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FACULTÉ DES SCIENCES

D’ORSAY

Travaux Pratiques d’Optique

Responsable: Licence L1 BCST


Yann BERTHO Année 2013-2014
yann.bertho@u-psud.fr
Table des matières

Modalités iii

Comment rédiger un compte rendu v

I Travaux pratiques d’optique 1


1 Introduction à l’optique 3
1.1 Miroir plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Dioptre plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Lentilles minces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Chambre noire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 Mesure de distance focale d’une lentille mince 7


2.1 Étude qualitative d’une lentille convergente utilisée en loupe . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2 La méthode d’autocollimation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.3 La méthode de Bessel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.4 Association de lentilles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.5 Discussion des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

3 Spectroscopie 11
3.1 Le spectroscope . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.2 Mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

Appendice : lecture d’un vernier 19

II Annexe théorique 21
Mesures, erreurs et incertitudes 23
L’erreur n’est pas une faute . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
L’incertitude est une évaluation de l’erreur maximale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Traitement classique et traitement statistique des erreurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

La spectroscopie 27
Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
Le prisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

i
ii TABLE DES MATIÈRES
Modalités

– Les travaux pratiques d’optique s’effectuent en binômes, lors de séances de 3 heures.

– La présence des étudiants est obligatoire et toute absence non justifiée entraine une note nulle au
TP concerné. Dans le cas d’une absence justifiée (certificat médical), la moyenne est effectuée sur le
nombre de TP auxquels l’étudiant a participé.

– Les comptes rendus sont à rendre à la fin de la séance de TP, il est donc fortement recommandé
de lire (préparer) son TP avant la séance. Tout compte rendu remis en retard sera sanctionné par des
points de pénalité.

– Le matériel mis à votre disposition pour ces travaux pratiques est utilisé par un grand nombre d’étu-
diants. Comme tout matériel, il est susceptible de se dégrader avec le temps, de s’user, de tomber en
panne ou de nécessiter des entretiens et des réglages. Il vous est demandé de manipuler ce matériel
avec précaution et de signaler tout défaut nécessitant une intervention technique afin de le garder en
bon état.

iii
iv MODALITÉS
Comment rédiger un compte rendu

Un compte rendu de TP est un document scientifique destiné à :


– présenter une problématique donnée à un lecteur (non nécessairement spécialiste du sujet)
– expliquer et justifier la démarche suivie lors des expériences, afin de résoudre une problématique ou
mettre en évidence le phénomène physique souhaité.

À ce titre, un compte rendu de TP doit être rédigé avec soin, de manière claire et concise en évitant toute
forme de style littéraire. Plusieurs parties demeurent incontournables lors de la rédaction :

• Introduction : elle consiste à décrire succintement la problématique et la démarche entreprise pour y


faire face.

• Dispositif expérimental : présenter le dispositif expérimental en précisant les grandeurs qui vous
semblent pertinentes. Des schémas clairs et annotés sont souvent d’une grande utilité pour la compré-
hension du lecteur. Cette description doit être suffisamment détaillée pour qu’une personne n’ayant
pas vu l’expérience soit en mesure de la reproduire à la lecture du compte rendu de TP.

• Résultats expérimentaux : les résultats expérimentaux se présentent la plupart du temps sous


forme de graphiques ou de schémas (notamment dans le cas de travaux pratiques d’optique où des
constructions de tracés de rayons sont indispendables à la compréhension). Tout résultat présenté
devra absolument être commenté et interprété ; un résultat présenté sans explication adjacente ne com-
porte aucune valeur.

• Conclusion : la conclusion doit en quelques lignes tirer une leçon du travail réalisé par rapport à l’ob-
jectif initialement fixé. Le cas échéant, elle peut également être l’occasion d’apporter une appréciation
personnelle sur les travaux réalisés (points forts et points faibles de la méthode utilisée, améliorations
du dispositif expérimental, . . . )

v
vi COMMENT RÉDIGER UN COMPTE RENDU
Première partie

Travaux pratiques d’optique

1
TP n◦ 1

Introduction à l’optique

Le but général de ce TP est de se familiariser avec les notions de rayons lumineux, d’objet et d’image
réels ou virtuels, de dioptres plans, de miroirs plans, de lentilles minces et de distance focale.
Il est surtout question d’observer et de décrire les expériences menées, puis de les expliquer en s’ap-
puyant sur les schémas habituels de tracés de rayon en optique. Beaucoup d’initiative vous est demandée.
Les différentes parties de ce TP sont indépendantes et peuvent être traitées dans l’ordre de votre choix.

1.1 Miroir plan


i) Observer l’image d’un objet (crayon, règle, ...) dans un miroir plan.
Où se trouve l’image ? Est-elle réelle ou virtuelle ? Est-elle droite ou renversée ? Est-elle agrandie ou
réduite ? Faire un schéma optique de ces observations.

ii) Placer une feuille de papier millimétré à côté et dans le même plan que vos yeux. Fermer un œil et
observer l’image du papier dans le miroir : quelle est la dimension de la partie visible de cette image,
délimitée par le miroir ? Comparer à la taille du miroir. Expliquer à l’aide d’un schéma.
Par analogie, peut-on prévoir la taille du miroir qu’il faudrait utiliser pour qu’une personne puisse s’y
voir debout en entier ? La réponse dépend-elle de sa distance au miroir ? Expliquer à l’aide d’un schéma.

iii) Observer l’image de votre œil ou d’une pièce de monnaie dans l’ensemble de deux miroirs plans
orthogonaux en orientant l’intersection des deux miroirs verticalement. Combien d’images peut-on voir ?
Comment bougent ces images en pivotant l’ensemble des deux miroirs autour de leur intersection ? Faire
un schéma et expliquer.

1.2 Dioptre plan


On se propose ici d’observer l’image d’une pièce de monnaie dans un verre d’eau. Poser une pièce au fond
d’un gobelet. L’un des étudiants du binôme observe le fond du gobelet selon un angle tel que la pièce
soit cachée par le bord du gobelet, à la limite de visibilité. L’autre étudiant remplit progressivement et
lentement le gobelet d’eau ; il ne faut pas que la pièce se déplace. Que constate l’observateur ? Voit-il
une image de la pièce et si oui, de quelle nature (réelle ou virtuelle) et de quel sens ? Décrire et expliquer.
Faire un schéma du système optique pour deux hauteurs d’eau différentes.

1.3 Lentilles minces


1.3.1 Image d’un objet étendu
i) Pour apprendre à reconnaître les lentilles convergentes et divergentes, observer un texte sur une feuille
de papier à travers une lentille placée contre lui, puis éloigner lentement la lentille de l’objet. Qu’observe-
t-on ? Faire cette expérience avec différentes lentilles. Peut-on préciser ce qui caractérise une lentille

3
4 TP N◦ 1. INTRODUCTION À L’OPTIQUE

divergente et une lentille convergente ? Faire un schéma optique de vos observations.

ii) Regarder une diapositive contrastée à travers la lentille convergente L1 , à une faible distance (< 5 cm).
Qu’observe-t-on ? Un objet ou une image ? Et dans ce dernier cas, est-elle réelle ou virtuelle ? Quelle
est sa position ? Décrire et expliquer à l’aide de schémas.

iii) Essayer de former une image de la même diapositive sur un écran placé sur le banc optique. Pour cela,
il sera peut-être nécessaire de modifier la distance entre la source (lampe + diapositive) et la lentille.
Observe-t-on une image sur l’écran quelle que soit sa position ? L’image est-elle réelle ou virtuelle ?
Quel est son sens ? Faire varier la distance entre la lentille et la source et rechercher, pour chaque
position de la lentille, la position de l’écran correspondant à une image nette. Y a-t-il une distance
particulière à partir de laquelle ce que vous observez change ? Schématiser et expliquer ces observations.

iv) Remplacer la lentille convergente par une lentille divergente. Décrire ce qui a changé par rapport à
la lentille convergente. Expliquer à l’aide de schémas.

1.3.2 Étude d’un œil

L’œil humain est formé d’un dioptre sphé-


rique (cornée) suivi d’une lentille convergente
(cristallin). On admet que cet ensemble est équi-
valent à une lentille mince convergente unique.
L’image de l’objet observé par l’individu est ainsi
formée sur un écran (rétine) situé à environ 2,5 cm
en arrière de la pupille puis transmise au cerveau via
le nerf optique.

i) Vous disposez d’une maquette d’œil de grande taille, très conforme à son modèle biologique. Former
l’image d’un objet réel sur la rétine. L’image est-elle réelle ou virtuelle ? Est-elle droite ou renversée ? La
réponse à cette question vous satisfait-elle compte tenu de votre expérience quotidienne ? Commenter.

ii) Déplacer l’objet et observer l’effet du gonflement du cristallin sur l’image formée.

iii) Fabriquer un œil myope (i.e. trop convergent) en éloignant un peu la rétine de sa position précédente.
L’image de l’objet est-elle encore nette ? Comment peut-on corriger ce défaut ? Placez devant l’œil artifi-
ciel une lentille correctrice (lunettes) que vous pensez adaptée. La netteté de l’image s’améliore-t-elle ?

iv) Fabriquer de même un œil hypermétrope (i.e. trop peu convergent) et l’affecter de "lunettes" pour le
corriger. Résumer cette étude par des schémas appropriés.

1.3.3 Diaphragme
Mettre en place une lentille convergente sur le banc optique et former l’image d’une diapositive sur
un écran. Dans cette partie du TP, il vous est demandé d’écrire, avant toute observation, ce que vous
prévoyez comme résultat. Dans chaque cas, il faudra réaliser des schémas très précis de vos observations.

i) Masquer une moitié de la lentille avec du papier épais. Pouvez-vous prévoir ce que vous devez observer
sur l’écran ? L’observation correspond-elle à vos prévisions ? Expliquer.

ii) Placer un diaphragme (plaque percée d’un trou) circulaire contre la lentille. Quelles sont vos prévi-
sions ? L’observation y correspond-elle ?

iii) Placer un diaphragme double contre la lentille. Pouvez-vous cette fois prévoir le résultat ? Qu’en est-il
de vos observations ?
1.4. CHAMBRE NOIRE 5

iv) Placer un diaphragme carré contre la lentille. Pensez-vous que la forme du diaphragme changera le
résultat ? Que révèlent vos observations ?

1.4 Chambre noire

Une chambre noire est une boîte fermée dont la face


avant est percée d’un petit trou, éventuellement muni
d’une lentille, et dont la face arrière est constituée
d’un écran (verre dépoli, papier calque, . . . ). Le prin-
cipe de la chambre noire est connu depuis le XVIe
siècle, notamment pour des travaux topographiques.
On élabora un dispositif portable afin de pouvoir
suivre les contours de l’image projetée sur une feuille
de papier ou une plaque de verre et de la reporter
sur un autre support.

La chambre noire qui vous est proposée comporte un gros trou. Une petite plaque noire percée de trois
trous de tailles différentes peut être placée devant la face d’entrée. L’écran de papier calque est situé à
10 cm du trou.

i) En utilisant le trou de plus faible diamètre, observer dans la pénombre l’image d’un objet contrasté.
L’image est-elle bien visible et bien nette ? Est-elle réelle ou virtuelle ? Quel est son sens (droite ou
renversée) ? Comment varie l’image (sens, dimension, netteté, luminosité) lorsque la distance de la
chambre à l’objet est modifiée ? Décrire soigneusement vos observations et faire un schéma optique de
l’appareil et du trajet des rayons lumineux.

ii) Réitérer les mêmes expériences avec le trou de diamètre intermédiaire, puis avec le trou de plus gros
diamètre. Quelles sont les modifications observées par rapport au petit trou ? Faire un schéma du trajet
des rayons lumineux.
6 TP N◦ 1. INTRODUCTION À L’OPTIQUE
TP n◦ 2

Mesure de distance focale d’une lentille


mince

Le but de ce TP est de mesurer la distance focale d’une lentille par plusieurs méthodes expérimentales.
Pour chacune d’entre elles, on donnera les résultats avec les intervalles de confiance correspondants afin
de comparer les différentes méthodes. À la lumière de ces résultats, on pourra discuter en fin de TP les
avantages et inconvenients des méthodes étudiées (mise en œuvre, précision, . . . ).

Certaines parties de ce TP nécessiteront l’utilisation d’un banc optique. Une fiche explicative située
près de chaque banc optique rappelle la façon de mettre en place les différents éléments utilisés (source,
lentilles, écran, . . . ). On fera particulièrement attention au décalage éventuel qui pourrait exister entre
le repère gradué sur le pied des différents éléments et la position réelle de l’objet portée par le pied. Tout
écart introduit une erreur systématique, sauf s’il a été mesuré correctement préalablement et que l’on en
tient compte pour corriger les mesures.

2.1 Étude qualitative d’une lentille convergente utilisée en loupe


Sans utiliser le banc optique et en prenant chacune des lentilles L1 et L2 dans la main, regarder à travers
elles les caractères les plus petits d’un texte.

i) Peut-on placer la lentille à n’importe quelle distance de l’objet pour observer quelque chose de net ?
Quelle est la distance la plus souhaitable et pourquoi ? Faire des schémas optiques pour appuyer vos
observations.

ii) Avec laquelle des deux lentilles observe-t-on le mieux les plus petits détails ? Décrire et schématiser la
procédure utilisée. L’image observée est-elle réelle ou virtuelle, droite ou renversée ?

iii) Évaluer expérimentalement la distance focale de chacune des lentilles convergentes L1 et L2 et com-
parer les résultats (une évaluation n’est pas une mesure précise, c’est une estimation approximative
dont on donnera les barres d’erreur).

2.2 La méthode d’autocollimation


La méthode d’autocollimation est une technique simple qui permet de mesurer la focale d’une lentille
mince convergente à l’aide d’un miroir plan placé derrière la lentille.

7
8 TP N◦ 2. MESURE DE DISTANCE FOCALE D’UNE LENTILLE MINCE

Principe de la méthode : lorsqu’un objet A se trouve L M


au foyer objet d’une lentille convergente L, les rayons
émergent de celle-ci en un faisceau parallèle à l’axe
optique. Ce faisceau se réfléchit alors sur un miroir A
plan M , puis traverse à nouveau la lentille conver-
A’
gente pour former une image nette A′ dans le même
plan que l’objet.

i) En s’appuyant sur le principe de la méthode décrit ci-dessus, déterminer la position de la lentille L


pour laquelle l’image A′ formée se situe dans le même plan que l’objet A et en déduire la distance
focale de la lentille. On utilisera comme objet une source ponctuelle A (plaque percée d’un petit trou)
et on inclinera très légèrement le miroir M par rapport à la verticale afin de visualiser plus facile-
ment l’image A′ . Pour chaque lentille L1 et L2 , on effectuera deux mesures de la distance focale et on
donnera sa valeur avec un encadrement (argumenter le choix de l’encadrement).

ii) Qu’observe-t-on dans le cas où l’autocollimation n’est pas réalisée ? Faire un schéma optique.

2.3 La méthode de Bessel


La méthode de Bessel consiste à fixer la distance D entre un objet AB et un écran E (en se basant sur les
résultats précédents, on prendra D telle que D > f ′ ). On peut alors montrer qu’il existe deux positions
P1 et P2 de la lentille L pour lesquelles l’objet AB et l’image A′ B ′ sont conjugués, c’est-à-dire que l’un est
l’image de l’autre à travers le système optique (image nette sur l’écran). On notera a la distance entre ces
deux positions. La formule de conjugaison des lentilles minces permet alors d’obtenir la distance focale
de la lentille, de la forme :
D 2 − a2
f′ = .
4D

B
F’ A’
A F P1

B’

i) Pour la lentille de plus courte focale, rechercher les deux positions de la lentille définies ci-dessus et en
déduire la distance a.

ii) Dans les deux positions précédentes, le grandissement A′ B ′ /AB est-il le même ? Faire un schéma op-
tique pour illustrer votre réponse.

iii) Mesurer D avec le plus de précision possible et en déduire la distance focale de la lentille.
2.4. ASSOCIATION DE LENTILLES 9

2.4 Association de lentilles


Rappel : Lorsque l’on associe deux lentilles, l’image A′ B ′ d’un objet AB donnée par la première lentille,
devient objet pour la seconde lentille qui en donne une image A”B”.

2.4.1 Système de deux lentilles convergentes


Placer la lentille convergente L1 sur le banc optique de façon à former une image réelle A′ B ′ d’un objet
AB. Puis placer lentille L2 sur le banc optique de façon à ce que A′ B ′ devienne objet pour L2 , qui en
donne une image réelle A”B”. Décrire ce que vos observations pour différentes positions de L2 par rapport
à A′ B ′ et faire des schémas optiques dans les cas suivants :

i) A′ B ′ est un objet réel pour L2 .

ii) A′ B ′ est un objet virtuel pour L2 .

2.4.2 Mesure de la distance focale d’une lentille divergente D


i) Expliquer pourquoi il est nécessaire d’associer à la lentille divergente D, une lentille convergente pour
mesurer la distance focale de D.

ii) Faire un schéma du montage et le réaliser avec les lentilles L1 et D dans l’ordre suivant : source —
L1 — D. Montrer qu’il est nécessaire que D soit placée entre L1 et l’image A′ B ′ .

iii) Mesurer les positions de A′ B ′ , A”B” et D. En utilisant la relation de conjugaison, calculer la distance
focale de D. Est-il nécessaire de connaître la position de L1 ?

2.5 Discussion des résultats


À l’issue de ces différentes évaluations de f ′ pour chacune des lentilles à votre disposition, récapituler
vos résultats (valeurs et intervalles de confiance) en vous aidant éventuellement d’une représentation
graphique. Pour chaque lentille, donner alors un seul résultat avec un seul intervalle de confiance.
10 TP N◦ 2. MESURE DE DISTANCE FOCALE D’UNE LENTILLE MINCE
TP n◦ 3

Spectroscopie

La spectroscopie est l’ensemble des techniques qui


permettent d’analyser la lumière émise par une
source lumineuse. Pour cela, on utilise un spectro-
scope qui permet d’étuder le spectre d’émission,
c’est-à-dire l’ensemble des radiations émises par la
source lumineuse. Au milieu du XIXe siècle, c’est
l’allemand Gustav Kirchhoff qui postule l’existence
de différents types de spectres selon la nature de la
source lumineuse.

Ce TP est destiné à montrer qu’à partir de la connaissance de son spectre d’émission, il est alors pos-
sible d’identifier un gaz. Nous rappelons deux résultats importants pour ce TP (voir l’annexe théorique
concernant la spectroscopie pour le détail concernant l’établissement de ces formules) :
1. L’indice n d’un matériau qui compose un prisme peut être déterminé connaissant l’angle au sommet
du prisme A et de l’angle de déviation minimum Dm d’une longueur d’onde considérée. On a alors

sin Dm2+A
n= . (3.1)
sin A
2

2. L’indice n d’un matériau dépend de la longueur d’onde λ de la radiation qui le traverse, par consé-
quent, l’angle de déviation minimum dépend aussi de cette longueur d’onde. La variation
de l’indice de réfraction du matériau en fonction de la longueur d’onde est donnée par la relation
suivante dans le domaine des longueurs d’onde visibles, où a et b sont des constantes.

b
n=a+ . (3.2)
λ2

Dans un premier temps, à l’aide de lampes spectrales de longueurs d’onde λ connues, un étalonnage du
spectroscope va être effectué. On étudiera systématiquement la variation de Dm en fonction de λ pour
un prisme d’angle au sommet A et on en déduira un étalonnage donnant la variation de l’indice n en
fonction de la longueur d’onde λ.

Dans un second temps, la mesure des angles Dm , et donc des indices n correspondant à chaque raie
d’émission d’un élément inconnu, va permettre, en utilisant l’étalonnage précédent, de déduire les lon-
gueur d’onde de l’élément inconnu.

Ces longueurs d’onde premettront enfin d’identifier cet élément en consultant la table donnant les lon-
gueurs d’onde d’émission des principaux éléments employés dans les lampes spectrales.

11
12 TP N◦ 3. SPECTROSCOPIE

3.1 Le spectroscope
3.1.1 Description
Le spectroscope comporte trois parties :

Le collimateur : il est constitué par une fente F placée dans le plan focal objet d’une lentille L1 . Cette
fente est éclairée par la source S et sa largeur est réglable au moyen d’une vis micrométrique.

Le prisme : les rayons incidents issus de la source arrivent sur le prisme et en ressortent deviés d’un angle
D qui dépend de la longueur d’onde λ. Le prisme est fixé sur une plateforme rotative munie d’un vernier
permettant une lecture aisée des angles de déviation.

La lunette : tous les faisceaux monochromatiques pénètrent dans la lunette d’observation et viennent
former dans le plan focal de l’objectif L2 des images réelles de la fente d’entrée. Il y aura donc autant
d’images de la fente qu’il y a de radiations monochromatiques dans la lumière émise par la source étudiée.
Ces images réelles sont examinées à l’aide de l’oculaire L3 jouant le rôle de loupe. Il donne de ces raies
des images virtuelles très agrandies. La mise au point se fait en modifiant le tirage de l’oculaire à l’aide
d’une vis de crémaillère V1 .

On utilise le prisme avec un faisceau parallèle ; c’est à cette seule condition que l’image d’un point est
un point (stigmatisme rigoureux) et non une tache. Ainsi, une fente lumineuse fine parallèle à l’arète et
situé à l’infini dans une direction très précise, sera vue, à travers le prisme, avec la même finesse et dans
une direction différente (déviation D).

3.1.2 Réglage du spectroscope


Après avoir réglé l’oculaire pour voir nettement le réticule, enlever le prisme avec son support de la
platine.
Allumer la lampe spectrale au mercure (Hg) et placer la derrière la fente.
Avec la vis F , ouvrir très légèrement la fente. Les bords de celle ci doivent apparaître nettement dans
la lunette si elle est placée dans l’axe du collimateur. Avec la vis V2 , régler la hauteur afin de voir l’image
de la fente au milieu de champ visuel et faite la pivoter si nécessaire de façon à ce qu’elle apparaisse
verticale.
Placer ensuite le prisme sur la platine.
3.1. LE SPECTROSCOPE 13
14 TP N◦ 3. SPECTROSCOPIE

3.2 Mesures
3.2.1 Angle du prisme A
i) Recevoir le pinceau de rayons issu du collimateur sur l’arète du prisme de façon à ce qu’il se partage
à peu près également sur les deux faces utiles du prisme. Viser alors au moyen de la lunette, dans les
pinceaux réfléchis, les images de la fente et noter leurs abscisses angulaires : x et x′ . Observez-vous
des raies de différentes couleurs ? Pourquoi ?

ii) Les directions des pinceaux réfléchis forment un angle égal à 2A, on a donc A = (x′ − x)/2. Déterminer
A. Cette valeur vous semble-t-elle en accord avec une évaluation visuelle de l’angle au sommet du
prisme ?

Source S

Collimateur

x x’
2A

3.2.2 Angle de déviation minimum Dm et étalonnage en longeur d’onde


La procédure expérimentale est la suivante :
– Le prisme est fixé sur une plateforme tournante. Orienter cette plateforme de manière à ce que les
rayons issus du collimateur arrivent sur la face d’entrée du prisme sous une grande incidence.
– Chercher le spectre de raies à l’œil, puis positionner la lunette de manière à recevoir les rayons
émergents (réfractés) du prisme.
– Lorsque l’on suit une raie de couleur déterminée, on constate en tournant toujours la plateforme dans
le même sens, que le rayon dévié se déplace dans un sens puis s’arrête avant de repartir dans l’autre
sens. Cet “arrêt” correspond au minimum de déviation.
– Au voisinage de l’angle pour lequel on a repéré la déviation minimale, bloquer la lunette (vis V3 ) et
utiliser V2 de manière à centrer la raie sur le réticule de visée. Relever sur le vernier l’abscisse angulaire
xi correspondant au minimum de déviation.
– Réitérer cette mesure pour la position x′i symétrique par rapport à l’axe du collimateur.

i) Pour chacune des raies observées, suivre la procédure décrite ci-dessus pour déterminer les absisses
x′ −x
angulaires xi et x′i . En déduire les angles de déviation minimum Dm , tels que Dm = i 2 i .

ii) En vous appuyant sur les tableaux ci-dessous qui indiquent les raies d’émission des lampes au mercure
(Hg) et au cadmium (Cd), tracer sur le même graphique la courbe courbe d’étalonnage du spectromètre
Dm = f (λ)
3.2. MESURES 15

Source S

Collimateur

Dm

xi x’i
2Dm

Mercure (Hg)
Cadnium (Cd)
Raie d’émission Longueur d’onde Intensité
Raie d’émission Longueur d’onde Intensité
doublet jaune 579,1 nm forte
rouge 643,8 nm forte
577,0 nm forte
rouge 632,5 nm faible
verte 546,1 nm forte
verte 508,6 nm forte
bleue 491,6 nm faible
bleue 480,0 nm forte
bleue-violette 435,8 nm forte
bleue 467,8 nm forte
violette 407,8 nm moyenne
violette 441,5 nm faible
404,7 nm moyenne
16 TP N◦ 3. SPECTROSCOPIE

3.2.3 Détermination des raies d’un spectre d’émission d’une lampe inconnue
On utilise maintenant comme source une lampe inconnue que l’on souhaite identifier.
i) Pour chacune des raies émises pas la lampe inconnue déterminer l’angle de déviation minimum Dm .

ii) En utilisant la courbe d’étalonnage du spectromètre établie précédemment, en déduire les longueurs
d’onde émises par la source inconnue.

iii) En se référant aux spectres représentés ci-après et aux tableaux fournissant les valeurs des longueurs
d’onde d’émission de différents éléments, identifier l’élément de la lampe inconnue.

Longueurs d’onde dans le spectre visible des raies intenses de quelques éléments
Cadmium Cesium Helium Mercure Potassium
441,5 455,5 * 402,6 404,7 * 404,4 *
467,8 * 459,3 * 438,8 407,8 404,7
480,0 * 519,7 447,1 435,8 * 418,6
508,6 * 525,7 447,1 * 491,6 693,6
515,4 584,4 492,2 546,1 * 766,5 *
609,9 601,0 501,6 577,0 769,9 *
611,1 603,4 504,8 579,1 *
632,5 621,3 587,6 *
633,0 638,7 667,8
643,8 658,6 706,5
734,6 * 658,6 * 728,1
738,5 * 672,3 *
739,9 * 687,0
697,3 *
722,9 *

Sodium Neon Zinc Thallium Rubidium


449,4 603,0 * 468,0 535,0 * 420,2 *
449,8 607,4 * 477,2 * 655,0 421,6
568,8 614,3 * 481,1 * 671,4 536,3
588,995 * 633,4 * 518,2 543,2
589,592 * 638,3 * 636,2 * 565,4
640,2 * 607,1 *
650,7 * 616,0 *
659,9 * 629,9 *
692,9 *
703,2 *
717,4 *
724,5 *
703,2 *

(les longueurs d’onde sont exprimées en nm et les raies les plus intenses sont signalées par * )

3.2.4 Détermination de la loi de variation n(λ)


i) Calculer l’indice n pour chacunes des raies des lampes Hg et Cd.

ii) Tracer la courbe n = f (1/λ2 ) et en déduire que la loi de la variation de n peut se mettre sous la forme
n = a + λb2 , où l’on déterminera les valeurs de a et b.

iii) Quelle est la variation relative de n dans le domaine de longueur d’onde utilisé (400 nm< λ <650 nm).
3.2. MESURES 17

Spectres, dans le visible, des raies intenses de quelques éléments


18 TP N◦ 3. SPECTROSCOPIE
Appendice : lecture d’un vernier

Un vernier est l’ensemble de deux règles graduées, l’une fixe et l’autre mobile (cette dernière étant le plus
souvent le vernier proprement dit), se déplaçant l’une par rapport à l’autre et telles que n divisions du
vernier aient même longueur que n − 1 divisions de la règle fixe :

L = (n − 1)D = nd, (3.3)

avec D la longueur d’une division de la règle fixe et d la longueur d’une division du vernier. La différence
de longueur entre D et d est donc
D
D−d= . (3.4)
n

1
I. Vernier au 10 ième : exemple du pied à coulisse

Pour une même longueur L = 9 mm, il y a 10 − 1 = 9 divisions sur la règle fixe et 10 divisions sur le
vernier.
D = 1 mm, d = 0, 9 mm et D − d = 0, 1 mm (3.5)

Lecture
Plusieurs cas sont possibles :
i) Le zéro du vernier coïncide avec le zéro de la règle fixe, comme sur la figure précédente ; la lecture est
alors 90 mm.
ii) Le zéro du vernier se situe entre deux graduations de la règle fixe

19
20 APPENDICE : LECTURE D’UN VERNIER

La lecture est comprise entre 92 mm et 93 mm, soit x = (92 + ε) mm, où ε représente l’avance du 0 du
vernier par rapport à la plus proche graduation inférieure de la règle fixe. Si N est le numéro de la division
du vernier coïncidant avec une division de la règle fixe, on montre que : ε = (D − d)N .
Dans le cas ci-dessus N = 8, donc ε = 0, 8 mm et on mesure donc :

x = (92, 8 ± 0, 1) mm.

Remarque
Il arrive parfois qu’aucune division du vernier ne coïncide avec une division de la règle fixe. Dans ce cas,
on écrit x = 92, 4 mm à 0, 1 mm près par défaut, ou x = 92, 5 mm, à 0, 1 mm près par excès.

1
II. Vernier au 20
ième : exemple du vernier du spectroscope

La règle a été représentée linéairement ; elle est en réalité circulaire.


30 divisions du vernier représentent le même angle ∆θ que (30-1) divisions de la règle fixe.

1◦
D= = 30′ (3.6)
2
d = 29′ (3.7)
◦ ′ ′
△θ = 14 30 = 29 × 30 = 29D = 30d (3.8)
D − d = 1′ (3.9)
Ce vernier permet d’apprécier la minute d’angle. On rapelle que 60 = 60 minutes d’angle = 1 .
′ ◦

Lecture
Sur le schéma ci-dessus, on lit : θ = 91◦ 30′ + ε.
On montrerait comme précédemment que ε = N (D − d), où N est le numéro de la division du vernier
qui coïncide avec une division de la régle fixe. Ici N = 3 donc ε = 3′ .
On mesure donc finalement :
θ = 91◦ 33′ ± 1′ .
Deuxième partie

Annexe théorique

21
Mesures, erreurs et incertitudes

L’erreur n’est pas une faute


La mesure d’une grandeur, quelle qu’elle soit, donne un résultat X qui est en général différent de la
valeur X0 que l’on cherche à mesurer (et que nous appellerons valeur de référence). Une mesure mal
faite avec de mauvais appareils donnera un résultat qui peut être très différent de la valeur cherchée. Une
mesure bien faite, avec de bons appareils, donnera en général un résultat proche de la valeur cherchée.
Mais dans tous les cas, il existe un écart inévitable entre le résultat de la mesure et la valeur de référence,
quelle que soit la qualité de l’appareillage et quelles que soient les précautions prises lors de la mesure.
En effet, si l’on effectue plusieurs mesures successives de la même grandeur, on constate que l’on ob-
tient des résultats différents à chaque mesure. La dispersion des résultats de mesure est normale :
les appareils ne sont pas parfaits, les graduations sont plus ou moins épaisses, les conditions de mesure
(température, humidité) varient à chaque essai, un mauvais éclairage, une mauvaise vue, la fatigue, . . . ,
autant de paramètres qui provoquent des erreurs de lecture plus ou moins importantes. Toutes ces causes
et bien d’autres entraînent une dispersion des résultats obtenus lors de mesures successives. Bien sûr,
cette dispersion est en général faible pour des appareils de bonne qualité et dans de bonnes conditions
expérimentales, mais elle n’est jamais nulle. Tous ces écarts, qui s’additionnent (ou se retranchent) les
uns aux autres, se produisent de façon aléatoire, fluctuant d’une mesure à l’autre : c’est ce qui conduit
à un résultat erroné et variable. On dit que le résultat est entaché d’une erreur aléatoire. Cela signifie
que l’erreur se produit “au hasard”, de façon imprévisible. Lorsque l’erreur aléatoire est faible, on dit que
la mesure est précise. La dispersion des résultats de mesures successives est alors faible.

Une dispersion des mesures faible ne veut pas nécessairement dire que les résultats obtenus sont proches
de la valeur de référence. En effet, il peut arriver qu’un appareil soit mal étalonné. C’est le cas d’une
balance qui indiquerait 515 g lorsqu’on dépose une masse de 500 g dessus. Un tel défaut de l’appareil
provoque un écart entre la valeur mesurée et la valeur de référence. On appelle ce phénomène erreur
systématique dans le sens qu’elle est reproductible et identique d’une mesure à l’autre, contrairement à
l’erreur aléatoire. Cela ne signifie pas que l’erreur systématique soit inévitable : en utilisant un matériel
de très bonne qualité, en apportant un soin particulier aux réglages de zéro, d’alignement, à l’élimination
des phénomènes parasites, etc, on peut la réduire. Il n’en reste pas moins que la possibilité d’une erreur
systématique subsiste si elle n’est pas décelée.
Lorsque l’erreur systématique est faible, on dit que la mesure est exacte. Encore une fois : cela ne signifie
pas que le résultat d’une mesure exacte est la valeur de référence.
Il s’agit ici de faire la distinction entre langage courant et langage scientifique.

Enfin, soulignons le fait que la précision et l’exactitude d’une mesure sont indépendantes : on peut réaliser
une mesure imprécise mais exacte, précise et exacte, etc.

L’incertitude est une évaluation de l’erreur maximale


On définit l’erreur e comme la différence entre la valeur mesurée X et la valeur de référence X0 que l’on
cherche à atteindre :
e = X − X0 .
Comme la valeur de référence X0 n’est pas connue (puisqu’on essaie de la mesurer !), l’erreur reste donc
toujours inconnue, en grandeur et en signe. Néanmoins, pour chaque mesure, elle a une valeur algébrique

23
24 MESURES, ERREURS ET INCERTITUDES

bien déterminée. On cherche donc à estimer une valeur maximale ∆X de la valeur absolue de l’erreur,
que l’on appelle incertitude :
|e| = |X − X0 | 6 ∆X.
On écrit alors la valeur cherchée sous la forme :
X0 = X ± ∆X ou X − ∆X 6 X0 6 X + ∆X.
Ces deux écritures sont équivalentes et définissent un intervalle de confiance à l’intérieur duquel on
affirme ainsi que la valeur de référence a “toutes les chances” (100%) de se trouver. Pour que cette affir-
mation soit la plus juste possible, il est essentiel de majorer avec largeur l’erreur par l’incertitude. Des
évaluations d’incertitude trop optimistes risquent de conduire à un intervalle trop étroit, pour lequel la
valeur cherchée aura plus de chances d’être à l’extérieur qu’à l’intérieur. Inversement, un intervalle de
confiance trop pessimiste (large) rend la mesure trop imprécise. Aucun extrême n’est satisfaisant puis-
qu’aucun n’apportera d’information concrète sur la valeur cherchée.

L’incertitude peut être estimée par un calcul classique, soit d’après les indications du constructeur de
l’appareil de mesure, soit par une évaluation (personnelle, donc) si l’appareil de mesure est simple. On
peut ainsi estimer que la mesure d’une longueur est précise à 1/2 graduation près (c’est le consensus
général) si l’éclairage est bon, et si l’expérimentateur a une bonne vue. Quel que soit le choix de l’incer-
titude, il est essentiel de le discuter et l’expliquer : c’est cela, une démarche scientifique.

L’incertitude ∆X est appelée incertitude absolue : elle a les mêmes dimensions que X et s’exprime
donc dans les mêmes unités. C’est souvent elle que l’on évalue par une mesure directe, mais elle n’est pas
toujours une bonne indicatrice de la précision de la mesure : mesurer 10 km à 10 cm près est beaucoup
plus précis que mesurer 1 m à 10 cm près.
C’est donc la comparaison de l’incertitude avec la valeur mesurée qui représente la précision de la me-
sure : c’est l’incertitude relative ∆X X . L’incertitude relative est une grandeur sans dimension, que
l’on a l’habitude d’exprimer en %. Plus elle est faible et plus la mesure est précise. Ainsi, 10 km me-
10.10−2
surés à 10 cm près donnent ∆X X = 10.103 = 10
−5
= 0, 001% alors que le second cas précité donne
∆X 10.10−2
X = 1 = 10 −1
= 10%, ce qui rétablit l’idée intuitive de la précision de ces mesures.

• Si plusieurs mesures de la même grandeur sont effectuées, on dispose de plusieurs intervalles de confiance
pour la valeur de référence. Pour donner un résultat final unique, il faut déterminer l’intersection de tous
ces intervalles. Cet intervalle final est en général plus petit que tous les intervalles de toutes les mesures.
Si, après deux mesures par exemple, les deux intervalles de confiance ne s’intersectent pas, les résultats
sont dits incompatibles. Ils sont la preuve manifeste, dans une des mesures au moins, soit d’une erreur
grossière (de lecture de calibre par exemple), soit d’une sous-évaluation des incertitudes.

• Lorsque la grandeur cherchée est liée à des grandeurs mesurables par un calcul (R = U/I), l’incertitude
doit être calculée en fonction des incertitudes des grandeurs mesurées. C’est l’objet des calculs d’incer-
titude, que l’on effectue en général à l’aide de différentielles. Il est alors bon de se rappeler les deux
règles suivantes :
y =a+b−c =⇒ ∆y = ∆a + ∆b + ∆c,
ab ∆y ∆a ∆b ∆c
y= =⇒ = + + .
c y a b c

Combien de chiffres significatifs ?


Le nombre de chiffres significatifs est le nombre de chiffres ayant une signification réelle compte-tenu de
l’incertitude. Il ne faut pas le confondre avec le nombre de chiffres après la virgule. Prenons un exemple :

i) 85,639 possède cinq chiffres significatifs (dont trois après la virgule). L’incertitude porte ici sur le chiffre
9.
ii) 8563,9 possède cinq chiffres significatifs (dont un après la virgule). L’incertitude porte encore sur le
chiffre 9.
iii) 8563,900 possède sept chiffres significatifs (dont trois après la virgule). L’incertitude porte sur le
dernier 0. Cette écriture correspond à un résultat cent fois plus précise que le précédent.
MESURES, ERREURS ET INCERTITUDES 25

L’incertitude, qu’elle soit calculée ou estimée, n’est jamais connue elle-même avec une grande précision.
On l’arrondit généralement à un ou deux chiffres significatifs. Comme elle doit être un majorant de
l’erreur, on l’arrondit toujours à la valeur supérieure. Après le calcul de l’incertitude, on ajuste le nombre
de chiffres significatifs du résultat trouvé. On écrit par exemple :

X = (8, 02 ± 0, 06) m et non X = (8, 02137 ± 0, 0574) m


X = (8, 0 ± 0, 3) m et non X = (8 ± 0, 254) m

Traitement classique et traitement statistique des erreurs


Il est assez courant, surtout dans les sciences exactes, de ne faire qu’une seule mesure d’une grandeur
inconnue. L’incertitude est alors évaluée selon les principes exposés dans le paragraphe précédent, selon
les caractéristiques des appareils utilisés, et les conditions de mesure. C’est le traitement classique.

Il est aussi possible d’effectuer un traitement statistique d’une série de plusieurs mesures d’une même
grandeur. Dans ce cas — assez fréquent dans les sciences de la vie dans lesquelles la dispersion des
résultats est souvent plus importante qu’en physique ou en chimie — il n’est plus nécessaire de connaître
les caractéristiques des appareils utilisés ou les conditions de mesure. C’est la série de résultats elle-même
qui permet de déterminer l’intervalle de confiance dans lequel on peut affirmer que doit se trouver la
valeur de référence, avec une certaine probabilité.
26 MESURES, ERREURS ET INCERTITUDES
La spectroscopie

Généralités
Nous avons tous la notion intuitive de la lumière, la première étant celle du jour. Puis vient la notion
de source de lumière : sources primaires (Soleil, étoile, lampe, . . . ) ou sources secondaires (Lune, objet
éclairé, . . . ). Nos yeux sont sensibles à la lumière : on dit qu’ils sont des récepteurs de lumière. Un écran,
une cellule photoélectrique, une plaque photographique sont aussi des récepteurs de lumière.

Entre la source et le récepteur, la lumière se propage. Nous savons par l’observation courante qu’elle se
propage en ligne droite : observation d’un rayon de soleil pénétrant dans une pièce sombre, observation
des bords rectilignes du faisceau lumineux d’un phare, etc.

En fait, le principe de propagation rectiligne de la lumière cesse d’être vérifié quand on impose à la
lumière de passer par des ouvertures de très petites dimensions ou de contourner des obstacles de très
petites taille. En effet, la lumière est un phénomène vibratoire (fréquence ν) se propageant à une certaine
vitesse v. Tant qu’elle ne rencontre que des discontinuités du milieu de dimensions beaucoup plus grandes
que sa longueur d’onde λ (λ = v/ν), elle n’est pas affectée et suit son trajet rectiligne ; en revanche, si
la dimension du trou ou de l’obstacle devient de l’ordre de sa longueur d’onde, alors la propagation de
l’onde se trouve perturbée et n’est plus rectiligne : c’est le phénomème de diffraction. Dans la suite de
ce résumé, nous supposerons toujours que les ouvertures ou obstacles placés sur le trajet de la lumière
sont suffisamment grands pour pouvoir négliger les phénomènes de diffraction et s’en tenir au principe de
propagation rectiligne. L’association de ce principe et des lois de Descartes permet de trouver l’ensemble
des résultats de l’optique géométrique.

Nous avons dit que la lumière était un phénomène ondulatoire de fréquence ν et de vitesse de propagation
v. Une lumière constituée par un signal de fréquence bien déterminée est appelée radiation monochroma-
tique (par exemple la lumière jaune émise par une lampe au sodium ou la lumière émise par un laser). Par
contre, la lumière émise par le soleil est la juxtaposition d’une infinité de radiations monochromatiques
que l’on peut observer, en partie, dans un arc en ciel. La lumière émise par une lampe à décharge (ou
lampe spectrale) contient un petit nombre de radiations bien déterminées.

Une radiation monochromatique est donc caractérisée par sa fréquence ν qui ne dépend pas du milieu
traversé. Pendant une période T = 1/ν, la radiation parcourt dans le milieu transparent un trajet λ = v/ν
que l’on appelle longueur d’onde, où v est la vitesse de propagation dans le milieu. Cette vitesse est
maximale dans le vide, on la désigne par c :

c = 299 792 458 m s−1 .


Remarque : dans la pratique, pour caractériser une radiation, on utilise sa longueur d’onde dans le vide
λ0 = c/ν. Voici quelques points de repère pour les valeurs de λ0 .

27
28 LA SPECTROSCOPIE

Dans les milieux matériels transparents, la vitesse de propagation v est toujours inférieure à c. On
caractérise donc ces milieux par le rapport c/v que l’on appelle l’indice absolu n du milieu.
c
n= , toujours > 1.
v
Donnons quelques exemples de valeurs d’indice :
Milieu Indice
vide 1,000 000
air 1,000 29
eau 1,33
verre 1,5 à 1,7
diamant 2,42
En toute rigueur, il faut savoir que la vitesse de propagation de la lumière ne dépend pas que du milieu
traversé mais aussi de la fréquence de la radiation (ou des radiations) composant cette lumière. Autrement
dit, pour deux radiations monochromatiques de fréquences ν différentes, le même milieu a deux
indices n différents. Dans le domaine visible, on peut donner la relation suivante entre l’indice n d’un
milieu et la longueur d’onde λ :
b
n = a + 2.
λ
Dans la pratique et par convention les valeurs données pour n correspondent à la lumière jaune (raie D
du sodium), zone moyenne du spectre visible. L’écart entre les indices extrêmes et l’indice pour la lumière
jaune est généralement faible et, sauf pour l’étude de la dispersion, nous ne tiendrons pas compte de cette
variation.

Le prisme
Définition
Un prisme est un milieu transparent limité par deux dioptres plans non parallèles BP et BP ′ . On
supposera toujours que le prisme est plus réfringent que le milieu extérieur (nprisme > next ) et que les
rayons lumineux tombant sur le prisme sont situés dans un plan de section principale.

B P’
A
P

Marche d’un rayon lumineux


Un rayon incident SI contenu dans un plan de section principale (plan de la figure) arrive sur la première
face du prisme sous l’angle d’incidence i. Puisque le prisme est plus réfringent que le milieu extérieur,
ce rayon peut toujours pénétrer dans le prisme. La 1ere loi de Descartes affirme qu’il reste dans le plan
de la figure. La 3eme loi de Descartes (n1 sin i = n2 sin r) affirme qu’il se rapproche de la normale. Ici,
on posera nn12 = n (où n > 1) donc sin i = n sin r. Le rayon va ensuite frapper la face de sortie sous une
incidence r′ . Mais cette fois, le rayon allant d’un milieu plus réfringent vers un milieu moins réfringent,
il existe un angle limite d’incidence ilim tel que sin ilim = 1.
Donc deux cas :

1) si r′ > ilim , il n’y a pas de rayon émergent du prisme.

2) si r′ < ilim , il y a un rayon émergent, faisant un angle i′ avec la normale.


LA SPECTROSCOPIE 29

Au total, le rayon a été dévié par le prisme d’un angle D, angle entre le rayon incident SI et le rayon
émergeant I ′ S ′ :
D = (i − r) + (i′ − r′ )

A
I : point d’incidence
I I ′ : point d’émergence
i K : intersection des normales
r r’ I’ L : intersection des rayons incidents et dévié
S i’ D
A D : angle de déviation
K
n1 n2
S’

Formules du prisme
Les lois de Descartes donnent sin i = n sin r et n sin r′ = sin i′ . Soit K le point d’intersection des normales
en I et I ′ alors les angles en A et K sont supplémentaires (A + IKI [′ = 180◦ ). Comme par ailleurs,
[′ + r + r′ = 180◦, on en déduit que A = r + r′ . Donc D peut se mettre sous la forme : D = i + r′ − A.
IKI
On obtient donc les quatre formules fondamentales :

sin i = n sin r,

sin i = n sin r′ ,
A = r + r′ ,
D = i + i′ − A.

Conditions d’émergence d’un rayon incident


Tout rayon incident pénètre dans le prisme mais il n’en sort pas nécessairement. On appelle ilim l’angle
limite : sin ilim = 1/n. Il y a émergence si : −ilim < r′ < +ilim

Condition sur A
D’après les formules du prisme, on a alors −ilim < A − r < +ilim . La valeur maximale de r correspond
à l’incidence rasante.
rmax = ilim ⇒ 0 ≤ A ≤ 2ilim )
Remarque : L’angle limite dépend de l’indice, donc de la longueur d’onde. La condition d’émergence
pourra donc être vérifiée pour certaines longueurs d’onde et pas pour d’autres.

Condition sur i
Pour un prisme d’indice n donné et d’angle A donné, on a :

−ilim < A − r < +ilim ⇒ A − ilim < r < A + ilim .

Comme r ≤ ilim , l’inégalité r ≤ A + ilim est toujours vérifiée. il faut donc vérifier A − ilim ≤ r ou :
sin(A − ilim ) ≤ sin r. On appelle i0 l’angle d’incidence minimum. i0 vérifie la relation :

sin i0 = n sin(A − ilim ).

Pour un prisme d’angle A et d’indice n, il n’y a émergence que pour des rayons incidents d’angle i > i0 .

En résumé :
si A > 2ilim aucun rayon ne peut ressortir.
si A ≤ 2ilim tous les rayons incidents compris dans la région hachurée peuvent ressortir.
30 LA SPECTROSCOPIE

Étude de la déviation D
Nous allons considérer comme constants successivement deux des trois paramètres A, n ou i et étudier
les variations de D en fonction du troisième.

Variation de D en fonction de i
On considère un prisme d’angle A donné, éclairé par une lumière monochromatique. L’indice n est donc
donné. Compte tenu du principe de retour inverse de la lumière, si à un angle d’incidence i = i1 ≥ i0
correspond un angle d’émergence i′ = i2 , à un angle d’incidence i = i2 correspond un angle d’émergence
i′ = i1 . Pour ces deux valeurs de i (i1 et i2 ), la déviation D = i1 + i2 − A est la même.
Ainsi, puisque la déviation varie en fonction de l’angle i d’incidence, elle passe nécessairement par un
minimum (ou un maximum) qui est atteint lorsque i = i′ = im
On peut déduire des quatres equations du prisme la loi de variation de D en fonction de i.

dD cos i cos r′
=1− .
di cos i′ cos r
dD
D est extremum pour di = 0, donc pour cos i cos r′ = cos i′ cos r.

On peut éliminer r et r′ qui sont liés à i et i′ . On montre alors que :

dD
=0 et i = ±i′ .
di
Comme i = −i′ est impossible (on aurait r = −r′ d’où A = 0), on a la déviation minimum pour i = im = i′

A
Dm = 2im − A et rm = .
2
On peut donner l’indice en fonction de Dm : n = sin im / sin rm .
Dm +A

sin 2
n= .
sin A
2

Remarque : Approximation des petits angles.


Si les angles A et i sont petits, les équations du prisme s’écrivent :

i ∼ nr,

i ∼ nr′ ,
A ∼ r + r′ ,
D ∼ i + i′ − A = n(r + r′ ) − A = A(n − 1).

Récapitulatif
LA SPECTROSCOPIE 31

dD
i i′ di D

π π
i0 2 → −∞ D0 = i0 + 2 −A

im im 0 Dm

π π
2 i0 1 D0 = i0 + 2 −A

Variation de D en fonction de A
On suppose i et n constants, on peut déduire des quatre équations du prisme la loi de variation de D en
fonction de A.
dD cos r′
=n − 1.
dA cos i′
Comme r′ < i′ , on a toujours dD
dA > 0.

Pour i et n donnés, la déviation augmente en fonction de l’angle du prisme.

Pour A3 > A2 > A1


on a : Dm3 > Dm2 > Dm1
et : D03 > D02 > D01

Variation de D en fonction de n
On suppose i et A constants, on peut déduire des quatre équations du prisme la loi de variation de D en
fonction de n :
dD sin A
=n
dA cos i′ cos r
Cette fonction est toujours positive. La déviation augmente avec l’indice.

Application : Dispersion par un prisme.

D augmente avec n pour a et i fixé. L’indice pour le violet est supérieur à celui du rouge. Lorsque l’on
éclaire un prisme avec un faisceau parallèle de lumière polychromatique, on sépare les différentes compo-
santes de cette lumière.
32 LA SPECTROSCOPIE