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MP1 - Mars 2017 ESSTHS

[ Chapitre 11 : Série numériques [

Biographie : Jean Le Rond D’Alembert né le 16 novembre


1717 à Paris où il est mort le 29 octobre 1783, est un
mathématicien, physicien, philosophe et encyclopédiste
français. Il est célèbre pour avoir dirigé l’Encyclopédie
avec Denis Diderot jusqu’en 1757 et pour ses recherches
en mathématiques sur les équations différentielles et les
dérivées partielles. Dans le Traité de dynamique, il énonce
le théorème de d’Alembert (aussi connu sous théorème
de Gauss-d’Alembert) qui dit que tout polynôme de de-
gré n à coefficients complexes possède exactement n ra-
cines dans C (non nécessairement distinctes, il faut te-
nir compte du nombre de fois qu’une racine est répétée).
Ce théorème ne sera démontré qu’au XIXe siècle par Carl
Friedrich Gauss, qui localise plusieurs failles dans une dé-
monstration proposée par d’Alembert. Louis de Broglie
présente ce théorème ainsi : « On lui doit le théorème
fondamental qui porte son nom et qui nous apprend que
toute équation algébrique admet au moins une solution
réelle ou imaginaire ».

Tout au long de ce chapitre, le corps des nombres réels est noté R et celui des nombres complexes est noté C. Par
ailleurs, K désignera soit R, soit C. Enfin, on dira d’une suite à valeurs dans K qu’elle est une suite numérique.

1 Généralités

1.1 Définitions

Définition 1.1.1

Soit (u n )n∈N une suite à valeurs dans K. La série (numérique) de terme général u n , notée
X
u n , est la suite
(S n )n∈N , où
n
∀ n ∈ N, S n =
X
uk .
k=0

Dans ce contexte, pour tout entier naturel n, on ditXque S n est la n-ème somme partielle (ou la somme
partielle d’indice n, ou encore d’ordre n) de la série u n .

Anis Rajhi 1 http://rajmaths.over-blog.com/


Remarque 1.1.

– Ainsi, une série n’est autre qu’une suite dont le terme général est la somme des premiers termes d’une autre suite.
– Il arrive qu’une suite (u n ) ne soit définie qu’à partir d’un rang n 0 . La série de terme général u n est alors (S n )nÊn0 avec
n
X
Sn = uk .
k=n 0

Définition 1.1.2

X
Soit (u n ) une suite numérique. On dit que la série u n est convergente (ou qu’elle converge) si la suite
(S n ) des sommes partielles est convergente ; on dira qu’elle est divergente (ou qu’elle
X diverge) sinon.
Lorsque la série de terme général u n est convergente, on appelle somme de la série u n la limite des
+∞
X
sommes partielles. On note u k la somme, c’est-à-dire
k=0

+∞
X n
X
u k = lim uk .
n→+∞
k=0 k=0

Étudier la nature d’une série c’est déterminer si elle converge ou non.

X 1
Exemple 1.1. La série est convergente. En effet, pour tout entier naturel n
2n+1
n
X 1 1
Sn = = 1− .
k=0 2k+1 2n+1

¡ 1 ¢
La suite géométrique étant convergente, de limite nulle, la suite (S n ) est convergente, et
2n+1
+∞
X 1
= 1.
k=0 2k+1

Remarque 1.2.
X
• Il est important de remarquer que la notation u n désigne une suite (celle des sommes partielles) et que la notation
+∞
X
u n désigne une limite, la somme de la série.
n=0

+∞
X
• Puisque u n désigne une limite, il est impératif de justifier la convergence de la série pour pouvoir utiliser et ma-
n=0
nipuler cette notation.

• Comme dans le cas des suites, les premiers termes d’une série n’ont pas d’influence sur sa nature, ie. sur sa convergence
ou sur sa divergence. Ils affectent en revanche la valeur de sa somme lorsqu’elle est convergente.

Théorème 1.1.3 (Série géométrique)

Soit q ∈ C. La série q n , dite série géométrique de raison q, est convergente si et seulement si |q| < 1. En
X

outre, dans ce cas :

+∞ 1
qn =
X
.
n=0 1−q

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Démonstration. Pour tout n ∈ N,  n+1
n  1−q
X k si q 6= 1
q =
k=0
 1−q
n +1 si q = 1.
Le résultat découle donc de nos connaissances sur la limite de la suite géométrique (q n )n∈N .

Définition 1.1.4

X X
Soit u n une série convergente. Pour tout entier naturel n, le reste d’ordre n de la série u n est défini
par,

+∞
∀ n ∈ N, R n =
X
uk .
k=n+1

Remarque 1.3. Il est clair que le reste d’ordre n d’une série convergente est bien défini.

Proposition 1.1.5

X
Soit u n une série convergente de somme S. On note, pour tout entier naturel n, S n et R n respectivement
la somme partielle et le reste d’ordre n. Alors
1) pour tout entier naturel n, S = S n + R n .
2) lim R n = 0.
n→+∞

Démonstration. Immédiate.

1.2 Lien suite-série

Théorème 1.2.1

X
Soit (u n )n∈N une suite numérique. La suite (u n )n∈N et la série (u n+1 − u n ) ont même nature.

n−1
Démonstration. Pour tout n ∈ N, par simplification télescopique :
X
(u k+1 − u k ) = u n − u 0 .
k=0

X 1 X
Exemple 1.2. La série ln(1 + ) est divergente. En effet, la suite (ln n)nÊ1 diverge et donc la série (ln(n + 1) − ln n)
n
également.

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1.3 Premières propriétés

Le résultat suivant, bien que très simple, donne une très importante condition nécessaire de convergence.

Théorème 1.3.1

X
Soit (u n ) une suite numérique. Si la série u n est convergente, alors lim u n = 0.
n→+∞

Démonstration. Puisque la suite des sommes partielles (S n ) est convergente, de limite S,

lim S n − S n−1 = S − S = 0 = lim u n .


n→+∞ n→+∞

Remarque 1.4.
– Attention ! la réciproque est fausse. Voir le contre exemple de la X série harmonique ci-dessous.
– Lorsque la suite (u n ) ne tend pas vers zéro, on dit que la série u n est grossièrement divergente ou qu’elle diverge
grossièrement.
X1
Exemple 1.3 (Série harmonique). La série est divergente.
n
Xn 1
Première démonstration : On raisonne par l’absurde. Notons pour tout entier naturel n non nul, S n = . Pour tout
k=1 k

n ∈ N , on a
X2n 1 X2n 1 1
S 2n − S n = Ê = .
k=n+1 k k=n+1 2n 2
Si la série harmonique converge, de somme S, on aurait par passage à la limite dans les inégalités,
1
lim (S 2n − S n ) = S − S Ê ,
n→+∞ 2
ce qui est absurde.
Deuxième démonstration : On sait que pour tout réel x > −1, ln(1 + x) É x (découle de la concavité de la fonction qui à
x associe ln(1 + x)). Ainsi, pour tout entier naturel non nul
¡ 1¢ 1
ln(n + 1) − ln(n) = ln 1 + É .
n n
Il s’ensuit que pour tout entier naturel non nul n,
n
X Xn 1
ln(n + 1) = (ln(k + 1) − ln(k)) É .
k=1 k=1 k
n
X 1 X1
Ainsi, lim = +∞ et la série est divergente.
k=1 k n
n→+∞

Proposition 1.3.2

L’ensemble E des suites (u n )n∈N à valeurs dans K telles que la série u n soit convergente est un K-espace
X

vectoriel pour les lois usuelles.


De plus, pour toutes les suites (u n )n∈N et (v n )n∈N d’éléments de E et pour tout scalaire λ ∈ K,

+∞ +∞ +∞ +∞ +∞
(λu n ) = λ
X X X X X
(1) (u n + v n ) = un + v n et (2) un .
n=0 n=0 n=0 n=0 n=0

+∞
X
c’est-à-dire, l’application (u n )n∈N 7−→ u n , définie sur E, est linéaire.
n=0

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Démonstration. Montrons que E est sous-espace vectoriel de KN (KN est le K-espace vectoriel des suites à valeurs
dans K). Il est clair que la série de terme général nul est convergente et donc la suite nulle est un élément de E. Soit
(u n )n∈N et (v n )n∈N deux éléments de E et λ ∈ K. Alors pour tout entier naturel n
n n n
(u k + λv k ) = uk + λ
X X X
(†) v k ).
k=1 k=1 k=1

Par linéarité de la convergence, le terme de droite dans l’égalité précédente ayant une limite, la suite de terme général
n
(u k + λv k ) est convergente, ainsi l’ensemble E est stable par combinaisins linéaire. Les relations (1) et (2) sont
X
k=1
obtenues par passage à la limite dans (†).

Exercice 1.1 (Série harmonique alternée).


1) Montrer que pour tout entier naturel non nul n

n (−1)k−1 Z 1 n
t
+ (−1)n
X
ln 2 = dt.
k=1 k 0 1+t

2) En déduire que
+∞
X (−1)k+1
= ln 2.
k=1 k

Solution.
1) Pour tout entier naturel non nul n et pour tout t ∈ [0, 1], la formule exprimant la somme des n − 1 premiers
termes d’une suite géométrique donne
n 1 − (−t )n
(−t )k−1 =
X
k=1 1+t
En intégrant, on obtient

n (−1)k−1 n Z 1 Z 1
1 − (−t )n
Z 1 n
t
(−1)k−1 t k−1 d t = d t = ln 2 − (−1)n
X X
= dt.
k=1 k k 0 0 1 + t 0 1 +t

La relation demandée en découle.


1 tn 1
Z
2) Il suffit de démontrer que lim d t = 0. Or, pour tout t ∈ [0, 1], 0 É É 1 et donc par croissance
n→+∞ 0 1+t 1+t
de l’intégarle
1 tn 1 1
Z Z
0É dt É tn dt = .
0 1+t 0 n +1
On conclut alors facilement. Î

1.4 Séries de Riemann

Théorème 1.4.1 (Séries de Riemann)

X 1
Soit α ∈ R. La série , qu’on appele série de Riemann, converge si et seulement si α > 1.

X 1 1
Démonstration. Si α É 0, la série diverge grossièrement puisque lim α 6= 0. Nous supposerons désormais
nα n→+∞ n
1
que α > 0. La fonction t 7−→ est dans ce cas continue et décroissante sur ]0, +∞[, donc pour tout k ∈ N∗ et pour

tout t ∈ [k, k + 1],
1 1 1
α
É α É α,
(k + 1) t k

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puis par croissance de l’intégrale
1
Z k+1 dt 1
É É .
(k + 1)α k t α kα
• cas où α ∈]0, 1[ : Pour tout n ∈ N∗ ,
n Z
X k+1 dt X n 1

α
É α
,
k=1 k t k=1 k
or
n Z k+1 dt n+1 d t (n + 1)1−α − 1
X Z
= = ,
k=1 k tα 1 tα 1−α
1−α
(n + 1) −1 X 1
donc comme 1 − α > 0, −→ +∞ et donc par minoration la série diverge.
1 −∗α n→+∞ nα
• cas où α = 1 : Pour tout n ∈ N ,
Xn Z k+1 d t Z n+1
dt Xn 1

α
= = ln(n + 1) É ,
k=1 k t 1 t k=1 k
X1
donc par minoration la série diverge.
n
n 1
• cas où α > 1 : Pour tout n ∈ N∗ , en posons S n =
X
α
,
k=1 k

n+1
X 1 Xn 1 1
α
− α
= Ê 0,
k=1 k k=1 k (n + 1)α

donc la suite (S n )n∈N est croissante. Pour montrer qu’elle converge, d’après le théorème de la limite monotone, il nous
reste à montrer qu’elle est majorée. Or c’est le cas car pour tout n ∈ N∗ , sachant que α − 1 > 0

Xn 1 n−1
X 1 n−1
X Z k+1 d t Z n
dt 1 1 1
α
= 1 + α
É 1 + α
= 1 + α
= 1+ − α−1
É 1+ .
k=1 k k=1 (k + 1) k=1 k t 1 t α − 1 (α − 1)n α−1

2 Série à termes positifs

Théorème 2.0.2 (Théorème de la limite monotone pour les séries à termes positifs)

Soit (u n )n∈N ∈ RN une suite à termes positif. Alors la série


X
u n converge si et seulement si elle est majorée.

n
³X ´
Démonstration. La suite des sommes partielles uk est croissante car pour pour tout n ∈ N,
n∈N
k=0

n+1
X n
X
uk − u k = u n+1 Ê 0.
k=0 k=0

Elle converge donc en effet si et seulement si elle est majorée d’après le théorème de la limite monotone.

Théorème 2.0.3 (Comparaison par des inégalités)

Soient (u n )n∈N ∈ RN , (v n )n∈N ∈ RN . On suppose que pour tout n ∈ N, 0 É u n É v n .


X X
1) Si la série v n converge, la série u n converge.
X X
2) Si la série u n diverge, la série v n diverge.

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n n
Démonstration. Pour tout n ∈ N,
X X
uk É vk .
k=0 k=0
X X
1) Si la série v n converge, la série u n est majorée, donc converge d’après le théorème précd́ent.
X
2) Si la série u n diverge, alors d’après le théorème de la limite monotone pour les séries à termes positifs

n
X n
X
lim u k = +∞ et donc lim v k = +∞
n→+∞ n→+∞
k=0 k=0
X
par minoration, ce qui implique que la série v n diverge.

Exemple 2.1.
1
converge. En effet, pour tout n ∈ N∗ ,
X
• La série
n 2 (2 + sin n)
1 1
0É É ,
n 2 (2 + sin n) n2
X 1 X 1
donc comme la série 2
converge, la série 2
converge aussi.
n n (2 + sin n)

X e cos n
• La série p diverge. En effet, pour tout n ∈ N∗ ,
n

1 e cos n
0É p É p ,
e n n

X 1 X e cos n
donc comme la série p diverge, la série p diverge aussi.
n n

Théorème 2.0.4 (Comparaison par des inégalités)

Soient (u n )n∈N ∈ RN , (v n )n∈N ∈ X


RN ∈ RN X
deux suites à termes positifs.
Si u n ∼ v n , alors les séries u n et v n ont même nature.
n→+∞

X
Démonstration. La Xrelation d’équivalence sur les suites étant symétrique, il nous suffit de montrer que si la série v n
converge, la série u n converge aussi. Or par hypothèse u n /v n −→ 1, donc |u n /v n | < 2 à partir d’un certain rang,
X n→+∞ X
ou encore 0 É u n É 2v n . Par comparaison du coup, si la série v n converge, la série u n converge aussi.
X 1
Exemple 2.2. La série p converge. En effet, cette série est à termes positifs et
n 2 (n + n)

1 1
p ∼ .
n 2 (n + n) n→+∞ n3
X 1 X 1
Comme la série de Riemann 3
converge, c’est aussi le cas de la série 2
p .
n n (n + n)

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3 Convergence absolue et série alternées

3.1 Convergence absolue

Définition 3.1.1

N
X ∈ C . On dit que la série
X
Soit (u n )n∈N u n est absolument convergente ou qu’elle converge absolument
si la série |u n | converge.

X (−1)n X 1
Exemple 3.1. La série converge absolument car la série de Riemann converge.
n2 n2

Théorème 3.1.2 (La convergence absolue implique la convergence)

Soit (u n )n∈N ∈ CN . Si la série


X
u n converge absolument alors elle converge.

Démonstration. Commençons dabord par introduire quelques notions qui nous seront utiles dans la suite. Pour tout
réel x, on pose x + = max(0, x) et x − = max(0, −x). Le réel x + est appelé la partie positive de x et x − est appelé sa partie
négative. On vérifie que pour tout réel x, |x| = x + + x − et x = x + − x − .

Traitons d’abord le cas des suites réelles, le cas des suites complexes en général en découlera. Soit (u n )n∈N une suite
réelle. Comme pour tout n ∈ N,
0 É u n+ É |u n | et 0 É u n− É |u n |,
des inégalités montre que les séries u n+ et u n− convergent toutes les deux. Par
X X
le théorème de comparaison X par
différence, la série u n = (u n+ − u n− ) converge à son tour.
X

Traitons maintenant le cas des suites complexes. Soit (u n )n∈N une suite complexe. Comme pour tout n ∈ N,

0 É | Re(u n )| É |u n | et 0 É | Im(u n )| É |u n |,
X X
le théorème de comparaison X par des inégalités
X montre que les séries | Re(u n )| et | Im(u n )| convergent toutes les
deux,
X donc
X que les séries Re(u n ) et Im(u n ) convergent d’après le premier point. Par somme, a fortiori, la série
u n = (Re(u n ) + i Im(u n )) converge.
p
X (−1)b nc
Exemple 3.2. La série converge. En effet il nous suffit de montrer que cette série converge absolument, c’est-
n2 + 1
X 1
à-dire que la série converge. Or c’est le cas d’après le théorème de comparaison par des inégalités puisque pour
n2 + 1
1 1 X 1
tout n ∈ N∗ , 0 É 2 É 2 et la série de Riemann converge.
n +1 n n2
Remarque 3.1. Attention, la réciproque du théorème précédent est fausse. Une série peut converger sans converger
X (−1)n
absolument. C’est le cas de la série .
n

Définition 3.1.3 (Semi-convergence)

Soit (u n )n∈N ∈ CN . On dit que la série


X
u n est semi-convergente si elle est convergente mais pas absolu-
ment convergente.

Anis Rajhi 8 http://rajmaths.over-blog.com/


3.2 Comparaison par des grands O

Théorème 3.2.1 (Comparaison par des grands O)

Soient (u n )n∈N ∈ CN et (v n )n∈N ∈ RN . On suppose que :


1) la suite (v n )n∈N est à termes positifs,
2) u n = O(v n ),
n→+∞
X
3) la série v n converge.
X
Alors la série u n converge absolument et donc converge.

Démonstration. Par hypothèse, il existe un rang N et un réel K > 0 tels que pour tout n Ê N , 0 É |u n | É K |v n |, ce qui
nous ramène simplement au théorème de comparaison par des inégalités.
X e cos n e cos n ¡ 1 ¢
Exemple 3.3. La série converge. En effet, = O .
n3 − n n3 − n n→+∞ n3
Remarque 3.2.

• Rappelons que si u n = o(v n ), alors u n = O(v n ). Le théorème de comparaison par des grands O est ainsi sou-
n→+∞ n→+∞
vent utilisé avec des petits o sans qu’on prenne la peine de revenir à des grands O.

X 1
• En particulier, comme la série de Riemann converge pour tout α > 1, il est courant qu’on utilise la forme

suivante du théorème de comparaison par des grands O :

Si lim n α u n = 0 pour un certain α > 1, alors la série


X
u n converge absolument donc converge.
n→+∞

3.3 Règle de d’Alembert

Théorème 3.3.1 (Règle de d’Alembert)

Soient (u n )n∈N ∈ CN . On suppose que :


¯u ¯
¯ n+1 ¯ X
i) Si lim ¯ ¯ < 1, la série u n converge absolument et donc converge.
n→+∞ u n
¯u ¯
¯ n+1 ¯ X
ii) Si lim ¯ ¯ < 1, la série u n converge absolument et donc converge.
n→+∞ u n

Démonstration. Admis.
X n4 n4
Exemple 3.4. La série converge d’après la règle de d’Alembert puisque, si l’on pose pour tout n ∈ N, u n = , alors
3n 3n
u n+1 1 ¡ 1 ¢4 1
= 1+ −→ .
un 3 n n→+∞ 3

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3.4 Série alternée

Définition 3.4.1 (Série alternée)

(−1)n u n avec (u n )n∈N une suite réelle de signe constant.


X
On appelle série alternée toute série de le forme

X (−1)n X (−1)n e −n
Exemple 3.5. Les séries et sont alternées.
n n2 + 1

Théorème 3.4.2 (Théorème des séries alternées)

Soit (u n )n∈N ∈ RN . Si la suite (u n )n∈N est décroissante de limite nulle, alors la série alternée (−1)n u n
X

converge.

n
Démonstration. Idée de la démonstration : posons, pour tout n ∈ N, S n = (−1)k a k . On montre que les suites
X
k=0
(S 2n )n∈N et (S 2n+1 )n∈N sont adjacentes, et donc que la suite (S n )n∈N converge d’après le théorème des suites ex-
traites.

Théorème 3.4.3 (Séries de Riemann alternées)

X (−1)n
Soit α ∈ R. La série , qu’on appelle série de Riemann alternée, converge si et seulement si α > 0.

X (−1)n
Démonstration. Si α É 0, la série diverge grossièrement. Si au contraire α > 0, la suite 1/n α nÊ1 est décrois-
¡ ¢
nα n
X (−1)
sante de limite nulle, donc la série converge d’après le théorème des séries alternées.

X (−1)n ³ (−1)n ´
Exemple 3.6. La série p diverge. En effet, la monotonie de le suite p ne semble pas simple
n + (−1)n n + (−1)n nÊ2
à étudier, le théorème des séries alternées ne sera donc pas utile directement. On rappel que
1
= 1 − u + u 2 + o(u 2 ) = 1 − u + O(u 2 ).
1 + u u→0 u→0

On a
(−1)n (−1)n 1 (−1)n ³ (−1)n ¡ 1 ¢´ (−1)n 1 ¡ 1 ¢
p = p × n = p 1− p +O = p − +O 3 .
n + (−1)n n 1 + (−1)
p
n
n→+∞ n n n n→+∞ n n n2
X (−1)n X 1
Or la série de Riemann alternée p converge et la série de Riemann 3
aussi, andis que la série harmonique
n n2
X1 X (−1) n
diverge, donc par somme la série p diverge.
n n + (−1)n

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