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Connaissance et Maîtrise des Phénomènes Physiques et Chimiques

ÉCOULEMENT DES FLUIDES


CARACTÉRISTIQUES DES ÉCOULEMENTS DE FLUIDES NON VISQUEUX
C4 -1
Ingénieurs en
Sécurité Industrielle

I - VITESSE MOYENNE DANS UNE CONDUITE .............................................................................. 1

II - BILAN D’ÉNERGIE DANS L’ÉCOULEMENT DE FLUIDES NON VISQUEUX............................... 3

1- Différentes formes d’énergie ............................................................................................................ 3


2- Expression des différentes formes d’énergie dans les unités les plus utilisées ............................... 4
3- Loi de conservation d'énergie .......................................................................................................... 7
4- Transformation d’une forme d’énergie en une autre ........................................................................ 8
5- Pression statique et pression totale - Mesure du débit .................................................................. 12
6- Risques de vaporisation dans les écoulements de liquide............................................................. 16
7- Vitesse du son dans les écoulements gazeux ............................................................................... 20

Ce document comporte 23 pages


BA FLU - 00208_B_F - Rév. 2 25/03/2005

„ 2005 ENSPM Formation Industrie - IFP Training


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C 4 -1

I- VITESSE MOYENNE DANS UNE CONDUITE


Lorsqu’un débit volumique Q v est établi dans une conduite de section S, le fluide se déplace à une certaine
vitesse. Cette vitesse u correspond à la vitesse moyenne des particules du liquide et est définie par le
rapport suivant :

débit volumique Qv
Vitesse moyenne u =
section de passage S

Pour une section circulaire de diamètre D, la section de passage est donnée par :

π D2
S=
4

Les sections de passage dans les tubes (normes françaises et standard ANSI) sont données dans les
planches L1.

En conséquence, l’expression de la vitesse moyenne en fonction du débit volumique et du diamètre est

u vitesse moyenne en m/s


4 Qv Qv débit volumique en m3/s
Vitesse moyenne u = . 2
π D D diamètre intérieur en m

On exprime généralement Qv en m 3/h ce qui conduit à la formule pratique suivante :

u en m/s
Qv Qv en m3/h
Vitesse moyenne u = 3,54 .
D2 D en cm

La dimension des tuyauteries industrielles est choisie pour que la vitesse ne soit pas trop élevée afin de
limiter les pertes de charge :

- pour les liquides elles se situent généralement dans la gamme 1 à 4 m/s (3,6 à 14,4 km/h)
- pour les gaz et vapeur on est plus souvent dans la fourchette 10 à 40 m/s (36 à 144 km/h)

Pour un débit masse constant, la vitesse moyenne d’un liquide dans une conduite peut varier pour différentes
raisons, notamment :

- lorsque le débit volumique varie sous l’effet de la température (alors que la section reste
constante)

- lorsque la section varie (alors que la température reste constante : écoulement isotherme)

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Application

Quelle est la vitesse moyenne qui correspond à un débit de brut de 1000 m 3/h dans une tuyauterie de 16"
(DN 400 ep 7.9) ? Et dans une tuyauterie de 20" (DN 500 ep 9.52) ?

D ext = 16" = 40,6 cm D ext = 20" = 50,8 cm

Di = Di =

QV QV
u = 3.537 2 u = 3.537 2
D D

= 3.537 = 3.537
( )2 ( )2

u = m/s u = m/s

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II - BILAN D’ÉNERGIE DANS L’ÉCOULEMENT DE FLUIDES NON VISQUEUX


Les écoulements étudiés sont ceux rencontrés dans les industries de procédé utilisant des conduites
circulaires pour véhiculer des liquides ou des gaz en débit stabilisé.

Les écoulements diphasiques, les débits pulsés ou transitoires ne sont pas étudiés dans ce document.

Les fluides réels sont tous visqueux mais pour faciliter l’analyse des écoulements il est intéressant de
regarder dans un premier temps les lois qui régissent l’écoulement de fluides parfaits non visqueux et à
température constante.

Dans ce cadre on peut dire qu’un fluide en mouvement et sous pression possède différentes formes
d’énergie :

- l’énergie de vitesse ou énergie cinétique


- l’énergie de pression
- l’énergie due à son altitude ou énergie potentielle

1- DIFFÉRENTES FORMES D’ÉNERGIE


a - Énergie potentielle

L’énergie potentielle est liée à l’altitude, c’est-à-dire à la hauteur par rapport à un niveau de référence
qui peut être par exemple le niveau du sol ou l’axe d’une machine.

L’énergie potentielle du liquide dans une conduite située à une hauteur h au-dessus de la référence
représente le travail W qu’il faut fournir pour l’élever jusqu’à cette hauteur.

W = PL . h = m . g . h

W travail d’élévation en J
PL poids de liquide en N
h hauteur en m
m masse de liquide en kg
g accélération de la pesanteur en m/s2

L’énergie potentielle Ea est exprimée par unité de masse de liquide, soit :

Ea = W
m

Ea en J/kg
Énergie potentielle Ea = h . g h en m
g= 9,81 m/s 2

La hauteur de fluide représente à une constante près son énergie potentielle.

Sur un tracé de ligne tel que celui


représenté ci-contre, l’énergie
potentielle comptée par rapport au
h1 sol prend trois valeurs différentes.
h3 Elle est nulle quand la tuyauterie
h2
est au sol.
D T 378 A

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b - Énergie de pression

La loi de l’hydrostatique donne la relation suivante :

P = ρgh

P en Pascal (Pa)
g = 9,81 m/s2
h en mètre (m)
ρ en kg/m 3

Sachant que “gh” représente l’énergie potentielle correspondant à la pression P pour une masse
volumique ρ, on peut écrire :

P
EP =
ρ

E P = énergie de pression en J/kg


P en Pascal
ρ en kg/m 3

c - Énergie cinétique

L’énergie cinétique d’une masse m se déplaçant à la vitesse v est égale à :

1
m v2
2

Ramenée à 1 kg de fluide, l’énergie cinétique vaut :

v2
Ec = 2

E c : énergie cinétique J/kg


v : vitesse en m/s

2- EXPRESSION DES DIFFÉRENTES FORMES D’ÉNERGIE DANS LES UNITÉS LES


PLUS UTILISÉES
Le bar est l’unité utilisée sur site et la hauteur de liquide représente pratiquement toujours l’énergie
dans les calculs hydrauliques. Il est donc intéressant de pouvoir exprimer les différentes formes
d’énergie dans ces unités.

La relation entre hauteur (en m) et pression (en bar) peut s’écrire de la façon suivante :

h.d
P =
10,2

P : pression en bar
d : densité
h : hauteur en m

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À partir de cette relation on peut exprimer les différentes formes d’énergie dans diverses unités.

EXPRESSION DES DIFFÉRENTES FORMES D’ÉNERGIE

Unité Unité de
Hauteur de liquide Unité de pression
d’énergie pression
m Pa
J/kg bar

Énergie ha x d ρ g ha
potentielle E a h ag ha
10,2

Énergie u2 u2 hc x d u 2d u2
cinétique Ec 2 2g 10,2
=
200 ρ 2

Énergie de P (Pa) P (Pa) P (bar) x 10,2 P (bar) P (Pa)


pression Ep =
ρ ρg d

L’utilisation du Pascal comme unité d’énergie en hydraulique est peu courante. Son intérêt réside dans
la possibilité d’intégration dans les formules exprimées en unités normalisées (SI).

L’unité généralement utilisée dans les calculs hydrauliques est le mètre de liquide. Par contre, sur
site, le bar est généralement l’unité utilisée sur les manomètres.

L’unité d’énergie J/kg ou kJ/kg est intéressante lorsqu’on doit calculer la puissance fournie au fluide.

Puissance = Travail x débit masse

↓ ↓ ↓

kW kJ/kg kg/s

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Application

Un liquide s'écoule dans les conditions suivantes :

débit QV = 84,8 m 3/h

densité d = 0,804

pression = 3 bar abs.

Ø tuyauterie = 10 cm (inférieur)

Hauteur = 4 m au-dessus du sol

Calculer la vitesse moyenne de circulation

u = m/s

Déterminer les différentes formes d'énergie possédées par le fluide.

Unité d'énergie Hauteur de liquide Unité de pression


(J/kg) (m) (bar)

Énergie potentielle

Énergie cinétique

Énergie de pression

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3- LOI DE CONSERVATION D’ÉNERGIE


Les trois formes d’énergie : énergie d’altitude, énergie cinétique et énergie de pression constituent
pour le fluide l’énergie totale liée à l’écoulement. Cette dernière exclut bien entendu l’énergie
thermique du fluide qui varie dans les échangeurs, réfrigérants, fours, etc., en fonction de la
température et de l’état physique du fluide. Cette énergie totale liée à l’écoulement est souvent
appelée charge totale.

CHARGE TOTALE = Ea + Ec + Ep

Lors de l’écoulement de fluides non visqueux encore appelés fluides parfaits pour lesquels il
n’apparaît pas de dégradation d’énergie due aux tourbillons et frottements, la charge totale se
conserve au cours de l’écoulement.

Cela exprime en fait le principe de conservation de l’énergie appliqué aux écoulements de fluide qui
est connu sous l’appellation loi de Bernoulli.

Ea : énergie potentielle
CHARGE TOTALE = Ea + Ec + Ep = Cte Ec : énergie cinétique
Ep : énergie de pression

Cette loi n'est valable que lorsque la température du liquide dans la ligne est constante. Dans le
cas contraire on applique cette loi sur des tronçons de ligne à température constante.

Appliquée en deux points ➀ et ➁ d’un écoulement l’expression précédente devient :

D T 379 A
2

charge totale = charge totale


en ➀ en ➁

soit

Ea➀+ Ec➀ + Ep➀ = Ea➁ + Ec➁ + Ep➁

Entre les conditions ➀ et ➁ la charge totale reste constante mais les différentes formes de l’énergie
peuvent prendre des valeurs différentes. Cela signifie que des transformations sont possibles entre
ces différentes formes d’énergie. On envisage dans ce qui suit et à titre d’exemple, les transformations
hauteur-pression et pression-vitesse.

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4- TRANSFORMATION D’UNE FORME D’ÉNERGIE EN UNE AUTRE


Il est clair qu’à charge totale constante la diminution d’une forme d’énergie entraîne forcément
l’augmentation d’une autre. Ainsi chaque forme d’énergie peut être transformée :

- du changement de pression lors de modification de l’énergie potentielle


- de la variation de la pression lors de modification de la vitesse

a - Transformation hauteur-pression

Dans la tuyauterie ci-dessous, on peut comparer les conditions du fluide en deux points de
l’écoulement ➀ et ➁.

2 Conditions en ➀

hauteur = h1

vitesse = u1

Pression = P1

h2

1 Conditions en ➁

hauteur = h2

h1 vitesse = u 2 = u1
(même diamètre, même
D T 380 A

débit volume)

Pression = P2
niveau de r f rence

Expression des énergies (en J/kg) :

Énergie Énergie Énergie de


potentielle cinétique pression
Ea Ec Ep

2 P1
au point 1 h1 g u1
2 ρ

2 P2
au point 2 h2 g u2
2 ρ

différence 2-1 h.g 0 P2 – P1


ρ

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La loi de conservation d’énergie indique que la charge totale est identique aux points ➀ et ➁

charge totale charge totale


en ➀ = en ➁

charge totale charge totale


soit en ➁ – en ➀ = 0

En reportant la différence ➁ - ➀ du tableau on a :

P2 – P1
h.g+ =0
ρ

P en Pa
soit P1 – P2 = h . ρ . g h en m
ρ en kg/m3
g= 9,8 m/s 2

On retrouve l’expression de la loi de l’hydrostatique qui exprime les variations au sein d’un fluide au
repos.

b - Transformation pression-vitesse

La transformation d’énergie de pression en énergie cinétique peut être réalisée dans un convergent, la
réduction de la section de passage provoquant une augmentation de vitesse.

D1 D2
U1 U2
D T 381 A

P2
P1

Conditions en ➀ Conditions en ➁

hauteur = h1 hauteur = h 2 = h1
Ø = D1 Ø = D2 < D1
Vitesse = u1 vitesse = u 2 > u1
Pression = P1 Pression = P2

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L’expression des différentes formes d’énergie aux points ➀ et ➁ est la suivante :

Énergie Énergie Énergie de


d’altitude cinétique pression
Ea Ec Ep

2 P1
au point 1 h1 g u1
2 ρ

2 P2
au point 2 h2 g u2
2 ρ

2 2
différence 2-1 0 1/2 (u2 – u 1)
( P 2 – P1
ρ
)
soit

P1, P2 en Pa
2 2 ρ
P1 – P2 = u –u
2 2 1
( ) ρ en kg/m3
u1, u 2 en m/s

Entre le point ➀ et le point ➁ , il y a donc une augmentation de l’énergie cinétique accompagnée


par une diminution de l’énergie de pression.

Application

Déterminer la pression P2 dans les conditions suivantes

P1 : 3
P2 : ?

Brut 1 m/s 10 m/s


(d = 0,85)

Pression
D T 381 F

∅ = 50 cm ∅ = 15,8 cm (bar rel.)

P2 = bar

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À l’inverse, il est possible de transformer de l’énergie de vitesse en énergie de pression dans un


divergent.

Tubulure de refoulement

Le principe de la transformation de
Évent l’énergie de vitesse en pression se
Sens de rotation rencontre par exemple dans la volute
d’une pompe centrifuge. Le liquide
sortant de l’impulseur à grande vitesse
est ralenti et l’énergie cinétique acquise
par la rotation est transformée en énergie
de pression.

Roue Aubes ➀ Ralentissement en sortant de la


roue pour entrer dans la volute

② Ralentissement dans le
“divergent” de sortie
Purge
D T 382 A

Volute 1

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5- PRESSION STATIQUE ET PRESSION TOTALE - MESURE DU DÉBIT


a - Définition

L’énergie cinétique du liquide peut être mise en évidence en plaçant dans une tuyauterie deux
manomètres représentés ci-dessous par des tubes remplis de liquide :

- la prise de pression du manomètre ➀ est perpendiculaire à l’écoulement. Ce manomètre


mesure l’énergie de pression Ep appelée aussi pression statique. C’est cette mesure que
donne un manomètre industriel courant.
Dans la mesure où le manomètre est ouvert à l’atmosphère, la hauteur de liquide représente
en fait la différence entre la pression statique du liquide et la pression atmosphérique. Il
s’agit donc d’une pression statique relative.
- l’extrémité du manomètre ➁ est courbée de façon à prendre en compte la vitesse
d’écoulement. La valeur indiquée est plus grande que la précédente. Elle représente alors
l’énergie de pression Ep plus l’énergie cinétique Ec. On dit que ce manomètre indique une
pression totale. Comme précédemment, il s’agit ici d’une pression totale relative.

Énergie Ec
cinétique

1 2 Pression totale
Pression
statique Ep

D T 383 A

b - Application : mesure des débits par tube de Pitot

La différence des mesures faites par les tubes ➀ et ➁ est représentative de la vitesse d'écoulement et
donc du volume.

Ce principe est utilisé pour la mesure des débits par tube de Pitot (appelé parfois "Pèse-bouche"
quand il est utilisé pour mesurer le débit d'un poteau incendie).

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Application

Les manomètres représentés sur le schéma ci-dessous indiquent respectivement 4,3 bar rel. et
4,5 bar rel.

Pstatique Ptotale Ø intérieur = 10 cm

densité liquide d = 0,854

D TH 1234 A

Déterminer :

• l'énergie cinétique en mètre de liquide hC = m

• la vitesse moyenne U = m /s

• le débit volume QV = m 3/h

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c - Application : mesure des débits par dispositifs déprimogènes

Il existe de nombreux appareils qui mesurent des débits. On peut notamment citer les débitmètres à
ultrasons, les débitmètres électromagnétiques, les débitmètres à effet Vortex, les débitmètres à
dispositif déprimogène.

• Principe de la mesure de débit par dispositif déprimogène

+ - Diaphragme Le principe consiste à placer dans


une conduite un orifice dans lequel la
vitesse du fluide est accélérée. La
mesure de la chute de pression
consécutive à l’augmentation de
vitesse permet d’évaluer le débit dans
+ - Tuyère la conduite.

Différentes formes peuvent être


données à l’orifice - diaphragme ou
plaque à orifice, tuyère, venturi - afin
+ - Venturi de répondre au mieux à des
contraintes de plage d’utilisation, de
D T 384 A

précision, de coût ou de pertes de


charge.

• Expression du débit mesuré par ces appareils (cas de liquides)

section amont

Dans l'hypothèse de l'écoulement section contractée


isotherme et sans frottement d'une
veine de fluide incompressible de masse
volumique ρ, entre une section amont
avant contraction et la section contractée u1 u2
en conservation des débits) on peut D1 2x D2
écrire :

– Conservation de la masse
DP
H =ρ
mano x g
D T 385 A

U vitesse
: dans la
πD2 πd2 grande section
Débit massique : QM = . U . ρ = . u . ρ u vitesse
: dans la
4 4
petite section

d2
d'où la relation : U = u
D2

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– Conservation de l'énergie (exprimée en unité S.I.) :

U2 u2 u2 – U 2 u2  d 4 
ρ + Pamont = ρ + Paval soit ∆P = ρ = ρ 1 –
2 2 2 2  D4 

donc u =
1
√ 2 ∆P
ρ
= E

√ 2 ∆P
ρ
avec E =
1


√ d4
1 – 4
D 
√ d4
1– 4
D

Il en résulte l'expression donnant le débit volumique théorique correspondant :

πd2 πd2

√ 2 ∆P (système S.I.)
Qv théorique = u = . E
4 4 ρ

et le débit massique théorique :

πd2
Qm théorique = ρ Qv théorique =
4
. E 
√ 2 ρ ∆P

Le débit ainsi déterminé dépend de la masse volumique donc de la nature du liquide et de sa


température. Il faut donc être particulièrement prudent lors de la lecture de débit à la façon dont la
masse volumique a été prise en compte.

• Débit réel

Le débit théorique ne tient pas compte de la forme précise des dispositifs déprimogènes telle que
l’épaisseur de la plaque, la forme du chanfrein en sortie d’orifice … ni des pertes de charge créées par
les frottements sur la plaque. Le débit réel est donc différent du débit théorique mais la standardisation
des tailles et formes des plaques permet, dans une plage donnée de débit, de corriger le débit
théorique par un coefficient, établi pour chaque plaque. Dans le cas d’équipements non standardisé il
est nécessaire de faire un test de la plaque pour déterminer le débit réel en fonction du ∆P appliqué
créé par l’équipement.

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6- RISQUES DE VAPORISATION DANS LES ÉCOULEMENTS DE LIQUIDE


Sur le diagramme de tension de vapeur d’un corps pur, l’état liquide est figuré à gauche de la courbe.
Si le point ➀ représente les conditions de pression et de température d’un liquide en écoulement, on
voit qu’une baisse de pression statique de l’écoulement sans changement de température peut
conduire à la vaporisation.

Pression
Courbe de
tension de vapeur

LIQUIDE

VAPEUR

D T 031 B
Température
t

La chute de pression provoque la vaporisation partielle de ce liquide et donc l’apparition de bulles avec
augmentation considérable du volume. L’apparition de ce phénomène peut résulter par exemple d’une
mise en vitesse ou d’une élévation en altitude.

a - Vaporisation par mise en vitesse

Une des causes possibles de baisse de pression statique est l’augmentation d’énergie cinétique. En
effet, à hauteur constante :

Ea = constante

et Pression totale = Ep + Ec = constante

L’augmentation d’énergie cinétique provoque alors la réduction de l’énergie de pression, donc la


diminution de la pression statique.

Ce phénomène peut par exemple se rencontrer dans les clapets des robinets-vannes où la section de
passage est très réduite, et la vitesse très grande.

Un autre phénomène d’apparition de gaz peut se produire dans le cas de dégazage de composés
gazeux dissous dans un liquide car la solubilité des gaz diminue avec la pression.

D’une façon générale, quand un liquide en écoulement provient d’une capacité où il était en contact
avec une phase gazeuse il y a risque de vaporisation si la pression statique supportée par le liquide
devient inférieure à la pression où liquide et gaz était en contact.

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Application

Dans les conditions du schéma ci-dessous, risque-t-on une vaporisation du liquide après passage du
convergent ?

Masse volumique du liquide 750 kg/m3

5 bar

Vaporisation ?

oui
A
non

1m
B

D SEC 1442 A
U1 = 1 m/s U2 = 8 m/s

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b - Vaporisation par élévation en altitude

Une autre origine possible d’une baisse de pression statique est la montée en altitude du liquide. A
énergie cinétique constante (diamètre de tuyauterie constant), une élévation en altitude se traduit par
une diminution de pression car :

Ep + Ea = constante

Altitude
P2
Risque de
vaporisation
du liquide

Pression dans la
tuyauterie

D T 386 A
P2 Tension de P1 Pression
vapeur du
liquide

Le schéma ci-dessus représente l’évolution de la pression en fonction de l’altitude. Si la pression


devient plus faible que la tension de vapeur du liquide avant le point le plus haut de la conduite, le
liquide se vaporise et fait un bouchon de vapeur qui empêche l’écoulement normal du fluide.

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Application

Un échangeur situé à 20 m en hauteur est alimenté par de l'eau de tour de réfrigération à 20°C, qui en
sort à 40°C, la pression du réseau au refoulement de la pompe est de 6 bar.

La pression du réseau d'eau au pied de la structure est de 2,5 bar.

La tension de vapeur de l'eau à 40°C est de 0,074 bar absolu.

20 °C 40 °C

40 °C

h = 20 m

6 2,5
h = 10 m bar bar

Pf

D SEC 1443 A

1. Quelle est la pression à l'entrée de l'échangeur ?

2. Quelle est la pression à la sortie si la perte de charge dans l'échangeur est de 0,5 bar à débit
normal ?

3. On veut installer une vanne de régulation dont la perte de charge à débit normal est de 0,7 bar.
Où peut-on l'installer ?

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7- VITESSE DU SON DANS LES ÉCOULEMENTS GAZEUX


a - Description de phénomène

Dans tout écoulement le débit masse Qm se conserve et on peut écrire que la section de passage du
fluide S doit suivre la relation :

Qm
S =
ρ.v
ρ : masse volumique
v : vitesse du gaz

Dans le cas du gaz, la variation d’énergie cinétique est proportionnelle à la baisse d’énergie due à la
détente (pression et température). La vitesse et la masse volumique sont par conséquent dépendantes
de la détente.

• Écoulement liquide

Dans les écoulements liquides, ρ reste constant et la vitesse varie inversement à la section. La
pression varie comme l’inverse du carré de la vitesse mais ne modifie pas la masse volumique.

P T ρ v ρ.v S

D T 387 A
id id

• Écoulement gazeux basse vitesse

Dans les écoulements gazeux basse vitesse,


à la différence de l’écoulement liquide, la
masse volumique diminue lors de la détente.
La variation de la température est faible et n’a
pas beaucoup d’influence sur ρ.

La variation de la vitesse est plus importante


que la baisse de masse volumique donc ρ.v P T ρ v ρ.v S
augmente. La détente se fait alors dans une
D T 387 B

section de passage qui diminue. ≅cte

• Écoulement gazeux à grande vitesse

En augmentant la détente, la vitesse augmente en même temps que diminuent la température et la


pression.

Le produit ρ.v augmente tant que la détente n’est pas trop forte. Au fur et à mesure que celle-ci
augmente, ρ .v tend à augmenter de moins en moins. La section de passage inverse à ρ . v, diminue
en proportion donc de moins en moins jusqu’à devenir constante. Dans cette section, qui est donc la
plus petite, le gaz est strictement à la vitesse du son. Cette section est appelée col sonique.
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Si la détente augmente au-delà de la valeur donnant la vitesse du son, ρ .v diminue car la masse
volumique diminue plus que n’augmente la vitesse. La section de passage doit augmenter pour
accélérer le gaz. Le gaz est alors à une vitesse supersonique.

Pour atteindre une vitesse supersonique, il faut donc une conduite de profil spécifique appelé
convergent-divergent. Cette forme est caractéristique des tuyères supersoniques de turbines à vapeur
ou des éjecteurs.

Dans les équipements non conçus pour fonctionner en supersonique (vannes, plaques à orifices,
compresseurs centrifuges, turbines, soupapes de sécurité), le débit est limité par la vitesse du son et la
section de passage. Augmenter la détente dans ces cas ne modifie pas de débit. On dit qu’on a atteint
le débit critique.

En subsonique

P T ρ v ρ.v S

➘ ➘ ➘ ➚ ➚ ➘

En supersonique

P T ρ v ρ.v S

➘ ➘ ➘ ➚ ➘ ➘

Exemple : air à 27°C et 3 bars absolus détendu sans frottement

Psortie T ρ v ρ.v S/Qm pt


bar abs °C kg/m 3 m/s * 10–3
vitesse supersonique
3 27 3,49 0 0 4,43 1

2,7 18 3,23 133 314 3,18 2 1 23 4 5 6 7 Vsortie


Vson

1,8 – 14 2,42 286 692 1,43 3 col de la tuyère

1,58 – 23 2,21 317 700 1,42 4


Vsortie

1,2 – 42 1,81 372 675 1,48 5 Vson

0,6 – 83 1,10 471 520 1,92 6 1 4 7


col
D T 388 A

D T 388 A

0,3 – 117 0,67 538 362 2,76 7 sonique

Le col sonique se situe à la valeur S/Qm minimale donc à la valeur ρ.v maximale.

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22
C 4 -1

b - Valeur de la vitesse du son

La vitesse du son dans un gaz dépend de divers paramètres liés à la nature du gaz (k, M) et à sa
température.

v m/s
v son = 91
√ kT
M
M = masse molaire en g/mol
T = température en °K
k = exposant isentropique dépendant du gaz

Exemples

k M (g/mole) T (°C) v son (m/s)

air 1,4 29 20 c 343 m/s

H2 1,4 2 20 c 1300 m/s

Cl 2 1,35 71 20 c 215 m/s

méthane 1,3 16 20 c 445 m/s

fréon 22 1,18 86 20 182 m/s

vapeur 1,32 18 200°C 537 m/s

c - Conséquences de la vitesse supersonique

• La vitesse supersonique génère des frottements élevés et donc des pertes importantes. Le
rendement des machines supersoniques est donc faible et en dehors de petites puissances
(turbines à vapeur) ou de contraintes de poids, les machines rencontrées dans les usines sont
subsoniques. Une machine conçue en subsonique ne peut pas fonctionner en supersonique et
inversement car les profils des canaux dans lesquels passe le gaz est lié au régime d’écoulement.

• Dans les vannes ou les soupapes de sécurité la vitesse est théoriquement limitée à la vitesse
sonique dans la section de passage entre clapet et siège (blocage sonique). La forme de certaines
pièces permettent de dépasser cette vitesse notamment dans certaines soupapes de sécurité. Le
ralentissement du gaz dans l’enceinte se trouvant après le clapet se produit avec destruction de
l’énergie de vitesse dans des ondes de choc. Celles-ci créent des pressions instables et donc des
forces importantes notamment sur les clapets et leur tige ce qui peut provoquer leur rupture.

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