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Cours de Ponts

Mohamed Taha FADEL


Ingénieur à la Division des Ouvrages d’Art – Direction des Routes

2019/2020
Sommaire du cours :
I - Généralités et définitions
II - Conception générale
III - Conception des ouvrages d'art courants
IV - Introduction au calcul des ponts
V - Thématiques diverses
VI - Mini-projet de conception de pont
Sommaire du cours :
IV– Introduction au calcul des ponts
• Objectifs et rappels
• Rappels de la réglementation
• Méthode des états limites
• Charges sur les ponts
• Charges naturelles
• Charges routières
• Charges ferroviaires
• Charges accidentelles
Sommaire du cours :
IV– Introduction au calcul des ponts
• Modèles d’analyse des tabliers courants
• Calcul des grillages des poutres : méthode des entretoises rigides
• Calcul des grillages des poutres : méthode de la dalle orthotrope
Objectifs et rappels
Le calcul d’un pont est une étape primordiale lors de son étude, elle constitue le garant de la
stabilité interne et externe de l’ensemble de ces composantes.
Le calcul d’un pont doit suivre un certain nombre de règles rassemblés dans des textes
qu’on nomme codes ou règlements.
Ces règlements sont en général complétés de guides d’application, de recommandations, de
cours et de traités.
Concept de la sécurité des constructions
Jusqu’au XIX siècle, l’empirisme était l’unique moyen de conception et de calcul des ponts.
La naissance de la RDM a permit la réflexion autour de la question de la sécurité des
structures, le principe était simple :
S’assurer que la contraintes maximale reste inférieure à la contrainte admissible qui est la
contrainte de ruine du matériau divisée par un coefficient de sécurité.

Ce principe s’est avéré par le suite non suffisant et il fallait répartir la sécurité entre actions
et résistances.
Il fallait également tenir compte de la loi de comportement du matériau, loin d’être linéaire
pour la plupart des matériaux de construction
Concept de la sécurité des constructions
D’autre part, le fonctionnement adéquat
d’une structure n’est pas garantie
uniquement par sa résistance à la ruine.
L’atteinte de la limite de résistance est
généralement accompagnée de grandes
déformations, notamment pour les
matériaux ductiles.
Un certain nombre de phénomènes devait
être pris en compte : fatigue, adaptation
plastique, redistributions d’efforts par
plasticité…
Approche probabiliste
Les ingénieurs ont commencé moitié du XXème siècle à définir la sécurité par un seuil de
probabilité.
Selon cette approche, un pont est réputé sûr si sa probabilité de ruine est inférieur à un seuil
tenant compte de sa durée de vie escomptée, son importance, le coût de son remplacement
et de son entretien.
Cette analyse vise à tenir compte des incertitudes sur :
• La résistance des matériaux
• Les dimensions et poids de l’ouvrage
• Les valeurs des actions appliquées
• Le comportement des matériaux constituant l’ouvrage
Approche semi-probabiliste
Vu la lourdeur qu’entraîne la probabilisation de l’ensemble des paramètres entrant dans le
calcul des ponts, il a été adopté une approche semi probabiliste, basée sur :
- La définition des états limites à éviter
- Le choix judicieux des valeurs représentatives des actions
- L’adoption de coefficients de sécurité partiels tenant compte des différentes
incertitudes (sur les actions et les résistances).
C’est l’approche à la base de codes de calcul actuels qui sont des codes aux états limites
(BAEL, BPEL…)
Codes de calcul des ponts
La méthode de calcul aux états limites basée sur les principes semi-probabilistes sont introduites par
les Directives Communes DC79.
Ces directives constituent le dénominateur commun à l’ensemble des autres codes de conception et
de calcul, les principaux pour les ponts :
- Fascicule 61 titre II : programmes de charges et épreuves des ponts-routes
- Le Béton Armé aux Etats Limites (BAEL 91 modifié 99)
- Le Béton Précontraint aux Etats Limites (BPEL 91 modifié 99)
- Fascicule 61 titre V pour les ponts métalliques et Fascicule spécial n°81-31bis pour le calcul
des ponts mixtes
- Fascicule 62 titre V pour la conception et le calcul des fondations des ouvrages de génie
civil
- PS92 pour les ponts en zone sismique…
Définitions de base
Tout d’abord, définissons quelques éléments de vocabulaire:
— on appelle action, toute influence extérieure à la structure qui entraîne une variation de
contrainte dans la structure, telle que charges permanentes, charges d'exploitation, vent,
neige, séisme, variation de température, tassement d’appui...
— on appelle sollicitation, tout effort interne à la structure engendré par les actions, tel que
moment fléchissant, effort normal, effort tranchant, moment de torsion;
—on appelle état-limite, l’état la sollicitation tel qu’au-delà de cet état, les conditions
d'utilisation de l’ouvrage ne sont plus satisfaites . On définit ainsi état-limite de service (ou
d’utilisation normale: ELS) et un état-limite ultime (ELU)
Calcul aux états limites
« Une structure doit être conçue et réalisée de sorte que pendant sa durée de vie
escomptée, avec des niveaux de fiabilité appropriés et de façon économique :
- Elle reste adaptée à l’usage pour lequel elle a été conçue ;
- Elle résiste à toutes les actions et influences susceptibles d’intervenir pendant son
exécution et son utilisation »
La durée d’utilisation du projet est pendant laquelle elle doit être utilisée comme prévu sans
réparations majeures
On adopte pour les ponts un durée de 100 à 120 ans.
Cette notion est liée à la durabilité (fatigue, résistance aux attaques chimiques
agressives…) et nécessite une maintenance adéquate durant cette durée.
Exigences et états limites correspondants
Les exigences pour une structure de pont peuvent être résumées par :
- la sécurité structurale associée aux états-limites ultimes et à toutes situations de projet;
- L’aptitude au service associée aux états-limites de service, aux situations durables et à certaines
situations transitoires;
- La tenue aux influences de l’environnement relative à l’intégrité physico-chimique et surtout
associée aux situations durables;
- La robustesse associée à des états-limites ultimes et à des situations accidentelles prévues ou
non prévues.
Exigences et situations correspondantes
Sur un plan formel, les situations de projet sont classées en:
- situations durables, qui font référence aux conditions d’utilisation normale;
- situations transitoires, qui font référence à des conditions temporaires applicables à la
structure, par exemple lors de son exécution ou d’opérations de maintenance ou
réparation ;
- situations accidentelles, qui font référence à des conditions exceptionnelles applicables
à la structure ou à son exposition, par exemple à un incendie, une explosion, un choc ;
- situations sismiques, qui font référence aux conditions exceptionnelles applicables à la
structure lors de tremblements de terre.
Le recensement des états-limites pour une construction donnée ne peut se faire, sans
examiner les différentes situations dans lesquelles elle peut se trouver.
Représentations des actions
Une action ( F) est définie comme:
- une action directe, c’est-à-dire un ensemble de forces (charges) appliquées à la structure;
- ou une action indirecte, c’est-à-dire un ensemble de déformations ou d’accélérations
imposées, ou résultant, par exemple, de changements de température, de tassements
différentiels ou de tremblements de terre.
Classification des actions
En fonction de leurs occurrences et de leur durée d’application, on distingue:
- Les actions permanentes (G): durée d’application égale à la durée de vie de la structure,
ou variations négligeables dans le temps, (ex: poids propre). On y range également celles
qui, comme la précontrainte ou le retrait du béton, présentent dans le temps une variation
monotone en tendant vers une limite;
- Les actions variables (Q): à occurrences discrètes plus ou moins ponctuelles dans le
temps, ou à caractères (intensité, direction... ) variables dans le temps et non monotones
(ex: neige, vent, température, houle);
- Les actions accidentelles (A) : exceptionnelles, mal prévisibles, elles sont en général de
courte durée d’application et souvent évitables (exemples: explosions, chocs, incendie).
Actions variables
Les divers types d’actions interviennent par des combinaisons, la principale valeur
représentative d’une action est sa valeur caractéristique, notée Fk. La définition de la valeur
caractéristique d’une action est différente selon sa nature.
Les valeurs représentatives d’une action variable, autres que la valeur caractéristique, sont
les suivantes:
- la valeur de combinaison,
- la valeur fréquente,
- la valeur quasi permanente
Actions variables
La valeur de combinaison traduit le niveau d’intensité d’une action variable non dominante,
lorsqu’elle est prise en compte, en même temps qu’une autre action variable dite dominante
affectée de sa valeur caractéristique.
La valeur fréquente d’une action est principalement associée à des états-limites de service dont
l’apparition dépend d’interventions répétées d’une action.
La valeur quasi permanente est essentiellement à considérer lorsqu’on étudie l’effet d’actions
de longue durée d’application. Elle est généralement définie de façon théorique comme valeur
moyenne dans le temps.
Vérifications des ELU
La vérification selon les États-limites ultimes est symbolisée par les inéquations suivantes:
• États-limites ultimes d’équilibre statique ou de déplacement global :

valeur de calcul de l’effet des actions déstabilisatrices;


valeur de calcul de l’effet des actions stabilisatrices.
• États-limites ultimes de résistance (non liés aux problèmes de fatigue ou d’instabilité)

valeur de calcul de l’effet des actions;


valeur de la résistance de calcul.
Vérifications des ELS
Pour les États-limites de service il s’agit de vérifier :
valeur de calcul de l’effet des actions;
valeur de calcul limite relative au critère d’état-limite de service approprié.
peut représenter des entités de nature variée comme une contrainte limite d’un matériau
(acier, béton), ou une ouverture limite de fissure dans une structure en béton (ouverture dont
le calcul conventionnel fait intervenir les propriétés mécaniques des matériaux).
Valeurs de calcul des actions et résistances
La valeur de calcul des effets des actions, tenant compte des incertitudes sur le modèle
structural, sur le choix de la valeur caractéristique de l’action, et compte tenu de la
dimensions géométriques :

La valeur de calcul de la résistance structurale, fonction des données sur les matériaux, des
données géométriques, des incertitudes sur le modèle de résistance, des éventuels défauts
et variations de propriétés des matériaux et d’un coefficient de conversion (destiné à tenir
compte des effets de volume et d’échelle)…
Combinaisons d’actions
La formation des combinaisons d’actions pour le calcul des ouvrages est axée sur
une action dominante (variable, accidentelle ou sismique).
Les actions permanentes sont introduites avec une valeur moyenne (ou probable)
ou avec leurs valeurs caractéristiques (maximale et minimale).
Les autres actions variables accompagnant, lorsqu’il y a lieu, l’action variable dominante
sont introduites avec leurs valeurs de combinaison
Expressions générales des combinaisons
On distingue pour les ELU :
- Les combinaisons fondamentales (situations durables ou transitoires) :

- Les combinaisons accidentelles :

- Les combinaisons sismiques :


Expressions générales des combinaisons
On distingue pour les ELS :
- Les combinaisons caractéristiques ou rares :

- Les combinaisons fréquentes :

- Les combinaisons quasi-permanentes :


Actions sur les ponts
Comme toute structure de génie civil, les ponts sont soumis à des charges de différentes
natures et provenances, on distingue :
- Actions permanentes
- Actions climatiques : dues au vent, à la température…
- Actions des charges d’exploitation : routières ou ferroviaires…
- Actions accidentelles : dues aux chocs
- Actions sismiques
Charges permanentes
On inclut dans cette catégorie :
• Le poids propre des constructions (PP) :
• Evalué à la base des dimensions nominales des
composantes des ponts
• Valeur nominale du poids volumique du béton : 25
kN/m3
• Valeur nominale du poids volumique des structures
métalliques : 78.5 kN/m3
• Les poids des équipements : l’étanchéité, le
revêtement, les dispositifs de sécurité, les
bordures
• Des valeurs susceptible d’être augmentée donc on
considère des valeurs Maximales et Minimales pour
tenir compte de variations entre fourchettes -20% à
+40% par exemple
Autres charges permanentes
On range également dans la catégorie des
actions permanentes la précontrainte, les
tassements, le retrait, le fluage… On rappelle
quelques définitions
- Retrait : réduction dimensionnelle, en
l’absence de chargement, due essentiellement
à l’évaporation de l’eau excédentaire interne
- Fluage : Déformation lente à cause de
l’application d’une charge sur le béton (fixe ou
variable)
- Relaxation : perte de la précontrainte au
cours du temps (par allongement des câbles)
Actions de la température
Elles sont de deux types :
• Variation uniforme de la température ambiante
• Entre la nuit et le jour (journalière) dite de courte durée
: -10°C à +10°C
• Entre l’hiver et l’été (saisonnière) dite de longue durée
: -30°C à +40°C
• Gradient thermique sur la hauteur de l’ouvrage entre la
fibre inférieure la moins chaude et la fibre supérieure la
plus chaude : il peut être supposé linéaire et avoir pour
valeur caractéristique pour les structures en béton : 12°C
Le degré d’influence de la température peut être évalué par
zones géographiques
Actions du vent
En général, il s’agit d’actions horizontales statiques appliquées aux
surfaces frappées
- Intensité de l’effort du vent :
• 2 kN/m² pour les ouvrages en service (soit 200 kg/m²)
• 1.25 kN/m² en cours de construction
- L’action du vent n’est pas à cumuler avec les charges
d’exploitation au niveau des justifications des ponts
Un étude dynamique au vent est nécessaire pour ces cas :
• ouvrages comportant des parties situées à grandes hauteurs,
surtout en phase de construction
• Ouvrages sensibles aux oscillations du vent (ponts suspendus,
ponts haubanés, passerelles légères, …)
• Ouvrages situés dans des zones turbulence du vent
(cyclonique)
Actions dues à l’eau
- Les phénomènes les plus couramment
rencontrés :
• Pression hydrostatique : poussée de
l’eau
• Affouillement général des rivières et local
autour des piles
• Pression hydrodynamique du courant et
des crues :
• Vwa : vitesse moyenne de l’eau (m/s)
• wa : masse volumique de l’eau (kg/m3)
• h : profondeur de l’eau jusqu’au niveau
d’affouillement général (m)
• b : largeur ou diamètre de la pile (m)
• k : coefficient de forme (0.72 pour pile
rectangulaire, 0.35 pour pile circulaire)
Définitions de base pour les charges d’exploitation
• Largeur roulable (Lr) : C'est la largeur de tablier comprise entre dispositifs de retenue, s'il y
en a, ou bordures. Elle comprend donc la chaussée proprement dite et les surlargeurs
éventuelles telles que les bandes d'arrêt d'urgence (BAU), bandes dérasées (BDG), etc.
• Largeur chargeable (Lch) : Lch = Lr - n . 0,5
- Lch : largeur chargeable en m.
- Lr : Largeur roulable en m
- n: Nombre de dispositifs de retenue impactant la largeur roulable ; n ≤ 2.
Définitions de base pour les charges d’exploitation
• Nombre de voies (Nv): Par convention, le nombre de voies de circulation des chaussées
Nv est tel que: Nv = E(Lch / 3)
- Lch: largeur chargeable en m.
- Le symbole E désigne la partie entière.
Exemple : Lch = 7 m → Nv = E(7/3)= 2 voies.
Exceptions: Les chaussées comprises entre 5 m (inclus) et 6 m sont considérées comme
ayant 2 voies. 5 ≤ Lch ≤ 6 m → Nv = 2 voies.
• Largeur d'une voie (V): La largeur d'une voie de circulation , V, est donné par:
V = Lch / Nv
Définitions de base pour les charges d’exploitation
• Classe des ponts : Les ponts sont rangés en 3 classes suivant leur largeur roulable, Lr, et
leur destination:
- 1ère classe: tous les ponts supportant une largeur roulable supérieure ou égale à 7 m.
- 2ème classe: tous les ponts autres que ceux de la 1ère classe supportant des chaussées
de largeur roulable comprise strictement entre 5,50 m et 7 m.
- 3ème classe: les ponts autres que ci-dessus portant des chaussées de 1 ou 2 voies de
largeur roulable inférieure ou égale à 5,5 m.
Actions d’exploitation dues aux charges routières
Ce sont des chargements considérés comme des actions quasi-statiques, la prise en compte
de leur effet dynamique est traduite par la multiplication par le coefficient de majoration
dynamique.
On distingue les systèmes suivants :
- Deux systèmes A et B à envisager pour toutes les justifications du pont
- Pour les itinéraires pouvant supporter un convoi militaire : système M
- Pour les itinéraires classés, on prend en compte les convois exceptionnels D et E
- D’autres types de charges peuvent être considérées : (charges généralisées, engins de
chantier…)
Système de charges A(l)
Système de charge A(l) :
Ce sont des charges uniformément réparties, elles correspondent à une ou plusieurs files de
véhicules sur le pont. (embouteillage, stationnement…)
Son intensité est inversement proportionnelle à la longueur chargée

Il est à multiplier par le coefficient de correction a1


Système de charges A(l)
Système de charge A(l) :
La valeur obtenue A(l).a1 est à comparer à
et à multiplier par le coefficient a2

- v : largeur d’une voie de circulation


- v0 dépend de la classe du pont
La charge A(l) finalement obtenue est à appliquée de
façon à produire l’effet le plus défavorable
Système de charges B
Système de charge B :
Les charges de type B sont composées de 3 systèmes distincts:
• Le système Bc se composant de camions types.
• Le système Bt composé de groupes de 2 essieux (essieux-tandems).
• Le système Br qui est une roue isolée.
Ces convois sont mobiles et les valeurs de charges de ces trois types sont multipliées par un
coefficient de majoration dynamique δ.
Système de charges B
Convoi Bc:
Le convoi Bc se compose d'un
ou au maximum de 2 camions
types par file. Dans le sens
transversal le nombre de files est
inférieur ou égal au nombre de
voies. Les caractéristiques du
convoi Bc sont présentées ci-
après. Les charges sont
données par essieu.
Système de charges B
Convoi Bc:
Suivant la classe du pont et le nombre de files de camions considérées, les valeurs des charges
du système Bc à prendre en compte sont multipliée par un coefficient bc appelé coefficient de la
dégressivité dont les valeurs sont indiquées dans le tableau suivant
Système de charges B
Tandem Bt :
Un tandem se compose de
2 essieux munis de roues
simples pneumatiques. Il
est appliqué aux ponts de
1ère et 2ème classe. Les
caractéristiques du
système Bt sont
présentées ci-dessous
Système de charges B
Tandem Bt :
Chaque tandem est supposé circuler sur une voie de 3 m de largeur,
• Ponts à une voie : un seul tandem est disposé
• Ponts de plus de 2 voies : 2 tandems au plus sont disposés de front,
La distance entre les 2 tandems est à définir de telle sorte à produire l’effet le plus défavorable,
La charge Bt est à multiplier par le coefficient bt :
Système de charges B
Roue Br :
C'est une roue isolée disposé normalement à l'axe longitudinal de la chaussée. Elle est appliquée
à tout type de pont (toutes les classes)
Le rectangle d’impact du système Br peut être placé n’importe où sur la largeur roulable.
Les caractéristiques de cette roue sont présentées ci-dessous
Système de charges B
Efforts de freinage :
Les systèmes A et B sont susceptibles de développer des réactions de freinage, dont supposée
centrée sur l’axe de la chaussée.
En général, les tablier sont insensibles aux efforts de freinage, ce sont les appareils d’appui et
appuis (piles et culées) qui sont à dimensionner en considérant ces efforts.
Pour le système A, où S est la surface chargée en m²

Pour le système B, chaque essieu peut développer un effort de freinage égal à son poids, un
seul camion est supposé freiner à la fois ce qui limite l’effort de freinage à 300KN
Système de charges B
Forces centrifuges :
Le système B est susceptible de développer une force centrifuge en cas de tablier courbe
- Tous les camions du système Bc sont susceptible de développer des forces centrifuges
- Chaque essieu développe comme force centrifuge, une fraction de son poids égale à :

* Pour un rayon R ≤ 400 m

* Pour un rayon R > 400 m


Charges de trottoirs
Charge locale :
- Sert à justifier les éléments du tablier (hourdis, entretoises, prédalles, …)
- Charge de 0.45 t/m² est supportée par les trottoirs de tous les ouvrages,
- Répartie sur la largeur et la longueur pour produire l’effet maximal envisagé,
- Charge peut être éventuellement cumulée avec les charges B ou M.
Charge globale :
- Sert à justifier les poutres maîtresses,
- Charge de 0.15 t/m² disposée pour produire l’effet maximal envisagé
- Trottoirs chargés sur toutes leurs largeurs,
- s’il y a 2 trottoirs, ils peuvent ne pas être chargés simultanément,
Charges sur les remblais
- Ça concerne les remblais d’accès aux ponts,
- Objectif : justifier les éléments supportant ces
remblais,
- Remblai susceptible de recevoir une charge de
1t/m² disposée sur toute la largeur de la plate-forme
- Composants courts (Mur garde grève) : disposer la
charge Bt ou Br sur le remblai pour leur justification
(pas de majoration dynamique)
- Prendre des mesures pour les engins particuliers
de chantier.
Charges militaires
Les charges militaires sont de deux classes: M 80 et M 120. Chaque classe se compose de 2
systèmes distincts:
-Mc: véhicule type à chenilles
-Me: groupe de 2 essieux.
Ainsi on distingue: Mc80, Mc120, Me80 et Me120. Le système Mc à chenille est plus utilisé que
celui à essieux.
Les charges militaires sont supposées ne développer aucune réaction de freinage, ni de force
centrifuge.
Charges militaires
Convoi Mc80
Charges militaires
Convoi Mc120
Charges militaires
Convoi Me80
Charges militaires
Convoi Me120
Coefficient de majoration dynamique
- Les charges des systèmes B et M sont multipliées de majorations dynamiques :

- L : longueur de l’élément considéré (m) (portée de travée)


- G : charge permanente de l’élément considéré (poids total de la travée)
- S : charge B maximale (masse max des essieux de B qu’il possible de placer sur le tablier de
cette travée)
- Pour le calcul des appuis, les charges B ne sont pas multipliées par des majorations
dynamiques
Charges exceptionnelles
Convoi D
Charges exceptionnelles
Convoi E
Charges ferroviaires
Convoi UIC
Pour les ponts rails supportant une voie et situé dans les itinéraires internationaux, la charge à
introduire dans les calculs est définie par le schéma ci-dessous définie par l’UIC (Livret 2.01). La
vitesse théorique maximale de ce convoi type est limité à 120 km/h.

Ce schéma de charges est à placer dans le cas le plus défavorable; Il peut être réduit
ou divisé selon le cas. En particulier, les parties du schéma de charges qui ont une influence
contraire à l'effet recherché sont à supprimer.
Charges ferroviaires
Coefficient de majoration dynamique
Il est donnée par δ1 pour les moments fléchissants et par δ2 pour les efforts tranchants.

L0 est une longueur caractéristique de l'élément calculé


On définit également les efforts de lacet et de roulis, les forces centrifuges, les forces
longitudinales de freinage et de démarrage, les charges sur les accotements, les efforts sur les
garde-corps et les effets du vent.
Actions accidentelles
Choc des véhicules contre les appuis :

- Choc frontal : 1000 kN (dans le sens de l’axe circulation)


- Choc latéral : 500 kN (dans le sens perpendiculaire à l’axe de circulation)
- Effort statique agissant à une hauteur de 1.25 m au dessus de la chaussée
- Les efforts des chocs dépendent de la vitesse lors des chocs.
Actions accidentelles
Impact conte le tablier
Charges de choc de
- 500 kN : sur les autoroutes,
- 250 kN : voies urbaines.
Des protections peuvent être mise en place
Chocs des bateaux contre les piles
Chocs des véhicules contre les dispositifs de retenue
Crues exceptionnelles : poussée hydrodynamique + situation d’affouillement accidentel
Combinaisons des charges selon le BAEL-BPEL
Combinaisons des charges selon le BAEL-BPEL
Modèles d’analyse des tabliers courants
Le rôle principal des entretoises est de répartir les efforts entre les poutres principales.
-Dans le cas de l'absence des entretoises, c'est le hourdis qui joue le rôle d'entretoisement.
-Pour déterminer les efforts dans une poutre, on doit tenir compte de la répartition transversale
des surcharges à travers un coefficient correctif appelé Coefficient de Répartition Transversale
"CRT".
Ce coefficient détermine la portion des surcharges transmise sur la poutre considérée.
Modèles d’analyse des tabliers courants
L'étude du tablier est subdivisée en une
étude dans le sens transversal et une étude
d'une poutre dans le sens longitudinal.
• La première étude donne les sollicitations
globales à partir des lignes d’influences.
• La deuxième étude donne un Coefficient de
Répartition Transversale (CRT).
Ainsi, on obtient le principe suivant:
Sollicitation moyenne (poutre) = CRT x
Sollicitation globale
Modèles d’analyse des tabliers courants (Ben Mekki 2011)
Modèles d’analyse des tabliers courants
Les tabliers des ponts à poutres sont des structures tridimensionnelles pour lesquelles de
nombreuses méthodes de calcul ont été proposées. Ces méthodes sont classées en deux
familles, selon que la section transversale peut être considéré comme étant déformable ou
indéformable.
- Modèle de la section indéformable : adapté aux tabliers dotés d'entretoises
suffisamment rigides (avec entretoises intermédiaires nombreux et rapprochées)
- Modèle de la section déformable : Lorsque le tablier ne comporte pas d'entretoises
rigides (sans entretoises intermédiaires ou avec entretoises d'espacement large), le
comportement mécanique de tels tabliers s'écarte de celui résultant de l'application de la
méthode classique de la résistance des matériaux, on parle de la théorie de la dalle
orthotrope.
Modèles d’analyse des tabliers courants (Ben Mekki 2011)
Coefficient de répartition transversale
La répartition transversale des charges consistes en l’évaluation de la portion des
surcharges transmise sur chaque poutre principale.
• Cette répartition des charges dépend des paramètres suivants :
- La rigidité flexionnelle des poutres et des entretoises
- La rigidité torsionnelle des poutres et des entretoises
Méthode des entretoises rigides (dite de Courbon)
Cette méthode suppose que les déformations des entretoises sont négligeables vis-à-vis
des déformations des poutres, c.à.d., les entretoises présentent une rigidité infinie. Ceci
peut être obtenue lorsque :
- Les entretoises sont suffisamment nombreuses (> 3) et rapprochées (e~4m)
- La largeur du pont est très inférieure à sa longueur (Lr/lc < 0,5).
- Les entretoises ont une hauteur comparable à celle des poutres.
Notons que dans le cas de pont à poutres avec entretoises intermédiaires, ces conditions
sont généralement réalisées en pratique.
Méthode de Courbon (Ben Mekki 2011)
A partir d’un chargement fixé au préalable, la méthode de Courbon détermine les réactions
d’appuis exercées par les poutres principales sur l’entretoise :
- D’une part, la poutre infiniment rigide (entretoise) se déplacera dans son
ensemble sans fléchir .
- D’autre part, l’entretoise repose sur n appuis élastiques au niveau des liaisons
avec les poutres principales. Cela signifie que les réactions d’appuis verticales exercées
sur la poutre sont proportionnelles à l’abaissement de la poutre au droit de l’appui
Méthode de Courbon (Ben Mekki 2011)
Méthode de Courbon (Ben Mekki 2011)
Méthode de Courbon (Ben Mekki 2011)
Lignes d’influence transversale
Méthode de Courbon (Ben Mekki 2011)
• Cette méthode néglige complètement le rôle de la dalle dans la transmission des efforts
• Cette méthode, très simple, est bien adaptée dans le cas des tabliers en béton (armés ou
précontraint) à entretoises intermédiaires.
• Dans le cas des ponts en ossature mixte ou métalliques, les effets du gauchissement des
sections peuvent affecter de façon sensible les bords des semelles inférieures des poutres
principales . Ces effets ne peuvent être quantifiés par la méthode de Courbon, qui présente
un caractère relativement global.
• Si on veut examiner de près le niveau de contraintes dans les semelles des poutres, il est
préférable de recourir à la théorie de la torsion non uniforme ou gênée.
Méthode de Guyon-Massonnet (Ben Mekki 2011)
• Lorsque la section transversale du pont est considérée déformable: rigidité torsionnelle
des éléments d'un pont ne peut être négligée.
• Cette méthode repose sur la théorie des plaques orthotropes.
• Elle fut développée par Guyon en 1946 pour le cas d’une dalle orthotrope à rigidité
torsionnelle négligeable.
• Massonnet en 1950 généralisa les relations trouvées par Guyon en introduisant l’effet de
torsion dans les calculs.
• En 1966, Massonnet et Bares publièrent un recueil de ces méthodes illustré par un
certain nombre d’exemples.
Méthode de Guyon-Massonnet (Ben Mekki 2011)
Le système dalle-poutre discret est remplacé par un système uniforme composé d’une
dalle anisotrope ou orthotrope ayant des caractéristiques constantes suivant chacun de ses
axes transversal et longitudinal
Méthode de Guyon-Massonnet (Ben Mekki 2011)
• Ce passage d’une répartition discrète de la rigidité, à une répartition continue, est
l’hypothèse principale sur laquelle repose cette méthode.
• La deuxième hypothèse consiste à admettre que le coefficient de Poisson du matériau
constitutif est nul.
• La troisième hypothèse consiste à considérer une charge sinusoïdale appliquée dans la
direction des poutres
• Le réseau des poutres sera assimilé à une dalle orthotrope possédant deux bords libres
(selon Ox) et deux bords simplement appuyés (selon Oy).
Méthode de Guyon-Massonnet (Ben Mekki 2011)
La méthode s’appuie sur la
résolution approchée de l’équation
différentielle de la déformée d’un
grillage simple d’une travée
indépendante, de portée L et de
largeur 2b, constitué de n poutres
longitudinales (portée L, espacement
b1) et de m entretoises (portées 2b,
et espacement L1)
Méthode de Guyon-Massonnet (Ben Mekki 2011)
Méthode de Guyon-Massonnet (Ben Mekki 2011)
• La résolution analytique directe de cette équation conduit à des calculs compliqués et peu
pratiques à mettre en œuvre.
• La méthode de Guyon-Massonnet permet de s’affranchir de cette difficulté en utilisant une
méthode approximative basée sur les coefficients de répartitions.
•La construction réelle est remplacée par une dalle orthotrope présentant les mêmes rigidités
moyennes de flexion et de torsion.
• Deux paramètres caractérisent l’ouvrage calculé :
Méthode de Guyon-Massonnet (Ben Mekki 2011)
Méthode de Guyon-Massonnet (Ben Mekki 2011)
Sous l’effet d’une charge linéaire
répartie selon une parallèle à l’axe
du pont, d’excentricité e, suivant la
loi sinusoïdale, on peut montrer que
le pont prend la déformée de la
forme :
Méthode de Guyon-Massonnet
Si la charge p, au lieu d’être répartie
en « lame de couteau » sur une
ligne, était uniformément étalée sur
la longueur 2b du pont tout en
restant sinusoïdale, le pont prendrait
la déformée cylindrique d’équation :
Méthode de Guyon-Massonnet
Par définition, le coefficient de répartition transversale est le rapport sans dimensions :

Ce coefficient K est aussi le rapport entre le moment fléchissant d’une poutre du à la charge
linéaire excentrée et le moment fléchissant de la même poutre du la charge répartie.
Il dépend de :
- Le paramètre d’entretoisement
- Le paramètre de torsion
- l’excentricité relative de la charge linéaire p(x) : e/b
- L’ordonnée relative du point considéré : y/b
Méthode de Guyon-Massonnet
Considérons le pont chargé par un ensemble de charges linéaires à répartition sinusoïdale dans
le sens de l’axe, définies par les expressions :
D’après le principe de superposition des effets,
le pont prend, sous l’effet de ces charges,
une déformée d’équation:

En dérivant par rapport à x deux fois, on


trouve le moment : fléchissant :
Méthode de Guyon-Massonnet
En suivant le même raisonnement d’étalement des charges sur la largeur du pont :

D’où on tire facilement :

Ainsi donc, pour obtenir le moment fléchissant réel dans une poutre quelconque du pont,
il suffit de calculer le moment moyen dans cette poutre, puis de le multiplier par le
rapport ci-haut.
Cette méthode est appliquée pour obtenir également les efforts tranchants et les
moments transversaux et de torsion.
Méthode de Guyon-Massonnet
Le calcul exact du coefficient K peut être obtenu par des tables, ou bien :
Méthode de Guyon-Massonnet
• Pour une poutre d'ordonnée y, on procède à une interpolation linéaire entre les valeurs de y
données dans les tableaux de Guyon-Massonnet. Une interpolation linéaire peut se faire par
rapport à θ.
• Pour aboutir à K, on trace sa ligne d'influence K = K(e). Puis on place les charges
réglementaires sur cette Li, de la manière la plus défavorable, en respectant les règles
d'application pour chaque charge.
•Le coefficient K sera égal à l'ordonnée de la Li de K au point de l'application de la charge.
Méthode de Guyon-Massonnet
Méthode de Guyon-Massonnet
Bibliographie
• Cours de ponts – M. RGUIG (EHTP)
• Cours de Calcul et de dimensionnement des Ouvrages d’Art– O.BELMEKKI (ENIT)
• Cours d’ouvrages d’art – M. BEN OUEZDOU (ENIT)
• Projet et construction des ponts – J.A. CALGARO – M.VIRLOGEUX (Presses des
ponts)
• Compléments à la méthode de calcul des ponts à poutres multiples – C.
MASSONNET (ITBTP)
• Flexion transversale des ouvrages à poutres : Poutres sous chaussées et poutres
latérales : M. MULS (ENPC)

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