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CHAPITRE I : LES DECISIONS D’INVESTISSEMENT

SECTION I : les décisions d’investissement


A la différence des décisions financières à court terme, les décisions financières à long et moyen
terme présentent parfois un caractère irréversible à l’instar des décisions d’investissement. En plus de
leur irréversibilité, les décisions d’investissement se font souvent dans un contexte de contrainte
financière conduisant ainsi les entreprises à devoir choisir parmi un ensemble de projets à réaliser. Il
devient donc nécessaire de disposer d’un ensemble d’outils permettant d’en évaluer la rentabilité
(rapport entre les gains attendus et le capital investi). Le lecteur trouvera dans ce support des outils qui
vont lui permettre d’évaluer la rentabilité d’un projet d’investissement.

I. La conception financière de l’investissement

A. La définition de l’investissement
Pour le financier, l’investissement est une immobilisation de capital qui produit des revenus sur une
longue période et qui doit être financé par des capitaux permanents. C’est aussi l’engagement d’un
capital dans une opération dans laquelle on attend des gains futurs, étalés dans le temps. Le
financement porte non seulement sur l’immobilisation mais aussi sur le besoin supplémentaire de
fonds de roulement qu’elle entraîne.

B. Les différents types d’investissement


On distingue différents types d’investissement suivant le critère retenu :

1. La nature
On va distinguer les investissements matériels des investissements immatériels et des investissements
financiers. Comme investissement matériel on pourrait citer l’achat d’un véhicule de service ; les
investissements effectués dans la recherche et développement ou bien dans la formation du personnel
sont des investissements immatériels. L’achat de titres de participation, de titres immobilisés
correspond à un investissement financier.

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2. L’objectif visé

a) Les investissements de remplacement et de modernisation

Ces investissements très fréquents se prêtent bien à une étude financière, car les dépenses
d’investissement, les gains de productivité ou les économies de coût peuvent être chiffrés avec
précision.
Un investissement de remplacement peut correspondre à un remplacement à l’identique (achat d’un
PC de type pentium 2 pour remplacer un autre PC du même type) ou à un remplacement de
renouvellement (achat d’un PC de type pentium 3 pour remplacer un autre PC du type pentium 2).

b) Les investissements d’expansion

Ces investissements qui ont pour but d’accroître la capacité de production et de commercialisation des
produits existants ou de fabriquer et de vendre des produits nouveaux, se prêtent, eux aussi, assez bien
à l’évaluation financière. Un investissement d’expansion peut être orienté vers la croissance interne
(exemple : construction d’un nouvel atelier d’assemblage) ou bien vers la croissance externe (fusion,
absorption, etc.)

c) Les investissements stratégiques

Ces investissements résultent des grands choix de l’entreprise. Ils sont relatifs aux marchés et aux
produits nouveaux. Il s’agit des investissements en « recherche et développement », des prises de
participation dans les nouveaux secteurs, des implantations de filiales à l’étranger. Les prévisions de
rentabilité sont plus difficiles en raison des implications complexes de ce type d’investissement.

3. Les relations qui existent entre les projets d’investissements

a) Les investissements mutuellement exclusifs

Si deux investissements sont mutuellement exclusifs, la réalisation de l’un entraîne ipso facto le rejet
de l’autre.
Exemple : la construction d’un bâtiment administratif ou d’une usine sur un même site.

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b) Les investissements indépendants

Les investissements indépendants sont ceux dont la rentabilité de l’un n’est pas affectée par la
réalisation ou non de l’autre.
Exemple : l’achat d’un bus pour le transport inter-urbain et l’achat d’un taxi de ville.

c) Les investissements contingents

Deux investissements seront dits contingents lorsque la réalisation de l’un exigera obligatoirement la
réalisation de l’autre.
Exemple : la mise sur le marché d’un nouveau produit et le lancement de sa campagne
promotionnelle.

4. Les paramètres d’un projet d’investissement


Financièrement, un projet d’investissement se caractérise par :

1. La dépense en capital (le capital investi)


La dépense en capital est en général facilement identifiable car, il s’agit de l’acquisition d’un
ensemble d’immobilisations.
Elle recouvre :
La dépense d’investissement principale : frais d’études, acquisition de terrains, des bâtiments, des
machines….
Les dépenses secondaires liées : augmentation des capacités de stockage et des moyens de distribution
liés à la nouvelle capacité de production, formation de personnel spécialisé.
Le besoin supplémentaire en fonds de roulement, souvent important pour les investissements
d’expansion ; sa mesure est assez difficile, mais la méthode du fonds de roulement normatif peut
fournir une aide appréciable.
Le capital investi représente donc la dépense que doit supporter l’entreprise pour réaliser le projet. Il
comprend :
Le prix d’achat HT de l’immobilisation (ou le coût de fabrication)

Les frais accessoires (frais de transport, d’installation…)

La TVA non récupérable

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Les droits de douane (si le bien est importé)

L’augmentation du BFR (tout projet d’investissement accroît l’activité de l’entreprise)

NB : Toutes ces dépenses peuvent être réalisées en une ou plusieurs fois.

2. La durée de vie
La rentabilité d’un projet d’investissement doit être évaluée sur sa durée de vie économique : c’est-à-
dire sur l’ensemble de la période pendant laquelle l’investissement est effectivement utilisé et produit
des revenus (cash-flow, CAFG ou MBA).
La durée de vie économique est généralement différente de la durée d’amortissement fiscal qui résulte
d’une évaluation administrative globale par types d’immobilisations et souvent éloignée de la réalité.
La durée de vie économique étant difficile à prévoir, on lui substitue la durée d’amortissement.

3. Les cash-flows
Ce sont les flux nets de trésorerie générés par le projet.

a) La notion de cash-flow
L’exploitation de l’investissement va entraîner :
Des produits : recettes ou cash inflows

Des charges : dépenses ou cash outflows

décaissées (achat de matières premières, charges de personnel…)

calculées (dotation aux amortissements)

L’impôt sur les bénéfices (30% au Sénégal)


Le cash-flow annuel représente donc la différence entre les recettes d’exploitation annuelles, résultant
de la vente des produits fabriqués grâce à l’investissement et les dépenses d’exploitation entraînées
par la fabrication et la commercialisation de ces produits.

CASH FLOW = CASH INFLOWS – CASH OUTFLOWS

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b) Calcul de la CAFG ou MBA (Marge Brute d’Autofinancement)

Pour déterminer effectivement le cash-flow associé à un projet, la solution la plus rationnelle consiste
à construire un budget de trésorerie relatif au projet.
Cependant, dans la pratique on s’appuie sur les états financiers pour faire une approximation du cash
flow par ce qu’on appelle CAFG (Capacité d’Autofinancement Globale) ou MBA (Marge Brute
d’Autofinancement) est calculée à partir du Résultat Net de l’exercice ou à partir des produits
encaissables et des charges décaissables.

Eléments Montant
Recettes 2500
Total des PRODUITS (A) 2500
Achats 200
Charges externes 120
Impôts et taxes 30
Charges de personnel 600
Charges financières 50
Total des Charges décaissées (1) 1000
Dotations aux amortissements 400
Total des Charges calculées (2) 400
Total des CHARGES (1) + (2) = (B) 1400
RESULTAT IMPOSABLE (A)-(B) 1100
Impôt sur les bénéfices (30%) 330
RESULTAT NET 770

Calcul de la CAFG = ?
Solution 1
CAFG = Résultat net + Amortissement
Solution 2
CAFG = Produits encaissables – Charges décaissables

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N.B. Attention à l’assimilation de la CAFG au cash-flow. Elle n’est acceptable que si on suppose que
la variation du BFR associée à l’investissement est nulle. Si les BFR supplémentaires ne sont pas nuls
on ne peut pas assimiler la CAF au cash-flow ; en effet, la CAF considère des flux non encaissés
(créances clients) et des flux non décaissés (dettes fournisseurs). En calculant la CAF, il est nécessaire
de tenir compte des délais d’encaissement et de décaissement et ceci peut se faire à travers la
détermination du BFR supplémentaire.

∆BFR= ∆Stocks + ∆Créances clients - ∆Dettes fournisseurs


La variation du BFR (∆BFR) doit être déterminée pour chaque période tout au long de la durée de vie
de l’investissement. Ainsi, le cash flow = CAFG – variation du BFR. Très souvent, par souci de
simplification, on suppose que la ∆BFR est dépensée une seule fois au début de l’investissement et
récupérée à la fin de la période de décision.

4 La valeur résiduelle nette

La valeur résiduelle nette est représentée par la valeur de revente probable de l’investissement
déduction faite des impôts éventuels.
C’est la valeur que l’on pense attribuer à l’investissement à l’époque n c’est-à-dire au moment où, du
point de vue comptable, sa valeur est nulle.

II. Le choix des investissements en avenir certain

Dans le choix des investissements en avenir certain, on suppose que le décideur ou le chef d’entreprise
dispose d’une information complète sur les états futurs de la nature et est donc capable de faire des
prévisions qui seront nécessairement justes. Les flux générés par l’investissement sont connus avec
certitude.
Evaluer un projet d’investissement conduit à comparer à la date t = 0, le capital investi I0 à l’ensemble
des cash-flows (C1, C2, C3, …, Cn) et valeur résiduelle Rn. Soient :
I0 : capital investi en 0.
Cj : capacité d’autofinancement de la période j
Rn : valeur résiduelle nette d’impôts
n : nombre de périodes
t : taux d’actualisation

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Il existe quatre critères principaux d’évaluation :

La valeur actuelle nette (VAN)


L’indice de profitabilité (IP)
Le taux de rentabilité interne (TRI)
Le délai de récupération du capital investi (DRCI)

A. La valeur actuelle nette

1. Définition

La VAN est égale à la différence entre la somme des rentrées nettes (CAFG et valeur résiduelle nette)
actualisées au taux de rentabilité (t) exigé par l’entreprise et la somme des capitaux investis

VAN I0 C j (1 t ) j
Rn (1 t ) n
Avec j =

1, …, n
La VAN mesure l’avantage absolu susceptible d’être retiré d’un projet d’investissement.

2. Interprétation

La VAN peut être positive, nulle ou négative :


VAN > 0 : l’investissement a une rentabilité supérieure au taux exigé(t). Le projet est acceptable.
VAN = 0 : l’investissement a une rentabilité égale au taux exigé (t).
VAN < 0 : l’investissement a une rentabilité inférieure au taux exigé (t). le projet est rejeté.

N.B. Si deux projets f et g sont en compétition et si VANf > VANg, alors le projet f doit être choisi.

B. L’indice de profitabilité

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1. Définition
L’indice de profitabilité ou de rentabilité est représenté par le rapport :

(1 t )
j
Cj Rn (1 t) n

IP Avec j = 1, ….. , n
I0

L’indice de profitabilité mesure l’avantage relatif, c’est-à-dire l’avantage induit par 1 franc de capital
investi.

2. Interprétation

L’indice de profitabilité peut être supérieur à 1 ou égal à 1 ou inférieur à 1.


IP > 1 : l’investissement a une rentabilité supérieure au taux exigé (t). Le projet est acceptable.
IP = 1 : l’investissement a une rentabilité égale au taux exigé (t).
IP < 1 : l’investissement a une rentabilité inférieure au taux exigé (t). le projet est rejeté.

C. Le taux de rentabilité interne

On appelle TRI d’un investissement, le taux d’actualisation t pour lequel la VAN est nulle.
Cj
VAN (t) = 0 d’où I0 j
Rn (1 t) n
0
(1 TRI )

On peut dire que c’est le taux maximum auquel on peut accepter un emprunt pour financer un projet.
Si le TRI est inférieur au taux d’intérêt pratiqué sur le marché financier, le créancier a intérêt à placer
ces capitaux sur le marché financier plutôt qu’à investir. Donc un projet d’investissement au taux égal
au TRI est ni rentable, ni perdant. Entre plusieurs projets d’investissement, on doit choisir celui qui a
le TRI le plus élevé.
On détermine le TRI par interpolation linéaire après l’avoir encadré car pour un TRI de t%, VAN (t%)
= 0. généralement, un encadrement est proposé ou une valeur approchée est donnée.
Exemple :
Considérons un projet pour lequel la VAN au taux de 12% est de – 9.474,17 et la VAN au taux de
11% est de 7.732,53
Calculer le TRI

Cela revient à chercher le taux d’actualisation pour lequel la VAN = 0

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VAN (11%) > 0 et VAN (12%) < 0 ; cela veut dire que le TRI est compris entre 11% et 12%.

On écrit :

Après calculs on obtient : TRI =

1. Limite
Il peut arriver qu’il y ait conflit entre la VAN et le TRI.

2. Remarques

Lorsqu’il y a discordance entre 2 critères d’évaluation, un troisième critère peut être utilisé pour les
départager.

D. Le délai de récupération du capital investi

1. Définition

Le délai de récupération du capital investi est le temps au bout duquel le cumul des capacités
d’autofinancement actualisées est égal au montant du capital investi.

2. Interprétation

De deux investissements, celui qui présente le moins de risque est celui qui se récupère le plus vite
c’est-à-dire dont le délai de récupération est court.

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DISCORDANCE ENTRE DEUX CRITERES

E. Le taux de rentabilité interne globale

Soit x le taux pour lequel il y a égalité entre le capital investi I0 et la valeur acquise G des cash-flows
calculés au taux i (i = taux de réinvestissement des cash-flows).

I0 (1 x) n
*G ou I 0 (1 x) n G avec

G = C1(1 + i)n – 1 + C2(1 + i)n – 2 +…… + Cn – 1 (1 + i)1 + Cn(1 + i)0

F. La Valeur Actuelle Nette globale

La VANG est la différence entre la valeur actuelle de la valeur acquise des cash-flows et le montant
de l’investissement.

VANG G(1 t ) n
I0 Avec t = taux d’actualisation.

G. L’Indice de Profitabilité global

L’IPG est le rapport entre la valeur actuelle de la valeur acquise des cash-flows et le montant de
l’investissement.

IPG G (1 t ) n

I0 Avec t = taux d’actualisation.

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H. Application

Soient deux projets d’investissement P1 et P2 respectivement financés à raison de 100f et 120f à la


date 0. Le projet 1 dégage les cash-flows suivants sur trois ans : 60 ; 40 et 26,74. Le projet 2 dégage
les cash-flows suivants sur quatre ans : 22 ; 40 ; 60 et 49,7.

Le coût du capital est de 10% et le taux de réinvestissement des cash-flows est de 18%.

TAF : montrer qu’il y a discordance entre les critères et prononcez vous sur le projet à choisir.

III. Le choix des investissements en avenir incertain

La notion d’incertitude présente 2 formes :


L’incertitude relative : la probabilité que tel événement se produise est connue.
L’incertitude absolue : la probabilité que tel événement se produise est inconnue.

A – Evaluation des investissements en avenir probabilisable (incertitude relative)


Caractéristiques de l’avenir probabilisable
Toutes les valeurs que peut prendre le cash-flow relatif à un exercice donné sont affectées d’une
probabilité déterminée en fonction des prévisions de l’état du marché (optimiste, vraisemblable,
pessimiste).

L’évaluation par le critère « Espérance – Variance »

Analyse

En avenir probabilisable, il est possible de calculer l’espérance mathématique de la VAN, E(VAN)


ainsi que sa variance V(VAN) et son écart – type σ(VAN).
L’étude portera donc sur les éléments suivants :
- La tendance centrale représentée par l’espérance de la VAN, E(VAN) permet d’évaluer la
rentabilité.

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- La dispersion représentée par la variance et l’écart – type de la VAN, V(VAN) et σ(VAN) donne une
mesure du risque.
L’appréciation du risque se fait à travers le calcul du coefficient de variation :
cv = σ(VAN) / E(VAN). il faut considérer que le risque est élevé lorsque le cv > 1.
Application
Considérons deux projets nécessitant le même capital investi (100) et ayant la même durée (2 ans).
Chaque cash-flow a fait l’objet de 3 évaluations à chacune desquelles a été affectée une probabilité.
On suppose que les cash-flows sont indépendants les uns des autres et que le coût du capital est de
10%. La valeur résiduelle est nulle. Les estimations des CAFG issues de ce projet sont les suivantes :

Période 2

Projet 1 : CAFGi P i
Période 1 50 0,4
Pi 60 0,3
CAFGi 70 0,3
60 0,3
70 0,4
80 0,3

Projet 2 :
Période 1
Pi Période 2
CAFGi CAFGi P i
30 0,3 50 0,4
62 0,5 80 0,4
90 0,2 100 0,2
TAF :
Déterminer l’espérance mathématique, la variance et l’écart-type de la VAN sur la durée de vie des
projets.
Exprimer le risque des deux projets à l’aide du coefficient de la variation de la VAN. Quelle est sa
signification ?

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B – Evaluation des investissements en incertitude absolue

Caractéristiques de l’incertitude absolue

L’incertitude absolue est une situation dans laquelle :


- Il est possible de recenser tous les événements Ei susceptibles d’affecter les cash-flows (ces
événements sont appelés « états de la nature »),
- Il est possible d’évaluer les projets d’investissement Ii considérés dans le cadre de chacun des
événements recensés (par le calcul de la VAN, par exemple),
- Il est impossible de déterminer la probabilité de chaque événement Ei.

Critères de choix

Il s’agit ici parmi un ensemble de projets de choisir celui qui doit être retenu ou d’établir un
classement de ces projets.
L’étude va être faite à partir de la matrice suivante élaborée à partir des investissements Ii et des
événements ou situations Ei :

E1 E2 E3 E4 E5 E6 E7
I1
I2
I3
I4

Les critères de choix sont adaptés aux diverses attitudes possibles du décideur face au risque.

APPLICATION
On doit choisir le meilleur des trois projets d’investissement I1, I2 et I3 pour lesquels les VAN ont été
calculées en fonction de chacun des 3 événements E1, E2 et E3 susceptibles de se produire et dont
dépendent les cash-flows.
Les résultats sont donnés dans le tableau ci-dessous :

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E1 E2 E3
I1 60 0 -90
I2 120 -60 0
I3 -15 90 30

1- Le critère de Laplace

Ce critère n’est autre que celui de l’espérance mathématique des VAN calculée dans l’hypothèse de
leur équiprobabilité.
L’entreprise va chercher à maximiser l’espérance du gain. Le projet retenu est fonction de la plus
grande valeur obtenue par l’espérance mathématique des VAN.
Solution :

2- Le critère du MAXIMIN (critère de WALD ou maximum des minima)

C’est le critère du décideur prudent qui privilégie la sécurité. L’entreprise va choisir la décision qui
maximise le plus petit gain possible.
Il consiste à prendre la VAN minimum de chaque investissement et à retenir celui dont la VAN
minimum est la plus élevée.
Solution :

3- Le critère du MAXIMAX (maximum des maxima)

C’est le critère du décideur optimiste qui privilégie le gain au détriment de la sécurité.


L’entreprise va choisir la décision qui maximise le plus grand gain possible. Il consiste à prendre la
VAN maximum de chaque investissement et à retenir celui dont la VAN maximum est la plus élevée.
Solution :

4- Le critère de SAVAGE (critère du maximum)

Ce critère est adapté au décideur relativement prudent. Il tempère le pessimisme du Maximin. Sa mise
en œuvre nécessite, au préalable, l’élaboration de matrice des regrets.
On va raisonner par rapport à une situation Ei :

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Comme le montre le tableau ci-dessus, on suppose que Ei se réalise. Pour chaque investissement Ii ; le
regret va correspondre à la différence entre le gain qui aurait pu être obtenu par le choix du meilleur
investissement et de gain de l’investissement choisi. On relève ensuite le regret maximum
correspondant à chaque investissement et on choisit celui dont le regret maximum est le plus faible.
Solution :

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CHAPITRE II : les choix des sources de financement

1. LA DÉCISION DE FINANCEMENT
L’étude du financement doit intervenir :
- avant l’étude de rentabilité économique pour vérifier que la structure du bilan permet
d’envisager une demande de crédit ou un appel de fonds aux actionnaires ;
- après l’étude de rentabilité pour déterminer le choix du financement le mieux adapté et le
moins coûteux pour l’entreprise : capitaux propres, emprunts auprès d’établissements de
crédit ou recours au crédit-bail.
Il est nécessaire de dissocier les caractéristiques d’un investissement d’une part, et la politique
financière d’autre part. L’effet de levier financier ayant pour résultat d’améliorer la rentabilité
financière, il peut masquer le choix d’un investissement insuffisamment rentable sur le plan
économique.
La décision de financement consiste à :
- définir une politique de distribution des dividendes dont résulte un niveau de capacité
d’autofinancement et donc de fonds propres mis à la disposition de l’entreprise ;
- déterminer le niveau des capitaux permanents nécessaires à une structure financière
optimale ;
- fixer la répartition des capitaux permanents entre capitaux propres et endettement en tenant
compte de l’effet de levier.
Bien que sa détermination soit a priori indépendante du choix d’un investissement, il peut
advenir qu’un financement proposé pour l’acquérir soit exceptionnellement pris en compte
dans le calcul de la rentabilité économique. Il est en effet courant que les conditions de
paiement d’un investissement en particulier soient liées aux propositions de crédit d’un
fournisseur.
2. LES MOYENS DE FINANCEMENT
Pour financer les investissements, l’entreprise a recours aux capitaux permanents
généralement divisés en :
- financement interne : il s’agit de l’autofinancement correspondant au résultat non distribué ;

- financement externe : les fonds proviennent alors de l’extérieur, soit par augmentation de
capital, par endettement à moyen ou long terme ou par crédit-bail.

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L’autofinancement : il dépend de la politique de distribution qui constitue un élément
essentiel permettant de caractériser la logique financière d’une entreprise en période de
croissance ou de récession. L’entreprise doit adapter le montant des dividendes mis en
distribution au volume des investissements et aux flux de trésorerie provenant de
l’exploitation sur la période. Mais le montant de l’autofinancement dépend également de la
politique des amortissements, des dépréciations et des provisions mis en place par l’entreprise
: ce sont des charges qui viennent en diminution du résultat et donc d’une rétention de
bénéfices en interne.

L’augmentation de capital : l’entreprise peut faire appel à ses actionnaires pour se


désendetter ou pour financer un programme d’investissements importants. A contrario,
l’entreprise peut procéder à des rachats d’actions qui reviennent à rendre des liquidités à
l’actionnaire et à modifier sa structure financière. L’augmentation de capital peut s’effectuer
par apport en numéraire, c’est-à-dire par émission d’actions nouvelles, ou par apport en
nature, ce qui permet d’obtenir des investissements sans les payer.

L’endettement : il peut financer un programme d’investissements important sans faire appel


aux capitaux propres et en bénéficiant de l’effet de levier lorsque le taux de rentabilité
économique est supérieur au taux d’intérêt net d’impôt de la dette. L’endettement peut
s’effectuer auprès des établissements de crédit ou auprès du marché financier sous forme
d’emprunt obligataire. Dans le premier cas, l’emprunt est dit « indivis » : un seul prêteur se
porte contrepartie de l’entreprise pour un montant important. Dans l’emprunt obligataire, une
multitude de prêteurs se portent contreparties pour des montants modestes. L’emprunt
bancaire peut être remboursé par amortissement constant, par annuités constantes ou à
l’échéance. L’emprunt obligataire est généralement remboursé à l’échéance ; il peut aussi être
converti en actions (emprunts convertibles en actions, OCA) ou échangeable en actions
(obligations remboursables par actions, ORA). Lorsque l’emprunt est converti ou échangé
contre des actions, il n’est pas remboursé et constitue une augmentation de capital par
anticipation.

Le crédit-bail : l’entreprise doit faire appel à ce mode de financement lorsque l’endettement


bancaire est refusé par manque de garanties. Les sociétés de crédit ont obligatoirement le
statut d’établissement de crédit : elles font l’acquisition des biens qu’elles louent aux

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utilisateurs moyennant des redevances périodiques. Dans le cadre du crédit-bail, l’entreprise
loue le bien et réduit le financement initial à sortir.
À l’échéance du contrat, l’utilisateur peut devenir propriétaire du bien moyennant le
versement d’une option de rachat. Inévitablement, la durée d’un contrat est inférieure à la
durée de vie technique du bien, afin d’inciter l’utilisateur à verser l’option de rachat.
Toutefois, le coût d’un crédit-bail est toujours supérieur à celui d’un emprunt bancaire.

3. LE COÛT DES FINANCEMENTS

L’analyste financier se doit de trouver les financements les moins coûteux pour l’entreprise, à
la suite du programme d’investissement qu’il préconise. La fiscalité est importante car elle
permet des économies non négligeables appliquées aux charges déductibles :
- Dotation aux amortissements : à condition d’être propriétaire du bien.
- Intérêts des emprunts : dans l’hypothèse où le bien est financé sous cette forme.
- Redevances de crédit-bail : puisque les dotations aux amortissements sont interdites et
qu’elles incluent les intérêts. Le paiement de l’option de rachat à l’échéance n’est pas
déductible car elle s’inscrit en immobilisations. L’économie d’impôt sera donc différée par
des amortissements en mode linéaire sur la durée restante d’utilisation.
Le calcul du coût du financement est classique pour les emprunts bancaires, il est plus délicat
pour les emprunts obligataires, pour le crédit-bail et pour les fonds propres.

Le coût des fonds propres (coût du capital). Le financement d’un projet est souvent réalisé
par combinaison de plusieurs ressources. Le coût du financement global repose sur la notion
de coût moyen pondéré du capital étudié dans cette même fiche.

Le coût d’une dette financière correspond au taux de revient après impôt de cette ressource.
Le taux de revient est le taux qui égalise la somme prêtée à la valeur actuelle des paiements
ou, en raisonnant sur les flux nets de trésorerie, le taux tel que la valeur actuelle des flux de
trésorerie soit nulle.

Le coût d’un financement par crédit-bail doit tenir compte du taux d’intérêt implicite
prélevé par la banque qui est inclus dans les redevances. Ce calcul doit être publié
obligatoirement par l’établissement de crédit sous le nom de TEG (taux équivalent global).
Dans un contrat de crédit-bail, les flux d’investissement et de financement ne sont pas

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distincts. Pour assurer la comparabilité des différentes sources de financement, le crédit-bail
est analysé, comme lors du diagnostic financier, en une acquisition d’immobilisation doublée
d’un emprunt, l’option d’achat étant levée.
L’économie d’impôt sur le loyer est retraitée en économie d’impôt sur amortissement
rattachée au cycle d’investissement et en économie d’impôt sur charge d’intérêt rattachée au
cycle de financement.

APPLICATION

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