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NTRODUCTION GÉNÉRALE

Introduction de première partie

Premier Chapitre : L'ORGANISATION D'UNE MISSION D'AUDIT.

Section I- Les différents types des risques d'audit

Section II - L'organisation d'une mission d'audit

Conclusion

Deuxième Chapitre : LA RESPONSABILITÉ DE L'AUDITEUR EXTERNE SECTION


I- La responsabilité civile de l'auditeur externe SECTION II- La responsabilité pénale
de l'auditeur externe

Conclusion

Conclusion de première partie

Introduction de deuxième partie

Premier chapitre : LE THÉORIE D'AGENCE ET L'AUDIT

SECTION I : Les conflits d'intérêts entre présentés dans la théorie d'agence.

. SECTION II- Le rôle de l'audit dans la résolution des problèmes

d'agence.

Conclusion

Deuxième chapitre : L'UTILITÉ DU RAPPORT D'AUDIT POUR LA DÉCISION

D'OCTROI DES CRÉDITS BANCAIRES

SECTION I- Différents études évaluant l'opinion de l'auditeur dans

la prise de décision d'octroi des crédits bancaires SECTION II- L'apport informationnel
du rapport d'audit dans la

la décision d'octroi des crédits : cas des banques tunisiennes

Conclusion

Conclusion de deuxième partie

CONCLUSION GÉNÉRALE
INTRODUCTION GÉNÉRALE
La notion d' « audit » connaît depuis quelques années une ferveur croissante et le terme s'est
progressivement vu appliqué à toute une série de domaines, outre l'audit financier, on parle
aussi d'audit marketing, d'audit d'environnement ou d'audit social.

Le point commun à toutes ces approches est la vérification du respect des normes ou des
critères définis dont une démarche critique d'évaluation doit s'assurer de la correcte mise en
oeuvre. C'est en effet que l'audit financier est le domaine dans lequel le terme d'audit a été
utilisé à l'origine.

L'objectif assigné à l'audit financier est d'exprimer une opinion indépendante sur les états
financiers établis selon des règles et principes comptables généralement admis et les normes
professionnelles en vigueur. En effet, ce rapport est préparé par un professionnel indépendant
et compétant assumant ainsi toute sa responsabilité sur la divulgation de cette opinion.

Certes, la survie dans une économie turbulente caractérisée par l'asymétrie d'information et la
rareté des informations crédibles et pertinentes nécessite la recherche d'une source présentant
l'information nécessaire.

D'autres parts, l'entreprise moderne est caractérisée par le fait que seuls les dirigeants ont un
accès direct réel à l'activité de l'entreprise. Ceci leurs confère une liberté d'action et un
avantage informationnel important. Une telle situation favorise l'existence des conflits
d'intérêts entre les dirigeants et les autres intervenants de l'entreprise, ce qui nécessite la mise
en place des moyens destinés à orienter leurs comportements.

Aussi, le recours de l'entreprise au financement externe pour renforcer sa place sur le marché
nécessite la présentation des états financiers audités au banquier pour l'aider à prendre la
décision exacte.

En effet, selon le système comptable tunisien, les états financiers d'une entreprise constituent
le principal moyen de communication de l'information financière aux différents utilisateurs

qui sont soit internes comme les dirigeants, les organes d'administration, les actionnaires ou
externes comme les investisseurs, les prêteurs et les subventionneurs.

Cependant, ces états financiers peuvent être falsifiés ou incorrects ce qui nécessite un auditeur
externe pour vérifier la régularité et la sincérité des comptes présentés par les dirigeants de
l'entreprise. Par conséquent, incombe ainsi sur l'auditeur une obligation de donner un avis
motivé sur ces états présentés.

Plus précisément, les questions qui constituent la trame de ce mémoire sont les suivants :
L'opinion de l'auditeur externe a-t-elle un rôle pour la résolution des problèmes d'agence qui
naissent dans une entreprise ? Cette opinion a-t-elle un impact sur la décision de banquier lors
de recours de l'entreprise à un crédit bancaire ? Mais, avant d'examiner ces questions, il
incombe de présenter les différents risques qui peuvent rencontrer l'auditeur lors de l'exercice
de sa mission et la responsabilité qu'elle l'engage après la présentation de son opinion.

Ce mémoire est structuré en de deux parties :


? La première partie est intitulée « l'opinion de l'auditeur externe et la responsabilité de
divulguer cette opinion » où on va examiner le démarche résultant la constitution d'une
opinion motivée et la responsabilité qui naisse de cette opinion.

? La deuxième partie est intitulée « l'utilité du rapport d'audit » où on va étudier l'apport


informationnel de l'opinion de l'auditeur externe pour la résolution des conflits et l'aide à la
prise de décision lors de l'octroi d'un crédit bancaire.

Introduction de première partie


Au coeur de la communication financière, les états financiers sont le moyen d'information et
de perception essentiel des actionnaires, des banquiers et d'autres tiers tels que
l'administration fiscal, les partenaires...

L'opinion donnée par l'auditeur va accroître donc la crédibilité de cette information financière
ainsi que leur utilité.

Certes, pour la satisfaction des besoins des utilisateurs et pour fournir une information
financière de qualité, l'auditeur va suivre une démarche bien précise résultante des
expériences de professionnel en la matière afin de minimiser les risques d'erreurs. En effet, la
présentation de son opinion va engager sa responsabilité si celle-ci est fausse.

Ainsi, dans dette première partie, on va présenter la démarche de l'auditeur lors de


l'organisation d'une mission d'audit et les risques qu'il peut rencontrer (chapitre premier),
ensuite on va mettre l'accent sur la responsabilité de l'auditeur en cas d'existence d'un conflit
avec les utilisateurs de son opinion (deuxième chapitre).

PREMIER CHAPITRE

L'ORGANISATION D'UNE MISSION D'AUDIT

Quel que soit le référentiel comptable choisi, toute entreprise doit dans ses comptes donner
une image fidèle de sa situation financière, de son patrimoine et de ses résultats.

Ainsi, pour établir des comptes annuels donnant une image fidèle, il faut :

· Appliquer des principes comptables généralement admis.

· Choisir le principe le mieux adapté à la situation lorsque plusieurs principes existent.

· Donner une information dans l'annexe pour justifier ou préciser le choix retenu1.

La mission de l'auditeur va consister à s'assurer que :

· Toutes les opérations qui concernent l'entreprise et seulement ces opérations soient traduites
en comptabilité.

· La comptabilité n'enregistre que les opérations réelles.


· Ces opérations sont correctement enregistrées et présentées dans les comptes annuels.

L'objectif de l'audit des états financiers est de permettre à l'auditeur d'exprimer une opinion
selon laquelle les états financiers ont été établis, dans tous leurs aspects significatifs,
conformément à un référentiel comptable identifié. 2

L'ISA 200 ajoute qu'un audit réalisé dans les cadres de ses normes vise à fournir une
assurance raisonnable que les états financiers pris dans leur ensemble ne comportent pas
d'anomalies significatives.

Ainsi, la définition de l'audit telle qu'elle est proposée par la profession comptable exprime de
façon simple sa finalité « l'audit financière est l'examen auquel procède un professionnel
compétent et indépendant en vue d'exprimer une opinion motivée sur la régularité et la
sincérité des comptes d'une autre entreprise donnée »3.

L'audit est un métier qui obéit à des règles très précises. Celles-ci ont été forgées par les
professionnels qui les ont progressivement élaborés, après avoir été confrontés à la pratique.
1
- Jacques POTDEVIN, Article : « Audit et transparence financière », p 3, université
Toulouse 1.

2 - ISA (norme internationale d'audit) 200.


3
- Raffegeau et al, 1994.

Elles sont décrites par les diverses normes professionnelles régissant l'auditeur, certes, l'audit
est exercé par des professionnelles indépendantes qui ont pu développés des méthodologies
spécifiques plus ou moins affinées. 4

Lorsqu'il exécute une mission d'audit, le réviseur cherche à obtenir un degré raisonnable de
certitude quant à l'absence d'inexactitude importante dans les états financier pris dans leurs
ensembles.

Il est en effet inefficace et difficile de contrôler exhaustivement les opérations comptables. La


nécessité de faire des choix comme corollaire l'apparition du concept de risque.

En effet, le réviseur peut méconnaître l'existence d'anomalies importantes dans les comptes de
son client si son plan d'intervention est mal orienté et ses contrôles inadaptés, d'où
l'émergence d'une nouvelle approche pour l'auditeur : l'approche pare le risque.

Cette méthodologie d'audit, conçue dans le but de renforcer la crédibilité de l'information


financière, a pour objectifs :

o D'une part d'analyser et d'évaluer les risques essentiels au niveau de l'environnement


économique, comptable et financier de l'entreprise.

o D'autre part d'établir un plan de révision et un programme de travail adaptés aux


particularités de chaque mission.
Ainsi dans ce chapitre on va chercher en premier lieu à examiner et connaître les différents
types des risques d'audit (section I) et en deuxième lieu, on va jeter un coût d'oeil sur
l'organisation d'une mission d'audit (section II).

SECTION I- LES DIFFÉRENTS TYPES


DE RISQUE D'AUDIT :
Avant de présenter les différents risques étudiés dans cette approche d'audit, il est nécessaire
de présenter une définition bien spécifique sur la notion du risque.

Ainsi, la recommandation international n° 25, « Importance relative et risque d'audit », de


l'International Fédération of Accountants (IFAC), définit le risque d'audit de façon suivante
(paragraphe9) :

« Le risque d'audit est le risque qu'un auditeur puisse exprimer une opinion inappropriée sur
une information financière comportant des inexactitudes significatives ».

Pascal Simon définit le risque d'audit comme suit :


4
- Danièlle BATUDE, « l'audit comptable et financière », Ed Nathan, Paris 1997, p 31.

« Le risque d'audit peut être défini, à mon sens, comme le risque que des erreurs ou
irrégularités n'aient pas été détectés après l'accomplissement de l'audit et que ces erreurs ou
irrégularités affectent de manière significative les comptes certifiés »5.

Certes, lors de la planification de l'audit, l'auditeur doit évaluer le risque qu'une fraude ou
qu'une erreur conduit à des anomalies significatives dans les états financières et doit
interroger la direction sur toute fraude ou erreur significative qui aurait été détecté. 6

Ajoutant que la norme I.S.A 240 définit la fraude comme « un acte volontaire commis par une
ou plusieurs personnes faisant partie de la direction ou des employés, ou par des tiers, qui
aboutit à des états financières erronés ».

L'erreur, selon l'I.S.A 240, est définie comme une inexactitude involontaire contenue dans les
états financières telle que :

o Une erreur mathématique dans les documents et les donnés comptables. o L'omission ou
l'interprétation incorrecte de faits.

o L'application incorrecte de politique d'arrêter des comptes.

De manière générale, s'il existe de très nombreux risques d'erreurs, ils n'ont pas tous la même
probabilité de se réaliser. On distingue généralement :

o Les risques potentiels : ces risques sont théoriquement susceptibles de se produire si aucun
contrôle n'est exercé pour les empêcher ou détecter et corriger les erreurs qui pourraient en
résulter, ces risques sont communs à toutes les entreprises.
o Les risques possibles : ces sont les risques potentiels contre lesquels une entreprise donnée
ne s'est pas dotée de moyens pour les limiter. Il existe alors une forte probabilité que des
erreurs se produisent et ne soient ni détectées, ni corrigées par l'entreprise. Ce sont ces risques
possibles que l'auditeur va s'efforcer de recherche tout au long de sa mission7.

DANIELLE BATUDE propose les différentes origines possibles de risque ; Ainsi il


suggère :

o Qu'ils peuvent être liés au secteur d'activité dans lequel l'entreprise exerce son activité.

o Qu'ils peuvent être attachés à l'entreprise elle même.


5
- Pascal SIMONS : « Audit financier », les éditions d'organisation 1987, p 27.
6
- La norme ISA 240.
7
- Jacques POTDEVIN, op, cit, pp 7, 8.

o Enfin, qu'ils peuvent dépendre de la nature des opérations traitées par l'entreprise. 8

L'I.FAC distingue trois composantes du risque d'Audit à savoir : o le risque inhérent.

o Le risque de non contrôle.

o Le risque de non détection 9

I - Le risque inhérent (Inhérent risk) :

On peut définir le risque inhérent comme étant « le risque qu'un solde de compte ou une
catégorie d'opérations puisse renfermer une inexactitude qui, seule ou ajouté à des
inexactitudes présentes dans d'autre soldes ou catégorie, pourrait être significative à supposer
qu'il n'y ait pas de contrôles internes s'y rapportant. Ce risque est lié aux activités de l'entité, à
son environnement et à la nature du solde de compte ou de la catégorie d'opérations concernée
» 10. Certes, ce risque peut être décomposé en deux risques à savoir :

o les risques généraux liés à l'entreprise.

o Les risques liés à la nature des opérations traités. 1 - Risque généraux liés à l'entreprise :

Il s'agit des risques qui sont de nature à influencer l'ensemble des opérations de l'entreprise.

Chaque entreprise, selon le secteur dans lequel elle opère, sa structure et son organisation,
possède des caractéristiques qui lui sont propres et qui rendent plus ou moins probables la
concrétisation de ces risques potentiels. Pour contrôler une entreprise, l'auditeur doit donc
identifier les risques qui la distinguent des autres. Ainsi, l'auditeur va se documenter sur
8
- Danielle BATUDE, op, cit, p 35.
9
- OULDKHATTARY Mohamed, mémoire IHEC Carthage ; « l'approche par le risque en
matière d'audit », 1993 ; p35.
10
- La norme n° 25 de l'I.F.A.C. (paragraphe 13).

l'activité de l'entreprise et sur son secteur d'activités. Il devra également se renseigner sur
l'organisation et la structure de l'entreprise. 11

2 - Risques liés à la nature des opérations traitées

Ce risque représente la possibilité qu'un compte ou un flux de transaction d'être erroné de


façon significative.

On peut distinguer les données saisies en comptabilités en trois catégories. Chacune est
porteuse de risques particuliers :

o Les données répétitives : elles résultent de l'activité habituelle de

l'entreprise ; achats, ventes, salaires.... Elles sont traitées de manière uniforme en fonction des
systèmes mis en place. Les risques sont donc liés à la fiabilité de ces systèmes.

o Les données ponctuelles : elles sont complémentaires de procédures

mais, saisies à des intervalles de temps plus au moins réguliers : inventaire physiques,
évolutions de fin d'exercice.... Elles sont porteuses de risque significatif lorsque leur saisie
n'est pas organisée de façon fiable et il est donc important de les connaître à l'avance pour
décider des contrôles qui devront être effectués.

o Les données exceptionnelles : ces sont des opérations ou des décisions

qui sortent du domaine de l'activité courante : réévaluation, fusion, restructuration ....


L'entreprise ne disposent pas des critères préalables, d'élément comparatifs, de personnel
expérimenté pour ce type d'opération, les risques que des erreurs se produisent et ne soient pas
détectées sont plus importants 12

II - le risque de non contrôle :

Le risque de non contrôle appelé encore risque lié au contrôle interne représente la possibilité
que les défaillances intrinsèques du système d'informations de l'entreprise ne lui permettent
pas de produire des comptes fiables. 13
11
- Jacques POTDEVIN, op, cit, pp 7,8.
12
- Jacques POTDEVIN, op, cit, p10.
13
- Olivier HERRBACH, Thèse de doctorat : « Le comportement au travail des collaborateurs
de cabinets d'audit financier : une approche par le contrat psychologique », Toulouse, 2000, p
25.

Ainsi, ce type de risque consiste en la possibilité que le système de contrôle interne ne


permette pas de détecter une erreur dans les états financiers ou ne prévienne pour la
réalisation d'erreurs dans un compte ou un flux de transactions.
Peu importe que le risque inhérent (risque général lié à l'entreprise et risque lié aux opérations
comptables) soit élevé si le système de contrôle interne a été bien conçu et si son application
est correctement effectuée, cela vient en effet réduire considérablement l'apparition des
erreurs.

III - Le risque de non détection :

Le risque de non détection est le risque que les procédures mises en oeuvre par l'auditeur ne
lui permettent pas de détecter une inexactitude présente dans un solde de compte ou une
catégorie d'opération, qui, seule ou ajoutée aux autres inexactitude présentés dans d'autre
soldes ou catégories d'opérations, pourrait être significative. 14

C'est donc le risque que les contrôles mis en oeuvres par le réviseur ne détectent pas les
erreurs dans un compte ou un flux de transaction. Ils ont pour conséquence de pouvoir faire
émettre au réviseur une opinion inappropriée sur les états financiers.

Ainsi, le choix par l'auditeur des procédures mises en oeuvre, de leur étendue et de la date liée
à ses interventions entraîne obligatoirement un certain niveau de risque que le commissaire
aux comptes doit s'efforcer de minimiser. Il n'est en effet pas possible, notamment pour des
raisons de coût et d'efficacité, d'obtenir une assurance absolue que les comptes annuels ne
contiennent pas d'erreurs, quels que soient les systèmes mis en place par l'entreprise ou les
contrôles de détection mis en oeuvre par l'auditeur15.

Jacques POTDE VIN ajoute que le risque d'audit est le risque que les erreurs significatives
subsistent dans les comptes annuels et que l'auditeur, ne les ayant pas détectées, formule une
opinion erronée.

En outre, sur ce risque, la norme ISA 240 de l'IFAC indique que : « tout audit est soumis au
risque inévitable de non détection d'anomalies significatives dans les états financières, même
s'il a été correctement planifié et effectué. Sauf preuve contraire, l'auditeur est fondé à
considérer les déclarations qu'il reçoit comme exactes et les enregistrements comptables et les
14
- Norme n° 25 de L'I.F.A.C « Importance relative et risque d'audit ».
15
- Jacques POTDEVIN, op, cit, p 12.

documents comme authentiques ». Il précise également que : «même un système comptable et


de contrôle interne performant risque de ne pas détecter une fraude impliquant la collusion
d'employés ou une fraude commise par la direction ». 16

Le risque d'audit est quantifiable par l'intermédiaire de la notion de « seuil de signification »


ou « seuil de matérialité ».

Certes, le seuil de signification est généralement défini comme « la limite à partir de laquelle
une inexactitude ou un ensemble d'inexactitudes contenues dans un élément donné sont de
nature à influencer la décision des utilisateurs de cet élément. C'est aussi la limite à partir de
laquelle un élément cesse d'être considéré comme fiable ».17
Cette notion reflète le fait que les comptes de chaque entreprise recèlent nécessairement des
erreurs et des inexactitudes, car ils sont le résultat d'un processus comptable forcément
imparfait et que, en outre, se base sur des hypothèses et des estimations subjectives.

L'objectif à atteindre n'est donc pas de dire que les comptes sont exacts, mais de faire en sorte
que le montant des erreurs soit inférieur à un seuil défini. Dans ce contexte, le risque d'audit
devient le fait que le montant cumulé des erreurs soit supérieur au seuil de matérialité c'est-à-
dire qu'il ait un impact considéré comme significatif sur les comptes certifiés. 18

SECTION II- L'ORGANISATION D'UNE


MISSION D'AUDIT :
Avant d'accepter un mandat, l'auditeur apprécie la possibilité d'effectuer la mission, il doit
également respecter certaines règles déontologiques et professionnelles. En outre, il doit
examiner périodiquement si des événements ne permettent en cause l'objet de sa mission.

Pour apprécier la possibilité d'effectuer une mission, l'auditeur doit avoir une connaissance
suffisante des particularités de l'entreprise, de ses risques généraux, de ses synthèses
significatifs.

Il doit pouvoir décider si la mission est possible en appréciant la situation de l'entreprise et en


tenant compte des contraintes qui relèvent de sa propre organisation.
16
- Jacques POTDEVIN, op cit, p 12.
17
- Olivier HERRBACH, op, cit, p27.
18
- Olivier HERRBACH, op, cit, p 25.

o La mission est elle réalisable compte tenu des possibilités de personnel, des délais, des
compétences techniques particuliers ?

o Les risques sont ils acceptables pour le commissaire aux comptes compte tenu de certains
éléments : refus de la direction de l'application de certaines diligences jugées nécessaires,
paiement d'honoraires insuffisants, confrère ayant démissionné pour entrave à sa mission,
désaccord sur des options prises par la direction ?19

La démarche d'audit est une démarche à la fois spécifique et itérative : spécifique en ce sens
qu'elle nécessite une connaissance minimale de l'entreprise à auditer et itérative parce qu'elle
sera précisé et complétée au fur et à mesure que seront obtenus les conclusions des premiers
travaux. 20

Ainsi, l'analyse préliminaire de l'entreprise auditée permet d'identifier les principales


composantes organisationnelles de l'entité auditée et les risques pouvant être détectés a priori.

Dans cette section on va présenter la démarche traditionnelle d'une mission d'audit à savoir la
prise de connaissance de l'entreprise auditée, l'évaluation des procédures de contrôles interne
et l'examen des comptes.
I - Prise de connaissance globale de l'entreprise :

La pris de connaissance générale de l'entreprise a pour but de comprendre le contexte dans


lequel elle évolue et de la situer dans son environnement économique, sociale et juridique.

Cette étape est effectuée par l'intermédiaire d'entretiens avec les dirigeants, de l'étude de la
documentation interne de l'entreprise (manuels de procédure, organigrammes, notes de
services, etc...), de la revue des comptes annuels des dernières exercices et de la recherche de
documentation externe sur l'entreprise et son secteur d'activité.
19
- Jacques POTDEVIN, op, cit, p 13.
20
- Danielle BATUDE, op, cit, p 31.

Elle permet à l'auditeur d'assimiler les principales caractéristiques de l'entreprise, son


organisation, ses responsables, ses spécificités de fonctionnement et de détecter les zones de
risques éventuelles (Mikol 1999) 21

L'objectif de cette phase est de recueillir le maximum d'informations en un minimum de


temps, selon la taille de l'entreprise et sa complexité, diverses techniques sont utilisées.

Cela peut aller d'un simple entretien avec le dirigeant pour une petite entreprise jusqu'à une
recherche plus approfondie d'informations.

En matière de prise de connaissance de l'entreprise, la norme ISA 310 « prise de connaissance


des activités de l'entreprise » de l'IFAC précise : «avant d'accepter la mission, l'auditeur
rassemble des informations préliminaires sur le secteur d'activité, la propriété, la direction des
opérations de l'entité soumise à l'audit, et détermine s'il lui est possible d'acquérir un niveau
de connaissance suffisant des activités de l'entité pour réaliser l'audit ». 22

En outre, l'auditeur doit également prendre une connaissance suffisante des marchés où
intervient l'entreprise et de l'évolution générale de celle-ci. .

23

Ajoutant que la norme ISA 310 « connaissance des activités de l'entité » précise que « la
connaissance des activités de l'entités constitue un cadre de référence permettant à l'auditeur
d'exercer son jugement de professionnel ».

La compréhension des activités de l'entité et son utilisation adéquate aident l'auditeur à :

- Evaluer les risques et identifier les problèmes.

- Planifier et conduire efficacement l'audit.

- Evaluer la validité des éléments probants.

- Fournir un meilleur service au client. 24


21
- Olivier HERRBACH, op, cit, p 26.
22
- Jacques POTDEVIN, op, cit, p 14.
23
- Danièle BATUDE, op, cit, p 33.
24
- Jacques POTDEVIN, op, cit, p17.

II- L'évaluation des procédures de contrôle interne :

Dans cette phase, l'auditeur va chercher à acquérir une meilleure compréhension de


l'entreprise et de ses systèmes. Il va donc mieux connaître la nature des activités de
l'entreprise, les lieux de production, les processus de fabrication. Il va mieux cerner les
circuits de traitements des informations et l'élaboration des données qui permettent la prise
des décisions.

L'ISA 400 de L'I.F.A.C précise que : « l'auditeur ne s'intéresse qu'aux politiques et procédures
concernant les systèmes comptables et de contrôle interne ayant une incidence sur
l'établissement des états financiers ».

Ainsi, l'évaluation de système de contrôle interne repose sur l'évaluation des procédures de
l'entreprise (circuits de circulation des biens et documents, utilisation de documents
normalisés instauration de système de contrôle). Elle vérifie en particulier la séparation des
tâches entre les personnes chargées des fonctions opérationnelles, de la détention des biens, de
l'enregistrement comptable et du contrôle (Mikol 1 999).25Certes, il est nécessaire avant de
continuer notre étude sur l'évaluation de contrôle interne de le définir, ainsi, « le contrôle
interne est un processus qui vise à assurer la maîtrise de l'entreprise. Son objectif est de
prévenir les erreurs et les fraudes, de protéger l'intégrité des biens et des ressources, d'assurer
une gestion rationnelle et un enregistrement correct des opérations ». 26

L'auditeur financier doit pouvoir s'appuyer sur la qualité de l'organisation de l'entreprise qu `il
est amené à contrôler. En effet, son objectif est de contrôler l'information financière de
synthèse qui est fournie par l'entreprise et qui est la résultante de l'enregistrement correct et
exhaustif d'une multitude d'opérations. Il n'est pas concevable d'une manière générale, que
l'auditeur vérifie l'enregistrement correcte de l'ensemble des opérations d'un exercice (cette
méthode dite du full audit ne peut trouver son application que dans des entreprises comportant
peu d'opération unitaires). La démarche de réviseur, reposant sur une approche sélective et
non exhaustive, s'appuie nécessairement sur l'existence de procédures internes à l'entreprise
qui conduisent à un enregistrement correct. 27
25
- Olivier HERRBACH, op, cit, p 27.
26
- Bernard GRAND et Bernard VERDALLE, « Audit comptable et financier », édition
ECONOMICA, p 33.
27
- Danielle BATUDE, op, cit, p 39.

Tout d'abord, l'auditeur fait une revue des procédures, soit de manière descriptive, soit par
l'intermédiaire d'un graphique que l'on appelle généralement « flow chart ». Les techniques de
travail sont entre autres l'entretien et le questionnaire. 28
Ainsi, la description des procédures de l'entreprise est réalisée par l'intermédiaire d'entretien
avec les responsables et le personnel des différents services de l'entreprise, c'est aussi par
l'étude de sa documentation interne afin d'obtenir une description des tâches et de la
circulation des documents : la description des procédures peut se faire soit de manière non
guidée, soit à l'aide des guides opératoires ou des questionnaires dont l'objet est double : il
s'agit d'une part de servir de support aux entretiens et d'autres part de s'assurer de ne pas avoir
oublié l'élément important. 29

La deuxième étape consiste en la réalisation de tests de conformité qui doivent montre que les
procédures décrites sont effectivement mises en oeuvre dans l'entreprise. Préalablement, il
explique à un membre choisi de l'entreprise quelle est la procédure qu il a décrite ? Et lui
demande de la valider. S'il y a une erreur, la personne est en mesure d'exposer la véritable
pratique. Le test de conformité va consister à s'assurer que la procédure est respectée sur un
échantillon des documents. Lorsque on est en présence de points forts, c'est à dire de
procédures solides qui permettent de garantir une certaine qualité dans la transmission et la
traduction des informations ,l'auditeur doit faire un test de permanence, c'est -à -dire qu' il doit
s'assurer de l' application correcte au cours du temps de cette procédure. Le test de
permanence a donc pour objectif de s'assurer de l'application permanente des procédures30.
Certes, Le contrôle interne repose sur certains principes de base que l'auditeur doit l'étudier, à
savoir :

-La séparation des fonctions : qui permet le contrôle réciproque dans l'exécution des tâches et
éviter qu'une même personne puisse commettre une erreur ou une irrégularité, en ayant la
possibilité de la dissimuler.

-La matérialisation des tâches : assure leur réalisation et leur unicité.

- La pré numérotation des documents papier : permet si leur suivi séquentiel peut être assuré
et donc si elle est effectivement exploitée, de vérifier leur correct enregistrement, c'est à dire
le respect des principes d'unicité et d'exhaustivité.

III- Le contrôle des comptes :

Le contrôle des comptes est la dernière phase de l'audit, celle durant laquelle les équipes
effectuent les tests et contrôles substantifs jugés nécessaires.

Si le contrôle interne est fort, il peut être suffisant de faire une revue succincte des comptes
(sauf en ce qui concerne la clôture de l'exercice). Si le contrôle est faible, alors il est
nécessaire de renforcer les tests, c'est à dire de multiplier les pointages afin de faire un
examen détaillé des comptes et d'obtenir une mesure des risques en cours. 32

Les étapes d'un programme de travail d'audit consistent en la réalisation successive de


procédures destinées à recueillir des éléments de preuve.

En fait, la recherche de preuve fait appel à un nombre limité des techniques. Les procédures
d'audit peuvent en effet se diviser en six catégories principales (Mikol 1999).

A priori, c'est leur combinaison et leur recoupement qui va produire une démarche d'audit de
qualité :
- la vérification physique consiste à s'assurer de l'existence des actifs qui sont inscrits dans les
comptes.

- La vérification sur document consiste à valider les mouvements ou les soldes des comptes à
partir des pièces comptables qui le justifient.

- Les confirmations directes, ou circularisation, consistent à obtenir des tiers extérieurs à


l'entreprise la confirmation d'informations, c'est ainsi, la circularisation ou la confirmation
écrite par des tiers de faits ou de positions financières et comptables, possède au contraire une
force probante important. Elle consiste à adresser aux partenaires de la société auditée un
courrier leur demandant de confirmer par écrit certaines informations traduites dans les
comptes. Les partenaires privilégiés sollicités dans cette procédure sont : l'établissement
bancaire, les avocats et conseils juridique, les principaux clients et les fournisseurs majeurs33.

- Les demandes d'explication auprès de la direction permettent de juger du caractère


raisonnable des options de comptabilisation prises par l'entreprise. Les explications doivent
faire l'objet d'une évaluation critique de la part de l'auditeur.

- Les calculs, vérifications arithmétiques, recoupements et rapprochements de document entre


eux.
32
- Bernard GRAND &Bernard VERDALLE, op, cit, p 33.
33
- Alberto SILLERO, « Audit révision légale », Ed ESKA 2000.

- L'examen analytique consiste à déterminer le caractère raisonnable des informations


contenues dans les comptes. Il se base sur l'étude des tendances, fluctuations, ratios tirés des
comptes annuels par comparaison avec les exercices antérieurs. L'examen analytique cherche
également à s'assurer de cohérence réciproque des différentes informations. 34

Une fois les procédures d'audit appliqué à un cycle de l'entreprise, l'auditeur émet un
jugement sur les résultats obtenus. S'il n'a pas relevé d'anomalie et s'il considère que le niveau
des travaux effectués est satisfaisant, il estimera que les éléments de preuve recueillis sont
suffisants pour couvrir les risques liés à ce cycle. S'il relève des erreurs ou des anomalies, il
va s'efforcer d'évaluer leur impacte, de déterminer si elles sont de nature volontaire ou
involontaire.

Comme la recherche de preuves repose sur la notion de sondage, elle ne peut offrir une
garantie absolue malgré toutes les précautions méthodologique mises en oeuvre. De plus,
l'évaluation des risques et l'évaluation du contrôle interne sur lesquelles reposes largement le
choix des procédures appliquées peuvent être insuffisantes.

Le produit final du travail d'audit résultant de plusieurs dizains, voire plusieurs centaines
d'heurs de travail pour les grandes entreprises consiste en un document d'une ou deux pages :
le rapport d'audit, qui exprime l'opinion de l'auditeur sur les comptes annuels.35 Le contenu
des rapports d'audit fait l'objet d'une définition précise. En raison de leurs conséquences
potentielles, les différentes formes possibles de l'opinion formulée dans le rapport sont en
effet complètement définies (Mikol 1999) :
- « La certification sans réserve » repend à l'objectif initial de l'auditeur, qui est de certifier
que les comptes annuels sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle ;

- « La certification avec réserve » doit être émise lorsqu'un désaccord sur un point
comptable ou une limitation dans l'entendue des travaux de contrôle ne permet pas à l'auditeur
d'exprimer une opinion sans réserve, sans que l'incidence de cette réserve soit suffisamment
importante pour entraîner un refus de certifier.

- « Le refus de certifier » doit être exprimé lorsque l'effet d'un désaccord ou d'une limitation
des travaux est tel que l'auditeur considère qu'une réserve est insuffisante pour
34
- Olivier HERRBACH, op, cit, p 29.
35
- Ce rapport, lorsqu'il a pour but de vérifier les comptes annuels, est appelé « Rapport
général du commissaire aux comptes ».

révéler le caractère trompeur ou incomplet de l'information comptable. Il est également


exprimé en cas d'incertitudes très graves sur les comptes.

Conclusion :
La protection des intérêts des tiers et le rôle que l'information financière peut jouer à ce
niveau sont une motivation essentielle de législateur pour instituer les obligations légales de la
publication et de certification des comptes annuels des entreprises.

Une des caractéristique majeures de l'audit contemporain est donc sa forte rationalisation tant
au niveau de ses principes (encadrement conceptuel) que de sa pratique (encadrement
méthodologique). Dans une optique de crédibilité, il est en effet essentiel que l'évolution
portée sur des états financières donnés apparaisse, au moins en théorie, comme indépendante
de la personne de l'auditeur effectuent les contrôles.37

Ainsi l'audit comptable et financier a connu, au cours des dernières décennies, une expansion
très forte de son marché, cette expansion est pour partie liée au développement de la mission
des CAC selon deux axes :

1- l'obligation de nomination d'un commissaire aux comptes.38

2- le rôle même du commissaire aux comptes a été peu a peu développé.

Parallèlement à la mission traditionnelle de contrôle des comptes qui reste prépondérante,


d'autres missions ont été dévolues par la loi aux auditeurs légaux qui doivent être signalées :

- L'obligation de révélation des faits délictueux : le commissaire aux comptes a l'obligation


(pénalement sanctionnée) de révéler au parquet le fait à caractère pénal dont il a connaissance
dans le cadre de la réalisation de sa mission.

- Les diligences spécifiques à accomplir par le commissaire aux comptes en application de la


loi sur la prévention des difficultés des entreprises.39 Le commissaire aux comptes veille à
l'établissement de documents prévisionnels relatifs au résultat et à la trésorerie de l'exercice
qu'il contrôle et, en cas d'anticipation de difficultés sérieuses de l'entreprise, en alerte les
dirigeant et, éventuellement de tribunal.40

En conclusion, apparaît ainsi le rôle de l'auditeur externe dans la notion d'alerte et de conseille
pour l'entreprise à auditée et naisse à cet effet à l'égard de l'auditeur une responsabilité à cause
de l'accomplissement de sa mission en toute indépendance et
36
- Olivier HERRBACH, op, cit, p 24.
37
- Olivier HERRBACH, op, cit, p 16.
38
- Article 13 CSE.

39 - Loi de redressement des entreprises en difficultés de 1995.


40
- Danielle BATUDE, op, cit, p 108.

crédibilité. C'est en effet l'objectif de notre deuxième chapitre d'étudier la responsabilité de


l'auditeur externe lors de l'accomplissement de sa mission des révisions des comptes.

DEXIÈME CHAPITRE
LA RESPONSABILITÉ DE L'AUDITEUR EXTERNE

L'objectif d'une mission d'audit est d'émettre une opinion sur la régularité et la sincérité des
états financiers. La régularité fait référence à la conformité à la réglementation en vigueur et
aux principes comptables généralement reconnus, et la sincérité fait référence à l'application
de bonne foi de ces règles et procédures en fonction de la connaissance que les responsables
des comptes doivent normalement avoir de la réalité et de l'importance des opérations,
évènements et situations... 41.

Certes, en matière d'audit, le risque zéro n'existe pas. Quelque soit le système comptable
appliqué dans un environnement donné et quelles que soit les normes d'audit qui régissent le
travail d'un auditeur, les risques d'erreurs et de fraude sont toujours là. Ces erreurs ou ces
fraudes peuvent être le fait de l'auditeur ou de l'audité.

Mais, pour prévenir ces erreurs et ces fraudes, l'audit obéit à des règles strictes d'éthique,
d'indépendance et de compétence professionnelle. Il reste évident, toutefois, que l'audit est
une affaire d'homme, qui peut subir l'inconscience ou l'incompétence d'un auditeur, sans que
cela ne puisse nous permettre de généraliser.42

Le commissaire aux comptes ou auditeur a une obligation de moyen, dans le sens où il doit
aboutir à l'expression de son avis sur la sincérité des diligences requises par les normes
professionnelles régissant la matière. Il ne garantit pas la certitude de l'information
communiquée, mais, il garantit qu'il a usé tous les moyens nécessaires pour aboutir à ses
conclusions.

En effet, le commissariat aux comptes est une fonction et non pas un titre, cette fonction a des
conditions pour l'exécution de celle-ci, puisqu'elle est obligée sur les sociétés commerciales
de la part de la loi (code des sociétés commerciales)43.
Cherchant à jeter un coût d'oeil sur cette fonction, l'article 16 de la loi n° 88-108 du 18 août
1988 portant refonte de la législation relative à la profession d'expert -comptable dispose que
« exerce la fonction de commissaire aux comptes, celui qui en son propre nom et sous sa
41
Revue de l'Expert, n° 92-93, Décembre 2002, p37.
42
L'avis de Mr Hechmi Abdelwahed, expert comptable et enseignant universitaire, dans une
interview avec la revue l'Expert, n° 92-93, December 2002, p38.
43
Article 13 de CSC.

responsabilité atteste la sincérité et la régularité des comptes des sociétés en vertu des
dispositions légales et réglementaires en vigueur ».44

En dépit d'une volonté marquée des entrepreneurs de préserver « le secret des affaires » et
d'une méfiance à l'égard du contrôle comptable, le commissariat aux comptes est une
institution bien installée et qui ne cesse de se développer. Tout d'abord, les principes
comptables ou certains d'entre eux ont été introduits dans l'ordre juridique par la loi n° 96-
112 du 30 décembre 1996 relative au système comptable des entreprises et par le décret n° 96-
2459 du 30-12-1996 fixant le cadre conceptuel de la comptabilité, on peut, au titre de ces
principes comptables, citer la notion de la représentation fidèle. Ensuite, la mission du
commissaire aux comptes s'étend désormais à toutes les formes de sociétés.

En effet, l'article 13 du code des sociétés commerciales a substitué la notion de forme


juridique celle de taille économique pour définir le domaine d'intervention des commissaires
aux comptes « Toute société commerciale doit designer un commissaire aux comptes si durant
trois exercices comptables successifs son chiffre d'affaire ou son capital dépasse un montant
fixé par arrêté du ministre chargé des finances ». On relève également une prolifération des
missions particuliers, c'est-à-dire celles qui s'ajoutent à la certification des comptes annuelles.
Cette extension de leur domaine d'intervention est révélatrice de l'évolution de la conception
de leur rôle. Le commissaire aux comptes n'est plus uniquement le mondataire des associés,
chargé de protéger leurs seuls intérêts, leur mission est également d'intérêt public, c'est la
raison pour laquelle ils sont chargés de dénoncer au ministère public les faits délictueux dont
ils ont connaissance ou à la commission de suivi des entreprises économiques, les difficultés
financiers rencontrées par les entreprises qu'ils contrôlent. 45

Ces évolutions dans la mission de commissaire aux comptes vont avoir bien évidement des
conséquences sur le terrain de la responsabilité de celui-ci. En fait, dans l'exercice de ses
missions, le commissaire aux comtes n'est qu'un « réducteur d'incertitude » et ne saurait, sauf
quelques cas particuliers, «offrir la certitude que tout est correct au sein de la société contrôlée
».

Ainsi, dans cette chapitre, on va étudier la responsabilité civile (section I) et pénale (section
II) de l'auditeur externe.

SECTION I- LA RESPONSABILITÉ
CIVILE DE L'AUDITEUR EXTERNE :
La responsabilité civile des commissaires aux comptes est régie par le droit commun. Les
commissaires aux comptes sont responsables tant à l'égard de la société qu'à l'égard des tiers
et de l'ordre des conséquences dommageables des négligences et fautes par eux commises
dans l'exercice de leurs fonctions.46

Généralement experts -comptables, les commissaires aux comptes agissent dans l'intérêt des
actionnaires à qui ils doivent fournir leurs rapports, assument toutes leurs responsabilités dans
la divulgation de ces opinions.

C'est en effet, l'article 6 de la loi n° 88-108 du 18 Août 1988 relative à la réglementation de la


profession de l'expert -comptable dispose que « les personnes inscrites au tableau de l'ordre
assument la responsabilité de leurs travaux ».

La responsabilité civile des auditeurs est une responsabilité classique pour faute, sanctionnant
la mauvaise exécution d'une obligation de moyens lorsque celle-ci est causée d'un préjudice.
Elle est sanctionnée par des dommages- intérêts.47

C'est dans ce courant que la responsabilité civile de l'auditeur naissant d'une obligation de
moyens explique notamment que sa mission soit un travail de révision par sondages et non
une validation exhaustive. Sa responsabilité n'est engagée que sur la base de cette obligation
de moyens.48

Ajoutant que le commissaire aux comptes est tenu à une obligation de moyen, c'est-à-dire
qu'il est tenu d'effectuer sa mission avec compétence et soin mais, il n'est pas tenu à une
obligation de résultat. Par exemple, on ne peut lui reprocher de ne pas avoir détecté une
fraude dans l'entreprise à partir du moment où il a mis en oeuvre toutes les règles
habituellement acceptées par la profession pour ce type de contrôle.49

D'ailleurs, Danièle BATUDE indique que le commissaire aux comptes n'a pas l'obligation de
détecter toutes les irrégularités ou inexactitudes qui entacheraient significativement les
comptes dont il certifie la sincérité, mais il a l'obligation de mettre en oeuvre toutes les
diligences prévues par les normes professionnelles.50
46
Habib DAHDOUH & Christiane LABESTIE DAHDOUH, même ouvrage, p360.
47
Danièle BATUDE, op, cit, p 104.
48
Alberto SILLERO, « Audit et révision légal » Ed Eska, 2000, p13.
49
Bernard GRAND & Bernard VERDALLE, op, cit, p26.
50
Danièle BATUDE, op, cit, p105.

Donc, la responsabilité civile du commissaire aux comptes est mise en cause lorsque ce
dernier a effectué une faute à l'égard des tiers (exemple : société, actionnaires...) sous des
conditions bien précises.

En se basant sur le code des obligations et des contrats, toute faute commise par une personne
est sanctionnée civilement si elle a causé un dommage en liaison directe avec elle. Ce régime
de la responsabilité civile délictuelle introduit par les articles 82 et 83 du C.O.C exige ainsi la
réunion de trois conditions essentielles à savoir la faute, le dommage et le lien de causalité
entre la faute et le dommage.

Cela signifie que la responsabilité de l'auditeur ne peut être valablement engagée que si sont
démontrés à la fois :

- Une faute dans la réalisation de sa mission ;

- Un préjudice subi par celui qui cherche à engager la responsabilité de l'auditeur ;

- Un lien de causalité entre le préjudice subi et la faute commise par l'auditeur.

Par ailleurs, la responsabilité civile du commissaire aux comptes peut être engagée dans les
conditions plus spécifiques définies à l'article 272 du code des sociétés commerciales qui
dispose que les commissaires aux comptes sont responsables tant à l'égard de la société qu'à
l'égard des tiers des conséquences dommageables, des négligences et fautes par eux commises
dans l'exercice de leurs fonctions.

Une faute consiste soit à omettre ce qu'on était tenu de faire, soit à faire dont on était tenu de
s'abstenir. A partir de cette précision générale établie par l'article 83 du COC, c'est au juge
d'apprécier, au cas par cas, l'existence ou non d'une faute. 51

Donnant un exemple des fautes qui peuvent être commis par le commissaire aux comptes, on
peut citer particulièrement :

- L'absence effective de vérification des comptes.

- L'absence de rapport et notamment le rapport spécial.

- L'insuffisance des contrôles.

- L'absence de vérification de la sincérité des informations données dans le rapport du conseil


d'administration....

Cependant, le commissaire ne sera responsable vis-à-vis des actionnaires et vis-à-vis des tiers
que dans la mesure où sa faute aura causé un préjudice. Donc, si la faute n'a pas directement

causé par le préjudice constaté ou si celui-ci ne résulte pas de la faute, la responsabilité du


commissaire ne peut pas être engagée.52

Dans un autre contexte, les commissaires aux comptes sont de même responsables de leurs
salariés et collaborateurs53.

En effet, l'article 245 COC prévoit qu'en matière de responsabilité contractuelle « le débiteur
répond du fait et de la faute de son représentant et des personnes dont il sert pour exécuter son
obligation dans les mêmes conditions où il devrait répondre de sa propre faute, sauf son
recours tel que de droit contre les personnes dont il doit répondre ».
Responsables de leurs propres fautes et de celles commises par les personnes qu'ils emploient
ou se substituent, le sont- ils également en raison des infractions commises par les dirigeants
des sociétés qu'ils contrôlent ?

La réponse est indiquée dans l'article 272 du CSC qui stipule expressément que les
commissaires aux comptes ne sont pas civilement responsables des infractions commises par
les membres du conseil d'administration ou du directoire de fautes sauf si en ayant eu
connaissance, ils ne les ont pas révélé dans leurs rapports à l'assemblé générale.

Cependant, le fait de ne pas avoir eu connaissance de ces infractions n'est pas pour autant
automatiquement libératoire. Il faut savoir si l'ignorance elle-même ne provient pas d'un
contrôle insuffisant ou inefficace.54

En pratique, compte tenu des compétences juridiques et comptables des commissaires, dés
qu'une défaillance financière est imputable aux fautes des dirigeants ou dés qu'une irrégularité
fiscale se traduit par un redressement fiscal, les commissaires seront mis en cause et auront à
s'expliquer.55

Par ailleurs, leur responsabilité pourra être recherchée dans le cadre d'une procédure d'alerte
interne lorsque l'entreprise est en difficulté et que le commissaire au compte constate
l'existence d'actes qui sont de nature à compromettre la continuité de l'exploitation. La loi n°
95-34 du 17 avril 1995, relative au redressement des entreprises en difficultés économiques
impose au commissaire aux comptes des démarches de nature à engager sa responsabilité s'il
ne déclanche pas une alerte alors qu'il aurait dû le faire ou s'il la déclanche tardivement.

Il y a lieu de noter que l'action en responsabilité contre le commissaire aux comptes peut être
de deux formes :
52
Journée annuelle des experts- comptables stagiaires 2004 ; thème : « Les aspects juridiques
et techniques de commissariat aux comptes » présenté par Mr Rachid TMAR & Mr Fathi
MIMOUNI.
53
Art 267 du CSC.
54
Habib &Christiane DAHDOUH, même ouvrage, p361.
55
Art 22 de la loi n° 88-108 du 18-08-1988.

- Une action sociale qui consiste à réparer un préjudice à toute la société et qui est intenté par
ses représentants légaux (PDG, DG,...).

- Une action individuelle tendant à réparer un préjudice individuel à la demande de tout


intéressé.

Ajoutant ici qu'en cas de pluralité de commissaire, leurs responsabilités est, en principe
individuelle, peuvent être néanmoins, tenus solidairement de réparer le préjudice qu'ils ont
causé (c'est notamment le cas de toute société devra publier ses comptes consolidés).56

Enfin, l'action en responsabilité se prescrit par 3 ans à compter de la découverte du fait


dommageable. Toutefois, lorsque le fait est qualifié de crime, l'action se prescrit par 1 0ans.
CONCLUSION :
Le but de l'audit est d'obtenir « une assurance raisonnable que les comptes annuels ne
comportent pas d'anomalies significatives ». L'audit ne peut être pas une assurance absolue.

C'est dans ce contexte que le législateur tunisien a considéré que l'obligation du commissaire
aux comptes est de moyen et non pas de résultant.

Malgré cette obligation, on trouve que le législateur tunisien cherche à engager très
lourdement la responsabilité de commissaire aux comptes (c'est en précision la révélation des
faits délictueux qui peut toujours engager la responsabilité pénale de commissaire aux
comptes) et à consacrer toute un arsenal de textes juridiques pour l'étendu de cette
responsabilité (CSC, COC, code pénal, loi n° 88-108).

CONCLUSION DE PREMIÈRE PARTIE


Le rapport de l'auditeur externe apparaît actuellement comme une source d'information
crédible et important pour la prise des décisions malgré tous les jugements présentés par
certains qui cherchent à présenter une image fausse sur la mission de contrôle des comptes en
raison des fautes accomplit par l'une des grandes cabinets d'audit du monde, sa va de soi que
Arthur Andersen a induit plusieurs investisseurs en erreur (c'est la plus récent celle de l'affaire
d'ENRON64), mais qu'on ne peut pas généraliser cette situation sur toute une profession.

En effet, le recours de l'auditeur externe à une démarche bien identifiée par les normes en
vigueur, en raison de minimiser les risques existants lors de l'accomplissement d'une mission,
a pour objectif de garantir plus de confiance et de certitude dans les états présentés.

Le législateur tunisien a engagé ainsi la responsabilité de l'auditeur externe lors de l'existence


d'une faute conduisant l'utilisateur de cette opinion à une décision qui peut être dommageable
pour ce dernier.
64
Revue l'EXPERT, n° 92-93, Décembre 2002, p 40.

Introduction de deuxième partie


Les états financiers sont parmi les moyens permettant la prise de décision et la
communication entre les acteurs économiques.

En effet, puisque l'auditeur externe est présenté dans la littérature économique moderne
comme un véritable fournisseur de confiance, il est donc plus utile que ces états financiers
soient audités par un professionnel compétant et indépendant.

L'opinion de l'auditeur externe apparaît ainsi comme une garantie pour les intervenants
économiques (dirigeants, actionnaires, créanciers...) afin de les aider à la résolution des
conflits entre eux.
Aussi, outre son rôle dans la résolution des problèmes d'agence, le rapport d'audit joue un
autre rôle pré pondérant dans l'aide à la prise de décision, lors du recours de l'entreprise au
financement externe, pour le banquier.

C'est ainsi que dans ce deuxième chapitre, on va présenter l'utilité du rapport d'audit dans la
résolution des problèmes d'agence (chapitre premier) et l'aide à la prise de décision pour le
banquier lors de l'octroi des crédits bancaires (deuxième chapitre).

PREMIER CHAPITRE
LE THÉORIE D'AGENCE ET L'AUDIT

En tant qu'organisation poursuivant des objectifs dans un environnement économique,


l'entreprise est le lieu de rencontre de toute une série d'intervenants intéressés par sa
performance. Il s'agit notamment des dirigeants, des actionnaires et des tiers (institutions de
crédit, autorités publiques, clients et fournisseurs, salariés, ect...).

Comme les débats actuels sur la notion de gouvernement de l'entreprise le soulignent


particulièrement, les intérêts des intervenants, s'ils sont dans une large mesure convergents,
sont également contradictoires. D'un point de vue théorique, la différence de position entre les
différents intervenants peut s'analyser en tant que « relation d'agence ».

En effet, selon l'approche classique de la théorie d'agence, une relation d'agence est définie
comme « un contrat par lequel une ou plusieurs personnes (le principal) engage une autre
personne (l'agent) pour accomplir une action en son nom, ce qui implique la délégation à
l'agent d'un certain pouvoir décisionnel » (Coriat&Weinstein 1995)65.

D'une certaine manière, la notion d'agence pourrait recouvrir pratiquement toute relation
contractuelle entre individus ou organisations. Elle ne présente cependant un intérêt que parce
que le contrat y présente certaines caractéristiques quant à la nature et à la répartition de
l'information entre les parties. En effet, le contrat se caractérise par l'hypothèse de
l'information imparfaite relativement à l'état de la nature et aux comportements des agents et
par la présence d'asymétrie d'information entre le principal et l'agent. La conséquence de ces
problèmes d'information est d'une part que le contrat qui lie les parties est nécessairement
incomplet et d'autre part que le principal n'a pas les moyens de contrôler parfaitement l'action
de l'agent (Coriat&Weinstein, 1995)66 .

Une telle situation nécessite la mise en place des moyens destinés à orienter leur
comportement. Ces moyens prennent deux formes principales : les incitations (Incentives) et
le contrôle (monitoring). Les incitations - telles que la rémunération à la performance - ont
pour objectif d'assurer un minimum de convergence d'intérêt entre actionnaires et dirigeants.
Le contrôle passe quant à lui par la mise en place de procédures de suivi de la performance
des dirigeants afin de réduire l'asymétrie d'information. A cet égard, L'établissement des
65
Olivier HERRBACH, op, cit, p1.

comptes annuels des entreprises (constitués du bilan, du compte de résultat...) est un moyen
de contrôle dont les enjeux sont importants.
Pour parvenir à un équilibre contractuel entre ces intervenants à objectifs divergents, le
contrôle est l'un des moyens utilisés afin d'atteindre cet équilibre où régulant ces relations
contractuelles.

Un système de contrôle comptable reste le seul moyen permettant d'observer les actions des
dirigeants. Ceci est vérifié par l'objet même de la comptabilité qui depuis son apparition
restera un mécanisme qui permet à ses différents utilisateurs de s'informer sur la performance
de l'entreprise et sa capacité à honorer ses engagements. Elle constitue aussi bien pour les
actionnaires que pour les créanciers un moyen qui témoigne de la qualité de la gestion du
dirigeant et de la capacité de l'entreprise à régler ses dettes.

La raison d'être de la fonction d'audit a largement été abordée dans la littérature qui a attribué
à l'audit la mission de résoudre les problèmes qui découlent des relations d'agence ; En effet,
la théorie contractuelle des organisations a expliqué comment le rapport d'audit (auditer les
données comptables) peut être un moyen employé dans la résolution des conflits d'intérêts en
produisant l'information utile à la prise de décision67.

L'importance de l'audit externe dans la résolution des conflits d'intérêts a été soulignée par
plusieurs auteurs. Jensen et Meckling, les fondateurs de la théorie d'agence 68 ont été les
premiers à aborder l'utilité et le rôle de la fonction audit dans la résolution de ces conflits.

De même, les études empiriques réalisées par Chow (1982), Francis&Wilson (1988) et
Watts&Zimmerman (1983) ont expliqué la demande de l'audit comme étant le reflet de
relations contractuelles conclues dans le cadre de l'entreprise69.

Ainsi, dans ce chapitre, on va chercher à examiner les différents problèmes d'agence présentés
par cette théorie (section 1) et le rôle de l'audit dans la résolution de ces problèmes (section2).
67
Jouini Saloua, op, cit, p 2.
68
La théorie d'agence a initialement été développée par Jensen et Meckling au sein de la
Business school de l'Université de Rochester dont Meckling était le doyen. Cette théorie
pourrait être désormais qualifiée d'Ecole

de Rochester-Harvard, Jensen ayant quitté Rochester pour Hravard.


69
Jouini Saloua, op, cit, p 2.

SECTION I : LES CONFLITS D'INTERETS PRESENTÉS DANS LA THÉORIE


D'AGENCE :

Avant de présenter les différents types des conflits présentés par la théorie d'agence et ces
sources, il fallait présenter en bref les conditions d'application de cette théorie et ces
hypothèses sous -jacents.

Dans ce contexte, Charreaux & Cies 70 (1987) soulignent que pour qu'il y ait des problèmes
d'agence, il faut qu'il y ait à la fois :

- Une divergence d'intérêts entre le principal et l'agent : expliquée par deux phénomènes :
d'une part les dirigeants ont une partie majeure de leurs patrimoines (leurs capitaux humains)
investis dans leurs sociétés, et sont par conséquent beaucoup plus sensibles à la variabilité des
résultats de la société que les actionnaires qui peuvent facilement diversifier leurs
portefeuilles. D'autres parts, l'horizon des dirigeants est limité à leur présence dans
l'entreprise. Ils vont avoir donc intérêt à investir dans des projets moins risqués et plus
rentables à court terme. Ajoutant ici qu'Adam Smith (1776) a précisé que les dirigeants, étant
régisseurs de l'argent d'autrui plutôt que de leur propre argent, n'apportent pas, le plus
souvent, la vigilance exacte et soucieuse que celle, souvent apportée par les associés.

- Une incertitude, une imparfaite observabilité, des coûts d'établissement et d'exécution de


contrat : le problème de l'imparfaite observabilité de la part des apporteurs des capitaux des
actions posées et des décisions prises par les dirigeants ainsi que l'importante asymétrie sur le
plan de l'information détenue par l'agent et le principal sont les conséquences de l'incertitude
qui caractérise le monde des affaires.

Ajoutant aussi que l'analyse de la théorie d'agence est basée sur deux hypothèses
comportementales fondamentales71 :

- La première consiste à supposer que les dirigeants cherchent à maximiser leurs richesses
personnelles au détriment des actionnaires, ainsi, Jensen et Meckling (1976) ont montré que
tout dirigeant ne détenant pas la totalité du capital de son entreprise a intérêt à utiliser une
partie de la richesse de la firme pour des satisfactions personnelles puisque, le coût de celle-ci
est réparti entre les actionnaires, il n'en supporte qu'une fraction proportionnelle à sa part dans
le capital.
70
Jouini Saloua, op, cit, P 5.
71
Yosra MNIF, mémoire de maîtrise comptabilité, ESC Sfax, 2001.

- La deuxième hypothèse stipule que les individus sont rationnels 72 et capables de

prévoir l'impacte de ces problèmes d'agence sur la formation de leur richesse.

I- Les conflits d'intérêts entre les dirigeants et les actionnaires :

1- Les coûts d'agence causés par ces conflits :

Selon Jensen et Meckling, la divergence d'intérêts qui peut apparaître entre dirigeants
salariés (agent) et actionnaires (principal : propriétaire de l'entreprise) génère un certain
nombre de coûts appelés « coûts d'agence » :

-Les « Monotoring costs » : ce sont les coûts de surveillance encourus par le principal pour
contrôler les activités de l'agent et essayer de limiter son comportement opportuniste.

-Les « Bonding costs » : ce sont les coûts de l'obligation que l'agent peut encourir pour mettre
le principal en confiance, ainsi ces coûts représentent l'ensemble des frais engagés par les
dirigeants pour émettre des signaux crédibles en ce qui concerne leurs performances de
gestion concernant des caractéristiques véritables des entreprises qu'ils gèrent.
- Le troisième type de coût est la « Residual loss », (les coûts résiduels), appelés encore pertes
résiduelles, qui résultent de l'impossibilité d'exercer un contrôle total sur les actions des
dirigeants et se traduisent par une perte de valeur de la société.

Dans le premier et le deuxième type de dépenses, on trouve les dépenses d'audit ; D'une part,
l'audit est utilisé par le dirigeant pour signaler sa performance de gestion et son respect des
clauses contractuelles établis dans le cadre d'un contrat d'intéressement basé sur les chiffres
comptables, d'autre part, l'audit est utilisé par les actionnaires pour s'assurer que le dirigeant
agit dans l'intérêt de l'entreprise.

Ajoutant ainsi que Ettredge, Simon, Smith et Stone fait la distinction entre les coûts
d'agence internes et ceux externes ;

-Les coûts d'agences internes découlent de la différence entre les objectifs des dirigeants avec
ceux des employés de la firme.

-Les coûts d'agence externes : peuvent naître de la différence entre les objectifs des dirigeants
de la firme et ceux des fournisseurs de capitaux73.
72
Olivier HERRBACH, dans son thèse de doctorat;a critiqué cette hypothèse en indiquant
qu'elle ignore les liens normatifs et effectifs qui se développent entre les individus et créent un
réseau complexe déloyautés, d'engagements et d'interdépendances qui dépassent le lieu
économique.
73
Cité par Abaoub (1994).

2- Les origines des conflits entre les actionnaires et les dirigeants :

En cherchant dans les causes des conflits d'intérêts entre dirigeants et actionnaires, Jensen et
Smith (1985) ainsi que Naranayan (1985a, 1985b) présentent plusieurs sources74 :

-Les dirigeants ont leurs capitaux humains investis dans la société, donc ils sont beaucoup
plus sensibles à la variabilité des résultats de la société que ceux des actionnaires qui peuvent
se diversifier plus facilement.

- Le problème d'asymétrie d'information entre dirigeants et actionnaires.

-Les efforts déployés par les dirigeants en faveur de l'entreprise, même s'ils sont bénéfiques
aux actionnaires comportent pour eux une désutilité.

-Le fait que l'horizon des dirigeants est limité à leur présence dans l'entreprise, va les amener
à investir dans des projets moins risqués et plus rentables à court terme.

Ajoutant ici que Charreaux75 indique que si les actionnaires sont distincts des dirigeants, il
s'ensuit une relation d'agence et les problèmes traditionnels qui lui sont liés, qui naissent des
conflits d'intérêts et de l'asymétrie d'information. Les dirigeants sont nécessairement en conflit
avec les actionnaires pour les raisons suivantes : l'essentiel de leur patrimoine (le capital
humain) est investi dans la firme, leur horizon économique est limité à la durée de leur
fonction, ils peuvent accroître leur utilité par différents avantages en nature76 au détriment des
propriétaires.
Ainsi, Jensen et Meckling (1976) ont montré que le dirigeant actionnaire minoritaire a
intérêt à utiliser une partie de la richesse de la firme pour une satisfaction personnelle
puisque le coût de celle-ci est partagé entre tous les actionnaires, il n'en supporte qu'une
partie proportionnelle à sa part dans II-Les conflits d'intérêts entre les actionnaires et les
créanciers :

Dans le cadre de la relation actionnaires & créanciers, on va considérer que les actionnaires
agissent à travers les dirigeants.
74
Jouini Saloua, op, cit, 1998.
75
G. CHARREAUX, Article : « Mode de contrôle des dirigeants et performance des firmes »,
1992, Faculté des sciences économiques et gestion de Dijon, p8.
76
En fait, cet argument est contesté par Demstz (1983) pour lequel il n y'a aucune raison que
les dirigeants bénéficient de plus d'avantage non pécuniaires dans les firmes managériales que
les firmes dont ils sont les propriétaires principaux.
77
Yosra MNIF, op, cit, p7.

Selon Raffournier (1990), il est facile dans cette condition de monter que les créanciers et les
actionnaires sont également dans une relation contractuelle puisque, les premiers confient aux
secondes des ressources en échange d'une promesse de rémunération et de remboursement à
l'échéance.

En cas de recours à l'endettement, les actionnaires peuvent être considérés comme


mondataires des créanciers. Dans ce cas, des conflits d'intérêts peuvent surgir si les dirigeants
et les actionnaires, dont les intérêts sont supposés confondus, détournent une partie de la
richesse de la firme au détriment de créanciers.

Ainsi, plusieurs études ont été faites pour analyser les différents mécanismes de
détournements de richesse opérés par les actionnaires au détriment de créanciers, on peut citer
par exemple celle de Black (1976), Fama&Miller (1972), Smith&Warner (1979).

D'après leurs analyses, dans toute société où il aura recours à l'endettement, les actionnaires
ont intérêt à entreprendre des activités de financement, production et investissement à travers
les quelles ils peuvent réaliser des profits en portant atteinte aux intérêts de leurs obligataires
et créanciers.

La théorie d'agence identifie trois sources de conflit entre les actionnaires et les créanciers :

1- La politique de dividendes :

La première source provient de la politique de dividendes, ainsi, si les créanciers ont évalué
leurs créances en supposant que le niveau de distribution actuel allait être maintenu, tout
accroissement non anticipé des dividendes, financé par l'émission des nouvelles dettes ou par
la réduction du programme d'investissement, entraînera une diminution de la valeur de la
dette78.

2- La politique d'endettement :
La deuxième source de conflit trouve son origine dans le fait qu'un niveau d'endettement
excessif entraîne un risque de faillite qui incite les actionnaires à entreprendre les projets
d'investissements le plus risqué.

Aussi une anticipation future de l'endettement peut préviligier les conditions des nouvelles
dettes que celle des anciennes.

3-La politique d'investissement :

La troisième source de conflit identifiée par la théorie d'agence trouve son origine dans le
caractère sous- optimal que peut avoir la politique d'investissement. Ainsi, lorsque les

actionnaires disposent d'un passif comportant une importante de dettes risquées, ils ont intérêt
à rejeter les projets ayant une valeur actuelle positive si le gain lié à l'acceptation de ces
projets revient aux obligataires ou créanciers79.

SECTION II- LE RÔLE DE L'AUDIT DANS LA RÉSOLUTION DES PROBLÈMES


D'AGENCE :

Avant d'examiner le rôle de l'audit dans la résolution des problèmes d'agences en tant que
moyen du contrôle externe important pour l'entreprise moderne, on va présenter quelques
autres moyens de résolution d'intérêt présentée dans la théorie d'agence.

Ainsi, divers systèmes peuvent être valables pour le contrôle et la résolution des conflits
d'intérêts, parmi lesquels on peut citer celles internes qui comportent principalement le droit
de vote pour les actionnaires en tant que créanciers résiduels pour la firme, le conseil
d'administration qui contrôle les décisions des dirigeants et les systèmes d'intéressement et de
rémunération.

Pour le système externe du contrôle, plusieurs auteurs comme Charreaux&Cies (1983) ainsi
que Abaoub (1994), Demsetz (1983) présentent divers moyens de contrôle comme le marché
du travail (les dirigeants craintent qu'il y a une concurrence avec des dirigeants nouveaux qui
sont plus compétents, ainsi ils cherchent à engager le risque et trouver des projets rentables à
long terme pour l'entreprise), le marché financier (qui exerce un rôle important dans le
contrôle des dirigeants, à cet fait, une entreprise ne peut contrôler une autre entreprise sans la
permission du conseil du marché financier, ainsi que lorsque les actionnaires sont mécontents
du rendement de l'entreprise, ils peuvent décider de vendre ces titres et engendrer ici la baisse
du cours des actions des dirigeants s'il possède des titres).

I- Le rôle de l'audit dans la résolution des conflits d'intérêts entre dirigeants et

actionnaires :

Les problèmes d'agence entre actionnaires et dirigeants peuvent être résolus par l'engagement
d'un troisième intervenant qui pourra faire un rapport aux actionnaires concernant les actions
et les décisions des dirigeants. C'est l'auditeur externe qui pourra aussi faire état de la fiabilité
79
Cité par Jensen&Meckling (1976) et Myers (1977).
des signaux émis par le dirigeant quant à sa performance. Dans ce contexte, l'audit apparaît
comme une solution aux problèmes d'agence permettant de réduire les comportements
opportunistes des dirigeants et de donner plus de crédibilité quant aux états financiers établis
par ces données.

En effet, les états financiers annuels constituent une synthèse de l'activité de l'entreprise
exploitable par l'extérieur ; Ils servent aux différents acteurs dans une optique d'évaluation, de
prise de décision ou de diagnostic (Raffeau et al. 1994) :

-Pour les actionnaires : les comptes annuels servent à déterminer la valeur de leur
participation dans l'entreprise ainsi que la rémunération de cette participation par le versement
de dividendes conditionnés par les résultats annuels ;

-Les dirigeants voient de plus en plus leur rémunération déterminée, au moins pour partie, par
les résultats financiers de l'entreprise qu'ils dirigent80.

Cependant, il se trouve que les comptes annuels sont largement établis par les personnes
mêmes que l'on cherche à contrôler : les dirigeants.

La latitude dont ils disposent peut laisser planer une doute sur la sincérité de l'information
qu'ils diffusent, l'importance de disposer des données fiables sur les comptes annuels explique
alors l'apparition de moyens pour vérifier les états financiers produits par les dirigeants à
destination de l'extérieur, ces moyens se sont progressivement développés pour prendre leur
forme actuelle, l'audit financier : c'est-à-dire « un examen critique destiné à vérifier les
comptes annuels conformément à un référentiel comptable identifié »81.

Figure 1
Le rôle de l'audit financier dans la relation d'agence de l'entreprise 82

Image fidèle ?

Dirigeants

Entreprise

Comptes annuels

Actionnaires
Tiers

Contrôle

AUDIT

II- Le rôle de l'audit dans la résolution des conflits d'intérêts entre les

actionnaires et les créanciers :

Cherchant à obtenir des crédits auprès des créanciers (dont notamment les banques), les
dirigeants et actionnaires dont les intérêts sont supposés convergents, vont utiliser l'audit et
notamment le rapport de l'auditeur externe pour maximiser la valeur de ses actions et
augmenter la crédibilité des états financiers qu'ils ont établis.

Jensen et Meckling avancent que, vu la préparation par les dirigeants de ces informations
pour d'autres utilisateurs, la société aura tout intérêt à préparer les états financiers et à les faire
certifier par un auditeur indépendant. Quant aux créanciers dont notamment les banquiers,
l'audit constitue un parfait moyen leur permettant de s'assurer d'une part que les états
financiers établis par les dirigeants sont fiables et sincères et d'autres part du respect par les
dirigeants des clauses contractuelles restrictives qui ont été établis.le capital.

CONCLUSION :
Dans ce chapitre, on a cherché à projeter un coût d'oeil sur la théorie d'agence en tant qu'un
point de recherche important pour plusieurs auteurs et théoriciens et le rôle de l'audit dans la
résolution des problèmes qui naissent de la relation des différents acteurs dans la vie de
l'entreprise.

C'est ainsi qu'on a pu remarquer le rôle important du rapport de l'auditeur externe pour les
dirigeants, les actionnaires et les créanciers par la garantie de crédibilité et de sincérité des
données comptables divulgués dans les états financiers d'une telle entreprise.

C'est en effet que dans notre deuxième chapitre on va présenter d'une façon plus approfondie
l'utilité du rapport de l'auditeur externe pour les banquiers lors de la décision d'octroi d'un
crédit bancaire à l'entreprise sollicité de cette demande de financement.

DEUXIEME CHAPITRE

L'UTILITÉ DU RAPPORT D'AUDIT POUR LA DÉCISION D'OCTROI DES


CRÉDITS BANCAIRES

Bien entendu que les banques jouent un rôle important dans la vie de l'entreprise
principalement par l'octroi des crédits afin de financer leur cycle d'exploitation ou
d'investissement. C'est dans ce contexte que la fiabilité et la crédibilité de l'information
circulante entre les différents acteurs économiques et plus précisément entre la banque et
l'entreprise va influencer la diversité des transactions économiques voir même le dynamisme
de l'économie nationale.

Ainsi, dans le processus d'octroi de crédit, le banquier utilise plusieurs sources pour acquérir
le maximum d'informations sur l'entreprise sollicitée de demande de crédit.

Autre que l'image de l'entreprise et la notoriété de l'investisseur, les donnés comptables


apparaîent comme l'une des principaux moyens aidant le banquier à prendre la décision
exacte. A cet effet, le responsable d'octroi de crédit exige que l'entreprise demanderesse doive
présenter des états financiers audités par un professionnel indépendant et compétent.

En effet, l'auditeur peut exprimer une opinion sans réserve, avec réserve ou refuser d'auditer
ces états financiers. Ces réserves peuvent affecter l'estimation des cash-flows et l'évaluation
de la capacité de l'entreprise à rembourser sa dette, raison pour laquelle le banquier peut
considérer que les états financiers accompagnés d'une opinion avec réserve étant plus risqués
que celles accompagnés sans réserve.

A cet égard, dans ce chapitre, on exposera les courants de recherche consacrés à l'étude du
comportement des banquiers vis-à-vis de rapport de l'auditeur externe parmi les divers sources
d'information utilisées lors de l'étude des dossiers qui leurs sont soumis.

Dans la première section, on va présenter les différentes études se rapportant à l'examen de


l'impact de l'opinion de l'auditeur sur le comportement des banquiers, alors que dans la
deuxième section, on va examiner cette problématique dans le contexte tunisien à l'aide d'une
étude effectuée.

SECTION I - DIFFERENTES ÉTUDES EVALUANT L'OPINION DE L'AUDITEUR


DANS LA PRISE DE DÉCISION D'OCTROI DES CRÉDITS BANCAIRES :

Les différentes études cherchant à appréhender la place qu'occupe le rapport d'audit parmi les
différentes sources d'informations sur lesquelles se basent les banquiers pour prendre leurs
décisions d'octroi de crédit sont instaurées principalement dans les pays anglo-saxons (Etats-
Unis, Canada, Grande Bretagne) et la France, ces études ont montré que les rapports d'audit
ont un impact peu significatif sur la prise de décision soit d'octroi de crédit ou même lors de
l'octroi de ce crédit, ce rapport est-il important pour instaurer les conditions de ce crédit et
principalement le taux de risque dégagé par le banquier aidant à fixer le taux d'intérêt.83

Parmi les études qui sont intéressées de ce problème, on va citer à titre d'exemples :

1/ L'étude de Libby (1979) :

Dans son étude effectuée à Chicago aux Etats-Unis, Libby cherche à déterminer si le message
entendu par l'auditeur externe lorsqu'il choisi un type particulier d'opinion correspond à celui
perçu par le responsable de crédit, qui constitue un important membre parmi les utilisateurs de
cette opinion.

C'est en effet, il a choisi un échantillon des auditeurs et des banquiers et a effectué un


questionnaire pour dégager les résultats.
Dans son choix des opinions émises par l'auditeur, Libby présente trois types à savoir
l'opinion sans réserve, l'opinion avec réserve et le refus d émettre une opinion. Pour l'opinion
avec réserve, il a indiqué deux types de réserves celles liées à l'incertitude et celles liées à des
limitations à l'étendue de la mission d'audit.

En effet, les réserves d'incertitudes sont causées par deux circonstances : la réalisation des
actifs et les litiges à l'encontre de l'entreprise, Libby a indiqué qu'il a remarqué que les
différents types d'utilisateurs ne trouvent pas une grande différence entre ces deux
circonstances résultant l'émission des réserves d'incertitudes par l'auditeur.84

Quant aux réserves émises par l'auditeur à cause de limitation à l'étendu de la mission d'audit,
Libby a indiqué deux causes à savoir celles causées par le client objet duquel ces états
financiers sont audités et d'autres circonstances provoquant la limitation de l'étendu de la
mission.
83
Manitha Riadh, mémoire DEA comptabilité, ISCAE Manouba, 1998, p 104.

Le résultat dégagé par l'étude de Libby présente que les limitations imposées par le client ont
un effet plus négatif, simulaire aux refus de certification, que lorsque ses limites sont causées
par des circonstances extérieures.

En présentant deux hypothèses pour la réalisation de son étude à savoir :

-premier hypothèse : les réserves d'incertitudes augmentent le risque de crédit. -deuxième


hypothèse : les réserves d'incertitudes augmentent les besoins d'information supplémentaires
des responsables de crédit ;

Libby a conclut que lorsque la banque a eu confiance des informations comptables malgré
l'existence d'une opinion avec réserve, la publication de celle-ci par l'auditeur n'a pas d'effet
significatif sur l'évaluation du risque faite par le banquier. 85

Cette résultat dégagée a été critiquée par Saloua Jouini dans son mémoire où elle a présenté
des limites à savoir que la taille de l'échantillon et les composantes ce celle-ci, ainsi que
l'utilisation d'une seule catégorie d'opinion de l'auditeur (réserves liées à l'incertitude ou à la
limitation de l'étendu) peuvent baiser les résultats de cette étude.

2/ L'étude de Firth (1979) :

L'étude de Firth (1979) effectué en Grande Bretagne est intéressée à examiner l'impact de
l'opinion avec réserve sur les décisions de crédit prises par le banquier, à cet égard, il a utilisé
des états financiers audités d'une société fictive et il a demandé à des banquiers constituants
l'échantillon de son étude de présenter le montant maximum qu'ils peuvent accorder pour la
dite société lors de la décision de l'octroi de crédit.

Principalement, Firth a présenté quatre types d'opinions sur les états financiers constituant son
étude à savoir :

- Une opinion sans réserve.

- Une opinion avec réserve liée à la continuité d'exploitation.


- Une opinion avec réserve liée à l'évaluation d'actif.

- Une opinion avec réserve pour non respect des principes comptables généralement admis.

Lors de l'examen des résultats de son étude, Firth a indiqué que les données statistiques ont
présenté qu'il y a une grande différence entre le montant accordé par le banquier lorsque les
états financiers sont audités et l'opinion de commissaire aux comptes ne comporte pas des

réserves que celui lorsque l'opinion de l'auditeur comporte des réserves liée à la continuité
d'exploitation ou liée à l'évaluation de l'actif.

Cependant, il n'existe pas une grande différence entre le montant octroyé par le banquier
lorsqu'il y a une opinion avec réserve liée au non respect des principes comptables
généralement admis que celui lorsque l'auditeur présente une opinion sans réserve.86

La conclusion qu'on peut tirer donc de ses résultats que le banquier crainte beaucoup plus
lorsque l'opinion divulguée par l'auditeur externe comportant des réserves liée à la continuité
d'exploitation ou à l'évaluation des actifs que lorsque l'opinion est sans réserve ou comportant
des réserves liées au non respect des principes comptables généralement admis.

3/ L'étude de Soltani (1992) :

Soltani dans son étude effectuée en France a cherché à présenter l'apport informationnel du
rapport d'audit comme source d'information par rapport aux autres sources utilisés par le
banquier qui exige en effet que les états financiers de l'entreprise sollicitée de la demande de
crédit soient audités par un professionnel indépendant et compétent, ainsi qu'il a cherché à
examiner l'impact des réserves émises par l'auditeur sur la décision du banquier (accorder ou
non un crédit, taux d'intérêt...).

En effet, Soltani dans son étude, consistant à faire un questionnaire d'un nombre des banquiers
sur le montant accordé et le taux d'intérêt en se basant sur des états financiers d'une société
fictive comportant une opinion avec réserve émise par l'auditeur, a conclût que le rapport de
commissaire aux comptes n'a pas un grand importance comme source fiable d'information
parmi les autres sources, les banquiers utilisent prioritairement d'autres sources telles que les
états financiers, les informations économiques et sectorielles ainsi que les jugements
personnels.87

Cependant, Soltani a remarqué que les banquiers donnent une grande importance aux types
des réserves émises par l'auditeur lors de décider d'octroyer un crédit (principalement en ce
qui concerne le taux d'intérêt).

Les banquiers ont tendance à diminuer le montant de crédit et à augmenter le taux d'intérêt,
c'est ainsi qu'une opinion de commissaire aux comptes contenant des réserves a un impact

Conclusion :
Ainsi, on peut affirmer selon les données présentées que le rapport de l'auditeur externe n'a
pas un rôle primordial dans la prise de décision pour les banquiers.
90
Manita Riadh, op, cit, p 135.

Les différents chercheurs dans résultent qu'il y a d'autres sources d'information plus
importantes pour les banquiers que celui du rapport d'audit.

En effet, la relation banque- client et la notoriété de l'entreprise demanderesse de crédit sont


plus importantes chez le banquier que celle de rapport d'audit malgré qu'il contienne des
réserves sur les états financiers.

Cependant, restent toujours les réserves émises par l'auditeur sur la continuité d'exploitation le
seul type de réserve qui affecte directement la décision d'octroi des crédits bancaires.

COCLUSION DE DEUXIÈME PARTIE

L'auditeur externe applique une démarche particulière dans la formulation de son opinion,
c'est ainsi que cette démarche à un grand rôle dans la formulation d'une opinion motivée qui
aide à mesurer la certitude et la régularité des états financiers.

En effet, les conflits d'intérêts qui se trouvent dans une entreprise peuvent provoquer des
problèmes d'agence, parmi les solutions de ces problèmes apparaît ainsi le rapport d'audit
comme l'une d'elles qui sert à minimiser ses conflits et présenter une image fidèle sur la
situation de l'entreprise.

Outre, le rapport de l'auditeur externe joue aussi un rôle dans l'aide à la décision lors de
l'octroi d'un crédit bancaire.

Certes, l'existence d'autres sources, qui aident le banquier à prendre la décision adéquate,
minimise la prise en compte du rapport d'audit en premier rang lors de l'indication des
réserves émises par l'auditeur pouvant affecter la décision du banquier.

Cependant, en ce qui concerne les réserves émises sur la continuité d'exploitation, la place de
l'opinion de l'auditeur externe apparaît très importante.

C'est ici qu'on constate l'utilité du rapport de l'auditeur externe malgré qu'il existe d'autres
sources favorisant la résolution des conflits et la prise de décision.

CONCLUSION GÉNÉRALE
Le rapport d'audit est considéré comme un moyen important dans la communication
financière entre les différents utilisateurs des états financiers.

En effet, la certitude que procure l'auditeur et l'obligation légale d'auditer les états financiers
favorisent que ce rapport joue un rôle primordial dans la garantie de régularité et la sincérité
des états financiers.

En premier lieu, il est utilisé par les actionnaires et les dirigeants comme un indicateur sur
l'efficacité et l'efficience des décisions des dirigeants ainsi qu'entre les actionnaires et les
créanciers, c'est dans ce cadre qu'on parle de la demande de rapport de l'auditeur comme
solution aux problèmes d'agence.

En deuxième lieu, le rapport d'audit peut être considéré l'un des principaux sources
d'informations par les banquiers lors de la décision d'octroyer un crédit malgré qu'il y a
d'autres sources, qu'elles montrent les études empiriques intéressantes de ce point d'intérêt,
qui ont un grand pouvoir sur la décision du banquier, cependant, lors de l'existence des
réserves émises par l'auditeur externe, cette opinion peut être considéré très importante et
occupe ainsi le premier rang parmi les sources utilisées par le banquier pour prendre la
décision exacte.

Certes, le rôle que joue le rapport de l'auditeur externe dans la résolution des conflits d'intérêts
et l'aide à la décision montre la place importante de l'opinion de l'auditeur chez les différents
utilisateurs.

A cet égard, en cas d'existence d'une faute dans cette opinion causant des dommages à leur
utilisateur, la loi peut engager ainsi la responsabilité pénale et civile de l'auditeur externe s'il y
a les conditions nécessaires.

C'set pour cette raison que l'auditeur externe suivre une démarche bien particulière dans la
formulation de son opinion afin de minimiser les risques possibles liés à l'exécution d'une telle
mission.