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Watchman Nee

La séparation de l’âme et de l’esprit


Traduit de l’allemand Titre original: Trennung von Seele und Geist © Verlag « Der

Strom »

© de l’édition française 1997

Editions « Le Fleuve de Vie » Chemin des Brandards 56 2006 Neuchâtel - Suisse Courriel :
lefleuvedevie@bluewin. Site : www.lefleuvedevie.ch

La séparation de l’âme et de l’esprit

« Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux
tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments
et les pensées du cœur » (Héb. 4:12)

La séparation de l'âme et de l'esprit est de la plus haute importance pour la croissance spirituelle
d'un chrétien; en effet, comment pourrait-il aspirer aux choses spirituelles et croître par elles s'il
n'était pas capable de distinguer l'âme de l'esprit?

Aussi longtemps qu'il ne sait pas différencier l'âme de l'esprit, il continuera à prendre inévitablement
le charnel pour le spirituel; il restera donc dans la sphère de son âme et ne sera pas capable
d'atteindre les choses spirituelles. La Parole de Dieu

nous décrit à plusieurs endroits les différents états, aussi bien de notre âme que de notre esprit: il
nous est parlé d'hommes qui sont attristés dans leur âme comme d'autres qui sont attristés dans leur
esprit; de personnes qui se réjouissent dans leur âme, et de personnes qui se réjouissent dans leur
esprit. Nombreux sont ceux qui concluent à partir de tels versets que l'âme et l'esprit sont sûrement
la même chose. Mais c'est comme si l'on disait: Tu peux manger et moi je le puis aussi; nous sommes
donc la même personne. C'est pourquoi relisons le passage d'Hébreux 4:12: « Car la parole de Dieu
est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante
jusqu'à partager âme et esprit. » Ce verset démontre clairement que l'esprit et l'âme peuvent être
séparés l'un de l'autre et qu'en conséquence, ils ne sont pas la même chose: l'âme est l'âme, et
l'esprit est l'esprit!

Le deuxième chapitre de la Genèse nous montre que Dieu créa l'homme de la poussière de la terre et
qu'il souffla dans ses narines un souffle de vie. Son âme naquit dès que ce souffle de vie entra en
contact avec son corps. Cette âme est la personnalité propre de l'homme, mais le « souffle de vie »,
lui, est l'esprit de l'homme. Il vient de Dieu. L'esprit possède une conscience qui lui vient de Dieu; il
reconnaît la voix de Dieu et peut directement entrer en communion avec lui. Mais lorsque Adam
tomba, son esprit mourut par rapport à Dieu et devint complètement inutilisable. Dès lors, l'esprit
d'Adam (et de tous ses descendants) fut soumis à l'autorité de l'âme à tel point que l'âme et l'esprit
se mélangèrent complètement. Toutefois, sitôt qu'un homme naît de nouveau, son esprit reprend vie
par rapport à Dieu mais reste encore, comme avant, mélangé à l'âme. C'est la raison pour laquelle
nous avons tellement besoin de la Parole de Dieu afin que justement, l'âme et l'esprit puissent à
nouveau être séparés l'un de l'autre en nous.

Deux sources possibles: l’âme ou l’esprit

Vus de l'extérieur, l'âme et l'esprit paraissent semblables; cependant ils appartiennent chacun à des
domaines totalement différents; leur source est bien distincte. Admettons par exemple que vous
soyez aujourd'hui tout joyeux - cette joie vient-elle de votre âme ou de votre esprit? Cette simple
illustration est importante: il ne s'agit pas de savoir si vous êtes joyeux, mais de savoir d'où vient
votre joie. Quand vous êtes triste, d'où vient cette tristesse? Vient-elle de votre âme ou de votre
esprit? Dieu ne s'inquiète que d'une chose: il regarde à la source. Considérons un exemple dans
l'Ecriture: Dieu avait promis un fils à Abraham à une époque où celui-ci était déjà très vieux et où il
n'avait pratiquement plus d'espoir d'avoir une postérité. Il attendit longtemps, mais la promesse de
Dieu ne s'accomplissait toujours pas; sa femme lui conseilla alors d'aller vers Agar: Ismaël en naquit.
Par contre, la promesse de Dieu ne devait s'accomplir que quatorze ans plus tard: Sara donna
naissance à Isaac. Finalement, quant à la signification des vies d'Ismaël et d'Isaac, les chapitres
correspondants de la Genèse (ch. 15, 16, 17 et 21) ne suffisent pas à nous la faire connaître. Ce n'est
que le quatrième chapitre de l'Epître aux Galates qui nous montre ce que ces vies comportent en
réalité. Ici, Paul dit que l'un des fils est né selon la chair, mais que l'autre est né selon la promesse.
Mais savons-nous ce que cette différence signifie? Nous pensons toujours qu'il suffit d'engendrer un
fils. Cependant Dieu nous demande comment nous avons eu ce fils. Le fait d'avoir eu un fils nous
satisfait; il nous importe peu de savoir s'il s'agit d'un Ismaël ou d'un Isaac. Mais Dieu n'est pas
satisfait, car sa Parole dépeint Ismaël comme celui qui est selon la chair, et Isaac, comme celui qui est
selon l'Esprit. Ismaël, c'est ce qu'un chrétien produit par sa propre intelligence et par sa propre force;
Isaac, en revanche, est ce que Dieu produit et ce qui est issu de lui.

Voyons ensuite ce que veulent dire les expressions: « selon la chair » et « selon l'esprit ». La première
décrit ce que vous faites par vous-même, et la seconde, au contraire, exprime ce que Dieu fait. C'est
foncièrement différent. Dans le premier cas, vous pouvez faire naturellement la chose en étant
complètement indépendant de Dieu, et sans vous attendre à lui. Cela montre que vous êtes
psychique parce que vous faites les choses à partir de votre âme, c’est-à-dire selon la chair. Mais il
existe une autre possibilité: celle où ie ne peux parler que lorsque Dieu parle, où ie ne peux faire
quelque chose que lorsque Dieu agit. Cela implique que je dois m'attendre à lui en toutes choses, que
je suis complètement dépendant de lui. C'est ce que signifie être spirituel c’est-à-dire être « selon
l'Esprit ». C'est pourquoi, dans tout ce que nous entreprenons, notre aspiration doit être de tout faire
par le Seigneur et non par nous- mêmes. Ce désir est déterminant. Souvent et c'est notre expérience
à tous - ce que nous avions fait était juste; toutefois, nous avions le sentiment que quelque chose
nous condamnait intérieurement. Pourquoi? Non parce que, d'une manière ou d'une autre, nous
n'aurions pas bien fait les choses, mais simplement parce que ce n'était pas Dieu qui avait agi. Il
s'agissait d'une autre source que le Saint- Esprit.

De l’homme ou de Dieu

Dans 1 Corinthiens 3, Paul parle de l'édification et appelle celle-ci « l'œuvre de chacun» (v.12).
Plusieurs, dit-il, bâtissent avec de l'or, de l'argent et des pierres précieuses; d'autres, par contre, avec
du bois, du foin et du chaume. Maintenant, quelle est la différence entre une oeuvre faite en or, en
argent et en pierres précieuses, et une oeuvre faite avec du bois, du foin et du chaume? Dans la
Parole de Dieu, l'or, l'argent et les pierres précieuses représentent tout ce qui vient de Dieu. L'or
symbolise la gloire de Dieu, la gloire du Père; l'argent représente l'œuvre de rédemption du Fils, et
enfin, les pierres précieuses, qui ont
été produites dans la terre à la suite d'une transformation sous l'action de la pression et de la
chaleur, marquent l'œuvre de transformation et d'édification du Saint- Esprit. L'œuvre faite avec de
l'or, de l'argent et des pierres précieuses, n'est produite que par la gloire étemelle de Dieu, à travers
la croix du Fils et à travers l'œuvre transformatrice et édificatrice du Saint- Esprit. Mais que signifient
donc le bois, le foin et le chaume? Chacun de ces éléments décrit ce qui vient de l'homme lui- même.
La gloire de l'homme est comme l'herbe, sa nature ressemble au bois et ce qu'il produit est comme
de la paille. L'or, l'argent et les pierres précieuses sont une image de ce qui vient de Dieu. En
revanche, le bois, le foin et le chaume sont une image de ce qui vient de l'homme. L'or, l'argent et les
pierres précieuses ne se trouvent pas à la surface de la terre, mais enfouis profondément en elle;
c'est pourquoi, il faut beaucoup creuser pour atteindre ces matériaux. Le bois, le foin et le chaume
poussent par contre à la surface de la terre, et ils sont faciles à atteindre. Ce qui est né et a crû des
profondeurs porte la marque de l'action divine. Mais tout ce qui est fait «selon la chair» vient de
l'homme lui-même et est sans valeur. Tout ce qui est fait si facilement, a rarement une valeur
spirituelle, parce que la plupart du temps, c'est quelque chose de superficiel. Ce n'est que ce qui
provient de la profondeur qui possède une valeur spirituelle. Que nous prêchions, que nous
évangélisions, ou quel que soit le service que nous fassions, nous devons bien prendre garde à cette
distinction. Avant de pouvoir annoncer l'Evangile, certains sont obligés de s'attendre à Dieu,
regardant à lui pleins de confiance. Et ceci, jusqu'à ce qu'ils reçoivent de lui un fardeau, comme des
femmes qui deviennent enceintes; ce qu'ils portent alors est une oeuvre faite d'or, d'argent et de
pierres précieuses. D'autres personnes, par contre, prêchent l'Evangile parce qu'elles sont
intelligentes, qu'elles ont de la facilité à parler et qu'elles possèdent une excellente mémoire. C'est ce
qui fait qu'elles prêchent avec tant de facilité et qu'elles soient si actives. Mais devant Dieu, tout cela
n'est que du bois, du foin et du chaume, sans aucune valeur spirituelle.

J'ai connu un frère dont la prédication, jugée de l'extérieur, faisait bonne impression et qui aurait dû
lui-même être totalement satisfait. Mais voilà qu'étrangement, plus ce frère prêchait, plus il se
sentait vide. Apparemment, il avait l'air de transmettre la Parole avec beaucoup de puissance, mais
intérieurement, il devenait toujours plus affamé, plus sec et plus vide.

Après la prédication, il se voyait obligé de confesser au Seigneur son péché d'avoir fait tout cela par
lui-même. C'est pourquoi il n'est pas question de savoir quelle est l'apparence extérieure d'une
oeuvre, mais plutôt de savoir qui l'a faite. Cette différence intérieure ne réside pas dans les paroles
d'une prédication, ni dans les fruits extérieurs qu'elle porte, mais bien plus dans sa source. C'est ce
qui fait que lorsque deux personnes prêchent la même chose, même en utilisant les mêmes mots, les
auditeurs ont le sentiment en entendant l'un, d'avoir uniquement quelqu'un d'intelligent devant eux,
alors qu'en entendant l'autre, ils ont le sentiment d'avoir en face d'eux quelqu'un qui connaît Dieu.
Devant certaines personnes que nous rencontrons, nous devons reconnaître avec respect que « Dieu
est là ».

Devant d'autres gens cependant, nous ne pouvons que dire qu'ils sont intelligents et de bons
orateurs. Ce n'est que lorsque vous avez vous-même été en contact avec Dieu que vous êtes en
mesure de mettre d'autres personnes en contact avec lui. Mais si vous n’avez fait que toucher votre
âme, vous ne pourrez amener les gens qu'à toucher la leur. C'est une distinction d'importance
capitale.

Fabriqué par soi-même ou produit par Dieu

Ce que nous avons vu n'est pas seulement valable dans notre service pour le Seigneur, mais aussi et
tout autant dans notre vie quotidienne. Une fois, un frère qui devait avoir un entretien avec un
serviteur de Dieu, avait une grande appréhension que celui-ci ne le critique. Tout au long de
l'entretien, il se donna donc beaucoup de peine pour faire preuve d'humilité. Ses paroles, son
attitude - tout en lui était humble. Mais pendant qu'il s'efforçait de cette manière, son interlocuteur
qui était assis à côté de lui ne pouvait ressentir que de la pitié à son égard. Quand quelqu'un est
véritablement humble, il n'a pas besoin de se donner une telle peine. Ce frère avait simulé son
humilité et c'est pourquoi cet exercice avait été astreignant. Tout en lui produisait véritablement un
effet d'humilité remarquable, et une certaine humilité était en effet exprimée; toutefois, ce n'était
qu'une humilité artificielle, quelque chose de psychique. Quelle différence quand, au contraire, Dieu
produit l'humilité dans un homme! Une telle personne est simplement humble, et ceci
véritablement, sans qu'elle en soit elle-même consciente. Tous ceux qui s'approchent alors d'elle
peuvent reconnaître l’œuvre de Dieu en elle. Celui qui se poudre doit constamment se regarder dans
un miroir pour s'assurer de son maquillage. Mais, sans en être du tout conscient, Moïse avait un
visage qui rayonnait. Ce que Dieu oeuvre dans une personne a comme résultat que cette personne
est simplement elle-même - et c'est spirituel. Par contre, ce que quelqu'un fabrique en lui-même est
psychique. Etant donné l'effort qu'il faut fournir, il n'est pas étonnant alors qu'une telle personne
trouve la vie chrétienne très astreignante. Elle n'a pas vu qu'un chrétien n'a absolument pas besoin
de faire de tels efforts. Nous croyons toujours qu'en tout et pour tout, avec un comportement
correct, nous en avons déjà assez fait envers Dieu. Et pourtant,

Dieu s'enquiert uniquement de l'origine intérieure de notre comportement, de sa source: est-il


produit par Dieu ou l'avons- nous fabriqué nous-mêmes à l'aide de l'énergie de notre chair? Il y a tant
de personnes - et nous devons presque avoir pitié d'elles - qui s'efforcent par exemple d'être
patientes. D'autres, pendant ce temps, sont simplement patientes, sans en être conscientes,
d'ailleurs. Et ceci, nous devons le reconnaître avec respect, vient de ce que Dieu a fait en elles une
oeuvre correspondante. Dans le premier cas, la source est l'homme lui-même, tandis que dans
l'autre, c'est Dieu. C'est en cela uniquement - et non

pas dans l'apparence extérieure - que réside toute la différence.

La disposition naturelle n’est pas synonyme de l’esprit

Nous devons voir aussi que si des choses telles que la patience ne vous demandent aucun effort, cela
ne veut de loin pas dire qu'elles proviennent de votre esprit. Bien plutôt vous sont-elles faciles parce
qu'elles correspondent à votre être naturel. Beaucoup de personnes sont douces de nature.
Cependant, un jour, elles devront reconnaître subitement que leur propre douceur n'a rien à voir
avec celle que le Seigneur voudrait oeuvrer en elles. D'autres, qui possèdent un amour humain
naturel, découvriront un jour ou l'autre que l'amour qu'elles ont toujours eu est complètement
différent de l'amour du Seigneur. D'autres sont des gens empreints d'humilité, mais ils découvriront
un jour que l'humilité que le Seigneur veut oeuvrer en eux est totalement différente de la leur.
Maintenant, il va de soi qu'une disposition innée peut devenir bien plus facilement le substitut de la
réalité spirituelle correspondante plutôt que quelque chose de fabriqué ou d'imité. En fait, nous
confondons très souvent ce que Dieu devrait encore pouvoir oeuvrer en nous avec nos bonnes
dispositions naturelles. C'est pourquoi nous devons constamment nous rappeler que rien de ce qui
vient de nous-mêmes - c’est-à-dire de notre âme - n’est divin. Ce n'est que ce qui vient de notre
esprit qui a été produit par Dieu. Même l'homme le plus doux de nature expérimentera un jour
comment la tentation de se mettre en colère vient simplement balayer sa douceur naturelle. Chacun
atteindra un jour les limites de sa propre douceur. Pareillement, chacun arrivera tôt ou tard à la fin
de sa patience. Ainsi en est-il, par principe, de toutes nos bonnes dispositions. La force humaine est
limitée, mais la force qui nous est donnée par Dieu est différente; elle est radicalement différente de
notre propre force. Il ne m'est pas donné d'accomplir moi- même ce que le Seigneur peut faire, et
même si j'ai été capable de faire une chose, par exemple de rester patient dans une certaine
situation, ce n'était pas moi qui étais patient, mais bien plutôt le Seigneur qui agissait en moi. Après
coup, j'ai pu m'étonner de la manière dont les choses se sont passées et me demander qui, au fond,
a été patient. En définitive, je n'ai pu que louer et remercier le Seigneur et lui confesser ceci: «
Seigneur, je n'ai moi-même absolument aucune patience, mais je te loue et je te remercie de ce que
tu es ma patience! Tu es celui qui est patient en moi! » C'est seulement ce que le Seigneur œuvre, ce
n'est que ce qui vient de notre esprit, qui est spirituel.

Discerner l’âme de l’esprit

Comment pouvons-nous alors reconnaître ce qui est psychique de ce qui est spirituel? Nous devons
être au clair qu'il ne nous est dans tous les cas pas si facile de juger d'après l'apparence extérieure,
même en ce qui nous concerne. De plus, le résultat ne s'améliore pas si je m'applique à me
demander constamment si ce que je fais à l'instant vient de l'âme ou de l'esprit. Une telle
introspection et un autocontrôlé permanents sont sans aucune va¬leur spirituelle, même si j'en
arrive à faire une douloureuse auto-analyse. Cela ne sert absolument à rien. Au contraire! Cela
paralyse même notre vie spirituelle et cela nous rend vraiment malades. Nous devons voir que les
choses de l'Esprit ne s'ouvriront jamais à nous par de telles remises en question, recherches et
analyses. De plus, nous ne pourrons jamais vraiment voir ces choses par de telles méthodes. Le vrai
discernement spirituel vient bien plutôt de l'éclairage divin. C'est quand la lumière de Dieu vient sur
nous que nous voyons spontanément. C'est pourquoi nous devons cesser de nous laisser tourmenter
en nous demandant si nos actions présentes sont charnelles ou spirituelles; prions simplement pour
que sa Parole pénètre vraiment en nous et qu'elle nous éclaire. Cette Parole est vivante et efficace,
plus tranchante qu'une épée quelconque à double tranchant, pénétrante jusqu'à partager âme et
esprit, jointures et moelles. Dès que cette Parole vous

atteint véritablement en profondeur, vous verrez ce qui est de l'Esprit et ce qui est de l'âme. Et
même plus! Ce sera comme si c'était une personne qui, en vous, jugeait, discernait, et dont le
jugement a plus de poids que tous les jugements des hommes. Par exemple, vous êtes en train de
commencer quelque chose lorsqu'une voix intérieure vous dit: « Cela n'est pas juste »; et dans une
autre occasion, cette voix vous dit: « Ce n'est pas assez profond »; ou encore, alors que vous êtes au
beau milieu d'une conversation, quelque chose en vous vous rappelle: « Ne dis pas cela », etc. Cette
force de discernement travaille de l'intérieur et n’est absolument pas influencée par l'extérieur. C'est
quand vous voyez de l'intérieur que vous voyez véritablement. Admettons, par exemple, que
quelqu'un vous fasse penser que si vous faisiez telle ou telle chose, cela viendrait peut-être de vous-
même. Après quoi, ayant réfléchi, vous en viendriez vous-même à la conclusion
que cela se

pourrait bien. Eh bien, ce n'est pas encore déterminant. La seule


chose qui soit

déterminante et qui signifie quelque chose, c'est votre discernement intérieur. Que le Seigneur nous
accorde sa grâce pour que nous recevions cette lumière intérieure afin que nous puissions voir et
discerner intérieurement les choses. La condition de base pour qu'un chrétien devienne capable de
discerner, c'est qu'âme et esprit soient séparés. On ne parvient pas à cette séparation, ni à aucune
aptitude à discerner, par la connaissance de la Parole, mais uniquement par un éclairage intérieur.
Notre prière, c'est que la Parole de Dieu pénètre tellement en nous qu'elle brille en nous et nous
montre clairement ce qui, dans nos œuvres et dans notre vie, vient de notre âme et ce qui vient de
lui.