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ECOLE NATIONALE SUPERIEURE D'ARTS ET METIERS

Centre d'Enseignement et de Recherche de CLUNY

Anisotropie
Etude de la symétrie plane

L’anisotropie
D’après le cours de Mécanique des Milieux Continus, la loi de comportement d’un milieu continu homogène en
transformation continue, infinitésimale, monotherme réversible, infiniment lente à loi de comportement élastique linéaire se
traduit par la relation :
 ij  K ijkl  kl
On fait ainsi apparaître un tenseur de comportement du quatrième ordre K qui se nomme le tenseur de raideur ou de
rigidité. Compte tenu de la symétrie des tenseurs contrainte et déformation, ce tenseur est constitué de 36 termes indépendants.
D’autre part, le travail de déformation étant une fonction d’état, sa différentielle doit être totale exacte :
d Wdef   Pint dt     D dt  dv     d dv    ij d ij dv
D D D
Ce qui implique que les conditions d’intégrabilité de Cauchy doivent être vérifiées :
  ij   kl
  K ijkl  K klij
 kl  ij
Ces relations étant au nombre de 15, le tenseur d’élasticité est déterminé par 21 coefficients indépendants. Ce tenseur étant
d’ordre 4, la représentation est très difficile en dehors de la notation indicielle. Afin de faciliter cette représentation, on effectue un
changement d’espace vectoriel de représentation. On passe donc de l’espace vectoriel classique de dimension trois dans lequel les
tenseurs contraintes et déformation sont représentés par des matrices carrée 3*3 à un espace vectoriel de dimension 6 dans lequel
ces tenseurs, compte tenu de leur symétrie, peuvent être représentés par des vecteurs.
Les lois de transformation sont les suivantes :
  11    11 
   
  22    22 
  11  12  13       11  12  13   
     33
   21  22  23   ˆ   33
     21  22  23   ˆ   
         2  2 
 31  32  33  
23 32


 31  32  33  
23 23 32

  31  13    31  2 31 2 13 
      2 2 
 12 21   12 12 21 

Il est à noter que ce ne sont pas les mêmes lois qui sont utilisées car dans les composantes du nouveau vecteur
représentant les déformations on fait apparaître les distorsions angulaires. Dans ce nouvel espace vectoriel, la représentation de la
loi de comportement prend une forme particulière :

  K   ˆ Cˆ ˆ
On obtient en effet une forme matricielle simple :

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  11   c11 c12 c13 c14 c15 c16    11 
    
  22   c 21 c 22 c 23 c 24 c 25 c 26    22 
   c c32 c33 c34 c35 c36    33 
 33  31  
  23   c 41 c 42 c 43 c 44 c 45 c 46    23 
    
  31   c51 c52 c53 c54 c55 c56    31 
   c c 66    12 
 12   61 c 62 c 63 c 64 c 65

Les conditions d’intégrabilité du travail de déformation nous donnent les 15 relations suivantes pour les 36 coefficients :
c12 c 21 c14 2c 41 c 24 2c 42 c34 2c 43 c 45 c54
c13 c31 c15 2c51 c 25 2c52 c35 2c53 c 46 c 64
c 23 c32 c16 2c 61 c 26 2c 62 c36 2c 63 c56 c 65
La structure de la matrice de comportement
devient alors :

 X ij  2 T Z ij 
 
cij     
 
 Z ij  Yij 
Les sous-matrices X, Y et Z étant des matrices (3,3) et les
matrices X et Y étant symétriques on a bien 21
coefficients indépendants.

Cette structure matricielle concerne donc les


matériaux ne possédant aucun plan de symétrie
matérielle c’est à dire des matériaux totalement
anisotrope.

Symétrie matérielle
Le tenseur d’élasticité est donc dans le cas le plus général déterminé le plus souvent par 21 coefficients indépendants. Il
est donc nécessaire de définir les expériences qui permettront d’évaluer ces différents termes. Et il est bien question d’évaluation
car il faut réaliser que de nombreuses hypothèses ne seront en fait qu’approximativement vérifiées (transformation monotherme
réversible infiniment lente par exemple). Ainsi les valeurs données par les résultats d’essai ne sont que des valeurs statistiques
avec une dispersion directement fonction des conditions réelles d’expérience. D’autre part il faut aussi concevoir que la mise en
œuvre d’une telle loi risque de poser problème. En effet la loi définie est directement fonction du repère utilisé. Il est donc
nécessaire de faire les calculs en référence à ce repère. On est ainsi amené à effectuer des changements de base. La difficulté
provient du fait que la loi de comportement est traduite par un tenseur d’ordre 4 et que les formules de changement de base sont
les suivantes :
e1 , e2 , e3   E1 , E 2 , E3 
      
ei a iJ E J E I bIj e j avec a iJ bJk  ik
       
T t ijkl ei e j  ek  el T IJKL E I  E J  E K  E L
t ijkl bIi bJj bKk bLl T IJKL
T IJKL aiI a Jj a kK alL t ijkl

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L’anisotropie se traduit par exemple par le fait que la réponse à une pression hydrostatique    p I 
n’engendre pas
   22
une dilatation pure ( 11
  33 et les distorsions
 12 ,  23 ,  31 ne sont pas nulles).
Dans de nombreux cas, le matériau présente, avec une assez bonne approximation, des plans de symétrie. Il s’ensuit que
la relation traduisant le comportement de ce matériau doit être invariante vis à vis de ces symétries. Dans les faits cela va
impliquer des relations supplémentaires entre les coefficients de la loi de comportement.

Symétrie plane
 
 
Supposons que le plan E1 , E 2 soit un plan de symétrie matérielle.

e3 Dans ce cas la loi de comportement doit être invariante par le changement de base
défini par les matrices :

1 0 0 
  
e2 b 0 1 0  a
  0 0  1
 
 E2 On a alors avec ces matrices :
e1
t ijkl bIi bJj bKk bLl T IJKL  T IJKL

E1 T IJKL aiI a Jj a kK alL t ijkl  t ijkl

E3 Pour cela, il faut avoir les relations suivantes :
c14  c 24  c34  c64  0
c15  c 25  c35  c65  0

L’expression des relations contraintes – déformations devient alors :

  11   c11 c12 c13 0 0 c16    11 


    
  22   c 21 c 22 c 23 0 0 c 26    22 
   c c32 c33 0 0 c36    33 
 33  31  
  23   0 0 0 c 44 c 45 0    23 
    
  31   0 0 0 c54 c55 0    31 
   c c 66    12 
 12   61 c 62 c 63 0 0

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Voici un début de démonstration de ce résultat.

Nous avons donc deux bases d’étude ei et Ei .   


Dans la première base nous pouvons écrire :
  11   c11 c12 c13 c14 c15 c16    11 
    
  22   c 21 c 22 c 23 c 24 c 25 c 26    22 
   c c32 c33 c34 c35 c36    33 
 33  31  
  23   c 41 c 42 c 43 c 44 c 45 c 46    23 
    
  31   c51 c52 c53 c54 c55 c56    31 
   c c 66    12 
 12   61 c 62 c 63 c 64 c 65

Dans la deuxième base nous pouvons écrire :


  '11   c'11 c'12 c'13 c'14 c'15 c'16   '11 
    
  '22   c'21 c'22 c'23 c'24 c'25 c'26   '22 
  '   c' c'32 c'33 c'34 c'35 c'36   '33 
 33  31  
  '23   c'41 c'42 c'43 c'44 c'45 c'46   '23 
    
  '31   c'51 c'52 c'53 c'54 c'55 c'56   '31 
  '   c' c'66   '12 
 12   61 c'62 c'63 c'64 c'65

Mais en fait, en considérant que le comportement est inchangé par changement de base cela nous donne :
  '11   c11 c12 c13 c14 c15 c16   '11 
    
  '22   c21 c22 c23 c24 c25 c26   '22 
 '   c c32 c33 c34 c35 c36   '33 
 33  31  
  '23   c41 c42 c43 c44 c45 c46   '23 
    
  '31   c51 c52 c53 c54 c55 c56   '31 
 '   c c66   '12 
 12   61 c62 c63 c64 c65

Il nous faut maintenant traduire les relations de changement de base concernant les représentants de l’état de contrainte et de l’état
de déformation. Pour cela on pourrait utiliser les relations de changement de base :
e1 , e2 , e3   E1 , E 2 , E3 
      
ei a iJ E J E I bIj e j avec a iJ bJk  ik

Mais on va plutôt utiliser une relation permettant de un terme courant d’un tenseur par exemple du tenseur contrainte :
 ij  ei . e j

Ce qui nous donne entre autre:


 11  e1 . e1
 12  e1 . e2
 13  e1 . e3

Dans la nouvelle base on peut donc écrire :


 'ij  Ei . E j
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Avec le changement de base :


E1  e1 ; E2  e2 ; E3   e3

On obtient :
 '11  E1 . E1  e1 . e1   11
 '12  E1 . E2  e1 . e2   12
 '13  E1 . E3  e1 . (e3 )    13

En définitive, la règle de changement de base se traduit par :

  '11    11    '11    11 
       
  '22    22    '22    22 
 '      '    
 33  33   33  33 
  '23     23    '23     23 
       
  '31     31    '31     31 
 '      '    
 12   12   12   12 
Ce qui nous donne dans la nouvelle base :

  11   c11 c12 c13 c14 c15 c16   11 


    
  22   c21 c22 c23 c24 c25 c26   22 
   c c32 c33 c34 c35 c36   33 
 33  31  
   23   c41 c42 c43 c44 c45 c46    23 
    
   31   c51 c52 c53 c54 c55 c56    31 
   c c66   12 
 12   61 c62 c63 c64 c65

En développant simplement la première ligne on obtient :


 11  c11  11  c12  22  c13  33  c14  23  c15  31  c16  12

Mais en développant la première ligne dans l’ancienne base on obtient :


 11  c11  11  c12  22  c13  33  c14  23  c15  31  c16  12

Pour que ces deux relations puissent être vérifiées quel que soit l’état de déformation, il est nécessaire que les coefficients c14 et
c15 soient nuls. Et on fait le même raisonnement en développant d’autres lignes pour démontrer que d’autres termes sont nuls et
obtenir la forme finale du tenseur de comportement.
  11   c11 c12 c13 0 0 c16    11 
    
  22   c 21 c 22 c 23 0 0 c 26    22 
   c c32 c33 0 0 c36    33 
 33  31  
  23   0 0 0 c 44 c 45 0    23 
    
  31   0 0 0 c54 c55 0    31 
   c c 66    12 
 12   61 c 62 c 63 0 0
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