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Droit de transport

1 MP LCI
DROIT DE TRANSPORT

Introduction

Dans un contexte économique fortement globalisé où le rôle des échanges et la mise à


disposition des informations sont en croissance, la fonction « transport logistique » évolue
constamment et sa pertinence constitue un facteur crucial de compétitivité et de
développement.
Le secteur du transport apporte une contribution significative à l’économie. Ainsi,
l’importance du secteur du transport maritime est évidente. C’est le pilier principal du
commerce extérieur. Il est le maillon primordial du développement ; il assure 95% des
échanges commerciaux.
De part tous les enjeux économiques qu’elle contient, la politique des transports doit
être incluse dans les choix fondamentaux de l’Etat. Le transport et ses techniques exigent,
ainsi, une réglementation particulière.
I- Définition du droit de transport
Pour définir le droit de transport, il faut saisir, tout d’abord, la notion de transport, le
contrat de transport et les titres de transport.
1- La notion de transport
C’est l’action de transporter c’est-à-dire déplacer dans l’espace une personne ou un
bien. Ce qui suppose un mouvement de personnes et de biens à l’intérieur du pays (transport
interne ou national) ou à l’extérieur (transport international).
Il y a plusieurs catégories de transport. La classification se fait selon des critères
différents :
- Selon un critère géographique : on distingue entre le transport national et le transport
international.
- Selon l’objet du transport : on distingue entre le transport des personnes, des
voyageurs et le transport des biens, des marchandises.
- Selon les modes de transport : on distingue entre le transport terrestre, le transport
maritime, le transport aérien et le transport multimodal.
Le transport terrestre rassemble les modes de transport routier et ferroviaire. C’est le
déplacement de personnes, d’animaux ou de marchandises d’un endroit à un autre sur terre.
C’est un transport établi au sol, par opposition à l’air ou à la mer.
Selon l’article 1 al. 3 de la loi du 19 avril 2004, portant organisation des transports terrestres
« est considéré comme transport terrestre intérieur, tout transport effectué entre 2 points situés
sur le territoire national par un moyen de transport routier ou ferroviaire. Les autres opérations
de transport terrestre sont considérées comme transport terrestre international ».
Le transport maritime relève de la navigation par mer. C’est le mode de transport le plus
important pour le transport de marchandises. Il est généralement un transport international. La

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DROIT DE TRANSPORT

définition du transport maritime a été donnée par l’article 163 du Code de commerce
maritime : « l’expression transport national s’entend de tout transport de port tunisien à port
tunisien, si au cours de voyage, le navire n’a pas touché un port étranger, et ce, quelle que soit
la nationalité du navire ou des parties intéressées au transport.
L’expression transport international s’entend de tout autre transport maritime ».
Le transport aérien désigne l’activité de transport de passagers ou de fret effectué par la
voie des airs. (Fret : transport des marchandises par air, par mer…).
Le transport multimodal c’est l’acheminement de voyageurs ou de marchandises par au
moins 2 modes de transport successifs. Ainsi, une marchandise transportée dans un conteneur
peut traverser le monde entier via la route, la mer, le chemin de fer…
Selon l’article 4 de la loi du 11 mars 1998 relative au transport multimodal international « le
transport multimodal international est tout transport de marchandise effectué par au moins 2
modes de transports différents, en vertu d’un contrat de transport multimodal, à partir d’un
lieu situé dans un pays où les marchandises sont prises en charge par l’entrepreneur de
transport multimodal jusqu’au lieu désigné pour la livraison dans un autre pays ».
2- Le contrat de transport
C’est un contrat par lequel une personne appelée transporteur accepte de déplacer d’un
point à un autre une personne ou des biens moyennant rémunération. Il ressort de cette
définition un certain nombre de caractéristiques permettant d’identifier ce type de contrat :
- Les parties du contrat : le transporteur qui est en principe un professionnel, exemple : une
entreprise commerciale.
- Le déplacement : c’est la prestation la plus caractéristique, elle permet de distinguer le
contrat de transport des autres contrats voisins.
- La rémunération : le contrat de transport est un contrat synallagmatique à titre onéreux, il
comporte une contrepartie pécuniaire.
Le contrat de transport est soumis à un régime juridique général (règles communes à
tout type de transport) et à des règles particulières applicables à chaque mode de transport.
Ces dernières sont relatives essentiellement à l’exécution du contrat de transport et à la
responsabilité du transporteur (l’indemnisation et les cas de l’exonération ; l’inexécution pour
cas de force majeure…).
3- Les titres de transport
Les titres de transport sont sensés porter la preuve du transport. On distingue
généralement 2 catégories de titres. Il s’agit des documents émis par les compagnies de
transport et ceux émis par les transitaires.
* Les titres émis par les compagnies de transport : ils constituent une preuve de prise en
charge et de transport. On peut citer notamment :
- Le connaissement (bon de chargement de fret, en anglais : bill of lading) : c’est le
document matérialisant le contrat de transport maritime. Il est aussi un titre représentatif de
marchandises. Il est délivré par le capitaine du navire. Après sa signature, le capitaine

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reconnait avoir reçu les marchandises qui y sont mentionnées et s’engage à les transporter aux
conditions convenues et à les délivrer à destination conformément aux instructions reçues
moyennant le paiement du fret.
- La lettre de transport aérien (LTA) ou Air way bill (AWB) : elle est émise par l’agent
de la compagnie aérienne. Elle est régie par la convention de Varsovie du 12 octobre 1929.
Elle est, à la fois, preuve du contrat de transport, preuve de la prise en charge de la
marchandise et un justificatif des prix. (Elle n’est pas un titre de propriété ; elle n’est pas donc
un titre négociable c’est-à-dire non transmissible par endossement).
- La lettre de voiture : elle atteste la prise en charge de la marchandise. C’est un
document qui harmonise les conditions générales des transports terrestres internationaux et
traite de la responsabilité du transporteur.
* Les titres émis par les transitaires de transport
Le transitaire est un organisateur du transport de l’usine au magasin. Il gère le
logistique, il conseille son client pour les démarches administratives et documentaires…
Parmi les titres qu’il émet, on peut citer comme exemples :
- FCR (Forwarder carrying receipt ou Forwarder's Cargo Receipt) : c’est un document
émis par le transitaire qui atteste que les marchandises ont été livrées dans ses entrepôts par le
fournisseur et par conséquent mis à la disposition de l’acheteur. Ce titre assure, donc, la bonne
réception de la marchandise par le transitaire (ce certificat est valable pour les contrats avec
les incoterms EXW, FCA et FAS.
- Lettre de transport maritime (LTM) : c’est un titre utilisé pour des envois de groupage.
Il est établi par le groupeur de fret maritime et remis au chargeur. Les marchandises reçues
seront groupées avec celles reçues des autres exportateurs et expédiées en un seul lot au
représentant du transitaire au port de destination.
C’est un document non négociable faisant preuve du contrat de transport maritime passé entre
le chargeur et la ligne maritime. Elle représente le reçu du fret et détaille les caractéristiques
de la marchandise chargée.
A la différence du connaissement, la lettre de transport maritime ne constitue pas un titre
représentatif de la marchandise.

4- Le droit de transport
C’est la branche de droit composée par des règles nationales et internationales qui
s’appliquent aux usagers, aux intermédiaires et aux transporteurs des personnes et des biens.
Le droit de transport réglemente, ainsi, le contrat de transport en fixant essentiellement
ses conditions de validité, ses effets juridiques : les obligations des parties et la responsabilité
du transporteur.
Il s’étend, aussi, aux actes accomplis par les différents intervenants dans le domaine de
transport en précisant leurs régimes juridiques.

II- Les caractéristiques du droit de transport

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DROIT DE TRANSPORT

Le droit de transport est un droit assez spécifique. Il présente plusieurs caractéristiques :


l’hétérogénéité (spécialisation, technicité), la complexité, la sensibilisation et la dépendance
aux évènements extérieurs.
L’hétérogénéité du droit de transport : Comme tout droit sectoriel, le droit de transport
est tributaire de la matière qu’il régit et il se spécialise à mesure que celle-ci évolue et se
complique. Loin d’être une matière homogène, le droit de transport est constitué d’un
ensemble de règles spéciales et techniques.
La spécialisation du droit de transport s’explique par son fractionnement en différentes
branches selon le mode et l’objet du transport concerné. Chaque branche comporte des règles
spéciales provenant de sources distinctes. Certaines branches sont tellement particulières
qu’elles tendent à l’autonomie ; c’est le cas notamment du droit maritime.
La technicité du droit de transport : Les règles de droit de transport sont des règles
techniques qui répondent aux besoins de la pratique. Ainsi, la réglementation du transport des
marchandises dangereuses consiste à répertorier et classifier les différents produits et à définir
pour chaque classe des prescriptions de transport, en fonction du mode utilisé.
La réglementation de la sûreté renforce le particularisme du droit de transport. Des
conventions organisaient l’établissement d’une répression pénale pour les attentats mettant en
cause les transports internationaux. La communauté européenne a pris par exemple à la suite
des attentats du 11 septembre 2001 une série de mesures visant à renforcer la sûreté du
transport aérien organisant divers contrôles et précisant les objets interdits à bord des aéronefs
(Règlement CE 16 décembre 2002 relatif à l’instauration des règles communes dans le
domaine de la sûreté de l’aviation civile).
((Le droit de transport est, aussi constitué d’un ensemble de règles dérogatoires au droit
commun, et plus précisément au droit des obligations contractuelles et extracontractuelles.))
La sensibilisation et la dépendance du droit de transport aux facteurs externes : Le droit
de transport s’influence par des évènements de nature différente (économiques, politiques,
naturels…). Ainsi par exemple, les attentats du 11 septembre 2001 ont freiné la croissance des
transports aériens, la pandémie internationale : l’épidémie de coronavirus 2019 (covid-19) a
causé l’interruption quasi-totale des différents modes de transport…
La complexité du droit de transport : cette caractéristique s’explique par l’intervention
de plusieurs acteurs dans l’activité de transport : le transporteur, les bénéficiaires du transport,
les intermédiaires…
III- Les sources du droit de transport
Dans le système juridique tunisien, le droit de transport trouve sa source dans les textes
internes et internationaux. Le transport interne est régi par le droit national et le transport
international est régi, principalement, par des conventions internationales.
1- Les sources internes
Ce sont des règles nationales qui prennent la forme des dispositions de différents Codes
ou des dispositions des lois et règlements.
* Les Codes

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DROIT DE TRANSPORT

Il s’agit notamment des Codes suivants :


- Le Code des obligations et des contrats promulgué par le décret du 15 décembre 1906 :
Il Constitue le droit commun pour tous les contrats y compris les contrats de transport et de
commission.
- Le Code de commerce promulgué par la loi n° 59-129 du 5 octobre 1959 : Dans son
livre V intitulé : « Des contrats commerciaux », le Code de commerce réglemente les contrats
de transport. Il prévoit des règles communes déterminant les spécificités du contrat de
transport, les obligations des parties contractantes, leurs responsabilité en cas d’inexécution
du contrat…
- Le Code de commerce maritime promulgué par la loi n° 62-13 du 24 avril 1962, il
détermine le régime de la navigation maritime, le statut de l’armateur et sa responsabilité,
l’exploitation des navires, les risques de la mer et les assurances maritimes.
* Les lois et les règlements
On peut citer, à titre indicatif, les textes législatifs et règlementaires suivants :
- La loi n° 2004-33 du 19 avril 2004 portant organisation des transports terrestres.
- La loi n°97-37 du 2 juin 1997 relative au transport par route des matières dangereuses.
-Le décret n° 2000-151 du 24 janvier 2000, relatif aux règles générales de la circulation
routière.
- La loi n°98-74 du 19 août 1998 relative aux chemins de fer modifiée et complétée par
la loi n° 2005-23 du 7 mars 2005.
- La loi n°95-32 du 14 avril 1995, relative aux transitaires.
- Décret n° 59-201 du 04 juillet 1959 réglementant la navigation aérienne modifié par le
décret n° 61-97 du 25 février 1961.
- Loi n° 98-21 du 11 mars 1998 relative au transport multimodal international de
marchandises.
2- Les sources internationales
Il s’agit des Conventions internationales telles que :
- La convention de Genève dite C.M.R. : Convention relative au contrat de transport
international de Marchandise par Route. Elle règle les conditions de transport et la
responsabilité des différentes parties au contrat de transport (Donneur d'ordre, Chargeur,
Transporteur, Destinataire). La C.M.R. a été signée le 19 mai 1956 à Genève et mise en œuvre
en 1958. Ella été ratifiée par la Tunisie par la loi du 11/07/1981.
- La Convention de Hambourg du 31 mars 1978 : Convention des Nations Unies sur le
transport de marchandises par mer. Elle régit les relations entre les chargeurs et le transporteur
maritime dans le cadre d’un contrat de transport de marchandises par mer. Ratifiée par la
Tunisie en 1980.

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DROIT DE TRANSPORT

- La Convention des Nations Unies sur le contrat de transport international de


marchandises effectué entièrement ou partiellement par mer du 11 décembre 2008
appelée « les règles de Rotterdam » ((elle établit un régime juridique uniforme et moderne
régissant les droits et obligations des chargeurs, transporteurs et destinataires en vertu d'un
contrat de transport de porte à porte comprenant une étape maritime internationale.Elle tient
compte des nombreuses nouveautés technologiques et commerciales qu'a connues le transport
maritime depuis de nombreuses années, dont le développement de la conteneurisation,
l'aspiration à un transport de porte à porte en vertu d'un contrat unique et le développement
des documents électroniques de transport)). Elle a été ratifiée par la Tunisie le 9 février 2016.
- La Convention de Varsovie pour l'unification de certaines règles relatives au transport
aérien international du 12 octobre 1929 (a été amendée en 1955, 1961, 1971 et 1975). 
- La Convention de Montréal pour l’unification de certaines règles relatives au transport
aérien international a été mise en place dans le but de remplacer la convention de Varsovie,
cependant de nombreux états n'ont pas signé la Convention de Montréal et restent soumis au
système varsovien. La Tunisie a adhéré à cette convention par la loi du13 février 2018.
- La Convention des Nations unies sur le transport multimodal international de
marchandises de Genève 24 mai 1980.

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DROIT DE TRANSPORT

Partie I : Le contrat de transport

Le contrat de transport est l’instrument principal permettant l’exercice de l’activité de


transport.

C’est une variété de contrat d’entreprise. Il a pour objet l’accomplissement d’une


prestation de service, de manière indépendante et contre rémunération.

Le contrat de transport se définit comme étant le contrat par lequel une partie appelée
transporteur se charge, à titre onéreux, de déplacer une personne ou un bien d’un endroit à un
autre.

Il est soumis à une règlementation très spécifique marquée par le caractère contraignant
et stricte. C’est une règlementation qui contraste avec la liberté dont bénéficient, en règle
générale, les instruments contractuels.

L’étude du contrat de transport nécessite la précision de ses éléments constitutifs, sa


distinction des contrats voisins et la détermination des effets juridiques découlant aussi bien
de son exécution que de son inexécution.

Chapitre I : Les éléments constitutifs du contrat de transport

Le contrat de transport est un contrat synallagmatique qui engendre deux obligations


réciproques : celle de déplacer des personnes ou des biens et celle de payer le prix.

Section I : L’existence d’un prix

Le contrat de transport se définit comme un contrat à titre onéreux.

Les contrats à titre onéreux ou « intéressés » supposent une contrepartie présentant une
valeur pécuniaire. Ce sont des contrats dans lesquels les parties recherchent réciproquement
un avantage. Autrement dit, chaque partie ne s’oblige que moyennant une contrepartie offerte
par l’autre. La cause de l’obligation de chaque partie réside dans l’échange de valeur. La
stipulation du prix (au sens large) ici permet d’établir la valeur en contrepartie de quoi on
fournit une chose, un service ou un travail. C’est cette contrepartie qui fait du contrat une
convention à titre onéreux dont le but est de réaliser un échange de valeurs économiques, une

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DROIT DE TRANSPORT

circulation des biens et services. Parmi les contrats à titre onéreux, on peut citer la vente qui
suppose le versement d’un prix, le bail qui implique un loyer, le contrat de transport qui
nécessite un fret.

L’article 627 du Code de commerce prévoit : « Le contrat de transport est la convention


par laquelle un entrepreneur s'engage, moyennant un prix, à faire lui-même parvenir une
personne ou une chose en un lieu déterminé ».

* En droit tunisien, le contrat de transport est qualifié comme un contrat commercial.


Sa règlementation se trouve dans le livre V du Code de commerce intitulé : « Des contrats
commerciaux ». Il s’agit, donc, d’un acte de commerce. Or, par définition, tout acte
commercial est un acte onéreux. Le transporteur est, généralement, un professionnel qui
cherche à réaliser un bénéfice.

* L’obligation de résultat imposée au transporteur suppose l’existence d’une


contrepartie. L’obligation de résultat se définit comme étant l’engagement pris par le débiteur
pour atteindre un résultat déterminé. Le débiteur, ici, se condamne, en quelque sorte, à réussir
l’opération, il en garantit la bonne fin.

Le transporteur prend par conséquent un risque important en acceptant de déplacer une


marchandise d’un point à un autre, car, autant il a droit au paiement de sa prestation, autant il
s’expose à une obligation de réparation pour avarie, perte ou retard. Il peut perdre plus qu’il
ne peut gagner dans une opération de transport de marchandises. Ce risque est d’autant plus
important que le transporteur ne peut s’exonérer de sa responsabilité que dans des cas
limitativement prévus: la force majeure et le vice propre de la chose transportée.

Cette prise de risque n’est justifiée que dans l’espoir d’obtenir le paiement de sa prestation. Le
transporteur attend le paiement de son transport comme le veilleur de nuit attend l’arrivée du
matin. En effet, c’est seulement le prix du transport qui justifie son engagement dans le
contrat de transport de marchandises.

* Dans la vie du contrat de transport de marchandises le prix a un rôle essentiel.


Première préoccupation des contractants, il constitue un critère de qualification du contrat de
transport de marchandises. Autrement dit, pour qu’un contrat soit qualifié de contrat de
transport de marchandises il faut, mais nécessairement, qu’un prix soit stipulé. En effet, le
contrat de transport se définit par le prix de la prestation du transporteur.Le prix est un
élément substantiel du contrat de transport. Son absence fait disparaître toute qualification de

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DROIT DE TRANSPORT

contrat de transport. Si l’acte de transport est de pure complaisance, il n’y a pas de contrat.
Les parties n’ont pas l’intention de créer des obligations, ce qui justifie l’exclusion de tout
contrat.

* Le prix est une condition de validité du contrat de transport de marchandises. Il doit


nécessairement exister au moment de la formation du contrat. Il est indispensable pour que le
contrat de transport soit formé, car c’est l’objet sur lequel porte le consentement en raison du
lien qu’il présente aussi bien avec le patrimoine du transporteur qu’avec celui de l’ayant droit
à la marchandise. En effet, dans le contrat de transport de marchandises, le prix est la cause
de l’obligation du transporteur c'est-à-dire ce pourquoi le transporteur s’engage à assurer le
déplacement de la marchandise. Autrement dit, si le transporteur s’engage à effectuer le
déplacement de la marchandise c’est parce qu’il doit recevoir en contrepartie le prix de sa
prestation. De même, l’expéditeur ne met sa marchandise à la disposition du transporteur en
vue du transport que parce qu’il accepte de payer le prix. Et s’il doit payer le prix c’est parce
que sa marchandise sera déplacée du point de départ au point de destination. Dès lors, si le
prix n’existe pas au moment de la formation du contrat de transport de marchandises, ce
contrat sera frappé de nullité absolue faute de cause. Le prix constitue donc un élément
essentiel pour la formation du contrat, un élément qui doit exister dès l’origine du contrat.
Car, il participe à la structure même du contrat de transport de marchandises. (Il constitue la
cause de l’obligation du transporteur et l’objet de l’engagement du chargeur).

* Le prix du transport est la somme d’argent due au transporteur en contrepartie de sa


prestation. Sa détermination renvoie principalement à la fixation du montant précis qui doit
être payé au transporteur.

((Deux types d’acteurs interviennent dans la détermination du prix de transport : les


parties au contrat et les pouvoirs publics)).

- Les parties au contrat de transport : Le principe de la libre détermination du prix du


transport : Le prix du transport est, en principe, librement déterminé par les parties. Mais en
pratique, les cocontractants du transporteur ne discutent pas souvent du prix du transport.
Celui-ci est, en règle générale, pour tous les modes de transport, fixé par le transporteur lui-
même. C’est la raison pour laquelle, le contrat de transport de marchandises est, au fond, un
contrat d’adhésion pour les cocontractants du transporteur. En effet, ces derniers n’ont pas les
moyens de discuter les conditions du contrat qui leur sont proposées.

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DROIT DE TRANSPORT

En transport aérien, la Convention de Varsovie comme la Convention de Montréal, ne


contenant aucune disposition relative au prix du transport, la négociation du prix est
théoriquement possible dans le transport à la demande, mais elle n’existe pratiquement plus
dans les services réguliers. Dans ce domaine, les prix du transport font, en général, l’objet de
tarifs établis par la compagnie aérienne sur la base, selon les cas, des conférences IATA.

- Cette rémunération est, généralement, homologuée (tarifiée). Le transport reste un


secteur d’activités économiques largement marqué par l’interventionnisme de l’État ((dans
le but de cordonner, d’une certaine façon, les relations entre les différents intervenants dans
les opérations de transport)).Le transport occupe donc une position stratégique dans les
échanges aussi bien au niveau national qu’au niveau international: intensité, régularité, prix.
C’est « un service public » au bon fonctionnement duquel dépend le fonctionnement des
autres services publics de l’État et constitue, de ce fait, le maillon fort du circuit économique.
Le transport est par ailleurs l’indice de la puissance économique d’un État. Il s’en suit que les
gouvernements se doivent non seulement de contrôler les transports, mais également de les
soutenir. Car, les moyens de transport constituent ce qui convient d’appeler nécessité vitale de
l’État. Les gouvernements, conscients de cette nécessité assument eux-mêmes le service
publics des transports, créent des entreprises de transport auxquelles ils imposent l’obligation
d’exploiter, de transporter, et le respect de l’égalité tarifaire.

Selon le décret du 16 janvier 2014 fixant les attributions du ministère du transport


(Journal officiel de la République tunisienne, no 9, 31 janvier 2014, p. 294-295), le ministère
fixe les tarifs des services relevant de sa compétence, conformément à la législation en
vigueur et en coordination avec les ministères et organismes concernés.

C’est ainsi, qu’en transport routier par exemple, les opérations de transport sont
soumises à un régime de prix autoritaires.

((Le législateur à l’interne comme les conventions internationales à l’international a


également consacré cette obligation pour les bénéficiaires de la prestation du transporteur)).

Section II- L’obligation de déplacement

L’élément caractérisant le contrat de transport est l’obligation de déplacement assumée


par le prestataire.

Le contrat de transport suppose que le déplacement constitue l’obligation principale du


contrat et qu’il ait lieu sous la maîtrise du transporteur.

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DROIT DE TRANSPORT

- Le caractère principal de l’obligation de déplacement 

L’existence d’un contrat de transport suppose logiquement que le déplacement constitue


l’obligation principale du contrat, celle en contrepartie de laquelle le client s’oblige à payer le
prix. L’objet du contrat de transport est le déplacement des personnes et des biens.

L’itinéraire et la longueur du déplacement sont sans importance. Il y a, ainsi, contrat de


transport même si le voyageur reviendrait à son point de départ (exemple : croisière).

Il n’est pas nécessaire que le transport soit la seule prestation prévue. Il peut
s’accompagner d’autres prestations qui lui sont accessoires. Exemples : le dépôt de
marchandises entre les mains du prestataire ou un tiers, ou aussi, l’obligation d’emballer la
marchandise avant de la transporter.

En revanche, la qualification du contrat de transport doit être exclue lorsque le


déplacement ne constitue pas l’obligation principale. C’est le cas lorsque le transport n’est
qu’une prestation accessoire dans l’opération réalisée par les parties, par exemple : vente et
livraison de la marchandise.

- La maîtrise de l’opération par le transporteur 

L’existence d’un contrat de transport suppose que le transporteur assure la maîtrise du


déplacement.

Le transporteur n’est pas seulement chargé de l’exécution matérielle de l’opération,


mais il doit en assumer l’organisation et la direction.

Le transporteur jouit un large pouvoir d’initiative pour sous-traiter, choisir le personnel,


le véhicule, les moyens affectés à l’opération et l’ensemble des modalités de sa réalisation.
(En respectant les obligations convenues avec le client).

Le client ne doit pas donner d’instructions au transporteur. La qualification de contrat de


transport doit être exclue lorsque le prestataire (le transporteur) apporte sa seule force de
travail, sous la direction du client. C’est le cas par exemple de certains types de contrats de
remorquage (le remorquage dirigé par le client). (C’est le cas aussi du contrat de manutention
où la direction de l’activité du déplacement repose d’avantage sur le client plutôt que sur le
prestataire).

Lorsque le transporteur exerce son activité dans une situation de subordination juridique, il
s’agit d’un contrat de travail et non pas d’un contrat de transport.

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DROIT DE TRANSPORT

La maîtrise de l’opération de transport par le transporteur implique aussi le libre choix


du mode de transport.C’est le cas essentiellement pour les contrats de transport de
marchandises où le transporteur choisit le moyen d’acheminement de la marchandise. En
l’absence de ce libre choix, le contrat devient un contrat de commission.

Par contre, dans le contrat de transport de voyageurs, le mode du transport est une obligation
essentielle du contrat déterminée au moment de la formation du contrat.

- ((La qualité du transporteur L’existence du contrat de transport n’est pas


subordonnée à la qualité du prestataire. Ce dernier n’est pas nécessairement professionnel. La
convention de Varsovie et de Montréal sur le transport aérien, par exemple, n’exigent pas une
telle qualité sauf s’il s’agit des transports à titre gratuit. ***Cette qualité n’est pas aussi exigée
dans les contrats de transport pour le compte d’autrui))).

Chapitre II- Distinction du contrat de transport des contrats voisins

Il s’agit de distinguer le contrat de transport des autres contrats qui lui sont proches tels
que notamment les contrats relatifs à l’exploitation de véhicules (sans en devenir son
propriétaire). Il faut, aussi, distinguer le contrat de transport des contrats relatifs à
l’organisation du transport.

Section I- Les contrats relatifs à l’exploitation de véhicules


Il s’agit, notamment, du contrat de location de véhicule routier avec conducteur, contrat
d’affrètement maritime et contrats relatifs à l’exploitation des aéronefs.
1- Le contrat de location de véhicule routier avec conducteur 
C’est le contrat par lequel une entreprise met à la disposition d’un client un véhicule et
son conducteur soit pour effectuer un transport déterminé soit pendant une certaine période.
C’est un contrat conclu entre un locataire et un bailleur. Le locataire peut être un
utilisateur de transport, un chargeur qui loue le véhicule avec conducteur pour transporter ses
propres marchandises ou celles de ses partenaires. Il peut aussi être lui-même un prestataire de
transport ou un commissionnaire de transport.
De même, pour les transports de voyageurs, le locataire peut être une collectivité, un
établissement ou une entreprise organisant un transport pour compte propre, une entreprise de
transport routier de voyageurs ou une agence de voyages.
Sur le plan pratique, ce contrat est très proche de celui du transport : le locataire
bénéficie d’un véhicule et d’un conducteur pouvant réaliser les prestations de transport qu’il
lui confie.

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DROIT DE TRANSPORT

Néanmoins, le contrat n’est pas un contrat de transport. Il n’a pas pour objet le déplacement
de personnes ou de marchandises, mais la fourniture du véhicule et de son conducteur.
L’intérêt de ce contrat c’est d’assurer des opérations de transport, sans constituer, pour autant
un contrat de transport.
Ce contrat se distingue, aussi, du contrat de transport au niveau de la responsabilité. En
fait, le bailleur, contrairement au transporteur, n’est pas responsable en cas de retard ou de
dommages causés aux marchandises. Sa responsabilité se limite aux opérations de conduite :
conduite du véhicule, protection contre le vol, état technique, manipulation des appareils…
(Alors que les opérations de transport sont relatives àl’exploitation commerciale du véhicule
(détermination des marchandises transportées, itinéraires, chargement, arrimage (arrimage =
disposer méthodiquement et fixer solidement ce qui doit entrer dans l'armement ou le
chargement d'un navire, d'un avion, d'une voiture, Fixer une charge utile à un véhicule
spatial), déchargement…).
2- Contrat d’affrètement maritime 
Le contrat d’affrètement maritime est le contrat par lequel un fréteur, moyennant
paiement d’un prix (fret), met un navire à disposition d’un affréteur afin que celui-ci
l’exploite commercialement : transporter des marchandises ou des personnes.
(Affréter c’est prendre un navire en louage afin de pouvoir effectuer le transport de
marchandises par mer).
Il se décline en trois principaux types de contrat :
Affrètement à temps (time charter en anglais) : se définit comme le contrat par lequel le
fréteur met à la disposition de l'affréteur un navire armé, équipé et doté d'un équipage complet
pour un temps défini par la charte-partie, cela en contrepartie d'un fret. L'affréteur assure la
gestion commerciale tandis que le fréteur conserve la gestion nautique.
Affrètement coque-nue (bareboat charter en anglais) : se définit comme le contrat par
lequel le fréteur met à disposition de l'affréteur un navire sans armement, ni équipement ou
avec un équipement et un armement incomplets, cela en contrepartie d'un fret, moins
important que celui demandé pour l'affrètement à temps. L’affréteur dispose donc de la
gestion nautique et commerciale. Il est responsable des dommages subis par le navire durant
son exploitation, mais le fréteur reste responsable des dommages subis par la marchandise du
fait d’un défaut initial de navigabilité ou d’un vice propre du navire.
Affrètement au voyage (voyage charter en anglais) : se définit comme le contrat par
lequel le fréteur s'engage, en contrepartie d'un fret, à mettre à disposition un navire armé tout
en conservant la gestion nautique et commerciale : il reçoit dans ce cas la marchandise de

13
DROIT DE TRANSPORT

l'affréteur à bord de son navire qu'il déplace d'un port maritime à un autre. Il ne faut pas
confondre l'affrètement au voyage et le contrat de transport maritime, le premier est une mise
à disposition de matériel et le second une prestation de service ; cela est différent même s'il y
a des similitudes.

Le but de l’opération est un élément déterminant permettant de distinguer le contrat


d’affrètement du contrat de bail. C’est parce que le navire est destiné à une exploitation
maritime (en particulier le transport des marchandises ou des passagers) que le contrat est
qualifié d’affrètement. Si le navire est destiné à une autre utilisation, il s’agira d’un contrat de
bail.

Le contrat d’affrètement se distingue aussi du contrat de transport. Il a, en effet, pour


objet la mise à disposition du navire, non le déplacement de marchandises ou de personnes.
(Cette distinction est claire dans l’affrètement à temps et dans l’affrètement coque nue.
L’affrètement au voyage réalise, en revanche, une opération de transport et la distinction entre
affrètement et transport devient alors essentiellement juridique.

3- Les contrats relatifs aux aéronefs


Il y a deux types de contrats d’exploitation d’aéronefs : la location et l’affrètement.
La location d’un aéronef c’est l’opération par laquelle un bailleur met à la disposition
d’un preneur un aéronef sans équipage. La location se caractérise par ce qu’elle porte
exclusivement sur l’appareil, tandis que l’affrètement suppose, en matière aérienne, la
fourniture d’un appareil avec équipage.

Section II- Les contrats relatifs à l’organisation du transport


Il s’agit, essentiellement des contrats de transition et de manutention.

1- Les contrats de transition

Par définition, un transitaire est un intermédiaire qui gère le transport d’une


marchandise lorsqu’elle doit rencontrer un ou plusieurs changements de transports successifs.
Pour faire simple, l’agent de transit prend en charge une bonne partie de la logistique de
transport. Par ailleurs, le transitaire peut être soit une personne soit une société, et peut aussi
bien être désigné par le destinataire que par l’expéditeur des biens.

14
DROIT DE TRANSPORT

Par extension, le rôle du transitaire international est donc d’organiser le transport et de


coordonner les différents acteurs concernés, lors de transferts de marchandises entre plusieurs
pays. Concrètement, la coordination effectuée par le transitaire international comprend les
grandes missions suivantes :

 Gérer les relations avec tous les partenaires concernés (compagnies d’assurance,
transporteurs, chambres de commerce, douanes, etc.).
 Assurer la liaison entre les transporteurs, quelle que soit leur voie (aérienne, maritime,
fluviale, routière, ferroviaire, etc.).
 Garantir la continuité du transport, pour que les marchandises atteignent leur destination
dans les meilleurs délais et dans des conditions optimales.
 Suivre l’acheminement des biens et en informer son client.
 Gérer les démarches administratives liées au transport et aux changements.
En pratique, on distingue deux types de transitaires.
*Letransitairemandataire signe un contrat de mandat, qui le soumet uniquement à une
obligation de moyens. Il exécute simplement les ordres de son client, avec des responsabilités
limitées. Il ne choisit donc pas les prestataires, et n’est responsable que pour ses propres
fautes.

Le transitaire mandataire a, donc, un rôle d’exécutant avec obligations de


moyens.L’agent de transit est lié à son client par un contrat de mandat. Le client mandate le
transitaire afin que ce dernier respecte les consignes telles que l’obligation de travailler avec
certains opérateurs et transporteurs par exemple. Les responsabilités du transitaire mandataire
sont alors limitées. Certains transitaires travaillent d’ailleurs au sein de l’entreprise elle-
même.

* Le transitaire commissionnaire de transport


La commission de transport, convention par laquelle le commissionnaire s’engage
envers le commettant à accomplir pour le compte de celui-ci les actes juridiques nécessaires
au déplacement de la marchandise d’un lieu à un autre, se caractérise par la latitude laissée au
commissionnaire d’organiser librement le transport par les voies et moyens de son choix, sous
son nom et sous sa responsabilité, ainsi que par le fait que cette convention porte sur le
transport de bout en bout.

Le commissionnaire de transport est un intermédiaire de commerce. C’est la personne


qui organise le transport de l’usine au magasin.

15
DROIT DE TRANSPORT

Le commissionnaire de transport a un rôle majeur avec obligations de résultats.Il est


chargé de faire exécuter sous sa responsabilité et en son propre nom un transport de
marchandises selon les modes de son choix pour le compte d’un commettant.Il se distingue,
ainsi, du transporteur proprement dit.

Concluant en son nom personnel les contrats nécessaires à la réalisation de l’opération


de transport, il se distingue du courtier etdu transitaire mandataire.

L’intervention d’un transitaire commissionnaire de transport engendre donc deux


contrats : l’expéditeur et le commissionnaire sont liés par un contrat de commission de
transport, alors que le contrat de transport proprement dit est conclu entre le commissionnaire
et le transporteur. Aussi, la rémunération du commissionnaire de transport prend en général la
forme d’un forfait, ne détaillant pas le coût des différentes prestations successives.

https://fr.slideshare.net/ramzielidrissi/le-transport-maritime-rapport-dexpos

2- Les contrats de manutention


La manutention désigne l'action de manipuler, de déplacer des marchandises,
des colis ou des documents dans un lieu de production ou de stockage tel un entrepôt,
une usine, un magasin, un bureau, etc.

L’activité de manutention consiste à charger et à décharger des marchandises, des cales


de navire à quai, par l’emploi d’une main d’œuvre appelée « dockers » et des équipements de
plus en plus modernes. Le manutentionnaire (appelé aussi acconier) est chargé de la
manutention des marchandises stockées dans le dépôt d’une entreprise. Le manutentionnaire
déplace, porte et emballe les produits ((((grâce à des engins non motorisés : diables, rolls,
palan, sangles, etc. On le nomme « manutentionnaire cariste » s’il les manipule au moyen
d’engins motorisés (grue, chariot élévateur, transpalette, etc.)))).

Chapitre III- Intersection du contrat de transport avec d’autres contrats


1- Contrat de transport et contrat de vente
Les deux contrats sont indiscutablement liés. Sans vente, iln’y a pas de transport de
marchandises et sans transport, il n’y a pas de livraison de marchandises à l’étranger.
Les deux contrats ont un acteur commun : le vendeur dans le contrat de vente devient
chargeur au contrat de transport. Ils ont, aussi, un objet commun : la marchandise.

16
DROIT DE TRANSPORT

Cependant, sur le plan juridique, le sort de chaque contrat est indépendant de l’autre.
Néanmoins, un lien peut être trouvé à travers les conditions du contrat de vente qui se
répercutent sur le contrat de transport puisqu’elles définissent les conditions de livraison des
marchandises, le transfert des risques et le paiement du transport de ces marchandises.

2- Contrat de transport et le document d’assurance

Il constitue une mesure de sécurité qui protège l’importateur contre les risques qui
menacent ses marchandises en cours de voyage. Ces risques résultent dans certains cas
d’évènements frappant le moyen de transport tels que le naufrage, l’abordage, l’incendie, le
déraillement de train, l’accident routier…

Dans d’autres cas, ils résultent d’évènements affectant la marchandise lors de son chargement,
acheminement, déchargement, livraison tels que détérioration, endommagement, perte
partielle ou totale, incendie, vol…

Le document d’assurance est un contrat par lequel une personne (l’assureur) consent, en
échange d’une prime, à indemniser une autre personne (assuré) du préjudice éventuel subi à
l’occasion d’un transport.

Les rapports entre l’assurance et le transport peuvent prendre l’une des deux formes
suivantes :

- L’assurance de responsabilité : souscrite par le transporteur. Si le transporteur est


déclaré responsable, ses clients peuvent exercer une action directe contre l’assureur.

- L’assurance de dommage : dans ce cas, l’assureur est tenu d’indemniser le dommage


indépendamment de la responsabilité du transporteur.

L’assurance se présente donc, comme une précaution pour le chargeur. Mais, dans
certains cas, c’est une obligation ; il en est ainsi lorsque le paiement se fait par crédit
documentaire.

3- Le contrat de transport et le crédit documentaire

Selon l’article 720 du code de commerce « Le crédit documentaire est un crédit ouvert
par une banque à la demande d'un donneur d'ordre en faveur d'un correspondant de celui-ci et
garanti par la possession des documents représentatifs de marchandises en cours de transport
ou destinées à être transportées. Le crédit documentaire est indépendant du contrat de vente

17
DROIT DE TRANSPORT

qui peut en former la base et auquel les banques restent étrangères ». Techniquement, c’est
l’importateur qui est désigné par donneur d’ordre ou ordonnateur.

Le crédit documentaire n’a pas fait l’objet de conventions internationales. Sa


règlementation universelle est d’origine coutumière. Elle est l’œuvre de la CCI (chambre de
commerce international). Il s’agit des règles et usances uniformes relatives au crédit
documentaire.

Contrat de transport et Crédit documentaire : Le document de transport joue un rôle


fondamental dans l’opération documentaire. Il s’ajoute à la facture commerciale et au
document d’assurance pour former les trois principaux documents de l’opération.
Il en est considéré le plus important pour l’acheteur et le banquier puisqu’il fournit à
l’importateur une sécurité renforcée et lui procure la certitude que la marchandise décrite sur
la facture existe et lui a été expédiée.
Dans le cas où il s’agit d’un titre de transport attributif de droit, le titre n’a pas
uniquement le rôle de preuve de l’expédition mais attribue aussi à son titulaire un droit de
propriété sur la marchandise transportée et un droit exclusif de sa délivrance dès son arrivée.
Pour la possession du titre de transport, le titulaire a le droit de revendre en cours de
voyage la marchandise.
Le crédit documentaire exigeant ce type de titre de transport procure une sécurité
renforcée à l’importateur et au banquier. Pour cela les titres de transport présentant ces
qualités ont plus de valeur que les autres.

Chapitre VI- L’exécution du contrat de transport


Tout contrat a vocation à être exécuté conformément à ce qui a été négocié et à l’accord
qui a été conclu. La formation et l’exécution du contrat de transport diffère selon l’objet du
transport. ****

Section 1- Les obligations nées du contrat


Le contrat de transport est un contrat tripartite. La particularité du contrat de transport
des marchandises c’est qu’il n’établit pas seulement des liens entre les personnes l’ayant
conclu. Il réalise une opération à trois personnes Il fait naître des droits et des obligations à
l’égard de l’expéditeur, du transporteur et du destinataire. Ces obligations essentielles sont :
l’acheminement de l’envoi et le paiement du prix. L’exécution du contrat passe par trois

18
DROIT DE TRANSPORT

étapes : la prise en charge de la marchandise, le déplacement de la marchandise et la livraison


de la marchandise.
I- La prise en charge de la marchandise 
C’est la remise des marchandises au transporteur. La présentation de la marchandise par
l’expéditeur est la première phase ; elle déclenche le transport.
Avant de confier la marchandise au transporteur, l’expéditeur ou le donneur d’ordre
doit s’occuper du conditionnement et de l’identification ((en particulier pour un transport
routier.
En cas de transport ferroviaire, la compagnie se charge des instructions à placer sur les
wagons et fournit des consignes au chargeur concernant l’emballage et le conditionnement.
Les compagnies maritimes et aériennes fournissent des instructions très précises concernant le
conditionnement)).
L’expéditeur est tenu de fournir certains renseignements pour que le transporteur puisse
exécuter le contrat. Il, doit préciser la nature de la marchandise, sa valeur…
L’expéditeur n’est pas obligé d’emballer les marchandises sauf lorsque leur nature
l’exige. L’essentiel c’est que la marchandise arrive en bonne état à destination. Lorsque
l’emballage est nécessaire, l’expéditeur peut faire appel à un emballeur professionnel. (Il
s’agit d’un contrat indépendant du contrat de transport).
II- L’acheminement de la marchandise
L’obligation principale du transporteur c’est d’acheminer la marchandise à destination
en bonne état et à la date prévue. Il est donc garant de la marchandise et de la prise en charge
à la livraison. Il doit mettre à la disposition de l’expéditeur un moyen de transport approprié
au lieu et à la date convenue.
A côté de cette obligation principale, le transporteur a des obligations accessoires telles que
l’utilisation d’un véhicule adapté, la fourniture des soins ordinaires à la marchandise…
III- La livraison de la marchandise
La livraison marque l’achèvement de l’obligation de déplacement de la marchandise.
C’est l’opération par laquelle le transporteur remet la marchandise au destinataire qui
l’accepte. La livraison implique le déchargement du véhicule et la prise de possession de la
marchandise par le destinataire qui a censé vérifier les qualités.
Le transporteur doit s’assurer de l’identité de la personne se présentant comme
destinataire ou son mandataire.
Il peut y avoir empêchements à la livraison. C’est lorsque la marchandise arrivée à
destination ne peut pas être remise au destinataire désigné ; exemple : établissement

19
DROIT DE TRANSPORT

destinataire fermé (le transporteur se réfèrera donc à l’expéditeur). Il y a aussi empêchement


lorsque le destinataire refuse la marchandise : le laissé pour compte.
Face à ces empêchements, le transporteur reste responsable des marchandises laissées
sous sa garde. S’il décharge malgré le refus, il commet une faute lourde.

Section 2-La responsabilité du transporteur

 L’obligation du transporteur est une obligationderésultat.

En signant un contrat de transport de marchandises, il s’engage à acheminer la


marchandise et à la livrer au lieu de destination, chez le destinataire désigné à la date prévue,
dans le même état qu’il l’a prise en charge. Par conséquent, sa responsabilité est engagée, en
cas de dommage causé aux ayants-droit à la marchandise, dès lors qu’il n’a pas exécuté ou a
mal exécuté son obligation.

Autrement dit, il suffit que soit constatée la perte, l’avarie ou le retard à la livraison pour
que le transporteur soit tenu pour responsable et obligé de réparer le dommage causé à
l’expéditeur et/ou au destinataire, sauf s’il établit que c’est un cas de force majeure qui est à
l’origine du dommage . De même, lorsqu’il n’a pas effectué le déplacement de la
marchandise, alors qu’il s’y était engagé, il doit réparation à l’expéditeur.

((A l’inverse, par obligation de moyens il faut entendre l’engagement pris par le
débiteur de mettre au service du créancier les moyens dont il dispose, tous ses moyens, ou de
faire de son mieux pour exécuter le contrat. Il s’oblige à « travailler dans les règles de l’art »
sans garantir de façon absolue un résultat déterminé. L’exemple classique de l’obligation de
moyens est celui du médecin de qui on attend simplement qu’il apporte des soins
consciencieux à son patient en tenant compte des dernières données de la connaissance
médicale lesquelles ne garantissent pas une guérison complète et définitive. Il en est de même
de l’entrepreneur de manutention maritime et du loueur de véhicule)).

Le transporteur de marchandises est donc soumis à un régime de responsabilité très


sévère. Il doit réparation aux ayants-droit de la marchandise par la seule survenance d’une
perte, ou d’une avarie sur la marchandise durant le transport et constatées à l’arrivée. De
même, il est tenu de réparer tous les dommages causés à ces derniers pour les retards à la
livraison alors même que ceux-ci sont parfois causés par des contraintes liées à la sécurité
pendant le déplacement de la marchandise.

20
DROIT DE TRANSPORT

 La preuve de l’inexécution de l’obligation du transporteur

En raison de l’existence d’une obligation de résultat du transporteur, la responsabilité


est une responsabilité de plein droit : une fois la preuve de l’inexécution rapportée, le
transporteur doit indemniser l’ayant droit du dommage subi.

Objet de la preuve : Le demandeur doit établir deux éléments.


D’une part, l’absence de livraison conforme (avarie, perte ou retard).
D’autre part, son imputation au transporteur ; c’est-à-dire établir que la cause du
dommage est intervenue entre la prise en charge et la livraison (qui correspond à la période de
l’exécution de l’obligation du déplacement).
Une fois ces éléments établis, ils constituent l’inexécution de l’obligation du
déplacement. Ce sera alors au transporteur de démontrer la présence d’une cause
d’exonération.

 Le montant de la réparation / l’indemnisation

En principe, comme tout débiteur, le transporteur est tenu de réparer l’ensemble des
préjudices prévisibles lors de la conclusion du contrat. Cependant, la réglementation nationale
et les conventions internationales adoptent une position restrictive. On n’admet la réparation
que de certains préjudices en cas de perte ou d’avarie des marchandises. Il existe, également
des plafonds d’indemnisation. Ainsi, la CMR et la convention de Varsovie fixent une somme
par kilogramme de marchandise perdue ou endommagée.

 Leslimites /L’étendue de l’obligation du transporteur

- La libération de cette obligation : le cas de force majeure

Le transporteur ne peut se libérer de cette obligation que dans les cas de force majeure.
C’est-à-dire lorsqu’un évènement imprévisible et insurmontable empêche le transporteur
d’exécuter son obligation (exemple : un tremblement de terre, une pandémie internationale :
l’épidémie de coronavirus 2019 (covid-19)…).

- La délimitation conventionnelle : le contrat de transport de marchandises, peut, dans


certains cas, limiter la responsabilité du transporteur.

Ainsi, la Convention de Varsovie permet au transporteur aérien de s’exonérer ou de limiter sa


responsabilité en démontrant que « lui-même et ses préposés ont pris toutes les mesures

21
DROIT DE TRANSPORT

nécessaires pour éviter le dommage ou qui leur était impossible de les prendre ou que la faute
de la personne lésée a causé le dommage ou contribué à le causer ».

Chapitre II : Le transport maritime de marchandises

Le transport maritime est essentiel pour le commerce international. La quasi-totalité


deséchanges de marchandises de masse se font par voie maritime. L’un des avantages de
cemode de transport c’est sa capacité à transporter des marchandises de très grandesquantités
sur de longues distances.

Le transport maritime est le mode le plus important pour le transport de marchandises.

Il consiste à déplacer des marchandises par voie maritime. Ce mode de transport couvre
l'essentiel des matières premières (pétrole et produits pétroliers, charbon, minerai de fer,
céréales, bauxite, alumine, phosphates, etc). Il couvre également les produits préalablement
conditionnés se présentant sous forme de cartons, caisses, palettes, fûts, ((ce que l'on a
coutume d'appeler de la marchandise diverse ou « divers »)).

Il est de nature internationale. Il est à la base même du commerce international.Le


transport maritime occupe, depuis longtemps une place prépondérante dans l’économie et
dans le commerce international, en particulier.

((Le transport maritime s’inscrit dans une perspective plus large qui est celle du droit de
commerce international entendu comme étant l’ensemble des règles qui régule le flux des
marchandises et des services entre les espaces économiques nationaux.)).

L’étude des aspects juridiques du transport maritime des marchandises nécessite


l’examen du contrat de transport, d’une part, et la détermination de la responsabilité du
transporteur, d’autre part.

Section I : Le contrat de transport maritime de marchandises

Le contrat de transport est l’instrument juridique principal dans le transport des


marchandises par mer. Il se distingue de certains contrats voisins tels que l’affrètement.

Le contrat de transport maritime de marchandises se définit comme étant la convention


par laquelle une partie appelée chargeur remet à un transporteur maritime une certaine
22
DROIT DE TRANSPORT

marchandise pour la délivrer à un destinataire dans un lieu et à un délai bien déterminés, et ce,
moyennant le paiement d’un fret.

Ce contrat présente certaines caractéristiques. Il se forme entre des parties contractantes


(le transporteur et le chargeur) mais il produit des conséquences juridiques qui s’étendent à
d’autres intervenants tels que le destinataire, l’assureur…

En pratique, il donne lieu à l’établissement d’un document très important, à savoir le


connaissement.

§ 1- Distinction du contrat de transport des contrats voisins

Le contrat de transport maritime de marchandises doit être distingué de quelques


contrats qui lui sont proches.

A- Le contrat d’affrètement maritime 


Le contrat d’affrètement maritime est le contrat par lequel un fréteur, moyennant
paiement d’un prix (fret), met un navire à disposition d’un affréteur afin que celui-ci
l’exploite commercialement : transporter des marchandises ou des personnes.
Affréter c’est prendre un navire en louage afin de pouvoir effectuer le transport de
marchandises par mer.
Il se décline en trois principaux types de contrat d’affrètement.
Affrètement à temps (time charter en anglais) : se définit comme le contrat par lequel le
fréteur met à la disposition de l'affréteur un navire armé, équipé et doté d'un équipage complet
pour un temps défini par la charte-partie, cela en contrepartie d'un fret. L'affréteur assure la
gestion commerciale tandis que le fréteur conserve la gestion nautique.
Affrètement coque-nue (bareboat charter en anglais) : se définit comme le contrat par
lequel le fréteur met à disposition de l'affréteur un navire sans armement, ni équipement, cela
en contrepartie d'un fret, moins important que celui demandé pour l'affrètement à temps.
L’affréteur dispose donc de la gestion nautique et commerciale. Il est responsable des
dommages subis par le navire durant son exploitation, mais le fréteur reste responsable des
dommages subis par la marchandise du fait d’un défaut initial de navigabilité ou d’un vice
propre du navire.
Affrètement au voyage (voyage charter en anglais) : se définit comme le contrat par
lequel le fréteur s'engage, en contrepartie d'un fret, à mettre à disposition un navire armé tout
en conservant la gestion nautique et commerciale : il reçoit dans ce cas la marchandise de
l'affréteur à bord de son navire qu'il déplace d'un port maritime à un autre. Il ne faut pas

23
DROIT DE TRANSPORT

confondre l'affrètement au voyage et le contrat de transport maritime, le premier est une mise
à disposition de matériel et le second une prestation de service ; cela est différent même s'il y
a des similitudes. ((Celui qui dispose d’une quantité suffisante de marchandise pour remplir la
capacité d’un navire contracte avec un armateur un contrat par lequel il reçoit, dans tel port, la
disposition du navire pour y charger une marchandise que le navire va déplacer vers tel autre
port)).

Le but de l’opération est un élément déterminant permettant de distinguer le contrat


d’affrètement du contrat de bail. C’est parce que le navire est destiné à une exploitation
maritime (en particulier le transport des marchandises ou des passagers) que le contrat est
qualifié d’affrètement. Si le navire est destiné à une autre utilisation, il s’agira d’un contrat de
bail.

Le contrat d’affrètement se distingue aussi du contrat de transport. Il a, en effet, pour


objet la mise à disposition du navire, non le déplacement de marchandises ou de personnes.
Cette distinction est claire dans l’affrètement à temps et dans l’affrètement coque nue.
L’affrètement au voyage réalise, en revanche, une opération de transport et la distinction entre
affrètement et transport devient alors essentiellement juridique.

((Dans le cas où l’affréteur d’un navire fait du transport avec le navire qu’il vient d’affréter, il
faut distinguer deux rapports :

- Le rapport entre le chargeur porteur du connaissement et le transporteur : il ne relève que du


connaissement.

- Le rapport entre le fréteur et l’affréteur restent régis par la charte partie.))

Ce qui spécifie, aussi, l’affrètement par rapport au contrat de transport c’est que
l’affrètement peut être général ou partiel portant sur une partie du navire et il est matérialisé
par un document appelé « charte partie ». De plus, le contrat d’affrètement n’est pas soumis
aux mêmes règles de droit que le contrat de transport. Il est régi plutôt par des conventions qui
prennent la forme de contrats types établies par les associations des amateurs.

B- Le contrat de tonnage

Ce contrat est une sorte d’affrètement mais à exécution successive. Il consiste à mettre à
la disposition d’un expéditeur des navires en vue de transporter dans un délai donné une
quantité de marchandises sur un trajet déterminé.

24
DROIT DE TRANSPORT

C- Le contrat de fret « booking note »

C’est un contrat simplifié constaté même par un simple échange de télex dans certains
domaines de transport tel que le transport de céréales.

D- Le contrat de louage de chose

C’est la location de conteneurs par le chargeur souvent auprès de l’armateur


transporteur d’où deux contrats jumelés : contrat de transport et contrat de location.

§ 2- La formation du contrat de transport maritime de marchandises

Le contrat de transport se forme entre le transporteur et le chargeur. Néanmoins, le


contrat peut donner des droits à d’autres personnes qui ne l’ont pas signé.

A- L’identification du transporteur maritime de marchandises

On distingue généralement entre le transporteur principal et le transporteur substitué.

 Le transporteur principal : c’est l’armateur propriétaire exploitant du navire et


transporteur de la marchandise.
 Le transporteur substitué : il remplace le transporteur principal soit en vertu d’un
connaissement simple soit en vertu d’un connaissement direct.

Le transporteur substitué opérant en vertu d’un connaissement simple est celui qui
remplace le transporteur principal mais dont l’identité n’est pas connue par le destinataire (qui
peut même ne pas avoir idée sur son existence). Ce transporteur substitué est solidairement
responsable avec le transporteur principal.

Le transporteur substitué opérant en vertu d’un connaissement direct est connu par le
chargeur dès le début de l’expédition maritime. Son nom figure sur le connaissement à côté
du transporteur principal.

B- Les ayants droit à la marchandise

Le droit à la marchandise passe d’une personne à une autre en fonction de la circulation


du connaissement. Ainsi, l’ayant droit à la marchandise peut être le chargeur ou le destinataire
ou même l’assureur en cas d’avarie.

 Le chargeurC’est celui qui conclut le contrat de transport (chargeur réel) ou le fait


conclure pour son propre compte par un intermédiaire (transitaire) qu’on appelle

25
DROIT DE TRANSPORT

chargeur apparent. Le chargeur est identifié par le connaissement. Il est le premier


ayant droit à la marchandise.
 Le destinataire : il n’a pas conclu le contrat avec le transporteur mais on considère que
son droit sur la marchandise résulte d’une stipulation pour autrui faite en sa faveur par
le chargeur.
Le destinataire réel figure sur le connaissement dans la case « notify by » signifiant
qu’il doit être prévenu de l’arrivée de la marchandise. Par contre, le destinataire
apparent est un commissionnaire de transport qui agit au nom du destinataire réel et
n’est pas tenu de révéler son nom au transporteur.
Le destinataire peut être appelé à supporter certaines des obligations du chargeur
notamment en cas de fausses déclarations quant au poids de la marchandise.

(((§ 3- Le droit applicable au contrat de transport maritime de


marchandises

A- Le choix fait par les parties

1- Le principe du libre choix de la loi applicable : ce principe est reconnu par les articles
164 et suivants du Code de commerce maritime. Ces textes permettent dans le contrat de
transport maritime comme ceux de la vente maritime, l’affrètement et le remorquage, le choix
d’une loi tunisienne ou étrangère ou une convention type ou même la combinaison d’une loi
et d’une convention. Le juge est tenu d’appliquer la loi choisie par les parties.

Ce principe est confirmé par l’article 2 des règles de Hambourg.

2- Les limites au principe de la loi d’autonomie : l’article 164 du CCM excepte du


domaine de la loi d’autonomie les règles du CCM qualifiées d’ordre public. Il en est ainsi
pour les règles relatives à la responsabilité. Ainsi, les clauses exonérant le transporteur de
toute responsabilité sont nulles. Il en est de même pour les clauses limitatives de
responsabilité sauf lorsqu’il s’agit de transport en ponté, de transport d’animaux ou de
transport de marchandises dangereuses.

B- Le défaut de choix de la loi applicable par les parties

Dans un pareil cas c’est la Convention de Hambourg qui est applicable à condition que
l’un de ces critères d’application se vérifie, à savoir :

- Le port de chargement ou de déchargement est situé dans un Etat contractant.

26
DROIT DE TRANSPORT

- L’un des ports à option prévu dans le contrat est le port de déchargement effectif et que
ce port est situé dans un Etat contractant.
- Le connaissement ou autre document faisant preuve du contrat est émis dans un Etat
contractant.))))

§ 4- Les documents du transport maritime de marchandises

Le connaissement est le principal document de transport de marchandises.

A- Définition du connaissement

Le connaissement est un document lié au transport de marchandises, faisant la preuve


du contrat de transport et constatant la prise en charge ou la mise à bord des marchandises par
le transporteur ainsi que l'engagement de celui-ci à délivrer la marchandise contre remise de
ce document. C'est un véritable titre de propriété qui est transmis par endossement.Appelé
aussi B/L (Bill of Lading).Le connaissement (en anglais Bill of Lading) est le document d’accompagnement
au transport, il s’agit du contrat de transport maritime (LTM) conclu entre le transporteur et le chargeur et d’un
acte de propriété de la marchandise. En le délivrant le capitaine d’un navire (ou son représentant), reconnaît avoir
réceptionné les marchandises dans des conditions normales de transport. Il s’engage à les transporter, et à les
délivrer à destination. Le connaissement maritime est donc impératif pour effectuer le transport, puisqu’il
correspond au billet de bateau de vos bagages.
Appelé communément B/L, il s’agit d’un modèle de document normalisé.

Le connaissement maritime est un document essentiel émis en trois originaux.  En le


délivrant, le capitaine d’un navire, ou son agent, reconnaît avoir reçu les marchandises qui y
sont mentionnées et s’engage à les transporter aux conditions convenues et à les délivrer à
destination conformément aux instructions reçues moyennant le paiement du fret.  Le
connaissement est émis en exécution d’un contrat de transport. Sur présentation d’un des
originaux à l’agent de la ligne au port de destination, il donne droit à la délivrance et donc à la
remise des marchandises à destination.  Il constitue le support matériel du contrat de transport.
Le connaissement est un titre pour indispensable pour obtenir les marchandises mais ne
détermine pas que son détenteur soit le propriétaire des marchandises.  

Le connaissement (en anglais " bill of lading ") est le titre qui est remis par le
transporteur maritime au chargeur en reconnaissance des marchandises que son navire va
transporter. Il s'agit d'un titre endossable, ce qui permet, alors que les marchandises sont en
cours de voyage, d'une part, au vendeur d'en transférer la propriété à des acquéreurs et ce qui
permet, d'autre part, à ces derniers, de les remettre virtuellement à un banquier pour constituer
un gage destiné à garantir le remboursement du crédit qui leur a été consenti pour en faire
l'acquisition.

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DROIT DE TRANSPORT

Le connaissement maritime est émis en exécution d’un contrat de transport. Il est le


document le plus complet et le plus usagé en matière de transport maritime (généralement
associé à une vente : il est considéré comme le merveilleux instrument du commerce
maritime).Il se trouve à la croisée de deux contrats constitutifs de la vente maritime envisagé
dans son ensemble : le contrat de vente et le contrat de transport. Il rend facile l’exécution par
le vendeur de son obligation de livrer la marchandise ; il a donc un intérêt exceptionnel. Il
crée deux sortes de liens juridiques : un lien entre le vendeur et le transporteur et un lien entre
le transporteur et l’acheteur.
- Un lien entre le vendeur (le chargeur) et le transporteur. Lorsque le connaissement est
« embarqué », il fait preuve que le vendeur a mis la marchandise à bord pour qu’elle soit
transportée. Par contre, le connaissement « reçu pour embarquement » prouve seulement que
le transporteur a reçu la marchandise pour la transporter (réception à quai ou dans un dépôt)

- Un lien entre le transporteur et l’acheteur : deux cas de figure sont possibles pour ce lien : si
le connaissement est « négociable », ce titre peut être cédé et la marchandise sera la propriété
du porteur du connaissement. ((Mais, si le connaissement est « non négociable », la
marchandise qu’il décrit n’est pas incorporée dans ce titre et le porteur du connaissement n’est
pas forcément titulaire du droit de recevoir la marchandise. Celle-ci peut donc être remise
sans que ce document ne soit présenté car le transporteur doit alors se contenter de vérifier
que le réceptionnaire qui se présente à lui est bien celui qui en est le destinataire eu égard aux
énonciations du connaissement)).

Le connaissement maritime est un reçu du transporteur et constitue la meilleure preuve


du contrat de transport (une preuve d’un fait juridique lié au contrat de transport : la réception
de la marchandise par le transporteur). Lors de la remise des marchandises au transporteur, le
connaissement donné au chargeur ou à son mandataire fera état des marchandises remises
ainsi que de leurs conditions apparentes. En ce sens, il facilitera l’établissement de l’endroit
du dommage au regard du transfert des risques.

Il est aussi un titre transférant les droits et les obligations des parties, puisqu’à (l’image des
lettres de crédit), il peut être endossé. Ce qui signifie que le titre de propriété des biens peut être
transmis d’une partie à une autre jusqu’à la livraison. ((Quiconque détient à juste titre le B/L à
destination a le droit de prendre livraison de la cargaison. Lors du transfert d’un B/L à un tiers, le
détenteur légitime doit le valider. L’approbation est effectuée en écrivant sur le B/L à qui le
titre des marchandises est transféré, et en signant l’avenant au connaissement)).

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DROIT DE TRANSPORT

Le connaissement maritime (Bill of lading, ou B/L en anglais) est le "ticket de


transport" de la marchandise, depuis son origine jusqu'à sa destination. (Tout comme une
compagnie aérienne qui délivre un billet à un passager), un connaissement est délivré par un
transporteur à un expéditeur. Il détaille la méthode et le trajet d'une expédition. Il fonctionne
comme un contrat pour le mouvement des marchandises avec les termes souvent décris au
verso du B/L. Il sert également de reçu pour la cargaison et peut servir de preuve de la
propriété des marchandises.

Le connaissement remplit donc trois fonctions : il forme titre pour le transport, il


constate la réception d’une marchandise et il vaut engagement de la livrer contre sa remise.

La délivrance du connaissement a un caractère obligatoire. Le transporteur doit le


délivrer si le chargeur le lui demande. Toute stipulation qui décharge le transporteur de cette
obligation est considérée comme nulle (car elle a comme effet indirect de diminuer les
obligations du transporteur, ce que la loi interdit). C’est que le connaissement joue un rôle
capital dans la remise de la marchandise à destination. Ainsi, la fourniture d’un connaissement
est l’une des conditions de l’acceptation d’un crédit documentaire

B- Les types de connaissements maritimes

Il y a différents types de connaissement.

- Le connaissement « Reçu pour embarquement » (Recieved for shipment) : prouve


seulement que le transporteur a reçu la marchandise pour la transporter (réception à quai ou
dans un dépôt). Il prouve que le transporteur détient les marchandises.
- Le connaissement dit « Embarqué » (Présence effective à bord du navire) : il précise
que la marchandise chargée est en bon état et confirme son embarquement sur le bon navire. Il
est un connaissement net ou sans réserve(le transporteur a notifié que les marchandises ont
bien été reçues dans un bon état).Le connaissement avec réserve : le transporteur souligne
que les marchandises sont endommagées au moment de leur réception.
- Le connaissement à ordre : l’échange se fait par donation (remise) transmissible par
simple endos.
- Le connaissement nominatif : l’échange se fait par endossement (c’est le plus
courant). Le connaissement nominatif : les marchandises doivent être remises directement au
destinataire.
- Le connaissementnégociable: pendant le transit, les marchandises peuvent être
achetées, vendues ou négociées.Pour être négociable, il doit être « au porteur » (« Bearer Bill

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DROIT DE TRANSPORT

of Lading ») ou « à ordre » (« Order Bill of Lading »), de sorte que, dans la plupart des
systèmes juridiques, le connaissement nominatif n’est pas négociable (« Straight Bill of
Lading »).

C- Le contenu du connaissement

((Le bordereau de connaissement doit contenir les informations suivantes : le nom et


l’adresse du destinataire, l’exportateur, le numéro de connaissement,partie à notifier : les
références de l’exportation, référence de la marchandise transportée, référence du navire et du
voyage, port d’embarquement et de débarquement, date du connaissement, lieu de réception et
livraison de la marchandise, description de la marchandise (poids, mesures, etc..).))

Les mentions du connaissement sont situées au recto et au verso du titre.

Au recto, figurent les données particulières de l’opération économique et juridique qu’il


manifeste. Elles sont écrites dans les cases que le chargeur remplit lui-même ou que
letransporteur remplit sur les indications du chargeur.
Ces énonciations sont principalement les suivantes : le nom du chargeur, le nom du
consignataire de la marchandise au port de destination (consignee ou destinataire apparent),
nom du destinataire réel de la marchandise (notify to), nom du transporteur maritime, nom du
navire, noms du port de chargement et du port de déchargement, quantité (en poids, en
volume ou en nombre de colis) de marchandise chargée, marques et numéros identifiant les
unités de charge reçues et, enfin, état apparent de la marchandise embarquée.

Toutes ces énonciations sont importantes car elles permettent au destinataire (l’acheteur) de
savoir ce qu’il recevra.

Au verso du document figure le contenu du contrat sous la forme de stipulations


contractuelles : la loi applicable au contrat international ; conditions de la prise en charge et
de la livraison de la marchandise ; obligations du transporteur, du chargeur et du destinataire ;
régime de responsabilité du transporteur et notamment cas exceptés de responsabilité et
limitation en valeur ; clause attributive de juridiction ou clause compromissoire.

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