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Le crowdfunding au Maroc

Introduction  :
Le Crowdfunding, ou le financement collaboratif, est un moyen de mettre en relation
des porteurs de projets et des contributeurs. Cela peut se faire sous forme de dons,
de prêt ou de participation à travers l’obtention d’actions. Dans certains cas, il peut
s’agir également de la prévente. En l’absence de réglementation, la plupart des
plateformes destinés à des projets au Maroc ne sont pas installées au Maroc.
Dans le cas de Cotizi.com, en tant que plateforme de Crowdfunding caritatif, nous
nous basons sur la loi relative à l’appel à la générosité publique. Par conséquent, la
plateforme se cantonne à l’usage des associations marocaines.
Crowdfunding :
Le crowdfunding (ou financement participatif) est un mécanisme qui a pour objectif de
collecter les apports financiers d’un grand nombre de particuliers au moyen d’une
plateforme Internet. L’objectif de cette collecte est le financement d’un projet. Ces
projets peuvent concerner aussi bien l’immobilier, que l’art, ou encore l'agriculture, etc.
Ce type de financement fait l’objet d’une réglementation spécifique depuis 2014
(Ordonnance du 30 mai 2014 n° 2014-559 et décret du 16 septembre 2014 n° 2014-
1053).
Deux parties sont mises en présence lors d’une une opération de crowdfunding :
 l’investisseur qui place une somme d’argent dans un projet auquel il croit ;
 le porteur de ce projet qui ne possède pas les fonds nécessaires pour le mettre en
œuvre.
Le plafond de collecte sur les plateformes de financement participatif est fixé à 2,5
millions d'euros.
Comme tout investissement, le crowdfunding peut provoquer un risque de perte totale
ou partielle du capital investi ou des fonds prêtés. Il convient donc d’évaluer les risques
avant d’investir.
Le rôle du crowdfunding  :
Les mesures financières d’urgence et les différents mécanismes de soutien financier mis
en place par l’Etat ont permis d’amortir le choc subi par les entreprises suite à l’arrêt de
l’économie. Cependant, la remise sur les rails du tissu économique national demandera
davantage de ressources financières. Car, aujourd’hui, les banques ne peuvent pas
fournir à toutes les entreprises des possibilités de financement adaptées. Il est donc
nécessaire d’envisager de nouveaux outils novateurs et non contraignants, surtout pour
les entreprises en phase de démarrage.
L’émergence du crowdfunding peut s’avérer une solution, non alternative aux
financements classiques, mais qui viendrait les compléter. Ce financement dit
collaboratif consiste en la collecte de petites sommes d’argent auprès d’un grand
nombre d’individus ou d’institutions pour financer des projets définis. Ce mécanisme
permet de contourner les intermédiaires financiers traditionnels (banques, associations
d’incubateurs..) et d’utiliser des plateformes digitales pour mettre en relation directe les
porteurs de projets et les contributeurs.
La loi pose des conditions très contraignantes face au développement du crowdfunding
au Maroc  :
Au Maroc, les premières plateformes de crowdfunding ont vu le jour en 2014.
Aujourd’hui, il en existe que deux, Cotozi et Wuluj, ce qui reste très minime pour un tissu
économique qui a beaucoup d’attentes en termes de fonds et de financement. La loi
15.18 relative au crowdfunding, votée à l’unanimité par la Chambre des représentants
en février 2020, a été une bonne nouvelle pour les start-up, dans le sens où elle a permis
de délimiter les statuts des gérants de plateformes de crowdfunding.
Cependant, cette loi pose des conditions assez contraignantes au développement de
cette pratique par les plateformes dédiées. «Les principales conditions imposées aux
plateformes, que je qualifierai de “logistique financière”, sont de disposer d’un capital
social minimum de 300.000 dirhams, d’une politique de prévention et de réduction des
risques permettant d’identifier l’origine et la destination des fonds, de demander des
informations complémentaires en ce qui concerne les fonds conséquents et vérifier les
interdits bancaires pour les différents acteurs», analyse Adnane Addioui, fondateur de
Wuluj, portail marocain dédié à l’accompagnement du financement de start-up.
«Ces plateformes ont aussi l’obligation de désigner un commissaire aux comptes “chargé
d’une mission de contrôle et de suivi des comptes de ses activités de financement
collaboratif”. Tout cet arsenal qui doit être mis en place par la plateforme alourdit son
rôle d’accompagnateur de projets innovants et libérateur des énergies et des
potentiels», poursuit-il.
Notons d’ailleurs que la plupart des plateformes qui existent dans le monde sont des
entreprises sociales autonomes ou adossées à de grandes structures, et donc souvent à
but non lucratif. Le crowdfunding en soit ne permet pas de gagner de l’argent de
manière générale, car les contributions relèvent de la donation. Paradoxalement au
Maroc, une plateforme de crowdfunding est soumise à la TVA et à l’IS, ce qui est
contradictoire, puisque les fonds collectés sont des dons de contributeurs.
Le crowdfunding peine donc à décoller au Maroc, et il y a encore de gros efforts à faire
afin d’introduire et d’installer réellement ce concept. Selon les déclarations des
professionnels, les modalités de sa mise en place doivent changer afin de démocratiser
davantage ce mode de financement et le rendre accessible de manière générale.
«La création d’un cadre légal complémentaire en faveur du statut d’entreprise sociale
devient impératif. La culture du “Business Angel” est embryonnaire au Maroc;
l'amorçage et la levée de fonds privés est très faible; des pays comme la Tunisie sont
arrivés à résoudre toutes ces barrières en moins de 5 ans, à travers notamment le
Startup Act, une réglementation incitative et une promotion de l'entrepreneuriat de
manière positive auprès des citoyens et de la diaspora», fait savoir Adnane Addioui.
Les modes de financement via le  crowdfunding  :

Les modes de financement participatif via le crowdfunding sont : le don, le prêt ou


l'apport en capital.
 ·Le don (avec ou sans contrepartie) est un soutien financier où l’on abandonne
définitivement sa mise.

 ·Le prêt (avec ou sans intérêt) est une participation financière à un projet, où


vous devez récupérer votre mise à l’échéance (quelques années) sauf en cas de
défaillance de l’emprunteur,

 ·L'investissement est une prise de participation dans l'entreprise qui porte le


projet. Vous devenez actionnaire de l’entreprise, touchez votre part de dividende
s’il y en a, et pouvez espérer une plus-value en lors de la vente de vos actions.

Les freins au développement du crowdfunding au Maroc  :


Le principal frein au développement du crowdfunding au Maroc est l’absence d’un
cadre réglementaire régissant ses activités. Actuellement, les trois modes de
financement du crowdfunding (don, prêt et investissement) sont régis par des lois
distinctes, contraignantes et non adaptées à cette activité :
 La collecte de dons est régie au Maroc par la Circulaire n°2/2005 relative aux
conditions et procédures d’instruction des demandes d’appel à la générosité
publique.
 Le crédit est régi par la loi n°34-03 relative aux établissements de crédit et
organismes assimilés. Le crédit est soumis au monopole bancaire et est soumis à
l’obtention d’un agrément de la Banque Centrale Bank Al-Maghreb.
 L’investissement en capital est également une activité réglementée par l’AMMC
(Autorité Marocaine du Marché des Capitaux) et nécessite des agréments spécifiques
notamment dans le cadre d’un appel public à l’épargne. Il est nécessaire et sain que le
crowdfunding soit une activité encadrée et règlementée au Maroc pour :
 Faciliter le développement des acteurs de crowdfunding existants et simplifier
les démarches aux nouveaux entrants en leur permettant un gain de temps vital
pour leur lancement.
 Protéger les épargnants et les porteurs de projets des pratiques non
professionnelles et parfois frauduleuses d’acteurs du crowdfunding non encadrés
et non contrôlés par les autorités compétentes.

AMMC (Autorité Marocaine du Marché des Capitaux )  :


L’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux est une personne morale publique
chargée de la supervision et du contrôle du marché des capitaux en vertu des
dispositions de la loi n° 43-12. Née de la transformation du Conseil Déontologique des
Valeurs Mobilières, l’AMMC dispose d’une plus grande autonomie et de prérogatives
élargies.
Leurs missions  :

L’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux a pour missions de :

● S’assurer de la protection de l’épargne investie en instruments financiers ;

● Veiller à l'égalité de traitement des épargnants, à la transparence et à l'intégrité du


marché des capitaux et à l'information des investisseurs ;
● S'assurer du bon fonctionnement du marché des capitaux et veiller à l'application des
dispositions législatives et réglementaires ;

● S’assurer du respect de la législation et de la réglementation en vigueur relatives à la


lutte contre le blanchiment des capitaux, par les personnes et les organismes placés
sous son contrôle ;

● Contribuer à la promotion de l'éducation financière des épargnants.

L’Autorité et Compétences de l’AMMC sur l’entreprise Crowdfunding   :

Dans le cadre de l’anticipation de la finance de marché, l’AMMC s’est penchée sur l’étude
du cadre réglementaire pouvant être proposé pour l’encadrement du Crowdfunding.

L’Autorité Marocaine des Marchés Capitaux (AMMC) est associée auprès de la Direction
du Trésor (DTFE) pour participer à la mise en place d’un dispositif juridique encadrant
ce nouveau mode de financement.

Dans son rapport d’activité 2016 publier par l’AMMC, le régulateur attire l’attention sur
certains points de vigilance que le futur cadre réglementaire du Crowfunding doit
prendre en considération, à la lumière des expériences de régulation de certains pays.

Définition des mécanismes de contrôle et de supervision de Crowdfunding   :

Parce que les prêts et les dons du crowdfunding sont encadrés par Bank Al-Maghrib
tandis que les appels de fonds pour investissements sont du ressort de l’Autorité
Marocaine du marché des Capitaux, les différentes SFC, qui ont le loisir de gérer une ou
plusieurs PFC, ont l’obligation de demander un agrément soit auprès de BAM, soit
auprès de l’AMMC. Les deux superviseurs disposent d’un délai maximal de 45 jours pour
valider ou rejeter la demande d’agrément introduite auprès de leurs services.

En effet, le ministre a souligné que Bank Al-Maghrib (Opération de prêt et de don) et


l’Autorité marocaine des marchés de capitaux (opérations d’investissement dans le
capital) seront en charge du contrôle et suivi des actions des différents intervenants sur
les plateformes de financement alternatifs.

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