Vous êtes sur la page 1sur 6

UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

Union - Discipline - Travail


UFR DE SCIENCES ECONOMIQUE ET
DE GESTION
ANNEE ACADEMIQUE: 2019-2020

MASTER 2: ECONOMIE RURALE

THEME :

EFFICACITE DE LA PRIVATISATION EN COTE D’IVOIRE : CAS DE L'INDUSTRIE TEXTILE

Étudiant : Professeur :

ORIA Guy Serge Atte AHOURE Alban A.E

Août 2020

1
INTRODUCTION

Le concept de privatisation fut introduit comme programme politique dans les années 1980
par le gouvernement Britannique sous la direction de Margaret Thatcher, c’était le fait des
institutions de Brettons Wood, pour recouvrir les créances du pays, face aux échecs de
remboursements. Avant cette période certains économistes considéraient que l’état devrait
contrôler les secteurs clefs de l’économie surtout celles qui engageaient l’avenir de la
collectivité.

En Afrique et dans la plupart des pays en voie de développement la décennie 80 fut marquée
par la fin des politiques volontaristes de l’état, et surtout le désengagement des états, par la
dénationalisation et la libéralisation des économies. Dans le cas des pays africains il fallait
procéder une privatisation des entreprises d’états afin de recouvrir non seulement les fonds
mais aussi permettre une efficacité dans la gestion et surtout freiner la gabegie (Campbell et
Anita 1998).
Selon une étude de la banque mondiale (Banque Mondiale 1994 p.170) le flux de
l’investissement privé dans les ressources nettes agrégés vers les pays en voie développement
est passé de 6% en 1980 à 40% en 1993, sous les programmes d’ajustements structurels.

En Côte d'Ivoire l'industrie textile a été dominée par l'État depuis les années 70 avec la
création d'entreprises publiques comme, COTIVO, UTEXI (Union industrielle textile de Côte
d’Ivoire) et FTG (Filature et Tissage de Gonfreville). Malgré les critiques, ces entreprises ont
monopolisé durablement l'importation et la distribution du textile, générant des emplois et des
revenus pour une grande majorité de la population ivoirienne.
Cependant, en 2000, pour des raisons liées à l'inefficacité de ses structures, le gouvernement a
introduit la libéralisation par la privatisation des entreprises textiles appartenant à l'État. 
Dans le contexte de la lenteur des procédures de privatisation liées aux programmes
d’ajustement structurels, mais surtout dans une période de globalisation des marchés et la
constitution des grands ensembles économiques.

Toutefois il faut noter que, la privatisation, ce changement de politique n’est pas sans
implications sur le développement socio-économique du pays. La création et le maintien de

1
l'emploi, la contribution aux revenus de l'État, la viabilité de la filière coton en amont, la
cherté des produits textiles et la réduction de la pauvreté sont quelques-uns des problèmes
impactés par ce changement de politique conduisant à l'effondrement total de l'ensemble de
l'industrie textile.

Selon «l’étude de l’offre et de la demande sur les textiles et l’habillement – Côte d’Ivoire»,
Novembre 2003, sans prendre en compte l’aspect assemblage couture la plus grande
pourvoyeuse d’emploi dans l’industrie textile, la force de travail de l’ensemble des trois
filatures à savoir, COTIVO, UTEXI, FTG et deux usines d’impression (UNIWAX,
TEXCODI) représentaient environ 4500 personnes et les producteurs de coton en amont de la
filière étaient estimé à plus 1,2 millions de personne reparti dans plus 3992 villages et
campements.

Depuis 2018 le gouvernement a annoncé la privatisation des 15 entreprises (Rapport comité


de privatisation 2018). Le désir de faire du secteur privé le moteur principal de la croissance
économique est acté par le programme de privatisation qui, est un moyen supplémentaire pour
rendre les entreprises à participation étatique plus performantes et plus compétitives.

Entre-temps, à notre connaissance aucune étude scientifique n'a été menée pour évaluer
l'impact de ce changement de politique sur l'industrie textile du pays. Ce qui nous amene a
nous poser la question de savoir si l’industrie textile est devenu plus efficace après la
privatisation?

C’est dans le Third New International Dictionary of English Language Unabridged de


Webster, publié en 1961 qu’a été définis le concept de privatisation et de reprivatisation
comme « le transfert de la propriété et du contrôle d’une entreprise du public au secteur privé
» (Bel, 2006).

Dans la littérature la théorie de l'intérêt public, émanant de l'approche normative et des


défaillances du marché, propose d’articuler la rationalité économique et la régulation à un
schéma d'intervention publique dans une économie de marché. Par ailleurs, les théories de
l'intérêt privé émanant de l'approche positive, fondées sur les échecs gouvernementaux,
proposent une modification des droits de propriété des actifs publics (réglementation et
privatisation) qui deviennent propriété privée. Toute foi, lorsque la question de la privatisation
est abordée, la rationalité privée l’emporte, le problème se réduit à comparer l'efficacité
publique et privée. (J Den Hertog Dec 2010) Review of economic theories of regulation

1
Or la logique de maximisation du profit du privé ne prend pas en compte souvent les aspects
sociaux comme l’emploi, fer de lance du secteur public.

La privatisation quand dans bien de cas a été efficace pour mobiliser les financements
étrangers, et privés, renforcer la compétitivité des entreprises privatisées, n’a pas souvent
apporté des solutions pour permettre de viabiliser le secteur d’activité. Cela s’est traduit par
des licenciements massifs, des grèves, des soulèvements et la pauvreté dans les zones où elles
ont étés menées.

Depuis septembre 2019 l’état est a la recherche d’un nouvel acquéreur pour l’usine UTEXI CI
de Dimbokro, faisant suite à une doléance des populations lors de la visite du président dans
la région du NZI, L’usine est en arrêt depuis 2002, pour insuffisance d’approvisionnement en
matières premières et divers raisons structurelles. La conséquence c’est la mise au chômage
de milliers de travailleurs avec ces corollaires.

L'objectif principal de cette étude est de générer des preuves empiriques sur les effets de la
privatisation de l'industrie textile sur la performance de cette industrie des années après la
privatisation et surtout son impact au niveau de l’emploi et donc niveau de vie des ménages
dans les zones d’implantations.

La notion efficacité prend en compte les notions de théories microéconomiques dont la


fonction de production, de coût, de profit, de prix. Aussi, faut-il le rappeler que plusieurs
approches méthodologiques sur la mesure d’efficacité utilisées dans les études empiriques ont
été mené par (Amara et Romain 2000)

Cette étude mettant en relation privatisation et l’efficacité de l’industrie nous conduit, à nous
interroger sur deux questions fondamentales. La première est de savoir si la privatisation
augmente l’efficacité de l’industrie textile privatisée. La deuxième question est relative à son
effet sur l’emploi dans les zones d’implantations des usines

L’hypothèse de l’efficacité de la privatisation dans la firme a été longuement démontré par


(Alexendre et Cherreaux 2004) l’efficacité de la privatisation française vol 55 page 791à 821
Partant de cette hypothèse nous voulons vérifier que l’industrie textile ivoirienne issue de la
privatisation est plus efficace que l’industrie textile publique avant la privatisation.

1
Ainsi nous chercherons a vérifier en ;
H1: la privatisation affecte positivement la part de l’industrie textile dans le PIB
H2: la privatisation affecte négativement le niveau de l’emploi

Cette recherche représente une évaluation globale du niveau de l'industrie textile ivoirienne,
son impact sur le PIB, efficacité pour résorber le chômage et les recommandations
appropriées pour améliorer l'industrie locale de l'habillement.
L'étude permettra à l'État de Côte d'Ivoire d'utiliser les résultats pour améliorer le modèle de
politique de privatisation associé aux systèmes de libéralisation afin de protéger les emplois et
donc lutter contre la pauvreté.

Cette étude sera réalisée à partir de données primaires et secondaires collectées au sein des
zones d’implantations des usines de tissage et de production de coton, afin de solliciter toutes
les informations nécessaires sur la privatisation et l’évolution de l’emploi dans les zones
d’implantations de l'industrie textile. Des données secondaires seront extraites des bilans, des
rapports de gestion, revues, manuels et autres publications pour faciliter l'analyse sur la
privatisation et le développement socio-économique en Côte d'Ivoire en utilisant le cas de
l'industrie textile dans les villes de Cote d’Ivoire
L'étude couvre la zone les villes comme Bouaké, Dimbokro, Agboville .
Afin de présenter une recherche systématique et cohérente, l'étude a été organisée en deux
grandes parties comportant chacune deux chapitres. 
La première partie abordera les questions des fondements théoriques et d’analyse
situationnelle de la privatisation et son efficacité on aura pour ce faire le chapitre 1 qui nous
introduira dans les concepts et théories. Le chapitre 2 qui fera l’état des lieux de la
privatisation de l’industrie textile en côte d’ivoire.
Quant à la deuxième partie elle sera consacrée aux méthodes d’analyse et présentation des
résultats de notre étude avec le chapitre 3 qui présentera les données et le chapitre 4 axé sur la
présentation des résultats.
Enfin nous ferons une conclusion avec des recommandations

1
Bibliographie

Alexendre et Cherreaux 2004 L’efficacité de la privatisation française vol 55 page 791à 821

Amara et Romain 2000 Mesure d’efficacité technique

J Den Hertog Dec 2010 Review of economic theories of regulation

Bel 2006 Le transfert de la propriété et du contrôle d’une entreprise du public au secteur privé
»

Campbell et Anita 1998 Privatization in Africa

Rapport Banque Mondiale 1994 p.170