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Article original

Lymphome non-Hodgkinien de l’enfant :


prise en charge chirurgicale lors d’un tableau
abdominal révélateur
Recommandations du « Comité lymphome » de la Société française
de lutte contre les cancers de l’enfant et de l’adolescent (SFCE)

A. Delarue 1, C. Bergeron 2, F. Mechinaud-Lacroix 3, C. Coze 4, M. Raphael 5,


C. Patte 6, pour le « Comité Lymphome » de la SFCE
1. Service de chirurgie pédiatrique, hôpital d’enfants de la Timone – Marseille.
2. Département de pédiatrie, centre Léon-Bérard – Lyon.
3. Service d’oncologie pédiatrique, CHR – Nantes.
4. Service d’oncologie pédiatrique, hôpital d’enfants de la Timone – Marseille.
5. Service d’hématologie biologie, hôpital Avicenne – Bobigny.
6. Service de pédiatrie, institut Gustave-Roussy – Villejuif.

Correspondance : A. Delarue, service de chirurgie pédiatrique, hôpital d’enfants de la Timone,


F 13385 Marseille Cedex 5
e-mail : arnauld.delarue@ap-hm.fr

Résumé / Abstract Introduction


Lymphome non-Hodgkinien de l’enfant : prise en charge chirurgicale lors d’un tableau abdo- Plus de 90 % des lymphomes non-
minal révélateur. Recommandations du « Comité lymphome » de la Société française de
lutte contre les cancers de l’enfant et de l’adolescent (SFCE)
hodgkiniens (LNH) observés chez l’en-
A. Delarue, C. Bergeron, F. Mechinaud-Lacroix, C. Coze, M. Raphael, C. Patte, pour le « Comité fant sont des lymphomes de haut grade
de malignité, d’architecture diffuse [1].
Lymphome » de la SFCE
Les lymphomes de type Burkitt ou
454 Les progrès effectués dans les vingt dernières années, en particulier ceux de la « Burkitt-like » selon la classification
chimiothérapie, permettent de guérir près de 90 % des enfants porteurs de lymphomes OMS 2001 représentent la majorité des
non-Hodgkiniens, y compris dans les formes évoluées. Les localisations abdominales, les formes abdominales. Il s’agit plus rare-
plus fréquentes, sont dominées par les lymphomes de type Burkitt ou apparentés. La prise ment de lymphomes à grandes cellules
en charge initiale doit se concevoir dans un contexte d’extrême urgence, de multiples B [2, 3]. Les formes étendues (stades III
complications pouvant mettre en jeu, en quelques jours ou même quelques heures, le et IV selon la classification de Murphy)
pronostic vital. sont majoritaires [4]. Les progrès effec-
Le Comité lymphome de la SFCE propose les recommandations suivantes pour une prise tués dans les vingt dernières années, en
en charge optimale : 1) le lymphome doit être évoqué systématiquement devant une particulier en France grâce aux travaux
invagination intestinale aiguë lorsqu’elle survient en dehors du contexte de l’invagination du « Comité Lymphome » de la Société
idiopathique du nourrisson, c’est-à-dire chez l’enfant de plus de trois ans et bien sûr chez Française de lutte contre les Cancers de
le grand enfant, ou devant un syndrome appendiculaire atypique dans sa présentation l’Enfant et de l’adolescent (SFCE), per-
clinique ou échographique ; 2) une résection digestive localisée (iléale ou iléo-cæcale) n’est mettent d’obtenir, grâce à la chimiothé-
réalisée que si le geste est techniquement simple, permettant une exérèse complète sans rapie, une guérison dans près de 90 %
dissection extensive ni risque majeur de complication ; 3) toute exérèse difficile, risquée ou des cas, y compris dans les formes
incomplète est à proscrire, et seul un prélèvement à visée diagnostique doit être pratiqué évoluées [5-11].
(liquide péritonéal et/ou biopsie) ; 4) le prélèvement, le conditionnement, la conservation Cependant, de multiples complica-
et l’acheminement du matériel tumoral doivent obéir à des critères très stricts. L’analyse tions peuvent mettre très rapidement en
morphologique (histologique et/ou cytologique) et une étude immunophénotypique (et si jeu le pronostic vital (en quelques jours
possible cytogénétique et moléculaire) sont en effet indispensables pour le diagnostic, le ou quelques heures). La prise en charge
pronostic, et le traitement. initiale d’un LNH de l’enfant doit donc
Mots-clés : Lymphome. Burkitt. Urgence. Chimiothérapie. Invagination intestinale. se concevoir en ayant la notion d’ex-
trême urgence thérapeutique.
Pediatric non-Hodgkin’s lymphoma: primary surgical management of patients presenting Des formes avec complications
with abdominal symptoms. Recommendations of the Lymphoma Committee of the aiguës abdomino-pelviennes peuvent
French Society to Combat Pediatric Cancers (SFCE) se rencontrer en pratique dans deux
A. Delarue, C. Bergeron, F. Mechinaud-Lacroix, C. Coze, M. Raphael, C. Patte, pour le « Comité situations, souvent en milieu non spé-
Lymphome » de la SFCE cialisé : 1) la tumeur est suspectée
Over the past two decades, dramatic improvements in the treatment of children with Non- d’emblée et confirmée par échogra-
Hodgkin’s Lymphoma have led to cure rates close to 90%, even in advanced-stage disease. phie devant un syndrome de masse et/
The most frequent localization is abdominal, where Burkitt or Burkitt-like subtypes are ou une complication à type de compres-
predominant. Initial management often occurs in the setting of a urgent surgical sion digestive ou urinaire pouvant aller
J Chir 2008,145, N°5 • © 2008. Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
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intervention where multiple complications may gravely threaten prognosis within days or cæcale dans 85 à 92 % des cas [13-15,
even hours. 33]. L’invagination intestinale aiguë
The SFCE Lymphoma Committee’s guidelines for optimal management include: (IIA) en est le mode révélateur le plus
1) The diagnosis of lymphoma should be systematically evoked whenever the clinical fréquent, suivi par les syndromes dou-
context is not consistent with idiopathic intussusception, particularly in children over loureux pseudo-appendiculaires de la
the age of 3 or when clinical and/or ultrasound findings are not typical; 2) Limited fosse iliaque droite (FID) [15-20]. L’âge
bowel resection should be performed only if it allows complete tumor removal and de l’enfant (souvent supérieur à 3 ans)
is technically simple without extensive dissection or risk of major complications; 3) If est trop élevé pour une IIA idiopathique
surgical resection is likely to be difficult, risky, or incomplete, surgery should be fonctionnelle et une origine tumorale
limited to sampling of peritoneal fluid and tumor; 4) In all cases, adequate tissue doit être suspectée. Ces tableaux peu-
should be obtained and sent to the pathology department in appropriate media vent conduire parfois à un geste chirur-
Analysis of tumor material may require, in addition to histology and cytology, gical sans imagerie préalable, mais une
immunophenotyping, cytogenetics, and molecular biology studies in order to arrive échographie diagnostique est main-
at an accurate diagnosis and prognosis and to guide treatment choices.
tenant pratiquée dans la majorité des
Key words: Lymphoma. Burkitt. Emergency. Chemotherapy. Bowel intussusception. syndromes douloureux abdominaux.
L’échographie abdominale pose le dia-
gnostic d’IIA et peut parfois faire sus-
pecter une tumeur, en montrant une
anse aux parois épaissies. Cependant les
jusqu’à l’insuffisance rénale aiguë) ; 2) la cherche a été limitée à l’enfant (0 à aspects échographiques ne sont pas
tumeur est découverte lors d’une inter- 18 ans) et aux articles en langue anglaise pathognomoniques, une souffrance pa-
vention en urgence pour un tableau et française. Cette recherche a trouvé riétale ischémique pouvant donner un
abdominal aigu. 262 références. aspect semblable [34]. En revanche, la
Dans tous les cas, une prise en Seulement 22 de ces références ont découverte de ganglions volumineux,
charge initiale adaptée doit permettre été retenues comme pertinentes par hypo-échogènes et sphériques et/ou la
de poser un diagnostic en urgence (elle rapport à l’objectif de cet article : l’éva- présence, lors de l’exploration systéma-
inclut donc la gestion optimale des pré- luation spécifique des modalités de prise tique du foie, des reins ou de la rate, de
lèvements tumoraux) mais également en charge chirurgicale initiale des en- lésions le plus souvent nodulaires
de traiter une complication chirurgicale fants atteints de LNH [6, 8, 12-32]. oriente d’emblée vers une pathologie 455
sans compromettre ni retarder le début Cependant, ces articles concernaient tumorale. Dans la majorité des cas,
aussi précoce que possible de la chimio- soit des études multicentriques portant l’échec de la désinvagination par lave-
thérapie dans un centre de cancérologie sur la prise en charge globale de ces pa- ment conduit à une intervention chirur-
pédiatrique. tients, incluant des recommandations gicale en urgence.
L’objectif de ce travail du Comité pour la chirurgie, soit des analyses ré-
Ces formes cliniques qui se manifes-
Lymphome de la SFCE est de proposer, trospectives de séries de patients opérés,
tent de façon précoce permettent de
à partir de l’expérience de ses membres la majorité étant composées d’effectifs
diagnostiquer des tumeurs localisées et
et d’une revue de la littérature, des de taille réduite ou d’observations
de petit volume [4]. L’exérèse radicale
recommandations destinées à tout isolées. En revanche, aucune étude
d’une petite tumeur limitée à la paroi
chirurgien susceptible de prendre en prospective (randomisée ou non) ayant
ce thème comme objectif principal n’a digestive (stades II de la classification de
charge un enfant présentant un tableau
été trouvée. Murphy) est ainsi possible dans 19 à
abdominal évoquant ou révélant un
De ce fait, les recommandations 54 % des cas grâce à une résection in-
LNH.
pour la prise en charge chirurgicale op- testinale limitée [12-14]. L’exérèse
timale de ces patients, qui ont été éta- (courte zone d’iléon ou au maximum ré-
Matériel et méthodes blies sur les bases de cette revue de la section iléo-cæcale) ne doit être réalisée
Le Comité lymphome de la Société littérature et qui vont être détaillées que si elle est facile, sans dissection
française de lutte contre les cancers de ci-dessous, reposent toutes sur un « ac- complexe ou risquée et sans stomie de
l’enfant, à l’origine des études qui ont cord d’experts » émanant du Comité protection. Une hémicolectomie droite
été effectuées en France depuis le début lymphome de la SFCE. est à proscrire et il faut alors se limiter
des années 1980 dans les lymphomes à des biopsies. Avec plus de 95 % de
malins non hodgkiniens de l’enfant [7- survie des patients après exérèse
Résultats complète dans toutes les séries récentes
11], est composé d’oncologues pé-
diatres, de chirurgiens pédiatres, de Modes de découverte des LNH publiées, le pronostic excellent autorise
radiologues, de radiothérapeutes, abdominaux une chimiothérapie allégée d’environ
d’anatomopathologistes et de bio- 6 semaines, sans prophylaxie méningée
logistes. • Tableau clinique d’urgence abdominale [9].
Une revue systématique de la litté- C’est le mode de révélation d’une tu- Les perforations digestives avec pé-
rature a été effectuée sur Medline à meur sous-jacente non connue, dans au ritonite sont beaucoup plus rares, y
partir de 1986 en associant les termes moins 33 % et jusqu’à 55 % de certaines compris dans les formes abdominales
surgery (ou surgical ou emergency), lym- séries de LNH abdominaux [12-14]. La étendues. Elles peuvent intéresser tout
phoma et abdomen (ou abdominal). La re- tumeur est localisée à la jonction iléo- le tube digestif mais les atteintes œso-
Lymphome non-Hodgkinien de l’enfant : prise en charge chirurgicale lors d’un tableau abdominal révélateur A. Delarue et al.

phagiennes et rectales sont exception- pleuraux abondants) et d’un syndrome l’initiation de la chimiothérapie (9 jours
nelles [35]. de masse abdominale augmente le de- après laparotomie versus 3 jours chez
gré d’urgence thérapeutique et le risque les patients non opérés), ainsi qu’une
• Syndrome de masse et/ou complication anesthésique [37, 38]. augmentation de 6 jours de la durée
de type compressif Dans tous les cas, la concertation moyenne d’hospitalisation depuis le
La croissance rapide, en quelques jours avec un centre de référence d’oncologie diagnostic jusqu’à la fin de la troisième
ou quelques semaines, d’une tumeur in- pédiatrique permet de garantir une pri- cure d’induction pour les patients opérés
trapéritonéale alors facilement détectée se en charge optimale surtout en urgen- (soit 45 jours versus 39 respectivement).
par la clinique doit faire suspecter en ce, y compris la nuit ou le week-end, ou Un geste chirurgical à visée diagnosti-
premier lieu un LNH. L’échographie le la gestion des prélèvements, la pose que peut cependant être parfois néces-
confirme en montrant une tumeur éventuelle d’un cathéter central, l’infor- saire. Son indication doit être posée en
unique ou plurilobée à point de départ mation initiale adaptée des familles, les milieu spécialisé de cancérologie pédia-
digestif souvent associée à une ascite. modalités de transfert etc. sont les trique lors d’une réunion de concer-
Elle cherche d’autres localisations points-clés à préciser au mieux des tation pluridisciplinaire (chirurgien,
abdominales et d’éventuelles compres- conditions logistiques. À distance, au radiologue, oncologue, anesthésiste).
sions notamment des voies urinaires. Le sein d’une réunion de concertation plu- Un abord en laparoscopie ou par mini-
transfert de l’enfant, en urgence, en mi- ridisciplinaire dans le centre d’onco- laparotomie doit être privilégié pour
lieu spécialisé d’oncologie pédiatrique logie, les indications respectives des biopsier les sites d’accès difficile. En re-
s’impose dès que le diagnostic de lym- différentes méthodes de prélèvement, la vanche, la laparotomie exploratrice
phome est suspecté. gestion des échantillons tumoraux et pour “bilan des lésions” et les interven-
l’ensemble de la stratégie diagnostique tions lourdes avec résection étendue ou
Devant ce tableau de tumeur abdo-
et thérapeutique sont discutés de façon à visée de réduction du volume tumoral
minale étendue, seuls des gestes à visée
générale mais la gestion initiale du sont à proscrire formellement.
diagnostique permettant d’obtenir suf-
patient est aussi réévaluée a posteriori L’arbre décisionnel détaillant la
fisamment de matériel tumoral sont
dans le cadre de l’amélioration constante conduite à tenir devant un tableau ab-
alors à envisager. La chirurgie d’exérèse
des pratiques de prise en charge. dominal aigu révélant ou évoquant un
extensive ou de réduction tumorale n’a
LNH est présenté dans la figure 1.
aucune indication [12-16, 19, 21-28,
33]. Si elle est possible, la ponction Attitude thérapeutique
456 d’ascite est souvent suffisante. Pour le Elle est guidée par trois notions : 1) le Gestion des prélèvements
prélèvement des localisations profon- LNH est une maladie systémique chi- tumoraux à visée diagnostique
des, la ponction-biopsie à l’aiguille est mio-sensible et chimio-curable ; 2) la Le diagnostic et la classification des
la méthode de choix [32]. Elle s’effectue chirurgie partielle ou de réduction LNH de l’enfant se fondent sur une
par voie transcutanée, sous repérage par tumorale n’apporte aucun bénéfice en analyse morphologique (histologique
échographie ou par tomodensitométrie terme de survie ; 3) la chirurgie ex- et/ou cytologique) complétée par une
selon la topographie et le volume de la tensive est source de complications qui étude immuno-phénotypique et si pos-
tumeur. L’abord en laparoscopie ou retardent la chimiothérapie et en majo- sible cytogénétique et moléculaire [2, 3,
par mini-laparotomie n’est indiqué que rent les risques. 31]. Dans les cas difficiles et pour
lorsque l’abord percutané est impossible. Ces complications (fistules diges- l’inclusion dans les protocoles théra-
En cas de compression des voies bi- tives, abcès intra-abdominaux ou de pa- peutiques, une relecture par un
liaires ou urinaires, le rôle du chirurgien roi, occlusions) surviennent chez 15 % anatomopathologiste spécialisé est
est essentiel car un drainage en urgence des patients opérés et prédominent requise.
permet un démarrage rapide du traite- (80 % des cas) chez les patients porteurs Au bloc opératoire, les prélèvements
ment grâce à la normalisation des de formes étendues [13]. Ces complica- à l’état frais et stérile sont placés sur une
fonctions hépatiques ou rénales. Les tions sont plus fréquentes après résec- compresse stérile non tissée, imprégnée
techniques de drainage percutané ou tion incomplète (18 %) qu’après biopsie de sérum physiologique pour éviter
endoscopique sont privilégiées : dériva- seule (7 %) ou exérèse complète (12 %). toute dessiccation. Ils doivent parvenir
tion biliaire trans-hépatique, pose de Le début de la chimiothérapie est ainsi en moins d’une heure si possible au
sonde urétérale type « double J » par retardé de 9 jours par rapport aux for- laboratoire d’anatomie pathologique.
cystoscopie, à préférer à la néphrosto- mes sans complications [14]. Les liquides d’ascite ou d’épanchement
mie percutanée [29, 30, 36]. Sur une série de 21 patients laparo- pleural sont recueillis sur anticoagulant
Le bilan diagnostique et le bilan tomisés, 9 ont présenté des compli- et maintenus à température ambiante. Il
d’extension (ponction lombaire, myélo- cations majeures : péritonite (1), fistule en est de même pour un prélèvement de
grammes) sont effectués le plus souvent (1), infection de paroi nécessitant une moelle. La répartition des prélèvements
sous anesthésie générale. Une voie vei- cystectomie partielle (1), colostomies pour les différentes techniques (cyto-
neuse centrale, indispensable à la réali- secondaires (2) et récidives locales pré- logie, histologie, congélation, cyto-
sation du programme thérapeutique des coces (4) [21]. À l’opposé, seulement 2 génétique et/ou biologie moléculaire)
formes étendues, est mise en place dans sur 14 patients non laparotomisés ont est effectuée par l’anatomopathologiste
le même temps. L’association d’une at- développé une complication locale (une en fonction de la quantité de matériel
teinte thoracique (tumeur médiastinale occlusion secondaire et une péritonite, disponible.
responsable d’une compression des sans cas de récidive locale). Dans cette En urgence, en dehors des heures
voies aériennes et/ou d’épanchements série on observe un retard significatif à d’ouverture du laboratoire, il est indis-
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gestes diagnostiques ou thérapeutiques


TABLEAU
TABLEAU ABDOMINAL
ABDOMINAL AIGU
AIGU soient décidées par concertation plu-
ridisciplinaire, impliquant une équi-
pe spécialisée dans la prise en charge des
cancers de l’enfant.
Penser
Penser au
au Lymphome
Lymphome devant
devant : :
** Tableau
Tableau d’IIA
díIIAchez
chezun
ungrand
Grandenfant
Enfant
** Syndrome
Syndrome pseudo-appendiculaire
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TUMEUR TUMEUR
TUMEUR TUMEUR
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CONFIRMÉE
CONFIRM…E CONFIRMÉE
CONFIRM…E DÉCOUVERTE
DECOUVERTE Mature B-cell lymphoma/leukemia in
SANS children and adolescents: intergroup
SANS URGENCE
URGENCE AVEC
AVEC URGENCE
URGENCE seulement
seulement
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Improved treatment results in childhood
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Figure 1 : Arbre décisionnel pour un syndrome abdominal aigu (IIA : invagination survival rate in advanced-stage B-cell
intestinale aiguë). lymphomas and leukemias without CNS
involvement with a short intensive poly-
chemotherapy:results from the French
pensable d’effectuer en premier lieu des dernières années. Le pronostic global Pediatric Oncology Society of a rando-
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section d’un fragment à l’état frais ap- la prise en charge initiale de ces pa- 9. Patte C, Auperin A, Michon J, et al. The
posée sur 4 à 8 lames, séchées et gardées tients, qui se présentent toujours en SFOP LMB89 protocol: highly effective
à température ambiante. Un petit frag- situation d’urgence et souvent en de- multiagent chemotherapy tailored to the
tumor burden and initial response in 561
ment stérile de 0,5 à 1 cm3 est placé hors de centres de référence. La chirur- unselected children with B-cell lympho-
dans un milieu de culture de type RPMI gie d’exérèse extensive ou de réduction mas and L3 leukemia. Blood 2001;97:
ou à défaut dans du sérum physiologique. tumorale n’apporte aucun bénéfice dans 3370-3379.
Le reste de la pièce est placé dans un le traitement de ces tumeurs très chi- 10. Cairo MS, Gerrard M, Sposto R, et al.
Results of a randomized international
liquide fixateur. mio-sensibles. Bien au contraire, elle est study of high risk central nervous system
source de complications qui retar- B-non-Hodgkin’s lymphoma and B-
dent le traitement médical et en majo- acute lymphoblastic leukemia in children
Conclusion and adolescents. Blood 2007;109:2736-
rent les risques : toute chirurgie majeure 2743.
Les excellents résultats du traitement est donc à proscrire. Si le LNH est évo- 11. Patte C, Auperin A, Gerrard M, et al. Re-
des lymphomes abdominaux de l’enfant qué et que les conditions logistiques le sults of the randomized international
FAB/LMB96 trial for intermediate risk
sont l’un des plus grands succès de la permettent, il est recommandé que l’in- B-cell non-Hodgkin’s lymphoma in chil-
cancérologie pédiatrique des trente dication et les modalités des premiers dren and adolescents: it is possible to re-
Lymphome non-Hodgkinien de l’enfant : prise en charge chirurgicale lors d’un tableau abdominal révélateur A. Delarue et al.

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