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Université Ferhat Abbas– Sétif1

Faculté de Technologie
Département de Génie Civil

Master Académique

Domaine : Sciences et Technologie

Filière : Génie Civil

Spécialités : Structures

Unité d’enseignement : UE Transversale


Matière : Code des marchés publics
Code des marchés publics

INTRODUCTION GENERALE

L’Algérie du troisième millénaire n’est plus celle des années 90. Après une période très
sensible durant plus de dix ans, connue par la décennie noir, caractérisée par la mort, le
terrorisme, la pauvreté, la crise économique et l’instabilité politique, des changements
radicaux ont vue le jour dés le début de siècle.

L’économie algérienne, basée à 98% sur le pétrole, a été liée toujours aux revenus
d’exportation de cette matière, qui dépendent de son pris de vente dans les marchés
internationaux. En 1999, ces revenus étaient moins de 20 milliards de dollar, avec une dette
internationale de plus de 30 milliard de dollars, en 2014, l’Algérie avait plus de 250 milliards
de dollar avec 0 dollars de dettes. Ceci est dû à la hausse des pris de pétrole après la troisième
guerre du golf en Irak l’an 2003. Le prix du baril est devenu 60 dollars en 2005 après qu’il
était moins de 30 dollars en 2000, il arrivait à plus de 130 dollars en 2007. Face à cette
situation, différents programmes de réforme économique et structurelle ont été adoptés par le
gouvernement algérien, basés principalement sur la réduction de la facture de l’importation, et
le lancement des grands investissements nationaux et internationaux.

La législation algérienne a connu aussi des restructurations importantes dés le début du


millénaire. Dans tous les secteurs, des nouvelles lois ont vu le jour pour permettre aux
autorités d’attribuer aux citoyens la paix sociale, économique et politique. Parmi ces lois, on
parle ici sur la législation algérienne en matière des marchés publics. Comme tous les pays,
l’Algérie était obligé d’avoir une réglementation qui préserve les droits de l’état et des
citoyens à l’occasion de conclusion des marchés publics nationaux, et celles des
cocontractants étrangers lors des marchés internationaux. Cette réglementation doit être
souple, révisable et actualisable. Pour cela les révisions des lois et des règlements des marchés
publics étaient périodiques et parfois profondes. Dans ce qui suit, on parlera sur quelques lois
et leurs modification de l’an 2002 jusqu’à 2015.

I. REGLEMENTS ALGERIENS DES MARCHES PUBLICS :

I.1.AVANT L’AN 2000 :

- Dispositions non abrogées de l’ordonnance N° 67-90 du 17 juin 1967 portant code des
marchés publics (journal officiel N°52 du 27/06/1967).
- Décret exécutif N° 91-434 du 09 novembre 1991 portant réglementation des marchés
publics (journal officiel N° 57 du 13/11/1991 et rectification du journal N° 68 du 52-
12-1991).

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- Décret exécutif N° 94-178 du 26 juin 1994 modifiant le décret N91-434 (journal


officiel N°42 du 29-06-1994).
- Décret exécutif N° 96-54 du 02 janvier 1996 et complétant le décret exécutif N° 91-
434 du 09-11-1991 (journal officiel N°6 du 24-01-1996).
- Décret exécutif N° 98-87 du 07 Mars 1998 modifiant et complétant le décret exécutif
N° 91-434 du 09-11-1991 (journal officiel N° 13 du 11-03-1998).

On voit que ces lois et règlements ne sont pas beaucoup, cinq décrets pour une période de
plus de 30 ans. Aussi une lecture superficielle pour ces textes montre leur limite à régler les
problèmes entre les parties contractantes, à préserver les droits de chacun et à arriver à un
choix judicieux aux partenaires cocontractants à cause de la règle générale utilisée à l’époque
qui attribue le marché selon le critère injuste de moins disant.

I.2.APRES L’AN 2000 :

- Décret présidentiel N° 02-250 du 24 juillet 2002 portant réglementation des marchés


publics. (Journal officiel N° 52 du 28/07/ 2002).
- Décret présidentiel N° 03-301 du 11 septembre 2003 modifiant et complétant le décret
présidentiel n° 02-250 portant réglementation des marchés publics. (journal officiel N°
55 du 14/09/2003).
- Décret présidentiel N° 08-338 26 octobre 2008 modifiant et complétant le décret
présidentiel n° 02-250 portant réglementation des marchés publics. (Journal officiel
N° 62 du 09/11/2008).
- Décret présidentiel N° 10-236 du 7 octobre 2010 portant réglementation des marchés
publics. (journal officiel N° 58 du 07/10/2010)
- Décret présidentiel N° 12-23 du 18-01-2012 modifiant et complétant le décret
présidentiel N° 10-236 du 7 octobre 2010 portant réglementation des marchés publics
(journal officiel N° 4 du 26/01/2012).
- Décret présidentiel N° 03-13 du 13-01-2013 modifiant et complétant le décret
présidentiel N° 10-236 du 7 octobre 2010 portant réglementation des marchés publics
(journal officiel N° 2 du 13/01/2013).
- Décret présidentiel N° 15-247 du 16 septembre 2015, portant réglementation des
marchés publics. (journal officiel N° 50 du 20/09/2015).

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L’apparition de sept (07) décrets en 15 ans montre l’intérêt qu’accordent les autorités au sujet
d’équipement et d’acquisition, à travers les marchés publiques. Ces règlements et leurs
modifications ont permis de résoudre les problèmes qui apparaissent à chaque fois, ils
permettent également à trouver une meilleure gestion de deniers publics en visant toujours de
trouver les meilleurs critères et conditions lors des conclusions des marchés.

En passant du critère de moins disant au critère de mieux disant à travers la détermination du


partenaire cocontractant selon ses compétences techniques, le décret de 2002 a changé la
stratégie d’évaluation et de choix, utilisée par l’ancienne réglementation. Il a introduit
également des nouvelles notions telles que le contrôle externe à travers les différentes
commissions et l’exigence de la caution de soumission pour arrêter les problèmes de
désistement. Aussi dans le règlement de 2010 l’encouragement des entreprises étrangères à
faires des partenariats avec celles nationales selon la règle 49-51, afin de bénéficier d’une
marge de bonification lors des évaluations technique, la réduction des cas d’exigences de la
caution de soumission ainsi que l’exigence d’offrir des postes de travail pour la mains
d’œuvre locales ont été les point essentiels des modifications apportées par les décrets de
2012 et 2013.

La révision de la réglementation algérienne pour les marchés publics est continue et ne


s’arrêtera jamais. L’objectif que nous cherchons ici n’est pas la comparaison entre les
différentes réglementations, mais on vise à éclaircir un peu le contenu de la loi en vigueur
pour tirer les points essentiel qui encadre le lancement, l’attribution, le control et la gestion
des marchés publics. On parle ici du décret présidentiel N° 15-247 du 16 septembre 2015,
portant réglementation des marchés publics (journal officiel N° 50 du 20/09/2016).

Avant de parler sur les principales modifications apportées par cette loi, il est important de
connaitre plusieurs notions liées à la conclusion des marchés publics. Ce cours donne une idée
sur la maturation d’un projet de commande publique, de son inscription jusqu’à sa réception
définitive.

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1. LES INTERVENANTS DANS LES MARCHES PUBLICS :

Introduction :

Un contrat est conclu le plus souvent entre deux parties, à savoir : un service contractant
agissant en qualité du maître d’ouvrage, de client ou d’acheteur d’une part, et le partenaire
cocontractant, entreprise ou fournisseur, d’autre part.

En réalité, les acteurs qui peuvent intervenir dans les marchés publics sont :

- Du coté de l’administration : le maître de l’ouvrage, ou les personnes intervenant pour


son compte, tel que : le maître d’ouvrage délégué.

- Du coté du partenaire cocontractant : l’entreprise unique ou le groupement


d’entreprise (consortium).

- Enfin, des tierces personnes, le maître d’œuvre et le sous traitant.

1.1. Le maître d’ouvrage et le maître d’ouvrage délégué : (art 6 DP N° 15-247 du 16/9/15)

1.1.1. Le maître d’ouvrage :

C’est la personne morale de droit public agissant au nom de l’administration, pour le compte
de laquelle les travaux sont exécutés. En tant que responsable principal, il est chargé d’assurer
la maturation suffisante du projet et de la mise en place du financement nécessaire à sa
réalisation. En général, la responsabilité du maître de l’ouvrage s’étend à l’élaboration des
termes de référence pour la création de l’ouvrage, son implantation, sa conception, son
financement ainsi que les conditions de sa gestion et son entretient. Sa responsabilité est en
outre engagée dans le cadre du levé des contraintes liées au foncier et pour avoir les
autorisations d’urbanismes règlementaires.

En qualité du maître de l’ouvrage on cite :

- Les administrations locales (centrales, déconcentrées…).

- Les collectivités locales (wilaya, commune).

- Les établissements publics à caractère administratif (nationaux ou locaux).

- Les institutions autonomes (APN, le conseil constitutionnel…)

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1.1.2. Le maître de l’ouvrage délégué :

Le maître de l’ouvrage délégué est la personne morale qui à reçu délégation de l’autorité
habilitée afin de conduire pour le compte du maître de l’ouvrage toutes les opérations liées à
la réalisation d’un ouvrage inscrit à l’indicatif de ce dernier. On cite par exemples :

- ANA, agence nationale des autoroutes : maitre d’ouvrage délégué chez le ministère
des travaux publics.
- AADL, agence nationale de l’amélioration et du développement du logement : maitre
d’ouvrage délégué chez le ministère de l’habitat.
- ONA, office national d’assainissement : maitre d’ouvrage délégué chez le ministère
des ressources en eau.

Le maître de l’ouvrage devra, cependant, éviter de déléguer certaines attributions telles que :
la décision de réaliser l’ouvrage, la définition du programme, le montage budgétaire et
financier ou la gestion comptable de l’opération, l’approbation du choix du maître d’œuvre et
de l’entrepreneur. Il peut néanmoins, confier au maître d’ouvrage délégué les attributions
suivantes :

 Localisation et acquisition des assiettes de projet.

 Définition des conditions administratives et techniques d’étude et d’exécution des


ouvrages.

 Préparation, signatures et gestion des contrats d’étude de faisabilité et d’impact après


approbation par le maître de l’ouvrage du choix du partenaire cocontractant.

 Préparation du choix du maître d’œuvre et de l’entrepreneur.

 Signature et gestion des contrats respectifs après approbation du choix par le maître de
l’ouvrage.

 Suivi et réception des ouvrages.

1.2. Le maître d’œuvre :

Le maître d’œuvre est la personne physique ou morale qui est chargée par le maître de
l’ouvrage d’assurer les missions de maîtrise d’œuvre et notamment la réception, la direction et
le control des prestations. Toutefois, il est important de distinguer entre les missions du maître
d’œuvre et celles du contrôleur technique de l’organisme habilité légalement (CTC par
exemple).

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Le maître d’œuvre doit réunir les conditions de qualification professionnelle, les compétences
techniques et les moyens nécessaires. Les relations entre le maître de l’ouvrage et le maître
d’œuvre sont organisées sur la base d’un contrat de maîtrise d’œuvre.

Le maître d’œuvre n’a aucun lien de droit avec l’entrepreneur, néanmoins, ce dernier doit être
informé des missions de maîtrise d’œuvre, au titre du marché dont il est titulaire.

Il est à souligner que le maître d’œuvre assume des responsabilités et qu’à ce titre, il peut faire
l’objet de poursuite en cas d’insuffisance des études ou de carences dans le suivi des travaux
ayant entraînés des malfaçons dans l’ouvrage réalisé. A ce titre, il est responsable avec
l’entrepreneur pendant dix (10) ans après la réception définitive de la destruction totale ou
partielle de l’ouvrage (art 554 du code civil). Dans sa mission de maîtrise d’œuvre, le maître
d’œuvre doit :

 S’assurer que le programme de l’opération est viable, réalisable et compatible avec le


terrain mis à disposition tant sur le plan technique qu’administratif ou réglementaire.

 S’assurer de l’adéquation du budget disponible avec l’opération.

 Concevoir, représenter, décrire et évaluer l’ouvrage (plans, dessins, spécifications


techniques …) dans le respect de la réglementation en vigueur.

 Coordonner les études techniques complémentaires nécessaires à la réalisation de


l’ouvrage.

 Introduire les demandes d’autorisations administratives (telles que le permis de


construire) dans le respect de la réglementation en vigueur.

 Rechercher et proposer les moyens de produire l’ouvrage (consultation des entreprises


et proposition d’un choix d’une entreprise.

 Préparer les marchés à passer par le maître d’ouvrage.

 Diriger les travaux conformément aux documents du marché, à la réglementation en


vigueur, et dans le respect du budget et des délais impartis.

 Contrôler la conformité de l’ouvrage avec le projet.

 Contrôler la qualité et la quantité des matériaux et leur mise en œuvre.

 Contrôler le coût des travaux.

 Préparer les attachements avec le partenaire cocontractant.

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 Assister le maître de l’ouvrage lors des opérations des réceptions.

Ce pendant, on doit distinguer entre le rôle du maître d’œuvre et celui des établissements de
contrôle technique des constructions CTC, dont les missions principales sont :

 Approbation, correction dans le cas échéant, des plans et des études présentés par le
maître d’œuvre.

 Réception des fondations.

 Analyse des matériaux et agrégats avant leur mise en œuvre et proposition d’une
formulation pour le béton sur la base de cette analyse.

 Visites périodiques du chantier pour voir l’emplacement des matériaux de


construction, l’état de chantier, l’avancement des travaux…

 Vérifier les caractéristiques mécaniques des bétons avec des essais d’écrasement,
d’auscultation…, et consulter ces résultats si les essais sont faites dans des laboratoires
de constructions agrées.

 Réception d’étanchéité, d’électricité et de toutes opération qui mis la sécurité des


usagés et la stabilité de l’ouvrage en jeu.

1.3. Le partenaire cocontractant : (art 37 du DP N° 15-247 du 16/9/2015).

C’est la personne physique ou morale désignée par le terme entrepreneur ou fournisseur,


chargée de l’exécution des prestations contractuelles aux conditions définies dans le marché.

L’accès à la commande publique doit répondre aux exigences suivantes :

- La constitution en société selon une des formes juridiques prévues par les lois et
règlements, notamment celles contenues dans la législation commerciale.

- La capacité juridique au terme de laquelle l’entreprise en état de faillite, de liquidation


ou sous le coup d’une interdiction pénale ne peut accéder à la commande publique.

- Satisfaire aux obligations fiscales, parafiscales et sociales.

- Remplir les obligations techniques (qualification et classification professionnelle pour


les travaux et agrément pour les études).

- Fourniture de casier judiciaire pour l’exploitant (pour les personnes physiques) ou


gérant ou directeur (pour les personnes morales).

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Le partenaire cocontractant peut agir en tant que partenaire unique (entreprise générale) soit
en groupement d’entreprises, et dans ce cas, les entreprises du groupement doivent désigner
un mandataire parmi eux dans leurs rapports avec le maître de l’ouvrage, et le marché doit
contenir la clause d’engagement conjoint et solidaire dans le cadre de la réalisation du projet.

Les missions principales du partenaire cocontractant dans le cas des travaux sont :

 Fournir le matériel spécialisé nécessaire à la réalisation du projet.

 Recruter une mais d’œuvre qualifiée et correctement encadrée.

 Fournir des matériaux de construction de source connue et de performance et


caractéristiques normalisées.

1.3.1 Le sous traitant :

Le sous traitant est toute personne morale ou physique à la quelle le partenaire cocontractant
confie sous sa responsabilité l’exécution partielle du marché après agrément du service
contractant. Le recours à la sous-traitance, ses conditions et ses modalités sont abordées par
les articles 140-144 à 109 du N° 15-247 du 16 septembre 2015, portant réglementation des
marchés publics.

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2. LES ETUDES PREALABLES D’UN PROGRAMME :

Introduction :

Dans le cadre de l’établissement du programme, notamment pour les projets complexes, le


service contractant doit recourir à la réalisation des études préalables afin de bien spécifier les
besoins à satisfaire et éviter les erreurs ultérieures. Ces études sont de plusieurs types, elles
contribuent toutes à mieux définir les besoins de la collectivité.

Tous les marchés de travaux nécessitent des études préalables notamment à l’occasion des
projets d’importance particulière. De bonnes études permettent en effet, d’évaluer d’une
manière objective l’estimation du coût de projet, da garantir la qualité et la rapidité
d’exécution et de minimiser les requises d’aléas et de litiges.

2.1. Etude de faisabilité :

Le maître de l’ouvrage doit répondre aux questions suivantes :

- Le projet envisagé, est-il réalisable ?

- A quelles conditions techniques et financières ?

- Ces conditions, sont-elles raisonnables ?

- A quel rythme le projet est – il réalisable ?

Cette étude permet de bien définir le projet en matière de coût, qualité, délai, contraintes de
site et d’environnement…etc.

2.2. L’étude d’opportunité :

Elle permet de mesurer l’utilité et la rentabilité du projet sur le plan socio-économique.

2.3. L’étude d’impact sur l’environnement :

Cette étude permet d’assurer que le projet ne porte pas atteinte à l’environnement, elle
consiste à :

- Analyser l’état initial du site.

- Analyser les effets sur l’environnement.

- Définir les mesures envisagées pour supprimer, réduire et compenser les conséquences
dommageables du projet sur l’environnement, les dépenses correspondantes, ainsi que
les raisons de retenir le projet.

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Cette étude est soumise à une enquête publique où les résultats font l’objet d’une décision
d’approbation ou de rejet.

2.4. L’esquisse :

Propre aux travaux de bâtiment, c’est une représentation volumétrique du projet, complétée
par une estimation approximative du coût.

2.5. Les études d’avant projet :

Il s’agit de l’avant projet sommaire et de l’avant projet détaillé. Cette décomposition est
propre aux travaux de génie civil. L’étude de l’avant projet sommaire (APS) permet de tracer
les grandes lignes de conception fonctionnelle, technique et économique du projet. En outre,
cette étude a pour objet de préciser les aménagements, de proposer les priorités dans la
réalisation ainsi que le choix d’une variante. Quand à l’étude de l’avant projet détaillé (APD),
elle permet d’approfondir la solution retenue.

Il est essentiel pour le service contractant d’avoir plusieurs solutions techniques (APS) afin de
palier toutes éventualité et choisir une variante pour l’APD.

2.6. L’étude géotechnique :

Elle aborde les caractéristiques mécaniques du sol.

2.7. Le projet d’exécution :

Il est constitué de l’étude descriptive, explicative et justificative des prescriptions techniques


proposées comprenant le dossier technique de l’ouvrage.

2.8. Les études multi- réseaux :

Elle permet de recenser les réseaux existants au projet et de définir les déviations et
protections nécessaires. En effet, un réseau omis entraîne des immobilisations de chantier très
coûteuses. Les actions à mener durant cette phase doivent être minutieusement coordonnées
avec les services concernés (ADE, PTT, Sonelgaz, ONA,…etc.).

2.9. Le montage juridique :

Il consiste à s’assurer :

- Que le contrat prévu répond aux formes prescrites par la réglementation des marchés
publics.

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- De l’existence des autorisations nécessaires (délibération de l’APC ou APW, permis


de construire …etc.).

- Que les crédits nécessaires à la réalisation du projet soient mis en place.

- Que les actes administratifs nécessaires relatifs à la nature juridique des terrains ont
été pris (acquisition des terrains).

2.10. Les acquisitions des terrains :

Le règlement d’urbanisme oblige le maître d’ouvrage d’être le propriétaire du terrain de


projet. Dans le cas contraire, il est tenu d’accomplir les formalités réglementaire d’acquisition,
telle que :

- Acquisition amiable (achat, échange).

- Ou bien, expropriation après indemnisation.

La constructibilité du terrain doit obéir au respect des règlements d’urbanisme (PDAU, POS).

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3. FINANCEMENT DES MARCHES PUBLICS :

Introduction :

La réalisation des projets de l’état est un acte très intéressant et de nature répétitive dans
chaque budget annuel de l’état. Il s’inscrit dans le cadre de la partie des équipements dans le
budget global sous différentes formes de programmes tels que PCD (programmes
communaux de développement), PSD (Programmes sectoriels déconcentrés) et PSC
(Programmes sectoriels centralisés). D’autres projets peuvent être enregistrés et financés par
les fonds nationaux comme le fond de sud, le fond des hauts plateaux et le fond de la relance
économique. Une autre catégorie de ces programmes peut être sous forme des dont et des
aides internationales d’origine arabe ou européenne.

Le financement présente un obstacle majeur pour la réalisation de ces programmes, mais leur
gestion aussi. Tous projet inscrit doit être passé sous forme d’un contrat ou d’un marché, cette
passation est régie par la loi des marchés, développée dans les différents décrets présidentiels
portants sur la réglementation des marchés publics.

Le présent chapitre aborde les marchés publics par le biais de la réglementation algérienne
indiquée sous le non du décret présidentiel N° 15-247 du 16 septembre 2015, portant
réglementation des marchés publics.

3.1. Définition Des Marchés Publics :

« Les marchés publics sont des contrats écrits au sens de la législation en vigueur, passés à
titre onéreux avec les opérateurs économiques dans les conditions prévues dans le présent
décret, pour répondre à des besoins du service contractant, en matière de travaux, de
fournitures, de services et d’études ». Art 2 du DP N° 15-247 du 16 septembre 2015, portant
réglementation des marchés publics.

Un marché public est un contrat conclu entre un acheteur public (par exemple : l’État, les
collectivités locales et territoriales, les établissements publics, ...) et une entreprise ou un
fournisseur  pour répondre à ses besoins en matière de travaux, de fournitures ou de services.
Ce contrat doit préserver tous les droits des parties contractantes morales et matérielles. Le
rôle des marchés publics est de donner à toute entreprise les mêmes chances d’accéder à la
commande publique proposée par les acheteurs publics. Cette concurrence est encadrée par
le Code des Marchés Publics (CMP).

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3.2. Financement des marchés publics :

Le financement budgétaire ne peut découler que d’une autorisation budgétaire expresse, le


principe est que les crédits nécessaires à la réalisation des projets d’équipement public doivent
être prévus et inscrits dans la loi des finances annuelle. De plus, les dépenses d’équipement
public ainsi que les dépenses d’investissement sont inscrites au budget général de l’état sous
forme d’autorisation de programme (AP) et s’exécutent à travers les crédits de paiement (CP).
L’AP est la limite supérieure du projet, sa durée est illimitée sauf si elle est annulée ou
clôturée. La classification des programmes d’équipement publics introduit une distinction
entre deux catégories de dépenses :

- La première catégorie concerne les équipements publics centralisés dits programmes


sectoriels centralisés PSC, qui font l’objet des décisions établies par le ministre
sectoriel, l’administration spécialisée ou l’institution dotée de l’autonomie financière.
Les décisions de ces deux dernières peuvent être établies par le ministre des finances.

- La deuxième catégorie concerne les équipements publics déconcentrés qui font l’objet
de décision établie par le wali conformément à la décision programme du plan annuel
notifié par le ministre chargé des finances (pour cde qui est des programmes PSD et
PCD).

3.2.1. Programmes sectoriels centralisés :

Lorsque le PSC a atteint la maturation suffisante, un dossier complet est constitué pour
inscription :

- Un exposé de motif.

- Une fiche technique.

- L’étude de faisabilité et d’impact.

- La stratégie de réalisation.

- Les coordinations intersectorielles nécessaires.

- Un rapport d’évaluation en comparant les différentes variantes.

- Une évaluation du coût en devise et de son mode de financement.

- Les résultats de l’appel d’offres.

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L’étude du dossier par le ministre compétent lui permet d’accepter le lancement du projet, ou
reporter pour pouvoir approfondir sa maturation.

3.2.2. Programmes sectoriels déconcentrés de l’état (PSD) :

Les projets relatifs aux programmes sectoriels déconcentrés PSD, sont inscrits à l’indicatif du
Wali par décision programme du ministre chargé des finances sous forme d’AP par sous
secteur. Les CP sont annuellement affectés également par sous secteur et concernent
l’ensemble des PSD

Il est utile de rappeler que les opérations retenues dans les décisions programmes sont
susceptibles d’être modifiées, annulées ou clôturées par le Wali dans le respect de l’AP.

3.2.3. Projets relevant des programmes communaux de développement PCD :

Au niveau local, les dépenses relevant des PCD sont financées par le budget d’équipement
d’état, et ce afin de ne pas alourdir la trésorerie communale.

Les programmes d’équipement public relevant des PCD font l’objet d’une AP globale notifiée
par le ministre chargé des finances pour chaque wilaya après concertation avec le ministre
chargé des collectivités locales, puis adressée par le Wali aux P/APC pour exécution. Les CP
relatifs aux PCD sont notifiés globalement par voie de décision puis répartis par chapitre et
par le Wali conformément aux orientations et aux priorités du plan national.

Le programme relatif au PCD est établi par la wilaya suite à des besoins exprimés par la
commune après avis des services techniques locaux. Il concerne particulièrement les actions
suivantes :

- Alimentation en eau potable.

- Assainissement.

- Voirie.

- Réseaux et désenclavement…etc.

En plus des PCD, les communes peuvent financier les projets d’équipement public par :

- L’autofinancement par les ressources propres de l’APC (budget communal).

- Les subventions (fond commun des collectivités locales…etc.)

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4. LES DIFFERENTES CATEGORIES DES MARCHES PUBLICS

Introduction :

Les marchés publics peuvent être classés en deux grandes catégories, selon leur nature et
selon leur objet.

4.1. Selon leur nature :

Selon leur nature, les marchés publics peuvent être selon l’une des formes suivantes :

4.1.1. Marchés simple (unique) : il consiste à confier une prestation à une seule personne par
le biais d’un marché. Ce mode porte sur la réalisation des prestations précises et quantifiées
avec des valeurs préalablement arrêtées.

4.1.2. Marché de clientèle : il a pour objet la satisfaction d’un besoin aléatoire (Exp :
réparation de l’éclairage public). Le marché de clientèle est un marché qui comporte
l’exécution de certaines prestations demandées au fur et à mesure des besoins pendant une
période déterminée, suivant des prix unitaires fixés au marché. Dans ce type, les quantités et
la valeur globale du marché ne sont pas initialement identifiées, ce qui limite le recours à ce
type lorsque l’enveloppe financière disponible risque d’être insuffisante pour prendre en
charge la prestation à exécuter.

4.1.3. Marché à commandes : le recours à ce type s’impose lorsque le volume de la


prestation et son délai ne peuvent être déterminé avec exactitude. Le marché à commandes est
conclu pour une période d’une année renouvelable, sans que la durée totale ne puisse excéder
cinq années. Cette limite permet de préserver la concurrence et éviter le monopole (Exp : les
marchés de fourniture, de transport, de location…)

4.1.4. Marché fractionné :

4.1.4.1. Marché à tranches : dans cette catégorie de marché publics, la prestation à exécuter
est entièrement définie à l’avance. Il est recommandé de recourir à ce type de marché lorsque
les conditions financières ne permettent pas au service contractant de s’engager
immédiatement pour la totalité du programme comme par exemple les cas d’insuffisance de
crédits de paiement. Le marché dans ce cas comporte une tranche ferme conclu dans les
limites du budget disponible, et une (des) tranches conditionnelles exécutoires dés la levée des
obstacles financières.

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4.1.4.2. Marché à lots séparés : il peut prendre les deux formes suivantes :

- Le projet est divisé en plusieurs lots et confié à plusieurs entrepreneurs, si c’est


possible (lots indépendants).

- Le projet est divisé en plusieurs lots et confié à un groupement d’entreprises, chacune


réalise une partie du projet d’une manière conjointe et solidaire.

4.2. Par objet : il s’agit des marchés de travaux de fourniture et de service.

4.2.1. Le marche de travaux : c’est un contrat dont les prestations portent sur la réalisation
d’un ouvrage son entretien on sa réhabilitation.
4.2.2. Le marché de fourniture : le contrat de fourniture porte sur l’acquisition de biens
mobiliers.
4.2.3. Le marché de service : le marché de service porte sur des prestations mobilières,
matérielles et intellectuelles. Les prestations matérielles peuvent concerner entre autre,
la réparation ou l’entretien des mobiliers (équipement, nettoyage, jardinage…). Les
prestations intellectuelles sont celles qui font appel à des connaissances particulières
que le service contractant ne peut assurer par ses propres moyens.

4.2.3.1. Le marché d’étude : étude d’avant projet, étude géotechnique, financière,


économique, sociologique…

4.2.3.1. Le marché de maîtrise d’œuvre : il a pour objet l’assistance du maître d’ouvrage


dans certaines phases de la conception, de contrôle et de l’exécution des travaux. En ce
qui concerne le bâtiment, la maîtrise d’œuvre comporte les missions suivantes :

- Esquisse.

- Avant projet.

- Projet d’exécution.

- Assistance dans le choix de l’entrepreneur.

- Suivi et control de l’exécution des travaux.

- Présentation des propositions de règlement (attachement)…..etc.

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5. LES PRIX DANS LES MARCHES PUBLICS :

Introduction :

Les prix des marchés publics comprennent toutes les dépenses résultant de l’exécution des
travaux y compris les frais généraux et faux frais ainsi que tous droits, impôts et taxes…etc.
Ces prix doivent prendre en compte toutes les sujétions prévisibles. Les sujétions
imprévisibles ayant un caractère indispensable sont susceptibles d’indemnisation en faveur de
l’entreprise, sauf dans le cas d’un marché à prix global et forfaitaire.

Alors, la détermination du prix est un élément essentiel d’un marché public, car la
rémunération du partenaire cocontractant dépend principalement de la reconnaissance exacte
du prix des travaux ou des prestations fournies. Cette rémunération intervient selon les
modalités suivantes : (art 96 du DP N° 15-247 du 16 septembre 2015, portant réglementation
des marchés publics).

- A prix global et forfaitaire.

- Sur bordereau des prix unitaires.

- Sur dépenses contrôlées.

- A prix mixte.

5.1 Marché à prix global et forfaitaire :

C’est un marché où la prestation demandée au partenaire cocontractant est déterminée à


l’avance avec précision pour un prix global intangible.

Par ailleurs, lorsque le marché est conclu à prix global et forfaitaire, l’entrepreneur fournit
généralement une décomposition de ce prix sous forme d’un devis quantitatif et estimatif. Les
erreurs qui pourraient être décelées dans les calculs ne peuvent pas conduire à une
modification quelconque du prix global fixe du marché. En effet, dans le domaine du
bâtiment, particulièrement pour la partie superstructure, les travaux sont traités généralement
à prix forfaitaire, afin de :

- Protéger le maître d’ouvrage contre les aléas, en lui évitant de payer des travaux
faits avec des prix qui peuvent majorer le montant prévu initialement.

- Insister par là même le partenaire cocontractant à prendre parfaitement


connaissance du dossier de consultation et à tenir compte dans son choix toutes les
particularités du projet.

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5.2. Marché à prix unitaire :

On entend par prix unitaire tout prix qui n’est pas forfaitaire et qui s’applique à une nature
d’ouvrage où un élément d’ouvrage dont les quantités ne sont indiquées dans le marché qu’à
titre prévisionnel. Le règlement dans ce type de marché est effectué aux quantités exécutées et
régulièrement constatées en appliquant les prix unitaires du bordereau, modifiés s’il y’a lieu,
par l’application des clauses de variation des prix.

5.3. Marché à prix mixtes :

Les prix sont mixtes lorsqu’une partie de la prestation est rémunérée au forfait et une autre à
prix unitaire. Ce type est généralement utilisé dans les marchés du bâtiment (global et
forfaitaire pour la superstructure où les quantités sont préalablement maîtrisables, et au métré
pour l’infrastructure non maîtrisable suffisamment à l’avance).

Une autre classification des prix des marchés concerne la possibilité ou non d’avoir une
variation dans les prix. Les marchés dans ce cas peuvent être selon l’une des formes :

5.4. Marché à prix fermes :

Les prix fermes sont des prix qui ne varient pas pendant la durée du contrat, ni en fonction des
aléas techniques, ni en fonction des conditions économiques.

5.5. Marché à prix révisables : (art 101-104 du DP N° 15-247 du 16/9/201

Lorsque les prix sont susceptibles de connaître des variations d’ordre économique, le marché
prévoit une formule de révision des prix ainsi que les modalités de mise en œuvre.

5.6. Marché à prix actualisables : (art 98, 99, 100 et 105 du DP N° 15-247 du 16/9/2015)

Les prix peuvent aussi être actualisables si les circonstances économiques l’exigent.
L’actualisation permet de transformer un prix initial ferme en un nouveau prix au moyen, soit
d’un forfait global, soit d’une formule insérée dans le marché. Ce mode est prévu
essentiellement pour les cas où il s’écoulerait un délai entre la date limite de validité de l’offre
et la notification de l’ordre de service par l’administration

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6. MODES DE PASSATION DES MARCHES PUBLICS :

Introduction :

La conclusion des marchés publics doit garantir les principes suivants :

- La mise en concurrence la plus large possible.

- L’égalité des candidats face à la commande publique.

- La meilleure gestion des deniers publics.

- La primauté de l’intérêt général sur l’intérêt particulier.

- La préservation de l’équilibre des intérêts des deux parties.

A ce titre, la réglementation des marchés publics a prévu deux modes de passation pour toute
commande :

 L’appel à la concurrence (sous différentes formes), la règle générale.

 Le gré à gré (simple ou après consultation).

Le choix du mode de passation relevé de la compétence du service contractant, cette


prérogative n’est pas sans limite, le choix du mode doit être adopté aux objectifs assignés au
service contractant dans le cadre de sa soumission (nature de projet, quantité, garanties, les
caractéristiques des produits….).

Différents modes de passation :

6.1. Appel à la concurrence:

Il vise à mettre en compétence plusieurs candidats et attribuer le marché au soumissionnaire


présentant l’offre la plus favorable. Cette concurrence peut être nationale et/ou internationale
et revêtir cinq formes :

6.1.1 Appel d’offre ouvert : (art 40, 43 et 44 du DP N° 15-247 du 16/9/2015).

C’est la procédure qui offre à tous les candidats la possibilité de soumissionner. Elle est
caractérisée par un avis public invitant les candidats intéressés à remettre pour une date
donnée, leurs offres. Les offres sont ouvertes dans une séance publique par la commission
d’ouverture des plis et examinées et évaluées par la commission d’évaluation des offres.

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Avantages et inconvénients :

Cette procédure a pour avantage de faire jouer pleinement la concurrence et permet la


recherche d’une meilleure économie. Elle constitue un moyen objectif pour un choix
judicieux et impartial. Ses inconvénients sont :

- La nécessité d’une longue et importante préparation, notamment pour les projets


complexes.

- Elles introduits une multitude de remarques notamment en matière de contrat


d’équipement.

6.1.2 Appel d’offre restreint : (art 45 et 46 du DP N° 15-247 du 16/9/2015).

Seuls les candidats agrées sont admis à remettre une offre. Ce mode est généralement utilisé
pour des prestations nécessitant un savoir faire particulier.

Avantages et inconvénients :

Comme avantages, elle offre la possibilité de recevoir des offres réellement étudiées et
concurrentielles. Elle offre également la possibilité de recevoir des candidats de plusieurs
variantes techniques permettant d’orienter le choix vers la meilleure.

Comme inconvénient, elle nécessite une longue et importante préparation.

6.1.3 Consultation sélective :

C’est la procédure selon laquelle seuls les candidats répondant à certaines conditions
préalablement définies par le service contractant sont autorisés à soumissionner. Le service
contractant peut procéder à ce mode à l’occasion d’opération d’ingénierie complexe,
d’acquisition de fourniture spécifique à caractère répétitif, des projets importants (barrage,
ouvrages d’art, pistes d’aérodromes….). Les candidats concernés sont des entreprises
qualifiées inscrites dans une liste sur la base d’une présélection renouvelable tous les trois ans.

Avantages et inconvénients : si cette procédure a l’avantage de réduire les délais, elle exclu
la participation de certains candidats potentiels moins connus.

6.1.4 Adjudication :

Ce mode se caractérise par un appel à la concurrence effectué suivant un formalisme précis et


porte sur des opérations simple de type courant. Le service contractant doit mettre un
affichage au moins trois jours avant la date limite de dépôt des offres.

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Avantages et inconvénients :

Le recours à ce mode concerne essentiellement l’achat de produits ou service simples et bien


définis. Il a l’avantage d’être rapide, mais le choix est basé essentiellement sur le critère
économique (prix).

6.1.5 Concours : (art 47 et 48 du DP N° 15-247 du 16/9/2015).

Dans certains cas, la construction d’ouvrages de caractère artistique ou spécifique, et qui


offrent par suite des difficultés particulières de conception ou de construction, est mise en
concours. Les candidats présentent leurs offres à un jury d’examen qui en choisit un.

6.2 Le gré à gré : (art 49-52 du DP N° 15-247 du 16/9/2015).

C’est la procédure qui permet au service contractant d’engager des négociations avec des
entreprises sans appel d’offres et attribuer librement le marché au candidat qu’il a retenu.

6.2.1 Le gré à gré après consultation :

C’est la procédure permettant de conclure un marché sur simple consultation restreinte par des
moyens écrits appropriés sans autres formalités. Selon le DP N° 15-247 du 16/9/2015, le
service contractant peut recourir au gré à gré après consultation dans les cas suivants :

1- Quand l’appel d’offres est déclaré infructueux pour la deuxième fois.

2- Pour les marchés d’études, de fournitures et de services spécifiques dont la nature ne


nécessite pas le recours à un appel d’offres. La spécificité de ces marchés est déterminée par
l’objet du marché, le faible degré de concurrence ou le caractère secret des prestations.

3- Pour les marchés de travaux relevant directement des institutions publiques de souveraineté
de l’Etat.

4- Pour les marchés déjà attribués, qui font l’objet d.une résiliation, et dont la nature ne
s’accommode pas avec les délais d’un nouvel appel d’offres ;

5- Pour les opérations réalisées dans le cadre de la stratégie de coopération du Gouvernement,


ou d’accords bilatéraux de financement concessionnels, de conversion de dettes en projets de
développement ou de dons, lorsque lesdits accords de financement le prévoient. Dans ce cas,
le service contractant peut limiter la consultation aux seules entreprises du pays concerné pour
le premier cas ou du pays bailleur de fonds pour les autres cas.

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6.2.2 Le gré à gré simple :

C’est la procédure exceptionnelle d’attribution d’un marché à un cocontractant donné sans


mise en concurrence. Selon le DP N° 15-247 du 16/9/2015, le service contractant peut
recourir au gré à gré simple exclusivement dans les cas suivants :

1- Quand les prestations ne peuvent être exécutées que par un opérateur économique unique
qui détient soit une situation monopolistique, soit pour protéger un droit d’exclusivité, soit
pour des considérations techniques ou, culturelles et artistiques. Un arrêté conjoint du ministre
chargé de la culture et du ministre chargé des finances précisera les prestations qui relèvent
des considérations culturelles et artistiques.

2- En cas d’urgence impérieuse motivée par un péril menaçant un investissement, un bien du


service contractant ou l’ordre public, ou un danger imminent que court un bien ou un
investissement déjà matérialisé sur le terrain, et qui ne peut s’accommoder des délais des
procédures de passation des marchés publics, à condition que les circonstances à l’origine de
cette urgence n’aient pu être prévues par le service contractant et n’aient pas été le résultat de
manœuvres dilatoires de sa part.

3- Dans le cas d’un approvisionnement urgent destiné à sauvegarder les besoins essentiels de
la population, à condition que les circonstances à l’origine de cette urgence n’aient pu être
prévues par le service contractant et n’aient pas été le résultat de manœuvres dilatoires de sa

Part.

4- Quand il s’agit d’un projet prioritaire et d’importance nationale qui revêt un caractère
d’urgence, et qui ne peut s’accommoder des délais des procédures de passation des marchés
publics, à condition que les circonstances à l’origine de cette urgence n’aient pu être prévues
par le service contractant et n’aient pas été le résultat de manœuvres dilatoires de sa part.
Dans ce cas, le recours à ce mode de passation exceptionnel, doit être soumis à l’accord
préalable du conseil des ministres, si le montant du marché est égal ou supérieur à dix
milliards de dinars (10.000.000.000 DA), et à l’accord préalable pris en réunion du
Gouvernement, si le montant du marché est inférieur au montant précité ;

5- Quand il s’agit de promouvoir la production et/ou l’outil national de production. Dans ce


cas, le recours à ce mode de passation exceptionnel, doit être soumis à l’accord préalable du
Conseil des ministres, si le montant du marché est égal ou supérieur à dix milliards de dinars

Dr. SILINE Mohammed 23


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(10.000.000.000 DA), et à l’accord préalable pris en réunion du Gouvernement, si le montant


du marché est inférieur au montant précité ;

6- Quand un texte législatif ou réglementaire attribue à un établissement public à caractère


industriel et commercial un droit exclusif pour exercer une mission de service public ou
lorsque ce dernier réalise la totalité de ses activités avec les institutions et les administrations
publiques et avec les établissements publics à caractère administratif.

Avantages et inconvénients :

Ce mode de passation est rapide et permet l’économie du coût et des délais de préparation,
mais il exclut la concurrence.

Le recours à ce mode est limité dans les cas où :

- entreprise unique en situation monopoliste.

- Appel à la concurrence infructueux.

- Cas d’urgence.

- Liens technologiques préexistants.

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7. PROCEDURES DE PASSATION DES MARCHES PUBLICS.

Introduction :

Avant tout appel à la concurrence (même en gré à gré) un cahier des charges doit être
minutieusement préparé par le service contractant pour faire connaître aux candidats
intéressés la nature et la consistance des prestations qui feront l’objet du marché.

Le cahier des charges (art 26 du DP N° 15-247 du 16/9/2015) doit indiquer les prestations à
réaliser, les biens à fournir, le lieu d’installation (chantier), les exigences de garanties, il doit
définir les épreuves, normes et méthodes de jugement de conformité des ouvrages à réaliser et
les spécifications techniques. D’une façon générale il définit les obligations du prestataire et
précise les dispositions en matière de cautionnement, d’indemnité et d’assurance, les
pénalités, la résiliation, les avances ainsi que le mode de paiement des prestations.

7.1. Le dossier de l’appel d’offre : (art 67 du DP N° 15-247 du 16/9/2015)

Le dossier d’appel d’offre comprend :

- L’avis d’appel d’offre

- La lettre de soumission.

- La déclaration à souscrire.

- La déclaration de probité.

- La déclaration de candidature.

- La caution de soumission

- Les critères de sélection.

- Les renseignements sur la durée, les garanties, l’assurance et autres arrangements


financiers du marché.

- Les spécifications techniques décrivant la qualité des matériaux et les normes


d’exécution à utiliser.

- Le bordereau des prix unitaires.

- Le devis estimatif et quantitatif.

- La décomposition du prix global et forfaitaires.

- Les plans d’exécution.

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7.2. Publicité :

L’avis de l’appel d’offre (si c’est le cas) doit comporter obligatoirement: (art 62 du DP N°


15-247 du 16/9/2015)

- La dénomination, l’adresse et le numéro d’identification fiscale (NIF) du service contractant.

- Le mode d’appel d’offres.

- Les conditions d’éligibilité ou de présélection.

- L’objet de l’opération ;

- La liste sommaire des pièces exigées avec un renvoi aux dispositions y afférentes du cahier
des charges pour la liste détaillée.

- La durée de préparation des offres et le lieu de dépôt des offres.

- La durée de validité des offres.

- La caution de soumission, s.il y a lieu.

- La présentation des offres sous pli cacheté avec mention « à n’ouvrir que par la commission
d’ouverture des plis et d’évaluation des offres » et les références de l’appel d’offres.

- Le prix de la documentation, le cas échéant.

7.3. Retrait du dossier de l’appel d’offre :

Pour faciliter le retrait du dossier de l’appel d’offre par les candidats, le service contractant
doit indiquer avec précision, dans l’avis d’appel d’offre (si c’est le cas) le lieu où l’on peut
prendre connaissance du dossier. Il doit mettre à leur disposition en nombre suffisant, chaque
candidat retire un dossier contre un reçu, même s’il est remis à titre gratuit.

7.4. Réception des plis

Les offres doivent parvenir dans la date fixée dans l’avis de l’appel d’offre (si c’est le cas).
Ces offres doivent comporter un dossier de candidature, une offre technique et une offre
financière.

Le dossier de candidature, l’offre technique et l’offre financière sont insérés dans des
enveloppes séparées et cachetées, indiquant la dénomination de l’entreprise, la référence et
l’objet de l’appel d’offres ainsi que la mention « dossier de candidature », « offre technique »
ou « offre financière », selon le cas. Ces enveloppes sont mises dans une autre enveloppe

Dr. SILINE Mohammed 26


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cachetée et anonyme, comportant la mention « à n’ouvrir que par la commission d’ouverture


des plis et d’évaluation des offres - appel d’offres n°…- l’objet de l’appel d’offres».

7.4.1. Le dossier de candidature contient :

- Une déclaration de candidature, dans laquelle, le candidat ou soumissionnaire atteste qu’il :

 N’est pas exclu ou interdit de participer aux marchés publics conformément aux
dispositions des articles 75 et 89 du DP N° 15-247 du 16/9/2015.
 N’est pas en redressement judiciaire et que son casier judiciaire datant de moins de
trois (3) mois porte la mention « néant ». Dans le cas contraire, il doit joindre le
jugement et le casier judiciaire. Le casier judiciaire concerne le candidat ou le
soumissionnaire lorsqu’il s’agit d’une personne physique, et du gérant ou du directeur
général de l’entreprise lorsqu’il s’agit d’une société.
 Est en règle avec ses obligations fiscales, parafiscales et envers l’organisme en charge
des congés payés et du chômage intempéries des secteurs du bâtiment, des travaux
publics et de l’hydraulique, le cas échéant, pour les entreprises de droit algérien et les
entreprises étrangères ayant déjà exercé en Algérie.
 Est inscrit au registre de commerce ou au registre de l’artisanat et des métiers, pour
les artisans d.art ou détenant la carte professionnelle d’artisan, en relation avec l’objet
du marché.
 A effectué le dépôt légal des comptes sociaux, pour les sociétés de droit algérien.
 Détient un numéro d’identification fiscale, pour les entreprises de droit algérien et les
entreprises étrangères ayant déjà exercé en Algérie.

- Une déclaration de probité.

- Les statuts pour les sociétés ;

- Les documents relatifs aux pouvoirs habilitant les personnes à engager l’entreprise.

- Tout document permettant d’évaluer les capacités des candidats, des soumissionnaires ou, le
cas échéant, des sous-traitants :

a/ Capacités professionnelles : certificat de qualification et de classification, agrément et


certificat de qualité, le cas échéant.

b/ Capacités financières : moyens financiers justifiés par les bilans et les références bancaires.

c/ Capacités techniques : moyens humains et matériels et références professionnelles.

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7.4.2. L’offre technique contient :

- Une déclaration à souscrire.

- Tout document permettant d’évaluer l’offre technique : un mémoire technique justificatif et


tout autre document exigé en application des dispositions de l’article 78 du DP N° 15-247 du
16/9/2015.

- une caution de soumission établie dans les conditions fixées à ‘article 125 du DP N° 15-247
du 16/9/2015.

- Le cahier des charges portant à la dernière page, la mention manuscrite « lu et accepté ».

Pour tenir compte de la spécificité de certains marchés publics, notamment ceux exécutés à
l’étranger et ceux conclus avec des artistes ou avec des micro-entreprises, dans les conditions
prévues à l’article 87 du DP N° 15-247 du 16/9/2015, les services contractants peuvent y
adapter le contenu du dossier administratif exigé des candidats ou soumissionnaires.

7.4.3. L’offre financière contient :

- La lettre de soumission.

- Le bordereau des prix unitaires (BPU).

- Le détail quantitatif et estimatif (DQE).

- La décomposition du prix global et forfaitaire (DPGF).

7.5. Délais liés aux procédures administratives :

Le service contractant doit prévoir dans son appel d’offre une période (de validité des offres)
suffisante pour :

- Comparer et évaluer toutes les offres.

- Attribuer le projet.

- Elaborer le projet de marché.

- Obtenir toutes les approbations nécessaires.

- Notifier le marché.

Les délais des différentes étapes pourraient être fixés, par exemple comme suit :

 Avis d’appel d’offre (pour parution dans la presse) (15 jours).

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 Délai de remise des offres (21 à 60 jours).

 Ouverture des plis (1 jour).

 Analyse et évaluation des offres (15 à 30 jours).

 Accord de non objection du bailleur de fond (service financier) (15 jours).

 Elaboration du projet de marché (7 jours).

 Approbation du marché (21 jours).

 Engagement et notification du marché (15 jours).

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8. CONTROLE DES MARCHES PUBLICS :

Introduction :

Contrôler, c’est s’assurer si les choses sont bien telles qu’elles devraient être, c’est la
comparaison entre ce qui est prévu et ce qui est appliqué. Il a pour objet de vérifier la
conformité d’un acte ou d’une situation avec une règle préétablie.

Le contrôle des marchés publics est caractérisé par son étendue et sa diversité, il se manifeste
à tous les niveaux et à travers des phases différentes ; à savoir :

- Avant la passation du marché.

- Lors de l’exécution.

- Après la réalisation.

8.1. Contrôle avant la passation du marché :

8.1.1 Contrôle interne :

Il permet :

 D’assurer la maîtrise et la régularité de la procédure du lancement du marché.

 De garantir la préservation des intérêts de l’administration en réalisant la quantité qui


convient, économiquement désirable, au moment voulu, au prix avantageux et correct,
auprès d’un fournisseur valable.

 De garantir le principe d’égalité des entreprises face à la commande publique.

Ce contrôle se manifeste à travers deux commissions instituées auprès de chaque service


contractant :

a/ Commission d’ouverture des plis :

Elle a pour missions :

- Constater la régularité de l’enregistrement des offres sur un registre prévu pour cet
effet.

- Dresser la liste des soumissionnaires dans l’ordre d’arrivée.

- Dresser une description sommaire des pièces constitutives des offres.

- Signer le PV d’ouverture des plis.

Dr. SILINE Mohammed 30


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- Dresser le PV d’infructuosité de l’appel d’offre si c’est le cas (absence des offres,


une seule offre, soumissionnaires avec dossiers incomplets, soumissions
irrégulières (plis ouverts, non anonymes…), soumissions sans rapport avec l’appel
d’offre, plis reçus en dehors des délais limites.....).

b/ Commission d’évaluation des offres :

Composée de membres compétents ayant une capacité d’analyse et de synthèse. Elle est
chargée de procéder à l’analyse des offres sous leurs différents aspects techniques et leur
évaluation en fonction des critères spécifiés dans le cahier des charges, pour tirer l’offre la
plus intéressante. Si aucune offre n’est jugée intéressante, l’appel d’offre est déclaré
infructueux sur proposition de cette commission.

8.1.2 Contrôle à priori :

Le contrôle externe à priori vise principalement à vérifier la conformité du marché public à la


législation et à la réglementation en vigueur. Il est exercé par les organes dénommés
commissions des marchés.

8.1.2.1 Commission nationale des marchés (CNM) :

Organe central présidé par le ministre des finances et composé d’un représentant de chaque
ministère. Elle a la charge de contrôler la régularité de passation des marchés d’importance
nationale.

8.1.2.2 Les commissions des marchés des services contractants :

- Commission des marchés de wilaya.

- Commission des marchés du ministère concerné.

- Commission des marchés de l’institution autonome.

- Commission des marchés de la commune.

L’exercice du contrôle externe à priori par la commission concernée nécessite de la part du


service contractant la présentation du dossier complet du marché.

8.1.3 Contrôle administratif (de légalité) :

Le contrôle de légalité des délibérations des assemblées populaires communales (APC) est
exercé par le Wali. La commune doit transmettre le dossier complet du marché accompagné

Dr. SILINE Mohammed 31


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de la délibération au Wali pour approbation dans un délai de 15 jours pour prononcer la


régularité et la légalité de la délibération.

8.1.4 Contrôle financier (engagements) :

Toutes dépenses quelque soit sa nature doit être soumise par les ordonnateurs au visa
préalable du contrôleur financier avant tous paiement par le comptable assignataire.

Afin de maîtriser le contrôle des dépenses engagées en matière des marchés publics et des
dépenses d’équipement, le contrôleur financier tient une comptabilité des engagements des
dépenses d’équipement et d’investissement qui retrace pour chaque opération :

- les AP et réévaluations nécessaires.

- Les délégations d’AP.

- Les soldes disponibles.

Avant l’octroi du visa, le contrôle financier vérifie :

- la qualité de l’ordonnateur.

- La conformité de l’engagement avec les lois et règlements en vigueur.

- La disponibilité des crédits.

- L’imputation régulière des dépenses (les paiements).

- L’existence du visa ou des avis de la commission des marchés du service contractant.

8.2. Contrôle lors de l’exécution :

8.2.1 Contrôle de tutelle :

Ce contrôle vise principalement à vérifier la conformité des marchés publics aux objectifs
d’efficacité et d’économie, ainsi qu’aux programmes et priorités assignées au secteur.

Pour plus d’efficacité et de rigueur, le contrôle tutélaire est généralement confié à des
inspections crées précisément dans le but d’évaluer et de contrôler les activités des structures
et organismes sous tutelle. C’est le cas des inspections générales (centrales) instituées auprès
des divers ministères, et des inspections générales (locales), crées au niveau de chaque wilaya.

Au niveau central, l’inspection générale est chargée en matière des marchés publics de
procéder aux enquêtes qui ont pour objet de vérifier les conditions de régularités et
d’impartialité dans les quelles ont été préparé, passés et exécutés les marchés conclus par le

Dr. SILINE Mohammed 32


Code des marchés publics

département ministériel ou les services déconcentrés ou les établissements et organismes


publics sous tutelle. Quand à l’inspection locale est chargée de vérifier la régularité des
conditions de passation des marchés publics conclus par les communes et les établissements
publics à caractère administratif relevant de celle-ci (wilaya).

8.2.2 Contrôle de régularité :

Lors de l’encaissement des recettes et du paiement des dépenses, les comptables sont appelés
à vérifier que les règles fondamentales de la comptabilité publique sont respectées. Il s’agit
d’un contrôle de régularité.

A cet effet, des contrôles particuliers s’exercent en matière de la dépense notamment, afin de
s’assurer de la conformité de celle-ci avec l’autorisation budgétaire. Ces contrôles visent à
vérifier :

 la conformité de l’opération avec les règlements en vigueur.

 La qualité de l’ordonnateur ou de son délégué.

 La régularité des opérations de liquidation de la dépense.

 La disponibilité des crédits.

 Les visas de contrôle prévu par la loi et les règlements en vigueur.

 Le caractère libératoire du paiement.

 La validité de l’acquis libératoire.

Le contrôle effectué par le comptable public est sanctionné soit par l’admission de la dépense,
soit par un refus motivé.

8.3. Contrôle à posteriori :

8.3.1 Contrôle de l’inspection générale des finances :

C’est un organisme permanent de contrôle, placé sous l’autorité directe du ministre chargé des
finances. Sa compétence s’étend aux administrations centrales et locales, ainsi qu’aux
organismes et établissements publics.

L’IGF (inspection générale des finances) vérifie :

- les conditions d’application de la législation financière et comptable.

Dr. SILINE Mohammed 33


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- L’exactitude, la sincérité et la régularité des comptabilités.

- La conformité des opérations contrôlées aux prévisions des programmes.

- Les conditions d’utilisation et de gestion des moyens mis à la disposition des organes
de l’appareil financier de l’état.

Les vérifications et enquêtes de l’IGF s’effectuent sur place et sur pièce, après notifications
préalables ou d’une manière inopinée (imprévue). De plus, l’IGF peut intervenir aussi bien
lors de l’exécution des opérations financières des organismes soumis à son contrôle qu’à
posteriori.

8.3.2 Contrôle de la cours des comptes (CDC) :

C’est une institution constitutionnelle supérieure de contrôle à posteriori des finances


publiques.

Le contrôle de la CDC tend principalement à s’assurer de l’utilisation régulière et efficiente


des deniers publics et à promouvoir l’obligation de la reddition des comptes ainsi que la
transparence dans la gestion des finances de l’état.

Cet organisme est chargé du contrôle du bon emploi des ressources, fonds, valeurs et moyens
matériels publics par les organismes soumis à son contrôle, et examiner la gestion des
comptables publics en la forme juridictionnelle, c'est-à-dire qu’elle règle et apure leurs
comptes de gestion à travers des jugements. Dans ce cadre, elle dispose d’un pouvoir propre
de sanction.

Dr. SILINE Mohammed 34


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9. ASPECTS ADMINISTRATIFS ET FINANCIERS :

9.1. L’ordre de service (ODS) :

C’est le document administratif écrit, par lequel le service contractant notifie à l’entrepreneur
les interactions relatives à la mise en œuvre et à l’exécution du marché.

9.2. L’avenant :

C’est un document contractuel accessoire par lequel les parties peuvent apporter des
modifications à une ou plusieurs clauses du marché, et l’augmentation ou la diminution des
prestations.

9.3. La réception :

C’est l’acte par lequel le service contractant accepte la prestation avec ou sans réserves.

9.3.1. Réception provisoire :

À l’achèvement complet des travaux objet d’un marché, le maître d’ouvrage (avec le maître
d’œuvre) sur la demande de l’entrepreneur, procédera à la réception provisoire du projet. Un
PV entre les acteurs sera établi contenant les réserves que le service contractant les jugera
nécessaires.

9.3.2. Réception définitive :

Elle sera prononcée à l’expiration du délai de garantie (01 année généralement) après la levée
de toutes les réserves déclarées lors de la réception provisoire. C’est à ce moment que
l’entrepreneur récupère sa retenue de garantie.

9.3.3. Délai de garantie :

Ce délai est consacré aux travaux de réparation. Pendant cette période, l’entrepreneur
demeure responsable de l’ouvrage et procédera à la réparation des réserves portées sur le PV
de la réception provisoire.

9.4. Pénalité de retard :

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Code des marchés publics

En cas de retard dans l’exécution des travaux, l’entrepreneur est tenu d’effectuer les travaux
restants en dehors des délais contractuels aux prix initiaux, avec l’application d’une pénalité
de retard journalière selon la formule : (P = M / 10 D), où D et M sont le délais contractuel en
jours et M le montant global contractuel respectivement, P présente le montant de pénalité
par jours de retard. Le montant de la pénalité ne doit pas dépasser 10 % du montant total du
marché.

9.5. Attachement :

C’est un document quantitatif, écrit, contenant les travaux réalisés, réceptionnés et indiqués
dans le marché.

9.6. Situation :

C’est le document final qui sert de base à l’établissement des décomptes. Elle se décompose
en trois parties :

- travaux réalisés cumulés à la fin du mois précèdent.

- Travaux du mois considéré.

- Quantité totale des travaux.

La situation des travaux et un tableau quantitatif et estimatif établi périodiquement suivant un


rythme fixé contractuellement.

9.7. Bordereau des prix unitaire :

C’est un document contractuel contenant la liste et définition sommaire des articles à réaliser
et leur prix en chiffres et en lettres.

9.8. Révision des prix :

C’est une correction des prix unitaires contractuels qu’on doit adopter si nécessaire. Cette
correction est faite selon une formule de révision des prix sur la base des indices de révision
de l’ensemble des éléments de détermination d’un prix. Ces indices apparaissent
systématiquement dans le journal officiel et le code des marchés publics.

9.9. Actualisation des prix :

Elle intervient lorsque des variations (économiques) se produisent avant la notification de


l’ODS. Elle ne constitue pas un droit automatique, sa mise en œuvre est conditionnée par un

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Code des marchés publics

accord préalable des parties contractantes. Cependant elle s’applique de plein droit lorsque le
retard dans la mise en œuvre du marché n’est pas imputable au partenaire cocontractant.

9.10. Décompte générale et définitif (DGD) :

C’est le décompte final qui détermine le montant total du marché. Il récapitule l’ensemble des
travaux réalisés et des variations de prix.

9.11. Bilan de clôture :

A la clôture d’un marché public, la réglementation fait obligation au service contractant


d’établir un bilan sur l’état d’exécution du projet objet du marché. Ce document destiné à la
tutelle et à la commission des marchés compétente, est un rapport d’évaluation établi à la
réception définitive du projet.

9.12. Caution de soumission :

Pour s’assurer de la bonne foi du soumissionnaire, le maître d’ouvrage prévoit dans le cahier
des charges, pour les projets dont leur control relève des compétences de la CNM, que la
soumission ne peut être prise en considération que si elle est accompagnée d’une caution de
soumission de plus de 1 % du montant global du marché, sa libération se fait 30 jours après la
datte limite de validité des offres.

9.13. Caution de bonne exécution :

C’est un acte garantissant la bonne exécution du marché. Elle est constituée à la notification
du marché, sa mise en place permet la libération de la caution de soumission. Sa valeur est en
minimum 5 % du montant global.

9.14. Caution de garantie :

La caution de garantie constitue une garantie de droits éventuels du service contractant envers
le partenaire cocontractant en cas de prestations non conformes aux dispositions
contractuelles. Elle est établie à la réception provisoire soit par la transformation de la caution
de bonne exécution, soit par une garantie bancaire.

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REFERENCES :

- JORADP. Décret présidentiel N° 15-247 du 16 septembre 2015, portant


réglementation des marchés publics. (journal officiel N° 50 du 20/09/2015).
- Guide de gestion des marchés publics. M Sabri, K Aoudia, M Lallem. Edition du
Sahel. 2000

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