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Brève introduction à l’Ennéagramme

Qu’est-ce que l’Ennéagramme ?


L’Ennéagramme est avant tout un diagramme. Le mot ENNÉAGRAMME vient du grec : Ennea signifiant 9 et gramma signifiant dessin, ou figure.
D’où Ennéagramme : une figure à neuf points.

Son origine est incertaine, certains la faisant remonter à Pythagore, d’autres disant qu’il aurait été inventé de toute pièce au début du XXème
siècle.

Le cercle, symbole d’unité, est utilisé pour représenter le monde dans son ensemble, en d’autres termes, la réalité. Les 9 points servent à illustrer
graphiquement l’idée qu’il existe différentes manières possibles de voir le monde et d’interagir avec lui. Ainsi, chaque point symbolise une
disposition innée à développer une vision du monde particulière, ainsi qu’une stratégie d’adaptation qui découle de cette vision du monde,
qui se développe très tôt dans l’enfance et qui va influencer nos pensées, nos émotions et nos comportements.

Ce Diagramme sert donc de support à un système d’étude de la personnalité qui décrit les automatismes que les êtres humains mettent
en place dès la prime enfance pour appréhender le monde, se relier aux autres et trouver leur place.

L’Ennéagramme décrit 9 stratégies d’adaptation au monde

Dès notre petite enfance, en raison de notre perception subjective, nous avons développé une vision du monde qui s’articule autour
de croyances inconscientes à propos du fonctionnement du monde :

 1. Les « mauvais comportements » sont sévèrement sanctionnés. Commettre une erreur est inacceptable.
 2. Pour recevoir de l’amour, il faut donner d’abord. Pour être aimé, il faut se rendre indispensable aux autres et tout leur donner.
 3. Le monde récompense les meilleurs ; ceux qui obtiennent des résultats. Ce qui compte dans la vie c’est ce que l’on réalise. Je suis
ce que je fais.
 4. Le monde manque de beauté et de magie. Personne n’arrive à être authentique. Il faut définir et incarner pleinement qui l’on est.
 5. Le monde exige trop de moi. Les gens sont une source d’envahissement. Il me faut préserver mes ressources.
 6. Le monde est dangereux et menaçant. On ne peut pas faire confiance dans la vie. Il faut rechercher la sécurité, la fiabilité, quitte à
remettre en cause l’ordre établi.
 7. Le monde est pénurie, il est limitant et frustrant. Il faut s’échapper des contraintes pour ne pas souffrir et toujours se garder une
source de plaisir accessible.
 8. C’est un monde dur et injuste dans lequel les forts profitent des innocents et s’imposent aux autres. Il faut faire partie des « forts ».
 9. Ce que je suis dérange. Il faut se fondre dans la masse. Il ne faut rien bouger sous peine de soulever des problèmes
supplémentaires.

En découle pour chacun, un besoin de se sentir d’une certaine façon,


un désir de se sentir à sa place dans le monde, qui va devenir une sorte de « quête » de vie :

 1. Besoin de me sentir « parfait » et « intègre »


 2. Besoin de me sentir « connecté » et « proche » des autres
 3. Besoin de me sentir « exceptionnel » et dans la réussite
 4. Besoin de me sentir « unique » et « authentique »
 5. Besoin de me sentir « détaché » et « autonome »
 6. Besoin de me sentir « en sécurité » et « entouré »
 7. Besoin de me sentir « stimulé » et dans le plaisir
 8. Besoin de me sentir « fort » et « résistant »
 9. Besoin de me sentir « tranquille » et « en paix »

Quand on parle de Base Ennéagramme, on donc parle de stratégie « d’adaptation » au monde, car les besoins dont il est question ci-dessus,
influent sur la façon dont nous commençons à penser le monde.

Petit à petit, nous commençons à distordre le réel et nos représentations à propos de lui pour garantir que nous sommes en adéquation avec
notre besoin fondamental : nous créons alors notre propre « réalité » sur les choses. En conséquence, nous commençons à agir d’une certaine
façon également.
Dans la poursuite inconsciente de cette « quête » qui est la nôtre, nous allons éviter à tout prix certaines situations (on nommera cela une «
compulsion »):

Bas
Peur de Base Besoin de Base Evitement
e

Peur d’être Etre aligné avec « le Eviter à tout prix de faire une
mauvais, Bon », le « Sacré, » erreur, perdre mon self-
1
corrompu, pour être vertueux, être control, de céder à mes
immoral Intègre pulsions et à mes émotions

Ressentir de l’amour, ne
Eviter à tout prix de
Peur d’être faire qu’un avec
2 reconnaître mes besoins et
indigne d’amour l’amour, être une source
mes frustrations
d’amour pour le monde

3 Peur d’être sans Se sentir utile et Eviter à tout prix les échecs
Bas
Peur de Base Besoin de Base Evitement
e

valeur intéressant

Peur de ne pas Trouver son vrai « soi- Eviter à tout prix le manque
4 exister (d’être même » et oser d’intensité, et le « banal » de
sans identité) l’incarner la vie

Eviter à tout prix d’être sans


S’isoler et être
Peur d’être sans connaissances, éviter à tout
5 autonome en essayant
ressources prix l’envahissement par le
de comprendre la réalité
monde extérieur

Peur d’être banni, Eviter à tout prix de se


Trouver un espace de
sans soutien, montrer déviant des normes,
6 certitude et de sécurité,
d’être incapable de décider sans références
une orientation fiable
de survivre seul fiables

Peur de manquer, Etre durablement


Eviter à tout prix les
7 d’être limité et joyeux et libre comme
limitations et les frustrations
frustré l’air

Eviter à tout prix de montrer


Peur d’être
Etre et se sentir fort, sa faiblesse, sa vulnérabilité,
8 contrôlé et
vivant et résistant notamment ses besoins
dominé par autrui
émotionnels

Eviter à tout prix d’avoir à


Vivre le calme et la
Peur d’être perdu s’affirmer (faire des choix,
9 stabilité interne («paix
et séparé donner son opinion), éviter
et tranquillité»)
les conflits
9 « moyens de transport » métaphoriques

Si l’on se souvient que notre Base Ennéagramme est avant-tout une stratégie d’adaptation au monde, on peut métaphoriquement la
représenter comme un « moyen de transport » privilégié que nous utilisons pour « avancer » dans la vie.
L’Ennéagramme présente donc 9 styles de personnalité, 9 automatismes, ayant leurs atouts et leurs limites.

Chaque style comporte son propre filtre d’attention et ses croyances, relatifs à ce que nous pensons être nécessaire à notre survie et notre
satisfaction personnelle.

Il décrit 9 visions du monde, 9 cartes de la réalité, que chacun d’entre nous possède, tout en choisissant inconsciemment d’en
privilégier une seule. Ces cartes filtrant la réalité, nous les utilisons comme des fenêtres à partir desquelles nous observons et nous
interagissons avec le monde.

Chacun des neuf profils identifiés (aussi appelés « bases », « types », « mécanismes »…) a ses dons, ses qualités, ses limitations, ses façons de
penser et d’agir. Chaque profil privilégie certaines informations et en laisse d’autres de côté, le tout d’une manière inconsciente, en se
limitant à une seule version de la réalité, comme si nous étions bornés par des œillères.

A quoi sert l’Ennéagramme ?

Notre Base dominante structure notre personnalité et est donc fort utile à notre développement. En revanche, cette personnalité – ou égo – peut
également, à un certain stade, par trop d’automatismes répétés, trop de conditionnements, trop de filtres de perception, devenir une entrave à
notre développement personnel.

Les Questions Clés sont donc :


« Qu’est ce qui est excessif dans mon fonctionnement » et donc… « En quoi suis-je limité » ?

L’Ennéagramme nous propose de partir à la découverte de notre potentiel inexploité, et nous aide à comprendre pourquoi notre attention se dirige
automatiquement dans une certaine direction et pourquoi nous sommes plus réactifs ou plus attentifs à certains événements ou informations qu’à
d’autres.

Ce qui est intéressant dans ce système, c’est qu’il nous renseigne non pas sur ce que nous faisons mais sur le « POURQUOI » nous le
faisons. L’idée sous-jacente étant qu’en prenant conscience des motivations qui nous animent, nous nous ouvrons à plus de choix, donc à plus
de liberté.
L’étude de l’ennéagramme nous offre donc une sorte de carte routière des mécanismes inconscients qui sont à l’oeuvre chez un
individu donné. En offrant de nombreux repères, c’est un outil de compréhension de soi-même et des autres qui permet de mieux connaître les
habitudes et les excès qui nous enferment et nous limitent afin de pouvoir en toute conscience, s’en dégager progressivement pour acquérir plus
de liberté personnelle et évoluer vers un mieux-être.

Dans le rapport aux autres, c’est un allié précieux qui permet d’aider à vraiment comprendre autrui et sa façon de fonctionner. Véritable outil
pratique pour développer l’acceptation de l’autre dans sa différence, connaître suffisamment les profils de personnalité proposés par
l’ennéagramme donne des clés pour que les relations soient plus saines, plus profondes, plus vraies et moins conflictuelles.

Lorsqu’on utilise ce symbole pour l’étude psychologique d’une personne, on s’intéressera donc à connaître quel est le profil dominant de cette
personne : quelle est sa « Base Ennéagramme ».

Une fois que cette base a été trouvée, on obtiendra alors non pas les comportements de cette personne mais une description de ce
pourquoi elle fait les choses, un éclairage sur ses motivations profondes qui guident ses choix, ses pensées, ses actions…

Chacune des neufs Bases a été numérotée (de 1 à 9 donc). Tout simplement parce qu’un libellé serait trop réducteur à une seule facette de la
personnalité (ex, pour la base 4 parfois appelée : Le Romantique, L’Artiste, Le Mélancolique, Le Dramatique, L’individualiste… etc).

Nous avons vu que l’Ennéagramme peut être considéré comme une carte des cartes du monde.
Il met donc en lumière ces limites inconscientes qui vont générer des peurs irrationnelles enfouies et une « compulsion » , une volonté farouche
d’éviter à tout prix ce dont on a peur. Cette compulsion va structurer toute la personnalité, tout le rapport aux autres : la manière de se comporter,
la manière de communiquer, les attentes, les sources de motivation…

L’utilisation principale de l’Ennéagramme se situe donc autour des axes suivants :

 Prendre conscience que j’ai tendance à m’identifier à (me confondre avec) mon véhicule ;
 Comprendre et accepter qu’il existe d’autres véhicules plus adaptés dans certaines situations ;
 Comprendre pourquoi autrui est en train de se conduire de cette façon, étant donné son véhicule ;
 Distinguer autrui du véhicule qu’il est en train de conduire

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