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Chapitre 3- le compte et le principe de l’enregistrement à partie double

Il n’est pas toujours aisé de présenter les opérations de l’entreprise sous forme de flux
schématisé et de les analyser en emplois et en ressources. Cette méthode ne permet pas
d’avoir à un moment donné une image scientifique et synthétique des emplois et des
ressources concernant les opérations de même nature. Pour pallier à cette insuffisance, il a été
préconisé une autre méthode de l’information comptable : le compte.

I- Le compte : définition – nature et présentation matérielle

1- Définition et nature du compte

Le compte est un tableau intitulé du nom d’une chose ou d’une personne physique ou morale.
Il est destiné à enregistrer les opérations relatives à cette chose ou à cette personne.
On distingue trois catégories de compte :
Les comptes de bilan ou comptes de situation patrimoniale,
Les comptes de gestion et de résultat,
Les comptes spéciaux.

2- présentation matérielle

Le compte comporte deux parties :à gauche sont enregistrés les emplois : cette partie est
appelée le débit du compte, la partie de droite est réservée aux ressources. C’est le crédit
du compte.

Les différents tracés d’un compte sont :

Le tracé pratique ou usuel

Débit N° et Nom Crédit

Dates Libellés Sommes Dates libellés Sommes

Le tracé à colonnes mariées

Selon cette forme, les colonnes du débit et du crédit sont l’une à côté de l’autre.

Dates Libellés Sommes Solde


Débit Crédit Débit Crédit

Le tracé schématique

La forme est la suivante :

Débit Nom du compte Crédit

II- Principe d’enregistrement et terminologie

1- Principe

Dans un compte, la partie débit enregistre les augmentations d’emplois et les diminutions
de ressource ; la partie crédit enregistre les augmentations de ressources et les diminutions
d’emplois.

2 - Terminologie

- Imputer un compte, c’est le débiter ou le créditer d’un montant donné.


- Débiter un compte, c’est inscrire une somme à son débit ; c’est constater un emploi ou
une la diminution d’une ressource existante.
- Créditer un compte, c’est inscrire une somme à crédit ; c’est constater la création d’une
ressource ou la diminution d’un emploi existant.
Le solde d’un compte est la différence entre le total des sommes du et le total des sommes du
crédit.
Si le total débit supérieur au total crédit, le solde est débiteur et s’inscrit du côté du crédit.
Dans le cas contraire alors le solde est créditeur et s’inscrit au débit. Si le total est égal au total
crédit alors le solde est nul ; on dit que le compte est soldé.
Arrêter un compte, c’est ajouter le solde au plus petit total. On obtient ainsi deux totaux égaux
qu’il faut souligner de deux traits.
Reouvrir un compte après l’avoir arrêter, c’est inscrit le solde au débit s’il était débiteur
ou au crédit s’il était créditeur.

Applications :
I- Le 1er avril 2008, le compte caisse de la société Fancy Palace présente un solde débiteur de
3 450 000. Au cours du mois d’avril, la société a effectué les opérations suivantes :
02/04 encaissement sur un client d’une somme de 250 000,
03/04 paiement contre espèce au fournisseur IBETEX 4000 000,
05/04 encaissement d’une facture de vente au comptant 648750,
5/04 achat contre espèce d’une fourniture de bureau 280 000,
10/04 paiement en espèce de la facture d’un fournisseur en espèce pour achat de marchandises
au comptant 940 000.
TAF : Présenter le compte caisse tenu par la société Fancy Palace, tirer son solde et l’arrêter
au 14/04 puis le rouvrir le 16 avril.

L’entreprise a effectué au cours du mois de mars les opérations suivantes avec son
fournisseur Alco :
01/3 achat à crédit de marchandises 1 787 500,
05/03 retourner à Alco des marchandises non-conformes pour 137500,
15/03 verser à Alco un acompte de 800 000,
19/03 achat de marchandises à crédit 975 800,
25/03 verser en espèce à Alco la somme de 1 250 000.

TAF : Présenter le compte fournisseur Alco dans l’entreprise Gavanes, tirer son solde et
l’arrêter au 25/03.

II- Principe de la partie double

Enoncé du principe

Toute opération doit obligatoirement faire l’objet d’une imputation au débit d’un ou plusieurs
comptes et au crédit d’un ou de plusieurs autres comptes d’un même montant. Cet
enregistrement est encore appelé imputation ou écriture comptable.
Autrement dit, le principe de la partie double exige que à tout compte débité correspond un ou
plusieurs comptes crédit et pour le même montant et inversement.

Conséquences

A tout moment, le total des débits des différents comptes est toujours égal à celui des crédits.
La vérification de cette égalité se fait grâce à la balance des comptes.

Analyse comptable
A tout emploi correspond une ressource. Autrement tout emploi est financé par une
ressource et toute ressource finance un emploi. Ainsi s’agissant des comptes du bilan, les
comptes d’actif augmentent de valeur par leur débit et diminuent de valeur par leur crédit ;
les comptes du passif du passif diminuent de valeur par leur crédit et augmente de valeur
par leur crédit.
A la fin de l’exercice comptable tous les comptes doivent être arrêtés et ce sont leurs
soldes qui apparaissent au bilan.

Application :

Le 1er avril 2007, le bilan d’une entreprise présente les postes suivants :
Immeubles : 5000 000,
Capital : 18 500 000,
Fournisseurs : 4 500 000,
Matériel : 4000 000,
Marchandises : 2 500 000,
Caisse : 500 000,
Autres créditeurs : 5000 000,
Banque : 3500 000,
Clients : 8000 000.
Au cours du mois, les opérations suivantes ont été effectuées :
03/04 retrait de fonds à la banque pour alimenter la caisse 2 000 000,
05/04 achat de matériels contre espèce 350 000,
07/04 régler la totalité des dettes vis-à-vis des fournisseurs par chèque.
10/04 achat de fourniture par chèque,
12/04 achat de marchandises à crédit 3 200 000,
15/04 vente d’un lot de marchandises pour 2 400 000 contre espèces (les marchandises
avaient coûté 1850 000),
20/04 achat de marchandises pour 1 800 000 par chèque bancaire,
22/04 vente au comptant contre espèce pour 3 500 000 de marchandises ayant coûté
2 600 000,
23/04 achat de marchandises pour 800 000 par chèque, 350 000 en espèce et 850 000 à crédit,
Ces marchandises ont été vendues avec une majoration de 30%.

TAF :
Présenter dans les comptes schématiques l’analyse comptable de ces opérations,
Déterminer le solde de tous les comptes mouvementés et dresser le bilan au 31/12/2007.
Chapitre 4- le plan des comptes

La structure du plan des comptes


Les comptes sont identifiés par un numéro auquel est rattaché un intitulé. Ces deux
identifiables sont nécessaires pour enregistrer et suivre les opérations en comptabilité.

A- La codification décimale
Le SYSCOA retient une codification décimale des comptes avec les classes ayant les codes 1
à 9. Les huit premières classes sont réservées à la comptabilité générale tandis que la
comptabilité des engagements et la comptabilité analytique de gestion se partagent la dernière
classe.

1- Les comptes du bilan : casse 1 à 5

Classe 1 : Comptes de ressources durables (capitaux et ressources assimilées + dettes


financières et ressources assimilées),
Classe 2 : Compte d’actif immobilisé (charges immobilisées, immobilisations corporelles,
incorporelles et financières),
Classe 3 : Les comptes de stock,
Classe 4 : Les comptes de tiers (créances de l’actif circulant, dettes du passif circulant)
Classe 5 : Les comptes de trésorerie (titre de placement, valeur à encaisser, banque, caisse).

2- Le compte de résultat

Les composantes de résultat sont d’une part les classes 6 et classe 7 enregistrant les charges et
les produits des activités ordinaires et d’autre part la classe 8 réservée aux comptes de charge
et de produit hors activités ordinaires.
Classe 6 : compte de charge des activités ordinaire (charges d’exploitation et charges
financières).
Classe 7 : compte des produits et des activités ordinaires (produits d’exploitation et produits
financiers).
Classe 8 : compte des charges et des produits hors activités ordinaires.

3- Les comptes des engagements et de la comptabilité analytique de gestion

Classe 9 : Compte des engagements et de la comptabilité analytique de gestion.

B- Les particularités de la structure décimale des comptes

1- Les constantes
Le premier et le dernier chiffre d’un compte peuvent avoir une signification particulière.

a- Le rôle du premier chiffre

Le numéro de chacune des classes 1 à 9 constitue le premier chiffre des numéros de la


classe considérée. Le chiffre occupant les autres positions au sein de la codification
caractérise de la gauche vers la droite les niveaux d’affinement plus développés relatifs
aux comptes principaux, aux sous-comptes et aux comptes divisionnaires. Le numéro d’un
compte divisionnaire commence par celui du compte ou du sous-compte dont il constitue
une subdivision.

Exemple : {1011 capital souscrit


Capital 10 {101 capital social {1012 capital souscrit na appelé
{102 capital appelé non versé
10 : compte principal, 101 et 102 sous comptes, 1011 et 1012 sont des comptes
divisionnaires.
b- Le rôle de toutes les terminaisons sauf 9 dans les comptes à deux chiffres
Dans les comptes à deux chiffres, les terminaisons autres que 9 servent au regroupement
en catégories d’opérations.

c- Le rôle de la terminaison 9 dans les comptes à deux chiffres

- Dans les de bilan, la terminaison 9 dans les comptes à deux chiffres a pour rôle
d’identifier les dépréciations des provisions des classes précédentes.
Exemple : 19 : provisions financières pour risque et charges,
39 : Dépréciation des stocks.
- La terminaison 9 joue un rôle similaire dans les comptes de gestion relevant des
classes 6 et 7 dans la mesure où elles se rapportent aux opérations concernant les
provisions.
Exemple : 69 : dotation aux provisions.
79 : reprise de provisions.

d- Le rôle de toute terminaison 9 dans les comptes à trois chiffres et plus.

Le chiffre 9 en troisième et quatrième position annonce tant pour ce qui concerne les
comptes du bilan que de gestion, le solde inversé des opérations.
Exemple : 6059 : Rabais, remise et ristourne obtenus sur autres achats par rapport au
compte 605 autres achats. Le compte 605 sera débité alors que le compte 6059 sera
crédité.
409 : fournisseur (compte débiter),
40 : fournisseur d’exploitation (compte créditer).

Remarque : la codification décimale du SYSCOA fait cependant exception à cette règle


en ce qui concerne les comptes de la classe 2.

e- Le rôle de la terminaison 8 en deuxième position

Le chiffre 8 indique les comptes d’amortissement. Cette parallèle est également valable pour
les comptes de charges.
Exemple : 28 amortissement des comptes de la classe 2,
68 dotations aux amortissements.

f- Le rôle de la terminaison 1 à 8 dans les comptes à trois chiffres

- Principe : Dans les comptes dont le numéro est constitué d’au moins trois chiffres les
terminaisons 1 à 8 servent généralement à détailler les opérations subordonnées aux
niveaux immédiatement supérieurs.
Exemple : 41 : clients et comptes rattachés
411 : clients et comptes rattachés
4111 : clients
4112 : clients groupe
4114 : clients, Etat et collectivités
4118 : clients, dégrèvement de taxe sur TVA.

Exceptions : Il convient cependant de signaler en ce qui concerne les comptes de gestion, la


terminaison 8 de ses sous ensembles de compte regroupe les opérations autres que celles
prévues dans les comptes du même niveau et dont la terminaison va de 1 à 7.
Exemple : 707 : produits accessoires
7078 : autres produits accessoires.
Aucune signification particulière n’est rattachée au 0 en que terminaison placé en troisième ou
quatrième position dans la codification décimale propre du SYSCOA.
g- Les autres constantes

Elles résultent de la ventilation des sous comptes 603 et 73 pour identifier parmi les concepts
de gestion les variables de biens achetés ou biens produits.

2- Le parallélisme

- Entre les charges et les produits liés aux activités ordinaires.


601 achats de marchandises 701 vente de marchandises
602 achats de matières premières 702 vente de matières premières
65 Autres charges 75 autres produits
697 dotations aux provisions financières 797 reprises de provisions financières
- Entre les produits et charges liés aux éléments hors activités ordinaires
81 valeurs comptables des cessions d’immobilisation
82 produits des cessions d’immobilisation
83 charges hors activités ordinaires
84 produits hors activités ordinaires
85 dotations hors activités ordinaires
86 : reprises hors activités ordinaires

II- Organisation du plan des comptes de l’entreprise

Le plan des comptes SYSCOA est l’ensemble des comptes définis et identifiés par un numéro
et un intitulé. Toute entreprise non financière exerçant les activités au sein des Etats membres
dans l’UEMOA doit recourir au plan des comptes normalisés dont la liste figure dans le
SYSCOA.
Au demeurant la codification de base du SYSCOA est limité dans la mesure où les comptes
divisionnaires atteignent au plus quatre chiffres. Chaque entreprise a le choix de subdiviser
ses comptes comme elle le veut mais en restant toujours conformes à la codification.
Inversement si les comptes prévus par le SYSCOA s’avèrent trop détaillés par rapport aux
besoins de l’entreprise ; elle peut les regrouper dans un compte global de même niveau plus
contracté à condition que le regroupement ainsi opéré puisse au moins permettre
l’établissement des états financiers annuels dans les conditions présentées.

III- La liste des comptes (confère le plan comptable SYSCOA)


Chapitre 5- Le journal – le grand livre- la balance

En comptabilité, il y a plusieurs méthodes ou systèmes de prendre note des opérations


qu’effectue un commerçant. Le plus important est le système d’enregistrement qui adopte le
schéma suivant :
- saisie des opérations : elle se fait par les documents de base (facture, pièce de caisse,
chèque…),
- analyse comptable : elle se fait par le journal classique,
- inscription des comptes : le grand livre,
- contrôle du principe de la partie double par la balance ;

I- Le journal classique

1- Définition et prescriptions légales

Le journal comptable ou le livre journal est un document dans lequel s’enregistrent


quotidiennement les opérations de l’entreprise. Au même que le livre des inventaires et le
livre des copies de lettre, le journal fait partir des livres obligatoires que doit tenir l’entreprise.
Tenu chronologiquement, sans blanc, ni altération d’aucune sotie, il doit être côté et conservé
pendant dix ans à partir de la date de clôture.

4- Présentation matérielle

- L’ensemble du journal est constitué par la date, les numéros et les intitulés des
comptes, le libellé explicatif qui est appelé écriture ou un article du journal.
- L’article peut être simple (un compte débité- un compte crédité) ou composé (deux ou
plusieurs comptes débités pour un ou plusieurs comptes crédités et inversement).
- En bas de chaque page du journal, on additionne chacune des colonnes de montant de
manières à vérifier l’égalité des débits et des crédits et les souligner. On reporte les
totaux sur la première ligne de la page suivante sans les souligner cette fois ci.
- Un article peut chevaucher deux pages. Il convient dans ce cas de s’assurer que
l’égalité entre les débits et les crédits est vérifiée et que l’article est entièrement rédigé.

Application 1 :

Au cours d’une période une entreprise a effectué les opérations suivantes :


05/01 achat de marchandises à crédit 400 000 (facture n°A005),
11/01 payé par chèque n° 001 une camionnette 3 500 000,
16/01 vente de marchandises contre espèce espèces 300 000 (facture n° 004),
18/01 remboursé en espèces la moitié de la facture n°A005,
18/01 virement en notre faveur par un client 200 000 (avis de virement n°003)
TAF : passer au journal de l’entreprise les écritures relatives à ces opérations.

II- Le grand livre

1- Définition et utilité

Le grand livre est la réunion de tous les comptes utilisés par l’entreprise. Ces comptes sont
classés méthodiquement par classes.
Il est d’une grande utilité car on dégage des comptes plus aisément que du journal les
nombreux renseignements qu’on a constamment besoin. Le grand livre est constitué soit
par un registre relié dont chaque compte occupe une page ou deux se faisant face, soit par
un registre à feuillets mobiles, soit enfin par des fiches ressemblées dans un classeur ou
fichier.

2- La présentation

Dans les exercices la présentation du grand livre se résume à la présentation de tous les
comptes mis en jeu par l’exercice classés par ordre de classe. Le tracé le plus indiqué ici
est celui du compte en T ou schématique.

III- La balance

1- Définition

Etablie périodiquement le mois le plus souvent, à partir des comptes du grand livre, la
balance est un tableau récapitulatif de tous les comptes de l’entreprise avec chaque compte
la situation de son débit et celle de son crédit. Elle permet de s’assurer que le principe de la
partie double est respecté ou vérifié : total débit est égal au total crédit. Mais, c’est aussi
une conséquence mathématique de l’égalité le total des soldes créditeurs est égal au total
des soldes débiteurs.

5- La présentation
On distingue trois principaux tracés de la balance à savoir : la balance à 4 colonnes, la
balance à 6 colonnes et la balance à 8 colonnes.
La balance autorisée par le SYSCOA est la balance à 6 colonnes.
Elle se présente ainsi :
Mouvements
Solde initial Solde de clôture
N° du Nom des
compte comptes Débiteur Créditeur débit Crédit Débiteur Créditeur

1
2
3
4
5
6
7
8
T1 T2

Exercice :

Le 2 janvier 2008, dame “VIDOLE“ ouvre un commerce avec le capital suivant :


Fonds déposé à la BIBE 10 000 000,
Bâtiment 2 500 000,
Matériel 350 000.
Le 03 janvier, elle retire 100 000 de la banque et règle en espèce l’achat de diverses
fournitures de bureau pour 19 800 ; elle par chèque n°002, n°003, n°004, n°005 les dépenses
suivantes :
- agencement et installations : 831 000,
- publicité : 52 500,
- camionnette de transport : 1250 000
- Mobilier de bureau : 88 000
Le 4 janvier, elle achète des marchandises à crédit au fournisseur Tossou pour 640 000
(facture A001) et au fournisseur Lamine pour 240 00 (facture n° A002).
Le 5 janvier, elle règle par chèque n°006 35000 à la SBEE pour cautionnement et expédie
80 000 de ses marchandises non conformes à Tossou.
Le 6 janvier le fournisseur Tossou l’informe de la réception des marchandises retournées par
la facture d’avoir n°V001.
Le 8 janvier, elle vend au comptant pour 121 000 des marchandises dont 52800 réglés par
chèque et le reste à crédit..

TAF :
1- Passer toutes les écritures nécessaires au journal
2- Présenter le grand livre.
3- Etablir la balance des comptes

Chapitre 6- Le compte de résultat

Le compte de résultat de l’exercice fait apparaître les produits et les charges, distingués selon
qu’ils concernent les opérations d’exploitation attachées aux activités ordinaires, les
opérations financières et les opérations hors activités ordinaires. Le classement des produits et
des charges permet d’établir les soldes de gestion dans les conditions définies par le
SYSCOA. C’est pourquoi le SYSCOA établit une différence entre analyse du bilan, analyse
du compte de résultat et analyse du tableau financier notamment pour la mise en évidence
systématique :
- des masses ou flux liés aux activités ordinaires,
- des masses ou flux relevant des activités non ordinaires.

I- Analyse par nature des charges et des produits et leur prise en compte

1- Analyse par nature des charges et des produits

Dans la détermination des résultats, les charges et les produits sont saisis suivant leur
nature. Toutefois pour l’entreprise, une analyse par nature doit être nécessairement
complétée par une analyse par fonction (objet de la comptabilité analytique).

2- Prise en compte des charges et des produits

Le rattachement d’un élément en compte de résultat que ce soit une charge ou un produit
relève d’une problématique économique dans la logique de gestion. Une charge est prise
en compte dans la détermination du résultat :
- lorsqu’il y a une diminution d’avantage économique future liée à la réduction
d’un actif ou à l’augmentation d’un passif produite ;
- lorsque cette diminution peut être mesurée de façon fiable.
Cette analyse montre que le concept de charge doit être relié à celui du produit pour autant
que cela est possible. Il s’agit d’une problématique de rattachement des charges aux produits
correspondant et no à la période. Cependant, il existe des charges qui ne peuvent âtre
rattachées à un produit : on les appelle charges de période qui engendrent une réduction
d’actif ou une augmentation du passif.
Exemple : Les frais d’administration générale de l’entreprise
En tout état de cause, le critère de prise en compte d’une charge ou d’un produit ne saurait
être ni le décaissement ou l’encaissement, ni l’engagement juridique (naissance de dettes ou
de créances).

II- Distinction entre activités ordinaires et hors activités ordinaires

La raison majeure de cette analyse tient à la nécessité d’obtenir dans toute la masse du
possible des soldes de gestion et un résultat récurrent c'est-à-dire que le résultat doit être
susceptible à la qualité de égale, d’être reconduit dans les années qui viennent s’il n’y a pas
dans l’entreprise de changement majeur de structure lié à l’investissement, et au financement.
Il en résulte que :
- la zone hors activités ordinaires des produits et des charges dit se définir en
fonction de cette récurrence et non en termes normaux ;
- les charges hors activités ordinaires le sont non du fait de leur volume
exceptionnel mais du fait de leur nature ;
- pratiquement les charges et les produits hors activités ordinaires sont liés à des
changements de structure ou de stratégie de l’entreprise ou encore à des
changements importants dans l’environnement.
En conclusion, la structure du compte de résultat est ainsi formée de 4 ou niveaux successifs
d’éléments : les activités ordinaires ou les activités d’exploitation, les activités financières, les
éléments hors activités ordinaires, les participations et impôts pour les charges et les trois
éléments pour les produits.

III- la nature des éléments du résultat

1- Les produits

a- Les produits liés aux activités d’exploitation

Ce sont :
- les ventes de marchandises (701),
- les ventes de produits finis ou fabriqués (702),
- les travaux et services vendus (706),
- les productions stockées ou déstockage (73),
- les productions immobilisées (72),
- les produits accessoires (707),
- les subventions d’exploitation (71),
- les autres produits (75),
- reprise de provision (créance douteuse) (791),
- reprise d’amortissement (798),
- transferts de charge (781).

NB : Le chiffre d’affaires est obtenu par :

Chiffre d’affaires = ventes de marchandises + vente de produits finis + travaux et services


vendus + produits accessoires.

b- Les produits liés aux activités financières

Ce sont :
- les revenus financiers (77),
- les gains de change (776),
- reprise de provision (797),
- transferts de charge (787),
- reprise de charges provisionnées.

c- Les produits hors activités ordinaires

Ce sont :
- produits des cessions d’immobilisation (82),
- produits hors activités ordinaires (84),
- reprises sur provision hors activités ordinaires (86),
- transferts de charge hors activités ordinaires (88).

2- Les charges

a- Les charges liées aux activités ordinaires

Ce sont :
- achat de marchandises (601),
- variation des stocks de marchandises (6031),
- achat de matières et fournitures liées (602),
- variation de stock de matières et fournitures liées (6033),
- autres achats (604, 605),
- transport (61),
- services extérieurs (62),
- impôts et taxes (64),
- autres charges (65),
- dotation aux amortissements et aux provisions. (68, 69).

b- Les charges liées aux activités financières

Ce sont :
- les frais financiers (67),
- les pertes de change (676),
- dotations aux amortissements (687),
- dotations aux provisions (697).

c- Les charges hors activités ordinaires

On peut citer :
- valeurs comptables des cessions d’immobilisation (81),
- charges hors activités ordinaires (83),
- dotation hors activités ordinaires (85).

d- Participation et impôts

Il s’agit :
- participation des travailleurs (87),
- impôt sur le résultat (89).

IV- L’obtention du résultat par les soldes significatifs de gestion

1- La marge brute

D1321 marge brute sur marchandises C


601 701
6031 (SI – SF)
SC : MB/mse

D 1322 marge brute su matières C


702/703/704
602 705
6032 706
SC : MB/matière 72

D 132 marge brute C

SC : MB 1321
1322
2- Valeur ajoutée

D  133 valeur ajoutée C


604, 605, 606 1321
6033 1322
61 707
62 71
63 75
64
65
SC : valeur ajoutée

3- Excédent brut d’exploitation

D 134 Excédent brut d’exploitation C


66 133
SC : EBE

4-Résultat d’exploitation

D 135 résultat d’exploitation C

681 134
691 781
791
798

5- Résultat financier

D 134 résultat financier C


67 77
687 787
697 797
676 776
779

6- Résultat activité d’exploitation

Résultat activité d’exploitation = résultat d’exploitation + résultat financier

7- Résultat hors activités ordinaires

D : 138 résultats hors activités ordinaires C

81 82
83 84
85 86
88

8- Résultat net

Résultat net (131/ 139) = résultat d’exploitation + résultat hors activités ordinaires –
(participation des travailleurs + impôts et taxes)

Application :

On vous fournit les éléments relatifs aux activités effectuées par l’entreprise Gavanes au titre
de l’exercice 2007 :
- achat de marchandises 445 000,
- achat de matières et fournitures liées 20 000,
- autres achats 22 000,
- variation de stock de marchandises 19 000,
- variation de stock de matières et fournitures liées 12 000,
- transport 26 000,
- services extérieurs 100 000,
- impôts et taxes 11 500,
- autres charges 8300,
- charges du personnel 300 000,
- dotations aux amortissements et aux provisions 20 000,
- frais financiers 8200,
- pertes de change 500,
- valeurs comptables des cessions d’immobilisation 1300,
- impôt sur résultat 26 000,
- vente de marchandise 672 000,
- travaux et services 353 000,
- revenus financiers 3800,
- gain de change 1200
- produit des cessions d’immobilisation 2800,

TAF :
Déterminer le résultat net en mettant en évidence la marge brute, la valeur ajoutée, l’excédent
brut d’exploitation, le résultat d’exploitation, le résultat financier, et le résultat hors activités
ordinaires.

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