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Comment caractériser la terre à construire?


La terre est composée de différents éléments ayant chacun des effets sur le
comportement du matériau. En particulier, les argiles et l’eau forment ensemble le
liant de la terre. Elles ont un rôle prépondérant sur les caractéristiques du matériau.
Mais comment déterminer si une terre est utilisable dans la construction ? Trois
familles d’essais peuvent être utilisées pour répondre à cette question. Chacune de ces
familles possède des avantages et des limites. Elles sont donc complémentaires pour
caractériser finement la matière et les matériaux à base de terre crue.

La première famille d’essais, appelés essais de terrains, sont surtout basés sur les
sens. Le touché et la vue en priorité, mais aussi le goût, l’ouïe et l’odorat. Ainsi, pour
caractériser une terre, l’opérateur fait appel à la mémoire du corps.

Son expérience lui permet de comparer cette terre avec celles qu’il a déjà utilisé.
Une série d’essais lui permettra donc de déterminer à la fois : la composition qualitative
de la terre brute, les paramètres de mise en œuvre pour fabriquer un matériau, et
enfin les qualités du matériau fini.

Par exemple, en faisant rouler la terre dans la main, on évalue instantanément la taille
des grains et leurs proportions. En effet, une terre fine est douce au touché tandis
qu’une terre graveleuse ou sableuse est beaucoup plus rugueuse.

MOOC Construire en terre crue aujourd’hui | Séquence #3 - Module 3 - Script vidéo page 1 /3
Les artisans spécialistes de la terre crue sont donc les opérateurs les plus expérimentés
pour effectuer ces essais. En effet, ils ont l’habitude de transformer la terre en
matériau puis en élément architectural. Ils s’appuient sur leur pratique, en particulier
le processus de transformation, pour déterminer la qualité de la terre étudiée. Leurs
expériences de construction leur permettent de déterminer qualitativement les
propriétés du matériau mis en œuvre. Ils garantissent ainsi les performances du
matériau dans le bâtiment mais ne peuvent fournir de données chiffrées.

C’est donc la simplicité technique des protocoles des essais de terrain et leur rapidité
d’exécution qui justifient leur emploi sur site.

La deuxième famille d’essais, les essais de laboratoire, nécessite plus de temps et du


matériel dédié.

Ils sont basés sur des mesures quantitatives cette fois-ci, majoritairement de masses
ou de longueurs. Mais ils peuvent aussi faire intervenir des rayons X ou d’autres
techniques d’analyses minéralogiques et chimiques complexes. Comme les essais de
terrain, une série d’essais de laboratoire permet de caractériser la terre, le process
et les performances du matériau fini. Ils apportent des données chiffrées, parfois
nécessaires au contrôle et à la validation des performances attendues, dans le cas
d’utilisations non usuelles en particulier.

Par exemple, le passage d’une terre brute à travers les mailles de tamis successifs
permet de quantifier les proportions de grains en fonction de leurs tailles.

De plus, les essais de laboratoire nécessitent des connaissances scientifiques poussées


que les essais de terrain. C’est donc un frein à leur utilisation par l’ensemble des
professionnels. Et le protocole de ces essais peut influer sur les mesures obtenues.
Il est donc indispensable de définir le protocole suivi afin de pouvoir exploiter
correctement les résultats. En particulier, les mesures doivent être effectuées sur
des échantillons représentatifs de leurs utilisations dans le bâti.

Enfin, la troisième famille d’essais se fait sur chantier. Ce sont les essais faisant
consensus parmi les professionnels puisqu’ils permettent de caractériser le
matériau fini en s’affranchissant partiellement de la caractérisation fine de la matière
première. Ils sont décrits dans les guides de bonnes pratiques.

Un élément test, un mur par exemple, est systématiquement construit en conditions


et à dimensions réelles, en amont du chantier. Cet élément permet de valider une
mise en œuvre, une formulation, une esthétique et des performances tout en ayant la
liberté de faire varier certains de ces paramètres. Il pourra ensuite être gardé ou détruit
selon les résultats obtenus. Le séchage, l’homogénéité et tous les autres indicateurs
utiles sont alors analysés sur place, par un spécialiste de la terre crue, au regard de
son expérience. Des prélèvements de différents échantillons peuvent aussi permettre

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des études plus approfondies en laboratoire. À la demande du maître d’ouvrage, une
esthétique précise peut également être ainsi retenue.

Finalement, d’une part, plusieurs essais sont nécessaires pour caractériser une
terre utilisable en construction. D’autre part, pour les cas usuels, les essais de
laboratoire ne sont pas indispensables pour obtenir une construction de qualité. Et
enfin, la fabrication d’éléments tests en amont et en condition de chantier permettent
la validation des différents paramètres.

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