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REPUBLIQUE DU SENEGAL

CONSEIL REGIONAL DE SAINT-LOUIS


AGENCE REGIONALE DE DEVELOPPEMENT

Saint-Louis

PLAN REGIONAL
DE DEVELOPPEMENT INTEGRE
(PRDI)
2000-2005

Tome 1 : DIAGNOSTIC SOCIO-


ECONOMIQUE REGIONAL

Avec le soutien financier de la Région Nord-Pas de Calais

Version définitive
______________________________Décembre 2000
_____________________________
Sommaire
LISTE DES ABREVIATIONS ET SIGLES

PREFACE

INTRODUCTION

I. Contexte
II. Justifications du PRDI
III. Objectifs du PRDI
IV. Caractéristiques du PRDI
V. Cadre institutionnel
VI. Méthodologie
VII. Résumé des résultats de l’étude

PRESENTATION DE LA REGION

A. Organisation administrative
B. Caractéristiques physiques et potentialités naturelles
C. Aspects humains

DIAGNOSTIC SOCIO ECONOMIQUE REGIONAL

1. Tendances démographiques
2. Environnement et ressources naturelles
3. Secteurs productifs

3.1 Agriculture
3.2 Elevage
3.3 Pêche
3.4 Exploitation Forestière
3.5 Industrie et PMI/PME
3.6 Exploitation minière
3.7 Artisanat
3.8 Tourisme
3.9 Commerce

4. Secteurs d’Appui à la production


4.1 Hydraulique rurale et agricole
4.2 Energie

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
4.3 Transport
4.4 Télécommunications
4.5 Poste

5. Secteurs sociaux
5.1 Santé
5.2 Action Sociale
5.3 Education et Formation
5.4 Jeunesse et Sports
5.5 Culture
5.6 Urbanisme et habitat
5.7 Hydraulique urbaine et assainissement

6. Les acteurs du développement local


6.1 Collectivités locales
6.2 Les ONG et projets
6.3 Les Associations

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

A.1. Liste des tableaux


A.1. Liste du personnel technique d’élaboration du PRDI
A.3. Liste de quelques documents de référence

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
LISTE DES ABREVIATIONS ET SIGLES

ACEP Alliance de Crédit et d’Epargne pour la Production


ACRA Association de Coopératives Rurales en Afrique.
ADM Agence de Développement Municipal
ADO Association Drôme/Ourossogui
ADRAO Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l’Ouest
AED Action Enfance Développement
AEMO Action Educative en Milieu Ouvert
AFVP Association Française des Volontaires du Progrès.
ARP Association pour la Renaissance Pular
ASPR Association Sénégalaise pour la Promotion Rurale.
ASBEF Association Sénégalaise pour le Bien-être Familial
ASECNA Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne
ASESCAW Amicale Socio- Economique Sportive et Culturelle des Agriculteurs du Walo
ASRADEC Association Sénégalaise de Recherche et d’Assistance pour le Développement
Communautaire
ATOS Personnel Administratif, Technique et Ouvrier de Service
BAMH Bureau d’Architecture et des Monuments Historiques
BICIS Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie du Sénégal
BOAD Banque Ouest Africaine de Développement
BTP Bâtiments et Travaux Publics
CARITAS Secours Catholiques (CARITAS – SENEGAL)
CAURI Cellule d’Appui aux Relations Internationales au Sénégal
CDFP Centre Départemental de Formation Professionnelle
CETF Centre d’Enseignement Technique Féminin
CFEE Certificat de Fin d’Etudes Elémentaires
CIH Centre d’Initiation Horticole
CIRIZ Comité Interprofessionnel du Riz
CNCAS Caisse Nationale de Crédit Agricole Sénégalaise
CNE Caisse Nationale d’Epargne
CNFCI Centre National des Formation pour les Cultures Irriguées
CNFTELA Centre National de Formation des Techniciens de l’Elevage et de l’Industrie
Animale
COPARE Conseil et Partenariat Entreprises
CPRS Centre de Promotion et de Réinsertion Sociale
CRD Comité Régional de Développement
CREN Centre de Récupération Nutritionnel
CRFP Centre Régional de Formation Professionnelle
CROUS Centre Régional des Œuvres Universitaires de Saint-Louis
CSS Compagnie Sucrière Sénégalaise
DPV Direction de la Protection des Végétaux
EDS Enquête Démographique et de Santé
EFI Ecole de Formation des Instituteurs
EPS Education Pour la Santé
EVF Education à la Vie Familiale
F PPI Foster Parents Plan International
FISA Fondation Internationale de Secours et d’Amitié.
FAFD Fédération des Associations du Fouta pour le Développement
FAFS Fédération sénégalaise des Associations Féminines du Sénégal
FED Fonds Européen de Développement
FPGL Fondation Paul Gérin Lajoie

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
GRDR. Groupe de Recherche et de Réalisation pour le Développement Rural
GIE Groupement d’Intérêt Economique
HCR Haut Commissariat pour les Réfugiés
IB Initiative de Bamako
IEC Information Education et Information
IRA Inspection Régionale de l’Agriculture
IREF Inspection Régionale des Eaux et Forêts
IRJS Inspection Régionale de la Jeunesse et des Sports
IRPV Inspection Régionale de la Protection des Végétaux
ISRA Institut Sénégalais de Recherche Agricole
LTAP Lycée Technique André Peytavin
MLS Mission Luthérienne du Sénégal
MTAN Mouvement des Travailleurs d’Aide aux Nécessiteux
ODCAV Organisation Départementale de Coordination des Activités de Vacances
OFFICO Office Central de Coopération Internationale
OMS Organisation Mondiale pour la Santé
OMVS Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal
ONCAD Office Nationale de Commercialisation Agricole et Développement
ONG Organisation Non Gouvernementale
OPCE Office des Postes et de la Caisse d’Epargne
ORCAV Organe Régionale de Coordination des Activités de Vacances
OXFAM Oxford Comity For Famine Relief
OXIF Office Nationale de Formation Professionnelle
PAIB Fédération sénégalaise des Associations Féminines du Sénégal
PAC Programme d’Appui aux Communes
PADEC Association Panafricaine pour le Développement Communautaire
PAES Projet d’Appui aux Ecoles de Saint-louis
PAGEN Projet Associatif de gestion des Espaces Naturels
PAES Projet d’Appui aux Ecoles de Saint-Louis
PAIS/Etat Programme d’Alphabétisation Intensif/ Etat du Sénégal
PAPA Projet d’Appui au Plan d’Action
PAPEL Projet d’Appui à la Promotion de l’Elevage
PCR Président Communauté Rurale
PDC Programme de Développement Communal
PDRG Plan Régional de Développement Intégré pour la Rive Gauche de la Vallée du
Fleuve Sénégal
PDRH Projet de Développement des Ressources Humaines
PDU Plan de Développement Urbain
PEV Programme Elargi de Vaccination
PFIE Programme de Formation et d’Information à l’Environnement
PIP Projet Intégré de Podor
PLB Produit Local Brut
PLS Partenariat Lille Saint-Louis
PMI-PME Petite et Moyenne Industrie/ Petite et Moyenne Industrie Entreprise
PMR / FED Programme Micro-Réalisation / Fonds Européen de Développement
PRODAM Projet de Développement de Matam
PROWALO Projet d’Aménagement des forêts et de gestion des terroirs villageois du Walo
PUR Plan d’Urbanisme de Référence
RADI Réseau Africain pour le Développement Intégré
RGP Recensement Général de la Population
RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SAED Société d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta
SCOFI Scolarisation des Filles
SDE Société d’Exploitation des Eaux
SENELEC Société Nationale d’Electricité

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
SICAP Société immobilière du Cap-Vert
SNHLM Société Nationale des Habitations à Loyer Modéré
SNTI Société Nationale de Tomate Industrielle
SOCAS Société de Commercialisation des Produits Agricoles du Sénégal
SODISA Société des Domaines Industriels de Saint-Louis
SONATEL Société Nationale des Télécommunications
SUDES Syndicat Unique et Démocratique des Enseignants du Sénégal
SYPROS Syndicat des Professeurs du Sénégal
UCAD Université Cheikh Anta Diop de Dakar
UFR Unité de Formation et de Recherche
UGB Université Gaston Berger
UJAK Union des Jeunes Agriculteurs de Koyli wirndé
UNICEF Organisation des Nations Unies pour l’Enfance
USE Union pour la Solidarité et l'Entraide
VDD Volontaire Du Développement.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
PREFACE
Dès sa mise en place en janvier 1997, le Conseil Régional de Saint-louis s’est attelé à
réaliser son Plan Régional de Développement Intégré (PRDI). L’ambition de cet instrument est,
pour notre région, de réaliser la mutation économique, sociale, culturelle et scientifique afin de
sortir des difficultés actuelles et, forte de ses potentialités, de se positionner comme une région
leader sur l’échiquier national, en phase avec les exigences du monde actuel.

Dans cette perspective, des initiatives hardies et concertées devraient à brève échéance
autoriser l’atteinte d’objectifs vitaux tels l’éradication de la pauvreté, la promotion d’une économie
régionale forte, le développement de ressources humaines de qualité, la protection de
l’environnement, etc. L’ampleur des enjeux est considérable.

De fait, la vision dégagée implique que la mise en œuvre du PRDI ne soit point du seul
ressort du Conseil Régional. Quel que soit son degré de détermination, il est clair que la
Région/Institution ne peut, à elle seule, faire face à tous les défis. Ceux-ci ne pourront être levés
que par une mobilisation sans faille de toutes les volontés et de toutes les énergies des communes et
communautés rurales, des opérateurs économiques, des associations, des jeunes et des femmes,
donc de l’ensemble des acteurs économiques et sociaux de la région ; mais aussi et de façon
significative, de l’Etat et des partenaires de la coopération décentralisée.

Le PRDI doit être l’expression de ces volontés conjuguées. Il n’est pas, en conséquence,
le projet exclusif de la Région / Institution. Il est plus largement un projet pour la région-espace
territorial.

Face à l’ensemble des défis du présent et de l’avenir, les grandes orientations dégagées
dans le présent document constituent une première réponse. Il s’agit maintenant de s’engager
résolument dans la mise en œuvre. Nous sommes persuadés qu’avec la mobilisation de tous les
acteurs, il sera aisé de transformer l’essai.

A ces partenaires et à tous ceux qui ont contribué à la réalisation du PRDI : élus,
populations, opérateurs économiques, organismes de développement, ONG, nous exprimons ici nos
plus vifs remerciements. A la Région Nord Pas de Calais, nous voudrions accorder une mention
spéciale pour son soutien financier et son accompagnement précieux tout au long du processus
d’élaboration.

Il nous reste à demander aux uns et aux autres de continuer à appuyer nos initiatives voire
à y prendre part de manière active pour donner à la phase décisive que nous engageons, celle de la
mise en œuvre, toutes les chances de réussite.

Pour notre part, nous réaffirmons la volonté de la Région d’assumer pleinement ses
missions, en l’occurrence, « promouvoir le développement économique, éducatif, social, sanitaire,
culturel et scientifique de la région (…) et organiser l’aménagement de son territoire dans le
respect de l’intégrité de l’autonomie et des attributions des communes et des communautés
rurales. »

A l’évidence, les collectivités et leurs populations ont soif de développement ; mobilisons-


nous donc tous ensemble pour la réalisation de cette grande ambition. Au-delà, démontrons que
dans le monde de demain, la région de Saint-Louis est une chance pour le Sénégal.

Abdourahim AGNE

Président du Conseil Régional

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
INTRODUCTION
I- Contexte

Depuis son accession à l’indépendance, l’Etat du Sénégal a fait de la


planification une activité primordiale pour le pilotage de son développement
économique et social. Le système de planification par objectif adopté jusqu’en 1987,
débouchait sur des actions et programmes à entreprendre pendant la période
couverte par le plan (plans quinquennaux). Les distorsions suivantes sont vite
apparues :
- la faiblesse des taux d’exécution,
- le nombre important de projets hors plan,
- les difficultés de localisation ayant entraîné une mauvaise
répartition des infrastructures sur le territoire régional.

Les plans de développement régionaux dont l’élaboration a été décidée en


1987, n’ont même pas connu un début d’exécution, à cause de l’absence d’une
structure adéquate pour leur prise en charge.

Le changement de démarche en matière de planification, conjugué à


l’avènement de la politique de « régionalisation », devait apporter des correctifs aux
nombreuses contraintes jusqu’ici relevées dans le pilotage d’un développement
national équilibré.

Les plans d’orientation adoptés participent ainsi de la réalisation d’une vision


à long terme ; leur mise en œuvre s’appuie sur le Plan Triennal d’Investissement
Prioritaire (PTIP).

La Région promue en collectivité locale (loi 96-07 du 12 décembre 1996),


dotée d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière, devient un
répondant institutionnel approprié pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un Plan
Régional de Développement Intégré (PRDI).

Elle est chargée de promouvoir le développement économique, éducatif,


social, sanitaire, culturel et scientifique. Elle doit réaliser les plans de
développement régionaux et organiser l’aménagement du territoire dans le respect
de l’intégrité nationale, de l’autonomie et des attributions des communes et des
communautés rurales.

La région de Saint-Louis, à l’instar des autres régions, dispose de plans


sectoriels souvent en phase avec la politique nationale (SRAT, PDRG, PRDS,
PRDE, PAF, PRAE, etc.), qu’il convient d’intégrer.

Avec le PRDI, la région est dotée d’un instrument de pilotage et de


coordination qui fait office de porte d’entrée de l’ensemble des acteurs intervenant

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
dans le développement régional (Etat, Collectivités locales, opérateurs économiques,
ONG, associations de développement, partenaires bilatéraux et multilatéraux, etc.).

II- Objectifs du PRDI

Le principal objectif du PRDI est d’offrir à la région un instrument pertinent


d’orientation, de mise en cohérence des actions des différents acteurs du
développement local, en vue de réaliser avec efficacité l’image économique et
sociale fédératrice souhaitée.

Le PRDI prend en charge :

- l’organisation de l’aménagement du territoire régional ;


- l’identification des infrastructures structurantes appropriées en vue de
promouvoir des économies locales dynamiques et bien intégrées dans les
circuits d’échanges départementaux, régionaux et nationaux ;

- l’amélioration des conditions d’accès des populations aux services


essentiels de base par la construction et l’entretien correct des
infrastructures notamment dans les domaines de l’éducation et de la
formation, de la santé, de la culture, des sciences, etc.

- les solutions aux problèmes d’environnement et de gestion convenable des


ressources pour un souci de développement durable ;

- la réalisation de l’équilibre intra-régional en tenant compte des aspects


spécifiques de développement de toutes les collectivités.

III- Caractéristiques du PRDI

En phase avec le contexte institutionnel de la décentralisation, le PRDI


intègre les fonctions essentielles attendues d’une collectivité dans les domaines du
bien-être des populations et de la solidarité nationale avec une contribution décisive
des acteurs locaux.

De telles ambitions, invitent à opérer une rupture par rapport à l’ancien


système de planification.

Durant tout le processus de l’élaboration, la portée institutionnelle,


opérationnelle et consensuelle du PRDI est restée une préoccupation de premier plan
dans la perspective de faciliter sa mise en œuvre.

Le PRDI dans ses orientations et ses objectifs interpelle tous les acteurs en
prévoyant pour chacun des paliers d’intervention. Sa mise en œuvre qui dépend à
bien des égards du caractère opérationnel, devra se faire aisément grâce à des lignes
d’actions découlant d’un diagnostic établi avec les acteurs concernés.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
L’appropriation par les populations, confirmée lors des restitutions, découle
de la démarche participative érigée en principe dans l’élaboration du PRDI.

IV- Cadre institutionnel

L’élaboration du PRDI a été placée sous la responsabilité de trois organes


créés par arrêtés du Président du Conseil régional.

- Le Comité technique permanent (CTP) 1 : c’est la cheville ouvrière de


l’élaboration du PRDI. Il est composé du Chef du Service régional de la
Planification et de son adjoint, du Chef du service régional de la
Statistique, du Chef du service régional de l’Aménagement du Territoire
et de deux personnes ressources (un spécialiste en géographie-
aménagement et un autre en démarche participative), d’un assistant
technique du Nord-Pas de Calais (dont la présence n’a pu être effective) ;

- le Comité régional du plan (CRP)2 : qui regroupe les services


techniques, les ONG et Institutions de la région ;

- le Comité de pilotage (C.P.) 3: chargé de l’élaboration du Plan, du suivi


et de la sensibilisation des élus locaux et des autorités administratives
pour leur participation effective à la réflexion et à l’organisation des
ateliers départementaux. Il comprend entre autres membres : les Vice-
Présidents du Conseil régional, le Président de la Commission du Plan du
Conseil régional, les six autres Présidents de commission du Conseil
régional, le Secrétaire Général du Conseil régional, le représentant de la
Région du Nord-Pas de Calais.

VI - Méthodologie

Le PRDI a vocation de :

- dresser le bilan-diagnostic de la situation démo-socio-économique


régionale en dégageant les potentialités, les atouts et les contraintes de
chaque secteur;

- définir les enjeux majeurs de développement, les orientations et les


objectifs à moyen et long termes ;

- concevoir un programme d’actions régional.

Pour ce faire, une bonne moisson d’informations quantitatives et qualitatives,


pertinentes et fiables est indispensable.
1
Arrêté No 001 du 09 janvier 1998
2
Arrêté No 002 du 09 Janvier 1998
3
Arrêté No 007 du 23 février 1998

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Les données quantitatives, pour l’essentiel, sont collectées auprès des services
techniques et des ménages. Les informations qualitatives sont recueillies à travers
les différents entretiens réalisés avec l’ensemble des acteurs du développement local
(élus, opérateurs économiques, jeunes, femmes, corporations, société civile, ONG,
etc.
Afin que les projets retenus soient pris en charge par les bénéficiaires durant
tout le processus de leur mise en œuvre, la méthodologie préconisée a été
essentiellement participative : Méthode Accélérée de Recherche Participative et de
Planification (MARPP). Celle-ci a fait intervenir grâce à une démarche itérative les
différents acteurs du développement.

Les principales étapes du processus sont :


1ère étape : les journées de lancement : elles se sont tenues les 18 et 19
Septembre 1998 à l’Ecole d’Elevage de Saint-Louis sous la co-présidence du
Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture et du Ministre Délégué auprès du Ministre
de l’Economie des Finances et du Plan, chargé du Plan.

Elles ont réuni les élus nationaux et locaux, les cadres originaires de la
région, les partenaires au développement, les chefs de services techniques
régionaux, les opérateurs économiques, les représentants d’associations et
d’organisations de producteurs.
Les quatre ateliers organisés au cours de cette rencontre ont porté sur les
thèmes suivants : l’économie régionale, le développement social, les ressources
naturelles et l’environnement, le financement du développement local.

2ème étape : Collecte de données quantitatives : Elles ont été effectuées


sous deux formes :
- collecte de données de seconde main : réalisée auprès des services
techniques, ONG et autres établissements ; elle concerne tous les domaines qui
rythment la vie de la région aux plans économique, social, culturel, etc.

Le CTP, après avoir établi les axes et les besoins en informations, s’est élargi
à d’autres services techniques ( 9 au total ) qui l’ont appuyé dans la collecte.

Il convient de signaler les difficultés rencontrées par l’équipe à cause de la


situation peu enviable des statistiques locales. Dans beaucoup de domaines, elles
sont incomplètes et très grossières.

- Enquête auprès des Collectivités locales

Un questionnaire destiné aux Communautés rurales et Communes de la


région a été élaboré, portant sur les capacités des élus, le fonctionnement des
structures, les recettes et les dépenses, l’existence d’outils de pilotage du

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
développement local. Les enquêtes étaient supervisées par les chefs de Centres
d’Expansion Rurale Polyvalents (CERP).
3ème étape : les ateliers départementaux ou de zone

Pour arriver à un PRDI prenant en compte les préoccupations de toutes les


populations, la région a été divisée en entités représentatives en fonction de critères
éco-géographiques, démographiques, économiques, etc. C’est ainsi que 8 zones
homogènes ont été retenues :

LOCALITES CONCERNEES
DEPART. ZONES LIEUX Communes Communautés rurales
Gandiolais Tassinère Saint –Louis Gandon
DAGANA Delta Rd-Toll Rd Toll / Dagana R.Béthio-Rosso-Gae
Dièri Gnith ---- Mbane-Mpal-R.Béthio
Walo (Ile à Morfil) Cas-Cas Podor Chaque C.R représentée
PODOR Dièri Ndioum Ndioum-Goléré dans les deux Zones
Walo (Dandé Mayo) Ourossogui Matam-Ourossogui Bokidiawé-Ogo-Nabadji
MATAM Kanel Sinthiou.Banambé
Zone intermédiaire Thilogne Thilogne Oréfondé-Agnam-Dabia
Dièri et Ferlo Semmé Semmé-Waoundé Orkadiéré- Bokiladji -Aouré
Ourossidy - Ranérou

Dans chaque zone, le CTP a tenu un atelier de deux jours regroupant les élus,
les services techniques déconcentrés, les ONG, les opérateurs économiques, les
organisations de producteurs, les groupements féminins, les associations de jeunes,
les chefs coutumiers, etc.
Les entretiens ont porté sur l’économie locale, l’accès aux services sociaux de
base, les potentialités de la zone, les ressources naturelles et l’environnement, la
bonne gouvernance locale, etc.
4ème étape : exploitation, analyse et synthèse des résultats : pendant
plusieurs semaines le CTP élargi s’est attelé à cet exercice. Au terme de cette
activité deux documents ont été produits :

- un document intitulé: « diagnostic socio-économique régional » qui


passe en revue tous les secteurs économiques et sociaux en présentant les
situations, les atouts et les contraintes de développement,

- un document intitulé « perspectives de développement régional » qui,


après avoir retenu l’image de la région au terme du plan, a défini les enjeux,
les objectifs, les stratégies et les lignes d’actions.
5ème étape : Ateliers de restitution
Ils consacrent le partage des documents provisoires :
- les restitutions départementales à Ourossogui, Ndioum et Dagana : les 31
août, 1er et 2 septembre 1999;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
- la restitution aux services techniques régionaux : 18 et 19 octobre 1999;

- la restitution aux groupes de recherches de l’Université de Saint-Louis ;

- la restitution aux élus du Conseil Régional : 29 Décembre 1999 ;

- la restitution au Comité Economique et Social de la région : 4 et 5 mai


2000.

Au terme de ces restitutions, le CTP a intégré les remarques et


recommandations issues des travaux.

Enfin, le Comité technique élargi, les ONG et quelques universitaires, en


conclave pendant deux jours (6 et 7 octobre 2000), ont procédé à la finalisation du
PRDI.

V- Résumé des résultats de l’étude

6.1- Le diagnostic socio-économique ou situation de base de la région

Il établit les performances des secteurs économiques et sociaux ainsi que


l’analyse des secteurs d’appui au développement. Le diagnostic procède également à
l’appréciation des services publics, de la démocratie locale et de l’action des
partenaires.
La situation générale découlant du diagnostic, sera considérée comme
situation de référence pendant les exercices d’évaluation de la décentralisation et de
la mise en œuvre du PRDI.

6.2- Les perspectives de développement ou le PRDI proprement dit


Sur la base d’une analyse conjoncturelle et structurelle du développement de
la région, il est proposé une image optimiste à moyen et long termes dans les
domaines économique et social. Des enjeux déterminants par rapport à la vision sont
retenus pour constituer la trame des objectifs, des stratégies et des actions à
entreprendre.
L’ambition est de faire de Saint-Louis une région émergente, avec une
croissance soutenue et durable, capable de relever les défis de l’emploi local et de la
lutte contre la pauvreté. La région devrait ainsi contribuer à l’avènement d’une
économie nationale performante par une participation de plus en plus conséquente à
la formation du Produit Intérieur Brut grâce à la valorisation des opportunités dans
les domaines agricoles et halieutiques.
Une attention particulière sera portée au développement des ressources
humaines en vue de susciter les capacités et aptitudes requises pour entretenir un
développement local soutenu.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Le culte de l’excellence, l’adéquation formation/emploi, la promotion d’un
système de santé efficace et des activités sportives, culturelles et de loisirs seront les
axes stratégiques du développement humain retenu.

L’avenir de la région est fortement dépendant de la paix et de l’entente avec


les Etats de la sous-région avec lesquels elle cogère les ressources hydrauliques et
halieutiques qui sont les déterminants principaux de l’économie locale.

Elle doit à ce propos consolider le sentiment d’appartenance régionale et


nationale et entreprendre une politique lui permettant de tirer parti des
regroupements et espaces de co-développement.

Outre la réduction des disparités départementales et zonales, la mise en œuvre


d’une politique de bon voisinage et un désenclavement au triple plan interne,
national et sous-régional ainsi que la répartition judicieuse des infrastructures sont
les axes retenus.

La position stratégique de la région et la montée du grand banditisme méritent


l’application d’une politique dissuasive renforcée pour sauvegarder et garantir la
sécurité des populations et des biens.

Une dynamique de responsabilité et de solidarité est une condition nécessaire


à la mise en œuvre d’un développement durable. Des initiatives de formation et
d’information seront développées pour réaliser la bonne gouvernance dans la région.
Une large communication sociale et la promotion de la démocratie locale seront
privilégiées pour accroître les capacités des structures décentralisées et faire jouer
pleinement à la population le rôle qui lui revient dans les processus enclenchés.

6.3- Le Programme d’actions

Les ateliers de restitution avec le CRP et les populations des départements ont
été mis à profit pour identifier des actions pertinentes retenues dans le PRDI.

Celles-ci sont traduites dans un document appelé programme d’actions


constitué d’une banque de projets qui devraient être réalisés par le Conseil régional,
les autres collectivités locales, les partenaires au développement et les opérateurs
privés.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
PRESENTATION DE LA REGION
A. ORGANISATION ADMINISTRATIVE
La région de Saint-Louis, située à 270 km au Nord de Dakar, est limitée au
Nord et à l’Est par le fleuve Sénégal qui constitue sa frontière avec la Mauritanie, au
Sud par les régions de Louga et de Tambacounda et à l’Ouest par l’Océan
Atlantique.
Elle couvre une superficie de 44 127 Km², soit 22,4 % du territoire national,
et comprend au plan administratif, trois (03) départements, onze (11)
arrondissements, douze (12) Communes, vingt huit (28) Communautés rurales
renfermant près de 900 villages officiels.

Le département de Dagana, le moins étendu, couvre 6 087 Km² (14 %), celui
de Podor 12 947 Km² (29 %) et enfin Matam 25 093 Km² (57 %). Saint-Louis la
capitale régionale, se trouve dans le département de Dagana, constituant ainsi un cas
administratif particulier au Sénégal.

Tableau 1 LES COLLECTIVITES LOCALES DE LA REGION

DEPARTEMENTS COMMUNES ARRONDISSEMENTS COMMUNAUTES RURALES

-Dagana - Rao Mpal et Gandon,


DAGANA -Richard-Toll
- Saint-Louis - Ross-Béthio Ross-Béthio et Rosso-Sénégal,

- Mbane Mbane et Gae

- Thillé-Boubacar Fanaye et Ndiayène Pendao


- Podor
PODOR - Ndioum - Gamadji Saré Guédé, Gamadji Saré et Dodel
- Golléré
- Cas-cas Aéré Lao, Médina Ndiathbé et Mboumba

- Saldé Pété et Galoya

- Matam - Agnam-Civol Oréfondé, Agnam-Civol et Dabia


- Ourossogui
- Thilogne - Ogo Bokidiawé, Nabadji, Ogo et Ranérou
MATAM - Waoundé
- Kanel - Sinthiou Bamambé Sinthiou Bamambé et Ourossidy
- Semmé
-Orkadiéré (ex Semmé) Orkadiéré, Bokiladji, Aouré

Source : Service Régional de la Planification / 1998

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
B. CARACTERISTIQUES PHYSIQUES ET POTENTIALITES NATURELLES

La configuration naturelle de la région définit trois zones écologiques


distinctes en fonction de leur emplacement par rapport au fleuve :

- le Walo : terres humides qui bordent le fleuve Sénégal (Delta et Vallée du


fleuve), propices à la culture irriguée et à la pisciculture ;

- le Diéri : terres éloignées du fleuve, jamais atteintes par les crues,


favorables au maraîchage et à l’élevage ;

- la zone des Niayes ou Gandiolais, située sur la frange maritime, connue


pour les activités dynamiques de pêche maritime et de maraîchage.
Le climat de type sahélien est caractérisé par :
- des alizés continentaux chauds et secs ou Harmattan ;
- des températures moyennes annuelles élevées et relativement
constantes avec cependant l’influence adoucissante de la mer et des
alizés maritimes sur l’ouest du Delta ;
- une pluviométrie faible et irrégulière dont l’intensité diminue
progressivement de Matam (500 mm) à Saint-Louis (250 mm).

Les types de sols sont caractéristiques des trois zones naturelles et portent
des formations végétales spécifiques :

- dans le Walo, les sols de la Vallée sont plus ou moins argileux, d’origine
alluvionnaire, classés en fonction de leur situation par rapport aux crues
et aux fréquences d’inondations : Hollaldé, Falo, Diacré et Fondé. Les
sols du Delta sont pour la plupart des sols halomorphes contenant des
sels solubles. Les formations végétales de la vallée sont dominées par
l’acacia nilotica ou gonakié et celles du Delta sont des mangroves et
quelques acacias.
- la zone des Niayes est dominée par la présence des sols dunaires du
Gandiolais, favorables au maraîchage. On y rencontre plusieurs types de
végétations en fonction de la salinité des sols.
- les sols de la zone Diéri sont pour l’essentiel de type Dior, plus ou
moins dégradés, mais encore aptes aux cultures pluviales. La végétation
est constituée de la savane arbustive avec un tapis herbacé au niveau de
la strate inférieure et divers types d’acacias au niveau de la strate
supérieure.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Du point de vue des ressources naturelles, la région présente de bonnes
dispositions.
• Des ressources en eau abondantes:
On note un important potentiel hydraulique formé par les eaux de surface et
les eaux souterraines.
Les eaux de surface sont constituées principalement par le fleuve Sénégal et
ses défluents, le Lac de Guiers et de nombreux marigots et mares temporaires. Avec
la mise en service des barrages de Diama et de Manantali, la région dispose
présentement d’un potentiel important en eau de surface. En effet, le débit moyen
interannuel du fleuve est de 732 m3 /s, soit un volume d’eau correspondant à 23
milliards de m3.
Les eaux souterraines sont dans l’ensemble abondantes. Elles sont
constituées de plusieurs types : les nappes phréatiques peu profondes mais sujettes à
la salinisation et l’importante nappe du Maestrichien dont la profondeur varie entre
50 m au Nord et 250 m au sud-est. Cette dernière présente une certaine salinité à
l’ouest de la région et alimente l’ensemble des forages du Diéri avec des débits
d’exploitation variant entre 20 et 110 m3/ h.

• Des ressources forestières et fauniques en reconstitution


La Région de Saint-Louis dispose d’un important domaine composé d’une
soixantaine de forêts classées occupant une superficie de 1 738 556 ha, soit environ
40 % de la superficie régionale. Au cours des dernières années, le domaine forestier
a subi une forte dégradation du fait des conditions climatiques sévères et de l’action
de l’homme.
Les forêts portent une gamme importante de produits de cueillette et offrent
des espèces variées pour le bois de service, le bois d’œuvre et le fourrage.
La faune, jadis importante et variée, constituée surtout d’espèces de grande
taille, s’est appauvrie. Elle se reconstruit aujourd’hui timidement dans les
départements où la chasse est fermée (Matam et Podor) et dans le domaine faunique
du Delta.
L’existence de huit (8) zones amodiées d'une superficie de 111 200 ha permet
la réglementation de la chasse.
• Des ressources minières importantes mais inexploitées
La région recèle des potentialités assez importantes dans le secteur minier.
Elles sont constituées d’une part du gisement de phosphates localisé dans le
département de Matam et dont les réserves estimées à près de 40 millions de tonnes,
sont peu profondes et de bonne qualité ; d’autre part des calcaires, des graviers et
des dépôts coquilliers qui sont présents dans tous les départements. Des indices de
gypse ont été tout récemment identifiés à Sanar dans le département de Dagana.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
C- ASPECTS HUMAINS
Selon les recensements généraux de la population (RGP), la population
totale résidente de la région de Saint-Louis est passée de 512 600 habitants en 1976
à 660 300 en 1988.
Avec un taux de croissance censitaire de 2% (1976-1988) contre 2,7% pour
la moyenne nationale, la population de la région est estimée en 1998 à 818 560
habitants, soit 9% du total national. Ces résultats placent la région au cinquième
rang après Dakar, Thiès, Kaolack et Diourbel.
Les principales caractéristiques démographiques sont :
♦ Une population jeune et majoritairement féminine
La population de la région de Saint-Louis est caractérisée par son extrême
jeunesse ( plus de 58% ont moins de 20 ans) et par la prédominance des femmes
(avec un rapport de masculinité de 89% ).
♦ Une population mal répartie
La répartition de la population régionale porte la marque du déséquilibre
entre territoires administratifs d’une part et d’autre part entre zones écologiques. A
l’échelle des trois départements, les effectifs s’établissent comme suit en 1998 :
Dagana: 376 538 habitants, soit 46%;
Podor : 163 712 habitants, soit 20% ;
Matam: 278 310 habitants, soit 34%.
♦ Une diversité des communautés ethniques
La région de Saint-Louis abrite des ressortissants de tous les groupes
ethniques du Sénégal et de la sous-région en plus de quelques étrangers d’origine
africaine et européenne.
Cependant, la population reste largement dominée par deux groupes
ethniques : Halpoulars ( 61,3% ) et Wolofs ( 30,1% ) ; le reste est constitué de
Maures (3,5%), Soninkés (2,7%), autres (2,4%).
Les Halpulars sont prédominants dans les départements de Podor (90%) et
de Matam (88%); les Wolofs le sont dans celui de Dagana (63,6%).
♦ Une population majoritairement musulmane
La composition de la population selon la religion s’établit comme suit :
- Musulmans : 98,6 % ;
- Chrétiens : 0,4 % ;
- Autres : 1 %.
Toutes les confréries musulmanes du Sénégal sont représentées avec une
prédominance du Tidjanisme (87,4%). A noter cependant une progression rapide du
Mouridisme dans les centres urbains.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
DIAGNOSTIC SOCIO-ECONOMIQUE REGIONAL
1. LES TENDANCES DEMOGRAPHIQUES
Déséquilibre de la composition par sexe et par âge, répartition très inégale,
forte mobilité des hommes et croissance démographique soutenue constituent
aujourd’hui les caractéristiques majeures de la dynamique de la population
régionale.

1.1 Structures de la population


1.1.1 Structure par sexe

La répartition de la population régionale par sexe en 1998, tous âges


confondus, donne un rapport moyen de 89 hommes pour 100 femmes.
Cependant de légères différences sont notées selon les classes d’âges :
Le rapport de masculinité de la classe d’âges 0-4 ans est de 101 garçons pour
100 filles ; ce taux s’effrite de façon accélérée dans le temps pour atteindre 72
hommes pour 100 femmes à l’âge de 35-39 ans.
La population de 60-69 ans est marquée par une prédominance numérique
des hommes sur les femmes, 108 contre 100.
Cette situation inhabituelle, plus prononcée dans le département de Matam,
trouve probablement ses raisons dans la rudesse de l’environnement, les multiples
accouchements dans des conditions difficiles et la vie très active des femmes de la
région.
Toutefois à 70 ans et plus, les femmes redeviennent légèrement majoritaires
avec un rapport qui s’établit à 92 hommes pour 100 femmes.
La variation du rapport tient à divers facteurs :
la mortalité infanto-juvénile qui affecte plus les garçons que les filles et
les départs des talibés et des adolescents (apprentissage métier et travail)
vers les centres urbains;
l’émigration masculine relativement intense à partir des départements de
Matam et de Podor;
le retour des migrants et des retraités qui retrouvent des rescapées de dures
années de travail et de maternité;
le retour à la situation majoritaire des femmes à 70 ans qui rejoint un
constat universel sur la longévité plus importante du sexe féminin.
Les départements de la région ne présentent pas de différences remarquables
dans la structure par sexe de leur population. Cependant Dagana reste moins soumis
aux phénomènes explicatifs de l’allure de la courbe régionale.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
1.1.2 Structure par âges
La population est d’une extrême jeunesse : près de 58% ont moins de 20
ans et 35% des résidents ont entre 20 et 59 ans. Les personnes âgées (60 ans et plus)
représentent 7 % de l’effectif. Les femmes en âge de procréer ( 15-49 ans)
représentent 38% des femmes et 18% de la population totale.
La classe d’âges 0-4 ans concerne un habitant sur cinq, ce qui confère à la
région une structure par âge réellement pyramidale qui se caractérise par une base
très large à cause des naissances importantes et un effritement assez accéléré de bas
en haut finissant par un sommet très pointu sous l’effet de la migration et de la
faiblesse de l’espérance de vie.
En raison de l’extrême jeunesse de la population et de la migration, la région
accuse un déficit important en personnes actives. Le taux de dépendance, très fort,
estimé à un actif pour trois individus, constitue une contrainte majeure pour assurer
un développement durable.
A Dagana, on note 36 actifs sur 100 hommes contre 38 chez les femmes,
alors qu’à Matam, on observe 29 actifs sur 100 hommes contre 37 actives sur 100
femmes.
La structure par âge ne connaît pas des variations d’ampleur significative à
travers les départements. A Dagana, l’effectif de la tranche d’âges 20-59 ans
représente 37% de la population contre 33% à Matam et 34% à Podor.

Tableau 2 REPARTITION DE LA POPULATION PAR AGE ET SEXE EN 1998

Age Masculin Féminin Total Rapport de


Effectif Effectif Effectif % Masculinité
0-4 ans 83958 82 483 166 441 20 101
5-9 ans 65811 68 134 133 945 16 96
10-14 47560 50 069 97 629 12 94
15-19 39332 46 869 86 201 11 83
20-24 27126 34 979 62 105 8 77
25-29 23687 32 248 55 935 7 73
30-34 17813 21 965 39 778 5 81
35-39 15528 21 404 36 932 4 72
40-44 11153 13 984 25 137 3 79
45-49 10349 14 080 24 429 3 73
50-54 9285 11 108 20 393 2 83
55-59 9428 10 721 20 149 2 87
60-64 7875 6 993 14 868 2 112
65-69 7141 6 819 13 960 2 104
70 et + 9945 10 713 20 658 3 92
TOTAL 385 991 432 569 818 560 100 89
Source : Service Régional de la Planification

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
1.2 Répartition Spatiale
1.2.1 Répartition géographique
Avec 19 habitants au km², l’occupation de l’espace régional présente
d’importantes disparités d’un département à l’autre. Dagana dispose de 62 habitants
au km², contre 13 et 11 habitants au km² respectivement pour Matam et Podor.

L’étroitesse de la superficie du département de Dagana (1/7) et les grandes


agglomérations qu’il abrite en constituent les déterminants. Territorialement plus
étendus, Matam (4/7) et Podor (2/7) renferment des villes de taille modeste,
atteignant à peine 10 000 habitants, en croissance lente à cause de l’enclavement et
de la faiblesse relative des activités économiques.

1.2.2 Répartition selon le milieu de résidence


Malgré l’érection récente de huit localités en communes, la population reste
essentiellement rurale. Les douze villes que compte actuellement la région abritent
seulement 292 910 habitants contre 525 650 pour la zone rurale, soit un taux
d’urbanisation de 36%. Cette moyenne cache des disparités entre les départements :
61 % pour Dagana, contre à peine 14% pour Matam.

La population rurale est éparpillée dans près de 900 villages à travers la


région. Les gros villages sont situés dans le Walo et le long de la route nationale 2.
Dans le Diéri, il existe plusieurs petits villages et hameaux plus ou moins isolés.

1.3 La dynamique de la population


La dynamique de la population repose sur deux déterminants que sont les
mouvements naturels et la migration. Ces deux aspects sont intensément vécus dans
la région de Saint-Louis.
1.3.1 Les mouvements naturels
Les mouvements naturels sont constitués des naissances et des décès.
• Les naissances
Selon la série des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS 86, EDS
92/93 et EDS 97), effectuées au Sénégal, l’indice synthétique de fécondité des
femmes de 15-49 ans vivant dans la région est passé de 6,5 enfants en 1993 à 6,2 ou
5,7 en 1997. Malgré cette baisse, il reste encore l’un des plus élevés du Sénégal et
représenterait près de 45 000 naissances par an, soit un taux de natalité de 55/1000.

Les déterminants de ces naissances nombreuses sont :

- la précocité des mariages : à 20-24 ans, seules 15 % des femmes


sont célibataires et l’âge moyen au mariage des femmes de la région
Nord est resté quasi constant à 16 ans depuis 1986, tandis que dans la

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
région de Dakar, il est passé de 18,2 à 19,8 en 1993 puis à 20 ans
environ en 1997.
- l’âge moyen à la première maternité très bas : malgré sa tendance
à la hausse selon les résultats des EDS 86 et 97 où il est passé de 18,3
à 19,3 ans, l’âge moyen à la première maternité reste toujours bas
comparativement à la moyenne nationale (19,8 ans) et à la région de
Dakar (20,8).
- la faible utilisation des méthodes contraceptives modernes par les
femmes : situé à 0,6 % en 1986, le taux de prévalence s’établit en
1997 à 11 % au moment où la région de Dakar est à 20,4%.
• Les décès
Des statistiques récentes sur la mortalité générale font cruellement défaut,
mais la forme de la pyramide des âges suscite des interrogations sur l’importance du
phénomène. Des études récentes ( Evaluation des objectifs intermédiaires de
l’Unicef 1997 et l’Enquête mortalité maternelle 1997) ont montré une ampleur assez
désolante de la mortalité infanto-juvénile et maternelle dans la région de Saint-
Louis.
En effet, la mortalité infanto-juvénile régionale est l’une des plus fortes du
pays. Elle est 153 ‰ en 1997, selon EDS3 contre 96 ‰ pour la moyenne nationale.

Par ailleurs, on note aussi une mortalité des adultes assez prononcée en raison
de facteurs communs au reste du Sénégal mais aussi de spécificités propres liées à la
présence permanente de l’eau, à l’émigration et aux particularismes socioculturels.
Ainsi, le paludisme, les MST/sida, la bilharziose et les accouchements sont les
principales causes de décès des adultes dans la région de Saint-Louis.

Malgré cette mortalité forte chez les enfants et les adultes, le potentiel
d’accroissement naturel reste important et égalerait sensiblement celui du niveau
national établi à 20‰.

1.3.2 La migration

La région de Saint-Louis a incontestablement un solde migratoire négatif (-89


000 d’après l’EMUS de 1993), même si au cours des dernières années, elle a
enregistré des immigrés évoluant dans des domaines de l’agriculture, du commerce
et de l’éducation.

Elle connaît par ailleurs des départs concernant tous les sexes et tous les âges
pour la transhumance, la migration interne et la migration internationale.

• La transhumance

C’est une migration spécifique aux éleveurs qui se déplacent pour la


recherche de pâturages. Les distances et la durée sont fonction de l’intensité de la

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
pluviométrie. Ce même phénomène est aujourd’hui observable chez les agriculteurs
du Diéri qui s’installent dans le Walo, le temps d’une campagne.

• La migration interne

Elle concerne les déplacements interrégionaux des populations. Saint-Louis


détient un solde migratoire négatif avec toutes les régions du pays, excepté celle de
Louga. En effet, le recensement général de la population effectué en 1988, rapporte
37 818 immigrants contre 127 800 émigrés installés principalement à Dakar et à
Thiès, soit un solde migratoire négatif de près de 90 000.

Tous les départements de la région sont de grands pourvoyeurs. Il faut noter


cependant que Dagana accueille une part importante des immigrés avec 66,4%
contre 18,9% pour Matam et 14,7 % pour Podor selon le RGPH 1988.

• La migration internationale

La région dispose d’une tradition reconnue en matière de migration


internationale. Des données précises en la matière font défaut, mais le nombre des
mandats ( 30 096 pour un montant de plus de 6 milliards ) en provenance d’Europe,
des Etats-Unis et d’Afrique est un indicateur assez pertinent pour rendre compte de
l’ampleur du phénomène.

Les départements de Matam et Podor sont les plus soumis à ce type de


migration. Elle touchait essentiellement les jeunes, mais avec la persistance de la
crise et l’identification de nouvelles destinations comme les pays arabes, aucune
composante de la population n’est actuellement épargnée.

Les émigrants du département de Dagana ont pour principales destinations la


Mauritanie et récemment les pays arabes.

En dépit de nombreux facteurs attractifs comme le passé historique et


administratif, le regain constaté dans les activités économiques et l’hospitalité des
populations, peu d’étrangers (1%) sont établis dans la région. Ils sont constitués de
Français et d’Africains de l’ouest travaillant dans l’enseignement, la santé, les ONG,
l’agriculture, le tourisme, l’industrie etc.

1.3.3 Les rapatriés et réfugiés

Avec les événements sénégalo-mauritaniens intervenus en 1989, la région a


reçu prés de 115 000 déplacés dont près de 30% de réfugiés.

• Les rapatriés
Estimés à environ 80 000, les rapatriés sont des ressortissants de la région
émigrés en Mauritanie. Les hommes y exerçaient principalement des métiers

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
d’artisan (chauffeur, mécanicien, menuisier, maçon…), tandis que les femmes
étaient des restauratrices, des lingères ou des domestiques.

Avec le concours du FED et d’autres ONG, un programme d’appui à


l’insertion des rapatriés a été mis sur pied, mais il convient de reconnaître que les
objectifs n’ont pas été totalement atteints.

Avec la normalisation, beaucoup de ressortissants de la région (dont les


rapatriés) ont repris la direction de la Mauritanie.

• Les réfugiés

Déportés au Sénégal, les réfugiés mauritaniens estimés à près de 35 000,


sont installés dans des villages le long du fleuve avec le concours du Haut
Commissariat pour les Réfugiés (HCR).Le programme d’aide du HCR (nourriture et
habitat) a pris fin alors que leur réintégration en Mauritanie n’est pas encore
totalement réglée.

Devant les nombreuses difficultés d’existence, beaucoup de réfugiés ont


aujourd’hui regagné la Mauritanie.

En définitive, le déplacement forcé d’un si grand nombre de personnes dans


des conditions déplorables a suscité des problèmes sociaux, économiques et
démographiques pour la région.

1.3.4 Evolution de la population

Le taux de croissance inter censitaire ( 2% ) qui est le plus bas du pays après ceux
de Louga (1,1 %) et de Fatick (1,8 %) pour la période 76-88 s’explique par :

- une très forte mortalité maternelle et infanto-juvénile ;


- une émigration intense devant des perspectives économiques incertaines.

Toutefois, avec la mise en service des barrages et le développement


d’initiatives dans les secteurs des PMI/PME, du tourisme et des services, la région
renoue avec une croissance démographique qui atteindrait les alentours de la
moyenne nationale établie actuellement à 2,7 %.

Aujourd’hui, la région connaît un recul des taux de décès grâce à l’impact


des programmes de santé et à l’amélioration substantielle du solde migratoire.

En conséquence, on pourrait envisager un taux de croissance moyenne de 2,5% au


niveau régional à partir de 1997.

Ce taux de 2,5 % est susceptible d’entraîner un doublement de la population


régionale en 28 ans.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Tableau 3 SITUATION DES DIFFERENTES LOCALITES EN MATIERE DE CROISSANCE
DEMOGRAPHIQUE

LOCALITES TAUX CENSITAIRES TAUX CORRIGES A


1976 – 1988 PARTIR DE 97

DEPARTEMENT DE DAGANA Zone rurale 1,4 2,0


Zone Urbaine 4,1 4,0
Ensemble 2,8 2,9
DEPARTEMENT DE PODOR
Zone rurale 0,8 1,3
Zone Urbaine 0,8 3,3
Ensemble 0,8 2,2
DEPARTEMENT DE MATAM
Zone rurale 2,2 2,0
Zone Urbaine 3,8 3,1
Ensemble 2,3 2,2

REGION Zone rurale 1,6 1,8


Zone Urbaine 3,7 3,8
Ensemble 2,1 2,5
Source : Service Régional de la Prévision et de la Statistique.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
2. ENVIRONNEMENT ET RESSOURCES NATURELLES
La région de Saint-Louis est particulièrement menacée par la sécheresse et
la désertification. La dégradation de l’environnement et des ressources naturelles
résulte des effets combinés du climat (déficit pluviométrique ) et de l’action
anthropique du fait d’une mauvaise exploitation du capital ligneux.

Cependant, elle recèle encore des potentialités végétales, fauniques,


hydriques, minières et pédologiques qui peuvent servir de base à un développement
économique et social durable à condition que des actions urgentes et d’envergure
soient entreprises.

2.1. Situation

2.1.1 Ressources végétales


La région de Saint-Louis couvre une superficie de 4 412 700 ha soit près du
cinquième du territoire national.

Elle compte près de soixante (60) forêts classées correspondant à 1 738


555,8 ha soit environ 40 % de la superficie régionale, répartis ainsi par département :
Matam : 1 057 550 ha
Dagana : 232 814 ha
Podor : 448 192 ha
D'une manière générale, la région est couverte de steppes arbustives et
arborées, de savanes boisées, de prairies aquatiques... comme l'indique le tableau ci-
après :

Tableau 4 SITUATION DES DIFFERENTES FORMATIONS VEGETALES

Unités typologiques Superficies Pourcentage


en Km²
Steppes arbustives arborées 7.147 74
Savanes arbustives arborées 676 7
Savanes boisées 97 1
Forêt 193 2
Faunes, vasières dénudés, 966 10
pairies marécageuses
Eau libre 579 6

TOTAL 9.658 100

Source : Inspection Régionale des Eaux et forêts ,1998

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Ces espaces naturels ont été marqués au cours des dernières décennies par
une évolution régressive. On observe partout un net éclaircissement de la couverture
végétale associé à un état végétatif médiocre des formations ligneuses.

C’est ainsi que les peuplements d’acacia Sénégal (gommier) ont perdu par
endroits les ¾ de leurs effectifs ; la mangrove des zones estuaires est affectée par la
modification de la salinité des systèmes hydrauliques du fleuve. Les formations
forestières alluviales de la vallée présentent des taux de mortalité très élevés alors
que la régénération naturelle s’effectue difficilement ou pas du tout.

• Dans la vallée du fleuve Sénégal, les peuplements d’acacia nilotica


sont marqués par une forte mortalité sur pied suite à la baisse de la nappe phréatique.
En plus, l’absence de crue suffisante empêche la régénération de l’espèce dans cette
zone où elle est largement dominante.

Les ressources végétales déjà faibles sont mises à trop forte contribution
pour satisfaire les besoins en combustibles ligneux. Par ailleurs les grands
aménagements hydro-agricoles et les perspectives de l’après-barrage sont autant de
facteurs qui poussent les populations à une recherche effrénée de terres.
• Dans la zone sylvopastorale, des arbustes indicateurs de dégradation
comme Calotropis procera se multiplient de façon frappante à proximité des forages
et dans les dépressions tandis que Sclérocarya birrea et Grévia bicolor tendent à
disparaître.

Les feux de brousse et par endroits le surpâturage constituent les principaux


facteurs de dégradation du milieu naturel.

2.1.2 Ressources fauniques

Jusqu'au début de ce siècle, la région était peuplée d'une faune sauvage riche
d'animaux de grande taille (éléphant, lion, léopard, panthère, hyène…).

On y signalait plus d'une espèce d'ongulés qui dépendaient dans une grande
mesure de l'eau des lacs, des bras fluviaux, des marigots (hippopotame, etc.)

La vallée constituait aussi une zone de grande importance pour l'avifaune


venant d'Afrique occidentale de même que pour les oiseaux migrateurs originaires
des pays du Nord.

Par la suite, le déficit pluviométrique répété, le développement des


aménagements hydro-agricoles, la déforestation, les feux de brousse et l’extension
de l’habitat ont engendré de sérieux problèmes de survie à la faune, entraînant une
raréfaction voire la disparition totale de certaines espèces.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Néanmoins, on observe une timide reconstitution dans les départements où la
chasse est fermée ( Matam et Podor ) et dans le domaine faunique du Delta constitué
de :

- la Réserve de faune du Ndiaël : 46 500 ha


- la Réserve Spéciale du Djovol : 3 ha
- le Parc du Djoudj : 16 000 ha
- la Réserve de Gueumbeul : 720 ha
- le Parc de la Langue de Barbarie : 2 000 ha
- la Réserve de faune de Ranérou : 663 700 ha

Depuis quelques temps, avec l’amélioration des conditions climatiques ainsi


que le maintien de plans d’eau permanents grâce à la maîtrise du fleuve, les oiseaux
migrateurs ont réapparu dans le Delta où d'autres animaux à poils sont bien visibles,
en l'occurrence le phacochère.

Par ailleurs l'existence de huit (8) zones amodiées d'une superficie de 111
200 ha permet le développement de la chasse. Il s’agit de :

- Djeuss Nord - Djeuss Sud


- Lac de Guiers Ouest - Lac de Guiers Sud
- Trois marigots Nord - Trois marigots sud
- Ile de Thieng - Débi

Il faut cependant noter que le manque de maîtrise de ce potentiel,


l'utilisation concurrentielle de l'espace, les effets négatifs de l'action de l’homme
risquent de compromettre la ressource faunique encore fragile.

2.1.3 Ressources halieutiques

En plus d’une façade maritime relativement poissonneuse, permettant des


débarquements d’environ 30 000 tonnes, la région de Saint-Louis, par les eaux du
fleuve et du lac de Guiers, ses marigots et ses mares temporaires (600 000 ha au
moins), peut être considérée comme région favorable au développement des
ressources halieutiques.

Mais avec la sécheresse des années 70, puis l'avènement de l'agriculture


irriguée, le nombre de pêcheurs continentaux n’a cessé de baisser, passant de
10 000 en 1974 à 5 287 en 1999. Cette situation a par ailleurs fortement affecté la
solide organisation sociale des pêcheurs de la zone continentale.

Dans la zone de la vallée, le contexte de l'après-barrage offre de bonnes


perspectives de développement de la pisciculture. Celle-ci peut être associée à
l'élevage des crevettes et des huîtres du côté de la façade maritime.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
2.1.4 Ressources en eau

Elles sont très abondantes dans la région et sont constituées par les eaux de
surface et les eaux souterraines.
Le fleuve Sénégal et ses différents défluents que sont le Dioulol et le Diamel
dans le département de Matam, le Doué, le Ngalenka et le Gayo dans le département
de Podor , le Gorom, le Lampsar, le complexe Taoueh-Lac de Guiers dans le
département de Dagana.

En outre, avec l’entrée en service des barrages de Diama et de Manantali, la


région dispose d’un potentiel très important en eaux de surface.

Les eaux souterraines sont composées de la nappe du Delta, les nappes


phréatiques et l’importante nappe du Maestrichtien.

Avec les conséquences de la dégradation de l'environnement, des activités


de développement forestier ont été initiées. Elles sont axées, d’une part, sur la
reconstitution de l'environnement, en utilisant des paquets techniques de
reboisement, d'aménagement, de protection, de conservation et d'économie d'énergie
et d’autre part, sur l'éducation environnementale.

Les différentes activités forestières menées dans la vallée concernent


l'aménagement forestier, la défense et la restauration des sols, la stabilisation des
berges, la foresterie scolaire, la foresterie privée, la pêche et la pisciculture.

Dans le Delta et le Diéri, les mêmes activités ont été dans l’ensemble
développées avec une particularité sur la gestion de la faune, l'écotourisme et la lutte
contre la pollution.

2.2 Contraintes

Elles peuvent être abordées par zone éco-géographique :


2.2.1 Sous-zone de la vallée et du proche Diéri
- la rareté de bonnes crues devant favoriser la régénération naturelle des
arbres, en particulier le Gonakié ;
- l’intégration difficile de l'arbre dans les systèmes de production
agricole ;
- la réduction de l'espace pastoral et forestier ;
- la disparition des couloirs d'accès au fleuve ;
- les problèmes fonciers.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
2.2.2 Sous- zone du delta, du lac de Guiers et de la zone sylvo-pastorale
- les conflits fonciers;
- la salinisation des eaux et des sols ;
- l'utilisation des pesticides dans les aménagements hydro-agricoles ;
- la pollution résultant des activités agro-industrielles ;
- le recul de l'habitat faunique et la persistance des feux de brousse ;
- l'irrégularité et la baisse de la pluviométrie ;
- le développement des plantes aquatiques.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
3. SECTEURS PRODUCTIFS
3.1. AGRICULTURE

La région de Saint-Louis dispose de ressources et potentialités agricoles


importantes. L’existence du fleuve qui longe la région sur 500 kilomètres et les
importants ouvrages hydrauliques réalisés depuis la mise en service des barrages de
Diama en 1986 et Manantali en 1992 ont permis la maîtrise de l’eau dans une grande
partie de la Région.

En outre, selon les estimations du PDRG, elle abrite près des trois quarts du
potentiel de terres irrigables (180 000 ha) de la rive gauche du fleuve Sénégal dont
près de 75 000 hectares ont été déjà aménagés par la SAED et les privés.

La population active de la région est en grande partie constituée


d’agriculteurs (70 %). En plus d’une connaissance traditionnelle, ces derniers ont
bénéficié de l’encadrement de la SAED et de l’appui des services déconcentrés (IRA
et Action Coopérative, ISRA, ADRAO) pendant de très longues années dans les
domaines des techniques culturales et de la gestion de l’exploitation.

Par ailleurs, la présence de la Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal


(CNCAS), avec des moyens financiers appréciables, devait accompagner le
développement de l’agriculture.

Malheureusement des contraintes lourdes, identifiées à tous les niveaux de la


filière agricole, empêchent le positionnement de la région en pôle agro-industriel du
Sénégal.

3.1.1 Les activités agricoles

Elles sont exercées dans toutes les zones écologiques de la région, suivant des
méthodes et techniques culturales variables. Ainsi on distingue :

- les cultures sous-pluies ;


- les cultures de décrue ;
- les cultures irriguées ;
- les cultures horticoles.

3.1.1.1 Cultures sous- pluies

Les cultures sous-pluies sont pratiquées dans le Diéri : terres vastes et


relativement éloignées du fleuve. Elles constituent l’essentiel de l’alimentation des
populations de la zone concernée.

Elles ont pendant très longtemps subi la contrainte de la pluviométrie avec


une moyenne annuelle de 219 mm entre 1972 et 1987. Aujourd’hui, la situation
semble s’améliorer et durant ces trois dernières années, la région a enregistré des

____________________________________________________________________________________ 30
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
quantités de pluies plus rassurantes qui atteignent parfois une moyenne annuelle de
300mm.

Tableau 5 EVOLUTION DES SUPERFICIES EMBLAVEES ET DES PRODUCTIONS


EN SOUS- PLUIE

ANNEES 1995/1996 1996/1997 1997/1998

SPECULATIONS Superf. Product. Rdt Superf. Product. Rdt Superf. Product. Rdt
(HA) (T) Kg/Ha (HA) (T) Kg/Ha (HA) (T) Kg/Ha

Mil 16 667 3 362 202 29 025 2 259 78 26 775 6 233 233

Sorgho 7 359 2 378 323 7 970 10 863 1 63 6 158 7 668 1 245

Arachide 5 697 2 312 406 12 049 3 008 250 1 736 505 291

Niébé 8 394 1 938 231 9 667 1 460 151 9 968 1 817 182

Beref 2 619 655 250 2 592 227 88 5 403 915 169

Total 40 736 10 645 61 303 17 817 50 040 17 138

Source : DA / DISA.

Les cultures sous pluies concernent des céréales et des produits maraîchers.
Le mil souna est le plus important et occupe près de 50% des superficies
emblavées ; il est suivi du niébé ( 20%), du sorgho (12%), du béref (11%) et enfin
de l’arachide (3%). Les autres spéculations pastèques, oseille et gombo sont des
«cultures de case » et occupent des superficies peu importantes.

En dépit d’un relatif regain de l’agriculture pluviale, suite à l’amélioration


pluviométrie dans certaines zones, l’introduction de variétés à cycle court pourrait
être une alternative.

3.1.1.2 Cultures de décrue

Les cultures de décrue sont pratiquées tout le long du fleuve et des défluents
pendant la période des basses eaux, située entre octobre et juin.

Elles occupent l’essentiel des terres emblavées dans les départements de


Matam et de Podor (plus de 50 %), tandis qu’à Dagana elles sont aujourd’hui
pratiquement négligeables (3 %).

Elles mobilisent 82 % des ménages de Matam, 50 % des ménages de Podor


et seulement 16% des ménages de Dagana.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
La crue, influencée par les pluies du Haut Bassin, porte sur un potentiel de
plus de 40 000 hectares de terres très fertiles grâce aux dépôts de limon. Les
producteurs des départements de Matam et de Podor se plaignent de la gestion des
barrages qui provoque le rétrécissement des superficies inondées.

La culture de décrue est en voie de disparition autour du lac de Guiers, à


cause de la stabilisation du niveau des eaux.

En attendant l’aménagement de l’ensemble des terres irrigables de la région,


les préoccupations des cultivateurs de décrue doivent être prises en compte de
manière plus convenable.

Selon l’importance des crues, les superficies emblavées atteignent plus de


20 000 hectares, soit 30% des emblavures régionales, et procurent l’essentiel de
l’alimentation des populations de la vallée.

Les principales spéculations cultivées en décrue sont le sorgho porté par une
bonne part des superficies (60%), le maïs, les légumes, la patate etc.

L’activité s’effectue sur des terres argileuses difficiles à travailler et


nécessitant un équipement adapté. Malheureusement, elle reste une pratique
culturale fortement marquée par la tradition : matériel agricole rudimentaire et
répartition des tâches entre les enfants, les femmes et les adultes.

La culture de décrue souffre d’un manque d’appui dans tous les domaines
sous prétexte de la faiblesse de ses rendements. Les politiques agricoles mises en
œuvre dans la région devraient apporter un appui dans l’acquisition d’intrants de
qualité et d’un équipement performant.

Aussi, depuis deux ans la SAED a initié un programme de suivi par


télédétection des cultures de décrue dans le département de Podor et de Matam.
Celui-ci doit déboucher sur la conception et la mise en œuvre d’un programme
d’appui à la culture de décrue, pour une augmentation de la productivité et du taux
de mise en valeur des terres inondées.

3.1.1.3 Cultures irriguées

La culture irriguée, base de la révolution agricole dans la région, est


pratiquée dans le Delta et la moyenne vallée qui correspondent à la zone Walo (zone
humide). La riziculture longtemps privilégiée cohabite de plus en plus avec des
cultures industrielles (tomate et canne à sucre), le maraîchage et l’arboriculture.

Les premières expériences ont débuté dans la région en 1965 par le Delta
(département de Dagana) avec 6 500 ha aménagés par la SAED. Elles ont été par la
suite étendues à la Moyenne vallée (département de Podor et Matam) à partir de
1974.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Les superficies jusqu’ici aménagées dans la région atteignent à peine 75 000
hectares en 1998, ce qui montre toutes les difficultés rencontrées pour la réalisation
de l’objectif de 6 000 hectares par an.

La répartition des aménagements réalisés présente un déséquilibre frappant :


Dagana avec 42 692 hectares concentre 63% du potentiel, contre 26% pour Podor et
11 % seulement pour Matam. La proximité de la zone du Delta par rapport à Saint-
Louis et son désenclavement relatif sont à la base de cette situation privilégiée.

Quant à Podor et Matam, outre les contraintes d’accès et de manque de


moyens des producteurs, la persistance du mode de tenure foncière traditionnel
retarde le processus de mise en valeur des terres.

Tableau 6 EVOLUTION DES SUPERFICIES AMENAGEES PAR DEPARTEMENT (HA)

Années 1989/1990 1995/1996

Localités SAED Privé Total SAED Privé Total %


Privé
Dagana 13 313 10 000 23 313 15 125 27.567 42 .692 64,6
Podor 9 033 2 500 11 533 12 013 5 780 17 793 32,8
Matam 6 171 - 6 171 6 830 267 7 097 3,8
RÉGION 16 .517 12.500 41 497 33.968 33 614 67.582 49,7
Source : SAED.

La participation du privé dans la réalisation des aménagements a permis la


baisse des coûts à l’hectare, passant de près de 2 millions à 800 000 francs. Il
convient de noter que si ces derniers sont appréciés pour les coûts relativement plus
bas de leurs services, ils restent très contestés de par la qualité de leurs travaux.

L’évolution des aménagements privés a été remarquable dans le


département de Dagana où ils atteignent la barre des 64% en 1996 ; par contre elle
reste plus timide dans les départements de Podor (33%) et Matam (4%).

Avec le désengagement de l’Etat devenu maintenant effectif dans les


secteurs économiques, la multiplication des entreprises de prestation de services
agricoles semble être la seule alternative.

Il convient de les renforcer en moyens et en expertise pour leur permettre de


jouer leur rôle combien important dans la confirmation de la vocation agricole de la
région. Elles sont déjà comptables de 50% des superficies aménagées.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Tableau 7 EVOLUTION DES SUPERFICIES AMENAGEES ET DES MISES EN VALEUR

ANNEES 1965/1966 1989/1990 1995/1996


Superf Superf. Taux de Superf Superf. Taux de Superf Superf. Taux de
LOCALITES Aménag. Cultivées mise en Aménag. Cultivées mise en Aménag. Cultivées mise en
valeur4 valeur valeur

Dagana 6 500 6 300 97 23 313 17 413 75 42 692 17 549 41


Podor - - - 11 533 6 912 60 17 883 8 820 49

Matam - - - 6 171 3 596 58 7 097 2 446 34


Région 6 500 6 300 97 41 497 27 921 67 67 672 28 815 43

Source : SAED

Le taux de mise en valeur dans tous les départements connaît une


décroissance continue d’année en année. Durant la période 1990 à 1995, il est passé
dans la région de 67 % à 43 % ; au niveau des départements, la baisse a été de 58 à
34% à Matam, de 60 à 49% à Podor et de 75 à 49% à Dagana.

Les raisons de cette situation déplorable sont à chercher dans la mauvaise


qualité des aménagements privés (Dagana), le défaut d’entretien, les difficultés
d’accès à temps aux intrants et la faible rentabilité des parcelles.

Tableau 8 : EVOLUTION DES RESULTATS DES CULTURES IRRIGUEES

ANNEES 95/96 96/97 97/98


DESIGNATIONS
Superficie (ha) 23 370 23 052 27 333
Riz Productions (tonne) 99 744 93 361 136 665
Rendement (t/ha) 4,3 4,1 5,0
Superficie (ha) 2 307 1875 1 443
Tomate Productions (tonnes) 24 406 28125 28 860
Rendement (t/ha) 10,6 15,0 20,0
Superficie (ha) 1 049 1 834 2 173
Maïs Productions (tonnes) 2 816 4 585 5 433
Rendement (t/ha) 2,7 2,5 2,5
Superficie (ha) 1 551 1 231 1 206
Sorgho Productions (tonne) 3 313 2 770 2 714
Rendement (t/ha) 2,1 2,3 2,3
Superficie (ha) 6 400 6 300 6 200
Canne à sucre Productions (tonne) 684 800 693 000 688 200
Rendement (t/ha) 107 110 111
Source : SAED et CSS

1
Le taux de mise en valeur est le rapport entre les superficies aménagées et la partie effectivement cultivée

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Le riz paddy constitue la principale spéculation des cultures irriguées. Il est
cultivé en hivernage et en contre saison chaude. En 1998, il couvrait une superficie
de 27 333 ha (71 %) contre 6 200 ha pour la canne (16 %), 2 173 ha pour le maïs (6
%), 1 443 ha pour la tomate (4 %) et 1 206 ha pour le sorgho (3 %).

En ce qui concerne la riziculture, une bonne politique semencière menée par


la DISEM et l’UNIS, appuyée par des paquets technologiques de la SAED, a permis
aux paysans de passer d’un rendement moyen de 3 T/ha à 5 tonnes/ha. Des pointes
de 9 à 10 tonnes/ha sont même enregistrées dans certaines localités.

La région a déjà réalisé son autosuffisance en riz et participe largement à la


satisfaction des besoins des populations limitrophes. Sa production correspond
actuellement à 16% de la consommation annuelle nationale.

Les cultures industrielles occupent la deuxième place avec la canne à sucre et


la tomate industrielle. La canne à sucre est une production en régie de la CSS et se
cultive dans le seul département de Dagana, alors que la culture de la tomate à déjà
atteint le département de Podor.

Le sorgho et le maïs occupent respectivement 2 173 et 1206 hectares pour


une production totale de 8 147 tonnes. Les rendements évalués à 2,4 tonnes/ ha
connaissent une amélioration au cours des trois dernières années.

Les cultures maraîchères, dont l’oignon constitue la principale spéculation,


sont en nette progression, mais se heurtent aux problèmes de commercialisation et
de cherté des intrants.

Dans une perspective de diversification poussée, on assiste à l’introduction de


l’arachide et du coton irrigués, particulièrement dans les départements de Dagana et de
Podor.

3.1.1.4 Cultures horticoles

Elles sont pratiquées un peu partout dans la région notamment dans le


Gandiolais qui reste la zone de prédilection, dans les périmètres irrigués mais
également autour des points d’eau situés dans le Diéri et même en décrue.

Ce sont des activités potentielles de création de revenus qui occupent


beaucoup de jeunes et de femmes.
L’oignon, la patate, la pomme de terre et les légumes (choux, carottes,
navets…) en constituent les principales spéculations.

L’introduction de nouvelles variétés et l’amélioration des pratiques


culturales ont permis une évolution rapide de la production qui est passée de 9 852 T
en 1991/92 à 38 041 T en 1995/96 avec des rendements moyens de 25 T/ha.

____________________________________________________________________________________ 35
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Cependant, l’absence de planification de la production dans le temps, les
moyens de conservation limités et la concurrence des produits importés conduisent
rapidement à la saturation des marchés, ce qui provoque des prix au producteur peu
rémunérateurs.

3.1.2 La commercialisation des principaux produits agricoles

Après la dissolution de l’ONCAD en 1980, la 4ème lettre de mission de la


SAED consacrait le 30 juin 1994 la libéralisation complète de la commercialisation
des produits agricoles dans la région de Saint-Louis.

3.1.2.1 Riz paddy

Les prix au producteur sont actuellement fixés par le Comité


Interprofessionnel du Riz (CIRIZ) qui regroupe en son sein tous les intervenants de
la filière (producteurs, riziers, état …).

Le prix au producteur n’a pas connu une évolution remarquable. Il est passé
de 85 F le Kg en 1989 à 90 F en 1993 ; il est actuellement estimé à 105 F. Les
opérations de commercialisation connaissent des impairs dus à la concurrence des
importations, malgré la dévaluation du F CFA en 1994.

Le prix des intrants reste élevé et l’amélioration des rendements constatée


ces dernières années doit se renforcer pour arriver à la compétitivité du riz local.

La collecte du riz, sa transformation et son écoulement par les rizeries


s’opèrent très lentement. Le marché informel semble être le circuit le plus
dynamique, mais ses capacités sont limitées, face au volume de la production
actuelle.

3.1.2.2 La tomate industrielle

Avec une marge nette de près de 484 800 francs à l’hectare, la tomate
industrielle est actuellement la plus rentable des cultures irriguées pratiquées dans
les grands aménagements. L’écoulement de la production s’effectue à travers deux
circuits de commercialisation : les usines de tomate ou circuit formel et les
commerçants (banabanas) ou circuit informel.

L’existence d’un circuit de commercialisation formel sur la base d’un


contrat de production et de vente entre producteurs et industriels, a beaucoup
contribué à l’extension rapide de la culture de tomate.

Exception faite des retards constatés dans la collecte et l’évacuation de la


production vers les usines, le circuit formel ne présente pas de problèmes majeurs. Il
faut noter cependant, que durant les dernières campagnes 95/96 et 96/97, des
difficultés de trésorerie de la SNTI ont été à l’origine d’arriérés de paiements

____________________________________________________________________________________ 36
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
importants vis-à-vis des producteurs. Il s’en est suivi la fermeture de la SNTI, qui
par la suite, a été absorbée par la SOCAS.

Cette dernière reste aujourd’hui la seule unité de fabrication de tomate et


l’étendue de la nouvelle zone d’intervention de la SOCAS risque de nuire aux
performances de collecte et d’évacuation, essentielles pour la qualité des produits.

Les prix proposés par les usines, tournant autour de 40 F CFA le Kg, restent
intéressants tant que les rendements avoisinent les 25 tonnes à l’hectare.

Le circuit informel, avec l’extension de la culture de la tomate dans les


autres départements, dans les Niayes et autour des points d’eau, connaît de belles
perspectives. Les prix proposés sont de loin plus intéressants que ceux des
industriels. Ils fluctuent selon l’offre entre 50 et 200 F CFA le kg. Des banabanas en
provenance de divers horizons ( Dakar, Kaolack, Touba et même Mauritanie )
s’approvisionnent dans la région.

3.1.2.3 Produits horticoles

Sur une production moyenne annuelle de 40 000 tonnes, l’oignon en


constitue les 80%. Les difficultés inhérentes à la commercialisation des produits
maraîchers sont variables d’une spéculation à l’autre.

Malgré la réalisation de près de 25 tonnes à l’hectare, les producteurs


d’oignon connaissent toutes sortes de difficultés dans l’écoulement du produit à
cause de :

- l’enclavement des zones de production ;


- la production non étalée dans le temps ;
- la concurrence de l’oignon importé ;
- l’absence d’infrastructures de conservation et de transformation ;
- la récolte simultanée dans tout le pays.

Les prix au producteur (peu rémunérateurs) chutent jusqu’à 30 F le Kg


pendant les périodes de grandes récoltes mais peuvent atteindre 100 à 150 F pendant
l’hivernage.

L’oignon produit dans la région est présent dans tous les grands marchés du
pays et une bonne partie traverse la frontière sénégalo-mauritanienne.

La commercialisation des autres produits maraîchers (patate, gombo etc.)


s’effectue sans grandes difficultés à l’intérieur et à l’extérieur du pays grâce à un
réseau de banabanas et d’autres exportateurs privés installés particulièrement dans la
zone du lac de Guiers.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
On rencontre par moment dans la région ou à Dakar des détenteurs de
commandes extérieures pour le gombo, mais le manque d’organisation et de
producteurs fiables ne permet pas d’exploiter de façon optimale ce créneau très
porteur.

Il convient d’initier dès à présent des stratégies de commercialisation


(exportation surtout) pour sauvegarder la rentabilité de l’activité de maraîchage eu
égard aux énormes potentialités que recèle la région dans toutes ses zones
écologiques et aux opportunités d’emplois de jeunes et de femmes que porte la
filière.

3.1.2.4 Produits divers

Le maïs, le sorgho, le niébé et le béref, compte tenu de leur faible niveau de


production, des facilités dans la conservation et de la forte demande locale, sont
écoulés sans difficulté majeure.

Ils sont essentiellement destinés à l’autoconsommation ; cependant quelques


prélèvements sont effectués pour régler des besoins ponctuels.

Pendant les bonnes campagnes (bonne pluviométrie ou année de grande crue), les
surplus sont bradés à cause de la faible demande résultant de l’accès difficile aux zones
de production.

3.1.3 Financement de l’agriculture

La culture irriguée est l’activité économique la plus assistée dans la région.


En effet, après la dissolution de l’ONCAD en 1980 et le désengagement de la SAED
en 1986, la CNCAS et d’autres bailleurs (FED, ONG…) ont pris le relais.

Le volume de financement injecté a connu une croissance vertigineuse de


87/88 à 90/91, période pendant laquelle il est passé de 160 419 661 francs à 6 812
584 279 francs, soit un coefficient multiplicateur de plus de 42. A partir de la
campagne 91/92, la tendance a été inversée et une régression continue des crédits
CNCAS a été constatée.

Cette tendance à la baisse est due au volume important des impayés à partir
de la campagne 90/91 obligeant la banque à être plus rigoureuse vis-à-vis des
demandeurs de crédits.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Tableau 9 : EVOLUTION DES CREDITS DE CAMPAGNE CNCAS POUR
L’AGRICULTURE IRRIGUEE DANS LA ZONE NORD

Année Capital Taux de


agricole remboursement
87/88 100 230 305 100%
88/89 626 059 878 98%
89/90 1 364 896 632 88%
87/88 6 669 492 341 90%
91/92 1 992 905 627 36%
92/93 4 140 229 254 44%
93/94 3 043 813 197 77µ
94/95 2 644 840 073 65%
95/96 1 951 033 822 82%
96/97 1 764 630 249 80%
97/98 2 863 168 965 -
98/99 2 887 630 488 -
Source : CNCAS Saint-Louis, situation en Mai 2000

D’autres structures (COPARE, MATFORCE, EQUIP-PLUS etc.) sont


intervenues dans des programmes d’équipement mais à un niveau de financement
relativement faible ; l’inadaptation de leur système de crédits étant décriée par les
producteurs.
La promotion de l’espace agricole régional connaît un grand déséquilibre. Le
Delta qui correspond au département de Dagana est relativement privilégié du point
de vue des terres aménagées, des crédits de campagne et des équipements, tandis
que la moyenne vallée qui couvre Podor et Matam est peu assistée. Cela occasionne
une sous exploitation des terres les plus fertiles de la région.
Tableau 10 : SITUATION DES FACILITES ACCORDEES PAR DEPARTEMENT EN %

DESIGNATION DAGANA PODOR MATAM EN PANNE

Aménagements publics 45 35 20
Crédits campagne octroyés 79 20 1
Tracteurs 64 32 4 52
Matériel d’offset 60 34 6 34
Moissonneuses batteuses 88 12 - 18
Batteuses 33 65 2 61
Station de pompage 77 7 16 50
Mini-rizerie 93 7 -
Décortiqueuses à riz 63 23 9 33
Magasins semences 94 6 -
Source : SAED, 1998

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
3.1.4 La protection des végétaux

La position géographique et les conditions naturelles de la région,


particulièrement du Delta sont favorables au développement et à la sédentarisation
des déprédateurs et parasites.

Il s’y ajoute les doubles cultures de céréales très convoitées par les oiseaux, et
les répétitions de cultures propices au développement des parasites. Les cultures
hivernales ne sont pas épargnées par les sauteriaux et chenilles.

La tomate et le niébé constituent des spéculations particulièrement soumises


aux attaques des parasites.

Les parasites et ravageurs les plus fréquents dans la région sont :


Insectes : chenilles, pucerons, insectes florales, mouches blanches, criquet
sénégalais et d’une façon périodique les criquets pèlerins.
Oiseaux : quelea quelea, passer, huteus localisés souvent dans les pores et
typha où ils érigent leurs dortoirs.
Depuis la réduction des moyens affectés à la DPV(Direction de la protection
des végétaux), les collectivités tentent de prendre le relais mais les quelques actions
entreprises manquent d’efficacité.

3.1.5 L’agroforesterie

Malgré son importance notamment pour la production de bois, de fruits et


de fourrage, l’agroforesterie est faiblement représentée dans les activités agricoles
de la région, bien qu’elle bénéficie de conditions assez favorables pour son
développement.

Seules quelques exploitations modernes sont notées dans le Delta,


fournissant des productions importantes d’espèces recherchées notamment les
eucalyptus.

L’arboriculture constitue une culture d’appoint qui tend à se développer le


long des berges du fleuve.

3.1.6 Les contraintes de l’agriculture dans la région


♦ Une gestion foncière inadaptée

Malgré la Loi sur le Domaine National, les modes de tenure foncière


traditionnelle persistent et constituent un frein au développement des initiatives
privées particulièrement dans les départements de Podor et Matam.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
La prééminence du droit coutumier face à la loi sur le domaine national est
une entrave réelle à l’installation d’une agriculture moderne.

Au niveau du delta cette loi semble poser moins de problème mais des
difficultés apparaissent souvent dans la gestion foncière assurée par les collectivités
locales. Ces difficultés sont liées entre autres à l’absence de maîtrise des textes, aux
irrégularités dans les procédures d’affectation, au suivi de la mise en valeur des
terres affectées.

♦ Un système de crédit peu efficient

Malgré les efforts fournis dans le cadre de la relance de l’agriculture,


notamment en ce qui concerne la baisse du taux d’intérêt, le financement de
l’agriculture ne satisfait pas encore la majorité des producteurs.

Devant la baisse continue des taux de remboursement des crédits accordés par
la CNCAS, on assiste à un rétrécissement des financements disponibles. Dans
beaucoup de domaines (équipements, intrants, commercialisation), le système
fonctionne au ralenti, attendant des opérations d’assainissement, malgré l’existence
d’une demande plus forte que jamais.

L’inefficience des financements, la faible rentabilité des systèmes de


production et l’absence de détermination des bénéficiaires sont à l’origine du
blocage actuel du système de crédit.

♦ Un manque de professionnalisme des producteurs

Les performances de l’activité agricole sont affectées dans une large mesure
par le manque de professionnalisme de la plupart des producteurs.

Cette attitude se caractérise par :

- l’insuffisance de la formation technique et de l’information des


producteurs, particulièrement dans les départements de Matam et
Podor ;

- l’insuffisance de l’effort de travail qui réduit ainsi le revenu ;

- les clivages socio-politiques qui ne favorisent pas la bonne


collaboration entre les acteurs locaux du développement agricole ;

- la faible capacité d’initiative.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
♦ L’insuffisance du transfert des résultats de la recherche dans
l’activité agricole
L’agriculture de la région souffre d’un manque de productivité dont seuls
les résultats de la recherche agronomique, technique et économique pourraient venir
à bout.
L’environnement phytosanitaire et pluviométrique recommande
l’identification de spéculations résistantes, peu exigeantes en eau et à haut
rendement.
L’agriculture irriguée nécessite un équipement adéquat ainsi qu’une
expertise qu’il convient de renforcer de manière continue. La promotion d’un paquet
technologique ainsi que des équipements simples dans la manipulation et
performants la rendraient plus attrayante.

Les producteurs doivent aussi être soutenus dans les domaines de la


commercialisation par une planification de la production, l’identification des
spéculations à haute valeur ajoutée, les prix des produits dans l’espace et dans le
temps…
♦ Enclavement de la plupart des zones de production
L’une des principales difficultés qui freinent le développement agricole est
l’enclavement de la zone Walo et du haut Diéri. En effet, la mise en valeur du
“Dande-Mayo ” et de l’île à Morfil, ainsi que l’évacuation des produits agricoles se
heurtent à l’obstacle majeur de l’enclavement.
Le déficit d’ouvrage de traversées du fleuve et de ses défluents, l’insuffisance
et le mauvais état des pistes de production constituent des contraintes à la création
de pôles de production dans les localités à grandes potentialités.
♦ Déficit d’infrastructures hydro-agricoles
L’insuffisance et la mauvaise qualité de nombreux aménagements sont les
principales causes du lent développement de l’agriculture dans la région.

En effet, il a été constaté par rapport au potentiel irrigable, un faible taux des
superficies aménagées (35%), particulièrement dans les départements de Matam et
Podor.
Les déficiences techniques dans les aménagements privés et des PIV ont
aggravé la situation par l’abandon de près de 50% des superficies aménagées.

♦ Insuffisance d’infrastructures de stockage et de conservation des


produits horticoles.

Dans le souci d’une mise en valeur optimale des investissements de la


Vallée, la production horticole devrait constituer un créneau très porteur pour les
différents acteurs.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Cependant, force est de constater l’insuffisance des équipements publics
réalises pour soutenir le secteur maraîcher. L’oignon et la tomate qui ont atteint des
quantités de production importantes pourrissent par endroits ou sont vendus à de
vils prix, faute d’infrastructures de conditionnement et de conservation adéquates.

Il en est de même pour certains produits d’exportation à valeur marchande


très élevée (poivron, haricot vert, melon, fleurs et autres plantes d’ornement) qui
n’ont pu être développes dans la région.
♦ Déficit et mauvais entretien du matériel agricole
Les équipements dans le domaine de la culture irriguée souffrent d’un
mauvais entretien et, dans certains cas, d’une inadaptation. Il a été noté l’état très
défectueux des motopompes, tracteurs, offsets, moissonneuses batteuses et autres
équipements, souvent immobilisés par des pannes fréquentes. A ce niveau, il se pose
le problème d’entretien et de maintenance du matériel.

Par ailleurs, les difficultés de renouvellement du matériel attelé, depuis


l’arrêt du programme ONCAD, expliquent la situation inquiétante du matériel
agricole. Il se caractérise par sa vétusté et son insuffisance, surtout à Podor et
Matam.
♦ La pression des parasites et déprédateurs
La protection des végétaux est une des doléances les plus partagées par les
producteurs. L’étalement de l’activité de production sur l’année attire les oiseaux et
autres déprédateurs dans la région. Les moyens aujourd’hui limités de l’IRPV,
doivent être renforcés pour instaurer une lutte plus efficace, faute de quoi les
rendements continueront d’en souffrir.

♦ Des difficultés d’accès aux intrants


L’accès aux intrants se pose au double plan de la disponibilité et du
renchérissement des prix.

En effet, les lieux de vente d’intrants sont en général implantés dans les
centres urbains et les producteurs doivent effectuer de longs déplacements pour
s’approvisionner. Ils perdent ainsi beaucoup de temps et doivent, en plus, faire face
à des dépenses de transport.

La libéralisation de la vente des intrants est proclamée, mais la démarche des


organismes de crédits consistant à agréer des fournisseurs limite la portée de la
mesure sur la baisse des prix.
♦ La concurrence des produits importés
La production locale souffre de la politique de libéralisation qui ouvre les
portes à la concurrence. Des améliorations sensibles ont été cependant enregistrées

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
avec la dévaluation du franc CFA qui a permis aux produits locaux (oignon, riz,
tomate,…) d’être un peu plus compétitifs sur le marché.
♦ La gestion de l’eau
Actuellement, si le système de programmation des lâchers semble satisfaire
les cultures irriguées, il présente des désagréments au niveau des cultures de décrue
du fait de la restriction des lits de crues.
Tout au long du Lac de Guiers, les cultures de décrue ont tendance à
disparaître en raison de la stabilisation du niveau des eaux.
♦ La salinité des terres
Le taux de salinité des terres a tendance à croître. Les effets de la remontée de
l’eau de mer sont quasiment stoppés à partir du barrage de Diama, mais les
insuffisances du réseau de drainage constituent une autre cause de salinisation.

Dans le département de Dagana, le mal s’est installé et appelle le


développement d’initiatives de récupération des sols. Il importe dans la mise en
œuvre du développement agricole dans la région de tenir compte de cette menace
pour l’écosystème.

3.2. ELEVAGE

La région de Saint-Louis est une zone d’élevage par excellence, en raison de


multiples facteurs : les vastes zones pâturables constituées par le Diéri, plus
particulièrement dans sa partie Ferlo, la présence de cours d’eau et la disponibilité
de sous-produits agricoles pour l’alimentation du bétail.

L’élevage est pratiqué par la quasi-totalité des populations rurales, surtout


les Peuls dont il constitue l’activité première. Dans l’ensemble, il reste encore de
type extensif mais on relève dans le Walo quelques pratiques semi-intensives, du fait
de l’étroitesse des zones pâturables et de l’abondance de sous-produits agricoles.

Sa productivité est très faible à cause de son mode de gestion encore sous
l’emprise des pratiques traditionnelles et la modeste valorisation des produits et sous
produits.

3.2.1 Situation
3.2.1.1 Le cheptel
Important au plan numérique, toutes les espèces élevées dans le pays, à
l’exception du porc, se rencontrent dans la région.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Tableau 11 : EVOLUTION DU CHEPTEL DANS LA REGION (en milliers de
têtes)

Espèces Bovins Ovins Caprins Equins Asins Camelins


Années

1995 317,5 557,1 361,4 37,1 73,5 0,8


1996 355,0 551,0 378,3 38,9 65,2 0,9
1997 330,0 264,5 375,8 42,2 71,0 1,1
1998 353,5 590,5 389,0 75,9 71,0 1,3
Source : Service Régional de l’Elevage.

Le cheptel présente une bonne évolution surtout au niveau des bovins, ovins,
caprins et équins. La stagnation de l’effectif des asins résulte de l’établissement
d’un commerce de plus en plus intense avec la Mauritanie.

La région présente des avantages naturels pour s’ériger en zone de naissage du


bétail ( zone du Diéri) et d’intensification ( zone du Walo). En plus des couloirs de
pâturage du Walo, il existe des produits de récolte et de sous produits agricoles.

Il faut cependant reconnaître la forte dépendance du cheptel de la


pluviométrie qui, en période de grand déficit constitue un facteur important de
mortalité.
La situation du cheptel par département montre que sur l'ensemble des
espèces, Dagana détient les effectifs les plus faibles.
Le département de Matam renferme 53 % des petits ruminants de la région en
1997 tandis que Podor dispose de 50 % des bovins et de 73 % des camelins.
Du fait du mode d’élevage itinérant et extensif, le pâturage naturel constitue
la principale source d’alimentation du bétail notamment dans le Diéri.
La zone Walo, avec des cultures quasi permanentes offrant des sous produits
agricoles importants, constitue un refuge pour les pasteurs de la région à défaut de la
transhumance vers d’autres régions. Cependant les potentialités de la zone Walo
sont peu exploitées au profit de l’élevage.

L’abreuvement du bétail s’effectue au niveau du fleuve et de ses défluents,


ainsi qu’au niveau de quelques points d’eau et forages situés dans le Diéri. En 1998,
il a été dénombré 105 forages, 13 puits-forages et plus d’une centaine de puits. Ces
infrastructures, dont une bonne partie est en panne, sont loin de satisfaire les besoins
en eau du cheptel.

Ainsi l’activité perdure dans ses aspects traditionnel et extensif qui la


maintiennent dans une situation de sous productivité caractérisée.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
L’exploitation du cheptel est réalisée à partir de la vente d’animaux sur
pieds et des abattages. Les circuits sont souvent informels et incontrôlés.

Les ventes sur pieds s’effectuent sur les marchés hebdomadaires, les foirails
et les grands centres urbains. Les cérémonies familiales et fêtes religieuses sont des
occasions de vente exceptionnelle. Quant aux abattages, ils sont menés dans plus
de 70% des cas de manière clandestine surtout au niveau des ovins et des caprins.

Le niveau d’exploitation du cheptel reste faible, bien moins de 50% des


rendements numériques sont effectivement exploités.

Les produits dérivés comme le lait, les cuirs et peaux… souffrent de


l’inexistence d’un marché fiable et rémunérateur à cause de la faiblesse et de
l’irrégularité des quantités produites.

3.2.1.2 L’aviculture

Elle a connu un essor important ces dernières années, particulièrement dans


les centres urbains. C’est un secteur qui fait travailler beaucoup de jeunes et de
femmes dans un cadre collectif ou individuel. Avec aujourd’hui 620 000 sujets, elle
dispose d’une grande marge de progression surtout pour la production d’œufs qui est
très loin de satisfaire la demande locale.

La région a les potentialités et opportunités requises pour justifier le choix


d’activités avicoles sur son territoire. Elle n’abrite aucune unité de fabrication
d’aliments améliorés pour volaille alors qu’elle fournit les matières premières
essentielles aux industries de Dakar ( son de riz, poissons etc.)

3.2.1.3 Organisation et appui au secteur

La professionnalisation du secteur de l’élevage se précise de plus en plus et


on note l’implantation de GIE et de coopératives, d’organisations de professionnels
de la viande ou du bétail, tous regroupés au sein d’une structure d’encadrement
dénommée Maison des Eleveurs plus connue sous le nom de “ Gallé Aynabé ”.

On note la présence très remarquée des femmes dans le secteur. En effet, face
aux difficultés d’accès à la terre, certaines se convertissent en de véritables pasteurs
et restent très dynamiques au niveau des GIE.

Le secteur bénéficie de l’appui de nombreux partenaires dans le domaine du


financement, de l’encadrement. Parmi ces structures, on relève les services
techniques traditionnels et les projets tels que PRODAM, PAPEL, PARC, PAGEN,
SAED,ISRA etc.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
3.2.2 Contraintes

Les contraintes sont nombreuses et diverses :

- la faible prise en compte des activités pastorales dans le schéma de mise


en valeur de la Vallée ;

- l’insuffisance de chenaux d’abreuvement, de couloirs d’accès aux plans


d’eau ( fleuve, défluents, lacs) pour le bétail, de couloirs de passage à
l’intérieur de la vallée et du proche Diéri, entraînant de nombreux
conflits entre agriculteurs et éleveurs ;

- la vétusté ou l’inexistence dans la plupart des localités de la région de


parcs à vaccination ;

- l'insuffisance et la mauvaise répartition des ouvrages dans le Diéri ;


- les pannes fréquentes et prolongées des forages ;

- le manque de formation et d’organisation des éleveurs ;

- la modicité des moyens pour les services de l’élevage ;

- la faiblesse du pâturage, largement tributaire d’une pluviométrie


irrégulière et la fréquences des feux de brousse surtout dans le Diéri ;

- la recrudescence des parasitoses animales avec les effets négatifs des


barrages et de la transhumance ;

- l’inorganisation des circuits de commercialisation des produits et sous


produits de l’élevage ;

- l’absence de crédits adaptés devant promouvoir l’intensification de la


filière ;

- la faible valorisation des produits animaux ;

- la faible productivité des races locales ;

- les difficultés d’accès aux aliments concentrés ;

- certaines considérations socioculturelles en porte-à-faux avec la


rentabilité économique du cheptel : élevage de prestige, sentiment
d’affection vis-à-vis du cheptel ;

- la faible valorisation des résidus de l’agriculture ;

- l’absence d’intégration agriculture /élevage.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
3.3. PECHE

La région de Saint-Louis a la possibilité de pratiquer à la fois la pêche


maritime et la pêche continentale grâce à la présence de l'Océan Atlantique sur sa
façade ouest et du fleuve Sénégal qui la traverse sur toute sa longueur.

La pêche maritime dispose de ressources diverses et variées, lesquelles sont à


l’origine d’une production importante. Sa contribution à l'autosuffisance alimentaire
reste incontestable et sa part dans le PLB régional est actuellement estimée à près de
10 milliards de F CFA, soit 6% du total.

Cependant, la filière est marquée par une très faible valorisation des
produits, entraînant ainsi un manque à gagner important pour l’économie régionale.

La pêche continentale a connu de beaux jours, mais depuis le cycle de


sécheresse des années 70, elle s’est installée dans une dynamique de déclin avec une
diminution de la ressource. La mise en service du barrage de Manantali est venue
ensuite accentuer ce phénomène d’appauvrissement. Seule la zone en amont du
Delta (entre Diama et Podor) bénéficie de certains effets positifs du barrage de
Diama (légère augmentation du potentiel halieutique).

La situation est différente dans la zone fluvio-maritime qui renferme


quelques ressources importantes (crevettes, tilapia) mais dont certaines sont en
sursis (crevettes). La région offre, toutefois, de Saint-Louis à Matam, d’importantes
potentialités et de grandes perspectives dans le domaine de l’aquaculture.

3.3.1 La pêche maritime

La zone côtière de Saint-Louis, frontalière entre les eaux mauritaniennes et


sénégalaises présente d'énormes potentialités. C'est une zone très poissonneuse, bien
fournie en espèces pélagiques tels que les sardinelles, les mulets etc.

Des ressources démersales y sont également présentes, localisées de part et


d'autre de la frontière avec la Mauritanie ( mérous, dorade, soles, crustacées ) qui
reste toutefois la zone de prédilection des pêcheurs du fait de la plus grande richesse
des ressources localisées juste au nord de la ville de Saint-Louis.

La pêche constitue une source importante d'emplois et de revenus. Elle reste


l'activité principale des populations des quartiers sis sur la langue de barbarie où elle
mobilise la presque totalité de la population active (femmes et hommes âgés de 15
ans et plus). Ses impacts profitent non seulement aux résidents de la ville de Saint-
Louis mais à plusieurs autres intervenants nationaux et même étrangers.

Tout au long de la filière (capture, mareyage et transformation ) apparaissent des


contraintes importantes qu’il faudrait lever afin de permettre une exploitation judicieuse des
énormes ressources et potentialités.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
3.3.1.1 La production

• Situation

Tableau 12 EVOLUTION DE L’ARMEMENT ET DES MISES A TERRE

Année Nbre de Nbre de Mise à terre Valeur


pirogues pêcheurs (Tonnes) (en millions)
1995 2 800 15 000 37 958 8 631
1996 3 150 15 500 39 334 6 167
1997 2 819 16 000 30 079 6 136
Source : Service Régional des pêches.

Avec une moyenne de 35 000 tonnes/an, la région occupe le 2ème rang après
Thiès pour les débarquements de la pêche artisanale sénégalaise.

Elle doit ces résultats à un effectif de pêcheurs artisanaux parmi les plus
importants du pays disposant d’une solide formation de marin acquise au contact de
la barre.

La région a atteint des mises à terre de 39 000 tonnes pour une valeur
commerciale de 6,2 milliards en 1996. Elle connaît, depuis lors, une baisse dans
l’évolution des débarquements.

Les perturbations enregistrées s’expliquent par la fermeture brusque de la


frontière mauritanienne à partir de novembre 1996 qui a occasionné :
- la saisie régulière des équipements des pêcheurs saint-louisiens ;
- la perte de zones traditionnelles de pêche (situées en Mauritanie) ;
- le déplacement et l’installation de nombreux pêcheurs en Mauritanie ;
- la diminution de certaines espèces nobles à haute valeur marchande
dans les apports (mérous, dorades, pageots, langoustes etc.).

La pêche artisanale, seul type d’activité menée à Saint-Louis, se pratique


avec des techniques variées : pêche à la ligne, aux filets maillants, aux casiers, à la
senne tournante etc.

La pêche de ramassage est pratiquée par les petites pirogues de ligne en


contrat avec des armateurs (des bateaux industriels coréens et portugais) le long des
côtes d’Afrique Occidentale et Centrale. La formule occupe environ 2 000 pêcheurs
utilisant près de 400 pirogues pour des revenus évalués à 2 milliards de francs CFA
par an environ.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
La pêche industrielle, quant à elle, est absente, bien que la ville dispose d’un
port construit depuis 20 ans mais inopérationnel du fait des difficultés de
franchissement de la barre au niveau de l’embouchure.

• Les contraintes

Les principales contraintes sont :


- la position frontalière de Saint-Louis qui est à la fois un atout et une
contrainte. C’est un atout du fait de la possibilité de débordements des
activités de pêche dans les riches eaux territoriales mauritaniennes mais
aussi un handicap comme c’est le cas actuellement en l’absence d’accord
de pêche avec ce pays ;
- les limites de la pêche piroguière pour l’exploitation des zones situées un
peu au large (fond de 200 m et plus) et les difficiles conditions de vie à
bord de ces pirogues ;
- le manque de formation des pêcheurs pour l’utilisation de nouvelles
techniques de pêche et d’outils modernes d’aide à la navigation et à la
pêche ;
- les problèmes d’acquisition et de renouvellement de matériels dus à un
mauvais fonctionnement du système de crédit. La CNCAS a pourtant
injecté dans le secteur environ 600 millions de francs CFA de 1989 à
1991 ; mais présentement le dispositif fonctionne de manière peu
satisfaisante faute d’un bon remboursement des dettes ;
- la présence de la barre qui occasionne de fréquents accidents avec de
temps en temps des pertes en vies humaines (une vingtaine par an). A
cause de ce phénomène très fréquent dans la zone (9 mois sur 12), on
enregistre des pertes de temps énormes dans les opérations de
déchargement de sardinelles et des pertes de jours de travail quand la
barre devient tout simplement infranchissable ;
- les dégâts sur les matériels de pêche (engins de pêche) causés par les
bateaux industriels dans la zone de cohabitation des pêches industrielle et
artisanale (au-delà des six miles) ;
- l’absence d’une pêche industrielle ou semi-industrielle qui aurait permis
une meilleure diversification des ressources exploitées avec une utilisation
de techniques de pêche appropriées et la possibilité d’aller plus au large en
toute sécurité.
- l’absence de sécurité en mer et à bord des pirogues liée principalement à
un problème de manque d’équipements dans les pirogues (feux de
signalisation, gilets de sauvetage, radio etc.) et d’absence de formation des
capitaines de pirogues.
- l’exiguïté du débarcadère des pélagiques et son éclairage insuffisant
entraînant des accidents fréquents lors des opérations de débarquements.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
3.3.1.2 Le mareyage

Il constitue une activité très importante et bénéficie dans la région de


conditions très favorables avec une production étalée dans le temps (9 mois), la
qualité des sardinelles débarquées (grande taille) qui sont très recherchées par les
consommateurs sénégalais et l’importance des espèces d’exportation dans les
apports.

Destiné initialement à la satisfaction de la demande locale de la ville, le


mareyage a été l'apanage exclusif des femmes de Guet NDar. Par la suite, de
nouvelles destinations ont été ouvertes : les autres régions du pays et l'axe du Fouta
avec le déclin de la pêche continentale, ce qui a entraîné la présence de nouveaux
acteurs non originaires de la ville.

L'ouverture de l'aéroport de Saint-Louis offre désormais d’intéressantes


opportunités d'exportation vers l’Europe.

• Situation

Environ 80 à 90% des apports font l’objet d’une distribution en frais appelée
communément mareyage. Le reste est destiné à la transformation artisanale.

La région de Saint-Louis compte environ 400 mareyeurs locaux de


différentes catégories comprenant :

- des mareyeurs à long rayon d’action (> 100 Km), femmes et


hommes,

- des mareyeurs des villes proches de Saint-Louis (axe Saint-Louis /


Rosso et axe Saint-Louis / Louga ), femmes et hommes ;

- des mareyeurs grossistes de plage (femmes pour la plupart) ;

- des micro mareyeuses pour la distribution de détails (femmes


exclusivement).

A côté du mareyage national, la ville de Saint-Louis compte également


trois entreprises agréées pour le mareyage d’exportation (Cofrinord, Delta-fish et
Etablissement Sidy DIEYE) et une quatrième en cours de finition (MFK Export).
Présentement, l’usine de Cofrinord est à l’arrêt pour rénovation de ses installations.
De 1995 à nos jours, elles ont eu à exporter environ 300 tonnes de produits frais à
destination de l’Europe à partir de l’aéroport de Saint-Louis.

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Tableau 13 EVOLUTION DES QUANTITES MAREYEES (TONNES )

Année 1995 1996 1997

Mises à terre 37 958 39 334 30 079


Mareyage 30 626 35 009 26 553
Taux 81 % 89 % 88 %
Source : Service Régional des pêches de Saint-Louis

Le gros du mareyage (80 %) est constitué par la sardinelle mareyée dans


toutes les directions et en particulier dans les zones rurales et les agglomérations
moyennes.

Les autres espèces pélagiques (tassergals, carangidae, otoliths etc..) et les


espèces d’exportation se partagent presque équitablement le reste du mareyage, avec
environ 10 % des quantités mareyées pour chaque catégorie de poissons.

Tableau 14 QUANTITES MAREYEES SELON LA DESTINATION EN 1997

Région Tonnage % Région Tonnage %


Dakar 6 073 23 Fatick 00 00
Thiès 1 241 5 Kaolack 227 0,85
Saint-Louis 14 288 53,8 Louga 1 501 5,5
Ziguinchor 76 0,3 Diourbel 2 663 10
Tambacounda 330 1 Kolda 14 0,05
Exportations 140 0,5

TOTAL 26.553 100


Source : Service Régional des Pêches

Les tonnages distribués en frais vont pour 50 % environ dans la Région ;


Saint-Louis et ses environs se taillent la grosse part en absorbant la moitié.

Toutes les régions, à l’exception de Fatick, accueillent directement du poisson


en provenance de Saint-Louis. La région de Dakar reçoit la grosse quantité, pour la
consommation des ménages ou comme matières premières des usines de traitement.

• Contraintes

Malgré la bonne tenue du mareyage dans la région, ce dernier souffre des


contraintes dues à :

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
- l’absence de centres de mareyage correctement aménagés. Les normes
d’hygiène et de salubrité ne sont pas respectées et cette situation se
prolonge sur toute la chaîne de distribution (marchés de villes et villages) ;
- la pénurie de glace alimentaire, au moment de certaines fortes productions
coïncidant avec la période de chaleur. Quatre fabriques de glace
produisent environ 50 t/jour pour une demande estimée à plus de 100
t/jour ;
- l’absence d’infrastructures de froid (stockage) bien localisées et bien
dimensionnées pour réguler l’offre et améliorer la qualité des produits
distribués tout au long de la chaîne ;
- les difficultés d’accès au crédit.

3.3.1.3 La transformation

• Situation

Saint-Louis est traditionnellement un important centre de transformation


artisanale de poissons. L’activité a accompagné la production halieutique depuis ses
débuts et a beaucoup contribué à sa croissance avec l’absorption des surplus et des
produits destinés uniquement à la transformation. Elle reste encore la chasse gardée
des femmes (environ 800 actives). Quelques hommes y travaillent en qualité
d’ouvriers payés à la tâche.

La disponibilité de la matière première toute l’année et l’existence d’un


important marché (national et étranger) sont les principaux atouts de l’activité.

Tableau 15 SITUATION DES PRODUITS TRANSFORMES EN 1997

Désignation Quantités %
(tonnes)
Guedj 191 17
Tambadiang 50 4
Kethiakh 341 30
Sali 541 48
Yet 35 0,4
Aileron de requins 65 0,6

TOTAL 1 133 100


Source : Service Régional des Pêches,1997.

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Les principaux produits sont le tambadiang, le guedj, le kéthiakh et le sali.
Les trois premiers produits sont en priorité destinés au marché national, tandis que le
“ Sali ” est entièrement exporté vers des pays d’Afrique (Ghana, Côte d’Ivoire,
Afrique Centrale).

La région produit en petites quantités des crevettes séchées, du “ Yet ” et


des ailerons de requins.

• Contraintes

Les principales contraintes dans ce secteur sont relatives aux conditions de travail
dans les différents sites. Ce sont :

- le faible niveau d’aménagement des aires de transformation avec des


conditions d’hygiène et de sécurité précaires;
- l’insuffisance ou l’absence de certains équipements (claies de
séchage, bacs de salage, fours de fumage etc.) ;
- la saturation des aires de transformation de Guet-Ndar (Sine) ;
- le caractère traditionnel des techniques de transformation etc.

3.3.2 La pêche continentale

La région de Saint-Louis, avec les eaux du fleuve et du lac de Guiers, ses


marigots et ses mares temporaires (600 000 ha au moins), a toujours été favorable au
développement des ressources halieutiques.

Ces potentialités ont d’ailleurs longtemps permis d’entretenir une intense


activité de pêche qui, non seulement, générait des revenus importants pour les
opérateurs, mais contribuait aussi de façon appréciable à l’autosuffisance alimentaire
des populations locales.

Par la suite, le déficit pluviométrique qui s’est traduit par la restriction des
plans d’eau, l’augmentation de la salinité et la dégradation du couvert végétal a
entraîné une baisse générale du potentiel halieutique durant ces dernières décennies.

En outre, la mise en service des barrages a fini de perturber de façon


irréversible les écosystèmes de la zone fluvio-maritime et du domaine continental.

La pêche continentale est caractérisée aujourd’hui par :

- la baisse des productions exploitées qui sont passées de 25 000


tonnes en 1975 à 9 000 en 1985, avant de se stabiliser autour de
10 000 tonnes ces dix dernières années ;
- la paupérisation des familles de pêcheurs (baisse de revenus, non-
renouvellement des engins et des moyens de production ) ;

____________________________________________________________________________________ 54
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
- l’exode des pêcheurs vers d’autres zones de pêche, la
reconversion ou l’abandon total de l’activité de pêche ; le nombre
de pêcheurs gravite autour de 5000 en 1999 contre 10 000 en
1974 ;
- le déclin de la quasi-totalité des coopératives de pêche qui ne
bénéficient d’aucun appui.
De plus, les séquelles issues du conflit sénégalo-mauritanien restent un
facteur de blocage non négligeable à l’accès aux ressources de la rive droite.
L’encadrement de la pêche continentale souffre d’une insuffisance
chronique de moyens et aussi de problèmes de coordination des différents services
intervenant dans ce domaine.
Malgré son aspect rudimentaire, la pêche continentale peut à nouveau
constituer une alternative aux activités agricoles surtout pour les populations des
villages environnants du Lac de Guiers qui gardent encore les souvenirs des beaux
jours.
3.3.3 La pisciculture
Les pertes pour certaines zones en matière de productivité peuvent être
compensées par la pisciculture.

Introduite en 1979, cette activité était menée par la station piscicole de


Richard-Toll sur financement américain. Mais le projet a pris fin en 1989.
Cependant l’activité se poursuit par le service forestier.

A Matam, la SAED a démarré, depuis 1987, un projet de pisciculture en vue


d’intégrer l’activité dans les aménagements hydro-agricoles. Les résultats obtenus sont
positifs et méritent d’être vulgarisés.

La pêche continentale a beaucoup régressé durant les années de sécheresse,


entraînant la migration de pêcheurs et la disparition de coopératives et autres
organisations traditionnelles de pêche. Quant à la pisciculture, après l'échec du
projet américain, seules quelques expériences isolées subsistent, notamment au
niveau du projet Matam III, de la station de Richard-Toll et à Maraye près de Diama
(ferme privée).

3.4. EXPLOITATION FORESTIERE


Jusqu'à une date récente, la région de Saint-Louis produisait une gamme
importante et variée de produits forestiers qui ont alimenté un commerce dynamique
et prospère tant au plan interne qu’externe.

Les effets des années de sécheresse, conjugués à l’exploitation anarchique et


abusive, ont entraîné une réduction progressive des productions.

Cependant, on note une légère reprise de la production depuis quelques


années, sauf pour le charbon de bois dont l’exploitation est interdite depuis 1991.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Les principaux produits exploités sont le charbon de bois, le bois de chauffe,
les produits de cueillette (gomme arabique, fruits divers, feuilles, écorces et
racines).

3.4.1 Charbon de bois et bois de chauffe


Tableau 16 EVOLUTION DES TONNAGES

Année Charbon (Qx) Bois mort (St)


1993 52 148 1 170
1994 43 123 1 211
1995 48 808 1 920
1996 38 084 1 615
1997 35 554 1 435
Source : IREF.
Jusqu’à la campagne 1987-88, la région de Saint-Louis ravitaillait les régions
de Dakar et de Thiès en charbon de bois et en bois mort. En 1988-89 le quota de
charbon de bois servait uniquement pour les besoins de la région. Depuis 1991-92,
l’exploitation du charbon de bois est fermée dans toute la région, maintenant
ravitaillée par les régions de Tambacounda et de Kolda et quelques défrichements.

Aujourd’hui, la production locale, très insuffisante par rapport à la


consommation, provient des défrichements.

Par ailleurs, l’activité de plantation forestière se développe un peu partout,


pour la production du bois d’œuvre et de service.

3.4.2 Gomme arabique

Jadis moteur de l’activité économique régionale, la gomme arabique a


longtemps fait l’objet d’échanges importants le long de l’axe fluvial.

Aujourd’hui, la production gommière a connu une forte chute en volume et


mobilise de moins en moins d’actifs ; elle arrive difficilement à satisfaire la
demande nationale et ne permet plus d’alimenter les exportations.
Tableau 17 EVOLUTION DES TONNAGES

Année Tonnage
1992 13,2
1993 13,5
1994 9,9
1995 102,3
1996 79,6
1997 18,4
Source : IREF.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
3.5. INDUSTRIE ET PMI/PME

Le tissu industriel de la région de Saint-Louis se caractérise par sa faiblesse


et sa mauvaise répartition géographique.

Sans la présence de la CSS (une des plus grandes entreprises du pays), il


aurait été presque impropre de parler d’industries pour la région. On compte en plus
la SOCAS, la SNTI (en arrêt temporaire) et quelques PMI-PME.

Les entreprises de la région sont, en général, insérées dans le complexe


primaire ; les autres opportunités, comme les phosphates de Matam souffrent encore
de l’absence de promoteurs fiables.

3.5.1 Situation du secteur

Un inventaire des unités industrielles délimite la région en deux parties :

- la zone du Delta où sont concentrées la quasi-totalité des industries :


CSS, SOCAS, SNTI et la majorité des PME / PMI ;

- le reste de la région qui ne compte que quelques rares PME/PMI.

Exceptée IDIS qui est concernée par la fabrication de tuyaux PVC, toutes
les grandes entreprises industrielles sont du domaine agroalimentaire. Les branches
les plus représentatives sont :

- l’agro-industrie avec la CSS (qui fait travailler quelque 8 000 employés


pour une masse salariale de 11 milliards de francs ), la SOCAS, la SNTI
et quelques rizeries ;

- les agro-services : fourniture d’intrants, maintenance des aménagements,


pratique des façons culturales, etc.;

- les industries alimentaires : boulangeries, fabriques de glace.. ;

- les BTP;

- les entreprises du bois;

- les textiles et confection;

- les services etc.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Tableau 18 REPARTITION DE QUELQUES TYPES D’ENTREPRISES EN 1997

TYPOLOGIE DAGANA PODOR MATAM REGION


Agro- industries 03 00 00 03
Rizeries 26 01 00 27
Agro-services 32 00 00 32
Alimentaires 40 02 07 49
Entreprise de bois 10 03 01 14
BTP 37 3 5 45
Grandes surfaces 05 00 02 07
Garage mécanique 05 02 01 08
Transport 01 00 00 01
Librairies 07 00 00 07
Maintenance informatique 02 00 00 02
Imprimerie 05 01 02 08
Stations d’essence 17 05 04 26
Pharmacies 17 05 05 27
Hôtels 13 02 01 16
Auberges et campements 16 02 01 19
Congélation 05 00 00 05
TOTAL 241 26 29 296
Pourcentage 81% 9% 10% 100 %
Source : Service régional de la Statistique,1997.

La concentration des PME dans le département de Dagana ( 81 %) et


surtout dans la zone du Delta, s’explique par la valorisation des produits agricoles (
canne, tomate, riz paddy) qui offrent des potentiels de transformation industrielle et
semi industrielle. En outre, le secteur bénéficie d’un environnement favorable avec
le vide créé par le désengagement de la SAED dans les domaines du service
agricole, des aménagements et du BTP.

Cependant, la plupart de ces PMI/PME tournent en deçà de leur capacité, si


elles ne sont pas en arrêt.

Le domaine industriel (SODISA) de Saint-Louis, qui concentre treize (13)


entreprises, connaît en plus de ses insuffisances en ressources humaines et
matérielles, des difficultés liées au caractère hybride de sa forme de structure. Cela
atténue les possibilités d’accroître ses redevances pour son fonctionnement et les
possibilités de servir d’autres zones telles que Podor, Matam, Dagana, etc.

Etant donné qu’elle ne bénéficie d’aucun soutien financier des pouvoirs


publics, le domaine industriel est contraint à une mutation profonde par un
élargissement de ses prérogatives.

____________________________________________________________________________________ 58
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
3.5.2 Contraintes
Elles se situent à plusieurs niveaux dont :
- les difficultés d’accès au crédit ;
- l’absence d’une véritable structure régionale de promotion des
investissements ;
- la disproportion des besoins d’encadrement et des moyens existants;
- le faible niveau d’information sur les potentialités industrielles ;
- la faiblesse de la surface financière des promoteurs locaux ;
- l’absence d’encadrement et de formation des promoteurs ;
- le faible niveau d’incitation industrielle en direction de la région ;
- les difficultés d’approvisionnement en matières premières ;
- le coût encore élevé des facteurs de production ;
- le potentiel encore limité de la fourniture locale d’énergie électrique;
- l’absence d’un cadre institutionnel spécifique de gestion stratégique
du développement industriel.

3.6. EXPLOITATION MINIERE


La principale richesse minière de la région est constituée par un important
gisement de phosphates localisé dans le département de Matam dont les réserves
sont évaluées à 36 millions de tonnes.

Ce gisement est peu profond et de très bonne qualité. Le capital nécessaire à


son exploitation a été évalué à près de 200 milliards de francs CFA en 1998 par des
investisseurs indiens.
Par ailleurs, la région dispose d’autres potentialités relatives aux matériaux
composés de calcaire, de graviers, de sables et de dépôts coquilliers. Ils sont présents
dans tous les départements et en grande quantité.
Il a été aussi identifié à Sanar dans le département de Dagana, des indices
sérieux de gypse (pour la fabrication de ciment).
Les contraintes d’ordre financier et l’inexistence d’infrastructures adéquates
de transport constituent les obstacles à la valorisation du phosphate.
Toutefois, les perspectives agricoles et pastorales de la région ainsi que les
opportunités offertes avec la mise en œuvre du barrage de Manantali qui garantit la
navigabilité du fleuve et la production d’énergie électrique, restent des atouts
certains pour des investisseurs locaux et étrangers.

Quant aux autres ressources minières, elles font actuellement l’objet d’une
exploitation anarchique et parfois clandestine. Par ailleurs, les communautés rurales

____________________________________________________________________________________ 59
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
déplorent non seulement l’absence de retombées financières sur leurs budgets mais
encore les impacts néfastes sur l’environnement.

3.7. ARTISANAT

La région de Saint-Louis garde une longue tradition dans le domaine de


l’artisanat avec comme spécificités régionales : la teinture, la poterie et la fabrication
de nattes.

De plus, l’essor des activités agricoles, de la pêche et du tourisme offre au


secteur des opportunités réelles de développement.

L’artisanat de production est dominant dans la région ; l’artisanat d’art et


l’artisanat de service connaissent toutefois un certain essor avec le développement
des activités économiques notamment l’agriculture et le tourisme.

Ce secteur très dynamique et générateur d’emplois mobilise une part


importante de la population active, surtout les femmes et les jeunes.

Son faible niveau de structuration et l’insuffisance des appuis à sa


promotion réduisent considérablement sa contribution à l’économie régionale,
malgré les importantes potentialités.

3.7.1 Situation

En 1990, le Recensement National des Artisans estimait les entreprises à


5 594 avec une population de 11 831 actifs dont seuls 9 % inscrits à la Chambre
des Métiers de Saint-Louis.

Ces chiffres sont sûrement en deçà de la réalité actuelle, compte tenu du


dynamisme que le secteur a connu ces derniers temps et du soutien essentiel qu’il
apporte à l’ensemble des activités.

L’artisanat de production demeure le plus représentatif des corps de métiers


(59 %) : les principales activités sont la maçonnerie, la menuiserie, la couture-
confection ; il est suivi du service (26 %) où dominent les activités de mécanique et
d’électricité ; L’artisanat d’art occupe le reste (15 % ).

La répartition géographique démontre une forte concentration des


entreprises a dans le département de Dagana (près de 75 %). Cette répartition est
également caractérisée par une concentration dans le Walo au détriment du Diéri.

Ces déséquilibres se justifient par l’importance dans ces localités d’activités


économiques motrices capables d’entraîner le développement de l’artisanat de
production et de service.

____________________________________________________________________________________ 60
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
On note une forte présence des femmes représentant près de 45 % des
effectifs du secteur. Elles sont largement majoritaires dans la coiffure, la poterie, la
teinture, la couture, le tissage des nattes et la transformation des produits
halieutiques et agricoles.
Cependant, ces créneaux sont de faible valeur ajoutée ou très peu
rémunérateurs ; ce qui explique en partie la pauvreté relative des femmes-artisans.

Sur le plan des infrastructures, seule la commune de Saint-Louis dispose


d’un village artisanal au demeurant vétuste, mal équipé et incapable de faire la
promotion de l’artisanat régional.

Des centres de formation professionnelle, plus ou moins fonctionnels, sont


présents dans tous les départements ; on dénombre ainsi :

- le CRFP à Saint-Louis ;
- le CDFP de Richard-Toll ;
- le CDFP de Podor ;
- le Centre de Formation Artisanal de Ogo;
- les Centres Régional et Départementaux d’Enseignement Technique
Féminin ;
- le Centre de Formation de Mbane etc.

Dans le cadre de la formation, la Chambre de Métiers a bénéficié de l’appui


de partenaires comme la Fondation Friedrich Ebert, l’Office National de Formation
Professionnelle, le PAMECAS.

Au plan du crédit, les possibilités offertes aux artisans restent encore


insuffisantes. Les structures de financement classiques sont difficilement
accessibles.

Concernant la ligne de crédit BOAD initiée en 1996 par les pouvoirs


publics, les contraintes de procédure qu’elle connaît actuellement ont grandement
réduit les résultats escomptés et déçu tous les espoirs des artisans. Sur une enveloppe
nationale d’environ 3 milliards de francs, la Région de Saint-Louis n’a pu
bénéficier que de 41 274 000 F au profit de trente et un (31) artisans seulement.

La Caisse d’Epargne et de Crédit des Artisans de Saint-Louis (CECAS),


structure financière mutualiste, connaît un impact encore limité en raison de la
faiblesse de ses moyens.

3.7.2 Contraintes

L’activité artisanale rencontre des difficultés diverses qui freinent son


essor malgré les atouts du secteur. Il s’agit :
- de la faible capacité d’organisation des artisans qui se traduit par
l’insuffisance des inscriptions à la chambre des métiers;

____________________________________________________________________________________ 61
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
- de l’attentisme et de la faible capacité d’initiative des artisans ;
- des difficultés d’accès au crédit décriées par la quasi totalité des artisans
malgré l’existence d’une ligne de crédit BOAD;
- du faible niveau d’équipement des artisans qui réduit fortement leur
productivité ;
- des difficultés d’approvisionnement en matières premières, liées à
l’absence de centre local d’approvisionnement, Dakar restant le principal
fournisseur ;
- des problèmes d’écoulement des produits du fait de la faiblesse des
marchés locaux, de l’enclavement de certaines zones de production et de
la concurrence des produits importés ;
- de l’inexistence d’un programme adapté de formation et de
perfectionnement des artisans ;
- des obstacles à l’accès aux marchés publics ;
- de la situation dégradée et peu attractive du village artisanal ;
- de l’absence d’espace réservé aux activités artisanales dans les communes.

3.8. TOURISME

Avec une situation géographique favorable, un passé prestigieux et des


espaces naturels préservés, la région de Saint-Louis dispose d’atouts considérables
pouvant valablement entretenir un développement touristique soutenu.

Au regard des infrastructures d’accueil et des résultats obtenus, la région se


positionne actuellement comme la quatrième destination touristique du pays après
Dakar, la Petite Côte et la Basse Casamance.

3.8.1 Situation du secteur

L’essor de l’activité touristique s’appuie sur des ressources et potentialités


diverses permettant - cas unique au Sénégal - le développement de toutes les formes
de tourisme :

- une frange maritime avec des plages de sable fin et un fleuve navigable
permettant un tourisme balnéaire et de croisière ;

- deux parcs nationaux dont le Djoudj mondialement connu et une réserve


de faune accueillant des oiseaux migrateurs et espèces en voie de
disparition, favorisant un tourisme de vision ;

- un patrimoine historique et architectural traditionnel et colonial d’une


valeur inestimable (l’île de Saint-Louis postule au rang de patrimoine
mondial de l’humanité), des traditions et mode de vie singuliers
permettant un tourisme de découverte et d’imprégnation culturelle ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
- un aéroport international nouvellement réaménagé permettant des
liaisons directes avec les autres continents et l’atterrissage de moyens
porteurs etc.

3.8.1.1- Infrastructures hôtelières

Tableau 19 EVOLUTION DES CAPACITES D’ACCUEIL DANS LA REGION

Désignation 1990 1993 1996 1997 1998

Nombre d’établissements 9 14 26 30 32
Nombre de chambres 188 256 450 500 534
Nombre de lits 364 452 1 000 1171 1247
Source : Service Régional du Tourisme.

Depuis 1990, l’activité touristique a connu un développement continu. On


constate en 1996 un bond important correspondant à un dédoublement des capacités
d’accueil. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ces performances dont la politique de
mise en valeur des potentialités qui s’est traduite par la diversification des types
d’établissements.

Ainsi, les capacités d’hébergement sont en hausse régulière : 11,5 % en


moyenne annuelle pour les lits et 10 % pour les chambres de 1991 à 1998.

Il faut signaler que ces progrès ont été soutenus par une forte action de
promotion de la destination par les autorités de tutelle et par les professionnels du
secteur regroupés au sein d’une structure dynamique, le Syndicat d’Initiative.

3.8.1.2 - Dynamique de l’activité


Tableau 20 EVOLUTION DES ACTIVITES TOURISTIQUES DE 1990 A 1997

DESIGNATION 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997

Arrivées globales 14 864 14 342 20 193 22 719 24 654 27 119 33 001


Nuitées globales 23 865 22 703 35 854 45 076 52 326 62 791 82 502
Taux d’occupation 28,7 24,9 21,7 27,3 31,7 38,1 41,9
Durée de Séjour 1,61 1,58 1,78 1,98 2,12 2,32 2,5
Source : Service Régional du Tourisme.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Le renforcement des structures d’accueil a permis d’améliorer les arrivées et
les nuitées qui ont progressé respectivement de 6 et 11% en moyenne annuelle de
1993 à 1996. Dans la même période, la durée du séjour n’a cessé de s’allonger et a
atteint 2,5 en 1997.

Depuis la dévaluation intervenue en 1994, le taux d’occupation varie entre 30


et 40 % dépassant légèrement le niveau national en raison de la saisonnalité moins
marquée à Saint-Louis et de la diversité des types de tourisme.

Il convient cependant de noter que l’essentiel de l’activité touristique est


circonscrit dans la commune de Saint-Louis et environs où se concentrent plus de
90% de la capacité hôtelière, les autres réceptifs sont éparpillés majoritairement dans
le reste du département de Dagana et faiblement à Podor et Matam qui comptent
chacun moins de quatre réceptifs.

En 1996, le secteur a généré des recettes de l’ordre de 3 à 4 milliards de F


CFA avec un total de 275 emplois directs. Il aura surtout impulsé à l’échelle
régionale de multiples activités connexes : pêche, élevage, agriculture, transport,
commerce, BTP, artisanat mais aussi restaurants, bars, cafés et dancings, galeries
d’art particulièrement visibles dans l’île de Saint-Louis.

La destination Saint-Louis attire principalement des Européens dont une


grande majorité de Français, de plus en plus d’Espagnols et d’Africains-Américains.
La Commune de Saint-Louis devient peu à peu une ville de conférences et de
rencontres internationales.

3.8.2 Contraintes

Le secteur du tourisme régional est certes en essor mais il a du mal à atteindre


les performances qu’autorisent ses atouts et potentialités et cela, en raison de
multiples contraintes :
- l’absence d’un plan d’aménagement touristique régional ;
- l’inexistence de protection des sites et monuments historiques ;
- la faiblesse des moyens de protection des espaces naturels ;
- la faiblesse des investissements publics et le caractère transitaire du
tourisme régional ;
- la faible professionnalisation des personnels hôteliers ;
- l’insuffisante valorisation des sites de l’intérieur et des cultures locales
traditionnelles ;
- la dégradation continue du patrimoine bâti notamment du patrimoine
colonial ;
- l’enclavement de certaines zones touristiques ;
- les problèmes de navigabilité du fleuve ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
- la dégradation de l’environnement touristique : insalubrité des cadres de
vie, insécurité, pollution,
- le manque de coordination entre les intervenants ( ministères,
professionnels ...)

3.9. COMMERCE

La diversité et l’importance des produits de l’agriculture, de l’élevage, de la


pêche, de l’exploitation forestière et de l’artisanat sous-tendent le développement du
commerce informel régional.

C’est une activité très importante qui se développe tant au niveau des
centres urbains qu’au niveau du monde rural. Il occupe surtout les jeunes et les
femmes et constitue une alternative pour la création d’emplois et participe pour plus
de 20% au produit local brut régional.

Le commerce de gros et de demi-gros, qui reste l’affaire des grands centres


urbains, cherche ses marques dans l’économie locale.

Les inégalités dans la répartition des infrastructures routières et commerciales entre


la zone Walo et la zone Diéri expliquent les différences de dynamisme notées dans
l’activité.

3.9.1 Situation

La typologie des activités commerciales fait ressortir une nette domination du


commerce informel sur le commerce structuré dit moderne, du point de vue de son
dynamisme et du nombre d’acteurs qui l’exercent.

Tableau 21 SITUATION DES INFRASTRUCTURES COMMERCIALES

Désignation Commune Reste Podor Matam Région


St. Louis Dagana
Grossistes et / ou ½ Grossistes 20 5 3 20 48
Détaillants (déclarés) 450 250 300 700 1700

Marchés traditionnels 3 4 13 4 24
Marchés hebdomadaires - 9 16 7 32
Source : Service Régional du Commerce, 1998.

Le commerce de détail est de loin le plus représentatif avec plus de 95 % des


acteurs. Les grossistes environ 5% sont installés dans les centres urbains notamment
dans les communes de Saint-Louis, Richard-Toll et Ourossogui qui servent de relais
pour l’approvisionnement et la distribution.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
La faible proportion des grossistes traduit une forte polarisation de Dakar qui
reste le centre principal d’approvisionnement du commerce de détail.

On note dans le secteur une présence remarquée des femmes et des


jeunes ainsi que des ressortissants des autres régions du pays ( Louga, Diourbel,
Thiès…) et de la Mauritanie.

Concernant les équipements, on dénombre plusieurs types allant des


boutiques de quartiers aux marchés traditionnels.

Les marchés traditionnels, actuellement au nombre de 24, sont complétés


voire concurrencés par les marchés hebdomadaires communément appelés
“ Louma ” qui ont connu un développement vertigineux ces dernières années, du fait
des possibilités qu’ils offrent pour les échanges de produits en provenance de zones
économiques complémentaires et de leur importance dans le développement de
l’économie locale.

Les produits commercialisés sont très diversifiés. Ils sont constitués en


grande partie de denrées de première nécessité, de produits locaux et extérieurs.

L’importance des produits halieutiques, du riz et des produits de cueillette


exploités dans le Diéri (jujube, gomme arabique etc.) singularise la région dans la
commercialisation de ces types de produits tant à l’intérieur de la région que vers
les autres marchés du pays.

Le développement du trafic routier et la demande croissante en carburant et


lubrifiant pour l’agriculture irriguée ont suscité l’ouverture de nombreuses stations
d’essence le long de la route nationale.

Les boulangeries et les pharmacies ont également suivi la même tendance de


progression.

3.9.2 Contraintes de l’activité Commerciale

Les contraintes du secteur sont multiples ; on peut relever :


- la faiblesse des moyens du service régional du Commerce qui ne permet
pas un contrôle de qualité des produits commercialisés dans la région ;
- le désordre du secteur informel qui se traduit par une occupation
anarchique de l’espace, particulièrement au niveau des centres urbains :
communes de Saint-Louis, Richard-Toll et Ourossogui. Il engendre
également la difficulté de contrôle et de planification des activités
commerciales des communes ;
- l’étouffement du commerce légal par une concurrence de nature
informelle et frauduleuse. Les produits de contrebande inondent les

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
marchés de l’intérieur et restent plus intéressants pour les populations tant
du point de vue des prix que de leur accessibilité ;
- l’enclavement de certaines zones de production importantes notamment
le Walo et le haut Diéri qui rencontrent d’énormes difficultés pour
l’écoulement de leurs productions et l’approvisionnement en denrées
diverses ;
- l’absence d’infrastructures de conservation : dans aucun des marchés de la
région, en dehors de la commune de Saint-Louis, il n’existe
d’équipements de froid pour les produits périssables. On assiste
fréquemment à une succession de pénurie et de saturation de ces produits ;
- l’absence de foirail aménagé, malgré le potentiel pastoral très important
de la région ;
- l’insuffisance du financement pour le secteur : les organismes d’appui en la
matière ne se sont pas beaucoup investis dans l’activité commerciale,
particulièrement dans les départements de Matam et Podor. On peut noter
cependant quelques actions très limitées de la BICIS, de l’ACEP, du
COPARE, du PIP et de la CNCAS surtout dans le département de Dagana
ou dans les centres urbains ;
- le recouvrement très faible des taxes, surtout au niveau des marchés
ruraux ;
- l’insalubrité des marchés qui agit négativement sur la qualité des
produits ;
- l’absence de pôles secondaires de redistribution des produits
manufacturés.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
4. SECTEURS D’APPUI A LA PRODUCTION

4.1. HYDRAULIQUE RURALE ET AGRICOLE


4.1.1 Situation du secteur
4.1.1.1 Hydraulique rurale

Encore peu important jusqu’en 1981, le nombre de forages et puits-forages a


beaucoup évolué, passant de 103 ouvrages en 1981 à 258 en 1995, réduisant ainsi le
déficit à 25 %.

Dans le cadre du projet d’alimentation en eau (AEP), une adduction d’eau


potable a été réalisée à partir des forages de Ndiock SALL (région de Louga) ; ainsi
plusieurs localités de la zone sud-est de la région qui connaissaient auparavant
d’énormes difficultés d’alimentation en eau (ravitaillement par citerne à partir de
Saint-Louis) sont aujourd’hui desservies par ce réseau.

Le programme spécial hydraulique qui consiste à doter les localités-centres


d’un forage équipé a pu couvrir neuf (9) chefs lieux d’arrondissement sur onze (11),
vingt quatre (24) chefs lieux de communautés rurales sur vingt huit (28) et plusieurs
villages centres.

Actuellement, un programme en cours permet la prise en charge des localités


comme Gandon, Gaya et Mbane alors que pour Ross-Béthio, les études de faisabilité
se poursuivent dans le cadre d’un autre projet.

Par ailleurs, la région compte des centaines de puits hydrauliques dont


l’apport est capital dans l’alimentation en eau des populations et du bétail.

Cette situation qui traduit un taux de desserte de 61 % de la population


rurale régionale et une densité des ouvrages équipés de 1 forage / 50 km², cache
beaucoup de disparités dont une répartition très inégale des infrastructures et des
équipements. En effet, la densité est plutôt forte dans le proche Walo et le bas Diéri
appelé aussi “zone route” alors qu’elle reste faible dans le haut Diéri et dans le Ferlo
où les populations rencontrent des difficultés considérables d’accès à l’eau.

Dans certaines zones du Walo, l’eau du fleuve est directement utilisée dans
l’alimentation humaine ; ce qui ne manque pas de poser des problèmes d’hygiène et
de santé, entraînant la recrudescence d’affections telles que les maladies
diarrhéiques et la bilharziose.

4.1.1.2 Hydraulique agricole

Avec la mise en service des barrages de Manantali et de Diama, la région de


Saint-Louis dispose actuellement d’un potentiel de 180 000 ha de terres irrigables

____________________________________________________________________________________ 68
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
avec une possibilité de maîtrise complète de l’eau qui est maintenant disponible en
qualité et en quantité suffisante.

Seulement la situation actuelle au niveau des aménagements est caractérisée


par leur faiblesse, l’insuffisance des grands aménagements structurants et la
mauvaise qualité de certains aménagements.
Cette situation ne permet pas encore une utilisation optimale de la ressource.
Dans le Diéri, la non maîtrise de l’eau constitue une sérieuse contrainte à la mise en
valeur des terres disponibles. Les forages ne parviennent pas à satisfaire les besoins
agricoles.
4.1.2 Contraintes

Elles sont relatives à :


- l’absence d’une structure unique de gestion concertée de la ressource
eau ;
- l’absence d’un système adéquat de drainage des eaux ;
- l’existence des contraintes physiques (ensablement, enherbement,
sinuosité du tracé…) réduisant l’hydraulicité des axes ;
- la gestion, l’entretien et la maintenance des ouvrages hydrauliques ;
- la faiblesse des moyens dont disposent les structures techniques
chargées de l’entretien et de la maintenance des ouvrages ;
- la persistance des difficultés de fonctionnement des comités de gestion
des ouvrages hydrauliques paralysés entre autres par l’absence de
formation de leurs membres.

4.2. ENERGIE
4.2.1 Situation
Jusqu’en 1996, la région disposait de deux (02) centrales électriques
principales localisées à Saint-Louis et Ourossogui ayant respectivement des
capacités de production de 3 500 et 1 200 kW et de quatre (04) centrales secondaires
basées à Richard-Toll, Dagana, Podor et Ndioum.

Actuellement, seule la centrale de Ourossogui est fonctionnelle. Depuis la


mise en service du projet Basse Vallée qui prend sa source à la centrale thermique
du Cap des Biches, la région est alimentée par un réseau de 3 000 volts qui part de
Sakal jusqu’à Aéré Lao.

Cette situation a aussitôt entraîné d’une part la suppression des quatre (04)
centrales secondaires et leur connexion au réseau national et d’autre part la mise en
stand by de celle de Saint-Louis qui n’intervient dans le réseau qu’en cas de besoin.

Ce projet a aussi permis d’alimenter 13 stations de pompage et 3 usines.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Tableau 22 SITUATION DES LOCALITES CONNECTEES

Localités Abonnés
Zones Nombre % Nombre %

Saint-Louis 13 23,7 20 127 76,46


Richard-Toll 5 9,1 2 924 11,11
Dagana 2 3,6 1 421 5,40
TOTAL DAGANA 20 36,4 24 472 92,97
Podor 2 3,6 900 3,42
Ndioum 3 5,5 491 1,86
TOTAL PODOR 5 9,1 1 391 5,28
Matam et Ourossogui 30 54,5 460 1,75
TOTAL MATAM
30 54,5 460 1,75

TOTAL REGION 55 100 26 323 100

Source : SENELEC. 1998.

Présentement, toutes les communes et quelques gros villages disposent de


l’électricité. Au total cinquante cinq (55) localités sont électrifiées dont 30 à Matam,
20 à Dagana et 5 à Podor. Cela correspond à un nombre total de 23 000 ménages,
représentant un peu plus de 35 % de l’ensemble régional.

Malgré ces efforts, la couverture de la région en énergie électrique est encore


faible. Plusieurs gros villages du Walo et du Diéri, surtout dans le département de
Podor, vivent dans le noir.

L’énergie solaire qui ne sert actuellement que pour l’éclairage domestique est
modestement utilisée par quelques particuliers surtout dans les familles d’émigrés,
alors qu’elle pourrait constituer une alternative certaine à l’énergie électrique sous
condition de réduction du coût des équipements.

Il faut retenir en perspective, la disponibilité prochaine de l’énergie


hydroélectrique à partir du barrage de Manantali.

4.2.2 Contraintes

Elles sont diverses et tournent autour :


- de l’étendue de la région et de la dispersion des villages ;
- de la faible rentabilité des équipements et infrastructures du fait du coût
élevé du matériel électrique sur le marché ;
- du faible pouvoir d’achat des populations etc.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
La SENELEC dans le cadre de sa politique d’électrification rurale, a initié
deux importants projets qui sont :

- le projet " 3 000 + " qui consiste à alimenter en électricité tous les villages
de plus de 3 000 habitants, 5 villages de la Région sont concernés;

- le projet “ encadrement rural ” qui consiste à alléger les coûts des


installations domestiques pour les villageois, en regroupant les achats de
matériels et la main-d’œuvre auprès des privés par la SENELEC et sous la
supervision de celle-ci.

4.3. TRANSPORT

En raison de son étendue, de l’enclavement d’une bonne partie de son


espace, du potentiel de production agricole, la région de Saint-Louis connaît un
besoin considérable en matière de transport.

Elle a connu à travers le temps divers types et modes de transport.

A côté du transport routier qui assure l’essentiel du trafic, les transports


ferroviaires et fluvio-maritimes, jadis florissants, sont aujourd’hui presque
abandonnés. Par contre, le transport aérien connaît un essor avec l’extension de
l’aéroport de Saint-Louis désormais ouvert au trafic international et offrant de
bonnes perspectives au développement économique de la région.

4.3.1 Transport routier

C’est le mode de transport le plus développé et qui assure l’essentiel des


déplacements des personnes et des biens.

Cependant les conditions du transport routier sont très difficiles dans la


région. le parc automobile est vétuste et le réseau n’est pas dense. Ce dernier est
caractérisé par l’insuffisance des routes secondaires, des pistes de production et des
infrastructures de traversée.

4.3.1.1 Situation

• Le réseau

La Route Nationale N° 2 (ou Route du Diéri) traverse la région sur toute sa longueur
(593 km). C’est la principale voie de communication où sont ramifiés tous les principaux
axes secondaires. Elle est assez praticable et a été nouvellement réhabilitée sur le tronçon
Mpal / Saint-Louis (35 km) et Ourossogui / Bakel (116 km sur 142 km).

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Tableau 23 CARACTERISTIQUES DU RESEAU

DÉSIGNATION REVETUES NON REVETUES TOTAL


(KM) ( KM ) REGION
Routes Nationales 593 323 916
Routes Régionales 03 356 359
Routes Départementales 55 92 147
Voiries urbaines 17 00 17
Pistes Répertoriées 03 646 649
TOTAL 671 1 417 2 088
Source : Travaux Publics de Saint-Louis (1998).

Comparativement au niveau national, la région est relativement bien dotée en


infrastructures routières. En effet, le réseau régional long de quelques 2 088 km, correspond
à 14,7 % du réseau national.

Les routes revêtues (671 km) et non revêtues (1 417 km) représentent
respectivement 16% et 13 % de l’ensemble national.

Cependant, le réseau régional reste encore très insuffisant par rapport à


l’étendue de la région et à l’importance des zones de production. Il est en grande
majorité constitué de routes non revêtues (68 %) dont la plupart sont constamment
inondées en hivernage, surtout dans le Walo, entraînant l’isolement de plusieurs
localités.

• Le parc automobile régional


Il est très varié et se compose d’un peu plus de 5 000 véhicules en 1998 dont 50 %
de véhicules particuliers.

Tableau 24 SITUATION DU TRAFIC DE VOYAGEURS (85 % )

Taxis 7 /8 Places 14 Places Plus de 14 Total Véhicules


urbains Places Particuliers
933 518 155 207 1813 2592

Tableau 25 SITUATION DU TRANSPORT DE MARCHANDISES (15%)

Camionnettes Camions Semi-remorques Tracteurs Total Tracteurs


routiers Agricoles

253 185 161 140 739 40

Source : Service Régional des Transports de Saint-Louis, 1998.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Les moyens de transport les plus usités à l’échelle régionale et
départementale sont les taxis-brousse.

Dans les arrondissements, les camionnettes et les charrettes prennent la


relève à travers les pistes de production souvent peu carrossables.

A l’intérieur de la région, les conditions de transport des voyageurs suscitent


des inquiétudes liées à l’enclavement de certaines zones et à l’irrégularité du trafic.
Ainsi l’attente peut durer parfois des heures voire des jours et constitue ainsi un
motif de spéculation sur le prix du transport. Il s’y ajoute les surcharges,
l’entassement des personnes, du bétail et des marchandises.

La faiblesse du parc de transport de marchandises, conjuguée à


l’insuffisance des pistes en milieu rural, crée une situation d’offre inférieure à la
demande dans la plupart des zones, surtout pour le transport des intrants et des
productions agricoles. Ces difficultés d’évacuation des productions entraînent des
pertes importantes pour l’économie régionale.

4.3.1.2 Contraintes

Elles sont relatives à :

- l’insuffisance et au mauvais état des pistes dont la plupart sont immergées


en hivernage ;
- la faiblesse relative et la vétusté du parc ;
- la cherté du prix du transport intra-régional ;
- la rapidité du processus de dégradation des routes du fait de l’érosion par
les eaux de ruissellement et par l’incidence de camions dont le tonnage
dépasse la force portante des routes ;
- l’insuffisance des moyens d’entretien du réseau.

4.3.2 Transport ferroviaire

Très dynamique dans le passé, avec le transport des personnes et des


marchandises par des liaisons régulières Dakar - Saint-Louis, le transport ferroviaire
était un outil fondamental de développement économique.

Il est actuellement dans une léthargie suite à l’arrêt du trafic. Ses infrastructures
sont entrain de se détériorer, faute d’entretien, entraînant avec elles tout un patrimoine
architectural et culturel.

Avec les perspectives de valorisation des potentialités de l’agriculture, de la


pêche, du tourisme et surtout de l’exploitation des ressources minières, la reprise de
ce mode de transport est essentielle pour appuyer le développement de la région.

____________________________________________________________________________________ 73
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
4.3.3 Transport fluvio-maritime

4.3.3.1 Situation

Jadis florissant durant la période coloniale avec le transport des produits de traite,
le transport fluvio-maritime est devenu presque inexistant cette dernière décennie.

Depuis la fin des travaux du barrage de Diama, la navigation fluviale s’est réduite
au transport piroguier de produits et de personnes entre les deux rives.

L’existence d’infrastructures en état encore acceptable, notamment les quais


de Saint-Louis, Rosso, Richard-Toll et Podor, le port de pêche de Saint-Louis,
constitue une situation favorable pour la reprise des activités de ce type de transport.

La possibilité d’exploitation des immenses potentialités minières du


département de Matam et de l’agro-industrie sont entre autres des raisons
suffisantes pour relancer le transport fluvio-maritime.

Avec la mise en œuvre du volet Navigation de l’OMVS, il pourra alors


retrouver et même dépasser son élan d’antan. Ce sera tout un système d’échanges
inter-états qui se mettra en place par le développement du transport international,
régional et sous - régional, prémisse d’une intégration entre la Mauritanie, le Mali et
le Sénégal.

4.3.3.2 Contraintes

La situation actuelle de léthargie de la navigation fluvio-maritime est liée à


plusieurs facteurs :

- l’ensablement du chenal de navigation ;

- l’existence d’une barre au niveau de l’embouchure, dont le


franchissement constitue un danger permanent pour les navires ;

- la dégradation de certaines infrastructures portuaires (quais des escales


et port de Saint-Louis, etc.)

4.3.4 Transport Aérien

4.3.4.1 Situation

La région dispose d’un aéroport international à Saint-Louis et de trois


aérodromes à Richard-Toll, Podor et Ourossogui.

Ces trois aérodromes ont encore des pistes en latérite et sont très peu
fonctionnelles. Concernant, l’aéroport de Saint-Louis, il a été réhabilité et répond

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
aux normes internationales : allongement de la piste d’envol (1 900 m de long et 45
m de large), renforcement de la force portante avec une capacité d’accueil des
moyens porteurs (Boeing 747, Air bus 320 dont le tonnage avoisine 80 Tonnes) et
installation d’un réservoir de carburant d’une capacité de 100 000 litres.

Il est actuellement desservi par certaines compagnies européennes


notamment espagnoles. Mais le trafic n’a pas encore atteint le niveau escompté tant
pour les voyageurs que pour les marchandises.

Le trafic voyageur plus régulier avec une périodicité de 2 vols / semaine ne


transporte que quelques dizaines de passagers.

Le fret aérien est très peu développé et concerne principalement


l’exportation de poisson à destination de l’Europe. Mais cette activité est
aujourd’hui compromise par les difficultés que traversent les usines de traitement
(vétusté des équipements ).

Les quelques rares importations portent sur les produits cosmétiques et


appareils électroménagers affrétés depuis Las Palmas.

4.3.4.2 Contraintes

En plus de la faiblesse du trafic les contraintes sont relatives à :

- l’exiguïté de l’aérogare ;
- les problèmes d’insécurité liés à la divagation des animaux et
l’absence d’éclairage du tronçon de route reliant l’aéroport au centre-
ville de Saint-Louis ;
- les difficultés du transport inter urbain sur l’axe desservant l’aéroport.

4.4. TELECOMMUNICATIONS

Avec 688 km de fibre optique installée de Saint-Louis à Kidira et la


modernisation des infrastructures et équipements ces dernières années, les
télécommunications connaissent un développement assez remarquable dans la
région de Saint-Louis.
Toutefois, la couverture téléphonique est incomplète et de nombreuses
localités ne sont pas encore desservies par le réseau. En plus dans certaines zones,
la communication est souvent défectueuse.

4.4.1 Situation

La Région de Saint-Louis dispose présentement de 06 centraux


téléphoniques neufs d’une capacité de 7 392 lignes.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Tableau 26 SITUATION DES EQUIPEMENTS DE COMMUTATION, EN 1998

Localités Central Année de mise Capacité


en service disponible
Saint-Louis 01 1991 4 000
Richard-Toll 01 1993 1 040
Dagana 01 1993 478
Podor 01 1997 717
Matam 01 1997 917
Ourossogui 01 … 240
TOTAL 06 - 7 392
Source : Agence Régionale des Télécommunications, 1998.

Au 31 décembre 1998, le parc de lignes téléphoniques raccordées était


évalué à 5 889 lignes. Ce qui traduit dans l’ensemble une marge de progression
importante.

La région dispose en outre de 09 lignes télex ; elles ont connu une réduction
drastique du fait de l’impact du fax.

Au contraire les télécentres se sont multipliés très rapidement (plus de 700


en 1998) au point de connaître une saturation par endroit.

La téléphonie rurale est assurée à partir des quarante neuf (49) stations
munies de télécentres et de points phones (60) qui desservent les villages situés sur
un rayon de 5 km.

La couverture téléphonique est encore faible. La répartition des


infrastructures et équipements qui suivent la route nationale crée des disparités
importantes.

Par ailleurs, des problèmes réels d’accessibilité du téléphone persistent, se


traduisant par des saturations partielles dans certains quartiers en milieu urbain
d’une part, et, d’autre part par les contraintes liées à la dispersion des établissements
humains en milieu rural.

En plus, dans certaines localités, des perturbations constantes sont notées


dans le réseau.

4.4.2 Contraintes

Malgré ces efforts de modernisation des télécommunications entrepris ces


derniers temps par la SONATEL et la réduction des coûts d’accès au téléphone, le

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
développement des télécommunications dans la région se heurte à des contraintes
relatives à :

- la mauvaise répartition des infrastructures entre le Walo et le


Diéri d’une part et le Delta et la Vallée du fleuve d’autre part;

- la longueur assez importante des distances entre localités induisant très


souvent un effort d’investissement considérable ;

- la faiblesse des revenus des ménages et le coût encore élevé de la


communication téléphonique ne facilitant pas l’accès au téléphone
pour tous;

- la saturation relativement importante dans les zones urbaines, surtout à


Saint-Louis Commune.

4.5. POSTE
Du fait de l’intensité de l’émigration, la poste continue d’avoir dans la région
une place de premier ordre qui se justifie par son impact économique et social.

Saint-Louis est l’une des rares régions où les populations ont construit elles-
mêmes nombre de leurs infrastructures postales et c’est pourquoi, on y constate une
évolution rapide des bureaux de poste.

4.5.1 Situation

4.5.1.1 Couverture géographique

En 1998, les activités postales sont menées à travers 35 établissements


répartis comme suit :
Saint-Louis Commune: 3 (dont un centre financier)
Reste département de Dagana : 4
Département de Podor : 13
Département de Matam : 15

L’implantation des bureaux de poste dans la région répond au besoin de


communication entre les nombreux émigrés et leur famille. La couverture des pôles
de production devrait être prise en charge dans la mise en place des infrastructures
postales.

4.5.1.2 Le trafic postal

Il est relatif aux dépêches, aux lettres, aux paquets, aux objets chargés, aux
colis, à l’installation de boîtes postales, aux comptes courants et aux comptes
d’épargne.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Le trafic postal est une activité relativement dense dans la région et se
comporte de mieux en mieux.
Tableau 27 SITUATION DU TRAFIC POSTAL

DESIGNATIONS 1997 1998 1999


Dépêches expédiées 11 310 7 609 10 097
Dépêches reçues 9 828 7 505 10 042
Lettres recommandées reçues 44 065 28 709 52 313
Paquets chargés expédiés 852 599 966
Paquets chargés reçus 1 547 767 1 440
Objets chargés expédiés 3 276 2 669 3 137
Colis postaux reçus 623 191 593
Colis postaux expédiés 197 6 24
Boite postale installée 3 809 3 809 4 200
Boite postale louée 1 911 1 819 1 819
Source : La Poste.
Le trafic postal connaît une progression régulière jusqu’en 1997. L’année
1998 se caractérise par une chute des activités dont l’explication est à rechercher
dans la concurrence des multinationales et les voies parallèles de transmission.
La Poste vient d’initier une politique de relance se traduisant entre autres
par la mise en place d’un Centre Financier ; et déjà, des résultats positifs
commencent à se faire sentir.

4.5.1.3 Le trafic financier


Il concerne la réception et l’envoi de mandats, la gestion de comptes
d’épargne, ainsi que les recettes tirées de la vente de timbres et de la location des
boîtes postales.

Tableau 28 SITUATION DU TRAFIC FINANCIER (Montant en millions)

DESIGNATIONS 1997 1998 1999


Nombre Montant Nombre Montant Nombre Montant
Mandats locaux émis 28 702 567 12 586 587 22707 673
Mandats CAPTEAO émis 998 26 90 29 1262 21
Mandats extérieurs émis 1 735 59 325 59 853 55
Mandats locaux payés 29 666 781 23 650 869 27399 902
Mandats CAPTEAO payés 6 993 218 1 201 582 5689 554
Mandats extérieurs payés 25 925 3 313 28 895 5 458 27820 3761
Remboursement CE 9 020 962 7 539 1 817 13847 1685
Versements CNE 9 198 544 … 814 10089 1262
Recettes boîte postale … 13 1 819 15 1972 14
Vente de timbres … 91 … 103 - 84
Chèques postaux payés 3 497 5 047 26 931 4 730 80240 4756
Source : La Poste.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Le trafic financier, contrairement au trafic postal, marque une croissance à
tous les niveaux. Les mandats émis évalués à 652 millions de fcfa en 1997 sont
passés à 675 en 1998 ; tandis que les mandats payés de 4,3 milliards à 6,9 milliards
de fcfa en 1998.

Le volume des montants des mandats payés montre la position stratégique de


la poste dans la région. Grâce à elle, les ménages accèdent à un revenu sous forme
de transfert de 500 millions par mois.

L’activité postale rencontre les contraintes suivantes:

- l’étendue de la région et l’éparpillement des établissements humains


aggravés par l’enclavement ;

- le renchérissement des coûts des infrastructures et équipements ;

- le relatif retard de la Poste dans l’utilisation des nouvelles


technologies postales et l’importance des moyens des sociétés
concurrentes.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
5. SECTEURS SOCIAUX

5.1. SANTE

La région de Saint-Louis dispose d’une couverture sanitaire relativement


correcte par rapport aux normes définies par l’OMS.

Cette situation est rendue possible grâce à l’action combinée des


collectivités locales, des populations, des émigrés et des partenaires au
développement. Il s’y ajoute l’existence de plusieurs programmes nationaux.

Malgré ces efforts déjà importants, les populations demeurent encore


confrontées à des conditions sanitaires relativement difficiles.

5.1.1 Situation

5.1.1.1 Infrastructures et équipements

Tableau 29 REPARTITION DES INFRASTRUCTURES

Districts Région St- R-Toll Dagana Podor Matam


Désignation Louis
Hôpitaux 3 1 00 00 1 1
Centres de santé 4 00 1 1 1 1
Postes de santé 128 16 13 12 44 43
Cases de santé 134 31 - 12 68 23
Maternités rurales 60 4 14 7 16 19
Officines et dépôts 27 14 4 1 3 5
Brigade/s/b d’hygiène 5 1 1 1 1 1
CREN 3 00 00 00 3 00
CPRS 4 3 00 00 1 00
PRA 1 1 - - - -
Insp. Méd. des écoles 1 1 00 00 00 00
Structures privées 67 29 14 3 13 8
Source : Région Médicale Saint-Louis, 1997.

La Région dispose de 03 hôpitaux implantés à Ndioum, Ourossogui et


Saint-Louis; ce dernier fait office d’hôpital régional.

A l’exception de Saint-Louis, chaque district dispose d’un centre de santé.


Les postes de santé sont au nombre de 128 en 1997, mais 17 sont fermés faute de
personnel.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Les maternités et cases de santé, souvent tenues par des agents
communautaires, sont presque toutes paralysées par l’absence de motivation du
personnel.

Les ratios infrastructures / populations se présentent comme suit :

• 1 hôpital pour 273 000 habitants


• 1 centre de santé pour 205 000 habitants
• 1 poste de santé pour 6 395 habitants

Cependant la répartition des différentes infrastructures laisse apparaître un


réel déséquilibre, d’une part entre les trois départements et d’autre part entre les
zones du Walo et du Diéri.

La forte concentration des infrastructures le long du fleuve cause de réels


problèmes d’accès aux structures sanitaires pour les populations du Diéri. Il n’est
pas rare de voir des villages distants de plus de 50 km de leur poste de santé, surtout
dans le Podor et le Matam. Ces derniers totalisent aussi le plus de postes non
fonctionnels.

Concernant l’équipement, seul l’hôpital de Saint-Louis reste moyennement


pourvu. Ceux de Ndioum et Ourossogui disposent d’un équipement incomplet et
vétuste qui a besoin d’être renouvelé. Ailleurs, dans la région, la qualité des services
des structures reste très insuffisante, la plupart des postes et centres de santé
souffrant d’un sous-équipement notoire.

Cela explique les évacuations régulières sur Saint-Louis qui s’effectuent


dans des conditions très difficiles du fait de l’éloignement et de l’enclavement
caractérisant la plupart des localités de la région.

Au plan logistique presque toutes les structures sanitaires de la région vivent


dans l’insuffisance de moyens.

La capacité d’accueil des infrastructures est très modeste. Elle est évaluée à
716 lits (dont une partie non installée) ainsi répartis :

- Hôpital Saint-Louis 400


- Hôpital de Ndioum 103
- Hôpital de Ourossogui 95
- Centre de santé de Dagana 31
- Centre de santé de Richard-Toll 48
- Centre de santé de Podor 23
- Centre de santé de Matam 16

Au total, la région dispose d’une capacité de 257 760 journées


d’hospitalisation par an, ce qui représente une durée moyenne 1/3 de jour par

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
habitant. Les taux d’occupation moyens sont assez faibles pour Ourossogui 35% et
pour Ndioum40% mais élevés pour Saint-Louis environ 60%.

Les services de pédiatrie, de maternité et de chirurgie sont les plus fréquentés.

Il faut reconnaître que si l’hôpital de Saint-Louis retrouve un regain


d’activité ; les autres formations par contre observent une baisse des fréquentations.
Le niveau de qualité des services offerts peut être retenu comme l’une des
principales causes.

Les taux de décès oscillent entre 4 et 6% pour l’hôpital de Saint-Louis, 4 et


11% pour Ourossogui, 5 et 6% pour Ndioum. Les plus importants sont enregistrés
en pédiatrie (Saint-Louis), en médecine générale et maternité (Ndioum et
Ourossogui).

Les collectivités locales sont en périphérie de la gestion des établissements de


santé. En dehors de rares actions de dons de médicaments et de matériels, elles ne
sont pas impliquées dans la gestion du secteur qui leur est pourtant transférée.

Les comités de santé, institués pour rendre effective la participation des


populations, n’ont pas donné dans la plupart des cas, les résultats escomptés. Au
contraire des malversations financières sont à l’ordre du jour dans plusieurs d’entre
eux.

5.1.1.2 Le personnel

Tableau 30 REPARTITION DU PERSONNEL DE SANTE

District Région Comm. Richard- Dagana Podor Matam


Désignation St-Louis Toll
Médecins résidents 24 16 2 2 3 1
Coopérants 10 10 00 00 00 00
Techniciens sup. 15 11 00 1 2 1
Techniciens odonto. 6 1 1 1 2 1
Pharmaciens publics 4 3 00 00 00 1
Infirmiers 98 22 12 8 28 29
Agents sanitaires 65 16 7 5 25 12
Sage – femmes 32 19 2 2 3 6
Personnel d’hygiène 42 11 4 7 7 9
Matrones 159 00 00 35 124 00
Assistants sociaux 04 3 00 00 1 00
Source : Région Médicale Saint-Louis, 1997.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
En 1997, les établissements totalisaient un personnel soignant d’environ 500
agents (matrones incluses). Celui-ci se caractérise par une forte concentration dans
la commune de Saint-Louis.

Les médecins, publics et privés, au nombre de 34 dans la région sont en


grande partie constitués de coopérants (30%) et évoluent en majorité dans la
commune de Saint-Louis (75%).

Les techniciens supérieurs, environ 15 agents, ainsi que les sages-femmes,


sont principalement en service dans la commune de Saint-Louis dans les proportions
respectives de 73% et 54%.

Les infirmiers et agents sanitaires respectivement au nombre de 98 et 65


sont assez présents en milieu rural, où ils sont souvent chefs de poste.

Le personnel du service d’hygiène fait un effectif total de 25 agents toutes


catégories confondues.

Cette situation traduit des ratios de :


• 1 médecin pour 24 000 habitants
• 1 sage-femme pour 4 530 femmes en âge de procréer
• 1 infirmier pour 8 400 habitants

Ces ratios sont moyennement satisfaisants mais connaissent des disparités


énormes entre départements. Avec la concentration relative du personnel des
médecins et des sages femmes dans la commune de Saint-Louis, un déficit important
est noté dans l’arrière pays.

5.1.1.3 La morbidité

Dans l’ensemble, l’état général de la population de la région est correct. Les


principales maladies qui sévissent dans la région sont :
- le paludisme qui constitue au niveau de tous les districts le premier motif
de consultation ( 30% des cas) ;
- les maladies diarrhéiques ;
- les infections respiratoires ;
- la bilharziose (urinaire ou intestinale) ;
- les MST/ SIDA

Cette morbidité se justifie par la présence permanente des cours d’eau à


l’intérieur de la région mais aussi par des conditions climatiques défavorables liées à
la présence régulière du vent et de la poussière qui s’ajoutent à la situation dégradée
du cadre de vie des populations.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
De plus, l'avènement des aménagements hydro-agricoles a engendré des
modifications environnementales qui ont pérennisé le paludisme même en saison
sèche et contribué au développement de maladies telles que la bilharziose, les
gastro-entérites etc.

Les infections respiratoires aiguës touchent plus les enfants et conduisent


souvent à une situation mortelle.

Concernant les MST/SIDA, elles sont plus présentes dans les zones urbaines
et les localités à forte migration où elles progressent de façon inquiétante.

5.1.1.4 Santé maternelle et infantile

On note une forte mortalité maternelle due à divers facteurs:


- fréquence des accouchements à domicile non assistés (51%);
- non-généralisation des visites prénatales et postnatales ;
- observation de préjugés défavorables à une bonne alimentation des
femmes enceintes ;
- grossesses précoces, tardives et rapprochées ;
- nombre élevé de grossesses par femme.

La région est aussi comptable des plus forts taux de mortalité infanto-
juvénile, établis à 198‰ en 1986 pour se retrouver à 153,5‰ en 1997 ; la mortalité
juvénile observe une tendance à la baisse mais demeure toujours très élevée par
rapport à la moyenne nationale qui est de 96‰. La forte mortalité infanto-juvénile
trouve ses raisons dans :

- le faible niveau de couverture des enfants au PEV (33 % seulement des


enfants de 12 - 23 mois sont complètement vaccinés) ;
- le fort taux de malnutrition des enfants de 0-5 ans qui est le plus
important du pays (26 % de malnutrition modérée et 12 % de
malnutrition sévère) ;
- les nombreuses naissances à domicile (71 %) avec des mères non
vaccinées contre le tétanos (56%) ;
- la mauvaise qualité de l’eau de boisson provenant des sources non
protégées et qui provoque des diarrhées fréquentes.
- la recrudescence des maladies infectieuses et parasitaires.

____________________________________________________________________________________ 84
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
5.1.1.5 Les Programmes et autres acteurs

Outre les programmes nationaux, la région bénéficie de l’appui de


partenaires parmi lesquels: Plan International, Partenariat Lille-Saint-Louis,
UNICEF, Fondation Elisabeth DIOUF Solidarité/Partage, Projet ESPOIR, PDRH,
FED Santé, ASBEF etc.

Les bailleurs de fonds les plus remarqués sont : la France, le Japon, le


Luxembourg dans le cadre bilatéral et l’Union Européenne au plan multilatéral.

Dans le secteur on note aussi l’apport très appréciable des émigrés et de la


coopération décentralisée dans la mise en place et l’équipement des infrastructures.

A toutes ces actions, s’ajoute la participation des populations à travers les


comités de santé qui ont beaucoup contribué à vulgariser l’Initiative de Bamako (
I.B.) à travers toute la région.

En effet de 1994 à 1996, la contribution financière des populations qui


s’établissait à 29 millions a atteint le montant de 345 millions.

Devant les difficultés économiques qui n’épargnent aucune couche de la


population, l’Initiative de Bamako demeure une alternative très appréciée.
Cependant les ruptures de stocks souvent constatées amenuisent les soulagements
tirés de cette opération. De plus, les faibles capacités de gestion réduisent les
performances attendues.

5.1.2 Contraintes

Le secteur de la santé souffre de contraintes diverses décelées à plusieurs


niveaux. Il s’agit entre autres de :
- l’inaccessibilité de beaucoup d’infrastructures sanitaires du fait de
l’éloignement et de l’enclavement des villages polarisés;
- l’insuffisance et la vétusté de l’équipement qui réduisent la qualité des
soins ;
- le défaut d’entretien et de maintenance des infrastructures sanitaires ;
- l’insuffisance et la mauvaise répartition du personnel de santé, surtout des
sages-femmes (on compte une seule sage femme sur toute l’Ile à Morfil) ;
- l’écoulement frauduleux de médicaments prohibés provenant de la
Mauritanie ;
- les difficultés de fonctionnement de la majorité des comités de santé
(défaut de renouvellement, détournements etc. );
- le manque de coordination des interventions des partenaires (ONG,
Collectivités et Etat).

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
5.2. ACTION SOCIALE
L’Enquête Sur les Priorités (E.S.P) effectuée en 1992 par la Direction de la
Prévision et de la Statistique ( Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan )
révèle que 17 % des ménages de la région de Saint-Louis vivent en dessous du seuil
de pauvreté avec une dépense moyenne de 224 francs CFA par personne et par jour,
soit près du quart de la moyenne nationale.
En plus de cette proportion importante de populations démunies, la pauvreté
touche de façon plus marquée les groupes vulnérables comme les enfants en
situation particulièrement difficile, les personnes âgées et les personnes handicapées.

5.2.1 Situation
5.2.1.1 Les enfants en situation particulièrement difficile

Ils sont constitués par les talibés mendiants et les enfants en rupture
( enfants de la rue ), les orphelins etc.
La région connaît de manière historique un développement de foyers
religieux ; ce qui justifie l’importance numérique des daaras. Ces derniers au
nombre de 851 connus et recensés, sont répartis sur l’ensemble de la région avec
cependant une forte concentration à Saint-Louis commune et dans le département de
Podor.

Le sort des enfants en situation particulièrement difficile reste préoccupant


dans la région. La grande majorité des talibés continue de vivre des situations
dramatiques marquées par :
- une situation alimentaire et nutritionnelle inquiétante ;

- une situation sanitaire préoccupante avec la persistance d’affections tels que


le paludisme, la gale, les gastro-entérites ;

- un cadre de vie très précaire ( absence de sanitaires, de conditions d’hygiène


convenables …).

Par ailleurs, l’ampleur du phénomène des enfants en rupture est très élevée
dans la région. Elle atteint le taux de 38‰ . Ce sont généralement des enfants
orphelins et/ou des enfants ne bénéficiant pas de soutien familial ou issus de
familles dépourvues de moyens adéquats pour les prendre en charge. Ils vivent
pour la plupart dans la rue et sont sujets à la délinquance ( phénomène des
« fakhmanes »). Cette situation nécessite des actions urgentes, mais bien ciblées
à l’endroit de ce groupe particulièrement vulnérable.

____________________________________________________________________________________ 86
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
5.2.1.2 Les personnes âgées

Elles sont estimées à environ 6,5 % de la population. C’est un groupe qui


connaît essentiellement des problèmes de prise en charge sanitaire liés à la
vieillesse.

Les contraintes de ce groupe restent l’absence de spécialistes (gériatres),


de structures d’accueil et de prise en charge et le manque d’occupation.

5.2.1.3 Les personnes handicapées

Selon les statistiques (structure RGPH 1988), les personnes handicapées


représentent 10 pour 1000 de la population totale du Sénégal. Dans la région de
Saint-Louis, on dénombre en 1997 : 3 260 handicapés moteurs, 2 630 handicapés
visuels, 660 lépreux.

Ce groupe rencontre très souvent des difficultés relatives à l’appareillage, à la


scolarisation, à la formation professionnelle, à la réinsertion socio-économique. Son
épanouissement est confronté à :

- une accentuation de l’état de pauvreté ;


- des difficultés d’accès aux services sociaux de base (santé, éducation,
logement, eau, électricité ) ;
- une insuffisance des structures de prise en charge.

Cette morbidité sociale s’accompagne d’une recrudescence des fléaux


sociaux comme la mendicité, la prostitution et le trafic de drogue qui sont parfois
des stratégies de survie, malgré les tentatives de réponses à travers plusieurs
initiatives comme :
- les actions de l’Etat et des collectivités locales (l’allocation d’aide
alimentaire, de subventions, l’appareillage etc.) ;
- l’exécution des programmes ( UNICEF en direction des enfants en
situation particulièrement difficile, programme d’appui aux personnes
handicapées de la Commune avec l’aide du partenariat Lille/ Saint-
Louis) ;
- la mise en œuvre de projets “ Claire Enfance ” AED (Action Enfance
Développement), MTAN (Mouvement des Travailleurs d’Aide aux
Nécessiteux) etc.

5.2.2 Contraintes
Elles sont nombreuses et sont relatives à :
- l’insuffisance et la mauvaise répartition des Centres de Promotion et de
Réinsertion Sociale (CPRS). La commune de Saint-Louis concentre 03

____________________________________________________________________________________ 87
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
des 04 CPRS ; le quatrième étant implanté à Podor. Les autres communes
de Dagana, Richard-Toll, Matam, Thilogne, Ourossogui, Ndioum,
Golléré, Waoundé, Semmé n’en disposent pas encore ;
- la modicité des ressources financières mobilisées pour l’octroi des aides (à
peine 25 % des demandes sont satisfaites). Il s’y ajoute que la distribution
des secours n’est pas toujours effectuée correctement ;
- l’inadaptation des politiques sociales et textes réglementaires qui datent
des indépendances et ne collent plus à la réalité économique et sociale
actuelle.
Le constat est que l’aide ponctuelle apportée aux nécessiteux ne modifie pas
leurs conditions d’existence mais les rend plus dépendants encore.

5.3. EDUCATION ET FORMATION


En matière d’éducation et de formation, la région de Saint-Louis présente
une situation relativement favorable par rapport aux autres régions du pays. Forte
d’une tradition pluriséculaire d’enseignement et de rayonnement culturel, elle offre,
à côté d’un secteur formel avec tous les ordres d’enseignement, un secteur non
formel et hybride.
En dépit des performances appréciables, l’ensemble du système est
caractérisé par des déficits et contraintes persistant tant au plan des infrastructures,
équipements et capacités d’accueil qu’au plan des personnels de formation et
d’encadrement.

Il s’y ajoute des disparités intra-régionales fortes s’exprimant en termes de


déséquilibre entre Saint-Louis et l’intérieur de la région.

5.3.1. L’éducation formelle de base


5.3.1.1- L’éducation préscolaire
Tableau 31 SITUATION DES INFRASTRUCTURES, EFFECTIFS ET PERSONNEL.

CIRCONSCRIPTIONS 94 – 95 96 – 97 97 – 98

C E P C E P C E P
Saint-Louis I et II 9 258 10 60 767 47 30 607 34
Dagana 5 79 4 6 114 12 11 287 13
Podor 4 151 4 4 149 4 3 94 3
Matam 3 104 3 3 98 2 3 110 3
Région 21 613 21 73 1201 65 47 1145 107

Source : Inspection d’Académie 1999.


C : Classes ; E : Effectifs ; P : Personnels

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Le préscolaire reste marqué par la faiblesse des infrastructures et des effectifs.
En effet, en 96 / 97, la région de Saint-Louis ne totalisait que 14 établissements sur
les 211 disponibles dans le pays, soit un pourcentage de 6,6 %.

La situation du préscolaire révèle un certain nombre de caractéristiques :


- un taux de couverture géographique très faible ;
- une concentration des établissements dans la commune de Saint-Louis :
82% en 96-97 et 64 % en 97-98 ;
- une importance du privé dans le système ;
- un rapport filles-garçons légèrement favorable aux filles ;
- une faible qualification des éducateurs particulièrement dans le privé ;
- une progression irrégulière des effectifs du fait de la préférence pour
l’enseignement religieux, de la cherté des coûts de scolarisation et de la
faiblesse de l’offre.
En raison de son cloisonnement par rapport à l’élémentaire et de sa
couverture très faible, le préscolaire ne semble pas jouer son rôle de cadre de
préparation de la petite enfance à l’accès au cours d’initiation. En fait, dans la
majeure partie des cas, les structures encore appelées “maternelles ”, sont davantage
des garderies d’enfants que de véritables écoles. En attestent l’inadéquation des
infrastructures, la pauvreté du matériel pédagogique et la sous-qualification du
personnel.
D’autres contraintes limitent la portée de ce sous-secteur :
- la question du choix de la langue d’apprentissage ;
- le coût élevé des frais de scolarité dans le privé etc.

5.3.1.2. L’enseignement élémentaire

• Situation

Tableau 32 SITUATION DES INFRASTRUCTURES, EFFECTIFS ET PERSONNELS

Circonscription 95 - 96 96 – 97 97 – 98

C E P C E P C E P

St-Louis I et II 361 25 158 386 351 23 171 387 387 24 303 392

Dagana 429 23 318 359 438 26 376 444 478 27 462 487

Podor 313 14 095 306 326 14 761 326 332 14 997 335

Matam 343 16 661 295 351 18 833 356 411 21 211 403

Région 1446 79 232 1 346 1 466 83 141 1522 1608 86 973 1 617
Source : Rapport CRD 1998 (I.A.). C : Classe ; E : Effectif ; P : Personnel.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Sous-secteur prioritaire, l’élémentaire mobilise l’essentiel des efforts et
investissements du système éducatif régional. En 1997/1998, la région abritait 372
écoles constituées de 1 608 classes accueillant 86 973 élèves dont 40 878 filles, soit
un pourcentage de 47 %.

L’analyse des statistiques ci-dessus révèle les considérations suivantes :


- une répartition inégale des infrastructures, effectifs et personnels
entre les trois départements, se traduisant par une concentration à
plus de 50% dans le seul département de Dagana ( Saint-louis
compris);
- des disparités très importantes entre communes et zones rurales
d’une part et d’autre part entre communes (à titre d’exemple, les
communes de Kanel, Golléré, Waoundé et Semmé ne comptent
chacune qu’une seule école contre 37 pour la seule commune de
Saint-Louis) ;
- une population scolaire et des personnels en croissance relative ;
- des ratios satisfaisants : 53 élèves par classe et 56 élèves par
enseignant.

• Le taux brut de scolarisation (TBS)

Tableau 33 EVOLUTION DU TBS PAR CIRCONSCRIPTION

Circonscription 94 – 95 95 – 96 96 – 97 97 – 98

Saint-Louis I et II 100,2 106,6 97,5 93,3


Dagana 59,0 63,4 69,6 78,5
Podor 48,7 51,3 53,5 46,9
Matam 33,2 37,3 41,3 43,9
Région 55,9 59,8 61,8 62,4
Source : Inspection d’Académie.

Le taux brut de scolarisation de la région reste dans une dynamique de


croissance continue, passant de 56% en 1995 à 62% en 1998. Ce niveau appréciable
par rapport à la moyenne nationale reste néanmoins en deçà de la barre de 68%
retenue par les Objectifs Intermédiaires de l’Education (OIE) auxquels le Sénégal a
souscrit.

La scolarisation présente de grandes disparités intra-régionales. En effet, si


la commune de Saint-Louis a presque réalisé la scolarisation universelle, les
départements de Podor et Matam sont en 1997-1998 très en dessous de la moyenne
nationale (54 %).
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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Cette situation s’explique par les effets conjugués de l’insuffisance des
infrastructures et des personnels, des pesanteurs socioculturelles, particulièrement en
milieu halpulaar et des déperditions dues aux faiblesses du système (classes
multigrades, écoles à cycle incomplet, classes gelées etc.).

• La scolarisation des filles

Tableau 34 EVOLUTION DU TAUX BRUT DE SCOLARISATION PAR SEXE

94 – 95 95 – 96 96 – 97 97 – 98
Garçons 62,7 62,1 67 88,7
Filles 49,2 52,1 57,2 60,4
Ensemble 55,9 57,1 62,1 74,5
Ecart
Garçons-filles 13,5 10,0 9,8 28,3

Source : Inspection d’Académie.

Il convient de préciser que le programme “ SCOFI ” englobe les aspects du


relèvement du taux de scolarisation des filles, du rétablissement de l’équilibre entre
garçons et filles et du maintien des filles à l’école ainsi que de l’introduction de la
formation en genre.

Au regard de la première préoccupation, on note une réussite considérable,


faisant passer le taux de scolarisation brut des filles de 49% en 95 à 60% en 1998,
soit un gain de 11 points, surtout dans le département de Podor où on note une
bonne présence des filles, les garçons étant plus orientés vers l’école coranique.

Le souci d’une scolarisation équilibrée entre garçons et filles a enregistré des


acquis manifestes entre 95 et 97 ; ce qui s’est traduit par une diminution de l’écart
des taux entre garçons et filles jusqu’à 10 points en 1996-97. Ce progrès s’est
brutalement estompé en 1998, l’écart remontant jusqu’à 28.

Il faut tirer de cette situation que la discrimination perdure en dépit des


actions entreprises dans le cadre de la SCOFI.

Celle-ci est de plus frappée par la déperdition qui concerne plus les filles que
les garçons. C’est un phénomène qui annihile les efforts d’inscription au cours
d’initiation et qui est liée à une multitude de facteurs parmi lesquels :

- l’astreinte des jeunes filles aux tâches domestiques ;


- la faible propension des parents à laisser les filles fréquenter des écoles
trop distantes du lieu de résidence, surtout en milieu rural ;
- la conviction très répandue chez certains que la place de la fille est à la
maison ;
- absence d’une formation spécifique au genre.

____________________________________________________________________________________ 91
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
- etc.

• Réussite aux examens et déperdition scolaire

Au niveau des examens et concours de l’école élémentaire, les résultats


enregistrés sont loin d’être satisfaisants.

En effet, on relève au CFEE, une progression de 25,4 % en 94 à 41,6% en


97 pour les classes traditionnelles, et de 32,2% à 41,1% pour les classes pilotes sur
la même période.

A l’entrée en sixième par contre, on constate une relative stagnation des


résultats évoluant de 24,7 % en 94 à 22,07 % en 97 pour les classes traditionnelles et
de 18,7 % à 22,3 % pour les classes pilotes.

Ces taux de réussite à l’entrée en 6è, certes supérieurs à la moyenne nationale


(environ 20%), traduisent cependant une forte déperdition du cycle élémentaire ; sur
chaque génération d’élèves inscrits au Cours d’Initiation (C I), près de 80 % ne
dépassent pas le cap du CM2.

Cette situation, au demeurant paradoxale en raison des capacités d’accueil en


6ème largement supérieures aux élèves orientés, pose le problème des finalités du
système et le “gâchis” considérable représenté par l’importance des rejets.

• Contraintes de l’enseignement élémentaire

En dépit des progrès importants réalisés, de lourds handicaps pèsent sur les
performances attendues. Parmi ceux-ci, on peut noter :
- la vétusté de nombreuses infrastructures qui menacent de s’effondrer à
tout moment et qui représentent ainsi un danger permanent pour les
enfants. A Saint-Louis et dans les grandes communes de l’intérieur, ce
sont de vieux édifices datant de la 2ème moitié du XIXème siècle ou du
début du XXème qui abritent de nombreuses écoles.
- les besoins constants en mobilier scolaire : tables-bancs, chaises, armoires
et bureaux dont le déficit important ne cesse de s’aggraver du fait de
l’absence de services d’entretien, de réparation ou de reconditionnement
du matériel ;
- le défaut de système de gardiennage et de personnels d’entretien dans la
majorité des écoles, d’où la multiplication des vols et des actes de
vandalisme qui réduisent à néant les sacrifices consentis par les autorités,
les populations et les collectivités locales ;
- les difficultés de prise en charge nutritionnelle et sanitaire des enfants ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
- la fermeture ou le gel de certaines classes faute de maîtres et cela, malgré
le surnombre théorique des personnels révélé par les statistiques, etc.
Ces contraintes sont certes préjudiciables mais celui-ci bénéficie d’atouts non
négligeables qui se sont conjugués depuis 1994-1995 pour améliorer sensiblement
les conditions du système. Ces facteurs sont :
- l’érection de la région en zone pilote ;
- l’implication des collectivités locales grâce à la régionalisation ;
- le recours au volontariat ( 44,50 % des instituteurs de la région sont
constitués de volontaires) ;
- le regain d’intérêt pour l’école constaté chez les populations ;
- la présence de nombreux partenaires et acteurs intervenant aussi bien
dans le domaine des constructions scolaires que dans celui de la pratique
éducative.

Liste des partenaires de l’école

1. Plan International
2. Partenariat Lille-Saint-Louis (PLS)
3. FED Micro-Réalisation ( FED-PMR)
4. Office Central de Coopération Internationale (OFFICO)
5. Bureau Régional Fondation Paul Gérin Lajoie (PGL)
6. Programme de Formation et d’Information à l’Environnement (PFIE)
7. Projet d’Appui aux Ecoles de Saint-Louis (PAES)
8. Agence Française de Développement (AFD)
9. Alliance Franco-Sénégalaise
10. Programme de Développement des Ressources Humaines (PDRH)
11. Cellule d’Appui aux Relations Interculturelles au Sénégal (CAURI) etc.

5.3.2. L’enseignement moyen secondaire général


Concernant ce sous-secteur, la région de Saint-Louis, par l’importance de
ses infrastructures, se positionne au 2ème rang après Dakar. La couverture générale
de la région en 1998-1999 est assez satisfaisante avec :
- 19 collèges d’enseignement moyen (Saint-Louis 7, Dagana 4, Podor 4,
Matam 4) ;
- 8 lycées (5 à Saint-Louis, 1 à Dagana, 1 à Podor, et 1 à Matam).
Il s’y ajoute des établissements privés de plus ou moins grande envergure et
un Bloc d’Enseignement technique sis à Saint-Louis.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
5.3.2.1 Situation

Tableau 35 INFRASTRUCTURES ET EFFECTIFS DE L’ENSEIGNEMENT MOYEN ET


SECONDAIRE EN 97-98

Circonscription Enseignement Moyen Enseignement Secondaire

Collèges Classes Effectifs Lycées Classes Effectifs

Saint-Louis I et II 7 79 3 724 5 96 3 000


Dagana 4 40 2 840 1 8 236
Podor 3 29 1 167 1 10 271
Matam 3 26 1 054 1 8 168

Région 17 174 8 785 8 122 3 675


Source : Inspection d’Académie 1997-98.

Les effectifs pour 1997-1998 sont dans le Moyen de 8 785 élèves pour 174
classes, soit un ratio de 50,4 élèves par classe et de 3 675 élèves pour 122 classes
dans le Secondaire, soit 30,1 élèves par classe.
Ces ratios sont à l’évidence satisfaisants et s’approchent de l’idéal
pédagogique.
On notera par ailleurs que le déficit de professeurs, jadis chronique,
notamment dans les disciplines scientifiques, est aujourd’hui relativement bien
résorbé par le recrutement complémentaire d’enseignants contractuels appelés
“vacataires ”.
5.3.2.2 Contraintes
En dépit des efforts considérables menés par les autorités, des contraintes de
taille persistent dont :
- une insuffisance des équipements et outils pédagogiques
particulièrement dans les établissements les plus récents (lycées et
collèges de l’intérieur ) ;
- une insuffisance d’infrastructures à l’intérieur ;
- un déficit en personnel administratif, technique et ouvriers de service
(ATOS) de même qu’en gardiennage ;
- une vétusté de nombreuses infrastructures qui menacent de s’écrouler du
fait de leur âge ;
- des budgets de fonctionnement insuffisants ;
- une déperdition assez importante du fait du manque de structures
d’accueil et d’hébergement pour les élèves venant des zones rurales ;
- des problèmes d’infrastructures pour la plupart des collèges érigés en
lycées ;
- la dotation en manuels et fournitures.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
5.3.3. L’enseignement technique et la formation professionnelle
Ce sous-secteur comptait en 97/98 un lycée technique et des centres de formation
professionnelle intervenant dans diverses filières.

Tableau 36 SITUATION GLOBALE DU SECTEUR

Classes Garçons Filles Total % filles

78 776 506 1 281 39,50

0En 97/98, les effectifs globaux du secteur s’élevaient à 336 pour


l’enseignement technique et 945 pour la formation professionnelle, soit moins de 1
% des apprenants du système éducatif régional. Ces effectifs sont très faibles par
rapport à la demande croissante de formation
Tableau 37 SITUATION DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET DE LA FORMATION
PROFESSIONNELLE

STRUCTURES LOCALISATION FILIERES EFFECTIFS

Electricité
1. Centre Régional de formation Saint-Louis Dessin bâtiment 204
Professionnelle (CRFP) Mécanique (auto)
Menuiserie
2. Centre départemental de Podor Mécanique auto 3
Formation professionnelle (CDFP) Richard-Toll Mécanique auto
Ouvrage métallique 38
Ménagère
3. Centre Régional d’Enseignement Saint-Louis Confection 167
Technique Féminin (CRETF) Restauration
Sect. Adulte
Dagana 50
4. Centre d’Enseignement Technique Podor 26
Féminin (CETF)
Matam 39
5. Centre National de Formation pour les Nianga Agriculture irriguée 07
Cultures Irriguées (CNFCI)
6. Centre d’Initiation Horticole (CIH) Saint-Louis Horticulture 26
7. Centre National de Formation des
techniciens de l’élevage et de Saint-Louis Elevage 57
l’industrie animale (CNFTEIA)
8. Ecole de Formation des instituteurs Saint-Louis Enseignement de 114
(EFI) base
9. Centre de Formation des pêches Mbane Pêche 6
10. LTAP / BEP Electricité
Saint-Louis Mécanique 64
BTP
Source : Inspection d’Académie 1997-98.

____________________________________________________________________________________ 95
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Le secteur souffre de plusieurs handicaps :
- l’instabilité de la tutelle ministérielle ;
- l’insuffisance et l’obsolescence des équipements et des moyens
pédagogiques ;
- la faible capacité d’accueil des structures existantes ;
- les difficultés d’insertion des sortants des écoles de formation ;
- l’inadéquation entre les formations dispensées et les apprentissages
d’une part et d’autre part l’offre d’emploi et la valorisation du potentiel
économique régional ;
- le délaissement relatif du secteur par l’Etat au moment où le
développement économique régional appelle davantage de jeunes
dotés de savoir-faire dans l’agriculture, l’élevage, la pêche etc.

5.3.4. L’enseignement supérieur


Après Dakar et Thiès, Saint-Louis est devenue le 3ème pôle d’enseignement
supérieur du Sénégal, avec l’ouverture de l ’Université Gaston Berger (UGB) en
1990-1991. Celle-ci, qui se veut université d’excellence, accueille des étudiants de
tout le pays sélectionnés sur la base de leurs performances scolaires.
Les enseignements dispensés sont regroupés en quatre Unités de Formation
et de Recherche (UFR) constituées en sections :
- UFR de Mathématiques Appliquées et d’Informatique (MAI),
- UFR de Sciences Economiques et Gestion (SEG),
- UFR de Sciences Juridiques (SJ),
- UFR de Lettres et Sciences Humaines (LSH).
Les tableaux suivants donnent un aperçu sur l’évolution des effectifs, des
taux de réussite et du corps enseignant.
Tableau 38 EVOLUTION DES EFFECTIFS ET RESULTATS.

Années Nombre Nombre de % de filles Taux de


d’étudiants filles réussite
90-91 595 150 25 72,4
91-92 991 271 27 65,1
92-93 1279 348 27 55,7
93-94 1607 425 26 Année invalide
94-95 1822 456 25 76,2
95-96 1975 524 26 6894
96-97 2096 604 29 59,6
97-98 2157 642 30 57,4
Source : UGB.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
L’analyse de ces données révèle quelques caractéristiques spécifiques à
l’Université Gaston Berger :
- une augmentation croissante des effectifs même si ceux-ci demeurent
très modestes (moins que le nombre d’étudiants de la plupart des “1ère
année ” de l’UCAD) ;
- une proportion d’étudiantes relativement faible, qui semble stagner
autour du quart des effectifs et qui sont au demeurant concentrées
majoritairement en Lettres et Sciences Humaines (UFR qui regroupe
plus de 50% des étudiants de l’UGB) ;
- des résultats satisfaisants constamment au-dessus de 50% qui reflètent
les conditions assez favorables des études comparativement à
l’UCAD ;
- un taux d’encadrement satisfaisant avec un corps professoral estimé
en 96-97 à 189 enseignants, soit un ratio d’un enseignant pour 12
étudiants environ.

Tableau 39 EVOLUTION DU PERSONNEL ENSEIGNANT

Années Professeurs Maîtres Chargés Maîtres Assistants Total Vacataires Total


de Conf. d’Enseig. Assistants Permanent Général

94-95 3 8 - 18 37 66 121 187


96-97 5 6 2 24 31 68 121 189
97/98 6 6 3 26 31 72 - -
Source : UGB.

A noter, cependant, le déséquilibre de la répartition des professeurs de Rang


A par UFR et le trop grand nombre de vacataires ; autant de conditions qui limitent
dans certaines sections les enseignements de 3ème cycle, entraînent des
insuffisances dans les formations doctorales et accroissent de façon générale le coût
de la formation.

L’UGB a affiché dès ses débuts, l’ambition de rompre avec le style


d’université classique par l’ouverture de filières professionnalisantes ( langues
étrangères appliquées au tourisme et au commerce, Droit du foncier et des
Collectivités locales, Informatique etc.)

Mais les premières années ont été marquées par de fortes contraintes en
matière d’équipement et de coopération avec le monde des entreprises et les acteurs
du développement.

A l’heure actuelle, le niveau d’équipement, les laboratoires et les groupes


de recherche de l’UGB permettent à cette institution de jouer un rôle moteur dans
la recherche-développement et le partenariat pour le développement local.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Il faut signaler qu’en plus de l’UGB, la région compte trois instituts
supérieurs de formation dans les professions du tertiaire : gestion, comptabilité,
marketing etc.

Toutefois, les coûts relativement élevés des frais d’études constituent pour
ces structures, dont le rôle d’appoint est essentiel, une contrainte majeure pour leur
développement.

5.3.5. L’éducation spécialisée ou intégratrice

Elle recouvre l’éducation spécialisée destinée aux handicapés moteurs et


psychologiques d’une part et d’autre part l’éducation surveillée en direction de
l’enfance en situation difficile, sous la responsabilité officielle du Service de
l’Action Educative en Milieu ouvert ( AEMO).

La prise en charge de la problématique de l’Enfance délinquante et/ou en


danger moral rencontre d’énormes difficultés dans la région faute de moyens
appropriés (logistiques, personnels, matériels, financiers) et d'infrastructures
adéquates.

En effet, malgré les stratégies d’intervention du service de l’AEMO basées


sur la prévention, la rééducation et la réinsertion sociale et les activités d’appui de la
structure privée Claire-Enfance, le phénomène continue à gagner de l’ampleur.

Et, l’absence de structures d’accueil du genre Centre de Sauvegarde ou de


Réadaptation Sociale est un gros handicap pour la région. En plus, le peu
d’infrastructures et d’activités existantes dans l’éducation spécialisée sont presque
exclusivement concentrées dans la commune de Saint-Louis.

5.3.6. L’éducation non formelle

L’éducation non formelle est constituée des daaras (écoles coraniques), des
cours d’alphabétisation.

5.3.6.1 Les Daaras


Ces structures sont des cadres traditionnels privilégiés d’apprentissage du
Coran, d’initiation à l’Arabe et de formation des jeunes. Elles fonctionnent sur deux
modes : accueil des enfants résidents en dehors des heures de cours de l’élémentaire
d’une part et, d’autre part accueil à plein temps avec hébergement pour les
nombreux enfants originaires des localités rurales et appelés communément talibés.

Les daaras abritant cette dernière catégorie d’apprenants sont confrontés à


de lourdes contraintes qui tendent à dévoyer leurs missions premières.

Il s’agit de la situation déplorable des talibés liée :

____________________________________________________________________________________ 98
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
- aux conditions d’études, d’hygiène et d’alimentation précaires,
sources de toutes sortes de maladies ;
- à la mendicité et à l’errance quotidienne pouvant les conduire à de
multiples déviances dont la délinquance juvénile, le phénomène de
“ fakhman ”, d’enfants en rupture, d’agresseurs etc.

Les multiples initiatives prises en termes d’assistance par le Service de


l’Action Sociale, diverses ONG et l’UNICEF, loin de juguler ces difficultés,
semblent plutôt favoriser l’installation de plus de daaras dans les communes
urbaines et plus particulièrement dans la ville de Saint-Louis.

En matière d’enseignement coranique et de formation en théologie, la


Commune présente la spécificité d’abriter des « universités » réputées, qui
accueillent des apprenants, adultes pour la plupart et en majorité originaires des
pays limitrophes et de la sous-région.

5.3.6.2. L’alphabétisation

L’approche de la question de l’alphabétisation demeure complexe. Elle est


appréhendée ici essentiellement dans sa dimension d’apprentissage du français.

En 1997-98, l’analphabétisme atteint dans la région 64 % des filles et 55 %


des garçons âgés de 9 à 15 ans, soit une moyenne de 59 % pour cette tranche d’âge
contre 53% à l’échelle nationale.

Au-delà de 15 ans, ce fléau frappe 82 % des femmes et 62, 6 % des hommes


soit une moyenne régionale de 72 %.

Ces statistiques – qui ne prennent cependant pas en compte les lettrés en


Arabe et ceux écrivant et lisant les langues locales en caractères arabes – révèlent
l’importance de l’analphabétisme dans la région de Saint-Louis. Il touche plus les
filles que les garçons, les femmes que les hommes, le milieu rural que le milieu
urbain.
L’analyse de la situation par département montre que Podor et Matam ont
moins d’alphabétisés que Dagana. Enfin on constate que le groupe Halpulaar
comprend le plus d’analphabètes parmi les communautés linguistiques régionales.
Pour lutter contre ce lourd handicap, diverses actions d’alphabétisation sont
menées par une multitude d’opérateurs , ONG, associations et institutions parmi
lesquels ARP, PROWALO, ASESCAW, FPGL, Plan International, SAED, PAPEC,
ADEF/ Afrique, PIP, DIAPANTE, CARITAS, Alliance Franco-Sénégalaise,
WAGADU, ADO etc.
Le PAIS / Etat et le PAPA exécutent des programmes d’envergure nationale.

____________________________________________________________________________________ 99
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Les langues utilisées sont essentiellement le pulaar, le wolof, le Sereer et le
Soninké.
Si les résultats enregistrés sont appréciables (près de 22 000 personnes dont
plus de 80% de femmes) et la demande d’alphabétisation forte, le sous secteur est
confronté à des faiblesses persistantes :
- l’extrême difficulté à collecter des données fiables sur le secteur, faute de
cohérence des interventions, d’indicateurs, de démarches
méthodologiques et pédagogiques homogènes ;
- la modicité des moyens alloués par l’Etat à l’alphabétisation ;
- la relative désorganisation du secteur ;
- le manque de débouchés et l’absence de suivi pour les apprenants
entraînant l’analphabétisme de retour ;
- le caractère insuffisamment fonctionnel de l’alphabétisation etc.

La correction de ces faiblesses est urgente pour améliorer la qualité des


ressources humaines surtout en milieu rural.

De nombreux atouts favorisent une telle option :

- une demande grandissante en alphabétisation particulièrement chez les


femmes ;
- la multiplicité des programmes d’IEC faisant recours aux langues
nationales ;
- un intérêt et une disponibilité pour l’activité de nombreux partenaires et
bailleurs de fonds ;
- l’existence de nombreuses associations de formateurs et de relais locaux
pour l’alphabétisation etc.

____________________________________________________________________________________ 100
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
5.4 JEUNESSE ET SPORTS

En raison de l’importance de la frange de la population qu’il mobilise (plus


de 50% des effectifs de la région), le secteur Jeunesse et Sports occupe une place
appréciable et doit constituer une des priorités des collectivités locales.

Aujourd’hui, les besoins de la jeunesse régionale sont très loin d’être


satisfaits. Pour le sport comme pour les autres activités culturelles et socio-
éducatives ainsi que pour l’emploi des jeunes, la région se signale par la pauvreté
des infrastructures tant au plan quantitatif que qualitatif.

Il s’y ajoute un déséquilibre au niveau des infrastructures et équipements,


des activités et de la formation entre la commune de Saint-Louis et le reste de la
région.

5.4.1 Situation

Tableau 40 REPARTITION DES INFRASTRUCTURES DE JEUNESSE

Localités Région Saint- Dagana Podor Matam


Type Louis
d’Infrastructures
Stade 10 4 2 1 3
Plateau multi-fonctionnel 9 2 2 2 3
Terrain clôturé 5 00 2 00 3
CDEPS 4 1 1 1 1
Salles des fêtes 10 5 2 1 2
Arène (à vérifier) 1 00 1 00 00
Source : Inspection Régionale de la Jeunesse et des Sports, 1998.

Au plan du sport, la région ne dispose que d’un stade de football pour hautes
compétitions implanté à Saint-Louis (Stade Maître Babacar SEYE). Ailleurs, ce sont
des stades municipaux plus ou moins équipés et des terrains vagues.

Toutes les disciplines autres que le football sont laissées pour compte en
matière d’aires de jeux et/ou d’équipements. La conséquence de cette situation est la
faiblesse des résultats sportifs de la région et l’exode des talents vers d’autres
horizons.

Au plan des activités culturelles et socio-éducatives, on note l’existence dans


chaque chef-lieu de département et dans la commune de Saint-Louis d’un Centre
Départemental de l’Education Populaire et Sportive (CDEPS). Ces infrastructures à
vocation multi-fonctionnelle (théâtre, danse, musique, formation, spectacles) sont
aujourd’hui, soit très délabrées (cas du CDEPS de Saint-Louis), soit très déficitaires
en équipements, matériels logistiques ou didactiques.

____________________________________________________________________________________ 101
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
L’insuffisance des infrastructures et équipements n’a cependant pas étouffé
le dynamisme des activités des jeunes. En effet, la jeunesse de la région a atteint un
niveau d’organisation qui se reflète à travers la densité du réseau associatif et les
multiples actions et initiatives développées.

En 1998, on note en effet l’existence de plus de trois cents Associations Sportives


et Culturelles (ASC) à travers la région, organisées dans des structures régionales et
départementales ORCAV et ODCAV.

- Saint-Louis : 93
- Dagana : 78
- Podor : 72
- Matam : 59

Le Conseil Régional de la Jeunesse et ses démembrements, Conseils


Départementaux et Communaux organisent et encadrent toutes les activités de
jeunesse en prenant en charge, en plus des programmes traditionnels, des questions
comme l’emploi des jeunes, la lutte contre la drogue et les MST / Sida, l’Education
à la Vie Familiale (EVF) etc.

Les autres mouvements de jeunesse que sont les éclaireurs, les scouts, les
pionniers, les encadreurs de collectivités éducatives et la Croix Rouge développent
des activités ayant trait à la conscientisation et à la ravivation des valeurs morales et
du savoir-faire et à l’épanouissement des enfants à travers les patronages, centres
aérés, colonies de vacances et chantiers de jeunesse.

L’IRJS dans le cadre de la mise en œuvre de sa mission d’encadrement des


jeunes a toujours bénéficié de l’appui de certains programmes et projets nationaux
dont l’impact sur la jeunesse est appréciable en termes de structuration, de formation
et de sensibilisation.

Il reste cependant évident que la préoccupation majeure des jeunes est de


s’orienter vers les projets de développement porteurs d’emplois d’autant que la
région de Saint-Louis regorge d’importantes potentialités.

5.4.2 Contraintes

En plus des déficits en matière d’infrastructures et d’équipements, les


blocages du secteur tiennent à d’autres facteurs :
- la faible scolarisation dans certaines zones ;
- l’insuffisance de la formation professionnelle ;
- la faible prise en charge des jeunes dans les budgets des collectivités
locales ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
- l’inaccessibilité des jeunes aux financements des projets productifs ;
- les difficultés d’accès à la terre et à d’autres moyens de production,
etc.

5.5 CULTURE

Diversité, qualité et multiplicité caractérisent le patrimoine culturel de la


région, héritage exceptionnel d’un passé prestigieux. En effet, la région de Saint-
Louis recèle des potentialités inestimables dans le domaine culturel, mais leur
valorisation demeure très insuffisante.

5.5.1 Situation
Tableau 41 REPARTITION DES INFRASTRUCTURES CULTURELLES

Désignation Région Commune de Dagana Podor Matam


Saint-Louis
Centres culturels 2 2 - - -
Centres de documentation ou 22 19 - 1 2
bibliothèques
Salles et aires de spectacles 51 33 6 5 7
Dont cinémas 8 4 2 1 1
Dont foyers de jeunes 4 1 2 1 -
Galeries d’art 4 4 - - -
Source : Centre Culturel Abdel Kader FALL / UGB.

Les infrastructures de diffusion culturelle relativement importantes sont


pour l’essentiel concentrées dans la commune de Saint-Louis. Ce sont des centres
culturels, centres de recherche et de documentation, salles et aires de spectacles,
cinémas, foyers de jeunes etc.

Si la capitale régionale abrite des structures de qualité et connaît un


dynamisme croissant avec l’institution de plusieurs manifestations d’envergure
comme le Festival International de Jazz, l’ouverture récente d’un complexe culturel
et artistique de dimension internationale (le Quai des Arts), l’activité du secteur reste
faible à l’intérieur de la région, exception faite de l’organisation épisodique de
journées culturelles.

De fait, à l’intérieur, les infrastructures se résument aux CDEPS frappés par


une dégradation physique et matérielle, un déficit des équipements et une baisse
sensible des activités.

Toutefois les énormes atouts et potentialités existants peuvent impulser une


dynamique culturelle très appréciable et faire de la région un pôle majeur de
rayonnement culturel à l’échelle nationale et sous-régionale.

____________________________________________________________________________________ 103
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
5.5.1.1 Le patrimoine matériel

Il s’exprime dans le bâti et traduit la richesse architecturale d’édifices


anciens. Il s’agit d’une part des forts, casernes, entrepôts, maisons, écoles, églises,
places et monuments témoins de l’histoire coloniale française et d’autre part des
infrastructures traditionnelles telles les mosquées omariennes, les villages
traditionnels du Fouta, les lieux de mémoire comme Nder ou Dialawaly, etc.

Ce trésor inestimable est aujourd’hui frappé par une dégradation


préoccupante. En l’absence de politiques vigoureuses de protection, de réhabilitation
et de stratégies de valorisation efficaces, le patrimoine régional risque de se
détériorer davantage du fait de son abandon, des occupations illégales et des
transformations anarchiques ne tenant aucunement compte des normes
architecturales de préservation et de restauration. A ce propos, l’île de Saint-Louis
qui postule à l’inscription au patrimoine mondial de l’Humanité risque de
compromettre toutes ses chances si des mesures conservatoires strictes ne sont prises
dans les meilleurs délais.

5.5.1.2 Le patrimoine immatériel

Ce sont les traits spécifiques de civilisation des populations de la région :


valeurs spirituelles et morales, pratiques sociales, modes et arts de vie, chants,
danses, costumes, etc. C’est l’expression des communautés de base dans leurs
représentations mentales, leur imaginaire collectif et leur vie quotidienne.

Malgré sa richesse et sa diversité, le patrimoine immatériel est faiblement


mis en valeur. En outre, du fait des agressions culturelles de toutes sortes et de
l’inexistence de programmes de restauration et de conservation, il y a une forte
déperdition des valeurs, des us et coutumes et finalement une désarticulation
croissante du système culturel entraînant une perte de repères essentiels dans leur
propre société pour les populations et plus particulièrement les jeunes.

5.5.1.3 Les activités culturelles

Majoritairement menées dans la commune de Saint-Louis, elles consistent à


valoriser le patrimoine culturel régional. Elles vont de la danse au théâtre en passant
par la musique, les arts plastiques, l’artisanat d’art etc. Ces différents volets sont pris
en charge par des associations, des formations artistiques, des individualités mais
sont faiblement soutenues par les autorités publiques.

Il faut toutefois noter que depuis quelques temps, des manifestations


culturelles d’envergure sont organisées de manière périodique : le Festival
International de jazz, les régates de Saint-Louis, les journées culturelles de Ndioum,
de Podor et du Walo…

____________________________________________________________________________________ 104
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Il existe beaucoup d’autres initiatives pour l’organisation de manifestations
culturelles, mais elles souffrent de manque de coordination et de moyens de
la part de leurs promoteurs.

5.5.2 Contraintes

Les exigences de l’ajustement structurel ont lourdement pesé sur le secteur


de la culture relégué derrière d’autres jugés plus vitaux. Il en résulte de sérieux
obstacles qui bloquent son essor :
- un financement faible voire dérisoire de l’Etat et des collectivités
locales ;
- l’inexistence au niveau régional d’un Bureau d’Architecture et des
Monuments Historiques ( B.A.M.H) ;
- une dépendance trop forte vis-à-vis des bailleurs extérieurs ;
- une déliquescence des infrastructures et des équipements ;
- une formation insuffisante des cadres et agents culturels;
- une faible professionnalisation des acteurs ;
- une dégradation progressive du patrimoine faute de politique rigoureuse
de conservation, etc.
- une absence de structure de concertation et de coordination des activités
culturelles ;
- des locaux adéquats pouvant accueillir le Centre Culturel régional ;
- l’inexistence de centres culturels départementaux et locaux.

5.6 URBANISME ET HABITAT

Avec une population régionale estimée à 818 560 habitants en 1998, la région
de Saint-Louis compte une population urbaine de 292 910 habitants, soit 36 %
répartis dans les douze communes.

L'armature urbaine présente des caractéristiques spécifiques :


- le département de Dagana est le plus urbanisé du fait de la présence
des deux communes les plus importantes de la région (Saint-Louis :
148 400 habitants, Richard-Toll : 57 980 habitants) et de la
concentration de la plupart des grands investissements réalisés dans la
région. Podor et Matam comptent respectivement 3 et 6 villes qui
dépassent rarement 10 000 habitants ; elles sont pour la plupart des
communes rurales ;

____________________________________________________________________________________ 105
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
- le chef-lieu de région est très excentré par rapport au reste de la région
et certaines villes forment ce qu'on pourrait appeler des "villes
bicéphales" à cause de leur proximité (Dagana-Richard-Toll : 20 km,
Podor-Ndioum: 45 km, Matam-Ourossogui: 10 km) et de la
complémentarité fonctionnelle qui pourrait en résulter.

Cette situation résulte de la succession des générations de villes le long du


fleuve Sénégal :
- escales de traite sur le fleuve : Dagana, Podor, Matam, Richard-Toll,
- bourgs du Diéri en pleine expansion grâce au développement de l'axe
routier : Ourossogui, Ndioum, d’abord en 1990 , puis Thilogne,
Kanel, Waoundé, Semmé et Goléré en 1996 ).

Cependant, cette urbanisation a suscité des besoins sociaux, notamment en


infrastructures et équipements divers (santé, éducation, routes, assainissement, eau,
électricité, logements, etc. ) que les municipalités n’arrivent pas encore à satisfaire.

5.6.1 Urbanisme

5.6.1.1 Situation

En matière d’urbanisme, la région connaît une situation spécifique


caractérisée par une forte présence de l’eau (fleuve et océan) et la multiplicité de
zones marécageuses.

Toutefois, les problèmes se présentent différemment dans la ville de Saint-


Louis, dans les villes moyennes et dans les nouvelles communes.

• Au niveau de la ville de Saint-Louis


Les problèmes sont assez complexes et variés ; ils se posent en termes
d'aménagement et de gestion spatiale. La promiscuité qui existe dans certains
quartiers, les occupations illégales et anarchiques, surtout dans des zones insalubres
et inondables, traduisent les problèmes d’extension de la ville, d’hygiène et de
sécurité des populations.
Le caractère submersible du site de la commune est un facteur aggravant
l’impraticabilité des rues, surtout en hivernage. Le niveau de dégradation de la voirie
dans le Sor ( surtout les voies les plus fréquentées et qui ont plus d’impact
économique ) rend compte des difficultés de transport urbain face à un plan de
desserte des cars rapides inadapté, dans une ville coupée en deux par le pont
Faidherbe, vieux d’un siècle.
Par ailleurs, le cadre bâti, fait en grande partie d’édifices anciens, est marqué
par la vétusté notamment dans l’île où de nombreuses maisons demeurent en ruines.
44

____________________________________________________________________________________ 106
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
• Au niveau des villes moyennes de la région (Dagana, Richard-Toll,
Podor, Ndioum, Ourossogui et Matam).

Du fait de leur situation géographique, certaines de ces communes


connaissent des problèmes d'extension et de gestion de l'espace. Elles conservent
toutes des caractères encore ruraux du cadre de vie et des activités et se définissent
par l’insuffisance notoire d’infrastructures de voirie urbaine.

A l’exception de Ndioum et Ourossogui, ces localités sont toutes dotées


de Plan de Développement Urbain (PDU) depuis de 1983. Les grandes orientations
sont définies, il se pose cependant un problème de mise en œuvre effective.

• Au niveau des nouvelles communes « rurales »


Ces communes qu’on pourrait qualifier de rurales, n’ont que très peu
d’activités à proprement parler urbaines: le transport et la plupart des services et
infrastructures urbains sont inexistants. C’est une urbanisation sans équipements
collectifs ni offre de services urbains de base.
De fait, si le statut de ces agglomérations a évolué, leurs activités n’ont
quasiment pas changé et nombre de leurs habitants ont tendance à migrer vers
d’autres horizons.

5.6.1.2 Contraintes

Outre les problèmes soulevés dans le diagnostic, les contraintes peuvent être aussi
trouvées au niveau de :
- l’absence de plans cadres (PDU, PUR ) au niveau de certaines
agglomérations ;
- l’insalubrité et le manque de réserves foncières pour la plupart des
communes ;
- l’insuffisance et la mauvaise répartition des infrastructures et
équipements socio-économiques et culturels ;
les problèmes d’assainissement ;
- l’occupation anarchique des espaces dans les grands centres urbains ;

- les coûts élevés pour l’entretien des infrastructures et équipements


urbains ;
- etc.

5.6.2 Habitat

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Les statistiques officielles révèlent un faible dynamisme en matière d’habitat.
En effet durant les trois dernières années la situation des autorisations individuelles
de construction se présente comme indiquée dans le tableau qui suit.

Tableau 42 EVOLUTION DES AUTORISATIONS DE CONSTRUIRE


DE 1996 1998.

Années Demandes Demandes totales Demandes autorisées à


déposées autorisées Saint –Louis

1996 73 59 53
1997 55 46 45
1998 98 70 70
Source : Division Régionale de l’Urbanisme.

A noter cependant que les constructions sans autorisation sont de loin plus
nombreuses particulièrement en milieu rural et dans les petites agglomérations
urbaines.

Concernant l’habitat planifié, les dernières initiatives dans la région datent de


1975 avec la construction de la cité Lamine Guèye par l’Office des Habitations à
Loyer Modéré (OHLM) dont le bilan se chiffre à 364 logements répartis comme
suit :
- Saint-louis commune: 261 logements, soit 72% ;
- Dagana commune : 24 logements, soit 07%
- Matam commune : 36 logements, soit 10% ;
- Orkadiéré : 23 logements, soit 6% ;
- Podor commune : 20 logements, soit 5%.

La réalisation de neuf (09) logements par la SICAP en 1997 à Cité Niax Sud
pose des problèmes liés à la viabilité du site.

Au niveau des coopératives d’habitat, un programme de 80 logements à


Ngallèle vient d'être réalisé par la Coopérative d’Habitat de l’Université Gaston
Berger (Rectorat), avec l’appui financier de la CNCAS.

Les autres coopératives de la Santé, de l'OMVS, du SYPROS, de la


SENELEC, de la SDE, du SUDES et de l'ASECNA sont attributaires de près de 40
ha dans le même site de Ngallèle.

Dans la communauté rurale de Gandon, les coopératives de l'Université I


(Rectorat), de l'Université II (CROUS) et de la Poste sont aussi attributaires.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Malgré toutes ces initiatives, le problème du logement se pose avec acuité
dans la commune de Saint-Louis et explique la spéculation faite sur l’immobilier par
les propriétaires.

Il faut retenir dans les perspectives :

- l’existence d’un dossier de demande d’autorisation de construire en


cours d’instruction pour le compte d’un projet de programme SNHLM
de 278 logements dans le site de Léona;

- le projet de réalisation d'un programme de 244 logements sur un


terrain situé entre Bango et Sanar par un promoteur privé (Général
Immobilière et Foncière).

Cependant, les demandes de logements restent très importantes et appellent


des solutions urgentes afin de rendre effectif le droit d’accéder à un toit.

Concernant les caractéristiques et la typologie de l’habitat, elles ont peu


évolué :
- en milieu urbain, mélange de constructions en dur, constructions en
banco et dans les banlieues pauvres, habitat fait de matériaux
hétéroclites ;
- en milieu rural, prédominance du banco et de la paille avec, cependant,
la plupart des infrastructures collectives (mosquées, postes de santé,
maisons communautaires, foyers des jeunes ou de la femme, etc. )
construites en dur.

Pour la toiture, les matériaux dominants sont les tuiles/ardoise/zinc dans les
centres urbains alors que le monde rural utilise beaucoup plus fréquemment la
chaume/paille.

5.7 HYDRAULIQUE URBAINE ET ASSAINISSEMENT


5.7.1 Hydraulique urbaine
5.7.1.1 Situation
Les agglomérations disposant d’un réseau d’adduction d’eau sont pour la
plupart alimentées à partir des eaux du fleuve Sénégal. Quelques localités seulement
ont un réseau raccordé à partir de forages.
• Ville de Saint-Louis
La ville de Saint-Louis est alimentée à partir de la réserve de DAKAR-
BANGO. La demande en eau des populations pourra encore être satisfaite jusqu’en
2004, année ou l’on prévoit la saturation des ouvrages actuels.

____________________________________________________________________________________ 109
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
• Villes de Richard-Toll, Dagana, Podor et Matam.
Ces villes sont alimentées à partir des eaux de surface. Le traitement des
eaux se fait par des stations aujourd’hui vétustes et ne pouvant plus assurer une offre
suffisante et de bonne qualité.
Les châteaux d’eau ont des capacités et des hauteurs faibles ; les réseaux
manquent donc de pression, sont souvent peu denses et insuffisamment maillés. Une
bonne partie des bornes fontaines sont soit supprimées soit dans un mauvais état, ce
qui entraîne d’énormes difficultés d’approvisionnement en eau potable pour
certaines couches de la population.
Celles-ci sont contraintes, en dépit des coûts exorbitants, de recourir aux
branchements individuels. Au demeurant, la SDE ne parvient pas encore à honorer
les nombreuses demandes qui ne cessent de s’accumuler.
Cela fait qu’une partie encore importante de la population de ces villes
continue à s’alimenter à partir de l’eau du fleuve, entraînant une forte prévalence de
maladies hydriques telles que les diarrhées, la bilharziose, etc.
Les autres communes disposant d’un réseau d’adduction d’eau sont les
villes de Ndioum et de Ourossogui. Elles sont alimentées à partir de forages avec
des réseaux de distribution encore très peu développés.

5.7.1.2 Contraintes
- Capacités insuffisantes des réseaux de distribution ;
- Coûts élevés des branchements individuels ;
- Panne fréquentes des forages ;
- Difficultés de satisfaire la demande ;
- Problèmes de gestion ;
- Etc.
5.7.2 Assainissement

Il constitue, à l’heure actuelle, la plus grande préoccupation des villes de la


région. Les collectivités locales et les pouvoirs publics y ont toujours consenti des
efforts importants mais les problèmes d’assainissement se posent avec acuité.

Ils sont relatifs à la protection contre les inondations et les crues du fleuve
ainsi qu’à la collecte, à l’évacuation et au traitement des ordures ménagères et des
eaux usées.

Le système d’assainissement à l’égout est très peu développé dans la


région, comme d’ailleurs les réseaux d’assainissement des eaux pluviales.

____________________________________________________________________________________ 110
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Actuellement, le taux d’accès à des systèmes adéquats d’évacuation des
excréta est assez faible et se présente comme suit :
- 25 % des ménages ont accès à des toilettes fonctionnelles,
- 35 % utilisent des latrines traditionnelles,
- 40 % ne disposent ni de toilettes ni de latrines.

5.7.2.1 Situation

• Assainissement urbain

Saint-Louis : elle est la seule ville de la région à disposer d’un système


d’assainissement à l’égout. La longueur actuelle du réseau est de 35 km pour 2 284
branchements, 6 stations de pompage et une station d’épuration.

Cependant, de par sa situation, elle se trouve dans un environnement


fragile du fait de la présence du fleuve, de l’océan, du niveau élevé de la nappe
phréatique et de l’absence de relief.

En outre, l’insuffisance ou l’absence totale d’un système de collecte et


d’évacuation des eaux pluviales entraîne, pendant l’hivernage, des inondations dans
la plupart des quartiers.

Podor : la ville dispose d’un réseau d’assainissement des eaux pluviales


réalisé dans le cadre du 6ème FED.

Le réseau est caractérisé par un système de pompage à l’arrêt, des canaux


obstrués, un émissaire effondré, etc.

Il faut signaler d’autre part la menace qui pèse sur la ville à chaque hivernage
du fait de l’érosion de la digue de protection contre les eaux de crue.

Dagana : la commune connaît des problèmes d’évacuation des eaux


pluviales. Il existe un bassin de rétention des eaux pluviales dont le système de
drainage est complètement obstrué. La digue de protection de la ville est traversée
seulement par trois buses pour l’évacuation des eaux. Dès que les précipitations
atteignent 50 mm de hauteur, la grande dépression située à l’intérieur de la ville se
transforme rapidement en marigot.

Richard-Toll : la ville compte 10 quartiers dont trois sont régulièrement


inondés pendant l’hivernage. Il existe un canal à ciel ouvert qui longe l’artère
principale de la ville et se déverse dans le fleuve.

A plusieurs endroits, également, la commune a réalisé des canaux et caniveaux mais


le système de drainage n’est pas performant du fait de l’obstruction du réseau
provoquant la stagnation des eaux de ruissellement.

____________________________________________________________________________________ 111
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Matam : la commune est confrontée à la crue du fleuve et aux stagnations
des eaux de pluie. La digue de protection contre les eaux de crue empêche
l’évacuation des eaux de ruissellement. Il s’ensuit une stagnation des eaux pluviales
et la submersion des quartiers d’extension urbaine qui connaissent beaucoup de
problèmes d’assainissement surtout pendant l’hivernage.

Les autres communes de la région ne disposent pas de réseaux


d’assainissement des eaux usées et des eaux pluviales. Les systèmes
d’assainissement qui existent sont dits individuels (fosses, latrines, etc.)

• Assainissement rural

En matière d’assainissement rural, le problème se pose en termes d’absence


totale de réseaux d’évacuation et d’insuffisance d’équipements d’aisance
notamment les latrines.

Malgré les importantes initiatives développées à travers les programmes


nationaux, les bailleurs de fonds et certaines ONG, la couverture reste encore très
insuffisante.

5.7.2.2 Contraintes

Elles sont relatives à :


- la faiblesse du niveau d’équipement en infrastructures de
commodités ;
- la vétusté des ouvrages existants ;
- la sous utilisation des réseaux du fait des coûts de raccordement
élevés ;
- le non-respect des normes techniques dans certaines localités ;
- les difficultés de drainage des eaux pluviales souvent raccordées aux
réseaux d’eaux usées à cause de l’ensablement ;
- les difficultés d’entretien et de maintenance des réseaux ;
- l’absence de réseaux d’assainissement dans les zones rurales.

____________________________________________________________________________________ 112
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
6. LES ACTEURS DU DEVELOPPEMENT
6.1 LES COLLECTIVITES LOCALES
Depuis son accession à l’indépendance, le Sénégal s’est engagé dans un
processus de décentralisation, conférant progressivement des pouvoirs aux
populations afin de les impliquer davantage dans la mise en œuvre du
développement local.

Ainsi la réforme administrative territoriale et locale de 1972 consacrait


l’émergence des Communautés rurales à travers lesquelles les populations
identifiaient et proposaient tous les projets financés sur les budgets locaux.

En 1990, la réforme élargissait davantage les prérogatives des élus locaux à la


gestion et à l’exécution des budgets des collectivités.

En 1996, la loi 96-07 dans ses innovations majeures, instituait d’une part la
région en Collectivité et transférait d’autre part, neuf domaines de compétences aux
collectivités locales.
Ainsi, la région de Saint-Louis, en plus d’un Conseil régional de 42 membres,
comprend 12 Conseils municipaux avec 425 élus et 28 Conseils ruraux avec 843
élus, soit un total régional de 1 310 élus.

6.1.1 Caractéristiques des instances et des élus

Tableau 43 REPRESENTATIVITE DANS LES INSTANCES

Caractéristiques %
Masculin 83
Sexe
Féminin 17
Moins de 40 ans 8
Ages 40-54 ans 34
55 ans et plus 58
Wolof 22
Ethnies Pular 74
Soninké 3
Autres 1
Cultivateur/Eleveurs/ Pêcheurs 41
Enseignants 6
Commerçants 21
Profession Employés 4
Artisans 4
Autres 23
Sans réponse 1
Permanent dans la localité 99
Présence
Moins de 3 semaines 1
Source : Policy / décembre 98 Etude sur les capacités des élus.

____________________________________________________________________________________ 113
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Les femmes, même si elles atteignent parfois 20% de l’effectif des
dirigeants au niveau de certains conseils municipaux, sont faiblement représentées
dans les instances de décisions, malgré leur importance numérique dans l’effectif de
la population régionale.

Les jeunes (moins de 40 ans) connaissent une situation de sous


représentation bien plus alarmante avec seulement 8% des sièges contre 58% pour
les 55 ans et plus.

Au plan socio-professionnel, la répartition des élus fait apparaître une bonne


présence des agropasteurs (41%) et des commerçants (21%). Les enseignants (6%),
les employés (4%), les artisans (4%) et autres : notables, marabouts, retraités (23%)
marquent une présence relative dans les instances dirigeantes locales.

La représentation ethnique ne connaît de distorsions flagrantes dans aucune


des Collectivités de la région.

Avec 99% des conseillers vivant en permanence dans leur localité, les
collectivités de la région de Saint-Louis, après celles de Dakar, sont les moins
soumises aux contraintes liées à la résidence extérieure des élus. Malheureusement
les quelques conseillers à casquette de visiteur (1%) surtout dans les villes, occupent
en général des fonctions déterminantes dans les Conseils municipaux ou ruraux.

6.1.2 Capacités des élus


Tableau 44 : NIVEAU D’INSTRUCTION ET D’INFORMATION DES ELUS DE LA REGION

Caractéristiques %
Alphabétisés en français 46
Alphabétisés en langue nationale 7
Niveau d’instruction Alphabétisés en arabe 15
Non alphabétisés 16
Sans réponse 16
Maîtrise des textes Oui 20
Non 80
Aucun domaine 12
Connaissance des domaines de Moins de 5 domaines 55
compétence Plus de 5 domaines 31
Tous les domaines 2
Réponse exacte 32
Connaissance des fonds de dotation Réponse Inexacte 5
Ne sait pas 63
Réponses exactes 4
Connaissance du nombre d’habitants Réponses fausses 38
Ne sait pas 58
Source : Policy / décembre 98 / Rapport d’une étude dans les régions

____________________________________________________________________________________ 114
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Les élus, dans leur grande majorité, ont un niveau d’instruction relativement
faible : 16% d’entre eux ne savent ni lire, ni écrire dans aucune langue et ceux qui
sont alphabétisés en français près de 55% n’ont pas dépassé le niveau primaire.

On comprend ainsi aisément que 80% des élus de la région ne maîtrisent pas
les textes régissant la décentralisation et perdent de vue les informations essentielles
relatives à la gestion et à la planification.

On note par ailleurs que 12% des élus ne connaissent aucun domaine de
compétence transféré contre 2% seulement qui en ont une parfaite maîtrise.

Contrairement aux Collectivités de base, les élus du Conseil régional


disposent dans une large mesure de hauts niveaux d’instruction et de grandes
expertises administratives, politiques et même économiques pour certains.

De ce point de vue, le Conseil régional renferme les capacités potentielles


pour la coordination et l’impulsion du développement régional.

Le manque de personnel technique propre aux collectivités et l’insuffisance


de la coopération avec les services techniques constituent des contraintes pour la
mise en œuvre du développement local.

6.1.3 Activités des collectivités

Il convient de constater que les activités menées par les Conseils ruraux et
municipaux sont restées les mêmes que dans le passé, malgré la dynamique
institutionnelle née de la loi 96-07 du 22 mars 1996 portant transfert de compétences
aux régions, aux communes et aux communautés rurales. Les actions restent encore
ponctuelles et très orientées vers le social.

6.1.3.1 Les Communautés rurales

Elles ont des limites sérieuses dans la mise en œuvre du développement local
et sont caractérisées par l’absence de documents pertinents de planification et de
gestion du développement local.

Financièrement, elles sont tout aussi limitées avec des budgets dérisoires et des
élus locaux tardant à percevoir la nécessité de développer des stratégies de
renforcement des ressources pour répondre aux besoins d’investissements, dans le
cadre par exemple d’un programme d’appui aux collectivités locales ou de la
coopération décentralisée.

____________________________________________________________________________________ 115
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Tableau 45 : EXEMPLE TYPE DU BUDGET D’EXECUTION D’UNE
5
COMMUNAUTE RURALE
(Unité : en Milliers de F CFA)

RUBRIQUES 1997 1998

FONCTIONNEMENT 650 435


- Indemnités PCR 140 100
- Indemnités Vice-PCR 210 210
- Remises allouées aux Chefs de villages 47 -
- Carburant collecte fiscale - 39
- Achat tickets perception 203 36
- Fournitures de bureau 50 -
- Fête de l’Indépendance - 50

INVESTISSEMENTS 170 100


- Equipement maison communautaire - -
- Semaine nationale de la jeunesse - 50
- Participation fonctionnement forage - -
- Quinzaine nationale de la femme 10 -
- Coupe du PCR 50 50
- Fournitures scolaires 110 -

Montant du budget réalisé 820 535


Taux de réalisation des prévisions 8% 4%
Participation par tête au budget (F CFA) 38 24

Les conclusions suivantes peuvent être tirées du tableau :


• Des budgets dérisoires
Les budgets des collectivités proviennent essentiellement de l’Etat
(subventions), des populations (impôts) et des opérateurs économiques (taxes).
Les taux de réalisation des budgets des communautés rurales sont très
faibles (10% en 1997, 4% en 1998). Les raisons peuvent être probablement
trouvées dans le comportement des contribuables tendant à ne pas honorer leurs
impôts et taxes divers, l’inefficacité des élus dans la collecte ou enfin les
insuffisances techniques dans l’établissement des budgets.

5
EREJAKRO

____________________________________________________________________________________ 116
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
• Une utilisation peu rationnelle des budgets
La structure des dépenses affecte en moyenne une très petite portion à
l’investissement (moins de 20 % ) alors que l’essentiel du budget ( plus de 80 % )
est destiné au fonctionnement. Cela n’explique-t-il pas la faible propension des
populations à s’acquitter de la taxe rurale ? Il y a lieu assurément d’augmenter le
niveau des investissements pour améliorer les services publics légitimement
attendus par les populations qui devraient elles aussi mieux aider à faire face aux
contraintes budgétaires.
En dehors de ces contraintes, les communautés rurales restent confrontées
à:
• l’insuffisance de l’expertise des élus dans des domaines essentiels pour
conduire les missions assignées,
• l’absence de personnel spécialisé pour aider à la définition des
perspectives et à l’exécution des activités techniques,
• l’absence de locaux fonctionnels et équipés pour marquer la
représentation de la structure.

6.1.3.2 Les Communes

Des différences notables sont observées entre les communes de la région.


Les localités nouvellement promues sont encore semblables aux communautés
rurales en matière de fonctionnement et de réalisations. Ainsi, elles sont confrontées
aux mêmes difficultés.

Dans des communes comme Richard-Toll, Dagana, Podor et Matam, on


note une volonté de réalisation d’investissements dans les domaines du commerce
(marché et souks) et des transports (gare routière) mais avec des moyens bien plus
importants.

Saint-Louis vient d’achever “les assises ” à l’issue desquelles elle dispose


d’un Plan de Développement Communal (PDC) qui prévoit des investissements dans
plusieurs domaines.

L’Agence de Développement Municipal (ADM) travaille déjà avec toutes


les communes du département de Dagana avec lesquelles elle a signé un contrat de
ville dans le cadre du Programme d’Appui aux Communes (PAC).

Les communes de la région souffrent toutes d’un manque de moyens : les


impôts et taxes perçus sont très en deçà des potentialités (moins de 25%), et les
fonds de concours alloués par l’Etat sont non constants, irréguliers et même
aléatoires (1991).

____________________________________________________________________________________ 117
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
La coopération décentralisée n’est pas encore développée dans les villes de
la région ; seule la commune de Saint-Louis dispose d’une expérience appréciable
dans ce domaine avec son partenariat avec Lille (Nord-Pas de Calais France).

Tableau 46 EXEMPLE SYNTHETIQUE ET APPROXIMATIF D’UN BUDGET D’UNE DES


6
COMMUNES ANCIENNES DE LA REGION
(Unité : en millions de F CFA)

DESIGNATIONS 1988 1992 1995 1996


Prévisions (recettes et fonds de
concours de l’Etat) 290 500 590 610
Réalisations
Montants 210 290 460 520
Taux de réalisation 72% 58% 77% 85%

Salaires Montant 150 130 180 230


% 71% 44% 39% 44%

Autres dépenses 60 160 280 290


Contribution moyenne par tête
et par an (F CFA) 1820 2220 3200 3500

A l’instar des communautés rurales, une très forte proportion des dépenses
de fonctionnement (80%) caractérise le budget des communes.

Les principales contraintes dont souffrent les communes sont :

• les besoins très élevés en dépenses d’entretien et de réhabilitation ;


• la faiblesse des taxes perçues par rapport au potentiel;
• l’étroitesse des territoires communaux, source de conflits avec les
communautés rurales limitrophes. ;
• le développement rapide et incontrôlé des villes surtout quand elles
sont en expansion économique.

6.1.3.3 Le Conseil régional

Depuis son installation en janvier 1997, le Conseil Régional a déployé


l’essentiel de ses énergies à la confection du Plan Régional de Développement
Intégré (PRDI), devant être la référence pour l’ensemble des acteurs du
développement régional : élus, opérateurs économiques, Etat et bailleurs.

6
IUOLNIAS

____________________________________________________________________________________ 118
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Devant la demande sociale pressante, le Conseil régional n’a pas attendu
pour s’investir dans les secteurs de la santé et de l’éducation en particulier.

Le Conseil régional n’étant pas encore habilité à percevoir des taxes et


impôts contrairement aux autres collectivités locales, son budget provient
essentiellement des fonds de concours alloués par l’Etat et les partenaires au
développement.

Tableau 47 : BUDGET DU CONSEIL REGIONAL DE SAINT-LOUIS DURANT LES DEUX


PREMIERES ANNEES D'EXISTENCE

(Unité : en millions de F CFA)

DESIGNATIONS 1997 1998

SECTION FONCTIONNEMENT

Reliquat année précédente 0 + 137


Dotation 502 502
Dépenses Montants 365 477
% 72% 74%

Excédent/Déficit + 137 + 162

SECTION INVESTISSEMENT

Reliquat année précédente 0 + 54


Dotation 62 175
Dépenses Montants 8 34
% 12% 14%

Excédent/Déficit + 54 + 195

RESULTAT GLOBAL
Excédent/Déficit + 191 + 357

L’analyse du tableau aboutit aux constats suivants :

- une part encore faible de la coopération décentralisée dans la formation


du budget ;
- une faible capacité d’utilisation des crédits surtout ceux destinés aux
investissements et qui pourrait s’expliquer par la toute jeunesse de la
structure.
-

____________________________________________________________________________________ 119
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
6.2- LES ONG ET PROJETS
La région de Saint-Louis bénéficie de la présence de nombreuses ONG
intervenant dans divers domaines : santé, éducation, financement d’activités
productives, promotion de la femme etc.
Certes, leurs actions ont un impact réel sur le développement des
populations mais elles restent limitées par un manque de coordination. Les
collectivités et les services techniques déplorent en leur endroit un déficit de
communication et un manque de collaboration qui nuisent à la cohérence du
développement local.. Par ailleurs, les agréments attribués depuis le ministère de
tutelle ne permettent pas une distribution convenable sur l’espace régionale : les
zones enclavées du Walo et du Diéri étant souvent des laissés- pour-compte.
On note toutefois des tentatives de coordination initiées par le CONGAD,
seulement les structures mises en place connaissent des difficultés de
fonctionnement.

Tableau 48 ONG ET DOMAINES D’INTERVENTION

DENOMINATION DOMAINES D’INTERVENTION

USE/PIP - Appui et assistance au développement des populations urbaines


Union pour la Solidarité et rurales.
et l'Entraide / Projet Intégré
de Podor - Hydraulique villageoise- Alphabétisation- Crédits-
Alimentation- Distribution de vivres

OXFAM - Appui et financement de projets initiés par les populations en


Oxford Comity For Famine particulier dans les zones les plus défavorisées. / Crédits
Relief

PADEC - Appui aux groupements villageois ou des jeunes pour le


Association Panafricaine pour développement
le Développement
Communautaire

MLS - Appui à la santé des populations./ Santé, formation, éducation


Mission Luthérienne du
Sénégal

____________________________________________________________________________________ 120
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
RADI - Consultations juridiques : cliniques mobiles, causeries
Réseau Africain pour le juridiques, Droits de la femme, Promotion Economique de la
développement Intégré femme./ IEC, Assistance judiciaire et formation de para
juristes.
- Formation en décentralisation

ADENNA - Programme de santé – maraîchage

TOSTAN - Alphabétisation

UJAk - Maraîchage- Formation- Crédits

FED - Appui en matière de développement Cellule micro-réalisation/


Construction d’infrastructures communautaires, Equipement en
GMP, Décortiqueuse, Moulin à mil,,
- Cellule P.M.E., Aménagement, Commerce etc.

FAFD - Matériel agricole


Fédération des Associations
du Fouta pour le
Développement

FEDE - Appui aux collectivités locales

ASESCAW - Contribution à l’amélioration des conditions de vie des


Amicale Socio-Economique populations. / Encadrement et formation des membres à la
Sportive et Culturelle des gestion de projets. - Promotion d’activités rémunératrices et
Agriculteurs du Walo. lutte contre l’exode rural.
- Financement de projets ruraux, formation, santé, reboisement.

F. P. P. I. - Appui aux programmes de développement des communautés de


Foster Parents base./ Hydraulique, Education, Allégement des Travaux de la
Plan International Femme, Aviculture

CONAPORE - Aviculture, Elevage, Economie Familiale, Hydraulique

AFRICARE : - Amélioration des conditions de vie des populations en milieu


AFRICARE, INC rural dans les pays africains en essayant de satisfaire certains
besoins fondamentaux de ses populations. / Hydraulique
villageoise, élevage, Santé, Formation, Agro-Foresterie,
Production alimentaire

A.S.P.R. - Appui aux Programmes de Développement des communautés


Association Sénégalaise pour de base. /Education, Alphabétisation, Agro-Foresterie,
la Promotion Rurale. Elevage, pisciculture, Aménagement, Santé

____________________________________________________________________________________ 121
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
ASRADEC - Apporter une contribution au Développement du monde
Association Sénégalaise de Rural dans une perspective auto-centrée et participative des
Recherche et d’Assistance populations bénéficiaires. Participer à la lutte pour
pour le Développement l’autosuffisance alimentaire. Impulser et appuyer des projets de
Communautaire développement Intégré, en faisant participer les populations
bénéficiaires à la réalisation des différents projets les
concernant. / I. E. C. Rurale, Environnement, Agriculture,
Elevage

SAHEL 3.000 - Caisse Mutuelle, Maraîchage

ACRA - Agriculture, Banques Céréalières, Allégement des travaux


Association de Coopératives des femmes
Rurales en Afrique.

V.D.D. - Appui Financier


Volontaire du
Développement.

RDAI - Agriculture, Elevage, Allégement

DIAPANTE - Appuyer techniquement le monde rural. /Formation,


Allègement des travaux

A.F.V.P. - Participation aux efforts de Développement des Pays dans


Association Française lesquels elle intervient sur la base du Partenariat. / Hydraulique
des Volontaires du Progrès. villageoise, Agriculture, Infrastructure, Cantine Scolaire,
Santé, Assistance aux coopératives Scolaires

G.R.D.R. - Assurer le meilleur développement possible dans des zones


Groupe de Recherche et de où il intervient en milieu Rural./ Hydraulique villageoise,
Réalisation pour le Formation (Scolarisation, Alphabétisation)
Développement Rural.

AFRIQUE 2.000 - Agriculture, Elevage, Aviculture, Reboisement, Formation

P.A.I.B. - Agriculture, Elevage, Aviculture, Reboisement, Formation

PROGOTTO SVILUPPO - Garderie d’Enfants, Santé, Formation


EMILIA (Ong Italienne )

____________________________________________________________________________________ 122
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
CARITAS : - Contribuer à l’effort National de réhabilitation et de
Secours Catholiques développement pour l’auto – promotion des populations.
(CARITAS SENEGAL) /Elevage, Riziculture, Assistance Sociale, Programme
d’urgence complémentaire, Maraîchage, Santé, Hydraulique
villageoise, Equipement matériel d’allégement
F.I.S.A :
Fondation Internationale de - Participation dans l’amélioration la qualité de la vie des
Secours et d’Amitié. populations urbaines défavorisées par l’amélioration de
l’habitat. /Action de développement, Santé familiale,
Scolarisation, Emploi et Production par un changement du
cadre de vie

FAFS - Regrouper toutes les associations du Sénégal en vue


Fédération sénégalaise des d’améliorer la promotion de la femme./Formation, Mutuelle
Associations Féminines du d’Epargne, Activités artisanales, Transformation légumes,
Sénégal Teinture, Couture etc.

ASBEF - Assister les femmes en matière de santé, Planification


Association sénégalaise pour familiale. /Santé reproductive, Formation, IEC.
le Bien-Etre Familial

6.3 LES ASSOCIATIONS

Depuis quelques années, face à la dégradation de leurs conditions


d’existence, les populations urbaines comme rurales ont développé dans le cadre de
structures associatives de multiples initiatives dans divers domaines.

En effet, les moyens et investissements de l’Etat au profit des communautés


de base n’ont cessé de régresser devant les exigences des mesures d’ajustement
budgétaire.

Les dernières réformes ont certes favorisé l’émergence de collectivités


locales, en principe plus aptes à prendre en charge les préoccupations populaires,
mais ces entités sont pour l’essentiel bloquées dans leurs actions par la faiblesse de
leurs capacités et de leurs moyens.

En conséquence, la dynamique associative s’est considérablement renforcée


dans tous les secteurs: économique, social, culturel, etc.

Il n’existe aujourd’hui aucun quartier ou village sans Association Sportive


et Culturelle (ASC), Groupement de Promotion Féminine (GPF), Groupement
d’Intérêt Economique (GIE) ou Association de Développement (CD).

Il s’ajoute à ces organisations classiques des associations religieuses


( Dahiras et mouvements islamiques ou chrétiens), ethniques, de lutte contre tel ou
tel fléau etc.

____________________________________________________________________________________ 123
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Dans tous les cas, ces associations aspirent à une plus large participation à
la gestion du développement local qu’elles entendent bâtir à partir de leurs
potentialités et ressources propres.

En dépit de quelques échecs et errements liés aux exigences de l’autonomie


et à l’apprentissage de la gestion d’initiatives communautaires, des résultats
appréciables ont pu être atteints dans les domaines de l’éducation, de la santé, de
l’environnement, etc.

Par ailleurs, la vie associative contribue grandement à ancrer la démocratie


locale, la transparence dans la gestion des affaires communautaires mais plus
encore, elle développe les réflexes citoyens et incite aux comportements civiques.

Ces associations sont des espaces d’innovation regorgeant de potentialités


qui ne demandent qu’à être accompagnées pour promouvoir un développement de
proximité avec l’avantage de cibler les besoins prioritaires des populations.

____________________________________________________________________________________ 124
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 LES COLLECTIVITES LOCALES DE LA REGION

Tableau 2 REPARTITION DE LA POPULATION PAR AGE ET SEXE EN 1998

Tableau 3 SITUATION DES DIFFERENTES LOCALITES EN MATIERE DE CROISSANCE


DEMOGRAPHIQUE

Tableau 4 SITUATION DES DIFFERENTES FORMATIONS VEGETALES

Tableau 5 EVOLUTION DES SUPERFICIES EMBLAVEES ET DES PRODUCTIONS EN


SOUS PLUIES

Tableau 6 EVOLUTION DES SUPERFICIES AMENAGEES PAR DEPARTEMENT (HA)

Tableau 7 EVOLUTION DES SUPERFICIES AMENAGEES ET DES MISES EN VALEUR

Tableau 8 EVOLUTION DES RESULTATS DES CULTURES IRRIGUEES

Tableau 9 EVOLUTION DES CREDITS DE CAMPAGNE PAR LA CNCAS POUR


L’AGRICULTURE IRRIGUEE DANS LA ZONE NORD

Tableau 10 SITUATION DES FACILITES ACCORDEES PAR DEPARTEMENT EN %

Tableau 11 EVOLUTION DU CHEPTEL DANS LA REGION (EN MILLIERS DE TETES)

Tableau 12 EVOLUTION DE L’ARMEMENT ET DES MISES A TERRE

Tableau 13 EVOLUTION DES QUANTITES MAREYEES (TONNES )

Tableau 14 QUANTITES MAREYEES SELON LA DESTINATION EN 1997

Tableau 15 SITUATION DES PRODUITS TRANSFORMES EN 1997

Tableau 16 EVOLUTION DES TONNAGES

Tableau 17 EVOLUTION DES TONNAGES

Tableau 18 REPARTITION DE QUELQUES TYPES D’ENTREPRISES EN 1997

Tableau 19 EVOLUTION DES CAPACITES D’ACCUEIL DANS LA REGION

Tableau 20 EVOLUTION DES ACTIVITES TOURISTIQUES DE 1990 A 1997

Tableau 21 SITUATION DES INFRASTRUCTURES COMMERCIALES

Tableau 22 SITUATION DES LOCALITES CONNECTEES

Tableau 23 CARACTERISTIQUES DU RESEAU

Tableau 24 SITUATION DU TRAFIC DE VOYAGEURS (85 % )

____________________________________________________________________________________ 125
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Tableau 25 SITUATION DU TRANSPORT DE MARCHANDISES (15%)

Tableau 26 SITUATION DES EQUIPEMENTS DE COMMUTATION, EN 1998

Tableau 27 SITUATION DU TRAFIC POSTAL

Tableau 28 SITUATION DU TRAFIC FINANCIER (Montant en millions)

Tableau 29 REPARTITION DES INFRASTRUCTURES ET EQUIPEMENTS

Tableau 30 REPARTITION DU PERSONNEL DE SANTE

Tableau 31 SITUATION DES INFRASTRUCTURES, EFFECTIFS ET PERSONNEL.

Tableau 32 SITUATION DES INFRASTRUCTURES, EFFECTIFS ET PERSONNELS

Tableau 33 EVOLUTION DU TBS PAR CIRCONSCRIPTION

Tableau 34 EVOLUTION DE LA SCOLARISATION PAR SEXE

Tableau 35 INFRASTRUCTURES ET EFFECTIFS DE L’ENSEIGNEMENT MOYEN ET SECONDAIRE.

Tableau 36 SITUATION GLOBALE DU SECTEUR

Tableau 37 SITUATION DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET DE LA FORMATION


PROFESSIONNELLE

Tableau 38 EVOLUTION DES EFFECTIFS ET RESULTATS

Tableau 39 EVOLUTION DU PERSONNEL ENSEIGNANT

Tableau 40 REPARTITION DES INFRASTRUCTURES DE JEUNESSE

Tableau 41 REPARTITION DES INFRASTRUCTURES CULTURELLES

Tableau 42 SITUATION DES AUTORISATIONS

Tableau 43 REPRESENTATIVITE DANS LES INSTANCES

Tableau 44 NIVEAU D’INSTRUCTION ET D’INFORMATION DES ELUS DE LA REGION

Tableau 45 EXEMPLE TYPE DU BUDGET D’EXECUTION D’UNE COMMUNAUTE


RURALE7 (Unité : en Milliers de F CFA)

Tableau 46 EXEMPLE SYNTHETIQUE ET APPROXIMATIF D’UN BUDGET D’UNE DES


COMMUNES ANCIENNES DE LA REGION (Unité : en millions de F CFA)

Tableau 47 BUDGET DU CONSEIL REGIONAL DE SAINT-LOUIS DURANT LES DEUX PREMIERES


ANNEES D'EXISTENCE (Unité : en millions de F CFA)

Tableau 48 ONG ET DOMAINES D’INTERVENTION

____________________________________________________________________________________ 126
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
LISTE DE QUELQUES DOCUMENTS DE REFERENCE

TITRES STRUCTURES
1 Contrat de plan Etat/Région Nord-Pas de Calais 1994-1998 Conseil Régional Nord-Pas
de Calais
2 Enquête Démographique et de santé au Sénégal ( EDS III) 1997 Direction de la Prévision et
de Statistique
3 Etude des aspects institutionnels des problèmes de financement Minist.Equip. et des
et de planification des routes rurales Transp. Terrestres
4 Etude portant sur les capacités de pilotage du PLP/ Rapport final ECO AFRIQUE
juin 99
5 Etude sur le programme de développement dans la zone Nord System Science
de pêche en République du Sénégal/ nov. 97 Consultants INC.
6 Etude prospective « Sénégal 2015 » / juillet 89 Minist du Plan et de la
Coopération
7 Evaluation du processus de planification dans le contexte de la Groupement ISADE/
régionalisation / Rapport d’une étude dans les régions de Fatick, HYGEA
Kaolack, Louga et Saint-Louis
8 Grandes Orientations (1984/1988) / Région Nord pas-de Calais Conseil Régional Nord-Pas
de Calais
9 Grandes Orientations du 3ème Plan régional/ Nord pas-de Calais Conseil Régional Nord-Pas
de Calais
10 Méthodologie d’élaboration des Plans Régionaux de Direction de la Planification
Développement Intégré
11 Perspectives Triennales / D Direction Planification
12 Plan d’Orientation pour le Développement Economique et Social Direction Planification
1996/2001 ( IXème Plan )
13 Plan d'Action de la Femme 1997/2001 Minist. de la Femme, de
l’Enfant et de la Famille
Plan d’Action Foncier du Sénégal / oct. 96 Ministère de l’Agriculture
14 Plan de Développement Sanitaire de Matam 1991/1995 Minist. de la Santé et de
l’Action Sociale
15 Plan de Développement Sanitaire du District de Dagana Minist. de la Santé et de
1991/1995 l’Action Sociale
16 Plan de Développement Sanitaire du District de Dagana Minist. de la Santé et de
1991/1995 l’Action Sociale
17 Plan de Développement Sanitaire du District de Dagana Minist. de la Santé et de
1991/1995 l’Action Sociale
18 Plan de Développement Sanitaire/ Région de Saint-Louis Minist. de la Santé et de
1991/1995 l’Action Sociale
19 Plan Régional de Développement Intégré 1987 /Région de Saint- Service Régional de la
Louis Planification/ St-Louis
20 Plan Directeur de Développement Intégré pour la Rive Gauche Minist. du Plan et de la
de la Vallée du Fleuve Sénégal Coopération
21 Processus d’élaboration du Plan National d’action pour CONSERE
l’environnement
22 Programme de Développement Communal pour Saint-Louis Commune de Saint-Louis
1998/2008
23 Rapport au CRD Spécial sur la rentrée scolaire 98/99 Inspection d’Académie de
Saint-Louis
24 Rapport Annuel /1999 mars 2000 Ministère de l’Elevage
25 Rapports d'étape des groupes de travail / Plan 1984/1988 Région Conseil Régional Nord-Pas

____________________________________________________________________________________ 127
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
Nord-Pas de Calais de Calais
26 Résumé du Rapport provisoire relatif à l'étude sur le Minist.Equip. et des
développement des moyens de transport dans le domaine des Transp. Terrestres
transports ruraux
27 Textes de Lois de la décentralisation
28 Estimation des superficies cultivées en décrue dans le secteur du SAED / DPDR
Dioulol à Matam durant la contre saison froide 1998/1999 : étude
par télédétection
29 Sixième Lettre de mission : 1999-2000-2001 SAED
30 Présentation du Programme Ceinture Verte Minist. de l’Environ. et de la
Protection de la Nature
31 Diapper I , II et III (voir agriculture)
32 Budget Exercice 1999 Conseil Régional ST-Louis

____________________________________________________________________________________ 128
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
LISTE DU PERSONNEL TECHNIQUE D’ELABORATION DU PRDI

1. Comité Technique Permanent : Conception, réalisation, rédaction

- Mme Oumou Sy MBAYE, Chef de Service Régional de la


Planification, Coordonnatrice du PRDI
- M. Bouna WARR, Chef de Service Régional de la Statistique,
Directeur de l’Agence Régionale de Développement (ARD) de Saint-
Louis
- M. Mamadou SENE, Géographe, Chef de la Division de la
Communication et de la Formation à l’ARD de Saint-Louis
- M. Djibril DIA, Adjoint au Chef du Service régional de la Planification
de Saint-Louis

2. Comité Technique Régional du Plan

- M. Mamadou SY, Chef du Service Régional de la Pêche


- M. Souleymane NGOM, Directeur du Centre culturel A. Kader FALL
- M. Arona LY, Chef du Service Régional de l’Aménagement du
Territoire
- M. Abdoulaye Fofana DIA, Chef du Service Régional de l’Action
Sociale
- M. Moustapha SOW, Adjoint au Chef du Service Régional de
l’Expansion Rurale
- M. Malao SOW, Coordinateur Régional de l’ASBEF
- M. Ousmane SOW, Sociologue, Chef de la division animation et mise
en œuvre du développement local à l’ARD de Saint-louis

3. Equipe de pilotage et d’appui

- M. Sidy Ben Moctar KANE, Président de la Commission des


Finances, du Plan et du Développement Economique du Conseil
Régional
- M. Wagué SIBY, ex-Secrétaire Général du Conseil Régional
- M. Mouhamadou DIOP, Directeur Administratif et Financier du
Conseil Régional

Ont également contribué à l’élaboration du PRDI, tous les services


techniques régionaux, les ONG, la SAED, l’ISRA, l’Université Gaston Berger et les
Associations de la région.

____________________________________________________________________________________ 129
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 1 : Diagnostic socio-économique régional.
REPUBLIQUE DU SENEGAL

CONSEIL REGIONAL DE SAINT-LOUIS


AGENCE REGIONALE DE DEVELOPPEMENT

Saint-Louis

PLAN REGIONAL
DE DEVELOPPEMENT INTEGRE
(PRDI)
2000-2005

Tome 2 : PERSPECTIVES ET
STRATEGIES DE DEVELOPPEMENT

Avec le soutien financier de la Région Nord-Pas de Calais

Version définitive
______________________________Décembre
2000______________________________
Sommaire
LISTE DES ABREVIATIONS ET SIGLES

PREFACE

INTRODUCTION

I. Contexte
II. Justifications du PRDI
III. Objectifs du PRDI
IV. Caractéristiques du PRDI
V. Cadre institutionnel
VI. Méthodologie
VII. Résumé des résultats de l’étude
I- LES FORCES ET FAIBLESSES DE LA REGION

1.1- les forces


1.2- les faiblesses

II- LES PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA REGION

2.1- L’image de la région


2.2- Les Enjeux, Objectifs et Stratégies de développement
Enjeu 1 : Promotion de l’espace économique régional
Enjeu 2 : Développement des ressources humaines
et de la qualité de vie
Enjeu 3 : Intégration, cohésion sociale et sécurité
Enjeu 4 : Bonne gouvernance locale et citoyenneté.

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

A.1. Liste du personnel technique d’élaboration du PRDI


A.2. Liste de quelques documents de référence

_____________________________________________________________________ 1
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
LISTE DES ABREVIATIONS ET SIGLES

ACEP Alliance de Crédit et d’Epargne pour la Production


ACRA Association de Coopératives Rurales en Afrique.
ADM Agence de Développement Municipal
ADO Association Drôme/Ourossogui
ADRAO Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l’Ouest
AED Action Enfance Développement
AEMO Action Educative en Milieu Ouvert
AFVP Association Française des Volontaires du Progrès.
ARP Association pour la Renaissance Pular
ASPR Association Sénégalaise pour la Promotion Rurale.
ASBEF Association Sénégalaise pour le Bien-être Familial
ASECNA Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne
ASESCAW Amicale Socio- Economique Sportive et Culturelle des Agriculteurs du Walo
ASRADEC Association Sénégalaise de Recherche et d’Assistance pour le Développement
Communautaire
ATOS Personnel Administratif, Technique et Ouvrier de Service
BAMH Bureau d’Architecture et des Monuments Historiques
BICIS Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie du Sénégal
BOAD Banque Ouest Africaine de Développement
BTP Bâtiments et Travaux Publics
CARITAS Secours Catholiques (CARITAS – SENEGAL)
CAURI Cellule d’Appui aux Relations Internationales au Sénégal
CDFP Centre Départemental de Formation Professionnelle
CETF Centre d’Enseignement Technique Féminin
CFEE Certificat de Fin d’Etudes Elémentaires
CIH Centre d’Initiation Horticole
CIRIZ Comité Interprofessionnel du Riz
CNCAS Caisse Nationale de Crédit Agricole Sénégalaise
CNE Caisse Nationale d’Epargne
CNFCI Centre National des Formation pour les Cultures Irriguées
CNFTELA Centre National de Formation des Techniciens de l’Elevage et de l’Industrie
Animale
COPARE Conseil et Partenariat Entreprises
CPRS Centre de Promotion et de Réinsertion Sociale
CRD Comité Régional de Développement
CREN Centre de Récupération Nutritionnel
CRFP Centre Régional de Formation Professionnelle
CROUS Centre Régional des Œuvres Universitaires de Saint-Louis
CSS Compagnie Sucrière Sénégalaise
DPV Direction de la Protection des Végétaux
EDS Enquête Démographique et de Santé
EFI Ecole de Formation des Instituteurs
EPS Education Pour la Santé
EVF Education à la Vie Familiale
F PPI Foster Parents Plan International
FISA Fondation Internationale de Secours et d’Amitié.
FAFD Fédération des Associations du Fouta pour le Développement
FAFS Fédération sénégalaise des Associations Féminines du Sénégal
FED Fonds Européen de Développement
FPGL Fondation Paul Gérin Lajoie

_____________________________________________________________________ 2
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
GRDR. Groupe de Recherche et de Réalisation pour le Développement Rural
GIE Groupement d’Intérêt Economique
HCR Haut Commissariat pour les Réfugiés
IB Initiative de Bamako
IEC Information Education et Information
IRA Inspection Régionale de l’Agriculture
IREF Inspection Régionale des Eaux et Forêts
IRJS Inspection Régionale de la Jeunesse et des Sports
IRPV Inspection Régionale de la Protection des Végétaux
ISRA Institut Sénégalais de Recherche Agricole
LTAP Lycée Technique André Peytavin
MLS Mission Luthérienne du Sénégal
MTAN Mouvement des Travailleurs d’Aide aux Nécessiteux
ODCAV Organisation Départementale de Coordination des Activités de Vacances
OFFICO Office Central de Coopération Internationale
OMS Organisation Mondiale pour la Santé
OMVS Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal
ONCAD Office Nationale de Commercialisation Agricole et Développement
ONG Organisation Non Gouvernementale
OPCE Office des Postes et de la Caisse d’Epargne
ORCAV Organe Régionale de Coordination des Activités de Vacances
OXFAM Oxford Comity For Famine Relief
OXIF Office Nationale de Formation Professionnelle
PAIB Fédération sénégalaise des Associations Féminines du Sénégal
PAC Programme d’Appui aux Communes
PADEC Association Panafricaine pour le Développement Communautaire
PAES Projet d’Appui aux Ecoles de Saint-louis
PAGEN Projet Associatif de gestion des Espaces Naturels
PAES Projet d’Appui aux Ecoles de Saint-Louis
PAIS/Etat Programme d’Alphabétisation Intensif/ Etat du Sénégal
PAPA Projet d’Appui au Plan d’Action
PAPEL Projet d’Appui à la Promotion de l’Elevage
PCR Président Communauté Rurale
PDC Programme de Développement Communal
PDRG Plan Régional de Développement Intégré pour la Rive Gauche de la Vallée du
Fleuve Sénégal
PDRH Projet de Développement des Ressources Humaines
PDU Plan de Développement Urbain
PEV Programme Elargi de Vaccination
PFIE Programme de Formation et d’Information à l’Environnement
PIP Projet Intégré de Podor
PLB Produit Local Brut
PLS Partenariat Lille Saint-Louis
PMI-PME Petite et Moyenne Industrie/ Petite et Moyenne Industrie Entreprise
PMR / FED Programme Micro-Réalisation / Fonds Européen de Développement
PRODAM Projet de Développement de Matam
PROWALO Projet d’Aménagement des forêts et de gestion des terroirs villageois du Walo
PUR Plan d’Urbanisme de Référence
RADI Réseau Africain pour le Développement Intégré
RGP Recensement Général de la Population
RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SAED Société d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta
SCOFI Scolarisation des Filles
SDE Société d’Exploitation des Eaux
SENELEC Société Nationale d’Electricité

_____________________________________________________________________ 3
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
SICAP Société immobilière du Cap-Vert
SNHLM Société Nationale des Habitations à Loyer Modéré
SNTI Société Nationale de Tomate Industrielle
SOCAS Société de Commercialisation des Produits Agricoles du Sénégal
SODISA Société des Domaines Industriels de Saint-Louis
SONATEL Société Nationale des Télécommunications
SUDES Syndicat Unique et Démocratique des Enseignants du Sénégal
SYPROS Syndicat des Professeurs du Sénégal
UCAD Université Cheikh Anta Diop de Dakar
UFR Unité de Formation et de Recherche
UGB Université Gaston Berger
UJAK Union des Jeunes Agriculteurs de Koyli wirndé
UNICEF Organisation des Nations Unies pour l’Enfance
USE Union pour la Solidarité et l'Entraide
VDD Volontaire Du Développement.

_____________________________________________________________________ 4
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
PREFACE
Dès sa mise en place en janvier 1997, le Conseil Régional de Saint-louis s’est attelé à réaliser
son Plan Régional de Développement Intégré (PRDI). L’ambition de cet instrument est, pour notre
région, de réaliser la mutation économique, sociale, culturelle et scientifique afin de sortir des
difficultés actuelles et, forte de ses potentialités, de se positionner comme une région leader sur
l’échiquier national, en phase avec les exigences du monde actuel.
Dans cette perspective, des initiatives hardies et concertées devraient à brève échéance
autoriser l’atteinte d’objectifs vitaux tels l’éradication de la pauvreté, la promotion d’une économie
régionale forte, le développement de ressources humaines de qualité, la protection de
l’environnement, etc. L’ampleur des enjeux est considérable.
De fait, la vision dégagée implique que la mise en œuvre du PRDI ne soit point du seul ressort
du Conseil Régional. Quel que soit son degré de détermination, il est clair que la Région/Institution ne
peut, à elle seule, faire face à tous les défis. Ceux-ci ne pourront être levés que par une mobilisation
sans faille de toutes les volontés et de toutes les énergies des communes et communautés rurales, des
opérateurs économiques, des associations, des jeunes et des femmes, donc de l’ensemble des acteurs
économiques et sociaux de la région ; mais aussi et de façon significative, de l’Etat et des partenaires
de la coopération décentralisée.
Le PRDI doit être l’expression de ces volontés conjuguées. Il n’est pas, en conséquence, le
projet exclusif de la Région / Institution. Il est plus largement un projet pour la région-espace
territorial.
Face à l’ensemble des défis du présent et de l’avenir, les grandes orientations dégagées dans
le présent document constituent une première réponse. Il s’agit maintenant de s’engager résolument
dans la mise en œuvre. Nous sommes persuadés qu’avec la mobilisation de tous les acteurs, il sera
aisé de transformer l’essai.
A ces partenaires et à tous ceux qui ont contribué à la réalisation du PRDI : élus,
populations, opérateurs économiques, organismes de développement, ONG, nous exprimons ici nos
plus vifs remerciements. A la Région Nord Pas de Calais, nous voudrions accorder une mention
spéciale pour son soutien financier et son accompagnement précieux tout au long du processus
d’élaboration.
Il nous reste à demander aux uns et aux autres de continuer à appuyer nos initiatives voire à y
prendre part de manière active pour donner à la phase décisive que nous engageons, celle de la mise
en œuvre, toutes les chances de réussite.
Pour notre part, nous réaffirmons la volonté de la Région d’assumer pleinement ses
missions, en l’occurrence, « promouvoir le développement économique, éducatif, social,
sanitaire, culturel et scientifique de la région (…) et organiser l’aménagement de son
territoire dans le respect de l’intégrité de l’autonomie et des attributions des communes et des
communautés rurales. »
A l’évidence, les collectivités et leurs populations ont soif de développement ; mobilisons-nous
donc tous ensemble pour la réalisation de cette grande ambition. Au-delà, démontrons que dans le
monde de demain, la région de Saint-Louis est une chance pour le Sénégal.

Abdourahim AGNE

Président du Conseil Régional

_____________________________________________________________________ 5
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
INTRODUCTION

I- Contexte
Depuis son accession à l’indépendance, l’Etat du Sénégal a fait de la
planification une activité primordiale pour le pilotage de son développement
économique et social. Le système de planification par objectif adopté jusqu’en 1987,
débouchait sur des actions et programmes à entreprendre pendant la période couverte
par le plan (plans quinquennaux). Les distorsions suivantes sont vite apparues :
- la faiblesse des taux d’exécution,
- le nombre important de projets hors plan,
- les difficultés de localisation ayant entraîné une mauvaise répartition
des infrastructures sur le territoire régional.

Les plans de développement régionaux dont l’élaboration a été décidée en 1987, n’ont
même pas connu un début d’exécution, à cause de l’absence d’une structure adéquate pour
leur prise en charge.

Le changement de démarche en matière de planification, conjugué à l’avènement de la


politique de « régionalisation », devait apporter des correctifs aux nombreuses contraintes
jusqu’ici relevées dans le pilotage d’un développement national équilibré.

Les plans d’orientation adoptés participent ainsi de la réalisation d’une vision à long
terme ; leur mise en œuvre s’appuie sur le Plan Triennal d’Investissement Prioritaire (PTIP).

La Région promue en collectivité locale (loi 96-07 du 12 décembre 1996),


dotée d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière, devient un répondant
institutionnel approprié pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un Plan Régional de
Développement Intégré (PRDI).

Elle est chargée de promouvoir le développement économique, éducatif, social,


sanitaire, culturel et scientifique. Elle doit réaliser les plans de développement
régionaux et organiser l’aménagement du territoire dans le respect de l’intégrité
nationale, de l’autonomie et des attributions des communes et des communautés
rurales.

La région de Saint-Louis, à l’instar des autres régions, dispose de plans


sectoriels souvent en phase avec la politique nationale (SRAT, PDRG, PRDS, PRDE,
PAF, PRAE, etc.), qu’il convient d’intégrer.

Avec le PRDI, la région est dotée d’un instrument de pilotage et de coordination


qui fait office de porte d’entrée de l’ensemble des acteurs intervenant dans le
développement régional (Etat, Collectivités locales, opérateurs économiques, ONG,
associations de développement, partenaires bilatéraux et multilatéraux, etc.).

_____________________________________________________________________ 6
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
II- Objectifs du PRDI

Le principal objectif du PRDI est d’offrir à la région un instrument pertinent


d’orientation, de mise en cohérence des actions des différents acteurs du
développement local, en vue de réaliser avec efficacité l’image économique et sociale
fédératrice souhaitée.

Le PRDI prend en charge :

- l’organisation de l’aménagement du territoire régional ;


- l’identification des infrastructures structurantes appropriées en vue de
promouvoir des économies locales dynamiques et bien intégrées dans les
circuits d’échanges départementaux, régionaux et nationaux ;

- l’amélioration des conditions d’accès des populations aux services essentiels


de base par la construction et l’entretien correct des infrastructures
notamment dans les domaines de l’éducation et de la formation, de la santé,
de la culture, des sciences, etc.

- les solutions aux problèmes d’environnement et de gestion convenable des


ressources pour un souci de développement durable ;

- la réalisation de l’équilibre intra-régional en tenant compte des aspects


spécifiques de développement de toutes les collectivités.

III- Caractéristiques du PRDI

En phase avec le contexte institutionnel de la décentralisation, le PRDI intègre


les fonctions essentielles attendues d’une collectivité dans les domaines du bien-être
des populations et de la solidarité nationale avec une contribution décisive des acteurs
locaux.

De telles ambitions, invitent à opérer une rupture par rapport à l’ancien système
de planification.

Durant tout le processus de l’élaboration, la portée institutionnelle,


opérationnelle et consensuelle du PRDI est restée une préoccupation de premier plan
dans la perspective de faciliter sa mise en œuvre.

Le PRDI dans ses orientations et ses objectifs interpelle tous les acteurs en
prévoyant pour chacun des paliers d’intervention. Sa mise en œuvre qui dépend à bien
des égards du caractère opérationnel, devra se faire aisément grâce à des lignes
d’actions découlant d’un diagnostic établi avec les acteurs concernés.
L’appropriation par les populations, confirmée lors des restitutions, découle de
la démarche participative érigée en principe dans l’élaboration du PRDI.

_____________________________________________________________________ 7
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
IV- Cadre institutionnel

L’élaboration du PRDI a été placée sous la responsabilité de trois organes créés


par arrêtés du Président du Conseil régional.

- Le Comité technique permanent (CTP) 1 : c’est la cheville ouvrière de


l’élaboration du PRDI. Il est composé du Chef du Service régional de la
Planification et de son adjoint, du Chef du service régional de la Statistique,
du Chef du service régional de l’Aménagement du Territoire et de deux
personnes ressources (un spécialiste en géographie-aménagement et un
autre en démarche participative), d’un assistant technique du Nord-Pas de
Calais (dont la présence n’a pu être effective) ;

- le Comité régional du plan (CRP)2 : qui regroupe les services techniques,


les ONG et Institutions de la région ;

- le Comité de pilotage (C.P.) 3: chargé de l’élaboration du Plan, du suivi et


de la sensibilisation des élus locaux et des autorités administratives pour leur
participation effective à la réflexion et à l’organisation des ateliers
départementaux. Il comprend entre autres membres : les Vice-Présidents du
Conseil régional, le Président de la Commission du Plan du Conseil
régional, les six autres Présidents de commission du Conseil régional, le
Secrétaire Général du Conseil régional, le représentant de la Région du
Nord-Pas de Calais.

VI - Méthodologie

Le PRDI a vocation de :

- dresser le bilan-diagnostic de la situation démo-socio-économique régionale


en dégageant les potentialités, les atouts et les contraintes de chaque secteur;

- définir les enjeux majeurs de développement, les orientations et les objectifs


à moyen et long termes ;

- concevoir un programme d’actions régional.

Pour ce faire, une bonne moisson d’informations quantitatives et qualitatives,


pertinentes et fiables est indispensable.
Les données quantitatives, pour l’essentiel, sont collectées auprès des services
techniques et des ménages. Les informations qualitatives sont recueillies à travers les
différents entretiens réalisés avec l’ensemble des acteurs du développement local (élus,

1
Arrêté No 001 du 09 janvier 1998
2
Arrêté No 002 du 09 Janvier 1998
3
Arrêté No 007 du 23 février 1998

_____________________________________________________________________ 8
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
opérateurs économiques, jeunes, femmes, corporations, société civile, ONG, etc.
Afin que les projets retenus soient pris en charge par les bénéficiaires durant
tout le processus de leur mise en œuvre, la méthodologie préconisée a été
essentiellement participative : Méthode Accélérée de Recherche Participative et de
Planification (MARPP). Celle-ci a fait intervenir grâce à une démarche itérative les
différents acteurs du développement.

Les principales étapes du processus sont :


1ère étape : les journées de lancement : elles se sont tenues les 18 et 19
Septembre 1998 à l’Ecole d’Elevage de Saint-Louis sous la co-présidence du Ministre
d’Etat, Ministre de l’Agriculture et du Ministre Délégué auprès du Ministre de
l’Economie des Finances et du Plan, chargé du Plan.

Elles ont réuni les élus nationaux et locaux, les cadres originaires de la région,
les partenaires au développement, les chefs de services techniques régionaux, les
opérateurs économiques, les représentants d’associations et d’organisations de
producteurs.
Les quatre ateliers organisés au cours de cette rencontre ont porté sur les thèmes
suivants : l’économie régionale, le développement social, les ressources naturelles et
l’environnement, le financement du développement local.

2ème étape : Collecte de données quantitatives : Elles ont été effectuées sous
deux formes :
- collecte de données de seconde main : réalisée auprès des services
techniques, ONG et autres établissements ; elle concerne tous les domaines qui
rythment la vie de la région aux plans économique, social, culturel, etc.

Le CTP, après avoir établi les axes et les besoins en informations, s’est élargi à
d’autres services techniques ( 9 au total ) qui l’ont appuyé dans la collecte.

Il convient de signaler les difficultés rencontrées par l’équipe à cause de la


situation peu enviable des statistiques locales. Dans beaucoup de domaines, elles sont
incomplètes et très grossières.

- Enquête auprès des Collectivités locales

Un questionnaire destiné aux Communautés rurales et Communes de la région a


été élaboré, portant sur les capacités des élus, le fonctionnement des structures, les
recettes et les dépenses, l’existence d’outils de pilotage du développement local. Les
enquêtes étaient supervisées par les chefs de Centres d’Expansion Rurale Polyvalents
(CERP).
3ème étape : les ateliers départementaux ou de zone

_____________________________________________________________________ 9
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Pour arriver à un PRDI prenant en compte les préoccupations de toutes les
populations, la région a été divisée en entités représentatives en fonction de critères
éco-géographiques, démographiques, économiques, etc. C’est ainsi que 8 zones
homogènes ont été retenues :

LOCALITES CONCERNEES
DEPART. ZONES LIEUX Communes Communautés rurales
Gandiolais Tassinère Saint –Louis Gandon
DAGANA Delta Rd-Toll Rd Toll / Dagana R.Béthio-Rosso-Gae
Dièri Gnith ---- Mbane-Mpal-R.Béthio
Walo (Ile à Morfil) Cas-Cas Podor Chaque C.R représentée
PODOR Dièri Ndioum Ndioum-Goléré dans les deux Zones
Walo (Dandé Mayo) Ourossogui Matam-Ourossogui Bokidiawé-Ogo-Nabadji
MATAM Kanel Sinthiou.Banambé
Zone intermédiaire Thilogne Thilogne Oréfondé-Agnam-Dabia
Dièri et Ferlo Semmé Semmé-Waoundé Orkadiéré- Bokiladji -Aouré
Ourossidy - Ranérou

Dans chaque zone, le CTP a tenu un atelier de deux jours regroupant les élus,
les services techniques déconcentrés, les ONG, les opérateurs économiques, les
organisations de producteurs, les groupements féminins, les associations de jeunes, les
chefs coutumiers, etc.
Les entretiens ont porté sur l’économie locale, l’accès aux services sociaux de
base, les potentialités de la zone, les ressources naturelles et l’environnement, la bonne
gouvernance locale, etc.
4ème étape : exploitation, analyse et synthèse des résultats : pendant
plusieurs semaines le CTP élargi s’est attelé à cet exercice. Au terme de cette activité
deux documents ont été produits :

- un document intitulé: « diagnostic socio-économique régional » qui passe


en revue tous les secteurs économiques et sociaux en présentant les
situations, les atouts et les contraintes de développement,

- un document intitulé « perspectives de développement régional » qui,


après avoir retenu l’image de la région au terme du plan, a défini les enjeux, les
objectifs, les stratégies et les lignes d’actions.
5ème étape : Ateliers de restitution
Ils consacrent le partage des documents provisoires :
- les restitutions départementales à Ourossogui, Ndioum et Dagana : les 31
août, 1er et 2 septembre 1999;

- la restitution aux services techniques régionaux : 18 et 19 octobre 1999;

- la restitution aux groupes de recherches de l’Université de Saint-Louis ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- la restitution aux élus du Conseil Régional : 29 Décembre 1999 ;

- la restitution au Comité Economique et Social de la région : 4 et 5 mai 2000.

Au terme de ces restitutions, le CTP a intégré les remarques et


recommandations issues des travaux.

Enfin, le Comité technique élargi, les ONG et quelques universitaires, en


conclave pendant deux jours (6 et 7 octobre 2000), ont procédé à la finalisation du
PRDI.

V- Résumé des résultats de l’étude

6.1- Le diagnostic socio-économique ou situation de base de la région

Il établit les performances des secteurs économiques et sociaux ainsi que


l’analyse des secteurs d’appui au développement. Le diagnostic procède également à
l’appréciation des services publics, de la démocratie locale et de l’action des
partenaires.
La situation générale découlant du diagnostic, sera considérée comme situation
de référence pendant les exercices d’évaluation de la décentralisation et de la mise en
œuvre du PRDI.

6.2- Les perspectives de développement ou le PRDI proprement dit


Sur la base d’une analyse conjoncturelle et structurelle du développement de la
région, il est proposé une image optimiste à moyen et long termes dans les domaines
économique et social. Des enjeux déterminants par rapport à la vision sont retenus
pour constituer la trame des objectifs, des stratégies et des actions à entreprendre.
L’ambition est de faire de Saint-Louis une région émergente, avec une
croissance soutenue et durable, capable de relever les défis de l’emploi local et de la
lutte contre la pauvreté. La région devrait ainsi contribuer à l’avènement d’une
économie nationale performante par une participation de plus en plus conséquente à la
formation du Produit Intérieur Brut grâce à la valorisation des opportunités dans les
domaines agricoles et halieutiques.
Une attention particulière sera portée au développement des ressources
humaines en vue de susciter les capacités et aptitudes requises pour entretenir un
développement local soutenu.

Le culte de l’excellence, l’adéquation formation/emploi, la promotion d’un


système de santé efficace et des activités sportives, culturelles et de loisirs seront les
axes stratégiques du développement humain retenu.

L’avenir de la région est fortement dépendant de la paix et de l’entente avec les


Etats de la sous-région avec lesquels elle cogère les ressources hydrauliques et

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
halieutiques qui sont les déterminants principaux de l’économie locale.

Elle doit à ce propos consolider le sentiment d’appartenance régionale et


nationale et entreprendre une politique lui permettant de tirer parti des regroupements
et espaces de co-développement.

Outre la réduction des disparités départementales et zonales, la mise en œuvre


d’une politique de bon voisinage et un désenclavement au triple plan interne, national
et sous-régional ainsi que la répartition judicieuse des infrastructures sont les axes
retenus.

La position stratégique de la région et la montée du grand banditisme méritent


l’application d’une politique dissuasive renforcée pour sauvegarder et garantir la
sécurité des populations et des biens.

Une dynamique de responsabilité et de solidarité est une condition nécessaire à


la mise en œuvre d’un développement durable. Des initiatives de formation et
d’information seront développées pour réaliser la bonne gouvernance dans la région.
Une large communication sociale et la promotion de la démocratie locale seront
privilégiées pour accroître les capacités des structures décentralisées et faire jouer
pleinement à la population le rôle qui lui revient dans les processus enclenchés.

6.3- Le Programme d’actions

Les ateliers de restitution avec le CRP et les populations des départements ont
été mis à profit pour identifier des actions pertinentes retenues dans le PRDI.

Celles-ci sont traduites dans un document appelé programme d’actions


constitué d’une banque de projets qui devraient être réalisés par le Conseil régional,
les autres collectivités locales, les partenaires au développement et les opérateurs
privés.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
I. LES FORCES ET FAIBLESSES DE LA REGION
Au regard du diagnostic de sa situation socio-économique, la région de Saint-
Louis dispose d’atouts non négligeables pouvant valablement faire d’elle la locomotive
du développement national.
Toutefois elle devra faire face à de multiples contraintes de divers ordres
particulièrement pesantes.

1.1. LES FORCES


Avec des ressources en eau importantes constituées par le fleuve et la mer, des
ressources en terres irrigables évaluées à 180 000 ha, des types de sols variés et riches,
des ressources végétales et fauniques importantes et diverses, la région de Saint- Louis
offre les bases d’un développement véritable.

Elle présente aussi d’autres forces capables d’entretenir un développement à la


hauteur de ses ambitions :

♦ Une région à vocations multiples et à perspectives attrayantes

La région de Saint-Louis est surtout connue pour sa vocation agricole, mais


elle dispose aussi d’atouts importants dans divers autres domaines comme la pêche,
l’élevage, le tourisme, les mines et l’artisanat. Cette diversité, qui soustrait l’économie
de la dépendance vis-à-vis d’un seul secteur, contribue à la sécuriser face aux
calamités naturelles et aux impondérables des marchés extérieurs.

Par ailleurs, avec les projets de navigation fluviale et de production d’énergie,


la région devrait offrir de meilleures conditions : disponibilité d’énergie,
désenclavement et réduction des coûts de transport des matières premières et des
produits, etc. Cette situation devrait favoriser entre autres le développement industriel
(phosphates de Matam) et une plus grande mise en valeur des potentialités régionales.

♦ Une économie avec une très grande marge de progression

Les performances actuelles, obtenues dans les différents secteurs de


l’économie, peuvent être améliorées substantiellement, compte tenu de leurs
potentialités non encore exploitées.

Au niveau de l’agriculture, les terres mises en valeur représentent à peine 20%


du potentiel irrigable. Dans le domaine de la pêche, en plus du volume des
débarquements qui pourrait encore connaître un certain accroissement, la valorisation
des produits par le conditionnement et l’exportation peut constituer une source
importante de recettes. L’élevage reste encore sous exploité tandis que le tourisme très
prometteur n’en est qu’à ses débuts.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
♦ Une position stratégique

Tampon entre l’Afrique arabo-berbère et l’Afrique Noire, située au carrefour


de l’Océan, du désert et des régions soudano-sahéliennes, parcouru par un long fleuve
qui traverse quatre pays, la région de Saint-Louis est la porte d’entrée et le débouché
naturels d’un immense hinterland correspondant à une grande partie de l’Afrique de
l’ouest. Cette position exceptionnelle l’autorise à nourrir, au-delà de l’espace national,
des ambitions de polarisation de toute la sous-région.

♦ Une relative densité en infrastructures


Dans le domaine des transports et de la communication, la région dispose d’un
certain nombre d’infrastructures comme l’aéroport international de Saint-Louis, 671
km de routes bitumées, un réseau d’environ 1000 km de fibre optique de Dakar
jusqu’à Kidira et traversant toute la région, des infrastructures portuaires à Saint-
Louis, Dagana, Podor et Matam qui méritent d’être réhabilitées, mais aussi une ligne
de chemin de fer avec des infrastructures encore fonctionnelles.

Dans le domaine de la santé, la région bénéficie de 128 postes de santé, 4


centres de santé, 3 hôpitaux, 27 pharmacies …dont la répartition demeure cependant
déséquilibrée.

Au plan de l’éducation, l’Elémentaire offre une disponibi1ité de 608 classes,


le Moyen 174 classes, le Secondaire 122 classes.

♦ Une multiplicité de partenaires

La région connaît actuellement l’intervention de plusieurs ONG et institutions


d’appui au développement dans divers domaines, notamment l’éducation, la formation,
la santé, la recherche, le financement des activités économiques, etc. Une meilleure
coordination et une répartition plus équilibrée de leurs activités devraient rendre leur
impact encore plus profitable à la région.

♦ Une forte implication des populations dans la mise en place des


infrastructures

Les populations, en collaboration avec les émigrés, ont réalisé à travers toute
la région des infrastructures communautaires : écoles, cases et postes de santé,
maternités, forages, mosquées, particulièrement dans les départements de Matam et
Podor.

La dynamique associative, très forte dans la région, se traduit par la


multiplication des organisations socio-professionnelles (de jeunes, de femmes, de
producteurs) ou locales (quartiers, communautés ou villages).
Ces structures, porteuses de développement, méritent davantage d’intérêt et de
soutien pour la réalisation de leurs ambitions.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
1.2. LES FAIBLESSES
Elles tiennent à des facteurs divers dont :
♦ L’enclavement de la plupart des localités de la région
Le réseau routier et les autres équipements de transports disponibles n’ont pas
permis de réaliser le désenclavement de la région et plusieurs localités restent
inaccessibles.
Dans la zone du Walo, de nombreuses localités enfermées entre des cours
d’eau, vivent dans l’isolement surtout pendant l’hivernage. Dans le Diéri,
l’insuffisance notoire de pistes et de routes pose de sérieuses contraintes de circulation.

Ces zones de production rencontrent ainsi de réelles difficultés pour


l’écoulement de leurs produits et pour leurs approvisionnements.

♦ Une faible valorisation des produits agricoles et halieutiques

Le traitement sommaire des produits du fait du manque d’infrastructures de


conservation et de transformation, le bradage qui en résulte ainsi que la modestie des
exportations ne permettent pas de créer une valeur ajoutée substantielle sur les produits
agricoles et halieutiques de la région.

En effet, Saint-Louis est quasi-absente dans l’exportation du poisson malgré


l’importance et la qualité de ses débarquements. Il en est de même pour la fabrication
des aliments de bétail, créneau inexistant dans la région malgré l’abondance des sous-
produits agricoles.

♦ Une faible intégration des activités économiques et une faible présence de


PMI-PME

La faible intégration des activités économiques reste une caractéristique principale


de l’économie régionale.

Les ressources hydriques sont gérées au seul profit de la seule culture irriguée ; les
cultures de décrue, la pêche continentale et l’élevage doivent s’adapter à de nouvelles
situations ayant souvent des conséquences néfastes sur leur développement.

Certains sous-produits agricoles, halieutiques et autres ne profitent pas encore à


l’économie régionale du fait d'absence de valorisation.

Avec les rizeries, les usines de tomates (SOCAS) et de sucre (CSS), l’industrie
agroalimentaire progresse peu à peu, mais les domaines de la fabrication d’aliments de
bétail concentrés et du conditionnement du poisson sont quasi inexplorés malgré la
position de grand fournisseur de produits de base qu’occupe la région dans le domaine.
Toutes les entreprises et la quasi-totalité des PMI-PME installées dans la
région sont dans l’agroalimentaire, alors que les autres secteurs demeurent non

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
investis en dépit des opportunités existantes pour la sacherie, la briqueterie, les
plastiques, la papeterie…

♦ Un entrepreneuriat peu performant


L’Etat, depuis la mise en service des barrages, a instruit une politique d’octroi
de crédits pour le financement des activités économiques, mais les résultats obtenus
sont très en deçà des attentes.

En effet, beaucoup d’opérateurs économiques actuels se sont engagés dans le


secteur dans une totale impréparation et/ou dans un esprit d’aventure sans tenir
compte des préalables et exigences entrepreneuriales.

♦ Un taux d’analphabétisme important

La région de Saint-Louis demeure l’une des moins alphabétisées du pays avec


72% d’analphabètes parmi les populations âgées de plus de 15 ans.

Ce handicap frappe plus les femmes (82%) que les hommes (62,6%). Il est
particulièrement élevé en milieu Pulaar et touche davantage les départements de Podor et
Matam.
♦ Des déséquilibres importants

L’occupation de l’espace régional révèle des déséquilibres importants entre les


départements, les zones écologiques et les secteurs économiques.

En effet, avec 14 % de la superficie régionale, le département de Dagana


concentre 45 % de la population totale, 80 % des superficies aménagées et
comptabilise en 1995 près de 70% du PLB régional.

Le Walo qui bénéficie de la presque totalité des infrastructures structurantes et


celles à caractère socio-éducatif, connaît une forte pression démographique et un plus
grand dynamisme économique et social que le Diéri.

Au niveau du développement économique, on constate l’hégémonie de


l’agriculture sur les autres secteurs, en termes de mobilisation de la population et des
investissements.

♦ Une région fortement polarisée par Dakar et la Mauritanie

Du fait de l’enclavement de la zone Walo et des coûts plus élevés des produits
locaux, une bonne partie de la population s’approvisionne à partir de la Mauritanie.

Par ailleurs, l’absence de certains produits et services au niveau de la région


contraint commerçants, industriels, producteurs et populations à s’orienter vers Dakar.
Les principales villes de la région tardent à couvrir les besoins de leur espace polarisé,
occasionnant un manque à gagner important pour l’économie régionale.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Cette dépendance s’exprime également au plan de l’information pour laquelle
seule la radio-télévision mauritanienne est accessible dans ces localités, alors que pour
les médias nationaux les signaux parviennent très rarement.

♦ Des collectivités locales aux capacités limitées

Du fait de leurs capacités techniques et financières très faibles, les collectivités


locales parviennent difficilement à mettre en œuvre les compétences transférées dans
le cadre de la décentralisation.

Les difficultés de mobilisation des ressources financières et l’insuffisance des


compétences techniques constituent des contraintes majeures à la prise en charge
correcte du développement local.

Certes, quelques collectivités disposent de plans locaux de développement


mais ceux-ci ne semblent pas être adaptés au contexte actuel et en conséquence
méritent d’être réactualisés pour asseoir une bonne planification du développement.

Les opportunités offertes par la réforme, surtout en ce qui concerne la


formation des élus, la mise en place des structures d’appui à la réforme, la coopération
décentralisée etc., doivent être mises à profit afin de renforcer leurs capacités.

♦ Certains comportements non favorables au développement local

La participation des populations à la gestion du développement local reste une


initiative très salutaire. Cependant elle est quelque peu freinée dans son élan par le
manque de démocratie participative au niveau des structures et organisations socio-
économiques de base.

Le droit coutumier, la stratification sociale, le pouvoir économique et la


situation inférieure des femmes favorisent l’hégémonie de groupes minoritaires. En
plus, les organisations de producteurs, les comités de gestion, les associations et même
les collectivités locales procèdent rarement au renouvellement de leurs instances
dirigeantes, même si celles-ci sont incompétentes. Cela se traduit parfois par le
désintérêt des populations pour la chose publique, le manque de civisme et constitue
ainsi une entrave sérieuse à la marche vers le développement.

♦ La faible coordination des interventions dans l’espace régional

L’existence de nombreux partenaires au développement dans la région ne


profite pas de manière optimale aux populations en raison du manque de coordination
de leurs interventions.

L’absence de concertation entre acteurs, la faible collaboration avec les


services techniques, les institutions de développement et les collectivités entraînent
une dispersion et une mauvaise répartition des actions sur l’espace régional.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
II. LES PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT
DE LA REGION

2.1- L’IMAGE DE LA REGION

Occupant 22,4 % du territoire national et concentrant 9% de la population du


pays, la région de Saint-Louis a enregistré en 1995 un Produit Local Brut (PLB) de
156 milliards4 représentant 5% seulement du Produit National Brut (PNB) estimé à
3 080 milliards.
La région reste confrontée au problème du manque d’emploi et/ou du sous
emploi notamment chez les jeunes et les femmes. De plus, selon l’ESP5, un ménage
sur trois vit en dessous du seuil de pauvreté.
L’objectif global du Plan Régional de Développement Intégré est de faire de
Saint-Louis une région émergente du Sénégal, apportant, d’une part, une contribution
décisive de 15 à 20% à la formation du Produit National Brut (PNB) et améliorant
d’autre part, les tendances lourdes de la balance commerciale du pays. La région en a
les possibilités.
En effet, la maîtrise de l’eau, le désenclavement, la mise en valeur du potentiel
agricole régional et l’implantation judicieuse des infrastructures socio-économiques
devraient entraîner l’avènement de pôles de productions agricoles capables
d’entretenir un complexe primaire dynamique par le volume des richesses et des
emplois créés.
Celui-ci avec d’autres secteurs devenus majeurs comme le tourisme,
l’industrie, les bâtiments et travaux publics et le commerce seront les principales
composantes d’une économie locale qui offrirait à Saint-Louis son label de région
locomotive qui imprimerait ses marques à l’économie nationale.
Au plan du développement social, il convient d’asseoir un processus approprié
de prise en charge de la formation et de l’épanouissement des ressources humaines,
particulièrement des jeunes et des femmes.
Les infrastructures sociales existantes sont à entretenir et à améliorer en
quantité et en qualité pour une bonne couverture régionale. L’accès à l’éducation et à
la santé sera assuré pour tous en tant que droits fondamentaux. Les objectifs nationaux
établis dans ces domaines sont à atteindre ou même à dépasser selon les zones. La
région deviendrait alors un cadre idéal garantissant, sans aucun facteur discriminant,
l’accès à la formation, à la santé, au travail, à l’information et aux loisirs.
En définitive, elle pourrait ainsi garantir aux populations l’amélioration
substantielle de leurs revenus, l’accès aux infrastructures de base et un cadre de vie
décent qui constituent des réponses appropriées pour lutter efficacement contre la
pauvreté.

1 Etude Ecoloc, Club du SAHEL, 1997


2 Enquête sénégalaise sur les Priorités, 1992, Direction de la Statistique

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Le processus de réalisation de cette image requiert la participation de tous les
acteurs agissant dans le cadre d’un partenariat bien assumé.

• Les élus locaux, du fait de la gestion des terres et des infrastructures dont ils
sont dépositaires, ont un rôle important à jouer dans le développement local.
Ils doivent soutenir la production en mettant les ressources locales à la
disposition des véritables opérateurs économiques. Ils veillent par ailleurs à
l’utilisation rationnelle des moyens, des ressources et facteurs de production
appartenant à la communauté.

• Les opérateurs économiques, à tous les niveaux, doivent être conscients de


leur rôle dans la mise en œuvre du développement local et adopter des
comportements de véritables entrepreneurs.

• Les partenaires au développement doivent inscrire leurs actions à travers


les stratégies retenues dans les plans locaux et réaliser des programmes à
impact durable en concertation avec les élus et autres intervenants pour une
meilleure conjugaison des efforts.

• L’Etat détient un rôle important dans le devenir des régions par l’appui
financier qu’il apporte aux collectivités et par l’exercice de certains pouvoirs
non transférés. De ce point de vue, sa disponibilité et sa compréhension
devront être accordées aux collectivités dans bon nombre de leurs
sollicitations.

• Les populations, bénéficiaires mais aussi acteurs importants dans le


processus du développement local, ont l’obligation de contribuer aux
ressources des collectivités afin de permettre à ces dernières d’assumer
convenablement leur rôle et d’attendre en retour la prise en compte de leurs
aspirations dans le cadre d’une communication parfaite.

La réalisation de cette image, place la région en face de quatre enjeux de


développement :

1. Promotion de l’espace économique régional

2. Développement des ressources humaines et de la qualité de vie

3. Intégration régionale, cohésion sociale et sécurité des populations

4. Bonne gouvernance locale et citoyenneté

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
2.2- LES ENJEUX, OBJECTIFS ET STRATEGIES DE DEVELOPPEMENT

ENJEU 1 : PROMOTION DE L’ESPACE ECONOMIQUE REGIONAL

L’étape actuelle de la décentralisation assigne de manière explicite la prise en


charge du développement économique local aux Collectivités. Il faut cependant
regretter que les plans locaux de développement des Communes et des Communautés
rurales de la région déjà élaborés, ne lui réservent pas la place qu’il mérite.

Malgré une densité en infrastructures socio-économiques assez bonne et des


ressources et potentialités que l’on retrouve rarement ailleurs au Sénégal, les résultats
économiques sont encore en deçà des possibilités de la région.

Par ailleurs, l’absence d’une politique cohérente de promotion de l’espace


économique a engendré une économie à deux vitesses : le département de Dagana avec
14% du territoire régional et 34% de la population, fournit 70% du PLB régional alors
que Podor et Matam sont actuellement en léthargie malgré l’existence d’importantes
potentialités.

Il convient alors de bâtir une économie à forte croissance à travers un


aménagement équilibré de l’espace régional qui puisse garantir l’exploitation
optimale des ressources par le développement des pôles de production et la
valorisation des produits en fonction des potentialités naturelles de chaque zone.

La compétitivité et la lutte contre la pauvreté par le développement de l’emploi


seront les principaux défis à relever.

Néanmoins, cette croissance recherchée ne devrait pas atténuer la rigueur


nécessaire à une gestion rationnelle des ressources naturelles pour un développement
régional durable.

La région étant bien pourvue en ressources, les résultats actuels pourront être
améliorés à moyen terme. L’ambition économique ainsi définie vise la réalisation des
objectifs suivants :

1. Valoriser les ressources et potentialités régionales ;

2. Sauvegarder l’environnement et les ressources naturelles.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
OBJECTIF 1 : VALORISER LES RESSOURCES ET POTENTIALITES REGIONALES

L’économie régionale subit présentement les méfaits d’une situation


conjoncturelle relative à une sous exploitation des ressources et potentialités.

En effet, le secteur primaire est caractérisé par des productions relativement


faibles : l’agriculture, activité privilégiée, n’a pas encore trouvé sa vitesse de croisière;
l’élevage reste solidaire d’une gestion traditionnelle peu performante ; la pêche
continentale connaît un net recul tandis que la production de la pêche maritime ne fait
pas l’objet d’une valorisation optimale. Le sel du Gandiolais, avec une extraction très
artisanale et un circuit peu performant de commercialisation, tarde à produire un
impact économique. Ainsi, l’économie régionale souffre d’un complexe primaire peu
performant.

Dans le secteur secondaire, l’industrie est dominée par l’agroalimentaire et les


unités, essentiellement implantées dans le département de Dagana, tournent en deçà de
leur capacité à cause d’une insuffisance des produits agricoles de base. Les phosphates
(localisés à Matam), ainsi que le gypse et le calcaire (à Dagana) sont des potentialités
non encore exploitées.

L’artisanat, avec des ressources humaines de qualité attend l’avènement d’un


secteur économique vigoureux pour mettre à contribution ses importants atouts.

Les BTP (bâtiments et travaux publics) sont peu dynamiques eu égard à leur
faible part dans les grands travaux réalisés dans la région : réfections et constructions
de ponts, travaux d’extension de l’Université Gaston Berger, réhabilitations des Blocs
(immeubles administratifs), chantiers SAED, etc.

Le secteur tertiaire connaît des avancées dans les domaines du tourisme, du


transport et du commerce. Il convient cependant de noter la modestie des résultats.

La promotion de la destination est encore loin d’être effective, ce qui vaut un


tourisme de transit qui circonscrit l’activité touristique dans la Commune de Saint-
Louis.

Le transport des marchandises est tellement faible que les usines et gros
producteurs agricoles préfèrent assumer les investissements au lieu de recourir à des
prestataires de services.

Le commerce de détail joue un rôle important de par le nombre des acteurs,


mais le commerce de gros qui devait sceller la polarisation des communes avec leur
hinterland n’est pas encore performant.

Le schéma économique envisagé relève d’un secteur primaire à forte


production, soutenu par un ensemble d’initiatives de valorisation pour asseoir un
complexe primaire dynamique. Des créneaux porteurs comme le tourisme et

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
l’industrie qui sont des cadres par excellence de création de richesses, seront appuyés
pour diversifier les bases de l’économie régionale.

Un aménagement rationnel de l’espace économique régional serait le meilleur


moyen de faire participer toute la population au processus de développement
économique de la région.

Pour y parvenir les stratégies suivantes sont retenues :


• Confirmer la vocation agricole de la région ;
• Accroître les performances de l’élevage ;
• Accroître et valoriser la production de la pêche maritime et
redynamiser la pêche continentale ;
• Impulser le développement des PMI/PME et de l’artisanat ;
• Faire de la région une destination touristique majeure.

E1O1S1 - CONFIRMER LA VOCATION AGRICOLE DE LA REGION

Malgré tous les privilèges qui entourent l’agriculture dans la région de


Saint-Louis, les résultats enregistrés sont peu satisfaisants. Les superficies emblavées
sont encore faibles par rapport au potentiel, les rendements obtenus sont modestes.

Pourtant, la région dispose de ressources suffisantes pour produire de façon


régulière et en toutes saisons des tonnages importants portant sur des spéculations très
diversifiées.

En effet, la mise en service des barrages de Diama en 1986 et de Manantali en


1992, a permis la disponibilité de l’eau dans le Walo. Celle-ci est en mesure de
satisfaire les besoins agricoles de la région portant sur près de 180 000 hectares de
terres irrigables.

Cependant, en dépit de ce potentiel important seuls 70 000 hectares ont été


aménagés et près de 40 000 réellement mis en valeur ; il en résulte des difficultés
énormes d’accès à la terre pour tous surtout pour les jeunes et les femmes. Les petites
parcelles dont disposent les exploitants sont difficiles à rentabiliser notamment dans
les départements de Matam et de Podor.

Les zones du Diéri et du Gandiolais ont montré leurs énormes capacités de


production maraîchère mais rencontrent des difficultés énormes d’accès à l’eau.

L’agriculture constitue une activité très motrice. Elle absorbe une main d’œuvre
importante de jeunes et de femmes et peut produire des effets d’entraînement sur un
grand nombre de secteurs.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
La confirmation de la vocation agricole de la région passe par la maîtrise totale
de l’eau qui devrait permettre, par l’irrigation de l’ensemble des terres du Delta, de la
Moyenne Vallée, voire du Diéri et du Gandiolais, le développement à grande échelle
des cultures.

Des expériences menées au niveau de la région attestent de la diversité des


spéculations cultivables. Elles concernent les produits maraîchers et fruitiers, les
céréales et légumineuses, les fleurs et plantes d’ornement. Des rendements intéressants
peuvent être réalisés pendant les périodes où ces produits font cruellement défaut en
Europe et en Amérique.

L’activité de production maraîchère devrait se faire selon une planification


concertée entre les différents acteurs de la filière afin d’organiser l’offre par rapport à
la demande. Les besoins de la consommation locale, les capacités de transformation et
de conservation, le niveau de la demande extérieure seront intégrés dans les projets de
productions.

L’agriculture régionale pourrait ainsi satisfaire une bonne partie des besoins
alimentaires nationaux et contribuer à l’amélioration de la balance commerciale du
pays mais aussi et surtout à l’absorption de la main d’œuvre nationale. C’est dans ces
conditions que la région pourrait porter son label de «Californie du Sénégal ».

Lignes d’actions retenues :

1) Accès facile aux facteurs de production


♦ l’eau: l’accès durable à l’eau passe par :

- l’implantation d’un réseau performant de canaux d’irrigation et de


drainage à partir du fleuve afin de mettre en valeur les potentialités du
Walo et du Diéri;
- l’implantation de forages dans le Diéri pour satisfaire les besoins de
l’élevage et du maraîchage;
- la revitalisation de la vallée de Ndialakhar pour le Gandiolais;
- l’aménagement de cours d’eau et des mares;
- la construction de bassins de rétention ;
- l’augmentation du débit de la crue artificielle.

♦ la terre : l’accès à la terre et aux aménagements pourrait être facilité par :


- la poursuite des grands aménagements en privilégiant les zones les plus
démunies mais présentant un potentiel intéressant , notamment la
Moyenne vallée;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- l’application effective de la Loi sur le Domaine National ;
- l’élaboration des plans d’occupation et d’affectation des sols par les
communautés rurales ;
- la création de commissions de distribution des superficies nouvellement
aménagées impliquant tous les acteurs ;
- la prise en compte des besoins des femmes et des jeunes.

♦ Les intrants et le matériel agricole : l’accès aux intrants et au matériel agricole peut
être assuré par :

- la libéralisation totale du marché des facteurs de production ;


- la révision et l’adaptation des crédits de campagne et d’équipements ;
- la mise en place de dispositions pertinentes en vue du remboursement
des dettes ;
- la multiplication des points de vente des intrants afin de rapprocher les
fournisseurs des agriculteurs.

2) Mise en place de circuits performants de commercialisation par :


- la planification et la diversification de la production agricole ;
- l’appui à l’exportation et la production sous contrat ;
- la vulgarisation de techniques simples de conservation et de
transformation des produits périssables ;
- la mise en place d’équipements de conservation des produits ;

3) Désenclavement des zones de production par :


- l’ouverture des zones de production du Walo et du Diéri à travers la
construction de ponts, de pistes de productions et de routes ;
- la réhabilitation du transport fluvial ;
- la remise en service du chemin de fer ;
- la rentabilisation du transport aérien.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
4) Accroissement de la productivité des agriculteurs par :
- une plus grande intégration des résultats de la recherche-
développement ;
- le développement de la coopération technique entre la région et ses
partenaires pour l’enrichissement de l’expertise locale et la maîtrise des
nouvelles technologies ;
- l’information, la formation et l’encadrement des producteurs.

5) Soutien conséquent à l’activité horticole par :


- l’équipement des producteurs en infrastructures de conservation des
produits ;
- la mise en place de circuits performants de commercialisation ;
- la mise en place d’un système adéquat de crédit ;
- la maîtrise de l’eau dans le Diéri ;
- le renforcement de l’encadrement et la formation technique des
producteurs.

E1O1S2 – ACCROITRE LES PERFORMANCES DE L'ELEVAGE

L’élevage bénéficie de conditions très favorables pour son développement :


pâturages, sous-produits de l’agriculture, eau et vastes étendues de terre dans la zone
sylvo-pastorale.

Le cheptel constitué de bovins, d’ovins, de caprins, d’équins, de camelins et


d’asins est parmi les plus importants du pays de par le niveau des effectifs ; il s’y
ajoute une aviculture en plein essor.

Malgré quelques initiatives de modernisation et de gestion économique


rationnelle l’élevage est encore pour l’essentiel une activité de prestige et de
thésaurisation. Les éleveurs restent attachés à une gestion extensive du troupeau ; ce
qui induit une faible productivité.

Au niveau de la filière, on note la persistance d’activités informelles de


commerce concernant des animaux sur pieds, la viande, le lait, les cuirs et peaux.
Pourtant les besoins de la région et du pays en viande et produits divers de l’élevage
sont énormes et nécessitent le recours à l’importation.

Avec des opérateurs économiques dynamiques et un appui conséquent,


l’élevage peut être promu et se donner les capacités de satisfaire la demande de la
région et celle d’une bonne partie du pays. Ces importantes potentialités sont en

_____________________________________________________________________ 25
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
mesure d’entretenir des PMI-PME dans la production d’aliments de bétail, le
traitement et l’exportation des différents produits de l’élevage.

Il s’agit en effet d’un accroissement important de la production et de sa


valorisation qu’il convient de rechercher à moyen terme.

Lignes d’actions retenues :

1) Augmentation de la productivité du cheptel par :

- une meilleure organisation de l’élevage dans le Diéri et la promotion de


l’élevage intensif dans le Walo ;
- le développement de l’hydraulique pastorale ;
- l’amélioration des races pour accroître la production de viande et de lait ;
- le renforcement de l’expertise des éleveurs par un encadrement et une
formation adaptés;

- la mise sur pied d’un crédit substantiel et adapté ;


- l’introduction des résultats de la recherche et des technologies
appropriées ;

2) Facilitation de l’accès aux services et produits de santé et de production


animale par :
- l’appui aux campagnes de vaccination;
- la multiplication et la réhabilitation des parcs de vaccination;
- l’intensification de la formation d’auxiliaires vétérinaires;
- l’implantation de pharmacies et dépôts vétérinaires;

3) Mise en place de circuits de commercialisation des produits et sous produits


de l’élevage par :
- l’utilisation de méthodes améliorées ou modernes pour la collecte de lait;
- l’implantation intensive d’unités de collecte et de conservation dans les
zones de production;
- l’ouverture de foirails équipés et de circuits de commercialisation de
cuirs et peaux;
- l’implantation et l’équipement d’abattoirs en installations de froid pour la
conservation et le ravitaillement des marchés intérieurs et extérieurs;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
4) Intégration agriculture- élevage- foresterie par :

- le développement de la concertation entre éleveurs et agriculteurs sous


l’égide du Conseil rural;
- la délimitation et l’entretien des couloirs de passage du bétail aussi bien en
zone Walo que Diéri;
- la promotion des cultures fourragères;
- l’aménagement rationnel de l’espace en vue de faciliter l’intégration de ces
trois activités;
- l’accès du bétail aux pâturages post récoltes;
- la lutte contre les feux de brousse afin de préserver les pâturages par
l’augmentation des pare-feux et leur entretien continu.

5) Promotion de l’aviculture par :

- l’accroissement de l’expertise des aviculteurs à travers la formation dans les


techniques d’exploitation et la fabrique d’aliments ;
- l’octroi de crédits adaptés pour l’équipement et l’exploitation ;
- l’affectation d’espaces pour l’aviculture ;
- la mise en place de couveuses et de fabriques d’aliments.

E1O1S3 – ACCROITRE ET VALORISER LA PRODUCTION DE LA PECHE MARITIME ET


REDYNAMISER LA PECHE CONTINENTALE

La pêche maritime a un impact assez significatif dans l’économie régionale.


Elle a dégagé en 1997 une valeur commerciale de plus de 6 milliards de francs CFA.
Elle fait travailler une population importante dans le mareyage, la transformation et
l’artisanat. Mais les potentialités peuvent être davantage valorisées par des entreprises
d’exportation qui sont à l’heure actuelle timidement implantées dans la région.

La pêche continentale, qui a eu de beaux jours dans le passé, a fortement


régressé suite au cycle de sécheresse des années 70 et à une gestion de l’eau qui donne
la priorité à l’agriculture. Dans bien des endroits, la ressource halieutique est devenue
moins abondante, et par ailleurs les salades d’eau et les herbes envahissent les zones
de pêche traditionnelle. C’est pourquoi, une bonne partie des acteurs s’est reconvertie
dans l’agriculture à défaut d’émigrer vers d’autres sites de pêche ( Casamance..).

Compte tenu de ce que représente le poisson dans l’alimentation des


populations et de la demande extérieure qui s’exerce sur ce produit, la région de Saint-

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Louis, tient par la pêche un secteur d’avenir qui confirme chaque jour sa rentabilité. Le
fort degré d’implication des jeunes et des femmes tout autour de l’activité de pêche
est un motif supplémentaire pour qu’elle soit privilégiée dans les perspectives de
développement régional.

Le volume des mises à terre des deux types de pêche peut encore connaître un
accroissement substantiel et une diversification pour une meilleure satisfaction des
besoins du mareyage national, de l’exportation et de la transformation.

Le Sénégal exporte environ 125 000 tonnes de poisson pour 165 milliards de
francs CFA environ et la région, avec une production moyenne de 35 000 tonnes/an,
peut se positionner comme un pôle important d’exportation de poisson.

Lignes d’actions retenues :

1) Amélioration des conditions de travail et de sécurité des pêcheurs par :

- la signature d’accords de pêche avec la Mauritanie ;


- le règlement du problème de la barre ;
- l’aménagement de débarcadères fonctionnels ;
- la formation des pêcheurs en matière de sécurité et de navigation ;

2) Modernisation des infrastructures, de l’armement et des techniques de pêche


par :
- la réhabilitation et la modernisation du port de pêche de Saint-Louis ;
- l’introduction d’un armement artisanal amélioré ;
- l’encouragement de la pratique de la pêche industrielle par un crédit
spécial ;
- l’augmentation de la productivité des pêcheurs par la formation aux
nouvelles techniques.

3) Amélioration de l’activité de transformation par :


- le renforcement de l’équipement et des outils de travail ;
- la construction de magasins équipés pouvant stocker les produits
transformés ;
- l’accès au crédit ;
- la formation aux nouvelles techniques de transformation ;
- l’amélioration des conditions de séjour sur les sites ( toilettes, eaux
courantes, abris, etc. );

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- la promotion de l’exportation des produits transformés.
4) Appui au mareyage régional par :
- l’aménagement de zones de mareyage fonctionnelles sur les sites de
débarquement ;
- l’instauration d’un crédit approprié pour les mareyeurs ;
- l’aménagement au niveau des marchés d’endroits appropriés pour la
vente de poisson ;
- l’implantation des chambres froides au niveau des marchés et des
débarcadères;
- la promotion de l’exportation de poisson.

5) Relance de la pêche continentale par :


- la révision des textes réglementaires ;
- l’harmonisation de la réglementation et du système de contrôle avec
la Mauritanie ;
- la gestion des plans d’eau en tenant compte aussi des intérêts des
pêcheurs ;
- la mise en place d’un crédit d’équipement plus adapté pour les
professionnels ;
- la formation des pêcheurs aux techniques de pêche améliorées ;
- l’implantation d’infrastructures de conservation des produits ;
- le recensement et l’organisation des pêcheurs ;
- le recensement des embarcations et des engins ;
- l’appui à la commercialisation par la promotion des mareyeurs.

5) Promotion de l’aquaculture par :

- la mise en place d’un crédit spécial ;


- la création de 2 à 3 fermes pilotes dans la région ;
- la formation d’aquaculteurs et d’encadreurs ;
- le développement de la recherche ;
- l’aménagement des mares, des chenaux et des étangs ;
- le développement de l’aquaculture en cages.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
E1O1S4 - IMPULSER LE DEVELOPPEMENT DES PMI-PME ET DE L’ARTISANAT

L’industrie ou simplement la transformation et les services, entendue au sens de


l’ensemble des activités de production et de service, constitue le moyen idéal pour la
valorisation optimale des produits en vue de la création de richesses.

Avec d’une part une agriculture, un élevage et une pêche avides de services et
de produits, et d’autre part des matières premières agricoles assez abondantes, des
mines et un marché relativement important, le nombre d’industries et de PMI-PME
installées dans la région est très insuffisant.
Il y a certes eu des actions appréciables de la part de l’Etat pour
l’industrialisation et l’implantation de PMI-PME dans la filière agriculture, mais il
convient de regretter les nombreuses faillites enregistrées.

Il s’agit aujourd’hui de poursuivre l’objectif de l’Etat qui consistait à mettre au


niveau de la branche primaire un ensemble important de PMI-PME pour la prise en
charge des besoins en amont et la valorisation maximale des produits du secteur.

Par ailleurs, un effort devra être fait pour exploiter les mines (phosphates de
Matam et matériaux de construction) et les opportunités qu’offre le marché de la
région et des localités limitrophes dans la fabrication des produits plastiques.

Il s’agit ainsi d’asseoir une industrialisation qui contribue à la consolidation de


la vocation agricole de la région, mais qui saisit aussi les opportunités qui s’offrent à
elle pour renforcer ses performances.

Une telle ambition pour l’industrie dépend étroitement des performances du


secteur primaire; c’est pourquoi, le professionnalisme doit être de mise dans ledit
secteur, si la région veut relever le défi du développement. Les exemples de réussite à
travers le monde le montrent et les expériences tentées dans cette même région le
confirment.

Lignes d’actions retenues :

1) Promotion de PMI-PME et d’un artisanat d’appoint : l’installation de


PMI/PME en amont et en aval de la production sera réalisée grâce à :

- la réhabilitation des usines de fabrique de glace ;


- l’installation d’unités de transformation, de conservation et de
conditionnement des produits halieutiques et agricoles ;
- l’ouverture de magasins spécialisés dans la vente des produits et matériels de
pêche ;
- l’ouverture dans toute la région de points de ventes modernes de produits
halieutiques ;
- la création d’une société régionale de promotion des investissements ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- la réhabilitation du village artisanal et la création d’espaces artisanaux
départementaux ;
- la mise en place d'un crédit adapté aux artisans ;
- la formation et l'organisation des artisans.

2) Promotion et soutien à l’entrepreneuriat local par :


- la création d’une société d’investissements ou d’un fonds de garantie ;
- la systématisation d’une foire artisanale régionale ;
- la création d’un grand centre d’approvisionnement en matières premières et
d’un comptoir de vente ;
- l’octroi de facilités dans l’exportation des produits ;
- la formation et l’encadrement ;
- la mise en place de mesures incitatives (récompense des entrepreneurs
méritants, prix etc..) ;
- l’organisation de rencontres régulières entre organismes, bailleurs et
populations porteuses de projets ;
- la création d’une structure d’appui conseil à l’entrepreneuriat ;
- la redynamisation de la SODISA ;
- l’appui à la Chambre de Commerce et à la Chambre de Métiers.

3 ) Attraction des investisseurs extérieurs par :


- le marketing de la région. Toutes les actions relevant des prérogatives que
la loi donne aux Collectivités pourraient être mises au profit de l’investisseur
étranger ;
- la réalisation des infrastructures et des équipements de base particulièrement
dans le domaine du désenclavement.

E1O1S5 - FAIRE DE LA REGION UNE DESTINATION TOURISTIQUE MAJEURE

L’importance et la diversité du patrimoine culturel, architectural et historique


constituent des atouts majeurs pour le développement du tourisme dans la région de
Saint-Louis. Des efforts assez remarquables ont été consentis par les pouvoirs publics
et les professionnels avec la construction d’un aéroport international, l’augmentation
des capacités d’accueil, l’amélioration des services et la promotion de la destination.

Le taux d’occupation estimé en 1997 à environ 40 % traduit des performances


encore faibles eu égard aux potentialités régionales. En effet, la réhabilitation du
patrimoine bâti et la protection des sites, conjugués à la mise en œuvre de politiques
appropriées, peuvent faire de la région un véritable pôle de développement touristique
du Sénégal.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Les résultats auxquels on aspire consistent à multiplier les arrivées et à
augmenter la durée de séjour du visiteur. Le tourisme de l’intérieur devra aussi être
promu sur la base de ses nombreux sites historiques et naturels.

L’emploi trouverait un essor par le développement d’activités annexes comme


le travail de guides, la restauration et l’hôtellerie.

Lignes d’actions retenues :

1) Sauvegarde et valorisation du patrimoine touristique régional par :

- le désenclavement et la réhabilitation des parcs ;


- la protection et la réhabilitation des sites et monuments historiques ;
- la participation des populations, des professionnels et des Collectivités
à la protection et la restauration du patrimoine architectural et
historique;
- le maintien de la salubrité et de la sécurité;
- la mise en place d’une antenne régionale du Bureau d’Architecture et
des Monuments Historiques (BAMH) ;
- la promotion de circuits de découverte et la création de produits
innovants ;
- la mise en place et la promotion d’un agenda culturel régional.

2) Promotion d’un aménagement touristique rationnel par :


- la délimitation et la protection des zones d’implantation touristique ;
- la définition de conditions strictes pour la réalisation
d’infrastructures touristiques et hôtelières;
- la définition et l’application rigoureuse d’une politique
d’aménagement de la Langue de Barbarie, du Gandiolais et de la
périphérie des parcs et réserves.

2) Augmentation des capacités d’accueil par :

- l’implantation de nouveaux réceptifs par des investisseurs locaux, des


voyagistes et des groupes hôteliers internationaux ;
- la mise en place d’un crédit d’investissement adapté;
- l’utilisation de matériaux locaux dans la construction ;
- le développement d’un tourisme intégré.

3) Amélioration de la qualité des services par :

- la création d’une école de formation hôtelière et touristique ;


- la poursuite de la formation des guides et l’actualisation périodique

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
de leurs connaissances ;
- le désenclavement des infrastructures d’accueil, des sites et autres
patrimoines ;
- l’assainissement de l’environnement touristique (propreté et
désencombrement des sites et réceptifs, sécurité des touristes…);
- la surveillance des professions et activités touristiques pour un
respect scrupuleux des normes du secteur ;

6) Intensification de la politique de promotion et de développement de la


destination Saint-Louis par :
- la diversification des produits touristiques pour élargir l’éventail des
activités du secteur ;
- la présence de la région sur les grandes foires du tourisme européen et
américain ;
- la mise en place d’un observatoire régional du tourisme ;
- la réduction du coût des facteurs de production (eau, électricité, …) et
des tarifs du transport aérien pour une plus grande compétitivité de la
destination;
- le renforcement des moyens du Syndicat d’Initiative et de Tourisme,
des Parcs et Réserves du nord ;
- l’ouverture sur de nouvelles zones d’émission touristique : Etats-
Unis, Canada, Allemagne etc.
- l’adoption par les établissements hôteliers de tarifs promotionnels
pour la population résidente ;
- le développement d’un tourisme cynégétique avec l’élaboration d’une
réglementation en matière d’amodiation ;
- la reprise du trafic ferroviaire Dakar Saint-Louis.

OBJECTIF 2 SAUVEGARDER L’ENVIRONNEMENT ET ASSURER UNE GESTION DURABLE


DES RESSOURCES NATURELLES

La région de Saint-Louis appartient tout entière à la frange septentrionale de la


zone sahélienne et se situe à la lisière du désert. Elle est ainsi confrontée à des
conditions naturelles contraignantes. Sur la majorité de son espace, elle est soumise à
des déficits pluviométriques récurrents, à des températures élevées et à des vents
chauds et secs (Harmattan).

Il découle de ces handicaps une fragilisation des écosystèmes et une pression


intolérable sur les ressources naturelles qui n’ont cessé de se dégrader.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- Les ressources hydrologiques, fortement affectées par le déficit
pluviométrique chronique, subissent une baisse en volume renforcée
par l’importance de l’évaporation, elle-même tributaire d’une insolation
élevée et permanente. Par endroit, elles subissent une détérioration de la
qualité en raison des pollutions diverses.
- Les ressources végétales ont continué à se dégrader et à régresser sous
l’action des coupes abusives, des feux de brousse, des défrichements,
du surpâturage et de la sécheresse.
- Les ressources fauniques, du fait du rétrécissement continuel de leur
habitat, se sont raréfiées tandis que les ressources halieutiques
continentales ont diminué de façon drastique en raison de la baisse ou
du tarissement des plans d’eau et de la modification du régime du
fleuve Sénégal.
- Les ressources pédologiques sont très importantes et très diverses et
aptes à la mise en valeur agricole mais elles souffrent d’un
appauvrissement continu en raison de leur surexploitation et des effets
de l’érosion. Les terres du delta en particulier sont frappées par la
salinisation progressive.

En somme le caractère particulièrement rigoureux des conditions


atmosphériques, la fragilité des milieux, les modes d’exploitation des ressources et la
pression démographique de plus en plus forte constituent des facteurs contrariants pour
un environnement équilibré.
En perspective d’un développement harmonieux et durable, il est impérieux
d’engager une politique résolue de gestion rationnelle de l’environnement et des
ressources.
L’atteinte de cet objectif fondamental appelle la mise en œuvre des stratégies
suivantes :

• Rationaliser l’exploitation des ressources naturelles ;

• Renforcer la protection des milieux naturels et conserver la


biodiversité.

E1O2S1 – RATIONALISER L’EXPLOITATION DES RESSOURCES NATURELLES

Les ressources naturelles constituent les bases fondamentales du développement


durable pour la région. En même temps qu’elles permettent d’impulser les activités de
production, elles assurent le progrès socio-économique.

Aujourd’hui, les ressources naturelles régionales sont dans un état de


dégradation relativement avancé en raison des effets cumulés des aléas climatiques et
de la pression démographique.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Cette situation se traduit par la raréfaction des ressources hydrologiques,
végétales, fauniques et halieutiques et une progression alarmante du processus de
désertification.

Pour une région qui entend fonder son essor prioritairement sur les activités du
secteur primaire et devenir une locomotive du développement agricole national, la
persistance d’une telle situation s’avère compromettante à terme.

Dès lors, une gestion rigoureuse de ces ressources s’impose afin de permettre
leur renouvellement ou leur reproduction et en conséquence de garantir la
pérennisation de l’activité de production.

Lignes d’actions retenues :

1) Maîtrise des ressources naturelles par :


- la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation des ressources ;
- le renforcement et la modernisation des systèmes actuels de contrôle des
ressources avec l’augmentation des capacités des services et organismes
intervenant dans le secteur ;
- l’intensification des programmes de formation, d’information et de
sensibilisation des opérateurs du secteur productif.

2) Gestion concertée et rationnelle des Ressources Naturelles par :


- la mise en œuvre de schémas directeurs d’exploitation pour chaque
ressource afin de mettre en adéquation les modalités de prélèvement et
les potentialités régionales ;
- la maîtrise et la modernisation des systèmes de production traditionnels
pour optimiser la valorisation des ressources et réduire le gaspillage ;
- le recours à des ressources de substitution nouvelles et renouvelables ;
- une plus grande implication des collectivités dans la gestion et le
contrôle des ressources de leur domaine.

E1O2S2 - RENFORCER LA PROTECTION DES MILIEUX NATURELS ET CONSERVER


LA BIODIVERSITE

La préservation et l’amélioration des équilibres écologiques, la conservation


durable de la biodiversité sont des conditions indispensables à l’existence même des
populations et de leur système de production. Elles sont aussi le gage de la survie des
communautés futures qui, dans une génération, seront deux fois plus nombreuses et
exerceront une pression deux à trois fois plus grande sur l’environnement.
De fait, les actions jusqu’ici déployées (reboisement, mise en défens, irrigation,
lutte contre l'érosion, lutte contre les pollutions et nuisances, lutte contre les feux de
brousse...) tendant à préserver et à améliorer l’équilibre des écosystèmes, ont
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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
enregistré des résultats certes encourageants, mais n’ont pas encore éloigné - loin s’en
faut - le spectre d’un milieu dénudé sans ressources.

Il s’agit aujourd’hui d’adopter des solutions plus efficaces et à fort impact mais
également d’anticiper sur les processus futurs de dégradation de l’environnement.

Lignes d’actions retenues :


1) Poursuite des programmes de lutte contre la dégradation des
écosystèmes par :
- la consolidation et le renforcement des programmes de restauration de
l’environnement global et de régénération des écosystèmes particuliers ;
- l’encouragement des populations à mener des actions de reboisement, de
reforestation et de protection des milieux ;
- l’intégration agriculture - élevage - forêts et la valorisation de l’activité
de plantation forestière et des produits forestiers.
2) Lutte contre les pollutions par :
- l’inventaire et la connaissance élargie des différents types de pollution
pour la mise en œuvre de procédés de traitement adaptés ;
- la mise en œuvre d’une réglementation plus stricte de la gestion des
déchets et rejets industriels et domestiques par la définition d’une charte
de l’environnement engageant opérateurs économiques, collectivités
locales et populations ;
- le recyclage et la valorisation des déchets ;
- la promotion des technologies propres ;
- la gestion plus rigoureuse de la qualité des ressources hydriques,
particulièrement des eaux de surface.
3) Lutte contre les érosions par :
- la protection des terres de cultures ( cordons pierreux…) ;
- la protection des berges et des quais ;
- le développement de l’agroforesterie.
4) Renforcement de l’éducation et la sensibilisation en environnement par :
- la consolidation des acquis et la poursuite des programmes d’éducation
et de formation à l’environnement à l’intention des jeunes ;
- l’intensification des actions d’information des acteurs économiques et de
l’ensemble de la population en matière de protection de la nature ;
- l’implication plus grande des collectivités locales dans la gestion de leur
environnement.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
ENJEU 2 : DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES HUMAINES
ET DE LA QUALITE DE VIE

Dans de nombreux pays ou régions dits émergents, le décollage s’est fondé en


priorité sur la qualification des ressources humaines. Celle-ci, alliée à un état sanitaire
satisfaisant et à des conditions d’épanouissement physique et mental optimales
constitue le socle de tout développement économique et social qui se veut harmonieux.

A l’évidence, le Sénégal, comme la plupart des pays sous-développés, est loin


de réunir ces préalables. La région de Saint-Louis - comme du reste les autres régions
- continue de souffrir d’une insuffisance à la fois quantitative et qualitative du système
d’éducation-formation ainsi que du dispositif de santé. Il en résulte une population
insuffisamment instruite, faiblement dotée de qualifications et de surcroît confrontée à
une certaine morbidité.

Certes, des efforts considérables ont réduit ces dernières années l’ampleur de
ces contraintes, notamment par une augmentation des infrastructures et équipements.
Toutefois, les maux demeurent encore et s’expriment vivement par l’exclusion d’un
enfant sur deux du système éducatif, par un taux d’analphabétisme qui frappe la
majeure partie des adultes (72 %) et une forte prévalence des maladies liées à l’eau et
à la malnutrition.

En somme, ces deux secteurs sociaux dont le bon fonctionnement est gage de
productivité, donc de progrès pour la région, sont bien mal en point. Il convient, dès
lors, de conforter les acquis et d’améliorer substantiellement les résultats.

Il en sera de même pour le sport, la culture et les loisirs, activités


d’épanouissement par excellence, porteuses de développement humain mais très
faiblement prises en compte dans les programmes de l’Etat et des collectivités.

En cette période de mondialisation, caractérisée par l’explosion des savoirs,


l’accélération des progrès technologiques et scientifiques, la région de Saint-Louis doit
disposer de l’assise fondamentale que constitue une population en bonne santé,
qualifiée et prompte à s’adapter.

Pour s’inscrire résolument dans cette perspective, la région vise alors les
objectifs suivants :

1. Généraliser l’éducation de base et renforcer la qualification des


hommes ;

2. Assurer une meilleure prise en charge de la santé des


populations ;

3. Promouvoir l’épanouissement des populations.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
OBJECTIF 1. GENERALISER L’EDUCATION DE BASE ET RENFORCER
LA QUALIFICATION DES HOMMES
Exigence du développement économique et social global, mais aussi facteur
de promotion et d’épanouissement individuel, une scolarisation universelle, étendue à
tous et adaptée aux réalités et perspectives locales, fait des ressources humaines des
atouts certains pour la croissance.
Dans une région jeune où plus de 55% de la population ont moins de 20 ans, le
développement de l’éducation et de la formation constitue un préalable incontournable
du progrès. C’est un objectif prioritaire qui devrait permettre l’accès du plus grand
nombre aux niveaux de qualification les plus élevés.
Des efforts substantiels ont été fournis ces dernières années tant au niveau de
l’éducation de base qu’à celui des autres ordres d’enseignement, particulièrement dans
l’augmentation des effectifs et la construction des infrastructures. Toutefois, de grands
progrès restent à faire en termes de renforcement des acquis, d'augmentation des
effectifs de la population scolarisée, de résorption des déséquilibres villes/campagnes,
de soutien à la qualification des hommes et d'une adaptation de la formation aux
exigences du développement local.
Dans l’ensemble, il s’agira de prendre deux types de mesures : d’une part
celles qui conduiront à rattraper les retards, à combler les handicaps du système,
d’autre part celles qui devront permettre à très court terme à la région d’être de
plain-pied dans le monde du 21ème siècle, avec des ressources humaines
parfaitement en phase avec leur époque et aptes à contribuer au rendez-vous planétaire
de la science, de la technique et de la culture.
Dans cette perspective, remédier aux insuffisances, réaliser la scolarisation
universelle, renforcer les formations qualifiantes des populations deviennent des
exigences prioritaires. Les réponses à celles-ci seront apportées par quelques
intervenants : l’Etat, encore dans une certaine mesure mais surtout et de plus en plus
les collectivités locales et les populations. L’Inspection d’Académie, jouissant
pleinement de toutes ses prérogatives devrait coordonner l’ensemble du système en
prenant des initiatives spécifiques traduites dans le PRDE pour une véritable
décentralisation du secteur de l’éducation.
L’atteinte de l’objectif appelle les stratégies qui suivent :
• Relever le taux de scolarisation et améliorer la qualité de
l’enseignement ;
• Elever l’offre et améliorer les conditions de l’enseignement moyen et
secondaire ;
• Promouvoir une formation technique et professionnelle adaptée ;
• Développer les formations supérieures et promouvoir la recherche ;
• Organiser l’éducation non formelle.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
E2O1S1 - RELEVER LE TAUX DE SCOLARISATION ET AMELIORER LA QUALITE DE
L’ENSEIGNEMENT

« L’éducation tend à préparer les conditions d’un développement intégral,


assuré par la nation tout entière, à promouvoir les valeurs par lesquelles la nation se
reconnaît, à élever le niveau culturel de la population». (Loi d’orientation N° 91-12 du
16 février 1991).

L’éducation de base, en plus de son influence positive sur la capacité


productive, sur la gestion efficace de la santé, est aussi facteur d’équilibre
socioculturel. Outre sa vocation de fonder chez tous les jeunes les bases de la
citoyenneté et les réflexes civiques appropriés, elle permet d’acquérir par l’instruction,
le niveau de culture et le sens critique nécessaire à une appréhension correcte du
monde.

Droit fondamental de l’homme, elle est reconnue comme un besoin individuel


et social. C’est pourquoi, elle constitue une grande priorité pour L’Etat et la Région.

En dépit des progrès réalisés ces dernières années, sa situation actuelle est loin
d’être satisfaisante. Le taux régional de scolarisation en 1997 reste bas ( 62%) avec des
performances très faibles dans les départements de Podor et de Matam encore à moins
de 50%. Bon nombre d’enfants du monde rural ne peuvent accéder à l’école ou ont du
mal à s’y maintenir. Les déséquilibres de la carte scolaire sont importants entre
communes urbaines et zones rurales, entre Walo et Diéri.

Par ailleurs, les filles souffrent d’une sous scolarisation plus marquée. Ce qui,
compte tenu du rôle social fondamental des femmes, est particulièrement préjudiciable
au développement.

Cette faiblesse d’ensemble de l’éducation de base explique dans une large


mesure l’état généralement bas des capacités des populations, donc des conditions
socio-économiques de la région.

Pour inverser cette tendance, il s’agira de réaliser, à l’horizon 2005, la


scolarisation universelle.

Lignes d’actions retenues :

1) Augmentation de l’offre d’éducation de base par :


- l’accroissement du nombre d’écoles et d’enseignants et leur répartition
plus équilibrée entre départements d’une part et d’autre part entre milieux
urbain et rural ;
- la promotion de l’éducation préscolaire ;
- la dotation adéquate des écoles et élèves en matériels didactiques et
fournitures scolaires ;

_____________________________________________________________________ 39
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- la poursuite des campagnes de scolarisation, en particulier celle des
filles;
- la mise en œuvre d’une action permanente de lutte contre les
déperditions scolaires.

2) Amélioration de la qualité et de la pertinence des apprentissages par :


- l’adéquation des contenus par rapport aux attentes du milieu ;
- l’intégration de curricula portant sur l’éducation à la citoyenneté et au
développement ;
- la formation continuée des enseignants.

3) Consolidation de la participation des populations et des partenaires à la


gestion de l’école par :

- l’extension de l’expérience de cogestion des écoles fondée sur les


Cellules Ecole-Milieu (CEM) ;
- le renforcement de la prise en charge par les collectivités et les
populations de la réhabilitation, de l’entretien et de la sécurité des
infrastructures scolaires.
- la rationalisation et la coordination des interventions des ONG, institutions
internationales et bailleurs de fonds par l’Inspection d’Académie.

E2O1S2 - ELEVER L'OFFRE ET AMELIORER LES CONDITIONS DE L'ENSEIGNEMENT MOYEN


ET SECONDAIRE

Certes, l’éducation de base doit demeurer un secteur absolument prioritaire,


mais l’enseignement moyen et secondaire, parce qu’il assure aux jeunes une formation
plus qualifiante en termes d’acquisition de connaissances, d’ouverture sur le monde et
de préparation aux études supérieures, doit également constituer une préoccupation de
premier ordre.

En effet, par le renforcement des effectifs, on donne aux jeunes, c’est-à-dire


aux adultes de demain, les meilleures chances de s’adapter ultérieurement, de
développer leur aptitude à la réflexion et à la critique, de participer à la construction
nationale et d’intégrer les centres de décision.

Dans ce domaine, la région présente une situation marquée par de lourds


handicaps : un maillage encore inachevé de collèges, des déficits en personnel, un
sous-équipement préoccupant des établissements, des difficultés chroniques d’accueil
et de prise en charge des élèves, une importante déperdition.

_____________________________________________________________________ 40
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Il s’y ajoute d’autres contraintes : la difficulté liée à l’articulation entre le
Moyen et le Secondaire avec les conditions contraignantes de passage de l’un à l’autre;
l’encombrement des séries dites littéraires au détriment des séries scientifiques et
techniques.

Un enseignement moyen et secondaire performant, mobilisant une fraction de


plus en plus importante de la jeunesse, en même temps qu’il consolide les acquis de
l’éducation de base, contribue fortement à élever la qualité des ressources humaines.

Lignes d’actions retenues :

1) Accroissement de l’accès à l’enseignement moyen et amélioration des


conditions d’étude par :
- une plus grande ouverture des classes de sixième et une augmentation
des cohortes provenant des classes de CM2 en rapport avec les
disponibilités réelles des collèges;
- la densification du réseau de collèges en privilégiant les zones enclavées ;
- l’affectation adéquate d’enseignants qualifiés ;
- la mise en œuvre de facilités d’accueil et de prise en charge par
l’ouverture de structures d’hébergement et de restauration au profit des
élèves non-résidents ;
- l’assistance à l’orientation des élèves par une information précoce sur les
filières, les carrières et les profils requis.

2) Augmentation et modernisation des équipements et outils de formation dans


les collèges et lycées par :
- la dotation suffisante en fournitures scolaires et l’équipement satisfaisant
des bibliothèques et centres de documentation des établissements ;
- l’introduction des NTIC dans les collèges et lycées ;
- la modernisation et le renforcement des équipements scientifiques et
technologiques.

3) Promotion d’un enseignement secondaire d’excellence par :


- le désencombrement des séries littéraires et une plus grande promotion
des séries scientifiques et technologiques ;
- la mise en place d’un lycée d ’excellence fonctionnant sur un système de
prise en charge intégrale (internat, bourses), ouvert aux meilleurs élèves
de la région et développant des enseignements de qualité préparatoires à
des études universitaires de haut niveau;
- la restauration des infrastructures et l’affectation de personnels d’appui
et d’entretien pour la sauvegarde et la pérennisation des installations.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
E2O1S3 - PROMOUVOIR UNE FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE ADAPTEE

Le développement économique de la région exigera de plus en plus de main


d’œuvre qualifiée, en particulier des techniciens, des agents de maîtrise et des ouvriers
spécialisés dans différents secteurs, branches ou entreprises.

La multiplication des PMI/PME dans les filières économiques locales ouvre à


des emplois pour l’essentiel pourvus à partir de l’extérieur de la région.

Les formations actuelles dans les établissements techniques et professionnels


répondent mal aux besoins locaux aussi bien au plan des capacités d’accueil que des
orientations de la formation.

En effet, les structures de formation et d’apprentissage sont pour l’essentiel


concentrées dans la commune de Saint-Louis. Elles souffrent, d’une part, de
l’obsolescence et de l’insuffisance des équipements et, d’autre part, de l’inadéquation
des filières par rapport aux besoins de qualification qu’appelle le développement de la
région.

Certes, les structures informelles d’apprentissage sont très nombreuses et


foisonnent dans les centres urbains, mobilisant une grande partie des jeunes exclus du
système scolaire, mais leurs formations, longues, peu qualifiantes et inadaptées
débouchent dans bien des cas sur des impasses ou sur des emplois d’une grande
précarité.

Les insuffisances s’expriment également au niveau des actifs du secteur


moderne dont les niveaux de formation sont à consolider et à renforcer pour les rendre
plus compétitifs et plus aptes à s’adapter aux mutations technologiques et aux emplois
de demain.

Aussi, s’agira-t-il à moyen terme de résorber la sous-qualification des hommes


en disposant d’un réseau étendu de centres de formation, développant des filières
adaptées et porteuses pour l’avenir économique régional.

Lignes d’actions retenues :

1) Adaptation des filières de formation aux besoins du développement régional


par :
- la création d’écoles de formation dans l’agroalimentaire, la pêche,
l’élevage et les activités du tertiaire ;
- l’initiation d’un partenariat dynamique et mutuellement profitable
entre institutions de formation et entreprises se traduisant par des
formations modulaires et des apprentissages pratiques ;
- le renforcement des qualifications des actifs du secteur moderne par
la formation continuée dans les filières nouvelles.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
2) Augmentation de l’offre de formation professionnelle par :
- la répartition géographique judicieuse des établissements en fonction
des opportunités d’emploi et des potentialités locales,
- l’augmentation des capacités d’accueil et des personnels
d’encadrement;
- le renforcement et la modernisation des équipements d’apprentissage.

3) Valorisation plus grande des formations par :


- l’assistance à l’insertion des jeunes diplômés dans le marché du
travail ;
- la promotion de l’apprentissage auprès des PMI/PME et dans les
entreprises du secteur moderne ;
- la réhabilitation et la valorisation des « métiers » au sein de la
société ;
- la création d’un observatoire de l’emploi et des qualifications.

E2O1S4 - DEVELOPPER LES FORMATIONS SUPERIEURES ET PROMOUVOIR LA RECHERCHE

Depuis 1990-1991, la région de Saint-Louis abrite la deuxième université du


pays et depuis peu trois instituts privés de formation professionnelle, tous établis dans
la commune de Saint-Louis.

Les instituts privés développent des spécialités du tertiaire (gestion,


comptabilité, marketing, commerce...) ; ils devraient à terme contribuer
substantiellement à pourvoir aux besoins en cadres moyens et supérieurs que le
développement attendu du secteur moderne nécessitera très probablement.

Quant à l’Université Gaston Berger (U.G.B), elle propose aujourd’hui des


filières assez novatrices de plus en plus en adéquation avec les attentes et spécificités
de la région.

De fait, des efforts importants sont déployés par ses laboratoires et groupes de
recherche allant dans le sens d’apporter des réponses scientifiques aux grandes
questions économiques régionales, aux préoccupations des collectivités locales, aux
interrogations sur l’avenir du développement local, etc.

Il reste cependant que pour certaines sections d’UFR, les formations


débouchent sur des secteurs souvent saturés, ce qui pose par ailleurs le problème de
l’adéquation formation-emploi.

Afin de répondre davantage aux préoccupations régionales, notamment à la


création d’un entrepreneuriat jeune, hautement qualifié et apte à impulser une
dynamique vigoureuse de progrès, il convient à la fois de conforter l’ancrage dans les

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
orientations socio-économiques régionales, d’ouvrir de nouvelles filières et
d’encourager l’implantation d’établissements supérieurs privés.

Lignes d’actions retenues :

1) Rapprochement plus important entre l’Université Gaston Berger et la région


par :
- le renforcement et/ou l’ouverture de filières de formations adaptées
aux exigences du développement économique régional ;
- la promotion de la recherche - développement et la vulgarisation des
résultats de la recherche ;
- le partenariat soutenu avec les entreprises locales, les sociétés et
organismes de développement régional ;
- la formation des élus et l’appui scientifique aux collectivités locales.

2) Appui du Conseil Régional aux structures locales de formation supérieure par :


- l’allocation de bourses de recherche universitaire et post-universitaire
aux meilleurs étudiants de la région ;
- un partenariat dynamique Conseil Régional - Université - Instituts de
recherche dans la mise en œuvre du développement régional;
- l’octroi de facilités d’établissement au profit des écoles et institutions
privées de formation supérieure.

3) Vulgarisation des résultats de la recherche par :

- la mise en place d’une banque de données sur la recherche ;


- la publication périodique des données.

E2O1S5 – APPUYER L'EDUCATION NON FORMELLE

En 1997-98, la région de Saint-Louis affiche encore un taux d’analphabétisme


anormalement élevé. En plus de la proportion considérable d’enfants demeurés en
marge de l’école, 72% des personnes âgées de 15 ans et plus sont frappées par ce
handicap.

Le défaut de maîtrise de la lecture et de l’écriture pour une frange aussi


importante de la population régionale est incontestablement une contrainte au
développement économique et social et à l’épanouissement des individus.

Il faut d’ailleurs noter que l’analphabétisme touche encore plus les femmes
(82%), ce qui, compte tenu du rôle fondamental que joue ce groupe dans le
développement et l’équilibre du corps social, est particulièrement préjudiciable à la
famille comme à la société.
_____________________________________________________________________ 44
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Cette situation alarmante a suscité l’intérêt de nombreux intervenants,
notamment des ONG qui ont mobilisé d’importants moyens pour juguler ce fléau.
Toutefois, leurs actions tardent, en raison de contraintes diverses, à se traduire en
résultats probants pouvant inverser les tendances actuelles.

Une alphabétisation efficiente et adaptée aux réalités du milieu peut constituer


un moyen de correction des insuffisances du niveau de qualification des hommes et
des femmes. Elle devrait également leur faciliter une meilleure maîtrise tant de leurs
activités économiques que de leur vie sociale. Pour la région, cela devrait se traduire
par un renforcement des bases de son développement.

Lignes d’actions retenues :

1) Amélioration des conditions d’étude dans les daaras par :

- l’organisation plus rationnelle des enseignements et du temps de


travail ;
- la prise en charge communautaire des talibés par un système de
parrainage ;
- l’introduction de l’apprentissage des métiers dans la formation des
talibés.

2) Amélioration de l’organisation générale des programmes et des interventions


en alphabétisation par :

- la coordination des interventions et l’harmonisation des programmes


par l’Inspection d’Académie ;
- le renforcement des moyens matériels et financiers des opérateurs en
alphabétisation et le soutien à l’action des partenaires et ONG ;
- la promotion de l’alphabétisation fonctionnelle et instrumentale.

3) Adaptation de la formation aux besoins réels et entretien des acquis par :


- une augmentation de l’offre d’alphabétisation plus diversifiée et
mieux répartie à travers l’espace régional ;
- la formation opérationnelle permettant une valorisation effective des
apprentissages ;
- la mise en place d’un programme post-alphabétisation pour
consolider les acquis et parer à l’analphabétisme de retour.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
OBJECTIF 2 : ASSURER UNE MEILLEURE PRISE EN CHARGE DE LA SANTE
DES POPULATIONS

La région, sans accuser une situation alarmante dans la couverture sanitaire


des populations, n’en connaît pas moins des faiblesses persistantes voire
préoccupantes par endroits.
En effet, la densification des infrastructures de santé demeure insuffisante.
Leur répartition est quantitativement et qualitativement déséquilibrée au détriment des
zones de l’intérieur. L’essentiel des infrastructures reste concentré dans la vallée.
Il en résulte une inégalité dans les possibilités et conditions d’accès à la santé
pour les différentes catégories de la population régionale. Il s’y ajoute les contraintes
inhérentes au mode de fonctionnement même des structures caractérisées par de
nombreux goulots d’étranglement préjudiciables à la qualité du service ( insuffisance
du plateau technique).
Des efforts considérables ont été accomplis ces dernières années par l’Etat à
travers des programmes sectoriels notamment les PDDS et PRDS qui ont permis
d’améliorer la situation sanitaire générale des populations. Mais beaucoup d’individus
restent encore trop souvent sujets à la maladie sans possibilité d’y faire face de
manière efficiente.
Par ailleurs, les conditions de vie dans les différents établissements humains
caractérisés par l’insalubrité et la pollution de l’environnement contribuent à dégrader
davantage la santé des populations, surtout en hivernage avec les inondations.

Pour lever les handicaps à un développement sanitaire approprié et faire du


slogan «la santé pour tous» une réalité, la région devra poursuivre de manière plus
résolue l’objectif d’une couverture sanitaire plus complète au plan spatial et plus
performante au plan de la prise en charge des malades.
Il convient dans cette perspective de retenir les stratégies suivantes :
• Développer des politiques de prévention ;
• Améliorer la couverture socio-sanitaire et la qualité des services
dans les structures ;
• Améliorer le cadre de vie des populations.

E2O2S1 - DEVELOPPER DES POLITIQUES DE PREVENTION

La mise en service des barrages et la disponibilité permanente de l’eau ont eu


pour conséquence, dans le domaine de la santé, la recrudescence des maladies
hydriques. Déjà, les populations sont durement confrontées aux endémies que sont le
paludisme, les bilharzioses et les maladies diarrhéiques.

_____________________________________________________________________ 46
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Il s’y ajoute les infections respiratoires dues aux poussières atmosphériques et
certaines pollutions, les MST et le SIDA etc. Ainsi, la morbidité et la mortalité
maternelles et infantiles restent élevées dans la région.

Ce tableau épidémiologique explique l’état de santé globalement peu


satisfaisant des populations de la région et en conséquence la forte demande de soins
médicaux que les structures actuelles ne parviennent pas à satisfaire.

Plus que jamais, l’adage selon lequel « il vaut mieux prévenir que guérir »
doit devenir un leitmotiv pour les autorités médicales et les collectivités locales de la
région.

Lignes d’actions retenues :

1) Poursuite des efforts d’éducation pour la santé en direction des populations


par :

- le renforcement des moyens des Services d’hygiène et de l’Education


pour la Santé ;
- le renforcement des programmes d’éducation pour la santé dans les
établissements scolaires ;
- la promotion de l’IEC au niveau de toutes les organisations de base et
le recours à des relais communautaires polyvalents bien formés.

2) Renforcement de la lutte contre les maladies endémiques, celles à potentiel


épidémique et celles liées à l’émigration par :

- le dépistage systématique des maladies et leur prise en charge pour


juguler leur extension ;
- le développement d’actions de sensibilisation des populations dans
les zones d’endémie ;
- la prise en charge des cas déclarés ;
- le développement de comportements nouveaux, notamment une
hygiène de vie plus appropriée ;
- la poursuite et l’extension des programmes IEC en direction des
jeunes pour une meilleure gestion de leur santé reproductive ;
- le renforcement des actions de sensibilisation des populations des
zones d’émigration et la lutte contre certaines pratiques
matrimoniales (lévirat et sororat), facteurs de transmission ;
- le contrôle et le suivi des activités de prostitution ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
3) Accès plus facile à l’eau potable pour les populations par :

- la potabilisation de l’eau dans le Walo ;


- la multiplication des forages dans le Diéri ;
- la poursuite de la politique des branchements sociaux.

E2O2S2 - AMELIORER LA COUVERTURE SOCIO-SANITAIRE ET LA QUALITE DES SERVICES


DANS LES STRUCTURES

Au plan infrastructurel, la région de Saint-Louis, avec ses trois hôpitaux, ses


quatre centres de santé, ses 128 postes de santé et ses 134 cases de santé, est
relativement bien pourvue par rapport aux autres régions.

Cependant, cette couverture demeure imparfaite au plan spatial et souffre d’un


lourd déficit en personnel (notamment en médecins, infirmiers et sages-femmes) et
d’un sous-équipement des structures ; autant de contraintes qui se répercutent
négativement sur la qualité des services et sur celle de l’offre de soins.

Dans certaines localités de l’intérieur, en particulier les zones enclavées,


l’accès à des soins de qualité est encore difficile.

Il s’agit donc de réformer le système afin de permettre aux populations


malades d’accéder assez facilement aux structures de santé, de pouvoir être prises en
charge par des personnels qualifiés et bien équipés pour recevoir les soins adéquats.

Les acquis de la participation des populations à l’effort de santé devront être


consolidés à travers leur rôle dans les Comités de Santé et les Associations pour la
Promotion des Hôpitaux (APH) dont il conviendra cependant d’améliorer
substantiellement le mode de fonctionnement et de gestion.

Lignes d’actions retenues :

1) Augmentation de la couverture des structures en personnels qualifiés par :

- l’augmentation du nombre de médecins, d’infirmiers et de sages-


femmes;
- l’affectation de sages-femmes et leur maintien dans les postes de
l’intérieur (de la région) ;
- la formation et l’affectation de personnels communautaires suffisants
dans les postes et cases de santé et le renforcement de leur
motivation ;
- le recrutement par les collectivités locales de personnels.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
2) Renforcement des infrastructures et équipements et offre de soins de qualité
par :

- l’augmentation des infrastructures sanitaires notamment dans Diéri et


le Ferlo ;
- la réhabilitation des structures et leur dotation en moyens logistiques
suffisants et adéquats ;
- la modernisation des plateaux techniques particulièrement dans les
hôpitaux et maternités ;
- l’amélioration des conditions d’accueil et la prise en charge des
malades par des personnels qualifiés ;
- la consolidation du mode de gestion participative des structures de
santé en veillant au fonctionnement démocratique et à la transparence
des comités de santé ;

3) Renforcement des capacités du personnel médical et paramédical par :


- la formation continuée des agents ;
- le renforcement de la qualification du personnel communautaire ;
- le développement de la coopération technique ;
- la promotion de la recherche et la vulgarisation des résultats.

E2O2S3 - AMELIORER LE CADRE DE VIE DES POPULATIONS

Les établissements humains (villes, villages, hameaux…) constituent à la fois le


cadre naturel de vie des populations et le cadre physique du développement
économique.

En plus du déséquilibre de leur répartition à l’échelle régionale, ils sont


presque tous confrontés aux mêmes contraintes.

En effet, le cadre de vie n’a cessé de se dégrader du fait de la pression


démographique croissante, particulièrement dans les principales agglomérations
urbaines. Au niveau de celles-ci, les difficultés résultent du décalage entre
l’augmentation de la population d’une part et d’autre part, les faibles capacités d’offre
de services des infrastructures de base. Qu’il s’agisse de logement,
d’approvisionnement en eau ou en électricité, d’assainissement ou d’évacuation des
déchets solides, les réponses proposées par les collectivités publiques sont demeurées
insuffisantes.
En dépit des solutions nombreuses et diverses développées par l’initiative
populaire, l’aménagement du cadre de vie laisse encore à désirer. Villes et villages
demeurent confrontés à l’organisation anarchique de l’habitat, à une non fonctionnalité
de la voirie et des réseaux divers ( VRD ) et à une insalubrité inquiétante ; autant de

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
facteurs qui détériorent gravement le cadre de vie et agissent négativement sur la santé
des populations.

Il s’agit alors pour l’avenir de bâtir un cadre de vie plus sain, mieux équilibré,
offrant des réponses adéquates aux besoins primaires des populations, à leur plein
épanouissement et aux exigences du développement économique régional.

Lignes d’actions retenues :

1) Amélioration des conditions d’habitat par :

- l’accroissement des possibilités d’accès à des parcelles viabilisées à


usage d’habitation ;
- la régularisation et la restructuration de l’habitat anarchique ;
- l’aménagement de l’habitat intégrant les infrastructures de base et les
espaces récréatifs.

2) Instauration d’un système d’assainissement performant par :


- la rénovation et l’extension des réseaux d’évacuation des eaux usées et
pluviales ;
- l’accroissement des branchements sociaux à l’égout ;
- la densification du réseau d’adduction d’eau ;
- la poursuite des actions de latrinisation.

3) Lutte contre les inondations, l’insalubrité et les nuisances par :


- la mise en œuvre d’un programme de protection et de nettoiement des
berges du fleuve Sénégal ;
- la mise en œuvre d'un programme de protection contre les eaux du fleuve
et les eaux pluviales ;
- la gestion efficace des déchets à travers l’évacuation, le recyclage, le
traitement et la valorisation des ordures ;
- la définition et le respect des normes de gestion du cadre de vie avec le
renforcement des moyens des services de contrôle et une implication des
populations.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
OBJECTIF 3 : PROMOUVOIR L’EPANOUISSEMENT PHYSIQUE ET CULTUREL DES
POPULATIONS

Les sports, les loisirs et la culture sont des facteurs qui concourent grandement
à un développement humain équilibré. Ils influent sur la cohésion sociale et participent
à l’amélioration de la qualité de vie.

Dans la réalité, ces secteurs sont demeurés les parents pauvres du


développement régional même s’ils constituent des domaines d’expression par
excellence des jeunes, frange la plus importante de la population.

En effet, qu’il s’agisse des infrastructures, des équipements ou des personnels


d’encadrement, sport, loisirs et culture sont frappés par des déficits importants et
répondent mal aux demandes exprimées par les populations de la région.

Les acquis enregistrés il y a quelques années dans le cadre des compétitions


sportives et culturelles, notamment en milieu scolaire et universitaire, ont été perdus
du fait des contrecoups des restrictions budgétaires et autres mesures d’ajustement.

De fait, dans ces domaines, la région de Saint-Louis connaît une régression


certaine par rapport à son passé récent de leader dans le sport ouest-africain et de phare
de l’action culturelle en Afrique Noire Francophone.

Quant aux loisirs, ils ne semblent nullement être une préoccupation pour les
collectivités ; ils sont de fait considérés comme des activités du secteur privé.

En perspective, il s’agit pour la région de permettre les conditions d’une


pratique sportive satisfaisante pour l’ensemble des jeunes et le développement
d’activités culturelles en adéquation avec les potentialités de la région.
La mise en œuvre des stratégies suivantes peut aider à atteindre cet objectif :

• Soutenir la pratique sportive et les loisirs ;


• Asseoir une action culturelle de qualité.

E2O3S1 - SOUTENIR LA PRATIQUE SPORTIVE ET LES LOISIRS

L’effet bénéfique de la pratique sportive sur l’équilibre physique et mental est


une réalité qu’il convient de vulgariser au niveau des populations de la région.

Qu’il s’agisse du sport de masse ou du sport d’élite, la région manque


cruellement de dynamisme. A l’exception des activités de vacances dites « navétanes »
qui mobilisent la totalité des jeunes, citadins comme ruraux, pendant deux à trois mois,
l’activité sportive de masse est faiblement pratiquée.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Quant au sport d’élite, sa pratique très limitée sur le plan des disciplines
comme sur celui des effectifs a relégué, du fait d’un manque notable de moyens, les
équipes locales derrière celles d’autres régions.

Du reste, les départements de Podor et Matam ne parviennent pas encore à


placer des équipes dans les compétitions de l’élite.

Toutes les disciplines autres que le football sont marginalisées en matières


d’aires de jeux, d’équipements, de pratiquants et de personnels d’encadrement.

Compte tenu de l’importance du sport et des loisirs dans l’épanouissement et


le façonnement de la personnalité des jeunes, il est nécessaire de mettre en œuvre un
ensemble d’initiatives hardies.

Lignes d’actions retenues :

1) Amélioration des conditions de la pratique sportive par :


- la réhabilitation et l’implantation d’infrastructures fonctionnelles au
niveau de toutes les collectivités de base ;
- le renforcement et la modernisation des équipements ;
- la mise à disposition de personnels d’encadrement qualifiés en nombre
suffisant ;
- la formation et le recyclage de l'encadrement existant.

2) Soutien au sport d’élite et réhabilitation du sport scolaire et universitaire par :


- une meilleure coordination des équipes civiles et une tenue régulière
de compétitions ;
- l’appui conséquent des équipes en matériels didactiques et
équipements divers ;
- le soutien des collectivités à la diversification et à l’intensification des
activités de l’UASSU ;
- la promotion d’écoles de football et d’autres disciplines.

3) Promotion du sport de masse par :


- la multiplication des aires de jeux, plateaux multi-fonctionnels et
parcours sportifs ;
- l’appui matériel et technique aux ASC et une incitation à la
diversification de leurs activités notamment par l’introduction de
l’athlétisme ;
- le développement du sport de maintien pour les adultes.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
4) Développement des activités de loisirs par :
- la multiplication des salles de spectacles, de théâtres et de cinémas
dans les grands centres ;
- l’édification de parcs de loisirs au profit des jeunes ;
- la promotion des activités récréatives et de détente ;
- le soutien des activités participatives et l’organisation de collectivités
éducatives.

E2O3S2 - ASSEOIR UNE ACTION CULTURELLE DE QUALITE

Au regard des potentialités considérables qu’elle recèle sur le plan culturel, la


région de Saint-Louis est particulièrement privilégiée pour impulser une vie culturelle
intense et de qualité.
L’essentiel des activités est confiné dans la ville de Saint-Louis qui,
contrairement à son arrière-pays, connaît depuis peu un net regain de manifestations
culturelles d’envergure et l’édification d’infrastructures de haut niveau. Or, la diversité
et la multiplicité du patrimoine matériel ou immatériel devraient autoriser la région à
devenir un pôle exceptionnel de rayonnement culturel aux plans national et sous
régional.
Cette perspective est aujourd’hui contrariée par la faiblesse des moyens
alloués par l’Etat et les collectivités au secteur, une dégradation très avancée de la
plupart des infrastructures et le déficit important de personnels d’encadrement.
Asseoir une action culturelle de qualité devrait ainsi passer par la levée de ces
contraintes et par une action vigoureuse de promotion culturelle.

Lignes d’actions retenues :

1) Restauration et valorisation du patrimoine culturel collectif par :

- l’inventaire et le classement du patrimoine matériel et immatériel de


toute la région ;
- la réhabilitation du patrimoine architectural ;
- la promotion des valeurs culturelles positives.

2) Renforcement des capacités des institutions culturelles régionales par :

- la réhabilitation et l’équipement des infrastructures


culturelles (centres culturels, foyers de jeunes, CDEPS, etc. ) et la
création de centres socioculturels ;
- la formation et l’affectation d’animateurs et d’auxiliaires de l’action
culturelle pour redynamiser les activités au niveau local ;

_____________________________________________________________________ 53
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- l’organisation régulière de manifestations culturelles avec l’appui des
collectivités locales ;
- l’appui aux ASC dans la redynamisation de leurs activités culturelles.

3) Promotion de l’innovation et de l’entrepreneuriat culturels et artistiques par :

- le développement de l’éducation à la culture et aux arts dans les


écoles et l’appui aux jeunes talents ;
- le soutien des artistes et des grandes manifestations culturelles;
- la mise en œuvre d’un agenda culturel régional ;
- l’implantation d’industries et d’entreprises culturelles ;
- l’appui au développement des Nouvelles Technologies de
l’Information et de la Communication (NTIC).

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
ENJEU 3 : INTEGRATION, COHESION SOCIALE ET SECURITE

Aujourd’hui, de nombreux pays sont secoués par des conflits sous-régionaux


ou internes dont les fondements tiennent à des antagonismes ethniques, religieux,
frontaliers ou d’ordre économique. Ces conflits qui compromettent l’intégrité
nationale, la paix sociale et le développement durable sont aujourd’hui tellement
courants qu’il importe de les prévenir.

Le Sénégal a su par la diplomatie éviter les situations de conflits ouverts avec


les pays de la sous-région et sauvegarder pour l’essentiel son unité nationale et sa
cohésion grâce à ses valeurs positives fondamentales.

La région de Saint-Louis devra appréhender la question de l’intégration à


l’échelle sous-régionale d’abord, nationale ensuite et enfin au niveau interne, entre les
départements et entre les différentes zones écologiques qui la composent.

Du fait de sa position géographique, des ressources importantes pour son


développement économique en cogestion avec des pays de la sous-région, et des
perspectives des projets de navigation sur le fleuve Sénégal, Saint-Louis devrait
beaucoup intégrer dans ses politiques et programmes les aspects liés à la paix et à la
stabilité sous-régionale, lesquels restent fondamentaux pour le développement de son
économie.

Au plan interne, l’enclavement dont souffre la plupart des localités intérieures,


l’insuffisance et la mauvaise répartition des infrastructures et des investissements
posent un véritable problème d’aménagement rationnel du territoire et d’équité, face
aux opportunités de développement des départements et des zones écologiques.

Les déficits de routes et de services de transport, de couverture


radiophonique, téléphonique et postale, constituent des obstacles à l’intégration intra-
régionale, nationale et sous-régionale.

Par ailleurs, certaines catégories de la population, notamment les jeunes et les


femmes, vivent une certaine marginalisation qui se traduit par leur faible implication
dans les instances de décision et une prise en charge insuffisante de leurs
préoccupations dans les programmes de développement. Il en est de même pour
certaines couches sociales défavorisées, à la limite exclues et qui vivent ainsi dans une
pauvreté grandissante.

Les mouvements incontrôlés de populations, alliés à la dégradation générale


des conditions de vie, ont entraîné de nouveaux fléaux comme le grand banditisme
dans les départements de Podor et de Matam, les vols dans les marchés hebdomadaires
et les grandes villes.

Il convient de créer les conditions d’un développement économique soutenu et


durable grâce à une politique conséquente de coopération sous-régionale, de
consolidation de la cohésion et du sentiment d’appartenance régionale et nationale par

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
un aménagement équilibré du territoire et le renforcement de la sécurité des personnes
et des biens.

Les objectifs poursuivis à travers cet enjeu sont :

1. Réduire les disparités intra-régionales ;


2. Renforcer la coopération sous-régionale et la sécurité des
populations ;
3. Lutter contre la pauvreté et les exclusions ;

OBJECTIF 1 : REDUIRE LES DISPARITES INTRA-REGIONALES


La région de Saint-Louis, malgré une assez bonne présence des infrastructures,
connaît un déséquilibre réel dans leur répartition sur le territoire régional. En effet, on
note une concentration marquée de celles-ci dans le département de Dagana et dans le
Walo, au détriment des deux autres départements et du Diéri.
La localisation des infrastructures et équipements épouse dans son ensemble le
contour du réseau routier, situation qui présente beaucoup de faiblesses du fait de la
configuration de la région et de la présence de nombreux cours d’eaux, délimitant des
zones d’enclavement.
Il en résulte des difficultés d’accès aux services de base, surtout pour le
développement de certaines activités économiques.
L’absence d’infrastructures constitue dans bon nombre de localités de la
région un facteur de démobilisation et même d’émigration. Toutes les communautés
doivent accéder à la santé et à l’eau potable et disposer de facilités dans
l’approvisionnement en denrées alimentaires. Des conditions propices au
développement d’activités économiques sont aussi nécessaires pour permettre la mise
en valeur de l’ensemble des potentialités existantes. Ce sont là des missions de
services publics attendues de l’Etat et des Collectivités locales.
Il convient alors d’accorder une attention particulière aux zones dont
l’importance de la population et les dispositions en matière de développement
économique justifient l’implantation d’infrastructures et d’équipement pour
promouvoir un cadre d’épanouissement social et économique. Ainsi, les déséquilibres
intra-régionaux, aujourd’hui décriés, seront corrigés sans porter atteinte à la situation
relativement satisfaisante constatée avec le département de Dagana.
Une politique d’équité, passant par l’implantation d’infrastructures adéquates
partout où le besoin est ressenti participe d’une meilleure cohésion sociale et d’un
développement harmonieux à l’intérieur de la région.
L’objectif de réduire les disparités en vue de promouvoir un cadre régional
bien aménagé au plan social et économique devrait se réaliser à travers les stratégies
suivantes :

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
• Désenclaver la région ;
• Développer et mieux repartir les infrastructures et équipements
de base.

E3O1S1 – DESENCLAVER LA REGION

La superposition de la carte du désenclavement sur celle du dynamisme


économique établit de façon nette une relation de cause à effet. Les populations ont
d’ailleurs bien compris cela en identifiant à l’unanimité l’enclavement comme la
contrainte majeure du développement socio-économique de la région.
Il est, d’une part, à la base d’un manque à gagner très important pour
l’économie locale et entraîne d’autre part la sous-fréquentation des infrastructures
sanitaires et scolaires. Il compromet l’accès à l’information en l’absence de laquelle le
développement ne pourrait se concevoir.
L’agriculture, depuis quelques années, éprouve des difficultés pour poursuivre
son développement. Des terres très fertiles sont encore en friches ou sous-exploitées à
cause de l’enclavement. Les populations résidentes préfèrent se livrer à une agriculture
d’autoconsommation au détriment d’une agriculture de rente, faute d’existence de
circuits de commercialisation fiables.
Bien des activités comme l’élevage, la pêche continentale et l’exploitation
forestière qui devaient apporter un plus grand dynamisme à l’économie régionale, se
situent en arrière plan à cause de l’enclavement.

Les populations des zones enclavées restent plutôt tournées vers les pays et
régions limitrophes en l’occurrence la Mauritanie, Tambacounda et Louga avec qui
elles entretiennent des relations économiques importantes, entraînant ainsi un manque
à gagner et une désintégration de l’économie locale.

L’enclavement isole les populations et réduit les liens, ce qui peut porter un
coup à la cohésion et à la paix sociale qu’il faut préserver à tout prix. Il est également
source de frustration et de déperdition du sentiment d’appartenance nationale et
régionale lequel nourrit les comportements positifs des citoyens dans le contexte de la
régionalisation.

Le dynamisme économique de la région à l’époque coloniale tenait du


désenclavement intérieur, réalisé grâce à la navigation fluviale et aux facilités de
jonction du port de Dakar par le chemin de fer.

Ainsi, dans la perspective du désenclavement, il s’agira d’une part de réaliser


l’accès aux différentes zones de production et des établissements humains, d’autre part
de relier la région avec le reste du pays à partir de Saint-Louis et des capitales
départementales et enfin, de saisir les différentes opportunités qu’offrent la sous

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
région et le reste du monde pour valoriser les productions et assurer le
perfectionnement technologique.

Plusieurs localités de la région souffrent temporairement ou totalement d’une


mauvaise couverture de la radio et de la télévision nationales. Les populations se
tournent alors vers les médias extérieurs et se sentent de moins en moins intégrées à
leur région.

Les médias écrits et parlés sont l’apanage de quelques privilégiés, ce qui peut
poser le problème de la promotion véritable de la démocratie.

La couverture téléphonique a connu ces dernières années une grande


amélioration. Dans beaucoup de gros villages le téléphone sonne, mais l’accès au
réseau obéit plus à des préoccupations sociales qu’économiques.

Avec un nombre important d’émigrés, les populations ont apporté surtout dans
le département de Matam une contribution non négligeable dans l’implantation des
bureaux de poste dans la région. Cet effort doit être poursuivi en collaboration étroite
avec les autorités postales.

Il s’agit de doter la région d’infrastructures adéquates et suffisantes de


transport, d’assurer une bonne couverture médiatique et téléphonique et d’implanter
partout où besoin sera des bureaux de poste.

Lignes d’actions retenues :

1) Implantation d’un réseau de transport adapté par :


- la construction en nombre suffisant de routes secondaires et de pistes
dans le Walo et le Diéri ;
- l’implantation progressive de ponts et l’équipement en bacs de
traversée adéquats pour désenclaver le Dandé Mayo ;
- la redynamisation de la navigation fluviale avec des escales
portuaires réhabilitées ;
- la reprise et la rénovation du trafic ferroviaire.

2) Couverture médiatique, téléphonique et postale adéquate de la région par :


- l’installation d’émetteurs radiophoniques et télévisuels relais ;
- l’implantation de radios rurales pour le développement de
programmes d’information et de sensibilisation des populations ;
- l’extension du réseau téléphonique à toutes les zones de production
ainsi qu’à tous les gros villages et le renforcement du programme
de téléphonie rurale ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- l’implantation de bureaux de poste dans les zones de production et
gros villages en partenariat avec les populations locales et les
émigrés.

E3O1S2 - DEVELOPPER ET MIEUX REPARTIR LES INFRASTRUCTURES ET EQUIPEMENTS


DE BASE

Au cours de la dernière décennie, un effort important a été consenti par l’Etat,


les partenaires au développement et les populations pour améliorer la densité en
infrastructures et équipements de la région. Cependant, on note encore un déficit
important aggravé par la mauvaise répartition de l’existant à travers le territoire
régional.

Le déséquilibre infrastructurel qui existe dans la région résulte de l’option très


prononcée pour la riziculture irriguée. Le département de Dagana, jadis ciblé pour
conduire les premières expériences, concentre l’essentiel du disponible régional. Ce
constat est aussi flagrant entre la zone du Walo privilégiée et la zone du Diéri
démunie.

Si l’existence de matières premières et de main d’œuvre bon marché a


constitué pendant longtemps le centre d’intérêt des investisseurs, il faut reconnaître
que présentement, ce sont les infrastructures et équipements structurants qui
demeurent le principal critère dans l’appréciation des zones d’implantation.

Dans un souci d’efficacité, il convient de doter les localités, les zones éco-
géographiques et les départements d’infrastructures et équipements adéquats selon
leurs potentialités et conformément aux ambitions économiques qu’ils portent. Le
résultat attendu serait de promouvoir une économie régionale dynamique mettant à
contribution les populations sur la base des spécificités et opportunités propres à
chaque zone.

La complémentarité des collectivités, notamment entre villes et campagnes


dans les domaines de l’économique et du social, constitue la voie à suivre pour lever
les contraintes structurelles qui maintiennent en otage les fonctions de production de
services publics de qualité et de productivité de la région.

Les infrastructures seront érigées aux endroits les plus indiqués, au lieu d’être
partagées arithmétiquement entre départements ou entre zones écologiques.

Au plan social, il s’agit de faciliter l’accès pour tous à l’éducation, à la santé,


à l’eau potable, à certaines facilités domestiques, aux équipements socio-culturels, etc.

La préoccupation sera pour l’essentiel de réaliser sur toute l’étendue du


territoire régional les normes de l’OMS (santé) et de l’UNESCO (éducation) afin de
rendre performantes les cartes sanitaires et scolaires de la région et de permettre le
plein épanouissement des populations.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
C’est dans cette perspective que la réduction des déséquilibres tient tout son sens.

Lignes d’actions retenues :

1) Répartition équilibrée des infrastructures et équipements de base par :

- la multiplication des forages et puits dans le Diéri, l’adduction d’eau


dans le Gandiolais, l’implantation des infrastructures de potabilisation de
l’eau dans le Walo ;
- le développement des aménagements hydro-agricoles particulièrement
dans la Moyenne vallée ;
- l’augmentation des infrastructures de jeunesse et de promotion de la
femme dans tous les départements et en particulier dans les zones
déficitaires que sont Podor et Matam ;
- l’implantation d’infrastructures sanitaires et scolaires dans les zones
enclavées surtout dans le Diéri et le Dandé Mayo;
- la création de marchés hebdomadaires dans les zones du Haut Diéri et du
Walo ;
- l’électrification des villages du Dandé Mayo et du Diéri

2) Gestion durable des infrastructures et équipements de base par :

- l’amélioration et la généralisation de la gestion participative des


infrastructures ;
- le renforcement des capacités des comités de gestion et la promotion de
la démocratie interne ;
- la réfection et l’entretien régulier des infrastructures et équipements de la
région.

3) Coordination et rationalisation des interventions des ONG et projets par :

- la répartition judicieuse des ONG et Projets sur l’ensemble de l’espace


régional ;
- La création de cadres de concertation (élus, ARD, Services techniques,
ONG, Organisations communautaires, etc.) pour la redynamisation des
comités locaux de développement (quartier / village, communauté rurale,
etc.).

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
OBJECTIF 2 : AMELIORER LA STABILITE SOUS-REGIONALE

L’Etat du Sénégal a saisi à sa juste valeur l’enjeu que représente la stabilité


dans la sous-région. Il assume un grand rôle dans le cadre de l’OMVS et entretient par
ailleurs avec la Mauritanie un cadre de concertation sur la pêche.

La ressource eau, sur laquelle la région de Saint-Louis fonde particulièrement


son avenir économique, est cogérée par les quatre pays qui composent l’OMVS
(Mauritanie, Mali, Sénégal, Guinée). L’organisation a été quelquefois traversée par
des divergences qui ont été jusqu’ici aplanies par la diplomatie.

Les populations des deux rives entretiennent des relations sociales, culturelles
et économiques séculaires très intenses. Cependant, les événements de 1989 ont porté
un coup dur à bon nombre de composantes dynamiques de l’économie régionale
comme la pêche, le commerce, l’agriculture, etc.

En conséquence, la stabilité doit être une préoccupation majeure dans la sous


région à cause de son impact socio-économique.

Par ailleurs, la région anciennement réputée calme et paisible, devient de plus


en plus le théâtre d’opérations de malfaiteurs. Les mesures idoines doivent être
préconisées rapidement pour abréger les souffrances des populations et assister les
activités économiques comme le commerce, l’élevage et le tourisme qui en sont déjà
victimes.

La stabilité de la sous-région reste un domaine réservé des Etats qui doivent


être soutenus dans leur option de règlement pacifique des conflits. Cela requiert pour
le Sénégal le renforcement de la politique dissuasive et l’implication des collectivités
locales et des populations.

Des actions allant dans le sens de la prévention des conflits et du renforcement


de l’amitié entre les peuples sont entreprises par l’Etat, les religieux, les ONG, etc.

Les stratégies suivantes seront développées :

• Renforcer la coopération sous-régionale,

• Mettre en œuvre des politiques préventives pour garantir la


sécurité des populations et des biens.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
E3O2S1 – RENFORCER LA COOPERATION SOUS-REGIONALE

En plus de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS)


avec ses volets maîtrise de l’eau, production d’énergie et navigation, le Sénégal se
retrouve dans des cadres de concertation sectoriels (pêche, environnement, santé, etc.)
avec la Mauritanie.

Le développement agricole de la région, fondé sur la maîtrise de l’eau, est


ainsi largement dépendant de la paix et de l’entente dans la sous-région.

La pêche continentale sur le fleuve Sénégal nécessite une harmonisation des


législations mauritanienne et sénégalaise pour une efficacité dans la gestion durable
de la ressource halieutique.

La crise sénégalo-mauritanienne avait fortement entamé le commerce et


l’élevage souvent exercés par les femmes et les jeunes. Elle a été en outre à la base de
dommages sociaux dont on se souviendra longtemps (dislocation de familles, pertes de
vies humaines, pertes de biens et d’emplois, etc.).

C’est pourquoi la stabilité dans la sous - région et la fraternité entre les


populations devraient être largement cultivées. Tout l’avenir des pays qui constituent
l’OMVS en dépend. Une politique généreuse de bon voisinage devrait y contribuer.

Lignes d’actions retenues :

1) Consolidation de la fraternité entre populations riveraines du Fleuve par :

- l’instauration de jumelages entre les localités riveraines ;


- l’institution d’une semaine de mobilisation autour des ressources et
préoccupations communes ( semaine du fleuve, lutte contre les
endémies, etc. ) ;
- le développement des échanges entre opérateurs économiques des
deux rives ;
- la création d’un cadre de prévention et de règlement des conflits
(Comité de sages constitué par les populations riveraines, etc.).

2) Elaboration de politiques harmonisées de gestion des ressources communes


par :

- la redynamisation des cadres de concertation existants (pêche, eau) ;


- l’adaptation et la vulgarisation des missions de l’OMVS relatives à
l’utilisation et à la gestion des ressources communes ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
E3O2S2 - METTRE EN ŒUVRE DES POLITIQUES PREVENTIVES POUR GARANTIR LA SECURITE
DES POPULATIONS ET DES BIENS

Les foyers de tension notés en plusieurs endroits dans la sous-région méritent


des dispositions particulières pour les éviter sur notre territoire ou dans le pire des cas
les gérer avec sérénité.

Le grand banditisme favorisé entre autres par la perméabilité des frontières et


la délinquance ont atteint des proportions inquiétantes dans les villes et campagnes de
la région.
Les efforts appréciables déployés dans le cadre de la diplomatie, pour le bon
voisinage, doivent être doublés d’une politique de dissuasion afin de mieux garantir la
paix et la stabilité, essentielles pour une croissance sans discontinuité dans la région.

L’adage mieux vaut prévenir que guérir ne nous dicte-t-il pas de prendre des
dispositions particulières intégrant les cas de figure extrême.

Le développement durable dans la sous-région exigerait forcément une


utilisation plus rigoureuse des ressources communes par les pays. Par-dessus les
intérêts exclusifs des Etats, il convient d’asseoir des mécanismes de gestion concertée
des ressources en vue de s’inscrire dans une dynamique de développement local
soutenu et durable.

Au plan interne, la région connaît l’émergence du grand banditisme et de la


délinquance. Ceux-ci trouveraient leurs origines dans les frontières et les limites
faiblement contrôlées occasionnant la pénétration de personnes non désirables, la
présence d’un nombre important de réfugiés abandonnés à eux-mêmes et le chômage
des jeunes.

Les opérations des coupeurs de routes, les vols de bétail et la délinquance,


devenus monnaie courante dans les marchés hebdomadaires, ajoutés aux conflits
agriculteurs-éleveurs, perturbent la quiétude des populations et le développement des
secteurs économiques concernés.

Cette situation d’insécurité peut constituer également un facteur de


découragement pour l’exercice d’activités économiques et la promotion des différentes
localités.

Le dispositif de sécurité mis en place par l’Etat a du mal à faire face à


l’insécurité grandissante, en raison de la faiblesse des effectifs et des moyens
matériels.

Pour juguler le mal, les populations n’ont pas encore trouvé des moyens
adéquats ; par contre, elles manifestent parfois une solidarité pour protéger leurs biens
et leurs personnes.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Lignes d’actions retenues :

1) Renforcement des mesures de sécurité dans la région par :

- l’implantation de postes de gendarmerie équipés dans tous les


arrondissements;
- la création de postes de police dans toutes les communes avec un
personnel suffisant et des moyens adéquats;
- le renforcement de la présence des forces de sécurité dans les
marchés hebdomadaires.

2) Participation des populations à la préservation de la sécurité par :

- une plus grande collaboration avec les forces de sécurité ;


- l’application rigoureuse des peines prévues par la loi ;
- la mise en place de comités de surveillance dans les localités.

OBJECTIF 3 : LUTTER CONTRE LA PAUVRETE ET LES EXCLUSIONS

Selon les résultats de l’E.S.P (Enquête Sur les Priorités de 1992), 17% de la
population de la région de Saint-Louis sont frappés par la pauvreté.

Cette frange importante est majoritairement composée de femmes, de jeunes et


de personnes dites du troisième âge. Ces groupes vulnérables, en raison de facteurs
d’ordre sociologique, économique ou culturel, ne parviennent pas à assurer la
satisfaction de leurs besoins essentiels ; cela les confine dans une situation de
marginalisation par rapport au reste de la société.

Un tel état de fait, vécu par ces groupes vulnérables comme une grande
frustration, suscite rancœurs et esprit de révolte et se trouve ainsi porteur de lourdes
menaces pour la paix sociale et l’intégrité de la région.

Aussi, convient-il de cerner la question et de lui apporter au plus vite des


solutions efficaces.

En ce qui concerne les femmes, elles constituent plus de 54% de la population


totale, et environ 75% des effectifs au niveau du monde rural du fait de l’exode.
Pourtant, en dépit même des déclarations, lois et règlements allant dans le sens de leur
promotion, elles éprouvent des difficultés à accéder à la terre, au crédit, à assumer des
responsabilités publiques ou privées, à intégrer les centres de décisions. Elles restent
confrontées à un manque notoire d’équipements, notamment en matière de facilités
domestiques.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
En outre, le poids de certaines traditions et les stéréotypes maintiennent bon
nombre d’entre elles dans une situation de dépendance en les confinant à des tâches
domestiques souvent très pénibles. Le faible niveau d’instruction et de formation des
femmes constitue des handicaps de taille pour leur promotion économique et
l’adoption de comportements positifs pour assurer leur santé et celle de la famille.

Elles sont cependant très présentes dans la presque totalité des activités socio-
économiques de la région et prédominent même dans certains cas.

Les jeunes ne sont pas dans une situation meilleure malgré leur importance
numérique (les moins de 20 ans constituent 58% de la population régionale ). Ils sont
de plus en plus confrontés au problème du chômage et de l’accès aux sphères de
décisions quels que soient leurs niveaux d’instruction ou de formation.

Nombre d'entre eux ne sont jamais allés à l’école ou l’ont quitté très tôt;
d’autres ont reçu des formations peu qualifiantes.

Ainsi, la majorité des jeunes arrive à l’âge adulte sans pouvoir assurer leur
épanouissement moral et matériel, d’où les nombreuses déviances qui les guettent :
délinquance, drogue, prostitution et grand banditisme. Il s’y ajoute le cas dramatique
de ces nombreux enfants jetés à la rue par l’indigence des familles et l’inexistence
dans la région de structures d’accueil appropriées pour l’enfance en danger moral.

Concernant les personnes du troisième âge, elles ne représentent certes que 7%


environ de la population et sont pour l’essentiel des travailleurs à la retraite, mais leur
situation n’en est pas moins préoccupante.

La région ne dispose ni de médecin gériatre ni d’aucun dispositif de prise en


charge des personnes âgées. Et les mutations de la société remettent de plus en plus en
cause le statut des anciens et leur place prépondérante dans la régulation de la société,
attribution qui leur conférait jadis une place de choix dans le corps social. Aussi,
beaucoup parmi eux vivent dans le dénuement et dans un état de relatif abandon.

Au total, la pauvreté facteur d’exclusion par excellence, est un phénomène très


présent dans la région. Elle touche femmes, jeunes et personnes du 3ème âge mais aussi
les handicapés et autres marginaux. Sa tendance à s’étendre dans la population,
notamment dans le milieu rural et dans les banlieues urbaines, doit être freinée et
renversée le plus vite possible si l’on veut créer les conditions préalables à un climat
de paix, de stabilité et de cohésion propice à un développement durable et
harmonieux dans la région.

Dans cette perspective, engager une lutte victorieuse contre toutes les
exclusions est un objectif à atteindre impérativement.

Les stratégies suivantes semblent s’inscrire dans sa réalisation :

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
• Améliorer le statut de la femme ;
• Promouvoir l’emploi des jeunes ;
• Développer des programmes d’appui en direction des populations
vulnérables;
• Encourager et soutenir l’entrepreneuriat rural.

E3O3S1 - AMELIORER LE STATUT DE LA FEMME

Pilier de la société et moteur du développement économique et social, la


femme reste toujours maintenue dans un statut inférieur qui ne lui permet pas
d’assumer, au profit de toute la communauté, l’entière mesure de ses capacités.

Il s’agit de la promouvoir en créant les conditions de chances égales avec les


hommes, face aux péripéties de la vie, dans une société sans discrimination. Faire en
sorte que les femmes ne soient plus des citoyennes de seconde zone, mais des
membres du corps social pouvant prétendre légitimement aux mêmes responsabilités
que les hommes.

Lignes d’actions retenues :

1) Poursuite et amplification de l’éducation et de la formation des femmes par :


- l’intensification de la scolarisation des jeunes filles ;
- la mise en œuvre de mesures spécifiques de soutien au maintien des
jeunes filles tout au long des cycles de formation ;
- le renforcement de l’alphabétisation fonctionnelle des femmes.

2) Renforcement des capacités et des moyens des femmes dans le


développement par :

- l’accès plus facile des femmes aux moyens et facteurs de production


dont la terre, l’eau et les financements ;
- le soutien à l’entrepreneuriat féminin ;
- l’accès aux pouvoirs de décision et aux responsabilités publiques ;
- l’appui en équipements de promotion et d’allégement des travaux.

3) Protection des femmes et lutte contre les pratiques discriminatoires par :

- une couverture sanitaire plus adéquate et une meilleure protection de


la santé maternelle ;
- une meilleure prise en charge des questions de santé reproductive des
jeunes filles ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- la poursuite de la lutte contre l’excision et les agressions contre
l’intégrité physique des femmes.

E3O3S2 - PROMOUVOIR L’EMPLOI DES JEUNES

La lutte contre la marginalisation des jeunes passe essentiellement par la lutte


contre le chômage, fléau persistant qui ne cesse de prendre de l’ampleur aussi bien en
milieu urbain qu’en milieu rural.

Par delà les difficultés d’accès à la terre dans les zones de culture ou
d’insertion dans le secteur moderne dans les villes, il se pose pour nombre de jeunes
un problème d’insuffisance ou d’absence de formation, d’inadéquation des
qualifications avec les offres d’emploi et en définitive une faible capacité
d’entrepreneuriat.

Les potentialités de la région sont énormes et leur mise en valeur est un


impératif du développement. La jeunesse nombreuse et dynamique est en mesure de
porter ce projet. Il convient dès lors de mettre l’une au service de l’autre en
commençant par régler la question de l’adéquation formation-emploi.

Celle-ci se fera avec un élargissement des formations proposées et une


meilleure prise en compte des besoins spécifiques de la région notamment les emplois
dans les filières agro-industrielles, la pêche, le tourisme et les activités du tertiaire.

Contribuer à l’insertion économique des jeunes est une stratégie qui appelle
des initiatives d’envergure devant mobiliser l’état, les collectivités, les privés et les
populations.

Lignes d’actions retenues :

1) Développement et amélioration de la formation et des qualifications des


jeunes en adéquation avec les secteurs porteurs de l’économie par :
- la multiplication et la répartition judicieuse des centres et écoles de
formation technique et professionnelle ;
- la réorientation des contenus et objectifs de formation vers les
secteurs stratégiques de l’économie régionale ;
- une dynamique de partenariat écoles - entreprises pour un plus grand
ancrage des formations dans les réalités du secteur productif ;
- la réhabilitation des centres de formation pratique.

2) Appui à l’insertion et aux initiatives économiques des jeunes par :


- la mise en place d’un fonds régional pour l’emploi des jeunes ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- des facilités d’accès à la terre et au crédit par un assouplissement des
conditions d’octroi ;
- le soutien aux initiatives des jeunes entrepreneurs et le renforcement
des possibilités d’accès aux marchés publics.

3) Soutien aux mouvements associatifs de jeunesse par :


- l’appui à une meilleure structuration des organisations, à la formation
des leaders associatifs en administration et en gestion de projets ;
- l’implication des associations de jeunes dans les activités de
développement économique et d’amélioration du cadre de vie ;
- le renforcement du rôle des associations de jeunes dans l’information,
la sensibilisation et la formation sur les grandes questions socio-
économiques régionales.

E3O3S3 - DEVELOPPER DES PROGRAMMES D’APPUI EN DIRECTION DES POPULATIONS


VULNERABLES

Les difficultés sociales, relativement bien maîtrisées jusqu’à une époque


récente, sont devenues, par la force de l’appauvrissement des couches populaires, des
phénomènes préoccupants de marginalisation, aggravés depuis la dévaluation du franc
CFA.

En effet, les personnes du 3ème âge, les handicapés, les « enfants de la rue » ont
de plus en plus du mal à trouver seuls les réponses idoines à leurs besoins essentiels.
Ils vivent ainsi des conditions de vulnérabilité qui les excluent de la dynamique du
progrès social.

La frange de laissés-pour-compte constitue un élément de fracture sociale qu’il


convient de corriger pour parvenir à une société juste et solidaire.

Lignes d’actions retenues :

1) Organisation d’une solidarité régionale au profit des populations vulnérables


par :
- la création d’un fonds régional de Solidarité ;
- la création d’un système de prise en charge en rapport avec les
collectivités locales et les mutuelles de santé ;
- le renforcement des moyens des services de l’Action Sociale.

2) Création d’un dispositif de prise en charge des personnes du 3è âge par :


- une couverture médico-sociale appropriée avec des services de
gériatrie fonctionnels ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- la réhabilitation des fonctions de régulation sociale des personnes
âgées par la valorisation de leur expérience ;
- le soutien à la poursuite d’activités socio-économiques en tenant
compte de l’approche genre ;

3) Promotion des personnes handicapées par :


- la formation et l’alphabétisation ;
- l’accroissement des moyens techniques, humains et matériels des
structures médicales spécialisées, notamment des centres
d’appareillage pour handicapés moteurs ;
- l’appui à l’insertion économique par la création d’emplois et le
financement d’initiatives ;
- la création d’un centre de réadaptation et de réinsertion sociale ;
- la réhabilitation sociale par la lutte contre l’image dévalorisante du
handicapé mendiant.

4) Développement des moyens de prévention et de surveillance de l’enfance en


danger par :
- la création d’un centre régional de sauvegarde ;
- le renforcement substantiel des capacités des structures et institutions
de prise en charge des jeunes déviants et des « enfants de la rue» ;
- la mise en œuvre de programmes de prévention contre les déviances
et la délinquance des jeunes ;
- la lutte contre les effets de la déperdition au niveau des écoles et des
daaras.

E3O3S4 - ENCOURAGER ET SOUTENIR L’ENTREPRENEURIAT RURAL

Comparativement aux activités urbaines et industrielles, les activités rurales,


en plus de leur caractère saisonnier, sont faiblement rémunérées. En conséquence, les
populations rurales disposent de revenus faibles et éprouvent toutes les difficultés pour
subvenir à leurs besoins fondamentaux : alimentation, soins médicaux, habitat et
commodités diverses telles que l’eau courante, l’électricité et les moyens audiovisuels.

Cette situation conforte le cliché traditionnel d’une opposition entre les villes,
espaces modernes et privilégiés d’une part et d’autre part les campagnes, espaces
traditionnels minés par la pauvreté.

Bien entendu, il ne saurait être envisageable pour le Conseil Régional de


maintenir cette société à deux vitesses, d’autant plus que les populations rurales
constituent plus de 70% des effectifs de la région.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
A court terme, des initiatives hardies devront être engagées pour freiner, voire
inverser le processus de dégradation des conditions de vie du monde rural.

Lignes d’actions retenues :

1) Amélioration de la capacité des organisations de producteurs par :

- l’appui institutionnel aux organisations fédératives dans le domaine


de l’organisation et de la gestion en vue d’une meilleure coordination
et d’une planification des actions à la base ;
- le renforcement de la qualification des producteurs par l’initiation à
des techniques de production plus performantes et une bonne
information pour une ouverture à des créneaux porteurs ;
- une meilleure structuration et un fonctionnement plus démocratique
des organisations de producteurs ;
- l’accroissement du rôle des femmes et des jeunes dans les Organisations de
Producteurs (OP).

2) Assouplissement des conditions d’accès à la terre et aux financements par :


- la création d’un fonds régional d’appui au développement rural ;
- l’adéquation des financements de la CNCAS et des autres structures
avec les réalités du monde rural ;
- la révision des modalités d’affectation des terres dans le sens de
l’équité afin de mieux prendre en compte les préoccupations des
femmes et des jeunes.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
ENJEU 4 : BONNE GOUVERNANCE LOCALE ET CITOYENNETE

Un des faits majeurs de la phase actuelle de la décentralisation est sans


conteste l’élargissement des compétences des collectivités locales au développement
économique, social, culturel, éducatif et scientifique.

Cependant, les difficultés de fonctionnement des structures locales du fait de


l’insuffisance de l’information, de la formation et des moyens techniques et matériels
des élus d’une part, les réticences des populations dans l’exercice de leurs devoirs
civiques d’autre part sont à la base des performances encore faibles du développement
local.

Présentement, la situation du développement local se caractérise par :


- l’immobilisme de la plupart des Collectivités ;
- le désintérêt des populations pour la chose publique qui se manifeste par
leur faible participation à la gestion des affaires et leur bas niveau de
civisme ;
- l’incompréhension entre élus et populations qui rend difficile
l’établissement d’un partenariat fécond entre acteurs du développement
local.

Dans ces conditions, l’objectif du développement économique, social, culturel,


éducatif et scientifique attendu dans la région, ne pourrait être atteint à terme.

Le développement local requiert dans sa conception comme dans sa mise en


œuvre la participation des populations. Il peut être considéré comme une composition
musicale où les élus sont les chefs d’orchestre et les populations les musiciens. Il doit
donc être établi entre eux une étroite complicité pour atteindre une parfaite harmonie.

La bonne gouvernance serait alors érigée en principe avec des collectivités


locales dirigées par des élus qui possèdent les vertus de véritables managers
privilégiant la connaissance, l’information et la concertation régulières afin d'instaurer
une synergie des actions dans le cadre de la mise en œuvre d'un développement
soutenu et durable.

En l’absence de la bonne gouvernance, règnent la calomnie, les suspicions et


la réticence; et dans ces conditions de rupture du contrat social, il est illusoire
d’entrevoir un quelconque développement local.

Les élus et les populations doivent, les uns et les autres, prendre conscience
de leur place et de leur rôle dans le processus de gestion du développement régional,
afin de les assumer convenablement en termes d'aptitudes et de comportements.

Chez les élus, ces responsabilités s’expriment par la gestion démocratique des
affaires locales, la rigueur et la transparence, l’information et la consultation
périodiques des populations.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
La citoyenneté, quant à elle, fait surtout appel aux comportements et attitudes
des populations à travers lesquels elles manifestent leur attachement et leur utilité à la
société. Elle se traduit par des comportements civiques et patriotiques tant au plan
fiscal et politique qu’à celui du culte de la chose publique et de la solidarité.

La bonne gouvernance et la citoyenneté participent de l’avènement d’un cadre


de partenariat entre élus et populations travaillant pour les mêmes finalités suivant des
règles établies et scrupuleusement observées.

Les objectifs visés dans ce sens sont :

1. Promouvoir l’efficacité des structures décentralisées

2. Faire participer les populations à la gestion du développement


local.

OBJECTIF 1 : PROMOUVOIR L’EFFICACITE DES STRUCTURES DECENTRALISEES

Le transfert de compétences aux collectivités s’est opéré de manière


progressive en vue d’harmoniser les missions et les capacités des élus chargés de leur
exécution.

Bien que dans leur majorité les élus aient assumé des responsabilités diverses
durant les différentes phases de la décentralisation, il convient de reconnaître
l’existence d’un grand déficit de capacités et de moyens pour assurer une mise en
œuvre correcte du développement local.

En effet, au moment où ils doivent faire face à ce défi complexe, la plupart des
Collectivités observent un certain immobilisme. Il ne pouvait en être autrement avec la
modicité des moyens financiers, le bas niveau d’instruction des élus et les
manquements divers constatés au niveau des services déconcentrés qui doivent les
appuyer dans la conception, l’animation et le suivi du développement local.

Dans ces conditions, il est difficile pour les Collectivités d’arriver à des
résultats probants. Le renforcement des capacités des structures décentralisées devient
alors plus qu’une nécessité.

Il convient de faire des Collectivités de véritables structures de pilotage du


développement local, animées par des élus possédant une maîtrise parfaite des lois,
décrets et arrêtés relatifs au nouveau contexte de la décentralisation. Les élus doivent
être dynamiques et compétents tout en étant animés d’une loyauté et d’un patriotisme
reconnus pour mériter davantage la confiance de leurs mandants.

En outre, la complexité des défis à relever exige des capacités de stratège ainsi

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
que des moyens financiers et matériels importants.

Les Collectivités doivent faire preuve de capacité notamment dans la définition


des politiques, la coordination, l’animation, le suivi et l’évaluation du développement
local.

Ces capacités restent de plus en plus sollicitées dans la mobilisation des moyens
financiers afin de répondre efficacement aux besoins de fonctionnement,
d’investissement, d’entretien et de réhabilitation des infrastructures structurantes, voire
d’appui aux activités économiques et sociales.

Par ailleurs, la diversité des interventions requises dans la mise en œuvre du


développement rend indispensable l’accès à des structures et services déconcentrés
appropriés.

Pour la réalisation d’un tel environnement, les stratégies suivantes sont


préconisées :

• Renforcer les moyens des collectivités décentralisées ;


• Développer les capacités des élus ;
• Favoriser une dynamique de solidarité entre collectivités.

E4O1S1 – RENFORCER LES MOYENS DES COLLECTIVITES DECENTRALISEES

Les structures décentralisées ont un rôle fondamental de pilotage du


développement local qu’elles sont appelées à organiser et à stimuler. Ainsi, elles
contribuent à la satisfaction des aspirations sociales et économiques des populations en
réalisant les infrastructures adéquates et en initiant des actions et mesures pour
instaurer la croissance au niveau local.

Depuis leur installation en janvier 97, la plupart des collectivités sont dans une
totale léthargie dont la cause principale serait le manque de moyens financiers,
humains et logistiques.

Les budgets des collectivités rurales sont essentiellement constitués de la taxe


rurale dont le recouvrement est aujourd’hui à son plus bas niveau. Les fonds de
concours, peu signifiants, parviennent de façon irrégulière. Les budgets prévus sont
réalisés au plus à 10%.

Par ailleurs, bon nombre de collectivités de la région ne disposent d’aucun


moyen logistique et les élus rencontrent des difficultés énormes, même pour effectuer
les déplacements à l’intérieur de leur territoire.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Les collectivités locales, surtout les Communautés rurales, ne disposent pas de
personnels techniques propres pour l’appui dans la conception et la réalisation de leurs
programmes. Les services techniques de l’administration déconcentrée, qui doivent
leur apporter un appui, se trouvent aussi dans des situations déplorables de manque de
moyens humains, logistiques et matériels, ce qui réduit considérablement leur
performance.

Lignes d’actions retenues :

1) Amélioration des ressources financières des collectivités locales par :


- l’information et la sensibilisation des populations sur la taxe rurale ;
- la généralisation des taxes de bornage et la perception de taxes sur
l’exploitation des ressources naturelles ;
- l’amélioration du système de recouvrement des taxes ;
- le recours aux opportunités de la coopération décentralisée ;
- la participation du Conseil Régional au capital des sociétés et des
entreprises (SAED, SODISA ) ;
- l’augmentation des fonds alloués par l’Etat au titre des compétences
transférées ;
- le recours aux emprunts à long terme ;
- la rentabilisation des infrastructures.

2) Renforcement des moyens des structures déconcentrées par :


- l’affectation des personnels avec des profils adéquats auprès des
collectivités locales ;
- le renforcement en moyens humains, matériels et logistiques des
structures déconcentrées régionales et locales.

3) Renforcement de la coopération entre services techniques régionaux


et institutions de développement par :
- la création d’un cadre de concertation entre services régionaux et
institutions de développement ;
- l'organisation de formations thématiques.

E4O1S2 - DEVELOPPER LES CAPACITES DES ELUS

Les études réalisées sur les capacités des élus s’accordent sur le bas niveau
d’instruction de la majorité d’entre eux. Cela est à l’origine des difficultés de
compréhension des attributions et prérogatives qui sont les leurs.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Beaucoup de contraintes identifiées sont relatives au manque de capacités
fondamentales qu’il convient de combler pour rendre les collectivités plus
performantes. En outre, la capacité de pilotage du développement ne semble pas être
bien partagée entre les collectivités locales de la Région. En effet, très peu d’entre
elles disposent d’un plan de développement local et les maigres ressources dont elles
disposent sont utilisées pour l’essentiel dans le fonctionnement.

Le renforcement des capacités des élus doit aboutir à une bonne


compréhension de la problématique de la décentralisation et du développement local, à
la maîtrise des outils de planification, de coordination, d’animation, de suivi et
d’évaluation des stratégies, à la mobilisation de financement, etc.

Le défi de la mobilisation des moyens financiers nécessaires à la réalisation


des politiques définies se pose avec acuité dans toutes les Collectivités. Des stratégies
pertinentes relatives à la collecte des impôts et taxes au niveau local, la participation
des générations futures et le recours à la coopération décentralisée seront développées.

D’autres capacités non moins importantes, liées au fonctionnement correct des


structures, et qui symbolisent l’entente et la solidarité entre élus, se manifestent par la
tenue de réunions régulières, la prise de décisions importantes et pertinentes ainsi que
leur mise en œuvre.

Plus que des managers, les élus doivent avoir aussi des qualités de stratèges
afin d’entraîner dans leur sillage toutes les synergies en en faisant un bon usage au
profit du développement local qui doit être leur unique préoccupation.

Dans le cadre du renforcement des capacités, toutes les opportunités offertes


(Etat, Institutions, Partenaires bilatéraux et multilatéraux, ONG, etc.) devront être
saisies.

Lignes d’actions retenues :

1) Mise en œuvre d’un programme de formation des élus locaux par :

- la définition d’un programme de formation et


d’alphabétisation adapté aux besoins des élus ;
- l’organisation de sessions de formation et d’information sur les
textes de la décentralisation ;
- l'organisation de séminaires thématiques (éducation, santé,
environnement, etc.) ;
- l’élaboration de manuels adaptés.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
2) Renforcement des capacités des élus dans la gestion du
développement local par :

- la formation des élus locaux à la planification et à la gestion du


développement local ;
- l'information et la sensibilisation des élus sur les outils de gestion
du développement.

3) Confection d’outils performants de gestion du développement par :

- la réalisation et la mise en œuvre des plans locaux de


développement (PLD) et des plans d’investissements communaux
( PIC) ;
- l’élaboration du Schéma Régional d’Aménagement du Territoire
(SRAT) et des Plans d’Occupation et d’Aménagement des Sols
(POAS)
- l’élaboration d’une étude sur les économies locales ;
- la confection de tableaux de bord et de matrice de comptabilité
sociale;
- la mise en place d'une banque de données.

E4O1S3 – PROMOUVOIR UNE DYNAMIQUE DE SOLIDARITE ENTRE COLLECTIVITES

Malgré l’existence d’incompréhensions, quelques efforts sont notés dans le


sens de réunir les Collectivités locales de la région autour de l’essentiel. Les Présidents
de Communautés rurales se retrouvent au sein d’association à l’échelon
arrondissement, département et région.

L’Agence Régionale de Développement est appelée à contribuer de façon


décisive à la solidarité régionale tant au niveau des élus qu’à celui des autres
intervenants. La structure de concertation entre les communes et les communautés
rurales limitrophes prévue par la loi 96-06 instituant la décentralisation doit être
partout instituée dans la région.

La terre constitue la première source de tension entre collectivités locales. En


effet, les limites territoriales étant imprécises, on note souvent des conflits entre
Communautés rurales. Les Communes aussi vivent des relations souvent tendues avec
les communautés rurales frontalières pour leur projet d’extension et la domiciliation
des infrastructures économiques à retombées financières.

Pourtant, toutes ces collectivités qui appartiennent à la même entité qu’est la


région, ont plus ou moins le même destin. Elles devraient jouer la complémentarité et
unir dans certaines circonstances leurs moyens pour réaliser des projets inter-

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
communautaires et bâtir un cadre global garantissant le bien-être des populations dans
les villes comme dans les campagnes.

Les villes ont une fonction de polarisation qui leur assure avec la zone rurale,
des opportunités de développement économique intéressantes.

L’essor des activités de service, la transformation et la valorisation des


produits agricoles sont pour elles sources de création de richesses et celles-ci ne
peuvent se mener de manière soutenue et durable sans un hinterland potentiellement
producteur.

Le développement des villes, dû à l’accueil des surplus de populations venant


généralement des zones rurales périphériques, est à considérer comme un phénomène
normal et encourageant, parce qu’étant signe de croissance.

Par ailleurs, au plan de l’éducation et de la santé, l’option d’une pyramide des


infrastructures, du village à la ville reste une alternative crédible face aux moyens
disponibles.

Sur la base de ces quelques considérations parmi d’autres non moins


importantes, une collaboration soutenue sera envisagée entre les différentes
collectivités pour résoudre dans la solidarité les contraintes de développement qui
surgissent par endroits.

Le Conseil Régional, structure de coordination du développement régional,


est bien placé pour promouvoir la compréhension, l’entente et la solidarité entre
Collectivités de base.

Son rôle fédérateur doit être mis à contribution par son implication dans le
règlement des conflits.

Lignes d’actions retenues :

1) Meilleure définition du découpage administratif des collectivités


locales par :
- la délimitation effective des territoires des collectivités locales ;
- la réalisation de cadastres ruraux.

2) Développement d’initiatives intercommunautaires par :


- la création de comités pour la promotion du développement
intercommunautaire;
- l’instauration de cadres de concertation et de dialogue entre élus
locaux ;
- la redynamisation des cellules de concertation.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
OBJECTIF 2 : FAIRE PARTICIPER LES POPULATIONS A LA GESTION DU DEVELOPPEMENT LOCAL

La région de Saint-Louis capitalise une grande expérience en matière de


développement local. En effet, on dénombre une multitude d’associations de jeunes, de
femmes, de producteurs, etc. à tous les échelons (village, quartier, commune,
communauté rurale ).

Leur dynamisme et leur participation au développement sont sans conteste


bénéfiques pour la région. Cependant, compte tenu de leur importance dans le contexte
de décentralisation, l’implication effective des populations reste encore en deçà des
attentes au double niveau de la participation financière et de la gestion du
développement.

En effet, la contribution des populations aux budgets des collectivités est très
faible ; certains opérateurs économiques usent même de tous les moyens pour éviter de
payer les taxes. Les réalisations des Collectivités sur fonds propres deviennent alors de
plus en plus rares.

Le Conseil municipal de Saint-Louis par exemple reçoit moins de 1% du


produit local brut et les Communautés rurales atteignent à peine 10% de leurs
prévisions budgétaires.

Les réticences constatées au niveau des collectivités locales dans le


recouvrement des impôts et taxes, ont pour source le manque de civisme fiscal des
populations. Ces dernières se retranchent derrière une mauvaise utilisation de leur
contribution et une gestion opaque des budgets pour justifier leurs attitudes.

Il convient d’insister sur le fait qu’une politique de décentralisation est promue


pour des populations promptes au civisme dans tous ses aspects et assumant sans faille
leur citoyenneté au profit de la communauté.

Il s’agit de transformer les populations en véritables ressources du


développement et d’instaurer un cadre favorable basé sur l’information et la
concertation pour l’avènement d’un partenariat fécond entre les élus et leurs mandants.

C’est alors un nouveau type d’homme avec des comportements positifs,


engagé et fier de sa cité qu’il convient de forger à travers les stratégies suivantes :

• Restaurer le civisme et la citoyenneté au niveau des populations ;


• Promouvoir la démocratie locale.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
E4O2S1 – RESTAURER LE CIVISME ET LA CITOYENNETE AU NIVEAU DES POPULATIONS

L’émergence de comportements répréhensibles rend compte du faible degré


du civisme et de la citoyenneté des populations. Le saccage des biens publics et le non
respect des valeurs et des institutions sont monnaie courante dans les diverses
occasions de revendications collectives, qu’elles soient organisées par les hommes ou
les femmes, les jeunes ou les adultes.

Les populations, exigeantes dans leurs droits, sont peu disposer à respecter
leurs devoirs. Le bas niveau de recouvrement des impôts et taxes, les comportements
peu désirés et l’insouciance vis-à-vis de la gestion des affaires locales édifient de
façon éloquente sur l’état du civisme et de la citoyenneté dans la région.

Le Service civique national, créé à cet effet, gagnerait d’efficacité s’il était
régionalisé.

Une région avec des populations solidaires, citées en exemple pour leur
comportement républicain et leur participation efficace à la construction du
développement, constitue un préalable pour réaliser les objectifs visés dans le cadre de
la décentralisation.

L’insouciance constatée vis-à-vis de la gestion des affaires locales devrait être


vite dépassée, laissant la place à une participation active aux consultations et aux
concertations au seul profit de l’intérêt général.

Des réflexes de disponibilité et de solidarité à s’investir dans des actions


d’utilité publique doivent être réunis surtout chez les jeunes.

Le civisme fiscal faisant des populations et des opérateurs économiques les


premiers bailleurs du développement local doit être une vertu bien partagée.

Lignes d’actions retenues :

1) Instauration d’un dialogue permanent au sein de chaque


collectivité par :

- la mise en place d’un comité de concertation élus / populations ;


- l'instauration d'échanges périodiques entre collectivités et
organisations communautaires de base ( ASC, GPF, etc.).

2) Mise en œuvre de politiques d’incitation aux comportements


citoyens par :

- la sensibilisation des populations à la citoyenneté ;


- le développement de l’éducation civique dans les programmes de
formation et d’alphabétisation ;

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- l’institution de mesures de distinction des citoyens et collectivités
modèles.

E4O2S2 – PROMOUVOIR LA DEMOCRATIE LOCALE

Selon les résultats des ateliers départementaux, la démocratie locale doit être
renforcée dans la région de Saint-Louis.

L’absence de communication entre élus et populations est à la base de conflits


perpétuels.

La démocratie locale repose sur l’information correcte des populations sur la


gestion de leur localité et une consultation régulière. Elle a comme supports une
société civile bien organisée et des corporations professionnelles représentatives,
servant d’interlocuteurs crédibles aux différents partenaires.

La législation sénégalaise a défini un cadre idéal d’épanouissement des


associations socio-professionnelles.

Les populations au niveau des quartiers ou des villages sont appelées à mettre
en place des organisations représentatives qui gèrent les concertations engagées avec
les partenaires, vulgarisent les informations et supervisent la prise en charge des
préoccupations locales.

Cependant, il importe de rappeler que la démocratie n’est pas la légalisation de


la contestation, c’est plutôt la vertu d’admettre et de participer au choix de la majorité.

Elle est ainsi un cadre codifié de réflexion et de concertation, avec au bout un


consensus ayant valeur de décision. Elle requiert la responsabilité individuelle du
citoyen par le choix de ses dirigeants. Grâce à cette unité dans la compréhension
qu’elle engendre, la démocratie locale n’a pas de prix.

Lignes d’actions retenues :

1) Gestion transparente des collectivités locales et associations de


développement par :
- l’utilisation rationnelle des ressources et la publication régulière de
bilans de gestion ;
- une large diffusion des décisions des Collectivités Locales ;
- le renouvellement régulier et démocratique des instances.

2) Adoption de démarches participatives dans les politiques,


programmes et actions par :

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
- une bonne représentativité socio-économique des populations dans
les instances de décision et associations;
- la responsabilisation des populations dans la conception et la mise en
œuvre des actions de développement.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
Annexe 2 : LISTE DE QUELQUES DOCUMENTS DE REFERENCE

TITRES STRUCTURES
1 Contrat de plan Etat/Région Nord-Pas de Calais 1994-1998 Conseil Régional Nord-Pas
de Calais
2 Enquête Démographique et de santé au Sénégal ( EDS III) 1997 Direction de la Prévision et
de Statistique
3 Etude des aspects institutionnels des problèmes de financement Minist.Equip. et des
et de planification des routes rurales Transp. Terrestres
4 Etude portant sur les capacités de pilotage du PLP/ Rapport final ECO AFRIQUE
juin 99
5 Etude sur le programme de développement dans la zone Nord System Science
de pêche en République du Sénégal/ nov. 97 Consultants INC.
6 Etude prospective « Sénégal 2015 » / juillet 89 Minist du Plan et de la
Coopération
7 Evaluation du processus de planification dans le contexte de la Groupement ISADE/
régionalisation / Rapport d’une étude dans les régions de Fatick, HYGEA
Kaolack, Louga et Saint-Louis
8 Grandes Orientations (1984/1988) / Région Nord pas-de Calais Conseil Régional Nord-Pas
de Calais
9 Grandes Orientations du 3ème Plan régional/ Nord pas-de Calais Conseil Régional Nord-Pas
de Calais
10 Méthodologie d’élaboration des Plans Régionaux de Direction de la Planification
Développement Intégré
11 Perspectives Triennales / D Direction Planification
12 Plan d’Orientation pour le Développement Economique et Social Direction Planification
1996/2001 ( IXème Plan )
13 Plan d'Action de la Femme 1997/2001 Minist. de la Femme, de
l’Enfant et de la Famille
Plan d’Action Foncier du Sénégal / oct. 96 Ministère de l’Agriculture
14 Plan de Développement Sanitaire de Matam 1991/1995 Minist. de la Santé et de
l’Action Sociale
15 Plan de Développement Sanitaire du District de Dagana Minist. de la Santé et de
1991/1995 l’Action Sociale
16 Plan de Développement Sanitaire du District de Dagana Minist. de la Santé et de
1991/1995 l’Action Sociale
17 Plan de Développement Sanitaire du District de Dagana Minist. de la Santé et de
1991/1995 l’Action Sociale
18 Plan de Développement Sanitaire/ Région de Saint-Louis Minist. de la Santé et de
1991/1995 l’Action Sociale
19 Plan Régional de Développement Intégré 1987 /Région de Saint- Service Régional de la
Louis Planification/ St-Louis
20 Plan Directeur de Développement Intégré pour la Rive Gauche Minist. du Plan et de la
de la Vallée du Fleuve Sénégal Coopération
21 Processus d’élaboration du Plan National d’action pour CONSERE
l’environnement
22 Programme de Développement Communal pour Saint-Louis Commune de Saint-Louis
1998/2008
23 Rapport au CRD Spécial sur la rentrée scolaire 98/99 Inspection d’Académie de
Saint-Louis
24 Rapport Annuel /1999 mars 2000 Ministère de l’Elevage
25 Rapports d'étape des groupes de travail / Plan 1984/1988 Région Conseil Régional Nord-Pas
Nord-Pas de Calais de Calais

_____________________________________________________________________ 82
PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
26 Résumé du Rapport provisoire relatif à l'étude sur le Minist.Equip. et des
développement des moyens de transport dans le domaine des Transp. Terrestres
transports ruraux
27 Textes de Lois de la décentralisation
28 Estimation des superficies cultivées en décrue dans le secteur du SAED / DPDR
Dioulol à Matam durant la contre saison froide 1998/1999 : étude
par télédétection
29 Sixième Lettre de mission : 1999-2000-2001 SAED
30 Présentation du Programme Ceinture Verte Minist. de l’Environ. et de la
Protection de la Nature
31 Diapper I , II et III (voir agriculture)
32 Budget Exercice 1999 Conseil Régional ST-Louis

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement
LISTE DU PERSONNEL TECHNIQUE D’ELABORATION DU PRDI

1. Comité Technique Permanent : Conception, réalisation, rédaction

- Mme Oumou Sy MBAYE, Chef de Service Régional de la Planification,


Coordonnatrice du PRDI
- M. Bouna WARR, Chef de Service Régional de la Statistique, Directeur
de l’Agence Régionale de Développement (ARD) de Saint-Louis
- M. Mamadou SENE, Géographe, Chef de la Division de la
Communication et de la Formation à l’ARD de Saint-Louis
- M. Djibril DIA, Adjoint au Chef du Service régional de la Planification de
Saint-Louis

2. Comité Technique Régional du Plan

- M. Mamadou SY, Chef du Service Régional de la Pêche


- M. Souleymane NGOM, Directeur du Centre culturel A. Kader FALL
- M. Arona LY, Chef du Service Régional de l’Aménagement du Territoire
- M. Abdoulaye Fofana DIA, Chef du Service Régional de l’Action Sociale
- M. Moustapha SOW, Adjoint au Chef du Service Régional de
l’Expansion Rurale
- M. Malao SOW, Coordinateur Régional de l’ASBEF
- M. Ousmane SOW, Sociologue, Chef de la division animation et mise
en œuvre du développement local à l’ARD de Saint-louis

3. Equipe de pilotage et d’appui

- M. Sidy Ben Moctar KANE, Président de la Commission des Finances,


du Plan et du Développement Economique du Conseil Régional
- M. Wagué SIBY, ex-Secrétaire Général du Conseil Régional
- M. Mouhamadou DIOP, Directeur Administratif et Financier du Conseil
Régional

Ont également contribué à l’élaboration du PRDI, tous les services


techniques régionaux, les ONG, la SAED, l’ISRA, l’Université Gaston Berger et les
Associations de la région.

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PRDI Région de Saint-Louis. Tome 2 : Perspectives et stratégies de développement

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