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NOTE POLITIQUE

DE
DYNAMO INTERNATIONAL - STREET WORKERS NETWORK (1ÈRE PARTIE)

Parce que la Rue existe  n°2 permet une fois au CATSR de publier les Observations et
recommandations de Dynamo International - Street Workers Network dans le cadre de l’Examen
Périodique Universel de la République Démocratique du Congo (RDC) le 7 mai 2019 à Genève.
Ces recommandations et observations ont concerné : La mise en œuvre effective et complète de la
loi n° 09/001 portant Protection de l'enfant du 10 janvier 2009 et L’élaboration d’un Plan
National de prise en charge des Enfants Vulnérables basé sur l’Observation Générale N°21 sur
les droits des enfants en situation de rue du Comité des Droits de l’enfant de Genève.
LOI PORTANT PROTECTION DE L’ENFANT

Avec un indice de développement humain qui place la RDC en 176 ème position sur 188 pays, et plus de
71% de la population qui vit sous le seuil de pauvreté, des difficultés d’accès aux besoins
élémentaires, une faible scolarité et des inégalités du genre importantes, les défis de protection de
l’enfant restent nombreux. Les études démontrent que 80% des enfants âgés de 0 à 15 ans subissent au
moins deux privations majeures de leurs droits. Parmi eux, on compte 1,14 million d’enfants déplacés
internes en 2016. « Le budget consacré à la protection sociale ne représente que 1% du budget de
l’Etat, contre 3,7% dans les pays africains à faibles revenus et 4,4% dans l’ensemble des pays
africains. Dépourvus de protection sociale, les congolais les plus vulnérables ne sont pas capables de
faire face aux différents chocs ».
Les enfants en situation de rue (ESDR) échappent à la plupart des services et institutions d’aide sociale
en RDC. Seuls, 7% des ESDR estimés à 70.000 pour tout le pays, ont accès à un service social de base
qui consiste, dans la grande majorité des cas, uniquement en un service d’hébergement souvent de
mauvaise qualité. Les services sociaux de bases sont peu accessibles aux ESDR et les travailleurs
sociaux sont peu outillés et peu reconnus.
Au cours des trois dernières décennies, on observe dans des centres urbains et des villes de la RDC,
une augmentation inquiétante du nombre d'enfants, jeunes et adultes qui vivent dans des conditions
extrêmement difficiles et tombent progressivement dans un processus de déviance, de marginalisation,
de rejet ou d'exclusion sociale.
Les enfants en situation de rue, ou les enfants en rupture familiale et sociale, sont des victimes
inacceptables de l’inadaptation de la société face aux problèmes complexes qu’ils rencontrent en
milieu urbain, et face à l’effritement de la solidarité familiale ou clanique. Dans la rue, ils sont
confrontés aux difficultés relatives à la satisfaction de leurs besoins vitaux et à la défense de leurs
droits. C’est ainsi qu’ils subissent de nombreux cas de violation de leurs droits, qui entraînent pour eux
des souffrances physiques, psychiques et morales tout en compromettant leur réinsertion socio-
économique future.
Jusqu’à présent, les programmes de prise en charge des ESDR en RDC ont privilégié une approche
institutionnelle de placement d’enfants et ce, malgré la faible offre de placement. Quelques
expériences de désinstitutionalisation ont été initiées mais sans grande pérennité.
La RDC dispose d’un Code de la famille depuis 1987 (révisé en 2016) et d’une Constitution qui prône
la primauté des droits humains.  En outre, elle a adhéré aux recommandations des grandes
Conférences africaines et mondiales sur les droits humains, dont celles du Sommet Mondial pour les
Enfants. Elle a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant en 1990, mais il faudra attendre le
10 janvier 2009 pour que soit promulguée la loi n° 09/001 portant Protection de l'enfant , cadre
légal donnant une place importante à la protection et à la promotion des droits de l’enfant.

Edwin de Boevé
Directeur de Dynamo International - Street Workers Network