Vous êtes sur la page 1sur 53

5.

L’offre de travail

9 But = Etudier les décisions des individus concernant : (i) leur participation ou
non au marché du travail, (ii) l’importance de cette participation.

ª L’analyse de l’offre de travail est conduite soit au niveau de l’individu, soit


au niveau du ménage.

ª L’offre de travail évolue au cours du cycle de vie. Les arbitrages entre le


travail et le loisir varient notamment avec l’âge de l’individu.

1
Suite de l’exposé :

5.1. La démographie

5.2. Le modèle néo-classique de base (statique)

5.3. Limites de la théorie statique

5.4. Une application de politique économique

2
5.1. La démographie

Offre de travail = population active (population en emploi + chômeurs). Elle


mesure les quantités de travail disponibles pour différents niveaux de salaire.

Offre de travail = stock = résultat de flux qui agissent en sens divers (entrées et
sorties de la population active, décès, naissances, flux migratoires, évolution de la
pyramide des âges, etc.).

Une population active stable peut, par exemple, résulter :


- d’un taux d’activité masculin plus faible et d’un taux d’activité féminin plus
élevé, ou
- d’une augmentation de la population en âge de travailler et d’un relèvement de
l’âge de la scolarité obligatoire.

Réservoir de l’offre de travail = population en âge de travailler (15 – 64 ans). Il


dépend notamment de la natalité, de la mortalité et du solde migratoire.

3
9 La natalité
a) Le nombre de naissances annuelles

b) Le taux de natalité

Rapport, pour une période donnée, entre le nombre de naissances


vivantes et la population moyenne de cette période.

c) Le taux de fécondité (ou ICF)

Rapport, pour une période donnée, entre le nombre de naissances


vivantes et la population des femmes de 15 à 49 ans.
Indicateur transversal.

d) La descendance finale

Indicateur longitudinal.
Mesure le nombre moyen d’enfants par femme, sur l’ensemble de la
période de fécondité des femmes (entre 15 et 49 ans).
Exemple : descendance finale des femmes nées en 1950.

4
9 La mortalité

a) Le nombre de décès annuels

b) Le taux de mortalité

9 Les migrations

Immigration – émigration = solde migratoire.

9 Le vieillisement démographique

Dans de nombreux pays de l’UE : hausse de l’espérance de vie + diminution de


la descendance finale ⇒ vieillissement de la population ⇒ problème du
financement de la sécurité sociale.

5
9 Quelques chiffres

Population UE (15) : 295 à 378 millions d’habitants (depuis 1950).

Barre des 300 millions franchie en 1953. Ensuite, il aura fallu 10, 13 et 22 années
pour compter 25 millions d’habitant supplémentaires.

⇒ Rythme d’accroissement de la population s’est ralenti au cours des 2-3


dernières décennies.

6
Tab. 5-1 : Mouvements de la population 2002 (en milliers)
Pays (1) (2) (3) (4) (5) (6)
Naissances Décès Accroissement Solde Accroissement Pop. au
vivantes naturel migratoire total 1.1.2003.
Belgique 113.6 107.2 6.4 30.0 36.4 10346.2
Danemark 63.7 58.5 5.3 14.0 19.3 5387.6
Allemagne 725.0 840.0 -115.0 230.0 115.0 82555.3
Espagne 420.0 373.0 47.0 227.0 274.0 40683.3
France 766.7 531.4 235.3 60.0 295.3 59636.7
Irlande 58.0 30.2 27.8 20.0 47.8 3930.5
Italie 539.1 557.1 -18.0 150.0 132.0 56463.9
Luxembourg 5.3 3.7 1.6 3.0 4.6 448.6
Grèce 98.9 103.6 -4.6 35 30.4 11018.4
Pays-Bas 202.3 141.6 60.7 28.9 89.6 16194.9
Autriche 78.2 75.1 3.0 17.0 20.0 8159.3
Finlande 55.4 48.8 6.6 5.8 12.4 5207.3
Suède 94.7 94.3 0.4 32.9 33.3 8942.5
Royaume-Uni 658.2 603.1 55.1 104.0 159.1 59087.5
UE(15) 3990.1 3675.4 314.7 1027.6 1342.3 378470.6
(3) = (1) – (2). (4) : Le solde migratoire correspond à l’écart entre la population totale au 1 janvier et au 31
décembre 2002 moins l’écart entre les naissances et les décès de cette année.
Source : Eurostat (2003), Statistiques en bref, Luxembourg.

7
Tab. 5-2 : Mouvements de la population 2002 (pour 1000 habitants)
Pays (1) (2) (3) (4) (5) (6)
Naissances Décès Accroissement Solde Accroissement Pop. au
vivantes naturel migratoire total 1.1.2003.
Belgique 11.0 10.4 0.6 2.9 3.5 10346.2
Danemark 11.9 10.9 1.0 2.6 3.6 5387.6
Allemagne 8.8 10.2 -1.4 2.8 1.4 82555.3
Espagne 10.4 9.2 1.2 5.6 6.8 40683.3
France 12.9 8.9 4.0 1.0 5.0 59636.7
Irlande 14.8 7.7 7.1 5.1 12.2 3930.5
Italie 9.6 9.9 -0.3 2.7 2.3 56463.9
Luxembourg 11.9 8.3 3.6 6.7 10.3 448.6
Grèce 9.0 9.4 -0.4 3.2 2.8 11018.4
Pays-Bas 12.5 8.8 3.8 1.8 5.5 16194.9
Autriche 9.6 9.2 0.4 2.1 2.5 8159.3
Finlande 10.6 9.4 1.3 1.1 2.4 5207.3
Suède 10.6 10.6 0.0 3.7 3.7 8942.5
Royaume-Uni 11.2 10.2 0.9 1.8 2.7 59087.5
UE(15) 10.6 9.7 0.8 2.7 3.6 378470.6
(3) = (1) – (2). (4) = Immigration – émigration. (4) : Le solde migratoire correspond à l’écart entre la
population totale au 1 janvier et au 31 décembre 2002 moins l’écart entre les naissances et les décès de cette
année.(6) En milliers.
Source : Eurostat (2003), Statistiques en bref, Luxembourg.

8
9 Rappels

Population active = population en emploi + chômeurs

Taux d’activité global = (emploi + chômage) / pop. 15 - 64 ans.


Taux d’activité catégorie i = (emploi + chômage) catégorie i / (pop. 15 - 64 ans) catégorie i.

Taux d’emploi global = emploi / pop. 15 - 64 ans


Taux d’emploi catégorie i = (emploi) catégorie i / (pop. 15 - 64 ans) catégorie i.

Taux de chômage global = chômage / pop. active


Taux de chômage catégorie i = (chômage) catégorie i / (pop. active) catégorie i.

9
5.2. Le modèle néoclassique

Individualisme méthodologique.

Hypothèse : « pour occuper un emploi, il faut que l’individu l’ait décidé ».

Individu dispose d’une dotation limitée de temps qu’il choisit de diviser


entre le travail et le loisir.

10
Hypothèses :
i) Le loisir = le temps qui n’est pas consacré au travail.
ii) Le but ultime du travail est l’achat de produits.

Arbitrage entre travail et loisir prend la forme d’un arbitrage entre


consommation et loisir. Il est représenté à l’aide d’une fonction d’utilité
propre à chaque individu.

Les préférences d’un individu peuvent être résumés par :


i) Les objets du choix
ii) Le taux marginal de substitution.

11
A. Les objets du choix

Les individus ont le choix entre 2 types de biens :


i) Les biens de consommation.
ii) Le loisir.

Fonction d’utilité de chaque individu :


U = U (C , L ) .

avec C = l’ensemble des B&S consommés.


L = la quantité d’heures de loisirs.

12
9 Propriétés de la fonction d’utilité

∂U ∂U
i) f 0 et f0
∂C ∂L

∂ 2U ∂ 2U
p 0 et 2 p 0
∂ 2C ∂ L

C, L

⇒ Un individu peut atteindre un même niveau d’utilité avec beaucoup


de L et peu de C ou peu de L et beaucoup de C.

13
ii) Les paramètres de la fonction d’utilité déterminent le poids que chaque
individu attribue à la consommation et au loisir.

Exemples : U = C + L , U = C + 2L

iii) Le loisir est synonyme d’utilité → le travail crée une désutilité (une
heure de travail = une heure de loisir perdue).

⇒ U = U (C , T − H )
avec,
C = l’ensemble des biens et services consommés,
T = le nombre total d’heures disponibles.
H = le nombre d’heures de travail.
T-H = le nombre d’heures de loisirs (L).

14
9 Comment représenter une fonction d’utilité ?

Une fonction d’utilité est représentée par des courbes d’indifférences

Courbe d’indifférence = lieux des combinaisons de loisir et de consommation


qui fournissent un niveau d’utilité constant, Ui.

U3
B
U2
U1
L

15
9 Propriétés des courbes d’indifférence

i) Convexes par rapport à l’origine (cf. TMS).

ii) Non sécantes.

C* A
U2
U1
L
L*

16
iii) Ordonnées par rapport à l’origine

A
D
U3
B
U2
U1
L

17
9 Le taux marginal de substitution (TMS)

Les paramètres de la fonction d’utilité déterminent la forme


générale des courbes d’indifférences.

La forme des courbes d’indifférences détermine le degré de


substituabilité entre la consommation et le loisir.

Le degré de substituabilité entre la consommation et les loisirs


est mesuré par le taux marginal de substitution.

18
Economiquement : TMS mesure la consommation à laquelle un individu doit
renoncer pour une heure de loisir supplémentaire, de sorte que sont utilité
reste inchangée.

C
∆C
A TMS C , L =
∆L U = cst
∆C < 0
B

U1
L

∆L = +1

19
Mathématiquement : TMS = dérivée en un point de la courbe d’indifférence.

Graphiquement : TMS = pente en un point de la courbe d’indifférence.

C
C
B
TMS faible ∆C = -2.5
TMS élevé

A
∆C = -0.5

L L

∆L = +1 ∆L = +1

− 0 .5 − 2 .5
TMS A = = 0 .5 TMS B = = 2 .5
+1 +1

20
9 Propriétés du TMS

i) Le TMS n’est pas constant le long de la courbe d’indifférence


(sauf s’il s’agit d’une droite).

ii) Le TMSC,L (en valeur absolue) est généralement décroissant avec la


quantité de loisirs.

Intuition :

Plus vous avez d’une marchandise (C), plus vous êtes disposés à en
échanger une partie contre l’autre marchandise (L).

Si vous voulez maintenir votre utilité à un niveau constant et accroître la


quantité de L d’une unité, vous serez disposés à échanger davantage de
C si vous en posséder beaucoup.

21
C
A
∆C = -2

B
∆C = -0.5
U1
L

∆L = +1 ∆L = +1

∆C −2 ∆C − 0.5
TMS A = = = 2 , TMSB = = = 0.5 ⇒ TMS↓ lorsque L↑
∆L +1 ∆L +1

Pourquoi ? Utilité marginale de L et C est décroissante.

22
B. Les contraintes

« Pour consommer, il faut des revenus »

Le choix d’un niveau d’utilité et la position sur la courbe d’indifférence sont


déterminés par l’existence d’une contrainte budgétaire.

Revenus salariaux et non salariaux.

Contrainte budgétaire : RT = Ynon sal + W . H

avec,
RT = revenus totaux,
Ynon sal = revenus non salariaux,
W = salaire horaire,
H = nombre d’heures travaillées.

W = valeur absolue de la pente de la contrainte budgétaire.


Si W augmente, pente de la contrainte budgétaire devient plus forte.

23
Graphiquement ?

RT

-W
Y non sal

L
L = min L = max
(H = max) (H = min)

Si L = 0h, H= 24h ⇒ RT = Y non sal + W * 24h = max


Si L= 24h, H = 0h ⇒ RT = Y non sal.

24
C. L’optimum
Point de tangence entre la contrainte budgétaire et la courbe d’indifférence la
plus élevée. Le TMS est égal au salaire. La perte de revenu que l’individu est
prêt à consentir pour une heure de loisir en plus est égale au salaire horaire.

C
RT

U3
RT*
U2
Y non sal
-W
U1

L
L* L = max
H*

25
D. Impact d’une hausse du salaire

Deux effets sont possibles. Nombre d’heures de travail peut augmenter ou


diminuer. Cela dépend de la forme des courbes d’indifférences.

C
RT C U2
RT U3

B
U3
A B
RT*
U2 RT*
A
Ynon sal
Ynon sal

L1 Lmax L
H2 H1 L1 Lmax L
H1 H2

26
L’effet total d’une augmentation salariale sur l’offre de travail peut être
décomposé en deux sous effets :

i) L’effet de substitution mesure, sur une même courbe d’indifférence, la


substitution entre C et L suite à la hausse de W.

Lorsque W ↑, le coût d’opportunité de L ↑ → L ↓ et H ↑. (Comme W est


plus élevé, il devient plus intéressant de travailler)

Graphiquement, il est obtenu en traçant la tangente, dont la pente est


égale au nouveau salaire horaire, à la courbe d’indifférence (initiale) U2.

C
RT

B
C U3
A
RT*
U2
Ynon sal

H3 H2 L1 Lmax L
H1
Effet de revenu

Effet de substitution

27
ii) L’effet de revenu mesure, étant donné le nouveau salaire horaire, l’impact
qu’a sur l’offre de travail le fait qu’un nombre donné d’heures de travail
procure un revenu supérieur. (On doit travailler moins pour atteindre un
niveau de revenu donné).

C
RT

B
C U3
A
RT*
U2
Ynon sal

H3 H2 L1 Lmax L
H1
Effet de revenu

Effet de substitution

28
En résumé :

Effet de substitution toujours (+) en termes d’heures de travail (H ↑ et L ↓).

Effet de revenu généralement (-) en termes d’heures de travail (H ↓ et L↑).

Effet total = effet de substitution + effet de revenu.


(+) ou (-) (+) souvent (-)

Incitant à augmenter l’offre de travail car ce facteur est mieux rémunéré (effet de
substitution).

Incitant à diminuer l’offre de travail car possibilité de consommer autant de


produits en travaillant moins (effet de revenu).

29
L’effet de revenu peut outrepasser l’effet de substitution. Dans ce cas, effet total
est négatif. L’offre de travail se réduit lorsque le salaire augmente.

C
RT U2 U3

C
B
RT*
A
Ynon sal

H3 H1 L1 H2 Lmax L
Effet de revenu

Effet de substitution

30
L’effet total peut être positif pour certains niveaux de salaire et négatif pour
d’autres. Dans un premier temps, l’effet de substitution domine et ensuite l’effet
de revenu l’emporte.

C
RT

C
B U4
U3
RT* A U2
Ynon sal
U1

H2 H3 H1 H4 Lmax L

31
E. L’offre de travail individuelle

W
WA

32
Cette relation en cloche est-elle vérifiée empiriquement ?

Source : Blundell et al. (1992), d’après Cahuc et Zylberberg (2001, p.39).

33
F. L’élasticité de l’offre de travail

∆H
ε H ,W = H
∆W
W

Mesure la sensibilité de l’offre de travail par rapport au salaire. Indique de


combien de % l’offre de travail varie lorsque le salaire change de 1%.

Soit ε H ,W = 0.5 , si W↑ de 1% → H↑ de 0.5%.

ε H ,W = ∞ : offre de travail parfaitement élastique.


ε H ,W >1 : offre de travail élastique.
ε H ,W = 1 : offre de travail unitaire.
0< ε H ,W <1 : offre de travail inélastique.
ε H ,W = 0 : offre de travail parfaitement inélastique.

34
Elasticité de l’offre de travail = élasticité de substitution + élasticité revenu.

Elasticité de substitution mesure l’impact sur l’offre de travail d’une variation de


salaire, compensée par une variation du revenu permettant de conserver un
niveau d’utilité constant.

L’élasticité revenu apprécie l’impact d’une variation du revenu sur l’offre de


travail.

Résultats empiriques

Eventail de résultats assez large.

Prédominance des variations des taux de participation sur celles des heures.

L’élasticité de l’offre de travail des femmes mariées est positive est supérieure à
celle de leurs conjoints.

35
Tab. 5-3 : Elasticité de l’offre de travail des femmes / hommes marié(e)s
Auteurs Echantillon Elasticité :
Totale Substitution Revenu
Femmes mariées
Cogan (1981) E-U 0.65 0.68 -0.03
Hausman (1981) E-U 0.45 0.495 -0.045
Arrufat et Zabalza (1986) R-U 0.62 0.68 -0.06
Blundell et Walker (1982) R-U (1 enfant) 0.10 0.32 -0.22
Arellano et Meghir (1992) R-U (jeunes enfants) 0.29 0.69 -0.40
Hommes mariés
Ashenfelter (1978)* E-U +0.17 0.18 -0.01
Johnson et Pencavel E-U +0.02 0.19 -0.17
(1984)*
Hausman (1981) E-U +0.03 1.01 -0.98
Ashworth et Ulph (1981) R-U -0.33 0.29 -0.62
Blundell et Walker (1982) R-U -0.23 0.13 -0.36
(*) Tous les hommes.
Source : Blundell (1993) d’après Cahuc et Zylberberg (2001).

36
G. L’offre de travail agrégée

Agrégation des courbes d’offre individuelles.


Courbe à pente positive par rapport au salaire.

Offre de travail
agrégée

37
5.3. Limites de la théorie statique

A. Le cycle de vie

Théorie ne tient pas compte du fait que le choix entre la consommation et le loisir
revêt une dimension intertemporelle.

Les individus peuvent choisir des durées de travail différentes au cours de leur
vie active.

La prise en compte du cycle de vie permet d’analyser l’offre de travail à long


terme.

Quid de la participation des hommes et des femmes au cours du cycle de vie ?

38
Tab. 5-4 : Comparaison des taux d’emploi par âge des hommes et des femmes

Données transversales : ---- Femmes, - - - Hommes.


Source : OCDE (2002).

39
Tab. 5-4 (suite) : Comparaison des taux d’emploi par âge des hommes et des femmes

Données transversales : ---- Femmes, - - - Hommes.


Source : OCDE (2002).

40
Tab. 5-4 (suite) : Comparaison des taux d’emploi par âge des hommes et des femmes

Données transversales : ---- Femmes, - - - Hommes.


Source : OCDE (2002).

41
B. Le travail domestique

La dichotomie entre le loisir et le travail salarié masque une partie importante de


la complexité des décisions individuelles en matière d’allocation du temps.

Le travail n’est pas l’unique alternative au loisir (exemple : travail domestique).

Illustration : Influence des enfants sur le taux d’emploi par genre.

Taux d’emploi des femmes décroît (généralement) lorsqu’elles ont des enfants, et
l’inverse prévaut pour les hommes.

L’écart entre les sexes en matière d’emploi se creuse à mesure que le nombre
d’enfants au sein du ménage augmente.

42
Tab. 5-5 : Taux d’emploi des femmes et écart d’emploi entre les hommes et les femmes
selon la présence d’enfants, 2000 (Personnes âgées de 25 à 54 ans)
Pays Total Pas d’enfant Un enfant Deux enfants et plus
Taux Ecart Taux Ecart Taux Ecart Taux Ecart
d’emploi d’emploi d’emploi d’emploi d’emploi d’emploi d’emploi d’emploi
Australie 66.8 20.0 68.4 16.1 55.3 33.3 43.2 47.5
Belgique 67.8 20.1 65.6 17.4 71.8 23.5 69.3 24.7
Dan. (‘98) 80.5 7.7 78.5 7.7 88.1 3.5 77.2 12.9
Finl. (‘97) 77.6 7.0 79.2 0.1 78.5 11.8 73.5 19.7
France 69.6 17.7 73.5 9.6 74.1 18.7 58.8 32.9
Allemagne 71.1 16.3 77.3 7.2 70.4 21.2 56.3 35.6
Grèce 52.6 35.9 53.1 31.1 53.9 40.3 50.3 45.4
Irlande 53.1 29.0 65.8 14.1 51.0 33.2 40.8 43.2
Italie 50.7 33.9 52.8 26.2 52.1 40.9 42.4 49.9
Pays-Bas 70.9 21.4 75.3 15.6 69.9 24.3 63.3 30.8
Portugal 73.9 16.4 72.6 13.4 78.5 16.6 70.3 24.8
Espagne 50.6 34.8 54.6 26.0 7.6 44.7 43.3 48.6
Suède 81.7 4.1 81.9 -0.4 80.6 9.8 81.8 9.4
R-U 73.1 14.4 79.9 5.4 72.9 17.1 62.3 28.2
E-U (’99) 74.1 14.8 78.6 7.2 75.6 17.4 64.7 29.0
OCDE 69.0 18.6 73.7 11.8 70.6 22.9 61.9 32.3
* Ecart d’emploi : différence en points de pourcentage entre les taux d’emploi des hommes et des femmes.
Source : OCDE (2002).

43
Tab. 5-6 : Travail à temps partiel, selon le sexe et la présence d’enfants, 2000
(% de personnes travaillant à temps partiel dans le total de l’emploi de
chaque groupe, travailleurs âgés de 25 à 54 ans)
Pays Femmes Hommes
Sans 1 enfant 2 enfants Total Sans Avec Total
enfant et + enfant enfant
Australie 40.8 54.1 63.1 41.8 8.0 5.5 6.9
Autriche 17.4 33.6 43.7 26.7 2.1 1.7 1.9
Belgique 29.2 34.7 46.1 34.7 6.5 5.1 5.9
Dan. (‘98) 18.5 13.3 16.2 16.6 … … 3.7
Suisse ('01) 34.2 58.0 66.5 47.1 6.1 3.6 4.9
France 20.0 23.7 31.8 23.7 5.2 3.6 4.4
Allemagne 24.0 45.3 60.2 35.2 4.2 2.3 3.4
Irlande 16.6 37.2 46.4 29.7 4.3 3.6 4.0
Italie 20.0 27.2 34.4 24.1 5.5 4.5 5.1
Pays-Bas 38.3 72.6 82.7 55.9 6.2 4.6 5.5
Espagne 13.7 17.4 18.6 15.3 2.6 1.2 1.9
Suède 14.6 16.7 22.2 17.9 5.2 3.4 4.3
R-U 23.7 46.6 62.8 38.6 4.1 3.2 3.7
E-U (‘99) 10.1 15.8 23.6 14.6 3.5 1.8 2.7
OCDE 18.7 28.7 36.6 23.2 4.2 2.9 3.6
Source : OCDE (2002).

44
C. Rigidité dans le choix du nombre d’heures de travail

Hypothèse : agent peut travailler (H=L0-Lf) ou ne pas travailler du tout (H=0).

i) Si E se situe à gauche de Ef, l’agent accepte de fournir (L0-Lf) heures de


travail. L’agent aurait simplement aimé travailler davantage car
(L0-Lf) < (L0-L*).

B
EA E
Ef

L
L* Lf L0

45
ii) Si E se situe à droite de Ef, l’agent accepte de travailler la quantité
d’heures fixes proposées, si, et seulement si, le point EA – qui correspond à
l’intersection de la courbe d’indifférence passant par A et de la courbe de
budget – se trouve à gauche de Ef.

C C
B
B
Ef Ef
EA
EA E
E

A
A

L L
Lf L* L0 Lf L* L0

46
5.4. Un exemple de politique économique : Les indemnités de
chômage et l’offre de travail

A. Eléments factuels

Dans l’ensemble des pays industrialisés, il existe des systèmes, plus ou moins
généreux, d’indemnisation du chômage.

Ces indemnités sont généralement liées à l’histoire professionnelle de


l’individu, à ses efforts de recherche d’emploi et aux raisons pour lesquelles il
se trouve au chômage.

Les systèmes d’indemnisation du chômage relèvent à la fois de l’assurance et


de l’assistance.

47
Il y a des variations très sensibles dans l’ampleur des sommes qui sont engagées
et dans les conditions de versement.

Pour déterminer la « générosité » du système d’indemnisation du chômage, on


calcule généralement « un ratio de remplacement ».

Tab. : Ratio de remplacement


Pays Moyenne* Année 1 Années 2 et Années 4 et
3 5
Belgique 31 65 55 40
France 55 73 50 40
Allemagne 54 71 45 45
Japon 45 68 33 33
Pays-Bas 69 81 74 53
Espagne 49 70 52 24
Suède 67 81 62 59
R-U 51 61 46 46
Etats-Unis 16 35 8 8
* Moyenne, exprimée en pourcentage du salaire net moyen, des allocations nettes
des chômeurs célibataires, avec conjoint à charge ou travaillant, pour une
ancienneté dans le chômage variant de zéro à cinq ans.
Source : OCDE (1999) et Martin (1996) d’après Cahuc et Zylberberg (2001).

48
B. Illustration théorique

AB = contrainte budgétaire de marché. Contrainte lorsque l’individu a un emploi


et qu’il n’y a pas d’indemnisation du chômage. Optimum au point f (H = 8 h)

49
A présent, supposons que :

i) L’individu perde son emploi.


ii) Il y a un système d’indemnisation du chômage.
iii) La durée de versement de l’indemnité n’est pas limitée.
iv) Le montant de l’indemnité (segment AC) est égal au dernier salaire
journalier de l’individu soit E0.
v) Le montant de cette indemnité reste constant dans le temps.
vi) A partir du moment où l’individu travaille, ne fût ce qu’une heure (de
façon déclarée), son indemnité de chômage lui est supprimée.
vii) La contrainte budgétaire de l’individu, s’il retrouve un emploi, est
exactement la même que celle qu’il avait avant de perdre son emploi.

50
BAC = nouvelle contrainte budgétaire de l’individu. Optimum au point C
(H = 0).

51
C. Résultats empiriques

Les gains des chômeurs ont peu d’influence sur la durée du chômage.

Autrement dit, la probabilité d’accepter une offre d’emploi ne dépend que


faiblement du ratio de replacement

La sensibilité de la durée moyenne du chômage par rapport à l’allocation de


chômage dépend de la durée du chômage.

Exemple :

- Van Den Berg (1990), Pays-Bas.

Une hausse de 10% des indemnités de chômage au bout de 2 ans


augmenterait la durée moyenne du chômage de l’ordre de 5 semaines, au
lieu de 1 semaine pour ce qui concerne les indemnités de la première
année de chômage.

52
La durée de versement des indemnités influence négativement la probabilité
de sortie du chômage. L’ampleur de cet effet n’est pas négligeable.

Exemples :

- Moffitt (1985) et Katz & Meyer (1990), USA.

Un allongement de 10 semaines de la durée potentielle de versement


augmente la durée moyenne du chômage de 1 à 2 semaines.

- Joutard et Ruggiero (1994), France.

La probabilité de sortie s’accroît significativement à l’approche de la


période de fin de droit. Cet effet est beaucoup plus marqué pour les
chômeurs percevant antérieurement des salaires élevés.

53