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--=~=-- Responsabilité des commettants -F 33

AANSPRAKELlJKHEID VAN MEESTERS EN RESPONSABILITÉ DES MAÎTRES ET DES


VAN ZIJ DIE ANDEREN AANSTELLEN COMMETTANTS

Een rotjewerpen in beroepslokalen-Onschend- Jet d'un pétard dans les locaux professionnels
baarheid van aangestelden voorzien in artikel -Immunité du préposé prévue à l'article 18 de
18 van de wet van 3 juli 1978 -Vermoeden van la loi du 3 juillet 1978- Responsabilité présumée
aansprakelijkheid in hoofde van degene die du commettant
aanstelt

De aangestelde geniet het voordeel van de Le préposé bénéficie de l'immunité prévue à


onschendbaarheid voorzien in artikel18 van l'article 18 de la loi du 3 juillet 1978 qui
de wet van 3 juli 1978, dat aan derden het interdit aux tiers d'exercer contre lui une
verbod oplegt om een vordering wegens action Ein responsabilité. Cette exonération
aansprakelijkheid tegen hem in te stellen. de responsabilité, dérogatoire au droit
Deze vrijstelling van aansprakelijkheid, die commun, est personnelle au préposé et
afwijkt van het gemeen recht, betreft enkel n'exclut pas la responsabilité, même présu-
de persoon van de aangestelde en sluit niet mée, du commettant sur base de l'article
de aansprakelijkheid uit die juist wordt 1384, alinéa 3 du Code civil en raison du fait
vermoed in hoofde van degene die aanstelt commis par le préposé.
op basis van artikel 1384, alinea 3 van het
Burgerlijkwetboekom willevanfeiten gesteld
door de aangestelde.

COUR D'APPEL DE LIÈGE, 28 JUIN 1996


(3ème ch. civ. -Siège, M. R. Stokart, prés.; M. P. Mathieu et Mme Fumai, cons. -Plaid. : Mes R. Put,
H. Leroy, Jaco Me Jean-Paul Charlier, J.L. Landrzejewski JacoMe Evrard, de Lamotte JacoAlain Bayard,
Mustapha El Karouni JacoMe Georges Remy, tous du barreau de Liège -En cause: S.A. Etablissements
Dorthu et Cie, S.A. L'Escaut cI S.A. A.G. 1824, Mellet et Evrard)

Attendu que le litige concerne l'indemnisation 1971. Edouard MELLET sollicite l'intervention
des dommages résultés du jet d'un pétard, par et la garantie de la s.a. L'ESCAUT,sonassureur
Edouard MELLET, préposé de la firme DORTHU, de la responsabilité civile "vie privée", ainsi que
dans un local de cette entreprise, le 30 décembre de son employeur la s.a. Ets Jean DORTHU et
1988 vers 13 H, et qui a occasionné des bles- Cie. Par conclusions reçues le 16 novembre
sures à Martine EVRARD, préposée des Ets 1992, la s.a. Ets Jean DORTHU et Cie actionne
PETITJEAN, dont les locaux sont voisins, et qui son préposé MELLET en garantie.
était venue répondre à un appel téléphonique.
Attendu que dans la cause inscrite sous le n°
Attendu que la matérialité des faits, la faute de RG 112312/91, Martine EVRARD, victime
commise par MELLET et sa relation causale directe des faits, assigne Edouard MELLET,
avec le dommage ne font pas l'objet de contes- lequel assigne en intervention et garantie la s.a.
tation. L'ESCAUT et la s.a. Ets Jean DORTHU et Cie.
Par conclusions reçues le 1 mars 1993, Martine
Attendu que le litige porte essentiellement EVRARD étend sa demande contre la s.a. Ets
sur l'application de "article 1384 al. 3 du Code Jean DORTHUetCieetcontrelas.a. L'ESCAUT,
civil au commettant DORTHU ainsi quesurcelle dans les deux cas solidairement avec MELLET.
de l'article 18 de la loi du 3 juillet 1978 au
préposé MELLET. Attendu qu'à bon droit, le premier juge a joint
les causes.
LES ACTIONS:

Attendu que dans la cause inscrite sous le n° RECEVABILITE DES APPELS:


de RG 104531/90, la s.a. AG de 1824, assureur
loi de Martine EVRARD, assigne Edouard Attendu que le litige n'est pas indivisible, en
MELLET en récupération de ses débours sur tant qu'il porte sur des demandes de condam-
base des articles 46 et 47 de la loi du 10 avril nation à des sommes d'argent.
Attendu que devant le premier juge, l'appe- charge du commettant en raison de "acte illicite
lante au principal n'a pas sollicité de condam- et dommageable commis par son préposé exige
nation à son profit contre la s.a. L'ESCAUT et a que cet acte ait été accompli pendant la durée
uniquement tenté d'établir l'intervention de cette des fonctions et soit, fût-ce indirectement et
dernière en faveur des demanderesses pour occasionnellement, en relation avec celles-ci
repousser l'action dirigée contre elle-même, ce (Cass. 26 octobre 1989, J.L.M.B. 1990, 75 et
qui ne noue pas de lien d'instance entre ces note SCHAMPS).
parties: que l'appel principal dirigé contre la s.a.
L'ESCAUT n'est pas recevable. Attendu qu'il suffit, d'une part, pour établir que
l'acte a été commis durant l'exercice des fonctions,
Attendu qu'aucune demande n'est dirigée, que soit rapportée la preuve d'un lien de subordi-
devant le premier juge, par la demanderesse s.a. nation et, d'autre part, pour établir la relation
AG de 1824 contre la s.a. Ets Jean DORTHU et même indirecte ou occasionnelle entre l'acte et
Cie, mais uniquement contre son préposé lesdites fonctions, que le dommage ait été
MELLET qu'elle considère avoir agi en dehors occasionné fautivement à l'occasion ou même en
des conditions d'application de l'article 1384 al. 3 abusant des fonctions (J.L. FAGNART, Chronique
du Code civil. de jurisprudence, J.T. 1976 ,606, n° 98).

Attendu que, nonobstant cette limite au Attendu qu'il appert des éléments de la cause
contrat judiciaire, le premier juge, statuant ultra et du dossier répressif 43.79.100.077/89 du
petita, a condamné la s.a. Ets Jean DORTHU et parquet du procureur du Roi à Liège que les faits
Cie à indemniser l'assureur loi. se sont produits entre 13 H et 14 H un vendredi,
dans les locaux professionnels de l'entreprise
Attendu que devant la Cour, la s.a. AG de DORTHU.
1824 réitère avec force sa position favorable à
la s.a. Ets Jean DORTHU et Cie, sur base de Attendu que l'heure des faits -critère à
moyens de droit et d'arguments de fait précis et retenir pour l'appréciation de la relation de l'acte
au moyen d'un appel incident. avec les fonctions (cf. DALCQ, Traité, 1,611, n°
1924) rentre dans les heures de service normales
Attendu par contre qu'elle sollicite en degré des préposés de l'entreprise.
d'appel la condamnation d'Edouard MELLET.
Attendu, par ailleurs, que les faits ont lieu
Attendu que la disposition du jugement dans les locaux professionnels, même si le
entrepris relative à la condamnation de la s.a. travail effectif était momentanément suspendu
Ets Jean DORTHU en faveur de la s.a. AG de
ou interrompu.
1824 est nulle.
Attendu que les interruptions de travail doivent
RECEV ABILITE DES ACTIONS: être considérées comme faisant partie intégrante
de celui-ci lorsqu'elles se déroulent sur les lieux
Attendu que dans le cadre de l'action dirigée du travail (cf. VANDENBERGHE, VAN
contre Edouard MELLET par la s.a. AG de 1824, OUICKENBORNE et HAMELlNK, Overzicht,
à l'exclusion du commettant, la victime mettant
T.P.R. 1980, 1337-1338, n° 162 c; DALCO,
seulement en cause la responsabilité Traité, 1,609-616, n° 1917-1957).
personnelle du préposé, ledit Edouard MELLET,
ne peut appeler son propre commettant en
Attendu que le commettant n'établit pas, par
garantie en application de l'article 1384 al. 3 du
exemple au moyen de l'examen de cartes de
Code civil. pointage, que les heures de service étaient
expirées au moment des faits ce jour-là, ni que
Attendu qu'en tout état de cause la
les heures de présence l'après- midi du 30
présomption de l'article 1384 al. 3 du code civil
décembre 1988 n'étaient pas rémunérées.
ne joue qu'en faveur des tiers (Gass. 15
septembre 1988 J.T. 1988,687).
Attendu que la s.a. Ets Jean DORTHU et Cie
n'établit pas davantage que la fête était organisée
Attendu que "action d'Edouard MELLET
sans son autorisation, de manière telle qu'il faut
contre la s.a. Ets Jean DORTHU et Cie est non
considérer que l'acte a été commis à l'occasion
fondée; des fonctions. (Cass. 26 octobre 1989, J.L.M.B.

QUANT AU FOND: 1990, 75).

Attendu que la nature de la faute commise


Attendu que la présomptionde responsabilité na.. 10 n..ônn~ô o~t on In,.;n,. ",...~--)..~ ).
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l'appréciation de l'existence ou de l'inexistence de la s.a. AG de 1824, que la Cour souhaÎte être


du lien de subordination requis pour l'application informée de l'identité de l'assureur de
de la présomption légale (Gass. 31 octobre responsabilité susceptible de devoir garantir les
1980, Pas. 1981, 1,268). condamnations prononcées à l'encontre de la
s.a. Ets Jean DORTHU et Cie.
Attendu que le comportement d'Edouard
MELLET, ainsi qu'il ressort d'ailleurs de l'appré- PAR CES MOTIFS,
ciation des verbalisants, n'a pas procédé d'une
intention de faire mal mais plutôt d'un jeu dans
La Cour,
l'ambiance des fêtes de fin d'année.

Attendu que la faute commise ne peut être Statuant contradictoirement,


qualifiée de dol ou de faute lourde.
Annule la décision entreprise en ce qu'elle
Attendu par ailleurs qu'il n'est pas établi que condamne la s.a. Ets Jean DORTHU et Cie à
la faute présentait dans le chef de son auteur un payer toute somme à la s.a. AG de 1824,
caractère habituel.
Reçoit l'appel principal de la s.a. Ets Jean
Attendu dès lors qu'Edouard MELLET DORTHU et Cie dirigé contre Martine EVRARD
bénéficie de l'immunité prévue à l'article 18 de la et Edouard MELLET et la S.C. AG 1824 et le dit
loi du 3 juillet 1978, qui interdit aux tiers d'exercer irrecevable pour le surplus,
contre lui une action en responsabilité.

Reçoit les appels incidents;


Attendu que cette exonération de respon-
sabilité, dérogatoire au droit commun, est
personnelle au préposé et n'exclut pas la Confirme le surplus de la décision entreprise
responsabilité, même présumée, du commettant sous l'émendation que l'action d'Edouard
sur base de l'article 1384 al. 3 du Code civil en MELLET contre la s.a. Ets Jean DORTHU et
raison du fait commis par le préposé (Cass. 18 Cie est non fondée;
novembre 1981 , RGAR 1982, n° 10459; Exposé
des motifs, Doc. Pari. Sénat, session extr. 1974, Condamne la s.a. Ets Jean DORTHU et Cie
Doc. 381-1, p. 6). aux dépens d'appel en faveur de Martine
EVRARD liquidés à 15.200 F, d'Edouard
Attendu, en ce qui concerne notamment MELLET liquidés à 15.200F et de la s.a.
l'appréciation de la charge des dépens d'appel L'ESCAUT liquidés à 15.200 F;