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Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires


à l’évaluation et la réduction des risques menaçant les éléments de la diversité
biologique en Algérie

Technical Report · December 2003

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Aissa Abdelguerfi
Ecole Nationale Supérieure Agronomique
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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE L’ENVIRONNEMENT

FEM/PNUD

Projet ALG/97/G31

Plan d’Action et Stratégie Nationale sur la Biodiversité

TOME V
EVALUATION DES BESOINS EN MATIERE DE RENFORCEMENT DES CAPACITES
NECESSAIRES A L’EVALUATION ET LA REDUCTION DES RISQUES MENAÇANT
LES ELEMENTS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE EN ALGERIE

RAPPORT DE SYNTHESE

Tome I à Tome IV : Mises en œuvre des mesures générales pour la conservation in situ et
ex situ et l’utilisation durable de la biodiversité en Algérie
Tome V à Tome VIII : Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités
nécessaires à l’évaluation et la réduction des risques menaçant les
éléments de la diversité biologique en Algérie.
Tome IX à Tome XII : Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités
nécessaires à la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité
importante pour l’agriculture

A. ABDELGUERFI

2003
Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 1
Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à l’évaluation et la réduction des
risques menaçant les éléments de la diversité biologique en Algérie

SOMMAIRE DU RAPPORT DE SYNTHESE (TOME V)

Pages
PREAMBULE 8
1. SYNTHESE SUR LES MENACES QUI PESENT SUR LA BIODIVERSITE ET 10
L’ENVIRONNEMENT EN ALGERIE
1.1. Définitions préliminaires 10
1.1.1. La biodiversité 10
1.1.2. La diversité génétique 11
1.1.3. Les écosystèmes 11
1.1.4. Les ressources génétiques 11
1.1.5. L’érosion génétique 12
1.1.6. La pollution génétique 12
1.2. Nature des menaces pesant sur la biodiversité en Algérie 12
1.2.1. Menaces d’ordre abiotique 12
1.2.2. Menaces d’ordre anthropique 17
1.3. Menaces spécifiques pesant sur quelques écosystèmes dominants 19
1.3.1. Menaces sur les écosystèmes forestiers 19
1.3.2. Menaces sur les écosystèmes steppiques 23
1.3.3. Menaces sur les écosystèmes sahariens 26
1.3.4. Menace sur les écosystèmes oasiens 27
1.3.5. Menaces sur les agro-systèmes du tell 32
1.3.6. Les écosystèmes côtiers et marins 36
2. EVALUATION DES BESOINS VISANT LA REDUCTION DES RISQUES MENAÇANT LA 38
DIVERSITE BIOLOGIQUE EN ALGERIE
2.1. Etat des capacités actuelles 38
2.1.1. L'effort national global de préservation de la diversité biologique 38
2.1.2. Stratégie de conservation et d’utilisation durable de la diversité biologique 38
2.1.3. Domaines d’intervention prioritaires 41
2.2. Besoins en matière de renforcement des capacités 42
2.2.1. Approche globale visant le renforcement des capacités 42
2.2.2. Stratégie en matière de renforcement des capacités nécessaires a la réduction des risques menaçant la 43
diversité biologique locale et globale
2.3. Partage des responsabilités entre les différentes parties concernes et/ou les partenaires impliqués 49
2.3.1. Prise en charge actuelle de la biodiversité 49
2.3.2. Renforcement institutionnel pour la mise en cohérence de la prise en charge de la biodiversité 50
2.3.3. Prise en charge des grandes préoccupations nationales ayant un impact direct sur la biodiversité 52
2.4. Mécanismes de financement et de gestion du financement visant la réduction des risques menaçant 68
la diversité biologique
2.4.1. Principes généraux 68
2.4.2. Les mécanismes de financement à mettre en oeuvre 71
2.5. Les besoins en matière de formation et de sensibilisation visant la réduction des risques menaçant la 72
diversité biologique
2.5.1. Principes généraux et axes stratégiques 72
2.5.2. Renforcement des capacités 75
2.6. Conclusion 77
BIBLIOGRAPHIE 79
ANNEXES 80

SOMMAIRE DU TOME VI (RECUEIL DES COMMUNICATIONS)

Pages
Préambule 2
Impacts Des Changements Climatiques Et De L’Ozone Sur La Biodiversité, par TABET M. 3
L’Eau Et Son Impact Sur La Biodiversité, par MOUHOUCHE B. 7
La Dégradation Des Sols Et La Biodiversité En Algérie, par GAOUAS A. 15
Le Surpâturage, Le Défrichement Et La Désertification, par MEDERBAL K. 27
La Désertification, par DJEHICH F. 62

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 2
Les Incendies, par OLDACHE M. E.H. 69
L’Urbanisation, Les Infrastructures Et La Démographie, par BENMEBAREK A., FRIOUI M. 79
Les Menaces Des Produits Chimiques Sur La Diversité Biologique, par REBAH M. 81
La Bio-Invasion, La Pollution Et L’Erosion Génétiques, par KHELIFI L., MORSLI A., KHELIFI- 84
SLAOUI M.
L’impact De La Pêche Sur La Diversité Biologique Marine, par CHALABI A. 103
La Chasse En Tant Que Menace Pesant Sur Les Composantes De La Diversité Biologique, par 116
BELOUED A.
Moyens D’Evaluation Economique Des Impacts Sur La Biodiversité, par BOUREZG K. 118
Conservation De La Biodiversité Et Populations Locales : Quel Rôle A Joué Le Savoir Ancestral Dans 143
La Conservation Des Ecosystèmes ? par MALKI M.
Programme De l’Atelier 151
Listes Des Participants 152

SOMMAIRE DU TOME VII (BILANS DES EXPERTISES)

Pages
PREAMBULE 7

LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET L’OZONE 8

Préambule 8
1. Biodiversité et différentes pressions 10
2. Liens entre biodiversité et climat 11
2.1. Analyse historique 11
2.2. Biodiversité et système climatique 12
3 Evolution du climat en Algérie 12
3.1. Evolution de la température 12
3.2. Evolution des précipitations 12
3.3. Projections climatiques sur l’Algérie 13
4. Biodiversité et couche d’ozone 14
4.1. Augmentation du rayonnement UV à la surface de la terre 15
4.2. Mesure de l’ozone total atmosphérique en Algérie 16
4.3. Impacts de la diminution de la couche d’ozone sur la biodiversité 16
5. Biodiversité et ozone troposphérique 19
5.1. Mesure de l’ozone troposphérique en Algérie 19
5.2. Impacts de l’ozone troposphérique sur les écosystèmes terrestres 20
6. Biodiversité et augmentation de la concentration atmosphérique du CO2 22
6.1. Evolution de la concentration du CO2 dans l’atmosphère 22
6.2. Impacts de l’augmentation de la concentration du CO2 sur les écosystèmes terrestres 22
6.3. Impacts de l’augmentation de la concentration du CO2 sur les écosystèmes marins 24
7. Biodiversité et changements climatiques 25
8. Méthodologie d’étude des impacts des changements climatiques sur la biodiversité 30
8.1. Méthodologie basée sur le déplacement des écosystèmes 30
8.2. Méthodologie basée sur les facteurs écologiques 30
8.3. Application de la méthodologie basée sur le déplacement des écosystèmes à l’Algérie 31
8.4. Application de la méthodologie basée sur les facteurs écologiques à l’Algérie 32
9. Atténuation des changements climatiques et biodiversité 33
9.1. Impacts potentiels du boisement, reboisement et lutte contre la déforestation sur la biodiversité 33
9.2. Impacts potentiels de l’exploitation des terres sur la biodiversité 34
9.3. Impacts potentiels des nouvelles technologies de l’énergie sur la biodiversité 35
10. Adaptation aux changements climatiques et biodiversité 35
10.1. Notion de vulnérabilité 35
10.2. Options potentielles d’adaptation pour réduire les impacts des changements climatiques sur les 36
écosystèmes et la biodiversité
10.3. Conséquences des activités d’adaptation sur les écosystèmes et la biodiversité 36
10.4. Synergie entre la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité et les changements climatiques 37
11. Prise en charge actuelle de la biodiversité au niveau institutionnel 37
11.1. Niveau mondial 37
11.2. Niveau national 37
12. Analyse des capacités actuelles pour atténuer les pressions liées aux changements climatiques et à 38
l’ozone

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 3
13. Stratégie en matière de renforcement des capacités pour atténuer les pressions liées aux 40
changements climatiques et à l’ozone
13.1. Objectifs de la stratégie 40
13.2. Types d’actions de renforcement 40
13.3. Groupes cibles 41
14. Renforcement des capacités pour atténuer les pressions liées aux changements climatiques et à 41
l’ozone
14.1. Information générale 42
14.2. Prospective 43
14.3. Actions sectorielles 44
14.4. Appui à la sensibilisation et la prise de décision 45
14.5. Formation et renforcement de capacités spécifiques 46
15. Renforcement institutionnel 46
16. Mécanismes de financement 48
17. Conclusion 49

L’EAU ET SON IMPACT SUR LA BIODIVERSITE 50

Introduction 50
1. Situation actuelle 52
2. Propositions futures 58
Conclusion 60

LA DEGRADATION DES SOLS 61

1. Introduction 61
2. Importance de la dégradation des sols 63
2.1. La dégradation des sols 63
2.2 La diversité biologique 63
2.3. L’importance de la biodiversité 63
2.4. Le sol réservoir de la biodiversité 64
3. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à l'atténuation de la 65
dégradation des sols et sa menace qui pèse sur les éléments de la biodiversité dans sa globalité
3.1. Etat des capacités actuelles 65
3.2. Besoins en matière de renforcement des capacités (organisationnels, institutionnels, matériels, humains, 67
financiers, juridiques et législatifs)
4. Partage des responsabilités entre les différentes parties concernées et/ou les différents partenaires 68
impliqués
5. Mécanismes de financement et de gestion du financement pour amener les différents partenaires à 69
atténuer les risques de la dégradation des sols (fonds à mettre en place, moyens à mettre en œuvre….)
6. Stratégie en matière de renforcement des capacités nécessaires à la réduction des risques de la 69
dégradation des sols menaçant la diversité biologique locale et globale
7. Perspectives : la durabilité des actions dans la lutte contre la dégradation des sols et la sauvegarde de la 71
diversité biologique. Quelques concepts
7.1. L'évaluation des sols pour l'utilisation planifiée et durable des terres 71
7.2. Planification de l'utilisation des sols et le développement durable 71
7.3. Les indicateurs des qualités des terres: Moyens d'évaluation de l'état de la biodiversité 72
8. Conclusion 73

LE SURPATURAGE, LE DEFRICHEMENT ET LA DESERTIFICATION 74

Introduction 74
1. Introduction sur la diversité biologique et sur le surpâturage, le défrichement et la désertification 75
1.1. Exposé introductif sur la diversité biologique 76
1.2. Exposé introductif sur le défrichement, le surpâturage et la désertification 79
2. Importance du surpâturage, du défrichement et de la désertification et de leurs impacts sur la diversité 80
biologique
2.1. Préambule sur le phénomène désertification, conséquence du surpâturage et du défrichement 80
2.2. Compréhension des mécanismes de la désertification des zones arides 81
2.3. Impacts du phénomène désertification sur la diversité biologique 85
3. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à l'atténuation du 87
surpâturage, du défrichement et de la désertification et de leurs menaces qui pèsent sur la DB en
général (quantification)

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 4
3.1. Etat des capacités actuelles 87
3.2. Besoins en matière de renforcement des capacités: besoins organisationnels, institutionnels, matériels, 91
humains, financiers, juridiques et législatifs (taxes, impôts, textes à mettre en place et/ou à modifier)
4. Partage des responsabilités entre les différentes parties concernées et/ou les partenaires impliqués 97
5. Mécanismes de financement et de gestion du financement pour amener les différents partenaires à 98
atténuer les risques de surpâturage, du défrichement et de la désertification
6. Stratégie en matière de renforcement des capacités nécessaires à la réduction des risques de 98
surpâturage, du défrichement et de la désertification menaçant la diversité biologique locale et globale
6.1. Stratégie de conservation de la flore 99
6.2. Stratégie de conservation de la faune 99
6.3. Stratégie de conservation des zones humides 100
6.4. Stratégie de conservation de la biodiversité 100
6.5. Stratégie de conservation des espèces animales locales 101
6.6. Stratégie pour prévenir les risques biotechnologiques 101
6.7. Stratégie pour le partage équitable des avantages découlant de la mise en valeur des ressources biologiques 102
6.8. Stratégie pour l'utilisation durable de la biodiversité 102
Conclusion 104

LA DESERTIFICATION 106

Avant propos 106


Introduction 108
1. Introduction sur la biodiversité 109
1.1. Evolution des théories écologiques et notion de biodiversité 110
1.2. La diversité biologique : origine, consistance et répartition géographique 111
1.3. Importance de la diversité biologique et des ressources biologiques 112
2. Introduction sur la désertification en tant que menace sur les composantes de la biodiversité 114
2.1. Introduction sur la désertification 114
2.2. Causes de la désertification 115
2.3. Conséquences de la désertification 116
2.3. Menaces de la désertification sur la diversité biologique 117
3. Importance de la désertification et son impact sur la diversité biologique (quantification) 120
3.1. Le barrage vert 120
3.2. Importance de la désertification (quantification) : la carte nationale de sensibilité à la désertification 121
élaborée par télédétection
3.3. Impact sur la diversité biologique 124
3.4. Conséquences de l’appauvrissement de la diversité biologique 125
4. Evaluation des besoins pour renforcement des capacités nécessaires à l’atténuation de la désertification 126
et sa menace sur la biodiversité
4.1. Etat des capacités actuelles 126
4.2. Renforcement des capacités 135
5. Partage des responsabilités entre les différentes parties concernées et / ou les différents partenaires 138
6. Mécanismes de financements et de gestion du financement pour amener les différents partenaires à 138
atténuer les risques de la désertification (fonds à mettre en place, moyens à mettre en oeuvre)
7. Eléments de la stratégie en matière de renforcement des capacités nécessaires à la réduction des risques 139
de la désertification menaçant la biodiversité locale et globale
Conclusion 144

LES INCENDIES 145

Introduction 145
1. Quelques notions sur la diversité biologique 145
2. La forêt algérienne 146
3. Les incendies de forêt 146
3.1. Généralités 146
3.2. Notion de pyrologie forestière 147
3.3. Risques Incendies 148
3.4. Comportement des êtres vivants devant l’incendie 149
3.5. Les feux de forêt en Algérie 150
3.6. Lutte contre les incendies de forêt 152
Conclusion 154

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 5
L’URBANISATION, LES INFRASTRUCTURES ET LA DEMOGRAPHIE 157

1. Introduction 157
1.1. Le contexte géo-politique international 157
1.2. Situation internationale de la diversité biologique 157
1.3. La biodiversité dans le contexte algérien en général 157
2. Analyse conceptuelle 160
2.1. Définition de la biodiversité, des ressources biologiques, et de la conservation 160
2.2. Environnement 161
2.3. Notions d'écologie 161
2.4. Génétique Et Environnement 162
2.5. Productivité 163
3. La problématique de la biodiversité dans le monde 163
3.1. Pourquoi la biodiversité s'amenuise-t-elle ? 163
3.2. Une crise mondiale de la disparition des espèces 163
4. Menaces de l’accroissement de la population sur la biodiversité 166
4.1. Etat des lieux 166
4.2. Altération de l'environnement par l’homme 168
5. L’importance de l’étude sociologique portant sur le concept de la valeur ayant trait a la conservation 174
de la biodiversité
5.1.Le sujet 174
5.2. Valeurs et niveaux d’analyse 175
5.3. Méthodes d’étude des valeurs 175
5.4. Evaluation économique de la biodiversité 176
5.5. Changement de valeurs et biodiversité 177
5.6.Valeurs et développement durable 178
5.7. Gestion de la biodiversité dans l’aménagement de la terre 179
6. Préservation de la biodiversité 181
7. Impact de la démographie, de l’urbanisation et des infrastructures sur la biodiversité en Algérie 182
7.1. Impact de la démographie sur la biodiversité 182
7.2. Impact de l’urbanisation sur la biodiversité 188
7.3. Impact des infrastructures sur la diversité biologique 198
8. Le phénomène de la désertification 206
9. Soutenir la participation des communautés locales dans un système d’information sur la gestion de la 210
biodiversité
9.1. Importance de l’approche participative des communautés locales 210
9.2. Conservation in situ et gestion participative 211
9.3. Le rôle de l’expertise scientifique 212
9.4. Quel système d’information pour les organisations locales 213
10. Valorisation économique de la biodiversité 213
11. La stratégie algérienne en matière de conservation de la biodiversité 113
11.1. La stratégie gouvernementale 113
11.2. Stratégie et programme d’action pour la conservation 224
12. Les recommandations 230
Conclusion générale 245

LES POLLUTIONS CHIMIQUES 246

Préambule 246
Introduction 246
1. Définitions et contexte 247
1.1. Définitions 247
1.2. Les pollutions chimiques et leurs effets sur la diversité biologique 247
1.3. Contexte réglementaire et institutionnel 253
2. Diversité biologique et pollutions chimiques en Algérie 254
2.1. La diversité biologique en Algérie 254
2.2. Impacts des pollutions chimiques sur la diversité biologique en Algérie 255
3. Renforcement des capacités 257
3.1. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités 257
3.2. Partage des responsabilités 258
3.3. Mécanismes de financement et de gestion des financements 258
3.4. Stratégie en matière de renforcement des capacités 258
Conclusion 260

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 6

LA BIO-INVASION, LA POLLUTION ET L’EROSION GENETIQUES 262

1. Introduction 262
2. Définition de concepts 263
2.1. Biodiversité 263
2.2. Ressources génétiques 265
2.3. Bio-invasion 266
2.4. Pollution génétique 268
2.5. Erosion génétique 269
2.6. Biopiratage 272
3. Etat actuel de la biodiversité 274
3.1. Etat de la DB à l’échelle mondiale 274
3.2. Etat de la Diversité Biologique en Algérie 275
3.3. Inventaire et recensement de la diversité biologique 276
3.4. Législation et réglementation en relation avec la Biodiversité 278
3.5. L’Algérie et les conventions internationales en matière de DB 279
3.6. Institutions actuellement en charge de veiller à l’application des textes réglementaires en relation la 281
biodiversité
3.7. Etat actuel des capacités en matière de contrôle des importations de matériel biologique 284
3.8. Conclusion 285
4. Menaces pesant sur la biodiversité (importance de l’impact) 286
4.1. Menaces d’origine abiotique 287
4.2. Menaces d’origine biotique 289
4.3. Menaces d’origine anthropique 291
4.5. Conclusion 293
5. Stratégie pour la conservation de la biodiversité 295
5.1. Pourquoi conserver la biodiversité ? 295
5.2. Principes généraux pour la conservation de biodiversité 295
5.3. Stratégie pour la conservation de la biodiversité 297
6. Renforcement des capacités pour la conservation de la biodiversité 303
6.1. Renforcement des capacités humaines et institutionnelles 303
6.2. financement de la biodiversité 305
7. Conclusion générale 306

LA PECHE 308

Introduction 308
1. Présentation 309
1.1. Les côtes algériennes 309
1.2. L’activité halieutique proprement dit 311
2. Le système d’exploitation actuel 315
2.1. Les perspectives déclarées 315
2.2. Les capacités biologiques 317
2.3. Evaluation des besoins 318
3. Partage des responsabilités 323
3.1. Les protagonistes 323
3.2. Les principes fondamentaux directeurs 324
3.3. La répartition des tâches 324
4. Le financement des actions 326
4.1. Les opérateurs 326
4.2. Les bailleurs de fond 326
4.3. L’accès à la mer réglementé 326
5. Stratégie en matière de renforcement des capacités 327
Conclusion 329

LA CHASSE 331

1. Introduction sur la diversité biologique et sur la chasse en tant que menace pesant sur les composantes 331
de cette diversité biologique
2. Importance de la chasse et de son impact sur la diversité biologique (quantification) 332
3. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à l’atténuation de la 334
chasse qui pèsent sur la diversité biologique dans sa globalité

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 7
3.1. Etat des capacités actuelles 334
3.2. Besoins en matière de renforcement de capacité 335
4. Partage des responsabilités entre les différentes parties concernées et/ou les différents partenaires 336
impliqués
4.1. L’administration forestière 336
4.2. Les groupements de chasseurs 337
4.3. L’administration judiciaire 337
4.4. Administration touristique 337
4.5. Administration du commerce 337
5. mécanisme de financement et de gestion du financement pour amener les différentes partenaires à 337
atténuer les risques de la chasse (fonds à mettre en place, moyens à mettre en œuvre)
6. Stratégie en matière de renforcement des capacités nécessaires à la réduction des risques de la chasse 338
menaçant la diversité biologique locale et globale
7. Conclusion 338

LA COMMERCIALISATION 340

1. Introduction 340
2. Problématique démarche 342
2.1. Raisons de l’examen des liens entre le commerce et l’environnement 342
2.2. Importance de l’étude des liens entre l’environnement et le commerce extérieur 343
3. Applications : Explicitations 344
3.1. Justification des secteurs choisis 344
3.2. Note explicative du choix des secteurs et des produits 347
3.3. Contribution des secteurs 347
3.4. Justification du choix des intrants 348
4. Résultats et commentaires 348
4.1. Les sources : présentation et commentaires 349
4.2. Résultats et commentaires 353
4.3. Les degrés de sensibilité des produits sectoriels 356
5. Implications de politiques de l’environnement et recommandations 358
5.1. Quelques propositions 358
5.2. Conclusion générale et recommandations 360
5.3. Précautions dans l’utilisation du modèle 361

SOMMAIRE DU TOME VIII (ANNEXES DES ETUDES)

Pages
Les Changements Climatiques et l’Ozone 2
La Dégradation des Sols 11
Le Surpâturage, le Défrichement et la Désertification 18
Les Incendies 21
L’Urbanisation, les Infrastructures et la Démographie 32
Les Pollutions Chimiques 39
La Bioinvasion, la Pollution et l’Erosion Génétiques 45
La Pêche 47
La Chasse 58
La Commercialisation 59

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 8
Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à l’évaluation et la réduction des
risques menaçant les éléments de la diversité biologique en Algérie

PREAMBULE
En l’an 2000, le premier projet de Plan d’Action et Stratégie Nationale sur la Biodiversité fut
élaboré par une équipe d’experts nationaux et internationaux, sous la direction du feu Prof
MEDIOUNI Kouider, à la suite du plus grand processus de formulation participative et consultatif
jamais accompli en Algérie. La version finale du Plan d’Action et Stratégie Nationale sur la
Biodiversité fut parachevée et soumise à l’approbation des organismes et des différentes parties
concernées (représentées dans le Comité Directeur) avant d’être officiellement entérinée par le
gouvernement.

Afin d’affiner le travail sur le biodiversité, le gouvernement algérien a bénéficié d’une aide du
FEM pour évaluer ses besoins en matière de renforcement des capacités, déterminer les priorités
spécifiques au pays, analyser les capacités fonctionnelles et institutionnelles nécessaires à la
conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité conformément aux recommandations du
Plan d’Action et Stratégie Nationale sur la Biodiversité.

Les trois actions prioritaires retenues sont :


 Mises en œuvre des mesures générales pour la conservation in situ et ex situ et l’utilisation
durable, y compris les plans, stratégies et législations nationales ;
 Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à
l’évaluation et la réduction des risques menaçant les éléments de la diversité biologique
en Algérie ;
3. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à la
conservation et l’utilisation durable de la biodiversité importante pour l’agriculture ;

Lors de l’évaluation de la biodiversité, le Plan d’Action et Stratégie Nationale sur la Biodiversité
a identifié plusieurs pressions anthropogéniques, économiques et de développement ainsi que les
activités qui entravent la conservation de la biodiversité et le développement durable. Plusieurs
zones protégées ont été jusqu’à présent soumises à un pâturage sans retenue, une surexploitation
non gérée, une dégradation de l’habitat et une perturbation due aux activités humaines.
Malheureusement, beaucoup de ces questions n’ont jusqu’ici pas été abordées de manière adéquate
par les programmes nationaux de conservation et de gestion, principalement en raison de capacités
ponctuelles et un faible partage des responsabilités entre les différentes parties concernées. Le Plan
d’Action et Stratégie Nationale sur la Biodiversité a exhorté les organismes concernés à manifester
un intérêt particulier à la protection de la biodiversité à travers la réglementation de l’utilisation de
la biodiversité et les écosystèmes naturels dont ils font partie.

On considère qu’il est nécessaire d’entreprendre une évaluation participative impliquant toutes
les parties concernées, les représentants des différents secteurs et les acteurs ayant un impact sur la
biodiversité pour identifie de manière spécifique les besoins en matière de renforcement des
capacités nécessaires à l’atténuation des risques affectant la diversité biologique locale et
globalement importante.

Le présent travail complétera le Plan d’Action et Stratégie Nationale sur la Biodiversité ; il sera
incorporé dans le rapport général sur le renforcement des capacités résumant les besoins en matière
de renforcement des capacités nécessaires à la réduction des risques menaçant la biodiversité, le
partage des responsabilités entre les différentes parties concernées, les mécanismes de participation
locale, le mécanisme financier et la gestion du financement.

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 9
Le résultat principal de cette activité est ce rapport de synthèse qui définit les rôles effectifs et
attendus ainsi que les responsabilités des différentes institutions et les différentes parties concernées
par l’Evaluation et la réduction des risques menaçant les éléments de la diversité biologique en
Algérie. Ce rapport fournit également des renseignements sur les besoins en matière de
renforcement des capacités nécessaires à une réduction efficace des risques pesant sur les
composantes de biodiversité en Algérie.

L’Atelier N° 2, du projet ALG/97/G31 (phase complémentaire), qui s’est tenu à Alger du 10 au


11 décembre 2002, a pour objectifs principaux les mesures se rapportant aux menaces pesant sur les
composantes de la biodiversité.

Pour cela plusieurs consultants, en groupe ou de manière individuelle, ont été sensibilisés pour
élaborer des expertises nécessaires sur les menaces suivantes :

x Tabet M : Les changements climatiques ;


x Mouhouche B : L’eau et son impact sur la biodiversité ;
x Gaouas A. : La dégradation des sols ;
x Mederbal K. : Le surpâturage, le défrichement et la désertification ;
x Djehich F. : La désertification ;
x Oldache E.H. : Les incendies;
x Benmebarek A. et Frioui M. : l’urbanisation, les infrastructures et la démographie ;
x Rebah M. : Les pollutions chimiques ;
x Khelifi L., Morsli A.S. et Khelifi M. : La bioinvasion, la pollution et l’érosion
génétiques ;
x Chalabi A. : La pêche ;
x Beloued A. : La chasse ;
x Bourez K. : La commercialisation
x Malki M. a été invité à faire une communication sur le savoir-faire1 compte tenu de
l’importance de cet aspect dans la conservation, la gestion et la valorisation de la diversité
biologique.
La perte du savoir-faire local et des connaissances traditionnelles en matière de
biodiversité est un risque important qui menace fortement les éléments de la diversité
biologique en Algérie.

Tous les travaux menés dans le cadre de cette partie sur les menaces figurent au niveau des
Tomes V à VIII :
x Le présent rapport de synthèse, Tome V, est basé essentiellement sur le travail de synthèse
réalisé par MM. CHEHAT Fouad (INA, El Harrach) et MEDERBAL Khalladi
(Université de Mascara) ;
x Le Tome VI regroupe les communications présentées lors de l’Atelier N°2 qui s’est tenu à
Alger, le 10 et 12 décembre 2002 ;
x Le Tome VII est constitué par l’ensemble des rapports d’expertises réalisés dans le cadre
de cette partie sur les menaces pesant sur les composantes de la biodiversité ;
x Enfin, le Tome VIII regroupe les annexes des différents rapports d’expertises.

Dr. ABDELGUERFI A.
Expert Consultant
2003

1
Il ne nous a pas été possible d’engager un consultant pour faire une étude sur l’impact de la perte du savoir-faire et des
connaissances traditionnelles sur la diversité biologique en Algérie.

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 10

AVANT PROPOS
Le premier objectif de ce rapport (première partie) est de synthétiser le contenu de l’ensemble des
quatorze rapports établis par les consultants et examinés lors du troisième atelier pour inventorier et
préciser la nature des menaces qui pèsent sur la biodiversité et l’environnement en général.
Le second objectif de ce rapport (deuxième partie) est de présenter de manière tout aussi
synthétique les besoins en renforcement des capacités nationales de lutte et de prévention contre ces
menaces en précisant l’ordre de priorité dans les besoins exprimés.

Pour atteindre le premier objectif, il a semblé opportun, dans un premier temps, de caractériser
globalement la nature des menaces pesant sur la biodiversité dans le but de repérer les causes
principales de ces menaces ainsi que leur nature. Dans un second temps, le rapport permettra
d’identifier les menaces spécifiques pesant sur les principaux écosystèmes rencontrés en Algérie de
façon à dégager les différences qui peuvent exister et à percevoir le degré d’urgence en matière de
renforcement des capacités nationales de lutte contre ces menaces.

Avant d’aborder les objectifs explicités ici, il est nécessaire de rappeler le contenu donné aux
principaux concepts utilisés dans ce rapport et dans les rapports sectoriels utilisés.

1. SYNTHESE SUR LES MENACES QUI PESENT SUR LA BIODIVERSITE


ET L’ENVIRONNEMENT EN ALGERIE

1.1. DEFINITIONS PRELIMINAIRES

1.1.1. LA BIODIVERSITE

La convention de Rio définit la biodiversité comme :


« … la variabilité entre les organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les
écosystèmes terrestres, marins et aquatiques (non marins) ainsi que les complexes écologiques dont
ils font partie. Cela comprend la diversité au sein des espèces, entre les espèces et celle des
écosystèmes ». (Convention sur la biodiversité, article2, 1992)
La biodiversité englobe donc à la fois l’ensemble des organismes vivants de la planète et les
relations fonctionnelles complexes qu’ils entretiennent entre eux.

Les composantes de la diversité biologique sont organisées en plusieurs niveaux, du plus simple au
plus complexe, depuis les structures chimiques qui sont les bases moléculaires de l’hérédité
jusqu’aux écosystèmes. La biodiversité englobe donc les écosystèmes, les espèces, les gènes et leur
abondance relative.

La biodiversité est à l’origine de tous les mécanismes qui permettent à la biosphère d’assurer en
permanence des tâches de protection des sols et de régulation du climat et des fluides vitaux
maintenant les paramètres de notre environnement dans des limites compatibles avec la vie
(Fichesser, 1996).

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 11
1.1.2. LA DIVERSITE GENETIQUE

Selon la F.A.O (1993), la diversité génétique désigne la variation des gènes et des génotypes entre
espèces (diversité interspécifique) et au sein de chaque espèce (diversité intra spécifique). Elle
correspond à la totalité de l’information génétique contenue dans les gènes de tous les animaux,
végétaux et micro-organismes qui habitent la terre. Au sein d’une espèce, la diversité permet
l’adaptation au changement de l’environnement, du climat ou des méthodes de culture ou à la
présence de ravageurs et de maladies. La variabilité génétique des populations naturelles est la
condition première de leur survie à long terme, puisque d’elle dépend leur capacité d’adaptation à
des conditions changeantes.

Il existe deux types de diversité génétique : la diversité qualitative et la diversité quantitative. Le


premier type de diversité est d’origine purement intrinsèque aux organismes, il correspond à des
variations phénotypiques discontinues qui ne peuvent être influencées par le milieu : il est à
l’origine de la différence qui existe entre les genres et les espèces.
Le second type de diversité est d’origine intrinsèque mais influençable par le milieu. Ce type de
diversité correspond à des variations phénotypiques continues. Par exemple au sein de la même
espèce, il existe des variations continues entre les individus selon le milieu dans lequel ils vivent.
Sur la base de cette définition, la diversité génétique apparaît comme l’élément fondamental de la
biodiversité.

1.1.3. LES ECOSYSTEMES

Les écosystèmes sont constitués de communautés interdépendantes d’espèces (mélanges complexes


d’espèces et de variétés ou de races) et leur environnement physique (eau, air, sols). Les relations
entre êtres vivants sont très complexes, elles peuvent être d’ordre trophique (chaînes alimentaires,
symbioses, parasitismes…), génétique (flux de gènes)... Les relations milieu/êtres vivants ont
également une importance capitale dans l’expression de la biodiversité. En effet, la diversité
génétique continue (de type quantitatif) est à la fois sous le contrôle des gènes, du milieu, et de
l’interaction génotype/milieu. La diversité des écosystèmes ou écologiques représente la
différenciation des ensembles formés par le milieu (biotope) et la communauté d’êtres vivants
végétaux, animaux et microbiens qui le peuple (biocénose).

La diversité des écosystèmes et des paysages assure et régule les grands cycles bio-géo-chimiques
(eau, carbone, azote, phosphore, …) nécessaires au fonctionnement de la planète et à ses équilibres
climatiques.

1.1.4. LES RESSOURCES GENETIQUES

Selon la Convention sur la Biodiversité, les ressources génétiques constituent « le matériel


génétique ayant une valeur effective ou potentielle ». Les ressources génétiques constituent une
partie des ressources biologiques qui sont définies selon la CDB comme « les ressources
génétiques, les organismes ou éléments de ceux-ci, les populations ou tout autre élément biotique
des écosystèmes ayant une valeur effective ou potentielle pour l’humanité ».

La notion de ressources génétiques ne désigne pas seulement la variabilité génétique intra


spécifique des formes domestiques et apparentées. Pour la flore, par exemple, les ressources
génétiques incluent la diversité du matériel génétique contenu à la fois dans les variétés
traditionnelles, les cultivars modernes, ainsi que des parents sauvages des plantes cultivées et autres
espèces de plantes sauvages pouvant être utilisées pour l’alimentation.

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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 12
Ces ressources constituent la matière première la plus importante pour le sélectionneur et les
biotechnologies ; elles sont l’intrant essentiel de l’agriculteur. Elles constituent également un
réservoir d’adaptation génétique face aux dommages potentiellement induits par les changements
économiques ou environnementaux.

Cette définition s’applique également aux animaux et microorganismes.

1.1.5. L’EROSION GENETIQUE

L'érosion génétique se manifeste aussi bien au niveau de la faune que de la flore suite à
l’introduction de nouvelles variétés ou d’espèces qui entrent en compétition avec des variétés ou des
races sauvages locales. Cependant, il est plus fréquent de parler d'érosion génétique dans les
domaines de l'agriculture et de l'élevage. En effet, l'intensification de l'agriculture passe par
l'expansion de l'irrigation et l'introduction de variétés améliorées dites "à haut rendement". Excepté
dans les zones de culture marginales (environnement aride ou semi-aride, régions montagneuses),
les variétés locales de nombreuses espèces cultivées sont dans la plupart des cas éliminées par les
nouvelles variétés ou races issues de programme d'amélioration génétique. En conséquence de cette
élimination, la base de la biodiversité s’amenuise d’où la notion d’érosion génétique.

1.1.6. LA POLLUTION GENETIQUE

La pollution génétique est un phénomène qui découle du brassage génétique par inter fécondation
de matériel biologique local avec du matériel biologique introduit. Ce dernier peut se faire de
différentes manières : pollen, graines, voire introduction d’organismes entiers au sein d’une
population donnée. Ceci permet d’introduire de nouveaux gènes à l’intérieur des populations. Ces
gènes peuvent être favorables ou défavorables. L’introduction de matériel biologique dans une
population donnée peut être assimilée à la migration qui est en soi une pression évolutive. Or, cette
pression est capable de remettre en cause l’équilibre des gènes au sein de la population réceptrice.

1.2. NATURE DES MENACES PESANT SUR LA BIODIVERSITE EN ALGERIE

Appartenant au Bassin Méditerranéen, l’Algérie fait partie d’une des huit zones géographiques
considérées comme zones de diversification secondaires et donc comme zones disposant d’un haut
potentiel de variabilité génétique. En outre, du fait de l’immensité relative de son territoire,
l’Algérie dispose d’un large éventail d’écosystèmes différents, ce qui multiplie de manière plus que
proportionnelle la diversité de ses ressources génétiques. Des menaces latentes pesaient depuis
plusieurs décennies déjà sur la diversité biologique et la société n’a pas su les prévenir et encore
moins les contrer. En conséquence, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest du pays, la biodiversité est
soumise en permanence à de multiples formes de dégradation et d’appauvrissement. Les menaces
pèsent sur toutes les composantes et sur tous les niveaux de la biodiversité. Dans un souci de clarté,
une présentation globale de ces menaces serait utile.

Ces menaces sont de deux ordres : il existe, d’une part, des menaces que l’on peut qualifier d’ordre
abiotique, et il existe, d’autre part, des menaces d’ordre anthropique.

1.2.1. MENACES D’ORDRE ABIOTIQUE

Elles sont constituées d’abord par les changements climatiques qui semblent affecter toute la
planète et qui se traduisent, en Algérie, par une tendance dominante à l’aggravation de la sécheresse
dans tous les étages bioclimatiques du pays.

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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 13
La dégradation de la biodiversité influence les changements climatiques qui à leur tour rendent les
écosystèmes plus vulnérables et réduisent leur capacité en tant que puits importants de carbone.
Cela entraîne une émission plus importante de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et exacerbe les
changements climatiques. Eu égard au caractère aride et semi-aride de son climat, l’Algérie
ressentira davantage les effets des changements climatiques. Le dérèglement actuel du cycle
“ évaporation-pluie ” conduit à envisager l’occurrence probable d’événements extrêmes comme les
sécheresses prolongées (Photo. 1 et 2) ou les inondations catastrophiques (Photo. 3) ce qui constitue
une menace sévère sur les écosystèmes terrestres et par conséquent sur la biodiversité.

Photographie 1 : Les effets de la sécheresse Photographie 2 : Faible reprise malgré le retour


sur une steppe à alfa (A.Abdelguerfi) des pluies (A.Abdelguerfi)

Photographie 3 : Les inondations au niveau de la voie rapide qui relie Chevalley à Bab El Oued
(Alger, octobre 2002) (In Salem, 2003)

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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 14

La synthèse sur l’évolution récente du climat et les projections climatiques sur l’Algérie met en
évidence, pour ces dernières décennies, une hausse des températures et une baisse des
précipitations sur l’ensemble du pays ainsi qu’une occurrence plus grande de phénomènes extrêmes
comme les inondations et les sécheresses. L’examen de cette synthèse permet de conclure qu’entre
la période 1931-1960 et 1961-1990 :
x La hausse de température a été de l'ordre de 0,5°C ; l'augmentation de l’évapotranspiration
potentielle est une conséquence de l’augmentation de la température (l’évapotranspiration
est une fonction croissante de la température) ;
x La pluviométrie a baissé en moyenne de 10% ;
x Le déficit hydrique a été plus important à l’Ouest qu’au centre et qu’à l’Est du pays.

Pour la période 1990 – 2020, la hausse de la température moyenne sera comprise entre 0.8°C et
1,1°C et la baisse des précipitations moyennes sera de l’ordre de 10%. L’élévation du niveau de la
mer sera comprise entre 5 et 10 cm. L’intensification de l’évaporation due à l’augmentation de la
température s’ajoute à la baisse des précipitations pour diminuer encore plus la quantité des eaux
mobilisables au niveau des barrages et des nappes souterraines.

Les projections à l’horizon 2020 et 2050 indiquent que les saisons seront déréglées et les
températures continueront de croître. La saison pluvieuse sera concentrée sur une courte période
entraînant des risques d’inondations. De même, il y aura une augmentation de la fréquence des
sécheresses. La persistance et la plus grande fréquence de celles-ci provoqueront une dégradation
accélérée de la steppe, une augmentation des fréquences des incendies de forêts, une aggravation et
une extension de la désertification.

Sur le plan de la paléoclimatologie, les organismes terrestres et aquatiques n’ont pu commencer à se


développer que lorsque la couche d’ozone stratosphérique est devenue assez dense pour constituer
un bouclier de protection suffisant contre les UV et cela il y a un demi-milliard d’années (dernier
dixième récent de l’histoire de la terre). La vie sur terre a été pendant longtemps confinée à l’océan
où il y avait une protection substantielle contre le rayonnement UV. On peut donc dire que
l’exposition de plus en plus grande au rayonnement UV va affecter de façon sensible et négative les
écosystèmes terrestres et perturber l’équilibre des espèces au sein des écosystèmes.

Beaucoup d’espèces végétales, mais aussi certaines espèces d’animaux, spécialement celles dont les
étapes importantes de la vie se produisent près ou légèrement au-dessous de la surface des eaux
seront affectées. Ce qui risque de réduire la productivité des écosystèmes terrestres et aquatiques
qui assurent les besoins alimentaires actuels.

Les mesures d’ozone effectuées, en Algérie, donnent des valeurs voisines des limites supérieures
des normes internationales et la tendance à la hausse de sa concentration, s’explique principalement
par la croissance du trafic routier qui est à l’origine des émissions de gaz précurseurs d’ozone.
L’ozone constitue et constituera à l’avenir un danger potentiel et grave qui affectera aussi bien
l’homme que l’ensemble des écosystèmes terrestres. Il faut rappeler que les principaux effets de
l’ozone sur la biodiversité sont :
 La provocation de dommages importants au niveau des tissus des différentes espèces
vivantes, suite l’augmentation du rayonnement UV qui est très énergétique ;
 Une forte oxydation et l’occurrence de nécroses provoquées par la déposition d’ozone sur
les feuilles ou la peau des espèces et une perturbation des processus respiratoires suite à
l’augmentation de l’ozone troposphérique

Bien qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle, de structure nationale pour l’étude et l’évaluation des
impacts de l’ozone, au vu des résultats de recherche réalisés à l’étranger, on peut dire que l’Algérie

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est particulièrement vulnérable à l’ozone troposphérique du fait qu’elle jouit d’un rayonnement
solaire intense qui est le moteur de la production d’ozone.

Les menaces abiotiques se présentent aussi, de manière plus visible, sous forme d’érosion éolienne
et hydrique qui affectent le couvert végétal, démantèlent les sols et accélèrent le processus de
désertification en œuvre.

Il faut noter, cependant, que l’homme est en grande partie à l’origine de ces phénomènes abiotiques
bien que l’on puisse considérer que ce n’est pas l’activité développée par les hommes en Algérie qui
en a la plus grande part de responsabilité mais plutôt celle propre aux pays développés.

Le schéma suivant tente de présenter de manière synthétique l’ensemble de ces menaces.

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PRINCIPALES MENACES

Menaces abiotiques Menaces anthropiques


Changement climatique Accroissement
Ozone démographique (urbanisation
+ concentration)
Accroissement activités
humaines
Bio-invasion
Pollution génétique

BIODIVERSITE

Faune Parents Espèces


Et sauvages
Flore d’espèces domestiquées
Sauvages domestiquées

Diversité génétique inter spécifique

Diversité génétique intra spécifique

Diversité des écosystèmes

Schéma : Présentation synthétique l’ensemble de ces menaces (Chehat et Mederbal, 2003)

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1.2.2. MENACES D’ORDRE ANTHROPIQUE

Il s’agit ici des menaces qui apparaissent comme porteuses des dangers les plus grands et des
dangers les plus immédiats pour la biodiversité en Algérie. Elles sont les plus nombreuses et les
plus diversifiées. Elles ont pour origine directe le comportement de l’homme qui, volontairement ou
inconsciemment, se montre peu soucieux de la durabilité des écosystèmes dont, pourtant, il fait
partie et dont il vit.

Elles sont d’abord le résultat de la croissance démographique qui s’accompagne d’une urbanisation
et d’une concentration des populations humaines à l’origine d’un bouleversement radical et souvent
irréversible des écosystèmes. En Algérie, certains écosystèmes ont été plus atteints que d’autres :
agro-écosystèmes du Tell, certaines oasis, écosystèmes humides, steppiques, sahariens, côtiers.
Elles sont ensuite le résultat de l’intensification et de la diversification des activités urbaines et péri-
urbaines qui se traduisent par :
 L’accumulation anarchique de déchets ménagers non traités dans de nombreuses
décharges non réglementées ;
 L’accumulation de déchets industriels et de déchets spéciaux, tels les déchets de centres
hospitaliers, non soumis à un traitement spécifique adapté ;
 Le rejet des eaux usées dans des oueds, pourtant à sec pendant l’été, et dans la mer sans
traitement préalable et sans contrôle.

La conséquence immédiate de ces comportements est l’infiltration dans les sols et dans les nappes
phréatiques de composés chimiques et de métaux lourds qui constituent une menace pour les
hommes ainsi que pour les ressources génétiques sous toutes leurs formes (micro-organismes,
insectes, faune, flore) et dans tous les milieux qu’ils soient terrestres ou aquatiques.
La diversification des activités urbaines et péri-urbaines se traduit également par la multiplication
des sources de pollution chimique. Les principaux polluants chimiques sont :
 Le pétrole et ses dérivés
 D’autres produits chimiques industriels : métaux lourds, produits chimiques organiques
 Les huiles minérales, solvants halogénés, acides, huile de lubrification, cyanures
 Les sulfures d’hydrogène et autres gaz odoriférants, méthane
 Polluants organiques persistants (POP) comme le PCB, le DDT, dioxine
 Polluants atmosphériques (gaz et particules) : dioxydes et monoxydes de carbone,
hydrocarbures, dioxyde de soufre, dérivés nitrés, oxyde d’azote et d’ammoniac, fluor.

Parmi ces polluants, le pétrole et ses dérivés constituent une sérieuse menace pour les écosystèmes
côtiers et marins puisque 30% des hydrocarbures rejetés en Méditerranée forment du goudron qui se
dépose sur les plages. Selon le rapport 2000, environ 100 000 t d’hydrocarbures transitent chaque
année près des côtes algériennes alors que 50 millions de tonnes sont chargés chaque année à partir
de ports nationaux. Le rapport évalue à environ 10 000 t/an les pertes au cours de ces opérations et à
12 000 t/an les déversements au large par les gros transporteurs.

D’autres sources de pollution sont constituées par :


 Les rejets énormes d’oxyde de carbone par un parc automobile croissant et composé de
véhicules âgés (80% ont plus de dix ans) et hors des normes acceptées à l’échelle
internationale ;
 Des rejets non contrôlés de poussières et de gaz industriels par les industries chimiques et
pétrochimiques, de transformation des minerais et métallurgiques sur le littoral et autour
des grands centres urbains. Elles se distinguent par la diversité de leurs rejets polluants.
La plupart de ces industries ne sont pas dotées d’une technologie permettant le contrôle de
la pollution, et celles qui disposent d’un système de contrôle des émissions dans l’air ou

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de traitement des eaux ne maîtrisent pas ce type d’installations. Les méfaits les plus
importants sont la pollution de l’eau et la pollution de l’air par le dioxyde de soufre, les
particules, les oxydes d’azote. De plus, l’industrie produit des déchets dangereux qui
prolifèrent et sont souvent stockés dans des dépôts de fortune et dans un état déplorable.
Ces déchets ont été évalués en 1994 à environ 185 000 tonnes/an et la même étude évalue
à 344 000 tonnes les déchets dangereux et toxiques stockés, dont 90% dans les wilayas de
Annaba et Tlemcen.
 Des rejets non contrôlés de poussières par les activités d’extraction dans les mines et les
carrières. Ces activités sont, par ailleurs, conduite sans souci de l’environnement, ce qui se
traduit par une destruction quasi méthodique des habitats et niches écologiques. Dès que
leur rentabilité économique faiblit, les sites déstructurés sont livrés à l’érosion éolienne et
hydrique et deviennent de véritables « déserts écologiques ».

Cela a pour conséquence une pollution de l’air atteignant des seuils intolérables pour la flore, la
faune et les micro-organismes dont les habitats sont rapidement et irrémédiablement détériorés. Ces
seuils sont aussi intolérables pour les hommes victimes de maladies respiratoires et cardio-
vasculaires, ces maladies étant devenues la première cause de mortalité dans les grands centres
urbains.

Les menaces d’origine anthropique pesant sur la biodiversité sont enfin liées au développement de
l’intensification et de la diversification des activités agricoles sur des aires réduites, ce qui se
traduit, selon l’écosystème concerné par :
 Des charges de cheptel croissantes (écosystèmes saharien et steppique) qui impliquent
l’arrachage systématique des espèces ligneuses, le surpâturage de certaines zones, des sols
dénudés et donc l’accélération du processus de désertification.
 L’extension des cultures itinérantes « prédatrices » dans les écosystèmes steppiques et
forestiers, d’où des sols dénudés livrés à l’érosion éolienne et hydrique à l’origine de
l’envasement des barrages et retenues collinaires, de la multiplication des risques
d’inondation en saison pluvieuse et d’incendies en été.
 L’usage irraisonné de fertilisants chimiques ou organiques et de produits phytosanitaires.
Le problème ne se trouve pas, comme ailleurs, dans les quantités d’intrants parce qu’elles
restent encore assez faibles (à peine 1/7ème des quantités utilisées par hectare dans les
pays développés), mais dans la façon dont ils sont utilisés. De plus, dans le cas des PPS, il
y a le risque supplémentaire d’utilisation de produits périmés par méconnaissance des
problèmes qu’ils posent. Pour les engrais, spécialement les nitrates, le problème est
l’absence d’études préalables des besoins du sol et l’application de doses excessives
particulièrement pour la culture de plein champ de la pomme de terre et de la tomate ou
pour les cultures sous abris dans quelques régions (Mitidja, vallée du Chélif, plaine de la
Bou Namoussa, …). Le rapport 2000 signale par exemple l’existence de pics de 200 mg/l
de nitrates enregistrés dans les nappes de la Mitidja. Bien que cette menace soit limitée à
quelques aires d’intensification agricole, elle n’en est pas moins très pesante pour
quelques agro-écosystèmes du Tell, pour la plupart des écosystèmes côtiers (vu la
concentration de la production maraîchère sur les laines littorales), pour les écosystèmes
humides et pour certaines oasis).
 Le prélèvement anarchique des ressources en eaux souterraines, prélèvement qui peut se
traduire par leur épuisement mais aussi par une remontée des sels conduisant à une
augmentation du degré de salinité des sols et donc à leur stérilisation.

Cette synthèse des menaces d’origine anthropique pesant sur la biodiversité en Algérie n’est pas une
présentation exhaustive de l’ensemble des menaces recensées par les quatorze rapports examinés,
mais elle est suffisante pour percevoir le caractère plus qu’urgent de mise en œuvre de programmes

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précis en matière de renforcement des capacités de prévention et de lutte pour protéger la diversité
biologique existante.

Afin d’apprécier de manière plus précise l’ensemble des menaces, il a semblé opportun d’examiner
de plus près les types d’écosystèmes dominants.

1.3. MENACES SPECIFIQUES PESANT SUR QUELQUES ECOSYSTEMES DOMINANTS

1.3.1. MENACES SUR LES ECOSYSTEMES FORESTIERS

Les écosystèmes forestiers sont essentiels à la stabilisation climatique ainsi qu’à la gestion des
ressources en terre et en eau. Ils abritent des quantités innombrables de plantes, d’animaux et de
microorganismes. Après les océans et les mers, ils présentent la plus grande diversité biologique,
bien avant les terres cultivées (Ager) et les terrains de parcours (saltus et steppes).

En Algérie, les forêts, il y a deux siècles, couvraient encore 5 millions d’hectares selon diverses
sources2. Aujourd’hui, elles ne couvrent plus que 3,9 millions d’hectares dont 2 millions sont
constitués de forêts dégradées (maquis et garrigues). De 1830 à 1955, la forêt algérienne a perdu
1,815 million d’hectares et de 1955 à 1997, elle en a perdu 1,2153 Cette perte est le résultat, en
partie, de la fragilité spécifique aux forêts de type méditerranéen mais elle est aussi le résultat de
dégradations d’origine anthropiques : guerres, défrichements, surpâturage, incendies.
Ainsi, chaque année, en moyenne, 12% des superficies forestières (48 000 ha) sont parcourus par
les incendies. Les feux de forêt sont à l’origine non seulement de la destruction d’un patrimoine
économique inestimable (bois, liège, autres produits forestiers), mais ils provoquent aussi des
dégâts parfois irréversibles en termes de biodiversité (destruction des biotopes de la faune sauvage).
Ils sont également source de libération d’une grande quantité de gaz à effet de serre, en particulier le
CO2 et le CO. Ils menacent les différentes fonctions de la forêt : économique, sociale, écologique.
Ils constituent un facteur qui peut limiter tout développement durable forestier et plus généralement
rural.

Les écosystèmes forestiers algériens sont particulièrement sensibles au feu (Fig. 1 et 2) comme tous
ceux que l’on rencontre tout autour de la Méditerranée parce que les essences principales sont des
résineux qui occupent plus de 51% des superficies. Le pin d’Alep, une des espèces les plus fragiles
face au feu, occupe à lui seul une surface de 1 600 000 ha soit 40 % du total. Une des causes de la
sensibilité de la forêt méditerranéenne au feu est constituée par les paramètres climatiques. En effet,
la sécheresse estivale facilite la déclaration des incendies et les vents sont à l’origine d’une grande
vitesse de propagation.

La seconde menace qui pèse sur les écosystèmes forestiers est constitué par l’homme lui-même. En
premier lieu, celui-ci est souvent l’auteur, volontaire ou involontaire, de la majorité des départs de
feu en forêt. En second lieu, la pression démographique à l’intérieur des forêts ou aux abords
immédiats de celles-ci va induire une surexploitation des parcours ainsi que l’accroissement des
défrichements et des labours (Photo. 4). Les écosystèmes forestiers sont alors transformés par
l’homme en terrains de parcours (steppes et saltus) et terrains de cultures (Ager) qui sont, du point
de vue diversité biologique, beaucoup moins riches.

2
Body 1955 la forêt algérienne
3
Rapport sur l’état et l’avenir de l’environnement 2000 - M.A.T.E , 118p.

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 20

SKIKDA
SKIKDA
SKIKDA
SKIKDA
SKIKDA ANNABA
ANNABA
ANNABA
ANNABA
ANNABA
ANNABA
JIJEL
JIJEL
JIJEL


ALGER
ALGER JIJEL
JIJEL
JIJEL
ALGER
ALGER
ALGER BEJAIA
BEJAIA
BEJAIA
BEJAIA
BEJAIA
BEJAIA
EL-TARF
EL-TARF
EL-TARF


TIZI
TIZI
TIZIOUZOU
TIZI
TIZI
TIZI OUZOU
OUZOU
OUZOU
OUZOU
OUZOU




TIPAZA
TIPAZA
TIPAZA
TIPAZA
TIPAZA
TIPAZA


BLIDA
BLIDA
BLIDA
BLIDA
BLIDA GUELMA
GUELMA
GUELMA
GUELMA
GUELMA



BOUIRA
BOUIRA
BOUIRA

BOUIRA
BOUIRA
CO
CO
CONSTANTINE
NSTANTINE
NSTANTINE
CONSTANTINE
CONSTANTINE
CONSTANTINE

AIN-DEFLA
AIN-DEFLA
AIN-DEFLA
AIN-DEFLA
AIN-DEFLA
AIN-DEFLA MEDEA
MEDEA
MEDEA
MEDEA
MEDEA
MEDEA
SOUK-AHRAS
SOUK-AHRAS
SOUK-AHRAS
SOUK-AHRAS
SOUK-AHRAS
SOUK-AHRAS



CHLEF
CHLEF
CHLEF
CHLEF
CHLEF
CHLEF SETIF
SETIF
SETIF
SETIF
SETIF
SETIF


BORDJ
BORDJ
BORDJBOU
BOU
BOUARRERIDJ
ARRERIDJ
ARRERIDJ


MOSTAGANEM
MOSTAGANEM
MOSTAGANEM
MOSTAGANEM
MOSTAGANEM
MOSTAGANEM

OUM
OUM
OUMEL
OUM
OUM
OUM EL
EL
ELBOUAGHI
EL
EL BOUAGHI
BOUAGHI
BOUAGHI
BOUAGHI
BOUAGHI


RELIZANE
RELIZANE
RELIZANE
RELIZANE
RELIZANE
ORAN
ORAN
ORAN
ORAN
ORAN
ORAN
MSILA
MSILA
MSILA
MSILA
MSILA
MSILA

TISSEMSILT
TISSEMSILT
TISSEMSILT

TISSEMSILT
TISSEMSILT
TISSEMSILT

BATNA
BATNA
BATNA
BATNA
BATNA
BATNA


MASCARA
MASCARA KHENCHELA
KHENCHELA
KHENCHELA
KHENCHELA
KHENCHELA
KHENCHELA TEBESSA
TEBESSA
MASCARA
MASCARA
MASCARA TIARET
TIARET
TIARET
TEBESSA
TEBESSA
TEBESSA






SIDI
SIDI
SIDIBEL
SIDI
SIDI
SIDI BEL
BEL
BELABBES
BEL
BEL ABBES
ABBES
ABBES
ABBES
ABBES

TLEMCEN
TLEMCEN
TLEMCEN
TLEMCEN
TLEMCEN
TLEMCEN SAIDA
SAIDA
SAIDA BISKRA
BISKRA
BISKRA
BISKRA
BISKRA
BISKRA

SAIDA
SAIDA
SAIDA



DJELFA
DJELFA
DJELFA
DJELFA
DJELFA
DJELFA

EL
EL
ELOUED
EL
EL
EL OUED
OUED
OUED
OUED
OUED
LAGHOUAT
LAGHOUAT
LAGHOUAT
LAGHOUAT
LAGHOUAT



EL
EL
ELBAYADH
EL
EL
EL BAYADH
BAYADH
BAYADH
BAYADH
BAYADH

NAAMA
NAAMA
NAAMA
NAAMA
NAAMA

Moyenne des superficies inendiées


1991-2000
15 100 - 63 900 (11)
GHARDAIA
GHARDAIA
GHARDAIA
GHARDAIA
GHARDAIA 8 000 - 15 100 (4)

4 800 - 8 000 (6)
3 800 - 4 800 (2)
1 300 - 3 800 (4)
1 200 - 1 300 (1)
OUARGLA
OUARGLA
OUARGLA
OUARGLA
OUARGLA 1 100 - 1 200 (4)


0 - 1 100 (8)

BECHAR
BECHAR
BECHAR
BECHAR
BECHAR
BECHAR

Fig 1 : Moyenne des superficies incendiées (1991-2000) (In Kadi-Hanifi, 2003)

300,00
Milliers
Superficies (ha)

250,00
200,00
150,00
100,00
50,00
0,00
1963
1965
1967
1969
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001

Superficies incendiées Moyenne Moy. mobile sur 10 pér. (Superficies incendiées)

Fig. 2 : Evolution des superficies incendiées de 1963 à 1999 (in Kadi-Hanifi, 2003)

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


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Photographie 4 : La menace du défrichement et des labours au niveau des maquis dans le Nord de
l’Algérie (A.Abdelguerfi)

L’action de l’homme aura pour première conséquence la suppression des conditions favorables à la
régénération du couvert forestier. Elle aura aussi pour effet d’accélérer la dégradation des sols,
souvent à forte pente, parce que dénudés, ils seront érodés plus facilement. L’action de l’homme
aura pour troisième conséquence un appauvrissement de la biodiversité de l’écosystème forestier
par la surexploitation de quelques essences et de quelques espèces végétales pallatables.

Le schéma ci-dessus résume les principales menaces qui pèsent en permanence sur les écosystèmes
forestiers (Chehat et Mederbal, 2003).

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


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PRINCIPALES MENACES SUR LES ECOSYSTEMES FORESTIERS

Sécheresse Pression
estivale humaine

Augmentation du
Incendies troupeau
Augmentation
des labours par
défrichements

x Pertes en partie irréversibles x Surexploitation des


d’espèces et de variétés parcours
(essences forestières, flore, x Dégradation des sols
faune, microorganismes) soumis aux labours par
x Régression des capacités accroissement de l’érosion
productives de la forêt éolienne et hydrique
x Affaiblissement de la x Accroissement de la
fonction environnementale de sensibilité aux ravageurs
la forêt (chenille processionnaire du
pin) et aux maladies
x Pertes de terres

ƒPerte de diversité génétique


ƒPerte de sols
ƒPertes de ressources en eau
ƒEnvasement des barrages et retenues
ƒAlimentation de la nappe phréatique réduite
ƒPlus haute fréquence des inondations

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1.3.2. MENACES SUR LES ECOSYSTEMES STEPPIQUES

Située entre l’isohyète 400 mm au Nord et 100 mm au sud, la steppe algérienne couvre un immense
territoire évalué à 280 000 km2, soit l’équivalent d’un peu plus de la moitié d’un pays comme la
France. L’influence directe du Sahara confère à la steppe un climat sec et chaud, marqué par des
fluctuations thermiques importantes. En dehors des lits d’oueds et des dayas, les sols y sont
généralement pauvres en humus et très fragiles. Quatre grands types de formations végétales
dominent les écosystèmes steppiques. On peut distinguer :
 Les steppes à alfa couvrant 3 à 4 millions d’hectares
 Les steppes à armoise blanche (3 millions d’ha) considérées comme les meilleurs parcours
pour leur productivité (150 à 200 UF par ha)
 Les steppes à sparte (2 millions d’ha), à diversité floristique remarquable et comportant
des espèces pastorales annuelles capables de fournir l’équivalent de 110 UF/an
 Les steppes à remt : installées sur des sols très pauvres, elles sont très peu productives (50
UF/an au mieux)
 Les steppes à psammophytes installées dans des couloirs d’ensablement et dans les
dépressions des chotts en zone aride et pré-saharienne (200 000 ha)
 Les steppes à halophytes que l’on rencontre autour des dépressions salées.

Ces écosystèmes, par nature très fragiles puisque soumis à des facteurs climatiques très
contraignants, sont l’objet de menaces liés à des facteurs abiotiques mais aussi et surtout à des
menaces bien plus pesantes liées à la présence et à l’action de l’homme.

La sécheresse, de plus en plus sévère durant les trois dernières décennies (baisse en moyenne de
25% de la pluviosité) augmente le niveau d’aridité et accroît plus que proportionnellement la
sensibilité des sols à la dégradation, levier premier de la diminution de la couverture végétale.
L’érosion éolienne, second facteur physique de dégradation de l’écosystème steppique, est
accélérée dans un milieu où la végétation est devenue plus éparse. Son action contribue à
l’appauvrissement des sols. Son action est renforcée par l’érosion hydrique provoquée par des
pluies rares mais se présentant toujours sous forme d’orages violents qui désagrègent des sols déjà
rachitiques.

Les facteurs anthropiques constituent, cependant, la plus grande menace pour la survie des
écosystèmes steppiques. L’élevage, de petits ruminants et de camelins, a constitué pendant des
siècles l’activité essentielle d’une société pastorale qui tentait de sauvegarder un équilibre
dynamique à l’écosystème steppique sur la base d’une mobilité de grande amplitude des troupeaux.
Au cours des dernières décennies, cette société a profondément changé. La croissance
démographique a été exceptionnellement forte (moins d’un million d’habitants en 1954, plus de sept
millions aujourd’hui) (Fig. 3) et, en l’absence d’autres sources de revenus, elle a impulsé une
croissance non moins importante du cheptel élevé sur la steppe (plus 16 millions de têtes
aujourd’hui contre 4 millions en 1954) (Fig. 4). Par ailleurs, la population est en voie d’achever un
processus de sédentarisation qui explique son désintéressement de plus en plus net vis à vis de la
nécessité de sauvegarder l’équilibre fragile de l’écosystème. Au total, celui-ci est menacé par le
surpâturage (Photo. 5) dans des zones favorables (proches de points d’eau et d’agglomérations
urbaines) ainsi que par l’accroissement irraisonné des labours (Photo. 6) en vue de l’installation de
cultures à caractère itinérant. Surpâturage et extension des labours dénudent le sol, augmentent les
risques de ruissellement et d’érosion éolienne, accélèrent la disparition des espèces pastorales les
plus intéressantes et diminuent la richesse floristique de la steppe (Fig. 5).

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Année
2005

2000

1995

1990

1985

1980

1975

1970

1965

1960
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9

millions d'habitants

Fig. 3 : Evolution de la population (in Kadi-Hanifi, 2003)

Année
2005
2000
1995
1990
1985
1980
1975
1970
1965
1960
0 5 10 15 20 25

Millions de têtes
Fig. 4 : Evolution du cheptel (Kadi-Hanifi, 2003, modifié)

180
Milliers

160
140
120
Tonnes

100
80
60
40
20
0
63

65

67

69

71

73

75

77

79

81

83

85

87

89

91

93

95

97

99
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

Série1 Production d'alfa Moy. mobile sur 5 pér. (Production d'alfa)

Fig. 5 : La réduction de la production nationale d’Alfa (Kadi-Hanifi, 2003, modifié)

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Photographie 6 : La menace de la surcharge animale et du surpâturage au niveau des parcours


steppiques (A.Abdelguerfi)

Photographie 6 : La menace du défrichement et des labours au niveau des parcours steppiques


(A.Abdelguerfi)

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Les zones steppiques seront, de ce fait, les premières touchées par le phénomène de la
désertification. Le schéma suivant synthétise l’ensemble des menaces qui pèsent sur les
écosystèmes steppiques (Chehat et Mederbal, 2003) :

PRINCIPALES MENACES SUR LES ECOSYSTEMES STEPPIQUES

Sécheresse Pression humaine

x Réduction de la matière x Croissance démographique et


organique croissance des besoins
x Diminution du ruissellement x Sédentarisation et concentration
x Diminution de la couverture de la population
végétale x Régression de la pratique du
x Erosion éolienne aggrave la nomadisme
désagrégation du sol x Augmentation des cheptels
x Surpâturage des zones
favorables
x Extension des labours

ƒDégradation des terres de parcours


ƒAppauvrissement de la diversité génétique floristique
mais aussi faunistique
ƒDiminution des réserves hydriques
ƒRemontée des sels et stérilisation des sols
ƒAvancée du désert

1.3.3. MENACES SUR LES ECOSYSTEMES SAHARIENS

Située entre le 16ème et le 34ème degré de latitude nord, s’étendant sur 2 millions de km2, la partie
algérienne du Sahara est constituée de plateaux rocheux (les hamadas et les regs), de dépressions
salées (les chotts) ou encore d’accumulations sableuses sous forme de dunes inexploitables par
l’agriculture même en présence d’eau. Les zones utilisables se trouvent dans les vallées fossiles des
oueds, dans les dépressions (dayas) et dans les plaines sableuses (ergs). En dehors des zones
sableuses, les sols ont pour constante l’existence d’horizons durs constitués d’argiles compactes, de
concrétions calcaires ou d’encroûtement gypso-calcaire rendant difficile leur mise en valeur. Le
climat est caractérisé par un hiver froid et un été chaud et sec. Le niveau d’aridité s’accroît du Nord

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vers le Sud, passant de 200 mm en moyenne annuelle à 100 puis à moins de 50 vers El-Goléa,
Adrar, Timimoun et In Salah. Les précipitations sont rares et irrégulières avec un nombre de jours
de pluie toujours inférieur à 40j/an. Ces précipitations sont non seulement rares mais aussi réparties
de manière assez anarchique au cours de l’année et se présentent sous forme d’averses courtes et
brutales. Le climat a un effet très marqué sur la physiologie des sols. Ces derniers sont soumis à une
forte dégradation due aux grandes amplitudes thermiques, à la faible hygrométrie (moins de 50% en
moyenne) et à la fréquence de vents intenses. L’évapotranspiration maximale augmente, elle aussi
du Nord au Sud, passant de 1700 mm au pied de l’Atlas à 2000 au sud de Ouargla, et même à 2500
à Adrar et In Salah.

Les écosystèmes oasiens sont l’objet du même type de menaces que les écosystèmes steppiques.

Il s’agit d’abord de l’effet de la chaleur extrême qui marque de longues périodes au cours de
l’année. Il s’agit ensuite des vents violents en tant qu’agents de la destruction des sols peu protégés
vu la rareté des espèces arbustives. Cependant, la menace exercée par l’action de l’homme reste la
plus pesante sur ces écosystèmes encore plus fragiles que ceux rencontrés dans la steppe.
L’accroissement relatif de la pression démographique explique l’accroissement du cheptel,
l’élevage étant une source essentielle de revenus en dehors des oasis. Arrachage des espèces
ligneuses et surpâturage conduisent à une rapide disparition d’espèces et de variétés
particulièrement bien adaptées à des zones aux caractéristiques bioclimatiques très sévères.

1.3.4. MENACE SUR LES ECOSYSTEMES OASIENS

Compte tenu de ce qui a été dit plus haut sur l’aridité du climat sur la nature des sols des zones
sahariennes, il ne peut y avoir d’exploitation par l’homme que là où l’irrigation est possible, et, en
l’absence de cours d’eau permanents, là où il existe des réserves souterraines exploitables.
Historiquement, la création des oasis et leur développement a dépendu directement de l’importance
des ressources en eau exploitables sur la base des techniques d’exhaure connues et maîtrisées. Or,
schématiquement, ces ressources pouvaient être constituées par :
 Des eaux superficielles comme au pied de l’Atlas Saharien ou dans la Saoura ;
 Des nappes peu profondes alimentées par les pluies : chebka de l’oued M’zab ainsi que
quelques oueds longeant les piémonts de l’Atlas saharien ;
 Des nappes phréatiques, souvent salées, créées par l’irrigation elle-même (Oued Souf,
Oued Righ) ;
 Des nappes fossiles. Il s’agit du Continental Intercalaire, nappe qui circule dans les sables
et sables argileux de l’albien entre 400 et 1 100 mètres de profondeur aux eaux
relativement salées (1,5 à 2 grammes/litre) et chaudes (plus de 50°C). Elle est présente sur
une superficie évaluée à 350 000 km2 représentant près de 70% des réserves de la région.
Il s’agit aussi du Complexe Terminal constitué de trois horizons aquifères : la nappe du
turonien située à 800 mètres de profondeur, la nappe de l’ensemble carbonaté (sénonien et
éocène) à une profondeur variant de 140 à 200 mètres ainsi que la nappe du miopliocène à
une profondeur variant entre 50 et 120 mètres. Il est présent sur une superficie (environ
840 000 km2) plus grande que le C.I. mais dont 240 000 km2 sont en terre libyenne et
tunisienne.

Cependant, le plus souvent, pour être durables, les oasis se sont installées à partir du captage des
couches superficielles des grands aquifères selon cinq grands systèmes :
a. Les sources : elles ont servi pendant très longtemps à irriguer les palmeraies de Tolga
dans les Zibans même si leur débit d’aujourd’hui est très faible. Elles sont aussi exploitées sur
le flanc ouest du Grand Erg occidental, la plus connue étant celle de Béni Abbés.
b. Les foggaras : système mis au point progressivement, il y a plus de dix siècles,
probablement suite au besoin d’approfondir continuellement les sources en voie de

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tarissement. Dans un grand nombre d’oasis du Gourara, du Touat et du Tidikelt, l’eau utilisée
provient de sources artésiennes et, très souvent, ces sources ne débouchent pas en surface de
manière « naturelle ». L’oasien a donc été contraint d’imaginer un système astucieux pour
canaliser l’eau jusqu’aux parcelles cultivées, système fondé sur la construction de galeries
souterraines étanches, les foggaras, pouvant avoir une longueur de plusieurs kilomètres et
orientées est/ouest, suivant la ligne de plus grande pente. Compte tenu de la topographie du
terrain et de la nécessité d’implanter les cultures sur les sols les plus favorables, il y a toujours
constitution de plusieurs oasis de taille réduite, abritant chacune un ksar, îlot d’habitations des
oasiens. Les galeries se sont multipliées dans les affleurements de la nappe albienne pour
alimenter chaque ksar, sur la base d’un partage des ressources en eau disponibles. A sa sortie
de la foggara, l’eau est répartie par le système bien connu des peignes (kesria) entre les
séguias, canaux en terre qui la charrieront vers des bassins de réception et de stockage (les
majens) d’où elle sera puisée pour arroser les jardins. Ceux-ci ne peuvent s’agrandir qu’en
s’étendant vers l’ouest, c’est-à-dire en progressant vers la zone déprimée du fond de la vallée.
A cause de cette orientation « forcée » est/ouest, le paysage agraire de la région se présentera
sous forme de lanières ou bandes étroites de cultures, très caractéristique. Dans de
nombreuses oasis fonctionnant sur la base de ce système, on constate une tendance marquée
au dépérissement de la palmeraie et à la régression des cultures protégées. Cette régression est
fondamentalement liée à la baisse des ressources en eau qui n’encourage guère la réalisation
d’investissements en vue de rajeunir la palmeraie et d’intensifier la production. La
maintenance des foggaras est plus complexe que sa réalisation et exige une main d’œuvre
spécialisée. Or, le savoir-faire n’a pas été transmis et la main d’œuvre manque. Le non
revêtement de l’intérieur des foggaras les rend vulnérables à l’effondrement. L’écoulement
des eaux dans la galerie provoque une lente érosion des berges puis l’effondrement des parties
supérieures, et avec le temps, la section transversale de la galerie augmente jusqu’à
l’effondrement total de la foggara. Par ailleurs, plus de 35% des foggaras ont disparues suite
à une diminution du niveau de la nappe causé par l’accroissement irraisonné des forages à
proximité des zones les alimentant.
c. Les puits artésiens ont alimenté les oasis de l’oued Rhir et de Ouargla, où on trouvait
l’eau à une cinquantaine de mètres dans le Mio-Pliocène. Elle était atteinte à l’aide de puits
coffrés traditionnels, creusés en apnée par des ouvriers spécialisés (les ghetassines). A
l’origine, ces puits étaient le plus souvent artésiens, l’eau étant rendue jaillissante par la
disposition en cuvette. Cet artésianisme est aujourd’hui en voie de disparition et le pompage
est devenu nécessaire.
d. Les ghouts, beurdas ou cuvettes : quand l’eau n’est pas jaillissante, on évite le pompage
en plantant les palmiers dans la zone de remontée capillaire de la nappe phréatique. Cette
technique a été portée à son plus haut perfectionnement dans le Souf mais on la retrouve au
nord de Ouargla ou sur la marge sud du Grand Erg occidental. Les palmeraies sont implantées
par groupe de 20 à 100 palmiers au centre d’une cuvette artificielle d’une profondeur de 10
mètres, d’un diamètre de 80 à 200 mètres et dont le fond a été amené à moins d’un mètre au-
dessus de la nappe phréatique. Les oasiens creusent progressivement le sol afin que les
palmiers aient constamment les racines dans l’eau. Ils n’ont donc pas besoin d’irrigation. Ces
dernières années, le risque d’ensablement s’est accru et le phénomène de remontée des eaux
dans ces régions sont devenus extrêmes et mettent en péril les palmeraies, notamment celles
du Souf qui dispose du meilleur potentiel productif phoenicicole (2,2 millions de palmiers
productifs).

Chacune des oasis ne couvre qu’un périmètre très faible rapporté à l’immensité désertique, et on
aura partout affaire à un chapelet de petites oasis (quelques dizaines de km2 chacune pour les plus
grandes) plus ou moins distantes les unes des autres et plus ou moins nombreuses dans chacune des
sous-régions du Sahara.

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La totalité des oasis, traditionnelles et nouvelles, ne couvrent jusqu’à présent que moins de 0,05%
des immensités du désert saharien. L’extrême rigueur des conditions agro-écologiques aura pour
principale conséquence une implantation humaine qui a toujours été très limitée. Cette implantation
est aussi très inégale entre les quinze zones homogènes de regroupement des oasis.

Pourtant, l’accroissement démographique observé au cours du dernier demi-siècle peut être


considéré comme spectaculaire : 900 000 habitants en 1967, 1,3 million en 1977, puis 1,9 million
en 1987, enfin près de 2,8 millions en 1998. Mais cette population est inégalement répartie et la
cuvette du Bas Sahara rassemble près de la moitié du total (Zibans : 561 000, Oued Righ : 357 000,
Ouargla : 199 000). Des villes se sont développées par accroissement naturel de la population mais
aussi et surtout par immigration des habitants des petites oasis enclavées, de nomades de la steppe
attirés par les possibilités d’emploi dans les travaux publics, le bâtiment et les champs pétroliers. Le
Sahara compte aujourd’hui 4 villes de plus de 100 000 habitants : Biskra (140 000), Bechar (117
000), Ouargla (126 000) et Ghardaïa (120 000). Le développement de l’activité industrielle et
commerciale depuis les années 1970, à l’instigation de l’Etat, a permis de faire bénéficier le Sahara
d’un potentiel industriel et artisanal qui permet d’assurer la maintenance de la plupart des
équipements indispensables à la vie moderne (véhicules, moteurs, pompes, climatiseurs, …).
L’agriculture, activité principale des oasiens pendant des siècles, n’occupe plus, en moyenne
régionale, qu’un peu plus du tiers des actifs contre les trois quarts encore au début des années 70.

Traditionnellement, trois éléments fondamentaux structuraient le système oasien : l’eau, le palmier


dattier et le ksar. Le ksar, habitat regroupé, à l’origine à l’abri de murailles défensives, est toujours
nettement séparé de la palmeraie. L’eau est exploitée à partir de nappes captives et phréatiques,
généralement peu profondes.

Le palmier n’est pas planté seulement pour sa capacité à produire des dattes et assurer en grande
partie l’alimentation de la famille, à fournir des revenus monétaires. Il présente d’autres avantages
tout aussi importants sinon plus importants. Parce que le palmier dattier croît en hauteur, les palmes
constituent un couvert végétal assez dense à l’origine de la création d’un micro-climat particulier
dans l’oasis, micro-climat favorable à la plantation, sous ce couvert protecteur, d’arbres fruitiers
(grenadiers, figuiers, oliviers, mais aussi agrumes, pommiers, poiriers et vignes, etc.) ainsi que des
cultures herbacées diverses (maraîchages, céréales, cultures condimentaires et industrielles) en
cultures protégées sous le palmier dattier. L’exiguïté des exploitations, la nécessité de couvrir au
maximum les besoins de la famille et de dégager un surplus commercialisable imposent une
intensification et donc le maintien et l’amélioration de la fertilité des sols par une fumure régulière.
Cela justifie la présence de parcelles fourragères (orge en vert, luzernes) destinées à l’alimentation
de quelques têtes de petits ruminants (ovins et caprins) et, plus rarement, de quelques bovins,
animaux élevés d’abord pour la fumure qu’ils donneront et, accessoirement, pour leur lait et leur
viande. La palmeraie traditionnelle se présente donc sous forme d’une « forêt étagée » en trois
strates :
 la culture arborée formée par le palmier dattier ;
 les cultures arbustives ;
 la strate herbacée composée de céréales, cultures maraîchères, industrielles et
condimentaires. Parmi les cultures d’hiver rencontrées sous les palmiers, on trouve le blé,
l’orge, la luzerne, les carottes, les navets, l’oignon, la menthe, … Quand les disponibilités
en eau sont suffisantes, les oasiens mettent en place des cultures d’été (maïs, sorgho,
courges, pastèques, tomates, poivrons et piments, ….) ce qui permet d’améliorer l’indice
d’occupation des sols, de mieux couvrir, tout au long de l’année, les besoins
d’autoconsommation et d’augmenter les revenus monétaires par accroissement des ventes
sur le marché.

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Pour stabiliser ce micro-climat, l’agriculteur oasien fait aussi appel au palmier qui lui procure le
moyen, sous forme de palmes sèches tressées solidement et enfoncées dans le sol, de construire des
palissades protectrices contre les vents chauds et les sables qu’ils charrient. Quand la topographie et
la violence des vents le justifient, il installera cette palissade sur une tabia, butte de terre enduite
d’argile d’une hauteur variable pouvant atteindre 1,5 mètre et d’une largeur de plus d’un mètre. Ce
brise-vent, en diminuant la vitesse des vents et l’agitation de l’air, aura en plus l’avantage de limiter
l’évapotranspiration.

La pérennité de ce système dépendait du maintien de deux équilibres fondamentaux : équilibre entre


les spéculations associées mais nécessairement en concurrence pour l’eau et pour le sol, équilibre
entre les ressources alimentaires procurées par ces spéculations et les besoins de la famille. Si les
ressources en eau diminuent et/ou si les superficies cultivables régressent suite à un partage à
l’occasion d’une succession par exemple, si la taille de la famille augmente en l’absence de
possibilités d’extension de l’exploitation, l’oasien est contraint de « sacrifier » certaines
spéculations et donc de déséquilibrer le système et de le rendre de moins en moins viable. Ceci
explique pourquoi partout, y compris dans les oasis les plus anciennes et les plus enclavées, il sera
très difficile de rencontrer des exploitations fonctionnant encore sur la base du système oasien
intensif. Ce système oasien antique connaît de sérieux problèmes de reproduction, même à
l’identique et la pression des menaces anthropiques prend diverses formes. On peut retenir les plus
importantes :
a. La recherche de revenus monétaires par une population croissante a conduit, au cours des
deux dernières décennies, à donner systématiquement la préférence, lors du rajeunissement
d’une vieille plantation ou à l’occasion de l’installation d’une nouvelle palmeraie, aux variétés
nobles à haute valeur marchande (deglet nour) ou, accessoirement, aux variétés molles dites
ghars sauf si les conditions pédologiques et/ou de qualité de l’eau s’y opposent. La menace
d’une réduction de la gamme des variétés est donc bien présente ;
b) le morcellement excessif, résultat du partage continu d’un héritage, explique l’exiguïté
d’exploitations devenues non viables économiquement, même dans le cadre de
l’autosubsistance, ce qui conduit au délaissement des plantations ;
c) La pratique de l’indivision limite le morcellement mais, dans la plupart des cas, elle ne
constitue nullement une solution puisque l’absence de consensus entre les héritiers conduit
souvent à une situation de blocage : aucune décision ne peut être prise par l’exploitant (ni
acheter les intrants, ni vendre le produit, ni emprunter auprès des banques faute de titre de
propriété) ;
d) l’entretien insuffisant sinon inexistant du réseau de drainage, particulièrement dans le
Souf, la vallée de l’oued Righ et la cuvette de Ouargla (Photos. 7 et 8) ;
e) l’extension du bayoud qui affecte toutes les régions du sud-ouest et menace les autres
régions jusque-là indemnes ;
f) le vieillissement de la main-d’œuvre effectivement présente dans les exploitations rend de
plus en plus difficile les travaux les plus pénibles, spécialement ceux de la pollinisation,
déterminants pour le niveau de production. En outre, l’absence de transmission du savoir-faire
en direction des jeunes menace, à terme, la pérennité des palmeraies.

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Photographie 7 : Phénomène de remonté des nappes à proximité d’une oasis (Est de Ourgla) (in
Mouhouche, 2003)

Photographie 8 : Curage des drains malheureusement en retard, le sel est apparent sur les deux cotés
(in Mouhouche, 2003)

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1.3.5. MENACES SUR LES AGRO-SYSTEMES DU TELL

Toutes les menaces qui pèsent sur la pérennité des ressources génétiques, des habitats et des
écosystèmes sont presque toujours le résultat direct des activités humaines en raison de la
croissance démographique et de la concentration de la population dans des zones géographiques
particulières (Photos 8 et 9).

Or, la plupart de ces ressources constituent la matière première la plus importante pour le
sélectionneur et l’intrant essentiel de l’agriculteur. Toutes constituent également un réservoir
d’adaptation génétique face aux dommages potentiellement induits par les changements
économiques ou environnementaux. Les menaces sur ces ressources se manifestent d’abord sous la
forme du risque élevé de bio-invasion.

La bio-invasion est un phénomène (naturel ou artificiel) résultant de l’introduction d’organismes


et/ou de nouvelles espèces dans un milieu qui n’est pas le leur. En proliférant, ils entrent en
compétition avec les organismes indigènes à ce milieu. Il est vrai que la majeure partie des espèces
introduites ne supporte pas le nouveau milieu ou est éliminée par des prédateurs ou par la
concurrence d'espèces voisines. Mais certaines d’entre-elles s'acclimatent et divers niveaux d'impact
s'observent alors :
x l'espèce occupe une niche écologique peu ou pas utilisée. Dans ce cas l'impact est très
faible et peut être analysé comme une augmentation de la biodiversité ou comme une
modification de sa composition ;
x l'espèce se développe au détriment d'une ou de plusieurs espèces (par concurrence ou
prédation). Dans ce cas les espèces introduites modifient les équilibres en place et altèrent
la biodiversité ;
x l'espèce par sa dominance/pérennité modifie l’écosystème ;
x l'espèce est ubiquiste : par sa dominance/pérennité, elle modifie plusieurs écosystèmes en
même temps.

En Algérie, l’exemple le plus symptomatique est celui de l’introduction de variétés de blé dite à
haut rendement. Ces variétés, en l’espace de quelques années, ont très vite pris le dessus sur les
variétés locales dont plusieurs ont été perdues à jamais (Abdelguerfi et Laouar, 1999).
L’introduction de nouvelles variétés devront donc respecter des règles de précaution permettant la
protection des variétés locales.

La seconde menace pesant sur les ressources génétiques est le risque toujours présent de pollution
génétique. Celle-ci est un phénomène qui découle du brassage génétique par inter fécondation du
matériel biologique local avec du matériel biologique introduit de différentes manières : pollen,
graines, voire introduction d’organismes entiers au sein d’une population donnée. De nouveaux
gènes peuvent alors polluer les ressources locales, de manière favorable ou défavorable.
L’introduction de matériel biologique dans une population donnée peut être assimilée à la migration
qui est en soi une pression évolutive. Or, cette pression est capable de remettre en cause l’équilibre
des gènes au sein de la population réceptrice.

L'introduction de variétés ou d'espèces étrangères de végétaux peut déstabiliser des systèmes


agricoles entiers ainsi que les écosystèmes et avoir un impact majeur sur les variétés endogènes et
sur les espèces natives de plantes. Le même phénomène peut être observé également chez les
animaux. Une autre forme de bio-invasion, non moins pernicieuse, peut se faire sous formes
d’agents pathogènes, de ravageurs ou de prédateurs.

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Photographie 9 : L’érosion des sols dans la région de Béni Slimane (Algérie) (A.Abdelguerfi)

Photographie 10 : Utilisation inadéquate des sols. Jachère travaillée sur sol en pente dans le Nord de
Sétif (Algérie) et les effets des pluies torrentielles sur la couche arable (A.Abdelguerfi).

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La recherche d’une amélioration génétique est souvent à l’origine de du brassage génétique quand il
est volontaire. L’amélioration génétique en soi n’est pas un facteur de limitation de la biodiversité.
Bien au contraire, c’est un facteur d’élargissement de la biodiversité, par la création de nouvelles
combinaisons génétiques qui n’existent pas dans la nature.

Cependant, l’amélioration pose un problème pour la diversité biologique lorsque les variétés, races
ou souches nouvellement créées sont substituées aux ressources génétiques préexistantes et surtout,
sans que l’on prenne les précautions nécessaires pour les conserver (Photos. 10, 11, 12). De plus, les
variétés améliorées sont caractérisées par un fort degré d’homogénéité génétique, ce qui pose le
problème de leur vulnérabilité vis-à-vis des agressions extérieures. Les conséquences de
l’amélioration génétique sont variées : bio-invasion (entrée en compétition), érosion génétique
(élimination des variétés préexistantes) extinction de ces mêmes variétés en cas d’agressions
(maladies, ravageurs…).

L’effet des différentes menaces décrites précédemment n’est plus à démontrer. Elles agissent toutes
dans un premier temps sur l’habitat qui est détruit progressivement. Une compétition entre les êtres
vivants de l’habitat s'ensuit alors, non seulement entre les espèces qui partagent ces habitats mais
également entre ces espèces et l’homme. Moins il y a d'individus dans une population, plus la
recherche d'un ou plusieurs partenaires est difficile. Ainsi, les habitats commencent à se morceler,
ressemblant de plus en plus à des îlots. Les animaux trouvent plus difficilement la nourriture et sont
parfois amenés à se déplacer pour envahir d’autres habitats en posant à la fois le problème de
l’invasion biologique dans le nouveau milieu et l’érosion génétique dans le milieu d’origine.
Cependant, les être vivants qui ne peuvent ni tolérer la destruction de leur habitat, ni se redéployer
dans d’autres, sont voués à une extinction certaine.

Le déclin de la diversité génétique locale représente une réelle menace pour l'agriculture en général,
et pour les agricultures de subsistance en particulier, c’est-à-dire pour plus des trois-quarts des
exploitants. En ce qui concerne la production végétale, la substitution des variétés indigènes par
des variétés exogènes touche notamment les grandes cultures, les cultures maraîchères,
l’arboriculture et même dans certains cas les arbres forestiers (cas du chêne liège). Elle se traduit
par une plus grande vulnérabilité des récoltes aux agressions biotiques due à l'uniformité génétique
tout en rendant impossible le retour vers une agriculture extensive basée sur les variétés locales de
terroir. Ainsi, depuis l’introduction de nouvelles variétés dites à «haut rendement», les céréales en
Algérie ont été très affectées par ces mesures conduisant à la disparition de 64% des variétés
locales, plus adaptées aux conditions du milieu et donc, plus productives. De même, pour les
espèces maraîchères, il ne subsiste plus que quelques rares cultivars locaux et on enregistre 63% de
perte en taxons. L’arboriculture fruitière, représentée par le figuier, l’olivier et l’abricotier est en
train de subir, elle aussi, une très forte érosion génétique (Abdelguerfi et Laouar, 1999).

Dans le domaine de l'élevage, on constate aussi un appauvrissement génétique du cheptel dû, en


grande partie, au croisement - le plus souvent incontrôlé, d’ailleurs - des races locales (Brune de
l’Atlas, pour les bovins) avec des races introduites. Celui-ci a pour but, dans le cas de l'espèce
bovine, d'augmenter la production en lait et/ou en viande. Dans le cas des souches avicoles, un
même souci de productivité et de rentabilité conduit au développement d’un élevage « industriel »
sur la base d’une gamme très étroite de souches importées et à l’élimination concomitante des
souches locales.

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Photographie 10 : Pollution génétique au niveau des populations et des races bovines (A.Abdelguerfi)

Photographie 11 : Introduction de races ovines inadaptées et pollution génétique (A.Abdelguerfi)

Photographie 12 : Introduction de races caprines inadaptées et pollution génétique (A.Abdelguerfi)

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1.3.6. LES ECOSYSTEMES COTIERS ET MARINS

La Méditerranée est globalement caractérisée par :


 L’absence de marée significative et un renouvellement hydrique très lent ;
 Son rôle de route commerciale supportant un trafic intense pour les navires provenant de
l’océan Atlantique et se rendant en Mer Rouge et dans l’Océan Indien par le canal de
Suez ;
 Le développement d’un chapelet quasiment ininterrompu de grosses agglomérations
urbaines tout au long de ses côtes, développement qui accroît dans des proportions
devenues depuis longtemps insupportables la pression sur les ressources halieutiques, sur
la qualité des eaux marines et sur le relief côtier.

Ces caractéristiques aggravent les menaces qui pèsent sur la diversité originelle de la Méditerranée,
celle-ci comptant environ 6% de la faune marine connue dans le monde alors même qu’elle ne
représente que 1% de la surface hydrique mondiale.

La première menace pesant sur cette biodiversité marine est constituée par le risque constant
d’overfishing de certaines espèces. En effet, parmi plus de 600 espèces de poissons et autres
vertébrés marins ainsi que 1500 invertébrés rencontrés en Méditerranée, seules quelques centaines
intéressent la pêche et sont, de ce fait, directement concernées. De nombreux autres invertébrés ne
sont pas menacés directement par des activités d’exploitation mais sont vulnérables en raison des
aménagements côtiers destinés à la pêche ou à d’autres activités (tourisme, urbanisation, ports).
Malgré une croissance constante depuis le début des années 1970, l’impact sur les ressources
halieutiques du développement des pêches en Algérie est difficile à apprécier en l’absence de suivi
méthodique de l’évolution de ces ressources et d’approfondissement des connaissances de leur
diversité. Malgré le volume encore modeste des prises des pêcheurs algériens, il est fort probable
que cette activité a déjà causé d’importants préjudices à la faune et à la flore marine compte tenu
des méthodes de pêche appliquées (usage fréquent de la dynamite) et du nombre très limité
d’espèces ciblées.

Les côtes algériennes supportent, elles aussi, les effets négatifs de la forte concentration de la
population (tab. 1) et des activités économiques (agricoles, industrielles, touristiques et urbaines)
confinées dans une bande côtière de moins de 70 km de largeur. Ces facteurs influent directement
tant sur les activités de pêche que sur les ressources halieutiques littorales.

Tableau 1 : Répartition spatiale de la population, entre la bande littorale et les régions intérieures
1966 1977 1987 1998 2005 2010
Pop.Littorale (Pl) 5.364.494 7.943.400 10.281.473 12.608.444 14.848.000 16.025.000
Pop.Nationale (Pn) 12.022.000 16.948.000 23.038.942 29.100.867 34.729.000 37.903.000
Pop.Frange côtière 3.806.580 4.681.706 5.599.707
Pl/Pn (en %) 44,6 46,9 44,7 43,32 42,8 42,3
Source : Larid (2003)

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A partir de l’évaluation des principales menaces qui pèsent sur la biodiversité en Algérie, il
est possible maintenant de tenter une estimation des besoins en matière de renforcement des
capacités nationales de prévention et de lutte contre ces menaces. Le renforcement souhaité
devra s’opérer dans le cadre de programmes ciblant des objectifs précis afin de gagner en efficacité.
Tous les consultants ayant travaillé sur la question considèrent que le premier objectif devrait être la
lutte contre l’insuffisante connaissance, voire l’ignorance de l’état réel de la biodiversité ainsi que
de l’impérieuse nécessité de sa préservation. Tous considèrent, en outre, que le deuxième objectif
devrait être la conception et l’exécution de programmes de préservation susceptibles de produire
des effets sensibles à court terme afin de créer une dynamique d’éveil de l’intérêt du plus grand
nombre pour les questions de préservation de la biodiversité. Les programmes à délai de maturation
plus long et exigeant des moyens humains, matériels et financiers plus conséquents auront alors
plus de chances d’être accueillis favorablement. Partant des spécificités de chaque menace et des
propositions des consultants, le renforcement des capacités nationales de prévention et de lutte
contre ces menaces devrait faire l’objet des programmes spécifiques indiqués ci-après.

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2. EVALUATION DES BESOINS VISANT LA REDUCTION DES RISQUES


MENAÇANT LA DIVERSITE BIOLOGIQUE EN ALGERIE

2.1. ETAT DES CAPACITES ACTUELLES

2.1.1. L'EFFORT NATIONAL GLOBAL DE PRESERVATION DE LA DIVERSITE


BIOLOGIQUE

Le développement industriel et socio-économique de l’Algérie n’a pas toujours tenu compte de


l’impact sur la qualité de l’environnement et sur la conservation des milieux des ressources
naturelles. Mais à partir des années 1980, cette lacune a été comblée par la définition et la mise en
œuvre d’une politique de préservation de la diversité biologique visant notamment :
- La préservation des sites présentant des écosystèmes originaux ou fragiles ;
- La protection des espèces rares ou menacées.

Cette politique, étant basée sur la préservation et l’utilisation durable des ressources naturelles, est
entamée par plusieurs acteurs dont les centres de recherche universitaires, les instituts de recherche,
les collectivités locales, les opérateurs économiques et les ONG. Un comité national est mis en
place pour le suivi permanent de cette politique.
Dans ce cadre, le lancement de l’inventaire de la faune et de la flore, au début des années quatre
vingt dix (1990), et son utilisation dans le développement économique visait comme objectif
principal l’identification des différentes composantes du patrimoine naturel national. A ce titre,
treize (13) unités de conservation et de développement (UCD), sous la tutelle de l'Agence Nationale
pour la conservation de la Nature (ANN) du Ministère de l'Agriculture, sont mises en place dans
diverses zones écologiques dont six (06) sont considérées comme prioritaires et représentatives des
écosystèmes fragiles à sauvegarder et à réhabiliter. La mission essentielle de ces UCD est la
coordination et le suivi des inventaires des ressources entrepris avec les différents établissements
techniques et scientifiques. Par ailleurs, pour la consolidation de cet inventaire, les différents
biotopes menacés doivent faire l’objet de protection stricte par la mise en place d’aires protégées, de
réserves naturelles ou intégrales et de différents parcs nationaux dont la gestion répond d’abord au
souci de sauvegarde et de réhabilitation.

En outre, sur le plan législatif, cette politique est consolidée par une réglementation riche en matière
de conservation de la nature à laquelle s’ajoutent les engagements internationaux d’envergure sous
régionale, régionale et mondiale. Cette législation tient compte également de la stratégie nationale
globale englobant tous les volets de préservation et de développement de la biodiversité en cours
d’élaboration.

2.1.2. STRATEGIE DE CONSERVATION ET D’UTILISATION DURABLE DE LA


DIVERSITE BIOLOGIQUE

L’Algérie a élaboré sa stratégie nationale de conservation et d’utilisation durable de la diversité


biologique sur la base d'un état des lieux de la biodiversité en Algérie et d’une identification précise
des options prioritaires à envisager dans le cadre d'un plan d'action national.

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Ainsi, un programme de travail a été élaboré en coordination avec tous les secteurs concernés par la
protection et la gestion des ressources naturelles axé essentiellement sur la synergie avec les
conventions environnementales (CCD, CCC, CBD, RAMSAR, etc….). Les programmes identifiés
concernent cette synergie dans plusieurs projets réalisés ou en cours:
- Au sujet de la stratégie de la préservation de la biodiversité, l’Algérie, ayant pris conscience
des enjeux de sa diversité biologique, a mis en œuvre une politique de préservation de ses
ressources biologiques visant notamment la préservation des sites présentant des écosystèmes
originaux ou fragiles ainsi que la protection des espèces rares ou menacées d’extinction. A ce
titre, dans le but d’identifier son patrimoine en ressources, l’Algérie a entamé, depuis 1997,
l’inventaire national de la diversité biologique. Ainsi, dix (10) parcs nationaux et cinq réserves
naturelles, représentatifs des principaux écosystèmes du pays, ont été crées. Cette politique entre
également dans le cadre des engagements internationaux qui s'intègre dans le cadre d'une
stratégie nationale conforme aux dispositions de la convention sur la biodiversité biologique en
cours d’élaboration.
- Au sujet de la stratégie de la nouvelle technologie de la conservation de la biodiversité, la
compréhension des phénomènes environnementaux (la désertification notamment) passe
nécessairement par la représentation spatiale des informations à l'aide d'outils tels la
télédétection et les systèmes d'information géographique (SIG). En effet, ces outils offrent des
possibilités quant à la manipulation et l’analyse des données ; il s'agit précisément de:
x Mettre en place un dispositif permanent de suivi et d’évaluation de l'environnement et ceci à
travers la production, la collecte, le traitement de l'information dans le domaine de
l'environnement et du développement;
x Illustrer à travers le traitement de l'information la nature et la dimension de l'interaction entre
l'environnement et le développement;
x Fournir aux décideurs et aux planificateurs les moyens nécessaires à la mise en place d'un
développement durable.
- Au sujet de la stratégie du renforcement des capacités nécessaires à la réduction des risques
menaçant la biodiversité, l’étude nationale sur la diversité biologique a retenu quatre objectifs
nécessaires à la dotation du pays en savoir-faire nécessaires à ces activités :

Objectif 1 : Mieux connaître la Diversité Biologique de l'Algérie:


Ce premier objectif vise à remédier aux insuffisances actuelles dans le domaine de la
connaissance de la Diversité Biologique et notamment des écosystèmes sous tous leurs aspects
(écologique, socio-économique et culturel), ainsi qu'à maintenir un état de connaissances tel qu'il
permet de planifier en temps voulu toute intervention dans le sens de la conservation et de
l'utilisation durable des ressources biologiques au bénéfice du développement socio-économique et
du bien être du citoyen. L'approche d'un tel objectif devra nécessairement passer par :
xLa mise à jour permanente d'inventaires qualitatifs et quantitatifs des ressources biologiques
terrestres et marines ;
xL’optimisation des connaissances sur les écosystèmes non perturbés, en vue de leur
conservation, et de ceux qui sont modifiés ou dégradés en vue de leur réhabilitation ;
xL’étude et l'évaluation des conditions nécessaires à une utilisation durable de l’agro-
biodiversité, notamment à travers la mise au point d'une approche intégrée de la gestion des
agro-systèmes ainsi que de l’usage de techniques agricoles appropriées ;
xL’étude et l'évaluation des conditions nécessaires à une utilisation durable des ressources
marines aussi bien au niveau de la flore que de la faune à travers la mise au point d'une
approche intégrée de la gestion des " halieu-systèmes ";
xL’évaluation du potentiel économique des ressources biologiques par le renforcement des
capacités nationales notamment dans les domaines de la formation et de la recherche en
rapport avec la Diversité Biologique.

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Objectif 2 : Mettre en place les conditions favorables en vue de la planification d'une gestion
durable de la Diversité Biologique en général et des écosystèmes en particulier:
Ce second objectif vise à améliorer et à harmoniser le cadre actuel institutionnel et juridique de
l'environnement et à mettre en place les outils et les instruments appropriés en vue de la
planification d'une gestion durable de la Diversité Biologique, impliquant toutes les parties
concernées, à savoir l'ensemble des utilisateurs directs et indirects, les décideurs et autres
administrateurs, les chercheurs et les enseignants, etc.
La réalisation d'un tel objectif passe par un certain nombre d'adaptations et de mesures,
notamment:
xLes textes législatifs et réglementaires ayant trait à la conservation, à l'accès et à l'utilisation des
ressources biologiques : Dans la situation actuelle, les textes sont nombreux, mais manquent
de cohérence ou d'harmonie et ne sont pas toujours appliqués en raison de l'absence de moyens
ou de dispositions d'application, et parfois de leur impact négatif sur les ressources
biologiques. En outre, ces textes et/ou mesures, souvent, n'intègrent pas les considérations
d'ordre écologique et socio-économique particulièrement dans le domaine marin;
xLes rôles et prérogatives des institutions et administrations impliquées dans les activités ayant
trait à la conservation et à l'utilisation des ressources biologiques : Le manque de clarté, à
travers les actions entreprises par les diverses institutions et parties administratives
concernées, incite à une mise en cohérence au niveau :
¾Au niveau des approches d'intervention dont la nécessité d'une révision de l'attribution des
rôles entre les différentes parties concernées, étatiques ou privées soient elles, s'avère
nécessaire. En effet, l'adoption d'une approche précise d'intervention intégrée, qui
favoriserait la participation effective de toutes ces parties concernées par la Diversité
Biologique, nécessite une approche participative de tous les utilisateurs de la Diversité
Biologique qui est à promouvoir et à définir sur la base de quelques essais pilotes
permettant de mieux appréhender les grandes actions.
¾Au niveau du renforcement des capacités nationales d'intervention dans le domaine de la
conservation et de l'utilisation durable de la Diversité Biologique; Elles sont actuellement
jugées limitées, qualitativement et quantitativement, et elles ne sont pas en mesure de
garantir une mise en œuvre efficace des politiques tracées par les pouvoirs publics dans ce
domaine.
¾Au niveau du suivi et de l'évaluation réguliers des interventions dans le domaine de la
conservation et de l'utilisation de la Diversité Biologique dont l'insuffisance des dispositifs
et des organes de contrôle des stratégies et des programmes d'intervention ne permettent ni
de capitaliser les expériences du passé, ni de procéder aux ajustements éventuellement
nécessaires.

Objectif 3 : Mieux sensibiliser, éduquer et informer


Ce troisième objectif vise à améliorer la prise de la conscience collective et à engager la
responsabilité du citoyen vis-à-vis de la conservation et de l'utilisation durable de la Diversité
Biologique. La réalisation d'un tel objectif suppose des efforts d'innovations dans les domaines de
la sensibilisation, de l'éducation, de la diffusion et de l'échange de l'information, en vue d'impliquer
l'ensemble des capacités nationales.

Objectif 4 : Elaborer et mettre en œuvre des programmes d'action dans les domaines
d'intervention prioritaire
Ce dernier objectif vise à préparer et à mettre en œuvre à court et à moyen terme un certain nombre
d'actions en vue de contribuer à la restauration des divers éléments de la diversité biologique dans
les milieux les plus menacés ainsi qu'à la valorisation par une gestion durable, des ressources
biologiques, présentant un potentiel socio-économique et culturel remarquable.

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 41
L'évaluation et l'analyse effectuées dans le cadre de l’étude Nationale de la Diversité Biologique ont
permis de relever les domaines prioritaires suivants comme étant les plus prioritaires en raison de
leur importance écologique, économique, sociale et culturelle. Il s'agit notamment:
- Des aires protégées : Un réseau, représentatif des principaux écosystèmes et paysage, a été
identifié. Néanmoins, les aires protégées actuellement font l'objet de pressions anthropiques qui
constituent une menace sérieuse à leur intégrité et, par conséquent, nécessitent la mise en place
de plans de gestion spécifiques et rationnels.
- De la gestion intégrée et durable des agro-systèmes, les écosystèmes forestiers et pastoraux
et les halieu-systèmes : Ces écosystèmes présentant un intérêt socio-économique important et
font l'objet d'une pression anthropique sans cesse croissante. Ceci n’est pas compatible avec une
utilisation durable des ressources abiotiques et biotiques de ces milieux.
- De la gestion côtière et marine : Les milieux littoraux constituent des zones sensibles qui
subissent actuellement de nombreuses agressions directes et indirectes menaçant fortement leur
biodiversité. Le réseau de surveillance du littoral existant doit être renforcé au niveau spatial
(tout le littoral), et doit intégrer les principales composantes biotiques. L'impact du tourisme sur
le milieu côtier et marin est à prendre en considération dans la gestion de ces écosystèmes.
- De la protection des éléments ou composantes vulnérables de la Diversité Biologique :
L’étude Nationale sur la Diversité Biologique a répertorié les menaces de dégradation ou de
disparition de ressources génétiques. Elle a mis en évidence la vulnérabilité d'espèces ou
groupes d'espèces ou d'écosystèmes entiers qu'il faudrait préserver en priorité.
- De la sensibilisation, de l’éducation et de l'information : S'agissant d'un domaine qui
concerne d'une manière ou d'une autre l'ensemble des catégories sociales, il est impératif de
chercher à impliquer d’une manière effective tous les citoyens à travers la sensibilisation,
l’éducation et l'information. La notion de la Diversité Biologique représente une vision nouvelle
de la conservation, de l'utilisation durable et de la valorisation du potentiel des ressources
naturelles.
- De la promotion des techniques et des biotechnologies qui concourent à la protection et au
maintien de la diversité biologique : Dans les domaines de production forestière et agricole
(amélioration génétique des espèces, mise au point de bio-pesticides et bio-fertilisants,
assainissement des eaux et des sols, valorisation des résidus,...), il est nécessaire de développer
le transfert technologique, de créer des centres d'excellence et d'appuyer ce transfert entre les
centres de recherche et l’industrie. Il est nécessaire de favoriser l'élaboration d'une
réglementation sécuritaire des produits issus de la biotechnologie en particulier les organismes
génétiquement modifiés.

2.1.3. DOMAINES D’INTERVENTION PRIORITAIRES

Compte tenu des résultats des études et en fonction des orientations proposées en matière de
stratégie nationale pour la conservation et d'utilisation durable de la biodiversité et des ressources
biologiques, les domaines suivants ont été retenus comme étant les plus prioritaires en raison de leur
importance écologique, économique et socioculturelle :
- La gestion des aires protégées visant la durabilité de la Diversité Biologique: Les aires
protégées font l'objet de fortes pressions des milieux environnant ce qui constitue une menace
sérieuse à leur intégrité, notamment en l'absence de plans de gestion adéquats qui soient en
harmonie avec les développements récents de la politique nationale dans le domaine.
- La gestion intégrée des agro-systèmes visant la durabilité de la Diversité Biologique: Les
études ont montré l'importance biologique et socio-économique des systèmes agricoles et de
leur impact sur la durabilité des ressources naturelles et sur l’équilibre et le fonctionnement
durable des écosystèmes naturels. Certains itinéraires techniques devraient être mieux infléchis
dans le sens d’un impact plus doux des systèmes agricoles sur leur environnement. En outre,
l’exploitation des couverts végétaux naturels, de type cueillette, doivent laisser la place à des
systèmes d’exploitation et de gestion adéquats de la flore naturelle.

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- La gestion intégrée des halieu-systèmes visant la durabilité de la Diversité Biologique:
Plusieurs biotopes des eaux continentales (cours d’eau, retenues collinaires, barrages), des
milieux humides littoraux (sebkhas, chotts, Gueltas, oasis, lacs, etc.) et de certaines lagunes sont
souvent variables et, quelque fois, mal définis ou encore inconnus. Dans ces cas, il faut
distinguer chaque type d’écosystème et présenter, en détail, chaque site à part. Dans le cas du
milieu marin, il faut opter pour des secteurs représentatifs de tout le littoral, qui soient
caractéristiques, homogènes et répartis uniformément.

2.2. BESOINS EN MATIERE DE RENFORCEMENT DES CAPACITES

2.2.1. APPROCHE GLOBALE VISANT LE RENFORCEMENT DES CAPACITES

Toutes les parties concernées par la diversité biologique ou/et le phénomène désertification
reconnaissent l'importance du renforcement des capacités tant locales que nationales voire
internationales.

Globalement, ce renforcement concernera les institutions, la formation, le développement des


capacités locales et nationales pertinentes pour lutter contre la désertification, etc..
Plus particulièrement, il s'agit de promouvoir des actions pour :
(1) Renforcer les capacités de formation et de recherche au niveau national dans le domaine de la
désertification et de la sécheresse ;
(2) Créer des services d'appui et de vulgarisation, et/ou les renforcer, pour assurer une diffusion
plus efficace des technologies et des méthodes pertinentes, et pour former des vulgarisateurs et
des membres des organisations rurales aux méthodes participatives de conservation et
d'utilisation durable des ressources naturelles;
(3) Encourager l'utilisation et la diffusion des connaissances, des savoir-faire et des pratiques des
populations locales dans le cadre des programmes de coopération technique, chaque fois que
cela est possible ;
(4) Adapter, si nécessaire, les technologies écologiquement rationnelles et les méthodes
traditionnelles d'agriculture et de pastoralisme pertinentes aux conditions socio-économiques
modernes ;
(5) Dispenser une formation appropriée relative à l'utilisation des sources d'énergie de substitution,
en particulier des sources d'énergie renouvelables, et de fournir les technologies voulues afin,
notamment, de réduire la dépendance à l'égard du bois de chauffage ;
(6) Mettre au point et exécuter des programmes dans le domaine de la collecte, de l'analyse et de
l'échange d'informations dans le cadre de la coopération et des accords internationaux ;
(7) Promouvoir de nouveaux moyens d'existence, y compris la formation en vue de l'acquisition de
nouvelles qualifications, grâce à des formules novatrices;
(8) Former des décideurs, des gestionnaires ainsi que du personnel chargé de la collecte et de
l'analyse des données, de la diffusion et de l'utilisation des informations sur la sécheresse
fournies par les systèmes d'alerte précoce et de la production alimentaire;
(9) Contribuer à un meilleur fonctionnement des institutions et des cadres juridiques nationaux
existants et, si nécessaire, créer de nouvelles institutions et de nouveaux cadres capables de
renforcer la planification dite écologique ;
(10) Initier des programmes d'échange de personnel afin de renforcer les capacités dans
l'ensemble des pays touchés par les problèmes ;
(11) Organiser des campagnes de sensibilisation pour promouvoir, de façon permanente, l'accès
du grand public aux informations pertinentes, ainsi qu'à une large participation de ce dernier aux
activités d'éducation et de sensibilisation ;
(12) Encourager la création d'associations qui contribuent à sensibiliser le public;

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(13) Mettre au point et échanger du matériel éducatif et de sensibilisation du public, si possible
dans les langues locales;
(14) Echanger et détacher des experts pour former le personnel des pays en développement
touchés par le problème;
(15) Evaluer les besoins en matière d'éducation dans les zones touchées et, par voie de
conséquence, élaborer des programmes scolaires appropriés et développer, selon les de besoins,
des programmes éducatifs et d'alphabétisation des adultes pour offrir à tous, en particulier aux
filles et aux femmes, les moyens pour des actions d'identification, de conservation et
d'utilisation ou de gestion durable des ressources naturelles des zones touchées ;
(16) Mettre au point des programmes participatifs pluridisciplinaires qui intègrent la
sensibilisation aux problèmes de désertification et de sécheresse dans les systèmes d'éducation
et dans les programmes d'enseignement extrascolaire, d'éducation des adultes, de
téléenseignement et d'enseignement pratique.
(17) Créer et/ou renforcer des réseaux de centres régionaux d'éducation et de formation pour
lutter contre la désertification et atténuer les effets de la sécheresse. Ces réseaux sont
coordonnés par une institution créée ou désignée à cet effet afin de former du personnel
scientifique, technique et de gestion et de renforcer les institutions chargées de l'éducation et de
la formation dans les pays touchés. Ces réseaux, dans un souci d'harmonisation des programmes
et d'organisation des échanges d'expériences, doivent coopérer étroitement avec les
organisations intergouvernementales et non gouvernementales compétentes pour éviter les
redondances.

2.2.2. STRATEGIE EN MATIERE DE RENFORCEMENT DES CAPACITES


NECESSAIRES A LA REDUCTION DES RISQUES MENAÇANT LA
DIVERSITE BIOLOGIQUE LOCALE ET GLOBALE

Pour renforcer les capacités nécessaires à la réduction des risques menaçant la diversité biologique
locale et globale, il est nécessaire de mettre au point des stratégies de conservation de la flore, de la
faune, de l'agrobiodiversité, de la biosécurité et celles de la répartition juste et équitable des
bénéfices émanant de l'exploitation des ressources biologiques et enfin de l'utilisation durable des
ressources naturelles:

2.2.2.1. Stratégie de conservation de la flore

(1) Promouvoir des études d'inventaire et d'évaluation de la flore dans tous les écosystèmes du pays
pour contribuer à :
- Renforcer les capacités en matière de taxonomie en favorisant la formation des botanistes
qualifiés ;
- Identifier, inventorier et localiser les espèces endémiques, les espèces rares ou menacées de
disparition en vue de leur conservation ex-situ ;
- Evaluer en permanence le statut des espèces et des écosystèmes naturels de manière à prévenir
leur disparition ;
- Adopter et prendre des mesures appropriées pour sauvegarder les espèces et les écosystèmes
menacés et vulnérables ;
- Favoriser la restauration des écosystèmes dégradés.
(2) Renforcer le réseau d'aires protégées existant en y intégrant celles en perspective, de façon à
assurer la protection de la biodiversité sur une grande portion du territoire national ;
(3) Favoriser la création et le développement des institutions et les programmes de conservation ex-
situ au niveau du pays ;
(4) Réduire les impacts de l'exploitation des ressources fourragères et énergétiques sur la
biodiversité ;
(5) Impliquer les populations et plus particulièrement les femmes dans l'identification et la solution

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des problèmes de dégradation des ressources végétales ;
(6) Favoriser le libre accès de l'information concernant la diversité biologique à travers les
programmes d'éducation, de formation, de sensibilisation, et les activités régulières de
diffusion ;
(7) Tenir compte de l'aspect conservation dans les différents secteurs de l'économie en assurant une
prise en compte des objectifs de conservation dans les législations nationales;
(8) Promouvoir une concertation permanente en matière d'utilisation et de gestion durable des
ressources végétales en mettant en place le cadre institutionnel et administratif favorisant la
concertation intersectorielle et interministérielle et la participation des populations en matière de
conservation des ressources de la biodiversité;
(9) Valoriser la commercialisation de certaines espèces à potentiel économique élevé tout en
respectant les capacités de maintien de ces espèces ainsi que celles de leurs habitats.

2.2.2.2. Stratégie de conservation de la faune

(1) Impliquer les populations locales dans la gestion des ressources naturelles ;
(2) Parvenir dans un bref délai à une meilleure gestion des aires protégées dédiées à la faune
existante en œuvrant notamment à :
- Former des agents qualifiés ;
- Acquérir des moyens financier et matériel adéquats ;
- Réhabiliter les centres de formation forestière ;
(3) Créer de nouveaux parcs nationaux et des réserves de faune ;
(4) Réintroduire les espèces très menacées ou disparues dans un délai raisonnable par notamment la
promotion et l'installation de fermes à gibiers pour garantir la pérennité de la ressource et en
accordant la priorité aux espèces les plus appréciées par la population ;
(5) Valoriser au mieux la faune en développant les activités génératrices de revenus telles que
l'écotourisme ;
(6) Organiser de façon rationnelle la transhumance, ceci dans le but d'éviter la concurrence directe
entre le cheptel et la faune sauvage en éloignant les couloirs de transhumance des parcs et
réserves de faunes et en renforçant les programmes de santé animale;
(7) Lutter contre la désertification par la promotion de l'éducation environnementale en vue d'une
utilisation rationnelle et de la conservation des ressources biologiques;
(8) Lutter contre le braconnage en impliquant l'armée et les populations riveraines dans la
surveillance des parcs et des aires protégées.

2.2.2.3. Stratégie de conservation des zones humides

(1) Promouvoir une connaissance approfondie des zones humides en mobilisant les compétences et
les ressources financières pour procéder à l'inventaire et l'évaluation tant écologique
qu'économique ;
(2) Encourager la préservation des zones humides vulnérables en vulgarisant les pratiques
d'utilisation rationnelle des ressources en initiant des actions pour:
- Identifier et maîtriser les facteurs qui provoquent la dégradation des écosystèmes aquatiques ;
- Identifier, restaurer et protéger les zones humides dégradées ;
- Renforcer la lutte contre le braconnage des animaux aquatiques.
(3) Redynamiser les services concernés pour un suivi écologique efficace des zones humides et
renforcer les capacités opérationnelles de la Direction Générale des Forêts ;
(4) Mettre en place un comité national de conservation de zones humides comprenant toutes les
partenaires potentiels (pouvoirs publics, ONG, société civile, université, etc.).
(5) Renforcer et promouvoir les capacités en matière de gestion des zones humides en matière de
formation des spécialistes et de sensibilisation des utilisateurs.

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2.2.2.4. Stratégie de conservation de l’agro-biodiversité

(1) Initier des études débouchant sur une typologie des zones agro-écologiques homogènes à l'aide
de l'outil géomatique et l'identification des zones d'actions agro-sylvo-pastorales avec des
orientations sur les espèces animales et la charge supportable;
(2) Favoriser l'intégration ou l'association agriculteur / éleveur ;
(3) Améliorer les ressources agricoles par le renforcement, la caractérisation et l'évaluation des
collections de référence (conservation in situ et ex-situ) :
(4) Identifier et inventorier les principales ressources agricoles de base et les ressources principales
et secondaires.
(5) Assurer la promotion, la mise en valeur et la commercialisation des espèces secondaires et
celles qui sont sous-exploitées.
(6) Intensifier les systèmes de production par des actions capables de :
- Mettre en place un programme d'amélioration de la fertilité et de la conservation des sols (agro-
foresterie, compostage, etc....) ;
- Faire respecter la durée de la jachère pendant au moins 5 ans dans les zones marginales ;
- Faire appliquer les bonnes pratiques culturales ;
- Renforcer les capacités techniques des productions ;
- Utiliser du matériel végétal sain, tolérant aux principales maladies.
(7) Assurer l'auto-promotion paysanne des solutions et des stratégies adoptées ;
(8) Publier des textes juridiques limitant l'introduction des parasites et ravageurs nouveaux à travers
le matériel végétal en procédant notamment au :
- Renforcement de la police phytosanitaire aux frontières ;
- Mettant en place des centres de quarantaine végétale.
(9) Mettre en place des structures de gestion et de conservation des ressources phytogénétiques
(renforcement ou création de laboratoires de cultures des tissus et de centres semenciers) ;
(10) Promouvoir le crédit agricole et le partenariat;
(11) Réactualiser le calendrier agricole actuel selon les zones agro-climatiques homogènes.

2.2.2.5. Stratégie de conservation des espèces animales locales

(1) Assurer la protection et la restauration des parcours pastoraux dégradés en :


sensibilisant les éleveurs / agriculteurs / chasseurs sur les conséquences du surpâturage, le
défrichement et la désertification en ;
- Evaluant les superficies dégradées et les espèces appétées menacées ou détruites ;
- Semant les espèces végétales appétées par les animaux au niveau des parcours dégradés ;
- Intégrant la culture fourragère dans les systèmes de cultures ;
(2) Renforcer les aspects sanitaires en :
- Redynamisant le contrôle sanitaire aux frontières ;
- Elargissant les aspects sanitaires relatifs au petit bétail à travers les associations socio-
professionnelles ;
- Facilitant l'accès au métier de pharmacien vétérinaire ;
(3) Renforcer les programmes de recherche / développement et ceux des institutions universitaires;
(4) Promouvoir la recherche scientifique et la formation technique notamment dans les domaines de
la taxonomie des espèces animales et la conservation des parcours agro-sylvo-pastoraux.

2.2.2.6. Stratégie pour prévenir les risques biotechnologiques

(1) Appliquer le principe de précaution en ce qui concerne l'introduction et l'utilisation de tout


organisme vivant ou modifié par des actions aptes à :
- Renforcer la police phytosanitaire et zoo-sanitaire aux frontières ;
- Mettre en place un centre de quarantaine végétal et /ou animal ;

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- Contrôler et éradiquer les organismes vecteurs des maladies ;
- Doter le pays d'une loi phytosanitaire adaptée à la conservation et à l'utilisation durable des
ressources de la biodiversité.
(2) Assurer l'inventaire du potentiel de la biotechnologie, leurs usages et les institutions par :
- L'identification des éléments de la biosécurité, leur utilisation et les risques liés à cette utilisation ;
- L'identification des éléments de la biotechnologie (plantes, animaux locaux) susceptibles
d'amélioration génétique pour faire face à certains éléments de la biosécurité qui mettent en
péril les ressources biologiques ;
- La gestion, la surveillance et la maîtrise des effets négatifs sur les ressources biologiques.
(3) Renforcer la conservation in situ et ex situ des espèces locales par la formation et la mise en
place des structures de la biotechnologie et de la biosécurité.
(4) Identifier les besoins nécessaires pour mettre en place des structures chargées de la gestion et de
l'utilisation durable de la biotechnologie ;
(5) Mettre en place des structures et former des cadres nationaux compétents dans le domaine de la
biotechnologie et de la biosécurité et plus particulièrement :
- Mettre en place des programmes spécifiques sur la biosécurité ;
- Equiper les laboratoires, enrichir les bibliothèques spécialisées et améliorer les conditions de
travail de toute personne qui travaille dans la biosécurité.
(6) Assurer le contrôle ou la maîtrise des espèces reconnues comme nuisibles à la biosécurité en
menant des actions pour :
- Cibler les sites, les espèces ou les groupes systématiques ;
- Mettre en place des programmes de recherche afin de disposer des données scientifiques pour
prendre des mesures de prévention et de conservation appropriées;
- Encourager les campagnes de surveillance et de lutte contre les organismes nuisibles à travers
les structures compétentes ;
(7) Promouvoir la coopération technique et scientifique sous régionale, régionale et internationale
dans le domaine de la formation, de la recherche scientifique et technique sur la biosécurité par
des initiatives telles :
- La participation des experts nationaux aux diverses rencontres internationales en matière de
biotechnologie et de biosécurité ;
- L'élaboration de programmes de jumelage inter-universitaire et interministériel Sud-Sud et
Nord-Sud dans le domaine de la biotechnologie et de la biosécurité.
(8) Mettre en place des programmes pour rechercher les fonds et l'assistance du pour l'élaboration
d'une stratégie nationale et un plan d'action en biotechnologie et biosécurité.

2.2.2.7. Stratégie pour le partage équitable des avantages découlant de la mise en valeur des
ressources biologiques

(1) Impliquer les communautés locales, dans la gestion et le partage juste et équitable des bénéfices
résultant de l'exploitation des ressources biologiques ;
(2) Mettre en place une réglementation stricte relative à la collecte des échantillons biologiques et
génétiques et en y incluant le processus d'accès aux ressources de la biodiversité et du partage
de leurs avantages avec notamment des précisions sur les conditions d'accès à ces ressources
pour des fins scientifiques et / ou commerciales et l'établissement d'un certificat d'origine ;
(3) Fournir des informations complètes sur le matériel spécifique souhaité, l'usage potentiel ou réel
et impliquer des chercheurs locaux ;
(4) Mettre les résultats scientifiques obtenus à la disposition du Gouvernement Algérien ;
(5) Impliquer les populations riveraines dans les mécanismes de conservation, d'utilisation et de
partage des bénéfices découlant de l'exploitation des ressources de la biodiversité ;
(6) Garantir la propriété intellectuelle découlant de l'innovation biotechnologique ;
(7) Inventorier les ressources biologiques et les biotechnologies appropriées par région.

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2.2.2.8. Stratégie pour l'utilisation durable de la biodiversité

(1) Favoriser une approche intégrée dans l'utilisation de toutes les espèces biologiques dans les
plans de développement et des activités du Gouvernement, des agences locales et internationales
de développement et des Organisations Non Gouvernementales (ONG).
(2) Garantir une utilisation durable des ressources sauvages en prenant le soin de :
- Evaluer les populations et les capacités productives des espèces et des écosystèmes exploités et
l'utilisation conforme à ces capacités ;
- Définir des seuils d'exploitation qui fassent la part de l'ignorance et du doute quant à la biologie
des espèces clés concernées, à l'état des écosystèmes dont elles dépendent, et à d'autres impacts
potentiels sur les dits écosystèmes et espèces ;
- S'assurer que l'exploitation d'une ressource n'excède pas la capacité de renouvellement de cette
dernière ;
- Réglementer l'accès aux parcours naturels par l'introduction de charge supportable (le droit de
prélever une certaine quantité fourragère durant une période donnée de l'année);
- Conserver les habitats et processus écologiques dont dépendent les ressources biologiques
concernées ;
- Etablir si l'exploitation des ressources biologiques est durable :
- Evaluer périodiquement l'état de la ressource biologique (faune et flore) ;
- Prendre en compte l'état des processus écologiques et de la diversité biologique dont dépend la
dite ressources ;
- Identifier et évaluer les impacts du prélèvement et des activités qui lui sont associées sur les
autres ressources renouvelables, sur la santé humaine, les écosystèmes entretenant la vie et sur
la diversité biologique ;
- Identifier et prendre en compte les principaux éléments socio-économiques influents sur la
durabilité du secteur concerné.
(3) Aider les communautés locales à gérer leurs ressources sauvages renouvelables et renforcer les
incitations à préserver la diversité biologique :
- Elaborer conjointement par le Gouvernement et les communautés locales les politiques pour la
gestion des ressources renouvelables (P.N.A.E) ;
- Développer des institutions communautaires dynamiques et efficaces permettant aux
communautés locales de bénéficier des garanties adéquates en matière de jouissance et de droit
de propriété ;
- Aider les communautés locales qui protègent efficacement leurs ressources biologiques d'avoir
la possibilité d'exporter le surplus en veillant à ce que la production reste durable, et d'en
toucher les revenus ;
- Verser aux communautés concernées une partie des droits d'entrée perçus dans les aires
protégées (Parc Nationaux), des compensations financières pour les activités d'écotourisme
(exemple de la chasse organisée pour les "émirs" des pays du Golfe dans la région steppique!);
- Encourager indirectement par les exemptions fiscales, la sécurité alimentaire et l'assistance au
développement communautaire ;
- Prendre des mesures visant à maintenir ou à renforcer les pouvoirs des organisations chargées
de la gestion des ressources biologiques ;
- Procurer des revenus directs, immédiats, légalement garantis et durables aux communautés
concernées ;
- Se fonder sur l'utilisation d'espèces animales et végétales autochtones ou indigènes, au lieu de
privilégier l'importation des espèces allochtones en prenant en compte les connaissances des
communautés locales pour sélectionner les espèces ;
- Procurer des revenus supplémentaires aux autorités locales, de façon à renforcer leur motivation
et leur capacité de gestion ;
- Reconnaître les droits de propriété et de jouissance existants et les intégrer dans les activités de
conservation et dans la législation ;

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- Mettre en place un système d'indicateurs et de surveillance adapté aux conditions locales, afin
de pouvoir vérifier si les effectifs des populations d'espèces utilisées sont maintenus ou
renforcés.
(4) Donner aux communautés les moyens de gérer leur propre environnement et ressource
(ressources biologiques) par des actions prioritaires capables de :
- Renforcer le contrôle des communautés sur leur propre existence, notamment en termes d'accès
aux ressources et de participation équitable à leur gestion (et à leurs bénéfices) ; participer aux
décisions, d'éducation et de formation ;
- Donner aux communautés les moyens de satisfaire durablement leurs besoins ;
- Permettre aux communautés de conserver leur environnement ;
- Faire participer les communautés tout en veillant à ce que les consultations avec elles soient
conduites sous une forme culturellement acceptable.
(5) Financer la durabilité en prenant la précaution de :
- Réaménager les priorités budgétaires, en réduisant les dépenses outrancières pour des
secteurs privilégiés, dits hautement prioritaires ou de souveraineté et en supprimant les
investissements consacrés à des projets démesurés et non durables, au profit des dépenses
sociales et de l'environnement ;
- Rentabiliser les dépenses de développement ;
- Améliorer les procédures administratives et des services pour réaliser des économies ;
- Promouvoir l'investissement du secteur privé ;
- Payer des droits, redevances, taxes et impôts ;
- Faire contribuer les particuliers, les ONG, les entreprises, etc. ;
- Elaborer des programmes d'assistance bilatérale et multilatérale.
- Forger une alliance nationale et internationale (coopération internationale et partenariat)
pour notamment :
- Renforcer et rationaliser les mécanismes visant à promouvoir une approche coordonnée de
problèmes d'environnement, sur la base d'un calendrier dont les priorités seront déterminées
en fonction des procédures de consultation les plus appropriées ;
- Mettre en place un (nouveau) mécanisme visant à garantir que le dialogue à l'échelon tant
national qu'international reflète bien les connaissances, compétences et préoccupations de
tous les secteurs de la société, y compris les Organisations Non Gouvernementales (ONG),
le milieu des affaires, le commerce, l'industrie, les populations autochtones et les groupes
religieux ;
- Mettre en place, redynamiser si cela existe déjà, des mécanismes financiers destinés à
promouvoir la coopération technique et le transfert et l'application des meilleures
technologies disponibles dans les pays amis, afin de créer ainsi les conditions les plus
favorables pour une utilisation durable des ressources de la biodiversité et pour la protection
de l'environnement national ;
- Réviser et adapter les structures commerciales nationales (commerce de gros et de détail) de
façon à accroître l'ouverture des marchés aux produits nationaux par la promotion ;
- Renforcer les mécanismes nationaux d'évaluation et de recherche afin que les politiques
nationales soient de plus en plus fondées sur une somme commune d'éthique, de
connaissances et d'expériences.
(6) Mettre en œuvre des stratégies nationales, axées sur la durabilité, pour :
- Faire respecter et refléter les conditions, besoins et possibilités des communautés concernées
dans chaque plan ;
- Traiter de manière intégrée et exhaustive les questions de conservation et développement ;
- Accompagner les stratégies d'une révision en profondeur des politiques, loi et institutions ;
- Faire contribuer les stratégies à une meilleure compréhension des relations ainsi que les
différents problèmes évoqués ou soulevés ;
- Assurer une synergie entre les différentes orientations de planification en vue d'harmoniser
les différentes actions sectorielles dont celles ayant trait à la biodiversité.

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2.3. PARTAGE DES RESPONSABILITES ENTRE LES DIFFERENTES


PARTIES CONCERNEES ET/OU LES PARTENAIRES IMPLIQUES
Pour ce point, un état des lieux est nécessaire pour identifier tous les partenaires impliqués et, par
conséquent, mettre en cohérence la participation de chaque partie et/ou partenaire impliqué. Dans ce
cadre, il est nécessaire de mettre au point une stratégie nationale en matière de gestion des
"ressources naturelles partagées" clé de voûte de la Diversité Biologique.

2.3.1. PRISE EN CHARGE ACTUELLE DE LA BIODIVERSITE

Les préoccupations en matière de biodiversité concernent tous les milieux et les écosystèmes ; Pour
l’Algérie, la biodiversité concerne les écosystèmes steppiques, les écosystèmes forestiers, les
écosystèmes côtiers et marins, les écosystèmes sahariens, les écosystèmes agricoles et les
écosystèmes des zones humides.
Par conséquent, la prise en charge de la biodiversité se réalise obligatoirement selon deux niveaux :
mondial et national.

2.3.2. PRISE EN CHARGE DE LA BIODIVERSITE AU NIVEAU INSTITUTIONNEL

2.3.2.1. Prise en charge de la biodiversité au niveau mondial

Etant donné l’interdépendance des nations en matière de biodiversité, diverses conventions


internationales ont été mises en œuvre pour protéger et conserver la biodiversité. On peut citer : la
Convention Cadre sur la Biodiversité (CBD), la Convention de Ramsar sur les zones humides, la
convention de Bonn sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, la
convention de Washington (CITES) du 3 mars 1973 sur le commerce international des espèces de
faune et de flore sauvage menacées d'extinction, les Principes Forestiers et la Protection des espèces
endémiques. Ces conventions imposent un certain d’obligations pour les pays signataires. L ‘
Algérie a ratifié l’ensemble de ces conventions. Ces conventions développent des méthodologies,
des modèles, des outils, des systèmes de surveillance et des indicateurs pour la gestion et la
conservation de la biodiversité. Elles ont mis en place des organes de mise en œuvre et des cadres
de coopération avec les autres conventions multilatérales sur l’environnement. -

2.3.2.2. Prise en charge de la biodiversité au niveau national

La prise en charge de la biodiversité au niveau national est répartie entre :


le MATE à travers la Direction de la Biodiversité, le Conservatoire National du Littoral et
l’Observatoire de l’Environnement,
le MAP à travers la Direction Générale des Forêts (DGF), la Direction de la Protection de la Flore
et de la Faune, l’Agence Nationale pour la protection de la Nature (ANN), la Direction de la
Production des Végétaux, la Direction de la Production Animale, le Haut Commissariat pour le
Développement de la Steppe (HCDS) et le Commissariat pour le Développement de l’Agriculture
en Régions Sahariennes (CDARS).
Le MESRS à travers le Centre de Recherche Scientifique et Technique sur les Régions Arides
(CRSTRA) qui coordonne les activités de recherche sur ces zones.
Il existe des structures universitaires qui ont des activités de recherche en rapport avec la
biodiversité. On peut citer :
- Institut National Agronomique (INA),
- Institut National de la Recherche Agronomique (INRA),
- Institut Technique des Grandes Cultures (ITGC)

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- Institut National de la Recherche Forestière (INRF),
- Institut des Sciences de la Mer et de l’Aménagement du Littoral (ISMAL)
- Instituts de biologie ou Laboratoires de Recherche rattachés aux Universités,
- Centre National des Techniques Spatiales (CNTS),
- Centre de Recherche de Biologie Terrestre (CRBT) de l’Université de Bab-Ezzouar
La prise en charge opérationnelle de la biodiversité, au niveau régional, se fait au sein des structures
décentralisées des ministères :
- les Inspections de l’Environnement de Wilaya dépendant du MATE,
- les Directions des Services Agricoles des Wilayates (DSA) dépendant du MAP,
- les Conservateurs des Forêts de Wilaya (CFW) dépendant du MAP-DGF,
- les 13 Unités de Conservation et de Développement (UCD) dont 6 prioritaires.
Le tableau 2 suivant précise, pour chaque type d’écosystèmes, les organismes responsables.

Tableau 2 : Ecosystèmes et organismes responsables


Type d’écosystèmes Organe central responsable
Ecosystèmes Steppiques HCDS,
Ecosystèmes forestiers DGF
Ecosystèmes côtiers et marins Conservatoire National du Littoral
Ecosystèmes Sahariens Direction de la Protection de la Flore et de la Faune et ANN
Ecosystèmes Agricoles Direction de la Production Végétale
Direction de la Production Animale
Ecosystèmes des zones humides terrestres Direction de la Protection de la Flore et de la Faune, Direction
Générale des Forets et ANN
Ecosystèmes des zones humides côtières Conservatoire National du Littoral

Le point focal de la Convention Internationale sur la Biodiversité est assuré par la Direction de la
Biodiversité au sein du MATE. En application des dispositions de cette convention, un projet
financé par le FEM est en cours d’exécution et porte sur les actions suivantes :
- l’élaboration de la stratégie nationale,
- l’élaboration du plan national d’action,
- le bilan de la biodiversité en Algérie.

2.3.2. RENFORCEMENT INSTITUTIONNEL POUR LA MISE EN COHERENCE DE LA


PRISE EN CHARGE DE LA BIODIVERSITE

Les mesures institutionnelles doivent pérenniser l’action de l'ensemble des secteurs d'activités dans
le cadre de la biodiversité et de l'adaptation aux effets des changements climatiques. Compte tenu
de la synergie qui existent entre les conventions des changements climatiques, de la biodiversité,
des forêts et de la lutte contre la désertification, les mesures institutionnelles relatives à ces
conventions sont fortement imbriquées. Le renforcement institutionnel doit :
- préciser les objectifs opérationnels immédiats du Comité National de la Biodiversité :
élaboration de la stratégie d’action, plan national d’action, planification et programmes
d’activités (mise en œuvre, suivi et évaluation) ;
- actualiser l’inventaire national des forêts qui date de 1985 et réaliser le cadastre des terres
forestières,
- élaborer le statut foncier des terres steppiques et réglementer leur exploitation (régime de
concession au bénéfice exclusif des populations riveraines pour assurer leur implication
directe),
- adapter la loi relative à la protection de l’environnement et en particulier en ce qui concerne
la biodiversité,
- mettre en oeuvre la loi sur le littoral,
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- rendre opérationnelles les Agences des Bassins Versants et doter leurs comités de larges
prérogatives afin d’assurer une gestion intégrée qui préserve la biodiversité de ces bassins,
- rendre autonome les Inspections de l’Environnement des Wilayates,
- créer des réserves naturelles et mettre en place le dispositif d’accompagnement,
- créer un centre de développement des ressources biologiques,
- créer un laboratoire pour le contrôle des organismes génétiquement modifiés (OGN),
- créer une structure chargée de l’étude et de l’évaluation des impacts dus à l’ozone,
- renforcer les réseaux d’observations et de mesures (agro-météorologique, hydro-
météorologique, phénologique, rayonnement UV, ozone...) et mettre en place le dispositif
réglementaire d’accompagnement,
- mettre en œuvre l’Observatoire National de l’Environnement et du Développement Durable
(ONEDD),
- créer un réseau national d’échange sur la biodiversité,
- renforcer les capacités des ONG actives dans le domaine du climat et de la biodiversité.
Le tableau 3 ci dessous précise, en matière institutionnelle, les principaux organismes ou acteurs
concernés et le niveau de priorité.

Tableau 3 : Propositions d’activités visant le renforcement institutionnel pour atténuer les pressions
liées aux changements climatiques et à l’ozone sur la biodiversité
Renforcement institutionnel Principaux organismes ou
acteurs concernés
Préciser les objectifs opérationnels immédiats du Comité National de la Biodiversité : MATE : Point Focal –
Biodiversité
Actualiser l’inventaire national des forêts qui date de 1985 et réaliser le cadastre des MAP : DGF
terres forestières,
Elaborer le statut foncier des terres steppiques et réglementer leur exploitation, ( MAP : HCDS, DGF
régime de concession au bénéfice exclusif des populations riveraines pour assurer Ministère de l’Intérieur
leur implication directe),
Actualiser la loi relative à la protection de l’environnement en ce qui concerne MATE
particulièrement la biodiversité,
Elaborer et mettre en oeuvre les textes d’application de la loi sur le littoral, MATE : Consevatoire
National du Littoral
Rendre opérationnelles les Agences des Bassins versants et leurs comités, MRA
Rendre autonome les Inspections de l’Environnement des Wilayates, MATE
Créer des réserves naturelles et mettre en place le dispositif d’accompagnement (liens MATE :et MAP
avec les populations riveraines et leur implication)
Mise en œuvre du Centre de Développement des Ressources Biologiques (CDRB) MATE, MADR,
Créer un laboratoire national pour le contrôle des organismes génétiquement modifiés MAP
(OGN),
Créer une structure chargée de l’étude et de l’évaluation des impacts dus à l’ozone MATE
Etendre les réseaux de mesure (agro-météorologique, hydro-météorologique, MATE, MRE, MADR,
rayonnement UV, ozone....), Ministère des transports
Mise en œuvre de l’Observatoire de l’Environnement MATE
Créer un réseau national d’échange sur la biodiversité, MATE, MADR, Pêche
Renforcer les capacités des ONG actives dans le domaine du climat et de la MATE
biodiversité

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2.3.3. PRISE EN CHARGE DES GRANDES PREOCCUPATIONS NATIONALES AYANT


UN IMPACT DIRECT SUR LA BIODIVERSITE

2.3.3.1. Prise en charge des impacts des changements climatiques sur la biodiversité

Le domaine des changements climatiques et de l’ozone représente une nouvelle et récente


préoccupation et à ce titre, il n’est pas pris en charge par la communauté nationale universitaire. Peu
de recherches liées à cette problématique ont été entreprises à ce jour.

2.3.3.1.1. Etat des capacités actuelles

Au niveau du MATE et dans le cadre de la convention sur les changements climatiques, des études
d’impacts sur la biodiversité ont démarré depuis quelques années à travers les écosystèmes
agricoles et les ressources en eau. Ce n’est pas le cas de l’ozone.

a - Capacités actuelles en matière d’évaluation des impacts des changements climatiques sur
la biodiversité

Le projet ALG/98/G31 a été mis en oeuvre dans le cadre de la convention cadre sur les
changements climatiques pour l’élaboration du plan national d’action en matière de changements
climatiques. Ce projet a été mis en œuvre en parallèle avec le projet régional maghrébin
RAB/94/G31 sur le renforcement des capacités du Maghreb pour faire face aux changements
climatiques. La mise en œuvre du projet ALG/98/G31 a permis principalement :
- la réalisation de l'inventaire national des émissions et de la séquestration des gaz à effet de
serre pour l’année 1994,
- l’élaboration des mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, en
particulier dans le domaine des ressources en eau et de l’agriculture.

Le projet a constitué un cadre important pour sensibiliser et accroître les connaissances dans le
domaine des changements climatiques et particulièrement en direction des cadres des secteurs
chargés des ressources naturelles comme l’agriculture, les forêts, les ressources en eau et
l’environnement. Une dizaine d’ateliers ont été organisés et ont permis d’initier de nombreux cadres
de différents secteurs. Ce qui a permis de les impliquer dans les diverses phases des projets par le
biais de concertations périodiques pour assurer une coordination efficace. En retour la contribution
des cadres formés a été fructueuse dans la réalisation des objectifs fixés dans les plans d’opération
des deux projets. La mise en œuvre du projet ALG/98/G31 a permis :
- de faciliter le dialogue, l'échange d'informations et la coopération entre l'ensemble des
partenaires nationaux : les institutions, les ONG, les entreprises, les universités et centres de
recherche ainsi que les communautés de base,
- de créer des cellules sectorielles en matière de suivi et de prise en charge des impacts
sectoriels liés aux changements climatiques,
- d'inscrire la problématique des changements climatiques dans le cadre du développement
durable.
- de renforcer la participation et le rôle de l'Algérie dans les forums régionaux et
internationaux scientifiques et les processus de négociation internationale.

Au niveau de l’agriculture, des forêts et des ressources en eau, il existe maintenant des cadres à
même de contribuer à la mise en place de cellules sectorielles pour la prise en charge de la
problématique des changements climatiques dans le domaine de la biodiversité.

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b - Capacités en matière d’évaluation des impacts de l’ozone sur la biodiversité

L’objectif majeur du bureau d’ozone au sein du MATE a porté sur la mise en oeuvre des obligations
nationales en rapport avec le Protocole de Montréal. Les efforts ont consisté essentiellement à
éliminer les substances appauvrissant la couche d’ozone (SAO) au niveau du secteur industriel
utilisateur de ces substances. Ce qui a permis d’éliminer les SAO dans 25 entreprises nationales. En
Algérie, les travaux réalisés et relatifs à l’ozone troposphérique et à d’ozone stratosphérique ont
porté sur les mesures d’ozone au niveau d’Alger et Tamanrasset. L’ozone constitue et constituera à
l’avenir un danger potentiel et grave qui affectera aussi bien l’homme que l’ensemble des
écosystèmes terrestres. Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de structure nationale pour l’étude et
l’évaluation des impacts de l’ozone. Il faut rappeler que les effets de l’ozone sur la biodiversité peut
se résumer comme suit :
- la diminution de la couche d’ozone à pour conséquence l’augmentation du rayonnement UV
qui est très énergétique et peut provoquer des dommages importants au niveau des tissus des
différentes espèces vivantes,
- l’augmentation de l’ozone troposphérique à pour conséquence une forte oxydation et
l’occurrence de nécroses provoquées par la déposition d’ozone sur les feuilles ou la peau des
espèces et une perturbation des processus respiratoires.

Au vu des résultats de recherche réalisés à l’étranger, on peut dire que l’Algérie est particulièrement
vulnérable à l’ozone troposphérique du fait qu’elle jouit d’un rayonnement solaire intense qui est le
moteur de la production d’ozone.

2.3.3.1.2. Stratégie en matière de renforcement des capacités pour atténuer les pressions liées
aux changements climatiques et à l’ozone

La dégradation de la biodiversité influence les changements climatiques qui à leur tour rendent les
écosystèmes plus vulnérables et réduisent leur capacité en tant que puits importants de carbone. Ce
qui entraîne une émission plus importante de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et exacerbe les
changements climatiques. Une meilleure gestion et des pratiques appropriées de l’utilisation des
écosystèmes peuvent atténuer les changements climatiques. Une stratégie de sauvegarde de la
biodiversité doit être globale et reposer sur :
- la prise en compte de la préservation de la biodiversité en amont du schéma national de
l’aménagement du territoire (SNAT) et du schéma régional de l’aménagement du territoire
(SRAT),
- le principe du continuum biologique et des ensembles naturels homogènes qui n’obéissent
pas forcément aux limites de nature administrative,
- l’interaction de la biodiversité avec le développement socioéconomique et les
transformations qui s’opèrent au niveau régional ou local,
- Le principe de durabilité en matière d’exploitation des écosystèmes.

a- Objectifs de la stratégie

Les différents objectifs des actions, visant le renforcement de la capacité nationale en matière
d’atténuation des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur la biodiversité, peuvent
être énumérés comme suit :
- informer et sensibiliser les opérateurs socioéconomiques,
- finaliser et actualiser l’inventaire national relatif à la flore et à la faune,
- réaliser un atlas phénologique national,
- envisager une gestion intégrée des bassins versants pour protéger la biodiversité,
- améliorer la capacité effective de prise de décision en matière d’atténuation des pressions
dont celles liées aux changements climatiques et à l’ozone sur la biodiversité,

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- améliorer les connaissances et la prévision des impacts des changements climatiques et de
l’ozone sur la biodiversité,
- préparer les principales mesures d’adaptation pour atténuer les impacts des changements
climatiques et de l’ozone sur la biodiversité et exploiter les écosystèmes de façon durable,
- informer, sensibiliser le public.

b- Types d’action de renforcement

On peut énumérer les types d’actions de renforcement :


- actions de renforcement sectoriel par le biais d’études et de recherches appliquées et
directement opérationnelles sur les impacts des changements climatiques et de l’ozone sur
la biodiversité; les équipes nationales de recherche concernées par la biodiversité doivent
être informées sur les travaux internationaux, en particulier dans le cadre de la convention
internationale sur la biodiversité et participer aux organes techniques de cette convention,
- l’élaboration de documents de qualité écrits et audiovisuels s’impose pour assurer, de façon
fiable, l’information et la sensibilisation ; la diffusion et l’utilisation des documents
audiovisuels élaborés par le Secrétariat de la convention sur la biodiversité peuvent être
efficaces au niveau des décideurs,
- la préparation d’argumentaires, destinés à favoriser la prise effective de décision, permet
en même temps d’accroître les compétences de ceux qui les auront élaborés,
- le renforcement des capacités dans le domaine de l’analyse économique et de mise au
point de référentiels technico-économiques permettront de réaliser dans de bonnes
conditions, les arbitrages intersectoriels,
- les formations de type classique doivent être envisagées : stages, ateliers restreints, cours
de courte durée, colloques sur des sujets prioritaires et ciblés,
- la mise en place d’un réseau national sur la biodiversité qui facilitera l’échange
d’informations et la coordination des activités courantes dans le domaine des impacts des
changements climatiques et de l’ozone sur la biodiversité ; ce réseau pourra diffuser
régulièrement un bulletin d’information.

c- Groupes cibles

Les groupes cibles seront explicités dans les propositions relatives au renforcement des capacités
qui seront développées plus loin. La constitution effective de ces groupes cibles concernés par les
différentes activités proposées, devra se faire chaque fois en concertation avec les organes
concernés.
Il sera possible de constituer, selon les besoins, des « packages » de renforcement des capacités,
regroupant, autour de différents types de renforcement intégrés, des organismes et personnes ayant
les mêmes besoins de renforcement dans plusieurs domaines.

d- Renforcement des capacités pour atténuer les pressions liées aux changements climatiques
et à l’ozone et partage des responsabilités

Le renforcement des capacités est essentiel à tous les niveaux pour assurer la conservation et la
protection de la biodiversité. C’est un processus à court, moyen et long terme permettant d’intégrer
les pressions liées aux changements climatiques et à l’ozone dans la gestion, l’évaluation et
l’amélioration de la biodiversité. Le renforcement des capacités s’appuie sur trois volets :
- l’organisation pour coordonner et réaliser les objectifs inscris dans la stratégie et les plans
nationaux relatifs à la protection et la conservation de la biodiversité,
- le développement des ressources humaines par le transfert des connaissances et des
techniques,
- l’information, la sensibilisation et la communication

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Le renforcement des capacités permet aux hommes et aux structures de gestion de s’adapter de
façon continue à de nouvelles circonstances et d’acquérir de nouvelles connaissances. Le
renforcement des capacités passe par :
- la formation des cadres et techniciens chargés de la biodiversité,
- l’existence de supports techniques indispensables : laboratoires, équipements, matériels,
outils d’analyse, modèles de simulation, documentation et mise à jour de l’information,
- l’existence de mécanismes de dialogue, de concertation et de coordination au niveau
national,
- la coopération régionale dans les domaines d’intérêts communs,
- la participation effective et continue aux organes techniques de la convention cadre sur la
biodiversité et aux activités conjointes découlant des synergies avec les autres conventions
environnementales internationales.

Compte tenu des obligations de l’Algérie dans le cadre des quatre conventions de RIO
(Changements climatiques, biodiversité, désertification et forêts), des efforts importants ont été
entrepris par le MATE depuis quelques années pour renforcer les capacités et permettre à de
nombreux secteurs comme l’agriculture, les forets et les ressources en eau d’acquérir les
connaissances de base et de participer à l’élaboration des documents nationaux liés à l’exécution de
ces conventions.

Le renforcement des capacités portera sur :


- l’information générale sur les changements climatiques et l’ozone et leurs impacts sur la
biodiversité,
- le plan national d’action,
- les actions sectorielles
- l’appui à la sensibilisation et la prise de décision,
- la formation et le renforcement de capacités spécifiques

x Information générale
l’information générale doit être assurée par le MATE et porter sur :
™la rédaction et diffusion auprès des décideurs nationaux d’un document d’information générale
sur les changements climatiques et l’ozone, avec une partie « spécificités nationales » et
« impacts prévisibles sur la biodiversité »,
™la diffusion de documents existants sur les changements climatiques et l’ozone auprès des
techniciens concernés des différents ministères, organismes, structures concernées au niveau des
différents secteurs et acteurs,
™l’organisation d’un séminaire national d’information et de réflexion sur la synergie entre les
quatre conventions internationales : Changements Climatiques, Biodiversité Forêts et
Désertification,
™la diffusion de divers documents audiovisuels existants et d’articles « grand public » sur les
changements climatiques et leurs impacts sur la biodiversité, les forêts et la désertification,
™la rédaction de documents écrits et audiovisuels sur les impacts des changements climatiques et
de l’ozone sur la biodiversité, les forêts et la désertification à destination des groupes cibles
(décideurs, grand public, exploitants, enseignants...),
™l’amélioration des conditions de circulation et de mise à disposition de l’ensemble des
organismes nationaux, des diverses données existantes au niveau national,
™l’amélioration des conditions d’accès, des acteurs nationaux aux données internationales,
™le tableau 4 ci dessous précise, en matière d’information générale, les principaux organismes ou
acteurs concernés et le niveau de priorité.

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Tableau 4 : Propositions d’activités visant le renforcement des capacités d’action pour atténuer les
pressions liées aux changements climatiques et à l’ozone sur la biodiversité
Information générale Principaux organismes ou acteurs concernés
Rédaction et diffusion auprès des décideurs nationaux d’un document MATE : Points focaux : Changements
d’information générale sur les changements climatiques et ozone, avec Climatiques, Biodiversité,
une partie « spécificités nationales « et impacts prévisibles sur la MAP : Point Focal : Forêts, Désertification
biodiversité »
Diffusion de documents existants sur les changements climatiques et MATE : Points focaux : Changements
ozone auprès des techniciens concernés des différents ministères, Climatiques, Biodiversité
organismes, structures concernés ou acteurs MAP : Point Focal : Forêts, Désertification
Organisation d’un séminaire national d’information et de réflexion sur MATE : Points focaux : Changements
la synergie entre les quatre conventions internationales : Changements Climatiques, Biodiversité
Climatiques, Biodiversité, Forêts et Désertification MAP : Point Focal : Forêts, Désertification
Diffusion de divers documents audiovisuels existants et d’articles MATE : Points focaux : Changements
« grand public » sur les changements climatiques et l’ozone et leurs Climatiques, Biodiversité
impacts sur la Biodiversité, les Forêts et la Désertification» MAP : Point Focal : Forets, Désertification
Rédaction de documents écrits et audiovisuels sur les impacts des MATE : Points focaux : Changements
changements climatiques et l’ozone sur la biodiversité, les forêts et la Climatiques, Biodiversité
désertification à destination des groupes cibles (décideurs, grand MAP : Point Focal : Forets, Désertification
public, exploitants, enseignants...),
Amélioration des conditions de circulation et de mise à disposition de MATE : Points focaux : Changements
l’ensemble des organismes nationaux, des diverses données existantes Climatiques, Biodiversité
au niveau national, MAP : Point Focal : Forets, Désertification
Ministère des transports : ONM
Amélioration des conditions d’accès, des acteurs nationaux aux MATE : Points focaux : Changements
données internationales, Climatiques, Biodiversité
MAP : Point Focal : Forets, Désertification
Ministère des transports : ONM

x Plan d’action
le plan d’action porte sur :
™le renforcement institutionnel,
™la prise en compte de la conservation et de la protection de la biodiversité dans le cadre
des plans de développement nationaux et sectoriels,
™l’établissement et diffusion rapides des grands scénarios nationaux de changements
climatiques et de l’ozone,
™l’établissement de scénarios des disponibilités en eau ( carte future des ressources en
eau de l’Algérie) en prenant en compte les différents scénarios des changements
climatiques,
™l’évaluation globale et rapide des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur
les ressources naturelles,
™l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur les forêts,
™l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur la biodiversité,
™l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur l’agriculture,
™l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur les parcours,
™l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur les zones humides,
™l’étude des impacts des changements climatiques sur l’hydroclimat marin et les
ressources marines,
™l’étude des impacts de l’élévation du niveau de la mer sur le littoral,

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™la prise en compte explicite des grands scénarios nationaux de changements climatiques
et de leurs impacts sur les ressources naturelles dans le Schéma National de
l’Aménagement du Territoire (SNAT).
Le tableau 5 ci dessous précise, en matière de plan d’action, les principaux organismes ou acteurs
concernés et le niveau de priorité.

Tableau 5 : Propositions d’actions visant le renforcement des capacités d’action pour atténuer les
pressions liées aux changements climatiques et à l’ozone sur la biodiversité
Prospective Principaux organismes ou acteurs concernés
l’établissement et diffusion rapides des grands scénarios MATE : Point focal : Changements Climatiques
nationaux des changements climatiques (CC) et de l’ozone (CC)
l’établissement de scénarios des disponibilités en eau ( carte MATE : Point focal : Changements Climatiques,
future des ressources en eau de l’Algérie) en fonction des Ministère des Ressources en Eau : ANRH
scénarios des CC
l’évaluation globale et rapide des impacts des scénarios des CC MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
et de l’ozone sur les ressources naturelles
l’étude des impacts des CC et de l’ozone sur les forêts MATE : Point focal : Changements Climatiques,
MAP : Point Focal : Forêts,
l’étude des impacts des CC et de l’ozone sur les biodiversité MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
Biodiversité,
l’étude des impacts des CC et de l’ozone sur l’agriculture MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
Biodiversité et MAP : Directions des Productions
Végétale et Animale
l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
sur les parcours Biodiversité et MAP : Point Focal : Forets,
Désertification et HCDS,
l’étude des impacts des CC et de l’ozone sur les zones humides MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
Biodiversité et Conservatoire du Littoral,
MAP : Point Focal : Forêts,
Ministère des Ressources en Eau : ANRH
l’étude des impacts des CC sur l’hydroclimat et les ressources MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
marins Biodiversité et Conservatoire du Littoral,
l’étude des impacts de l’élévation du niveau de la mer résultant MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
des CC sur le littoral Biodiversité et Conservatoire du Littoral
Ministère des transports : ISMAL
la prise en compte explicite des grands scénarios nationaux des MATE
CC et de l’ozone et leurs impacts sur les ressources naturelles
dans le Schéma National de l’Aménagement du Territoire
(SNAT)

x Actions sectorielles
les actions sectorielles portent sur :
™l’étude des impacts des changements climatiques sur la gestion de la ressource en eau,
™l’étude des impacts des changements climatiques sur les caractéristiques des sols
(érosion, salinisation, dégradation organique),
™l’étude des impacts des changements climatiques sur les bilans hydriques du sol,
™l’évaluation des disponibilités en matériel génétique permettant d’atténuer l’impact des
changements climatiques sur la biodiversité,
™l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur la phénologie, la
morphogenèse, la production, la répartition des espèces végétales,
™l’étude d’impact des changements climatiques et de l’ozone sur le palmier dattier,
notamment la production des dattes et les systèmes oasiens

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™l’étude d’impact des changements climatiques et de l’ozone sur les capacités
compétitives des espèces,
™l’étude d’impact des changements climatiques et de l’ozone sur les aires de répartition
des espèces,
™l’étude d’impact des changements climatiques et de l’ozone sur les cycles des maladies
et des prédateurs,
™l’étude d’impact des changements climatiques et de l’ozone sur le métabolisme des
animaux,
™l’étude d’impact des changements climatiques sur les périodes de ponte des oiseaux, de
pullulation des insectes
™l’ajustement de l’inventaire national des gaz à effet de serre dans le domaine de la
biodiversité.
Le tableau 6 ci dessous précise, en matière d’actions sectorielles, les principaux organismes ou
acteurs concernés et le niveau de priorité.

Tableau 6 : Partage des responsabilités entre les organismes pour mener les activités visant le
renforcement des capacités d’action pour atténuer les pressions liées aux changements climatiques
et à l’ozone sur la biodiversité
Actions sectorielles Principaux organismes ou acteurs concernés
L’étude des impacts des CC sur la gestion de la ressource Ministère des Ressources en Eau : ANRH
en eau
L’étude des impacts des CC sur les caractéristiques des Ministère des Ressources en eau, ANRH, Agences de
sols (érosion, salinisation, dégradation organique), bassin
MAP : DGF, INRA, INA, ITGC, HCDS, INRF
L’étude des impacts des changements climatiques sur les MAP : DGF, DPV, ITGC, INRA, INA, INRF, HCDS,
bilans hydriques du sol Ministère des Ressources en eau, ANRH, Agences de
bassin
l’évaluation des disponibilités en matériel génétique MATE : Point focal : Biodiversité,
permettant d’atténuer l’impact des CC et d l’ozone sur la MAP : DGF, DPV, ITGC, INRA, INA, INRF, HCDS,
biodiversité ANN, CDARS
l’étude des impacts des CC et de l’ozone sur la phénologie, MAP : DGF, DPV, ITGC, INRA, INA, INRF, HCDS
la morphogenèse, la production
l’étude d’impact des CC et de l’ozone sur le palmier MAP : DPV, INRA, INA, CDARS
dattier et systèmes oasiens
l’étude d’impact des CC et de l’ozone sur les capacités MAP : DGF, DPV, DPA, ITGC, INRA, INA, ANN,
compétitives des espèces INRF, HCDS
l’étude d’impact des CC et de l’ozone sur la répartition MAP : DGF, DPV, DPA, ITGC, INRA, INA, ANN,
des espèces végétales HCDS, CDARS
l’étude d’impact des CC et de l’ozone sur les cycles des MAP : DGF, DPV, DPA, ITGC, INRA, INA, ANN,
maladies et déprédateurs HCDS, INRF, CDARS
l’étude d’impact des CC et de l’ozone sur le métabolisme MAP : DPA, INRA, INA, ANN, INRF
des animaux
l’étude d’impact des changements climatiques sur les MAP : DPA, INRA, INA, ANN, HCDS, INRF
périodes de ponte des oiseaux, de pullulation des insectes
l’ajustement de l’inventaire national des gaz à effet de MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
serre dans le domaine de la biodiversité, Biodiversité,
MAP : DGF, DPV, DPA, ITGC, INRA, INA, ANN,
HCDS, INRF, CDARS

e - appui à la sensibilisation et la prise de décision,


Cet appui porte sur :

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- le développement d’argumentaires en faveur de l’intégration de l’impact des changements
climatiques dans les grands choix et stratégies de développement globaux et sectoriels
(aménagement du territoire, gestion des ressources en eau, biodiversité) ;
- l’établissement d’un référentiel de critères et choix intersectoriels, pour l’ensemble des
actions envisageables dans le domaine des changements climatiques en relation avec la
préservation de la biodiversité et la lutte contre la désertification.
Ces activités seront supervisées par le MATE en collaboration avec les autres ministères.

f - formation et renforcement des capacités spécifiques


La formation portera sur :
- L’organisation,
- Les programmes et les contenus,
- Les outils,
Le renforcement de capacités spécifiques porte sur :
- la formation spécifique nationale dans le domaine des changements climatiques et de
l’ozone,
- le renforcement de la capacité de modélisation des impacts des changements climatiques et
de l’ozone sur les systèmes biologiques,
- la formation à la modélisation des interactions atmosphère-biosphère,
- la formation sur l’évaluation technico-économique des options en matière d’adaptation aux
changements climatiques et à l’ozone,
- la formation spécifique sur les changements climatiques et de l’ozone destinée aux
forestiers,
- la formation spécifique sur les changements climatiques et de l’ozone destinée aux
agronomes
- la formation spécifique sur les changements climatiques destinée aux agents chargés de
l’irrigation agricole,
- l’amélioration de la capacité de modélisation des systèmes hydro-écologiques marins.
Le tableau 7 ci dessous précise, en matière de formation, les principaux organismes ou acteurs
concernés et le niveau de priorité.

Tableau 7 : Partage des responsabilités entre les organismes pour mener les activités visant la
sensibilisation et la prise de décision pour atténuer les pressions liées aux changements climatiques
et à l’ozone sur la biodiversité
Appui à la sensibilisation et la prise de décision Principaux organismes ou acteurs
concernés
La formation spécifique nationale dans le domaine des changements MATE
climatiques et de l’ozone
Le renforcement de la capacité de modélisation des impacts des MAP
changements climatiques et de l’ozone sur les systèmes biologiques
La formation à la modélisation des interactions atmosphère-biosphère MATE
La formation sur l’évaluation technico-économique des options en MATE
matière d’adaptation aux changements climatiques et à l’ozone
la formation spécifique sur les changements climatiques et l’ozone MAP : DGF, INRF, ANN
destinée aux forestiers
la formation spécifique sur les changements climatiques et l’ozone MAP : DPV, INRA, INA, HCDS, CDARS
destinée aux agronomes
La formation spécifique sur les changements climatiques destinée aux MAP : DPV-INRA, INA,ITGC
agents chargés de l’irrigation agricole
L’amélioration de la capacité de modélisation des systèmes hydro- MATE : Conservatoire National du Littoral
écologiques marins et Ministère des transports : ISMAL.

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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 60

2.3.3.2. Prise en charge du cas particulier de l’impact de la vulnérabilité des ressources en eau
sur la biodiversité

Sur la base du constat sur les changements climatiques en général, il est opportun d’observer la
situation du déficit chronique des ressources hydriques, ainsi que les mesures à prendre pour une
meilleure gestion du peu d’eau dont nous disposons annuellement.
Ces propositions sont d’ordre technique, législatif et financier ou ‘’socio-économiques’’.

2.3.3.2.1. Une meilleure mobilisation des précipitations

Une meilleure mobilisation des précipitations par la pratique de la collecte et le stockage des eaux
pluviales, particulièrement dans les zones à faible pluviométrie. En effet, le caractère montagneux
des zones les plus pluvieuses du pays et le caractère orageux des précipitations exigent qu’une
partie importante des pluies soit interceptée au niveau de chaque parcelle par l’application de
techniques de collecte des eaux pluviales, afin d’éviter qu’elles ne ruissellent vers les cours d’eau
pour se jeter à la mer, dans les chotts et les sebkhas. Ces techniques sont pratiquées dans beaucoup
de pays analogues à l’Algérie (Jordanie, Syrie, Tunisie, Australie etc.) Cette pratique permet, en
plus des eaux collectées, de lutter en quelque sorte contre le phénomène d’érosion donc
d’envasement des barrages.

2.3.3.2.2. Augmenter la capacité de stockage et de mobilisation des eaux de surface

Le régime pluviométrique du climat méditerranéen se caractérise par une saison hivernale


relativement pluvieuse, pour cela, une grande partie des écoulements de surface est purement et
simplement perdue fautes de manque de moyens de stockage, tels que les barrages et les retenues
colinéaires. L’efficience de ces ouvrages peut être améliorée par l’adoption de systèmes de grands
transferts entre les barrages et les retenues colinéaires, de sorte que le premier qui se remplit
alimente le suivant.

2.3.3.2.3. Améliorer les conditions durant le transport et la distribution de l’eau

Afin d’éviter les pertes durant le transport et la distribution de l’eau, faire en sorte que les pertes
soient les plus faibles possibles durant le transport et la distribution au niveau de la parcelle. En
d’autres termes améliorer l’efficience du réseau.

2.3.3.2.4. Recyclage des eaux de rejet

Une meilleure maîtrise des risques de pollution des eaux de surface et souterraines par un meilleur
contrôle de nos rejets liquides, solides et même gazeux, le phénomène du manque de précipitations
entraîne une diminution et parfois une absence totale d’écoulement de surface dans les réseaux
hydrographiques, particulièrement durant la période estivale, transformant ainsi le moindre talweg
se trouvant à l’aval de toute agglomération en un égout. Ce dernier disparaîtra tôt ou tard dans la
nature alimentant toutes nappes superficielles qui sont à proximité, les rendant ainsi impropres à
l’utilisation.

Devant ce phénomène, le meilleur moyen pour diminuer l’intensité et la vitesse de pollution serait
l’installation de station d’épuration des eaux de rejet, comme le stipule si bien le code des eaux.

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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 61
2.3.3.2.5. Sanctions à l’encontre des pollueurs

Pour plus d’équité appliquer le principe de pollueurs payeurs, particulièrement pour les unités
industrielles et agro-alimentaires.

2.3.3.2.6. Lutter contre les pompages illicites

Sanctionner selon le code de l’eau tous les pompages illicites au fil de l’eau.

2.3.3.2.7. Lutter contre les risques de salinisation de l’eau et du sol

Une meilleure maîtrise des risques de salinisation des sols et de l’eau, particulièrement dans le
domaine de l’agriculture par une meilleure maîtrise des quantités effectives à apporter aux cultures,
et procéder au drainage, si le besoin se fait sentir.

2.3.3.2.8. Protéger les espèces sensibles à la sécheresse

Protéger les espèces animales et végétales qui résistent moins à la sécheresse et à la salinité du sol et
de l’eau en leur créant les conditions écologiques minimales de survie et de propagation.

2.3.3.2.9. Favoriser les espèces qui valorisent mieux l’eau

Multiplier les espèces qui valorisent mieux le peu d’eau qu’elles consomment en maintenant un
potentiel de production acceptable.

2.3.3.2.10. Lutter contre les espèces envahissantes à faible potentiel de production

Lutter contre toutes les espèces animales et végétales qui ont un caractère envahissant, à cause de
leur résistance aux conditions difficiles provoquées par le manque d’eau et/ou sa qualité.

2.3.3.2.11. Meilleure tarification de l’eau

Bien que ça paraisse paradoxal, l’application d’une politique des prix de vente du mètre cube d’eau
à son prix de revient serait un des plus grands stimulants pour un plus grand respect du facteur le
plus important après l’oxygène pour tous les êtres vivants, dont l’homme au sens large du terme.

Afin de ne pas nous faire comprendre à tors, il s’agira d’expliquer ce que nous entendons par
‘’politique des prix’’

Tous les spécialistes s’accordent à dire que l’eau est toujours à la base de toute activité, encore plus
elle est à la base de toute vie.

Puisqu’elle est si fondamentale, il serait anti-naturel de ne pas lui donner la vraie place qu’elle
mérite en lui reconnaissant au moins sa vraie valeur qui n’est ni plus ni moins que son prix à la
production.
Ainsi, pour plus d’équité dans l’utilisation de l’eau au sens large du terme, il est plus juste de
considérer, non seulement le prix à la production du m3 d’eau mais plutôt sa productivité. En effet,
la meilleure politique des prix de l’eau et la plus objective serait de faire payer l’utilisateur un prix
qui serait calculé selon la valeur financière produite par l’eau, particulièrement lorsque celle-ci est
utilisée comme un facteur de production.

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 62
Globalement, à travers cette approche, l’analyse de la situation concernant le problème du manque
d’eau en Algérie montre que bien que ce manque soit réel, il n’est pas aussi catastrophique qu’on le
fait croire car, ce problème de manque d’eau ne date pas d’aujourd’hui, vu la situation
géographique de notre pays.
Actuellement les principaux problèmes rencontrés sont beaucoup plus d’ordre organisationnel,
technique, législatif et socio-économique.
En effet, si la gestion de l’eau est bien maîtrisée pour les prochaines années, le problème de l’eau
serait beaucoup plus vu sous l’angle de sa qualité et non pas seulement de sa quantité, bien que cette
dernière l’ait toujours été et le sera pour toujours.

Il reste maintenant à l’utilisateur et au gestionnaire de l’eau sous ses différents aspects de savoir
conjuguer tous les efforts pour diminuer l’intensité du manque d’eau et surtout de se préparer avec
tous les moyens dont on dispose pour vivre en permanence avec ce danger permanent d’avoir un
jour soif, parce qu’on n’a pas su comment nous comporter, comme c’est le cas aujourd’hui.
Nous dirons pour terminer que l’existence et la place de l’Algérie dépendront de la maîtrise du peu
d’eau dont elle dispose car ce peu d’eau est relativement important s’il est bien géré, et il est
dérisoire s’il ne l’est pas, comme c’est le cas aujourd’hui.

2.3.3.3. Prise en charge de la biodiversité faunistique

2.3.3.3.1. Partage des responsabilités entre les différentes parties concernées et/ou les
différents partenaires impliqués

Si la destruction d’une bonne part de nos ressources cynégétiques, par la mécanisation des cultures,
la déforestation, les incendies, le surpâturage, le défrichement, l’urbanisation, l’assèchement des
zones humides, s’intensifie et si on n’en prend pas garde, elle peut mener à leur disparition.

De ce fait leur conservation est d’importance primordiale, d’où la nécessité de créer un réseau de
réserves cynégétique dont le but est la sauvegarde des espèces faunistiques à travers la préservation
des écosystèmes et des habitats des dites espèces, au bénéfice de la communauté.
Cependant cela ne sera possible que si la participation des populations locales et des chasseurs soit
acquise.

De ce fait un partage des responsabilités entre les différentes parties concernées est nécessaire et
chaque intervenant doit jouer un rôle bien précis ; Il s’agit plus particulièrement de l’administration
forestière, les groupements de chasseurs, l’administration judiciaire, l’administration touristique et
l’administration du commerce :

a - l’administration forestière :

L’administration doit assurer :


- la surveillance et contrôle de l’activité cynégétique,
- l’établissement, avec les groupements en chasseurs, des plans de chasse (détermination des
quotas et zones de chasse),
- l’inventaire des espèces,
- l’intégration des populations dans l’élaboration et la mise en œuvre des programmes
d’aménagement de la faune,
- l’encouragement des populations pour la création d’activités artisanales basées sur
l’exploitation viable ou sur l’observation de la faune,
- le contrôle des incendies,
- la préservation des espèces menacées de disparition.

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A


Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 63
b- les groupements de chasseurs :

Ce groupement doit assurer :


- l’organisation des chasseurs,
- la sensibilisation et formation des chasseurs,
- la surveillance des terrains de chasse amodiés,
- l’aménagement des terrains de chasse (point d’eau, sentiers d’égrenage, repeuplement…),
- l’installation touristique.

c - l’administration judiciaire :

Cette administration doit :

- appliquer rigoureusement la loi et ses textes d’application.

d – l’administration touristique :

Cette administration doit :


- Faire connaître le produit chasse et ses dérivés,
- Améliorer les conditions d’hébergement et de restauration des chasseurs touristes,
- Créer de nouvelles infrastructures (relais de chasse),
- Développer de nouveaux produits (chasse photographique, observation d’animaux).

e- l’administration du commerce :

Cette administration doit assurer :


- encourager la commercialisation des produits chasse notamment (sanglier, cailles,
grives…).

2.3.3.4. Prise en charge des impacts de la désertification sur la biodiversité : état des capacités
actuelles en matière de lutte contre la désertification

L’urgence de la lutte contre la désertification dans les écosystèmes arides et semi-arides est imposée
par la nature du processus qui tend à s’accélérer de par lui-même. Consciente de l’ampleur et des
conséquences de ce fléau, l’Algérie a entrepris une lutte cohérente à tous les niveaux, concrétisée
par le lancement en 1970 du projet intitulé « le Barrage Vert ». Ce projet a nécessité la
mobilisation de moyens humais, matériels et financiers colossaux, l’objectif étant de reboiser 3
millions d’hectares pour la reconstitution des massifs forestiers dégradés de l’Atlas saharien par la
plantation d’espèces diversifiées et adaptées à ses zones.

Parallèlement à ce projet d’envergure nationale fonctionnel jusqu'à ce jour, et devant les problèmes
sérieux d’environnement auxquels elle est confrontée, l’Algérie a fait siennes des recommandations
du sommet de la Planète terre organisé en Juin 1992 par la Conférence des Nations Unies sur
l’Environnement et le Développement Durable à Rio de Janeiro qui a solennellement adopté la
notion de développement durable.

L’Algérie a signé la convention des Nations Unies sur la lute contre la désertification en Octobre
1994, convention approuvée par Ordonnance N°96-04 du 10 Janvier 1996 et ratifiée par décret
présidentiel N° 96-52 du 22 Janvier 1996.

L’adoption en juin 1994 et l’entrée en vigueur de cette convention en décembre 1996, a donné un
nouvel élan à la lutte contre la désertification et a permis d’asseoir une politique de lutte contre la

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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 64
désertification basée sur la concertation de tous les acteurs concernés de la base vers le sommet et
à tous les niveaux et remplaçant l’assistanat par le partenariat.

Conformément aux principes de la convention, l’Organe national de coordination de la lutte contre


la désertification a été mis en place en juin 1998 avec pour mission principale la coordination entre
les différents intervenants dans ce domaine. L’Organe national qui est l’organe opérationnel de la
convention, est multidisciplinaire et intersectoriel.

a- Elaboration du Programme d’Action National (PAN) pour la lutte contre la désertification

Conformément à l’article 9 de la CCD, le PAN est en cours d’élaboration et doit être validé avant
la fin de l’année courante. C’est un processus qui a commencé avec de larges campagnes de
sensibilisation de tous les acteurs et intervenants concernés et selon une approche participative
visant le développement d’un partenariat effectif entre tous ces derniers. Il a été tenu compte durant
tout le processus de son élaboration, de la nécessité d’assurer son intégration à la stratégie de
développement économique et social du pays, son articulation aux plans sectoriels et son harmonie
avec le programme national de développement agricole et le Programme d’Action Sous Régional
de lutte contre la désertification (PASR) ainsi que sa mise en cohérence avec les stratégies et plans
nationaux du développement durable dans le cadre des conventions de la biodiversité et des
changements climatiques.

- Programmes et projets en cours


xPour ce qui est de la mise en œuvre de la convention au niveau national
™En matière de sensibilisation et de vulgarisation, un dialogue national a été initié avec
l’implication de tous les secteurs autour des questions de l’éducation environnementale et du rôle
de tout un chacun dans la préservation des ressources naturelles, seules garantes de notre sécurité
alimentaire. Les activités suivantes sont réalisées d’une manière régulière durant toute l’année :
ƒorganisation de journées d’études et d’ateliers sur les thèmes de la sécheresse et de la
désertification ;
ƒréalisation et diffusion de documentaires relatant l’état de la dégradation des zones arides et
semi-arides et les perspectives de leur réhabilitation et développement ;
ƒconception d’affiches, de kits pédagogiques et de dépliants diffusés dans le milieu scolaire

ƒorganisation de tables rondes à la télévision et à la radio avec la participation d’un grand
public et de spécialistes qui ont eu à discuter des conséquences de la désertification sur le
plan social, économique et environnemental et à formuler des propositions pour atténuer
les effets de ce fléau sur le milieu.
™En matière d’études, un inventaire quantitatif et qualitatif a été réalisé sur l’état des lieux,
présentant une synthèse des différentes études existantes et mettant l’accent sur leurs
insuffisances. Dans le cadre de la mobilisation des ressources financières pour la mise en œuvre
de la CCD, une étude de faisabilité pour la mise en place d’un fonds national de la lutte contre
la désertification a aboutit à la création de ce dernier par la loi de finances complémentaire pour
2002.
Le Haut Commissariat au Développement de la Steppe (HCDS) a engagé en 2001, une étude pour
l’identification et la cartographie des zones potentielles à l’agriculture en steppe. Cette étude a pour
objet l’amélioration des connaissances du milieu steppique et de l’état des parcours et doit aboutir
à l’élaboration de la carte d’occupation des sols qui permettra de planifier les interventions en
matière de lutte contre la désertification.
™ En matière de recherche scientifique et technique, l’Algérie s’est dotée d’un réseau de
recherche scientifique et de développement technologique chargé de la mise en œuvre des
programmes nationaux de recherche (PNR) en aménagement du territoire et développement de la

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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 65
steppe prévus par la loi de 1998. Il comprend un domaine réservé à la lutte contre la
désertification et au développement des régions arides et semi-arides.
La communauté scientifique a également élaboré un guide sur les techniques de lutte contre la
désertification et l’atténuation de la sécheresse qui est un outil de base indispensable aux
techniciens travaillant dans le domaine de la lutte contre la désertification.
™En matière de renforcement des capacités, des formations en approche participative ont
été organisées en zones steppiques.
L’organe national de coordination a été renforcé, au niveau de son statut, de sa composition et de
ses ressources humaines et matérielles.
™En matière de mobilisation des ressources financières, la mise en place d’un Fonds
national de la lutte contre la désertification et de développement du pastoralisme est venue
conforter les budgets nationaux alloués à la lutte contre la désertification et acheminer les
contributions extérieures dans ce domaine.
™En matière de circulation de l’information entre les services déconcentrés du Ministère
de l’Agriculture et du développement rural, il a été mis en place un réseau -Intra net qui
permet à travers le territoire national, l’échange d’informations et la restitution simultanée
des bilans, des réalisations et de toutes les informations du secteur. Une base de données
pour le suivi évaluation des projets de développement agricole est en phase d’élaboration.
™En matière de concertation, il a été organisé une réunion de pré planification de ses
dernières au sein de l’ONC, ce qui a permis d‘identifier le nombre d’ateliers locaux et
régionaux à organiser. Les ateliers locaux au nombre de 48 ont été organisés et réalisés avec
la prise en compte de l’unité géographique, les ateliers régionaux au nombre de 04 (en
zones littorales, de montagnes, steppiques et sud ) sont en cours d’organisation avec la prise
en compte de l’unité agro-écologique.

La tenue de ces ateliers a permis :


ƒl’analyse des causes de la désertification et des particularités du milieu ;
ƒde capitaliser les résultats des expériences menées dans le domaine de la lutte contre la
désertification en mettent l’accent sur les lacunes et contraintes rencontrées;
ƒd’identifier les domaines prioritaires d’intervention ;
ƒde proposer d’actions prioritaires avec d’une politique de lutte contre la désertification ;

xPour ce qui est du projet Barrage Vert


Ce projet a connu depuis son lancement en 1970, la mise en œuvre d’une nouvelle approche dans le
cadre du projet de “ Consolidation et extension du barrage vert ”. Cette approche consiste en une
participation plus accrue des populations locales à la conception des programmes en vue de
répondre à leurs préoccupations et d’améliorer leur niveau de vie (des vergers familiaux ont été
réalisés avec la prise en charge de ces derniers par la population bénéficiaire et l’appui technique
de l’administration locale).

xPour ce qui est du programme d’aménagement pastoral


Les projets concernent l’aménagement de périmètres par la réalisation de plantations pastorales ou
de mises en défens, en accord avec les responsables communaux (APC) et les communautés
riveraines. L’administration procède à la réalisation de périmètres fourragers qui sont cédés aux
communes une fois chevés.
Pour assurer une exploitation rationnelle des périmètres aménagés, une formule d’exploitation des
parcours moyennant le payement d’une redevance de pacage instituée par la loi de finance de 1997,
a été mise en œuvre. Cette formule permet aux populations des périmètres aménagés, l’exploitation
des parcours conformément aux dispositions d’un cahier des charges qui précise la période et la
durée de pacage ainsi que la charge animale admise.

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xPour ce qui est du programme d’hydraulique pastorale


L’objectif visé est de densifier et de mieux répartir les points d’eau pour l’abreuvement du cheptel.
Il existe actuellement à travers la steppe 1point d’eau pour 4.000 hectares, alors que les besoins sont
de 1point d’eau pour 1.500 hectares.
Les actions portent sur la réalisation de puits et forage nouveaux et la réhabilitation d’anciens points
d’eau abandonnés, par des aménagements et des équipements.
Outre les puits pastoraux, un effort a été fait pour la mobilisation des eaux superficielles
(constituées d’écoulements superficiels temporaires issus de pluies), qui sont encore très peu
utilisées. En effet, le volume mobilisé actuellement n’excède pas 30 millions de m3 alors que
l’écoulement de surface à travers la steppe est de l’ordre de 1,5milliard de m3.
Les principales techniques utilisées pour la mobilisation des eaux superficielles sont les ceds de
dérivation ou de stockage, les marres et djoubs, le captage et l’aménagement des sources et les
travaux de CES.
L’accroissement des superficies irriguées par la technique de l’épandage des eaux de crues
permettra une augmentation de la production de fourrages en steppe (orge en vert et en grains
essentiellement).

xPour ce qui est du programme de veille météorologique


Un vaste programme est en cours de réalisation par l’Office National de Météorologie en
concertation avec les autres secteurs concernés. Les activités en cours concernent :
™l’intensification du réseau d’observation,
™le « calage »avec les observations satellitaires,
™les campagnes de mesures météorologiques,
™l’analyse du climat
™l’étude de la sécheresse dans sa dimension globale,
™les études d’impacts directs des phénomènes météorologiques,
™l’étude des effets du climat et de son évolution dans la zone aride et semi-aride
sensible,
™l’évolution du climat et de ses impacts sur les zones agro-écologiques,

xPour ce qui est du programme de gestion du patrimoine forestier


™cadastre forestier national
Le patrimoine forestier qui s’étend sur 4.100.000 ha, n’est pas bien maîtrisé au plan de sa
consistance physique. En effet, la majeure partie de ce patrimoine n’est pas délimitée ou n’a pas fait
l’objet de vérification au niveau du terrain depuis de très longues années, ce qui a souvent entraîné
des occupations illicites, des défrichements et autres atteintes au patrimoine. C’est pourquoi, la
délimitation du domaine forestier national et la transcription de sa consistance dans un sommier de
consistance spécifique, sont apparues comme une nécessité urgente.
Dans ce cadre, le point focal national de la CCD en concertation avec les services du Cadastre
National un décret portant établissement du cadastre forestier, ce qui a permis à ce jour d’intégrer
335.399,53ha sur les 1.900.000 ha de terres forestières.
™inventaire forestier national
Dans le cadre de la nouvelle politique en matière de conception et d’organisation du Fonds National
Forestier et de son espace et afin de mieux soutenir le patrimoine forestier, il a été décidé la mise
en place d’un inventaire forestier national qui est un instrument de suivi-évaluation des ressources
naturelles. Celui-ci vise d’une part la constitution d’une banque de données informatisées par la
mise en place d’un Système d’Information Géographique (SIG) doté notamment de logiciels de
cartographie et de traitement d’images performants, et d’autre part, l’établissement d’un Plan
National de Développement Forestier.
™développement des nappes alfatières
Ce programme a comporté plusieurs phases :
ƒinventaire et cartographie des nappes alfatières,

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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 67
ƒétude d’aménagement des zones steppiques,
ƒmise en défens des nappes alfatières, dont l’impact a été :
- sur le plan économique, l’augmentation de la production d’alfa et l’amélioration du potentiel
fourrager,
- sur le plan écologique, la protection des sols contre la désertification grâce au développement
harmonieux des nappes alfatières ainsi que leur exploitation rationnelle,
- sur le plan social, la création d’emplois.

xPour ce qui est du programme mis en œuvre en application du Plan National de


Reboisement (PNR)
Ce programme mis en œuvre en application du plan national de reboisement (PNR a concerné
plusieurs volets :
™lutte contre la désertification
™extension du patrimoine forestier
™conservation des sols, mise en valeur et aménagement de périmètres de bassins
versants de
™barrages,
™protection de la flore et de la faune.

Ce programme s’inscrit dans le cadre du plan national de développement agricole (PNDA) et porte
sur le traitement de 30 bassins versants au niveau de 29 wilayas, la réalisation de travaux de lutte
contre la désertification sur 22 wilayas et de travaux d’extension du patrimoine forestier.
En parallèle, le gouvernement a initié :
™Un programme de développement des zones dégradées sur 17 wilayas,
™Un programme de travaux d’utilité à haute intensité de main d’œuvre touchant 39 wilayas et
qui a eu comme effet la résorption du chômage dans ces localités.
Les objectifs visés à travers ces programmes sont l réduction de la pauvreté, l’amélioration de la
sécurité alimentaire des ménages, l’augmentation des revenus ruraux et la gestion durable des
ressources naturelles.

b- En matière de préservation de la diversité biologique en Algérie

La politique nationale de préservation de la diversité biologique est basée sur la préservation et


l’utilisation durable des ressources naturelles. Son élaboration a mobilisé plusieurs acteurs
notamment les départements ministériels concernés (Ministère de l’Aménagement du Territoire et
de l’Environnement, Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, Ministère de la
Ressource en Eau, Instituts de recherche, Université, mouvement associatif, collectivités locales,
opérateurs économiques…
Partie prenante dans les traités internationaux relatifs au droit environnemental, qu’elle a ratifiés,
l’Algérie se doit de tenir compte des principes de ces traités dans les politiques et stratégies qu’elle
élabore. Ainsi la stratégie nationale de la biodiversité a pris en compte dans ses différents volets, la
nécessaire synergie avec les conventions environnementales (CCD, CCC, CBD, RAMSAR, CITES
etc.).

Parmi les espèces existantes en Algérie certaines sont endémiques et nombreuses sont celles dont la
protection est assurée à l’échelle mondiale.

Malgré la disparition totale des grands fauves et en dépit des actes destructeurs, la faune demeure
encore intéressante de par sa diversité et sa représentativité. L’inventaire national de la diversité
biologique élaboré en 1997 a permis l’identification de trois espèces de gazelles (Dorcas Cuvier et
Ceptocemos), du cerf de Barbarie, du mouflon à manchettes, de l’addax, du lynx, du singe magot,

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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 68
du fennec, de la sittelle des Babords, de l’outarde de houbara, de l’Ibis chauve, de l’aigle des
steppes et du flamant rose.

Plus de 30 mammifères, 8 reptiles et plus de 70 espèces d’oiseaux sont menacés de disparition.


En ce qui concerne les espèces végétales, la composition botanique de l’Algérie est très riche Elle
comprend des espèces endémiques et des espèces rares telles que le sapin de Numidie, le cyprès du
Tassili et le pin noir de Mauritanie.

La flore algérienne compte plus de 3000 espèces dont 611 sont considérées comme rares ou en voie
d’extinction.

Pour la protection des espèces menacées de la faune et de flore, de nombreuses aires protégées ont
été créées. Il s’agit notamment de neuf parcs nationaux :
El Kala (80.000 ha) ; Theniet El Had (3.016 ha), Djurdjura (18.550 ha ), Chréa (26.585 ha),
Belezma (26250 ha ), Gouraya (2086 ha ),Taza (3807 ha) ,Tlemcen et enfin le Tassili et le Hoggar
avec de très grandes superficies couvrant respectivement 11 et 15 millions d’hectares.
En outre, quatre réserves naturelles sont en voie de création. Il s’agit des réserves de Beni- Salah
(2000 ha), des Babords (23.000 ha), de Mergueb (125.000 ha) et enfin de la Macta (zone humide
avec une superficie de 20.000 Ha ).
Quant aux réserves de chasse, elles sont au nombre de quatre : Djelfa (32000 ha), Mascara (7000
ha), Tlemcen (40.000 ha) et Zéralda (17.000 ha).

D’autres mesures destinées à assurer la conservation et la multiplication des espèces menacées ont
été prises. Il s’agit notamment de :
- La réalisation d’un inventaire cynégétique qui a permis d’avoir une connaissance de la
ressource mais aussi de préciser les conditions de son développement et sa gestion
rationnelle.
- La création de plusieurs centres cynégétiques dont la production est destinée au
repeuplement.
- La mise en place d’une réglementation propre à assurer une exploitation rationnelle des
ressources en faune et en flore.

2.4. MECANISMES DE FINANCEMENT ET DE GESTION DU


FINANCEMENT VISANT LA REDUCTION DES RISQUES
MENAÇANT LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

2.4.1. PRINCIPES GENERAUX

Le manque de financements reste l’obstacle principal à la mise en œuvre des programmes de


préservation de la diversité biologique.

Toutefois, au niveau national, le gouvernement mobilise des moyens non négligeables pour la
protection de l’environnement d’une manière générale et pour la lutte contre la désertification et la
préservation de la diversité biologique d’une manière plus particulière.
Cependant, la rationalisation de la dépense publique en faveur de l’environnement doit constituer un
axe prioritaire pour lequel la stratégie à adopter consiste non pas à augmenter la dépense publique
mais au contraire, à recourir graduellement, aux instruments économiques et à la fiscalité
environnementale de concert avec la mise en œuvre de la réglementation.
En l’absence d’un Fond international spécialisé, pour la prise en charge de la mise en œuvre de des
conventions internationales, il y a lieu de renforcer le Mécanisme Mondial de l’UNCCD
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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 69
(institution financière créée pour mobiliser les ressources nécessaires pour l’application de
l’UNCCD) à tous les niveaux.

L’Algérie ayant mis en place, conformément aux principes de l’UNCCD, le Fonds National de lutte
contre la désertification et de développement du pastoralisme et de la steppe (FLDDPS), créé par
la loi de finances pour 2002, il y a lieu d’harmoniser les interventions des différents fonds en
concertation avec les gestionnaires de ces derniers.

Afin d’assurer la réussite des programmes et leur réalisation dans les délais avec l’implication de
tous les acteurs concernés, la promotion de formules permettant le financement de petits projets
pouvant exercer « un effet levier » est souhaitable.

A cet égard, il s'agit de :

(1) Mobiliser des ressources financières adéquates pour mettre en œuvre les programmes d'action
nationaux ;
(2) Mobiliser d'importantes ressources financières, y compris sous forme de dons et de prêts, pour
appuyer la mise en œuvre de programmes visant à lutter contre la désertification;
(3) Promouvoir la mobilisation de ressources financières adéquates, prévisibles et en temps voulu, y
compris de fonds nouveaux et additionnels fournis par le fond pour l'environnement mondial,
pour financer les coûts supplémentaires convenus des activités se rapportant à la désertification
qui relèvent de ses quatre principaux domaines d'action, conformément aux dispositions
pertinentes de l'instrument portant création du dit fond;
(4) Faciliter, grâce à la coopération internationale, le transfert de technologies, de connaissances et
de savoir-faire et d'étudier, en coopération avec les pays en développement touchés, des
méthodes novatrices et des incitations possibles pour mobiliser et acheminer des ressources, y
compris celles de fondations, d'organisations non gouvernementales et d'autres entités du
secteur privé, en particulier les conversions de créances et d'autres moyens novateurs qui
permettent d'accroître le financement en réduisant la charge de la dette extérieure ;
(5) Mobiliser des ressources financières pour améliorer qualitativement tous les mécanismes et
sources de financement nationaux, bilatéraux et multilatéraux recourant à des consortiums, des
programmes communs et des financements parallèles notamment les financements du secteur
privé et des organisations non gouvernementales. A cette fin, il s'agit de mettre en application
les mécanismes opérationnels mis au point dans les différentes procédures des conventions.
(6) Rationaliser et renforcer la gestion des ressources déjà allouées en les utilisant de manière plus
efficace et efficiente et évaluer leurs succès et leurs échecs, en supprimant les entraves à leur
emploi efficace.

Ces grands principes doivent être concrétisés par des mesures préalables à travers une série
d’orientations telles :

(1) La sensibilisation et consultation les plus larges à la contrainte environnementale et le soutien


systématique aux entreprises exportatrices telles les PME et PMI pour lesquelles les coûts
additionnels à supporter peuvent s’avérer surdimensionnés au départ.
Cette consultation devant aboutir à un large consensus, peut prendre plusieurs formes :
- Contacts personnalisés et permanents ;
- Rencontres nationales sous forme de journées d’étude ;
- Canevas à faire renseigner par les diverses partenaires.
(2) Impliquer l’ensemble des concernés, institutions étatiques, collectivités locales, comme
entrepreneurs, à œuvrer pour une prise en charge réelle et globale de la contrainte environnementale
en tenant comptes des spécificités de chacune des productions et de leur localisation. A titre
indicatif, le nombre de produits exportés hors hydrocarbures et dont la valeur est relativement

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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 70
significative est assez restreint, quinze (15) produits forment à eux seuls plus de 90% de la valeur
des exportations hors hydrocarbures, ce qui milite en faveur d’une étude exhaustive de tous ces
produits.
(3) Etayer l’évaluation par le recours à d’autres méthodes que celle des élasticités pour moduler les
interprétations des résultats obtenus ; d’autant que cette option environnementale est stratégique, ses
implications en matière de politique économique et commerciale ont de lourdes conséquences.
(4) Procéder à l’étude approfondie de l’ensemble des produits exportables, exigera des moyens
notamment en know-how et formation, du temps et un budget relativement important. Il peut être
recommandé de faire appel à des bailleurs de fonds (UE, FEM, PNUE, ONG...) pour assurer le
financement de cette entreprise.
(5) Entreprendre des mesures de politique économique et fiscale, favorisant la prise en charge de la
contrainte environnementale, notamment pour les produits exportés, en priorité des mesures telles :
- L’exonération de certaines taxes pour alléger les coûts de production tels la TVA, le
Versement Forfaitaire (VF), la TAP, etc. ;
- Les subventions d’exploitation à verser aux entreprises dans le but d’amortir les coûts
additionnels et à améliorer par la formation, le niveau de qualification des ressources
humaines ;
- L’encouragement de l’acquisition des processus technologiques intégrant la prise en compte
de la biodiversité, lesquels permettent des productivités plus diversifiées et élevées, d’où des
prix compétitifs pour des produits de meilleure qualité environnementale ;
- L’examen et encouragement de la possibilité de substitution de certains intrants de manière
à réduire les conséquences environnementales sur la biodiversité et les coûts de production.
Au niveau de l’agriculture par exemple, on peut penser à une généralisation des engrais
naturels, organiques, à la place de l’utilisation des engrais chimiques, en grande partie
importés. Le nombre relativement important de la Surface Agricole Utile (SAU),
favoriserait l’utilisation de cultures biologiques diversifiantes au lieu de cultures
industrielles uniformisantes. Dans le contexte fortement concurrentiel en agricultures
méditerranéennes, l’atout de l’Algérie est plutôt dans la nature structurelle (qualité)
biologique des produits que dans celui des rendements artificiellement élevés ; tel que
continue à l’envisager le PNDA ;
- L’orientation de la réorganisation actuelle et du fonctionnement des entreprises publiques,
pour les rendre plus flexibles et plus dynamiques, de sorte que leurs interventions soient
mieux adaptées aux exigences écologiques de diversité des ressources locales et aux formes
de régulation par le marché, à la concurrence interne et externe et adapter leurs produits aux
nouvelles demandes induites par les récentes normes environnementales internationales ;
- L’organisation d’audits au niveau des entreprises afin d’identifier les contraintes,
notamment celles relatives aux impacts et coûts de l’environnement, et essayer d’y pallier
progressivement et diversement ;
- Rendre obligatoire la tenue d’une comptabilité analytique, matières, surtout pour les
entreprises potentiellement exportatrices et ce, dans un souci d’une meilleure maîtrise de la
nature des intrants et des coûts en résultant ;
- L’accord des taux de change préférentiels pour les entreprises soucieuses de la préservation
de l’environnement ainsi que des bonifications d’intérêts ;
- La promotion et le privilège du critère environnemental dans le cadre du processus actuel de
privatisation et de relocalisation des entreprises publiques selon les spécificités biologiques
locales ;.
- Dans la perspective de la politique de partenariat et d’ouverture du capital social, à
l’investissement direct étranger, l’encouragement, en priorité, du transfert en know-how et
des technologies soucieuses de la contrainte environnementale en termes de mise en valeur
de la biodiversité ;

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Rapport de Synthèse sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 71
(6) S’insérer dans une perspective internationale pour garantir la comparabilité des chiffres entre les
différents pays ; en arrêtant une démarche commune avec une marge de flexibilité pour tenir
comptes des spécificités nationales en matière de biodiversité.
(7) Des statistiques plus élaborées et le nombre plus large de produits à examiner, plaident à la
faveur du recours à l’assistance technique internationale, en sus du recours aux soutiens financiers.
Le profil exact des experts qui auront à apporter leur contribution et expérience est à préciser
ultérieurement, selon la nature des interventions.

Face aux conditions interactives de toutes ces exigences, dues à leurs interdépendances dans
l’identification et liens corollaires dans l’évaluation ; il est certes difficile d’en donner une
hiérarchisation définitive. L’essentiel est que toutes ces mesures soient fortement dynamisées,
coordonnées, non discriminatoires et touchent de façon analogue le secteur privé comme le secteur
public, les réformes économiques comme les adaptations et innovations législatives et
réglementaires.

2.4.2. LES MECANISMES DE FINANCEMENT A METTRE EN OEUVRE

Les mécanismes institutionnels et réglementaires sont destinés aux opérateurs socioéconomiques


pour la mise en œuvre des mesures nécessaires. Ces mécanismes se situent à trois niveaux :
international, national et local.

Les instruments de financement, au niveau national sont basés sur les taxes ou impôts par
l’application du principe « pollueur –payeur ». Ces instruments doivent décentraliser et gérer
directement par Inspections de l’Environnement des wilayate devant obligatoirement être
autonomes et indépendantes.

Compte tenu de l’urgence et de l’importance des financements, il faudra plus s’orienter dans
l’immédiat vers le financement extérieur. Différentes possibilités existent au niveau international
permettant de drainer les fonds nécessaires.
Il faut noter à ce sujet, que jusqu’à présent la tendance, au niveau des institutions nationales en
matière de financement, a été le recours aux financements au titre du budget de l’Etat au lieu de
rechercher des financements extérieurs pour réaliser leurs projets comme ç’est le cas des pays
voisins. Diverses sources de financement dans le cadre de la protection des ressources naturelles
existent :
- le Fonds Mondial de l’Environnement (FEM); à ce jour les sommes drainées ont été très
faibles voire symboliques en comparaison avec les montants dont ont bénéficié les pays
voisins,
- les financements par la CEE dans le cadre du partenariat,
- les financements par le P.E.M (programme environnement méditerranéen), financé par la
banque mondiale et la banque européenne d’investissement,
- la conversion de la dette extérieure en la réinjectant ( DEBT-SWAPPING ou troc de la
dette) dans des projets de grande envergure et qui ont un impact mondial sur
l’environnement comme la réhabilitation de la steppe et la lutte contre la désertification,
- le financement de projets par les organisations internationales auxquelles l’Algérie cotise et
en tire peu de profit par rapport à nos voisins. On peut citer la FAO, le FIDA, OADA, OMS,
OMM, UNESCO,
- le partenariat avec des pays qui encouragent la préservation des patrimoines naturels comme
le Japon, la Suède, le Canada, etc.
- la contribution des ONG nationales et internationales.

La mise en oeuvre des conventions internationales sur les changements climatiques, la biodiversité,
les forêts et la désertification ouvre de nouvelles perspectives en matière de financement. Au titre de

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la mise en oeuvre de la convention cadre sur les changements climatiques, le Protocole de Kyoto
prévoit la mise en place de moyens financiers et techniques importants en faveur des pays en
développement à travers le mécanisme de développement propre (MDP). La COP 7 a désigné les 15
membres du comité exécutif du MDP. Ce mécanisme sera ainsi le premier instrument
opérationnel du Protocole de Kyoto. Il va sans dire que les autres conventions vont utiliser ou
suivre ce type de mécanisme. Il s’agit donc de s’impliquer de façon concrète dans les processus mis
en oeuvre au sein de ces conventions. Le tableau 8 ci dessous précise, en matière de financement,
les principaux organismes ou acteurs concernés.

Tableau 8 : Partage des responsabilités entre les organismes pour mettre en œuvre les mécanismes
de financement
Mécanismes de financement Principaux organismes ou
acteurs concernés
Le Fonds Mondial de l’Environnement (FEM) MATE, MAE
Financements par la CEE dans le cadre du partenariat, MAE, Ministère des Finances
Les financements par le P.E.M financé par la banque mondiale et la banque MAE, Ministère des Finances
européenne d’investissement
La conversion de la dette extérieure en la réinjectant ( DEBT-SWAPPING ou troc MAE, Ministère des Finances
de la dette)
Le financement de projets par les Organisations Internationales MATE : MAE
Le partenariat avec des pays MATE
Le mécanisme de développement propre (MDP) du Protocole de Kyoto MATE
Les ONG nationales et internationales, MATE

2.5. LES BESOINS EN MATIERE DE FORMATION ET DE


SENSIBILISATION VISANT LA REDUCTION DES RISQUES
MENAÇANT LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

2.5.1. PRINCIPES GENERAUX ET AXES STRATEGIQUES

En ratifiant la convention internationale sur la diversité biologique, l’Algérie s’est engagée à tenir
compte des principes de cette dernière.
En effet, la mobilisation des ressources humaines et des compétences techniques, la motivation et
la disponibilité des populations à apporter leur concours, se sont avérées indispensables pour
atteindre les objectifs de la Convention.

Les mesures d’accompagnement concernant la production et la communication des connaissances,


la circulation de l'information, l'assistance technique, l'éducation et la formation dans le domaine de
la biodiversité constituent des éléments sur lesquels repose la stratégie. Ces mesures constituent
avec l'évaluation et le suivi, des activités complémentaires inséparables.

La stratégie nationale ainsi que le plan d’action qui l’accompagne viennent compléter et consolider
les efforts nationaux dans le domaine du développement socio-économique et de la protection de
l'environnement.

Compte tenu du caractère complexe de la biodiversité et de ses nombreux prolongements dans la


plupart des secteurs de la vie économique, la stratégie nationale implique que les mesures de

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conservation de la biodiversité soient intégrées à la planification du développement socio-
économique au niveau national, régional et local.

La conservation de la biodiversité et la planification du développement doivent donc être liées et


coordonnées par des mécanismes législatifs, réglementaires et institutionnels. Une telle intégration
serait à même d'assurer que le développement agricole en particulier et le développement
économique en général maintiennent l'intégrité des ressources biologiques. Elle suppose la prise en
compte d’un certain nombre de principes essentiels notamment:
- l’implication des utilisateurs des ressources biologiques dans les efforts de conservation
notamment à travers l'évaluation et l'intégration de leur savoir-faire, la prise en compte de
leurs préoccupations et de la nécessaire amélioration de leurs techniques d'utilisation et de
gestion,
- L’implication des opérateurs économiques dans la prise en charge partielle, directe et/ou
indirecte, des coûts de la conservation des ressources biologiques et l'encouragement de la
coopération entre ces opérateurs, ainsi qu’avec les structures de recherche.
- L’implication du secteur privé et des ONG.
- L'accroissement des moyens humains et matériels qui seront consacrés aux efforts de
conservation.
- Le caractère planétaire de la diversité biologique qui fait que la conservation de celle-ci
relève d’efforts ayant des dimensions transnationales et devant avoir des prolongements au
niveau sous-régional, régional et international.

Les efforts de coordination et d'échanges d'informations doivent être renforcés, en créant les
meilleures conditions pour que les chercheurs et organismes impliqués dans le domaine de la
conservation de la biodiversité, soient intégrés dans les réseaux régionaux et/ou internationaux qui
interviennent dans divers aspects de la conservation des ressources biologiques et génétiques.
Ainsi, la stratégie esquissée pour atteindre les objectifs de développement durable, s'appuie
essentiellement sur une démarche globale et intégrée, qui s'articule autour des axes principaux ci-
après :

a- Une meilleure connaissance de la diversité biologique

Ce premier objectif vise à remédier aux insuffisances actuelles dans le domaine de la connaissance
de la diversité biologique et notamment des écosystèmes sous tous leurs aspects (écologique, socio-
économique et culturel), ainsi qu'à maintenir un état de connaissances tel qu'il permet de planifier,
en temps voulu, toute intervention dans le sens de la conservation et de l'utilisation durable des
ressources biologiques au bénéfice du développement socio-économique et du bien être du citoyen.
La réalisation d'un tel objectif devra nécessairement passer par :
- La mise à jour permanente d'inventaires qualitatifs et quantitatifs des ressources biologiques
terrestres et marines ;
- L’optimisation de la connaissance sur les écosystèmes non perturbés en vue de leur
conservation et de ceux qui sont modifiés ou dégradés en vue de leur réhabilitation ;
- L’étude et l'évaluation des conditions nécessaires à une utilisation durable de l’Agro-
biodiversité, notamment à travers la mise au point d'une approche intégrée de la gestion des
agrosystèmes ainsi que de l’usage de techniques agricoles appropriées ;
- L’évaluation du potentiel économique des ressources biologiques, le renforcement des
capacités nationales notamment dans les domaines de la formation et de la recherche en
rapport avec la diversité biologique.

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b- La mise en place de conditions favorables à une planification de la gestion durable de la
diversité biologique en général et des écosystèmes en particulier.

Ce deuxième objectif vise à améliorer et à harmoniser le cadre institutionnel et juridique de


l'environnement et à mettre en place les outils et instruments appropriés en vue de la planification
d'une gestion durable de la diversité biologique, impliquant toutes les parties concernées (l'ensemble
des utilisateurs directs et indirects, des décideurs et autres administrateurs, des chercheurs et
enseignants, etc.).
La réalisation d'un tel objectif passe par un certain nombre d'adaptations et de mesures, notamment:
- au niveau des textes législatifs et réglementaires ayant trait à la conservation, à l'accès et à
l'utilisation des ressources biologiques
Dans la situation actuelle, les textes sont nombreux, mais manquent de cohérence ou d'harmonie, et
ne sont pas toujours appliqués en raison de l'absence de moyens ou de dispositions d'application, et
parfois de leur impact négatif sur les ressources biologiques. En outre, ces textes et/ou mesures,
n'intègrent pas, souvent, les considérations d'ordre écologique et socio-économique.
- au niveau des rôles et prérogatives des institutions et administrations impliquées dans les
activités ayant trait à la conservation et à l'utilisation des ressources biologiques.
En effet, on note parfois un manque de cohérence des actions entreprises par les diverses
institutions et parties administratives concernées.
- au niveau des approches d'intervention
Il y a nécessité d'une révision de l'attribution des rôles entre le secteur public et le secteur privé et de
l'adoption d'une approche précise d'intervention intégrée qui favoriserait la participation effective de
toutes les parties concernées par la diversité biologique. Une telle approche qui est à promouvoir et
à définir sur la base de quelques essais pilotes, permettrait de mieux appréhender les grandes actions
à mener.
- Au niveau du renforcement des capacités nationales d'intervention dans le domaine de la
conservation et de l'utilisation durable de la diversité biologique.
Les capacités nationales d'intervention, jugées limitées qualitativement et quantitativement, ne sont
pas en mesure de garantir une mise en oeuvre efficace des politiques tracées par les pouvoirs
publics dans ce domaine.
- Au niveau du suivi évaluation réguliers des interventions dans le domaine de la conservation
et de l'utilisation de la diversité biologique
Actuellement, l'insuffisance de dispositifs de suivi évaluation de la mise en oeuvre des stratégies et
programmes d'intervention ne permet ni de capitaliser les expériences du passé, ni de procéder aux
ajustements éventuellement nécessaires.

c- Une meilleure sensibilisation, éducation et information

Cet objectif vise à améliorer la prise de conscience collective et à engager la responsabilité du


citoyen vis-à-vis de la conservation et de l'utilisation durable de la diversité biologique.
La réalisation d'un tel objectif suppose des efforts d'innovations dans les domaines de la
sensibilisation, de l'éducation, de la diffusion et de l'échange de l'information en vue d'impliquer
l'ensemble des capacités nationales.

d- L’élaboration et la mise en oeuvre des programmes d'action dans les domaines


d'intervention prioritaire

Cet objectif vise à préparer et à mettre en oeuvre à court et à moyen terme, un certain nombre
d'actions en vue de contribuer à la restauration des divers éléments de la diversité biologique dans
les milieux les plus menacés ainsi qu'à la valorisation par une gestion durable des ressources
biologiques présentant un potentiel socio-économique et culturel remarquable.

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- Domaines d’intervention prioritaires de la stratégie
Compte tenu des résultats de l'étude nationale sur la biodiversité et en fonction des orientations de
la stratégie nationale pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité et des ressources
biologiques, les domaines suivants sont apparus comme prioritaires en raison de leur importance
écologique, économique et socioculturelle. Il s'agit notamment de :
x la gestion des aires protégées visant la durabilité de la diversité biologique
Les aires protégées sont des écosystèmes naturels. Certains itinéraires techniques devraient donc
être mieux infléchis dans le sens d’un impact plus doux des systèmes agricoles sur leur
environnement.
L’exploitation des couverts végétaux naturels de type cueillette doit laisser la place à des systèmes
d’exploitation et de gestion adéquats de la flore naturelle.
x la gestion intégrée des halieu-systèmes visant la durabilité de la diversité biologique
Plusieurs milieux des eaux continentales (cours d’eau et retenues de barrages) et des milieux
humides littoraux (sebkhas, chotts, Gueltas, oasis, lacs de montagne etc.) sont souvent mal définis
ou encore inconnus, d’où la nécessité d’une action forte dans ce domaine.
x la gestion intégrée des ressources naturelles visant la durabilité de la diversité
biologique
Les écosystèmes font l'objet d'une pression anthropique sans cesse croissante avec des
conséquences dommageables sur l'utilisation durable du capital en ressources abiotiques et
biotiques et, en particulier, sur la diversité biologique. La gestion intégrée des ressources naturelles
visant la durabilité de la diversité biologique revêt donc un caractère prioritaire
x la protection des éléments ou composants vulnérables de la biodiversité.
Les études ont relevé de nombreux composants vulnérables et menacés de dégradation ou de
disparition (ressources génétiques, 'espèces ou groupes d'espèces ou écosystèmes entiers), qu'il
s’agit de préserver en priorité.
x La sensibilisation, l'éducation et l'information.
S’agissant d'un domaine qui concerne d'une manière ou d'une autre l'ensemble des couches de la
société, il y a lieu de chercher à impliquer d'une manière effective le citoyen à travers la
sensibilisation, l'éducation et l'information d'autant plus que la biodiversité représente une
problématique nouvelle de la conservation et de la valorisation du potentiel des ressources
biologiques pour le développement durable.

2.5.2. RENFORCEMENT DES CAPACITES

L’objectif est d’accroître les compétences techniques et les capacités de gestion des individus et
institutions impliqués dans la gestion et la préservation de la diversité biologique. Pour ce faire, il
s’agit :
1- de réviser et si nécessaire de modifier la législation nationale pour sa mise en adéquation
avec l’état actuel de la diversité biologique et des différentes composantes de la désertification
qui la menacent. Il y a lieu dans ce cadre :
x de procéder à l’évaluation de la législation et des pratiques et de décrire dans les
rapports nationaux, les moyens par lesquels les lignes directrices pour l’application
du concept d’utilisation rationnelle seront mises en œuvre,
x d’encourager l’élaboration de politiques nationales pour la biodiversité, soit de façon
indépendante soit en tant que composantes clairement identifiables et procédant
d’autres initiatives de planification nationale de la conservation des ressources
biologiques (plans d’action nationaux pour l’environnement, stratégies nationales
pour les zones humides ou de lutte contre la désertification).
2- d’intégrer la conservation et l’utilisation rationnelle de la diversité biologique dans les plans
communaux, locaux et régionaux relatifs à l’occupation des sols, à la gestion des parcours en
zones touchées par la désertification, ainsi que dans tous les autres instruments de
planification et de gestion de l’environnement. Il y a lieu de veiller à ce qu’il soit tenu compte
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des aires protégées et des zones touchées par le phénomène de la désertification dans les
documents et activités d’aménagement du territoire en rapport avec la diversité biologique.
3- de promouvoir l’évaluation économique des avantages et des fonctions de la diversité
biologique pour les besoins de planification de l’environnement.
4- de mener des études d’impacts sur l’environnement dans le cas de projets qui pourraient
modifier les modes d’utilisation des sols, de l’eau et de la couverture végétale et affecter
certaines aires protégées ou perturber des écosystèmes de biodiversité dont les caractéristiques
écologiques sont susceptibles de changer « par suite d’évolutions technologiques, de
dégradation ou d’une autre intervention humaine ».
5- d’encourager une participation active des communautés locales, notamment les populations
autochtones et en particulier des femmes, à la préservation, la conservation et l’utilisation
rationnelle de la diversité biologique.
6- d’encourager la participation du secteur privé à la conservation et à l’utilisation rationnelle de
la biodiversité.
7- d’améliorer la sensibilisation aux valeurs et fonctions de la diversité biologique dans toutes les
localités et à tous les niveaux.
8- d’améliorer les activités de communication au niveau national en général et au niveau des aires
protégées en particulier en ce qui concerne les conventions sur la diversité biologique et de la
lutte contre la désertification.
9- d’encourager la formation de partenariats entre gouvernements, organisations non
gouvernementales et autres organisations et organiser des rencontres de concertation et de
coordination sur l’importance de la préservation de la diversité biologique.
10- de promouvoir de nouveaux moyens d'existence, y compris la formation en vue de l'acquisition
de nouvelles qualifications grâce à des formules novatrices.
11- d’encourager le transfert du savoir-faire traditionnel des populations pour la durabilité de ce
savoir et sa transmission aux générations futures.
12- d’encourager l’intégration de modules traitant de la préservation de la biodiversité et de la lutte
contre les phénomènes de dégradation dans les programmes d’éducation, à tous les niveaux et
dans les cours de formation spécialisés.
13- de renforcer et améliorer les capacités des institutions en lançant un vaste programme de
formation. L’approche stratégique qui permettra d’identifier les besoins précis de formation
et les publics cibles tiendra compte des disparités entre les régions, les localités et les sites.
14- de déterminer les besoins en matière de formation des institutions et des individus concernés
par la conservation et l’utilisation rationnelle de la diversité biologique et appliquer des
mesures de suivi.
15- de renforcer la coopération et la synergie avec les autres conventions environnementales
(CCCC, CCD, Ramsar ).
16-de mobiliser des soutiens financiers directs de la part des organismes multilatéraux et bilatéraux
d’aide au développement qui viendraient en complément à la mobilisation des ressources
nationales.
17-d’encourager la conception d’outils informatiques (données, bibliographies, SIG) et de gestion
(gestion de la flore et de la faune) afin d’étudier les interactions dynamiques entre les
processus socioéconomiques et écologiques. Ces informations et techniques serviront de
support à la prise de décision et pour des analyses comparées entre sites.
18-d’élaborer des programmes de sensibilisation et d’éducation environnementale dans les sites en
partenariat avec les ministères concernés et en utilisant une variété de supports médiatiques
pour chacun des groupes cibles.
19-d’établir un programme régional de formation pour les agriculteurs, les éleveurs et les
gestionnaires afin d’augmenter leurs capacités techniques de gestion et de conservation
durable de la biodiversité.
20-d’établir un mécanisme pour la participation active des communautés dans les projets et
l’intégration de leur savoir-faire.

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21-de promouvoir des plans de gestion rationnelle en favorisant la concertation et la gestion
participative des ressources et se basant sur les usages traditionnels et les règles coutumières.
22- de créer un observatoire national des techniques novatrices de lutte contre la désertification et
la préservation de la diversité biologique.
23-de renforcer la part de la recherche sur la lutte contre la désertification et la conservation de la
biodiversité dans les programmes nationaux de recherche.
24- de concourir à la création d’observatoires de la biodiversité dans l’ensemble des collectivités
ou se trouve des aires protégées et participer aux réseaux internationaux de suivi de ces
derniers.
25-de développer un suivi national sur la base d’indicateurs pertinents à l’échelle nationale.
26-de favoriser le transfert des connaissances en matière de lutte contre la désertification en
relation avec la préservation des ressources biologiques.
27-d’informer les décideurs et les aménageurs en leur fournissant les éléments utiles notamment
les données sur la valeur économique des ressources biologiques.
28-de renforcer l’application et la mise en œuvre des conventions CBD, CCD.
29-d’améliorer l’accès des collectivités locales aux différents programmes de financement
nationaux et internationaux.
30-d’intégrer le mouvement associatif dans les différentes phases des programmes de lutte conte la
désertification et de l’utilisation rationnelle de la diversité biologique.
31- de créer une base de données fonctionnelle et interactive à des fins de gestion et de recherche
scientifique.
32- d’instaurer des mécanismes de suivi et d’évaluation pour permettre une adaptation des
objectifs de recherche aux besoins socio-économiques.
33-d’améliorer les compétences et capacités techniques des individus et institutions impliquées
dans la gestion des zones touchées et /menacées par la désertification.
34-d’améliorer les flux d’information scientifique et technique sur la gestion et la conservation des
ressources naturelles à travers des ateliers et des conférences électroniques.

2.6. CONCLUSION
L’état actuel de la diversité biologique, son importance écologique et socio-économique, la
dégradation du milieu et la nécessité d’un développement durable sont autant d’éléments qui
justifient cette synthèse.

L’objectif principal du présent travail visait une évaluation des besoins en matière de renforcement
des capacités nécessaires à l'évaluation et la réduction des risques menaçant la diversité biologique
en Algérie.

Globalement, quelques résultats, pouvant être jugés pertinents, sont dégagés:


x La synthèse sur " les menaces qui pèsent sur la diversité biologique" met la lumière sur les
dysfonctionnements écologiques et, par conséquent, pose clairement la problématique et les
approches possibles à envisager pour réhabiliter les systèmes écologiques fragilisés ;
x Ensuite, sur la base de cette synthèse, les besoins en matière de renforcement des capacités
nécessaires à l'atténuation des menaces qui pèsent sur la diversité biologique en général, sont
esquissés ;
x Enfin, dans le but d'apporter quelques éléments de réflexion pour la réhabilitation et la
valorisation de la diversité biologique en Algérie, des recommandations et des propositions sont
faites au sujet du:
- Partage des responsabilités entre les différentes parties concernées et/ou les partenaires
impliqués;
- Les mécanismes de financement et de gestion du financement pour amener les différents

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partenaires à atténuer " les menaces qui pèsent sur la diversité biologique";
- La stratégie à adopter en matière de renforcement des capacités nécessaires à la réduction
des " les menaces qui pèsent sur la diversité biologique" locale et globale.

En définitif, il convient de souligner que ce type de travaux est par essence multidisciplinaire; C’est
un travail qui nécessite la collaboration de plusieurs spécialités (écologie, agronomie, sociologie,
économie, etc.).

Un important travail reste à faire pour sauvegarder la biodiversité. Afin d'arriver à cette fin, il est
recommandé :

x d’intensifier les recherches et les études dans ce domaine;


x d’impliquer plusieurs laboratoires de recherche spécialisés, tant au niveau national
qu’international;
x de développer des solutions communes pour la recherche, la collecte, l’accès, le partage et
l’utilisation des données en réponse aux besoins des différentes thématiques.

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BIBLIOGRAPHIES

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capacités nécessaires à l’évaluation et la réduction des risques menaçant les éléments de la
diversité biologique en Algérie. Cas de la démographie, de l’urbanisation et des infrastructures.
Rapport de Consultation MATE-PNUD. 1-115.
Chehat F. et Mederbal K., 2003. Rapport de synthèse de l’Atelier N°2 : Evaluation des besoins en
matière de renforcement des capacités nécessaires à l’évaluation et la réduction des risques
menaçant les éléments de la diversité biologique en Algérie. Projet PNUD-MATE. 1-80.
Djehich F., 2003. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à
l’évaluation et la réduction des risques menaçant les éléments de la diversité biologique en
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des expériences des pays de la CEI, Environnement 14.
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l’évaluation et la réduction des risques menaçant les éléments de la diversité biologique en
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des capacités nécessaires à l’évaluation et la réduction des risques menaçant les éléments de la
diversité biologique en Algérie, Cas de la bioinvasion, de l’érosion et de la pollution génétiques.
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l’évaluation et la réduction des risques menaçant les éléments de la diversité biologique en
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ancestral dans la conservation des écosystèmes ? Communication Atelier N° 2 Projet PNUD-
MATE. 1-9.
Mederbal K., 2003. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à
l’évaluation et la réduction des risques menaçant les éléments de la diversité biologique en
Algérie, Cas du surpâturage, du défrichement et de la désertification. Rapport de consultation
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à l’évaluation et la réduction des risques menaçant les éléments de la diversité biologique en
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l’évaluation et la réduction des risques menaçant les éléments de la diversité biologique en
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ANNEXES

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ANNEXE 1 : CHANGEMENTS CLIMATIQUES

PROJECTIONS CLIMATIQUES A L’HORIZON 2020

Tem péra tu res Précipita tion s

U
K
H
I

E
C
H
A
M
3
T
R

PROJECTIONS CLIMATIQUES A L’HORIZON 2050

Tem pératures Précipitations

U
K
H
I

E
C
H
A
M
3
T
R

Projections du climat aux horizons 2020 et 2050 (modèle UKHI) (Tabet, 2003)

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Effets directs et indirects de l’augmentation de la concentration de CO2 (Tabet, 2003)


Effets directs Effets indirects
Changement dans la croissance des plantes Changement dans l’abondance des espèces
Changement dans l’utilisation de l’eau Changement dans la répartition des écosystèmes
Changement dans la nutrition Changement des cycles géo-biochimiques
Changement de la compétitivité entre espèces
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Effets directs et indirects des changements climatiques (Tabet, 2003)


Effets directs Effets indirects
Changement de la croissance espèces Changement dans l’abondance des espèces
Changement de la décomposition organique Changement de la structure des écosystèmes
Changement de la distribution des écosystèmes Changement des cycles géo-biochimiques
Changement des régimes de perturbation
Changement de compétitivité entre espèces
Changement des fonctions des écosystèmes
______________________________________________________________________________________________

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ANNEXE 2 : L’EAU

Actions urgentes et prioritaires (Mouhouche, 2003)

1. Une meilleure mobilisation des précipitations


2. Augmenter la capacité de stockage et de mobilisation des eaux de surface
3. Améliorer les conditions durant le transport et la distribution de l’eau
4. Recyclage des eaux de rejet
5. Sanctions à l’encontre des pollueurs
6. Lutter contre les pompages illicites
7. Lutter contre les risques de salinisation de l’eau et du sol
8. Protéger les espèces sensibles à la sécheresse
9. Favoriser les espèces qui valorisent mieux l’eau
10. Lutter contre les espèces envahissantes à faible potentiel de production
11. Meilleure tarification de l’eau

ANNEXE 3 : LES SOLS

Les processus de dégradation des sols Les techniques de conservation

x L’érosion x Travail du sol adéquat


x Pertes des éléments nutritifs x Rotation des cultures
par ruissellement x Amélioration du drainage
Productivité
x Mauvais drainage x Gestion des résidus
et
x Désertification conservation x Conservation de l’eau
x Compactions des x Terrasses et banquettes
x Salinisation ŷ + x Cultures suivant les
x Pertes de la matière organique courbes de niveau
x Accumulation des éléments x Fertilisation chimique
toxiques x Amendement organique
x Urbanisation x Adéquation sol, culture et
x Mauvaise utilisation climat
x Pollution
x Surpâturage
x Réduction de l'activité
biologique et microbiologique

Les processus de dégradation des sols et les techniques de conservation (Gaouas, 2003)

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ANNEXE 4 : DESERTIFICATION

CLASSEMENT DES WILAYAS STEPPIQUES EN FONCTION DU DEGRE DE SENSIBILITE A LA DESERTIFICATION (Djehich,


2003)
Wilaya Degré de Sensibilité à la désertification
Steppique Pas ou peu sensible Moyennement sensible Sensible Très sensible Désertifié Total
Sup(ha) % Sup(ha) % Sup(ha) % Sup(ha) % Sup(ha) % Sup(ha)
Tebessa 182265.01 24.96 312650.63 42.82 19116.78 26.17 44089.83 6.03 - - 73012225
Khenchela 692901.44 67.66 191228.57 18.67 96426.18 9.41 - - 43443.81 4.24 1024000
Batna 280493.04 27.39 369792.99 36.11 185896.23 18.15 143392.6 14.0 44425.14 4.33 1024000
Biskra 132514.88 18.46 146737.14 20.44 384047.04 53.5 54448.65 7.58 - - 71774771
S/T Est 1288174.4 36.84 1020409.33 29.18 857486.23 24.52 241931.08 6.92 87868.95 251 3495869.96
Djelfa 151518.27 13.5 406186.91 36.19 393515.6 35.06 137347.39 12.23 33561 299 1122129.17
Laghouat 128919.84 20.48 98256.21 15.61 224618.3 35.68 177631.32 28.22 - - 629425.67
Tiaret 20736.57 1.53 378136.27 27.92 580667.42 42.88 304224.57 22.46 70283.19 519 1354048.02
M’Sila 199913.58 9.76 258066.76 12.60 882914.71 43.11 581508.87 28.39 125596.06 613 2047999.98
S/TCentre 501088.26 9.72 1140646.15 22.13 2081716.03 40.39 1200712.15 23.29 229440.25 445 5153602.84
El-Bayadh 92833.6 6.03 359884.84 23.41 461033.91 29.99 524250.24 34.10 99086.40 644 1537088.99
Naama 464651.92 17.86 586663.82 22.55 1242756.8 47.77 235805.58 9.06 71507.1 274 2601385.22
Tlemcen 9960.79 1.73 507470.94 88.36 50152.78 8.73 6711.71 1.16 - - 57429622
Dj .Arar 22461.73 4.89 62328.7 13.58 368242.35 80.28 5624.4 1.22 - - 458657.18
S/T Ouest 589908.04 11.4 1516348.3 29.32 2122185.84 41.03 772391.93 14.93 170593.5 329 5171427.61
Total 2379170.67 17.21 3677403.78 26.60 5061388.1 36.62 2215035.16 16.02 487902.7 353 13820900.4

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ANNEXE 4 (suite) : DESERTIFICATION

Un exemple de complexe de multi-causalité: cas des parcours steppiques (Malki, 2003)

CAUSES

POLITIQUES ORGANISATION.
CLIM ATIQUES AUTRES CAUSES
AGRICOLES & LEGALES
- Subv ention des aliments - Absence d'un entité de - Sécheresse - Privilegentsia pastoralists
de bétail gestion - Liv elihood sustainability
Retrait des subv entions - Absence de modes
- Nouv elless intallations de spécifiques d'utilisation et
- pasteurs (lois sur l'APFA et de conserv ation
87-19) - Droits de propriété

ACTIONS ANTHROPIQUES

- Défrichement - Ex pansion des céréales


- Sur-patûrage

Déclin des ressources naturelles

Zones de parcours réduites Ruissellement élevé

Couvert végétal en déclin Infiltration réduite


Erosion hydrique et éolienne

Pertes de fertilité des sols

Baisse de la capacité
organique des sols

DESERT IFICAT IO N

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ANNEXE 4 (suite) : DESERTIFICATION

Pour mieux cerner les priorités d’intervention en vue de la préservation des zones sensibles au
phénomène de désertification, nous avons classé les wilayas par rapport à l’ampleur des parcours
soumis à ce risque majeur.

Sensibilité des zones au phénomène de désertification (Djehich, 2003)


Sensibilité
Forte Moyenne Faible
Tiaret 98%
El-Aricha 95%
M’Sila 90%
El-Bayadh 87% Batna 68% Khenchela 32%
Djelfa 84% Tebessa 75%
Naama 82%
Biskra 81%
Laghouat 79%

ANNEXE 5 : LES INCENDIES

Surfaces forestières incendiées annuellement (Oldache, 2003)


Année Hectares Année Hectares Année Hectares
1881 169056 1891 45924 1901 9687
1882 4018 1892 135574 1902 141141
1883 2464 1893 47787 1903 94398
1884 3232 1894 100890 1904 2759
1885 51569 1895 32907 1905 7676
1886 14043 1896 14091 1906 9186
1887 53714 1897 79203 1907 4457
1888 14788 1898 12384 1908 6540
1889 17807 1899 16099 1909 9751
1890 23165 1900 2937 1910 24294
Total 353856 Total 487796 Total 309889
Moyenne 35385,6 Moyenne 48779,6 Moyenne 30988,9

Surfaces forestières incendiées annuellement (Oldache, 2003)


Année Hectares Année Hectares Année Superficie
1911 16309 1921 11200 1931 61067
1912 26505 1922 89473 1932 9734
1913 138191 1923 5997 1933 17640
1914 43305 1924 62360 1934 2517
1915 9350 1925 9146 1935 28691
1916 78863 1926 81985 1936 22372
1917 75453 1927 10504 1937 61877
1918 33720 1928 13339 1938 9571
1919 116889 1929 1583 1939 21777
1920 83986 1930 10675 1940 39850
Total 622571 Total 296262 Total 275096
Moy. 62257,1 Moyenne 29626,2 Moyenne 27509,6

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Surfaces forestières incendiées annuellement (Oldache, 2003)


Année Hectares Année Hectares Année Hectares
1941 7416 1951 49015 1961 59471
1942 31740 1952 7659 1962 nd
1943 81678 1953 7053 1963 3923
1944 34548 1954 9809 1964 9386
1945 57708 1955 25576 1965 50624
1946 15513 1956 204220 1966 2503
1947 20530 1957 105604 1967 49561
1948 7617 1958 125822 1968 14550
1949 23369 1959 55038 1969 13315
1950 Nd 1960 60174 1970 30439
Total 280119 Total 649970 Total 233772
Moyenne 31124 Moyenne 64997 Moyenne 25975

Surfaces forestières incendiées annuellement (Oldache, 2003)


Année Hectares Année Hectares Année Hectares
1971 57835 1981 17361 1991 13176
1972 4098 1982 9382 1992 25621
1973 34530 1983 221368 1993 58681
1974 11003 1984 4732 1994 271598
1975 37331 1985 4668 1995 32157
1976 19945 1986 21538 1996 7302
1977 43947 1987 23300 1997 17831
1978 41552 1988 27758 1998 28630
1979 15663 1989 4469 1999 38462
1980 26945 1990 28047 2000 55782
2001 14356
Total 2928490 Total 362623 Total 292000
Moyenne 292849 Moyenne 36262 Moyenne 51236

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ANNEXE 5 (suite) : LES INCENDIES
Equipement en moyens de DFCI (Oldache, 2003)
Wilaya Superficie Wilaya Sup. Forestière Taux de Boisement piste (km) densité TPF Densité P. vigie Densité B.M Dens. P.eau Dens.
(ha) (ha) % km Km/100 ha (ha) ha/100ha U U/7000ha U U/5000 U U/7000
Ech-Chlef 465100 64130 13,79 563 0,878 740 1,15 17 1,856 12 0,94 15 1,64
Laghouat 2505200 90930 3,63 547 0,602 132 0,15 8 0,616 4 0,22 15 1,15
Oum-E-B 763812 68500 8,968 431 0,629 340 0,5 18 1,839 8 0,58 22 2,25
Batna 1202824 262997 21,86 1325 0,504 38 0,01 9 0,24 12 0,23 63 1,68
Béjaïa 332850 65480 19,67 707 1,08 607 0,93 9 0,962 4 0,31 24 2,57
Biskra 2167120 34000 1,569 50 0,147 0 0 2 0,412 2 0,29 6 1,24
Blida 154000 65539 42,56 429 0,655 277 0,42 8 0,854 6 0,46 38 4,06
Bouira 451710 111490 24,68 1361 1,221 1722 1,54 9 0,565 11 0,49 15 0,94
Tébessa 1387800 147000 10,59 2472 1,682 960 0,65 9 0,429 14 0,48 41 1,95
Tlemcen 901769 201000 22,29 1131 0,563 1479 0,74 20 0,697 13 0,32 47 1,64
Tiaret 2008700 141842 7,061 1078 0,76 1475 1,04 13 0,642 9 0,32 15 0,74
T.-Ouzou 299296 95047 31,76 720 0,758 756 0,8 2 0,147 5 0,26 20 1,47
Alger 27297 4796 17,57 0 0 4 5,838 2 2,09 0
Djelfa 3000000 262000 8,733 491 0,187 1289 0,49 18 0,481 4 0,08 18 0,48
Jijel 239000 105550 44,16 796 0,754 1305 1,24 15 0,995 10 0,47 35 2,32
Setif 650400 76425 11,75 1130 1,479 215 0,28 10 0,916 11 0,72 50 4,58
Saïda 663100 156401 23,59 0 0 12 0,537 0 0
Skikda 413724 194362 46,98 555 0,286 1797 0,92 20 0,72 6 0,15 84 3,03
S. B. Abbes 915063 209000 22,84 0 4941 2,36 14 0,469 7 0,17 47 1,57
Annaba 141200 75424 53,42 437 0,579 525 0,7 3 0,278 10 0,66 18 1,67
Guelma 391051 32545 8,322 455 1,398 643 1,98 3 0,645 4 0,61 50 10,8
Constantine 228800 17832 7,794 230 1,29 210 1,18 9 3,533 6 1,68 16 6,28
Médéa 870000 160000 18,39 1329 0,831 1288 0,81 13 0,569 13 0,41 25 1,09
Mostaganem 330000 34154 10,35 330 0,966 222 0,65 7 1,435 6 0,88 12 2,46
M'Sila 2000000 168500 8,425 706 0,419 300 0,18 16 0,665 6 0,18 30 1,25
Mascara 596208 82421 13,82 866 1,051 1030 1,25 17 1,444 4 0,24 4 0,34
Oran 211400 40311 19,07 265 0,657 235 0,58 7 1,216 3 0,37 8 1,39
El-Bayadh 7053900 125811 1,784 274 0,218 264 0,21 3 0,167 4 0,16 4 0,22
B.B.Arreredj 392042 88000 22,45 378 0,43 120 0,14 10 0,795 3 0,17 22 1,75
Boumerdes 155839 17016 10,92 343 2,016 122 0,72 8 3,291 7 2,06 22 9,05
El-Tarf 299822 173681 57,93 696 0,401 1109 0,64 18 0,725 11 0,32 47 1,89

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ANNEXE 5 (suite) : LES INCENDIES


Equipement en moyens de DFCI (Oldache, 2003)
Wilaya Sup. Forestière Taux de Boisement piste (km) densité TPF Densité P. vigie Densité B.M Dens. P.eau Dens.
(ha) % km Km/100 ha (ha) ha/100ha U U/7000ha U U/5000 U U/7000
Tissemsilt 315137 61614 19,55 836 1,357 862 1,4 19 2,159 8 0,65 21 2,39
Khenchella 981064 118941 12,12 596 0,501 13 0,01 10 0,589 3 0,13 19 1,12
S. Ahras 435965 82250 18,87 776 0,943 958 1,16 8 0,681 16 0,97 35 2,98
Tipaza 221900 43197 19,47 544 1,259 443 1,03 6 0,972 3 0,35 7 1,13
Mila 340760 30150 8,848 400 1,327 224 0,74 11 2,554 4 0,66 19 4,41
A.Defla 426000 131896 30,96 120 0,091 1738 1,32 17 0,902 7 0,27 25 1,33
Naama 3064400 19000 0,62 81 0,426 0 0 6 2,211 2 0,53 8 2,95
A.Timouchent 263000 26159 9,946 221 0,845 50 0,19 5 1,338 4 0,76 9 2,41
Rélizane 484040 48822 10,09 475 0,973 281 0,58 4 0,574 19 1,95 13 1,86

ANNEXE 6 : DEMOGRAPHIE, URBANISATION ET INFRASTRUCTURES

Etat des consommations des terres agricoles de la Wilaya d’Alger (Période 1989-1996, Unité : Ha ) (Benmebarek et Frioui, 2003)
Année Superficie consommée Répartitions par type de culture Cadre de consommation
Total Sec Irrigué Grandes Cultures Maraîchage Arbon Incultes PUD Infra Zone militaire Const. illicite Autre
1989 111 51 60 49 47 9 6 21 - - 90 -
1990 135 94 41 78 42 12 3 8 22 - 105 -
1991 122 74 48 70 40 10 2 20 20 - 78 4
1992 81 51 30 47 30 - 4 3 - - 70 8
1993 105 66 39 61 39 - 5 67 - - 35 3
1994 182 125 57 118 45 12 7 59 80 10 30 3
1995 124 64 60 39 50 10 25 23 - - 101 -
1996 120 80 40 50 40 14 16 43 - - 77 -
Total Wilaya ha 980 605 375 512 333 67 68 244 122 10 586 18
% - 62 38 52 34 7 7 25 12 1 60 2
Source D.S.A Wilaya d’Alger 1997.

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ANNEXE 6 (suite) : DEMOGRAPHIE, URBANISATION ET INFRASTRUCTURES

Taux d’accroissement de la population en Algérie (Benmebarek et Frioui, 2003)

3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
1970 1977 1986 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001

Taux d'accroisement natuel de la population algérienne

Histogramme 1: Evolution du taux d'accroissement de la population algérienne


(Fait par nous même à partir des données de l’O.N.S)

L’histogramme suivant illustre d’une manière très significative cette évolution comme suit

évolution de la population algérienne de 1962 à 2010

40
35
30
25
20
15
10
5
0
1 2 3 4 5 6
1962 1966 1977 1987 2000 2010

Evolution de la population algérienne de 1962 à 2010 (Benmebarek et Frioui, 2003)

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ANNEXE 7 : BIOINVASION

Le schéma suivant montre comment se fait la pollution génétique au sein d’une population
réceptrice donnée. La couleur indique l’évolution de la population réceptrice d’un gène (a) entre
deux générations (Khelifi et al., 22003).

Population Population
émettrice Réceptrice

Génération parentale
Fréquence de a qe qr

Nouvelles fréquence
de a m 1- m
q1 = m.qe + (1-m)qr

q1 = qr + m (qe-qr)
descendance

¨q = m (qe-qr)
alors que q1 devait être égale à qr

Nouvelle
Population
Réceptrice Début d’évolution de la population
réceptrice vers la population émettrice

Si la pollution génétique se faisait dans le passé entre espèces, races ou variétés conventionnelles,
ces dernières années, on parle de plus en plus de pollution par les OGM. La pollution pourrait se
faire dans ce cas par les processus biologiques habituels (fécondation) et/ou par échange de gène
avec la microflore du sol. Les conséquences graves qui pourraient en découler sont de natures
différentes (Khelifi et al., 2003) :

Dans le cas de la fécondation avec des espèces spontanées apparentées, le risque encouru
pourrait être important surtout lorsqu’il s’agit de la dissémination de certains gènes de résistance
aux herbicides, ce qui donnerait un avantage adaptatif supplémentaire aux plantes adventices des
cultures, remettant ainsi en cause l’efficacité des herbicides correspondants aux gènes de
résistance ainsi que ceux habituellement utilisés.

La microflore du sol pourrait acquérir la résistance à certains antibiotiques par l’acquisition via
l’OGM des gènes qui en sont responsables, ce qui donnerait un avantage adaptatif
supplémentaire aux bactéries, mettant ainsi en cause l’efficacité de l’antibiotique correspondant
aux gènes de résistance.

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A. 2002/2003 Coordonnateur M. Ramdane S.A

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