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Master spécialisé :

Innovations Sociales et Management de l’Économie Sociale


et Solidaire

Analyse d'article :

Le Développement local au Maroc

Réalisé par :

Yousra SIKOUK

Encadré par :
Mr. Jean Gatel

Année universitaire

2019-2020

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 Contexte et intérêt du développement local au Maroc

A l’heure où le local et le global s’entremêlent, le territoire s’impose de plus en plus comme


pierre angulaire du développement socio-économique. Considéré depuis longtemps comme un
simple lieu d’exercice des décisions émanant du pouvoir central, il se présente aujourd’hui
comme un acteur à part entière, capable de par ses spécificités, ses ressources et ses institutions,
de prendre son développement en main.

Au Maroc, cette nouvelle donne du développement local semble alors apporter des réponses
ambitieuses aux limites constatées et ce après plus d’une décennie de réformes. En fait, malgré
les réformes entreprises, les politiques de développement et les politiques sectorielles adoptées
jusque là n’ont pas réussi à réduire substantiellement les inégalités territoriales, notamment entre
régions. Le constat se fait remarquer non seulement en matière de dynamique économique et
d’inclusion sociale mais aussi en termes d’attractivité des territoires vis-à-vis des
investissements étrangers

A ce titre, le développement local et toutes les formes de l’économie sociale ne sont des
phénomènes nouveaux. Ce qui est nouveau c’est la façon dont ils s’expriment et évoluent sur le
terrain au fur et à mesure que la finance et les nouvelles technologiques de l’information et de la
communication transcendent tous les obstacles traditionnels, et déterminait en toute liberté , leurs
choix en fonction de leurs seuls intérêts et projets

Au Maroc, comme dans tous les pays du monde, l’intérêt de plus en plus grand que la
société porte au développement local et à l’économie solidaire n’est pas une simple question de
conjoncture ou un effet de mode . de ce fait, l’émergence de nouveaux acteurs est devenue
nécessaire. On peut avancer que ce sont les exigences nées des mutations sociales et
économiques qui ont rendus cela indispensable et urgent.

 Apports et limites du développement local au Maroc


Le développement local peut donc être lu comme un processus qui impulse, construit et
Conforte les dynamiques locales et autorise une amélioration substantielle du vivre ensemble et
du bien-être de tous. Ainsi, le développement local dépasse l’idée de la croissance
économique pour se placer dans la sphère d’un développement durable associant les
dimensions économiques, sociales et culturelles, piliers de la durabilité du développement.
Le développement local part d’un principe simple : la mobilisation des potentialités
locales (ressources naturelles, sociales, individuelles,…) peut orienter les dynamiques socio-
économiques. Il émane essentiellement de territoires qui se considèrent marginalisés par ces
politiques frontales, souvent ruraux et situés dans les zones d’ombres du territoire national. On
découvre alors un slogan qui va devenir la pierre angulaire du développement local : « vivre,
travailler et décider au pays ». Cette expression contient à elle seule les principes du
développement local puisque outre vivre et travailler qui sont les deux éléments forts du
développement, elle appelle à l’autonomisation locale de la décision, qui implique la matière
grise nécessaire et la mobilisation politique subséquente, et à la notion de « pays » qui devient,
dans ces années de fin de croissance, une entité plus à même de révéler les ressources et de
mobiliser les acteurs. Le pays renaît alors comme un périmètre d’action et de décision potentiel.

Depuis l’indépendance, le Royaume s’est engagé dans un long processus de


modernisation de l’organisation administrative territoriale et son adaptation au contexte
politique, économique et social actuel tout en instaurant graduellement une décentralisation qui
permettra un rapprochement entre l’administration et les administrés, et une implication des
citoyens dans le processus de prise de décision et la gestion des affaires locales. Ce qui fera du
Maroc, l’un des pays les plus émergents dans la région MENA.

Ces changements de fond dans le paysage des villes Marocaines annoncent de


nombreuses opportunités de développement mais également des contraintes et des complexités
auxquelles devront faire face les décideurs et acteurs locaux. En effet, le développement
territorial au Maroc reste hétérogène et déséquilibré. On parle d’un Maroc à deux vitesses, où la
puissance des grandes métropoles se renforce en multipliant les inégalités spatiales et les
disparités territoriales, dans le contexte d’une gestion locale accusant de nombreux
dysfonctionnements. C’est face à cette situation que parait pertinente la mise en œuvre d’une
stratégie de développement territorial inclusif, équilibré et participatif, portée par les acteurs du
territoire construite de manière ascendante et adaptée aux spécificités et besoins territoriaux .
Ceci rejoint parfaitement les hautes orientations royales qui visent à promouvoir la
décentralisation en renforçant les capacités des acteurs locaux. Actuellement, la prise de
conscience de la nécessité d’agir au niveau territorial se manifeste par la prolifération
d’initiatives locales dans plusieurs villes Marocaines, visant l’élaboration de stratégies de
développement territorial à même d’apporter des solutions innovantes et homogènes aux
problèmes exprimés par la population locale, dans le respect des principes de la bonne
gouvernance et de la participation
La première grande phase d’une stratégie de développement territorial ; après le cadrage
et le lancement de la démarche ; est le diagnostic territorial. Cette étape essentielle permet de
préparer toute la suite de la stratégie, de la définition des objectifs, à l’identification des actions à
entreprendre

Cependant, on constate aujourd’hui : en absence de contrôle et d’évaluation de l’état


d’avancement des projets locaux ainsi que la qualité des services rendus aux citoyens quatre
grandes limites du développement local au Maroc .

La première limite est L’absence d’articulation entre le local, le régional et le national


.en effet avec le projet de redéfinir l'articulation la ;meilleure entre les trois pôles en recherchant
un nouvel équilibre entre eux constituent un puissant stimulant du développement de l'économie
régionale. L’espace régional doit pouvoir offrir à des sociétés encore fragiles, un cadre maîtrisé
d’échange de biens et services, d’harmonisation des politiques, de règlement des conflits et
d’alliance stratégique face au reste du monde. Cela nécessite naturellement une réelle volonté
politique des gouvernements de se départir de certaines souverainetés, afin que les nécessaires
mesures d'harmonisation (fiscale, législative, tarifaire...) puissent se réaliser. Cela nécessite aussi
beaucoup d'investissement dans les infrastructures de communication (routes, rails, ports,
téléphone...)

La deuxième limite réside sur l’absence d’une approche transversale des différents
domaines sectoriels ' q cet égard le contexte est devenu plus favorable à l’approche sectorielle,
mais également plus complexe, avec la généralisation des stratégies de lutte contre la pauvreté et
de la prise à l’échelle nationale de mesures coordonnées destinées à remédier à des problèmes
systémiques (notamment de gestion des finances publiques et de capacités)

La troisième limite repose sur l’absence de vision à long terme . urgence et long terme
sont deux dimensions complémentaires dans la notion du développement local . le projet
d'autonomisation s'inscrit dans la durée . les solution relevant uniquement de l'urgence sans
projet sur le long terme ne relèvent donc pas de cette vision. dans un certain nombre de pays en
développement m certains pratiques informelles articulant l'économique et le social s'inscrivent
dans la durée et ont pu survivre malgré l'évolution du cadre institutionnel national et
international. Certaines ont connu des ruptures car assimilées a l'économie informelle elles ont
fait l'objet de récupération et d'intégration
La quatrième est La défaillance du système de financement des collectivités locales. Au
Maroc Les régions et les autres collectivités territoriales disposent de ressources financières
propres et de ressources financières affectées par l’État. Article 142 – Il est créé, pour une
période déterminée, au profit des régions, un fonds de mise à niveau sociale destiné à la
résorption des déficits en matière de développement humain, d’infrastructures et d’équipements.
Il est créé, en outre, un fonds de solidarité interrégionale visant une répartition équitable des
ressources, en vue de réduire les disparités entre les régions. A cet égard Le projet de de
développement local durable qui se construit doit s'appuyer sur les ressources locales humaines
naturelles culturelles organisationnelles. Les pourvoyeurs de fonds sont des partenaires qui
apportent le financement et les appuis techniques. Mais tel qu'il apparait dans les expérience
basées sur l’autonomisation des individus et des groupes ce ne sont pas eux qui doivent
nécessairement guider le sens du développement local et déterminer les priorités . ils participent
a l’élaboration de nouveaux chemins avec les population concernées . la priorité des espaces
exclus est de construire des avantage absolus des ressources spécifiques qui particularisent
l’attractivité d’activités porteuse de développement durable en adéquation avec les objectifs
locaux .

Au niveau communal, on constate notamment l’existence des dysfonctionnements


flagrants au niveau du fonctionnement interne de cette entité qui est chargée comme prévu du
développement économique et social local (manque de transparence, immobilité des organes de
contrôle, mauvaise répartition des ressources, manque de formation et insuffisance du personnel
qualifié, absence d’adéquation profil/poste, lourdeur des dépenses de fonctionnement, faible
effort d’équipement…). En effet, les progrès réalisés ne doivent pas masquer les nombreuses
lacunes qui ralentissent le processus de développement local et affectent la capacité de la
commune à planifier, et gérer les affaires de son ressort territorial. Résultat: malgré les efforts
déployés, un développement local en berne!

 Perspectives de développement local Maroc


En guise de conclusion , Les efforts de l’État en matière de développement local se
manifestent à travers de grands programmes de développement local, de mise à niveau urbaine et
rurale, de désenclavement et de réduction des disparités territoriales, dans le but de garantir la
justice spatiale et d’assurer aux collectivités locales les chances d’un décollage économique et
social et d’atteindre les objectifs de développement dans tous les domaines.
Ces efforts sont accompagnés du déploiement d’un cadre favorable de gouvernance basé
sur la démocratie locale et participative, avec pour principal outil la promotion de la
régionalisation avancée, un chantier stratégique et déterminant pour l’avenir du Maroc, avec
pour enjeu de réussir un développement économique et social durable et équilibré entre les
différentes régions et collectivités locales.

 Webographie et Bibliographie

 Driss Khrouz. “le développement local et l’économie solidaire à l’épreuve de la


mondialisation“
 http://www.forumfed.org/wp-
content/uploads/2016/06/OccPaper18_FoF_LivretFinancementdes
collectivitésterritorialesFR_small.pdf
 https://fr.hespress.com/108580-le-maroc-secoue-par-de-nombreuses-secousses-
sismiques.html

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