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Nom, prénom : NAVAS-HERNANDEZ Kévin

Spécialité: Formation musicale (MD2)

Promotrice: LOREA Dominique

Jury: Mesdames LOREA Dominique, GOFFIN Vinciane et JRADIA Nadia

Année scolaire 2020-2021

TRAVAIL DE FIN D’ETUDES (TYPE 4: MEMOIRE DIDACTIQUE)

Les histoires: un outil


pédagogique pour la
musique.

SOMMAIRE

PARTIE I
Descriptif du TFE « Les histoires: un outils pédagogique pour la musique », réalisé en tant que
mémoire dans le cadre du master didactique en option piano, l’année scolaire 2015-2016.

1. Avant-propos

2. Introduction

3. Objectifs du travail et questions de départ

4. La place de l’imaginaire dans l’apprentissage

5. Métaréflexion pédagogique et conclusions

PARTIE II
Application pratique du sujet dans la formation musicale et observations

6. Le conte et l’imaginaire dans la formation musicale

7. Le conte musical « Reynaldo et le chasseur » à l’école de la Providence (Jodoigne)

8. L’imaginaire: un outil transversal interdisciplinaire musical

9. Conclusions et remerciements

PARTIE I

Descriptif du TFE « Les histoires: un outils pédagogique pour la musique », réalisé en tant que
mémoire dans le cadre du master didactique en option piano, l’année scolaire 2015-2016.

1. Avant-propos

Dans le cadre de l’acquisition de mon premier master en piano en 2016, j’ai eu


énormément de plaisir à développer un mémoire à caractère didactique portant sur les
vertus pédagogiques des contes de fée et des légendes.

Ce fut un travail extrêmement riche et surtout passionnant, que j’ai pu détailler, affiner au
terme de mes études en collaboration avec Catherine GRIFNEE, assistante de Brigitte
GOBBE-LECLERCQ.

Au fur et à mesure de nos rencontres et échanges, nous avions décidé d’orienter le travail
de manière plus globale, et non de cibler uniquement les contes pour enfants. De ce fait,
nous étions tous deux d’accords d’axer notre travail sur un mot plus générique, le mot:
«  histoire  »; et d’en observer, à notre humble échelle, les apports pédagogiques. Notre
mémoire s’intitule donc « Les histoires: un outil pédagogique pour la musique ».

Aujourd’hui, arrivant au terme de mon master didactique en formation musicale, j’ai


décidé de vous proposer ce sujet comme travail de fin d’étude.

En effet, je suis actuellement entièrement convaincu des bienfaits de l’imaginaire dans


l’apprentissage au sens large du terme, et c’est avec une grande joie que je souhaite
vous présenter ce sujet. Je vous invite chaleureusement à vous plonger dans le mémoire-
TFE qui vous a été envoyé précédemment afin de comprendre à travers quelle démarche
pédagogique j’ai tenté de traiter le sujet. Ce travail a constitué une recherche de longue
haleine, étalé sur un an et demi; mais également une mise pratique de plusieurs mois afin
de pouvoir traiter au mieux le sujet dans sa globalité.

Cependant, malgré ce travail déjà assez fourni, je souhaitais également rédiger ce nouvel
apport supplémentaire propre à cette année pour deux raisons:

1) Décrire et détailler de manière concise l’objet du mémoire et les différents points-clé.

2) Ajouter, de manière totalement inédite à ce mémoire, une partie propre à la formation


musicale. Ceci, afin que le mémoire rédigé en 2016 prenne également sens au jour
d’aujourd’hui, dans ma discipline actuelle; mais aussi de témoigner du caractère inter-
disciplinaire de ce sujet passionnant. Cette démarche est totalement personnelle.

Je vous souhaite à tous une excellente lecture!


2. Introduction

« La musique donne un coeur à notre âme et des ailes à notre pensée »
Platon, philosophe

Dans ce TFE basé sur mon mémoire, je suis parti sur un constat très simple: la musique
nous raconte une histoire. 


Elle nous est personnelle, nous évoque des lieux, des souvenirs, des personnes, des
émotions, des sentiments, des sensations, des désirs, des odeurs… Elle nous est propre
à chacun. Notre manière de la percevoir nous est unique; mais notre manière de
l’exprimer également: là est toute la richesse de celle-ci! En d’autres termes, nous la
comprenons et la traduisons chacun à notre manière.

C’est donc sur cet imaginaire que la musique suscite que j’ai voulu me pencher. En effet,
il se déploie dès que la musique prend vie, et n’a aucune limite.

A mes yeux, les contes pour enfants, les légendes urbaines traditionnelles, ou encore les
films ont un impact énorme sur la construction de notre imaginaire. C’est pourquoi les
histoires, en terme général, jouent un rôle essentiel dans l’apprentissage musical en
général. Il est donc très important d’intégrer ces histoires, cet imaginaire dans nos cours

Dans la première partie de ce travail de fin d’études, j’ai axé ma recherche autour de
l’apprentissage pianistique, car elle était définie par rapport à ma spécialité: le piano.

Dans la seconde partie du travail intitulé « Partie II », je montrerai à quel point ce sujet
est réellement riche et interdisciplinaire. Tous les domaines de la musique peuvent
bénéficier des apports pédagogiques des histoires et de l’imaginaire. C’est un
dénominateur commun vaste et passionnant qui peuvent, à mes yeux, développer
grandement la personnalité spirituelle et artistique d’un musicien.

3. Objectifs du travail et questions de départ

L’objet du travail étant établi, les objectifs et questions de départ étaient à déterminer.

Nous devions dès lors déterminer les grands points suivants:

- Les histoires, au sens large, ont-elles un réel apport significatif dans l’apprentissage de
la musique?
- Peuvent-elles être bénéfiques au sein de la musique: interprétation, ou encore vitesse
d’apprentissage?
- Permettent-elles aux élèves d’aimer davantage la musique?

Deux grandes phases nous permettaient de répondre à ces questions:

a. Une phase théorique: nous y confrontions différentes théories sur le conte (Bruno
BETTELHEIM, Erik PIAGINI), mais également différentes sources expliquant la place
du conte dans notre société et son rôle dans le développement de l’enfant (expliqué
dans le point 4, ci-bas).

b. Une phase pratique: le travail pratique sur le terrain a été réalisé dans le cadre d’une
ASBL liégeoise (cfr: mémoire pour les détails pratiques et résultats), sur un échantillon
d’élèves de toutes les tranches d’âges. L’idée étant de donner à chaque élève une
pièce-récit (pièce de piano porteuse d’une histoire), et une seconde pièce sans
histoire particulière issue du répertoire; et d’observer la capacité d’apprentissage liés
à ces pièces.

Le but était de tenter de répondre à nos questions de départ, à notre échelle, et à la


lumière de ces deux phases de recherche. Ceci a été donc l’objet du mémoire durant une
année et demi, et aujourd’hui encore, je peux me rendre compte du rôle plus qu’essentiel
des histoires dans notre métier.

4. La place de l’imaginaire dans l’apprentissage

Le conte aujourd’hui occupe une place de choix dans les programmes scolaires des
écoles du jour: autant dans le primaire que le secondaire; et couvre donc un large panel
de tranches d’âges.

Il a sa propre place dans le milieu scolaire au même titre que la poésie ou la découverte
des grands écrivains.

Ils sont sources d’apprentissage de manière très diverses et constituent une mine d’or
dans le développement de l’enfant dès son plus jeune âge : l’étude de la langue et de la
structure du conte, la lecture analytique, la lecture de l’image, l’expression écrite ou
encore la diction, de la grammaire ou de l’orthographe.

Il n’est donc pas un genre littéraire seulement, ses rôles sont extrêmement riches et
diversifiés.

Mais ce qui nous intéresse plus particulièrement dans les projets éducatifs autour du
conte, c’est l’ouverture de l’imaginaire. L’univers du conte est un puits d’histoires
effrayantes, aventurières, ou fantastiques. Grâce à cela, il introduit l’auditeur dans le
magique et l’imaginaire. L’ouverture sur l’imaginaire se fait donc par construction
d’images mentales à partir des textes.

Les enseignants des écoles du jour sont sans cesse amenés à susciter l’imaginaire des
enfants tout au long de lors scolarité pour leur faire apprécier la matière, la manipuler, en
changer sa forme. Ceux-ci sont en perpétuel recherche de créativité pour que l’élève
puisse comprendre la matière; mais aussi la vivre, être dans l’émotion pour mieux
retenir et expérimenter les choses.

De ce fait, les exercices de mathématiques seront tantôt intellectualisés, tantôt présentés


sous forme de mise en situation chez un épicer: combien de pommes doit me vendre
l’épicier si j’en dispose de huit et que j’en voudrais dix?

L’enfant se représente mentalement de délicieuses pommes et souhaite en ramener le


bon nombre pour rentrer chez sa maman… L’affect a changé la dimension de l’exercice:
l’enfant comprend et ressent la matière.

Je pense très sincèrement que nous avons beaucoup de choses à apprendre de


l’enseignement du jour (primaire comme secondaire) dans leur méthodologie, leur
manière à gérer les groupes et leur aptitudes à diversifier les formes de la matière.

De la même manière, des psychanalystes tels que Bettelheim ou Piagani vont analyser en
détails les contes en se plongeant dans leurs origines (cfr: mémoire pour les détails et
leurs interprétations spécifiques par rapport aux frères Grimm).

Ils vont les éplucher, les décortiquer et en conclure que l’imaginaire occupe un rôle
prépondérant dans le développement de l’enfant.

Pour eux, il constitue un réel guide pour l’enfant dans vie, mais aussi un repère. Il
l’aidera à passer au stade adulte (« rites de passage » selon Bettelheim), à comprendre à
quel personnage il peut s’identifier (le « gentil »), trouver une stabilité intérieure mais aussi
à voir ses parents et la société différemment, tels de réels personnages avec leur propre
caractère; et le tout dans l’émotion de l’action. L’enfant vit l’instant avec le héros, ses
craintes comme ses peurs ou ses joies.
Le conte est donc pour eux une étape essentielle dans la construction de l’enfant, mais
aussi des adultes. Il a donc ici un véritable rôle identitaire; le tout dans le ressenti direct
et l’émotif.

5. Métaréflexion pédagogique et conclusions

A la lumière de ces données théorico-pratiques, plusieurs éléments ressortant et font


écho à l’apprentissage musical au sens large (même si l’objet de la démarche du mémoire
étant tout d’abord pianistique):

D’un point de vue théorique:

- L’enseignement du jour actuel (primaire comme secondaire) nous apprend énormément


sur notre manière d’enseigner la musique. Le conte, suscitant donc par extension
l’imaginaire est donc bien omniprésent dans leur enseignement. Il prend des formes
riches, différentes et variées et offre un vaste éventail de manière d’intégrer une
matière pour un enfant.

- Le passage par l’affect, le sentiment permet à l’enfant de mieux se figurer une


situation et de l’appréhender sous un angle plus subjectif. On observe donc une
dualité entre: l’intellect, où la matière est assimilée dans l’esprit de l’enfant; et le
passage par le corps/coeur, où l’enfant se sent plongé dans le récit ou la mise en
situation et abordera la matière d’une manière plus pratique et concrète en « faisant »
les choses.

- L’enseignant en école du jour rivalise chaque jour d’ingéniosité et de créativité pour


permettre à l’enfant de comprendre et sentir la matière de pleins de manières, d’angles
différents. C’est un travail très riche, mais qui demande une constante imagination de
la part de l’enseignant pour rendre la matière ludique et différente.

- Le conte et son univers imaginaire joue psychanalytiquement un rôle de guide, et de


repère dans la construction identitaire de l’enfant. En s’identifiant à un héros ou une
héroïne, il met en parallèle son propre vécu et vit émotionnellement les péripéties avec
le personnage. Cela lui permet de construire son imaginaire, mais aussi sa
personnalité; il lui permet de se construire. Il se forge une personnalité à travers ce qu’il
voit, entend autour de lui et en tire des leçons.

D’un point de vue pratique:

- L’expérience effectuée sur le terrain dans le cadre du mémoire permet de constater


que les « pièces-récits » (oeuvres mises en histoire) ont été assimilées par les élèves
de manière rapide et significative. En effet: tous ont spontanément déchiffré en
premier cette dernière; sans consigne particulière quant à l’ordre de déchiffrage de ma
part.

- De la même manière, on constate que les pièces-récits sont toutes mémorisées plus
rapidement que la deuxième oeuvre sans histoire; sans que la mise de mémoire n’ait
été demandée au préalable.

- Nous pouvons également observer que l’interprétation est très significativement


impactée. En effet, suite à la mise en contexte de l’histoire relative à la pièce-récit,
l’élève joue tout autrement son oeuvre: son corps se met en mouvement
spontanément. Tantôt, nous jouons piano et nous nous faisons tout petits lorsque
qu’un petit personnage se faufile discrètement le long d’un mur. Tantôt, les
personnages plus imposants, volumineux et souvent plus lourds sont plutôt joués en
nuance forte. Les nuances sont apparues d’elles-même! Certains élèves sont se
révélés à travers cette expérience: le langage corporel a été énormément développé.

- Enfin, nous pouvons constater tout simplement que les élèves sont heureux, et
semblent ravis de jouer des pièces-récits. N’est-ce donc pas le but d’un professeur?

Remarque: les données pratiques expérimentées sur le terrain ne sont que des
observations objectives effectuées sur un échantillon d’élèves de tranches d’âges
différents. Ces informations ne sont basées sur aucune données scientifiques ou
expériences publiques: il s’agit d’une constatation personnelle, à l’échelle d’une classe
d’élèves, à un moment précis.

Pédagogiquement, nous pouvons en retirer de nombreuses pistes…

- L’apprentissage des savoirs entre les écoles du jour et notre enseignement musical
est, à mon sens, très étroitement lié. Les écoles du jour sont une véritable source
d’inspiration pour renouveler notre manière d’enseigner et nous montrer créatifs au
quotidien.

- L’alternance du passage entre l’abstrait (intellect) et le concret (le corps et les


sensations) est chose très courante dans les écoles du jours; n’est-ce pas ici le
fondement de l’apprentissage musical? Le passage par le corps d’une matière
intellectualisée permet de l’installer, l’ancrer et approfondir. Ou tout simplement en
changer sa forme: c’est une manière de la maîtriser davantage; pouvoir lui donner une
autre dimension ou un sens supplémentaire.

- L’imaginaire est une source d’une rare richesse où chacun va puiser à sa manière; et
où nous exprimerons les choses de manière totalement personnelle. C’est une source
auditive lorsqu’on l’entend, et une source d’expression lorsque nous la traduisons.
Elle nous permet de raconter par des sons ce que notre esprit veut exprimer.
L’imaginaire impact donc notre interprétation et parfois notre motivation dans
l’apprentissage: l’univers nous habite et nous pousse à nous dépasser.
L’apprentissage est alors décuplé, optimisé: on mémorise plus volontiers parce
qu’on aime ce que l’on joue: l’affect occupe une énorme part dans cet apprentissage.
En d’autres termes, nous vivons la musique.

PARTIE II

6. Le conte et l’imaginaire dans la formation musicale

Au cours du cursus de formation musicale, j’ai pu comprendre à quel point la place du


conte, de l’imaginaire occupaient une place fondamentale, dès le plus jeune âge. Jeune,
le conte peut servir de mise en contexte dans le cadre d’une leçon; immerger l’élève dans
un univers qu’il aime, qui le rassure et l’émerveille.

Durant la leçon en elle-même, ce conte et son imaginaire nous sert également d’outil
pédagogique à des fins spécifiques propres à la matière à aborder: un échauffement
vocal et corporel, découverte de hauteurs de sons, de rythmes, de comptines, et bien
d’autres encore. C’est un réel point de départ servant de support à toutes sortes de
travail: intellectuel comme sensoriel.

C’est de cette manière que l’on captive davantage l’élève, que l’affect lui permettra de
mieux retenir ce qu’il a vu et qui lui fera aimer la matière. Cet aspect de l’émotion dans
l’apprentissage est à mes yeux très fort lié à la pédagogie par le jeu (un superbe travail
réalisé sur le sujet: le mémoire didactique d’Héloïse GAULLIER disponible à la
bibliothèque du CRLG), où on développe sensiblement le côté émotionnel, cognitif et
social simultanément.

La pédagogie par le jeu est une approche qui favorise le recours à des activités ludiques
pour stimuler l’apprentissage de l’enfant. Le jeu libre et le jeu dirigé sont deux formes
principales d’apprentissage par le jeu. D’une part, le premier est auto-dirigé et dicté par la
propre motivation de l’enfant. D’autre part, le second est encouragé par les adultes et
vise à établir un objectif d’apprentissage spécifique.

Le jeu est une source de motivation et de plaisir pour l’enfant, par conséquent, il lui
rend plus actif afin de construire lui-même  son apprentissage. En d’autres termes, il
permet d’encourager le développement émotionnel, cognitif, social, intellectuel de
l’enfant. Par ailleurs, cette pédagogie encourage les élèves les plus timides à participer en
tant qu’acteur dans les divers jeux. De plus, elle contribue à la socialisation des enfants
en leur apprenant de respecter les règles communes du jeu. En d’autres termes, le jeu
change le rapport au savoir et introduit entre les élèves d’une même classe des relations
plus saines. Aussi, elle les aide à appliquer des concepts théoriques de manière plus
pratique et concrète: on fait les choses, on touche, on manipule et on exploite la
matière… Elle prend vie par le corps.

La pédagogie par le jeu présente aussi des avantages aux professeurs. Ainsi, ils
peuvent différencier leur pédagogie et l’adapter aux besoins divergents de leurs élèves.
Par ailleurs, le jeu constitue pour eux un outil sur lequel ils peuvent se reposer pour
aborder des notions aussi plus complexes: cette pédagogie n’a pas de limite et concerne
tous les niveaux de difficultés. C’est au professeur à trouver la manière d’inclure le jeu et
l’imaginaire de manière créative.

La pédagogie dans la formation musicale est, à mon humble avis, un subtil mélange
de ces deux notions. Le but: stimuler tous les sens de l’élève en variant au
maximum les formes d’apprentissage pour que la matière soit acquise de manière
la plus complète possible.

Les apports transversaux mais essentiels liés à ce type de pédagogie: la motivation,


l’émerveillement, l’enchantement, la découverte, l’amour de la matière, la
socialisation de l’enfant par le caractère collectif et son développement au sens
large du terme (humain, comme artistique).

Je terminerais par dire que ces notions sont de véritables points de départ vers les socles
de compétences: la créativité inévitablement, la maîtrise technique (pour l’aspect plus
pratique), l’intelligence artistique (dans la manière, entre autre, à gérer ses savoir de
différentes manières ou aspects), et l’autonomie (dans la manière à se gérer, faire les
choses par lui-même; être indépendant dans ses savoirs-faire).

7. Le conte musical « Reynaldo et le chasseur » à


l’école de la Providence (Jodoigne)

Toujours dans le cadre de la formation musicale, pour le cours de créativité, nous avons
été amenés à intervenir dans des classes en école du jour (maternelle ou primaire) afin de
monter un spectacle de créativité. Le but: initier des élèves qui n’ont, pour beaucoup,
jamais approché la musique aux différents facettes de la formation musicale: chants,
clappings, chorégraphies; les formes sont libres et diverses.

Ce travail est abordé en deuxième année de master, et généralement en groupe de deux.

Etant en première année de master l’an dernier, j’ai proposé de réaliser ce projet un an à
l’avance afin de monter un conte musical avec Frédérique ARNOTTE, qui était elle, en
deuxième année de master. Elle a accepté directement, et nous nous sommes lancés
dans ce projet.

J’étais animé par l’envie de mettre le conte au service de la musique pour tous avantages
pédagogiques et transversaux évoqués dans le point 6. Frédérique et Dominique Loréa
étaient enthousiaste face à un tel projet.

Le projet concret du conte musical: sensibiliser les enfants au respect de la nature, et à


l’écologie par la musique. Cet aspect écologique se traduit dans le spectacle par le tri
sélectif des déchets et par la lutte contre la pollution de la Nature.

La classe: nous avons été accueillis très chaleureusement dans la classe de deuxième
primaire de Madame Martine VIVEGNIS à l’école de la Providence de Jodoigne, dans le
brabant wallon. Les élèves ont été, du début à la fin, extrêmement réceptifs au projets et
en ont fait partie intégrante. Mme Vivegnis nous a énormément aidés et nous n’aurions
jamais pu mettre ce projet sur pied tel qu’il était sans son aide précieuse.

Le matériel musical didactique mis en place pour le projet: afin de rentrer en


cohérence dans le côté écologique du spectacle, nous avons demandé aux enfants de se
mettre à contribution par une lutherie sauvage. Ils ont eux-mêmes fabriqué leurs
instruments de musique: boites de conserves, cartons, capuchons de bouteilles,
baguettes chinoises… Tout ces déchets nous ont servi à accompagner la musique du
conte. Nous vivons avec les déchets au quotidien: à nous de pouvoir au mieux les gérer.

Le décor et les déguisements: ils occupent une énorme place dans notre projet. Nous
avons construit et peint une forêt avec des feuilles de toutes les couleurs, des arbres en
cartons et des fleurs artificielles (cfr: photos ci-dessous). Les élèves se sont énormément
impliqués et ont fait tous les décors eux-mêmes. Les costumes ont été également tous
fait à la main par les élèves et leur institutrice.

Le conte: Reynaldo, le renard, est notre héros, mascotte de l’histoire. Nous l’avons
matérialisé en amenant la peluche de Reynaldo (dont nous avons fait cadeau à la classe
en fin de projet) à chaque séance, et tout au long du spectacle.

Il vit dans une forêt, dans sa tanière. Au cours du spectacle, il fait la rencontre d’un
chasseur qui pollue sa forêt en lançant ses déchets par terre. Reynaldo et les élèves, par
les chants, les rythmiques, l’instrumentalisation des morceaux, sensibilisent le chasseur
au respect de la nature. A la fin du spectacle, un énorme orchestre de la forêt prend vie
(dont les instruments artisanaux fabriqués par les élèves) et tout le monde (y compris le
chasseur) trie les déchets dans les poubelles adéquates; le tout en musique.

Remarque: le conte est visible en ligne via le lien suivant ci-dessous. Vous êtes
cordialement invités à le visionner. Merci de vous engager à respecter le caractère privé
de l’usage de cette vidéo, sans la diffuser dans un quelconque réseau social.

Lien: https://www.youtube.com/watch?v=pd8PWpnUpjc

8. L’imaginaire: un outil transversal interdisciplinaire


musical

Ce que nous pouvons retirer de toutes ces notions, c’est que l’imaginaire est un outil
riche tel qu’il n’a, à mes yeux, aucune limite dans les disciplines.

Le mémoire didactique « Les histoires: un outil pédagogique pour la musique » que vous
avez pu lire observait les apports de l’imaginaire dans la scolarité et dans une partie plus
pratique, dans le piano.

Aujourd’hui, nous pouvons dire que ces apports sont beaucoup vastes et ne s’arrêtent
pas qu’aux instruments. Le conte musical de Reynaldo, entre autres, nous montre à quel
point les histoires et l’imagine sont importantes dans l’apprentissage général de la
musique, en sens large du terme. Même pour des enfants non-musiciens, l’imaginaire est
le dénominateur commun à tous les enfants et un univers qui parle à tous. Il montre des
nombreux effets bénéfiques développés dans ce travail, mais la liste est bien entendu
non-exhaustive…

Les possibilités sont infinies et profite autant aux élèves qu’au professeur, qui se
renouvelle sans cesse dans sa créativité, et dans sa manière d’aborder cet imaginaire au
service de sa matière.

A l’heure actuelle, je suis persuadé que tous les professeurs de toutes les disciplines
confondues peuvent mettre à profit la pédagogie basée sur l’imaginaire (mais également
par le jeu) de la manière qu’il trouve la plus pertinente possible et en fonction des besoins
intrinsèques à son cours.

9. Conclusions et remerciements

Je conclurais par dire qu’en tant qu’enseignant…

Je continuerai à exploiter les histoires, l’imaginaire dans mes cours d’instrument, dans
mes accompagnements au piano, et dans la formation musicale. Je nuancerais mon
propos en disant que tout est question de dosage, et qu’il ne faut pas jurer uniquement
par cette manière d’appréhender la matière. Certains élèves pourraient se montrer moins
réceptif à la chose, à nous de nous adapter aux élèves à qui nous enseignons. Il n’existe
pas de formule magique fonctionnant avec tous les élèves de tout âge. Tant que nous
n’oublions pas nos objectifs à atteindre, nos moyens nous sont personnels et
personnalisables à chacun.

Je conseillerais à n’importe quel professeur d’instrument, de musique ou même tout


simplement à n’importe quel enseignant d’intégrer cet univers à leurs cours en d’en
constater les apports: on en tire rarement du négatif!

Enfin, je souhaiterais remercier du fond du coeur Martine Vivegnis (« spécaliste externe »,


Institutrice primaire de la Providence de Jodoigne), et Dominique Lorea (promotrice) pour
leur soutien précieux durant le conte musical de « Reynaldo et le chasseur ».

Je souhaiterais également remercier Frédérique Arnotte avec qui ce projet a réellement


pris vie!

Pour terminer, je souhaite remercie Vinciane Goffin et Nadia Jradia pour avoir pris le
temps de lire mon travail de recherches et de faire partie de mon jury dans le cadre de ce
TFE.

Merci à tous.

Kévin Navas-Hernandez