Vous êtes sur la page 1sur 79

-1-

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO


ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
UNIVERSITE OFFICIELLE DE BUKAVU

U.O.B

B.P 570

FACULTE DES SCIENCES SOCIALES, POLITIQUES ET


ADMINISTRATIVES

Département de Relations internationales

Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention


du diplôme de licence en Relations Internationales

Par Paulin Aganze Nkalirwa

ANNÉE ACADÉMIQUE : 2017-2018

Ière SESSION
-2-

EPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO


ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
UNIVERSITE OFFICIELLE DE BUKAVU

U.O.B

B.P 570

FACULTE DES SCIENCES SOCIALES, POLITIQUES ET


ADMINISTRATIVES

Département de Relations internationales

Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention du


diplôme de licence en Relations Internationales.

Par Paulin Aganze Nkalirwa

Directeur : Prof. Dr. Lwamba Muganza Justin

Encadreur : C.T. Amani Byenda Adolphe

ANNÉE ACADÉMIQUE : 2017-2018


I

EPIGRAPHE

« La femme a une puissance singulière qui se compose de la


réalité, de la force et de l’apparence de la faiblesse »
Victor Hugo

« Eduquer une femme c’est éduquer toute une nation »


Gandi
II

A notre chère maman Alphonsine Mubalama ;


A nos sœurs et frère Furaha Nkalirwa, Martha Nkalirwa,
Mugoli Nkalirwa et Richard Nkalirwa ;
A nos ami(e)s Wivine Cifunga, Justin Cinamula, Clovis Zidisha
et Julien Gubanja.
Nous dédions ce travail !

Paulin Aganze Nkalirwa


III

REMERCIEMENTS
Comme il est de coutume qu’à la fin de chaque cycle, l’étudiant doit élaborer un travail
couronnant son parcours académique, et que cela est le résultat de beaucoup de sacrifices,
ceci ne retient en rien l’expression de notre gratitude.

Nous remercions Dieu Eternel tout Puissant de nous avoir gardé sain et sauf durant tout notre
cursus, jusqu’à ces jours où nous arrivons au terminus. Nous remercions infiniment les mains
tendres que Dieu a données à nos parents, Nkalirwa Apollinaire et Mubalama Alphonsine pour
leur sympathie inconditionnelle à notre égard, nous les bénissons au Nom de Notre Sauveur
Jésus-Christ.

Nous sommes sincèrement reconnaissants au Professeur Justin Lwamba Muganza qui a


accepté de tout cœur d’assurer la direction de ce travail et à Monsieur le Chef des Travaux
Adolphe Amani Byenda pour avoir assuré l’encadrement de notre recherche. Sa souplesse, ses
remarques, sa tonalité, ses suggestions et son génie scientifique nous ont aidés à forger ce
travail et nos connaissances qui, de fois était en perdition.

Dans cet ordre d’idée, nous tenons à remercier du fond de cœur, les membres du Collèges des
Animateurs des Elèves Marials ; CAEM/BKV pour toute forme d’accompagnement spirituel et
moral.

Que notre réussite face la fierté de tous ceux qui se sont sacrifiés pour notre compte,
allusions faites ici à nos frères et sœurs Pascal Bonjo Nkalirwa, Martha Nkalirwa ; Richard
Nkalirwa, Mugoli Nkalirwa et Iragi Nkalirwa et toute personne de bonne volonté, nous disons
merci.

Il serait aberrant d’oublier nos camarades de lutte avec qui nous endurés les peines durant les
cinq ans de formation, particulièrement Aimé Matabishi Byumanine, Bibentyo Muderhwa
Nelly, Bintu Bigaruka Roland et Mulumeoderhwa Bibentyo Unique, pour leur contribution
combien remarquable et louable ; qu’ils trouvent ici tous nos remerciements les plus sincères.

A tous nos amis, à Nathalie Amuli, Serges Aganze, Eliane Mambu, Thérèse Kyalu, Gratien
Olinabanji, Gratien Salazard Bukurukuru et Loli Ntabaza.

A tous ceux dont leurs noms ne sont pas cités ici mais dont les apports ont été une valeur
ajoutée à notre personne.

Paulin Aganze Nkalirwa


IV

SIGLES ET ABREVIATIONS
ADJM : Action pour le développement de la jeunesse et de la femme ;
AFEM : Association de Femmes de Média ;
Av.JC : Avant Jésus-Christ ;
CADHP : Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ;
CAFCO : Cadre de Concertation de la Femme du Congo ;
CCF : Commission de la Condition de la Femme ;
CEDEF : Convention pour l’Elimination de toutes Discriminations à l’Egard des
Femmes ;
CENI : Commission Electorale Indépendante ;
CNS : Conseil National Souverain ;
CONAFED Comité national femme et développement ;
ECOSSOC : Conseil Economique et Social ;
FABACO : Femmes de l’Alliance des Bakongo ;
FAF : Femme Au Fone ;
DIH : Droit International Humanitaire ;
DIP : Droit International Public ;
DUDH : Déclaration Universelle de Droit de l’Homme ;
IPPF: International Planned Parenthood Federation;
MGF : Mutilations Génitales Féminines ;
MNC : Mouvement National du Congo ;
ONG : Organisation Non Gouvernementale ;
ONU : Organisation des Nations Unies ;
OUA : Organisation de l’Unité Africaine ;
UA : Union Africaine
RDC : République Démocratique du Congo ;
SCAEM ; Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar
1

INTRODUCTION
1. PRESENTATION DU SUJET

Ce travail porte sur les actions de plaidoyers des organisations féminines du


Sud-Kivu pour l’application effective du protocole à la charte africaine des droits de
l’homme et des peuples relatifs aux droits des femmes ; dit protocole de Maputo.

Il porte également sur les droits de la femme au Sud-Kivu. Il s’assigne un objectif


global qui consiste à étudier les mécanismes mis en place par ces organisations et
mouvements des femmes en vue de défendre les droits de la femme au Sud-Kivu
relativement aux garanties que fourni le protocole de Maputo.

A ce titre, cette étude est une contribution à la théorie de défense des droits de la
femme. Il est pour nous question de montrer en quoi les actions des mouvements des
femmes du Sud-Kivu contribuent, dans leurs actions de plaidoyers, dans l’application
dudit protocole mais aussi dans la promotion politique, économique et sociale de la
femme sur toute l’étendue de la province.

2. ETAT DE LA QUESTION
Nous ne sommes pas avouons-le, le premier à aborder un sujet sur le protocole
de Maputo. Ce protocole a déjà fait l’objet des divers ouvrages, quand bien même la
présente analyse revêt une originalité propre.
En effet, plusieurs travaux, mémoires, revues, conférences, émissions ont porté sur le
protocole de Maputo. Il nous revient de mener une démarche différente et
complémentaire qui s’est orienté dans différents aux plaidoyers des organisations
féminines, qui fait ainsi l’objet de notre recherche.
En lisant certains travaux, revues, articles, accords ayant trait à notre sujet de recherche,
certains auteurs, travaux, mémoires, revues et publications des ONG ont
particulièrement attiré notre attention. C’est entre autre :
- Henri Mendras1 montre qu’étudier la différence entre un homme et une
femme est l’un des problèmes majeurs de toute civilisation et les solutions sont
extrêmement variées. Selon l’argument de sens, la différence biologique est la cause de
la différence sociale et il ne faut pas chercher plus loin : partout les femmes sont des

1
H. Mendras, Eléments de sociologie, Paris, éd. Armand Colin, 2004, p.31.
2

femmes et les hommes sont les hommes ; il est donc naturel que les sociétés
reconnaissent et institutionnalisent cette différence biologique. Les tenants du
biologisme argumentent que les modèles sexuels nous viennent des primates qui étaient
des chasseurs, or les premiers hommes ayant vécu de la chasse pendant de millions
d’années, le dix mil ans récents où la chasse n’est plus le seul moyen de se nourrir, ont
été trop courts pour modifier les différences physiques acquises précédemment. Pour
l’auteur, c’est un fait que dans toutes les sociétés connues les hommes et les femmes
n’accomplissent pas les mêmes taches et n’assument pas les mêmes responsabilités. Le
plus souvent, la séparation est totale.
Homme et femme peuvent remplir des rôles complémentaires mais ne coopèrent dans
une même tache. D’où l’on tire la conclusion selon laquelle la prééminence masculine
est universelle. L’argument du pouvoir dans le groupe domestique, les lignages, le
travail et la vie sociale et politique doivent être pris en compte et le meilleur inducteur
du rapport d’inégalité entre homme et femme est sans doute les coutumes
successorales : transmission de biens et de l’identité. Dans toutes les sociétés connues,
les taches masculines et féminines sont complètement séparés ; jamais un homme
n’accomplira une tache féminine et réciproquement.
La société contemporaine est la première à établir en principe que, que tous les rôles
sociaux peuvent être accomplis indifféremment par les hommes et les femmes. L’auteur
a le mérite d’avoir souligné l’influence biologique sur le social même si aujourd’hui
dans la société actuelle avec les idéologies féministes l’on veut dire qu’il y a des taches
réservées aux hommes et celles réservées aux femmes.

-Monique Piettre soutient que pendant des longs siècles, c’est la femme qui
assumant la plupart des travaux agricoles. Tout d’abord parce que c’est elle qui avait été
l’investigatrice, mais plus encore de la puissance de vie dont elle était dépositaire et qui
ne pouvait qu’être favorable à la fertilité des champs.2 Le rapport qui existe entre cette
étude et les écrits de Monique est d’ordre antimonique, car l’auteur doit savoir qu’avant
de cultiver un champ, un grand travail est celui de fourrage réservé dans la plupart des
cas aux hommes, l’on ne peut pas cultiver un champ en pleine forêt où il y a beaucoup
d’arbres. Il n’est pas valide de vouloir justifier la marginalisation de la femme africaine
par ses activités champêtres qui faisaient sa fierté et son identité sociale dans son milieu.

2
M. Piettre, les conditions féminines à travers les âges, Paris, France-Empire, 1974, p.17.
3

-Resohazy R., revient essentiellement sur l’article 5 du protocole de Maputo ;


l’élimination des pratiques néfastes par les Etats contractants et formule des mesures en
vue de l’éradication de ces pratiques.
Il cite notamment la sensibilisation du public par des campagnes et programmes
d’information, d’éducation formelle et informelle et de communication, l’interdiction
par des mesures législatives assorties de sanctions de toutes formes de mutilations
génitales féminines, y compris l’exécution de telles interventions par du personnel
médical, l’apport de soutien aux victimes sous forme de service de santé, assistance
juridique et judiciaire, conseils et encadrement psychologiques et formation
professionnelle et la protection des femmes qui courent le risque de subir des pratiques
néfastes ou toutes autres formes de violence, d’abus et d’intolérance.3
-Dans la déclaration de Maputo sur l’affirmation de l’égalité entre l’homme et la femme
et la participation effective de celle-ci au sein de l’UA, l’Union Africaine affirme que
sa politique sur la question de l’égalité entre l’homme et la femme, ainsi qu’une
stratégie d’affirmation de la question de l’égalité entre l’homme et la femme et une
structure de coordination soient mises en places le plus tôt possible4.
Une fois mise en place, cette structure permettra que cette égalité homme-femme, tel
qu’envisagé par l’Union Africaine soit effective. Cette égalité reste jusqu’à maintenant
un idéal.

-Françoise Gaspard revient aussi sur quelques dispositions du protocole de


Maputo essentiellement en ses articles 3, 8 et 13 affirmant le droit de la femme à la
dignité, à l’accès à la justice mais aussi elle a droit à une protection sociale.5 Selon
l’auteure, les femmes doivent jouir les mêmes droits que les hommes, jouissent
également de la même protection devant la loi. Aux Etats de mettre en œuvre des
mesures législatives et autres mesures visant à garantir aux femmes l’égalité des
chances en matière d’emploi, d’avancement dans la carrière et d’accès à d’autres
activités économiques6.

3
R. Rezohazy, « Le protocole de Maputo de l’Union Africaine, un instrument pour la promotion des droits des femmes en
Afrique », Bruxelles, 2009
4 ACHPR, « La déclaration de Maputo », 23 juin 2003
5 G.Françoise, « de la parité, genèse d’un concept, naissance d’un mouvement ; nouvelles questions féminines », vol.15, n°4,

2004.
6
Françoise G., Idem, p.2
4

-Munyerenkana Irenge Charlotte7, montre que dans la société traditionnelle


africaine, la femme a souvent été confinée dans le rôle de reproductrice, de ménagère et
de main d’œuvre familiale au cas où la femme dispose d’u lopin de terre à cultiver. Cela
a toujours et longtemps constitué un blocage au processus de sa promotion
sociopolitique. Le grand renversement de l’élément féminin et de son importance peut
remonter les siècles jusqu’au 11ième millénaire avant Jésus pour trouver le début d’un
cycle qui se termine avec le judaïsme au Moyen-Orient et avec la civilisation grecque en
Occident (10000 av. JC). Elle note encore que l’apparition de l’agriculture avait entrainé
un mode nouveau d’alimentation de la femme (et non à l’homme) apprenant à
distinguer les bonnes plantes et à prendre pouvoir sur elles à les multiplier par la culture,
à provoquer la germination.

-Heise L. Pitanguy relève le constat selon lequel « la violence sexuelle met en


péril la vie et affecte en premier lieu les femmes et les jeunes filles. Au moins une
femme sur trois dans le monde a été abusée soit physiquement, soit sexuellement au
cours de son existence ».8 Le fait que la femme soit toujours au second plan, derrière
l’homme amplifie toujours cette situation. Ceci fait que les démarches que fait la femme
pour son atomisation soit un véritable échec. L’auteur croit à une montée du féminisme
dans les dix décennies qui viennent.

-Michel Kadoke Birato revient essentiellement sur l’application du protocole


de Maputo par les juridictions congolaises. Pour lui, le juge congolais de par sa
formation, manifeste une préférence marquée par l’application des règles nationales
plutôt celles du droit international.9 L’application des règles internationales dans l’ordre
juridique interne n’est pas toujours nécessaire à leur mise en œuvre. Toutefois, ces
regles, surtout celles conventionnelles et les actes qui en sont dérivés, sont appelés à
produire des effets internes, c’est-à-dire à créer pour les particuliers des droits et des
obligations qu’ils puissent directement invoquer.

7
C. Munyerenkana Irenge, La problématique de la promotion sociologique de la femme à Bukavu, mémoire,
ISP/Bukavu, option histoire, 2007-2008, p.30.
8
H. L. Petanguy, violence sexuelle faite aux femmes dans les milieux ruraux, éd. Paris, PUF, 1999.
9
M. Kadobe B., De l’application du protocole de Maputo par les juridictions congolaises : cas de l’article 11 sur la protection
de la femme dans les conflits armés, mémoire, faculté de droit, UOB, 2010
5

-Isabelle jacquet nous montre que le fossé entre genre « gender cap » constaté
dans toutes les sociétés repose en grande partie sur la différence d’éducation. Dans les
pays du tiers monde, la situation est plus exacerbée puisque ce sont des femmes qui
paient la lourde charge de l’analphabétisme et du manque de formation. Les rapports de
la Banque mondiale et de l’Unicef contiennent des illustrations statistiques de cette
réalité ; en Afrique subsaharienne, on compte deux garçons pour une fille à l’école
primaire. Exemple, en 2000, plus de 20 millions de filles en âge scolaire n’étaient pas
scolarisées.10 En se souscrivant dans les pensées de l’auteur, nous soutenons aussi que
l’école n’est pas une émanation africaine. En Afrique, les parents n’envoyaient pas à
l’école que les enfants turbulents et généralement celui du sexe masculin. Il y a donc
lieu d’imaginer le sort des enfants filles qui n’attendaient que leurs futurs mariages.

-P. Kaganda Mulumeoderhwa met au centre de sa réflexion la matière dont la


violence sexuelle envers les femmes en rendant cette décennie de guerre un facteur de
perturbation de l’équilibre familial et même un élément de destruction de la culture11. Il
souligne que la déstabilisation de la famille dans son fond culturel ainsi que sa structure
et ses fonctions est un véritable choc à la culture.

A l’instar des travaux cités ci-haut, notre travail s’inscrit dans les plaidoyers des
organisations féminines du Sud-Kivu pour l’application du protocole de Maputo. Ce qui
nous permettra d’étudier à fond ce protocole, aujourd’hui sujet de plusieurs discordes
entre plusieurs camps. Il évalue également l’impact des actions de ces organisations
face au bien être de la femme au Sud-Kivu tel que garantie par le protocole de Maputo,
surtout sur le plan politique, économique et social.

3. PROBLEMATIQUE
Pour qu’il y ait problématique, il faut que l’on se soit entendu sur l’existence
d’un problème à solutionner.
Raymond Quivy et L.V Campenhoudt12 définissent la problématique comme une
annonce de projet de recherche sous forme d’une question de départ par laquelle le

10
I. Jacquet, Développement au masculin/féminin : le genre outil d’un nouveau concept, Paris, Le Harmattan,
1995, p.27.
11
P. Kaganda Mulumeoderhwa, Violences sexuelle envers la femme et la stabilité de la famille en période de
guerre en RD Congo, in Analyses sociales, Vol.12, Numéro unique, janvier-décembre 2004.
12
R. Quivy et Campenhoudt, Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, Dumond, 1988, p.22.
6

chercheur doit exprimer le plus exactement possible, ce qu’il cherche à savoir, à évaluer,
à étudier et à mieux comprendre.
De nos jours, l’épineuse question du droit de la femme constitue une préoccupation
majeure.
En effet, par son ampleur et sa progression rapide mais aussi par la menace
sérieuse qu’il fait peser sur la stabilité socio-économique, le droit des femmes constitue
l’un de tous premiers défis du continent africain. Cette question de la femme est traitée
avec dextérité partout dans le monde car c’est un élément de la famille, base de la
société et source de toute vie, dont la constitution et les instruments juridiques
internationaux des droits des femmes font l’objet de priorité en matière de protection et
d’assistance.
En RDC, tout comme sur le continent africain en général, la femme a été l’objet d’une
chosification durant plusieurs années, surtout pendant la colonisation. La situation des
femmes de la province du Sud-Kivu est encore plus grave et ne peut être comparée avec
celle des femmes des Etats unis d’Amérique, du Canada ou de la France en raison de
viol, violences sexuelles et autres pratiques néfastes dont elles sont victimes dans
différents coins et village de la province. Ces problèmes paraissent dans la plupart de
cas comme les héritages des guerres successives survenues dans la région et dont malgré
tout, le gouvernement congolais était censé s’impliquer pour mettre fin à ces pratiques
dont les femmes du Sud-Kivu sont victimes, et cela tel que garanti par le protocole de
Maputo.
La femme et la fille Sud-Kivutienne sont prises dans cet engrenage dans la
mesure où certaines personnes pensent par exemple que scolariser une fille, c’est perdre
inutilement son économie. Cela dans le cadre de la célèbre expression très vécu à
Bukavu « la scolarité de la jeune fille a comme finalité à la cuisine ».
Plusieurs femmes n’accèdent pas aux instances de prise de décision vu leur statut de
femme. D’autres par contre, se sous-estiment elles-mêmes de part ce que dit la société
bukavienne sur la femme qu’elle ne peut rien, qu’elle est incapable.
Se référant à tout cela, une analyse exhaustive et systématique des faits permettra de
comprendre la situation actuelle des femmes, leurs plaidoyers pour qu’elles puissent
bénéficier de la protection et du droit consacrés par le protocole à la charte africaine des
droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes et autres lois et
conventions internationales tels que ratifiés par la RDC.
7

Dans le cadre de notre étude sur le protocole de Maputo certaines questions s'imposent à
nos investigations.
Elles peuvent être formulées de la manière suivante :

- La question qui se pose est celle de savoir comment est-ce que les femmes de
la RDC en général et celles du Sud-Kivu en particulier militent pour l’application
effective du protocole de Maputo ?
-L’autre question découle de la précédente et vise à savoir quelle lecture faire du
protocole de Maputo quinze ans après son adoption par l’Union Africaine face aux
instruments juridiques congolais des protections des droits de la femme ?

4. HYPOTHESES
Selon M. Grawitz, l’hypothèse d'un travail est l'ensemble de réponses
provisoires formulées au début d'une recherche se rapportant aux questions ou aux
problèmes posés dans la problématique, propositions susceptibles d'être confirmées,
infirmées ou nuancées par le résultat de la recherche en question.13 Elle est considérée
comme une solution provisoire dont on est enclin à vérifier. Quant à Paul Roger14
l’hypothèse est une proposition des réponses aux questions que l’on se pose à propos de
la recherche formulée en termes de l’observation et l’analyse puissent fournir une
réponse.
En guise réponse à la question de la problématique, nous répondrons
provisoirement comme suit :
En effet, pour défendre et promouvoir les droits de femmes dans la province du
Sud-Kivu, les organisations féminines du Sud-Kivu mettent sur pied des plaidoyers, des
lobbyings et des campagnes des sensibilisations. Dans un premier temps, leurs actions
visent à permettre aux femmes du Sud-Kivu de plaider efficacement pour le respect de
leurs droits et libertés fondamentaux, mais aussi l’application effective du protocole de
Maputo. Elles visent ainsi à améliorer la situation des femmes au niveau local. Dans un
deuxième lieu, les initiatives de ces mouvements et associations des femmes du Sud-
Kivu visent le fonctionnement des comités locaux ou provinciaux de pilotage de
l’application du protocole de Maputo et de la résolution 1325 du conseil de sécurité des
Nations Unies.

13
M. Grawitz, Méthodes de recherche en sciences sociales , Paris, Dalloz, 1990, p. 8.
14
P. Roger, Méthodes sociales 4ième éd., Paris, éd. Ouvrière, 1971, p.289.
8

Le droit international et le droit interne ne constituent pas deux ordres aux


frontières complètement étanches ; il y a, comme l’affirme Fréderic Surde, « une
interpénétration de l’ordre interne et de l’ordre international »15.

Toutefois, pour être invocable en droit interne, le protocole (et dans le cas d’espèce le
protocole de Maputo) doit respecter les formalités liées à la ratification ou à
l’approbation, conformément aux dispositions constitutionnelles de la RDC. Quinze ans
après son adoption par l’UA, le protocole de Maputo suit la cour normale devant le doit
interne congolais. Pas de problèmes d’interprétation, ni de l’acceptation dudit protocole
en droit interne congolais. Ce dernier fait même l’objet de plusieurs revendications et
plaidoyers des femmes congolaises pour réclamer son application en bloc ou en partie.
Au-delà de celui-ci, il y a aussi certaines revendications qui étaient formulées en rapport
avec la modification de certaines dispositions du code de la famille congolais qui
mettait l’homme au-dessus de la femme.

5. METHODOLOGIE DU TRAVAIL
5.1. Méthode :
Selon R.Pinto et M.Grawitz la méthode un est ensemble d’opérations mis en
œuvre pour atteindre un ou plusieurs objectifs.16
Ces opérations constituent de façon plus ou moins abstraite ou concrète, précise ou
vague, un plan de travail en fonction d’un but.
Selon les exigences méthodologiques, tout travail scientifique doit avoir une
méthode. Ainsi, pour ce qui concerne notre recherche, nous nous servirons de la
méthode fonctionnelle appuyée par la théorie de l’approche en Relations
Internationales.
Robert King Merton17 envisagez cette méthode autour des trois concepts
suivants : les équivalents fonctionnels, les dysfonctions et les fonctions manifestes et
latentes.
Concernant la notion d’équivalent ou de substitut fonctionnel, Merton écrit : « de même
qu’un seul élément peut avoir plusieurs fonctions, de même qu’une fonction peut être

15
F.Surde, Droit européen et international des droits de l’homme, 11ième éd., PUF, Paris, 2002, p.46.
16
R.Pinto et M.Grawitz ; Méthodes de recherche en sciences sociales, Paris, DALLOZ, 1976, p.171.
17
R.K Merton, Eléments de théories et méthodes sociologiques, Paris, éd. Librairie plan, pp 112-115.
9

remplie par des éléments interchangeables »18. Telle organisation peut servir
d’équivalent ou de substitut fonctionnel à telle ou telle autre pour exercer la même
activité à ses côtés ou à sa place.
C’est à ce niveau que nous avons évoqué dans le cadre de cette étude l’intervention des
organisations féminines du Sud-Kivu et leurs partenaires locaux et internationaux dans
la matérialisation de leurs plaidoyers, projets et programmes ainsi que la mise en œuvre
du Protocole de Maputo et autres accords internationaux relatifs aux droits des femmes
ratifiés par la RDC, à l’instar de la convention sur l’élimination de toutes les formes de
discrimination à l’égard des femmes CEDEF.
En ce qui concerne les dysfonctions, R.K Merton explique que les dysfonctions
contribuent à l’adoption ou à l’ajustement du système. En revanche, les dysfonctions
sont celles qui gèrent l’adaptation ou l’ajustement du système car certains phénomènes
et faits sociaux peuvent entrainer des conséquences et inconvénients économiques,
politiques et sociaux. Ainsi, les organisations féminines du Sud-Kivu rencontrent
certainement des défis dans la matérialisation et exécution de leurs différents
programmes et projets mis en œuvre en vue de défendre les droits de la femme et
l’application du protocole de Maputo sur toute l’étendue de la province du Sud-Kivu.
La distinction entre les qualificatifs « latente » et « manifeste » attribuée aux
fonctions sert, selon R.K Merton à échapper à la confusion entre les motivations
conscientes d’un comportement social et ses conséquences objectives. Ce qui renvoie à
distinguer les motifs et les fonctions, les intentions et les conséquences fonctionnelles
de l’action.
Ainsi, les fonctions manifestes de la promotion et de défense des droits de la femme,
voire même du protocole de Maputo est d’améliorer le bien-être de celle-ci notamment
sur le plan politique, économique et social.
Par contre, les fonctions latentes qu’elles remplies est qu’elles agissent ou interviennent
dans un but avoué de générer un certain nombre des réalisations des projets et
programmes susceptibles d’améliorer le bien-être de la femme en vue d’enrichir leur
mission ou celle de ses bénéficiaires directes et indirectes de ses programmes et projets
mis en œuvre.

18
R.K Merton, Eléments de théories et méthodes sociologiques, Paris, éd. Librairie plan, pp 112-115
10

5.2. Techniques :

Dans tous les cas, ce sont des procédés qui permettent au chercheur de récolter les
données de son travail. C’est dans ce cadre que nous avons utilisé tout au long de nos
recherches des techniques ci-après :

a) La documentation : Elle est à la fois une collecte des données et la disposition


qui prépare l’enquête. En l’utilisant, nous avons fait la lecture systématique des
productions scientifiques existantes comme les ouvrages, les revues, les articles ; les
mémoires,… qui ont fait que les données recueillies dans ces travaux soient pour nous
un support considérablement grand.

b) L’observation libre: Cette technique fait donc appel aux organes de sens.
L’observation nous a permis de nous rendre compte des campagnes des sensibilisations
et des plaidoyers de mouvements de femmes de la province du Sud-Kivu dans
l’application effective dudit protocole. Malgré la ratification et la publication au journal
officiel du protocole de Maputo par la RDC, les droits des femmes ne sont toujours pas
respectés, cela motivent ces regroupement à descendre chaque 8 mars lors des
célébrations de la Journée Internationale de la Femme ; dans la rue pour faire entendre
leurs voix au sujet des discriminations et autres traitements dont sont victimes les
femmes.

A travers cette technique, nous avons observé que malgré la ratification du


protocole de Maputo par la RDC, la situation de la femme congolaise en générale, et
celle du Sud-Kivu en particulier reste alarmante. Sur 100 femmes, 30 ont été victimes
des pratiques néfastes dans la ville de Bukavu.
Nous avons réalisé que certaines personnes, surtout ceux-là qui n’ont jamais fait
connaissance du protocole de Maputo, l’interprètent et ne le comprennent qu’en des
termes diaboliques. D’où, la mauvaise interprétation dans le chef de la population sud-
kivutienne.

c) L’entretien : L’entretien suppose une conversation réglée entre une enquêté et


enquêteur à travers le jeu des questions-réponses, un contact direct entre le chercheur et
ses interlocuteurs et par une faible directivité de sa part.19 Malgré les multiples
mouvements et associations des femmes que compte la province du Sud-Kivu, cette

19
M. Grawitz at All, Méthodes des sciences sociales, Paris, éd. Dalloz, 1976, pp.76-79.
11

technique nous a facilité des conversations et dialogues avec certains d’entre eux. Notre
échantillons étant de 30 femmes, nous sommes en train en contact avec 4 membres du
bureau de Caucus de femmes, 6 animatrices de l’Association de femmes de média du
Sud-Kivu, 3 de Femme au Fone, 8 de l’ONG Amaldefea, 4 de l’ONG Muzirhe
bwacirhe, 7 de l’OND service d’accompagnement et de renforcement des capacités
d’autopromotion de la femme au Sud-Kivu, SARCAF Asbl et 2 membres de l’ONU
Femme. De ces entretiens, ces femmes ont exprimé leur souhait de voir le protocole de
Maputo être mis en œuvre et suivit lettre par lettre pour espérer voir l’amélioration dans
la condition de vie de la femme au Sud-Kivu, particulièrement la femme rurale.

6. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Le choix de ce sujet de recherche dépend de plusieurs facteurs dont le poids varie


d’un chercheur à un autre. Ce dernier est notamment influencé par son vécu et ses
gouts du sujet concerné, le développement de la science, les résultats sommaires d’une
recherche exemplaire.

Ce travail nous a particulièrement intéressés d’autant plus que ce protocole et


certaines critiques proférées sur ce protocole nous intéressent personnellement mais
aussi dans la mesure où c’est une matière délicate dans les relations internationales.
Ceci nous permettra de parfaire nos connaissances sur ce protocole, son application et la
possibilité de sa ratification par la RDC.

Sur le plan scientifique, nous matérialiserons notre ambition d’approfondir cette


question du Droit International Public et nous satisferons à l’exigence académique de
passer par une évaluation.

Sur le plan social, l’intérêt réside dans le sens que le protocole de Maputo, étant un
traité international, est mal compris par la plus part des gens, nous dirions même qu’il
fait objet d’une mauvaise interprétation pour les uns pendant qu’il constitue un danger
pour les autres. Ceci étant, nous nous sommes décidés d’aborder ce thème pour voir si
nous n’apporterions pas certaines lumières à la population et à tout lecteur qui pourras
nous lire.
12

7. DELIMITATION DU SUJET
7.1.Délimitation temporel

Bien qu’ambitieux, notre étude ne peut prétendre couvrir l’univers tout entier, ni
tout le temps. Il porte essentiellement sur une période fixe bien déterminée.

Ainsi, nous avons orienté cette étude dans le temps allant de 2003 à 2014, période à
laquelle la plupart d’ONG ont entrepris la lutte du droit des femmes et la prise en charge
des femmes. Période où sont nées plusieurs organisations féminines en RDC, à travers
la ratification de la RDC, le 09/02/2009 du protocole de Maputo.

7.2.Délimitation spatial

Le travail est limité dans l’espace à la province du Sud-Kivu dans ses limites
actuelles compte tenu de la gravité de la situation des femmes à son sein.

7.3.Délimitation typologique

Le présent travail s’inscrit dans le cadre du droit international au travers de l’analyse


du protocole de Maputo.

8. DIFFICULTES RENCONTREES

Tout travail scientifique comporte des difficultés qui exigent l’abréviation de la part
du chercheur. Pour ce qui nous concerne, nous avons connu d’énormes difficultés
d’ordre : documentaire, la rareté d’ouvrages dans les organisations féminines, sauf leurs
rapports. De fois même l’accès à ces rapports étaient compliqué. Rareté des personnes
ressources,…

9. SUBDIVISION SOMAIRE DU TRAVAIL

Hormis la partie introductive et la conclusion générale, le présent travail est


subdivisé en trois chapitres à savoir:

Dans le chapitre premier, axé sur la considération générale et théorique du protocole de


Maputo, nous sommes longuement revenus sur l’histoire du protocole de Maputo, sur
l’historique des droits de la femme congolaise mais aussi sur la clarification de certains
concepts clés.
13

Dans le chapitre deuxième, nous avons tenté de savoir les origines et même le contenu
du protocole de Maputo. Il a été aussi question de parler de la ratification et la mise en
œuvre dudit protocole. Ce qui a valu à ce chapitre le nom du protocole de Maputo
proprement dit.

Le troisième chapitre quant à elle a fait l’objet des plaidoyers des organisations
féminines du Sud-Kivu pour l’application du Protocole de Maputo par la RDC. Nous
sommes aussi revenus sur les actions des plaidoyers des organisations féminines du
Sud-Kivu pour la mise en application effective du protocole de Maputo par la RDC.
14

CHAPITRE I. CONSIDERATIONS GENERALES ET THEORIQUES

SECTION 1. DEFINITION DES CONCEPTS


Le concept en tant qu’outil est un guide pour la recherche, en l’occurrence pour
ce travail de mémoire, parce qu’il permet de situer ses préoccupations et l’angle sous
lequel le thème est traité dans le contexte de l’étude intéressant le travail de recherche.
Dans ce sens, on peut dire que le concept n’est pas seulement une aide pour percevoir,
mais une façon de concevoir. Il organise la réalité en retenant les caractères distinctifs,
significatifs des phénomènes.20
Dans un travail scientifique, la place et le rôle du concept sont important dans la
mesure où le concept lui donne son orientation personnelle.
Cependant ; toute science a un jargon de terminologies qui lui est propre. Les concepts
sont utilisés pour désigner un fait, une situation,… Ce sont des mots que des profanes
ou tous ceux qui n’ont pas une formation dans le domaine doivent pouvoir trouver une
référence pour leurs permettre de comprendre comment les utiliser.
D’où, la nécessité de consacrer cette première partie de notre premier chapitre à la
définition des concepts.

1.1. Le Genre
Selon l’ONU, par « Genre » on attend la construction socioculturelle des rôles
masculins et féminins et des rapports entre hommes et femmes. Poursuivant cette
définition, l’ONU précise : « alors que le sexe fait référence aux caractéristiques
biologiques, être né(e) homme ou femme, le genre décrit des fonctions sociales
assimilées et inculquées culturellement. Le genre est ainsi le résultat des relations de
pouvoir présent dans une société et sa conception, en conséquence, est dynamique et
diffère selon l’évolution du temps, l’environnement, les circonstances et les cultures.21

1. 2. La Parité
De manière stricte, le concept ‘parité’ est définit en politique comme une égalité
des représentations des hommes et des femmes dans les assemblées élues.22 Dans
plusieurs pays le débat sur les mécanismes à adopter pour améliorer la représentativité
des femmes dans les assemblées se heurte au choix entre les quotas et le principe de

20
M.Grawitz citée par Frantz Piard, construire le mémoire de sortie, Méthodes, procédés et procédures, 9ème édition, Paris,
Balleg, 2005, p.78.
21 http://monuc.unmissions.org, consulté le 4 mars 2018
22
Mariette Sineau, étude des cas de la parité : l’expérience française, p.21, Armand colin, 2007, Paris, 2009
15

parité. Certains pays ont accordé des quotas comme mesure transitoire avant d'adopter
la représentation paritaire (Cas de la Belgique avec la loi de 1994).
En France, la loi dite "loi sur la parité"23 oblige les partis politiques à présenter dans
tous les scrutins à liste, 50% de candidats de chaque sexe, sous peine que les partis
perdent une partie de financement que l'Etat leur accorde en fonction de scores
électoraux réalisés.24 En Belgique, les lois de parité connaissent leur apparition depuis le
milieu des années ‘90’.

1.3. Mutilation génitale féminine


L’article 5 du Protocole, « Élimination de pratiques néfastes», prononce
l’interdiction des pratiques néfastes25 par les États contractants et formule des mesures
en vue de l’éradication de ces pratiques. Il cite notamment :
(a) la sensibilisation du public par des campagnes et programmes d’information,
d’éducation formelle et informelle et de communication,
(b) l’interdiction par des mesures législatives assorties de sanctions de toutes
formes de mutilations génitales féminines, y compris l’exécution de telles interventions
par du personnel médical,
(c) l’apport de soutien aux victimes sous forme de services de santé, assistance
juridique et judiciaire, conseils et encadrement psychologiques et formation
professionnelle et
(d) la protection des femmes qui courent le risque de subir des pratiques néfastes
ou toutes autres formes de violence, d’abus et d’intolérance.
Le projet suprarégional « Appui aux initiatives pour l’abandon des mutilations génitales
féminines » soutient depuis 1999 des organisations gouvernementales et non
gouvernementales dans différents pays d’Afrique ainsi que des projets bilatéraux de
Coopération allemande dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la jeunesse et de
la bonne gouvernance dans les efforts qu’ils mènent en vue de mettre un terme aux
MGF, actuellement en Éthiopie, Bénin, Burkina Faso, Guinée, Kenya, Mali, Mauritanie
et Sénégal. Le projet fournit pour cela une assistance technique et méthodologique,
expérimente et diffuse des approches innovatrices, renforce les capacités locales,

23
Mariette Sineau, étude des cas de la parité : l’expérience française, p.21, Ed. Armand colin, Paris,2007
24
Loi du 6 Juin 2000, relative à l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives.
Parlement français.
25
GTZ, « Protocole de Maputo, un instrument pour la promotion de droits des femmes en Afrique », Munich, éd. Trichuldt,
2006, p.212
16

encourage la mise en réseau des acteurs et soutient la gestion des connaissances en


Allemagne et à l’étranger.
Les mesures citées dans le Protocole offrent des orientations thématiques pour la
coopération avec les pays partenaires au niveau de la conception de stratégies pour
combattre les MGF. Le projet soutient par exemple l’organisation de forums de
dialogue, la réforme de normes juridiques traditionnelles, le traitement du thème des
MGF dans l’enseignement scolaire, l’élaboration de rituels alternatifs ou la coopération
avec des jeunes filles non excisées.

1.4 La discrimination à l’égard de la femme


Est définie par le protocole de Maputo, en son article 1ier , comme toute
distinction, exclusion, restriction ou tout traitement différencié fondés sur le sexe, et qui
ont pour but ou pour effet de compromettre ou d’interdire la reconnaissance, la
jouissance ou l’exercice par les femmes, quelle que soit leur situation matrimoniale, des
droits humains et des libertés fondamentales dans tous les domaines de la vie.

1.5. La Femme
La femme est définit comme étant une personne qui revendique ou qui assume
une part de féminité, en particulier en tant qu’être délicat et fragile. Aussi en tant que
personne exploitée et tant méprisée.26 D’après la même source, elle est l’épouse, celle
qui s’occupe du foyer, du ménager et des enfants.
La femme prise en générale comprend tout être humain de sexe féminin à l’exclusion
des enfants de ce même sexe. C’est-à-dire, c’est à cette catégorie que fait référence le
Droit International Humanitaire (DIH) quand il s’agit de la protection de la femme par
ce droit.
Simone De Beauvoir dit que « la femme est un ange du foyer, épouse et mère pieuse, se
vouant corps et âmes aux joies du ménage et elle élève elle-même ses fils sans confier
aux soins d’une nourrice ».27
Dans ce travail, nous comprenons par femme, comme une personne de sexe fémnin et
agent de la socialisation chargée de transmettre des valeurs culturelles (langue,
éducation de base, etc.) ; et une mère qui donne la vie.

26
Calixte Beyala, Le deuxième sexe , les faits et les mystères, Paris, L4Harmattan ? 1999, p.89
27
Simone B., Femmes artistes, femme ange du foyer , Paris, éd. Gallimard, 2003, p.54
17

1.6. Le Protocole
Se définit comme l’ensemble de conventions nécessaires pour faire coopérer des
entités distantes, en particulier pour établir et entretenir des échanges d’informations
entre ces entités.28

1.7. L’Avortement
Jean Lesueur définit l’avortement comme « l’expulsion prématurée du fœtus
volontairement provoquée artificiel quelconque »29. Le code pénal puni tout avortement
provoqué (art. 166). Bien que ces deux formes d’avortement soient distinctes, elles
comprennent cependant des éléments communs.

Les deux formes d’avortement supposent quatre éléments communs suivants : un


élément matériel, un résultat obtenu ou une tentative de l’obtenir, des moyens employés
pour atteindre ce résultat et un élément intentionnel. Les éléments distincts relèvent de
leurs significations (article 165 et 166 du code pénal). L’avortement par autrui est puni
de 5 à 15 de servitude pénale. Pour l’avortement sur soi-même, la peine varie entre 5 et
10.

1.8. Lobbying et Plaidoyer

1.8.1. Le lobbying
Le lobbying est une activité de plaidoyer particulière visant à influencer une
entité politique, de manière à ce que le point de vue d'un individu ou d'une organisation
y soit représenté, et que la législation soit élaborée et mise en œuvre en conséquence. «
Le lobbying est une activité qui consiste à procéder à des interventions destinées à
influencer directement ou indirectement les processus d'élaboration, d'application ou
d'interprétation de mesures législatives, normes, règlements et plus généralement, de
toute intervention ou décision des pouvoirs publics 30 ».

1.8.2. Le plaidoyer
Le plaidoyer pour sa part, c'est l'ensemble des techniques déployées en vue
d'influencer les politiques publiques. Le plaidoyer politique vise à défendre une idée,
une cause ou une personne et par extension peut signifier aussi «donner une voix aux
gens». Un plaidoyer efficace passe par une compréhension et une analyse précise d'un

28 Dictionnaire Le Robert 2. Dictionnaire universel des noms propres. Alphabétique et analogique, Paris, 207,
avenue Parmentier, ISBN, 1990, pp.1346-1347.
29Lesueur Jean, « la protection de l’enfant à naitre », Paris, éd. Sellez, PUF, 2000.
30
J. Salomon, Dictionnaire de droit public, Bruylant, Bruxelles, 1987, p.832.
18

problème concret, et par une proposition cohérente de solution. Plus spécifiquement en


ce qui concerne les actions de développement, le plaidoyer cherche à s'attaquer aux
causes d'un problème et vient en général en complément d'actions directes répondant
aux besoins identifiés31

Ces deux concepts sont couramment utilisés par les ONG car elles interviennent parfois
pour la défense des causes des opprimés, cela en plusieurs domaines (juridique,
politique, économique et social), pour le lobbying et le plaidoyer les organisations
féminines qui interviennent au Sud-Kivu ne sont pas exclues.

1.9. L’Emancipation
Selon Kitenge Ya, l’émancipation est un courent qui permet à toutes les femmes
de se livrer à l’action sociale. C’est un phénomène le plus récent et cela se comprend
étant donné le niveau d’instruction et de culture qui était généralement le lot des femmes
durant toute l’époque coloniale. Bien mieux, il s’agit actuellement de l’égalité entre
l’homme et la femme aussi bien dans l’organisation familiale que la société. C’est-à-
dire, la femme prend de plus en plus conscience de ses responsabilités, de ses devoirs et
ses prérogatives au sein de la famille et de la société.

Dans ce travail, l’émancipation est sous entendue comme étant un courant qui
tente de mettre l’homme et la femme sur le même pied d’égalité par rapport aux
opportunités, il s’agit de a femme qui milite pour son intégration totale dans le secteur
de la vie sociale. Il faut aussi savoir que c’est ce courent qui est à l’origine de ce que
nous appelons aujourd’hui parité homme-femme.

1.10. Les mouvements des femmes


Sont des associations de défense des droits de la femme.

L’action sur terrain des organisations et mouvements des femmes dans le monde
a fini par porter la question de la violence à l’égard des femmes sur le devant de la
scène. Dans leur lutte pour obtenir l’égalité et la reconnaissance de leurs droits dans le
nombreux domaines, les femmes ont appelé l’attention sur le fait que la violence à leur
égard ne résulte pas du hasard et des comportements individuels répréhensibles, mais
qu’elle est fondement enraciné dans les relations structurelles d’inégalité entre les
hommes et les femmes. En plaidant pour l’action et la répartition de ces violations au

31
J. Salomon, Dictionnaire de droit public, Bruylant, Bruxelles, 1987, p.832.
19

niveau national et local, ces mouvements des femmes ont dénoncé la violence à leur
égard comme une forme de discrimination et un mécanisme de perturbation de la
femme. Ces processus ont permis de détecter des multiples formes de manifestations de
violence à l’égard des femmes, de les porter hors de la sphère privée à l’attention du
public et obliger les Etats à rendre compte dans ce domaines.32

SECTION II. APERCU HISTORIQUE SUR LES DROITS DE LA FEMME EN


RDC ET DANS LA PROVINCE DU SUD-KIVU

2.1. Evolution de l’activisme des femmes en RDC


L’analyse de l’histoire des mouvements féminins en RD. Congo, de l’époque
coloniale jusqu’ aujourd’hui, permet de mettre en lumière les moments forts de
l’évolution de l’activisme politique des femmes et son incidence sur l’évolution de leur
statut juridique. L’administration coloniale belge a renforcé les structures de
domination masculine en excluant les femmes de l’éducation générale par la création
des écoles féminines chargées de former les monitrices et les infirmières et en les
écartant de la gestion de la chose publique car ne disposant du droit de vote, moins
encore de celui d’être élu. Elle a donc contribué à creuser les inégalités entre sexes.33
L’on peut constater tout de même un timide balbutiement d’organisation des femmes la
veille de l’indépendance. C’est dans ce cadre qu’il convient de citer notamment :
 Les femmes de l’Alliance des Bakongo(FABACO), une organisation à caractère
culturel et ethnique fondée en 1958 pour lutter en faveur de l’émancipation de la
femme et qui fut transformée en parti politique en 1960 ;
 Le mouvement des femmes nationalistes, fondé en 1960 au sein du MNC, parti cher
dont est issu le premier Ministre du Congo, Emery Patrice Lumumba. Prônant
l’émancipation de la femme, ce mouvement a été le premier à réclamer la
participation des femmes aux élections en 1964 ;
 L’union progressiste féminine congolaise créée à Kinshasa en 1960 avec comme
objectif de promouvoir les droits des femmes34.

32
Rapport du Secrétariat Général des Nations Unies sur l’étude approfondie de toutes les formes de violence à
l’égard des femmes publié par l’UNICEF le 6 juillet 2006, pp.11-15.
33
A. Matundu Mbambi et M.C. Faray-Kele, L’inégalité du genre et les institutions sociales en RDC, Ottawa, Presse
universitaire de Laval ; 2010, p.145
34
F. Sudre et H. Hurrel, Le droit à la non-discrimination au sens de la convention européenne des droits de l’homme, NEMESIS-
BruylantT, Ed. Justice et Droit, Bruxelles, 2008, p 14.
20

La création du parti unique par Mobutu le 17 avril 1967 a eu comme premier effet la
suppression d’autres formations politiques et par ricochet, les associations féminines qui
y étaient attachées. Les ambitions hégémoniques et la tendance totalitariste de ce parti
ont poussé les animateurs de ce dernier d’incorporer toutes les associations féminines au
sein du parti et leurs présidentes sont devenues par la suite les premières propagandistes
du parti unique35. De lors, il appartenait au parti de promouvoir qui il veut et à ce titre la
première femme nommée ministre l’a été en 1967.
Avec le vent de la perestroïka, une pression internationale est exercée sur le Congo,
Zaïre à l’époque, ce qui conduira au discours présidentiel du 24 Avril 1990 ouvrant
ainsi le pays au multipartisme et au dialogue national sous le nom de la conférence
nationale souveraine(CNS).36 Avec le processus de démocratisation du pays qui venait
ainsi de commencer, les partis politiques et les associations et ONG ont vu le jour avec
empressement si bien que le nombre d’ONG est passé de 450 en 1990 à 2500 en 1996
et 4700 en 2003.37
Ces associations et ONG se sont organisées pour une action plus concertée dans
le cadre de la société civile congolaise.
Votée par referendum le 18 et le 19 décembre 2005, une nouvelle constitution a vu le
jour en R.D. Congo le 18 Février 2006. Modifié le 20 janvier 2011, ce texte a toujours
l’avantage de mentionner la parité homme-femme à son article 14. Toutefois, les
mesures d’exécution de cette disposition tardent à venir. Ces mesures d’exécution
devront imposer notamment la parité sur les listes électorales des partis et peut-être des
quotas au parlement et dans les pouvoirs exécutif et judiciaire au niveau national,
provincial et local.
La législation congolaise et la plupart des coutumes congolaises contiennent des
discriminations à l’égard de la femme, c’est pourquoi il est opportun d’analyser la
notion de la discrimination et d’examiner le genre de discrimination dont sont victimes
les femmes, y compris celles mariées.

35
D. Lochack, Réflexion sur la notion de discrimination, p 778, cité par Bereni L. et Chappe V., « La discrimination, de la
qualification juridique à l’outil sociologique », in Politix, n° 94, 2011/2 p.12.
36
J D. Mulikuza Mulengezi, Les droits de l’homme en République Démocratique du Congo. Quel bilan cinquante ans après ?,
Actes du cycle de conférences universitaires de Bukavu du 28-29 Juin 2010, Université Officielle de Bukavu, L’Harmattan,
Paris, 2012, p. 100.
37 Dorothea Hilhorst et Marie-Rose Bashirwa, Le mouvement des femmes au Sud-Kivu, République démocratique du Congo :

Une analyse de la société civile, Québec, 2012, p.67.


21

2.2. Discrimination à l’égard des droits de la femme congolaise


Des institutions sont justes quand on ne fait aucune distinction arbitraire entre
personne dans la détermination des droits et devoirs de base, et quand les règles
déterminent un équilibre adéquat entre revendications concurrentes à l’égard des
avantages de la vie sociale38. La non-discrimination apparait bien comme la condition
même de l’existence du contrat social. Elle place chacun à équidistance des bienfaits de
la vie sociale et garantit la pérennité de l’égalité au quotidien.
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », affirme
l’article premier de la déclaration universelle des droits de l’homme. Il s’agit là du
fondement même de la protection universelle des droits de l’homme. La tradition
juridique de cette affirmation de l’égalité de tous les individus suppose, originairement,
qu’un traitement égal soit réservé à des individus égaux et implique non seulement
l’existence d’une norme prescrivant l’égalité de traitement39, mais aussi une législation
mettant en place un régime qui, en même temps, interdit la discrimination et sanctionne
les comportements qu’elle qualifie de discriminatoires.

2.3. Les Droits de la femme en RDC


Depuis longtemps la femme africaine était marginalisée dans nos sociétés
traditionnelles. La majorité des textes légaux africains méconnaissaient la dignité de la
femme. A titre exemplatif, nous pouvons citer certaines lois congolaises comme le code
de la famille qui considérait la femme comme un enfant voir un éternel incapable à
l’instar d’un mineur, dément, prodigue,… beaucoup de ses dispositions mettaient au
premier plan le mari en lui confiant le plein pouvoir dans la gestion du foyer ( ainsi,
quel que soit le régime matrimonial). Les instruments juridiques africains sont venus
affranchir la femme congolaise du joug du mari en lui confiant l’autorisation maritale, la
discrimination entre l’homme et la femme.40
La subordination de la femme étant reconnue comme problème, une gamme
d’efforts a été mise en œuvre pour mettre la femme à un même rang que l’homme. Mais
les solutions proposées ont été souvent inadéquates ou nuisibles pour les femmes. Il est
important de mieux connaitre l’évolution du développement et de revendications du
droit de la femme congolaise, afin de tirer des leçons du passé.

38
J. Rawls, Théorie de la justice et de l’égalité, seul, Paris, 1997, p.31.
39
F. Sudre et H. Hurrel, Le droit à la non-discrimination au sens de la convention européenne des droits de l’homme, NEMESIS-
BruylantT, éd. Justice et Droit, Bruxelles, 2008, p 14.
40
D. Lochack, Droits de la femme africaine au quotidien, Paris, La Découverte, 2003, p.15.
22

La RDC dispose d’un cadre législatif complet et la Constitution de 2006, dans ses
Articles 5, 14 et 15 a établi les fondements et légitimé l’égalité et l’équité politiques.41
La RDC a aussi ratifié ou reconnu un certain nombre de résolutions et de traités
internationaux importants comme la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations
Unies (en 2000), et le Protocole sur les droits des femmes africaines (en 2009). De plus,
en 2006, le pays a adopté une loi sur les violences sexuelles.
Cela étant dit, ces lois ne sont pas adéquatement mises en œuvre et elles ne sont pas
connues des populations, ce qui entrave le développement des femmes.
Par ailleurs, les pratiques d’ordre traditionnel entravent elles aussi ce développement,
par exemple dans la sphère familiale, où les transactions matrimoniales font de la
mariée une « propriété » de sa belle-famille, où la polygamie est acceptée, où les
croyances entourant la maternité restent primordiales pour les femmes, et où les filles
subissent des discriminations dans leur éducation.
Bien que la Constitution de la RD Congo établisse l’égalité en droit et que des quotas
réglementaires de représentation féminine au sein des institutions étatiques aient été
instaurés (30 % de femmes), la représentation des femmes reste faible en raison du
manque d’instruction et des obstacles culturels. Au niveau économique, dans la plupart
des familles, ce sont les hommes qui gèrent les revenus du foyer, et les activités
exercées par les femmes (petites activités et activités informelles), par leur nature, sont
généralement moins rentables. Dans les zones rurales, la répartition du travail est
inégale et les femmes ont la charge de la majorité des activités agricoles.
Bien que les violences sexuelles liées au conflit aient attiré l’attention au cours des
guerres, il est aussi manifeste que le taux de violences sexuelles commises par des civils
est non seulement élevé, mais semble exprimer la faible estime accordée aux femmes et
l’érosion des normes sociales qui protègent ces dernières.42
2.4. Histoire des mouvements des femmes au Sud-Kivu
Les organisations féminines du Sud ont depuis leurs origines concentré leur
attention sur la pauvreté, les conditions de travail, l’éducation et la santé mais plus
particulièrement sur les violences sexuelles et celles basées sur le genre.
Ces mouvements sont nés dans contexte d’après-guerre, des guerres qui ont caractérisé
la grande partie de la province du Sud-Kivu jusqu’au temps où certains penseurs ont

41
Loi n°06/006 du 9 mars 2006 telle que modifiée par la Loi n°11/003 du 25 juin 2011 portant organisation des élections
présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales
42
T. Zemouri, « les bavures de la guerre propre », in jeune Afrique l’intelligent, n°2169 du 5 au 11 aout 202, 42ème édition,
édition internationale.
23

appelé la province ; Capitale des violences sexuelles ; des guerres qui ont fait plusieurs
victimes notamment les femmes n’en étaient pas épargnées. A ces guerres, l’on citera
par exemple le massacre de Kaniola en 2003 où les femmes et les jeunes filles ont été
victimes. Plusieurs d’entre elles ont vu jour entre 1999 et 2006 et d’autres par contre
continuent à être créer.43
Ainsi, les négociations seront à l’origine de la création de structures de coordination des
organisations de femmes comme le Cadre permanent de concertation de la femme
congolaise (CAFCO), le Comité national Femme et développement (CONAFED), et le
Caucus des Femmes, en 2002 considérées comme les premières structures de défense
des droits de femme en province. La participation politique des femmes au
gouvernement de transition et après les élections de 2006 a été assurée de manière
insatisfaisante, de nombreuses femmes politiques ne s’étant pas senties entendues où
n’ayant pas été élues pour différentes raisons.
À l’échelle locale, de petites organisations et associations locales ont été mises en place
par les églises « Communauté ecclésiastique de base » pour les églises catholiques, «
noyaux » locaux de la Fédération protestante nationale des femmes, pour les églises
protestantes, etc.. De nombreuses femmes sont membres de plusieurs associations à la
fois, ce qui semble renforcer leur position en tant que femmes d’influence. Au tournant
du siècle, les ONG provinciales ont intégré les associations locales en tant que noyaux
locaux.44

SECTION III. CADRE THEORIQUE

3.1. Définition
Le mot « théorie » se conçoit sous trois sens opposés45 :
 Le premier met l’accent sur l’opposition entre la théorie et la pratique : elle signifie une
connaissance désintéressée indépendante de ses explications. C’est ainsi qu’on attend
dénoncer les scientifiques des théoriciens pour fustiger des liens entre leurs
connaissances et les pratiques sur le terrain.
 Le deuxième sens limite la théorie à une conception individuelle issue de l’imagination
et d’un parti pris de son producteur. Elle est dès lors comprise comme une construction
hypothétique ou l’opinion d’un savant ou philosophe sur une question controversée.

43
N. Habarugiri, L’apport des mouvements de la femme au développement de la femme. Cas de la ville de
Bukavu, mémoire (inédit) ISDR/BUKAVU, Aout 2010, p.30
44
N. Habaruguri, Op.cit., p.33.
45
P. Kaganda Mulumeoderhwa, Cours des théories sociologues, G2 UOB/FSSPA/, 2010-2011, p.8, inédit.
24

 Le troisième sens le plus usité, reconnait à la théorie sa fonction explicative. En effet, la


théorie est ce qui est l’objet d’une connaissance méthodologique, systématiquement
organisées et dépendent par la suite dans sa forme de certaines décisions ou conventions
scientifiques qui ne relèvent pas du sens commun. C’est aussi une large synthèse se
proposant d’expliquer un grand nombre des faits admis à titre d’hypothèses
vraisemblable par la plupart des savants d’une époque.
La théorie est enfin un dispositif symbolique logico-conceptuel qui satisfait aux
exigences de pertinence vis-à-vis des procédures empiriques de recueil des données.46

3.2 A propos de la théorie


Les théories féministes apparaissent dès 1794 avec la publication de
Revendication des droits de la femme par Mary Wollstonecraft.

En 1851, Sojourner Truth publie J’aime la femme? qui traite des droits des femmes et
dont la thèse essentielle est que les hommes refusent des droits aux femmes à cause
d'une vision erronée qu'ils portent sur celles-ci47. Si des femmes de couleur peuvent
exercer des travaux supposés masculins alors toutes les femmes doivent avoir le droit de
pratiquer les mêmes métiers que les hommes. Enfin, Susan B. Anthony, arrêtée alors
qu'elle avait voulu illégalement voter se défend devant la cour dans un discours publié
en 1872.48 Dans ce manifeste, Susan B. Anthony critique la constitution et son parti-pris
masculinise qui se manifeste jusque dans le langage employé. Elle met en question la loi
qui s'impose aux femmes alors que celles-ci ne sont jamais désignées clairement

La théorie féministe est un aspect du féminisme porté sur la théorisation et la


réflexion philosophique. Son but est de comprendre la nature de l'inégalité entre le
genre. Il examine la place des femmes en faisant référence à des domaines des sciences
sociales comme l’anthropologie, la sociologie, la communication, la psychanalyse, la
philosophie, etc.

Le féminisme en Relations Internationales est un courant de pensée que l’on


peut classer dans les approches radicales. Cette théorie est portée par plusieurs auteurs
dont J. Ann Ticher, Cyntia Enloe, Marysia Zaleweski, Carol Cohn, etc.49

46
P Kaganda Mulumeorderhwa, Cours des théories sociologues, G2 UOB/FSSPA/, 2010-2011, p.8, inédit.
47
Truth Sojourner, J’aime la femme ? Théories féministes 2ème éd. Par Kolmar, Wendy et Bartowski, France, 2005,
p.94-100.
48
B. Susan Antony, Théories féministes 3ème Kolmar Wendy et Bartowski, France, p.55-61.
49
Francis Fukuyama, Women and the evolution of world politics, Foreign Affars, Sept.Oct.1998
25

Selon Tickner, les six principes de la théorie réaliste des Relations Internationales de
Hans Morgenthau (intérêt national, puissance politique, politique intérieure, autonome
du politique) sont basés sur une version partiale de la réalité qui privilégie la
masculinité.50

3.3. Contextualisation dans notre travail


Dans ce travail, nous entendons par la théorie, un ensemble des concepts qui
nous permettent d’analyser intelligiblement les actions menées par les organisations
féminines du Sud-Kivu en vue de défendre les droits de la femme au Sud-Kivu. Ainsi,
notre travail s’inscrit dans l’approche féministe en Relations Internationales.
Les principaux théoriciens en relations internationales ont tellement ignoré le
rôle des femmes confinés dans les actes de reproduction et de coopération qu’on est
venus à penser les relations internationales comme anarchiques.51
C’est en ce sens que c’est une approche radicale car elle s’oppose à la vision
réaliste des relations internationales puisqu’elle est fondée sur une description partielle
et partiale, baisée par une perspective masculine. L’idée fondamentale de cette théorie
est que les chercheurs en relations internationales ont oublié d’étudier l’autre moitié de
l’humanité alors que les femmes sont très représentées sur la scène internationale (ONG
notamment) et l’action des femmes influence indirectement les relations internationales.
Les femmes sont mères et épouses de soldats, infirmières dans des hôpitaux, prostituées
autours des bases et leur rôle est ignoré52. Cette idée fondamentale de cette théorie
rejoint dans le cadre de cette étude la notion d’une idée fondée notamment sur la
défense et la promotion des droits de la femme, particulièrement dans le cadre du
protocole de Maputo défendues par les organisations féminines de la province du Sud-
Kivu.

50
Francis Fukuyama, Women and the evolution of world politics, Foreign Affars, Sept.Oct.1998
51
Anne-Marie d’Aouest, Les approches féministes, dans Alex Macleod et Dan O’meara (dir), Théories des
relations internationales : contestations et résistances, Montréal, éd. Athéna, 2007, pp.281-303.
52
J. Anne Tchner Gender in international relations : feminist perspectives on archieving global security, New
York, Colombia University Press, 1992, p.305.
26

CHAPITRE DEUXIEME : LE PROTOCOLE DE MAPUTO

SECTION I. APERCU HISTORIQUE ET AGENDA DU PROTOCOLE

1.1 Aperçu historique


1.1.1. De la CCF à la CEDEF
Au sein de ce qu’on a longtemps appelé « les droits de l’homme », ceux de la
femme sont restés en retrait. En 1945, la communauté internationale admet dans la
Charte des Nations Unies : le respect des droits de l’homme et des libertés
fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion.
Cette déclaration quoique très intéressante ne suffisait pas pour aligner les droits des
femmes sur ceux des hommes : il fallait que des mécanismes de contrôle pour la
réalisation et l’application du principe énoncé soient mis en place.53
L’ONU, après débats, a considéré que ces questions devaient être examinées dans des
instances dédiées, d’où la création de la sous-« Commission de la condition de la femme
», érigée en commission de plein exercice en 1947 (en anglais, CSW : Commission on
the Status of Women ; et CCF pour l’abréviation du français : Commission de la
condition de la femme). La Commission de la Condition de la Femme réunit 15
membres à sa création. Elle est chargée de présenter au Conseil économique et social de
l’ONU (Ecossoc) des recommandations et rapports sur les voies et les moyens de
promouvoir les droits des femmes et d’améliorer leur situation.
En 1948, la déclaration universelle des Droits de l’Homme confirme que Chacun
peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans ladite
déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue,
de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale,
de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
La CCF est à l’origine de plusieurs conventions soumises à la ratification des États
membres : 1952 (droits politiques des femmes) ; 1957 (nationalité des femmes mariées)
et 1979 (élimination des discriminations). La CCF a également déclaré l’année 1975
comme étant l’année de la femme et elle a organisé la Conférence de Mexico qui fut
suivie par celles de Copenhague (1980), Nairobi (1985) et de Pékin (1995), puis enfin
en 2000 et 2005, par des manifestations plus modestes. Parallèlement les ONG
s’organisent et exercent des pressions sur les gouvernements et auprès de la CCF.

53
C. Stewart, Présentation de la convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des
femmes, Cambridge, Harvard Unirversity Press, 2006.
27

1.1.2. De la CEDEF au protocole de Maputo


La Convention sur l’Elimination de toutes formes de Discrimination à l’Egard de la
Femme, CEDEF fut donc préparée par la CCF et elle fut adoptée par l’Assemblée
générale de l’ONU en 1979. Elle est mise en œuvre depuis 1981 (après sa ratification
par 20 États). Elle constitue une véritable synthèse des politiques encouragées par les
féministes au cours des 3 décennies précédentes. Elle envisage la promotion de l’égalité
dans l’ensemble des droits : civils, politiques, sociaux, économique et de nationalité et
prévoit des engagements concrets de la part des gouvernements nationaux pour en
garantir l’exercice. En 2005, elle était ratifiée par 180 États sur les 191 représentés à
l’ONU et son Protocole facultatif additionnel, adopté en 1999 et mis en œuvre depuis
2001, par 70 États.54
Outre la production de la CEDEF, la CCF a préfiguré, dans les années 1970, dans les
instances intergouvernementales et nationales, la mise en place de services ou de
ministères chargés des droits ou de la condition des femmes, par exemple à la
Commission européenne et au Conseil de l’Europe, ainsi que dans les divers pays
siégeant à l’ONU. On sait qu’en fonction des moyens qui leur sont accordés, leur
influence est plus ou moins importante… Aujourd’hui on parle d’inclure dans toutes les
politiques la notion de genre. On le doit à la CCF qui continue actuellement à travailler
sur de nouveaux droits.
Les États qui ont ratifié la convention doivent remettre au secrétariat de l’ONU,
dans l’année qui suit la ratification, un rapport dit rapport initial sur la situation de l’État
au regard de ses engagements conventionnels et ensuite un rapport périodique, tous les 4
ans. Après consultation de ces rapports, le comité d’experts de la CCF liste les
principaux sujets de préoccupation et formule des recommandations générales aux
États.
1.1.3. Le protocole de Maputo
Le Protocole dit de Maputo qui est une juste émanation directe de la CEDEF a
quant à lui été adopté par l’Union africaine (UA) le 11 juillet 2003 lors du second
sommet qui s’est tenu à Maputo, la capitale du Mozambique. Il est entré en vigueur le
25 novembre 2005, après ratification par 15 des pays membres de l’organisation
panafricaine. Petit à petit il a fait son chemin, en 2011, 49 pays sur les 53 que compte

54
CEDEF, Règles essentielles de conventions de Genève et leurs protocoles additionnels, Genève, Septembre
1983-1990.
28

l’Union l’avaient signé et 31 ratifié. A ce jour, seuls le Botswana, l’Egypte, l’Erythrée et


la Tunisie ne l’ont ni signé ni ratifié. Afin d’obtenir l’approbation d’un plus grand
nombre et face à la situation des femmes dans certains pays, des associations de défense
des droits des femmes ont estimé qu’il était temps de sortir le texte de sa léthargie.
L’association Solidarité pour les droits des femmes africaines (Soawr) a pris la tête de la
relance le 11 novembre dernier. Le Protocole de Maputo est «un outil puissant de
changement qui a besoin d’être mieux connu de tous », précise le jeune journalise
nigérian Itodo Samuel Anthony finaliste d’un concours d’articles sur les droits des
femmes organisé en mai 2011 entre autres par la Soawr. Le protocole exige de tous les
pays africains signataires l’élimination de toutes les formes de discriminations et de
violences à l’égard des femmes en Afrique, ainsi que la mise en œuvre d’une politique
d’égalité entre les sexes. Les gouvernements concernés sont en outre invités à inclure
dans leur constitution nationale respective et dans leurs textes législatifs les principes
fondamentaux de cette égalité et de veiller à leur application. « Le Protocole de Maputo
est un instrument juridique crucial pour les droits des femmes, élaboré par des Africains
et pensé à la lumière des préoccupations des femmes africaines »,
souligne l’Association pour les droits des femmes et le développement (awid).
Le Protocole de Maputo relatif aux droits des femmes a été conçu en
complément de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Il promeut le
droit à la vie, à l’intégrité physique et à la sécurité, le droit de participer à la vie
politique et aux processus de décision, le droit à l’héritage, à la sécurité alimentaire et à
un logement décent, le droit à la protection contre les pratiques traditionnelles
dangereuses et dans les conflits armés. Le texte prévoit aussi des dispositions sur un
accès égal à la justice et l’égalité devant la loi et consacre le droit reproductif des
femmes.55 Le Protocole de Maputo est un instrument juridique crucial pour les droits
des femmes, élaboré par des Africains et pensé à la lumière des préoccupations des
femmes africaines ».56
Ancéstralement, l’Afrique a construit tout un système de discrimination dans
lequel la femme occupe l’échelle la plus grave et la plus basse, rien ne lui est épargné à
l’esclavage domestique à l’asservissement sexuel, et tout cela paraissait aussi normal
que la traite négrière à une époque peu glorieuse de l’histoire… Portées par des

55
Déclaration de Maputo sur l’affirmation de l’égalité entre l’homme et la femme et la participation effective de
celle-ci au sein de l’union africaine, Mozambique Juin 2003
56
Itodo Samuel Anthony, Les droits des femmes et le développement, Bénin, 2016.
29

organisations non gouvernementales africaines dont la mission est de dénoncer ses abus
et signifier aux hommes que la femme africaine est comme toutes les autres femmes,
c’est-à-dire revendiquant son droit inaliénable à la dignité, le Protocole de Maputo fut
alors adopté dans ce concept par différents chefs d’Etats et de gouvernements africains
après plusieurs luttes des mouvements des femmes en Afrique. C’est alors dans ce cadre
qu’il vu jour, ce protocole qui vient lever les barrières tant politiques, culturelles et
légales qui poussent la femme à recourir à ses droits.

Le 11 juillet 2003, l’Afrique est entrée dans l’histoire pas comme ce continent
qui se suicide comme le mentionne Stephen Smith dans son célèbre ouvrage «
Négrologie », encore moins comme cet ailleurs étrange qui se caractérise
principalement par la violence, la morbidité et la calamité, mais comme un espace
capable de garantir les droits de l’ensemble de ses citoyens sans aucune forme de
ségrégation.

C’est ainsi qu’est sorti des fonds baptismaux, à Maputo, sous l’égide des chefs d’Etats
africains, le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif
aux droits de la femme. L’Afrique sonnait alors le glas du confinement de la femme
dans la sphère des seconds rôles. Cet instrument juridique inédit est venu matérialiser,
de façon particulière, les idées qui avaient longtemps été exprimées à travers le Plan
d’Action de Lagos en 1980, la Journée internationale de la femme africaine et plusieurs
autres outils juridiques comme la Convention sur l’élimination de toutes formes de
discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et les Pactes internationaux relatifs aux
droits civils et politiques, ainsi qu’aux droits économiques, sociaux et culturels.

1.2. Agenda du protocole de Maputo


Le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l'homme et des Peuples relatif
aux Droits de la Femme en Afrique (Protocole de Maputo) est le principal instrument
juridique de protection des droits femmes et des filles. Il garantit de façon spécifique, en
son article 14, le droit à la sante et au contrôle des fonctions de reproduction.57

Les droits des femmes à la sante sexuelle et reproductive comprennent notamment : le


droit pour elles d'exercer un contrôle sur leur fécondité ; le droit de décider de leur

57
Marie Thérèse Mengue, « Regard sur la situation de la femme au Cameroun », in Droits de l’homme, libertés et
justice sociale en Afrique centrale, Cahier africain des droits de l’homme, Etudes et documents de l’APDHAC,
Yaoundé, PUCAC, mars 2011, n°11, p. 45-74, p. 56.
30

maternité ; du nombre d'enfants et de l'espacement des naissances; le droit de choisir


librement une méthode de contraception ainsi que le droit à l'éducation sur la
planification familiale.

A l’Alinéa 2(c) de l'Article 14, le Protocole de Maputo engage les États - parties à
prendre toutes les mesures appropriées pour protéger " les droits reproductifs des
femmes, particulièrement en autorisant l'avortement médicalisé, en cas d'agression
sexuelle, de viol, d'inceste et lorsque la grossesse met en danger la sante' mentale et
physique de la mère ou la vie de la mère et du fœtus".58

Il est important de relever que le Protocole de Maputo est le tout premier traité , à
reconnaître l'avortement , dans certaines conditions, comme un droit humain des
femmes , dont elles devraient jouir , sans restrictions ni crainte de poursuites judiciaires.

1.2.1. La commission africaine de droit de l’homme et le protocole de Maputo

La Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (Commission


Africaine) se réjouit de la ratification de cet instrument important, par la majorité des
États membres de l'Union Africaine. Mais elle fait le constat que plusieurs pays tardent
à engager les réformes juridiques nécessaires à l'intégration de ses dispositions
pertinentes, dans leur législation interne en particulier, dans le domaine des droits
sexuels et reproductifs. Ainsi, dans plusieurs Etats - parties ces droits restent encore
caractérisés par le faible accès des femmes et des adolescentes a la planification
familiale ; la pénalisation de l'avortement et les obstacles que rencontrent celles-ci pour
accéder à des services d'avortement sûrs et disponibles, y compris dans les cas autorises'
par la loi nationale.

Plusieurs raisons continuent d'être invoquées pour expliquer la persistance de cette


situation préjudiciable à la santé mentale et physique des femmes, en dépit des taux très
élevés des décès maternels quotidiennement, enregistrés en Afrique.

C'est pour aider à inverser cette tendance que la Commission Africaine a adopté
des Observations Générales n ° 2 sur l’Article 14.1 (a), (b), (c) et (f) et Article 14. 2 (a)
et (c)) du Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif

58
M. Jeugue Doungue, Discriminations à l’égard des femmes et développement durable à la lumière du Protocole
de Maputo relatif aux droits de la femme en Afrique, Yaoundé: PUCAC, mars 2011, n°11, p. 75-95, p. 84.
31

aux Droits des Femmes en Afrique, a l'occasion de sa 55eme Session Ordinaire tenue à
Luanda (Angola) du 28 Avril au 12 Mai 2014. Elles donnent des orientations claires sur
les obligations générales et spécifiques des États - parties en vue de favoriser
l'intégration et la mise en œuvre effectives des dispositions de l'Article 14 du Protocole
de Maputo.

Les dites Observations Générales doivent être utilisées également, lors de l'élaboration
et de la soumission par les États de leurs rapports périodiques, pour rendre compte des
mesures législatives et autres, par eux prises, dans le domaine de la promotion et de la
protection de la santé sexuelle et reproductive des femmes et des adolescentes.

La charte africaine des droits de l’Homme et des peuples a été adoptée le 27 juin
1981 à Nairobi lors de la 18ème session conférence de l’UA. Elle est entrée en vigueur le
21 octobre 1986. Cette charte s’inspire de la charte de l’Organisation de l’Unité
Africaine (OUA), de la charte des Nations-Unies, et de la déclaration universelle des
droits de l’homme.

Cependant, elle prend en compte les traditions historiques et les valeurs de civilisation
africaine59, en insistant sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et en accordant
également une grande place à la famille.
Le protocole de Maputo vient compléter cette charte, en affirmant
spécifiquement les droits des femmes en Afrique. Il énonce un certain nombre de droits
humains, comme l’alimentation, la santé, l’éducation, la dignité, la paix.
Il s’attache également à certaines inégalités entre les hommes et les femmes, condamne
la discrimination à l’encontre des femmes et statue sur héritage, la succession et droit
des veuves.
Ce protocole de 30 pages est un instrument régional pour la protection des droits
fondamentaux des femmes et se considère lui-même comme étant le premier instrument
législatif visant à protéger la femme africaine de toutes les formes de discrimination.
Ses 31 articles formulent une série de dispositions pour la protection des droits
spécifiques des femmes et des filles en Afrique, en tenant compte de l’environnement
socioculturel. Ainsi, le Protocole condamne et interdit les mutilations génitales
féminines et proclame le droit à l’autodétermination sexuelle, renforce les droits des

59
Texte intégral de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits des femmes en
Afrique, http://www.achrp.org/fr/instruments/archpr/, consulté le 14/01/2018.
32

femmes dans le mariage et reconnaît aux femmes et aux hommes des droits égaux de
posséder et d’acquérir des biens.
43 États ont signé le Protocole de Maputo60. Le protocole a été signé par les État
suivants : Afrique du Sud, Algérie, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun,
République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana,
Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Guinée, Cap-Vert, Comores, Congo, Kenya,
Lesotho, Liberia, Libye, Madagascar, Malawi, Mali, Maurice, Mozambique, Namibie,
Niger, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Swaziland, Somalie,
Tanzanie, Togo, Tchad, Ouganda, Zambie, Zimbabwe (situation en novembre 2006).
Entre-temps, 20 États l’ont ratifié : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Comores, Djibouti,
Gambie, Lesotho, Libye, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Nigeria,
Rwanda, Zambie, Sénégal, Seychelles, Afrique du Sud, Togo.
15 États l’ont ratifié jusqu’en octobre 2005, et ayant ainsi atteint le quorum requis, il est
formellement entré en vigueur le 25 novembre 2005.
Le Protocole est le fruit des efforts déployés par un grand nombre d’organisations non
gouvernementales (ONG)61, en vue de protéger explicitement et de manière spécifique
les droits des femmes par un protocole additionnel à la Charte africaine des droits de
l’homme. Certaines clauses de la Charte de 1986 avaient été critiquées parce qu’elles
étaient formulées en des termes si vagues, notamment ce qui concerne les droits des
femmes, qu’il n’était guère possible d’en dégager des revendications pour des
modifications législatives ou des actions politiques concrètes, en dépit des
discriminations massives dont les femmes et les filles font l’objet en Afrique. Après de
nombreux cycles de consultation menés au niveau national et régional entre des acteurs
gouvernementaux et civils, un document commun, élaboré sous la direction de la
Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, a été adopté pour servir de
base au Protocole de Maputo.

1.3. Priorités du Protocole de Maputo62


• Garantie et reconnaissance des droits civils, politiques, économiques et culturels des
femmes (articles 8, 9, 12, 13, 17)

60
Tableau de ratification du protocole de Maputo, situation en novembre 2006, in http://www.onufemmes.org consulté le
03 mars 2018
61
Women in Law and Development in Africa / Femmes Droits et Développement en Afrique (WiLDAF/FEDDAF), p.14.
62
Amnisty International, Le Protocole de Maputo de l’Union africaine : Un instrument pour la promotion des
droits des femmes en Afrique, éd. Francophone d’Amnesty international, Paris, 2009, p.5.
33

• Garantie de tous les droits fondamentaux reconnus au niveau international pour les
femmes (articles 2, 3, 4)
• Protection contre des pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé, telles que les
mutilations génitales féminines (article 5)
• Droit à la paix et protection particulière des femmes dans les conflits armés (articles
10, 11)
• Droit à la santé et en matière de reproduction, droit à la sécurité alimentaire (articles
14, 15, 18)
• Droits des femmes et des hommes à un traitement égal devant la loi, à une protection
égale de leurs droits et à un accès égal à la justice (articles 2, 8)
• Protection des femmes contre toutes formes d’exploitation et de traitements dégradants
(articles 2, 3, 4)
• Prise en compte de l’égalité entre hommes et femmes dans le droit matrimonial,
notamment en considération de la polygamie, des mariages forcés et précoces, et
protection des droits des veuves (articles 6, 7, 20, 21).

Enfin, le protocole de Maputo condamne les mutilations génitales féminines et énonce


les droits à la santé et contrôle des fonctions de reproduction dans son article 14.63

SECTION II. MISE EN OEUVRE ET RATIFICATION

2.1. Mise en œuvre


Suite à la ratification du protocole de Maputo, de nombreux pays ont pris de
mesures législatives et constitutionnelles pour améliorer les droits des femmes sur leur
territoire. La RDC a lancé une campagne de « tolérance zéro » envers les auteurs de
violences sexuelles, l’Ouganda a interdit les mutilations génitales, le Kenya a adopté un
projet de loi sur la protection de la famille qui criminalise les violences domestiques
etc.64
Cependant, de nombreux Etats n’ont pas encore appliqué les recommandations
préconisées. Par exemple, l’article 14 du Protocole portant sur les droits sexuels et
reproductifs, l’article 21 relatifs à l’héritage équitable entre hommes et femmes ou

63
Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes
64
Slate Africa, « Le protocole de Maputo n’a pas vraiment sauvé les femmes africaines », 12 juillet
2018,http://www.slateafrique.com/310963/femmes-protocole-maputo-dix-ans-apres-maintenat,consulté le
14/01/2018.
34

encore l’article9 mentionnant la participation égalitaire des femmes et des hommes en


politique sont objets de discussion dans de nombreux pays.65

2.2. De la ratification
Sur les 54 Etats-membres de l’Union Africaine, 36 ont signé et ratifié le
protocole de Maputo, 15 l’ont ni signé ni ratifié.66
La plupart des pays ayant ratifié le protocole se sont engagés dans des réformes visant à
promouvoir les droits des femmes. Selon le rapporteur spécial de la commission
africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) sur les droits des femmes en
Afrique, « l’adoption du protocole de Maputo a été un moment extraordinaire,
historique pour la réalisation des droits des femmes africaines. Aujourd’hui, ce texte
constitue un modèle et une source inépuisable d’inspiration. A condition que d’être
ratifier et pleinement mis en œuvre, il représente un véritable instrument d’action en
faveur de la transformation durable de nos sociétés ».67
La ratification du Protocole de Maputo reste un moment extraordinaire, historique mais
aussi une occasion en or pour réaliser les droits des femmes sur le continent africain.
Aujourd’hui, ce texte constitue un modèle et une source d’inspiration. A condition
d’être ratifié et pleinement mis en œuvre, il représente un véritable instrument d’action
en faveur de la transformation durable de nos sociétés. Poursuit Madame Soyata Mayga.
La convention sur l’élimination de toutes formes de violences et discriminations à
l’égard des femmes (CEDEF), ainsi que le Protocole à la charte africaine des droits de
l’homme et des peuples relatifs aux droits des femmes offrent un cadre lega l pour
lutter contre les violations des droits humains des femmes. En ratifiant ces instruments,
les Etats s’engagent à prendre en compte les droits humains des femmes.
Si presque tous les Etats africains ont ratifié la CEDEF (51 sur 53), 8 y ont tout
de même émis des réserves allant à l’encontre du principe même de non-discrimination.

65
Aimée Florentine Kabore, Droit des femmes en Afrique : Pourquoi le protocole de Maputo tarde-t-il à se
traduire en réalité sur terrain ?, Article de presse du journal Sidwaya, numéro unique du 30 juin 2015, Vol. 12.
66
http://www.archpr.org/fr/instruments/women-protocol/, Tableau de ratification par pays du protocole de
Maputo, consulté le 14/01/18,
67
Soyata Maiga, « Droits des femmes en Afrique, Rapport de la CEDHP, Maputo, juin 2015, pp 21-23.
35

Carte N°1: Pays membres du protocole de Maputo68

Source : Carte de la ratification du protocole de Maputo par Cour Africaine de Droits de


l’Homme et des Peuples.
Nous nous rendons compte que certains Etats africains ont bien accueillit le protocole
de Maputo et sont allés jusqu’à le signer, le ratifié et même le publier dans le journal officiel
selon la loi de chaque pays. D’autres par contre l’ont juste signé mais pas ratifier jusqu’o ces
jours. Pendant ce temps, d’autres pays ne l’ont même pas signé ou ratifié, il s’agit ici de pays
conformément à l’image ci-haut.

68
FIDH, « Droits des femmes en Afrique : 15 pays n’ont toujours pas ratifié le protocole de Maputo ! », 10 juillet
2013, https://www.fidh.org/La-Federation-internationale-des-ligues-des-droits-des-femmes-en-afrique-15-pays-
n’ont-toujours-pas-ratifie-le-13642, consulté le 14/01/2018),
36

La coalition Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter lance un appel aux
Etats n’ayant pas ratifié le protocole de Maputo à le faire. Ce texte, à l’instar de la convention
des NU sur l’élimination de toutes formes des discriminations des femmes ratifiée par la quasi-
totalité des Etats africains, offre un cadre juridique de référence pour assurer le respect des
droits humains des femmes : élimination des discriminations et des pratiques néfastes ; droit à
la vie et à l’intégrité physique ; égalité des droits en matière civile et familiale ; accès à la
justice ; droit de participation au processus politique ; protection dans les conflits armés ; droits
économiques et protection sociale ; droit à la santé et au contrôle des fonctions de
reproduction ; droit à la sécurité alimentaire, etc.69

Convaincu que la lutte contre la discrimination et la violence à l’égard des femmes


passe par la modification du cadre législatif, plus d’une association féminines de la RDC ont
lancé, le 8 mars dernier 2009 des campagnes sur le respect du droit des femmes appelant ainsi
les Etats africains à respecter le protocole de Maputo et les autres instruments juridiques de
protection des droits des femmes et à tout mettre en œuvre pour garantir le strict respect de
leurs dispositions.
Ratifier n’est pas suffisant, c’est ainsi, les Etats doivent en plus de la ratification du Protocole
de Maputo, prendre des mesures positives pour protéger effectivement les droits garantis. C’est
l’explication du verbe « Respecter » qui vient conscientiser les dirigeants africains en leur
disant que, un protocole révolutionnaire mérite une bonne application.

2.3. De la ratification du protocole de Maputo par la RDC


Après beaucoup de débats, plusieurs mouvements contre la ratification dudit protocole ;
il fallait que le gouvernement congolais donne son mot sur la question du protocole de Maputo
et son éventuelle ratification.
Ainsi, depuis le 09 février 2009, la République Démocratique du Congo a ratifié le Protocole à
la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes.
La RDC fut alors le 26ème pays du continent à ratifier ce protocole et le deuxième Etat
d’Afrique centrale, après le Rwanda à franchir cette étape.70
Les organisations féministes de la RDC se sont félicitées de cette avancée. Toutefois, il ne
s’agit pas seulement d’une promesse qui devra par la suite être suivie d’effets. Ces
69
« L’Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter » in http://www.africa4womenrights.org, consulté le 15 avril
2018
70
« L’Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter » in http://www.africa4womenrights.org, consulté le 15 avril
2018.
37

organisations, auteurs de la campagne ‘‘Afrique pour le droit des femmes’’ attendaient depuis
la ratification du protocole par la RDC, les actions concrètes démontrant que la volonté des
autorités congolaises de respecter leurs engagements internationaux, notamment à travers cette
ratification du protocole de Maputo était prévisible.
Pour la RDC, la dépénalisation de l’avortement est une chose mais, l’effectivité de
celle-ci en est une autre. La philosophie du protocole de Maputo tend vers une dépénalisation
partielle mais grave de l’avortement car selon l’expression de l’article 14 2 c, c’est seulement
en cas de viol, inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale de la femme que
cet avortement est garanti par le fameux protocole. Une interprétation tout à fait stricte pour ce
qui concerne cet article est nécessaire pour ne pas encourager l’anarchie dans l’affaire de
l’avortement.
C’est pourquoi, comme la RDC n’a pas encore atteint un stade si important dans l’applicabilité
dudit protocole ; elle peut chercher des solutions pour ne pas totalement dépénaliser
l’avortement. La justification à cette allégation est que, la plupart des pays africains en général
et en particulier la RDC ne sont pas suffisamment équipés pour dépénaliser l’avortement et ceci
sans danger.
Après la ratification d’un traité, celui-ci commence à produire des effets sur le plan
interne. En général, pour qu’un traité ou une convention soit d’applicable sur le plan interne, il
faut que ledit traité acquière la qualité des normes internes de cet Etat là. La transformation
d’un traité en norme de droit interne se réalise par un processus appelé « Introduction ou
Réception ». A ce sujet, il existe globalement deux grands systèmes : le système des Etats
monistes et celui des Etats dits dualistes71.
Dans les Etats monistes, le système qui prévaut est celui de « l’incorporation
automatique » en ce sens que les traités acquièrent le statut de droit interne dès l’instant où ils
deviennent des normes internationales obligatoires pour l’Etat intéressé, c’est-à-dire dès que le
moment où cet Etat exprime sa volonté à être par voie de ratification, adhésion, acceptation,
etc. Tel est le système de beaucoup d’Etats Européens dont l’Allemagne, la France, l’Espagne,
de la majorité de pays latino-américains et une bonne partie des Etats africains (essentiellement
les pays d’expression française)72.
Par contre, dans les Etats dualistes, les traités, même ratifiés en bonne et due forme, ne
font pas partie du droit interne pour qu’ils deviennent normes internationales. Les traités

71
Luzolo Bambi Lessa, « Droit congolais, droits de l’homme et engagements internationaux », Séminaire international sur la
gestion de la transition en RDC du 26 au 28 avril 2004, p3.
72
André Mayambo, l’application de normes internationales relatives aux droits de l’homme par le congolais, inédit, p3. Cité
par Luzolo Bambi Lessa, Op.cit., p3.
38

doivent faire l’objet d’une réception formelle. La question du statut interne des instruments
internationaux relatif au droit de l’homme est bien réglée par les dispositions de la constitution
congolaise du 18 février 2006 en son article 215. En effet, cet article dispose : « les traités et
accords internationaux régulièrement conclus ont, dès leur publications, une force supérieure à
celles de lois, sous réserve pour chaque traité ou accord, de son application, par l’autre partie ».
La constitution congolaise consacre ainsi le système de l’incorporation automatique des traités
dans l’ordre juridique congolais. Les traités internationaux conclus par la RDC s’incorporent à
l’ordre juridique congolais à partir du moment où ils sont publiés dans le journal officiel. Ils s’y
incorporent avec un rang supérieur à la loi, que cette loi soit antérieure ou postérieure.
Toutefois, il importe d’indiquer que le régime des traités internationaux relatif aux droits de
l’homme diffère de celui des traités de type classique en ce que leur application ne peut pas être
soumise à la condition de réception.73
C’est à partir du moment où les traités sont publiés dans le journal officiel qu’ils
commencent à produire des effets dans le droit interne congolais.
A notre avis, nous demanderions au parlement congolais de voter une loi qui permettrait de
remédier la question de la dépénalisation de l’avortement. Cette loi devrait consacrer la
pratique de l’accouchement X. cette loi emboiterai le pas de la pratique française dans
l’accouchement sous X. au fait, si la femme a une grossesse qui rentre dans le cadre de l’article
14 du protocole de Maputo.
Toutefois, sans être moraliste, une femme qui porte un fœtus doit en être consciente qu’elle
porte en elle un enfant. D’où la nécessité de ne pas trop vouloir courir à l’avortement car ce
fœtus est un humain aussi.

2.3.1. La RDC et le protocole de Maputo


Ainsi, le 14 mars 2018 était enfin la date de la publication au Journal Officiel (JO) de la
RDC du Protocole a la Charte Africaine des Droits de l’homme et des Peuples relatif aux Droits
de la Femme en Afrique (appelé fréquemment « Protocole de Maputo ») qui est le principal
instrument juridique de protection des droits des femmes et des filles.

Cette publication au Journal Officiel est importante parce qu’il existe depuis longtemps une
controverse sur le moment de l’entrée en vigueur d’une loi. Certains juristes invoquent l’article
142 de la Constitution qui stipule : « La loi entre en vigueur trente jours après sa publication
au journal officiel à moins qu’elle n’en dispose autrement ». Ils en déduisent que «
l’application des traités ratifiés dans les Cours et tribunaux congolais est facteur de leur

73
Luzolo Bambi Lessa, Op.cit., p4.
39

publication au journal officiel ». Donc pas de publication au Journal Officiel implique que pas
d’entrée en vigueur ! D’autres juristes plus audacieux considèrent que si l’absence de
publication est utilisée comme une mesure dilatoire avec la volonté d’empêcher l’entrée en
vigueur de la loi adoptée (et dans ce cas du protocole), elle ne doit pas bloquer indéfiniment
l’entrée en vigueur d’une loi votée par le Parlement. Un peu comme lorsque le Président de la
République ne promulgue pas la loi votée dans les 15 jours de sa transmission, l’article 140
prévoit que « A défaut de promulgation de la loi par le Président de la République dans les
délais constitutionnels, la promulgation est de droit »74.

Le protocole de Maputo, en publié, ceci entraine donc de multiples conséquences, entre autres
en matière d’applicabilité directe de ce texte. « Applicabilité directe » signifie qu’« est
directement applicable la règle de droit international qui, sans requérir aucune mesure interne
d’exécution, peut être appliquée dans l’Etat où cette règle est en vigueur »75. Ainsi est en cause
la possibilité pour un juge national d’ « appliquer » la règle internationale, c’est-à-dire
d’emprunter à son dispositif la solution du litige dont il est saisi.

SECTION IV. ANALYSES CRITIQUES DU PROTOCOLE DE MAPUTO

4.1. LES OPINIONS CONTRE DU PROTOCOLE DE MAPUTO

4.1.1. Controverse autour de l’avortement


Les droits de la femme relatifs aux méthodes de contraception, à l’espacement des
naissances, à la détermination du nombre d’enfants et à la maternité se heurtent non seulement
aux pesanteurs des traditions africaines toujours vivaces, mais également à certaines
intransigeances religieuses qui ne laissent souvent que très peu de place à l’exaltation du bien-
être de l’individu face aux dogmes inspirés par la foi76.
L’art 14, « droit de la santé et au contrôle de fonctions de reproduction » réclame la
légalisation de ce qui serait en effet l’avortement libre en Afrique. Selon les interventions
typiques des juristes internationaux de langage du protocole de Maputo servirait à légaliser

74
Mukoko Samba, Forum sur la contribution de la femme à la reconstruction de R2publique Démocratique du
Congo, septembre, 1999.
75
Joe Verhoeven, La representativité au profit des femmes dans le gouvernement des pays sous developpés, Paris, éd.
Armand Colin, 2001.
76
Maurice Kamto, « Introduction générale : La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et les
perspectives de la protection des droits de l’homme en Afrique », AUPELF-UREF, Montréal, 1994, p.254.
40

l’importe quel avortement pour toutes les femmes enceintes même pendant le 9ième mois de
grossesse. Toutes les restrictions efficaces de l’avortement seraient abolies par le protocole.77
A ce niveau, plusieurs auteurs ont mal interprété ce protocole car l’article 14, 2ème alinéa
paragraphe c, est un peu claire en cette matière et défini le cas dans lesquels cet avortement
doit être toléré. C’est pourquoi, les Etats doivent être strict dans l’application de ce protocole,
interpréter de manière stricte de cette disposition qui dépénalise l’avortement et de faire en
sorte d’éviter certaines erreurs.
Le protocole de Maputo formulé avec l’assistance de la fédération internationale du planning
familial (IPPF) demande explicitement que toutes les méthodes de contraception, y incluent
celles qui sont abortives comme la pilule soit fournie par les gouvernements. Le traité exige la
permission de tuer non seulement à naitre conçu par un viol ou l’inceste, mais aussi lorsque la
grossesse met en danger la santé mentale ou physique de la mère.78
Aux Etats-Unis et ailleurs, cette dernière ouverture a été utilisée pour justifier tous les
avortements à n’importe quelle période puisque le médecin avorteur pouvait toujours se
défendre en disant que la femme aurait été dépressive ou anxieuse s’il avait refusé de pratiquer
l’avortement demandé. Ceci est certain : le Protocole de Maputo aboutira par l’avortement libre
sur tout le continent. C’est serait la première fois que tout un continent aurait reconnu un droit à
l’avortement. Il y aurait peut être une solution pour pallier à cette mauvaise foi de médecins
avorteurs, bien que l’organisation mondiale de la santé défini la santé comme un état de bien-
être physique, mentale et social complet ; elle n’est pas seulement l’absence des maladies ou de
déficience ; les médecins doivent être strict, au besoin même recourir au tribunal pour que
celui-ci apprécie si réellement si la femme est en danger et qu’il faut que médecin recours à
l’avortement comme seul moyen pouvant lui sauver. Ceci revient à dire que tout avortement
qui ne serait pas autoriser par le juge après sa libre appréciation sera retenu comme un fait
infractionnel et le médecin traiteur engagera sa responsabilité ainsi que tous les complices
doivent être dument poursuivit.
L’intervention du tribunal dans l’affaire de l’avortement aura comme avantage de n’est pas
libéraliser l’avortement en Afrique comme croient certaines personnes.

77
Humann Life International, « Le protocole de Maputo : un danger imminent », in http://www.hli.org, consulté le 05 mai
2018
78
N. Mufurume Gustave, Le protocole de Maputo, danger pour le droit interne des Etats, Mémoire Droit,
Université de Graben, 2011-2012.
41

4.1.2. L’Eglise catholique et le protocole de Maputo


Pour dévoiler la forme que revêt ce danger aujourd’hui pour l’Afrique, le Pape émérite
XVI a prononcé une allocution d’une importance capitale le vendredi 20 mars 2009 au palais
présidentiel de Luanda, capitale de l’Angola.

En s’adressant à l’ensemble du corps diplomatique réuni pour l’occasion, Benoit XVI


s’adressait idéalement à toutes les nations africaines, c’est au cours de ce discours qu’il a cité
explicitement un instrument juridique supranational que peu d’occidentaux connaissent : le
protocole de Maputo. Lui attirant encore et toujours les foudres des médias européens.79 Le
pape Benoit XVI a Luanda, s’exprimait dans ce sens : « je dois également mentionner un autre
grave sujet de préoccupation : politiques de ceux qui, dans l’illusion de faire progresser
l’édifice social, en menaçant les fondements mêmes. Combien est amère l’ironie de ceux qui
promeuvent l’avortement au rang des soins de santé des mamans ! Combien est déconcertante
la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé
reproductive (cfr. L’article 14 du Protocole de Maputo) ! ».

Kamga Gustave, déplore le fait que l’article 14 soit si vivement critiqué par
d’imminentes personnalités. Cet article a pour titre : « droit à la santé et au contrôle des
fonctions de reproduction ». Que les Etats s’engagent à prendre toutes les mesures appropriées
pour assurer et protéger les droits reproduction des femmes particulièrement en autorisant
l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste, etc. est tout à fait
normal si nous déferons les droits de la femme ; une maternité ne doit pas être imposée à la
femme.80 Ainsi, Gustave fut contredit par Anne-Marie Kengne, qui trouve que ce qui est mal
c’est la vie et non la capacité de déclarer qu’un enfant ne mérite pas de vivre parce que conçu
dans des mauvaises conditions. Le rapport sexuel peut être mauvais, cela ne rend pas l’enfant
mauvais81. Selon elle, l’Afrique a besoin de redécouvrir ces valeurs où l’enfant c’est pour tout
le monde, pour la société.

Présenté initialement comme un document à lutter contre les mutilations génitales perpétrées
contre les femmes, il s’agit en fait de l’un des premiers textes de droit international à
revendiquer explicitement le droit à l’avortement. L’article 14 cité et critiqué par le Pape

79
« Le protocole de Maputo : Benoit XVI défend l’Afrique à naitre » in http://www.libertépolitique.com, consulté
le 26 mars 2018
80
Kamga Gustave, « droit à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction », Yaoundé, PUCAC, mars 2011,
p. 43.
81
Anne Marie Kengne, Le Protocole de Maputo cherche l’éradication des cultures traditionnelles de l’Afrique,
Paris, Economica, 1999, p. 181.
42

émérite Benoit XVI, intitulé « droit à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction » est
en effet une charge d’une violence sans précédent contre les enfants à naitre. L’article
incriminé contraint les Etats à « protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement
en autorisant l’avortement médicalisé, suivant les cas précédemment cités.

Le vocable « Santé mentale et physique de la mère » est un permis de tuer sans


restrictions à n’importe quel moment de la grossesse selon l’interprétation complaisante et
ultralibérale qu’en ont donné la plupart des leaders d’opinion occidentaux qui œuvrent en
Afrique82. Ce texte est en effet le fruit amer d’une guerre culturelle menée par de nombreuses
ONG occidentales, notamment Fédération internationale du planning familial, qui caracole en
tête dans la lutte. Déjà, lors des conférences onusiennes du Caire en 1994, l’IPPF réclamait
l’instauration d’un droit à l’avortement. Apparemment très combattu par la diplomatie vaticane,
le projet échouera peu après.
L’occasion tant attendue s’est alors présentée en Afrique lorsqu’il fut décidé
d’instaurer un traité interdisant les mutilations sexuelles féminines, un problème
malheureusement réel et endémique dans certains pays africains. Mais l’intention première fut
bien vite oubliée, une seule phrase mentionnant ce fait dans le document final comprenant plus
de 20 pages et plus de 20 articles. C’est ainsi que l’ensemble de l’article 14 du protocole n’est
qu’un copier-coller de la vulgate diffuser par l’IPPF et une multitude d’ONG qui lui sont
soumises intellectuellement.83 Comment l’intention première peut être vite oubliée alors que le
contenu du protocole de Maputo palpe la réalité africaine ; ceci revient à dire que comme, elles
pourraient conseiller aux Etats de ratifier avec réserve car une seule phrase ne peut causer la
non ratification d’un traité dont plusieurs de ces dispositions sont favorables. A ce niveau, une
autre difficulté se présente, c’est notamment celle de savoir la catégorie des traités qui peuvent
faire objet d’une réserve ; s’il faudrait tout mettre en lumière.
Ceci a été fait, car dans un communiqué des évêques africains qui, fut divulgué le 19 avril 2017
, signé par le cardinal Polycarpe Pengo, président du symposium des Conférences épiscopales
d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) et archevêque de Dar Es-Salaam, Tanzanie, ainsi que
beaucoup d’autres cardinaux et évêques africains qui attirent l’attention des chefs politiques de
l’Afrique en leurs exhortant des fortes réserves concernant des aspects de l’article 14 u
protocole de Maputo… Les droits des femmes de protéger et promouvoir leur santé sexuelle et
82
« Quels sont les dangers du Protocole de Maputo ? Les dirigeants catholiques et africains s’opposent au
Protocole de Maputo », in http://www.leprotocoledemaputo.org/opposition_catholique_affricaine.html
(consulté le 10 mai 2018)
83
« Protocole de Maputo : Benoit XVI défend l’Afrique à naitre » in http://www.libertépolitique.com/ consulté le
03/05/2018
43

reproductive dans cet article ont exclu les droits du couple, de la famille et de la société (civile,
traditionnelle, culturelle et religieuse) et précisément prendre part à la promotion des droits de
la femme aux soins de santé. Par exemple, l’autorisation d’avorter et le choix de toutes les
méthodes de contraception pour les femmes (cfr. Articles 14, 1c et 2C) sont particulièrement
incompatibles avec les enseignements de l’Eglise catholique, sa tradition et ses pratiques… en
outre, l’Eglise affirme sans interruption depuis le premier siècle que c’est une grave faute
morale pour toute personne ou leur agent de procurer un avortement. Cet enseignement n’a pas
changé et demeure inchangeable !!!
A la lumière de ceci, nous observons que l’avortement et l’infanticide sont des crimes
abominables pour presque toutes nos cultures africaines, sociétés traditionnelles et religions.84
En ce qui concerne plus particulièrement le protocole de Maputo, Benoit XVI, dès son
élection, a suivi de très près le dossier grave aux évêques africains. Le 19/01/2006, la
conférence épiscopale de l’Ouganda dénonce le caractère subversif de ce document : « Jamais
dans l’histoire un protocole n’est allé aussi loin ! Nous croyons fermement que les peuples
d’Afrique n’ont aucun désir de voir ce protocole introduit dans leurs lois. Les situations de
forte détresse mentionnées dans le texte (viol, inceste, agression sexuelle) ne peuvent créer un
droit de supprimer une vie innocente. Ceci s’applique encore moins dans les cas définis d’un
danger pour la santé mentale ou physique de la mère. En fait, ceci est une porte ouverte à
l’avortement libre ».
Chris Smith, un député national américain, en visite au Nigeria a critiqué le protocole.
Selon le Daily champion de Lagos du 26 février 2007, Smith a déclaré que la vie
d’innombrables africains a été perdue ou blessée par les guerres, les crimes, les famines et les
maladies. L’avortement légal ou illégal menace la destruction de la prochaine génération
d’enfants africains. C’est faux de prétendre que l’avortement sera sans risques si c’est légal.
L’avortement n’est jamais sans risques pour l’enfant et peut causer des blessures physiques,
émotionnelles et psychologiques pour la femme si c’est légal ou illégal.85

84
Maurice Kamto, « Introduction générale : La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et les
perspectives de la protection des droits de l’homme en Afrique », op. cit, p. 36.
85
« Les dirigeants catholiques et africains s’opposent au protocole de Maputo », in
http://leprotocoledemaputo.org/index.html , consulté le 05 mai 2018
44

4.2. LES TENANTS DU PROTOCOLE DE MAPUTO

4.2.1. L’extrême gauche soutien le protocole de Maputo


Les organisateurs occidentaux de la promotion du protocole de Maputo sont de la
gauche radicale. En tête est Emma Bonno, membre du parlement européen et fondatrice du
groupe Pas de paix sans justice. Elle est membre du parti radical en Italie. Elle lutte contre
l’interférence du Vatican dans les affaires intérieures des Etats membres de l’Union européenne
sur les droits des GBLT, traduit en anglais Gay, Lesbian, Bisexual and Transgrendered ou
homosexuel, lesbienne, bisexuel et transsexuel. Le parti radical se vante de son rôle dans la
promotion de l’avortement et du divorce en Italie. Il faut ajouter que le plan d’action de Maputo
adopté en septembre 2006 lors de la réunion des ministres de santé en matière de sexualité et de
reproduction en Afrique. Ce plan d’action demande que l’avortement soit accessible dans tous
les pays africains autant que les lois nationales le permettent. Quant Maputo aura abolit les
restrictions à l’avortement, ce plan d’action sera utilisé pour banaliser l’avortement qui sera
même subventionné par le gouvernement.86

L’extrême gauche ne veut pas à ce que le Vatican puisse s’ingérer dans les affaires
internes des Etats. Elle met au-devant le célèbre principe de la non-immixtion dans les affaires
intérieures des Etats, principe cher en coopération internationale. Elle s’est alors rendu compte
que le Vatican était en train de violer ce principe.

Vu que ce parti a pour rôle et objectif de la promotion de l’avortement en Italie, il fait


extension, en faisant une projection en Afrique car le protocole de Maputo, en son article 14 2 c
dépénalise l’avortement. Chose qui retient la satisfaction de GLBT. Son analyse en interdisant
au Vatican de ne pas s’immiscer dans les affaires des Etats sur les GLBT n’est pas du tout
convaincante dans le sens que le protocole de Maputo en Afrique ne promeut ni
l’homosexualité, ni la bisexualité moins encore la transsexualité. Mais, comme, quelque part
elle milite pour la promotion de l’avortement, il faudrait dans ce cas qu’elle donne des raisons
plus ou moins rationnelles pour encourager l’avortement, ils doivent mettre tout en œuvre pour
limiter les dégâts, voir dans la mesure du possible comment orienter sa politique soit en une
dépénalisation partielle ou totale. Pour sa part, l’extrême gauche devrait donner quelques
stratégies qui pourraient amener les Etats africains de ne pas demeurer dans l’embarras ; d’une
part les valeurs africaines qui sont en danger et d’autres parts l’effectivité de cette
dépénalisation de l’avortement en le subventionnant.

86
« Le protocole de Maputo : un danger imminent », Op.cit., p.19.
45

4.2.3. L’opinion congolaise sur le protocole de Maputo

Un protocole fort critiqué, la population congolaise n'est pas passée à côté. Elle n'a pas
conçu l'attitude du gouvernement congolais de l’avoir ratifier. Les portes étendards de cette
position sont surtout les églises qui, dans tout le pays, ont contesté cet acte. Dans divers
mouvements associatifs, tout tournait autour de la question du protocole de Maputo. L'Eglise
catholique tenait à tout prix pour que celui-ci ne soit pas ratifié et sensibilise même jusque
maintenant, la population congolaise pour atteindre son objectif.
La Femme Congolaise, Religieuse ou Laïque, s'est engagée à préserver la Vie, sous toutes ses
formes et tient à sa dignité de personne humaine créée à l'image de Dieu. Sur les 53 pays
membres de l'Union Africaine, neuf n'ont pas signé ledit Protocole. Cependant, vingt pays ont
signé et ratifié contre vingt-quatre qui l'ont signé mais ne l'ont pas ratifié. C'est le cas de la
République Démocratique du Congo dont les Femmes en colère, multiplient des actions pour
inviter le Gouvernement à ne pas ratifier le Protocole de Maputo. 87
Pour ce faire, celles-ci ont organisé des réunions visant à faire comprendre à toutes les femmes
congolaises tous les dangers et pièges que contient ce protocole. C'est dans ce contexte précis
qu'il faudrait situer une réunion des Femmes sur la non ratification du Protocole de Maputo,
tenue au Siège de l'Union des Supérieures Majeures (USUMA), situé sur la 13ème Rue, dans la
Commune de Limité, à Kinshasa. Initiée par « Dynamique Femmes pour la Paix » de la
Commission Episcopale Justice et paix de l'Eglise Catholique de la RD Congo, cette rencontre
a réuni des femmes membres des ONG locales.
C'est un constat amer d'autant plus que la plus part des congolais rejettent le protocole de
Maputo. C'est le cas des femmes qui voulaient interdire au gouvernement de ratifier ledit
protocole. Ces femmes comptaient le faire car elles étaient entrain de brandir le caractère sacré
de la vie humaine et elles supposaient que, autoriser l'avortement est révoltant et inconsolable
et c'est la raison pour laquelle le protocole de Maputo est une bombe à retardement.
Essayons un peu de revenir en arrière en s'inspirant à l'article 1 de la DUDH qui dispose que
tous les êtres humains...sont doués de raison et de conscience. La DUDH remet en cause la
personnalité juridique ; car selon le droit interne, la personnalité juridique commence dès la
conception, pourvu que l'enfant naisse vivant et viable. A ce niveau, ces femmes pourraient
avoir raison de s'acharner contre cette disposition qui autorise l'avortement car la vie existe
déjà.

87
Les femmes congolaises disent non à la ratification du protocole de Maputo » in http://www.cooperation.net
,consulté le 15 mai 2018
46

Malheureusement, avec cet article 1 de la DUDH, qui énonce une primauté du critère
philosophique de la vie par rapport au critère biologique et par conséquent, la vie commence
plus tôt à la naissance et non à la conception.
Une petite logique nous permet de déduire que, conformément à l'article 215 de la constitution
du 18 février 2006 qui dispose qu'une fois la convention ratifiée, elle a une autorité supérieure à
celle des lois ; une disposition autorisant l'avortement ne met pas en danger la vie car, nous
l'avons déjà dit, elle commence à la naissance.
47

CHAPITRE TROISIEME : PLAIDOYERS DES ORGANISATIONS FEMININES DU


SUD-KIVU POUR L’APPLICATION DU PROTOCOLE DE MAPUTO PAR LA RDC.

SECTION I. LE PROTOCOLE DE MAPUTO ET LES INSTRUMENTS JURIDIQUES


NATIONAUX DE PROTECTION DES DROITS DE LA FEMME

§1.1 Le processus d’intériorisation des conventions et traités internationaux relatifs aux


droits des femmes en R.D. Congo.
Le droit international et le droit interne ne constituent pas deux ordres aux frontières
complètement étanches ; il y a, comme l’affirme Fréderic Sudre, une « interpénétration de
l’ordre interne et de l’ordre international88».
La ratification est l’approbation donnée au traité par les organes internes compétents et qui
a pour but d’engager internationalement l’Etat à respecter le traité89. La R.D. Congo a ratifié
depuis le 06 Octobre 1985 par l’ordonnance n° 85/040 la Convention sur l’élimination de
toutes les discriminations à l’égard de la femme, CEDEF, le 20 juillet 1987, la charte africaine
des droits de l’homme et des peuples et plus spécialement le protocole à la charte relatif aux
droits de la femme, dit Protocole de Maputo.
Dans la théorie des traités, certaines conventions internationales peuvent être directement
applicables en droit interne, sans que soient requises des normes internes intermédiaires qui en
transposent les dispositions. Ces règles sont qualifiées de « self executing » ou exécutoires par
elles-mêmes. Cette formule revêt deux significations complémentaires. D’une part, les Etats
liés par la règle doivent avoir eu l’intention de permettre un effet direct, qui en outre doit être
rendu possible par les dispositions du droit interne. D’autre part, la règle en cause doit avoir un
contenu suffisamment précis et clair pour que l’intervention d’actes intermédiaires d’exécution
soit inutile90. Toutefois la formule ne permet pas de définir la place qu’occupent les règles
internationales par rapport aux règles internes.

88
F. Sudre, Droit européen et international des droits de l’homme, 11ème édition, PUF, Paris, 2012, p. 46.
89
Lunda Bululu, La conclusion des traités en droit constitutionnel zaïrois. Etude de droit international et de droit interne, éd.
Bruylant, ULB, Bruxelles, 1984, p 153.
90
J. Combacau et S. Sur, Droit international public, 8ème édition, LGDJ- Montchrestien, Paris, 2008, p. 182.
48

Tableau N°1 : Quelques instruments juridiques internationaux relatifs à la


protection de la femme ratifiés par la RDC91
Texte Ratification Dispositions pertinentes

Pacte International relatif Le 01/11/1976 Art. 2, 3


aux Droits Civils et
Politiques

Pacte International relatif Le 01/11/1976 Art. 2, 3, 10


aux Droits Economiques,
Sociaux et Culturels

Convention sur les droits Le 12 0ct 1977 Art 1, 2, 3, et 4


politiques de la femme
du 31 mars 1953 entrée
en vigueur le 07 juillet
1954

Convention sur Le 17/10/198692 Art. 1-17


l’élimination de toutes
les formes de
discrimination à l’égard
des femmes (résolution
34/180) du 18 décembre
1979, entrée en vigueur
le 03 septembre
1981(CEDEF)

Protocole à la charte Le 11 juillet 2003. Art. 14.


africaine des droits de
l’homme et des peuples
relatif aux droits des
femmes (Protocole de
Maputo

Source : Rémy Kabalala, la condition juridique de la femme, en particulier de la femme


mariée, en droit congolais, Thèse de doctorat en droit.

Commentaire : comme on peut le remarque, la RDC a déjà ratifié plusieurs traité et


accords internationaux relatifs aux droits de la femme, mais la situation reste pareille à elle-
même. Politiquement, comme sur d’autres plans ; la femme congolaise n’est pas à comparer
91
Luzolo Bambi Lessa, Droit congolais, droits de l’homme et encagements internationaux, séminaire international
sur la gestion de la transition en RDC tenu à Kinshasa, du 26 au 28 avril 2004, p. 2.
92
Http://www.forestpeoples.org/sites/fpp/files/publication/2013/05/tableau-obligations-juridiques-
2013updatedbygemmamay2013.pdf., consulté le 24, Aout 2015.
49

avec une femme d’un des grands pays du Monde comme la France, les USA, le Canada ; etc.
bien qu’elle joue un rôle important dans la vie sociale, elle n’est représentée à la grande
instance de prise des décisions au Pays. Des violences sexuelles et celles basées sur le genre
dont sont victimes les femmes ; et la province du Sud-Kivu en un certain moment considérée
comme le bastion des violences sexuelle.

A noter que, le pouvoir de conclusion et de ratification des traités et accords


internationaux appartient au président de la république en vertu de l’al. 1 de l’article 213 de la
constitution de la R.D. Congo qui stipule : «Le Président de la République négocie et ratifie les
traités et accords internationaux. ». Toutefois, certains traités ou accords ne peuvent être
approuvés ou ratifiés qu’en vertu d’une loi ou après délibération en conseil des ministres93.
Généralement les juridictions nationales appliquent les traités ou accords régulièrement ratifiés
ou approuvés94.

§1.2. La réception en droit congolais des droits internationaux de la femme


L’application des règles internationales dans l’ordre juridique interne n’est pas toujours
nécessaire à leur mise en œuvre. Elles peuvent simplement réglementer les compétences
internationales des Etats, sans directement concerner les sujets internes. Toutefois, des plus en
plus, ces règles, surtout celles conventionnelles et les actes qui en sont dérivés, sont appelés à
produire des effets internes, c'est-à-dire à créer pour les particuliers des droits et obligations
qu’ils puissent directement invoquer95.
En effet, l’obligation d’appliquer de manière systématique et constante toutes les
dispositions internationales qui engagent l’Etat ne se limite pas à la CEDEF mais comprend
aussi les préoccupation et recommandations du comité chargé de sa mise en œuvre.
Toutes les constitutions de l’Afrique contemporaine comportent des énoncés spécifiques
relatifs à l’incorporation du droit international des droits de l’homme dans l’ordre juridique
interne. Ces énoncés spécifiques ne portent pas exclusivement sur les droits de l’homme. Il faut
relever ici que le développement des règles portant sur l’application en droit interne des normes
internationales dans les constitutions écrites, est une tendance relativement récente.
Les droits de l’homme et les libertés individuelles, bien qu’insuffisamment protégés et
instamment violés figurent pourtant en bonne place, parce que garantie par les constitutions

93
Art. 213 et 214 de la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006 telle que modifiée par la loi
du 20 janvier 2011.
94
Brusil Miranda Metou, « Le moyen de droit international devant les juridictions internes en Afrique : quelques exemples
d’Afrique noire francophone » in Revue québécoise de droit international, n° 22.1, Montréal, 2009, pp129-165, p.142.
95
Combacau J et Sur S, Droit public international, 5ème édition, Montchrestien, Paris, 2001, p 177.
50

africaines. Le phénomène de constitutionnalisation des droits de l’homme a été favorisé par le


vent de démocratisation qui a soufflé en Afrique en 1990 et l’Etat congolais apparait, à ce
point, comme un Etat protecteur96.
Nous l’avions déjà souligné dans les chapitres précédents, 56 sur 229 articles que compte la
constitution congolaise sont consacrés aux droits de l’homme. Auparavant, les constitutions
africaines se bornaient à préciser les autorités chargées de négocier les traités internationaux, et
de gérer les relations extérieures97, ou se limitaient simplement à affirmer l’attachement de
l’Etat aux grandes valeurs de l’humanité ; aujourd’hui, de plus en plus, les droits de l’homme
sont directement énumérés et garantis pas la constitution elle-même.
En outre, la constitution congolaise affirme l’attachement aux libertés inscrites dans la
déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, à la charte des Nations
Unies, et à la charte africaine de droits de l’homme et des peuples du 27 juin 1981, ainsi qu’aux
autres instruments juridiques internationaux protégeant les droits humains. En matière de droits
de la femme, la R.D.Congo a ratifié un certain nombre de textes dont les plus pertinents sont
présentés dans le tableau suivant :

SECTION II. LES ACTIONS DE PLAIDOYERS DES ORGANISATION FEMININES


DU SUD-KIVU ET L’APPLICATION DU PROTOCOLE DE MAPUTO

2.1. Différentes actions des associations des femmes du Sud-Kivu

2.1.1. Campagnes de sensibilisation et de vulgarisation du protocole de Maputo

Dans plusieurs coins de la province du Sud-Kivu, certaines femmes continuent d’être


victimes des coups et blessures de la part de leurs maris, d’autres n’ont pas accès à l’éducation,
à l’emploi et à la justice. Dans les territoires, la situation de la femme est encore pire : les
femmes sont soumises aux mutilations génitales, au mariage forcé, à l’exclusion, à la
négligence et d’autres traitements dénigrants.98
Certains observateurs expliquent que ces pratiques néfastes par le manque d’information
sur les droits des femmes et sur le contenu du protocole de Maputo même par l’impunité
ajoutée au faible niveau d’application du protocole de Maputo au Sud-Kivu.

96
Ngouelu-Mpemba Ya Moussoungou V, « La réception des droits de l’homme dans le droit positif congolais », L’Harmattan,
2003, pp 251-267, p 252.
97
Djiena Wembou M-C., « Les normes internationales relatives aux droits de l’homme dans la législation interne des Etats
africains : problèmes et perspectives », in Revue africain de droit international et comparé, éd. La société internationale de
droit international et comparé, 1999, Vol. 11, N° 1, p 54.
98 Marie Rose Bashirwa et Dorothea Hilhorst, «Le mouvement des femmes au Sud-Kivu, République démocratique du
Congo : Une analyse de la société civile » Genève, 2016 ;p.129
51

Ainsi, l’Association de femmes de Média du Sud-Kivu, AFEM/SK produit des émissions


publiques dans la ville de Bukavu et dans les territoires d’Idjwi, Kabare, Walungu et Uvira au
Sud-Kivu pour la vulgarisation de certaines dispositions du Protocole de Maputo. Ces
descentes publiques ont dans la plupart de cas des thèmes qui sensibilisent les femmes rurales
sur leurs droits, tels que garanti par le protocole de Maputo. La population visée par ces
campagnes est souvent les hommes, les femmes et les filles. Ces émissions contribuent à
informer les femmes, en particulier les femmes rurales sur leurs droits afin qu’elles sachent les
réclamer.99

C’est dans ce cadre que l’Onu femme conscientise la population locale et surtout les
chefs coutumiers à travers différentes campagnes de sensibilisation et de mobilisation. Ainsi,
grâce au soutien de l’ONU-Femme, le projet BADILIKA de l’ONG Fondation Panzi a organisé
une série de formations à l’intention des chefs coutumiers venu de Kamanyola, Birava, Idjwi,
Mwenga, Fizi et Kavumu en province du Sud-Kivu et ceux venu de Maniema et Goma dans le
Nord-Kivu sur les techniques du plaidoyer. Des campagnes de sensibilisations et de
mobilisation par le projet Ushindi de la Fondation Panzi à la journée Internationale de la
Femme, le 8 mars 2016. Au total, 6587 personnes étaient touchées par les activités de
communication pour le changement de mentalités et des techniques de plaidoyers sur les droits
des femmes.100

2.1.2. Dépôt d’une pétition pour la révision de la loi électorale et la promulgation de loi
sur la parité. (2015)
L’une des premières actions menées par les mouvements des femmes du Sud-Kivu a eu
comme objectif la modification de la loi sur la parité ainsi que la modification de la loi
électorale qui ne respecte pas le principe de la représentation égale homme-femme alors même
que la Constitution l’a clairement établi dans son article 14: « La femme a droit à une
représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L’État
garantit la mise en œuvre de la parité hommes-femmes dans lesdites institutions. »
L’initiateur de cette initiative fut alors le mouvement rien sans les femmes qui, par la suite sera
soutenu par le Caucus de femmes, Afem, femme au fone et le centre Amaldefea.
Durant le mois d’Avril 2015, les membres de Rien Sans les Femmes ont ainsi initié une pétition
adressée au Parlement pour que l’alinéa 4 de l’article 13 de la loi électorale soit révisé et

99
Rapport interne AFEM, Douce Namwezi, approche genre : pas seulement une affaire des femmes, Bukavu,
Octobre 2015.
100
Rapport 2016 Fondation Panzi, document tiré des archives de l’ONG Fondation Panzi, p.9.
52

reformulé comme suit : «La non réalisation de la parité homme-femme constitue un motif
d’irrecevabilité de la liste concernée».
En moins de 3 semaines, 207.315 personnes ont signé cette pétition qui a été remise
officiellement au Président de l’Assemblée Nationale le 14 mai 2015 à Kinshasa, par une
délégation composée de représentants de 17 organisations de la société civile venue du Nord-
Kivu, du Sud-Kivu et de Kinshasa.101
Dans ce cadre, les membres de cette délégation ont pu également s’entretenir avec la Ministre
nationale du Genre, de la famille et de l’enfant, le Président du Sénat, le vice-président et la
questeur de la Commission Électorale Nationale Indépendante, les Chefs de 8 partis politiques
de la majorité et de l’opposition, le représentant du conseil des chefs coutumiers de la RDC
ainsi les députés nationaux membres de la Commission socioculturelle et du Caucus de
parlementaires du Sud-Kivu, afin de présenter l’objectif de la campagne rien sans les femmes et
d’obtenir l’implication d’un plus grand nombre de femmes dans la gestion de la chose publique
à travers les partis politiques.
2.1.3. Plaidoyer pour la nomination de 50% de femmes aux postes de prise de décisions
en marge de la journée internationale de la femme de mars 2016
Le manque des femmes aux instances de prises de décisions est parfois à l’origine du non
prise en compte de la spécificité des femmes en termes de besoin, d’intérêt, des ressources et
aspirations dans les efforts du développement du pays. D’où la persistance des disparités entre
les hommes et les femmes.102
Durant le mois de mars 2016, les mouvements des femmes du Sud-Kivu ont mené des
activités afin d’atteindre les 3 objectifs suivants :
a) mobiliser la communauté à soutenir leur cause (Cinquante-Cinquante);
b) renforcer l’engagement des autorités par rapport aux Femmes,
c) élargir les mouvements des Femmes dans la province du Sud-Kivu.
Les activités ont produit des résultats, surtout en ce qui concerne :
La visibilité des organisations féminines à travers l’organisation de 3 marches
pacifiques au Nord et Sud-Kivu, un match de football des équipes de femmes à Beni au Nord-
Kivu, à Kabare et à Walungu, la production et la diffusion d’émissions radio et télévision au

101
Rapport de rien sans les femmes de mai 2015 ; Kinshasa 2015
102
Marie Mossi ASADHO) et Mariana Duarte (OMCT), Alternative report, prepared for CEDAW 36th Cession, 7-25
August 2006.
53

Nord Kivu, Sud Kivu et à Kinshasa, ainsi que la production et distribution des pagnes et t-
shirts.103 Ce programme était l’œuvre de Femme au fone, réalisé par Afem et Mama Radio.
Ces différents éléments ont eu un impact direct sur la mobilisation de la communauté et
l’élargissement de leur mouvement étant donné que plus de 100 nouvelles organisations ont été
créé dans les semaines et mois suivants et qu’aujourd’hui les deux provinces, du nord et du
Sud-Kivu comptent plus de 160 organisations féminines.
2.1.4. Le plaidoyer par auprès des autorités
Plus de 43 autorités congolaises, particulièrement du Sud-Kivu ont signé un acte
d’engagement dans lequel elles s’engagent à nommer plus de femmes aux prises de poste de
décisions d’ici mars 2017 pour les positions où ils ont ce pouvoir. Parmi les personnes ayant
signés des actes d’engagement on peut souligner le Bourgmestre de la commune de Kadutu, le
Président de l’Assemblée Provinciale du Sud-Kivu, la Ministre Nationale du Commerce, le
Vice Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur, la Ministre Nationale de la Femme, Famille et
Enfant, la Présidente de la Dynamique de l’Opposition et le Secrétaire Général de la
COFEDEC.
2.1.5. Analyse participative de la loi n°15/03 du 1er aout 2015 portant modalité
d’application des droits de la femme et de la parité
Les associations de femmes, à travers certaines de ses organisations membres, ont
organisé différents ateliers d’analyse participative de la loi sur la parité avec des organisations
de la société civile et des acteurs clés, pour analyser les aspects positifs et négatifs de la loi,
notamment dans la ville de Bukavu et dans différents territoires de la province du Sud-Kivu : à
Kabare ; Walungu, Idjwi, Fizi, Shabunda, etc.
Par la suite, les rapports de ces ateliers ainsi qu’un rapport indépendant qui avait été produit par
l’Observatoire de la Parité, ont été partagés avec le Réseau des Femmes Juristes de l’Est de la
RDC (RAFEJE) qui a compilé les informations de tous ces rapports, et ajouté une analyse plus
juridique de la loi pour en sortir un rapport conjoint avec les organisations féminines de la
province.
Ce rapport compilé par le mouvement vise ainsi à analyser les forces et les faiblesses de cette
loi, sa conformité avec les engagements internationaux de la RDC ainsi que sa cohérence avec
les autres dispositions légales du pays.
Les conclusions du rapport soulignent en particulier que bien que cette loi fût très
attendue et que l’initiative de légiférer dans le domaine soit à saluer, elle reste encore trop floue

103
FAF, Rapport annuel de femmes au phone, Bukavu 2016
54

et inconsistante. Ainsi cette loi, en contenant des dispositions sur l’ensemble des droits des
femmes dans tous les domaines, dilue largement les possibilités de mettre en œuvre
concrètement le protocole de Maputo, mais aussi la parité entre les hommes et les femmes.
Bien qu’elle intègre la notion de discrimination positive et pose le principe de l’implication des
hommes dans la promotion du genre elle ne contient aucune disposition pratique ni de mesure
contraignante pour la mise en œuvre effective de la parité dans les sphères publiques comme
privées.104
Ce rapport final compilé était utilisé pour des actions de plaidoyer lors de la journée
internationale de la femme 2017.
2.1.6. Plaidoyer et monitoring de la mise en œuvre de la loi n°15/013 du 1er août 2015
portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité
Ces associations ont accueilli favorablement la promulgation par le Président de la
RDC de la Loi n°15/013 du 1er août 2015 portant modalités d’application des droits de la
femme et de la parité. Cependant sa mise en œuvre effective sur le terrain tarde à se
matérialiser.
Dans ce contexte, elles ont lancé en novembre 2016 une grande action de plaidoyer et mobilisé
l’ensemble de ses membres afin d’informer les autorités concernées de l’existence de cette loi
et de ces dispositions concernant leur obligation de prendre des mesures pour l’exécution de la
parité notamment au moyen de la discrimination positive ainsi que leur devoir de recevabilité,
c’est-à-dire la publication de mesures et leur évaluation annuelle.
Ces femmes ont déjà pu rencontrer 43 autorités à ce sujet, confie la secrétaire exécutive du
Caucus de femme pour la paix au Sud-Kivu.
Durant l’année 2017, l’associations des femmes de médias, AFEM SK avait fait un
accompagnement pour rapprocher des autorités ciblées et les appuyer à développer et même
publier un rapport annuel d’évaluation des mesures prises pour la parité dans leurs institutions
mais également l’élaboration et l’exécution d’un plan d’action pluriannuel pour la mise en
œuvre de la parité à l’aide d’un guide pratique développé par le mouvement.105

104
S,Marcelle, « Plaidoyer sur la Campagne Rien Sans les Femmes », World Pulse, 14 mai 2015. in : https://www.worldpulse.
com/fr/community/users/sikuzani-marcelle/posts/36923.
105
AFEM/SK, Réalité des femmes avec référence spécial aux situations des conflits armés, Bukavu sept. 2006,
révisé, 2003.
55

2.1.7. Élaboration du 8ième rapport parallèle sur la mise en œuvre du protocole de


Maputo
Le caucus des Femmes du Sud-Kivu conjointement avec le Groupe d’Action pour les
Droits de la Femme (GADF) ont élaboré un rapport sur la mise en œuvre du protocole de
Maputo en RDC qui a été soumis parallèlement au rapport officiel du gouvernement lors de la
session d’examen par le Comité à Genève en 2017106. Le GADF est un groupe de travail de la
Maison des Droits de l’Homme appuyé par le Centre Carter.
2.1.8. Plaidoyer au niveau international
Marche Pacifique à Bukavu en appui du protocole de Maputo, dénoncer la non
réalisation de la parité homme-femme et dénoncer les violences faites à la femme, en mai 2015
par le mouvement rien sans les femmes.
Des marches pacifiques de soutien à Bukavu et Uvira ont également accompagné le dépôt de la
signature au Parlement le 14 mai 2015 avec une forte mobilisation de la population relayée
dans les médias.
Que ce soit à New York, en octobre 2015, à l’occasion du quinzième anniversaire de la
résolution 1325, tout comme à Addis-Abeba en Janvier 2016 en marge du Sommet de l’Union
Africaine, des représentants des mouvements des Femmes ont également porté la voix des
femmes et des hommes de la RDC, particulièrement ceux du Sud-Kivu pour la lutte menée en
faveur de la parité au pays.

2.2. Structures
Les préoccupations des femmes en RDC reçoivent l’attention de différentes structures
aussi bien dans la sphère étatique qu’en dehors, ainsi qu’au-delà des frontières du pays.
S’agissant du gouvernement, le Ministère national du genre, de la famille et de l’enfant et ses
Divisions du genre dans la province représentante de l’autorité politique sur les questions
relatives aux femmes (les violences sexuelles constituant le cadre de travail principal) et
mettent en place des activités en partenariat avec les ONG locales.
Les ONG internationales ont quant à elles créé des unités ou programmes de genre propres. A
l’exemple de l’ONU-Femme qui a accompagné la Commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI) dans la mise en œuvre du programme d’opérationnalisation du cadre de
concertation « genre et élection ».

106
Rapport GADF sur la mise en œuvre du Protocole de Maputo, 2017.
56

Amnesty International quant à elle appuie les organisations féminines du Sud-Kivu surtout dans
le cadre de lutter contre les violences faites à la femme. Elle aussi ces organisations en
matériels et autres fournitures pour la concrétisation de leur programmes.107
Pour sa part, l’ONG Mercy Corp. aide à travers son apport en matériels aux organisations
féminines de la province du Sud-Kivu. Ces aides sont en grande partie constituées de matériels
de terrain, la distribution d’eau et la formation des femmes sur le leadership féminin.
Ces organisations et autres s’intéressent non seulement aux violences sexuelles, mais
aussi de plus en plus au leadership féminin, à la promotion des droits des femmes, et aux
activités socio-économiques. En 2013, un réseau d’ONGI travaillant sur le genre a été formé en
vue de promouvoir les synergies. À l’origine, le Cluster Protection du système de Clusters de
l’ONU s’intéressait uniquement aux violences sexuelles liées à la guerre, en lien avec le
mandat de la MONUSCO. Désormais, le Cluster travaille de plus en plus sur les violences
sexuelles et basées sur le genre de manière générale, dans des zones plus stables. Les
organisations de la société civile qui travaillent sur le genre sont généralement membres de
plusieurs structures telles que la Composante Femme du Sud-Kivu ou le Bureau de
coordination de la société civile (93 membres), ou encore de structures comme la Fédération
des femmes du Congo CAFCO (63 membres) et COFAS (44 membres) et d’autres du Caucus
de femmes. Ces structures de coordination s’attachent principalement à améliorer les capacités
des femmes et à intégrer les femmes aux sphères de prise de décision en tant qu’enjeux clés de
la lutte contre les discriminations à leur égard.
Enfin, à l’échelle locale, un certain nombre d’ONG disposent de bureaux à Walungu (le
RFDP, le CAMPS, Vovolib), d’autres disposent de points focaux dans la zone (l’AFEM,
VICO). Ces organisations ont cherché à renforcer le travail en comités, par exemple à travers
les Comités de la paix, les MUSO, les clubs d’écoute des radios, etc.

107
Amnesty International, Mettre fin à la violence contre les femmes au combat pour aujourd’hui, Ed.
Francophone d’Amnesty international, Paris, 2004, p.5.
57

SECTION III. BILAN ET PERSSPECTVES DES PLAIDOYERS DES


ORGANISATIONS FEMININES DU SUD-KIVU POUR LA MISE EN APPLICATION
EFECTIVE DU PROTOCOLE DE MAPUTO

3.1. Bilan

3.1.1. Leur lobbying et plaidoyer influencent la promotion des droits de la femme dans la
province
A chaque événement politique, ces organes prennent des positions très ouvertes à
travers les lettres, des tracts, des revues d'information et en font une large diffusion à la radio,
tout comme de descentes dur terrain dans le milieu des femmes afin de dissuader l'autorité
politique et d'éclairer la population sur les questions d'intérêt féminins.108

Ainsi ;

« L’association de femmes de Média» ne cesse de dénoncer quelques cas des


violations de droits de la femme dans la province en particulier et dans le pays en général et
faire une formation indirecte de la population sur la promotion et la vulgarisation du protocole
de Maputo109. Ce qui a comme impact la connaissance pour la population de ses droits et de ses
devoirs ainsi que de motiver le pouvoir en place à respecter les droits de l'homme.

Femme au fone quant elle, après son une année d’activité au Sud-Kivu en 2016 s’est
engagé pour lutte contre la discrimination à l’égard de la femme sud-kivutienne.

Une année après, en 2017 cet engagement a produit des fruits, parce que FAF fait dès lors des
champagnes de sensibilisation contre toute forme de discrimination dont est victime la femme.
Ceci à travers des émissions de sensibilisation et de vulgarisation de droits de la femme sur les
ondes des différentes radios locales, qui sont leurs partenaires.

La fondation Panzi, dans sa structure « clinique juridique » un centre de promotion de


droits de la femme où les victimes des violences sexuelles après les soins médicaux sont
accompagnées en justice, elle dispose des avocats qui interviennent pour le compte de ces
victimes.110 Selon ses objectifs, elle intervient en faveur des victimes des violences sexuelles en
accordant une assistance juridique aux survivants de violences sexuelles, en apportant une aide
juridique aux survivants dans leurs démarches (consultation gratuite : écoute, conseils,
orientation, remise de la documentation), en vulgarisant les instruments juridiques relatifs aux

108
S. Marcelle « Plaidoyer sur la Campagne Rien Sans les Femmes », World Pulse, 14 mai 2018. Disponible sur :
https://www.worldpulse.com/fr/community/users/sikuzani-marcelle/posts/36923
109
http://www.AFM.com/afm/SK-en-mouvement consulté le 15 mai 2018
110
Buhenwa Elie, clinique juridique ; rapport de mai 2016, Panzi, 2016.
58

droits de la femme en particulier et aux droits de l'homme en général. Nous comprenons ici que
les retombées peuvent être multiples car les victimes sont soignées, encadrées et parfois les
commanditaires de ces actes sont traduits en justice. Ce qui peut éduquer ces derniers et même
la société.

Caucus de femmes du Sud-Kivu dénonce aussi les violations dont est victime la
femme dans la province du Sud-Kivu. Elle vulgarise surtout l’article 9 du protocole sur le Droit
de participation au processus politique et à la prise de décisions. Pour l’organisation, les
femmes vivotent car elles ne veulent pas s’adonner à la politique. Dans ces descentes dans
différents coins de la province, Caucus de femmes sensibilise les femmes à se représenter
quand il y a élections et à vouloir voter pour la femme afin d’espérer au changement des
conditions socio-politique de la femme et espérer une mise en œuvre effective du protocole de
Maputo.
Il en est de même pour l'ONG Women for Women qui fait aussi, dans le cadre du protocole de
Maputo, une vulgarisation dudit protocole et a fait le bilan de ses activités depuis 2016. Sur 604
cas de violation des droits humains, 230 cas sont liés aux mutilations génitales féminines, 84
aux violences sexuelles, 64 cas d'extorsion, 79 cas des pratiques néfastes et 147 cas divers. Il y
travaille en synergie avec plusieurs autres associations des droits humains et impliquées dans le
Sud-Kivu. Cette synergie a réussi à faire un plaidoyer pour la libération et autre forme de
solution pour 254 cas litigieux sur les 604 enregistrés.111
Héritiers de la justice, une ONG de défense des droits de l’homme intervient aussi dans le
cadre du Protocole de Maputo à travers son département femme et enfant. Celui-ci s’est
toujours impliqué à la vulgarisation de l’article 7 dudit protocole portant sur Séparation de
corps, divorce et annulation du mariage. Bien que ceci ne soit pas trop à la une de la ville de
Bukavu, l’ONG au moins en à faire sensibilisation dans le territoire de Fizi et Shabunda depuis
2015.

Héritiers de la justice à sensibiliser les femmes de ces deux territoires sur la prononciation par
voie judiciaire et non être un simple fait à constater. Elle sensibilise les femmes à vouloir le
déclamer car c’est de leur doit.

Selon son rapport de 2016 sur la situation de la femme au Sud-Kivu, l’ONG affirme que
plusieurs sont laissées à ces jours sans qu’il y a une prononciation par voie judiciaire. Elle

111
C. M. Vinas, « Gender Audit of the Peace, Security and Cooperation Framework of the Democratic Republic of
Congo and the Region », octobre 2015, International Alert et The Kvinna till Kvinna Foundation.
59

évoque notamment le phénomène de papas qui font 10 ans ou plus en voyage, elle pense que ça
est aussi une nouvelle forme de séparation de corps.

Observateur de la parité, seule association locale de défense des droits de la femme


qui vulgarise le redoutable article 14 u protocole de Maputo sur le contrôle des fonctions de
reproduction. 112

Néanmoins, et malgré tous ces efforts fournis par ces organisations et d’autres, au Sud-Kivu,
les hommes et les femmes continuent de s’inscrire dans des normes de genre fortement
inéquitables.

3.1.2. Leurs principales recommandations


a) À l’État congolais
 Mettre en œuvre des mécanismes de mise en application des lois sur la parité à
tous les niveaux et en effectuer un suivi gouvernemental officiel;
 Mobiliser les moyens financiers et de capacité pour rendre opérationnelle la
parité des sexes au sein des secteurs politiques, économiques, juridiques et sociaux ;
 Modifier les dispositions discriminatoires vis-à-vis des femmes de la loi
électorale ;
 Mettre en place des mesures et mécanismes de sécurité pour assurer la protection
des femmes candidates aux prochaines élections nationales, provinciales et municipales.

b) Aux institutions intergouvernementales, internationales et régionales


 Plaider pour la parité hommes-femmes dans les instances décisionnelles à tous
les niveaux, notamment pendant la période préparatoire prochaines élections ;
 Plaider auprès du gouvernement en faveur de mesures et mécanismes de sécurité
pour assurer la protection des femmes candidates aux prochaines élections nationales,
provinciales et municipales ;
 Augmenter et mobiliser l’appui financier aux organisations de la société civile
promouvant les droits des femmes, conformément à la résolution 2422 (2015) du
Conseil de sécurité.

112
Observatoire de la Parité, Rapport sur l’État de la Parité en RDC : Rapport biennal sur l’état de la mise en
oeuvre progressive de la parité hommes-femmes dans les institutions nationales, provinciales et locales, 8 mars
2008 – 8 mars 2010, Bukavu, RDC : Observatoire de la Parité, p. 15. Disponible sur :
http://www.observatoiredelaparite.org/spip/IMG/pdf/rapport.pdf .
60

c) Aux institutions politiques provinciales


 Mettre en œuvre des efforts de vulgarisation des lois pertinentes au niveau des
différents territoires et secteurs ; 113
 Mettre en place un système de quota dans les secteurs et institutions respectifs ;
 Mettre en place et maintenir des systèmes d’archivage des effectifs (personnel et
cadres).
d) Aux ONG nationales et locales
 Exiger la rédévabilité de la parité hommes-femmes auprès de l’État congolais,
des bailleurs de fonds, des organisations elles-mêmes, ainsi que des bénéficiaires ;
 Mettre en œuvre des mécanismes d’évaluation utilisant, par exemple, les grilles
pour l’action incluses dans les mini-rapports ;
 Continuer et encourager le travail en synergie pour se renforcer en voix
collectives.114
e) Aux ONG internationales d’appui
 Financer les organisations œuvrant dans le domaine de la promotion du genre et
en particulier de la participation paritaire des femmes à travers les secteurs analysés ci-
dessus ;
 Conditionner l’appui à la participation et à l’engagement des femmes dans les
organisations ;
 Plaider auprès des acteurs politiques internationaux et des bailleurs de fonds en
faveur de l’autonomisation et de la participation des femmes à tous les niveaux
décisionnels.115
f) Aux leaders communautaires et religieux
 Participer aux ateliers et formations sur le genre et la parité hommes-femmes
dans leur communauté ;
 Utiliser leur position de pouvoir et leur influence dans la communauté pour
promouvoir la parité et l’égalité des chances pour les femmes et les filles, dès la
scolarisation ;
 Travailler en synergie avec les organisations locales, y compris les organisations
féminines et de défense des droits humains.

113
Rapport 2012 du projet d’Appui à la promotion politique de la femme et le leadership féminin au Sud-Kivu.
Document tiré des archives de l’ONU Femme/SK, p.18.
114
Idem, p.13.
115
Fiona Flitan, Etude sur la bonne pratique : l’autonomisation des femmes dans la socitété contemporaine,
PNUD-UICN, septembre 2008.
61

g) A la communauté locale
 Participer aux ateliers et formations sur le genre et la parité hommes-femmes
dans leur communauté ;
 Être ouverts aux échanges et aux dialogues au sujet des opportunités et défis que
représente l’autonomisation des femmes, aussi bien pour les femmes que pour les
hommes ;
 Se montrer disposés à accorder les mêmes chances aux enfants, filles et garçons,
dès le plus jeune âge.

3.2 Perspectives

3.2.1. Réviser le code de la famille et compléter les législations spécifiques prévoyant les
droits de la femme.
Dans leurs perspectives, ces organisations à l’instar d’International Alert, de la
fédération des femmes du Congo, CAFCO et des femmes de la société civile du Sud-
Kivu prétendent s’adonner pour que le dispositif légal en matière des droits de la femme
en général et surtout des droits de la femme mariée soit révisé et compléter. Le code de
la famille et quelques lois spécifiques méritent simplement une modification qui
consistera en un complément législatif, en un toilettage des textes législatifs en vigueur
pour les débarrasser des dispositions devenues obsolètes. Justement, pour ces
organisations, la révision du code de la famille est une des solutions fermes que réserve
l’Etat congolais à la liste des points et questions qui ont été traités par le Comité CEDEF
au regard du dernier rapport périodique de la R.D.Congo, c’est-à-dire celui de 2013116.
La révision du code de la famille a été aussi la recommandation de la Norvège dans le
rapport du groupe de travail sur l’examen du rapport périodique de la RDC117
3.2.1.1 Révision du code la famille
Dans le code de la famille, il convient de revisiter les dispositions qui concernent
les matières suivantes :
 Redéfinir la dot en en déterminer le maximum à demander à la famille du mari et
cela pour toutes les ethnies de la R. D. Congo ;
 Supprimer simplement l’autorisation maritale ;

116
Rapport de caucus de femmes du Sud-Kivu sur l’étude approfondie des droits des femmes au Sud-Kivu sous
toutes ses formes, rapport publié par le soutien de International Alert, le 06 juillet 2016.
117
International Arlet, Etat de lieux de la parité dans la province du Sud-Kivu en République Démocratique du
Congo, Bukavu, 2014.
62

 Instituer une direction morale et matérielle conjointe du ménage ;


 Réglementer clairement le conseil de famille dans sa composition, ses
compétences et en faire une instance préalable à la saisine des juridictions judiciaires en
cas de conflit qui oppose les époux ;
 Abroger « la magistrature domestique118 » qui consiste à considérer la décision
du mari lorsque les époux sont en désaccord sur certains aspects de la vie du ménage ;
 Pénaliser le lévirat et le sororat.
Ces pratiques qui violent la liberté sexuelle, la dignité humaine de la femme et
parfois transmettent des maladies mérite d’être sanctionnées pénalement par des
dispositions adéquates.

3.3. Modification de quelques lois spécifiques :

3.3.1. La loi électorale


- Rendre obligatoire l’inscription paritaire des candidats sur les listes électorales en
modifiant l’article 13 de la loi électorale119 qui dispose en son alinéa 4 que « La non
réalisation de la parité homme-femme ou la non présence d’une personne avec
handicap ne constitue pas un motif d’irrecevabilité de la liste concernée ».
- Loi sur la représentation paritaire : imposer au moins 30% de représentation sexuelles
à tous les postes, comme cela est le cas dans certains pays africains, au Rwanda
notamment.

118
Françoise Nduwimana. «La Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l‟ONU sur les femmes, la paix et la
sécurité Comprendre les implications, remplir les obligations», Bureau de la Conseillère spéciale pour la parité
entre les sexes et la promotion de la femme (OSAGI). Nations Unies.
119
ASADHO, Rapport sur l’Etat de droit sous la législature de 2006 à 2011 en République Démocratique du Congo,
p.34.
63

CONCLUSION

Cette étude a porté sur le protocole de Maputo et la RDC ; plaidoyers des organisations
féminines du Sud-Kivu. La problématique de cette étude est essentiellement axée deux
questions principales de la manière à faire ressortir l’apport des organisations féminines du
Sud-Kivu dans la défense et la promotion des droits de la femme et surtout dans la mise en
œuvre du protocole de Maputo. L’autre question était celle d’évaluer l’apport de ces
organisations face à la recevabilité dudit protocole à l’intérieur même du pays.

Les hypothèses ont été émises de manière à être confirmées, infirmées et nuancées.
Nous avons eu des hypothèses selon lesquelles pour défendre les droits de la femme dans la
province du Sud-Kivu, les organisations féminines mettent sur pied des plaidoyers, des
lobbyings et des sensibilisations. Dans un premier temps, les actions de mouvements de
femmes visent à permettre aux femmes du Sud-Kivu de plaider efficacement pour le respect de
leurs droits et libertés fondamentaux et améliorer ainsi la situation des femmes au niveau local.
Ces associations aides ces membres partenaires à devenir un moyen efficace pour la réforme
politique, économique et sociale, en la défense de droits de la femme en RDC et au Sud-Kivu
en particulier.

Ainsi, les mouvements de femmes initient les campagnes des entreprenariats des femmes pour
une résistance aux violences faites aux femmes. Elles sont visent aussi la sensibilisation et le
soutien aux candidates féminines aux échéances électorales afin d’accroitre leur participation
aux postes de prise des décisions. En plus, certaines d’entre elles visent la promotion de la santé
pour la promotion intégrale de la femme et dans le cadre de la promotion de l’article 14 du
protocole de Maputo. En dernier lieu, les mouvements de femmes du Sud-Kivu mettent sur
pied des activités de sensibilisation concernant les droits fondamentaux de la femme, l’égalité
des sexes et les de la femme à une vie sans violence. Pour cela, AFEM SK, MAMA RADIO,
CAUCUS DE FEMMES et CAFCO mettent en œuvre des campagnes de sensibilisation pour
sensibiliser la population sud-kivutienne en tant que manifestation d’inégalité et violation des
droits fondamentaux des femmes, qui sont des campagnes spéciales de sensibilisation conçues
pour mieux faire connaitre les textes internationaux relatifs aux droits de la femme, ratifiés par
la RDC à l’instar de la CEDEF et du Protocole de Maputo. Ces différents moyens utilisés par
ces associations des femmes en vue de défendre les droits de la femme au Sud-Kivu ont une
incidence positive sur la situation sur la situation des femmes au Sud-Kivu car ils améliorent
leurs conditions de vie et défend leurs droits fondamentaux.
64

AFEM SK, MAMA RADIO, CAUCUS DE FEMMES et CAFCO s’inscrivent dans une
logique de promotion de la femme, dans le cadre du protocole de Maputo ; de défendre les
droits de la femme au Sud-Kivu notamment la participation politique de la femme et le
leadership féminin, l’autonomisation économique de la femme, la lutte contre les violences
sexuelles et basées sur le genre, la gouvernance, paix et sécurité de la femme.

Comme résultats, à partir des données recueillies, nous avons constaté que pour
promouvoir et défendre les devoirs des femmes au Sud-Kivu, les organisations féminines ont
abouti à un certain nombre des résultats qualitatifs notamment sur le plan sociopolitique et
économique à travers les projets d’Appui à la législation sensible et leadership féminin à l’Est
de la RDC initié par l’ONU-femme a permis de constater que le projet d’Appui à la législation
sensible au genre et promotion du leadership féminin au Sud-Kivu et l’engagement des députés
provinciaux de la province ont permis un surcroit dans les processus d’autonomisations des
femmes. Les parlementaires ont, en effet, un rôle essentiel à jouer dans la mise en place d’un
environnement social, politique et juridique propice pour une plus grande égalité de chances
entre les hommes et les femmes et pour cela, ils doivent être nécessairement renforcés en
capacité des chances dans les idées.

Pour réaliser notre travail, nous avons utilisé la méthode fonctionnelle de Robert King
MERTON, cette méthode nous a permis d’analyser le rôle joué par les organisations féminines
du Sud-Kivu en vue de promouvoir le protocole de Maputo et défendre les droits des femmes
en RDC d’une manière générale et au Sud-Kivu en particulier. Quant aux techniques, nous
avons fait appel aux techniques de récolte des données et celles d’analyses des contenues.
Parmi les techniques de traitement des données, la technique documentaire, celle de l’entretien,
nous ont été utiles. La technique d’analyse des données nous a également aidé à comprendre, à
analyser, à critiquer et à interpréter nos données recueillies sur le terrain.

Notre travail a été subdivisé en trois chapitres. Le premier a porté sur les considérations
générales et théorique ; et l’aperçu historique sur les droits de la femme en République
Démocratique du Congo. Dans ce chapitre, nous avons circonscrit le contour sémantique des
concepts connexes et clés de travail ainsi que la théorie de base qui a constitué un ensemble des
concepts qui nous ont permis de résoudre intelligiblement les actions de plaidoyer menées par
les organisations féminines du Sud-Kivu dans le but de la mise en œuvre du protocole de
Maputo.
65

Le deuxième chapitre quant à lui a porté sur le protocole de Maputo, son historique, son
agenda, sa mise en œuvre et sa ratification.

Le troisième chapitre enfin a porté sur les actions de plaidoyer des organisations
féminines du Sud-Kivu pour l’application du protocole de Maputo par la RDC. Ce chapitre a
analysé les différentes actions réalisées au Sud-Kivu par les différentes organisations
notamment sur le plan social, économique et politique. Nous sommes revenus dans ce chapitre
sur le bilan de ces plaidoyers et sur les perspectives.

En fin, toute œuvre humaine étant non parfaite, nous ne prétendons pas avoir tout dit en
rapport avec le protocole de Maputo et à la problématique des actions de plaidoyers des
organisations féminines dans la province du Sud-Kivu. Un complément de la part d’autres
chercheurs est non négligeable.
66

BIBLIOGRAPHIE

I. DOCUMENTS OFFICIELS

1. Art. 213 et 214 de la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février


2006 telle que modifiée par la loi du 20 janvier 2011.
2. ACHPR, « La déclaration de Maputo », 23 juin 2003
3. CEDEF, Règles essentielles de conventions de Genève et leurs protocoles additionnels,
Genève, Septembre 1983-1990
4. Déclaration de Maputo sur l’affirmation de l’égalité entre l’homme et la femme et la
participation effective de celle-ci au sein de l’union africaine, Mozambique Juin 2003
5. Loi du 6 Juin 2000, relative à l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats
électoraux et aux fonctions électives. Parlement français.
6. Loi n°06/006 du 9 mars 2006 telle que modifiée par la Loi n°11/003 du 25 juin 2011
portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines,
municipales et locales
7. Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des
femmes
8. Texte intégral de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux
droits des femmes en Afrique.

II. OUVRAGES

1. Aimée Florentine Kabore, Droit des femmes en Afrique : Pourquoi le protocole de


Maputo tarde-t-il à se traduire en réalité sur terrain ?, Article de presse du journal
Sidwaya, numéro unique du 30 juin 2015, Vol. 12
2. André Mayambo, l’application de normes internationales relatives aux droits de
l’homme par le congolais, inédit, Cité par Luzolo Bambi Lessa, 2007.
3. Anne Marie Kengne, Le Protocole de Maputo cherche l’éradication des cultures
traditionnelles de l’Afrique, Paris, Economica, 1999
4. Anne Tchner J., Gender in international relations : feminist perspectives on archieving
global security, New York, Colombia University Press, 1992
5. Brusil Miranda Metou, « Le moyen de droit international devant les juridictions
internes en Afrique : quelques exemples d’Afrique noire francophone » in Revue
québécoise de droit international, n° 22.1, Montréal, 2009
6. Combacau J. et Sur S., Droit international public, 8ème édition, LGDJ- Montchrestien,
Paris, 2008.
7. Calixte Beyala, Le deuxième sexe, les faits et les mystères, Paris, L’Harmattan ? 1999
8. Combacau J., et Sur S, Droit public international, 5ème édition, Montchrestien, Paris,
2001
9. Dorothea Hilhorst et Marie-Rose Bashirwa, « Le mouvement des femmes au Sud-Kivu,
République démocratique du Congo : Une analyse de la société civile », Québec, 2012
10. Fiona Flitan, Etude sur la bonne pratique : l’autonomisation des femmes dans la société
contemporaine, PNUD-UICN, septembre 2008.
11. Fukuyama F., Women and the evolution of world politics, Foreign Affars,
Sept.Oct.1998
12. Grawitz M., « Méthodes de recherche en sciences sociales, Paris, Dalloz, 1990
13. H. L. Petanguy, violence sexuelle faite aux femmes dans les milieux ruraux, éd. Paris,
PUF, 1999.
67

14. H. Mendras, Eléments de sociologie, Paris, éd. Armand Colin, 2004


15. Itodo Samuel Anthony, Les droits des femmes et le développement, Bénin, 2016.
16. J D. Mulikuza Mulengezi, « Les droits de l’homme en République Démocratique du
Congo. Quel bilan cinquante ans après ? », Actes du cycle de conférences
universitaires de Bukavu du 28-29 Juin 2010, Université Officielle de Bukavu,
L’Harmattan, Paris, 2012
17. Jacquet I., Développement au masculin/féminin : le genre outil d’un nouveau concept,
Paris, L’Harmattan, 1995, p.27.
18. Joe Verhoeven, La représentativité au profit des femmes dans le gouvernement des pays
sous-développés, Paris, éd. Armand Colin, 2001.
19. Lochack D,. Réflexion sur la notion de discrimination, p 778, cité par Bereni L. et
Chappe V., « La discrimination, de la qualification juridique à l’outil sociologique », in
Politix, n° 94, 2011/2
20. Kamga G., « droit à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction », Yaoundé,
PUCAC, mars 2011
21. Kadobe M., B., De l’application du protocole de Maputo par les juridictions
congolaises : cas de l’article 11 sur la protection de la femme dans les conflits armés ,
mémoire, faculté de droit, UOB, 2010
22. Lochack, D. Droits de la femme africaine au quotidien, Paris, La Découverte, 2003
23. Lesueur J., La protection de l’enfant à naitre, Paris, éd. Sellez, PUF, 2000.
24. Lunda B., La conclusion des traités en droit constitutionnel zaïrois. Etude de droit
international et de droit interne, éd. Bruylant, ULB, Bruxelles, 1984
25. Luzolo Bambi L., Droit congolais, droits de l’homme et engagements internationaux,
Séminaire international sur la gestion de la transition en RDC du 26 au 28 avril 2004
26. Salomon J., Dictionnaire de droit public, Bruylant, Bruxelles, 1987Sudre F. et Hurrel
H., Le droit à la non-discrimination au sens de la convention européenne des droits de
l’homme, NEMESIS-BruylantT, éd. Justice et Droit, Bruxelles, 2008
27. Susan antony B., Théories féministes 3ème édition, France
28. Sudre F., Droit européen et international des droits de l’homme, 11ème édition, PUF,
Paris, 2012
29. Stewart, C. Présentation de la convention sur l’élimination de toutes formes de
discrimination à l’égard des femmes, Cambridge, Harvard Unirversity Press, 2006.
30. Rawls J., Théorie de la justice et de l’égalité, seul, Paris, 1997
31. Vinas C. M., « Gender Audit of the Peace, Security and Cooperation Framework of the
Democratic Republic of Congo and the Region », octobre 2015, International Alert et
The Kvinna till Kvinna Foundation.
32. Piettre M., les conditions féminines à travers les âges, Paris, France-Empire, 1974
33. Grawitz M., citée par Frantz P., Construire le mémoire de sortie, Méthodes, procédés et
procédures, 9ème édition, Paris, Balleg, 2005
34. Marie Mossi (ASADHO) et Mariana Duarte (OMCT), Alternative report, prepared for
CEDAW 36th Cession, 7-25 August 2006.
35. Marie Rose Bashirwa et Dorothea Hilhorst, Le mouvement des femmes au Sud-Kivu,
République démocratique du Congo : Une analyse de la société civile, Genève, 2016
36. Marie Thérèse Mengue, Regard sur la situation de la femme au Cameroun, in « Droits
de l’homme, libertés et justice sociale en Afrique centrale, Cahier africain des droits de
l’homme », Etudes et documents de l’APDHAC, Yaoundé, PUCAC, mars 2011, n°11
37. Mariette Sineau, étude des cas de la parité : l’expérience française, Armand colin,
2007, Paris, 2009
38. Matundu Mbambi et Faray-Kele M.C., L’inégalité du genre et les institutions sociales
en RDC, Ottawa, Presse universitaire de Laval ; 2010
68

39. Maurice Kamto, Introduction générale : La Charte africaine des droits de l’homme et
des peuples et les perspectives de la protection des droits de l’homme en Afrique,
AUPELF-UREF, Montréal, 1994
40. Mukoko Samba, Forum sur la contribution de la femme à la reconstruction de
République Démocratique du Congo, septembre, 1999.
41. Ngouelu-Mpemba Ya Moussoungou V., La réception des droits de l’homme dans le
droit positif congolais, L’Harmattan, 2003.
42. Marcelle S., Plaidoyer sur la Campagne Rien Sans les Femmes, World Pulse, 14 mai
2018.
43. Simone B., Femmes artistes, femme ange du foyer, Paris, éd. Gallimard, 2003
44. Kaganda Mulumeoderhwa P., Violences sexuelle envers la femme et la stabilité de la
famille en période de guerre en RD Congo, in « Analyses sociales », Vol.12, Numéro
unique, janvier-décembre 2004.
45. Roger P., Méthodes sociales 4ième éd., Paris, éd. Ouvrière, 1971
46. Quivy R. et Campenhoudt L., V., Manuel de recherche en sciences sociales, Paris,
Dumond, 1988
47. Rezohazy R., Le protocole de Maputo de l’Union Africaine, un instrument pour la
promotion des droits des femmes en Afrique, Bruxelles, 2009
48. Merton R., K, Eléments de théories et méthodes sociologiques, Paris, éd. Librairie plan
49. Pinto R. et Grawitz M., Méthodes de recherche en sciences sociales , Paris, DALLOZ,
1990.

III. RAPPORTS, REVUES, JOURNAUX ET MAGAZINES

1. AFEM/SK, Réalité des femmes avec référence spécial aux situations des conflits armés,
Bukavu sept. 2006, révisé, 2003.
2. Anne-Marie d’Aouest, Les approches féministes, dans Alex Macleod et Dan O’meara
(dir), Théories des relations internationales : contestations et résistances, Montréal, éd.
Athéna, 2007.
3. Amnesty International, Mettre fin à la violence contre les femmes au combat pour
aujourd’hui, Ed. Francophone d’Amnesty international, Paris, 2004.
4. Amnisty International, Le Protocole de Maputo de l’Union africaine : Un instrument
pour la promotion des droits des femmes en Afrique, éd. Francophone d’Amnesty
international, Paris, 2009.
5. ASADHO, Rapport sur l’Etat de droit sous la législature de 2006 à 2011 en
République Démocratique du Congo.
6. Buhenwa Elie, clinique juridique ; rapport de mai 2016, Panzi, 2016.
7. Djiena Wembou M-C., « Les normes internationales relatives aux droits de l’homme
dans la législation interne des Etats africains : problèmes et perspectives », in Revue
africain de droit international et comparé, éd. La société internationale de droit
international et comparé, 1999, Vol. 11, N° 1
8. FAF, Rapport annuel de femmes au phone, Bukavu 2016.
9. FIDH, « Droits des femmes en Afrique : 15 pays n’ont toujours pas ratifié le protocole
de Maputo ! ».
10. Françoise G., « de la parité, genèse d’un concept, naissance d’un mouvement ;
nouvelles questions féminines », vol.15, n°4, 2004.
11. GTZ, « Protocole de Maputo, un instrument pour la promotion de droits des femmes en
Afrique », Munich, éd. Trichuldt, 2006
69

12. International Arlet, Etat de lieux de la parité dans la province du Sud-Kivu en


République Démocratique du Congo, Bukavu, 2014.
13. Jeugue Doungue M., Discriminations à l’égard des femmes et développement durable à
la lumière du Protocole de Maputo relatif aux droits de la femme en Afrique, Yaoundé :
PUCAC, mars 2011, n°11.
14. Nduwimana F.,. « La Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l‟ONU sur les femmes,
la paix et la sécurité Comprendre les implications, remplir les obligations», Bureau de la
Conseillère spéciale pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme
(OSAGI). Nations Unies.
15. Observatoire de la Parité, Rapport sur l’État de la Parité en RDC : Rapport biennal sur
l’état de la mise en oeuvre progressive de la parité hommes-femmes dans les institutions
nationales, provinciales et locales, 8 mars 2008 – 8 mars 2010, Bukavu, RDC :
Observatoire de la Parité.
16. Rapport 2012 du projet d’Appui à la promotion politique de la femme et le leadership
féminin au Sud-Kivu. Document tiré des archives de l’ONU Femme/SK.
17. Rapport 2016 Fondation Panzi, document tiré des archives de l’ONG Fondation Panzi.
18. Rapport de caucus de femmes du Sud-Kivu sur l’étude approfondie des droits des
femmes au Sud-Kivu sous toutes ses formes, rapport publié par le soutien de
International Alert, le 06 juillet 2016.
19. Rapport de rien sans les femmes de mai 2015 ; Kinshasa 2015
20. Rapport du Secrétariat Général des Nations Unies sur l’étude approfondie de toutes les
formes de violence à l’égard des femmes publié par l’UNICEF le 6 juillet 2006, pp.11-
15.
21. Rapport GADF sur la mise en œuvre du Protocole de Maputo, 2017.
22. Rapport interne AFEM, Douce Namwezi, approche genre : pas seulement une affaire
des femmes, Bukavu, Octobre 2015.
23. Slate Africa, « Le protocole de Maputo n’a pas vraiment sauvé les femmes africaines »,
12 juillet 2018

IV. MEMOIRES, COURS ET AUTRES PUBLICATIONS

1. Habarugiri N., L’apport des mouvements de la femme au développement de la femme.


Cas de la ville de Bukavu, mémoire (inédit) ISDR/BUKAVU, Aout 2010
2. Munyerenkana Irenge C., la problématique de la promotion sociologique de la femme à
Bukavu, mémoire, ISP/Bukavu, option histoire, 2007-2008
3. Mufurume N., Le protocole de Maputo, danger pour le droit interne des Etats,
Mémoire Droit, Université de Graben, 2011-2012.
4. Kaganda Mulumeorderhwa P., Cours des théories sociologues, G2 UOB/FSSPA/,
2010-2011, inédit.

V. DICTIONNAIRES

1. Dictionnaire Le Robert 2. Dictionnaire universel des noms propres. Alphabétique et


analogique, Paris, 207, avenue Parmentier, ISBN, 1990.

VI. WEBOGRAPHIE

1. http://www.leprotocoledemaputo.org/opposition catholique africaine.html, consulté le


05 mai 2018
2. http://monuc.unmissions.org/ consulté le 04 mars 2018.
70

3. http://www.AFM.com/afm/SK-en-mouvement, consulté le 15 mai 2018.


4. http://www.archpr.org/fr/instruments/women-protocol/, consulté le 23 avril 2018
5. http://www.observatoiredelaparite.org/spip/IMG/pdf/rapport.pdf consulté le 08 avril
2018
6. http://www.achrp.org/fr/instruments/archpr/, consulté le 26 mars 2018
7. http://www.slateafrique.com/310963/femmes-protocole-de-maputo-dix-ans-apres-
maintenant, consulté le 14 janvier 2018
8. http://www.worldpulse/fr/community/users/sikuzani-marcelle/posts/36923, consulté le
15 mai 2018
9. https://www.fidh.org/La-Federation-Internationale-des-ligues-des-droits-des-femmes-
en-afrique-15-pays-n’ont-toujours-pas-ratifie-le-protocole, consulté le 14 mai 2018.
71

Table des matières


EPIGRAPHE .............................................................................................................................................. I
IN MEMORIUM ............................................................................................ Erreur ! Signet non défini.
REMERCIEMENTS ................................................................................................................................ III
SIGLES ET ABREVIATIONS UTILISES ............................................................................................. IV
INTRODUCTION ..................................................................................................................................... 1
1.PRESENTATION DU SUJET ......................................................................................................... 1
2.ETAT DE LA QUESTION .............................................................................................................. 1
3. PROBLEMATIQUE........................................................................................................................ 5
4. HYPOTHESES ................................................................................................................................ 7
5.METHODOLOGIE DU TRAVAIL ................................................................................................ 8
5.1.Méthode : ....................................................................................................................................... 8
5.2. Techniques : ............................................................................................................................... 10
6.CHOIX ET INTERET DU SUJET ............................................................................................... 11
7.DELIMITATION DU SUJET ....................................................................................................... 12
7.1.Délimitation temporel ................................................................................................................... 12
7.2.Délimitation spatial ....................................................................................................................... 12
7.3.Délimitation typologique .............................................................................................................. 12
8.DIFFICULTES RENCONTREES ............................................................................................... 12
9.SUBDIVISION SOMAIRE DU TRAVAIL ................................................................................. 12
CHAPITRE I. CONSIDERATIONS GENERALES ET THEORIQUESErreur ! Signet non défini.
SECTION 1. DEFINITION DES CONCEPTS ............................................................................... 14
1.1. Le Genre ...................................................................................................................................... 14
1. 2. La Parité ...................................................................................................................................... 14
1.3. Mutilation génitale féminine ........................................................................................................ 15
1.4 La discrimination à l’égard de la femme ...................................................................................... 16
1.5. La Femme .................................................................................................................................... 16
1.6. Le Protocole ................................................................................................................................. 17
1.7. L’Avortement .............................................................................................................................. 17
1.8. Lobbying et Plaidoyer .................................................................................................................. 17
1.8.1. Le lobbying ............................................................................................................................... 17
1.8.2. Le plaidoyer .............................................................................................................................. 17
1.9. L’Emancipation ........................................................................................................................... 18
1.10. Les mouvements des femmes .................................................................................................... 18
72

SECTION II. APERCU HISTORIQUE SUR LES DROITS DE LA FEMME EN RDC ET DANS
LA PROVINCE DU SUD-KIVU .......................................................................................................... 19
2.1. Evolution de l’activisme des femmes en RDC ............................................................................. 19
2.2. Discrimination à l’égard des droits de la femme congolaise ........................................................ 21
2.3. Les Droits de la femme en RDC ................................................................................................... 21
2.4.Histoire des mouvements des femmes au Sud-Kivu ...................................................................... 22
SECTION III. CADRE THEORIQUE ............................................................................................ 23
3.1. Définition ...................................................................................................................................... 23
3.2 A propos de la théorie .................................................................................................................... 24
3.3. Contextualisation dans notre travail .............................................................................................. 25
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROTOCOLE DE MAPUTO................................................................ 26
SECTION I. APERCU HISTORIQUE ET AGENDA DU PROTOCOLE .................................. 26
1.1 Aperçu historique ........................................................................................................................... 26
1.1.1. De la CCF à la CEDEF .......................................................................................................... 26
1.1.2. De la CEDEF au protocole de Maputo .................................................................................. 27
1.1.3. Le protocole de Maputo ......................................................................................................... 27
1.2. Agenda du protocole de Maputo .................................................................................................. 29
1.2.1. La commission africaine de droit de l’homme et le protocole de Maputo................................ 30
1.3. Priorités du Protocole de Maputo ................................................................................................. 32
SECTION II. MISE EN OEUVRE ET RATIFICATION ....................................................................... 33
2.1. Mise en œuvre ............................................................................................................................... 33
2.2. De la ratification ........................................................................................................................... 34
2.3. De la ratification du protocole de Maputo par la RDC ................................................................. 36
2.3.1. La RDC et le protocole de Maputo ........................................................................................... 38
SECTION IV. ANALYSES CRITIQUES DU PROTOCOLE DE MAPUTO ...................................... 39
4.1. LES OPINIONS CONTRE DU PROTOCOLE DE MAPUTO .............................................. 39
4.1.1. Controverse autour de l’avortement ...................................................................................... 39
4.1.2. L’Eglise catholique et le protocole de Maputo ...................................................................... 41
4.2. LES TENANTS DU PROTOCOLE DE MAPUTO ..................................................................... 44
4.2.1. L’extrême gauche soutien le protocole de Maputo .................................................................... 44
4.2.3 L’opinion congolaise sur le protocole de Maputo ...................................................................... 45
CHAPITRE TROISIEME : PLAIDOYERS DES ORGANISATIONS FEMININES DU SUD-KIVU
POUR L’APPLICATION DU PROTOCOLE DE MAPUTO PAR LA RDC. ....................................... 47
SECTION I. LE PROTOCOLE DE MAPUTO ET LES INSTRUMENTS JURIDIQUES NATIONAUX
DE PROTECTION DES DROITS DE LA FEMME............................................................................... 47
73

§1.1 Le processus d’intériorisation des conventions et traités internationaux relatifs aux droits des
femmes en R.D. Congo. ....................................................................................................................... 47
§1.2. La réception en droit congolais des droits internationaux de la femme ...................................... 49
SECTION II. LES ACTIONS DE PLAIDOYERS DES ORGANISATION FEMININES DU SUD-
KIVU ET L’APPLICATION DU PROTOCOLE DE MAPUTO ........................................................... 50
2.1. Différentes actions des associations des femmes du Sud-Kivu ................................................... 50
2.1.1. Campagnes de sensibilisation et de vulgarisation du protocole de Maputo.............................. 50
2.1.2. Dépôt d’une pétition pour la révision de la loi électorale et la promulgation de loi sur la parité.
(2015)………………………………………………………………………………………………...51
2.1.3. Plaidoyer pour la nomination de 50% de femmes aux postes de prise de décisions en
marge de la journée internationale de la femme de mars 2016 ........................................................... 52
2.1.4. Le plaidoyer par auprès des autorités....................................................................................... 53
2.1.5. Analyse participative de la loi n°15/03 du 1er aout 2015 portant modalité d’application des
droits de la femme et de la parité ........................................................................................................ 53
2.1.6. Plaidoyer et monitoring de la mise en œuvre de la loi n°15/013 du 1er août 2015 portant
modalités d’application des droits de la femme et de la parité ........................................................... 54
2.1.7. Élaboration du 8ième rapport parallèle sur la mise en œuvre du protocole de
Maputo ………………………………………………………………………………………………………………………………………55
2.1.9. Plaidoyer au niveau international................................................................................................ 55
2.2. Structures ...................................................................................................................................... 55
SECTION III. BILAN ET PERSSPECTVES DES PLAIDOYERS DES ORGANISATIONS
FEMININES DU SUD-KIVU POUR LA MISE EN APPLICATION EFECTIVE DU PROTOCOLE
DE MAPUTO .......................................................................................................................................... 57
3.1. Bilan .............................................................................................................................................. 57
3.1.1. Leur lobbying et plaidoyer influencent la promotion des droits de la femme dans la province 57
3.1.2. Leurs principales recommandations........................................................................................... 59
3.2 Perspectives ................................................................................................................................... 61
3.2.1. Réviser le code de la famille et compléter les législations spécifiques prévoyant les droits de la
femme…………………………………………………………………………………………………………………………………………61
3.3. Modification de quelques lois spécifiques : .................................................................................. 62
3.3.1. La loi électorale ........................................................................................................................ 62
CONCLUSION ...................................................................................................................................... 63
BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………………………………....66
Table des matières……………………………………………………………………………………………………………………………..71