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Chapitre 02 2020

LES STRUCTURES D'ASSISE

Les couches d'assise contribuent à assurer, par leur nature et leur épaisseur, le bon comportement
de la voie ferrée des points de vue rigidité, tenue du nivellement et drainage. Elles comprennent
la couche de ballast et la sous-couche.
L'épaisseur et la nature des couches d'assise dépendent :

 des caractéristiques intrinsèques des sols de plate-forme (nature, portance, sensibilité à


l'eau et au gel, ...) ;
 des caractéristiques globales de la plate-forme qui dépendent non seulement des
caractéristiques des sols, mais aussi des conditions hydrogéologiques du site ;
 des conditions climatiques du site ;
 du trafic (tonnages, charges, vitesses) ;
de l'armement (profil des rails, nature et espacement des traverses, ...).
L'épaisseur de la couche de ballast doit être prise en compte lorsque l'on dimensionne la sous-
couche.
1. RÔLE DES STRUCTURES D'ASSISE

1.1 GÉNÉRALITÉS : Les diverses couches d'assise :


— répartissent sur la plateforme les charges concentrées qu'elles reçoivent des traverses,
— amortissent une part des vibrations en provenance du contact rail-roue,
— contribuent aux stabilisations longitudinales et latérales de la voie.
Elles permettent donc pour une large part d'assurer par leur nature et leur épaisseur le bon
comportement de la voie ferrée du point de vue rigidité, tenue et drainage.
1.2 LES DIFFÉRENTES COUCHES D'ASSISE
Elles comprennent (fig. 2.1) la couche de ballast, la sous-couche et la plateforme
1.2.1 - La couche de ballast :
— assure, en raison de sa granulométrie particulière, le drainage et l'évacuation rapide des eaux
zénithales,
— constitue un amortisseur de vibrations très efficace grâce à ses propriétés rhéologiques
(dissipation de l'énergie vibratoire par attrition des éléments de ballast),
— permet, au moyen du bourrage-dressage mécanisé, la rectification très rapide du nivellement
et du tracé.
La couche supérieure, dite de bourrage, dont le principal rôle est de permettre de bien caler
les traverses, doit être en matériaux anguleux ; il suffit qu'elle ait 0,15 m à 0,20 m d'épaisseur au-

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dessous de la face inférieure des traverses. Les cailloux ronds, difficiles à bourrer, doivent être
éliminés.

Fig. 2.1 - Profil en travers type des couches d’assise.

1.2.2 - La sous-couche, mono ou multi-couche, composée de matériaux grenus (sables ou graves)


bien gradués qui comporte parfois des tapis de natures diverses : feuilles étanches plastiques
(géomembranes) ou feuilles en feutre synthétique anticontaminant (géotextile).
Les rôles de la sous-couche sont multiples :
— protection de la partie supérieure de la plateforme contre l'érosion qui résulte, soit, d'une
part du poinçonnement opéré par les éléments de ballast, d'autre part, de l'action des eaux
zénithales,
— protection des plateformes contre les effets du gel,
— meilleure répartition des charges transmises, permettant d'obtenir au niveau de la partie
supérieure de la plateforme des sollicitations de valeurs admissibles, eu égard à l'indice de
portance du sol.
La sous-couche est pentée transversalement (en toit ou en pente unique) vers des dispositifs
longitudinaux d'assainissement (déblais) ou vers l'extérieur de la plateforme (remblais). La pente
transversale minimale est de l'ordre de 4 %. Dans les zones de voie à fort dévers, on peut être
amené à prévoir une pente transversale unique de la sous-couche pouvant aller jusqu'à 8 %.
La nature et l'épaisseur de la sous-couche dépendent des :
— caractéristiques du sol proprement dit (nature, indice portant, sensibilité au gel, etc.),
— caractéristiques géologiques et hydrogéologiques du site,

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— conditions climatiques.
La sous-couche comprend :
 une couche « sous-ballast » en grave propre bien graduée 0/31,5 mm comportant
au moins 30 % de concassé, et compactée à 100 % OPN. La dureté exigée est indiquée en
annexe 3. Cette couche existe dans tous les cas, même sur les plateformes rocheuses où elle sert
de couche d'égalisation et où elle contribue à réduire la raideur de l'assise,
— une couche de «fondation» en grave propre bien graduée, compactée à 100 % OPN. La
dureté exigée est indiquée en annexe 3. Cette couche permet la circulation des engins de chantiers
(la couche «sous ballast » étant mise en œuvre en fin de chantier, lorsque les travaux de terrassements
proprement dits sont tous achevés). La couche de fondation n'est pas nécessaire sur les meilleurs
sols,
— s'il y a lieu, une couche «anticontaminante», en sable propre et complétée en outre par
une feuille de feutre synthétique (géotextile).
Cependant, de telles structures ne se rencontrent qu'exceptionnellement sur les lignes
anciennes. Le plus souvent, il n'existe, entre la couche de ballast et la plateforme, qu'une « couche
intermédiaire » qui s'est formée à la longue sous forme d'un mélange plus ou moins pollué, constitué
de matériaux divers : ballast, grave, sable, scories, sol, etc.
1.2.3 La plateforme dont la partie supérieure est compactée en couche de forme, qui est
également pentée transversalement. Dans le cas d'un remblai, la couche de forme est constituée
du même matériau ou d'un matériau de qualité meilleure que le corps de remblai ; elle s'en
distingue cependant par un taux de compactage plus élevé. Dans le cas d'un déblai, la couche de
forme est obtenue en général par compactage du fond de fouille. Cependant, on peut prévoir, ici
encore, un apport de sol de meilleure qualité. Dans les deux cas, on peut également traiter la
couche de forme aux liants.

2 - CARACTÉRISTIQUES DU BALLAST

2.1 - Nature et origine


Le ballast est un granulat 25/50 (mm) provenant du concassage de roches extraites dans des
carrières de pierres dures (granit, micro-granit, diorite, microdiorite, rhyolite, porphyre,
quartzite, ophite, ballaste, grès, gneiss, etc...). Les mêmes carrières élaborent également un
granulat 10/25. (mm ) qui est employé pour la correction manuelle du nivellement des voies .
2.2 - Qualité du ballast

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La qualité du ballast est exprimée au moyen d'un coefficient dit de « Dureté globale » DRG
dont la définition est présentée en annexe 3. Ce coefficient est établi à partir de deux essais
classiques, également définis dans l'annexe :
— l’essai Deval (effectué d'une part à l'état sec, d'autre part à l'état humide), qui
caractérise la résistance à l'attrition,
— l'essai Los Angeles, qui caractérise la fragilité.
La valeur du coefficient de dureté exigé varie en fonction de la nature des traverses et en fonction
de la nature du trafic, selon tableau indiqué également en annexe 3.

3 - PROFIL DU BALLAST

La S.N.C.F. applique le profil type de la figure 2.2 sur ses lignes chargées où la plateforme est de
bonne qualité. L'épaisseur minimale eb de ballast (mesurée sous traverse à l'aplomb du rail de
la file basse) diffère selon l'intensité du trafic et le type des traverses comme indiqué dans le
tableau ci-après :

Fig. 2.2 - Profil en travers double voie.


Groupe UIC de la ligne 7 sans voya-
1.23 4.5.6.7 avec geurs 8.9
Type de traverses
voyageurs
Bois 20 cm 15 cm 10 cm
Béton 25 cm 20 cm 15 cm

Nota - Pour les voies à très grande vitesse (V > 200 km/h), l'épaisseur minimale de ballast est
de 0,30 m (exceptionnellement 0,25 m).

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Autrefois, on mettait du ballast au-dessus des traverses jusqu'au niveau du rail, en réservant
simplement un vide contre la face intérieure des rails pour le passage des boudins des roues.
Aujourd'hui, on ballaste partout à « plancher découvert », c'est-à-dire que le dessus des
traverses est apparent. Le plancher découvert est généralement sans inconvénient du point de vue
de la conservation des traverses ; cependant, dans les pays chauds et secs en été (Sud de la France),
les traverses en bois sont plus sujettes à se fendre qu'avec le plancher couvert.
L'expérience a montré que la résistance latérale de la voie aux efforts exercés par les essieux
est essentiellement due à la valeur élevée du frottement de la face inférieure de la traverse sur le
ballast. Sans aller jusqu'aux profils américains qui ne prévoient qu'une butée de 0,15 m de ballast
à l'extrémité des traverses, les profils S.N.C.F. sont dessinés avec une banquette de 0,80 m à 0,90
m suivant les lignes, ce qui correspond à des butées de 0,25m à 0,35m.
On a vu cependant qu'en longs rails soudés, le chargement des têtes de traverses avec une
certaine hauteur de ballast (0,10 m) permet d'augmenter la résistance latérale T (de la voie non
chargée) dans de plus fortes proportions qu'une surlargeur de la banquette.

4 - CALCUL DE L'ÉPAISSEUR DES STRUCTURES D'ASSISE

4.1 Le dimensionnement des structures d'assise a dû être réexaminé à l'occasion des constructions
récentes de lignes nouvelles (antennes de banlieue, ligne à très grande vitesse Paris-Sud-Est). Ce
dimensionnement doit être établi en considérant successivement les deux aspects suivants :
– le matelas «ballast + sous-couche » doit être suffisamment épais pour que les sollicitations
exercées sur le sol de la plateforme ne dépassent pas la résistance à la fatigue de ce dernier. Ce
point est examiné au paragraphe 4.2,
– le matelas «ballast + sous-couche » doit mettre « hors gel » les sols sensibles..
Pour ce qui concerne les lignes anciennes, les structures sous-dimensionnées se manifestent par
une évolution plus rapide de la dégradation du nivellement ; le remède consiste alors à augmenter
l'épaisseur de la couche de ballast.

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4.2 - dimensionnement des structures selon les caractéristiques géotechniques et


hydrogéologiques de la plateforme

4.2.1 Classes de qualité des sols


La qualité d'un sol dépend des deux paramètres ci-après :
1) la nature géotechnique du sol, à savoir essentiellement :
 dans le cas des sols meubles, la granularité et, s'il y a lieu, le pourcentage de contenu
organique,
 dans le cas des sols rocheux, la dureté et l'altérabilité.
2) les conditions hydrogéologiques et hydrologiques locales ; ces conditions, pour ce qui
concerne l'influence sur la portance des sols, sont réputées bonnes si :

 la couche supérieure du sol considéré est hors de toute nappe naturelle (niveau de cette
dernière mesuré avant toute opération de rabattement complémentaire et en période
climatique défavorable),
 la plate-forme n'est pas le siège de percolations naturelles nocives transversales,
longitudinales ou verticales,
 les eaux de pluie sont évacuées correctement de la plate-forme et les dispositifs
longitudinaux ou transversaux de drainage sont en bon état de fonctionnement.
Si l'une au moins de ces trois conditions n'est pas remplie, les conditions hydrogéologiques
et hydrologiques sont réputées mauvaises.
On distingue, selon que les conditions ci-dessus sont bonnes ou mauvaises et selon les
modalités du tableau de l’Annexe 4, les quatre classes de qualité QSi de sols ci-après :
QS0 : Sols "impropres" à la réalisation d'une plate-forme correcte et nécessitant certaines
mesures confortatives (substitution du matériau sur une certaine épaisseur, traitement
aux liants, utilisation de .géotextiles, renforcement par pieux, etc.). Pour cette raison,
ces sols ne sont pas mentionnés ici lors du dimensionnement des couches d'assise et
des couches de forme.
QS1 : Sols "médiocres" acceptables tels quels, dont on doit toujours se préoccuper du bon
drainage. Ces sols peuvent, éventuellement, être transformés en sols de meilleure
qualité par un traitement approprié (traitement aux liants, par exemple).
QS2 : Sols "moyens".
QS3 : "Bons" sols.
Le tableau de l’Annexe 4 donne une corrélation entre la classification ci-dessus et la
classification des sols couramment utilisée pour les terrassements.

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4.2.2 Classes de portance des plates-formes


La portance d'une plate-forme dépend :
1) de la qualité du sol constituant le corps de remblai ou du sol en place en fond de déblai;
2) de la qualité et de l'épaisseur de la couche de forme (lorsque cette dernière existe).
On peut distinguer, en fonction des paramètres ci-dessus les trois classes de portance de plates-
formes suivantes :
 P1 : plate-forme médiocre
 P2 : plate-forme moyenne
 P3 : plate-forme bonne.
Les divers réseaux disposent de méthodes différentes pour effectuer ce classement. Une de ces
méthodes est donnée dans le tableau de la figure 2.3.
Figure 2.3 - Détermination de la classe de portance de la plate-forme
Classe de portance Couche de forme à mettre en oeuvre pour
Classe de qualité envisagée pour la obtenir cette classe de portance
du sol plate-forme Qualité Epaisseur minimale :"ef"
P1 QS1 -
QS1 P2 QS2 0,50
P2 QS3 0,35
P3 QS3 0,50

P2 QS2 -
QS2
P3 QS3 0,35

QS3 P3 QS3 -

4.2.3 Calcul de l'épaisseur minimale "e" des couches d'assise

Figure 2.4 Calcul de l'épaisseur minimale "e" des couches d'assise

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L’épaisseur de la couche d’assise e = épaisseur du ballast + épaisseur de la sous couche est


dépendent des facteurs suivants :

E- facteur dépendant des classes de la portance.


a- facteur dépendant de l’UIC groupes.
c- facteur dépendant des conditions de travail.
d- facteur dépendant de la charge maximale d’essieu des véhicules.
f- facteur dépendant de vitesse.
g- facteur dépendant de l’installation de géotextiles.
e est déterminée comme suit conformément à la norme UIC 719
e=E + a + b + c + d + f + g
E=0 .70 m pour les plates-formes de classe de portance P1
E=0 .55m pour les plates-formes de classe de portance P2
E=0 .45 m pour les plates-formes de classe de portance P3
a =0 pour les groupes UIC 1 et 2 où lignes à V > 160 km/h quel que soit le groupe
UIC

a = - 0.05 pour les groupes UIC 3 et 4


a =-0.10 pour les groupes UIC 5, 6 et "7, 8, 9 avec voyageurs"
a =-0.15 pour les groupes UIC "7, 8, 9 sans voyageur"
b=0 pour les traverses bois de longueur 2,60 m
2.5−𝐿 pour les traverses béton de longueur L (b et L en m, b peut être négatif )
𝑏= 2

C=0m pour un dimensionnement normal (nouvelle ligne)

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c= -0.1m à titre exceptionnel pour des opérations difficiles sur les lignes existantes
de groupe UIC autre que "7, 8, 9 sans voyageur (lignes déjà existantes)

c= -0.05m à titre exceptionnel pour des opérations difficiles sur lignes existantes de
groupe UIC "7, 8, 9 sans voyageur

d=0m lorsque la charge maximale d'essieu des véhicules remorqués ne dépasse pas
200 kN

d = 0.05m lorsque la charge maximale d'essieu des véhicules remorqués ne dépasse pas
225 kN

d = 0.12m lorsque la charge maximale d'essieu des véhicules remorqués ne dépasse pas
250 kN

f=0m pour toutes les lignes parcourues à V < 160 km/h et pour les plates-formes de
portance P3, des lignes parcourues à grande vitesse

f = 0.05 m pour les plates-formes de classe de portance P2 des lignes parcourues à


grande vitesse (1)

f = 0.10 m pour les plates-formes de classe de portance P1 des lignes parcourues à


grande vitesse (1)

g=+ géotextile lorsque la couche de forme est en sol QS1 ou QS2


g=0 pas de géotextile. lorsque la couche de forme est en sol QS3

Pour ce qui est de l’épaisseur du ballast les valeurs suivantes sont utilisées :

– 35 cm pour une vitesse > 200 Km /h.


– 30 cm pour une vitesse comprise entre 120 et 200 Km /h.
– 25 cm pour une vitesse comprise entre 80 et 120 Km /h.
– 20 cm pour une vitesse comprise entre 60 et 80 Km /h.

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