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ÉDITIONS DEBARD

Les ouvrages concernant l'agriculture biologique


l'écologie, l'alimentation, la santé et la médecine,
publiés aux Éditions Debard, sont présentés à la fin
de ce livre.

DROITS

© Bill Mollison 1978, 1981

« Permaculture » est une marque déposée par le Permacul-


ture Institute, Box 96, Stanley, Tasmania 7331 Australie.

© Éditions Debard, 1986 (pour la France et les pays


francophones)
ISBN 2-86733-030-0

La loi du 11 mars 1957 interdit les copies ou reproduc-


tions destinées à une utilisation collective. Toute représen-
tation ou reproduction intégrale ou partielle faite par
quelque procédé que ce soit sans le consentement de
l'auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue
une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et sui-
vants du Code pénal.
Une agriculture pérenne pour l'autosuffisance
et les exploitations de toutes tailles
Bill Mollison & David Holmgren

Préface de Dominique Soltner


BILL MOLLISSON

Natif de Tasmanie, Bill Mollison travaille suc-


cessivement comme boulanger, marin, chasseur de
requins, ouvrier meunier, trappeur, tractoriste,
souffleur de verre, passe 9 ans à l'Inspection des
réserves naturelles de l'Australie puis fait des tra-
vaux d'aménagement pour le Service des pêcheries
intérieures. En 1968, il devient Directeur d'études à
l'Université de Tasmanie, puis maître de conféren-
ces de psychologie de l'environnement, et publie
des ouvrages sur les aborigènes de Tasmanie, et sur
les petits vertébrés de la région. En 1978, il crée la
communauté Tagari à Stanley. Mettant en pratique
les principes de la « permaculture », la Commu-
nauté parvient à l'autosuffisance sur ses 28 hecta-
res de terres marginales.

DAVID HOLMGREN

Étudie les problèmes de l'environnement à l'Uni-


versité de Tasmanie, s'intéressant particulièrement
à l'aménagement du sol, à l'écologie et à l'agricul-
ture. Il y fait la connaissance de Bill Mollison avec
lequel il travaille au développement de l'idée
« permaculture ».

ILLUSTRATIONS

La couverture est de Glen Chandler, les illustra-


tions de Moonyean McNeilage, Glen Chandler et
Janet Mollison.

REMERCIEMENTS

Nous remercions la Tagari Community et son


correspondant pour l'Europe Declan Kennedy de
nous avoir confié la publication et la diffusion de
Permaculture 1 et 2 dans les pays de langue
française.
Nous tenons aussi à remercier les Éditions Ro-
wohlt de nous avoir permis la reproduction de listes
de plantes et de poissons conçues pour les prati-
ciens européens de la permaculture.
Nos remerciements vont enfin à Mateo Maga-
rinos, économiste et forestier, et à François Cou-
plan, botaniste, pour leur contribution détermi-
nante à une traduction qui présentait des diffi-
cultés spécifiques.
PRÉFACE

Permaculture ! Le mot peut s u r p r e n d r e tout d'abord. Et puis, à la lecture du livre de Bill


Mollison, l'idée qu'il soit possible de récolter sans semer chaque année, de protéger le sol sous un
couvert permanent, de mieux associer cultures et boisement, cette idée correspond à tant de réali-
tés observées en France et dans le monde, à tant d'ingénieux procédés de paysans « permaculteurs
sans le savoir », qu'elle paraît vraiment applicable s u r une plus vaste échelle que celle des premiè-
res expériences décrites p a r l'auteur.
La prairie permanente p a r exemple ! Douze millions d'hectares en France. Plus du q u a r t de la
superficie totale du pays ! Une association végétale qui a fait dire à l'agronome André Voisin 1
« qu'une même somme r a p p o r t e davantage si on l'applique à l'amélioration d'herbages permanents
que si on la consacre au resemis de la prairie ».
Les prairies temporaires de longue durée à base de trèfle blanc et de graminées. Un système
qui, sous l'impulsion d'André Pochon 2 , ce dynamique éleveur breton, est en train de regagner le
terrain conquis p a r le système maïs-ray-grass d'Italie. Une énorme économie d'engrais azotés (donc
de pétrole) et de tourteaux, tous deux importés en masse à coups de dollars !
Les éleveurs avec leurs prairies seraient-ils déjà des « p e r m a c u l t e u r s » ?
Les paysages de Bocage. Associer forêt et cultures, tel est le principe du bocage : des champs
et des prés entourés de haies dont les trois étages, les trois « strates », sont celles des lisières de
bois : a r b r e s de l'étage arborescent, a r b u s t e s du « m a n t e a u », plantes herbacées de « l'ourlet ». Le
tout sur talus doublé d'un fossé. La haie, double lisière qui s'allonge sur des kilomètres, est, à
l'image des lisières de bois, un milieu d'une extraordinaire richesse, par sa flore et sa faune. A la
fois brise-vent et réflecteur solaire, régulateur hydraulique et f r e i n à l'érosion, la haie produit du
bois d'oeuvre et de chauffage, des fleurs et des fruits, tout en régularisant les espèces animales et
en abritant le gibier.
Bocage et p e r m a c u l t u r e , u n e p a r e n t é que souligne bien le livre de Bill Mollison.
La coltura promiscua d'Italie centrale. Une a u t r e f o r m e d'association de l'arbre aux cultures
est fréquente en pays m é d i t e r r a n é e n s : l ' a r b r e complanté p a r m i les cultures. Une arboriculture
associant avec une incroyable ingéniosité les oliviers et autres fruitiers, la vigne s u r t u t e u r vivant,
ces érables de Montpellier taillés en gobelet et fournissant en outre un précieux fourrage. Et au
pied de ces étages arborés, de la luzerne, des légumes, des céréales, une garniture de cultures
annuelles irriguées d a n s une o s s a t u r e pérenne. Tels sont les paysages de Toscane, d'Ombrie ou
d'Émilie, que l'on p e u t a d m i r e r aussi hors des limites italiennes : en vallée du Rhône, en Catalo-
gne, aux Baléares ou en Grèce.
Encore la p e r m a c u l t u r e , c u l t u r e d'une o s s a t u r e de plantes pérennes, p a r m i lesquelles, dit Bill
Mollison, « s'insère n o r m a l e m e n t l'horticulture des plantes annuelles ».

1. André VOISIN, Dynamique des herbages, Éditions La Maison Rustique.


2. André POCHON, La prairie permanente à base de trèfle blanc, Technipel, 149, rue de Bercy, Paris 12®.

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La permaculture, agriculture basée sur les cultures permanentes, s'appuie sur un ensemble de techniques
très pratiquées dans le monde. Dans les pays tempérés, c'est par exemple la prairie permanente et le bocage
(ci-dessus Charolais). Dans les pays tropicaux, c'est par exemple les systèmes agraires des indiens du Michoa-
can (ci-dessous) ou du Chiapas au Mexique. Des lignes anti-érosives d'agaves, des arbres fruitiers et fourra-
gers, des haies et bosquets, des cultures annuelles. Photos Dominique Soltner.
Les paysages de parc africains. Plus que de bocages, c'est de « parcs » que l'on parle en Afri-
que : des arbres disséminés p a r m i les cultures. L'esprit européen en est choqué, mais ce p a r c est
d'une grande sagesse : l'extraordinaire Acacia albida, a r b r e parasol et fertilisant, est au Sénégal le
plus utilisé en parc. A raison de 40 à 50 pieds/ha, il assure gratuitement une fertilisation équiva-
lant à un sérieux a p p o r t d'engrais, devenu a u j o u r d ' h u i p r e s q u e inaccessible vu son prix. Ailleurs
ce sont les karité et néré, manguiers et baobabs, qui fournissent des fruits, des feuilles protéïques,
des corps gras et des fibres, et mille substances médicinales ou utilitaires. Des parcs arborés qui
font aussi large place aux a r b u s t e s en haies, défensives et productives.
Les rotations forestières tropicales. Le livre d'Hugues Dupriez « Agriculture tropicale en
milieu paysan africain » 3 est une grande première : c'est la première fois que sont décrites comme
facteurs de vrai développement les associations de cultures pratiquées p a r les paysans africains.
Cet agronome belge, aii cours de multiples séjours tropicaux, des zones sèches aux régions humi-
des, a montré, c h i f f r e s à l'appui, que les associations de cultures annuelles et pérennes ont une
production globale supérieure à celles que produiraient ensemble chaque plante cultivée à l'état
pur. Des associations « dans l'espace » : plusieurs étages de plantes telles que caféier, cacaoyer,
bananier, manioc, macabo, courges... Et des associations « dans le temps » : non pas tant une suc-
cession de cultures, que des cultures qui se relaient progressivement et couvrent le sol en perma-
nence. Des courges occupent le sol après brûlis, puis maïs et haricots, dont émergent bientôt
manioc et bananiers. La culture annuelle cède progressivement la place aux pérennes, avec retour
éventuel à la forêt qui repose le sol.
Bref, il suffit d'observer les systèmes agraires de nombreux pays pour y découvrir quantité
d'exemples de « p e r m a c u l t u r e », cette association harmonieuse de l'agriculture, de la sylviculture,
de l'élevage et de l'horticulure.

Mais est-ce bien cela, la p e r m a c u l t u r e ? Le livre de Bill Mollison montre que cette notion
dépasse largement un système d'agriculture : c'est une nouvelle vision de l'homme dans son milieu.
Que peut alors puiser l'agronomie moderne dans ce livre ?
On peut qualifier d'« agronomie moderne » celle qui s'avérera capable de n o u r r i r les hommes
de la planète, et de manière durable. Ces h o m m e s seront plus de 5 milliards dans 15 ans, sur des
sols qui, partout d a n s le monde, sont envoie d'érosion et de désertification :
• culture sur brûlis, surpâturage, utilisation du bois de feu, irrigation mal conduite et salini-
sation, stérilisent les pays tropicaux ;
• arasements de haies et talus, défrichements excessifs, labour de sols t r o p pentus, dissocia-
tion cultures-élevage, pollution nitrique et autres, dégradent les sols et les nappes des régions tem-
pérées. Dégradations qui s'accompagnent d'une baisse de qualité des aliments et d'une surconsom-
mation d'énergie.
Comment dès lors ne pas trouver dans les principes de la p e r m a c u l t u r e des solutions à ces
problèmes, dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud !
Chez nous .
• retour à l'élevage associé aux cultures, avec meilleur recyclage des matières organiques ;
• retour à la c u l t u r e des légumineuses, n o t a m m e n t pérennes (luzerne et trèfle) ;
• maillage des champs ou groupes de champs en de nouveaux bocages plus productifs et
plus compatibles avec une mécanisation moderne mais sans gigantisme ;
• redécouverte de nouvelles f o r m e s d'agriculture et d'élevage pour les régions difficiles (ter-
rasses du Midi, régions montagneuses). Un impératif si l'on veut éviter la désertification de ces
régions, les incendies, et la perte d'un précieux patrimoine.
Dans les pays du tiers monde, les situations sont tellement variées qu'il serait présomptueux
de recommander des solutions. Mais certaines sont si capitales qu'elles devraient p a r t o u t
s'imposer ;

3. Hugues DUPRIEZ, Agronomie tropicale en milieu paysan africain, Éditions L'Harmattan.

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• redonner à l ' a r b r e la priorité, qu'il s'agisse de ceux qui poussent spontanément (ce sont les
plus nombreux) ou de ceux que l'on devra replanter, p a r m i les cultures ou en lignes brise-vent.
Leur contribution tous-azimuts (micro-climat, fertilisation, productions) est encore plus capitale
dans les sols tropicaux que dans ceux des régions tempérées ;
• garder ou retrouver les principes des cultures associées, traditionnelles en Afrique. Elles
ont été trop souvent dénigrées p a r l'agronomie dite moderne, ce qui ne veut p a s dire qu'elles ne
puissent progresser, se rationaliser ;
• retrouver ou i n s t a u r e r certaines f o r m e s d'association cultures-élevages, une association qui
le plus souvent ne vas pas de soi en Afrique, où cultivateurs et éleveurs ne sont ni les mêmes hom-
mes ni les mêmes ethnies.
En conclusion, à l'heure où l'agriculture industrielle, bien que productive, est souvent dans
l'impasse (économique ou écologique), où celle des pays du tiers monde se développe moins vite
que les bouches à nourrir, s u r des sols de plus en plus dénudés et stériles, jamais les principes
d'une agriculture intégrée n'ont été aussi nécessaires.
N'est-ce pas d ' a b o r d cela, la p e r m a c u l t u r e ?
Dominique Soltner
Ingénieur E.S.A.

• Les ouvrages d'enseignement agricole de Dominique Soltner sont présentés à la fin du catalogue qui figure à la fin
de ce livre.

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AVANT-PROPOS DE L'ÉDITEUR

Un mode de culture économisant le travail de l'homme et l'énergie extérieure, obtenant beau-


coup de la nature sans la surexploiter, fournissant une grande variété d'aliments de qualité et de
produits utiles, convenant particulièrement à l'autosuffisance mais applicable aux exploitations de
toutes tailles, autorisant le plus souvent une activité non agricole pendant les trois-quarts de la jour-
née : voilà les caractéristiques de la permaculture, telles que ses initiateurs australiens et ses pion-
niers américains et européens ont commencé à la pratiquer.
On peut considérer la permaculture comme l'aboutissement de l'agriculture biologique : l'idée
qu'une bonne agriculture doit être un cas particulier des équilibres naturels, consciemment créé par
l'homme — un homme d'observation et d'expérimentation — se trouve ici parachevée. Et ce dialo-
gue entre l'homme et les facteurs naturels qu'il met en œuvre est conduit avec beaucoup d'autono-
mie et de responsabilité.
Le permaculteur travaille d'abord pour lui ou pour alimenter un groupe très proche, il ne vend
de surplus qu'aux villages et aux villes du voisinage. Il est indépendant de bien des contraintes des
marchés commerciaux, il est très peu tributaire des traditionnels fournisseurs de l'agriculture. Il
échange des semences — qu'il peut facilement faire venir de loin — plutôt que des produits.
Il fait des économies considérables et se trouve, grâce à l'agro-sylvi-polyculture et aux élevages
associés, grâce au mulching, grâce à la « gestion des mauvaises herbes », bien mieux protégé des
aléas climatiques, des maladies et des attaques des nuisibles que l'agriculture classique. Il bonifie
considérablement son terrain.
Comment s'y prend-t-il ?
Bill Mollison, récapitulant in fine les principes de la permaculture, nous livre l'idée maîtresse :
avant même d'être écologique, le concept de base de la permaculture est spatial : il faut penser
d'abord en termes de zone, secteur, angle, élévation. La première chose à faire est d'utiliser au
mieux l'énergie gratuite du soleil : la permaculture est avant tout une agriculture de la photosyn-
thèse. D'où le souci de superposer aussi souvent que possible 2 ou 3 étages de végétation, de manière
à optimiser l'utilisation des radiations solaires disponibles sur une surface donnée. D'où le choix
minutieux de l'implantation des arbres, des arbustes et des plantes en fonction de leur dimension,
de leur port, de leur type de feuillage, de la pente du terrain, de l'élévation du soleil aux différentes
saisons, de la lumière réfléchie par des pièces d'eau ou par des murs.
Le deuxième principe est de privilégier les plantes pérennes et celles qui se resèment d'elles-
mêmes. Les associations optimales de plantes sont déterminées par l'expérience.
Le troisième principe est d'associer toutes sortes d'animaux à la ferme, sans oublier les pois-
sons, et de leur assigner des secteurs et des parcours précis — tous ces animaux prélevant presque
toujours leur nourriture en libre service.
Variété et complexité sont donc des caractéristiques de la permaculture, où chaque élément
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végétal ou animal doit être apte à accomplir plus d'une fonction, et où chaque fonction doit pouvoir
être accomplie par plusieurs éléments. Il faut dire aussi que la permaculture ajoute opportunément
les notions de volume (plusieurs étages de végétation) et de temps (évolution vers la stabilité) aux
conceptions linéaires et à court terme de l'agriculture actuelle.
Il résulte de tout ceci, après un aménagement initial du site qui peut demander un sérieux tra-
vail et quelques dépenses, une situation très enviable :
• Un système en équilibre, c'est-à-dire énergétiquement autonome, non pas figé, mais évoluant
lentement, sous l'influence de l'homme, vers un nouveau climax plus performant.
• Un mode d'exploitation réclamant très peu de temps, sous réserve qu'il faut toujours s'appli-
quer à observer, contrôler et corriger.
• Un système assurant non seulement des aliments d'une grande valeur diététique, mais de
nombreuses substances utiles : bois, résidus organiques, matières premières diverses.
Tout en s'apparentant à certaines agricultures traditionnelles (de Tasmanie, d'Amérique du
Sud, d'Afrique, d'Extrême Orient... et d'Europe), la permaculture est aussi, paradoxalement (?) une
méthode qui séduit de nombreux intellectuels, par l'ampleur de l'information qu'elle suppose — en
particulier sur les caractéristiques et les possibilités de nombreuses espèces de plantes et d'animaux
— et par la réflexion et la planification très précises qu'elle réclame lors de son installation.
Ainsi, les économistes constatent que le LER (land équivalent ratio) de la permaculture est tou-
jours supérieur à 1, grâce aux cultures et élevages associés et à la superposition de plusieurs étages
de végétation fournissant une gamme d'aliments et de produits utiles. Le citadin ou le banlieusard
admirent qu'un jardin de 70 m2 puisse fournir 40 % de la nourriture d'un couple, pour 5 minutes de
travail par jour, moins de temps qu'il n'en faut pour aller au supermarché. Les familles nombreuses
apprennent avec intérêt que dans un groupe de 14 personnes pratiquant la permaculture la dépense
alimentaire se soit élevée à 112 F par personne et par mois (en 1982). Les architectes et les paysagis-
tes s'intéressent à une solution qui permet de joindre l'esthétique à l'utilitaire : Bill Mollison insiste
sur l'incontestable beauté finale qui couronne les aménagements de la permaculture. Le permacul-
teur est en fin de compte un créateur de beauté, après avoir été le créateur d'un micro-climat — et
le créateur de sa sécurité.
La permaculture semble être la solution qui s'imposera dans les pays occidentaux, s'ils sont
véritablement — et intelligemment — soucieux de résoudre le problème du chômage : le permacul-
teur, à condition d'être tant soit peu bricoleur, et capable de participer manuellement à la construc-
tion de sa maison, est un monsieur qui pourra nourrir et loger sa famille pour au moins deux fois
moins cher — et mieux — qu'en milieu urbain ou suburbain traditionnel. Grâce à cet avantage fon-
damental, il ne sera demandeur, pour bénéficier du même standing de vie de ses concitoyens, que
d'un emploi à temps partiel (qu'une première estimation permet de chiffrer à 70 % environ d'un
emploi à plein temps). Ces emplois pourront consister, dans une première étape, en activités de type
tertiaire exercées à domicile grâce aux possibilités de la bureautique informatisée, qui permet de tra-
vailler à distance. Dans un deuxième temps, un milieu rural repeuplé et revitalisé demandera peu à
peu une grande variété d'activités classiques de type secondaire.
Il est évident aussi que la permaculture, qui s'accommode de sols pauvres et de climats diffici-
les, est la solution la plus valable, humainement et économiquement, pour reconstituer dans le tiers
monde une paysannerie autonome, à l'abri du besoin, indépendante des désastreux systèmes de
monoculture imposés par l'affairisme, le collectivisme, l'industrialisme, toutes conceptions boiteuses
et malfaisantes dont souffrent, et parfois meurent, des dizaines de millions de gens.
Parce qu'elle combine des conceptions et des connaissances traditionnelles (qui ont fait large-
ment leurs preuves) avec les possibilités d'information, de coopération et de planification propres à
notre époque, la permaculture apporte des solutions séduisantes — qui peuvent être mises en œuvre,
même sans l'aide des appareils gouvernementaux ou sociaux, bien lents à réagir, par tous ceux qui
sauront seulement associer la clairvoyance, le sens de l'information, et la tranquille persévérance.
Henri Messerschmitt
Ce livre est dédié aux enfants
et aux petits-enfants de l'humanité
dont l'avenir dépend de nous
TABLE DES MATIÈRES

12
NE PERDEZ PAS LE SUD..

Dans le texte et les dessins de Bill Mollison, les


expositions ensoleillées font face au Nord : c'est
que la Tasmanie et l'Australie sont dans l'hémis-
phère Sud. Pour ne pas dérouter les lecteurs qui
vivent sous l'étoile polaire, nous avons inversé,
dans la version française, les directions Nord et
Sud. Cependant, quand les auteurs ne donnent pas
des schémas généraux, mais fournissent un exemple
précis, localisé en Tasmanie ou en Australie, nous
avons laissé les points cardinaux d'origine.
Il faut se rappeler aussi que l'été austral corres-
pond à notre hiver, et l'hiver austral à notre été.
Lorsqu'il est question d'opérations datées concer-
nant les plantes (semis, fructication, récolte) il con-
vient donc, dans l'hémisphère nord, de faire un
décalage de 6 mois.
1.0 COMMENTAIRE INTRODUCTIF. DÉFINITION DE LA PERMACULTURE

« Permaculture » est un mot que nous Notre orientation initiale visait de petits
avons forgé pour désigner un système évolutif, groupes vivant sur une terre marginale et de peu
intégré, d'auto-perpétuation d'espèces végétales de prix, où l'éthique de la culture s'harmonise
et animales utiles à l'homme. C'est, dans son avec un style de vie différent, et où l'autonomie
essence, un écosystème agricole complet, régionale est considérée comme plus importante
façonné sur des exemples existants, mais plus que l'agriculture destinée à l'exportation, ou la
simple. Nous avons conçu le système, tel qu'il monoculture commerciale.
est présenté ici, pour des conditions climatiques Les principes, sinon les éléments, de notre
tempérées ou fraîches. Si l'on utilise d'autres étude, sont applicables à n'importe quelle zone
espèces, ou des espèces supplémentaires, il peut climatique.
convenir à n'importe quel climat, et a été conçu
aussi pour s'adapter à des conditions urbaines. Il est reconnu que la culture annuelle est
partie intégrante de tout système d'auto-suffi-
En premier lieu, nous avons élaboré le sys- sance, mais les récoltes annuelles ne sont pas
tème comme une tentative d'améliorer les prati- considérées ici (sauf dans quelques références
ques agricoles existantes, tant celles de l'agricul- passagères) comme une composante du système
ture commerciale occidentale que celles des cul- total. Il est cependant entendu que l'horticulture
tures vivrières et villageoises du tiers-monde. Le normale des plantes annuelles fait partie du sys-
premier système est grand consommateur tème de permaculture.
d'énergie, mécanisé, destructeur de la structure
du sol et de sa qualité. Quant au second, il fait
des hommes des esclaves, et, combiné avec l'éle-
vage itinérant, laisse un désert là où il y avait 1.1 Sources
des forêts. Peut-être sommes-nous en quête du
jardin d'Éden ? Et pourquoi pas ? Nous croyons Désormais des références numérotées pour
qu'une agriculture qui dépense peu d'énergie chaque section sont données au commencement
pour un grand rendement est un but possible à de celles-ci ; la liste de ces références est donnée
atteindre dans le monde entier, et que seules à l'Appendice D. Les références secondaires sont
sont nécessaires pour cela l'énergie et l'intelli- données dans le texte.
gence humaines. La principale source de données sur les
Le concept de permaculture a séduit l'ima- espèces et les systèmes provient d'ouvrages
gination de nombreux Australiens, à qui nous publiés, mais nous avons aussi utilisé l'expé-
avons donné des descriptions verbales et des rience pratique des producteurs, consignée dans
résumés du système. Il peut parfaitement avoir des interviews et des discussions. Nos propres
un impact plus grand, vu que les temps semblent observations et notre propre expérience contri-
mûrs pour une telle synthèse dans un monde de buent aussi à cette étude, et nous sollicitons la
famine*, de poisons, d'érosion et d'énergie en réaction des lecteurs de ce texte, en vue de
voie de raréfaction. Il est à présent possible de futures éditions révisées.
concevoir des systèmes agricoles qui profitent de Cette étude reflète un stade d'exploration
certaines des ressources du monde entier, et de et d'innovation. Un système de permaculture
prendre en compte les espèces de chaque pays, développé est seulement, jusqu'à présent, une
afin que la diversité potentielle des régions tem- possibilité théorique. Mais on a commencé à
pérées puisse être grandement enrichie, pour en l'appliquer sur une base expérimentale, à mesure
arriver presqu'à la stabilité et à la diversité des que l'étude progressait, avec des résultats pro-
régions tropicales. metteurs. Des plantes ont été récoltées et placées
Ainsi, cette étude voudrait être un effort sur des lots d'essai de un hectare, et les résul-
d'avant-garde dans la collecte et l'analyse des tats après deux saisons ont été encourgeants.
éléments et des principes d'une agriculture Des permacultures développées (d'un très petit
pérenne, système qui pourvoirait aux besoins nombre d'espèces) sont disponibles pour étude
essentiels d'une agglomération, d'une commu- dans de nombreuses régions du tiers-monde.
nauté, ou d'une grande famille. Il peut très bien
ne pas être adapté à une entreprise agro-com-
merciale importante, ou inapplicable à la culture 1.2 Disponibilité et sélection des espèces
conventionnelle, mais il convient bien à ceux qui
souhaitent utiliser la totalité, ou une partie, de Les plantes et les animaux ont été sélec-
leur environnement pour se rapprocher de tionnés en raison de leur utilité pour l'homme.
l'auto-suffisance. Beaucoup d'espèces déjà cultivées en Australie
sont inclues, mais des espèces rares ou non culti-
* Il conviendrait d'ajouter ici : de chômage. (Note vées localement sont aussi prises en considéra-
de l'éditeur.) tion. Les marchands de graines peuvent, dans la
plupart des cas, fournir des graines d'espèces zones urbaines et rurales. Nous n'avons pas
rares ou exotiques. La sélection est faite aussi voulu établir un schéma fixe et dogmatique,
d'après l'adaptabilité des espèces aux conditions mais un modèle qui intègre plusieurs principes
tasmaniennes. a p p a r t e n a n t à de n o m b r e u s e s disciplines
— l'écologie, la conservation de l'énergie, l'amé-
La Section 7.1., considère en détail la sélec- nagement du paysage, la rénovation urbaine,
tion des espèces dans des systèmes particuliers. l'architecture, l'agriculture (sous tous ses
L'Appendice A donne quelques sources aspects) et les théories de la localisation en géo-
locales de plantes. graphie. Nous avons pris en compte les pro-
L'Appendice B fournit les noms des espèces blèmes posés par le chômage et la retraite anti-
de plantes considérées, avec leurs caractéristi- cipée, les névroses urbaines, et les sentiments
ques et leurs utilisations. d'impuissance et d'absence de but ressentis par
beaucoup dans le monde contemporain.
Ce n'est pas une synthèse parfaite, ni
1.3 Orientation et buts même suffisante, mais c'est un commencement.
Les personnes de tous âges s'adonnant aux occu-
Une fraction assez nombreuse de la popula- pations les plus diverses trouveront le moyen
tion, mais qui n'a pas encore fait l'objet d'une d'adapter cette idée dans leur vie et leur envi-
étude approfondie, a acheté de la terre, en Tas- ronnement, et, ce faisant, seront à même de voir
manie, et dans d'autres régions d'Australie, dans au-delà des utilisations et des fins immédiates.
l'intention de développer une a g r i c u l t u r e Les sociétés ont besoin d'idéaux partagés et de
vivrière, souvent en exerçant un travail extérieur buts à long terme, et notre étude peut être une
à temps partiel, en attendant que le système se contribution parmi d'autres pour se diriger vers
développe. Certains vivent dans des associations de tels objectifs, et vers une vraie science de
plus ou moins souples se manifestant à l'échelle l'environnement — théorique et pratique.
locale, telles que familles, communautés ou coo-
pératives. Beaucoup ne sont familiarisés avec
aucune activité rurale ordinaire, mais s'efforcent
de développer un système d'information qui les
aidera à atteindre, ou du moins à approcher
l'auto-suffisance. C'est à ces gens que cette étude
s'adresse en premier lieu pour quelques analyses
démographiques de cette population, voir la Sec-
tion 10.0.
La terre qu'ils achètent est habituellement
bon marché et a été surpaturée, brûlée, épuisée
ou rasée les années précédant leur installation.
Cela signifie fréquemment des localisations iso-
lées dans des hautes vallées ou des hauts pla-
teaux, des sols pauvres, et des vestiges forestiers
dégradés en cours de repousse ; cela signifie, en
général, de la terre de peu de valeur pour une
utilisation commerciale immédiate. La plupart
de ces propriétés sont petites (cinq-dix hectares)
et par conséquent peu rentables, au sens habi-
tuel du mot. Les disponibilités en terre défri-
chée, en machines, en bâtiments, en barrages et
en haies, sont souvent limitées. C'est sur la base
de semblables données que va se développer
notre étude.
Cette étude reconnaît aussi les possibilités
des zones urbaines pour la permaculture, à la
fois autour et à l'intérieur des bâtiments. Il n'est
pas besoin de beaucoup d'imagination pour
adapter le système à des conditions urbaines,
aux terres en bordure de routes, et à d'autres
zones ordinairement inutilisées près des agglo-
mérations et des principaux axes routiers.
Ce que nous avons essayé de faire dans ce
travail, c'est de fournir un outil, une idée direc-
trice, pour des développements futurs dans des

16
2.0 ORIGINES, DIRECTIONS ET PRINCIPES 2.2 L'agriculture moderne Réf. 1, 6, 27, 29, 30

2.1 Origines agricoles Réf. 3, 42, 44 Avec l'époque moderne (les trois derniers
siècles) et la disponibilité de nouvelles sources
d'énergie (charbon, puis pétrole), de profonds
Dans les premiers centres agricoles, le Sud- changements apparurent en agriculture. Il fut
Est asiatique et le nord de l'Amérique du Sud, alors possible de produire de grandes quantités
on a commencé à cultiver des plantes à repro- de nourriture ou d'autres denrées agricoles dans
duction végétative. Elles étaient pour la plupart une région, pour consommation dans une autre.
annuelles (ou traitées ainsi), étant re-semées à Hormis les propres avantages de ce système,
l'époque de la moisson. On en obtenait des ali- dont on a souvent parlé, celui-ci conduisit à la
ments riches en glucides, lesquels n'étaient pas destruction des écologies locales, à partir du
disponibles en grande quantité dans la nature moment où les producteurs concentrèrent leurs
sauvage. La rareté des glucides, combinée avec efforts , sur un petit nombre de cultures commer-
la pression démographique, fut probablement cialement intéressantes. Une économie de
l'incitation fondamentale à l'agriculture. Dans marché à l'échelle mondiale et une agriculture
l'environnement originel le gibier, les poissons, régionale stable étaient, et sont encore, foncière-
les fruits et les noix étaient abondants et pour- ment incompatibles. Des intérêts lointains,
voyaient à la plupart des besoins nutritionnels. n'ayant aucun souci du maintien de la producti-
On était peu enclin à faire de l'élevage, ou à cul- vité de la terre, colonisèrent de nouvelles régions
tiver pour disposer d'aliments autres que ceux pour les cultiver, et des facteurs sociaux et éco-
riches en glucides. nomiques imposèrent des changements dans les
A mesure que l'agriculture se répandait régions agricoles déjà établies, l'agro-affairisme
dans d'autres régions, la propagation végétative se développa.
de plantes riches en glucides fut souvent moins Le système industriel fondé sur des res-
réussie. Aussi les ressources alimentaires furent- sources énergétiques à bon marché amena de
elles en général moins abondantes. Le système nouvelles méthodes agricoles, rendant possible à
du semis, opérant une sélection à partir des vaste échelle un éventail complexe d'activités
espèces locales et des herbes poussant dans les spécialisées et de pratiques inconcevables à
jardins ou sur les tas d'ordures, se développa, l'époque pré-industrielle. L'impact d'un apport
pourvoyant aux besoins énergétiques et nutritifs, d'énergie élevé sur la terre elle-même ne fut pas
en réponse au manque de nourriture en quan- pris en considération.
tités importantes. Dans certaines régions, la
culture des plantes vivaces fut développée, et L'agriculture moderne continua à se con-
devint souvent la base des ressources locales. centrer sur les semis annuels, fournissant les ali-
L'olivier, le figuier, le châtaignier et le palmier ments avec lesquels les gens étaient familiarisés,
dattier sont des exemples. Les animaux étaient ou plutôt ceux qui convenaient aux techniques
surtout domestiqués pour le lait. Cependant, les de production de masse. Cependant, ces énergies
aliments sauvages représentaient encore un colossales furent aussi consacrées à des produc-
pourcentage considérable de l'alimentation. tions industrielles telles que la laine, le jute, le
coton et le caoutchouc, et des produits comme le
A mesure que les populations augmentaient thé et le café devinrent accessibles à l'homme
dans les régions les plus favorables à l'homme, industriel aux dépens des écologies locales dans
la disponibilité en nourritures sauvages régressa. les pays du tiers monde. Des récoltes abondantes
L'incitation à la culture et à l'élevage augmenta, furent consacrées à la nourriture du bétail,
et de nombreuses variétés de plantes, y compris l'inefficacité énergétique et protéique étant de
les plantes pérennes, furent semées et sélection- peu d'importance dans une société reposant sur
nées. Dans certaines régions furent développées la surabondance d'énergie. De plus en plus, de
des agricultures complexes, satisfaisant tous les bons aliments riches en protéines, comme le
besoins alimentaires et fournissant d'autres pro- poisson, furent ravalés au rang de nourriture
duits tels que les fibres textiles et le fourrage pour animaux domestiques.
pour les animaux domestiques. Dans les agricul-
tures jardinées du Sud-Est asiatique et de l'Amé- Ces tendances se maintiennent aujourd'hui
rique centrale, la polyvalence était la règle dans les pays sous-développés. Dans les nations
plutôt que l'exception (des fibres, du poison de développées, l'agriculture de chaque région est
l'amidon étaient obtenus de la même espèce). devenue de plus en plus simplifiée, mais par con-
trecoup l'échelle de production s'est accrue, avec
Ce genre de systèmes présentent le meil- une plus grande mécanisation. Le remembrement
leur modèle agricole traditonnel pour développer des terres, l'élaboration de produits végétaux
une permaculture moderne. pour la nourriture animale a atteint des propor-
tions très élevées de la production totale — la
moyenne mondiale étant de 50 % (43). Les indus-
tries ayant pour objet la transformation des

17
aliments, leur entreposage, leur transport et leur à mesure que les ressources non renouvelables
écoulement se sont énormément développés. s'épuisent.
L'utilisation de pesticides, de fertilisants artifi- Avec pour but d'utiliser au maximum les
ciels, d'hormones, d'antibiotiques et d'autres ressources renouvelables, (par exemple les
produits chimiques a augmenté parallèlement à déchets animaux), de parvenir à l'autosuffisance
la production. L'énergie maintenant requise pour régionale, et d'augmenter le plus possible l'inter-
produire ces récoltes excède de beaucoup leur vention humaine, en pleine connaissance des
apport en calories. besoins de la terre et des nécessités de la pro-
Alors que la productivité de l'agriculture duction d'aliments, les Chinois (qui se fondent
moderne est grande (des surplus constants néces- sur de très vieilles traditions) semblent être le
sitent la restriction de la production), il n'en va seul peuple qui ait réussi à ne pas tomber dans
pas de même de son efficacité. Il apparaît que l'impasse de l'agriculture industrielle de l'Occi-
l'énergie soutenant le système ne provient pas dent. Certaines nations du tiers-monde s'appli-
du soleil via la photosynthèse, comme dans les quent à la même transformation. Ces change-
époques pré-industrielles, mais, pour la plupart ments impliquent une révolution dans les modes
des combustibles fossiles, via les systèmes indus- de vie et dans la société en général. (Voir
triels. Comme le démontre 0DUM(1), les hauts KROPOT-TKINE Champs, Usines et Ateliers
rendements d'aujourd'hui ne sont pas dus à des (Réf. 25), pour la rationalité sociale qui existe
méthodes plus efficaces ou seulement défenda- derrière une large mobilisation du peuple pour
bles, mais à un important subside énergétique la production alimentaire, et une profonde com-
extérieur. préhension de ses mécanismes.)
La réduction ou l'effondrement de ce sub-
side pourraient provoquer une chute catastro-
phique de la production. Les fondements pour 2.4 Permaculture — Le système futur
alimenter une population, même réduite aux
effectifs de l'époque pré-industrielle, n'existe-
Cette étude admet la possibilité de réduire
raient plus.
dans un proche avenir, le subside énergétique
Les dommages réels qui ont été causés aux dans l'agriculture. Néanmoins, telle qu'elle est
terres productives et à l'environnement au sens présentée ici, la permaculture est susceptible
large par l'agriculture vorace en énergie, sous la d'attirer ceux qui cherchent à se rendre indépen-
forme d'épuisement des sols, pollution et prolifé- dants de l'agriculture conventionnelle, et qui,
ration de souches d'insectes devenus résistants, dans les villes, sont confrontés au coût accru du
ne sont pas exactement connus, mais il y a lieu transport et de la nourriture. Pour ces gens, les
de penser qu'ils sont considérables, largement économies d'énergies sont vécues dès maintenant
répandus, et agissant à long terme. L'étendue de comme des contraintes. Le petit fermier est
ces dommages ne sera réellement évaluée que obligé de quitter la terre à mesure que le coût
lorsque notre système de consommation énergé- de l'énergie augmente.
tique toujours croissante viendra à son terme.
La permaculture est le parachèvement d'un
support de vie complet pour l'homme, au-delà
des solutions développées par les sociétés pré-
industrielles. Le fait qu'elle soit fondée sur la
2.3 L'avenir agricole Réf. 25, 29
permanence sert à la définir. Mises à part les
cultures fruitières conventionnelles, et autres
La restructuration de l'agriculture est un monocultures du même genre, les systèmes de
aspect essentiel de toute tentative pour remédier production de plantes permanentes ont été peu
à la crise de l'environnement à laquelle l'homme développés. Pourtant certains a u t e u r s ont
se trouve c o n f r o n t é (voir « Blueprint for reconnu l'intérêt du potentiel inemployé cons-
Survival », Réf. 29). Un changement de direction titué par le réservoir existant de plantes vivaces
d'une agriculture largement utilisatrice de main- dans le monde. MUMFORD* dans sa vision uto-
d'œuvre, avec pour objectif à long terme une pique d'un nouvel ordre, a mentionné l'arboricul-
productivité améliorée et une moindre consom- ture pour remplacer partiellement l'agriculture à
mation d'énergie, est devenu nécessaire. Cepen- base de grains. SMITH (18) dans son livre bien
dant les ressources et l'énergie dont nous dispo- documenté mais plutôt optimiste sur l'arboricul-
sons actuellement pourraient aussi être consa- ture, argumente en faveur de la culture des
crées au développement de variétés végétales arbres dans les terres improductives des États-
d'une plus grande diversité génétique. Nous dis- Unis, faisant référence à de nombreuses expé-
poserions ainsi de systèmes symbiotiques faibles riences arboricoles. Certaines de celles-ci,
consommateurs d'énergie, pouvant constituer comme les forêts « liège-et-cochon » du Portugal,
une écologie cultivée. Seul ce type d'action per-
mettrait à l'agriculture d'échapper à son destin
de dégénérescence lente, ou d'effondrement total, * MUMFORD L., Techniques and Civilization, 1983.

18
Figure 2.4.1 Ferme consacrée à l'arboriculture (d'après Smith, Réf. 18)

Ferme de culture fruitière de Hershey, Dowington, Pa.

V - Verger Grand chemin


M - Maison
G - Grange
C - Condition-
nement
J - Jardin
H - Habitation

. Clôture Entre
Clôture
électrique les cultures

1 Pépinière 19 Chênes greffés (5 variétés), pour la perspective


2 Arpent expérimental de noisetiers vue de la maison (M)
3 Marécage asséché avec des myrtilles 20 Févier d'Amérique, pâturage
4 40 ares d'asperges, autant de framboisiers 21 Marais
5 Houx 22 Pré
6 2 ha de champ 23 Broussailles à arracher
7 Pépinière 24 Bois
8 Haie aux multiples espèces, refuge de vie sau- 25 2ha de châtaigniers 12m X 12m, 4 rangées d'ave-
vage . lines pour compléter
9 2 ha de noyers, pour la plupart anglais.certains 26 24 chênes pour un terrain trop bas pour les châ-
de la variété Black 18m X 18m à la coque mince taigniers
Châtaigniers plantés en rangs, à 10m d'écart.Foin 27 2,8 ha plantés comme en (9) herbes des vergers,
10 1,6 ha de champ ladino pour le foin
11 Pâturage pour les taureaux 28 Eperon rocheux
12 Assortiment: pêches, cerises, poires 29 Févier d'Amérique, semé dans les herbes à vergers
13 Jujubes, 3 variétés, 52 arbres mélange de ladino,pied d'oiseau, alpiste des Ca-
14 Erable à sucre, pour le sirop naries ,
15 Chênes (glands) pour la nourriture des porcs. 30 15 rangées, chacune de noix d'Amérique, noix de
16 Mûres pour nourrir porcs et poulets Pecan. Sera cultivé jusqu'à ce que les arbres
17 Prune sauvage pour porcs (sauvage, ornementale) soient assez grands pour le pâturage
18 Permissions 31 Terrain de rejetons, en roches presque pleines

19
Spondias
Manzanilla
Casimiroa
Annona
Musa ensete
Banane
Chichioaste
Coing
Café
Figue
Prune
Pêche
Avocat
Maïs
Clôture de
tiges de maïs

Cactus
Agave
Dalhia
Poinsettia
Romarin
Rosier
Haricots
Courgettes
(2 espèces)
Chayotte
(chocho)

Figure 2.4.2 Jardin guatémaltèque


(d'après Anderson, Réf. 44)

Carte diagrammatique d'un verger-jardin du village tent les arbres fruitiers d'origine européenne (tels
indien de Santa-Lucia, Guatémala. Les glyphes des- que pruniers et pêchers); les glyphes au contour ir-
sinés ci-dessus n'identiefient pas seulement les régulier indiquent les arbres fruitiers d'origine: a-
plantes représentées dans le plan, ils indiquent méricaine.
aussi par leurs formes à quelle catégorie les plan- La longue masse irrégulière sur le côté droit repré-
tes appartiennent. Les glyphes circulaires représen- sente une haie de "chichicaste", arbre utilisé par
les Mayas.

sont très instructives. SMITH développe l'idée dère le système comme une sylviculture révolu-
d'une agriculture basée sur l'arbre et donne le tionnaire. Les fermiers de la vallée du Pô, en
plan (Fig. 2.4.1) d'une « ferme d'arboriculture ». Italie, avec leur arboriculture à plusieurs étages,
Ce type de ferme développe quelques-unes des leurs sous-étages et leurs planches à céréales,
possibilités de la permaculture, mais reste
encore un système de culture relativement illustrent aussi le principe d'une production inté-
simple. DOUGLAS (13) expose les travaux auxquels grée. B L U N D E N (45) se r é f è r e au Révérend
il. a été conduit en utilisant les productions H . H U N T E R qui, en 1 8 1 1 , décrivit des modèles
forestières pour l'alimentation animale, et consi- d'utilisation de la terre autour de Londres. Les
vergers des paroisses d'Isleworth et de Brent-

20
ford sont intéressants : « ... Pommiers, poiriers 6. L'intégration de l'agriculture, de l'éle-
et cerisiers donnent une récolte à l'étage supé- vage, de la gestion de la forêt existante et de la
rieur, avec, à l'étage inférieur, une production tonte des animaux devient possible, cependant
fournie par les fraisiers et les framboisiers que l'aménagement du terrain par les moyens du
plantés entre les arbres. Les vergers étaient génie rural se justifie.
entourés de hauts murs sur lesquels des pêchers, 7. La permaculture peut s'appliquer aux
pruniers et arbres à brugnons étaient mis en terres rocheuses, marécageuses, marginales, à
espaliers. » ANDERSON ( 4 4 ) s'intéresse à la com- forte pente, qui ne conviennent pas à d'autres
plexité des systèmes jardin tropical/verger, et systèmes.
donne le plan de l'un d'eux, qu'il a étudié au
Guatémala. Il décrit le système comme requérant
peu de travail de la part des propriétaires 2.6 Stabilité et diversité de l'écosystème
l'année durant, et donnant toujours quelque pro- Réf. 1, 39
duction. La productivité par unité de surface uti-
lisée, ou par unité de travail, était extrêmement
élevée (voir Fig. 2.4.2). Voir aussi Section 7.4, à La permaculture, à la différence de l'agri-
propos d'autres systèmes traditionnels ayant une culture moderne à récolte annuelle, a un poten-
signification pour la permaculture. tiel évolutif ininterrompu, conduisant l'écosys-
tème vers un état climacique souhaitable. Les
Malgré tout cela, on ne trouve que peu de cultures annuelles sont détruites à la moisson, et
référence au type de système qui est développé doivent être resemées, alors que dans la perma-
dans cette étude. Penser au terroir agricole en culture les plantes et les animaux, souvent à
termes d'une écologie qui considère les relations, cycle de vie long, croissent et évoluent avec le
les interactions et les fonctions énergétiques système. Les espèces se succèdent les unes aux
plus que les éléments individuels est chose rela- autres au f u r et à mesure que l'écosystème va
tivement récente (Voir ODUM (1), chapitre 4). Là vers son climax. La grande variété de types de
où des « écologies agricoles » existent, elles sont plantes, depuis les grands arbres jusqu'aux
habituellement simples, comprenant les quelques herbes, crée la diversité de l'habitat et de la
éléments (plantes et animaux) correspondant aux nourriture, permettant le déploiement d'une
besoins traditionnels du système et qui ne sont faune complexe. Chaque élément sert à diffé-
pas nécessairement transférables à d'autres envi- rentes fonctions dans l'écosystème, et chaque
ronnements. Les possibilités de la complexité fonction est commune à beaucoup d'éléments.
n'ont pas encore été explorées. Ainsi, un système d'équilibres et contrepoids
De nombreuses grandes propriétés d'éle- s'installe, aidant à prévenir les poussées d'épidé-
vage de moutons et de bétail, produisant à pré- mies parasitaires, de sorte que les fluctuations
sent quelques balles de laine ou quelques car- de populations diminuent en amplitude, en
casses contaminées par des produits chimiques, nombre, et en fréquence (par exemple, la capa-
pourraient être rendues extrêmement produc- cité au milieu de porter indéfiniement sans dom-
tives tout en économisant de l'énergie, en utili- mage une espèce particulière d'animal domes-
sant gratuitement des graines d'arbres sauvages tique se confirme).
pour établir une permaculture extensive. Le sol devient plus complexe, grâce à la
préservation de l'humosphère, qui absorbe et
emmagasine des aliments (feuilles et fumier) et
de l'eau, pour un emploi ultérieur par les
2.5. Permaculture — Caratéristiques fonda- plantes. L'humosphère, ou mulch naturel, agit
mentales comme élément de contrôle sur les plantes pion-
nières (herbes) et réduit le ruissellement, le lessi-
vage et l'érosion, mais aussi — et c'est le plus
Une permaculture a plusieurs caractéristi-
important — entretien une flore et une faune
ques de base :
très variées (voir Section 7, 5 pour plus de ren-
1. Possibilité de mise en valeur de la terre seignements sur l'écologie du sol).
à petite échelle. La diversité structurelle de la permacul-
2. Utilisation du sol plus souvent intensive ture augmente la variabilité des microclimats, ce
qu'extensive. qui permet un plus grand éventail de plantes
3. Diversité des espèces végétales, des utiles. Les plantes changeant à leur tour l'état
variétés employées, de la production, du micro- du microclimat au bénéfice de l'homme et des
climat et de l'habitat. autres espèces, voilà un autre exemple des inte-
4. Accent mis sur un processus évolutif ractions symbiotiques qui peuvent survenir dans
s'étendant sur plusieurs générations. les permacultures. Les relations symbiotiques de
ce genre sont caractéristiques des écosystèmes
5. Emploi d'espèces sauvages ou peu sélec- complexes.
tionnées (plantes et animaux) comme éléments
du système. Certains des facteurs mentionnés contri-
buent à augmenter la production nette pour sources que dans des plantations monospécifi-
l'homme, tandis que d'autres, tels que l'existence ques. Un poisson mangeur de plancton ne fait en
d'un complexe d'herbivores, peuvent réduire aucune façon concurrence à un poisson brouteur
cette production. Cependant, les « coûts » de la d'algues dans un étang, étant donné qu'il ne peut
diversité doivent être acceptés quand la stabilité utiliser les algues. La volaille courante de basse-
du système devient essentielle, ce qui arrivera si cour et les pintades peuvent être mises ensemble
l'indépendance et l'autosuffisance régionales du moment que la première est avant tout man-
sont les buts des f u t u r s communautés. geuse de grains et que les dernières préfèrent le
Dans le cas d'une tendance climatique pâturage. Ainsi, une permaculture complexe peut
donnée, la diversité propre à la permaculture utiliser au maximum toutes les ressources dispo-
permet à la fois d'amortir et de modérer cette nibles, et donc améliorer le rendement total.
tendance au niveau local, et aussi de fournir un Une interaction symbiotique dans une per-
nouvel ensemble d'espèces plus apte à aug- maculture bien conçue et contrôlée peut aug-
menter la fraîcheur, la sécheresse ou l'humidité, menter encore davantage la production. Les
selon les besoins. A présent, beaucoup d'espèces plantes et les animaux peuvent non seulement
qui seraient nécessaires pour en remplacer coexister sans se concurrencer, mais la présence
d'autres dans l'optique de tel ou tel de ces chan- des uns peut améliorer l'environnement des
gements ne sont pas communément cultivées, ni autres. Par exemple, les grands arbres rendent le
répandues, dans les régions tempérées. Les prin- milieu plus propice pour de nombreuses espèces
cipes de la permaculture permettent à quelquès d'arbustes à baies. Certaines espèces fixent
plantes ayant un faible rendement d'occuper de l'azote, au bénéfice de plantes voisines. Un
l'espace, sacrifiant la production présente à la essaim d'abeilles augmente la productivité de
stabilité future dans un avenir incertain. beaucoup d'arbres fruitiers en améliorant la pol-
Enfin, en créant les conditions de la com- linisation. Les ronces, par exemple, sont favora-
plexité, on obtient une garantie contre les altéra- bles à la croissance des vignes (14).
tions catastrophiques de l'environnement telles Le rendement net est seulement l'une des
que le feu, la sécheresse, les changements clima- valeurs à considérer. En agriculture commer-
tiques, et les fléaux de toute sorte. Tout change- ciale toute valeur est convertie en argent, la
ment affectera quelques-unes des espèces, et le diversité de la production étant moins impor-
système sera modifié, mais les bases pour une tante. Dans l'agriculture vivrière, les besoins
permaculture productrice demeureront. Il n'est humains déterminent la valeur des productions,
plus raisonnable d'écarter la possibilité de modi- et, nos besoins étant divers, les produits doivent
fications soudaines et prolongées affectant la l'être aussi.
biosphère, dues aux effets incontrôlés et mal Les besoins nutritionnels de l'homme sont
évalués des activités contemporaines. La concep- difficiles à satisfaire à partir d'un petit nombre
tion d'un système vivrier ayant une souplesse et d'aliments. Si les glucides sont faciles à obtenir
une diversité maximales est la meilleure réponse à partie de systèmes simples, les aliments qui
à un environnement potentiellement instable. satisfont les besoins les plus complexes (pro-
téines, vitamines, graisses, minéraux) ne peuvent
être obtenus, tous, d'une agriculture simplifiée.
2.7 Rendements Réf. 1. 39 Cela est spécialement vrai pour les végétariens.
Dans les systèmes modernes d'approvision-
La productivité de l'agriculture est habi- nement alimentaire, une nutrition complète et un
tuellement évaluée par le rendement par unité de régime varié sont obtenus grâce à des réseaux de
surface. Les rendements par unité de surface de transport, de stockage et de vente, à l'échelle
n'importe quelle espèce particulière doivent pro- mondiale. Cette réticulation est, bien sûr, plus
bablement être plus bas dans un écosystème de vorace en énergie qu'un système fondé sur une
permaculture que dans une monoculture. Néan- agriculture locale diversifiée, et seul le subside
moins, la somme des rendements d'un système pétrolier permet son fonctionnement. Déjà, les
de permaculture sera plus grande, simplement coûts du réseau de distribution alimentaire
parce qu'un système de monoculture ne peut deviennent exorbitants, et produisent un choc en
jamais utiliser toute l'énergie disponible et tous retour sur le lieu de la production, à savoir la
les éléments nutritifs existants. Par exemple, un ferme. Les producteurs ont été contraints
système de plantation à plusieurs étages utilise d'adopter des méthodes « efficaces », au détri-
toute la lumière disponible pour la photosyn- ment, à long terme, de la préservation de la
thèse. Les différentes espèces d'arbres, comme terre ou de la qualité des produits, ou des deux.
K E R N (39) le fait remarquer, ont des systèmes Les pesticides, l'abus des fertilisants, les mau-
radiculaires de formes dissemblables, ponction- vais assolements et les techniques agricoles
nant les réserves d'eau et d'aliments à plusieurs imprudentes sont devenus choses banales (Réf. 6,
niveaux. Par conséquent, dans les forêts mixtes 16, 29), dans un effort pour réduire les coûts
il y a une utilisation plus complète des res- exprimés en monnaie et augmenter la produc-

22
tion, lancée dans une course désespérée pour société industrielle sous la forme de pesticides,
rester économiquement viable. de machines, de recherche, de surintensification
Une communauté fondée sur une permacul- culturale et de fertilisants industriels. Cepen-
ture diversifiée est indépendante de la distribu- dant, la dépense énergétique de la ferme est
tion commerciale et assurée de disposer d'ali- réduite quand on la compare avec le coût total
ments variés, pourvoyant à tous les besoins des transports, du conditionnement, de la trans-
nutritionnels, sans pour cela sacrifier la qualité formation, du stockage et de la distribution.
ni détruire la terre nourricière. A la ville, au Les écologistes possèdent peu de données
moins une partie des déchets peut être destinée concernant le bilan énergétique de la production
aux systèmes de mulch et de compostage en per- alimentaire moderne, mais les tableaux rendant
maculture, et la juxtaposition de l'habitat et du compte de la consommation directe de carbu-
jardin permet de minimiser les dépenses de car- rants dans la production alimentaire sont assez
burant pour le transport. effrayants. En Australie, la valeur calorique
fournie par les aliments ne représente que 15 à
20 % de l'énergie en combustible utilisée pour
2.8 Coûts énergétiques Réf. 1. 29 les apporter jusqu'à la table du consommateur.
90 % de cette énergie fossile non renouvelable
L'énergie captée par les plantes dans la est utilisée pour le transport, le stockage, la
photosynthèse est le « premier moteur » de tous vente et la cuisson des aliments (27). L'input (*)
les écosystèmes, y compris ceux producteurs
d'aliments. Dans le monde moderne, la mise à
* Néologisme anglo-saxon commode pour désigner
contribution des combustibles fossiles a révolu- ce qui rentre, ou ce qui est employé, dans un système ou
tioné l'agriculture. La plupart de l'énergie fossile un processus donné. Le contraire, ce qui en sort, ou ce
soutenant l'agriculture est consommée via la qui est produit, est dit « output » (NdT).

23
énérgétique par unité de protéine créée en agri- la capacité d'observer continuellement le sys-
culture moderne est encore plus effrayant. La tème, engageant en quelque sorte un dialogue
Figure 2.8.1 montre l'inefficacité de la production avec lui et pouvant ainsi ajuster et améliorer les
de protéines par les méthodes modernes. méthodes et les techniques employées. Ce qui
Il n'y a pas de données disponibles sur le inclut la sélection végétale, pour obtenir un
budget énergétique d'une permaculture pleine- réseau complexe de caractéristiques bonnes à
ment développée. Les plus grandes économies à propager.
ce niveau sont faites grâce à l'élimination des Dans un système de cultures annuelles à
transports, du conditionnement et de la distribu- forte présence de main-d'œuvre, où un travail
tion à coûts élevés. La dépense énergétique peut répétitif et inintéressant occupe la plus grande
être relativement élevée durant la période d'ins- partie du temps, la capacité d'aller plus avant
tallation, spécialement si on vise une évolution dans la compréhension du système et d'exercer
rapide. La multiplication des plantations, l'appli- un contrôle efficace est limitée. Dans l'agricul-
cation du mulch, l'arrosage, la protection contre ture commerciale moderne, le contact du fermier
les prédateurs et les parasites, peuvent coûter avec la terre a été réduit au point qu'il n'est plus
cher pendant les premières années ; mais la plu- qu'un gérant d'affaires. Il remplit des fonctions
part de ces dépenses procurent des bénéfices à de contrôle, certes, mais dans un univers méca-
long terme, ou sont complètement éliminées une nique fabriqué par l'homme, peuplé de camions,
fois la permaculture installée. Par exemple, le de tracteurs, de fertilisants, de pesticides,
coût de l'installation d'oliviers — étalé sur toute d'argent, et de quantités produites. Dans cette
leur vie —, est insignifiant. L'arrosage n'est situation, l'agriculteur est totalement dépendant
guère coûteux après les premières années, sur- du travail de recherche des agronomes, tendant
tout si l'application du mulch est correctement à la connaissance et au contrôle effectif des
faite. L'élimination des semailles et du labourage aspects organiques et biologiques du système.
annuels, de la fertilisation et de l'aspersion de Pareillement, le paysan céréaliculteur est à la
pesticides devrait entraîner une baisse dans la merci des saisons, des éléments pathogènes et
consommation d'énergie, de même que le choix des parasistes.
judicieux de produits faiblement périssables
comme les noix, les racines, et les graines.
L'entreposage sophistiqué n'est plus, dès lors, Jetons un regard sur le genre d'agriculture
nécessaire. que nous proposons dans le contexte d'une
société plus ouverte. Il est souvent affirmé que
dans les sociétés industrielles modernes, 10 %
2.9 Dépenses (ou inputs) de travail ou moins de la population fournissent la nourri-
ture pour le reste, permettant ainsi à la société
de diversifier ses activités et ses sources
La permaculture requiert beaucoup de d'intérêt. La thèse est que la possibilité de
main-d'œuvre pour son installation et au n'avoir plus à se soucier de la production nous
moment des récoltes, mais la nature même des permet, en tant que société, de progresser vers
tâches effectuées est importante à considérer. Au un plus haut niveau de civilisation. Si nous
lieu du travail monotone, répétitif, des semailles, observons de plus près l'approvisionnement en
du labourage et de la moisson dans un système nourriture de notre société, nous nous aperce-
agricole à cultures annuelles, tout aussi consom- vons que le fermier est seulement un membre
m a t e u r d e main-d'œuvre, le système permacul- d'un système complexe, comprenant des trans-
tural implique principalement l'observation et le porteurs, des vendeurs, des agronomes, des
contrôle, plutôt que des fonctions nécessitant manutentionnaires et emballeurs, des transfor-
l'usage de la force physique. C'est un processus mateurs, des publicitaires et une multitude
plus ou moins continu, avec peu d'occasions où d'autres acteurs — tous essentiels si l'on veut
il est nécessaire de charger ou décharger des que le flux de ravitaillement soit acheminé sans
poids considérables, et où l'emballage des pro- discontinuité. Dire que nous avons davantage
duits se présente de manière vraiment contrai- d'occupations diverses grâce à un tel système n'a
gnante. Les vergers-jardins guatémaltèques pas de sens si chacun est par là-même fixé dans
d'ANDERSON (44) illustrent cët aspect. L'utilisa- son rôle. Le morcellement de l'approvisionne-
tion des animaux pour la récolte (ceux mêmes ment alimentaire en d'innombrables occupations
qui pâturent librement au sein du système) spécialisées ne nous soulage pas des besognes
réduit les besoins de travail humain. La gestion fastidieuses qu'impliquent ces dernières, pas
des animaux aux champs, dispensant de l'obliga- plus qu'il ne nous permet de mener une vie créa-
tion de récolter du fourrage pour les nourrir, est tive ou riche de signification, contribuant à l'évo-
un exemple de fonction de contrôle remplaçant lution générale. Ceci n'est pas une défense des
une fonction de travail de force. économies paysannes, mais simplement une ten-
Le travail en permaculture étant surtout tative de montrer que les systèmes agricoles
une fonction de contrôle, les gens concernés ont modernes ne sont pas ce qu'ils prétendent être

24
et qu'ils ne diminuent pas la pénibilité de la vie libre de s'engager dans des activités plus com-
urbaine ou rurale. plexes et plus intéressantes que la tâche exclu-
Dans la lignée des exposés pénétrants que sive de produire des aliments. Déjà utile
KROPOTKINE ( 2 5 ) fit au siècle dernier, nous aujourd'hui, dans un contexte de ressources
croyons qu'il est souhaitable, socialement et éco- abondantes, la permaculture pourrait assurer un
logiquement, que toutes les régions puissent niveau de vie plus élevé que celui ordinairement
atteindre leur autosuffisance alimentaire, et que possible dans un contexte de rareté.
tout le monde ait quelque contact avec le pro-
cessus de production d'aliments. Que cela soit
possible avec une agriculture à forte proportion
2.11 Matériel végétal — Diffusion de la
de main-d'œuvre et un apport technologique
modéré est chose certaine. Cette étude, ne culture Réf. 7, 42, 44
l'oublions pas, vise le long terme, avec pour
objectif l'autosuffisance régionale. La mobilité de l'homme, des matériaux et
de l'information à travers la planète est mainte-
nant continuelle et de grande amplitude (ceci
2.10 Installation et entretien étant dû aux disponibilités de carburant). Cette
mobilité a rendu partout disponible la grande
variété de plantes cultivées existant dans le
Le développement de systèmes de perma- monde. Une forte proportion de nos légumes
culture peut être un long processus (la venue à communs sont venus d'Amérique après sa décou-
maturité d'une forêt peut prendre plus de cin- verte. L'explosion de plantes utiles, cultivées,
quante ans). L'amortissement complet des disponibles au cours des deux derniers siècles,
dépenses d'installation est long, mais on com- nous donne un énorme avantage sur les systèmes
mence à profiter des produits et des fonctions de subsistance primitifs. Avant l'ère moderne, la
utiles remplies par la couche herbacée et les plupart des peuples ne cultivaient que des
étages inférieurs de la végétation dans l'année plantes poussant localement. Ainsi les commu-
même. nautés méditerranéennes commencèrent à
Le principe de succession écologique, dans domestiquer l'olivier, le châtaignier et le carou-
lequel des éléments utiles, mais relativement bier il y a plusieurs milliers d'années. L'effort
éphémères d'un système de culture basse produi- cultural sur de longues périodes augmenta la
sent tôt, mais sont remplacés par d'autres, variété et l'utilité des plantes locales, mais la
jusqu'à ce qu'un état « climacique » de maturité capacité de plantes utiles demeura limitée.
soit atteint, peut fonctionner sous le contrôle de A mesure que la mobilité s'accrut, il devint
l'homme. Les processus séquentiels de succes- possible de puiser dans l'immense réservoir des
sion et d'équilibre final d'un système particulier espèces utiles, ainsi que de profiter du travail
seront discutés en détail dans la Section 5.5. des sélectionneurs de plantes d'autres régions.
En général, la conduite à maturité d'un Par exemple, nous n'avons pas seulement reçu
système dans le temps le plus bref possible de la Chine de nouvelles espèces, mais aussi des
requiert des ressources assez élevées. L'applica- centaines de souches ou cultivars obtenus par
tion de mulch, le bouturage des arbres, les plan- sélection et représentant des milliers d'années de
tations, la protection et l'arrosage des cultures, travail — comme c'est le cas du plaqueminier
peuvent exiger des efforts initiaux considérables, kaki et du jujubier. Dans les Amériques, la
mais pas si grands que l'effort annuel requis par culture du maïs, des pommes de terre, du poi-
les diverses opérations liées aux cultures com- vrier et des tomates était à un niveau très
merciales. Par contraste avec celles-ci, les tra- éloigné des variétés sauvages originelles.
vaux d'entrentien dans la permaculture sont L'échange de plantes utiles continua au cours de
légers, et, lorsque la maturité est atteinte, cer- ce siècle ; pourtant, la culture d'une grande
tains éléments du système n'en exigent plus. Ceci variété d'espèces locales s'est ralentie, ou a
est dû en partie à l'utilisation de plantes sau- même regressé, à mesure que certaines régions
vages et à des souches peu sélectionnées. Géné- se sont spécialisées dans la culture de telle ou
ralement, des plantes à fort rendement requiè- telle espèce, devenue objet de consommation de
rent des doses élevées d'éléments nutritifs, une masse, par exemple les pois surgelés.
protection constante contre les prédateurs, de
Une permaculture complexe exige l'utilisa-
l'émondage, et d'autres tâches assurées par
tion d'une grande variété de plantes, et la dispo-
l'homme, nécessaires pour garantir des rende-
nibilité d'autant d'espèces et de cultivars que
ments élevés et même la survie des variétés
possible doit être une priorité. L'Appendice B
exploitées.
contient les noms de beaucoup d'espèces qui ne
S'il est possible de développer un système sont pas généralement cultivées en Australie. La
agricole qui, arrivé à maturité, fournisse divers plupart ne sont pas cultivées commercialement à
produits à la communauté avec une dépense un degré significatif, et la minorité restante peut
minimum de travail, il laissera la communauté même ne pas être représentée du tout dans le

25
pays. Augmenter la disponibilité d'un nombre de l'homme et deviennent de ce fait domesti-
croissant d'espèces et de cultivars fournira le quées. Ainsi l'homme créa probablement l'agri-
matériau indispensable d'une plus grande com- culture, au cours des âges, comme le résultat
plexité et d'une plus grande diversité dans la inconscient d'une tendance vers la sédentarisa-
permaculture. tion. C'est un non-sens de dire que les popula-
tions aborigènes ne sont pas agricultrices, alors
qu'elles gèrent l'entretien de leur milieu et ce
2.12 Formes pérennes des plantes annuelles qu'il produit par l'usage du feu et du défriche-
ment, en tant qu'outils, et la sélection alimen-
Certains légumes ordinaires peuvent être taire de certaines espèces comme stratégie (cons-
remplacés, au moins partiellement, par des ciente ou inconsciente) de leur dissémination.
formes pérennes : c'est le cas du broccoli, de la Tout groupe qui n'entrepend pas de régler la
laitue, des épinards, du céleri et des oignons, etc. cueillette ou la chasse travaille à sa propre
Les oignons vivaces sont les oignons arbores- extinction.
cents, la ciboulette (deux espèces), les échalottes, Dans certaines zones tribales, les explora-
les oignons d'hiver, et les oignons-pommes-de- teurs ne trouvèrent que des kangourous couleur
terre, ce dernier étant un ail de forêt, au goût crème ou blancs, ce qui suggère encore que (par
fort. L'ail également peut être repiqué aussitôt tabou ou sélection) même les espèces animales
après la récolte à la fin de l'été, et comme il étaient sous la dépendance de l'homme abori-
pousse ensuite durant l'hiver, il est effectivement gène. Le feu, son outil principal, était rigoureu-
une espèce dite de plant/replant. sement contrôlé et dirigé, gardant sans aucun
Nous cueillons peu de tiges de céleri à la doute le « tranchant » convenable, et renouvelant
fois, encore vertes, selon le besoin. Certains la croissance d'une végétation arbustive vieillie
jeunes brins sont pérennes ; ceux-ci peuvent être qui fournissait un faible pâturage pour les ani-
développés plutôt que d'encourager les variétés maux.
annuelles. Le persil est « pérénnisé » en le La familiarité de toutes les espèces ani-
semant pendant un an ou deux dans un carré males, oiseaux et mammifères, que l'on constate
dépourvu de mauvaises herbes, en lui permet- au cours des premières explorations suggère
tant de se resemer une aimée sur deux, et en le aussi que l'aborigène se mouvait parmi les
gardant bien fumé avec du purin. espèces dont il se nourrissait plus comme un
Ceux qui ont des fosses septiques, dans les pasteur parmi son troupeau que comme un chas-
régions rurales, peuvent choisir un emplacement seur craint par l'ensemble du gibier. Les abori-
au-dessous du déversoir, vider la cuve au moyen gènes tasmaniens vivaient dans de petits terri-
d'un tuyau vertical, recouvrir la vidange d'une toires tribaux dont la dimension correspondait à
couche épaisse de sciure (de 7,5 à 15 cm), et la distance parcourue en une journée de marche,
laisser faire. Si on a opéré au printemps, il en et résidaient là depuis peut-être 20 000 ans avant
résultera une planche de tomates : les graines l'arrivée des Blancs. A la suite d'une si longue
étaient dans l'effluent. Des melons, et quelques période de contrôle et de sélection, chaque
autres cucurbitacées, peuvent aussi pousser. Du région devint (autant que nous le sachions, et
maïs répandu sur le même emplacement se com- selon nos renseignements), une région permacul-
portera bien, également, sous le mulch de sciure. turelle hautement évoluée, suffisant à l'entren-
De cette façon, on s'épargnera pas mal d'énergie tien indéfini de la vie tribale.
habituellement consacrée aux semailles. C'est un défi pour l'homme moderne que
de développer un système aussi perfectionné,
mais disposant désormais d'espèces du monde
2.13 L'agriculture aborigène entier, intégrées dans une seule communauté de
ressources, et de bâtir ainsi une société viable à
long terme selon les critères d'aujourd'hui. Il
Nous sommes convaincus que les excré- s'agit en quelque sorte d'une approche philoso-
ments humains, ensevelis près des cavernes ou phique de la terre, n'exigeant d'elle que ce
des huttes, contenaient les premières graines qu'elle peut donner sous une sage gestion, et
d'origine agricole, et qu'ensuite la sélection de s'abstenant de forcer des plantes mal adaptées à
fruits s'effectua de la même manière. un maximum de rendement, et d'amener ainsi
G . A . ROBINSON (voir Friendly Mission, de PLO-
tous les fléaux de l'érosion et du parasitisme.
MLEY, 1971) trouva des « p r u n e s indigènes
douces » dans des bosquets autour des établisse-
ments aborignènes de Tasmanie, et montra que
la tomate indigène arborescente, ou pomme kan-
gourou, est grosse et charnue seulement dans
des sites anciennement occupés par l'homme ou
portant trace de son passage. De telles plantes
peu à peu développent une dépendance vis-à-vis

26
3.0 L'AUTOSUFFISANCE

L'autosuffisance est un terme très utilisé sources, de capacités et de besoins — impliquant


pour décrire un genre de vie beaucoup plus indé- quelque spécialisation — doit se développer.
pendant du système contemporain d'échanges Cette « inter-indépendance » à l'intérieur d'une
que le mode de vie habituel de nos jours. Être zone limitée et cette indépendance vis-à-vis du
totalement autosuffisant, c'est avoir la capacité monde extérieur s'établiront d'elles-mêmes, avec
de produire tout ce qui nous est nécessaire pour le temps, dans le cadre de la permaculture.
vivre : aliments, outils, vêtements et habitation. Dans les villes et les bourgs, les outils, les
Nous ne souscrivons pas à la mentalité iso- vêtements et les habitations sont abondants,
lationniste découlant d'une approche totalement mais c'est là que nous avons le plus besoin de
autarcique, mais nous croyons en une conception considérer la survie en termes de nourriture, et
d'ensemble, pouvant s'appliquer à toute la de développer la permaculture pour l'usage
société humaine. direct de l'homme. Ainsi, l'agriculture à grande
L'autosuffisance alimentaire n'est pas aussi échelle pourra produire du carburant pour les
facile à atteindre qu'il ne semble. Si les maté- transports locaux, lesquels utiliseront de l'alcool,
riaux, les produits chimiques, les semences et les au lieu de produits pétroliers, comme combusti-
outils nécessaires à la production et à l'entretien bles renouvelable.
des cultures alimentaires sont en majorité Certaines spécialisations apparaîtront iné-
importés, l'autosuffisance est une illusion. Par vitablement à mesure que chaque espèce mon-
exemple, un large éventail d'animaux nourris trera son degré d'adaptation à un sol, à une
avec des aliments achetés, ou un champ de blé niche, à un régime climatique particuliers. Le
labouré par un tracteur propulsé au pétrole, commerce local s'établira ainsi sur des bases
signifient peu de chose en termes d'indépen- écologiques plutôt qu'économiques. Sur une plus
dance. Voilà la situation de la société contempo- petite échelle, quelqu'un ayant juste assez de
raine. place pour entretenir une vigne ou un arbre
L'indépendance dans des domaines autres pourra échanger avec ses voisins pour élargir sa
que la nourriture est extrêmement difficile à gamme de produits disponibles.
obtenir pour de petits groupes. Même si Dans une permaculture en développement,
l'autarcie complète est un but sans intérêt, la on verra se multiplier les centres locaux de
diminution de la dépendance par rapport au sys- fabrication d'huile, de farine, de produits médici-
tème industriel au sens large peut être très naux, de savon, etc., et les régions pourront de
poussée, réduisant le besoin des gens d'y tra- cette façon se spécialiser dans tel ou tel type de
vailler et de consommer ses produits. Ainsi produits, source croissante d'embauche à plein
l'énergie d'origine fossile peut être réservée à temps ou à temps partiel pour les populations, à
l'essentiel , plutôt que dissipée dans des usages mesure que ces systèmes de production secon-
futiles. daire prendront de l'envergure. Les perspectives
Comme le dit Peter BUNYARD*, « l'autarcie de diversification de la production locale sont
tend à être insulaire et destructrice ». Plus perti- aussi variées que le sont les différentes formes
nente et réaliste est la coopération communau- de permaculture.
traire. Quand des groupes humains s'établissent
dans une région, un réseau complexe de res-

* B U N Y A R D P . , « Ecological living — Dream or


reality? » The Ecologist, janvier 1975.

27
4.0 PRODUITS DE LA PERMACULTURE
(Mêmes références que pour l'Appendice B.)

Les ressources que l'on peut tirer des


plantes peuvent varier considérablement lors-
qu'elles sont utilisées par de petites commu-
nautés agraires. Celles d'importance primordiale
seront considérées d'abord et celles d'impor-
tance moins vitale après. Les produits végétaux
qui requièrent une transformation complexe
seront ignorés dans ce travail, mais nécessite-
ront des études ultérieures, à mesure que la per-
maculture se développera. Nous sommes, présen-
tement, en train de rassembler des données sur
les techniques nécessaires pour utiliser les pro-
duits qui en proviennent.

4.1. Aliments

Les besoins alimentaires humains rentrent


dans deux catégories : aliments énergétiques et
aliments nutritifs. L'énergie est surtout fournie
par les aliments riches en glucides, mais aussi
par les huiles, les graisses et même les protéines.
La nourriture fortement glucidique est rare
dans un écosystème fondé sur la chasse et la
cueillette, mais abondante dans les systèmes
agricoles modernes. En p e r m a c u l t u r e , les
hydrates de carbone sont facilement disponibles
à partir de nombreuses tubéreuses (voir tableau
4.1.1) et certaines noix telles que la châtaigne
douce (78 % de carbohydrates) ; néanmoins, la
permaculture ne fournira pas — pour élaborer
une farine pour panification — un hydrate de
carbone de la classe du froment. Les sucres,
d'autre part, sont abondants dans presque tous
les fruits. On peut obtenir des sucres concentrés
à partir des gousses de caroube et des figues
sèches (50 % l'une et l'autre). Une forte propor-
tion de miel est une source évidente d'énergie en
permaculture. Les huiles et les graisses sont dis-
ponibles en abondance à partir des noix (voir
Tableaux 4.1.9 et 4.1.11) aussi bien que des ani-
maux ayant leur place dans le système.

28
La nutrition humaine est un sujet com-
plexe, et l'on débat beaucoup sur ce qui est
nécessaire pour être en bonne santé. Une chose
est certaine : un large éventail de substances chi-
miques organiques et inorganiques est requis
pour que le corps humain fonctionne correcte-
ment, beaucoup de ces produits remplissant des
fonctions essentielles à des doses minimes. Il
semble bien que de petites quantités d'huiles
essentielles, et même d'alcaloïdes dangereux,
aident au fonctionnement de divers organes et
glandes (48).
Les recherches sur les graisses poly-insatu-
rées (à longues chaînes moléculaires) tirées de la
viande, sembleraient indiquer qu'elles peuvent
être capitales dans le développement du cerveau.
La liste des vitamines qui remplissent des fonc-
tions utiles pour l'entretien de la santé continue
de s'allonger. La seule façon sûre de satisfaire
tous les besoins nutritifs est un régime diver-
sifié, avec un minimum d'adultération indus-
trielle. Il ne fait aucun doute qu'une permacul-
ture développée peut pourvoir à la nutrition
humaine mieux que n'importe quelle agriculture
traditionnelle, forcément limitée, ou qu'un sys-
tème agricole moderne — et cela sans avoir
besoin d'importer certaines denrées pour diversi-
fier suffisamment l'alimentation. Une permacul-
ture bien développée se rapprocherait, pour ce
qui est de la diversité, de ce qui a existé de meil-
leur dans les écosystèmes fondés sur la chasse et
la cueillette.

29
30
31
dont l'homme a grand besoin et, avec le change-
ment des saisons, il a toujours quelque chose de
nouveau à découvrir.

4.3 Fibres

Les fibres pour fabriquer de la corde, de la


ficelle, des vêtements et du papier peuvent être
obtenues à partir de la permaculture sous cli-
mats tempérés frais (voir Tableau 4.9.1). Les pro-
4.2 Substances médicinales cédés sont très simples, aussi ces plantes doi-
vent-elles être prises sérieusement en considéra-
Dans un régime diversifié, il y a beaucoup tion dans n'importe quel système autarcique.
de subtances (vitamines, huiles essentielles, alca-
loïdes et antibiotiques) qui ont pour effet d'amé-
liorer la santé et de prévenir les troubles de 4.4 Produits animaux
l'organisme. L'utilisation d'un large éventail
d'herbes aromatiques et de plantes sauvages Un large éventail d'animaux tant domesti-
comestibles est importante à cet égard. Beau- ques que sauvages, utilisé en permaculture,
coup de plantes médicinales mentionnées dans le fournit une longue liste de produits faciles à
Tableau 4.2.1 sont utilisées ainsi à tire préventif. obtenir par des procédés simples. Par exemple :
Les préparations spécifiques de ces der- peaux (cuir, corde, fourrure), plumes (duvet et
nières pour un usage curatif agissent sur de plumes), colle, savon, boyaux, laine et crin, sang
nombreuses maladies et lésions. La connaissance et os.
de la préparation et de l'utilisation des subs-
tances botaniques en médecine ne s'acquièrent ni
facilement ni rapidement. A cause de l'étendue 4.5 Bois
et de la complexité de ce domaine, nous ne pou-
vons entrer dans les détails. On peut trouver une
Bien que le bois soit largement disponible
information de base sur la médecine par les
à partir des forêts existantes, une permaculture
herbes dans les Réf. 40, 41, 48 et 67.
peut fournir des bois spéciaux tels que le carya
Pour ce qui est de la santé en général, le pour les manches d'outils, des bambous pour les
jardinage et la cueillette procurent à la fois perches, les tuteurs, les flèches, les tisons, et
l'exercice physique et l'occupation intéressante l'osier pour la vannerie

32
4.6 Tans et teintures vent être incluses dans une permaculture (voir
Tableau 4.9.1). DALTON (35) présente de nombreux
produits chimiques qui peuvent être produits à
La permaculture peut en fournir une partir de plantes. Certaines de ces transforma-
grande variété (voir Tableau 4.6.1). tions sont complexes, mais d'autres — comme la
distillation et la fermentation du bois — sont
possibles avec des moyens locaux.
Pour les « Produits choisis à partir du Cata-
logue de plantes (Applendice B) » voir Tableau
4.7.1, et pour les « Valeurs nutritives des produits
de culture et d'élevage par acre (0,4 ha) » voir
Tableau 4.7.2.

4.8 Combustibles issus d'une permaculture,


leur utilisation effective

La permaculture est, à court et long terme,


productrice de combustibles solides comme les
branches, les produits d'émondage, les écorces et
le bois mort. Brûlées dans un foyer ouvert, la
plupart des substances utiles de ces combusti-
bles se dissipent dans l'air. Dans les systèmes
« naturels », spécialement quand le climat com-
porte des étés secs, les matières combustibles
accumulées dans les forêts, brûlées soit de façon
« contrôlée » soit de façon catastrophique, pro-
4.7 Divers duisent plus de polluants — comme la cendre et
les terpènes — que n'importe quelle autre
Savons, cires, huile lampante (olive), caout- source, du moins en Tasmanie. L'effet du feu sur
chouc et latex, lubrifiants, gommes, résines et la déperdition d'éléments nutritifs du sol peut
autres produits sont obtenus de plantes qui peu- être sévère.

33
Il existe par conséquent un besoin urgent tement vers la maison ou vers le lieu où il doit
de concevoir un fourneau à fonctions multiples être emmagasiné.
pour réduire le gaspillage qu'entraînent de telles
3. Chambres accessoires. Celles-ci pour-
pertes en combustibles solides, occasionnées par
raient comprendre les dispositifs suivants :
les foyers ouverts ou les incendies de brousse.
Un tel système devrait avoir les caractérisques a) Réservoirs à cendres, pour le savon et
suivantes : l'alcali (pour remplacer la chaux quand le cal-
caire devient rare).
1. Combustion contrôlée, en utilisant à la
fois des dispositifs pour la régulation du tirage, b) Four à carbonisation pour la cuisson à
et des étouffoirs dans le (ou les) tuyau(x) d'éva- haute température de l'argile (fabrication de
cuation. poterie), pour fondre des coquilles et des roches
à l'intention du jardin et du mortier, ou pour du
2. Foyer proprement dit séparé des con- bois destiné à la production de charbon de bois.
duits d'air chaud, de façon à ce que les gaz et les Le charbon de bois est ensuite utilisé pour ali-
fumées du tuyau (ou de la cheminée) puissent menter des forges, ou des petits fours de cuisine,
être traités plus loin, et l'air chauffé dirigé direc- ou comme filtre pour les fumées, les gaz et l'eau.
34
|
c) Chambre à vapeur, pour conduire la ques, connaissances et technologie requis pour le
vapeur à la distillation humide ou aux chambres traitement. En macro-économie on qualifie cela
de courbage du bois, aux fours à briques, à céra- « activité du secteur secondaire ».
mique, aux cuiseurs, aux moteurs, etc. Pour les petites communautés visant à
d) Séchoirs pour pour les aliments, les l'autosuffisance, il y a des limites à la rentabilité
vêtements humides, etc. d'un travail de transformation complexe. Les
e) Chambre à fumée, pour le séchage à limites changent avec les dimensions et les res-
chaud ou à froid du poisson, des saucisses et de sources de la communauté, les conditions écono-
bien d'autres produits. miques et industrielles environnantes et les
valeurs communautaires en jeu. Par conséquent,
f) Serpentins à eau chaude, conduisant aux les espèces qui fournissent des produits ayant
appareils de chauffage d'eau solaires. exigé un travail de transformation peuvent être
g) Collecteur de gaz pour entreposer le considérées comme une ressource valable même
méthane produit par le bois brûlé, soit dans la si elles ne sont pas utilisées immédiatement. Par
chambre de combustion primaire, soit dans lé exemple, une plantation de chênes-liège venue à
rôtisseur, pour cuisiner à l'abri des combustions, maturité pourra fournir du liège à une date ulté-
ou pour les moteurs. rieure, si l'effort supplémentaire engagé dans la
h) Serpentins de distillation à froid pour récolte apparaît en valoir la peine. Avec le
tous les gaz de combustion, en utilisant un étang chanvre de Nouvelle-Zélande, on peut fabriquer
ou un réservoir proches si nécessaire, de façon à d'excellents cordages, si le besoin s'en fait sentir.
ce que les produits tels que le méthanol, la créo- Évidemment, l'emploi du chanvre pour
sote, les goudrons, l'acétone et l'alcool de bois faire de la corde se situe à un autre niveau que
puissent être collectés. la consommation des fruits frais. Les niveaux
i) Murs pleins en pierre ou espaces souter- plus complexes d'utilisation, où compétences
rains destinés à emmagasiner l'excès de chaleur spéciales et technologie deviennent nécessaires,
sous forme d'air chaud canalisé. peuvent se situer au-delà des capacités d'une
j) Couvercle ou dessus calorifugé pour petite communauté. Néanmoins chaque commu-
marmites cuisant à petit feu, et mijoteur cons- nauté peut mettre en balance le coût de la pro-
truit ou forgé dans la masse, avec couvercle ou duction et la valeur du produit. Un tableau com-
dessus calorifugé, pour cuissons lentes et lon- paratif des niveaux d'utilisation des espèces du
gues à basse température. Catalogue est utile pour prendre des décisions
k) Collecte de cendres et de suie par net- sur la base des caractéristiques de chacune (voir
toyage efficace des tuyaux et cheminées, pour Section 7.1) et comme indication de l'éventail des
utilisation au jardin. produits que la communauté peut prétendre pro-
duire par elle-même.
On peut penser à d'autres possibilités.
Nous n'avons énuméré que les usages primaires Des presses simples, des alambics et des
d'un fourneau à fonctions multiples laissant un broyeurs peuvent être adpatés pour diversifier
résidu frais et propre d'air s'échapper dans les productions de la permaculture, et c'est dans
l'atmosphère. En outre, si un tel fourneau est le domaine de l'extraction, de la fermentation et
situé dans une serre, et lui-même constitué de de la distillation de produits spéciaux que nous
briques très résistantes, il fournira la chaleur avons besoins de données et de plans supplémen-
nécessaire pour le rez-de-chaussée durant les taires.
nuits d'hiver. Pour les « niveaux d'utilisation pour quel-
Avec un tirage contrôlé, il est possible ques espèces mentionnées dans l'Appendice B »,
d'avoir un grand foyer ; des bûches de petite voir Tableau 4.9.1.
taille ou des fagots peuvent être employés pour
une combustion ininterrompue de 24 heures.
Le méthanol et le méthane, l'un et l'autre 4.10 Quelques propriétés intrinsèques des sys-
produits de la distillation sèche du bois, fournis- tèmes biologiques
sent une énergie transportable.
Voir la Figure 4.8.1. On a prêté trop peu d'attention aux arbres
en tant que sources autonomes d'énergie. Les
arbres sont de grandes voiles, et, exposés au
vent, ils se balancent puissamment sur un espace
4.9 Technologie permaculturale de deux mètres ou plus. Cette oscillation peut
être captée par des câbles et des poulies, pour
L'intérêt de l'utilisation de plantes culti- des travaux comme le sciage, la monture ou le
vées et sauvages par l'homme peut être apprécié pompage ; en fait, pour toute tâche ne requérant
selon le coût du traitement nécessaire pour pas de travail continu. Une forêt absorbe une
obtenir des produits utiles. La dépense peut être énorme quantité d'énergie éolienne, qui pourrait
mesurée en temps, effort, compétences techni- être utilisée par l'homme.

36
37
Mention a été faite des arbres en tant que fut ainsi surnommé « le crapaud-bœuf des
capteurs d'eau (Section 6.5.1) ; l'eau provenant Pontins ». Tandis que quelques espèces agissent
des grands arbres peut être conduite vers des comme pompes, d'autres servent à augmenter
citernes, et, même dans des endroits plats, vers l'humidité de surface.
des réservoirs pour la maison ou pour le bétail. MURRAY J.S. et MITCHELL A., Red gum and
Les arbres sont aussi des treillages pouvant sou- the nutrient balance, Soil Conservation Autho-
tenir des sarments de plantes grimpantes ou rity, Victoria, sans date (voir Tableau 4.10.1 à
servir, en tant que solides plate-formes ou 4.10.3).
potence auxquels des éoliennes peuvent être Les arbres sont aussi des dé-salinisateurs
appuyées, accrochées ou suspendues (du genre du sol, permettant aux pluies de porter les sels
rotors de Savonius). A n'en pas douter, beaucoup au couches du sous-sol, et empêchant, grâce à
d'autres utilisations peuvent être tirées des pro- leur ombre et à l'humus qu'ils produisent, l'éva-
priétés intrinsèques des arbres, en dehors de poration de surface qui provoque la concentra-
leur production directe. tion de sels au niveau du sol. Ce phénomène
Mussolini se servit des eucalyptus de Tas- peut devenir très critique lorsque l'abus de l'irri-
manie pour pomper les paludéens marais Pon- gation provoque l'alcalinisation progressive des
tins d'Italie, en les plantant le long des rives. Il terres de culture.

38
Des exemples d'arbres utilisés comme clô- cette étude, mais les architectes et les aména-
tures, comme barrières contre l'air froid et geurs ont sous-utilisé les effets rafraîchissants
comme coupe-vent sont donnés par ailleurs dans potentiels de l'ombre des arbres sur les bâti-

39
ments, et leurs effets modérateurs sur les micro- tion des plantes pour réduire la consommation
climats et sur le bruit. Il est nécessaire de faire d'énergie dans les bâtiments à des fins thermi-
une étude complète de la macro-physique des ques. Il n'est pas douteux qu'à l'avenir la bio-
forêts et de l'utilisation des arbres et des ani- technologie deviendra une discipline conserva-
maux pour le chauffage et le rafraîchissement trice d'énergie (voir aussi Section 8.4 pour le
des immeubles. Des études portant sur des ter- chauffage des serres). L'ombragement estival des
mitières donnent quelques indices sur la façon serres peut être obtenu par l'utilisation d'hari-
dont une construction complexe peut être main- cots d'Espagne et d'autres plantes ou variétés
tenue à une température et une humidité cons- grimpantes à feuilles caduques.
tantes sans l'emploi de pompes, de radiateurs et « L'expérience montre que la pluie lessive,
d'évaporateur s. sur la voûte du feuillage, des quantités impor-
Partout où des solutions biologiques rem- tantes de potassium et des quantités plus faibles
placent des dispositifs technologiques, de d'azote, et phosphore, de calcium et de magné-
l'énergie est économisée, car presque toujours sium vers le sol. La litière ajoute de son côté des
celle qui est mise en œuvre provient gratuite- matières organiques, et constitue une abondante
ment du soleil. Stephen LESUIK, du département source de calcium et d'azote et une source modé-
des sciences architecturales à l'université de rément riche de magnésium et de potassium »
Sidney (Australie) est en train d'étudier l'utilisa- (MURRAY et MITCHELL.)

40
5.0 PERMACULTURE — L'ÉCOSYSTÈME CULTIVÉ

Avant de parler des systèmes de culture trices sont réduites, en hiver, à cause de la chute
mixtes, il semble opportun de considérer en des feuilles (voir Section 6.3).
parallèle les systèmes naturels, car il est néces-
saire de « ... reconnaître qu'une agriculture dont Les « consommateurs » de la forêt vivent
on veut réussir la perpétuation exige que l'on dans une grande variété d'habitats — depuis la
parvienne à un « climax » artificiel, imitation de cîme des arbres jusqu'aux terriers. Comme dans
l'écosystème pré-existant » (29). d'autres systèmes, les excréments, et éventuelle-
ment les corps des animaux contribuent grande-
ment à enrichir en NPK les éléments nutritifs de
la couche humifère. Celle-ci est elle-même un
système complexe, ayant pour rôle fondamental
5.1 Modèles d'écosystèmes naturels Réf. 1, 19 d'emmagasiner des nutriments, qui sont graduel-
lement rendus disponibles aux plantes par la
Les forêts tempérées à feuilles caduques de flore et la faune des décomposeurs. La litière
l'hémisphère nord ont des aspects structurels et fournit aussi un habitat à beaucoup de consom-
fonctionnels de grande importance. La chute mateurs, y compris aux champignons, qui consti-
annuelle des feuilles de ces forêts, en réponse au tuent en eux-mêmes, à leur tour, une source de
changement saisonnier de l'été à l'hiver, est sa nourriture pour d'autres consommateurs.
caractéristique dominante. Les écosystèmes largement érophiles des
Dans ces forêts, la plus grande partie de la climats méditerranéens du monde sont aussi
photosynthèse a lieu durant l'été, dans les intéressants. Ces systèmes sont saisonniers éga-
feuilles. Déployées sous forme de voûte, elles lement, mais plus à cause de la sécheresse esti-
absorbent la majorité de la lumière disponible. vale que du froid de l'hiver. Les arbres sont à
La biomasse du système est concentrée dans les feuilles persistantes mais leur parure verte ne
parties pérennes des arbres. Ces derniers agis- forme pas habituellement une voûte dense
sent comme des pompes dans le recyclage des comme c'est le cas dans les forêts à feuilles
nutriments, allant puiser ces éléments en profon- caduques. Les buissons à feuillage persistant et
deur, ainsi que ceux se trouvant en surface dans les plantes annuelles ont une importance relative
la litière et l'humus, pour les amener jusqu'aux plus grande à cause de l'intensité et de la dispo-
feuilles, afin d'assurer la croissance ou l'entre- nibilité accrue de la lumière. La résistance à la
tien de leur structure. La chute annuelle des sécheresse, au moyen d'adaptations variées, est
feuilles en automne renvoie une grande partie de une caractéristique de ce genre de végétation.
ces nutriments vers la couche d'humus qui Les incendies, toutefois, s'intègrent parfois au
tapisse le sol de la forêt. Une moindre propor- système, en suscitant de nouveaux cycles de
tion des feuilles et aussi des fruits, comme les croissance.
glands, s o n t c o n s o m m é s — s u r t o u t en L'effet de la végétation méditerranéenne
automne — par des herbivores, et indirectement sur le microclimat est moindre que dans les
par les canivores. Le système dans son ensemble forêts tempérées — ne serait-ce qu'à cause de sa
entrepose la matière et l'énergie au niveau du masse et de sa densité moindres. Aussi chaud et
sol sous forme de litière humique, glands et ensoleillé que soit ce milieu, des endroits abrités
autres fruits, et graisse animale, pour la période existent, et des stations fraîches et humides peu-
d'hibernation où la respiration excède la photo- vent y être trouvées. Ses habitats sont variés,
synthèse. Étant donné que les arbres élevés mais en règle générale les buissons denses près
absorbent la plupart de l'énergie disponible, la du niveau du sol sont plus nombreux que les
photsynthèse et donc la biomasse des plantes grands arbres.
basses est faible. Cependant, des plantes de ce
type, comme les arbustes à baies, sont souvent Bien d'autres écosystèmes peuvent être
adaptées à la croissance et à la reproduction envisagés comme modèles. Par exemple, les prai-
dans des conditions de faible luminosité. Cer- ries et les landes — ou les systèmes broussail-
taines, en particulier les quelques plantes leux typiques des plaines sablonneuses austra-
annuelles de la forêt, poussent rapidement au liennes. Certains microsystèmes sont plus impor-
début du printemps, utilisant la lumière pour tants, spécialement ceux où l'eau joue un grand
leur croissance et leur fructification, avant que rôle ; ainsi les marécages alimentés par les
les feuilles de la haute ramure n'arrêtent les rivières, les plaines alluviales inondables annuel-
rayons du soleil. Le microclimat des étages infé- lement, les étangs et les marais. La végétation
rieurs de la forêt est considérablement modifié des falaises et des promontoires rocheux a sou-
par la voûte foliaire. Hormis la pénétration de la vent ses propres espèces comme c'est le cas, par
lumière, les effets de la pluie, du vent et de la exemple, dans les affleurements granitiques de
température sont tempérés en été, amenant un la ceinture à blé d'Australie occidentale.
microclimat plus stable. Ces influences modéra- A un plus haut degré de complexité, l'étude

41
des systèmes écologiques naturels pourrait ins- implantée dans n'importe quel type de région:
pirer directement la mise en œuvre et le perfec- plaines alluviales, collines rocheuses, zones
t i o n n e m e n t d ' é c o s y s t è m e s agricoles, m a i s marécageuses, déserts, régions alpines. Point
l'approfondissement d'un tel sujet dépasse les n'est besoin de bouleverser le paysage original
limites de cet ouvrage. pour essayer de façonner des conditions particu-
lières jugées plus favorables, ainsi qu'on le fait
dans les systèmes agricoles simplifiés. Chaque
paysage, chaque écosystème naturel dictera le
5.2 Permaculture et paysage genre de permaculture possible ; il ne peut pas
en aller autrement si l'on veut que le système
Une permaculture élaborée peut être soit viable à long terme.

42
Bien que la permaculture puisse être ins- La structure d'un système permacultural
tallée dans des régions fertiles telles que des est dominée par les arbres. Bien que les arbres
plaines bien arrosées, celles-ci sont les localisa- ne soient pas plus importants que les éléments
tions les plus propices à la céréaliculture et au plus petits du système, leur dimension, leur lon-
maraîchage. SMITH (18) plaida pour l'emploi de gétivité, et la nature extensive de l'arboriculture
l'arboriculture sur des hauts plateaux ou dans (nombre de plants/unité de surface), font qu'ils
des régions escarpées, donnant comme exemple déterminent la nature et les limites du système.
a contrario l'instabilité et le caractère destruc- La plantation de relativement peu d'arbres peut
teur de la culture céréalière sur les flancs des couvrir des surfaces considérables. Par exemple,
collines, surtout à cause de l'érosion du sol. Les les vergers de pécaniers espacés de 15 mètres se
châtaigneraies de Corse, et les forêts « liège et développent jusqu'à devenir une vraie forêt avec
cochon » du Portugal témoignent de la stabilité seulement 17 arbres par arpent (0,4 ha), tandis
et de la productivité de la sylviculture sur les que les vergers fruitiers, avec 3 mètres entre
terres apparemment sans valeur. DOUGLAS (13) chaque arbre, disposent de 435 arbres par
imagine des paysages ruraux composés de cein- arpent.
tures de forêts, et des zones de pâturage allant
Des surfaces dépourvues de grands arbres
des sources plus ou moins escarpées jusqu'aux
doivent être prévues dans n'importe quel sys-
plaines inondables de l'aval (voir Figure 5.2.1).
tème, de manière à permettre la culture de
Mais puisque l'ensemble des terres n'est plantes plus petites, requérant le maximum
pas sous un contrôle intégré et rationnel, la pla- d'ensoleillement, mais la proportion de terres ne
nification et la gestion à long terme des terri- portant ni grands arbres, ni prairies naturelles
toires productifs — de manière intensive, peut être considérée comme petite. Même le long
éclairée et écologiquement viable — demeure de la Côte est, sur des pentes sèches orientées au
confinée aux visions d'un KROPOTKINE et d'un nord, en grande partie occupées par des bois
GANDHI. En Chine, de telles idées ont été mises clairsemés composés surtout de caroubiers, de
en pratique sur une grande échelle. Les systèmes figuiers, de ronciers et d'oliviers (peu de grands
clés de P.A. YEOMANS en constituent l'exemple arbres), la structure et la forme d'ensemble sont
australien. néanmoins dominées par les éléments les plus
hauts. L'utilisation de ces grands arbres pour
créer des formes structurelles désirables dans la
communauté végétale peut être un instrument de
5.3 Structures et lisières en permaculture la modification du microclimat (voir Section 6.3).

La structure des systèmes végétaux est La Figure 5.3.1 indique de quelle manière la
déterminée par les caractéristiques des espèces densité d'une forêt modifie diverses caractéristi-
végétales dans leurs associations réciproques sous ques. La forêt éclaircie est la structure la plus
les conditions locales spécifiques du site et du utile dans une permaculture.
climat. Des spécimens de la même espèce peu- L'« effet de lisière » est un facteur impor-
vent avoir différentes formes et dimensions dans tant. Il est reconnu par les écologistes que
des systèmes et des sites différents. Par exemple, l'interface entre deux écosystèmes constitue un
sur des terrasses rocheuses et sèches, dans des troisième système plus complexe, qui combine
climats chauds, le caroubier devient un petit les deux. Sur cette interface, des espèces des
arbre de savane, alors que sur un sol profond, deux systèmes peuvent coexister, et le milieu de
riche et bien arrosé, il peut devenir un grand lisière possède aussi ses formes de vie propres,
arbre avec un feuillage dense. Le noisetier, spécifiques, dans de nombreux cas. La produc-
comme végétation de sous-étage dans des forêts tion photsynthétique d'ensemble est plus élevée
denses, est une plante élancée, maigrelette, attei- dans les interfaces. Par exemple, les systèmes
gnant 10 mètres ou plus, alors qu'en terrain complexes des interfaces terre/océan — telles
découvert non entretenu, il devient un fourré que les estuaires et les récifs coralliens —
arbustif ne dépassant pas trois mètres de hau- montre une plus forte production par unité de
teur. Pareillement, sur des sols seulement surface que n'importe lequel des principaux éco-
humides, le pécanier atteindra 12 mètres de système (Réf. 19). Les interfaces forêt/pâturage
haut, mais dans de riches plaines alluviales, il développent une plus grande diversité que l'un
peut croître à plus de 40 mètres et se répandre ou l'autre milieu pris séparément, tant pour ce
alentour presque aussi loin. Avec de telles diffé- qui est des « producteurs » (plantes) que des
rences à l'intérieur d'une même espèce, la struc- « consommateurs » (animaux). Il semble que les
ture du système ne peut pas être facilement aborigènes de Tasmanie brûlaient la forêt pour
déterminée. Toutefois quand on se libère des maintenir une vaste interface forêt/plaine, car
objectifs productivistes propre à l'agriculture ces zones de transition produisaient une nourri-
commerciale, on peut concevoir dans une cer- ture très variée et abondante. C'est sur les zones
taine mesure de laisser un système se déve- limitrophes que l'on trouve, par exemple, les ani-
lopper naturellement, et observer les résultats. maux en plus grand nombre.

43
44
Les lisières d'un écosystème offrent des abri et ainsi de suite. Les espèces pionnières ont
conditions particulièrement favorables dans un souvent une vie assez courte ; l'acacia est un
système permacultural. Par exemple, les bor- exemple de ce qui vient d'être dit dans la recons-
dures méridionales des forêts sont abritées et titution d'une forêt pluviale (forêt dense, tropi-
ensoleillées (Section 6,3) ; du côté Sud, les murs cale, humide) à partir de terrains brûlés. Lors-
des barrages ou réservoirs ont des infiltrations qu'on jette les bases d'un système tel que la per-
(interface terre/eau) très propices aux espèces maculture, la notion de plantes pionnières peut
exigeant de la chaleur et beaucoup d'eau — être avantageusement mise à contribution : elles
comme certaines espèces de bambous ; les fournissent des produits rapidement, et modi-
régions marécageuses (interface terre/eau), favo- fient l'environnement dans un sens favorable.
risent le développement d'ensembles entiers de Les prairies ensemencées de luzerne améliorent
plantes utiles ; les haies et les barrières touffues le sol de plusieurs façons, fournissent des
(interface pays découvert/végétation dense) four- plantes mellifères pour les abeilles et du four-
nissent un habitat pour beaucoup d'espèces ani- rage pour les ruminants. L'herbe de la pampas
males. peut fournir abri et aliment, respectivement,
Compte tenu de l'effet de lisière, il paraît pour les plantes et les animaux qui apparaîtront
donc avantageux d'augmenter au maximum le plus tard. Les pins porteurs de pommes pour-
nombre et l'importance des interfaces entre raient être des pionniers à long terme pour les
chaque habitat. Un paysage avec des lisières araucarias fragiles au vent, sur des stations
diversifiées est intéressant et beau ; les accroître exposées. La consoude poussera au travers
partout où c'est possible peut être considéré d'herbes touffues, aidant à contrôler le terrain si
comme le fondement de l'art d'aménager les pay- elle est plantée assez dense, et fournira des
sages. Et, très certainement, des lisières nom- récoltes dès la première année. Le concept de
breuses et abondantes contribuent à rendre un plante pionnière implique la succession. A
territoire plus productif. Pour les types de plan- mesure que l'environnement change, ou que les
tations à entreprendre, voir Figure 5.3.2. Pour la plantes vieillissent, la succession est assurée par
création de lisières, voir Figure 5.3.3. d'autres espèces, qui deviennent à leur tour
dominantes. Un pâturage de consoude rampante
est réduit à quelques plantes occasionnelles par
un étage supérieur développé. Des arbustes à
5.4 Évolution permaculturale baies, cultivés intensément des années durant,
peuvent être ravalés à l'état de sous-étage chétif,
Comme nous l'avons indiqué plus haut, les produisant à peine, dans un peuplement où
systèmes permaculturaux se développent sur une dominent les arbres à noix, à mesure que l'âge et
longue période (une vie humaine ou plus). Cer- le manque de lumière réduisent graduellement
tains arbres à noix mettent 30 ans ou plus avant leur vigueur. Ces successions ne devraient pas
d'atteindre leur plein rendement, et peuvent être considérées comme indésirables, et la prévi-
vivre des siècles. Planifier un système en fonc- sion de tels changements ne devrait pas décou-
tion du « produit fini » rapidement disponible rager la plantation de petits buissons et de
n'est pas seulement stérile, mais antiproductif. grands arbres, le tout à forte densité ; le temps
Bien que l'on ait indiqué la stabilité qu'un pécanier (ou noyer de Pécan) recouvre
comme une caractéristique de la permaculture, d'ombre un groseillier, celui-ci aura produit pen-
celle-ci n'est applicable qu'à des écologies agri- dant de nombreuses années, et la récolte de noix
coles plus traditionnelles. Le changement évo- ira en augmentant progressivement. La succes-
lutif est l'essence même du système que nous sion naturelle se fera en harmonie avec les buts
préconisons. Une forêt permaculturale peut du permaculteur.
arriver à maturité en 200 ans, mais si l'on vise Les diagrammes qui vont suivre sont des
une productivité croissante, un abattage sélectif exemples simples d'évolution et de succession
pourrait fournir du bois de qualité et laisser la permaculturales. Dans la Figure 5.4.1 tous les
lumière atteindre le riche sol forestier, où de éléments sont semés ou plantés pratiquement en
nouveaux cycles vitaux commenceront dans les même temps, les plus petits, toutefois — comme
clairières abritées. Ainsi donc, même si une per- la luzerne — s'implantant d'abord. Les végétaux
maculture évolue naturellement vers son climax, plus volumineux, comme les herbes de la pampa
celui-ci ne doit pas être considéré comme la et la luzerne arborescente, commencent à éli-
seule finalité qu'il soit raisonnable de viser. miner une partie du pâturage, mais le fourrage
Les plantes pionnières colonisent de nou- disponible total augmente. Enfin, les éléments
veaux habitats, facilitant l'installation d'espèces les plus grands et les plus lents à venir à matu-
ultérieures en modifiant l'environnement dans rité (chênes) commencent à dominer les autres et
un sens plus favorable. Elles peuvent fixer à fournir la principale ressource alimentaire
l'azote, ameublir les sols lourds, réduire la (glands). Dans la Figure 5.4.2, l'échelle temporelle
teneur en sel de la terre, stabiliser les pentes de transformation d'un étang en marais est arbi-
raides, absorber l'excès d'humidité, fournir un traire, car cela dépend de nombreux facteurs. De
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nouvelles espèces viennent s'y ajouter à mesure pucerons et les moisissures provoquent des dom-
que les conditions changent. mages considérables, tandis que les virus peu-
vent déclencher des maladies fatales aux plantes.
La prévention peut jouer un rôle majeur
5.5 Lutte contre les nuisibles en permaculture dans le combat contre les prédateurs. Comme
nous l'avons mentionné ci-dessus (Section 2.6),
Toute forme de vie empêchant l'homme de les écosystèmes complexes tendent à être plus
stables que les simples, et moins vulnérables à
récolter ou réduisant le volume de ses prélève-
une attaque issue de populations fortement
ments, cultivés ou non, peut être considérée
accrues. Il est généralement admis que la mono-
comme un nuisible, un « fléau ». Cette définition
culture conduit à des accroissements dramati-
demande quelques précisions. ques des effectifs d'espèces parasites, ces der-
Une espèce particulière, par son action, nières tirant un profit direct de celle-là, tandis
peut provoquer des troubles mineurs dans un que l'environnement de la monoculture peut être
système sans être un réel fléau. Il en est surtout défavorable à leurs prédateurs ; les ravages en
ainsi de nombreuses formes de vie inférieure, sont le résultat. Dans un système comportant
telles que les insectes, qui ont très peu d'effet des espèces variées de plantes et d'animaux, avec
quand ils sont en petit nombre. Cependant, si les des habitats et des microclimats divers, l'appari-
conditions deviennent favorables, les effectifs de tion du parasitisme est moins probable. Ceci
certaines espèces ayant un cycle reproductif s'applique particulièrement aux arthropodes.
court peuvent augmenter énormément et devenir
u n p r o b l è m e i m p o r t a n t . C o m m e l e dit Les plantes saines sont moins susceptibles
RYDER (26), « il est plus instructif de penser en de devenir malades et d'être attaquées par des
termes de "situations" nuisibles, plutôt que de insectes, et en même temps plus capables de
considérer certaines espèces comme les ennemis rivaliser victorieusement avec les mauvaises
immuables de l'homme ». Ainsi une espèce herbes et de surmonter les attaques des para-
devient-elle un « fléau » seulement à certaines sites. La santé des végétaux est en partie le
densités, dans des situations particulières. résultat d'un sol approprié, d'un climat leur con-
venant, d'un ensoleillement suffisant et de l'exis-
Nous découvrons toutefois que, bien que tence d'autres facteurs environnants favorables.
telle ou telle espèce puisse être nuisible, sa fonc- Un ensemble de bonnes conditions stationnelles
tion dans l'écosystème est importante et indirec- améliore la santé de la plante. De multiples
tement bénéfique pour l'homme ; en d'autres indices suggèrent qu'une croissante rapide due à
termes, ses effets doivent être soigneusement l'administration de grands quantités d'engrais
examinés avant qu'on ne les qualifie de «fléau ». solubles augmente la vulnérabilité aux maladies,
Voici deux des principales manières par et que la fréquence de celles-ci chez les plantes
lesquelles les êtres vivants deviennent des nuisi- cultivées et protégées, est beaucoup plus élevée
bles en agriculture : que chez les plantes qui ne le sont pas (39). L'éli-
a) Compétition avec les plantes cultivées mination de ces pratiques coûteuses en perma-
pour atteindre la lumière, se faire de la place et culture aura aussi pour résultat l'amélioration
s'assurer des nutriments et de l'eau ; c'est-à-dire de la santé et de la vigueur des végétaux.
les mauvaises herbes. Des associations particulières de plantes
b) Compétition avec l'homme pour un peuvent contrôler efficacement certains fléaux.
même produit ; par exemple, les merles, qui con- En Californie, des ronces à proximité du
voitent les fruits. vignoble ont fourni des abris hivernaux pour un
Dans un système s'auto-entretenant, où la parasite des œufs de la cicadelle du raisin. Des
diversité de la production est désirable, la com- observations pratiques d'associations végétales
pétition venant des animaux et des plantes peut symbiotiques et antagonistes sont enregistrées
souvent tourner à l'avantage de l'homme. Ainsi, dans la littérature sur les plantes compagnes
beaucoup de mauvaises herbes sont utiles (spé- (voir Réf. 14).
cialement comme herbes médicinales), et cer- Le contrôle des parasites par la présence
taines des espèces de l'Appendice B sont considé- d'animaux supérieurs est un aspect du fait cité
rées comme des herbes nuisibles en culture plus haut, que les écosystèmes complexes (com-
annuelle. Les merles quant à eux peuvent prenant beaucoup d'espèces végétales et ani-
devenir une ressource comestible. Les plantes males) sont plus résistants aux maladies et aux
sont agressées par de nombreuses formes de vie. ravages parasitaires que les écosystèmes simples
Les dommages physiques causés par des ani- (culture sans animaux). Des amas de rochers
maux d'une certaine taille, comme les chèvres peuvent encourager la présence de populations
décortiquant les arbres, les lapins mangeant les importantes de lézards — comme le petit lézard
jeunes pousses, et les opposums brisant les à langue bleue* — qui mangent les limaces et
bourgeons et les branches, sont une forme de
nuisance bien connue. Des parasites tels que les * «Slender blue tongue » dans le texte (N du T).

50
autres nuisibles. Les grenouilles sont consomma- croyons qu'une attitude pragmatique est néces-
trices d'insectes et fréquenteront la végétation, saire pour appréhender la réalité d'un fléau, et
même jusqu'au sommet des arbres, s'il y a de le combattre efficacement.
petites mares ou des trous d'eau à proximité En fait, par la culture, nous engendrons un
pour qu'elles puissent se reproduire. L'élimina- nouvel écosystème, fournisseur de nourriture et
tion de ce grand prédateur, le chat, augmentera d'autres ressources à partir des espèces venant
rapidement le nombre de lézards et de gre- de l'extérieur. Bien que nous puissions déve-
nouilles. L'absence de chats attirera aussi une lopper le système pour qu'il s'auto-entretienne,
plus grande variété et un plus grand nombre avec des éléments individuels aussi sains que
d'oiseaux, l e s q u e l s c o n t r ô l e n t b e a u c o u p possible, il faut accepter les conséquences
d'insectes nuisibles. qu'entraîne la nature « agricole » (et donc artifi-
Les canards, les poules, et d'autres vola- cielle, non spontanée) du système. La répression
tiles domestiques mangent de tout, préservant d'espèces issues des écosystèmes environnants,
les endroits où ils se promènent de beaucoup de ou provenant de nos propres introductions (telles
parasites, particulièrement des limaces et des que lapin et chat), est inévitable. Les vestiges des
escargots. vergers et jardins que nous trouvons dans toutes
Un cas intéressant de contrôle parasitaire les régions rurales sont des indications sur ce
par les animaux — ou lutte biologique inté- qui arrive lorsque l'influence protectrice de
grée** — est très instructif. La mite de Codling l'homme disparaît.
est l'un des pires fléaux qui affectent les Un facteur à prendre en considération dans
pommes, les poires et les coings ; elle les fait l'installation de certaines espèces végétales est la
tomber prématurément ou les infeste de larves. sécrétion, par quelques-unes d'entre elles, de
Avant l'apparition de l'industrie chimique des substances qui empêchent la croissance d'autres
pesticides, on utilisait les porcs pour combattre espèces. Les pins et les chênes sont connus pour
la mite de Codling, dans le district Huon de Tas- cela, et (New Scientist, 17 fév. 1977, p. 393) la
manie. Un petit nombre de ces animaux en fougère secrète des composés phénoliques qui
liberté à l'époque de la maturation des fruits sont toxiques pour d'autres plantes. Ces caracté-
mangeait tous ceux qui étaient tombés, réduisant ristiques peuvent tantôt être utilisées comme
ainsi la possibilité pour le ver d'achever son une ressource pour combattre les mauvaises
cycle vital. Le remplacement de cette méthode herbes, ou inversement, apparaissent comme un
efficace par des pesticides chers de dangereux facteur nuisible, rendant difficile l'implantation
est une histoire triste et désolante. d'une espèce donnée. Ainsi l'allélochimie ou la
On doit garder présent à l'esprit que la prise en considération des plantes compagnes,
lutte contre les nuisibles est un processus peut fournir des indices sur les effets antago-
intégré, où les éléments de l'écosystème qui nistes ou favorables de certaines espèces sur
aident à les neutraliser sont aussi là pour d'autres. Pour le non-chimiste, l'observation est
d'autres raisons. Par exemple, le « black fisch », le meilleur guide.
le canard et le porc sont des ressources Un « nuisible » est un animal hors de sa
alimentaires ; le « mulching » (couverture du sol place, ou dont nous ne trouvons pas l'utilité,
avec des débris végétaux) a bien d'autres fonc- mais une certaine réflexion peut le convertir en
tions que celle de réduire la vulnérabilité des une espèce avantageuse dans le cadre de la
plantes à la maladie. Les maladies parasitaires permaculture ; ainsi par exemple les mouches
requièrent une approche globale, intégrée, plutôt peuvent être une source importante de nourri-
qu'une solution simple, voire simpliste, telle que ture pour les poissons à condition d'être attirées
la pulvérisation d'un produit chimique. Cepen- vers les étangs et piégées. Des cônes concaves
dant, tout ce qui a été dit précédemment ne donnant accès à une boîte avec dessus en verre,
signifie pas que les atteintes parasitaires ne appâtés par un os et du sang frais, constituent
soient pas un problème, ou qu'il soit possible un piège efficace pour les mouches et les guêpes.
pour nous de toujours « laisser faire » la nature. Voir Figure 6.3.4.2.
Aussi d é s a g r é a b l e s s o i e n t - e l l e s , des Les oppossums, en Tasmanie, peuvent
mesures ponctuelles doivent parfois être prises. fournir de la fourrure, et sont tout à fait comes-
L'identification d'une maladie virale dangereuse tibles, si on fait mariner leur viande dans du
dans un noyer de valeur, par exemple, peut vin ; là où ils sont indésirables, on peut les
nécessiter sa destruction pour prévenir l'exten- attraper vivants et les éloigner, mais un déplace-
sion de celle-ci. On peut être contraint de se ment de 10 km ou plus est nécessaire, sinon les
servir du fusil contre les opossums qui causent animaux reviendront à leur lieu d'origine.
des dommages aux arbres fruitiers. Nous Un « mulching » profond attire les merles,
lesquels, au printemps, détruisent les semis ou
** Terme employé en France pour désigner le les plants en grattant le sol. Les moineaux sont
recours à des espèces prédatrices comme alternative à attirés par la jeune laitue et les pois. Là encore,
l'épandage de pesticides. on pourra s'emparer de ces animaux au moyen
de pièges en entonnoir garnis de froment (moi- oeufs, pourraient être transformées en un milieu
neaux), de fruits artificiels attachés à des pièges hostile par un pâturage approprié, conçu et con-
à rats (merles), ou encore de filets placés en l'air. duit de manière écologique.
Ces espèces fournissent un bon rendement pro- L'intérêt des plantations diversifiées, tant
téique, pour peu que l'on se donne la peine de au niveau de l'espèce que du cultivar, c'est que
mettre en place des dispositifs pour les capturer. la forme d'agression employée par un nuisible
Nous sommes d'avis que la plupart des peut mettre en relief les avantages des associa-
nuisibles locaux peuvent être utilement con- tions végétales ou du mulching, et permettre la
vertis, soit directement soit indirectement, en mise au point de variétés résistantes à l'avenir.
produits utiles à la permaculture ; à l'exception, Le Phytopthora cinnamonmi, le champignon du
peut-être, d'espèces qui font irruption ou vien- sol qui ravage les forêts naturelles d'Australie, a
nent en incursion d'en dehors du système. En beaucoup moins d'impact sur les avocatiers for-
Australie méridionale, les invasions de criquets tement mulchés poussant sur du bon terreau,
appartiennent à cette catégorie. Même si beau- qu'il n'en a sur les plantations labourées et net-
coup de plantes pérennes résistent à la défeuil- toyées des zones sablonneuses. On a récemment
laison et régénèrent à partir de tubercules, montré que la gale de la pomme de terre est peu
racines, pousses adventices et bourgeons, le pro- fréquente lorsqu'on emploie une pulvérisation
blème des criquets doit être traité comme une foliaire à base d'algues. (The Mercury, Hobart, 14
affaire nationale plutôt que locale, les plaines juil. 1977), etc. De tels remèdes organiques
torrides de l'intérieur qui fournissent aux cri- seront généralisés à mesure que l'on entre-
quets un milieu favorable pour la ponte de leurs prendra des observations contrôlées.

52
6.0 L'AMÉNAGEMENT DU SITE

Les paysages stables façonnés par l'homme 5. Ensembles végétaux


à l'échelle d'une région sont rares. Ils exigent un 6. Microclimat
effort et une attention inlassables de la part de
celui-ci (LYNCH, K. Site Planning). Pourtant un 7. Bâtiments permanents
paysage équilibré, productif et foncièrment beau 8. Clôtures
et harmonieux, est peut-être la plus haute valeur 9. Sol
matérielle qu'une société puisse recevoir en héri- L'aménagement du site est une tâche syn-
tage. L'habileté dans l'agencement paysager thétique complexe en permaculture. L'affirma-
semble évidente dans quelques cultures agraires tion de Colin MOORCROFT, à propos de l'environ-
« pré-civilisées », mais depuis qu'on assiste à une nement bâti, est fort intéressante à considérer en
prépondérance de l'habileté technique sur les relation avec l'organisation permaculturale :
traditions spirituelles et culturelles, l'aménage- « ... Chaque élément doit être apte, partout où
ment des sites s'est rétrécie à l'échelle urbaine c'est possible, à accomplir plus d'une fonction,
et devint ornementale plutôt qu'utilitaire. La et réciproquement, chaque fonction doit pouvoir
conception du paysage rural productif, dans les être effectuée de plus d'une façon. » Nous
pays industrialisés modernes, ne relève d'aucun croyons, en effet, qu'une combinaison des prin-
modèle traditionnel stable, ni d'aucune nouvelle cipes permaculturaux et du système de YEOMANS
science rationnelle, ni d'aucun art. Même le rap- se rapproche d'une écologie totale intégrée du
port de 1974 de la British Countryside Commis- paysage, ayant à la fois valeur utilitaire et esthé-
sion, portant sur l'aménagement du paysage tique.
rural productif en Grande-Bretagne, maintient la
dichotomie entre sa productivité et sa valeur
esthétique (MANTEN A.A. Agricultural Landscapes
in Britairi). 6.1 Configuration topographique

En Australie, YEOMANS ( 2 0 , 2 1 ) a formulé La configuration du relief est un aspect


des idées sur l'agencement du paysage pour fondamental, inchangeable, d'un site (mis à part
l'activité pastorale extensive et les a mises en le recours à des technologies très coûteuses).
pratique avec grand succès. Son « Échelle de Son influence sur le microclimat, la rétention
permanence » pour le paysage agricole mérite d'eau et le drainage, l'accès au lieu, ainsi que la
réflexion. Il prend en considération huit élé- profondeur et les différentes caractéristiques du
ments fondamentaux dans l'alémagement pay- sol, est essentielle.
sager. Les voici par ordre de permanence :
Une connaissance approfondie de la confi-
1. Climat guration topographique d'un site est nécessaire
2. Configuration topographique si l'on veut comprendre l'ensemble de ces autres
3. Approvisionnement en eau facteurs. Le sens de l'écoulement des eaux et la
4. Routes de desserte ligne de partage de ces dernières, les falaises et
5. Arbres les affleurements rocheux, les zones susceptibles
de subir des glissements de terrain, l'altitude et
6. Bâtiments permanents le gradient des pentes, etc., sont toutes des infor-
7. Clôtures mations de base décrites au mieux dans une
8. Sol carte à large échelle comportant des courbes de
Dans tout agencement paysager, la perma- niveaux.
nence relative des différents éléments est d'une Naturellement certains lieux sont plus
grande importance si l'aménagement lui-même avantageux que d'autres, mais un site diversifié
doit s'intégrer à la transformation évolutive du comportant tous les aspects, de bons emplace-
paysage. L'échelle temporelle, ici, embrasse plu- ments pour des retenues d'eau, des zones plates
sieurs générations, et la tâche ne peut jamis être et des pentes raides est très utile. Des falaises,
considérée comme achevée. par exemple, ne doivent pas être considérées
Pour mettre en perspective les travaux de comme un obstacle, car elles permettent souvent
planification et d'agencement, l'Échelle de per- la mise au point de systèmes spécifiques impos-
manence de YEOMANS est très utile. Nous souhai- sibles ailleurs.
tons néanmoins la modifier quelque peu, pour
l'adapter à l'organisaiton spécifique des sys-
tèmes permaculturaux, de la façon suivante. 6.2. Climat
1. Climat
2. Configuration topographique Avant de passer à l'étude des facteurs
3. Approvisionnement en eau locaux plus précis dans l'aménagement du lieu,
4. Routes de desserte il faut soigneusement prendre en considération

53
peuvent limiter l'éventail de plantes par ailleurs
susceptibles d'adaptation, soit à cause de l'excès
de pluie, soit parce qu'elle fait défaut. La pluie
estivale peut être nocive pour la fructification de
certaines plantes. Pour celles qui sont adaptées
aux régions très froides, etc., voir le Tableau
6.2.1 ci-dessous.

6.3 Microclimat Réf. 31

« Le microclimat est la somme des condi-


tions particulières du milieu dans un endroit
précis, celui-ci se trouvant affecté par des fac-
teurs locaux plutôt que par des facteurs
climatiques » (31). Ces facteurs sont la topogra-
phie, le sol, la végétation, les masses d'eau et les
structures réalisées par l'homme. Ces facteurs se
superposent au climat d'une région pour engen-
drer un environnement dont les caractéristiques
locales se mesurent par : les écarts de tempéra-
ture et les températures elles-mêmes ; l'humidité
le climat de la zone, qui est le facteur limitant relative et ses variations ; la vitesse du vent et
fondamental, déterminant le degré de diversité ses fluctuations, sa régularité et sa ou ses direc-
que peuvent atteindre les espèces dans la zone tions dominantes ; les gelées, la pluie, la neige, la
en question. rosée et d'autres formes de précipitation.
Le climat tasmanien peut être classé dans Les variations du microclimat peuvent être
la catégorie « climat marin de côte occidentale » très grandes, même à l'intérieur de zones de
un climat humide, doux, semblable à celui de faible étendue relative. Cette diversité « ... peut
l'Europe de l'Ouest et de la Nouvelle Zélande. A être attribuée à la nature variée des surfaces se
l'intérieur de cette classification, toutefois, les trouvant au-dessous des couches d'air proches
variations sont considérables, engendrées par le du sol » (31).
relief montagneux et le profil côtier complexe et Étant donné que le système permacultural
découpé. Par exemple, du Mont Wellington à la inclut une grainde diversité de plantes utiles rele-
rive orientale, en passant par Hobart, les précipi- vant d'environnements différents, et vu que les
tations chutent respectivement de 152 mm à communautés végétales elles-mêmes affectent
64 mm et à 46 mm, avec une couverture nua- grandement le microclimat, le sujet mérite une
geuse qui suit la même tendance ; tout cela sur étude approfondie.
une distance de moins de 10 km.
Dans une agriculture extensive à vaste
Si l'on néglige les variations locales, le échelle, ce que l'on fait pousser convient au
principal facteur limitant climatique dans les climat, mais les caractéristiques microclimati-
régions tempérées fraîche est l'été insuffisam- ques du site sont délibérément négligées. De fait,
ment chaud. Beaucoup de plantes utiles que les méthodes modernes de culture contribuent à
nous souhaiterions cultiver sont pleinement rendre le microclimat uniforme à un tel degré
adaptées aux climats continentaux ayant des qu'il devient un aspect insignifiant de l'environ-
températures estivales élevées nécessaires à la nement. En de rares circonstances seulement le
maturation des fruits. L'olivier, le figuier et microclimat est pris en considération par les
d'autre arbres sont peu répandus en Tasamanie, agriculteurs commerciaux : le succès des planta-
à cause précisément des basses températures tions de vigne, par exemple, dans la vallée du
estivales qui, souvent, empêchent les fruits de Main, en Allemagne, apparaît totalement dépen-
mûrir correctement. dant d'un microclimat modifié par l'homme (31).
Les températures hivernales minimales et Comprendre la dynamique microclimatique
les gelées sont aussi des facteurs limitants, mais d'un lieu et la façon de la modifier permet au
moins pour les plantes pérennes ligneuses que praticien de la permaculture de faire pousser un
pciur les délicates plantes annuelles. Les plantes éventail étendu de plantes utiles. Les raisins, les
à feuilles caduques, même celles des latitudes figues, les olives, les caroubes et les oranges, par
assez basses, sont presque insensibles aux dom- exemple, sont tous dépendants, à des degrés
mages causés par les gelées, ainsi qu'on peut le divers, d'un microclimat favorable, si l'on veut
constater dans la plupart des régions tempérées. les cultiver avec succès dans des régions tempé-
Les précipitations et leur répartition annuelle rées n'ayant pas leur climat d'origine.

54
6.3.1 Topographie
La topographie est le facteur le plus évi- Les pentes exposées au nord-est reçoivent
dent et le plus permanent exerçant une influence un maximum de radiation directe durant la
sur le microclimat. L'exposition, c'est-à-dire matinée, tandis que les expostions nord-ouest
l'orientation des pentes, est réputée affecter les sont mieux ensoleillées au cours de l'après-midi.
caractéristiques d'un site à cause des variations Les pentes orientées au nord-ouest tendent à se
dans la quantité de radiations reçues. Ce rayon- réchauffer plus lentement dans la journée, évi-
nement est la somme de : tant ainsi aux plantes les dommages provoqués
1. La radiation directe par des dégels rapides, mais elles atteignent des
températures plus hautes (31). La portée de
2. La radiation diffuse du ciel l'exposition change si le soleil est intercepté par
3. La radiation réfléchie d'autres éléments topographiques, tels que des
Seule la radiation solaire est affectée par crêtes ou des sommets montagneux lui faisant
l'exposition ; la radiation du ciel, venant de par- face. Par exemple, dans certaines zones de
tout, dépend plutôt de la position et de l'empla- Hobart (Australie) les pentes exposées au nord-
cement de l'élément réfléchissant que de l'expo- ouest sont totalement cachées du soleil en fin
sition. Étant donné que la déclinaison du soleil à d'après-midi à cause de l'ombre projetée par le
partir de la verticale, est approximativement de Mont Wellington.
20 degrés à 60 degrés nord en Tasmanie , les
pentes exposées au nord reçoivent considérable- La couverture nuageuse moyenne change
ment plus de radiations directes que les expos- aussi la signification de l'exposition. Quand
tions horizontales ou méridionales. Les pentes l'importance des nuages augmente en tant que
très raides (48 degrés ou plus) recevont un facteur climatique, la proportion de rayonne-
rayonnement maximum en hiver, tandis que les ment due à la radiation du ciel augmente jusqu'à
pentes moins inclinées (20 degrés-30 degrés) le 40 % ou plus et, puisque celle-ci est indépen-
recevront au contraire durant l'été (voir Figure dante de la direction, l'exposition devient un fac-
611). teur moins essentiel dans les climats nuageux.

55
L'influence du sens de la pente sur les « trous » sont affectés par d'autres facteurs com-
communautés végétales peut être facilement plexes qui rendent la prévision du danger de gel
constaté dans la brousse. Souvent les pentes difficile, et, somme toute, d'ordinaire, ils influent
orientées au nord* sont colonisées par un boise- peu sur le risque de gel. « Des observations de
ment sec et xérophile, tandis que les pentes terrain ont montré de façon répétée que l'air
orientées au sud sont couvertes par des forêts froid ne coule pas comme de l'eau, mais plutôt
xérophiles humides. La prise en compte de comme du porridge ou du sirop épais »(31). Les
l'exposition signifie généralement que l'on cher- vitesses sont o r d i n a i r e m e n t i n f é r i e u r e s à
chera à tirer avantage des pentes exposées au 1 mètre/seconde. Ces deux faits conduisent à une
nord*. Elles sont les plus utiles pour la perma- grande variabilité dans les risques de gel, et leur
culture car elles contribuent à vaincre le facteur sévérité. Un travail détaillé dans la vallée de la
limitant constitué par le manque de chaleur Moselle en Allemagne a montré qu'une forêt en
nécessaire à la maturation. Beaucoup de baies travers d'une vallée endiguait efficacement l'air
de climat frais et d'arbres forestiers comme le froid — créant un véritable barrage de gelée.
hêtre et le marronier d'Inde seraient davantage à Des travées de 400 à 500 mètres furent néces-
leur place, néanmoins, sur des pentes orientées saires pour en permettre l'écoulement. S'il en est
au sud*, plus ombragées. ainsi, des resserrements et autres obstacles dans
une vallée, dus à la configuration du relief, endi-
L'écoulement de l'air froid est une autre gueront aussi l'air froid, augmentant le danger
façon par laquelle la topographie influence -le de gel en amont de l'obstacle tout en le rédui-
microclimat. La vieille règle « les surfaces con- sant à l'aval. La propriété Teapot à Jackey's
caves de la terre sont froides la nuit, tandis que Marsh, près de Meander, en Tasmanie, est immé-
les convexes sont chaudes », est fondamentale- diatement derrière un tel étranglement de vallée,
ment vraie parce que l'air froid est plus lourd et il y a des gelées pendant toute l'année.
que le chaud, et tend à s'écouler des collines
convexes vers les vallées concaves (31). Ceci est Cependant, tout ceci ne signifie pas que les
propice à la formation de « trous de gelée » où sommets des collines sont les zones les plus
l'air froid se rassemble tard durant la nuit ; il en
résulte une probabilité accrue de gel. Les mini- * Se rappeler que la Tasmanie se trouve dans
m u m s de t e m p é r a t u r e nocturne dans les l'hémisphère sud.

56
indemnes de gel. Des observations ont permis de chaudes, de jour comme de nuit, que le fond de
constater que des masses d'air froid restent sur la vallée ou les crêtes. Cette zone chaude est
les sommets de crêtes aplaties et des plateaux, connue en Europe sous le nom de « ceinture
conduisant à un danger de gelée presque aussi thermique » et à été depuis longtemps appréciée
grand que dans les vallées (voir Figure 6.3.1). pour la création de villages, de monastères et de
Les endroits les plus épargéns par le gel en lieux divers de villégiature (voir Figure 6.3.1.3).
terrain montagneux sont les pentes les plus L'observation des caractéristiques de crois-
hautes des vallées. Des recherches indiquent que sance des plantes confirme l'influence favorable
celles-ci sont habituellement beaucoup plus de la ceinture thermique (voir Figure 6.3.1.4).

57
La topographie affecte aussi la circulation feuilles et des couches de mulch absorbent le
des vents. En pays de montagne, les vents domi- rayonnement et l'eau avec facilité mais en trans-
nants peuvent venir de la « mauvaise » direction. mettent peu au sol. Semblablement, le mulch
Dans les zones situées sur les contreforts du gèle facilement, mais jamais au-delà d'une mince
Mont Wellington, en Tasmanie, des vents du sud- couche. GEIGER affirme que l'efficacité du mul-
ouest arrivent par le nord-ouest , à cause de la ching dans l'accroissement des rendements agri-
conformation locale de la vallée. Plus impor- coles a été prouvée mais que les changements
tants, du point de vue microclimatique, sont les quantitatifs apportés par celui-ci au microclimat
vents de la vallée. La nuit, des coulées d'air froid ont rarement été mesurés. Le mulching a été uti-
dévalant les pentes peuvent se développer en lisé extensivement pour retenir l'humidité du
rafales, mais généralement les vents chauds, qui sol ; il allonge la période pendant laquelle l'eau
remontent les pentes durant la journée, sont demeure accessible aux plantes en quantité suffi-
plus forts. Toutefois, en ce qui concerne l'aména- sante, et dans les lieux abrités, comme les forêts,
gement microclimatique, seuls les vents domi- il accroît même sensiblement l'humidité. Des
nants ont une signification réelle. La topographie recherches sur la capacité de rétention de l'eau
locale peut en effet fournir un abri contre les de la litière de feuilles mortes d'une forêt natu-
phénomènes éoliens. relle ont montré que le temps nécessaire pour
Pour de nombreuses espèces, comme les atteindre une absorption complète est d'environ
agrumes, la protection contre les vents froids est 2 minutes — alors que le temps de dégagement
beaucoup plus cruciale au point de vue de la ou ressuyage peut être de 16 jours (31). Les
production. Si l'on considère des vents domi- implications de ce pouvoir de rétention d'eau
nants perpendiculaires à travers une crête, la pour les régions sèches sont évidentes et nom-
vitesse de ceux-ci augmente sur la pente au vent, breuses.
tandis qu'elle décroît sur la pente sous le vent. Notre expérience nous fait conclure que le
Pour qu'une protection puisse être significative mulching est une technique inestimable pour les
sur les pentes sous le vent, la vitesse du vent terres où l'eau est peu abondante, même si, dans
doit atteindre au moins 5 m/seconde et les le cas de plantes annuelles, il est bon de
pentes 5 degrés ou plus. L'abri contre les vents l'enlever au printemps pour permettre un bon
froids fourni par les crêtes, particulièrement les réchauffement du sol.
vents du sud-ouest, ainsi que les vents chauds du
nord*, est très important (pour plusieurs
espèces). Il est nécessaire d'en tenir compte dans 6.3.3 Végétation
l'aménagement du lieu. On doit pourtant se rap-
peler qu'une topographie fournissant une protec- « La végétation rend le climat plus doux,
tion complète contre le vent accroît les risques d'un type plus maritime »(31). C'est une observa-
de gelée à cause de l'absence de turbulences pen- tion répandue que les gelées sont rares dans les
dant la nuit. forêts, et qu'il fait frais dans une forêt par un
jour de chaleur. Le sol se dessèche rarement, et
la pluie sous la voûte des arbres s'égoutte douce-
6.3.2 Sols ment et lentement. Ce sont toutes des caractéris-
Les sols peuvent affecter le microclimat à tiques qualitatives d'un microclimat doux.
cause de leur conductivité thermique différen- Les microclimats au sein de la végétation
tielle, de la réflectivité de la lumière (albedo) et sont doux, à cause des modalités de l'absorption
de leur contenu en air et en eau. Ils doivent être du rayonnement, de son réfléchissement et de
considérés comme un facteur mineur car leur son transfert entre les plantes. L'œuvre de BAUM-
influence propre est ordinairement masquée par GARTNER sur l'équilibre des radiations dans une
la couverture fournie par la végétation et les dif- forêt dense montre que, si les radiations disponi-
férentes sortes de litières. bles au niveau du sol de la forêt sont plus fai-
Ces dernières, et le mulching installé par bles qu'à n'importe quel autre niveau, la période
l'homme, ont des effets intéressants sur le de déperdition de chaleur est très courte
microclimat. F . FIRBOW a montré que la tempéra- (3 heures dans son étude) ; de cela découle un
ture diurne du sol dans les bois de chênes et de environnement extrêmement stable (31). La voûte
hêtres en Europe centrale peut être très élevée '/ feuillue et les étages les plus élevés de la forêt
au printemps, avant que les arbres ne bourgeon- ( emmagasinent de la chaleur et l'irradient au
nent, à cause de la conductivité extrêmement cours de la nuit. Des effets similaires sont expé-
faible de la litière de feuilles mortes. Dans les rimentés dans des bâtiments sis dans des clai-
quelques premiers jours de mai, on a mesuré des rières, ce qui réduit le besoin d'énergie à la fois
températures atteignant 43° centigrades à l'inté- pour rafraîchir et pour chauffer.
rieur de la litière (31). La plupart des tapis de Les effets du vent sont toujours faibles ou
inexistants sur la végétation. Le sommet de celle-
* Se rappeler que la Tasmanie se trouve dans ci se comporte de façon similaire aux frontières
l'hémisphère sud. entre l'air et l'eau : la tuburlence peut y être

58
forte mais ne pénètre pas loin dans la végéta- Charge de la crue.
tion. Cela a pour résultat un faible taux d'évapo- Vallée boisée : 10 mg/1 de solides en sus-
ration. L'effet rafraîchissant de l'évaporation pension.
rapide est absent et l'humidité élevée, ou, ce qui Vallée déboisée : 550 mg/1 de solides en
est plus important, stable ou constante. suspension.
Bien que l'humidité dont disposent les Bien que les communautés végétales, et
grandes plantes (arbres) dans une forêt soit pas- particulièrement les forêts, affectent le micro-
sablement stable, l'effet des précipitations varie climat d'une façon généralement favorable à la
beaucoup à travers la forêt. Ceci est particulière- croissance des plantes du sous-bois, en même
ment vrai pour les plantes de faible taille du temps elles l'inhibent par le manque de lumière
sous-bois. La plupart des arbres pleinement disponible pour la photsynthèse. ELLENBERG a
garnis de feuilles détournent la pluie vers leur montré que l'intensité de la lumière près du sol
périphérie (la ligne d'égouttement), donnant là, varie considérablement même dans une forêt
des moyennes de précipitation de 160 % par rap- dense, et que la flore du sous-bois est en corréla-
port à celle qui tombe sur terrain découvert, tion étroite avec un maximum d'intensité lumi-
alors que sous les arbres ne s'écoule que neuse. Dans les régions tempérées, des peuple-
50 % (31). Certains arbres canalisent la pluie qui ments forestiers laissant pénétrer moins de 30 %
ruisselle en entonnoir autour du tronc. Dans les de la radiation extérieure ont très peu de végéta-
forêts denses, la capacité de rétention d'eau de tion de sous-étage. Beaucoup d'espèces utiles,
la couverture verte modifie le volume total des cependant, — particulièrement les baies — sont
précipitations. Lors des petites averses, parfois, spécifiquement adaptées aux faibles niveaux
aucune pluie n'atteint le sol pendant plusieurs lumineux. Les champignons, aussi, ont une tolé-
heures, l'évaporation renvoyant dans l'atmos- rance élevée à l'ombre, et fournissent de la nour-
phère l'humidité de la couronne de feuillage. riture pour l'homme et ses animaux domesti-
Cette i n t e r c e p t i o n a é t é é v a l u é e p a r ques.
0VINGTON(31) à des proportions pouvant fluctuer
entre 6 et 93 % de précipitations totales. En con- Les arbres à feuilles caduques permettent
séquence, les sols forestiers sont rarement aussi une influence accrue sur le mircroclimat inté-
humides en hiver que ne le sont les sols décou- rieur de la forêt, mais pas autant qu'on pourrait
verts, bien que leur capacité à retenir l'eau soit le penser. Les fluctuations dans le taux de la
élevée. Ceci, combiné avec le phénomène d'inter- pénétration de la lumière jusqu'au sol forestier,
ception foliaire, et le captage de l'humidité par selon les saisons, ont peu d'impact parce que
les arbres, signifie que le ruissellement en prove- peu de plantes poussent en hiver.
nance d'une forêt est pratiquement nul. Bien Jusqu'ici, nous nous sommes occupés du
qu'il ne soit pas strictement microclimatique, cet microclimat des forêts — particulièrement des
effet est très important. Chacun sait que les forêts denses. Le microclimat forestier fournit
arbres arrêtent l'érosion, mais les chiffres un environnement protégé pour la culture de
démontrent l'ampleur du phénomène érosif, lors plantes nécessitant des températures et une
des défrichements, à la fois sur le sol et les humidité constantes et peu de lumière. Les
cours d'eau. espèces pouvant s'y acclimater sont donc limi-
tées en nombre. L'environnement forestier déve-
loppe un écosystème à base d'une litière de
Voici l'exemple de deux vallées adjacentes débris végétaux et déchets organiques, lequel
similaires dans les montagnes du Hartz, en peut fournir de la nourriture aux animaux
Europe ; l'une boisée, l'autre presque complète- domestiques et aux espèces sauvages utiles. Un
ment déboisée (aux fins de pâturage) (31). atout supplémentaire, précisément, des environ-
n e m e n t s f o r e s t i e r s , est qu'ils constituent
Précipitation le 7 juillet 1950: 16,4 mm en l'habitat de beaucoup d'espèces animales. Le
37 mn. microclimat de la forêt est idéal pour la propa-
Ruissellement. gation et la croissance des plantes, spécialement
Vallée boisée : 75 l/km 2 /sec celles des régions tempérées. Les arbres pous-
Vallée déboisée : 200 l/km2/sec; sent souvent mieux dans les forêts qu'en terrain
découvert, en particulier durant leur étape de
Pureté de l'eau pré-maturité (39).
Les cours d'eau dans les deux vallées char-
riaient 5/10 mg/1 de solides en suspension dans Toutefois, une plus grande diversité de
des conditions de non crue. communautés végétales, à l'origine de microcli-
mats variés, permettra à son tour l'introduction
Vallée boisée: 18,6 tonnes de solides en d'un nombre plus important d'espèces, ou de
suspension. 0,05 m 3 /km 2 de cailloux et gros gra- groupes d'espèces cultivées, même sur une faible
viers. étendue. Une combinaison de bois et de forêts,
Vallée déboisée : 56 tonnes de solides en clairières et espaces bocagers, friches et par-
suspension 2 m 3 /km 2 de cailloux et gros graviers. celles en culture intensive est beaucoup plus

59
apte à une production diversifiée hautement ren- été, des brises rafraîchissantes. Des systèmes de
table qu'un simple écosystème forestier. Par con- type Venturi, comportant l'installation
séquent, il est très important de prendre en con- d'éoliennes fixes, peuvent être avantageux dans
sidération le microclimat de la lisière des forêts certaines situations.
et des clairières, ainsi que le effets ou influences Le diagramme de la Figure 6.3.3.1 montre
des éclaircies, des haies vives et des brise-vent. que les lisières exposées au nord reçoivent
Le microclimat de lisière est dominé par davantage de radiations, mais avec des pointes
les effets de la transition entre la forêt et le ter- aux équinoxes plutôt qu'au milieu de l'été, ce qui
rain découvert. La lisière affecte la somme de peut être important pour la floraison printanière
radiations reçues et les vents, selon l'orientation. et les maturations de l'automne. Les tempéra-
Il ne faut pas oublier que l'aménagement et tures du Tableau 6.3.3.1 indiquent que les lisières
l'orientation des lisières forestières peuvent être nord, en été, sont considérablement plus
utilisés pour accentuer la vitesse du vent, si ceci chaudes, à la fois, que la forêt ou les champs
devient un effet désirable lorsque se lèvent, en découverts. Le plus grand éventail de tempéra-

60
tures diurnes en lisière est dû plutôt aux tempé-
ratures élevées de la journée qu'aux basses tem-
pératures nocturnes.
Les bordures chaudes des forêts pourraient
être utilisées avantageusement pour cultiver des
plantes marginales, à cause de la chaleur et de
la lumière normalement insuffisantes pour
amener leurs fruits à maturation.
Les bordures des forêts tendent à être abri-
tées du vent. Même lorsque celles-ci font face
aux vents dominants, la vitesse de l'air est forte-
ment réduite par une accumulation de pression.
Cependant avec des vents obliques par rapport à
la lisière, la vitesse augmente, à cause du cou-
rant d'air le long des lisières. Si l'on veut
obtenir des poches abritées, il faut que la lisière
soit sinueuse. Mais de toute façon, à cause de
l'influence modératrice intrinsèque de la forêt,
ce danger n'est pas très grand.
Les clairières forestières tendent à avoir
un climat beaucoup plus modéré que les zones
dénudées, mais les écarts au niveau des précipi-
tations, de l'évaporation, des rosées et du rayon-
nement, montrent éloquemment combien le
microclimat des clairières est variable.
Le danger de gel peut être associé à la celles des boisements clairsemés à cause des dif-
lisière de la forêt si celle-ci se comporte comme férences dans la forme des arbres (voir Figure
un barrage pour l'écoulement vers le bas de l'air 6.3.3.2).
froid.
Les comparaisons des températures d'une
Les forêts éclaircies, ou les écrans fores- clairière de 14 m de diamètre et d'une bande
tiers, ont des caractéristiques microclimatiques éclaircie de 50 à 60 m de large dans une forêt
intéressantes, et sont semblables par certains mixte de sapins pectinés et de hêtres, ont montré
côtés à des boisements ouverts. Néanmoins, la que la clairière avait un climat dans l'ensemble
densité des arbres et la hauteur de la sylve plus doux, mais des minima nocturnes plus bas
éclaircie sont habituellement plus grandes aue que la bande éclaircie. Par conséquent, une forêt
éclaircie semble avoir des températures plus selon la densité des arbres, leur hauteur et leurs
favorables (plus hautes durant le jour) qu'une espèces. La Figure 6.3.3.4 montre que dans des
clairière, pour des plantes comme les agrumes. ceintures très denses la réduction de la vitesse
Les vents dans un écran éclairci sont générale- du vent se produit, du côté sous le vent, jusqu'à
ment moindres que dans une clairière, — surtout une distance de trois fois la hauteur de l'écran ;
dans une grande clairière — car dans celle-ci toutefois, de trois à trente fois la hauteur de
peuvent se développer des courants tourbillon- celui-ci, une ceinture de moyenne densité est
nant. Dans un écran boisé les vents circulent plus efficace. Elle montre aussi qu'un paravent
dans la même direction qu'en terrain découvert, d'arbres à feuilles caduques, en hiver, garde une
mais plus lentement. Les caractéristiques action protectrice utile du côté sous le vent.
éoliennes et l'intensité du rayonnement attei- « Selon JENSEN, des ceintures d'abri aux bran-
gnant les niveaux inférieurs contribuent à rendre ches dénudées conservent 60 % de l'effet qu'elles
très favorable le microclimat des écrans fores- ont en été lorsque le feuillage est pleinement
tiers (voir Figure 6.3.3). déployé » (voir Figure 6.3.3.5).
En étudiant la lisière des forêts, la clai- Bien que les écrans protecteurs puissent
rière et l'écran protecteur, nous commençons à avoir comme conséquence un risque de gelée
prendre en considération des structures végé- accru à cause du barrage qu'ils créent pour l'air
tales plutôt que des habitats. Les brise-vent ont froid et de la réduction du vent la nuit,
une réelle influence sur le microclimat. Ils cons- « pendant la journée les températures du sol et
tituent l'un des rares « outils » de l'agriculture de l'air sont beaucoup plus élevées dans les
conventionnelle pour façonner le microclimat à zones abritées. Les observations faites par
son avantage. L'effet d'une ceinture protectrice à G. CASPERSON... montrent que des excédents de
l'égard des vents peut varier considérablement température de 10° C. ont été relevés lors des

62
journées ensoleillées, à l'abri d'une haie d'aubé- intérieure est subdivisée par des haies de 5 m de
pines de 3 m de haut près de Postdam » (31). haut qui remplissent des fonctions secondaires,
Les vents tangentiels au brise-vent voient servant de clôtures pour le bétail, protégeant les
leur vitesse s'accroître le long de celui-ci. Les oiseaux, et fournissant une récolte de noisettes
coupe-vent perpendiculaires en forme de coin ou et un endroit pour entasser les pierres ôtées de
d'embranchement en T sont plus efficaces pour la terre arable. » Des effets similaires ont été
réduire le vent venant de différentes directions. obtenus au moyen de murettes de pierre en
« L'arrangement proposé par M. W O E L F E en 1938 Irlande occidentale, où les petits lopins abrités
(Figure 6.3.3.6) fit preuve de son efficacité dans la sont hautement productifs à cause de l'interac-
haute vallée du Rhône. La bande hachurée repré- tion de l'abri lui-même et des radiations chaudes
sente le réseau consistant en une plantation provenant des murs.
mixte de 50 m de large et 15 m de haut. La zone

64
67
68
69
6.3.4 Masses d'eau plus rapide contre un mur noir, mais la récolte
plus abondante (à cause d'un meilleur mûrisse-
Les grandes masses d'eau modèrent le ment) contre un mur blanc (31).
climat ; par ailleurs les petits lacs, les étangs et En Tasmanie, des arbres fruitiers tels que
les réservoirs de barrage sont importants pour le les orangers atteignent un rendement optimum
microclimat du lieu, car ils réfléchissent la lorsqu'ils jouxtent des murs blancs orientés au
lumière. Bien que la réflexion diffuse produite nord.
par la surface des eaux soit très faible, la
réflexion de « type miroir » peut être très élevée
quand le soleil est bas. Des essais sur les rives 6.3.6 Aménagement du microclimat
du Main, en Allemagne, en mars (printemps), ont La manipulation des facteurs microclimati-
montré que la lumière provenant d'en bas (réflé- ques, plus que tout autre chose, permet de diver-
chie) représentait 65 % de la lumière venant d'en sifier les espèces végétales et animales. L'agence-
haut (31). La prospérité des vignobles de la vallée ment du microclimat dans les régions fraîches
du Main est due en partie à ce rayonnement devrait être orienté vers les buts suivants :
réfléchi.
1. Augmentation du rayonnement dispo-
Les rives ensoleillées (orientées au sud) des nible par les plantes durant la saison productive
lacs, étangs, et réservoirs, mais aussi des (été), afin de contribuer à une bonne maturation
rivières, seront donc considérées comme des des fruits.
endroits favorables pour les plantes marginales
2. Augmentation des t e m p é r a t u r e s
requérant un surcroît de lumière et de chaleur.
moyennes de l'air, suppression des gelées et
Signalons pourtant que les vents nocturnes frais
réduction des vents refroidissants, de manière à
le long des rivières n'ont pas d'équivalent au
protéger les plantes sensibles (et améliorer
niveau des étangs immobiles. Une surface d'eau
l'environnement pour les animaux).
libre est nécessaire pour qu'il y ait un maximum
de réflexion, ce qui impose que les réservoirs et 3. Développement d'un microclimat plus
les rivières employées à cette fin seront dégagés modéré, avec un éventail de données thermiques
de végétation de surface. Il est possible d'utiliser et hygrométriques plus réduit, et des vents
pour cela des poissons ou des mammifères sus- amortis.
ceptibles de brouter ces herbes, afin de les faire Ces buts sont donnés par ordre d'impor-
disparaître ou d'en contrôler la croissance (voir tance. Ils visent à augmenter la diversité des
Figure 6.3.4.1 et 6.3.4.2). espèces qui pourront être cultivées. La Figure
6.3.6.1 résume les moyens d'atteindre les deux
6.3.5 Structures établies par l'homme premiers buts. Les Figures 6.3.6.2 et 6.3.6.3 illus-
trent les différences microclimatiques entre deux
Avec suffisamment d'argent, n'importe milieux forêt/pâturage similaires.
quelle plante utile peut être cultivée grâce à des
serres normales ou des serres chaudes ; la
culture sous serre est indépendante de la locali- 6.4 Relations spatiales en permaculture
sation et devrait faire partie de n'importe quel
système autosubsistant intégré, particulièrement Le plan géométral de zone et de secteur
dans un environnement urbain. En outre exposé ici est fondamentalement un plan pour la
(Réf. 24) la serre peut devenir un élément effi- conservation de l'énergie, conçu pour obtenir la
cace du chauffage domestique, économisant ainsi meilleure efficacité possible à court et à long
une part importante du combustible employé en terme. Le zonage réalisé depuis l'intérieur de la
hiver dans les méthodes conventionnelles. maison jusqu'à l'horizon est possible, un peu
Le microclimat engendré par les murs comme une bonne disposition ou agencement
orientés au sud est d'une très grande impor- d'une cuisine obéit au principe directeur du
tance. ceux-ci se comportent presque de la même moindre effort pour un résultat maximum. Ainsi,
manière qu'une lisière forestière tournée vers le les zones représentent les valeurs ou catégories
sud — abritée des vents froids du nord et reflé- énergétiques inhérentes au système envisagé de
tant le soleil hivernal. De plus, les murs emma- l'intérieur, l'attention, les soins ou le contrôle
gasinent une quantité considérable de chaleur, qu'exige chaque plante ou groupe de plantes, les
qui est irradiée la nuit, réduisant le risque de besoins domestiques en rapport avec chaque
gel. Cela est particulièrement vrai des murs som- plante particulière, l'énergie ou le produit essen-
bres, bâtis avec des pierres rugueuses. A tiel fourni par la ou les plantes, ou l'unité consi-
l'inverse, les murs lisses, de couleurs claires, dérée.
réfléchissent la plus grande partie de la lumière En répartissant en zones toutes les espèces
et de la chaleur qui les atteint. En Allemagne, (végétales ou animales) et toutes les structures
une expérience faite à l'aide de tomates et de (étang, clôture, abri, puits ou bassin), le travail
pêches cultivées au voisinage immédiat de murs humain au sein du sytème est utilisé très effica-
blancs et noirs, montra que leur croissance était cement.

70
Secteur des
vents froids

Soleil matinal

Vents rafraîchissants

Vents du sud Chaud

Danger d'incendie

Secteur ensoleillé

Figure 6.4.1. Les facteurs "zone" et "secteur" règlent l'emplacement des espèces et des structures
végétales particulières

La division sectorielle vise le contrôle effi- un établissement isolé de tout contexte, mais
cace d'énergie extérieures au système (soleil, l'ensemble des données réelles, les dimensions
vent, feu), ces énergies peuvent être bloquées, limitées de la propriété et d'autres considéra-
canalisées, ou augmentées à volonté. Ainsi, le tions et contraintes pratiques, limitent la forme
vent peut être dévié, dirigé vers une éolienne ou « parfaite » conçue et exposée dans le plan de
bien autorisé à pénétrer en tant que source de base. Fondamentalement, nous avons mis au
rafraîchissement ou de réchauffement pour point une planification du paysage en zone et
amortir les températures extrêmes. Le feu est secteur, les zones représentant l'intensité de
bien sûr exclu en tant que feu de brousse, et uti- l'utilisation et la fréquence d'accès nécessaire à
lisé seulement comme combustion contrôlée à chaque x unité productive, tandis que les secteurs
l'intérieur de la permaculture (voir Figure de sont concernés par les facteurs soleil, vent et
6.4.1 à 6.4.3). feu. La hauteur totale est limitée par la nécessité
Un diagramme théorique idéal pour la dis- de permettre l'ensoleillement, en hiver, du com-
position de chaque unité peut être réalisé pour plexe résidentiel central.
froids
Idéalement, on devrait créer un vaste La Zone I est l'origine du système. La
amplithéâtre d'arbres, avec des plans d'eau et superficie qui entoure la maison d'habitation,
des surfaces en herbe interpénétrant le système représentant l'utilisation du sol la plus intensive
dans son ensemble, ainsi que des structures soi- et la plus contrôlée, est le centre de toute l'acti-
gneusement planifiées pour accomplir plusieurs vité. Dans la Zone I, la distribution, la diffusion,
fonctions. la reproduction, et le nourrissage, la construc-
tion et l'entretien, l'expérimentation et l'observa-
En concevant un complexe (bâtiments-cul-
tion sont les activités caractéristiques. Elle con-
tures-élevages) — simplement lorsqu'on installe
tient la maison, les ateliers, la serre, les struc-
en terre une plante individuelle — la relation
tures de propagation, et le jardin potager
entre accessibilité et intensité d'utilisation doit
intensif, mais pas d'animaux en liberté. Le
être reconnue. Considérons une exploitation agri-
mulch peut être élaboré continuellement et réap-
cole en terrain plat, sans véhicules disponibles.
pliqué au f u r et à mesure des besoins.
Dans une telle situation, l'accessibilité à partir
de la maison d'habitation est fonction de la dis- La Zone II est la permaculture intensive
tance. Les zones proches de celle-ci (accès facile) proprement dite. Les structures comprennent
seront utilisées pour des activités intenses et fré- des terrasses, des murs de pierres, des haies
quentes (c'est-à-dire en activités où le travail vives, des étangs et des treillages. Le mulching
investi et les rendements sont élevés). L'intensité est extensif et continuel au début de l'installa-
d'utilisation décroît à mesure que la distance par tion, l'eau est présente sous forme réticulée et
rapport à la maison s'accroît. Par exemple, un les plantes sont généralement bien entretenues
jardin potager ou herbager* est souvent visité et (par taille, émondage, élagage et lutte contre le
pourrait être rangé parmi les surfaces utilisées parasitisme, désherbage et treillage). Les planta-
très intensivement. Il s'ensuit que leur meilleur tions sont denses, avec peu de grands arbres
emplacement est proche de la porte de la cui- mais avec une couche herbacée très diversifiée
sine. Une forêt de pins porteuse de pignons, et un sous-étage développé, constitué principale-
visitée peu fréquemment, demande peu d'entre- ment de petites plantes et buissons fruitiers. Les
tien et représente une utilisation de la terre de spécimens de nature marginale, requérant des
faible intensité. De telles forêts peuvent être à soins spéciaux, devraient se trouver dans cette
une distance considérable du lieu d'habitation. zone.
Toute ferme traditionnelle montrera la dis- Des volatiles, comme la pintade, le canard,
position illustrée dans la Figure 6.4.4, avec des la poule, le pigeon et la caille pourraient y vivre
jardins potagers, une basse-cour, des ateliers, en liberté. Les lapins, quant à eux, doivent être
etc., à proximité de la maison. Dans les situa- strictement contrôlés.
tions réelles, la distance n'est pas une vraie Les espèces de la Zone I et de la Zone II
mesure de l'accessibilité. La configuration du (voir Tableau 7.1.9) peuvent seules être recom-
terrain, les véhicules et les chemins carrossables mandées pour les zones urbaines.
font varier cette dernière.
La Zone III est consacrée à la permacul-
On pourra se servir de la Figure 6.4.1 ture rustique, de plantes composées vivaces,
comme d'un guide pour choisir rationnellement résistantes. La production est principalement
l'emplacement des différentes espèces, des asso- destinée aux animaux, qu'elle soit broutée sur
ciations végétales (par exemple les forêts), et de place ou engrangée. Elle comprend seulement un
tous les autres éléments qui constituent le sys- sous-étage ligneux, et une couche herbagère se
tème productif. Les évaluations d'aptitude con- renouvelant sans intervention humaine. La struc-
cernant les exigences d'entretien, les surfaces à ture végétale comprend des fourrés, des bos-
prévoir, les quantités à planter, etc., dans le quets, des haies et des brise-vent. Certaines
Tableau 7.1.9, peuvent aider à prévoir l'intensité plantes reçoivent un muclhing ponctuel, et l'eau
d'utilisation pour n'importe quelle espèce. Les n'est pas pleinement réticulée, mais accessible
autres facteurs à prendre en considération sont aux animaux. Les noix et d'autres fruits en
la production par imité de surface et la fré- coque sont les principaux produits végétaux
quence d'utilisation ou de récolte. directement consommables. Les arbres et arbris-
seaux nouvellement plantés sont protégés par
6.4.1 Répartition en zone des tuteurs, des grillages ou des cages. Les ani-
maux susceptibles d'y vivre sont les oies, les
Il est utile de considérer le site comme un poules, les dindons, les lapins, les moutons et les
ensemble de zones concentriques (voir Figure wallabies.
6.4.1). La Zone IV est une zone de sylviculture
extensive et de pâturage ouvert avec des plantes
bocagères robustes, souvent épineuses — jouant
* Ce mot « herbager » se réfère à un jardin où il y a
des f i n e s herbes et des herbes aromatiques et un rôle de protection. Les produits alimentaires
médicinales : le concept se différencie donc de « jardin autres que la viande, que l'on pourrait obtenir,
potager ». sont occasionnels, et proviendraient surtout de
74
75
jeunes brins ou sauvageons. Le bois d'œuvre ou tion en zones est fondamental pour toute perma-
de construction est un produit développé. Le culture. L'idée que l'intensité culturale est déter-
paon, le bœuf, le cheval, l'âne, le cerf et le minée par la distance existante à partir de la
cochon seraient les animaux les mieux adaptés à maison d'habitation, siège de l'établissement, et
cette zone. Le mouton, le wallaby, le dindon et non par la nature des sols, est mise en évidence
l'oie peuvent aussi y trouver leur place. Les ani- dans les modèles spatiaux des agricultures tradi-
maux doivent pouvoir vivre et se sustenter de tionnelles.
façon autonome. L'irrigation, le mulching et B L U N D E N ( 4 5 ) cite u n c e r t a i n nombre
d'autres travaux d'entretien et d'amélioration ne d'auteurs qui ont présenté des modèles d'utilisa-
peuvent qu'être exceptionnels ici. Les nouveaux tion de la terre en milieu rural :
plants ou semis devraient être protégés par des
« N. PRESTIANNI écrit à propos de la situa-
cages ou des grillages. Enfin, on gagnerait à con-
tion en Sicile (1947) : Les agglomérations impor-
trôler les proliférations d'opossums comme dans
tantes, où vivent pratiquement tous les paysans,
les Zones I, II et III.
sont généralement situées sur les sommets ou
La Zone V, à proprement parler, est exté- sur les pentes des collines, parfois dominés par
rieure au système et peut être considérée comme un château en ruines. Autour de ces aggloméra-
une brousse inculte. L'exploitation directe de tions, il y a une zone d'herbages et d'arboricul-
cette zone consisterait en récolte, chasse ou abat- ture intensive, les petits vergers et les jardins
tage de bois. Dans une région où abondent les formant un "halo" concentrique plus ou moins
ronces, les ajoncs, les « fireweed » ou les fou- étendu, selon la dimension du village. Au-delà de
gères, des chèvres pourraient être lâchées pour cette zone s'étendent les anciens fiefs ou "lati-
éclaircir la zone, si l'on veut poursuivre l'exten- fundia", généralement consacrés aux cultures
sion du système permacultural. Les chèvres (à céréalières et au pacage. Il est intéressant de
moins d'être attachées) sont hautement destruc- noter que le travail de la terre est plus intense à
tices et devraient rester en dehors des zones cul- proximité immédiate du village (sur les flancs
tivées, ou bien être parquées derrière des clô- des collines) où la terre est pauvre... »
tures sûres, dans les Zones II-IV.
Le portrait du complexe agro-sylvo-pastoral LANNOU, écrivant au sujet de la Sardaigne,
qui vient d'être brossé, ainsi que celui de son est également cité par BLUNDEN (45) : « Par
site et ses dépendances, ne doit pas être consi- quelque côté que l'on quitte le village, on est
déré comme définitif, mais le concept de réparti- frappé par la disposition rigoureuse des diffé-

76
rents éléments du pays en zones concentriques. sur la nature de l'agriculture de ce pays, et par-
Autour du village... il y a une première zone où ticulièrement sur le temps de travail requis par
la perspective est limitée, où les parcelles sont chaque type d'utilisation de la terre (voir
petites et bornées par des haies de figuiers de Tableau 6.4.1.2). Les données sont prises dans
barbarie ; on y fait pousser des légumes, des oli- l'ouvrage de CHISHOLM ( 1 9 6 5 ) (voir BLUNDEN (45))
viers, des amandiers et des vignes. Mais ce plai- sur Canicatti, une agglomération de 30 000 per-
sant labyrinthe constitue seulement une ceinture sonnes, à 18 km de l'agglomération de taille sem-
étroite, et tout à coup s'offre aux yeux un pay- blable la plus proche.
sage plat et nu, sans murs, sans haies, sans
arbres : ce sont les terres arables... Complète-
ment cultivé dans la zone la plus rapprochée du 6.4.2 Aménagement en secteurs
village, ce territoire devient plus pauvre à
mesure que l'on s'en éloigne, et la proportion de Les secteurs peuvent être répartis en fonc-
terres en friche augmente. » tion des indications fournies par la rose des
vents locale, dont disposent maintenant la plu-
Des schémas similaires s'appliquent en part des localités. Une connaissance approfondie
Sicile à des communautés rurales importantes, du lieu est inestimable, et l'histoire des ravages
comme celle décrite précédemment, lesquelles commis par le feu, sa vitesse, sa direction, sa
fournissent aussi des informations intéressantes santé et son intensité sont des données souvent

77
uniquement disponibles auprès des anciens rési- moins) de bons chemins piétonniers. A mesure
dents. La végétation ayant survécu témoignera que la production se développe, le volume et le
des espèces qui retardent les effets des incendies poids de celle-ci exigent des accès et des dégage-
ou en réchappent ; un choix délibéré de plantes ments faciles. Routes, pistes et sentiers prennent
retardant l'évolution du feu, ainsi que l'arrange- une importance croissante en terrain escarpé.
ment judicieux des structures végétales sont La solution au problème du transport
essentiels si on cherche à réduire le danger de ce dépend des fonds disponibles pour acquérier des
genre de sinistre, comme c'est le cas dans la plu- véhicules (voitures, véhicules à traction sur les
part des régions de climat méditerranéen (lire deux essieux, camions, tracteurs, charrettes
Section 6.7, voir Figure 6.4.2.1). tirées par des chevaux ou des ânes, brouettes).
Des données permanentes sur l'élévation Soulignons qu'un aménagement intégral de
du soleil pour des régions et des latitudes spéci- toutes les voies de circulation peut être fait à
fiques sont maintenant facilement accessibles, de peu de frais, optimisant ainsi l'accès avec un
sorte que la hauteur des plantes, le treillage, les minimum d'efforts. La réalisation du plan
murs — abris — ainsi que la nature des maté- d'agencement dépendra naturellement des parti-
riaux, l'enduit des surfaces, la courbure des cularités du site et des ressources disponibles,
murs — puissent être utilisés pour augmenter, mais il est possible d'énoncer quelques principes
diminuer ou orienter le rayonnement du soleil. généraux.
Des pièces d'eau sont placées de manière à 1. Les chemins praticables par tous les
refléter les rayons du soleil ou à retarder le feu, temps devraient, là où c'est possible, remplir
et ils peuvent efficacement servir d'abord à cela, d'autres fonctions, telles que devenir des brise-
bien que remplissant aussi d'autres fonctions. feux, avec des murs de retenues d'eau, etc.
L'utilisation efficace de la lumière solaire est
également assurée par la construction de restan- 2. Une route sommitale devrait être cons-
ques ou terrasses, permettant d'étager les cul- truite, surplombant et permettant l'accès à
tures, tout comme les toits des usines sont amé- l'ensemble des zones par en haut (car il est plus
nagés en saillies vitrées pour permettre un éclai- facile de faire descendre du matériel que de le
rage maximum. monter).
3. Les chemins devraient, là où c'est pos-
Nous pensons que des plantes comme le sible, suivre les courbes de niveau et le profil du
Coprosma, avec ses feuilles à la surface bril- terrain, évitant les pentes raides qui nécessitent
lante, peuvent être plantées comme réflecteurs un entretien important à cause de l'érosion.
vivants du rayonnement du soleil, afin de ren- G é n é r a l e m e n t , elles a u r a i e n t avantage à
voyer une lumière diffuse, mais accrue à emprunter les crêtes, mais ceci dépend de la
d'autres espèces comme, par exemple, les nature de l'accès principal — qui peut se trouver
agrumes ; davantage de recherches doivent néan- en altitude ou inversement, dans une vallée — et
moins être menées sur les effets intrinsèques de des caractéristiques topographiques du lieu.
la forme de la feuille et des caractéristiques de
sa surface, afin d'en tirer tout le profit possible 4. Des pistes et des sentiers devraient com-
pour l'agriculture. plémenter les chemins praticables par tous les
temps, et faire partie d'un aménagement
Il dépend d'un choix personnel et de fac- d'ensemble dès les débuts de l'installation.
teurs locaux spécifiques de savoir comment
l'aménagement sectoriel sera adapté à 5. On devrait aussi tracer les chemins en
l'exploitation : on pourra trouver, en effet, avan- tenant compte des bassins versants, afin que la
tage dans une structuration zonale plus sophisti- pluie qui s'y écoule par temps d'orage puisse se
quée que celle envisagée dans ce travail. Son- déverser directement dans les systèmes réticu-
geons, par exemple, que les criquets migrateurs laires de voies d'eau.
se déplacent le long des plantations linéaires de
grands arbres, et non pas au-dessus.
6.5 Conservation des eaux et approvisionne-
Le but de la répartition sectorielle est de ment en eau — Aquiiculture
canaliser les énergies extérieures afin de pour-
voir aux besoins et au bon fonctionnement inté-
rieurs d'une permaculture évoluée. L'eau est importante pour la mise en
œuvre d'un système permacultural. En Tas-
manie, l'approvisionnement en eau n'est pas un
6.4.3 Accès problème aussi sérieux que dans des régions
plus sèches, mais il peut représenter l'une des
Il est souhaitable d'optimiser l'accès à
principales dépenses initiales.
chaque parcelle de l'ensemble, spécialement au
cours de l'installation de celle-ci. Le transport de Beaucoup de facteurs affectent l'approvi-
plantes, d'outils et de matières premières pour sionnement en eau, les principaux étant :
faire du mulch, des pieux et matériaux de clô- 1. Les précipitations locales, leur réparti-
ture, etc., requiert une accès facilité par (au tion et leur régulartié.

78
2. Les caractéristiques hydrodynamiques — Facilitent la lutte contre les incendies.
du sol : taux de rétention et de drainage des — Permettent le développement f u t u r
eaux. d'écosystèmes en milieu marécageux productifs.
3. La couverture du sol (mulching, type de — Diversifient, en général, l'ensemble de
végétation). l'écologie du lieu en harmonie avec les buts à
4. Les animaux (espèces, âge, densité de long terme.
pacage).
Compte tenu de leur grande valeur à long
5. Les plantes (espèces, taille et envergure terme, le coût initial des barrages est très faible.
au moment de l'évaluation).
L'établissement des barrages est surtout
Le premier facteur est indépendant de la affaire de bon sens, mais il devrait faire partie
volonté humaine, mais les autres peuvent être d'un plan intégral d'aménagement plutôt que
maîtrisés. Le dernier facteur est le principal d'être le fruit de décisions isolées. Les barrages
moyen de contrôler le niveau général des besoins haut placés ont une grande valeur en ceci que
en eau. (Le degré de ceux-ci apparaît dans l'éva- l'eau peut être distribuée partout sans qu'il soit
luation de l'entretien nécessaire dans le Tableau nécessaire d'utiliser des équipements mécani-
7.1.9.) ques de remontée. Les barrages sur les pentes
Une adaptation étroite des espèces au site raides sont, cependant, coûteux et de faible
réduit les besoins en eau. Par exemple, des oli- capacité ; on peut en construire de beaucoup
viers sur des pentes sèches et des ronces à plus grands sur du terrain presque plat. Les
mûres dans les ravins boisés humides, n'ont béliers hydrauliques et d'autres dispositifs sim-
presque pas besoin d'irrigation une fois établis. ples, utilisant par exemple l'eau d'un ruisseau,
Les chèvres, les lapins, les moutons et les walla- peuvent refouler celle-ci jusqu'aux barrages
bies peuvent survivre à tous les aléas climati- situés en hauteur.
ques — sauf les plus extrêmes — sans disposer YEOMANS, dans ses travaux d'avant-garde
d'eaux courantes car ils satisfont leurs besoins concernant le « key-line system », détermine
essentiels avec la rosée nocturne. Le maintien l'emplacement des barrages à une plus vaste
des plantes en pépinière dans de grands pots échelle d'aménagement paysager.
permettra le développement d'un bon système
radiculaire. A l'âge de trois ans, un arbre est Comme il est mentionné dans la Section
beaucoup plus capable de puiser suffisamment 6.7, il est intéressant de construire les barrages
d'eau pour sa survie qu'un jeune brin d'un an. dans le secteur exposé au risque d'incendie. En
Le mulching réduit fortement le besoin d'arro- outre, sur les pentes exposées au sud, ils sont
sage, tout en fournissant des éléments nutritifs d'une grande valeur, à cause du microclimat
et en limitant les mauvaises herbes ; ceci hivernal de la rive sud (voir Section 6.3). Dans
implique d'importantes manipulations initiales des expositions très ensoleillées, le volume d'eau
mais réduit les dépenses en eau de façon perma- qui s'évapore des petites retenues peut être
nente. Le mulching de pierres est efficace à cet important, mais une situation abritée du vent est
égard. un facteur plus essentiel encore que l'ombre.
La rétention ou conservation de l'eau dans Installation d'un barrage
les fermes se fait habituellement par des bar-
rages. En dépit de leur potentiel en tant qu'éco- Facteurs à considérer :
systèmes productifs, les réservoirs de barrages Configuration du terrain
sont communément considérés comme de sim- Courbes de niveau.
ples entrepôts d'eau. Dans une permaculture, Dénivellation.
plus il y a de barrages, mieux cela vaut. Les
retenues : Sol, sous-sol, et caractéristiques de base.
Réseau collecteur.
— Apportent de l'eau pour les nombreuses Exposition.
plantations effectuées rapidement au cours des Contrôle du feu.
premières années. Zone de réticulation hydraulique.
— Fournissent des eaux tranquilles pour le Voir Références 21 et 39 pour information
développement d'écosystèmes aquatiques produi- sur l'installation des barrages et leur construc-
sant des poissons, des canards, et divers pro- tion.
duits végétaux.
— Modifient le microclimat environnant en
réflichissant la lumière.
— Agissent comme des citernes de purifi- 6.5.1 Aquiculture
cation pour l'eau saturée en nutriments prove-
nant, par exemple, des poulaillers ou parcours à Les étangs et les cours d'eau rendent possi-
volaille et des égouts. bles l'aquiculture dans l'écologie générale de
79
l'exploitation. Une retenue de barrage construite construire une série de barrages, le plus élevé
pour l'aquiculture requiert un aménagement peut fournir de l'eau pure, les pièces d'eau
plus poussé qu'un simple réservoir d'eau, car situées plus bas recevant les déchets et autres
elle devra comporter des terrasses et des replats écoulements provenant des hommes et des ani-
sous l'eau, des îles et des fosses d'eau profonde. maux. L'eau des réservoirs de barrage peut aussi
Les replats superficiels permettent l'implanta- servir à refroidir des installations à combustion
tion de jonchaies, les îles constituent des lieux interne ou des gaz d'échappement, ou pour le
idéaux pour la nidification de l'avifaune aqua- rafraîchissement estival des maisons. L'aquicul-
tique, et les fosses protègent les poissons contre ture requiert une étude approfondie ; or, nous
les températures extrêmes, ou lorsque le réser- n'en pouvons donner ici qu'un aperçu général.
voir a besoin d'être drainé. Comme sur terre, des clôtures ou des filets flot-
Les moules d'eau douce d'Australie occi- tants peuvent être utilisés pour empêcher les
dentale peuvent être introduites au fond du poissons prédateurs de sur-exploiter le système
réservoir, lequel produit alors une boue riche en (voir Figure 6.3.4.1 et 6.3.4.2).
azote utilisable comme engrais. Les « Yabbies », Il est intéressant de noter qu'environ 10 %
ou, mieux encore, les châtaignes d'eau douce de l'eau reçue par le houppier (ou la couronne)
d'Australie Occidentale peuvent occuper les sur- des arbres peut s'écouler par des fissures dans
faces boueuses, et les poissons brouteurs ou l'écorce et le tronc, de sorte que les arbres peu-
mangeurs de planton du genre carpe ou tilapes vent être considérés comme des dispositifs de
pourront coloniser les emplacements — niches captage d'eau. Il devient alors possible d'ache-
écologiques — des eaux intermédiaires. miner celle-ci vers une retenue située en aval.
Près du bord, on plantera de l'acorus et du Les citernes souterraines avec des bassins
riz sauvage, tandis que la macre et les canards de réception bétonnés par où s'écoule l'eau
se tiendront à la surface. Des pièges à insectes, captée sont des auxiliaires essentiels, dans les
appâtés ou éclairés, pourront fournir jusqu'à régions sèches, pour l'élevage des cailles (appe-
60 % de la nourriture des poissons. De leur côté, lées « goinfres gallinacés » par les Américains).
les batraciens (crapauds, grenouilles) qui trouve- Les perçage à l'explosif de trous plus profonds
ront refuge sur les rives de l'étang, maintien- dans les marais est un autre moyen d'obtenir
dront à un niveau acceptable les populations une nouvelle « lisière » étang-rive. Disons que la
d'insectes. gestion générale des zones humides suit en
Au total, une retenue d'eau, surtout si elle grande partie les mêmes principes que la perma-
est soigneusement gérée, peut fournir jusqu'à 30 culture, en ceci que la cohabitation d'espèces
fois la production des surfaces terrestres adja- nombreuses débouche sur une productivité beau-
centes, vu que l'eau constitue un environnement coup plus élevée que les monocultures et lui
tri-dimensionnel et que le poissons n'a besoin permet de parvenir bien mieux à l'autosuffi-
que de peu d'énergie pour se mouvoir. sance.
Les produits que l'on obtient de chaque
milieu s'additionnent pour la plupart, à condi-
6.6 Sols
tion que les espèces choisies ne soient pas con-
currentes. Des systèmes filtrants biologiques,
utilisant des lits de cresson de fontaine et de Dans l'aménagement d'un site il est néces-
moules d'eau douce, éliminent les vases et saire de bien connaître les caractéristiques du
limons et les solides en suspension en prove- sol. Celui-ci toutefois n'est pas comme beaucoup
nance du réseau d'écoulement et des eaux de le crient un facteur limitant rigoureux. Bien que
ruissellement. De petits étangs pour l'élevage de les caractéristiques physiques du sol soient une
poissons, enfin, peuvent être creusés dans les donnée qui finit par s'imposer d'elle-même dans
serres. L'aquiculture intensive donne des rende- le long terme, l'écologie du sol qui soutient la
ments étonnants mais requiert une circulation vie des plantes peut être promptement trans-
d'eau constante, ou bien des installations de formée et améliorée.
pompage. Un examen élémentaire des sols est néces-
saire. Des carottages d'essai pour examiner leur
L'aquiculture dans des zones plus chaudes profit et déterminer la hauteur des nappes
permet l'introduction d'écrevisses de grande phréatiques, des tests de pH et d'identification
taille et d'espèces de poissons plus exotiques, de la roche mère, sont tous très utiles. L'obser-
alors qu'inversement la truite (et en particulier vation du sens de l'écoulement de l'eau, et des
la truite arc-en-ciel) est plus adaptée aux modalités de son infiltration après de très fortes
endroits frais. En canalisant la matière fertili- pluies, peut donner des bonnes informations sur
sante vers les étangs ou les réservoirs, la pro- le drainage. La connaissance de la flore du lieu,
duction de phytoplancton peut être accrue, la tant indigène qu'exotique, peut donner des ren-
nourriture à base d'algues, dont vivent les seignements précieux sur les types de sols.
carpes, rendue plus abondante. Si l'on prévoit de L'ensemble des données locales, souvent obte-

80
nues après de longues périodes d'observation, peut être considéré comme incontrôlable (50). De
peut indiquer des méthodes spécifiques d'amélio- tels incendies font peut être partie de l'écologie
ration du sol. Les analyses chimiques détaillées forestière, mais il constituent un désastre pour
sont coûteuses, difficiles à interpréter et somme l'homme et ses constructions, pour les plantes,
toute de peu d'intérêt pour le système permacul- les animaux et la fertilité du sol. Leur fréquence
turel dans son ensemble. L'aptitude plus ou est difficile à prédire, mais on peut avancer
moins grande des sols à recevoir la charrue n'a qu'une permaculture sera menacée par un feu
pratiquement pas d'intérêt. sévère au moins une fois au cours de ses cin-
On peut faire fructifier tous les sols ; quante premières années. Celle-ci ne cesse de
aucun n'est entièrement dépourvu de valeur. Par voir sa productivité s'améliorer sur une longue
suite de la diversité des plantes que nous offre période et la destruction par le feu fait régresser
la nature, il y a toujours quelque chose qui con- le système tout entier ; plus celui-ci est ancien,
vient aux endroits les plus défavorables. Par plus grande est la perte.
exemple, les groseilliers à maquereau et les oli- Les aménagements contre le feu peuvent
viers se comportent bien sur des surfaces être considérés comme une forme d'assurance
rocheuses avec très peu de terre ; les cassissiers, contre la catastrophe.
les herbes de pampas et les noyers cendrés La stratégie conventionnelle de lutte contre
s'adaptent de manière satisfaisante aux endroits le feu consiste à brûler régulièrement, de
faiblement drainés ; les buissons à myrtilles manière préventive, tout ce qui peut devenir
prospèrent sur des sols très acides ; le févier
accumulation de combustible. Les effets écologi-
d'Amérique pousse bien sur le sol le plus alcalin
ques (sur les plantes, les animaux et le sol) de
qui soit. Un large éventail d'espèces citées dans
ces brûlis « frais » fréquents ne sont pas encore
le catalogue à la fin de cet ouvrage sont adap-
tées à des sols peu fertiles. pleinement connus mais dans certains cas on a
pu constater des transformations écologiques
La citation de PRESTIANNI dans la Section majeures dans le long terme (voir Réf. 50). Les
6.4.1, sur l'agriculture sicilienne, montre combien brûlis contribuent aussi beaucoup à la pollution
les caractéristiques du sol ne sont pas des fac- de l'air. En Tasmanie, des terres fréquemment
teurs c o n t r a i g n a n t s d a n s l ' a m é n a g e m e n t brûlées sont souvent colonisées, après coup, par
d'ensemble d'un site. Le noyau d'habitation et de des plantes pionnières comme les fougères ou les
cultures intensives peut n'être guère déterminé mousses, signe d'une baisse de fertilité du sol.
par la fertilité du sol, celle-ci n'étant que l'un
des nombreux autres facteurs pris en considéra- Il existe néanmoins des façons moins des-
tion. Dans le contexte pédologique la structure tructrices de combattre le feu, mais elles sont
mécanique, c'est-à-dire l'aptitude du sol à sup- beaucoup plus intensives, convenant plutôt au
porter des constructions, est plus importante contrôle de zones de faible étendue, qu'à de
que sa fertilité dans la localisation des bâtiments grandes surfaces. La planification des structures
fermiers. à construire, des plantes à installer, des voies
d'eau, et des animaux que l'on se propose
d'élever, tout cela peut être fait en vue de
réduire efficacement les risques d'incendie. Le
6.7 Protection contre l'incendie Tableau 6.7.1 donne la liste de ses facteurs qui
accroissent ou amenuisent les risques d'incendie.
Le feu joue un rôle capital dans l'évolution La plupart d'entre eux relèvent du bon sens, et
de nombreux écosystèmes. En Tasmanie, le feu lorsqu'ils sont mis en œuvre en combinaison
assure le maintien des forêts d'eucalyptus à avec le concept de « secteur de feu », ils peuvent
l'encontre de la forêt pluviale, qui tend à les être extrêmement efficaces pour contrer des
étouffer. Les forêts d'eucalyptus accumulent du incendies graves. Ceux-ci, selon toute probabilité,
combustible sous la forme de feuilles mortes, ne pourront venir dans l'hémisphère sud que du
d'écorces et de branches sèches durant l'été. nord (poussés par les vents chauds septentrio-
Cette accumulation alimente de fréquents incen- naux). Les caractéristiques locales du site peu-
dies allumés à partir du sol. Des périodes pro- vent changer, dans certains cas, ce principe fon-
longées sans feu permettent l'accumulation de damental. Le secteur S.-O.-S.-E. du système per-
grandes quantités de combustible (jusquà 50 ton- macultural (voir Figure 6.4.1) pourra amener le
nes/hectare après 15 années sans incendies, dans feu qui détruira la maison et la Zone 1, où le
des forêts d'arbres à écorce fibreuse) (5). La cani- maximum de productivité est atteint et où, par
cule, renforcée par les vents secs du nord, peut, conséquent, les pertes risquent d'être les plus
dans ces forêts, provoquer de vastes embrase- sévères.
ments à partir de feux de sol, dégageant plus de Le secteur du feu doit donc être pourvu
40 000 kilowatts d'énergie par mètre, sur le front des éléments qui amenuisent le risque
de l'incendie. Lorsqu'un sinistre de ce genre se d'incendie. Ceux qui, au contraire, les augmen-
déchaîne à travers la couronne sommitale des tent, comme les pins, doivent être placés fort
arbres dégageant plus de 20 000 kw/mètre, il loin de la maison et ses abords immédiats, dans

- 81
les zones périphériques et dans le secteur nord. remblais de terre projetant une « ombre anti-
Certains des éléments qui réduisent le risque de feu » sur le système, comme le font les planta-
feu entraînent en même temps une exploitation tions d'acasias, de saules et de coprosma. Dans
intensive de la terre, comme le pâturage sur les incendies catastrophiques de 1967 à Hobart,
consoudes ; les murs de pierre conviennent aux en Tasmanie, les plantes protégées par l'« ombre
zones intérieures du complexe permacultural. anti-feu » des maisons survécurent. Le premier
D'autres éléments, comme les ceintures d'acacias objectif à atteindre, dans toute permaculture
les « blackwood », les saulaies, et les herbages à développée, en ce qui concerne la brousse de
moutons, conviennent aux zones externes. La type australien, devrait être de réduire les quan-
Figure 6.7.1 montre un plan de site mettant en tités de débris organiques combustibles et d'ins-
œuvre de nombreux facteurs mentionnés dans le taller d'un réseau d'« ombres anti-feu ». Les élé-
Tableau 6.7.1 pour réduire les risques d'incendie ments combustibles peuvent être collectés, et,
venant du nord, menaçant la maison d'habitation soit mis dans des fosses pour faire du mulch,
et ses dépendances. Naturellement, tous les dis- soit brûlés pour les usages domestiques. Les pul-
positif pare-feu dont nous venons de parler vérisations de type « mousson » et les arrosages
devraient accomplir également d'autres fonctions par différence de niveau — qu'il n'est pas néces-
dans lèysystème. saire de faire fonctionner plus de quelques
Après de nombreuses années, une perma- heures à chaque fois — peuvent humidifier effi-
culture développée devrait, comme une forêt plu- cacement le mulch et créer dans le secteur une
viale, être virtuellement invulnérable au feu ; bande à l'épreuve du feu. Enfin, les écrans pare-
aussi bien aux incendies de faible portée feux disposés au-dessus des gouttières ou ché-
apparus à l'intérieur du système qu'aux confla- neaux des fenêtres et des ouvertures d'aération
gration de forêt d'une portée autrement plus sont des précautions couramment prises par
vaste. ceux qui résident dans des régions prédisposées
aux incendies.
Si les murs sont bâtis en pierre, ils consti-
tueront dans les secteurs de feu des facteurs de Pour la plantation d'arbres sur une colline
sécurité additionnels, protégeant le reste de perpendiculaire à la direction nord-sud, voir
l'exploitation des dommages du rayonnement Figure 6.7.2.
thermique. Des structures comme les murs et les

84
7.0 MISE EN OUVRE DU SYSTÈME

(Voir Section 10.3 sur les techniques de degré d'utilisation de la superficie disponible :
mulching en plaques.) par exemple, les pins engendrent des conditions
défavorables pour la plupart des plantes de
l'étage arbustif, plus bas.
7.1 Sélection des espèces b) L'espace occupé par la plante : par
exemple, le kudzu ou kouzou (plante rampante)
Le nombre d'espèces citées dans le cata- remplira tous les petits ravins, s'il y en a.
logue est considérable. Et à l'intérieur de c) La production par unité de surface
l'espèce, le nombre de variétés est souvent obtenue : par exemple, des pistachiers fournis-
important. Beaucoup de plantes qui n'y sont pas sent une production irrégulière, conduisant à un
mentionnées seraient dignes d'être essayées. rendement moyen annuel faible.
Comment les choisir à partir d'un tel éventail ? d) Le caractère unique ou très spécifique
Doivent être semées ou plantées autant de certaines espèces pour l'usage souhaité : par
d'espèces que possible. Une telle approche four- exemple, les olives sont incomparables pour la
nira plus de renseignements sur leur adaptabi- production d'huile, et méritent leur place même
lité respective que toutes les informations dans le système le plus petit.
publiées à leur sujet. A partir de cette expéri- e) Les contraintes zonales, ou climatiques,
mentation, certaines espèces à variétés se révéle- auxquelles chaque espèce est assujettie.
ront être de grande valeur, tandis que d'autres Il est intéressant de noter que la plupart
échoueront complètement. La mise en œuvre des espèces (dant le Tableau 7.1.9) peuvent être
d'une permaculture plus étendue, quelques considérées comme utiles dans des surfaces de
années plus tard, impliquera alors une sélection moins de 0,5 ha. Cela est significatif de la nature
plus précise, fondée sur des informations de pre- intensive de la culture mélangée de plantes
mière main. vivaces.
La disponibilité matérielle, ou les res- La nature du climat local, du site et du
sources, seront le facteur principal de décision microclimat est cruciale dans la sélection végé-
(voir Appendice A). Cependant, beaucoup de tale. Par exemple, sur des vastes terrains acides
plantes non disponibles immédiatement peuvent de nature marécageuse, les myrtilles peuvent
le devenir avec le temps. être rangées parmi les fruits importants. Les
Les habitudes ou le genre de vie de la Tableaux 7.1.1 à 7.1.8 répertorient des espèces
famille ou de la communauté qui mettront en selon leur adaptabilité à des conditions particu-
place la permaculture auront des repercussions, lières d'environnement. La variété des environne-
naturellement, sur le choix de plantes. Ainsi, les ments qui peuvent être utilisés en permaculture
végétariens ne s'intéresseront pas aux végétaux est indiqué par ces tableaux. Bien que l'environ-
fourragers pour les animaux, mais plutôt aux
arbres fruitiers et aux arbustes fournisseurs de
baies. Ceux qui possèdent du capital développe-
ront probablement un système différent de celui
organisé par une communauté nombreuse ayant
une abondante force de travail mais moins de
capitaux.
Les dimensions du lieu (ou plutôt de la sur-
face qui sera consacrée aux cultures) est impor-
tante dans la sélection des espèces à introduire.
Par exemple, c'est un gaspillage d'espace que de
planter des arbres gingko pour leurs noix sur
une parcelle de deux hectares, étant donné que
ceux-ci occupent beaucoup de place et devien-
nent très gros, ne donnant que de petites noix.
Et, s'agissant d'une espèce dioïque, il faudra des
arbres mâles et femelles. Pour obtenir des rende-
ments significatifs, un bosquet d'environ huit
arbres femelles et deux mâles sera nécessaire.
Pour choisir les espèces en fonction des surfaces
disponibles (Tableau 7.1.9), plusieurs facteurs
sont à considérer :
a) L'influence de chaque plante envisagée
sur la diversité possible des autres et sur le

86
nement soit destiné à changer (Sections 6.3 et
7.5), il est judicieux de faire une sélection initiale
d'espèces convenant aux conditions existantes si
l'on désire obtenir un pourcentage élevé de réus-
site.
Le nombre de plantes, ou individus, de
chaque espèce susceptibles d'être introduits avec
succès est extrêmement variable ; cela dépend de
nombreux facteurs, dont :
— Le rendement par plants.
— Les caractéristiques de production
telles qu'elles sont déterminées par la caducité
éventuelle des feuilles, le possible caractère
bisannuel de la fructification et des cycles simi-
laires.
— La quantité souhaitée ou susceptible
d'être utilisée, de produits fournis par les effec-
tifs de l'espèce. Par exemple, compte tenu de sa
valeur en tant que fourrage pour les ruminants
et les abeilles, et en tant que fertilisant ou fac-
teur retardant l'extension des incendies, la con-
soude est utilisable en quantités illimitées.
— Le temps requis pour que l'âge de
pleine production soit atteint (les plantes de cer-

87
88
89
90
nombre de plantes. Pour en donner une idée
approximative, une plantation d'arbres espacés
de 5 mètres nécessite 400 arbres par hectare.
Des arbustes espacés de 2,5 m doivent être au
nombre de 1 600 plants/hectare et les couches
herbeuses requièrent de nombreux milliers de
plants par hectare. Bien sûr, beaucoup de
plantes herbacées se reproduisent d'elles-mêmes
(comme la bourrache), ou se propagent facile-
ment (comme la consoude). Par contre, la plupart
des arbres à noix doivent être greffés pour être
d'un rapport abondant, précoce et sûr.

L'achat de toutes les plantes, même pour


un terrain relativement petit, demande un
débours fort important. Néanmoins, des arbres
taines espèces peuvent être semées ou plantées fruitiers et des arbres à noix, greffés, de trois
en surnombre et ensuite éclaircies à mesure ans, valant de 20 à 50 F, ne peuvent être consi-
qu'elles viennent à maturation). dérés comme chers. A moins que l'on possède
— L'importance ou l'« utilité » (on peut l'équipement nécessaire à la dissémination des
dire aussi le potentiel d'utilisation) de l'espèce et végétaux, tels que des serres et des pépinières
de ses produits dans un système d'autosuffi- — et les indispensables compétences nécessaires,
sance. il est judicieux d'opter pour l'achat de nom-
breuses plantes lorsqu'on veut peupler une
— La disponibilité et l'importance de petite surface. Le travail de propagation fait par
l'information sur cette « utilité » et sur les soi-même peut être circonscrit aux espèces faci-
caractéristiques culturales dans les conditions lement reproductibles par graines, division de
locales. touffes ou bouquets, etc. L'achat des plantes
— Le coût de son implantation en temps, peut donner une avance de trois ans, ou plus.
en argent et en compétences. Parallèlement, on peut se préparer, s'organiser,
— L ' i m p o r t a n c e de la c o m m u n a u t é et s'équiper pour mener à bien l'expansion et
humaine qui doit vivre de l'exploitation. l'achèvement du processus de peuplement
Les données ordinales du Tableau 7.1.9 végétal du lieu. Meme des plantations extensives
sont estimatives et ne doivent pas être considé- de sauvageons demandent un certain soin. A
rées comme définitives. Leur valeur vient de ce mesure que l'expérience s'accroît et s'enrichit,
qu'elles permettent une comparaison entre on peut s'essayer au greffage.
espèces. A partir des chiffres indiqués, on Les éléments d'une bonne organisation de
pourra voir que certaines espèces, comme par propagation sont :
exemple les citrons et les abricots, devront pro- Site — Emplacement chaud, ensoleillé et
venir vraisemblablement de pépinières, tandis abrité près de la maison, totalement protégé des
que les féviers d'Amérique et les chênes, au animaux (clôture adéquate).
contraire, se répandront abondamment et facile-
ment d'eux-mêmes sur les parcelles. L'espace Eau — Approvisionnement abondant toute
nécessaire pour l'approvisionnement en tel ou tel l'année.
produit particulier peut être évalué : ainsi, Hangar — Rangement des outils, etc.
l'espace requis pour la production de pample- Outils — Comprenant pots, châssis, grosses
mousses est insignifiant comparé à celui qui est bouteilles sans fond, sécateurs, pulvérisateurs,
nécessaire à la production d'huile de faînes thermostat.
(hêtre). Matériaux — Terre (glaise) à poterie,
Le Tableau 7.1.10 peut aider à estimer le sciure, sable de rivière, tourbe.
nombre de plantes de différentes tailles requises Serre — Contre le mur du hangar, ou alors
pour coloniser entièrement une superficie fossé-serre (voir K E R N (39)) avec un lit chauffé
donnée. Dans un système à plusieurs étages, il pour la bonne venue des semis.
semble qu'un hectare entièrement recouvert Abri pour l'affermissement des brins —
puisse contenir de 5 à 10 000 plantes. Mais Maillage ou jalousies avec un toit.
seules les très petites surfaces (Zones I et II)
pourront être toujours « totalement plantées ». Naturellement, une serre avec un lit
chauffé est une dépense considérable. Le sys-
tème solaire de K E R N (39) pourrait être un com-
promis bon marché. Les bouteilles à fond coupé
7.2 Propagation des plantes
ne doivent pas être sous-estimées comme outils
de propagation. Elles protègent les jeunes plants
La permaculture extensive exige un grand et les boutures in situ, maintiennent une humi-

91
dité élevée et augmentent la température envi- annuelle en pépinière est faible. Il est nécessaire
ronnant le plant. Les plantes ainsi protégées res- de souligner combien la protection et le soin
tent indemnes de parasitisme. Nous utilisons des dont les plantes doivent disposer au départ sont
bouteilles pour protéger des lits de semis de importants : elles ont besoin d'une attention
taille réduite vers la fin de l'hiver. minutieuse.
Bien que certains des arbres les plus utiles Tous les animaux qui broutent, comme les
aient besoin de greffe, le Tableau 7.1.9 montre bovins, les chevaux, les ânes, les chèvres et
que la plupart des espèces peuvent être répan- l'oppossum destructeur, doivent être tenus à
dues par semis ou division. Sur une vaste l'écart des lieux où des plantes sont installées. Il
échelle, ces moyens simples de dissémination est très utile d'étayer celles-ci avec des tuteurs,
demandent une bonne pépinière, en deçà du davantage comme moyen d'identification rapide
degré de compétence et d'effort qu'implique le que pour assister vraiment les plantes dans leur
greffage. La facilité ou, au contraire, la difficulté croissance. Des cages faites à l'aide de pieux et
avec laquelle est entreprise la propagation est de grillages les mettront à l'abri de la plupart
l'un des f a c t e u r s déterminant le nombre des animaux. De telles cages, surtout lorsque le
d'espèces valant la peine d'être installées. maillage est fin, réduisent aussi beaucoup le
Lorsque les arbres à fruits et à noix faisant vent.
normalement l'objet d'une greffe — encore au Le mulching est essentiel. Il retient l'humi-
stade de jeunes plants — existent en nombre dité pendant de longues périodes, réduisant ainsi
abondant, ils sont souvent utiles comme four- le besoin d'arrosage, il modère les températures
rage pour le bétail ; aussi vaut-il la peine de au sol, supprime les gelées sur place, ajoute len-
faire pousser de jeunes plants de noyers, péca- tement des éléments nutritifs, fournit des condi-
niers, etc. Si les scions ou entes pour le greffage tions idéales pour les vers de terre qui amélio-
deviennent disponibles à une date ultérieure, rent le sol, arrête l'érosion sur les fortes pentes
nous pourrons choisir quelques jeunes arbres à et réduit la croissance des mauvaises herbes. Un
cette fin, et laisser pousser le reste en l'état afin « sur-mulch » à base de pierres ou cailloux,
d'approvisionner en noix les animaux. On ne doit répandu par-dessus le mulch proprement dit,
pas oublier, par ailleurs, que les pépiniéristes empêche la volaille de basse-cour et les
commerciaux vendent à bas prix de nombreuses péramèles * d'arracher les racines en grattant.
graines et des boutures. Soit dit en passant, la volaille débarrasse les
pierres des mauvaises herbes et apporte une
Information sur la reproduction des végétaux : fumure. Si les plantes sont elles-mêmes envahies
Jaynes Handbook of N. American Nut Tress par les mauvaises herbes, mieux vaut renouveler
(Réf. 12). Le meilleur livre sur la propagation des le mulch (recouvrir alors leur pourtour avec des
arbres à noix, comprenant des informations sur cartons lestés de quelques pierres) que biner ou
la sélection et sur certaines variétés. sarcler, ce qui endommage les racines de surface
et fait éclore davantage de mauvaises herbes.
BAILEY. The Nursery Manual (Réf. 38). Un
texte américain classique — excellent — sur le Les s p é c i m e n s n o u v e l l e m e n t plantés
sujet, fournissant une information détaillée sur deviennent la cible de prédateurs et de parasites,
la propagation d'espèces allant d'Arbetia à et les premiers jours sont fréquemment les plus
Laurus et à Zygopetalum. Très complet. critiques. Durant cette période, les plantes doi-
Très bonne information sur la viabilité des vent être surveillées attentivement afin qu'elles
graines et leur traitement. ne manquent pas d'eau.
KERN, K. The Owner Built Homestead Les coûts afférents à la propagation et à
(Réf. 39). Information sur les matériaux de serre, l'entretien des plantes représentent, au cours des
peu connu. premières années, le poste le plus important
lorsqu'on établit une permaculture. Les dépenses
De VAUSE N . Better Vegetable Gardening d'entretien comprennent l'approvisionnement en
for Australian Gardeners. Voir aussi Réf. 28 et 58 eau et en engrais, la lutte contre les parasites et
pour les groupes spéciaux de plantes.
les plantes concurrentielles, la protection contre
les animaux prédateurs, l'élagage et l'échelas-
sage. Ces dépenses varieront grandement d'une
7.3 Plantation et entretien espèce à l'autre, en fonction de trois facteurs :
— Le potentiel d'adaptation de chaque
La taille ou l'âge atteint par les plantes espèce à la niche ou au créneau écologique dans
lorsqu'elles sont incorporées à un ensemble est lequel elle s'installe.
un facteur capital au point de vue de l'entretien. — Le degré de dépendance des variétés
Les inconvénients de planter des végétaux relati- considérées, vis-à-vis des soins de l'homme, pour
vement âgés sont plus importants que lorsque une croissante saine et un bon développement.
ceux-ci sont petits, et en outre leur croissance — Le rendement attendu de la plante.

92
Les plantes, dans leur milieu écologique domestiques et de changer le microclimat de
normal, croissent et se reproduisent sans entre- façon favorable. Les barrages, nous l'avons vu
tien. Souvent de telles plantes ne sont pas très dans la Section 6.6, sont de bons exemples de
utiles, et même si nous les plaçons dans les sites structures multifonctionnelles.
appropriés de notre système agricole, les plantes Plus intensif est le système, plus grand
cultivées, par comparaison, sont dans un « état sera le nombre de structures. La Zone I est sur-
de déviation » qui est plus utile au genre tout un environnement bâti : demeure, serre,
humain. Cet état requiert les soins de l'homme si treillages, voies d'accès, parcs, hangars, etc. Plus
on veut le maintenir. Le fait d'avoir cultivé des on s'en éloigne, plus la quantité de constructions
plantes pendant de longues périodes a entraîné diminue, la longueur des clôtures et des sentiers
des changements génétiques qui les rendent plus par unité de surface décroit, et moins les murs
adaptées à la culture qu'à la croissance sauvage. de pierre, les treillages et les bâtiments sont
Le besoin d'entretien devient critique. Le troi- nombreux.
sième facteur est le plus variable. La culture
intensive, qui requiert beaucoup de soins, peut Beaucoup de structures importantes
donner de hauts rendements. Le rendement comme les barrages, les bâtiments et les chemins
maximum est le but fondamental de l'agriculture ne sont pas ici abordés en détail. Le parcage des
commerciale, mais dans une permaculture de animaux est un élément clé dans la détermina-
subsistance, où le rendement total est plus tion de la forme et de la fonction d'une perma-
important que le rendement par espèce, des culture, et va être examiné plus en détail.
plantes peu entretenues, avec une production Une clôture de bonne qualité est essentielle
limitée, sont des éléments importants du sys- à l'établissement du système. Les décisions con-
tème. La plupart des espèces peuvent être envi- cernant l'installation des clôtures doivent être
sagées dans deux situations : entretien élevé/pro- prises dès le départ.
duction élevée, et entretien faible/production
Bien que des agrandissements ultérieurs
faible. Par exemple, le cassis peut être ou bien
puissent être faits sur un terrain pris en main
fertilisé, arrosé si nécessaire, et taillé annuelle-
par une seule famille, il ne faut pas clôturer plus
ment, pour qu'il produise beaucoup, ou bien ins-
de 15 ha. Le contrôle de la vie sauvage, l'exclu-
tallé comme plante de « premier étage » le long
sion du bétail peuvent alors être assurés. La
d'un ruisseau, en grand nombre, comme plante à
côture du lieu de résidence et des abords immé-
faible rendement.
diats (Zone I) doit être faite dans le même temps.
Une évaluation des coûts relatifs d'entre- Pour que le système puisse se développer sans
tien peut être faite. L'évaluation des espèces de entraves, le contrôle total des animaux nuisibles,
la liste du Tableau 7.1.9 montre que la plupart comme les sarigues, les lapins, les rats, les chats
requièrent seulement de faibles niveaux d'entre- et les moineaux, doit être exercé dans la Zone I,
tien. Ainsi, cette liste reflète le concept d'une qui peut être très petite (0,1-0,3 ha).
agriculture de faible d'entretien, développé dans
Au-delà de cette première clôture, des clô-
la Section 2. Une des raisons de cela est l'inclu-
tures secondaires et de petits enclos peuvent
sion d'espèces peu sélectionnées et sauvages, qui
être installés. Un parcours de volailles et un ter-
dépendent moins de l'homme que les espèces de
rain pour les premières plantations d'arbres sont
culture intensive. Les bambous, les faux acacias,
prioritaires. Graduellement, d'autres clôtures
le roseau commun, la plante miroir, les chênes
définiront les autres zones du système non mis
et les « Stones pines » en sont de bons exemples.
en valeur, le bonifiant ainsi en le débarrassant
des herbes et en lui apportant de la fumure. Les
chèvres sont excellentes pour cela.
7.4 Structures et clôtures Les lignes de clôtures sont des sites impor-
tants, qui peuvent être utilisés avantageusement.
Les structures telles que les murs, les treil- A la périphérie du système, ces lignes sont tout
lages et les clôtures, et les structures végétales indiquées pour planter des arbres brise-vcut.
comme les haies et les brise-vent, sont des élé- Dans les zones plus intensives, la constitution de
ments importants de la permaculture. Ce sont murettes le long des clôtures et la plantation de
des facteurs clés qui contribuent à la diversité haies sont utiles. Les murs de pierres et les
du système. Les structures peuvent modifier le haies peuvent éventuellement remplacer quel-
microclimat de multiples façons (Section 6.3), et ques clôtures dans les zones centrales. Une haie
jouer un rôle important pour prévenir le feu dense, mixte, de buissons épineux avec un muret
(Section 6.7) ou pour parquer des animaux. de pierres est virtuellement impénétrable pour la
Toutes les constructions doivent être considérées plupart des animaux. Les haies établies avec les
comme multifonctionnelles. Par exemple, la espèces du Tableau 7.4.1 peuvent contribuer lar-
pierre peut être utilisée pour construire un mur gement à la productivité du système, directe-
permettant de réduire le danger d'incendie, ment ou indirectement. Les haies ont été des
d'abriter des lézards, de parquer des animaux parties intégrantes de nombreux systèmes de
Le système de double clôture est utile dans
l'établissement d'une permaculture sur une pro-
priété pastorale déjà existante avec du bétail ou
d'autres grands animaux en liberté dans de
grands espaces.
Voir la Section 8 pour les clôtures adaptées
aux espèces particulières d'animaux.
Pour les espèces végétales requérant un
tuteur, voir Tableau 7.4.2 pour les systèmes végé-
taux qui conviennent pour les doubles clôtures,
voir Figure 7.4.3.

7.5 Sols : gestion et amélioration Réf. 2, 39

Les sols sont matière à beaucoup de dis-


cussions, de recherches et dogmes. Leur amélio-
ration, leur création et leur destruction ont
contribué au développement et au déclin des cul-
tures à travers les mondes.
Faisant partie de la biosphère, les sols sont
des écosystèmes complexes, plutôt que des sys-
tèmes inertes. La connaissance de la flore et de
la faune, de leurs interactions, des conditions
microclimatiques des sols, est très limitée. La
science du sol de l'agriculture moderne s'occupe
beaucoup plus des interactions physio-chimiques
des sols plutôt que de l'écosystème global.
Cependant, les principes fondamentaux de la ges-
tion des sols, de leur amélioration et de leur
création sont connus depuis de nombreux siè-
cles.
La permaculture, en développant une flore
variée, allant des arbres aux plantes basses, et
culture traditionnels, et considérées comme une en évitant la culture, est incapable de détruire
ressource productive (p. ex. les figuiers de Bar- les ressources du sol comme l'a fait l'agriculture
barie en Sicile ; l'aubépine, les noisetiers, les spécialisée partout où elle n'était pas conduite
prunelliers et le sureau en Europe du Nord). avec prudence. Les arguments contre la culture
Elles peuvent fournir des fruits, des noix, des du sol sous quelque forme que ce soit sont
produits ligneux (p. ex. les bambous), du four- résumés par K E R N (39). Pour un système basé
rage pour les animaux, des aliments pour les sur les plantes vivaces, la culture est encore
abeilles, un habitat pour les oiseaux, et de la moins indiquée que pour des productions
nourriture. Elles agissent comme des brise-vent annuelles.
et des pièges solaires (Section 6.3). Une haie
mixte de buissons non épineux à croissance En résumé, l'écosystème du sol est un sys-
rapide, comme la fausse luzerne arborescente, de t è m e s t r a t i f i é , c o m p o r t a n t t r o i s couches
plantes épineuses à croissance lente, comme fondamentales :
l'aubépine, et d'arbustes formant un fourré, a) La couche mulch/feuilles mortes, 0,5 cm •
comme le noisetier, est beaucoup plus utile 0,10 cm. C'est la couche la plus complexe du sys-
qu'une haie faite d'une seule espèce. La fausse tème, biologiquement parlant, et elle résulte de
luzerne arborescente fournira rapidement un la décomposition de la matière organique com-
abri et des aliments pour les animaux, et pour prenant le feuillage, les fruits, les noix, les
les. abeilles. Le noisetier fournira des noisettes, graines, les excréments, et les dépouilles des ani-
augmentera la teneur en matière grasse du lait maux. L'éventail de la faune et de la flore bacté-
et fera abondance de surgeons qui empêcheront rienne est important, et beaucoup d'espèces con-
les animaux de ramper à travers la haie, une fois tribuent à la décomposition. Les champignons et
la clôture tombée en ruines. L'aubépine sera la les moisissures sont les formes végétales les plus
masse épineuse de la haie, donnera des fruits, de importantes, et souvent les premiers agents de
la nourriture pour les abeilles et d'excellents cette décomposition. Beaucoup d'espèces infé-
gîtes où les petits oiseaux pourront faire leurs rieures d'animaux vivent dans la couche de
nids. mulch, notamment les vers, les larves d'insectes,

94
PEUPLIER

CAROUBIER

LUZERNE
ARBORESCENTE

Herbe des
pampas

Bambou

Paturage
avec bétail

CLOTURE

NOTES
— La double clôture permet d'établir une bande spécialisée dans une zone de pâturage extensif
— L'espace enclos peut servir d'abri pour les oiseaux et autres animaux
— La bande mixte agit comme brise-vent
— Le micro-climat intérieur de la bande est abrité; humide et ombreux; il convient aux baies et autres plantes
utiles qui prospèrent dans un tel environnement
— La bande peut fournir du foin et du fourrage pour les grands animaux des zones adjacentes
— La bande peut être le premier élément d'un plan à long terme pour établir line permaculture extensive
— Les clôtures autorisent le passage des petites espèces domestiques en liberté
EXEMPLE
Espèces végétales
Févier d'Amérique: Grand arbre épineux s'entretenant seul. Feuillage fin. Modère efficacement l'effet du vent
Production: gousses sucrées récoltées et consommées directement par le bétail
Herbe des pampas: Haies résistantes s'entretenant elles-mêmes; brise—vent dense et bas; fourrage (bétail)
Bambou: Brise-vent robuste de hauteur moyenne. Cannes très utiles.
Sureau: Haie résistante qui aime l'ombre. Baies et fleurs
Ugni: Buissons à ombre compacte et aimant être à l'abri. Baies
Consoude: Herbe résistante tolérant l'ombre. Affourragement manuel pour le bétail
Structures
Double clôture avec un espace de 5 à 15 m.
Rangée centrale de grands arbres
Plantes résistantes comme haies contre les clôtures
Plantes délicates dans l'espace central abrité
Figure 7.4.3 Systèmes végétaux pour doubles clôtures
les bousiers et les mille-pattes. Un petit nombre 50 ans ou plus. C'est surtout le cas lorsque le
d'animaux plus évolués, comme les grenouilles et mulch est fait de déchets animaux mêlés à
les lézards, y vivent aussi. Il y a peu de matière diverses matières végétales. Avec l'introduction
minérale, et l'ensemble du système est d'ordi- d'animaux et l'accroissement de la chute des
naire acide, à cause de la présence des acides feuilles des arbres, une vie intense et complexe
organiques. Quelques racines de plantes se nour- des différentes couches du sol peut être créée en
rissent de la couche de mulch. 5-10 années, sur des matériaux de base très pau-
b) La couche de surface (2 cm - 100 cm) vres (p. ex. une argile lourde dépourvue de
vient ensuite. Elle est en partie minérale et en matière organique).
partie organique. La matière organique (humus) Il faut reconnaître que le mulching est
est très décomposée et apte à nourrir les racines l'une des dépenses initiales les plus élevées dans
des plantes, qui sont pour la plupart dans la la création d'une permaculture. Bien que des
couche de surface. Les associations symbiotiques matériaux comme les algues, la vidange, les
bactéries/racines de plantes sont fréquentes. Des cosses de haricots et de graines, le foin gâté et
moisissures et des champignons s'y trouvent, et les fumures animales soient très peu chères (ou
les populations animales sont considérables, les pas du tout) le transport et l'épandage peuvent
vers de terre nombreux. La matière minérale est être coûteux, surtout en main-d'œuvre. C'est à
chimiquement très différente de la roche mère. cause de la grande masse de ces matériaux. Par
Elle a en effet été transformée par des interac- exemple, avec 20 m 3 de sciure, on ne va pas très
tions biochimiques complexes. loin quand on applique un mulch de couverture.
Les machines à faire des copeaux — comme
c) Le sous-sol (50 cm - 1 000 cm) est princi-
celles utilisées par les services communaux pour
palement de la matière minérale physiquement
se débarrasser des élaguages — seraient très
et chimiquement décomposée à partir de la
utiles pour le mulching direct, en traitant les
roche mère. La teneur en matière organique est
buissons, les branches hautes des arbres et
faible. Des racines profondes, quelques bactéries
l'écorce issue du défrichement et de l'abattage
et moisissures, et des animaux fouisseurs, sont des arbres. Toute végétation doit être considérée
les principales formes de vie. comme une ressource. Dans les Zones I et II, le
Les plantes aux racines profondes tirent carton, les vieux tapis et les vêtements usagés
l'eau et les éléments minéraux nutritifs du sous- peuvent être utilisés comme première couche
sol, qui est généralement une source régulière de dans un mulch mixte de couverture. De tels
ces éléments. La chute des feuilles (spécialement matériaux freinent la croissance des mauvaises
des espèces à feuilles caduques), des fruits, des herbes et encouragent l'activité des vers de
écorces et d'autres matières végétales, contribue terre, tout en se décomposant assez rapidement,
à constituer le mulch, fournissant des matières Un tel système de couverture du sol peut sup-
organiques, surtout du carbone, mais avec des porter une végétation très dense, des arbres jus-
composés riches en minéraux et en azote. Com- qu'aux plantes basses, qui pourraient sans cela
binée avec les excréments et les dépouilles des entrer en compétition pour des ressources limi-
animaux, ces matières fournissent les éléments tées. Normalement, un tel mulching doit fournir
nutritifs pour la croissance des plantes via une tous les éléments nutritifs et inclure des subs-
série complexe de décomposeurs. Le mulch agit tances riches en N.P.K. (excréments animaux) et
comme un réservoir d'éléments nutritifs pour les en chaux ou en dolomie, pour compenser la
plantes, retient l'eau et protège la surface du sol richesse en carbone et l'acidité de la plupart des
et les racines des changements microclimatiques mulchs faits de déchets végétaux et fournir une
rapides. L'écosystème dans son ensemble peut gamme complète d'oligo-éléments. Dans les zones
mettre beaucoup de temps à se développer mais extérieures, les plantes individuelles peuvent
une fois établi, il s'entretient de lui-même. être « mulchées », jusqu'à la ligne d'écoulement
La permaculture change très peu le pro- (dripline) en utilisant des matériaux semblables.
cessus de l'écologie du sol. Il y a une gamme Les forêts de hêtres, en Europe et ailleurs,
étendue de systèmes radiculaires puisant à deviennent des systèmes producteurs de mulch,
toutes les sources nutritives disponibles. Les et leur litière fournit du mulch pour les sols
plantes ne sont pas récoltées ou coupées en pauvres ; de même, beaucoup de plantes que l'on
grand nombre comme en agriculture annuelle, et fait pousser en permaculture (consoude, par
une litière profonde de déchets et de matières exemple) fournissent des éléments nutritifs,
végétales et animaux peut se développer naturel- quand elles sont fanées, pour les plantes-racines.
lement. La plantation d'un grand nombre Voir, pour plus de détails sur la consoude
d'espèces pérennes, l'arrosage et le mulching, comme source d'éléments nutritifs. Réf. 69.
accélèrent le processus de développement du sol.
Le mulching aboutit à ce que, dans un temps
étonamment court, les plantes croissent dans des
conditions semblables à celles qui prévalent dans * Mammifère australien de l'ordre des Marsupiaux,
un sol développé, qui a évolué naturellement, à museau allongé, de la taille d'un lapin (N. du T).

96
8.0. PERMACULTURE ET ANIMAUX

Si l'on considère la permaculture comme La section suivante n'essaie pas de donner


un écosystème complet, les animaux y sont une information détaillée sur l'élevage des ani-
essentiels. Leur rôle, dans le contrôle des rava- maux — un vaste domaine. Des textes traitant de
geurs et de la végétation, aussi bien que dans le la plupart des animaux domestiques sont facile-
cycle des éléments nutritifs, est fondamental. ment accessibles mais on doit se rappeler que de
Par les produits divers qu'ils fournissent, ils tels textes traitent des méthodes d'élevage clas-
jouent un rôle très positif, malgré un faible taux sique — pratiques qui peuvent, ou ne peuvent
de conversion protéinique. La Figure 8.0.1 pas, convenir à la permaculture. Les animaux ne
indique les besoins, les produits et les fonctions devraient pas être introduits pendant la période
remplies par les animaux dans le système. d'installation de la permaculture. Il faut d'abord

97
comprendre les besoins, les utilisations et les Cependant, l'alimentation des animaux
fonctions des différentes espèces d'animaux. peut être considérée d'une autre façon. L'élevage
Durant la phase de conception et d'installation en plein air intégral permet à l'animal de sélec-
K E R N (39) et BÉLANGER (47) sont deux références tionner lui-même sa nourriture. Dans un système
excellentes pour aborder l'élevage des animaux complexe et divers, l'éventail de nourriture
dans des systèmes autarciques. (plantes et animaux) est grand. Cette situation
permet une alimentation complète. Les animaux
en liberté se procurant eux-mêmes leur fourrage,
8.1 N o u r r i t u r e Réf. 2, 39, 47, 18 tel est le mode alimentaire fondamental pour les
espèces animales dans la permaculture. C'est par
ce procédé que les animaux remplissent leurs
Pour ce qui concerne les habitudes alimen- autres fonctions utiles : fertilisation, combat
taires et les besoins en abris et en logement voir contre les maladies et contrôle de la végétation.
Tableau 8.1.1. Ainsi beaucoup d'espèces végétales qui ne peu-
A animal différent, nourriture et méthode vent être récoltées sont utilisées par les animaux
d'alimentation différents car, de même que pour (p. ex. la plante-miroir de Nouvelle-Zélande). Le
les humains, il est difficile d'évaluer exactement travail des hommes est réduit au minimum, et
les besoins alimentaires d'un animal particulier c'est surtout un travail de contrôle, consistant à
d'un certain âge, sexe et race. Il est encore plus déplacer les animaux dans les différentes par-
difficile de moduler cet approvisionnement ali- celles. Les animaux prennent du poids lente-
mentaire. ment, mais l'accumulation de graisse est

98
moindre et les graisses sont douces, non satu- Un petit concasseur est nécessaire pour la mou-
rées, comparées à celles des animaux nourris ture — outil fondamental dans une permaculture
aux aliments concentrés dans les étables. Les bien conduite. Des tourteaux et autres résidus de
déficiences minérales sont moins fréquentes l'oléifaction sont des aliments de haute valeur
dans un régime de nourriture en liberté que nutritive, sous-produits disponibles de la produc-
dans un régime d'alimentation forcée hautement tion d'huile. Une presse à huile et à jus est un
énergétique. La diversité et la disponibilité per- autre outil fondamental dans la permaculture.
manente d'aliments dans le système de plein air Le foin et l'ensilage d'aliments de plus haute
intégral sont fondamentales pour la santé des valeur fourragère, comme la luzerne et la con-
animaux. soude, ne devraient pas être oubliés en tant
En permaculture, les aliments disponibles qu'aliments stockables. Les graines germées et
en plein air comprennent les plantes des pâtu- d'autres graines sont aussi, bien que peu utili-
rages, celles des mares et les « mauvaises sées, des éléments de l'alimentation du bétail. On
herbes », la flore (champignons) et la faune du peut faire germer toute graine à condition de lui
mulch, le feuillage des arbres et des buissons, fournir l'humidité et la chaleur adéquates. La
les racines, les tubercules et les rhizomes, les germination augmente les qualités de certaines
noix, les graines et les cosses, les fruits et une vitamines, l'amidon est converti en sucre, tandis
variété d'animaux de surface comme les insectes, que le taux de protéines reste constant. Le poids
les lézards, les grenouilles, etc. de l'aliment germé représente de 3 à 6 fois celui
du grain sec, tandis que le volume peut quadru-
La planification d'aires importantes pour pler. Facilement opéré dans une vieille lessi-
la pâture et le fourrage exige un gros travail de veuse, ce traitement doit être universellement
réflexion p o u r r é p o n d r e e f f i c a c e m e n t aux reconnu pour la nutrition animale et humaine, là
besoins des animaux. Il faut étudier à la fois la où de grandes quantités de grains sont disponi-
nature du fourrage et les besoins de l'animal. bles. Les graines qui germent à des températures
Ainsi, par exemple, la récolte des fruits du modérées sont celles qui conviennent le mieux —
mûrier pour les porcs doit être consommée froment, blé noir, luzerne, avoines, orge, riz
immédiatement, alors qu'une récolte de glands brun, soja, haricot mongo, lentilles, pois, pois
peut rester sur le sol durant des mois. chiches, citrouille, cresson, tournesol, trigonelle,
On devrait de préférence faire pousser les sésame, et seigle. Toutes peuvent être utilisées
bambous (jeunes pousses) et les topinambours pour l'alimentation humaine.
(racines et têtes) dans un carré et les faire con-
sommer tous les ans ou tous les deux ans par Étant donné que beaucoup d'espèces conve-
des porcs parqués. L'organisation d'un système nant pour l'alimentation des animaux ne sont
d'auto-alimentation p o u r les poules et les pas utilisées communément, et que l'information
canards peut donner des idées pour la concep- est insuffisante, beaucoup d'expérimentations
tion de systèmes convenant aux gros animaux. sont nécessaires. Par exemple, la valeur nutritive
L'étude de ce type de planification n'a pas — des graines et des baies de plante-miroir est
autant que nous sachions — été poussée. La inconnue. D'autre part, il n'est pas nécessaire de
ferme arboricole de SMITH (figure 2.4.1) donne concevoir un régime alimentaire animal jusqu'à
une place prépondérante à l'alimentation ani- la dernière calorie ou vitamine, à cause de la
male, mais elle reste quelque peu simpliste. diversité d'aliments disponibles pour l'animal en
plein air.
Les éléments concentrés ont une place
Le Tableau 4.1.11 donne les espèces du
dans le système d'alimentation durant la période
catalogue utiles pour l'alimentation, et dont les
où le fourrage manque, pour l'engraissement et
produits peuvent être stockés. Beaucoup, comme
le maintien de la production de lait et d'œufs. La
les amandes, les noisettes, les plaquemines et le
tendance à fournir uniquement des aliments con-
roseau, ne doivent être envisagés pour les ani-
centrés pour un engraissement rapide doit être
maux que s'ils sont en excès. Pour cette raison,
évitée, surtout avec les jeunes animaux (voir
ce tableau est plus étendu que le Tableau 8.1.2.
KERN (39), chapitre 16). Les aliments concentrés
naturels doivent provenir du système. Le Pour les clôtures requises pour le parcage
Tableau 8.1.2 indique les espèces végétales qui voir le Tableau 8.1.3 pour les quantités et la
donnent des récoltes que l'on peut stocker pour valeur fertilisante de quelques excréments d'ani-
l'alimentation des animaux. La plupart de ces maux, voir Tableau 8.1.14 pour la reproduction,
aliments sont des noix et des cosses, qui sont voir Tableau 8.1.5, et pour le coefficient de con-
riches en protéines, en huiles et en sucres, version de protéines végétales en protéines ani-
comme le montrent les Tableaux 4.1.1 à 4.1.12. males, voir le Tableau 8.1.6.
Certains animaux peuvent manger ces pro- Une clôture à larges mailles permet aux
duits bruts, mais généralement ils sont meilleurs oies de brouter à travers et ainsi d'enlever les
moulus. En particulier, les coquilles de noix mauvaises herbes le long du chemin.
moulues peuvent fournir beaucoup d'éléments Des économies considérables peuvent être
minéraux essentiels pour l'équilibre alimentaire. faites en utilisant des clôtures électriques per-

99
manentes. Des modèles à énergie solaire sont aussi peuvent être infectés par les poulets — ils
maintenant disponbiles (et ces clôtures servent ne doivent pas être mis ensemble. Canards, oies,
aussi à exclure les sarigues et les chats des ter- moutons, chèvres, sont relativement résistants à
rains protégés de la Zone I). la tuberculose. Les canards sont aussi consom-
mateurs de déchets et ne fouillent pas dans les
mulchs. Ils se nourrissent de parasites qui tuent
les moutons, le bétail et les poulets, comme la
« husk » et la douve (39). Les déjections du bétail
8.2 Interactions et associations animales fournissent des éléments nutritifs pour les porcs,
qui suivent le bétail. Quatre bouvillons d'un an
Comme dans les reste du système, les ani- nourris de graines broyées peuvent nourrir un
maux sont capables d'interactions bénéfiques et porc avec leurs seuls excréments (47).
symbiotiques, ou au contraire compétitives et Les canards suivront les porcs, trouvant
négatives. C'est l'expérience et l'observation qui souvent à manger là où les porcs ont fouillé. Sur
amène à tirer avantage de ces relations, mais on le pâturage, quand la situation s'y prête, les
peut donner quelques exemples. moutons, le bétail et les chèvres peuvent paître
La basse-cour est consommatrice de ensemble de façon avantageuse. Les chèvres peu-
déchets et récupère pour son alimentation ce qui vent faciliter la transmission du tétanos chez les
est gaspillé par les autres animaux. Les asticots chevaux, et transmettre des parasites aux mou-
et d'autres formes de vie inopportunes sont con- tons, si l'association est étroite (47). Les canards
trôlés par la volaille en liberté. D'autre part,' la et le cochons favorisent la pisciculture en four-
volaille peut transmettre la tuberculose au nissant des excréments pour la nourriture des
bétail, et par suite aux humains (47). Les porcs poissons.

100
Les chiens ne s'associent guère favorable- La sarigue de brousse, en Tasmanie, est le
ment avec les animaux domestiques, mais ils mammifère sauvage le plus nuisible, qui brise
peuvent éloigner les sarigues jusqu'à un certain les arbres et mange des fruits et des noix pas
point. Ils feront fuir aussi un wallaby. Les chiens encore mûrs. On utilise des pièges pour les
sont de peu d'utilité et font beaucoup de mal attraper vivantes et les transporter dans d'autres
dans le système. Les chats exterminent les petits lieux (elles doivent être emmenées à 16 km ou
animaux — oiseaux, lézards, grenouilles, etc. — plus, sinon elles reviennent).
et sont ainsi tout à fait contre-indiqués. Il est
probable que les insectes nuisibles des banlieues
pourraient être efficacement combattus par les
grenouilles et les lézards s'il n'y avait pas les 8.3 Notes s u r les espèces animales (pour la
chats. Les chiens et les chats sont porteurs de plupart à p a r t i r d'expériences personnelles)
parasites dangereux pour l'homme, spécialement
pour les enfants. Nous ne voyons aucune bonne Oies Réf. 50
raison de garder ces « animaux familiers ». (Le
marché de la viande pour animaux, principale- Oiseaux résistants, pouvant être laissés en
ment constitué de viande de baleine ou de kan- liberté sur des terrains étendus, mais non sur
gourou, est le résultat regrettable de ces habi- des pentes raides. Beaucoup d'eau dans un grand
tudes). récipient (p. ex. un baquet) est nécessaire. Un

102
étang ou une retenue d'eau, s'ils sont disponi- d'autres arbres fourragers dans les zones exté-
bles, conviennent mieux aux oies. Elles n'enva- rieures du système. L'élevage des dindons néces-
sent pas les plans d'eau autant que les canards site beaucoup de soins — à cause de leur vulné-
et ont tendance à stationner sur les terrains rabilité aux maladies, qu'ils contractent surtout
dégagés aux alentours, favorisant ainsi la crois- des poulets, et de leur stupidité (il faut enseigner
sance de l'herbe grâce à la fumure qu'elles aux dindonneaux comment et quoi manger, les
apportent. Elles perchent et nichent à ciel dindes pondent debout, les oiseaux sont facile-
ouvert, n'ayant pas besoin d'abri. Un jars et trois ment effrayés, voir Bélanger (47). Les volatiles en
oies, âgés d'au moins quatre ans (pour une liberté dans une forêt dense d'arbres fourragers
bonne reproduction) engendrent jusqu'à cin- (tenus ainsi à l'écart des poulets) peuvent sur-
quante oisons par an. Paissant et broutant tout, vivre de façon tout à fait satisfaisante. L'élevage
les oies doivent être éloignées des zones fragiles des dindonneaux doit parfois être intensif.
où poussent des plantes à petits fruits, des L'abattage se fait à la fin de l'automne, après la
herbes, des légumes et des jeunes arbres. Les principale récolte de noix.
oisons nés au printemps peuvent être tués pour
la boucherie en décembre et en mars, après Pintades Réf. 47
engraissement. Le duvet d'oies est un sous-pro-
duit de valeur, et est utilisé pour fabriquer des Volatiles de taille moyenne, peu domesti-
sacs de couchage et des édredons. On peut élever qués, mieux adaptés à des conditions semi-sau-
jusqu'à dix oies par acre (0,4 ha). Les ailes sont vages que la plupart des volatiles. Elles ne grat-
utilisées comme chasse-abeilles quand on récolte tent pas et sont moins destructrices que les pou-
le miel. lets. Elles n'ont pas besoin d'abri étant donné
qu'elles perchent sur les arbres et n'ont besoin
que de peu de nourriture. Elles broutent, man-
Kangourous gent des graines de mauvaises herbes, des
En Tasmanie, on peut tout à fait consi- insectes. Comme avec les canards, un œuf doit
dérer ces animaux comme du bétail domestique. être laissé dans chaque nid, sinon l'oiseau fera
Ils sont facilement apprivoisés et peuvent un autre nid. Une bonne poule pintade pondra
devenir très dociles (s'il n'y a pas de chiens). environ cent œufs par an, mais elle ne s'occupe
Avec un mâle et douze femelles, on peut obtenir pas de sa progéniture et les pintadeaux ont
deux portées pour la viande de boucherie — en besoin d'être élevés soigneusement. Un beau
décembre et en mai. Nous estimons le rende- troupeau de pintades est en liberté dans le Parc
ment maximum à 80 livres (36 kg) par acre du Premier Bassin de Lanceston, en Tasmanie.
(0,4 ha) et par année, dans une forêt mixte avec
une bordure complexe. La capacité de charge Canards
d'une forêt peu développée ou d'un bois est d'un
animal par acre. L'habitat idéal pour les kangou- Petits volatiles pour la viande et les œufs,
rous est une haie complexe avec un marais por- selon la race ; les canes Khaki Campbell et Cou-
tant des « ti-trees » une clairière et une forêt reur Indien (Indian Runner) pondent jusqu'à
développée sur des terrains bien drainés. Le kan- trois cents œufs par an. Les canards de Pékin et
gourou des forêts requiert une protection contre de Moscou (Muscovies) sont les principales
la lumière — comme les « ti-trees » et les espèces à viande — Ces derniers volent aisément,
« pampas » peuvent la fournir — pour que les et il faut leur rogner les ailes, ou les nourrir
animaux ne deviennent pas aveugles. Les kangou- abondamment.
rous peuvent être considérés comme « plus Les canards ont besoin d'un bon abri de
doux » que les moutons dans le système, et plus broussailles ou d'un préau avec de l'eau pour
ou moins équivalents aux oies. Ils paissent de barbotter (p. ex. un bassin en béton peu profond,
l'herbe courte, broutent des herbes, des feuilles alimenté par un tuyau). Ils envasent les mares,
basses et des champignons, mais ils atteignent aussi seuls les mares et les étangs artificiels con-
rarement la végétation qui se trouve à plus de viennent. Les canards pondent tôt le matin, aussi
0,50 cm du sol. Cependant, les kangourous, en peuvent-ils être parqués la nuit et relâchés au
tant qu'animaux domestiques, conviennent mieux milieu de la matinée pour qu'il aillent chercher
aux zones extérieures, ou dans des terrains défri- leur nourriture. Ils mangent des insectes, des
chés et clôturés. Un grillage serré, haut de vers, de l'herbe et des graines. Ils causent peu de
1,50 m, est nécessaire pour les parquer. dommages aux plantes, mais atteignent à l'occa-
sion les feuilles à 0,50 cm du sol, grignotant les
Dindons Réf. 47 feuilles tendres des jeunes arbres. Cependant, la
Zone II pourrait convenir pour un parcours de
Le dindon sauvage d'origine est un oiseau
canards. Les canards peuvent être nourris de
des forêts à feuilles caduques de l'Amérique du
tous les rebuts de nourriture domestique, et de
Nord, se nourrissant surtout de glands et de
fourrages verts. Un mâle pour 5 à 6 canes,
noix. Bien que les races domestiques soient
8 canards pour une famille de 5 personnes.
maintenant très différentes, il est conseillé de
laisser les animaux en liberté sous des chênes et

103
Chèvres appauvri et asphyxié sous les gazons ras de cer-
tains pâturages, témoigne qu'une telle monocul-
La valeur de la chèvre en tant que produc- ture permet rarement aux plantes de développer
teur de lait est bien reconnue. Elles sont des des racines profondes, ni à l'eau de pénétrer
productrices plus efficaces que les vaches. Le facilement.
lait cru de chèvre est moins dangereux que celui
de vache (tuberculose) et elles sont plus faciles à Étant donné que notre but est la diversité,
mener que les vaches. Cependant, les chèvres de nombreuses espèces d'herbivores peuvent être
sont très destructrices de plantes cultivées. Non admises sur le pâturage. Les kangourous man-
seulement elles les broutent, mais elles enlèvent gent le plantain, auquel les oies ne touchent pas,
l'écorce des arbres. Le seul environnement qui et les bovins et les chevaux les touffes d'herbes
leur convienne, c'est une forêt bien développée. rudes dédaignées par les moutons. Grâce à
Dans les parties les plus fragiles du système, l'observation, l'équilibre des espèces peut être
pour de courtes périodes, il convient d'attacher maintenu, et des terrains spéciaux ouverts pour
la chèvre à un pieu. La chèvre laitière peut avoir un pâturage occasionnel, ou pour l'approvision-
sa place de façon avantageuse dans le système, nement en graines des cailles et des faisans.
mais l'élevage des chèvres en grand nombre est Les mammifères et les oiseaux consom-
incompatible avec la permaculture. Les chèvres ment les glanes des moissons, les fruits gâtés,
sont utiles pour défricher de nouveaux terrainç. ceux que le vent a fait tomber, et les chutes des
Sur des pâturages abandonnés, peuplés d'ajoncs tailles. Les kangourous consomment aussi les
et de m û r i e r s — si c a r a c t é r i s t i q u e s en champignons comme nourriture d'hiver, et les
Tasmanie — les chèvres peuvent être utilisées canards trouvent des graines et des insectes
pour mettre le terrain en état pour une planta- dans les pâturages. La succession des herbivores,
tion. Étant des brouteuses, et aimant les plantes et leur cohabitation, doivent tenir compte des
nuisibles comme l'ajonc et les ronces, les chè- risques de transmission des maladies entre
vres ne sont pas difficiles à nourrir. Quelques espèces aussi bien que par les conditions spécifi-
aliments concentrés sont bien sûr nécessaires ques du pâturage. L'épandage de dolomite,
pour la chèvre laitière. (Voir BÉLANGER ( 4 7 ) pour l'application foliaire d'algues, et les fumures ani-
une information générale sur l'élevage des chè- males maintiennent les pâturages en bon état.
vres). Une combinaison complexe d'espèces augmente
l'efficacité des prairies, et assure un éventail
Cailles, faisans, pigeons, cochons d'Inde plus large de produits pour la consommation
Sont tous intéressants pour la permacul- humaine.
ture. La caille (au Japon) et les pigeons (en Les communautés végétariennes peuvent
Europe) sont une partie intégrante des petites utiliser des animaux (d'un seul sexe ou stéril-
fermes, fournissant des œufs et de la viande et lisés) en tant que fournisseurs de fibres, d'œufs,
nécessitant peu de soins. Les cochons d'Inde sont de lait, pour la défense contre l'incendie, et pour
très répandus au Pérou et au Chili, comme petits fumer le sol.
animaux domestiques à viande, ayant plus
besoin de fourrage vert que de graines.
8.5 Plan d'un parcours de poules et de
canards
8.4 Pâturages et brouts en permaculture
Le plan ci-dessous peut être considéré
En relation avec le développement des bor- comme un exemple de sytème intégré en perma-
dures des différentes zones, et comme mesure culture. Noter aussi que le développement se
contre l'incendie, divers pâturages peuvent être déroule sur plusieurs années. La présence des
créés, sous forme de bandes sinueuses ou irrégu- animaux les premières années occasionne des
lières interpénétrant le plan d'ensemble. Ici problèmes considérables auxquels le plan essaie
encore, nous envisageons des plantes herbacées de faire face. Cependant, en considérant ces pro-
vivaces, que l'on laissera se développer dans le blèmes, il faut également tenir compte de la
temps, comprenant de nombreuses espèces, tels valeur de la production d'œufs et de fumier.
le pissenlit, le plantain, la luzerne, de grands
bouquets d'herbes des pampas (qui tiennent Première année
aussi lieu d'abri dense pour les moutons qui Structures
viennent d'être tondus, et de sites de nidification
pour les oiseaux), des plantes aquatiques, des • Clôture extérieure qui
graminées, et des légumineuses. — tient les prédateurs à distance,
— retient généralement les oiseaux,
YEOMANS (20) donne d'excellents principes
de conduite des pâturages par l'utilisation d'un — réduit les vents.
chisel et plus récemment, d'un « shakerator » • Poulailler pour
mis au point pour d'aérer le sol. Le terrain — stockage de la nourriture,

104
— perchoirs et nids, • Massette dans la mare
— récupération d'eau. — stabilise les bords
• Mare — habitat pour les canards
— creusée au début pour permettre à -la • Bambou
végétation de s'établir sur ses bords. — chute de graines
Plantation • Caroubier
• Fausse luzerne aborescente — situation sèche et chaude,
— brise-vent, résistance au vent, — gousses pour l'alimentation du bétail.
— croissance rapide, Le sol autour de chaque plante est recou-
— graines et feuilles comme fourrage. vert de pierres, pour empêcher les poules de
• Bords de la mare semée d'un mélange de gratter jusqu'aux racines, après l'enlèvement des
graines d'herbes de pâturages cages.
• Enlèvement des ronces Oiseaux
Oiseaux • Nombre maintenu
• 6 poules et un coq — o i s e a u x q u ' o n e m p ê c h e de se
• 6 canes et un canard reproduire — ou quelques-uns tués pour la
viande,
— canards confinés dans un petit enclos.
Deuxième année Répandre de la sciure durant tout l'hiver
pour pouvoir récolter du fumier
Structures
• Extension des clôtures pour former un petit Troisième année
enclos
• Structure d'abri en « A » et construction d'une Structures :
auge pour les canards • Clôtures
— mare clôturée,
Plantations
— formation de trois enclos,
• Plante-miroir (Coprosma) de Nouvelle-Zélande — clôture extérieure hermétique de 2 m de
— coupe-vent dense, haut.
— retarde le feu,
— tolère l'ombre et le vent,
— graines comme fourrage.
• Févier d'Amérique Plantation
— résistant au vent, — carré de consoude pour l'alimentation
— feuillage léger, fraîche et sèche,
— ombre minimale, — enclos recevant une fumure, semé pour
— gousses comme nourriture et à stocker. le fourrage à la fin de l'été,
• Mûriers — bambou pour grains, planté le long de
la clôture.
— tolèrent l'ombre,
— fruits comme nourriture animale et Les années suivantes, davantage d'espèces
humaine, pourraient être plantées pour accroître la pro-
— chutes de graines. duction et ainsi le nombre des oiseaux. Le millet
des bois sous les arbres et le riz sauvage dans la
• Robinier faux-acacia
mare sont d'un grand intérêt.
— feuillage léger
Dans la pratique, il est important de consi-
La plantation d'espèces à fruits et à dérer tous les facteurs de site, lès espèces végé-
graines à l'extrémité de l'enclos opposée au pou- tales, les oiseaux et les ressources disponibles.
lailler facilite la répartition des oiseaux sur tout La liste ci-dessous en indique quelques-uns.
le système
Site
• Eucalyptus
— à éliminer, — exposition et pente,
— hauteur illimitée, — captage d'eau et drainage,
— absorbent l'eau et les nutriments. — vents,
— végétation existante — ressources et
• Acacias problèmes.
— hauteur et âge limités,
— fixateurs d'azote, Plantes
— risque d'incencie faible, — production de fourrage pour les poules
— abri dense. et les canards,
105
— habitat pour les oiseaux,
— besoins de la culture et adaptations par-
ticulières.
Animaux
— besoins de clôtures,
— besoins d'abris et de logements,
— habitudes alimentaires,
— besoins en eau,
— fumure et contrôle de la végétation,
— dommages causés aux plantes,
— nourrissage et collecte des œufs,
— stockage et préparation de la nourri-
ture.

La poule comme chauffage automatique.


La serre-poulailler remplace temporaire-
ment l'abri. Si on donne aux poules des per-
choirs et des caisses pour nicher dans un par-
cours grillagé sous les bancs de la serre, la cha-
leur du corps des poules, la nuit et quand le
temps est mauvais, fournit une chaleur de fond
et du CO2 pour le lit de semis ainsi que des
chutes de plumes riches en azote pour le fumier.
Les légumes verts de la serre peuvent être direc-
tement donnés aux poules. L'attention régulière
que la serre requiert s'accompagne de la collecte
quotidienne des œufs et de la distribution des
aliments. La partie arrière de la serre sert à
emmagasiner les produits du févier d'Amérique,
du caroubier et d'autres nourritures stockables.
Un moulin peut moudre les gousses et les
graines pour les mélanges alimentaires. Un réci-
pient pour faire germer le blé et d'autres graines
peut être placé dans l'abri. La préparation de la
nourriture, sa distribution, et la collecte des
œufs, deviennent des activités intérieures, toutes
accomplies efficacement et facilement. Le toit
permet d'approvisionner la citerne d'eau, qui
sert aux oiseaux, aux plantes de la serre et aux
germoirs.

8.6 Abeilles Réf. 5, 16, 28

L'utilité des abeilles dans un système cul-


tivé est considérable et unique.
Les produits qu'elles fournissent sont le
miel, le pollen, et la cire. Le miel est un aliment
complexe consistant en différents sucures dans niment. Ses utilisations, comme adoucisseur
une solution aqueuse (environ 75 % de sucre). Il pour les gorges irritées, et comme aliment
contient beaucoup de sels minéraux, notamment général de santé sont bien connues. La cire
le potassium, le calcium et le fer. L'apiculture d'abeilles est une cire très malléable mais qui ne
est probablement la meilleure façon d'obtenir fond qu'à une température élevée (145° F). Elle
des sucres concentrés en grande quantité, dans est utilisée comme ingrédient dans les encausti-
les climats tempérés. Les sucres concentrés ne ques, pour faire des bougies, comme enduit pour
sont pas essentiels au régime alimentaire mais les toiles, les bouteilles, pour l'isolation et les
leur utilisation en cuisine — y compris pour les bobines électriques, pour l'étanchéité des boîtes
confitures — sont nombreux. Le miel tue tous de carton, etc. Le pollen est de plus en plus sou-
les germes qui s'y trouvent et se conserve indéfi- vent ajouté à la farine pour ses protéines.

106
Les abeilles ont ceci de particulier qu'elles insectes sont fréquemment essentiels pour
élaborent ces produits de valeur à partir de assurer un pourcentage important de féconda-
sources qui autrement resteraient inutilisées. tion. Les abeilles se bornent habituellement, à
Dans le processus de la production de ces chacun de leur voyage, à des fleurs d'une seule
richesses, les abeilles accroissent la productivité espèce, ce qui les rend ainsi très efficaces dans
du système par la pollinisation des fleurs, sans la fécondation. Il est bien connu que la présence
lui nuire par ailleurs. Beaucoup de plantes ont d'un grand nombre d'abeilles durant la floraison
besoin de la pollinisation par les insectes pour accroît la production de fruits ou de graines
leur fructification. Pour la fertilisation de dans une grande variété d'espèces végétales. Les
l'ovaire, le pollen des anthères doit être trans- Tableaux 8.6.1, 8.6.2 et 8.6.3 donnent la liste des
féré au stigmate du pistil. Les insectes qui se plantes (y compris les plantes annuelles), qui
posent sur ou dans la fleur effectuent souvent ce dépendent ou bénéficient de la pollinisation par
transfert. Souvent, la fertilisation est possible les insectes.
seulement avec le pollen d'une autre fleur, Pour garder les abeilles sur un site toute
plante, ou même variété. Dans ces cas, les l'année, il est nécessaire de considérer la quan-

107
tité de plantes disponibles pour le pollen et le sur une petite échelle, un terrain relativement
nectar. La floraison et la production de nectar petit, en permaculture, pourrait produire un
de la plupart des espèces varie grandement fourrage bien plus abondant. Le Tableau 8.6.1
d'année en année, car elles dépendent de nom- indique les plantes du catalogue (la plupart étant
breux facteurs, dont les conditions climatiques. utiles d'une autre façon) qui conviennent aux
Il n'est pas possible de dépendre d'espèces parti- abeilles. Le Tableau 8.6.3 donne quelques épo-
culières comme sources uniques de nectar et de ques de floraison. Certaines de ces plantes sont
pollen. Il est nécessaire d'avoir au moins plu- aisément propagées (p. ex. bourrache, consoude
sieurs affouragements disponibles chaque mois, et luzerne) en grand nombre pour établir rapide-
et des sources de pollen particulièrement riches ment un « pâturage » d'abeilles. Le nombre
au début du printemps. d'essaims qu'un système de ruches pourrait
e n t r e t e n i r l ' a n n é e d u r a n t , ou le n o m b r e
La première source de fourrage à consi-
d'abeilles requis pour une pollinisation optimum,
dérer est la flore indigène. Beaucoup d'espèces,
ne sont pas vraiment connus, mais dans une per-
dont le fameux « leatherwood », sont butinées
maculture pleinement développée la capacité
par les abeilles. Étant donné que l'aire maximale
doit être de l'ordre d'une ruche par hectare, en
de déplacement des abeilles est de deux mille
utilisant la végétation naturelle. Le rendement
(environ 3,5 km), seulement une certaine quantité
d'une ruche va de 10 à 50 kg/ruche/saison.
de plantes peut être travaillée par une seule
ruche. Une immense variété de plantes cultivées L'apiculture est une pratique très délicate
est butinée par les abeilles. Cependant, les prin- et requiert une installation et un équipement
cipales plantes ayant un intérêt commercial, spécifiques, mais, pour les raisons susdites,
demandées en grand nombre, viennent des pâtu- l'effort en vaut la peine. Voir références 5, 16 et
rages, comme les trèfles. Pour une production 28 pour une information sur l'apiculture.

109
9.0. LES CHAMPIGNONS DANS LA PERMACULTURE (Réf. 57,58).

Les champignons comestibles ont des d'excellentes teintures, d'autres sont utilisées,
formes multiples ; tels la Pezize en forme de séchées, comme amadou pour les briquets,
coupe et le Tricholome de couleur lilas pâle, qui D'autres (l'amanite tue-mouches) sont utilisées
peuvent être mangés , et sont communs dans les comme poison pour les insectes. Une utilisation
terrains mulchés ou associés à certaines espèces prudente et une identification sûre sont néces-
d'arbres. « Les bois mixtes », dit Savenius, saires pour choisir les champignons comestibles
« donnent généralement les meilleures récoltes ». parmi les nombreuses espèces qui apparaissent
Il est bon de contrôler les espèces comestibles comme décomposeurs dans une permaculture. Il
en utilisant un manuel d'identification. est intéressant d'introduire dans le mulch cer-
La Tasmanie a beaucoup de canterelles taines espèces, particulièrement les agarics,
(Cantharellus), en association avec le bois tombé, comme réserve complémentaire de nourriture.
des lépiotes (Lepiota), des morilles (Morchella) et Dans un système expérimental établi par
beaucoup de bolets et de coprins (Coprinus). Les les auteurs, les champignons sont apparus de
rosés de prés de trois ou quatre espèces (Aga- façon imprévue, mais beaucoup furent alors uti-
rucus), sont les plus communémènt mangés, lisés comme nourriture. HARRIS (58) a écrit un
mais non les prolifiques en permaculture. guide très utile pour propager les espèces d'une
Moins comestibles sont les divers champi- manière rationnelle, utilisant des outils simples
gnons croissant sur les souches (Pholiota, Armil- pour développer des cultures dans la maison,
laria), plus abondants et comestibles sont les L'expérimentation dans des mélanges de mulchs,
vesses de loup (Lycoperdon). Les champignons de et la mise en place délibérée de substrats de bois
couche ou de troncs d'arbres indigènes ou intro- ou de feuilles sous le mulch, pourront être des
duits (Auricularia, Pleurotus) et beaucoup stratégies pour accroître la production des
d'espèces de champignons d'humus (Russula, champignons en permaculture.
Corpinus, Lactarius), sont aussi consommées. Le Là où les champignons ont une valeur
Coprinus suscite une révulsion et une maladie unique, c'est dans les terrains qui ne convien-
s'il est pris avec de l'alcool. Il contient de nent à aucune culture, particulièrement dans les
l'« antabuse », un principe réagissant avec emplacements ombreux ou intérieurs qui ne
l'alcool, causant des taches sur la peau et des réussissent pas aux plantes vertes. Ils donnent
vomissements. aussi bon nombre de produits chimiques utiles
Certaines espèces de champignons sont et de substances non alimentaires.

110
10.0 ÉVOLUTION URBAINE ET RETOUR A LA TERRE (Réf. 2, 59-64).

Depuis 1800, la proportion de la population de compétences. Par exemple, des services


mondiale résidant dans des villes de 20 000 habi- rationnels de transport, avec des chargements de
tants ou plus a sensiblement augmenté. La pro- fertilisants provenant des déchets u r b a i n s
portion de la population mondiale urbaine, est devraient être une stratégie essentielle de planifi-
passée de 2,4 % en 1800 à 20,9 % en 1950. Vers cation. Un soutien actif pour les émigrants
1970, selon les Nations-Unies, environ 28 % de la ruraux devraient faire partie de la politique
population urbaine résidaient dans des villes de urbaine. Dans les zones urbaines, on trouve une
20 000 habitants ou plus. masse de gens qui, par la force des circons-
Les États-Unis peuvent être pris comme tances, dépendent de ressources à la fois
illustration du processus d'urbanisation. En réduites et éloignées, ce qui est une condition
1790, quand le premier recensement décennal particulièrement désastreuse. De nos jours, de
des États-Unis fut effectué, il y avait seulement plus en plus, la solution qui s'offre à eux est
24 a g g l o m é r a t i o n s u r b a i n e s de p l u s de d'être soit poussés, soit tirés vers un mode de
2 500 habitants. Le recensement décennal de vie rural (HAUSE) (59).
1970 en découvrit 7 062. Et ce n'est pas seule- Dans le tiers monde, des activités de type
ment le nombre des agglomérations urbaines qui rural sont un aspect normal de la vie urbaine, et
s'est accru, mais aussi le nombre moyen d'habi- les fermes urbaines de Londres sont en train de
tants dans chaque agglomération : en 1790, le rétablir cette tendance, soutenue activement par
nombre moyen d'habitants dans une aggloméra- les autorités.
tion urbaine était de 8 400 ; en 1970, il était de
A chaque génération, quelques personnes
21 142. En conséquence de ces deux augmenta- tournent le dos aux modes de vie conventionnels
tions, la proportion urbaine de la population et essaient d'établir une nouvelle façon de vivre
passa de 5 % en 1790 à 73,5 % en 1970. (Elle — d'ordinaire un mode de vie fondé sur la coo-
excède 80 % en Australie.) De telles aggloméra- pération et l'accord, plutôt que sur l'ambition et
tions ne sont pas prévues pour assurer l'alimen- l'appropriation. Les dernières vingt années ont
tation de la communauté, et des énergies tou- vu la croissance du mouvement communautaire,
jours croissantes, investies dans le transport, dans lequel des hommes et des femmes ont
sont requises pour distribuer de l'alimentation essayé de se développer en tant qu'individus et
exotique aux centres urbains, avec des pertes de vivre comme groupe ; où la responsabilité col-
croissantes dues aux dommages causés par la lective envers la communauté donne à ses mem-
manipulation et les stockages. C'est dans les bres un sentiment de contrôle sur leur propre
banlieues q u e le p o t e n t i e l p e r m a c u l t u r a l avenir. Cela est tenté malgré un soutien défail-
demeure encore une alternative viable, à condi- lant dans les zones rurales, malgré la détériora-
tion que des plantes directement utiles à tion des chemins ruraux, et malgré le niveau de
l'homme soient exploitées. plus en plus élevé des taxes et des impôts appli-
Il faut considérer la banlieue non tant qués par les conseils locaux et les autorités.
comme le produit d'une fuite hors de la ville, Dans le numéro du 23 mars de The Bul-
que comme le résultat de la croissance conti- letin ( 1 9 7 6 ) , LINDBLAD notait : « Le mouvement
nuelle de la ville, dépassant ses limites pour sub- vers la brousse n'est pas un phénomène nouveau
merger les terres environnantes. Le vrai exode en Australie mais il ne s'est jamais effectué sur
hors des villes commença à la fin des années 50, une échelle si vaste, d'ampleur nationale. Jamais
et il s'accélère en Australie, bien que seuls quel- auparavant on n'a vu tant de gens partir en
ques rares privilégiés soient capables d'acquérir même temps avec une telle détermination, et un
de la terre, à cause des restrictions actuelles sens de la coopération si considérables. » Ce qui
concernant les baux et les permis de construire. fait défaut, c'est un plan pour assister et valo-
Il est urgent de réformer la législation dans le riser les énergies de ce mouvement.
sens d'une assistance positive aux zones rurales.
Plutôt que de développer des super-autoroutes L'échantillon suivant de migrants « de la
urbaines, on ferait mieux d'étendre le réseau des ville à la campagne » a été étudié par des étu-
routes publiques dans les zones productives ou diants de psychologie de l'environnement, de
potentiellement productives proches des villes. l'Université de Tasmanie, et donne certaines des
caractéristiques de la communauté
Peu de réflexion, et encore moins de plani- « alternative » (GROGAN, 1 9 7 0 , Réf. 2).
fication, ont visé à rendre la dichotomie cam-
pagne-ville plus rationnelle, avec une production Huit expérimentateurs choisirent un échan-
alimentaire à l'intérieur de la cité, une produc- tillon non marginal de 241 sujets urbains immi-
tion de fibres, de carburant, d'hydrates de car- grés à la campagne. Voir Tableau 10.0.1
bone et de protéines dans les zones rurales pro- Le pourcentage plus élevé de sujets mascu-
ches, et un échange de services, d'assitances et lins reflète la phase pionnière du mouvement.

111
sujets qui ont eu entre 0 et 6 enfants de sexe
masculin nés avant et après leur déplacement de
la ville à la campagne.
Le Tableau 10.0.5 donne le nombre et le
pourcentage d'enfants du sexe féminin.
Les Tableaux 10.0.4 et 10.0.5 montrent que
48 enfants de sexe masculin (c'est-à-dire, 26 X 1)
L'échantillon fut sélectionné de la manière + (8 X 2) + (2 X 3) et 28 enfants de sexe
suivante : les sujets furent initialement abordés féminin sont nés après le déplacement. Cela peut
en qualité d'amis des investigateurs eux-mêmes, être comparé aux 80 garçons et 70 filles nés
ou par contacts. Dans d'autres occasions, un avant le départ. En fait, le pourcentage de gar-
sujet suggéra que l'enquêteur puisse contacter çons nés est passé de 53,3 % avant la migration
une autre personne prête à apporter son con- à 63,2 % après. Une augmentation des naissances
cours à l'enquête. Donc la sélection ne fut pas masculines fut prévue sur la base d'autres don-
faite au hasard, bien qu'elle ne fût faite dans nées accessibles au groupe de recherche.
aucune direction préconçue. Le Tableau 10.0.6 montre que le type de vie
Comme nous allons le voir dans les le plus habituel est la vie familiale.
Tableaux 10.0.2 et 10.0.3, le groupe le plus impor- Le Tableau 10.0.7 donne une répartition de
tant comprenait des sujets âgés de trente ans ou l'éducation des sujets. Il est évident que les
plus et la plupart des gens étaient soit mariés, groupes les plus représentés sont ceux de niveau
soit cohabitants. Les célibataires étaient en tertiaire — qui fournissent en fait 41,1 % des
minorité, de même que les sujets de moins de sujets de l'échantillon total. Cela, en fait, repré-
25 ans. Presque la moitié (46,1%) de ces
migrants était composée de gens de plus de
trente ans.
Ainsi, la croyance tenace que ce mouve-
ment concerne des jeunes gens est infirmée par
cet échantillon.
Le Tableau 10.0.4 montre la fréquence des
sente une nette « fuite des cerveaux » vers la
campagne.
Le Tableau 10.0.8 concerne les occupations
des intéressés avant et après leur départ de la
ville pour la campagne. On voit bien que le
groupe de migrants le plus nombreux est celui
de gens qui ont une activité professionnelle indé-
pendante. L'autre trait le plus remarquable est
celui du changement d'occupation après l'instal-
lation à la campagne. Il y a avant le départ un
pourcentage de 66,4 % de professions indépen-
dantes, administratives et cléricales, qui tombe à
44 % après le départ. Ainsi, davantage de gens
prennent une occupation de type primaire. Les
gens les plus âgés ayant une profession indépen-
dante ont plus de capitaux, de compétences, et
de possibilités de se déplacer que les personnes
des autres groupes. Ils sont concernés de près
par la qualité de la vie dans les cités, et sont
sensibles aux bienfaits que la vie rurale apporte
à leurs enfants.
Le Tableau 10.0.9 montre l'activité politique
des gens qui ont quitté la ville pour s'établir à la
campagne. A une majorité écrasante — 75,9 % —
ils n'essaient pas de prendre la moindre part à
une quelconque activité politique, tandis qu'une
minorité assez importante (16,6 %) de migrants
est impliquée dans des activités communau-
taires. Cette majorité d'apolitiques entraînés
dans les mouvements migratoires est indicative
du désenchantement des gens ayant une instruc-
tion supérieure devant la politique actuelle,
dominée par l'affairisme, et devant la dégrada-
tion de la qualité de la vie.

Le Tableau 10.0.10 montre une répartition


des migrants selon la dimension de leur pro-
priété, qui varie de 0 à plus de 10 acres (4 ha).
Très peu de personnes n'ont pas de terre du tout
(seulement 4,1 %) tandis que la majorité (75,1 %)
possèdent plus de 10 acres. Une partie considé-
rable du territoire australien est ainsi en train
de tomber aux mains de ceux qui adoptent un
style de vie « alternatif » et pourra servir pour
le développement de la permaculture ou de sys-
tèmes semblables, opposés aux fermes tradition- b) Les difficultés dans la scolarisation de
nelles. leurs enfants.
c) L'éloignement des magasins.
Le Tableau 10.0.11 donne la répartition des d) Les règlements locaux.
utilisations présentes et futures de la terre. Le Ici encore, il est évident que les autorités
trait le plus notable est la tendance marquée à locales n'accordent guère de soutien à la popula-
un développement ultérieur, au-delà de l'autarcie tion rurale, qui reçoit peu de subventions.
alimentaire.
Comme les sujets n'étaient pas pris au
Sur les 242 sujets considérés 111 (à savoir hasard, il n'est pas possible de faire à partir de
46,1 %) attachent de l'importance à l'argent, cet échantillon une extrapolation valable à la
tandis que les 130 autres (53,9 %) ne le font pas. population totale des citadins qui émigrent à la
Le Tableau 10.0.12 dorme la répartition des campagne. Cependant, on peut encore faire un
différentes sortes de difficultés rencontrées par commentaire intéressant au sujet de ce groupe
les migrants, qui ont été : de personnes, si l'on ne prétend pas en tirer des
a) Le manque de connaissances dans le conclusions générales.
domaine de l'agriculture et du bâtiment. LINDBAD (1976, p. 52) dit de ces « nouveaux

113
>vui cyai guain ia pxus grande partie des souf- année ou deux d'efforts de cet ordre assurerait
frances et des difficultés rencontrées par les des ressources à long terme à l'intérieur de la
anciens. » Cela ne reste vrai qu'autant que les cité et dans sa périphérie, là où les transports et
liens qui unissent la campagne à la ville sont les coûts de transformation sont les moindres.
maintenus, et que les dépenses élevées d'énergie A présent, les cités sont des « gouffres à
continuent. énergie », et par là deviennent vulnérables et
Il y a aussi ceux qui semblent déterminés à gaspilleuses. Ainsi, leur existence même est en
choisir la voie difficile (ou la voie naturelle à jeu dans un avenir d'énergie chère et de trans-
leurs yeux) et pour qui la technologie est ana- ports coûteux. Les cités doivent prendre des ini-
thème — comme symbole du monde qu'ils lais- tiatives pour justifier leur existence et diminuer
sent derrière eux. leur dépendance parasitaire par rapport aux
régions rurales. C'est seulement un petit nombre
de favorisés qui peuvent fuir les cités, alors que
10.1 Permaculture en ville de récentes statistiques en Australie montrent
que 80 % des gens voudraient faire la même
chose ! Ce que montrent les observations en Tas-
Toutes les cités ont des terrains libres non manie, c'est que, parmi ceux qui partent, beau-
utilisés ; les bords des voies, les coins de rue, les coup ont des qualifications tertiaires, la plupart
pelouses, les terrains devant et derrière les mai- ont des familles, et plus de trente ans.
sons, les vérandas, les toits en béton, les balcons,
les murs de verre et les fenêtres faisant face au C'est précisément le genre de population
sud. Certes, beaucoup de banlieues sont plan- dont la cité a besoin mais qu'elle ne parvient pas
tées, mais on dirait, à ce que l'on voit, que l'on a à séduire, vu la situation actuelle dans les villes.
choisi délibérément des plantes sans utilité pour Tout individu disposant d'un terrain dans la cité
l'homme. C'est comme si un arbre, un buisson, peut créer un système de permaculture, choisis-
une plante grimpante, une herbe présentant sant parmi les plantes de l'Appendice B celles
quelque utilité pour l'homme étaient choses hon- qui conviennent le mieux à la situation — ou
teuses, et comme si c'était un signe de promo- celles qu'il préfère pour des raisons person-
tion sociale que de faire seulement pousser des nelles.
plantes inutilisables : le style ostentatoire des On a calculé que les villes entretiennent
nouveaux riches. Or les villes pourraient, à peu plus de forêt que les régions rurales dévelop-
de frais, subvenir à une grande partie de leurs pées, et que les banlieues, avec des parcelles de
besoins alimentaires ; et, pour ce faire, utiliser 0,1 ha peuvent produire 28 % de nourriture de
une grande quantité de leurs propres déchets plus que la terre cultivée alentour. C'est un défi
comme mulch et compost. Mais peut-être le pour la cité que de mesurer ce qu'elle pourrait
résultat le plus précieux que pourrait obtenir faire avec ses propres moyens. Les pelouses,
une cité adonnée à la permaculture serait-il la dans la majeure partie des cas, sont des sys-
paix de l'esprit. Une paranoïa se répand partout tèmes qui absorbent de l'énergie. Ces grands
dans les cités, et elle est le produit du manque murs de verre aveugles, ces blocs de bureaux en
d'initiative devant les difficultés présentes et les bétons, sont des serres en puissance. Si seule-
incertitudes du lendemain. ment une firme encourageait ses employés à uti-
liser ces possibilités, il pourrait y avoir un
En développant des permacultures privées nouvel intérêt dans le travail, et on pourrait en
et publiques, les gens pourraient voir des res- tirer des leçons dont nous avons tous besoin.
sources alimentaires nouvelles s'ajouter aux pro- Dans les foyers de la plupart de ces bâtiments,
tections que la cité sur-produit et s'adonner eux- on pourrait faire pousser le café du petit
mêmes à des tâches ayant un sens, en contri- déjeûner, et ce faisant, libérer de la terre dans le
buant à leur propre survie (et à celle des autres). tiers monde, pour la consacrer à une agriculture
Une saine conception consisterait à utiliser vivrière locale, plus essentielle.
toute la terre proche de la maison comme per-
maculture d'espèces propres aux Zones I et II ; Les fenêtres peuvent être adaptées, comme
n'importe quel jardin botanique montre quelle ABRAHAM le montre (70), à la culture des jeunes
riche variété peut atteindre l'agriculture cita- plants, et les ouvertures vitrées pratiquées dans
dine, qui pourrait aussi fournir des graines, des les toits exposés au sud pourraient servir à la
conseils, et des compétences. Semblablement, les même chose. Les plantes grimpantes, qui modè-
autorités publiques disposent de petites armées rent la chaleur estivale, sont des cultures possi-
d'hommes adonnés à des occupations non pro- bles pour les endroits les plus chauds ; les hari-
ductives. Diriger ces activités vers la mise en cots d'Espagne, les raisins, les kiwis, le
valeur d'espèces utiles, dans une permaculture « cheke », les fruits de la passion jaunes et noirs
multi-dimensionnelle et aux facettes multiples et le houblon, sont seulement quelques-unes des

114
plantes grimpantes qui peuvent être utilisées de Des plantes en pots peuvent occuper le
cette façon. béton et l'asphalte, et de simples trous creusés
Les parcs, qui sont à présent des pelouses dans les mêmes lieux permettront la sortie d'un
largement découvertes, peuvent être plantés bel arbre en bonne santé.
d'espèces de petite taille, utiles et décoratives, Adélaïde est l'un des rares cités qui entre-
comme les myrtilles, la consoude et les petits tient des plantations publiques (oliviers), et les
fruits. Des espèces utiles de pins pignons peu- olives sont ramassées par les gens, qui en tirent
vent être plantées pour remplacer les cyprès et de l'huile ou conservent le fruit.
les pins stériles, les noyers utiles remplaçant les
Si l'on pouvait restreindre la population
eucalyptus et les haies improductives, et les
fruits en espalier occupant les murs et les clô- des chats et des chiens, alors la caille, le faisan,
tures. le pigeon et d'autres oiseaux utiles pourraient
être introduits dans la permaculture urbaine.
Nous ne voulons pas suggérer ici que les Même dans la situation présente, les abeilles
forêts des cités n'ont pas actuellement une pourraient produire du miel avec la flore exis-
valeur intrinsèque et esthétique, et que de beaux tante.
arbres anciens doivent disparaître d'une autre Les feuilles et les résidus des permacul-
façon que par leur mort naturelle. Mais il est tures urbaines sont les composants idéaux du
temps de songer à des espèces utiles de rempla- compost et du mulch pour les cultures annuelles
cement, de façon que les forêts improductives poussant dans des carrés intensifs, dans les
d'aujourd'hui régressent, à mesure que les arrière-cours, dans les patios et sur les toits de
espèces utiles les remplaceront, et que leurs pro- béton. Ces toits de béton, recouverts de terre, se
duits (bois, combustible et mulch) seront mis à trouvent isolés, et économisent de l'énergie en
profit. Après une simple conversation de même temps qu'ils produisent des plantes ali-
20 minutes à la station de Radio 310 (34 mai mentaires de base.
1977), nous reçûmes quelque 3 500 lettres
d'habitants de Melbourne, parmi lesquels des Bien que beaucoup de rues soient bordées
ingénieurs-conseils, des horticulteurs, des doc- d'arbres, peu ont des espèces de « sous-étage »,
teurs, des écclésiastiques et des ménagères. Des et il y a des centaines d'hectares de remblais et
postiers se portèrent volontaires pour distribuer de terrains publics inutilisés.
des graines et quelques personnes annoncèrent Les fenêtres et les radiateurs fournissent
que désormais elles se mettaient à la permacul- de la chaleur pour sécher les produits de longue
ture. Des émissions qui suivirent obtinrent conservation comme les prunes, les abricots, les
encore plus de réponses positives, et des auto- poires, les pommes et les haricots. Le papier
rités responsables se décidèrent en faveur de la argenté, ainsi que des morceaux de miroir, peu-
permaculture. vent réfléchir la lumière dans les coins sombres.
Les murs peuvent être peints en noir, ou en
Nous ne pouvons pas, et ne devons pas,
blanc, pour agir comme des accumulateurs ou
oublier les facteurs d'édification morale et d'uni-
des réflecteurs de chaleur. En partageant les
fication qu'un peuple développerait à mesure
techniques, les recettes, les expériences et les
que la permaculture urbaine se développerait. La
plantes, grâce à un journal comme Organic Gar-
cité deviendrait un lieu beaucoup moins hostile
dener and Farmer, les habitants des zones
pour ceux qui y vivent. Les plantes isolent de la
urbaines peuvent s'encourager mutuellement par
chaleur, du bruit et du vent, et donnent de
leurs réussites.
l'ombre en été.
Les membres des minorités ethniques, sou- Les incidences sur les économies d'énergie
vent riches d'une expérience rurale, pourraient sont évidentes. L'utilisation directe économise
apporter leurs compétences, en transformant et transports, conditionnements et pertes. Une plus
en cuisinant les produits des arbres pour grande variété de l'alimentation et l'absence de
l'ensemble de la communauté. Même si la plus produits chimiques dans la nourriture sont un
grande partie de la production potentielle venait avantage supplémentaire. Jeunes et vieux peu-
à pourrir, abandonnée, dans le sol, l'énergie vent faire un travail utile dans les systèmes
emmagasinée par la permaculture urbaine per- urbains de permaculture, et les chômeurs
mettrait des productions toujours croissantes trouver des activités utiles dans le développe-
pour faire face dans l'avenir à toute nécessité. ment du système. Une grande partie de ce qui
La juxtaposition de serres aux bâtiments est à présent appelé « ordures » peut retourner
existants accroîtrait beaucoup la variété et la au sol, lui apportant des fertilisants, et allégeant
productivité des systèmes urbains (voir Réf. 24) d'autant le problème des déchets de la ville.
et une petite mare utilisée pour l'aquiculture des Les conséquences quant à l'éducation sont
mâcres et du riz sauvage maintiendrait des également évidentes, étant donné que les étu-
espèces qui pourraient, en cas de besoin, être diants de tous âges peuvent établir et étudier un
installées dans des pièces d'eau plus grandes, système permacultural, développer ainsi des
des piscines ou des lacs. compétences utiles en dehors du système sco-
laire, et inventer des méthodes d'utilisation des teur d'empêchement, si nécessaire par l'action
déchets tout en pratiquant une écologie appli- politique (bien que ce serait un suicide politique
quée. Presque toutes les disciplines peuvent pour les conseils locaux, que d'attaquer un club
trouver une application dans les systèmes de de jardinage développé). Bien des régions rurales
permaculture. en crise accueilleraient volontiers les investisse-
ments en personnes, capitaux et compétences, et
toutes leurs possibilités de combinaisons.
10.2 Stratégies urbaines Le clôturage de rues et de ruelles, l'instal-
lation de treillages au-dessus des voies pas-
Beaucoup de possibilités s'offrent aux habi- santes, l'utilisation pour la production alimen-
tants des villes, en plus des surfaces qu'ils ont taire des bâtiments incoccupés, des coins et des
directement à leur disposition. En Grande-Bre- recoins sont, dans les villes, des stratégies évi-
tagne et en Hollande, les remblais et les terrains dentes, qui pourraient devenir banales si les car-
vagues qui appartiennent aux collectivités burants pour les transports se font rares. Heu-
locales sont attribuées par lots d'un huitième reusement, il y a beaucoup de plantes qui
d'acre (5 ares) à ceux qui sollicitent un lopin s'adaptent bien à la proximité du bitume et du
pour jardiner ; ces lots sont pour la plus grande ciment ! À New-York, il est commun que des
partie utilisés par les concessionnnaires pour la gens habitant un appartement « adoptent un
culture annuelle de légumes et de fleurs. arbre » qui se trouve à proximité, et le soignent
avec un mulch composé ou de petites plantes
En Hollande, près de Rotterdam et .ail- qu'ils sèment à sa base.
leurs, se trouve un système mieux organisé : le
Club de jardinage. Les membres achètent des La première chose à organiser quand on
parts d'un vaste terrain (40 hectares ou plus), et commence une permaculture, c'est une discus-
distribuent des lots sur lesquels (avec l'accord sion en famille ou en groupe, et une consultation
du conseil local) ils érigent des cabanons auprès des pépiniéristes locaux. On trouvera
(« overnight accommodation »). Ce sont des ainsi quelques exemples locaux de systèmes
pièces fonctionnelles très décoratives, faites de éprouvés, et une visite aux jardins botaniques
toutes sortes de matériaux, mais imperméables sera très instructive. C'est une bonne initiative
et confortables. Les toilettes peuvent être au que de constituer une liste des espèces déjà pro-
centre, et des sentiers publics sont ouverts. ductives dans notre zone urbaine ; certaines
(Communication personnelle de John B O E S - seront rares et insoupçonnées. Les enfants et les
CHOTEN). Les membres du club viennent à enseignants peuvent commencer un travail de
n'importe quel moment, le plus souvent une fois démonstration sur les terrains scolaires, les
par semaine, et font pousser des fleurs, des employés de bureau et les ouvriers d'usine sur
légumes et des fruits. Le terrain est aussi près les terrains vagues, ou à l'intérieur des lieux de
que possible de la cité, donc accessible par les travail.
transports publics (train ou bus). C'est simple- Des demandes aux autorités locales des
ment une affaire d'autorisation du conseil rural parcs et des jardins, et aux services de l'État,
et d'organisation urbaine, et c'est particulière- peuvent stimuler l'action officielle ; beaucoup
ment adapté aux résidents des grands ensembles. d'autorités veulent agir, et utiliser les facilités et
La propriété de groupe est une façon plus le personnel des pépinières. D'autre part, des
ambitieuse d'utiliser la terre : 10 propriétaires annonces pour recruter des membres des clubs
ou plus achètent 60 hectares, et des terrains à de jardinage et ou des co-propriétaires sont un
bâtir d'un quart d'acre (1 000 m2) sont loués aux bon moyen d'en accroître le nombre. Chaque
sociétaires pour le logement et le jardinage. De média faisant part des progrès effectués encou-
telles organisations coopératives existent déjà rage les autres à agir.
près de Melbourne. Une combinaison de perma- Les membres des sociétés de jardinage qui
culture, d'association et de club de jardinage publient des lettres ou des bulletins transmet-
aurait pour résultat un bon développement des tent un flot de demandes et d'informations iné-
ressources disponibles pour jardiner, et les rési- dites aux autres membres.
dents permanents pourraient surveiller les plan-
La planification intra-urbaine est l'occasion
tations du club de jardinage, en cas de séche-
de modifier la vocation des terrains disponibles
resse ou d'intrusion indésirable.
et le sort des bâtiments vétustés. Au centre de
Les ressources financières des gens sont Londres, certains bâtiments de 5 étages sont dis-
ainsi sollicitées à la fois par le lotissement, le posés en gradins face au soleil (sud), de façon
club, le groupe et la collectivité publique locale. qu'une partie du toit de l'appartement du des-
Nos lois actuelles dans les régions rurales per- sous permette d'établir un jardin et une serre
mettent seulement quelques-unes de ces alterna- pour l'appartement du dessus. Des boutiques
tives, mais aucune combinée avec d'autres, de occupent la partie à l'ombre et une aire de sta-
façon que les gens qui souhaitent développer de tionnement est aménagée en bas de l'immeuble,
telles stratégies doivent d'abord changer ce fac- avec des entrepôts et des services centralisés.

116
Ainsi, les habitants des immeubles disposent fait souvent défaut ; des gens âgés, malades et
d'un jardin potager, de commerces et d'entre- déprimés n'ont souvent ni l'énergie ni le petit
pôts, et ont accès à des services et à des res- capital pour la première mise de fonds néces-
sources groupés en un même lieu. Cela permet saire pour acquérir du mulch et des plantes. A
en outre de centraliser l'utilisation des déchets, Oxford, et ailleurs dans le Roayume-Uni, les
et du carburant nécessaire au groupe. Une telle « Amis de la Terre » (Friends of the Earth), ont
organisaiton est présentée dans Nature and un programme qui connaît une grande réussite,
Health Journal de Blackmore, de l'été 1976, le et qui consiste à associer ces personnes dému-
but recherché étant, selon cet article, l'auto- nies, mais disposant d'un terrain, à de jeunes
nomie dans l'habitat. familles qui aimeraient jardiner, mais qui vivent
Sur les nouveaux bâtiments, de petites dans des appartements. Ainsi rend-t-on produc-
modifications, concernant le positionnement des tifs de nombreux terrains urbains négligés.
fenêtres, l'aménagement des balcons et des toits, Ce qui est positif dans les cités, ce sont les
l'installation de treillages, peuvent créer un nou- possibilités multiples d'information sur la per-
veau potentiel de production alimentaire. Et maculture, grâce aux divers collèges, écoles et
pourquoi de tels aménagements ne seraient-il instituts, où les gens peuvent demander conseil
pas, dans les règlements urbains, une partie et aide. Deux groupes de cette nature se sont
aussi essentielle que l'aménagement des parcs de constitués, l'un à Sydney et l'autre à Melbourne
stationnement ? Ceux-ci sont organisés pour le (Australie). Ils sont à même d'utiliser des experts
gaspillage d'énergie, ceux-là pour le gain de l'extérieur et des conseillers pratiques, et (en
d'énergie. L'isolation obligatoire sera probable- utilisant des cartes des régions), de localiser les
ment bientôt exigée pour toutes les habitations. terres inutilisées, privées et publiques, pour ceux
Des dispositions visant à la production d'au qui désirent s'adonner à la culture. L'option
moins quelques aliments seraient au moins aussi communautaire concourt aussi au développe-
utiles. Dans la conception des appartements en ment de la permaculturé de cité.
gradins, le sol du jardin supérieur isole d'ail- Un sous-produit de l'industrie irrespon-
leurs l'appartement du dessous, exemple supplé- sable est la teneur élevée en plomb des arbres
mentaire des fonctions multiples de la permacul- qui bordent les routes ( E c o s 3 fév. 1975) en Aus-
ture. Des panneaux solaires communautaires, la tralie, et sans doute dans beaucoup de régions
distillation, la production de méthane ou la récu- urbaines et rurales. L'addition de 15 % d'alcool
pération des déchets deviennent alors possibles. au pétrole évite de recourir au plomb, et cela
La volonté des autorités fédérales, locales, fait longtemps que les lois fédérales auraient dû
ou de l'État, scolaires et industrielles, d'appli- demander ce changement. Les chimistes, et ceux
quer la permaculture dans les plantations publi- qui ont accès aux spectromètres atomiques, peu-
ques, la collaboration des architectes et des pro- vent contrôler la teneur en plomb des aliments
moteurs pour incorporer ses principes dans les produits le long des grandes routes, et il faut
projets urbains marquent la mesure de leur res- qu'ils le fassent sans tarder, étant donné que
ponsabilité publique, et touche au bien-être de beaucoup de plantes alimentaires sont mainte-
chaque citoyen. Le second terme de l'alternative nant dans des jardins urbains privés. Ainsi les
est que les responsables exploitent leurs sembla- plantes qui ne concentrent pas de dangereuses
bles, en imposant des conceptions stériles, en quantités de plomb peuvent être sélectionnées, et
créant des monocultures forestières, en établis- plantées pour l'avenir. Lorsqu'on n'ajoutera plus
sant des structures qui nécessiteront un entre- de plomb dans l'essence, il faudra constamment
tien superflu, sans rien apporter en retour. contrôler la baisse de la teneur des plantes en
plomb, ou prendre des mesures pour faire
Selon notre conception, l'avenir de l'agri- baisser cette teneur dans les sols.
culture à grande échelle repose sur la produc-
tion en masse de bio-énergie et d'hydrates de De façon similaire, les chimistes et l'indus-
carbone, plutôt Jque sur la production « viande- trie peuvent fournir des données sur la conve-
fibres » traditionnelle. nance du carton et des journaux pour le mulch.
Le papier « du gouvernement » est considéré à
Les perniacultures rurales et urbaines présent comme sûr, et la plupart des journaux
nécessiteront un accroissement dans l'importa- sont imprimés avec de l'encre inoffensive. Mais
tion, la production, et la répartition des espèces il vaut mieux contrôler, et notamment l'utilisa-
végétales sélectionnées. Il faudra aussi de nou- tion par les journaux locaux d'encres contenant
velles petites industries pour traiter les produits, du mercure, qui « tuent » la terre. Ces encres
et la participation de toutes les disciplines de peuvent être remplacées par des substances
l'enseignement. Il devrait y avoir un besoin moins dangereuses si l'industrie veut coopérer et
croissant de personnes plutôt que de machines, rendre ses déchets inoffensifs.
et de petites plutôt que de grandes unités de Nous demandons des réactions à tous les
traitement. niveaux, pour les éditions futures de ce livre, et
La capacité, et les motivations des gens à de cette façon nous espérons augmenter son uti-
bien utiliser le terrain urbain « intra-muros » lité pratique.
117
10.3 Les couches de mulch dans les villes ensuite en terre, et les plantes vivaces se propa-
gent, et remplacent les plantes annuelles, à
mesure que le système évolue.
Dans tout système où l'on installe des
plantes vivaces, les herbes indésirables doivent L'une des difficultés de la permaculture
être ôtées. Dans les zones de production inten- réside dans la nécessité d'enlever régulièrement
sive ou dans les terrains urbains, cela peut être les herbes indésirables des clôtures. Cela
mené à bien par une couche de mulch. Le pro- s'effectue plus aisément dans les fermes, où l'on
cessus est le suivant : une mince couche d'azote utilise des grillages à grandes mailles qui per-
organique (le fumier de basse-cour est excellent, mettent aux animaux comme les oies et les kan-
ou encore le sang et les os), ainsi qu'un peu de gourous de passer leur tête au travers et de
chaux ou de dolomie sont épandus sur le terrain brouter les herbes sous les clôtures. Pour les
à planter ; les longues graminées et les herbes petits terrains, des plaques de fer, de la matière
indésirables sont conservées, et les buissons à plastique, ou quelque matériau non dégradable,
éliminer sont coupés et laissés sur place. Si l'on lesté de briques ou de pierres, et posé à plat
part d'un terrain sans herbes, comme un chemin sous la clôture, permet aux fils de fer de ne pas
ou les fondations d'une maison, l'espace est être envahis par les herbes indésirables ; une
recouvert de sacs, de vêtements, de tapis, de couche de balles de graminées ou de sciures fait
journaux, de carton, de débris de plâtre, etc., de propre.
façon que toutes les grandes herbes, les grami- Alors que, dans les régions de faibles préci-
nées, et les plantes indésirables soient complète- pitations, il faut quelquefois creuser des cuvettes
ment recouvertes. Pour « faire propre », des pour les espèces qui ont besoin d'ombre et
feuilles, de la sciure, des écorces, des copeaux, d'humidité, comme le céleri et le potiron, dans
des balles de riz, de la paille ou d'autres maté- les régions pluvieuses, les mêmes espèces ont
riaux légers sont épandus sur tout le terrain. Le besoin de monticules. Si les plantes sont disper-
résultat final est tout à fait correct. sées au hasard dans différentes niches, elles indi-
Un seau de terre sableuse est utilisé pour quent vite quel traitement leur convient le
faire de petits monticules, et l'on place des mieux ; le but de la permaculture n'est pas
éclats de racines, des graines, des bulbes, et de d'aboutir à un système de cultures alignées mais
petites plantes (environ deux poignées), à de développer des lisières et des associations
l'endroit choisi. Pour les arbres, les pommes de complexes pour étudier leur comportement.
terre ou les ignames, on creuse avec une hache Nous plaçons d'abord les petites plantes presque
ou un couteau dans la nappe de mulch du des- au hasard, mais nous disposons avec soin les
sous, avant de les placer dans le monticule de espèces plus grandes et plus durables.
terre. Bien arroser tout le terrain après avoir Un résultat inattendu de la couche de
planté. mulch, après une période de vieillissement, c'est
En peu de jours, les herbes et les grami- que les graines d'arbres et de plantes herbacées
nées présentes à l'orgine (plus elles sont germent rapidement dans de telles conditions,
épaisses, mieux cela vaut) jaunissent et se permettant au système d'être dupliqué par trans-
fanent. Les vers commencent leur travail, et les plantation, ou laissant les gens récupérer les sur-
nouvelles plantes s'établissent dans la terre en se plus pour le greffage. C'est le résultat d'une
développant. Il n'y a pas de bêchage. Les herbes combinaison de facteurs : humidité supérieure,
fortes qui passent au travers sont étouffées avec ombre et protection. Il est possible aussi de faire
du papier ou du carton humide, et on parsème le germer les graines délibérément dans un tel
tout de mulch léger. Ainsi, un système de plantes milieu, pour les transporter ailleurs, et nous
vivaces en remplace un autre. usons de cette facilité pour la germination des
noyers, amandiers, noisetiers, etc. En ce qui con-
Dans les terrains plus grands, un mulch cerne les jeunes plantes, nous pouvons seule-
partiel de sacs, de tapis, de pierres, ou de plas- ment présumer que la couche de mulch cons-
tique est appliqué autour des arbres. Ceux qui titue pour elles un habitat sain.
ont la chance d'avoir un sol pierreux peuvent
mulcher sur 30 cm de profondeur avec de la Les gadoues sont à présent contaminées
pierre, en laissant un espace de 50 cm à partir par des métaux lourds et de dangereux produits
des troncs d'arbres des nouvelles plantations. La chimiques, principalement à cause de la
couche de mulch du dessous (vieux cartons ou décharge illégale de rejets industriels dans les
plastiques) supprime les herbes indésirables. Les égouts, mais aussi du fait des déchets d'origine
pierres gardent la chaleur et l'humidité, et empê- corporelle, à cause encore une fois de la conta-
chent le vent et le soleil d'endommager les mination de l'air et de la nourriture par des
racines. substances dangereuses. L'eau d'égout ainsi con-
Tous les mulchs sont étendus selon les taminée peut être utilisée pour aider à la crois-
besoins, et les plantes annuelles peuvent pro- sance des plantes, mais il ne faut l'appliquer
duire, au début du système, entre les plantes qu'aux espèces productrices de fibres et de car-
vivaces. Les chemins de sciure se tranforment burant, et non d'aliments. Ainsi, à mesure que le

118
temps passe, le mulching naturel, la dispersion 10.5 Brève récapitulation : concepts, possibi-
et la récupération des métaux contenus dans les lités, principes
carburants ou la dissociation de produits chimi-
ques par distillation destructive continueront
jusqu'à ce que l'eau d'égout deviennent à nou- — L'organisation de la permaculture est
veau le fertilisant sûr et valable qu'elle était avant tout spatiale (Zone, Secteur, Angle, Éléva-
dans le passé. Toute société qui a assez d'énergie tion), et secondairement écologique (Diversité,
pour pourvoir à ses besoins alimentaires doit en Fonction multiple. Production énergétique).
avoir aussi pour transformer ses déchets en — Tous les processus : organisation de la
compost et les ramener sur les lieux où elle pro- structure, plantation, construction, clôture, con-
duit ses aliments. Le coût de ce transport doit trôle, direction, et utilisation, sont évolutifs,
être considéré comme une partie essentielle des menant à des stratégies nouvelles ou alternatives
dépenses normales d'énergie de la production dans la future organisation.
alimentaire.
— Le but à terme est de faire évoluer une
synthèse satisfaisante entre le groupe, le pay-
sage, la végétation, les animaux et l'homme.
10.4 Permaculture et névrose urbaine
— L'énergie est conservée et produite à
l'intérieur du système, et dirigée et contrôlée si
Une cité ou une communauté adonnées à la elle vient de l'extérieur.
permaculture fait un pas important vers le con-
trôle de sa destinée. Des groupes de consultants — Diverses récoltes, au long des quatre
peuvent jouer un rôle de prévention et de con- saisons, correspondent à un travail humain et à
trôle des substances dangereuses dans l'environ- des technologies simples, mais qui permettent
nement. Les industries et les autorités publiques d'assurer la plus grande partie des besoins
faisant preuve d'irresponsabilité sont ainsi iden- essentiels de l'homme.
tifiées, et peuvent être rappelées à l'ordre ou — Les animaux sont intégrés dans le sys-
remplacées. Les citadins, voyant des ressources tème, une perte de production directe étant
alimentaires se développer dans le voisinage, acceptée vu que les animaux récoltent et utili-
sont débarrassés d'une grande partie de leur sent des pâtures et des déchets inaccessibles à
anxiété quant à l'avenir, et peuvent s'impliquer l'homme, tout en fournissant une diversité
dans un travail actif, qui favorise la survie de la irremplaçable de produits.
communauté. On n'insistera jamais assez sur ce
— Chaque unité de production est placée
point : ce seul facteur fera beaucoup pour la
en fonction de la meilleure utilisation d'énergie,
santé de la communauté, et la profession médi-
et en accord avec les grands principes de la per-
cale, parmi d'autres, peut jouer de son influence
maculture, de façon que chaque structure et
pour favoriser l'établissement d'une permacul-
chaque espèce remplissent deux fonctions ou
ture de cité.
plus.
Les ingénieurs urbains et les paysagistes — L'observation de l'évolution du système
publics ont eu des instructions spécifiques, dans peut susciter des idées d'accroissement de la
le passé, pour ne pas planter des arbres ou des complexité, de la stabilité, et de la productivité.
buissons utiles, et cela explique la nature curieu- Le contrôle et l'observation sont des nécessités
sement improductive des plantations publiques primordiales.
d'aujourd'hui. Mais le temps est venu de
changer, dans ce domaine et dans d'autres — Des concepts comme terrain vague, bâti-
aspects de l'environnement. Il est temps d'uti- ments sans emploi, espaces verticaux inoccupés,
liser les compétences des personnes âgées, chômage, déchets organiques non récupérés doi-
retraitées, sans emploi, qui peuvent nous aider à vent être abandonnés, spécialement dans les
nous rendre indépendants des fluctuations du villes, étant donné que tout peut être converti en
climat, des contraintes énergétiques, et du con- production d'énergie pour la communauté.
trôle multi-national. Une permaculture peut être — Le groupe futur peut être prévu pour
entreprise à n'importe quel niveau, du jardin être aussi autarcique et productif que possible,
privé aux projets d'envergure nationale, en tant et les groupes existants modifiés en fonction de
qu'affaire de simple décision personnelle. Des ce but.
milliers d'Australiens ont déjà fait ce choix, et — Chaque discipline, métier et compétence
ont écrit aux auteurs pour avoir des conseils. peuvent être utilisés dans l'organisation, le con-
Un examen rapide révélera, dans la perma- trôle et la production du système.
culture, beaucoup d'éléments qui conduiront à — Les biotechniques peuvent souvent rem-
une amélioration de la santé publique. placer les appareils mécaniques pour produire
de l'énergie ou tempérer l'environnement des
personnes et des bâtiments.
— Une permaculture évolutive satisfait les

119
besoins présents, et bâtit un héritage avantageux 10.6 En guise de conclusion
pour le futur.
— L'implication dans la permaculture pro- Nous ne croyons pas qu'une société puisse
voque une approche philosophique et naturelle survivre si elle manque de valeurs, de direction,
de l'environnement et de ses produits, démontre et d'éthique, et ainsi abandonne le contrôle de
la valeur intrinsèque des systèmes complexes, et son destin futur. Ce livre est une contribution à
engendre les bases d'une science pleinement inté- la prise d'un tel contrôle. Certaines technologies,
grée de l'environnement. qui représentent une dépense énorme d'énergie
et de compétences humaines, nient la vie : par
— La stabilité régionale est renforcée, le
exemple, la technique qui permet de fabriquer
commerce et les échanges régionaux développés,
des bombes à neutrons, lesquelles tuent des
de façon que la dépendance de biens ou d'éner-
êtres vivants tout en respectant le matériel.
gies éloignés se trouve réduite ou supprimée. De
Nous devons nous dresser contre cette folie, en
cette façon, les individus et les groupes commen-
travaillant pour l'avènement de systèmes vivants
cent à faire valoir leurs droits à la maîtrise de
qui pourraient mettre hors la loi de telles pen-
leur style de vie et de leur avenir.
sées et de telles entreprises, et utiliser nos éner-
— Il y a des applications aux terrains gies dans la construction de système socio-orga-
petits et grands, de l'intérieur de la maison niques compatibles entre eux.
jusqu'à l'horizon, et des activités potentielles
La permaculture et d'autres technologies
utiles pour les vieux, les jeunes et les infirmes.
humaines peuvent être des entreprises de coopé-
— Une large acceptation de la permacul- ration locale et globale, où le secret, la compéti-
ture implique un changement dans la réglemen- tion, ou la paranoïa, n'ont pas leur place, et où
tation sociale et l'organisation générale, de le libre échange d'énergies, de matériaux, et de
même qu'elle donne un but unifié à tous les techniques peut être réalisé.
groupes de la société.
Tant dans la nature que dans la société,
— L'initiative peut être prise par un indi- nous pouvons permettre à de nombreuses
vidu comme par une institution : c'est une variétés de comportements de s'épanouir, mais
simple affaire de décision. Il en résultera proba- nous devons les juger sur les résultats, sur leur
blement une intéressante diversité des plannings stabilité inhérente, et sur les effets bienfaisants
créatifs. de leurs interactions. Une société qui a la maî-
— Produits et déchets font retour au sys- trise de l'énergie mais qui est dépourvue
tème, et la fertilité se consolide à mesure que le d'éthique ou de buts est comme un enfant
sol développe sa complexité et sa richesse en maniant une mitraillette : un danger potentiel
nutriments essentiels. pour tout le monde et toutes les choses qui
— La quantité d'énergie disponible dépend l'entourent. Nous disons : donnons à l'enfant une
de la capacité à utiliser l'énergie photo-synthé- éducation modelée sur la permaculture ; quelque
tique, cependant que des carburants peuvent chose qui a besoin de nourriture, et qui en
être produits pour les appareils mécaniques. donne en retour. Il est temps d'orienter la marée
de l'énergie vers des fins utiles, et de développer
— Ainsi, la société s'implique dans la pro- une permaculture pour le plus grand bien de la
duction des éléments essentiels de son existence, société et de la nature.
et il est peu probable qu'elle retourne alors à ces
erreurs grossières du passé que sont des écono- Nous pourrons emprunter la devise de
mies artificielles fondées sur la fiscalité, et des l'Université de Tasmanie :
politiques fondées sur le concept simpliste INGENUS PATUIT CAMPUS
d'énergie extérieure abondante et bon marché. « L'intelligence a le champ libre »*.
— Nous répétons que nous façonnons un C'est notre responsabilité envers les géné-
outil et une idée ; comment les appliquer, c'est à rations à venir que de ne pas laisser derrière
chacun de nous d'en décider, et d'affiner ses nous un champ stérile.
choix. Réactions et réflexions sont parties inté-
grantes du système.

* Il faut entendre ici l'intelligence dans son aspect


imaginatif et créatif. Le pluriel latin montre bien qu'il
s'agit des facultés pratiques de l'intelligence.
Le texte anglais donne « The field lies open to
intellect » et la traduction allemande « Das feld liegt offert
fiir den Geist ».

120
APPENDICE A : OÙ TROUVER LES PLANTES

Beaucoup de plantes mentionnées dans rassembler les nombreuses espèces requises, et


l'Appendice B ne se trouvent pas communément c'est ce qui prend du temps et coûte de l'argent
en Tasmanie. Les graines de la plupart des dans les premières étapes de l'installation.
espèces sont assez faciles à obtenir, même si Les fournisseurs d'aquariums ont souvent
elles viennent d'outre-mer. Certaines restrictions des catalogues de plantes et d'animaux aquati-
sont apportées à l'importation des graines par ques, et les autorités locales peuvent être consul-
les autorités sanitaires, mais ordinairement seule tées. Nous ne voulons pas introduire des espèces
la désinfection est demandée. Quand les graines inutiles ou nuisibles comme le crapaud, le moi-
ne sont pas utiles (p. ex. le bambou) ou que des neau et le renard dans un écosystème prévu
variétés obtenues par sélection sont requises, on pour la production. Beaucoup d'espèces directe-
doit s'efforcer de trouver une source austra- ment utiles sont déjà disponibles à l'intérieur de
lienne. Il y a un éventail considérable de variétés l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, et dans des
d'arbres fruitiers et d'arbres produisant des Instituts de recherche.
graines oléagineuses en Australie et beaucoup
d'autres sont des plantes détenues par les ser- Un changement dans l'orientation des auto-
vices de recherche (p. ex. C.S.I.R.O. ou Agr. rités locales est nécessaire pour que soit permis
depts.) ou les pépinières, et peuvent n'être pas (par exemple) l'élevage des « marrons » dans les
accessibles. L'importation des arbres est un pro- barrages et les ruisseaux, et l'élevage des cailles
cessus long ; les arbres doivent être cultivés en en liberté dans les permacultures urbaines ; il y
quarantaine pendant une, deux, ou parfois trois a peu de différence entre les espèces domesti-
saisons avant qu'on puisse en disposer. Cepen- ques, ou facilement contrôlées, et les animaux
dant, avec des arbres greffés de bonne qualité sauvages. Les chats sauvages sont à mettre au
comme le noyer noir, le châtaigner de Chine, le passif, les lapins peuvent être admis en quantité
« butternut », etc., qu'on peut obtenir des pépi- plus ou moins grande, et les faisans et quelques
nières américaines, de telles importations valent oiseaux aquatiques sont à mettre à l'actif.
bien la peine. Cela est vrai pour le pépiniériste Les cultivars ou les variétés vraiment
professionnel ou l'arboriculteur spécialisé. domestiqués, qui ont peu de chance de survivre
sans notre assistance (lièvres belges, la plupart
Les jardins locaux, les parcs et les bords
des variétés de pigeons comestibles), ne présen-
de routes ne doivent pas être oubliés comme
tent par conséquent aucune difficulté et peuvent
sources de graines, de greffes ou de plants. Des
être admises comme espèces domestiques ; il en
graines d'un éventail d'espèces peuvent être dis-
va de m ê m e des v a r i é t é s de f r u i t s :
ponibles dans les Jardins botaniques, si elles ne
« boysenberry » (mûre cultivée) plutôt que des
font pas défaut à d'autres Jardins botaniques
ronces à mûres. Il y a aussi du bétail miniature,
(p. ex. les glands).
comme le Dexter anglais (une vieille race proche
A terme, un réseau pourrait se développer, du Gallois noir) et la petite vache laitière bossue
qui regrouperait les gens qui s'intéressent à la népalaise, qui conviennent à de très petites
culture de plantes utiles peu connues, pour pro- exploitations, et ne causent pas autant de dom-
pager et distribuer ces espèces. Ces activités mages que les grandes races actuelles de l'Aus-
pourraient être étendues et une sélection de tralie. L'importation de sperme de ces races peut
variétés locales opérée, pour accroître l'utilité et être organisée.
l'éventail de plantes disponibles. Par exemple,
une sélection de glands doux à rendement élevé, Des animaux exotiques comme l'alpaga
d'oliviers et de caroubiers pour les climats peuvent aussi convenir à des zones monta-
froids. Ce travail requiert de l'occupation et du gneuses ou sèches, où les moutons ont peu
temps, mais il n'est pas coûteux. d'intérêt, et il y a beaucoup de variétés de mou-
tons adaptées aux habitats et aux utilisations
Les sources commerciales indiquées ici et spécifiques, comme ceux de la race Soay (des
dans l'Appendice B ne doivent pas être considé- petites îles qui se trouvent au large de la
rées comme supérieures aux autres sources, et Grande-Bretagne), qui mangent du varech.
elles ont été choisies en fonction de leur utilité Enfin, nous voudrions insister sur le fait
pour les Australiens dans cette édition. que, plus limité est le terrain disponible pour la
Dans un sens, la permaculture est une acti- permaculture, plus consciencieusement doivent
vité libre des contingences du lieu, et des maté- être choisis les plantes et les animaux pour
riaux tels que les greffes, les racines, et les obtenir le meilleur rendement, ce qui amène à
graines, peuvent être acheminés par la poste. Un consulter les experts locaux. Certaines variétés
système urbain ou rural de permaculture devient et espèces greffées de consoude, de châtaignier,
une source d'approvisionnement intéressante dès de caroubier, de noyer, etc., peuvent produire de
qu'il existe, du fait que la capacité reproductrice dix à vingt fois plus que les plantes non sélec-
des plantes est considérable. La difficulté est de tionnées, et quand il n'y a qu'un seul arbre ou

121
un petit jardin, c'est une considération très • David Neel, Shenton Park, Perth, Australie Occ.
importante. De nombreuses variétés domestiques Pousses de noyers rares. Pas d'expéditions.
de cailles, pigeon, et cochon d'Inde sont disponi-
bles, et des espèces hybrides de poissons, ne Autres sources Internationales
donnant qu'une progéniture d'un seul sexe ou
• Thompson and Morgan, London Road, Ipswich,
stérile, utile pour connaître exactement la quan-
Angleterre
tité stockée dans un barrage, peuvent être aussi
Graines de quelques espèces peu communes
obtenues. Les sociétés de pisciculture sont en
et utiles. Beaucoup de légumes et de plantes orne-
mesure d'aider à choisir les espèces de poissons
mentales.
qui conviennent aux conditions locales.
•Last Whole Earth Catalogue
Noms, adresses et commentaires sur les grai-
Sources australiennes netiers et pépiniéristes américains.
• Forestry Commission Nursery, Perth, Tasmanie (et • New Zealand Whole Earth Catalogue
d'autres États). Pépinières néo-zélandaises, adresses, etc.
Quelques jeunes plants d'arbres utiles, petits, • Organic Gardening and Farming Society (publica-
bon marché. tion trimestrielle)
• Goodwins International Seed Merchants, Bagdad, Éditeur de la revue, David Stephen, 12 Delta
Southern Tasmania Avenue, Taroona, Tasmanie. Adresse : Box 56, P.O.,
Large éventail de graines. Sandy Bay, Tasmanie, Australie, 7005. Intermé-
• New Gippsland Seed Farm, Silvan, Victoria. diaire grâce auquel du matériel et des informations
Surtout des graines de légumes. Des herbes peuvent être échangés.
aussi, et quelques autres plantes utiles. Excellente • Western Australien Nutgrowers' Society (W.A.N.S.)
qualité. Lettre périodique « Quandong ».
• Beaufort Herbs, Cootamundra, Nouvelles Galles Éditeur, David Neel, P.O. Box 27, Subiace,
du Sud. W.A. 6008. Informations sur les sources des noyers
Graines et plantes. et informations connexes.
• Chandler's Nursery, Sandy Bay, Hebart, Tas- • International Association for Éducation, Develop-
manie. ment and Distribution of Lesser Known Food,
Plantes de bonne qualité. Commandera. Pres- Plants and Trees.
crira un large éventail de plantes, spécialement des Publient Good and Wild
arbres fruitiers du continent. P.O. Box 599, Lynwwod, California, 90262,
U.S.A.
• Allen's Nursery, Lauceston, Tasmanie. Ces gens sont sur la liste de la New Alchemy
Large éventail, serviable — Commandera des Newsletter, Fall, 1976.
plantes rares.
• En Angleterre, il y a une National Seed Develop-
• Fleming's Fruit Trees Nursery, Menbulk, Vico- ment Organization (Organisation nationale pour le
toria. développement des graines) à Newton Hall, Newton,
Grande pépinière de vente en gros. Large Wittlesford, près de Cambridge.
éventail de variétés.
• The National Institue of Agricultural Botany
• W.A Sheppard and Sons, Moorooduc, Victoria. Huntingdon Road, Huntingdon, Cambridge,
Noyers et arbres fruitiers. G.B.
• Frank Lucas, Boronia, Victoria. • The Henry Doubledray Research Association
Plants de noyers. Commandes en gros seule- La direction est à Covent Lane, Bocking,
ment (minimum 100 arbres). Très bon marché. Braintree, Essex, G.B. Directeur, Laurence Hills,
• John Bruning and Sons, Somerville, Victoria. célèbre pour ses études sur la consoude, s'intéresse
Large éventail de noyers. aussi à l'aboriculture dans le tiers monde.

122
APPENDICE B : CATALOGUE DE PLANTES 7. Petit arbre à feuilles caduques de 7 m. au
maximum.
Production, juin à août, selon les variétés et les
Les espèces végétales sont classées selon régions.
leur nom vulgaire. Toutes sont considérées 8. Greffé par œ i l détaché sur prunier ou pêcher.
comme utiles dans des permacultures tempérées, 9. Asie centrale et Chine. Probablement cultivé
mais ne sont pas nécessairement faciles à trou- d'abord par les Chinois il y a 7 000 ans.
ver ou pleinement éprouvées actuellement. Beau- 10. Fruit — frais, séché. Les fruits doivent être
coup d'autres plantes, surtout les plantes de cueillis quand ils sont tout à fait mûrs pour
pâturage d'agriculture ordinaire et les herbes de qu'ils aient toute leur saveur. Mellifère.
Amande — huile de cuisine.
valeur nutritive ou médicinale pourraient être
— usage médicinal.
prises en considération, et nous aimerions que
11. Les fleurs peuvent être endommagées par le gel.
d'autres fassent état d'espèces utiles qu'ils ont Mulching et arrosage sont nécessaires en été. Les
localisées. abricotiers aiment la chaux. Pour que des arbres
Bien que toutes soient des « plantes perma- soient sains et productifs, il leur faut une terre
nentes », beaucoup de celles qui sont sur la liste végétale friable bien drainée.
ne sont pas considérées comme des buissons, des 12. La plupart des pépinières. Une douzaine de
variétés sont disponibles dans les pépinières.
arbres, des plantes grimpantes ou des herbes
vivaces. D'autres types de plantes sont les plan- 1. ACORUS
tes annuelles qui se resèment sans intervention, 2. Araceae 3. Acorus calamus
les plantes à rhizome et à bulbe dont les parties 6. Roseau odorant, canne aromatique.
aériennes meurent chaque année, et d'autres 7. Plante aquatique, fleurit en juin-juillet.
plantes dont on fait la récolte complète mais qui 8. Division des racines au début du printemps.
sont resemées immédiatement (p. ex. oca, roseau 9. Originaire d'Asie et d'Amérique. Introduit en
commun). C'est-à-dire que les spécimens eux- Europe au X V I E siècle et naturalisé.
mêmes peuvent n'être pas permanents, mais les 10. Rhizomes — vinaigre aromatique
— confiserie
espèces sont une part permanente du système, — aromatise le gin et la
sans qu'il soit nécessaire de procéder à des bière
semailles annuelles (sauf à laisser quelques raci- — stimulants digestifs.
nes dans le sol après la récolte). Feuilles — aromatiques.
Huile essentielle — inhalations contre la toux.
Références utilisées : 3, 4, 5, 7, 8*, 9*, 10*, Les rhizomes de deux ou trois ans sont ramassés
11*, 12*, 13, 14, 15*, 16, 17*, 18*, 22, 23*, 30, 32, en automne et séchés. Ils se conservent pas très
33, 34, 36, 37*, 38*, 39, 40*, 41, 43, 46, 48*, 49, longtemps (48).
51*, 52, 53*, 54*, 55, 56*, 57, 58*. Celles qui sont 11. Convient propablement à la plupart des climats
marquées d ' u n a s t é r i s q u e sont les plus frais. Rives des étangs et des rivières, sol
importantes. humide, boueux.
D'autres références sont indiquées dans
l'Appendice, ou sont des listes ou des catalogues 1. ALISIER TORMINAL
2. Rosaceae 3. Sorbus torminalis
de pépinières. 5. Pas de variétés connues.
Les plantes sont classées d'après le système 7. Petit arbre à feuilles caduques de 10 m et vivant
suivant : (si un numéro manque, c'est que nous jusqu'à 200 ans.
n'avons pas les données correspondantes) 8. Graines — mettent 2 ans à germer. Greffes.
9. Europe — espèces de bordure de forêt.
1. NOM VULGAIRE 10. Fruits — utilisés c o m m e les nèfles — desserts,
2. Famille conserves, etc.
3. Genre — riches en vitamine C.
4. Espèce Arbre de haie.
5. Variétés Fruits mûrs en hiver.
6. Autres noms 11. Bien adapté aux régions froides, pentes ombra-
7. Physiologie gées, exposées aux vents du nord. Les sols argi-
8. Propagation leux sont les meilleurs.
Note : là où est mentionné « stratification » ou 12. Certains pépiniéristes.
réfrigération des graines, le plantage automnal 13. S.domestica (cormier) donne aussi des fruits
dans le mulch est souvent efficace. comestibles, excellents quand ils sont très mûrs.
9. Origine, distribution.
10. Usages et fonctions. 1. AMANDIER
11. Limites climatiques, sites et sols. 2. Rosaceae 3. Prunus dulcis
12. Disponibilité. 5. Var amara (Amande amère) et dulcis (Amande
13. Références et autres informations. douce) — beaucoup de « cultivars »
7. Petit arbre à feuilles caduques, produit de la fin
de l'été au début de l'automne après 4 ans
(greffé).
1. ABRICOT 8. Greffe par œ i l détaché ou greffage simple sur les
2. Rosaceae 3. Prunus armeniaca sauvageons — parfois sur le pêcher.
5. De nombreux cultivars. 9. Asie centrale et méridionale — Cultivé dans le

123
Sud de l'Europe en Californie, en Australie du 11. Pousse jusque dans l'état de N e w York. Devrait
Sud, et en Afrique du Sud. bien s'adapter dans le Sud de l'Australie, même
10. Var dulcis : Amandes culinaires. si les fruits ne mûrissent pas complètement. Un
Var amara : Les amandes amères sont utilisées sol riche, bien drainé, neutre serait le meilleur.
pour en exprimer l'huile d'amande — culinaire Une situation chaude, légèrement ombragée, con-
— et en distiller l'huile essentielle d'amande vient mieux. L'Asimina pousse naturellement
amère — médicinale et aromatique. — De gran- dans les sous-bois.
des quantités d'amandes amères sont toxiques. 12. Pas de sources locales connues. Peut-être graine
Mellifère au printemps. auprès des pépiniéristes américains.
Rendement m a x i m u m (d'amandes) après vingt 13. Voir SIMMONS (17) et RODALE (56) pour détails sur
années ; plus de 700 livres (300 kg) par acre la culture.
(0,4 ha).
On secoue les arbres pour faire tomber les 1. ASPERGE
amandes. 2. Liliaceae 3. Asparagus officinalis
Souvent stériles par eux-mêmes, ayant besoin de 5. Plusieurs variétés.
deux cultivars pour la pollination. 7. Rhizome vivace avec de nouvelles pousses aérien-
11. La gelée de printemps tue les fleurs et les jeunes nes à chaque saison.
fruits. Terrains sans gelées pour de bonnes récol- 8. Division des « griffes ».
tes, production occasionnelle ailleurs. Sol pro- 9. Europe — terres en friche et dunes. Cultivée
fond bien drainé pour d'abondantes récoltes. Les depuis les anciens Grecs.
sols lourds ou alcalins ne conviennent pas. Sols 10. On mange les jeunes pousses crues ou cuites,
secs, sableux, très bien. Un site ensoleillé, chaud aussi usages médicinaux. Récoltée au début du
est préférable. L'amandier peut être négligé et printemps. Récoltes après trois ans pour au
n'avoir que peu d'éléments nutritifs et produire moins vingt ans.
encore. 11. Plante vivace résistante ; mulch profond néces-
12. Les pépinières commanderont des arbres — plus saire. Un apport de sol est utile ; les sols côtiers
d'une douzaine de variétés disponibles. y pourvoient naturellement. La plupart des sites
Voir HOWES(9) et JAYNES(12) pour plus d'infor- conviennent.
mations sur sa culture. Voir les catalogues de 12. Vendues en pépinières. « Griffes » d'un ou deux
vente en gros des pépinières pour avoir des ans.
informations sur les variétés.
AUBÉPINES
1. ARTICHAUT ET CARDON Rosaceae 3.Crataegus monogyna,
2. Compositae 3. Cyrana scolymus, et C. oxyacantha, azarolus,
coccinioides, ellwange-
cardunculus
riana, douglasii,
5. Plusieurs variétés.
tanacetifolia,
7. Plante buissonnante avec des tiges florifères
Quelques variétés ornementales.
atteignant 2 m.
Arbres et arbustes épineux, à feuilles caduques,
8. Graines, puis sélection des bons plants pour divi-
de 2-7 m. Vivent longtemps (100-300 ans). Crois-
sion. On plante des oeilletons en avril. Il n'est
sance lente.
besoin que de quelques racines.
8. Graine stratifiée.
9. Europe méridionale.
10. Boutons floraux c o m m e légumes. Tiges blanchies 9. Europe, Asie et Amérique du Nord.
mangées aussi. Le duvet des feuilles de cardon 10. Toutes les espèces portent des fruits comestibles
est utilisé c o m m e présure (en infusion) dans la — gelées, confitures chez certaines aubépines,
confection du fromage (Espagne). On utilise de les fruits peuvent être mangés crus.
m ê m e les fleurs. Saison de rendement longue. Mellifères.
11. Sensible aux gelées sévères, mais généralement Plante de haie — très résistante.
bien adapté aux régions fraîches. Sol riche en Nichoir, habitat et nourriture pour les oiseaux.
azote, humide, très bien arrosé. Certaines espèces sont un bon aliment pour le
bétail — feuillage apprécié par les chevaux.
12. Pépinières, grainetiers.
C. oxycantha — fleurs séchées ou cenelles rédui-
sent la pression sanguine — Vaso-dilatateurs
1. ASIMINA après coup.
2. Annonaceae 3. Asimina triloba H. L'aubépine est résistante. Rien de particulier
5. Deux types sauvages : le type désirable est celui quant aux sols et aux sites, certaines variétés
qui donne de gros fruits. Pas de cultivars. sont particulièrement résistantes à la sécheresse.
6. Pawpaw d'Amérique 13. Plantes sauvages (C. monogyna, oxyacantha);
7. Arbre résistant à feuilles caduques, de 5-10 m. pépiniéristes .
Vit longtemps.
8. Graine, stratifiée, plantée au printemps, semis à 1. AZEROLIER
l'ombre. Germe à la fin de l'été. Pousse seule- 2. Rosaceae 3. Crataegus azarolus
ment de 30 cm pendant les deux premières 8. Graines — met deux années à germer. Statifica-
années. tion, puis chaleur pour ramollir l'envoloppe exté-
9. Sud-Est des USA. Fruits sauvages cueillis. rieure de la graine et permettre la germination.
10. Fruits 9. Asie occidentale et Crête — Cultivée dans le Sud
— saveur riche semblable à celle de la de l'Europe.
banane. Les f r u i t s m û r i s s e n t en 10. Fruit — frais, gelée, etc.
automne, peuvent être cueillis à demi- Arbre de haie.
mûrs. Plante mellifère.

124
11. Peut être adapté aux régions fraîches. Tout sol 1. Arundinaria ancepts. Tige lisse de 4 m X
— bien drainé. Site ouvert ensoleillé. 2 cm. Utilisé pour la production commer-
12. Certaines pépinières. ciale de cannes en Grande-Bretagne. Rhi-
13. Plusieurs espèces du genre Crataegus sont inté- zome rampant. Résistant.
ressantes à cultiver — voir Aubépine. 2. A. falcata. A besoin d'un site chaud et
abrité, 7m X 1,5cm. Pousses comestibles
à partir de juin. Ne rejette pas, pousse len-
1. BALISIER COMESTIBLE
tement par bouquets.
2. Cannaceae 3. Canna edulis
3. A. falconeri. Site chaud, partiellement
7. Plante vivace formant des touffes.
ombreux, 10 m X 3 cm. Ne rejette pas.
8. Division des tubercules.
Tiges pour paniers, cannes à pêche.
9. Amérique tropicale. Cultivée au Pérou à 600 m.
*4. A fastuosa. Tiges rigides 8 m X 5 cm,
10. Tubercules
baguette droite. Pousses comestibles. Les
— cuisine goût sucré, mais inférieurs aux cannes se fendent facilement pour le
patates douces à cause des fibres. tissage.
— fécule (nommée « tous les mois » aux
5. A graminea. Espèce résistante à l'ombre.
Antilles françaises).
Cannes idéales pour le jardin, 10' X 3/4".
— nourriture pour les animaux, spéciale-
Se répand librement. Espèces pour brise-
ment les porcs.
vent.
11. Position chaude ensoleillée.
6. A. hindsii. Comme ci-dessus, prospère à
12. Pas de source commerciale connue des auteurs.
l'ombre. Tiges 3 m X 2 cm. Pousse libre-
ment .
1. BAMBOUS 7. A. hookeriana. Site chaud, 18' X 1".
2. Poaceae (Graminde) 3. Arundinaria Pousse lentement.
Phyllostachys 8. A. japonica. La meilleure espèce pour les
Bambusa, Sasa, Pseu- haies 7 m X 2 cm. Résistant, bambou « à
dosasa, Chusquea flèche ».
90-100 espèces *9. A. sigantea. Grand bambou du Sud-est des
7. Plantes à feuillage persistant formant des bou- États-Unis. Produit une abondante récolte
quets de hautes tiges ligneuses. de graines c o m m e celles du millet utilisées
8. Division des touffes, boutures des rhizomes, bou- par les Indiens (37), probablement un bon
tures à la base des tiges. Les graines sont rares fourrage pour la basse-cour.
chez beaucoup d'espèces, parfois inexistantes. 10. A. niitakayamensis. Résistant 10 m X 4 cm.
9. Asie, Amérique du Sud, Amérique du Nord et Pousses comestibles. Se répand librement.
Afrique. La plupart des espèces sont tropicales 11. A. pumilia. Plante naine résistante 75 cm
mais certaines sont très résistantes, même aux X 0,75 cm. Utilisé pour stabiliser les sols.
climats de montagne. Se répand très vite, envahissant.
10. Tiges — grand nombre d'utilisations diverses. 12. A. racemosa. Résistante. Feuillage comme
Utilisations structurelles c o m m e tuteurs, char- fourrage pour le bétail 3 m X 4 cm. Se
pente, armature pour le béton, javelots, flèches, répand mais facilement contrôlé.
etc. Aussi ustensiles, instruments de musique, 13. A. spathifolia. Sites abrités, 5 m X 2,5 cm.
papier. Pousses c o m m e nourriture et fourrage de N œ u d s saillants, utilisé largement dans les
faible valeur pour les porcs — haute teneur en petites manufactures (poignées, etc.). Bou-
eau. quets, pas de stolons.
Bouquets comme brise-vent, stabilisateurs pour *14. Phyllostachys aurea. Le bambou utilisé
les rives en pente raide. Feuillage et graines de pour les cannes à pêche. Tiges rigides 4 m
quelques espèces c o m m e fourrage, nourriture X 4 cm. Très résistant (jusqu'à 0° F aux
pour la basse-cour. On butte les bouquets pour USA). Pousses comestibles, stolons lents.
la production de pousses grandes et tendres. Atteint 7 mètres au Jardin botanique de
11. Toutes les espèces citées poussent en Grande- Melbourne.
Bretagne, et doivent pouvoir le faire dans toutes 15. P. castillonis. Résistant 5 m X 4 cm. Pous-
les régions froides. Le site n'est pas très impor- ses comestibles, se répand lentement.
tant, mais la plupart des espèces demandent *16. P. mitis. Résistant. Peut devenir très haut
beaucoup d'eau. Pour faire pousser les tiges, le (jusqu'à 14 mètres). Normalement 7 m X
mieux est un sol riche en matières organiques et 4 cm. Prisé pour ses pousses douces
en azote. comestibles. Bois de bonne qualité ""rec
12. Très peu d'espèces utiles disponibles localement. ses tiges mûres.
Il faudrait encourager l'importation des espèces 17. P. nigra. Tiges d'un beau noir. 7 m X 2 cm.
les plus utiles. Résistant. Utilisé dans les petites manufac-
13. Voir la liste ci-dessous pour les informations sur tures. Pousses comestibles, ne se répand pas.
les espèces. La plupart sont de LAWSON(15). Les 18. P. pubescens. Sites abrités chauds. 5m X
espèces envahissantes peuvent devenir un fléau 4 cm (jusqu'à 20 m X 60 cm dans les cli-
si on les introduit. Les tiges séchées avec soin mats chauds). Pousses comestibles, odoran-
pendant six mois ou un an donnent le meilleur tes et savoureuses quand elles sont prépa-
bois. Les pousses, si elles sont amères, doivent rées dans deux eaux.
être mises à macérer deux ou trois fois dans de *19. P. quilioi. Le bambou le plus grand et le
l'eau qu'on changera à chaque fois. Les types à p l u s intéressant c o m m e r c i a l e m e n t au
propagation envahissante ne traverseront pas Japon. Très résistant. 7 m X 4 cm. Bon
l'eau courante — un écoulement de 60 cm de bois, parois épaisses à la base des tiges.
large empêchera leur étalement. Pousses comestibles.

125
20. P. sulphurea. Très résistant, 10 m X 5 cm. 8. Graines.
Pousses comestibles. 9. Europe et Asie. Subspontanée ailleurs dans le
21. P. viridis var glaucescens. Très résistant. monde.
6 m X 2 cm. Tiges aux parois minces. 10. Fleurs et feuilles. Médicinales — antalgiques,
S'adapte aux régions les plus froides. antispasmodiques, expectorantes, vulnéraires.
22. Sasa spp. Formes naines, se répand libre- Excellentes pour la toux, l'enrouement, la bron-
ment, utilisé c o m m e couvert pour les chite. Autres usages.
oiseaux aquatiques sur les îles. 11. Bien adaptée aux régions fraîches. Se comporte
23. Chusquea culeou. Résistant au froid et à la mieux dans des sites secs, ensoleillés, abrités.
sécheresse, 6 m. Cannes solides, robustes. Bons sites : rocheux, dénudés.
Pousses comestibles. Bouquets, ne se 12. Graine auprès des grainetiers ou plantes
répand pas. sauvages.
N.B. Les tailles données sont pour les bambous 13. Ne doit pas être confondue avec d'autres espèces
anglais. du genre Verbascum qui ont des feuilles vertes,
* Les espèces marquées d'un astérisque sans duvet.
sont celles qui conviennent le mieux à la Voir CURTIS (54).
permaculture. Voir Réf. 48, 53, pour d'autres informations.
1. « BLACKWOOD » (Bols Noir) 1. BOURRACHE
2. Leguminosae 3. Acacia melanoxylon 2. Boraginaceae 3. Borago officinalis
5. Pas de noms de cultivars. 5. Pas de variétés.
7. Arbre de forêt vivace de 6 à 60 m. Vit longtemps. 7. Plante annuelle se resémant elle-même. Fleurs à
8. Graines. partir de mai jusqu'aux premières gelées
9. Originaire de Tasmanie, de Victoria, des Nouvel- importantes.
les Galles du S u d et de l'Australie méridionale. Il F l o r a i s o n , 5-6 s e m a i n e s à partir de la
ne reste en Tasmanie que quelques zones de germination.
grands arbres, au bois de bonne qualité. 8. Semis au printemps.
10. Retarde le feu — accumulation de combustible 9. Originaire de la région méditerranéenne.
faible, brûle mal. 10. Excellente plante mellifère
Bois — excellent, dur. — longue floraison
Butinage pour abeilles. — facilité de propagation en grande
Fixateur d'azote. quantité.
Treillis pour plantes grimpantes (arbres vivants). — la présence des abeilles est presque
11. Convient dans toutes les régions fraîches. La constante.
taille et la forme varient selon l'humidité et la Herbe culinaire
fertilité du sol. Si le sol est humide (même — salades de feuilles et de fleurs.
détrempé) il en résultera des arbres grands, au — fleurs confites.
bois droit. Sur les sols pauvres, la forme et la Médicinal — émollient, expectorant.
taille sont plutôt comparables à celles d'un Riche en potasse et en calcium.
olivier.
Même potentiel que la consoude en ce qui con-
12. Forestry Commission Nursery, Perth, Tasmanie. cerne le compost. — Se fane très vite.
12. Bien adaptée aux climats frais. Adaptable à la
1. BON HENRI plupart des conditions, mais se trouve mieux
2. Chenopodiaceae 3. Chenopodiutn bonus- dans un sol léger, pierreux, bien arrosé, dans
henricus une situation ensoleillée. Si les gelées sont dou-
5. Pas de cultivars connus. ces, les graines semées en début de saison ger-
6. Épinard sauvage. meront en automne, pousseront et fleuriront
8. Graines en avril-mai. Normalement par division durant l'hiver.
de la racine c o m m e pour la consoude. 13. Grainetiers. Relativement commune. Survit dans
9. Fut cultivé en Grande Bretagne et ailleurs en les jardins abandonnés.
Europe.
10. Légume — jeunes pousses c o m m e les asperges. 1. BROCCOLI-VIVACE
— feuilles en salade ou c o m m e légumes 2. Crucifereae 3. Brassica oleracea var
cuits. 5. « Nine star perennial ».
— jeunes inflorecences mangées crues 7. Légume vivace, produisant sur trois ou quatre
ou cuites. ans.
Antiscorbutique. 8. Graine semée mi-octobre.
La production augmente chaque année. 9. Cultivar récent d'origine britannique.
11. Se plaît dans les sols pauvres. 10. Légume — produit de 6 à 9 têtes par saison.
12. Thompson et Morgan. 11. Sol riche, bien f u m é (jardin) — besoins
13. Voir réf. 52. ordinaires.
12. Thompson et Morgan.
1. BOUILLON BLANC 13. Voir ORGAN J., 1960. Rare Vegetables, Faber.
2. Scrophulariaceae 3. Verbascum thapsus Réf. 52.
5. Pas de variétés.
6. Molène officinale, Cierge de Notre-Dame. 1. BUNYA BUNYA
7. Grande plante herbacée, se resémant naturelle- 2. Araucariaceae 3. Araucaria bidwilli
ment, bisannuelle avec des feuilles blanchâtres, 5. Pas de noms de cultivars.
laineuses, et des fleurs d'un jaune brillant densé- 7. Arbre grand, symétrique, au feuillage en forme
ment groupées en épi. de dôme de 30-50 m. Croissance lente au début.

126
8. Graines ou boutures des p o u s s e s terminales pri- jeunes fruits tendres sont conservées au vinaigre
ses sur les jeunes plants. et utilisés c o m m e les câpres.
9. Queensland. Graine très e s t i m é e par l e s 11. Pousse bien dans les régions fraîches, mais le gel
aborigènes. tue les parties aériennes. Très prolifique dans les
10. Graines assez grandes dans des cônes — généra- sols de jardin humides, m a i s p o u s s e dans la plu-
lement rôties. part des sols et des sites.
Résine du tronc. 12. Grainetiers, plantes de jardin.
Bois — tendre, blanc, très estimé. 13. Voir Réf. 40, 48, 53, pour d'autres informations.
Énormes cônes semblables à des ananas sur les
arbres femelles certaines années. Chaque seg- 1. CAPUCINE T U B É R E U S E
ment contient une graine. Les cônes pèsent 2. Tropaelaceae 3. Tropaeolum tube-
jusqu'à 13-14 kg avec des graines plus grandes rosum
que des amandes. Les arbres sont lents à 5. Pas de cultivars connus.
produire. 6. Anu, Mayua (Pérou).
11. Bien que ce soit un arbre subtropical, le bunya 7. Plante vivace tubéreuse.
pousse bien dans les climats frais. Quelques 8. Tubercule, rarement graine.
grands spécimens poussent, et produisent parfois 9. Pérou. Proche de la capucine d'ornement.
dans les jardins botaniques de Hobart, en Tas- 10. Tubercules c o m e s t i b l e s crus ou cuits, frais ou
manie. Un sol bien drainé, profond, riche, est séchés. Arrachés en a u t o m n e et replantés
probablement requis pour obtenir des arbres immédiatement.
grands, productifs. Il est nécessaire qu'ils soient 11. Probablement toutes les régions fraîches. Aime
abrités des vents. les sols assez riches.
12. Graines des s p é c i m e n s des parcs, ou jeunes 13. Voir O R G A N ( 5 2 ) .
plants chez les pépiniéristes spécialisés dans les
arbres à graines comestibles. (Difficile à trouver 1. CARAGANA
en Europe.) 2. Leguminosae 3. Caragana arborescens
13. Plantés avec d'autres espèces d'Araucaria, les 5. Pas de n o m s de variétés.
arbres m â l e s peuvent être c o u p é s pour le bois, 6. Acacia jaune.
en en laissant un p e u pour la pollinisation. 7. Arbuste.
8. Graine s e m é e en automne ou au printemps. Si
1. C A N N E B E R G E D'AMÉRIQUE c'est au printemps, il faut la tremper toute la
2. Ericaceae 3. Vaccinium macro- nuit dans de l'eau chaude.
carpon 9. Sibérie. Cultivé c o m m e plante ornementale aux
5. Plusieurs variétés américaines. USA.
6. Cranberry. 10. Graine — quelques utilisations culinaires
7. Plante rampante des marais. — fourrage pour animaux — basse-cour.
8. Bouturage ou marcottage des tiges en été. Les paysans sibériens nourrissent les volailles
9. Nord-Est de l'Amérique du Nord. Cueillie et cul- avec cette espèce.
tivée c o m m e r c i a l e m e n t dans des lieux 11. Supposé être extrêmement résistant.
convenables. 12. Pas de source connue. Graine probablement chez
10. Baies pour usage culinaire — assez grande taille. les grainetiers américains.
11. Peut pousser dans les régions froides mais ne
supporte pas les g e l é e s sévères. La culture com- 1. CARISSA
merciale en Amérique se fait sur des terrains 2. Apocynaceae 3. Carissa grandiflora
fangeux ou tourbeux au-dessus de couches 5. Pas de n o m s de variétés connus.
d'argile dures à 40 cm en d e s s o u s de la surface, 6. Prune du Natal.
avec par-dessus u n e couche de 5-8 cm de sable 7. Arbrisseau épineux à feuillage persistant, jusqu'à
gris. Le pH peut être de 3.2 ou 4.5. Plante de 2 m.
marécages acides. 8. Graines ou boutures.
12. Pas de source locale connue. 9. Afrique du S u d — estimé c o m m e haie en Afrique
13. Voir R O D A L E ( 5 1 ) pour des détails sur les variétés du S u d et dans le Sud des USA.
et la culture. 10. Fruit — confiture, tartes, conserves ou frais.
Plante de haie très résistante.
11. Les régions chaudes lui conviennent le mieux. La
1. CAPUCINE
plupart des sols.
2. Tropaeolaceae 3. Tropaeolum majus
12. Mentionné par L O R D ( 2 3 ) .
5. De nombreux cultivars ornementaux.
7. Plante vivace rampante ou grimpante, habituelle- 1. C A R O U B E
ment cultivée c o m m e annuelle. 2. Leguminosae 3. Ceratonia siliqua
Se resème naturellement. 5. Variétés c o n n u e s dans les pays méditerranéens.
8. Graine. 7. Petit arbre à feuilles persistantes, 5-10 m. Vit
9. Amérique du Sud. Fréquemment cultivée pour très longtemps.
l'ornementation des jardins. 8. Graines ou marcottes.
10. F e u i l l e s c o m m e c o n d i m e n t (riches en 9. Méditerranéen — cultivé depuis des siècles.
vitamines C). 10. Gousses c o m m e nourriture h u m a i n e et pour le
Graines — usage médicinal — antiseptiques, bétail
expectorantes (anti-bactériennes lorsqu'elles sont — source d'énergie concentrée et riches
fermentées). Utilisées pour les infections. en protéines.
Feuilles et fleurs ont aussi des u s a g e s médicaux. — m o u l u e s c o m m e nourriture ou données
Plante compagne autour des arbres fruitiers. Les entières aux grands animaux.

127
— farine des gousses pour les humains — 12. Pas de sources de noix ou d'arbres connues des
café et chocolat de caroube. auteurs. Variétés greffées disponibles auprès des
Graines — 35 % de gomme à usages industriels pépiniéristes américains. La culture de cultivars
(Réf. 32). locaux avec des noix de haute qualité serait
Les plants rendent après 7-12 années. Les arbres intéressante.
greffés par œ i l détaché, dans la vallée du Lim- 13. Voir JAYNE(12) et SMITH ( 1 8 ) pour d'autres
popo et en Algérie, produisent après 4-6 ans.' informations.
Les rendements dans les climats méditerranéens Les productions des hickories sont souvent irré-
sont de l'ordre de 45-225 kg par arbre mais des gulières ; plusieurs variétés assurent des pollini-
arbres ont produit jusqu'à 900 kg. sation adéquates.
11. Ses limites climatiques sont semblables à celles
de l'oranger. 1. CASSIS
Résiste à des taux élevés de salinité du sol. 2. Grossulariaceae 3. Ribes nigrum
Le gel endommage les fleurs et les jeunes fruits 5. Nombreuses variétés.
mais pas les arbres. 6. Groseille noire.
Le temps humide en automne peut pourrir les 7. Buisson possédant plusieurs tiges de 1 m. de
gousses mûrissantes. haut, à feuilles caduques.
Les sites secs, rocheux, sont bons. Les caroubiers 8. Boutures de 20 à 25 cm du bois de la saison pré-
sont totalement résistants à la sécheresse. Pentes cédente, en automne et au début de l'hiver.
ensoleillées S.-S.S.E., ou contre un murs exposé Très facilement propagé.
au sud. 9. Europe et Asie du Nord. Cultivé commerciale-
12. Graines chez Goodwin, arbres chez les ment, principalement pour le jus.
pépiniéristes. 10. Baies — usages culinaires.
13. Voir SMITH (18) pour renseignements complets. — jus comme source médicinale de vitami-
nes C concentrées.
1. CARYAS — teinture.
2. Juglandaceae 3. Carya ovata, C. laci- Mellifère.
niosa, C. tomentosa La période de mûrissement est brève. Certaines
5. Beaucoup de variétés et de croisements dont cer- variétés ont des fruits qui ne se détachent pas à
tains avec C. illionensis (Pécan). Plusieurs culti- maturité et peuvent être cueillis quand tous les
vars connus. fruits sont mûrs.
6. Hickory. 11. Convient bien en Tasmanie jusqu'à 1 000 m
7. Grands arbres à feuilles caduques. Forme élan- d'altitude. Dans les régions aux gels sévères, les
cée, couronne cylindrique quand ils poussent en variétés qui fleurissent tardivement sont les
terrain ouvert. Produisent des noix de l'automne meilleures. Les sites exposés ne conviennent pas.
au printemps. Les sols humides et partiellement ombragés sont
8. Graine stratifiée dès qu'elle est mûre. Brou tolérés par les cassis.
retiré mais noix non cassées. Les pousses ont de 12. Commun dans les jardins. Pépiniéristes.
longues racines pivotantes et sont difficiles à 13. Voir Berry Fruit Culture (Réf. 11) pour plus
transplanter. Les cultivars sont greffés — habi- d'informations.
tuellement greffe par œ i l détaché en fente et en
écusson. Voir réf. 38. Le greffage est difficile. 1. CERISIER
9. Amérique du Nord (est et centre) dans des forêts 2. Rosaceae 3. Prunus cerasus
mixtes de feuillus. Arbres de coupe importants 5. Beaucoup de cultivars et de croisements avec le
aux USA. Le pecan est le seul producteur de noix P. avium (merisier).
important du genre. 6. Griottier.
10. Noix — cultivars et croisements avec le pecan 7. Arbre à feuilles caduques de 7 m, parfois un
pour usages culinaires. arbuste.
— noix des jeunes plants comme nourritu- 8. Graine stratifiée, on doit lui permettre de sécher.
re des animaux (cassées et données Cultivars greffés sur P. cerasus ou P. avium.
à la volaille). 9. Sud-ouest de l'Asie.
Bois — excellent charbon de bois. 10. Fruits — confiture, cuisine-crus ou cuits.
— pour fumer le jambon (donne de la — nourriture pour les porcs.
saveur). Fleurs mellifères.
— dur et résistant — le meilleur bois qui Arbre brise-vent.
soit pour les manches d'outils. 11. Convient bien dans les régions fraîches. S'adapte
Les arbres ne produisent qu'au bout de à une large variété de sols et de sites.
10-15 années après semis, mais les arbres greffés 12. Pépinières.
peuvent rendre 3-4 ans après greffage.
11. Toutes les espèces mentionnées devraient bien 1. CHÂTAIGNIER
pousser dans les régions fraîches. C. Ovata est 2. Fagaceae 3. Castanea sativa
très résistant. C. ovata et C. tomentosa sont des 5. Plus de 200 cultivars en Italie.
espèces des zones élevées et croîtront sur des 7. Grand arbre à feuilles caduques de 30 m, avec
sols pauvres. C. laciniosa est une espèce des ter- une large couronne. Vit très longtemps.
res basses, poussant naturellement sur les terres 8. La graine ne doit pas être trop séchée, mais doit
inondées de façon saisonnière par les crues des quand même l'être suffisamment. Stratifier. Les
rivières, mais elles pousent et prospèrent dans cultivars sont greffés par œ i l détaché ou greffés
des conditions très variées. Les hickories tolè- simplement, ce qui est très difficile. Le greffage
rent relativement mal les conditions forestières sur châtaigne est la technique la plus simple
lorsqu'ils sont très jeunes. (voir Réf. 12). Nous avons de bons résultats avec

128
des châtaignes plantées en automne, sous un ne sont parfois plus viables au bout d'un an ou
mulch sur place. plus.
9. Europe du Sud. Introduit en Grande-Bretagne 9. Europe, Asie, Afrique et Amérique — la plupart
par les Romains. Culture vivrière principale et dans les régions tempérées.
culture commerciale importante en Europe du 10. Glands — nourriture pour les animaux — riches
Sud. en hydrate de carbone. Excellents pour les porcs,
10. Châtaignes mangées grillées ou bouillies. tendant à leur donner une graisse molle, non
— séchées et moulues pour obtenir une farine saturée, plutôt qu'une graisse dure et saturée.
sucrée, riche en amidon, à faible teneur en — Alimentation humaine : les glands doux ayant
huile. peu de tanin, sont rôtis ou bouillis comme les
— nourriture pour les animaux — excellente châtaignes, ou réduits en farine. Les autres sont
nourriture pour les porcs. écrasés et cuits à plusieurs eaux pour éliminer
— séchées au soleil ou sur un feu doux pour leur tanin. La bouillie obtenue est extrêmement
conservation. nutritive et sert de base à divers plats. Les
— fumées (« clédées »). glands sont consommés depuis la préhistoire. Ils
— le rendement peut être faible dans les régions formaient la base de l'alimentation des Indiens
froides. de Californie.
— les châtaignes tombent quand elles sont Bois — bois dur de valeur pour de nombreux
mûres. usages.
— un arbre greffé peut produire au bout de 5-7 Ecorce — astringente, tonique. Usage interne
ans, mais les sauvageons mettent parfois 15 pour arrêter les hémorragies, réduire la fièvre,
ans, ou plus. les maux de gorge. Externe pour varices, irrita-
11. Convient dans les régions fraîches. Réussit tions de la peau. Employée pour tanner les
mieux dans les zones plus chaudes. La plupart peaux.
des sols bien drainés. La plupart des sites. Le mulch de feuilles de certains espèces, dont
13. La châtaigne peut être attaquée par le champi- Q. robur, éloigne les limaces et les vers. Le ren-
gnon parasite qui a détruit les châtaigniers amé- dement peut varier grandement selon les années.
ricains (maladie de l'« encre »). Les plantations mixtes ont tendance à produire
davantage que les espèces isolées ou que les
1. CHÂTAIGNIER CHINOIS arbres seuls.
2. Fagaceae 3. Castanea mollissima 11. La plupart des espèces sont bien adaptées aux
5. Quelques cultivars aux USA. régions froides. Beaucoup d'espèces à feuilles
7. Arbre à feuilles caduques ayant tendance à caduques conservent plus ou moins leur feuil-
s'étaler. lage au cours des hivers doux de la Tasmanie.
8. Graines comme pour le châtaignier commun. Tout sol suffisamment bien drainé. Certains chê-
Voir BAILEY (38). nes prospèrent sur un sol sec, rocheux et infer-
Ecussonnage ou greffage — très dificile. tile. Beaucoup d'espèces poussent mieux en ter-
9. Chine. rain ouvert. Certaines poussent bien dans des
10. Graines — l é g è r e m e n t s é c h é e s p o u r la terrains humides.
conservation. 12. Glands à partir d'arbres locaux.
— amandes culinaires, farine. 13. Voir JAYNES(12) pour d'autres informations.
— nourriture pour les animaux.
— produit de 5 à 8 ans après avoir été Q. virginiana. Chêne vert de Virginie, arbre à fût
semé ou 2 ans après greffe. court, à cime étalée de 25 m. Facilement trans-
— certains arbres ont produit plus de planté, croît rapidement. Vient naturellement
30 kg de graines à l'âge de 12 ans. dans des terrains sableux, soit bien soit mal
Les variétés sont stériles entre elles mais les drainés. Dans des sables secs, le chêne vert est
plantations de pousses pollinisent de façon un arbre nain ou un arbuste. Ses glands sont
satisfaisante. parfois doux. On signale que l'huile des glands
Les arbres doivent être espacés de moins de est comparable à l'huile d'olive. Aide à la crois-
60 m pour une bonne pollinisation. sance des agrumes. Sud-Est des USA.
11. Peut bien s'adapter aux régions froides. Q. macrocarpa. Grand arbre de 40 m ou plus sur
Sols bien drainés, légers. de bons sols. Dans les régions froides (Dakota
13. Le châtaignier chinois est résistant au champi- du Nord, USA), c'est un petit arbuste. Ne craint
gnon parasite (rouille) Endothia parasitica et pas les insectes nuisibles. Rendement élevé une
c'est maintenant la principale espèce de châtai- année sur deux. Très gros glands souvent doux.
gniers cultivée aux USA. Voir JAYNES(17) pour Est et centre de l'Amérique du Nord.
des informations sur la culture, les variétés et la
propagation. Sa résistance aux parasites et sa Q. lobata. Chêne blanc de Californie : grand
production précoce rendent intéressente l'intro- arbre de 30 m. Glands très longs et parfois doux.
duction du châtaignier chinois. Bois peu utile. Pas facile à cultiver.
Q. alba. Chêne blanc dans des conditions fores-
1. CHÊNES
tières, grand arbre, à la couronne petite, de
2. Fagaceae 3.Quercus spp. environ
30 m, dans un sol profond, bien drainé, légère-
600 espèces. ment acide. Les glands ont bon goût — souvent
5. Quelques cultivars ornementaux. bouillis c o m m e les châtaignes ; on en retire une
[ 7. La plupart sont grands, à cime étalée, à feuilles huile, utilisée c o m m e Uniment. Le bois est excel-
caduques, jusqu'à 40 m. Vivent longtemps. Beau- lent. Est de l'Amérique du Nord.
coup poussent vite et produisent tôt.
8. Graine. Excellente germination mais les glands Q. bicolor. Jusqu'à 30 m le long des cours d'eau

129
et autour des marais. Les glands sont longs, 1. CHICORÉE
doux et blancs. Facilement transplanté, pousse 2. Compositae 3. Chichorium intybus
rapidement. Est de l'Amérique du Nord. 5. Quelques cultivars connus dont la Witloof.
7. Plante herbacée annuelle, bisannuelle ou vivace.
Q. michauxii. Jusqu'à 25 m de haut sur des ter- 8. Graines.
rains riches inondés. Les glands sont très doux, 9. Usage traditionnel comme légume en Europe et
parmi les meilleurs. Bonnes productions annuel- en Orient — cultivée depuis seulement quelques
les. Est de l'Amérique du Nord. siècles.
10. Légume : feuilles dans les salades, feuilles
Q. prinus (= montana). Arbre de 20 m. Vigoureux blanchies.
sur les sols pauvres. Glands doux. L'écorce con- Racines — séchées, moulues et grillées comme
tient jusqu'à 11 % de tanin. Est de l'Amérique du succédané du café.
Nord. — diurétique, tonique et laxatif. Décoc-
tion utilisée contre les rhumatismes,
Q. muehlenbergii. Grand arbre de forêt — se la goutte et la jaunisse.
comporte bien sur les sols pauvres. Glands doux. Fourrage — Feuilles 7,5-15 t/ha
Est de l'Amérique du Nord. — racines 12,5-30 t/ha.
11. Sol de jardin potager riche, bien drainé pour
Q. ilex. Chêne vert. Yeuse. Grand arbre à feuilles légumes ou fourrages abondants.
persistantes. Port étalé. Planté avec le Q. suber 12. Grainetiers.
du Portugal p o u r l'alimentation des porcs. Ren-
dements très élevés une année sur deux. Des pro- 1. CITRON
ductions moyennes de 720 litres/année ont été 2. Rutaceae 3. Citrus limonia
notées pour un arbre. Des forêts mixtes de Q. 5. Beaucoup de cultivars.
ilex et Q. suber entretiennent 68 kg de porc par 7. Petit a r b r e à feuillage persistant — jusqu'à 3 m.
ha et par an sur une période de 10 ans. Europe
8. Graines — Il arrive que plusieurs plants résul-
méridionale.
tent d'une seule graine (polyembryonie) et les
sauvageons sont conformes au type (apomixie).
Q. suber. Chêne-liège : croissance lente, arbre à Les plants provenant de graines sont plus résis-
feuillage persistant de 25 m. Vit très longtemps. tants que les arbres greffés. Greffe par œil déta-
Le liège peut être récolté après 10 ans. Produc- ché sur tronc d'orangers amers, boutures de bois
tion moyenne au Portugal de 240 kg/ha annuels. mûr.
Le meilleur liège provient d'arbres poussant sur
9. Asie tropicale. Cultivé depuis des millénaires.
des sols secs, pauvres et rocheux. Sud de
l'Europe, Afrique du Nord. 10. Fruits — de nombreuses utilisations culinaires
se conserve bien.
— astringent, réfrigérant, utilisé pour les
Q. robur. Chêne rouvre, arbre à la stature majes- rhumes ; la toux, les maux de gorge.
tueuse. Utilisé depuis longtemps pour nourrir les — astringent facial.
porcs et les humains. Europe. Mellifère.
Les citronniers tendent à fleurir continuellement
Q. cerris. Chêne chevelu ; grand arbre mesurant et dans les régions les plus chaudes, ils produi-
jusqu'à 30 m sur de bons sols. Se comporte bien sent des fruits toute l'année. Les jeunes plants
sur les sables côtiers. Gland gros et allongé. Les commencent à produire vers huit ans, les arbres
sécrétions des troncs sont utlisées dans le Kur- greffés par œil détaché après trois ou quatre
distan pour édulcorer la nourriture. Europe ans.
méridionale, Asie mineure.
11. Convient aux régions très chaudes. La variété de
Meyer est mieux adaptée aux régions plus fraî-
1. CHÉNOPODE BLANC ches. Résistant au gel, (— 2 deg. C) tue les fleurs
2. Chenopodiaceae 3. Chenopodium album et les jeunes fruits. Sol bien drainé, eau essen-
5. Pas de cultivars. tielle p a r temps chaud.
6. Ansérine. Position abritée, ensoleillée.
7. Se resème naturellement ; plante herbacée 12. Pépinières.
annuelle.
8. Graines. 1. COGNASSIER
9. Répandue dans les régions tempérées et tropica- 2. Rosaceae 3. Cydonia oblonga
les. Vestiges trouvés dans les villages lacustres 7. Petit a r b r e à croissance lente et à feuilles cadu-
préhistoriques de Suisse. Utilisée par les Indiens ques, de 6 m.
d'Amérique. Plante extrêmement commune. 8. Marcottage en automne.
10. Légume — les jeunes plantes font d'excellents Boutures ou rejetons.
légumes. 9. Sud-Ouest et centre de l'Asie. Longtemps cultivé
Graines — appréciées par la basse-cour et les en Europe.
oiseaux. 10. Gelée, tartes, etc.
— peuvent être réduites en une farine Les f r u i t s peuvent rester sur l'arbre jusqu'à ce
alimentaire. que le gel commence à dépouiller les arbres de
Bénéfique aux plantes avoisinantes en augmen- leurs feuilles, pour que les fruits aient toute leur
tant les éléments minéraux dans le sol (48). saveur. Ils pourront être conservés 2 mois une
11. Bien adaptée aux terrains froids. Aime particu- fois mûrs.
lièrement les sols riches en azote. Tolère le sel. 11. Bien adapté aux régions fraîches. Sol humide, la
12. Pas disponible commercialement. Graines. plupart des sites.
13. Voir aussi. Bon Henri. 12. Pépiniéristes.

130
1. COGNASSIER D U JAPON 12. Relativement commune dans les anciens jardins,
2. Rosaceae 3. Chaenomeles speciosa, dans quelques pépinières et chez les herboristes.
et autres espèces. 13. S. xuplandicum ne se fane pas en hiver.
Beaucoup de cultivars ornementaux et La consoude ne s'étend pas mais il est très diffi-
d'hybrides. cile de l'éliminer, à moins qu'on ne l'utilise
Arbuste printanier, à feuilles caduques, s'étalant comme fourrage pour les porcs. Certains pépinié-
haut de 3 m (5 m de large). ristes peuvent fournir des variétés pour obtenir
Boutures en été, marcottes en automne, rejetons les meilleures récoltes. Voir réf. 69 pour infor-
au printemps ou en automne. mations complètes.
Chine et Japon. Cultivée comme plante ornemen-
1. COPROSMA
tale et parfois pour ses fruits.
10. Fruits 2. Rubiaceae 3. Coprosma repens
5. Beaucoup de variétés et d'hybrides naturels.
— riches, aromatiques, jus semblable à
Quelques cultivars ornementaux.
celui du citron, utilisées en cuisine
avec d'autres fruits — gelées, confitu- 7. Arbuste à feuillage persistant, dioïque ; 2-3 m de
res, etc. hauteur.
Croissance rapide.
11. Bien adapté aux régions fraîches. N'importe quel
sol, la plupart des sites. Position ensoleillée pour 8. Boutures — très facile.
bon rendement de fruits. Graines.
12. Commun dans les jardins. Pépinières aussi. 9. Plante néo-zélandaise du bord de mer. Plante
13. Certaines variétés ornementales ne fructifient ornementale très commune en Nouvelle-Zélande
pas bien. et en Australie.
10. Graines — aliment pour volaille (réf. N.7L Whole
Earth Catalogue).
1. C O N S O U D E
Plante de haie.
2. Boraginaceae 3. Symphytum officinale Retarde le feu.
S. uplandicum
Plusieurs types ; des cultivars localement. Fleurs 11. Bien adaptée aux régions tempérées. Tout sol ou
blanches, violettes, jaunes ou roses. site. Résiste aux embruns, à la sécheresse et au
Plante herbacée de 1 m. Se fane en hiver. feu (23).
7.
Division de la racine — n'importe quelle partie Plantes de jardin.
8.
de la racine poussera. Le binage et le labourage 13. Le coprosma mérite qu'on l'expérimente comme
en hiver devraient susciter un développement aliment pour volaille.
important des plantes.
1. C O Q U E R E T DU P É R O U
9. Europe et Asie occ. Très utilisée médicalement.
10. Fourrage 2. Solanaceae 3. Physalis peruviana
5. Variétés inconnues des auteurs.
— rendements très élevés sur des terres 7. Buisson fragile, rampant.
fertiles, bien arrosées — avec 5-8 récol- 8. Graine semée en serre ou sous châssis en
tes par an, on a atteint des récoltes de janvier-février. Se traite comme les tomates.
125-250 tonnes par ha. Auto-reproduction par graines jusqu'à un certain
— 20-25 % de protéine (poids sec) point.
— racines comme fourrage pour porcs. 9. Amérique du Sud. Cultivé au Cap de Bonne-
Excellente plante mellifère. Espérance au siècle dernier.
Usage médicinal 10. Fruits — frais ou cuit.
— feuilles ou racines. Les racines sont Mûrs à la fin de l'été — début de l'automne.
particulièrement intéressantes. 11. Facilement endommagé par le gel mais les plan-
— peuvent être séchées, broyées et utili- tes établies résistent à tout, sauf à la gelée. En
sées en onguent, tisane ou cataplasme. Tasmanie, limitée aux parties les plus chaudes.
Très utile pour les contusions, les Site protégé, chaud, ensoleillé pour un bon
tuméfactions, l'arthrite, les rhumatis- rendement.
mes, la goutte, les fractures et les Quelques pépiniéristes et grainetiers.
blessures. 12. Voir RAPHAËL (11) pour d'autres informations.
Tisane comme mixture contre la toux 1. CORNOUILLER MÂLE
pour les graves troubles pulmonaires 2. Comaceae 3. Cornus mas
— pneumonies. 5. Pas de cultivars connus.
Arrête les hémorragies internes des 7. Petit arbre, à croissance lente, jusqu'à 8 m. Vit
poumons, de l'estomac et des intestins. longtemps.
Aussi pour la dysentrie et les ulcères 8. Boutures.
internes. 9. Europe — cultivé depuis des siècles, autrefois
Source de vitamine B 12. pour ses fruits comestibles, aujourd'hui comme
Emploi culinaire arbre d'ornement. Son habitat naturel est la
— feuilles et fleurs (sucrées) en salades, lisière des forêts et les broussailles.
soupes ou légumes cuits. Tiges comme 10. Fruits excellents lorsqu'ils sont très mûrs ; confi-
les asperges. tures, gelées, etc.
— Racines pour lier les sauces. Haie.
11. Convient dans toutes les régions fraîches. Ne Peut avoir 10-15 ans avant la première floraison.
meurt pas en hiver dans les zones tempérées. 11. Devrait bien pousser dans les régions froides.
Site bien arrosé, sol riche pour de bonnes Position humide, abritée.
productions. 12. Quelques pépiniéristes.
131
1. CROSNES DU JAPON le côté pour permettre à la coque dure de
2. Labiatae 3. Stachys sieboldii s'ouvrir. Poussent en plein soleil, fin de l'hiver,
6. Chorogi. après avoir été trempées dans de l'eau chaude.
7. Plante vivace de 0,5 m. Se transplante facilement. Greffe ou drageons
8. Morceaux de tubercule ou de racine. (facile) pour obtenir des variétés améliorées.
9. Chine, Japon. Cultivé en Belgique et en France. 9. Amérique du Nord, de l'état de N e w York au
10. Tubercules — l é g u m e — peuvent être laissées Nébraska, de la Louisiane au Minnesota. Parfois
dans le sol jusqu'à ce qu'on en ait besoin. cultivé en Europe c o m m e arbre d'ornement.
— Morceaux replantés à la récolte. Gousses — riches en sucre (27-30 %), 10 % de
11. Sols légers. Éventail climatique inconnu. protéine dans les g o u s s e s et les graines.
— Nourriture pour le bétail, moulue ou entière.
1. FEIJOA
Valeur nutritive équivalente à celle de l'avoine.
Moulues et mélangées avec de la farine pour
2. Myrtaceae 3. Feijoa sellowiana
faire du pain sucré.
5. Pas de cultivars localement.
7. Abrisseau à feuilles persistantes ; jusqu'à 4-6 m. — Rendement : 20 b o i s s e a u x — (720 l)/arbre.
8. Graines au début du printemps à Certains arbres de 8 ans en Alabama produisent
13 deg.-16 deg. C., la germination prend 2-3 plus de 110 kg par arbre. Avec 85 arbres par hec-
semaines. B o u t u r e s feuillées en été (une chaleur tare, cela fait 950 kg par hectare.
du sol m o d é r é e est utile). Le b o i s est durable et beau. Arbre pour brise-
9. Nord de l'Argentine et sud du Brésil. Cultivé vent et haie (les grandes épines protègent les
dans beaucoup de régions subtropicales. Cultivée arbres du bétail).
c o m m e r c i a l e m e n t en N.-Z., où la relation entre la 11. Très résistant au gel et à la sécheresse. Des
feuille ronde au bout de la production de gros g o u s s e s ont mûri à Londres et ailleurs dans le
fruits a été découverte. Royaume-Uni. Tous sols et sites y compris les
sols alcalins. Préfère des situations bien drai-
10. Fruit — dessert, gelées, etc., 6 % de sucre.
nées, ensoleillées, ouvertes.
Pétales de fleurs utilisés en salade — très sucrés.
Production de 3 à 4 ans après le bouturage. 12. Graines auprès de Goodwin, ou arbres locaux.
11. En Angleterre, les fruits ne mûrissent que par 13. Les féviers d'Amérique ont peu de maladies et
les étés chauds, m a i s probablement adaptable résistent bien aux insectes nuisibles. Les gousses
aux régions les plus fraîches. Très résistant au peuvent être mélangées à du son avec un pilon
gel. Position ensoleillée, abritée, pour de b o n s pour absorber les sucres gluants.
rendements. Voir SMITH pour d'autres informations.
S m i t h mentionne que le févier d'Amérique est
12. La plupart des pépinières (en Australie).
utilisé en Australie pour la nourriture du bétail.
13. Des feuilles aux extrémités arrondies indiquent
des plantes porteuses de gros fruits. Vite amé-
1. FIGUIER
lioré par la sélection des plantes aux feuilles
rondes. 2. Moraceae 3. Ficus carica
5. Très nombreux cultivars.
7. Arbuste à feuilles caduques ou arbre jusqu'à
1. FENOUIL
8 m.
2. Umbelliferae 3. Foeniculum vulgare 8. Bouture de 10-13 cm dans le bois, coupées juste
7. Plante bisannuelle se resémant naturellement ou sous un œ i l en a u t o m n e et plantées profondé-
plante vivace à vie courte. Fleurs juin-septembre. ment de façon que seul le bout soit visible au-
8. Graines. d e s s o u s du sol.
9. Europe méridionale, subspontanée dans la plu- 9. Asie occ. Maintenant répandu dans les régions
part des régions tempérées. Répandue le long chaudes, tempérées. Adaptée jusqu'en Grande
des bords de routes abrités et dans les terrains Bretagne. Importante production vivrière et com-
en friche. merciale du Portugal à l'Asie Mineure.
10. Graines et racines
10. Fruit — frais.
— usage médicinal — aromatique, diuré- — séché, 50 % de sucre.
tique, expectorant, stimulant, — laxatif doux.
stomachique.
Jusqu'à 3 récoltes par an dans les climats
Graines — condimentaires chauds, m a i s une seule dans les climats frais.
Feuillage Les f i g u e s destinées à être séchées sont laissées
— jeunes p o u s s e s dans les salades : feuil- à sécher sur l'arbre.
les développées c o m m e condiment.
11. La plupart des régions fraîches conviennent,
11. Dans les régions fraîches, prospère dans des
m a i s le degré de maturation variera de site en
sites ensoleillés et abrités. Une terre végétale
site. Un site ensoleillé, chaud, convient le mieux.
bien drainée est ce qui convient le mieux.
Se comporte bien sur les sols pauvres, calcaires.
12. Grainetiers. Graines à partir des plantes
12. La plupart des pépinières.
sauvages.
13. Les f i g u e s ne craignent guère les maladies ou les
13. Voir réf. 40, 41, 48, 53.
insectes nuisibles.

1. FÉVIER D'AMÉRIQUE 1. FIGUIER DE BARBARIE


2. Leguminosae 3. Gleditschia tria- 2. Cactaccae 3. Opuntia ficus-indica
canthos et autres espèces.
5. Quelques cultivars. 5. O. cantabridgida (développée à Cambridge,
7. Arbre au feuillage léger, de 40 m de haut. Très Grande-Bretagne).
épineux quand il est jeune. 7. Grand c a c t u s à la tige ovale, jusqu'à 6 m, produi-
8. Graines — doivent être fendues, une entaille sur sant de l'hiver au printemps.

132
8. Bouture — les tiges aplaties sont séchées à l'air Les plantes produisent la seconde année à partir
quelques jours p u i s placées dans du sable. de la propagation.
9. Amérique centrale. Fut un fléau en Australie tro- Les tiges porteuses de fruits sont enlevées cha-
picale et subtropicale. que année, et les fruits poussent sur les nouvel-
10. Fruit — v a g u e m e n t semblable à une figue, 7 cm les tiges.
X 4 cm — frais ou conservé. Utiliser des gants Feuilles utilisées en infusion pour faciliter la
pour récolter, p u i s laver en brossant pour ôter parturition.
les épines. Les é p i n e s peuvent servir d'épingles. 11. Largement cultivé. Les fruits en train de mûrir
Plante à barrière — utilisée c o m m e l'aubépine peuvent être e n d o m m a g é s par la pluie et les
en Sicile, aux USA, et en Amérique du S u d pour vents chauds.
parquer les animaux. Peut être utilisée c o m m e Site abrité et bien drainé.
nourriture pour le bétail si l'on enlève les épines 12. Pépiniéristes, plantes de jardins.
par le feu. 13. Voir Réf. 11 pour information sur culture, varié-
11. Meilleur s i t e : chaud, abrité. Sol bien drainé. tés, etc.
Résistante à la sécheresse.
12. Possible chez les pépiniéristes. 1. FRUIT DE LA PASSION
2. Passifloraceae 3. Passiflora mollissima
1. FRAISE D E S JARDINS 5. Pas de variétés nommées.
2. Rosaceae 3. Fragaria x ananassa 7. Grande et vigoureuse plante grimpante sub-
(= virginiana x tropicale.
chiloensis) 8. Graines. Les j e u n e s plants sont conformes au
5. N o m b r e u x cultivars. type (Réf. 2).
7. Herbe formant des stolons, fructifiant pendant 9. Andes.
4-5ans. 10. Fruits — salades de fruits.
8. Stolons provenant des plantes mères. Longue saison de production, principalement
9. Hybride de deux fraisiers américains. été/automne.
10. Fruit — dessert, cru ou cuit. 11. Bien adapté à des conditions climatiques fraî-
Plante mellifère. ches. S o l s h u m i d e s convenables si non-exposées
Requiert une culture intensive de jardin pour au froid. Leur nature rampante demande un sup-
une bonne production mais peut se propager port élevé, c o m m e un vieil arbre mort.
d'elle-même. 12. Communément disponible dans les pépinières
11. Adaptée aux régions fraîches. Les gelées sévères (du m o i n s en Tasmanie — pas en Europe). Les
tuent les fleurs. Sol de jardin riche et bien plantes se resèment facilement d'elles-mêmes.
drainé.
12. Pépinières. 1. G A U L T H É R I E H I S P I D E
13. Voir Réf. 11 pour une information détaillée sur 2. Ericaceae 3. Gaultheria hispidula
la culture et les variétés. 5. Pas de cultivars.
7. Plante ligneuse rampante à feuillage persistant.
1. FRAISE D E S B O I S 8. Graine s e m é e en automne.
2. Rosaceae 3. Fragaria vesca Surgeons et boutures sur racine au printemps.
7. Plante herbacée formant des touffes. 9. Amérique du nord et Japon. Pas cultivé
8. Division. généralement.
9. Europe. 10. Baies blanches — saveur délicate, l'une des baies
10. Fruit de dessert, petit m a ï s aromatique — très les p l u s savoureuses.
prolifique, saison de rendement longue. Produit en automne.
Les o i s e a u x ne m a n g e n t pas le fruit. 11. Devrait convenir aux régions fraîches. Endroits
Les plantes ne rampent pas. humides, bourbeux, sols acides.
11. Convient tout à fait aux régions fraîches. Humi- Aime l'ombre.
dité, sol riche. U n e o m b r e m o d é r é e est idéale : 12. Pas de source connue. Graines : peut-être auprès
lisière des bois. des grainetiers américains.
12. Dans quelques pépinières, graines chez Thomp- 13. Voir SIMMONS(17) pour informations sur la
son and Morgan. culture.

1. FRAMBOISIERS 1. G I N K G O
2. Rosaceae 3. Rubus idaeus et R. 2. Ginkgoaceae 3. Ginkgo biloba
phoenicaulasius 5. Pas de cultivars connus.
5. Beaucoup de cultivars résultant des croisements 7. Grand arbre, à feuilles caduques, à croissance
de ces espèces et d'autres e s p è c e s du genre lente, vivant longtemps, atteigant 30 m de haut.
Rubus. N o m b r e u x sont ceux qui vivent jusqu'à
7. Plantes formant d e s fourrés. 1 000 ans.
8. R. idaeus: Les s u r g e o n s provenant de la plante- 8. Graines, poussant lentement ; se transplante
mère sont enlevés et m i s en terre. Le R. phoeni- aisément.
caulasius est reproduit par marcottes. 9. Chine. Graines utilisées depuis longtemps en
9. R, idaeus originaire de l'hémisphère nord. Chine.
R. phoenicaulasius originaire de Chine et du 10. Graines
Japon. — la partie extérieure charnue est fer-
10. Fruits — frais, tartes, confitures. mentée, puis les graines sont bouillies
Plante mellifère. ou rôties sucrées. Crues, elles sont
Écorce des racines contre la diarrhée. légèrement toxiques. Les ginkgos sont
Feuilles — astringent. dioïques. Des bouquets d'arbres avec

133
quelques m â l e s sont nécessaires pour 8. Division des touffes.
un rendement valable. 9. Brésil du S u d et Argentine. Herbe ornementale
11. Très tolérant des climats extrêmes. Le mieux est trop c o m m u n e .
un sol riche, profond, m a i s tout sol bien drainé 10. Fourrage animal — bétail, chevaux, chèvres, etc.
convient. La plupart des sites. Abri — haies. Peut être utilisée pour « abriter »
12. Dans la plupart des pépinières, c o m m e arbre les m o u t o n s après la tonte ; abrite la volaille.
ornemental. Soit mâle, soit femelle. 11. Bien adpatée aux régions fraîches. Pousse facile-
13. Résistant aux m a l a d i e s et aux nuisibles. ment dans n'importe quels sols et sites. Se com-
porte b i e n en terrain arrosé.
1. G O Y A V E FRAISE 12. Pépinière de la c o m m i s s i o n forestière, pépiniéris-
2. Myrtaceae 3. Psidium cattleianum tes, jardins.
7. Arbuste touffu à feuillage persistant.
8. Graines, marcottes ou boutures. 1. H Ê T R E

9. Brésil. 2. Fagaceae 3. Fagus grandifolia et


10. Fruit de dessert. sylva tica
11. Adapté marginalement aux régions froides. A 5. Pas de variétés n o m m é e s en ce qui concerne les
besoin de chaleur pour mûrir et ne peut tolérer fruits.
les gelées intenses. Position chaude, abritée, 6. Hêtre américian et hêtre européen.
ensoleillée. B e a u c o u p plus résisitante que la 7. Grand arbre de parc déployé ou arbre de forêt
goyave c o m m u n e (P. guajava) qui est vraiment élancé atteingnant 35 mètres. Feuillage dense
tropicale. permettant p e u de plantes de sous-bois. Vit très
12. Quelques pépinières. longtemps, jusqu'à mille ans.
8. Graines. Ont besoin d'être protégées de la séche-
resse pour rester viables. Les conditions sous les
1. GROSEILLE A M A Q U E R E A U
hêtres sont idéales pour la germination des grai-
2. Grossulariaceae 3. Ribes uva-crispa
nes de hêtres et de certains autres arbres à feuil-
5. B e a u c o u p de cultivars anciens et modernes.
les caduques. Les arbres qui produisent bien
7. Petit arbuste à feuilles caduques.
peuvent être greffés.
8. Boutures c o u p é e s en automne — s'enracine
facilement. 9. F. grandifolia — Originaire d'Amérique du Nord,
p e u cultivé.
9. Europe.
F. sylvatica — Europe du Nord — nourriture
10. Fruits
naturelle des écureuils, souris, pigeons, faisans,
— cuits ou utilisés frais, quand ils sont
corbeaux freux, geais et porcs. Les amandes (faî-
mûrs. Produit de mai à septembre
nes) sont comestibles, fournissent une huile
selon l e s varités et l'utilisation. Pre-
c o m e s t i b l e et sont appréciées du bétail.
miers fruits la seconde ou la troisième
année. 10. Faînes De goût agréable, m a i s petites
Traitées c o m m e les châtaignes pour les empê-
Mellifère — début du printemps — été.
cher de sécher.
Nourriture pour les oies.
11. Pentes fraîches, e x p o s é e s au nord, conviennent le — En France, on les grillait pour en faire du
mieux. Position b i e n drainée. Les groseilles à café.
maquereau poussent de façon tout à fait satisfai- — Dans certaines régions d'Europe, l'huile
sante dans les c r e v a s s e s rocheuses. B o n arbuste obtenu des faînes était c o u r a m m e n t consommée.
de sous bois. — Nourriture pour les animaux
12. Pépinières, vieux jardins. — Excellent charbon de bois pour fourneaux.
— Dur : b o n pour les poulies, les manches
d'outils, les pinces à linge, etc.
1. GROSEILLER R O U G E
La production de faînes peut ne pas débuter
2. Rosaceae 3. Ribes sativum
avant 16 ans, et elle est irrégulière. Grandes
5. Plusieurs variétés.
récoltes, d'habitude, tous les 3-5 ans, parfois
7. Tige multiple, b u i s s o n à feuilles caduques de
8-12 ans. D'habitude, les faînes tombent avec les
1 m.
premières gelées.
8. Boutures.
11. Bien adapté aux régions fraîches, y compris les
9. Europe de l'Ouest — bois humides.
pays froids, continentaux élevés. Sol : bien
10. Baies — bonne conservation en comparaison des
drainé, m a i s bien arrosé, les sols très rocailleux
autres baies. Mûrissent tôt, juin-juillet.
sont acceptés. Arbres aimant la chaux. Tolère les
Plante mellifère.
conditions des forêts o m b r a g é e s quand il est
11. Adapté aux régions froides. E n d o m m a g é par le
jeune.
gel en cas de floraison précoce. Une pente abri-
13. Le hêtre produit une o m b r e très dense avec peu
tée est le meilleur site. Tolère un p e u d'ombre.
de plantes croissant en dessous, mais fournit des
Les sols ne sont pas très importants, m a i s les
conditions idéales, grâce à l'humus de feuilles et
sites secs ne conviennent pas.
l'ombre pour les jeunes plants de certains arbres
12. Pépiniéristes.
à feuilles caduques (hêtre, tilleul, noyer, etc.).
13. Voir Réf. 11 pour information sur la culture et Les bois mixtes de chêne et de hêtre deviennent
les variétés. de pures forêts de hêtre si l'homme n'intervient
pas (forêt climacique de l'Europe moyenne).
1. H E R B E S D E S PAMPAS
2. Gramineae 3. Cortaderia selloana 1. H O U B L O N
5. Pas de variétés n o m m é e s . 2. Cannabaceae 3. Humulus lupulus
7. Grande herbe formant des touffes, de 3 m. 7. Plante grimpante à feuilles caduques ; jusqu'à
Pousse rapidement, vigoureusement. 7 m.

134
Boutures ou rejetons à partir de plantes femelles fougère Aigle fait une excellente colle
saines. résistante à l'eau.
9. Europe Centrale. Utilisé en brasserie depuis le 11. Le fruit mûrit si la chaleur estivale manque. La
IX* siècle. plupart des sols et sites bien drainés.
Industrie importante en diverses parties du 12. Graines — Goodwin. Arbres greffés — la pluart
globe. des pépinières.
10. Cônes femelles (inflorescences) 13. SMITH (18) pense que les espèces de Diospyros,
— brasserie. dont le plaqueminier américain, ont un grand
— sédatif, diurétique. potentiel c o m m e nourriture pour le bétail.
— infusion contre les insomnies. On en Voir S I M M O N S (17) pour des informations sur la
remplit des oreillers dans le même culture.
but.
Feuilles et cônes non mûrs — teinture. 1. KIWI
Jeunes pousses au printemps — utilisées comme 2. Dilleniaceae 3. Actinidia sinensis
légumes à la façon des asperges. Les plantes 5. Beaucoup de cultivars — peu localement.
mâles ne sont pas nécessaires étant donné que 7. Grande plante grimpante ligneuse à feuilles
les plantes femelles n'ont pas besoin de pollinisa- caduques, atteignant 30 m, dioïque (plantes
tion pour produire de la résine. mâles et femelles).
Convient bien aux terres basses fraîches. Sol 8. Graines.
riche et humide ; site abrité. Greffes pour cultivars boutures aussi, mais ten-
12. Auprès des c u l t i v a t e u r s c o m m e r c i a u x d e dent à avoir de faibles racines. Fleurs mâles et
houblon. femelles peuvent être greffées sur la même
plante.
9. Chine. Cultivé commercialement pour l'exporta-
1. HYSOPE
tion en Nouvelle-Zélande; également en
2. Labiatae 3. Hyssopus officinalis Californie.
5. Pas de cultivars. 10. Fruit de dessert mûrissant en mai-juin.
7. Semi arbuste persistant avec des fleurs bleues 11. Pas de sols particuliers mais rendements supé-
de décembre à février. rieurs sur les sols fertiles, bien arrosés. Position
8. Graines, boutures, et division des racines. ensoleillée et abritée pour la maturation des
9. Europe méridionale et orientale, culture très fruits.
ancienne. 12. Quelques pépiniéristes.
10. Sommités fleuries — usage médicinal — emmé- 13. Voir opuscule du Département néo-zélandais
nagogue, expectorant, stimulant, stomachique, d'Agriculture (librairie gouv.) sur les détails des
tonique. variétés, cultures, etc.
Mêmes utilisations que la sauge.
— c o m m e condiment.
1. KUDZU
— très mellifère.
2. Leguminosae 3. Pueraria lobata
11. Bien adapté aux régions les plus chaudes. Pousse
7. Plante rampante ligneuse, couvrant le sol et la
naturellement sur les pentes sèches, rocheuses,
végétation environnante.
calcaires en plein soleil mais la plupart des sols
8. Graines ou division des racines (facile).
conviennent. Position ensoleillée.
9. Sud du Japon. Subspontané et envahissant dans
12. Grainetiers.
le Sud-est des USA.
10. Fourrage.
1. KAKI Graines pour la basse-cour : feuilles pour bétail
2. Ebenaceae 3. Diospyros kaki et chèvres.
5. Autant de variétés au Japon que de pommiers en Fixateur de l'azote — excellent.
Angleterre ou en Normandie. Ici, peu de variétés Fibres à partir de la tige pour cordages.
disponibles. Fécule alimentaire extraite des racines. Jeunes
6. Plaqueminier. pousses, boutons floraux et jeunes gousses
7. Arbre à feuilles caduques de 15 m fructifiant en comme légumes.
automne-hiver. 11. Ne s'acclimate probablement qu'aux régions les
Graine en hiver. Plants d'un an généralement plus chaudes. Bon sol — petits ravins, pentes rai-
assez grands pour être greffés. Le greffage en des sous forêts. Peut remplir tout un ravin.
écusson est la méthode la plus commune. Fourrage de sous bois.
Le D. virginiana (plaqueminier américain) est 12. Goodwins, sources néo-zélandaises.
souvent utilisé c o m m e souche.
9. Japon et Chine. Largement cultivé, usages 1. KUMQUAT
multiples. 2. Rutaceae 3. Fortunella japonica,
10. Fruits F. margarita
— valeur nutritive élevée. 7. Petit arbre ou arbuste persistant de deux ou
— mangés quand ils sont blets — cueillis trois mètres. Très proche des agrumes (genre
quand ils sont encore durs et mûris à Citrus).
l'intérieur. 8. Graines. Dès qu'on enlève les fruits, sous des
— quelques variétés séchées (en Chine). conditions chaudes. Greffe en écusson.
— nourriture pour le bétail (sauvageons) 9. Chine, Japon. Longtemps cultivé en Orient. Cul-
— les fruits tombent sur une longue tivé commercialement dans plusieurs endroits du
période. globe.
— le jus astringent des fruits encore 10. F r u i t s — f r a i s , ou p l u s c o m m u n é m e n t ,
verts avec de la farine de racine de conservés dans le sirop.

135
11. Convient mieux aux régions les plus chaudes. 1. LESPEDEZA
N'est pas endommagé par le gel. Site ensoleillé, 2. Leguminosae 3. Lespedeza cuneata et
abrité. autres espèces
12. Quelques pépinières. 8. Graines, puis division des touffes.
9. De l'Himalaya au Japon.
1. LAURIER CERISE Cultivé au USA pour le foin.
2. Rosaceae 3. Prunus lauro-cerasus 10. Aliment pour bétail
7. Arbre dense, ramifié, à feuillage persistant, de — fourrage.
5 m ou parfois davantage. Vit longtemps. Pousse — foin — jusqu'à 6,25 t/ha en Alabama —
rapidement. 11 % d'eau, 13,8 % de protéines, 39%
8. Graines, boutures. hydrates de C. 3,7 9 de graisse, 8,5 %
9. Balkans, Asie Mineure. de matières minérales.
10. Fruits — frais ou en confiture. Le feuillage aro- — coupé avant la floraison.
matique est très toxique (acide cyanhydrique), — les jeunes plantes comme légumes.
mais la chair des fruits est sans danger. Fixe bien l'azote.
Mellifère. Conservation du sol — utilisé pour stabiliser les
Haie et brise-vent. sols en pente.
11. Bien adapté aux régions froides. Largement 11. Devrait convenir aux régions fraîches. Tout sol
planté dans le nord et le nord-ouest. bien drainé. Résistant à la sécheresse.
Tolère des sites et des positions totalement 12. Graines auprès de grainetiers américains. P. ex.
ombragées. Shumway.
12. Pépinières : sauvageons et boutures à partir
d'arbres plantés. 1. LUZERNE
2. Leguminosae 3. Medicago sativa
1. LAURIER SAUCE 5. Beaucoup de variétés agricoles.
2. Lauraceae 3. Laurus nobilis 7. Plante herbacée dressée vivace. Peut vivre
5. Pas de variétés nommées. jusqu'à 10 ans comme pâturage.
6. Laurier noble, laurier d'Apollon. 8. Graines.
7. Petit arbre dense à feuilles persistantes attei- 9. Europe et Asie. Plante de fourrage commune
gnant 7 mètres, parfois beaucoup plus. dans beaucoup de pays. Habituellement cultivée
8. Graines ou boutures. sous irrigation en Tasmanie comme fourrage de
9. Méditerranéen — c'est l'arbre qui fournit les grande valeur.
couronnes de lauriers. 10. Très mellifère
10. Feuilles — condiment — Après le mélilot, c'est la plante la plus
— usage médicinal. cultivée dans ce but aux USA.
Huille essentielle des feuilles et fruits utilisée — fleurs juste après le mélilot.
comme parfum. Fourrage pour les animaux — excellent foin.
11. Convient bien aux régions froides, bien qu'il Rendement jusqu'à 15 t/ha (poids sec) donnant
puisse pâtir des grandes gelées. Convient au 3-8 t de proteines. Comme plante de pâturage au
bord de la mer et dans des endroits ombragés. printemps et en automne.
N'est pas exigeant quant au sol. Améliore le sol — le meilleur fixateur d'azote,
12. Communément disponible dans les pépinières. attire les éléments nutritifs du sous-sol.
Largement planté dans les jardins. Feuilles tendres utilisées comme légumes et grai-
nes pour germer. Les germes de luzerne font de
1. LAVANDES délicieuses salades.
2. Labiatae 3. Lava.nd.ula angustifo- Feuillage pour infusion.
lia (Lavande vraie), 11. Bien adaptée aux régions fraîches. Pousse bien
L. latifolia (Aspic) sur les sols pauvres et alcalins, mais pas sur les
7. Sous-abrisseaux à feuillage persistant. sols acides.
8. Boutures — facile. 12. Fournisseurs agricoles.
9. Région méditerranéenne — zones montagneuses.
10. Excellente plante mellifère. 1. MACADAMIA
Fleurs et feuilles 2. Proteaceae 3. Macadamia m.
— usage médicinal : antispasmodique, tetraphylla et M. terni-
tonique, cholagogue, diurétique, séda- folia var integrafolia
tif, stimulant, stomachique. Essence 5. Beaucoup de cultivars surtout de la seconde
distillée à partir des sommités fleuries espèce. Quelques hybrides.
utilisée pour flatulence, migraine, éva- 6. Noix du Queensland.
nouissement, étourdissement. Aussi 7. Arbre à croissance lente, à feuillage persistant —
pour les problèmes d'estomac, les nau- jusqu'à 7 m. Peut étaler son feuillage sur 20 m.
sées et les vomissements. L'essence est en terrain ouvert (climats chauds).
un germicide puissant et repousse les 8. Graines — germination estimée à moins de 50 %
insectes. Fleurs séchées pour tenir les après 6 mois. Greffes, greffes par œil détaché,
mites à l'écart des vêtements et du boutures, ou marcottage pour les cultivars.
linge. 9. Queensland. Plus cultivée à Hawaii et en Califor-
Plante de haie. nie qu'en Australie.
11. Convient bien aux régions fraîches. Un sol bien 10. Noix — de grande valeur, produit pendant plu-
drainé, alcalin est ce qui convient le mieux. Posi- sieurs mois (M. ternifolia var integrafolia produit
tion ensoleillée. Résiste à la sécheresse. quelques noix toute l'année dans les climats
12. Pépinières, spécimens de jardin (très commun). chauds).

136
Les arbres sont lents à pousser dans les climats MASSETTES
frais et produisent tardivement. Les plantations Typhaceae 3. Typha latifolia et
mixtes semblent produire mieux, alors que les T. angustifolia
arbres isolés peuvent ne pas produire du tout Pas de cultivars.
dans certains cas. Grande plante aquatique ressemblant à un
Ne convient en général pas aux climats frais. roseau.
Tant qu'ils ne produisent pas, les macadamias Division du collet (rhizomes et pousses).
peuvent supporter des températures descendant 9. Cosmopolite. Non cultivée.
jusqu'à —5° C pendant de courtes périodes, sans 10. Graines, grillées, ont une saveur de noisette.
mal sérieux. Toute la plante a un goût délicat (48).
L'habitat naturel est la forêt arrosée dense — Racines — pelées, cuisinées ou râpées crues.
arbres éparpillés parmi des Araucarias. Précipi- Jeunes pousses — utilisées comme les asperges,
tation 1,5 à 2,5 m. Situation la plus profitable : crues ou cuites.
chaude, abritée (pas nécessairement très ensoleil- Nourriture pour les animaux, surtout les racines
lée), à l'abri du gel, bien arrosée, mais bien pour les cochons en particulier.
drainée. Habitat pour les canards et les oiseaux
Quelques pépinières (pas en Europe). aquatiques.
Voir JAYNES(12) pour d'autres informations. 11. Convient bien dans les régions fraîches. Toute
eau lente ou dormante et marais. Semble prospé-
MACRE rer sur les rives d'argile pure des barrages. Tend
Trapaceae 3. Trapa natans et à envahir mares et petits barrages.
T. incisa 12. Plantes sauvages.
Cultivars en Chine.
Châtaigne d'eau. 1. MENTHES
Plante aquatique, vivace, flottante. 2. Labiatae 3. Mentha spicata, x
La graine ne doit pas être séchée. Conservée piperita, x citrata, sua-
dans l'eau à 7-10° C. Germination à 16-18° C. veolens, pulegium et
Sud et Centre de l'Europe, Asie, largement culti- autres espèces.
vée en Chine, en Inde. Nourriture importante 5. Variétés.
pour les Européens du néolithique. La T. incisa 7. Plantes herbacées formant touffes. Se fanent en
est originaire du Japon. hiver.
Graine alimentaire — dessert, riche en fer. 8. Division des touffes (rhizomes) — facile.
— farine après séchage et 9. Europe. Utilisée comme herbe condimentaire
mouture. depuis plus de mille ans.
Convient propablement aux régions tempérées. 10. Usage condimentaire.
Mares chaudes, ensoleillées. Teinture.
Voir SIMMONS (17) pour informations sur culture. Plantes mellifères.
Menthe pouliot (M. pulegium) — diaphorétique,
MARRONNIER D'INDE emménagogue, sédative. Utilisée pour provoquer
Hippocastanaceae 3. A e s c u l u s uppo- la menstruation. Autres utilisations médicinales,
castanum Utilisée traditionnellement dans certains pud
Pas de variétés connues. dings. Menthe poivrée (M. x piperita) — antispa
Grand arbre à feuilles caduques de 25 m de modique, carminatif, cholagogue, réfrigérant
hauteur. stomachique, tonique. Utilisée pour la nervosité,
Graines, stratifiées, semées au printemps. l'insomnie, les crampes, la toux, la migraine, les
Marcottes, greffes par œil détaché et greffes nausées, les vomissements.
simples. Source commerciale de menthol.
11. Bien adapté aux régions fraîches. Pousse mieux
Balkans. Longtemps utilisé comme fourrage pour
dans les sols riches, alcalins, humides et à
les cervidés.
l'ombre, mais la teneur en huile essentielle peut
Marrons être plus élevée en plein soleil. La plupart des
— alimentation du bétail. menthes sont rampantes dans des conditions
— usage culinaire (on élimine les substan- humides.
ces toxiques en faisant bouillir les
marrons écrasés dans plusieurs eaux). 12. Pépiniéristes. Jardins — certaines espèces sont
— contient de la saponine — utilisé très communes.
comme savon en G.B. durant la Pre-
mière Guerre mondiale. MENYANTHE
Feuilles Menyanthaceae 3. Menyanthes trifoliata
— médicinales — astringent, expectorant, Trèfle d'eau, trèfle des marais.
utilisé pour traiter les varices, les ulcè- Plante vivace aquatique, fleurissant à la mi-été.
res de la jambe, les hémorroïdes. Division des racines rampantes sur des lon-
Fruits — bronchites et catarrhes rspiratoires. gueurs de 30 cm, chacune avec un bouton termi-
Ecorce et feuilles — teinture. nal dans la vase molle.
Bois tendre, léger, texture unie. 9. Terrains marécageux de l'Europe, de l'Amérique
Les plants mettent souvent 20 ans avant de pro- du Nord et du Nord de l'Asie.
duire des fruits. 10. Feuilles — utilisables comme houblon pour aro-
Bien adapté aux régions froides. Requiert des matiser la bières.
sols riches pour une bonne croissance. Racines bouillies comme légumes par les
Pépinières. Lappons.

137
— Vin ou infusion comme tonique amer 1. MILLEFEUILLE
et stomachique. 2. Compositae 3. Achillea millefolium
11. Devrait prospérer dans les régions froides et 5. Pas de cultivars nommés.
humides, tourbeux, ou eau peu profonde. 6. Herbe au charpentier.
7. Plante herbacée dressée avec des fleurs blanches
1. MERISIER et des rhizomes rampants. Floraison principale
2. Rosaceae 3. Prunus avium juin-septembre.
5. Beaucoup de cultivars. Croisements avec 8. Division des racines (facile).
P. ce ras us. 9. Europe et Asie. Certaines variétés à fleurs roses
7. Arbre à feuilles caduques, jusqu'à 20 m. Vit sont ornementales.
longtemps. 10. Fleurs et feuillage — antispasmodique, astrin-
8. Graine, stratifiée, mais ne doit pas sécher, semée gent, carminatif, cholagogue, diaphorétique,
au printemps, ou semée dès qu'elle est mûre, en hémostatique, tonique. Beaucoup d'utilisations
automne. médicinales.
Greffe par œil détaché ou greffe simple sur — Jeunes feuilles dans les salades.
P. avium ou P. cerasus pour des variétés 12. Pépinières.
cultivées. 13. Voir Réf. 40, 48, 53.
9. Europe. Habitat naturel en terrains ouverts.
10. Fruit — dessert. Récoltes au début de l'été. 1. MILLEPERTUIS PERFORÉ
— nourriture pour animaux. Les porcs 2. Hypericaceae 3. Hypericum perfo-
casseront le noyau de mangeront ratum
aussi l'amande. 5. Pas de variétés nommées.
Bois — recherché pour les meubles, les instru- 7. Plante vivace, fleurs jaune d'or — mai-
ments de musique, etc. La plupart des variétés septembre.
sont auto-stériles et plusieurs, inter-stériles.
8. Graines.
11. Bien adapté aux régions fraîches. La floraison 9. Europe, Afrique du Nord et Asie occidentale.
tardive fait que le gel est rarement un problème. 10. Fleurs et feuilles —^ antispasmodiques, astringen-
Exigeant quant aux sols et aux sites. Sol parfai- tes, expectorantes, clamantes, vulnéraires. Utili-
tement drainé, profond et fertile pour un bon sées contre la nervosité. L'huile de millepertuis
développement et une bonne production des soigne les problèmes intestinaux, les coliques et
arbres. Site abrité pour une bonne pollinisation. les congestions pulmonaires.
12. Pépinières. Usage externe de l'huile : blessures, brûlures,
13. Voir B AILE Y (38) pour une information détaillée etc.
sur la propagation. Beaucoup d'autres utilisations médicales.
Peut être un poison pour le bétail (photo
1. MESQUITES sensibilisation).
2. Leguminosae 3. Prosopis. Trente espè- 11. Bien adaptée aux régions fraîches. Sols secs,
ces. Certaines impor- caillouteux, conviennent le mieux. Position
tantes : P. juliflora, P. ensoleillée.
pubescens, P. chilen- 12. Pépinières.
sis, P. al b a, P. 13. Voir Réf. 40, 48, 53.
glandulosa
T. Petits arbres.
8. Graine — excellente germination. 1. MILLET SAUVAGE
9. Amérique, de la Californie à la Patagonie. 2. Gramineae 3. Milium effusum
Régions désertiques. 6. Millet étalé.
10. Gousses — riches en protéines, en sucre, — 7. Herbe vivace d'un mètre. Inflorescences longues,
nourriture humaine, aliment pour le bétail et la larges, étalées.
basse-cour. 8. Graine.
Graines — gomme. 9. Europe. Non cultivé.
Plante mellifère. 10. Graine — alimentation humaine.
Les bonnes variétés produisent jusqu'à 50 t/ha, — nourriture pour les animaux, en parti-
nourrissant de 5 à 12 bœufs ou vaches par ha culier les volailles.
(gousses et feuillage) sur une terre ayant une 11. Probablement bien adapté aux régions fraîches.
capacité originelle de 1 animal /ha. Bois et forêts frais et humides.
Floraison avril-mai écourtée par la pluie. 12. Pas de sources connues. Plante sauvage.
11. La plupart des espèces sont très résistantes et 13. Le fait que le millet sauvage croisse dans des
certaines poussent naturellement par 40° de lati- forêts présente un intérêt exceptionnel.
tude Sud en Argentine. Cependant, l'humidité et
le manque de soleil peuvent entraîner de faibles
rendements, parfois nuls. 1. MONARDE
Totalement résistant à la sécheresse. Tout sol 2. Labiatae 3. Monarda didyma
suffisamment bien drainé. Site, chaud, sec. 7. Plante herbacée vivace à rhizome traçant. Fleurs
Résiste aux sels dans le sol. en été.
12. Graines peut-être a u p r è s des g r a i n e t i e r s 8. Graines, ou plus communément division des
américains. racines.
9. Originaire d'Amérique du Nord — Thé des
Indiens Oswege.
10. Feuilles et fleurs pour salades et autres usages
culinaires.

138
Feuilles pour infusion — C a r m i n a t i v e e t 7. Arbustes pouvant atteindre 10 m dans des sites
stimulante favorables (M. cerifera). Persistant dans son habi-
Excellent butinage pour les abeilles. tat naturel. Partiellement caduque dans des cli-
11. Probablement adaptée à toutes les zones tempé- mats frais.
rérées. Pousse bien à 400 m, au Mt. Arthur, en 8. Graine, stratifiée. Marcottage et division.
Tasmanie. Un sol riche et humide produira rapi- 9. Amérique du Nord. Bois et champs du New Jer-
dement des rhizomes. Tolère l'ombre — Bonne sey à la Floride et au Texas. La M. gale est origi-
herbe de sous-bois. naire d'Europe.
12. Grainetiers et pépiniéristes. 10. Fruits — graisse semblable à la cire utilisée
pour les bougies. Fruits bouillis puis cire écu-
1. M Û R I E R BLANC mée au refroidissement.
2. Moraceae 3. Morus alba Écorce, feuilles et cire — astringent, tonique.
5. Nombreuses variétés. Utilisées pour les hémorragies, les maux de
7. Arbre à feuilles caduques de 15 m. gorge, les coupures, les blessures. Cire efficace
8. Boutures ou marcottes — faciles. contre la dysenterie.
9. Chine. Nourriture importante dans certaines par- Voir L U S T (53).
tie de l'Asie (fruits). Feuilles : nourriture pour les 11. Probablement adaptées aux régions fraîches, ne
vers à soie. tolèrent pas bien les gelées sévères (23).
10. Fruits — dessert frais. T o l è r e n t les e m b r u n s et les sols t r è s
— séchés, valeur nutritive semblable à humides (23).
celle des figues séchées, réduits en Poussent dans la plupart des sols (23).
farine sucrée (18).
— nourriture pour les animaux. 1. M Y R O B O L A N
La qualité et la quantité des fruits varient consi- 2. Rosaceae 3. Prunus cerasifera
dérablement mais certains cultivars ont des 5. Beaucoup de variétés sauvages, de cultivars et
fruits de 5 cm de long. de croisements avec d'autres pruniers.
11. Probablement adapté aux régions fraîches. 7. Arbre à feuilles caduques de 10 m ou plus.
N'importe quel sol, sites humides, mais aussi 8. Les cultivars sont greffés, mais les arbres qui se
secs et rocheux. sont resemés spontanément portent souvent de
12. Pépiniéristes. bons fruits.
13. M. rubra, un mûrier américain, a des utilisations 9. Asie occidentale, Balkans.
similaires. 10. Fruits — récolte abondante de petites prunes
rouges ou jaunes.
1. MÛRIER NOIR — fruit de dessert.
2. Moraceae 3. Morus nigra — vin, confiture, etc.
5. Nombreux cultivars. — nourriture pour les animaux (cochons)
7. Arbre à feuilles caduques, cime en forme de mangés dès qu'ils tombent, avant
dôme, jusqu'à 10 m. Vit très longtemps. qu'ils ne commencent à fermenter.
8. Boutures ou marcottes. Très facilement propagé La période de rendement peut durer trois mois.
et transplanté. Butinage pour les abeilles au printemps.
9. Asie occidentale. Établi en Europe méridionale 11. Bien adapté aux régions fraîches — sauvageons
dans les temps antiques. autour des arbres mûrs.
N'est pas cultivé commercialement. Cultivars — pépiniéristes.
Fruits — frais, confiture, vin.
— Nourriture pour les animaux (porcs et volail- 1. MYRTILLE
les spécialement). 2. Ericaceae 3. Vaccinium myrtillus
— Les fruits mûrissent pendant une assez lon- 3. Pas de cultivars.
gue période en été — jusqu'à 60 jours. 6. Airelle noire, Brimbelle.
— Un arbre peut nourrir un cochon dans la sai- 7. Arbrisseau à feuilles caduques. Les baies mûris-
son, mais les arbres grands et vieux peuvent pro- sent en juillet-août. Ne vit pas longtemps : maxi-
duire bien davantage. mum 28 ans.
— Produit dès 2-3 ans après bouture. 8. Graines à la fin de l'hiver.
Les mûriers sont des plantes compagnes pour les 9. Asie du Nord, Europe du Nord. Largement objet
vignes (14) et forment un treillis pour leurs tiges. de cueillette, mais peu cultivée. Les landes et les
Les feuilles servent de vermifuge pour les bruyères sont l'habitat naturel.
chevaux (14). 10. Fruit — gelées, tartes, etc.
11. Bien adapté aux régions tempérées. Très résis- — soigne le scorbut et la dysenterie.
tant. N'importe quel sol ou site. Tolère l'ombre. Feuilles — tisanes pour diabétiques et contre les
12. Pépinières. Arbres de jardin et de ferme — très infections des voies urinaires.
commun dans le Midi. 11. Devrait convenir aux régions froides, y compris
13. Voir S M I T H ( 1 8 ) pour d'autres informations sur le les zones alpines. Dépendante de mycorhizes
mûrier comme fourrage pour les animaux. (association des racines avec les filaments d'un
champignon), par conséquent difficile à cultiver.
1. MYRICA Sols acides, tourbeux et sableux secs, landes de
2. Myricaceae 3. Myrica cerifera aussi bois.
M. californica,
M. petinsylvanica et 1. MYRTILLES AMÉRICAINES
M. gale (Piment royal, 2. Ericaceae 3. Vaccinium corymbo-
cirier). sum et autres espèces
5. Pas de noms de cultivars. 5. Beaucoup de cultivars.

139
7. Arbrisseau à feuilles caduques. V. corymbosum, 10. Noisettes — usages culinaires.
jusqu'à 3 m. — n o u r r i t u r e p o u r les animaux
8. Graines. Stratifiées en automne pour planter au (noisettes de basse qualité ou
printemps. petites).
9. Amérique du Nord. Ne fut pas cultivée avant ce Taillis — bons arbre de haie
siècle. Largement cultivé aujourd'hui surtout aux — piquets, pieux, bâtons, etc.
USA. Production maximale de noisettes au bout de
10. Fruits — baies excellentes, produites 15 ans après propagation. La pollinisation croi-
tardivement. sée entre variétés appropriées est parfois néces-
11. Probablement adaptable aux régions froides, et saire pour de bonnes récoltes qui peuvent attein-
humides. dre 1,25 t de noisettes par hectare pour les ver-
Un apport d'eau constant est nécessaire pour gers de culture intensive.
une bonne fructification mais les terrains Peut produire dès la troisième ou la quatrième
détrempés ne sont pas tolérés. Un sol humide, année.
acide (pH 4-5) riche en humus et un mulch épais 11. Convient bien aux régions froides. Un sol bien
sont l'idéal. drainé, profond, fertile est le meilleur, mais les
Les myrtilles américaines peuvent tolérer une sols argileux sont meilleurs que les sols sableux.
ombre légère mais sont mieux en plein soleil. Les noisetiers peuvent facilement être brûlés par
12. Quelques pépinières. le soleil et tolèrent l'ombre, aussi sont-ils bien
13. Voir RODALE(I) pour une information complète. adaptés aux pentes ou aux petits ravins exposés
au nord. Bon arbuste ou arbre de sous-bois.
1. NÉFLIER Rend mieux en lisière.
2. Rosaceae 3. Mespilus germanica 12. Quelques pépinières. Vieux vergers et arbres
7. Petit arbre à feuilles caduques, jusqu'à 6 m. pour nombreuses boutures.
8. Graine.
Greffe par œil détaché en été.
1. NOYER
9. Sud-Est de l'Europe — Autrefois très cultivé
2. Juglandaceae 3. Juglans regia
pour ses fruits.
5. Beaucoup de cultivars.
10. Fruit — frais quand il est blet, gelée.
6. Noyer de Perse, Noyer d'Angleterre.
Écorce — teinture.
7. Arbre à large ramure, à feuilles caduques, de
Arbre de haie. 30 m. Vit longtemps. Plusieurs espèces de
11. Bien adapté aux régions fraîches. Tout sol, le Juglans utilisées comme bois.
mieux est un site ensoleillé.
8. La graine germe bien dans du terreau humide.
12. Pépinières. Plante ornementale assez commune Cette technique de greffe remplace la stratifica-
dans les jardins. tion pour beaucoup d'arbres.
Greffe pour les cultivars, difficile.
1. N E F L I E R DU JAPON
9. S.-E. de l'Europe, Asie occidentale et centrale,
2. Rosaceae 3. Eriobotrya japotiica
jusqu'en Chine.
5. Beaucoup de cultivars.
7. Petit arbre à feuillage persistant, jusqu'à 7 m. 10. Noix fruit du dessert, gâteaux, etc.
Huile exprimée — pour cuisine et salade.
8. Graines — très lentes à se développer.
Jeunes fruits verts — conservés au vinaigre.
Marcottage au printemps.
Bois — très recherché pour la menuiserie, etc.
Greffe simple ou par œil détaché sur loquat, poi- Brou — tanin et teinture
rier ou cognassier.
Brou et feuilles — éloignent les insectes par leur
9. Chine et Japon. Largement cultivé en Inde et
huile essentielle.
dans les pays méditerranéens.
10. Fruit Bonne production après 6-10 ans. Les vergers
bien établis, produisent 9 t/ha. La plupart des
— frais. Peu de fruits les premières
sauvageons produisent bien et donnent une noix
années, bonne production au bout de 6
d'assez bonne qualité. Les arbres greffés ont des
ans. Maximum vers 15-20 ans.
noix plus tôt que les sauvageons.
Récoltes au printemps.
Les mouches sont écartées par la présence d'un
11. Adapté à la plupart des régions tempérées. noyer (14) (peut-être à cause l'huile essentielle).
Résiste au gel, mais a besoin d'une chaleur suffi- Les noyers retardent la croissance des tomates
sante pour fructifier. Tous sols, mais les loquats et des pommes de terre (14).
consomment beaucoup.
11. Bien adapté aux régions froides. Accepte la plu-
Position abritée, ensoleillée.
part des sites et des sols, mais pousse et produit
12. Quelques pépinières. mieux sur des sols profonds, bien drainés et
13. Voir SIMMONS (17) pour d'autres informations. riches.
1. NOISETIERS 12. Quelques variétés greffées dans les pépinières —
2. Betulaceae 3. Corylus avellana, chères.
C. maxima 13. Voir JAYNES(12), BUSH (10) et HOWES(9) pour
5. Beaucoup de variétés et de croisements. d'autres informations.
6. Coudrier.
7. Petit arbre à feuilles caduques, formant des four- 1. NOYER CENDRÉ
rés — 6 m. Vit jusqu'à 150 ans. 2. Juglandaceae 3. Juglans cinerea
8. Graines. Variétés améliorées par rejetons, mar- 5. JAYNES(12) mentionne 7 noms de cultivars.
cottes ou greffes. 6. Noyer blanc.
9. Europe et Asie mineure. Cueillette répandue 7. A feuilles caduques, avec un fût court et peu de
chez les peuples mésolithiques. branches, mais fortes, jusqu'à 30 m.

140
8. Graines stratifiées. Variétés améliorées propa- 11. Conviendrait partout en Tasmanie. Bon spécimen
gées par greffage qui est difficile. Se transplante dans les jardins botaniques de Hobart. Jusqu'à
bien. récemment, vendu par la Commission forestière
9. Est de l'Amérique du Nord. Peu cultivé à cause comme a r b r e de culture. Un sol profond, bien
des difficultés de propagation. drainés, et fertile avec de l'eau en abondance est
10. Noix — riches, savoureuses — dures à casser. nécessaire pour obtenir des rendements élevés et
Bois — bon pour les meubles et la sculpture. une bonne production de bois. Les jeunes plants
11. Le plus résistant des noyers. S'adapte probable- sont relativement tolérants aux conditions
ment bien aux régions fraîches. Se trouve natu- forestières.
rellement dans des sites secs, rocheux mais peut 12. Graines chez les pépiniéristes ou à partir des
tolérer une terre bien arrosée. Les arbres se arbres locaux en automne. On ne connaît pas de
développent et rendent mieux dans des terres cultivars disponibles en Australie.
grasses, riches, humides. 13. Fleurs mâles et femelles séparées comme chez
12. Pas de sources connues pour obtenir des noix ou toutes les Juglandaceae. Fertile par lui-même
des arbres — bien que des cultivars greffés mais le fait que les fleurs mâles et femelles ne
soient facilement accessibles aux USA. s'épanouissent pas au même moment (dichoga-
13. Voir BUSH ( 1 0 ) et J A Y N E S ( 1 2 ) pour d'autres infor- mie) rend nécessaire la plantation de nombreux
matons. Le J. cinerea est susceptible d'être arbres pour assurer la production de noix. Les
envahi p a r le champignon du noyer (Melanconis noyers noirs projettent une ombre légère et ont
juglandis). des racines profondes excellentes pour les plan-
tes de sous-bois et les pâturages. Cependant, cer-
taines plantes, dont la luzerne et le pommier,
NOYER DU JAPON sont inhibées par les substances que sécrètent
Juglandaceae 3. Juglans ailantifolia les racines du noyer noir (Juglans).
Plusieurs cultivars. V o i r J A Y N E S ( 1 2 ) et S I M T H ( 1 8 ) p o u r p l u s
Arbre à croissance rapide, ramifié, à feuilles d'informations.
caduques.
Graines, cultivars greffés — très difficile, parfois 1. OCA
marcotté. Oxalidaceae 3.
Oxalis tuberosa et
2.
9. Régions montagneuses du Japon. Peu cultivé. autres espèces.
e 10. Noix — culinaires. Tubercule vivace — feuilles à trois folioles
7.
e Écorce et fruits comme teinture. (comme celles du trèfle).
Produit souvent 4-5 ans après avoir été semé. Tubercules en hiver.
8.
Gros rendements.
9. Amérique du Sud : Andes. Cultivé comme plante
Les noix sont faciles à casser.
alimentaire.
11. Très résistant. Irait bien dans les régions fraî-
ches. La plupart des sites et des sols, des argiles 10. Les tubercules sont récoltés en hiver et consom-
lourdes au sable, conviennent. més comme légumes. Séchés au soleil pendant
Pas de source locale de noix ou d'arbres connue. trois jours pour réduire la teneur en oxalate de
12.
Voir JAYNES(12) pour d'autres informations. calcium. Feuilles comme salade.
13. Résistant, cultivé en Bolivie à plus de 1 200 m.
11.
Sol riche de jardin.
1. NOYER NOIR 12.
2. Juglandaceae 3. Juglans nigra Pas de source commerciale connue. Jardiniers.
5. JAYNES(12) décrit dix-sept cultivars principaux. 1.
7. Grand a r b r e de forêt à feuilles caduques de 2. OLIVIER
40 m, au feuillage s'étalant sur 20 m s'il croît en 5. Oleacae 3. Olea europea
terrain ouvert. 7. De nombreuses variétés.
Graines stratifiées (noix) qu'il ne faut ni laisser Petit a r b r e à croissance lente et à feuillage per-
sécher, ni craquer artificiellement. sistant, — 8 m. — Vit très longtemps jusqu'à 700
Les cultivars sont greffés (difficile). 8. ans.
Originaire de trente-deux États des USA. Large- Boutures enfoncées dans le sable. Greffage —
ment cultivé, sur tout le territoire américain, 9. relativement facile.
rarement en Europe. Région méditerranéenne. Cultivé depuis long-
10. Noix — saveur très concentrée — faible teneur temps. Importantes cultures commerciale et
d'amidon et de sucre, teneur élevée en protéines vivrière en Espagne, France, Italie et en Afrique
et surtout en huile. 10. du Nord.
— Les cultivars sont généralement des coquilles Huile — f r u i t s cueillis quand ils sont très mûrs,
plus minces, sont plus faciles à casser et ont une mais pas ramollis. Fruits et noyaux sont broyés
amande plus lourde (plus de 5 grammes). puis placés dans des sacs de toile, que l'on
— La plupart des cultivars ont des rendements empile dans un pressoir. L'huile recueillie est
d'environ 5 kg de noix séchées et décortiquées appelée huile vierge — la meilleure qualité. La
par arbre de 10 ans, et de 15 kg par arbre de 20 purée peut être mélangée avec un peu d'eau
ans. bouillante et pressée à nouveau pour donner une
huile de seconde qualité. L'huile est clarifiée et
— Aliment pour bétail : dans le Kentucky, 2-3
séparée de l'eau du f r u i t p a r repos et
arbres nourrissent 1 à 2 douzaines de poules
décantation.
pendant les trois mois d'hiver. — Ces noix sont
Utilisations — cuisine, médicament, cosmétique,
cassées mais les amandes ne sont pas séparées
combustible pour les lampes.
de la coque.
Fruits — cueillis verts ou mûrs. Les olives vertes
Bois — durable et beau, des prix très élevés sont sont généralement placées dans une solution de
payés pour le noyer noir. soude pour enlever leur amertume avant d'être

141
conservées en saumure. La pulpe restant après 1. PAMPLEMOUSSE
la pression d'huile peut être donnée au bétail. 2. Rutaceae 3. Citrus paradisi
Arbres — abri et fourrage occasionnel pour 5. Plusieurs variétés.
bétail. 7. Arbre à feuillage persistant dense jusqu'à 10 m.
Les bonnes variétés donnent jusqu'à 30 % d'huile 8. Graines ou boutures sur orangers amers. Les
(200 1/tonne). graines, comme celles de l'orange et du citron,
Souvent les oliviers commencent à produire sont parfois apogamiques.
moins de 4 années après le bouturage. 9. Origine obscure — propablement une variante
11. Les arbres sont résistants au gel mais il faut de du C. grandis ou un hybride d'espèces du genre
la chaleur pour que les fruits mûrissent. Les oli- citrus.
viers sont résistants à la sécheresse et poussent 10. Fruits — frais
sur des sols pauvres, rocailleux, mais produisent — jus
mieux sur des sols plus fertiles. — marmelade.
12. Pépinières. Mellifère
11. Les pamplemousses sont moins résistants au
1. ORANGERS froid que les oranges douces, mais leur résis-
2. Rutaœae 3. Citrus sinensis tance s'accroît à mesure qu'ils vieillissent. Les
5. Washington et autres Navels, Jaffa, Sanguine, fruits mûriront plus facilement que les oranges
Valencia, etc. douces. Un sol riche, humide (ou fumure et arro-
7. Arbre à feuillage persistant de 5-10 m. sage), est nécessaire. La meilleure position est
8. Greffage par œil détaché sur C. sinensis, Ponirus ensoleillée, abritée, sans gelées l'abri des vents
trifoliata et autres agrumes. est plus important que la chaleur.
Voir BAILEY (38) pour des détails sur les techni- 12. Pépinières. Graines à partir des fruits.
ques de greffage, etc.
9. Asie tropicale (Chine du Sud...). Cultivé depuis 1. PECAN
longtemps. Cultivé dans la région méditerra- 2. Juglandaceae 3. Carya illinoensis
néenne depuis le x i v siècle. 5. 32 cultivars commerciaux importants aux USA
10. Les fruits de type Navel (meilleures oranges — JAYNES(12).
pour la table) produisent en hiver et au début du 7. Grand arbre, à la large ramure, aux feuilles
printemps. caduques, mesurant jusqu'à 50 m.
— Type Valencia (le meilleur jus d'orange) pro- 8. Greffage par œil détaché ou greffage simple sur
duit en été. sauvageons.
— La plupart des autres types ont des produc- 9. Amérique du Nord. Cultivé depuis le milieu du
tions à la mi-saison. XIXE siècle. Peu cultivé en dehors du Sud des
— Les oranges peuvent être laissées sur les USA.
arbres après maturation sans risques de 10. Noix — douce, savoureuse, 72 % d'huile.
détérioration. Les bonnes variétés ont un rendement de 35 à
Fleurs — parfum — mellifères. 45 kg / arbre vers la 15e année.
11. La croissance s'arrête au-dessous de 10° C, ce Peut produire dès la 3 e ou la 4 e année. Jusqu'à
qui évite les dommages occasionnés par le froid. 20 ans à partir du moment où il a été semé.
Cependant la chaleur est nécessaire pour le par- Environ 50 % d'amande dans la plupart des
fum et le mûrissement. L'abri est capital. variétés.
Lumière, sols fertiles, sont ce qui convient le Récolte en gaulant avec des bâtons de bambous.
mieux. Irrigation en été, généralement nécessai- 11. La réfrigération hivernale semble nécessaire. La
res. La culture en face d'un mur semble meil- saison de croissance doit être sans gelées
leure. Les orangers de Valence semblent mieux (150-120 jours, selon les variétés). L'été doit être
adaptables aux climats frais que les autres. chaud (25-30° C est le mieux). Certaines variétés
12. Pépinières. ont des noix qui viennent à maturité en Colom-
bie britannique. Position ensoleillée (climat frais
et humide) chaude. Pour que les arbres vivent
1. OSEILLES longtemps, il faut un sol profond, bien drainé et
2. Polygonaceae 3. R u m e x a c e t o s a bien aéré. L'humidité du sol devrait être cons-
(grande oseille) scuta- tante et élevée durant la période de croissance.
tus (oseille ronde) et 13. Voir JAYNES(13) pour des informations détaillées
acetosella (petite sur la culture aux USA. « Fritz » et « Witte »
oseille) sembleraient être les deux cultivars mentionnés
7. Plantes herbacées formant des touffes. les mieux adaptés aux régions fraîches.
8. Boutures sur racine à la fin de l'hiver.
9. Europe. Les R. acetosa et scutatus sont cultivés 1. PÊCHER
comme légumes. La R. acetosella ne l'est pas 2. Rosaceae 3. Prunus persica
mais elle est comestible de la même façon. 5. Beaucoup de cultivars y compris Nectarine et
10. Feuilles — salades, soupes. Brugnon.
— jus utilisé comme présure pour cail- 7. Petit arbre à feuilles caduques.
ler le lait. 8. La graine des nectarines est souvent conforme
Pour blanchir le linge. Antiseptique interne. au type. Autrement greffe par œil détaché en
11. Bien adapté aux régions fraîches. Site humide, écusson sur souche de pêcher ou occassionnelle-
partiellement ombragé. ment de prunier et d'amandier. L'un des arbres
12. Quelques fournisseurs d'herbes. Vieux jardins. les plus faciles à greffer.
13. N'est pas une herbe rampante comme 9. Asie (Chine). Culture en Chine depuis le Xe siècle
R. acetosella. av. J.-C., au moins. Arbre fruitier commun.

142
10. Fruit — frais, séché ou mis en bocal, confitures. 8. Graines, boutures.
Fleurs — mellifères. 9. Pin américain. Graines ramassées par les
Feuilles au printemps — teinture. Indiens.
11. Mieux adapté aux régions les plus chaudes, mais 10. Graines presque aussi grosses que celles du P.
peut être planté avec succès partout si le site pinea. Peut ne produire qu'au bout de 6 ans.
correct est disponible. Position ensoleillée, abri- Cônes mûrs sur l'arbre toute l'année ; peuvent
tée. Meilleurs sols : bien drainés, profonds, être cueillis et séchés pour obtenir les graines.
moyens. 11. Probablement tout site bien drainé.
Les nectarines sont un peu moins résistantes que 12. Arbres spécimens, pas de sources commerciales
les pêches. connues.
Produisent tôt — souvent la seconde année après 13. Cônes extrêmement lourds 25 cm X 10 cm, peu-
greffage. vent causer des dommages en tombant.
12. Pépiniéristes.
13. La « cloque » de la feuille est une maladie com-
PIN PIGNON
mune. Aspersions préventives de bouillie borde-
laise en hiver. Les arbres placés dans des sites Pinaceae 3. Pinus pinea, autres
secs sont moins susceptibles d'être malades que espèces.
ceux qui sont dans des lieux humides. Pas de cultivars.
Conifère à la cime large et plate. De 10 à 30 m
de haut.
PHORMIUM
Graine, occasionnellement boutures.
Liliaceae 3. Phormium tenax Région méditerranéenne. Graines consommées
Pas de cultivars connus. Variétés à feuilles de depuis les temps anciens. Populaires en
diverses couleurs. Afghanistan.
Lin de Nouvelle-Zélande. 10. Amandes — excellentes — riches en huile.
Plante formant des touffes avec des feuilles Cônes — teinture quand ils sont jeunes et verts.
coriaces aplaties — jusqu'à 3 m. Les cônes sont ramassés quand ils sont mûrs,
Division. mais encore fermés, surtout en hiver.
Nouvelle-Zélande. Plante ornementale appréciée Les cônes s'ouvrent au soleil de l'été ou dans un
en divers endroits du globe (Australie, Califor- séchoir et les pignons en tombent quand on les
nie...). Fut une exportation importante de la secoue. En Afghanistan, utilisés pour les maux
Nouvelle-Zélande — l'une des rares fibres com- de poitrine, donne de la chaleur dans le froid de
merciales provenant d'une région tempérée. l'hiver.
10. Feuilles — rouies, fibre résitante dont on peut 11. Convient dans les régions fraîches. Pas aussi
faire des cordes 60 % aussi fortes que le meil- résistant que la plupart des pins, mais pousse
leur cordage en manille. bien (arbre adulte) dans la pépinière de la Com-
— Plantes non rouies, ficelage pour tuteurs. mission Forestière de Perth, en Tasmanie. Sites
Boutons et fleurs — teinture. convenables : exposés, rocheux, secs. Certaines
11. Bien adaptée aux régions fraîches. Croissance espèces résistent aux vents du littoral.
très aisée — rien de particulier quant aux sols 13. Plusieurs pins donnent des graines comestibles.
ou aux sites. Voir Pin de coulter.
12. Pépinières. Jardins. Développement valable de Europe : P. pinea, P. cembra.
cultivars pour une fibre améliorée. Chine : P. armandi.
Inde et Afghanistan : P. gerardiana.
PIN DU CHILI Amérique du Nord : P. combroides, P. edulis, P.
Araucariaceae 3. Araucaria araucaria monophylla, P. quadrifolia, P. sabiniana, P. tor-
Pas de cultivars connus. reyana, P. coulteri.
Basilaire.
Grand conifère à port symétrique ; dioïque ;
PISSENLIT
croissance très lente.
Graine — viabilité brève. Compositae 3. Taraxacum officinale
Boutures — pousses terminales. Cultivars localement, grainetiers.
Chili — importante source alimentaire pour les Dent de Lion.
indigènes. Plante herbacée vivace avec des fleurs jaunes du
10. Graines — riches en amidon. début du printemps à la fin de l'automne.
Se resème naturellement. Division des racines.
— deux fois la taille d'une amande.
Largement répandu, très cultivé en France —
18 arbres de bonne taille produisent assez de
plusieurs cultivars. L'usage culinaire est ancien
graines pour la subsistance annuelle d'une mais la culture est moderne.
personne. Mellifère
10.
11. Convient aux régions fraîches. Un sol riche, pro-
— floraison tôt et longue, riche en pollen
fond, et humide convient le mieux. Site abrité.
12. Possible auprès des pépiniéristes. Recommandé — très important au début du printemps.
Légume
par LORD (23), comme plante ornementale de cli-
mat frais. Parfois cultivé. — feuilles crues blanchies et racines cui-
tes. Feuilles et racines utilisées comme
13. L' Angustifolia donne aussi de grosses graines.
médicaments — le jus enlèverait les
verrues, améliore le fonctionnement du
1. PIN DE COULTER foie. Substances actives : vitamines,
2. Pinaceae 3. Pinus coulteri sucres, protéines, graisse, mucilage,
5. Pas de cultivars. saponine, choline, cire et caoutchouc,
7. Grand conifère pyramidal de 30 m. minéraux (K, Ca, Mg, Na, S et acide

143
silicique) alcaloïdes, glucosides et tan- 1. POMMIER
nins (43). Utilisé aussi pour les rhuma- 2. Rosaceae 3. Malus domestica
tismes, l'arthrite, les maladies du sang, (pommier cultivé) et
l'eczéma et l'hydropisie. sylvestris (pommier
Racines torréfiées comme café. sauvage)
Fourrage 5. Des centaines de variétés, beaucoup de cultivars.
— améliore la qualité et la quantité du 7. Petit arbre à feuilles caduques d'environ
lait. 7 mètres.
Latex (contenant du caoutchouc) à partir des 8. Greffage simple de la racine ou greffe par œil
racines — culture commerciale en Russie. détaché. Les racines des jeunes plants sont sou-
Fleurs comme teinture. vent difficiles a démarrer. Voir BAILEY (58) sur
11. Bien adapté aux terrains froids — herbe com- les techniques de germination.
mune. Se comporte mieux sur des sols riches, 9. M. sylvestris : forêts de l'Europe et de l'Asie tem-
bien arrosés. Bon pâturage avec la luzerne, sous pérées. Culture longue.
ses arbres fruitiers. La Tasmanie est un producteur et exportateur
12. Herbe commune, cultivars auprès de certains important de pommes.
grainetiers (p. ex. Thompson et Morgan). 10. Fruit — frais, cuit, séché, cidre, fourrage pour
les porcs. Mellifère.
11. Convient très bien aux régions fraîches. Un large
1. PLANTAIN éventail de sols et de sites conviennent aux pom-
2. Plantaginaceae 3. Plantago, P. lanceo- miers, mais une terre végétale sableuse recou-
lata, P. major vrant un sous-sol argileux est considérée comme
5. Pas de variétés. parfaite.
6. Plantain lancéolé, grand plantain. 12. Large éventail obtenable dans les pépénières.
7. Plantes herbacées vivaces, fleurissant du prin- 13. D'anciennes variétés particulièrement intéressan-
temps à l'automne. Se resème naturellement. tes sont en voie de disparition et méritent d'être
8. Graines. recultivées.
9. Europe, Asie du nord et centrale. Acclimaté dans
la plupart des régions tempérées. 1. PRUNELLIER
10. Usage alimentaire : feuilles en salade, en soupe, 2. Rosaceae 3. Prunus spinosa
comme légumes cuits. 7. Arbuste à feuilles caduques de 4 m. — épineux.
Usage médicinal : astringent, expectorant, hémos- Rejette, formant des fourrés denses.
tatique. Bon pour tous les troubles respiratoires. 8. Graines ou rejetons. Greffe par œil détaché pour
Beaucoup d'autres usages internes. Usage les variétés cultivées.
externe : sur blessures, piqûres d'insectes, irrita- 9. Europe, Asie occidentale, Afrique du Nord.
tions, etc. 10. Fruits
11. Bien adapté aux régions fraîches. La plupart des — utilisés pour la cuisine
sites et des sols. — confitures, conserves au sel ou au
12. Plante sauvage très répandue. vinaigre, alcools.
13. La valeur alimentaire et médicinale des deux — alimentation des animaux.
espèces est égale. Plante à barrières très résistante.
Voir Réf. 40, 48, 53. Bois utilisé pour les fourches à foins.
11. Très résistant et adaptable. Convient dans les
1. POIRIER régions fraîches. Résiste à la sécheresse. Sites et
2. Rosaceae > 3. Pyrus communis sols humides.
5. Des centaines de variétés. 12. Quelques pépinières.
7. Arbre à feuilles caduques, jusqu'à 20 m. Vit long-
temps — jusqu'à 300 ans. 1. PRUNIER SAUVAGE
8. Greffage, pousses de deux ans, greffées en écus- 2. Rosaceae 3.Prunus domestica ssp.
son en été. insititia
Les souches de cognassier donnent des arbres 5. Beaucoup de variétés et de cultivars.
nains. 6. Prunéolier, Prunier crèque.
9. Europe, Asie du Nord et région de l'Hymalaya. 7. Arbre perdant ses feuilles au printemps.
Depuis longtemps cultivé. 8. Graines ou rejetons.
10. Fruit — frais, en bocal, séché, confitures, etc. 9. Parent des pruniers européens cultivés, subspon-
— nourriture pour les animaux (surtout tané dans les haies.
les porcs). 10. Fruits
Fleurs mellifères. — la qualité de ceux qui produisent les
Bois — sculpture et tournage. jeunes plants peut être bonne.
Fruits habituellement cueillis et mûris dans un Mellifère.
endroit frais et sombre pour obtenir des fruits Arbre de haie.
de table de bonne qualité.
11. Bien adapté aux régions fraîches. La plupart des
11. Bien adapté au régions fraîches. Sites frais, sites.
ombreux, humides, satisfaisants. Tolère un grand
nombre de sols.
Les poiriers tendent à survivre plus longtemps 1. RAIFORT
que les autres arbres fruitiers dans les vergers 2. Cruciferae 3. Armoracia rusticana
abandonnés. 7. Herbe vivace, avec longue racine blanche. Fleurs
12. Pépiniéristes. de mai à juillet.

144
8. Division de la racine. Comme la consoude, tous 6. Riz indien.
les morceaux poussent. Graines. 7. Herbe aquatique se resémant d'elle-même,
9. Europe du S.E. et Asie occ. Utilisé depuis long- jusqu'à 4 m.
temps en Europe. 8. Graine semée dans la boue du fond des étangs.
10. Racines Très courte viabilité.
— usage culinaire : condiment. 9. Amérique du Nord et Asie orientale. Cultivé en
— diurétique, stomachique. Utilisé frais Chine. Importante nourriture de certains Indiens
pour les rhumastismes, la goutte, les d'Amérique du Nord.
infections de la vessie, les problèmes 10. Grain — farine, pain, etc.
intestinaux. Aussi pour la toux, — un hectare (sauvage, non entretenu) de riz
l'asthme et les catarrhes. Autres utili- sauvage est égal en valeur nutritive à un hectare
sations médicinales. de blé (cultivé).
11. Bien adapté aux régions fraîches. Un sol de jar- — tombe dès qu'il est mûr. Les Indiens récoltent
din, riche et profond, convient le mieux. le riz en secouant les épis au-dessus de leurs
12. Grainetiers. Vieux jardins. canoës.
13. Voir Réf. 40, 48, 53. — nourriture de haute qualité pour les vaches
laitières.
1. RHUBARBE
La base tendre des tiges est un légume de choix.
2. Polygonaceae 3. Rheum rhaponticum Feuillage — fourrage pour animaux.
5. De nombreux cultivars. Très résistant. Devrait bien pousser dans les
7. Plante vivace aux grandes feuilles, formant des régions fraîches. Eau calme, étangs, lacs.
touffes. Wildlife Nurseries, P.O. Box 399, Oshkosh, Wis-
consin. 54901, USA.
8. Division du rhizome.
9. Asie. Cultivée depuis longtemps. Last Whole Earth Catalogue donne des sources
10. Pétioles charnus — compote, confiture, tartes... (Américan Nursery).
— Teinture. 13. Le L.W.E. Catalogue se réfère aussi au livre Wild
rice, par William DOVE, publié par les Imprime-
Feuilles — très riches en acide oxalique — insec- ries Royales, Ottawa, Canada.
ticides et toxiques.
11. Bien adaptée aux régions fraîches. Sol de jardin
riche. Survit à des conditions adverses — com- 1. R O B I N I E R F A U X ACACIA
mune dans les jardins abandonnés. 2. Léguminosae 3. Robinia pseudacacia
12. Plante de jardin très commune. Graine auprès 5. Pas de variétés nommées sauf des types
des grainetiers. ornementaux.
13. R. palmatum, parfois cultivée comme plante 6. Acacia.
ornementale, est une plante médicinale utile. 7. Arbre à feuilles caduques de 10-20 m, feuillage
Voir Réf. 40, 53. léger. Vit jusqu'à 200 ans. Fleurs fin de
printemps-début de l'été. Croît rapidement et
1. RICIN forme des halliers, en surgeonnant.
2. Euphorbiaceae 3. Ricinus communis 8. Rejette abondamment — les rejetons enracinés
5. Pas de cultivars. sont probablement les meilleurs.
7. Buisson ouvert jusqu'à 4 m. ; vie brève, traité 9. Est des USA. La lisière des forêts est son habitat
comme une plante annuelle dans la production naturel.
commerciale d'huile. 10. Graines pour l'alimentation de la basse-cour —
8. Graines. Toxique pour les humains à l'état cru.
9. Cultivé commercialement en Inde, au Brésil, en Améliore les pâturages dans les pays très pau-
Mandchourie et au Mexique. vres — fixateur d'azote.
10. Les graines sont extrêmement toxiques mais Excellent butinage pour les abeilles.
l'huile qu'on en extrait (35-55 %) est utilisée Bois — Très longue durée dans le sol (non traité,
médicalement (laxatif) et comme lubrifiant. pendant 22 ans).
L'huile déshydratée est utilisée industriellement 11. Très résistant — convient aux régions fraîches.
dans les peintures, les vernis. Elle connaît La plupart des sites. Se comporte bien dans les
d'autres usages dans les matières plastiques, les sols les plus pauvres et dans les conditions les
cosmétiques, le textile, et l'imprimerie. Utilisée plus adverses.
comme fluide hydraulique. 12. Relativement commun comme arbre de parc et
Les tourteaux contiennent des toxines concen- de ferme. Quelques pépiniéristes.
trées (ricine) — conviennent comme fertilisants,
mais pas comme aliment pour le bétail.
1. ROMARIN
On extrait un insecticide des feuilles.
Les tiges sont réduites en pulpe pour le papier 2. Labiatae 3. Rosmarinus officinalis
j o u r n a l , le c a r t o n , et les p a n n e a u x de 5. Pas de cultivars.
revêtement. 7. Arbuste ligneux à feuillage persistant.
8. Boutures.
11. Résistant à la sécheresse. Les sites secs, rocheux
et alcalins conviennent. Une pente ensoleillée, 9. Europe méridionale
chaude, exposée au sud serait le meilleur site. 10. Excellent condiment — surtout les plantes pous-
sant sur un sol pauvre en climat sec.
12. Quelques pépiniéristes.
Huile essentielle — parfum, insecticide ; cosméti-
que pour cheveux et peau.
1. RIZ SAUVAGE Essence et plante séchée — dilate les tissus aux-
2. Gramineae 3. Zizania aquatica quels elle est appliquée et ainsi accroît l'afflux
5. Pas de cultivars. de sang à ces tissus. Bonne pour le cœur et la

145
c i r c u l a t i o n (48). C h o l a g o g u e , s t i m u l a n t , lite la menstruation. Ne doit pas être
stomachique. utilisée par les femmes enceintes. Des
Fleurs en avril-mai. Mellifères. doses élevées sont toxiques.
Haie. Combat les insectes nuisibles — peut être atta-
11. Adapté aux régions fraîches mais parfum moins ché aux plantes pour repousser les insectes.
agréable. Meilleur sol : léger. Site ouvert, enso- 11. Adaptée aux régions fraîches. Bons sols: secs,
leillé. Plante de bord de mer. calcaires, pauvres. La rue requiert une position
12. Pépinières. Plantes de jardin — très commun. ensoleillée.
12. Grainetiers et pépiniéristes.
1. RONCE FRAMBOISE 13. Voir Réf. 40, 48, 53, pour d'autres informations.
2. Rosaceae 3. Rubus loganobaccus
5. De nombreuses variétés hydribes. 1. SAGITTAIRE
7. Tiges retombantes, épineuses. 2. Alismataceae 3. Sagittaria sagittifolia,
8. Marcotte au début de l'automne. S. chinensis et autres
9. Hybride entre une ronce et un framboisier. espèces.
10. Fruit — dessert. Récolte quand les fruits et les 7. Plantes aquatiques.
plantes sont parfaitement secs. 8. Division.
Butinage pour abeilles. 9. Cosmopolite — Europe, Asie et Amérique du
11. Convient bien aux régions fraîches. Admet un Nord. Cultivée de façon extensive en Chine.
large éventail de sols et de sites. Nourriture chez "les Japonais et les Indiens
12. Pépinières, peut-être agriculteurs commerciaux. d'Amérique du Nord. S. chinensis vendu à San
13. « Boysenberry », « Veitchberry », « Phenomenal- Francisco dans les magasins chinois (57).
berry » et d'autres, ont une apparence similaire 10. Tubercules, féculents bouillis ou rôtis. Ils sont
et sont apparentées au roncier framboise. Voir arrachés de la terre solide située sous la boue
RAPHAËL (11). des étangs et marais.
11. Probablement bien adaptée aux conditions froi-
1. RONCE PETIT MÛRIER
des. Mares, étangs, marais et cours d'eau lents.
2. Rosaceae 3. Rubus chatnaemorus 12. Inconnue des auteurs.
5. Pas de cultivars connus.
1. SAUGE
7. Petit buisson de 0,20 m.
8. Graines ou division des rhizomes (facile). 2. Labiatae 3. Salvia officinalis
9. Landes de l'hémisphère nord jusqu'au 65° N. 5. Pas de variétés nommées.
Très cueillie mais peu cultivée. 7. Abrisseau vivace, feuilles gris-vert, fleurs bleu-
violet, mai-août.
10. Fruits — frais, confiture, tartes, etc. — excel-
lents, gros, jaunes, sucrés. 8. Graines ou boutures.
11. Limites climatiques inconnues mais se comporte- 9. Région méditerranéenne. Largement cultivée
rait bien dans des terrains alpins, élevés, lieux comme plante condimentaire.
froids, humides, glaciaux — convient aux 10. Feuilles — usage condimentaire répandu.
fondrières. — usage médicinal : antispasmodique,
astringent. Utilisée pour réduire la transpiration.
Gargarisme pour inflammation de la gorge,
1. ROSEAU COMMUN
laryngite et amygdalite. Aide à éliminer le mucus
2. Gramineae 3. Phragmites communis dans les voies respiratoires et dans l'estomac.
5. Pas de cultivars connus. Feuilles fraîches écrasées sur les piqûres
7. Plante aquatique avec de grandes panicules ter- d'insectes.
minales semblables à des plumes jusqu'à 4 m. Plante mellifère.
8. Division — se propage par les rhizomes.
11. Adaptée aux régions fraîches mais le parfum des
9. Cosmopolite.
feuilles est bien supérieur dans les régions chau-
10. Rhizomes réduits en farine.
des et sèches. Fanée par les gels sévères. La plu-
Tiges et feuilles pour couverture, etc. part des sols, position ensoleillée.
Sucre (gomme) extrait des feuilles et de la tige.
12. Plante de jardin très commune.
Jeunes pousses comme légumes.
13. Voir Réf. 40, 41, 48, 53, pour plus d'informations.
11. Toutes les régions fraîches. Comme les bambous
envahissants, peut échapper au contrôle. Marais 1. SAULES
mares, étangs, bords des rivières. 2. Salicaceae 3. Salix viminalis et
12. Le long des rivières où il pousse.
autres espèces
7. Arbre à feuilles caduques.
1. RUE 8. Pousse facilement à partir de n'importe quelle
2. Rutaceae 3. Ruta graveolens branche ou morceau de bois.
5. Pas de variétés connues. 9. Europe.
7. Plante aromatique vivace. 10. Longues pousses à partir de souches écimées uti-
8. Graines, division des racines, boutures ou lisées pour la vannerie — Le S. viminalis est le
marcottes. meilleur mais d'autres saules peuvent être utili-
9. Europe méridionale. sés. Longues pousses âgées d'un ou deux ans, de
10. Feuillage et fleurs 2 à 4 m, coupées en hiver, attachées en fagot et
— Condiment : meilleur séché que frais. enterrées dans des tranchées pratiquées dans un
— Médicinal — anthelmintique, emména- sol humide, à 1 m de profondeur. Quand des
gogue, stimulant, stomachique. Surtout fagots dépasse 1 cm de pousse au printemps, les
pour la goutte, les rhumatismes et les baguettes sont dépouillées, en utilisant un fer en
problèmes nerveux et cardiaques. Faci- V fixé à un piquet — l'écorce se détache facile-

146
ment. Les baguettes sont alors séchées et mises — fourrage animal occasionnel.
de côté. Quand on en a besoin pour la vannerie, — stabilisation du sol.
on les recouvre toute la nuit de sacs humides 11. Les sites chauds conviennent mieux — côtiers
pour leur redonner leur flexibilité. Si les baguet- plutôt qu'intérieurs. Sites secs, ensoleillés.
tes sont bouillies, elles durent beaucoup plus 12. Quelques grainetiers, p. ex. Thompson et
longtemps et ont la couleur du tan. Morgan.
Les saules, avec leurs grandes masses de racines,
fixent les lits des ruisseaux contre l'érosion.' 1. TILLEULS
Mellifères. 2. Tiliaceae 3. Tilia vulgaris, T. cor-
Retardent le feu — fument plus qu'ils ne data, T. platyphyllos
brûlent. et autres espèce
11. Sites humides — le long des lits des ruisseaux. 5. Pas de cultivars connus — hybrides.
12. Ivan BALLARD, vannier de Launceston, en Tasma- 7. Arbre à feuillage caduc — jusqu'à 25 m de hau-
nie, peut fournir d'une technique détaillée. Plan- teur. Peut vivre 500 ans et plus.
tes dans les pépinières ou plantes acclimatées. 8. Graines, stratifiées et semées au printemps.
Marcottes — occasionnellement boutures.
1. SOUCHET COMESTIBLE 9. Régions tempérées de l'hémisphère nord — plus
2. Cyperaceae 3. Cyperus esculentus de 80 espèces — met 20 à 80 ans pour fleurir à
5. Pas de variétés nommées. partir du moment où il a été semé.
6. Chufa, amande de terre. 10. Très mellifère.
7. Plante des bords de l'eau. Jeunes feuilles tendres : salade délicieuse et
8. Division du collet de la racine. abondante.
9. Sud de l'Europe et Afrique du Nord. Culture très Feuilles et bractées
ancienne — au moins 4 000 ans. — médicinales — antispasmodiques, dia-
10. Tubercules p h o n i q u e s , diurétiques. Infusion pour
— dessert — très estimé dans les pays les rhumes, maux de gorges, grippes,
méditerranéens riche en huile. etc. Ne doit pas être utilisé pendant de
— on en fait une boisson en Espagne — longues périodes.
la « horchata de chufas ». Écorce intérieure
Graines utilisées comme succédané du café en — appliquée sur les blessures, inflamma-
Hongrie. tions. Cholagogue, émollient. Charbon
Rendements jusqu'à 7,5 tonnes/ha obtenus dans de bois de tilleul, réduit en poudre,
le N.E. du Nigeria. mélangé avec du lait, absorbe les poi-
sons dans le système digestif : empoi-
sonnement par la nourriture, infec-
1. SUREAU NOIR
tions intestinales. Le charbon absor-
2. Caprifoliaceae 3. Sambucus nigra bera aussi les toxines des plaies
5. Pas de cultivars infectées.
7. Arbrisseau à feuilles caduques, à tiges multiples,
jusqu'à 6-8 m. Infusion de fleur de tilleul comme boisson après
le dîner.
8. Boutures — très facilement propagé.
9. Europe et Asie occ. Fut cultivé en Grande Breta- Écorce des tilleuls utilisée pour lier les greffes
gne pour le vin. et les nattes tressées. Le bois est excellent pour
la sculpture.
10. Baies — vin.
— teinture. 11. Bien adapté aux régions fraîches. La terre végé-
tale humide est ce qui convient le mieux. Sites
— confitures, tartes, gelées, etc., ne
frais et ombreux sont satisfaisants. Les feuilles
doivent pas être mangées crues.
poussent tard et tombent tôt — culture de sous
Usage médicinal pour névralgies,
bois au printemps et en automne.
migraine.
12. Graines dans les parcs forestiers — habituelle-
Fleurs — fermentées avec du miel du jus de ment des monceaux sous les arbres.
citron et des zestes comme boisson.
Aussi certaines pépinières.
— Infusion pour les inflammations respi-
ratoires, sudorifiques.
Buisson de haie. 1. TOMATE EN ARBRE
Tige creuse utilisée comme tuyau, etc. 2. Solanaceae 3. Cyphomandra betacea
11. Bien adapté aux régions fraîches. La mi-octobre 7. Ne vit pas longtemps, arbuste de 4 m.
est ce qui convient le mieux, mais l'ombre totale 8. Graine semée sous verre au printemps. Boutures
convient aussi — bonne plante de sous-bois. provenant du bois d'un ou deux ans, d'un ou
N'importe quel sol. deux cm d'épaisseur, jusqu'à 40 cm de long, cou-
pées sous un œil. Les boutures produisent des
plantes plus touffues, plus résistantes au vent.
1. TETRAGONE 9. Pérou et Brésil.
2. Aizoaceae 3. Tetragonia expansa 10. Fruits : frais, compotes, chutneys, etc.
6. Épinard de Nouvelle-Zélande. — très riches en vitamne C.
7. Plante rampante ou dressée. — teinture.
8. Graines en novembre — tremper toute la nuit. Production au bout de deux ans.
9. Originaire d'Australie et de Nouvelle-Zélande. 11. Marginalement adaptée aux régions froides. Sen-
Plante du bord de mer. sible au vent et au gel, surtout quand il est
10. Feuillage comme légume jeune. Position abritée, pas de gel. Sol bien
— utilisé comme épinard, cru ou cuit. drainé .
— teinture. 12. New Gippsland Seed Farm et autres grainetiers.

147
1. TOPINAMBOUR 5. Beaucoup de cultivars de par le monde.
2. Compositae 3. Helianthus tuberosus 7. Plantes grimpantes ligneuses, à feuilles cadu-
5. Pas de variétés connues. ques. Vit longtemps (jusqu'à 100 ans).
7. Haute plante vivace qui se fane en hiver 8. Boutures 20-35 cm — bois des années précéden-
jusqu'aux racines. Jusqu'à 3 m de haut. tes avec œil à chaque extrémité, attaché en fais-
8. N'importe quel tubercule poussera — morceaux ceau et enterré dans un lieu humide de façon à
laissés dans le sol lors de la récolte. ce que l'extrémité soit à 5 cm de la surface du
9. Amérique du Nord. Légume cultivé par les sol. Repiquage au printemps.
Indiens. 9. V. vinifera : Probablement Asie Mineure. Culture
10. Tubercules — excellent légume. très ancienne.
— a l i m e n t a t i o n des a n i m a u x 10. Fruits — dessert
surtout porcs). — vin.
Feuilles — fourrage apprécié par les chèvres. Les récoltes peuvent être diminuées par suite
Le rendement représente souvent le quadruple d'infections virales. La vigne produit souvent au
ou le quintuple de celui des pommes de terre. bout des trois ou quatre ans.
11. Résistant. Bien adapté aux régions fraîches. Les 11. Les vignes résistent à de très basses températues
rendements les plus élevés dont dus aux sols pendant leur période de repos, mais elles ont
riches, mais il est très résistant en comparaison besoin de chaleur pour la maturation des fruits.
de la plupart des légumes cultivés. Les gelées de printemps peuvent causer des dom-
12. Commun en Tasmanie. On peut acheter des mages. Position ensoleillée, abritée, sol très bien
tubercules chez les marchands de légumes. drainé.
12. Pépinières.
1. TUSSILAGE 13. Voir RODALE(51), SIMMONS(17) pour informations
2. Compositae 3. Tussilago farfara sur la culture, etc.
5. Pas de cultivars.
6. Pas d'âne, Taconnet.
7. Plante herbacée, vivace avec rhizome épais,
rampant.
8. Division du rhizome.
9. Europe, Afrique du Nord, Asie du nord et de
l'ouest.
10. Fleurs et feuilles — usage alimentaire : dans les
salades ou comme légumes cuits. Médicinal,
émollient, expectorant. Très utile pour bronchi-
tes, asthme, toux, et maux de gorge. Feuilles
séchées à fumer comme tabac.
11. Doit bien pousser dans les régions froides. Cul-
tivé dans des sols variés, des terres végétales
humides aux sols secs, rocheux.
12. Voir réf. 40, 48 et 53 p o u r d ' a u t r e s
informations.

1. UGNI
2. Myrtaceae 3. Myrtus ugni
5. Pas de cultivars connus.
6. Goyave du Chili.
7. Arbuste compact, à feuillage persistant, mesu-
rant jusqu'à 2 m.
8. Boutures en été sous verre.
9. Chili. Cultivé par les colons chiliens et
espagnols.
10. Fruits — baie à la peau épaisse, se conserve
bien (par rapport aux autres baies)
— confiture.
— très aromatique.
11. Convient très bien aux régions fraîches. Pousse
le mieux dans un endroit abrité.
Tolère l'ombre dense. N'est pas exigeant sur la
qualité des sols.
12. Quelques pépinières.
13. Voir SIMMONS(17) pour d'autres informations.

1. VIGNES
2. Vitaceae 3. Vitis vinifera, V. la-
b r u s c a , V .
rotundifolia.
V. labrusca et
V. rotundifolia sont
d e s e s p è c e s
américaines

148
APPENDICE C : CLASSIFICATION FORMELLE DES E S P È C E S SÉLECTIONNÉES

Genre Espèce Nom commun Observations


Ginkgo biloba Ginkgo
Pinus coulteri Pin de coulter
Araucaria bidwillii Bunya Bunya
Araucaria araucana Pin du Chili
Araucaria angustifolia Pin du Brésil
Asimina triloba Asimina
Laurus nobilis Laurier noble
Mo rus nigra Mûrier noir
Mo rus alba Mûrier blanc
Morus rubra Mûrier rouge
Ficus carica Figuier
Humulus lupulus Houblon
Quercus virginiana Chênes d'Amérique
Quercus macrocarpa Chênes d'Amérique
Quercus lobata Chênes d'Amérique
Quercus alba Chênes d'Amérique
Quercus bicolor Chênes d'Amérique
Quercus michauxii Chênes d'Amérique
Quercus prinus Chênes d'Amérique
Quercus muehlenbergii Chênes d'Amérique
Quercus ilex Chêne vert
Quercus robur Chêne rouvre
Quercus suber Chêne liège
Fagus grandifolia Hêtre américain
Fagus sylvatica Hêtre européen
Castanea sativa Châtaignier
Castanea mollissima Châtaignier chinois
Castanea crenata Châtaignier japonais
Corylus avellana Noisetier
Corylus maxima Noisetier
Myrica cerifera Myrica, Cirier
Myrica californica Myrica, Cirier
Myrica carolinensis Myrica, Cirier
Juglans regia Noyer
Juglans nigra Noyer noir
Juglans sieboldiana Noyer japonais
Juglans cinerea Noyer cendré
Cary a illinoensis Pécan
Cary a ovata Carya
Cary a laciniosa Carya
Cary a tomentosa Carya
Salix viminalis Saule
Phytolacca americana Phytolaque
Opuntia cantabridgida Figuier de Barbarie
Chenopodium album Chênopode blanc
Chenopodium bonus-henricus Bon Henri
Tetragonia expansa Tétragone
Rheum rhaponticum Rhubarbe
Rumex scutatus Oseille ronde
Vaccinium myrtillus Myrtille
Vaccinium corymbosum Myrtille américaine
Vaccinium pennsylvanicum Myrtille américaine
Vaccinium macrocarpon Cranberry
Passif lora mollisima Fruit de la passion
Diospyros kaki Kaki
Diospyros virginiana Kaki d'Amérique
Ricinus communis Ricin
Sapium sebiferum Sapium
Ribes grossularia Groseiller à maquereaux
Ribes rubrum Groseiller rouge
Ribes nigrum Cassis
Malus sylvestris Pommier
Pyrus communis Poirier

149
Genre Espèce Nom commun
Cydonia oblonga Cognassier
Mespilus germanica Néflier
Eriobotrya japonica Néflier du Japon
Sorbus torminalis Alisier torminal
Chaenomeles speciosa Cognassier du Japon
Crataegus azarolus Azerolier
Crataegus coccinioides Aubépines
Crataegus ellwangeriana Aubépines
Crataegus douglasi Aubépines
Rubus idaeus Framboisier
Rubus logano-baccus Ronce - Framboise
Fragaria virginiana Fraisi'ers
Fragaria chiloensis Fraisiers
Fragaria vesca Fraisiers des bois
Prunus dulcis Amandier
Prunus armenciaca Abricotier
Prunus cerasifera Myrobolan
Prunus insititia Prunier sauvage
Prunus laurocerasus Laurier cerise
Prunus persica Pêcher
Prunus spinosa Prunelier
Prunus cerasus Cerisier
Prunus avium Merisier
Robinia pseudacacia Robinier faux acacia
Acacia melanoxylon Blackwood
Ceratonia siliqua Caroubier
Cytisus proli férus Cytise
Gleditschia triacanthos Févier d'Amérique
Pueraria thunbergiana Kudzu
Lespedeza sericea Lespedeza
Medicago sativa Luzerne cultivée
Lupinus polyphyllus Lupin
Prosopis juliflora Mesquites
Prosopis chilensis Mesquites
Prosopis alba Mesquites
Prosopis glandulosa Mesquites
Prosopis pubescens Mesquites
Caragana arborescens Caragana
Myrtus ugni Ugni
Psidium cattleianum Goyave fraise
Feijoa sellowiana Feijoa
Trapa natans Mâcre
Oxalis tuberosa Oca
Tropalaeum tuberosum Capucine tubéreuse
Ruta graveolens Rue
Citrus sinensis Oranger
Ci trus limon Citronnier
Citrus maxima Pamplemousse
Fortunella japonica Kumquat
Rhus verniciflua Arbre à laque
Pistacia vera Pistachier
Acer saccharum Erable à sucre
Aesculus hippocastanum Marronnier d'Inde
Zizyphus jujuba Jujube
Vitis vinifera Vigne
Cornus mas Cornouiller mâle
Fœniculum vulgare Fenouil
Petroselium crispum Persil
Macadamia tetraphylla Macadamia
Macadamia integrifolia Macadamia
Olea europea Olivier
Sambucus nigra Sureau noir
Valeriana officinalis Valériane
Symphytum officinale Consoude
Symphytum tuberosum Consoude tubéreuse

150
APPENDICE D : PLANTES T E R R E S T R E S CONSEILLÉES D A N S L'ÉDITION ALLEMANDE*

O n t r o u v e r a c i - d e s s o u s u n e l i s t e d e plantes t e r r e s t r e s é t a b l i e p a r Rolf MARQUARDT, et u n e Liste de


plantes et d ' a n i m a u x p o u r l'aquiculture, é t a b l i e p a r H e n n e s SEMAR, q u i c o n c e r n e n t e x p l i c i t e m e n t
l'Europe centrale.
N o u s r e m e r ç i o n s le Berliner Permakultur Institut, a i n s i q u e les Éditions Rowohlt de n o u s avoir
a u t o r i s é s à r e p r o d u i r e c e s listes, q u i c o m p l è t e n t c e l l e s t r a d u i t e s d e l ' é d i t i o n o r i g i n a l e a u s t r a l i e n n e
(Appendices A, B, C).
Ces d e u x l i s t e s s e r o n t u n i f i é e s , r e f o n d u e s et c o m p l é t é e s d a n s Permaculture 2 et Permaculture 3.

1. PLANTES L I G N E U S E S I N T E R E S S A N T E S EN PERMACULTURE

1.1 Plantes f o u r r a g è r e s

Plantes mellifères Observations

Érable : Érable de Montpellier Acer monspessulanum


Érable champêtre Acer campestre
Érable de Naples Acer obtusatum
Érable Platane Acer platanoides
Maackie de l'Amour, sycomore Maackia amurensis
Arbre au lierre de l'Amour Phellodendron amurensis
Barbe bleue Caryopteris incana
Bourreau des arbres Celas!rus spp.
Bruyère, Callune Calluna vulgaris
Perowskie à feuilles d'arroche Perowskia spp,
Lespedeza Lespedeza spp.
Evodies : Evodie de Hupeh Euodia hupehensis
Evodie de Corée Euodia daniellii
Evodie velue Euodia velutina
Sorbaire Sorbaria spp.
Chèvrefeuille, cerisier sauvage Lonicera spp.
Virgilie à bois jaune Cladastris lutea
Chicot du Canada, caféier du Ken- Gymnocladus dioicus
tucky
Févier d'Amérique Gleditsia spp.
Roses des haies, églantiniers Rosa spp.
Sureau Sambucus spp.
Orme de Samarie Ptelea trifoliata
Indigotier Indigo fera spp.
Millepertuis, herbe de la Saint-Jean Hypericum spp.
Saule Marsault Salix caprea
Elsholtzie de Staunton Elsholtzia stauntonii
Thé d'Occident Cephalantus occidentalis
Cornouiller Cornus spp.
Troène Ligustrum spp.
Tilleul Tilia spp.
Chalef Elaeagnus spp.
Fusain Euonvmus spp.
Exochorde Exochorda spp.
Robinier faux-Acacia Robinia pseudacacia
Itea de Virginie Itea virginca
Renouée du Père Aubert Polygonum aubertii
Bruyères Erica spp.

151
Plantes mellifères Observations

Sophora du Japon Sophora japonica


Herbe d'or, Hélianthème Helianthemum spp.
Thé d'Europe Lithospermum purpuro-coeruleum
Hibiscus, mauve en arbre Hibiscus syriacus
Nous avons mentionné ici surtout les plantes les moins connues, particulièrement celles qui fleurissent en été et
à l'été de la Saint-Martin.
Plantes fournissant des semences et des fruits
Vigne de l'Amour Vitis amurensis
Pommier Malus spp., particulièrement :
Pommier de Sibérie Malus baccata
Pommier florentin Malus florentina
Pommier à feuilles de prunier Malus prunifolia
Boquettier, pommier de paradis Malus pumila
Fuchsias à baies (gélives) Fuchsua bacillaris
Sureau hièble Sambucus ebulus
Épine-Vinette Berberis spp.
Physocarpe à boules Physocarpus spp.
Decaisne du Père Farges Decaisne Fargesii
Lyciet, Olinet, Jasmin bâtard Lycium spp.
Attraphace à feuilles de buis Atraphaxis spp.
Gaylusaccie à baies, hukle berry Gaylussacia baccata
Shepherdie argentée, buffalo berry Shepherdia argentea
Sorbiers des oiseleurs Sorbus aucuparia
If Taxus baccata
Parrotie de Perse Parrotia Persica
Alisier torminal Sorbus torminalis
Acacia jaune arborescente Caragana arborescens
Ronce à feuilles de frêne Rubus illecebrosus
Leycestérie élégante Leycesteria formosa
Cotonéastère, particulièrement : Cotoneaster spp.
à feuilles pointues acutifolius
multiflore multiflorus
de Przewalski przewalslcii
luisant lucida
à grappes racemiflora
tomenteux tomentosus
Bois de Sainte Lucie, faux Merisier Prunus mahaleb
Buisson ardent Pyracantha coccinea
Alisier de Fontainebleau Sorbus latifolia
Vigne Lambruche, vigne d'Amérique Vitis labrusca
Akebia à 5 folioles Akebia quinata
Cytise genêt particulièrement : Cytisus spp.
à feuilles sessiles sessilifolius
à balai scoparius
hérissée hirsutus
de Ratisbone ratisbonensis
couchée supinus
Cerisier de Mandchourie Prunus Maackii
Herbé aux tanneurs, Coroyère Coriaria spp.
Prinsepia à une feuille Prinsepia uniflora
Cytise des Alpes Labumum anagyroides
Lonicera spp.
Chèvrefeuilles, particulièrement :
caerulea
à fruits bleus
chrysanta
à fleurs dorées

152
Plantes fournissant des semences et des fruits Observations

de Korolkoff korolkowii
de Morrow morrowii
à fruits à 5 loges quinquelocularis
n été et de Tartarie tartarica
Framboisier, Ronce à mûres Rubus spp.
Indigotier Indigofera spp.
Cerisier du Japon Prunus japonica
Cercidophylle du Japon Cercidophyllum japonicum
Symphorine à feuilles rondes Symphoricarpus orbiculatus
Plaqueminier lotus Diospyros lotus
Alouchier Sorbus aria
Chalefs, particulièrement : Elaeagnus spp.
à feuilles étroites, olivier de angustofolia
Bohème
variant commutata
multifore multiflora
en ombelles umbellata
Mahonia à feuilles de houx Mahonia aquifolium
Mûrier à papier Broussonetia papyrifera et
« Orangen maulbeerb » kazinoki
Cerisier de Pensylvanie Prunus pensylvanica
Fustet, Arbre à perruque Cotinus coccygia
Exochorde Exochorda spp.
Cyste dalmate Petteria ramentacea
Bourdaine, Bois à poudre, Bois noir Rhamnus frangula
Églantiers Rosa spp.
Marronnier d'Inde, Marron de che-
val Aesculus hippocastanum
Hêtre commun Fagus sylvatica
Sureau rouge, à grappes, rameux Sambucus racemosa
Groseiller rouge Ribes rubrum
Argousier Hippophae rhamnoides
Cerisier nain Prunus pumila
Sureau noir Sambucus nigra
Vigne vierge du Japon, Lierre japo- Parthenocissus tricuspidata
nais
Vigne du bord des eaux Vitis riparia
Houx commun Ilex aquifolium
Houx à feuilles caduc Ilex deciduum
Acacia jaune Caragana frutex
Chêne rouvre Quercus robur
Cerisier des steppes Prunus fruticosa
Chêne pédonculé Quercus petraea
Merisier à grappes. Bois puant Prunus padus
Millepertuis Androsaneum spp.
Poirier d'Oussouri, de Chine Pyrus ussuriensis
Cerisier de Maximowitz Prunus maximowczii
Cerisier de Virginie Prunus virginiana
Ceriser duveteux Prunus incana
Ronce à poils rouges, Wineberry Rubus phoenicolasius
Aubépine, Épine blanche Crataegus monogyna
Mûrier blanc Morus alba
Houx verticillé Ilex verticillata
Poirier sauvage Pirus communis

153
Plantes fournissant des semences et des fruits Observations

Calophaca de la Volga Calophaca wolgarica


Micocoulier de Virginie Celtis occidentalis
Micocoulier de Tournefort Celtis toumefortii
Micocoulier du Caucase Celtis caucasia

Tous les arbres et arbustes énumérés ci-dessus n'ont pu être étudiés afin de savoir s'ils convenaient à la perma-
culture. Certains contiennent des substances vénéneuses pour l'homme (Laburnum, Taxus, Lycium, Sambucus ebulus),
mais qui peuvent être supportées par les animaux. Pour une majorité on a observé qu'ils étaient utilisés comme nour-
riture par les pigeons et les oiseaux chanteurs. Il en a été déduit qu'ils pouvaient être employés comme nourriture
pour la volaille. Certains ont été choisis à cause de la forme de leurs fruits qui laissait supposer qu'ils étaient propa-
gés par les oiseaux. Nous présentons un large éventail d'espèces afin de pouvoir utiliser des biotopes extrêmes qui ne
conviennent pas pour les plantes cultivées.

1.2 Plantes condimentaires, à parfum, alimentaires, médicinales, tinctoriales et à baies sauvages

« Apfelbeere » Aronia spp.


Rose velue Rosa villosa
Rose de Provins Rosa gallica
Nerprun tinctorial Rhamnus infectoria
Azerolier (fruits comestibles) Crataegus azarolus
Épine-Vinette Berberis vulgaris
Saule pourpre Salix purpurea
Poirier, espèces cultivées Pyrus domestica
Ronce à mûres, espèces cultivées Rubus fruticosus
Nerprun de Pursh Rhamnus purshiana
Cerisier glanduleux (de Chine ?) Prunus glandulosa
Canneberge à gros fruits Vaccinium macrocarpon
Rose de Damas (rose odorante) Rosa damascena
Chimonanthe précoce (parfum) Chimonanthus praecox
Groseillier odorant Ribes odoratum
« Duft-Schneeball » Vaccinium carlesii
Citronelle, Aurone (condiment) Artemisia abrotanum
Châtaignier commun Castanea sativa
Amélanchier commun Amelanchier spp.
Virglie à bois jaune Cladastris lutea.
Chicot dioïque Gymnocladus dioica
Arbre aux anémones Calycanthus floridus
Eucommia Eucommia ulmoides
Peuplier à fruit velu Populus trichocarpa
Noisetier commun Corylus avellana
Myrtille, Brimbelle Vaccinium myrtillus
Framboisier, espèces cultivées Rubus idaeus
Sureau noir, espèces cultivées Sambucus nigra
Houblon Humulus lupulus
Prunier du Japon Prunus salicina
Clavalier-Poivrier Zantoxylum piperitum
Cognassier du Japon Chaenomelis japonica
Rosier rugueux. Églantier des jar- Rosa rugosa
dins
Gaulthérie rampante (aromate) Gaultheria procumbens
Daphné/Bois-Gentil du Caucase Daphne caucasia
Prune-cerise, Prunier Myrobolan Prunus cerasifera
Kiwi Actinidia chinensis
Caryer à écorce laciniée Cary a laciniosa
Osier blanc Salix viminalis
Cornouiller mâle à confiture Cornus mas

154
Plantes condimentaires, à parfum (suite) Observations

Pommier cultivé Malus domestica


Myrtille cultivée Vaccinium corymbosum
Noisetier franc Corylus maxima
Lavande (plante aromatique) Lavandula officinalis
Sorbier des oiseleurs (cultivé) Sorbus aucuparia « Moravica »
Amandier Prunus dulcis
Néflier Mespilus germanica
Asimier (fruits), Paw-paw Asimina abrotanum
Pommier nain, P. du Paradis Malus pumila
Pécan Carya illoensis
Pêcher Prunus persica
Airelle vigne du mont Ida (rouge) Vaccinium vitis idaea
Cognassier commun Cydonia oblonga
Romarin officinal Rosmarinus officinalis
Hêtre commun (faines) Fagus sylvatica
Groseillier rouge, espèces cultivées Ribes rubrum
Argousier (jus) Hippophae rhamnoides
Griottier, merisier Prunus ce ras us
Prunellier Prunus spinosa
Cassissier, espèces cultivées Ribes nigrum
Tilleul à grandes feuilles (argenté) Tilia platyphyllos
Cormier Sorbus domestica
Groseillier à maquereau Ribes uva-crispa
Actinidia denticulée Actinidia arguta
Nerprun tinctorial Rhamnus utilis
Hamamelis de Virginie (astringent) Hamamelis virginiana
Rose alpestre Rosa pendulina haematodes
Merisier Prunus avium
Noyer commun Juglans regia
Vigne, espèces cultivées Vitis sylvestris
Rose cent feuilles Rosa centifolia
Érable argenté, érable à sucre Acer sacharinum
Prunier Prunus domestica
Cédréla Cedrela sinensis, Toona sinertsis

1.3 Plantes à utilisation culturale, coutumière, symbolique et dans l'agriculture biodynamique

Bouleau Betula
Buis Buxus
Lierre Hedera
Gingko Gingho biloba
If Taxus
Épicéa Picea
Sureau Sambucus
Laurier Laurus
Néflier Mespilus
Myrte Myrthus
Rose Rosa
Romarin Rosmarinus
Prunellier Prunus spinosa
Raphia Rhapis
Sapin Abies
Genévrier Juniperus
Saule Salix
Vigne Vitis vinifera
1.4 Plantes pour des aménagements en permaculture sous serre

Ipomée, Patate douce Ipomoea batatas Observations


Chayote comestible, « Chocho » Sechium edule
Souchet comestible, Amande de Cyperus esculentus
terre
Tetragone Tetragonia tetragonoides
Oca Oxalis crenata
Cresson de Para Spilanthes oleracea
Baselle blanche, Épinard de Malabar Basella alba

Ainsi que tous les légumes thermophiles


Aubergine Solanum melongenia
Poivron, Poivre long Capsicum annuum
Concombre, Cornichon Cucumis sativus
Tomate Cycopersicon esculentum

Plante aromatique et à p a r f u m
Infusion des fleurs
Riche en vitamine C
Plante à p a r f u m s
Quetsche, prune, mirabelle
Jeunes pousses comme légumes

1.5. Plantes utilisables en exposition ensoleillée, peu employées de nos jours, mais intéressantes en permaculture

Épinard-Fraise Chenopodium foliosum


Marron de terre, noix de terre Bunium bulbocastanum
Pourpier jaune Portulaca perfoliata
Crosnes du Japon, Epiaire officinale Siachys Siebolii officinalis
Chou-Navet, Rutabaga Brassica naprobrassica
Montie perfoliée Montia perfoliata
Chou marin, Crambé maritime Crambe maritima
Fève Vicia faba
Clochette raiponce Campanula rapunculus
Chénopode Quinoa Chenopodium quinoa
Salsifis Tragopogon porrifolius
Oseilles Rumex spp.
Topinambour Helianthus tuberosus
Orpin rupestre Sedum reflexum
Navet Brassica rapa

1.6 Plantes convenant pour les cours intérieures ombragées

Légumes :
Barbarée, Herbe de Sainte-Barbe Barabarea vema B. vulgaris
Chicorée amère Cichorium intybus
Chou de Chine Brassica chinensis
Angélique des jardins Angelica archangelica
Marron de terre, Noix de terre Bunium bulbocastanum
Mâche, Doucette Valerianella locusta
Patience, Oseille-Épinard, Rumex Rumex patientia
Arroche des jardins Atriplex hortensis
Cresson alénois Lepidium sativum
Herbe aux goutteux, Egopode Aegopodium podagraria
Épinard sauvage, Bon-Henri Chenopodium bonus-henricus

156
Plantes pour les cours intérieures (suite) Observations

Cerfeuil à bulbes Chaerophyllum bulbosum


Cranson officinal, Cochléaria Cochléaria officinalis
Pissenlit Taraxum officinale
Raifort Amoracia rusticana
Onagre bisannuelle Oenothera biennis
Panais Pastinaca sativa
Romaine Lactuca sativa
Radis Raphanus sativus
Romaine Lactuca sativa
Oseille Rumex acetosa
Échalotte Allium ascalonicum
Ciboulette Allium schoenoprasum
Maceron Smymium olusatrum
Oignon d'hiver. Ciboule, Cive Allium fistulosum
Chervis Sium sisarium

Arbustes fruitiers:
Rose alpestre Rosa pendulina haematodes
Rose pomme, rose velue Rosa villosa
Ronce à mûres Rubus almus
Myrtille Vaccinium myrtillus
Cornouiller mâle Cornus mas
Mahonia à feuilles de chou Mahonia aquifolium
Cognassier Cydonia oblonga
Cassissier Ribes nigrum
Ces plantes conviennent particulièrement si on les fait grimper en espalier le long des murs.
Pour la prépararion du vinaigre

1.7 Arbustes et arbres ornementaux pour cours d'intérieures ombragées

Arbustes
Épine-vinette de l'Amour Berberis amurensis
Angélique en arbre Aralia spp.
Pieris floribunda Pieris floribunda
Sorbaire en arbre Sorbaria arborea
Nerprun de Persh, Cascara sagrada Rhamnus purshiana
Cornouiller stolonifère Cornus stolonifera
Groseillier odorant Ribes odoratum
Viorne de Corée Vibumum carlesii
Hortensia à feuilles de chêne Hydrangea quercifolia
Fothergilla Fothergilla spp.
Fuchsia de Magellan Fuchsia magellanica
Parrottiopsis Parrottiopsis jaquemontii
Spirée à feuilles de Germandrée Spiraea chamaedryfolia
Cerisier à écorce dorée Prunus maackii
Sureau noir « Aurea » (cultivé) Sambucus nigra « Aurea »
Sureau noir « pl.A. » (cultivé) Sambucus nigra « Pl.A. »
Chèvrefeuilles Lonicera spp.
Camérisier bleu caerulea
de Morrow, du Japon morrowii
de Maack, de Corée maackii
pileata pileata
à fruits à 5 loges quinquelocularis
Physocarpe à feuilles d'obier Physocarpus opulifolia

157
Arbres pour cours intérieures (suite) Observations

Petite pervenche Vinca minor


Pieris du Japon Pieris japonica
Halésie à 4 ailes, de Caroline Halesia caroliana
Thé de Terre-Neuve, Thé de monta- Gaultheria procumbens
gne
Nerprun d'Imeretie Rhamnus imeretina
Fusain à larges feuilles Euonymus latifolius
Staphylier de Colchide Staphylea colchica
Cornouiller blanc « de Sibérie » Cornus alba « Sibirica »
Saule... « Korallen-Weide » Salix erythroflexuosa
Épine-vinette de Corée Berberis koreana
Kalmie à larges feuilles Kalmia latifolia
Mahonia à feuilles de houx Mahonia aquifolium
Viorne odorante Vibumum farrarrerie
Osmaronia cerasiformis Osmaronia cerasiformis
Cornouiller à feuilles alternées Cornus altemifolia « Argentea »
Viorne tomenteuse Vibumum tomentosum
Seringat Toutes les espèces de Philadelphus
comme « Virginal », « Girandole »
« Glacier »
Ronce de Link Rubus linkianus
Enkianthe en cloche Enkianthus campanulatus
Bourdaine, Bois à poudre Rhamnus frangula
Corète du Japon Kerria japonica
Hortensia en panicule Hydrangea paniculata
Mahonia nervé Mahonia nervosa
Viorne à feuilles ridées Vibumum rhytidophyllum
Fusain sucré (de Sakhaline) Euonymus sachalinensis
Hortensia de Sargent Hydrangea sargentinii
Ronce... « Samtruten Brombeere » Rubus mesogaeus
Leucothoé des fontaines Leucothoe fontinalis.
Pachysandra à épis terminaux Pachysandra terminalis
Clethra Clethra spp.
Ronce commune « à feuilles laci- Rubus fruticosus « laciniata »
niées »
Sureau noir « à feuilles laciniées » Sambucus nigra « laciniata »
Hortensia arborescent « Grand » Hydrangea arborescens « Grand »
Viorne lantane, Mancienne Vibumum lantana
Saule à chatons noirs Salix melanostachys

Cerisier de Mandchourie

Ronce élégante Rubus spectabilis


toutes les espèces de Arcanthopanax
Houx commun Ilex aquifolium
Pavier blanc Aesculus parviflora
Ronce du Tibet Rubus cockbuminus
Sureau à grappes, Sureau rouge Sambucus racemosa
Cerisier à grappes Prunus padus
Cerisier de Maximowitz Prunus maximowicziana
Hamamelis de Virginie Hamamelis virgimana
Érable à feuilles rondes Acer circinatum
Ronce à poils rouges Rubus phoenicolasius
Frêne épineux, clavier à feuille de Zanthoxylum americanum
frêne
Ronce odorante Rubus odoratus

158
Plantes fournissant des semences et des fruits Observations

Arbres
Copalme d'Amérique, Liquid. d'Am. Liquadambar styraciflua
Phellodendron de l'Amour Phellodendron amurense
Bouleau jaune Betula lutea
Frêne commun Fraxinus excelsior
Kalopanax taché Kalopanax pictus
Peuplier à fruits velus Populus trichocarpa
Erable sycomore Acer pseudoplatanus et les formes
« Weizbunter Bergahorn « Leopoldii »
« P u r p u r und Gold Ahorm » « Nizetti »
« Ocker-Bergahorn » « Prinz Handjery »
« Purpur-Bergahorn » « Atropurpureum »
Hêtre commun « Zlatia » Fagus sylvatica « Zlatia »
Frêne commun « à écorce jaspée » Fraxinus exelsior « jaspidea »
Eucommia à feuilles d'orme Eucommia ulmoides
Evodie de Hupeh Euodia hupehensis
Cercidiphylle du Japon Cercidiphyllum japonicum
Chicot dioïque, Caféier du Kentucky Gymnocladus dioicus
Magnolia Magnolia kobus
Peuplier de Corée Populus koreana
Érable velu Acer velutinum
Evodie velue Euodia velutina
« Spâtsommer Duftbaum » Euodia danielli
Magnolia parasol Magnolia tripetala
Frêne blanc, d'Amérique Fraxinus americana
Mangolia à feuilles obovales Magnolia obovata

2. PLANTES LIGNEUSES POUR DÉCORER LES FAÇADES


(LIANES)

2.1 « Windepflanzen »

Amerikaner Geiszblatt Lonicera heckrottii


Menispermum dahuricum (de Daou- Menispermum dahuricum
rie)
Glycine de Chine Wistera sinensis
« China Zopfschlinge » Sinomenium acutum
« Chinesen franketti » Sinofrachetia chinensis
Akebia à 3 folioles Akebia trifoliata
Cocculus trilobus (à trois lobes) Cocculus trilobus
Chèvrefeuille des jardins Lonicera caprifolium
Akebia à 5 folioles Akebia quinata
Bourreau des arbres Periploca graeca
Chèvrefeuilles des bois, Camerisier Lonicera periclymenum
Berchemia grimpante Berchemia scandens
Glycine du Japon Wistera floribunda
Berchemia à grappes Berchemia racemosa
Menisperme du Canada Menispermum canadense
Cocculus de Caroline Cocculus carolianius
Celastre à branches anguleuses Ce las t rus angulatus
Periploca sepium (des haies) Periploca sepium
Celastre pendant Ce las t rus dependens
Aristoloche Siphon Aristolochia macrophylla
Celastre à feuilles rugueuses Ce las t rus rugosa
Renouée du Père Aubert Polygonum aubertii
Plantes ligneuses pour décorer (suite) Observations

Celastre à feuilles arrondies, Celastrus orbiculatus


Nécessitent des supports verticaux pour grimper

2.2 Plantes grimpantes & racines adventives


« Barbara Hortensie » Decumaria barbara
Célastre en ombelles Celastrus flagellaris
Lierre commun Hedera hélix
Sumac vénéreux, Arbre du poison Rhus toxicodendron
Vigne vierge vraie Parthenocissus quinquefolia
Lierre du Caucase Hedera colchica
Hortensia anormal Hydrangea anomala
Vigne vierge du Japon, Lierre Japon Parthenocissus tricuspidata Veitchii
« Strahlenkrauz-Klimmer » Schizandra hydrangea
Jasmin de Virgine Campsis radicans

2.3 Plantes grimpantes ramifiées (pavanées)


« Chinesen Dreifliigelfrucht » Tripterygium hypogl
Kiwi, Groseillier de C h i i e Actinidia chinensis
Ronce commune Rubus fructicosus et espèces
cultivées
Actinidia polygame Actinidia polygama
Actinidia kolomikta Actinidia kolomikta
« Koreaner Dreifliigelfrucht » Tripterygium regelii
Schizandre de Chine Schizandra chinensis
Actinidia à feuilles effilées Actinidia arguata
Salsepareilles Smilax spp.
Jasmin d'hiver (à fleurs nues) Jasminum nudiflorum
Ces plantes nécessitent des supports de type filet, ou doivent être attachées à un espalier
2.4 Plantes grimpantes à vrilles

Vigne de l'Amour Vitis amurensis


Clématite d'Orient Clematis orientalis
« Aschenputtel Rebe » Vitis piasezkii
Clématite des montagnes Clematis montana
« Federbusch Clematis » Clematis tangutica
Vigne vierge à grandes feuilles Amelopsis mega folia
Vigne Lambruche Vitis labrusca
Clématite de Jackmann Clematis Jackmanni — tous les
hybrides
« Himalaya Waldrebe » Clematis gouriana
Clématite azurée Clematis patens
Ampélopsis à pédoncule court Amelopsis brevipedonculata
Clématite à pédoncule court Clematis brevicaudata
Clématite bleue Clematis viticella
Clématite à feuilles de troène C. ligusticifolia
« Oktober Waldrebe » C. maximowicziana
« Ranken Jungfernwein » Parthenocissus vitalba
Vigne de Mme Coignet Vitis coignetiae
Clématite à feuilles lancéolées Clematis apiifolia
Vigne des rives Vitis riparia
Clématite de Virginie Clematis virginiana
Clématite des haies, Vigne blanche Clematis vitalba
Vigne des bois Vitis sylvestris

Ces plantes nécessitent des supports de type filet à mailles fines; il n'est pas nécessaire de les fixei

160
3 CULTURES DE LÉGUMES ET D'HERBES comestibles et ont un poids de 600-700 g. Les
fruits se conservent très longtemps et supportent
de longs transports. Les jeunes pousses peuvent
Angélique des jardins (Angelica archangelica L., être préparées comme les asperges, les racines
var. sativa) riches en amidon sont également comestibles.
Les tiges fournissent des fibres. Aucune indica-
Plante bisannuelle, meurt après fructifica- tion sur la façon de cultiver la plante n'est
tion. Plante aromatique entrant dans la composi- connue.
tion de la liqueur des Bénédictins, de la liqueur
de la Chartreuse, du baume de Potsdam, de
l'esprit des Carmélites, etc. Enlever l'écorce des Chénopode quinoa (Chenopodium quinoa L.)
jeunes tiges et des pétioles des feuilles, les
ramollir dans de l'eau bouillante et les faire Originaire d'Amérique du Sud. Plante
réduire avec du sucre, les glacer ou les confire. A annuelle aux feuilles farineuses. Semis au prin-
une grande importance dans les pays nordiques temps, pas trop dense, puisque la plante adulte
où elle est cultivée dans les « jardins à angéli- atteint une taille de 60-160 cm. Les feuilles sont
ques ». Demande un sol humide, pousse égale- cueillies selon besoin et cuites sans les côtes
ment dans des endroits légèrement ombragés ou comme les épinards.
salins.

Chervis (Sium sisarium L.)


Arroche des jardins (Atriplex hortensis L.)
Plante vivace dont la racine épaisse est
Plante annuelle, naturalisée chez nous. comestible. D'origine incertaine, elle est cultivée
Mauvaise herbe poussant sur des tas de compost dans l'est de l'Asie et fut importée de Russie au
où elle peut facilement être cueillie. Les feuilles Moyen Age dans nos contrées. Multiplication par
sont employées comme les épinards. D'autres semis ou par division des rhizomes. Première
espèces d'arroche peuvent être utilisées de la récolte la seconde année après la mise en terre.
même façon. Les rhizomes sont cuits au four ou dans du lait.
Contient 4-8 % de saccharose, 4-18 % d'amidon,
8 % de gomme, de la dextrine, du mucilage et
Cerfeuil tubéreux (Chaerophyllum bulbosum L.,
var. sativa) 1,4 % de sels solubles.

Plante indigène de la famille des ombellifè-


res. Plante bis-ou triannuelle, culture annuelle ou Chicorée amère, Barbe-de-capucin, Chicorée sau-
bisannuelle. Racines en forme de raves attei- vage (Cichorium intybus L.)
gnant 10 cm de longueur et 6 cm d'épaisseur.
Elles ont une chair allant du blanc au jaune, Autrefois, la racine était torréfiée pour
d'une saveur douceâtre rappelant le goût des fournir un succédané de café et employée sous
chataîgnes. Mangées crues après exposition aux forme de chicorée. De nos jours, la racine est
premières gelées, elles ont un goût rappelant principalement employée pour la production de
celui des noisettes. Elles contiennent 19,8 % pousses blanchies à l'abri de la lumière qui sont
d'amidon et 1,8 % de sucres. Semée en automne, utilisées en salade de chicorée (communément
la plante germe au printemps. La semence ne appelée salade d'endives, note du traducteur).
gardant son pouvoir germinatif que pendant une Variété la plus connue : Witloff de Bruxelles.
année, déposer les graines pour un semis printa- Semis possible dès l'été après les légumes préco-
nier en couches dans du sable humide (stratifier). ces. Semer à 10-15 cm en rangs espacés de 20 cm.
Planter dans un endroit à mi-ombre. Les feuilles Récolte de la racine à la fin de l'automne. Les
meurent en juillet, la récolte des petits bulbes a plantes blanchies en cave ou en couches couver-
lieu après. Les bulbes auront meilleur goût si on tes fournissent à la fin de l'hiver par une tempé-
les conserve jusqu'en octobre à l'air. Possibilité rature faible de 8-10° C, une salade de chicorée
de les faire cuire comme les pommes de terre ou un peu amère. Les racines des plantes épuisées
de les faire revenir dans du beurre, en légume peuvent être utilisées comme fourrage.
avec des épinards ou du chou ; les jeunes feuilles
en salade, en soupe d'herbes, comme les épi-
nards, etc. Chou marin (Crambe maritma L.)
Plante vivace du bord de la mer, employée
Chayote (Sechium edule Jacq.) en salade. Récolte à partir de la troisième année
après semis et pendant une durée de 7 à 10 ans ;
Cucubitacée provenant des régions chaudes 3-4 récoltes par an possibles. Protéger les plantes
d'Amérique, de nos jours inconnue à l'état sau- pendant l'hiver par des feuilles mortes ou de la
vage. Arbuste grimpant, dioïque, à feuilles à poils paille. A partir de février, mettre les jeunes pous-
raide. Les fruits sont grands, charnus, ridés et ses à l'abri de la lumière. Elles seront coupées

161
au collet de la racine et employées comme les employée en salade et en légume. C'est aussi une
asperges. plante ornementale agréable.

Chou vert (Brassica oleracea L., var acephala) Crosnes du Japon (Stachys sieboldii)
Il existe de nombreuses formes et variétés Plante vivace, résiste très bien au froid de
de la plante, à feuilles vertes ou brunes, ainsi l'hiver. Les tubercules sont mis en terre en
que des formes ornementales comme le chou mars/avril à 4-5 cm de profondeur en rangs espa-
plume dont les feuilles sont teintes en rose, car- cés de 10 cm. A partir de 100 g de tubercules
min, jaune et blanc. Semis très fin en mai, repi- plantés, 220 kg de tubercules peuvent être récol-
quage en juin, récolte pendant l'hiver. Les tro- tés. Le rendement peut être de 12 tonnes/hectare,
gnons peuvent rester et redonner au printemps mais la culture n'est pas rentable à cause de la
de jeunes pousses tendres. Récolté après les pre- difficulté de la récolte. Fin octobre, les tubercu-
mières gelées, il a meilleur goût. Convient parfai- les peuvent être récoltés, mais on extrait unique-
tement à une seconde culture à la suite des légu- ment la quantité de tubercules qui peut être con-
mes précoces comme par exemple les petits pois sommée rapidement ou conservée dans du sable
ou les pommes de terres printanières. Pousse humide. Les tubercules sont lavés, puis cuits
également dans des endroits légèrement ombra- comme les asperges dans de l'eau salée ou frites
gés, par exemple sous les arbres frutiers. à la poêle. Au Japon, ils sont également mis en
conserves ou préparés avec du sucre. Le taux de
sucre (stachyose) est de 15-18 %.
Clochette raiponce, Campanule raiponce (Campa-
nula rapunculus L.)
Dahlia (Dalhia variabilis)
Plante bisanuelle. Pousse dans des endroits
secs, particulièrement sur un sol calcaire. Raci- Les tubercules contiennent jusqu'à 40 %
nes comestibles en forme de navet. Des essais de d'inuline, une huile fortement odorante et de la
culture sur des gravats dans les villes sont vanilline. Jusqu'alors la plante n'est pas citée en
prometteurs. tant que plante de culture. Employée comme
insecticide pour combattre les moustiques.

Crambé de Tartarie (Crambe tartarica)


Épinard-Fraise à épis (Chenopodium capitatum L.
Plante vivace ou mi-arbustive qui pousse Aschers)
sur des collines ensoleillées et sèches dans les
steppes pontiques-pannoniques. La racine char- Annuelle à fruits juteux et rouges.
nue de l'épaisseur d'un bras est d'un goût sucré
et peut être consommée crue en salade ou cuite Épinard-Fraise vrai (Chenopodium virgatum L.
en légume. Semis en automne espacé de 60 cm, 3 Jessen)
à 4 graines dans un trou de 5 cm de profondeur.
Ne garder que les plantes les plus fortes. Butter Annuelle ou bisannuelle ; les fruits ressem-
au second printemps après semis. Récolter les blent à des mûres. Employer les feuilles comme
pousses blanchies lorsque celles-ci sortent de les épinards.
terre, puis enlever la terre afin que la plante
puisse refaire ses réserves. Culture possible pen-
dant plusieurs années au même endroit. Épinard de Malabar, Baselle blanche (Basella
alba L.)
Cranson officinal cochléaria (Cochlearia officina- Plante grimpante subtropicale. Les feuilles
lis L.) peuvent être employées comme les épinards.
Plante bisannuelle ou vivace. Pousse dans
des endroits humides et, étant non gélive, même Épinard de la Nouvelle Zélande (Tetragonia
dans les régions arctiques. En culture, semis au tetragonioides)
début de l'été, emploi en salade ou comme com-
posant de salade. Plante condimentaire comme la Originaire de l'est de l'Asie et de la Polyné-
ciboulette d'un goût rappelant celui du cresson. sie. Plante annuelle, peut être cultivée sous serre.
Fournit des vitamines au début du printemps. Plante à épinard. En pleine terre, le semis est
possible dès l'automne. Lorsqu'on sème au prin-
temps, faire gonfler auparavant la semence dans
Cresson du Parguaya (Spilanthes oleracea) de l'eau tiède ou débuter la culture sous abri à
une température modérée. Récolte des feuilles ou
Plante annuelle originaire du Brésil et de des jeunes pousses pendant tout l'été. Reproduc-
l'Inde orientale et occidentale. Peut être tion par auto-ensemencement.

162
Épinard sauvage, Bon-Henri (Chenopodium Herbe de Sainte-Barbe, Barbarée printanière
bonus-henricus L.) (Barbarea vema Mill. Aschers.)
Plante vivace qui a suivi l'homme à travers Plante bisannuelle. Semis au début de l'été.
toutes les cultures du monde. Plante typique des Employée seule en salade ou comme composant
villages. Utiliser les feuilles au début du prin- de salade au début du printemps. Hivernation à
temps en épinard (sauvage). l'extérieur, non gélive.
De la même façon : Épinard blanc (Cheno-
podium album) Maceron cultivé (Smymum olusatrum L.)
Annuelle, se trouve partout dans le monde.
Plante bisannuelle de la famille des ombel-
lifères ; culture annuelle comme la carotte. Les
jeunes feuilles et pousses peuvent être employées
Fève (Vicia faba L.) en légume, également crues en salade. Conserver
les légumes dans du sable comme les légumes à
Cultivée depuis l'âge de la pierre. La durée racines. Les tiges des feuilles peuvent être
végétale est de 150-190 jours. Le semis est possi- employées comme les céleris.
ble dès le mois de février, la plante n'étant pas
gélive. Semer tous les 3 cm en rangs espacés de
25-30 cm. Profondeur des sillons : 5 cm minimum. Marron de terre, Noix de terre (Bunium bulbo-
En coupant les pointes des pousses attaquées par castanum L.)
les pucerons noirs, on peut éviter la contamina-
tion. On emploie les cosses vertes ou les jeunes Plante vivace, naturalisée en Allemagne de
fèves. On peut avancer la date de semis en fai- l'ouest et en Suisse occidentale en tant que ves-
sant tremper les fèves dans l'eau pendant une tige de cultures anciennes. Les tubercules se
journée, les faire ensuite germer dans une caisse trouvent à 10 cm dans la terre. Ils peuvent être
à l'intérieur de la maison et les planter dehors consommés crus et sont d'une saveur délicieuse.
dès l'arrivée d'un temps favorable. Le plus souvent ils sont consommés cuits, grillés,
en salade avec une vinaigrette. Les feuilles peu-
vent être employées comme le persil, les graines
comme le cumin. Apprécie un sol calcaire.
Génottes (Conopodium denudatum DC)
Plante vivace répandue dans l'Ouest de Montie perfoliée (Claytonia perfoliata = Monda
l'Europe. En Allemagne, elle ne pousse spontané- perfoliata)
ment que dans la Harz près d'Andreasberg. Calci-
fuge. Les bulbes n'atteignent qu'une taille allant Annuelle, se propage par autofructification.
du petit bois à la noisette. Même emploi que les Cultivée autrefois dans la région de Branden-
marrons de terre. bourg comme salade et redevenue sauvage.
Semis au début de l'été ; employée au début du
printemps seule en salade ou comme composant
de salade. Non gélive.
Hélianthi, Soleil à grandes feuilles (Helianthus
strumosus L., var willden)
Navet, Chou-Rave, Rave (Brassica rapa L., var
Ressemble au topinambour, également par rapa)
sa culture. Les tubercules auraient un taux de
protéines élevé. Légume et plante mellifère. Semis espacé à partir de mars, peut être
cultivé toute l'année. Convient particulièrement
bien pour les chaumes jusqu'au début septembre.
Semer à la volée ou en rangs espacés de 15 cm.
Herbe aux goutteux, Aegopode podagraire (Aego-
Tasser la planche à la pelle ou au rouleau.
podium podagraria L.)
Éclaircir les rangs selon la variété à 5-15 cm (les
Plante vivace, connue et crainte comme plantes enlevées peuvent être utilisées comme les
mauvaise herbe des jardins sur sol riche. Les épinards). Dernière date de récolte possible avant
feuilles peuvent être employées comme les épi- l'arrivée des gelées. Récolter les raves par temps
nards ou en salade d'herbes sauvages. Elle fait sec, couper les feuilles (employer les côtes
partie des « Neuf Herbes », à partir desquelles on comme les épinards). Conserver les raves dans
prépare le Jeudi saint une soupe appelée la du sable humide.
« force des neufs » : herbe aux goutteux, oseille,
chicorée sauvage ou pissenlit, lamier ou ortie,
pimprenelle ou pimpinelle, cressomière ou Oca (Oxalis crenata)
pâquerette, orpin rupestre, achillée millefeuille, Plante à tubercules provenant d'Amérique
oseille des bois. du Sud. Tubercules d'une longueur allant jusqu'à

163
7 cm, rose, blanc ou jaune. A la mi-avril, mettre être employée comme la carotte en légume,
les petits tubercules espacés de 8-10 cm dans des salade, accompagnement de viande et en soupe,
sillons peu profonds. Récolter avant l'arrivée des mais sa valeur nutritive est plus élevée. En
premières gelées. Conserver les tubercules les Irlande, on emploie le panais et le houblon pour
plus forts jusqu'à leur consommation dans du la fabrication d'une bière.
sable, garder les plus petits comme semence
dans un endroit sec. Cette plante, cultivée dans
les Andes, fournirait plus de tubercules que la Petite Pimprenelle (Sanguisorba minor Scop.)
pomme de terre. Les tubercules contiennent
jusqu'à 10-12 % d'amidon et des traces de silicate Plante vivace, est multipliée par semis ou
de chaux. Les tubercules sont cuits, séchés ou par division. Utilisée en assaisonnement pour
fermentés pour donner un fromage. concombres et salades, fait partie des « herbes
des anguilles » (traduction littérale du terme
allemand).
Onagre bisannuelle (Oenothera biennis L.)
Naturalisée d'Amérique. Plante bisanuelle, Pourpier, Pourpier jaune (Portulaca oleracea L.)
traitée en culture annuelle. Semis au début
d'avril. A partir de plantes suffisamment fortes Plante annuelle aimant une exposition enso-
on enlève les racines latérales et on repique à leillée et un sol riche en terreau et en sable.
25 cm de distance. Récolte de la racine charnue Semis au début du mois de mai, car la jeune
en octobre, conservation dans de la tferre ou du plante est sensible au froid. Semis clairsemé à la
sable humide. La semence ne garde son pouvoir volée ou en rangs espacés de 20 cm. Les feuilles
germinatif qu'un an. Pour sélectionner la charnues sont employées en soupe de légumes ou
semence, laisser les plantes les plus développées en ingrédient de salade.
sur les champs. Même emploi que le céleri ou le
salsifis, également crue en salade. « Une livre Raifort (Armoracia rusticana)
d'onagre donne plus de force qu'un quintal de
bœuf. » A. Berlin on la trouve partout sur des Plante vivace. En culture annuelle, les jeu-
espaces rudéraux et en végétation spontanée sur nes racines d'un an d'une taille d'environ 30 cm
des décombres. Des espèces nouvelles partielle- sont plantées dans la terre en biais, de façon à ce
ment endémiques sont en train de se développer. que les têtes dépassent. Fin juin, les racines sont
Cette plante symbolise très bien l'agriculture enlevées (en frottant avec un tissu). La récolte
biologique. des longues racines s'effectue fin octobre. Con-
servation dans la terre ou dans du sable. Utilisée
en assaisonnement des viandes ou de la charcute-
Oseille (Rumex acetosa L.) rie, également râpée, mélangée à des pommes
Les jeunes feuilles s'utilisent au printemps crues ou en sauce.
en soupe d'oseille ou comme ingrédient de
salade.
Rumex des jardins, Patience, Épinard-Oseille
(Rumex patientia L.)
Oseille ronde (Rumex scutatus L.)
Plante vivace naturalisée. Au printemps, les
Même emploi que l'oseille, mais également feuilles s'emploient comme les épinards, égale-
que les épinards. Les deux plantes sont vivaces, ment farcies de viande hachée. Autrefois, on
cependant, en culture, elles sont toujours renou- enveloppait le beurre dans la patience pour le
velées après quelques années. Idéal pour border conserver.
les chemins et les routes.
Rutabaga, Chou-Navet, Navet, (Brassica napus L.,
Panais cultivé (Pastinaca sativa L., var. hortensis) var napobrassica)
Plante bisannuelle. Racine ressemblant à Semis en mai. Les racines des jeunes
celle de la carotte, mais à goût plus fort. Semis navets sont coupées aux extrémités lorsqu'elles
possible dès l'automne ou au début du prin- sont repiquées dans les champs. Buttage des jeu-
temps. Semer tous les 15 cm en rangs espacés de nes navets, afin qu'ils restent tendres. Récolte à
30 cm. Récolte des racines en automne. Conserva- partir d'octobre, les feuilles sont coupées par
tion dans du sable humide. Cependant, on peut une fine lame. Conservation des tubercules dans
laisser les racines dans la terre étant donné la cave ou encore mieux en jauge puisqu'ils sont
qu'elles sont non gélives en hiver. Certaines per- non gélifs. Autrefois, les navets étaient coupés en
sonnes sont rebutées par leur goût. Pour adoucir tranches et séchés dans le four, puis conservés
leur saveur piquante, les cuire dans de l'eau dans des sacs de lin aérés. Les germes des navets
salée, puis jeter l'eau de cuisson. La racine peut gardés trop longtemps seront préparés en

164
légume. Sélection de la semence à partir des plus pas d'amidon mais de l'inuline. Culture en situa-
beaux navets auxquelles on laisse le cœur pen- tion ensoleillée. Fin mars, placer les tubercules
dant l'hibernation. dans un sol léger à 10-15 cm de profondeur et à
une distance de 60-160 cm. Récolte pas avant
novembre, puisque le développement des tuber-
Salsifis cultivé (Tragopogon porrifolius L. ssp. cules n'a lieu que pendant les jours raccourcis de
sativus) l'automne. Une plante fournit 15 à 20 livres de
tubercules par an. Peut être cultivée pendant plu-
Plante bisannuelle, cultivée en annuelle sieurs années au même endroit. La seconde
comme le salsifis noir, ou mieux en bisannuelle. année, il n'est plus nécessaire de planter de nou-
Elle possède une racine comestible en forme de veaux tubercules étant donné qu'il reste toujours
fuseau. Semis au début avril tous les 8-10 cm de assez de petits tubercules dans la terre.
rangs espacés de 30 cm. Récolte à la fin de
l'automne (il est alors nécessaire de conserver les Les tubercules sont très résistants aux
racines dans du sable humide) ou au cours de gelées et peuvent être récoltés pendant tout
l'hiver à une période hors gel. Effectuer sa pro- l'hiver. Conservation dans du sable humide.
pre sélection de semence à partir de plantes Emploi en cuisine comme les choux-raves. Il est
qu'on laisse fleurir. Pour toutes les autres espè- également possible de les faire fermenter à la
ces indigènes de salsifis, particulièrement pour le manière du chou blanc. Au pays de Bade et en
salsifis sauvage, il est possible de consommer les Alsace, une eau de vie est distillée à partir des
parties des tiges se trouvant en dessous de la tubercules. Les feuilles sont un excellent four-
fleur crue. Elles contiennent un jus sucré et des rage, même pour les oies et les porcs. Cette
substances amères. plante est également introduite en forêt comme
nourriture pour le gibier.
Topinambour, poire de terre, artichaut de Jéru-
salem (Helianthus tuberosus) Ullucus (Ullucus tubersosus cladas)
Plante vivace à tubercules ressemblant à Plante vivace dans ses pays d'origine :
ceux de la pomme de terre. Importée d'Amérique Colombie, Pérou et Bolovie. Les tubercules sont
en 1616. Fut naturalisée après la guerre de 30 consommés aux Andes comme les pommes de
ans en Allemagne, mais vite supplantée par la terre. Actuellement il n'existe pas d'indications
pomme de terre. Les tubercules ne contiennent sur la manière de les cultiver.

165
4. PLANTES POUR LA VÉGÉTALISATION DE COURS INTÉRIEURES, DE JARDINS ET DE MURS

Il existe de nombreuses raisons en faveur ni sarments adhésifs, mais enlace les petites
de l'introduction de plus de verdure dans les branches, les grillages et autres avec ses pétioles
quartiers urbains à construction particulière- souples. Les feuilles vert clair, élégamment divi-
ment dense. Malheureusement, il n'existe que sées, se déploient en mai ; en été apparaissent les
peu d'espaces libres en exposition ensoleillée où fleurs de couleur crème suivies en automne et en
on pourrait faire pousser les plantes exigeantes. hiver par des fruits plumeux qui ornent encore
Le plus souvent on ne dispose que de cours étroi- la plante longtemps après le déssèchement des
tes et ombragées, de murs en briques laids ou, feuilles. Origine : Europe jusqu'au Caucase.
dans le meilleur des cas, de jardins étroits Emploi : Végétalisation de clôtures élevées ou de
devant les maisons. Cependant, grâce à quelques balcons. La plante grimpe également le long de
espèces de plantes qui se sont adaptées à de tel- murs et troncs d'arbres si on lui fournit un sup-
les conditions, il est possible de jardiner dans port p. ex. sous forme d'un grillage en fil de fer.
ces endroits avec quelques résultats, et de les Particulièrement beau au bord des bois, qu'elle
verdir. Nous allons par la suite présenter couvre entièrement de son tissage. Le lieu de
quelques-unes de ces plantes. plantation doit être ombragé, car toutes les espè-
Pour éviter tout malentendu possible, une ces de clématites veulent avoir « le pied à
remarque au préalable s'impose : les onze espè- l'ombre et la tête au soleil ». Le sol doit être pro-
ces de plantes que nous recommandons, elles fond et riche en humus et en éléments nutritifs.
aussi, nécessitent pour un développement sain de
la place, une bonne terre et suffisamment d'eau
et de lumière. Cependant, dans la mesure où il Fougère mâle (Dryopteris filix-mas)
s'agit de plantes grimpantes, il leur suffit d'un
emplacement relativement petit, à partir duquel Cette belle fougère vigoureuse, peu exi-
elles peuvent couvrir entièrement façades et bal- geante est très recommandable comme plantation
cons. Les espèces non grimpantes sont particuliè- préalable ou intermittente pour des aménage-
rement peu exigeantes en ce qui concerne les ments à l'ombre ou à mi-ombre. Elle a des fron-
conditions de lumière — ce sont des plantes des finement divisées d'une longueur allant
d'ombre ou de mi-ombre, d'ailleurs souvent capa- jusqu'à 1 mètre, qui meurent en automne et
bles de pousser dans la zone des racines des renaissent au printemps. Origine : tout l'hémis-
arbres et arbustes. phère nord. Emploi : seul ou en groupes, devant
les murs, dans les coins ombragés, etc.
Les textes portant sur les différentes espè-
ces de plantes présentées ci-après décrivent briè-
vement les plantes et informent le lecteur sur les Laiche de Morrow (Carex morrowii)
possibilités d'emploi. De plus amples renseigne-
ments sur les soins à apporter peuvent être trou- Pour diversifier les couvre-sols persistan-
vés dans les livres de jardinage. tes, il est important d'ajouter des graminées ou
des plantes ressemblant aux graminées. Cette lai-
che persistante de la famille des cypéracées rem-
Bergénie à feuilles épaisses et espèces parentes plit très bien cette fonction. Sa valeur particu-
(Bergenia crassifolia) lière réside dans ses feuilles étroites d'un vert
Les bergénies sont des plantes extrêmement brillant et dans sa résistance au froid de l'hiver.
peu exigeantes de la famille des saxifragacées Origine : Japon. Emploi : Plantation en sous-bois
qui se contentent de tout sol et emplacement. clairsemé ou sur une parcelle à mi-ombre.
Elles possèdent de grandes feuilles persistantes
et rugueuses. En avril/mai apparaissent des gran-
des panicules de fleurs roses. Origine : les hautes Lierre (Hedera hélix)
montagnes d'Asie. Utilisation : en planches dans
les cours privées de soleil, sous les arbres joux- Plante grimpante persistante de la famille
tant les pièces d'eau, dans les jardins de rocaille. des araliacées qui s'aggrippe à l'aide de petites
racines aériennes aux écorces et aux pierres. Le
lierre supporte l'ombre et couvre de ses feuilles
Clématite des haies (Vigne blanche) (Clematis marbrées d'un vert foncé, — s'il ne trouve pas de
vitalba) murs ou d'arbres — des superficies importantes
de sol, particulièrement en sous-bois. Sur les
En tant qu'une des rares représentantes vieux arbres il peut grimper jusqu'à une hauteur
des vraies lianes de notre flore indigène, la clé- de 30 m. Pays d'origine : l'Europe jusqu'au Cau-
matite des haies n'est dépassée que par peu de case, le nord-ouest de l'Afrique. Emploi : végétali-
plantes grimpantes en ce qui concerne sa force sation de murs ombragés et de troncs d'arbres,
de croissance. Contrairement au lierre ou à la couvre-sol en situation ombragée. Nécessite une
vigne vierge, elle ne possède ni racines aériennes, terre riche en humus, pas trop sèche. Étant légè-

166
rement toxique, il ne convient pas à l'aménage- tiellement, réduisant ainsi son étalement, mais
ment de terrains de jeux pour enfants. elle repousse le plus souvent au printemps.

Pachysandra à épis terminaux (Pachysandra


Lierre japonais (Vigne vierge à trois pointes) terminalis)
(Pharthenocissus tricuspidata)
Cette plante persistante, parente du buis,
Les feuilles lobées de cette plante grim- atteint une taille d'environ 20 cm et est capable
pante robuste ressemblent en ce qui concerne de verdir rapidement et avec une grande effica-
leur forme à celles du lierre, mais sont beaucoup cité des espaces ombragés, même sous les arbres.
plus grandes et d'un vert plus clair. Avant de Au printemps apparaissent de petites fleurs blan-
tomber à la fin de l'automne elles prennent une ches à l'extrémité des inflorescences. Origine :
coloration jaune-orangé à rouge écarlate. La Japon. Emploi : Végétalisation d'espaces ombra-
vigne vierge possède des sarments avec des dis- gés, mais ni rocailleux, ni secs. Exposées au
ques adhésifs, mais sa nutrition s'effectue exclu- soleil, les feuilles de la Pachysandra prennent
sivement à l'aide de ses racines plongées dans la une teinte jaunâtre peu jolie. Étant donné qu'elle
terre. Origine : Asie de l'est. Emploi : Inégalée contient des substances vénéreuses elle ne
pour couvrir rapidement des murs, le long des- devrait pas être plantée à proximité des terrains
quelles elle grimpe jusqu'à une hauteur de plu- de jeux des enfants.
sieurs étages. Convient surtout pour des murs
ensoleillés dont elle rafraîchit agréablement la
surface en été avec son feuillage important. De Pervenche (Vinca minor)
novembre à avril par contre, le soleil peut
réchauffer les murs. Elle pousse sur tout sol de Cette petite plante indigène, parente du
jardin ordinaire. laurier-rose porte son nom de plein droit (en alle-
mand, « Immergrun » = toujours verte-note du
traducteur). Elle est caractérisée par des feuilles
ovales d'un vert brillant et par des grandes
Mahonia à feuilles de houx (Mahonia aquifolium) fleurs bleu-ciel. Origine : Europe jusqu'au Cau-
Un arbuste persistant de la famille des ber- case. Employée pour verdir des espaces et pentes
béridacées ou épines-vinettes dont les feuilles nus à l'ombre et à la mi-ombre des bâtiments et
dentelées et épineuses rappellent un peu le houx. des bois. La plante contenant des substances
En avril/mai apparaissent de petites fleurs jaune toxiques ne devrait pas être plantée à proximité
d'or à inflorescence dense qui produiront en des terrains de jeux des enfants.
automne des baies ovales d'un joli bleu à matu-
rité. Origine : ouest de l'Amérique du nord. Renouée du Père Aubert (Voile de mariée) (Poly-
Emploi : dans les jardins devant les maisons, gonum aubertii)
principalement en situation mi-ombragée. Un sol
riche en humus suffisamment humide lui con- Cette liane, verte en été, dépasse la cléma-
vient particulièrement. tite des haies en croissance et en vitalité. Comme
cette plante, elle ne peut grimper sans support le
long de surfaces lisses, mais elle est capable de
Millepertuis à grandes fleurs (Hypericum couvrir des installations importantes — comme
calycinum) les poteaux, les gouttières. Ses branches abon-
dantes, ornées en été de fleurs en panicules
Petit arbuste de 20-40 cm de hauteur de la offrent une protection aux oiseaux chanteurs et
famille des hypéricacées. Il possède de grandes leur servent de lieu de nidification. Origine :
feuilles jaunes d'or qui apparaissent tout au long Chine. Emploi : Végétalisation de potaux de toute
de l'été. A l'aide de ses stolons, il se propage sorte, de gouttières, clôtures, murs, toits et ton-
rapidement sur des espaces importants qu'il cou- nelles. Convient particulièrement pour les angles
vre efficacement d'un vert dense. Origine : sud- des maisons. Cette plante nécessite une bonne
est de l'Europe. Emploi : Convient particulière- terre et un sol profond. (Une proche parente, la
ment pour verdir des pentes à mi-ombre. Cepen- renouée de buchara, a une croissance encore
dant lors d'hivers froids, la plante peut geler par- plus vigoureuse et possède des fleurs rougeâtres.)

167
APPENDICE E: PLANTES ET ANIMAUX POUR L'AQUICULTURE CONSEILLÉS DANS L'ÉDI-
TION ALLEMANDE

1. PLANTES DE RIVAGES

1.1 Arbres et arbustes

Plantes médicinales et toxiques Observations


Viorne obier. Boule de neige Viburnum opulus
Bourdaine, Bois à poudre, Aune noir Rhamnus frangula

Plantes fourragères et plantes fournissant des engrais


Verne noir. Aulne glutineux (noir) Alnus glutinosa
Aulne blanc Alnus incana
Saule Marsault Salix caprea
Salicaire commune Lythrum salicaria

Bois d'oeuvre
Verne blanc, Aulne glutineux (blanc) Alnus glutinosa
Peuplier grisard Populus canescens
Peuplier noir Populus nigra
Verne noir. Aulne glutineux (noir) Alnus glutinosa
Aulne noir, Aulne glutineux (blanc) Alnus incana
Plantes utilisées pour le filage, la vannerie et le tissage
Saule à osier Salix viminalis
Saule fragile Salix fragilis
Saule blanc Salix alba
Saule pourpre Salix purpurea

1.2 Plantes herbacées

Plantes médicinales et toxiques


Cuscute Cuscuta europaea
Liseron des haies Calystegia sepium
Douce-amère Solanum dulcamara
Houblon Humulus lupulus
Petasite blanc Petasites albus
Cresson de fontaine Nasturtium officinale
Cresson amer, Cardamine Cardamine amara
Trèfle d'eau, Ményanthe Menyanthes trifoliata
Anguine, Calla des marais Calla palustris
Rue des eaux Oenanthe fistuleuse Oenanthe fistulosa
Choucalle, Gaillet des marais Galium palustris
Grande consoude Symphytum officinale
Renoncule à feuilles d'Aconit Ranunculus aconitofilius
Plantain d'eau Alisma plantago aquatica
Reine des prés Filipendula ulmaria
Gratiole officinal Gratiola officinalis
Véronique à écussons Veronica scutellata
Oenanthe aquatique Oenanthe aquatica
Angélique des bois Angelica sylvestris
Écuelle d'eau Hydrocotyle vulgaris
Charbon, Cirse potager Cirsium oleraceum

168
Plantes herbacées (suite) Observations

Bouton d'argent, Herbe à éternuer Achilla ptarmica


Souci d'eau, Populage des marais Caltha palustris
Herbe de Sainte Barbe Barbarea vulgaris
Iris des marais (jaune) Iris Pseudacorus
Seneçon des eaux Senecio aquaticus
Menthe crépue (à longues feuilles) Mentha longifolia
Menthe à feuilles rondes Mentha rotundifolia
Menthe aquatique Mentha aquatica
Benoîte des ruisseaux Geum rivale
Grande Massette, Quenouille Typha latifolia
Acore, Roseau odorant Acorus calamus
Grande Douve, Renoncule langue Ranunculus lingua
Inule à feuilles de Saule Inula salicina
Pulicaire commune Pulicaria vulgaris
Pétasite hybride Petasites hybridus
Comaret des marais Comarum palustre
Épilobe des marais Epilobium palustre
Scutellaire à casque, Toque bleue Scutellaria galericulata
Rumex à feuilles obtuses Rumex obtusifolius
Petite Douve, Renoncule flammette Ranunculus flammulla
Valériane officinale Valeriana officinalis
Chanvre d'eau, Bident triparti Bidens tripartitus
Rorippa amphibie. Raifort d'eau Rorippa amphibia
Séneçon des marais Senecio paludosus
Pulicaire Pulicaira dysenterica
Jonc fleuri, Butome en ombelles Butomus umbellatus
Géranium des marais Géranium palustre
Eupatoire chanvrine Eupatorium cannabinum
Euphorbe des marais Euphorbia pallustris
Lysimaque rouge, Salicaire Lythrum salicaria
Épiaire des marais. Ortie morte Stachys palustris
Cresson de cheval, Véronique becca Veronica beccabunga
Bident penché Bidens cernua officinalis
Millepertuis à quatre ailes Hypericum tetrapterum

Légumes

Renouée des buissons Polygonum dumetorum


Petasite vulgaire Petasites vulgaris
Cresson officinal Rorippa nasturtium officinale
Cresson amer, Cardamine amère Cardamine amara
Reine des prés Filipendula ulmaria
Herbe de Sainte Barbe Barbarée
Com. Barbarea vulgaris
Barbarée raide Barbarea stricta
Rorippa amphibie, Raifort d'eau Rorippa amphibia
Rorippa des forêts Rorippa sylvestris
Pétasite hybride Petasites hybridus
Rumex à feuilles obtuses Rumex obtusifolius
Épiaire des marais Stachys palustris

169
Plantes herbacées (suite) Observations

Plantes à huile
Houblon Humulus lupulus
Valériane officinale, Herbe aux
chats Valeriana officinalis

Plantes tinctoriales, tanniques et à gommes


Lycope d'Europe, Chanvre d'eau Lycopus europaeus
Iris faux-Acore, Flambe d'eau Iris pseudacorus
Pigamon jaune Thalictrum flavum
Millepertuis à quatre ailes Hypericum tetrapterum
Butome en ombelles. Jonc fleuri Butomus umbellatus
Comaret des marais Comarum palustre
Pigamon brillant Thalictrum lucidum
Valériane officinale. H e r b e aux
chats Valeriana officinalis
Acore, Roseau odorant Acorus calamus

1.3 Herbacées pour les sols basiques ou acides, plantes aquatiques

Plantes médicinales et toxiques


Linaigrette Eriophorum angustifolium
Eriophorium vaginatum
Linaigrette, Jonc à coton à gaine

Plantes fourragères, et plantes à engrais


Roseau commun, Canne à balais Phragmites communis
Herbier, Fromenteau Phalaris arundinacea
Glycérie aquatique, Manne de Polo-
gne . Glyceria maxima
Laiche élevée, Laichte ailée Carex elata
Scirpe lacustre Scirpus lacustris
Jonc épars, étalé Juncus effusus
Jonc infléchi, plié Juncus inflexus

Plantes utilisées pour le filage, la vannerie et le tissage


Roseau commun, Canne à balais Phragmites communis
Glycérie aquatique Glyceria maxima
Lainegrette Eriophorum angustifolium
Scirpe lacustre Scirpus lacustris
Herbier, Fromenteau Phalaris arundinacea
Linaigrette Eriophorum vaginatum
Souchet, Scirpe des bois Scirpus sylvaticus.

1.4 Prêles et mousses

Plantes médicinales et toxiques


Prêle des Bourbiers, d'eau courante Equisetum fluviatile
Hépatique Marchanda polymorpha

Plantes fourragères et à engrais


Prêle des marais Equistum palustre
Sphaigne Sphagnum
Fontinale incombustible Fontinalis andpyredca

170
Prêles et mousses (suite) Observations

Jonc à coton à feuilles étroites


Millet des oiseaux
Jonc des tonneliers
Manne de Pologne
Jonc des tonneliers
Millet des ciseaux
Jonc à coton à gaine
Châtaigne d'eau. Corne du diable
Châtaigne d'eau, Corne du diable
Châtaigne d'eau. Corne du diable
Lentille d'eau trilobée
Millefeuille aquatique

2 NYMPHÉACÉES (PLANTES A FEUILLES FLOTTANTES)

Plantes à légumes
Petite berle Sium erectum

Plantes tinctoriales, tanniques et à gommes


Nénuphar blanc Nymphaea alba

Plantes alimentaires
Mâcre Trapa natans

Plantes médicinales et toxiques


Nénuphar jaune Nuphar luteum
Petite berle Sium erectum
Mâcre Trapa natans

Stimulants, épices
Nénuphar jaune Nuphar luteum

Plantes fourragères, plantes à engrais


Nénuphar jaune Nuphar luteum
Morène, Mors de grenouille Hydrocharis morsus-ranae
Petit nénuphar, faux nénuphar Nymphoïdes peltata
Mâcre Trapa natans
Lenticule à 3 lobes Lemna trisculcata
Fougère aquatique Calvinia natans
Callitriche des marais Callitriche palustris
Renouée aquatique Polygonum amphybium
Spirodèle à racines nombreuses Spirodela polyrrhiza
Lenticule bossue Lemna gibba

3. AUTRES PLANTES AQUATIQUES

Plantes fourragères, plantes à engrais


Potamot perfolié Potamogeton perfoliatus
Potamot pectiné Potamogeton pectinatus

171
Autres plantes aquatiques (suite) Observations

Myriophylle à épis Myriophyllum spicatum


Potamot crépu Potamogeton crispus
Élodée du Canada Elodea canadensis
Renoncule en cercle Ranunculus circinatus
Montia des rivières Montia rivularis
Naiade marine Naias marina
Renoncule à feuilles capillaires Ranunculus trichophyllus
Zannichellie des marais Zannichellia palustris
Hippuris vulgaire, Pesse d'eau Hippuris vulgaris
Potamot luisant Potamogeton lucens
Renoncule d'eau Ranunculus aquatilis
« Wasserschore » (Allemand) Statiotes aloides
Millefeuille verticillée Myriophyllum verticillatum

Plantes tinctoriales, tanniques et à gommes


Hottonie des marais Hottonia palustris

Plantes carnivores (sans racines)


Utriculaire Utricularia vulgaris

Plantes fourragères, plantes à engrais (sans racines)


Utriculaire Utricularia vulgaris
Cornifle Ceratophyllum demersum
Petite utriculaire Utricularia minor

172
4. E S P È C E S DE POISSONS CONSEILLÉS DANS L'ÉDITION ALLEMANDE
Tempé-
Saison
Eaux rature Utilisa- Taille Poids
Espèces Nourriture du frai Habitat
fréquentées de l'eau tion en cm en kg
(mois)
(en 0 C)

1. Cy clos tomes
Lamproie de rivière Diatomées Cours supé- Environ Comestible 5-2 34 1,5 Espagne,
(Lampetra fluviatilis L.) rieur des 14 Pologne,
ruisseaux France,
(eau douce) Scandina-
vie,
Allemagne
Petite lamproie Diatomées Idem Environ Comestible 3-6 16 0,4 Idem
(Lampetra planeri) 14
Lamproie du Danube Parasite se nour- Idem Environ Fourrager, 4-5 30 1 Autriche,
(Eudontomyzon rissant des 14 comestible Hongrie,
danfordi) autres poissons Allemagne

2. Acipenséridés
Esturgeon Mollusques, lar- Eaux sau- 16 Comesti- 6-7 200 à 400 Mer balti-
(Acipenser sturio L.) ves de chirono- mâtres, eau ble, caviar 600 que, mer
mes, vers, anguil- de mer du Nord,
les de sable Côtes
atlanti-
ques, mer
Noire
Sterlet Trichoptères, lar- Idem 16 Idem 5-6 80 10 U.R.S.S.,
(Acipenser ruthenus L.) ves, vers mer Cas-
pienne,
Danube,
Mé-
diterranée

3. Salmonidés
Saumon Gammares, cha- Eaux dou- 10-20 Comesti- 12-3 150 50 Atlantique,
(Salmo salar L.) bot, éphémère, ces, eau de ble, préda- Pacifique,
larves d'éphémè- mer, cours teur, mer balti-
res, trichoptères, d'eau indicateur que, mer du
larves de trichop- Nord, pénè-
tères, libellule, tre dans les
épinoche, anguil- fleuves
les de sable avoisinants
Truite de lac et de mer Épinoche, tri- Cours d'eau 10-20 Comestible 12-3 140 30 Toute
(Salmo trutta L.) choptères, larves e t eaux Prédateur l'Europe
de trichoptères, stagnantes centrale,
vairon Amérique,
Nouvelle-
Zélande
Truite de rivière Idem Cours d'eau 10-15 Comesti- 12-3 80 7 Toute
(Salmo trutta f. fario) froids et ble, l'Europe
riches en prédateur centrale
oxygène (sédentaire)
Truite arc-en-ciel Larves de libellu- Cours d'eau 10-24 Comesti- 12-5 90 20 Idem
(Salmo gaigneri) les, coléoptères e t eaux ble,
aquatiques, vai- stagnantes prédateur
ron, éphémères,
trichptères
Saumon du Danube Nases, barbeaux, Eaux froi- 8-10 Comesti- 3-4 150 50 Bassin du
(Hucho hucho L.) grenouilles, des, riches ble, préda- Danube
ombres, chabots en oxygène, teur, (sédentaire)
à courant indicateur
r a p i d e ;
fond gra-
veleux
Tempé-
Saison
Eaux rature Utilisa- Taille Poids
Espèces Nourriture du frai Habitat
fréquentées de l'eau tion en cm en kg
(mois)
(en 0 C)
Saumon des Fontaines Trichoptères, Eaux froi- 8-14 Comesti- 10-3 45 1 Europe
(Salvelintis fontinalis) coléoptères des, riches ble, préda- centrale
d'eau, larves de en oxygène, teur,
trichoptères, peu profon- indicateur
vairons des, stag-
nantes
Truite de lac d'Améri- Idem Eaux stag- 8-14 Comesti- 10-3 100 8 Suisse,
que nantes ble, Suède,
(Salvelinus namaycush) prédateur Amérique

4. Corégones, ésocidés, umbridés


Pollan Leptodora, Copé- Eaux froi- 4-10 Comesti- 9-1 50 4 Alpes,
(Coregonus pidschian) podes, asellus, des, sta- ble, préda- Europe
larves, œ u f s et gnantes, teur, centrale
alevins de pois- lacs riches indicateur
sons, limnées, en oxygène
shaerium
Grand Pollan Idem Idem Idem Idem 9-1 80 15 Alpes,
(Coregonus nascus) Europe cen-
trale,
Sibérie
Powan Principalement Eau douce, Idem Comesti- 11-12 70 10 Alpes,
(Coregonus lavaretus L.) du plancton mer ble, Écosse,
prédateur Angleterre,
Suède
Hounting Plancton et aussi Eau douce, 4-20 Comestible 11-12 50 2 Europe du
(Coregonus oxyrhyn- les animaux du mer Nord, Asie
chus) sol du Nord,
Irlande,
Alaska,
Angleterre
Vendace (Petite marène) Plancton, crusta- Eau douce, 4-10 Comestible 9-12 45 1 Lac Ladoga,
(Coregonus albula L.) cés, Copépodes, lacs et Finlande
moucherons, cours d'eau
puces d'eau
Grand Powan Idem Idem Idem Idem 11-12 70 8 Sibérie,
(Coregonus peled) Bassin de la
mer
Baltique
Eperlan Plancton, propre Eaux sau- 10-20 Idem 2-5 18 1 Côtes de
(Osmerus eperlanus L.) espèce, mysis, m â t r e s , l'Europe du
animaux ben- eaux inté- Nord
thiques rieures
Ombre Larves, gamma- Cours d'eau 4-10 Comesti- 3-5 60 3 Europe
(Thymallus thymallus) res, a l e v i n s , clairs et ble, centrale
éphémères f r o i d s , indicateur
riches en
oxygène
Brochet Gardon, ablette, L a c s et 15-24 Comesti- 2-5 150 50 Toute
(Esox lucius L.) caneton, gre- eaux à cou- ble, préda- l'Europe
nouille, têtard rant lent teur, centrale
hygiène Sédentaire
des eaux
épuration
Poisson-chien Assellus, larves Mares et 15-24 Fourrager 4-5 12 0,2 Hongrie
(Umbra krameri) d'insectes, ale- fossés enva-
vins his de végé-
tation et peu
profonds

174
Tempé-
Saison
Eaux rature Utilisa- Taille Poids
Espèces Nourriture du frai Habitat
fréquentées de l'eau tion en cm en kg
(mois)
(en ° C)

5. Cyprinidés
Gardon commun Larves de mou- Cours d'eau 15-24 Fourrager 4-5 30 1 Toute
(Rutilus rutilus L = cherons, gam- à courant l'Europe
Leuciscus rutilus L.) mare, algues, lent, lacs centrale
limnée, débris de
plantes, planc-
ton, rotifères,
peste d'eau
Able de stymphale Plancton animal Petits cours 14-24 Fourrager 4-6 9 0,1 Europe cen-
(Leucaspius delineatus) et végétal, insec- d'eau et trale,
tes aériens, copé- étangs, fos- Europe de
podes, rotifères sés l'Est
Vandoise Moucherons et Cours d'eau 4-12 Comesti- 3-5 20 0,3 France
(Leuciscus leuciscus = vers froids à ble, méridio-
Squalius leusiscus) courant ra- indicateur nale,
pide, lacs Europe
clairs centrale
Chevaine Larves, truitel- R u i s s e a u x 5-20 Comesti- 4-6 60 4 Toute
(Leuciscus cephalus - les, œufs de et rivières à ble, l'Europe
Squalius cephalus) poisson courant ra- prédateur centrale
pide
Blageon M o u c h e r o n s , Eaux à cou- 5-15 Comestible 3-5 25 0,4 Toute
(Leuciscus souffia = coléoptères aqua- rant rapide l'Europe
Telestes agassizii) tiques, larves de centrale
trichoptères
Ide mélanote Gammare, ancy- Cours d'eau 10-20 Comesti- 4-6 10 4 Toute
(Leuciscus idus = Idus lus, larves de tri- plus impor- ble, l'Europe
idus) choptères, planc- tants, lacs prédateur centrale
ton, vers
Vairon Gammare, perle, Cours d'eau 5-15 Fourrager 4-6 10 0,1 Toute
(Phoxinus phoxinus) larves de perle, et lacs lim- l'Europe
alevins, larves de pides et centrale
trichoptères riches en
oxygène,
poisson des
surfaces
Vairon des marais Vers, crustacés, L a c s et 15-25 Fourrager 4-6 10 0,1 Europe de
(Phoxinus percnurus) larves d'insectes, étangs en- l'Est
insectes aériens vahis de
végétation
Rotengle Larves d'éphémè- É t a n g s , 20-30 Fourrager, 4-5 40 2 Toute
(Scardinius res et de trichop- lacs, cours plantivore l'Europe
erythrophtalmus) tères, mollus- d'eau peu centrale
ques myriophyl- p r o f o n d s ,
lum, peste d'eau, eaux riches
charas en végé-
tation
Gardon galant Crustacés, vers, Idem Idem Idem Idem 30 0,25 Italie du
(Rutilus pigus) animaux benthi- Nord,
ques Autriche,
Hongrie
Aspe Gardon commun, Cours d'eau 10-15 Prédateur 4-6 55 3 Partout en
(Aspius aspius) ablette, gre- grands lacs Europe
nouille, caneton centrale
Tanche Bivalves, larves Eaux peu 19-20 Comestible 5-6 70 5 Toute
(Tinca tinca) de moucherons, profondes l'Europe
débris de plantes et chaudes centrale
gastéropodes également à
courant lent

175
Tempé-
Saison
Eaux rature Utilisa- Taille Poids
Espèces Nourriture du frai Habitat
fréquentées de l'eau tion en cm en kg
(en ° C) (mois)

Nase Larves de tri- Cours d'eau 10-15 Fourrager 3-5 50 1,5 Toute
(Chondrostoma nasus L.) choptères, al- à courant l'Europe
gues, larves de r a p i d e , centrale
perles, coléoptè- zone des
res ombres et
des bar-
beaux
Goujon Larves de tri- Cours d'eau 10-15 Fourrager 5-6 15 0,1 Toute
(Gobio gobio L.) choptères, larves à courant (gastrono- l'Europe
de moucherons, rapide mique en centrale
ostracodes France)
Barbeau commun Libellules, éphé- Cours d'eau 6-15 Comestible 5-7 90 8,5 Toute
(Barbus barbus) mères, larves de c l a i r s à l'Europe
trichoptères bi- c o u r a n t centrale
valve, goujons rapide, ri-
ches en oxy-
gène
Ablette Pupes de mousti- Lacs et 15-25 Fourrager 4-6 15 0,04 Toute
(Alburnus alburnus L.) ques, daphnies, étangs, l'Europe
éphémères, vers, cours d'eau centrale
plancton lents
Ablette de rivière Gammare, éphé- Cours d'eau 5-15 Fourrager 4-6 15 0,04 Toute
(Albumoides bipuncta- mère, larve de rapides l'Europe
tus) trichoptère centrale
Brème bordelière Larves de mou- Lacs et 15-25 Fourrager 5-6 30 1 Toute
(Blicca bjôrkna) ches, larves de cours d'eau l'Europe
corethra, planc- peu pro- centrale
ton, gastéro-fonds et
podes chauds
Brème Asellus, bivalve,Lacs riches 15-25 Comestible 5-7 75 9 Toute
(Abramis brama) tubifex, gastéro-en nourri- l'Europe
podes, larves de ture, cours centrale
diptères d'eau lents
Brème du Danube Bivalve, gam- Cours d'eau 10-25 Fourrager 4-5 30 0,5 Europe du
(Abramis sapa) mare, myriophyl- assez im- Nord et de
lum, larves de portants à l'Est
diptères courant
lent
Zope Daphnie, copépo- Cours d'eau 10-25 Fourrager 4-5 30 0,5 Europe du
(Abramis ballerus L.) des, larves de assez im- Nord et de
moustiques portants à l'Est
courant
lent, eaux
saumâtres
Zhârte Larves de diptè- Cours infé- 15-19 Comestible 5-7 50 1 Mer du
(Vimba vimba) res, vers bivalves rieur des Nord et
fleuves, eau Baltique
saumâtres (zone
migratoire)
Rasoir Oeufs de poisson, Cours d'eau 15-20 Comestible 5-6 60 2 Bassin du
(Pelecus cultratus) larves de mousti- lents, eaux Danube,
ques, éphémères, saumâtres Baltique
daphnie
Carassln Larves de tri- Eaux maré- 10-30 Fourrager 5-6 15 3 Toute
(Carassius carassius L.) choptères, gam- cageuses, à (rustique l'Europe
mare, bivalves, végétation s'adaptant centrale
vers, copépodes, dense, eaux aux condi-
daphnies, plan- stagnantes tions
tes, gastéropodes difficiles)

176
Tempé-
Eaux rature Saison
Espèces Nourriture Utilisa- Taille Poids
de l'eau du frai Habitat
fréquentées tion en cm en kg
(en ° C) (mois)

Bouvière Nourriture végé- Bords des 15-20 Fourrager 4-6 9 0,02 Europe de
(Rhodeus amarus) tale cours d'eau l'Est
lents et des
eaux stag-
nantes
Carpe Larves de mous- Eaux chau- 20-30 Comestible 5-7 100 30 Toute
(Cyprinus carpio L.) tiques, éphémè- des, sta- l'Europe
res, bivalves, gnantes ou centrale,
vers, copépodes, à courant Asie, Japon
puces d'eau, asel- lent
lus, punaises
aquatiques, lar-
ves d'éphémères,
gastéropodes

6. Autres espèces de loissons


Loche franche Oeufs de poisson, Eaux peu 10-15 Fourrager 4-5 12 0,02 Toute
(Noemacheilus barbatu- gammares, lar- profondes à l'Europe
lus) ves d'éphémères courant ra- centrale
pide, fond
graveleux

Loche d'étang Gastéropodes, Eaux sta- 10-30 Comesti- 4-6 30 0,5 Toute
(Misgumus fossilis L.) larves de diptè- g n a n t e s ble, l'Europe
res, larves de pauvres en (Coriace) centrale
mégaloptères oxygène

Silure, Salut Lotte, anguille, L a c s , 18-30 Comestible 5-6 300 150 Toute
(Silurus glanis L.) brème, triton, g r a n d s Prédateur l'Europe
caneton, écre- cours d'eau centrale
visse, rat mus- profonds à
qué, gardon sol mou
Poisson-chat Gastéropodes, L a c s , 18-30 Comesti- 3-5 45 2 Toute
(Ameirus nebulosus) jeunes carassins, g r a n d s ble, l'Europe
larves de trichop- cours d'eau prédateur centrale
tères, larves de profonds à
diptères sol mou
Anguille Larves de diptè- Eaux dou- 5-30 Comestible 3-4 150 10 Universel
(Anguilla anguilla) res, œ u f s de pois- ces et mer Prédateur
sons, grémilles, (résistant,
grenouilles, écre- s'adaptant
visses, vers, cra- à des con-
bes, gammares, ditions
gobies, épino- difficiles)
ches, gastéro-
podes
Lotte Asellus, bivalves, Eaux sta- 0,5-15 Comesti- 11-3 100 30 Universel
(Lota Iota) œ u f s de pois- gnantes et ble, préda-
sons, gremilles, cours d'eau teur
gardons com- à courant (rustique)
muns, goujons, lent, eaux
écrevisses claires et
fraîches
Perche Copépodes, lar- Eaux sta- 7-20 Comesti- 3-6 50 3,5 Universel
(Perça fluviatilis L.) ves d'éphémères, gnantes et ble,
ablettes, gardons cours d'eau, prédateur
communs, civel- également
les, écrevisses, eaux sau-
vers mâtres
APPENDICE F. PRINCIPALES RÉFÉRENCES

1. ODUM, H o w a r d T. 18. SMITH, J. Russel


Environment, Power and Society. Tree Crops and Permanent Agriculture.
J o h n Wiley. N e w York 1971. Devin-Adair. New York, 1950.
2. GROG AN, M. 19. KORMONDY, E.J.
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Psychology Dept., University of T a s m a n i a P r e n t i c e Hall. New Jersey, 1959.
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3. MAIDEN, J.H. The City Fores t.
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C o m p e n d i u m f a c s i m i l e ed. of 1889 éd., 21. YEOMANS, P.A.
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4. LLOYD, Joyce Keyline P u b l i s h e r s . Sydney, 1958.
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6. MOORCRAFT, Colin 24. FISHER, R., et YANDA. B.
Design f o r Surival, E a r t h Rape, a n d The Food and Heat Producing Solar
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The Encyclopedia of Fruits, Berries and 26. RYDER, W.
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Companion Plants. Plants for Man.
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A.I. Root a n d Co. Medina, U.S.A., 1974.
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178
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W.H. F r e e m a n . San F r a n c i s c o , 1969. M a r c h 27, 1976.
44. ANDERSON, E d g a r 61. LINDBLAD, J.
Plants, Man and Life. D r o p p i n g o u t : H o w to Avoid the Pitfalls.
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45. BLUNDEN, J.R. April 3, 1976.
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Understanding Society. C o n t e m p o r a r y R u r a l Society.
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The Ethnobotany of Pre-Columbian Peru. 63. MADGE, Nicola
Aldine Pub. Chicago, 1961. Différent Ways of Living: Crabapple, the
47. BELANGER, J e r o m e D. Welsh Walden.
The Homesteaders Handbook of Raising Psychology Today. Vol. 2, N° 9, pp. 8-9.
Small livestcok 1976.
R o d a l e Press. E m m a u s , Penn. 1974. 64. MORRILL, R.L.
48. LCEWENFELD, C. et BACK, P. The Spatial Organization of Society.
The Complété Book of Herbs and Spices. D u x b u r g , M a s s a c h u s e t t s , 1974.
A.H. a n d A.W. Reed. Wellington, N.Z., 65. DOUGLAS, J.S. et de HART, R o b e r t A.
1974. Forest Farming.
49. EDLIN, H e r b e r L. W a t k i n s . London, 1976.
Know Your Broadleaves. 66. LORD, R.
Forestry Commission Booklet N ° 20. The Care of the Earth.
H.M.S.O. London, 1973. M e n t o r Books. N e w York, 1963.
50. Anonyme. 67. WREN, R.W. (Ed.)
U n d e r s t a n d i n g F i r e in t h e F o r e s t . 68. PERRY, F r a n c e s
Ecos. 7th F e b r u a r y , 1976. Water Gardening.
51. RODALE, J.I. et a u t r e s . C o u n t r y Life Ltd. London, 1961.
How to Grow Vegetables and Fruits by the 69. HILLS, L a w r e n c e , C.
Organic Method. Comfrey. Past, Present and Future.
Rodale Books Inc. E m m a u s , Penn., 1961. F a b e r a n d F a b e r . London, 1976.
52. ORGAN, J. 70. ABRAHAM, G. et ABRAHAM K a t h y
Rare Vegetables. Organic Gardening Under Glass.
F a b e r . London, 1960. R o d a l e P r e s s . E m m a u s , Pa., 1975.
53. LUST, J.
The Herb Book.
Benedict Lust Pub. California, 1974.

N.B. Une liste de références françaises (livres et articles) intéressant la permaculture sera donnée dans Per-
m a c u l t u r e 2 (parution en septembre 1986).
ADRESSES UTILES EN FRANCE A L'ÉTRANGER

France
Allemagne
Association Las Encantadas
Permakultur Institut
11300 B o u r i è g e A l t v a t e r s t r a s s e 14 d
Australie 1000 Berlin, 38
TAGARI (R.F.A.)
Permaculture Consultancy Espagne
P.O. Box 96
Permacultura
Stanley — T a s m a n i a — Australia. 7331.
CAE
États-Unis Apdo 2580
PINA Barcelona
Permaculture Institute of North America (Espagne)
6488 S M a x w e t t o n Rd
Clinton, WA, 98236, U.S.A.

SUJETS TRAITÉS DANS PERMACULTURE 2

Voici les p r i n c i p a l e s m a t i è r e s de P e r m a c u l t u r e 2 p e r m a n e n t e de graines. Alimentation de la basse-


qui s e r a publié en s e p t e m b r e 1986, et qui compor- cour. T r o p i q u e s . Régions côtières. Création de
tera, c o m m e le v o l u m e 1, de n o m b r e u s e s illus- microclimats.
trations. 6. Structures : H a b i t a t i o n s climatiques. Soleil et
1. Rappel: Philosophie de l'agriculture vent : a m i s ou e n n e m i s ? Maisons de t e r r e et mai-
permanente. sons de p l a n t e s . M u r s insonorisés, toits de terre
gazonnés, m a n d a l a s de feu, f e n ê t r e s , grottes, éva-
2. Planification : P r i o r i t é s à d é t e r m i n e r . Mise en
c u a t i o n des e a u x usées.
place des é l é m e n t s de la p e r m a c u l t u r e d a n s les
zones et d a n s les s e c t e u r s . Utilisation des pentes. 7. L'eau : P o l y c u l t u r e a q u a t i q u e . Ouvrages de
I m p l a n t a t i o n s des végétaux. I n t e r a c t i o n s des plan- petite h y d r a u l i q u e . É t a n g s et lacs. C u l t u r e s en
tes et des a n i m a u x . étang. Pêche sportive. Vases saléees. M a r i c u l t u r e :
pièges de p i e r r e , h e r b e s m a r i n e s .
3. Amélioration du sol : C o m m e n t o p é r e r à
g r a n d e échelle. C u l t u r e s a n s l a b o u r s des céréales, 8. Basse-cour en liberté : Installation. Stockage
légumineuses, haies, p l a n t e s oléagineuses. Mulch en des a l i m e n t s . Régulation de la p r o d u c t i o n . Espèces
couches p o u r les j a r d i n s familiaux. Mulch vivant et p r o d u i s a n t g r a i n e s et gousses en été. A r b u s t e s pro-
m u l c h de p i e r r e s . R e n d r e vivaces les p l a n t e s d u i s a n t noix, glands, etc. F r u i t s à p u l p e et à grai-
a n n u e l l e s . P l a n i f i c a t i o n de la p r o d u c t i o n de nes. Plantes g r i m p a n t e s . Racines. Plantes h e r b a c é e s
fourrage. à feuilles et à graines. E s p è c e s à s e m e r à la volée.
Plantes s p o n t a n é e s .
4. Techniques à grande échelle : P r o d u c t i o n de
c a r b u r a n t s à p a r t i r de plantes. La taille des a r b r e s 9. Permaculture et société.
f r u i t i e r s : nécessité ou h a b i t u d e ? Bois et haies. 10. Ressources supplémentaires : B u r e a u x d'étu-
5. Climats difficiles : Pays a r i d e s . Bétail. Techni- des. Associations. I n s t i t u t s de p e r m a c u l t u r e . Index
q u e s e t a l i m e n t a t i o n des a b o r i g è n e s . P r o d u c t i o n d'espèces utilisées en p e r m a c u l t u r e . Tagari.

180
Achevé d'imprimer par Corlet Numérique - 14110 Condé-sur-Noireau
N° d'Imprimeur : 48209 - Dépôt légal : mars 2008 - Imprimé en France