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INTRODUCTION

Du latin ‘’Capitalis’’ de ‘’caput’’, la tête au sens possession d’animaux


(cheptel), avec le suffixe ‘’isme’’, servant à former des mots
correspondant à une attitude, une doctrine, un dogme, une idéologie ou
une théorie. Le sens économique du mot capitalisme est apparu au XVIe
siècle. Le capitalisme est le régime économique et juridique d’une société
dans laquelle les moyens de production n’appartiennent pas à ceux qui
les mettent en œuvre. Le terme de ‘’ capitalisme’’ malgré sa désinence,
ne correspond pas à une construction de l’esprit ou à un système
théorique. En effet, il a été forgé par des socialistes français comme
Proudhon, Pierre Leroux ou encore Blanqui, qui désignaient ainsi le
système économique et social de leurs temps, système qu’ils espéraient
voir remplacé a plus ou long terme par le ‘’socialisme’’. Notons au
passage que ni Marx, ni Engels n’ont jamais employé précisément ce
terme. Le terme était d’usage fréquent chez les auteurs Anglais comme
Adam Smith (1723-1790) ou comme Turgot (1727-1781) qui dès 1766,
désignaient des chefs d’entreprises comme des ‘’capitalistes
entrepreneurs de culture’’.
I. LE CAPITALISME
Le capitalisme est un système de production dont les fondements sont
l’entreprise privée et la liberté du marché. Il s’agit d’un ensemble
d’éléments solidaires dont les relations permettent la production, la
consommation et la répartition des richesses indispensables à la vie
d’une collectivité humaine. Le capitalisme est à la fois un système
économique, mais aussi un type d’organisation sociale. C’est aujourd’hui
le système économique dominant dans le monde, qui est à l’origine du
phénomène de la mondialisation. Le capitalisme est un système composé
de plusieurs éléments. L’ensemble des auteurs s’accordent à le définir à
partir des caractéristiques suivantes : le capitalisme repose sur la
propriété privée des moyens de production, la division du travail,
l’existence d’un marché qui permet la régulation de l’activité
économique, l’objectif d’un profit individuel pour les propriétaires du
capital et la séparation entre le capital et le travail. Le capitalisme et ses
pratiques économiques ont été institutionnalisées en Europe entre le
XVIe et le XIXe siècles, bien que certaines caractéristiques de
l’organisation capitaliste existaient déjà dans le monde Antique. Le
capitalisme a émergé et est devenue dominant dans le monde occidental
après la chute du féodalisme1 qui a changé certaines traditions
religieuses et politiques. Depuis la révolution industrielle, le capitalisme
est progressivement étendu de l’Europe particulièrement de la Grande-
Bretagne à travers frontières politiques et culturelles mondiales au cours
des XIXe et XXe siècles. Le concept du capitalisme est une valeur limitée,
étant donné la grande variété de cas historiques auxquelles elle a été
appliquée, variant avec le temps, la géographie, la politique et la culture.

A. LE DEVELOPPEMENT DU CAPITALISME
Le capitalisme est système économique dont les moyens de production
appartiennent au secteur privé. Il est fondé sur la libre entreprise, orienté
vers la recherche du profit et basé sur la concurrence.
1)Les formes de capitalisme
On distingue le capitalisme commercial qui s’est développé du Moyen-
Âge au XIXe siècle en enrichissant des villes comme Gênes, Florence et
Venise et le capitalisme industriel de monopole issu de la révolution
industrielle du XIXe siècle. L’essor fulgurant du capitalisme au XIXe siècle
est lié au développement industriel qui entraîna le développement
d’entreprises qui nécessitent de lourds investissements qui font
intervenir les sociétés financières au cœur du système capitaliste. Le
capitalisme est ancien et n’a cessé d’évoluer. Il s’est développer en trois
grandes étapes.

1
Le féodalisme est le système féodal, c’est-à-dire le système politique,
économique et social du moyen Âge qui était fondé sur la féodalité.
 Le capitalisme commercial : Il est lié aux grandes découvertes
techniques(l’imprimerie) et géographiques (le nouveau monde) qui
ouvrent, à partir du XVIe siècle, de nouvelles voies commerciales, sans
oublier la révolution des idées représentée par la renaissance : la
richesse suspecte au moyen âge est désormais justifiée et honorée
 Le capitalisme industriel : Le XVIIIe siècle voit naitre le capitalisme
industriel, à la suite de la première révolution industrielle. De
nouvelles méthodes de production se diffusent sur le continent
Européen et aux Etats-Unis. Sur le plan des idées, la révolution
française consacre la fin de l’ancien régime, exalte les libertés et
reconnait le droit de propriété ce qui crée un climat favorable à la
bourgeoisie qui joue un rôle moteur dans le capitalisme.

2. Les classes sociales


Depuis la fin du XIXe siècle, le capitalisme est entré dans une troisième
phase, celle du capitalisme des grands groupes industriels et financiers,
d’abord dominé par la Grande-Bretagne, première puissance industrielle
et commerciale, puis par les Etats-Unis. La valeur du commerce
international triple de 1880 à 1913. Les capitaux affluent de l’Europe vers
l’Amérique. Ce sont les débuts du processus de mondialisation que les
deux guerres mondiales vont ralentir. La grande crise de 1929 conduit à
un accroissement du rôle économique et social des Etats : les
expériences du New deal au Etats-Unis et du Front populaire en France
dans les années 1930 tentent de réguler le capitalisme et construisent
l’Etat-providence. On distingue :
 La bourgeoisie : Elle est formée par le groupe social qui détient les
moyens de production (banques, usines, terres, commerces…) qui
contrôle l’activité économique, et par là, la vie politique et culturelle.
Elle présente une double diversité :
 Selon l’origine de la fortune, on distingue la bourgeoisie mercantile
(marchande), la bourgeoisie rentière (banquiers ; propriétaire de
maison…) et la bourgeoisie industrielle.
 Selon le rang social, il y avait la haute bourgeoisie (banquiers,
directeurs de sociétés anonymes…), la moyenne bourgeoisie (celle des
professions libérales : avocats, médecins, notaires, Pharmaciens,
bourgeois formaient une classe fermée (mariages à l’intérieur de la
classe sociale).
 Le prolétariat : L’explosion démographique et la mécanisation de
l’agriculture ont engendré un taux de chômage élevé dans les
campagnes européennes. Certains paysans émigrent vers les pays
d’Amérique et d’autres prennent le chemin de l’exode vers les centres
urbains ou ils se font employer dans les usines, les maisons de
commerce, les banques. Ils constituent les prolétaires qui sont des
ouvriers industriels et agricoles qui n’ont que leur force de travail à
vendre. Ces ouvriers travaillent dur mais leur salaire est bas. Leurs
conditions de vie sont précaires (travaux dur, longues journées de
travail, pas de journées de congés, pas d’assurance, misères,
maladies…). Les améliorations de ces conditions de vie sont tardives
et timides. Elles seront étroitement liées à la lutte syndicale et à
l’influence d’autres doctrines comme le Socialisme.

B.LES FONDEMENTS DU CAPITALISME


Le système capitaliste repose sur un certain nombre de principe
d’organisation sociale. L’essor et le développement de ce système sont
liés à des fondements :
 D’une part juridiques et économiques, qui définissent les droits des
citoyens et la liberté d’entreprise, aussi exprimés par les lois naturelles
régissant l’économie et le rôle moteur du profit

 D’autre part idéologiques, scientifiques, et techniques, dont les


bases sont le libéralisme qui se traduit par l’individualisme et les lois
du marché et aussi par la modernisation.
1. Les fondements juridiques et économique
Le développement du capitalisme repose principalement sur la
reconnaissance du droit de propriété non seulement des biens de
consommation, mais aussi des biens de production (installations,
machines…). Dans les systèmes précapitalistes (depuis l’antiquité),
l’artisan possédait déjà ses outils de travail. On parlera de capitalisme
lorsque les propriétaires des moyens de production ne les utilisent pas
eux-mêmes, mais les mettent à la disposition des salariés. Le
développement du capitalisme peut donc se caractériser par une
extension du salariat. On représente succinctement les grandes étapes
historiques du développement du capitalisme, apparu principalement en
Angleterre.
Marchands Les marchands achètent des
produits aux artisans pour les artisans
revendre
Marchands Les marchands fournissent les
contrôlant la matières premières et les
production travailleurs leurs donnent une Travailleurs à
rémunération forfaitaire en domicile
échange de la production
Les marchands rassemblent dans Travailleurs des
Marchands un même lieu les travailleurs. manufacturiers
manufacturiers
Capitalistes Il y’a séparation des capitalistes
propriétaires de leurs outils de Salariés
production et les salariés
propriétaires de leur force de
travail.

Si Karl Marx insiste sur le fait que le rapport qui s’établit entre les
propriétaires des moyens de production et les salariés est un rapport à la
fois de domination et d’exploitation, les économistes libéraux avancent
au contraire que la combinaison des facteurs de production (capital et
travail) au sein de l’entreprise, crée les conditions de collaboration entre
capitalistes et salariés. A côté de la propriété privée des moyens de
production, il convient de lui associer un autre concept, la liberté
économique. Celle-ci suppose à la fois la liberté d’entreprise et la liberté
d’échange. Par liberté d’entreprise on entend que toutes personnes
possédant le capital nécessaire peut créer une entreprise destinée à
produire des biens et services marchands. Bien entendu, cette personne
accepte le risque de perdre son capital en cas d’échec. Par liberté
d’échange, on considère que toute personne à le droit d’acheter, de
stocker ou de vendre des produits (soit pour son usage privé, soit afin de
réaliser un profit). La liberté économique est instituée en France par
Turgot (1774), a été réaffirmée sous la révolution française. Ce principe
sert de fondement à ce que l’on appelle l’économie de marché, dans
laquelle la loi de l’offre et la demande fixe les variations du prix. Le libre
fonctionnement du marché permet de déterminer : ce qu’il faut
produire, comment il faut le produire, comment le revenu sera réparti
entre les différents agents économiques.
Ce qu’il faut produire Comment faut-il le Comment repartir
produire ? revenu ?
La production est orientée en La combinaison des La loi de l’offre te la
fonction des seuls besoins facteurs de la production demande détermin
solvables. S’il y a pénurie du dépend de leur prix des différents
bien, la hausse des prix productivité marginale et facteurs de produc
stimule la production et de leur prix. Si un facteur valeur du bien sera
réduit la demande. S’il y a est rare, son prix sera entre le facteur
abondance du bien la baisse élevé, et son utilisation capital( c’est le pro
des prix diminue la faible. Si un facteur est le facteur du travai
production et augmente la abondant, son prix sera sont les salariés).
demande faible et son utilisation
importante
Le mécanisme de régulation par les prix, caractéristique de l’économie de
marché, suppose l’absence d’intervention de l’Etat (pas de
règlementation) et d’absence d’atteintes à la concurrence (monopoles).
Les économistes Keynésiens et Marxistes ont apportés certaines critiques
à l’économie de marché. Ils mettent en avant l’impuissance de la liberté
économique à assurer la comptabilité entre intérêt privé et intérêt
général, et la régulation parfaite de l’économie.
2. Les fondements idéologiques, scientifiques et
techniques
a. Les concepts de rationalité
Le capitalisme ne pourrait se développer dans une société ou
l’accumulation de richesse serait prohibée ou considéré comme
moralement interdite. Dans ces conditions, la recherche du profit devient
une finalité essentielle pour l’entrepreneur capitaliste. Mais ce qui
caractérise encore davantage ce dernier, c’est l’utilisation qu’il en fait. Le
profit peut être en effet réinvesti sous la forme d’achats de biens
d’équipements (on parle d’accumulation du capital). Ceci permettra
d’une part d’augmenter les capacités de production et de moderniser
l’entreprise, d’autre part d’accroitre les ventes (donc de faire du profit).
On retrouve ici la logique capitaliste. Le profit peut enfin ne pas être
réinvestit dans l’entreprise. Il servira alors à l’achat de biens de
consommation (surtout des biens de luxe). Le non réinvestissement du
profit peut entrainer le déclin des capacités de production (suite à
l’obsolescence2) et le non renouvellement du capital. En d’autres termes,
la baisse du profit. Les fondements de ce système reposeraient donc sur
l’accumulation continue du capital.
b. La recherche du progrès

2
Le fait de se casser après une certaine durée : les industriels ont créé une
obsolescence programmée afin de pousser des consommateurs à changer
régulièrement leurs équipements ménagers.
L’essor du capitalisme repose également sur une capacité à utiliser et à
susciter de façon permanente le progrès technique et scientifique. On
associe pour cela généralement, les débuts du capitalisme aux grandes
inventions de la première révolution industrielle (navette, métier à tisser,
machine à vapeur…) Ce qui a donné une grande place aux machines et au
facteur capital. L’innovation provoque aussi bien la création d’activités
nouvelles que le déclin d’activités anciennes. Elle est le rouage essentiel
du développement du capitalisme.
C.LES CARACTERISTIQUES DU CAPITALISME
Le capitalisme est un système économique d’organisation de la
production et des échanges de biens (objets et servies). IL est à l’opposé
du communisme. Il est caractérisé par :
 La propriété privée des moyens de production : les entreprises
appartiennent à un individu, une famille ou à des actionnaires
nombreux. Cette caractéristique est la plus évoquée pour définir le
capitalisme. On entend par moyens de production tout ce qui permet
de produire, c’est-à-dire les terres, les bâtiments, les machines ou les
outils qui, exploités par le travail de l’homme, aboutissent à la
réalisation des biens et des services qui permettent la consommation,
et donc la survie des populations.

 La recherche du profit, c’est-à-dire de la récompense financière pour


ceux (les actionnaires) qui apportent les capitaux nécessaires à
l’entreprise. Le profit est le revenu de l’entrepreneur capitaliste. Dans
la théorie économique, le profit est distinct du salaire, revenu du
travail, et de la rente, revenu du propriétaire foncier. Le profit est un
résidu, c’est-à-dire qu’il est égal au revenu des ventes de l’entreprise
auquel on retranche l’ensemble des charges comme les salaires,
l’achat des matières premières et des machines, les impôts et taxes.
 La libre concurrence entre les entreprises, pour l’accès aux matières
premières, le recrutement de la main d’œuvre et de la vente des
produits aux consommateurs ainsi que la liberté de fixation des prix
des biens mais aussi des salaires des travailleurs par le jeu de l’offre et
la demande. C’est l’économie de marché.

 La division du travail, la naissance du capitalisme industriel,


l’avènement de la manufacture se traduiront par une division accrue
des tâches entre Les agents productifs. A cet égard, l’exemple du plus
célèbre est sans nul doute la division du travail dans une manufacture
d’épingles à la fin du XVIIIe siècle telle est décrite et commentée par
Adam Smith (1723-1790) dans la Richesse des nations (1776). En
langage économique moderne, on dirait que la division du travail
permet d’augmenter la productivité, c’est-à-dire le rapport entre une
centaine de produit et le nombre des travailleurs recrutées pour la
réaliser.

 La régulation du marché, le marché permet la régulation de l’activité


économique. Il est au cœur de l’économie libérale. Adam Smith,
toujours dans la Richesse des Nations, montre que le marché
fonctionne comme une sorte de (Main invisible) qui guident les
intérêts individuels vers la satisfaction des besoins de la collectivité.
Celui qui cherche à s’enrichir ne peut aboutir dans son projet qu’a la
condition de la baisse des prix de ses produits ; s’ils sont à un prix trop
élevé, les consommateurs bouderont les produits proposée et notre
producteur feras faillite. C’est ainsi que le marché permet de passer de
la recherche égoïste du profit individuel à la satisfaction du plus grand
nombre. Adam Smith entend par marché, un marché où règne la
concurrence
II. DIVERGENCES D’ANALYSES
1)L’analyse libérale, l’économie de
marché
L’analyse libérale tourne autour des notions de marché et d’individu.
 L’élément fondamental, le marché : Les économistes libéraux se
représente l’économie comme un ensemble de marchés. Au niveau de
la production, l’entreprise est le carrefour de plusieurs marchés.
L’expression {économie de marché} signifie que la concurrence est
l’élément fondamental d’une telle structure économique. Cette
logique de marché oblige les entreprises à ne pas faire de pertes si
elles veulent assurer leurs activités à long terme. En effet, une
entreprise capitaliste qui accumule des pertes ne peut survivre
pendant un certain temps (avant de disparaître ou faire, de nouveau
bénéfices), qu’en consommant son capital et ses ressources propres
pour payer ses dettes ou acquérir d’autres bien puisque la demande
sur n’importe quel marché doit être solvable.
 Le but commun, l’intérêt individuel et l’intérêt général : Le
mécanisme du marché décrit seulement le mode d’allocation des
ressources sans expliquer l’objectif d’une telle organisation. Pour les
libéraux, depuis Adam Smith, le moteur de l’économie de marché est
la recherche de l’intérêt individuel. Car ce sont les individus qui, en
recherchant le plus grand profit personnel avec le minimum de coût,
sont spontanément appelés à concourir pour réaliser l’intérêt général.
En effet, il est normal qu’ils recherchent la production la plus
avantageuse et la plus économique, les conditions socialement et
techniquement les meilleures.

2) L’analyse marxiste : critique du système


capitaliste
 L’élément fondamental, l’extorsion de la plus-value : Pour Marx, le
salaire ne représente qu’une partie de la richesse produite par le
prolétaire. L’autre partie est détourné par le capitaliste sous la forme
de plus-value de telle sorte qu’une part du produit de son travail n’est
pas payé au salarié. Il en résulte une exploitation des producteurs (le
prolétariat) par les non-producteurs (la bourgeoisie). Le degré
d’exploitation varie selon les époques car cette extorsion de plus-value
est le résultat d’une concurrence entre deux logiques antagoniques :
La valeur ajouté dans la production se partage entre le travail et le
capital ; c’est une donnée. Au terme de chaque processus de
production (ou de chaque mois, de chaque année), la part diminue
selon le rapport de force, la plus-value extorquée directement sera
plus ou moins importante mais, dans tous les cas, il y aura
nécessairement lutte entre les deux classes : capitalistes et
travailleurs. Ce phénomène d’exploitation dépasse le cadre étroit de
l’entreprise et s’étend indirectement à des structures économiques
formellement indépendantes (c’est-à-dire ayant la personnalité
juridique) mais économiquement dépendantes : petits paysans, sous-
traitants. Dans ce cas, la plus-value passe par des canaux
intermédiaires. Par exemple, le paysan indépendant juridiquement,
dont les coûts de production sont élevés (terres peu fertiles, petite
exploitation sans économie d’échelle, etc…) peut être obligé de
baisser le prix de ses produits à cause de la concurrence des grosses
exploitations dominantes ou d’une fixation autoritaire des prix. Son
revenu est alors inférieur à la valeur de la richesse qu’il a produite.
 Le but commun du système, le profit pour l’accumulation du
capital : L’analyse marxiste englobe le mécanisme du marché dans un
ensemble plus vaste ayant pour moteur l’accumulation du capital.
Cette accumulation de capital s’effectue au sein de l’entreprise. C’est
ainsi qu’à la tête des entreprises se trouvent les capitalistes qui ne
sont plus les épargnants, comme dans l’analyse libérale, mais les
détenteurs du capital productif. L’objectif de ces capitalistes est alors
de transformer la plus-value découlant du processus de production en
profit pour payer les dettes afférentes au capital engagé (machines,
terrains…) et pour augmenter ce capital (accumulation de capital). Le
lieu de réalisation de ces profits est le marché.
III. L’ETAT
L’histoire du rôle de l’Etat pourrait se résumer à un lent passage de l’Etat
gendarme à l’Etat Providence, du moins jusqu’aux années 1970. L’Etat
gendarme désigne une intervention de l’Etat se limitant à assurer les
grandes fonctions régaliennes (armée, justice, police…). Toute action
visant à influer sur l’activité économique serait ainsi prohibée. A
l’opposé, l’expression Etat providence attribue à l’Etat le devoir de jouer
un rôle actif en stimulant la croissance économique, en fournissant une
protection sociale et en corrigeant les injustices sociales. Le terme Etat
Providence renvoie à plusieurs interprétations. C’est tout d’abord un
terme qui traduit une opposition entre deux courants de pensée du
19éme siècle. D’un côté, les libéraux qui affirment le primat de l’individu
et le risque de voir l’Etat se substituer à la providence. De l’autre, des
républicains du second empire qui critiquent la philosophie trop
individualisme de certaines lois et préconisaient un « Etat social » se
préoccupant de l’intérêt général.

A. L’évolution du rôle de l’Etat


Si l’opposition entre Etat gendarme et Etat providence reflète une partie
des débats du 19ème et du 20ème siècle, il convient de rappeler que
l’autorité publique n’a jamais cessé d’intervenir dans la sphère
économique et sociale. La période actuelle se caractérise par une remise
en cause du rôle et de la place de l’Etat dans l’économie.

1. De l’Etat gendarme à l’Etat providence

Pendant très longtemps, l’Etat a eu pour fonction principale d’assurer le


maintien de l’ordre dans la nation, et tout particulièrement de veiller au
respect du droit de propriété privée. Cette fonction revenait à doter la
puissance publique de moyens lui permettant d’avoir une police, une
justice et une défense nationale. Il en résultait que le budget de l’Etat
était composé de dépenses liées à ces fonctions et des recettes,
principalement procurées par l’impôt, destinées à les financer. Ce
phénomène procédait très largement de la conception libérale du rôle de
l’Etat, qui en théorie, n’avait pas de volonté propre. La satisfaction des
besoins individuels passant normalement par les mécanismes du marché,
l’Etat devait contenter de garantir les règles du jeu du marché et, dans le
cas contraire disposer des moyens de sanctionner ceux qui y
contreviendraient. En d’autres termes, il devait se limiter à un rôle
d’Etat gendarme ou encore Etat minimal. Les formes d’intervention de
l’Etat dans la sphère sociale et économique ont été importantes tout au
long du 19ème siècle.

2. L’Etat minimal du courant libéral


Si l’opposition entre l’Etat gendarme (19ème siècle) et l’Etat providence
(20ème siècle) occupe une place importante dans la théorie économique,
elle ne permet pas de comprendre toute la complexité des débats
économistes. En effet, le courant libéral a souvent insisté sur le fait qu’un
certain degré d’intervention de l’Etat était nécessaire, on parle ainsi
d’Etat minimal.
Dans le livre IV de son ouvrage, « Recherches
sur les causes et la nature de la
Richesse des nations », Adam Smith (1776) a posé
les bases d’un Etat minimal :
« Dans le système de la liberté naturelle, le
souverain n’a que trois devoirs à remplir trois
devoirs, à la vérité, d’une haute importance, mais
clairs, simples et à la portée d’une intelligence
ordinaire. - Le premier, c’est le devoir de défendre
la société de tout acte de violence ou d’invasion de la part des
sociétés indépendantes. - Le second, c’est le devoir de protéger,
autant qu’il est possible, chaque membre de la société contre
l’injustice ou l’oppression de tout autre membre de la société ou bien
le devoir d’établir une administration exacte de la justice. - Et le
troisième, c’est le devoir d’ériger et d’entretenir certains ouvrages
publics et certaines institutions que l’intérêt privé d’un particulier ou
de quelques particuliers. L’Etat devait ainsi construire les
infrastructures trop peu rentables pour l’initiative privée.

B. LES DEBATS THEORIQUES AU RÔLE DE


L’ETAT
L’évolution du rôle de l’Etat a été souvent le résultat d’un débat acharné
entre les partisans du marché autorégulateur et d’une faible intervention
de l’Etat et les partisans d’une régulation étatique de l’activité
économique.

 La théorie Marxiste de l’Etat : D’une manière générale, la théorie


marxiste part du principe que l’Etat est liée à la division de la société
en classes sociales et que l’Etat est au service de la classe dominante.
Pour Karl Marx et Friedrich Engels, l’avènement du communisme ne
peut être pensé comme une réalisation immédiate mais nécessite une
période de transition pendant laquelle un Etat de transition, un Etat
ouvrier et socialiste accomplissant la dictature du prolétariat, prépare
son propre dépérissement. Il est donc possible de distinguer trois
périodes : (1) la destruction de l’Etat bourgeois (période
révolutionnaire, (2) le socialisme et la dictature du prolétariat
(période de transition), (3) le communisme caractérisé par la libre
association de producteurs et l’absence de la division de la société en
classes antagoniques. On trouve ainsi une double approche du rôle de
l’Etat dans la théorie Marxiste. D’une part, une contestation de l’Etat,
symbole du pouvoir de la classe bourgeoise. D’autre part, une
affirmation de la nécessité de la dictature du prolétariat et un Etat
fort. Dans le Manifeste du Parti Communiste (1847-48), on peut en
effet lire que le prolétariat, lorsqu'il aura acquis la suprématie
politique, s'en prévaudra pour arracher tout le capital à la bourgeoisie
et « ... pour centraliser tous les instruments de production entre les
mains de l’Etat, c’est-à-dire du prolétariat organisé en classe
dominante… ». Ainsi loin d’exclure le socialisme d’Etat, Karl Marx le
prescrit explicitement. Il critiquera même la position anarchiste de la
disparition simultanée de l’Etat bourgeois et de toutes les formes
d’organisation étatique, en préconisant une série de mesures de
renforcement de l’Etat :
 Centralisation et concentration du pouvoir aux mains de l’Etat ;
propriété étatique du sol,
 Expropriation de la rente foncière ; monopole étatique sur le crédit et
la banque nationale ; contrôle du transport
 Planification industrielle et économique centralisée.

La seule exception concernera les forces de répression (armée, police)


puisque Karl Marx suppose que la révolution aura transformé la classe
ouvrière toute entière en armée révolutionnaire exerçant directement le
contrôle social. Par ailleurs, comme cette armée révolutionnaire agit
directement sous la direction du Parti communiste, il est possible
d’envisager une structure étatique dans laquelle le pouvoir serait aux
mains du parti.

CONCLUSION
Le capitalisme est un système économique dans lequel les moyens
de production sont pour la plupart privés, et le capital investi dans la
production, la distribution, les salaires, etc. Il s'agit notamment des
facteurs de production tels que la terre, les autres ressources
naturelles, du travail et des biens d'équipement. Diverses théories
ont tenté d'expliquer ce qu'est le capitalisme, pour justifier ou
critiquer la propriété privée du capital, et le fonctionnement des
marchés, et de guider l'application ou l'élimination de la
réglementation des biens et des marchés par les gouvernements.

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