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UNIVERSITE DE MAROUA

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ECOLE NORMALE SUPERIEURE POLYTECHNIQUE DE MAROUA

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DEPARTEMENT DE L’INFORMATIQUE ET TELECOMMUNICATION

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COURS DU DROIT DES TIC

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LICENCE III en SECURITE ET ADMINISTRATION DES RESEAUX

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ENSEIGNANT: Dr. NENEO KALDAYA

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ANNEE ACADEMIQUE : 2019-2020

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I-Objectif du cours

Considérant les missions dévolues aux écoles de formations dans son ensemble d’une part, et
les domaines spécifiques du Département de l’informatique et télécommunication, d’autre
part ;

L’unité d’enseignement consacrée au Droit des TICs vise plusieurs objectifs :

a)Objectifs généraux

Cette étude vise à :

-aider les élèves-ingénieurs à avoir une idée globale et synthétique sur le droit des TICs
considéré de nos jours comme un des meilleurs outils de communication les plus rapides ;

-leur faire savoir quelle doit être la place du droit dans le processus de la communication par
les TICs et leur permettre d’identifier le permis et l’interdit dans les NTICs;

-faire connaitre aux apprenants les mécanismes juridiques de la protection de la personne


humaine dans l’utilisation des TICs et leur apprendre à interpréter les instruments juridiques
appropriés ;

-mettre à la disposition des apprenants les instruments juridiques sur la communication


électronique et leur fournir les outils opérationnels adéquats devant aiguiller leurs professions;

b) Objectifs spécifiques

Aux termes de cette étude, les apprenants doivent être à mesure de :

- comprendre et maitriser le droit élémentaire ;

-connaitre les bases sur les aspects juridiques liées à la création, à l’usage et à la diffusion des
logiciels et systèmes d’information ;

-connaitre l’environnement juridique de l’informatique et d’être à même d’entreprendre des


négociations des contrats d’informatiques ;

-prendre conscience de la place que joue le droit dans les enjeux socioéconomiques et
politiques concernant l’informatisation de la société contemporaine.

2-INDICATION BIBLIOGRAPHIQUE

-Philippe BILGER et Bernard PREVOST, Le droit de la presse, collection « Que sais-je ?»,
PUF, 3è édition, 1995, 127 pages.

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- Louis DUBOIS et Gustave PEISER, Droit public, Collection « Mémento », Dalloz, 16 è
édition, 2003, 261 pages.

- Raymond GUILIEN et al., Lexique des termes juridiques, 11è édition, Dalloz, 1998, 1567
pages.

- Jean-Pierre RIOS CAMPO, Cours de Droit de l’informatique, 2001/2001, PDF, 22 pages.

-Jean-Pierre BOURGEOIS, L’informatique dans les études du droit, tout un programme à


élaborer, PDF, 7 pages.

-Pulchérie NOMO ZIBI, Etude des documents juridiques relatifs à la communication au


Cameroun, Yaoundé, septembre-octobre 2003.

-M. Chawky, Le vol d’informations : quel cadre juridique aujourd’hui ?, Droit-Tic, juill. 2006

-Véronique ABAD, « L’effectivité des recours en matière de publicité sur Internet », Lex
Electronica, vol. 10, n°2, Été 2005 (http://www.lex-electronica.org/articles/v10-2/abad.pdf);
-Véronique ABAD, « Publicité sur Internet et Protection du consommateur », Lex
Electronica, vol. 8, n°2, printemps 2003 (http://www.lex-electronica.org/articles/v8-
2/abad.htm).
- Dominique Armand LONG WELADJI, La protection des consommateurs des services de
communications électroniques au Cameroun, Master, option contentieux et arbitrage des
affaires, UCAC, 2010.
- Fustel MEKONGO BALLA, Le fournisseur de services de télécommunications
CAMTEL et la cybercriminalité face au Droit, Mémoire de master en Droit des
Affaires, Université Yaoundé II SOA 2009.
- Stéphane Maviane EFFA EFFA, Le juge du contentieux des communications électroniques
au Cameroun, Master 2 en contentieux et arbitrage des affaires, Université catholique
d'Afrique Centrale Yaoundé, 2012.
-Héraclès Mayé ASSOKO, La régulation des réseaux numériques par le numérique, Thèse de
doctorat en Droit, Université de Toulouse 1, 2006.

3-LES TEXTES IMPORTANTS RELATIFS AUX TIC


-Loi constitutionnelle n°96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 2 juin
1972 ;
-Loi n°90/052 du 19 décembre 1990 relative à la communication sociale au Cameroun ;

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-Loi n°2011/012 du 21 décembre 2011 relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité au
Cameroun;
-Loi n° 2010/013 du 21 décembre 2010 régissant les communications électroniques au
Cameroun;
-Loi n° 2010/021 du 21 décembre 2010 régissant le commerce électronique au Cameroun;
- Loi française n°78/17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux
libertés ;
-Loi n°2000/11 du 9 décembre 2000 relative aux droits d’auteurs et aux droits voisins;
-Loi n°98/014 du 14 juillet 1998 régissant les Télécommunications révisée en 2005

-Loi n°98/013 du 14 juillet 1998 relative à la concurrence

- Loi n° 2006/018 du 29 Décembre 2006 régissant la publicité au Cameroun

-Loi n° 2018/16 du 12 juin 2018 portant statut général des établissements publics
-Loi n° 2001/010 du 23 juillet 2001 instituant le service minimum dans le secteur des
télécommunications;
-Loi-cadre n° 2011/012 du 06 mai 2011 portant protection du consommateur au Cameroun;
-Décret n°98/1997 du 01 septembre 1998 portant organisation et fonctionnement de l'Agence
de Régulation des Télécommunications ;

- Décret N° 2000/158 du 03 avril 2000 fixant les conditions de créations et d'exploitations des
entreprises privées de communication audiovisuelle

-Décret n°99/369/PM mars 1999 fixant le régime d'interconnexion entre les réseaux de
télécommunications ouverts au public.

-Décret n° 2011/408 du 09 décembre 2011 portant organisation du Gouvernement,

-Décret n° 2005/124 du 15 avril 2005 portant organisation du Ministère des Postes et


Télécommunications;

4-Plan du cours
PREMIERE PARTIE : LES SOURCES DU DROIT DES TIC
CHAPITRE I : LES SOURCES JURIDIQUES INTERNATIONALES
Section I : les textes à caractère universel
Section II : les textes à caractère régional
CHAPITRE II : LES SOURCES JURIDIQUES INTERNES

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Section I : La constitution comme source de droit a l’informatique
Section II : Les autres sources nationale du droit de l’informatique
DEUXIEME PARTIE : LA PROTECTION JURIDIQUE DU DROIT DE S
TIC
CHAPITRE I : L’ENCADREMENT DE TIC PAR LE DROIT PRIVE
Section I : Des contrats informatiques
Section II : La responsabilité civile en matière de droit a l’informatique
CHAPITRE 2 : L’ENCADREMENT DES TIC PAR LE DROIT PUBLIC
Section I : la régulation administrative du secteur de communication électronique
Section II : La responsabilité pénale en matière de communication électronique.

INTRODUCTION GENERALE
L’information occupe de nos jours une place importante dans les rapports
entre les humains. Informer, c’est renseigner, instruire, etc. L’information
renvoie alors à la fonction de circulation des nouvelles. Les moyens
d’information ont ainsi évoluées et se sont développées dans le temps. De
l’oralité aux écrits, l’on se trouve aujourd’hui à l’ère de l’électronique. C’est
pourquoi, les TIC se trouvent aujourd’hui au centre de l’information d’où
l’intitule de ce cours : Droit des TIC.
Selon le lexique des termes juridiques, le droit désigne un ensemble des
règles relatives à quelque chose. La définition du vocable droit revêt deux
orientations.
-Au sens objectif, le droit renvoie à un ensemble des règles qui régissent la
vie en société. Cette règle est sanctionnée en cas de non respect par la puissance
publique.
-Dans son sens subjectif, le droit désigne une prérogative attribuée à un
individu dans son intérêt. Ce qui lui permet de jouir d’une chose ou d’exiger
d’autrui une prestation et même d’ester en justice pour faire respecter ces
prérogatives.
Par définition, les Technologies de l'information et de la communication
(TIC ) qui est la transcription de l'anglais « information and communication
technologies » (ICT), est une expression, principalement utilisée dans le monde
universitaire, pour désigner le domaine de la télématique, c'est -à-dire les

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techniques de l'informatique, de l'audiovisuel, des multimédias, d'Internet et des
télécommunications qui permettent aux utilisateurs de communiquer, d'accéder
aux sources d'information, de stocker, de manipuler, de produire et de
transmettre les informations. Les technologies de l’information et de la
communication (TIC) regroupent l’ensemble des outils, services et techniques
utilisés pour la création, l’enregistrement, le traitement et la transmission des
informations. Il s’agit donc principalement de l’informatique, d’Internet, de la
radio-télévision (en direct et en différé) et des télécommunications. On parle
également de nouvelles technologies de l’information et de la communication
(NTIC) pour désigner les outils nés du rapprochement de l’informatique, des
télécommunications et de l’audiovisuel, tels que les smart phones, le micro-
ordinateur, les tablettes, le Cloud, etc. Les TIC sont apparus avec la naissance
des premiers appareils de communication, comme le télégraphe électrique
(inventé en 1832), le téléphone (inventé en 1876), etc.
L’expression « droit de TIC » renvoie alors à l‘ensemble des dispositions
normatives et jurisprudentielles relatives aux TIC. Dans son assertion la plus
large, le droit des TIC désigne un droit orienté vers les technologies de l’information et
la communication. Ce droit devient dans ce sens extrêmement vaste et transversal
parce que s’intéressant aussi bien au droit civil (droit de contrat, droit
commercial), au droit pénal ( à travers la répression des infractions de contre -
façon, d’intrusion frauduleuse dans les systèmes informatiq ues), aux libertés
publiques (c'est-à-dire à la loi informatique et les libertés), à la propriété
intellectuelle ( par le biais du droit d’auteur sur les logiciels, les brevets sur les
puces) et au droit de l’intérêt.
En résumé, le droit des TIC aborde des thèmes aussi variés tels que :
-La protection des personnes à travers la sécurisation des données personnelles
informatisées, les fichiers, les libertés et la protection des mineurs ;
-La protection des consommateurs à l’occasion des jeux et des ventes à
distance par exemple;
-La protection des créations intellectuelles telles que les logiciels, les bases de
données et des produits multimédias ;
-La protection des aspects contractuels des TIC tels que les obligations
particulières qui s’imposent aux in formaticiens, les principaux types de contrats,
les prestations informatiques, les licences, la maintenance, etc. ;
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-Le cyberdroit qui aborde des questions relatives à la liberté d’expression et ses
limites, aux aspects internationaux du droit de l’internet, au commerce
électronique, à la responsabilité des opérateurs de télécommunication.
Le droit des TIC renvoie alors à une certaine prescription d’ordre juridico-
morale relative à l ‘utilisation des nouvelles technologies de l’information et de
la communication.
La problématique générale qui se dégage de cette unité d’enseignement
renvoie à la nécessite d’un encadrement juridique des TIC. Par ailleurs, on peut
se poser la question de savoir comment les instruments juridiques encadrent-ils
ce secteur de d’information et communication ?
Pour répondre à cette interrogation, il serait judicieux d’identifier les sources
du droit de TIC (première partie) avant d’aborder la question liée à son
opérationnalité (deuxième partie) en vue de la sécurisation des activités issues de
cette pratique par le droit.

PREMIERE PARTIE : LES SOURCES DU DROIT DE TIC


Le droit de TIC puise sa source des multiples dispositions juridiques qui
encadrent l’activité de l’homme appuyée sur l’utilisation des NTIC. En tant que
outil d’information et de communication par excellence, le droit des TIC puisent
leur origine tant dans le droit international (chapitre 1) que dans les
dispositions du droit national (chapitre 2).
Chapitre I) Les sources juridiques internationales du droit des TIC
A l’observation, plusieurs textes internationaux s’intéressent à
l’information et à la communication. On se rend donc compte que la société de
l’information s’appuie sur deux fondements juridiques importants : soit le droit à
la communication est alors libérale, soit il est autoritaire selon le contexte.
La conception libérale du droit de la communication, et par ricochet , du
droit de TIC, s’inscrit dans une démarche universelle. Plusieurs instruments
juridiques internationaux proclament ainsi la libéralisation du secteur de la
communication quelques les moyens utilisés. Ces textes sont soit à valeur
universelle (section 1), soit à caractère régional (section 2).

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Section I : Les textes à caractère universel
Sur le plan universel, l’information et la communication devient la chose
la mieux partagée. Le législateur international a mis en place un certain nombre
d’instruments en rapport avec la communication.
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948
précise ainsi en son article 19 que « Tout individu a droit à la liberté d'opinion
et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions
et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de
frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce
soit. ». Ce texte exprime de manière général e, la liberté de communication, peu
importe le moyen ou canal par lequel l’auteur véhicule son message. La
déclaration s’applique aussi bien à l‘utilisation des TIC que d’autres , tant il est
vrai qu’elle constitue aujourd’hui un puissant outil d’informati on et de
communication.
La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 a
également prévue la liberté de pensée et d’opinions. Telle est la substance de
l ‘article 11 de cette déclaration selon laquelle, « la libre communication des
pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; Tout
citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement sauf à répondre de l’abus de
cette liberté dans des cas déterminés par la loi». Cette disposition universelle est
dense de sens dans la mesure où elle précise tout le concours de la liberté
d’expression. Autrement dit,, la liberté de communication qu’offrent les TIC
aujourd’hui, doit s’opérer dans un cadre juridique bien définie par le législateur
national. A ces textes à vocation universelle, s’ajoute également des dispositions
d’ordre régional en rapport avec la liberté de l’information et de communication.
Section II : les textes à caractère régional
Les organisations régionales militent aussi en faveur d’un à l’information
et à la communication. Au plan régional africain, la Charte Africaine des Droits
de l’Homme et des Peuples du 26 juin 1981 stipule en son article 9 que , « tout
homme a droit à l’information ; toute personne a le droit d’exprimer et de
diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlements ». Cette expression
libérale de la communication et de l’information consacrée par le législateur
africain, s’inscrit dans le cadre globale de la protection des droits de l’homme.

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En effet, le droit à l’information et à la communication est considéré comme un
droit inhérent de l’être humain.
Cependant, le texte régional prévoit également de restrictions à la
jouissance de ces droits. Le législateur africain mentionne alors le respect des
dispositions d’ordre étatique qui encadre la liberté d’expression. C’est dans ce
sens que les législations nationales intègrent ces considérations d’ordre universel
et régional dans leurs dispositions normatives internes. Ces mêmes dispositifs
juridiques internationaux sont repris par le l égislateur national, et ceci dans un
souci de son opérationnalisation
CHAPITRE II) LES SOURCES JURIDIQUES INTERNES
Dans le souci de palier aux tergiversations de la doctrine du droit
international sur l’applicabilité des instruments juridiques internationa ux, les
instruments juridiques internationaux ont des mesures de coopération avec les
Etats. La plupart des Etats ayant ratifié tel ou tel texte ont vu leur législations
nationales arrimées aux droits humains défendus par le législateur international.
De ce fait, la majorité des jeunes Etats africains ont consacré dans leurs
textes internes, des dispositions de droit international en matière de l’information
et de communication. Ceci fait donc du droit international, une source
d’inspiration importante du droit interne.
Dans le contexte précis de notre enseignement, les constitutions et les
autres textes infra-constitutionnels ont signé leur allégeance aux normes
internationales qui encadrent les droit de TIC.
Section I : Le fondement constitutionnel de droit des TIC
Le paragraphe 16 du préambule de la constitution camerounaise de 1996
consacre la liberté de communication et d’expression au Cameroun. En effet,
selon ce texte de la constitution, « la liberté de communication, la liberté
d’expression, la liberté de presse...sont garanties dans les conditions fixées par
la loi ». Ce texte garde toute sa valeur juridique suprême grâce aux dispositions
de l’article 65 de la même constitution qui a écarté tout débat sur la juridicité du
préambule. Selon cet article, « le préambule fait partie intégrante de la
constitution ». Cette disposition scelle ainsi le contrat d’allégeance exprimé vis -
à-vis des instruments juridiques internationaux. Cette disposition du préambule
suppose que le droit à l’information et à la communication peut être défendu
devant le juge au même titre que les autres aspects de droit de l’homme.
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Le droit de TIC qui est perçu ici comme un ensemble de dispositions
normatives et jurisprudentielles relatives aux TIC, est juridiquement consacré par
la loi fondamentale camerounaise. Ceci pourrait constituer une garantie
fondamentale à ce droit de l ‘homme. Et dans le souci de son opérationnalisation,
plusieurs autres textes ont ainsi été édictés en matière de communication et des
TIC.
Section II : Les autres sources nationale du droit de TIC
La réglementation juridique au Cameroun sur les TIC a permis
l’élaboration d’importants instruments juridiques afin de contribuer à son
assainissement. On peut citer entre autres :
a) les textes de lois

- La loi n°90/052 du 19 décembre 1990 sur la liberté de communication


sociale au Cameroun s’applique selon son article 2 à toutes les formes et à tous
les modes de communication sociale au Cameroun (presse, imprimerie, etc.) ;
-La loi n°2005/013 du 25 décembre 2005 révisant celle n°98/014 du 14
juillet 1998 sur les télécommunications au Cameroun s’intéresse aux différentes
prestations en matière de télécommunication au Cameroun ;
-La loi n°2010/013 du 21 décembre 2010 relative à la communication
électronique au Cameroun s’applique aux différentes prestations en matière
électronique ;
-La loi n° 2010/012 du 21 décembre 2010 régissant la cybercriminalité et
cybersécurité au Cameroun, définie le cadre de sécurité de réseaux de
communication électronique réprime les infractions liées a l’utilisation des TIC
au Cameroun.
A titre du droit comparé, la loi française n°78/17 du 06 juin 1978 relative a
l’informatique, aux fichiers et aux libertés, s’applique au traitement automatisés
ou non des données à caractères personnelles contenues ou appelées à figurer
dans les fichiers.
b) les textes réglementaires

A ces textes législatifs s ‘ajoutent des textes réglementaires pris par des
autorités administratives dans le but d’assainir le secteu r des télécommunications
électroniques. Ils peuvent être de décrets, des arrêtés de l’administration chargée
des télécommunications ou des textes émanant des autorités administratives

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déconcentrées ou décentralisées dans le cadre de l’exécution de leur mis sion de
police administrative.
-Décret n° 2011/408 du 09 décembre 2011 portant organisation du Gouvernement modifié en
2019.

-Décret n° 2005/124 du 15 avril 2005 portant organisation du Ministère des Postes et


Télécommunications;

-Décret n°98/1997 du 01 septembre 1998 portant organisation et fonctionnement de l'Agence


de Régulation des Télécommunications ;

- Décret N° 2000/158 du 03 avril 2000 fixant les conditions de créations et d'exploitations des
entreprises privées de communication audiovisuelle

-Décret n°99/369/PM mars 1999 fixant le régime d'interconnexion entre les réseaux de
télécommunications ouverts au public.

c) La jurisprudence

On peut également citer la jurisprudence comme étant une source de droit


de TIC. Il s’agit ici des décisions de justi ce devenues définitives et qui ont force
de la chose jugée dans le secteur de TIC. Ceci peut être une décision soit du juge
judiciaire, du juge administratif et du juge constitutionnel. C’est le cas par
exemple de cette position du conseil constitutionnel français pour qui, la liberté
de communication est une liberté fondamentale, et son exercice est l’une des
garanties essentielle du respect des lois, des libertés et de la souveraineté
nationale (cf. DC n °84-181, Recueil GDCC, n°40, p.73).
En somme il convient de souligner que le droit de TIC est un droit qui
s’inscrit dans le cadre globale du droit de la communication sociale. C’est
d’ailleurs dans ce sens qu’il nécessite une protection conséquente au vue de sa
sollicitation de plus en plus croissante comme outil de travail. Dans la pratique,
l’on observe une panoplie de mesures allant dans le sens de sa bonne utilisation.

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DEUXIEME PARTIE : LA PROTECTION JURIDIQUE FACE A
L’UTILISATION DES TIC
Les TIC offrent sans contestation aucune beaucoup de commodités dans le
travail dans nos sociétés modernes. Elles permettent aux usagers d’accéder très
rapidement aux sources d’information et aux agents prestataires de service de
rendre aisément les services pour lesquels ils sont commis .
Toutefois, ces nouveaux outils de communication présentent également des
inconvenants. En effet, ils facilitent la tâche aux individus mal intentionnés po ur
causer des dommages à autrui ou pour porter atteinte aux bonnes mœurs , à la
moralité publique, aux honneurs, etc.
C’est dans ce sens que le législateur national a justement pensé à faire
asseoir un dispositif juridique répréhensible en vue de palier aux écarts de
comportement dans la pratique et le maniement de ces outils dits du millénaire.
Cet encadrement juridique de TIC embrasse tant le champ du droit public que
celui du droit privé.
CHAPITRE 1) L’ENCADREMENT DE TIC PAR LE DROIT PRIVE
A l’analyse on se rend compte que le droit de l’informatique a une
orientation beaucoup plus privatiste que publiciste. En effet les principaux textes
sur les TIC tendent à développer l’économie na tionale, et ceci par le biais de la
privatisation.
De ce fait, le droit privé s’exprime ici par le mécanisme des contrats
informatiques, des prestations divers et par la répression des dommages ou
préjudices dans l’utilisation de cet outil .
Section I : Des contrats informatiques
Selon la doctrine, entre le fort et le faible, c’est la liberté qui lie et la loi
qui libère. Emboitant le pas à ce dicton juridique, l’article 1134 du code civil
dispose que « les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui
les ont faites ». Selon donc le droit, cette convention ne peut être révoquée que
par le consentement mutuel des parties ou pour les causes contraires à la loi.
Ce texte appel ainsi à l’exigence des quatre conditions essentiel les pour la
validité d’un contrat prévue à l’article 1108 du code civil. Il s’agit :
-de consentement libre des parties ;
-de la capacité à contracter ;
-de la certitude de l’objet du contrat ;
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-et de la licéité de l’objet de la cause pour laquelle on s’oblige.
Par définition, le contrat désigne au sens de l’article 1101 du code civil ,
« une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent envers une
ou plusieurs autres à donner , à faire ou à ne pas faire quelque chose ». Les
contrats informatiques désignent alors tout accord ayant pour objet une vente,
une location ou une prestation de service, relatifs à un système informatique ou à
un élément susceptible d’être intégré dans un système informatique.
Dans la pratique, on peut distinguer u ne panoplie de contrats
informatiques. C’est le cas par exemple de la licence d’utilisation qui est protégé
par le droit d’auteur. En effet, toute distribution ou utilisation sans licence est
interdite. Mais, en matière informatique, cette licence n’entrai ne pas le transfert
de propriété. On peut également citer à titre d’exemple la licence d’exploitation
qui confère à son titulaire, un droit d’utilisation et d’adaptation. C’est une
pratique courante dans le cas des logiciels libres qui sont distribués avec
l’intégralité de ses programmes sources. On peut aussi citer le contrat d’entretien
et de suivi qui est une sorte des contrats de maintenance, c'est-à-dire, une sorte
de prestation consistant à maintenir un système informatique dans un état de
fonctionnement conforme aux exigences contractuelles. On parle de maintenance
corrective, préventive ou évolutive selon le cas.
Le contrat informatique appel aussi à la fourniture de solution
informatique tel que le contrat de vente, le contrat de location, le contra t de
crédit-bail ( c'est-à-dire un contrat de location d’un bien assorti d’une promesse
de vente) et le contrat de développement de logiciels où un prestataire s’engage
envers le client à réaliser un logiciel conforme à ses besoins exprimés dans un
cahier de charges.
Sur le plan juridique, les contrats informatiques produisent les mêmes
effets que le contrat général. Ils obligent les parties à s’exécuter mutuellement
parce qu’entre elles le contrat fait office de loi. Toutefois, ces contrats ne
produisent aucun effet à l’égard du tiers. (cf. article 1165 code civil).
L’inobservation des clauses du contrat informatique doit entrainer des
conséquences juridiques certaines. Il s’agit de l’engagement de la responsabilité
civile ou contractuelle de la partie fautive.

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Section II : La responsabilité civile ou contractuelle en matière de droit a
l’informatique
Aux termes de l’article 1382 code civil, « tout fait quelconque de l’homme
qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le
réparer ». Selon le principe général du droit civil, la responsabilité civile a un
caractère compensatoire. En effet, elle régit les dommages et intérêts et organise
la réparation des préjudices subis par la victime.
Cette disposition est complétée par l’ article 1383 du code civil, qui tient
tout un chacun responsable du dommage qu’il a causé non seulement par son fait
mais encore par sa négligence ou son imprudence. Pour que la responsabilité
civile de l’auteur du dommage soit retenue, le bon sens juridique voudrait que les
trois conditions suivantes soient réunies :
- le préjudice subit doit être certain, c'est -à-dire, effectivement subi par la
victime ;
- il doit y avoir une faute de l’auteur du délit ;
- il doit y exister un lien de causalité entre le préjudice subi et la faute.
Selon le droit positif, la responsabilité civile de l’auteur de la faute doit
être engagée devant le tribunal du siège du lieu de la commission de la faute.
Selon la loi de 2006 sur l’organisation judiciaire au Cameroun, le tribunal
compétent peut être le TPI ou le TGI selon le montant de la demande. Selon ce
texte, la compétence du TPI est retenue lorsque le montant de la demande est
inférieure à 10 millions (cf. article 15 alinéa 1b loi 2006 de l’organisation
judiciaire au Cameroun), celle du TGI est retenue lorsque le montant de la
demande est supérieure à 10 million (cf. article 18 alinéa 1b de la même loi ).
Sur le plan du droit privé, l’encadrement juridique de l ’informatique vise
essentiellement à maintenir un certain équilibre entre les parties aux contrats
informatiques. Il s’agit ici d’une exigence d’équité dans la mesure où comme le
souligne un auteur, « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté ». En
effet, un contrat légalement passé dans le strict respect de ses conditions
substantielles ne demande qu’à être respecté. C’est d’ailleurs pour pallier à
l’éventualité de mauvaise foi qui a cours dans nos sociétés que l’Etat peut
intervenir pour réguler les rapports entre les individus au moyen de sa puissance
légitime.

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CHAPITRE 2) L’ENCADREMENT DE TIC PAR LE DROIT PUBLIC
Le droit de TIC est régi par un dispositif de sécurité juridique très dense. En effet,
l’information et la communication relèvent du domaine régalien de l’Etat. De ce fait, l’Etat
assure la régulation de tous les outils de communication et de l’information.
Nouvellement arrivé dans le système de communication et d’information, l’utilisation
des TIC fait aujourd’hui l’objet d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics.
L’encadrement juridique de TIC passe par la mise en place d’un intense dispositif de
régulation et la multiplication d’un droit pénal spécial dans le domaine de la cybernétique.
Section I : la régulation administrative du secteur de communication électronique
Le régime juridique des réseaux et des services de communication électronique
relèvent de l’Etat. (cf. article 6 alinéa 1 loi de 2010 sur les communications électroniques).
L’établissement et/ou l’exploitation de ces réseaux sont soumis à l’un des régimes
suivant précise l’article 7 de la Loi 2010 sur les communications électroniques:
-le régime de l’autorisation qui est de trois types (art. 10 sur les télécommunications). Elle
comprend la concession (art.9), la licence (art.10) et l’agrément (art.14).
-le régime de la déclaration qui concerne les activités de fourniture au public de services à
valeur ajoutée, de services internet, de revente de trafics électroniques (cf.art.15 Loi sur les
communications électroniques et art.13 sur les télécommunications).
L’administration chargée des télécommunications veille à l’élaboration et à la mise en
œuvre de la politique sectorielle de technologies de l’information et de la communication en
tenant compte de l’évolution technologique dans ce secteur, des besoins de développement
priorités du gouvernement dans ce domaine (voir art. 6 sur la cybercriminalité, article 21 de
la loi sur les télécommunications art 35 sur les communications électroniques).
Il est par ailleurs institué une Agence de régulation des télécommunications dotée
d’une personnalité juridique, d’une autonomie financière et décisionnelle (article 36 et s. de la
loi sur les communications électroniques et l’article 7 de la loi sur la cybercriminalité). Cette
Agence est compétente pour connaitre des différends entre les opérateurs de communication
électronique relative à l’interconnexion ou à l’accès à un réseau de communication
électronique….etc. (article 65 et s. sur les communications électroniques).
L’on note ici une forte implication de l’administration dans la surveillance de
l’utilisation des TIC. Cette implication permet à l’Etat d’assurer une meilleur lisibilité et une
parfaite visibilité dans le secteur de communication par les TIC.

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Section II : La responsabilité pénale en matière de communication électronique
La responsabilité pénale telle que définie par l’article 74 du code pénal camerounais
révisée en 2016 vise à défendre et à sauvegarder l’ordre social. Le droit pénal camerounais
retient une panoplie de sanctions telles que la peine d’emprisonnement (cf. article 24 du code
pénal sur l’emprisonnement), la peine d’amende et les mesures de sûreté (cf. article 36 du
code pénal sur les mesures de sûreté), lorsque l’auteur de l’infraction de crime, de délit et
contravention selon le cas (cf. article 21 du code pénal sur la classification des infractions)
est reconnu coupable.
Le législateur camerounais a institué un droit pénal spécial en ce qui concerne les
infractions causées par les TIC. Il s’agit de la loi n°2010/012 du 21décembre 2010 portant sur
la cybersécurité et la cybercriminalité. Ce texte précise les sanctions qui sont variables en
fonction de la gravité de l’infraction.
Selon la loi de Godfrain du 05 janvier 1988 en France, trois types d’intrusions sont
constitutives d’infractions. Il s’agit des intrusions simples, des intrusions avec dommages et
des entraves volontaires aux systèmes et aux données qui s’y trouvent.
Relativement à l’orientation (éthique) donnée à cet enseignement, il s’agira ici de
s’intéresser aux infractions liées aux bonnes mœurs et à la criminalité. En effet, l’article 1 er la
loi de 2010 sur la cybercriminalité, définie de manière globale les infractions liées à
l’utilisation des TIC au Cameroun.
A ce titre, nous nous intéresseront à la protection des droits fondamentaux des
personnes physiques notamment au respect de la dignité humaine, à l’honneur et au respect de
la vie privée ainsi qu’aux intérêts légitimes des personnes morales.
Selon l’article 41 de la loi sur la cybercriminalité : « toute personne a droit au respect
de sa vie privée ». Il s’agit ici d’une protection juridique totale de la personne humaine. Au
plan de la procédure, l’article 52 de cette loi précise qu’en cas d’infraction cybernétique, des
officiers de la police judiciaire a compétences générales et les agents habilités de l’agence
procèdent aux enquêtes conformément aux dispositions du code de procédure pénale (cf.
article 1er et s. du code de procédure pénale de 2007).
Nombre d’infractions à la morale sont ainsi réprimées par le droit pénal spécial
camerounais des TIC. Il peut s’agir :
- des atteintes à la considération de la victime prévue à l’article 74 al. 8 de la loi sur la
cybercriminalité ;
-de la diffusion des images portant atteinte à l’intégrité corporelle sans le
consentement de l’intéressé (article 75 alinéa 1) ;
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- du transport, de la diffusion et de la confection par voie de communication
électronique d’un message à caractère pornographique ou de nature à porter gravement
atteinte a la dignité d’un enfant (article 76) ;
- de la commission d’outrage à l’encontre d’une race ou d’une religion (article 77) ou
une infraction dans le but de susciter le mépris ou la haine entre les citoyens (cf. article
77.2) ;
-des infractions commises dans le but de porter atteinte à la paix publique (article 78)
-de la diffusion, de la fixation, de l’enregistrement ou de la transmission à titre onéreux ou
gratuit des images présentant des actes de pédophile sur un mineur (art.80.1), de la
disponibilité, de la diffusion, de l’importation ou exportation d’une image ou une
représentation à caractère pédophile (art. 80.2) ; de la diffusion des images pornographiques
mettant en scène les mineurs (art.80.5) ;
-de la pornographie infantile (article 81) ;
-outrage à la pudeur sur un mineur de moins de 15 ans (article 82) ;
-de proposition sexuelle à une personne de son sexe (art.83.1) et lorsque les propositions sont
suivies des rapports (art.83.2).
A l’analyse, l’on se rend compte de la sévérité avec laquelle le législateur cherche à
assainir le secteur de communication électronique au Cameroun. Cette tactique s’inscrit dans
une logique de la protection de la morale sociale axée sur la vie privée de l’individu et des
innocents par tout outil de communication sociale.
Conclusion
Le cours de Droit de TIC vient ainsi dévoiler au grand public toutes les tractations du
couloir de la communication afin de parvenir à une bonne communication par les TIC. Il nous
montre également que le droit se trouve au centre de cet outil de communication du
millénaire. Seulement, une question éternelle demeure, celle de la maitrise des textes par tous
les utilisateurs de cet outil. En tout cas comme le souligne de dicton juridique, « Nul n’est
sensé ignoré la loi ». Quand l’analphabétisme juridique s’associe à celui de Tic, on risque
d’être totalement déconnecté du monde moderne porté par le droit.

Sujet de réflexion :
-l’importance du droit dans la pratique des TIC
- La protection juridictionnelle du droit des TIC
- La protection de la vie privée par le droit des TIC
-Les infractions aux bonnes mœurs et à la moralité dans la pratique des tic
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-Le fondement juridique du droit des TIC au Cameroun
-Les institutions d’encadrement du secteur tic
-Les perspectives juridique du droit sur les TIC
-La répression de la délinquance informatique liée aux bonnes mœurs.

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