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GARNIER CI 2 : ANALYSE ET CONCEPTION DES MÉCANISMES


NOUMEA
C.P.G.E. Liaison encastrement démontable

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On ne s’intéressera dans le cadre de ce cours qu’aux liaisons encastrements démontables.


Les assemblages collés, soudés, …, ne sont pas au programme.

I. Définition de la fonction

Soit une liaison encastrement à réaliser entre deux sous-ensembles 1 et 2.


L’énoncé du besoin peut se représenter aisément grâce à un diagramme pieuvre (méthode APTE) :

Sous-ensemble 1 Sous-ensemble 2

FP1

FP2 Liaison FP1 : supprimer tout degré de liberté entre les 2 sous-ensembles ;
encastrement FP2 : permettre à un opérateur de supprimer temporairement la liaison ;
démontable FC1 FC1 : s’adapter au milieu extérieur.
Opérateur
Milieu extérieur

II. Caractérisation de la fonction principale

La fonction principale d’une liaison complète démontable est donc :


Lier deux ou plusieurs solides entre eux, afin d’annuler les 6 degrés de libertés relatifs, tout en laissant la
possibilité de supprimer cette liaison.
Les fonctions techniques associées à cette fonction principale peuvent être développées en utilisant un
diagramme FAST.
Appui plan prépondérant
Réaliser la mise en position
Pénétration cylindrique
entre les deux pièces (MIP).
Contact conique
Réaliser le maintien en position
Organes de serrage
entre les 2 pièces (MAP).
Réaliser une liaison Adhérence
complète démontable entre Transmettre la puissance.
deux pièces. Obstacle

Assurer l’étanchéité. Joint, serrage

Freinage des boulons


Assurer la fiabilité.
Optimisation à la fatigue
Une liaison complète étant une liaison encastrement, son torseur cinématique relatif est nul. Nous savons
d’autre part que le torseur des actions mécaniques transmissibles par cette liaison est complet et de la forme
suivante :
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r r r
⎧ X ⋅ x +Y ⋅ y + Z ⋅ z ⎫
{τ 1→2 }= ⎨ r r r⎬
0⎩
L ⋅ x + M ⋅ y + N ⋅ z⎭

III. Paramètres influents pour la conception d’un encastrement

Lors de la conception d’un système mécanique et plus particulièrement d’un encastrement entre deux sous-
ensembles, il faut tenir compte d’un grand nombre de paramètres. Ces paramètres influeront nécessairement sur
la conception du système et de la liaison en particulier.
Voici, ci-dessous, une liste non exhaustive des paramètres par ordre d’importance :
- le torseur des actions mécaniques transmissibles : direction et nature des actions prépondérantes ;
- le caractère démontable ou indémontable de la liaison ;
- la précision de la mise en position ;
- la nécessité d’une étanchéité (ou non) ;
- la présence de vibrations (rigidité) ;
- la fréquence de démontage (ergonomie du système) ;
- l’environnement dans lequel est plongé le système (esthétique, solidité).

IV. Principes d’immobilisation

Le maintien en position des surfaces de contact peut se faire :


- soit par obstacles (tous les degrés de libertés relatifs sont annulés par des contacts entre les pièces) ;
- soit par adhérence (certains degrés de libertés relatifs sont annulés par des contacts entre les pièces les
autres le sont par adhérence, combinaison d'une pression relative entre les 2 pièces et présence d'un
coefficient d'adhérence entre les 2 matériaux).

Pour le maintien en position par obstacles, les surfaces de contacts sont le plus souvent planes, cylindriques,
coniques.
On peut parfois l’obtenir à l’aide de composants manufacturés.
On trouve notamment des solutions à base de cannelures, goupilles, clavettes, anneaux élastiques, anneaux
d’arc-boutement, vis de pression.

L’adhérence concerne principalement le coincement d’une surface conique, l’ajustement serré d’une surface
cylindrique (frettage, déformation) ou le phénomène d’arc-boutement.

Remarque :
Les liaisons complètes par frettage ne sont pas démontables1. Elles sont néanmoins très souvent utilisées. En
effet, leur coût est relativement faible et elles ne nécessitent pas d’éléments intermédiaires. Pour transmettre des
actions mécaniques faibles, les pièces sont assemblées au maillet ou à la presse. Dans le cas ou les actions
mécaniques à transmettre sont plus importantes, il peut être nécessaire de refroidir l’arbre (à l’azote liquide) et
on chauffe le moyeu (bain d’huile), le retour à la température ambiante garanti un serrage très important.

V. Familles de solution

On peut distinguer principalement trois familles de liaisons encastrements, selon la nature des surfaces
principales permettant la mise en position des deux sous-ensembles.

1
Au sens strict du terme, une liaison est toujours démontable, mais en laissant les éléments dans quel état…
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Les mobilités restantes sont supprimées par association de surfaces supplémentaires, obstacles ou phénomènes
d’adhérence.

VI. Technologie des composants

VI.1. Les organes filetés

On distingue notamment les vis d’assemblage, les boulons, les goujons et les vis de pression.
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Freinage des écrous :

VI.2. Les goupilles

VI.3. Les cannelures et dentelures

n
d
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VI.4. Les clavettes

Clavetage longitudinal :

VI.5. Les anneaux élastiques et segments d’arrêt


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VII. Solutions techniques et conception des liaisons

VII.1. Solutions techniques à contact plan prépondérant

Pas d’autres surfaces associées.


Le positionnement n’est pas assuré.
Le maintien en position est assuré par le boulon H et
la rondelle.
La transmission des efforts axiaux par rapport à l’axe
de la vis, est assurée par cisaillement des filets.

Le positionnement est assuré par l’entretoise.


Le maintien en position est assuré par l’écrou H et la
rondelle.
La transmission des efforts axiaux par rapport à l’axe
de la vis, est assurée par cisaillement des filets.
La transmission du couple axial à la vis, est assurée
par le cisaillement de la goupille élastique.
2

Le positionnement est assuré par le centrage


cylindrique court.
Plusieurs boulons 3 assurent le maintien en position.
La transmission des efforts axiaux par rapport à l’axe
du centrage, est assurée par cisaillement des filets des
boulons.

Le positionnement est assuré par le centrage


cylindrique court.
Plusieurs Vis H assurent le maintien en position.
La transmission des efforts axiaux, est assurée par
cisaillement des filets des boulons.
La transmission du couple axial, est assurée par le
cisaillement des goupilles élastiques.

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VII.2. Solutions techniques à contact cylindrique prépondérant

Le positionnement est assuré par pénétration


cylindrique
L’arrêt en translation est assuré par un épaulement
fixe (côté gauche) et un épaulement rapporté (écrou
Hm).
La transmission des efforts axiaux par rapport à l’axe
de la vis, est assurée par cisaillement des filets.
5

Le positionnement du flasque 11 est assuré par


pénétration cylindrique
L’arrêt en translation est assuré par un épaulement
fixe (côté gauche) et un épaulement rapporté (écrou H
+ rondelle).
La transmission des efforts axiaux est assurée par
cisaillement des filets.
La transmission du couple est assurée par obstacle
(clavette).

Le positionnement est assuré par pénétration


cylindrique
L’arrêt en translation est assuré par un épaulement
fixe (côté gauche) et un épaulement rapporté (anneau
élastique).
La transmission des efforts axiaux est assurée par
cisaillement de l’anneau.
La transmission du couple est assurée par obstacle
(clavette).
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Le positionnement est assuré par pénétration


cylindrique
Le maintien en position est assuré par la goupille
conique.
La transmission de l’effort axial et du couple est
assurée par obstacle (goupille).

Le positionnement est assuré par pénétration


cylindrique
Le maintien en position est assuré par adhérence par
serrage de la vis de pression.
La transmission du couple est assurée par obstacle
(vis de pression).

Le positionnement est assuré par pénétration


cylindrique
La transmission des efforts axiaux et du couple axial
est assurée par adhérence grâce au serrage des deux
boulons

10

Le positionnement est assuré par pénétration


cylindrique
La transmission des efforts axiaux et du couple axial
est assurée par adhérence sous l’action des deux
tampons tangents S et S’ serrés par la tige filetée.

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Le positionnement est assuré par pénétration


cylindrique
La transmission des efforts axiaux s’effectue par
épaulements (Vis, rondelle, entretoise, …).
La transmission du couple axial est assurée par
obstacle grâce aux cannelures.

12

Ici, le positionnement n’est pas cylindrique car le


contact s’effectue sur les flans de la dentelure.
J’ai quand même décidé de placer cette solution dans
ce paragraphe.
La transmission d’un couple se fait par obstacle.
La transmission d’un effort axial est assurée par
adhérence.
13

VII.3. Solutions techniques à contact conique prépondérant

Le positionnement est assuré par pénétration conique


La transmission des efforts axiaux est assurée grâce à
l’emmanchement conique et l’écrou à encoches.
Le couple axial est transmis par adhérence grâce au
serrage de l’écrou.

14

Le positionnement est assuré par pénétration conique.


La transmission des efforts axiaux est assurée à l’aide
de l’emmanchement conique et de l’ensemble vis 3 /
rondelle 4.
Le couple axial est transmis par obstacle grâce à la
clavette disque 2.

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VIII. Conditions d’utilisation et calculs relatifs à la transmission d’un couple ou


d’un glisseur

VIII.1. Choix d’une vis d’assemblage ou d’un goujon

Les vis sont caractérisées par leur classe de qualité.


Le symbole est constitué de deux nombres :
- 1er nombre : Rm/100 : résistance nominale à la traction (MPa) / 100 ;
- 2nd nombre : 10 × Re/Rm : 10 × limite apparente d’élasticité / résistance nominale à la traction.

Exemple : Vis H M12 – 50 8-8 (Rm=800 Mpa et Re=640 Mpa).

Lorsque l’on a une sollicitation en traction simple de la vis, la charge maximale supportable sans déformations
permanentes notables, est donnée par la relation :

Fmax = 0,9 × Re × AS où AS caractérise la section moyenne de la vis.

VIII.2. Choix d’une clavette

Le critère adopté est un critère de résistance au


matage.
L’effort exercé par le moyeu sur la clavette est de la
Cm
forme : F ≈ .
d /2
Cet effort engendre une pression de contact supposée
uniforme : P = F / S avec S surface du ½ flanc.
On fait souvent l’approximation S ≈ L × b / 2 .
P doit être inférieure à la pression de matage
admissible par la clavette (de l’ordre de 30 à 100
MPa) :
P ≤ Padmissible .

Pour les cannelures, le calcul se fait de la même


manière en prenant en compte le nombre total de
cannelures.
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VIII.3. Choix d’une goupille

Le critère retenu est un critère de résistance au


cisaillement.
Soit T l’effort de cisaillement.
D
Dans le 1er cas, 2 × T × = Cm d’où T=Cm/D.
2
Dans le 2nd cas, T=F/2.
La contrainte tangentielle moyenne est τ = T
S
avec S section cisaillée de la goupille.

Il est d’usage d’adoptée un coefficient de sécurité s


(2 ou 3 selon les applications classiques).

La contrainte tangentielle moyenne τ doit alors être


inférieure à la limite τr (de l’ordre de 150 MPa) du
matériau constituant la clavette, divisée par le
coefficient s :

τ ≤τr s .

VII.4. Dimensionnement des surfaces de contact

Il s’agit de s’assurer que la pression maximale de contact reste inférieure à la pression de contact maximale
admissible par les matériaux (environ 100 MPa pour un contact Acier / Acier).
Nous serons amener dans le cadre de ce cours à adopter un modèle de répartition uniforme des pressions de
contact : P0.

a. Dans le cas d’un contact plan, P0 = F où F est l’effort normal au plan et S la surface plane de contact.
S

b. Dans le cas d’un contact cylindrique, P0 = F où F est un effort radial, R le rayon et L la longueur de
2 RL
l’assemblage.
r r
F F

P0

c. Dans le cas d’un contact conique :


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La conicité est définie


2( R − r )
par c =
L

r
Le coincement entre les deux pièces fait suite à un effort axial F0→1 où 0 est un élément extérieur.
On suppose qu‘il existe une répartition uniforme des pressions de contact entre 1 et 2.

On note f = tanϕ, le coefficient de frottement entre 1 et 2 et on appelle P0 la pression de contact.


tan α F0 →1
On démontre alors que P0 = ×
(
tan α + tan ϕ π R 2 − r 2
.
)
NB : On notera que pour ϕ > α , il y a coincement (pour un contact acier/acier f=0,1 et αlim=5,7 °).

Le couple transmissible est donné par C =


2π × tan ϕ
3 × sin α
(
× P0 × R 3 − r 3 . )
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IX. Démarche de conception

En se référant uniquement aux quinze exemples donnés précédemment :

Liaison encastrement
démontable

Avec réglage Sans réglage

Transmettre Transmettre Transmettre Transmettre


principalement un principalement un principalement un principalement un
effort couple effort couple

Contact principal Contact principal Contact principal Contact principal Contact principal Contact principal Contact principal Contact principal
plan cylindrique cylindrique conique plan conique plan cylindrique

Exemple Exemples Exemples Exemple Exemples Exemple Exemple Exemples


1 5, 10, 11 9, 10, 11, 12 14 2 et 3 15 4 6, 7, 8, 13

Bien d’autres solutions existent, vous aurez certainement l’occasion d’en rencontrer d’autres.

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