratique
administrative le concept de gestion de l'eau à l'échelle des bassins versants hydrologiques. Cela
s'est traduit par la mise en place des structures administratives ayant une compétence
territoriale, correspondant à un ou plusieurs bassins hydrologiques, chargées d'animer la gestion
de l'eau.

Désormais, base légale de la politique de l'eau pour les prochaines décennies, la loi
adoptée en juillet 1995 sur l'eau regroupe un ensemble d'instruments juridiques dont l'objectif
est d'aider à faire face aux défis que confronte le pays de rareté croissante de l'eau, de forte
pression de la demande, de renchérissement du coût de l'eau, de dégradation de la qualité de
l'eau et de l'environnement naturel qui y est lié (Bulletin Officiel, 1995).

A l’échelle régionale, le bassin de Reg faisant objet de cette étude, appartient au grand
bassin du Maïder situé dans la zone orientale de l’Anti-Atlas du Maroc, se caractérisant par une
forte variation de climat et des sécheresses récurrentes. Le climat est de type aride à présaharien
avec des températures élevées et de faibles précipitations. Dans ces conditions, les
ruissellements de surface sont rares, ainsi l’alimentation en eau potable de la population
s’effectue à partir des puits captants, selon les cas, l’aquifère superficiel alluvionnaire ou
l’aquifère primaire profond. Cette caractéristique climatique fait de l’eau une ressource rare et

6
très sollicitée et aussi a pour conséquence le déclin de l’agriculture dans la région. Et pour faire
face à cette situation, la planification et la gestion rationnelle des ressources en eau, limitées,
est indispensable.

Actuellement, la recharge des aquifères du bassin de Reg est très faible et rare et a pour
cause l’insuffisance des précipitations ainsi que les changements climatiques rapides évoluant
déjà dans un climat plus sec et plus chaud.

Cette région possède un certain nombre de caractéristiques spécifiques en ce qui


concerne les problèmes de l’eau. Tout d’abord, la concentration des activités humaines en cette
zone sous forme d’agriculture oasienne, minière et d’activités touristiques font que les besoins
en eau de bonne qualité y sont élevés et ont eu tendance à s’accroître très vite au cours des
dernières années.

Satisfaire donc les besoins en eau dans cette zone nécessite une bonne connaissance
de la situation hydrologique, hydrogéologique et un bon suivi de la qualité des eaux de la région.

II- Objectifs et étapes de l’étude

Le présent travail vise quatre objectifs :

* la caractérisation du bassin sur tous les plans (topographique, géologique,


hydrographique, pédologique, hydrogéologique, etc.),

* la détermination des caractéristiques hydro-chimiques et géochimiques des eaux


souterraines de la région. Cette partie a pour but de comprendre l’origine de la salinité des eaux et
leur comportement géochimique. Ceci à travers la quantification des divers paramètres physico-
chimiques, l’identification des faciès chimiques, la vérification des corrélations ioniques, le calcul
des indices de saturation, l’identification de la typologie des eaux selon le système de la qualité des
eaux,

* mettre en évidence l’impact de l’activité humaine sur ces eaux souterraines,

* et discuter le chimisme des eaux sur la base de la lithologie des aquifères de la zone
d’étude.

III- Organisation de la thèse


Le présent travail est organisé, en plus de l’introduction générale, en cinq chapitres :

7
- Le chapitre I sera focalisé sur l’aspect géographique, géomorphologique,
morphométrique, hydrologique et aussi les travaux antérieurs sur la région d’étude ;

- Le chapitre II présentera le contexte climatique et une analyse des données


climatologiques dans la région d’étude au cours des trente dernières années ;

- Le chapitre III exposera le contexte géologique incluant la stratigraphie, l’histoire


paléogéographique et structurale du bassin de Reg ;

- Le chapitre IV sera consacré à l’hydrogéologie des nappes aquifères du bassin de


Reg et consiste à déterminer la lithologie, la géométrie, les épaisseurs et les limites des
réservoirs aquifères et à caractériser son fonctionnement hydraulique en se basant sur les
caractéristiques hydrodynamiques et les tendances de l’évolution spatio-temporelle de la
piézométrie ;

- Le chapitre V traitera l’hydrochimie de la nappe. Dans une approche classique, on


tentera de dégager les principaux aspects de l’évolution de la composition chimique des eaux
de la nappe et d’évaluer l’impact des activités anthropiques et les pratiques associées sur la
qualité des eaux. Dans une approche plus poussée, on tentera de comprendre les phénomènes
géochimiques qui agissent sur les eaux naturelles et de produire une modélisation théorique de
ces phénomènes grâce à la spéciation géochimique des eaux étudiées ;

- La dernière partie représente la conclusion générale qui récapitule les résultats


obtenus dans le cadre de cette recherche et qui se termine par des recommandations
formulées susceptibles de restaurer la qualité des eaux dans le bassin de Reg.

8
CHAPITRE I :

MORPHOMETRIQUE ET

HYDROLOGIQUE

DU BASSIN REG

9
CHAPITRE I : ETUDE MORPHOMETRIQUE ET
HYDROLOGIQUE DU BASSIN REG

I-Présentation de la zone d’étude

Le bassin de l’oued Reg, sujet de cette étude appartient au grand bassin du Maïder qui
s’inscrit géographiquement dans le bassin versant de l’oued Rhéris au sens large et fait partie
du domaine de l’Anti-Atlas. Le bassin de Reg est particulièrement étendu et comporte les
importantes palmeraies d’Alnif, en amont du bassin sur l’oued Reg, les palmeraies de Boudib
et de Reg à l’exutoire du bassin versant. Il est limité à l’Est par la Hamada de Guir, au Sud par
le bassin de l’oued Hssiya, à l’Ouest par la cuvette de Tazarine, au Nord-Ouest par le vaste
ensemble Saghro oriental-Ougnate et s’ennoie au Nord par le Bassin de l’oued Mcessi (Figure
1). C’est un bassin en forme d’une botte approximativement de 147 km de long et de 20 km de
large.

La superficie globale du bassin versant de Reg est d'environ 3084 km2 (Figure 2). Le
bassin est constitué par le versant sud du Jbel Saghro drainé principalement par l’oued Reg et
ses affluents. La Daya de Maïder est la zone de convergence naturelle de tous les oueds du
bassin et d'épandage de leurs eaux de crues quand celles-ci sont suffisamment importantes. Le
drain naturel de cette zone de convergence hydrographique aboutit finalement à l’oued Rhéris,
peu en amont de la confluence Ziz-Rhéris, au niveau de Hassi Ramlia.

Le réseau hydrographique se situe entièrement dans le domaine saharien. Il est moins


dense et relativement rectiligne renseignant sur le caractère perméable du sol au voisinage des
dépendances des cours d’eau le constituant. Les altitudes du bassin varient de 600 m jusqu’à
près de 2800 m.

10
Zone

d’étude

Figure 1 : Image Landsat 7 du secteur d’étude

Figure 2 : Situation géographique di bassin du Reg

11
I-1- Situation administrative

De point de vue administratif, le bassin de Reg couvre partiellement trois provinces à


savoir Tinghir au Nord, Errachidia à l'Est et au SE, et Zagora à l'Ouest et au SW.

La population du bassin de Reg, recensée en 2004 (Haut Commissariat au Plan (HCP),


2004) s’élève à 20175 habitants, avec une densité moyenne de 10 hab/Km2. Cette population
est en totalité rurale, soit sédentaire et concentrée dans de petits périmètres irrigués, soit nomade
et se déplace avec les troupeaux à l’intérieur et en dehors du bassin.

En 2014, le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) affiche une


population totale de 22724 habitants soit un taux d’accroissement moyen (TAAM) de 1,13%
qui est relativement faible par rapport au TAAM à l'échelle nationale (1,3%) (Haut
Commissariat au Plan, 2014).

La faible densité de la population est due au caractère semi-désertique de la zone d’étude


où les populations sont groupées dans les vallées et les oasis.

La région connaît un mouvement migratoire, soit vers le Nord du pays ou vers l’étranger.
Cet exode est favorisé par la faiblesse des ressources en eau et des infrastructures socio-
économiques.

Parmi les résultats du HCP (2004) qui caractérisent la région :

 La taille du ménage est de 6,34 et reste élevée en comparaison avec la moyenne


nationale (5,28). En comparaison avec le recensement de 1994, où la taille des ménages était
de 6,87, on remarque qu’elle adiminuée durant la décenie 1994-2004;
 La population rurale a presque stagné durant la décennie (1994-2004), ce qui
s’est traduit par l’augmentation du taux d’urbanisation ;
 La faible densité de la population (près de 10 hab/km²) est due au caractère semi-
désertique du bassin où les populations sont groupées dans les vallées et les oasis. Ce caractère
groupé de l’habitat de la région, facilite de ce fait l’accès aux équipements socio-économiques ;
 Un taux d’analphabétisme inférieur à la moyenne nationale et ce, malgré un taux
d’urbanisation au-delà de la moyenne nationale ;
 Un taux d’activité inférieur à la moyenne nationale, ce qui peut être expliqué en
partie par la structure de la pyramide des âges, plus large au niveau des tranches de bas âge ;
 Des taux de pauvreté, de vulnérabilité et un indice de sévérité de la pauvreté
relativement élevés ;

12
 Un indice de développement humain également inférieur à la moyenne
nationale : il est basé sur trois éléments : la mortalité infantile, les taux d’alphabétisation et de
scolarisation et le niveau de vie ;
 Contrairement à l’indice de développement humain et aux taux et indicateurs de
pauvreté, le milieu rural dans la région affiche un bilan positif pour l’indice de développement
social dans le milieu rural (moyenne des pourcentages des ménages ayant accès à l’eau potable,
à l’électricité et au réseau routier).

I-2- Activités économiques

Le principe même du développement durable de la région d’étude exige que les


ressources naturelles, économiques et sociales soient maintenues pour les générations futures
et reconnaît la définition des ressources à conserver et des principes de répartition équitable de
ces ressources. La région connait une activité économique peu développée : l’agriculture reste
la principale activité de la région, elle procure les moyens d’existence à une large partie de la
population.

I-2- 1- Agriculture

Le secteur agricole constitue la principale source de revenu et fait travailler la majeure


partie de la population active, occupant ainsi le premier rang en ce qui concerne le
développement de l’économie locale. Dans le bassin de Reg, le climat est en majorité saharien,
la végétation est très rare à l'exception des palmeraies localisées autour des points d’eau et celles
qui longent les cours d’eau principaux, sous forme d’oasis étroites. La phoeniculture est
l’ossature de l’activité agricole dans les oasis, car le palmier dattier crée un micro‐climat
favorable au développement d’autres cultures. Les cultures céréalières, maraîchères,
fourragères ainsi que les légumineuses sont un appoint précieux dans cette région où
l’arboriculture est prédominante principalement le palmier dattier accompagné d’arbres
fruitiers (ABH GZR, 2011a).

Les palmeraies constituent un milieu spécifique dont l’équilibre, soumis aux


fluctuations des ressources en eau, demeure fragile. Ces zones sont irriguées par les eaux des
sources, des khettaras, des prélèvements par pompage (puits/forages) et des crues (Mahboub et
al., 2012).

13
L’ensemble des périmètres irrigués prépondérant dans le bassin de Reg est sous forme
de Petite et Moyenne Hydraulique (PMH), axée autour des moyens d’irrigation traditionnels
(saguias et khettaras), des prélèvements dans les différentes nappes et des apports de crues.

Le statut foncier des terres irriguées est le Melk à plus de 95%, le reste correspond au
Habous. La structure foncière des exploitations est caractérisée par la prédominance des petites
propriétés de moins de 5 ha, qui représentent plus de 91% des exploitations. Le morcellement
des exploitations est général dans la zone d’étude, on compte en moyenne 3 parcelles par
propriété (ORMVATF, 2011 ; ORMVAO, 2011).

I-2- 2- Elevage

En ce qui concerne la production animale, elle représente une activité importante dans
la région après l'agriculture. Le caractère pastoral de la zone lui imprime une activité plutôt
orientée vers les élevages ovin et caprin. Les caprins et les ovins constituent les principales
filières suivies des bovins et des camelins. La région est caractérisée par un élevage extensif
constitué de troupeaux mixtes des ovins, caprins et camelins, conduits en système nomade,
semi‐nomade ou sédentaire.

I-3- Activités minières

La région de Reg est l'une des principales régions minières du Sud du Maroc. Les
principales substances minérales inventoriées dans la région, et qui font l'objet, soit d'une
recherche ou d'une exploitation, sont : Le plomb, le zinc, la barytine, le manganèse, le talc
pyrophillitique et le cuivre.

I-4- Autres activités

La position géographique de la région et son histoire lui confère une vocation


touristique. Les sites sont aussi nombreux que variés et les différentes manifestations font d'elle
un point de mire et d'attrait privilégié pour les visiteurs. Ce secteur joue un rôle important dans
l'économie de la zone et le tourisme national.

14
II-Etude morphométrique du bassin de Reg
L’apport des SIG et de la télédétection dans l’étude des bassins versants est plus évident
du fait que ces outils permettent de réaliser l’analyse spatiale avec une plus grande précision
dans un souci de ressortir des résultats valables pour faciliter la prise de décision (Puech, 2000 ;
Hilali et al, 2014 et El Kayssi et al, 2014b).

Comme objectif, nous aurons à délimiter le bassin versant de Reg et déterminer les
caractéristiques morphométriques du bassin.

II-1- Matériels et méthodes

II-1-1- Les logiciels

Il existe de multiples applications permettant d'effectuer des calculs hydrologiques. La


plupart sont des extensions s'ajoutant à des logiciels SIG standards.

Une recherche bibliographique a permis de constater que l'extension « Arc Hydro » du


logiciel ArcGIS proposait les fonctionnalités les plus abouties.

Pour fonctionner, cette extension gratuite nécessite néanmoins les pré-requis suivants :

Le logiciel propriétaire ArcGIS dans sa distribution la plus performante ;


Quelques extensions d’ArcGis : Spatial Analyst et ArcHydro ;
Divers applicatifs à installer sous Windows au préalable.

II-1-2- Les données

II-1-2-1- Pré-traitements

Tous les calculs effectués par l'extension Arc Hydro ont pour base un modèle numérique
de terrain (MNT). Plus celui-ci est précis, plus les résultats seront fins et précis. Pour notre
projet, le MNT utilisé est constitué par des altitudes numérisées au pas de 30 mètres
(https://dds.cr.usgs.gov/srtm/version1/Africa/).

La première étape est de faire une mosaïque de la zone du MNT qui contient notre zone
d’étude de façon à couvrir tout le bassin versant de Reg. Après il faut géoréférencer le MNT

15
mosaïqué pour caller le système dans le bon système de projection géographique WGS UTM
30 N. Le résultat est illustré par la figure 3.

Figure 3 : MNT du Maroc (30m)

II-1-2-2- Comblement des parties manquantes du MNT (Fill Sink)


Le comblement permet l’amélioration du modèle numérique de terrain brute en
comblant certaines zones de la matrice n’ayant pas de count numérique (CN) de sorte que
l’étude du bassin versant puisse donner des résultats satisfaisants.

L’application du comblement de MNT est intégrée dans l’outil Arc hydro (Fill Sink).
Le résultat du comblement du modèle numérique de la zone d’étude est illustré par la figure 4.

16
Figure 4 : Résultat de l’utilisation de l’outil Fill Sinks d’ Arc Hydro

II-1-2-3- Direction du Flux « Flow Direction »


Une autre étape de prétraitement consiste à caractériser la direction de flux à partir du
MNT dans le but d’attribuer un aspect au flux selon huit directions différentes. Cette fonction
nécessite en entrée le MNT. Elle génère en sortie une grille de même pas que le MNT (30m) et
donnant pour chacun de ces éléments la direction que prendrait une goutte si elle était posée
dessus.

En fonction des altitudes des 8 éléments de grille juxtaposés, l'algorithme calcule la


direction dans laquelle la goutte fictive part. Cette direction n'est pas exprimée en degrés mais
varie entre 1 et 255. La valeur 1 correspond à l'Est (Figure 5).

17
Figure 5 : Codage des directions des flux de l’outil Flow Direction d’ Arc Hydro

La figure 6 illustre le résultat obtenu. L’application flow direction est aussi intégrée dans
l’outil arc hydro.

Figure 6 : Résultat de l’utilisation de l’outil Flow Direction d’Arc Hydro

18
II-1-2-4- Accumulation des flux « Flow Accumulation »
Cette fonction nécessite en entrée la grille des directions d'écoulement. Elle génère en
sortie une grille de même pas que la précédente et donnant pour chaque élément « i » de la grille
le nombre de cellules de type « j » vérifiant la propriété suivante : chaque « goutte d'eau» posée
sur « j » a son cheminement qui passe par « i ».

Naturellement, les cellules dont l'altitude est élevée ou celles situées aux sources des
cours d'eau possèdent une valeur faible. En revanche, les cellules situées aux embouchures ou
confluences ont des valeurs élevées puisqu'elles réceptionnent l'ensemble des eaux générées par
les bassins.

Le schéma ci-dessous illustre cette logique (Figure 7). On comprend pourquoi cette
fonction utilise les résultats des directions d'écoulement :

Figure 7 : Codage des accumulations des écoulements de l’outil Flow Direction d’Arc Hydro

La donnée obtenue dans la grille « accumulation des écoulements » correspond donc à


un nombre de cellules, nombre qui croît en suivant le lit d'un cours d'eau. Plus le trait est blanc,
plus l'accumulation des écoulements est grande (Figure 8).

19
Figure 8 : Résultat de l’utilisation de l’outil Flow Accumulation d’Arc Hydro

II-1-2-5- Définition des cours d’eau « Stream Definition »


A partir de la grille de l'accumulation des flux, la fonction « Stream Definition » permet
de sélectionner les cellules dont la valeur est supérieure à un certain seuil dans le but d’extraire
tous les flux qui approvisionnent le réseau hydrographique, c’est-à-dire toutes les rivières qui
alimentent le bassin versant.

La grille obtenue contient donc 2 valeurs : 0 pour les cellules dont l'accumulation des
écoulements est inférieure au seuil, et 1 dans le cas contraire. Cela correspond à une partie du
réseau hydrographique.

II-1-2-6- Extraction du MNT du bassin versant de Reg à partir des


coordonnées géographiques de l’exutoire
Cette fonction nécessite en entrée la direction des écoulements et la segmentation du
courant. Elle génère en sortie une grille des bassins versants de chaque tronçon hydrographique
calculé précédemment.

La délimitation en polygone de la zone d’étude consiste à séparer les surfaces des


différentes rivières qui alimentent le bassin versant. Elle est une étape importante dans l’étude
20
morphométrique des bassins versants pour aider à la hiérarchisation mais aussi de calculer les
volumes de chaque petit bassin versant qui alimente le grand bassin versant de Reg. La figure
9 illustre une superposition du modèle numérique de terrain avec la délimitation du bassin
versant en polygone.

Figure 9 : Extraction du MNT du bassin versant de Reg

II-2- Résultats de l’analyse morphométrique

II-2-1- Caractéristiques de la forme du bassin de Reg

A partir du traitement du MNT du bassin de Reg, on a pu déterminer la surface et le


périmètre. La surface du bassin est de l’ordre de 3084 Km², et le périmètre du bassin a été évalué
à 386 Km. La forme du bassin est allongée avec un indice de compacité de Gravelius (1914)
comme suit :

𝑲𝑮 = 𝟐
𝑷
= 1,7 KG : indice de compacité de Gravélius,
√𝛑.𝑨
2
A : surface du bassin versant [km ],
P : périmètre du bassin [km].

21
Si cet indice est proche de 1 laforme du bassin versant est quasiment circulaire et
supérieur à 1 lorsque le bassin est de forme allongée.

KG est de l’ordre de 1,7 ceci signifie que géométriquement, le bassin est sept fois plus
long que large. C’est une compacité qui peut permettre un rassemblement rapide des eaux de
ruissellement vers l'exutoire.

II-2-2- Rectangle équivalent

Le bassin versant rectangulaire résulte d'une transformation géométrique du bassin réel


dans laquelle on conserve la même superficie, le même périmètre (ou le même coefficient de
compacité) et donc par conséquent la même répartition hypsométrique. Les courbes de niveau
deviennent des droites parallèles au petit côté du rectangle. La climatologie, la répartition des
sols, la couverture végétale et la densité de drainage restent inchangées entre les courbes de
niveau.

On définit les grandeurs L et l représentant respectivement la longueur et la largeur du


rectangle équivalent :
  1.12  
2   1.12  
2
KG A  KG A 
L 1  1    l 1  1   
1.12   K G   1.12   K G  
   

Pour le bassin de Reg, L est de 147,7 Km et l est égal à 20,9 Km. Ceci rejoint le résultat
de la compacité du bassin.

II-2-3- Carte hypsométrique

La carte hypsométrique est obtenue à partir de la reclassification de « DEM » du MNT


du bassin versant de Reg. Les valeurs des DEM du départ auront de nouvelles valeurs qui
correspondent à l’hypsométrie. D’autre part, nous avons réalisé la reclassification en vingt et
une (21) classes pour avoir un intervalle constant de cent mètres (100 m) entre les classes.

Le résultat de l’application de la reclassification de l’élévation à partir du modèle


numérique de terrain permet de cartographier l’hypsométrie du bassin versant telle qu’elle est
illustrée par la figure 10.
22
Figure 10 : Répartition spatiale des altitudes du bassin de Reg (en m) générées à partir du
modèle numérique de terrain (MNT)

II-2-4- Courbe hypsométrique

Elle fournit une vue synthétique de la pente du bassin, donc du relief. Cette courbe
représente la répartition de la surface du bassin versant en fonction de son altitude. Elle porte
en abscisse la surface (ou le pourcentage de surface) du bassin qui se trouve au-dessus (ou au-
dessous) de l'altitude représentée en ordonnée (Figure 11). Elle exprime ainsi la superficie du
bassin ou le pourcentage de superficie, au-delà d'une certaine altitude.

Pour déterminer la surface, nous avons converti la limite du bassin versant obtenue à
partir de l’exutoire en shapefile. Dans la table de jointure, il suffit de faire l’ajout d’un champ
« surface » pour le calcul de la surface du bassin versant. Les résultats obtenus sont illustrés par
la figure 11.

La première consiste à créer le tableur de données qui nous permet de ressortir la courbe
hypsométrique, en classant toutes les altitudes selon les intervalles définis (Tableau 3).

23
Nous avons également exporté les données obtenus dans l’outil SIG pour permettre de
calculer les cumuls de surface. On a aussi établi le graphique de la répartition des classes
d’altitudes en fonction des pourcentages des surfaces appelé hypsogramme et sur le même
graphique, on produit la courbe hypsométrique qui représente la surface en km2 (ou le
pourcentage de la surface) en fonction des altitudes supérieures à une côte Z donnée (Figure
11).

Dans une analyse d’ensemble de la courbe hypsométrique (Figure 11), l’altitude


minimale est de 615 m, l’altitude maximale est de 2705 m et l’altitude médiane est de 855 m.
L’altitude de 5% de la superficie est de 2520 m et l’altitude de 95% de la superficie est de
690 m.

Tableau 3 : Répartition des surfaces selon les classes d’altitudes

Classe Surface Surface Surface %


Surface %
d'altitude (m) (Km²) cumulée cumulée
2600-2705 0,13 0,0042 3084,17 0,0042
2500-2600 0,54 0,0174 3084,04 0,0217
2400-2500 2,10 0,0682 3083,50 0,0898
2300-2400 3,39 0,1099 3081,40 0,1997
2200-2300 6,03 0,1957 3078,01 0,3954
2100-2200 12,49 0,4050 3071,98 0,8004
2000-2100 32,40 1,0505 3059,49 1,8509
1900-2000 70,57 2,2880 3027,09 4,1389
1800-1900 63,70 2,0654 2956,52 6,2043
1700-1800 47,06 1,5259 2892,82 7,7301
1600-1700 41,79 1,3550 2845,76 9,0852
1500-1600 43,59 1,4133 2803,97 10,4985
1400-1500 75,30 2,4415 2760,38 12,9399
1300-1400 96,78 3,1381 2685,08 16,0780
1200-1300 162,96 5,2838 2588,30 21,3618
1100-1200 180,61 5,8559 2425,34 27,2177
1000-1100 253,57 8,2216 2244,73 35,4393
900-1000 489,96 15,8862 1991,16 51,3255
800-900 414,00 13,4233 1501,21 64,7488
700-800 582,83 18,8975 1087,21 83,6462
615-700 504,38 16,3538 504,38 100,0000
100,000

24
% Surface
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
2600-2705

2400-2500

2200-2300

2000-2100

1800-1900

1600-1700

1400-1500

1200-1300

1000-1100

800-900

615-700

Figure 11 : Hypsométrie du bassin de Reg

La forme de la courbe hypsométrique du bassin de Reg traduit l'état du bassin de Reg.


Le bassin versant a la forme d’un vieux bassin ayant subi énormément d’érosion.

II-2-5- Carte de pente du bassin versant

La connaissance de la pente du bassin versant est d’une grande importance car il est
évident que les eaux ruissellent rapidement lorsque la pente des versants est grande, c’est ainsi
qu’en montagne on rencontre, pour une averse donnée, des crues plus importantes qu’en plaine
où les pentes sont beaucoup plus faibles.

La carte des pentes est exprimée en pourcentage et dérive directement du Modèle


Numérique de Terrain (MNT). Les degrés de la pente dans le bassin versant de Reg sont bien
contrastés (Figure 12), la partie montagneuse de l’Anti-Atlas est caractérisée par des pentes
plus fortes dépassant les 45°, par contre dans la zone de plaine la pente est généralement douce
ne dépassant pas 15°. Elles s'atténuent bien évidemment de la montagne vers l’exutoire. La
pente permet de déterminer la vitesse du passage de l'eau à l'exutoire et par la suite le temps de
concentration. En effet, elle influe sur le mode d'écoulement du cours d'eau.

25
Les altitudes maximales et minimales du bassin versant de Reg sont obtenues
directement à partir du Modèle Numérique de Terrain. L'altitude maximale représente le point
le plus élevé de 2705 m tandis que l'altitude minimale considère le point le plus bas,
généralement à l'exutoire de 615 m. Ces deux données deviennent surtout importantes lors du
développement de certaines relations faisant intervenir des variables climatologiques telles que
la température, les précipitations, etc.

Figure 12 : Carte des pentes du bassin de l’oued Reg

II-2-6- Récapitulatif des caractéristiques de la morphométrie du bassin de


Reg

Le tableau 4 représente un récapitulatif des caractéristiques morphométriques du bassin


de Reg calculées à partir du MNT de 30m.

26
Tableau 4 : Caractéristiques morphométriques du bassin de Reg

Surface (Km²) 3084


Périmètre (km) 486,0
Indice de Gravelius Kg 1,7 Bassin de forme allongée
Longueur du rectangle équivalent (km) 147,7
Largeur du rectangle équivalent (km) 20,9
Indice de forme d'Horton KH 0,14 Bassin de forme allongée
Altitude maximale (m) 2705
Altitude minimale (m) 615
Altitude moyenne (m) 1158,2
Altitude médiane (m) 855
Altitude de 5% de la superficie (m) 2520
Altitude de 95% de la superficie (m) 690
Indice de pente globale 12,4 Relief assez faible
Dénivelé spécifique 21,758 Relief faible

II-3- Résultats de l’analyse hydrologique

II-3- 1- Localisation du point d'évacuation des eaux pour chaque bassin

Cette fonction permet d'identifier l'unique point par lequel toutes les eaux d'un même
bassin s'évacuent (Figure 13). Elle s'appelle « Drainage Point Processing ». Elle nécessite en
entrée la grille d'accumulation des flux et les bassins (vecteur et grille). Afin de déterminer le
réseau hydrographique du bassin versant de Reg, ont été reproduites les mêmes étapes en
utilisant le MNT du bassin.

27
Figure 13 : Identification des lignes du drainage du bassin de Reg

II-3 - 2- Hiérarchisation et drainage du bassin versant de la région de Reg

La hiérarchisation du bassin est un processus de caractérisation permettant de


déterminer le niveau d’ordre du bassin versant, c’est-à-dire, classifier un réseau
hydrographique. La densité du réseau hydrographique est importante permettant un bon
drainage des eaux vers l’aval.

La méthode utilisée est celle de Strahler (1952), se basant sur les branchements des
rivières qui alimentent le bassin. Pour cette méthode, toutes les liaisons sans affluents sont
classées avec la valeur 1 appelée ordre de niveau 1.

L’ordre d’écoulement augmente à chaque fois que les nombres de liaison s’accentuent
(Figure 14). Pour ressortir le résultat à l’aide de l’outil arc hydro, nous avons travaillé avec les
données raster du Stream et de la direction du flux.

28
Figure 14 : Hiérarchisation du réseau hydrographique du bassin de Reg

Dans le cas de notre étude, nous avons trouvé que le bassin versant est d’ordre 4. L’ordre
1 domine avec une longueur totale de 490 km suivi des autres ordres (2, 3 et 4). La longueur du
total de chaque ordre du réseau hydrographique est donnée dans le tableau 5

Tableau 5 : Longueur du réseau hydrographique par ordre

Ordre des oueds Longueur totale de chaque ordre (Km)


1 490,27
2 197,76
3 48,59
4 105,32
Le bassin de Reg est caractérisé par un réseau hydrographique peu dense. Les eaux de
surface sont très irrégulières et inégalement réparties. La grande partie de ces eaux est originaire
des cours d'eau de la zone montagneuse de la rive sud du Jbel Saghro drainé principalement par
l’oued Reg et ses affluents. Le ruissellement est temporaire, de faible importance avec un
caractère parfois torrentiel.

Les lits des cours d’eau sont constitués d’alluvions grossières. Les méandres sont
faiblement développés, renseignant sur l’absence des courants de surface et de fond ce qui
29
confère au cours une forme relativement large avec des hauteurs des berges naturellement
faibles : La section transversale représentative est de forme rectangulaire pratiquement, d’une
largeur de 150 m à 200 m, avec une hauteur des berges avant débordement de 1 à 1,5 m, mais
par endroit cette section présente aussi une forme relativement trapézoïdale dont les rives
présentent une pente relativement raide. Cette configuration témoigne de l’action de dépôt
favorisée (ABH GZR, 2011a et b).

Pour pouvoir valoriser le drainage du bassin versant, on a produit la carte de densité du


drainage du bassin de Reg. La densité du drainage est exprimée par le rapport de la longueur
totale des cours d'eau à la surface du bassin versant. C’est un paramètre qui reflète la dynamique
du bassin et le type de ruissellement (Horton, 1932 et Baki et al., 2014b).

Pour notre bassin, elle montre trois classes de densité de drainage, la classe de la densité
élevée regroupe l’ordre 4, la densité moyenne regroupe l’ordre 3 et la densité faible les ordres
2 et 1. Cette densité du réseau hydrographique est importante et permet ainsi un bon drainage
des eaux vers l’aval (Figure 15).

Figure 15 : Carte de densité du drainage du bassin de Reg

30
II-3- 3- Profil en long

Le profil en long du cours d’eau principal trace le passage de la rivière principale dans
le bassin versant, la hauteur est évidemment plus importante en amont (2700 m) qu’en aval
(637 m) sur une distance totale de 197,835 km. Cette disposition dégage un bon drainage du
cours principal vers l’exutoire.

La longueur totale de la rivière principale de Reg est de 197,835 km (Figure 16).

Figure 16: Profil en long de la rivière principale du bassin de Reg

D’après l’étude du plan directeur des bassins sud-atlasiques (DRPE, 1996), les apports
moyens en eau du bassin de Reg sont de l’ordre de 11 Mm3/an représentant le quart des apports
moyens du bassin de Maïder qui sont de 40 Mm3/an avec une forte irrégularité.

Pour caractériser le régime hydrologique du bassin de Reg, nous avons utilisé les
stations hydrologiques d’Alnif et de Tazarine dont les données enregistrées sont corrigées pour
la station d’Alnif et étendues pour la station de Tazarine (Mahboub, 2015).

III-Potentiel en eau de surface

III-1- Introduction

Les crues moyennes de l'oued Reg n'atteignent généralement pas Dayat du Maïder et
permettent la recharge saisonnière des cuvettes alluvionnaires dans les vallées, en amont de
Reg, d'Ait Saadane et Oumejrane.

31
La variabilité extrême du régime hydrologique se traduit par des apports enregistrés
pendant deux ou trois crues en automne et au printemps, évalués à 15 Mm3/an.

Les apports moyens annuels sont évalués à 11 Mm3/an, avec une forte irrégularité entre
les sous-bassins versants.

Cet apport dépasse 30 Mm3/an, un an sur trois et il est aussi pratiquement nul un an sur
trois. Par contre, sur les hauts bassins au niveau d'Alnif, d’Achich N'Ait Yazza et de Nkob où
peuvent être construits des barrages écrêteurs de crues, la pluviométrie moyenne de 120 mm
peut engendrer un ruissellement plus important.

La figure 17 ci-dessous donne l’évolution annuelle des volumes des apports de l’oued
Reg entre 1995 et 2008. Les données ont été récupérrées de l’Agence du Bassin Hydraulique
du bassin Gir-E-Ziz-Ghris (ABH GZR). Ces derniers étaient fiables durant les années 90 et
début des années 2000. Toutefois, un volume relativement important a été constaté en 2006,
suite à des averses ayant engendrées des apports importants. De manière générale, on note une
irrégularité des apports au niveau du bassin de l’oued Reg.

Volume en m3
120000000

100000000

80000000

60000000

40000000

20000000

0
Années

Figure 17 : Evolution annuelle des volumes des apports de l’oued Reg (1995-2008)

III-2- Mobilisation et utilisation des eaux de surface

Les barrages construits dans le bassin de Reg sont d’un apport très bénéfique pour la
région. En effet, ces barrages construits à l’occasion des années de sécheresse qu’a connu le
Maroc entre 1980 et 2000 permettent actuellement de sauver des petits périmètres d’irrigation.
Ils contribuent à la recharge des nappes et à l’abreuvement du cheptel. Le plus important est le

32
barrage d’Achbarou dans la commune d’Alnif mis en service en 1987 et ayant une capacité de
stockage d’un volume de 1 044 000 m3 et 2 barrages de dérivation des eaux pour l'irrigation
dans l'aire d'étude.

Le potentiel en eau de surface évalué principalement à partir des débits naturels au


niveau des exutoires principaux est de l’ordre de 11 Millions de m³. C’est le potentiel le plus
faible des bassins sud-atlasiques. La mobilisation nette en eau de surface dans le bassin de Reg
ne dépasse pas les 37%.

IV-Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons été amenés à extraire le bassin versant de l’oued Reg, et à
déduire ses caractéristiques géomorphologiques et hydrométriques, à partir d’un modèle
numérique de terrain. L’extraction automatique de ces paramètres géomorphologiques et
hydrométriques est une technique très adaptée actuellement, en particulier que ces techniques
favorisent à l’hydrographe un gain de temps et d’effort. Les résultats obtenus montrent que le
bassin versant de l'oued Reg couvre une superficie de 3084 km2 avec un périmètre de 486 Km,
des tranches d'altitudes comprises entre 615 m à l'exutoire et 2705 m au point culminant du
bassin. L'altitude moyenne est d'environ 855 m. Cette valeur est proche de la valeur de l'altitude
médiane, car la courbe hypsométrique est régulière. La pente moyenne du bassin versant est de
l'ordre de 12,44°. Pour l'indice de compacité de Gravelius, il est de l'ordre de 1,7, ceci signifie
que géométriquement, le bassin est sept fois plus long que large. Le bassin est allongé et le
temps de concentration des eaux estcourt et donc, par conséquent,la réponse hydrologique serait
rapide et forte. Cette compacité indique un rassemblement rapide des eaux de ruissellement
vers l'exutoire. La pente dans le bassin versant de Reg est bien contrastée, la partie montagneuse
est caractérisée par des pentes plus fortes dépassant les 45°, par contre dans la zone de plaine
la pente est généralement douce ne dépassant pas les 15°, ce qui influe sur le mode d'écoulement
du cours d'eau.

Le réseau hydrographique du bassin de Reg est peu dense. Les eaux de surface sont très
irrégulières et inégalement réparties. Le ruissellement dans ces cours d’eau est temporaire, de
faible importance avec un caractère torrentiel. La grande partie de ces eaux est originaire des
cours d'eau de la zone montagneuse de l’Anti-Atlas drainé principalement par l’oued Reg et ses
affluents. Les cours d’eau ont une forme relativement large de l’ordre de 150 m à 200 m avec

33
des hauteurs de berges naturellement faibles de 1 à 1,5 m, favorisant les débordements au
moment des crues. La densité de drainage du réseau hydrographique et le profil en long de
l’oued Reg montrent un bon drainage des eaux vers l’aval.

Les apports moyens annuels des eaux du réseau hydrographique sont évalués en
moyenne à 11 Mm3/an, avec une forte irrégularité interannuelle et entre les sous-bassins
versants. Ces apports peuvent dépasser 30 Mm3/an, un an sur trois et il est aussi pratiquement
nul un an sur trois.

34
CHAPITRE II :
CLIMATOLOGIE DU BASSIN
DE L’OUED REG

35
CHAPITRE II : CLIMATOLOGIE DU BASSIN DE REG

I-Introduction

Le climat peut se définir comme un ensemble d’éléments physiques, chimiques et


biologiques fluctuants caractérisant essentiellement l’atmosphère d’un lieu.

L’étude des données climatologiques est nécessaire à la compréhension des mécanismes


d’alimentation et de circulation des eaux superficielles et souterraines. Elle intervient dans
l’équation du bilan hydrologique, à savoir l’étude des précipitations, des températures, de
l’évapotranspiration et du ruissellement.

Au Maroc, le climat est de type méditerranéen. Il se distingue par un hiver frais et humide
et un été chaud et sec. Il est étroitement lié aux mouvements de l’anticyclone des Açores et de
la dépression saharienne. Ce climat, à la fois tempéré et chaud, varie en fonction de la latitude,
de l’altitude et de l’influence de la mer, du désert, de la continentalité, de l’alizé du NE, du
courant des Canaries, de l’exposition des versants et des changements saisonniers, mensuels et
diurnes (Debrach, 1953 ; Sauvage, 1961, 1963 a et b ; Miege, 1968 et El Gharbaoui, 1987).

Dans les zones arides et sahariennes, on remarque que le climat est assez homogène dans
l’ensemble. Il se caractérise par un étage bioclimatique hyperaride.

Ce chapitre se focalisera sur l’étude du climat qui a régné dans la zone d’étude et l’essai
de quantification des composantes du bilan hydrologique.

Parmi les stations installées dans le bassin de Maïder, nous avons eu recours aux données
de deux stations appartenant au sous-bassin de Reg (Figure 18). Les données de ces deux
stations ont été collectées auprès de l’Agence du Bassin Hydraulique du Guir-Ziz-Rhéris. La
station d’Alnif dispose de données de température étalées sur une période de 34 années
d’observation comprises entre 1975-1976 et 2008-2009 et de données de précipitations étalées
entre1975-1976 et 2013-2014. La station de Tazarine dispose, quant à elle, de données de
température étalées entre 1996-1997 et 2008-2009 et des données de précipitations étalées entre
1996-1997 et 2014-2015. Les données de cette période peuvent nous renseigner sur le climat
des dernières années caractérisées par des périodes répétitives de sécheresse.

36
Figure 18 Carte de situation des deux stations climatologiques dans la région d’étude

L’étude climatologique de la zone d’étude s’est basée sur la collecte et le dépouillement


des données et de documents des services de l’Agence du Bassin Hydraulique du Guir-Ziz-
Rhéris d’Errachidia. Les résultats récapitulatifs sont présentés dans les sections qui suivent.

II-Paramètres climatologiques

II- 1- Les températures

II- 1- 1- La température moyenne

Les températures moyennes mensuelles sont représentées dans le tableau 6, on en déduit


qu’elles sont fortes, Elles se situent rarement au-dessous de 0°C, sauf sur les reliefs en hiver et
dépasse 40°C en été. Elles présentent de très fortes variations saisonnières avec un été très
chaud et un hiver très froid. Pour une période de 34 ans relative à la station d’Alnif (1975-
1976/2008-2009), la température moyenne annuelle est de l’ordre de 21,8°C. Tandis qu’au
niveau de la station de Tazarine, elle est d’environ 22,2°C (1996-1997/2008-2009). Leur
examen révèle d’importantes variations saisonnières ; la température moyenne mensuelle la
plus élevée est celle du mois de juillet (33,7°C dans la station d’Alnif) et la plus basse est celle
du mois de Janvier (10,43°C dans la station d’Alnif). A l’échelle annuelle, les variations

37
moyennes sont importantes ; elles sont de l’ordre de 4,3°C avec un minimum de 18,4°C pour
l’année 1990-1991 et un maximum de 22,7°C enregistré en 2000-2001. La moyenne des
amplitudes mensuelles est presque identique pour les deux stations, elle est de l’ordre de 23,1°C
pour la station d’Alnif et de 22,17°C pour la station de Tazarine.

Les valeurs de la température moyenne maximale servent à connaître la vague de chaleur


à un endroit donné. La température s’élève pour les deux stations en dépassant les 30°C pendant
sept mois de l’année, de mai à octobre (Tableau 6). Elle est généralement comprise entre 24 et
42°C marquant l’influence de l’air chaud saharien. La température moyenne minimale
témoigne du degré d’évolution de la vague de froid qui est de l’ordre de 0 à 23 °C pour les deux
stations (Tableau 6).

Tableau 6 : Températures mensuelles moyennes en °C enregistrées au niveau des stations de


Tazarine (1975-76/2007/-2008) et d’Alnif (1985-86/2007-2008)
Stations T°(C) sept oct. nov. déc jan fév mars avril mai juin juill août Moy
T. Min 16,51 10,78 4,03 0,30 -0,64 1,89 5,45 9,05 12,83 18,88 22,13 21,02 10,19
Alnif T.Max 39,49 33,99 27,64 23,88 23,36 25,74 29,79 33,23 36,80 41,00 42,52 41,97 33,28
T. Moy 28,21 22,13 15,83 11,64 10,43 13,24 17,38 21,25 25,09 29,68 33,71 32,61 21,77
TD 22,97 23,20 23,61 23,58 24,00 23,85 24,34 24,17 23,97 22,12 20,38 20,96 23,10
T. Min 17,04 12,14 6,93 1,92 0,12 3,17 6,74 10,93 13,06 19,35 22,93 21,00 11,28
Tazarine T. Max 39,84 34,05 28,10 23,59 23,28 25,13 30,22 34,29 36,87 40,26 43,08 42,59 33,44
T. Moy 28,80 23,97 16,79 11,96 11,01 13,18 18,11 22,03 24,76 29,70 33,36 32,87 22,21
TD 22,80 21,91 21,18 21,67 23,16 21,96 23,48 23,37 23,81 20,91 20,15 21,59 22,17
Avec TD : amplitude ou étendue de la température (différence entre maximum et minimum) en °C.

II- 1-2- La tendance interannuelle

La figure 19 représente la différence entre la température moyenne annuelle (T) et la


température moyenne interannuelle (Tm), enregistrées dans la station d’Alnif (1975-1976/2008-
2009). La figure montre qu’une vague de froid a atteint la région pendant la période 1982 à 1985
et entre 1990 et 1996. Le froid et la sécheresse ont eu une grave répercussion sur l’agriculture.
Pendant la période allant de 1985 à 1989 et après 1997, on note une augmentation assez
significative de la température.

38
T-Tm (°C)
2,00
1,50
1,00
0,50
0,00
-0,50
-1,00
-1,50
-2,00
-2,50
-3,00
-3,50
Années
82/83
83/84

85/86
86/87
87/88
88/89
89/90
90/91
91/92
92/93
93/94
96/97
97/98
98/99

2000/2001
2001/2002
2002/2003
2003/2004
2004/2005
2005/2006
2006/2007
2007/2008
99/2000
Figure 19 : Ecart interannuel des températures moyennes (T-Tm en °C) de la station d’Alnif.

II-2- Les précipitations

Pour l’étude des précipitations, on dispose des données de deux stations pluviométriques
dans la zone d’étude se trouvant dans la plaine du bassin. D’après les observations et les calculs
faits sur une période de 38 ans (1975-76/2014-2015) pour la station d’Alnif et 18 ans (1997-
98/2014-2015) pour la station de Tazarine, la moyenne des pluies dans la zone d’étude est de
l’ordre de 89 mm pour la station d’Alnif et de l’ordre de 95,5 mm pour la station de Tazarine,
marquant une pluviométrie très faible caractéristique d’un climat saharien avec des
précipitations qui ne dépassent pas les 150mm. D’après la littérature (Hilali, 2015 et Mahboub,
2015), les précipitations du bassin du Maïder varient de 200 mm sur les reliefs du Jbel Saghro
et elles diminuent au niveau des premières plaines de piémont au niveau de N'kob et Alnif.

II- 2- 1- Variabilité mensuelle

Au cours de la période pluvieuse, les précipitations présentent une certaine irrégularité et


une disparité d’une année à l’autre. Les pluies sont très faibles caractérisant un climat saharien.
Elles se produisent pendant toute l’année principalement pendant l’automne et l’hiver. Elles sont
maximales entre les mois d’octobre et novembre et entre les mois de février et mars. La saison
sèche s’étale d’avril à septembre avec des moyennes mensuelles de l’ordre de 6,3 mm (Figure
20). Le maximum de la pluviométrie, pour les deux stations, se situe généralement pendant le

39
mois d’octobre avec une pluviométrie moyenne de 17 mm pour les deux stations. Le minimum
des précipitations est enregistré en juillet avec une moyenne ne dépassant guère, les 5 mm.

P (mm)
20,00
Tazarine
18,00
16,00 Alnif

14,00
12,00
10,00
8,00
6,00
4,00
2,00
0,00
Sept Oct Nov Déc Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil Août mois

Figure 20: Répartition des pluies mensuelles interannuelles au niveau des stations
d’Alnif (1975-76/2014-2015) et de Tazarine (1997-98/2014-2015)

II- 2- 2- Variabilité saisonnière

Le tableau 7 montre la distribution saisonnière des précipitations. La pluviométrie, est


très faible pendant toute l’année avec une moyenne de 105 mm. En hiver et en automne, les
précipitations cumulent les 66 mm et représentent plus que 63% des précipitations enregistrées
dans la zone d’étude. En printemps et en été, les précipitations sont de l’ordre de 38 mm et
représentent moins de 37% de l’ensemble des précipitations tombées sur le bassin de Reg.

Tableau 7 : Variabilité moyenne saisonnière en (mm) des précipitations pour les stations
d’Alnif et de Tazarine
Hiver Printemps Eté Automne
(jan-fev-mar) (avr-mai-jun) (jui-aou-sep) (oct-nov-dec)
Alnif 32,23 21,62 16,22 33,71
31,06% 20,83% 15,63% 32,48%
Tazarine 30,92 17,38 20,49 33,29
30,29% 17,02% 20,07% 32,61%

40
II- 2- 3- Variabilité interannuelle

Les graphiques des figures 21 et 22 montrent la variabilité de l’écart (P-Pm) entre la pluie
annuelle (P) et la moyenne interannuelle (Pm) des stations d’Alnif et de Tazarine, ce qui permet
d’identifier les années les plus sèches de la région. On constate que les précipitations ont été
soumises à des irrégularités interannuelles très aléatoires et très variables dans le temps
(fluctuations importantes par rapport à la moyenne). De plus, sur ce graphique, s’illustrent bien
les périodes déficitaires, par rapport à la moyenne, qui caractérisent les années de 1980 à 1988,
de 1991 à 1995, de 1997 à 2006 et à partir de 2009, ces périodes de sécheresse ont généralement
touché tout le Maroc, tandis que les années 1977 à 1979, 1989 à 1990, 1996 à 1997 et 2007 à
2010 sont relativement humides.Il faut aussi signaler le caractère torrentiel des pluies (ABH
GZR, 2011b)

P-Pm (mm)
150,00

100,00

50,00

0,00

-50,00

-100,00

Années

Figure 21 : Ecart entre la pluie annuelle (P en mm) et la moyenne interannuelle (Pm en mm)
pour la station d’Alnif

41
P-Pm (mm)
80,00
60,00
40,00
20,00
0,00
-20,00
-40,00
-60,00
-80,00 Années

Figure 22: Ecart entre la pluie annuelle (P en mm) et la moyenne interannuelle (Pm en mm)
pour la station Tazarine

Suivant Gaussen et Bagnouls (in Strahler, 1974), un mois est dit sec lorsque P<2T, avec
les précipitations (Pen mm) et la température (Ten °C). La variation de ces deux paramètres au
cours d’une année hydrologique moyenne est figurée sur le diagramme ombrothermique pour le
cas de la station d’Alnif (Figure 23) et pour la station de Tazarine (Figure 24). On déduit que la
période sèche dure toute l’année dans la région d’étude.

Ainsi, le déficit hydrique climatique persiste dans la région pour toute l’année et aucune
période de l’année ne pourra être qualifiée d’une période humide.

70,00
P en mm
60,00
2xT en °C
50,00

40,00

30,00

20,00

10,00

0,00
Sept Octo Nov Dec Jan Fev Mars Avril Mai Juin Juil Aout Mois

Figure 23: Diagramme ombrothermique de la station d’Alnif

42
70,00

60,00 P
2xT
50,00

40,00

30,00

20,00

10,00

0,00
Sept Oct Nov Déc Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil Août Mois

Figure 24: Diagramme ombrothermique de la station de Tazarine

II-3- L’humidité relative

Le tableau 8 représente l’humidité relative de l’air dans le bassin de Reg. Elle se situe en
permanence autour de 35%. Son suivi mensuel montre généralement de faibles différences
saisonnières. Sa valeur la plus élevée, est enregistrée pendant le mois de décembre, avec 41%
pour la stationd’Alnif et 37% pour la station de Tazarine. L'humidité relative, la plus faible, est
enregistrée au mois de juillet avec 14% pour Alnif et 11% pour Tazarine. Les temps de Chergui,
où les vents sont chauds et secs (juillet, août et septembre), sont marqués par des baisses de
l’humidité relative pouvant atteindre des valeurs au-dessous de 20%. Les vents influencent
également l’humidité relative.

Tableau 8 : Humidité relative moyenne mensuelle du bassin de Reg (en %)


Stations
Sept. Oct. Nov. Déc. Janv. Févr. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Moy.
climatiques
Alnif 22 30 35 41 40 35 28 22 18 16 14 16 26
Tazarine 20 30 31 37 40 36 31 24 18 14 11 17 26

43
II-4- L’évaporation

L’évaporation est mesurée par le « bac » dans la station d’Alnif. L'évaporation moyenne
annuelle est de l'ordre de 3553 mm avec des valeurs extrêmes en décembre (99 mm) et en juillet
(542 mm) (Tableau 9).

Tableau 9 : Evaporation moyenne mensuelle au niveau du bassin de Reg (en mm)

Station
Sept. Oct. Nov. Déc. Janv. Févr. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Total
climatique
Alnif 371 254 148 99 116 140 237 315 391 484 542 489 3553

II- 5- Vitesse du Vent

La vitesse moyenne du vent enregistrée à la station d'Alnif est de l'ordre de 2,48 m/s, les
vents sont violents pendant les mois de mars à septembre (Chergui). Ils ont le caractère chaud et
sec, ce qui influence la baisse de l’humidité relative dans la zone d’étude (Tableau 10).

Tableau 10 : Vitesse moyenne mensuelle du vent dans le bassin de Reg (en m/s).
Station
Sept. Oct. Nov. Déc. Janv. Févr. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Moy.
climatique
Alnif 2,81 2,15 1,78 1,43 1,51 1,96 2,52 3,14 3,34 3,22 2,99 2,87 2,48

III- Classification climatique


Pour mieux caractériser le climat de la région d’étude, on est amené à discuter la notion
d’aridité dans la région et classifier son climat.

III- 1- Coefficient d’aridité

L’étude de l’évolution de l’indice d’aridité, au niveau de la station d’Alnif, s’étale sur 38


ans (1975-76/2014-2015). Cet indice est déterminé à partir de la formule de Martonne
(Martonne, 1950), du fait de sa grande simplicité; elle utilise deux éléments climatiques, la
précipitation et la température au lieu de considérer l’évaporation difficilement mesurable
(Tableau 6):

44
P
I 
T  10

Avec: I = Indice d’aridité ;


P = Précipitation moyenne annuelle en mm ;
T = Température moyenne annuelle en °C.
Le nombre10 permet d’éviter les nombres négatifs.

Ainsi l’indice de Martonne peut caractériser différents climats :

Tableau 11 : Variation de l’indice de Martonne caractérisant les différents climats (Martonne, 1950)

INDICE D’ARIDITE TYPE DE CLIMAT

30-20 milieu tempéré

20-10 milieu semi-aride

10-5 milieu aride


<5 milieu hyperaride

Les valeurs de l’indice d’aridité varient entre 0,39 en 2000/2001 et 5,85 en 2006/2007
(Tableau 12). Cette variation permet de classer la zone de Reg dans un milieu hyperaride, car la
valeur moyenne sur 23 ans est de 2,47 avec une précipitation moyenne annuelle de 89 mm.

Sur la figure 25, l’évolution de l’indice d’aridité, et sauf pour l’année 2006/2007, est au-
dessous du niveau 5 qui indique le milieu hyperaride. On peut retenir de ce graphique que durant
la période d’enregistrement (1982-1983/2007-2008), l’aridité varie peu avec les fluctuations,
ceci est lié aux faibles précipitations qui arrosent le bassin de Reg.

Tableau 12 : Indice d’aridité enregistré à la station d’Alnif durant la période 1982-2008

Années 82/83 83/84 85/86 86/87 87/88 88/89 89/90 90/91 91/92 92/93 93/94 96/97
P (mm) 33,4 29,6 39,1 81,2 57,2 150 151,2 85,5 46,5 65,6 69,3 78
T (°C) 21,33 19,25 21,58 21,94 21,99 20,74 21,96 18,43 19,52 21,14 19,49 21,74
I aridité 1,07 1,01 1,24 2,54 1,79 4,88 4,73 3,01 1,58 2,11 2,35 2,46
Années 97/98 98/99 99/00 00/01 01/02 02/03 03/04 04/05 05/06 06/07 07/08
P (mm) 90,1 71,8 73,1 12,9 85,4 49 77,8 74,7 77,1 187,3 98,1
T (°C) 22,56 21,56 21,88 22,73 22,49 22,48 21,75 22,30 22,06 22,03 22,08
I aridité 2,77 2,28 2,29 0,39 2,63 1,51 2,45 2,31 2,40 5,85 3,06

45
Indice d’aridité
30,00

25,00 Milieu tempéré

20,00

15,00 Milieu semi-aride

10,00
Milieu aride
5,00
Milieu hyperaride
0,00

Années

Figure 25 : Variation de l’indice d’aridité à la station d’Alnif (1982-1983/2007-2008)

III-2- Classification climatique par le climagramme de Sauvage

La classification climatique établie sur la base du climagramme de Sauvage (1963b)


permet de ranger le climat du bassin de Reg dans la classe du climat saharien hyperaride à hiver
chaud (Figure 26). La moyenne des précipitations annuelles est de l’ordre de 89 mm, l’humidité
de l’air est très faible, les amplitudes thermiques sont élevées de l’ordre de 24 °C et les vents
sont très fréquents et viennent du Sud et du Sud-Est.

46
Q

Humide
200

Subhumide
150

Semi-aride
100
Aride
50 Tazarine
Saharien Alnif

0 Hiver frais 3 Hiver tempéré 7 Hiver chaud m

NB : Q (Coefficient d’Emberger, 1964) = 1000 x P/((M-m) x (M+m))/2


M = moyenne des maxima du mois le plus chaud en °C
m = moyenne des minima du mois le plus froid en °C
P = moyenne des précipitations annuelles (mm)

Figure 26: Situation de la zone d’étude dans le climagramme pluviométrique de Sauvage (1963b)

IV- Conclusion
La classification climatique du bassin de Reg, faite par le biais de l’indice d’aridité et
le climagramme de Sauvage nous a permis de ranger le climat du bassin dans la classe du climat
saharien à hiver chaud. Le nombre de jours de pluie est faible. La zone est marquée par un déficit
hydrique pendant toute l’année où l’évapotranspiration l’emporte sur les précipitations; ceci peut
être accentué par les vents chauds et secs de l’Est et du Sud appelés Chergui. De ce fait, on ne
remarque pas une grande variation climatique pendant l’année, impliquant un besoin opportun
d’irrigation en tout temps, lequel est actuellement comblé par l’exploitation des eaux
souterraines. La région connait une succession d’événements extrêmes que sont les sécheresses
récurrentes et les inondations fréquentes posant de grands problèmes dans la gestion des
ressources en eau de la région.

47
CHAPITRE III :
GEOLOGIE DU BASSIN DE
L’OUED REG

48
CHAPITRE III : GEOLOGIE DU BASSIN DE REG

I-Introduction
Les formations géologiques du bassin de Reg, étudiées dans ce mémoire, appartiennent
à la chaîne de l’Anti-Atlas. Avant de présenter leur cadre géologique et les grands traits
structuraux de l’orogenèse hercynienne de l’Anti-Atlas, il est important de placer cette chaîne
dans le cadre des domaines structuraux du Maroc (Leblanc et Lancelot 1980 ; Piqué et Michard,
1989; Piqué, 1994), situés sur la marge nord du craton ouest-africain.

Au nord du craton ouest-africain, structuré durant l’orogenèse éburnéenne (2Ga), se


distinguent deux grands ensembles géologiques, incluant principalement un socle
protérozoïque et une couverture paléozoïque, structurée pendant l’orogenèse hercynienne.

 Le domaine atlaso-mésétien au Nord, dont les séries paléozoïques sont


déformées et métamorphisées pendant l’orogenèse hercynienne, constitue la bordure sud de la
chaîne varisque de l’Europe occidentale (Matte, 1986 Ben Abbou et al., 2001). Cet ensemble
est limité vers le Sud par l’accident sud-atlasique, qui le sépare du domaine anti-atlasique, et
qui constitue une zone mobile lors des événements tectoniques hercyniens et atlasiques.

Les formations paléozoïques du domaine atlaso-mésétien affleurent sous forme de


boutonnières au sein des dépôts mésozoïques et cénozoïques, dans trois zones (Figure27) :

a) La méséta occidentale où le Paléozoïque affleure au niveau du massif central, la


méséta côtière, les Rehamna et les Jebilet ;

b) La méséta orientale où les boutonnières paléozoïques sont plus réduites, ce sont


celles de Midelt, Debdou, Mekkam, Jerrada, etc. ;

c) la chaîne atlasique : le Paléozoïque affleure au niveau du bloc ancien du Haut-


Atlas occidental, et dans les boutonnières de Skoura, Aït Tamlil dans le Haut Atlas central, et
Boudahar, Tamelalt dans le Haut-Atlas oriental.

49
 Le domaine anti-atlasique est, avec son prolongement saharien vers le
Zemmour, le domaine le plus méridional du Maroc (Figure 27), son soubassement précambrien
est affectépar l’orogenèse panafricaine entre 680 Ma et 570 Ma (Leblanc et Lancelot, 1980).
Ce domaine, qui a subi à la fin du Paléozoïque une déformation hétérogène, constitue l’avant-
pays de la chaîne hercynienne des Mauritanides (Hassenforder, 1987). Pendant l’orogenèse
atlasique, il est resté stable, mis à part quelques mouvements verticaux le long des grands
accidents de la zone axiale (Choubert, 1963 ; Hassenforder, 1987).

Figure 27 : Carte des domaines structuraux du Maroc avec les affleurements des formations
paléozoïques (Piqué et Michard, 1989) complétée pour le domaine saharien (Piqué, 1994)

50
II-Cadre géographique de l’Anti-Atlas
Le domaine de l’Anti-Atlas se situe dans la moitié sud du Maroc (Figure 27),
d’orientation ENE-WSW, les reliefs de l’Anti-Atlas s’allongent diagonalement entre les 28ème
et 32ème parallèles et les 4ème et 11ème méridiens. Il s’étend depuis la bordure méridionale
du Haut Atlas au Nord jusqu’au flanc septentrional du bassin carbonifère de Tindouf, situé sur
la plate-forme saharienne et la côte atlantique à l’Ouest, jusqu’aux bassins de Béchar et de
Kenadza vers l’Est, sur une longueur d’environ 1000 Km et une largeur de 200 Km (Figure 27).

Les formations géologiques de la chaine Anti-Atlasique sont d’âges variés allant du


Précambrien jusqu’au Quaternaire. Le substratum est constitué d’un socle précambrien affleure
sous forme de multiples massifs et boutonnières constitués essentiellement de terrains
granitisés, magmatisés et métamorphisés. La morphologie de ces boutonnières varie avec la
nature lithologique de leurs constituants. Elles forment généralement des dépressions
lorsqu’elles sont constituées de matériaux granitiques, schisteux ou gréso-pélitiques laissant
apparaître des reliefs résiduels. Ils sont formés essentiellement de roches rhyolitiques et
quartzitiques et culminent localement à plus de 2500 m. C’est le cas de Jbel Lkest du Kerdous
et du Jbel d’Amalou n’Mansour du Saghro (Hassenforder, 1987 ; Thomas et al. 2002 ; Baidder,
2007).

De point de vue morpho-structural, l’Anti-Atlas se présente sous forme d'un vaste


relief qui s'allonge parallèlement à celui du Haut Atlas. Il est caractérisé par un large plateau
central. Celui-ci, d’une altitude moyenne de 1500 m, est principalement constitué d’une
couverture paléozoïque reposant sur des terrains précambriens anciens. Ces derniers affleurent
dans des boutonnières qui jalonnent l'axe central de l’Anti-Atlas. Les boutonnières les plus
importantes en superficie sont, du Sud-Ouest au Nord Est : Les boutonnières du Bas-Drâa,
d’Ifni, du Kerdous, d’Irherm, de Zenaga, de Bou-Azzer, de Saghro et celle de l’Ougnat. La
morphologie de ces boutonnières varie avec la nature lithologique de leurs constituants. Elles
forment généralement des dépressions lorsqu’elles sont constituées de matériaux granitiques,
schisteux ou gréso-pélitiques laissant apparaître des reliefs résiduels.

51
Ces derniers sont formés de roches rhyolitiques et quartzitiques et culminent
localement à plus de 2500 m. C’est le cas de Jbel Lkest du Kerdous et du Jbel d’Amalou
n’Mansour du Saghro.

De part et d'autre de l’axe central de l’Anti-Atlas s'étalent, de façon inégale, des


alignements morphologiques de même direction que la chaîne. Ces alignements, formés par
l'alternance de barres résistantes et de dépressions, constituent la couverture paléozoïque. Celle-
ci est réduite à de petits affleurements qui longent la bordure nord des boutonnières tout au long
du flanc nord de l'Anti-Atlas rapidement ennoyés sous les bassins qui la séparent du Haut Atlas.
Par contre, la couverture paléozoïque connaît un développement considérable dans le flanc Sud-
Est de l'Anti-Atlas occidental. Au Sud-Ouest, la couverture constitue les reliefs plissés des jbels
Bani, Zini, Rich et Tazout-Ouarkziz plus au Sud-Est. Ces différents alignements
morphologiques, qui peuvent culminer à plus de 1000 m, sont séparés par des couloirs érodés,
communément appelés les Feijas. Ils sont essentiellement constitués par les différents niveaux
tendres de la série paléozoïque.

Outre les séries méso-cénozoïques des bassins côtiers, la couverture de l’Anti-Atlas


occidental est formée de terrains volcaniques, volcano-détritiques puis sédimentaires. Ils sont
datés du Néoprotérozoïque supérieur au Paléozoïque. Ils sont soulevés, plissés et faillés au
Carbonifère terminal. Notons que cette couverture repose en discordance majeure sur un
substratum constitué de terrains précambriens à déformation polyphasée, qui affleurent au cœur
des boutonnières suite à l’érosion des axes culminants de plis hercyniens (Figure 28).

52
ANTI-ATLAS ORIENTAL

Recouvrement secondaire
et tertiaire
Cambrien moyen à
Carbonifère
Protérozoïque terminal au
cambrien inférieur
Précambrien

Figure 28: La chaine anti-atlasique dans un schéma géologique du Sud Marocain montrant la
répartition des pointements précambriens et les affleurements paléozoïques de l'Anti-Atlas
(Faik, 2005)

Sur ces termes, repose en discordance angulaire une couverture sédimentaire


paléozoïque, elle-même recouverte de terrains mésozoïques, cénozoïques puis quaternaires
(Robert-Charrue, 2006). A l’échelle régionale, le passage entre la série de Ouarzazate et le
Cambrien est marqué par une légère discordance dans le Saghro oriental, alors que le passage
est concordant, aussi bien dans le Tafilalet Nord oriental que dans l’Ougnat (Baidder, 2007).

De point de vue structural, les directions majeures des structures à l’échelle de l’Anti-
Atlas montrent une disposition arquée de l’Ouest vers l’Est. Cette disposition en virgation,
épouse la forme de la bordure Nord du Craton Ouest Africain (Figure 27) dont l’Anti-Atlas
constitue la marge septentrionale. Dans la partie occidentale, les structures sont orientées NE-
SW notamment dans le Bas-Drâa et le Bani occidental et évoluent vers des structures NNE-
SSW, voire même N-S plus au Nord dans le plateau de Lakhssas, ou encore entre les
boutonnières de Kerdous et d’Ighrem. Dans l’Anti-Atlas central, les directions structurales
montrent une orientation E-W à WSW-ENE. Plus à l’Est (Anti-Atlas oriental), ce sont des
structures NW-SE à NNE-SSW dites « ougartiennes » qui dominent. Elles sont parallèles au
massif de l'Ougarta qui sépare les bassins de Tindouf et de Bechar (Baidder, 2007 ; Marante,
2008).
53
La structuration de cette région s’est faite au Paléozoïque inférieur puis au cours du
cycle hercynien. Elle constitue l’avant-pays de la chaîne hercynienne. Le maximum de la
déformation est essentiellement situé au Nord dans le massif de Tisdafine qui est probablement
en contact direct avec le front de la chaîne hercynienne. On y note des chevauchements
hercyniens vers le SE dans la région de Tineghir (Michard et al., 1982). Par contre, dans le
Tafilalet, dans l’oued Rhéris-Jorf et dans le Maïder, la tectonique est plutôt du type avant-pays
de chaîne. Elle est marquée par des plis à grand rayon de courbure et par l’abondance de failles.

III-Histoire géologique de l’Anti-Atlas

L’histoire géologique de l’Anti-Atlas est largement contrôlée par sa position le long


de la marge NW du Craton Ouest-Africain. Les différents cycles orogéniques successifs
(panafricain, calédonien, hercynien et alpin) prennent toujours place autour des marges de ce
bouclier stable. Ce dernier est en outre limité par les chaînes du Hoggar à l’Est, longées au Nord
par celles de l’Ougarta et à l’Ouest par la ceinture des Mauritanides (Figure 29). Sa partie sud
s’étend jusqu’à la côte ivoirienne. Des bassins à sédimentation néoprotérozoïque à paléozoïque
occupent la partie centrale du craton (bassin de Taoudeni) ainsi que sa marge nord (bassin de
Tindouf). Ce craton affleure sous forme de dorsales comme celle des Rguibat, de direction
WSW-ENE, au Nord et celle de Léo au Sud. Les âges du bouclier Ouest-Africain s’étalent de
3000 Ma et 1800 Ma et montrent une évolution complexe durant l’Archéen et le
Paléoprotérozoïque. La cratonisation totale de ce domaine est acquise après l’événement
éburnéen (2000 à 1800 Ma) (Faik, 2005 et Baidder, 2007).

Le Précambrien de l’Anti-Atlas est caractérisé par un épisode de rifting vers 800 Ma


qui s’est opéré le long de la bordure NE du craton ouest-africain. Une fermeture océanique s’est
produite vers 685 Ma (Clauer, 1976 ; Hafid, 1992 et 1999; El Aouli et al., 2001), dont la suture
de Bou-Azzer et celle de Siroua (Saquaque, 1992; Ennih et Liégeois 2001; Gasquet et al., 2004)
représentent une phase d’obduction.

L’évidence de cette suture est montrée par l’affleurement de séquences déformées de


roches ultrabasiques ophiolitiques à plutons acides et de roches volcaniques sous-marines
(Leblanc et Lancelot, 1980), le long d'un accident oblique qui s’étend de l’WSW à l’ESE, depuis
le Sud de Siroua jusqu’à Zagora-Taouz. Il est connu sous le nom d'accident majeur de l’Anti-
Atlas (Choubert, 1947, 1963; Gasquet et al., 2004). Au Sud de cette suture, l’Anti-Atlas sud-

54
occidental est considéré comme une zone stable faisant partie du craton ouest africain alors que
la partie nord (Anti- Atlas oriental) est attribuée au domaine panafricain mobile.

Au Néoprotérozoïque terminal, une subsidence post-panafricaine affecte globalement


l’Anti-Atlas. Elle est caractérisée par le dépôt d’épaisses séries volcanodétritiques suivies, sans
interruption, de carbonates à stromatolites infracambriennes qui annoncent le début de la
transgression paléozoïque. La base du Cambrien inférieur est précédée et accompagnée par un
volcanisme alcalin intraplaques notamment celui du J. Boho, intercalé au sommet des dolomies
adoudouniennes, datées par les premières apparitions de trilobites primitifs. Cette subsidence,
contrôlée par des failles profondes est accompagnée par une activité magmatique qui se
maintient jusqu'à la fin du Cambrien supérieur à l'Anti-Atlas oriental. La marge nord
occidentale de l’Anti-Atlas plus subsidente où s’accumulent d’énormes piles sédimentaires
(bassin de Tiznit) (Choubert, 1963; Benziane et al., 1983) que dans l’Anti-Atlas oriental, où ces
piles sédimentaires sont parfois même absentes(Figure 30).

Figure 29 : Situation du domaine anti-atlasique dans le cadre de l’Afrique de l’Ouest


(d’après Dallmeyer et Lécorché, 1991) in Piqué, 1994)

55
Figure 30 Esquisse structurale du Nord du craton africain (Beuf et al., 1971)

Durant le Paléozoïque, l’histoire tectonique et sédimentaire de l’Anti-Atlas est celle


d’une plate-forme stable interrompue par un épaulement du rifting cambrien qui correspond à
une période d’érosion (Michard, 1976) et par des mouvements épiorogéniques dont le principal
soulèvement se situe au Caradoc (Baidder et al., 2007). Les sédimentations ordovicienne,
silurienne et dévonienne correspondent à une mer épicontinentale et caractérisent une marge
continentale passive. A partir du Dévonien supérieur, la dislocation amorcée de la marge
s’accentue au Dévonien inférieur (Wendt 1985, Baidder et al., 2007) ; des aires soulevées
s’individualisent et la sédimentation, plus détritique, est alimentée par les domaines soulevés
au Nord de l’Anti-Atlas. Cette sédimentation marine persiste dans l’Anti- Atlas jusqu’au
Namurien (bassin de Tindouf), puis la mer se retire vers l’Est où les dépôts westphaliens sont
encore marins dans le bassin de Béchar.

Le plissement de la couverture paléozoïque est mis en valeur par la formation du Bani,


crétacé-ordovicienne qui peut être suivie dans tout l’Anti-Atlas. L’image à grande échelle du
Paléozoïque montre une série de dômes et bassins, d’Ouest en Est : la cuvette de Tazarine, les
« bassins » du Maïder et du Tafilalt. Cette structure concorde avec celle de la chaîne de
l’Ougarta d’orientation NW-SE. De grandes structures d’extension telles que le graben de
Zagora apparaissent dans les niveaux rigides de la couverture. Le tout est scellé par des
sédiments du Crétacé ou d’âges plus récents. On distingue le plateau Crétacé des Monts Kem-
Kem au Sud-Est, la Hamada du Guir mio-pliocène à l’Est, le Crétacé du Nord de l’Ougnate et

56
le bassin cénozoïque d’Ouarzazate sur la bordure NW du Saghro. Au Nord-Ouest de l’Anti-
Atlas, le Haut Atlas est limité au Sud par la faille sud-atlasique (Robert-Charrue, 2006).

La déformation hercynienne se manifeste dans l’Anti-Atlas avec des directions


différentes. A l'Ouest, elle est responsable de structures plissées NE-SW de Jbel Bani et des
Rich ainsi que des structures subméridiennes plus au Nord. Ces structures changent de direction
à l’approche des différentes boutonnières précambriennes. A l'Est où les structures sont NW-
SE (ride Ougnat-Ouzina) à E-W.

Le taux de raccourcissement dans l’ensemble reste faible et ne dépasse pas 15%


(Burkhard et al., 2006).

Après l’orogenèse hercynienne, l’Anti-Atlas montre une stabilité générale lors du


Trias. Des fractures NE-SW sont empruntées par des dykes doléritiques jurassiques (Foum-
Zguid, Irherm et Norites de Mecissi), probablement associés à l’ouverture de l’Atlantique vers
175 Ma (Sahabi et al., 2004). A cette époque, dans la partie occidentale de l’Anti-Atlas (Tarfaya
et Souss), la subsidence permet à la sédimentation marine de se développer. Vers l’intérieur,
une sédimentation peu épaisse d’âge Crétacé et Tertiaire envahit une grande partie de l’Anti-
Atlas, en relation avec la transgression marine du Crétacé supérieur, connue à l’échelle
mondiale, suite à un réchauffement généralisé (Baidder, 2007).

A partir du Crétacé supérieur, au cours de l’orogenèse alpine, l'Anti-Atlas est soumis


à un soulèvement qui est à l'origine des principaux reliefs actuels. Cette tectonique est plus
active dans sa partie nord qui se manifeste par des plis et des chevauchements qui accompagnent
la formation du Haut Atlas. Ces régions sont localement affectées par un volcanisme basaltique
et phonolitique, représenté notamment par le strato-volcan de Siroua et les néphenites du Saghro
(Baidder, 2007).

IV-Géologie de la zone d’étude


Le bassin de Reg s’inscrit géographiquement dans le bassin versant de l’oued Maïder
au sens large dont il constitue un des importants bassins affluents. Il est situé dans la partie Est
de l’Anti-Atlas oriental (Figures 31 et 32). Il est limité à l’Est par la Hamada de Guir, au Sud
par celle de Kem Kem, à l’Ouest par la cuvette du Tazarine et s’ennoie au Nord sous les bassins
crétacés et tertiaires d’Errachidia-Boudenib et d’Ouarzazate. L’axe de cette chaîne est occupé
par des terrains de Saghro et de l’Ougnat. De part et d’autre de ces deux boutonnières, se situent

57
les terrains paléozoïques du Tafilalet, du Maïder, de l’Oued Rhéris-Jorf et ceux de Tisdafine.
De petites boutonnières apparaissent dans le Tafilalet Nord oriental (Gour Brikat et Gara El
Anez), ou encore de taille plus réduite, comme celles de Tazoult n’Ouzina, au Sud le long de
l’Accident majeur, ou celle de Jbel Angal au Nord du Maïder.

La structuration de cette région s’est faite au Paléozoïque inférieur puis au cours du


cycle hercynien. Elle constitue l’avant-pays de la chaîne hercynienne. Elle est marquée par des
plis à grand rayon de courbure et par l’abondance de failles. La couverture est formée de terrains
sédimentaires mais aussi volcaniques et volcano-détritiques datés du Néoprotérozoïque
supérieur au Paléozoïque. A l’échelle régionale, le passage entre la série d’Ouarzazate et le
Cambrien est marqué par une légère discordance dans le Saghro oriental, alors que le passage
est concordant, aussi bien dans le Tafilalet Nord oriental que dans l’Ougnat (Baidder, 2007).

Zone

d’étude

Figure 31: Image Landsat 7 du secteur d’étude

58
Secteur

d’étude

Figure 32 : Schéma structural du secteur d’étude (Baidder, 2007)

Sur une base bibliographique, nous présentons ci-après une synthèse des principaux
traits stratigraphiques et structuraux de la région d’étude en vue de dégager les éléments
d’analyse de l’hydrogéologie régionale, objet de la présente étude.

V-Traits lithostratigraphiques de la zone d’étude

Pour étudier les différentes formations géologiques dans le bassin de Reg, on s’est
basé sur une base principalement bibliographique, sur la carte géologique 33 et sur la coupe
lithostratigraphique qu’on a établi entre le Saghro et Fezou en passant par la localité d’Anif
(Figure 34). Nous allons présenter une synthèse des principaux traits stratigraphiques et
structuraux du Précambrien au Quaternaire de la région en vue de dégager les éléments
d’analyse de l’hydrogéologie du bassin de Reg.

59
Figure 33: Carte géologique simplifiée du bassin de Reg tirée de la carte géologique du
Maroc au 1/200 000, Feuille Todgha - Maïder (Du Dresnay et al, 1988)

Figure 34 : Coupe géologique schématique de la région d’Alnif (depuis Saghro jusqu’à


Fezou) (Cf. figure 33 pour la localisation de la coupe)

60
V-1- Précambrien

Le cœur des massifs du Saghro et de l'Ougnate comprend essentiellement des schistes


et des granites du Précambrien II et III (PII et PIII) et est entouré d'une puissante carapace
rhyolitique (Figure 33). L'Ougnate, compartimenté par de grandes failles au niveau du massif
précambrien central, est plus complexe que le Saghro (Combe et al., 1977 ; Baidder et al., 2007).

V-2 - Le Cambrien

Le Cambrien à dominante gréseuse reste morphologiquement incorporé aux


boutonnières précambriennes dont il forme la première cuesta monoclinale avant les
dépressions faites par les argilites ou par les Feijas externes.

Le Cambrien repose directement sur la série d’Ouarzazate du Néoprotérozoïque


terminal. Il débute par un épais conglomérat, auquel fait suite la série « Lie-de- vin » (Figures
34 et 35). et se termine par des grès roses dont le sommet est attribué au Cambrien moyen
(Landing et al., 2006).

Après les dépôts continentaux et les manifestations volcaniques du Précambrien III, le


domaine anti-atlasique connaît progressivement une sédimentation marine, carbonatée,
transgressive venant de l’Ouest et le NW (Boudda et al. 1979). Le passage des formations du
PIII à ces dépôts de base de la couverture, semble progressif et est limité à sa base par des
surfaces de transgression et des discordances de ravinement, et ne semble pas présenter de
discordance angulaire majeure (Soulaimani, 1998 ; Piqué et al., 1999).

61
Figure 35 : Coupe synthétique de la couverture paléozoïque de l’Anti-Atlas oriental
(Baidder, 2007)

62
V-3- Le Cambrien inférieur (Géorgien)

Les recherches géologiques effectuées dans l’Anti-Atlas oriental n’ont pas permis de
montrer la présence des premiers dépôts de la transgression adoudounienne qu’on trouve dans
l’Anti-Atlas occidental (Buggish et Flügel, 1988 ; Algouti et al., 2000). Le Cambrien repose
ainsi directement sur la série d’Ouarzazate du Néoprotérozoïque terminal. Il débute par un épais
conglomérat de base, auquel fait suite la série « Lie-de-vin », définie par Choubert (1942, 1952),
comme une série silteuse à gréso-pélitique et se termine par des grès roses dont le sommet est
attribué au Cambrien moyen (Landing et al., 2006).

V- 4- Le Cambrien moyen (Acadien)

Le Cambrien moyen marque une tendance transgressive. Il est caractérisé par la


monotonie et la continuité de ses faciès avec une série stratigraphique relativement complète et
cohérente (Destombes et al., 1985). Le Cambrien moyen débute par l’installation, sur les grès
terminaux de la brèche à Micmacca. La limite supérieure est marquée par le passage discordant
et transgressif aux schistes ordoviciens de Fezouata. Deux formations à sédimentation marine
détritique se distinguent à travers l’Anti-Atlas : les schistes des Feijas internes et les grès de
Tabanit.

V-4- 1- Les Grès terminaux

Ils sont bien développés à l’Ouest. La faille de l’oued Smile (Sud de l’Ougnat)
est une limite importante dans les changements de faciès et des épaisseurs de grès terminaux et
ceux du Cambrien inférieur (Baidder, 2007).

V-4- 2- Les Schistes des Feijas internes (Schistes à Paradoxides)

Cette formation du Paléozoïque inférieur de l’Anti-Atlas, est composée d’une


alternance gréso-pélitique de couleur vert olive (Destombes et al., 1985). Elle se distingue par
ses argilites verdâtres d’une épaisseur variable de 20 à 200 m.

63
V-4- 3- Les grès de Tabanit

Ces grès forment une crête morphologique séparant les schistes des Feijas
internes, des sédiments ordoviciens sus-jacents (Destombes et al., 1985). Ils se trouvent au
sommet de la série du Cambrien marquant une tendance à la régression et un enrichissement
progressif en dépôts détritiques fins d’un milieu de plage très peu profonde.

V-3 - L’Ordovicien

L’Ordovicien consiste en deux ensembles argileux (Schistes des Feijas externes à la


base et les Schistes de Ktaoua au sommet) séparés par une première crête gréseuse : le premier
Bani (Destombes et al., 1985 ; Marante, 2008 ; Clerc, 2012 et Clerc et al., 2013). L’ensemble
est couronné par une seconde crête gréseuse: le deuxième Bani. Cette subdivision
morphologique, nette dans les paysages de l’Anti-Atlas central, se complique latéralement par
l’apparition de barres gréseuses au sein des unités argileuses dans l’Anti-Atlas Oriental
(Choubert, 1943).

V-3-1- Les schistes des Feijas externes (Trémadoc - Llanvirn)

Constitués essentiellement d’argilites et de grès quartzitiques formant les


dépressions entre les crêtes de Tabanit et du Jbel Bani correspondent aux schistes de Fezouata
et les schistes de Tachilla :

V-3-2- Les schistes de Fezouata (Trémadoc-Arénig inférieur)

C’est une formation argilo-silteuse qui marque le début de la transgression


ordovicienne sur les grès de la formation de Tabanit. Elle est subdivisée en deux unités:
Fezouata inférieure et Fezouata supérieure (Baidder et al., 2007). L’unité inférieure est une
lacune sur les versants nord et sud de Saghro et l’Ougnat. L’unité supérieure débute par un
niveau micro-conglomératique riche en éléments ferrugineux.

V-3-3- Les schistes de Tachilla (Llanvirn)

Ils constituent une large séquence monotone d’une série pélitique (Choubert,
1963), gris-bleu, intercalés de minces niveaux gréseux ou carbonatés. Elle présente des
puissances variables de 20 à 150m dans l’Anti-Atlas oriental et est séparée des schistes de
Fezouata par l’intermédiaire de niveaux ferrugineux. La limite supérieure de cette formation
est marquée par un autre niveau de fer oolithique constituant la base des grès du premier Bani.

64
V-3-4- Les grès du Premier Bani (Llandeilo)

Formé d’une sédimentation essentiellement gréseuse et quartzitique, à


intercalations argileuses, le groupe du Premier Bani constitue l’essentiel de la crête du Jbel Bani
tout au long de l’Anti-Atlas, caractéristique de l’Ordovicien de l’Anti-Atlas central. La
formation est épaisse d’environ 25 à 300m dans l’Anti-Atlas central et montre un
amincissement considérable vers l’Est où elle n’est plus que de 20m.

V-3-5- Les schistes de Ktaoua (Caradoc – Ashgill)

Ils correspondent généralement à la série schisteuse comprise entre les grès du


premier Bani à la base et ceux du deuxième Bani au sommet. Par rapport au groupe du Premier
Bani, plus gréseux et quartzitique, le groupe du Ktaoua est plus argileux à intercalation, au
milieu, d’un niveau gréso-quartzitique (Destombes, et al., 1985 ; Faik, 2005). Les schistes des
Ktaoua montrent des réductions d’épaisseur vers l’Est et à l’Ouest de l’Anti-Atlas (Destombes,
1962 et 1971 ;Destombes et al., 1985 ; Hamoumi, 1988 et Loi et al., 2010).

V-3-6- Les grès du deuxième Bani

Le groupe du deuxième Bani est bien développé dans l’Anti-Atlas central et


d’une partie de l’Anti-Atlas oriental, où il est caractérisé, morphologiquement, par une crête
continue parallèle à celle du Premier Bani (Destombes et al., 1985 ; Hamoumi, 1988 ; Robert
Charrue 2006 et Baidder, 2007). Cette série, épaisse de quelques dizaines de mètres, présente
une sédimentation essentiellement quartzitique ou gréso-quartzitique.

V-4 - Le Silurien

Dans l’Anti-Atlas, le Silurien affleure dans une dépression entre la crête du Jbel Bani
et les premières crêtes des « Rich » dévoniens. Les faciès du Silurien sont formés d’argilites à
graptolites, de grés et calcaires, à caractère transgressif. Cette transgression d’origine glacio-
eustatique a été mise en rapport avec la fonte de l’inlandsis fini-ordovicien (Destombes et al.,
1985). D’après cet auteur, le Silurien présente une variation importante d’épaisseur, de 300 à
400 m dans l’Anti-Atlas oriental, il atteint 1100 m d’épaisseur dans l’Anti-Atlas central, alors
que dans le domaine occidental elle ne dépasse pas 600 m.

La série silurienne est formée du bas vers le haut par (Baidder et al., 2007) :

65
V-4-1- La formation de Tizi Ambed ou Tizi n’Mekhezni

Définie sur la route Rissani-Mecissi (Hollard, 1970) qui représente le début de


la transgression silurienne. Elle est formée par un conglomérat de base et des schistes et grès
siliceux à graptolites, d’âge Llandevery inférieur ;

V-4-2- La formation de Tamrghout d’âge Llandevery supérieur-Wenlock-


Ludlow

Elle est argilo-calcaire inférieure à graptolithes, lithologiquement, elle est


formée par des argiles montrant des concrétions calcaires. Cette formation est définie entre
Mecissi et Alnif ;

V-4-3- La formation des calcaires à Orthocères

Repose sur la formation de Tamrghout. Elle est constituée par des calcaires gris-
noir riches en matière organique, d’âge Lludlow p.p. ;

V-4-4- La formation argilo-calcaire supérieure à graptolithes

Formée par des schistes avec de rares barres calcaires parfois gréseuses. L’âge
est Lludlow p.p. ;

V-4-5- La formation des calcaires à Scyphocrinites

Elle marque le passage Silurien-Dévonien (Lochkovien), Cette formation


renferme des calcaires à crinoïdes.

V-5 - Le Dévonien

Dans l’Anti-Atlas, la paléogéographie de plateforme plus ou moins profonde qui s’est


installée depuis le Cambrien, se poursuit au Dévonien, avec une évolution qui devient une
constante des environnements sédimentaires paléozoïques, à savoir l’alternance de phases
transgressives et régressives, sur une plateforme contrôlée par des mouvements épirogéniques.
Le développement des faciès sédimentaires carbonatés, ainsi que la diversification de la faune
témoignent d’un réchauffement du climat, suite à la glaciation de la fin de l’Ordovicien.

Le Dévonien de notre domaine d’étude affleure, comme dans tous l’Anti-Atlas, au Sud
de la crête ordovicienne du Jbel Bani (Hollard, 1981 ; Lazreq et Ouanaimi, 1998, Ait Malek,
2000 et Ait Malek et al., 2000).

66
Il est caractérisé par des formations soit calcareuses soit gréseuses. Les formations
calcareuses sont: la formation de Boutiskaouine (Praguien-Emsien inférieur), d'El Otfal
(Emsien supérieur-Eifélien supérieur) et de Boudib (Givétien). Les formations plutôt gréseuses
sont la formation d’Ihandar (Lochkovien à Praguien), d’Afrou, d’Ibaouine et d’Aguelmous
(Frasnien-Famennien).

V-6- Le Carbonifère

Les sédiments carbonifères témoignent d’un retour de formations détritiques qui fait
suite aux grès du Famennien. Après une épaisse série de schistes argileux, la tendance devient
gréseuse. On trouve dans la partie nord de l’Anti-Atlas oriental des calcaires couronnant la série
dans le Sud-Est et par contre dans la partie Ouest, ilssont absents.

V-7- Le Crétacé

Les sédiments crétacés sont caractérisés par une sédimentation continentale d’âge
infracénomanienne suivie d’une sédimentation de plateforme carbonatée cénomano-
turonienne.

V-8- Le Mio-Plio-Quaternaire

Le Mio-Plio-Quaternaire affleure sur plus de 45% de la superficie totale du bassin du


Maïder. Son épaisseur est réduite et ne dépasse pas 30 m comparée à celle des autres faciès
affleurants. Il est formé principalement de conglomérats et marnes miocènes et de calcaires
lacustres plio-quaternaires (Combe et al., 1977).

On distingue généralement cinq niveaux quaternaires correspondant aux périodes


successives de remblaiement, elles-mêmes attribuées aux épisodes pluviaux reconnus au
Maroc: Moulouyen, Salétien, Amirien, Tensiftien, Soltanien et Gharbien (Chamayou et Ruhard,
1977 ; Combe et al., 1977 ; Boudad et al., 2003 ; Rousseau et al., 2006). Ces niveaux sont
essentiellement représentés par des conglomérats, des alluvions, des calcaires lacustres, des
sables et limons, etc.

Les types morphologiques des dépôts quaternaires diffèrent par leur extension,
puissance, répartition et nature lithologique. On distingue les regs, les éboulis et masses

67
glissées, les cônes de déjection et nappes alluviales, les terrasses, les plateaux de dépôts
lacustres et les dunes.

 Reg : Ce terme désigne couramment des surfaces caillouteuses, assimilables à


des nappes d'éboulis, très plates et à pente très faible. Ils couvrent de vastes étendus dans les
plaines du bassin qu'ils prolongent morphologiquement et se raccordent aux surfaces des nappes
alluviales ou des formations lacustres. L'épaisseur des regs peut varier de quelques décimètres
à plusieurs mètres. Les regs constituent l'essentiel des glacis de piémont des massifs de
l'Ougnate.
 Eboulis et masses glissées : Ils s'observent au pied immédiat des reliefs élevés,
surtout au pied du Kreb de la Hamada turonienne située plus au Sud de la zone d’étude.
 Cônes de déjection et nappes alluviales : Les plaines alluviales correspondent
principalement aux dépôts du Quaternaire récent façonnés par révolution morphologique post-
soltanienne et actuelle. La puissance des dépôts d'alluvions graveleuses et de limons oscille en
moyenne entre 15 et 20 m.
 Terrasses : II s'agit des surfaces de dépôts alluviaux étagés et dégagés par
l'érosion, souvent appuyées contre le substratum primaire ou crétacé, qui dominent les plaines
limoneuses par une petite falaise.
 Plateaux de dépôts lacustres : II s'agit des calcaires lacustres du Quaternaire
ancien et moyen qui forment parfois des entablements limités par de petites falaises.
 Dunes : Elles sont fréquentes dans les zones sahariennes et désertiques.

VI-Traits structuraux de la zone d’étude


D’un point de vue structural, l’Anti-Atlas correspond à une vaste structure anticlinale
globalement orientée E-W. Dans l’Anti-Atlas occidental, les directions structurales
s’infléchissent vers la direction NE-SW à NNE-SSW pour devenir parallèles aux directions
structurales de la chaîne du Zemmour plus au Sud. Dans l’Anti-Atlas oriental, ces directions
passent progressivement à des directions orientées NW-SE (Baidder, 2007). Le long de l’axe
de la chaîne, la structure anticlinale est érodée et les terrains précambriens y affleurent dans des
boutonnières qui jalonnent l’Anti-Atlas d’Ouest en Est. Les plus importantes en superficie sont
celles du Saghro et de l’Ougnate (Amont du bassin de Reg). Les séries paléozoïques sont peu
développées sur le flanc nord de l’anticlinal mais affleurent très largement sur le flanc sud, où
elles forment le Jbel Bani.

68
Les recherches dans le domaine structural de la région ont montré que la région a subi
3 phases tectoniques :

 Le Précambrien de l’Anti-Atlas est caractérisé par un épisode de rifting vers 800


Ma qui s’est opéré le long de la bordure NE du craton ouest-africain. Une fermeture océanique
s’est produite vers 685 Ma, dont la suture de Bou-Azzer et celle de Siroua (Saquaque et al.,
1989; Ennih et Liégeois, 2001; Gasquet et al., 2004) représentent une phase d’obduction.
 Au Néoprotérozoïque terminal, une subsidence post-panafricaine affecte
globalement l’Anti-Atlas. Elle est caractérisée par le dépôt d’épaisses séries volcanodétritiques
suivies, sans interruption, de carbonates à stromatolites infracambriennes qui annoncent le
début de la transgression paléozoïque. Cette subsidence, contrôlée par des failles profondes est
accompagnée par une activité magmatique qui se maintient jusqu'à la fin du Cambrien supérieur
à l'Anti-Atlas oriental (Baidder, 2007).
 Durant le Paléozoïque, l’histoire tectonique et sédimentaire de l’Anti-Atlas est
celle d’une plate-forme stable interrompue par un épaulement du rifting cambrien qui
correspond à une période d’érosion (Michard, 1976) et par des mouvements épi-orogéniques
dont le principal soulèvement se situe au Caradoc (Baidder et al., 2007). A partir du Dévonien
supérieur, la dislocation amorcée de la marge s’accentue au Dévonien inférieur (Wendt et al.,
1985 ; Baidder et al., 2007) ; des aires soulevées s’individualisent et la sédimentation, plus
détritique, est alimentée par les domaines soulevés au Nord de l’Anti-Atlas (Baidder, 2007).
 Après l’orogenèse hercynienne, l’Anti-Atlas montre une stabilité générale lors
du Trias. Des fractures NE-SW sont empruntées par des dykes doléritiques jurassiques (Foum-
Zguid, Irherm et Norites de Mecissi), probablement associés à l’ouverture de l’Atlantique vers
175 Ma (Sahabi et al., 2004).
 A partir du Crétacé supérieur, au cours de l’orogenèse alpine, l'Anti-Atlas est
soumis à un soulèvement qui est à l'origine des principaux reliefs actuels. Cette tectonique est
plus active dans sa partie nord qui se manifeste par des plis et des chevauchements qui
accompagnent la formation du Haut Atlas (Baidder, 2007).

Dans le bassin de Reg, des travaux récents, sur des images satellitaires optique et radar
(Landsat TM5 et radar Sentinel 1), se basant sur une méthode de Transformée de Hough pour
la détection automatique des linéaments (Poncelet et Cornet, 2014) ont montré que la zone est
très accidentée (Bouramtane, 2016). En analysant le résultat de la rose de direction, qui
correspond à ces linéaments, on remarque que la direction majeure des linéaments est NE-SW,

69
localisés dans la région nord du bassin et qui correspond à la région de l’Ougnat. Cette direction
est suivie par la direction E-W, localisés au Nord dans l’Ougnat et Jbel Gaiz, au centre, dans
Jbel Issoumour et au Sud du bassin à Jbel Oufalène. Enfin, la direction NW-SE, représente la
direction mineure de la région d’étude surtout localisée au Nord du bassin, principalement, dans
la région d’Ikniouen au Nord-Ouest (Figures 36 et 37). Ces résultats se retrouvent conformes à
l’interprétation visuelle et aux travaux de terrain (Baidder, 2007).

Figure 36 : Carte des linéaments dans le bassin de Reg

70
Figure 37: Rose des directions des linéaments détectés par la transformée de Hough sur
l'image radar du bassin de Reg

VII-Magmatisme de la zone d’étude


Il faut noter que dans l’Anti-Atlas, on reconnait trois types de magmatisme :

Le plus ancien est d’âge Cambrien, manifesté par des séries volcaniques et volcano-
sédimentaires sous différentes formes surtout la forme brèche interstratifiée (Benziane et al.,
2002). Il s’agit d’un volcanisme fissural, contrôlé principalement par des fractures N40, N100
à 140. Il intruse le socle protérozoïque, à travers les grès terminaux et à travers les schistes à
Paradoxides, sous forme de dykes, de sills et il est plutôt stratiforme dans les grès de Tabanit
du Cambrien moyen. D’ailleurs, les grès de Tabanit montrent une alternance avec des niveaux
volcano-sédimentaires représentés par des cinérites, des brèches, des tufs, des lapilis, des
épiclastites et avec au moins deux coulées de roches magmatiques basiques (El Archi et al.,
2004 ; Alvaro et al., 2006 et 2007 ; Baidder, 2007 ; Baidder et al., 2007 ; Ravier et al., 2015) ;

 Le magmatisme liasique, qui s’est mis en place dans les formations


paléozoïques, Il se manifeste par deux types de volcanisme, l’un intrusif et l’autre extrusif avec
une multitude de dykes et sills injectés dans les séries paléozoïques avec une direction majeure
NE-SW et l’intrusion de la norite de Mcissi ;
 Le plus récent (Miocène-Actuel), s’est manifesté par des cheminées volcaniques
qu’on retrouve notamment dans le Saghro oriental.

71
CHAPITRE IV :
HYDROGEOLOGIE DU BASSIN
DE L’OUED REG ; REGION
D’ALNIF

72
CHAPITRE IV : HYDROGEOLOGIE DU BASSIN DE L’OUED
REG ; REGION D’ALNIF

I- Aperçu sur les travaux hydrogéologiques antérieurs réalisés dans le bassin


de Reg

L'hydrogéologie du bassin de Reg est mal connue dans l'ensemble, bien que cette
région ait retenu depuis longtemps l'attention. C'est ainsi que Clariond entreprit en 1935, à la
demande des autorités locales, les premières études générales dans les sous-bassins de Reg et
de Hassaïa.

En 1939, Rampont fut amené dans le cadre d'une mission hydrogéologique, à


reprendre plus en détail l'étude des ressources en eau de la région d'Alnif (oued Reg).

Parallèlement aux études entreprises dans le Nord du bassin, une mission


hydrogéologique dans la région de Tazarine était confiée à partir de 1934 à Yovanovitch, à la
demande du Génie Rural et des autorités locales, puis reprise par Rampont en 1941.

Entre 1950 et 1955, le Centre des Etudes Hydrogéologiques du Maroc entreprenait à


son tour des études générales dans la région, faisant exécuter notamment quelques forages à
Tazarine.

Entre 1964 et 1967, Combe, Ruhard et Yacoub se sont intéressés de plus au bassin de
Maïder et plus particulièrement à dayet El Maïder. Leur travail fût publié en 1977 dans les
ressources en eaux du Maroc (Combe et al., 1977).

En 1996, la Direction de la Recherche et de la Planification de l’Eau (DRPE) avait


établi une étude du plan directeur des bassins sud-atlasiques, dont fait partie le bassin de Maïder.
La synthèse hydrogéologique réalisée a intéressé l’hydrologie et les ressources en eau sans trop
détailler le volet d’hydrogéologie (DRPE, 1996).

Enfin, en 2011, l’Agence du Bassin Hydraulique du Guir-Ziz-Rhéris a réalisé une


étude d’actualisation du Plan Directeur d’Aménagement Intégré des Ressources en Eau des
bassins du Guir, Ziz, Rhéris et Maïder. Cette étude n’avait pas donné beaucoup d’intérêt au

73
bassin du Maïder et s’est limitée à l’hydrogéologie détaillée des bassins du Crétacé et du Haut-
Atlas ; tandis que le bassin du Maïder a fait l’objet de quelques éléments synthétiques sur
l’hydrogéologie des grands réservoirs aquifères de la région (ABH GZR, 2011a).

II- Résultats sur les travaux de forages


Une collecte de données sur les fiches de forages a été entamée auprès des services de
l’Agence du Bassin Hydraulique du Guir-Ziz-Rhéris. Les informations utiles dégagées des
fiches de forages concernent essentiellement les éléments suivants :

 Les coordonnées des points d’eau ;


 La nature du point d’eau ;
 La profondeur totale ;
 La lithologie;
 L’aquifère prospecté ;
 Débit de l’ouvrage ;
 Etc.

Les résultats des travaux de forages réalisés dans la zone d’étude ont permis de dégager
des éléments très intéressants, résumés dans les sections qui suivent.

La plupart des travaux de forages ont pour objectif de prospecter, ou d’exploiter les
formations du Paléozoïque. Les travaux de forages révèlent des éléments fortement pertinents
en hydrogéologie de la zone qui devraient permettre de situer les zones les plus prospectées
hydrogéologiquement et d’autres qui le sont moins et d’établir ainsi un indicateur de
connaissance hydrogéologique des aquifères.

La plupart des forages dans le bassin ont été réalisés au niveau des principales
palmeraies situées dans la partie aval des sous-bassins. Les forages d’exploitation réalisés dans
le cadre du programme d’alimentation en eau potable rurale, où sont enregistrés des débits
moyens de quelques litres/seconde, permettent de couvrir les besoins de la population.

La profondeur totale des forages varie de 10m à près de 250m. Les profondeurs totales
les plus fréquentes oscillent entre 50 et 100m. Les niveaux de grès et grès-quartzites présentent
une puissance qui varie généralement de quelques mètres à quelques dizaines de mètres ; ils
sont parcourus par un réseau de fissures et de diaclases important.

74
Les perméabilités de fissures peuvent donc exister dans ces bancs gréseux et
quartzitiques qui, de ce fait, peuvent contenir de l'eau, car ils jouent le rôle de drains par rapport
aux schistes environnants. Souvent dégagés par l'érosion par rapport aux schistes encaissants,
ils forment alors des reliefs, qui pourront être le siège de petites sources au contact de leur
environnement.

Globalement, les investigations par forages réalisés dans le bassin de Reg ont montré
l’intérêt limité du rôle hydrogéologique de la région.

En récapitulatif, la grande partie du bassin est constitué d'un milieu discontinu, formé
essentiellement des grès et grès-quartzites d’âge Cambrien. Ces formations qui présentent un
intérêt hydrogéologique restreint, sont reconnues par leur faible potentiel en eau souterraine
avec des débits généralement inférieurs à 0.5 l/s, sauf au droit des zones à fissuration intense
où ces débits peuvent dépasser 5 l/s.

III- Inventaire des Khettaras dans le bassin de Reg


Les khettaras correspondent à un canal souterrain permettant de mobiliser les eaux de
la nappe en se basant sur la topographie et sur la gravité (Figure 38). Ce système est utilisable
depuis plusieurs siècles. Il permet de ramener, sous l’effet de la gravité, l’eau de la nappe
phréatique à la surface du sol à travers une galerie dont la longueur peut atteindre une dizaine
de kilomètres (Margat, 2001 ; Ben Brahim, 2003 et Baki et al., 2014b).

Figure 38 : Schéma de fonctionnement d’une khettara (Ben Brahim, 2003)

75
Les khettaras du bassin de l’oued Reg se situent à l’amont de la palmeraie de Boudib.
L’enquête révèle que les Khettaras sont en état de fonctionnement et peuvent être efficacement
utilisées pour l’irrigation de la palmeraie si la surface piézométrique est maintenue à une côte
correspondant à la capacité de recharge naturelle.

Les Khettaras du sous-bassin de l’oued Taghbalt ont montré un assèchement en quantité


relativement importante ce qui a révélé une pénurie d’eau et sans doute un tarissement
progressif de la nappe phréatique dans ce secteur (ORMVA du Tafilalet, 2005).

Cependant, la tendance à la diminution des débits est amorcée et semble liée dans cette
région oasienne à la sécheresse qui sévit plus qu’à la surexploitation des nappes.

Les débits des khettaras varient de 0 à plus de 6 l/s, les classes de débits ne dépassant
pas 2 l/s représentent près de 45% du total des khettaras du bassin du Maïder, les débits compris
entre 2 et 4 l/s représentent 39% du total, les khettaras ayant un débit compris entre 4 et 6 l/s
représentent une part de 10% du total des khettaras inventoriées, le reste des khettaras, soit 6%,
ont un débit excédant 6 l/s (Figures 39 et 40).

Supérieur à 6 l/s
6%
Entre 4 et 6 l/s
10%

Inférieur à 2 l/s
45%

Entre 2 et 4 l/s
39%

Figure 39 : Répartition des classes des débits des khettaras

76
Figure 40 : Situation des principales khettaras avec leurs débits dans le bassin de Reg

IV-Caractérisation hydrogéologique des palmerais du bassin de Reg

Sur la base de la compilation des résultats des travaux de recherche d’eau et des
documents géologiques existants, on essayera dans ce qui suit de décrire le rôle
hydrogéologique des principales formations géologiques de la zone d’étude.

La grande hétérogénéité de la lithologie et de la tectonique des terrains a pour


corollaire une extrême diversité des formations aquifères et des ressources en eau souterraine.
Elle fait de cette zone un milieu discontinu où il est difficile de parler d’unité hydrogéologique
bien individualisée, comme il est rappelé ci-après.

L’essentiel des eaux souterraines dans la région de Reg est exploitée dans les zones de
bassins où se sont déposées des formations plio-quaternaires. Sur les reliefs, les formations
antérieures au Pliocène, présentant une faible perméabilité, participent peu aux écoulements
souterrains.
77
En revanche, dans les bassins ces formations antérieures au Pliocène, situées à la base
des formations perméables d’âge plio-quaternaire peuvent renfermer une réserve d’eau
exploitable dans leur frange d’altération ou dans des zones particulièrement fracturées.

Les arènes granitiques précambriennes affleurant au Nord du bassin de Reg au niveau


de la chaine des jbels Saghro-Ougnate pourraient jouer le rôle de réservoir potentiel. En effet,
une source émerge de ces arènes dans la haute vallée de l’oued Reg. Cette source constitue
apparemment le seul exutoire de cette nappe appartenant à un bassin versant granitique bien
délimité et drainé par les oueds Reg, Hassia et Taghbalt, qui sont pérennes dans leurs cours
supérieurs.

Les formations du Cambrien inférieur, constituées de grès et de dolomies, affleurent


au pied des jbels Saghro et Ougnate. Affectées par un important réseau de fractures, ces
formations deviennent perméables et pourraient absorber les eaux d’infiltration de la pluie et
des oueds pérennes drainant le Précambrien.

Les niveaux gréseux et quartzitiques du Cambrien supérieur possèdent une


perméabilité de fracture. Ces formations, avec une épaisseur d’environ 200 m, sont recouvertes
par les schistes des Feijas externes de l’Ordovicien inférieur.

Les formations gréseuses ordoviciennes du premier Bani affleurent largement dans le


bassin. Dénommées « grès à fer perméables », ces formations avec une épaisseur d’au moins
100 m, ont montré un intérêt hydrogéologique particulier dans le synclinal de Tazarine. Il s’agit
d’une cuvette fermée où la nappe de l’Ordovicien pourrait s’alimenter par les eaux de pluie au
niveau des bordures de la cuvette sur les flancs du Bani au Nord, au Sud et à l’Ouest et par des
pertes du sous-écoulement de l’oued Taghbalt entre Mellal et Tazarine (DRH du GRZ, 2002 ;
Mahboub et al., 2013).

En récapitulatif, les formations de l’Ordovicien constituent un potentiel


hydrogéologique relativement important dans la région en particulier dans des zones fracturées
et à accès facile.

Les formations quaternaires renferment des alluvions, cailloutis et autres éléments qui
peuvent constituer des nappes phréatiques (de type alluvial) le long des cours d’eau.

Les aquifères qui feront l’objet d’une étude hydrogéologique sont répartis comme suit :

 Les aquifères paléozoïques de l’oued Reg ;


 L’aquifère plio-quaternaire de l’oued Reg ;
78
 Les aquifères du couloir Alnif-Nkob.

IV-1- Aquifères paléozoïques des palmeraies de l’oued Reg

IV-1- 1- Lithologie et extension géographique

Le bassin versant de l’oued Reg, est particulièrement étendu et comporte les pricipales
palmeraies d’Alnif, de Boudib et de Reg à l’exutoire du bassin versant.

Les palmeraies du bassin versant de l’oued Reg sont constituées essentiellement de


schistes et de grès peu perméables d’âge Ordovicien et des formations marno-calcaires et
calcaires d’âge Dévonien.

IV-1-2- Paramètres hydrodynamiques et productivité

Dans les formations ordoviciennes, les réserves en eau sont peu importantes et limitées
à une faible épaisseur d’altération (de 1 à 10 mètres) ou à des zones fracturées très discontinues
avec des coefficients d’emmagasinement très faibles (inférieur à 5%) et des perméabilités de
l’ordre de 10-4 à 10-6 m/s (Hilali, 2015).

Les débits des ouvrages dans ces aquifères sont généralement inférieurs à 1 l/s.

D’autre part, le faible écoulement souterrain et la difficulté de renouvellement de ces


eaux contribuent à de fortes teneurs en sel.

Cependant, ces réservoirs constituent une possibilité d’approvisionnement en eau


essentielle dans ces régions où les apports sont soumis aux fortes fluctuations saisonnières de
la recharge et particulièrement exposées à la pénurie d’eau lorsque les apports dans les
formations sus-jacentes ne permettent plus une recharge suffisante de la nappe.

Pour les formations d’âge Dévonien, les calcaires sont karstiques et participent,
lorsqu’ils affleurent, de façon très significative à l’infiltration des eaux superficielles. Ces
calcaires forment une barre rocheuse en travers des cours de l’oued Reg à l’amont de laquelle
se trouvent les principales palmeraies : Ait Zegane, Tach’Oufit, Mimarighene, Amgane et
Ihandar.

79
IV-2- Aquifère plio-quaternaire des palmeraies de l’oued Reg

IV-2-1- Lithologie, géométrie et extension de l’aquifère

Les formations aquifères du Plio-quaternaire couvrent près de 776 km2 de la superficie


du bassin versant de l’oued Reg, elles sont constituées essentiellement des produits de l’érosion
des reliefs et sont peu perméables et très hétérogènes. Ce sont des sables argileux avec des
horizons de marnes.

Le substratum est constitué de formations calcaro-marneuses du Dévonien inférieur qui


favorisent, par leur présence proche de la surface, une remontée de la nappe phréatique.

La palmeraie de Boudib, située à l’aval de la barrière calcaire, se trouve au-dessus des


formations calcaires du Dévonien moyen.

IV-2-2- Epaisseur de l’aquifère

L’épaisseur de l’aquifère atteint exceptionnellement plus de 20 mètres et reste


généralement limitée à moins de 10 mètres.

IV-2-3- Caractéristiques hydrodynamiques et éléments de recharge

Les valeurs de perméabilité des formations aquifères plio-quaternaires varient entre 10-2
et 10-4 m/s et permettent une recharge des aquifères lors du passage des crues et lors des
épisodes particulièrement pluvieux.

Cependant, il faut noter que la recharge de ces aquifères ne peut se faire de manière
efficace que par les apports des crues, puisque les infiltrations par la pluie sont nettement
insuffisantes pour assurer une recharge directe.

IV-2-4- Piézométrie de la nappe plio-quaternaire de Reg

La carte piézométrique de la nappe plio-quaternaire établie en 2015 (Figure 41) montre


des côtes piézométriques variant entre 870 m et 1040 m. L’écoulement général de la nappe se
fait du Nord vers le Sud.

L’écoulement souterrain de la nappe suit un axe de drainage comparable à l’oued Reg.


Il semble qu’au Sud d’Alnif, cet écoulement ne se prolonge pas sous le lit de l’oued mais se

80
dirige vers le Sud à l’Ouest de Jbel Tishaouine. Cette direction est peut-être le fait d’un seuil
sous l’oued Reg entre Jbel Gaiz au Nord et Jbel Tishaouine au Sud.

Cette direction d’écoulement souterrain, différente des écoulements de surface, est


également visible sur les puits de la palmeraie de Tzguira située au Sud d’Alnif.

Figure 41 : Carte piézométrique de la nappe plio-quaternaire de la palmeraie d’Alnif


(Etat de 2015)

La multiplication des ouvrages de captage et l’approfondissement de certains d’entre


eux sont un témoignage de l’abaissement progressif du niveau piézométrique et d’un
tarissement de la ressource (Hilali, 2015).

81
IV-2-5- Profondeur de la nappe plio-quaternaire

La répartition spatiale de la profondeur de la nappe (Figure 41) montre que le niveau de


la nappe par rapport au sol, au droit de l’oued Reg, est compris entre 5 et 10 m. La profondeur
de la nappe peut atteindre près de 15 m sur certains secteurs éloignés du lit de l’oued Reg. Il
semble aussi que l’oued Agouni Tassem, affluent rive droite de l’oued Reg, semble contribuer
à la remontée du niveau de la nappe, les profondeurs dans la zone de Tanout N’Oumerdoul sont
comprises entre 0 et 5 m, ensuite cette partie de l’aquifère parait s’enfoncer progressivement
vers Tiguirna au SW d’Alnif.

Figure 42 : Répartition spatiale de la profondeur de l’eau par rapport au sol de la nappe plio-quaternaire

82
IV-3- Hydrogéologie du couloir d’Alnif-Nkob

Le couloir d’Alnif-Nkob présente un intérêt hydrogéologique potentiel puisque les


résultats de la prospection électrique (DRH GRZ, 1998) ont mis en évidence des niveaux
résistants relativement importants dont la structure correspondrait au toit du Cambrien ou à
l’intérieur du Cambrien (grès et grès quartzitiques). Ces résistants dessinent grossièrement une
structure monoclinale plongeant du NW vers le SE à partir des affleurements du Cambrien. Au
Nord, la structure plonge plutôt vers l’Est au pied du Jbel Tiskaouine. Les grès ordoviciens
constituent des niveaux aquifères dont la qualité dépend de la fracturation. Les forages exécutés
jusqu’à présent n’ont reconnu que la tranche superficielle des grès cambriens ou ordoviciens
dont la profondeur ne dépasse généralement pas les 50 mètres.

V-Interprétation des essais de pompage

V-1- Introduction

L’objectif est de comprendre parfaitement l’hydrogéologie du Bassin et d’élucider


l’origine des eaux souterraines, le dégagement de nouvelles ressources dans la région en faveur
du développement régional notamment la mise en valeur agricole des terrains abondants et la
sécurisation de l’alimentation en eau potable dans la zone, car l’essentiel des eaux souterraines
dans la région est exploitée dans les zones de bassins où se sont déposées des formations plio-
quaternaires. Sur les reliefs, les formations antérieures au Pliocène, présentant une faible
perméabilité, participent peu aux écoulements souterrains. En revanche, en dehors des reliefs
ces formations antérieures au Pliocène, situées à la base des formations perméables d’âge Plio-
Quaternaire peuvent renfermer une réserve d’eau exploitable dans leur frange d’altération ou
dans des zones particulièrement fracturées. Les formations perméables d’âge Plio-Quaternaire
peuvent renfermer une réserve d’eau exploitable.

L’hydrogéologie du bassin de Reg est dominée donc par la coexistence de deux systèmes :
le système des écoulements fissuraux captifs profonds et le système de nappes alluviales
d’accompagnement longeant les cours d’eau (Reg, Alnif, etc.).

V-2- Résultats des essais de pompage

Dans le bassin de Reg, les productivités varient par endroit de 3 l/s à 20 l/s dans les zones
fracturées. Ceci est confirmé par les résultats des essais de pompage sur des points d’eau réalisés

83
dans la zone, notamment le forage d’exploitation N°IRE 2452/56 à Tourza dont la courbe de
descente présente un palier de 11 heures avant de reprendre la même forme initiale(Figure 43).
Ce palier correspond au temps de libération des eaux confinées dans les filons et cavités, avec
les mêmes anomalies précitées concernant le coefficient d’emmagasinement.

Figure 43 : Essai de longue durée réalisé au niveau du forage 2452/56


(zone Tourza, Qm=13,46 l/s)

Le même phénomène est observé à Tajouhrate au niveau du forage d’exploitation


2785/56 avec une rupture de pente nette et continue renseignant sur une bonne alimentation de
la nappe au niveau des fractures et avec un débit substantiel de 29 l/s (Figure 44).

25
P=0,183Q/T = 9,1 T =0,6*10^-3 m2/s
20 2,25 *T/s*r^2 =1/t0 S= 28%
r=0,175m
15
∆(m)

10
La distance théorique de la frontière pérméable
t0 est : d =r/2*(ti/t0)^0,5 soit d= 0,6 m
5
ti
0
0 1 2 3 4 5 6
LOG10(t)
Figure 44 : Essai de longue durée réalisé au niveau du forage 2785/56
(zone Tajouhrate, Qm=29 l/s)

84
La bonne productivité de la nappe à ce niveau est illustrée par la forme de la courbe
de remontée avec des paliers apparents renseignant sur un équilibre qu’on peut atteindre
rapidement (Figure 45). Les transmissivités à ce niveau varient de 0,3 à 3 10-3 m2/s.

20
18
16
14
12
∆(m)

10
8
6 P=0,183Q/T = 5,71 T =0,43*10^-3 m2/s
4
2
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3
LOG10(t/t')

Figure 45 : Essai de longue durée réalisé au niveau du forage 2452/56


(zone Tourza, remontée, Qm=13,46 l/s)

La figure 46 montre l’essai en phase de remontée pour le forage 2785/56 situé au


niveau de Tajouhrate.

16

14

12 P1 = 0,183*Q/T1 , T1=0,35*10^-3 m2/S


10
P2 = 0,183*Q/T2 , T2=2,34*10^-3 m2/S
∆(m)

0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
LOG10(t/t')

Figure 46 : Essai de longue durée réalisé au niveau du forage 2785/56


(zone Tajouhrate, remontée, Qm=29 l/s)

85
En se référant aux logs des forages de la zone, on rencontre en général des terrains de
recouvrement, des conglomérats, des alluvions et des cailloutis roulés, des schistes et des
quartzites en surface, les alternances de schistes gréseux et de grès schisteux en profondeur (à
partir de 46 m) pour l’Ordovicien. Pour le Dévonien, on rencontre les terrains de recouvrement
et des sables et sables argileux en surface à moins de 12 m de profondeur, au-delà on rencontre
des calcaires marneux et des calcaires fissurés en profondeur.

Les calcaires très anciens du Dévonien sont karstiques et participent, lorsqu’ils


affleurent, de façon très significative à l’infiltration des eaux superficielles. Ces calcaires
forment une barre rocheuse en travers du cours de l’oued Reg à l’amont de laquelle se trouvent
les principales palmeraies.

Le substratum de ces palmeraies est constitué de formations calcaro-marneuses du


Dévonien inférieur qui favorisent, par leur présence proche de la surface, une remontée de la
nappe phréatique.

La palmeraie de Boudib, située à l’aval de la barrière calcaire, se trouve au-dessus des


formations calcaires du Dévonien moyen. Les ressources en eau se trouvent, dans ce secteur du
substratum, localisées sur une petite frange d’altération mais également dans un réseau
karstique qui concentre les écoulements.

L’essentiel de l’eau concentrée dans les formations du Dévonien participe à


l’alimentation par drainance des nappes plio-quaternaires constituées essentiellement des
produits de l’érosion des reliefs et sont peu perméables et très hétérogènes. Leur épaisseur
atteint exceptionnellement plus de 20 mètres et reste généralement limitée à moins de 10 m. Ce
sont des sables argileux avec des horizons de marnes et marno-calcaires dont la perméabilité
varie entre 10-2 à 10-4 m/s.

Sur la base des éléments précités, l’hydrogéologie dans le bassin de Reg est dominée
donc par la cœxistence de deux systèmes : le système des écoulements fissuraux captifs
profonds et le système de nappes alluviales d’accompagnement longeant les cours d’eau des
trois sous-bassins de Nkob-Tazarine-Taghbalte, Hssiya-Aachich et Alnif-Fezou-Reg.

Les venues d’eau profondes ne correspondent pas à un réservoir généralisé, mais à des
écoulements préférentiels suivant des failles et des filons alimentés par un bassin sédimentaire
profond, captif et d’origine éloignée.

86
L’importance des venues d’eau et leur pérennité laissent supposer que les structures
sièges de ces écoulements sont communicantes. Ce qui crée un aquifère « équivalent » à la
manière d’un aquifère karstique. Nous sommes en face donc d’écoulements captifs, profonds
et d’origine éloignée.

Les travaux de prospection de Managem en 2011, dans le cadre de la recherche des


filons cuprifères à Oumejrane à l’aval de Taghbalt dans le sous-bassin de Nkob-Tazarine-
Taghbalte, confirment ce constat. Dans ce schéma, on peut déduire que :

 le bassin est un « système multicouche » avec des communications


ascendantes ;
 à l’échelle régionale aussi, le synclinal de Jbel Kissan (Agdz) se prolonge
aussi vers la cuvette de Tazarine ;
 c’est une mégastructure synclinale parallèle à la structure de la boutonnière
de Bouazzer orientée EW à NW-SE. Ces orientations pourraient également
occasionner un écoulement de même orientation ;
 Les écoulements souterrains se font majoritairement vers le SE des sous-
bassins.

Il est à noter aussi que dans ces sous-bassins, la présence des failles régionales
(système NW- SE, EW et NE SW ainsi que le graben de Zagora) (Managem, 2011) ferait
monter les écoulements captifs (vraisemblablement artésiens auparavant), ce constat est
confirmé par le fait de :

 L’artésianisme qui a persisté jusqu’aux années 70 et qui ne se serait atténué


que par les pompages et la baisse des précipitations ;
 L’existence de sources telles que Tismoumine (graben de Zagora) qui
continue de débiter malgré les sécheresses et le pompage ;
 Le caractère thermal des eaux d’exhaure ;
 Le chimisme des eaux profondes qui est différent de celui de la nappe
alluviale ;
 Le caractère carbo-gazeux de ces eaux profondes du Cambrien inférieur.

Pour les paramètres de stockage et de transfert et pour tous les aquifères confondus,
ils se rangent selon ce qui précède comme suit :

 Transmissivité : de 0,5 à 8 10-3 m2/s ;

87
 Coefficient d’emmagasinement : de 1 à 3,5%.

VI-Récapitulatif sur le fonctionnement hydrogéologique général du bassin de


Reg

A l’issu des résultats de la géologie et des études géophysiques (Abba et al., 2011 ;
Barbot et al., 2014, Mahboub et al., 2014a et 2014b) et hydrogéologiques, il ressort que le
fonctionnement hydrogéologique probable du bassin de Reg pourrait se résumer dans ce qui
suit.

Les terrains du Cambrien s’apprêtent géologiquement à jouer un rôle hydraulique


d’aire de recharge pour les terrains ordoviciens qui la surmontent. Il s’agit même d’une allure
typique de bassin hydrogéologique avec le mont Saghro comme aire de recharge. Les
infiltrations sur les monts du Saghro pourront s’acheminer en direction de la cuvette de
Tazarine-N’kob puis contribuer à la recharge des terrains paléozoïques qui s’y apprêtent.

Pour les nappes phréatiques, leur recharge s’effectue par des alimentations combinées
des underflows des cours d’eau principaux des sous-bassins et de la drainance ascendante des
aquifères profonds. La zone de recharge de ce système est constituée par l’alignement Saghro-
Ougnate au NW et au NE et qui plonge en direction du SE, vers la daya du Maïder.

La figure 47 qui suit, donne une coupe hydrogéologique synthétique NW-SE du bassin
du Maïder dont fait partie la zone d’étude (bassin de Reg).

88
Figure 47 : Coupe hydrogéologique synthétique du bassin du Maïder (Managem, 2011)

VII-Exploitation des eaux souterraines du bassin de Reg : Système des Khettaras et


stations de pompage

Les eaux souterraines, dans la région d’étude, sont exploitées par plusieurs points
d’eau ; il s’agit notamment des puits, forages et khettaras.

VII-1- Les khettaras : un usage pour l’AEP et l’irrigation

Le système des khettaras, conçu depuis plusieurs siècles, permet d’amener par gravité
l’eau de la nappe phréatique à la surface du sol au moyen d’une galerie drainante dont la
longueur peut atteindre plusieurs kilomètres. Les khettaras permettent de livrer des eaux en
continu à des fins agricoles et à l’alimentation en eau domestique ; le débit de ces ouvrages
varie généralement de quelques litres à 15 l/s.

Ce système ancestral d’exploitation de la nappe, montre l’énorme effort déployé par


les agriculteurs pour utiliser cette précieuse ressource en eau.

89
Cependant, la nécessité d’un entretien régulier de ces ouvrages et d’un travail de
réfection de plus en plus important entraîne parfois l’abondant de certains khettaras à débit
faible.

Ainsi pour préserver ces ouvrages, les services de l’agriculture lance annuellement des
opérations de curage, de modernisation et de prolongement de plusieurs khettaras.

VII-2- Pompage moderne à partir des puits et/ou forages

L’assèchement de plusieurs khettaras et l’importance des travaux d’entretien et de


réfection qu’elles nécessitent d’une part, et l’accroissement des besoins en eau pérenne d’autre
part, ont entraîné un développement du pompage moderne de la nappe. Actuellement on
dénombre une centaine de puits et forages équipés de stations de pompage. La multiplication
anarchique des installations de pompage privé a été de plus en plus intense au cours des dix
dernières années au moment où les apports d’eaux superficielles ont marqué un grand déficit.

90
CHAPITRE V:
HYDROCHIMIE, SPECIATION
GEOCHIMIQUE ET QUALITE DES
EAUX DES AQUIFERES DU BASSIN DE
REG ; REGION D’ALNIF

91
CHAPITRE V : HYDROCHIMIE, SPECIATION
GEOCHIMIQUE ET QUALITE DES EAUX DES AQUIFERES
DU BASSIN DE REG ; REGION D’ALNIF

I- Introduction

L'eau souterraine n'est pas pure puisqu'elle contient toujours des substances (gaz,
liquides ou solides) dont les concentrations et la stabilité dépendent des paramètres tels que le
pH du milieu, la pression partielle des gaz en contact avec les eaux, la nature des substances
minérales, organiques ou inorganiques dissoutes et la texture des sols. Elle prend souvent les
caractéristiques chimiques des formations rocheuses dans lesquelles elle circule et peut donc
être enrichie par les minéraux dissous tels que le calcium, le magnésium, le soufre ou le fer, qui
ont des répercussions sur la couleur, la dureté, le goût et l’odeur de cette substance. Ces
minéraux ne représentent généralement pas de grands risques pour la santé des populations.

Les dernières décennies ont été marquées au Maroc, en particulier dans les zones
agricoles, par l’effet de la pollution, tels que les nitrates, les produits phytosanitaires, les engrais
chimiques et les produits industriels contribuant à l’augmentation de la salinité des eaux. Ce
phénomène peut être accentué suite aux effets du changement climatique global qui, dans une
région comme la région d’étude, par l’augmentation de l’évaporation et l’évapotranspiration de
l’eau durant les mois secs. Ces phénomènes sont devenus plus fréquents comparativement par
rapport aux mois humides et pluvieux devenant de plus en plus brefs.

Il est connu que l’effet de la pollution des eaux souterraines peut prendre souvent
plusieurs années avant de se manifester, d’où l’intérêt capital de la compréhension des
processus dont le réservoir aquifère est le siège, ce qui permet de prévoir les effets de l’activité
humaine actuelle sur les ressources futures afin de pouvoir préserver la qualité des eaux
naturelles terrestres.

Le souci des autorités compétentes, généralement dans les pays en voie de


développement et principalement au Maroc, est d’avoir des ressources en eau en quantité
suffisante et de bonne qualité pour pouvoir la servir aux populations sans restriction.

92
L’étude hydrogéochimique d’une nappe aquifère a donc pour objectifs spécifiques :

 le suivi de la qualité des eaux dans le temps afin de mieux prévenir les contaminations
qui peuvent toucher le potentiel hydraulique de la nappe pour assurer une alimentation
permanente des populations en eau potable ;

 l’étude de la spéciation hydrogéochimique qui peut donner des informations sur


l’origine des eaux, l’environnement dans lequel elles ont circulé, les interactions eau/roche et
les effets de l’action anthropique ;

 l’appréciation de la qualité des eaux souterraines sur la base d’une grille comportant
cinq paramètres indicateurs de pollution physico-chimique, organique, azotée et bactérienne.

Le but de ce chapitre est l’évaluation de la qualité des eaux du bassin de l’oued Reg,
l’étude des interactions entre les eaux et leur environnement rocheux et l’individualisation
d’éventuelles sources de pollution inorganique et les processus de dispersion de ces agents
contaminants.

II– Matériels et Méthodes

Pour réaliser ce travail, nous avons effectué vingt-quatre prélèvements des eaux
souterraines, sur une superficie de 750 km2 répartis sur différents secteurs de la zone d’étude
(Figure 48). Notre choix s’est porté sur ce bassin à la suite de plusieurs travaux qui ont été
menés dans les bassins versants avoisinants et qui ont montré la fragilité du secteur
hydrogéologique dans le bassin. Ce travail constitue en quelque sorte la continuité des travaux
que nous avons entamé dans les bassins sud-atlasiques. Les résultats de ces travaux de recherche
ont fait l’objet de publications scientifiques dans des revues internationales (Abba et al, 2011 ;
Kettani et al., 2012 ; Bahaj et al, 2013 ; Kacimi et al., 2013 ; El Kayssi et al., 2014b ; Drif et
al., 2014).

93
Direction d’écoulement
Puits
Villes
Routes
Niveau piézométrique
Rivières
Palmeraie

Figure 48 : Localisation des puits échantillonnés dans la zone d’étude

La localisation des points d’eau a été planifiée, suite à la réalisation d’une mission de
reconnaissance en juin 2015, de manière à obtenir une distribution assez stratégique pour
représenter éventuellement tous les niveaux aquifères qui peuvent exister dans le sous-sol de la
zone d’étude. En effet, tous les échantillons ont été prélevés dans les différentes nappes de la
région d’Anif (bassin de Reg) (Figure 48), à des profondeurs comprises généralement entre 3
et 55 mètres.

Au niveau de chaque point d’eau, nous avons recueilli des informations sur le niveau
de l’eau, sa fluctuation, la profondeur du puits et le niveau de l’eau, des informations sur la
lithostratigraphie locale et finalement la nature du sol et son exploitation, les types d’engrais et
les produits phytosanitaires utilisés.

Au cours de la mission d’échantillonnage (juin 2015), nous avons effectué, sur place,
la mesure des paramètres physiques et chimiques suivants : la température de l’eau et de l’air,
le pH, l’alcalinité, l’Eh et la conductivité électrique spécifique. L’appareillage de mesure de
terrain est répertorié dans le tableau13.

94
Tableau13 : Techniques analytiques utilisées sur le terrain

Paramètre Appareillage
Conductivité électrique Conductivimètre
Alcalinité (HCO3) Titrage avec HNO3 sur le terrain
pH pH-mètre de terrain
Potentiele redox Potentiomètre
Température Thermomètre

Pour effectuer les différentes analyses, trois échantillons de 100 ml chacun ont été
prélevés pour chaque point d’eau dans des bouteilles en polyéthylène hautement dosées et
préalablement conditionnées :

 Deux bouteilles après filtration (filtre de polycarbammate à micropores (0.45µm


de diamètre), ont été acidifiées par l’acide nitrique HNO3 à 1% pour l’analyse des cations
majeurs et des métaux en trace ;

 Une bouteille non acidifiée pour l’analyse des anions par chromatographie
ionique.

Les composants chimiques majeurs et de nombreux métaux lourds et traces ont été
déterminés aux laboratoires de l’Unité d’Appui Technologique à la Recherche Scientifique
(UATRS) du Centre National pour la Recherche Scientifique et Technique (CNRST).
L’Université Mohammed V a gracieusement pris en charge les frais de ces analyses.

Les techniques pour l’analyse chimique sont celles dont dispose l’Unité d’Appui
Technologique à la Recherche Scientifique (UATRS) du CNRST dont les frais ont été pris en
charge par l’Université Mohammed V. Il s’agit de l’ICP-AES (Ultima 2 –JobinYvon) qui a
permis d’analyser les éléments cationiques majeurs (calcium, magnésium, potassium, sodium
et silice) et un certain nombre d’éléments trace et métaux lourds dissous dans l’eau.

Les éléments anioniques ont été analysés par chromatographie ionique.

Tous les résultats d’analyses des 24 puits d’eau (Tableaux 14 et 15) ont servi à
l’individualisation des différentes familles d’eaux souterraines du bassin de Reg, à l’étude de
l’évolution de ces composés chimiques et leurs interactions avec les roches et enfin à l’étude
de la qualité hydrochimique de ces eaux.

95
Tableau14: Résultats des analyses chimiques des éléments majeurs effectuées dans les nappes aquifères du bassin de Reg
T°Eau Redox Cond. HCO3 Cl SO4 Ca Mg Na K SiO2 NO3 NH4
Echant. Localité pH
(°c) mV (us/cm) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l)
M1 Boulhri 25 8 1,1 1048 244 72,67 3813,64 107,1 32,92 63,1 11,47 13,24
M2 Tizzinigman 28,1 7,3 1,5 1600 402,6 167,13 762,63 172,86 41,96 138,57 35,13 16,26
M3 25,3 8,5 1,6 1047 366 98,32 602,23 91,84 34,05 89,45 16,47 14,83
M4 GisementFer 24,9 7,5 1,7 811 183 73,01 552,4 97,37 23,1 27,83 12,05 11,78
M5 AlNif 25,4 7,8 1,1 1338,5 231,8 112,06 496,11 87,658 42,81 184,9 22,52 11,64
M6 Tamoundoule 28,5 8 1,5 1690,5 305 189,35 402,32 136,19 55,46 160,82 25,46 12,7
Ancien Khattara
M7 Ksar Tanoute- 25 8 1,5 844 305 58,12 580,63 78,49 26,48 65,3 8,56 16,67
Noumerdoule
M8 Palmeraie Alnif 26 7,7 1,3 700 231 45,07 473,38 41,28 23,47 109,45 26,26 12,48
M9 Tanoutenoumerdoule 26 7,2 1,3 2610 854 136,39 447,77 136,3 69,95 449,16 152,75 8,6 2,85 0,47
M10 Khtara Aitlahbib 25 8 1,4 411 146,4 24,2 443,38 28,03 10,99 46,65 20,98 9,79
Mimarghine-
M11 25 7,8 1 671 97,6 13,02 87,7 87 21,97 28,08 11,47 11,64
PlaineAlluv.
M12 Tallalt 23 5,8 1,4 8211 164,7 1650,69 <0,1 686,24 475,5 557,69 70,91 26,84 11.41 1.40
M13 Mosquée"Tallalt 24 8,1 1,3 3064 427 314,74 1869,71 184,8 103,07 420,8 142,3 21,87 84.44 0.23
Saguia-Khettara
M14 26 7,8 1,4 658,3 183 56,4 157,15 56,64 24,52 82,77 14,44 11,63
KsarTallalt
Mosquée Ait 31.62 0.79
M15 24 7,5 1,4 4063 122 409,87 216,86 481,54 216,63 302,79 38,83 7,85
Hammou
M16 Ait serroud 25 7,8 1,2 1750 219 6,21 670,77 148,32 61,86 186,59 24,41 12,15 46.75 0.86
M17 Azekour 33,7 7,8 1,6 1190 292,8 62,86 700,35 109,63 41,87 106,41 27,99 16,02
M18 VillageAzekour 26 7,2 1,3 811,5 244 33,08 1340,76 90,03 27,69 50,07 12,31 18,01
M19 Alnif 24 7,7 1 2317 305 202,34 721,33 101,173 83,25 309,26 80,85 11,82 3.72 0.32
M20 Achbarou-Alnif 21 7,7 1,07 812,5 231,8 52,11 697,42 60,13 23,69 82,49 10,89 11,05
M21 Tizit 21 8 1 1044 183 70,56 567,03 88,421 27,968 92,165 17,473 11,515
M22 Lajiar 20 7,4 1 1301 414,8 78,94 318,54 48,548 23,633 220,105 67,111 10,384 6.82 0.18
M23 Tinifit 19 8 0,9 1183 292,8 86,17 577,03 125,18 31,674 58,204 11,222 14,971
M24 Khattara -Tinifit 19 7,9 1 602 244 36,21 366,89 68,585 18,26 25,639 7,509 14,173

96
Tableau15: Résultats des analyses chimiques des éléments traces effectuées dans les nappes aquifères du bassin de Reg
Fe Al Mn Ba Ag Pb Zn Cd Hg Sr Li
Echant. Localité
(μg/l) (μg/l) (μg/l) (μg/l) (μg/l) (μg/l) (μg/l) (μg/l) (μg/l) (μg/l) (μg/l)
M1 Boulhri 30 10 10 10 120 6 7 10 10 1150 140
M2 Tizzinigman 60 130 890 10 110 6 10 10 10 1880 200
M3 60 30 10 10 60 6 12 10 10 1020 180
M4 GisementFer 60 20 10 10 110 6 15 10 10 730 190
M5 AlNif 70 30 10 10 110 6 14 10 10 1550 780
M6 Tamoundoule 270 80 10 30 100 6 20 10 10 2010 690
Ancien Khattara Ksar
M7 130 270 40 80 110 6 30 10 10 1050 970
Tanoute-Noumerdoule
M8 Palmeraie Alnif 30 10 70 10 120 6 17 10 10 990 1050
M9 Tanoutenoumerdoule 1470 20 80 10 110 6 18 10 10 2550 980
M10 Khtara Aitlahbib 30 50 10 50 120 6 20 10 10 830 670
Mimarghine-
M11 70 30 10 10 120 6 10 10 10 880 420
PlaineAlluv.
M12 Tallalt 400 88100 5790 10 230 6 2320 90 10 7820 230
M13 Mosquée"Tallalt 130 60 50 60 110 6 50 10 10 2750 600
Saguia-Khettara
M14 100 80 10 10 60 6 40 10 10 660 1050
KsarTallalt
M15 Mosquée Ait Hammou 210 180 440 10 90 6 60 50 10 2940 680
M16 Ait serroud 10 30 10 10 120 6 20 10 10 1640 1050
M17 Azekour 10 60 4370 10 120 6 380 10 10 880 690
M18 VillageAzekour 4910 90 2390 10 130 6 40 10 10 810 720
M19 Alnif 190 30 570 10 120 6 20 10 10 2190 1050
M20 Achbarou-Alnif 70 60 10 10 130 6 10 10 10 620 980
M21 Tizit 45 18 225 37 10 6 89 11 10 804 840
M22 Lajiar 742 42 151 10 10 6 96 4 10 531 1050
M23 Tinifit 100 49 31 40 10 6 47 6 10 1297 980
M24 Khattara -Tinifit 33 35 38 81 10 6 48 8 10 624 1100

97
III- Hydrogéochimie, qualité et composition chimique en éléments majeurs
des eaux du bassin de Reg

La figure 48 montre la répartition spatiale des points d’eau prélevés. Les paramètres
chimiques analysés se présentent comme suit :

* paramètres physico-chimiques : température, pH et conductivité électrique ;

* paramètres chimiques représentatifs de la composition ionique des eaux : calcium,


magnésium, sodium, potassium, bicarbonates, chlorures et sulfates ;

* éléments en traces et métaux lourds en solution aqueuse ;

*paramètres indicateurs de pollution organique : nitrates.

Les résultats bruts sont exposés dans le tableau 15.

Pour répondre à la règle d’électro-neutralité (Schoeller, 1962), on a procédé au calcul


de la balance ionique qui est un outil de base du contrôle de la fiabilité des analyses chimiques.
85% des échantillons ont une balance électrique (  ) inférieure à ± 10% ce qui reflète un
équilibre satisfaisant entre la part des cations et des anions dans les eaux analysées. La
concentration des cations et des anions est exprimée en meq/l.

 cations   anions
%  100 
0.5( cations   anions)

III- 1- Paramètres physiques

III-1- 1- Température

La température des eaux souterraines est fonction du régime climatique d’une région
donnée. L’activité anthropique peut modifier la température des eaux réceptrices. Cette dernière
peut modifier les processus physiques, chimiques et biologiques dans la nappe d’eau.

En zone aride et désertique, la température des eaux souterraines varie généralement


entre 19 et 28.5°C, les valeurs maximales sont atteintes en été surtout au niveau des eaux peu

99
profondes. Les normes internationales et nationales recommandent, pour l’eau potable, une
valeur maximale de température ne dépassant pas 25°C (OMS, 2004).

Dans le secteur d’étude, 50% des eaux ont une température ne dépassant pas les
valeurs maximales admissibles (VMA). L’échantillon M17 montre une température élevée par
rapport aux eaux analysées de l’ordre de 33.7°C ce qui pourrait indiquer une émergence
hydrothermale ponctuelle ou très souvent une mixture entre des eaux thermales et phréatiques
(Bahaj et al, 2013).

III- 1- 2- La conductivité électrique

La mesure directe de la conductivité au moment de l’échantillonnage permet de


donner une approche rapide sur la minéralisation totale de l’eau, mais ne donne pas
d’indications sur les quantités relatives aux différents composants (Bayly et Wiliams, 1973).

Dans le secteur d’étude, la conductivité oscille entre 600 et 8000 µS/cm. Les
échantillons ayant une conductivité ≤ 1500 µS/cm sont faiblement minéralisés et sont situés en
deçà de la valeur maximale recommandée (VMR) pour l’eau potable (OMS, 2004). Les
échantillons dépassant la VMR montre une minéralisation importante. Cette variation de la
conductivité pourrait indiquer soit l’existence de plusieurs familles d’eau ou encore
l’enrichissement en minéralisation des eaux du bassin, augmentant au fur et à mesure que l’on
évolue de la périphérie du bassin vers son exutoire.

III- 1- 3- Le pH

Le pH est un paramètre relatif au degré d’acidité de l’eau et contrôle donc les réactions
chimiques qui se produisent dans l’eau et celles entre la roche et l’eau. Il est très sensible à
différents facteurs environnementaux, il suit les variations de la température, de la salinité des
eaux et du taux de gaz carbonique dissous (Langelier, 1946). Il dépend aussi de la nature
lithologique des terrains traversés. Pour cela, sa mesure immédiate à côté du lieu de prélèvement
est capitale pour la compréhension des équilibres. La marge acceptable de pH de l’eau potable
est comprise entre 6,5 et 8,5. La corrosion du métal peut devenir sérieuse en dessous d’un pH
de 6,5 ; l’incrustation et l’entartrage peuvent s’amplifier à un pH supérieur à 8,5.
L’accroissement du pH réduit aussi progressivement l’efficacité du chlore comme désinfectant.

Dans le secteur d’étude, le pH des eaux souterraines varie entre 5,8 et 8,5. La presque
totalité des eaux sont neutres et varient entre 7,5 et 8. Le pH reste proche de la neutralité, dans

100
la tranche des valeurs maximales admissibles (5,5<pH<8,5) recommandées par la norme
internationale (OMS, 2004).

La valeur la plus basse a été observée dans l’échantillon M12, au niveau des
formations siluriennes (black shell) où une large et diffuse minéralisation de la pyrite a été
rapporté par différents auteurs (Faik, 2005 ; Managem 2011 ; Ravier et al, 2014) et observée de
manière effective sur le terrain.

III- 1- 4- Le potentiel d’oxydo-réduction

Les réactions d’oxydo-réduction sont le siège de plusieurs réactions comme les


réactions acide/base et les réactions de dissolution/précipitation. Elles ont un rôle important
dans le contrôle des différents processus chimiques dans l’eau. Les réactions redox font appel
au transfert d’électrons et donc ils incluent le transfert de l’oxygène dissous dans l’eau. Ce
dernier intervient dans plusieurs processus géochimiques intéressants surtout ceux qui
contrôlent la fixation et la libération des éléments par les minéraux.

Dans la plupart des eaux naturelles, la valeur mesurée des potentiels d'oxydo-
réduction (de point de vue thermodynamique) est attribuée à un potentiel mixte. Toutefois, la
valeur de Eh peut fournir des indications utiles sur la tendance des réactions rédox.

Le potentiel d’oxydoréduction montre que les eaux sont généralement très peu
oxygénées, avec des valeurs du potentiel proche de la neutralité ou négative. Cela indiquerait
que ces eaux ne sont pas en contact direct avec l’atmosphère, ou que l’oxygène dissous a été
consommé en profondeur par des réactions redox ou encore ces eaux sont très matures c’est-à-
dire que les eaux ont séjourné très longtemps dans le réservoir ce qui a induit la disparition de
l’oxygène dissous par différentes réactions chimiques.

Le diagramme pH-Eh donne des informations sur l’état de saturation des eaux (Figure
49) d’où les eaux étudiées se localisent dans la gamme des eaux souterraines, des eaux dans
une zone de transition et milieux isolés de l’atmosphère (nappe profonde, et/ ou eaux matures
(fossiles).

Les diagrammes Eh-pH individualisent, en mode approximatif, les champs possibles


de stabilité des espèces présentes dans les solutions et donnent des informations sur l’état de
saturation des eaux. Ils montrent que les eaux étudiées se localisent dans des zones de transition

101
ce qui indique qu’elles appartiennent à la gamme des eaux souterraines assez bien oxygénées
(Figure 49).

H2O

H 2O

Figure 49 : Situation des eaux de la région d’étude dans le diagramme de Pourbaix ou


potentiel-pH.

2.303RT
Eh  pe
F
Avec Eh = potentiel oxydo-réduction
R = constante du gaz parfait = 8,314 10-3 kJ/mol x 1° K
T = Températute absolue en degré Kelvin
F = 1 faraday = 96 500 coulombs
Pe = potentiel standard de réduction

102
III- 2- Paramètres chimiques et classification des eaux du bassin de l’oued Reg

III- 2- 1- Familles d’eau du bassin de l’oued Reg

III- 2- 1- 1- Diagramme de Piper

Le diagramme de Piper (1944) des eaux du bassin de l’oued Reg montre l’existence
de deux grandes familles distinctes d’eau montrant une évolution d’une famille sulfato-calcique
vers une autre famille chloruro-sodique. La première famille évolue dans les formations allant
du Précambrien au Paléozoique, l’autre caractérise les dépôts alluviaux du Quaternaire.

Pour bien comprendre la distribution spatiale des ressources en eaux dans l’oued Reg,
le bassin a été subdivisé en cinq sous-bassins qui semblent avoir des caractéristiques
géologiques et hydrogéologiques propres.

Les ressources en eau dans le secteur Nord-Ouest du bassin de l’oued Reg et qui draine
les eaux circulant dans le complexe du premier Bani (série de Ktaoua) montre des eaux de très
bonne qualité appartenant au faciès sulfato-calcique (Figure 50).

Les échantillons sont localisés dans la zone fracturée de Boulaghzazel. L’alimentation


de ce petit aquifère est assurée par le peu de précipitations qui ont lieu pendant les périodes
orageuses et qui se sont accumulées pendant des siècles dans cet aquifère. Ces dernières
décennies, cet aquifère est exploité pour assurer la demande en eau pour l’alimentation en eau
potable et pour l’irrigation dans un périmètre, heureusement, très réduit ; autrement, cet aquifère
aurait connu un tarissement accru et l’alimentation en eau de la région serait, de ce fait
compromise.

103
Figure 50 : Diagramme de Piper des eaux souterraines au Nord-Ouest du bassin de Reg

Les eaux du centre du bassin de l’oued Reg, au niveau de la localité d’Alnif


appartiennent au faciès mixte sulfato-calco-sodique, représentant essentiellement les eaux
circulant dans la plaine alluviale formée par l’oued Reg. La salinité est relativement élevée et
est due à l’évaporation intense qui caractérise le climat subdésertique de cette région. Aussi à
cause du fait que l’aquifère alluvionnaire est alimenté essentiellement par l’infiltration des eaux
lors des périodes pluvieuses qui permettent de constituer les réserves d’eau dans le sous-sol.
L’exploitation de cet aquifère et l’évaporation intense laisse précipiter dans la colonne du sol
les sels minéraux, qui vont être remis en solution en période humide et vont donc augmenter la
salinité de l’aquifère. Ce cycle « vicieux » finira par rendre les eaux non utilisables pour
l’irrigation et à la consommation en eau potable.

104
L’échantillon M21 prélevé au centre de la localité d’Alnif, sur l’axe de l’accident
d’Alnif, appartient au type sulfato-calcique et dégage l’odeur d’hydrogène sulfuré (H2S), l’eau
de cet échantillon qui provient d’un forage d’une centaine de mètres a une couleur jaune orange,
il a un Eh très bas (négatif) ce qui indiquerait que cette eau provient de très grandes profondeurs
et qu’elles ont été véhiculées par l’accident d’Alnif (Figure 51).

Figure 51 : Diagramme de Piper des eaux souterraines au centre du bassin de Reg

Les eaux du secteur Nord-Est de la zone étudiée montrent l’existence de deux familles
d'eau (Figures 52). Les eaux de la famille sulfato-calcique et magnesienne Ca-Mg-SO4 sont les
plus dominantes et correspondent aux eaux de la série du premier Bani. Ces eaux montrent aussi
un enrichissement en sels en allant de la formation du premier Bani vers les formations
alluvionnaires du Nord Ouest (Figure 53). La deuxième famille est chloruro-sodique Na-Cl et

105
évolue dans les grès de Tabanit et les schistes des Feijas (Figures 52). Ces deux familles
circulent, à la fois, dans les formations minéralisées du Paléozoïque.

Figure 52 : Diagramme de Piper pour les eaux des régions nord et nord-est du bassin de Reg

Figure 53 : Enrechissement en sel dans la région nord-est du bassin de Reg

106
Le secteur sud-ouest du bassin de l’oued Reg, fait partie d’un sous bassin particulier,
formé par des dépôts lacustres issus de l’ancien parcour de l’oued Reg. Les eaux de cette partie
du bassin montrent l’existence de deux facies d’eaux distincts qui se caractérisent par des eaux
à facies mixte avec dominance des sulfates et une eau franchement bicarbonaté sodique (Figure
54). Cette diversité de facies chimique serait originaire de la nature des dépôts évaporitiques
(gypse et sels). Dans ce secteur, l’échantillon M9 montre une salinité plus élevée puisqu’il se
situe au voisinage de l’axe de la faille d’Alnif qui permet une remontée d’eau plus saline.

Figure 54 : Diagramme de Piper pour les eaux des régions sud-ouest du bassin de Reg

La différence entre l'eau circulant dans le substrat paléozoïque et dans les formations
alluvionnaires est due aux caractéristiques physiques des aquifères. Les aquifères alluviaux sont
plus exposés à l’évaporation intense et à l’activité de pompage. La tendance générale observée
dans la région est l’abaissement du niveau piézométrique des nappes. Cette évaporation et
l'exploitation intense des ressources en eau dans toutes les vallées alluviales dans cette zone
aride, voir saharienne, permet la précipitation des sels en surface et à l'intérieur de la structure
du sol. Par l'irrigation continue, des sels vont atteindre la nappe alluviale, localisée quelques
mètres en dessous, ce qui permet un enrichissement des eaux des nappes en saumures. Ce
phénomène sera responsable de la détérioration de la qualité de l'eau dans toute la région
d’étude et dans les zones avoisinantes telles que la vallée de l’oued Ziz et la plaine de Tafilalet

107
(Bahaj et al. 2013; Ministère Délégué du Ministère de l’Energie des mines, de l’eau et de
l’Environnement chargé de l’eau, 2014 ; Kassou et al. 2016 et Baki et al., 2016).

III- 2- 1- 2- Le diagramme de Schoeller

Le diagramme de Shoeller (1956) est une représentation graphique semi-


logarithmique qui permet la représentation de plusieurs analyses sur le même graphique. Il
permet de visualiser, par son allure, les faciès des eaux concernées et de classer les eaux en
fonction de leurs parentés chimiques. Si les eaux analysées sont issues d’une même nappe et
ont un même temps de séjour, alors une superposition des droites sera mise en évidence. Sur le
même diagramme, on peut représenter les normes de potabilité des eaux.

D’après ce diagramme (Figure 55 a et b), les tracés des résultats d’analyses des eaux
du bassin de Reg se regroupent en une seule masse montrant que les échantillons sont en relation
entre elles. Cependant de grandes variabilités chimiques sont visibles entre les échantillons de
telle sorte qu’il n’a pas de vrai parallélisme entre les tracés et ce qui peut être expliqué par le
mélange des eaux, par une recharge ascendante, de la nappe phréatique et des nappes profondes
primaires (chapitre V).

108
Figure 55a : Diagramme de Schoeller des eaux du bassin de Reg

109
Figure 55b : Diagramme de Schoeller des eaux du bassin de Reg

110
III- 2- 2- Les cations majeurs

III- 2- 2- 1- Introduction

Dans la nature, les gouttelettes d’eau de pluie adsorbent une partie des particules
atmosphériques et dissolvent les gaz contenus dans l’atmosphère. Le dioxyde de carbone
présent dans l’air se dissout dans l’eau induisant une réduction du pH compris entre 4 et 6. Les
activités anthropiques génèrent par ailleurs des oxydes de soufre (H2SO4) et des composés
azotés (HNO2 et NH3) qui peuvent modifier le pH. La dissolution de ces composés induit la
formation de sulfates (SO42-), d’ammonium (NH4+) et d’oxydes d’azote (NO2- et NO3-).
L’influence de la mer se fait toujours plus ou moins sentir en apportant des ions chlorures (Cl-
) et des ions sodiums (Na+).

Les eaux de surface et les eaux souterraines, grâce à la dissolution des minéraux du
sol et des roches par le concours de différentes réactions chimiques (réactions de dissolution,
réactions acides-bases et réactions redox), acquièrent des concentrations plus élevées d’ions des
éléments qui constituent les principaux minéraux cristallins ou amorphes. Les silicates d'Al, Fe,
Ca, Mg, Na et K cèdent aux eaux des ions Ca2+, Mg2+, Na+, K+ et SiO2 aqueuse. Les roches
carbonatées cèdent aux eaux des ions Ca2+, Mg2+ et HCO3-.

La chimie des eaux souterraines est donc dominée par la présence de ces huit derniers
éléments ioniques, plus abondants que d'autres dans les systèmes hydrogéologiques et qui
constituent ce que l’on appelle les éléments majeurs dissous dans les eaux naturelles et leur
somme constitue la salinité totale ou TDS ou le résidu sec. Ils représentent la composition
majeure des roches de la surface du globe et constituent la composition du réservoir où l’eau va
circuler et/ou stagner. Les eaux vont ainsi réagir avec ces éléments, les dissoudre et l’étude
hydrochimique permettra de retracer les caractéristiques de la roche mère avec laquelle l’eau a
réagi.

Partant du fait que toutes ces eaux ont une origine météorique et les nappes
phréatiques sont principalement constituées par des aluminosilicates, des silicates et des
carbonates, la minéralisation totale des eaux dépend des vitesses de dissolution sous différentes
réactions.

La TDS est donc la charge totale en éléments et gaz dissous dans une solution. Elle
s’exprime aussi comme la somme des éléments majeurs en solution :

111
TDS   (Cations  Anions) en mg / l

Les eaux étudiées montrent une large gamme de TDS à partir d'une très faible TDS
qui indique une très bonne qualité de l'eau, mais qui est du uniquement à une situation
spécifique où l'échantillonnage a été effectué dans une période orageuse et pourrait informer
sur la vitesse spectaculaire de recharge des nappes alluviales. Cependant, la majorité des eaux
affichent une salinité élevée (Figure 56) comparable à celle mesurée dans les eaux saumâtres
du grand Tafilalet (Bahaj et al, 2013).

TDS (mg/1)
4500

4000

3500

3000

2500

2000

1500

1000

500

0
Echantillons

Figure 56: Variation de la TDS dans le bassin de Reg

La carte de la répartition spatiale de la salinité totale (TDS) des eaux montre des
valeurs de salinité variant entre 0,5 et 1,5 g/l (zones Taomart, Khettart N’Ouzerg et Tiguirna)
(Figure 57), toutefois des valeurs atteignant plus de 3 g/l sont enregistrées dans la zone d’Alnif
dues probablement à la nature salifère des formations géologiques et/ou à une contamination
d’origine anthropique.

112
Figure 57 : Carte de la salinité des eaux de la nappe plio-quaternaire du bassin de Reg région
d’Alnif

III- 2- 2- 2- Le sodium et le potassium

Le sodium est le plus abondant de tous les métaux alcalins constituant 2,6% de la
croûte terrestre (Weast, 1972). Ses composés sont très répandus dans la nature. La dissolution
des gisements de sel gemme et la météorisation des roches ignées constituent deux sources
naturelles de sodium. La plupart des sols en contiennent une teneur de 0,1 à 1%, principalement
sous forme de silicates tels que les amphiboles et les feldspaths. On peut aussi le trouver sous
forme diffuse comme cristaux incorporés dans des ciments, entre les grains et au niveau des
pores contribuant rapidement à l’augmentation de la salinité des eaux (Matthess, 1982).
D’autres sources de sodium peuvent avoir lieu à partir des eaux marines, en particulier, dans
113
les aquifères côtiers par le phénomène de l’intrusion marine, auxquels il faut ajouter les aérosols
marins. Finalement, il peut être produit par l’activité anthropique et donc issu d’une pollution
agricole et/ou industrielle (Ministère de l’Environnement de l’Ontario, 1981). Les terres
sodiques contiennent de grandes quantités de sodium soluble et échangeable. Habituellement,
lorsque la teneur en sodium du sol est élevée, celle des eaux souterraines l’est également.

Les eaux souterraines ont normalement une teneur en sodium allant de 6 à 130 mg/l
(Bond et Straub, 1973). La présence de minéraux sodiques dans le voisinage peut causer des
concentrations beaucoup plus élevées.

Le sodium n’est pas considéré comme un métal toxique et par conséquent la


concentration maximale acceptable pour une eau potable n’a pas été fixée. Cependant, il peut
être dangereux chez les sujets atteints de problèmes circulatoires, cardiovasculaires et rénaux.
De façon générale, le goût de l’eau potable est jugé désagréable lorsque la concentration de
sodium dépasse 200 mg/l.

Les roches carbonatées ont une teneur très basse en sodium (en moyenne 0.4 g/kg) du
fait de son haut pouvoir de dissolution en comparaison au calcium et reste en solution durant
les processus de diagenèse, les autres roches sédimentaires peuvent contenir différentes formes
de sels de sodium qui peuvent se manifester sous forme de minéralisations ou participer à la
formation des ciments entre les différents grains.

Le potassium est l’élément majeur le moins abondant dans les eaux naturelles. Il est
essentiel à la croissance des plantes et se caractérise par une très faible mobilité dans les eaux
(Tardat-Henry, 1992). Contrairement au sodium, le potassium est facilement réincorporé dans
les minéraux argileux. Il se trouve généralement dans les eaux naturelles à des concentrations
inférieures à 30mg/l.

Les eaux du secteur d’étude montrent des teneurs en sodium variant entre 25 et
557 mg/l (Figure 58). La teneur moyenne est de l’ordre 160 mg/l. Six échantillons ont montré
des teneurs élevées dépassant la valeur maximale admissible pour les eaux de consommation.
Les teneurs les plus basses sont issues des échantillons qui drainent les formations gréseuses et
carbonatées du Paléozoïque et qui sont très bien représentés au niveau des khettaras. Sur les
plaines alluviales, les eaux sont plus riches en sels de sodium.

Les eaux du secteur d’étude montrent des concentrations en potassium comprises


entre 7,5 et 152 mg/l (Figure 58). La teneur moyenne est de l’ordre 36 mg/l évoluant avec la

114
TDS. Cinq échantillons ont montré des teneurs élevées dépassant la valeur maximale admissible
pour les eaux de consommation (50 mg/l).Ces teneurs sont relativement élevées dans des puits
qui sont probablement dues à un approvisionnement minéral.

Concentrations en mg/l
600

Na K
500

400

300

200 VMR Na+

100
VMR K+

0
Echantillons

Figure 58: Variation des teneurs en sodium et en potassium (en mg/l) dans le bassin de Reg

Le rapport ionique R=Na/K permet de définir la source majeure de sodium dans les
eaux. Il est de R<10, 15<R<25 et R> 47 respectivement pour les eaux de pluies, les aquifères
avec un très grand temps de résidence et l’eau de mer (Mandel et Shiftan, 1981). Une
comparaison des résultats obtenus avec ceux de Mandel et Shiftan (1981) révèle que les eaux
de la région d’étude sont directement alimentées par les eaux de pluie (R< 10) avec un temps
de résidence de l’eau plus ou moins court dans l’aquifère (Figure 59).

115
Na/K
14,0

12,0 Eau des aquifères avec un long temps de séjour

10,0
Eau météorique ou
8,0 Eau des aquifères avec un faible temps de séjour

6,0

4,0

2,0

0,0
Echantillons

Figure 59 : Rapport Na/K des différents puits des nappes du bassin de Reg

Le sodium et le potassium se trouvent dans l’eau généralement sous forme d’ions


libres sauf dans le cas des eaux très minéralisées où ils peuvent être complexés par les
carbonates et les sulfates (Drever, 1982).

III- 2- 2- 3- Le calcium et le magnésium

Le calcium est le cinquième élément le plus abondant dans la nature (Day, 1963). Il
se trouve toujours dans les eaux naturelles à cause de sa rapide dissolution dans l’eau, ils sont
exclusivement issus des processus d’altération des roches. Il est libéré par altération des
aluminosilicates, des silicates, des carbonates et des sulfates (Meybeck, 1986). Il s’introduit
dans le système d’eau douce sous l’action de la météorisation des roches, particulièrement celle
des roches calcaires et par entraînement à partir du sol dans les eaux d’infiltration, par
lixiviation et par ruissellement. La concentration moyenne du calcium dans le sol est d’environ
1,37 104 mg/kg (Klein, 1975). Il a été constaté aussi que la lixiviation du calcium à partir du sol
augmente nettement avec l’acidité de l’eau de pluie (Overrein, 1972).

La concentration du calcium dans l’eau dépend du temps de séjour de l’eau dans les
formations géologiques riches en calcium. Les eaux de surface renferment généralement moins
de calcium que les eaux souterraines (Sienko et Plane, 1974).

116
Rien ne permet de penser que la présence du calcium dans l’eau potable ait des effets
nocifs sur la santé. Comme il contribue à la dureté de l’eau, le calcium peut avoir des effets
néfastes sur la qualité de l’eau potable. Ces effets sont surtout d’ordre organoleptique ou
esthétique. Erikson (1985) a montré que les eaux potables de bonne qualité contiennent 100 à
140 mg/l de calcium alors que celles dépassant 200 mg/l présentent de sérieux inconvénients
pour l’utilisation domestique. Ainsi, sa valeur maximale recommandée est de l’ordre de 200
mg/l. La répartition spatiale de l’ion sodium dans les nappes alluviales du bassin de Reg montre
que les concentrations les plus élevées se localisent dans la région d’Ait Hemmou (Figure 60).

Figure 60 : Carte de répartition des ions calcium (en mg/l) dans la zone d’étude

Quant au magnésium, il se place au sixième rang parmi les éléments naturels les plus
abondants. Il constitue 2,5% de la croûte terrestre et forme généralement des minéraux comme
les pyroxènes, les amphiboles, la dolomite, l’olivine, la serpentine, le talc et l’amiante (Day,
1963 ; Ministère de l’Environnement de l’Ontario, 1976). Toutes les eaux naturelles en
contiennent et il contribue largement à leur dureté. Les principales sources de magnésium

117
contenu dans ces eaux sont les minéraux ferromagnésiens des roches ignées et les carbonates
de magnésium des roches sédimentaires.

On ne connaît pas d’effets nocifs directement attribuables au magnésium contenu dans


l’eau potable. Les effets indésirables pourraient résulter indirectement de l’effet laxatif du
magnésium lorsqu’il est associé à l’ion de sulfate. Généralement les eaux douces contiennent
des concentrations en magnésium de l’ordre de 40 mg/l ou moins. La norme internationale
tolère des concentrations en magnésium de 150 mg/l (OMS, 2011).La répartition spatiale de
l’ion potassium dans les nappes alluviales du bassin de Reg montre que les concentrations les
plus élevées se localisent, comme pour le sodium, dans la région d’Ait Hemmou (Figure 61).

Figure 61 : Carte de répartition des ions magnésium (en mg/l) dans la zone d’étude

La figure 62 montre que le calcium et le magnésium évoluent avec la TDS. La teneur


moyenne du calcium et du magnésium est respectivement de l’ordre de 117 et 10 mg/l.

Quelques échantillons montrent des teneurs en calcium et de magnésium qui


dépassent la valeur mondiale maximale admissible.

118
Concentration (mg/l)
800
Ca Mg
700

600

500

400

300
VMR Ca2+
200
VMR Mg2+
100

0 TDS (mg/l)
0 1000 2000 3000 4000 5000

Figure 62 : Variation des teneurs de calcium et de magnésium en fonction de la TDS

Le rapport ionique R = Mg2+/Ca2+ peut donner des informations intéressantes sur la


provenance des eaux (Mandel et Shiftan, 1981). Si R< 0,9, l’eau est de provenance carbonatée
et si R> 0,9 l’eau est d’origine silicatée.

Les rapports des différents échantillons d’eau analysés sont représentés par la figure
63. Les eaux du bassin de Reg montrent un rapport inférieur à 0,9 impliquant que les eaux
proviennent d’un environnement plutôt carbonaté.

Mg2+/Ca2+
1,00
0,90 Eau d'origine silicatée
0,80
0,70 Eau d'origine carbonatée
0,60
0,50
0,40
0,30
0,20
0,10
0,00

Echantillons

Figure 63 : Rapport Mg/Ca des différents puits des nappes du bassin de Reg

119
III- 2- 2- 4- La silice

La silice occupe le deuxième rang d’abondance dans la lithosphère (285 g/kg) après
l’oxygène. Elle se caractérise par une mobilité géochimique relativement faible et se trouve
souvent comme résidu de l’altération des roches. Dans les eaux terrestres, la silice cristalline
tel que le quartz, est très peu soluble et ne libère que de très faibles quantités de SiO2 (6 mg/l à
25°C). Par contre, la silice amorphe, plus soluble, libère dans l’eau entre 100 et 140 mg/l à 25°C
(Appelo et Postma, 1993).

La grande majorité des eaux terrestres sont sous-saturées vis-à-vis de la silice à cause
de la longue période nécessaire à la dissolution des silicates et à la précipitation rapide de la
calcédoine et de la silice insoluble.

Les eaux du secteur d’étude montrent des concentrations variant entre 9 et 27 mg/l.
Elles se caractérisent donc par des teneurs assez faibles.

Dans l’eau, à des valeurs de pH inférieur à 9, la silice se retrouve essentiellement sous


forme de l’acide silicique monomoléculaire (H4SiO4) (Hem, 1985 ; Ottonello, 1997 ; Edmunds,
2001) ; elle peut agir dans la formation de colloïdes qui précipitent par évaporation et dans la
formation de nouveaux minéraux spécialement les argiles en présence de l’aluminium.

III- 2- 3- Les anions majeurs

Les bicarbonates, les chlorures et les sulfates sont les composés anioniques majeurs
dans les eaux naturelles.

III- 2- 3- 1- Le bicarbonate

L’ion bicarbonate est un composé anionique contenu en quantité variable dans les eaux
naturelles, selon sa source et selon le pH de l’eau. Dans les eaux naturelles, les concentrations
en bicarbonates sont habituellement inférieures à 500 mg/l. Les équilibres liés à l’ionisation de
l’acide carbonique sont très importants dans le contrôle des différentes espèces carbonatées.
Ces équilibres sont représentés par les équations suivantes :

120
Où pKH = 1,5, pK1 = 6,4, pK2 = 10,3 et pKCaCO3 = 8,35 (25 °C).

En présence du gaz carbonique dissous, la dissolution de la calcite augmente


rapidement, et en présence de l’acide carbonique, la calcite peut alors se dissoudre pour donner
du bicarbonate de calcium.

Généralement la teneur en bicarbonate des eaux des nappes du bassin de Reg est
inférieure à 7meq/l indiquant, selon la classification de Schoeller (1962), que les eaux sont
normalement bicarbonatées et susceptibles d’être consommées. L’échantillon M9 présente une
teneur de 14 meq/l indiquant qu’il est très bicarbonaté.

En présence du gaz carbonique dissous, la dissolution de la calcite augmente


rapidement, et en présence de l’acide carbonique, la calcite peut alors se dissoudre pour donner
du bicarbonate de calcium.

Sachant que la teneur en bicarbonates des eaux dépend du pH (Michard, 1982) et que
le pH des eaux étudiées varie entre 7.2 et 8.5, on peut dire que l’espèce prédominante dans ces
eaux est le bicarbonate HCO3- (Figure 64).

Figure 64 : Distribution des espèces carbonatées dans le diagramme de Siellen (Appelo et Postma, 1993)
(Les champs de stabilité sont tracés sous des conditions de 25°C et 1 atm)

121
La répartition spatiale des teneurs en bicarbonates (Figure 65) montre les secteurs où
la nappe très profonde présente de fortes teneurs en bicarbonates surtout dans les échantillons
puisés dans les niveaux carbonatés.

On remarque aussi que les teneurs des eaux étudiées en ions bicarbonates évoluent en
fonction de la TDS ce qui explique qu’ils ont une corrélation directe reflétant l’origine
lithologique de ces ions bicarbonatés.

Figure 65 : Carte de répartition des ions bicarbonates (en mg/l) dans la zone d’étude

III- 2- 3- 2- Les chlorures

Les chlorures sont largement répandus dans la nature, généralement sous forme de
sels de sodium (NaCl) et de potassium (KCl). Ils représentent environ 0,05% de la lithosphère
(Conseil National de Recherche du Canada ; CNRC, 1977). Le chlorure de potassium est utilisé
dans la production des engrais (Prud’Homme M., 1986).

122
La présence des chlorures dans les sources d’eau potable peut être attribuée à la
dissolution des dépôts de sel, aux effluents des usines de produits chimiques, aux eaux d’égouts,
à l’écoulement des eaux d’irrigation, aux eaux de lixiviation des déchets et à l’intrusion de l’eau
de mer dans les zones côtières (National Academy of Sciences, 1974). Chacune de ces sources
peut entraîner une contamination locale des eaux de surface et des eaux souterraines. L’ion
chlorure est très mobile et finit par être transporté dans des bassins fermés ou vers les océans
(Bond et Straub, 1973). Le chlorure est généralement présent en faible concentration dans les
eaux naturelles de surface. Cependant, on trouve le plus souvent des concentrations plus élevées
en chlorures dans l’eau potable provenant des sources souterraines. Cette présence accrue
pourrait être due à l’interaction eau-roche ou à la contamination.

D’après la classification de Schoeller (1956), le secteur d’étude renferme des eaux


normalement chlorurées avec des concentrations comprises entre 13 et 400 mg/l ce qui reste
très inférieur à 750 mg/l représentée comme teneur maximale admissible tolérée par la norme
marocaine (ONEP, 1991 et Service de la Normalisation Industrielle Marocaine, 2008).
L’échantillon M12, montre une teneur de 1650 mg/l dépassant de loin les concentrations
maximales admissibles (Figure 66). Cette teneur peut être expliquée par un mélange ou
appartenance de l’eau de ce puits aux eaux profondes ou/et aux eaux fossiles des formations
primaires.
Cl (mg/l)
1800

1600

1400

1200

1000

800 TMA

600

400

200

0
Echantillons

Figure 66: Variation des teneurs en chlorures dans le bassin de Reg

123
L’examen de la carte de la répartition spatiale des chlorures des eaux de la nappe
phréatique du bassin de Reg (Figure 67) montre que la concentration augmente dans les zones
où on a des agglomérations et on a une vocation agricole. Cet enrichissement est en rapport
avec le long temps de résidence des eaux dû à l’écoulement lent des eaux compte tenu des
faibles gradients hydrauliques de la nappe (Chapitre V). Aussi, cet accroissement de la
concentration en chlorures peut s’expliquer par l’évaporation que connaît la région et surtout
dans les zones où la nappe est située à faible profondeur et aux pompages.

Figure 67 : Carte de répartition des ions chlorures (en mg/l) dans la zone d’étude

III- 2- 3- 3- Les sulfates


Les sulfates existent à l’état naturel dans de nombreux minéraux, dont la baryte
(BaSO4), l’epsomite (MgSO4. 7H2O) et le gypse (CaSO4. 2H2O) (Greenwood et Earnshaw,
1984).

124
La concentration en ions sulfates des eaux naturelles est très variable. Elle est de 30 à
50 mg/l. Pour les eaux des terrains à faible teneur en minéraux sulfatés, elle peut dépasser 300
mg/l lorsque le temps de résidence est élevé ou dans les zones contenant des minéraux
évaporitiques (Rodier, 1996). L'oxydation des sulfures métalliques et l'addition de fertilisants
riches en sulfates constituent localement une source importante d'ions sulfates (Matthess, 1982).
Les fortes teneurs en sulfates dans les eaux provoquent des troubles gastro-intestinaux et posent
des problèmes pour l'agriculture.

La présence des sulfates dans l’eau potable peut aussi donner à celle-ci un goût
perceptible. Le seuil gustatif des divers sulfates (sels) semble être égal ou supérieur à 500 mg/l.
Vu la possibilité d’effets physiologiques nocifs pour les sulfates à concentration élevée, la
norme a été fixée pour des fins esthétiques à 250 mg/l.

Les eaux du secteur d’étude montrent des concentrations en sulfates allant de 80 à


3800 mg/l. La majeure partie des échantillons a montré une teneur élevée dépassant la valeur
maximale admissible pour les eaux de la consommation (Figure 68).

Figure 68 : Carte de répartition des sulfates (en mg/l) dans la zone d’étude

125
IV-Hydrogéochimie des éléments mineurs et traces dans les eaux
souterraines du bassin de Reg ; région d’Alnif

IV- 1- Introduction

Certains métaux ont des effets bénéfiques pour l’homme, du moins à de faibles
concentrations (cas des oligo-éléments).Cependant, à des concentrations un peu plus élevées,
ils peuvent devenir nettement toxiques. Parmi les métaux les plus dangereux, on peut citer le
béryllium, le cadmium, le chrome, le plomb, le mercure, le sélénium, l’argent et l’arsenic.

Les métaux lourds se manifestent dans les roches de la croûte terrestre par de très
faibles concentrations, souvent inférieures à 1 mg/kg. Dans les roches de la croûte terrestre, ils
se présentent avec des teneurs inférieures à 1% et une densité atomique supérieure à 6 g/cm3
(Alloway et Ayres, 1997).

Sachant que les métaux lourds se présentent comme des éléments non biodégradables
(Baird, 1977), de ce fait, la pollution inorganique par ces métaux est difficile à gérer et leurs
accumulations successives dans l’environnement se pose comme le plus grand problème des
pays industrialisés et en voie de développement (Legret et al., 1997).

L’étude des éléments dissous dans l’eau a donc pour objectif de distinguer l’origine de
ces métaux. Elle peut être naturellesuite à unealtération des roches et des minéraux ou
anthropiquesuite à une activité humaine. Les phénomènes naturels sont essentiellement liés à
la nature lithologique des formations traversées et aux processus de dilution ou de précipitation,
ainsi, les eaux se trouvent enrichies par ces minéraux sous formedissoute. Quant aux
phénomènes anthropiques, ils peuvent être remarqués par un changement dans la composition
chimique des eaux en métaux lourds. Ces derniers peuventse retrouver dans les eaux
naturellespar les rejets urbains et industriels des grandes agglomérations, des fertilisants et des
produits phytosanitaires utilisés en agriculture, des industries minières, le traitement des
combustibles fossiles, l'industrie métallurgique, les tanneries et les papeteries.

Pour trancher sur la provenance de ces éléments métalliques, il faut considérer leurs
concentrations relatives de départ dans le réservoir et vérifier si les concentrations dans l'eau
sont naturelles ou dérivent d'une pollution dans la zone étudiée.

126
Les métaux lourds sont souvent hydrolysés ou complexés par d’autres ions organiques
et inorganiques. L’étude de ces complexes devient difficile à cause de l’intervention de
plusieurs facteurs physiques et chimiques dans les équations de complexation, de dissolution et
de précipitation de ces minéraux.

L’étude, qu’on va mener, prendra en considération les teneurs de ces éléments par
rapport aux normes internationales, leur origine etleur relation avec les éléments majeurs. Les
résultats d’analyses des eaux du bassin de Regen éléments mineurs et traces sont représentés
dans le tableau 15.

IV-2- Les éléments alcalins et alcalino-terreux rares

IV- 2 - 1- Le lithium

Le lithium est un élément commun des roches magmatiques. Il peut remplacer le


magnésium et peut se présenter en abondance dans les micas, les pegmatites et les évaporites
(Cherry, 1988). Le lithium est donc un bon indicateur des interactions eau/roche. On le trouve
généralement, dans les eaux de surface et de subsurface, avec des concentrations variables entre
0,001et 0,5 mg/l (Matthess, 1982). Il se présente comme un élément polluant d’ordre tertiaire
quand la concentration dépasse 0,01 ppm. La concentration de lithium total dans l'eau
d'irrigation ne devrait pas dépasser 2,5 mg/l, dans le cas d'une utilisation continue dans tous les
types de sols (Agriculture Canada, 1985).

Toutesles eaux du bassin de Reg étudiées montrent des concentrations en lithium


dépassant la norme internationale entre 0,014 mg/l et 1g/l. Ces concentrations marquent une
pollution des eaux du bassin par ce minéral. La figure 69 montre que le lithium dans les eaux
du bassin évolue parallèlement avec la TDS et donc sa présence est liée aux interactions eau-
roche.

127
Concentrations (mg/l)
4
Sr Li
3,5

2,5

1,5

0,5

0
0 1000 2000 3000 4000 5000 TDS (mg/l)

Figure 69 : Variation de la teneur du lithium et du strontium en fonction de la TDS dans les


eaux de la région d’étude

IV– 2 – 2-Le strontium

Le strontium est un élément trace alcalinoterreux qui se présente principalement sous


deux formes minéralesla strontianite (SrCO3) et la célestine (SrSO4). Le cation Sr++ peut donc
remplacer l’ion Ca++ dans les roches carbonatées et sulfatées en raison de la similitude de leurs
rayons ioniques. Il peut se retrouver dans les eaux naturelles par le lessivage des deux minéraux
mentionnés ci-dessus. En général, la teneur en strontium dans les eaux naturelles varie de 0,01
à quelques mg/l (Matthess, 1982). Il se présente comme un élément polluant d’ordre
secondairequand la concentration dépasse 0,1 ppm.

Les teneurs des eaux de la région d’étude montrent des concentrations élevées entre
0,5 et 3mg/l. Ces taux restent très élevéspar rapport à la norme internationale (Tableau 15). Le
strontium évolue avec la TDS (Figure 69) et donc sa présence dans l’eau est due au processus
naturel de son interaction avec la roche.

La spéciation géochimique du strontium stipule un rapprochement à l’équilibre des


eaux étudiée vis-à-vis de la strontianite (Figure 70).

128
Figure 70: Saturation des eaux étudiées vis-à-vis de la strontianite

IV– 2 – 3-Le baryum

Le baryum est un élément alcalino-terreux. Il est présent comme élément trace dans
les roches ignées et dans les roches sédimentaires. Dans la nature, bien qu’on ne le retrouve pas
à l’état libre (U.S. Environmental Protection Agency, 1985), il est présent dans un certain
nombre de composés dont les plus courants sont la barytine (BaSO4) et, dans une moindre
mesure, la withérite (BaCO3). Les composés du baryum trouvent une grande variété
d’applications industrielles.Les études faites sur l’exposition del’Homme aux chlorures de
baryum montre qu’à grandes doses ce minéral lui est cancérigène (Mc Cauley et Washington,
1983). La concentration maximaleacceptable (CMA) a été fixée à 1,0 mg/l de baryum dans
l’eau potable. Il est qualifié comme un élément polluant d’ordre tertiaire avecdes concentrations
dépassant souvent 0,01 ppm.

Le baryum, est aussi abondant que le strontium dans les roches, mais il se caractérise
par sa faible mobilité géochimique dans l’eau, à cause du contrôle exercé par les sulfates de
l’eau sur la solubilité de la barite BaSO4. La figure 71 montre l’évolution de la teneur en baryum
en fonction des sulfates. On remarque que la teneur en Baryum diminue alors que la teneur en
sulfates augmente et signifie une précipitation de la barite.

129
Ba (μg/l)
90

80

70

60

50

40

30

20

10

0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 SO4 (mg/l)

Figure 71 : Variation de la teneur du baryum en fonction dessulfates dans les eaux de


la région d’étude

L’apport quotidien moyen de baryum provenant des aliments, de l’eau et de l’air est
estimé à plus de 1 mg/jour. De ces différentes sources, c’est l’alimentation et l’eau potable qui
constitue les principales sources naturelles d’exposition au baryum.

L’analyse de l’élément baryum dans les eaux de la région d’étude a révélé qu’il se
présente avec des teneurs allant de 10 à 80 µg/l. Ces concentrations restent faibles par rapport
à la Concentration Maximale Admissible (CMA).

Dans les eaux du bassin de l’oued Reg, le baryum montre une distribution similaire au
strontium, sauf que les eaux en sont moins riches et arrivent rarement à la saturation vis-à-vis
de la barite surtout dans les eaux matures (fortement minéralisées).

IV- 2- 4-L’aluminium, le fer et le manganèse

IV– 2- 4- 1- L’aluminium

L’aluminium est un des métaux les plus abondants sur terre; il constitue environ 8%
de la croûte terrestre. Il se situe en troisième rang d’abondance dans la croûte terrestre après
l’oxygène et la silice (Conseil Canadien des Ministres des Ressources et de l’Environnement
CCMRE, 2008). On le trouve dans un certain nombre de minéraux, tels que les feldspaths, les
feldspathoïdes, les micas et les amphiboles qui, avec le temps, se décomposent en argile ou sous
130
forme de gibbsite (Al(OH)3), minéral qui contrôle, avec sa très faible solubilité dans les pH’s
proche de la neutralité. Les eaux naturelles n’en contiennent qu’une quantité limitée car il est
ordinairement lié aux sédiments. L’aluminium et ses oxydes sont insolubles, mais de nombreux
sels d’aluminium sont très solubles. La plupart des eaux naturelles ont des teneurs d’aluminium
dissous de l’ordre de quelques dizaines de µg/l.

L’aluminium n’a aucun effet bénéfique connu chez les humains;à fortes doses, il
provoque des signes de toxicité et peut entraînerla destruction de cellules cérébrales,
myocardiques et hépatiques.

Dans le bassin de l’Oued Reg, la teneur de l’aluminium (Tableau 15) montre des
teneurs d’aluminium qui varient entre 10 et 80 µg/l dans la majorité des eaux étudiées. Deux
anomalies liées à l’aluminium ont été relevées il s’agit des échantillons M7 et M12 le premier
concerne un prélèvement au niveau de la khettara du Ksar Tanoute Nou Mardoule avec une
teneur de 270 µg/l ce qui pourrait indiquer une probable mobilisation et/ou une contamination
par de l’aluminium contenu dans le béton qui véhicule les eaux de la khettara sur plusieurs
centaines de mètres. Le deuxième échantillon au niveau de la commune de Tallat montre une
teneur en aluminium de l’ordre 90 mg/l ; cette valeur, fort élevée, nécessite un traitement
particulier, car cet échantillon est très riche en chlorures, en sodium et en calcium (Figure 72).

Al (μg/l)
100000

10000

1000

100

10

1
0 1000 2000 3000 4000 5000 TDS (mg/l)

Figure 72 : Variation de la teneur de l’aluminium en fonction de la TDS dans les eaux de la


région d’étude

131
La spéciation de l’aluminium dans les conditions physico-chimiques des eaux
souterraines du bassin de l’Oued Reg montre qu’à des valeurs de pH proches de la neutralité,
Al(OH)4- est la forme dissoute la plus abondante dans l’eau.

IV- 2- 4- 2- Le fer et le manganèse

Le fer et le manganèse sont deux métaux abondants dans la croûte terrestre. Le


comportement de ces éléments dans les eaux naturelles est contrôlé par le pH et le potentiel
d’oxydoréduction ; dans les conditions communes dans l’environnement des aquifères
souterrains, avec le pH variant entre 5 et 8, ils se trouvent aussi bien sous forme d’ions bivalents
mobiles Fe2+ et Mn2+, que sous formes complexées et/ou hydrolysées ; mais en conditions
oxydantes le fer devient très vite Fe3+ et sa mobilité est contrôlée par la très faible solubilité de
ses hydroxydes. La mobilité du Mn est plus grande parce qu’il a tendance à rester sous forme
d’ion libre bivalent (Mn2+), sauf que son oxydation soit favorisée par les micro-organismes
spécialisés.

Pour l’Homme, l’ingestion de grandes quantités de fer a des effets toxiques, mais rien
n’indique que la concentration de fer communément observée dans les aliments et l’eau potable
constitue un danger pour la santé. Par conséquent, une concentration maximale acceptable n’a
pas été déterminée.

En concentration supérieure à 0,3 mg/l, le fer peut tacher la lessive et les appareils de
plomberie et donner un goût déplaisant aux boissons. La précipitation du fer en excès donne à
l’eau une couleur rouge brune désagréable. Le fer peut aussi stimuler la multiplication de
certains micro-organismes.

Le manganèse est présent dans plus d’une centaine de composés de sels et de minéraux
communs que l’on retrouve dans les roches, les sols ainsi qu’au fond des lacs et des océans. Le
plus souvent, on trouve le manganèse sous forme de dioxyde, de carbonate ou de silicate de
manganèse. On peut le trouver à l’état d’oxyde à des valences allant de+2 à +7; les états
d’oxydation dits manganeux (Mn2+) et manganique (Mn4+) sont ceux qui touchent
particulièrement les systèmes d’aqueduc (Jaques, 1987).

Le manganèse fait partie des éléments les moins toxiques pour les mammifères. Seule
l’exposition à des concentrations extrêmes résultant d’activités humaines produit des effets

132
nocifs pour la santé.A des concentrations dépassant 0,15 mg/l, le manganèse tache les appareils
sanitaires et la lessive ; de plus, il donne un goût désagréable aux boissons.

On a donc fixé l’objectif organoleptique du fer dans l’eau potable à 0,3 mg/l et du
manganèse à 0,05 mg/l. A ce niveau, on considère que le fer et le manganèse ne présentent pas
de risque pour la santé.

Dans les eaux de la région d’étude, la teneur en fer est inférieure à la norme
organoleptique internationale. Elle est située entre 0,01 et 0,1 mg/l et souvent inférieure à la
limite de détection ICP-MS (Tableau 15).

Le manganèse se présente dans les eaux avec des teneurs plus faibles que le fer
comprises entre 0,01 et 10 µg/l. Ces teneurs restent très faibles et inférieures à la norme
internationale (Tableau 15).

Le comportement de ces éléments dans les eaux naturelles est contrôlé par le pH et le
potentiel d’oxydo-réduction. Pour des conditions communes des aquifères à des pH variant
entre 5 et 8, le fer se trouve aussi bien sous forme d’ions bivalents mobiles Fe2+ et Mn2+ que
sous forme complexé et/ou hydrolysé. Néanmoins, en conditions oxydantes, le fer devient Fe3+
et sa mobilité est contrôlée par la très faible solubilité de ses hydroxydes (Figure 73). La
mobilité du manganèse est plus grande parce qu’il a tendance à rester sous forme d’ions libres
bivalents (Mn2+).

Figure 73: Le système Fe-O-H2O dans le diagramme pe-pH à 25°C (Drever, 1982)

133
IV-2-5- Le plomb, le zinc et le cadmium (Tableau 15)

Le plomb (Pb) est l’élément lourd le plus commun. Il en existe plusieurs isotopes
208
stables dans la nature dont le Pb qui est le plus abondant d’entre eux. Laconcentration
maximale admissible (CMA) est fixée pour ce métal dans l’eau potable à 0,008 mg/l.

Comme la CMA est établie en fonction des effets chroniques, elle s’applique à des
concentrations moyennes dans l’eau consommée pendant des périodes prolongées. Pour des
durées courtes, la consommation d’eau renfermant des concentrations de plomb supérieures à
la CMA ne pose pas nécessairement de risques pour la santé.

Le zinc (Zn) est un élément abondant qui constitue à peu près 0,004% de la croûte
terrestre (Browing, 1969). La forme minérale la plus commune du zinc est la sphalérite (ZnS),
associée souvent aux sulfures de certains autres éléments métalliques tels que le plomb, le
cuivre, le cadmium et le fer (U.S. Environmental Protection Agency, 1976). Le zinc se
rencontre aussi sous forme de calamine (ZnCO3) dans les sédiments carbonatés ; les autres
formes de zinc sont habituellement des produits d’oxydation de la sphalérite (Hem, 1970).

Le zinc est un élément nutritif essentiel pour l’homme. Les besoins quotidiens varient
de 4 à 10 mg selon l’âge et le sexe. Les aliments constituent la source la plus importante de
zinc. L’ingestion, pendant une longue durée de quantités dépassant considérablement celles
mentionnées, n’a entraîné aucun effet nocif, il est très peu probable que le zinc puisse engendrer
une toxicité chronique. En conséquence, pour l’eau potable, aucune concentration maximale
acceptable pour le zinc n’a été fixée.

Les eaux de surface renferment rarement des concentrations de zinc supérieures à 0,1
mg/l. Les concentrations de zinc supérieures à 5 mg/ldonnent à l’eau un goût indésirable à cause
de son astringence et peut devenir opalescente et former une pellicule graisseuse après
ébullition.L’objectif de qualité esthétique pour le zinc dans l’eau potable est donc de 5 mg/l
(Lee et Toijray, 1997).

Le cadmium (Cd) est un élément assez rare. Il est réparti uniformément dans la croûte
terrestre où sa concentration moyenne serait de 0,15 à 0,2 mg/kg (Hiatt et Huff, 1975 ; Fleischer,
1974). Dans la nature, il se présente sous forme de divers composés minéraux et de complexes
des chélateurs naturels.La concentration maximale acceptable de cadmium dans l’eau potable
a été fixée à 0,005 mg/l en fonction de critères d’ordre sanitaire. Dans les eaux naturelles, le

134
cadmium se trouve à des teneurs normalement inférieures à 10µg/l, les eaux salines contiennent
en moyenne 0,1µg/l (eau de mer).

Dans les eaux naturelles, tous ces métaux se caractérisent généralement par leur faible
mobilité géochimique. Lors des conditions réductrices et en présence des ions sulfures, ils ont
tendance à former des minéraux le plus souvent insolubles. Par contre dans des conditions
oxydantes, ils se présentent souvent sous de très faibles teneurs, sauf dans les cas des eaux
acides et de contamination par des rejets industriels, miniers ou des produits phytosanitaires.
Dans les conditions physico-chimiques, de la plupart des eaux superficielles naturelles, ces
éléments sont parfois complexés par les ions sulfates et carbonates qui les gardent en solution.

Dans le bassin de l’oued Reg la teneur de l’eau en ses éléments est faible, elle frôle la
détection limite du ICP-AES (6 µg/l) cas du Pb (Tableau 15). Le Cadmium est dans la même
fourchette de teneur (Figure 73) sauf pour le puits M12 prélevé au niveau de Tallalet où il
présente une teneur est de 90µg/l ce qui est très élevée pour une utilisation domestique.

Le zinc se trouve dans les eaux étudiées à diveres teneurs, la plus élevée est au niveau
de la commune de Tallat (M12) avec une concentration de 2,3g/l (Tableau 15). On remarque
une certaine évolution des concentrations de ces métaux en fonction de la TDS (Figure 74).

Concentration (μg/l)
10000

Pb µg/l Zn µg/l Cd µg/l

1000

100

10

1
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 5000
TDS (mg/l)

Figure 74 : Variation des teneurs du plomb, zinc et cadmium en fonction de la TDS dans les
eaux de la région d’étude

135
IV-2- 6- Le mercure

Le mercure est un élément toxique et n'a aucune fonction physiologique salutaire


(Santé et Bien-être social Canada 1982). La concentration maximale acceptable de 1 μg/l (Santé
et Bien-être social Canada 1979) pour toutes les espèces de mercure dans l'eau limite son
ingestion par l'eau potable à moins de 10 % du seuil de tolérance (Santé et Bien-être social
Canada 1982).

Le mercure est un élément généralement indétectable dans les eaux terrestres, parfois
il se trouve dans les eaux thermales au voisinage de la limite de détection des appareils
d’analyse, dans les roches sédimentaires, on le trouve sous forme de HgS. Cependant le mercure
est souvent introduit dans la nature par l’intermédiaire de l’activité humaine industrielle et
agricole par utilisation des pesticides.

L'apport journalier moyen de mercure par l'air, les aliments et l'eau a été estimé à moins
de 15 μg par personne. Parmi ces sources, l'ingestion journalière par les aliments, à l'exclusion
des régimes constitués surtout de poissons et de fruits de mer, a été estimée au Canada à 13 μg
par personne (Santé et Bien-être social Canada 1982).

Dans les eaux naturelles, les concentrations de mercure présentes dans la colonne d'eau
sont assez faibles, phénomène que confirment les données limitées relatives à la qualité de l'eau
potable. Les concentrations médianes dans l'eau potable de trois provinces du Canada sont, à
titre d’exemple, de 0,29 μg/l ou moins (Santé et Bien-être social Canada 1982).

La mobilité du mercure dans les eaux est contrôlée par les conditions d’oxydoréduction
de la solution et du degré de maturation des eaux et l’origine du mercure.

Dans le bassin de l’oued Reg, le mercure se trouve à des niveaux très bas généralement
au-dessus de la limite de détection de l’appareil d’analyse qui est de 10 µg/l (Tableau 15) hors
la toxicité du mercure a été mise en évidence à des niveaux très bas 1µg/l donc il est nécessaire
de réaliser des études plus poussées concernant le mercure dans les eaux souterraines de l’Anti-
Atlas Marocain.

136
IV-2- 7- L’Argent

L’argent constitue un élément non essentiel. Normalement, il n’existe dans les tissus
des animaux et des humains qu’à l’état de traces. Cependant, il s’accumule lentement dans le
corps au cours de la vie (Hill et Pillsbury, 1939 ; Boyle, 1968).

L'argent se présente à l'état nature comme élément constitutif de divers alliages


naturels et, dans une grande variété de minéraux, il est combine au soufre, à l'antimoine,
àl'Arsenic, au tellure et au sélénium. Il forme aussi un certain nombre de composés halogènes
et de sulfates basiques dans la nature.

Dans la nature, on trouve de l’argent natif, ou contenu dans des minerais tels que
l’argentite (Ag2 S), la cérargyrite (AgCl), la proustite (Ag3AsS3) et la pyrargyrite (Ag3 SbS3).
Dans l’écorce terrestre, il existe à des teneurs moyennes d’environ 0,1 mg/kg (Smith & Carson,
1977). Tous ces mineraux sont des minerais d'argent, mais la plus grande partie de l'argent est
extraite de la galène argentifère.La proportion d'argent dans la haute lithosphère est d'environ
0,11 ppm (Boyle 1968), ce qui correspond aux teneurs rencontrées dans les eaux étudiées
(Figure 75). On remarque sur cette figure l’évolution de cet élément en fonction de la TDS ce
qui indique son origine naturelle. La région présente une minéralisation de galène argentifèrequi
est probablement par interaction eau/roche permet l’enrichissement de l’eau par cet ion.

Figure 75 : Variation des teneurs du d’Argent en fonction de la TDS dans les eaux de la
région d’étude

137
V-Les nitrates

V- 1- Introduction

Le nitrate (NO3-) est un ion naturel présent partout dans l’environnement. Ilest le
produit de l’oxydation de l’azote (qui représente 78% de l’atmosphère) par les micro-
organismes dans les plantes, le sol ou l’eau (Beatson C.G., 1978). Le nitrate est la forme oxydée
de l’azote qui est la plus stable, mais il peut être réduit en nitrite, modérément réactif, par action
microbienne. Les nitrates sont très utilisés comme engrais minéraux. En raison de la stabilité
relative de l’ion nitrate, la plupart des substances azotées de l’environnement ont tendance à se
transformer en nitrates. Par conséquent, toutes les sources d’azote (notamment l’azote
organique, l’ammoniaque et les engrais) devraient être considérées comme des sources
potentielles de nitrates. Les origines des nitrates dans l’eau (en particulier les eaux souterraines)
comprennent les matières animales et végétales en décomposition, les engrais agricoles, le
fumier, les eaux usées domestiques et les formations géologiques contenant des composés
azotés solubles (Adam, 1980 ; Egboka, 1984). Le nitrate, étant un sel très soluble dans l’eau et
très mobile dans les sols, peutrejoindre facilement la nappe phréatique lorsque sa quantité
dépasse ce que les plantes ne peuvent utiliser. Dans des conditions d’anaérobie, le nitrate peut
se dégrader en nitrite ou même se dénitrifier (Egboka, 1984 ; Lowrance, 1992). L’activité
biologique des sols est très importante pour le devenir ultime du nitrate (Garrels et al., 1975)
(Figure 76).

En absence de pollution, les eaux souterraines présentent très souvent des teneurs en
nitrates très faibles (< à 5mg/l). Les nitrates peuvent avoir plusieurs origines ; une origine
microbienne suite à une minéralisation de l’azote organique ou une origine chimique par
l’apport des engrais. L’accroissement de l’élevage, les rejets industriels et les précipitations
atmosphériques augmentent davantage le taux des nitrates dans les aquifères. De ce fait, la
présence des nitrates dans les eaux souterraines provient non seulement de sources ponctuelles
mais de sources diffuses.

Dans les conditions de pollution en nitrates, les eaux de puits présentent souvent des
concentrations supérieures à celles que l’on trouve dans les eaux de surface ((OMS), 1992 et
Spalding, 1993).

Au Maroc, la valeur recommandéecomme concentration maximale acceptable (CMA)


des nitrates dans l’eau potable est de 50 mg/l.Bien que la recommandation concerne

138
principalement les nourrissons, on considère qu’il est plus prudent de minimiser l’exposition
aux nitratespour l’ensemble de la population, vu l’association qui semble exister dans plusieurs
populations entre le cancer de l’estomac et les concentrations modérées des nitrates dans l’eau
potable. C’est pour cette raison que l’OMS a recommandé une CMA de 25 mg/l (OMS, 2011).

V- 2- Cycle de l’azote

Les nitrates ainsi que les autres espèces azotées parviennent aux eaux naturelles par
diverses sources biologiques ; ils sont considérés comme étant le produit final d’une séquence
de réactions biologiques et chimiques au cours desquelles les composés organiques azotés sont
oxydés. Ces réactions chimiques sont catalysées par plusieurs variétés de bactéries. Garrels et
al (1975) résument ces transformations dans le cycle de l’azote (Figure 76).
Addition d’engrais

NH3atmosphérique
Addition d’engrais
Plantes

Composés
Nitrates Animaux azotés
N
NO itrifi n
tio O 2
ca a
2 tio fic N
Dé N n i tri tio
n
NO nitr O N H4 ica
rif NH
4
ifi 3 N t
3 ca n i
t
NO ion Dé O 2
2
Nitrites N

Figure 76 : Cycle de l’azote (Garrels et al, 1975)

L’azote organique du sol (95%) se minéralise en deux étapes: d’abord par


ammonification ensuite par nitrification.

*L’ammonification est la transformation de l’azote organique en azote


ammoniacal (NH4+), faiblement mobile en présence des bactéries et des champignons.

139
*La nitrification transforme l’azote ammoniacal en azote nitrique. Elle se
subdivise en:

-Nitritation : c’est l’oxydation de l’azote ammoniacal en azote nitreux en


présence des bactéries particulièrement les nitrisomonas suivant la réaction :

NH4+ +3/2O2 NO2-+2H+ + H2O

-Nitratation : c’est l’oxydation des nitrites en nitrates par des bactéries de type
Nitrobacter.

Les nitrates se présentent comme le stade final de la minéralisation (Anderson et


al., 1978) :

NO2- + 1/2O2 NO3-

L’importance de la minéralisation d’azote dépend de plusieurs facteurs tels que


la population microbienne, l’aération du sol, la température, le pH, l’humidité et le rapport C/N
(Paul, 1999).

Par ailleurs, la pollution atmosphérique, les effluents industriels et urbains,


l’apport d’engrais (fumures azotées minérales et organiques) et la déjection par les animaux
d’élevage produisent des quantités d’azote dépassant de loin la quantité globale nécessaire à la
croissance des plantes.Une partie de la fraction non utilisée par les plantes est recyclée en azote
gazeux par des bactéries dénitrifiantes. L’excès pénètre ainsi dans le sol par lessivage,
(lixiviation) regagne la nappe phréatique et intervient dans la contamination des ressources en
eau (Paul, 1999).

La lixiviation des nitrates dans le sol résulte d’un grand nombre de facteurs dépendants
les uns des autres :

* les facteurs climatiques qui conditionnent la mobilité des nitrates en modifiant le


réseau hydraulique dans le sol, les conditions de drainage et l’activité microbienne ;

* les facteurs agronomiques qui concernent le type et la dose d’engrais, le type de


culture, l’irrigation etla fertilisation et les travaux du sol ;

* les facteurs pédologiques tels que les propriétés physiques et hydrodynamiques du sol
qui déterminent les conditions de perméabilité et de minéralisation de l’azote.

140
V- 3- Résultats et discussions

La distribution des formes azotées oxydées (NO3-) dans la zone étudiée est représentée
par la figure 77. Des valeurs de NO3- comprises entre 3 mg/l et 85 mg/l ont été rencontrées dans
les eaux souterraines du secteur d’étude. Aucune relation directe n’existe entre le taux des
nitrates des eaux étudiées et la salinité totale (Figure 78), ce qui ne peut être expliqué que par
l’utilisation des fertilisants azotés et de fumier dans les oasis du bassin de Reg et dont la
migration vers la nappe phréatique est accentuée par la nature lithologique de l’aquifère et de
la zone sous-saturéetrès perméables et par conséquent très vulnérables à la contamination
agricole. Les eaux appartenant aux Khettarats et aux formations aquifères paléozoïques ne
montrent pas de concentrations élevées en nitrates et donc pas de contamination directe en
nitrates.

NO3(mg/l)
90,0
80,0
70,0
60,0
50,0 TMA
40,0
30,0
20,0
10,0
0,0
M9 M13 M14 M16 M17 M20 M23
Echantillons

Figure 77 : Teneursen nitrates des eaux étudiées

141
NO3 en mg/l
90,0
80,0
70,0
60,0
50,0
40,0
30,0
20,0
10,0
0,0
0,0 500,0 1000,0 1500,0 2000,0 2500,0 3000,0 3500,0 4000,0
TDS en mg/l
Figure 78 : Variation des nitrates en fonction de la TDS

VI- Origine de la minéralisation des eaux souterraines du bassin de Reg

VI- 1- Equilibre de l’eau avec les minéraux

Dans ce paragraphe, sera décrite et interprétée la répartition des rapports de

concentrations des éléments chimiques contenus dans les échantillons d'eau des nappes

aquifères du bassin de Reg. La concentration de chaque élément chimique sera comparée à sa

valeur standard reconnue dans la littérature afin de parvenir à la compréhension des processus

selon lesquels les eaux ont acquis leur composition actuelle.

De plus, l’étude des paramètres chimiques a un intérêt particulier dans la


compréhension des phénomènes chimiques qui régissent les différentes réactions
thermodynamiques dans un système aquifère par la mise en solution des sels au cours du transit
de l’eau vers et dans le réservoir. Plusieurs processus peuvent alors être étudiés dont la
précipitation, l’évaporation, la dissolution, la complexation et l’adsorption.

Toutefois, les différentes techniques utilisées pour l’analyse des différents éléments
dissous ne donnent que la teneur totale sans tenir compte des différentes formes chimiques sous
lesquelles existent réellement ces éléments dans leur environnement. Pour remédier à ce
problème nous avons eu recours au programme de spéciation géochimique « Phreeqci 2.2.4
alpha » qui permettra, par des calculs thermodynamiques, d’identifier les différentes formes
chimiques de l’élément analysé au moment de l’échantillonnage.

142
VI - 1- 1- Notion d’activité ionique

Les eaux naturelles se présentent comme des solutions d’électrolytes. Elles


contiennent une teneur plus ou moins importante en ions chargés électriquement. Pour les
interprétations de la réactivité chimique des échantillons d’eau, il est plus correct d’utiliser les
activités ioniques que les concentrations totales des différents éléments. En effet, dans les
solutions concentrées, c’est l’activité qui explique les interactions eau–roche et par la suite les
interactions entre les différents ions. Elle conditionne donc la formation de complexes ioniques.

Dans les solutions extrêmement diluées, l’ion se comporte comme une particule
distincte capable de réagir de manière indépendante. C’est pour cela qu’on utilise la notion de
« concentration efficace » ou « activité ionique » (A+) d’union, qui constitue toujours une
fraction de sa concentration [A+] (Michard, 1982 ; Tardat-Henry, 1992).

Pour une solution idéale pure, l’activité est égale à la concentration (A+) = [A+]. Dans
le cas réel, l’activité ionique et la concentration efficace sont liées par un coefficient γ appelé
coefficient d’activité qui mesure la déviation par rapport à l’état idéal (Matthess, 1982). La
valeur de γ est toujours inférieure à 1 :

(A+) = γA+[A+]

Avec (A+) : La concentration de l’élément A.

[A+] : L’activité ionique de l’élément A.

γ : Le coefficient d’activité.

Le coefficient d’activité ionique γ varie non seulement avec la concentration de l’ion


considéré mais aussi avec les interactions entre les ions, à savoir la force ionique I de la solution.
Celle-ci peut s’exprimer dans l’échelle des molalités sous la forme suivante :

I = ½ Σ Zi2Ci

Avec Zi : la charge ionique de l’ion i et Ci sa concentration.

Le coefficient d’activité ionique γ d’une solution diluée (I< 10-2) peut être calculé à
l’aide de la loi de Debye-Hückel. Cette loi est exprimée comme suit (Matthess, 1982):

143
Azi2 I
log i 
1  Bai0 I

Avec: Zi : charge ionique de l’ion i ;

A et B : constantes dépendantes de la température (T) ;

A = 0,485 + 920 10-6T ;

B = 0,3241 +162 10-6T ;

ai : rayon ionique de l’ion en Angströms (10-10m) ;

I: force ionique totale de la solution.

IV- 1- 2- Notion de l’indice de saturation

Les phénomènes de dissolution/précipitation d’un sel AnB sont régis par la réaction
d’équilibre suivante :

AnB nA- +Bn+

(A-)n(Bn+) = Ks

AnB représente la phase solide ;

Ks représente la constante d’équilibre qui est le produit de solubilité du solide AnB.

Dans une solution, trois cas peuvent être mis en évidence :

* (A-)n(Bn+) =IAP < Ks : la solution est dite sous-saturée vis-à-vis de AnB ;


* (A-)n(Bn+) =IAP = Ks : la solution est en équilibre avec le minéral ;
* (A-)n(Bn+) = IAP > Ks : la solution est dite sursaturée vis-à-vis de AnB.
L’IAP est appelé le Produit d’Activité Ionique.

Autrement, la comparaison entre le produit de solubilité Ks et le produit d’activité


ionique IAP permet de tester l’état de saturation de la solution vis-à-vis d’un sel. Cette
comparaison peut se traduire en termes d’indice de saturation (IS) qui peut s’exprimer de la
façon suivante :

IAP
IS  log
Ks

144
Trois cas peuvent se présenter :

- l’eau est dite en équilibre avec un minéral lorsque IS = 0 ;


- l’eau est dite sous-saturée lorsque IS < 0 ;
- l’eau est dite sursaturée lorsque IS > 0.
Les erreurs de mesure, le dégazage, la variation de la température lorsque les
échantillons sont refroidis et leur agitation lors du transport fixent l’intervalle de saturation à :

- 0.5 <IS< + 0.5 (Michard, 1982).

Durant les dernières décennies, le développement des technologies et des outils


informatiques ont contribué énormément au développement des programmes d’hydrochimie et
de spéciation géochimique. Ils ont permis la simplification et la rapidité d’exécution des calculs
ainsi que la minimisation des erreurs.

Le traitement des résultats d’analyses effectuées par l’utilisation du programme


informatique de spéciation géochimique (Phreeqci 2.2.4 alpha) nous a permis de calculer entre
autres les différents paramètres chimiques, tels que la balance ionique, la molalité et l’activité
ionique des éléments analysés (Gaus et al., 2000).

Par la suite, des calculs plus avancés permettront d’identifier les différentes formes
chimiques des ions et des complexes, leurs proportions ainsi que le degré de saturation des eaux
en minéraux. L’application du programme informatique « Phreeqc 2.2.4 alpha » pour les
réactions géochimiques des eaux a été décrite par Gaus et al. (2000) et Parkhurst et al. (2013).

A cet égard les eaux étudiées sont en équilibre à sursaturées pour certains échantillons
avec les minéraux carbonatés suivants : la calcite, la dolomite et l’aragonite (Tableau 16 et la
figure 79).

Les indices de saturation vis-à-vis des minéraux carbonatés sont représentés dans la
figure 79. Cette dernière montre que les eaux du bassin de Reg sont en équilibre vis-à-vis de la
calcite, l’aragonite et la dolomite et sous saturées vis-à-vis de la strontianite ce qui reflète la
nature lithologique du bassin à faciès carbonaté riche en calcite, aragonite et en dolomite.

145
Tableau 16 : Indice de saturation de quelques minéraux carbonatés dans les eaux du bassin de Reg

Aragonite Calcite Dolomite Strontianite


Nom CaCO3 CaCO3 (Ca,Mg)CO3 PbCO3
M1 0,19 0,34 0,48 -1,17
M2 0,3 0,44 0,64 -1,08
M3 1,14 1,28 2,48 -0,21
M4 -0,06 0,09 -0,12 -1,58
M5 0,3 0,44 0,91 -0,86
M6 0,84 0,98 1,96 -0,41
M7 0,54 0,68 1,23 -0,73
M8 -0,1 0,04 0,19 -1,13
M9 0,41 0,55 1,17 -0,73
M10 -0,16 -0,02 -0,11 -1,09
M11 0,09 0,23 0,21 -1,31
M13 0,92 1,06 2,19 -0,3
M14 0,14 0,29 0,57 -1,2
M15 0,36 0,5 1 -1,25
M16 0,45 0,6 1,15 -0,9
M17 0,55 0,69 1,37 -0,99
M18 -0,41 -0,27 -0,72 -1,87
M19 0,29 0,44 1,11 -0,77
M20 -0,06 0,09 0,05 -1,43
M21 0,33 0,47 0,74 -1,09
M22 -0,14 0,01 -0,02 -1,47
M23 0,64 0,79 1,25 -0,71
M24 0,28 0,43 0,55 -1,13

Figure 79 : Saturation des eaux étudiées vis-à-vis de la calcite,


de l’aragonite et de la dolomite

146
A cet égard, il est à noter que la saturation des eaux en minéraux carbonatées et la
présence excessive de teneurs élevées en sulfates dissouts pourra entrainer la néoformation de
minéraux de transition telle que le gypse (Figure 80).

Figure 80 : Saturation des eaux étudiées vis-à-vis du gypse

Il est à noter que les teneurs élevées en sulfates permettent de former des complexes
hydrosolubles dans les eaux étudiées et qui vont permettre la formation de nouveaux minéraux
et/ou complexes adsorbants avec des métaux lourds et trace telle que la célestine SrSO4.

L'origine des sels dissous dans les eaux souterraines est généralement liée aux
minéraux contenus dans les roches encaissantes du réservoir et des formations traversées depuis
la zone de recharge de la nappe jusqu’à l’exutoire. Ainsi, la richesse des eaux en éléments Na+,
Cl-, Ca2+ et SO42- est liée à la dissolution des minéraux susceptibles de se former par évaporation
des eaux chargées de sels et par dissolution des formations évaporitiques. Par contre, les
éléments Ca2+, Mg2+ et HCO3– sont liés à la dissolution des carbonates.

VI-2- Corrélations ioniques

Dans notre cas, on remarque la présence d’une bonne corrélation entre les chlorures,
le sodium et la TDS d’une part et entre les sulfates et la TDS d’autre part (Figures 81, 82 et 83)
suggèrent l’existence d’une dissolution de minéraux contenant les trois éléments : probablement
des minéraux évaporitiques chlorurés et sulfatés.

147
Cl (mg/l)
350

300

250

200

150

100

50

0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500
TDS (mg/l)

Figure 81 : Variation de la teneur des chlorures en fonction de la TDS dans les eaux de la
région d’étude
Na (mg/l)
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500
TDS (mg/l)

Figure 82 : Variation de la teneur du sodium en fonction de la TDS dans les eaux de la région
d’étude

148
SO4 (mg/l)
4500
4000
3500
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
0 1000 2000 3000 4000 5000
TDS (mg/l)

Figure 83 : Variation de la teneur des sulfates en fonction de la TDS dans les eaux de la
région d’étude

D’autre part, le sodium et les chlorures (Figure 84) présentent un alignement des points
suivant une droite de corrélation ce qui explique que le Na+ est majoritairement lié aux Cl-. Ceci
implique la même origine des deux éléments chimiques qui est la dissolution de l’Halite. Cette
relation se confirme par l'existence du faciès chloruré sodique.

Cependant, quelques points présentent un excès de sodium, d'autres un excès des


chlorures. L'importance de l'excès de l'un ou de l'autre élément détermine la dominance du
faciès de cet élément sur l'autre.

Na (mg/l)
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
0 50 100 150 200 250 300 350
Cl (mg/l)

Figure 84 : Variation de la teneur du sodium en fonction du chlore dans les eaux de la région
d’étude

149
Par ailleurs, la figure 85 montre que les teneurs en sulfates et en calcium ne montrent
ni alignement ni coefficient de corrélation significatif pour une grande partie des points d’eau
étudiés. Ce résultat n’exclut pas les évaporites sulfatées (gypse) comme origine des deux
éléments considérés, mais indique l’existence d’une autre origine qui a provoqué l’excès en
calcium par rapport à la droite de la dissolution du gypse dans plusieurs points et l’excès en
sulfates en d’autres points plus nombreux.

L’excès en calcium est peut être attribué à la dissolution des roches carbonatées, alors
que l’excès en sulfates est attribué à l’oxydation des minéraux sulfurés ou à l’oxydation du
sulfure d’hydrogène (H2S), gaz abondant dans les eaux souterraines de la région.

Droite de la dissolution
du gypse

Figure 85 : Variation de la teneur du calcium en fonction des sulfates dans les eaux de la
région d’étude

Pour répondre à la question de l’origine des sulfates, nous avons eu recours au rapport
Sr/Ca.

Le strontium (Sr+2) est un élément trace lié aux évaporites. Il forme ainsi un bon
marqueur de leur présence. Le strontium permet de distinguer les sulfates provenant de
l’oxydation des sulfures (teneurs faibles) de ceux issus de la dissolution des évaporites (teneurs
élevées).

Le rapport ionique (en concentration molaire) Sr2+/Ca2+ est caractéristique d’une


origine évaporitique, s’il est supérieur à 1‰ (Brins, 2011) (Figure 86).

150
(Sr/Ca)%
1
0,9
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
M1
M2
M3
M4
M5
M6
M7
M8
M9
M10
M11
M13
M14
M15
M16
M17
M18
M19
M20
M21
M22
M23
M24
Echantillons

Figure 86 : Rapport Sr/Ca des eaux souterraines du bassin de Reg

Nous remarquons que les valeurs du rapport dans les eaux étudiées sont élevées et
dépassent dans tous les cas 1‰ (Figure 86) ; il varie de 0, 5‰ au point d’eau M24 et atteint un
maximum de 9,4‰ au point d’eau M2. Ceci indique d’une part que les sulfates dans les eaux
étudiées proviennent majoritairement de la dissolution des évaporites sulfatés (gypse) et
confirme ainsi l'origine évaporitique de la minéralisation des eaux d’une autre part.

Les concentrations élevées en éléments traces dans les aquifères libres du bassin de
Reg peuvent être expliquées par l’essentiel de l’eau qui traverse les formations primaires
profondes, riche en métaux et qui participe à l’alimentation par drainance ascendante des nappes
alluviales plio-quaternaires constituées essentiellement des produits de l’érosion des reliefs qui
sont peu perméables, très hétérogènes (chapitre V). La région qui fait partie de l’Anti-Atlas
oriental est bien connue par la minéralisation de ses formations précambriennes et primaires
favorisantainsi la minéralisation des eaux par interaction eau/roche. L’alimentation par
drainance ascendante des nappes phréatiques alluviales par les nappes profondes se fait par les
systèmes de fractures et de failles traversant les formations géologiques (chapitre IV) et qui
permettent la liaison entre les aquifères superposées (Robert-Charrue, 2005, Clerc, 2013, Ravier
et al., 2015, Bouramtane, 2016).

151
VII- Qualité des eaux des eaux souterraines bassin du Reg ; région d’Alnif

VII- 1- Typologie des eaux des eaux souterraines du bassin du Reg ; région d’Alnif

VII- 1- 1- Système national d’évaluation de la qualité des eaux


(Norme 2008 - SEQ 2008 ; Service de la Normalisation Industrielle Marocaine,
2008)

L’appréciation de la qualité des eaux souterraines a été faite sur la base d’une grille
(Tableau 17) comportant cinq paramètres indicateurs de pollution physico-chimique,
organique, azotée et bactérienne. Cette grille a été élaborée en 2008 par le comité « Normes et
Standards » du service de la normalisation industrielle marocaine sous le numéro NM 03.7.001
de la qualité des eaux d’alimentation humaine. Cette norme a été établie en se basant sur les
normes internationales.

Cette grille est un outil national ayant pour objectif de normaliser et d’unifier
l’appréciation de la qualité de l’eau des rivières, des lacs, des retenues de barrages et des nappes.

La grille générale de la qualité des eaux de surface fixe cinq classes de qualité. Chaque
classe est illustrée par une couleur particulière.

 Classe de qualité excellente : bleue


 Classe de qualité bonne : verte
 Classe de qualité moyenne : orange
 Classe de qualité mauvaise : violette
 Classe de qualité très mauvaise : rouge

152
Tableau17: Nouvelle grille simplifiée pour l'évaluation de la qualité globale des eaux
souterraines 2008 (Service de la Normalisation Industrielle Marocaine, 2008 et Ministère
Délégué du Ministère de l’Energie des Mines, de l’Eau et de l’Environnement Chargé de
l’Eau, 2014)

VII- 1- 2- Evaluation de la qualité des eaux du bassin de Reg

L’évaluation de la qualité des eaux souterraines de la zone d’étude est basée sur les
paramètres suivants :

La conductivité (CE), Le potentiel d’hydrogène (pH), la température (T), Les chlorures


(Cl), les sulfates (SO4), le calcium (Ca), le magnésium (Mg) et le sodium (Na).

Le Tableau18 présente laclassificationdes eaux souterraines du bassin de Reg selon la


norme SEQ 2008.

153
Tableau18: Classification des eaux souterraines de la zone d’étude selon le système
d'évaluation de la qualité des eaux 2008

Douar Conductivité pH T° Cl SO4 Ca Mg Na


µS/cm °C mg/l mg/l mg/l mg/l mg/l
Boulhri B E B E TMV E E E
Tizzinigman B E M E TMV MV E E
B E M E TMV E E E
GisementFer B E B E TMV E E E
AlNif M E M E TMV E E E
Tamoundoule M E M E TMV B B E

Ancienne KhettaraKsar
B E B E TMV E E E
Tanoute-Noumerdoule

Palmeraie Alnif E E M E TMV E E E


Palmeraie alentours-
Alnif- M E M E TMV E B M
Tanoutenoumerdoule
Khettara Ait Lahbib E E B E TMV M E E
Mimarghine-Plaine
E E B E E E E E
Alluv. Oued Reg
Tallalt TMV MV B TMV E M TMV M
Mosquée Tallalt TMV E B MV TMV M M TMV
Srguia-Khettara
E E M E B E E E
KsarTallalt
Mosquée Ait Hammou TMV E B M M M M M
Ait Serroud M E B E E E B E
Azekour B E MV E TMV E E E
Village Azekour B E M E TMV E E E
Alnif M E B B TMV E M M
Achbarou-Alnif B E B E TMV E E E
Tizit B E B E TMV E E E
Lajiar M E B E M E E E
Tinifit B E E E TMV E E E
Khettara -Tinifit E E E E M E E E

E : Excellente ; B : Bonne ; M : Moyenne ; MV : Mauvaise ; TMV : Très mauvaise

Selon le tableau18 la qualité des eaux souterraines des trois douars : Ait Serroud,
Srguia, Khetara KsarTallalt, Mimarghine, Plaine Alluviale de l’oued Reg est bonne à moyenne,
alors que pour les autres douars la qualité des eaux souterraines est mauvaise à très mauvaise.

Une étude statistique de la qualité des eaux du bassin de Reg pour chaque paramètre
est regroupée dans letableau19 et la figure 87. On observe que les classes mauvaises et très

154
mauvaises sont surtoutde point de vue sulfates (71%), conductivité (13 %), calcium (21%) et
sodium (17%).

Les eaux du bassin de Reg montrent une excellente classification pour les paramètres
suivants : pH : pour 96% des eaux, Cl : pour 84% des eaux, Na : pour 79% des eaux, Ca : pour
75% des eaux et Mg : pour 71% des eaux.

Tableau19: Pourcentage des captages des eaux souterraines de la zone d’étude en fonction des
altitudes de qualité selon le système d'évaluation de la qualité des eaux (SEQ 2008)
Classe de
Conductivité % pH % T° % Cl % SO4 % Ca % Mg % Na %
qualité
Excellente 21 96 8 84 13 75 71 79
Bonne 41 0 55 4 4 4 13 0
Moyenne 21 0 33 4 4 0 4 0
Mauvaise 4 4 4 4 8 21 8 17
Très
13 0 0 4 71 0 4 4
mauvaise

120

100

80
Très mauvaise
60
Mauvaise
40 Moyenne
Bonne
20
Exellente
0

Figure 87: Répresentation graphique de la qualité des eaux souterraines de la région selon le
(SEQ 2008)

L’étude de la qualité générale des eaux des aquifères du bassin de l’oued Reg, selon le
SEQ 2008, montre que les eaux de la région représentent une dominance des classes de qualité ;
excellente et bonne avec prédominance de la classe excellente, alors que les classes moyenne

155
et mauvaise sont faibles elles constituent respectivement de 8% et de 9% de la qualité globale.
La classe très mauvaise représente un taux 12% qui est très significatif (Figure 88).

12%

9% Exellente
Bonne
8% Moyenne
56% Mauvaise
Très mauvaise
15%

Figure 88: Répartition globale des captages en fonction de l’altitude de qualité selon (SEQ -2008)

VII- 2- La dureté

La dureté de l’eau sert traditionnellement à mesurer le pouvoir de réaction de l’eau


avec le savon. L’eau dure a besoin d’une quantité considérable de savon pour produire de la
mousse ; par ailleurs, elle provoque également l’entartrage des canalisations d’eau chaude, des
chaudières et des appareils ménagers. La dureté de l’eau est due aux ions métalliques bivalents
dissous. Dans l’eau douce, les principaux ions responsables de la dureté sont les ions calcium
et magnésium.

Dans la nature, les principales causes naturelles de la dureté des eaux sont dues au
lessivage des formations carbonatées. Des études ont permis d’établir des associations
significatives entre la dureté et certaines maladies ; en fait, il y aurait moins de maladies
vasculaires cérébrales dans les régions où les habitants consomment une eau dure (Parent,
1988).

Le degré de dureté de l’eau potable peut être matérialisé en fonction du titre


hydrotimétrique qui représente la sommation des concentrations en ions calcium et magnésium.
Il est exprimé en degré Français :

156
TH= [(Ca2+ + Mg2+) meq/l] x 5

Ainsi, une eau très douce a un TH entre 0 et 7°F, une eau douce a un TH entre 7 et 14
°F, une eau moyennement dure a un TH entre 14 et 22°F, une eau assez dure a un TH entre 22
et 32 °F, une eau dure a un TH entre 32 et 42°F et une eau très dure a un TH entre 42°F et plus
(Environnement Canada 1977 et 2014 ; Sawyer et McCarty, 1967).

Les eaux étudiées montrent que les eaux sont assez dures à très dures (Figure 89). 50%
des échantillons montrent une très forte dureté carbonatée qui correspond à une teneur assez
élevée en carbonates et bicarbonates de Ca et Mg.

Dureté en ° F
100,00
90,00
80,00
70,00
60,00 Eau très dure
50,00
40,00
Eau dure
30,00
Eau assez dure
20,00 Eaumoyennementdure
10,00 Eau douce
Eau trèsdouce
0,00
M10
M11
M12
M13
M14
M15
M16
M17
M18
M19
M20
M21
M22
M23
M24
M1
M2
M3
M4
M5
M6
M7
M8
M9

Echantillons

Figure 89: Dureté des eaux des nappes du bassin de l’oued Reg

VIII- Conclusions

L’étude hydrochimique des ions majeurs, des métaux lourds et en traces de la région
d’Alnif du bassin de Reg a été envisagée par l’utilisation de la spéciation hydrochimique. La
compréhension des phénomènes physico-chimiques, affectant les eaux au contact des faciès
lithologiques différents, a été envisagée par l’utilisation du programme de la spéciation
géochimique « Phreeqci 2.2.4 alpha ».

Les analyses chimiques des eaux du secteur d’étude montrent que les eaux sont issues
des nappes très minéralisées. La minéralisation des nappes alluviales est due à une alimentation

157
ascendante à partir des nappes profondes primaires très minéralisées suivant les systèmes de
fracturations affectant la région. Ce mélange des eaux a permis l’observation d’une évolution
notable de la famille sulfato-calcique vers une autre famille chloruro-sodique.

L’étude des équilibres géochimiques des eaux avec les carbonates a montré que ces
eaux sont en équilibre vis-à-vis de la calcite, l’aragonite et la dolomite et sous-saturées vis-à-
vis de la strontianite ce qui reflète la nature lithologique du bassin à faciès carbonaté riche en
calcite, aragonite et en dolomite. La présence excessive de teneurs élevées en sulfates dissoutes
pourrait entrainer la néoformation de minéraux de transition telle que le gypse. La présence du
sodium et des chlorures dans les eaux est majoritairement liée aux à la dissolution de l’halite.

L'origine des sels dissous dans les eaux souterraines est généralement liée aux
minéraux contenus dans les roches encaissantes du réservoir et des formations traversées depuis
la zone de recharge de la nappe jusqu’à l’exutoire.

Les eaux étudiées montrent qu’elles sont assez bien oxygénées, assez dures à très
dures, très minéralisées et salifères avec une salinité totale pouvant dépasser les 3g/l ce qui est
comparable aux eaux des bassins Anti-Atlasiques marocains.

Les résultats d’analyses des métaux lourds et traces dans les aquifères du bassin de
Reg montrent des teneurs au-dessus des normes internationales. Cette minéralisation peut être
expliquée par l’essentiel de l’eau qui traverse les formations primaires profondes, riches en
métaux et qui participent à l’alimentation par drainance ascendante des nappes alluviales plio-
quaternaires, à l’évaporation constante des aquifères phréatiques dans un climat aride voir
désertique et à la très faible circulation des eaux de ces nappesce qui favorise, un enrichissement
local considérable des nappes en ions.

La présence des nitrates dans la nappe marque un effet exogène aux conditions
naturelles du milieu. Ces fortes teneurs en nitrates, leur répartition spatiale aléatoire et leur
grande variation locale signalent l’existence d’une activité anthropique locale et capitale.
L’origine de cette contamination est principalement agricole et la pollution engendrée est
diffuse. L’épandage d’engrais azotés en quantité supérieure aux besoins des plantes cultivées :
engrais chimiques (nitrates de potasse, scories) et engrais organiques (fumier) favorisent cet
enrichissement. Le transfert des engrais et pesticides vers la nappe se fait par infiltration sur
l’ensemble de la surface cultivée. La pratique de l'irrigation dans la zone d’étude accélère ce
transfert.

158
D’après les résultats de ce chapitre, les eaux du bassin de Reg se classent généralement
dans la catégorie des eaux qui, dans l’ensemble, sont de bonne qualité. Cependant, des effets
naturels liés à la minéralisation des formations géologiques de l’Anti-Atlas et des effets
exogènes aux conditions naturelles du milieu ont été mise en évidence par de fortes teneurs
aléatoires en nitrates et par l’existence d’une très grande minéralisation dans les eaux. A long
terme, l’alimentation en eau potable des populations de la région se trouve compromise. C’est
pour cette raison que des actions visant la sauvegarde de la qualité de ces ressources sont
nécessaires.

159
CONCLUSION GENERALE

160
CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES

Les principales phases suivies pour cette étude débutent essentiellement par
l’identification puis la caractérisation et enfin l’évaluation des ressources d’eau souterraines.

Le bassin de l’oued Reg, sujet de cette étude appartient au grand bassin du Maïder qui
s’inscrit géographiquement dans le bassin versant de l’oued Rhéris au sens large et fait partie
du domaine de l’Anti-Atlas. Il se présente comme un des bassins oasiens du Maroc qui, connait
une stagnation de la démographie ce qui est en relation avec la dureté de vie et à la limitation
des moyens de subsistance dans la région. Il est particulièrement étendu et comporte les
importantes palmeraies d’Alnif, en amont du bassin sur l’oued Reg, les palmeraies de Boudib
et de Reg à l’exutoire du bassin versant.

L’extraction du bassin, à partir d’un modèle numérique de terrain, a permis de déduire


ses caractéristiques géomorphologiques et hydrométriques. Les résultats obtenus montrent que
le bassin couvre une superficie de 3084 km2 avec un périmètre de 486 Km. Le bassin est
constitué par le versant sud de Jbel Saghro drainé principalement par l’oued Reg et ses
affluents. La Daya de Maïder est l’exutoire naturel de tous les oueds du bassin. Les altitudes
du bassin varient entre 615 m à l'exutoire etjusqu’à 2705 m au point culminant du bassin. La
pente moyenne du bassin versant est de l'ordre de 12,44%. Pour l'indice de compacité de
Gravelius, il est de l'ordre de 1,7, ceci signifie que géométriquement, le bassin est sept fois plus
long que large. Le bassin est donc allongé et le temps de concentration des eaux serait de ce
fait court. La réponse hydrologique serait vite et forte. Le réseau hydrographique se situe
entièrement dans le domaine saharien. Il est peu dense et relativement rectiligne renseignant
sur le caractère perméable du sol au voisinage des dépendances des cours d’eau le constituant.
Le ruissellement dans ces cours d’eau est temporaire, de faible importance avec un caractère
torrentiel.

Les apports moyens annuels des eaux du réseau hydrographique sont évalués en
moyenne à 11 Mm3/an, avec une forte irrégularité interannuelle et entre les sous-bassins
versants. Ces apports peuvent dépasser 30 Mm3/an, un an sur trois et il est aussi pratiquement
nul un an sur trois.

161
La classification climatique du bassin de Reg nous a permis de ranger le climat du
bassin dans la classe du climat saharien à hiver chaud. Le nombre de jours de pluie est faible. La
zone est marquée par un déficit hydrique pendant toute l’année où l’évapotranspiration l’emporte
sur les précipitations ; ceci peut être accentué par les vents chauds et secs de l’Est et du Sud
appelés Chergui. Ces conditions climatiques pendant l’année, impliquant un besoin opportun
d’irrigation en tout temps, lequel est actuellement comblé par l’exploitation des eaux
souterraines. La région connait une succession d’événements extrêmes que sont les sécheresses
récurrentes et les inondations fréquentes posant de grands problèmes dans la gestion des
ressources en eau de la région.

La synthèse des principaux traits stratigraphiques et structuraux du Précambrien au


Quaternaire de la région d’étude a été élaboré en vue de dégager les éléments d’analyse de
l’hydrogéologie régionale du bassin de Reg et de déterminer l’origine de la minéralisation des
eaux.

Les formations géologiques de la zone d’étude appartenant à la chaine anti-atlasique


sont d’âges variés allant du Précambrien jusqu’au Quaternaire. Le substratum est constitué d’un
socle Précambrien essentiellement des schistes et des granites du Précambrien II et III et
entouré d'une puissante carapace rhyolitique. Le toit du substratum résistant est formé de grès
et de grès quartzitiques d’âge Cambrien qui s’enfonce régulièrement vers l’Est et le Sud-Est à
partir des affleurements du Cambrien au Nord et au Nord-ouest. Le niveau résistant est
surmonté par des formations de l’Ordovicien constituées par des schistes et des grès. Ces
formations peuvent représenter des aquifères potentiels dont la qualité dépendra du degré de
fracturation.Les formations du Silurien sous forme de schistes noires à graptolithes (Black
shales) surmontent l’Ordovicien et se présentent comme un aquiclude. Pour le Dévonien,on
rencontre les terrains de recouvrement et des sables et sables argileux en surface à moins de
12 m de profondeur, au-delà on rencontre des calcaires marneux et des calcaires fissurés en
profondeur. Cette série dévonnienne surmonte l’ensemble de la série. Ces niveaux résistants
sont couverts par des dépôts hétérogènes variables représentés par les alluvions quaternaires
surtout dans les plaines alluviales.

Sur le plan hydrogéologique, les formations de l’Ordovicien constituent un potentiel


hydrogéologique relativement important dans la région de Maïder en particulier dans des zones
fracturées et à accès facile.

162
Les formations quaternaires renferment des alluvions, cailloutis et autres éléments qui
peuvent constituer des nappes phréatiques (de type alluvial) le long des cours d’eau.

Les niveaux de grès et grès-quartzites présentent une puissance qui varie généralement
de quelques mètres à quelques dizaines de mètres ; ils sont parcourus par un réseau de fissures
et de diaclases important.

Les perméabilités de fissures peuvent donc exister dans ces bancs gréseux et
quartzitiques qui, de ce fait, peuvent contenir de l'eau, car ils jouent le rôle de drains par rapport
aux schistes environnants. Souvent dégagés par l'érosion par rapport aux schistes encaissants,
ils forment alors des reliefs, qui pourront être le siège de petites sources au contact de leur
environnement.

Le fonctionnement hydrogéologique du bassin de l’oued Reg peut se résumer dans ce


qui suit :

Les terrains du Cambrien s’apprêtent géologiquement à jouer un rôle hydraulique


d’aire de recharge pour les terrains ordoviciens qui les surmontent. Il s’agit même d’une allure
typique de bassin hydrogéologique avec le mont Saghro comme aire de recharge. Les
infiltrations sur les monts du Saghro pourront s’acheminer en direction de la cuvette de
Tazarine-N’kob puis contribuer à la recharge des terrains paléozoïques qui s’y apprêtent.

Pour les nappes phréatiques, leur recharge s’effectue par des alimentations combinées
des underflows des cours d’eau principaux des sous-bassins et de la drainance ascendante des
aquifères profonds. La zone de recharge de ce système est constituée par l’alignement Saghro-
Ougnate au NW et au NE et qui plonge en direction du SE, vers la daya du Maïder l’exutoire
du bassin endoréïque.

Le suivi de la piézométrie des nappes profondes de la région a montré que cette


dernière a connu un artésianisme persistant jusqu’aux années 70 et qui ne se serait atténué que
par les pompages et la baisse des précipitations. Ces eaux sont à caractère thermal. Pour les
nappes alluviales, on remarque une baisse continue du niveau piézomètrique liée aux mêmes
raisons.

La présente étude tente de déterminer les principales causes de la détérioration de la


qualité des eaux souterraines du bassin versant de l’oued Reg, d’expliquer les modalités de leur
provenance et de leur acheminement grâce à l’analyse des facteurs qui les conditionnent tels

163
que le climat, les fluctuations piézométriques, l’écoulement des eaux, l’interaction eau-roche
et l’activité anthropique.

Les analyses chimiques des eaux des nappes alluviales du secteur d’étude montrent
que les eaux sont très minéralisées et subissent une alimentation ascendante à partir des nappes
profondes primaires suivant les systèmes de fracturations affectant la région. Ce mélange des
eaux a permis l’observation d’une évolution notable de la famille sulfato-calcique vers une autre
famille chloruro-sodique.

Nous avons essayé à travers une approche de géochimie et de spéciation géochimique


de comprendre l'origine des eaux et leurs modalités de recharge d’une part et, d’autre part, les
processus physico-chimiques contrôlant la minéralisation des eaux dans la région. Cette étude
a été envisagée par l’utilisation de la spéciation hydrochimique. La compréhension des
phénomènes physico-chimiques, affectant les eaux au contact des faciès lithologiques
différents, a été envisagée par l’utilisation du programme de la spéciation géochimique
« Phreeqci 2.2.4 alpha ».

L’analyse géochimique a montré l’existence des différents faciès chimiques dans les
eaux souterraines et a permis de cerner les principales réactions responsables de la composition
chimique de l'eau. L’interprétation des analyses chimiques montre que l’origine des fortes
concentrations en sels observées dans les eaux souterraines de la région est due notamment à la
dissolution des évaporites des formations aquifères et au processus de dédolomitisation,
phénomènes liés principalement à la nature minéralogique des réservoirs et des formations
traversées.

L’étude des équilibres géochimiques des eaux avec les carbonates a montré que ces
eaux sont en équilibre vis-à-vis de la calcite, l’aragonite et la dolomite et sous-saturé vis-à-vis
de la strontianite ce qui reflète la nature lithologique du bassin à faciès carbonaté riche en
calcite, aragonite et en dolomite. La présence excessive de teneurs élevées en sulfates dissous
pourrait entrainer la néoformation de minéraux de transition telle que le gypse. La présence du
sodium et des chlorures dans les eaux est majoritairement liée à la dissolution de l’halite.

L'origine des sels dissous dans les eaux souterraines est généralement liée aux
minéraux contenus dans les roches encaissantes du réservoir et des formations traversées depuis
la zone de recharge de la nappe jusqu’à l’exutoire.

164
Les eaux étudiées montrent qu’elles sont assez bien oxygénées, assez dures à très
dures, très minéralisées et salifères avec une salinité totale pouvant dépasser les 3g/l ce qui est
comparable aux eaux des bassins Anti-Atlasiques marocains.

Les résultats d’analyses des métaux lourds et traces dans les aquifères du bassin de
Reg montrent des teneurs au-dessus des normes internationales. Cette minéralisation peut être
expliquée par l’essentiel de l’eau qui traverse les formations primaires profondes, riche en
métaux et qui participe à l’alimentation par drainance ascendante des nappes alluviales plio-
quaternaires, à l’évaporation constante des aquifères phréatiques dans un climat aride voir
désertique et à la très faible circulation des eaux de ces nappes ce qui favorise, un
enrichissement local considérable en ions des nappes.

La présence des nitrates dans la nappe marque un effet exogène aux conditions
naturelles du milieu. Ces fortes teneurs en nitrates, leur répartition spatiale aléatoire et leur
grande variation locale signalent l’existence d’une activité anthropique locale et capitale.
L’origine de cette contamination est principalement agricole et la pollution engendrée est
diffuse. L’épandage d’engrais azotés en quantité supérieure aux besoins des plantes cultivées :
engrais chimiques (nitrates de potasse, scories) et engrais organiques (fumier) favorisent cet
enrichissement. Le transfert des engrais et pesticides vers la nappe se fait par infiltration sur
l’ensemble de la surface cultivée. La pratique de l'irrigation dans la zone d’étude accélère ce
transfert.

De point de vue qualité des eaux, les eaux du bassin de Reg se classent dans l’ensemble
parmi les eaux de bonne qualité. Cependant, des effets naturels liés à la minéralisation des
formations géologiques de l’Anti-Atlas et à des effets exogènes aux conditions naturelles du
milieu ont été décelés par de fortes teneurs aléatoires en nitrates et par l’existence d’une très
grande minéralisation dans les eaux. Ainsi et à long terme, l’alimentation en eau potable des
populations de la région se trouve compromise. C’est pour cette raison que des actions visant
la sauvegarde de la qualité de ces ressources sont nécessaires.

Après cette étude et à l’issue du diagnostic des contraintes que connait le bassin de
l’oued Reg, plusieurs facteurs concourent pour imposer des contraintes au développement des
ressources en eau, ces contraintes sont liées essentiellement à :

 Irrégularité spatio-temporelle des ressources en eau et leur diminution ;

 Surexploitation des eaux souterraines ;

165
 Sous valorisation des ressources en eau ;

 Pollution ;

 Inondations ;

 Désertification et dégradation des Oasis ;

Par conséquent, des axes de développement devront faire l’objet de sujets de


recherches pour assurer le développement des ressources en eau du bassin et par suite son
développement socio-économique.

Pour une utilisation adéquate des nappes aquifères du bassin de Reg et dans l’optique
de fixer des objectifs et des orientations pour l’exploitation et la gestion de cette ressource
souterraine, plusieurs mesures et études s’avèrent très importantes. Ces dernières pourraient
viser la préservation de la qualité des eaux, l’évaluation des modalités techniques de réalisation
de projets de restauration et le développement des ressources en eau. On propose ainsi les
recommandations suivantes :

 Faire une étude de bilan hydologique des nappes aquifères pour permettre une
quantification réelle des entrées et des sorties de la nappe afin de voir le potentiel hydrique des
aquifères. Cette étude ne peut être représentative de la réalité sans prendre en considération les
points suivants :

 Réalisation des études géophysiques couvrant tout le bassin pour mieux


connaitre la structure de l’aquifère ;

 Installation d’un réseau de stations hydrologiques qui couvre le bassin;


actuellement une seule station hydrologique existe dans le bassin de Maïder à savoir la station
de Tazarine;

 Réalisation des essais de pompage de longue durée pour mieux connaitre les
caractéristiques hydrodynamiques et les productivités des aquifères ;

 Réalisation des campagnes de relevés de prélèvements d’eau souterraine pour


déterminer les volumes d’eau prélevés à partir des nappes.

 Installation d’un réseau de suivi du niveau piézométrique par des piézomètres


dans des zones très sollicitées pour l’irrigation et l’alimentation en eau potable, des zones
d’échange entre l’aquifère et l’oued, en amont et en aval de la nappe. Ces piézomètres donneront
une idée plus ou moins globale sur les fluctuations de la nappe dans le bassin ;

166
 Effectuer des campagnes d’échantillonnage plus rigoureuses et couvrir tout le bassin de
Reg pendant les périodes de hautes eaux et de basses eaux. Celles-ci permettraient de visualiser
l’évolution de la contamination des deux nappes dans le temps et dans l’espace ;

 Déterminer les paramètres hydrodispersifs depuis la zone de recharge jusqu’au niveau


de mélange entre les eaux des nappes par voie de traçage et ce dans l’optique de comprendre le
processus de minéralisation des eaux des nappes phréatiques.

 Installation d’un réseau de suivi de la qualité des eaux de surface et souterraines qui
tient compte des zones à risque (zones proches des foyers de pollution, zones proches de l’oued,
zones situées au sein des périmètres irrigués, etc.) ;

 Elaboration d’une cartographie actuelle sur la vulnérabilité et la sensibilité de la nappe


à la pollution ;

 Adaptation des méthodes d’irrigation ;

 Exécuter des travaux de reconnaissance et des études de pré-faisabilité pour des projets
de mobilisation et de restauration des ressources en eau ;

 Sensibiliser la population de la région sur le problème de la rareté et de la qualité des


ressources en eau souterraine.

167
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