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Table des matières

I- Le cadre comptable Marocain (CGNC et loi 9-88)...........................2


1) Norme générale comptable............................................................................3
a) Principes comptables fondamentaux retenus.............................................5
b) Objectif d’image fidèle..............................................................................5
2) Plan comptable général de l’entreprise.........................................................6
II- Les IPSAS...........................................................................................10
1) Raison motivant la publication de l’IPSAS.................................................10
2) Principales caractéristiques de l’IPSAS......................................................11
3) La liste des normes IPSAS..........................................................................12
4) Les principales difficultés rencontrées pour l’application des IPSAS........13
III- Les US-GAAP.....................................................................................13
5) La base du droit comptable anglo-saxon.....................................................14
6) La hiérarchie des GAAP.............................................................................15
7) Le cadre conceptuel.....................................................................................16
8) Divergences avec les IFRS..........................................................................16
IV- Le plan comptable des établissements de crédit (Version 2017)....18
V- Le plan comptable agricole...............................................................23
VI- Le plan comptable immobilier..........................................................29
VII- La technique d’élaboration de la cartographie des risques...........33
VIII- La technique d’élaboration de la carte stratégique........................38
IX- Digitalisation et métier d’audit.........................................................41
9) Audit............................................................................................................41
10) Digitalisation.............................................................................................42
11) La relation Digitalisation – métier d’audit................................................43
12) Risques et enjeux de la digitalisation du métier d’audit............................43
13) Cas de PRICEWATERHOUSE................................................................44

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I- Le cadre comptable marocain (CGNC et loi 9-88)

Le Gouvernement marocain, conscient de l’importance de l’information financière, a entrepris


depuis la fin des années 80, une réforme globale qui a touché à la fois la normalisation, la
profession et la formation comptables. Concernant la normalisation comptable, le Conseil
National de la Comptabilité (CNC) a été institué en 1989 en tant qu’organe officiel de
concertation interprofessionnel. Depuis sa création, le CNC a enregistré à son actif l’adoption
d’un grand nombre de normes sectorielles : - l’an comptable des Organismes de Placement
Collectif en Valeurs Mobilières p (OPCVM) – l’an comptable des assurances; p – l’an
comptable des coopératives; p - ormes comptables applicables à la Titrisation des Créances
Hypothécaires; n – l’an comptable du secteur immobilier. p Et dans ce même cadre vient l'une
des plus importantes conceptions c'est le CGNC, entré en application à partir du mois de
Janvier
1994. Avant de parler du CGNC, pourquoi ne peut revenir en arrière et jeter un coup d'œil sur
la situation avant sa mise en place : Il y'avait absence de principes comptables clairement
exprimés et donc de normes communes, suite à cette manque est dû:

Des pratiques comptables erronées et des pratiques comptables dictées par la fiscalité
Limitation économique des états financiers; Méfiance des opérateurs économiques à l'égard
des informations financières et comptables. Le CGNC est venu pour remédier à tout ceci.

Définitions :

La normalisation a pour objet d’établir des règles communes dans le double but d’uniformiser
et de rationaliser la présentation des informations comptables susceptibles de satisfaire les
besoins présumés de multiples utilisateurs. Elle contribue ainsi à l’harmonisation et à
l’amélioration des pratiques comptables et favorise également en matière d’information
financière des comparaisons spatiotemporelles. D'où tire Le CGNC ses principes Code
Général
de Normalisation Comptable, mis en place par le Dahir du 25 décembre 1992 (loi n° 9-88), est
un ensemble de règles et modalités (principes comptables fondamentaux et méthodes
d’évaluation) permettant à la comptabilité de fournir une image fidèle de la situation de
l’entreprise.

Les outils du CGNC :

Le CGNC a deux grands instruments : 1. la Norme Générale Comptable (NGC) : affirme les
principes comptables fondamentaux et le dispositif de normalisation. Son champ d'application
est large car il englobe toutes les entités économiques 2. Le Plan Comptable Général des
Entreprises (PCGE) : constitue le cadre pratique d'application de la NGC pour les entreprises.

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1) NORME GENERALE COMPTABLE :

Champ d’application

Le champ d’application de la présente norme est général, il est précisé par les textes législatifs
et réglementaires.
La comptabilité telle qu'elle résulte des dispositions de la norme porte le nom de : comptabilité
normalisée
Par facilité d'expression, les entités économiques soumises à la Norme sont désignées par le
texte par le terme générique : Entreprise.
Caractères fondamentaux de la norme :

La Norme générale comptable est conçue de façon à satisfaire les deux objectifs primordiaux
de la normalisation comptable qui sont :
• Servir de base à l’information et la gestion de l’entreprise ;
• Fournir une image aussi fidèle que possible de ce que représente l’entreprise à tous les
utilisateurs des comptes, privés ou publics.
Cette fonction d'information interne et d'information externe vise évidemment une grande
diversité de destinataires : l’entreprise elle-même, ses partenaires directs, tels les fournisseurs,
clients, salariés, banquiers et prêteurs, associés et actionnaires, et les Pouvoirs Publics tant au
niveau fiscal qu'au niveau économique (comptabilité nationale) et financier (contrôle du
crédit).
Le champ d'application de la Norme Générale Comptable est très vaste puisqu'il concerne a
priori la majorité des agents économiques quelle que soit leur taille (des petites et moyennes
aux plus grandes entreprises, leur secteur (public ou privé), leur objet (agricole, industriel,
commercial ...) et leur forme juridique (État, établissement public, entreprise individuelle,
société, association ...).
Cette très grande diversité d'utilisateurs et d'assujettis implique la définition d'un modèle
d'analyse et d’un langage commun à tous et qui doivent constituer, s'ils sont pertinents et
fiables, l’outil privilégié du dialogue économique et social.
Il va de soi qu'un objectif et un champ aussi larges ne peuvent être pleinement couverts, quelle
que soit la qualité de l’outil, qu'au prix de quelques dérogations destinées à répondre à des
situations particulières qui ne s'intègrent pas parfaitement dans le cadre général ; mais ces
dérogations restent l’exception, et la Norme se caractérise par son aspect extrêmement général
et polyvalent.
Cette Norme, qui vise à l’exhaustivité, ne prétend pas, sur le plan international, à l’originalité
absolue ; bien au contraire sa conception se raccorde et doit s'intégrer à celle des principales
normes internationales, permettant aux entreprises et aux professionnels de participer au
dialogue méthodologique et à l’échange d'informations économiques et financières qui
caractérisent le monde moderne. Mais la Norme présente cependant des aspects originaux qui

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tiennent à la fois à une nécessaire adaptation aux particularités nationales et aussi aux progrès
méthodologiques rendus possibles par la prise en considération d'expériences étrangères
récentes.
Cette conception de la Norme Générale Comptable peut être caractérisée par :
• Son objectif d'information : il s'agit de fournir à l’entreprise elle-même comme à tous
les utilisateurs une information économique et financière pertinente et fiable ;
• Le moyen qu'elle emploie : présenter un dispositif légal cohérent quant au fond et
quant à la forme de la comptabilité normalisée.
Les idées directrices présentées ci-après concernent plus particulièrement le modèle dit "
Normal " ; elles doivent être modulées dans le sens d'un assouplissement et d'un allégement
pour le modèle dit " Simplifié " destiné aux petites entreprises.
Pour que les comptabilités normalisées puissent produire les informations requises, dans des
conditions de délai et de fiabilité déterminées, la Norme prévoit un dispositif général qui peut
être présenté sous deux aspects : celui du fond et celui de la forme.
- le dispositif de fond :

Les dispositions de fond de la Norme sont celles qui contribuent à la qualité de l’information
obtenue, en lui donnant sa pertinence ; on peut les classer sous trois rubriques :
• L’énoncé des principes comptables fondamentaux ;
• L’exposé des méthodes d'évaluation ;
• La conception des états de synthèse.

- les principes comptables fondamentaux :

La comptabilité normalisée ne peut se satisfaire d'un cadre législatif et réglementaire qui


prétendrait répondre à toutes les situations possibles et dont l’application stricte suffirait à
fournir la bonne information.
Des zones de liberté, d'appréciation et d'adaptation sont nécessaires pour couvrir les besoins
de l’ensemble des agents économiques et sont la marque du caractère libéral de l’économie.
Toutefois, à l’intérieur de ces espaces de liberté d'interprétation, les choix des entreprises
doivent être guidés par des principes directeurs, des lignes de force, afin de leur permettre
d'arrêter la solution conforme à la " règle du jeu " communément admise ; du reste ces
principes directeurs sous-tendent l’ensemble des textes législatifs et réglementaires.
Il importe donc que la Norme indique, en amont des dispositions techniques qu'elle prévoit,
les fondements intellectuels de ces textes, leur assise conventionnelle ; elle-même, en vue
d'assurer l’obtention d'une " image fidèle ", que des dérogations à ces dispositions sont
possibles dans des cas exceptionnels.

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a) les principes comptables fondamentaux retenus :

Cette assise conventionnelle et doctrinale sur laquelle reposent les choix techniques de la
Norme constitue la base du langage commun qu'est " la comptabilité normalisée ". Ce sont les
principes comptables fondamentaux qui englobent tout à la fois des normes générales
d'autorité telle la "prudence", et des conventions méthodologiques, telles la "spécialisation des
exercices" ou la "continuité d'exploitation".
Les principes comptables fondamentaux retenus par la Norme Générale, au nombre de sept,
sont tous acceptés par la communauté financière internationale :
• Continuité d'exploitation ;
• Permanence des méthodes ;
• Coût historique ;
• Spécialisation des exercices ;
• Prudence ;
• Clarté ;
• Importance significative.

D'autres principes, moins universellement acceptés, n'ont pas été retenus : tel le "principe de
prééminence de la réalité sur l’apparence", et le principe de "sincérité", dont l’intérêt
conceptuel n'est pas évident. Cette affirmation explicite de principes doit être d'une portée
pratique considérable car elle éclaire les utilisateurs et les professionnels sur les conditions
d'application des prescriptions du CGNC et sur les solutions à retenir en cas d'absence de
solution dans ces dispositions.
b) L’objectif d'image fidèle :

Une finalité est assignée à la comptabilité normalisée : les états de synthèse doivent donner
une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et des résultats de l’entreprise.
Cet objectif d'image fidèle, est à l’instar de l’obligation de "true and fair view" ou de "fair
présentation" existant dans les comptabilités anglo-saxonnes universellement admis et
largement adopté par les pays européens à économie libérale.
L’image fidèle apparaît ainsi non comme un principe comptable fondamental supplémentaire,
mais comme la convergence des principes retenus.
L’originalité du concept d'image fidèle tient à la fois à son absence de définition et aussi au
fait qu'il convient, dans des cas exceptionnels, de déroger aux dispositions de la Norme, pour
tenter d'atteindre cette fidélité.
Le plus souvent néanmoins, il suffira de fournir dans l’ETIC des informations complémentaires
; si celles-ci ne sont pas suffisantes à l’obtention d'une image fidèle, alors il faudra déroger
aux dispositions de la Norme (donc à des règles et procédures, voire à des principes telle la
permanence des méthodes). A ce niveau ce sont les écritures mêmes, donc les postes des états
de synthèse qui sont modifiés. De tels cas de dérogations devraient être tout à fait
exceptionnels.

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La Norme est en effet conçue de telle sorte que l’application de ses règles conduise et suffise a
priori pour l’obtention d'une image fidèle.

2) PLAN COMPTABLE GENERAL DES ENTREPRISES :

Partie 1: États de synthèse :

Établis dans le respect des dispositions générales indiquées dans le chapitre IV de la Norme
Générale Comptable, les "États de Synthèse" sont présentés selon deux modèles :
- Le modèle normal qui comporte 5 états formant un tout indissociable :
 Bilan (BL)
 Compte de Produits et Charges (CPC)
 État des Soldes de Gestion (ESG)
 Tableau de Financement (TF)
 État des Informations Complémentaires (ETIC)

- Le modèle simplifié qui ne comporte que 4 états également indissociables :


 Bilan (BL)
 Compte de Produits et Charges (CPC)
 Tableau de Financement (TF)
 État des Informations Complémentaires (ETIC)

Loi n ° 9-88 relative aux obligations comptables des commerçants :


Les obligations comptables des commerçants au Maroc :
Toute personne physique ou morale ayant la qualité de commerçant au sens du Code de
commerce est tenue de tenir une comptabilité. Tout enregistrement comptable précise
l'origine, le contenu et l'imputation du mouvement ainsi que les références de la pièce
justificative qui l'appui.
Les opérations de même nature, réalisées en un même lieu et au cours d'une même journée
peuvent être récapitulées sur une pièce justificative unique.
Toute écriture affecte au moins deux comptes dont l'un est débité et l'autre est crédité d'une
somme identique.
Les écritures du livre-journal sont reportées sur un registre dénommé "grand-livre" ayant pour
objet de les enregistrer selon le plan de comptes du commerçant.
Le plan de comptes doit comprendre des classes de comptes de situation, des classes de
comptes de gestion et des classes de comptes spéciaux
Le livre-journal et le grand-livre peuvent être détaillés en autant de registres subséquents
dénommés " journaux auxiliaires " et " livres auxiliaires " que l'importance ou les besoins de
l'entreprise l'exigent.

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Les écritures portées sur les journaux et les livres auxiliaires sont centralisées une fois par
mois sur le livre-journal et le grand livre.
Les personnes assujetties à la présente loi dont le chiffre d'affaires annuel est supérieur à dix
millions de dirhams (10 000 000 DH) doivent établir un manuel qui a pour objet de décrire
l'organisation comptable de leur entreprise.
La valeur des éléments actifs et passifs de l'entreprise doivent faire l'objet d'un inventaire au
moins une fois par exercice, à la fin de celui-ci.
Il doit être tenu un livre d'inventaire sur lequel il est transcrit le bilan et le compte de produits
et charges de chaque exercice.
La durée de l'exercice est de douze mois. Elle peut exceptionnellement être inférieure à douze
mois, pour un exercice donné.
Le livre-journal et le livre d'inventaire sont cotés et paraphés, dans la forme ordinaire et sans
frais, par le greffier du tribunal de première instance du siège de l'entreprise. Chaque livre
reçoit un numéro répertorié par le greffier sur un registre spécial. Les personnes assujetties à
la présente loi doivent établir des états de synthèse annuels, à la clôture de l'exercice, sur le
fondement des enregistrements comptables et de l'inventaire retracés dans le livre-journal, le
grand livre et le livre d'inventaire.
Ces états de synthèse comprennent le bilan, le compte de produits et charges, l'état des soldes
de gestion, le tableau de financement et l'état des informations complémentaires. Ils forment
un tout indissociable.
Le bilan décrit séparément les éléments actifs et passifs de l'entreprise. Le compte de produits
et charges récapitule les produits et les charges de l'exercice, sans qu'il soit tenu compte de
leur date d'encaissement ou de paiement. L'état des soldes de gestion décrit la formation du
résultat net et celle de l'autofinancement. Le tableau de financement met en évidence
l'évolution financière de l'entreprise au cours de l'exercice en décrivant les ressources dont elle
a disposé et les emplois qu'elle en a effectués. L'état des informations complémentaires
complète et commente l'information donnée par le bilan, le compte de produits et charges,
l'état des soldes de gestion et le tableau de financement.
Les états de synthèse doivent donner une image fidèle des actifs et passifs ainsi que de la
situation financière et des résultats de l'entreprise. A cette fin, ils doivent comprendre autant
d'informations qu'il est nécessaire pour donner une image fidèle des actifs et passifs ainsi que
de la situation financière et des résultats de l'entreprise. Lorsque l'application d'une
prescription comptable ne suffit pas pour donner l'image fidèle mentionnée au présent article,
des informations complémentaires doivent être données.
Le bilan, le compte de produits et charges, l'état des soldes de gestion et le tableau de
financement comportent des masses subdivisées en rubriques elles-mêmes subdivisées en
postes.
A leur date d'entrée dans l'entreprise, les biens acquis à titre onéreux sont enregistrés à leur
coût d'acquisition, les biens acquis à titre gratuit à leur valeur actuelle et les biens produits à
leur coût de production

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A leur date d'entrée dans l'entreprise, les titres acquis à titre onéreux sont enregistrés à leur
prix d'achat.
A leur date d'entrée dans l'entreprise, les créances, dettes et disponibilités sont inscrites en
comptabilité pour leur montant nominal.
Les créances, dettes et disponibilités libellées en monnaie étrangère sont converties en
monnaie nationale à leur date d'entrée.
La valeur d'entrée des éléments de l'actif immobilisé dont l'utilisation est limitée dans le
temps doit faire l'objet de corrections de valeur sous forme d'amortissement.
L'amortissement consiste à étaler le montant amortissable de l'immobilisation sur sa durée
prévisionnelle d'utilisation par l'entreprise selon un plan d'amortissement.
La valeur d'entrée diminuée du montant cumulé des amortissements forme la valeur nette
d'amortissements de l'immobilisation.
A la date d'inventaire, la valeur actuelle est comparée à la valeur d'entrée pour les éléments
non amortissables ou à la valeur nette d'amortissements, après amortissement de l'exercice,
pour les immobilisations amortissables
Seules les moins-values dégagées de cette comparaison sont inscrites en comptabilité, soit
sous forme d'amortissements exceptionnels Si elles ont un caractère définitif, soit sous forme
de provisions pour dépréciation si elles n'ont pas un caractère définitif.
La valeur comptable nette des éléments d'actif est soit la valeur d'entrée ou la valeur nette
d'amortissements si la valeur actuelle leur est supérieure ou égale. Soit la valeur actuelle si
elle leur est inférieure.
S'il est procédé à une réévaluation de l'ensemble des immobilisations corporelles et
financières, l'écart de réévaluation entre la valeur actuelle et la valeur comptable nette ne peut
être utilisé à compenser les pertes ; il est inscrit distinctement au passif du bilan.
Les biens fongibles sont évalués soit à leur coût moyen d'acquisition ou de production, soit en
considérant que le premier bien sorti est le premier bien entré.
Les mouvements et informations doivent être inscrits dans les comptes ou postes adéquats,
avec la bonne dénomination et sans compensation entre eux. Les éléments d'actif et de passif
doivent être évalués séparément. Aucune compensation ne peut être opérée entre les postes
d'actif et de passif du bilan ou entre les postes de produits et de charges du compte de produits
et charges.
Le bilan d'ouverture d'un exercice doit être identique au bilan de clôture de l'exercice précédent.
Les produits ne sont pris en compte que s'ils sont définitivement acquis à l'entreprise. Les
charges sont à enregistrer dès lors qu'elles sont probables.
Même en cas d'absence ou insuffisance de bénéfice, il doit être procédé aux amortissements et
provisions nécessaires.
Il doit être tenu compte des risques et des charges nés au cours de l'exercice ou d'un exercice
antérieur, même s'ils sont connus entre la date de clôture de l'exercice et celle de
l'établissement des états de synthèse.

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Seuls les bénéfices réalisés à la clôture d'un exercice peuvent être inscrits dans les états de
synthèse. Cependant, peut également être inscrit le bénéfice réalisé sur une opération
partiellement exécutée, lorsque sa durée est supérieure à un an, sa réalisation certaine et qu'il
est possible d'évaluer avec une sécurité suffisante le bénéfice global de l'opération
L'établissement des états de synthèse, sauf circonstances exceptionnelles justifiées dans l'état
des informations complémentaires, doit se faire au plus tard dans les trois mois suivant la date
de clôture de l'exercice.
La date d'établissement des états de synthèse est mentionnée dans l'état des informations
complémentaires.
Si, en raison de situations spécifiques à l'entreprise, l'application d'une prescription comptable
de la présente loi ne permet pas de donner une image fidèle de l'actif et du passif, de la
situation financière ou des résultats, il peut y être dérogé ; cette dérogation est mentionnée à
l'état des informations complémentaires et dûment motivée, avec l'indication de son influence
sur l'actif, le passif, la situation financière et les résultats de l'entreprise.
Le changement de la date de clôture doit être dûment motivé dans l'état des informations
complémentaires.
Lorsque les conditions d'une cessation d'activité totale ou partielle sont réunies, l'assujetti peut
établir ses états de synthèse selon des méthodes différentes de celles prescrites par la présente
loi
Les personnes assujetties à la présente loi dont le chiffre d'affaire annuel est inférieur ou égal
à dix millions de dirhams (10.000.000) sont dispensées de l'établissement de l'état des soldes
de gestion, du tableau de financement et de l'état des informations complémentaires.
Les personnes visées à l'alinéa ci-dessus sont autorisées à établir le bilan et le compte de
produits et charges et adopter le cadre comptable selon le modèle simplifié
Les documents comptables sont établis en monnaie nationale.
Les documents comptables et les pièces justificatives sont conservés pendant dix ans.
Les documents comptables relatifs à l'enregistrement des opérations et à l'inventaire sont
établis et tenus sans blanc ni altération d'aucune sorte.
L'administration fiscale peut rejeter les comptabilités qui ne sont pas tenues dans les formes
prescrites par la présente loi.

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II- Les normes comptables internationales du secteur public

L’International Public Sector Accounting Standards Board (IPSASB) de l’International


Federation of Accountants élabore des normes comptables destinées aux entités du secteur
public appelées Normes comptables internationales du secteur public (IPSAS). Pleinement
conscient des avantages substantiels de la cohérence et de la comparabilité d’informations
financières d’un pays à l’autre, l’IPSASB est convaincu que les IPSAS joueront un rôle
essentiel pour atteindre ce but.

L’IPSASB publie des IPSAS traitant de l’information financière selon la méthode de la


comptabilité d’exercice et selon la méthode de la comptabilité de caisse. Les IPSAS relatives
à la méthode de la comptabilité d’exercice se fondent sur les Normes internationales
d'information financière (IFRS) publiées par l’International Accounting Standards Board
(IASB), lorsque les dispositions de ces Normes sont applicables au secteur public. Elles
traitent également des questions d’information financière spécifiques au secteur public qui ne
sont pas traitées dans les IFRS.

L’adoption des IPSAS par les États permettra d’améliorer tant la qualité que la comparabilité
des informations financières publiées par des entités du secteur public dans le monde.
L’IPSASB reconnaît le droit des États et des normalisateurs comptables nationaux à établir
des directives et des normes comptables pour l’information financière à fournir dans leurs
pays. L’IPSASB encourage l’adoption des IPSAS et l’harmonisation des dispositions
nationales avec les IPSAS. Les états financiers ne doivent être déclarés conformes aux IPSAS
que s’ils sont conformes à toutes les dispositions de chacune des IPSAS applicables.

1) Raisons motivant la publication de l'IPSAS

IN1. La plupart des gouvernements préparent et publient leurs budgets financiers en tant que
documents publics ou les rendent publics d’une autre manière. Les documents budgétaires
sont largement distribués et promus. Le budget reflète les caractéristiques financières des
plans de l’État pour la période à venir. C’est un outil clé de la gestion financière et du contrôle
financier. Il est la composante centrale du processus qui permet la tutelle gouvernementale et
parlementaire (ou similaire) des dimensions financières des activités.

IN2. En outre, certaines entités individuelles peuvent être tenues ou peuvent décider de rendre
publics leur(s) budget(s) approuvé(s). Dans de tels cas, l'entité est aussi tenue publiquement
responsable de sa conformité à son(ses) budget(s) approuvé(s), et de sa performance par
rapport à ce(s) dernier(s).

IN3. Préalablement à la publication de la présente Norme comptable internationale du secteur


public (IPSAS 24), IPSAS 1, «Présentation des états financiers » recommandait mais
n’imposait pas l’inclusion dans les états financiers d’une comparaison avec les montants
budgétés lorsque les états financiers et le budget sont établis sur la même base. Toutefois, il se
peut que le(s) budget(s) dont l’entité est tenue publiquement responsable ne soit(soient) pas
préparé(s) ou présenté(s) sur la même base que celle des états financiers. IPSAS 1 n'imposait,
ni ne recommandait de présenter une comparaison avec le budget dans ces circonstances. Elle
ne fournissait pas non plus de guide sur les informations à communiquer ou sur le mode de
présentation si une entité décidait d’effectuer une telle comparaison.

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IN4. La présente Norme identifie les informations devant être fournies par des entités qui sont
tenues publiquement responsables de respecter leur(s) budget(s) approuvé(s) et de leur
performance par rapport à leur(s) budget(s) approuvé(s) que le budget et les états financiers
aient été ou non préparés et présentés sur la même base.

2) Principales caractéristiques de l’IPSAS

Applicabilité́ :

IN5. La Norme s’applique aux entités du secteur public qui rendent public(s) leur(s) budget(s)
approuvé(s), selon des exigences législatives ou d’autres dispositions normatives imposées à
l’entité ou respectées à titre volontaire pour améliorer la transparence de la présentation de
leur information financière. Elle impose à de telles entités de communiquer dans leurs états
financiers ou dans d’autres rapports certaines informations sur les montants inscrits au budget
et les montants réels. Elle n’impose pas que les entités du secteur public rendent publics leurs
budgets approuvés ; elle ne spécifie pas non plus d'exigences relatives à la formulation ou à la
présentation de budgets approuvés rendus publics.

Informations à fournir :

IN6. La présente Norme impose que les états financiers des entités du secteur public qui
rendent public(s) leur(s) budget(s) approuvé(s) comprennent:

a) Une comparaison des montants réels et des montants inscrits au budget initial et au budget
définitif. Cette comparaison doit être faite selon la même convention comptable que celle
adoptée pour le budget, même si cette convention est différente de celle adoptée pour les états
financiers. La présente Norme utilise le terme « réel » ou « montant réel » pour décrire les
montants qui résultent de l’exécution du budget. Dans certaines juridictions, « réalisation du
budget (budget out-turn) », « exécution du budget » ou des termes similaires peuvent être
utilisés avec le même sens que le terme « réel » ;

b) Une explication des différences significatives entre les montants inscrits au budget et les
montants réels, à moins qu’une telle explication ne soit incluse dans d’autres documents
publics publiés en parallèle avec les états financiers ; et

c) Un rapprochement des montants réels sur une base budgétaire avec les montants réels
présentés dans les états financiers lorsque la convention comptable diffère de la base
budgétaire.

IN7. La présente IPSAS permet de faire la comparaison entre les montants inscrits au budget
et les montants réels dans les états financiers en tant que colonnes budgétaires
supplémentaires dans les principaux états financiers uniquement lorsque les états financiers et
le budget sont préparés sur une base comparable.

IN8. La présente Norme impose aussi la présentation d’une explication des raisons motivant
les différences entre le budget initial et le budget définitif, y compris le fait de savoir si ces
différences résultent de réaffectations au sein du budget ou d’autres facteurs, tels que des
changements de politique, des calamités naturelles ou d’autres événements imprévus. Ces
informations peuvent être fournies dans les notes annexes aux états financiers ou dans un
rapport publié préalablement aux états financiers ou conjointement ou simultanément avec ces
derniers.

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IN9. La présentation d’une information comparative relative à la période précédente n’est pas
exigée pour les informations à fournir spécifiées par la présente Norme.

3) La liste des normes IPSAS

IPSAS 1 : Présentation des états financiers


IPSAS 2 : États des flux de trésorerie
IPSAS 3 : Méthodes comptables, changements d'estimations comptables
IPSAS 4 : Effets des variations des cours des monnaies étrangères
IPSAS 5 : Coûts d'emprunt
IPSAS 6 : États financiers consolidés et individuels
IPSAS 7 : Investissements dans des entreprises associées
IPSAS 8 : Participations dans des coentreprises
IPSAS 9 : Produits des opérations de change
IPSAS 10 : Information financière dans les économies hyperinflationnistes
IPSAS 11 : Contrats de construction
IPSAS 12 : Stocks
IPSAS 13 : Contrats de location
IPSAS 14 : Événements postérieurs à la date de clôture
IPSAS 15 : Instruments financiers : informations à fournir et présentation
IPSAS 16 : Immeubles de placement
IPSAS 17 : Propriété corporelles
IPSAS 18 : Information sectorielle
IPSAS 19 : Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels
IPSAS 20 : Parties liées
IPSAS 21 : Dépréciation d'actifs non générateurs de trésorerie Actifs
IPSAS 22 : Divulgation des informations financières sur le secteur gouvernement général
IPSAS 23 : Produits des opérations sans contrepartie directe (impôts et transferts)
IPSAS 24 : Présentation de l'information budgétaire dans les états financiers
IPSAS 25 : Avantages du personnel
IPSAS 26 : Dépréciation d'actifs génératrice de trésorerie
IPSAS 27 : Agriculture
IPSAS 28 : Instruments financiers: Présentation
IPSAS 29 : Instruments financiers: Comptabilisation et évaluation
IPSAS 30 : Instruments financiers: informations à fournir
IPSAS 31 : Immobilisations incorporelles

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IPSAS 32 : Concession de services: concédant
IPSAS 33 : Première adoption des normes IPSAS sur la comptabilité d’exercice
IPSAS 34 : États financiers individuels
IPSAS 35 : États financiers consolidés
IPSAS 36 : Participations dans des entreprises associées et coentreprises
IPSAS 37 : Partenariats
IPSAS 38 : Divulgation des participations dans d'autres entités

4) Les principales difficultés rencontrées pour l’application des IPSAS

Trois principaux problèmes me semble poser l’application concrète des IPSAS ;

 la difficile articulation entre les comptabilités budgétaires et la comptabilité patrimoniale issue


des IPSAS
 la complexité et le coût de développement des systèmes informatiques qui permettent de gérer
simultanément et de façon rigoureuses ces deux perspectives
 les faiblesses des IPSAS elles-mêmes, qui sont bien loin prendre en compte de façon
satisfaisante toutes les spécificités de l’action publique et la diversité des modèles
d’organisation administrative

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III- Les US-GAAP

Aux Etats-Unis les règles comptables ne sont pas définies dans des textes législatifs ou
réglementaires. La SEC (Securities and Exchange Commission) a délégué la responsabilité de
la définition des règles comptables à l'AICPA (American Institute of Certified Public
Accountants) qui a ensuite elle-même désigné en 1973 le FASB (Financial Accounting
Standards Board) pour accomplir cette tâche. Le FASB est généralement considéré comme
l'organisme le plus important du monde anglo-saxon (les Etats Unis, l'Australie, le Canada et
le Royaume Uni) en matière de recommandations concernant la publication des états
financiers, le deuxième étant probablement l'ASB (Accounting Standards Board), Conseil
britannique chargé d'établir les normes comptables.
Les deux premiers mots de FASB (financial accounting), font référence à l'information
financière publiée par une organisation et destinée à un public qui ne participe pas à sa
gestion. Le FASB publie un ensemble de textes qui constitue les US-GAPP (generally
accepted accounting principles), parmi lesquels les SFAS (Statements of Financial
Accounting Standards).
La suprématie des US GAPP pouvait constituer un frein important à la reconnaissance des
normes de l'IASB mais une annonce très favorable a été faite le 18 septembre 2002 puis le 29
octobre 2002, par l'IASB et le FASB américain qui s'engagent à faire converger leurs normes
et à coordonner leurs programmes techniques. La comptabilité américaine et le droit
comptable sont fondés sur deux principes de base importants :  La comptabilité anglo-
saxonne (et notamment américaine) a une référence professionnelle plus que juridique
puisque les organismes professionnels tels que le FASB et l’AICPA constituent la source
principale de la doctrine comptable ;  La comptabilité américaine a une certaine
indépendance par rapport à la fiscalité, dans le sens où les règles fiscales n’interfèrent pas
dans les règles comptables.

1) La base du droit comptable anglo-saxon

Hormis les dispositions légales et fiscales, les sources de la réglementation comptable


américaine sont les suivantes
• La Securities and exchange commission (SEC) ; • L’Americain Institute of Certified public
accountants • Le Financial accounting standards board (FASB) • Le Governmental accounting
standards board (GASB). Ces quatre organismes ont un rôle très important dans l’évolution,
l’établissement, la diffusion et l’application des règles et principes comptables, chacun ayant
un rôle précis.
1- Dispositions légales et fiscales Ces dispositions légales et fiscales ont une influence très
limitée dans la réglementation comptable américaine. Concernant les dispositions légales,
les textes indiquent le plus souvent et simplement les états financiers qui doivent être
émis et édités par les entreprises, sans obliger ces entreprises à un format précis.
Concernant la fiscalité, les entreprises sont soumises à l’impôt fédéral, l’impôt de
l’Etat et celui des
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municipalités où elles sont installées. Le fisc américain (Internal revenue service) a une
faible influence sur les règles purement comptables.
2- Securities and Exchange Commission Créée en 1934, la SEC constitue le « gendarme »
de la bourse et la garante des règles comptables. Elle a plusieurs rôles qui tournent
essentiellement autour du respect de l’information financière. Elle peut ainsi réprimer des
pratiques illicites des entreprises. Elle gère l’entrée des sociétés en Bourse en donnant la
liste des obligations des entreprises et des rapports que doivent présenter les sociétés
cotées. Son objectif est de fournir une garantie aux actionnaires sur la validité des états
financiers des sociétés cotées.
3- Americain Institute of Certified Public Accountants Cet organisme, crée en 1932, se
préoccupe à la fois des normes comptables et des normes de révision. L’histoire de
l’AICPA et de l’émission des règles comptables américaines peut se résumer en trois
périodes essentiellement, à l’origine chacune de règles spécifiques qui sont les suivantes :
• De 1939 à 1959, le comité des procédures comptables (Commitee on accounting
procedure ou CAP), publie cinquante et une recommandations, « Accounting research
bulletins », sur les principes comptables et la terminologie en matière d’états financiers ; •
De 1959 à 1973, le comité des principes comptables (Accounting principles board)
émanant de l’AICPA et remplaçant l’ancien comité, va émettre trente et une opinions, «
APB opinions », et quatre recommandations, « Statements » ;
• En 1973, le Comité des principes comptables est remplacé par le « Financial accounting
standards board » (FASB), indépendant de l’AICPA, même si les thèmes étudiés par
l’AICPA servent de base de réflexion au FASB. Les règles ARB, APB peuvent encore
recevoir application, mais bien souvent elles ont été soit amendées par d’autres règles,
notamment les FAS, soit totalement supprimées et remplacées par d’autres règles plus
récentes.
4- Financial Accounting Standards Board Ce comité est composé de sept membres
indépendants, nommés pour cinq ans. Celui ci n’a pas le pouvoir d’appliquer seul les
normes qu’il édicte, mais la SEC lui laisse le soin de mettre au point les normes
qu’ensuite elle rend obligatoires. A l’heure actuelle, il existe cent trente-sept normes qui
soit s’ajoutent aux anciennes normes (APB, ARB) soit remplacent les anciennes normes,
soit modifient leur application. Le FASB a émis et émet toujours cinq types de textes : •
Normes comptables (Statements of financial accounting standards) ; • Interprétations
comptables (Interpretations) ; • Bulletins techniques (Technical bulletins) ; • Règles
comptables transitoires (Emerging issues task force statements) ; • Cadre conceptuel
(Financial accounting concepts)

5- . Comité d’urgence (EITF) L’EITF a été créé au sein du FASB en 1984 pour identifier
rapidement les problèmes comptables nouveaux ou ceux résultant de l’application des
normes comptables. 6- Governmental Accounting Standards Board Ce sont les règles
émises par et pour les administrations locales ; elles n’ont que peu d’influence sur les
règles comptables des sociétés privées.

2) La Hierarchie des GAAP

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Les principes comptables américains sont appelés les « principes comptables généralement
admis » ou US GAAP (Generaly accepted accounting principles). Les textes concernant la
comptabilité américaine sont très nombreux, il existe donc une certaine hiérarchie dans
l’ensemble de ces textes. La comptabilité américaine distingue quatre niveaux. Les règles,
normes, textes de niveau 1 sont ceux qui ont la plus grande importance, celle-ci diminuant du
niveau 2 jusqu’au niveau 4 :
- Niveau 1 : on y trouve les normes et interprétations du FASB, des opinions de l’APB et des
normes ARB de l’AICPA.
- Niveau 2 : on y trouve les bulletins techniques du FASB, guides comptables et d’audit de
l’AICPA, et positions normatives de l’AICPA (statement of positions).
- Niveau 3 : on y trouve les règles de l’EITF : ces avis sont des réponses données par un
groupe de travail pour des questions urgentes, avant la création d’une véritable règle.
- Niveau 4 : on y trouve les interprétations comptables de l’AICPA et du FASB.
3) Le cadre conceptuel

Le cadre conceptuel défini le plus souvent comme « un ensemble structuré d’objectifs pour la
comptabilité » a été créé par le FASB et incorporé dans des SFAC (Statements of financial
accounting standards)
. SFAC N°1 : Objectifs : L’accent est mis sur le fait que les informations doivent être utiles
dans une optique de faire des affaires et de prendre des décisions économiques. Les objectifs
sont : - Information utile pour les décisions relatives aux investissements et aux octrois de
crédit
; - Information utile pour comprendre les cash flows futurs ; - Information utile pour
comprendre les ressources de l’entreprise.
SFAC N°2 : Critères qualitatifs de l’information financière : L’information financière doit être
: - Compréhensible pour les décisionnaires ; - Pertinente ; - Fiable : véritable, digne de
confiance, correcte et exempte de parti pris ; - Comparable ; - Cohérente ; - Respecter le
principe d’importance significative.
SFAC N° 3 : Eléments des états financiers des entreprises commerciales : Cette norme définit
les dix termes-clés des états financiers à savoir : les actifs et les passifs, les capitaux propres,
les investissements des actionnaires et les distributions qui leur sont faites, le résultat courant,
les produits, les charges, et les profits et pertes ne résultant pas de l’activité courante.
SFAC N°4 : Objectifs des états financiers des entreprises non commerciales : Cette norme
précise les caractéristiques des états financiers des entités pour lesquelles le profit n’est pas un
objectif, ni donc un indicateur valable pour apprécier une performance.
SFAC N°5 : Reconnaissance et mesure dans les états financiers : Critères de reconnaissance :
Il s’agit du processus de définition pour enregistrer un élément dans les états financiers et
pour le classer en actif, dettes, capitaux, produits ou charges. Critères de valorisation : Sont
listés les différents critères possibles : - Coût historique ; - Coût actuel ; - Valeur réalisable ; -
Valeur de marché ; - Valeur actuelle des cash flows futurs.

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4) Divergences avec les IFRS

Il y a beaucoup de convergences entre les normes US GAAP et IFRS. Toutefois, l'esprit


diffère un peu entre le vieux continent et le Nouveau Monde.

En Europe, la fonction de base de la comptabilité est de fournir des références


patrimoniales en conformité avec les exigences légales et de répondre aux demandes de
garanties des administrations, des créanciers, des investisseurs et des salariés.

Dans les pays anglo-saxons, en revanche, la comptabilité vise d'abord à diffuser les
informations économiques d'une entreprise vers l'extérieur afin que les investisseurs disposent
d'états financiers leur permettant de connaître la solidité économique des sociétés auxquelles
ils apportent des capitaux.

Comptabilité financière

Cette différence de conception se manifeste, par exemple, avec la présentation des états
financiers.

Ainsi, dans le système anglo-saxon, c'est le compte de résultat qui chapeaute les états
financiers. Cette prévalence témoigne de la volonté des entreprises de s'adresser en priorité
à leurs actionnaires en s'appuyant sur les performances de l'exercice.

s sur les performances réalisées par les entreprises durant un exercice donné. Il récapitule l'ensemble des produits et des charges. Il est composé du

En Europe, avec les normes IFRS, c'est le bilan qui est généralement considéré comme la
pièce maîtresse des états financiers, le compte de résultat venant se placer en dessous (en
terme de présentation).

t un état de synthèse permettant de décrire en terme d'emplois et de ressources la situation patrimoniale d'une entreprise

Pour résumer :

 Les normes IFRS ont tendance à privilégier le bilan, qui fournit la « photo
patrimoniale » d'une entreprise à une date donnée.
 Les normes US GAAP donnent la priorité à l'évolution des produits ou ressources et
des charges ou dépenses fournis par le compte de résultat entre deux bilans.

Durant la dernière décennie, beaucoup de grands groupes français ont modifié la présentation
de leurs états financiers consolidés afin de séduire les investisseurs anglo-saxons. Ils
commencent ainsi par présenter leur compte de résultat, leur bilan, mais aussi les flux de
trésorerie, les variations des capitaux propres, etc.

s de rapprochement et de convergence entre les normes IFRS et l'ISG GAAP ont fait l'objet de discussions intenses jusqu'en

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processus de rapprochement est considérablement ralenti, pour des raisons politiques plus que techniques

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IV- PLAN COMPTABLE DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT

Nous aborderons dans cette recherche le contexte d’adoption du Plan Comptable des
Établissements de Crédit au Maroc, l’objectif du Plan Comptable des Établissements de
Crédit Marocain et ses spécificités qui le différencient du Plan Comptable Général Marocain

Contexte d’adoption du Plan Comptable des établissements de crédit

Suivre l’évolution des autres secteurs

Vers les années 1990, le Maroc avait commencé à entreprendre plusieurs actions et réformes
visant à moderniser l’environnement éco-juridique de l’entreprise, une évolution notable avait
suivi ces réformes, se traduisant notamment par plusieurs lois et dahirs, dont les plus notables
:

 La loi comptable 9-88 relatives aux obligations comptables des commerçants en 1992
 La loi 44-03 complétant la loi 9-88 en 2006
 La loi n°17-95 relative aux SA, modifiée et complétée par les dahirs n°1-08-18 du 23 Mai
2008 et n°1-15-106 du 29 Juillet 2015 promulguant respectivement les lois n°20-05 et
n°78- 12
 La loi n°5-96 du 13 Février 1997 relative aux autres sociétés commerciales
 La loi n°15-5 d0 1er Aout 1996 relative au Code de commerce, modifiée par la loi n° 32-10
du 17 Aout 2011, la Loi n°24-04 du 22 Novembre 2006, la Loi n°13-99 du 15 Février
2000 et la Loi n° 134-12 du 22 Août 2014, comportant des prescriptions visant une plus
grande transparence des affaires.
Dans le même cadre, plusieurs normes comptables spécifiques et Plan Comptables
Sectoriels et particuliers ont été établis par le CNC dont : OPCVM, établissements de
crédit, entreprises d’assurances, titrisation des créances hypothécaires, coopératives,
ORMVA, partis politiques, état etc...
Les banques et les sociétés de financement telles qu’elles sont définies par le dahir qui
porte la loi n° 34-03 du 15 Moharrem 1427 (14 Février 2006) qui est lié à l’exercice de
l’activité des établissement de crédit ainsi que leur contrôle, sont soumises aux
dispositions du plan comptable des établissement de crédit.
Le plan comptable des établissements de crédit, aussi dénommé PCEC, est composé de :

 Dispositions générales ;
 Disposition particulières ;
 Dispositions relatives aux états de synthèses individuels ;
 Dispositions relatives aux états financiers consolidés ;
 Une liste de comptes dispatchés en 8 classes, le cadre comptable, des fiches qui
donnent le fonctionnement et le rôle de chacun des comptes, le cas échéant, les
écritures types ;
 Dispositions relatives au plan des attributs.

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Le plan comptable des établissements de crédit concerne précisément les opérations qui sont
susceptibles d’être réalisées par les établissements de crédit.
Dans le recueil des états périodiques, on regroupe toutes les informations que les
établissements de crédit sont tenus d’adresser à Bank Al-Maghrib, ceci bien évidemment dans
le cadre des attributions de contrôle qui lui sont dévolues par ses statuts et par la loi bancaire.
Cependant, les états périodiques ne contiennent pas toutes les informations dont Bank Al-
Maghrib peut exiger la communication. Il en est ainsi, notamment, des états prudentiels qui
font l »objet d’une règlementation à part.
Tout en respectant certaines dispositions générales et particulières susvisées, les
établissements de crédit doivent avoir un système comptable et de traitement de l’information
qui leur permet de produire les différents états demandés à partir du plan de comptes.
Les dispositions du plan comptable des établissements de crédit relatives aux états financiers
consolidés sont conformes aux normes IFRS. Les dispositions des autres chapitres du plan
comptable des établissements de crédit s’appliquent aux états financiers consolidés
lorsqu’elles ne sont pas en contradictions avec les normes IFRS.
Aspects généraux

Il est impératif qu’à la fin de chaque exercice comptable, les établissements de crédits
établissent les états de synthèse aptes à donner une image fidèle de leur patrimoine, des
risques assumés, de leurs résultats et situation financière.
La représentation d’une image fidèle est basée sur un certain nombre de conventions de base
que l’on appelle les principes comptables fondamentaux.
On ne présume point que les états de synthèse donnent une image fidèle du patrimoine, des
risques assumés, de leurs résultats et situation financière, que lorsque les opérations,
événements et situations sont traduits en comptabilité tout en respectant des principes
comptables fondamentaux ainsi que des prescriptions du plan comptable des établissements
de crédit.
Si malgré le respect et l’application totaux des principes comptables fondamentaux ainsi que
les prescriptions du plan comptables des établissements de crédit, les états de synthèse
n’arrivent pas à donner une image fidèle, il faudrait alors que l’établissement de crédit
fournisse obligatoirement dans l’état des informations complémentaires (ETIC) toutes les
indications qui puissent permettre l’atteinte de l’objectif de l’image fidèle.
Si dans un cas exceptionnel où l’application totale d’une prescription ou d’un principe s’avère
en contradiction avec l’objectif de l’image fidèle, l’établissement de crédit doit y déroger.
Il faudrait que cette dérogation soit mentionnée dans l’ETIC avec une indication claire sur son
influence sur le patrimoine, les risques assumés, le résultat et la situation financière de
l’établissement de crédit.
Les principes comptables fondamentaux sont au nombre de sept :

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 Principe de continuité d’exploitation : L’établissement de crédit doit établir ses états de
synthèse dans la perspective d'une poursuite normale de ses activités. Certes, en l'absence
d'indication contraire, il est censé établir ses états de synthèse sans l'intention ni
l'obligation de se mettre en liquidation ni de réduire drastiquement.
 Principe de permanence des méthodes : l’établissement de crédit établit ses états de
synthèse en appliquant les mêmes règles d'évaluation et de présentation d’un exercice à
l'autre, et il ne peut y introduire des modifications que dans des cas exceptionnels.
 Principe du coût historique : la valeur d'entrée d'un élément inscrit en comptabilité pour
son montant exprimé en unité monétaire courante à la date d'entrée reste intangible quelle
que soit l'évolution ultérieure du pouvoir d'achat de la monnaie ou de la valeur actuelle de
l'élément. Cependant, par dérogation à ce principe, il est possible que l’établissement de
crédit puisse procéder à la réévaluation de l’ensemble de ses immobilisations corporelles
et financières.
 Principe de spécialisation des exercices : Les charges et les produits de l’établissement
de crédit doivent être rattachés à l'exercice qui les concerne effectivement seulement. Les
produits sont comptabilisés en même temps que leur entrée et les charges en même temps que leur
engagement.
 Principe de Prudence : Ce principe impose que toutes les incertitudes pouvant entrainer
une augmentation de charges ou diminution de produits de l’exercice en cours doivent être
prises en considération durant l’établissement du résultat de l’exercice en question. C’est
qu’il nous permet d’éviter de transférer sur des exercices ultérieurs ces charges ou ces
minorations de produits qui doivent apparaître sur le résultat de l’exercice en cours. Il faut
savoir que les produits ne sont pris en compte que s’ils sont certains et définitivement
acquis à par l’établissement de crédit, cependant, les charges sont à prendre en
considération dès qu’elles sont probables.
 Principe de clarté : Si l’établissement de crédit applique ce principe, il doit organiser sa
comptabilité, comptabiliser et enregistrer ses opérations, ainsi que de préparer et présenter
ses états de synthèse en respectant les prescriptions du plan comptable des établissements
de crédit. Le principe de clarté incite que :
- Toutes les opérations et informations doivent être inscrites dans les comptes sous la
rubrique adéquate, avec une claire dénomination et sans compensation entre elles.
- Les éléments des états de synthèse sont à être inscrits dans les postes convenables
sans aucune compensation entre ces derniers.
- Les éléments de l’actif, du passif, et du hors bilan sont à évalués séparément.

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Par dérogation des exigences de ce principe qui se trouve directement ci-dessus,
l’établissement de crédit peut procéder à la compensation de certaines opérations, il peut
aussi procéder à une évaluation globale par groupe homogène des opérations libellées en
devises des titres et des produits dérivés, et il a notamment le droit de regrouper
exceptionnellement les postes relevant d’une même rubrique d’un état de synthèse si leur
montant respectif n’est pas significatif devant l’objectif d’image fidèle.
 Principe d’importance significative : Selon ce principe, les états de synthèse doivent
comprendre tous les éléments dont l’importance est susceptible d’influencer les décisions
et les évaluations, ainsi que toute information qui peut affecter l’opinion que les lecteurs
des états de synthèse auront sur le patrimoine, les risques assumés, la situation financière
et les résultat de l’établissement de crédit.
L’application de ce principe concerne essentiellement l’évaluation et la valorisation ainsi
que la présentation des états de synthèse. Il ne contredit point les règles prescrites par le
plan comptable des établissements de crédit concernant l'exhaustivité de la comptabilité,
la précision de l'enregistrement et des équilibres comptables exprimés en unité monétaire
courante.

Méthodes générales d’évaluation :

Les méthodes d’évaluation couvrent les bases, règles, procédures et principes que l’on adopte
afin de pouvoir déterminer la valeur des éléments inscrits en comptabilité. Elles servent de
base à l’enregistrement des opérations ainsi qu’à l’établissement des états de synthèse.
Ces méthodes sont appliquées au niveau des éléments de l’actif et du passif (patrimoniaux) et
ainsi au niveau des produits et des charges.
L’évaluation des éléments du bilan et hors bilan se fait :
- Sur une fondation des dispositions spécifiques aux établissements de crédit en ce qui
concerne les opérations libellées en devises, les opérations sur produits dérivés et les titres
de transaction et d’investissement.
- Sur la base des principes comptable généraux en ce qui concerne les autres éléments.

Règle comptables et d’évaluation particulières :

- Toutes les opérations sur titres sont évaluées et comptabilisé conformément aux
dispositions spécifiques aux opérations sur titres.

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- Toutes les opérations de cession d’éléments d’actif sont évaluées et comptabilisées
conformément aux dispositions spécifiques aux opérations de cession d’élément d’actif.
- Toutes les opérations en devises sont évaluées et comptabilisé conformément aux
dispositions spécifiques aux opérations en devises
- Toutes les opérations sur produits dérivés sont évaluées et comptabilisées conformément
aux dispositions spécifiques aux opérations sur produits dérivés.
- Toutes les créances en souffrances sont évaluées et comptabilisées selon la réglementation
bancaire en vigueur.
- Avant de les intégrer dans les comptes du siège au Maroc, les comptes des succursales et
agences à l’étranger sont retraités afin d’harmoniser les méthodes d’évaluation et les
méthodes comptables déployés pas ces entités en plus de celles appliquées par le siège.
- Les immobilisations financières comprennent les titres de participation, les emplois
assimilés, les titres d’investissement ainsi que les créances subordonnées.
- Toutes compensations entre engagement donnés et engagements reçus, entre produits et
charges ou entre créances et dettes sont strictement interdites sauf dans les cas prévus par
le plan comptable des établissements de crédit.
- On ne comptabilise pas les opérations qui réalisées à une date ultérieure à celle de leur
conclusion, que ce soit conformément aux usages du marché ou bien au délai accepté
contractuellement, jusqu’à la date de leur livraison. Les engagements reçus ou donnés liés
à ces opérations sont enregistrés au hors bilan de la date de leur conclusion, jusqu’à la date
de leur livraison.
- Lorsque des concours sont distribués dans le cadre d’un consortium de plusieurs
établissements de crédit, chacun des membres du consortium ne doit faire figurer dans les
comptes appropriés que sa propre quote-part.

Les états de synthèse consolidés :

Les établissements de crédit consolidant et les entités susvisées forment un groupe. Les
établissements de crédit contrôlent de manière exclusive ou conjointe ces entités, ou exercent
une influence significative sur ces dernières. Leur forme juridique a peu d’importance dans ce
cas-là. Ces établissements de crédit sont alors dans l’obligation d’élaborer et de publier des
états de synthèse consolidés.
Cependant on peut trouver des cas où quelques établissements assujettis sont exonéré de cette
règle, et ce s’ils remplissent toutes les conditions suivantes :
- Si l’établissement est lui-même détenu totalement ou partiellement par une autre entité
dont les propriétaires sont informés de la non-préparation des états financiers consolidés e
ne s’y opposent pas.
- Les instruments de capitaux propres ou de dette de l’établissement ne sont pas négociés
sur un marché réglementé.
- Si l’établissement n’a pas déposé et n’est pas sur le point de déposer ses états financiers
auprès d’une autorité de réglementation des valeurs mobilières dans la volonté d’émettre
des instruments sur le marché.
- Si les états financiers consolidés présentés ne sont pas conformes aux normes IFRS.

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Afin d’établir ces états de synthèse consolidés, les établissements de crédit doivent appliquer :

 Le plan comptable des établissements de crédit.


 Le référentiel de l’IASB (International Accounting Standards Board), qui est composé de :
 Normes IFRS (International Financial Reporting Standards) et IAS (International
Accounting Standards) en y ajoutant leurs annexes ainsi que guides d’application.
 Les interprétations IFRIC (International Financial Reporting Interpretation Committee) et
SIC (Standards Interpretation Committee).
Cadre comptable :

Le plan comptable des établissements de crédit est structuré de façon similaire au plan
comptable générale, c’est-à-dire qu’il est composé de différentes classes qui elles
comprennent des rubriques qui se divisent sous plusieurs postes qui comprennent différents
comptes et sous comptes. Les différentes classes que l’on peut distinguer sont :
1. Compte de trésorerie et d’opérations avec les établissements de crédit et assimilés.
2. Comptes d’opération avec la clientèle.
3. Comptes d’opérations sur titres d’opérations diverses.
4. Comptes de valeurs immobilisées.
5. Comptes de provisions pour risques et charges et de capitaux propres et assimilés.
6. Comptes de charges.
7. Comptes de produits.
8. Comptes de hors bilan.

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V- Le plan comptable agricole

Le champ d’application du Plan Comptable Agricole (désigné ci-après « PCA ») couvre les
activités agricoles exercées par une entreprise, quelle que soit sa forme juridique.
Par facilité d’expression, les entités économiques concernées par le présent plan comptable
sont désignées par les termes « entreprise agricole » ou « exploitation agricole » ou parfois «
entreprise ».
Selon le présent PCA, l’activité agricole consiste en la gestion par une entité de la
transformation biologique d’actifs biologiques en vue de la vente en produits agricoles ou en
d’autres actifs biologiques. Ladite gestion signifie qu’une intervention humaine apporte une
valeur ajoutée à la transformation biologique ou permet au processus de se réaliser par une
action sur l’actif biologique ou son environnement.
Le présent plan comptable répond aux normes comptables marocaines, telles que prévues par
le Code Général de Normalisation Comptable (CGNC). Les particularités de l’activité agicole
ont été prises en compte après des adaptations du CGNC, afin de mieux refléter la réalité du
secteur et permettre une meilleure information sur la gestion et le suivi de l’activité.
La CTS a tenu ses séances de travail entre le 18 mars et le 21 octobre de l’année 2015. Le
projet de plan comptable a été examiné par le comité Permanent du CNC, lors de ses réunions,
tenues les 17 et 30 novembre 2015, sous la présidence de Monsieur Samir Mohammed TAZI,
Directeur des Entreprises Publiques et de la Privatisation et président du Comité Permanent de
ce Conseil.
Le plan comptable agricole a été adopté par le CNC, réuni en Assemblée Plénière le 22
décembre 2015, sous la présidence de M. Mohammed BOUSSAID, Ministre de l’Economie et
des Finances et Président de ce Conseil.
L’élaboration d’un plan comptable propre au secteur agricole se justifie par les particularités
qui différencient les entreprises agricoles de celles d’autres secteurs, notamment les
spécificités ci-après :
 des produits vivants et multiples connaissant des changements durant leur cycle de vie :
arboriculture, agrumes, produits maraichers, produits végétaux et animaux, produits
laitiers, produits résiduels,… ;
 des actifs spécifiques dits actifs biologiques aux principales caractéristiques suivantes :
 Trois catégories : " producteurs " (ex. vaches laitières, poules pondeuses), "
consommables " (ex. plants de riz sur pied, poules fermières) ou les deux à la fois (ex.
crevettes d'une aquaculture).
 Leur valeur peut augmenter au fur et à mesure du vieillissement (au contraire des actifs
non biologiques qui perdent généralement de la valeur par vieillissement) ; cette
caractéristique est surtout valable pour les actifs biologiques qui n'ont pas encore atteint
le stade de maturité.
 L'abondance de produits conjoints (ou coproduits), c'est-à-dire de produits différents
obtenus d'un même actif biologique mais dont aucun ne peut être désigné comme le
produit principal (ex. la carcasse d'un bœuf et sa peau), ainsi que de sous-produits, c'est
à dire des produits obtenus des produits principaux (ex. la viande découpée).

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 La possibilité d'utilisation de certains actifs biologiques indifféremment comme outils
de travail ou comme stocks.
 L'apparition de nouveaux actifs biologiques sans qu'il y ait eu acquisition (naissances).
 des modèles d’affaires (business models) divers ;
 des productions immobilisées et des immobilisations et stocks en cours importants ;
 des stocks et achats spécifiques : engrais, amendements, semences, plants, produits
vétérinaires ;
 des stades de vente particuliers : ventes sur pied, livraison à des stations de
conditionnement, ventes à l’export, ventes à la ferme, livraison à un groupement ou à un
agrégateur ;
 la vulnérabilité des exploitations d'actifs biologiques aux aléas climatiques et aux maladies;
 des règles de dépréciation des actifs et des provisions de charges particulières en raison de
la spécificité des actifs et des risques ;
 un cycle d’exploitation de durée variable, qui peut différer de l’année civile et être
inférieur ou largement supérieur à l’année calendaire, ou un cycle d’exploitation alterné ;
 des encaissements et des décaissements qui affectent les produits et charges de deux ou
plusieurs exercices ;
 des fluctuations fréquentes de prix ;
 des prix de vente pouvant ne pas être arrêtés définitivement lors de la ou des livraisons
 l’emploi à caractère familial assez prépondérant au sein des exploitations agricoles, et
 l'autoconsommation ou les prélèvements en nature par l'entité de sa propre production
sans contrepartie financière.

Par ailleurs, le milieu rural dans lequel s’exercent les activités agricoles comporte des
particularités comme :
 la fréquence des transactions en espèces ;
 la faible bancarisation des intervenants ;
 la difficulté d’obtenir des pièces justificatives probantes auprès des prestataires, et
 l’identification non systématique de certaines catégories de personnel qui travaillent dans
les exploitations.

Compte tenu de ces particularités et de l’importance du secteur agricole dans l’économie


nationale, le CNC a créé une Commission Technique Spécialisée (CTS) pour élaborer un Plan
Comptable propre au secteur agricole.

Objectifs :

En plus des objectifs énoncés par le CGNC, le PCA est conçu de façon à satisfaire les objectifs
spécifiques au secteur agricole, notamment :
 mettre en relief les concepts et conventions spécifiques au secteur ;
 unifier les modes de comptabilisation des opérations agricoles, et
 produire des informations pertinentes permettant la comparabilité des performances
économiques et financières des entreprises du secteur.

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Le PCA a tenté, autant que possible, de tirer profit d’un benchmark par rapport aux pratiques
comptables internationales dans le secteur agricole, notamment au niveau de la terminologie
et des définitions types relatives aux activités agricoles et à ses composantes principales.
Les principes comptables fondamentaux du Plan Comptable Agricole reposent sur les aspects
généraux suivants :
1. Les entreprises agricoles doivent établir à la fin de chaque exercice comptable les états de
synthèse aptes à donner une image fidèle de leur patrimoine, de leur situation financière et
de leurs résultats.
2. La représentation d'une image fidèle repose nécessairement sur un certain nombre de
conventions de base - constitutives d'un langage commun - appelées principes comptables
fondamentaux.
3. Lorsque les opérations, événements et situations sont traduits en comptabilité dans le
respect des principes comptables fondamentaux et des prescriptions du Code Général de
la Normalisation Comptable, les états de synthèse sont présumés donner une image fidèle
du patrimoine, de la situation financière et des résultats de l'entreprise.
4. Dans le cas où l'application de ces principes et de ces prescriptions ne suffit pas à obtenir
des états de synthèse une image fidèle, l'exploitation agricole doit obligatoirement fournir
dans l'état des informations complémentaires (ETIC), toutes indications permettant
d'atteindre l'objectif de l'image fidèle.
5. Dans le cas exceptionnel où l'application stricte d'un principe ou d'une prescription se
révèle contraire à l'objectif de l'image fidèle, l'exploitation agricole doit obligatoirement y
déroger. Cette dérogation doit être mentionnée dans l'ETIC et dûment motivée, avec
indication, de son influence sur le patrimoine, la situation financière et les résultats de
l'exploitation agricole.
6. Les principes comptables fondamentaux retenus sont au nombre de sept :
 le principe de continuité d'exploitation ;
 le principe de permanence des méthodes ;
 le principe du coût historique ;
 le principe de spécialisation des exercices ;
 le principe de prudence ;
 le principe de clarté ;
 le principe d'importance significative.

Le principe de continuité d'exploitation

Selon le principe de continuité d'exploitation, l'exploitation agricole doit établir ses états de
synthèse dans la perspective d'une poursuite normale de ses activités. Par conséquent, en
l'absence d'indication contraire, elle est censée établir ses états de synthèse sans l'intention ni
l'obligation de se mettre en liquidation ou de réduire sensiblement l'étendue de ses activités.
Ce principe conditionne l'application des autres principes, méthodes et règles comptables tels
que ceux-ci doivent être respectés par l’exploitation agricole, en particulier ceux relatifs à la
permanence des méthodes et aux règles d'évaluation et de présentation des états de synthèse.
Dans le cas où les conditions d'une cessation d'activité totale ou partielle sont réunies,
l'hypothèse de continuité d'exploitation doit être abandonnée au profit de l'hypothèse de

Année universitaire 2018/2019 27


liquidation ou de cession. En conséquence, les principes de permanence de méthodes, du coût
historique et de spécialisation des exercices sont remis en cause. Seules des valeurs de
liquidation ou de cession doivent alors être retenues et la présentation des états de synthèse
doit elle-même être faite en fonction de cette hypothèse.
Selon ce même principe, l’exploitation agricole corrige à sa valeur de liquidation ou de
cession tout élément isolé d'actif dont l'utilisation doit être définitivement abandonnée.

Le principe de permanence des méthodes

En vertu du principe de permanence des méthodes, l’exploitation agricole établit ses états de
synthèse en appliquant les mêmes règles d'évaluation et de présentation d'un exercice à l'autre.
L’exploitation agricole ne peut introduire de changement dans ses méthodes et règles
d'évaluation et de présentation que dans des cas exceptionnels. Dans ces circonstances, les
modifications intervenues dans les méthodes et règles habituelles sont précisées et justifiées,
dans l'état des informations complémentaires, avec indication de leur influence sur le
patrimoine, la situation financière et les résultats.

Le principe du coût historique

En vertu du principe du coût historique, la valeur d'entrée d'un élément inscrit en comptabilité
pour son montant exprimé en unités monétaires courantes à la date d'entrée reste intangible
quelle que soit l'évolution ultérieure du pouvoir d'achat de la monnaie ou de la valeur actuelle
de l'élément, sous réserve de l'application du principe de prudence.
Par dérogation à ce principe, l’exploitation agricole peut procéder à la réévaluation de
l'ensemble de ses immobilisations corporelles et financières, conformément aux prescriptions
du CGNC.

Le principe de spécialisation des exercices

En raison du découpage de la vie de l’exploitation agricole en exercices comptables, les


charges et les produits doivent être, en vertu du principe de spécialisation des exercices,
rattachés à l'exercice qui les concerne effectivement et à celui-là seulement.
Les produits sont comptabilisés au fur et à mesure qu'ils sont acquis et les charges au fur et à
mesure qu'elles sont engagées, sans tenir compte des dates de leur encaissement ou de leur
paiement.
Toute charge ou tout produit rattachable à l'exercice mais connu postérieurement à la date de
clôture et avant celle d'établissement des états de synthèse, doit être comptabilisé parmi les
charges et les produits de l'exercice considéré.
Toute charge ou tout produit connu au cours d'un exercice mais se rattachant à un exercice
antérieur, doit être inscrit parmi les charges ou les produits de l'exercice en cours.
Toute charge ou tout produit comptabilisé au cours de l'exercice et se rattachant aux exercices
ultérieurs, doit être soustrait des éléments constitutifs du résultat de l'exercice en cours et
inscrit dans un compte de régularisation.

Année universitaire 2018/2019 28


Le principe de prudence

En vertu du principe de prudence, les incertitudes présentes susceptibles d'entraîner un


accroissement des charges ou une diminution des produits de l'exercice doivent être prises en
considération dans le calcul du résultat de cet exercice. Ce principe évite de transférer sur des
exercices ultérieurs ces charges ou ces minorations de produits, qui doivent grever le résultat
de l'exercice présent.
En application de ce principe, les produits ne sont pris en compte que s'ils sont certains et
définitivement acquis à l’exploitation agricole ; en revanche, les charges sont à prendre en
compte dès lors qu'elles sont probables.
Seuls les bénéfices réalisés à la date de clôture d'un exercice peuvent affecter les résultats ;
par exception est considéré comme réalisé le bénéfice partiel sur une opération non achevée à
la date de clôture répondant aux conditions fixées par le CGNC.
La plus-value constatée entre la valeur actuelle d'un élément d'actif et sa valeur d'entrée n'est
pas comptabilisée. La moins-value doit toujours être inscrite en charges, même si elle apparaît
comme temporaire à la date d'établissement des états de synthèse.
Tous les risques et les charges nés en cours de l'exercice ou au cours d'un exercice antérieur
doivent être inscrits dans les charges de l'exercice même s'ils ne sont connus qu'entre la date
de la clôture de l'exercice et la date d'établissement des états de synthèse.

Le principe de clarté

1. Selon le principe de clarté :


a. les opérations et informations doivent être inscrites dans les comptes sous la rubrique
adéquate, avec la bonne dénomination et sans compensation entre elles;
b. les éléments d'actif et de passif doivent être évalués séparément ;
c. les éléments des états de synthèse doivent être inscrits dans les postes adéquats sans
aucune compensation entre ces postes.
2. En application de ce principe, l’exploitation agricole doit organiser sa comptabilité,
enregistrer ses opérations, préparer et présenter ses états de synthèse conformément aux
prescriptions du présent plan comptable.
3. Les méthodes utilisées doivent être clairement indiquées notamment dans les cas où elles
relèvent d'options autorisées par le présent plan comptable ou dans ceux où elles
constituent des dérogations à caractère exceptionnel.
4. A titre exceptionnel, des opérations de même nature réalisées en un même lieu, le même
jour, peuvent être regroupées en vue de leur enregistrement selon les modalités prévues
par le présent plan comptable.
5. Par dérogation aux dispositions du paragraphe 1, des postes relevant d'une même rubrique
d'un état de synthèse peuvent exceptionnellement être regroupés si leur montant respectif
n'est pas significatif au regard de l'objectif d'image fidèle.

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Le principe d'importance significative

1. Selon le principe d'importance significative, les états de synthèse doivent révéler tous les
éléments dont l'importance peut affecter les évaluations et les décisions. Est significative
toute information susceptible d'influencer l'opinion que les lecteurs des états de synthèse
peuvent avoir sur le patrimoine, la situation financière et les résultats.
2. Ce principe trouve essentiellement son application en matière d'évaluation et en matière de
présentation des états de synthèse. Il ne va pas à l'encontre des règles prescrites par le
CGNC concernant l'exhaustivité de la comptabilité, la précision des enregistrements et des
équilibres comptables exprimés en unités monétaires courantes.
3. Dans les évaluations nécessitant des estimations, les méthodes par approximation ne sont
admises que si leurs incidences par rapport à des méthodes plus élaborées n'atteignent pas
des montants significatifs au regard de l'objectif de l'image fidèle.
4. Dans la présentation de l'ETIC, le principe d'importance significative a pour conséquence
l'obligation de ne faire apparaître que les informations d'importance significative.

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VI- Le plan comptable Immobilier
Contexte d’adoption du Plan Comptable Agricole Marocain :

Vers les années 1990, le Maroc avait commencé à entreprendre plusieurs actions et réformes
visant à moderniser l’environnement éco-juridique de l’entreprise, une évolution notable avait
suivi ces réformes, se traduisant notamment par plusieurs lois et dahirs, dont les plus notables
:

 La loi comptable 9-88 relatives aux obligations comptables des commerçants en 1992
 La loi 44-03 complétant la loi 9.88 en 2006
 La loi n°17-95 relative aux SA, modifiée et complétée par les dahirs n°1-08-18 du 23
Mai 2008 et n°1-15-106 du 29 Juillet 2015 promulguant respectivement les lois n°20-
05 et n°78-12
 La loi n°5-96 du 13 Février 1997 relative aux autres sociétés commerciales
 La loi n°15-5 d0 1er Aout 1996 relative au Code de commerce, modifiée par la loi n°
32-10 du 17 Aout 2011, la Loi n°24-04 du 22 Novembre 2006, la Loi n°13-99 du 15
Février 2000 et la Loi n° 134-12 du 22 Août 2014, comportant des prescriptions visant
une plus grande transparence des affaires.
Dans le même cadre, plusieurs normes comptables spécifiques et Plan Comptables Sectoriels
et particuliers ont été établis par le CNC dont : OPCVM, établissements de crédit, entreprises
d’assurances, titrisation des créances hypothécaires, coopératives, ORMVA, partis politiques,
état etc ….
Le secteur immobilier étant aussi important mais en retard, le Département de l’Habitat et de
l’Urbanisme a initié la création d’un plan comptable pour le secteur immobilier dans le but de
couvrir les entreprises publiques mais aussi les entreprises privées.
En plus de ces considérations, trois facteurs ont favorisé l’élaboration de ce plan :

 les opérations de production immobilière comportent des particularités qui les


différencient des entreprises d’autres secteurs, comme le démontre, à titre d’exemple : -
leur cycle de production dépassant généralement une année, - l’importance de leurs stocks
et des charges financières, - la possibilité de vente avant l’achèvement, - la spécificité
d’évaluation des stocks à l’achèvement (prise en charge des dépenses restant à effectuer).
 Les Organismes Sous Tutelle (OST) du Ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme ont
utilisé, jusqu’en 1998, comme référentiel comptable un mémorandum datant de 1982 qui
ne répondait plus aux besoins comptables et fiscaux ;
 le Département de l’Habitat et de l’Urbanisme a élaboré un manuel des procédures
comptables pour les Organismes sous sa tutelle, rendu applicable à partir de l’exercice
comptable 1999, en vue de remédier à l’absence de normes comptables en la matière et
d’unifier les pratiques dans le secteur public.

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Spécificités du secteur immobilier :

Le secteur d’activité de l’immobilier se caractérise par le recours habituel à la création d’une


structure adaptée à un programme immobilier spécifique. Il peut s’agir d’une entité juridique
distincte, (SA, SARL, SARLAU…)

Un autre élément important dans le secteur de la promotion immobilière est l’autofinancement


des opérations, les banques financent que rarement la totalité d’une opération. Enfin le cycle
d’exploitation de cette activité est supérieur à douze mois.

Cette caractéristique entraîne par conséquence des charges financières importantes pendant
toute la durée de la construction.

Au regard de ces particularités, la comptabilité de l’immobilier est toujours organisée par «


opération », en déterminant les coûts de production directement affectables à un programme
unique.

Généralités :

Le plan Comptable du Secteur Immobilier encadre toutes les entreprises, privées ou publique,
qui agissent dans le secteur de l’immobilier, qui produisent ou achètent des locaux à usage
professionnel ou des unités de logements ou des lots de terrains nus ou équipés, en vue
notamment de leur vente ou de leur location. Grace aux normes et règles proposées par le
PCSI, les différentes entreprises peuvent suivre une seule méthode afin de gérer, classer et
ordonner leurs comptes et ainsi se rapprocher de l’image fidèle tant recherchée.
Les particularités de l’activité immobilière ont été prises en compte après des adaptations du
CGNC afin de mieux refléter la réalité du secteur et d’offrir une information plus fidèle ainsi
qu’un meilleur suivi de l’activité.
Le Plan Comptable du Secteur Immobilier a été préparé par la Commission Technique
Spécialisée (CTS) du Secteur Immobilier, du Conseil National de la Comptabilité (CNC),
comprenant les membres suivants :
 M. Moulay Chérif TAHIRI ALAOUI, Directeur de la Promotion Immobilière;
(Ministère Délégué auprès du Premier Ministre Chargé de l’Habitat et de
l’Urbanisme), Président de la CTS ;
 M. Mohammed RAHMAOUI, Directeur à la Société Nationale d’Equipement et de
Construction (SNEC), Rapporteur de la CTS ;
 M. Rachid Seddik SGHIR, expert-comptable, co-rapporteur de la CTS ;
 M. Mohamed BOUIRIG, Directeur Financier à l’Agence Nationale de Lutte contre
l’Habitat Insalubre (ANHI) ;

 Feu Khalifi BENZINA , ERAC/ Nord.Ouest ( Rabat )


 M. Abderrazak TILSAGHANI, ERAC / Tensift ( Marrakech ) ;
 M. Mohammed KABBAJ, expert-comptable;

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 M. Abdeslam BRAHMI, expert-comptable;
 M. Abderrahman SENTISSI, expert-comptable, représentant la Fédération Nationale
de l’Immobilier (FNI) ;
 M. Jaouad HJIEJ, expert-comptable, représentant la C.G.E.M ;
 M. Ahmed HJIAJ, société COGEBA;
 M. Houcine ITAOUI, ex chef de division à la DEPP (Ministère des Finances et de la
Privatisation) ;
 M. Mehdi El YOUSSFI, chef de division à la DEPP ( Ministère des Finances et de la
Privatisation) ;
 M. Mohammed Tahar SBIHI, chef de service à la DEPP (Ministère des Finances et de
la Privatisation) ;
 M. Abdelwahab Naciri DARAI, chef de service à la Direction Générale des Impôts ;
 M. Abdellah BENANI, chef de service à la Direction Générale des Impôts ;
 M. Hicham SERGHINI, Direction du Trésor et des Finances Extérieures (Ministère
des Finances et de la Privatisation);
 M. Mohammed ABOUHAYANE de la société SOPHAL;
 M. Bennacer JORIO de la société CGI ;
 M. Bachir OUSSIBLA, chef de divisi
 on à la Direction de la Promotion Immobilière (Ministère Délégué auprès du Premier
Ministre Chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme) ;
 M. Abdelhay AZENNOUD, chef de service à la Direction de la Promotion
Immobilière (Ministère Délégué auprès du Premier Ministre Chargé de l’Habitat et de
l’Urbanisme);
 M. Mustapha BALAMBO, chef de service à la Direction de la Promotion Immobilière
(Ministère Délégué auprès du Premier Ministre Chargé de l’Habitat et de
l’Urbanisme).
 M. Bouazza BARKA, cadre à la Direction de la Promotion Immobilière.

Le plan comptable a été mis au point par un comité restreint présidé par M. Abdelaziz TALBI,
adjoint au directeur de la DEPP et Secrétaire Général du Conseil National de la Comptabilité
(CNC).

Ce plan a été examiné par le Comité Permanent du CNC, lors de réunions, tenues les
29/08/2002 et 26/11/2002, sous la présidence de M. Abdelaziz TALBI, Adjoint au Directeur
de la DEPP, au Ministère des Finances et de la Privatisation et a été adopté
par la VIII -ème assemblée Plénière du CNC, réunie le 11 mars 2003, sous la présidence de
M Fathallah OUALALOU, Ministre des Finances et de la Privatisation.

Objectifs du Plan Comptable Immobilier marocain :

En plus des objectifs émis par le CGNC, le PCSI est réalisé de façon à satisfaire les objectifs
spécifiques au secteur de l’immobilier au Maroc :

 Souligner les concepts et conventions spécifiques au secteur ;


 Unifier les techniques de comptabilisation des opérations immobilières ;
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 Produire des informations pertinentes et fidèles permettant de comparer dans le temps
et dans l’espace les performances économiques et financières des entreprises du
secteur.

Champ d’application :

Le champ d’application du Plan Comptable du Secteur Immobilier (PCSI) couvre l’ensemble


des entreprises qui produisent ou achètent des locaux à usage professionnel ou des unités de
logements ou des lots de terrains nus ou équipés, en vue notamment de leur vente ou de leur
location. Par facilité d'expression, les entités économiques concernées par le présent Plan
Comptable du Secteur Immobilier sont désignées par le terme « Entreprise » ou « Entreprise
immobilière ». Les entreprises du secteur immobilier sont soumises à la loi n° 9.88 du 30
décembre 1992 relative aux obligations comptables des commerçants telle que promulguée
par le Dahir n°1.92.138 du 30 Joumada II 1413 (25 décembre 1992) publiée au B.O n° 4183
bis du 30 décembre 1992 et aux prescriptions du Code Général de la Normalisation
Comptable (CGNC).

Les entreprises immobilières peuvent opter pour deux types d’inventaire, soit l’inventaire
permanent, dans ce cas, les imputations seront faites directement, en cours d’exercice au
niveau des comptes de stocks, soit l’inventaire intermittent, auquel cas il y a lieu de transiter
pour l’ensemble des dépenses par le compte de produits et charges et ne constater les stocks
qu’en fin d’exercice.

Le présent Plan Comptable précise et explicite les particularités des opérations effectuées par
les entreprises du secteur immobilier.

Fonctionnement de la comptabilité Immobilière :

La comptabilité immobilière s’est principalement inspirée de la Comptabilité générale, ce qui


fait que les traitements sont pour la plupart les mêmes, les objectifs, la structure du plan
comptable, les supports comptables, les procédures d’enregistrement, de traitement ainsi que
les états de synthèses sont pratiquement les mêmes.

La structure du Plan Comptable du Secteur immobilier est pratiquement la même que celle du
CGNC on y trouve alors :
- Classe 1 : Financement Permanent
- Classe 2 : Actif Immobilisé
- Classe 3 : Actif Circulant
- Classe 4 : Passif Circulant
- Classe 5 : Trésorerie
- Classe 6 : Charges
- Classe 7 : Produits
- Classe 8 : Résultats

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- Classe 9 : Comptes analytiques
- Classe 0 : Comptes spéciaux
La comptabilité immobilière est aussi basée sur les 7 principes comptables que la comptabilité
générale :
 Principe de continuité d’exploitation
 Principe de permanence des méthodes
 Principe du coût historique
 Principe de Spécialisation des Exercices
 Principe de Prudence
 Principe de clarté
 Principe d’importance significative

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VII- Technique d’élaboration de la cartographie des risques

La cartographie des risques est un outil de gestion et d’aide à la prise de décision très utilisé
dans la gestion du risque, l’audit et le contrôle interne. C’est une carte qui représente les
risques potentiels pouvant affecter l’entreprise, ces risques sont regroupés par rapport à leur
gravité, leur fréquence ainsi que la probabilité d’occurrence ou de non occurrence permettant
ainsi d’avoir une visibilité ainsi qu’une aisance quant à la façon de traduire les risques, c’est
une conceptualisation matricielle des risques en vue de les maitriser.
L’élaboration de la cartographie des risques n’est pas facile, elle passe par plusieurs étapes
faisant appel aux compétences d’audit, dans un premier temps, il s’agira d’identifier les
risques, pour ce faire plusieurs outils se présentent.
Elaboration de la cartographie des risques :
Il existe plusieurs méthodes d’élaboration de la cartographie des risques, cependant, elle
s’inscrive toutes dans une démarche précise, cette démarche se formalise à travers 6 phases :

Phase 1 : Préparation
 Analyse du contexte et fixation des objectifs : Qui permet d’analyser le contexte
dans lequel l’entreprise travail, Force/Faiblesse, menaces et opportunités, cela permet
d’identifier le degrée d’acceptabilité du risque, de tolérance et le niveau de risque
ciblé.

 Identification de chaque processus/fonction/activité devant faire l’objet


d’estimation : Permet d’avoir un découpage cohérent de l’entreprise

Phase 2 : Construction de la cartographie des risques


 Identification et évaluation du dispositif de maitrise des risques à travers les Outils
d’identification des risques :
L’une des principales difficultés du risk management est d’identifier les risques d’un groupe
de façon objective et rationnelle. Il est indispensable d’aboutir à la réalisation d’une
cartographie des risques faisant ressortir en priorité les risques émergents. Le risk manager n’a
pas le droit de fonder sa cartographie sur un ressenti subjectif basé sur sa personnalité et son
vécu professionnel. Il doit au contraire appuyer sa démarche sur plusieurs outils
d’identification des risques qu’il va utiliser dans une optique de circularisation (la réponse
apportée par ces outils doit en effet converger).
• l’audit documentaire ;
• les entretiens ;
• les visites de sites ;
• les questionnaires.

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Audit documentaire et audit en risk management
L’audit documentaire est un outil essentiel en vue d’une identification rationnelle et objective
des risques. Dans la phase amont, l’auditeur va demander un certain nombre de documents,
qu’il exploitera partiellement avant d’aller sur le terrain (phase de « travail à plat »). Pendant
la phase de déroulement de l’audit, l’auditeur va confronter ses sources documentaires avec
les informations collectées via les interviews et la visite de sites. En phase post-mission
(rédaction du rapport), le risk manager préconisera ; compte tenu de ses conclusions, un
certain nombre d’ajustements concernant les informations qu’il a collectées en phase initiale
(modifications de clauses contractuelles, renégociation des clauses assurance, consultation du
marché assurance, etc.).
Audit documentaire pré-mission
Dans la phase documentaire pré-mission, le risk manager va demander à l’entité auditée de lui
transmettre un certain nombre de documents. La liste des documents à transmettre dépend de
fait du type de risque à auditer. Cependant, il s’avère possible de lister de façon générique les
principaux documents demandés :
• programme d’assurance national ou international ;
• transmission des clauses des principaux contrats ;
• états analytiques et tableaux de bord ;
• états financiers certifiés ;
• experts techniques et expertises préalables de capitaux ;
• procédures de sécurité et de gestion de crise (si existantes) ;
• tests des plans de reprise d’activité ;
• schéma directeur des systèmes d’information ;
• plan de protection des informations.
Une fois ces documents collectés (dans les faits, le risk manager ne collecte qu’une partie des
informations en pré-mission), il s’assure de la fiabilité des informationstransmises en utilisant
les techniques de circularisation (demande d’information parallèle à l’externe, vérification de
la certification des comptes, vérification de la non-rétroactivité des contrats, etc.). Enfin, il
commence à analyser les documents qui sont directement exploitables (analyse des clauses de
contrats, analyse financière, etc.).
Audit documentaire pendant la mission
L’objectif du déroulement de la mission sur le terrain est de confronter l’identification des
risques identifiés en phase post-mission d’audit avec les risques réellement tracés via
interviews et/ou questionnaires et visites de sites.
Exploitation documentaire post-mission
L’exploitation documentaire post-mission va se traduire par des préconisations substantielles
faites par le risk manager. Ainsi, les principales préconisations possibles sont les suivantes :
• souscription d’une nouvelle police d’assurance ;

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• modification de clauses contractuelles ;
• signatures de contrats de back-up1 ;
• rédaction de nouvelles procédures ;
• modification du contenu des procédures existantes.
Entretiens
La technique d’entretien s’avère être une technique essentielle à l’identification objective et
rationnelle des risques, et ce, tout particulièrement en culture d’entreprise latine. L’objectif de
cet entretien est : d’une part, de s’assurer de la connaissance par les opérationnels des
dispositifs de risk management mis en œuvre par l’entreprise ; d’autre part, d’évaluer avec
eux les risques potentiels qui pourraient affecter les processus métiers et les risques du
groupe.
L’interview se déroule en trois grandes étapes :
a) Analyse du passé
Le risk manager interviewe l’audité sur les cas de sinistres ou de gestion de crise qu’il a été
amené à vivre dans le passé en adoptant un questionnement du type : « Avez-vous été amené
à vivre dans le passé une situation de crise ? Si oui, quels sont, de votre point de vue, les
dispositifs mis effectivement en œuvre par le groupe pour gérer cette situation ? » L’objectif
de cette question est de savoir si les dispositifs mis en œuvre par le groupe sont connus et
effectivement communiqués aux opérationnels.

b) Projection sur le futur


L’objectif de cette partie de l’entretien consiste à identifier les risques potentiels que les
opérationnels ont identifiés et qui n’ont pas été reportés au niveau du risk management. La
structure de questionnement est la suivante : « Avez-vous identifié ou pensé à des risques qui
pourraient se matérialiser ? Êtes-vous déjà passé sur le “fil du rasoir” ? De votre point de vue,
si le risque se matérialisait, le groupe saurait-il mettre en œuvre les dispositifs adéquats ? »
L’objectif de cette question est d’aller vérifier sur le terrain si le ressenti de l’opérationnel est
confirmé ou non. Cette logique de questionnement peut permettre une priorisation de mesures
correctrices à mettre en œuvre.
c) Simulation d’une situation de crise :
L’objectif de cette dernière étape de l’interview consiste à construire avec l’audité le contenu
opérationnel de son plan de reprise d’activité en cas de situation de crise. La structure de
simulation à adopter est la suivante : « Vous arrivez sur votre lieu de travail à 7 h 45. Sur
place votre siège social est détruit à 100 %. Le préfet, les médias, les salariés, la protection
civile, les pompiers sont présents. Les camions arrivent avec les composantes. Que faites-vous
? » L’objectif de cette simulation est de décrire les moyens logistiques qui devront être mis en
œuvre en cas de situation de crise en vue d’assurer la continuité de l’exploitation des
processus critiques. L’exercice a pour objectif de décrire et d’identifier :
• les processus critiques qui devront être redéployés en cas de situation de crise ;

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• les actifs stratégiques (machines-outils, moules, etc.) qui devront être protégés en priorité en
cas de sinistre ;
• les hommes clés qui devront être déplacés sur le site de secours ;
• les ressources non utilisées avant sinistre (m2, m3, véhicules disponibles, etc.) ;
• les contrats de back-up avec les sous-traitants, fournisseurs, constructeurs informatiques, etc.

 evaluation des risques : Dans cette étape, il s’agira d’evaluer les risques à travers les
critéres de gravité, mais aussi d’identifier dans un échantillon la probabilité de non
occurrence et la fréquence, ce qui permettra par la suite de définir un indice de criticité
: IC = GRAVITE * FREQUENCE*Probabilité d’occurence
 hiérarchisation des risques : Il s’agira de catégoriser les risques selon 3 catégories :
- RISQUE MAJEUR : Survenance et gravité élevé (Zone rouge)
- RISQUE MINEUR : Survenance et gravité faible (Zone verte )
- RISQUE INTERMEDIAIRE : Survenance et gravité ne sont pas
simultanément faible et élevé (Zone orange/jaune)
 formation de la cartographie : Il s’agira de représenter les risques identifiés et
hiérarchisés dans une carte en affectant chaque risque dans la zone de risque
correspondante.

Phase 3 : Action
 Traitement des risques : Définir les moyens pour remédier au risque et donc le
minimiser pour le supprimer ou de le rendre acceptable
 Mise en place de plan d’action
Phase 4 : Reporting

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Reporting des risques résiduels : Transparence et circulation optimale de l’information dans
l’entreprise pour éviter le risque
Phase 5 : suivi et évaluation
Vérification de l’efficacité du plan d’action
Phase 6 : Actualisation
Amélioration et mise à jour de la démarche

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VIII- Technique d’élaboration de la carte stratégique

L’origine de la carte stratégique:

La carte stratégique est un outil développé par Kaplan et Norton dans la mise en place de la
Balanced scorecard (tableau de bord prospectif).
En effet en 2000 Kaplan et Norton (après la publication d’un précédent article en 1992 intitulé
«The Balanced Scorecard-Measures that drive Performance») ont publié un autre article dans
le «Harvard Business Review» intitulé: «Having trouble with your strategy? Then map it ».
Cet article esquisse comment construire une carte visuelle qui montre les objectifs et les liens
de causalité nécessaires pour exécuter une stratégie.
Les cartes stratégiques sont des diagrammes qui décrivent comment une organisation peut
créer de la valeur ; en connectant les objectifs stratégiques de l’entreprise dans des relations
de cause à effet entre eux. Par l’intermédiaire des quatres perspectives du Balanced
Scorecard : Financier, client, processus, apprentissage et croissance. Voir la figure ci-dessous
(vous pouvez cliquer sur le graphique pour en télécharger un plus grand au format pdf). Les
cartes stratégiques sont une partie stratégique du cadre de balanced scorecard pour décrire les
stratégies pour la création de valeur.
Caractéristiques des cartes stratégiques
1/ toute l’information est contenue dans une page, ceci permet une communication stratégique
relativement facile.
2/ Il y a quatre perspectives : Financière, Client, Interne, apprentissage et croissance,
3/ La perspective financière veille à la création de la valeur à long terme pour l’actionnaire et
utilise une stratégie de productivité afin d’améliorer la structure de cout et l’utilisation des
actifs et une stratégie de croissance d’extension des opportunités et d’augmentation de la
valeur pour le client.
4/ Ces quatres derniers éléments d’amélioration stratégique sont aidés par les prix, la qualité,
la disponibilité, la selection, les fonctionnalités, le service, les partenariats et les marques.
5/ D’une perspective interne, les processus opérationnels et les processus de gestion client
aident à définir les attributs de produits et de services. Tandis que les processus d’innovation
de normalisation et sociaux aident aux relations et à l’image.
6/ Tous ces processus sont alimentés par l’affectation du capital humain, du capital
d’information et du capital organisationnel. Le capital organisationnel est composé de la
culture d’entreprise, du leadership, de l’alignement et du travail d’équipe.
7/ Les flèches de connexion décrivent les relations de cause à effet.

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Les Principes de la carte stratégique
1/ Forces contradictoires d’équilibre de stratégie
2/ La stratégie est basée sur une proposition de valeur client différenciée (value proposition)
3/ la valeur est ajoutée par les processus d’activité internes
4/ La stratégie se compose de thèmes simultanés et complémentaires.
5/ L’alignement stratégique détermine la valeur des actifs incorporels.
Avantages de la carte stratégique
En connectant des choses telles que la création de la valeur d’actionnaire, la gestion client, le
contrôle des processus industriels, la gestion de la qualité, les aptitudes de cœur de métier,
l’innovation, les ressources humaines, les technologies de l’information, la conception
organisationnelle et l’apprentissage entre eux dans une représentation graphique, les cartes
stratégique peuvent considérablement aider à décrire la stratégie et à la communiquer aux
cadres et aux employés. De cette façon un alignement peut être créé autour de la stratégie, ce
qui facilite un mise en œuvre réussie de la stratégie. Il n’y a aucune petite chose, ayant présent
à l’esprit que souvent, la mise en œuvre de la stratégie élaborée est le plus grand enjeu de
l’entreprise.
La place de carte stratégique dans le tableau de bord:
Le tableau de bord permet entre autre de suivre l’implémentation de la stratégie dans une
entreprise. La carte stratégique permettant de voir les différents objectifs qui permettent
d’exécuter concrètement une stratégie, elle fait partie automatiquement des différents outils
qui permettent de mettre en place un tableau de bord.
De la carte stratégique, on définit plus facilement les indicateurs clés de performances. Ces
derniers sont le corps même du tableau de bord.
Dans l’article sur la planification stratégique, je présente dans la place de la carte stratégique.
Exemples:

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Comment élaborer une carte stratégique:

Pour mettre en place une carte stratégique, la première chose à ne pas faire est de s’enfermer
dans un bureau avec toute la documentation de l’entreprise et ressortir de la avec « la carte
stratégique ».
Il s’agit en fait d’un travail d’équipe à faire au moins avec l’équipe dirigeante de l’entreprise.
Il peut être divisé en deux grandes parties:

1) Retrouver les objectifs


Dans cette partie, on peut utiliser les outils de résolution de problème. Après avoir retrouvé
tous les objectifs, il faut les classer selon les 4 perspectives: Finance, Client, Processus
Internes, Apprentissage

2) Découvrir les différentes relations qui existeraient entre ces objectifs.

Pourquoi j’ai dit « qui existeraient »? Parce que les différentes relations que vous trouverez ne
seront que différentes hypothèses qui pourraient s’avérer fausses pendant l’exécution de la
stratégie.
Il est donc important de retenir que la carte stratégique n’est pas un outil statique mais tout au
contraire un outil qui s’améliorera tout au long des exercices.

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IX- Digitalisation et métier d’audit

1) L’audit

L'Audit Interne est une activité indépendante et objective qui donne à une organisation une
assurance sur le degré de maîtrise de ses opérations, lui apporte ses conseils pour les
améliorer, et contribue à créer de la valeur ajoutée.
Il aide cette organisation à atteindre ses objectifs en évaluant, par une approche
systématique et méthodique, ses processus de management des risques, de contrôle, et de
gouvernement d'entreprise, et en faisant des propositions pour renforcer leur efficacité.

Caractéristiques du Métier d’Auditeur

L’ Indépendance :

Désigne le fait de se libérer des conditions qui menacent l’objectivité ou l’apparence de


l’objectivité.
l’objectivité :

Se définit comme une attitude impartiale grâce à laquelle les auditeurs internes exécutent leurs
missions en étant sincèrement convaincus de la légitimité du résultat de leur travail. Pour être
objectifs, les auditeurs ne doivent pas subordonner leur jugement à celui d’autrui sur des
questions liées à l’audit.
Activité d’assurance :

Examen objectif dont le but est de fournir une évaluation indépendante des processus de
gouvernance, gestion des risques et contrôle d’une organisation, exemples des missions
portant sur les informations financière, performances, la sécurité des systèmes…

Activité de conseil :

Activités de conseil et de service client, dont la nature et le périmètre sont définis en accord
avec le client et qui sont destinées à offrir une valeur ajoutée et à améliorer la gouvernance
d’une organisation, sans que l’auditeur interne soit responsable de l’encadrement.
Approche systématique et méthodique :

L’audit interne s’appuie sur une démarche structurée pour dérouler son programme d’audit.

Risque :

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L’incertitude que se produise un événement qui pourrait avoir un impact sur la réalisation des
objectifs d’une entité.
Processus de Contrôle :

Politiques, procédures et activités qui font partie d’un cadre de contrôle, conçues pour obtenir
les risques dans les limites de tolérance établies par le processus de gestion des risques.
Référence : Normes IIA

2) Digitalisation

Au début du 21ème siècle, de nouvelles technologies de l’information on fait leur apparition au


sein de l’entreprise (L’internet, la messagerie électronique, etc…). Les documents de travail
se sont ensuite peu à peu dématérialisés avec la numérisation.
Nous en sommes donc aujourd’hui à « La digitalisation », c’est-à-dire une interconnexion
permanente entre les collaborateurs et les objets en même temps dans l’entreprise et en
dehors.
Les nouvelles façons de communiquer représentent désormais un enjeu stratégique énorme
pour tous les métiers affectant de près ou de loin la stratégie de l’entreprise. Les
comportements professionnels sont donc aussi naturellement affectés par la digitalisation des
affaires, et cela quelle que soit la nature de l’activité, une fois connecté, il est possible de
communiquer oralement et visuellement, avec ou sans document partagé, à n’importe quel
moment et depuis/vers n’importe quel endroit.
La connexion étant devenue un impératif professionnel, la digitalisation s’applique désormais
à tous les directions de l’entreprise.

3) La relation Digitalisation-Métiers de l’audit

L’audit est donc concerné par la digitalisation, qui plus est doublement. En effet, l’auditeur
interne comme toute fonction dans l’organisation doit adapter ses pratiques professionnelles
avec la numérisation et les nouveaux modes de communication. De plus, les processus
opérationnels qui sont au centre de ses missions sont désormais à évaluer en tenant compte
aussi des effets de la digitalisation.
A très court terme, le Digital vient changer le métier d’auditeur interne sur 3 principaux aspects :

 Une nouvelle approche de l’audit des SI supposant une évaluation approfondie des
processus et procédures axés sur la cybersécurité.
 L’utilisation d’outils de traitements de données sophistiqués et de solutions GRC
permettant des audits intégrés et en continu.
 La mise en œuvre de plateformes et solutions collaboratives pour piloter les missions
d’audit en temps réel et avec des collaborateurs à distance.

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Ces changements impliquent une révolution de positionnement pour l’auditeur interne qui
devient un « Digital Internal Auditor » aux services d’opérations de plus en plus
dématérialisées au sein de l’entreprise.
Les compétences recherchées deviennent le Data Analytics, la maîtrise d’environnement et
d’architecture IT complexes et une attitude de « Business Partner », relais des différentes
fonctions de l’entreprise afin d’anticiper et de prévenir les risques dans un environnement
toujours plus disruptif.
Dans quelques années seulement, ce sont de nouvelles tendances comme l’Intelligence
Artificielle ou la Blockchain que devra appréhender l’auditeur interne. Expertise,
positionnement et méthodes de travail devront encore évoluer pour faire face à la l’informatique
cognitive et à la capacité d’apprentissage automatique des outils.

4) Les risques et enjeux du digital pour les métiers de l’audit

Les risques :

La dématérialisation des processus signifie aussi la dématérialisation de plusieurs pièces


justificatives requises par les auditeurs
L’audit jusqu’ici se basait énormément sur le contact physique (que ce soit lors des entretiens,
des reportings, du contrôles, etc…), la digitalisation entraine un chamboulement énorme
mettant au risque l’ensemble des missions de l’audit nécessitant le contact physique.
La disparition des métiers de l’audit qui pourraient être effectués par des intelligences
artificielles dans le futur, commençant par une simplification des différentes tâches effectuées
par l’auditeur.
L’efficacité de la machine face à l’efficacité de l’auditeur.
Les enjeux :

La maitrise des nouvelles technologies afin de faciliter la tâche pour les auditeurs
La délégation de certaines tâches quantitatives répétitives et épuisantes aux intelligences
artificielles (traitement des données financières, s’assurer des liens logiques entre les chiffres
obtenus des données financières, dégager les fraudes, risques et faiblesses d’une entreprise,
etc…)
Miser sur des profils alliant développement informatique et Audit afin d’innover dans le secteur
et ne pas être en retard par rapport à la concurrence, certains grands cabinets ayant déjà
commencé à évoluer vers l’Audit 2.0

5) Cas de PricewaterhouseCoopers

Introduction de nouvelles technologies dans les process de l’audit

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Non seulement l’automatisation et la digitalisation des process permet de gagner du temps
ainsi que de faciliter les échanges avec les clients, elle permet aussi et surtout d’améliorer la
qualité des audits. PriceWaterhouseCoopers s’est engagé dans cette voie depuis plusieurs
années :

 Les travaux classiques tels que la confirmation ou l’inventaire physiques sont désormais
digitalisés par le biais d’applications disponibles sur iPhone ou iPad dont tous les
collaborateurs sont équipés.
 La consultation des dossiers de travail d’audit en temps réel est disponible depuis n’importe
où via leur plateforme « Aura », permettant ainsi d’accentuer la collaboration au sein de
l’équipe et au Commissaire aux Comptes de commenter, superviser et de valider les dossiers
simplement.

 PriceWaterhouseCoopers lance également des initiatives autout de la Blockchain, de


l’intelligence artificielle beta-testées avec certains clients par la suite, lui permettant de
remporter le prix de l’« Audit Innovation of the Year » pour la deuxième fois (en 2016
aussi) en 2017.

 La solution GL.ai primée cette année a eu recours au Machine learning et à l’intelligence


artificielle lui permettant d’analyser des milliers de données en quelques secondes dans la
comptabilité de l’entreprise pour identifier les scénarios inhabituels et les anomalies, se
débarrassant ainsi de l’échantillonnage.

 Des drones sont mis à l’utilisation dans certains pays où l’inventaire physique nécessite de
parcourir plusieurs kilomètres

Une transformation de l’audit chez PwC qui impacte le recrutement et la formation

L’évolution de l’audit suivant la digitalisation a bien évidemment des conséquences directes


sur le profil des auditeurs, devant être polyvalents et allier à la fois des compétences
techniques,
technologiques et des compétences dites « Soft Skills » telles que l’esprit critique et la
créativité
afin d’être capable de challenger l’existant, d’imaginer des solutions différentes et d’apporter
encore plus de valeur ajoutée à leurs clients.
En même temps, des spécialistes sont recrutés dans la cyber sécurité, le big data ou le
développement des intelligences artificielles.
On constate donc que dans tous ces profils, la proportion d’ingénieux aux connaissances
techniques augmente afin de faire faire aux enjeux de l’évolution de l’audit.
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