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Cours : Droit de la protection sociale

Auteurs :
- Marion Del Sol et
- Sylvie Moisdon-Chataigner
Leçon n° 9 : Le risque chômage

Table des matières


Section 1. Les structures et le financement de la branche chômage................................................. p. 2
§ 1. La séparation historique activités de placement / indemnisation..........................................................................p. 2
§ 2. La réforme décisive du 13 février 2008................................................................................................................p. 3
A. Les missions de Pôle Emploi.........................................................................................................................................................p. 3
B. Les conséquences institutionnelles de la réforme......................................................................................................................... p. 3
1. La fusion ANPE/ASSEDIC au sein de Pôle Emploi................................................................................................................................................... p. 3
2. Le maintien de l’UNEDIC............................................................................................................................................................................................ p. 4
§ 3. Le particularisme de la branche chômage........................................................................................................... p. 4
§ 4. Le financement de l’assurance chômage............................................................................................................. p. 4
A. Les entreprises assujetties.............................................................................................................................................................p. 5
B. Le prélèvement sur salaire......................................................................................................................................................................................... p. 5
Section 2. L'indemnisation du chômage................................................................................................p. 7
§ 1. Conditions génératrices du droit à l'indemnisation du chômage...........................................................................p. 7
A. Condition préalable : être demandeur d’emploi............................................................................................................................. p. 7
B. Modes de rupture générateurs du droit à indemnisation...............................................................................................................p. 7
1. Ruptures unilatérales...................................................................................................................................................................................................p. 8
2. Ruptures d’un commun accord................................................................................................................................................................................. p. 10
C. Durée minimale de travail............................................................................................................................................................ p. 10
§ 2. Modalités d’indemnisation................................................................................................................................... p. 10
A. La durée d’indemnisation (ARE = allocation de retour à l’emploi).............................................................................................. p. 10
1. Les règles de principe...............................................................................................................................................................................................p. 10
2. Le maintien de l’indemnisation jusqu’à l'âge de la retraite.......................................................................................................................................p. 11
B. Le montant de indemnisation.......................................................................................................................................................p. 11
C. Le cumul de l’indemnisation avec une activité réduite................................................................................................................ p. 11
§ 3. Obligations des demandeurs d’emploi................................................................................................................p. 12
A. L’obligation de recherche d’emploi.............................................................................................................................................. p. 12
B. L’obligation d’accepter un emploi ou une formation.................................................................................................................... p. 12
1. Un droit de refus encadré......................................................................................................................................................................................... p. 12
2. L’obligation d’accepter une offre raisonnable d’emploi (ORE)..................................................................................................................................p. 13
C. L’obligation de sincérité............................................................................................................................................................... p. 13

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Historiquement, le risque perte d’emploi n’a pas été appréhendé par les fondateurs de la Sécurité
sociale car il ne constituait pas une préoccupation majeure de l’époque (période de reconstruction
devant tendre vers une société de plein emploi). « La mise en place d'un système d'indemnisation du
chômage s'est opéré très tardivement en France par rapport aux autres pays européens ... En 1945,
lors de la mise en place du plan français de sécurité sociale, le chômage (ou la perte d'emploi) n'a pas
été reconnu comme un risque social assurable. Il a fallu attendre 1958 pour que le gouvernement ...
demande aux partenaires sociaux d'instituer un régime d'assurance-chômage en prenant comme
modèle les régimes de retraite complémentaires » (N. Kershen et F. Kessler, L'indemnisation du
chômage en France et en RFA : protection sociale ou régulation du marché de l'emploi ? ? RISS
n° 3/1990, p. 285/286).

Ce risque ne relève donc pas structurellement de la Sécurité sociale. En revanche, l’assurance


chômage – en raison notamment de son caractère obligatorie – fait partie intégrante de la protection
sociale de base des salariés.

Dans un premier temps, sera présentée :


• l'organisation administrative et financière de l'assurance chômage ;
• puis les développements porteront sur le traitement du chômage.

Section 1. Les structures et le financement de la branche


chômage
§ 1. La séparation historique activités de placement / indemnisation
Ce sont les partenaires sociaux qui, par voie conventionnelle, ont crée un dispositif d’assurance
chômage (accord du 31 décembre 1958) venant s’ajouter aux aides (sociales) publiques qui
préexistaient. Cet accord fut agréé par les pouvoirs publics qui confièrent la gestion de ce régime
d’assurance chômage aux partenaires sociaux (gestion paritaire) dans le cadre de l’UNEDIC : union
nationale interprofessionnelle pour l’emploi dans l’industrie et le commerce.

Depuis cette date et jusqu’à la réforme de 2008, la prise en charge des chômeurs reposait sur la
distinction entre les activités de placement et d’indemnisation :
• les activités de placement : elles ont été historiquement le fait de l’ANPE qui était un
établissement public soumis à l’autorité du ministre chargé de l’emploi. Sa mission consistait à
mettre en œuvre les politiques de l’emploi arrêtées par le gouvernement. À cette fin, elle pouvait
être amenée à servir en quelque sorte de relais institutionnel entre l’État et les employeurs
(information sur les différentes aides publiques), mais également entre l’État et les demandeurs
d’emploi (orientation vers des dispositifs adaptés). Son activité principale était le placement,
donc le retour à l’emploi des demandeurs d’emploi – qu’ils soient indemnisés ou non.

Remarque
À noter que, pendant très longtemps, l’ANPE a bénéficié d’un monopole en matière de placement.
Mais celui-ci a été remis en cause par la loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005. Ainsi, les
entreprises de travail temporaire peuvent également faire du placement ; de plus, l’ANPE peut
externaliser son activité de placement en la sous-traitant à des prestataires privés qu’elle rémunère
en conséquence, ce qui conduit à la création d’un marché du placement.

• l’indemnisation : l’indemnisation relève de l’UNEDIC qui est une structure de droit privé (loi
de 1901) gérée paritairement par les partenaires sociaux. Par conséquent, et contrairement
à l’ANPE, l’activité de l’UNEDIC est centrée sur les seuls demandeurs d’emploi remplissant
les conditions pour être indemnisés. Comme il s’agit d’un système assurantiel, cela suppose
donc une période antérieure de cotisations (donc de travail) car il s’agit de prestations
contributives. Au plan pratique, ce sont les implantations locales de l’UNEDIC qui prennent en
charge cette activité d’indemnisation : les ASSEDIC (association pour l’emploi dans l’industrie
et le commerce procèdent au recouvrement des cotisations (sur salaire) et des diverses
contributions qui constituent les sources de financement du régime ; elles assurent également
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le versement des allocations d'assurance chômage. Elles se sont également vues confier
l’inscription des demandeurs d’emploi, alors que cette mission incombait traditionnellement à
l’ANPE.

§ 2. La réforme décisive du 13 février 2008


La loi de cohésion sociale de 18 janvier 2005 a fait émerger l’existence d’un service public de
l’emploi (SPE) comprenant les activités de placement, d’indemnisation, d’insertion, de formation et
d’accompagnement des demandeurs d’emploi. Ce SPE « nouvelle formule » est assuré par l’État,
l’ANPE, les ASSEDIC et l’AFPA. Il préfigure l’évolution intervenue par la loi n° 2008-126 du 13
février 2008 relative à la réforme de l’organisation du service public de l’emploi qui conduit à un
rapprochement entre l’ANPE et l’assurance chômage.

Cette réforme se matérialise par la création d’une nouvelle institution publique dotée de la
personnalité morale et de l’autonomie financière : Pôle Emploi. Cela emporte bouleversement du
paysage institutionnel préexistant puisqu’il est mis fin « à la dichotomie entre les organismes chargés
de l’indemnisation et ceux qui sont chargés du placement des demandeurs d’emploi » (P.-A. Adele
et alii, Une nouvelle assurance chômage ? Un paysage institutionnel renouvelé ? RDT 2009, p. 366).
…. dans le but affiché de dynamiser et décloisonner l’action des différents acteurs pour davantage
d’efficacité.

A. Les missions de Pôle Emploi


La définition des missions de la nouvelle institution recouvre l'ensemble des tâches effectuées
jusqu'alors par l'ANPE et les ASSEDIC, à l'exception du recouvrement des cotisations d'assurance
chômage qui est transféré aux URSSAF.

Les missions du nouvel opérateur sont donc :


• la prospection du marché du travail, la collecte des offres d'emploi ;
• l'aide et le conseil aux employeurs pour les pourvoir et la mission d'intermédiation ;
• la participation à la lutte contre les discriminations à l'embauche et pour l'égalité
professionnelle ;
• l'accueil et l'accompagnement des personnes inscrites, ainsi que la prescription d'actions en
leur faveur ; la gestion administrative de la liste des demandeurs d'emplois (inscription, mise à
jour de celle-ci, contrôle de la recherche d'emploi) ;
• le versement des allocations d'assurance chômage (pour le compte de l'UNEDIC), des
allocations de solidarité, telles que l'allocation de solidarité spécifique et les primes
d'intéressement au retour à l'activité que peuvent percevoir les bénéficiaires de cette allocation
(pour le compte du fonds de solidarité et de l'État, missions actuellement assurées par les
ASSEDIC) ;
• le recueil et l'exploitation de données statistiques ;
• la gestion pour le compte de l'État de contrats aidés et de divers dispositifs d'aides ou aux
prestations assurées au bénéfice des départements pour aider à la remise à l'emploi des
bénéficiaires du RSA.

B. Les conséquences institutionnelles de la réforme


1. La fusion ANPE/ASSEDIC au sein de Pôle Emploi
La loi du 13 février 2008 fusionne le service public de l’emploi et le réseau des ASSEDIC et
institue un nouvel opérateur (Pôle Emploi) dont elle fait une institution nationale publique dotée
de la personnalité morale et de l'autonomie financière. Pôle Emploi est administrée par un conseil
d'administration et un directeur général, nommé par l'État après avis du conseil d'administration.

Le conseil d'administration, qui élit le président de l'institution en son sein, comporte 18 membres :
5 représentants de l'État - 5 représentants des organisations syndicales de salariés représentatives
au niveau national et interprofessionnel - 5 représentants des organisations patronales répondant au
même critère - 2 personnalités qualifiées désignées par le ministre chargé de l'emploi - 1 représentant
des collectivités territoriales.

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Remarque
Cette composition instaure un équilibre des collèges État/organisations d'employeurs/organisations
de salariés qui rend compte du principe de tripartisme.

2. Le maintien de l’UNEDIC
L'UNEDIC subsiste en tant que gestionnaire du régime d'assurance chômage et n'est pas modifié
le principe d'une fixation, par voie conventionnelle, des modalités d'indemnisation du chômage et
de financement de cette indemnisation. Le recouvrement des cotisations comme le service des
allocations seront assurés respectivement par les URSSAF et par Pôle Emploi pour le compte de
l'UNEDIC.

§ 3. Le particularisme de la branche chômage


L’assurance chômage continue de relever de l’UNEDIC, donc des partenaires sociaux qui en ont
la gestion. Par conséquent, les contours de l’assurance chômage continuent d’être fixés par voie
conventionnelle au niveau national et interprofessionnel. Ces conventions déterminent tant les
modalités de financement (taux de la cotisation patronale) que les conditions d’indemnisation des
demandeurs d’emploi (durée antérieure d’activité – montant et durée d’indemnisation). On peut citer
la convention de 2001 ayant institué le PARE (plan d’aide au retour à l’emploi), la convention du 18
janvier 2006 relative à l’ARE (aide au retour à l’emploi) ou encore la convention du 6 mai 2011 en
vigueur depuis le 1er juin 2011 et dont le terme est fixé au 31 décembre 2013.

La particularité est qu’en matière d'assurance chômage, à l'instar des régimes de retraite
complémentaire AGIRC et ARRCO, est institué un paritarisme dit de plein exercice et non seulement
un paritarisme de gestion comme celui qui existe au sein des organismes de sécurité sociale. Il s'agit
là d'un « paritarisme pur... qui repose sur la négociation entre partenaires sociaux et se fonde en
conséquence sur la convention collective nationale interprofessionnelle ; logiquement, employeurs
et salariés se partagent la gestion et leurs pouvoirs y sont très étendus, notamment en matière de
fixation des contributions financières qui alimentent les organismes et sur les prestations que ces
derniers versent ; le contrôle de l'État n'est pas absent, mais, dans l'épure théorique, il s'exerce en
amont, via le mécanisme de l'agrément de la convention collective constitutive qui est requis pour lui
faire produire tous ses effets de droit » ( R. Lafore, À propos de la convention du 1er janvier 2001 : où
en est le paritarisme ? ? Dr. soc. 2001, p. 347). Autrement dit, les partenaires sociaux disposent d'un
véritable pouvoir réglementaire (fixation des niveaux de cotisations et de prestations) qui s'exprime
au travers de la négociation et la conclusion de conventions de l'assurance chômage.

L'État n'est pas pour autant absent ; mais les relations entre l'UNEDIC (organisme paritaire) et l'État
sont empruntes de complexité. L'État intervient, au travers de la délivrance d'un agrément, afin de
permettre aux conventions de produire des effets au-delà des seules personnes représentées par
les signataires. Ainsi, le gouvernement peut faire pression sur les négociateurs afin qu'ils trouvent
un terrain d'entente et intègrent certaines exigences « étatiques » (ex : convention sur le PARE).
« Même pur, le paritarisme n'est pas autonomie des partenaires sociaux » car il s'agit souvent
de faire cohabiter des logiques de régulation d'intérêts privés et imposition d'intérêts publics. « Le
paritarisme ne peut se concevoir et se comprendre qu'à l'intérieur de l'ensemble plus vaste que
constitue la politique sociale dont l’État est toujours, directement ou indirectement, l'ultime garant
(idée de tripartisme) ».

§ 4. Le financement de l’assurance chômage


L'État ne contribue pas au financement de l'assurance chômage. Par contre, il participe à la garantie
des ressources des chômeurs au travers du financement quasi-intégral du régime de solidarité
susceptible de prendre le relais des allocations d'assurance.

Pour l'essentiel, le régime d'assurance-chômage est financé par des cotisations sociales
prélevées sur les salaires. Ce mode quasi-unique de financement ne va pas sans difficulté en
période de crise de l'emploi. En effet, l'équilibre financier du régime est menacé dans ce cas de
figure puisque les demandes d'indemnisation augmentent alors que les recettes diminuent (moins
de salariés, donc moins de cotisations).

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A. Les entreprises assujetties
Il ressort de l'article L.5422-13 du code du travail que " ...tout employeur est tenu d'assurer contre
le risque privation d'emploi tout salarié dont l'engagement résulte d'un contrat de travail, y compris
les travailleurs salariés détachés à l'étranger ainsi que les travailleurs salariés français expatriés ".

Ce principe d'assujettissement supporte toutefois quelques exceptions, quelques aménagements


prévus à l'article L.5422-16 du code du travail :

• s'agissant du secteur privé : le principe est absolu (qu'il s'agisse de personnes physiques ou
de personnes morales).Cela oblige donc les employeurs du secteur privé à s'affilier auprès de
la structure de Pôle emploi dans le ressort territorial de laquelle se situe l'entreprise. À noter
toutefois que l'obligation d'affiliation (et non d'assujettissement) ne vaut pas pour les particuliers
employant des gens de maison.

• s'agissant du secteur public : il importe de souligner que les employeurs ne relèvent pas en
principe de l'UNEDIC bien qu'ils soient tenus de se prémunir contre le risque " perte d'emploi
". Cependant, certains personnels du secteur public relèvent d'un régime particulier (art. L.
5422-16) leur permettant de prétendre au régime d'assurance chômage (type secteur privé).
On peut notamment citer les salariés des établissements publics industriels et commerciaux,
des collectivités locales, les agents non fonctionnaires de l'État, des établissements publics
administratifs, des collectivités locales...

B. Le prélèvement sur salaire


Le régime d'assurance-chômage est pour l'essentiel financé par des cotisations patronales et
salariales prélevées sur les rémunérations brutes.

• Assiette.
La double contribution employeur/salarié est assise sur l'ensemble des rémunérations entrant dans
l'assiette des cotisations de sécurité sociale (CSS, art. L. 242-1).

L'assiette est constituée par la rémunération brute réelle du salarié, dans la limite toutefois de 4 fois
le plafond de la Sécurité sociale (12 124 € pour 2012). Cf. la circulaire de l'UNEDIC 2007-09 du 26
juin 2007 pour la revalorisation au 1er juillet 2007 du salaire de référence de l'assurance chômage.

• Taux.
Il a fluctué selon les années et la situation financière de l'UNEDIC. Aujourd’hui, le taux global
de cotisation au titre de l'assurance chômage s'élève à 6,40 % supportés à hauteur de 4 % par
l'employeur et de 2,40% par les salariés. Mais la convention négociée en 2011 envisage la baisse du
taux des contributions à une double condition : un résultat d'exploitation excédentaire de l'assurance
chômage d'au moins 500 millions d'euros sur 2 semestres consécutifs et un niveau d'endettement
qui n'excède pas 1,5 mois de contributions annuelles.

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Equilibre des finances

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Section 2. L'indemnisation du chômage
Il résulte de l'article L.5421-1 du Code du travail que, " en complément des mesures tendant à faciliter
leur reclassement ou leur conversion, les travailleurs involontairement privés d'emploi... ont droit à
un revenu de remplacement... ". En conséquence, la prise en charge des demandeurs d’emploi revêt
deux aspects :

• d’une part, le traitement économique du chômage qui a pour finalité principale d’assurer
un revenu de remplacement au demandeur d’emploi. C’est le système d’indemnisation du
chômage (qui fera l’objet de cette section) qui est le fait de l’assurance chômage (UNEDIC).
• d’autre part, le traitement social du chômage qui vise à faciliter le retour à l’emploi
(reclassement, reconversion) du demandeur d’emploi. Cette mission est désormais assurée
par Pôle Emploi. Elle se réalise en principe grâce à une prise en charge individualisée du
demandeur d’emploi et se traduit par la détermination d’un projet personnalisé d’accès à
l’emploi (PPAE). Selon l’article L. 5411-6-1 du Code du travail, « le projet précise, en tenant
compte de la formation du demandeur d'emploi, de ses qualifications, de ses connaissances
et compétences acquises au cours de ses expériences professionnelles, de sa situation
personnelle et familiale ainsi que de la situation du marché du travail local, la nature et les
caractéristiques de l'emploi ou des emplois recherchés, la zone géographique privilégiée et le
niveau de salaire attendu ».

§ 1. Conditions génératrices du droit à l'indemnisation du chômage


A. Condition préalable : être demandeur d’emploi
A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son
inscription sur la liste des demandeurs d'emploi (DE) auprès de Pôle Emploi (C. trav., art. L. 5411-1)

Administrativement, il existe plusieurs catégories de DE déterminées en fonction de l’objet de la


demande d’emploi et de la disponibilité du DE pour occuper un emploi (art. L. 5411-3) :

Remarque
Les catégories statistiques utilisées sont différentes des catégories administratives (v. ci-dessous).
• catégorie A : demandeurs d'emploi disponibles, n'ayant exercé aucune activité dans le mois
et tenus de faire des actes positifs de recherche, peu importe le type d'emploi demandé (CDI,
CDD, intérim, temps plein ou temps partiel...).
• catégorie B : demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche, ayant exercé
une activité réduite courte (moins de 78 heures) au cours du mois.
• catégorie C : demandeurs d'emploi ayant exercé une activité réduite longue (plus de 78 heures)
au cours du mois, non tenus de faire des actes positifs de recherche.
• catégorie D : demandeurs d'emploi non immédiatement disponibles en arrêt maladie, en stage
ou en formation, donc non tenus de faire des actes positifs de recherche.
• catégorie E : personnes non immédiatement disponibles, déjà pourvues d'un emploi et à la
recherche d'un autre emploi (ex: bénéficiaires de contrats aidés...).

La qualité de demandeur d’emploi déclenche la mise en œuvre d’un suivi et d’un accompagnement
personnalisé visant à accompagner le DE vers son retour à l’emploi. Ainsi, va être défini un
projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE). Pour autant, tout demandeur d’emploi ne peut pas
prétendre à une prise en charge par l’assurance chômage. Encore faut-il qu’il remplisse les conditions
d’indemnisation qui trouvent leur source tant dans le Code du travail que dans la convention
d’assurance chômage conclue entre les partenaires sociaux au sein de l’UNEDIC.

B. Modes de rupture générateurs du droit à indemnisation


En principe, le droit à indemnisation du chômage d'octroi de l'allocation n’est ouvert qu’aux salariés
involontairement privés d’emploi. La privation involontaire d’emploi est donc la notion-clé du système.
Toutefois, des aménagements sont intervenus et contribuent à une plus grande « ouverture ».

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1. Ruptures unilatérales
Le bénéfice de l'allocation chômage suppose en principe que l'intéressé ait été privé
involontairement de son emploi.

Il convient donc d'envisager les différentes modalités de rupture unilatérale du contrat de travail afin
de vérifier si elles correspondent à une privation d'emploi involontaire.

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L'arrivée du terme et la rupture anticipée Il s'agit là de deux cas de figure ne faisant pas
par l'employeur s'agissant d'un contrat à difficulté qui peuvent d'évidence être qualifiés
durée déterminée de ruptures involontaires d'emploi

Le licenciement Ici, la rupture du contrat de travail à


durée indéterminée s'opère à l'initiative de
l'employeur.

Par conséquent, le salarié se trouve


involontairement privé d'emploi. La
manifestation de la volonté de rupture a été le
fait de l'employeur.

Peu importe alors les motifs invoqués par


l'employeur à l'appui de sa décision de
licencier (motif personnel ou économique).
A noter que, pour les licenciements
disciplinaires, la nature de la faute (par
exemple faute grave) n’influe pas sur le droit
à indemnisation chômage.

La démission En principe, la démission ne saurait


constituer une cause de privation
involontaire d'emploi puisque l'initiative
de la rupture appartient ici au salarié.

Une indemnisation peut toutefois être


envisagée dans certaines situations
particulières :
• certaines hypothèses de démission sont
assimilées à des privations involontaires
d’emploi par la réglementation UNEDIC
elle-même : les démissions «
provoquées » par le comportement de
l’employeur (ex : mauvais traitements,
non paiement du salaire) ou encore
les démissions pour raisons familiales
(par exemple pour suivre le conjoint
qui a été muté). Dans ces situations,
l’indmenisation intervient selon les
modalités de droit commun (à l’identique
d’un cas de licenciement).
• pour les autres hypothèses de
démission, le traitement se fait au
cas par cas suite à une demande
d’indemnisation sollicitée par le DE. En
cas de réponse positive, l’indemnisation
peut intervenir mais nécessairement
apèrs un délai de carence d’au moins 4
mois.

Remarque
Il n’est pas nécessaire que la privation d’emploi soit totale (par exemple, rupture d’un contrat à
temps partiel avec un employeur mais conservation d’un autre contrat à temps partiel avec une
autre entreprise). Dans ce cas, la réglementation permet de cumuler intégralement les allocations
chômage avec les revenus de l’activité conservée.

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2. Ruptures d’un commun accord
En principe, aucune rupture intervenue d’un commun accord entre l’employeur et le salarié (rupture
amiable) n’ouvre droit à l’indemnisation chômage dans la mesure où la perte d’emploi n’est pas
involontaire, le salarié y consentant.

Une exception notable a été introduite dans le Code du travail consécutivement à la loi de
modernisation du marché du travail du 25 juin 2008. En effet, cette loi a institué un nouveau
mode de rupture du contrat de travail qui est la rupture conventionnelle homologuée par
l’administration du travail et a décidé expressément qu’elle ouvrait droit aux allocations
chômage.

Remarque
Toutes les ruptures d’un commun accord qui interviennent en dehors du cadre juridique de la rupture
conventionnelle homologuée n’ouvrent toujours pas droit à indemnisation.

C. Durée minimale de travail


L’indemnisation du chômage intervient selon une logique contributive. Par conséquent, le DE doit
justifier d’une période d’affiliation d’au moins 122 jours (= 4 mois) ou 610 heures sur une période
de référence. Celle-ci est en principe de 28 mois, mais est portée à 36 mois lorsque le DE est âgé
d’au moins 50 ans.

Remarque
Les congés légaux, les absences pour maladie et maternité sont assimilées à des périodes de
travail.

§ 2. Modalités d’indemnisation
A. La durée d’indemnisation (ARE = allocation de retour à l’emploi)
1. Les règles de principe
• La durée : la durée pendant laquelle l’ARE est versée varie selon les critères d’âge de
l’intéressé, apprécié à la fin du contrat de travail, et la durée de son affiliation à l’assurance
chômage.

La durée d’indemnisation est égale à la durée d’affiliation prise en compte pour l’ouverture des
droits (un jour d’affiliation = un jour d’indemnisation) sachant que la durée d’indemnisation ne
peut être inférieure à 122 jours et ne peut être excéder à 730 jours (soit 24 mois). Cependant,
pour les DE âgés d’au moins 50 ans à la date de fin de leur contrat de travail, cette limite est
portée à 1 095 jours (soit 36 mois).
• Le point de départ de l’indemnisation : l’indemnisation ne débute pas immédiatement car il y
a systématiquement un différé d’indemnisation de 7 jours. L’indemnisation part donc au mieux
ème
du 8 jour suivant l’inscription comme DE (sauf en cas de réadmission intervenant dans un
délai de 12 mois à compter de la précédente admission).

En plus de cette règle, il existe d’autres délais de carence qui contribuent à différer
l’indemnisation :
• une carence « congés payés » qui correspond aux jours de congés payés non pris ayant
donné lieu à perception d’une indemnité compensatrice de congés payés lors du départ
de l’entreprise.
• une carence « indemnités de rupture » correspondant aux sommes versées par
l’employeur en plus des indemnités légales (indemnités conventionnelles de licenciement,
indemnités de non-concurrence, indemnités de clientèle pour les VRP.
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On prend en compte le total des sommes versées en plus de l’indemnité légale et on le divise
par le salaire journalier de référence (SJR). Le chiffre obtenu correspondra au nombre de jours
de carence, sachant toutefois que le différé d’indemnisation est plafonné à 75 jours. Ex : un
cadre est licencié avec 10 000 € d’indemnités supra-légales ; en admettant que son SJR est
de 131,50 €, le différé sera théoriquement de 76 jours (10 000 / 131,50 = 76) et ramené en
réalité à 75.

2. Le maintien de l’indemnisation jusqu’à l'âge de la retraite


Les allocataires âgés de 61 ans continuent d’être indemnisés jusqu’à ce qu’ils disposent du nombre
de trimestres d’assurance (tous régimes confondus) leur permettant d’obtenir une retraite de la
sécurité sociale à taux plein (et, au plus, tard jusqu’à 65 ans), s’ils remplissent les conditions
suivantes :
• être en cours d’indemnisation depuis au moins 1 an (soit avoir perçu au moins 365 jours
d’indemnisation depuis l’ouverture du droit) ;
• justifier de 12 ans d’affiliation à l’assurance chômage, dont 1 an continu ou 2 ans discontinus
dans les 5 années précédant la fin de contrat prise en compte pour l’ouverture de droit ;
• justifier de 100 trimestres validés par l’assurance vieillesse.

B. Le montant de indemnisation
Il faut tout d’abord déterminer le salaire journalier de référence qui est établi à partir des
rémunérations versées au titre des 12 mois civils précédant le dernier jour de travail payé. Ensuite,
on calcule l’ARE. Il existe deux modes de calcul de l’ARE et l’on retient celui qui s’avère le plus
avantageux pour le DE. Le montant (brut) journalier de l’ARE est égal :
• soit à 40,4 % du salaire journalier de référence (SJR) + une partie fixe, révisée en principe
au 1er juillet de chaque année (11,34 € depuis le 1er juillet 2011)… dans la limite globale de
75% du SJR
• soit à 57,4 % du salaire journalier de référence.
Toutefois, le montant de l’ARE ne peut être inférieur à un plancher fixé à 27,66 € depuis le 1er juillet
2011.

C. Le cumul de l’indemnisation avec une activité réduite


En principe, le travailleur privé d'emploi pourra prétendre à l'allocation chômage à condition d'être
en recherche permanente d'emploi. Cela implique donc que l'intéressé soit en chômage total,
sauf à exercer certaines activités non rémunérées (notamment à titre bénévole) ou des activités
rémunérées réduites.

La réglementation envisage la possibilité de cumuler allocation chômage/activité rémunérée réduite


(activité reprise après une période de chômage). Ainsi, le DE qui exerce une activité professionnelle
occasionnelle ou réduite peut, dans la limite temporelles fixées, continuer de percevoir l’ARE
totalement ou partiellement pendant 15 mois sous certaines conditions.

• Conditions de cumul : pas plus de 110 heures mensuelles sous réserve que l’activité
salariée reprise ne lui procure pas des rémunérations excédant 70 % des rémunérations brutes
mensuelles prises en compte pour le calcul de l’allocation. À noter que le cumul n’est possible
que pendant 15 mois (dans la limite du droit à ARE).
• Modalités de cumul : en cas de reprise d’une activité occasionnelle ou réduite, l’ARE n’est que
partiellement cumulable avec les revenus tirés de cette activité.Les allocations cumulables sont
déterminées à partir d’un nombre de jours indemnisables au cours d’un mois civil (nombre égal
à la différence entre le nombre de jours calendaires du mois et le nombre de jours correspondant
au quotient des rémunérations brutes mensuelles par le salaire journalier de référence) ; les
jours non indemnisés ne sont pas perdus mais reculent d’autant la fin de l’indemnisation du
demandeur d’emploi.

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Exemple
Un salarié licencié percevait un salaire mensuel brut de 1 217 euros, soit un salaire journalier de
référence d’environ 40 euros. Après son inscription comme demandeur d’emploi, il retrouve une
activité qui lui procure un salaire de 360 euros par mois. Chaque mois, Pôle Emploi déduira 9 jours
d’allocations (360 / 40) sur le nombre d’allocations journalières qu’elle lui verse. En revanche, le
versement des allocations de chômage serait interrompu si le salaire procuré par l’activité reprise
venait à dépasser 70 % de 1 217 euros, soit 851,90 euros.

§ 3. Obligations des demandeurs d’emploi


L’article L. 5412-1 du Code du travail précise qu’est radiée de la liste des DE la personne qui :
• ne peut justifier de l’accomplissement d’actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi,
de créer ou de reprendre une entreprise ;
• sans motif légitime, refuse à deux reprises une offre raisonnable d’emploi (ORE) ;
• sans motif légitime, refuse d’élaborer ou d’actualiser le projet personnalisé d’accès à l’emploi
(PPAE) ou de suivre une action de formation ou d’aide à la recherche d’emploi s’inscrivant
dans le cadre du PPAE ou de répondre aux convocations ou de se soumettre à une visite
médicale auprès des services médicaux de main-d’œuvre destinée à vérifier son aptitude au
travail ou à certains types d’emploi ou une proposition de contrat d’apprentissage ou de contrat
de professionnalisation ou une action d’insertion ou une offre de contrat aidé.

A. L’obligation de recherche d’emploi


La condition de recherche d'emploi est satisfaite dès lors que le DE accomplit, à son initiative ou sur
proposition, des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer ou de reprendre
une entreprise (C. trav., art. L. 5421-3).

La recherche d’emploi doit être effective et permanente et les démarches effectuées doivent
présenter un caractère réel et sérieux apprécié compte tenu de la situation du DE (notamment
familiale et de santé) et de la situation locale de l’emploi.

En cas de contrôle, il appartient à l’allocataire d’apporter les éléments prouvant la réalité de


sa recherche d’emploi (ex : copies de demandes d’emploi ou d’actes de candidature, réponses
d’entreprises, documents attestant de l’accomplissement régulier d’actions en vue d’une réinsertion
professionnelle).

Remarque
Le DE qui accomplit des démarches qui lui sont proposées par Pôle Emploi n’est pas pour autant
dispensé d’accomplir des démarches de recherche d’emploi de sa propre initiative.

ère
Lorsqu’est constaté pour la 1 fois un manquement à l’obligation de recherche d’emploi, la radiation
de la liste des DE peut intervenir pendant une période de 1 mois ; en cas de manquements répétés,
cette période peut être portée à une durée comprise entre 1 et 6 mois consécutifs. De plus, le DE
er
s’expose à une réduction de son ARE : -20% pendant une période de 2 à 6 mois en cas de 1
manquement ; -50% pour une durée de 2 à 6 mois en cas de répétition ou suppression définitive.

B. L’obligation d’accepter un emploi ou une formation


er
La loi n° 2008-758 du 1 août 2008, intitulée loi relative aux droits et aux devoirs des demandeurs
d'emploi, a introduit une nouvelle notion, celle d’offre raisonnable d’emploi (ORE), qui devient une
notion-clé puisque le DE peut être radié s’il refuse une ORE.

1. Un droit de refus encadré


Le nouveau régime (C. trav., art. L. 5411-6-4) prévoit un droit à refuser un emploi qui réaliserait un
déclassement. Ainsi, un DE n'est pas tenu d'accepter :

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• un niveau de salaire inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région et pour
la profession concernée (et ce, quelle que soit la source juridique de fixation du
salaire : dispositions légales ou stipulations conventionnelles en vigueur… autrement dit,
cela correspond au SMIC ou au salaire minimum conventionnel prévu par une branche
professionnelle ou interprofessionnelle).
• un emploi pour une quotité horaire inférieure à celle envisagée dans le PPAE.Si le projet
personnalisé d'accès à l'emploi prévoit que le ou les emplois recherchés sont à temps complet,
le demandeur d'emploi ne peut être obligé d'accepter un emploi à temps partiel.

Remarque
« Le droit de refuser un emploi de déclassement ne porte que sur deux aspects d'un emploi offert
par un opérateur : le salaire et le type de contrat de travail proposé (temps plein ou temps partiel).
A contrario, le demandeur d'emploi ne peut pas se prévaloir de ce droit de refuser un emploi pour
cause de déclassement en raison des caractéristiques d'un emploi, tenant à sa localisation, ses
caractéristiques (nature des tâches confiées, niveau hiérarchique), sa nature (contrat de travail de
droit commun, contrat aidé)... » (C. Willmann, Loi n° 2008-758 du 1er août 2008 : redéfinir les droits
et les devoirs des demandeurs d'emploi ? Lexbase hebdo, éd. S, n° 316 du jeudi 4 septembre 2008).

2. L’obligation d’accepter une offre raisonnable d’emploi (ORE)


• La notion d’ORE
La loi d’août 2008 met en place un dispositif gradué d’incitations à la reprise d’un emploi, avec
un élargissement au fil du temps des mois, des critères [objectifs] liés à l’emploi recherché et une
sanction pécuniaire en cas de mauvaise volonté.

L’ORE, mentionnée dans le PPAE du DE, est définie sur la base des critères objectifs suivants : la
nature et les caractéristiques de l’emploi recherché - la zone géographique privilégiée - le salaire
attendu. Elle est évolutive au fil des mois, les « exigences » du DE étant revues à la baisse « pour
accroître les perspectives de retour à l’emploi » (C. trav., art. L. 5411-6-3) :
• après 3 mois de chômage, est considérée comme raisonnable l’offre d’un emploi compatible
avec les qualifications et compétences du DE et rémunéré au moins 95% du salaire
antérieurement perçu. Rq : aucun critère de temps de déplacement (zone géographique).
• après 6 mois, est considérée comme raisonnable l’offre d’un emploi compatible avec les
qualifications et compétences du DE, rémunéré au moins 85% du salaire antérieurement perçu
et entraînant, à l'aller comme au retour, un temps de trajet en transport en commun, entre le
domicile et le lieu de travail, d'une durée maximale d'une heure ou une distance à parcourir
d'au plus trente kilomètres.
• après 1 an, est considérée comme raisonnable l’offre d’un emploi compatible avec les
qualifications et compétences du DE, rémunéré au moins à hauteur de l’ARE et entraînant,
à l'aller comme au retour, un temps de trajet en transport en commun, entre le domicile et le
lieu de travail, d'une durée maximale d'une heure ou une distance à parcourir d'au plus trente
kilomètres.

• Les conséquences du refus d’une ORE


Sera radié de la liste des DE le demandeur d’emploi qui refusera, sans motif légitime, deux ORE.
La radiation de la liste des demandeurs d’emploi entraîne l’impossibilité d’obtenir une nouvelle
inscription : pendant une période de 2 mois lorsque sont constatés pour la première fois les
manquements mentionnés et pendant 2 à 6 mois en cas de manquements.

Par ailleurs, son ARE peut être supprimée de manière temporaire ou définitive (C. trav., art. R
er
5426-3) : suppression pendant 2 mois pour un 1 manquement (= refus de 2 ORE) - suppression
pendant 2 à 6 mois ou de façon définitive en cas de répétition des manquements.

C. L’obligation de sincérité
Les allocataires sont tenus d’une obligation générale de sincérité dans leurs déclarations au moment
de l’ouverture de leurs droits, mais également tout au long de leur prise en charge ce qui suppose
qu’ils actualisent les données les concernant (notamment à l’occasion de la déclaration mensuelle
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d’actualisation). Le fait d’établir de fausses déclarations pour être inscrit ou maintenu sur la liste des
DE peut emporter trois conséquences :
• la radiation de la liste (C. trav., art. L. 5412-2)
• la suppression temporaire ou définitive de l’ARE
• une peine d’amende de 3 750 € (C. trav., art. L. 5413-1).

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