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632 Posters / Cancer/Radiothérapie 14 (2010) 584–665

thérapie exclusive de bas débit de dose chez les patientes traitées une analyse rétrospective des résultats thérapeutiques et des fac-
pour une néoplasie vaginale intraépithéliale de grade 3 à l’institut teurs pronostiques influençant la survie sans maladie et la survie
Gustave-Roussy sur une période de 25 ans. globale (dans une série de 106 patientes atteintes d’un cancer
Patientes et méthodes.– Les dossiers de toutes les patientes qui ont du sein avec envahissement ganglionnaire histologique (pN + ) et
eu une curiethérapie pour une néoplasie vaginale intraépithéliale prises en charge dans le service de radiothérapie du centre hospi-
de grade 3 à l’institut Gustave-Roussy depuis 1983 ont été revus. talier universitaire d’Oran pour une radiothérapie locorégionale de
La procédure de curiethérapie est restée la même durant toute janvier à décembre 1999.
la période. Elle utilisait un moule vaginal personnalisé et des de Patientes et méthodes.– L’âge moyen des patientes était de 45,8 ± 0,9
sources de césium-137. 60 Gy étaient prescrits à une distance de ans (28–69 ans). Huit tumeurs étaient de stade I (8 %), 53 de stade
5 mm de la muqueuse vaginale. Les données recueillies étaient les II (50 %), 34 de stade III (32 %) et 11 de stade indéterminé (10 %). Il
suivantes : caractéristiques démographiques, description clinique s’agissait d’un carcinome canalaire infiltrant dans 90 % des cas et
des lésions de néoplasie vaginale intraépithéliale de haut grade, un carcinome lobulaire dans 8 %, de grade I ou II de Scarff, Bloom et
traitements antérieurs de la néoplasie vaginale intraépithéliale de Richardson (SBR) dans 58 % et III dans de 32 %. Une seule patiente
haut grade, antécédent de cancer du col utérin ou de l’endomètre, a eu une chirurgie conservatrice et 105 une chirurgie radicale.
description détaillée des données de la curiethérapie, présence Le diamètre moyen de la tumeur sur la pièce d’exérèse était de
d’une récidive tumorale, qu’elle soit intraépithéliale ou invasive, 35,9 ± 1,6 mm (15–90 mm), il était de plus de 35 mm pour 36. Plus
statut vital. Toutes les patientes ont eu au moins un examen gyné- de 50 % des ganglions étaient envahis chez 31 patientes (29 %), une
cologique annuel comportant un frottis vaginal. rupture capsulaire lymphatique a été notée chez 48 (45 %) et des
Résultats.– Vingt-huit patientes ont eu une curiethérapie vaginale emboles vasculaires lymphatiques chez 47 (44 %). Les récepteurs
de bas débit de dose entre 1983 et 2008 pour une néoplasie vagi- hormonaux étaient exprimés chez 46 patientes (43 %). Cent-cinq
nale intraépithéliale de grade 3. Sept patientes ont été exclues de patientes ont reçu une chimiothérapie et/ou hormonothérapie.
l’analyse en raison d’un suivi inférieur à un an. Le suivi médian Résultats.– Avec un suivi médian de 78 mois (9–116 mois), il a
pour les 21 patientes restantes était de 79 mois (24–284). L’âge été observé 46 rechutes (43 %). Les taux de survie sans récidive
médian était de 66 ans (38-80). Vingt patientes étaient atteintes locorégionale, de survie sans maladie et de survie globale à neuf
d’une néoplasie vaginale intraépithéliale de haut grade correspon- ans étaient respectivement de 90,1 % (±3,1 %), 54,2 % (±5,3 %) et
dant à une récidive après hystérectomie pour néoplasie cervicale 72,7 % (±5,2 %). En analyse unifactorielle, un âge inférieur ou égal
intraépithéliale. Les traitements antérieurs pour néoplasie cervi- à 40ans, la non expression des récepteurs hormonaux et l’atteinte
cale intraépithéliale ou néoplasie vaginale intraépithéliale de haut de plus de 50 % des ganglions avaient respectivement une influence
grade incluaient une conisation chez neuf patientes et une hysté- significative ou dans la limite de la signification sur la survie sans
rectomie chez 19. Le laser et l’interféron avaient été utilisés chacun maladie (p < 10–4 , 0,001, 0,06, respectivement) et la survie globale
chez une patiente. La durée médiane de la curiethérapie était de (p = 0,008, < 10–4 , 0,006, respectivement). En analyse multifacto-
4,5 jours (3–6). Les doses médianes aux points de l’ICRU (Interna- rielle, un âge inférieur ou égal à 40 ans (p = 0,001, Hazard Ratio [HR] :
tional Commission on Radiation Units and Measurements) rectum 6,956), l’atteinte de plus de 50 % des ganglions (p = 0,04 ; HR : 2,951)
et vessie étaient respectivement 69 Gy (33–109) et 47 Gy (8–74). et la présence d’emboles vasculaires (p = 0,07 ; HR : 2,519) avaient
Le volume de prescription était en médiane de 82 cm3 (18–121). une influence sur la survie sans maladie. Alors que la survie glo-
Dans la majorité des cas, la moitié supérieure du vagin a été traitée. bale était influencée par l’atteinte de plus de 50 % des ganglions
Le volume de prescription dépassait la moitié supérieure du vagin (p = 0,02 ; HR : 5,184) et la non expression des récepteurs hormo-
chez six patientes. Une épreuve au Lugol peropératoire a été réa- naux (p = 0,005 ;HR : 9,4).
lisée chez 18 patientes. Dans l’ensemble, une seule récidive a été Conclusion.– Cette étude confirme le rôle pronostique majeur de
observée dans le volume traité, chez une patiente traitée 20 ans l’envahissement ganglionnaire surtout massif (atteinte de plus de
plus tôt par chirurgie suivie de chimiothérapie et de radiothérapie 50 % des ganglions) aussi bien sur la survie sans maladie que la
pour un carcinome épidermoïde du col utérin (et dont la néoplasie survie globale.
vaginale intraépithéliale de haut grade était résistante à un traite- doi:10.1016/j.canrad.2010.07.548
ment par laser et par interféron). La tolérance du traitement a été
excellente. Seul un cas de toxicité gastro-intestinale aiguë de grade
1 a été rapporté. Il n’y a pas eu de toxicité tardive de grade 3 ou P118
4. La toxicité tardive consistait en un saignement rectal de grade Le lymphome non hodgkinien de l’amygdale :
2 traité médicalement, six effets gynécologiques de grade 1 (sclé- série de 21 cas sur trois ans
rose vaginale, dyspareunie), et trois gastro-intestinaux de grade 1. L. Boulaamane a,c,∗ , I. Lalya b,c , E. Tazi a,c , I. Essaadi a,c ,
Aucun second cancer n’a été observé. W. Allam a,c , N. Ismaili a,c , H. M’rabti a,c , N. Benjaafar b,c ,
Conclusion.– La curiethérapie de bas débit de dose vaginale exclu- B.K. El Gueddari b,c , H. Errihani a,c
sive de 60 Gy est un traitement efficace et bien toléré de la néoplasie a Service d’oncologie médicale, Rabat, Maroc
vaginale intraépithéliale de haut grade. b Service de radiothérapie, Rabat, Maroc
c Institut national d’oncologie, Rabat, Maroc
doi:10.1016/j.canrad.2010.07.547
∗ Auteur correspondant.
P117 Objectifs.– L’objectif de notre travail était de rapporter les carac-
Le cancer du sein avec envahissement téristiques épidémiologiques, diagnostiques, thérapeutiques et
ganglionnaire histologique (pN+) : résultats à long évolutives des patients suivis pour un lymphome non-hodgkinien
amygdalien dans notre institut.
terme et facteurs pronostiques
Patients et méthodes.– Nous rapportons les résultats d’une étude
A. Boukerche ∗ , A. Yahia , H. Belmiloud , M. Cherigane ,
rétrospective d’une série de 21 patients traités pour un lymphome
R. Madouri , C. Bechekat , A.F. Dali-Youcef
non hodgkinien amygdalien prouvé histologiquement, étalée entre
Service de radiothérapie, CHU d’Oran, Oran, Algérie
2007 et 2009. L’âge moyen des patients était de 56 ans (18–80).
∗ Auteur correspondant. Résultats.– Le sexe masculin était le plus prédominant. Les patients
E-mail: boukercheahtr@yahoo.fr (A. Boukerche). ont consulté principalement pour odynophagie, dysphagie, dys-
Objectifs.– Dans le cancer du sein, le statut ganglionnaire histolo- pnée, voix nasonnée, obstruction nasale, épistaxis, douleurs ou
gique constitue à la fois, un élément décisionnel pour le traitement adénopathies cervicales. Les symptômes B n’ont été retrouvés que
adjuvant et un facteur pronostique. L’objectif de cette étude était chez neuf patients, et seulement deux patients étaient atteints
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d’adénopathies cervicales de caractère « bulky ». La biopsie de patientes et les récepteurs progestéroniques chez sept autres. Le
l’amygdale avec étude immuno-histochimique après un examen stade était de I chez 33 patientes, II chez 40, III chez 46 et stade
ORL a révélé 17 lymphomes non hodgkiniens à grandes cellules de IV chez 11. Onze patientes atteintes de cancer métastatique ont
phénotype B, et quatre cas de phénotype T. Il s’agissait chez 71 % reçu cinq cycles en moyenne une chimiothérapie palliative à base
des patients de formes de début. Le stade a été déterminé selon la d’anthracyclines (AC60, adriamycine et cyclophosphamide pour
classification d’Ann Arbor, et les patient ont reçu une chimiothé- deux, FEC, 5-fluoro-uracile – épiadriamycine – cyclophophamide,
rapie de type CHOP (cyclophosphamide, doxorubicine, vincristine ou FAC, 5-fluoro-uracile – adriamycine – cyclophophamide pour
et prednisone), associée au rituximab pour les lymphomes non quatre) ou de CMF (cyclophosphamide-méthotrexate-5-fluoro-
hodgkiniens de type B (R-CHOP), exprimant CD20, ou suivie d’une uracile) pour quatre patientes. Soixante-seize patientes ont reçu
radiothérapie de l’anneau de Waldeyer. Un seul patient a reçu le une chimiothérapie adjuvante (12 par AC60, 41 par CMF, 20 par
protocole R-CHOP avec une réponse complète après six cures, et FEC ou /FAC) de six cycles en moyenne, suivie d’une radiothéra-
le lymphome était bien contrôlé pendant 24 mois. Six patients ont pie externe de 50 Gy pour toutes(trois patientes n’ayant pas reçu
reçu 4 à 8 cycles de CHOP sans rituximab, et ont eu une réponse de chimiothérapie). Cinq patientes ont reçu quatre cycles d’une
complète avec un bon contrôle durant 22 mois en moyenne. Parmi chimiothérapie néo-adjuvante avec une bonne réponse chez trois
les autres patients recevant le protocole CHOP, trois d’entre eux d’entre elles. Neuf patientes ont reçu à la fois une chimiothérapie
ont vu leur maladie progresser après quatre cures, et un autre réci- néo-adjuvante et adjuvante (CMF : pour trois patientes, AC60 pour
diver après huit mois du traitement. Dix patients ont été perdus une1 et FEC pour cinq). L’hormonothérapie a été utilisée chez cinq
de vue, dont quatre ont reçu trois à six cycles de CHOP sans éva- patientes atteintes de cancer métastatique, et ceci en consolidation
luation, et les six autres n’ont reçu aucun traitement. Six patients après une bonne réponse à la chimiothérapie palliative, et chez 71
ont reçu une radiothérapie de 40 Gy de l’anneau de Waldeyer et patientes sur 76 en situation adjuvante. Soixante-seize patientes
la chaîne ganglionnaire sus-claviculaire après une réponse radio- sur 93 atteintes de cancer localisé ont reçu un traitement adjuvant,
logique complète, dont cinq d’entre eux sont restés en situation de cinq cancers ont rechuté localement, 32 à distance, et un locale-
bon contrôle locorégional avec un recul de 20 mois en moyenne ment et à distance. Dix-sept cancers étaient bien contrôlés après
après la fin d’irradiation (y compris évidemment, le patient ayant un suivi en médiane de 7ans. En situation métastatique (d’emblée
reçu le R-CHOP), et étaient en situation de poursuite évolutive trois ou différée) le nombre moyenne de lignes de chimiothérapie uti-
mois après la fin de cette dernière. lisée était de deux. Le taux de réponse objective obtenu était de
Conclusion.– Les lymphomes non hodgkinien amygdaliens 50 %.
demeurent rares. La chimiothérapie à base de rituximab, associée Conclusion.– Le carcinome lobulaire infiltrant du sein est relati-
à la radiothérapie, représente le traitement curatif des formes vement rare, il représente 5 % des cancers du sein dans notre
précoces. Leur pronostic est généralement bon, puisque les formes institut. Le diagnostic est fait lorsqu’il est évolué. Il est classique-
localisés sont les plus fréquentes. ment reconnu dans la littérature par son pronostic défavorable.
doi:10.1016/j.canrad.2010.07.549 Nous présenterons les résultats concernant la survie et les facteurs
pronostiques au congrès.

P119 doi:10.1016/j.canrad.2010.07.550

Carcinome lobulaire infiltrant du sein : expérience


marocaine à propos de 130 cas P120
L. Boulaamane a,∗ , S. El Mejjaoui b , R. Aassab a , N. Ismaili a , Irradiation partielle accélérée du sein
I. Lalya b , T. Mahfoud a , H. M’rabti a , N. Benjaafar b , tridimensionnelle conformationnelle de 40 Gy
B.K. El Gueddari b , H. Errihani a bifractionnée hebdomadaire : résultats d’une
a Service d’oncologie médicale, Institut national d’oncologie, Rabat,
étude pilote française de phase II
Maroc
b Service de radiothérapie, Institut national d’oncologie, Rabat, Maroc C. Bourgier a,∗ , C. Pichenot a , R. Verstraet a , S. Heymann a ,
B. Biron a , S. Delaloge a , J.-R. Garbay a , A. Taghian b ,
∗ Auteur correspondant. H. Marsiglia a,c , J. Bourhis a
a Intitut Gustave-Roussy, Villejuif, France
Objectifs.– L’objectif de notre travail était de déterminer les
b Massachusetts General Hospital-Harvard, Boston, États-Unis
caractéristiques épidémiologiques, diagnostiques, thérapeutiques,
c Université Florence, Florence, Italie
évolutives et pronostiques du carcinome lobulaire infiltrant du sein
chez les patients de l’Institut national d’oncologie de Rabat, au ∗ Auteur correspondant.
Maroc.
E-mail: bourgier@igr.fr (C. Bourgier).
Patientes et méthodes.– Il s’agit d’une étude rétrospective d’une série
Objectifs.– Depuis 2009, les sociétés savantes de radiothérapie
de 130 patientes traitées pour un carcinome lobulaire infiltrant du
(European Society for Therapeutic Radiology and Oncology, Ameri-
sein entre 200 et 2003. Le suivi médian de l’étude a été estimé à 7
can Society for Therapeutic Radiology and Oncology) ont émis des
ans.
recommandations pour proposer une irradiation partielle accélé-
Résultats.– Le taux d’incidence du carcinome lobulaire infiltrant
rée du sein en dehors de tout essai clinique aux patientes atteinte
dans notre institut est estimé à 5 %. L’âge médian des patientes
de cancer du sein unifocal à faible risque de récidive locale. En
était de 47 ans (28–77ans). Trente neuf pour cent (39 %) étaient
France, cette modalité thérapeutique n’est réalisée que dans le
ménopausées. Le délai médian de consultation était de 9 mois. Le
cadre d’essais cliniques utilisant soit la curiethérapie, soit la tech-
siège du carcinome lobulaire infiltrant était le sein droit dans 45 %
nique peropératoire. Nous rapportons ici la première expérience
des cas, le sein gauche dans 53 % et les deux seins dans 2 %. Le
française d’irradiation partielle accélérée du sein conformation-
diagnostic a été porté par cytoponction, biopsie, et chirurgie res-
nelle tridimensionnelle.
pectivement chez 34 %, 55 % et 29 % des patientes. Le délai moyen
Patientes et méthodes.– Depuis octobre 2007, 25 patientes atteintes
de la chirurgie après le diagnostic était de 1,5 mois. La chirurgie était
d’un cancer du sein de stade pT1N0 ont été incluses dans un essai de
radicale dans 75 % des cas, conservatrice dans 8 % et non précisée
phase II d’irradiation partielle accélérée du sein conformationnelle
dans 17 %. Le grade de Scarff, Bloom et Richardson (SBR) était de 1
tridimensionnelle. La dose totale prescrite est de 40 Gy, à raison de
chez sept patientes, de 2 chez 57, de 3 chez 11 et non déterminé
4 Gy/fraction, délivrée sur 5 jours en deux fractions quotidiennes.
chez 55. Les récepteurs hormonaux estrogéniques et progestéro-
L’irradiation se fait par deux mini-faisceaux tangentiels de 6 MV
niques étaient exprimés chez 79 patientes, non exprimés chez
et un faisceau d’électrons « en face » de 6–22 MeV, qui contribue à
12. Seuls les récepteurs estrogéniques étaient exprimés chez huit
20 % de la dose totale. La toxicité a été évaluée prospectivement un ;