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« Opérations Unitaires II » M1GP Cours du Jeudi 05/03/2020

Chapitre II : Opérations d’Humidification.

1. Généralités :

Considérons de l'eau liquide pure en présence d'air, à pression atmosphérique (figure ci-dessous).
Même si cette eau est à une température inférieure à sa température d'ébullition, nous savons
qu'elle s'évapore partiellement, et que l'air va se charger en vapeur d'eau. Soit ye la fraction
molaire en vapeur d'eau de l'air, et ya la fraction molaire en air sec dans ce mélange.

Équilibre entre de l'eau liquide et l'air humide

Même si l'air n'est pas un corps pur, nous le considérons ici comme un "pseudo-composant" : une
mole d'air sec correspond en fait à 0,2 mole d’O2 et 0,8 mole de N2, et a une masse molaire égale à
0,2x32 + 0,8x28 =29 g/mol

À pression atmosphérique, il est tout à fait légitime de considérer ce mélange gazeux comme un
gaz parfait.

Il existe donc une fraction molaire de vapeur d'eau dans l'air qui correspond à l'équilibre avec l'eau

liquide :

Si la fraction molaire de vapeur d'eau dans l'air est inférieure à , l'air va continuer à se charger
en vapeur d'eau. Si par contre, de l'air contenant une fraction molaire en vapeur d'eau supérieure
à est porté dans les conditions T, P, il va y avoir condensation d'eau liquide à partir de cet air.

Un air en équilibre avec de l'eau liquide est dit saturé : sa fraction molaire en vapeur d'eau
correspond à la quantité maximale de vapeur d'eau qu'il puisse contenir.

L'air ambiant n'est en général pas saturé, et c'est heureux : il permet en effet l'évaporation de la
transpiration, qui est l'un des mécanismes essentiels de la régulation thermique de l'organisme.
L'humidité de l'air est un facteur essentiel du confort climatique.

L’humidité absolue

On appelle humidité absolue d'un air, le rapport de la masse de vapeur d'eau à la masse d’air sec

contenu dans le mélange :


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On vérifiera aisément que l'humidité absolue et la fraction molaire de vapeur d'eau sont liées

par : où est le rapport de la masse molaire de l'eau à


celle de l'air.
L’humidité relative

On appelle humidité relative d'un air, le rapport entre sa fraction molaire de vapeur d'eau et

la fraction molaire de vapeur d'eau à saturation :

L'humidité relative est de 100% pour un air saturé : il ne faudrait pas en déduire que cet air est
constitué à 100% de vapeur d'eau.

La relation entre humidité relative et humidité absolue est :

2. Notions de Température :

a. Température de rosée :

La température de rosée d'un air humide est la température à laquelle il faut le refroidir pour que
la première goutte d'eau liquide se dépose.

Soit un air d'humidité absolue w, initialement à la température T. La pression partielle de vapeur

d'eau est donnée par : (avec )

Si Tr est la température de rosée, cela signifie que cet air est saturé à la température Tr : la
température de rosée est donc aussi la température d'ébullition de l'eau pure à la pression Pe.

b. Température sèche :

Pour mesurer l'humidité de l'air, on utilise plus souvent un psychromètre à bulbe humide : on
place dans le courant d'air deux thermomètres, l'un sec (qui donne la température T de l'air), et
l'autre dont le bulbe est maintenu humide (en y enroulant d'un coton trempant dans une réserve
d'eau liquide). La température indiquée Th par ce deuxième thermomètre est toujours inférieure à
la température de l'air T, et est appelée température humide.

Psychromètre à bulbe humide


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Par opposition à la température "humide" on appelle parfois "température sèche" celle mesurée
par le thermomètre sec ; en fait c'est tout simplement la température de l'air, T.

La réalisation d'un psychromètre à bulbe humide est beaucoup plus facile que celle d'un
saturateur (il n'y a pas besoin d'atteindre l'équilibre, et on ne modifie que très peu la composition
de l'air testé).

3. Diagramme de l'air humide :

a. Digramme de Mollier :

Le diagramme de Mollier (ou diagramme enthalpique) est un diagramme relatif aux fluides, à leur
changement d'état (liquide/vapeur) et à leurs pressions/températures d'utilisation. L'abscisse
correspond à la valeur entropique du point, en kJ/(kg⋅K). L'ordonnée à son enthalpie, en kJ/kg.

Il doit son nom au physicien et ingénieur allemand Richard Mollier (1863-1935).

Il peut servir à déterminer la quantité de chaleur produite ou consommée par une variation de
température et/ou d'état d'un fluide. Cette approche consiste à placer différents points qui
correspondent à une pression et à une température définies à l'avance. En somme, il s'agit de faire
figurer l'état initial et l'état final d'un fluide, puis de se reporter à l'ordonnée du diagramme pour
déterminer les enthalpies respectives de chacun des points. Nous pouvons également lire
directement une variation d’enthalpie sans avoir à recourir à un surfaçage.

Dans le domaine liquide + gaz, nous remarquons que les lignes isothermes se confondent avec les
isobares. Aussi, le point critique (critical point) est le point d'inflexion de la courbe délimitant la
cloche de vapeur saturée sèche.

Ces diagrammes sont souvent utilisés en thermodynamique et dans le monde de l'industrie.


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b. Digramme psychrométrique (Carrier) :

Les propriétés de l'air humide sont souvent représentées sur un digramme psychrométrique :
température en abscisse, humidité absolue en ordonnée.

Sur ce diagramme, on peut tracer des courbes à humidité relative constante (en bleu, la plus haute
correspondant à la saturation) et des courbes (en fait, des droites) à enthalpie constante (en
rouge).

La température de saturation adiabatique se détermine simplement (et un peu


approximativement) en suivant l'isenthalpe qui passe par le point représentatif de l'air considéré,
jusqu'à la courbe de saturation, et en lisant la température. (si on néglige l'enthalpie de l'eau
liquide alimentant le saturateur, on peut en effet admettre que l'air sortant saturé a la même
enthalpie que l'air entrant).

Sur le graphique ci-dessous, on a montré en particulier la détermination, pour un air à 30°C et 50%
d'humidité relative, de :

• la température de saturation adiabatique : environ 22°C


• la température de rosée : environ 19°C
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4. Opérations unitaires sur l’air humide :

a. Echauffement à pression constante

Représentation d’un échauffement à pression constante sur le diagramme de l’air humide

C’est le type de transformation subi par l’air lors de son échauffement dans un échangeur de
chaleur, sur des résistances chauffantes ou dans un capteur solaire :

b. Refroidissement à pression constante

Représentation d’un refroidissement à pression constante sur le diagramme de l’air humide

C’est la transformation subie par l’air lors de son passage sur l’évaporateur d’un système
frigorifique, il peut se produire une condensation avec diminution de l’humidité absolue si la
température finale est inférieure à la température de rosée :
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c. Humidification adiabatique :

C’est le type de transformation subi par l’air lors de son passage dans un séchoir convectif ou dans
une tour de refroidissement :

Représentation d’une humidification adiabatique sur le diagramme de l’air humide

Cette transformation A → 1 est aussi appelée refroidissement évaporatif direct. On définit un


rendement d’humidification de l’air par le rapport , c'est le rapport du refroidissement
réel sur le refroidissement maximal que l’on obtiendrait si l’air était saturé (Hr = 100%) en fin de
transformation :

5. Déshumidification de l’air:

On peut être amené, dans un certain nombre de cas, à humidifier l’air à traiter :

- en hiver, car l’humidité spécifique de l’air extérieur est basse ; cette nécessité d’humidifier
l’air en hiver est très courante en climatisation ;
- en conditionnement d’air industriel, par exemple : industrie textile, poudreries, hôpitaux,
etc. ;
- en été, dans les pays arides, pour refroidir un air chaud et sec par vaporisation directe
d’eau dans cet air, etc.

On distingue :

- l’humidification d’air par injection de vapeur d’eau ; cette humidification s’effectue à


température de bulbe sec de l’air à peu près constante ;
- l’humidification d’air par injection dans celui-ci de gouttelettes d’eau liquide, c’est-à-dire
par évaporation d’eau liquide au contact de laquelle l’air circule ; l’humidification peut se
faire avec de l’eau chauffée, avec de l’eau refroidie ou encore avec de l’eau à laquelle on
n’apporte ni ne soustrait de chaleur.
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On peut aussi être amené, dans d’autres cas, à déshumidifier l’air à traiter :

Par refroidissement à l’aide d’une batterie froide à température de surface inférieure à la


température de rosée de l’air ou par passage dans un laveur d’air à circulation d’eau refroidie à
une température inférieure à la température de rosée T r.

Lorsque l’on désire obtenir un rapport de mélange très bas, on peut enlever de l’humidité à l’air
en le mettant en contact avec un composé hygroscopique tel que :

- une solution concentrée d’un sel convenable (chlorure de calcium ou chlorure de lithium,
etc.) qui fixe par absorption une partie de l’eau atmosphérique ; le système où s’effectue
cette absorption est alors assimilable à un laveur ;
- un solide adsorbant qui fixe l’humidité par effet physique (adsorption par exemple en
utilisant des adsorbants solides convenables : silicagel, alumine activée, aluminosilicates,
etc.). L’absorption peut être physique (physisorption) ou chimique (chimisorption).

Les processus d’absorption et d’adsorption s’accompagnent d’un dégagement de chaleur.


L’absorption en solution et l’adsorption physique mettent en œuvre une chaleur d’absorption ou
d’adsorption qui est de l’ordre de grandeur de la chaleur de condensation. La chimisorption
s’accompagne d’un dégagement de chaleur comparable à une chaleur de réaction.

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