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MYCOLOGIE - GENERALITES

Les champignons sont des organismes nucléés de type eucaryote (noyau vrai) dépourvus de
pigments assimilateurs (chlorophylle), ils sont incapables de photosynthèse.
Ils ne peuvent composer leur propre constituant qu’à partir de substances organiques, ils sont donc
hétérotrophes.
De ce fait, ils sont condamnés à mener une vie saprophytique ou parasitaire.
Ces mycètes se développent par un système de filament ou hyphes, plus ou moins ramifiés.
L’ensemble de ces hyphes constitue le thalle ou mycélium. Les champignons sont donc des
thallophytes. Parfois ce thalle est réduit à l’état unicellulaire.
La paroi cellulaire est constituée principalement de :
Polysaccharides (chitine, cellulose, glucose, glucane, mannane)
Des stérols (l’ergostérol est le plus important)
Des acides aminés (ex : mélanine des champignons noires)
De ce fait, les champignons constituent un règne particulier qui est celui du Fungi

Morphologie :
L’élément de base de l’appareil végétatif est le thalle ou mycélium.
1) Pour beaucoup de champignons, ce thalle est constitué par des filaments mycéliens ou
hyphes, ce sont des champignons filamenteux
2) Parfois, le thalle est réduit à l’état unicellulaire, on parle alors de thalle levuriforme.
3) Quelques champignons ont une morphologie différente à l’état parasitaire et à l’état
saprophytique, ils sont dits Champignons dimorphiques. In vitro et à 25°C, ces champignons
se présentent à l’état filamenteux et sous forme levure in vivo et à 37°C.

Physiologie des champignons :


Étant incapables de photosynthèse, les éléments organiques doivent leur être fournis, ils ont besoins
d’une source de carbone (glucose ou autre) et d’azote.
Certains mycètes exigent des acides aminés et des vitamines. Ces organismes sont généralement
aérobies (l’anaérobiose modifie leur morphologie)
Le pH favorable se situe aux environs de 7.

Reproduction : elle s’effectue selon deux modes :

Multiplication sexuée : elle est caractérisée chez les zygomycètes par l’union de deux filaments
différenciés en organes reproducteurs avec production de Zygospore (chez les champignons inferieurs).
Chez les champignons supérieurs (septomycètes), la reproduction résulte de l’union de deux hyphes
complémentaires haploïdes qui formeront un dicaryon c'est-à-dire un filament à articles binucléés
portant des organes sexués :
➢ Asques : ou sacs contenant les ascospores chez les ascomycètes.
➢ Basides : qui formeront chacune quatre basidiospores chez les basidiomycètes.

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Multiplication asexuée: elle est de loin la plus importante, c’est parfois le seul mode de reproduction
connu chez les champignons imparfaits (Deutéromycètes)
Cette reproduction asexuée a un intérêt diagnostique. Elle est assurée par des spores internes ou
externes.
Spores internes ou endogènes : les spores se forment dans une vésicule terminale appelée
sporange. Elles sont libérées par rupture de la paroi, exemple : les mucorales.
Spores externes ou conidies : ce sont des spores portées par des filaments sporifères ou
conidiophores.
Selon leur mode de formation, les conidies ont des appellations différentes :
❖ Arthrospores : ce sont des spores naissant par fragmentation du thalle. Ex : Geotrichum
sp, le filament se désarticule et se détache.
❖ Blastospores : ce sont des spores formées par bourgeonnement de la cellule conidiogène
qui reste fixe. Ex : Candida sp.
❖ Sympodulospores : les spores naissent par bourgeonnement. Dans ce cas, la cellule
conidiogène reprend sa croissance après la formation de chaque conidie. Exp : Sporothrix
schenckii
❖ Phialospores : la cellule conidiogène est une phialide, cellule en forme de bouteille avec
un col et une ouverture. Exp : Aspergillus.
❖ Porospores : les spores libérées par un pore restent souvent accrochées en chainette et
se cloisonnent. La cellule conidiogène continue à s’accrocher. Exp : Alternaria sp.
❖ Aleuriospores : conidies formées par la différenciation d’un article terminal ou porté
latéralement par un filament. Elles peuvent être uni ou pluricellulaire. Exp : dermatophytes
(macro conidies, micro conidies)
❖ Aomelospores : après chaque libération de spore, la cellule conidiogène continue à
s’accroitre, reforme une nouvelle spore Exp : Scopulariopsis brevicaulis.
❖ Spores de résistance : ce sont des spores formées par condensation du cytoplasme et
épaississement de la paroi. Elles sont appelées Chlamydospores. Leur localisation peut
être terminale (Candida albicans) ou intercalaire (Dermatophytes) dont la sporulation
intervient selon le mode :
➢ Asexué : souche anamorphe (champignons imparfaits),
➢ Sexué : souche téléomorphe (champignons imparfaits)
➢ Alternance ou concomitance des deux modes : souche holomorphe.
➢ Espèces ou souches sans sporulation : l’identification du champignon est alors
impossible. Mycélium stérilum

Biologie :
Les champignons doués de pouvoir pathogène ne vivent pas normalement en parasites mais bien en
saprophytes. Cette vie saprophytique est menée généralement dans le milieu extérieur : ce sont des
exosaprophytes. Cette catégorie de champignons constitue la majorité. Exp: Histoplasma
capsulatum.
Il existe des champignons menant une vie saprophytique chez l’hôte, ce sont des endosaprophytes.
Ex : Candida albicans.

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Source d’infestation :
Le sol, les végétaux, l’air, l’eau ; les animaux, l’homme et les aliments.
Exemples :
Le sol : Microsporum gypseum.
Les végétaux (épines +++) : Champignons agents de mycétomes (champ géophiles)
L’air : spores d’Aspergillus sp, d’histoplasma capsulatum.
L’eau : levures du genre Candida.
Les animaux : dermatophytes zoophiles (Microsporum canis).
L’homme : dermatophytes strictement anthropophiles (Trichophyton rubrum)
Les aliments : les levures du genre Candida

Facteurs favorisant le contact entre Homme et champignon


Essentiellement : l’activité professionnelle
Vie à proximité des fientes de certains oiseaux riches en créatinine favorable à la prolifération
des Cryptococcus : éleveurs de volailles, de pigeon manipulation de guano…
Fréquentation des piscines et établissements de bains et de douches publics (dermatophytes
anthropophiles)
Manipulation de bois exotiques (mycètes agents de mycétome Sprothrix schenckii)
Contact avec les animaux domestiques : vétérinaires, éleveurs, (dermatophytes zoophiles)
les lieux possédant des climatiseurs (Aspergillus sp)
L’âge : enfants souvent en contact par leurs jeux avec le sol.
Le climat : les zones intertropicales chaudes et humides favorisent la prolifération des champignons.

Mode de contamination :
❖ Ingestion : rare (Geotricum, Candida, véhiculés par des produits laitiers ou des fruits).
C.albicans est adapté à la vie commensale dans la lumière intestinale.

❖ Inhalation : un très grand nombre de spores sont installées journellement par tout individu,
mais les défenses mécaniques et physiologiques au niveau de l’arbre bronchique (cils
vibratiles, sécrétion de mucus) assurent l’expulsion régulière des éléments fongiques
(Aspergillus sp, Histoplasma capsulatum)

❖ Sur le revêtement cutané : ex : les champignons kératinophiles.

❖ Voie transcutanée : par excoriations, échardes, piqûres d’épines, tatouages, blessures,


plaies opératoires, brulures, injections hypodermiques, sous-cutanées, pose de drains.

❖ Voies urogénitales : essentiellement C. albicans+++, C. glabrata,


▪ A l’occasion de relations sexuelles.
▪ Après pose d’une sonde urinaire.

❖ Voie sanguine et tissulaire :


▪ Pose de cathéter
▪ Dialyse péritonéale

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▪ Manipulation de seringues par les drogués
▪ Interventions chirurgicales.

Facteurs favorisants l’infestation fongique :


La plupart des champignons sont des saprophytes du milieu extérieur, peu d’entre eux sont de vrais
pathogènes : les dermatophytes et les champignons dimorphiques.
Les champignons saprophytes ne deviennent pathogènes que dans certaines conditions = facteurs
favorisants.
Facteurs liés à l’hôte :
✓ Ramollissement des squames par hypersudation et macération (espèces intertrigaux
plantaires, grands plis cutanés)
✓ Effractions cutanées : plaies, épines, brulures…
✓ Acidification de la peau par l’usage intempestif de certains savons (candidose cutanée
et unguéales)
✓ Port de chaussures, bas ou chaussettes en matière synthétique hydrophobe
génératrice d’œdème de la couche cornée et d’une alcalinisation locale, favorable à la
pénétration et au développement des dermatophytes.
✓ Contacts répétés avec les détergents d’usage ménager et industriels et certains
solvants (candidoses des mains)
✓ Port de lentilles de cornéennes (kératites candidosiques)
✓ Port d’appareils dentaires (candidoses).
✓ Âges extrêmes de la vie (nouveaux nés, prématurés, vieillards)
✓ Les déséquilibres hormonaux ou pathologiques grossesses, ménopause et
hormonothérapie de substitution, prise de contraceptifs, hypothyroïdie, diabète,
hypercorticisme.
✓ Antécédents de tuberculose, mucoviscidose, emphysème, dilatation de bronches,
broncho-pneumopathie chronique obstructive.
✓ Les pathologies générant des cancers immunitaires : leucémies, lymphomes, cancers,
sida, neutropénies diverses, brulures…
✓ Les thérapeutiques prolongées et lourdes : antibiotiques, anti-inflammatoires,
corticoïdes, hormones, antimitotiques, immunodépression (greffes d’organes)
Facteurs liés aux champignons :
Candida sp
➢ Pseudo dimorphisme, la production d’hyphes qui permet l’adhésion l’invasion et la destruction
tissulaire.
➢ La production d’enzymes hydrolytiques extracellulaires (protéinases, phospholypases qui
permettent l’acquisition de nutriments, l’invasion, la destruction tissulaire et l’échappement aux
défenses de l’hôte.
➢ Le changement phénotypique (switching) qui permet l’adhésion et l’échappement aux défenses
de l’hôte.

Aspergillus sp
➢ Taille des conidies (2 à 3µm)
➢ Filamentation

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➢ La thermotolérance (A.fumigatus se développe jusqu'à 52°C)
➢ Osmophilie, xérophilie, macroaérophilie.
➢ Molécules d’adhésion
➢ Sécrétion d’enzymes : protéase capables de dégrader le fibrinogène, la laminine, le collagène
et l’élastine.

Cryptococcus sp
➢ Les polysaccharides de la capsule des cryptocoques inhibent les phagocytoses.
➢ Dépression de l’activité du complément par l’uréase.

Les réactions de défense de l’organisme :


Non spécifique :
• Mouvement des cils vibratiles bronchiques.
• Acides gras antifongiques du sébum.
• Lysozyme de la cavité buccale.
• Acidité gastrique.
• Hypersécrétion de mucus.
• Phagocytose (systèmes des phagocytes mononuclées (SPM))
▪ Les neutrophiles interviennent dans :
➢ La phagocytose des éléments levuriformes.
➢ La production de radicaux libres, peroxydes, toxiques pour les filaments mycéliens trop
gros pour être phagocyté, adhérence aux filaments et introduction du contenu
lysosomial et des radicaux peroxydes) Ex : Aspergillus, Mucor, Fusarium….

Spécifique :
Rôle prédominant de l’immunité à médiation cellulaire, les lymphocytes assurent :
▪ L’activation et la régulation des macrophages et de la phagocytose.
▪ Le relargage de lymphokines, d’INF gamma qui interviennent dans la phagocytose mais
provoquent aussi la libération des radicaux peroxydes et de monoxyde d’azote (NO)
responsable de la lyse de la paroi des cellules fongiques.
Rôle mineur des AC circulants (immunité humorale) utilisée pour le diagnostic sérologique
(candidoses et aspergilloses profondes) très aléatoire chez l’immunodéprimé.

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