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Le Horla - Séquence 4. Etude linéaire du texte.

Préparer une classe de 4ème à la lecture analytique


Cours S. Cournarie

Comment les nouvellistes installent-ils l’hésitation et le frisson dans leurs récits  ?


Comment ces angoissent révèlent une certaine idée de la condition humaine  ?

- Pourquoi pas, pour introduire le thème du Double, de la folie, du Miroir…


Le tableau de Magritte : La reproduction interdite, page 123

- Réflexion sur le titre du Horla : celui qui est hors et là en même temps.
L’hésitation, le thème du Double.
- Le genre du journal intime : un accès direct aux pensées du personnage qui
s’adresse directement à nous par l’intermédiaire du journal.

L’incipit
Un bien-être apparent. Un optimisme. Il paraît heureux de vivre dans son pays natal, il y
a ses racines et c’est la maison où il a grandi. Il paraît même parfois exalté quand il salue
le beau trois-mâ ts qui passe.
Lien entre l’auteur et le narrateur : Maupassant et la Normandie. Le narrateur ressemble
donc à l’auteur. Attention toutefois à ne pas les confondre

12 mai  La misère de l’homme et l’Invisible


Page 8-9 : Un début de fièvre qui crée un état d’énervement, de délire, le narrateur est
perturbé. Il appréhende tout à coup le monde réel e notamment développe le thème de
l’Invisible. Les Puissances que l’être humain ne peut pas contrô ler. L’homme est
misérable avec ses pauvres sensations qui le trompent. Il ne peut pas du tout percevoir
la pluralité des éléments.
Construction des phrases : Comme il est profond… ni le trop petit…
Adverbe de négation, adverbe trop + adjectif qui s’oppose petit/grand/près/loin : il ne
peut rien percevoir.
Ex : le froid : puissance invisible parfois mortelle + le Vent (repris par le prêtre page17)
L’Invisible sera, par la suite, et devient progressivement la créature invisible du Horla
qui rend le narrateur misérable.

25 mai : j’attends le sommeil comme on attendrait le bourreau

- Champ lexical omniprésent de l’Angoisse, de la crainte. Phrases


interrogatives : commence à douter. Phrases exclamatives et pts de
suspension qui traduisent les émotions du narrateur.
- Les comparaisons :
Ligne 82 : une inquiétude incompréhensible m’envahit comme si la nuit
cachait pour moi une menace terrible
Ligne 97 : j’attends le sommeil comme on attendrait le bourreau
Ligne 102 : jusqu’au moment où je tombe tout à coup dans le repos, comme on
tomberait pour s’y noyer, dans un gouffre d’eau stagnante
Ligne 104 : je ne le sens pas venir comme autrefois

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 Le sommeil est comparé sans cesse à la mort, au bourreau : celui met à
mort. Passivité du narrateur qui ne peut rien faire contre ces sensations
morbides. Comparaison avec le précipice, la noyade, le gouffre. Tomber !
 Métaphore : je tombe tout à coup dans le repos. Expressions : je suis
tombé du lit : réveil brutal et Je tombe de sommeil : fatigue extrême. Le
narrateur voit le sommeil comme une chute mortelle.
 LE SOMMEIL : ligne 104 : magnifique personnification où le sommeil
devient une créature monstrueuse -- elle devient petit à petit le Horla
 La réalité ou le cauchemar ?
 Le sommeil ne remplit plus du tout chez lui sa fonction d’apaisement,
parce qu’il est peuplé d’horribles cauchemars qui perturbent sa Réalité et
se renouvelle toutes les nuits.

Ligne 113 à 117 : Alternance du verbe vouloir : à la 1ère pers du singulier, au présent
VALEUR DU PRESENT D’HABITUDE : ça recommence toutes les nuits à la forme
affirmative suivi d’un verbe d’action à l’infinitif ET le verbe pouvoir à la 1ère pers du
singulier, au présent à la forme négative. Le personne est face à une impossibilité. Il veut
tout mais ne peut rien faire. Opposition entre ses désirs et ses capacités, il est
impuissant. Confronté à une puissance qui le dépasse.

2 juillet : le récit du prêtre


Conte merveilleux ou mythologique raconté par un prêtre : symbole de sagesse et de
vérité. Différence entre la Foi en un Dieu et ces croyances superstitieuses en des
créatures hybrides. Légendes païennes. Sa foi devrait pourtant l’empêcher de croire à
des légendes absurdes. Le narrateur ne parvient pas à calmer son angoisse et son
obsession puisque les puissances qu’il redoute sont confirmées par le moine.

4 juillet : je suis repris


Terme « repris » extrêmement intéressant :
- Thème de la maladie, des symptô mes qui reviennent. Je suis à nouveau
malade
- Le cauchemar
- Mais surtout le thème de la possession : je suis pris à nouveau par quelqu’un
ou par quelque chose qui me possède, rentre en moi, m’enlève, me kidnappe…
- Thème du vampirisme : on le prend physiquement et psychiquement
- Phrase- Paragraphe ligne 248 à 251 : scandée par 7 propositions sub relatives
et un antécédent : un homme. Adresse directe au lecteur : imaginez-vous,
imagine toi, mets-toi à ma place. « un » : déterminant article indéfini + le
« on » pronom impersonnel ou indéfini. Séparation nette mais illusoire entre
lui-même et l’homme qui souffre.
- Enumération avec gradation qui s’achève en « voilà  » : rythme effréné de la
phrase qui met aussi en avant ce que nous affirme le narrateur : ce qui est
terrifiant : le meurtre, l’assassinat !
- L’abondance des relatives avec un seul antécédent accentue la solitude et la
détresse du narrateur

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- Commence à douter de lui-même : expérience scientifique page 21 : quelqu’un
boit dans sa carafe ? Expérience des linges immaculés
- Une vérité qui s’avère objective : quelqu’un ou quelque chose de mystérieux
boit dans sa carafe
- Ligne 265 / Une double vie : si + ou  le démonstratif « cet autre », comme à
nous-mêmes, plus qu’à nous-mêmes

6 juillet : la folie devient évidente. Enumération de petites phrases


interrogatives qui soulignent ses doutes et questionnements.
- 9 juillet : décide de partir pour Paris : aucune angoisse ressentie hors de chez
lui.

16 juillet : séance d’hypnotisme avec sa cousine Mme Sablé et le médecin


// les débuts de la science de l’inconscient : recherches personnelles à donner ?
Exposé sur Charcot et pourquoi pas sur les débuts de la psychanalyse.
 En quoi l’hypnotisme peut-il être considéré comme un événement
FANTASTIQUE ?
L’hypnotisme permet de plonger quelqu’un dans un sommeil artificiel. Il est la
manifestation d’un pouvoir exercé sur un autre être, passif, à qui on peut imposer sa
volonté, donner des ordres (comme chez Mme Sablé : une demande d’argent)
 C’est donc un pouvoir fantastique – qui nous met face à des événements
inexplicables
 L’inconscient et ses caractéristiques même s’ils sont expliqués
scientifiquement sont parfois tellement mystérieux et inexplicables.

Page 22-258 : les adjectifs contenant un préfixe de négation :


Invincible
Invisible
Incompréhensible
Incrédule
Impénétrable Cette abondance d’adjectifs prouvent l’impuissance du
Imparfaits narrateur et des hommes en général face à des forces qui le
Impuissance dépassent. il Sait CE qu’il n’est pas
Inacceptables
Inattendue

7 aoû t : différencier le « si » question du « si » hypothèse


 Leçon sur le subjonctif ! le mode du doute et de l’hypothèse

14 aoû t : paragraphe à analyser


- Abondance de phrases courtes et exclamatives : rythme effréné des phrases
qui traduisent son état d’anxiété.
- Anaphore sur le « quelqu’un » : toujours en position SUJET alors que

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Mon â me
Tous mes actes
Tous mes mouvements COD : soumission totale du narrateur face à la
- Toutes mes pensées créature

Je désire sortir mais je ne peux pas  il ne veut pas.


 Alternance volonté / incapacité : narrateur
 Volonté / Capacité : le Horla
Ligne 647 : obligation morale : il faut, il faut… que j’aille Leçon sur le subjonctif !
On passe d’une incapacité physique à une obligation morale, complètement soumise !

17 aoû t
- Le narrateur cherche une explication scientifique pour la création d’un peuple
fantastique
- Ligne 701 : rupture syntaxique : rejet : Pas de lune.
- Les étoiles avaient au fond du ciel noir des scintillements frémissants.
 Il regarde par la fenêtre et ne VOIT PAS de lune. Un ciel sans lune est
impossible, sauf si elle est cachée par les nuages. Ce n’est pas le cas ici.
 Cette scène peut-elle s’apparenter à une hallucination ? souvenez-vous du
texte de Gautier (hallucination d’Onuphrius)
 La lune est une présence réconfortante car elle permet d’éclairer
 Ici, c’est représentatif d’un état d’angoisse
 Les étoiles  frémissent : lexique de la peur
 Ensuite, succession de phrases interrogatives.
 Le narrateur montre que des puissances surnaturelles supérieures aux
hommes peuvent exister et envahir, coloniser le monde des humains. //
invasion extra-terrestre : La guerre des mondes de H.J Wells.
 Métaphore intéressante : nous sommes sur ce grain de boue : la terre et
nous tournons délayé : dissout dans une goutte d’eau : l’univers.
 Lexique de la petitesse. L’être humain devient minuscule et peut être
dissout, donc disparaître complètement !
 Finalement, le narrateur n’est qu’un grain face à cette puissance
 Métaphore du verre
 Lexique du cirque, du dompteur : page 40, ligne 725.
 Utilisation de l’imparfait du subjonctif qui prouve son incertitude
- Comme si un doigt l’eû t feuilletée ligne 722
- Avant que je l’eusse atteint : ligne 727
- Comme si un malfaiteur se fû t lancé

19 aoû t : Le Horla a un nom


Ligne 782 –786
Les pts de suspension traduisent une imprécision, un à -peu-près : le narrateur
hésite et croit entendre indistinctement le nom du Horla, et essaie peu à peu de traduire
ce qu’il entend.
 Délire total du narrateur. Désormais, le Horla existe vraiment car il parle
et il a un nom. Il est désormais là  ! plus Hors !
 Ligne 787 – 793 : Il devient SA chose, SON serviteur, complètement
asservi ! les points virgules rythment une longue phrase, la découpent en

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phrases courtes sans grand lien entre elles et qui semblent traduire la
démence du narrateur.
 Faire les parallèles entre les lignes 875 – 884 et le Tableau page 47 + le
Magritte
 Le narrateur ne se voit plus dans le miroir ! Il lui a dévoré son reflet

10 septembre : le dénouement
Essaie par tous les moyens de TUER le Horla.
1) L’enfermement : le narrateur parle de « joie folle » + incendie : le narrateur a
choisi l’option la plus radicale. On sent l’agitation du personnage. Illusion totale !
Ligne 935 : obscurité totale, tout est noir, muet, immobile  contraste saisissant avec le
passage suivant où on voit l’incendie et où entend les cris des domestiques.
- Oxymore : bû cher horrible et magnifique.
- Il réalise alors que cet être est immatériel et ne peut disparaître comme tous
les autres êtres (comme ses domestiques).
- Il se pose la question : S’il n’était pas mort ?
- Celui qui survivra à la race humaine, après l’homme – le Horla.
- On touche les limites de l’existence humaine.
- Il va donc falloir : présent de futur proche.
- Le suicide paraît être la meilleure des solutions : thème à nouveau de la
Possession.

Conclusion
Maupassant a composé un récit prodigieux qui nous fait pénétrer petit à petit dans les
aléas de l’esprit humain confronté au pire.
Beaucoup d’hypothèses sont envisageables, nous avons déjà beaucoup parlé, nous ne
pouvons pas les réduire à une seule car le récit perdrait de son Fantastique. Nous avons
besoin d’hésiter, de nous poser des questions, d’être perdus en permanence. En cela,
Maupassant a intelligemment réussi son coup ! Il nous balade ! ne pas oublier qu’il écrit
le Horla alors qu’il est atteint de la syphilis et donc souffre de la folie (et qu’il a déjà
essayé de se suicider, comme le narrateur dans le Horla).
Nous pouvons évidemment rapprocher auteur et narrateur mais cela serait réducteur !
Souligner l’importance du journal intime, qi nous permet de suivre, jour après jour, la
progression de la folie du personnage, ses pensées les plus intimes. On ne triche pas avec
un journal intime.
Les descriptions fantastiques surgissent TOUJOURS dans un cadre réaliste.
L’étude de ce récit nous a permis de nous interroger sur les aléas de la
condition humaine, cela a mis en avant les angoisses liées au fait d’être un être
humain : si faible finalement face au monde qui l’entoure !

« Ce qu’il y a d’admirable dans le fantastique, c’est qu’il n’y a plus de fantastique : il
n’y a que le réel. » André Breton

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