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THESE PROFESSIONNELLE

MASTERE SPECIALISE EN FINANCE


PROMOTION 2012/2013

STRATEGIES DE COUVERTURE
DU RISQUE DE CHANGE

CAS « société AUTOHALL SA »

www.memoiregratuit.com

Préparée par : Mme IDELCADI SAFIA

Encadrée par : Mr INASS FARISSI


DEDICACES

Je dédie ce travail à mes parents bien aimés

A mon mari

A mon petit fils

A toute ma famille

Et à tous ceux qui, de près ou de loin,

ont participé à l'élaboration de ce travail

2
REMERCIEMENTS

Je témoigne tous mes remerciements, ma reconnaissance et ma gratitude aux chères


personnes qui ont contribué de près ou de loin, de par leur courtoisie et soutien et qui ont
accepté de m'orienter et de m'apporter leur assistance et leur aide inestimable durant la
période de préparation de cette thèse. Je cite entre autres Mr KAITOUNI DRISS, responsable
du Mastère spécialisé en finance, et Mr INASS FARISSI, pour son encadrement, ses conseils
et orientations qui m’ont permis d’enrichir davantage le contenu de cette thèse.

Toute ma gratitude et mes sincères remerciements au Directeur Général d’AUTOHALL,


au Directeur Administratif et Financier et au Directeur des Ressources Humaines qui ont
toujours encouragé la formation du personnel.

A cette occasion je tiens ensuite à exprimer toute ma gratitude à l’ISCAE ; corps


professoral, et administration et à mes chers collègues étudiants qui par leur sympathie et
simplicité vont rester toute ma vie gravé dans mon cœur.

3
SOMMAIRE

Dédicaces……………………………………………………………………………….2

Remerciements…………………………………………………………………………3

Sommaire………………………………………………………………………………..5

Introduction……………………………………………………………………………..7

Problématique et méthodologie………………………………………………………..8

Partie I : Le risque de change enjeu pour les importateurs comme le groupe


AUTOHALL

Chapitre1 :L’environnement du marché des changes

1- Les intervenants du marché des changes………………………………………..9


2- Les principales devises échangées sur le marché des changes………………...12
3- Les principales opérations sur le marché des changes…………………………13
4- Les compartiments du marché des changes……………………………………14
5- Traitement des changes de devises au Maroc………………………………….16
6- Les approches traditionnelles et modernes de prévisions du taux de change….20

Chapitre 2 : Exposition du groupe AUTOHALL au risque de change

1- Présentation du groupe AUTOHALL……………………………………………27


2- Identification du risque de change du groupe AUTOHALL…………………….33
2.1 Opérations traitées par le groupe en devises………………………………...33
2.2 Illustration de l’exposition du groupe au risque de change…………………34
3- Evaluation du risque de change du groupe AUTOHALL……………………….35
3.1 Evaluation d’une position de change………………………………………..35
3.2 Illustration de la position de change d’AUTOHALL………………………..37
4- La gestion actuelle du risque de change du groupe AUTOHALL………………39

Partie II : Proposition d’une nouvelle stratégie pour une gestion efficace du Risque de
Change du groupe AUTOHALL :

Chapitre 1 : Les instruments de gestion du risque de change à mettre en place

1- Les techniques internes :


1.1 Choix de la monnaie de facturation…………………………………………..42
1.2 Le termaillage…………………………………………………………………43
1.3 Les clauses d'indexation………………………………………………………44

4
2- Les techniques externes :
2.1 Couvertures à terme……………………………………………………………45
a) Principe
b) Mécanismes de fonctionnement
c) Apports et limites
2.2 SWAP de devises………………………………………………………………47
a) Principe
b) Mécanismes de fonctionnement
c) les apports et limites
2.3 Options de devises…………………………………………………………….49
a) Principe :
b) Les mécanismes de fonctionnement
c) Les stratégies de bases des options de change
d) Les apports et limites

Chapitre 2 : Proposition d’une réorganisation interne de la gestion du risque de change

1- Choix et simulations des stratégies de couverture du risque de change……………54


1.1 Les différentes actions de couverture du risque de change……………………54
1.2 Choix des instruments de couverture du risque de change……………………55
1.3 Simulation des stratégies de couverture du risque de change d’AUTOHALL..57

2- Réorganisation de la gestion du risque de change…………………………………60


2.1 Choix d’une politique de gestion du risque de change………………………….60
2.2 Un système d’information et collecte de données……………………………....60
2.3 Mise en place d'une unité de gestion du risque de change………………………61

Conclusion…………………………………………………………………………………63
Bibliographie………………………………………………………………………………64

5
INTRODUCTION

Le risque est inhérent à l’activité économique, toute entreprise y est confrontée dés lors
qu’elle réalise des opérations commerciales ou industrielles. Le développement des marchés
financiers et l’internationalisation des activités des entreprises ont donné naissance à un
nouveau type de risque qui s’est ajouté aux risques traditionnels, de nature industrielle ou
commerciale. Ce nouveau risque, dit financier, résulte des mouvements imprévisibles des taux
de change, des taux d’intérêt et des prix des matières premières.

Ces trois types de risque ont des conséquences qui peuvent être dommageables au niveau des
résultats financiers, de la valeur du patrimoine et même de la pérennité de l’entreprise.
Aucune firme, grande ou petite, ne peut se prévaloir d’être `à l’abri des fluctuations des taux
de marché qui se répercutent sur sa performance. Il importe alors de les prendre en
considération et de les gérer au mieux. Il n'est pas question ici de tous les analyser, nous nous
concentrerons sur l'un des risques les plus importants ; à savoir le risque de change qui est l'un
des risque considérés depuis très longtemps comme source d'inquiétude pour les entreprises
dans leurs relations internationales.

Au cours des dernières années, avec l'abandon du système des parités fixes, les cours de
change ont connu des fluctuations erratiques sans précédent, ce qui n’a pas été sans incidences
commerciales et financières pour les entreprises fortement intégrées au commerce
international.

Les entreprises sont confrontées au risque de change car elles effectuent des opérations
d'exportations et d'importations facturées dans une devise différente de celle utilisée pour
l'établissement de leurs bilans et de leurs comptes de résultats. Dans la mesure où le cours de
change varie, ces fluctuations peuvent être à l'origine de gains mais aussi de pertes très
importants. Le risque de change est donc passé au premier plan des préoccupations des
entreprises ayant :

- Une grande pratique des exportations et importations avec l'étranger.


- Une forte activité financière en devises,
- Une forte implantation commerciale à l'étranger : filiales succursales, groupe
multinational.

Pour un importateur il existe un risque de change lorsque le cours de la devise dans laquelle
est libellée sa dette s'accroît, c'est à dire s'apprécie entre la date de signature du contrat
commercial et la date du paiement, dans le cas d’un exportateur, il existe un risque de change
lorsque le cours de la devise dans laquelle est libellée la créance baisse entre la date de
signature du contrat commercial et la date de paiement.

Dans les hypothèses que nous venons d'évoquer, la variation du cours de change était
défavorable à l'importateur et à l'exportateur, tel n'est pas toujours le cas, l'évolution inverse
se rencontre : le cours de la devise dans laquelle est libellée la créance peut s'apprécier ou le
cours de la devise dans laquelle est libellée la dette peut baisser, dans ces conditions, la
variation du cours de change entraîne un profit.

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La confrontation au risque de change n'est pas seulement réservée aux seuls exportateurs et
importateurs ; les prêteurs et les emprunteurs qui opèrent sur les marchés financiers
internationaux et étrangers sont eux aussi exposés au risque de change.

Dans le contexte d'une économie internationale caractérisée par le flottement des devises et
des fluctuations de grandes ampleurs des cours des monnaies, la gestion du risque de change
est une nécessité.

7
Problématique et méthodologie

La mondialisation de l'économie, la globalisation financière, la déréglementation ont


fait en sorte que la majorité des entreprises lorsqu'elles effectuent des opérations
commerciales ou financières en devises se trouvent face au risque de change, un risque majeur
qui occupe une bonne partie de leurs préoccupations et qui doit faire l'objet d'une gestion
particulière, surtout qu’une variation des taux de change d'une monnaie par rapport à une
monnaie étrangère peut affecter la compétitivité des produits et donc la rentabilités de
l’entreprise.

Ainsi, pour comprendre comment l'entreprise s'expose au risque de change, il est


important de se poser quelques interrogations à savoir :

 Quels sont les facteurs qui entraînent le risque de change ?

 A partir de quel moment doit-on tenir compte du risque de change ?

 comment mesurer le risque de change ?

 Quelles est la stratégie à suivre devant un risque de change?

Afin de répondre à ces questions, nous avons adopté une méthodologie descriptive et
analytique qui s'articulera autour des points suivants ; dans un premier lieu, nous verrons
l'enjeu que représente la gestion du risque de change pour les entreprises marocaines comme
le groupe AUTOHALL via l’analyse du FOREX, l’étude du traitement des changes au Maroc,
pour ensuite évaluer le risque de change du groupe AUTOHALL. Dans une deuxième partie
nous allons proposer une nouvelle stratégie de gestion du risque de change, en présentant les
instruments capables de limiter le risque de change pour le groupe AUTOHALL, que nous
avons testé sur des opérations d’importations réelles du groupe, ensuite nous allons présenter
notre proposition en terme de réorganisation interne pour mettre en place une unité de gestion
du risque de change.

8
Partie I : Le risque de change enjeu pour les importateurs comme le
groupe AUTOHALL

Les entreprises sont confrontées au risque de change lorsqu'elles effectuent des opérations
commerciales ou financières en devises, ce risque est lié à la volatilité des devises sur le
marché des changes.

Un aperçu de l'environnement du marché des changes, et plus particulièrement de ses


différentes composantes et des régimes qui coordonnent les fluctuations des monnaies entre
elles, permet de mieux appréhender le sujet.

Chapitre1 :L’environnement du marché des changes :

Avant toute présentation de l'exposition du risque change il parait utile de détailler un certain
nombre de points nous permettons de cerner notre environnement de travail pour bien mesurer
et évaluer le risque de change.

1- Les intervenants du marché des changes :

Le marché des changes est la première manifestation concrète de la réalité internationale.


Toute entreprise qui exporte ou importe, tout particulier qui se rend à l'étranger, tout prêteur
ou emprunteur en devises est immédiatement confronté à un problème de change.

Le marché des changes encore appelé FOREX (Foreign Exchange) est le marché le plus
grand du monde, à la différence des marchés boursiers, qui ont une localisation géographique
précise, il n'existe qu'un seul marché des changes, les transactions sur les devises se font de
gré à gré, aussi bien à Paris qu'à Londres, New York ou Tokyo.

Compte tenu du décalage horaire entre les différentes places financières, le marché des
changes fonctionne en continu, 24h/24 du dimanche soir au vendredi soir. Ainsi, à n'importe
qu'elle heure, il est toujours possible pour un opérateur d'acheter de l'euro, du dollar ou
n'importe quelle autre devise.

Parmi les intervenants ;

1- Les banques secondaires


2- Les banques centrales
3- Les investisseurs
4- Les courtiers
5- Les places financières

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1.1 Les banques secondaires :

Les banques et leurs filiales prennent en charge les opérations pour leur propre compte et
celui de leurs clients. Pour faciliter leurs opérations, les banques ont des dépôts auprès
d'institutions financières étrangères qui jouent le rôle de correspondants.

Etant les plus importants opérateurs sur le marché de change, elles subissent aujourd'hui de
plus en plus la concurrence croissante de grands groupes industriels. Face à cette concurrence
croissante, les banques sont obligées de prendre en charge les risques dont se débarrassent les
importateurs et exportateurs et essaient de se couvrir. Les banques se retrouvent alors très
souvent dans la position de market maker, ce qui apporte de la liquidité au marché, surtout
lorsque la grande majorité de leurs clients sont commerciaux sont acheteurs ou vendeurs de
devises.

1.2 Les banques centrales

Les banques centrales interviennent sur le marché des changes pour exécuter les ordres de
leur clientèle : administration, banques centrales étrangères, organismes internationaux.

Elles assurent le contrôle du marché, elles cherchent enfin et surtout à influencer l'évolution
du taux de change, pour des raisons de politique économique interne, d'une part et d'autre part
pour faire respecter certains engagements internationaux formels (le traité de Bretton Woods)
ou informels.

Aujourd'hui la plupart des banques Centrales interviennent sur le marché de changes quand
elles l'estiment nécessaire ; en intervenant sur un marché de changes, les Banques Centrales
ont pour souci essentiel de régulariser l'évolution du cours de change.

1.3 Les investisseurs institutionnels et la clientèle privée

Dans les investisseurs institutionnels, on regroupe plusieurs catégories d'intervenants :

Les compagnies d'assurance, les caisses de retraites, les fonds de pension, les fonds
d'investissements.

La clientèle privée, n'intervient pas directement sur le marché des changes, elle achète et vend
des devises en s'adressant aux banques commerciales qui ont une activité importante sur ce
marché. Elle regroupe trois catégories d'opérateurs : les particuliers, leur influence est
marginale, les entreprises commerciales et industrielles appelées sociétés et quasi-sociétés non
financières, les institutions financières.

Ces opérateurs interviennent généralement pour satisfaire un besoin de monnaie étrangère lié
aux opérations commerciales (Importations et exportations) ou aux opérations financières
(investissements, prêts et emprunts en devises).

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1.4 Les courtiers

Bien qu'il ne soit pas indispensable d'utiliser le service des courtiers, ceux-ci jouent un rôle
important voire essentiel sur le marché des changes en tant qu'informateurs et intermédiaires.

Ils informent les opérateurs sur les cours auxquels se vendent et s'achètent les différentes
monnaies. Ils ont un rôle d'intermédiaire, dans la mesure ou ils centralisent les ordres d'achat
et de vente de plusieurs banques et qu'il est, en conséquence, plus facile pour un cambiste
d'utiliser leurs services que de contacter plusieurs confrères susceptibles de vendre ou
d'acheter la devise recherchée .Leur rôle d'intermédiaire est plus général encore car ils ne sont
jamais obligés de dévoiler les noms des différentes contreparties qu'ils mettent en rapport.

Cette discrétion est importante pour certaines institutions qui ne veulent pas faire apparaître
leur position à un certain moment donné, leur position acheteur ou vendeur dans telles ou
telles devises. La fonction de courtier est de rendre le marché plus efficace et plus fluide, en
étant en contact permanent avec les acteurs du marché.

1.5 Les places financières

Les places financières internationales sont un réservoir de capitaux liquides, mais aussi une
source de rentabilité, un lieu ou s'échangent les devises. Il s'est développé du fait que certains
déposants ont pu recevoir un rendement supérieur à celui qu'obtenaient sur les marchés
internes et que certains emprunteurs ont pu payer un intérêt inférieur à celui qu'ils auraient
versé sur les marchés nationaux.

Parmi les places financières les plus connues on trouve ;

 La place financière de Londres

La City de Londres est indiscutablement l'exemple le plus achevé de ce qu'est une place
financière internationale. La City est organisée autour de six pôles : La banques d'Angleterre,
le Stock Exchange, les marchés des matières premières, les marchés à terme sur instruments
financiers, le marché des changes et le marché des eurodevises .

 La place de Chicago

Chicago constitue le centre mondial des marchés à terme et des options. La capitale du
Middle West abrite les deux plus grandes bourses de commerce et la plus importante bourse
d'options du monde.

 La place de New York

New York est une place financière très importante, mais elle n'est pas encore dotée de
l'ensemble des services offerts par Londres. Son caractère international est par ailleurs moins
affirmé.

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 Les autres places ;

Il existe d’autres places financières telles que la place financière de Suisse, de Luxembourg,
d’Amsterdam et de Paris.

2- Les principales devises échangées sur le marché des changes:

Il existe une graduation dans l'importance des différentes devises utilisées sur le marché des
changes. Le Dollar Américain (USD) constitue la monnaie de référence, en effet, c'est contre
la devise américaine que s'effectue la plus grande partie des transactions sur toutes les places
financières.

L'Euro (EUR) et le Yen (JPY) ont une véritable dimension internationale, ces devises font
l'objet d'une concurrence contre le Dollar sur pratiquement toutes les places financières
internationales.

La Livre Sterling (GBP), le Franc Suisse (CHF), le Dollar Canadien (CAD), le Dollar
Australien (AUD) et les autres devises de statut comparable sont négociées sur l'ensemble des
places financières internationales mais de façon plus ou moins continue.

Les devises sont identifiées par un code de 3 lettres :

• EUR l'euro,
• USD le dollar des Etats Unis,
• GBP la livre sterling,
• JPY le yen,
• CHF le franc suisse, etc.

Une opération sur le marché des changes consiste en l'achat, ou la vente, d'une devise au
moyen d'une autre devise. Bien sûr, acheter des euros (EUR) contre des dollars (USD) revient
à vendre des dollars contre des euros ; seuls le montant et le prix sont exprimés différemment.

Le cours de change (appelé aussi taux de change) est le prix d'une unité d'une devise, exprimé
dans une autre devise. Si le cours de l'euro contre dollar, noté EUR/USD, est égal à 0,9100,
1 million d'euros s'échangent contre 910 000 dollars. On peut bien entendu en déduire que le
cours du dollar en euro, USD/EUR, est égal à 1/0,9100 = 1,0989 et que 1 million de dollars
s'échangent contre 1 098 900 euros.

En raison de l'importance du dollar dans les échanges internationaux, l'usage veut que l'on
publie en priorité le cours de chaque devise contre le dollar, le sens de cotation n'étant pas
nécessairement le même. Ainsi, on affiche :

· EUR/USD l'euro contre le dollar,

· GBP/USD la livre contre le dollar,

· USD/JPY le dollar contre le yen,

· USD/xxx le dollar contre les autres devises.

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Un échange entre 2 devises autres que le dollar s'effectue à un cours, dit croisé, qui se déduit
des 2 cours de ces mêmes devises contre le dollar. La règle des fractions s'applique. Ainsi, par
exemple :

- GBP/EUR = (GBP/USD) / (EUR/USD),


- EUR/JPY = (EUR/USD) * (USD/JPY),

3- Les principales opérations sur le marché des changes :

Les opérations de change sont le fait des banques et des institutions financières qui
interviennent directement sur le marché des changes pour leur propre compte. Ces opérations
sont également initiées par les intervenants extérieurs au marché pour le compte desquels ces
institutions et plus particulièrement les banques achètent et vendent des devises. La clientèle
des banques regroupe pour l'essentiel les investisseurs institutionnels et les entreprises qui ne
possèdent pas de table de change et les institutions financières qui n'accèdent pas directement
au marché.

Les banques qui interviennent sur le marché des changes exécutent les opérations de
couverture et de spéculation initiées par le client. Elles remplissent, ce faisant, le rôle d'un
intermédiaire. Leur action va cependant bien au delà, elles agissent en effet, pour leur propre
compte en effectuant des opérations de couverture, de spéculation et d'arbitrage.

Nous allons traiter dans ce rapport, les opérations de couvertures, par contre pour les
opérations de spéculation et d’arbitrage nous allons uniquement donner leur définition car
leur pratique est interdite au Maroc par BAM et l’office de change.

3-1 Couverture :

La couverture contre le risque de change, correspond à l'essence même du marché des


changes. Cette opération s'adresse principalement aux banques, aux institutions financières et
aux entreprises. Elle correspond au transfert au marché d'un risque que l'on ne souhaite plus
assumer.

L'objectif des opérations de couverture est de protéger les créances et les dettes commerciales
et financières contre les risques de baisse ou de hausse de cours des devises dans lesquelles
elles sont libellées.

Exemple des opérations de couverture

Considérons un importateur comme la société AUTOHALL devant payer dans 6 mois en


EUR le fournisseur qui l'alimente régulièrement. Au moment où la facture de 3 000 000 EUR
est établi, les parties du contrat connaissent le taux de change au comptant 1 EUR = 11,20
MAD. A ce taux la facture de l'importateur s'élève à 11,20 x 3 000 000 = 33 600 000 MAD

Le règlement de cette facture ne poserait aucun problème particulier à l'importateur si ce


dernier était sûr à l'échéance de pouvoir échanger ces EUR à ce même taux, hors dans la
pratique, ce taux varie et à l'horizon de 6 mois l'importateur est bien démuni pour anticiper le
sens et l'ampleur de ces variations. Cette incertitude véhicule un risque particulier qui pèse sur
lui : il s'agit du risque de change.

Si à l'échéance, le EUR se déprécie par rapport au MAD passant par exemple à 11,1200 alors
la facture ne sera plus que de 11,1200 x 3 000 000 = 33 360 000MAD.

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L'importateur enregistre ainsi une plus-value de change d'une situation qui lui est très
favorable. Mais, si à l'échéance l’EUR s’appréciait par rapport au MAD passant par exemple à
11,3500 la facture s'établira à 11,3500 x 3 000 000 = 34 050 000 MAD.

L'importateur doit débourser d'une plus grande quantité de MAD à ses engagements libellée
en EUR, il subit une perte de change, une situation qui apparaît quant à elle très défavorable à
l'importateur.

Ces deux situations constituent les termes d'un vrai dilemme, l’importateur peut soit décider
d’assumer le risque de change et ne pas le couvrir, soit refuser ce risque et donc chercher à le
couvrir via les instruments de couverture du risque de change qui sont offert par sa banque.

3-2 Spéculation :

La spéculation à la hausse consiste à acheter un bien dont la valeur doit s'apprécier dans le
temps. L'opérateur espère réaliser un profit en revendant le bien à un prix supérieur au prix
d'achat. La spéculation à la baisse consiste, à l'inverse, à vendre le bien s'il doit se déprécier.
L’opérateur espère alors réaliser un profit en rachetant le bien à un prix inférieur à son prix de
vente. Le jeu est de ce fait l'élément fondamental du comportement humain et le marché est
un moyen de satisfaction très attractif.

3-3 L'arbitrage :

Les opérations d'arbitrage permettent aux opérateurs qui accèdent directement au marché de
tirer profit d'une divergence non justifiée dans l'évolution des taux de changes, ces opérations
sont réservées aux institutions qui interviennent directement sur le marché, car elles exigent
une très grande rapidité de réaction et d'exécution et ne peuvent être entreprises que par des
opérateurs disposant d'une table de change.

En distingue entre l’arbitrage spatial et triangulaire ; Le principe de l'arbitrage spatial est


simple, il consiste à acheter un actif en l'occurrence une devise là où il est peu cher et la
revendre là où il est plus cher.

L’arbitrage triangulaire c’est quand une banque intervient sur le marché des changes pour le
compte de sa clientèle, elle procède en règle générale à des achats et à des ventes directes de
devises. Elle peut également passer par une devise tierce dans la mesure où cet arbitrage
triangulaire lui donne la possibilité d'obtenir au profit supplémentaire.

4- Les compartiments du marché des changes :

Le marché de change est un marché subdivisé en plusieurs compartiments : le marché au


comptant, le marché à terme, le marché des options et des SWAP.

Dans cette partie nous verrons d’une manière générale chaque compartiment, ils seront
détaillés par la suite dans la deuxième partie :

4-1 Le marché des changes au comptant :

C’est le marché de change en spot, les devises sont achetées le jour d’échéance contre un
cours de change, la négociation et la livraison des devises se fait simultanément. Le cours de
change est un prix, c'est le prix d'une devise contre une autre, Il résulte de la confrontation de

14
l'offre et de la demande sur le marché des changes : par exemple, offre d'euro contre dollar
(vente euro/ achat de dollar) et demande d'euro contre dollar (achat d'euro/vente dollar).

L'offre et la demande de devise étrangère découlent d'opérations enregistrées dans la balance


des paiements qu'il s'agisse d'opérations courantes (règlements reçus ou versés en devises au
titre du commerce de biens et services, de transferts unilatéraux, de la rémunération de
facteurs de production ou de placements : intérêts, dividendes).

En distingue deux type de cotation ; au certain et à l’incertain. Jusqu'en 1998, la cotation à


l'incertain était la règle avec une grande exception : la livre sterling, seule devise à être cotée
au certain. Depuis son lancement au 1er Janvier 1999, l'euro est aussi coté au certain.

Cotation à l'incertain : montant de monnaie domestique contre la monnaie étrangère, par


exemple un USD=1 ,20 EUR

Cotation au certain : c'est l'inverse de la cotation à l'incertain.

Par exemple : un EUR =1/1,20 =0,833 USD

4-2 Le marché des changes à terme :

Le recours au marché à terme (forward) permet aux entreprises exportatrices et plus


généralement un créancier en devises étrangères de s'assurer du montant qu'il obtiendra en
monnaie locale en contrepartie du règlement à échéance de sa créance par ses clients ou
débiteurs. De la même manière, une entreprise importatrice ou plus généralement un débiteur
en devises peut s'assurer de la contre-valeur en monnaie domestique du montant qu'elle doit
régler en devises à ses créanciers. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de faire disparaître
le risque de change pour les entreprises concernées.

Lorsqu’on traite sur un marché de change organisé on parle dans ce cas de futures.

Le caractère organisé, rend nécessaire la définition d'un certain nombre de paramètres et


règles qui permettent leur fonctionnement et assurent leur liquidité.

Il est ainsi indispensable de spécifier :

 L'actif négocié, qu'il s'agisse de devises, d'un instrument de taux d'intérêt, d'un indice
sur matière première ;
 Le volume d'un contrat, c'est-à-dire la quantité ou le montant unitaire engagé ;
 Les dates d'échéances, souvent limitées à une date par mois ou par trimestre ;
 Les conditions de la transaction finale, celle-ci pouvant être la livraison effective de
l'actif négocié, mais pouvant aussi fréquemment, prendre la forme d'un règlement
 Les horaires des transactions ;
 ….etc

4-3 Le marché des swaps :

Un swap est un accord permettant de vendre une devise au comptant et de la racheter à terme
contre une autre .Un swap « in » en euro est un accord au terme duquel on achète l'euro en
spot et on le revend à terme contre dollar par exemple. Un swap « out » en euro permet de
vendre de l'euro spot et de la racheter à terme, par exemple contre dollar.

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Une banque détenant une position longue en dollars c'est-à-dire qu'elle a conclu des
opérations par lesquelles elle reçoit des montants de dollars qui dépassent les utilisations pour
cette devise peut gérer son risque à l'exposition en concluant un swap avec lequel elle cèdera
ses dollars au comptant et les rachètera à terme.

4-4 Le marché des options de change :

L'option de change est un contrat donnant le droit à son détenteur d'acheter (call) ou de vendre
(put) un montant donné de devise à un cours et à une échéance définie à l'avance.

Le cours auquel les devises sont achetées ou cédées est appelé prix d'exercice ou « strike
price ».Les options qui peuvent être exercées qu'à l'échéance sont dites « options à
l'américaine ». Celles qui ne peuvent être exercées qu'à l'échéance sont dites « options
européennes ». Les échéances sont généralement de quelques semaines à quelques mois.

L'achat d'une option est effectué moyennant le règlement immédiat d'une prime qui représente
le prix dont bénéficie le vendeur. Compte tenu des positions possibles sur le marché (achat ou
vente) et des stratégies d'options call et put, on peut distinguer quatre situations :

• Achat d'une option d'achat (call)


• Achat d'une option de vente (put)
• Vente d'une option d'achat (call)
• Vente d'une option de vente (put)

L'exercice d'une option est un droit intangible pour son détenteur, si le cours comptant
dépasse le prix d'exercice, le détenteur d'une option de vente aura intérêt à céder ses devises
sur le marché des changes au comptant c'est-à-dire d'abandonner son option et réciproquement
au cas où le cours comptant est inférieur au prix d'exercice dans ce cas il exerce son option. Si
le cours comptant dépasse le prix d'exercice, le détenteur d'une option d'achat a intérêt à
exercer son droit, inversement si le cours comptant est inférieur aux prix d'exercice, il a
intérêt à acheter ses devises sur le marché au comptant, autrement dit d'abandonner son
option.

On remarquera que l'acheteur et le vendeur d'une option ne sont pas dans des situations
symétriques en matière de droits et d'obligations : le détenteur d'une option n'exercera son
option d'achat ou de vente de devises que s'il y trouve son intérêt .En revanche, le vendeur-en
contrepartie de la prime encaissée s'engage à prendre livraison (option de vente) ou à céder
(option d'achat) dès lors que l'acheteur de l'option a décidé d'exercer cette dernière.

5- Traitement des changes de devises au Maroc :

L'instauration d'un marché des changes au Maroc en 1996 constitue incontestablement une
des principales manifestations concrètes de l'intégration de l'économie marocaine dans le
circuit de la mondialisation et de la globalisation financière.

Fini le temps où les banques se limitaient à jouer un rôle de « boîte à lettre » entre leurs
clients et la Banque Centrale pour acheter ou céder des devises sur la base d'un taux de
change administré et indifférencié.

Aujourd'hui, les banques marocaines sont dotées de véritables vitrines technologiques,


dénommées salles des marchés, habilitées à effectuer des opérations d'achat et de vente de
devise dont les taux de change sont librement négociables entre les parties.

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Grâce à ce nouveau marché, les exportateurs et les importateurs marocains peuvent non
seulement négocier des taux de change préférentiels, mais aussi se couvrir contre le risque de
change.

Comment fonctionne t-il au Maroc ? Quelles sont ses limites ? Comment les entreprises
peuvent-elles l'utiliser ? Quels genres d'opérations peuvent-elles y effectuer ? Comment
peuvent-elles en tirer profit ? Nous allons essayer de répondre à ces interrogations pour bien
cerner le marché de change marocain.

5.1 Le fonctionnement du marché des changes au Maroc:

C'est la circulaire 1633 de l'Office des Changes qui a annoncé l'institution du marché des
changes. Datée du 1 avril 1996, cette circulaire définit notamment l'organisation et le
fonctionnement de ce marché et précise les nouvelles procédures d'achat et de vente de
devises.

D'autres circulaires de Bank Al Maghrib sont venues apporter des précisions quant aux
modalités d'application de la circulaire de l'Office des Changes mais aussi de l'arrêté du
Ministère des Finances et des Investissements Extérieurs du 29 Mars 1996 relatif aux
positions de change des établissements bancaires. Elles précisent, en outre, les normes de
déontologie que doivent observer l'ensemble des intervenants sur le marché des changes.

La circulaire 1633 de l'Office des Changes précise que :

« Les intermédiaires agrées sont autorisés à effectuer entre eux et avec la clientèle des
opérations d'achat et de vente de devises et à constituer des positions de change dans les
conditions fixées par les autorités monétaires.»

L'Office des Changes rappelle que, même si les banques sont désormais habilitées à
s'échanger mutuellement les devises sans obligation de cession au profit de la Banque
Centrale, le traitement des opérations pour lesquelles ces devises sont achetées ou vendues
doivent cependant être exécutées conformément à la réglementation des changes en vigueur.

De même, les intermédiaires agrées continueront à transmettre régulièrement à l'Office des


Changes les comptes rendus habituels concernant les opérations d'achat et de vente de devises
effectuées sur le marché des changes pour le compte de la clientèle et ce, conformément aux
conditions prévues par l'Instruction 05 relative à l'établissement de la balance des paiements.

5.2 La nature des opérations :

La circulaire de Bank Al Maghrib N°61 DAI 96 stipule :

« Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer sur le marché des changes les
opérations en devises au comptant, à terme et de trésorerie et ce, pour leur propre
compte ou pour le compte de la clientèle. Aucune restriction n'est imposée quant au
choix des devises traitées par les intermédiaires agréés entre eux et avec la clientèle. »

« Les excédents et besoins en devises des banques peuvent être négociés auprès d'autres
intermédiaires agréés à des taux de change déterminés d'un commun accord entre les
parties, ils peuvent également être traités avec Bank Al Maghrib ».

17
Conçu initialement uniquement aux transactions entre les banques locales, le marché des
changes marocain a été étendu en Janvier 1997 aux banques étrangères pour les opérations
d'achat et de vente de devise contre devise au comptant.

Comme le stipule la circulaire 473 DAI/97 de Bank Al Maghrib « les taux de change
applicables à ces opérations sont négociés librement entre les parties ».

5.3 L'organisation du marché :

Bank Al-Maghrib affiche en continu, sur les écrans «Reuters», les taux de change applicables
aux opérations d'achat et de vente de devises avec les intermédiaires agrées. Ces taux sont
exprimés à l'incertain (montant en dirhams correspondant aux unités des devises cotées).

Les opérations traitées avec Bank Al-Maghrib sont effectuées en continu de 8h30 à 15h30, sur
la base d'une date de valeur de J+2 (2 jours ouvrables) conformément à la norme
internationale. Les banques peuvent également convenir des dates de règlement en valeur
décalée (valeur jour ou lendemain). Le non respect de la date de valeur par l'une des parties
donne droit à la contrepartie d'exiger, en compensation, des intérêts de retard.

Toute opération traitée sur le marché des changes doit faire l'objet d'une confirmation
immédiate par échange entre les deux parties de messages télex ou Swift reprenant toutes les
caractéristiques de la transaction.

Les taux de change offerts à la clientèle devant inclure une commission de 2%o, dont le
produit est versé à Bank Al-Maghrib pour le compte de l'Office des Changes. Les opérations
de cross (devise contre devise) effectuées avec les banques étrangères sont exonérées de cette
commission.

Dans le cadre du contrôle de la régularité des opérations traitées sur le marché des changes,
les banques sont tenues d'adresser quotidiennement à Bank Al-Maghrib les états suivants (à
18 heures au plus tard) :

• Achats et ventes de devises au comptant à la clientèle ;


• Principales opérations interbancaires au comptant en devise :
• Principales opérations à terme ;
• Etat des positions de change ;
• Achats et ventes de devise contre devises auprès d'une banque étrangère dont le
montant est supérieur à l'équivalent de 5 millions de DH ;
• Toute position dans une devise, enregistrant une perte de change de plus 3%.

En outre, les intermédiaires agrées sont tenus d'adresser à la Banque Centrale, d'une part, un
état hebdomadaire concernant les prêts et emprunts interbancaires en devises, et d'autre part,
un état trimestriel relatif aux comptes en devise ouverts sur leurs livres, consolidé par devise
et par échéance.

5.4 Les apports et limites du marché des changes Marocain :

Le marché des changes n'est pas une fin en soi, sa force réside dans l'usage qui en est fait, son
efficacité dépend des acteurs qui l'animent ; la moralité et les qualifications professionnelles
de ces derniers conditionnant largement son bon fonctionnement.

18
En effet, il ne sert à rien d'avoir un marché si les opérateurs pour lesquels il a été institué ne
savent pas s'en servir. A quoi servent les instruments de couverture du risque de change si les
entreprises ne parviennent pas à les utiliser ?

Il est regrettable de constater que bon nombre d'entreprises marocaines n'accordent à ce


nouveau marché qu'un intérêt dérisoire. Certains d'entre elles, ignorant son existence n'en
perçoivent même pas l'utilité. D'autres estiment que ce marché demeure l'apanage de grands
groupes dont la manipulation est réservée à un cercle restreint de spécialistes et de praticiens
de banque...

Parmi les apports de l'institution du marché des changes au Maroc :

• La fin du monopole de Bank Al-Maghrib en matière de la gestion centralisée des


devises du pays ;
• La détermination des taux de change par les banques en fonction de l'offre et de la
demande des devises, tout en restant, bien entendu, à l'intérieur des marges
d'intervention fixées par la Banque Centrale ;
• Le réajustement des dates de valeur à la norme internationale en raccourcissant le délai
d'exécution des transactions, ramené à J+2 au lieu de J+3 comme ce fut le cas
auparavant ;
• Enfin, l'introduction des techniques de couverture contre le risque de change telles
qu'elles se pratiquent sur les places financières internationales.

• La connaissance immédiate de la cotation applicable à leurs transactions, avec une


date de valeur conforme à la norme universelle ;
• La possibilité de négociation de cette cotation en faisant jouer la concurrence ;
• La gestion du risque de change pour les entreprises qui traitent à l’international.

Si tout le monde s'accorde à dire que le marché des changes marocain a démarré dans de
bonnes conditions et fonctionne de manière plus ou moins satisfaisante, il est loin de remplir
pleinement la mission pour laquelle il a été institué : à savoir aider les entreprises à améliorer
leur compétitivité et accroître leurs performances sur les marchés extérieurs.

Certes, il est encore prématuré de porter un jugement de valeur sur ce marché. Il s'agit d'un
marché très jeune qui ne traite pas l'ensemble des opérations et dont le volume des
transactions qui y sont effectués est encore modeste. En outre, les obstacles auxquels se heurte
ce marché sont loin d'être négligeables. Ils sont d'ordre culturel, structurel et professionnel et
ils interpellent l'ensemble des acteurs qui interviennent sur le marché ; parmi ces obstacles on
cite ;

• Le peu d'intérêt manifesté par les entreprises au fonctionnement de ce marché et plus


particulièrement à la gestion du risque de change,
• Absence de transparence sur le marché monétaire,
• Le manque d’information et de formation sur les techniques de couverture du risque
de change

19
6- Les approches traditionnelles et modernes de prévisions du taux de change :

Après avoir vu l’environnement du FOREX, il est judicieux d’étudier les approches qui
s’intéressent à l’analyse du comportement de ce marché. Il existe deux approches de base
pour analyser le marché des changes, l'analyse fondamentale et l'analyse technique; l'analyse
fondamentale se concentre sur les causes fondamentales des mouvements des prix, alors que
l'analyse technique étudie les mouvements de prix eux-mêmes.

6.1 L’analyse technique :

L'analyse technique ou graphique est ce qu'on emploie pour essayer de prévoir de futurs
mouvements de prix. Dans une analyse technique, il existe plusieurs interprétations des
modèles, généralement tous sont basés sur les graphiques historiques d'une devise. On se base
uniquement sur l'évolution des prix et on suppose qu'il est possible de faire ressortir dans les
séries de cours passés des configurations susceptibles de se reproduire.

On les étudie en utilisant de puissants outils informatiques afin de rechercher des


configurations censées se reproduire. Le gagnant est celui qui détecte une telle configuration
lui permettant d'établir au plus tôt ses prévisions.

L’analyse technique s’intéresse à ce qui se passe sur le marché, plutôt que ce qui devrait se
produire. Un analyste technique étudiera les prix et les mouvements de volumes et à partir de
ces informations, il créera des graphiques (découlant des actes des acteurs du marché) pour les
utiliser comme outils principaux.

L’analyse technique est basée sur trois principes sous-jacents:

1. Seuls les actes du marché comptent :


Cela veut dire que le prix actuel est une réflexion de tout ce qui est connu comme pouvant
influencer le marché, par exemple, l’offre et la demande, les facteurs politiques et les
sentiments du marché. L’analyste technique pure se concentre seulement sur les mouvements
de prix, et pas sur les raisons de ces changements.

2. Les prix évoluent en suivant des tendances :


L’analyse technique est utilisée afin d’identifier des modèles d’attitude de marché dont
l’importance a été admise depuis longtemps. Pour de nombreux modèles donnés, il y a un très
haut niveau de probabilité pour qu’ils produisent les résultats attendus. Aussi, il y a des
modèles reconnus qui vont se répéter régulièrement.

3. L’histoire se reproduit :
Les modèles graphiques ont été reconnus et catégorisés depuis plus de cent ans et la manière
dont de nombreux modèles se répètent amène à conclure que la psychologie humaine change
très peu à travers le temps.

L'analyse technique, que nous pourrions par ailleurs qualifier d'analyse graphique, n'est
autre qu'une démarche empirique servant à déterminer la direction que prendront les cours.
Elle a été introduite par Charles Dow au cours du 19eme siècle, l'analyse technique se base
donc sur la Théorie de Dow.

20
Initialement, l'analyse technique forex remonte à des temps bien antérieurs au 19eme. En
effet, les graphiques en chandeliers été déjà utilisé par les japonais pour anticiper les cours du
riz autour du 17eme siècle.

Dans l'analyse technique, il faut distinguer deux grands courants de pensée. On parlera ici de
l'analyse chartiste et de l'analyse moderne.

L'analyse chartiste consiste à identifier des configurations directement sur les cours, par
exemple les configurations de chandeliers japonais ou bien encore l'utilisation de droites de
tendances. Ce qu'il faut retenir c'est qu'en analyse chartiste on ne regarde uniquement que les
cours sur son graphique.

La deuxième approche, dite « moderne » a été introduite dans les années 70-80 avec les
débuts de l'informatique, elle considère que l'interprétation des graphiques « bruts » dépassent
l'entendement de l'homme, il est donc nécessaire d'utiliser des indicateurs mathématiques pour
faciliter l'interprétation des cours. Ces indicateurs sont très souvent d'origine statistique et
permettent la modélisation de concepts non évidents à l'œil que sont : la tendance de fond, la
volatilité, le surachat, …

Figure 1 :

Voici, concrètement le type de graphique qu'une personne pratiquant l'analyse technique doit
être à même de décrypter.

21
6.2 L’analyse fondamentale :

L’analyste fondamental du forex identifie et mesure les facteurs qui déterminent la valeur
intrinsèque d’un instrument financier. Il s’agit notamment du contexte politique et
économique général, mais aussi de tous les facteurs affectant l’offre et la demande du produit
ou services sous-jacent. Si l’offre décroît mais que le niveau de la demande reste inchangé, les
cours du marché augmentent. Une hausse de l’offre produit l’effet inverse. Par exemple, pour
une devise donnée, un analyste étudie l’offre et la demande de la monnaie, des produits ou des
services du pays, sa qualité de gestion et ses politiques publiques, ses performances passées et
prévisionnelles, ses projets futurs et, le plus important pour le plus court terme, tous les
indicateurs économiques.

A partir de ces données, l’analyste établit un modèle visant à déterminer la valeur actuelle et
prévisionnelle d’une devise par rapport à une autre. L’idée qui sous-tend cette démarche est la
suivante: des augmentations non compensées de l’offre tendent à déprécier la valeur de la
monnaie, alors que des augmentations non compensées de la demande tendent à la faire
augmenter. Une fois que l’analyste a estimé la valeur intrinsèque, il la compare au taux de
change actuel et décide si la devise doit augmenter ou baisser.

L’une des difficultés majeures de l’analyse fondamentale est de mesurer avec précision les
relations entre les variables. L’analyste ne peut baser ses estimations que sur son expérience.
De plus, les marchés des changes ont tendance à anticiper les événements et à les intégrer
d’avance dans la valeur de la devise. Au final, qu’il s’agisse d’un inconvénient voire même
d’un avantage (selon le moment), les marchés mettent souvent du temps à reconnaître que les
taux de change sont en décalage par rapport à la valeur réelle.

Depuis la mise en place du système de change flottant en 1973, les taux de change ne varient
plus qu'à l'intérieur d'une marge de fluctuation autorisée mais plutôt en fonction de l'offre et
de la demande et au jour le jour. Il n'y a donc plus de prix officiel d'une monnaie.

Les théoriciens ont considéré ainsi le taux de change comme un « prix d'équilibre de flux de
devises » et ont développé des relations interprétatives stables entre le change et un certain
nombre d'autres variables. On distingue entre les explications basées sur les fondamentaux et
celles basées sur les anticipations du taux lui-même.

Il s'agira donc de traiter :

• La théorie de la parité des pouvoirs d'achat (PPA) et le taux de change réel ;


• La théorie de la parité des taux d'intérêt (PTI) ;
• La balance commerciale et la balance courante ;

22
a) La parité des pouvoirs d’achat :

La version absolue de la PPA est une relation d'équilibre entre le taux de change et le niveau
des prix, mais pas ce n'est pas une relation causale. Elle préconise que le taux de change réel
demeure constant tant que les fondamentaux de l'économie, à savoir la demande ou l'offre,
n'ont pas changé. Il en résulte que, sur le court terme, les chocs de nature monétaire
(appréciation ou dépréciation de la monnaie) n'ont aucune influence sur le taux de change
réel.

Cependant, il est difficilement envisageable d'imaginer que, sur des périodes de plusieurs
années, le taux de change réel n'évolue pas. On s'accorde donc à dire que les bouleversements
à CT que l'on observe ne sont pas à priori incompatibles avec l'ajustement à LT des cours de
change à leur niveau d'équilibre de PPA.

La version relative estime que si le taux de croissance des prix est de x % à l'étranger et de y
% dans l'économie nationale, alors le change nominal d'équilibre évoluera de z=(x-y) %.

On aura :

Si x-y>0 une appréciation de la monnaie nationale.

Si x-y<0 une dépréciation de la monnaie nationale.

௑ି௒
La formule de la PPA est la suivante : Taux de change * (1 + )
ଵା௒

Exemple :

Si un bien se vend 3 400 EUR en France, 1 000 USD AUX USA. Selon la théorie des parités
des pouvoirs d'achat, le taux de change d'équilibre doit être de 3 400 / 1 000, soit 1 USD =
3,40 EUR. Si le taux d'inflation est de 5 % en France et de 2 % AUX USA, le nouveau taux
d'équilibre s'établira à :

଴,଴ହି଴,଴ଶ
3,40 * (1+ )= 3,50 EUR
ଵ,଴ଶ

b) La parité des taux d’intérêts :

La PTI repose sur la relation entre taux d'intérêt et taux de change.

Un placement doit théoriquement avoir la même rémunération, le même rendement quel que
soit le pays considéré. Un investisseur place ses capitaux à l'étranger car il espère obtenir un
gain soit de change, soit d'intérêt. Donc, la différence entre les taux de change doit compenser
la différence entre les taux d'intérêt pour rendre l'investisseur indifférent entre les deux pays
pour placer ses capitaux.

Si un pays désire augmenter le taux de change de sa monnaie, il peut le faire en attirant les
capitaux, c'est-à-dire en relevant le taux d'intérêt.

La hausse des taux d'intérêt entraîne moins de sortie de capitaux nationaux, et une hausse du
taux de change.

23
Formule PTI est la suivante :

(௑ି௒)∗௡/ଷ଺଴
PTI = Cours comptant *( ೙ + 1)
ଵା(௒∗ )
యలబ

Avec :

X : taux d’intérêt devise locale

Y : Taux d’intérêt de la devise étrangère

c) La balance commerciale :

L'utilisation des la balance commerciale ou des transactions courantes est très fréquente : un
déficit place un pays dans une situation nette acheteuse de devises contre la monnaie
nationale, qui se déprécie alors automatiquement. Un excédent, à l'inverse, génère des
opérations de ventes de devises contre la monnaie nationale sur le marché, ce qui pousse
celle-ci à la hausse.

Toutefois, qu'il s'agisse de la PPA, la PTI ou des liaisons avec la balance courante ou
commerciale, l'anticipation du taux de change est très difficile à réaliser à court terme.

d) Les autres déterminants du taux de change :

• La théorie du portefeuille

Les titres (étrangers ou nationaux) qui ont le meilleur rendement vont être achetés par les
détenteurs de capitaux, ce qui entraîne l'appréciation de la monnaie du pays où le titre a le
meilleur taux d'intérêt.

• La théorie de la sur-réaction des taux de change

Les variations précédentes peuvent expliquer assez convenablement les variations des taux de
change à long terme, mais certainement pas à court terme.

Selon certains économistes, l'instabilité des taux de change provient de ce que les vitesses
d'ajustement sont différentes sur les marchés financiers et les marchés des biens et services.
En fait, les prix (cours) sur les marchés financiers (actions, obligations, devises) s'ajustent
instantanément aux variations de l'offre et de la demande alors les prix des biens et des
services sont beaucoup plus rigides à court terme.

Ainsi, les mouvements des taux de change à court terme sont plus importants par rapport à ce
qu'ils auraient été à long terme.

• La théorie de la bulle spéculative

Il s'agit d'étudier comment les anticipations et le comportement des opérateurs agissent sur la
détermination des taux de change. Il suffit que la majorité des opérateurs prévoient un cours,
et agissent en fonction de ce pronostic, pour qu'il soit réalisé, ce qui renforce l'anticipation. Le
cours correspond dès lors à sa valeur anticipée ; on dit que les anticipations sont auto-
réalisées : la « bulle » se forme.
24
Mais les « bulles » finissent par éclater car, selon le même principe de mimétisme qui avait
prévalu lors de la formation de la « bulle », les rumeurs annoncent un jour le revirement des
cours et les anticipations se portent alors vers la baisse.

Exemple d’analyse fondamentale :

La paire EUR/USD est sans conteste la paire « star » sur le FOREX, celle qui représente
l’immense majorité des échanges, nous proposons donc ici une analyse fondamentale de la
paire EUR/USD.
Nous prendrons donc 5 facteurs en compte :
• Les perspectives de croissance
• L’inflation
• La politique monétaire et ses perspectives
• Les balances commerciales

Lors de l’étude de ces facteurs, il conviendra d’effectuer des analyses comparatives entre les
données concernant le Dollar (les données américaines) et les données concernant l’Euro (les
données européennes)

1) Perspectives de croissance et EUR/USD

Il s’agit de regarder la différence entre les prévisions de croissance pour la zone euro et les
USA. Plusieurs organismes publient régulièrement des prévisions de croissance ; la
commission européenne et le gouvernement américain, La BCE et la Fed, Le FMI, L’OCDE,
La Banque Mondiale Etc…

Il s’agit donc ici de savoir qui de la zone euro ou des Etats-Unis a le meilleur potentiel de
croissance :

- Si les Etats-Unis ont un meilleur potentiel de croissance que la zone euro, la paire
EUR/USD devrait décliner.
- A l’inverse, si les perspectives sont meilleures en Europe qu’outre-Atlantique, la paire
EUR/USD devrait s’apprécier.

2) Inflation et EUR/USD

Il s’agit ici d’étudier la différence entre l’inflation de la zone euro et des Etats-Unis. Les
données de l’inflation sont généralement publiées par les Banques Centrales (FED pour les
USA, BCE pour la zone euro)

- Si l’inflation est plus forte en Europe, la paire EUR/USD devrait décliner


- Si l’inflation est plus forte aux Etats-Unis qu’en Europe, la paire EUR/USD devrait
progresser

3) Politique monétaire et EUR/USD

Il s’agit ici d’analyser la différence entre les perspectives de politique monétaire européennes
et américaines. Pour cela, il est intéressant de consulter les procès verbaux des réunions des
banques centrales, ou de consulter des analyses d’experts. Par ailleurs, l’inflation peut
également donner des indices sur le futur d’une politique monétaire, les Banques Centrales
ayant entre autres pour rôle de contrôler l’inflation.

25
- Si le marché anticipe plus de hausse de taux en Europe qu’aux Etats-Unis, la paire
EUR/USD devrait progresser
- Si le marché anticipe plus de hausse de taux aux Etats-Unis qu’en Europe, la paire
EUR/USD devrait décliner

4) Balance commerciale et EUR/USD

On étudiera ici plus spécifiquement les échanges entre la zone euro et les Etats-Unis.

- Si la balance commerciale USA – Zone euro est déficitaire pour les Etats-Unis, la
paire EUR/USD devrait s’apprécier
- Si la balance commerciale USA – Zone euro est déficitaire pour la zone euro, la paire
EUR/USD devrait décliner

Il existe un vieux combat entre les supporters de l’analyse technique et ceux de l’analyse
fondamentale. Les défenseurs de l’analyse fondamentale diront qu’étudier les graphes des
cours passés pour prédire le futur est tout simplement irrationnel et que seule la prise en
compte de facteurs économiques et politiques tangibles permet de prévoir l’évolution des prix
futurs. Les défenseurs de l’analyse technique soutiennent que l’étude des graphes permet
d’utiliser le caractère moutonnier des opérateurs devant des situations familières que tout le
monde observe en même temps.

Dans les faits, chaque trader utilise les deux sortes d’analyse. Simplement, ils intégreront les
informations de diverses façons, dans une optique de temps et une stratégie différente.
Certains traders accorderont plus de poids à l’analyse économique, d’autres, à l’analyse
technique, d’autres aux analyses des médias, des rumeurs, des corrélations entre les marchés.

26
Chapitre 2 : Exposition du groupe AUTOHALL au risque de change :

Ce chapitre sera consacré à l’évaluation de la situation du groupe AUTOHALL en matière


d’exposition au risque de change ; nous allons présenter brièvement le groupe AUTOHALL
(activité, structure …ETC), nous détaillerons par la suite les opérations en devises effectuées
par le groupe et nous déclinerons la façon avec laquelle elles sont réalisées. Nous allons par la
suite évaluer le risque de change auquel le groupe est exposé, et nous terminerons ce
deuxième chapitre par la description des mesures actuelles de gestion de ce type de risque.

1- Présentation du groupe AUTOHALL :

Le groupe Auto Hall opère depuis plus d’un siècle dans l’industrie et la
commercialisation des matériels roulants au Maroc. Fournisseur de biens industriels et
d’équipements qui sont autant d’outils au service du progrès, Auto Hall participe au
développement durable dans le Royaume. Auto Hall contribue à faciliter le mouvement des
hommes, de la terre et des marchandises pour en accroître la mobilité et l’accessibilité,
facteurs de la croissance économique du pays. Se fondant sur les valeurs de proximité, respect
des engagements et de transparence et s’appuyant sur un réseau leader dans son secteur, Auto
Hall a su entretenir des partenariats de long terme avec de grands constructeurs internationaux
comme Ford, Mitsubishi Fuso, Mitsubishi Motors.
Situé à Casablanca, le siège d’Auto Hall occupe plus de 36.000 m2 de surface. Le réseau du
groupe Auto Hall est constitué de 30 succursales dans les principales villes du Royaume et de
sites industriels à Aïn Sebâa et Beausite à Casablanca.

1.1 Historique :

27
1907
• Création des établissements Gabriel Veyre pour la représentation de Ford Motor Company au Maroc.

1920
• Transformation en société anonyme dénommée Auto Hall.

1941
• Introduction de la cotation du titre Auto Hall à la bourse des Valeurs de Casablanca.

1974
• Lancement de l’activité d’assemblage des camions.

1999
• Création du groupe Auto Hall, structure fédérant Auto Hall SA et ses filiales.

2005
• Filialisation de l’activité VP et VUL Mitsubishi confiée à la filiale Diamond Motors.

2008
• Doublement du capital social et réduction de la valeur nominale de l’action de 100 à 10 dirhams.

2009
• Prix national de la qualité, label CGEM

1.2 Fiche signalétique :

- Raison sociale : AUTO HALL S.A


- Siege sociale : 64 avenue Lalla Yacout - 20000 Casablanca
- Activité : Assemblage et commercialisation de véhicules industriels, distribution
d de
voitures particulières, de véhicules utilitaires légers, de matériel agricole et de matériel
industriel et de T.P.
- Date de création : 1907
- Président directeur général : Abdellatif GUERRAOUI
- Date d’introduction en bourse : 1941
- Capital social : 481,7 MDH
- Effectif : 622 personnes
- Chiffre d’affaires: 3 306,66 MDH
- N. registre de Commerce : Casa 137
- Identification Fiscale : 01048143
- Taxe Professionnelle : 33305840
- CNSS : 1928839
- Site web : www.autohall.ma

28
1.3 Principaux actionnaires :

Au capital social de 481,7 MDh, Auto Hall est détenu essentiellement par :

Principaux Actionnaires Part en %


AMANA 51,28%
HAKAM Abdellatif finances S.A 8,00%
CIMR 13,28%
Divers actionnaires 27,44 %

1.4 L’activité en chiffre :

Au niveau du véhicule utilitaire léger, Auto Hall s’accapare de 27,8% des ventes du secteur
contre 20,6% en 2012. De même pour la voiture particulière, on note une amélioration de 1,3
point à 10,3% contre 9%.

Le groupe occupe 40% dans le marché du véhicule industriel, en hausse de 8% par rapport à
fin juillet 2012, et 33,3% pour le tracteur agricole comme 2012.

Auto Hall entend maintenir sa croissance grâce à la poursuite de ses investissements.

29
1.5 Les filiales du groupe :

AUTO HALL

DIAMOND AUTO HALL


SCAMA SOMMA SORBERMA S.N.G.U Leader AH.com
MOTORS Véhicules
Industriels

SCAMA :

Activité Importation et commercialisation des


véhicules de marque Ford
Date de création 1929
Capital Social 100 MDH
Effectif 71 Personnes
Chiffre d’affaire 1 512 MDH

Ford est présent au Maroc depuis 1907 à travers la première agence de distribution devenue
Auto Hall.
En 1993, cette activité a été reprise par la filiale SCAMA (Société Chérifienne d’Automobile
et de Matériel Agricole) dans le cadre de la spécialisation
spécialisation par filiale. Soucieux de répondre
aux attentes des clients les plus exigeants, la filiale a créé un environnement unique pour une
distribution de qualité et des services performants fidèles à l’esprit de la marque Ford.

30
DIAMOND MOTORS :

Activité Importation et commercialisation des


véhicules de marque MITSUBISHI
Date de création 1929
Capital social 50 MDH
Effectif 52 Personnes
Chiffre d’affaire 393 MDH

Depuis 1985, Auto Hall représente Mitsubishi Motors au Maroc. En 2005, cette carte a été
transférée à sa filiale DIAMOND Motors qui devient ainsi le distributeur exclusif de la
marque Mitsubishi.
Fidèle à la philosophie de MITSUBISHI Motors, DIAMOND Motors partage les mêmes
principes et garantit une assistance à tous les niveaux (vente, solutions de financement,
entretien, réparation,…)

SOMMA :

Activité Importation
rtation et commercialisation de
matériels agricoles
Date de création 1930
Capital social 50 MDH
Effectif 33 Personnes
Chiffre d’affaire 245 MDH

SOMMA opère dans la distribution du matériel agricole et représente des marques de


référence telles que Neww Holland, Welger, etc.…SOMMA
etc.… profite du réseau des succursales
d’Auto Hall et des agents libres pour couvrir l’ensemble du territoire national et être à
proximité de sa clientèle. Les produits de la marque New Holland couvrent une gamme
complète de matérielsels : tracteurs agricoles conventionnels et spécialisés, moissonneuses
batteuses, machines à vendanger, récolteuses d’olives, coupeuses de canne à sucre, ensileuses
de fourrages et autres machines spécialisées…

31
SOBERMA :

Activité Importation, commercialisation et


maintenance de matériels pour les travaux
publics,…
Date de création 1929
Capital social 10 MDH
Effectif 33 Personnes
Chiffre d’affaire 81 MDH

SOBERMA est le représentant exclusif des marques CASE, CUMMINS et AMMANN au


Maroc.
Spécialisée dans la commercialisation et la maintenance des matériels de travaux publics
Case, ainsi que des moteurs diesel et groupes électrogènes Cumins, SOBERMA offre, en
partenariat avec ces deux constructeurs, une réponse adaptée aux besoins de ses clients.

AUTO HALL Véhicules industriels :

En 2010 l’activité d’assemblage des véhicules industriels a été filialisée à la nouvelle filiale
AUTOHALL VEHICULES INDUSTRIELS ; elle assure :
- L’importation des véhicules industriels et celle des pièces de rechange, ainsi que
l’acquisition des pièces locales nécessaires à l’assemblage des véhicules industriels.
- L’assemblage de camions dans sa chaine de montage qui dispose des équipements
permettant la réalisation des produits conformes aux standards du constructeur et aux
normes Marocaines.
- La commercialisation et le service après-vente des véhicules industriels de marque FUSO
en coopération avec la direction réseau.
S.N.G.U : (Société nouvelle du Garage Universal)

Assure la distribution et le service après-vente des marques suivantes :


- Fiat (à Marrakech, Fès, Meknès, El Jadida, Oujda, Tétouan, Beni Mellal, Safi et Settat)
- Fiat Professional
- Alfa Romeo (à Marrakech, Fès et Tanger)
- Lancia (à Marrakech, Fès et Tanger)

32
2- Identification du risque de change du groupe AUTOHALL:

2.1 Opérations traitées par le groupe en devises :

Le groupe AUTOHALL, de part son activité, engage des dépenses et encaisse des recettes en
devises. Les dépenses en devises se composent principalement des règlements suivant :

• Règlement pour achat de matériels et de pièces de rechange


• Règlement des dettes.
• Règlement des dotations pour voyages d’affaires
• Règlement des prestations de services
• Financement des projets d’investissement

Les dépenses en devises représentent 99% de la position de change du groupe.


Les recettes du groupe sont limitées à quelques opérations d’exportation réalisées en Afrique.

Les transactions réalisées par le groupe sont principalement libellées en EURO (60%) en
YEN japonais (30%) et en DOLLAR (10%), de cette répartition on peut conclure que le
groupe est principalement exposé à un risque de change EUR/MAD et YEN/MAD ;

Avant l’entrée en vigueur du marché des changes, le groupe ne traitait pas lui même ses
opérations de devises mais c’était la banque, traitant la transaction, et qui lui imposait le cours
fixé par Bank Al Maghrib.

Actuellement, l’achat et la vente de devises au niveau du groupe se fait par le responsable du


service trésorerie. Le responsable de cette section consulte toutes les banques de la place pour
négocier le cours de change le plus élevé pour la vente et le plus bas pour l’achat du montant
désiré en devises. Ces opérations de vente et d’achat de devises sont effectuées au comptant
en respectant la date de valeur de deux jours ouvrables. Ainsi, le montant nécessaire au
règlement d’un achat en devises doit être négocié deux jours ouvrables à l’avance. La
négociation du cours de change des devises avec les différentes banques de la place, est
effectuée en continu de 8h30 à 15h30.

33
2.2 Illustration de l’exposition du groupe au risque de change :

Le risque de change est le risque de perte lié aux variations du cours de change. Il désigne
les pertes éventuelles encourues par l’entreprise du fait des variations de parité de change
entre la monnaie nationale et les devises étrangères. Les variations des cours de nombreuses
devises sont très importantes et peuvent entraîner des pertes considérables pour les entreprises
et affecter leur compétitivité. La notion de risque de change est intimement liée à la notion de
position de change.

La position de change est la présentation sous forme de balance de l’ensemble des


créances (ou avoirs) et des engagements (ou dettes) de l’entreprise libellés en une ou plusieurs
devises. La position de change peut être assimilée à un extrait du bilan de l’entreprise qui ne
prend en compte que les valeurs libellées en devises. On peut, donc, la définir comme étant la
différence entre les devises possédées ou à recevoir et les devises dues ou à livrer.
Lorsque la société a un risque de change à l’export (le montant des avoirs est supérieur au
montant des engagements), la position est dite longue dans la devise exposée. A l’inverse sur
un risque à l’import la société aura une position courte dans la devise exposée.

Les filiales du groupe AUTOHALL traitent des opérations en devises dans le cadre du
commerce international. L’exposition au risque de change, dans le cas du groupe, est alors
due aux échanges de flux en devises avec les autres partenaires commerciaux fournisseurs
étrangers)

Les fluctuations des cours de change, devises contre dirham, des principales devises utilisées
par les filiales du groupe dans ces transactions, ont une forte volatilité. Cette fluctuation des
cours de change a une répercussion immédiate sur les flux à recevoir ou à payer qu’on peut
synthétiser ainsi :

Flux à recevoir en devise Flux à payer en devise


Baisse de la devise contre Perte de change Gain de change
MAD
Hausse de la devise contre Gain de change Perte de change
MAD

Le groupe, de par la nature de son activité commerciale est exposé à un risque de change
dit de transaction qui est soit lié à l’activité commerciale de l’entreprise : il s’agit
généralement, d’achats libellées en devises à l’importation, soit lié aux opérations financières
de l’entreprise, lorsqu’elle réalise un emprunt en devises. La plus grande partie des
transactions du groupe est libellé en euro et en yen japonais et du fait de la forte volatilité de
ces deux devises ; le groupe court un risque de change très important surtout que les montants
concernés sont très significatifs. De ce fait, le groupe se doit d’identifier ces différentes
sources de risque et d’évaluer ses différentes positions de change.

Dans le point qui suit, nous essayerons de monter comment on pourrait évaluer les positions
de change du groupe.

34
3- Evaluation du risque de change du groupe AUTOHALL :

L’évaluation du risque de change passe par l’évaluation des différentes positions de change
de l’entreprise. Nous allons, dans ce point, montrer comment on pourrait évaluer les
différentes positions de change du groupe AUTOHALL.

3.1 Evaluation d’une position de change :

Pour évaluer la position de change d’une entreprise, on regroupe les avoirs et engagements
dans les mêmes devises et dont les échéances sont proches et on procède au calcul de la
différence entre les avoirs et engagements en devises. Si le calcul est effectué seulement à
partir du bilan, on obtient une position de change comptable. Si on inclut les données
prévisionnelles, on obtient une position plus opérationnelle, qui permet une politique de
change plus active.

En effet, la position de change d'une entreprise peut être définie comme un document qui
recense, par échéance et par devises, le montant des devises à recevoir et à livrer des
différents engagements de l'entreprise, ces différents engagements peuvent être inscrits au
bilan ou hors bilan.

Gérer en position de change consiste à globaliser les différents mouvements relatifs à une
devise pour ne retenir que le solde. C'est ainsi que l'on peut dire que « par position de change,
on entend les soldes en chaque devise à payer ou à recevoir pour lesquels il n'existe pas de
couverture de change et qui par conséquent, restent exposés au risque de change ».

La position de change ainsi déterminée est dite :

• Nulle ou fermée si les engagements sont égaux aux avoirs ;


• Ouverte dès qu'il y a une différence. La position est appelée « longue » s'il y a un
excédent de créances en devises et « courte » si l'excédent correspond à des dettes.

 Une entreprise en position courte par rapport à une devise, redoute la hausse de
cette devise, car, en cas de hausse, elle devrait rembourser ses dettes à un cours
supérieur à celui auquel elle a emprunté.
 Une entreprise en position longue craint une baisse de cours de cette devise car ses
créances lui seront remboursées à un cours inférieur à celui auquel elle a prêté.

Une entreprise uniquement exportatrice disposera toujours d'une position de change dite
longue, recouvrant principalement des créances sur clients. Une entreprise uniquement
importatrice, quant à elle, aura une position de change dite courte, matérialisée quasi-
exclusivement par des dettes fournisseurs.

L'objectif de la position de change est d'apprécier en permanence l'exposition au risque de


change de l'entreprise. Elle doit donner une valorisation de ce que résulte aussi bien de la
variation du cours de change que des écarts d'échéances des éléments qui la compose.

35
La position de change est construite en deux étapes :

• On collecte d'abord l'information auprès des différents services ;


• La synthèse de l'information permet de calculer les soldes exposés devise par devise.

Les éléments à retenir dépendent de l'activité et de l'organisation de l'entreprise, à chaque type


d'entreprise peut correspondre un modèle spécifique de position de change. Sans prétendre
donner une liste exhaustive, on peut identifier, à titre d'exemple, les éléments suivants :

• Les différents soldes des comptes bancaires en devises ;


• Les achats et les ventes en devises déjà comptabilisés qui seront inscrits à leur date de
règlement prévu ;
• Les commandes passées ou reçues, et les divers engagements, non encore
comptabilisés ;
• Les différentes opérations de trésorerie en devises : achats et cessions de devises,
emprunt et prêts en devises ;
• Les opérations financières réalisées avec les filiales à l'étranger, prêts et emprunts,
versement de capital ou rapatriement de dividendes.

Nous noterons que ces différents éléments proviennent de sources d'informations dispersées
dans l'entreprise. La construction de la position de change nécessite une bonne circulation des
informations et de nombreuses communications entre les différents services de l'entreprise.

La position de change est un instrument de gestion du risque de change. Le trésorier doit


retenir et classer les éléments en fonction de l'activité et de l'organisation des entreprises.

Les cours à prendre en compte pour valoriser les opérations déterminant la position de change
peuvent être les suivants :

• Le cours du jour de l'entrée en risque de change (ordre, commande, facture par


exemple) ;
• Le cours à terme ;
• Le cours de prêt ou de l'emprunt en devise.

La position de change doit répondre à trois critères :

• Elle doit être fiable : toutes les modifications y sont intégrées dans les plus brefs
délais ;
• Elle doit être claire : facile à lire et à mettre à jour ;
• Elle doit être actualisée : il doit s'agir d'un calcul quotidien.

36
3.2 Illustration de la position de change d’AUTOHALL

L’évaluation de la position de change de transaction du groupe AUTOHALL s’effectue,


comme pour toute autre entreprise, en deux étapes :

• Etude du montant net des flux entrants ou sortants de trésorerie dans chaque devise
• Détermination du risque global pour chaque devise.

La position de change du groupe, de par la nature de son activité, a une position de change
courte, il a plus d’engagements en devises que d’avoirs, sa position dépend donc de :

• Ses comptes fournisseurs et comptes rattachés en devises.


• Des dettes contractées en devises

On doit aussi tenir compte des engagements hors bilan tels que

• Les commandes passées en devises et non encore facturées ;


• Les devises ayant fait l’objet de couvertures sur le marché à terme,

Pour bien gérer sa position de trésorerie, le responsable trésorerie du groupe collabore avec la
division d’achat et la division règlements fournisseurs de chaque filiale du groupe pour avoir
le maximum d’informations concernant leur dépenses en devises réelles et prévisionnelles.
Chaque filiale du groupe a sa propre position de change selon les délais négociés avec les
fournisseurs,
Après la synthèse de ces informations, on obtiendrait une position de change consolidée du
groupe, pour une date donnée, comme retracée dans le tableau ci-dessous :

37
Janvier Février Mars
EUR USD JPY EUR USD JPY EUR USD JPY
Position de change
initiale (I)

AVOIRS :

- Ventes de
devises
(Ristournes
fournisseurs,
export)

Total des Avoirs :


(II)
ENGAGEMENTS :

- Dettes
fournisseurs
- Dettes
financières
- Achats à terme

Total des
Engagements :
(III)

Position de
change finale :
(I+II-III)

La position de change du groupe est qualifiée de position courte, ses engagements dépassent
largement ses avoirs en devises ; cette situation présente un risque qui doit être quantifié afin
de prendre les dispositions nécessaires pour y faire face.

L’idéal pour le groupe, serait de maintenir à toute date une position de change nulle ou au
moins proche de zéro ce qui se traduirait par un risque de change nul. Pour avoir une position
de change nulle il suffirait par exemple d’opérer sur le marché de change en achetant des
devises à terme.

38
4- La gestion actuelle du risque de change du groupe AUTOHALL

Pour bien gérer son risque de change toute entreprise doit bien déterminer sa position de
change, comme nous l’avons présenté précédemment la position consolidée du groupe
AUTOHALL est négative, ce qui l’expose à toute variation des cours de devises, et face à
cette position la direction générale du groupe opte pour la stratégie de ne pas de se couvrir
sauf pour la devise nipponne pour laquelle le groupe contracte des couvertures à terme pour
une durée de 3 à 6 mois.

Le tableau ci-dessous décrit la position de change des filiales du groupe ainsi que leurs
stratégies face au risque de change ;

Sens de la Principale Stratégie de


Société position de devise de gestion du Observations
change transaction risque de
change
SCAMA EUR Achat au La filiale subit le
comptant marché. Sa marge
commerciale
influencée par le
cours de change
SOMMA EUR Achat au La filiale subit le
comptant marché.sa marge
commerciale
influencée par le
Négative cours de change
SOBERMA EUR Achat au La filiale subit le
comptant marché. Sa marge
commerciale
influencée par le
cours de change
AHVI YEN Achat au La société subit
comptant+ partiellement les
couverture à évolutions du
terme marché.
Le seul produit de
couverture autorisé
par l’OC pour la
devise JPY est la
couverture à terme
DM YEN Couverture à Couverture à terme
terme dès dès passation de la
passation de la commande, maturité
commande. 3 à 6 mois.

39
On peut clairement conclure que la stratégie actuelle de gestion du risque de change du
groupe AUTOHALL présente plusieurs anomalies :

1. Pas de couverture pour les achats en EURO qui représente 60% des
engagements en devises,
2. Couverture à terme en YEN pour une longue durée, la devise nipponne est très
volatile sur le marché, prendre des CAT pour des échéances très éloignées ne
fait qu’augmenter le risque ;
3. Aucun moyen interne de prévision des cours de change n’est mis en place ;
4. Le groupe ne profite pas des avantages des divers produits de couverture qui
sont offert par les salles de marché ;

Nous recommandons donc au groupe de revoir sa stratégie de gestion du risque de change,


dans la deuxième partie nous apportons notre proposition.

40
Partie II : Proposition d’une nouvelle stratégie pour une gestion
efficace du Risque de Change du groupe AUTOHALL :

Après la définition de sa position de change, le groupe doit déterminer ses propres seuils de
tolérance face au risque de change et donc définir une stratégie claire à suive. Les trois
possibilités qui s'offrent au groupe sont les suivantes :

1. La non-couverture du risque : cette alternative peut être adoptée dans l'hypothèse où le


groupe traite avec des devises stables, ou face à un flux de devises non significatif.
Dans certains cas aussi où se protéger contre le risque de change peut coûter tellement
cher que la protection n'en vaut pas la peine. Ne pas se couvrir contre le risque de
change est bien évidemment l'attitude la plus déconseillée ; cette stratégie peut être
adoptée par les différentes filiales du groupe pour le dollar (USD) qui représente
moins de 10% des engagements en devises du groupe.

2. La couverture systématique : elle consiste à se couvrir automatiquement dès


qu'apparaît un engagement en devises. Cette attitude est conseillée lorsqu’-on est face
à des devises volatiles tel que le JPY ou l’Euro, de même, si les opérations envisagées
sont de montants très élevés. Dans ce cas, les méthodes de couverture telles que la
couverture à terme, les options sont possibles à mettre en place si le groupe souhaite
se couvrir contre le risque de change, cependant chaque filiale du groupe doit bien
gérer et suivre sa position de change.

3. La couverture sélective : dans ce cas, le trésorier du groupe doit décider en


concertation avec le staff d'une méthodologie qui déterminera quand il couvrira ou pas
le risque de change. Cette politique suppose l'application de critères de sélection qui
correspondent à un niveau d'acceptation du risque ainsi qu'à une anticipation sur
l'évolution des cours de change.

41
Chapitre 1 : Les instruments de gestion du risque de change à mettre en place :

La couverture de risque de change consiste à réduire ou à annuler le risque lié à la position de


change de l'entreprise en utilisant des méthodes internes ou en transférant le risque à des
organismes externes (banques et assurances).

Compte tenu de son activité et de sa position de change nous verrons dans ce chapitre les
techniques internes pouvant être adoptées par le groupe AUTOHALL, ainsi que les
techniques et instruments externes de couverture du risque de change offert par les salles de
marchés aux importateurs marocains.

Dans cette nous n’allons pas lister tous les instruments qui existent mais uniquement ceux que
nous avons jugé les plus adaptés au cas de l’entreprise AUTOHALL

5- Les techniques internes :

L’entreprise peut adopter des approches différentes lorsqu’elle est confronté au risque de
change : elle peut choisir de ne pas se couvrir (ce qui est le cas de AUTOHALL
actuellement), se couvrir de façon sélective ou de se couvrir sur toutes les opérations.
Cependant, ne pas se couvrir expose l’entreprise à un risque de perte d’argent et ne peut, sauf
exception, constituer une approche normale pour gérer le risque de change.

Les techniques internes de couverture se sont perfectionnées au cours de ces dernières années
de façon à répondre aux besoins des entreprises. Plusieurs techniques internes permettent
d’agir sur la position de change les mieux adaptées au cas du groupe AUTOHALL se
présentent comme suit : le choix de la monnaie de facturation, le termaillage, et les clauses
d’indexation dans les contrats ;

1.1 Choix de la monnaie de facturation

La monnaie de facturation est la devise dans laquelle sera libellé le contrat d'achat ou de
vente international. Les parties au contrat, qui ont la liberté de choisir cette monnaie de
facturation, peuvent choisir une devise plutôt qu'une autre afin de minimiser le risque de
change. Deux possibilités s'offrent à elle ; Choisir la monnaie nationale ou une autre devise ;

Pour éviter le risque de change, quelques entreprises choisissent de libeller leurs exportations
en monnaie nationale et essaient d’obtenir de leurs fournisseurs étrangers le règlement de
leurs factures dans leur monnaie nationale. Dans ce cas, une entreprise exportatrice marocaine
saura précisément quelle somme elle recevra en dirhams et l’entreprise importatrice
marocaine connaîtra exactement à l’avance quelle somme en dirhams elle aura à payer. Ce
qui n’est pas la situation, lorsqu’on facture ou on est facturé dans une autre devise autre que
la monnaie nationale ; car dans ce cas les cours de change fluctuent, et par suite la somme à
payer ou à recevoir en dirhams n’est pas connue avec précision.

Pour diminuer le risque de change les entreprises peuvent aussi changer leur monnaie d’achat
habituelle en une autre monnaie moins volatile et donc réduire le risque de change. Ainsi le
groupe peut par exemple régler son fournisseur japonais en EURO ou Dollar au lieu du YEN
et donc changer le risque vers une devise moins volatile ;

42
Ci-dessous les avantages et les inconvénients de cette technique ;

Utilisation de la monnaie Utilisation d’une autre


nationale devise
- Montant à payer ou à - Les financements en
recevoir connu au devise à taux attractif
moment de la sont possibles,
facturation - Plus de pouvoir de
- Risque de change négociation
Les avantages inexistant - Utilisation du produit
- Facilité au niveau de couverture le plus
comptable, les adéquat,
opérations avec
l’étranger sont en
monnaie nationale
- L’entreprise évite une
réduction potentielle
de sa marge

- Le risque de change - la facturation en


est transféré à l’autre devise apporte une
partie, ce qui peut lourdeur comptable,
bouleverser le rapport - l’entreprise supporte
de force dans la le risque d’une autre
négociation, devise,
Les inconvénients - Perte potentielle en - une politique de
cas d’évolution gestion du risque de
favorable de la change doit être mise
monnaie étrangère, en place,

1.2 Le termaillage

Le termaillage consiste à accélérer ou retarder les encaissements ou les décaissements des


devises selon l'évolution anticipée de ces devises. Cette technique vise donc à faire varier les
termes paiements afin de profiter de l'évolution favorable des cours.

Les situations suivantes peuvent se présenter :

43
• si l'importateur se trouve face à une tendance à l'appréciation de la devise du contrat
d'achat, il sera tenté d'anticiper son règlement. Au contraire, si l'importateur se trouve
face à une tendance à la dépréciation de la devise du contrat d'achat, il tentera de
retarder son règlement de manière à pouvoir bénéficier d'un cours futur plus
avantageux.

• si l'exportateur anticipe une appréciation de la devise de facturation, il tentera de


retarder l'encaissement de sa créance pour bénéficier d'un cours futur plus avantageux.
A l'inverse, si l'exportateur anticipe une dépréciation de la devise de facturation, il
tentera d'accélérer l'encaissement de sa créance pour bénéficier du cours actuel plus
avantageux ;

Le tableau ci-dessous mentionne les principales décisions à prendre, compte tenu de la


tendance de la devise :

Importations Exportations
La devise s’apprécie Accélérer le paiement Retarder le paiement
La devise de déprécie Retarder le paiement Accélérer le paiement

La technique du termaillage reste une solution difficile à mettre en place car le gain d’une
partie représente une perte pour l’autre part. De plus, le termaillage présente des limites qui
sont liées au niveau de la trésorerie, accélérer les règlements augmente les besoins de
financement de l'entreprise.

1.3 Les clauses d'indexation

Les clauses d'indexation rédigées dans les contrats d'achat ou de vente internationale visent à
prévoir contractuellement les modalités de partage du risque de change de transaction entre
l'acheteur et le vendeur, dans l'hypothèse où une variation du cours de change de la devise
choisie par les parties interviendrait.

Fruits de négociations, il n'existe pas de clauses d'indexation que l'on pourrait qualifier de «
types ». De manière non-exhaustive, nous vous fournissons certains exemples de modalités
selon lesquelles celles-ci peuvent être formulées.

• Clause d'indexation « tunnel » : l'entreprise peut introduire un tunnel, présentant un


cours minimum et maximum à l'intérieur desquels le cours de la monnaie de
facturation peut fluctuer sans aucune incidence sur le prix des marchandises. Si les
variations de cours de change dépassent ces limites, le prix est revu à la hausse ou à la
baisse selon les modalités prévues dans la clause.

• Clause de risque partagé : la clause de risque partagé fait supporter aux deux parties
une part du risque de change. Le contrat prévoit, par exemple, qu'une partie de la
variation de cours intervenant entre la date de facturation et la date de paiement sera

44
partagée par l'exportateur à concurrence de la moitié, l'importateur supportant l'autre
moitié.

Le contenu des techniques internes est souvent difficile à mettre en place car ce type de
solutions nécessite un grand pouvoir de négociation de l’importateur, il est donc conseillé
d’opter pour les techniques externes du marché.

6- Les techniques externes :

Les techniques externes de couverture adoptées par les entreprises marocaines pour limiter le
risque de change sont plus utilisées que les techniques internes. Certaines de ces techniques
externes se sont surtout développées au cours des dernières années, comme les couvertures
sur les marchés d’options de change et des swaps de devises. Pour chaque type de couverture
nous essayerons de voir sa définition, son mécanisme de fonctionnement et ses apports et
limites.

2.1 Couvertures à terme :

a) Principe

La couverture sur le marché à terme est une des techniques les plus utilisée par les entreprises
étant donnée sa simplicité d'emploi. La couverture à terme se fonde sur un échange d'une
devise contre une autre, sur la base d'un cours comptant fixé avec livraison réciproque à une
date convenue. Deux opérations sont possibles : l'achat à terme (couverture des importations)
et la vente à terme (couverture des exportations).

Le change à terme permet de fixer aujourd'hui un cours d'achat ou de vente de devises pour
une échéance future. L'importateur, pour se couvrir contre le risque de change lié à
l'appréciation éventuelle d'une devise, achète à terme les devises correspondant au montant de
sa dette. Il connaît ainsi avec précision le montant en monnaie nationale qu'il devra payer.
L'exportateur, quant à lui pour se couvrir contre le risque de change lié à la dépréciation
éventuelle d'une devise, vend à terme à sa banque le montant de sa créance. Il fixe ainsi de
façon précise le montant de monnaie nationale qu'il recevra à l'échéance.

La technique de couverture à terme permet de connaître à l'avance le cours auquel le banquier,


d'une part, achètera la devise à l'exportateur au moment de l'échéance et, d'autre part, vendra
la devise à l'importateur au moment de l'échéance. Il est important de noter que ces contrats
sont fermes et que l'exportateur ou l'importateur ne peuvent bénéficier d'une évolution
favorable ultérieure de la devise.

Si le cours à terme d’une devise est supérieur (respectivement inférieur) à son cours au
comptant (spot), la devise est en report (respectivement en déport). On appelle report
(respectivement déport) la différence positive (respectivement négative) entre le cours à
terme et le cours au comptant.

45
b) Mécanismes de fonctionnement des CAT :

Afin d’illustrer le fonctionnement du change à terme, on traitera le cas de l’achat à terme de


devises.

Prenons le cas d’une entreprise importatrice marocaine, comme AUTOHALL, qui doit régler
son fournisseur japonais en JPY dans 6 mois. Craignant une appréciation du JPY d’ici la, elle
achète aujourd’hui auprès de sa banque cette somme à cette échéance à un cours fixé.

Le risque de change est alors transféré sur la banque qui décaissera les JPY à échéance. Pour
se couvrir, celle ci réalise 4 opérations :

1. Elle emprunte la somme en MAD à 6 mois au taux


2. prêteur MAD t sur le marché monétaire ;

2. Elle convertit le jour même au cours comptant les MAD contre JPY ;

3. Elle place les JPY obtenus au taux JPY t sur le marché monétaire japonais à 6 mois ;

4. A échéance, la banque remet à JPY contre MAD et remboursera ainsi son emprunt.

Le cours à terme JPY/MAD est donc la résultante de ces 4 opérations. Il dépend, alors, de
trois paramètres à savoir le cours au comptant le jour de la négociation, la durée de la
couverture et le différentiel entre les taux d’intérêts des deux devises sur la période à couvrir.

Ce qui nous donne la formule de calcul suivante :

(௧ ெ஺஽ି௧஽ா௏)∗௡/ଷ଺଴
ܿ‫ ݏݎݑ݋‬à ‫( ∗ ݐ݊ܽݐ݌݉݋ܿ ݏݎݑ݋ܿ = )ܶܣܥ (݁݉ݎ݁ݐ‬ ೙ + 1)
ଵା(௧ ஽ா௏∗ )
యలబ

Dans le cas ou la date d’échéance ne coïncide pas avec la date de règlement de l’opération
d’importation ou d’exportation, il est possible de modifier la durée d’un contrat de change à
terme :

•En avançant l’échéance : cette événement correspond à la levée anticipée du change à terme ;

A chaque levée, les points de SWAPS sont calculés sur une durée allant de la date de départ à
la date de tirage. On tient compte bien évidement des règles de marché qui imposent de
donner ses instructions 2 jours ouvrés avant le règlement effectif des devises. L'entreprise
gère donc le disponible à sa guise avec comme seule contrainte l'obligation de lever la totalité
au plus tard à la date d'échéance

• En reportant ou prorogeant l’échéance : cet événement est appelé prorogation (ou report) du
change à terme.

Cependant, ces modifications peuvent générer selon l’évolution du marché des gains ou des
pertes.

46
Parmi les contrats à terme qui sont offert par les banques marocaines on trouve ;

- Contrat à terme amélioré, la seule différence avec le terme classique c’est


qu’on ne peut pas faire de levées avant l’échéance, contre une amélioration du
cours par rapport au cours du CAT classique,

- Le FLEXI terme, c’est un contrat pour le quelle l’échéance n’est pas maitrisée
elle reste ouverte sur une période, ainsi on peut exécuter à tout moment l’achat
au sein de la période de flexibilité au même cours.

c) Apports et limites des CAT :

Cette solution permet à l’importateur (respectivement l’exportateur) de se prémunir


efficacement contre le risque de change en figeant son niveau de d’achat (de cession) des
devises à échéances. Une telle couverture présente l’avantage de neutraliser le risque de
change mais reste une couverture rigide dans le sens ou elle ne permet de profiter
d’éventuelles évolutions favorables de la devise. L’utilisateur de cette couverture subit alors
une perte d’opportunité.

Avantages Inconvénients
• Le cours est garanti et connu dès la • Le cours garanti n’est pas négociable
couverture, • Impossible de profiter d’une
• Maitrise du prix de revient avant évolution favorable du cours
échéance,
• Maitrise des flux prévisionnels
• Cette technique ne nécessite aucun
suivi
• Souplesse d’utilisation, possibilité
d’avancer ou de reculer la livraison
des devises

2.2 SWAP de devises :

Le terme "swap" est un terme issu de l’anglais qui signifie "échange", "troc". Il peut être
utilisé pour désigner tout type d'échange entre personnes. Cependant, depuis que Salomon
Brothers a procédé au premier swap entre IBM et la Banque Mondiale (en août 1981), le
terme swap est utilisé comme un terme générique pour désigner un échange de privilèges
entre deux entreprises ; celui-ci se réalise souvent par le biais de flux de trésorerie.

Les swaps sont des produits qui se sont développés exclusivement sur le marché hors-bourse.
Ils sont en général mis en place par le biais d'un intermédiaire (la banque). La finalité
recherchée par les parties à une convention de swap est la couverture des risques liés à
l'instabilité des cours ainsi que l'amélioration financière d'une opération.

Il existe quatre principaux types de swaps : les swaps de taux, les swaps de devises, les swaps
de matières premières et les swaps de titres. Dans ce qui suit nous étudierons les swaps de
devises.

47
a) Principe :

Un swap de devises est une opération par laquelle deux contreparties s’engagent, à échanger
suivant un échéancier préétabli, des conditions de taux d’intérêt portant sur des montants
nominaux équivalents, fixés au départ et exprimés dans deux devises différentes.

Les swaps de devises ou swap de devises croisés (cross currency swaps) donne lieu à :

• Des échanges d’intérêts ;


• Un échange des montants nominaux de même contre valeur au début et/ou à la fin de
l’opération au cours de change fixé dans le swap

Par analogie, les swaps de devises avec échange initial de capital peuvent être assimilés du
point de vue de la trésorerie, à des transactions par lesquelles l’une des contreparties :

• Emprunte à l’autre contrepartie un certain montant dans une devise A sur une période
donnée à un taux d’intérêt spécifique ;
• Et lui prête sur la même période un certain montant dans une devise B à un taux
d’intérêt spécifique.

Ces instruments s’adressent à des contreparties qui souhaitent échanger des conditions de taux
dans une devise contre des conditions de taux dans une autre devise. En concluant un swap,
elle peuvent gérer le risque lié à une opération libellé dans une devise étrangère, bénéficier de
conditions financières plus avantageuses que celles auxquelles elles ont accès dans une
certaine devise, ou encore couvrir partiellement ou totalement les risque de taux d’intérêts et
de change liés à une transaction internationale.

b) Mécanismes de fonctionnement des SWAPS de devises:

Pour illustrer le mécanisme des swaps de devises, prenons l'exemple suivant :

Soit une entreprise Marocaine qui contracte un emprunt d'une valeur de EUR 1.000.000 pour
une durée de 4 ans et avec un taux de 4 % l'an. Ainsi, elle doit verser EUR 40.000 d'intérêts
chaque année.

Pour se couvrir contre le risque de hausse de l'Euro, la Société doit effectuer des couvertures
séparées pour chacun des montants des intérêts en plus du capital.

Au lieu d'opérer sur le marché à terme, la société peut swapper son endettement en Euro avec
sa banque en MAD au taux de 5 % l'an. Sachant que le cours spot EUR/MAD = 11 le contrat
de swap va comporter trois engagements :

1- Echange du principal au cours spot donc EUR 1.000.000 contre MAD 11.000.000 ;
2- Echanges des intérêts, ainsi à chaque échéance convenue, la société marocaine verse
des intérêts en MAD à sa banque, et la banque marocaine règle les intérêts en Euro à
la banque étrangère.

48
3- Remboursement du capital à l'échéance : la Société marocaine rembourse à sa banque
le principal en MAD qui, à son tour, rembourse en Euro (supposons que cela se fait au
taux spot original).

En une seule opération, la Société marocaine a pu couvrir son risque de change en intérêts et
en capital.

Le swap de devise est à la fois un instrument de gestion de trésorerie et de couverture des


risques de change et de taux d'intérêt. Les motivations de son utilisation sont multiples :

• Couverture des opérations de change à terme ;


• Couverture du risque de change commercial ;
• Couverture du risque de change financier ;
• Recherche des financements les moins coûteux.

c) les apports et limites des swaps de devises :

Les swaps de devises comportent aussi bien des avantages que des inconvénients :

Les avantages des swaps de devises :

- Grande souplesse du contrat qui répond aux besoins spécifiques des contractants ;
- Coût apparent nul ;
- Offrent la couverture à la fois du risque de change et du risque de taux (swap de
devises);
- Offrent la possibilité de gérer le risque de change à long terme ;
- Opération inscrite en hors bilan (limitation des engagements).
- Permettent d'arbitrer différents marchés.

Les inconvénients des swaps de devises :

- Le risque de contrepartie reste toujours présent (pour les intérêts) ;


- Nécessité d'un suivi ;
- Complexité d'une gestion dynamique cumulant des swaps de devises ;
- Permettent le transfert d'un risque de change vers un risque de taux d'intérêt ;
- Présence du risque de change sur les intérêts.

2.3 Options de devises :

a) Principe :

L'option de change est un instrument particulièrement adapté à la couverture des risques


certains mais également et surtout aux risques incertains.

L'option de change est un contrat entre deux parties par lequel l'une accorde à l'autre le droit
(mais non l'obligation) de lui acheter (option d'achat) ou de lui vendre (option de vente) un
montant de devises, moyennant le versement d'une prime (le prix de l'option). L'achat (ou la
vente) du montant en devises se fait à un cours déterminé à l’avance (prix d'exercice) durant

49
une période (période d'exercice pour les options dites américaines), ou à une date précise
(date d'exercice pour les options dites européennes).

b) Les mécanismes de fonctionnement des options de change

Le type de droit attaché à l’option, la date ou la période d’exercice, le prix de l’exercice, le


montant et la prime sont cinq caractéristiques permettant d’identifier un contrat d’option.

• Le droit Attaché à l’option :

Pour ce qui concerne le droit attaché à l’option, on distingue l’option d’achat (call) et l’option
de vente (put).

• Le type d’option :

L’option autorisée par BAM est dite « européenne » elle ne peut être exercée qu’à la date
d’échéance.

• Le prix d’exercice :

Le prix d’exercice est dans le cas de l’option de devises le cours de change avec lequel
s’effectuera la transaction au cas où l’option est exercée.

L’option est dite :

- Dans la monnaie (in the money) si le prix d’exercice immédiat de l’option est plus
avantageux que le cours de la devise observé sur le marché ;
- Hors monnaie (out of the money) si le prix d’exercice est moins avantageux que le
cours de la devise au comptant ;
- A la monnaie (at the money) si le cours de la devise est égal au prix d’exercice.

• Le montant de l’option :

C’est le montant à couvrir, les devises autorisées sont ; EURO et USD.

• La prime ou prix de l’option :

La prime de l’option est le montant payé par l’acheteur de l’option et encaissée par le
vendeur de celle-ci. Cette prime est généralement fixée en pourcentage du montant de
l’option.

• L’échéance de l’option :

L’échéance de l’option fait l’objet d’une libre négociation entre l’acheteur et le vendeur. Il est
à signaler que les échéances des options de devises sont très courtes et rarement supérieures à
une année ou 6 mois.

50
c) Les stratégies de bases des options de change :

Il existe deux positions de bases sur les options si on est importateur ou exportateur : l’achat
d’un call (option d’achat), l’achat d’un put (option de vente). Nous appellerons K le prix
d’exercice, C (en % du montant du call) le prix du Call et P (en % du montant du Put) celui du
Put. Dans ce qui suit, nous présenterons chacune de ces positions.

1) Achat d’un call de devises

L’acheteur d’une option d’achat de devises acquiert le droit-et non l’obligation- d’acheter un
certain montant de devises à un certain prix K, à une date définie moyennant le versement
immédiat d’une prime C au vendeur de l’option. Soit Se le cours de change de la devise à
échéance. Le tableau suivant montre quand il faut exercer ou ne pas exercer l’option d’achat,
la valeur de l’option d’achat ainsi que le profit dégagé ;

Situation Se < K Se > K


Action Ne pas exercer l’option Exercer l’option d’achat
d’achat
Valeur 0 Se - K
Profit -C Se-K-C

Exemple :

Supposons l’achat d’une option d’achat, caractérisée ainsi :

• Option d’achat d’Euro/MAD;

• Prix d’exercice : K=10 MAD ;

• Prime : C=2% du montant de l’option;

• Montant : 1 000 000 EURO ;

• Durée : 3 mois ;

• Le cours au comptant est de 10 MAD.

La prime à verser par l’acheteur par euro est égale à : C = 0.02×10 MAD= 0.2 MAD.

La prime totale à verser est alors de : 1 000 000×0.2 MAD = 20 000 MAD. Le point mort de
cette option (le cours d’euro pour lequel notre profit en exerçant l’option d’achat est nul), est
celui correspondant à un cours de 10 MAD+0.2 MAD= 10.2 MAD.

L’acheteur de l’option devra alors exercer son option si le cours d’achat de l’euro au comptant
est supérieur à 10.2 MAD. Si le cours d’achat de l’euro est inférieur à 10.2 MAD, l’acheteur
de l’option ne l’exercera pas et réalisera ainsi une perte égale au montant de la prime payée,
soit 20 000 MAD. La figure suivante illustre cette option

51
2) Achat d’un put de devises :

L’acheteur d’une option de vente de devises acquiert le droit et non l’obligation de vendre un
certain montant de devises à un certain cours K (Prix d’exercice), à une date définie,
moyennant le paiement d’une prime P au vendeur de l’option de vente.

Soit Se le cours de change de la devise à échéance. Le tableau suivant montre quand il faut
exercer ou ne pas exercer l’option de vente, la valeur de l’option d’achat ainsi que le profit
dégagé ;

Se < K Se>K
Action Exercer l’option de vente Ne pas exercer l’option
Valeur K-Se 0
Profit K-Se-P -P

Exemple :

Supposons l’achat d’une option de vente européenne, caractérisée ainsi :

• Option de vente de USD/MAD;

• Prix d’exercice : K=11 MAD ;

• Prime : P=2% ;

• Montant : 1 000 000 USD ;

• Durée : 3 mois ;

• Le cours au comptant est de 10 MAD.

La prime à verser par l’acheteur par dollar est égale à : P=0.02×10 MAD= 0.2 MAD.

52
La prime totale à verser est alors de : 1 000 000×0.2 MAD = 20 000 MAD. Le point mort de
cette option (le cours de dollar pour lequel notre profit en exerçant l’option de vente est nul),
est celui correspondant à un cours de 11 MAD-0.2 MAD= 10.98 MAD.

L’acheteur de l’option devra alors exercer son option si le cours de vente, à échéance, du
dollar au comptant est inférieur à 10.98 MAD. Si le cours de vente du dollar est supérieur à
11.2 MAD, l’acheteur de l’option ne l’exercera pas et réalisera ainsi une perte égale au
montant de la prime payée, soit 20 000 MAD. La figure suivante illustre cette option.

Parmi les options qui sont offert par les banques marocaines on trouve ;

- L’option TUNNEL ZERO COST, qui permet de se couvrir contre une évolution
défavorable du prix de la devise tout en vous laissant la possibilité de profiter d’une
évolution favorable mais d’amplitude limitée, l’avantage de ce type d’option c’est
qu’elle est gratuite (pas de prime),

- L’option FORWARD EXTRA, c’est une option qui se transforme en contrat à terme si
la devise couverte touche à n’importe quel moment avant la maturité un niveau défini
à l’avance, c’est une option gratuite et offre la possibilité de profiter de l’évolution de
la devise tant qu’elle ne touche pas le seuil.

d) Les apports et limites des options de change

• Apports :

L’option de change est un instrument très souple d’utilisation puisqu’il permet de garantir un
cours minimum de vente ou maximum d’achat, tout en donnant la possibilité de profiter d’une
évolution favorable du cours de la devise : une hausse lorsqu’on est vendeur de devises ou
d’une baisse lorsque ’on est acheteur de devises.

53
• Limites

Les options de change présentent toutefois quelques limites :

• Elles sont d’un montant très élevé

• Elles sont plus coûteuses qu’une couverture à terme ;

• Leurs échéances sont courtes, rarement supérieur à 6 mois ou une année ;

• Lorsque l’entreprise a recouru à l’achat d’une option, elle doit surveiller l’évolution des
cours de change pour mieux gérer son risque de change, alors que l’achat ou la vente à terme
des devises est une opération simple et définitive.

Chapitre 2 : Proposition d’une réorganisation interne de la gestion du risque de


change

1- Choix et simulations des stratégies de couverture du risque de change :

Pour faire face au risque de change, vers quel type de couverture le groupe AUTOHALL doit
se tourner ?

Reprenons les avantages et inconvénients des différentes techniques de couverture on pourra


de la sorte détecter quelle technique sera la plus appropriée pour chaque société du groupe en
fonction de la nature du risque de change encouru dans les transactions et de l'attitude face au
risque de chaque directeur d’entreprise. Il est important de noter que la majorité des
techniques externes de couverture est adaptée aux offres ou commandes de montants
importants étant donné leur coût. Pour les offres de faibles valeurs, on peut privilégier les
techniques de couverture internes encore choisir de ne pas vous couvrir.

1.1 Les différentes actions de couverture du risque de change

Compte tenu de la nature de l’activité du groupe et compte tenu du volume de ses


engagements en devises, trois types d’actions de couverture peuvent être entreprises en
fonction de l’objectif recherché par la direction générale du groupe :

1. Fixer un cours d’achat ;


2. Se protéger contre une évolution défavorable du cours de change ;
3. Modifier la position de change soumise au risque.

Le tableau suivant récapitule ces trois types d’actions de couverture :

54
Action de couverture L’objectif recherché Produit de couverture à
utiliser
Fixer le cours pour une Couverture à terme ; c’est
Fixer opération d’importation, pour le produit qui permet de figer
maitriser le coût de revient. le cours d’une opération
future.
Eviter une évolution Option de change ; une
défavorable du marché, tout option d’achat protège le
en profitant d’une évolution groupe contre une hausse des
Se protéger favorable. cours de EUR et USD qu’il
peut exercer ou abandonner
selon l’évolution du marché.

Modifier les caractéristiques SWAPS de devises ;


de la position de change, échanger une dette en devise
Modifier contre une dette en une autre
devise.

1.2 Choix des couvertures du risque de change ;

La stratégie de couverture que nous proposons au groupe de suivre pour se couvrir contre le
risque de change dépend des paramètres suivants :

- La nature des flux à couvrir ; des flux certains


- Le type de devise ; EURO, USD et JPY
- L’anticipation sur les cours de change ; une hausse des cours ; une baisse ; pas de
visibilité
- L’action de couverture adoptée par la direction générale : Fixer, se protéger ou
modifier.
- Seuils de couverture ; on suggère au groupe de ne pas couvrir que les montants qui
sont supérieur à 500 000.00 MAD

Dans ce qui suit, nous présenterons sous forme de tableaux les différentes stratégies de
couverture pouvant être adoptées par type de devise ; pour chaque devise nous donnerons la
nature d’anticipation et l’action de couverture désirée ainsi que l’instrument à utiliser.

Devise Nature Action de objectif Produit de


d’anticipation couverture couverture
Fixer Fixer un cours Couverture à
Hausse ou d’achat terme
manque de Modifier le risque SWAPS de
JPY visibilité JPY/MAD par une devises
autre devise plus
Modifier stable EUR pas
exemple
Baisse Fixer Garantir un cours Couverture à
d’achat terme

55
Nature Action de Produit de
Devise d’anticipation couverture Objectif couverture Observations
souhaitée
Fixer le cours Couverture à Instrument
Fixer d’achat terme ferme, pas de
prime
Fixer un Option d’achat Contre une
cours tout en prime en
Se protéger profitant fonction du
Hausse d’une baisse montant acheté
Modifier le SWAPS de Instrument
risque d’une devises ferme qui
Modifier devise par comprend un
une autre risque de taux
plus stable
Couverture à Instrument
terme ferme,

EUR Fixer un une option Instrument


Baisse Fixer cours d’achat d’achat qui se flexible, et
transforme en prime réduite à
Et CAT si le payer ;
cours atteint
un niveau
USD Fixer un Couverture à Instrument
Fixer cours d’achat terme ferme et gratuit

Se couvrir Option tunnel Fixation d’une


contre une zéro cost borne inférieure
évolution et borne
défavorable supérieure Pas
Pas de du cours et de prime
visibilité Se protéger profiter d’une
évolution
favorable
d’amplitude
limitée
Recherche SWAPS de Instrument de
d’une devise devises couverture
qui présente ferme pas de
Modifier un caractère gain
stable ou un d’opportunité
potentiel de
baisse

56
1.3 Simulation des stratégies de couverture du risque de change d’AUTOHALL :

Dans cette partie nous allons illustrer via des exemples les stratégies de couverture du risque
de change proposées au groupe AUTOHALL, et nous allons mesurer les résultats si ces
stratégies ont été adoptées par le groupe.

a) Simulation d’option d’achat EUR/MAD:

a-1) Données de la simulation:

Le 24/06/2013 une filiale du groupe avait une dette de 9 000 000,00 EUR envers son
fournisseur, pour échéance le 27/09/2013, le cours de l’EUR en spot le 24/ 06/2013, était de
11,1650. Malgré l’importance de ce montant, la direction à décider de ne pas se couvrir contre
le risque de change EUR /MAD et attendre l’échéance pour acheter les EUR en spot.

Le cours le l’euro en spot le 27/09/2013 était de 11,2412

a-2) Stratégie proposée :

Le trésorier du groupe suivait la tendance de EUR/MAD (ci-dessous l’évolution EUR/MAD)


et le 09/07/2013, il a consulté une des salles de marché des banques de la place pour une
option d’achat ;

La meilleure offre était la suivante : option d’achat à 11,1231 avec une prime de 1%.

a-3) Calculs et résultats :

• Stratégie de ne pas se couvrir : la filiale à régler son fournisseur le 27/09/2013 avec


un cours de 11,2412 soit : (9 000 000 * 11,2412) = 101 170 800MAD.
• Stratégie d’option d’achat : (9 000 000* 11,1231)*1,01= 101 108 979 MAD
• Gain : 101 170 800 – 101 108 979 = 61 821 MAD

Si la stratégie d’option d’achat avait été adoptée par cette filiale, elle aurait réglée son
fournisseur avec un cours EUR/MAD de 11,1231 au lieu de 11,2412 contre bien sur une
prime de 1% pour la banque marocaine.

Courbe EUR/MAD

EUR/MAD
11,3000

11,2500

11,2000

11,1500 EUR/MAD

11,1000

11,0500
26-juin-13 26-juil.-13 26-août-13 26-sept.-13

57
b) Simulation couverture à terme EUR/ MAD :

b-1) Données de la simulation :

Le 29/07/2013, suite à une opération d’importation, une autre filiale du groupe AUTOHALL
avait une dette de 6 000 000 EUR envers son fournisseur pour échéance 30/09/2013.

Le 29/07/2013, Le cours spot EUR/MAD était de 11,1480

Le 30/09/2013, Le cours spot EUR/MAD était de 11,2380

b-2) Stratégie proposée :

Le trésorier du groupe avait jugé qu’il est important de se couvrir contre le risque de change
EUR/ MAD surtout que la tendance de l’EUR était haussière, afin de figer le cours de cette
opération, le 29/07/2013, il a consulté le marché pour une couverture à terme ; la meilleure
cotation qu’il a pu obtenir était avec un cours de 11,1790.

La direction de cette filiale a décidé de ne pas couvrir ce montant, et d’attendre l’échéance


pour l’acheté au comptant.

b-3) Calculs et résultats :

• Stratégie de ne pas se couvrir : la filiale a réglé son fournisseur avec un cours de


11,2380 soit (6 000 000 * 11,2380) = 67 428 000 MAD
• Stratégie couverture à terme : la filiale aurait réglée son fournisseur avec un cours de
11,1790 soit (6 000 000* 11,1790) = 67 074 000 MAD
• GAIN : 67 428 000 – 67 074 000 = 354 000 MAD

Si la filiale avait opté pour la stratégie de couverture à terme elle aurait figé son cours d’achat
à un cours très intéressant 11,1790 et aurait réalisé une économie de 354 000 MAD, sans
payer de prime.

c) Simulation couverture à terme YEN :

c-1) Données de la simulation :

Le 05/03/2013 une filiale du groupe AUTOHALL a passé une commande de 180 000 000
JPY, à cette date le cours spot 100JPY/MAD est de 9,1731 ; vu la volatilité de cette devise et
son impacte sur les prix de vente, la direction de cette filiale a décidé de figer le cours de
chaque importation en JPY dès passation de la commande via des couvertures à terme.

Le trésorier du groupe a donc consulté les banques de la place pour une couverture à terme
pour les 180 000 000,00 JPY échéance 27/06/2013.

Le cours de la couverture à terme était fixé à 9,5900

Le 27/06/2013 le cours spot était de 8,7128

58
c-2) Stratégie proposée ;

Etant donné que la couverture via des options du risque de change 100JPY/MAD n’est pas
autorisée par BANK AL MAGHRIB, le seul produit que cette filiale peut contracter pour
figer le cours de ses importations en JPY est la couverture à terme ;

Vu l’instabilité de la devise nipponne nous recommandons donc à cette filiale ;

• De contracter des couvertures à terme partielles ; c'est-à-dire ne pas couvrir la totalité


de ses importations pour pouvoir bénéficier d’une évolution du marché si le cours 100
JPY/MAD baisse ;

• Réduire la durée des CAT, c'est-à-dire éviter de prendre des couvertures à terme dès la
commande, et suivre la tendance du 100JPY/MAD pour pouvoir fixer le cours à un
niveau intéressant par rapport à la valeur cible.

c-3) Calculs et résultats :

• A terme du contrat la filiale a réglé la commande de 180 000 000 JPY avec un cours
de 9,5900 soit un décaissement de 17 262 000 MAD,

• Le cours spot à l’échéance était de 8,7128 ; via cette stratégie la filiale a donc réalisé
une perte de 1 578 960 MAD,

• Si la filiale avait opté pour une couverture partielle, et suivre la tendance de cette
devise sur le marché, elle aurait fixé le cours à un niveau plus intéressant et donc
réduire le niveau de cette perte.

Courbe 100 JPY /MAD

100 YEN/MAD
9,6000
9,4000
9,2000
9,0000
8,8000
8,6000
8,4000
100 YEN/MAD
8,2000
8,0000
7,8000

59
2- Réorganisation de la gestion du risque de change :

Il est bien évidemment impossible de pouvoir gérer, correctement, le risque de change


si on n’arrive pas tout d’abord à l’identifier. Et pour ce faire il faut disposer au préalable
d’informations justes et fiables sur les positions de change, et donc les flux entrants et sortants
qu’ils soient réels, ou futurs. Le service de trésorerie aura donc pour rôle d’organiser, de
rechercher et de stocker l’information relative aux flux et à toute opération pouvant générer
une exposition au risque de change.

La collecte de l’information relative à l’exposition au risque de change est plus difficile


à réaliser que celle concernant le risque de taux par exemple. Dans le cas du risque de taux,
les postes exposés sont principalement à caractère financier et donc contrôlé par la trésorerie.
Cependant, pour le risque de change il est principalement lié à des flux d'achats gérés par la
direction logistique, il faut donc collecter ces informations issues de cette direction .Une fois
ces informations rassemblés, il faut disposer d’un outil manuel ou informatique permettant de
n’en oublier aucune et facilitant la synthèse et la prise de décision. Un outil informatique
serait le plus approprié dans le cas du groupe AUTOHALL, vu la masse importante
d’informations à traiter et à mettre à jour.

La société doit également bien définir sa politique de gestion du risque, en mettant en


place des procédures de gestion du risque de change ainsi qu’un système de contrôle qui veille
à l’exécution de ces procédures.

2.1 Choix d’une politique de gestion du risque de change :

La politique de la gestion du risque de change de AUTOHALL pourra être élaborée par la


structure chargée de la gestion du risque de change, mais au préalable elle devra être validée,
acceptée et adoptée par la direction générale.

A notre sens pour éviter tout chevauchement et pour un meilleur rendement futur, la structure
doit être construite en concertation par la direction générale et la structure chargée de la
gestion du risque de change, mais la direction doit déléguer l'autorité nécessaire pour sa
gestion quotidienne du risque de change à une entité, afin d'être certain que les risques seront
bien gérés.

Ainsi en fonction de l'environnement international et financier, la direction générale devra


réviser de façon périodique la politique de l'entreprise en matière de gestion du risque de
change, afin de l'adapter au quotidien à ces objectifs assignés. Un contrôle à posteriori devra
être fait à des périodes prédéfinies au moment de la mise en place et de la conception de la
politique de gestion de risque de change.

2.2 Un système d’information et collecte de données :

La gestion des risques de l'entreprise et du risque de change en particulier ,exige de


l'entreprise ,une collecte de volumes importants d'information en interne comme en externe
afin de mieux identifier les enjeux .Une bonne gestion du risque de change requiert au
préalable la mise en place d'un bon système de collecte d'information, la définition de la
stratégie, le choix des instruments, le suivi et l'évaluation finale des informations et le
traitement de toutes ces informations à caractère financier .

60
La collecte mais surtout la transmission et le traitement occupent aujourd'hui une place de
choix pour toutes les entreprises qui participent au commerce mondial.

a) Informations internes

Au plan interne il est obligatoire de recenser toutes les opérations aptes à générer un risque de
change à court et moyen terme, dans le but de cerner le coût de cette non couverture .Il est
aussi obligatoire d'évaluer toutes les pertes financières dues au risque de change, une
comparaison dans le temps s'impose, pour évaluer année par année l'évolution ou la
diminution des flux financiers .Les informations internes sont les premiers éléments sur
lesquels l'entreprise peut se fonder pour mettre en œuvre une bonne stratégie de gestion de
risque de change.

b) Informations externes

En plus des informations internes disponibles sur lesquelles l'entreprise peut se fonder, la
collecte d'information sur l'environnement global de l'entreprise mais aussi l'environnement
financier instable conditionne aussi la mise en œuvre d'une structure efficace d'une unité de
gestion de risque de change .Le besoin de connaître l'état actuel du marché de change dans
son ensemble doit intéresser AUTOHALL et ses responsables, le besoin de connaître les
tendances actuelles et futures et anticiper si possible doit être une marque caractérisant les
responsables .Les informations sur les cours de l’EUR ,USD et JPY doivent être collectées de
façon systématique par la trésorerie et un historique sur une longue période doit être
disponible, le suivi de l’évolution du marché des changes grâce aux services de la banque
(lettres quotidienne sur les marchés), à la presse et surtout à l’accès aux réseaux
d’informations financières comme Reuters.

Une analyse de l'état des marchés de change, doit constituer un élément important du
reporting. En effet une meilleure maîtrise de l'état des différents marchés qui
intéressent AUTOHALL dans le cadre de ses activités internationales doit permettre à la
direction financière de mieux anticiper les évolutions et orienter ses actions en conséquence.

Toutes les décisions stratégiques doivent résulter de la prise en compte des informations
internes comme externes .Toutes les analyses doivent exister dans les documents de
l'entreprise et doivent être consultables à tout moment pour les besoins de la cause, ils doivent
surtout être mis à jour pour mieux anticiper l'évolution des cours.

2.3 Mise en place d'une unité de gestion du risque de change.

L'importance des pertes de change observées du fait des fluctuations fréquentes du cours du
JPY essentiellement, plaide en faveur une mise en place rapide d'une unité chargée de la
gestion du risque de change au sein du groupe. Cette mise en place devrait s'accompagner
d'une réorganisation de la trésorerie qui doit s'acquitter de cette mission.

Cette gestion nécessite à notre sens des mesures susceptibles de bien prendre en charge les
enjeux futurs et actuels.

Nous proposons une série de mesures en vue d'améliorer la gestion du risque de change et, in
fine l'amélioration de la rentabilité de la firme.

61
a) Politique appropriée de gestion du risque de change

Afin de mieux faire face aux défis des fluctuations des cotations de change, il nous semble
nécessaire que la direction générale s'assure que son orientation stratégique en matière de
gestion du risque de change sera bien prise en compte par les responsables opérationnels.

Pour permettre aux responsables de gestion du risque de change de travailler dans les
conditions optimales, la direction doit aller plus loin en définissant un cadre précis de
référence dans leur mission, surtout l'optique à court et moyen terme au niveau des
importations.

b) Les moyens humains et matériels pour une politique appropriée

L'unité de gestion du risque de change et le service trésorerie qui l'abritera, devront avoir à
leur disposition les ressources humaines en quantité et en qualité, les ressources matérielles
adéquates pour mener à bien leur mission de gestion de risque de change.

- Les moyens humains.

AUTOHALL doit s'assurer que l'unité de gestion de risque de change dispose des
compétences confirmées pour bien mener sa mission.

- Les outils informatiques.

L'entreprise pourra investir dans certains logiciels, pour bien mener sa mission et optimiser
ses opérations sur le marché, un outil informatique adapté pourrait permettre à l'entreprise de
connaître les meilleurs coûts.

c) Mise en place des procédures et système de contrôle :

La gestion du risque de change nécessite la définition de procédures claires, mais surtout un


contrôle efficace car celle-ci peut-être elle-même source de risque.

Pour éviter les risques qui peuvent être occasionnés par l'utilisation des instruments de
couverture du risque de change, il s'avère indispensable de mettre en place à travers un
manuel de procédures, les règles claires afin d'éviter toute surprise.

Ces procédures de gestion de risque de change vont guider l'action de l'unité de gestion du
risque de change, et elles pourront aussi bien concerner le choix des banques, les montants, le
choix des instruments et le reporting.

Pour veiller à la bonne tenue et aux respects des règles édictées par la direction générale, il est
alors impérieux de réaliser de façon régulière un contrôle des opérations de change .La
mission de l'unité de gestion de risque de change et la fixation des règles claires faciliteront
considérablement le contrôle sur les opérations de marché, et permettront de savoir
la conformité ou non par rapport aux normes prescrites.

62
CONCLUSION

Les années soixante dix ont constitué le point de départ des grandes perturbations
économiques, monétaires, tant au niveau macroéconomique qu'au niveau microéconomique.
Ces perturbations ont été durement ressenties à travers les échanges internationaux initiés par
les différents agents économiques, mais aussi à travers l'organisation globale du système
financier et bancaire international.

L'abandon du système de change fixe, la globalisation économique et financière, sont parmi


les perturbations économiques qui ont favorisé l'accélération des fluctuations sur les taux de
change, les taux d'intérêt, et les cours des produits de base.

Ce phénomène s’est traduit dans les entreprises, par une fragilité accrue de l'équilibre
financier et de la rentabilité, et par une forte exposition au risque de change ce qui a
développé chez eux des réflexes pour se couvrir efficacement afin de garantir leur rentabilité,
voire la pérennité de leur entreprise.

Ce besoin de couverture a rendu nécessaire la création par les marchés d'instruments


financiers intéressants et variés, qui peuvent dorénavant permettre aux entreprises et agents
économiques de gérer de façon un peu plus efficace les risques qu'ils encourent.

La possibilité offerte aux entreprises de disposer de ces instruments avec les avantages et
inconvénients de chaque type d'instrument facilite de nos jours la mise en place de stratégies
efficaces de gestion de risque de change, et même de l'ensemble des risques financiers.

AUTOHALL qui jusque là était restée en retrait par rapport à ces instruments aptes à
minimiser le risque sur ces opérations internationales dispose donc d'opportunités
intéressantes pour gérer le risque de change. L'acuité des problèmes de change sur les
transactions internationales et l'inexpérience de AUTOHALL dans ce domaine plaide pour la
mise en place d'une unité de gestion de risque de change avec des objectifs modestes dans un
premier temps.

Aujourd'hui plus que jamais, aucune entreprise soumise au risque de change ne doit rester en
manque de structure apte à gérer les risques financiers avec en première place le risque de
change.

Ne pas mettre en place une structure pour gérer un risque, aussi petit soit-il, c'est faire le pari
d'un plus grand risque à l'avenir.

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BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages :

 Finance Internationale Philipe d'Arvisenet Editon Dunod, 2004

 Gestion Financière Internationale Patrice Fontaine édition Dalloz 1997

 Techniques Financières Internationales Yves Simon Economica 5ème édition


1993

 Corporate Finance Aswath Damodaran 2ème édition, collection John Wiley & Song,

 Gestion du risque de change Pierre Fontaine, 1997 Collection Dalloz

 Le Risque de Change et Gestion de la Trésorerie Internationale Bernard Marois,


Olivier L. Seigneur, édition n°2 collection Dunod entreprise

Sites Web:

 www.gecodia.fr
 www.forexagone.com
 www.professeurforex.com
 www.memoireonline.com
 www.tribuforex.fr
 www.bkam.ma
 www.oc.gov.ma

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