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Analyse vibratoire prédictive.


Niveau 1
OCP Safi
20 au 22 janvier 2009

Formation théorique 20 au 22 Janvier 2009


Par Fabrice Brion
Formation pratique 22 Janvier 2009
Par Fabrice Brion
Client OCP Safi
TABLE DES MATIERES

1. INTRODUCTION 5

2. ANALYSE VIBRATOIRE 7
2.1. VIBRATION HARMONIQUE 7
2.1.1. Unités 7
2.1.2. Formes de représentation de la vibration mécanique 8
2.2. VIBRATION PERIODIQUE NON HARMONIQUE 11
2.3. NOTION DE PHASE 13
2.4. MODULATION ET BATTEMENT 14
2.4.1. Composition de deux vibrations de fréquence proche 14
2.4.2. Vibration avec variation d’amplitude 15
2.5. CALCUL DU TEMPS DE MESURE 17
3. BALOURD 20
3.1. THEORIE 20
3.1.1. Balourd statique 20
3.1.2. Balourd de couple 21
3.1.3. Arbre excentrique ou fléchi 22
3.2. ETUDE DE CAS 23
3.2.1. Balourd sur un ventilateur 23
4. RESONANCE 25
4.1. THEORIE 25
4.1.1. Qu’est-ce que la résonance ? 25
4.1.2. Déphasage 27
4.1.3. Résonance ou balourd ? 28
4.1.4. Solutions aux problèmes de résonance 29
4.2. TECHNIQUE PARTICULIERE : TEST D’IMPACT 31
4.3. TECHNIQUE PARTICULIERE : ANALYSE AU DEMARRAGE ET A L’ARRET 34
5. LIGNAGE 35
5.1. THEORIE 35
5.1.1. Délignage angulaire et délignage parallèle 35
5.1.2. Vibrations causées par un délignage 35
5.1.3. Vibrations causées par un roulement déligné 37
5.1.4. Alignement ou balourd ? 37
5.2. CAS D’ETUDE 39

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6. JEU OU DESSERRAGE 41
6.1. THEORIE 41
6.1.1. Vibrations causées par du jeu ou un desserrage 41
6.1.2. Desserrage structurel 43
6.1.3. Jeu ou délignage ? 43
6.2. CAS D’ETUDE 44
6.2.1. Jeu entre la bague intérieure du roulement et l’axe 44
6.2.2. Jeu entre la bague extérieure du roulement et le palier 46
6.2.3. Jeu structurel 48
7. ROULEMENTS 50
7.1. THEORIE 50
7.1.1. Défauts des bagues internes et externes 50
7.1.2. Rupture de la cage 57
7.1.3. Défauts de billes ou de rouleaux 58
7.1.4. Quand remplacer les roulements ? 59
7.1.5. Problèmes de graissage 60
7.1.6. Formules pour le calcul des fréquences de défaut 62
7.2. CAS D’ETUDE 64
7.2.1. Défaut de bague externe 64
7.2.2. Défaut de bague interne 68
7.2.3. Défaut de bague externe et de rouleau 70
7.2.4. Rupture de la cage 73
7.2.5. Défaut aux éléments roulants 74
7.3. TECHNIQUE PARTICULIERE : LA DEMODULATION 77
7.4. CAS D’ETUDE 81
7.4.1. Début de défaut de bague externe 81
7.4.2. Défaut d’un élément roulant 84
7.5. TECHNIQUE PARTICULIERE : PEAKVUE 87
8. PALIERS LISSES 92
8.1. THEORIE 92
9. PROBLEMES DE COURROIES 94
9.1. THEORIE 94
9.1.1. Courroies 94
9.1.2. Tension ou alignement 95

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10. PROBLEMES ELECTRIQUES 97
10.1. THEORIE 97
10.1.1. Problèmes de stator 97
10.1.2. Problèmes de rotor 100
10.1.3. Fréquences de passage 105
10.2. TECHNIQUE PARTICULIERE : MESURES DE COURANT 108
10.3. CAS D’ETUDE 109
10.3.1. Barre rotorique cassée 109
11. BOITES DE REDUCTION 111
11.1. THEORIE 111
11.1.1. Usure des roues dentées 111
11.1.2. Rupture de dent 113
11.1.3. Jeu 114
11.2. CAS D’ETUDE 116
11.2.1. Usure de roue dentée 116
11.2.2. Rupture de dent 119

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1. INTRODUCTION

La maintenance classique consiste à laisser tourner la machine jusqu’à ce qu’elle


casse et à faire les réparations nécessaires. Le désavantage de cette stratégie
(maintenance curative) est qu’une panne peut être la cause d’une perte de
production et de frais de réparations beaucoup plus importants. En outre, une
réparation non planifiée entraîne des coûts extra-ordinaires.

Ces raisons ont poussé l’industrie à développer la maintenance préventive,


maintenance par laquelle les pièces de machines sont remplacées après un temps de
production déterminé. Ceci comporte un désavantage de taille : beaucoup de
pièces (ex. roulements) seront remplacées alors qu’elles n’ont pas atteint leur durée
de vie optimale. De plus, le risque d’une panne reste présent (beaucoup de
machines cassent dans une phase très précoce de leur mise en service), à cause
d’un mauvais montage ou de défauts de fabrication.

C’est la raison la plus importante pour laquelle on s’est dirigé vers la maintenance
prédictive qui, quant à elle, est basée sur l’état réel de la machine. L’état peut être
évalué en faisant appel à plusieurs types de mesures. Ainsi, des mesures de
courant sur des moteurs électriques indiquent des barres rotoriques cassées. On
retrouve l’usure des paliers lisses à l’aide de l’analyse d’huile. La thermographie
fournit l’information des fuites éventuelles dans une installation à vapeur et les
augmentations de résistances dans l’alimentation électrique d’un moteur. Les
analyses vibratoires permettent de mettre à jour, pour des machines rotatives, un
grand nombre de défauts mécaniques, et c’est pourquoi les mesures vibratoires
sont privilégiées par rapport aux autres techniques.

L’objectif principal des mesures vibratoires est d’éviter le plus grand nombre de
pannes. Puisque les roulements font partie des composants les plus importants
d’une machine, les défauts sur ce type d’élément seront davantage pris en
considération. L’analyse vibratoire met en évidence également un nombre de
problèmes qui, après réparation, évitent une diminution de la durée de vie des
machines, sans pour autant que la réparation ne devienne trop coûteuse. Parmi ces
problèmes, on trouve : tension trop élevée dans les courroies, mauvais centrage de
poulies, mauvaise fixation des roulements, balourd sur le rotor, résonances
structurelles, etc.
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Pour des roulements à billes, la formule1 suivante calcule la durée de vie prévisible
d’un roulement:

 C
p

L10 =  
 P

dans laquelle:
L10 durée de vie en 106 tours
C charge nominale du roulement (constante)
P force dynamique en action
p exposant pour la comparaison de durée de vie
p = 3 pour roulements à billes
p = 3.33 pour roulements à rouleaux

Puisque, pour une machine, la force sur un roulement est proportionnelle à


l’amplitude des vibrations, la durée de vie sera très fortement réduite par un niveau
de vibrations élevé. C’est pour cette raison qu’il est important de détecter et de
corriger des problèmes tels que la résonance, le délignage, le balourd, etc ..., qui
produisent une augmentation très grande du niveau de vibration.

1 SKF General Catalogue, SKF, 1981, p 28.


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2. ANALYSE VIBRATOIRE

2.1. VIBRATION HARMONIQUE

La transformation de Fourrier (FFT - Fast Fourrier Transformer) décompose une


vibration complexe (non sinusoïdale) en plusieurs composantes simples. Chaque
composante est une vibration
sinusoïdale.
La période d’une vibration
harmonique est le temps
nécessaire pour effectuer un cycle
(revenir à la même situation de
départ Figure 1). La fréquence
est calculée par l’inverse de la
période :
f=1/T
Figure 1. Vibration harmonique.
La fréquence correspond ainsi au
nombre de fois qu’un phénomène
se répète en une période de temps déterminée.

Une vibration harmonique est caractérisée par une fréquence et par une amplitude
déterminées.

2.1.1. Unités

Les fréquences sont mesurées en:


1. Hz nombre de cycles par seconde
2. CPM nombre de cycles par minute
3. Ordre nombre de cycles par révolution
Les grandeurs des amplitudes sont mesurées en valeur:
1. Crête à crête (Pk-Pk)
2. Crête (Pk) amplPk = 1/2 x amplPk-Pk
3. RMS amplRMS = 0.707 x amplPk

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La représentation de la vibration
harmonique dans le domaine des
fréquence est appelée spectre (voir
Figure 2).

Figure 2. Spectre de la vibration


harmonique.

2.1.2. Formes de représentation de la vibration mécanique

L’amplitude du signal temporel ou du spectre peut être exprimée en accélération,


vitesse ou en déplacement. Une
même vibration peut donc être
décrite dans chacune de ces trois
grandeurs. (Voir figure ci-contre).
Lorsque le déplacement de la
vibration est maximum, sa vitesse
sera nulle et son accélération sera
maximum négative.
On remarque dans cette même
figure un décalage entre les maxima
de chaque sinusoïde. Ce décalage
est appelé la phase du signal (voir
plus loin).
Figure 3. Représentation de la vibration
harmonique

Le déplacement de la vibration est exprimé en micron. La vitesse de la vibration


est quant à elle exprimée en mm/s, tandis que l’accélération est exprimée en g (1 g
= 9.81 m/s²).
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Si l’on connaît la vibration (amplitude et fréquence) dans l’une des 3 unités
décrites, il est toujours possible de la recalculer dans les deux autres. Le choix de
l’unité peut néanmoins avoir une influence importante sur la forme d’onde ou sur
le spectre.

La représentation en accélération accentue les hautes fréquences.

La représentation en déplacement accentue les basses fréquences.

La représentation en vitesse n’accentue ni les hautes, ni les basses fréquences.

C’est pour ces raisons que la représentation des vibrations en vitesse est le plus
souvent utilisée comme représentation normale. Ce n’est que pour l’analyse des
phénomènes en hautes fréquences que la représentation en accélération peut
faciliter le diagnostic.

Ceci est clairement illustré aux figures 4 et 5 : les deux spectres représentent la
même vibration mécanique, respectivement en vitesse (“velocity”) et accélération
(“acceleration”).

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Figure 4. Spectre en vitesse.

Figure 5. Spectre en accélération.

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2.2. VIBRATION PERIODIQUE NON HARMONIQUE

La Figure 6 présente un signal


temporel semblable à ce que
pourrait être une vibration
mécanique. Ce n’est pas une
sinusoïde parfaite, mais la
périodicité du signal est maintenue
(période T).
Le spectre de ce signal temporel
Figure 6. Vibration périodique non harmonique. contiendra encore un pic à une
fréquence f = 1/T (comme à la
Figure 2), mais à cause de la forme non sinusoïdale du signal temporel, le spectre
présentera également un nombre de pics multiples entiers de la fréquence de base f
(2f, 3f, 4f).
Ces multiples de la fréquence de base sont appelés harmoniques de la
fondamentale.

La Figure 7 présente un spectre typique


d’une vibration non harmonique.

Figure 7. Spectre d’une vibration périodique


non-harmonique.

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Figure 8. Vibration périodique non harmonique.

La Figure 8 donne un exemple pratique d’une vibration périodique non


harmonique.
Un cycle (une révolution) du signal temporel a une durée de 13,5 msec (entre deux
lignes verticales) : on l’appelle la période de la vibration.
Dans le spectre, cette vibration non harmonique présentera donc un pic à une
fréquence de 74 Hz (1/13,5.10-3) accompagné de ses harmoniques (dus à la
vibration non sinusoïdale).

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2.3. NOTION DE PHASE

La Figure 9 montre une mesure de vibration réalisée sur un rotor (signal sinusoïdal
causé par exemple par un balourd et se répétant donc tous les tours de rotation).
Une bande réfléchissante collée sur le rotor renvoie une fois par révolution (une
révolution correspond à 360°) le signal généré par un tachymètre. Le signal
tachymétrique et la vibration sont enregistrés par un collecteur de données.
La distance (en degrés) entre le niveau maximum du signal sinusoïdal et la
référence (bande réfléchissante) est appelée la phase. Cette phase est utilisée pour
les équilibrages, ou pour détecter certains problèmes particuliers (alignement,
résonance, fissures, ...).

En pratique, on mesurera plutôt la phase


entre deux signaux temporels (de même
fréquence).
Elle peut être calculée par la distance
(en degrés entre le maximum de
vibration des deux signaux).

Figure 9. Mesure de la phase.

Si la différence de phase correspond à 0° de rotation, on parlera de vibrations en


phase. Si par contre elle s’élève à 180°, on parlera alors de signaux en opposition
de phase.

En considérant de nouveau la figure 3, on constatera que la phase entre un signal


vibratoire exprimé en déplacement et un signal exprimé en vitesse est de 90°. Il en
est de même pour la phase entre les signaux exprimés en vitesse et en accélération.

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2.4. MODULATION ET BATTEMENT

La modulation d’un signal peut être décrite comme étant la variation périodique de
l’amplitude d’un signal au cours du temps (Figure 13).
La modulation peut être causée par
deux phénomènes différents :
premièrement, la composition de
deux vibrations dont la différence
de fréquence est faible;
deuxièmement, une vibration de
fréquence déterminée dont
l’amplitude n’est pas constante. Ces
deux phénomènes sont expliqués ci-
Figure 10. Battement. dessous en détail.

2.4.1. Composition de deux vibrations de fréquence proche

Ce phénomène se produit lorsque


deux sources génèrent une vibration
dont la fréquence est légèrement
différente. On retrouve une
amplitude maximale quand les deux
fréquences sont en phase, et une
amplitude minimale quand les
signaux sont déphasés de 180°. Le
résultat (Figure 11) de la
Figure 11.Composition de vibrations. superposition est appelé le
battement.
Prenons l’exemple d’un moteur entraînant une pompe via un accouplement
hydraulique. Chacun de ces éléments génère des vibrations liées à leur propre
vitesse de rotation.

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Puisque les deux vitesses ne sont
que légèrement différentes, les deux
vibrations ont presque la même
fréquence. Si les mesures spectrales
sont faites avec une haute résolution,
on retrouvera ces deux fréquences
dans le spectre (Figure 12).
Figure 12. Composition de deux vibrations. La vibration résultante est décrite
mathématiquement par la fonction
suivante :
A1 sin 2πf 1 t + A2 sin 2πf 2 t , dans laquelle la fréquence f2 est légèrement plus haute
que f1.

2.4.2. Vibration avec variation d’amplitude

Une deuxième possibilité est la variation d’amplitude d’une vibration à une


fréquence déterminée. Par exemple, les roues dentées d’un réducteur génèrent une
fréquence d’engrenage (fréquence à
laquelle les dents des roues entrent
en contact l’une de l’autre). Si
l’arbre d’une des roues dentées
présente une excentricité,
l’amplitude de la fréquence
d’engrenage ne reste pas constante
car une fois par révolution, le choc
créé par le contact entre les dents
sera beaucoup plus important (ce
Figure 13. Battement
phénomène est expliqué au chapitre
12 : “Les défauts des roues dentées”).

A la Figure 13, la (haute) fréquence f (1/T) est la fréquence modulée. Le spectre


qui correspond à cette vibration peut être décrit par la fonction suivante:
A sin 2πft avec A = Acte + Amod sin 2πf mod t

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Cette formule peut être convertie en:
Amod
Acte sin 2πft +
2
[ cos 2π ( f − f mod )t − cos 2π ( f + f mod )t ]

Si l’on regarde cette formule, il apparaît que cette vibration est composée d’une
composante haute fréquente f, et de deux composantes supplémentaires de
fréquences f-fmod et f+fmod.
Le spectre montre donc un pic à la
fréquence f et deux fréquences
latérales (bandes latérales).
La différence de fréquence entre le
pic central et ces bandes latérales est
fmod (Figure 14).

Figure 14. Modulations.

Cas particulier : modulation


provoquée par deux vibrations de
fréquence presque identique dont
les amplitudes sont identiques.
Lorsque le déphasage atteint 180°,
les vibrations se neutralisent
complètement. Dans ce cas,
l’amplitude est périodiquement
réduite à zéro, et on parle d’un
battement parfait (Figure 15).

Figure 15. Battement parfait

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Dans le cas d’une fréquence avec
amplitude modulée, un phénomène
semblable est observé si la constante
Acte de l’expression de A est réduite à
zéro.

Le spectre ne présente pas de pic


central (Figure 16).

Figure 16. Spectre d’un battement parfait.

2.5. CALCUL DU TEMPS DE MESURE

Lors de la collecte d’un signal temporel, il peut être intéressant de connaître la


durée de cette mesure. De cette manière, il devient aussi possible de calculer la
durée d’une mesure spectrale.

Durée de collecte d’un signal temporel

Le signal temporel qui est transmis par un


accéléromètre à un système de mesure est
un signal continu (analogique). Ce signal
devra être décomposé en une série de
valeurs discrètes qui permettront de
reconstruire (numériser) de manière
fidèle le signal (Figure 17). La vitesse à
laquelle ces valeurs discrètes sont
enregistrées est appelée la fréquence
d’échantillonnage (espace entre deux
Figure 17. Fréquence d’échantillonnage. valeurs discrètes).

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Comme il est nécessaire de reconstruire le signal temporel à partir de l’information
digitale, la fréquence d’échantillonnage doit être choisie suffisamment haute pour
garder suffisamment d’information du signal original et reconstruire le spectre.
Pour digitaliser, par exemple, un choc qui se répète une fois par révolution (par
exemple dent cassée sur un pignon), il est nécessaire de prendre 100 échantillons
par révolution.

On ne peut cependant pas toujours définir la fréquence d’échantillonnage et c’est


souvent la fréquence maximale du spectre (que l’on veut collecter) qui déterminera
la fréquence d’échantillonnage.

Ces critères ont été posés par Nyquist:


f é chantillon f 2 × f max
où fmax est la fréquence maximale (du spectre de vibration) qu’on désire mesurer.

Dans la plupart des systèmes digitaux, cette fréquence d’échantillonnage est fixée à
2.56xfmax.
f é chantillon = 2,56 × f max

Avant d’échantillonner le signal, un filtre passe bas (anti-repliement ou anti-


aliasing) est appliqué pour éviter toutes les fréquences au delà de la moitié de la
fréquence d’échantillonnage (phénomène aliasing).

Ce sont le nombre d’échantillons et la vitesse d’échantillonnage du système


d’acquisition qui déterminent la durée d’une mesure du signal temporel.

Durée totale pour mesurer un signal temporel

N 0échantillons N 0échantillo ns
∆T = =
f échantillons 2,56× f max

Dans laquelle N0 échantillons correspond au nombre d’échantillons reconstituant le


signal temporel, et féchantillons à la fréquence d’échantillonnage.

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Durée de mesure pour un spectre

Le calcul du temps de mesure pour le spectre est très proche de celui effectué pour
le signal temporel.
Le nombre de lignes de résolution voulues pour le spectre détermine le nombre
d’échantillons nécessaires pour calculer le spectre. La fréquence maximale désirée
déterminera la fréquence d’échantillonnage.

Durée pour un spectre

2,56 × N 0lignes, spectres N 0lignes, spectres


∆T = =
f é chantillon fmax
Dans laquelle
N°lignes dans spectres : résolution du spectre (400, 800, 1600, etc..)

Remarque : cette durée est une donnée physique, et non influencée par la vitesse de
l’appareil de mesure.
L’appareil de mesure cependant influence aussi le temps nécessaire pour calculer
le spectre à partir du signal temporel. Un temps de calcul trop long intervenant
entre deux acquisitions consécutives a pour conséquence une perte d’informations
contenues dans le signal analogique mesuré.

Cette limitation de l’appareil s’appelle le REAL TIME RATE (ou taux de calcul en
temps réel) d’un analyseur, et est la fréquence maximale mesurable de l’instrument
pour laquelle le temps de calcul est inférieur ou égal au temps de mesure (pas de
perte d’informations entre deux moyennes consécutives).

Pour le calcul de la durée totale d’une mesure, il ne faut pas oublier de tenir
compte du nombre de moyennes, et du pourcentage de recouvrement entre
moyennes successives (“data overlap”).

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3. BALOURD

3.1. THEORIE

3.1.1. Balourd statique

Soit un rotor parfaitement en équilibre. Mettons une masse à un endroit du rotor


(Figure 18). Le rotor présentera
un déséquilibre même à l’arrêt.
On parlera de balourd statique.
Si le rotor est en rotation, la
masse exercera une force radiale
proportionnelle à la vitesse de
rotation du rotor (F=m.r.ω2).
La Figure 19 visualise la force
(proportionnelle à la vibration) Figure 18. Balourd statique.
développée en fonction du temps,
mesurée à gauche du rotor au point de mesure VCV.
Une mesure similaire sur le point de mesure VNV donne un signal de temps
présenté également en Figure 19.

On peut facilement voir que pour les


deux points de mesure, les forces sur
les roulements et par conséquent les
vibrations se dirigent dans les mêmes
directions On peut donc dire que les
deux points de mesure sont
parfaitement en phase.
Ceci est valable indépendamment des
unités choisies pour les deux formes
d’onde : accélération, vitesse ou
déplacement.
Figure 19. Balourd statique.

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3.1.2. Balourd de couple

Considérons de nouveau le même rotor sur lequel deux masses identiques ont été
ajoutées comme indiqué à la
Figure 20. Contrairement au cas
du balourd statique, le rotor sera
parfaitement en équilibre si le rotor
ne tourne pas. En effet, les deux
masses - identiques - se
compensent l’une l’autre. Quand
ce rotor commence à tourner, les
deux forces génèrent un couple
(ces forces de même grandeur
tournent en effet à la même vitesse Figure 20. Balourd de couple
de rotation mais dans une direction
opposée). Si l’on mesure la force qui agit sur le palier gauche du rotor, point de
mesure VCV, on retrouve un signal qu’on peut représenter en fonction du temps
(Figure 21).
La mesure sur le point VNV donne un signal de temps présenté également en
Figure 21.

La force sur le point VNV est inversée


par rapport à la force au point VCV.

Les deux forces (et la vibration


résultante) sont en anti-phase.

Figure 21. Balourd dynamique.


En faisant une analyse spectrale, dans le cas du balourd statique et du balourd de
couple, on retrouve un spectre identique (Figure 22). La distinction entre les deux
types de balourd n’est pas visible dans le spectre car l’information de la phase n’est
pas représentée dans le domaine des fréquences (spectre).
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Pour pouvoir faire la distinction entre les deux types de balourd, on est obligé de
faire des mesures d’analyse de phase mono-voie ou des mesures vibratoires bi-
voies.

Il est important de connaître la


différence entre le balourd statique
et de couple lorsque nous
souhaitons réaliser un équilibrage.
Pour un balourd statique, un plan
d’équilibrage suffit (masse apportée
dans un plan). Pour un balourd de
couple, les masses doivent être
apportées en deux plans
Figure 22. Spectre d’un balourd. (équilibrage bi-plans).

Notons enfin que lors de la combinaison des deux types de balourd, on parlera de
balourd dynamique.

3.1.3. Arbre excentrique ou fléchi

L’arbre excentrique ou fléchi représente un cas particulier du balourd. Comme


dans le cas du balourd on retrouvera un niveau de vibration radiale plus important
à la fréquence correspondant à la vitesse de rotation de la machine. En outre
l’arbre fléchi donnera également un niveau vibratoire axial plus important.
Enfin, les mesures de phase en direction axiale aux deux paliers supportant cette
arbre fléchi seront en anti-phase.

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3.2. ETUDE DE CAS

3.2.1. Balourd sur un ventilateur

Un arrêt de production de 6 heures a été provoqué par l’arrachement d’un morceau


d’une des pales d’un ventilateur.
Une déchirure est apparue à la
liaison entre une pale et son
support. Ceci a entraîné une
concentration des tensions et la
déchirure s’est propagée jusqu’à ce
qu’une partie de l’aube se soit
arrachée. Avec l’apparition brutale
d’un tel balourd, le département
production a dû arrêter le
ventilateur et toute une partie de
l’usine (Figure 23).
Figure 23. Aube de ventilateur arrachée.

L’usine utilise plusieurs ventilateurs de ce type, et la direction a donc décidé de


suivre l’état des pales par des mesures mensuelles. En effet, une déchirure
localisée entraîne, avant de se détacher complètement, la pliure de la pale vers
l’extérieur (dans le sens des forces centrifuges). Cela provoque l’apparition d’un
balourd détectable par des mesures.

La Figure 24 montre la courbe de tendance des mesures exécutées sur un


ventilateur de ce type. Lors de la campagne de mesure de juillet 1994, une forte
augmentation des vibrations fut détectée. L’énergie de cette vibration se situe dans
la bande de fréquence surveillant le pic développé à la vitesse de rotation de la
machine. Une augmentation des niveaux dans cette zone provient donc d’un
balourd.
La connaissance de l’histoire arrivée à l’un de ces ventilateurs a permis de prendre
une action immédiate : le contrôle visuel. On a tout de suite remarqué qu’une
partie de pales était en train de se déchirer également !!
Le remplacement de la roue pendant un arrêt programmé de la production a permis
d’éviter une panne pendant la production.
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Figure 24. Tendance du niveau de vibration à 1xRPM, sur le
roulement du côté accouplement du ventilateur.

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4. RESONANCE

4.1. THEORIE

4.1.1. Qu’est-ce que la résonance ?

Pour comprendre la résonance, utilisons un exemple pratique. Quand vous roulez


dans votre voiture avec une roue déséquilibrée, cela provoque, à une vitesse
déterminée, une vibration gênante dans le volant. Cette vibration sera presque
nulle en dessous de 80Km/h, deviendra importante autour de 110Km/h pour faiblir
à nouveau à des vitesses plus élevées, par exemple 150Km/h. La force générée,
dans ce cas, est proportionnelle à la masse de balourd et à la vitesse de rotation au
carré. Cependant, la vibration dans la voiture diminue à des vitesses plus élevées.
Le phénomène d’une force dynamique qui provoque des vibrations beaucoup plus
élevées à une fréquence (vitesse) spécifique et des niveaux inférieurs pour des
fréquences plus hautes ou plus basse est appelé Résonance.

Prenons, par exemple, un ventilateur dont la vitesse de fonctionnement est de 900


RPM (15 Hz) et pour lequel on connaît la vitesse critique (ou la résonance
structurelle) située à 10 Hz. Admettons
qu’un certain balourd soit présent dans le
ventilateur. Quand le ventilateur démarre
et atteint les 600 RPM (10 Hz), la force
du balourd se situe dans la région de la
résonance et le ventilateur subira des
vibrations très importantes. Quand le
ventilateur accélère encore, les niveaux de
vibration diminuent.
Figure 25. Résonance. On peut s’attendre à des problèmes de
roulements, de structures, etc... si la
vitesse de fonctionnement du ventilateur se situe trop près de la fréquence de
résonance.
En règle générale, les constructeurs essaient de déterminer la vitesse de
fonctionnement dans un domaine où il y a peu de résonance. Malgré tout, la
pratique montre que beaucoup de machines fonctionnent tout près de la vitesse
critique ou résonance.
VIB1_seminar_Icare.doc Page 25 de 120
Remarquons également qu’on ne retrouve pas la résonance uniquement proche de
la vitesse de rotation, mais à n’importe quelle fréquence. La force qui excite alors
la fréquence de résonance ne sera plus le balourd du rotor, mais par exemple la
fréquence de courroie, les vibrations causées par un défaut de roulement, les
vibrations provenant d’une autre machine, etc...

Ce phénomène est illustré à la figure ci-dessous, pour un système simple “masse-


ressort-amortisseur” (Figure 26).

Une force dynamique F agit sur le système à la fréquence f :


F ( f ) = F0 sin ( 2π f t )
Cette force F génère une vibration X sur la masse M avec une amplitude x(t) :
X=H(f)F(f)
La courbe de réponse H ( f ) décrit la réponse dynamique du système.

Si le mouvement du système est stationnaire dans le temps, la force excitante F (de


fréquence de pulsation f) générera toujours une vibration avec la même
fréquence f.
Cette vibration deviendra
maximale à la fréquence de
résonance fres. Pour la fréquence
de 0 Hz, le déplacement X est
égal à la déformation statique du
système: X0 = F0 /k dans laquelle
k est la rigidité statique du
système.

Figure 26. Système masse-ressort-amortissement.

Beaucoup de machines ont un comportement identique, éventuellement avec


plusieurs fréquences de résonance qui se succèdent.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 26 de 120


4.1.2. Déphasage

La figure ci-dessous représente la réponse dynamique de la structure de la Figure


26. Lorsqu’une force dynamique est appliquée sur la masse et que la fréquence
d’excitation de cette force se situe en-dessous de la fréquence de résonance du
système, la force F et le déplacement X de la masse sont en phase. Appliqué au
cas d’un ventilateur, ceci signifie que le déplacement, mesuré sur un palier, sera
maximal au moment où la masse (la force) se trouve sur la position maximale
(Même représentation que les courbes représentant un balourd statique).

Si on augmente la fréquence de la
force dynamique et qu’on se
rapproche de la fréquence de
résonance, la phase changera. A la
fréquence de résonance, la phase
entre le déplacement et la force sera
de 90°. Au-dessus de la fréquence
de résonance, la force et le
déplacement seront déphasés de
180° ou en anti-phase.

En fonction de la fréquence de la
Figure 27. Changement de la phase. force dynamique, on obtiendra une
phase entre 0 et 180°.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 27 de 120


4.1.3. Résonance ou balourd ?

Lorsque, à l’occasion de mesures de vibration, on retrouve dans le spectre un pic


important à 1xRPM, on peut dire que c’est probablement lié à un problème de
balourd (voir le chapitre sur le diagnostic). Comment savoir si la vibration du
balourd est amplifiée par l’effet de résonance ? Il existe un certain nombre de
critères pour répondre à cette question. Prenons une mesure verticale et une
mesure horizontale sur le palier d’une machine.

Différence entre le niveau vertical et horizontal.

La force causée par un balourd tourne avec la vitesse de rotation et agit donc de la
même manière dans toutes les directions. Si la structure n’a pas de résonance, la
vibration mesurée doit être approximativement identique dans les directions
verticale et horizontale.
S’il y a une résonance, par exemple dans la direction horizontale, (résonance
directionnelle), il y aura une grande différence entre le niveau horizontal mesuré et
le niveau vertical.
Le cas particulier où la résonance est identique dans les directions verticales et
horizontales donnera des amplitudes identiques dans les deux directions. Ceci
signifie donc que lorsqu’il existe une importante différence entre les niveaux de
vibration verticaux et horizontaux, il est fort probable qu’il y ait un problème de
résonance.

Différence de phases entre mesures en direction horizontale et verticale.

S’il n’y a pas de résonance, on doit retrouver 90° entre la vibration verticale et
horizontale. Une résonance de structure causera un changement de phase. Ainsi,
on peut avoir n’importe quelle phase entre la direction verticale et horizontale, la
phase peut varier de 0 à 180 degrés. Si l’on mesure 90° +/- 30° entre la direction
verticale et la direction horizontale, nous sommes en présence d’une situation de
résonance.

Remarquons que réaliser un équilibrage dans une situation de résonance est très
difficile.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 28 de 120


Les deux critères sont résumés dans le Tableau ci-dessous.

BALOURD RESONANCE
1 Amplitudevert 1xRPM 1 Amplitudevert 1xRPM
< <3 > >3
3 Amplitudehor 1xRPM 3 Amplitudehor 1xRPM

Phasevert − Phasehor ≈ 90° Phase vert − Phase hor < 60°


ou
Phase vert − Phase hor > 120°

Tableau 1. Distinction entre balourd et résonance.

4.1.4. Solutions aux problèmes de résonance

Lorsque les vibrations mesurées sont inacceptables et si de plus ces vibrations sont
amplifiées par une résonance, soit autour de la fréquence de rotation, soit sur une
autre fréquence, il est important de résoudre ce problème en premier lieu.
Lorsque la résonance se manifeste à une fréquence proche de la vitesse de rotation
de la machine, une des options est de modifier cette vitesse. Cette possibilité, la
plus simple, peut influencer la production et se révèle la plupart du temps
inacceptable. Ainsi, aussi bien dans ce cas que lorsque le problème se présente à
d’autres fréquences que la fréquence de rotation, on devra soit augmenter
l’amortissement du système pour absorber les vibrations, soit déplacer la fréquence
de résonance vers le haut ou vers le bas.

La fréquence de résonance d’une structure est déterminée par la formule suivante:


k
f ré sonance = cte ×
m
dans laquelle “k” est la rigidité de la structure et “m” la masse. On peut par
conséquent, changer la fréquence de résonance au moyen de deux techniques :

1. Modifier la rigidité (k) : si l’on augmente la rigidité, la fréquence de résonance


remontera vers des fréquences plus hautes.
2. Modifier la masse (m) : si l’on ajoute de la masse, la résonance descendra vers
des fréquences plus basses.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 29 de 120


Remarquons que, avant d’exécuter une intervention sérieuse, il faut absolument
connaître la fréquence de résonance et la fréquence de la force excitante. Si cette
résonance fres1 se situe par exemple exactement au-dessus de la fréquence de la
force excitée (Figure 28) et si l’on ajoute une masse, la fréquence va diminuer et
peut tomber sur la fréquence de la
force : la situation va donc
s’aggraver. Dans une telle situation,
une diminution de la rigidité aura
également un effet identique : la
résonance change de fréquence fres1
vers fres2 et entraîne donc une
augmentation des vibrations. Une
augmentation de la rigidité ou une
diminution de la masse pourront
donc dans ce cas diminuer les
Figure 28. Résonances déplacées. vibrations.

Pour connaître ces informations, des mesures spécifiques doivent être effectuées.
Les paragraphes 4.2 et 4.3 décrivent ces techniques particulières.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 30 de 120


4.2. TECHNIQUE PARTICULIERE : TEST D’IMPACT

Chaque structure a une ou plusieurs fréquences de résonance. Chacune des


résonances provoque une déformation spécifique. Quand on excite une structure
(par exemple un verre excité avec un impact), cette structure commencera à vibrer
à sa fréquence propre de résonance (la fréquence propre de ce verre). Cet impact
peut par exemple être un coup de marteau, ou tout simplement un choc de la main.
Il existe d’autres moyens pour exciter une structure, plus complexes à mettre en
oeuvre (sweep, burst, swept sinusoïde,...), le test d’impact restant l’excitation la
plus simple.

Le but d’un test d’impact est de déterminer les fréquences propres d’une structure
(machine). Cet essai s’effectue par une excitation pendant l’arrêt de la machine.
Suite à l’impact, la structure commence à vibrer. En mesurant la réponse de la
structure à l’impact, on peut déterminer le comportement dynamique de cette
structure, c’est-à-dire les résonances de cette structure.

La Figure 29 et la Figure 30 présentent le principe de cette technique. La première


partie du signal temporel représente la structure en repos, avant l’impact. Au
moment de l’impact, le signal temporel traduit une certaine amplitude qui ensuite
s’atténue. En fonction de l’amortissement de la structure, l’atténuation de la
vibration durera plus ou moins
longtemps. Pour effectuer le test
d’impact (déterminer la fonction
transfert) le signal de l’impact et
de la réponse doivent être
enregistrés simultanément. Pour
pouvoir effectuer un tel essai, la
mesure doit commencer
automatiquement quand un niveau
de vibration déterminé est dépassé.
Ce niveau de vibration est appelé
Figure 29. Test d’impact.
“trigger level ou niveau de
déclenchement”. Un déclenchement doit être déterminé entre le niveau de
vibration de la structure au repos et le niveau normal causé par l’impact.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 31 de 120


La longueur du signal temporel enregistré, et duquel le spectre sera calculé, doit
également être choisi en fonction de la période d’atténuation et des capacités de
l’analyseur.
La longueur du signal temporel enregistré peut être calculée à partir du spectre
avec deux paramètres : la fréquence maximale fmax et le nombres de lignes N dans
le spectre, c’est-à-dire :
N
∆T = (voir paragraphe 2.5).
f max

Les résonances de la structure


que l’on recherche se situent le
plus souvent en-dessous de 200
Hz. On peut donc choisir
fmax.=200 Hz. Un temps de
mesure de 1s ou 2s est également
pour la plupart des mesures
acceptable. Ceci correspond à un
nombre de lignes N = 200 ou N =
Figure 30. Test d’impact. 400. La période de mesure ∆T a
été indiquée à la Figure 30. On
peut remarquer qu’on travaille souvent avec un pré-déclenchement (pre-trigger)
pour mieux pouvoir visualiser l’effet de l’impact (utilisation des informations
précédant le déclenchement).

VIB1_seminar_Icare.doc Page 32 de 120


TEST D’IMPACT
Configurations standard pour le collecteur

1. Fréquence maximale des mesures fmax = 200 Hz


2. Fréquence minimale des mesures fmin = 2 Hz
3. Nombre de lignes du spectre N = 200 ou N = 400
4. Fenêtre Uniform
5. Nombre de moyennes Au choix (4)
6. Méthode de moyennage Linéaire (normal)
7. Mode de déclenchement Pré-trigger
8. Amplitude de déclenchement Dépend de la structure
9. Pourcentage pré-déclenchement 10 %
10. Niveau de l’amplitude maximal Dépend de la structure
Tableau 2. Sélections pour test d’impact.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 33 de 120


4.3. TECHNIQUE PARTICULIERE : ANALYSE AU DEMARRAGE ET A L’ARRET

Au début de ce chapitre on a parlé de l’exemple du ventilateur qui, lors du


démarrage, peut vibrer énormément à une certaine vitesse (à la fréquence de
résonance) et ensuite diminuer. Le but de l’analyse au démarrage ou à l’arrêt
(coastdown) d’une machine est de déterminer la vitesse critique passant par une
résonance de la machine. La résonance peut être une fréquence propre de la
structure ou du rotor. La résonance du rotor est caractérisée par la vitesse critique.

La Figure 31 introduit cette technique. Pendant le démarrage ou pendant l’arrêt


d’une machine, on mesure la vitesse
simultanément avec la vibration.
Ce niveau de vibration est ensuite
représenté dans un graphique en
fonction de la vitesse. S’il n’y a
pas de résonance dans cette
machine, on obtiendra une courbe
régulière. On retrouve une
amplitude qui augmente et qui
Figure 31. Analyse au démarrage et à l’arrêt diminue ensuite si la machine passe
par une vitesse critique ou une
résonance. Une machine peut être conçue “sans vitesse critique”, c’est-à-dire que
la machine tourne en-dessous de sa vitesse critique. En pratique, nous observons
que les turbines et les compresseurs tournent presque toujours au-dessus de la
première ou de la deuxième vitesse critique.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 34 de 120


5. LIGNAGE

5.1. THEORIE

5.1.1. Délignage angulaire et délignage parallèle

Notons d’abord que ce chapitre traite uniquement de l’alignement de deux axes à


accouplement direct (ex. un moteur entraînant une pompe par un accouplement
flexible).

On distingue deux type de délignages.


Pour un délignage angulaire, on mesure
un angle différent de 180° entre les deux
arbres (Figure 32). Pour un délignage
parallèle, les deux axes sont parallèles
mais ne se trouvent pas dans un même
plan (sur la même ligne).

Figure 32. Délignages.

5.1.2. Vibrations causées par un délignage

La vibration résultant d’un défaut d’alignement va dépendre du type


d’accouplement et de la réaction de celui-ci aux efforts auxquels il sera soumis.
En règle générale, un défaut d’alignement génère un phénomène se répétant tous
les tours de rotation. Un délignage entraîne en effet une augmentation de la
résistance dans l’accouplement. Cette résistance variera en fonction de la position
de l’accouplement sur un tour de rotation. Ce modèle se répétera néanmoins tous
les tours de rotation. Un défaut d’alignement créera donc un signal temporel très
répétitif.
Notons également que suivant l’usure de l’accouplement, la résistance opposée au
défaut d’alignement variera.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 35 de 120


Un délignage se traduit dans le spectre de vibration par un pic situé à une (1) fois
la vitesse de rotation accompagné d’harmoniques de cette vitesse (puisque la forme
du signal temporel n’est pas nécessairement sinusoïdale).

Si l’on a affaire à une délignage parallèle pur, les vibrations se ressentiront


principalement en direction radiale. Le déphasage entre deux points mesurés dans
la même direction radiale (horizontale ou verticale), de part et d’autre de
l’accouplement, sera proche de 180°
Si par contre on se trouve en présence d’un délignage angulaire pur, on détectera la
vibration principale en direction axiale. Le déphasage entre deux points mesurés
en même temps de part et d’autre de l’accouplement, en direction axiale, sera alors
proche de 180°.

La cause de ces défauts d’alignement provient principalement du mauvais


alignement lors du montage de la machine ou d’un déplacement des axes pendant
le fonctionnement.
Les conséquences d’un délignage sont importantes. L’arbre d’un rotor est très
rigide et, il s’y crée de très grandes forces qui se répercutent dans les paliers.
L’apparition rapide d’un défaut de roulement en est souvent la conséquence. Dans
les cas exceptionnels, la cage du roulement casse; et la machine tombe directement
en panne.
Pour prévenir ces problèmes de roulement, il est important de toujours effectuer
une mesure vibratoire après un alignement.

Dans la plupart des cas, nous


aurons évidemment une
combinaison des deux types de
délignage. Le spectre montrera
alors un pic à 1xRPM ainsi qu’un
pic à 2xRPM, les amplitudes
dépendant du type de délignage qui
est le plus prononcé. Les
considérations décrites ci-dessus à
propos des mesures de phase restent
Figure 33 Spectre d’un délignage valables.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 36 de 120


5.1.3. Vibrations causées par un roulement déligné

Lorsqu’un roulement a été monté et qu’il ne corrige pas automatiquement le


délignage, ce délignage entre l’arbre et le roulement peut causer des forces axiales
très importantes. Les vibrations qui sont générées par ces forces se présenteront
principalement sur 1x, 2x ou 3x. la vitesse de rotation de l’arbre. Le niveau de
vibration axial sera relativement élevé.

On peut détecter un tel problème


par des mesures de phase, en
direction axiale, à quatre positions
différentes sur l’arbre (Figure 34).
Un roulement déligné donnera un
déphasage de 180° à 1xRPM entre
le point de mesure de gauche et
celui de droite, et aussi entre le
point de mesure du dessus et celui
du dessous. Figure 34. Mesures de phases axiales.

5.1.4. Alignement ou balourd ?

Quand un pic à 1xRPM est détecté dans le spectre, on peut s’attendre à un balourd
ou un délignage angulaire. La distinction entre les deux suit un nombre de critères.

Niveau de vibration axiale

Un balourd générera exclusivement des niveaux de vibration en direction radiale,


alors que le délignage causera plutôt des amplitudes axiales.

Mesures de phase

Un balourd génère sur les deux arbres couplés une vibration qui a la même
direction, tandis qu’on retrouve un déphasage de 180° de part et d’autre de
l’accouplement pour les problèmes de lignage (5.1.2.).

VIB1_seminar_Icare.doc Page 37 de 120


Le résumé ci-dessous explique ces quelques possibilités.

BALOURD DELIGNAGE (ANGULAIRE)


Amplitudes axiales sont faibles Vibrations axiales importantes

Points de mesure autour de Points de mesure autour de


l’accouplement en phase l’accouplement en contre-phase
Tableau 3. Distinction entre délignage et balourd.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 38 de 120


5.2. CAS D’ETUDE

Sur un moteur couplé directement à une pompe, une augmentation importante du


niveau de vibration a été remarquée à 2XRPM.

Le point de mesure avec le plus haut niveau de vibration sur le moteur était M2H,
du côté de l’accouplement, en direction horizontale (Figure 35). Les niveaux de
vibration axiaux à 1xRPM et 2xRPM étaient aussi raisonnablement élevés (Figure
36).

Le niveau élevé à 2xRPM en direction horizontale (radiale) indique un délignage


parallèle. Le niveau axial élevé, avec également une composante importante à
1xRPM montre un délignage angulaire. Cela montre par conséquent une
combinaison des deux types de délignage, le cas le plus rencontré.

St.1 - Kondenspp M2642 Alignement


P02950 6.2-M2*
18
Route Spectrum
16 26/MAR/93 13:32

14 OVRALL= 15.31 V-DG


RMS Velocity in mm/Sec

RMS = 15.21
12
LOAD = 100.0
RPM = 2996.
10
RPS = 49.93

0
Freq: 49.93
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Ordr: 1.000
Frequency in Hz Spec: .794

Figure 35. Délignage.

Le contrôle de la machine a mis en évidence la présence d’un délignage, mais la


cause particulière du haut niveau semblait être une usure extrême de
l’accouplement (dans lequel un contact métal sur métal est toujours possible).
Après remplacement de l’accouplement et lignage du moteur et de la pompe, les
niveaux de vibration sont revenus à des valeurs plus acceptables.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 39 de 120


St.1 - Kondenspp M2642 Alignement
P02950 6.2-M*A Moteur Couplage Axial.
7
Route Spectrum
26/MAR/93 13:33
6

OVRALL= 7.23 V-DG


RMS Velocity in mm/Sec

5 RMS = 7.15
LOAD = 100.0

4 RPM = 2993.
RPS = 49.88

0
Freq: 49.88
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Ordr: 1.000
Frequency in Hz Spec: 4.499

Figure 36. Délignage.


Remarquons également qu’en général dans le cas d’un délignage, les niveaux de
vibration sur les points de mesure seront plus élevés autour de l’accouplement que
sur les autres points de mesure. Cela s’est confirmé ici puisque le plus haut niveau
de vibration mesurable était sur le point de mesure à l’accouplement, direction
horizontale, sur le moteur.

St.1 - Kondenspp M2642 Alignement


P02950 6.2-M2*
40
Waveform Display
26/MAR/93 13:32
30

RMS = 16.85
20 LOAD = 100.0
Velocity in mm/Sec

RPM = 2996.

10 RPS = 49.93

PK(+) = 1.21
0
PK(-) = 1.06
CRESTF= 1.82
-10

-20

-30

0 60 120 180 240 300

Time in mSecs

Figure 37. Délignage.

Enfin, la figure ci-dessus montre le signal temporel de la mesure du point situé sur
le moteur, côté accouplé. On remarque que ce signal est très répétitif (il se répète
tous les tours de rotation), ce qui confirme le problème d’alignement.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 40 de 120


6. JEU OU DESSERRAGE

6.1. THEORIE

6.1.1. Vibrations causées par du jeu ou un desserrage

Par desserrage, on entend par exemple la situation selon laquelle un palier n’est pas
monté d’une façon rigide sur la structure.
Le jeu, quant à lui, se retrouve presque toujours dans le roulement. Pour des
roulements à rouleaux ou à billes, cela peut être le jeu entre la bague extérieure et
le palier, ou entre la bague intérieure et l’arbre. Pour les paliers lisses, le jeu
signifie un espace excessif entre l’arbre et le palier.

Il est souvent difficile de voir la différence entre un jeu ou un desserrage. Le


spectre de mesure est en effet presque identique pour ces deux types de problème,
à savoir 1xRPM avec plusieurs harmoniques. Une inspection visuelle est le seul
moyen de déterminer la cause exacte.

Typiquement, le jeu ou le desserrage génère un signal temporel irrégulier. La force


excitante qui cause la vibration est un balourd sur le rotor (très fréquent), mais la
réponse non linéaire de la structure donne un signal temporel irrégulier.
Cela a comme conséquence que le contenu énergétique du signal temporel (et donc
du spectre) reste synchrone, avec des pics multiples de la fréquence de rotation.

Intuitivement, l’effet du jeu peut


être expliqué par un exemple
simplifié.
Soit un palier dont un boulon est
desserré (
Figure 38).
Ajoutons un balourd qui tourne à
la vitesse de rotation. On peut
ainsi comprendre le signal Figure 38. Exemple de désserrage.
temporel visualisé à la Figure 39.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 41 de 120


Le spectre d’un tel signal temporel
deviendra conforme à la théorie vue
dans le chapitre 2 (2.2. Vibration
périodique non harmonique). Ce
signal est représenté à la Figure 40.
En réalité, le signal est encore plus
complexe que présenté dans la
figure, mais on peut comprendre que
le balourd est la vibration
fondamentale et ne sera plus une
Figure 39. Vibration limitée. sinusoïde. Ainsi le spectre présente
un pic à la vitesse de rotation et des
harmoniques (dus au fait que le signal n’est pas parfaitement sinusoïdal).

Dans certains cas, le spectre présente


non seulement le pic à 1xRPM avec
des harmoniques mais aussi une
fréquence de 1/2xRPM avec des
harmoniques de cette fréquence. Pour
les roulements à billes, ceci indique
un jeu important.
Pour les paliers lisses, ceci indique un
frottement (indiqué en anglais par le
terme “rub”) entre l’arbre et les
Figure 40. Spectre de jeu ou de desserrage. coussinets.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 42 de 120


6.1.2. Desserrage structurel

La structure d’une machine dont la base se désserre est un cas particulier de


désserrage. Cela peut être causé par la perte d’un ou plusieurs boulons de fixation
du moteur, par un pied arraché ou détaché.
Ce cas ne génère pas le même spectre que le désserrage d’un roulement vis-à-vis
du palier. On retrouvera plutôt des fréquences de la vitesse de rotation avec des
harmoniques de cette fréquence.

6.1.3. Jeu ou délignage ?

Une mesure sur une machine qui montre une combinaison d’un délignage parallèle
et d’un délignage angulaire, produira un spectre avec des composantes importantes
à 1xRPM et à 2xRPM. Si l’on retrouve aussi quelques harmoniques de la vitesse
de rotation, probablement d’amplitude plus faible, le diagnostic devient difficile :
délignage ou jeu ?

Dans ce cas l’analyse du signal temporel peut aider à déterminer la cause exacte de
la vibration. Le signal temporel dans le cas d’un jeu ou d’un désserrage donnera
plutôt un signal irrégulier. En revanche, pour un problème de délignage, la forme
d’onde se répétera régulièrement à chaque rotation de l’arbre.
Un signal est rendu complexe à cause des harmoniques de la vitesse de rotation:
beaucoup d’harmoniques dans le spectre = signal temporel complexe.

JEU DELIGNAGE
Signal temporel irrégulier Signal répétitif
Tableau 4. Distinction entre jeu et délignage.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 43 de 120


6.2. CAS D’ETUDE

6.2.1. Jeu entre la bague intérieure du roulement et l’axe

Le spectre de la Figure 41 a été mesuré sur un roulement d’un ventilateur entraîné


par courroies. Le spectre montre clairement un pic et de nombreux harmoniques
de 1xRPM. La forme d’onde en Figure 42 présente un aspect très irrégulier : la
forme des vibrations pendant une rotation (comprise entre deux subdivisions
verticales) ne se répète en effet pas à chaque rotation.

St.1 - Inlaatventilator Speling


#00837 7.2-VK* VENTILATOR KOPPELING VERTIKAAL
1.4
Route Spectrum
14/JUN/94 10:23
1.2

OVRALL= 1.73 V-DG


RMS Velocity in mm/Sec

1.0 RMS = 1.72


LOAD = 100.0

0.8 RPM = 1491.


RPS = 24.85

0.6

0.4

0.2

0
Freq: 24.85
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900
Ordr: 1.000
Frequency in Hz Spec: .302

Figure 41. Spectre d’un jeu de roulement.

Le niveau absolu des vibrations est déterminé par le niveau de balourd présent sur
le ventilateur (un grand balourd provoque de grandes amplitudes de jeu alors que
pour un même jeu, un petit balourd rendra les niveaux beaucoup moins visibles).
Il est donc important de suivre d’autres paramètres. L’analyse des tendances, qui
indique les variations des niveaux vibratoires dans le temps, doit être considérée.
Elle donne de bonnes indications sur l’évolution du jeu.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 44 de 120


Dans notre cas, le contrôle du jeu du roulement n’était pas possible sur le
ventilateur (qui fonctionne en production continue). Il fallut donc attendre une
période de révision. Six semaines après ces mesures, le ventilateur fut arrêté
(durant la production) car le roulement du ventilateur du côté des courroies était
complètement libre sur l’axe.

St.1 - Inlaatventilator Speling


#00837 7.2-VK* VENTILATOR KOPPELING VERTIKAAL
6
Waveform Display
14/JUN/94 10:23
4

RMS = 1.76
2 LOAD = 100.0
Velocity in mm/Sec

RPM = 1490.

0 RPS = 24.83

PK(+) = .1552
-2
PK(-) = .2497
CRESTF= 3.65
-4

-6

-8

0 50 100 150 200 250 300 350 400

Time in mSecs

Figure 42. Forme d’onde du jeu de roulement.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 45 de 120


6.2.2. Jeu entre la bague extérieure du roulement et le palier

Les mesures suivantes ont été exécutées sur un moteur accouplé à un ventilateur
centrifuge via un accouplement flexible. Les mesures périodiques montrent une
augmentation du niveau dans le domaine de fréquence 3 à 6 x RPM (Figure 43).
Les niveaux de vibration sont sensiblement plus élevées sur le moteur que sur les
roulements du ventilateur.

Figure 43. Tendance du niveau de vibrations à 3-6xRPM.

L’analyse du spectre de la Figure 44 montre un pic à 1xRPM et des harmoniques


plus élevés, surtout à 2 x et 3 x RPM. Vu la taille relative du pic à 1xRPM par
rapport à 2xRPM, le type de problème présent n’est pas clairement un jeu ou un
délignage. La forme d’onde, très irrégulière en Figure 45, donne une information
très importante et indique très probablement un problème de jeu.

Peu après la mesure de juin ‘93 les roulements du moteur ont été remplacés. La
première mesure après le remplacement montre une nette diminution du niveau de
vibration dans le domaine des fréquences 3 à 6 x RPM. Pendant le remplacement,
on a pu remarquer que la bague extérieure du roulement avait tourné dans le palier,
ce qui confirme le diagnostic du jeu.

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St.1 - Vent. 2 ketel 2 Jeu
729 7.2-*CV MOTEUR COPLAGE VERTICAL
3.3
Route Spectrum
3.0
03/MAY/93 10:25
2.7
OVRALL= 6.15 V-DG
RMS Velocity in mm/Sec

2.4
RMS = 5.98
2.1 LOAD = 90.0
RPM = 2988.
1.8
RPS = 49.81
1.5

1.2

0.9

0.6

0.3

0
Freq: 49.80
0 100 200 300 400 500 600
Ordr: 1.000
Frequency in Hz Spec: 2.456

Figure 44. Spectre lors d’ un problème de jeu.

St.1 - Vent. 2 ketel 2 Jeu


729 7.2-*CV MOTEUR COPLAGE VERTICAL
20
Waveform Display
03/MAY/93 10:25
15

RMS = 5.87
10 LOAD = 90.0
Velocity in mm/Sec

RPM = 2988.

5 RPS = 49.81

PK(+) = .7074
0
PK(-) = .6198
CRESTF= 3.00
-5

-10

-15

40 80 120 160 200 240 280

Time in mSecs

Figure 45. Forme d’onde lors d’un problème de jeu.

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6.2.3. Jeu structurel

Une pompe entraînée directement par un moteur est mesurée tous les trimestres.
Lors des mesures de septembre ‘93, une très forte augmentation de niveau de
vibration a été détectée à 1xRPM (Figure 46).

Figure 46. Tendance de niveau de vibrations à 1xRPM.

Après contrôle de la machine, il apparaît que la base, sur laquelle le moteur et la


pompe sont montés, n’est plus fixée correctement. Dans un cas semblable,
uniquement le niveau de vibration de la machine à 1xRPM augmentera fortement,
et le niveau des harmoniques restera faible, contrairement au jeu dans l’alésage
d’un roulement.

La Figure 47 montre le spectre mesuré sur cette machine au moment où


l’augmentation a été détectée. La Figure 48 montre le spectre mesuré peu après le
contrôle effectué et après réparation. Le niveau de vibration à 1xRPM est diminué
par un facteur de 2 à 3.

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Figure 47. Désserrage structurel.

Figure 48. Spectre mesuré après réparation.

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7. ROULEMENTS

7.1. THEORIE

Les roulements à billes ou à rouleaux sont composés de quatre parties. Chacun de


ces composants peut être à l’origine d’un défaut : sur la bague externe, sur la bague
interne, la cage et les éléments roulants (billes ou rouleaux). Quand un défaut
apparaît, on retrouvera un spectre spécifique pour celui-ci.
Parce que les défauts de bague interne et externe sont des phénomènes
comparables, ceux-ci seront traités dans le même paragraphe.

7.1.1. Défauts des bagues internes et externes

Dans les exemples qui vont suivre, nous considérerons que la bague interne du
roulement tourne et la bague externe est fixe dans l’alésage.

Supposons qu’un défaut existe sur la bague interne ou externe. La fréquence à


laquelle les éléments roulants (bille ou rouleau) passent dans le défaut (Figure 49)
est déterminé par :
1. BPFO = la fréquence de passage (des billes) dans la bague externe
(BPFO = “Ball Pass Frequency Outer Race”)
2. BPFI = la fréquence de passage (des billes) dans la bague interne
(BPFI = “Ball Pass Frequency Inner Race”)

Ces fréquences sont déterminées par,


d’une part, la vitesse de rotation de
l’arbre et, d’autre part, par les
dimensions physiques du roulement.
Pour un roulement déterminé, la
fréquence de la bague externe ou la
fréquence de la bague interne peuvent
être exprimées comme un multiple
(non entier) de la vitesse de rotation,
ou autrement dit en “Ordre” (voir
Figure 49. Fréquence de passage. paragraphe 2.1).

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Soit un défaut dans la bague externe. Lors d’une rotation complète de l’arbre, on
peut compter que 4,7 billes passent dans ce défaut. Or les données physiques du
roulement permettent de calculer une vibration à une fréquence BPFO qui
correspond à 4,7xRPM ou 4,7 Ordres.
Le problème relevé à 4.7xRPM est donc bien un problème de bague externe.

Au cours de l’évolution d’un défaut, il est possible de distinguer quatre phases:

Phase 1 :

Dans un premier temps, le défaut ne représente qu’une micro-cavité (ou micro-


fissuration). Il n’y a pas encore de changement de la surface de la piste sur
laquelle les billes roulent. Chaque bille qui passe sur cette micro-cavité provoque
un impact dans la bague interne ou externe du roulement et en excite sa fréquence
propre ou fréquence de résonance
(situation semblable à une excitation
d’une structure par un impact, voir
paragraphe 5.2). La bague interne ou
externe commencera à vibrer à cette
fréquence propre et s’amortira. Cette
fréquence se situe le plus souvent dans la
région de 2 à 3 kHz et n’est normalement
pas fonction de la vitesse de rotation. La
Figure 50. Première phase de défaut du forme d’onde qui en résulte est présentée
roulement: forme d’onde. en Figure 50, dans laquelle les impacts
sont clairement visibles. La sinusoïde
basse fréquence est la manifestation du balourd, alignement, etc ... La fréquence
(répétition du phénomène “excitation de la fréquence de résonance de la bague du
roulement”) à laquelle les impacts se manifestent est égale au BPFO ou BPFI, en
fonction de la situation du défaut sur respectivement la bague externe ou interne.

L’énergie contenue dans les vibrations causées par ces impacts se situe au-dessus
de 2 kHz et n’est pas visible dans un « spectre normal », mesuré typiquement dans
une bande de fréquence maximale de 60xRPM.

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L’augmentation de l’énergie en haute fréquence ne sera pas détectable avec un
spectre normal. Néanmoins on peut sauvegarder ces informations par l’emploi
d’un paramètre spécifique qui contrôle la première phase de dégradation du
roulement. Quelques exemples de paramètres semblables sont les mesures à l’aide
d’un appareil SPM (Shock Pulse Methode2), la valeur GSE (Spike Energy3), ou la
valeur HFD (High Frequency Domain4). La méthode du Shock Pulse mesure
l’énergie vibratoire autour de la fréquence de résonance du capteur (33kHz), la
valeur GSE est relative au nombre de chocs par unité de temps, la valeur HFD
mesure la quantité d’énergie dans la plage de fréquence de 2 kHz à 20 kHz.
Enfin, il existe encore une autre méthode pour déceler ce stade précoce de défaut
de roulement, c’est la méthode de démodulation, expliquée au paragraphe 8.2.

Phase 2 et phase 3 :

L’aggravation du défaut se manifeste par l’arrachement de particules métalliques.


Les éléments roulants rouleront alors
successivement dans et hors de la cavité
(comparable à une voiture qui roule dans un
trou de la route, les pneus rouleront chacun
dans et hors de ce trou). Le choc créé à
l’entrée et la sortie de la bille (rouleau) du
défaut n’excitera plus seulement les fréquences
de résonance du roulement, mais aussi les
vibrations effectives de la fréquence BPFO ou
BPFI. Le signal vibratoire qui est maintenant
généré est par conséquent une forme d’onde
Figure 51. 2ème et 3ème phase de
dégradation d’un avec une périodicité identique à la fréquence
roulement. BPFO ou BPFI, mais la vibration ne sera
certainement pas un harmonique pur comme
dans le cas, par exemple, d’un balourd (Figure 51). Conformément à la théorie
reprise au paragraphe 3.2., le spectre contiendra un pic à la fréquence BPFO ou
BPFI et des harmoniques de cette fréquence.

2Shock Pulse est une technique développée par SPM Instruments.


3Spike Energy est une technique développée par IRD Mechanalysis.
4HFD est une technique développée par CSI.

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L’amplitude des différents
harmoniques dépend de la quantité
d’énergie du signal vibratoire. Cette
énergie est fonction de la longueur du
défaut dans la bague interne ou
externe. Ceci peut être compris
intuitivement par la Figure 52.

Au début de la dégradation du
Figure 52 Petit et grand défaut dans la bague
externe du roulement. roulement, le défaut sera encore court.
La quantité d’énergie des vibrations
causées par le défaut sera par conséquent plus haute en fréquence (choc). Au fur et
à mesure que le défaut devient plus long, la quantité d’énergie sera plus basse en
fréquence (répartition de l’énergie sur
une plus longue période de temps).
Cela se traduit dans le spectre par
l’augmentation du niveau des
harmoniques dans les basses
fréquences et une diminution des
hautes fréquences. Les Figure 53 et
Figure 54 illustrent cette évolution.
Figure 53. Deuxième phase d’un défaut de Le début d’un défaut de roulement sera
roulement. visible en premier lieu par l’apparition
des harmoniques de fréquence
respective (BPFO ou BPFI).
Le défaut petit peut donc être mieux
visualisé dans un spectre en
accélération, plutôt qu’en vitesse et il
n’est certainement pas visible en
déplacement (voir paragraphe 2.1.2).
Cette manière de représenter accentue
Figure 54. Troisième phase par défaut de en effet les composantes de fréquence
roulement. plus hautes.

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Il en va de même pour le signal temporel. Les impacts causés par le défaut ont des
fréquences de vibration élevées Ces impacts, représentés en unité de vitesse dans
un signal temporel, ont une petite amplitude si on les compare aux vibrations
causées par un balourd ou jeu. Pour ces raisons, la mesure temporelle pour
détecter les défauts de roulement doit être visualisée en accélération.

Quatrième phase:

Le défaut de bague externe ou interne du roulement deviendra plus long. Quand le


contour de la bague interne ou externe est presque complètement détérioré, les
vibrations généreront une grande
quantité de bruit de fond, et on ne peut
plus déterminer le nombre de billes qui
passe dans le défaut. Si le défaut
devient tellement grand que le jeu du
roulement augmente, on retrouvera
dans les analyses vibratoire aussi une
image classique du jeu.

Figure 55. Quatrième phase de défaut de


roulement

Remarquons que dans cette phase de détérioration, un roulement n’a plus qu’une
durée de vie assez courte. Ce n’est donc pas le but de la maintenance prédictive
d’attendre que chaque roulement atteigne cette phase pour les remplacer. On peut
dire en général que, lorsque les fréquences BPFO ou BPFI et plusieurs
harmoniques sont clairement visibles dans le spectre, la durée de vie restante n’est
plus qu’un pourcentage minuscule de la vie totale du roulement. La décision de
changer dépendra alors plutôt de la possibilité de faire la réparation.

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Modulation du BPFO et BPFI

Très souvent et plutôt pour les défauts sur la bague interne, les vibrations du défaut
sont modulées. Ceci s’exprime
dans le spectre par des bandes
latérales autour du BPFO ou BPFI
et leurs harmoniques.
Pour le BPFI, ce phénomène peut
être expliqué de la manière
suivante : le défaut tourne avec
l’arbre, soit à la vitesse de rotation
de ce dernier. La charge appliquée
sur le roulement reste toujours
dans la même direction (direction Figure 56. Influence du poids sur un défaut BPFI.
du poids de la machine
principalement).
Ceci provoque donc une augmentation de l’amplitude de la force (qui agit sur le
défaut) et de la vibration lorsque le défaut passe la direction la plus chargée.

Dans le cas d’une bague externe, le défaut reste fixe mais c’est le balourd de la
machine (qui génère une force répétitive et donc une vibration) qui tourne à la
vitesse de rotation de la machine. Le balourd amplifie donc la vibration lorsqu’il
se trouve à la même position que le défaut.

Aussi bien pour un défaut de bague interne que pour un défaut de bague externe, la
vibration sera modulée par la vitesse de rotation.

La forme d’onde donnée en Figure 57 représente une telle situation. La


modulation de la forme d’onde a une période plus longue que la vibration du
défaut. Dans ce cas-ci, la fréquence modulante est la vitesse de rotation 1xRPM.

Comme expliqué dans la théorie de la modulation (paragraphe 3.4), le spectre


présente, dans ce cas, des bandes latérales dont l’interdistance est égale à 1xRPM à
gauche et à droite des fréquences BPFO ou BPFI et harmoniques.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 55 de 120


Figure 57. Modulations par 1xRPM d’une fréquence de BPFI ou BPFO.

La forme d’onde des BPFI et BPFO n’est pas une sinusoïde et le spectre présente
donc un BPFO ou BPFI avec plusieurs harmoniques.

Le spectre d’un défaut de bague interne


montre très souvent des bandes latérales
(le défaut est souvent présent sur tout le
diamètre de la piste de la bague interne),
tandis que le spectre d’un défaut de
bague externe est le plus souvent très
propre (le défaut reste très localisé,
souvent dans la direction de charge du
roulement). Un défaut de bague interne
Figure 58.Modulation des fréquences BPFO. montre souvent des amplitudes moins
élevées qu’un défaut sur la bague externe
(le signal vibratoire émis par le défaut sur la bague interne doit être transmis
jusqu’au capteur par les billes, la bague externe et le bâti de la machine). Il faut
donc être plus attentif aux défauts de bague interne qu’aux défauts de bague
externe.

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7.1.2. Rupture de la cage

La fréquence à laquelle les billes ou les rouleaux d’un roulement tournent autour
de l’axe de l’arbre est égale à la fréquence à laquelle la cage tourne, car les billes
sont maintenues par la cage. Cette fréquence est déterminée par:
La fréquence de la cage ou FTF
(“Fundamental Train Frequency”)

Cette fréquence se situe pour la plupart des roulements à 0,4 fois la vitesse de
rotation, soit 0.4 ordres.
Comme la distance entre toutes les billes est identique, on peut dire que le nombre
de billes multiplié par la fréquence de la cage égale la fréquence du BPFO. Ainsi,
si l’on n’avait qu’une bille, la fréquence FTF = BPFO.

Lorsque la cage d’un roulement casse,


les billes ne sont plus maintenues à une
distance égale l’une de l’autre, et elles
vont rapidement se regrouper. Cela
génère une excentricité de l’arbre et un
balourd tournant à une fréquence
identique à celle de la cage. Le spectre
de ce type de problème contient donc
uniquement un pic à la fréquence de la
Figure 59. Spectre d’un problème de cage. cage.

En pratique, on est rarement confronté à ce type de spectre. Dans la plupart des


cas, un roulement dont la cage est cassée va très vite se détériorer dangereusement
et provoquer l’arrêt de la machine. Et, avant la rupture de la cage, aucun problème
ne se manifestera dans le spectre de vibrations. L’apparition et l’évolution rapide
de ce problème en rend la détection très difficile et la maintenance prédictive n’a
pas de technique de détection très efficace pour les défauts de cage : ni par
l’analyse vibratoire, ni par l’analyse d’huile, ni par l’analyse infrarouge. Le choix
de roulements de grande qualité de cage est donc primordial.

Une rupture de cage, en plus d’une construction bon marché (plastique), est le plus
souvent provoquée par deux causes.
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Une première cause est souvent une charge axiale trop élevée (niveau de vibration
axial élevé) sur des types de roulement qui ne sont développés pour des charge
axiales. Plusieurs problèmes, mentionnés dans cet ouvrage, peuvent engendrer une
telle charge. Une situation très courante est une tension de courroie trop élevée,
aussi bien pour les roulements du moteur que pour les roulements des unités
entraînées.
Une deuxième cause fréquente de rupture est une fixation (serrage) trop faible du
roulements sur l’arbre (ce serrage doit avoir une valeur bien définie). Cela crée,
par l’effet de la charge dynamique, un jeu axial. Ce jeu peut conduire à la rupture
de la cage.

7.1.3. Défauts de billes ou de rouleaux

La fréquence à laquelle les billes ou les rouleaux d’un roulement tournent autour
de leur propre axe est appelée:
La fréquence des billes ou “BSF”
(“Ball Spin Frequency”)

Un défaut d’une ou plusieurs billes ou rouleaux génère une image typique dans le
spectre de vibrations. Il y aura un ou plusieurs groupes (forêts) de pics visibles
qui, lorsqu’on les examine en détail,
apparaissent composés d’un pic central et
de pics à gauche et à droite (bandes
latérales) espacés d’une distance identique
qui correspond à la fréquence de la cage.
Dans beaucoup de cas, ces groupes de pics
coïncideront avec la fréquence
fondamentale ou les harmoniques de cette
fréquence (fréquence de rotation des billes
BSF).

Figure 60. Spectre de défauts des


éléments roulants.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 58 de 120


7.1.4. Quand remplacer les roulements ?

Quand un défaut de roulement est détecté, il faut pouvoir déterminer à quel


moment remplacer le roulement ou à quel moment il faut arrêter la machine.
Combien de temps cette machine peut-elle encore tourner ?

L’information la plus importante pour faire une prédiction de la durée de vie


restante est la courbe de tendance. Des mesures mensuelles ou trimestrielles
montrent l’évolution de la détérioration du roulement. Les différentes phases de
défaillance d’un roulement nous donnent une idée de l’évolution du défaut. Pour
les problèmes liés aux éléments roulants, on utilise plutôt le niveau de vibration
pour définir la rapidité de l’évolution du défaut.

En général, si l’on ne voit pas de différence entre deux mesures, il n’est pas
nécessaire de prendre des actions.

Le remplacement rapide d’un roulement dépend aussi et surtout des circonstances.


A-t-on le temps chaque week-end ou même chaque nuit de remplacer un roulement
sans engendrer des pertes de production ? Si c’est possible, il est plus prudent de
ne pas chercher à atteindre la durée de vie limite du roulement. Quand un défaut
est clairement détecté, on remplacera le roulement pour éviter toute perte de
production.
Si une machine tourne longtemps sans arrêt, alors les choses deviennent plus
compliquées !! Dans ce cas, il est nécessaire de savoir combien de temps le
roulement peut encore tenir. Ainsi, on essaiera de réduire les causes du problème
(graissage, fixation, alignement, etc ...), d’augmenter la périodicité de mesure et de
suivre attentivement l’évolution.

Indépendamment des considérations ci-dessus, il existe encore un grand nombre de


critères qui détermineront la durée de vie du roulement.
Généralement on peut affirmer qu’un roulement doit être remplacé plus vite si :
1. la machine tourne à une vitesse élevée (vitesse > 1500 à 2000 RPM).
2. la charge est élevée (niveau global de vibration). Une charge élevée peut être,
par exemple, causée par un balourd important.

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3. quand il concerne un roulement du moteur. Sur un moteur, les endroits de
mesure sont souvent éloignés des roulements et les amplitudes sont donc
amorties.
4. quand il concerne un défaut de bague interne. Les vibrations doivent traverser
les billes, la bague externe et le bâti avant qu’on puisse les mesurer.
5. quand il concerne un roulement à billes. La charge maximale dynamique sur un
roulement à billes est plus importante que sur un roulement à rouleaux. Le
défaut évoluera plus vite.

7.1.5. Problèmes de graissage

Si le graissage est insuffisant, une grande quantité de bruit sera présente dans le
spectre dû au contact métal contre métal dans le roulement. Le bruit est perçu dans
le spectre de vibration comme une épaisse zone dans laquelle se trouve l’énergie de
vibration, sans que des pics prononcés soient visibles. Cette zone de bruit
contiendra souvent un grand nombre de pics harmoniques. Ceux-ci, en opposition
aux pics générés par un défaut dans la bague interne ou externe, provoquent une
vibration dont les composants harmoniques sont moins purs.
La Figure 61 montre une image typique d’un problème de graissage. Dans la plage
des hautes fréquences, le niveau de bruit a clairement augmenté.

Figure 61. Spectre d’un problème de graissage.

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Un problème qu’on retrouve cependant aussi souvent que le manque de graissage
est le surgraissage. Trop de graisse dans le roulement augmentera la résistance des
élément roulants pendant une rotation. Cela peut conduire à une augmentation de
la température ou accélérer la dégradation du système de lubrification.

Remarque

La cavitation dans la pompe est un phénomène qui générera également du bruit,


mais doit être clairement distingué des problèmes de graissage. Le bruit généré
produira une image similaire dans le spectre, sans également présenter les
fréquences discrètes visibles dans l’exemple ci-dessus. La cavitation peut
également mesurée sur plusieurs points de mesures de la pompe alors que le
surgraissage sera localisé au droit du roulement concerné.

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7.1.6. Formules pour le calcul des fréquences de défaut

Les formules ci-dessous sont utilisées pour le calcul des fréquences de défaut de
roulement. Elles sont basées sur les données physiques des roulements. Elles sont
valables dans le cas où la bague externe est fixe et la bague interne tourne (plupart
des cas).

Nb  Bd 
BPFO = ∗ S∗ 1 − ∗ cosΘ
2  Pd 
Nb  Bd 
BPFI = ∗ S∗ 1 + ∗ cosΘ
2  Pd 
S  Bd 
FTF = ∗ 1 − cosΘ
2  Pd 
Pd   Bd  
2

BSF = ∗ S ∗ 1 −  cos Θ  
2 Bd   Pd  

Où : BPFO : Ball pass frequency outer race en Hz (fréquence de passage


des billes sur la bague extérieure)
BPFI : Ball pass frequency inner race en Hz (fréquence de passage
des billes sur la bague intérieure)
FTF : Fundamental train frequency en Hz (fréquence de la cage)
BSF : Ball spin frequency in Hz (fréquence de défaut des billes)
Nb : Nombre d’éléments roulants
S : Vitesse de rotation de l’arbre CPS
Bd : Diamètre des éléments roulants en mm
Pd : Diamètre primitif en mm
Θ : Angle de contact en radians

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Dans le cas où la bague interne est fixe et la bague externe tourne, seule la
fréquence de la cage est modifiée. Dans cette situation, le fréquence de la cage est
calculée comme suit :

S  Bd 
FTF = ∗ 1 + cos Θ 
2  Pd 

Ball Pass Frequency


Outer Race (BPFO)

Ball Pass Frequency


Inner Race (BPFI)

Fundamental Train
Frequency (FTF)

Ball Spin Frequency


(BSF)

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7.2. CAS D’ETUDE

7.2.1. Défaut de bague externe

Supposons un ventilateur entraîné par des courroies. Les mesures sont


trimestrielles. Les mesures ci-dessous ont été effectuées sur un roulement de ce
ventilateur, du côté de l’accouplement. Il s’agit d’un roulement à double rangée de
billes.

Les mesures d’octobre 1993 (Figure 62) montre un défaut précoce de roulement.
Pour ce type de roulement, 8,2 billes passeront sur un défaut dans la bague externe.
La fréquence de la bague externe (BPFO) est donc, pour ce roulement, de 8,2
Ordres. Multipliée avec le nombre de tours (788 RPM ou 13,1 Hz), cela signifie

Figure 62. Début de défaut sur la bague externe (accélération).

que les billes rouleront dans le défaut à la fréquence de 108 Hz pour la bague
externe. La Figure 62 montre la fréquence BPFO et les harmoniques, superposés
au spectre (les lignes verticales interrompues). Le niveau de vibration généré par
le défaut de bague externe est cependant toujours fort bas et visible uniquement
dans les hautes fréquences (spectre en accélération). Pour cette raison, le
roulement n’est pas remplacé immédiatement et il est décidé de le suivre plus
souvent que le cycle trimestriel normal.

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Figure 63. Défaut de bague externe précoce (vitesse).

La Figure 63 représente le même spectre, mais exprimé en vitesse. Remarquons


que seuls les harmoniques de rang très élevé de la fréquence BPFO sont visibles,
comme prévu dans le cas d’un défaut roulement à un stade très précoce (phase 2
pour un défaut de bague externe).

La Figure 64 représente le spectre d’une mesure réalisée trois mois plus tard. Le
défaut de roulement est maintenant visible aussi dans le spectre en vitesse (phase 3
pour un défaut de bague externe).

Figure 64. Défaut de bague externe en stade très avancé.


Au vu de l’évolution du niveau vibratoire de ce défaut, le roulement a été remplacé
peu après la mesure du mois de janvier.
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Le défaut détecté sur le roulement est illustré par la photo de la page suivante.
Remarquons que la bague externe est endommagée sur une grande partie de son
contour.

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Figure 65. Défaut de bague externe.

Machine : Ventilateur d’alimentation entraîné par un moteur à


induction de 90kW.
Roulement : Ventilateur du côté de l’accouplement.
Type de roulement : SKF 2217K
Dernière mesure : 10 janvier 1994
Rapport : 14 janvier 1994
Remplacement : 15 janvier 1994

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7.2.2. Défaut de bague interne

Un ventilateur dont la roue est en porte-à-faux sur l’arbre, entraîné par courroies
est surveillé trimestriellement. Les deux roulements du ventilateur sont à double
rangée de billes.

Figure 66. Fréquence de passage et harmonique de la bague interne.

La fréquence de passage de la bague interne (BPFI) est représentée, sur le spectre


de la Figure 66, par des lignes interrompues. Celle-ci est de 7.2 x RPM ou 313 Hz.
Sur la Figure 66, le premier harmonique de la fréquence BPFI (fréquence
fondamentale) est visible. Le deuxième et le troisième harmonique de cette
fréquence sont également présents, mais à des niveaux très bas.

Le défaut dans la bague interne se trouve une fois par rotation de l’arbre dans la
zone la plus chargée du roulement. Ainsi, les vibrations générées augmenteront à
chaque rotation en intensité et diminueront à nouveau lorsque le défaut se
retrouvera dans une zone moins chargée. Cela se traduira, dans le spectre, par des
bandes latérales de part et d’autre des pics de la fréquence BPFI (voir “modulations
pour les défauts de bague interne et externe”).

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Ces bandes latérales deviennent clairement visibles en Figure 67. Le premier pic
est devenu une ligne verticale continue. Les pics latéraux marqués autour de cette
fréquence BPFI se situent à égale distance, espacés de 43,2 Hz (en bas à droite sur
la figure, indiqué par DFRQ) qui est précisément la vitesse de rotation de l’axe.

Figure 67. Défaut de bague interne : modulation sur 1xRPM.

Après le remplacement du roulement, il fut possible de voir une large partie


attaquée par la corrosion. Les fréquences de bague interne étaient complètement
disparues du spectre après le remplacement.

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7.2.3. Défaut de bague externe et de rouleau

Les mesures ci-dessous ont été effectuées sur un ventilateur entraîné par courroies.
Les deux roulements du ventilateur sont des roulements à double rangée de
rouleaux.

La Figure 68 montre le spectre de vibrations mesuré sur le roulement du


ventilateur, côté accouplement, dans la direction axiale. La fréquence de passage
pour la bague externe de ce roulement est de 8,1 Ordres. La vitesse de rotation de
l’arbre est de 781 RPM ou 13,01 Hz et la fréquence de passage des billes dans le
défaut de la bague externe (BPFO) est donc de 106 Hz. Cette fréquence de bague

Figure 68. Défaut de bague externe dans un stade avancé.


externe et ses harmoniques ont été indiqués par les lignes interrompues de la
Figure 68. Le niveau élevé des pics de la fréquence BPFO et de ses multiples
indique ici une détérioration relativement avancée. Le roulement a été remplacé
peu après la mesure.

Regardons la Figure 68 en détail. Nous pouvons observer, dans la plage de


fréquences entre 600 Hz et 1000 Hz, non seulement l’harmonique de la fréquence
de la bague externe mais également une petite forêt de pics. Le niveau de vibration
est très bas. Les Figure 69 et Figure 70 détaillent cette partie du spectre.

A la Figure 70, le pic central du premier groupe est marqué par une ligne verticale
continue. Les autres pics marqués indiquent les bandes latérales.
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Figure 69. Détail du spectre de vibrations: 600Hz à 1000Hz.

La distance entre les différents pics est de 5,5 Hz (indiqué dans la Figure en bas à
droite par DFRQ) ce qui correspond exactement à la fréquence de la cage de ce
roulement (FTF).
Conformément à la théorie, exposée au paragraphe 8.1.3. “Défaut aux éléments
roulants”, cela signifie que le roulement, qui a un défaut de bague externe, a
également un défaut (sans doute petit) sur un ou plusieurs rouleaux.

Après inspection du roulement, il apparaît que de la matière a été arrachée de la


bague externe sur une longueur d’environ trois centimètres. Il y avait également
un défaut sur un des rouleaux.

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Figure 70. Détail du spectre de vibrations: 600Hz à 800Hz.

Figure 71. Signal temporel pour un défaut de bague externe.

Enfin la Figure 71 représente le signal temporel mesuré sur ce roulement. La


grande quantité d’impacts est typique. Par tour de rotation (entre deux lignes
verticales), environ huit impacts sont clairement visibles : ils correspondent au
défaut de roulement. Cette figure d’impacts dans le cas de défaut de roulements
serait encore plus claire si le signal temporel était mesuré en accélération.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 72 de 120


7.2.4. Rupture de la cage

La mesure ci-dessous a été exécutée sur le moteur accouplé directement à un


ventilateur.

Figure 72. Fréquence de la cage.

On peut observer, dans ce spectre, un pic de niveau de plus de 3 mm/s près du pic
de 1 x RPM. La fréquence à laquelle celui-ci se présente est de 9,9 Hz, et cela
correspond à 0,4xRPM (en bas à droite “ORDR: .398”), ce qui est typiquement la
fréquence de la cage.

Le moteur a été arrêté (l’installation était dédoublée et la production n’a pas dû être
interrompue) et les roulements du moteur changés. La cage du roulement, côté
accouplement, était complètement détruite. Une telle mesure arrive plutôt
rarement, puisqu’une rupture de cage conduit très souvent à la casse immédiate du
roulement.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 73 de 120


7.2.5. Défaut aux éléments roulants

Les mesures ci-dessous ont été effectuées sur un ventilateur en porte-à-faux


entraîné par courroies.

Figure 73. Fréquence BSF et harmoniques.


Les lignes verticales interrompues de la Figure 73 indiquent la fréquence BSF
(“Ball Spin Frequency”) et ses multiples. C’est la fréquence à laquelle les
éléments roulants tournent autour de leur propre axe. Le spectre ci-dessus montre
un exemple de défaut sur les éléments roulants.

Il est possible d’observer autour des pics de cette fréquence BSF et harmoniques
d’autres pics plus petits. Lorsque nous regardons cette partie du spectre en détail
(Figure 74), ces plus petits pics apparaissent autour des multiples de la fréquence
BSF, et sont espacés d’une distance identique. Cette distance (DFRQ) est de 8,7
Hz et correspond à 0,39 x RPM qui correspond à la fréquence de rotation de la
cage du roulement.

Remarquons que ce type de défaut générera rarement un niveau de vibration élevé,


et par conséquent il est difficile à détecter avec des méthodes d’alarme
automatique. L’analyse des spectres est conseillée lorsque ce type de défaut est
suspecté.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 74 de 120


Figure 74. Modulations à la fréquence de la cage.
En pratique, un ou seulement quelques multiples de la fréquence BSF apparaissent.
Les bandes latérales à la fréquence de la cage (modulation par la cage) sont
toujours présentes. Le spectre présentera un aspect totalement différent : des petits
groupes (forêts) de pics seront bien visibles, alors que les harmoniques de la
fréquence BSF ne se distinguent pas toujours clairement.

La Figure 75 (provenant d’une autre machine) illustre ceci clairement avec trois
groupes de pics à 700 Hz, 1000 Hz et 1400 Hz. Chacun de ces groupes est défini
par une série de pics espacés l’un l’autre de 0,4xRPM.

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Figure 75. Groupes de pics avec modulations de cage.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 76 de 120


7.3. TECHNIQUE PARTICULIERE : LA DEMODULATION

Il n’est pas toujours possible de programmer un remplacement de roulement


défectueux lors d’un arrêt de production car la durée de vie restante de l’élément
peut être limitée.
C’est pourquoi on fait appel à la technique de la démodulation permettant de
détecter un problème de roulement dans un état prématuré de son développement.
Il devient dès lors possible de programmer son changement, et cela avec la
certitude d’éviter la casse de l’élément.

Comment fonctionne cette technique ?

Considérons le développement d’un défaut sur la bague externe ou interne d’un


roulement. Les fréquences de résonance de ces bagues sont excitées par le passage
des billes (ou rouleaux) sur un défaut microscopique. Le niveau vibratoire,
provoqué à la fréquence de passage (BPFO ou BPFI) de ces éléments roulants dans
le défaut, est très faible ou complètement inexistant, et par conséquent non
mesurable dans un spectre normal.

Des remarques similaires peuvent être faites pour tout phénomène qui, par une
fréquence relativement basse, excite une plus haute fréquence. Cela peut
notamment se produire pour un défaut de roulement sur un arbre tournant
lentement (< 200 RPM). Etant données les basses fréquences, le passage d’un
élément roulant dans le défaut ne provoquera pas d’amplitude vibratoire
significative et donc un tel défaut sera difficilement détectable dans un spectre
normal. Par contre, les hautes fréquences de résonance des éléments constitutifs
du roulement seront excitées.

La démodulation est une technique qui permet la mise en évidence de tels


phénomènes dans une bande de fréquence normale.
Pour y arriver, il est nécessaire d’effectuer un certain nombre d’actions préalables
sur le signal temporel (pre-processing) avant de pouvoir calculer le spectre normal.
L’ensemble de ces actions est appelé la “Démodulation”.

La Figure 76 explique de manière résumée le principe de cette technique.


Une haute fréquence f est modulée par une basse fréquence (fmod). Cela se traduit
dans le spectre par la présence d’un pic “haute fréquence” (aussi appelé onde
porteuse), entouré de deux bandes latérales séparées d’une distance égale à fmod .

VIB1_seminar_Icare.doc Page 77 de 120


La démodulation signifie en fait que l’on peut séparer le signal modulant du signal
modulé.

Figure 76 : Principe de la démodulation.

Cette modulation se fait en plusieurs étapes :


1. Le signal mesuré est d’abord redressé.
2. La deuxième étape consiste en une détection de pics de sorte que l’on obtienne
l’enveloppe du signal existant.
3. Enfin, la valeur DC de cette enveloppe est filtrée.

Si l’on calcule le spectre du signal temporel modulé, on obtient un pic dont la


fréquence correspond à la fréquence modulante.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 78 de 120


Lorsque la technique de la démodulation est appliquée à la maintenance prédictive,
le signal est d’abord envoyé à travers un filtre passe-haut. Par cette action, toutes
les vibrations basses fréquences (générées par exemple par un balourd, un
délignage, un jeu, ...) sont filtrées et seule l’information haute fréquence reste
présente. Ceci offre l’avantage de mettre en évidence les fréquences modulantes
de basse amplitude. Ces fréquences ont en effet tendance à disparaître lorsque
l’information basse fréquence est présente. En d’autres termes, l’emploi du filtre
passe-haut permet une utilisation optimale de la plage dynamique du collecteur de
données pour les petits signaux modulants.

La Figure 77 donne de nouveau le principe de la démodulation appliqué à un


problème naissant sur la bague externe - ou interne - d’un roulement.

Figure 77 : Principe de la démodulation pour un défaut de roulement naissant.

Le signal obtenu après démodulation possède encore la périodicité de la fréquence


BPFO, mais cette composante est devenue la composante basse fréquence du
signal. Puisque la forme de l’onde n’est toujours pas sinusoïdale, on n’obtient pas
seulement la fréquence BPFO dans le spectre mais aussi une série d’harmoniques
(suivant la théorie de la Transformée de Fourrier).

VIB1_seminar_Icare.doc Page 79 de 120


Notons enfin que la démodulation n’est pas une mesure quantitative. On ne
regarde donc pas les amplitudes, mais bien la présence (ou non) de fréquences
précises. Par conséquent, les mesures de démodulation ne sont pas utilisées pour
établir des tendances au cours du temps.

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7.4. CAS D’ETUDE

7.4.1. Début de défaut de bague externe

Soit un ventilateur entraîné par courroies. Des mesures trimestrielles sont


effectuées. Les mesures ci-dessous ont été effectuées sur le roulement du côté non
accouplé du ventilateur. Les deux roulements du ventilateur sont des roulements à
double rangée de billes.

Figure 78. Spectre de vibration normal.

Dans le spectre normal de vibration, Figure 78, les fréquences de passage de la


bague externe sont à nouveau indiqués par les lignes verticales interrompues. A
ces fréquences, aucune vibration n’est vraiment visible dans le spectre. La
composante la plus visible est le pic à 1xRPM, probablement causé par un balourd.

La Figure 79 présente maintenant le spectre démodulé. Ici, les pics à la fréquence


BPFO et multiples sont très visibles, et caractérisent donc un début de défaut de
bague externe.

Les signaux temporels en Figure 80, Figure 81 et Figure 82 nous montrent


comment la démodulation nous conduit au spectre de la Figure 79.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 81 de 120


Figure 79. Spectre démodulé.

La Figure 80 contient le signal temporel non filtré à l’entrée du démodulateur avec


l’information des hautes fréquences. L’amplitude la plus grande présente dans le
signal est l’information liée au balourd du moteur.
Pour cette raison, le signal traverse d’abord un filtre passe-haut. Cela conduit au
deuxième signal de la Figure 81. Ici, l’information de fréquence élevée est bien
visible. Son amplitude est petite par rapport à celle du balourd. Les différents pics
marqués dans le signal temporel indiquent chaque fois un impact provoqué par
l’élément roulant qui heurte le défaut microscopique situé sur la bague externe.
Ces impacts sont séparés d’un intervalle de temps de 12,34 msec, soit une
fréquence de 81 Hz. Ceci est précisément la fréquence de passage des billes dans
un défaut de la bague externe.
Ce signal temporel est ensuite redressé (image miroir) et traité par la détection de
pic et finalement la composante DC est filtrée. Cela conduit au dernier signal
temporel de la Figure 82. Là, les différents impacts sont visibles avec le même
intervalle de temps de 12 msec, mais ce signal de temps contient uniquement
l’information basse fréquence, par opposition au signal précédent. Le spectre de la
Figure 79 est alors calculé à partir de ce dernier signal.

On a continué à surveiller le défaut de roulement détecté par cette méthode en


pratiquant des mesures trimestrielles. Ces mesures ont révélé, après quelques
temps, la présence du défaut déjà trouvé par la technique de la démodulation.
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Figure 80. Signal temporel jusqu’à 5000Hz (non filtré).

Figure 81. Signal temporel jusqu’à 5000 Hz (filtre passe-haut 1000 Hz).

Figure 82. Signal temporel après redressement, détection de pic.

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7.4.2. Défaut d’un élément roulant

Les mesures suivantes ont été effectuées sur les roulements d’un moteur, qui via
une boîte de réduction, commande un cylindre tournant lentement. La vitesse de
rotation du moteur s’élève à 985 RPM.

Figure 83. Mesure en démodulation sur le roulement d’un moteur.


La Figure 83 montre une mesure en démodulation. Dans ce spectre, plusieurs
groupes de pics sont très clairement visibles. Ils sont situés autour de la fréquence
BSF et des harmoniques. La Figure 84 présente un agrandissement de ce spectre.
La distance entre les modulations s’élève à 6,86 Hz (DFRQ, en bas à droite sur la
Figure). Puisque la vitesse de rotation du moteur s’élève à 985 RPM, soit 16,4 Hz,
cette distance est égale à 0,42xRPM, ce qui correspond à la fréquence de la cage.

Sur base de ce spectre, il est donc possible d’affirmer qu’une ou plusieurs billes
présentent un défaut. Cela a été confirmé lors du remplacement du roulement.

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Le choc créé par les éléments roulants rencontrant le défaut de bague interne ou
externe a excité les fréquences de résonance du roulement. Dans ce cas, les
impacts ont été causés par le défaut de bille. Puisque l’amplitude de ces impacts
est fonction de la position des billes dans le roulement (les billes passent également
dans des zones plus et moins chargées), les excitations des fréquences de
résonance seront modifiées (elles deviennent modulées) en fonction de la
fréquence de rotation de la cage. Ceci explique les bandes latérales espacées d’une
fréquence correspondant à la vitesse de rotation de la cage.

Figure 84. Mesure en démodulation: agrandissement.

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La Figure 85 donne, pour information, les mesures réalisées avant et après le
remplacement du roulement du moteur. L’image typique du défaut des éléments
roulants a complètement disparu.

Figure 85. Spectre en démodulation avant et après remplacement du


roulement.

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7.5. TECHNIQUE PARTICULIERE : PEAKVUE

La technologie PeakVue est une amélioration de la technique de la


démodulation. Elle a été développée par CSI pour mettre en évidence de très brefs
phénomènes que la technique de la démodulation ne peut “voir”.

La détection du pic et le filtrage de la composante DC dans le signal temporel de la


figure 86 sont tous deux des traitements de type analogique. Le spectre qui en
découle est calculé après la numérisation du signal temporel analogique obtenu.
La fréquence d’échantillonnage utilisée pour ce calcul dépend de la bande de
fréquence que l’on souhaite visualiser (typiquement 60 ordres). Le lien est donné
par la formule citée précédemment, soit féchant. = 2.56 x fmax. Ce calcul mène à une
série de problèmes potentiels.

1. Si l’on réalise des mesures sur des axes tournant très lentement (< 100xRPM),
la bande de fréquence du spectre doit également est être choisie en conséquence
(basse fréquence). Supposons que fmax soit établie à une valeur de 100 Hz. La
fréquence d’échantillonnage est donc calculée sur la base de la formule ci-
dessus, soit 256 Hz. Les vibrations causées par un défaut de roulement naissant
(excitant les fréquences de résonances des pistes interne ou externe) sont des
phénomènes haute fréquence et donc de courte durée. Ainsi donc, si le signal
temporel analogique, venant de la détection des pics, est échantillonné à cette
basse fréquence de 256 Hz, on risque de manquer les vibrations issues du défaut
de roulement (voir figure ci-dessous). Le spectre ne donnera donc aucune
indication de la vibration générée et donc du défaut.

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Figure 86 : Echantillonnage du signal temporel lors de la démodulation.

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2. A côté des vibrations apparaissant aux fréquences de résonance des pistes
interne ou externe, un défaut de roulement naissant génère aussi des vibrations
à des fréquences bien plus élevées. Ces vibrations sont appelées ondes de
contraintes (ou Stress Waves). Ces ondes de contraintes ne sont pas
uniquement générées par des impacts mais sont également issues de la
déformation élastique de la matière lors du passage des éléments roulants au
droit des micro-fissurations apparaissant sous la surface des pistes du
roulement. Ces ondes de très courte durée (quelques millisecondes) ne pourront
être mises en évidence par la technique de la démodulation.
En effet, bien que le signal analogique (provenant de la détection de pics) soit
numérisé à la fréquence de 2.56x fmax, les vibrations provenant de ces ondes de
contraintes seront en grande partie manquée, même après la détection de pics
(voir figure ci-dessous).

Figure 87 : Echantillonnage du signal temporel par la technique PeakVue.

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Afin exploiter au mieux les ondes de contraintes, la technique PeakVue
n’échantillonnera pas le signal temporel d’une manière classique. La particularité
de cette technique provient de la sauvegarde de la valeur maximale apparue dans le
signal temporel du dernier échantillon. Pour réaliser cette opération, la période
séparant l’acquisition de deux échantillons sera à nouveau échantillonnée à une
fréquence de 100 kHz. Ce traitement est repris à la figure ci-dessus, pour le même
signal temporel et à la même fréquence d’échantillonnage que ce qui est montré à
la figure 86.
Cette méthode garantit donc la détection des ondes de contraintes hautes
fréquences, quelque soit leur durée.

L’avantage de cette technique par rapport à la technique de la démodulation est


évident.
1. La bande de fréquence du spectre PeakVue des machines tournant lentement
peut être choisie suffisamment basse tout en évitant le risque de manquer les
vibrations hautes fréquences (lors de l’excitation des fréquences de résonance
des pistes interne ou externe) issues de la détection de pics.
2. Les ondes de contraintes apparaissant lors du développement de défauts de
roulement naissant peuvent être mises en évidence par la technique PeakVue.
Ceci signifie aussi que la technique reste d’application pour les machines
tournant à des vitesses dites normales.
3. Les ondes de contraintes peuvent également être générées lors de problèmes
d’engrènement (p.e. dent abîmée ou cassée) ou lors de disparition des matériaux
de recouvrement de cylindre (de papeterie, p.e.). Le domaine d’application de
cette technique est donc plus large que celui de la technique de la
démodulation.
4. L’échantillonnage effectué à 100 kHz entre dans le temps séparant deux
échantillons signifie la sauvegarde systématique de la plus haute valeur
vibratoire dans le signal temporel. Ceci signifie que la valeur du pic sauvegardé
correspond à la valeur réelle du pic développé au sein de la machine et donc
que la technique peut être utilisée pour donner une image de la gravité du
défaut. Le signal temporel contiendra une information utile et, contrairement à
la technique de la démodulation, pourra aussi être analysé. En outre, la valeur
du pic maximum pourra être suivie en tendance et être comparée à des niveaux
d’alarme bien définis.

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Remarque

L’information utilisée par la technique provient de vibrations hautes fréquences;


elle peut également être suivie en tendance. Il est donc important de réaliser des
mesures correctes. Les mesures seront donc réalisées au moyen de capteurs
montés de manière rigide sur la machine (aimant, goujon ou capteur permanent).

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8. PALIERS LISSES

8.1. THEORIE

Les défauts sur les paliers lisses ne créent pas de vibrations spécifiques, comme
c’est le cas pour les roulements à billes. Généralement, on admet qu’il est
compliqué de rechercher un défaut de palier lisse (enlèvement de matière) par des
mesures vibratoires réalisées à l’aide d’accéléromètres.

Le meilleur moyen de surveillance est l’utilisation de capteurs de déplacement, qui


permettent les mesures de position de l’axe. Par des mesures deux canaux, il est
possible d’utiliser l’analyse d’orbite. Ce type d’analyse sort du contexte de ce
cours et ne sera donc pas abordé.

Instabilité de l’huile

Un problème spécifique des paliers lisses est l’instabilité du film d’huile à


l’intérieur du palier. Des turbulences se produisent dans l’huile et provoquent
l’excentricité de l’axe dans le palier. Cette excentricité peut être simplement
provoquée, par exemple, par le
balourd. La vibration résultante
présente une fréquence légèrement
plus basse que la moitié de la
fréquence de rotation (généralement
0,35 à 0,49xRPM).
Une solution à ce problème peut être
le changement du jeu des roulements
Figure 88. Instabilité de l’huile.
ou un changement de lubrifiant. Il
existe également des formes particulières de coupes de roulement pour contrecarrer
cette instabilité.

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Augmentation du jeu

Lorsque le palier s’use uniformément, le jeu du roulement augmente. Cela donne


un spectre tel que ceux décrits dans le chapitre 6. Remarquons cependant
l’apparition particulière des pics à 1/2 x RPM pour les paliers lisses. Ceci est
particulièrement vrai dans la situation où il y a un frottement entre l’axe et le
palier.

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9. PROBLEMES DE COURROIES

9.1. THEORIE

Par problèmes de courroies, il faut faire la distinction entre les problèmes liés aux
courroies elles-mêmes et ceux liés à leur tension ou alignement

9.1.1. Courroies

La fréquence à laquelle les courroies tournent est appelée fréquence des


courroies. Cette fréquence peut être calculée par la vitesse des courroie divisée
par la longueur des courroies :
π ×φ × RPM
poulie poulie
Fréquencecourroies ( Hz ) =
L × 60
courroies
Le choix de la poulie n’a pas d’importance du moment que le diamètre et la vitesse
correspondent à la même poulie.
Lorsque qu’une irrégularité apparaît
sur la surface de la courroie (à cause
d’une mauvaise fabrication ou d’une
usure non homogène), ces
irrégularités passeront sur chaque
poulie à la fréquence de rotation des
courroies. Chacun des contacts
générés sur la poulie provoqueront
un impact. Ce phénomène se produit
donc à une fréquence égale au double
de la fréquence de la courroie. Les Figure 89. Irrégularité de courroie.
vibrations qui en suivront apparaîtront donc au double de la fréquence de rotation
des courroies. Les multiples de cette double fréquence s’expliquent par le fait que
le signal temporel de cette vibration n’est pas sinusoïdal (impacts).

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Le spectre d’un tel défaut est
représenté à la figure ci-contre. Le
niveau au double de la fréquence de
courroies, ainsi que ses
harmoniques (2x, 4x, 6x,...), est
clairement plus élevé que celui de la
fréquence des courroies même.
Un défaut d’alignement ou de
tension de courroies augmentera
dans ce cas d’autant plus les
niveaux aux fréquences de
Figure 90. Spectre d’un défaut de courroies.
courroies. Notons néanmoins que
ces défauts ne causent pas d’eux mêmes des vibrations aux fréquences des
courroies (voir paragraphe suivant).
La cause des hauts niveaux à ces fréquences peut également provenir de problèmes
structurels.

9.1.2. Tension ou alignement

Une tension trop élevée ou un défaut d’alignement générera de hauts niveaux


vibratoires à la vitesse du moteur et/ou celle de l’unité entraînée. La distinction de
ce phénomène avec par exemple un défaut de balourd peut être expliquée par les
quelques points suivants :
1. Forte vibration du moteur sur l’unité entraînée et inversement. Ceci signifie par
exemple que la vibration liée à la vitesse du moteur sera ressentie clairement sur
les roulements du ventilateur entraîné par les courroies (et inversement).
2. Hauts niveaux vibratoires du côté des courroies. Les niveaux mesurés du côté
des poulies seront souvent plus hauts que les niveaux mesurés de l’autre côté.
3. Plus hauts niveaux vibratoires dans la direction des courroies. Lorsque les
courroies sont placées horizontalement, les points mesurés en direction
horizontale généreront de plus hauts niveaux dans cette direction.
4. Niveaux axiaux relativement élevés.

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Comme pour les problèmes de courroies (irrégularités), on remarque une influence
non négligeable de la structure sur les niveaux vibratoires. La diminution de la
tension des courroies ou l’amélioration du lignage n’engendre pas toujours une
grande diminution des niveaux. Dans ce cas, une modification structurelle
(renforcement du châssis) pourra améliorer sensiblement la situation.

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10. PROBLEMES ELECTRIQUES

10.1. THEORIE

Les problèmes traités dans ce chapitre sont liés aux moteurs asynchrones (moteurs
à induction). Les problèmes dans les moteurs DC n’entrent pas dans le cadre de ce
cours. Les chapitres précédents ont cependant introduit les défauts de roulement,
balourd, alignement, etc... Il est clair que ces problèmes sont présents également
dans les deux types de moteur.

Une étude trop détaillée de la théorie des moteurs asynchrones nous entraînerait
trop loin de notre préoccupation principale. Les notions importantes sur le stator et
sur le rotor nécessaires à la compréhension et à l’analyse de problèmes électriques
détectables via les mesures de vibration sont exposées ci-dessous.

10.1.1. Problèmes de stator

Le stator d’un moteur asynchrone a une structure laminée. Il contient plusieurs


cavités renfermant les bobinages qui génèrent un champ magnétique. Ces cavités
sont appelées encoches statoriques.

Il est possible de rencontrer un certain


nombre de problèmes dans le stator.

Détachement

Un détachement dans le stator se manifeste


par soit les bobinages dans les encoches du
stator qui se détachent ou les laminations
qui se détachent, soit la fixation du stator
Figure 91. Stator d’un moteur à
même dans le moteur qui cède.
induction.

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Entrefer inégal

Ceci indique que la couche d’air entre le


stator et le rotor n’est pas uniforme sur la
circonférence. Plusieurs phénomènes
peuvent en être la cause.

Une première possibilité est un montage


excentrique du rotor dans le stator (Figure
92).
Figure 92 Entrefer inégal : montage
excentrique du rotor.

Un stator déformé produit un effet


identique (Figure 93).

Problèmes d’isolation

Ceux-ci peuvent se présenter entre les


différentes laminations ou bobinages et
causeront un surchauffement local. Figure 93. Entrefer inégal : stator
déformé.

Considérons la Figure 94. On peut facilement y voir quel vibration le problème


d’isolement générera. Les enroulements dans le stator d’un moteur à induction
créent un champ magnétique tournant à la fréquence suivante :
50 Hz
f champs = , où p est le nombre de paires de pôles du bobinage du stator.
p

Le champ magnétique d’un moteur à induction à deux pôles tourne à la fréquence


d’alimentation f0 (50 Hz).
VIB1_seminar_Icare.doc Page 98 de 120
Il peut donc être considéré comme un aimant à deux pôles qui tourne à une
fréquence f0 (50 Hz).
Le couple moteur sera dès lors généré à chaque moment par les forces agissant sur
les barres rotoriques se situant dans le voisinage du pôle nord et sud du champ.
Les zones où le couple moteur est exercé au niveau des barres se déplacent donc à
la même fréquence que la fréquence de rotation du champ magnétique (50 Hz).
(Zones bleues sur la figure).

Si l’on considère maintenant


l’ensemble des défauts de stator cités
plus haut, on peut constater que du fait
du défaut, le travail du champ
magnétique ne sera pas homogène sur
tout le pourtour du moteur. Cela
signifie que le couple moteur
maximum généré au droit des pôles
nord et sud du champ tournant
connaîtra des variations chaque fois
Figure 94. Moteur à induction à deux pôles
que une zone de force maximale (en
regard d’un des pôles) passera au niveau de la non-homogénéité.
Cela se produira donc deux fois par tour de rotation du champ magnétique et le
couple moteur variera donc à une fréquence égale à deux fois la fréquence
d’alimentation (100 Hz).
La règle est identique pour les moteurs possédant plus de paires de pôles. En effet,
le champ magnétique d’un moteur à p paires de pôles tourne à une vitesse égale à
50 Hz/p. Mais il existe, dans ce cas, 2p zones où les forces appliquées au rotor
sont maximales. Une non-homogénéité dans la stator provoquera ici aussi un
changement dans le couple moteur à une fréquence égale à 50Hz/p x 2p, soit 100
Hz.

Les variations du couple moteur provoqueront des vibrations à cette fréquence, ce


qui permet de dire que : Les problèmes de stator génèrent, dans le spectre de
vibrations, un pic au double de la fréquence de ligne (100 Hz).

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Des actions ne devront être prises que lorsque les mesures indiquent un niveau de
vibration à 100 Hz en hausse sensible dans le temps, ou en hausse brutale.
Beaucoup de moteurs pourront en effet tourner pendant très longtemps encore,
sans problème, même lorsqu’ils indiquent un pic à 100 Hz. Les amplitudes
normales se situent jusqu’à environ 1 mm/s.

Un des facteurs entraînant la déformation d’un stator et produisant une composante


vibratoire importante à 100 Hz est le problème de “soft foot”ou pied bancal. Ceci
traduit la situation où les quatre points d’appui du moteur ne se situent pas dans un
même plan. Le serrage des boulons d’ancrage du moteur sur son support
entraîneront, dans ce cas, une déformation du stator et donc une excentricité de
celui-ci. D’où la présence d’une vibration à 100 Hz.
Losqu’une mesure révèle un “soft foot”, il suffit de désserrer et de resserrer tour à
tour les boulons de fixation du moteur tout en mesurant de manière continue la
vibration à 100 Hz. Le serrage et le désserrage du pied bancal entraînera une
diminution puis une augmentation de ce pic. Il suffit alors de corriger le problème
par l’adjonction de cales sous ce pied.

10.1.2. Problèmes de rotor

Les problèmes qui se présentent dans le rotor peuvent être liés à l’excentricité du
rotor et/ou surtout à une barre rotorique cassée ou endommagée.

Rotor excentrique

La Figure 95 présente un moteur dont


le rotor est excentrique. On distingue
un rotor excentrique d’un stator
déformé par le fait que la non-
homogénéité de l’entre-fer tourne à la
vitesse de rotation du rotor (car
l’inégalité se trouve sur le rotor).
On parle alors d’une excentricité
dynamique.
Figure 95. Rotor excentrique.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 100 de 120


Envisageons de nouveaux quelques aspects théoriques liés au fonctionnement du
moteur à induction et permettant d’expliquer les vibrations causées par la présence
d’un défaut.
Les bobinages dans le stator génèrent un champ magnétique dont la fréquence peut
être calculée comme suit :
50 Hz
f champs = dans lequel p est le nombre de paires de pôles du
p
bobinage du stator.
Le force qui crée la rotation du rotor est générée par la différence de vitesse
rotation existant entre le rotor et le champ magnétique du stator. Cette différence
de vitesse est appelée le glissement (slip) ou, exprimée en Hz, la fréquence de
glissement (slip) :
RPM rotor
f slip = f Champs −
60

Figure 96. Force agissant sur une barre du rotor en fonction de la position relative du rotor
par rapport au champ magnétique tournant.
VIB1_seminar_Icare.doc Page 101 de 120
La fréquence de glissement est donc la fréquence suivant laquelle la position
relative du champ magnétique par rapport au rotor varie.
Considérons de nouveau le cas d’un moteur à induction à deux pôles.
La force qui agit sur une barre spécifique du rotor sera maximale quand cette barre
sera en ligne avec le champ magnétique (point 1 et 3 dans la figure ci-dessus). Elle
sera minimale quand elle sera perpendiculaire au champ magnétique (point é sur la
figure).
La fréquence à laquelle cette force augmente et diminue correspond au double de
la fréquence de glissement, puisque une barre spécifique rencontrera le pôle nord
et sud du champ à cette fréquence de rotation relative.
Le couple moteur généré par cette barre rotorique va donc varier au double de la
fréquence de glissement ; le couple moteur « total » reste cependant constant vu
que le rotor supporte un grand nombre de barres, chacune travaillant de manière
« décalé ».
Dans le cas d’une excentricité dynamique du rotor, le couple moteur variera à
chaque fois que les barres situées au droit de l’excentricité devront livrer leur
couple maximal. Le couple moteur sera donc modulé par une fréquence égale à
deux fois la fréquence de glissement.
La modulation de ce couple se visualisera par des bandes latérales situées de part et
d’autre du pic à 1 x RPM. Celles-ci seront espacées du double de la fréquence de
glissement.
Notons que, dans ce cas, le pic du balourd moteur sera souvent la conséquence de
l’excentricité du rotor.

Le raisonnement est identique pour les moteurs présentant plusieurs paires de


pôles. Une barre rotorique spécifique ne sera plus en ligne avec deux pôles, mais
avec 2p pôles. Le couple fourni par cette barre variera donc à une fréquence égale
à 2p fois la fréquence de glissement.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 102 de 120


Résumé : Un rotor excentrique génère des vibrations à 1 x RPM du moteur,
modulées par des bandes latérales espacées de 2p x la fréquence de glissement.

Le spectre se présente, par conséquent, comme à la Figure 97.

Remarque importante: le niveau de


vibration provoqué par ce phénomène est
insensible à la modification de la charge.

Figure 97. Spectre d’un rotor


excentrique.

Barres rotoriques cassées ou augmentation de la résistance dans les barres


rotoriques

Ce problème demande une attention particulière car à l’instar des problèmes de


roulement, il est une des causes les plus fréquentes de la casse des moteurs (en
particulier dans les moteurs qui démarrent de manière régulière). Au démarrage en
effet, des grands courants électriques parcourent les conducteurs du rotor et
suscitent de grandes forces.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 103 de 120


La casse d’un moteur dont une barre est endommagée se fera suivant le scénario
suivant :
1. Des ruptures dans les barres rotoriques peuvent se produire à cause des grands
efforts dans les conducteurs du rotor lors du démarrage de la machine ou lors du
raccordement des conducteurs (les barres sont parcourues par des courants
importants).
2. A cause de l’augmentation de résistance de la (les) barre(s) endommagée(s) et
par conséquent des courants plus importants générés au niveau des barres
adjacentes, le moteur s’échauffera localement. Cet échauffement provoquera un
balourd qui générera des vibrations à 1xRPM. Si le moteur tourne à vide, les
conducteurs du rotor conduiront peu de courant et les vibrations à 1xRPM seront
réduites dans ces conditions de fonctionnement.
3. L’aggravation de la situation provoque encore une augmentation de résistance
dans les conducteurs non cassés (qui doivent supporter la charge des barres
cassées/manquantes) et l’échauffement devient plus important encore. Cela peut
entraîner la flexion du rotor et provoquer des hauts niveaux vibratoires axiaux.
4. En situation extrême, la flexion du rotor, associée au balourd, peut provoquer le
frottement du rotor sur le stator, ce qui conduit rapidement à la destruction totale
du moteur.

Tout comme dans le cas précédent (rotor excentrique), la casse d’une ou plusieurs
barres rotoriques générera une non-homogénité dans le rotor. Ici aussi le couple
moteur sera modulé à une fréquence égale à 2p fois la fréquence de glissement. De
là, la vibration à 1xRPM sera donc
modulée par cette fréquence.

Lorsqu’un moteur chargé présente une


ou plusieurs barres rotoriques cassées,
les vibrations seront générées à 1 x
RPM avec des bandes latérales à 2p x la
fréquence de glissement. Si elles sont
présentes, elles apparaîtront aussi
autour des harmoniques de la fréquence
Figure 98. Barres rotoriques cassées. de rotation.

VIB1_seminar_Icare.doc Page 104 de 120


A la différence d’un problème de rotor excentrique, ces vibrations disparaîtront
quand la charge du moteur diminuera. Le spectre de vibrations pour un moteur
chargé est présenté à la Figure 98.

Il existe une technique particulière qui, dans beaucoup de cas, se révélera plus
efficace que l’analyse spectrale des vibrations. Il s’agit de l’analyse de courant
statorique. Cette technique est traitée en détail au paragraphe 10.2.
Un autre contrôle pouvant se révéler efficace consiste en l’analyse du rotor au
moyen d’une lampe stroboscopique.
La modulation créée par la variation du couple moteur provoquera aussi une
variation périodique de la vitesse de rotation de la machine. Dans ce cas, si l’on
essaie de « fixer » cette vitesse au moyen de la lampe stroboscopique, on
constatera des variations perpétuelles à une fréquence correspondant à 2p fois la
fréquence de glissement.

10.1.3. Fréquences de passage

Une dernière composante vibratoire d’origine électrique et qui apparaîtra souvent


dans le spectre est la fréquence de passage des encoches du stator. Le passage du
champ magnétique, produit par les conducteurs du rotor, en face des encoches du
stator causera des forces de fréquence égale à :
fréquence de passage devant les encoches du stator = fréquence de rotation x
nombre d’encoches de stator
Autour de cette fréquence de passage devant les encoches du stator, on retrouve
presque toujours des bandes latérales espacées précisément de 100 Hz (2 fois la
fréquence de ligne). Le niveau de vibration de ces composantes est parfois
important, mais cela n’indique pas nécessairement des problèmes.
Puisque ces vibrations se produisent en hautes fréquentes (le nombre d’encoches
du stator se situe généralement entre 28 et 50) elles seront plus visibles dans un
spectre exprimé en accélération.

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Le spectre correspondant à ce phénomène est présenté en Figure 99.
La différenciation entre un tel spectre et
un spectre traduisant un début de défaut
de roulement (bague interne ou externe)
peut être faite avec certitude par le biais
des distances entre pics. Celles-ci
s’élèvent précisément à 100 Hz pour une
mesure sur un moteur et exprime avec
une quasi certitude que l’origine des
vibrations est électrique.
Figure 99. Fréquence de passage dans le
stator.

La Figure 100 illustre ceci avec un spectre réel, mesuré sur un moteur.
Le pic marqué par la
ligne verticale
correspond à la fréquence
de passage des encoches
du stator (788 Hz = 32
encoches de stator x
24,62 Hz). Les autres
pics marqués se trouvent
sur une distance mutuelle
de 100 Hz (en bas à
droite de la Figure :
DFRQ = 99,96Hz).
Figure 100. Fréquence de passage d’encoche du stator et
bandes latérales.

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Remarques

1. Un test simple à exécuter et qui peut donner la réponse sur l’origine électrique
ou non des composantes de vibrations est le suivant.

Soit un spectre de vibrations qui présente des composantes dont on présume que
leur origine est électrique. Il suffit de voir les modifications dans le spectre au
moment où l’on interrompt l’alimentation en courant du moteur. Toutes les
composantes de vibration d’origine électrique disparaîtront immédiatement
après l’arrêt de l’alimentation du moteur. Toutes les vibrations d’origine
mécanique (balourd, problèmes d’alignement, jeu, dommage de roulement, ...)
ne disparaîtront pas immédiatement, mais seulement graduellement avec le
ralentissement du moteur.

2. Pour permettre une bonne analyse du spectre et la détection de problèmes


électriques, il est nécessaire de prendre un spectre de bonne résolution. Pour
faire la différence entre un pic à 100 Hz et un pic à 4xRPM sur un moteur qui
tourne par exemple à une fréquence de 24.8 Hz (1488 RPM), un spectre de 800
lignes suffit (fréquence maximum de 50xRPM, configuration standard pour la
détection de défaut de roulement).
A l’opposé, la détection de bandes latérales sur 2p x la fréquence de glissement,
autour du pic de 1xRPM, demande une résolution plus élevée. Pour ces
mesures, il faut modifier la fréquence maximum et le nombre de lignes afin
d’obtenir la résolution nécessaire (par exemple 400 Hz / 3200 lignes).

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10.2. TECHNIQUE PARTICULIERE : MESURES DE COURANT

La mesure de courant d’une des trois phases d’un moteur asynchrone est effectuée
à l’aide d’une pince ampèremétrique. Le courant est sinusoïdal et la fréquence est
celle du courant de ligne. Le spectre de courant se compose par conséquent
uniquement d’un pic à 50 Hz.

Lorsqu’une ou plusieurs barres rotoriques d’un moteur asynchrone est cassée ou


présente une résistance accrue, deux bandes latérales apparaîtront dans ce spectre
de courant, autour du pic central de la fréquence de ligne fo, aux fréquences
respectives :
f 1 = f 0 − 2 p × f slip et f 2 = f 0 + 2 p × f slip
Où f0 = la fréquence de ligne
p = le nombre de pôles

Au vu de la grande différence entre les


amplitudes du pic à 50 Hz et les bandes
latérales du spectre, il est nécessaire
d’afficher l’amplitude du spectre en
échelle logarithmique.

Lorsqu’un moteur est en bon état, la


différence en amplitude entre le pic
central et les bandes latérales s’élèvera
au moins à 50dB. Lorsque cette
différence devient inférieure à 50 dB, on
Figure 101. Mesures de courant.
doit alors considérer qu’une barre
rotorique est en train de se détériorer.

Comme pour les vibrations mécaniques, les défauts sont plus visibles lorsque la
machine est en charge, les bandes latérales apparaîtront beaucoup plus clairement
dans le spectre de courant lorsque le moteur est mesuré en charge.

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10.3. CAS D’ETUDE

10.3.1. Barre rotorique cassée

Des mesures de courant périodiques ont été effectuées sur un moteur de 1,3MW
d’un turbo compresseur à 4 étages.

Figure 102. Analyse de courant d’un moteur défectueux.

Sur base de la vitesse de rotation mesurée, on peut calculer les fréquences des
modulations de la manière suivante :
50Hz 1492RPM
2 p × f slip = 4 × ( − ) = 0,53Hz .
2 60
Dans le spectre on trouve en effet deux bandes latérales près du pic central de 50
Hz. La distance entre ces bandes latérales équivaut à ces modulations.
Lorsque l’on regarde les amplitudes, la différence de niveaux entre le pic central et
l’amplitude des bandes latérales équivaut seulement à ± 37dB. Cette différence
(inférieure à la règle des 50 dB) indique clairement la détérioration d’une ou
plusieurs barres rotoriques.

Sur base de ces mesures le moteur a été remplacé et lors du démontage, on a bien
constaté le problème trouvé.

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La Figure 103 donne le résultat des mesures effectuées juste après avoir remplacé
le moteur. On remarque cette fois que la différence entre le pic central de 50 Hz et
les bandes latérales est supérieure à 50dB.

Figure 103. Analyse de courant après le remplacement du moteur.

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11. BOITES DE REDUCTION

11.1. THEORIE

La fréquence à laquelle les dents de deux roues dentées s’engrènent est appelée la
fréquence d’engrenage.

Fréquence d’engrenage (GMF) = Fréquence de rotation x nombre de dents


(“Gear Mesh Frequency”)

Pour un couple de roues dentées, le choix de la vitesse de rotation et du nombre de


dents n’a pas d’importance, pour autant qu’ils proviennent du même arbre.
Lorsque plus de deux roues dentées s’engrènent chaque paire de roues a la même
fréquence d’engrenage.

Chaque contact entre deux dents de roues dentées génère un choc, même lorsque
les roues dentées s’engrènent parfaitement. Ceci signifie que la fréquence
d’engrenage sera présente pour chaque paire de roues dentées, quel que soit l’état
dans lequel elles sont.
Le niveau de la fréquence d’engrenage augmente proportionnellement à la charge
de la roue dentée (couple transmis par les dents).

11.1.1. Usure des roues dentées

Le spectre présente toujours un niveau important de vibration autour des


fréquences d’engrenage. Cette énergie supplémentaire provient de bandes latérales
de part et d’autre de la fréquence d’engrenage. Pour chaque paire de roues
dentées, il apparaît une série de bandes latérales dont l’inter-distance est égale à la
fréquence de rotation de chaque roue dentée.
Cette situation est représentée à la Figure 104.

Lorsque l’usure des roues dentées augmente, un certain nombre de composantes


évolueront dans le spectre.

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Figure 104. Fréquence d’engrenage des roues dentées et bandes
latérales.

L’usure des roues dentées va s’accompagner de:


1. Augmentation du niveau de la fréquence d’engrenage et surtout augmentation du
niveau des harmoniques de cette fréquence. Suite à l’usure des roues dentées,
l’engrènement va provoquer de plus en plus de chocs. Ces chocs excitent
principalement les harmoniques de la fréquence d’engrenage.
2. Augmentation du niveau des bandes latérales autour de la fréquence
d’engrenage. La roue dentée dont l’usure est la plus avancée se caractérisera par
des bandes latérales avec les amplitudes les plus élevées (à Figure 104, la roue
dentée 2 est la plus endommagée, car les bandes latérales les plus hautes sont
espacées de 25 Hz, ce qui correspond à la vitesse de rotation de la roue dentée
2).
3. Augmentation de bruit généré, et excitation possible de la fréquence naturelle
des roues dentées.

Remarquons cependant qu’un certain nombre d’autres problèmes peuvent


provoquer l’augmentation de la fréquence d’engrenage et des harmoniques, et aussi
peuvent créer des bandes latérales.
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L’excentricité d’une roue dentée ou le balourd d’un axe provoque principalement
l’apparition de deux bandes latérales autour de la fréquence d’engrenage, à un
intervalle égal à la vitesse de rotation de la roue dentée.
Des roues dentées délignées feront augmenter principalement le niveau du
deuxième harmonique de la fréquence d’engrenage.
Un jeu trop grand entre les dents fera aussi augmenter le niveau des bandes
latérales (suite à un mauvais montage).

Les considérations ci-dessus rendent l’analyse des vibration mesurées sur les boîtes
de réduction complexe et difficile.

11.1.2. Rupture de dent

Lorsqu’une dent casse sur une roue dentée, le niveau de la fréquence d’engrenage
augmentera une fois par tour de rotation (un impact est créé). Dans le spectre de
fréquences, cela se traduira par des bandes latérales autour de la fréquence
d’engrenage, à une distance égale à la vitesse de rotation de l’arbre dont la roue
dentée est défectueuse.
Dans un tel cas cependant, il est plus intéressant de procéder à une analyse directe
du signal temporel mesuré. Ce signal présentera un impact à chaque tour de
rotation à la suite de l’engrènement de dent présentant un problème (Figure 105).

Figure 105. Problème de roue dentée : dent cassée.

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11.1.3. Jeu

La détection du problème de jeu dans les boîtes de réduction (jeu lié au roulement)
ne diffère pas, en théorie, de la détection du jeu sur d’autres machines (voir le
chapitre concerné). Dans le cas des boîtes de réduction, cependant, beaucoup plus
d’harmoniques de la vitesse de
rotation de l’arbre concerné seront
visibles.
Cela rend difficile la distinction
entre les bandes latérales autour de
la fréquence d’engrenage et un
harmonique d’une des vitesses de
rotation. Dans certains cas, le
niveau des harmoniques sera plus
élevé aux environs de la moitié des
harmoniques de la fréquence
d’engrenage (autour de 1/2xGMF,
Figure 106. Jeu dans une boîte de réduction.
3/2xGMF, ...).

L’apparition de pics à la moitié des harmoniques de la vitesse de rotation est


possible également dans les boîtes de réduction (1/2xRPM, 3/2xRPM,
5/2xRPM, ...).

Remarques

1. Le niveau de la fréquence d’engrenage et des harmoniques ne dépend pas


seulement de l’état de la roue dentée. Il est fonction également du profil de la
roue dentée, de la charge et de la construction interne de la boîte de réduction
(les résonances de la structure peuvent renforcer des vibrations déterminées).
C’est pourquoi il est particulièrement difficile de se prononcer sur l’état des
roues dentées sur base d’une seule mesure. Ceci met en évidence l’importance
de la tendance, pour l’analyse des boîtes de réduction, encore plus que pour
l’analyse d’autres défauts. La meilleure solution pour évaluer l’état d’une boîte
de réduction est l’analyse attentive de l’évolution des mesures détaillées du
spectre de vibration.

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L’intérêt de la tendance est grand. Il est donc important d’exécuter des mesures
fréquemment.
Cela peut poser des problèmes lorsque la fréquence d’engrenage et les
harmoniques se situent en hautes fréquences. La surveillance de telles boîtes de
réduction (avec hautes fréquences d’engrenage) nécessite l’emploi de capteurs
de vibration et de fixation adaptés (p.e. un accéléromètre haute fréquence, collé
ou vissé à l’endroit de mesure).

2. Parce que l’analyse des boîtes de réduction se base sur les composantes telles
que les fréquences d’engrenage et leurs bandes latérales, il est très important
d’exécuter ces mesures avec une résolution satisfaisante. En règle générale, on
peut prendre une plage de fréquence dont la fréquence maximum est au moins
égale à deux fois la fréquence d’engrenage (si les techniques de mesure le
permettent, on peut aller plus haut), avec un nombre de lignes spectrale
maximale (1600, 3200, 6400,...).

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11.2. CAS D’ETUDE

11.2.1. Usure de roue dentée

Les mesures suivantes ont été effectuées sur le réducteur d’un broyeur. La vitesse
de l’arbre entrant est de 140 RPM. La roue dentée comporte 23 dents. La vitesse
de l’axe sortant (broyeuse) est de 20,6 RPM. La grande roue dentée contient 156
dents.

Figure 107. Défaut de roue dentée.

Les pics de fréquences repérés sur le spectre de la Figure 107 font apparaître la
fréquence d’engrenage et ses harmoniques. On voit également directement la
grande quantité de bandes latérales autour de ces pics.

Les niveaux relativement hauts de la fréquence engrenage et de ses harmoniques,


en combinaison avec les hauts niveaux de bandes latérales, nous font déjà
présumer que l’usure de la roue dentée est déjà avancée.

La Figure 108 représente un détail de l’harmonique 2 de la fréquence d’engrenage


de la figure ci-dessus.

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Les pics marqués d’une X sont les bandes latérales du 2ème harmonique.. La
distance entre ces pics s’élève à 2,3Hz, ce qui correspond à la fréquence de rotation
de l’axe entrant. Exactement autour du pic central, on peut apercevoir un
deuxième groupe de bandes latérales. La distance entre celles-ci est cette fois-ci de
0.34 Hz (voir Figure 108 en bas à droite), ce qui correspond à la vitesse de rotation
de l’arbre de sortie de la boîte.

Figure 108. Fréquence d’engrenage et bandes latérales : détails

Remarquons qu’à la Figure 108, il fut nécessaire de réaliser les mesures avec une
résolution suffisante et une petite bande de fréquence afin de pouvoir distinguer
l’ensemble de ces pics les uns des autres (150 Hz et 3200 lignes de résolution).

Enfin, la Figure 109 donne finalement l’évolution des mesures réalisées au niveau
de la transmission des cette roue dentée. A partir de janvier 1993 jusque décembre
1993, on remarque une augmentation graduellement perceptible du niveau de
vibrations des bandes latérales situées près du premier et du deuxième harmonique
de la fréquence d’engrenage

Sur base de la mesure faite en décembre, il a été décidé d’inspecter la paire de


roues dentées. L’usure apparut en effet très avancée.

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Le spectre d’avril fut mesuré après réparation de la roue dentée. Le niveau de la
fréquence d’engrenage, du deuxième harmonique et de toute les bandes latérales a
sensiblement diminué. La raison provient du fait que le nouveau dessin des dents
de la roue permet un engrènement graduel de celles-ci avec les dents de la roue de
sortie. Les niveaux d’énergie développés sont donc en nette diminution.

Figure 109. Evolution d’un dommage de roue dentée.

Ces mesures illustrent également le grand intérêt de l’analyse des tendances pour la
surveillance de tels problèmes.

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11.2.2. Rupture de dent

Des mesures de vibrations ont été exécutées sur l’axe entrant d’une boîte de
réduction.

Figure 110. Dent cassée : signal temporel.

La Figure 110 donne la première mesure réalisée sur la boîte de réduction. Dans le
signal temporel, on peut remarquer des impacts plus élevés se produisant tous les
tours de rotation de l’arbre entrant (La vitesse de rotation de l’axe est de 1450
RPM ou 24.17 Hz. Un tour dure donc 41 msec.)

Figure 111. Signal temporel après révision de la boîte de réduction.


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Lors de la révision, on a constaté qu’une dent manquait sur la roue dentée de l’axe
entrant. La Figure 111 donne la mesure après réparation (même échelle
d’amplitude).

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