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FRANÇAIS – GRAMMAIRE

TEXTE ET LANGUE
AIDE-MÉMOIRE, SAVOIRS GRAMMATICAUX ET RESSOURCES
THÉORIQUES POUR LES ÉLÈVES DU CYCLE 3

1
STRATEGIES DE LECTURE
Les questions à se poser Les stratégies à utiliser en cas de besoin
J’active mes connaissances :
• en identifiant la situation d’énonciation 3 et le genre de textes  5 ;
Qu’est-ce que ce texte ?
• en identifiant le sujet du texte à l’aide d’éléments du paratexte 2  : titre, sous-titres, chapeau, édition, etc. ;
• en me demandant ce que je sais déjà sur le sujet du texte (connaissances antérieures).
AVANT LA LECTURE

Je me donne une intention de lecture :


• en fixant un ou plusieurs objectifs : répondre à des questions, faire un résumé, chercher des informations, rédiger une note critique, me distraire, avoir du plaisir, etc. ;
Pourquoi lire ce texte ?
• en déterminant comment je vais lire : lecture en détail, en survol, lecture sélective, etc. ;
• en prévoyant une façon de retenir l’information : annoter le texte, le surligner, prendre des notes, faire un schéma, etc.
J‘essaie d'anticiper le contenu du texte :
• en faisant des liens avec mes connaissances antérieures;
Qu’est-ce que la lecture de ce texte va
• en faisant des liens entre le texte et le paratexte 2  : la mise en page, les éléments visuels, les informations complémentaires ;
m’apporter ?
• en faisant des hypothèses sur la visée du texte 4 à partir d’une lecture en survol ;
• en repérant des champs lexicaux dominants 24 à partir d’une lecture en survol.
Je regarde autour du mot :
• en vérifiant si les phrases qui précèdent ou celles qui suivent lui donnent du sens (redondance textuelle).
J‘observe le mot lui-même :
Que signifie ce mot ?
• en utilisant mes connaissances des familles de mots 21 , des préfixes 22 et des suffixes 22 (variation morphologique).
J’utilise mes connaissances d’une autre langue.
J’utilise le dictionnaire 25 .
J’observe la phrase elle-même :
• en identifiant ses constituants  11 si elle est simple, ou les phrases qu’elle comporte 15.1 si elle est complexe ;
• en identifiant les conjonctions de subordination et leurs nuances sémantiques 33  ;
PENDANT LA LECTURE

Que veut dire cette phrase ?


• en observant les accords grammaticaux 16 17 et la ponctuation 2 .
Que veut dire cette suite de phrases ?
J’observe autour de la phrase :
• en observant la progression thématique 38 ;
• en identifiant les reprises de l’information et leurs référents 39 .
J’identifie l’information implicite et l’interprète :
• en faisant des liens entre les éléments du texte pour découvrir des informations cachées sur le lieu, le temps, l’agent, l’action, l’instrument, l’objet, les sentiments, la
Qu’est-ce qu’il y a à comprendre ? cause, l’effet, etc. (inférence) ;
• en anticipant la suite probable du texte, en faisant des hypothèses de lecture ;
• en interprétant après coup un élément préalable du texte.
Je relis :
• en dégageant les idées principales ;
Que veut dire le texte ? • en faisant des liens entre les paragraphes à l’aide des organisateurs et des connecteurs 40  ;
• en identifiant les diverses séquences textuelles 35 et leur apport : des arguments, des explications, des dialogues, etc. ;
• en visualisant ou en se racontant l'histoire dans sa tête ; en y observant la chronologie et le rythme du récit 9 .
Je remets en question mes connaissances antérieures.
Suis-je en désaccord avec ce que je lis ?
Je remets en question mes hypothèses de lecture et les modifie au fil de ma lecture.
Je résume le texte :
• en m’appuyant sur la structure propre au genre : schéma narratif 8 , structures argumentative, explicative, descriptive, etc. 35
APRES LA
LECTURE

Qu’est-ce que je retiens de ma lecture ?


Je réagis au texte :
• en interprétant son effet 4 ;
• en faisant un lien entre les informations nouvelles et mes connaissances antérieures ;
• en appréciant sa valeur littéraire, argumentative, informative, etc.
2 Les pastilles orange renvoient aux numéros de chapitres contenus dans cet ouvrage.
FRANÇAIS – GRAMMAIRE

TEXTE ET LANGUE
AIDE-MÉMOIRE, SAVOIRS GRAMMATICAUX ET RESSOURCES
THÉORIQUES POUR LES ÉLÈVES DU CYCLE 3
Sommaire ORTHOGRAPHE 36
16 Accords dans la phrase 37
17 Accords dans le groupe nominal 39
Stratégies de lecture 18 Homophones grammaticaux courants 40
TEXTE 3 19 Participe présent et adjectif verbal 42
20 Formation des adverbes en –ment 43
1 Exposé sommaire 4
2 Paratexte : la ponctuation, 5
la mise en page, les éléments visuels, les informations complémentaires, 6 VOCABULAIRE  44
l’exemple d’une page web 7 21 Origine des mots, familles de mots, néologismes 45
3 Situation d’énonciation 8 22 Formation des mots  46
4 Visée et effet 9 23 Synonymes, antonymes, homonymes, paronymes 47
5 Genres de textes et regroupements de genres 10 24 Champ lexical 48
6 Registres de langue 11 25 Polysémie du mot, champ sémantique et utilisation du dictionnaire 49
26 Principales figures de style 50
TEXTE QUI RACONTE 13 27 Régionalismes 52

7 Auteur, narrateur, point de vue, personnages 14


8 Schéma narratif, schéma actanciel 15 CONJUGAISON 53
9 Chronologie et rythme du récit 16 28 Classement, base et terminaison 54
29 Modes et temps 56
PHRASE 18 30 Conjugaison des verbes irréguliers les plus fréquents 58
31 Etude d’un verbe 60
10 Exposé sommaire 19 32 Valeurs du présent 61
11 Phrase, groupe, mot 20 33 Emploi des modes dans les phrases subordonnées 62
12 Phrase de base 22
13 Transformations de phrase : le changement de type, 22
le changement de forme, la pronominalisation, la subordination 23 DE LA PHRASE AU TEXTE 64
14 Phrase complexe : les enchaînements, la subordination 24 34 Exposé sommaire 65
15 Notions complémentaires et procédures 35 Séquences textuelles 66
15.1 Phrase syntaxique : identification 26 36 Énoncé ancré, énoncé coupé 67
15.2 Classes et fonctions grammaticales : description 28
37 Paroles rapportées 68
15.3 Fonctions grammaticales : identification 30
38 Thème et propos, progression thématique 70
15.4 Autres fonctions et nuances sémantiques : description 32
39 Reprises de l’information 71
15.5 Degrés de l’adjectif : description 33
15.6 Forme passive : transformation, suppression, identification 34 40 Organisateurs et connecteurs 72
15.7 Phrase relative : construction, identification de la fonction du pronom relatif 35 41 Systèmes et rapports de temps 73
42 Modalisateurs 74
Index 75
Guide de relecture orthographique
TEXTE

Un texte est un message organisé, écrit ou oral, qui a un sens.


Il est délimité par un début et une fin.
Il peut être de longueur variable.

Exemples de textes écrits : un roman, un article de journal, un conte, un poème, une


pièce de théâtre…
Exemples de textes oraux : un discours (du président de la Confédération, de la directrice
du collège…), une annonce à l’interphone, une plaidoirie d’avocat, un bulletin météorolo-
gique à la radio ou à la télévision, un conte, un poème, une pièce de théâtre…
1 EXPOSÉ SOMMAIRE

Tout texte se caractérise par des éléments qu’il convient d’explorer car ils contribuent à sa production, à sa construction et à sa réception.

Eléments caractéristiques Réf. Définitions 1 Exemples de paratexte :


• à l’oral, les accentuations, les
C’est l’ensemble des éléments qui sont à côté ou autour du texte et qui fournissent une série d’infor- pauses de la voix ;
Le paratexte1 2 mations sur le texte. Le paratexte désigne donc ce qui entoure et prolonge le texte. • à l’écrit, la ponctuation, la
mise en page, les éléments
C’est l’ensemble des éléments qui définissent les conditions dans lesquelles le texte est produit : visuels (tableaux, images…), les
l’émetteur, qui est celui ou celle qui produit l’énoncé ; le destinataire, qui est celui ou celle à qui est informations complémentaires
La situation d’énonciation 3
adressé l’énoncé ; le moment de l’énonciation, c’est-à-dire le moment où l’énoncé est produit ; le lieu (table des matières, lexique,
d’énonciation, c’est-à-dire l’endroit (proche/lointain, privé/public…) où l’énoncé est produit. quatrième de couverture…), les
commentaires (notes, critiques,
C'est l'intention qu'a l'émetteur qui produit un texte : distraire, amuser, émouvoir, expliquer, raconter, entretiens avec l’auteur…).
La visée 4 faire peur, etc. Pour atteindre son but, l'émetteur organise son texte en séquences qui peuvent appar- 2 Exemples d’effets :
tenir à l'un ou plusieurs des sept regroupements de genres.. • l’émerveillement, la surprise,
l’adhésion, l’édification, le
Ce sont les réactions plus ou moins attendues du destinataire qui dépendent notamment de l’emploi rire, le malaise, la tristesse, la
de différents procédés d’écriture (types de phrase, vocabulaire, champs lexicaux, figures de style, compassion, la terreur…
L’effet2 4
retours en arrière, ellipses, pauses, modalisateurs…) ou de la mise en valeur de certains thèmes (ami- 3 Exemples de genres :
tié, angoisse, guerre, maladie, naissance…). • un roman, un article de journal,
un conte, un poème, un sermon,
C’est l’ensemble des textes qui partagent des formes et des caractéristiques linguistiques com- une plaidoirie…
munes aisément reconnaissables par les membres d’une même culture.
Le genre3 5
Chaque texte appartient à un genre.
Il existe des genres littéraires et des genres sociaux.
Les genres de textes peuvent être regroupés en fonction de leur visée et de leurs caractérisitiques
linguistiques communes. On distingue sept regroupements de genres : les textes qui racontent, les
Les regroupements de genres 5
textes qui relatent, les textes qui transmettent des savoirs, les textes qui argumentent, les textes qui règlent
des comportements, les textes poétiques et les textes théâtraux.
Un texte utilise un vocabulaire et des expressions qui peuvent appartenir à différents registres de
langue : le registre courant (neutre), le registre soutenu (littéraire), le registre familier..
Les registres de langue 6
Le registre de langue dépend du niveau culturel de l’émetteur et du destinataire, de leur âge, des rela-
tions qu’ils entretiennent, du lieu où le texte est produit et de la visée.

Un texte comporte des passages, plus ou moins longs, qui ont des structures typiques reconnaissables (description, explication…). On appelle ces
passages des séquences textuelles (-> 35 , p.66). Ainsi un texte narratif comporte, bien sûr, des séquences narratives qui font progresser l’histoire,
mais également des séquences descriptives, dialoguées, explicatives ou argumentatives.

4
texte

2 PARATEXTE

Le paratexte désigne ce qui entoure et prolonge le texte.


1 Exemples de signes graphiques
Il comprend des éléments extérieurs au texte mais situés à l’intérieur du livre : ponctuation, titre, sous-titres, intertitres, nom de l’auteur et de l’édi-
teur, date d’édition, préface, dédicace, notes, illustrations, table des matières, postface, quatrième de couverture… - La majuscule marque le début d’une
phrase graphique, signale les noms propres
Il comprend aussi les divers commentaires du texte qui ne font généralement pas partie du livre : critiques, entretiens avec l’auteur, correspondance, (Julie) ou les abréviations (Fr. pour franc).
journaux intimes… - Le tiret introduit une parole rapportée
dans un dialogue.
- Vous partez ?
XXLa ponctuation - Je reviens dans un instant.
- Les parenthèses permettent d’isoler un
Les signes de ponctuation permettent, d’une part, de structurer un texte afin d’en faciliter la compréhension et, d’autre part, de segmenter un texte pour élément du texte pour l’expliquer ou le
en faciliter la lecture muette ou expressive. Certains signes graphiques remplissent une fonction semblable1. commenter.
Le vingt-troisième canton de Suisse (le
Jura) a été fondé en 1979.
- Les guillemets délimitent les paroles
Signes Utilisation Exemples
rapportées et les citations (au début et
Je ne suis actuellement pas disponible. Veuillez rappeler à la fin) ou indiquent qu’un mot ou une
Le point Il marque la fin d’une phrase graphique. Il est suivi d’une majuscule.
ultérieurement. formulation présente une particularité
(emprunté à une autre langue, appartenant
Le point d’interrogation Il marque la phrase de type interrogatif. Combien vaut ce tableau ? à un autre registre…).
Elle est invitée à la « teuf ».

Le point d’exclamation Il marque la phrase de type exclamatif. Ma montre ! Elle est tombée dans le ruisseau ! 2 Certains éléments, fortement liés
syntaxiquement, ne sont jamais séparés
Les points de suspension Ils marquent une phrase interrompue ou non terminée. Je ne sais pas comment vous le dire… par une virgule : le déterminant et le nom, le
sujet et le verbe, le verbe et son complément.
Ils introduisent : On peut toutefois les séparer par un autre
élément qui est alors entouré de deux
a) une explication ; a) Il n’y a rien à ajouter : tout a été dit. virgules.
Les deux points b) une énumération ; b) Certains noms prennent un –x au pluriel : bijoux, Le vingt-troisième canton de Suisse, le
Jura, a été fondé en 1979.
cailloux, choux, genoux, hiboux, joujoux, poux.
c) des paroles rapportées directement. c) Elle a dit : « Pense à me téléphoner dès ton arrivée ».
Elle marque une pause légère et permet de séparer un ou plusieurs
éléments de la phrase :
a) Un drapeau bleu, blanc, rouge.
a) dans une énumération ;
La virgule2 b) A cause de la pluie, la course est annulée.
b) en isolant un élément de la phrase au début ou au milieu de celle-ci ;
La vitesse est limitée, à la place du Midi, à 30 km/h.
c) pour indiquer, dans une phrase incise, qui parle lorsque des
c) « La séance est levée, déclara la présidente, bonne soirée. »
  paroles sont rapportées directement.
Il marque une pause moyenne qui sépare deux aspects de la même Je ne pensais pas venir ce soir ; mais j’ai finalement compris
Le point-virgule
idée. que ma présence était importante.

5
texte
2 PARATEXTE

XXLa mise en page


Les éléments de la mise en page sont la typographie et les subdivisions du texte en différentes parties.

A. Les choix typographiques


La police et sa taille Arial, Garamond, Comic Sans MS / 8 points, 12 points, 14 points Les choix typographiques ré-
La graisse : maigre ou gras Maigre ou gras pondent à une recherche de li-
Le caractère : romain ou italique Romain ou italique sibilité, d’expressivité et d’agré-
ment de lecture.
Le soulignement et le surlignement Le soulignement et le surlignement
Le noir ou la couleur Le noir ou la couleur

B. Les subdivisions du texte


Le paragraphe C’est une partie du texte qui est isolée de ce qui précède et de ce qui suit par un retrait au début (une marge plus grande) ou un interligne plus important. Le paragraphe correspond à
un élément nouveau dans le récit (une péripétie), à une étape de la présentation ou du raisonnement dans le texte explicatif, à un argument du texte argumentatif…
Les colonnes Une colonne réduit la longueur de la ligne : deux ou plusieurs colonnes peuvent ainsi occuper une même page. C’est le cas dans les journaux, les dictionnaires, les encyclopédies…
Le titre et les sous-titres Le titre annonce le contenu du texte, son sujet. Les sous-titres divisent le texte en plusieurs parties et en annoncent le contenu.
Le chapeau Le chapeau se situe en début de certains textes et donne des informations sur ce qui suit. Dans un manuel, il prépare à la lecture d’un extrait de texte ; dans un journal, il résume
le contenu de l’article. Le chapeau utilise souvent un caractère et/ou une police différents du texte.
L’encadré C’est un bloc de texte délimité par une bordure ou mis en évidence par un fond coloré. Il complète le texte (par un commentaire, une anecdote, un exemple…) ou met en évi-
dence ce qu’il faut retenir.
Les repères alphanumériques Ce sont des lettres (A/B/C), des chiffres (1/2/3), des signes graphiques (·, , *) qui peuvent contribuer à l’organisation du texte.

XXLes éléments visuels


Ils complètent le texte sous forme de tableau, de graphique, d’image, de photo, de dessin… Ils sont souvent accompagnés d’un texte explicatif qu’on appelle légende.

XXLes informations complémentaires


Les informations complémentaires complètent le texte pour en faciliter la lecture. Elles ne font pas partie du texte mais de l’ouvrage qui contient le texte.
• Une table des matières énumère les chapitres, et, selon les cas, les sous-chapitres d’un texte.
• Une préface, située avant un texte, explique la visée de celui-ci, son importance, les intentions de l’auteur.
• Une note explicative (en marge du texte ou en bas de page) donne des informations qui permettent de mieux comprendre un texte (une explication historique, le sens d’un mot rare…).
• Un glossaire donne une courte définition des mots clés utilisés dans un texte (dans un manuel scolaire, un ouvrage spécialisé…).
• Une quatrième de couverture est un petit texte de présentation d’un livre au dos du volume. Quand il s’agit d’un roman, elle consiste souvent en un bref extrait. Elle a pour visée d’inciter le lecteur
potentiel à lire l’ouvrage.
• Les didascalies sont des indications de jeu destinées aux interprètes d’un texte théâtral.

6
texte
2 PARATEXTE

XXL’exemple d’une page web


Eléments du paratexte :
Le document présenté ci-dessous est une page d’un dossier multimédia interactif tiré du site officiel du Musée du Louvre à Paris (http://www.louvre.fr). - l’élément visuel (photo d’une statue) occupe
Bien que le texte, situé en bas à droite, n’occupe pas visuellement une place plus importante que les éléments du paratexte, il comporte 182 mots que l’on une place prépondérante ;
peut lire en défilé et il est donné à écouter tout au long de la visite de la page. - sur la bannière en haut, le logo de l’émetteur
(Louvre), le titre (Le Scribe accroupi) et
les crédits, c’est-à-dire l’ensemble des
contributeurs à la réalisation de ce document ;
- dans le menu à gauche, le sommaire (analyse
et contexte) et le glossaire ;
logo de l’émetteur crédits - dans l’encadré à droite, la légende ;
- sous l’image, une série de boutons pour
notamment écouter le texte, consulter le
schéma chronologique,
la bibliographie,
titre

élément visuel

sommaire
légende

ou encore l’échelle
du document visuel.

vocabulaire

texte

7
texte

3 SITUATION D’ÉNONCIATION

La situation d’énonciation désigne les éléments qui caractérisent les conditions dans lesquelles un texte est produit.
1 Lorsque la personne qui reçoit le
L’énonciation est l’acte par lequel est produit un texte ou un énoncé. message n’est pas celle à qui il est
Pour produire ou comprendre un énoncé, il faut tenir compte de la situation dans laquelle il est ou a été produit, la situation d'énonciation, qui com- destiné (par exemple, les passagers
d’un train écoutant la conversation
porte quatre éléments : téléphonique d’un autre usager), on
utilise le terme récepteur.

1) l'émetteur, qui est celui ou celle qui produit l'énoncé ; Qui ?


2) le destinataire1, qui est celui ou celle à qui est adressé l'énoncé ; A qui ?
3) le moment de l'énonciation, c’est-à-dire le moment où l’énoncé est produit ; Quand ?
4) le lieu de l'énonciation, c’est-à-dire l’endroit (proche ou lointain, privé ou public…) où l’énoncé est produit. Où ?

La Ferté-Alais, le 8 septembre 2004


Chère Adélie,
J’ai fini ce matin « Le lutin farceur » : c’est une bande dessinée dont le héros s’appelle Gullio. Il lui arrive plein
d’aventures.
Je te conseille cet album. Tu le trouveras sûrement demain, à la médiathèque.
A bientôt.

Ton amie Sam



Atelier du langage 9e © Editions Hatier/CIIP, 2009
Dans cet exemple, on peut identifier les quatre éléments de la situation d’énonciation : l’émetteur est Sam, le destinataire Adélie, le moment
d’énonciation le 8 septembre 2004 et le lieu d’énonciation La Ferté-Alais.

Ce texte est ancré dans la situation d’énonciation (-> 36 , p.67) car il comporte des mots et des expressions qui ne peuvent être compris qu’en
tenant compte des éléments de la situation d’énonciation :
- je renvoie à Sam, l’émetteur ;
- te et tu renvoient au destinataire Adélie ;
- ce matin indique que l’événement relaté a eu lieu le matin du jour correspondant au moment d’énonciation (donc le 8 septembre 2004) ;
- demain renvoie au lendemain du moment d’énonciation, soit le 9 septembre 2004.

8
texte

4 VISÉE ET EFFET

XXLa visée
La visée du texte correspond à l’intention de l’émetteur qui produit un texte : distraire, amuser, émouvoir, expliquer, raconter, faire peur, etc. Pour atteindre son but, l’émetteur organise son texte en
séquences (-> 35 , p.66) qui peuvent appartenir à l’un ou plusieurs des sept regroupements de genres (-> 5 , p.10).
Un texte peut donc avoir des visées très différentes qui, parfois, peuvent se combiner entre elles. On peut relater un événement pour régler un comportement (par exemple, relater un accident
pour rendre un enfant plus prudent lorsqu’il traverse la route).
Il est impossible de mentionner toutes les visées des textes, mais certaines d’entre elles sont fréquemment rencontrées.
Visées du texte Genres de textes
Faire rire Une blague, un sketch…
Raconter, relater Un conte, une nouvelle, un roman historique ou policier…
Fournir des informations Un fait divers, un compte rendu, un témoignage, une note de service…
Expliquer, enseigner Une encyclopédie, un manuel scolaire, un article scientifique, un documentaire…
Régler un comportement Un règlement, un mode d’emploi, une recette de cuisine, les règles d’un jeu…
Convaincre Une plaidoirie d’avocat, un discours politique, une publicité…
Exprimer ses sentiments, ses émotions Une chanson, un poème, une lettre personnelle…

La visée d’un texte est étroitement liée au genre auquel le texte appartient (-> 5 , p.10).

XXL’effet
L’effet du texte correspond aux réactions intellectuelles et émotionnelles plus ou moins attendues du ou des destinataires, par exemple : l’émerveillement, la surprise, l’adhésion, l’édification,
l’interrogation, le rire, le malaise, la tristesse, la compassion, la terreur…
L’émetteur peut obtenir un effet grâce à l’emploi de différents procédés d’écriture (types de phrase, vocabulaire, champs lexicaux, répétitions, figures de style, retours en arrière, ellipses, pauses,
modalisateurs…) ou la mise en valeur de certains thèmes (amitié, angoisse, guerre, maladie, naissance…).

Dans l’exemple suivant, la répétition de j’ai vu a pour effet de susciter la panique ou l’angoisse chez le destinataire :
6 août. – Cette fois, je ne suis pas fou. J’ai vu... j’ai vu... j’ai vu !... Je ne puis plus douter... j’ai vu !... J’ai encore froid jusque dans les ongles... j’ai
encore peur jusque dans les moelles... j’ai vu !...
Guy de Maupassant, Le Horla, 1886

9
texte
1 Ces caractéristiques communes
sont liées :
5 GENRES DE TEXTES ET REGROUPEMENTS DE GENRES • à la visée des textes (raconter,
relater, expliquer, convaincre…) ;
• au type de contenu abordé (un
roman policier n’aborde pas
les mêmes sujets qu’un roman
fantastique) ;
XXLes genres de textes • à la forme ou à la structure des
Tout texte appartient à un genre. Un genre désigne des textes qui ont des caractéristiques communes1 reconnaissables2. Il existe de très nombreux genres, textes (un poème a une forme
différente de celle d’un fait divers
dont le conte3, le débat, le sermon, le reportage, etc. ou d’un roman) ;
• à des procédés langagiers utilisés
(un roman est souvent écrit au
XXLes regroupements de genres passé simple et à l’imparfait,
un article de journal au passé
Comme il existe de très nombreux genres, on peut les rassembler en sept regroupements généraux qui ont des caractéristiques propres en fonction de composé ; une recette de
leur visée : on distingue les textes qui racontent, les textes qui relatent, les textes qui transmettent des savoirs, les textes qui argu- cuisine emploie fréquemment
l’impératif ).
mentent, les textes qui règlent des comportements, les textes poétiques et les textes théâtraux.
Les regroupements de genres ont des caractéristiques linguistiques communes : 2 Un enfant qui entend : Il était
une fois sait dès le début qu’il s’agit
• les genres qui racontent et qui relatent doivent présenter une organisation temporelle de leur contenu, souvent combinée, dans les descriptions, à une d’un conte. Il n’aura pas besoin de
organisation spatiale ; poser la question : « Est-ce que c’est
• les genres qui transmettent des savoirs sont fortement structurés par leur mise en page, par la présence de titres, de sous-titres, d’encadrés, de caractères vrai ? ».
typographiques différents ou encore d’éléments visuels ; 3 Le Petit Chaperon rouge, La Belle
• les genres qui argumentent contiennent des connecteurs qui indiquent des liens de causalité, de justification, d’opposition, etc., entre les différents au bois dormant, etc., partagent
éléments du contenu d’un texte. plusieurs caractéristiques communes
et appartiennent à un même genre :
le conte.

XXLes visées, les genres de textes et les regroupements de genres


Visées du texte Exemples de genres de textes sociaux Exemples de genres de textes littéraires Regroupements de genres de textes
Raconter en évoquant des faits imagi- Conte, nouvelle, roman (historique, sentimental, policier, de
Blague, « bonne histoire »… Les textes qui racontent
naires (fictionnels) science-fiction, à « suspense », etc.)…
Relater, fournir des informations sur des Lettre, note, récit oral ou écrit, compte rendu, fait
Biographie, autobiographie, ouvrage historique… Les textes qui relatent
événements passés et réels divers, résumé, témoignage…
Expliquer, enseigner des matières Manuel scolaire, encyclopédie, article scientifique… Roman historique, essai… Les textes qui transmettent des savoirs
Débattre de questions controversées Dissertation scolaire, débat, plaidoirie au tribunal, lettre
Plaidoyer, pamphlet, controverse… Les textes qui argumentent
Défendre ou réfuter un avis de motivation…
Eduquer, dicter des comportements ou
Recette de cuisine, règlement, description d’un itiné-
des attitudes en indiquant les règles et les Parabole, récit initiatique… Les textes qui règlent des comportements
raire, règle de jeu…
usages de diverses activités
Exprimer des sentiments, des émotions
Calembour, cadavre exquis, chanson… Poème en vers ou en prose, roman poétique… Les textes poétiques
par le langage, explorer le langage
Mettre en scène des personnages pour les
Sketch, saynète, imitation… Comédie, tragédie, opéra… Les textes théâtraux
faire « jouer » une histoire

10
texte

6 REGISTRES DE LANGUE

Lors de la production d’un texte, l’émetteur doit tenir compte du contexte, notamment de la relation qu’il entretient avec ses destinataires1, du lieu où
1 On ne s’adresse pas de la même manière à un
le texte est produit2 et de la visée. Il recourt donc à un registre de langue courant, familier ou soutenu3. ami ou à son patron.

A. Le registre courant (ou neutre) 2 On n’utilise pas le même vocabulaire dans


C’est le registre de la langue usuelle. Le registre courant est utilisé dans les situations de communication ordinaires, dans la presse quotidienne, etc. une conférence ou dans une discussion entre
collègues.
B. Le registre familier4
3 Les registres de langue sont constitués de
Le registre familier est utilisé dans des situations quotidiennes dans lesquelles les interlocuteurs se connaissent et sont dans une relation plutôt variations dans l’emploi du vocabulaire (une
égalitaire (famille, copains, collègues…). bicoque, une maison, une demeure) et dans
l’emploi des tournures (par exemple, l’inversion
Voici quelques-unes des caractéristiques de ce registre : ou non du sujet et du verbe dans une phrase de
• l’emploi de termes familiers : un clébard (pour un chien), un flic (pour un policier), le pognon (pour l’argent)… type interrogatif ).
• l’utilisation d’abréviations : le prof, le psy, les maths, le ciné… 4 Il ne faut pas confondre le registre familier et
• l’emploi de certaines tournures syntaxiques : les langages codés (argot, verlan…).
-- négation incomplète : je sais pas (je ne sais pas), il veut pas (il ne veut pas)…
-- suppression du pronom sujet : faut (pour il faut) obéir à ce que je te dis, y a (pour il y a)…
-- utilisation du type de phrase interrogatif sans l’inversion du sujet et du verbe : Vous avez fini ?
• à l’écrit, l’utilisation du style « texto » : tqt (t’inquiète), bjr sava ? (bonjour, ça va ?), jtm (je t’aime), a12c4 (à un de ces quatre)…
• à l’oral, la suppression de certaines voyelles, consonnes ou syllabes : main(ten)ant, les sou(l)iers…
Le registre familier peut être plus ou moins accentué : il recourt parfois à des expressions populaires et à des tournures vulgaires, telles que les jurons. Il
contribue à donner un effet de réel dans les séquences dialoguées de roman par exemple.
C. Le registre soutenu
Le registre soutenu est utilisé dans des situations très formelles (discours, conférences, séances officielles…) dans lesquelles les interlocuteurs ne se
connaissent pas ou sont dans une relation plutôt hiérarchique (patron/employé, par exemple). A l’oral, ce sont les situations officielles, les conférences ;
à l’écrit, on recourt fréquemment à ce registre soit parce que le texte produit appartient à un genre littéraire, soit parce qu’on cherche des formulations
particulièrement précises, variées.
Voici quelques-unes des caractéristiques de ce registre :
• l’emploi de termes peu usuels : le firmament (pour le ciel), la palingénésie (pour la renaissance), obsolète (pour désuet, qui n’est plus en usage),
bailler (pour donner)…
• l’emploi de constructions recherchées : Seriez-vous assez aimable pour m’accompagner ? (pour Vous voulez m’accompagner ?).

11
texte

6 REGISTRES DE LANGUE

D. Les argots et les autres langages codés5


5 Le verlan, fréquent aujourd’hui
Les argots, le verlan par exemple, se distinguent des registres de langue (courant, familier, soutenu) dans la mesure où ils constituent souvent de véri- dans certains groupes, est un
tables langages codés, difficilement compréhensibles pour ceux qui n'appartiennent pas au groupe des initiés. procédé argotique ancien qui s’est
développé dans l’argot parisien
A l'origine, ces dénominations ont été utilisées pour désigner la manière de parler de groupes particuliers, souvent en marge de la société (bandits, mar- des années cinquante. Il consiste
chands ambulants, mendiants, etc.). Le codage est utilisé pour montrer que l'émetteur et le destinataire appartiennent au groupe et pour exclure de la à inverser les syllabes : laisse béton
communication toute personne n’en faisant pas partie. pour laisse tomber, titre d’une
chanson de Renaud ; un ripou pour
Mais, aujourd'hui, ces manières de parler ont avant tout une fonction d'identification à un groupe. un pourri, etc.
L’argot remplace plutôt les termes
par d’autres termes (becqueter,
Le corbeau et le renard Le Corbeau et le Renard bouffer, cartoucher, casser la croûte,
en argot par Pierre Perret, avec l’aimable autorisation des Editions Adèle de Jean de La Fontaine claper, croûter, galimafrer, etc. pour
manger), utilise des expressions
Maître Corbeau sur un chêne mastard Maître Corbeau, sur un arbre perché, imagées (casser la dalle, casser la
graine, pour manger).
Tenait un from’ton dans le clapoir. Tenait en son bec un fromage. Un bon nombre de termes
Maître Renard reniflant qu’au balcon Maître Renard, par l’odeur alléché, argotiques sont entrés dans la
Quelque sombre zonard débouchait les flacons Lui tint à peu près ce langage : langue familière : par exemple, un
Lui dit : «Salut Corbac, c’est vous que je cherchais. « Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau. poulet pour un policier, un casse pour
un cambriolage.
A côté du costard que vous portez, mon cher, Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Le jargon est une façon de
La robe du soir du Paon est une serpillière. Sans mentir, si votre ramage s’exprimer propre à une profession
De plus, quand vous chantez, il paraîtrait sans charre Se rapporte à votre plumage, (le jargon des médecins), à une activité
Que les merles du coin en ont tous des cauchemars.» Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. » (le jargon des « snowboarders »), à
A ces mots le Corbeau plus fier que sa crémière, A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie : une science (le jargon scientifique),
difficilement compréhensible pour
Ouvrit grand comme un four son piège à ver de terre. Et pour montrer sa belle voix, le non-initié.
Et entonnant «Rigoletto» il laissa choir son calendo. Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard le lui pique et dit : «Apprends mon gars Le Renard s’en saisit, et dit : «Mon bon Monsieur,
Que si tu ne veux point tomber dans la panade Apprenez que tout flatteur
N’esgourde point celui qui te passe la pommade ...» Vit aux dépens de celui qui l’écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.»
Moralité : Le Corbeau, honteux et confus,
On doit reconnaître en tout cas Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
Que grâce à Monsieur La Fontaine

Très peu de chanteurs d’opéra

Chantent aujourd’hui la bouche pleine.

12
TEXTE QUI RACONTE

Le texte qui raconte désigne un récit imaginaire qui distingue


l’histoire (ce qui est raconté) et la narration (la manière de raconter).
Il peut prendre une valeur littéraire lorsque sa visée est esthétique.
texte qui
raconte
7 AUTEUR, NARRATEUR, POINT DE VUE, PERSONNAGES

La visée des textes qui racontent consiste à raconter des actions (l’histoire) d’un ou plusieurs personnages imaginés par un auteur1. Celui-ci opère
1 Un conte, une fable, une nouvelle,
une série de choix narratifs qui concernent le narrateur et son point de vue. un roman policier ou fantastique
sont des textes qui racontent.
XXL’auteur
2 Dans le roman de P. Cauvin,
L’auteur est le producteur véritable du texte, la personne réelle qui l’a écrit : homme, femme ou enfant. E=MC2, mon amour (© J.-C. Lattès,
1977), deux adolescents vivent un
amour fulgurant. Lauren est la
XXLe narrateur
narratrice de tous les chapitres pairs
Le narrateur est celui ou celle qui raconte. Il occupe une position (externe ou interne) pour mettre en scène son récit. et Daniel le narrateur de tous les
• Lorsqu’il reste à l’extérieur de l’histoire, c’est un narrateur externe. Dans ce cas, le récit est mené à la troisième personne. chapitres impairs.

• Lorsqu’il se trouve à l’intérieur de l’histoire, c’est un narrateur interne. Dans ce cas, le récit est mené à la première personne. 3 Un narrateur externe peut
Dans certains récits, il peut y avoir plusieurs narrateurs2. aussi exprimer ce que ressent un
personnage.
Dans le récit autobiographique, l’auteur et le narrateur sont la même personne. « Assis près du moteur, Fred Narracot
se disait qu’il s’agissait d’une
drôle d’équipe. Ce n’était pas l’idée
XXLe point de vue qu’il s’était faite des invités de Mr
Le point de vue du narrateur peut varier en fonction de l'angle selon lequel le narrateur raconte ou décrit. O’Nyme. Il s’attendait à un peu plus
de classe. »
• Le point de vue est omniscient lorsque le narrateur a une connaissance des événements qui dépasse celle des personnages : il sait tout, voit Agatha Christie, Dix petits nègres,
tout, entend tout et connaît souvent les pensées des personnages. traduction de Gérard de Chergé,
• Le point de vue est interne (ou intériorisé) lorsque le narrateur se limite à ce que perçoit et sait un personnage : c’est presque toujours le cas © Editions du Masque, 2011, avec
l’aimable autorisation des Editions
lorsque le récit est mené à la première personne3. Jean-Claude Lattès
• Le point de vue est externe (ou neutre) lorsque le narrateur ne communique que ce que pourrait percevoir un spectateur extérieur à l’action.
Il enregistre ce qui se passe comme pourrait le faire une caméra. 4 Dans la nouvelle de Le Clézio,
La ronde (© Gallimard, 1982), un
des personnages principaux est un
XXLes personnages camion de déménagement.
Les personnages sont des êtres (un homme, une femme, un enfant, une fée, une divinité), des animaux, parfois des objets4 ou une force agissante5 qui
5 Dans Le vieil homme et la mer, d’E.
jouent un rôle dans le récit. Lorsqu’il s’agit d’un animal ou d’un objet, le narrateur peut lui donner la capacité de s’exprimer6. Hemingway (© Gallimard, 1952),
la mer est un des personnages de
l’histoire.

6 Dans les Fables de La Fontaine,


les animaux parlent. Dans le roman
de Diane Meur, Les vivants et les
ombres (© Sabine Wespieser, 2007),
la narratrice est une maison qui
raconte la vie des gens qui ont vécu
dans ses murs.

14
texte qui
raconte
8 SCHÉMA NARRATIF, SCHÉMA ACTANCIEL

Un grand nombre de textes qui racontent ou relatent comportent des éléments importants pour la construction de l’histoire. Deux schémas ont été
1 Le schéma narratif est très utile pour
proposés pour décrire ces régularités : le schéma narratif et le schéma actanciel. Ils permettent de mieux comprendre, interpréter et organiser les effectuer le résumé d’un texte court, d’une
textes qui racontent. nouvelle par exemple.
Dans un roman, le schéma narratif peut se
répéter à plusieurs reprises en fonction de la
XXLe schéma narratif 1 longueur et de la complexité du texte.
Le schéma narratif décrit la structure d’un texte qui raconte en cinq étapes.
2 Un même personnage peut remplir
Schéma narratif Une rencontre insolite plusieurs fonctions. Ainsi, le sujet (héros)
1. La situation initiale : situation stable au début de l’histoire. La situa- peut être le destinataire de sa propre quête.
Un chevalier doit affronter une créature
tion initiale donne souvent des informations sur les personnages, le lieu, Mme Eugénie se promène avec son chien sur un sentier près de la forêt de Muster. immonde qui terrorise tout un royaume pour
l’époque. obtenir la main de la femme qu’il aime, la fille
2. La complication (ou l’élément déclencheur) : un événement se du roi. S’il réussit, il sera un des destinataires de
produit et provoque une rupture qui déstabilise la situation initiale. Les Soudain, elle voit surgir un ours entre les sapins, deux-cents mètres plus loin. sa propre quête.
actions peuvent alors commencer.
Mme Eugénie décide de rebrousser chemin et de rejoindre sa voiture. Malheureusement,
son chien Harry ne peut pas marcher très vite car il vient d’être opéré d’une patte et il
3. Les actions (ou les péripéties) : c’est l’ensemble des actions que la porte une attelle. L’ours n’est pas effrayé et se rapproche de plus en plus. Lorsqu’il est sur
complication va entraîner jusqu’au dénouement du récit. le point de rejoindre Mme Eugénie et son chien, un lièvre traverse le sentier, ce qui distrait
le gros animal pendant quelques secondes. La dame et son chien peuvent prendre un peu
d’avance.
4. La résolution (ou le dénouement) : c’est le dernier élément des Mme Eugénie et Harry parviennent à rejoindre la voiture, précédant l’ours de quelques
actions qui amène une solution au récit. mètres seulement.
5. La situation finale : situation stable qui découle du dénouement et qui Arrivée chez elle, Mme Eugénie se promet de ne plus jamais promener Harry dans cette
est différente de la situation initiale. région.

XXLe schéma actanciel


Le schéma actanciel présente et décrit les fonctions des personnages ou des forces agissantes d’un récit. Il est utile pour décrire la structure d’un conte,
d’un récit de quête ou encore l’intrigue d’une pièce de théâtre.
Le schéma actanciel s’organise autour de trois axes : sujet/objet – destinateur/destinataire – adjuvant/opposant.
• Le sujet est le héros de la quête ; l’objet est ce que le héros recherche, convoite, veut atteindre (une personne, un objet, un idéal...).
• Le destinateur est le personnage ou la force agissante (un idéal, un sentiment, un désir de changement…) qui va inciter le sujet (héros) à accomplir
une quête ; le destinataire est le bénéficiaire de la quête du sujet (héros).
• Le ou les opposants contrarient la quête du sujet (héros) ; le ou les adjuvants aident le sujet (héros) dans son périple.
En résumé, le héros ou sujet est chargé de trouver ou conquérir une personne, un bien matériel, un idéal (l’objet de sa quête ou de sa mission) qu’il doit
remettre à un destinataire. Il reçoit sa mission d’un destinateur (personnage, force agissante, ou même une idée, un concept). Pour réussir, il affronte
des épreuves. Certains personnages (adjuvants) aident le héros ; d’autres (opposants) contrarient son projet 2.
15
texte qui
raconte
9 CHRONOLOGIE ET RYTHME DU RÉCIT

XXLa chronologie du récit


1 Dans L’île mystérieuse, Jules Verne
Le récit peut se dérouler dans le temps de différentes manières : raconte comment cinq hommes
• il est linéaire lorsque les événements sont racontés dans l’ordre où ils se produisent ou se sont produits ; et un chien naufragés sur une île
• il est discontinu lorsque le narrateur pratique des anticipations ou des retours en arrière. déserte finissent par être sauvés,
entre 1865 et 1869.
A. Le récit linéaire 2 « Bien des années plus tard, face
Le récit est linéaire si les événements sont racontés dans l’ordre où ils se produisent ou se sont produits 1. au peloton d’exécution, le colonel
Aureliano Buendia devait se rappeler
ce lointain après-midi au cours duquel
Ordre de la narration : 1 2 3 4 5 son père l’emmena faire connaissance
Ordre de l’histoire : 1 2 3 4 5 avec la glace. Macondo était alors un
village d’une vingtaine de maisons en
glaise et en roseaux […] »
Gabriel Garcia Marquez, Cent ans
B. Le récit discontinu de solitude, traduction de C. et C.
Durand, © Éditions du Seuil, 1968
Le récit est discontinu si le narrateur ajoute au récit des actions ou des événements qui se situent avant ou après le moment de la narration 2.
3 « Dans le train du retour, Grandieux
a) Le retour en arrière repensait à cet instant de sa panique,
Le narrateur peut pratiquer le retour en arrière pour présenter des événements antérieurs au moment du récit 3. Ces retours en arrière s’étendent quand le Dr Galay, se tournant vers
lui, lui avait enjoint brusquement de
parfois sur plusieurs chapitres. rejoindre sa chambre, à l’hôtel que le
Dr Denom leur avait réservé pour la
Ordre de la narration : 2 3 1 4 5 nuit, et de l’y attendre ».
Anne-Marie Garat, Dans la main du
Ordre de l’histoire : 1 2 3 4 5
diable © Actes Sud, 2006

4 « La voleuse de livres et son frère se


b) L’anticipation rendaient à Munich où ils seraient
bientôt accueillis par des parents
Le narrateur peut aussi pratiquer l’anticipation en annonçant des événements qui se passeront plus tard dans le cours du récit 4. adoptifs. Nous savons maintenant
que le petit garçon n’arriverait pas à
Ordre de la narration : 1 2 5 3 4 destination ».
Markus Zusak, La voleuse de livres
Ordre de l’histoire : 1 2 3 4 5 © Oh ! Éditions, 2005

16
texte qui
raconte
9 CHRONOLOGIE ET RYTHME DU RÉCIT

XXLe rythme du récit


5 « Six semaines après, un soir, j’avais donné
La durée de la narration ne correspond pas forcément à celle de l’histoire. Le rythme (ou la vitesse) du récit est précisément le rapport entre cette double congé à mon domestique. C’était la veille du 14
temporalité : juillet. Il faisait une chaleur d’orage, et l’idée de
sortir ne me souriait guère ».
- celle de la narration ; Maurice Leblanc, L’aiguille creuse, © 1907
- celle de l’histoire.
6 « Jenkins descendit la colline sans regarder à
Le décalage entre ces deux axes provoque des effets de rythme : l’ellipse, la pause, la scène, le sommaire. gauche, ni à droite car il préférait ne pas voir
certaines choses. Un arbre se dressait là où dans
A. L’ellipse un autre monde un autre arbre se trouvait
planté. Là se trouvait le terrain dont des
L’ellipse consiste à passer sous silence certains événements de l’histoire afin d’accélérer le rythme de la narration. Un segment inexistant du récit millions de pas avaient imprimé l’image dans
correspond donc à une durée variable de l’histoire 5. son cerveau, dix mille ans plus tôt ».
Clifford Donald Simak, Demain les chiens ©
Durée de la narration : La durée de narration (ou la flèche bleue) est plus J’ai Lu, 2002

Durée de l’histoire : courte que la durée de l’histoire (ou la flèche rouge). 7 « – Quelle sorte de voiture ?
– Un coupé à quatre places.
B. La pause – Et quel jour était-ce ?
– Quel jour ? Mais ce matin.
La pause consiste à suspendre l’histoire racontée. Le récit continue sous la forme d’une description, d’une explication, d’un commentaire 6. – Ce matin ? Qu’est-ce que vous me
chantez là ? »
Durée de la narration : La durée de narration (ou la flèche bleue) est plus longue que la Maurice Leblanc, L’aiguille creuse, 1907
Durée de l’histoire : durée de l’histoire (ou la flèche rouge).
8 « On n’entendit plus du tout parler du petit
Jean Vallin. Les parents, chaque mois, allaient
C. La scène toucher leurs cent vingt francs chez le notaire ;
La scène est le moment du récit où la narration et l’histoire progressent à la même vitesse. La scène est le plus souvent et ils étaient fâchés avec leurs voisins parce que
la mère Tuvache les agonisait d’ignominies,
dialoguée 7. répétait sans cesse de porte en porte qu’il
fallait être dénaturé pour vendre son enfant,
Durée de la narration : La durée de narration (ou la flèche bleue) correspond à la durée de que c’était une horreur, une saleté, une
l’histoire (ou la flèche rouge). corromperie. »
Durée de l’histoire : Maupassant, Aux champs, 1883

D. Le sommaire
Le sommaire permet d’accélérer le rythme du récit. La narration va plus vite que l’histoire et résume en quelques lignes ou quelques pages des évé-
nements qui se déroulent sur plusieurs jours, mois ou années 8.

Durée de la narration : La durée de narration (ou la flèche bleue) est plus courte que la durée
Durée de l’histoire : de l’histoire (ou la flèche rouge).

17
PHRASE

Une phrase est une unité syntaxique qui a du sens. Elle est constituée
d’un ou plusieurs mots qui s’organisent le plus souvent autour d’un
verbe.
A l’écrit, une phrase est délimitée par une majuscule au début et par
une ponctuation forte à la fin ( . / … / ? / ! ). On parle alors de phrase
graphique.
Une phrase qui comporte un seul verbe conjugué est une phrase simple.
Le printemps est arrivé. Les enfants courent sur le gazon. (2 phrases simples)
Une phrase qui comporte plusieurs verbes conjugués est une phrase complexe.
Le printemps est arrivé, les enfants courent et jouent au ballon. (1 phrase complexe avec enchaînement)
Dès que le printemps arrive, les enfants courent sur le gazon. (1 phrase complexe avec subordination)
Une phrase qui ne comporte pas de verbe conjugué est une phrase à construction particulière.
Voici le printemps ! Ne pas marcher sur le gazon. (2 phrases à construction particulière)
phrase
10 EXPOSÉ SOMMAIRE

Constituants obligatoires Constituants facultatifs


La phrase est une unité syntaxique qui a du sens.
Elle contient deux constituants obligatoires, le sujet et le prédi-
La phrase et sa structure syntaxique cat, et éventuellement un ou plusieurs constituants facultatifs, le(s)
complément(s) de phrase. Sujet + Prédicat Complément(s) de phrase
(-> 11 , p.20) S + Préd ± CP
On peut représenter la structure syntaxique de la phrase avec le
schéma ci-contre.

La phrase de base Les transformations


La phrase de base peut subir une ou plusieurs transformations.
La phrase de base est un outil d’analyse qui correspond à une réalisa- • Le changement de type
tion minimale de la structure syntaxique et qui permet de décrire toutes les Pourquoi l’entraîneur consulte-t-il son adjoint ? (type interrogatif)
La phrase de base et ses transformations phrases. • Le changement de forme
(-> 12 13 , p.22) Elle est toujours simple, de type déclaratif, de forme positive, neutre L’entraîneur ne consulte pas son adjoint. (forme négative)
et active, non pronominalisée. • La pronominalisation
L’entraîneur consulte son adjoint. Il consulte son adjoint. L’entraîneur le consulte.
• La subordination
L’entraîneur consulte son adjoint parce que son équipe perd.

La phrase simple La phrase complexe


La phrase simple est organisée autour d’un seul verbe conjugué. Elle La phrase complexe comporte deux verbes conjugués au moins.
La phrase simple et la phrase complexe peut être plus ou moins développée et peut subir des transformations. Elle est donc composée de plusieurs phrases qui sont liées par les procé-
L’entraîneur consulte son adjoint. dés de l’enchaînement et/ou de la subordination.
(-> 14 , p.24)
Après de nombreuses hésitations, l’entraîneur consulte son adjoint avant la fin Enchaînement Subordination
de la première mi-temps. L’entraîneur appelle son adjoint et le L’entraîneur appelle son adjoint
Il le consulte. consulte. parce que son équipe perd.

19
phrase
11 PHRASE, GROUPE, MOT

XXLa phrase et ses constituants


1 Une unité syntaxique est un
Une phrase est une unité syntaxique1 qui a du sens. Elle est constituée de deux groupes obligatoires, le sujet et le prédicat2 de phrase, et d’un ensemble d’éléments – groupes et
ou plusieurs groupes facultatifs, le ou les complément(s) de phrase. mots – qui entretiennent entre eux
des relations grammaticales qu’on
Dès le début de sa vie, l’écrivain Jack London est un enfant très différent des autres. appelle fonctions.
On distingue 5 fonctions de base :
Caractéristiques
Constituants de la phrase le sujet, le prédicat, l’attribut, le
syntaxiques sémantiques complément et le modificateur.

Sujet de phrase (S) : l’écrivain Jack London Il est obligatoire. Il désigne ce dont on parle. (-> 15.2 , p.28 et -> 15.3 , p.30)

Prédicat de phrase (Préd) : est un enfant très différent des autres Il est obligatoire. Il désigne ce qu’on dit du sujet. 2 Le prédicat est la fonction du
groupe verbal (GV).
Complément de phrase (CP) : dès le début de sa vie Il est facultatif. Il précise le contexte, le cadre, l’époque.
3 Une classe grammaticale réunit
La phrase présente ainsi la structure syntaxique suivante : S + Préd ± CP des mots ayant des caractéristiques
communes. On distingue 10 classes
grammaticales que les dictionnaires
XXLes groupes de langue mentionnent avant la
définition.
Un groupe est une unité syntaxique1 dont le sens est généralement incomplet et qui se lie à d'autres groupes pour former une phrase.
(-> 15.2 , p.28)
est un enfant très différent des autres
Le groupe est formé autour de certains mots qui en constituent le noyau et qui reçoivent des expansions spécifiques selon leur classe grammaticale3 : 4 Exemple :
Cet enfant agit très différemment des
- le nom peut recevoir des déterminants (un enfant) et des compléments de nom (un enfant différent) ; autres.
- l’adjectif peut recevoir des modificateurs (très différent) et des compléments d’adjectif (différent des autres) ; Le groupe très différemment des
- le verbe peut recevoir des modificateurs et des compléments de verbe (est un enfant très différent des autres) ; autres est un GAdv dans lequel
l’adverbe différemment est complété
- l’adverbe peut recevoir des modificateurs et des compléments d’adverbe.4 par le complément d’adverbe des
Le noyau donne le nom de sa classe au groupe : N -> GN ; V -> GV ; Adj -> GAdj ; Adv -> GAdv. autres et par le modificateur très.

Les groupes peuvent remplir diverses fonctions dans la phrase (-> 15.2 , p.28). 5 On dit qu’un groupe formé autour
d’un pronom est un GN car, dans ce
Groupes Exemples Noyaux Expansions Fonctions des groupes cas, le pronom remplace un nom.
GV est un enfant très différent des autres est (V) un enfant très différent des autres Prédicat de phrase
GN un enfant très différent des autres enfant (N) très différent des autres Attribut du sujet
GAdj très différent des autres différent (Adj) très et des autres Complément de nom
GN5 des autres autres (Pro) des Complément d’adjectif
Un groupe peut être englobé dans un groupe plus grand et/ou englober un ou plusieurs groupes plus petits :
• le groupe un enfant très différent des autres est englobé dans le groupe est un enfant très différent des autres ;
• le même groupe un enfant très différent des autres englobe le groupe très différent des autres ;
• à son tour, le groupe très différent des autres englobe le groupe des autres.
20
phrase
11 PHRASE, GROUPE, MOT

XXLes mots
Un mot est une unité de sens qui appartient à une classe grammaticale3.
Mots Classes Mots Classes
un déterminant enfant nom
très adverbe différent adjectif
des déterminant autres pronom
Un mot peut entrer en relation avec un autre mot pour former un groupe qui, à son tour, peut entrer en relation avec un autre mot ou un autre groupe
pour former un groupe plus grand, etc.
Très entre en relation avec différent pour former le groupe très différent qui, à son tour, entre en relation avec le groupe un enfant pour former le groupe un
enfant très différent, etc.
Lorsqu’un mot entre en relation avec un autre, il devient une expansion qui remplit une fonction1.
L’adverbe très remplit la fonction modificateur de l’adjectif différent dans le groupe très différent ; le groupe adjectival très différent remplit la fonction com-
plément du nom enfant dans le groupe nominal un enfant très différent, etc.
Lorsqu’un mot reçoit une expansion, il devient un noyau qui donne sa classe au groupe.
Différent est le noyau du GAdj très différent ; enfant est le noyau du GN un enfant très différent, etc.

21
phrase
12 PHRASE DE BASE

La phrase de base est la réalisation minimale de la structure syntaxique de la phrase (S + Préd ± CP) : elle est toujours simple, de type déclaratif,
1 Types de phrase et actes de parole
de forme positive, neutre et active, non pronominalisée.
Tout énoncé correspond à la
L’entraîneur consulte son adjoint à la mi-temps. réalisation d’un acte de parole qui
décrit ce qu’on fait en parlant :
S Préd CP déclarer, suggérer, s’étonner, inviter,
La phrase de base est un outil d’analyse qui permet de décrire les transformations réalisées dans n’importe quelle phrase. ordonner, interroger, promettre…
Il n’y a pas toujours correspondance
entre le type de phrase et l’acte
de parole. Un type de phrase – la
13 TRANSFORMATIONS DE PHRASE phrase interrogative par exemple –
peut exprimer des actes de parole
Une phrase de base est transformée lorsqu’elle subit un changement. différents.
Que fais-tu ce soir ? (questionner)
On distingue 4 opérations de transformation de la phrase de base : le changement de type, le changement de forme, la pronominalisation Voudras-tu enfin sortir ? (ordonner)
et la subordination. Si on allait au cinéma ? (suggérer)
Inversement, un même acte de
XXLe changement de type parole peut être exprimé par
différents types de phrase. Ainsi,
On distingue quatre types de phrase qui correspondent à quatre structures syntaxiques différentes.1 Toute phrase appartient obligatoire- l’ordre, qui est généralement
ment à un et un seul type.4 exprimé par une phrase impérative,
peut l’être par une phrase déclarative
Types de phrase Marques ou interrogative.
Soyez à l’heure ! (type impératif ) /
Phrase La phrase déclarative
de base Papa prendra une semaine de vacances. • Elle se termine par un point. Vous viendrez demain à huit heures.
(type déclaratif ) / Voudrais-tu enfin
sortir ? (type interrogatif )
La phrase interrogative Elle se termine par un point d’interrogation.
Les types de phrase sont des
L’interrogation totale2 est marquée par : catégories syntaxiques différentes
Papa partira en vacances ? - le point d’interrogation ; tandis que les actes de parole sont
Est-ce que papa partira en vacances ? - l’utilisation de est-ce que ; des catégories sémantiques.
Partira-t-il en vacances ? ? - l’inversion du pronom sujet ;
2 L’interrogation est totale quand on
Papa partira-t-il en vacances ? - la reprise du nom sujet par un pronom personnel. peut répondre par oui, non ou si.
Qui partira en vacances ? L’interrogation partielle3 est introduite par un mot interrogatif (pro- Prendras-tu des vacances ? Oui / Non.
Phrases Quelles vacances papa prendra-t-il ? nom, déterminant, adverbe). On utilise si pour répondre
Quand papa partira-t-il en vacances ? affirmativement à une interrogation
transformées totale de forme négative.
La phrase impérative • ! Elle se termine par un point ou un point d’exclamation.
Ne prendras-tu pas de vacances ? Si,
Prends une semaine de vacances. IMPÉRATIF j’en prendrai bientôt.
Son verbe est à l’impératif ou au subjonctif.
Que papa prenne une semaine de vacances ! SUBJONCTIF 3 L’interrogation est partielle quand
La phrase exclamative la question porte non sur l’ensemble
Elle se termine par un point d’exclamation. de la phrase mais sur un constituant
Papa prendra une semaine de vacances !
Quelle belle semaine de vacances ! ! Elle peut être introduite par un mot exclamatif (déterminant, adverbe). et qu’on ne peut pas répondre par
oui, non ou si.
Comme cette semaine de vacances est belle ! Où iras-tu en vacances ? En Italie.

22
phrase
13 TRANSFORMATIONS DE PHRASE

XXLe changement de forme


4 Toute phrase appartient à un seul type
On distingue trois formes de phrase qui s’opposent par paires : positive ou négative, neutre ou emphatique, active ou passive. Toute phrase revêt trois (déclaratif, interrogatif, impératif ou
formes.4 exclamatif ) et revêt trois formes (neutre ou
emphatique, positive ou négative, active ou
Phrases de base Phrases transformées Marques passive).
La phrase positive La phrase négative La phrase négative contient une marque syntaxique de négation : ne… Est-ce par les supporters que la pelouse a été
envahie ? (Phrase interrogative, positive,
Paul a pris l’avion pour Oslo. Paul ne prend pas l’avion pour Oslo. pas, ne…point, ne…guère, ne…plus, ne…jamais, ne…personne, ne… emphatique et passive)
Elle aime bien ce jeune homme. Elle n’aime guère ce jeune homme. aucun, ne…rien, ne…que, personne…ne, aucun…ne , etc. 5 Les présentatifs sont des mots ou
La phrase neutre La phrase emphatique La phrase emphatique met un mot ou un groupe en valeur par : expressions qui désignent un être ou un
Paul a pris l’avion pour Oslo. C’est pour Oslo que Paul a pris l’avion. - l’utilisation des présentatifs5 c’est…qui, c’est …que, voilà/voici…qui, voilà/ objet dans une situation donnée : il y a, c’est,
voici, voilà ...
voici…que ;
Elle aime ce jeune homme. Ce jeune homme, elle l’aime. - le détachement d’un mot ou d’un groupe généralement repris par un pronom.
La phrase active La phrase passive
La phrase passive se construit avec le verbe être suivi d’un participe passé.
Les supporters envahissent la pelouse. La pelouse est envahie par les supporters.
Le verbe être détermine le temps de la phrase passive. (-> 15.6 , p.34)
On a envahi la pelouse. La pelouse a été envahie.

XXLa pronominalisation
C’est la substitution d’un groupe nominal, d’une phrase ou d’une section de texte (cela dit…) par un pronom, afin d’assurer la progression et la cohé-
sion d’un texte tout en l’allégeant et en évitant les répétitions.
Phrases de base Phrases transformées Marques
Marie offre des fleurs à sa mère. Marie lui en offre. La pronominalisation par un pronom personnel, un
Tu vas au cinéma ce soir. Où vas-tu ce soir ? Tu y vas ce soir. pronom interrogatif ou un pronom relatif entraîne un
Cette montre est en or. Il a acheté cette montre en déplacement du GN pronominalisé avant le verbe ou
Cette montre qu’il a achetée en Suisse est en or. en tête de phrase.
Suisse.

XXLa subordination (-> 14 , p.25 et -> 33 , p.62)


Il y a subordination lorsqu’une phrase est incluse dans une autre phrase dans laquelle elle remplit une fonction grammaticale.
Phrases de base Phrases transformées Marques
Le bateau a fait naufrage. C’est Le Concordia. Le bateau qui a fait naufrage est Le Concordia.
La subordination est marquée par
Le brouillard va se dissiper. L’avion pourra décoller. L’avion pourra décoller dès que le brouillard se sera dissipé. les pronoms relatifs, les conjonc-
tions de subordination, certains
« Quel est le nom de cette montage ? », mots interrogatifs.
Les touristes demandent quel est le nom de cette montagne.
demandent les touristes.

23
phrase
14 PHRASE COMPLEXE : LES ENCHAÎNEMENTS, LA SUBORDINATION

Une phrase complexe comporte deux verbes conjugués au moins. Elle est donc composée de plusieurs phrases qui sont liées par les procédés
1 Lorsque des phrases sont
de l’enchaînement et/ou de la subordination. juxtaposées ou coordonnées, le sujet
Marie prit son crayon, le tailla et commença à écrire. ou le verbe peut ne pas être répété.
Dans ce cas, la phrase est elliptique.
Dès que le brouillard se sera dissipé, les organisateurs décideront quand la course pourra reprendre. L’avion traîne une banderole et vole à
basse altitude. (Ellipse du sujet il)
XXLes enchaînements de phrases Le pont était peu sûr et le ravin
profond. (Ellipse du verbe était)
Il y a enchaînement lorsque les phrases se succèdent et ne dépendent pas syntaxiquement l’une de l’autre.
Deux ou plusieurs phrases peuvent s’enchaîner par juxtaposition, coordination ou insertion.
A. La juxtaposition : la phrase juxtaposée1
Deux ou plusieurs phrases sont juxtaposées lorsqu’elles se succèdent et sont séparées par une ponctuation faible (, / ; / : ).
Marie ouvrit le tiroir de son bureau : elle prit sa plume, elle commença à écrire.  (Juxtaposition de phrases simples)
Il m’a dit qu’il partait en vacances, qu’il allait se reposer en montagne.  (Juxtaposition de phrases subordonnées)
J’ai lu un bon roman cet été ; je pense qu’il t’intéressera.  (Juxtaposition d’une phrase simple et d’une phrase incluant une subordonnée)
B. La coordination : la phrase coordonnée1
Deux ou plusieurs phrases sont coordonnées lorsqu’elles se succèdent et sont reliées entre elles par un mot qui remplit la fonction de coordonnant.
Les mots qui coordonnent appartiennent à deux classes grammaticales différentes :
- les conjonctions de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car ;
- certains adverbes : puis, cependant, toutefois, néanmoins, pourtant, en effet, par contre…
Marie prit sa plume et commença à écrire. (Coordination de phrases simples)
Les vacanciers espèrent que la pluie cesse et que le soleil reviendra. (Coordination de phrases subordonnées)
J’ai lu un bon roman cet été mais je ne pense pas qu’il t’intéressera. (Coordination d’une phrase simple et d’une phrase incluant une subordonnée)

C. L’insertion : la phrase incise, la phrase incidente


La phrase incise indique que l’émetteur rapporte les paroles ou les pensées de quelqu’un.
« Regardez, s’écria Gaston, l’avion perd de l’altitude. »
« Ce spectacle est vraiment ennuyeux ! », pensa Elisabeth.
La phrase incidente indique que l’émetteur apporte un commentaire personnel.
Ce restaurant, il est vrai, mérite sa réputation, alors que celui-ci, j’en ai bien peur, va perdre une étoile.
Les phrases incise et incidente sont toujours isolées par des virgules.

24
phrase
14 PHRASE COMPLEXE : LES ENCHAÎNEMENTS, LA SUBORDINATION

XXLa subordination
2 Il faut faire attention à bien distinguer les
Il y a subordination lorsqu’une phrase est incluse dans une autre phrase. nombreuses classes de que /qu’.
La phrase qui est incluse est une phrase subordonnée. Elle remplit une fonction grammaticale à l’intérieur d’une autre phrase. 1) Pronom
Dès que le brouillard se sera dissipé, les organisateurs décideront quand la course pourra reprendre. - relatif :
Il a retrouvé la montre que j’ai perdue.
Le tableau suivant met en évidence les différentes possibilités d’inclusion de la subordonnée dans une phrase. Je me moque de ce que tu penses.
- interrogatif :
Phrases transformées par subordination Inclusion de la subordonnée Que manges-tu ?
Que ma sœur ait annoncé son mariage réjouit toute la famille. La phrase subordonnée est en position de sujet. 2) Conjonction de subordination :
J’ai la preuve qu’il ment.
Ma sœur qui a 18 ans a annoncé son mariage. La phrase subordonnée est incluse dans le sujet. Je crois que tu as raison.
Ma sœur a annoncé son mariage à qui voulait bien l’entendre. La phrase subordonnée est incluse dans le prédicat. Il a tant travaillé qu’il est épuisé.
Approche que je te voie !
Ma sœur a annoncé son mariage bien que nos parents s’y opposent. La phrase subordonnée est en position de complément de phrase. 3) Adverbe
Le jour où l’on fête les amoureux, ma sœur a annoncé son mariage. La phrase subordonnée est incluse dans le complément de phrase. - de négation :
Je n’ai que deux francs.
Les phrases subordonnées se répartissent en différentes classes. Pour reconnaître la classe d’une phrase subordonnée, on peut repérer le subor- - interrogatif :
Que ne le disiez-vous plus tôt ?
donnant et/ou identifier la fonction que la subordonnée remplit. - exclamatif :
Phrases subordonnées Marques Fonctions Qu’il me semble beau !
Elle est introduite par les pronoms relatifs qui, que2, quoi, dont, où, lequel, Complément de nom
La subordonnée relative duquel, auquel…
(PhRel) Les spectateurs admirent le cortège qui défile.
Elle est introduite par la conjonction de subordination que2. Sujet, attribut, complément
La subordonnée conjonctive Les spectateurs attendent que le cortège défile. de verbe, de nom, de pronom,
introduite par que (PhConj) d’infinitif, d’adjectif, d’adverbe,
Le bruit que la maison est à vendre court. de présentatif
La subordonnée conjonctive Elle est introduite par les conjonctions de subordination que2, si, comme, quand,
introduite par différentes lorsque, quoique, puisque et les locutions conjonctives parce que2, avant que, Complément de phrase
conjonctions de subordination même si, quand bien même, au moment où, au cas où, à condition que, pour que…
(PhConj) Il y a beaucoup de monde dans la rue parce que le cortège va défiler.
Elle est introduite par les pronoms, les déterminants et les adverbes inter-
La subordonnée interrogative rogatifs qui, que2, quoi, lequel, quel, quand, comment, si, combien, pourquoi…
indirecte Elle complète un verbe qui exprime une demande d’information, une interroga- Complément de verbe
(PhIntInd) tion, un doute.
On me demande quand le cortège défilera. Sais-tu quelle heure il est ?
Elle est construite autour d’un infinitif qui possède un sujet propre, différent
de celui du verbe principal. Elle dépend d’un verbe de perception (apercevoir,
La subordonnée infinitive entendre, écouter, voir, regarder, sentir…) ou de verbes comme laisser, empêcher, Complément de verbe
(PhInf) envoyer, inciter, emmener…
Les spectateurs regardent le cortège défiler.
Elle est construite autour d’un participe qui possède un sujet propre, différent
La subordonnée participiale de celui du verbe principal. Complément de phrase
(PhPart) Le cortège ayant défilé, les spectateurs se dispersent. 25
phrase
15 NOTIONS COMPLÉMENTAIRES ET PROCÉDURES

XX15.1 Phrase syntaxique1 : identification


1 Une phrase graphique (ou écrite)
commence par une majuscule et se
termine par un signe de ponctuation
forte ( . / … / ? / ! ). Elle peut contenir
plus d’une phrase syntaxique.
2 Un verbe est conjugué lorsqu’il reçoit
des marques de personne et de nombre.
 Y a-t-il des verbes conjugués ? 2
3 Les coordonnants englobent :
- les conjonctions de coordination (mais,
ou, et, donc, or, ni, car) ;
- certains adverbes (puis, cependant,
Pas de verbe conjugué ? Un seul verbe conjugué ? Deux verbes conjugués au toutefois, néanmoins, pourtant, en effet,
C’est une phrase à C’est une phrase simple. moins ? par contre…).
construction particulière. C’est une phrase complexe. On ne relève ici que les
coordonnants qui relient deux verbes.
4 Les subordonnants englobent :
- les pronoms relatifs (qui, que, quoi,
dont, où, lequel, auquel, duquel…) ;
 Y a-t-il des coordonnants3 ou des subordonnants4 ?  - les conjonctions de subordination
(que, si, comme, quand, lorsque, quoique,
puisque) et les locutions conjonctives de
subordination construites avec que et
où ;
Pas de coordonnant ni de Un coordonnant au moins Un subordonnant au moins ? - certains mots interrogatifs (qui, que,
subordonnant ? reliant deux verbes ? Une phrase au moins est quoi, lequel, quel, comment, pourquoi,
où, quand, combien, si, ce qui, ce que, ce
Les phrases sont juxtaposées5. Deux phrases au moins sont subordonnée7. dont).
coordonnées6. 5 Deux phrases sont juxtaposées
lorsqu’elles sont séparées par un signe
de ponctuation faible ( , / ; / : ).
6 Deux phrases sont coordonnées
lorsqu’elles sont reliées par un
coordonnant.
 Y a-t-il des infinitifs ou des participes ayant un sujet propre ?  7 Une phrase est subordonnée
lorsqu’elle remplit une fonction
grammaticale dans une autre phrase.
Elle est introduite par un subordonnant
à l’exception des subordonnées
Si oui, une phrase au moins est une subordonnée infinitive ou une subordonnée participiale7.
infinitive et participiale.

26
phrase
15 NOTIONS COMPLÉMENTAIRES ET PROCÉDURES

Procédure
Exemples Analyse des phrases
(Les no renvoient aux étapes de la page précédente.)
Ne pas marcher sur le gazon.  Pas de verbe conjugué Phrase à construction particulière
Le chat a dormi toute la journée.  1 seul verbe conjugué : a dormi Phrase simple
 3 verbes conjugués : chantent, boivent, dansent Phrase complexe
 Pas de coordonnant ni de subordonnant composée de trois phrases juxtaposées :
Ils chantent, ils boivent, ils dansent toute la
1) Ils chantent toute la nuit
nuit.
2) ils boivent toute la nuit
3) ils dansent toute la nuit
 2 verbes conjugués : prit, se mit Phrase complexe
 1 coordonnant et composée de deux phrases coordonnées :
Maria prit son crayon et se mit à écrire.
1) Maria prit son crayon
2) et se mit à écrire
 2 verbes conjugués : appelle, seras arrivé Phrase complexe
 1 subordonnant dès que qui comporte une phrase subordonnée :
Appelle-moi dès que tu seras arrivé.
1) dès que tu seras arrivé : phrase subordonnée conjonctive, CP

 3 verbes conjugués : ignore, est, fait Phrase complexe


 1 coordonnant et + 2 subordonnants où, ce qu’ qui comporte deux phrases subordonnées coordonnées :
J’ignore où mon frère est et ce qu’il fait.
1) où mon frère se trouve : phrase subordonnée interrogative indirecte, CVD de ignore
2) et ce qu’il fait : phrase subordonnée interrogative indirecte, CVD de ignore
 4 verbes conjugués : soit, ai voyagé, dit, ai vu Phrase complexe
 1 coordonnant et + 1 subordonnant quoique qui comporte deux phrases avec subordination coordonnées (1 et 4), une phrase subordonnée conjonctive (2),
une phrase incise (3), et une phrase subordonnée infinitive (5) :
Quoique je sois encore jeune, j’ai déjà beaucoup  1 infinitif surprendre ayant un sujet
propre (maintes choses) 1) Quoique je sois encore jeune, j’ai déjà beaucoup voyagé : phrase avec subordination coordonnée
voyagé, dit un jour un barbier à son voisin, et
-> 2) quoique je sois encore jeune : phrase subordonnée conjonctive, CP
j’ai vu maintes choses me surprendre.
3) dit un jour un barbier à son voisin : phrase incise
4) et j’ai vu maintes choses me surprendre : phrase avec subordination coordonnée à 1)
-> 5) maintes choses me surprendre : phrase subordonnée infinitive, CV de ai vu

27
phrase
15 NOTIONS COMPLÉMENTAIRES ET PROCÉDURES

1 L’adjectif qualifiant donne une


qualité à un nom. Il peut être
XX15.2 Classes et fonctions grammaticales : description modifié par un adverbe.
Un enfant nerveux -> très nerveux
Les classes grammaticales 2 L’adjectif classifiant caractérise le
nom dans un ensemble. Il ne peut
Une classe grammaticale réunit des mots ayant des caractéristiques communes. pas être modifié par un adverbe.
Le système nerveux -> *très nerveux
On distingue 10 classes grammaticales que les dictionnaires de langue mentionnent avant la définition.
3 Les auxiliaires avoir et être servent
Classes variables Sous-classes à former les temps composés.
Ils sont venus et ont assisté au
article : défini : le, la, les, l’ ; défini contracté : au, aux, du, des ; indéfini : un, une, des ; partitif : du, de, de la, de l’, des
spectacle.
possessif : mon, ton, son, notre, votre, leur (masc.) ; ma, ta, sa, notre, votre, leur (fém.) mes, tes, ses, nos, vos, leurs (plur.)
4 Le verbe intransitif n’a pas de
démonstratif : ce, cet, cette, ces complément.
Le déterminant (D) numéral : un, deux, trois… On mange. Ils ont bien travaillé.
indéfini : aucun, autre, certain, chaque, différents, divers, maint, même, nul, plusieurs, quelconque, quelque, tel, tout 5 Le verbe transitif direct a un
exclamatif : quel, quelle, quels, quelles complément sans préposition : le
interrogatif : quel, quelle, quels, quelles CVD.
Je fais la fête. Tu laves le linge.
Le nom (N) commun, propre Le verbe transitif indirect a un
personnel : je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles (S) ; me, te, le, la, nous, vous, les (CVD) ; me, te, lui, nous, vous, leur (CVI) ; moi, toi, lui, elle, complément précédé d’une
préposition : le CVI.
soi, nous, vous, eux, elles (tonique) ; me, te, se, nous, vous (réfléchi) ; en, y (adverbial) Je pense à toi. Il compte sur moi.
possessif : le mien, le tien, le sien, le nôtre, le vôtre, le leur (masc. sing.) 6 Le verbe attributif est un verbe de
la mienne, la tienne, la sienne, la nôtre, la vôtre, la leur (fém. sing.) type être, paraître, sembler, devenir,
les miens, les tiens, les siens, les nôtres, les vôtres, les leurs (masc. plur.) rester, demeurer, avoir l’air, considérer
les miennes, les tiennes, les siennes, les nôtres, les vôtres, les leurs (fém. plur.) comme, traiter de… Il se construit
avec un attribut qui constitue un
démonstratif : celui, celle, ceux, celles, c’, ce, ceci, cela, ça (formes simples)
commentaire sur le sujet ou le
celui-ci, celui-là, celle-ci, celle-là, ceux-ci, ceux-là, celles-ci, celles-là (formes composées) CVD : comment il est, ce qu’il est
Le pronom (Pro) numéral : le premier, le deuxième, le troisième… ou paraît être.
indéfini : aucun, autre, autrui, certains, chacun, même, nul, on, personne, plusieurs, quelqu’un, quelque chose, qui, quiconque, rien, tel, tout Cette fille est ma sœur. Je la trouve
relatif : qui, que, quoi, dont, où (formes simples) jolie.

}
lequel, duquel, auquel (masc. sing.) 7 Le verbe pronominal est précédé des
pronoms réfléchis me, te, se, nous,
laquelle, de laquelle, à laquelle (fém. sing.) vous, qui reprennent le même être
lesquels, desquels, auxquels (masc. plur.) (formes composées)
ou le même objet que le sujet.
lesquelles, desquelles, auxquelles (fém. plur.) Je me bats. Nous nous battons.
qui/quoi que ce soit qui/que, quoi que ce soit qui, quiconque, qui que, quoi que (indéfinis) Tu me bats n’est pas pronominal.
interrogatif : ce sont les mêmes mots que les pronoms relatifs, sauf dont et où ; 8 Le verbe impersonnel a pour sujet
le pronom il qui ne représente ni
L’adjectif (Adj) qualifiant1, classifiant2 un être ni un objet. Il est un simple
Le verbe (V) auxiliaire3, intransitif 4, transitif 5 (direct, indirect), attributif 6, pronominal7, impersonnel8 signe grammatical.
Il pleut. Il y a beaucoup de touristes.
* phrase grammaticalement
incorrecte

28
phrase
15 NOTIONS COMPLÉMENTAIRES ET PROCÉDURES

Classes invariables Listes


à, après, avant, avec, chez, contre, dans, de, depuis, derrière, dès, devant, durant, en, entre, envers, hormis, hors, jusque,
La préposition (Prép) malgré, outre, par, parmi, pendant, pour, sans, sauf, selon, sous, suivant, sur, vers…
+ les locutions composées avec à et de (afin de, grâce à…)
assez, aujourd’hui, avant, bien, bientôt, comme, d’abord, derrière, devant, enfin, ensuite, hier, ici, jamais, là, loin, mal, mieux,
L’adverbe (Adv) non, oui, partout, peu, plus, tant, tard, tôt, toujours, très, trop, où … + les locutions adverbiales (bien sûr, ne … pas, peut-
être, sans doute…) + les adverbes en –ment (constamment, évidemment, vraiment…) (-> 20 , p.43)
La conjonction de coordination mais, ou, et, donc, or, ni, car
(Conj de coord.)
La conjonction de subordination que, si, comme, quand, lorsque, puisque, quoique, quand bien même + les locutions composées avec que, où et si (parce
(Conj de sub.) que, au moment où, même si…)
L’interjection, l’onomatopée Aïe ! Boum ! Bravo ! Hé ! Hélas ! Ouf ! Salut ! Zut !…

Un mot peut appartenir à plusieurs classes : le, la, les peuvent être des déterminants articles définis ou des pronoms personnels ; de peut être
un déterminant article ou une préposition ; avant, devant, derrière peuvent être des prépositions ou des adverbes ; leur peut être un détermi-
nant possessif, un pronom personnel ou un pronom possessif, etc.
Les fonctions grammaticales
Une fonction est une relation entre deux éléments d’une même phrase, le rôle qu’un mot, un groupe ou une phrase joue par rapport à un autre
élément de la phrase.
Classes variables Fonctions (-> 15.3 , p.30) Classes invariables Fonctions (-> 15.3 , p.30)
9 Le pronom ne remplit pas cette
Déterminant (D) [caractérise un nom en l’introduisant dans un GN] Préposition (Prép) [introduit un mot ou un groupe] fonction.
10 L’infinitif (Inf), lorsqu’il n’est pas noyau
sujet (S) du verbe ou de prédicat Adverbe (Adv) complément de phrase (CP) d’une phrase subordonnée infinitive ou
attribut (Att) du sujet modificateur (MOD) d’adjectif
du complément de verbe9 de verbe d’une phrase à construction particulière,
complément de verbe direct (CVD) d‘adverbe remplit les mêmes fonctions que le GN. Le
de verbe indirect (CVI) participe (Part), lorsqu’il n’est pas noyau
Nom (N) de phrase (CP) d’une phrase subordonnée participiale,
Pronom (Pro) de nom (CN) Conjonction de coordination [relie deux mots, deux groupes ou deux remplit les fonctions de complément de
de pronom (CPro) phrases] phrase (CP) ou de complément de nom (CN).
d’adjectif (CAdj) (Conj de coord.)
d’adverbe (CAdv) Conjonction de subordina- [introduit une phrase subordonnée]
de présentatif
modificateur (MOD) de verbe9 tion (Conj de sub.)
attribut (Att) du sujet Interjection [exprime une marque d’oralité]
Adjectif (Adj) du complément de verbe
complément de nom (CN)
Verbe10 (V) prédicat (Préd)
29
phrase
15 NOTIONS COMPLÉMENTAIRES ET PROCÉDURES

XX15.3 Fonctions grammaticales (-> 15.2 , p.29) : identification


 Les constituants de la phrase Dès le début de sa vie, l’écrivain Jack London est un enfant très différent des autres.
CP S Préd
Fonctions Comment les identifier ? Réalisations Exemples
ÂÂ En l’encadrant par la tournure C’est…qui ; ÂÂ C’est l’écrivain Jack London qui est un enfant
très différent des autres. Nom (GN) Aline rêve d’un bon repas. Elle a faim.
ÂÂ en le remplaçant par les pronoms il, elle, ils, elles, c’, ça, ÂÂ Il est un enfant très différent des autres. Infinitif Lire des BD est son activité favorite.
Sujet (S)
cela ; C’est un enfant très différent des autres. PhConj par que Que tu partes si vite me chagrine.
ÂÂ en posant la question Qui est-ce qui ? (pour les personnes) ÂÂ Qui est-ce qui est un enfant très différent des PhRel Qui vivra verra.
ou Qu’est-ce qui ? (pour les choses) suivie du prédicat. autres ? L’écrivain Jack London.
ÂÂ * L’écrivain Jacques London est.
ÂÂ En repérant le verbe et ses expansions qui ne peuvent être
Prédicat (Préd) * Un enfant très différent des autres l’écrivain GV Ce tableau m’inspire de la tristesse.
ni supprimées, ni déplacées.
Jacques London est.
ÂÂ En vérifiant qu’il peut être supprimé ; ÂÂ Ø l’écrivain Jacques London est un enfant très Nom (GN) Tous les soirs, Simon se promène dans la forêt.
différent des autres. Infinitif Simon se promène pour maintenir sa forme.
Complément ÂÂ en vérifiant qu’il peut être déplacé ; ÂÂ L’écrivain Jacques London est, dès le début de sa Adverbe (GAdv) Demain, Simon ne se promènera pas.
de phrase (CP) vie, un enfant très différent des autres. Gérondif Simon se promène en rêvassant.
ÂÂ en posant une question formulée avec où, quand, com- ÂÂ Depuis quand est-il un enfant très différent des PhConj Simon se promène parce qu’il aime la nature.
ment, pourquoi… autres ? Dès le début de sa vie. PhPart La pluie ayant cessé, Simon poursuit sa promenade.
 Les expansions du verbe
Dès le début de sa vie, l’écrivain Jack London est un enfant très différent des autres. / Il a écrit Croc-Blanc. / Il s’agit d’un chien-loup. / C’est écrit en anglais.
Fonctions Comment les identifier ? Réalisations Exemples
ÂÂ En vérifiant qu’il ne peut être ni supprimé, ni déplacé ; ÂÂ *L’écrivain Jack London est. Nom (GN) Je serai cuisinier plus tard. Et toi, que seras-tu ?
Attribut (Att) Infinitif Mon projet est de devenir cuisinier.
*Un enfant l’écrivain Jack London est.
du sujet ou du Adjectif (GAdj) Le président déclare la compétition ouverte.
ÂÂ en remplaçant l’attribut du sujet par les pronoms le, l’ ou en ; ÂÂ L’écrivain Jack London l’est.
complément Adverbe (GAdv) Cette fille est bien. Je la trouve même bien.
ÂÂ en vérifiant qu’il désigne la même réalité que le sujet ou ÂÂ L’écrivain Jack London = un enfant très
de verbe PhConj par que Mon vœu est que vous réussissiez.
le CV. différent des autres.
ÂÂ En vérifiant qu’il est construit sans préposition (sauf pour
ÂÂ Il a écrit Croc-Blanc.
les infinitifs) ; Nom (GN) Laure a perdu le collier qu’elle préfère.
Complément
ÂÂ en vérifiant qu’il ne peut être ni supprimé, ni déplacé ; Infinitif Il espère réussir ses examens.
de verbe direct ÂÂ *Il a écrit.
PhConj par que J’espère que tu te portes bien.
(CVD) *Croc-Blanc, il a écrit.
ÂÂ en le remplaçant par les pronoms le, la, les, l’, en, cela ou ça. PhInf Laure observe le soleil se coucher.
ÂÂ Il l’a écrit.
ÂÂ en posant la question qui ? ou quoi ? précédée du sujet et PhIntInd Elle se demande s’il va pleuvoir.
ÂÂ Il a écrit quoi ? Croc-Blanc.
du verbe conjugué.
* Phrase grammaticalement incorrecte
30
phrase
15 NOTIONS COMPLÉMENTAIRES ET PROCÉDURES

ÂÂ En vérifiant qu’il est construit avec une préposition (à, de, ÂÂ Il s’agit d’un chien-loup.
pour, contre, sur…) ;
ÂÂ en vérifiant qu’il ne peut être ni supprimé, ÂÂ *Il s’agit.
Complément Nom (GN avec Prép) Le professeur s’adresse à une élève.
ni déplacé ; *D’un chien-loup, il s’agit.
de verbe Infinitif Papa renonce à prendre des vacances.
ÂÂ en le remplaçant par les pronoms lui, leur, elle(s), eux, en, y, ÂÂ Il s’agit de lui.
indirect (CVI) PhConj par que Je me doute bien que tu n’y es pour rien.
cela ou ça.
ÂÂ en posant la question qui ? ou quoi ? précédée du sujet, du ÂÂ Il s’agit de quoi ? D’un chien-loup.
verbe conjugué et des prépositions à, de, pour, contre, en, sur.
Modificateur ÂÂ En vérifiant qu’il ne peut pas être déplacé ; ÂÂ C’est écrit en anglais. -> *En anglais, c’est écrit. Adverbe (GAdv) Il parle doucement.
(MOD) ÂÂ en posant une question formulée avec comment, de quelle ÂÂ C’est écrit comment, en quelle langue ? Nom (GN avec Prép) Il parle à voix haute.
manière… ÂÂ C’est écrit en anglais. Infinitif Il parle sans bégayer.
 Les expansions du nom et du pronom
Dès le début de sa vie, l’écrivain Jack London est un enfant très différent des autres.
Fonctions Comment les identifier ? Réalisations Exemples
Complément Adjectif (GAdj) On nous a signalé un éboulement très important.
de nom Nom (GN avec Prép) L’éboulement a entraîné la fermeture de la route.
ÂÂ En vérifiant qu’il ne peut pas être déplacé, sauf pour ÂÂ *de sa vie dès le début
(CN) Nom (GN sans Prép) Claude, un villageois, a été témoin de l’éboulement.
l’adjectif employé seul ;
Complément Infinitif La décision de rouvrir la route sera prise demain.
ÂÂ en vérifiant qu’il complète bien un nom ou un pronom. ÂÂ dès le début de sa vie
de pronom Participe Le chemin menant au village est encore praticable.
(CPro) PhRel Le chemin qui mène au village est encore praticable.
PhConj par que La probabilité qu’un éboulement survienne est forte.
 Les expansions de l’adjectif et de l’adverbe
Dès le début de sa vie, l’écrivain Jack London est un enfant très différent des autres. / On le considère différemment des autres.
Fonctions Comment les identifier ? Réalisations Exemples
Complément ÂÂ En vérifiant qu’il ne peut pas être déplacé ; ÂÂ *des autres différent Nom (GN avec Prép) Vous pouvez être fiers de vos enfants.
d’adjectif ÂÂ en vérifiant qu’il complète bien un Adj. ÂÂ différent des autres Infinitif Ce problème est difficile à résoudre.
(CAdj) *un enfant des autres PhConj par que Nous sommes heureux que tu sois venu.
ÂÂ En vérifiant qu’il peut être supprimé ; ÂÂ un enfant Ø différent des autres
Modificateur ÂÂ en vérifiant qu’il ne peut pas être déplacé ; ÂÂ *un enfant différent très Ce tableau est trop cher. (MOD de cher)
Adverbe (GAdv)
(MOD) ÂÂ en vérifiant qu’il modifie bien un Adj ou un Adv. ÂÂ très différent Ce tableau est beaucoup trop cher. (MOD de trop)
*un enfant très
Complément ÂÂ En vérifiant qu’il ne peut pas être déplacé ; ÂÂ On le considère différemment des autres.-> Nom (GN avec Prép) Contrairement à nos attentes, nous avons perdu.
d’adverbe *On le considère des autres différemment. PhRel Tu iras là où on te dira d’aller.
(CAdv) ÂÂ en vérifiant qu’il complète bien un Adv. ÂÂ différemment des autres PhConj par que Heureusement qu’il fait beau !
* Phrase grammaticalement incorrecte

31
phrase
15 NOTIONS COMPLÉMENTAIRES ET PROCÉDURES

XX15.4 Autres fonctions et nuances sémantiques : description


1 Le verbe impersonnel a pour sujet
Certaines fonctions qui peuvent revêtir des nuances sémantiques diverses sont intéressantes à saisir en situation de lecture et de production de textes. le pronom il qui ne représente ni
Elles ont parfois des implications syntaxiques et grammaticales (Cf. notes 2, 4 et 5). un être ni un objet. Il est un simple
signe grammatical.
Autres fonctions Réalisations Exemples
Il neige. (Il est sujet apparent de neige.) 2 Le participe passé d’un verbe
Sujet apparent Le S d’un verbe impersonnel1 impersonnel ne s’accorde pas avec le
Il manque une pièce à mon puzzle. (Il est sujet apparent de manque.) sujet réel placé avant. (-> 16 , p.38)
Il manque une pièce à mon puzzle. (Une pièce est sujet réel de manque.) Quelle patience il a fallu pour
Sujet réel2 Le CVD d’un verbe impersonnel1 terminer ce puzzle !
Il est interdit de fumer. (De fumer est sujet réel de est.)
Elle a été mordue par son chien. (Par son chien est C d’agent de a été mordue.) 3 Voir (-> 15.6 , p.34)
Complément d’agent Le CVI d’un verbe au passif 3
Les gens sont surpris de ton succès. (De ton succès est C d’agent de sont surpris.)
Nuances sémantiques Réalisations Exemples 4 Les CV de temps, lieu, prix, mesure,
poids ne peuvent pas devenir sujets
Je dormirais bien une heure de plus. (Une heure de plus est CV de temps de dormirais.) d’une phrase passive. (-> 15.6 , p.34)
CV de temps, lieu, prix,
Certains GN5 et Adv Cette montre coûte cent francs. (Cent francs est CV de prix de coûte.)
mesure, poids…4
Je reviens de là-bas. (De là-bas est CV de lieu de reviens.) 5 Le participe passé conjugué avec
l’auxiliaire avoir ne s’accorde pas
CP de temps, lieu, manière, avec un CV de temps, lieu, prix, mesure
cause, conséquence, but, Tous les jours, Eva se promène dans la forêt. (Tous les jours est CP de temps ; dans la placé avant.
moyen, comparaison, conces- Certains GN avec ou sans préposition forêt est CP de lieu.) Je ne regrette pas les 100 francs que
sion, condition, accompagne- Eva a dû interrompre sa promenade avec regret. (Avec regret est CP de manière.) m’a coûté cette montre.
ment, quantité…
CP de temps, manière, cause, Quand arrive l’automne, Eva aime se promener. (Quand arrive l’automne est CP de
La PhConj introduite par di-
conséquence, comparaison, temps.)
verses conjonctions de subor-
but, concession, opposition, Eva ne s’est pas promenée aujourd’hui, parce qu’elle n’en avait pas le temps. (Parce
dination
condition, hypothèse… qu’elle n’en avait pas le temps est CP de cause.)
CP de temps, lieu, manière, Demain, Eva se promènera sans doute. (Demain est CP de temps ; sans doute est CP de
Certains GN et Adv
doute, probabilité probabilité.)
MOD d’intensité, de fré-
Eva ne s’est pas beaucoup promenée depuis son accident. (Ne…pas est MOD de négation
quence, de négation et de Certains Adv
de s’est promenée ; beaucoup est MOD de fréquence de ne…pas.)
quantité

32
phrase
15 NOTIONS COMPLÉMENTAIRES ET PROCÉDURES

XX15.5 Degrés de l’adjectif : description


1 Les adjectifs meilleur, mieux, moindre, pire
Certains adjectifs peuvent être complétés par un mot qui précise leur intensité et qui a la fonction de modificateur. ne peuvent pas recevoir un modificateur qui
Mon papa possède une assez belle voiture. Ce chat est trop gros. Je la trouve plutôt jolie. C’est un voisin peu sympathique. leur attribue un comparatif ou un superlatif
car ils expriment déjà les degrés de supériorité
Le degré d’intensité peut être faible (un voisin peu sympathique), moyen (une assez belle voiture) ou fort (un chat trop gros). par rapport à bon, bien, petit, mauvais.
D’autres adjectifs ne supportent pas ou mal
Parmi les moyens de marquer l’intensité, deux d’entre eux présentent des constructions particulières : le comparatif et le superlatif. un modificateur de degré : aîné, cadet, double,
majeur, mineur, préféré, premier, principal,
A. Le comparatif prochain, triple, ultime, unique…
Les modificateurs plus, aussi, moins permettent de comparer le degré de la qualité exprimée par l’adjectif entre plusieurs noms. 2 Plusieurs grammaires ne reconnaissent le
superlatif absolu que lorsque le modificateur
Leur utilisation attribue à l’adjectif le degré comparatif.1 attribue à l’adjectif un degré d’intensité fort.
Comparatif de supériorité Pierre est plus grand que moi.
Comparatif d’égalité Pierre est aussi grand que moi.
Comparatif d’infériorité Pierre est moins grand que moi.
Le comparatif de supériorité de bon est meilleur. On ne dira pas : *ce plat est plus bon que l’autre ; on dira : ce plat est meilleur que l’autre.
Le comparatif de supériorité de bien est mieux. On ne dira pas : * ce film est plus bien que prévu ; on dira : ce film est mieux que prévu.
B. Le superlatif
Les modificateurs plus et moins, précédés d’un déterminant article défini ou d’un déterminant possessif permettent de distinguer dans un
ensemble le nom qui possède le degré le plus élevé ou le moins élevé de la qualité exprimée par l’adjectif.
Leur utilisation attribue à l’adjectif le degré superlatif.1
Superlatif
de supériorité d’infériorité
Pierre est le plus fort. Cachou est la moins grande.
C’est ma plus grande sœur. C’est mon moins gentil chien.
Le superlatif de supériorité de bon est le meilleur. On ne dira pas : *ce plat est le plus bon ; on dira : ce plat est le meilleur.
Le superlatif de supériorité de bien est le mieux. On ne dira pas : *c’est cette fille la plus bien ; on dira : c’est cette fille la mieux.
Remarque :
Certains modificateurs permettent d’attribuer à la qualité exprimée par l’adjectif un degré d’intensité sans comparaison (un homme peu aimable, assez
aimable, très aimable). On parle dans ce cas de superlatif absolu.2
* Phrase grammaticalement incorrecte

33
phrase
15 NOTIONS COMPLÉMENTAIRES ET PROCÉDURES 1 Seules certaines phrases
construites autour d’un verbe transitif
direct (+ obéir, désobéir, pardonner)
peuvent être transformées à la forme
passive.
Les élèves obéissent à ce maître. -> Ce
XX15.6 Forme passive (-> 13 , p.23) : transformation, suppression, identification maître est obéi par les élèves.
2 Les CV de temps, lieu, prix, mesure,
La transformation passive1 La suppression de la forme passive5 poids et le sujet réel ne peuvent pas
devenir sujets d’une phrase passive.
Forme active : Les marins craignaient Barberousse. Forme passive : Zoé a été étonnée de mes résultats.
3 C’est le verbe être qui détermine le
 On identifie le CVI (complément d’agent) introduit par temps d’une phrase passive.
 On identifie le CVD2 et on le pose comme sujet. Barberousse Mes résultats
par ou de et on le pose comme sujet (sans la préposition)6. 4 Si le sujet est on, le complément
d’agent ne sera pas exprimé.
 On met le verbe être3 au même mode et au même
 On met le verbe qui est au participe passé au même 5 Il est toujours possible de
temps que le verbe de la phrase active et on ajoute le était craint ont étonné
temps et au même mode que le verbe être3. supprimer une forme passive pour
participe passé de ce verbe. restituer la phrase de base.
 On identifie le sujet4 que l’on pose comme CVI 6 Si le complément d’agent n’est pas
(complément d’agent) introduit par les prépositions par les marins  On identifie le sujet et on le pose comme CVD. Zoé exprimé, le sujet de la phrase active
sera on.
par ou de.
Un GN qui est introduit par
Forme passive : Barberousse était craint par les marins. Forme active : Mes résultats ont étonné Zoé. la préposition par ou de n’est pas
toujours complément d’agent d’une
phrase passive.
Les prisonniers furent attachés par
L’identification de la forme passive les pieds. -> *Les pieds attachèrent
les prisonniers. -> On attacha les
 Y a-t-il dans la phrase le verbe être7 suivi d’un participe passé ? prisonniers par les pieds.
7 Le verbe être peut être sous-
entendu.
Non -> C’est une forme active. Oui Les armoires étaient renversées, les
habits déchirés.

* Phrase grammaticalement incorrecte


 Est-ce que le sujet grammatical est l’agent du verbe au participe passé ?
RÉSUMÉ
A : SUJET CVD
Oui -> C’est une forme active. Non (on)
Le chien est parti par le jardin. La tente est emportée par le vent. (Ce n’est pas la tente qui emporte.) V
(C’est le chien qui part.) -> est parti = passé composé. La lune est couchée. (Ce n’est pas la lune qui couche.) P : SUJET CAgt
(Ø)
Y a-t-il quelqu’un ou quelque chose, autre que le sujet grammatical, exprimé
 Dans une phrase active, le sujet
ou non, qui est l’agent du verbe au participe passé ?
grammatical est l’agent : il accomplit
l’action.
Non -> C’est une forme active. Oui -> C’est une forme passive. Dans une phrase passive, le sujet
La lune est couchée. La tente est emportée par le vent. grammatical est le patient : il subit
(Il n’y a rien ni personne qui couche la lune.) -> est = verbe attributif. (C’est le vent qui emporte la tente.) -> est emportée = présent. l’action.

34
phrase
15 NOTIONS COMPLÉMENTAIRES ET PROCÉDURES

1 Dont inclut la préposition de.


XX15.7 Construction de la phrase relative, identification de la fonction du 2 Lorsque le GN introduit par de, du
pronom relatif ou des est complément d’un nom avec
préposition, on le remplace par duquel, de
La construction de la phrase relative laquelle, desquels ou desquelles précédé du
GN dont il est complément.
Pour enrichir un GN et éviter la répétition d’un nom dans deux phrases simples qui se suivent, on peut remplacer l’un d’eux par un pronom relatif. Le Rhône prend sa source en Valais. J’aime me
Le résultat est la réunion des deux phrases simples en une phrase complexe comportant une phrase subordonnée relative. balader sur les rives du Rhône. -> Le Rhône
sur les rives duquel j’aime me balader prend
a) La montre m’a coûté cher. b) Le cadran de la montre est lumineux. sa source en Valais.
 On identifie dans l’une ou l’autre phrase simple le GN répété que l’on veut remplacer par un pronom relatif :
3 Où inclut les prépositions de lieu et de
a) La montre m’a coûté cher. b) Le cadran de la montre est lumineux. temps sauf d’, par, et jusqu’ avec lesquelles il
 On remplace ce GN répété par le pronom relatif correct, à l’aide du tableau suivant : se combine.
Connais-tu le village où je vais / d’où je
Sujet CV viens / par où je passe ?
GN sans Prép
qui que 4 Quoi reprend aussi les pronoms neutres
dont1 ce, rien, quelque chose…
GN introduit par les Prép de, du, des Je ne sais pas ce à quoi tu fais allusion.
(duquel, de laquelle, desquels, desquelles)2
5 Lequel est composé du déterminant
GN introduit par les Prép de lieu et de temps où3 article défini le et du déterminant
GN animé GN non animé interrogatif quel. Ces deux éléments
GN introduit par portent le genre et le nombre de
qui quoi4
les autres Prép Prép +
{ lequel
Prép +
{ lequel5
l’antécédent : laquelle, lesquels, lesquelles,
auquel, auxquels, auxquelles, duquel, desquels,
desquelles.
a) La montre m’a coûté cher. b) Le cadran de la montre est lumineux.
qui dont 6 On appelle antécédent le nom ou le GN
que le pronom relatif reprend.
 On construit la phrase relative en plaçant le pronom relatif tout au début :
a) qui m’a coûté cher b) dont le cadran est lumineux 7 Un mot (ou un groupe) n’a de fonction
que dans la phrase où il se trouve. Comme
 On place la phrase relative ainsi construite dans l’autre phrase simple tout de suite après son antécédent6 : l’antécédent et le pronom relatif ne se
trouvent jamais dans la même phrase, ils
a) Le cadran de la montre qui m’a coûté cher est lumineux. b) La montre dont le cadran est lumineux m’a coûté cher. ont toujours des fonctions différentes.
L’antécédent la montre est sujet de a coûté ;
L’identification de la fonction du pronom relatif le pronom relatif dont est complément du
Cette montre dont le cadran est lumineux m’a coûté cher. 7 nom cadran.

 On recrée les 2 phrases simples dont la phrase complexe est issue, en remplaçant le pronom relatif par son antécédent :
Cette montre m’a coûté cher. Le cadran de cette montre est lumineux.
 Sachant que le pronom relatif reçoit toujours la fonction du GN qu’il remplace, on cherche la fonction du GN ainsi remplacé :
De cette montre est complément du nom cadran. -> Dont est complément du nom cadran.
35
ORTHOGRAPHE

L’orthographe détermine la manière d’écrire les mots selon les


règles et les usages.
L’orthographe d’accord régit le rapport entre des mots dont l’un
détermine la forme de l’autre. Elle concerne des éléments au niveau
de la phrase et au niveau du groupe nominal.
L’orthographe d’usage concerne exclusivement la graphie d’un mot.

Cet ouvrage ne tient pas systématiquement compte des nouvelles graphies proposées
dans la brochure Les rectifications de l’orthographe du français, IRDP, 1996 ; il les applique
toutefois en matière de conjugaison et propose une double orthographe pour certains
mots lorsque celle-ci figure dans les dictionnaires de référence.
orthographe
1 Pour former le féminin d’un adjectif, on ajoute
généralement un –e au masculin.
16 ACCORDS DANS LA PHRASE Cas particuliers
-l -> -lle cruel, cruelle
mais civile, puérile, subtile, vile, virile, volatile
-eau -> -elle beau, belle
Les accords dans la phrase concernent le verbe conjugué, l’adjectif attribut et le participe passé. -en -> -enne ancien, ancienne
-on -> -onne bon, bonne
A. L’accord du verbe mais lapone, mormone
-et -> -ette muet, muette
Le verbe s’accorde en personne (1ère, 2e et 3e) et en nombre (singulier/pluriel) avec le sujet. Lorsque le sujet est un groupe nominal, c’est le noyau du mais complète, incomplète, concrète, désuète,
groupe qui détermine l’accord. discrète, indiscrète, secrète, replète, inquiète
Marie travaille en silence. Les élèves de la classe de français travaillent en silence. Vous travaillez en silence. -er -> -ère léger, légère
-f -> -ve sportif, sportive
Attention de bien identifier le sujet qui peut être inversé ou séparé du verbe par un autre élément :
-g -> -gue long, longue
Sur la cheminée ont été suspendus par ma maman deux dessins. (Le sujet est inversé et séparé du verbe par le CAgt par ma maman.)
-gu -> -guë aigu, aiguë
Cas particuliers Règles Exemples
-c -> -che ou -que sec, sèche ; turc, turque
Le sujet est composé de plusieurs noyaux juxtapo- mais grecque
1 Le verbe est au pluriel. La neige, le vent et le brouillard retardent la course.
sés et/ou coordonnés. -x -> -se jaloux, jalouse
Le verbe est au pluriel et prend la marque de la mais douce, fausse, rousse, vieille
Pierre, toi et moi formons une fameuse équipe.
Le sujet est composé de noms et de pronoms de personne qui a la priorité : -eur -> -euse joueur, joueuse
2 Toi et moi formons une fameuse équipe.
personnes différentes. • la 1ère personne l’emporte sur la 2e et la 3e ; mais antérieure, meilleure, inférieure, supérieure,
Pierre et toi formez une fameuse équipe. mineure, postérieure, ultérieure, extérieure,
• la 2e personne l’emporte sur la 3e.
Le verbe s’accorde avec le pronom relatif qui dont intérieure, majeure, pécheresse, vengeresse
Regarde les oiseaux qui s’envolent.
3 Le sujet est le pronom relatif qui. le nombre, le genre et la personne sont ceux de -teur -> teuse flatteur, flatteuse
C’est moi qui l’ai dit. lorsqu’on peut former le participe présent en
l’antécédent.
Le sujet est un nom collectif suivi d’un complément Le verbe est au singulier ou au pluriel (selon qu’on Un groupe de musiciens succède au précédent. remplaçant -eur par –ant (flattant).
Mais éditrice, émettrice, exécutrice, inventrice,
4 (une foule, une troupe, une meute, un tas, une l’accorde avec le nom collectif au singulier ou avec Ce groupe de musiciens jouent de nombreux persécutrice, enchanteresse
multitude …). son complément au pluriel). instruments. -teur -> -trice créateur, créatrice
Le sujet est précédé d’un déterminant quantitatif lorsqu’on ne peut pas former le participe
5 Le verbe est au pluriel. La plupart de mes amis sont en vacances.
(la plupart de, beaucoup de, combien de…). présent en remplaçant -eur par –ant.
Le sujet est plus d’un. Le verbe est au singulier. Plus d’un élève est malade. Autres : paysan, paysanne ; valaisan, valaisanne ;
6
Le sujet est moins de deux. Le verbe est au pluriel. Moins de deux années se sont écoulées. veveysan, veveysanne ; boulot, boulotte ; maigriot,
maigriotte ; pâlot, pâlotte ; sot, sotte ; vieillot,
Le sujet est un pronom indéfini à valeur de pluriel Peu ont échoué, beaucoup ont réussi.
7 Le verbe est au pluriel. vieillotte ; malin, maligne ; bénin, bénigne ;
(beaucoup, peu, la plupart, combien…). La plupart sont dans l’expectative. bas, basse ; épais, épaisse ; exprès, expresse ; gras,
Le sujet est un groupe infinitif ou une phrase Lire me passionne. grasse ; gros, grosse ; las, lasse ; métis, métisse ;
8 Le verbe s’accorde à la 3e personne du singulier. absous, absoute ; dissous, dissoute ; coi, coite ; favori,
subordonnée. Qu’ils soient partis si vite me désole.
favorite ; rigolo, rigolote ; fou, folle ; mou, molle ;
andalou, andalouse ; frais, fraîche ; tiers, tierce ;
B. L’accord de l’adjectif attribut vainqueur, victorieuse
L’adjectif attribut du sujet s’accorde en genre1 et en nombre2 avec le sujet.
2 Pour former le pluriel d’un adjectif, on ajoute
La patineuse est élégante et gracieuse. généralement un –s au singulier.
L’adjectif attribut du complément de verbe s’accorde en genre et en nombre avec le complément de verbe. Cas particuliers
Je trouve ces patineuses élégantes et gracieuses. -eau, eu -> -x beau, beaux
mais bleus
Attention de ne pas confondre l’adjectif attribut et l’adjectif employé comme adverbe, qui lui est invariable.
-al -> -aux loyal, loyaux
Elle ne voit pas clair (= clairement). La boîte sonne creux (= de manière creuse). Ils ne marchent pas droit (= de manière droite). mais banals, bancals, fatals, finals, natals, navals
37
orthographe

16 ACCORDS DANS LA PHRASE

3 Le verbe pronominal est précédé des


pronoms réfléchis me, te, se, nous, vous, qui
reprennent le même être ou le même objet
C. L’accord du participe passé
que le sujet. Il se forme aux temps composés
avec l’auxiliaire être.
Avec l’auxiliaire Avec l’auxiliaire Je me bats. -> Je me suis battu.
Sans auxiliaire Tu me bats n’est pas pronominal.
être avoir
4 Le pronom réfléchi remplit une de
ces trois fonctions : CVD, CVI ou sans
fonction grammaticale (dans le cas d’un
Verbe pronominal3 ? Autre verbe ? Chercher le CVD. verbe essentiellement pronominal). On
pose la question de la fonction du pronom
réfléchi en le supprimant de la phrase et en
remplaçant l’auxiliaire être par l’auxiliaire
Chercher la Le CVD est placé Le CVD est placé
Il n’y a pas de avoir.
fonction du pronom après le parti- avant le parti- 1) Elle s’est lavé les cheveux. -> Elle a lavé à
CVD.
réfléchi4. cipe passé. cipe passé. qui les cheveux ? A elle-même. -> s’ = CVI.
2) Elle s’est lavée. -> Elle a lavé qui ? Elle-
même. -> s’ = CVD.
Le Pro réfl. est CVD 3) Elle se serait enfuie. -> *Elle aurait enfui…
Le Pro réfl. est CVI. -> se = sans fonction grammaticale.
ou SFG5.
5 SFG est l’abréviation de sans fonction
grammaticale. Le pronom réfléchi d’un
Le participe passé Le participe passé s’ac- verbe essentiellement pronominal n’a pas de
Le participe passé Le participe passé s’ac-
s’accorde avec le nom corde avec le CVD placé Le participe passé est invariable. fonction.
s’accorde avec le sujet. corde avec le CVD6.
qu’il caractérise. avant (s’il y en a un). 6 Le verbe impersonnel a pour sujet le
pronom il qui ne représente ni un être ni un
objet. Il est un simple signe grammatical.
Cas particuliers Accord du participe passé Exemples Il manque une pièce à mon puzzle.
1 Le participe passé d’un verbe impersonnel6 Invariable Que de peine il a fallu pour obtenir ce succès ! * Phrase grammaticalement incorrecte
Variable si le CVD placé avant réalise l’action expri- Ces cloches, je les ai entendues sonner.
2 Le participe passé suivi d’un infinitif 
mée par le verbe à l’infinitif Cette toile que j’ai aimé peindre me plaît.
Les participes passés pesé, coûté, mesuré, valu, Invariables si le CVD a une nuance sémantique de
3 Les vingt francs qu’a coûté ce livre …
dormi, vécu … poids, de prix, de mesure …
4 Les participes passés dit, dû, cru, su, pu … Invariables si le CVD est l’infinitif sous-entendu J’ai fait tous les exercices que j’ai pu (faire).
Les participes passés attendu, compris, entendu, Variables s’ils sont placés après le nom ; Marie exceptée, toutes ses filles sont mariées.
5
excepté, ôté, passé, supposé, vu, ci-joint, ci-inclus … invariables s’ils sont placés avant le nom Excepté Marie, toutes ses filles sont mariées.
6 Le CVD placé avant est en. Invariable Des fraises, j’en ai mangé tous les jours.
Variable si l’ reprend un nom ou un GN ; Cette photo, je l’ai prise à l’improviste.
7 Le CVD placé avant est l’.
invariable si l’ reprend toute une phrase Cette photo est plus belle que je l’avais pensé.

38
orthographe
1 Pour former le féminin d’un nom, on
17 ACCORDS DANS LE GROUPE NOMINAL ajoute généralement un –e au masculin.
Cas particuliers
-el -> -elle criminel, criminelle
-eau -> -elle jumeau, jumelle
-en -> -enne chien, chienne
-on -> -onne lion, lionne
Le nom ou le pronom donne son genre1 (masculin ou féminin) et son nombre2 (singulier ou pluriel) au déterminant et à l’adjectif. mais Lapone, Mormone
Un exploit surprenant ; une défaite surprenante ; des exploits surprenants / des défaites surprenantes -et -> -ette cadet, cadette
-er -> -ère berger, bergère
Quant aux vacances, je préfère celles passées au bord de la mer. Émus, certains d’entre nous ont pleuré à la fin du film.
-f -> -ve veuf, veuve
A. L’accord du déterminant -c -> -que laïc, laïque
mais Grecque
Le déterminant s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom. -x -> -se époux, épouse
Le chat / les chats ; quelle histoire /quelles histoires ; cet été / ces étés ; cette année / ces années ; chaque élève mais vieille
le mien / les miens / la mienne / les miennes -eur -> -euse joueur, joueuse
mais mineure, ambassadrice, impératrice, bailleresse,
Les déterminants numéraux sont invariables sauf vingt et cent lorsqu’ils terminent le nombre et qu’ils sont multipliés. demanderesse, défenderesse, enchanteresse, pécheresse
Mille cinq cents francs (cent est multiplié par cinq et termine le nombre.) -teur –> teuse chanteur, chanteuse
Quatre mille sept cent vingt francs (cent ne termine pas le nombre ; vingt n’est pas multiplié.) lorsqu’on peut former le participe présent en
remplaçant -eur par –ant (chantant).
mais éditrice, émettrice, exécutrice, inspectrice,
B. L’accord de l’adjectif
inventrice, persécutrice
L’adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom. -teur -> -trice lecteur, lectrice
Le beau château gris / les beaux châteaux gris ; la belle maison grise / les belles maisons grises lorsqu’on ne peut pas former le participe présent
en remplaçant -eur par –ant.
Si l’adjectif se rapporte à plusieurs noms, il s’accorde au pluriel ; si un nom au moins est masculin, il s’accorde au masculin. Autres : paysan, paysanne ; Valaisan, Valaisanne ;
Le verre et l’assiette brisés ; la tasse et l’assiette brisées Veveysan, Veveysanne ; Andalou, Andalouse ;
favori, favorite ; métis, métisse ; rigolo, rigolote.

Cas d’invariabilité Exemples Remarques 2 Pour former le pluriel d’un nom, on ajoute
Des yeux noisette ; des rubans orange ; des mai- Rose, mauve, fauve, pourpre, écarlate, incarnat, vermeil généralement un –s au singulier.
1 Les adjectifs de couleur formés à partir de noms Si le nom se termine par s, x ou z, le pluriel
sons ocre ; des pantalons marine sont variables. ne se marque pas.
Une robe bleu ciel ; des vestes gris clair ; une Des écharpes vertes et rouges (dans le cas où les unes Cas particuliers
2 Les adjectifs de couleur composés
écharpe vert et rouge ; des yeux brun foncé sont vertes, les autres sont rouges).
-au -> -x tuyau, tuyaux
Des gens haut placées ; une maison frais bâtie ; Des gens haut placés (≠ des gens hauts et placés) = des -eau -> -x bureau, bureaux
Le premier élément des adjectifs composés s’il a une
3 les accords franco-allemands ; des scènes tra- gens hautement placés. Des personnes sourdes-muettes mais landaus, sarraus
valeur adverbiale ou s’il est abrégé
gi-comiques = des personnes sourdes et muettes. -eu -> -x vœu, vœux ; jeu, jeux
4 Les adjectifs formés à partir d’adverbes Les roues avant ; des places debout mais bleus, émeus, pneus
-ou -> -s clou, clous
Placés après le nom, nu s’accorde en genre et en nombre
A mi-distance ; une demi-heure ; vivre en semi-li- mais bijoux, cailloux, choux, genoux, hiboux,
5 Mi, demi, semi, nu placés devant le nom (les jambes nues), demi en genre seulement (deux joujoux, poux
berté ; aller nu-pieds
heures et demie). -al -> -aux journal, journaux
Possible employé avec les superlatifs « le plus, le Faites le moins d’erreurs possible. mais bals, cals, carnavals, chacals, festivals,
6 récitals, régals
moins, le meilleur » Je poserai le plus possible de questions.
ail -> -s détail, détails
7 Plein placé devant un nom précédé d’un déterminant Elle a toujours des bonbons plein les poches. mais aulx (ail), baux, coraux, émaux, fermaux,
8 Nouveau placé devant le nom « né » Des nouveau-nés soupiraux, travaux, vantaux, vitraux
Des grand-mères ; des grand-mamans ; la grand-rue ; ne pas voir grand-chose ; avoir grand-peur ; à
9 Grand dans certaines expressions
grand-peine
39
orthographe

18 HOMOPHONES GRAMMATICAUX COURANTS

Les homophones sont des mots qui ont des sens différents mais qui se prononcent de façon iden- ni n’y
tique. Voici une liste des principaux homophones grammaticaux à consulter en cas de besoin : Adverbe de négation Adverbe de négation ne suivi de y
as / a à Je ne viendrai pas à cette réunion si vous n’y voyez pas
Je n’ai plus de force ni de courage.
Verbe avoir, 2e ou 3e pers. du présent de l’indicatif Préposition d’inconvénient.
Mon père a une profession intéressante. En tombant, Marie s’est blessée à un bras. Remplaçable par à cela, à cet endroit :
Toujours dans une double négation.
Remplaçable par l’imparfait : … si vous ne voyez pas d’inconvénient à cela.
Pas de remplacement possible.
Mon père avait une profession intéressante.
on ont
du dû Pronom indéfini Verbe avoir au présent
Déterminant article défini contracté Participe passé du verbe devoir au masc. sing. On part dans dix minutes. Ces musiciens ont un talent exceptionnel.
Il rentre du collège à cinq heures. Il a dû annuler ses vacances. Remplaçable par nous : Remplaçable par l’imparfait :
Remplaçable par une forme simple du verbe : Nous partons dans dix minutes. Ces musiciens avaient un talent exceptionnel.
Il doit annuler ses vacances.
ou où
-é -er Conjonction de coordination Adverbe interrogatif ou pronom relatif
Terminaison du participe passé des verbes en -er Terminaison de l’infinitif des verbes en -er J’hésite entre une soupe ou une salade. Où habites-tu ? C’est le village où je suis né.
J’ai mangé, il avait nagé Je dois manger, j’aime nager Remplaçable par ou bien :
Indique généralement un lieu.
Remplaçable par le participe passé d’un verbe qui ne Remplaçable par l’infinitif d’un verbe qui ne se J’hésite entre une soupe ou bien une salade.
se termine pas par -er : termine pas par -er :
quand quant à/au(x) qu’en
J’ai vendu, il a rendu… Je dois vendre, il aime rendre …
Adverbe interrogatif ou Pronom interrogatif que suivi de
Locution prépositionnelle
la là la l’as/l’a Conj de subordination en
Déterminant Verbe avoir précédé d’un Quand as-tu appris cette nouvelle ? Les skieurs aiment bien l’hiver ; On fait une pause, qu’en penses-
Adverbe de lieu Pronom personnel Dis-moi quand il arrivera. quant à moi, je préfère l’été. tu ?
article défini pronom personnel
La pluie se mêle à la Cette amie, il la connut en Le rendez-vous, il l’a sans Remplaçable par à quel moment
Pierre n’est pas là. Remplaçable par en ce qui
neige. vacances. doute oublié. ou lorsque : A quel moment as-tu Remplaçable par de cela : On fait
concerne : En ce qui me concerne, je
Remplaçable par Remplaçable par appris cette nouvelle ? une pause, que penses-tu de cela ?
Remplaçable par un préfère l’été.
à cet endroit : l’imparfait : Dis-moi lorsqu’ il arrivera.
autre déterminant :
Pierre n’est pas à cet Le rendez-vous, il l’avait
Cette pluie… cette neige.
endroit. sans doute oublié.

leur leur/leurs
Pronom personnel (invariable) Déterminant possessif (variable)
Paul et Chantal déménagent : je leur ai promis de les Les élèves quittent leur classe ; ils vont faire leurs
aider. devoirs.
Remplaçable par lui : Paul déménage : je lui ai promis Remplaçable par son, sa ou ses : Ariane quitte sa
de l’aider. classe ; elle va faire ses devoirs.
40
orthographe

18 HOMOPHONES GRAMMATICAUX COURANTS

quelque/quelques quelque quel(s)/quelle(s) que son sont


Déterminant indéfini (variable) Adverbe (invariable) devant un D Locution conjonctive devant un Déterminant possessif Verbe être
devant un nom numéral, un adjectif ou un adverbe verbe ou un pronom Pierre promène son chien. Mes parents sont en vacances.
Quelles que soient tes idées et Remplaçable par un autre déterminant : Remplaçable par l’imparfait : Mes parents étaient en
quel qu’en soit l’enjeu, je ferai Pierre promène mon chien. vacances.
Il y a quelque temps, j’ai reçu Quelque jeune qu’il paraisse, il a
équipe avec toi.
quelques sous. quelque nonante ans. tout/tous/toute/toutes tout le tout/les touts
Quel s’accorde avec le nom qui
suit le verbe être. Déterminant indéfini Pronom indéfini Adverbe Nom commun
Remplaçable par aussi devant (variable) (variable) (invariable1) (variable)
Remplaçable par un certain ou
un Adj et environ devant un D Le verbe est au subjonctif. Tous les jours, toutes les Les joueurs sont tous Ce bâtiment est tout Je vous cède le tout pour
plusieurs : Il y a un certain temps,
numéral : Aussi jeune qu’il paraisse, semaines… partis. neuf. cent francs.
j’ai reçu plusieurs sous.
il a environ nonante ans. Remplaçable par chaque : Remplaçable par sans ex- Remplaçable par entiè- Remplaçable par la totali-
chaque jour, chaque ception : Les joueurs sont rement : Ce bâtiment est té : Je vous cède la totalité
même/mêmes même/mêmes même
semaine… partis sans exception. entièrement neuf. pour cent francs.
Déterminant indéfini (variable) Pronom indéfini (variable) Adverbe (invariable) 1 Tout, adverbe, est variable devant un adjectif au féminin commençant pas une consonne ou un h aspiré.
J’ai acheté les mêmes chaussures Tu as de belles chaussures, je Elle est rentrée de sa balade à cheval toute mouillée et toute honteuse d’être tombée.
Même les savants se trompent.
que toi. voudrais bien les mêmes.
Remplaçable par identique : des Remplaçable par aussi : Les savants
chaussures identiques aussi se trompent.

quelquefois quelques fois


Adverbe (invariable) Déterminant indéfini (variable) + nom
Il a manqué quelquefois l’école. Pour les quelques fois qu’il a manqué !
Remplaçable par de temps en temps, parfois : Remplaçable par un/le petit nombre de fois : Pour le
Il a manqué de temps en temps/parfois l’école. petit nombre de fois qu’il a manqué !

se/s’ ce ce/c’
Pronom réfléchi Déterminant démonstratif Pronom démonstratif
Il se lève toujours très tôt. Ce spectacle est remarquable. C’est un accident stupide.
Vérifier si le verbe pronominal Remplaçable par ces : Ces spec- Remplaçable par cela : Cela est un
existe : se lever. tacles sont remarquables. accident stupide.

ses ces
Déterminant possessif Déterminant démonstratif
Il a encore perdu ses clés. A qui sont ces clés ?
Remplaçable par son ou sa : Il a encore perdu sa clé. Remplaçable par ce ou cette : A qui est cette clé ?

41
orthographe

19 PARTICIPE PRÉSENT ET ADJECTIF VERBAL

Le participe présent est l’un des modes impersonnels du verbe.1


1 Voir -> 29 , p.56
Il se termine par le son [ã] qui s’écrit toujours –ant.
Négligeant ses devoirs, cet enfant est convoqué chez la directrice exigeant des explications. 2 Il existe toutefois des adjectifs
en –ant qui ne sont pas dérivés
L’adjectif verbal est un adjectif dérivé du participe présent d’un verbe. d’un verbe : aberrant, ambiant,
Il se termine par le son [ã] qui s’écrit le plus souvent –ant 2, parfois –ent 3. bienveillant, bienséant, bruyant,
C’est un enfant négligent bien qu’il ait une mère très exigeante. constant, élégant, exubérant, flagrant,
géant, pédant, prépondérant, puissant,
Il est important de distinguer ces deux classes grammaticales lors de productions écrites car le participe présent est invariable tandis que l’adjectif vigilant…
verbal s’accorde avec le nom et varie en genre et en nombre avec lui. En outre, l’adjectif verbal subit parfois une modification orthogra-
phique par rapport au participe présent du verbe correspondant. 3 Il existe toutefois des adjectifs
en –ent qui ne sont pas dérivés
Caractéristiques propres au participe présent Caractéristiques propres à l’adjectif verbal d’un verbe : ambivalent, antécédent,
ardent, clément, cohérent, compétent,
Il est invariable : J’ai vu une fillette charmant des serpents. Il varie en genre et en nombre : C’est une fillette charmante. fréquent, indulgent, lent, polyvalent,
récent, succulent, transparent,
Il exprime une action : J’ai vu une fillette qui charmait des serpents. Il exprime une qualité ou un état : C’est une fillette qui est charmante. virulent…
Il peut recevoir des CV : J’ai vu une fillette charmant des serpents. Il peut remplir la fonction d’attribut : Cette fillette est charmante. 4 Les noms qui correspondent à
Il peut être précédé de en ou d’un pronom réfléchi (me, te, se, nous, vous) : un adjectif verbal suivent la même
Il peut être remplacé par un adjectif d’une autre forme : graphie : un adhérent, un équivalent,
Cette fillette gagne sa vie en charmant des serpents devant une foule se pâmant
C’est une fillette gracieuse. un extravagant, un intrigant, un
d’admiration. précédent…
Il peut être précédé de l’adverbe de négation ne/n’ : Il peut être parfois précédé d’un adverbe d’intensité (très, si, tant…) : Un différend
En ne charmant pas des serpents, cette fillette tomberait dans la misère. C’est une fillette très charmante.

Le participe présent et l’adjectif verbal en [ã] s’orthographient le plus souvent de la même façon. Cependant, il existe un certain nombre d’exceptions
dont les principales sont présentées dans les tableaux suivants.
Infinitif Participe présent Adjectif verbal4 Infinitif Participe Adjectif verbal4
présent
ant -> ent adhérer adhérant adhérent guant->gant extravaguer extravaguant extravagant
coïncider coïncidant coïncident fatiguer fatiguant fatigant
différer différant différent intriguer intriguant intrigant
équivaloir équivalant équivalent zigzaguer zigzaguant zigzagant
exceller excellant excellent quant->cant communiquer communiquant communicant
influer influant influent convaincre convainquant convaincant
précéder précédant précédent provoquer provoquant provocant
somnoler somnolant somnolent suffoquer suffoquant suffocant
violer violant violent vaquer vaquant vacant
geant->gent converger convergeant convergent
diverger divergeant divergent
émerger émergeant émergent
négliger négligeant négligent
42
orthographe

20 FORMATION DES ADVERBES EN –MENT

Une partie des adverbes se forment à partir de l’adjectif auquel on ajoute le suffixe –ment [mã].
1 Voir -> 16 , p.37, note 1.
On distingue quatre cas de formation des adverbes en –ment.
 L’adjectif est terminé par une consonne au masculin singulier : on ajoute le suffixe –ment au féminin1 de l’adjectif. 2 L’adverbe traîtreusement a été formé à
partir de l’ancien adjectif traitreux qui
Actif -> active -> activement ; complet -> complète -> complètement ; doux -> douce -> doucement n’existe plus actuellement.
ÂÂ Cas particuliers :
3 Voir -> 19 , p.42
gentil -> gentiment ; bref -> brièvement ; confus -> confusément ; obscur -> obscurément ; express -> expressément ; précis -> précisément ;
profond -> profondément
 L’adjectif est terminé par une voyelle au masculin singulier : on ajoute le suffixe –ment au masculin de l’adjectif.
Absolu -> absolument ; habile -> habilement ; poli -> poliment ; vrai -> vraiment
ÂÂ Cas particuliers :
assidu -> assidûment (ou assidument) ; continu -> continûment (ou continument) ; cru -> crûment (ou crument) ; fou (folle) -> follement ; gai ->
gaiement (ou gaiment) ; goulu -> goulûment (ou goulument) ; indu -> indûment (ou indument) ; mou (molle) -> mollement ; traître -> traîtreusement2 ;
aveugle -> aveuglément ; commode -> commodément ; énorme -> énormément ; immense -> immensément ; impuni -> impunément ; intense -> intensé-
ment
 L’adjectif est terminé par –ant au masculin singulier : on remplace –ant par –amment.
Courant -> couramment ; méchant -> méchamment ; constant -> constamment
ÂÂ Cas particuliers :
Certains adverbes en –amment sont construits à partir d’une autre classe que l’adjectif : notamment (dérivé du participe présent notant), nuitamment
(dérivé du nom nuit), précipitamment (dérivé du participe présent précipitant).
 L’adjectif est terminé par –ent 3 au masculin singulier : on remplace –ent par –emment [amã].
Évident -> évidemment ; prudent -> prudemment ; violent -> violemment
ÂÂ Cas particulier :
lent -> lentement ; véhément -> véhémentement
L’adverbe sciemment (dérivé du nom escient qui n’existe plus) est construit à partir d’une autre classe que l’adjectif.

43
VOCABULAIRE

Le vocabulaire est composé de l’ensemble des mots du français,


envisagés sous l’angle de leur signification, de leur origine,
de leur formation et des relations qu’ils entretiennent entre eux,
ainsi que des variations de la langue dans les différentes régions
francophones.
vocabulairelair

21 ORIGINE DES MOTS, FAMILLES DE MOTS, NÉOLOGISMES

XXL’origine des mots


1 Château provient du latin castellum (la
L’étymologie est la science qui explique l’origine des mots et leur histoire depuis les formes les plus anciennes jusqu’à la langue française moderne. forteresse) et s’écrivait chastel ou castel au
De nombreux mots de la langue française proviennent du latin et du grec ancien1. XIe siècle. Athlète provient du mot grec
athlos (le combat, le concours).
Les emprunts désignent les mots que le français a empruntés, dans son évolution, à d’autres langues telles que l’allemand, l’anglais, l’italien, l’espagnol,
l’arabe, le néerlandais2. 2 Le short provient de l’anglais short (court),
le canon de l’italien cannone (le tube, le
tuyau), l’algèbre de l’arabe al-jahr (restitution,
XXLes familles de mots réduction).
La famille de mots désigne l’ensemble des mots qui ont un mot d’origine commun (étymon)3.
3 Main, maintien, maintenir, mainmise mais
• Le mot simple est le mot qui est à la base d’une famille de mots. aussi manette, menotte, manier forment
Vent  venter, venteux, ventilateur, paravent une famille de mots. Ils ont tous le même
• Le mot complexe est formé de plusieurs parties à partir d’un mot simple. étymon latin, manus (la main).
Neige  motoneige, enneigement, chasse-neige 4 Dans son édition 2014, le dictionnaire Le
Robert introduit les mots texter (écrire un
XXLes néologismes SMS), nobéliser (attribuer un prix Nobel),
agender (terme suisse romand qui signifie
Lorsqu’un nouveau mot apparaît dans la langue (le plus souvent pour désigner un objet ou un phénomène nouveau), on l’appelle un néologisme4. « inscrire une échéance dans un agenda »).
Par exemple, un courriel (de courrier électronique) est un néologisme d’origine québécoise qui désigne un message envoyé par ordinateur.

45
vocabulairelaire

22 FORMATION DES MOTS

Les mots simples1 ne peuvent être décomposés.


1 Voir -> 21 , p.45
Les mots complexes sont constitués de plusieurs parties distinctes : un ou plusieurs radicaux, un ou des préfixes, un ou des suffixes.
• Le radical est la partie qui porte le sens du mot. Il est à la base d’une famille de mots. Le radical peut être un élément d’origine latine ou grecque 2 L’élément duc, du latin dux
(nom), ducere (verbe), est le radical
ou un mot simple3, souvent complété par un préfixe et/ou un suffixe2. des mots suivants : conducteur,
• Le préfixe se place au début du mot. Il ne modifie pas sa classe grammaticale mais modifie souvent le sens du radical4. L’orthographe d’un conductible, éducation.
préfixe peut être modifiée5.
3 Le mot simple lune est le
• Le suffixe se place à la fin d’un mot. Il permet souvent d’indiquer la classe grammaticale de ce mot6. radical des mots suivants : lunaire,
lunatique, alunir, lunaison.
A. La dérivation
On peut former un mot complexe par dérivation. On ajoute un préfixe et/ou un suffixe au mot simple ou au radical. Un mot dérivé peut servir de base 4 Doué / surdoué, mentir / démentir,
visible / invisible.
pour former un autre mot dérivé7.
5 Par exemple. Le préfixe in- peut
B. La composition prendre les formes im-, il-, ir- :
On peut former un mot complexe par composition. impossible, illisible, irrespectueux.
• La composition courante associe des mots pour former un mot composé (un contretemps, un coffre-fort, un porte-bonheur, une arrière-pen- 6 Le suffixe -age permet souvent
sée…)8 ou une locution (tout à coup, tout à fait, sur-le-champ…). de repérer les noms (jardinage,
• La composition savante permet de former des mots à partir d’éléments empruntés au latin et au grec. Ce procédé est souvent utilisé pour bavardage), le suffixe -able de
former des adjectifs (valable,
créer des mots dans les domaines scientifiques et technologiques. réglable, observable), etc.
Par exemple, le mot hélicoptère est apparu dans la langue française en 1862 et est composé de deux éléments :
-- hélic(o) qui signifie l’hélice vient du grec helix, helicos (la spirale) ; 7 Norm(e)  norm–al, norm–al–e–
ment, a–norm–al–e–ment.
-- ptèr(e) qui signifie l’aile vient du grec ptéros (l’aile).
8 Les éléments d’un mot composé
C. Autres types de formation peuvent être formés de mots de
• Le sigle qui réunit la première lettre de plusieurs noms qui se suivent. classes différentes : nom, adjectif,
L’ONU  Organisation des Nation Unies verbe, adverbe, préposition.

Un DJ  disc-jockey
• La réduction d’un mot initial.
Auto pour automobile, ado pour adolescent, prof pour professeur

46
es vocabulairelair

23 SYNONYMES, ANTONYMES, HOMONYMES, PARONYMES

XXLes synonymes
1 Certains synonymes peuvent amener une
Les synonymes sont des mots de la même classe grammaticale qui ont un sens proche. idée supplémentaire (connotation) qui peut
Habitation, maison, demeure, résidence, palais, taudis, bicoque…1 être positive (demeure, résidence) ou négative
(taudis, bicoque).
Lorsqu’un mot a plusieurs sens, il aura des synonymes différents.2
2 Mon père (papa, géniteur)
Le père (chef ) de famille
XXLes antonymes Le père (l’inventeur) de l’imprimerie
Les antonymes sont des mots de la même classe grammaticale qui sont opposés par leur sens. Le père (religieux) qui enseigne la
religion aux enfants
Présent/absent, chaud/froid, connu/inconnu, nain/géant, savant/ignorant, dehors/dedans…
Lorsqu’un mot a plusieurs sens, il aura des antonymes différents.3 3 Un homme honnête / malhonnête
Un score honnête / médiocre
Un certain nombre d’antonymes sont formés par l’ajout4 ou la modification5 d’un préfixe. Une offre honnête / inacceptable

4 Normal / anormal
XXLes homonymes Pensable / impensable
Les homonymes sont des mots semblables par leur prononciation (homophones), par leur graphie (homographes) ou les deux, mais ils ont
5 Construire/détruire
des sens différents. Apparaître/disparaître
Homophones : la mère, la mer, le maire, l’amer (boisson)6.
6 Pour éviter les confusions entre les
Homographes : les poules couvent, une sœur vit dans un couvent. homophones, on peut :
Homophones homographes : le voile (habit), la voile (du bateau) / le moule (la forme), la moule (le mollusque). - réfléchir au sens : c’est le maire (le
président) de mon village / Nous allons à la
mer (à la plage) ;
XXLes paronymes
- vérifier l’orthographe des homophones
Les paronymes sont des mots proches par la forme et la prononciation mais dont les sens sont différents. lexicaux dans le dictionnaire ;
Allusion/illusion - consulter la liste des homophones
grammaticaux (-> 18 , p.40-41)
-- L’entraîneur a fait allusion (référence) aux propos des journalistes.
-- Les alpinistes ont l’illusion (fausse impression) de se trouver en sécurité.
Notable/notoire
-- Ce sportif a réalisé des progrès notables (remarquables).
-- C’est un paresseux notoire (connu), tout le monde le sait.

47
vocabulairelaire

24 CHAMP LEXICAL

Le champ lexical regroupe les mots qui se rapportent à une même idée, à un même domaine.
Dans un texte, ces mots peuvent aider à comprendre quel est le sujet traité et comment il est traité. L’analyse des champs lexicaux permet de construire
le sens d’un texte.
Texte 1 Ce texte est une nouvelle fantastique. Le champ lexical principal
« La mienne (de chambre) était vaste ; je sentis, en y entrant, comme un frisson de fièvre, car il me sem- est celui de la peur, de l’épouvante.
bla que j’entrais dans un monde nouveau. […] Noms : frisson, fièvre, terreur, sueur
Une terreur insurmontable s’empara de moi, mes cheveux se hérissèrent sur mon front, mes dents Adjectifs : insurmontable, froide
s’entrechoquèrent à se briser, une sueur froide inonda tout mon corps.  Verbes : s’empara (de moi), (mes cheveux) se hérissèrent, (mes
[…] Oh ! non, je n’ose pas dire ce qui arriva, personne ne me croirait, et l’on me prendrait pour un fou. » dents) s’entrechoquèrent, inonda (tout mon corps)
T. Gautier, La Cafetière, 1831 A la fin de ce passage apparaît un nouveau champ lexical déve-
loppé dans la suite du texte, celui de la folie : l’on me prendrait
pour un fou.

Texte 2
« En face de lui, presqu’au niveau de la falaise, en pleine mer, se dressait un roc énorme, haut de plus de Dans ce récit d’aventures, le narrateur décrit l’aiguille d’Etretat,
quatre-vingts mètres, obélisque colossal, d’aplomb sur sa large base de granit que l’on apercevait au ras un phénomène naturel qui ressemble à un pic rocheux qui s’élève
de l’eau et s’effilait ensuite jusqu’au sommet, ainsi que la dent gigantesque d’un monstre marin. Blanc sur la mer.
comme la falaise, d’un blanc gris et sale, l’effroyable monolithe était strié de lignes horizontales mar- Le champ lexical principal est celui de la géologie : falaise, roc,
quées par du silex, et où l’on voyait le lent travail des siècles accumulant les unes sur les autres les couches obélisque, granit, monolithe, silex, couches, calcaire, galet.
calcaires et les couches de galets.  On peut distinguer également deux champs lexicaux secondaires,
Et tout cela puissant, solide, formidable avec un air de chose indestructible contre quoi l’assaut fu- essentiellement exprimés par des adjectifs.
rieux des vagues et des tempêtes ne pouvait prévaloir. Tout cela, définitif, imminent, grandiose malgré
L’immensité : énorme, colossal, gigantesque, imminent, grandiose
la grandeur des remparts de falaises qui le dominait, immense malgré l’immensité de l’espace où cela
s’érigeait. » L’indestructibilité : puissant, solide, formidable, indestructible,
M. Leblanc, L’aiguille creuse, 1907 définitif

Comment identifier un champ lexical ?


-- En repérant les mots qui reviennent le plus souvent dans une séquence, notamment les noms, les adjectifs, les verbes (ainsi que leurs sujets et leurs
compléments) ;
-- en recherchant des rapports de sens entre les mots, par exemple : ces mots expriment la peur, l’étonnement, la joie, décrivent un paysage…

48
es vocabulairelair
POLYSÉMIE DU MOT, CHAMP SÉMANTIQUE
25 ET UTILISATION DU DICTIONNAIRE

La plupart des mots de la langue française présentent plusieurs sens : c’est la polysémie du mot. L’ensemble des sens d’un mot constitue son champ sémantique.
Ces différents sens sont exposés dans un même article de dictionnaire. Dans un contexte déterminé, le sens que prend un mot correspond à une définition précise du dictionnaire.
Articles de dictionnaire Les différentes informations données par un article de dictionnaire
C’est le mot à définir : SOURIS. Lorsqu’il existe des formes homographes du mot en entrée, celui-ci est répété
1.  souris  [suʀi]  nom féminin   L’entrée
et précédé d’un numéro : 1. souris, 2. souris.
ÉTYM. XIVe; suriz fin XIIe ◊ latin populaire °sorix, icis (i long),
classique sorex, icis 1.  Petit   mammifère   rongeur   (muridés),   Les abréviations Pour gagner de la place, le dictionnaire utilise des abréviations. Une liste figure au début de l’ouvrage.
voisin   du   rat,   dont   l'espèce   la   plus   répandue,   au   pelage   gris,  
cause  des  dégâts  dans  les  maisons.  Une  souris  grise.▫  Gris  souris,   La classe grammaticale Nom féminin
ton   de   gris.   «  Un   tailleur   en   velours   souris  »   (Colette).   ◆  Souris  
blanche  :   variété   albinos   utilisée   comme   sujet   d'expérience   en   L’origine du mot C’est l’étymologie du mot : XIVe; suriz fin XIIe etc.
biologie.   ◆  LOC.  Filer,  trotter  comme  une  souris,  silencieusement,   Elle est donnée en alphabet phonétique international (API).
furtivement.   C'est   la   montagne*   qui   accouche   d'une   souris.   On   La prononciation
La prononciation phonétique du mot souris est : [suʀi].
le   ferait   rentrer   dans   un   trou   de   souris  :   il   est   très   poltron,   ou  
très  gêné.  On  entendrait  trotter  une  souris  :  le  silence  est  total   Elle donne le sens propre du mot, son sens premier : 1. Petit mammifère rongeur (muridés), voisin du rat,
(cf.   On   entendrait   une   mouche*   voler).   Je   voudrais   être   une  
La définition No 1
dont l’espèce la plus répandue, au pelage gris, cause des dégâts dans les maisons.
petite   souris   pour   (observer   discrètement   un   évènement).   La  
(petite)  souris  va  passer  (apporter  un  présent  à  un  enfant  qui  a   Elles présentent souvent les sens figurés du mot.
perdu   une   dent   de   lait).   «  j'allais   trouver   D.   pour   qu'il   me   2. FAM. Jeune fille, jeune femme; bonne amie. 3. Muscle charnu à l’extrémité du gigot, en haut du
Les autres définitions
montre  ce  que  lui  avait  apporté  la  souris  »  (Quignard).  Jouer  au   manche. 4. Boîtier connecté à un terminal ou à un micro-ordinateur, que l’on déplace sur une surface plane
chat*  et  à  la  souris.  ▫  PROV.  Quand  le  chat  n'est  pas  là,  les  souris   afin d’agir sur le curseur à l’écran, pour désigner un point, sélectionner une commande.
dansent.   2. (1907)   FAM.  Souris  d'hôtel  :  femme  qui  fait  le  «  rat*  
d'hôtel  ».   ◆  (1938)   FAM.  Jeune  fille,  jeune  femme;  bonne  amie.   Une expression correspond à une manière habituelle de s’exprimer. Elle est souvent propre au français et
➙ nana.   «  Elle   est   drôlement   roulée,   sa   souris,   et   elle   n'a   pas   Les expressions impossible à traduire littéralement. On le ferait rentrer dans un trou de souris : il est très
dix-­‐huit  ans  »  (Sartre).   3.  PAR ANALOGIE  (1694; « partie charnue poltron ou très gêné.
du bras, de la jambe » milieu XIIIe)   Muscle   charnu   à  
l'extrémité   du   gigot,   en   haut   du   manche.   ▫  Cette   partie,   très   Ce sont des formules de la sagesse populaire qui expriment une vérité d’expérience, un conseil, une morale.
Les proverbes
tendre.   Souris   d'agneau   aux   herbes.   ◆  MÉD.   Souris   articulaire  :   PROV. Quand le chat n’est pas là, les souris dansent.
petit   fragment   d'os   ou   de   cartilage   qui   flotte   librement   dans   Sans indication, les sens indiqués dans un dictionnaire correspondent au registre de langue courant. Les
une  cavité  articulaire  et  peut  parfois  en  bloquer  brièvement  les  
mouvements.   4.   (1983 ◊ calque de l'anglais mouse)   Boîtier   abréviations qui suivent correspondent aux registres suivants : fam. : familier ; arg. : argotique ; lit-
Les registres de langue
connecté   à   un   terminal   ou   à   un   micro-­‐ordinateur,   que   l'on   tér. : littéraire (ce qui correspond au registre soutenu). L’indication cour. (couramment) indique une
déplace   sur   une   surface   plane   afin   d'agir   sur   le   curseur*   à   utilisation habituelle, mais éloignée du sens propre du mot.
l'écran,   pour   désigner   un   point,   sélectionner   une   commande.  
➙ PLAIS. mulot.   Cliquer   avec   la   souris.   Souris   à   boule.   Souris   Les régionalismes Ce sont des mots, des sens d’un mot ou des expressions qui ne sont utilisés qu’à un endroit précis.
sans  fil.  Souris  optique.  Tapis  de  souris.  
Ce sont les sens que prend un mot dans un contexte précis. littér. : littérature ; méd. : médecine ;
Les usages spécialisés
2.  souris  [suʀi]  nom masculin   agric.: agriculture ; etc.
ÉTYM. soubris 1538 ◊ de 1. sourire, d'après ris. Famille
étymologique ⇨ RIRE. ■  VIEUX  ➙ 2. sourire. anciennt, vx, vieilli : (anciennement, vieux, vieilli) ce sont des sens devenus rares, voire disparus, qu’un mot
Les sens anciens
Edition numérique du Petit Robert 2014

Le  Petit  Robert  2014,  édition  numérique,  ©  Dictionnaires  Le  Robert,  2013  


peut prendre dans des textes du passé.

Les dictionnaires utilisent des caractères différents (l’italique pour les exemples, le gras pour les synonymes et les antonymes…), des chiffres pour les différentes définitions ou encore des symboles alpha-
numériques pour structurer un article. La signification des caractères, des signes et des symboles peut varier d’un dictionnaire à un autre.
49
vocabulairel

26 PRINCIPALES FIGURES DE STYLE

Une figure de style est un procédé qui modifie l’usage ordinaire de la langue pour la rendre plus expressive. Une figure de style crée un effet de sens ou de sonorité.
A. La comparaison
C’est la mise en relation de deux mots ou groupes de mots qui partagent un aspect commun. La comparaison comprend quatre éléments : le comparé, l’aspect commun, l’outil de comparaison (comme,
tel que, pareil, semblable, ressembler, paraître…), le comparant.
Outil de
Comparé Aspect commun Comparant
comparaison
Il est rusé comme un renard.
Le camion traverse le carrefour pareil à un animal sauvage.
Les reflets du soleil qui scintillent sur l’eau ressemblent à un feu d’artifice.

B. La métaphore
C’est la mise en relation, l’association de deux termes, le comparé et le comparant, sans outil de comparaison (comme, pareil à…). En associant deux termes qui ont des sens différents, la métaphore
permet de construire des sens nouveaux. Certaines métaphores sont courantes (avoir un cœur de pierre, être un fin renard), d’autres sont plus littéraires. C’est pour cette raison que les métaphores doivent
souvent être interprétées.
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, / Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends. (Victor Hugo, Les Contemplations, 1853) La métaphore désigne le lever du soleil.
C’est un trou de verdure où chante une rivière. (Arthur Rimbaud, « Le dormeur du val », 1870) La métaphore désigne le bruit que fait la rivière en coulant.
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige. (Charles Baudelaire, « Harmonie du soir » , 1857) La métaphore désigne le coucher du soleil interprété comme un meurtre.
Sur le lac lune vivante (Paul Eluard, « Liberté », 1942 ). La métaphore désigne les reflets de la lune sur l’eau.
On dit qu’une métaphore est filée lorsqu’elle est développée dans une séquence.
Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage, / Traversé çà et là par de brillants soleils ; /Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, /Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils. (Charles Baudelaire, Les Fleurs
du mal, « L’ennemi », 1857). Dans ce quatrain, le poète crée un rapprochement entre sa jeunesse agitée et les éléments naturels.

C. L’euphémisme
C’est l’expression plus douce d’une réalité jugée pénible ou choquante.
Elle nous a quittés (pour Elle est morte). Il a perdu la raison (pour Il est fou).
D. L’hyperbole
C’est l’expression exagérée d’une idée, d’une réalité. L’hyperbole s’utilise aussi bien dans la langue courante que dans la langue littéraire. (Antonyme : Litote)
Langue courante : être mort de fatigue, être ivre de joie, aimer à la folie…
Langue littéraire : « C’était la lune qui l’avait rendue si pâle, et quelque chose des Dieux l’enveloppait comme une vapeur subtile. Ses prunelles semblaient regarder tout au loin au-delà des espaces
terrestres. » (Flaubert, Salammbô, 1862)

50
vocabulairelair

26 PRINCIPALES FIGURES DE STYLE

E. La litote
C’est l’atténuation du sens d’un propos qui consiste à exprimer plus en disant moins. (Antonyme :  Hyperbole)
Ce n’est pas mauvais (pour C’est bon). Il ne fait pas chaud (pour Il fait froid).
Va, je ne te hais point ! (Pierre Corneille, Le Cid, 1636). Chimène, en exprimant de cette manière atténuée son amour pour Rodrigue, lui dit qu’elle l’aime passionnément.
F. La métonymie
C’est un procédé qui consiste à désigner une réalité par un élément de cette réalité. Les métonymies les plus courantes se fondent sur les liens suivants :
ÂÂ la partie pour le tout
Faire de la voile (pour du bateau à voile), gagner son pain (pour gagner de quoi manger), etc.
ÂÂ le contenant pour le contenu
Boire un verre (pour ce qui est contenu dans le verre), s’adresser à la classe (pour les élèves de la classe), etc.
ÂÂ la matière pour l’objet
Un concerto pour orgue et cuivres (pour des instruments en cuivre), croiser le fer (pour l’épée ; cette expression signifie se battre), etc.
ÂÂ le lieu pour le produit
Manger du gruyère (pour du fromage de Gruyère), manger italien (pour manger des spécialités culinaires italiennes), etc.
ÂÂ l’effet pour la cause
Aller à la mort (pour aller à la guerre).

G. La périphrase
C’est le remplacement d’un mot par une expression qui le caractérise.
L’or blanc (la neige), la ville éternelle (Rome), celle à qui tu dois la vie (ta mère), etc.
H. La personnification
C’est l’attribution d’un comportement humain à un animal, à un élément naturel, un objet ou une notion. Ce procédé permet notamment de faire parler les animaux (dans les fables de La Fontaine, par
exemple).
La nature pleure (la pluie), le volcan fume (la fumée du volcan).

51
vocabulairelaire

27 RÉGIONALISMES

D’une région à l’autre de la francophonie, les habitants utilisent des expressions et des mots
Quelques mots propres à la Suisse romande
différents pour exprimer les mêmes réalités. On les appelle les régionalismes. Ces mots et
ces expressions offrent une grande variété et une grande richesse. Régionalismes Exemples Equivalents français
Par exemple, pour exprimer, dans le registre familier, l’idée qu’un élève manque volontai- baster (V) Il a basté devant son chef. céder, s’incliner
rement un cours, on trouve les régionalismes suivants : biscôme (N masc.) J’aime les biscômes de Noël. pain d’épice
- en Belgique : brosser un cours ; bobet (Adj et N
Il n’a rien compris, c’est vraiment un bobet. niais, sot
- au Québec : lôfer, foxer ou skipper un cours ; masc.)
- en France : sécher un cours ; cocoler (V) Elsa cocole trop sa petite-fille. dorloter, câliner
- en Suisse romande : courber, gatter, schwentser ou flûter (rare) un cours. cornet (N masc.) J’ai oublié de demander un cornet à la vendeuse. sac, sachet
fourre (N fém.) Une fourre d’oreiller, la fourre d’un disque housse, étui
Comme dans toutes les régions francophones (en France, en Belgique, au Québec, qui est la fricasse (N fém.) Avec une telle fricasse, je ne sors pas ! grand froid
principale région francophone du Canada, dans certains pays d’Afrique, etc.), les habitants gicler (V) La voiture m’a giclé en passant dans la gouille. asperger, éclabousser
de la Suisse romande utilisent des expressions locales. Ces régionalismes ne sont pas toujours gouille (N fém.) Je suis mouillé, j’ai marché dans une gouille. flaque
compris dans le reste de la francophonie ou même, parfois, par les résidents d’une autre ré- lavette (N fém.) J’ai acheté des lavettes en éponge. gant de toilette
gion du même pays. livret (N masc.) On dit livret en Suisse, table de multiplication en France. table de multiplication
Les habitants d’une région utilisent fréquemment tel mot ou telle expression sans se douter panosse (N fém.) Rince la panosse avant de nettoyer le sol. serpillière
qu’il s’agit d’un régionalisme. Il existe un dictionnaire suisse romand (André Thibault et Pierre patte (N fém.) Où as-tu rangé la patte à poussière ? chiffon
Knecht, Dictionnaire suisse romand © éditions Zoé 2004, pour l’édition révisée) qui présente près de 1200 mots pougner (V) Il a pougné et il s’est fait prendre. tricher (lors d’un examen)
et expressions caractéristiques. poutzer (poutser) (V) Aujourd’hui, on poutze la maison à fond. nettoyer
Par exemple, le mot foehn qui désigne un sèche-cheveux vient du vent du même nom, un vent redzipéter (V) Elle a tout redzipété à ses parents. rapporter, moucharder
souvent violent et chaud qui souffle dans certaines régions romandes. roiller (V) Il roille depuis deux heures. pleuvoir très fort
s’encoubler
Le mot bisse désigne un canal d’irrigation creusé dans la terre ou construit à l’aide de planches Elle s’est encoublée dans les fils de la lampe. trébucher, s’empêtrer
(V pronominal)
en bois. Ce système existe essentiellement dans les régions montagnardes du Valais et sert à
amener l’eau des glaciers dans les vallées. Ce mot provient du patois local (franco-provençal) et n’a pas d’équivalent en français.
Le mot Natel désigne un téléphone mobile. C’est la contraction des premières lettres de NAtional TELefon en allemand.
Les mots septante et nonante (également utilisés en Belgique) sont des mots anciens, issus du latin, et correspondent, en France par exemple, à soixante-dix et quatre-vingt-dix.

52
es

CONJUGAISON

La conjugaison désigne l’ensemble des formes que peut prendre un


verbe. Ces formes varient selon cinq catégories :
1. La personne : 1ère, 2e, 3e personne
2. Le nombre : singulier (je, tu, il ou elle) ou pluriel (nous, vous, ils ou elles)
3. Le mode : indicatif, subjonctif, conditionnel, impératif, infinitif, participe
4. Le temps : passé, présent, futur
5. L’aspect : accompli, inaccompli
On utilise l’expression forme verbale pour désigner un verbe à une
personne, à un nombre, à un mode et à un temps précis.
Je viens : 1ère personne du singulier de l’indicatif présent.
Qu’ils viennent : 3e personne du pluriel du subjonctif présent.
Vous auriez gagné : 2e personne du pluriel du conditionnel passé.
conjugaison
28 CLASSEMENT, BASE ET TERMINAISON

XXLe classement des verbes


La majorité des verbes du français (90%) ont une terminaison en –er à l’infinitif. Ces verbes ont très souvent une conjugaison régulière : leur base est fixe. (Voir ci-dessous La base et la terminaison
du verbe)
Les autres verbes (ceux qui se terminent par –ir, –oir, –re à l’infinitif) ont une conjugaison souvent irrégulière : ils peuvent avoir plusieurs bases.

XXLa base et la terminaison du verbe


Toute forme verbale conjuguée se compose :
- d’une base du verbe qui porte sa signification ;
- d’une terminaison composée d’une marque de personne et de nombre et d’une ou deux marques de temps et de mode (à l’imparfait, au futur, au passé simple, au conditionnel présent et au
subjonctif présent).

Terminaison
Forme verbale Base
conjuguée du verbe Marque(s) Marque
de temps et de mode de personne et de nombre
j’aime aim - e
je prends prend - s
Vous partiez part i ez
nous trouvions trouv i ons
je voudrai voud r ai
je chercherais cherch er + ai s
je conjuguai conjugu ai -

A. La base
La plupart des verbes en –er ont une base régulière qui ne change pas selon le temps et le mode.
Certains verbes ont plusieurs bases comme aller qui en compte six.
Je vais, tu vas, nous allons, elles vont, qu’il aille, vous irez.

54
conjugaison
28 CLASSEMENT, BASE ET TERMINAISON

B. La terminaison
1 Dire et faire, redire et refaire ont une
La terminaison est la partie finale et variable du verbe. Elle nous renseigne sur la personne et le nombre ainsi que le mode et le temps de la forme terminaison particulière à la 2e personne du
verbale. pluriel :
vous dites, vous redites, vous faites, vous
A certains temps et modes, le modèle de conjugaison est fixe pour tous les verbes : l’imparfait de l’indicatif par exemple. D’autres temps et modes ad- refaites.
mettent plusieurs modèles de conjugaison, comme le présent et le passé simple de l’indicatif. Les dérivés de dire ont une terminaison
régulière : vous contredisez, vous interdisez,
vous prédisez…
Les dérivés de faire ont la même
Terminaison
Modes Temps Verbes terminaison que le verbe simple :
Singulier Pluriel vous contrefaites, vous défaites, vous
- les verbes en -er (sauf aller) + couvrir, ouvrir, offrir, souffrir, cueillir e es e satisfaites…
- les verbes en -ir et en -re (y compris -indre) s s t 2 Aimer (tu aimas) -> que j’aimasse, que tu
Présent ons ez1 ent
- les verbes en -dre (sauf -indre) + vaincre s s - aimasses, qu’il aimât…
- les verbes pouvoir, valoir, vouloir x x t Perdre (tu perdis) -> que je perdisse, que tu
perdisses, qu’il perdît…
Imparfait Tous les verbes ais ais ait ions iez aient
Indicatif - les verbes en -er ai as a âmes âtes èrent 3 Cette forme prends un –s devant les
- les verbes tenir, venir et leurs dérivés ins ins int înmes întes inrent pronoms en et y.
Passé simple
{ is is it îmes îtes irent Parles-en à tes parents. Retournes-y.
- les autres verbes
us us ut ûmes ûtes urent
- les verbes en -er (sauf aller, envoyer, renvoyer) erai eras era erons erez eront
Futur simple
- les autres verbes rai ras ra rons rez ront
- les verbes en -er (sauf aller, envoyer, renvoyer) erais erais erait erions eriez eraient
Conditionnel Présent
- les autres verbes rais rais rait rions riez raient
Présent Tous les verbes (sauf avoir et être) e es e ions iez ent
Subjonctif Tous les verbes se basent sur le passé simple (2e personne du singulier)
Imparfait sse sses ^t ssions ssiez ssent
dont ils reprennent la voyelle finale de la terminaison.2
- les verbes en -er (sauf aller) + couvrir, ouvrir, offrir, souffrir, cueillir et e3
Impératif Présent leurs dérivés ons ez
- les autres verbes s

C. Les verbes irréguliers


Certains verbes présentent plusieurs bases et/ou des terminaisons particulières au présent des divers modes. Ils sont dits irréguliers. Les plus
fréquemment utilisés sont : être, avoir, dire, faire, aller, voir, savoir, pouvoir, falloir, vouloir, venir, devoir… (-> 30 , p.58)

55
conjugaison
29 MODES ET TEMPS

XXLes modes
A. Les modes personnels et impersonnels 1 Mes parents veulent que je parte en
camp linguistique cet été.
La conjugaison française est composée de quatre modes personnels qui se conjuguent (l’indicatif, le subjonctif, le conditionnel et l’impératif) et de 2 Ils souhaitent que j’apprenne
deux modes impersonnels qui ne se conjuguent pas (l’infinitif et le participe). l’anglais.
3 Je n’aime pas qu’on me contraigne à
B. La valeur des modes travailler pendant les vacances !
Chaque mode exprime une attitude de l’émetteur par rapport à l’énoncé qu’il produit. 4 C’est bien que tu me le dises.
5 A condition que ta mère soit d’accord,
L’indicatif situe l’action ou l’état exprimé par le verbe dans sa réalité. L’action s’est réellement déroulée (passé), se déroule actuellement (présent) ou nous pourrions aller au cinéma.
se déroulera (futur) par rapport au moment de l’énonciation. 6 Si la calotte polaire fondait, il se
Le subjonctif situe l’action ou l’état exprimé par le verbe comme probable ou incertain. Il exprime souvent une volonté1, un souhait2, un sentiment3, produirait des inondations.
une opinion4. 7 Hier, mon « prof » m’a demandé
(verbe principal à un temps du
Le conditionnel exprime un fait ou un événement soumis à une condition5 ou à une hypothèse6. Il peut également exprimer une valeur temporelle passé) si mon exposé serait prêt à
comme futur du passé lorsqu’il marque la postériorité par rapport à un verbe principal conjugué au passé7. temps.
8 Sortons !
L’impératif permet d’exprimer une action formulée de manière directive. Il permet de réaliser par exemple un ordre8, un avertissement9, un conseil10.
9 Prenez garde à la marche.
Il n’existe qu’aux personnes auxquelles il est possible de réaliser ces actes de parole (2ème personne du singulier, 1ère et 2ème personnes du pluriel).
10 Pour tourner, plante le bâton.

56
conjugaison
29 MODES ET TEMPS

XXLes temps
11 Voir (-> 16 , p.38)
A. Les temps simples et les temps composés 12 Ces temps du subjonctif sont
Le système de conjugaison de la langue française est constitué de temps simples et de temps composés. A chaque temps simple correspond un essentiellement utilisés dans la langue
écrite littéraire.
temps composé.
13 L’impératif passé s’utilise rarement :
Pour obtenir un temps composé, on conjugue l’auxiliaire être ou avoir au temps simple correspondant et on ajoute le participe passé du verbe conjugué. Aie rangé ta chambre avant mon retour !
Je marche  j’ai marché / ils sortaient  ils étaient sortis 14 C’est l’aspect du verbe. La notion
d’aspect envisage le sens du verbe sous
Dans certains cas, le participe passé du verbe conjugué peut s’accorder11. Les élèves sont entrés. / Emilie nous a invités chez elle. l’angle de son déroulement interne.
L’aspect accompli (ou action accomplie)
MODES Temps simples Temps composés
signifie que ce qu’exprime le verbe
Présent : je chante Passé composé : j’ai chanté est réalisé, achevé. L’aspect inaccompli
Imparfait : je chantais Plus-que-parfait : j’avais chanté (ou action inaccomplie) signifie que
INDICATIF ce qu’exprime le verbe est en cours de
Passé simple : je chantai Passé antérieur : j’eus chanté
déroulement.
Futur simple : je chanterai Futur antérieur : j’aurai chanté
Présent : que je chante Passé : que j’aie chanté
SUBJONCTIF
Imparfait : que je chantasse12 Plus-que-parfait : que j’eusse chanté12
CONDITIONNEL Présent : je chanterais Passé : j’aurais chanté
IMPÉRATIF Présent : chante Passé : aie chanté13
INFINITIF Présent : chanter Passé : avoir chanté
PARTICIPE Présent : chantant Passé: (ayant) chanté

B. Les valeurs des temps composés


Les temps composés permettent d’exprimer :
• que le déroulement d’une action est antérieur (dans le passé, le présent ou le futur) à l’action exprimée par le temps simple. C’est le cas dans
les phrases qui comportent un verbe conjugué au temps composé et un verbe conjugué au temps simple correspondant ;
Lorsque il sortit, la neige avait cessé de tomber. Tu sortiras quand tu auras fini tes devoirs.
• qu’une action est accomplie14. C’est le cas dans les phrases qui ne comportent qu’un verbe à un temps composé.
Aujourd’hui elle a déjeuné au restaurant.
Elle avait peint ce tableau lors de son dernier séjour dans les Alpes.

57
conjugaison
30 CONJUGAISON DES VERBES IRRÉGULIERS LES PLUS FRÉQUENTS

Les tableaux suivants présentent la conjugaison des principaux verbes irréguliers aux temps simples. Pour former un temps composé, on met l’auxiliaire être ou avoir au temps simple correspondant suivi du
participe passé du verbe à conjuguer (-> 29 , p.57).
Etre Avoir Faire (5 bases écrites) Dire (3 bases écrites) Pouvoir (6 bases écrites)
INDICATIF SUBJONCTIF INDICATIF SUBJONCTIF INDICATIF SUBJONCTIF INDICATIF SUBJONCTIF INDICATIF SUBJONCTIF
Présent Présent Présent Présent Présent Présent Présent Présent Présent Présent
je suis que je sois j’ai que j’aie je fais que je fasse je dis que je dise je peux que je puisse
tu es que tu sois tu as que tu aies tu fais que tu fasses tu dis que tu dises tu peux que tu puisses
il est qu’il soit il a qu’il ait il fait qu’il fasse il dit qu’il dise il peut qu’il puisse
nous sommes que nous soyons nous avons que nous ayons nous faisons que nous fassions nous disons que nous disions nous pouvons que nous puissions
vous êtes que vous soyez vous avez que vous ayez vous faites que vous fassiez vous dites que vous disiez vous pouvez que vous puissiez
ils sont qu’ils soient ils ont qu’ils aient ils font qu’ils fassent ils disent qu’ils disent ils peuvent qu’ils puissent
Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait
j’étais que je fusse j’avais que j’eusse je faisais que je fisse je disais que je disse je pouvais que je pusse
tu étais que tu fusses tu avais que tu eusses tu faisais que tu fisses tu disais que tu disses tu pouvais que tu pusses
il était qu’il fût il avait qu’il eût il faisait qu’il fît il disait qu’il dît il pouvait qu’il pût
nous étions que nous fussions nous avions que nous eussions nous faisions que nous fissions nous disions que nous dissions nous pouvions que nous pussions
vous étiez que vous fussiez vous aviez que vous eussiez vous faisiez que vous fissiez vous disiez que vous dissiez vous pouviez que vous pussiez
ils étaient qu’ils fussent ils avaient qu’ils eussent ils faisaient qu’ils fissent ils disaient qu’ils dissent ils pouvaient qu’ils pussent
Passé simple CONDITIONNEL Passé simple CONDITIONNEL Passé simple CONDITIONNEL Passé simple CONDITIONNEL Passé simple CONDITIONNEL
je fus Présent j’eus Présent je fis Présent je dis Présent je pus
Présent
tu fus je serais tu eus j’aurais tu fis je ferais tu dis je dirais tu pus
je pourrais
il fut tu serais il eut tu aurais il fit tu ferais il dit tu dirais il put
tu pourrais
nous fûmes il serait nous eûmes il aurait nous fîmes il ferait nous dîmes il dirait nous pûmes
il pourrait
vous fûtes nous serions vous eûtes nous aurions vous fîtes nous ferions vous dîtes nous dirions vous pûtes
nous pourrions
ils furent vous seriez ils eurent vous auriez ils firent vous feriez ils dirent vous diriez ils purent
vous pourriez
Futur simple ils seraient Futur simple ils auraient Futur simple ils feraient Futur simple ils diraient Futur simple ils pourraient
je serai IMPÉRATIF j’aurai IMPÉRATIF je ferai IMPÉRATIF je dirai IMPÉRATIF je pourrai
IMPÉRATIF
tu seras tu auras tu feras tu diras tu pourras
Présent Présent Présent Présent Présent
il sera il aura il fera il dira il pourra
sois aie fais dis -
nous serons nous aurons nous ferons nous dirons nous pourrons
soyons ayons faisons disons -
vous serez vous aurez vous ferez vous direz vous pourrez
soyez ayez faites dites -
ils seront ils auront ils feront ils diront ils pourront
PARTICIPE PARTICIPE PARTICIPE PARTICIPE PARTICIPE
INFINITIF INFINITIF INFINITIF INFINITIF INFINITIF
Présent Passé Présent Passé Présent Passé Présent Passé Présent Passé
Présent Présent Présent Présent Présent
étant été ayant eu faisant fait disant dit pouvant pu
être avoir faire dire pouvoir

58
conjugaison
30 CONJUGAISON DES VERBES IRRÉGULIERS LES PLUS FRÉQUENTS

Aller (6 bases écrites) Voir (4 bases écrites) Savoir (5 bases écrites) Vouloir (5 bases écrites) Devoir (4 bases écrites)
INDICATIF SUBJONCTIF INDICATIF SUBJONCTIF INDICATIF SUBJONCTIF INDICATIF SUBJONCTIF INDICATIF SUBJONCTIF
Présent Présent Présent Présent Présent Présent Présent Présent Présent Présent
je vais que j’aille je vois que je voie je sais que je sache je veux que je veuille je dois que je doive
tu vas que tu ailles tu vois que tu voies tu sais que tu saches tu veux que tu veuilles tu dois que tu doives
il va qu’il aille il voit qu’il voie il sait qu’il sache il veut qu’il veuille il doit qu’il doive
nous allons que nous allions nous voyons que nous voyions nous savons que nous sachions nous voulons que nous voulions nous devons que nous devions
vous allez que vous alliez vous voyez que vous voyiez vous savez que vous sachiez vous voulez que vous vouliez vous devez que vous deviez
ils vont qu’ils aillent ils voient qu’ils voient ils savent qu’ils sachent ils veulent qu’ils veuillent ils doivent qu’ils doivent
Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait Imparfait
j’allais que j’allasse je voyais que je visse je savais que je susse je voulais que je voulusse je devais que je dusse
tu allais que tu allasses tu voyais que tu visses tu savais que tu susses tu voulais que tu voulusses tu devais que tu dusses
il allait qu’il allât il voyait qu’il vît il savait qu’il sût il voulait qu’il voulût il devait qu’il dût
nous allions que nous allions nous voyions que nous vissions nous savions que nous sussions nous voulions que nous voulussions nous devions que nous dussions
vous alliez que vous alliez vous voyiez que vous vissiez vous saviez que vous sussiez vous vouliez que vous voulussiez vous deviez que vous dussiez
ils allaient qu’ils aillent ils voyaient qu’ils vissent ils savaient qu’ils sussent ils voulaient qu’ils voulussent ils devaient qu’ils dussent
Passé simple CONDITIONNEL Passé simple CONDITIONNEL Passé simple CONDITIONNEL Passé simple CONDITIONNEL Passé simple CONDITIONNEL
j’allai Présent je vis Présent je sus Présent je voulus Présent je dus Présent
tu allas j’irais tu vis je verrais tu sus je saurais tu voulus je voudrais tu dus je devrais
il alla tu irais il vit tu verrais il sut tu saurais il voulut tu voudrais il dut tu devrais
nous allâmes il irait nous vîmes il verrait nous sûmes il saurait nous voulûmes il voudrait nous dûmes il devrait
vous allâtes nous irions vous vîtes nous verrions vous sûtes nous saurions vous voulûtes nous voudrions vous dûtes nous devrions
ils allèrent vous iriez ils virent vous verriez ils surent vous sauriez ils voulurent vous voudriez ils durent vous devriez
Futur simple ils iraient Futur simple ils verraient Futur simple ils sauraient Futur simple ils voudraient Futur simple ils devraient
j’irai IMPÉRATIF je verrai IMPÉRATIF je saurai IMPÉRATIF je voudrai IMPÉRATIF je devrai IMPÉRATIF
tu iras tu verras tu sauras tu voudras tu devras
Présent Présent Présent Présent Présent
il ira il verra il saura il voudra il devra
va vois sache veuille (veux) -
nous irons nous verrons nous saurons nous voudrons nous devrons
allons voyons sachons voulons -
vous irez vous verrez vous saurez vous voudrez vous devrez
allez voyez sachez veuillez (voulez) -
ils iront ils verront ils sauront ils voudront ils devraient
PARTICIPE PARTICIPE PARTICIPE PARTICIPE PARTICIPE
INFINITIF INFINITIF INFINITIF INFINITIF INFINITIF
Présent Passé Présent Passé Présent Passé Présent Passé Présent Passé
Présent Présent Présent Présent Présent
allant allé voyant vu sachant su voulant voulu devant dû
aller voir savoir vouloir devoir

59
conjugaison
31 ETUDE D’UN VERBE

 Repérer les modes impersonnels du verbe.1


1 L’indicatif, le subjonctif, le
INFINITIF PARTICIPE conditionnel et l’impératif sont les
Présent Passé Présent Passé modes personnels : ils se conjuguent.
L’infinitif et le participe sont les
vouloir avoir voulu voulant (ayant) voulu modes impersonnels : ils ne se
conjuguent pas.
 Vérifier si le verbe se conjugue avec l’auxiliaire avoir ou avec l’auxiliaire être aux temps composés.2 2 La plupart des verbes se
J’ai voulu -> avoir conjuguent avec l’auxiliaire avoir.
Les verbes qui se conjuguent avec
l’auxiliaire être sont essentiellement
 Vérifier si le verbe a une ou plusieurs bases, notamment aux temps ci-dessous. (-> 28 , p.54) les verbes qui indiquent un
mouvement (monter, descendre,
Présent Imparfait Futur et conditionnel Subjonctif présent Impératif aller…), une absence de mouvement
(rester) ou un changement d’état
Base 1 Je veux
(naître, mourir, devenir…).
Base 2 Nous voulons Je voulais Que nous voulions Voulons A la forme passive, le verbe se
Base 3 Ils veulent conjugue toujours avec le verbe
Base 4 Je voudrai/voudrais être, même s’il se conjugue avec
l’auxiliaire avoir à la forme active
Base 5 Que je veuille Veuille, veuillez 3 (-> 15.6 , p.34) : L’incendie a
détruit l’immeuble (forme active) /
L’immeuble a été détruit par l’incendie
 Vérifier les terminaisons du présent au singulier et du passé simple au singulier et au pluriel. Ces deux temps admettent en effet des systèmes de (forme passive).
terminaisons différents (-> 28 , p.55). A la forme pronominale, le verbe se
conjugue toujours avec l’auxiliaire
Présent Passé simple être, même s’il se conjugue avec
Vouloir : -x, -x, -t Vouloir : -us, -us, -ut, -ûmes, -ûtes, -urent l’auxiliaire avoir à la forme non
pronominale.

3 Les formes veux et voulez


Mettre en évidence les particularités orthographiques des verbes en –er.
 n’existent que dans les expressions
suivantes :
• Les verbes en –eler et –eter (geler, acheter) prennent un accent grave sur le e de l’avant-dernière syllabe (il gèle, j’achèterai), sauf appeler et jeter Ne m’en veux pas. Ne lui en voulez
pas.
et leurs composés qui doublent le l ou le t devant e pour produire le son [ ] (j’appelle, nous jetterons) ;
• les verbes dont la base se termine par c (avancer) ou g (manger) prennent une cédille ou un e intercalaire devant le a et le o pour produire le son [ ] ou 4 Des verbes comme falloir, échoir, et
le son [ ] (tu avanças, nous mangeons) ; les verbes indiquant des conditions
météorologiques (neiger, geler, grêler,
• les verbes en –oyer (nettoyer) et –uyer (essuyer) changent l’y en i devant un e (tu nettoies, ils essuieront) ; pleuvoir…) ne se conjuguent qu’à
• les verbes qui ont un e ou un é à l’avant-dernière syllabe (lever, espérer) changent le e ou le é en è pour produire le son [ ] (vous lèverez, il espère). certaines formes (souvent la 3ème
personne du singulier de certains
temps).

Vérifier si le verbe se conjugue à toutes les formes.4



60
conjugaison
32 VALEURS DU PRÉSENT 1

Le présent est le temps de référence du système du présent. C’est le temps verbal qui peut exprimer le plus grand nombre de valeurs, c’est-à-dire le plus
de significations dans un contexte donné. 1 Pour les valeurs d’autres temps, voir 41 , p.73.
2 C’est aussi le temps qui permet de résumer
un texte qui raconte pour une fiche de lecture
A. Le présent d’énonciation permet d’exprimer une action ou un fait qui se déroule au moment où l’émetteur parle ou écrit2. ou la présentation d’un livre en classe.
Vous lisez un ouvrage de grammaire française. Dans E=MC2, mon amour de P. Cauvin
(Editions Jean-Claude Lattès, 1977), un
garçon et une fille surdoués de onze ans vivent un
premier amour bouleversant. Face à l’incompré-
B. Le présent de narration permet à l’émetteur d’exprimer des actions ou des faits qui ont eu lieu au passé comme s’ils étaient en train de se produire. hension des camarades et des adultes qui les
Il permet de rendre plus vivant un récit. entourent, ils décident de faire une fugue à
Venise.
Ainsi Dieu seul déciderait de la fortune des armes et manifesterait de quel côté était le droit. Tous les conseillers du roi ratifièrent cet accord.
Au matin du jour fixé, Tristan se présente dans le palais du roi ; Marc lui lace le heaume, lui ceint l’épée, le recommande à Dieu ; tout le peuple prie
pour le preux.
Tristan et Iseult, adaptation de René Louis, © Le Livre de Poche, 1972
C. Le présent d’habitude permet d’exprimer des actions ou des faits répétés.
Tous les jours, Emmanuel prend le bus à 7 heures 30 pour se rendre à l’école.

D. Le présent de description permet de faire voir les personnages, les objets et le décor. Il peut être utilisé dans le système du passé pour les objets et
les éléments du décor qui n’ont pas subi de modification au moment de l’énonciation.
Un quart d’heure plus tard, nous étions dans Blommsburry, à l’Alpha Inn, un petit pub au coin de l’une des rues qui descend vers Hloborn.
Conan Doyle, L’escarboucle bleue, 1892

E. Le présent de vérité générale permet d’exprimer un fait considéré comme toujours vrai (un fait scientifique, une maxime, un proverbe, etc.).
L’eau bout à cent degrés au niveau de la mer. Qui va à la chasse perd sa place.

F. Le présent permet également d’exprimer des faits qui se situent dans le passé proche ou le futur proche (immédiatement avant ou après le
moment de l’énonciation).
J’arrive à l’instant. (Je viens d’arriver.) Je pars dans une minute. (Je vais partir.)

G. Le présent d’éventualité exprime une condition à venir après la conjonction de subordination si (en relation avec un verbe principal au futur).
Si tu arrives dans dix minutes, tu rateras le train !

61
conjugaison
33 EMPLOI DES MODES DANS LES PHRASES SUBORDONNÉES

A. Emploi du mode dans les phrases subordonnées relatives


1 Espérer exprime la confiance dans
la réalisation d’un fait, au contraire
Indicatif Subjonctif Exemples de souhaiter qui souligne une
(1) J’ai acheté un stylo dont l’encre est permanente. incertitude.
Le verbe de la phrase relative exprime une
(2) Je voudrais acheter un stylo qui ne fasse pas de
En général (1) hypothèse (2) ou l’antécédent comporte un
fautes.
superlatif (3).

(3) L’être le plus intelligent qui soit ne saurait te répondre.

B. Emploi du mode dans les phrases subordonnées conjonctives par que

Indicatif Subjonctif Exemples


Ø La phrase conjonctive est en position de sujet. Qu’il pleuve ferait du bien à la campagne !

Le mot ou groupe complété par la phrase conjonctive Le pilote affirme qu’il peut décoller.
exprime un fait, une action, un état considéré comme Il est certain que la météo est bonne.
Ø
réel ou envisageable (affirmation, déclaration, Ma conviction est qu’il ne prend aucun risque.
constatation, conviction, croyance, connaissance...). Le pilote espère que l’avion pourra décoller 1.

Le mot ou groupe complété par la phrase conjonctive


Il est possible que la météo soit bonne.
exprime un fait, une action ou un état considéré comme
Ø Ma volonté est qu’il ne prenne aucun risque.
souhaitable ou probable (volonté, doute, crainte,
Le pilote souhaite que l’avion puisse décoller.
possibilité, préférence, interdiction, souhait, regret…).

Dans certaines phrases négatives et/ou interrogatives, l’emploi de l’indicatif ou du subjonctif peut être un Il n’est pas certain qu’il viendra/vienne.
choix de l’émetteur. Penses-tu qu’il viendra/vienne ?

C. Emploi du mode dans les phrases subordonnées interrogatives indirectes


Le mode du verbe de la phrase subordonnée interrogative indirecte est toujours l’indicatif.
Je me demande quelle sera sa réaction.
Personne ne comprend comment elle a pu obtenir ces renseignements.

62
conjugaison
33 EMPLOI DES MODES DANS LES PHRASES SUBORDONNÉES

D. Emploi du mode dans les phrases subordonnées introduites par différentes conjonctions de subordination
2 Le conditionnel peut se substituer à
Le mode du verbe de la phrase subordonnée introduite par différentes conjonctions de subordination dépend du mot qui introduit la subordonnée. Ce mot l’indicatif (sauf après si, comme si, même si,
introducteur est une conjonction ou une locution conjonctive de subordination. sauf si) lorsqu’on veut exprimer un événement
ou un fait soumis à une condition ou à une
hypothèse.
Nuances
Indicatif 2 Subjonctif Conditionnel 3 Exemples Je suis malade au point que je resterais bien à la
sémantiques maison.
comme, de même que, ainsi Je suis malade comme je ne l’ai jamais été.
comparaison que, selon que, suivant que, Ø Ø Je suis aussi malade que tu l’es. 3 Il s’agit ici de la valeur modale du
conditionnel.
plus/aussi/moins … que
Je ne vais pas à l’école parce que je suis malade. 4 On utilise l’indicatif lorsque la locution
comme, puisque, parce que,
Je ne vais pas à l’école, non pas que je n’en aie pas conjonctive qui introduit la subordonnée est
cause vu que, attendu que, sous non (pas) que Ø après que et le subjonctif lorsque la locution
l’envie, mais parce que je suis malade.
prétexte que, étant donné que conjonctive est avant que.
Elle est partie après que je suis arrivé.
quand, lorsque, comme, dès Elle est partie avant que je sois arrivé.
Je ne vais pas à l’école lorsque je suis malade.
que, aussitôt que, pendant
avant que4, jusqu’à ce que, en atten- Je ne vais pas à l’école jusqu’à ce que je ne sois plus 5 La PhConj introduite par si exprimant
temps que, au moment où, après Ø
dant que malade. l’hypothèse n’est jamais au futur, ni au
que4, depuis que, tandis que,
conditionnel.
alors que
PhConj par si Verbe principal
si bien que, de façon que, de
Je suis malade si bien que je ne vais pas à l’école. Présent Futur simple
manière que, de sorte que, au
conséquence trop/assez/suffisamment … pour que Ø Je suis trop malade pour que j’aille à l’école. Si on le laisse faire, il cassera tout.
point que, si/tant/tellement
… que Imparfait Cond. présent
Je vais à l’école même si je suis malade. Si on le laissait faire, il casserait tout.
bien que, encore que, quoique, quoi Tout malade que je suis/sois, je vais à l’école. Plus-que-parfait Cond. passé
concession même si, tout … que quand bien même
que, quelque … que, tout … que J’irai à l’école quand bien même je serais malade. Si on l’avait laissé faire, il aurait tout cassé.

opposition alors que, tandis que au lieu que Ø Je vais à l’école alors que je suis malade.
manière comme si sans que Je vais à l’école comme si je n’étais pas malade.
que, pour que, afin que, de peur que, Je ne vais pas à l’école de crainte que je tombe
but Ø Ø
de crainte que, de sorte que malade.
que, à condition que, à moins que,
pourvu que, pour autant que, pour
au cas où, dans Je ne vais pas à l’école si je suis malade.
condition / peu que, en admettant que, en
si 5 le cas où, dans Pour peu que je sois malade, je ne vais pas à l’école.
hypothèse supposant que, à supposer que, si
l’hypothèse où Je n’irai pas à l’école au cas où je serais malade.
tant est que, selon que, suivant que,
soit que … soit que

63
DE LA PHRASE
AU TEXTE
Un texte n’est pas qu’une simple suite de phrases. Sa construction
obéit à des règles d’organisation afin qu’une succession de phrases
forme un tout cohérent et intelligible.
phrase
texte
34
1 EXPOSÉ
PARATEXTE
SOMMAIRE

Pour qu’une succession de phrases puisse former une unité intelligible qu’on appelle texte (du latin textus : tissu, trame, enlacement), elle doit obéir à certaines règles d’organisa-
tion, c’est-à-dire à des phénomènes de langue qui s’expliquent essentiellement au niveau d’un texte.
Eléments qui participent à
Réf. Descriptions
l’organisation du texte

C’est un ensemble de phrases organisées pour raconter, décrire, expliquer, convaincre, dialoguer. Selon sa longueur et sa complexité, un
Les séquences textuelles 35 texte est constitué d’une ou plusieurs séquences textuelles. Chaque séquence est dotée d’une structure qui lui est propre.

L’énoncé est ancré lorsque l’émetteur et le destinataire partagent la même situation d’énonciation ; il est coupé lorsqu’il est produit sans faire
L’énoncé ancré, l’énoncé coupé 36 référence à la situation d’énonciation. Un texte ne s’organise pas de la même façon lorsque l’énoncé est ancré ou coupé, notamment dans l’utilisa-
tion des pronoms, des organisateurs de temps et de lieu, du système de temps.

C’est l’intégration dans un texte d’énoncés produits dans d’autres situations d’énonciation. Il existe trois manières de rapporter des paroles – di-
Les paroles rapportées 37 rectement, indirectement et librement – qui répondent à des règles d’organisation différentes.

C’est la façon d’articuler, d’une phrase à l’autre, l’information connue (le thème) et l’information nouvelle (le propos). On distingue
La progression thématique 38 trois types de progression qui se mêlent dans un texte : la progression à thème constant, la progression linéaire et la progression à thèmes
dérivés.

Pour être intelligible, un texte doit comporter des informations qui se répètent d’une phrase à l’autre. Cette continuité du texte est assurée par
différents procédés qui permettent d’éviter les répétitions et d’enrichir l’information. On distingue les reprises nominales (l’information est
Les reprises de l’information 39 reprise par un nom ou un groupe nominal), les reprises pronominales (l’information est reprise par un pronom) et les reprises adverbiales
(l’information est reprise par des adverbes).

Ce sont des phrases, des groupes ou des mots qui indiquent le plan d’ensemble du texte. Ils sont souvent placés au début ou à la fin d’un
Les organisateurs textuels et les 40 paragraphe pour, par exemple, indiquer un changement de temps ou de lieu, annoncer une nouvelle séquence, marquer une transition, résumer,
connecteurs introduire un argument, conclure…

Selon que l’émetteur fait référence au moment de l'énonciation ou non, il utilise le système du présent ou le système du passé. Le sys-
Les systèmes de temps 41 tème du présent situe ce qui est dit par rapport au présent ; le système du passé situe ce qui est dit par rapport au passé simple (ou au
passé composé) et à l’imparfait. Ce choix dépend souvent du genre auquel le texte ou la séquence appartient.

Ce sont des mots, des expressions ou des procédés de langue qui indiquent la position de l’émetteur par rapport à l’énoncé qu’il produit
Les modalisateurs 42 (il se réjouit ou non de ce qu’il affirme ; il pense que ce qu’il affirme est probable ou peu probable).

65
phrase
texte
35 SÉQUENCES TEXTUELLES
Le texte qui suit comporte plusieurs
séquences et présente une forme
poétique.

Tout texte comporte des passages différents, appelés séquences, qui présentent une visée et une organisation particulière. Le Loup et l’Agneau

Séquences La raison du plus fort est toujours la meilleure :


Visées Organisation Genres de texte concernés Nous l’allons montrer tout à l’heure.
textuelles
Un agneau se désaltérait
• Système de temps : présent ou passé (passé simple/imparfait) Dans le courant d’une onde pure.
Raconter, distraire en Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
• Structure : schéma narratif ou actantiel Conte, nouvelle, roman, fable,
évoquant des faits Et que la faim en ces lieux attirait.
• Présence d’organisateurs temporels et spatiaux etc. – Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
imaginaires
• Présence de verbes d’action Dit cet animal plein de rage :
narrative Tu seras châtié de ta témérité.
• Système de temps : présent ou passé (passé composé/imparfait)
Relater, fournir des – Sire, répond l’agneau, que votre Majesté
• Structure : réponses aux questions qui a fait quoi, où, quand et pourquoi  Article de presse, fait divers,
informations sur des Ne se mette pas en colère ;
• Présence d’organisateurs temporels et spatiaux compte rendu, témoignage, etc. Mais plutôt qu’Elle considère
événements réels
• Présence de verbes d’action Que je me vas désaltérant
• Système de temps : présent (vérité générale) Dans le courant,
Manuel, encyclopédie, mode Plus de vingt pas au-dessous d’Elle ;
explicative ou Expliquer ou informer, • Structure : questionnement, phase explicative, conclusion
d’emploi, texte et livre documen- Et que par conséquent, en aucune façon,
informative enseigner des matières • Présence de connecteurs et d’organisateurs Je ne puis troubler sa boisson.
taires, etc.
• Présence d’un champ lexical lié au sujet du texte – Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
• Système de temps : présent (énonciation ; vérité générale) Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
Argumenter, débattre de – Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
• Structure : formulation de la thèse, du développement, de la conclusion Débat, plaidoyer, dissertation,
argumentative questions, défendre ou Reprit l’agneau, je tette encore ma mère.
• Présence de connecteurs plaidoirie, publicité, etc. – Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
réfuter un avis
• Présence de modalisateurs, de verbes d’opinion – Je n’en ai point.
• Système de temps : présent (énonciation ; vérité générale) ou passé – C’est donc quelqu’un des tiens :
Décrire, présenter des (imparfait) Fiche de description d’un objet, Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos bergers et vos chiens.
personnages ou des • Structure : parties nommées (aspects), localisation, caractéristiques d’un animal, catalogue d’exposi- On me l’a dit : il faut que je me venge.
descriptive objets qui constituent, • Présence d’organisateurs spatiaux tion ou de musée, etc.
Là-dessus, au fond des forêts,
le plus souvent, le cadre • Présence de noms et d’expansions du nom servant à dénommer et à Conte, nouvelle, roman, fable, Le loup l’emporte et puis le mange,
d’un récit caractériser, de verbes attributifs et d’attributs du sujet, d’un champ etc. Sans autre forme de procès.
lexical lié au sujet du texte La Fontaine, Livre I, fable 10, 1668
• Système de temps : présent Conversation courante, conver-
Rapporter directement
• Structure : phase d’ouverture, phase d’interactions, phase de clôture sation téléphonique, entretien, Séquence argumentative
dialoguée les paroles de personnes
• Présence de verbes de paroles, de guillemets, de tirets, d’une ponc- débat, etc.
ou de personnages Séquence narrative
tuation souvent expressive Conte, nouvelle, roman, fable, etc.
Séquence dialoguée

Les séquences textuelles fournissent des schémas de construction utilisables lorsqu’on produit un texte et reconnaissables lorsqu’on cherche à com-
prendre un texte. Toutes les caractéristiques listées dans le tableau ne sont pas nécessairement toujours présentes ensemble dans un texte.
L’identification de la séquence dominante ou de la forme du texte permet de procéder à un regroupement de sept familles de genres textuels : les
textes qui racontent, les textes qui relatent, les textes qui argumentent, les textes qui transmettent des savoirs, les textes qui règlent des comportements, les
textes poétiques, les textes théâtraux. (-> 5 , p.10)
66
phrase
texte
36 ENONCÉ ANCRÉ, ENONCÉ COUPÉ

L’énoncé est le message oral ou écrit qu’un émetteur adresse à un destinataire : ce qui est dit, le dit.
1 On appelle marques d’énonciation (ou
L’énonciation est l’acte de produire un énoncé : l’action de dire, le dire. déictiques) des pronoms personnels ou des
La situation d’énonciation est le contexte dans lequel un énoncé a été produit. Pour la connaître, il faut répondre aux questions qui parle ou écrit ? à adverbes qui, dans un texte où l’énoncé est
ancré, désignent les réponses aux questions
qui ? quand ? où ? qui parle ou écrit ? à qui ? quand ? où ?

L’énoncé ancré dans la situation d’énonciation


L’énoncé est ancré lorsque l’émetteur du message et le destinataire partagent la même situation d’énonciation. Ce type d’énoncé ne peut pas
être totalement compris sans connaître la situation d’énonciation dans laquelle il a été produit car il comporte des marques
d’énonciation1. C’est le cas des dialogues, des conversations, des pièces de théâtre ...
Ne t’approche pas du chat qui erre par ici : hier, il m’a griffé.
Il faut connaître la situation d’énonciation pour savoir qui parle (m’), à qui (t’/approche), dans quel lieu (ici), à quel moment (hier).
L’énoncé coupé de la situation d’énonciation
L’énoncé est coupé lorsqu’il est produit sans faire référence à la situation d’énonciation, autrement dit sans indiquer explicitement qui en est l’émetteur,
le destinataire, le moment ou le lieu. Ce type d’énoncé peut être totalement compris sans connaître la situation d’énonciation dans
laquelle il a été produit car il ne comporte pas de marque d’énonciation1. C’est le cas de la plupart des récits (conte, roman, nouvelle, etc.),
ainsi que de certains textes qui transmettent des savoirs (textes de loi, articles d’encyclopédie, livres de mathématiques, etc.).
« Le soir même, Bernard Rieux, debout dans le couloir de l’immeuble, cherchait ses clefs avant de monter chez lui, lorsqu’il vit surgir, du fond obscur du
corridor, un gros rat à la démarche incertaine et au pelage mouillé. » Albert Camus, La Peste, Editions Gallimard, 1947
Il n’est pas besoin de connaître la situation d’énonciation pour comprendre les marques de temps (le soir même), de personne (ses ; il) et de lieu (chez lui).

Critères
Enoncé ancré Enoncé coupé
de reconnaissance
Il est interne à l’histoire : le présent générique, le
Temps de référence Il renvoie au moment de l’énonciation : le présent
passé simple ou le passé composé
Elles renvoient à l’/aux émetteur(s) : je, nous, mon, ma, mes, notre,
nos, le mien, la mienne, les miens, le nôtre… Elles renvoient à la position du narrateur : 1ère ou 3ème
Marques de personne
Elles renvoient au(x) destinataire(s) : tu, vous, ton, ta, tes, votre, vos, personne du singulier
le tien, la tienne, les tiens, le vôtre…
Elles renvoient au moment de l’énonciation : Elles sont internes à l’histoire : la veille, ce jour-là, le lende-
Marques de temps hier, aujourd’hui, demain, ce soir, l’année dernière, deux jours après, main, le soir même, l’année précédente, deux jours plus tard,
à ce moment… à ce moment-là…
Marques de lieu Elles renvoient au lieu de l’énonciation : ici Elles sont internes à l’histoire : là

67
phrase
texte
37 PAROLES RAPPORTÉES 1 Les pensées des personnages sont
rapportées en utilisant les mêmes
procédés que pour les paroles. Le
verbe de parole est remplacé par
un verbe qui indique qu’il s’agit de
pensées (penser, songer, se demander,
A. Caractéristiques générales croire, imaginer…).
Dans un texte, il existe trois manières de rapporter les paroles d’une personne ou d’un personnage.1 2 Lorsque l’on cite les paroles d’une
personne ou un extrait de texte, on est
1. Paroles rapportées directement 2 2. Paroles rapportées indirectement 3. Paroles rapportées librement dans le registre des paroles rapportées
directement. Une citation doit donc
Le professeur s’exclama : être précise : elle est toujours mise
Le professeur s’exclama que ce travail-là était bâclé et Le professeur examina le travail de l’élève. Oh la la ! Ce entre guillemets.
« Oh la la ! Ce travail est bâclé ! Comment ose-t-on me
s’étonna qu’on osât lui présenter un tel torchon. L’élève travail était bâclé! Comment osait-on lui remettre un 3 Un énoncé est ancré dans la situation
présenter un tel torchon ?
lui répondit de bien vouloir l’excuser, qu’il avait dû tel torchon ? L’élève présenta ses excuses. Il avait dû d’énonciation lorsque l’émetteur et
- Veuillez m’excuser s’il vous plaît. J’ai dû m’absenter
s’absenter la veille au soir mais qu’il referait son devoir s’absenter la veille au soir mais il referait son devoir le destinataire partagent la même
hier soir mais je referai mon devoir pour demain », lui situation d’énonciation. C’est le cas
pour le lendemain. pour le lendemain.
répondit l’élève. des dialogues.
Elles reproduisent mot à mot ce que le personnage Elles reproduisent plus ou moins fidèlement ce que le personnage (-> 36 , p.67)
ou la personne qui parle dit ou a dit. ou la personne qui parle dit ou a dit. 4 Une séquence textuelle est un
passage caractérisé par une visée et
Elles sont ancrées3 dans la situation d’énonciation Elles sont intégrées dans le récit ou le texte : une organisation particulières. On
du personnage ou de la personne qui parle : distingue des séquences narrative,
• dans un texte qui raconte, le narrateur s’efface et • dans un texte qui raconte, c’est le narrateur qui présente les paroles des personnages ; explicative, argumentative, descriptive
et dialoguée.
ce sont les personnages qui parlent directe- (-> 35 , p.66)
ment ;
5 Un verbe de parole permet de
• dans les autres textes, l’émetteur s’efface et ce • dans les autres textes, c’est l‘émetteur qui présente les paroles d’autres personnes. préciser qui est l’émetteur des
sont d’autres personnes qui parlent directe- paroles rapportées, d’apporter
ment. des informations sur ce qui est
dit (affirmer, conclure, déclarer,
demander, interrompre, objecter,
Elles constituent une séquence dialoguée4. Elles s’intègrent dans toute autre séquence textuelle4. ordonner, questionner, répondre…)
Elles sont le plus souvent annoncées par des verbes et sur la manière dont c’est dit
Elles apparaissent dans des phrases subordon- Elles apparaissent sans guillemets, précédées (balbutier, bégayer, s’exclamer, s’écrier,
de parole 5 et peuvent apparaître entre guille- gémir, gronder, murmurer, protester,
nées ou des groupes infinitifs introduits par des d’aucun retour à la ligne ni de tiret. Elles ne
mets. Les répliques d’un dialogue sont précédées susurrer...).
verbes de parole5. sont pas subordonnées à des verbes de parole 5.
d’un retour à la ligne et d’un tiret. Les verbes de parole sont conjugués
dans le système de temps de la
séquence textuelle où ils apparaissent.
Les verbes de parole peuvent occuper
diverses places par rapport à la parole
rapportée directement, avec une
ponctuation spécifique :
• avant la parole rapportée :
Il dit : « Attends-moi, je reviens. »
• au milieu de la parole rapportée :
« Attends-moi ! ordonna-t-il, je reviens. »
• après la parole rapportée :
« Attends-moi, je reviens … » dit-il.

68
phrase
texte
37 PAROLES RAPPORTÉES

Il nous demanda : « Est-ce que vous


B. Transformation des paroles rapportées directement… «OK ! me confirma Marie, je passe-
avez lu mon livre ? Qu’en pen- « Hé toi ! Déguerpis d’ici, hop ! »
rai chez toi lundi prochain.»
sez-vous ? »
 Identifier le verbe de parole et le poser comme verbe principal.
Marie me confirma… Il nous demanda… Le concierge ordonne…
Si le verbe de parole n’est pas exprimé, il faut le restituer en s’aidant du contexte.
 Supprimer les guillemets et les marques d’oralité (onomatopées, apostrophes, interjections, « OK ! Je passerai chez toi lundi « Est-ce que vous avez lu mon livre ?
« Hé toi ! Déguerpis d’ici, hop ! »
exclamations, hésitations, prononciation…). prochain. » Qu’en pensez-vous ? »
Je désigne l’émettrice Marie et Vous désigne les destinataires et Toi désigne le destinataire et de-
 Adapter la forme des pronoms personnels, des déterminants et des pronoms possessifs devient elle (la personne dont on devient nous (l’émetteur) ; mon vient il ou lui (une des personnes
à la situation d’énonciation et à la personne désignée. parle) ; toi désigne le destinataire désigne l’émetteur et devient son dont on parle).
et devient moi (l’émetteur). (la personne dont on parle).
 Identifier le système de temps du texte.
1. Si le texte est au présent, les temps et les organisateurs ne changent pas. ... qu’’il déguerpisse d’ici.
2. Si le texte est au passé, il faut modifier :
• les temps (selon les règles des rapports de temps -> 41 , p.73) :
présent  imparfait futur simple  conditionnel présent Je passerai devient elle passerait. Vous avez lu devient nous avions
lu ; pensez-vous devient
passé composé  plus-que-parfait futur antérieur  conditionnel passé
pensions-nous.
• les organisateurs spatiaux : ici  là
• les organisateurs temporels :
l'année passée  l'année précédente cette heure-ci  cette heure-là Lundi prochain devient lundi
il y a six ans  six ans avant cette semaine  cette semaine-là d’après.
hier  la veille demain  le lendemain
avant-hier  l'avant-veille après-demain  le surlendemain
aujourd'hui  ce jour-là dans dix jours  dix jours plus tard
maintenant  alors le mois prochain  le mois d’après
 Subordonner les paroles rapportées au verbe de parole, selon le type de phrase.
1. Une phrase déclarative est subordonnée en tant que phrase subordonnée conjonctive par que. Marie me confirma que...
2. Une phrase interrogative est subordonnée en tant que phrase subordonnée interrogative
indirecte (sans inversion du sujet ni point d’interrogation) :
- par si lorsque l’interrogation est totale ; Est-ce que devient si ;
- par ce qui, ce que lorsque l’interrogation partielle est introduite par que, qu’est-ce qui, qu’est-ce que qu’ devient ce que.
- par la reprise des autres mots interrogatifs (comment, où, pourquoi, quand, quel, qui…) Il nous demanda si… et ce que…
3. Une phrase impérative devient une phrase subordonnée conjonctive par que au subjonctif Le concierge ordonne qu’il déguer-
ou est rapportée à l’aide d’un verbe à l’infinitif précédé de la préposition de. pisse / lui ordonne de déguerpir…
Marie me confirma qu’elle passerait Il nous demanda si nous avions lu Le concierge ordonne qu’il déguer-
…en paroles rapportées indirectement
chez moi lundi d’après. son livre et ce que nous en pensions. pisse / lui ordonne de déguerpir d’ici.
69
phrase
texte
38 THÈME ET PROPOS, PROGRESSION THÉMATIQUE

XXLe thème et le propos


1 L’ordre peut être inversé,
La progression thématique correspond à la façon dont l’information progresse de phrase en phrase dans un texte. notamment lorsque le verbe n’est pas
Chaque phrase contient un thème et un propos. exprimé.
Remarquable (propos), cette
• Le thème est ce dont on parle. Il est connu et partagé par l’émetteur et le récepteur. Il occupe en général la première place de la phrase. performance (thème).
• Le propos est ce qu'on dit du thème. Il apporte une information nouvelle. Le propos occupe généralement la seconde partie de la phrase.1
Les élèves (thème) iront choisir un livre à la bibliothèque (propos).
Comment reconnaître le thème et le propos ?
• Si l’on construit une question à partir d’une phrase, le thème est déjà contenu dans la question.
Que feront les élèves demain ? Où les élèves iront-ils demain ? Quand les élèves iront-ils choisir un livre ?
• Le propos est la partie de la phrase qui répond à la question.
Les élèves iront choisir un livre. Les élèves iront à la bibliothèque. Les élèves iront choisir un livre demain.

XXLa progression thématique


A. La progression à thème constant T P
1 1
La progression est à thème constant si le même thème (T1) se répète de phrase en phrase. T1P2

Une femme était devant elle, à quelques pas. Cette femme tenait un enfant dans ses bras. Elle portait également un assez gros sac de commissions qui T1P3
semblait fort lourd.
B. La progression linéaire T1P1

T2P2
La progression est linéaire si le propos de la première phrase (P1) devient le thème de la seconde (T2), et ainsi de suite. 
T3P3
Le train s’arrêta avec fracas. Ce bruit impressionna Martine. Elle n’avait jamais vu une locomotive. Celle-ci lui paraissait énorme.
C. La progression à thèmes dérivés T
La progression est à thèmes dérivés si elle repose sur les sous-thèmes (t1, t2, t3) du thème principal (T). t1P1

t2P2
Les voyageurs montèrent tranquillement. Les premiers réussirent à s’asseoir, les suivants s’installèrent dans le couloir, debout. Les retardataires qui arrivaient
en courant occupèrent les quelques espaces encore libres. t3P3

70
phrase
texte
39 REPRISES DE L’INFORMATION

Pour qu’un texte soit cohérent, il est nécessaire que le thème soit repris régulièrement au cours de sa progression. Cette fonction de reprise est assurée par Le Lièvre et la Tortue
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.

divers procédés qui permettent d’éviter les répétitions, d’enrichir l’information ou de livrer un point de vue. Le référent est l’élément qui est
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.

repris ; la reprise est l’élément qui reprend. Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point

La reprise peut être nominale, pronominale ou adverbiale. Elle peut-être totale (Le lièvre et la tortue -> tous deux) ou partielle (Le lièvre et la tortue Si tôt que moi ce but. - Si tôt ? Êtes-vous sage ?
Repartit l’Animal léger.
-> l’un…, l’autre…). Ma Commère, il vous faut purger 

Référents Reprises nominales Exemples Avec quatre grains d’ellébore.

Sage ou non, je parie encore.

par le même nom avec un Ainsi fut fait : et de tous deux

Le lièvre -> notre lièvre
autre déterminant1 On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n’est pas l’affaire ; 

par le même nom avec Le Renard se mit un jour en frais, et retint à dîner la Cigogne.
 Un brouet fut par lui servi sur une assiette.
 La Cigogne au Ni de quel juge l’on convint.
une expansion long bec n'en put attraper miette. D’après La Fontaine, Le Renard et la Cigogne, I, 18 Notre Lièvre n’avait que quatre pas à faire ; 

par un synonyme Ane -> baudet La Fontaine, L’Ane et le Chien, VIII, 17 J’entends de ceux qu’il fait lorsque prêt d’être atteint
Il s’éloigne des Chiens, les renvoie aux calendes, 

par un terme générique Le Renard dit au Loup : Notre cher, pour tous mets / J’ai souvent un vieux Coq, ou de maigres Poulets ; 
C’est une viande qui me lasse. Et leur fait arpenter les landes.

La Fontaine, Le Loup et le Renard, XII, 9 Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter, 

par un terme spécifique Le lion bannit des lieux de son domaine toute bête portant des cornes à son front. Chèvres, Béliers, Taureaux aussitôt dé- Pour dormir, et pour écouter

D’où vient le vent, il laisse la Tortue

logèrent. Daims et Cerfs de climat changèrent. D’après La Fontaine, Les Oreilles du Lièvre, V, 4 Aller son train de Sénateur.
par une périphrase Le lièvre -> l’animal léger Elle part, elle s’évertue ; 

Elle se hâte avec lenteur.

Un nom ou Reprises pronominales Exemples
Lui cependant méprise une telle victoire ; 

un groupe par un pronom person- Le lièvre -> vous, il, je, lui… / La tortue -> moi, vous, je, elle… Tient la gageure à peu de gloire ; 

nominal nel Croit qu’il y va de son honneur

De partir tard. Il broute, il se repose, 

par un pronom démons- La tortue -> celle-ci Il s’amuse à toute autre chose
tratif Qu’à la gageure. A la fin, quand il vit
par un pronom numéral Le lièvre et la tortue -> tous deux Que l’autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu’il fit

par un pronom indéfini Le lièvre et la tortue -> on / La tortue -> l’autre Furent vains : la Tortue arriva la première.

par un pronom relatif Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
/ Et que la faim en ces lieux attirait. La Fontaine, Le Loup et l’Agneau, I, 10 Eh bien, lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?

par un pronom possessif Les amis de ce pays-là 
Valent bien, dit-on, ceux du nôtre. Moi l’emporter ! et que serait-ce

La Fontaine, Les deux Amis, VIII, 11 Si vous portiez une maison ?
Reprises adverbiales Exemples Jean de La Fontaine, Livre VI, fable 10, 1668
par un adverbe de lieu Suivez ce chemin empierré que vous voyez de ce lieu-ci. C’est par là que s’en est allé le cruel, félon chevalier qui m’a occis
ou de temps [tué] mon doux ami. Chrétien de Troyes, Perceval ou le roman du Graal 1 Les déterminants de reprise sont les
par un nom ou un groupe On a souvent besoin d’un plus petit que soi. De cette vérité deux fables feront foi, Tant la chose en preuves abonde. articles définis le, la, les, l’ ; les déterminants
Un verbe démonstratifs ce, cette, ces ; les déterminants
nominal La Fontaine, Le Lion et le Rat, II, 11
ou une possessifs mon, ton, son, etc. ; les
phrase La raison du plus fort est toujours la meilleure : / Nous l’allons montrer tout à l’heure. déterminants exclamatifs quel, quelle, etc.
par un pronom
La Fontaine, Le Loup et l’Agneau, I, 10

71
phrase
texte
40 ORGANISATEURS ET CONNECTEURS

Tout texte est organisé selon un plan d’ensemble dont la structure peut être renforcée, ou mise en évidence, par des organisateurs1 et des connec-
1 Texte organisé à l’aide d’organisateurs
teurs2. Ce sont des mots, des groupes ou des phrases qui ont la fonction d’organiser le texte en marquant les transitions entre ses différentes parties. temporels et spatiaux :
Ils permettent au destinataire de mieux percevoir et de mieux comprendre l’organisation d’un texte ou d’une séquence. Le matin du 16 avril, le docteur Rieux sortit
de son cabinet. Au milieu du palier, il buta sur
Organisateurs temporels3 Nuances sémantiques un rat mort. Sur le moment, il écarta la bête
Maintenant, hier, demain, dès lors, un jour, la nuit, le matin, en 2014, à 8 heures, de nos sans y prendre garde et descendit l’escalier.
La date ou le moment (quand ?) Arrivé dans la rue, la pensée lui vint que ce rat
jours, quand vous ouvrez cette grammaire, dès que vous partirez, il y a très longtemps…
n’était pas à sa place et il retourna sur ses pas
Avant, après, d’abord, puis, ensuite, enfin, soudain, tout à coup, et, la veille, le lendemain, La succession (après quoi ?/ avant quoi ? /en même temps que quoi ?) pour avertir le concierge, M. Michel.
quelques mois plus tard… […] La conviction de M. Michel restait
toutefois entière : il ne pouvait s’agir que
Depuis longtemps, pendant ce temps, depuis ce jour-là, durant la nuit, pendant que vous La durée (pendant combien de temps ?)
d’une farce et on avait dû amener le rat de
dormiez… l’extérieur. Rieux n’insista pas et décida de
Souvent, quelquefois, fréquemment, chaque jour, à plusieurs reprises, de temps en temps, La fréquence (combien de fois ? / à quel rythme ?) commencer sa tournée.
tous les jours… […] Le long des rues, il compta une douzaine
de rats jetés sur des débris de légumes et de
Organisateurs spatiaux3 Nuances sémantiques chiffons sales. Et il en fut ainsi pendant toute
Ici, là, ailleurs, partout, en ville, à la campagne, en classe, à l’école, au fond du jardin, dans les La situation dans l’espace la journée.
Alpes, en Europe… Le soir même, Bernard Rieux, debout dans le
couloir de l’immeuble, cherchait ses clefs avant
A côté, au bord de la rivière, au-dessus, au milieu, de l’autre côté, en haut, en bas, devant, La position de monter chez lui …
derrière, à droite, à gauche… Albert Camus, La peste © Editions
Gallimard, 1947
Un peu plus loin, plus au nord, de gauche à droite, en direction de… Le déplacement
Connecteurs Nuances sémantiques 2 Texte organisé à l’aide de connecteurs :
De plus, aussi, également, en outre, qui plus est… L’addition Nous envisageons sérieusement de limiter
la circulation au centre-ville. En effet, aux
D’abord, dans un premier temps, en premier lieu, premièrement, pour commencer, d’entrée de L’ordre, la succession, l’organisation logique heures de pointe, la pollution est supérieure à
jeu, ensuite, deuxièmement, d’une part … d’autre part, de plus, en outre, et, enfin… la moyenne nationale. De plus, les nombreuses
voitures garées hors des zones prévues gênent
Surtout, essentiellement, par-dessus tout… La hiérarchisation les deux roues et les piétons.
Ainsi, autrement dit, en d’autres termes, car, en fait, en effet, c’est pourquoi, c’est-à-dire, en L’explication, la justification Il est donc urgent de prendre des mesures
d’autres mots, c’est la raison pour laquelle, parce que, puisque, comme… adéquates.

Par exemple, entre autres, notamment, en particulier, à savoir… L’illustration, l’exemplification 3 Un texte peut comporter d’autres indices
Or, pourtant, cependant, néanmoins, toutefois, au contraire, par contre… L’opposition spatiaux ou temporels qui situent le texte
dans un lieu ou un moment déterminé,
Certes, bien que, quoique, bien sûr, quand même… La concession notamment le choix du vocabulaire : année,
Donc, ainsi, bref, en somme, finalement, en résumé, pour tout dire, en conclusion, enfin, pour La conclusion annuel, annuellement / région, régional,
régionalement...
finir…
Les diverses parties d’un texte peuvent aussi être également organisées par des procédés de mise en page, de typographie, par des numérotations.

72
phrase
texte
41 SYSTÈMES ET RAPPORTS DE TEMPS

1 Le temps de référence (présent ou passé)


doit en principe rester le même tout au long
d’un texte.
XXLes systèmes de temps
Dans les textes qui racontent, le narrateur opère un choix narratif qui concerne le système des temps verbaux. 2 Les rapports de temps dans une phrase
comportant une PhConj introduite par si
• Le système du présent adopte le présent comme temps de référence1. exprimant l’hypothèse sont particuliers :
Zazie examine la maison. Elle ne communique pas ses impressions. Raymond Queneau, Zazie dans le métro © Editions Gallimard, 1959
• Le système du passé adopte soit le passé composé, soit le passé simple comme temps de référence, selon la visée du texte. PhConj par si Verbe principal
J’ai pris l’autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J’ai mangé au restaurant chez Céleste comme d’habitude. Présent Futur simple
Albert Camus, L’étranger © Editions Gallimard, 1942 Si on le laisse faire, il cassera tout.
Une énorme Rolls Royce venait de s’arrêter devant le bureau de poste de la petite ville. Une jeune fille en descendit prestement. Imparfait Cond. présent
Agatha Christie, Mort sur le Nil © Editions du Masque, 2012, avec l’aimable autorisation des Editions Jean-Claude Lattès Si on le laissait faire, il casserait tout.
Plus-que-parfait Cond. passé
XXLes rapports de temps2 Si on l’avait laissé faire, il aurait tout cassé.
Les verbes situent les énoncés dans le passé, le présent et l’avenir, et peuvent aussi exprimer si l’action est accomplie ou inaccomplie.
Dans un texte ou dans une phrase, les actions exprimées peuvent se trouver dans un rapport :
- de succession si elles se suivent ;
- de simultanéité si elles se passent en même temps ;
- d’antériorité si une action se passe avant le moment de référence ;
- de postériorité si l’action se passe après le moment de référence.
Systèmes Succession/
Antériorité Postériorité Valeurs de certains temps Exemples
de temps simultanéité
imparfait p.c. présent f.s. SYSTÈME DU PRÉSENT
PRÉSENT  L’imparfait exprime les actions qui ne sont pas encore entière- A chaque leçon, le remplaçant nous racontait une blague
INDICATIF

f.a. ment accomplies : elles durent ou se répètent. en anglais.


p.s. ou p.c.
Le passé composé exprime les actions accomplies dans le passé, Notre nouvelle prof est arrivée à la rentrée d’août.
p-q-p p.a. /imparfait f. du passé proches ou lointaines.
PASSÉ  SYSTÈME DU PASSÉ
f.a. du passé
Il faut choisir entre le passé simple et le passé composé Le berger s’est levé/se leva à cinq heures. Il faisait encore
comme temps de référence. nuit.
L’imparfait s’ajoute au temps de référence pour réaliser une C’était une belle nuit calme. Les étoiles scintillaient. Un
passé présent présent description ou exprimer des actions qui durent ou se répètent. berger, assis sur les marches de l’étable, songeait.
PRÉSENT  Le plus-que-parfait exprime la plupart des actions antérieures Il pensait à sa fiancée qu’il n’avait pas vue depuis huit
SUBJONCTIF

à une autre action exprimée à un temps simple du passé. semaines.


Le passé antérieur exprime les actions accomplies juste avant Lorsque l’étoile eut disparu, il se releva en soupirant
plus-que-parfait imparfait imparfait une autre action au passé simple. tristement.
PASSÉ  Les futurs du passé expriment les actions postérieures au temps Il lui a promis/promit qu’il la reverrait dès que les mois-
de référence. Ils empruntent leurs formes au conditionnel. sons seraient terminées.
73
phrase
texte
42 MODALISATEURS

Les modalisateurs sont des mots ou des procédés grammaticaux qui traduisent le degré d’appréciation ou de certitude avec lequel un émetteur considère son propre énoncé. L’emploi de modali-
sateurs permet à l’émetteur d’intervenir directement dans le texte :
• en exprimant une appréciation sur une phrase ou une partie du texte (hélas, par bonheur, j’apprécie que…, je déteste que…) ;
Heureusement, Tobby, le chien des Delattre, a alerté les voisins par ses aboiements. Ceux-ci ont immédiatement contacté la police. Une patrouille se trouvait, par chance, à deux minutes du lieu
du vol et a pu mettre en fuite les malfrats.
• en évaluant la probabilité de ce qui est raconté (peut-être, probablement, certainement, sans doute, il se peut que…).
Les cambrioleurs auront brisé la fenêtre du salon pour pénétrer dans la maison. Selon l’inspecteur, ils ont dû se diriger vers le bureau de M. Delattre qui était fermé à clé. Ils ont probablement
forcé la porte avec une pince. Il se pourrait, selon la police, que l’on ait à faire à une bande très organisée, sans doute des professionnels.

Modalisateurs Exemples
Marques d’énonciation :
A mon avis, le témoin ne dit pas la vérité.
je, me, moi, ici, maintenant…
Adverbes, locutions adverbiales et groupes nominaux Cette nouvelle est évidemment regrettable.
avec préposition De toute évidence, les mesures de sécurité sont insuffisantes.
Verbes exprimant un jugement, un sentiment : J’en doute.
douter, penser, croire, supposer, apprécier, aimer, détester,
craindre…
Auxiliaires de modalité : Anne doit/peut avoir pris l’avion hier.
devoir, pouvoir, sembler
Verbes et tournures impersonnels : Il ne fait aucun doute que des personnes innocentes ont été tuées.
il semble, il apparaît, il est à craindre, il est certain…
Mode et temps du verbe :
• indicatif futur antérieur = probabilité Notre père est en retard : il aura manqué son train.
• conditionnel = information non vérifiée Il n’y aurait aucun survivant.
• subjonctif = doute Je ne crois pas que cela soit vrai.
Vocabulaire connoté : Honteux, c’est tout simplement honteux !
adjectifs, noms, verbes Ce départ est une fuite.
Interjections : Hélas ! notre héros ne se doute pas de ce qui l’attend !
Hélas ! Zut !...

74
INDEX
1. Aspect commun 50 COMPARAISON Phrase subordonnée ~ 25, 27, 30-32, 62, 69

50 renvoie à la page où l’entrée d’index est définie 2. Aspect du verbe 53, 57 Conjonction CLASSE
Attribut 20, 25, 28, 29-30, 37 FONCTION de coordination 26, 29, 40
35 renvoie à la page où l’entrée d’index est mentionnée de subordination 23-26, 29, 32, 40, 61, 63, 73
attributif Verbe ~ 28, 34, 66
~ remplace l’entrée d’index en italique Auteur 14, Conjugaison 36, 53-54, 56-59
 renvoie à une ou plusieurs notions auxquelles l’entrée d’index en Auxiliaire 28, 37, 74 VERBE des verbes irréguliers 58-59
italique est associée base Phrase de ~ 19, 22-23, 34  ~ du verbe 54-55, 58-60 Connecteur 10, 65-66, 72
 renvoie à un terme générique Caractère 6, 10, 49 CHOIX TYPOGRAPHIQUE Coordination 24 ENCHAÎNEMENT DE PHRASES
Champ Coordonnant 24, 26, 27
[ ] renferment les éléments constitutifs de la notion qui figure en entrée
lexical 4, 9, 48, 66 Constituant 19, 20, 22, 30
d’index
sémantique 49 Contexte 7, 11, 20, 49, 61, 67, 69
Chapeau 6 SUBDIVISIONS DU TEXTE Couleur 6 CHOIX TYPOGRAPHIQUE
Choix typographique 6 MISE EN PAGE coupé Enoncé ~ 65, 67
accompli, e Aspect ~ 53, 57 Action ~ 57, 73 [Caractère / Couleur / Graisse / Noir / Police / Souligne- courant, e Composition ~ 46
ment / Surlignement] Registre de langue ~, langue ~ 4, 11, 12, 49, 50
Accord 36, 37-39
dans la phrase 37-38 Chronologie du récit 16-17 déclaratif, ve Type de phrase ~, phrase ~ 19, 22, 23, 69
[Récit discontinu / Récit linéaire] Degré de l’adjectif 33
dans le groupe nominal 39
du déterminant 39 Classe grammaticale 20-21, 24-25, 28-29, 42-43, 46-47, 49 [Comparatif / Superlatif]
de l’adjectif 37-39 [Adjectif / Adverbe / Conjonction / Déterminant / Interjec- démonstratif Déterminant ~ 28, 41, 71
tion / Nom / Préposition / Pronom / Verbe]
du participe passé 38 Pronom ~ 28, 41, 71
Colonne 6 SUBDIVISIONS DU TEXTE
Dénouement (Voir Résolution)
du verbe 37 commun Aspect ~ 50 Nom ~ 28, 41
Acte de parole 22, 56 Dérivation 46 FORMATION DES MOTS
1. Comparaison 50 FIGURE DE STYLE
dérivé, s Mot ~ 46 Thèmes ~ 70
1. Action 42, 56, 57, 59, 61-62, 73 ASPECT DU VERBE
2. Comparaison 32, 63 NUANCE SÉMANTIQUE
2. Action 14, 15-16, 61, 68 SCHÉMA NARRATIF descriptif, ve Séquence ~ 4, 66, 68
Comparatif 33 DEGRÉ DE L’ADJECTIF
Dessin 6  ÉLÉMENT VISUEL
active Forme de phrase ~, phrase ~ 19, 22-23, 34, 60, d’égalité 33
Adjectif CLASSE 1. Destinataire 15 SCHÉMA ACTANCIEL
d’infériorité 33 2. Destinataire SITUATION D’ÉNONCIATION
20-21, 28, 29-31, 33, 37, 39, 41-43, 46, 48, 52, 71, 74
de supériorité 33 4, 8-9, 11-12, 65, 67- 69, 72
verbal 42
Complément 20, 28, 37, 48 FONCTION Destinateur 15 SCHÉMA ACTANCIEL
adjectival Groupe ~ 20-21, 30-31
d’adjectif 20, 31 Déterminant 5, 20-22, 25, 28-29, 39, 40-41, 69, 71 CLASSE
Adjuvant 15 SCHÉMA ACTANCIEL
d’adverbe 20, 25, 31 article 28-29, 33, 35, 40, 71
Adverbe  CLASSE
d’agent 32, 34 démonstratif 28, 41, 71
20-22, 24-26, 28-32, 37, 40-42, 46, 65, 67, 74
de nom 20-21, 25, 29, 31, 35 exclamatif 28, 71
en –ment 29, 43
de phrase 19-20, 25, 29, 30 indéfini 28, 41
adverbial, e Groupe ~ 20, 30-31  Pronom ~ 28
Reprise ~ 71 Valeur ~ 39
de verbe 5, 20, 25, 29, 30-31 interrogatif 28, 35
ancré Enoncé ~ 8, 65, 67-68 Texte ~ 8 complexe Mot ~ 45-46 numéral 28, 39, 41
Phrase ~ 18-19, 24-25, 26-27, 29, 35, 45 possessif 28-29, 33, 40-41, 71
Antécédent 35, 37, 42, 62
Complication 15 SCHÉMA NARRATIF dialoguée Séquence ~ 4, 11, 66, 68
antérieur, e Action ~ 57, 73 Evénement ~ 16
Futur ~ 57, 69, 74 Passé ~ 57-59, 73
composé, e Forme ~ 28 Mot ~ 39, 46 Didascalie 6 INFORMATION COMPLÉMENTAIRE
Passé ~ 10, 34, 57, 59, 65-67, 69, 73
Antériorité 73 RAPPORT DE TEMPS direct Complément de verbe ~ 29, 30
Temps ~ 28, 38, 57-58, 60
Anticipation 16 RÉCIT DISCONTINU Verbe transitif ~ 28, 34
Composition 46 FORMATION DES MOTS
discontinu Récit ~ 16
Antonyme 47, 49-51
courante 46 Effet 4, 9, 50
apparent Sujet ~ 32
savante 46 Elément déclencheur (Voir Complication)
argumentatif, ve Séquence ~ 66, 68 Texte ~ 6
Conditionnel 53-55, 56, 57-58, 60, 63, 69, 73, 74 MODE Elément visuel 6, 7
article Déterminant ~ 28-29, 33, 35, 40, 71 PARATEXTE
conjonctive Locution ~ 26, 41, 63 [Dessin / Graphique / Image / Photo / Tableau]
75
Ellipse 4, 9, 17, 24 RYTHME DU RÉCIT Futur 53, 54-61, 63, 69, 73-74 TEMPS VERBAL Type de phrase ~ 5, 11, 19, 22-23
elliptique Phrase ~ 24 antérieur 57-59, 69, 74 Interrogation
Emetteur SITUATION D’ÉNONCIATION simple 55, 57-59, 63, 69, 73 partielle 22, 69
4, 7, 8, 9, 11-12, 24, 56, 61-62, 65, 67-70, 74 générique Présent ~ 67 Terme ~ 71 totale 22, 69
emphatique Forme de phrase ~, phrase ~ 22-23 Genre de texte 4, 9, 10-11, 15, 66 intransitif Verbe ~ 28
Emploi des modes 62-63 Glossaire 6-7 INFORMATION COMPLÉMENTAIRE Juxtaposition 24 ENCHAÎNEMENT DE PHRASES
Emprunt 45 Graisse 6 CHOIX TYPOGRAPHIQUE Légende 6-7  ÉLÉMENT VISUEL
Encadré 6, 7, 10 SUBDIVISIONS DU TEXTE Graphique 6 ÉLÉMENT VISUEL Lieu d’énonciation 4, 8 SITUATION D’ÉNONCIATION
Enchaînement de phrases 18-19, 24-25 graphique Phrase ~ 5, 18, 26 linéaire Progression thématique ~ 65, 70 Récit ~ 16
[Coordination / Insertion / Juxtaposition] Groupe 20-21, 23, 29-30, 35, 37, 50, 62, 65, 68, 72 Litote 51 FIGURE DE STYLE
Enonciation 4, 8, 56, 61, 65-68 adjectival 20-21, 30-31 Marque
Enoncé 4, 8, 22, 56, 65, 67, 73 adverbial 20, 30-31 d’énonciation 67, 74
ancré 65, 67-68 nominal 20-21, 23, 36-37, 39, 65-66, 71, 74 de lieu 67
coupé 65, 67 verbal 20 de personne 26, 54, 67
Etymologie 45, 49 FORMATION DES MOTS Héros 15 SCHÉMA ACTANCIEL de temps 54, 67
Euphémisme 50 FIGURE DE STYLE Homographe 47, 49 Métaphore 50 FIGURE DE STYLE
exclamatif, ve Adverbe ~ 25 Déterminant ~ 28, 71 Homonyme 47 Métonymie 51 FIGURE DE STYLE
Mot ~ 22 Phrase ~ 22 Homophone 40-41, 47 Mise en page 4, 6, 10, 72 PARATEXTE
Type de phrase ~ 5, 23
Hyperbole 50 FIGURE DE STYLE [Choix typographique / Subdivision du texte]
Expansion 20-21 Image 4, 6-7, ÉLÉMENT VISUEL Modalisateur 4, 65-66, 74
de l’adjectif 31 Imparfait 10, 40, 54-57-60, 63, 65-66, 69, 73 TEMPS VERBAL d’appréciation 74
de l’adverbe 31 Impératif 10, 22, 53, 55, 56, 57-60, 69 MODE de probabilité 74
du nom 31, 66, 71 impératif, ve Type de phrase ~, phrase ~ 22-23 Mode 3, 53-57, 62-63, 74
du verbe 30 impersonnel Mode ~ 42, 53, 56, 60, 74 Verbe ~ 28, 32, 38 impersonnel 42, 53, 56, 60, 74
explicatif, ve Séquence ~ 4, 66, 68 Texte ~ 6 inaccompli, e Aspect ~ 53, 57 Action ~ 57 [Infinitif / Participe]
externe Point de vue ~ 14 Position du narrateur ~ 14 incise Phrase ~ 5, 24, 27 personnel 53, 55-56, 60
familier, ère Registre de langue ~ 4, 11-12, 50, 52 indéfini Déterminant ~ 28, 41 Pronom ~ 37, 40-41, 71 [Conditionnel / Impératif / Indicatif / Subjonctif]
Langue ~ 12, 50
Indicatif 40, 53, 54-55, 56, 57-60, 62, 63, 73-74 MODE Modificateur 20-21, 29, 31, 33 FONCTION
Famille de mots 45-46
indirect Complément de verbe ~ 29, 31 Moment d’énonciation 8 SITUATION D’ÉNONCIATION
[Mot complexe / Mot simple]
Subordonnée interrogative ~ 25, 62 Mot 20-21
Féminin 37, 39 ACCORD Verbe transitif ~ 28 complexe 45-46
des adjectifs 37 1. Infinitif 25-27, 29-31, 37-38 CLASSE composé 39, 46
des noms 39 2. Infinitif 38, 40, 42, 53-54, 56-60, 69 MODE dérivé 46
Figure de style 50 infinitif, ve Groupe ~ 37, 68 exclamatif 22
[Comparaison / Euphémisme / Hyperbole / Litote / Méta- Phrase subordonnée ~ 25-27, 29
phore / Métonymie / Périphrase / Personnification] interrogatif 22-23, 26, 69
Information complémentaire 4, 6 PARATEXTE simple 45, 46
Fonction grammaticale
20-21, 23-26, 28, 29, 30-31-33, 35, 38, 42
[Didascalie / Glossaire /Note explicative /Préface / Table Narrateur 14, 16, 48, 67-68, 73
des matières]
[Attribut / Complément / Modificateur / Prédicat /Sujet] externe 14
Insertion 24 ENCHAÎNEMENT DE PHRASES
Formation des mots 46 interne 14
Interjection 29, 69, 74 CLASSE
[Composition / Dérivation] narratif, ve Schéma ~ 15, 66 Séquence ~ 4, 66, 68
interne Point de vue ~ 14 Position du narrateur ~ 14 Texte ~ 4
1. Forme de phrase 19, 23 interrogatif, ve Adverbe 25, 40 Déterminant 28, 35
positive vs négative 19, 22-23 négative Forme de phrase ~ 19, 22-23 Phrase ~ 62
Mot ~ 22-23, 26, 69
neutre vs emphatique 19, 22-23 Pronom ~ 23, 25, 28, 40
Néologisme 45
active vs passive 19, 22-23, 34, 60 Phrase ~ 22-23, 62 neutre Forme de phrase ~ 19, 22-23 Registre ~ 4, 11
2. Forme verbale 53, 54 Subordonnée ~ 25, 27, 62, 69 Noir 6 CHOIX TYPOGRAPHIQUE

76
Nom CLASSE Pause 4, 9, 17 RYTHME DU RÉCIT à thème constant 65, 70
5, 20-22, 28-29, 30-31, 33, 35, 37, 38-39, 41-43, 46, 48-49, 65- Péripétie 6, 15 (Voir 2. Action) à thèmes dérivés 65, 70
66, 71, 74
Périphrase 51, 71 FIGURE DE STYLE linéaire 65, 70
commun 28, 41 Personnage 10, 14-15, 61, 66, 68 Pronom 11, 20-23, 25, 26, 28-32, 37-41, 55, 65 CLASSE
propre 5, 28 Personne 8, 12, 14, 15, 30, 68-69 démonstratif 28, 41, 71
Nombre 26, 35, 37, 39, 42, 53-54 personnel Mode ~ 53, 55-56, 60 indéfini 28, 40-41, 71
nominal, e Groupe ~ 20-21, 23, 36-37, 39, 65-66, 71, 74 Pronom ~ 22-23, 28-29, 40, 67, 69, 71 interrogatif 23, 25, 28, 40
Reprise ~ 66, 71
Personnification 51 FIGURE DE STYLE numéral 28, 71
Note explicative 6 INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES Photo 6-7 ÉLÉMENT VISUEL personnel 22-23, 28-29, 40, 67, 69, 71
Noyau 20-21, 29, 37 Phrase 5, 18-20, 21-35, 36-38, 57, 64-65, 70-74 possessif 28, 29, 69, 71
numéral Déterminant ~ 28, 39, 41 Pronom ~ 28, 71 à construction particulière 18, 26-27 relatif 23, 25, 28, 35, 37, 40, 71
Nuance sémantique 32, 38, 63, 72 complexe 18-19, 24-25, 26-27, 29, 35, 45 pronominal, e Reprise ~ 65, 71 Verbe ~ 28, 38, 41, 52
de but, cause, condition, concession, comparaison, de base 19, 22, 23, 34 Pronominalisation 19, 22-23
conséquence, doute, hypothèse, lieu, manière, graphique 5, 18, 26 Propos 65, 70
mesure, moyen, opposition, poids, prix, incise 5, 24, 27, propre Nom 5 Sujet 25-27
probabilité, quantité, temps… 32, 63 simple 18, 24, 26-27, 35 Radical 46 FORMATION DES MOTS
Objet 15 SCHÉMA ACTANCIEL
subordonnée (Voir Subordonnée) Rapport de temps 69, 73
omniscient Point de vue ~ 14 syntaxique 19 [Antériorité / Postériorité / Simultanéité /Succession]
Onomatopée 29, 69 CLASSE
transformée 22, 23 Récepteur 8, 70 SITUATION D’ÉNONCIATION
Opposant 15 SCHÉMA ACTANCIEL
Pluriel 37, 39, 53, 55-56, 60 ACCORD Récit 6, 10, 13-17, 48, 61, 66-68, 75 CHRONOLOGIE DU RÉCIT
Organisateurs 65, 69, 72 des adjectifs 37 discontinu 16
de temps ; temporels 65-66, 69, 72 des noms 39 [Anticipation / Retour en arrière]
de lieu ; spatiaux, 65-66, 69, 72 Plus-que-parfait 57, 63, 69, 73 TEMPS VERBAL linéaire 16
Origine des mots 45 Point de vue 14 Régionalisme 49, 52
Orthographe 36-43, 46-47 externe 14 Registre de langue 4, 5, 11-12, 49, 52, 68
d’accord 36 interne 14 courant 4, 11, 49
d’usage 36 omniscient 14 familier 4, 11, 49, 52
Paragraphe 6, 65 SUBDIVISIONS DU TEXTE
Police 6 CHOIX TYPOGRAPHIQUE soutenu 4, 11, 49
Paratexte 4, 5-7 Polysémie 49 Regroupement de genres 4, 9-10, 66
[Eléments visuels / Informations complémentaires / Mise Ponctuation 4, 5, 18, 24, 26, 66, 68
en page] [Texte poétique / Texte qui argumente / Texte qui raconte /
Parole rapportée 5, 65, 68-69 Position du narrateur 14, 67 Texte qui règle des comportements /Texte qui relate /Texte
qui transmet des savoirs /Texte théâtral]
directement 5, 68-69 externe 14
interne 14 relatif, ve Phrase ~ 35, 62
indirectement 68-69 Pronom ~ 23, 25-26, 28, 35, 37, 40, 71
librement 68-69 positive Forme de phrase ~, phrase ~ 19, 22-23 Subordonnée ~ 25, 35
Paronyme 47 postérieure Action ~ 73 Repères alphanumériques 6 SUBDIVISIONS DU TEXTE
Participe 25, 26, 29, 31, 53, 56-57, 58-60 MODE
possessif Déterminant ~ 28-29, 33, 40-41, 71 Reprise de l’information 65, 69, 71
Pronom ~ 28-29, 69, 71
passé 23, 32, 34, 37, 38, 40, 57-59 adverbiale 65, 71
présent 37, 39, 42, 43, 57-59 Postériorité 56, 73 RAPPORT DE TEMPS
nominale 65, 71
participiale Phrase subordonnée ~ 25-26, 29 Prédicat 19-20, 25, 29-30 FONCTION
pronominale 65, 71
Passé 53, 56, 60-61, 66, 69, 73 TEMPS VERBAL
Préface 5-6 INFORMATION COMPLÉMENTAIRE
Résolution 15 SCHÉMA NARRATIF
antérieur 57-59, 73 Préfixe 46-47 FORMATION DES MOTS
Retour en arrière 4, 9, 16 RÉCIT DISCONTINU
composé 10, 34, 57-59, 65-67, 69, 73 Préposition 28-31, 34-35, 40, 46, 69, 74 CLASSE
Rythme du récit 17
simple 10, 54, 55, 57-59, 65-67, 73 Présent 34, 40, 42, 53-61, 63, 65-67, 69, 73 TEMPS VERBAL [Ellipse / Pause / Scène /Sommaire]
passive Forme de phrase ~ 22-23, 34, 60 Présentatif 23, 25, 29 Scène 17, 39 RYTHME DU RÉCIT
Phrase ~ 23, 32, 34 Progression thématique 65, 70
77
Schéma 15, 66 Succession 72-73 RAPPORT DE TEMPS impératif 22-23,
actanciel 15, 66 Suffixe 43, 46 FORMATION DES MOTS interrogatif 5, 11, 19, 22-23
[Adjuvant / Destinataire / Destinateur / Objet / Oppo- 1. Sujet FONCTION 1. Valeur
sant / Sujet] 5, 11, 19-20, 22, 24-25, 28-32, 34-35, 37-38, 48, 62, 66, 69 des modes 56
narratif 15, 66 apparent 32, 34 des temps 56-57, 61, 73
[Action / Complication / Résolution / Situation finale / propre 25-27 2. Valeur sémantique (Voir Nuance sémantique)
Situation initiale] réel 32, 34 verbal, e Forme ~ 53-54 Groupe ~ 20, 30
Séquence textuelle 4, 9, 48, 50, 65, 66, 68, 72 2. Sujet 15 SCHÉMA ACTANCIEL 1. Verbe CLASSE
argumentative 66, 68 Superlatif 33, 39, 62 DEGRÉ DE L’ADJECTIF 5, 11, 18, 20, 22-32, 34, 37-42, 46, 48, 53-63, 66, 68-71, 73-74
descriptive 4, 66, 68 Surlignement 6 CHOIX TYPOGRAPHIQUE attributif 28, 34, 66
dialoguée 4, 11, 66, 68 Synonyme 47, 49, 71 auxiliaire 28, 32, 38, 57-58, 60, 74
explicative 4, 66, 68 syntaxique Phrase ~ 26 Structure ~ 19-20, 22 impersonnel 28, 32, 38
narrative 66, 68 Unité ~ 18-20 intransitif 28
sémantique, s Champ 49 ~ Caractéristiques ~ 20 Système de temps 65-66, 68-69, 73 pronominal 28, 38, 41
Nuance(s) ~ 32, 38, 63, 72 du passé 61, 65, 73 transitif 28, 34
simple Mot ~ 45-46 Futur ~ 55, 57-59, 63, 69, 73 du présent 61, 65, 73 2. Verbe de parole 68-69
Passé ~ 10. 18-19, 54-55, 57-60, 65-67, 73 Table des matières INFORMATION COMPLÉMENTAIRE Visée 4, 6, 9-12, 14-15, 66, 68, 73
Phrase ~ 22, 24, 26-27, 35 Temps ~ 57-59, 73 4-6 Vocabulaire 4, 9, 11, 44-53, 72, 74
Simultanéité 73 RAPPORT DE TEMPS Tableau 6 ÉLÉMENT VISUEL
Situation d’énonciation 4, 8, 65, 67-69 temporels Organisateurs ~ 66, 69, 72
[Emetteur / Destinataire / Lieu d’énonciation /Moment Temps verbal
d’énonciation] 23, 28, 34, 38, 53-56, 57, 58, 60-61, 67, 69, 73-74
Situation finale 15 SCHÉMA NARRATIF simple 57-58, 63
Situation initiale 15 SCHÉMA NARRATIF [Futur simple / Imparfait / Passé simple / Présent]
Sommaire 17 RYTHME DU RÉCIT composé 28, 38, 57-58, 60
Soulignement 6 CHOIX TYPOGRAPHIQUE [Futur antérieur / Passé (antérieur, composé) /
Sous-titre 5-6, 10 SUBDIVISIONS DU TEXTE Plus-que-parfait]
soutenu, e Registre de langue ~ 4, 11, 12, 49 Terme
spatiaux Organisateurs ~ 66, 69, 72 générique 71
spécifique Terme ~ 71 spécifique 71
Structure syntaxique 19, 20, 22 Terminaison 40, 54-55, 60
Subdivisions du texte 6 MISE EN PAGE Texte 3-17, 23, 48-50, 64-74 REGROUPEMENT DE GENRES
[Chapeau / Colonne / Encadré / Paragraphe / Repères al- poétique 4, 10, 66
phanumériques / Sous-titre / Titre] qui argumente 4, 10, 66
Subjonctif 22, 41, 53-55, 56, 57-60, 62-63, 69, 73-74 MODE qui raconte 13-17, 61, 68
Subordination 18, 19, 22-25, 27 qui règle des comportements 4, 10, 66
Subordonnant 25, 26, 27 qui relate 4, 10, 66
Subordonnée 24-26, 37, 62-63, 68 qui transmet des savoirs 4, 10, 66-67
conjonctive 25, 27, 62, 69 théâtral 4, 6, 10, 66
- par « que » 25, 30-31, 62, 69 Thème 65, 70-71, 76
- introduite par différentes conjonctions de Titre 5, 6, 7, 10 SUBDIVISIONS DU TEXTE
subordination 25, 63 transitif Verbe ~ 28, 34
infinitive 25, 26-27, 29 Unité syntaxique 28, 34
interrogative indirecte 25, 27, 62, 69 Type de phrase 4, 9, 22, 69
participiale 25, 26, 29 déclaratif 19, 22-23
relative 25, 35, 62 exclamatif 5, 22-23, 25, 28, 71
78
NOTES PERSONNELLES




























79




























80
GUIDE DE RELECTURE ORTHOGRAPHIQUE
Fréquence de
1. Orthographe d’accord Réf. Aide-mémoire
mes erreurs
 J’identifie chaque verbe conjugué et son sujet ; j’accorde le verbe avec le noyau du sujet. 15.3 16
 J’applique les règles de l’accord du participe passé : sans auxiliaire, avec être, avec avoir. 16
 J’identifie chaque GN : j’accorde les déterminants et les adjectifs avec son noyau. 17
 Je distingue les homophones grammaticaux. 18
(a/à, et/est, -é-/er, ce/se, leur/leurs, ou/où, quand/quant/qu’en, quelque/quel que, quoique/quoi que…)
 Je ponctue mes phrases de façon à ce qu’elles aient un sens et soient compréhensibles. 2
2. Orthographe d’usage
J’identifie et orthographie correctement les mots invariables courants.
(ainsi, certes, chaque, d’abord, d’ailleurs, environ, exprès, guère, lors, malgré, parmi, peu à peu, tout à coup…)
 Je fais des liens avec les mots de la même famille. 21
 Je recours au dictionnaire. 25
3. Transcription phonétique
 J’interroge le sens pour distinguer les homophones lexicaux.
(balade/ballade, censé/sensé, cou/coup, du/dû, foi/foie/fois, puis/puits, sur/sûr, tache/tâche, voie/voix, voir/voire…)
 Je distingue les « e » ouverts, fermés et muets (j’espérerai).
4. Conjugaison
 Je distingue les verbes en –er des autres verbes et j’applique les terminaisons correspondantes. 28
 J’applique les règles de modification de la base (du radical) pour les verbes en –er et les 30 31
particularités graphiques des verbes irréguliers.
5. Cas particuliers
 Je distingue les participes présents et les adjectifs verbaux en [ã]. 19
 J’orthographie correctement les adverbes en –amment et –emment. 20
 Je distingue l’orthographe de tout lorsqu’il est nom, adjectif, pronom ou adverbe. 18

Des logiciels permettant de vérifier l’orthographe ou des sites proposant des exercices existent et sont souvent libres d’accès.
Les pastilles orange renvoient aux numéros de chapitres contenus dans cet ouvrage.

81
ABRÉVIATIONS
IATIONS
DONNÉES
Adj : adjectif CONCEPTUELLES DONNÉES CONCEPTUELLES
Adv : adverbe • Conception UMER - Unité des • Conception UMER - Unité
moyens d’enseignement des moyens d’enseignement romands
romands
Att : attribut Secrétariat général de la CIIP Secrétariat général de la CIIP
C : complément • Impression • Impression Centre
Centre Rhodanien d’impression, Martigny Rhodanien d’impression, Martigny
Conj : conjonction • Mise en page • Mise en
Dominique Studer, St-Maurice page Dominique Studer, St-Maurice
on deConj de coord. : conjonction de coordination
coordination
Conj de sub. : conjonction de subordination
n de subordination RÉDACTION RÉDACTION
ectif CAdj : complément d’adjectif • Auteurs • Auteurs
Pierre-Alain Balma, formateur Pierre-Alain
IUFE, maître Balma, formateur
secondaire GE IUFE, maître secondaire GE
verbe CAdv : complément d’adverbe Philippe Roduit, collaborateur scientifique
Philippe Roduit, collaborateur scientifique SG-CIIP, maître secondaire VS SG-CIIP, maît
ent CAgt : complément d’agent
CN : complément de nom DONNÉES SCIENTIFIQUES DONNÉES SCIENTIFIQUES
m
ase CP : complément de phrase • Ouvrages de référence • Ouvrages
Plan d’études romand,de référence Plan d’études
Cycle 3, Neuchâtel, romand, Cycle 3, Neuchâtel, 2010©CIIP
2010©CIIP
onomCPro : complément de pronom Lire, écrire, comprendre
Lire, écrire, comprendre la grammaire et la langue, Neuchâtel, la grammaire et la langue, Ne
2013©CIIP
be CV : complément de verbe
CVD : complément de verbe direct
rbe direct • Experts scientifiques Martine Panchout-Dubois,
• Experts scientifiquesprofesseure
Martine Panchout-Dubois, formatrice à l’UER professeure
FR, HEP-VD formatrice
CVI : complément de verbe indirect
be indirect Groupe de recherche GRAFE’MAIRE, FPSE, Université de Genève FPSE, Univer
Groupe de recherche GRAFE’MAIRE,
D : déterminant • Groupe de validation Anne Christe• Groupe de validation
de Mello, Anne
présidente Christe de Mello, présidente (VD)
(VD)
F.A. : futur antérieur Sandrine Codourey (FR) Sandrine Codourey (FR)
F.S.: futur simple Carole Donnet-Monay (VS) Carole Donnet-Monay (VS)
fém. : féminin Pierre Graber, délégué SER (NE)
GAdj : groupe adjectival Pierre Graber, délégué SER (NE)
Adrienne Mittaz, déléguée SER (VS) Adrienne Mittaz, déléguée SER (VS)
GAdv : groupe adverbial
GInf : groupe infinitif
GN : groupe nominal DONNÉES TECHNIQUES DONNÉES TECHNIQUES
al GPart : groupe participial • No CATARO 011260 • No CATARO 011260
masc. : masculin • No ISBN 978-2-88500-282-9 • No ISBN 978-2-88500-282-9
MOD : modificateur • 1ère édition 2014 • 1ère édition 2014
N : nom • Copyright • Copyright Neuchâtel,
Neuchâtel, 2014 © CIIP, Conférence intercantonale2014 © CIIP, Conférence intercantonale
P.A. : passé antérieur de l’instruction publique de la Suisse romande etpublique
de l’instruction du Tessinde la Suisse romande et d
P.C. : passé composé Faubourg
Faubourg de l’Hôpital 68, case postale 556 de l’Hôpital 68, case postale 556
P-Q-P. : plus-que-parfait CH-2002 Neuchâtel, CH-2002 Neuchâtel,
P.S. : passé simple www.ciip.ch
Ph : phrase www.ciip.ch
PhConj : phrase subordonnée conjonctive Tous droits réservés pour tous pays. droits réservés pour tous pays.
Tous
nnée conjonctive
PhInf : phrase subordonnée infinitive
née infinitive
PhIntInd : phrase
née interrogative subordonnée interrogative indirecte
indirecte Contact : Unité
Contact : Unité des Moyens d’enseignement des Moyens
romands (UMER)d’enseignement romands
PhPart : phrase subordonnée participiale
nnée participiale  +41 32 889 86 51 •  ciip.umer@ne.ch +41 32 889 86 51 •  ciip.umer@ne.ch
PhRel : phrase subordonnée relative
nnée relative Contact : Conférence intercantonale Contact : Conférence
de l’instruction intercantonale de l’instruction pub
publique
nnée PhSub : phrase subordonnée de
de la Suisse romande et du Tessin (CIIP) la Suisse romande et du Tessin (CIIP)
plur. : pluriel  +41 32 889 69 72 •  ciip@ne.ch  +41 32 889 69 72 •  ciip@ne.ch
Préd : prédicat
Prép : préposition
Pro : pronom
S : sujet
sing. : singulier
sub. : subordonnée
V : verbe

SYMBOLES
-> voir également
* phrase grammaticalement incorrecte
ment incorrecte
e Remarque importante
9 782885 0
9 782885 002829
82