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Université Saad Dahleb – Blida 1

Faculté de Technologie
Département de Génie Civil

Chapitre 2

Principes de la méthode des éléments


finis
Enseignant: Dr. Rafik TALEB, Dr.Eng
Maître de Conférences - HDR
Équilibre de volume
Relations entre déplacements et déformations
Approximation nodale – fonctions de forme

Solide (Poutre en I) et Modèle éléments finis.

Partant d’hypothèses de petits déplacements et petites déformations, la mécanique du solide a permis


d’établir deux types de conditions régissant l’équilibre d’un corps :

1- les équations d’équilibre des forces;


Dans le cas des forces, le champ de contraintes, dit statiquement admissible, doit satisfaire aux conditions
d’équilibres.

2- la compatibilité des déplacements.


Le champ de déplacements, dit cinématiquement admissible doit permettre la compatibilité avec les
déformations. En d’autres termes, le champ de déplacement doit être dérivable au moins une fois.
Approximation nodale – fonctions de forme

L’intégration de ces équations n’étant pas aisée, une des méthodes les plus utilisées pour les
résoudre est la méthode dite des éléments finis qui revient à remplacer le système continu par un
système discret.

Le solide est alors divisé en un certain nombre de sous-domaines appelés éléments, dont
l’assemblage permet la reconstitution de la géométrie initiale. Chacun des éléments est relié à ces
voisins par des nœuds dont les degrés de liberté (DDL) constituent les inconnues du problème.
À titre d’exemple, prenons un élément « barre » travaillant uniquement en traction ou en
compression. Le matériau utilisé étant supposé linéaire, la déformation est de fait constante sur la
hauteur de sa section. La fonction de déplacement u(x) est alors forcément linéaire. On a donc :

Par ailleurs, on sait qu’en :

Fonctions d’interpolation d’un élément barre a 2 nœuds.


méthode de résolution
La méthode de résolution s’inspire généralement de celle de Rayleigh – Ritz qui consiste via une
minimisation de l’énergie potentielle, en une recherche des termes d’une fonction approximant le
champ inconnu et satisfaisant aux conditions aux limites.
On définit l’énergie potentielle E comme étant la différence entre l’énergie de déformation W et le
travail T des forces de volume et de surface :

Le problème revient alors à rechercher un champ de déplacement minimisant E de manière à


caractériser son équilibre. L’étude d’une barre en traction permet de décrire simplement la démarche
suivie.
Application à un barreau en traction
Soit une barre de longueur L et de section constante S soumis à une charge extérieure F
Énergie de déformation élémentaire Soit pour l’élément barre

l’énergie de déformation We associée à l’élément e peut être déduite en posant

matrice de rigidité élémentaire de l’élément e.

Ceci donne pour l’élément barre :


Travail élémentaire des forces de volume et de surface

En traduisant les actions des éléments connectés à e sous la forme d’un vecteur forces { pe}, Te s’écrit :
Introduction

Dans ce chapitre, nous présentons l'analyse par éléments finis des problèmes
unidimensionnels en détail en utilisant le principe de l'énergie potentielle
totale stationnaire pour établir les équations par éléments finis.
Forme générale de l'énergie potentielle totale en 1-D
En supposant un matériau isotrope et élastique et suit la loi de Hook

x0,  x0 sont la contrainte initiale et la déformation initiale, respectivement

La contrainte provoque un travail qui cause un incrément de déformation

Par substitution de la contrainte dans l'équation précédente et intégration par


rapport à la déformation sur toute la longueur de la structure

L'énergie potentielle V d'une force extérieure par rapport à une coordonnée


généralisée  est par convention, celui donnée par :

L'énergie potentielle totale des forces extérieures dans une structure 1-D pour une force
répartie q ou des forces concentrées Pi est donnée par :

L'énergie potentielle totale est obtenue par :


Forme générique des équations en éléments finis
Le déplacement  à n'importe quel point de l'élément est interpolé par les déplacements
nodaux et la fonction d'interpolation comme suit :

Pour un élément barre à deux nœuds avec 1 degré de liberté (1 ddl) par nœud, le vecteur
déplacement est:
La déformation (x) en un point de l'élément est donnée en termes de dérivation du champ de
déplacement

[] est l'opérateur de dérivation et [B] = [][N] représente les dérivatives des fonctions
d'interpolation. Pour un élément barre [] est simplement d/dx et [B] = [-1/l 1/l]
l'expression générique de l'énergie potentielle totale pour un seul élément

Puisque le vecteur des déplacements nodaux est indépendant de x, il peut sortir de l'intégration
Cela nous donne la définition de la matrice de rigidité élémentaire et le vecteur force
élémentaire

L'expression de l'énergie potentielle totale pour un élément fini peut être réécrite sous la forme

L'énergie potentielle totale étant un scalaire, l'énergie potentielle totale pour un maillage en
éléments finis (la structure) est obtenue par simple sommation des énergies potentielles
élémentaires

où la matrice de rigidité globale et le vecteur force global de la structure sont

Par application du principe de stationnarité de l'énergie potentielle totale pour des petites
variations des déplacements nodaux
Exemple: Une barre soumise à l'effet de son poids propre
solution exacte est facilement calculée

Le déplacement La contrainte

solution par la méthode des éléments finis MEF


a- Solution avec un seul élément

b- Solution avec deux éléments


La barre est discrétisée en deux éléments d'égale longueur (l = L/2)

Élément  Par assemblage des deux éléments

Élément 

Par substitution de la condition aux limites u1 = 0, et les forces nodales


Diagramme des contraintes pour différents maillage en EF
Effet de la numérotation des nœuds sur l'assemblage de la
matrice de rigidité globale
(Exemple)
Soit la barre ci-dessous subdivisée en six éléments barres de longueur l chacun
mais avec deux cas différents de numérotation des nœuds.

Par simplification, on suppose AE/l=1.


Maillage 1 Maillage 2

Matrice de rigidité globale [K] du maillage 1

Stockage mémoire réduit

Matrice de rigidité globale [K] du maillage 2


Repère local – Repère global – Matrice de Rotation

Système en treillis

Par simplification, on écrit :


Repère local – Repère global – Matrice de Rotation

Matrice de Rotation (Transformation Matrix)

L’élément barre avec 2ddl dans le repère


local, il a 4 ddl dans le repère global
Repère local – Repère global – Matrice de Rotation
Repère local – Repère global – Matrice de Rotation

Repère local

Matrice identité

Repère global
Exemple de deux barres

Cette figure montre une structure composée de deux barres


encastrées à leurs extrémités supérieures et assemblées à leurs
extrémités inférieures avec un joint rotule auquel est suspendu un
poids P = 3400 KN. Les barres ont les mêmes caractéristiques :

Treillis à deux barres


Exemple de deux barres

Longueur : L = 1 m; section : A = 25 cm2


et module de Young E = 210 000 MPa.
L’angle à l’encastrement est : α = 36.87°.
Ce qui donne pour la barre N° 1 : c = − 0.8 et s = 0.6
Et le premier système élémentaire : Ke1 Ue1 = Fe1
Exemple de deux barres

En faisant intervenir le vecteur déplacent de tout les noeuds (de 1


à 3) le système devient :
Exemple de deux barres

Pour la barre N°2 : c = 0.8 et s = 0.6, le système avec toutes les


composantes du vecteur déplacements est :

L’assemblage des deux systèmes élémentaires donne le système global :


Exemple de deux barres

L’application des conditions aux limites (encastrement : u1 = v1 =


u2 = v2 = 0) réduit ce système à deux inconnus :
Exemple de deux barres

La solution donne : u3 = 0 ; v3 = − 8.99 mm qui est un déplacement


vers le bas.

Pour calculer les réactions, il suffit d’effectuer les produits


matriciels des systèmes élémentaires avec les déplacements
maintenant connus et les forces internes inconnues ; on obtient
pour la barre N°1 :
Exemple de deux barres

Les réactions correspondent aux deux premières composantes du


vecteur Fe et elles sont égales à l’opposé des forces appliquées sur
l’autre extrémité et qui correspondent à la troisième et quatrième
composantes.

La force axiale dans la barre s’obtient avec une rotation :


Fx = c Fe1 + s Fe2 = 2831.85 KN .

Les calculs sont les mêmes pour la deuxième barre.