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AVEC INFINI REGRET

Les chefs militaires en présence


•Biron ; Armand de Gontault, pour la campagne des Pays-Bas. Sa bravoure • H. Condé ; Henri de Bour-
baron de Biron, maréchal de éclate à Dinant et à Renty où le roi Henri bon, prince de Condé (1552
France (1524 – 1592) II témoin de ses exploits le fait chevalier au – 1588)
Armand de Gontault est issu soir de la bataille. En 1557, il commande Fils aîné de Louis de Bourbon,
d’une puissante et ancienne le contingent fribourgeois au service de la prince de Condé, il hérite de
famille noble de Guyenne qui a toujours été France dans le Piémont. Il se distingue à nou- son courage mais revêt un caractère moins
fidèle et dévouée aux rois de France, même veau lors de la bataille de Dreux en 1562, impulsif. Avec son cousin Henri de Navarre,
pendant les trois siècles d’occupation an- ce qui lui vaut d’être nommé commandant il participe à la troisième guerre de religion :
glaise. Très jeune, il participe aux dernières de la garde royale par le roi Charles IX, en alors que se dessine la défaite de l’armée hu-
campagnes italiennes de François Ier puis remplacement de feu Guillaume Fröhlich. Il guenote à la bataille de Moncontour (1569),
à celles d’Henri II. Il combattra également combat à Jarnac en mars 1569 et à la bataille l’amiral de Coligny préfère mettre à l’abri les
tout au long des huit guerres de religion. de Moncontour (le 3 octobre) son régiment, deux princes en les renvoyant à Parthenay.
En août 1570, Charles IX le sollicite pour réduit à deux milles hommes, se tient à En 1572, il épouse selon le rite protestant
négocier la paix de Saint-Germain aux côtés l’aile droite de l’armée du duc d’Anjou. Ses Marie de Clèves, fille très fortunée du duc
d’Henri de Mesmes, seigneur de Malassise. hommes alors ne font pas de quartier et de Nevers. Alors qu’il détient le gouverne-
Lors du siège de La Rochelle en 1573, le massacrent un grand nombre de lansque- ment de Picardie, il part dans le Saint-Empire
futur Henri III, qui dirige les troupes royales, nets ennemis. Grièvement blessé, il meurt pour lever des troupes auprès du comte
repousse sèchement ses conseils pourtant quelques jours plus tard, le 19 octobre 1569. Jean Casimir, fils et frère d’Electeurs pala-
avisés. Cela ne l’empêchera pas d’être fait tins. Ces renforts permettent au prince de
maréchal de France par ce même Henri III •Coligny ; Gaspard II de Châ- Condé de jouer un rôle important durant
en 1577. Rude mais également instruit, il tillon, amiral de Coligny (1519 la cinquième guerre de religion. Protestant
refuse l’intransigeance religieuse des deux – 1572) radical, il se retrouve à partir de 1576 en
camps, les membres de sa famille ayant Fils de Gaspard Ier de Châ- conflit avec Henri de Navarre pour prendre
embrassé les deux religions. En 1578, il est tillon, maréchal de France, et la direction du parti réformé. Ne pouvant
nommé lieutenant général de Guyenne, pro- de Louise de Montmorency, sœur aînée du plus gouverner en Picardie où s’est installée
vince dont le gouverneur n’est autre que le connétable Anne de Montmorency, le futur la première Ligue catholique, il rejoint Saint-
roi réformé Henri de Navarre. Dès lors, les amiral de Coligny adhère aux idées de la Jean-d’Angely en 1578. Il est à l’origine de
deux protagonistes n’auront de cesse de Réforme quelque temps après la bataille de la septième guerre de religion suite au siège
se provoquer, Armand de Gontault allant Saint-Quentin (1557) au cours de laquelle victorieux qu’il mène contre La Fère le 29
même jusqu’à faire tirer le canon sur les il est fait prisonnier. Sa mère s’était déjà novembre 1579. Après la paix de Fleix (fin
appartements du second à Nérac durant convertie de nombreuses années aupara- 1580), il semble se soumettre à l’autorité du
un épisode de la septième guerre de reli- vant. Acteur politique et militaire de premier roi Henri III qui lui propose afin de le rega-
gion. Au printemps 1581, des pourparlers rang durant les trois premières guerres de gner, mais en vain, d’épouser la sœur de
directs sont engagés par des fidèles des religion, il est considéré avec méfiance par la reine Louise. Ces querelles persistantes
deux hommes pour trouver un accord en les rois Henri II et Charles IX, tout comme avec Henri de Navarre n’entravent en rien
Guyenne mais Henri III a vent de ces trac- ses deux frères, Odet, cardinal de Châtillon, sa volonté d’action pendant la guerre contre
tations et y met fin promptement. Le baron et François, seigneur d’Andelot. La mort du la Ligue. Il est aux côtés de son cousin à la
de Biron est alors envoyé rejoindre le duc prince de Condé à la bataille de Jarnac (13 bataille de Coutras (20 octobre 1587) mais
d’Alençon aux Pays-Bas pour mettre sur pied mars 1569) fait de lui le chef incontesté des tombe malade peu de temps après. Sa mort
une armée destinée à secourir les révoltés. huguenots. Malgré la défaite de Moncon- rapide au printemps 1588 fait croire, sans
Après la déroute d’Anvers et l’abandon de tour durant laquelle il est blessé au visage, affirmation, à un empoisonnement. Son pe-
Dunkerque en 1583, Armand de Gontault il poursuit la lutte armée en multipliant les tit-fils, Louis II, deviendra le célèbre « Grand
repart en campagne en Guyenne pour aller escarmouches dans tout le royaume. La paix Condé », victorieux à la bataille de Rocroi.
combattre les troupes du roi de Navarre. A de Saint-Germain (8 août 1570) lui permet de
la mort d’Henri III, il se rallie aussitôt au nou- revenir à la cour où il cherche à influencer la • L. Condé ; Louis de Bour-
veau roi Henri IV, son ancien adversaire, per- politique de Charles IX avec lequel il semble bon, prince de Condé (1530
pétuant ainsi le dévouement de sa famille à avoir de bonnes relations. Le duc d’Alençon – 1569)
la couronne de France. Il trouve la mort en lui prête également un fort intérêt. L’une de Fils de Charles de Bourbon,
juillet 1592, lors du siège d’Epernay. ses priorités est alors d’obtenir du roi des duc de Vendôme, et frère ca-
renforts pour aller aider les réformés des det d’Antoine de Bourbon, il est le premier
• Cléry ; Peterman de Cléry, Pays-Bas qui luttent contre les troupes d’oc- prince de Condé. Homme de petite taille
(1510 – 1569) cupation espagnoles. Charles IX répond fa- mais hardi au combat, d’un grand esprit, il
Peterman de Cléry (ou Cléri) vorablement à sa demande mais dans le plus fait partie de la noblesse désargentée. D’un
est né à Fribourg d’une famille grand secret, ne souhaitant pas déclencher tempérament galant, il a un grand succès
noble de Gruyères. Son père une guerre ouverte avec l’Espagne alors que auprès des femmes. Ayant hérité de la voca-
est alors chancelier et l’un des magistrats le royaume est très affaibli. Le 22 août 1572, tion militaire des Bourbons, il se distingue
les plus influents de la République. Jeune l’amiral de Coligny est victime d’un attentat, sous le règne d’Henri II aux sièges de Metz
homme, il se livre avec ardeur à l’étude des sans doute à l’instigation du duc de Guise, et de Calais, et à la bataille de Saint-Quentin
belles-lettres et il est envoyé à l’université dans une rue de Paris (un tir de mousquet (10 août 1557). A la mort du roi, il décide
de Paris où il se distingue dans la poésie. le blesse grièvement). Deux jours plus tard, de passer à l’action politique. Ses épouses
Mais séduit par la gloire des armes, il em- le jour de la Saint-Barthélemy, il fait parti des successives l’amènent à adhérer au parti
brasse une carrière militaire et obtient une chefs huguenots qui sont tués dès les pre- protestant dont il va être l’un des chefs les
enseigne en 1547. En 1554, il fait partie des mières heures. Son corps reste exposé au plus énergiques (avec Coligny). Il est à l’ori-
colonels des 25 enseignes suisses levées public pendant plusieurs jours. gine de la conjuration d’Amboise, destinée
à ruinée la puissance des Guises. Arrêté le lie en 1556. Après la défaite de Saint-Quen- également fort influents dans cette région.
31 octobre 1560, il échappe à la peine de tin (où le connétable de Montmorency est Son fils aîné Anne, baron d’Arques, fit de
mort que grâce au décès de François II et fait prisonnier), Henri II le nomme lieutenant brillantes études. Il fait ses débuts militaires
à l’arrivée au pouvoir de Catherine de Mé- général des armées. Le duc de Guise s’em- lors de la cinquième guerre de religion
dicis, qui cherche ainsi à contrebalancer pare alors de la place de Calais, réputée im- dans le Languedoc. En juin 1577, il participe
entre eux les clans princiers et nobiliaires à prenable, après un siège de deux mois, puis au siège d’Issoire sous les ordres du duc
la cour. Installé à Paris, il se fait une clien- celle de Thionville. Fort de ses succès et de sa d’Alençon (frère cadet d’Henri III). Il entre
tèle susceptible de l’aider financièrement le notoriété, il demande au roi de lui remettre peu de temps après à la cour. Apprécié de
temps venu. Obligé de quitter la capitale en la charge de grand maître, alors détenu par Catherine de Médicis pour son zèle, il de-
mars 1562, il lance aux Réformés un appel le connétable, en cas de décès de sa part en vient rapidement l’un des favoris d’Henri III,
aux armes après le massacre de Wassy. Il captivité, mais en vain. En 1558, par le ma- au grand dam des anciens courtisans dont
signe en septembre 1562 un traité avec la riage de sa nièce Marie Stuart avec le dau- fait partie François d’Espinay. Lors du siège
reine Elisabeth d’Angleterre par lequel il phin, il devient l’oncle du futur roi François de La Fère en 1580, il est blessé au visage
récupère la ville du Havre. Trois mois plus II. Le décès prématuré d’Henri II en 1559 le par un tir d’arquebuse. L’amitié du roi pour
tard, au sud de Dreux, il est blessé et fait pri- fait accéder au pouvoir. Le jeune François Anne de Joyeuse ne cesse de grandir et il or-
sonnier alors qu’il commande la bataille de II le charge, avec son frère le cardinal de ganise pour lui en 1581 un mariage princier
l’armée huguenote (19 décembre 1562). Sa Lorraine, de prendre en main les reines du dont les festivités brillent d’un éclat excep-
libération a lieu également trois mois plus royaume. Il est aidé en cela par la régente tionnel. Henri III marie et donne également
tard suite à la paix d’Amboise. Il revient à Catherine de Médicis qui profite de l’animo- des charges aux frères et au père d’Anne
l’action en 1567, date à laquelle il postule sité qu’il entretient avec le connétable de de Joyeuse, faisant ainsi des membres de sa
sans succès pour le titre de lieutenant gé- Montmorency pour écarter ce dernier. Ses famille ses alliés très redevables. Malgré de
néral du royaume. Alors que la répression nouvelles fonctions attirent autour de lui de nombreuses démarches, y compris auprès
s’engage aux Pays-Bas, il reprend les armes nombreux gentilshommes qu’il saura rendre du pape Grégoire XIII, le duc de Joyeuse
malgré les réticences de l’amiral de Coligny. redevables. Responsable de la politique du ne peut obtenir le gouvernement du Lan-
Il organise à l’automne 1567 une tentative roi Henri II, il est mis à l’écart du pouvoir lors guedoc, alors détenu par le duc de Mont-
d’enlèvement du jeune roi Charles IX (la de l’avènement de Charles IX par la régente morency. Il est alors nommé gouverneur
surprise de Meaux) pour le soustraire de Catherine de Médicis, qui reprend ainsi la de Normandie, une charge normalement
l’influence du cardinal de Lorraine. Cette direction de l’état. Il se rapproche alors du attribué à un prince de sang. Quand la Ligue
action manquée va déclencher la deuxième connétable de Montmorency et du maré- déclenche la huitième guerre de religion en
guerre de religion. Accompagné de Coligny, chal de Saint-André, tous anciens favoris 1585, Henri III utilise la famille de Joyeuse
il part en Champagne chercher des renforts comme lui, avec qui ils forment le Triumvirat comme intermédiaire lors des négociations
envoyés par l’Electeur palatin pour mettre en avril 1561. A l’automne, il quitte la cour, avec le clan des Guises. Anne de Joyeuse
le siège devant Chartres. La paix de Lon- montrant ainsi sa désapprobation vis-à-vis repart en campagne en Auvergne puis en
gjumeau signée (23 mars 1568), il se réfu- de la politique de conciliation menée par la Guyenne. Lors de la bataille de Coutras en
gie à La Rochelle avec l’amiral, se sentant régente. Alors qu’il se rend sur ses terres au 1587, face à Henri de Navarre, il est tué peu
tous deux menacés. La troisième guerre de printemps 1562, il traverse avec son escorte de temps après son jeune frère Claude, ba-
religion commence avec l’appui de la reine la ville de Wassy en Champagne où est célé- ron de Saint-Sauveur.
de Navarre, Jeanne d’Albret. Au printemps bré illégalement le culte réformé. La fureur
1569, il combat vaillamment à la bataille de des hommes du duc de Guise est telle qu’ils • Lavardin ; Jean de Beauma-
Jarnac à la tête de 300 cavaliers, malgré une prennent d’assaut le bâtiment où se tient noir, marquis de Lavardin, ma-
blessure à la jambe, et se retrouve bloqué la cérémonie et tuent une partie de l’assis- réchal de France (1551 – 1614)
sous son cheval mort. Alors qu’il propose de tance. C’est par cet acte que commence la Elevé avec le prince de Navarre
se rendre contre rançon, il est froidement première guerre de religion. François de Lor- Henri de Bourbon, Jean de
abattu d’un coup de pistolet dans la tête par, raine renoue alors avec la carrière militaire. Beaumanoir commence sa carrière militaire
semble-t-il, le capitaine des gardes du duc Il prend les villes de Rouen et de Bourges. au siège de Poitiers en 1569 dans l’armée
d’Anjou (futur Henri III) dénommé Montes- A la bataille de Dreux (19 décembre 1562), huguenote et se fait rapidement remarquer.
quiou. A l’issue de la bataille, le corps du il refuse de prendre le commandement de Converti au catholicisme après la mort de
prince de Condé est exhibé par ses enne- l’avant-garde de l’armée royale, elle-même son père lors des événements de la Saint-
mis, attaché sur le dos d’une ânesse, en sous les ordres du connétable de Montmo- Barthélemy, il remporte quelques sièges en
signe de dérision pour celui qui fut le plus rency, sous prétexte d’être issu d’une famille tant que colonel de l’infanterie française en
farouche ennemi de la cause catholique. princière (par son aïeul René II), ce dont ne 1580. A partir de 1586, on lui confie l’armée
peut se prévaloir ce dernier. Saint-André du roi en l’absence du duc de Joyeuse et,
• Guise ; François de Lorraine, tué, Montmorency capturé, il est le grand l’année suivante, il se révèle être un impla-
duc de Guise (1519 – 1563) vainqueur de cette première bataille rangée cable ennemi de ses anciens coreligion-
Fils aîné de Claude de Lorraine, des guerres civiles. Il reçoit dans la foulée le naires à Coutras avec l’avant-garde royale.
premier duc de Guise (très commandement de l’armée royale et s’en va Après l’assassinat d’Henri III, il rejoint la
apprécié de François Ier), il est mettre le siège devant Orléans. Blessé dans Ligue pour ensuite passer à Henri IV lorsque
introduit dans le Conseil royal des affaires une embuscade d’un coup de pistolet tiré celui paraît certain de l’emporter. Le nou-
politiques par le roi Henri II. A cette époque, par un gentilhomme protestant nommé Jean veau roi le récompense de ses services en
il entre déjà en concurrence avec le conné- Poltrot de Méré, il meurt quelques jours plus lui donnant le gouvernement du Maine en
table Anne de Montmorency afin d’avoir tard le 24 février 1563. 1595. En 1602, il conduit l’armée en Bour-
les faveurs du roi. Son mariage avec Anne gogne pour protéger cette région contre
d’Este le fait entrer dans la dynastie des • Joyeuse ; Anne, duc de l’invasion espagnole suite au complot du
Valois. Il obtient successivement la charge Joyeuse (v. 1560 – 1587) duc de Biron. Fait maréchal de France, il est
de grand chambellan (1551) et de grand ve- La famille de Joyeuse fait partie dans le carrosse d’Henri IV quand celui-ci
neur (1556). Il se révèle un grand homme de de la très ancienne noblesse est assassiné.
guerre et se distingue notamment au siège du sud du Massif central.
de Boulogne (1544). Il force Charles Quint à Guillaume de Joyeuse occupa de hautes
lever le siège de la ville de Metz en 1553 et fonctions en Languedoc sous le règne de
Henri II le nomme lieutenant général en Ita- Charles IX, en conflit avec les Montmorency
• Montmorency ; Anne, duc décède deux jours plus tard des suites de ses le 14 septembre 1577 qui voit un recul du
de Montmorency, connétable blessures. Catherine de Médicis, heureuse parti protestant. Les Huguenots refusent
de France (1493 – 1567) de ne plus avoir à supporter le caractère en- cette paix et Henri commence à se faire dé-
La maison de Montmorency tier du vieux soldat, lui organise pourtant des border (assemblées le critiquant, coups de
est l’une des plus puissante du funérailles grandioses auxquelles participe main, etc.). Son entourage mêle catholiques
royaume au XVIe siècle, de part sa fortune toute la population de Paris. Les quatre fils et protestants, ce qui ménage l’avenir mais
(elle possède des terres dispersées dans 13 du connétable joueront également un rôle provoque des critiques. La courte septième
provinces et dispose de 7 châteaux), ses plus ou moins important durant les troubles. guerre civile commence par l’investissement
alliances et le prestige de son lignage. En L’aîné, François de Montmorency, sera en de la Fère par Condé. Rapidement, Henri
cela, elle est en concurrence avec la mai- lutte quasi permanente avec les Guises de de Navarre accepte la médiation du duc
son de Lorraine et la branche des Guises. part sa position de catholique modéré. Il d’Anjou et d’Alençon qui débouche sur la
Né à Chantilly, Anne de Montmorency est participera aux négociations de paix en paix de Fleix le 26 novembre 1577 sur des
un ami d’enfance du futur roi François Ier, 1568 (Longjumeau) et 1570 (Saint-Germain) bases similaires à la paix précédente. Entre
d’un an son cadet, dont il deviendra l’un et échappera de justesse à la Saint-Barthé- 1580 et 1585, le roi de Navarre poursuivit
des favoris. Ces premiers faits d’armes ont lemy. Le deuxième fils, Henri de Montmo- plusieurs buts sans parvenir à en réussir
lieu lors des campagnes d’Italie, au côté rency, comte de Damville, fera sa carrière un (amener le Maréchal de Biron dans sa
de Gaston de Foix à la bataille de Ravenne dans le sud-est du royaume. Grand homme clientèle, expédition militaire aux Pays-Bas
(1512) et du chevalier Bayard à Mézières d’épée, ayant beaucoup de prestance, il sera avec le duc d’Anjou et d’Alençon, ligue pro-
(1521). Il est nommé maréchal de France gouverneur de Languedoc. Titré maréchal testante entre Etats). Mais, en juin 1584, il
en 1522 et s’illustre à nouveau à la bataille de France, il sera isolé politiquement entre devient le premier héritier du roi (après la
de La Bicoque cette même année. Il est fait les Guises qui le jugent opportuniste (sa to- mort de son dernier frère). Une ambassade
prisonnier avec son roi à la bataille de Pavie lérance religieuse est toute pragmatique car royale vient alors pour reconnaître ses droits
(25 février 1525), puis libéré contre rançon. il perçoit que la guerre civile ne peut aboutir au trône mais également pour l’adjurer de
Nommé gouverneur de Languedoc en 1526, à l’éradication des réformés) et le roi Charles se faire catholique. Henri les laissera patien-
il reçoit le titre de connétable de France en IX qui se méfie de lui. A la fin de sa vie, il ter. En mars 1585, le soulèvement armé de
1538, tout comme quatre de ses ancêtres. fera partie du Conseil royal d’Henri IV. Enfin, la Ligue éclate et vise prioritairement Henri
En 1557, il tente de renforcer les troupes les deux frères cadets, Charles de Montmo- III. Ayant dû révoquer les édits de paix, ce
assiégées par les Espagnols à Saint-Quentin rency, seigneur de Méru, et Guillaume de dernier envoie une nouvelle ambassade à
et commandées par son neveu Gaspard de Montmorency, seigneur de Thoré, partici- son beau-frère qui refuse de nouveau l’abju-
Coligny. En dépit des conseils du maréchal peront également les armes à la main aux ration. Par ailleurs, le pape Sixte Quint l’ex-
de Saint-André, et suivant son tempérament, guerres de religion. communie pour l’empêcher d’accéder au
il exécute une manœuvre audacieuse au trône de France. Henri de Navarre reprend
cours de laquelle il est plusieurs fois blessé • Navarre ; Henri de Bourbon, son habit de militaire pour les quatre années
et à nouveau capturé. En 1559, il fait partie roi de Navarre (1553 – 1610) suivantes. La bataille de Coutras voit la nette
de la délégation française qui signe le traité Né à Pau en 1553, son père victoire des protestants sur les royaux en
de Cateau-Cambrésis. Malgré tous ces hauts Antoine de Bourbon, duc de octobre 1587. Mais ce succès s’avère inutile.
faits, quand éclatent les premiers troubles Vendôme et premier prince Réunis à Blois, les états généraux de France
dans le royaume, Anne de Montmorency de sang, le fait venir à la cour de France à veulent le déchoir de ses droits au trône
n’est pas en position de force. Le sacre de l’automne 1561. Henri n’en repart qu’en mais Henri III retarde le vote en envoyant
François II la même année fait entrer dans janvier 1567 à l’âge de 13 ans. Dès cet ins- une nouvelle ambassade. De son côté, l’as-
le cercle du pouvoir la famille des Guises, tant (et pour longtemps), il suit les cam- semblée de la Rochelle le critique vivement.
dont font partie les oncles par alliance pagnes militaires protestantes. Après la paix Début 1589, une grave maladie l’emporte
du roi. Durant la régence sous Charles IX de Saint-Germain le 8 août 1570, un projet presque. En avril 1589, il accepte une négo-
(1560), Catherine de Médicis reprend les de mariage avec Marguerite de France est ciation avec le roi et une sorte d’alliance est
reines et donne le titre de lieutenant géné- évoqué. Malgré les exigences de la reine de conclue. La jonction de leurs forces ainsi que
ral du royaume au roi de Navarre, Antoine Navarre Jeanne d’Albret, Henri s’unit avec la des renforts suisses permettent de repousser
de Bourbon, amputant ainsi grandement sœur du roi de France le 18 août 1572 lors les ligueurs et de marcher sur Paris. Le 1er
les responsabilités du connétable. De plus, de grandes festivités. Quelques jours plus août 1589, il est au faubourg Saint-Germain
la conversion de plusieurs membres de sa tard, Coligny est blessé d’un coup d’arque- quand il apprend la blessure du roi Henri III
famille à la Réforme et le rôle de premier buse. Le nouveau roi de Navarre – sa mère par le moine Clément. Avant de mourir, le
plan qu’y tiennent ses trois neveux Châtillon étant morte deux mois avant le mariage – dernier Valois lui conseille de se convertir
(Odet, Gaspard et François) le placent dans vient plaider la cause des huguenots auprès et « de se bien garder ». Désormais roi de
une situation inconfortable. Ce n’est en de Charles IX. Mais la Saint-Barthélemy France de nom, Henri IV est refusé par la
avril 1561 qu’il choisit résolument le camp est alors déclenchée. Henri et son cousin, plupart des villes du Royaume et une partie
des catholiques exclusifs en formant le Condé, sont protégés au Louvre après leur de la noblesse. L’avenir s’annonce sombre
Triumvirat avec le maréchal de Saint-André conversion forcée au catholicisme. Navarre pour le premier Bourbon.
et le duc François de Guise. Lors de la pre- reste dès lors en semi-captivité à la cour de
mière guerre de religion, il est fait prisonnier France. Pendant cette période, il participera • Piles ; Armand de Clermont,
à la bataille de Dreux après avoir défait les avec le duc d’Anjou à la prise de la Rochelle baron de Piles (15 ??–1572)
troupes du prince de Condé. La paix retrou- en 1573 et aux complots du duc d’Alençon Les origines de la famille de
vée, et en dépit de la mort du roi de Navarre, contre Catherine de Médicis. Réussissant à Clermont de Piles remontent
il ne parvient pas à revenir au premier plan fuir la cour début février 1576, il retrouve sa au tout début du XVe siècle
de la scène politique du royaume, malgré liberté, son calvinisme et ses Etats. Le 6 mai dans la région de Sainte-Foy en Bordelais.
sa grande popularité. Durant la deuxième 1576, la paix de Beaulieu le fait apparaître Armand de Clermont suit les cours de théo-
guerre de religion, montrant toujours une comme le chef du parti protestant. Cepen- logie des sectateurs de Calvin à Toulouse.
grande vaillance à 74 ans, il dirige l’armée dant, la sixième guerre civile démarrée par Il épouse Jeanne de Durfort-Boissière en
royale dans la plaine de Saint-Denis face aux Henri III le laisse seul à cause de la défection 1557 dont il a deux fils. Il s’enrôle ensuite
troupes protestantes (10 novembre 1567). Il de ses alliés catholiques, les Malcontents (le dans le corps de bataille que le comte de
est blessé à de multiples reprises mais sort duc d’Alençon et Dampierre notamment) Gramont conduit jusqu’au prince de Condé
victorieux de la mêlée. Grièvement atteint, il et l’oblige à accepter la paix de Bergerac en 1562. Il revient alors dans le Périgord où
il participe à la bataille de Vergt (1562) et de Saint-Germain (1570), il rejoint la cour où • St-Luc ; François d’Espinay,
affronte Blaise de Monluc. Il devient par la le roi Charles IX s’attache à lui, au point de seigneur de Saint-Luc (1554 –
suite l’un des chefs huguenots de la région. Il ne plus pouvoir se passer de lui. Le soir pré- 1597)
occupe Bergerac et Mussidan en 1563 puis cédent le massacre de la Saint-Barthélemy, La famille d’Espinay est issue de
il est condamné par contumace en 1569. il est le dernier à quitter la chambre du roi. l’ancienne noblesse normande.
Il s’illustre par sa défense lors du siège de Celui-ci tente de le retenir en le conviant à Gentilhomme engagé dans le métier des
Saint-Jean d’Angely à la fin de l’année 1569. « baliverner » toute la nuit avec lui, mais le armes, il fait parti des fidèles qui suivent le
Juste après, il réussit par un coup de main comte de La Rochefoucauld décline son in- futur Henri III lors de son voyage en Pologne
à reprendre Bergerac mais l’année suivante vitation. Il est tué le lendemain 24 août 1572. pour y recevoir sa couronne. Cet attache-
(1570) il échoue devant Périgueux. Le len- Une partie de sa famille, dont son fils Fran- ment au roi lui vaut par la suite d’impor-
demain de l’attentat raté visant Gaspard de çois IV, est néanmoins épargnée. tantes gratifications qui attirent la jalousie
Coligny (22 août 1572), il est à la tête de la et les intrigues. Il participe avec vaillance à
délégation qui expose au roi les griefs des • St-André ; Jacques d’Albon, la cinquième et sixième guerre de religion
protestants qui se sentent de plus en plus maréchal de Saint-André (où il commande le régiment de Piémont),
menacés. Il est tué le jour suivant à la Saint- (1505 – 1562) puis rejoint la cour après la paix de Bergerac
Barthélemy dans la cour du Louvre. Ces Issu de la noblesse du Lyonnais, (1577). En 1578, il épouse la fille de feu le
deux fils serviront la cause du roi Henri IV et son père Jean le fait entrer à la maréchal de Brissac (jeune femme lettrée et
mourront tous les deux au siège de Rouen cour du roi François Ier où il devient l’ami très ambitieuse) et reçoit du roi le gouverne-
en 1594. du futur Henri II. Il participe aux guerres ment du port de Brouage, entouré de salines.
d’Italie où il se distingue, notamment lors Il obtient par la suite le commandement du
• Porcéan ; Antoine de Croÿ, de la bataille de Cérisole (1544). A la mort régiment de Picardie. Sa famille bénéficie
prince de Porcéan (1541 – de François Ier, il intègre avec son père le également des largesses du roi qui, ainsi, ren-
1567) petit cercle des proches du roi Henri II et force ses appuis en ces temps de crise. Mais,
Issu d’une famille liée à la est nommé maréchal de France en 1547. au début de 1580, François d’Espinay quitte
Maison de Bourgogne (qui Suite au décès de son père (1549), il hérite la cour après avoir tenu des propos mal-
donnera un proche conseiller de Philippe de ses charges et biens, faisant de lui l’un veillants sur le roi, suite à une altercation avec
le Bon et un tuteur de Charles Quint), une des gentilshommes les plus riches et les la reine Louise. Réfugié dans son château de
des branches s’établit en France. Il est fait plus puissants du royaume (en partie grâce Brouage, il se comporte alors en seigneur féo-
marquis de Reynel et Prince de Porcéan par à son mariage avec Marguerite de Lustrac). dal rebelle, vendant pour son propre compte
lettres patentes d’octobre 1560 et juin 1561. Grand sportif, il s’illustre lors des tournois et le sel des greniers royaux. Craignant que son
Son mariage avec Catherine de Clèves lui des campagnes militaires à partir de 1552. comportement n’incite d’autres seigneurs
permet d’intégrer les premiers cercles de la Sa bravoure lors de la défaite à la bataille de mécontents à suivre son exemple, Henri III
cour de France. Dès 1562, ce jeune seigneur Saint-Quentin (où il est fait prisonnier par le passe un accord financier avec Saint-Luc afin
se joint à l’armée du prince de Condé, chef duc de Brünswick) lui vaut d’être exonéré de qu’il abandonne sa charge de gouverneur
des calvinistes, et combat vaillamment à la toute critique, contrairement au connétable de Brouage. Arguant auprès du roi que leur
bataille de Dreux. Grâce à l’influence du Anne de Montmorency. Henri II lui confie brouille n’est qu’un malentendu habilement
parti de sa femme, il devient pair de France d’importantes missions diplomatiques qui entretenu par ses ennemis, Saint-Luc reprend
en août 1566. Il meurt de fièvre le 5 mai lui valent d’être admis dans l’ordre de la une correspondance régulière avec Henri III
1567 à l’âge de 26 ans. Jarretière. Il se retrouve en concurrence afin de regagner sa place à la cour. En 1581,
avec d’autres grands favoris du roi Henri II, il rejoint la suite du duc d’Anjou et l’accom-
• Rochefoucauld ; François III, et notamment le duc de Guise. Ce dernier pagne l’année suivante dans son aventure
comte de La Rochefoucauld, cherche surtout à mettre à l’écart le conné- militaire en Flandres. A la mort du duc (1584),
prince de Marcillac (1521 – table de Montmorency après la mort acci- toujours en disgrâce auprès d’Henri III, il se
1572) dentelle d’Henri II (1559) et Saint-André en résout à rejoindre la Ligue où il peut satisfaire
La maison de La Rochefou- profite pour se rapprocher de celui-ci. Pro- son ambition d’élévation sociale. Il y com-
cauld est l’une des plus anciennes et illustres fondément catholique, la découverte de mande l’infanterie du duc de Guise lors de
familles de la noblesse française, dont les ori- la conjuration d’Amboise l’amène à pour- la prise d’armes en mars 1585. Le roi cherche
gines remontent au Xe siècle en Angoumois. suivre le prince de Condé. Le décès rapide à débaucher les hommes de talent qui ont
François III est gentilhomme de chambre au du roi François II entraîne la famille de Guise intégrés les rangs des Malcontents ou de la
service du dauphin Charles d’Orléans sous dans la disgrâce et l’amène par intérêt à Ligue non par conviction, mais pour les hon-
François Ier, jusqu’à la mort de ce prince en resserrer ses liens avec Saint-André. Ainsi neurs et la gloire espérés. Il réussit ainsi à faire
1545. En 1552, il épouse en première noce nait le Triumvirat (le jour de Pâques 1561) : revenir à lui Saint-Luc au début de la huitième
Sylvie Pic de la Mirandole. Brillant homme le maréchal de Saint-André, le connétable guerre de religion. Il est aux côtés du duc de
de guerre, il se signale au siège de Metz Anne de Montmorency et le duc François Joyeuse lorsque celui-ci intercepte l’armée
(1552) où il est capitaine de chevau-légers de Guise, face au pouvoir royal entre les huguenote menée par Henri de Navarre près
et au siège de Poitiers (1569), ainsi qu’à la mains de la régente Catherine de Médicis. de Coutras (20 octobre 1587). L’armée royale
bataille de Saint-Quentin (1557) où il est fait À l’issue du colloque de Poissy, Saint-André vaincue, il est fait prisonnier. Deux ans plus
prisonnier en conduisant la compagnie de quitte la cour royale et s’engage pleinement tard, après l’assassinat d’Henri III, il se met-
gendarmes du duc de Lorraine avec le titre dans la première guerre de religion où il fait tra sans difficulté au service du nouveau roi
de lieutenant. Henri II le tient en très grande campagne dans le Sud-Ouest de la France, Henri IV. Militaire très capable, il est nommé
estime et en fait son premier favori. En 1560, puis en Champagne. A la bataille de Dreux lieutenant général au gouvernement de Bre-
il s’apprête à s’exiler en Allemagne tant sa (19 décembre 1562), il prend le commande- tagne et affronte le duc de Mercœur dans
position à la cour est devenue intenable de ment de l’avant-garde de l’armée royale. Son ses visées indépendantistes. Il participe aux
part son engagement protestant, mais la cheval est tué sous lui et, au moment où il sièges d’Epernay et de Laon (1594). En 1596,
mort de François II et les prières de Cathe- propose de se rendre contre rançon, un hu- il reçoit le titre de grand maître de l’artille-
rine de Médicis le retiennent. Il prend la tête guenot ruiné par ses soins le tue d’un coup rie dont il ne profite que peu de temps. En
du parti huguenot dès 1562 et prend part de pistolet comme prix de sa vengeance. effet, le 8 septembre de l’année suivante, il
à toutes les grandes batailles des trois pre- trouve la mort d’une mousquetade à la tête
mières guerres de religion : Dreux (1562), lors du siège d’Amiens, alors aux mains des
Jarnac, Moncontour (1569). Suite à la paix Espagnols.
• Sforza ; comte Ascanio Sfor- mène une carrière militaire et politique en
za, duc de Santa-Fiore (1520 France et utilise sa banque installée à Lyon
– 1575) pour étendre son influence (et celles des
Fils de Bosio II, duc de Santa- autres exilés florentins) sur la cour royale.
Fiore, il sert l’Empire Romain Son fils Philippe embrasse la carrière mili-
Germanique durant les guerres de Lom- taire dès l’âge de 15 ans sous les ordres du
bardie, participe à l’expédition désastreuse maréchal de Brissac. Capitaine d’infanterie
menée par Charles Quint à Alger en 1541, et lors de la première guerre de religion, il est
par la suite combat en Allemagne en 1546 colonel général de l’infanterie au moment
contre la ligue de Smalkalde. A la mort de de la bataille de La Roche-l’Abeille, durant
Pier Luigi Farnese, il contribue à assurer le la troisième guerre de religion, où il est fait
rattachement de Parme à l’Eglise et est or- prisonnier par l’amiral de Coligny. La paix
donné capitaine de la cavalerie pontificale et la liberté retrouvées, il se lance dans des
par le Pape. Ensuite, pendant la guerre de expéditions navales dont les buts sont à la
Sienne (1552-55), il prend part à la défaite de fois la guerre de course contre les galions
Piero Strozzi. Il est alors allié aux Espagnols espagnols et la conquête de nouvelles colo-
pendant la guerre en 1557 contre Paul VI et nies en Amérique. Après plusieurs projets
les Français si bien qu’il reçoit de Philippe avortés en 1572, 1574 et 1577, il réussit en
II d’Espagne l’ordre de la Toison d’Or. Dési- 1580 à convaincre Catherine de Médicis
gné par Pie V à la tête des milices papales de se lancer dans une guerre navale contre
envoyées en France contre les Huguenots, il l’Espagne afin qu’elle puisse prétendre avan-
se distingue à la bataille de Moncontour en tageusement au trône du Portugal et, en
1569. Malade, il retourne en Italie en 1570 conséquence, hérite de la colonie du Brésil.
sans pouvoir défendre au nom du Pape la Nommé alors lieutenant général de l’armée
cité d’Avignon et le comtat Venaissin. Il est navale, il se prépare à attaquer avec une
ensuite promu général de l’infanterie espa- soixantaine de navires disparates la flotte
gnole pendant les guerres contre les Turcs et espagnole (deux fois moins nombreuse)
il est auprès de don Juan d’Autriche pendant aux ordres du marquis de Santa Cruz, qui
la bataille de Lépante (1571). menace l’archipel des Açores. Le 26 juillet
1582, après cinq heures de lutte acharnée
• Soubise ; Charles II de qui a vu fuir sans combattre la moitié des na-
Quellenec, baron du Pons vires français, le marquis de Santa Cruz rem-
et de Rostrenen, dit Soubise porte la victoire et fait exécuter tous les pri-
(1548 – 1572) sonniers considérés comme pirates. Philippe
Issu d’une famille de noblesse Strozzi, blessé au cours d’un abordage, par-
bretonne, Charles de Quellenec est l’héri- tage le destin tragique de ses marins.
tier de Jehan IV du Quellenec, seigneur Laurent CLOSIER
de Quintin et de Jehanne de Maure qui a
embrassé la religion protestante. En 1568, il
épouse Catherine de Parthenay, héritière du
seigneur de Soubise, dont il relève le nom. Il
rejoint la réforme peu de temps après et par-
ticipe à la bataille de Jarnac (mars 1569) où
il est fait prisonnier. Il réussit à s’évader (alors
qu’il était prisonnier sur parole) et reprend le
combat sous les ordres de René de Rohan.
Il mène campagne dans le Saintonge durant
laquelle il est blessé à la mâchoire. Après la
paix de Saint-Germain marquant la fin de la
troisième guerre de religion en août 1570,
il est accusé d’impuissance par son épouse
qui lui intente un procès, appuyée par sa
mère Antoinette d’Aubeterre. Charles de
Quellenec se réfugie alors dans son château
du Pons (de Pont-L’Abbé) où il séquestre
son épouse. Présent aux noces du roi de
Navarre (et futur Henri IV) le 18 août 1572,
il est tué dans la cour du Louvre le jour de la
Saint-Barthélemy alors que son procès était
toujours en cours.

• Strozzi ; Filippo Strozzi


(1541 – 1582)
Depuis la fin du Moyen-Age,
les Strozzi forment une riche
famille de banquiers très in-
fluents à Florence. Apparentés aux Médicis,
ils ont en charge le paiement de la dot de
Catherine de Médicis lors de son mariage
avec le futur Henri II en 1533. Pierre Strozzi

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